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Cours DFG Thierry Bidouzo

Le droit fiscal est une branche du droit public qui régule le prélèvement des ressources financières par l'État, avec des sources principalement législatives. Il est caractérisé par son autonomie et son indépendance relative, tout en étant soumis à des règles légales strictes. Le document aborde également la complexité du contentieux fiscal, les éléments constitutifs de l'impôt, ainsi que son rôle financier, économique et social.

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Cours DFG Thierry Bidouzo

Le droit fiscal est une branche du droit public qui régule le prélèvement des ressources financières par l'État, avec des sources principalement législatives. Il est caractérisé par son autonomie et son indépendance relative, tout en étant soumis à des règles légales strictes. Le document aborde également la complexité du contentieux fiscal, les éléments constitutifs de l'impôt, ainsi que son rôle financier, économique et social.

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UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI

Faculté de droit et de science politique

Licence 3

Droit fiscal général

Thierry BIDOUZO

1
INTRODUCTION GENERALE
1- Définition du droit fiscal

Le droit fiscal est la branche du droit qui régit cette activité particulière de l’Etat qui consiste à
procurer à la puissance publique, à titre définitif, des ressources financières par un prélèvement
autoritaire et sans contrepartie. L’exercice du pouvoir fiscal supposera toujours des pouvoirs et
des prérogatives beaucoup plus importants au profit des administrations financières même si
ces prérogatives et ces pouvoirs connaissent des limites qui tiennent à l’existence d’un ensemble
de règles juridiques.

2- Le droit fiscal : une branche du droit privé ou du droit public

Le droit fiscal est le droit relatif à l’application des règles relatives à l’impôt. Mais comme le
souligne le Doyen VEDEL, le droit fiscal est un peu « l’enfant perdu des disciplines juridiques.
Dans la grande famille du droit, il fait figure, si non d’orphelin recueilli, du moins d’enfant un
peu singulier ». Dès lors, se pose la question de la place du droit fiscal parmi les diverses
branches du droit.

L’impôt étant un rapport entre le fisc et les contribuables, c’est-à-dire, entre l’Etat et les
citoyens, le droit fiscal est une branche du droit public. Il est étudié séparément à côté du droit
constitutionnel et du droit administratif car il présente au regard de sa construction autour de
l’idée du pouvoir fiscal, une originalité certaine.

Cependant, étant donné que l’ensemble des règles juridiques qui constituent le droit fiscal
s’appliquent à des situations, à des personnes et à des biens déjà intégrés à la vie juridique, il
comporte une dimension relative du droit privé.

3- Les sources du droit fiscal

Le droit fiscal est issu de source que l’on retrouve dans toutes les branches du droit : la loi, la
jurisprudence, les textes réglementaires et la doctrine. Cependant, en vertu du principe de
légalité, les dispositions législatives constituent la seule véritable source du droit fiscal. Il s’agit
notamment du Code Général des Impôts.

Le principe de légalité de l’impôt, fondement du droit fiscal se rattache à la règle


constitutionnelle du consentement à l’impôt par les représentants du contribuable. Aux termes
des dispositions de l’article 105 al 1 de la Constitution béninoise de 1990, « l’initiative des lois
appartiennent concurremment au Président de la République et aux membres de l’Assemblée
Nationale ». Mais en matière fiscale, l’initiative des parlementaires est considérablement limité
par la constitution qui précise en son article 107 que : « Les propositions et amendements
déposés par les députés ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence,
soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou l’aggravation d’une charge
publique, à moins qu’il ne soit accompagné d’une proposition d’augmentation de recette ou
d’économie équivalente ». En d’autres termes, les députés ne peuvent proposer des allégements
fiscaux.

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4- Les caractères du droit fiscal
- Un droit autonome : l’expression de l’autonomie du droit fiscal a été employée pour
souligner que dans certaines circonstances, le droit fiscal s’écarte du droit commun. Le
mot est d’ailleurs contesté par certains auteurs qui voudraient lui substituer le thème
particularisme. Pour les tenants de l’autonomie, il est possible de partir du droit fiscal
pour dégager un corps de principes homogènes différents des principes juridiques,
classiques ou généraux. Les adversaires de cette théorie estiment que le droit
commercial ou le droit administratif, eux aussi, ne sont affranchis de la tutelle du droit
civil. Il serait plus exact de parler de la spécificité du droit fiscal.
- Une indépendance relative : l’autonomie suppose une certaine indépendance qui
réside dans le fait que le droit fiscal est axé sur la nécessité de procurer à l’Etat des
ressources, voire le maximum de ressource.

5- Le contentieux fiscal

Le droit fiscal n’a pas la réputation d’être particulièrement simple et la législation fiscale
devient de plus en plus complexe. C’est pour cela que l’interprétation et l’application de ce
droit soulève des difficultés d’autant plus que les différents protagonistes (Fisc et contribuables)
ont des intérêts opposés par nature. Dans ces conditions, l’organisation d’un contentieux fiscal,
pouvant porter aussi bien sur la régularité de l’imposition que sur les modalités de son
recouvrement constitue une garantie pour les contribuables contre une application arbitraire de
la fiscalité.

3
CHAPITRE I : La théorie générale de l’impôt
Section 1 : La notion de l’impôt : les éléments constitutifs de l’impôt

Imposer, c’est contraindre les particuliers et les entreprises à verser de l’argent au fond public
sans contrepartie. C’est un prélèvement par voie d’autorité de la richesse détenue par les
particuliers et les entreprises. C’est un mode d’appropriation de la richesse.

Selon Gaston JEZE, l’impôt désigne : « Une prestation pécuniaire requise des particuliers
par voie d’autorité, à titre définitif et sans contrepartie, en vue de la couverture des charges
publiques ». Cette définition renseigne suffisamment sur les éléments constitutifs de la notion
d’impôt.

A- Un prélèvement pécuniaire

L’impôt s’acquitte en argent et non en nature. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Par exemple,
dans les sociétés rationnellement anciennes dont les économies étaient non monétisées, le
paiement en nature était la règle et les citoyens remettaient une partie de leur récolte ou de leur
production au pouvoir public. Mais, de nos jours, dans les sociétés modernisées, l’impôt est
perçu en argent.

B- Un prélèvement autoritaire ou par voie d’autorité

Manifestation de la souveraineté de l’Etat, l’impôt apparait comme le nerf de la puissance


publique. Le prélèvement par voie d’autorité rend l’impôt donc obligatoire. Ce caractère
obligatoire peut paraitre contradictoire avec le principe démocratique du consentement à
l’impôt. En fait, la contradiction, n’est qu’apparente : le consentement dont il s’agit est collectif,
l’impôt étant consenti par les parlementaires représentant la nation dans son ensemble et non
pas les contribuables individuellement. Le recouvrement de l’impôt suppose donc l’exercice de
prérogatives de puissance publique et tout un arsenal de contraintes et de sanctions prévus pour
obliger le contribuable à s’exécuter.

C- Un prélèvement qui répond à des règles légales

L’impôt ne peut être prélevé ou créé par la loi. Il revient au parlement de voter les lois fiscales
et la loi annuelle des finances qui rend applicable le régime fiscal en vigueur. Les modalités de
consentement à l’impôt sont, par ailleurs, prévues par la déclaration des droits de l’Homme et
des citoyens en son article 14 qui stipule que : « Tous les citoyens ont le droit de constater par
eux-mêmes ou par leur représentant la nécessité de la contribution publique, de la consentir
librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer le recouvrement et la durée ».

D- Un prélèvement à caractère définitif et sans contrepartie

Après le recouvrement du montant de l’impôt, il devient définitivement acquis par le trésor


public. L’aspect définitif du prélèvement fiscal oppose l’impôt à l’emprunt, le contribuable
n’étant jamais remboursé sauf erreur à son encontre.

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Mais, c’est surtout l’absence de contrepartie qui est le trait le plus spécifique de l’impôt. Il est
perçu dans l’intérêt général au profit de l’Etat et des collectivités territoriales et non par telle ou
telle action précise. Ainsi, le contribuable qui remplit son obligation fiscale ne reçoit pas de
prestation directe ou immédiate en échange, même si en retour, en tant que citoyen, il bénéficie
du fonctionnement des services publics.

E- Un objectif essentiel de couverture des charges publiques

Pour l’entretien de la force publique et les dépenses de l’administration, une contribution


commune est indispensable. L’impôt ne se justifierait donc que par l’existence des dépenses de
l’Etat à couvrir. Il doit donner les moyens nécessaires au bon fonctionnement des collectivités
étatiques.

Section 2 : Le rôle de l’impôt

A- Le rôle financier et économique

Ce rôle était unique dans la conception classique car les économistes estimaient que la seule
raison pour laquelle on percevait les impôts était d’avoir les fonds nécessaires pour faire face
aux dépenses de l’Etat (sécurité interne, sécurité externe, travaux d’aménagement et de
construction, etc.). Ce rôle financier a eu plusieurs appellations selon différents auteurs : Rôle
financier pour Adam SMITH, Rôle essentiel pour James ADHER, L’impôt financier pour
Laufin BURGER, L’impôt collecteur pour Ngaosy VATHN. Avec les finances publiques
modernes où règne l’interventionnisme étatique, ce rôle économique et financier prend une
place importante car l’Etat ne peut entreprendre économiquement, ne peut changer les
structures économiques et sociales, ne peut réduire les inégalités sociales et lutter contre la
pauvreté et la marginalisation sans avoir suffisamment de fonds.

B- Le rôle social de l’impôt

Au-delà de la réduction des inégalités sociales, l’impôt peut avoir pour objectif d’exercer une
action sociale spécialisée : la taxation des boissons alcoolisées accompagnée de la détaxation
des jus de fruit contribue à la lutte contre l’alcoolisme. L’impôt doit également devenir
davantage un facteur régulateur de la répartition de revenu national.

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CHAPITRE II : Les techniques fiscales
Section 1 : La typologie fiscale : les catégories d’impôt

A- Impôt direct et impôt indirect

L’impôt est direct quand il est assis sur la jouissance d’un capital ou d’un revenu ; ce qui revient
à dire l’impôt direct touche ce qu’on gagne et ce qu’on possède. A l’opposé, l’impôt est indirect
quand il frappe les opérations de production, de circulation, d’échanges et de consommation.
Ce qui revient à dire qu’il touche ce qu’on dépense.

L’impôt est direct s’il est supporté effectivement par celui qui le doit (le redevable légal) et qui
le paie (le contribuable). Par exemple, le salarié qui ne peut répercuter son impôt sur autrui est
un redevable et un contribuable à la fois.

Alors que l’impôt est indirect quand il ne reste pas à la charge de la personne qui le doit (le
redevable) puisque cette personne répercute la charge fiscale sur un tiers. Donc l’impôt indirect
n’est pas supporté par le débiteur légal (le redevable) mais par le débiteur de fait (le
contribuable). Par exemple, l’acheteur d’une voiture paie au vendeur en plus du prix de vente,
la TVA (Taxe sur Valeur Ajoutée) qui est versée par le vendeur au trésor public. Ainsi, le
redevable n’est que le vendeur alors que le contribuable qui supporte effectivement la charge
fiscale n’est autre que l’acheteur.

B- Impôt réel et impôt personnel

Il est classique d’opposé l’impôt réel à l’impôt personnel. L’impôt réel atteint la matière
imposable en elle-même en faisant abstraction de la personne contribuable, tandis que l’impôt
personnel prend en compte de manière déterminante la situation individuelle de chaque
assujettie.

Assis sur des éléments réels (revenu, patrimoine, dépense), les impôts personnels sont
aménagés en fonction de la situation personnelle du contribuable. On tient compte ainsi de
l’importance des ressources, de leur origine.

Section 2 : Les étapes du prélèvement de l’impôt

A- L’évaluation de la matière imposable


1- L’évaluation directe de la matière imposable

Le but de cette évaluation directe est l’évaluation monétaire réelle de la matière imposable.
Cette évaluation se fait sur la base de la collaboration des contribuables et sur leur bonne foi :
c’est le système déclaratif.

- La déclaration par le contribuable

La loi exige du contribuable une déclaration de ses revenus ou matières imposable car il est le
mieux placé pour connaitre leur valeur. Ce système se base sur la bonne volonté, la sincérité, le

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sens civique et la bonne foi du contribuable. La déclaration doit être assortie de toutes les pièces
justificatives pour permettre à l’administration d’établir un rôle rationnel.

Dès la réception de la déclaration, le fisc entame la procédure de contrôle et dispose de plusieurs


pouvoirs lui permettant de la mener à bien.

D’abord, le pouvoir d’investigation : le fisc peut faire appel au contribuable en demandant les
renseignements, les éclaircissements des renseignements, soit verbalement, soit par écrit ; il
peut faire aussi appel à un tiers pour complément d’informations de même qu’il dispose du droit
de visite et de constat.

Ensuite, le pouvoir de vérification : les agents du fisc peuvent vérifier la comptabilité du


contribuable et peuvent demander tout document comptable tenu par les administrations de
l’Etat, celle des communes et des entreprises publiques sans que le principe du secret
professionnel ne soit violé.

Si l’administration trouve des erreurs ou des anomalies de bonne foi, alors elle peut rectifier la
déclaration initiale du contribuable : c’est le pouvoir de rectification. Si, par contre,
l’administration constate que la déclaration du contribuable est frauduleuse, alors le fisc dispose
du pouvoir d’imposition d’office ; c’est-à-dire que le fisc va évaluer directement la matière
imposable.

- La déclaration par les tiers

Elle concerne les salaires et les traitements qui sont déclarés par un tiers : le patron pour les
salariés et l’administration pour les fonctionnaires. Ce type de déclaration est crédible et évalue
de façon vraie la matière imposable. De même, elle anéantie toute possibilité de fraude surtout
qu’elle est liée à la technique de la retenue à la source.

2- L’évaluation indirecte de la matière imposable

C’est une évaluation qui revient aux agents de l’administration qui cherchent à connaître la
valeur monétaire de la matière imposable sur la base de certains éléments. On distingue le
système indiciaire du système forfaitaire.

Le système indiciaire repose sur une évaluation d’après les signes extérieurs. Il peut s’agir, par
exemple, du montant du loyer, du nombre de portes et fenêtres, du nombre de machines, du
nombre d’employés, etc. Cependant, les signes extérieurs peuvent ne pas refléter la vraie valeur
de la matière imposable, ce qui rend l’évaluation approximative. C’est pour cela que le système
indiciaire a été abandonné en tant que instrument d’évaluation pour devenir une technique de
contrôle.

Quant au système forfaitaire, il peut prendre deux formes. D’abord le forfait légal ; ici le
législateur intervient pour déterminer les éléments qui serviront à l’évaluation de la matière
imposable. Ensuite, le forfait conventionnel qui permet au contribuable de négocier avec le fisc
l’évaluation de la matière imposable ; le fisc propose au contribuable une évaluation qu’ils

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négocient jusqu’à une entente entre les deux. Cette négociation n’est pas un contrat mais
seulement une entente qui sera valable pour une année fiscale.

B- La liquidation de l’impôt

La liquidation, c’est le calcul de la dette fiscale du contribuable, c’est-à-dire le montant de


l’impôt. En tout état de cause, l’impôt ne se justifiant que pour un but d’intérêt général, il est
admis que son tarif ne doit pas faire peser sur une catégorie de contribuable une charge
excessive au regard de leur faculté contributive.

C- Le recouvrement de l’impôt

On considère le recouvrement de l’impôt comme étant l’ensemble des procédés et opérations


qui aboutissent aux versements du produit des impôts dans les caisses du trésor public.
Généralement, le paiement s’effectue en espèce ou par chèque.

En ce qui concerne les modalités de recouvrement, on distingue :

1- Les modalités qui sont liées à la date du paiement

Ici, on fait une distinction entre :

- Les droits comptant : leur paiement se faire immédiatement et sur place. Il s’agit, par
exemple, des droits d’enregistrement et de timbre.
- Les droits constatés : selon cette technique le recouvrement implique l’introduction de
certains délais pour couvrir l’impôt.

2- Les modalités qui sont liées à la formalité de paiement

Deux procédures sont concernées :

- Le recouvrement par voie de rôle : l’impôt se paie après l’établissement d’un acte
administratif qui fixe chaque contribuable de la matière. Cet acte comporte le taux, le
montant, l’impôt net, le nom et les délais de paiement.
- Le recouvrement par voie de retenue à la source : ici, le montant de l’impôt est prélevé
à la source avant même la perception du revenu par le contribuable.

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CHAPITRE III : Le système fiscal béninois : les impôts en droit béninois
Section 1 : Les impôts centraux

A- Les impôts sur le revenu des personnes physique (IRPP)

L’impôt sur le revenu des personnes physiques est un impôt annuel unique qui frappe le revenu
net du contribuable. Il est exigible de toute personne physique dont le domicile fiscal est situé
au Bénin. Il est également exigible :

- De toute personne qui transfère en cours d’année son domicile au Bénin hors du Bénin ;
- Des personnes de nationalité béninoise ou étrangère qui, ayant ou non une résidence
habituelle au Bénin, recueille des bénéfices ou des revenus dont l’imposition est
attribuée au Bénin par une convention internationale.

Le revenu net global annuel servant de base à l’IRPP est déterminé en totalisant les revenus
nets catégoriels. Ces revenus nets catégoriels sont :

- Les bénéfices industriels, commerciaux, artisanaux et agricoles (BIC) ;


- Les bénéfices des professions non commerciales (BNC) ;
- Les traitements et salaires (TS) ;
- Les revenus des capitaux mobiliers (RCM) ;
- Les revenus fonciers (RF).

1- Les bénéfices industriels et commerciaux (BIC)

Sont considérés comme des BIC, les bénéfices réalisés par des personnes physiques exerçant
des professions commerciales, industrielles, artisanales et agricoles (agriculteur, éleveur,
pêcheur). Sont aussi imposables, les personnes physiques qui louent ou qui sous-louent des
locaux meublés ou encore qui louent un établissement commercial et industriel avec le mobilier
nécessaire à son exploitation.

2- Les bénéfices des professions non commerciales (BNC)

Sont considérés comme tels, les bénéfices provenant de l’exercice d’une profession non
commerciale, les bénéfices des professions libérales, les charges et offices dont les titulaires
n’ont pas la qualité de commerçant.

3- Les traitements et salaires (TS)

Les traitements et salaires visent toutes les sommes payées dans l’année aux salariés par les
employeurs publics et privés.

4- Les revenus des capitaux mobiliers (RCM)

Sont considérés comme RCM, les revenus des valeurs mobilières, les revenus des créances,
dépôts et comptes courant.

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5- Les revenus fonciers (RF)

Sont compris dans cette catégorie, les revenus des propriétés bâties, les revenus des propriétés
non bâties, les revenus accessoires provenant de la location, de la conception du droit
d’exploitation de carrières, mines, etc.

B- Impôt sur les sociétés

Il est établi un impôt annuel sur l’ensemble des bénéfices réalisés par les sociétés et autres
personnes morales désignés à l’article 145 du Code Général des Impôts (CGI). Cet impôt est
désigné sous le nom d’impôt sur les sociétés, et est appliqué sur les bénéfices nets réalisés au
Bénin ainsi que ceux dont l’imposition est attribuée au Bénin par une convention internationale.

Sont exonérés de l’impôt sur les sociétés :

- Les associations et organismes à but non lucratif légalement constitués dont la gestion
est désintéressée ;
- Les établissements publics de l’Etat ou des collectivités décentralisées n’ayant par un
caractère commercial ;
- Les collectivités locales ;
- Les sociétés coopératives agricoles, les sociétés de secours mutuel ;
- Etc.

C- Les retenues à la source

En dehors de la retenue de l’impôt opérée directement sur les traitements et salaires, le code
général des impôts prévoit certaines retenues s’appliquant à des impôts particuliers.

1- Acompte sur impôt assis sur les bénéfices (AIB) (Art 168 à 175 du CGI)

L’AIB est exigible sur les marchandises importées, tous les paiements faits aux prestataires de
service par les organismes de l’Etat et les entreprises publiques et tous les paiements faits par
les prestataires de services par les entreprises de l’Etat.

2- Retenues sur les paiements effectués par les associations et organismes à but non
lucratif (Art 175 et suivant du CGI) :

Les ONG et associations à but non lucratif national et international, les organismes d’aide au
développement ainsi que les missions diplomatiques qui paient des sommes en rémunération
des prestations de service reçues sont tenus d’effectuer une retenue égale à :

- 1% du montant des rémunérations aux entreprises et aux personnes immatriculées à


l’IFU ;
- 5% du montant des rémunérations aux entreprises et aux personnes non immatriculées
à l’IFU.

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3- Retenue à la source de l’impôt sur les bénéfices des prestataires non domiciliés au
Bénin

Elle concerne les produits de droit d’auteur perçu par les écrivains ou compositeurs ou par leur
héritiers, les produits perçus par les inventeurs de titre, soit pour la conception des licences
d’exploitation de leur brevet, soit pour la cession de marque de fabrique, procédé ou formule
de fabrication et les sommes payées en rémunération des prestations de toute nature fournies
ou utilisées en République du Bénin.

D- Le versement patronal sur salaire

Les personnes physiques ou morales qui paient des traitements, émoluments et salaires sont
assujetties au paiement du versement patronal sur salaire (VPS). Le taux du VPS est fixé à 4%
et réduit à 2% pour les établissements privés d’enseignement. Il est liquidé sur la même
déclaration que l’impôt sur le revenu dû au titre des traitements et salaires.

E- Taxe sur les véhicules à moteur (TVM)

La TVM est une taxe sur les véhicules à moteur d’au moins trois roues, immatriculés au Bénin
et utilisés pour le transport public ou privé des personnes ou des marchandises. Elle est due par
le propriétaire du véhicule au nom duquel est établie la carte grise.

Sont exemptés de la TVM, les véhicules immatriculés au nom de l’Etat du Bénin et de ses
démembrements, du corps diplomatique et consulaire, des organisations internationales, des
organismes et ONG internationaux ayant signés un accord de siège avec le Bénin.

F- Les taxes sur les biens et services

Il s’agit notamment de la taxe sur les valeurs ajoutées (TVA) et des droits d’accises.

La TVA fait dépendre le poids de l’impôt de la valeur atteinte par les biens et les services
consommés ou intermédiaires au stade de la consommation finale. Sont assujetties de plein droit
à la TVA, les affaires réalisées au Bénin par des personnes physiques ou morales qui
habituellement ou occasionnellement achètent pour revendre en accomplissant des actes
relevant d’une activité industrielle.

Quant aux droits d’accises, il s’agit des taxes frappant certains biens comme l’alcool, le tabac,
le café, les armes et munitions, etc. Les droits d’accises font l’objet d’une harmonisation au sein
de l’espace UEMOA à travers la directive N°03/2009/CM/UEMOA du 27 mars 2009. On peut
citer : les taxes sur les jeux de hasard, tabacs et cigarettes, boissons, produits de parfumerie
cosmétiques, café, véhicules de tourisme dont la puissance est égale ou supérieure à 13 chevaux.

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Section 2 : Les impôts locaux

Ils se répartissent en fiscalité directe locale et en fiscalité indirecte locale.

A- Les impôts locaux directs


1- La patente : c’est un droit d’exercice annuel et personnel établi au nom :
- De toute personne physique ou morale béninoise ou étrangère qui exerce au Bénin un
commerce, une industrie ou une activité non comprise dans les exceptions.
- Des établissements publics ayant un caractère industriel ou commercial.

2- Les licences : il s’agit des impôts établis annuellement au nom de toute personne
physique ou morale se livrant à la vente en gros ou en détail des boissons alcoolisées.

3- Contribution financière des propriétés bâties et non bâties : les propriétés bâties
prennent en compte les maisons, les manufactures, les usines et en général, tous les
immeubles construits en maçonnerie, en fer ou en bois. Quant aux propriétés non bâties,
il s’agit de tout immeuble non encore mis en valeur. Pour ces propriétés, les taux
d’imposition sont fixés par les conseils communaux dans la fourchette de 4 à 6%. Ces
taux sont révisables tous les 5 ans.

4- Taxe d’enlèvement des ordures (TEO) : c’est une taxe prélevée pour financer la
collecte et le traitement des ordures ménagères. Elle est due par toute personne physique
ou morale occupant un immeuble à des fins d’habitation ou d’activité lucrative.

B- Les impôts locaux indirects

Le code général des impôts prévoit un certain nombre de taxes qui peuvent être instituées par
les communes en fonction de leur réalité. On distingue :

1- La taxe de développement local (TDL) : elle est établie chaque année sur les
ressources principales de la commune au nom de toutes les personnes qui réalisent sur
le territoire de la commune des revenus sur les activités agricoles, l’exploitation des
ressources touristiques et les prestations de service.
2- La taxe de pacage : elle est établie au nom des possesseurs d’animaux et le tarif est fixé
de 100f à 500f par animal et par an.
3- Les taxes sur les pirogues et barque motorisées : elle est due par tout possesseur de
pirogue et barque motorisée utilisée en mer, sur les lagunes et les fleuves soit pour la
pêche soit pour le transport.

Section 3 : Les régimes dérogatoires

A- Le régime du code des investissements

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Les dispositions relatives aux investissements au Bénin prévoient des régimes privilégiés qui
offrent aux entreprises nationales et étrangères des avantages douaniers et fiscaux. Cependant,
l’admission à ces régimes est subordonnée à la contribution de ces entreprises dans une large
mesure à :

- La mise en œuvre du plan d’aménagement du territoire ;


- La création d’emploi ;
- L’affectation d’au moins 60% de la masse salariale aux nationaux ;
- La conformité aux normes de qualité nationale ou internationale applicable aux biens et
services ;
- L’immatriculation au registre du commerce, etc.

B- Les régimes du code minier et du code pétrolier

La recherche et l’exploitation des substances minières et de substances pétrolières sont


soumises respectivement au code minier et au code pétrolier. En ce qui concerne les mines,
toutes les exonérations fiscales ne peuvent être accordées que dans le cadre d’une conversion
entre l’Etat béninois et le bénéficiaire. Quant à l’exploitation pétrolière, les titulaires des permis
d’exploitation sont exonérés pendant la période de recherche et la période d’exploitation à
l’exception de l’impôt sur les bénéfices.

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CHAPITRE IV : Le contentieux fiscal
La fiscalité met en jeu deux acteurs : l’administration fiscale et le contribuable. La première
distribue les rôles et le second doit exécuter. L’administration fiscale investi de pouvoir,
impose, recouvre, contrôle et pénalise le cas échéant. Elle use de ses droits pour collecter tous
les impôts au profit du trésor. Quant au contribuable, en bon citoyen, il fait ses déclarations à
temps et paie les impôts dont il est redevable. Ces deux objectifs tout à fait compatibles
apparemment cachent énormément de divergences et de difficultés. C’est pour cela que la loi a
prévu plusieurs voies de règlements des litiges pour le citoyen contrarié. Entre les recours
amiables, la saisine d’organe consultatif ou le recours contentieux, le contribuable a des
possibilités de faire entendre sa cause et de faire valoir ses moyens : c’est le contentieux fiscal.

Le contentieux fiscal est défini comme étant tout désaccord déclaré entre l’administration
fiscale et le contribuable. C’est l’ensemble des procédures suivies pour régler un litige entre le
contribuable et l’administration, que ce litige soit né au moment de la détermination de l’impôt,
de sa liquidation ou de son recouvrement. On considère alors que le contentieux fiscal est un
désaccord entre le contribuable et l’administration fiscale sur la base de l’impôt, sur sa
liquidation ou son recouvrement, conduisant à un litige en l’absence de compromis.

Section 1 : Les prérogatives de l’administration fiscale

L’administration détermine certains impôts qui sont payés, mais elle est aussi investie de
pouvoir lui permettant de vérifier l’exactitude des impôts issus des déclarations faites
spontanément par le contribuable. Il s’agit, en effet, d’une garantie offerte à l’administration
fiscale devant la déclaration du contribuable qui, en principe, est toujours présumé être de bonne
foi. Cela n’empêche pas l’administration fiscale de faire des vérifications suite auxquelles, elle
peut avoir des doutes ou desceller certaines anomalies. Dans ces cas, elle peut faire usage de
son droit d’information en demandant des documents ou renseignements concernant le
contribuable. Aucun formalisme n’est obligatoire dans l’exercice de ce droit d’information sauf
la demande écrite de la part de l’administration fiscale. Les documents obtenus sont alors
soumis au contrôle. Ce droit au contrôle permet à l’administration de s’assurer de la conformité
et de la sincérité des déclarations fiscales des contribuables, personnes physiques ou morales.

Section 2 : Le règlement non juridictionnel

Le règlement amiable est la voie la plus utilisée. L’initiative peut provenir du contribuable
comme de l’administration. Dans tous les cas, le contribuable a la faculté d’ouvrir les
discussions avec le vérificateur. Il peut également s’adresser à son supérieur hiérarchique direct,
le directeur général des impôts et même le ministre des finances peut être saisi. De façon
générale, une part importante des différends fiscaux est réglée directement entre
l’administration et le contribuable sans l’intervention du juge.

Il peut s’agir du recours gracieux ou du recours aux organes constitutifs.

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A- Le recours gracieux

Le recours gracieux est celui par lequel le contribuable ne conteste pas le bien-fondé des
impositions mises à sa charge mais sollicite l’indulgence de l’administration. Cette dernière
peut procéder à une remise gracieuse ou non.

La remise gracieuse : c’est la décision de l’administration par laquelle elle accorde, sur
demande du contribuable, des remises ou des modérations des impôts régulièrement établis
lorsque le contribuable est dans l’impossibilité de payer sa dette fiscale par suite d’indigence.
La remise gracieuse est donc ouverte aux personnes en situation d’indigence rendant le
règlement de leur dette fiscale impossible. Mais il faut préciser que les remises ou modérations
ne peuvent être accordées en raison du dépôt de prospérité plus ou moins passager des
entreprises agricoles, commerciales ou industrielles.

La demande est adressée au ministre en charge de la finance dans les 30 jours de la situation
qui justifie l’indigence. En cas de suite non favorable, le Président de la République peut être
saisi.

B- Le recours aux organes consultatifs

Situé à mi-parcours du contentieux proprement dit, c’est une phase offerte au contribuable en
cas de désaccord avec l’administration lors d’une procédure de contrôle fiscal. Plusieurs
organes peuvent intervenir et sont composés de membres d’origine diverse : administration
fiscale, société civile, secteur privé, secteur judiciaire, profession libérale, expert, etc. Ils
émettent des avis et font des propositions aux protagonistes. Deux principaux organes de ce
type sont institués par le code général des impôts, il s’agit de la commission de conciliation et
la commission des impôts.

Section 3 : Le règlement juridictionnel

Le contribuable qui n’a pas été satisfait des demandes amiables entreprises peut engager le
contentieux devant les juridictions compétentes. Mais avant toute saisine des juridictions, il lui
est fait obligation de soumettre le différend au service des impôts par voie contentieux.

A- Le recours administratif préalable

C’est une obligation légale dans tous les litiges fiscaux de faire précéder le recours
juridictionnel d’un recours administratif préalable. Il est proscrit la saisine directe du juge. Cette
obligation s’impose aussi bien aux requérants comme au juge qui sanctionne sa violation par
l’irrecevabilité du recours juridictionnel direct. Par la voie du recours administratif au préalable,
l’administration règle directement de nombreux litiges fiscaux qui échappent ainsi au juge à tel
point que l’administration s’affirme comme une sorte de juge fiscal.

B- Le recours juridictionnel

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Dans un délai de deux mois après la décision de l’administration, le contribuable qui n’est
toujours pas satisfait peut saisir le juge compétent. Ce contentieux concerne à la fois
l’établissement de l’impôt et son recouvrement.

D’abord, sur l’établissement de l’impôt : avec ou sans réponse de l’administration après un


délai de deux mois, le contribuable peut saisir la chambre administrative de la Cour Suprême.
La chambre administrative de la haute juridiction est également compétente en ce qui concerne
les amendes mises à la charge des tiers qui apportent leur concours à l’établissement ou à
l’utilisation de documents reconnus inexacts.

Ensuite, sur le recouvrement de l’impôt : le contentieux du recouvrement peut concerner


l’existence ou l’exigibilité de la somme due. Il peut également concerner les actes de poursuite.
Le juge administratif du tribunal de première instance territorialement compétent peut connaître
des contestations relatives à la forme des mesures de poursuite engagée et à la revendication
d’objets saisis.

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