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Complément À La Dissertation SARRAUTE

Dans 'Pour un oui ou pour un non', le conflit entre deux amis, H.1 et H.2, émerge progressivement à travers des échanges chargés d'ironie et de ressentiment. La pièce explore la complexité de la communication, où les mots peuvent à la fois rapprocher et éloigner, menant finalement à une rupture inévitable. La parole, au centre de cette dynamique, révèle les blessures du passé et souligne la tragédie de l'incompréhension entre les individus.

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Complément À La Dissertation SARRAUTE

Dans 'Pour un oui ou pour un non', le conflit entre deux amis, H.1 et H.2, émerge progressivement à travers des échanges chargés d'ironie et de ressentiment. La pièce explore la complexité de la communication, où les mots peuvent à la fois rapprocher et éloigner, menant finalement à une rupture inévitable. La parole, au centre de cette dynamique, révèle les blessures du passé et souligne la tragédie de l'incompréhension entre les individus.

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Complément à la dissertation :

Le conflit naît durant la pièce. Au tout début de Pour un oui ou pour un non, il s'agit de deux amis dont l'un H.
1 demande des explications à l'autre concernant une certaine distance qu'il a remarquée depuis quelque temps. IL n' y a
pas encore de conflit. Il naîtra à partir du moment où H. 2 va parler. On comprend alors ces réticences à le faire.

Etapes conduisant à la rupture :


– demande d'explication de H. 1 et réticences de H. 2 « rien qu'on puisse dire »
– « c'est juste des mots ». H. 2 fait languir, attendre H.1 mais finit par lui dire la phrase qui l'a blessé « c'est
biiien … ça »
– Ironie de H. 1 « c'était pourtant une si belle occasion de laisser tomber, de ne plus jamais revoir un ami de
toujours » et H.2 explique pourquoi il n'a pas rompu avec H. 1 et s'est contenté d'instaurer une distance : le
tribunal l'a jugé comme « celui rompt pour un oui ou pour un non ». Il ne veut pas lui donner une nouvelle fois
raison.
– H. 1 qualifie le ton qu'il aurait pu employer de « condescendant », ce qui donne envie à H. 2 de
« recommencer » sa demande de rupture. Cette fois-ci, le jury est constitué de deux voisins. H. 2 dévoile à
cette occasion les circonstances de la phrase « c'est biiien … ça ». Les voisins n'y comprennent rien et disent
ne pas vouloir comprendre. C'est un échec.
– H. 1 demande à H. 2 : « Alors, dis-moi, vraiment, tu le crois ? Tu penses que je t'ai tendu un piège ? » et H. 2
répond « il est probable que tu ne l'as pas tendu au départ […]. Mais après, quand tu as senti en moi ce
frémissement … […] alors tu t'es mis à déployer, à étaler … comme tu fais toujours quand tu étales devant
moi ... ». H. 2 prend l'exemple de H. 1 qui a voulu étaler son bonheur familial devant lui. Mais lors de
l'échange, on découvre que H. 1 avait été aussi blessé par H. 2 qu'il voyait comme jaloux. Commence alors
véritablement une opposition frontale : le passé revit par les mots. Au lieu de se taire comme les personnages
l'avaient fait auparavant, ils expriment ce qu'ils ont ressenti, ce qui les a blessés. Le spectateur comprend que
deux visions du monde s'affrontent (famille bourgeoise/absence de famille). Il y a alors un mouvement de
départ de H. 1 qui se sent insulté quand H. 2 lui dit « Ah mais c'est qu'il faut absolument que tu viennes, hein ?
ça t'attire, ça te tire »
– Pause lorsque H. 2 met la main sur l'épaule de H. 1 en signe d'apaisement. « quand tu t'es arrêté là, devant la
fenêtre … pour regarder... on dirait que tu te fonds avec ce que tu vois... oui, rien que pour ça … tout à coup tu
m'es proche... »
– Suit cependant l'épisode du malentendu sur « la vie est là », qui se veut l'opposé de l'épisode sur le bonheur. :
H. 1 reproche à H. 2 de vouloir poser en tant que poète et de le rabaisser. Ce passage fait aussi écho au tout
début de la pièce. La souricière évoquée à propos de « c'est biiien … ça » se transforme en « bout de lard ». H.
1 explique que « Pas plus dingue que toi, quand tu disais que je t'avais appâté avec les voyages pour t'enfermer
chez moi, dans ma cage... ça paraissait très fou, mais tu n'avais peut-être pas di tort que ça … Mais cette fois,
c'est toi qui m'as attiré ». A CE MOMENT-LA, c'est un conflit présent, qui naît sur scène, sans lien avec le
passé. C'est la première étape vers la rupture finale : « oui, cette fois je ne sais pas si « on y est », mais je
sens qu'on s'approche... ». Une exemple de la différence des visions du monde : H. 1 conçoit la poésie en
bourgeois et H. 2 la conçoit comme un art de vivre.
– Souvenir (donc passé) : épisode de la barre des Ecrins où H. 1 s'est senti humilié par H. 2 « Mais oui, tu sais le
dire aussi … en tout cas l'insinuer … C'est biiien … ça... voilà un bon petit qui sent le prix de ces choses-là.
Retour brutal au présent « Il n'y a pas de conciliation possible. Pas de rémission... C'est un combat sans
merci. » Deuxième étape vers la rupture finale.
– Paroxysme. Passé et présent se rejoignent définitivement. « il me semble que là où tu es tout est … je ne
sais pas comment dire … inconsistant » /quand je suis chez toi, c'est comme de la claustrophobie.
NOEUD
– Dénouement : rupture sans nul besoin du tribunal des autres, car ils sont maintenant d'accord sur leurs
désaccords.

A retenir :
– la parole est au cœur de cette pièce : est-ce un outil de communication ou de malentendu ? Faut-il parler ou
préférer le silence ?
– Dans cette pièce, la parole fait naître la parole, les mots en appellent d'autres, les souvenirs affluent. Le
tropisme devient sous-conversation, qui se transforme en conversation puis en conflit. Tragique de la difficulté
à communiquer entre les êtres.

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