39
3 Théorème d’inversion et fonctions implicites
Le sujet principal de ce chapitre est le comportement local d’une application
différentiable est qualitativement déterminé par la différentielle en ce point.
Définition 3.0.3 Un espace vectioriel normé complet est appelé espace de Ba-
nach.
Dans toute la suite de ce chapitre les espaces vectoriels considérés seront
des espaces de Banach.
Exemple 3.0.4 Un espace vectoriel de dimension finie est un espace de Banach
pour toute norme.
3.1 Difféomorphisme (ou changement de variables)
Définition 3.1.1 Soient E et F deux espaces de Banach. Soient U ⊂ E et V ⊂ F
deux ouverts.
Soit f : U −→ V une bijection.
1. On dit que f est homéomorphisme si, f et f −1 sont continues.
2. Soit r ∈ N∗ . On dit que f est un difféomorphisme de classe C r si, f et f −1
sont de classe C r .
Remarque : Si f est un difféomorphisme alors :
1. f est un homéomorphisme
2. Les différentielles de f et f −1 en un point a ∈ E sont liées par :
D f −1 (f (a)) ◦ Df (a) = IdE
Df (a) ◦ D f −1 (f (a)) = IdF
ceci entraîne que D f −1 (f (a)) = (Df (a))−1 . Donc si f est un difféomor-
phisme Df (a) : E −→ F est un isomorphisme linéaire.
On notera par Isom(E, F ) le sous-ensemble de L(E, F ) des isomorphisme
de E dans F.
T ∈ Isom(E, F ), entraîne que T ∈ L(E, F ) et T −1 ∈ L(F, E).
On notera simplement Isom(E) si E = F.
Remarque : Voici deux mises en gardes
– f est un homémorphisme de classe C r n’entraîne pas que f −1 est de diffé-
rentiable. Par exemple : f : R −→ R, x &→ x3 .
40
– Contrairement, au cas des fonctions de classe C 1 , d’une variable réelle à
valeurs dans R, qui est injective sur un intervalle dès que la dérivée ne s’y
s’annule pas ; une application d’un ouvert connexe de Rn dans Rn , pour n ≥
2, n’est pas nécessairement injective même si sa jacobienne est inversible
en tout point de cet ouvert.
Par exemple!: f : R2 −→ R2 , f (x,
" y) = (e cos y, e sin y) alors,
x x
x x
e cos y −e sin y
Jf (x, y) = et det Jf (x, y) = e2x (= 0.
ex sin y ex cos y
Mais, f (0, 0) = f (0, 2π), montre que f n’est pas injective.
3.2 Résultats préliminaires
Exercice 3.2.1 (a) Montrer que pour T, H ∈ L(E), on a )T ◦ H) ≤ )T ).)H)
En particulier, )T n ) ≤ )T )n , pour tout n ∈ N.
(b) Soit F#un espace de Banach. Soit {xn } une suite
#de F. Montrer que si la
série n≥0 )xn ) converge dans R, alors la série n≥0 xn converge dans F ,
c-à-d qu’il
#n existe un vecteur S ∈ F tel que limn−→+∞ )Sn − S) = 0, où
Sn = k=0 xk .
(c) Montrer que si F est un espace de Banach, il en est de même de L(E, F ).
Le lemme suivant concerne la structure des isomorphismes d’un espace de
Banach.
Proposition 3.1 Soit E un espace de Banach. Alors
1. Isom(E) est un ouvert de L(E, F ).
2. L’application inv : Isom(E) −→ Isom(E), définie par inv(T ) = T −1 est
de classe C ∞ . De plus, la différentielle de inv en un point T ∈ Isom(E),
est l’application L(E) −→ L(E), H &→ −T −1 HT −1 .
Démonstration 3.2 (1) Soit Soit H ∈ L(E) tel que )H) < &T 1−1 & .
#
Comme L(E) est # de Banach, la série n
n≥0 (−1) (HT ) converge dans
−1 n
L(E), car la série n≥0 )(HT ) ) converge dans R, en effet cette dernière
−1 n
converge
# car, par−1hypothèse
−1
# )H).)T )−1< n1.
k 1
n≥0 )(HT ) ) ≤ n≥0 )H).)T ) = 1−&H&.&T −1 &
#
On note par S la somme de la série T −1 n
n≥0 (−1) (HT
−1 n
) .
On va vérifier que S(T + H) = (T + H)S = IdE .
(T + H)S = (T + H) lim Sn = lim (T + H)Sn
n−→+∞ n−→+∞
41
$ n &
%
= lim (T + H).T −1 (−1)k (HT −1 )k
n−→+∞
k=0
$ n &
%
= lim (IdE + HT −1 ) (−1)k (HT −1 )k
n−→+∞
k=0
$ n &
%
= lim (−1)k (HT −1 )k + (−1)k (HT −1 )k+1
n−→+∞
k=0
$ n &
%
k −1 k k+1 −1 k+1
= lim (−1) (HT ) − (−1) (HT )
n−→+∞
k=0
' (
= lim IdE − (−1)n+1 (HT −1 )n+1 = IdE = S(T + H).
n−→+∞
On a montrer que pour tout T ∈ Iso(E), la boule ouverte de centre T et de
rayon &T −1&
1
est contenue dans Isom(E), par suite Isom(E) est un voisinage de
tous ses points, donc un ouvert de L(E).
(2) Montrons maintenant que inv est différentiable.
On a
% %
inv(T +H)−inv(T ) = (T +H)−1 −T −1 = T −1 (−1)n (HT −1 )n −T −1 = T −1 (−1)n (HT −1 )n
n≥0 n≥1
%
= −T −1 HT −1 + T −1 (−1)n (HT −1 )n = −T −1 HT −1 + )H).ε(H)
n≥2
P
T −1 (−1)n (HT −1 )n
et limH−→0 ε(H) = limH−→0 n≥2
&H&
= 0.
Donc inv est différentiable et pour tout T ∈ Isom(E), sa différentielle au
point T est l’application Dinv : L(E) −→ L(E), H &→ −T −1 HT −1 .
De plus, pour T0 , T ∈ Isom et H ∈ L(E) on a
(Dinv(T ) − Dinv(T0 )) (H) = −T −1 HT −1 + T0−1 HT0−1
' ( ' (
= −T −1 HT −1 − T −1 HT0−1 + −T −1 HT0−1 − T0−1 HT0−1
' ( ' (
= −T −1 H(T −1 − T0−1 ) + (T0−1 − T −1 )HT0−1
D’où
) (Dinv(T ) − Dinv(T0 )) (H)) ≤= )T −1 ).)H).)T −1 −T0−1 )+)T0−1 ).)H).)T −1 −T0−1 )
' (
= )T0−1 ) + )T −1 ) .)T −1 − T0−1 ).)H).
42
ceci entraîne que
' (
) (Dinv(T ) − Dinv(T0 )) ) ≤ )T0−1 ) + )T −1 ) .)T −1 − T0−1 )
Maintenant si T tends T0 , par continuité de inv on aura )T −1 − T0−1 ) qui
tends vers 0, d’où la continuité de Dinv c-à-d que inv est de classe C 1 .
On montre de la même manière que inv est de classe C ∞ .♣
Proposition 3.3 Soient E et F deux espaces de Banach. Soient U ⊂ E et V ⊂ F
deux ouverts et f : U −→ V une bijection.
Soit r ≥ 1. Si f et de classe C r et f −1 est différentiable alors f −1 est de classe
C r , c-à-d que f est un difféomorphisme de classe C r .
−1
Démonstration 3.4 L’application y &→ Df −1 (y) = (Df (f −1 (y))) est conti-
nue car, elle est la composition des trois applications continues suivantes : y ∈
V &→ f −1 (y) ∈ U , x ∈ U &→ Df (x) ∈ L(E, F ) et T ∈ Isom(E, F ) −→ T −1 ∈
Isom(F, E). Donc f −1 est de classe C 1 .
Par dérivation des applications composées dans la formule de Df −1 , on voit
que si f −1 est de classe C k pour k ≤ r − 1, alors Df −1 est de classe C k . Par
suite f −1 est de classe C k . on a donc montrer par récurrence sur k que f −1 est
de classe C r .♣
On aura aussi besoin du théorème du point fixe (aussi connu comme le théo-
rème de Picard)
Théorème 3.5 (Le Théorème du point fixe) Soit (K, d) un espace métrique com-
plet. et φ : K −→ K une application strictement contractante c-à-d qu’il existe
une constante 0 ≤ k < 1 telle que ∀x, y ∈ K on a d(φ(x), φ(y)) ≤ kd(x, y).
Alors φ admet un point fixe unique, c-à-d il exsite un unique point z ∈ K tel
que φ(z) = z.
De plus, pour tout a ∈ K, la suite récurrente définie par x0 = a et xn+1 =
φ(xn ) (n ∈ N), converge vers le point fixe z et on a l’estimation suivante :
1
d(a, z) ≤ d(a, φ(a)).
1−k
Démonstration 3.6 Comme φ est une application de K dans K, la suite récur-
rente x0 = a et xn+1 = φ(xn ) est bien définie pour tout n ∈ N. par récurrence
sur n on a :
d(xn , xn+1 ) = d(φ(xn−1 ), φ(xn )) ≤ k(xn−1 , xn ) ≤ . . . ≤ k n d(x0 , x1 )
43
Une application répétée de l’inégalité triangulaire donne, pour tout p ∈ N :
d(xn , xn+p ) ≤ d(xn , xn+1 ) + . . . + d(xn+p−1 , xn+p )
kn
≤ (1 + . . . + k p−1 )k n d(x0 , x1 ) ≤ d(a, φ(a)).
1−k
En d’autres termes la suite (xn )n∈N est une suite de Cauchy dans K. Comme
F est complet, il existe z ∈ F tel que limn−→+∞ xn = z.
La continuité de φ, nous donne alors
φ(z) = φ( lim xn ) = lim φ(xn ) = lim xn+1 = z
n−→+∞ n−→+∞ n−→+∞
c-à-d que z est un point fixe de φ. On a aussi l’unicité du point fixe z, en effet, siz (
est un autre point fixe de φ, on aura
0 < d(z, z ( ) = d(φ(z), φ(z ( )) ≤ kd(z, z ( ) < d(z, z ( )
ce qui est absurde.
kn
Finalement, en faisant tendre p vers +∞ dans l’inégalité d(xn , xn+p ) ≤ 1−k
d(a, φ(a))
on a
kn
d(xn , z) ≤ d(a, φ(a))
1−k
et en prenant n = 0 on obtient l’estimation désirée. ♣
3.3 Le théorème d’inversion locale
Cette section est consacré au problème suivant : comment peut-on reconnaître
qu’une application est un difféomorphisme et quellerégularité à l’application ré-
ciproque ?
on à déjà vu une qu’avoir une différentielle inversible est une condition néces-
saire.
Le théorème d’inversion locale dit que cette condition est suffisante pour in-
verser localement.
Théorème 3.7 (Le théorème d’inversion locale) Soient E et F deux espaces de
Banach. Soient U ⊂ E un ouvert et a ∈ U. Soit f : U −→ F une application
de classe C 1 telle que Df (a) ∈ Isom(E, F ). Il existe alors un ouvert U ( de U
contenant a et un ouvert V ( de F contenant f (a) tels que :
1. La restriction f |U # : U ( −→ V ( = f (U ( ) est un difféomorphisme de classe
C 1.
44
2. Si de plus, f est de classe C r , l’application inverse f −1 : V ( −→ U ( est de
classe C r , c-à-d que f induit un difféomorphisme de classe C r de U ( sur
V ( = f (U ( ).
Démonstration 3.8 Commençons la démonstration par une petite digression. Par
translation et composition on va se ramener au cas où E = F , a = f (a) = 0 et
Df (0) = IdE .
En effet, posons pour tout x ∈ U − a := {y − a; y ∈ U } (le translaté de U par
le vecteur −a), g(x) = (Df (a))−1 (f (x+a)−f (a)) alors g : U −a −→ E, g(0) =
(Df (a))−1 (f (a) − f (a)) = 0 et Dg(0) = (Df (a))−1 (Df (a)) = IdE . Enfin, si g
est difféomorphisme local, il en est de même de f (x) = Df (a)(g(x − a) + f (a)).
On est donc ramené à traiter le cas E = F , a = 0, f (a) = 0 et Df (0) = IdE ,
ce que nous supposerons dans la suite.
Posons ϕ(x) = f (x) − x. Alors ϕ(0) = 0 et Dϕ(0) = Df (0) − IdE = 0, d’où
par continuité de Dϕ en 0, il existe r > 0 tel que la boule fermée B̄(0, r) ⊂ U
et )Dϕ(x)) ≤ 12 pour tout x ∈ B̄(0, r). D’après le théorème des accroissements
finis, on aura )ϕ(x)) ≤ 12 )x), pour tout x ∈ B̄(0, r). Donc, l’image par ϕ de la
boule B̄(0, r) est contenue dans la boule 12 B̄(0, r) = B̄(0, 2r ).
Affirmation : L’image par f de la boule B̄(0, r) est égale à B̄(0, 2r ). Plus
précisément, pour tout y ∈ B̄(0, 2r ), il existe un unique x ∈ B̄(0, r) tel que f (x) =
y.
Pour démontrer cette affirmation, on considère l’application ϕy : U −→ E
définie par ϕy (x) = y − ϕ(x) = x + (y − f (x)).
Alors x est un point fixe de ϕy si et seulement si y = f (x).
Pour y ∈ B̄(0, 2r ) et x ∈ B̄(0, r), on a ϕ(x) ∈ B̄(0, 2r ) et par suite )ϕy (x)) =
)ϕ(x) + y) ≤ )ϕ(x)) + )y) ≤ 2r + 2r = r. Donc, ϕy (x) ∈ B̄(0, r).
On peut donc, considérer ϕy comme une application de la boule fermée B̄(0, r)(
qui est un espace complet) dans elle même.
Comme Dϕy (x) = Dϕ(x), )Dϕy (x)) ≤ 21 pour tout x ∈ B̄(0, r) et d’après
le théorème des accroissements finis, on aura )ϕy (x)−ϕy (x( )) ≤ 12 )x−x( ), pour
tout x, x( ∈ B̄(0, r). Donc, ϕy est une application strictement contractante de la
boule fermée B̄(0, r) dans elle même ; et d’après le théorème du point fixe, ϕy à
un unique pint fixe x ∈ B̄(0, r), c-à-d que y = f (x). Ceci prouve l’affirmation.
D’autre part, l’estimation du théorème du point fixe 3.5, appliquée lorsque
a = 0, donne )x) ≤ 21 )y).
On pose V = B(0, 2r ). Alors V est un voisinage ouvert de f (0) = 0 dans E.
On note par g : V −→ B(0, r) l’inverse définie par g(y) = x si y = f (x).
L’application g est continue car,
1
)x − x( ) ≤ )f (x) − f (x( )) + )ϕ(x) − ϕ(x( )) ≤ )f (x) − f (x( )) + )x − x( ).
2
45
Donc pour tout y, y ( ∈ V , on a g(y) − g(y ( )) ≤ 12 )y − y ( ).
On pose U ( = g(V ). Alors U ( = f −1 (V ) est un ouvert voisinage de 0. D’où
f |U # : U ( −→ V est un homéomorphisme.
Il reste à voir que g = f −1 est différentiable et d’après la proposition 3.3, g
sera de classe C 1 .
Comme par hypothèse Df (0) ∈ Isom(E), quitte à restreindre U ( , on peut
supposer que Df (x) ∈ Isom(E), pour tout x ∈ U ( .
Soient x0 ∈ U ( et y0 = f (x0 ). La différentiabilité de f en x0 , nous donne :
f (x) − f (x0 ) = Df (x0 )(x − x0 ) + )x − x0 )ε(x − x0 )
avec limx−→x0 ε(x − x0 ) = 0.
D’où
x − x0 = Df (x0 )−1 (y − y0 ) − )x − x − 0)Df (x0 )−1 (ε(x − x0 )). (3.1)
Comme Df (x0 )−1 (0) = 0 et que limx−→x0 ε(x − x0 ) = 0, il existe δ > 0 tel
que )x − x0 ) < δ entraîne
1
)Df (x0 )−1 (ε(x − x0 ))) ≤ )Df (x0 )−1 ).)ε(x − x0 )) ≤ .
2
En utilisant 3.1 on obtient,
1
)x − x0 ) ≤ )Df (x0 )−1 ).)y − y0 ) + )x − x0 )
2
)x − x0 ) ≤ 2)Df (x0 )−1 ).)y − y0 )
Posons C = 2)Df (x0 )−1 ), alors )x − x0 ) ≤ C)y − y0 ).
Comme g = f −1 est continue, ∃δ0 tel que )y − y0 ) < δ0 entraîne
)g(y) − g(y0 )) ≤ δ donc )x − x0 ) ≤ δ.
Alors
)g(y) − g(y0 ) − Df (x0 )−1 (y − y0 )) ))x − x0 ).)Df (x0 )−1 (ε(x − x0 )))
lim = lim
y−→y0 )y − y0 ) y−→y0 )y − y0 )
)x − x0 )
≤ lim .)Df (x0 )−1 ).)ε(x − x0 )) ≤ lim C.)Df (x0 )−1 ).)ε(x − x0 ))
y−→y0 )y − y0 ) y−→y0
≤ lim 2)ε(x − x0 )) = 0
x−→x0
Donc g est différentiable en y0 = f (x0 ) et de différentielle Dg(y0 ) = (Df (x0 ))−1 .
Le cas f de classe C r est une conséquence de f de classe C 1 et de 3.3. ♣
46
Corollaire 3.9 (Théorème d’inversion globale) Soient E et F deux espaces de
Banach.
Soit U ⊂ E un ouvert et f : U −→ F une application de classe C r .
On suppose que f est injective et que ∀a ∈ U , Df (a) ∈ Isom(E, f ).
Alors f : U −→ f (U ) est un difféomorphisme de classe C r .
Démonstration 3.10 D’après le théorème d’inversion locale f est un difféomor-
phisme local de classe C r .
Ceci implique en particulier que V = f (U ) est voisinage de tout ses points,
donc un ouvert de F.
l’hypothjèse d’injectivité de f c-à-d la bijectivité de f : U −→ f (U ), permet
de définir un inverse f −1 .
Comme localement, l’inverse de f coïcident avec f −1 , f −1 est alors de classe
r
C .
Donc f est un difféomorphisme "global" de classe C r . ♣
Exemple 3.3.1 (les coordonées polaires) .
Soit Φ : U −→ V , définie par Φ(r, θ) = (r cos θ, r sin θ)
où U = {(r, θ); r ∈ R∗+ et − π < θ < π} et V = R \ {(x, 0), x ≤ 0}
Alors
1. Φ est de classe C ∞ .
2. Φ est injective. En effet Φ(r, θ) = Φ(r( , θ( ))Φ(r, θ)) = r = r( = Φ(r( , θ( )
d’où cos θ = cos θ( et sin θ = sin θ( et donc θ( = θ. Finalement (r, θ) =
(r( , θ( ).
3. pour tout (r, θ) ∈ U! , det JΦ (r, θ) (= 0.
"
cos θ −r sin θ
en effet, JΦ (r, θ) = et donc det JΦ (r, θ) = r (= 0.
sin θ r cos θ
Le théorème d’inversion globale, nous affirme alors que Φ est difféomor-
phisme de classe C ∞ .
On pourrait faire mieux et déterminer explicitement l’inverse de Φ.
L’inverse de Φ, Ψ : V −→ U qui à (x, y) ∈ U associe ses "coordonées
polaires" (r, θ) ∈ U est définie par
! ! "" ! ! ""
(x, y) y
Ψ(x, y) = )(x, y)), arg = )(x, y)), 2 arctan
)(x, y)) )(x, y)) + x
où arg : S1 \{(−1, 0)} −→]−π, π[ est la fonction argument, inverse de la fonction
θ &→ eiθ et S1 = {u ∈ R2 ; )u) = 1} le cercle unité.
En effet, pour u = (x, y) ∈ S1 \ {(−1, 0)} :
arg(u) = θ si et seulement si u = (cos θ, sin θ).
θ θ θ
sin 2 sin cos
Remarque : tan 2θ = cos
2
θ = 2 cos2
2
θ
2
= sin θ
1+cos θ
= y
1+x
, y
d’où θ = 2 arctan 1+x .
2 2
47
3.3.1 Fonctions implicites
Au lieu de résoudre en x une équation du type y = f (x) comme dans le
théorème d’inversion locale, on veut résoudre en y une équation implicite du type
G(x, y) = 0. On va expliquer comment ce problème plus général (car y = f (x) ⇔
G(x, y) = f (x) − y = 0) se ramène au précédent.
Soient E1 , E2 et F des espaces de Banach, U ⊂ E1 , V ⊂ E2 des ouverts et
f : U × V −→ F une application de classe C 1 . On note x la variable dans U
et y la variable dans V. Pour (a, b) ∈ U × V , on note Dy f (a, b) la différentielle
V −→ u × V −→ F
en b de l’application composée et de même on
y &→ (a, y) &→ f (a, y)
definit Dx f (a, b) la différentielle par rapport à x.
On notera que Dy f (a, b) ∈ L(E2 , F ) et Dx f (a, b) ∈ L(E1 , F ).
Théorème 3.11 (Théorème des fonctions implicites) Soient E1 , E2 et F des es-
paces de Banach, U ⊂ E1 , V ⊂ E2 des ouverts et f : U × V −→ F une
application de classe C 1 .
Soit (a, b) ∈ U × V tel que f (a, b) = 0 et Dy f (a, b) ∈ Isom(E2 , F ).
Alors, il existe un voisinage ouvert de a, Ua ⊂ U , un voisinage ouvert de b,
Vb ⊂ V et une application de classe C 1 , ϕ : Ua −→ Vb tels que
1. ϕ(a) = b
2. ∀(x, y) ∈ Ua × Vb , f (x, y) = 0 ⇔ y = ϕ(x)
3. La différentielle de ϕ en a est donnée par la formule
Dϕ(a) = − (Dy f (a, b))−1 ◦ Dx f (a, b).
Si f est de classe C r , r ≥ 1, il en est de même pour ϕ.
Démonstration 3.12 Soit g : U ×V −→ U ×F définie par g(x, y) = (x, f (x, y)).
La différentielle de g en (a, b) est l’application Dg(a, b) : E1 ×E2 −→ E1 ×F
definie par Dg(a, b)(h, k) = (h, Dx f (a, b)h + Dy f (a, b)k)
Dg(a, b) est inversible. En effet, pour tout (H, K) ∈ E1 × F , l’équation
Dg(a, b)(h, k) = (H, K) a pour solution unique
' (
(h, k) = H, (Dy f (a, b))−1 (K − Dx f (a, b)H) .
Par le théorème d’inversion locale, il existe un ouvert voisinage de (a, b), Wa,b ⊂
U × V tel que
g|Wa,b : Wa,b −→ g(Wa,b )
(x, y) &→ (x, f (x, y))
est un difféomorphisme de classe C 1 .
48
L’inverse de g est alors de la forme g −1 (x, y) = (x, φ(x, y)).
On peut, quitte à restreindre l’ouvert g(Wa,b ), supposer que g(Wa,b ) = B((a, b), r)
pour un certain r > 0.
On a les équivalences :
(x, y) ∈ Wa,b et f (x, y) = 0 ⇔ (x, y) ∈ B((a, 0), r) et y = φ(x, 0). ⇔
)x − a) < r et y = ϕ(x), où on a posé φ(x, 0) = ϕ(x).
Comme wa,b est un ouvert voisinage de (a, b), il existe un voisinage ouvert de
a, Ua et un voisinage ouvert de b, Vb telle que Ua × Vb ⊂ Wa,b . Comme ϕ est
continue, quitte à restreindre Ua , on peut supposer que ϕ(Ua ) ⊂ Vb .
Finallement, ϕ : Ua −→ Vb vérifie bien ϕ(a) = b et ∀(x, y) ∈ Ua × Vb ,
f (x, y) = 0 ⇔ y = ϕ(x).
On obtient la formule de la différentielle de ϕ en a, en dérivant la fonc-
tion identiquement nulle f (x, ϕ(x)) comme fonction composée. La dérivation des
fonctions composée nous donne 0 = Dx f (a, b) + Dy f (a, b) ◦ Dϕ(a)..♣
Exemple 3.3.2 (écriture en dimension
finie) E 1 = R , E2 = F = R .
n p
f1 (x, y)
.
f : Rn × Rp −→ Rp , (x, y) &→
. .
.
fp (x, y)
La matrice Jacobienne de f au point (a, b) ∈ Rn × Rp est la matrice
∂f ∂f1 ∂f1 ∂f1
∂x
(a, b) . . .
1
∂xn
(a, b) ∂y1
(a, b)
... ∂yp
(a, b)
1
Jf (a) = . . . ... ... ... ... ...
∂fp ∂fp ∂fp ∂fp
∂x1
(a, b) . . . ∂xn
(a, b) ∂y1 (a, b) . . . ∂yp
(a, b)
On peut appliquer
∂f le théorème des fonctions
implicites dès que le déterminant
∂f1
∂y
1
(a, b) . . . ∂yp (a, b)
1
du mineur p × p, . . . ... . . . est non nul.
∂fp ∂fp
∂y1
(a, b) . . . ∂y p
(a, b)
Alors il existe des voisinage ouvert Ua de a et Vb de b et une application φ :
Ua −→ Vb , φ(x) = (φ1 (x), . . . , φp (x)) telle que
1. φ(a) = b
2. pour tout (x, y) ∈ Ua × Vb on a
f1 (x1 , . . . , xn , y1 , . . . , yp ) = 0
y1 = φ1 (x1 , . . . , xn ) = 0
.. .
. ⇔ ..
fp (x1 , . . . , xn , y1 , . . . , yp ) = 0 yp = φp (x1 , . . . , xn ) = 0.
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Exemple 3.3.3 Pour un choix convenable d’un intervalle I centré en 0 ∈ R,
l’équation y 2 x1 + e2y + x2 = 0 a une solution unique y ∈ I si x = (x1 , x2 ) ∈ V ,
un certain voisinage de (1, −1) dans R2 .
En effet, on commence par définir f : R2 × R −→ R par f (x, y) = y 2 x1 +
e2y + x2 .
Alors, f (1, −1; 0) = 0 et Dy f (x, y) = 2x1 y + 2e2y |(1,−1;0) = 2 (= 0 et d’après
le théorème des fonctions implicites, il existe un voisinage I de 0 dans R, V de
(1, −1) dans R2 et une application C ∞ φ : U −→ v tels que φ(1, −1) = 0 et
y = φ(x).
D’autre part : Dx f (x, y) = (1, y 2 ) d’où Dφ(1, −1) = − (Dy f (1, −1; 0))−1 ◦
Dx f (1, −1; 0) = − 12 (0, 1) = (0, − 12 ).