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Chap 5

Le document traite des séries et de l'analyse complexe, incluant des concepts tels que les séries numériques, les séries de fonctions, et les séries de Fourier. Il aborde également la dérivabilité complexe, les fonctions holomorphes, et les théorèmes d'intégration, tout en fournissant des définitions et des exemples pertinents. Enfin, il présente des applications des résidus dans le calcul d'intégrales.

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Le document traite des séries et de l'analyse complexe, incluant des concepts tels que les séries numériques, les séries de fonctions, et les séries de Fourier. Il aborde également la dérivabilité complexe, les fonctions holomorphes, et les théorèmes d'intégration, tout en fournissant des définitions et des exemples pertinents. Enfin, il présente des applications des résidus dans le calcul d'intégrales.

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Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 0 M.

Hadda, ENSAM
Table des matières

1 Séries Numériques 3

2 Séries de fonctions 5

3 Séries entières 7

4 Séries de Fourier 9

5 Analyse complexe 11

5.1 Rappels et définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

5.2 Dérivabilité complexe ; Holomorphie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

5.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

5.2.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

5.2.3 Conditions de Cauchy-Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

5.2.4 Règles classiques de calcul des dérivées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

5.3 Théorèmes d’intégration et conséquences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

5.3.1 Intégrale curviligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

5.3.2 Théorèmes de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

5.3.3 Formule intégrale de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

5.3.4 Conséquences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

5.4 Fonctions analytiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

5.4.1 Séries entières dans C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

5.4.2 Identité entre fonctions holomorphes et fonctions analytiques . . . . . . . 23

1
5.4.3 Propriétés des fonctions analytiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

5.5 Séries de Laurent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

5.6 Résidus et applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

5.6.1 Théorème des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

5.6.2 Calcul pratique des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

5.6.3 Application au calcul d’intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 2 M. Hadda, ENSAM


Chapitre 1

Séries Numériques

3
Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 4 M. Hadda, ENSAM
Chapitre 2

Séries de fonctions

5
Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 6 M. Hadda, ENSAM
Chapitre 3

Séries entières

7
Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 8 M. Hadda, ENSAM
Chapitre 4

Séries de Fourier

9
Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 10 M. Hadda, ENSAM
Chapitre 5

Analyse complexe

5.1 Rappels et définitions

On rappelle que l’ens. des nbres complexes C = {x + ı̇y / (x, y) ∈ R2 } , muni des deux lois

• additive (x + ı̇y) + (x0 + ı̇y 0 ) = (x + x0 ) + ı̇(y + y 0 ) ,

• et multiplicative (x + ı̇y)(x0 + ı̇y 0 ) = (xx0 − yy 0 ) + ı̇(yx0 + xy 0 ) ,

est un corps commutatif.


1 x − ı̇y
Tout élément de C∗ = C − {0} posséde un inverse donné par = 2 .
x + ı̇y x + y2
Le plan euclidien R2 est identifié é C en faisant correspondre é tout point (ou vecteur) de

coordonnées (ou composantes) (x, y) son affixe z = x + ı̇y. On dit aussi que z = x + ı̇y est un

point du plan complexe ; son complexe conjugué est noté z̄ = x − ı̇y. La norme euclidienne de
√ p 1 z̄
R2 s’identifie au module complexe |z| = z z̄ = x2 + y 2 , et on a ∀z ∈ C∗ , = 2 .
z |z|
Inégalités triangulaires : ∀z, z ∈ C , |z + z | ≤ |z| + |z | et |z| − |z | ≤ |z − z 0 |.
0 0 0 0

coordonnées polaires :

z = ρ eı̇θ = ρ (cos θ + ı̇ sin θ)


(5.1)
où ρ = |z| , θ = arg(z) est l’argument de z .
Cet argument n’est défini qu’à condition de choisir son intervalle de valeurs, par exemple

arg(z) ∈ ] − π, π] . (5.2)

En effet θ tel que z = eı̇θ n’est déterminé qu’à 2π près, ainsi la fnt θ 7→ eı̇θ n’est pas une

bijection de R sur le cercle unité, on ne peut donc en définir une fonction inverse continue sur

11
tout le cercle unité. La fonction argument définie ici n’est continue que sur le domaine C \ R−

appelé coupure de C.

Définition 5.1.1 Un chemin du plan complexe C est une courbe paramétrée tracée dans C,

c-à-d une application continue de classe C1 par morceaux définie par

[t1 , t2 ] ⊂ R → C

t 7→ z(t) = x(t) + ı̇y(t) ,

on supposera que la dérivée z 0 (t) = x0 (t) + ı̇y 0 (t) , lorsqu’elle est définie, ne s’annule pas.

Si z(t1 ) = z1 , z(t2 ) = z2 : c’est un chemin de z1 à z2 .

Si z1 = z2 : c’est un chemin fermé appelé lacet ou circuit.

Dans ce qui suit, U désigne un ouvert de C, supposé connexe c-à-d tel que deux points qcq de

U peuvent tjs être reliés par un chemin z(t) entièrement inclu dans U .

On peut voir une application f : U → C

• soit comme une app. de U ouvert de R2 dans R2 ,

• soit comme un couple d’app. de U ouvert de R2 dans R : f (x + ı̇y) = P (x, y) + ı̇Q(x, y)

où P (x, y) = Re f (x + ı̇y) et Q(x, y) = Im f (x + ı̇y) sont resp. la partie réelle et la partie

imaginaire de f .

Limite d’une fonction de variable complexe :

On rappelle qu’un point z0 est dit adhérent à U si z0 ∈ U fermeture de U , c-à-d si soit il est

intérieur à U , soit il se trouve sur le bord (ou frontière de U notée ∂U ).

Définition 5.1.2 Soit  une fonction déf. sur un ouvert U telle que 0 ∈ U . On dit que

lim (z) = 0 si ∀η > 0 , ∃r > 0 tel que ∀z ∈ U |z| < r =⇒ |(z)| < η.
z→0

Définition 5.1.3 Soit f une fonction déf. sur U telle que z0 ∈ U . On dit que lim f (z) = l si
z→z0

f (z) − l = (z − z0 ) c-à-d si ∀η > 0 , ∃r > 0 tel que ∀z ∈ U |z − z0 | < r =⇒ |f (z) − l| < η.

Remarques :

1. Cette convergence vers 0 est uniforme sur tout disque centré en z0 .

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 12 M. Hadda, ENSAM


2. En particulier, pour tout chemin z(t) passant par z0 ou aboutissant à z0 à un instant t0 ,

on doit nécessairement avoir f (z(t)) −→ l quand t → t0 .

L’absence de cette propriété permet de montrer que certaines fonctions n’ont pas de
(x + ı̇y)3
limite en certains points. Par exp. la fonction f (z) = f (x + ı̇y) = 3 déf. sur
x + ı̇y 3
U = C − {0} n’admet pas de limite quand z → 0. En effet : f (t) −→ 1 quand t →

0+ , alors que f (ı̇t) −→ −1 quand t → 0+ .

5.2 Dérivabilité complexe ; Holomorphie

5.2.1 Définitions
f (z) − f (z0 )
Définition 5.2.1 Soit f : U → C. f est dérivable en z0 ∈ U si lim existe.
z→z0 , z6=z0 z − z0
df
Cette limite est appelée la dérivée de f en z0 , et est notée f 0 (z0 ) ou (z0 ).
dz
Définition 5.2.2 • On dit que f est holomorphe sur U si elle est dérivable par rapport à z

en tout point de U .

• Une fonction holomorphe sur C tout entier est appelée fonction entière.

5.2.2 Exemples

1. Pour tout n ∈ N, la fonction z 7→ z n est holomorphe sur C. En effet,


z n − z0n
lim = lim (z n−1 + z0 z n−2 + · · · + z0n−2 z + z0n−1 ) = nz0n−1 .
z→z0 z − z0 z→z0

2. La fonction f : z 7→ 1/z est holomorphe sur C∗ = C − {0} et on a f 0 (z) = −1/z 2 :


1 1 1 1 1
− =− −→z→z0 − 2 .
z − z0 z z0 zz0 z0

5.2.3 Conditions de Cauchy-Riemann

Proposition 5.2.1 f est dérivable en z0 = x0 + ı̇y0 ∈ U ssi sa partie réelle P (x, y) et sa partie

imaginaire Q(x, y) sont différentiables au point (x0 , y0 ) et leurs dérivées vérifient les conditions

de Cauchy :
∂P ∂Q ∂P ∂Q
= et =− (5.3)
∂x ∂y ∂y ∂x

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 13 M. Hadda, ENSAM


Preuve : Voir exposé du cours.

Remarques :
∂P ∂Q
1. Si a = (x0 , y0 ) et b = (x0 , y0 ), on a
∂x ∂x
df ∂f ∂f
f 0 (z0 ) = a + ı̇b = (z0 ) = (x0 , y0 ) = −ı̇ (x0 , y0 ) (5.4)
dz ∂x ∂y
df ∂P ∂Q ∂P ∂P ∂Q ∂Q
c-à-d = +ı̇ = −ı̇ = +ı̇ . Ainsi, f considérée comme application
dz ∂x ∂x ∂x ∂y ∂y ∂x
de U ouvert de R2 dans R2 , est différentiable en (x0 , y0 ), sa matrice jacobienne est donnée

par  
 a −b 
Jac(f )(x0 ,y0 ) =   (5.5)
b a
z + z̄ z − z̄
2. Par le changement de variables (x, y) 7→ (z, z̄) , puisque x = et y = , si f
2 2ı̇
est dérivable par rapport à z, alors :

∂f ∂f ∂x ∂f ∂y
= +
∂ z̄ ∂x ∂ z̄ ∂y ∂ z̄
1 ∂f ∂f  1 
= + ı̇ = a + ı̇b + ı̇(−b + ı̇a) = 0 .
2 ∂x ∂y 2

Ainsi f doit être indépendante de z̄, et inversement. Par suite, les conditions de Cauchy
∂f ∂f ∂f
sont équivalentes à = 0 c-à-d à + ı̇ = 0.
∂ z̄ ∂x ∂y
3. Si f est holomorphe sur U , alors f est continue sur U .

5.2.4 Règles classiques de calcul des dérivées

Proposition 5.2.2 Si f et g sont holomophes sur U , λ et µ ∈ C ; alors λf + µg et f g sont

holomophes sur U , de dérivées complexes

(λf + µg)0 = λf 0 + µg 0 , (f g)0 = f 0 g + f g 0 . (5.6)

Proposition 5.2.3 Si f et g sont holomophes sur U , et g ne s’annulant pas sur U , alors f /g

est holomorphe sur U , et on a


 f 0 f 0g − f g0
= (5.7)
g g2

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 14 M. Hadda, ENSAM


Proposition 5.2.4 Si f est holomophe sur U , g est holomorphe sur V tel que f (U ) ⊂ V ,

alors gof est holomorphe sur U et on a

(gof )0 (z) = g 0 f (z) f 0 (z)



(5.8)

Remarques :

1. Comme f (z) = z est holomorphe sur C (f 0 (z) = 1), de la prop. 5.2.2 on déduit par

récurrence que, pour tout n ∈ N, g(z) = z n est holomorphe sur C et g 0 (z) = nz n−1 .

2. D’autre part, des prop. 5.2.2 et 5.2.3 on déduit qu’une fnt polynôme P ∈ C[X] est

holomorphe sur C et qu’une fnt rationnelle en z, f (z) = f1 (z)/f2 (z) où f1 et f2 sont des

polynômes en z, est holomorphe sur C privé des zéros de f2 .

Exemples : La fnt f (z) = 1/z est holomorphe sur C∗ . On peut remarquer que les lignes
x
P (x; y) = Re f (x; y) = 2 = cte , qui sont les cercles centrés sur l’axe réel tangents en 0
(x + y 2 )
y
à l’axe imaginaire, sont orthogonales aux lignes Q(x; y) = Im f (x; y) = − 2 = cte , qui
(x + y 2 )
sont les cercles centrés sur l’axe imaginaire tangents en 0 à l’axe réel.

Cette propriété d’orthogonalité est en fait générale :

Proposition 5.2.5 Si f = P + ı̇Q est holomophe sur U , alors les lignes P (z) = cte sont

orthogonales aux lignes Q(z) = cte.

Preuve : En effet, les lignes P = cte, Q = cte sont telles que les vecteurs ∇P et ∇Q sont

orthogonaux car les conditions de Cauchy (5.3) impliquent


∂P ∂Q ∂P ∂Q
∇P . ∇Q = + =0 (5.9)
∂x ∂x ∂y ∂y


Dérivation de la fonction réciproque

Proposition 5.2.6 Si f est holomophe et injective sur U , alors on a :

(i) f 0 ne s’annule pas sur U ,

(ii) l’application inverse f −1 est holomorphe de f (U ) sur U ,

(iii) sa dérivée est donnée par

0 1
(f −1 ) (w) = au point w = f (z) (5.10)
f 0 (z)

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 15 M. Hadda, ENSAM


Figure 5.1 – Orthogonalité des lignes P = cte et Q = cte

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5.3 Théorèmes d’intégration et conséquences

5.3.1 Intégrale curviligne

[t1 , t2 ] ⊂ R → C
Rappelons qu’un chemin (arc paramétré) est une application
t 7→ z(t) = x(t) + ı̇y(t) ,
continue de classe C 1 par morceaux.

Définition 5.3.1 Deux chemins définis par les paramétrages

t ∈ [t1 , t2 ] ⊂ R 7→ z(t) et τ ∈ [τ1 , τ2 ] ⊂ R 7→ ξ(τ ) ,

sont dits équivalents si il existe une bijection h continue de classe C 1 par morceaux (ainsi que

sa réciproque) de [t1 , t2 ] dans [τ1 , τ2 ] telle que ξ h(t) = z(t) . Une telle bijection h appelée un

changement de paramétrage ou de paramêtre est tjs strictement monotone : si elle est croissante

(h0 > 0), les deux chemins sont dits positivement équivalents.

Chaque classe γ de chemins équivalents (resp. positivement équivalents) est appelée un arc

géométrique (resp. un arc géométrique orienté ou simplement chemin orienté).

Soit ϕ : t ∈ [t1 , t2 ] ⊂ R 7→ ϕ(t) un chemin continu de classe C 1 par morceaux. Les paramé-

trisations de γ qui se déduisent de ϕ par un changement de paramêtre croissant constituent

un arc géométrique orienté γ + . Celles qui se déduisent de ϕ par un changement de paramêtre

décroissant constituent aussi un arc géométrique orienté, noté γ − , dit opposé é γ + .

Dans la suite, on considére des chemins orientés, dans le sens trigonométrique, γ + de C.

Définition 5.3.2 Si γ + est contenu dans U ouvert de définition d’une fonction continue

f (z) à valeurs dans C, l’intégrale curviligne de f (z) le long de γ + est définie par
Z Z t2
f z(t) z 0 (t) dt

f (z) dz = (5.11)
γ+ t1

c-à-d
Z Z    
f (z) dz = P (x, y) + ı̇ Q(x, y) dx + ı̇ P (x, y) + ı̇ Q(x, y) dy
γ+ +
Z Zγ Z
 
f (z) dz = P (x, y)dx − Q(x, y)dy + ı̇ Q(x, y)dx + P (x, y)dy (5.12)
γ+ γ+ γ+

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L’intégrale curviligne de f (z) le long de γ + ne dépend pas du paramétrage, il suffit de faire le

changement de variable t 7→ h(t) dans (5.11).

Remarque : On a uniquement définit l’intégrale de f (z) le long du chemin γ + .


Z
Proposition 5.3.1 i) L’application f 7→ f (z) dz est linéaire
γ+
− +
ii) Si γ désigne le chemin γ parcouru en sens inverse, c-à-d si on fait un changement de

paramétrage avec une fonction h supposée décroissante, on a


Z Z
f (z) dz = − f (z) dz (5.13)
γ− γ+

Remarque : Dans le cas où z 0 (t) présente des points de discontinuités, on décompose l’intégrale

(5.11) en sommes d’intégrales définies sur les segments où z 0 (t) est continue.

Exemples :

1. Si f = 1, et si γ + est un circuit d’extrémité les points A et B d’affixes resp. z0 et z1 ,


Z Z
alors dz = (dx + ı̇dy) = x1 − x0 + ı̇(y1 − y0 ) = z1 − z0 , différence des affixes des
γ+ γ+
extrémités de γ.

2. Soit γ + un cercle de centre O orienté dans le sens trigonométrique (ce que signifie le
Z
signe +). Calculons z n dz pour n ∈ Z.
γ+
Un paramétrage du cercle en coordonnées polaires est obtenu par θ ∈ [0, 2π] 7→ z(θ) =

Reı̇θ . On a alors dz = z 0 (θ)dθ = ı̇Reı̇θ dθ , on en déduit que



Z Z 2π  0 si n + 1 6= 0

n n+1 (n+1)ı̇θ
z dz = R ı̇e dθ = (5.14)
γ+ 0  2πı̇ si n + 1 = 0

5.3.2 Théorèmes de Cauchy

Théorème 5.3.1 (Théorème de Cauchy) Si f est holomorphe sur U et γ + est un circuit

de U d’intérieur Σ entièrement contenu dans U , alors


Z
f (z) dz = 0 . (5.15)
γ+

Le "+" signifie que lorsqu’on parcourt le chemin fermé γ, on laisse son intérieur Σ á sa

gauche.

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Définition 5.3.3 • Deux circuits γ1+ et γ2+ de U , supposés paramétrés par t ∈ [0, 1] 7→ z1 (t)

et t ∈ [0, 1] 7→ z2 (t) , sont dits homotopes dans U si on peut passer de l’un à l’autre par

déformation continue sans sortir de U , c-à-d s’il existe une application φ de [0, 1] × [0, 1] dans

U telle que

∀t ∈ [0, 1] φ(t, 0) = z1 (t) , φ(t, 1) = z2 (t) et φ(0, t) = φ(1, t) . (5.16)

• Un circuit γ + de U est dit homotope à zéro dans U si on peut le réduire par déformation

continue à un point de U sans sortir de U , c-à-d s’il existe une application φ du type précédent

qui relie γ + é un circuit constant formé par un point.

On admet le fait qu’un circuit est homotope à zéro dans U ssi son intérieur est entièrement

contenu dans U .

Par exemple sur la figure 5.2, les circuits γ1 et γ2 de U sont homotopes à zéro, ainsi que les

circuits γ10 et γ20 de U 0 . Par contre le ciruit γ30 de U 0 n’est pas homotope à zéro.

U et U 0 sont en fait deux ouverts de topologie différente.

Définition 5.3.4 Un ouvert U est simplement connexe si tout circuit de U est homotope à

zéro dans U .

Dans la figure 5.2, l’ouvert U est simplement connexe, alors que l’ouvert U 0 ne l’est pas.

5.3.3 Formule intégrale de Cauchy

Théorème 5.3.2 (Formule intégrale de Cauchy) Si f est holomorphe sur U , γ + est un

circuit de U d’intérieur Σ entièrement contenu dans U , et z0 est un point de Σ, alors on a :

Z
f (z)
dz = 2πı̇f (z0 ) . (5.17)
γ+ z − z0

En particulier, si γ + est un cercle orienté positivement, centré en z0 et inclus (ainsi que son

intérieur) dans U .

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 19 M. Hadda, ENSAM


Figure 5.2 – Homotopie des circuits à zéro.

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Figure 5.3 – Deux circuits homotopes γ1 et γ2 tels que γ1 entoure complétement γ2 .

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5.3.4 Conséquences

Infinie dérivabilité des fonctions holomorphes

La formule intégrale de Cauchy (5.17) montre que f (z0 ) peut s’exprimer comme une intégrale

où la dépendance en z0 se fait via une fraction rationnelle trés simple z0 7→ 1/(z − z0 ) . Cette

expression peut se dériver sans difficulté sous le signe somme, autant de fois que l’on veut.

Théorème 5.3.3 (Formule intégrale de Cauchy d’ordre supérieur) Si f est holomorphe

sur U , alors elle indéfiniment dérivable sur U , sa dérivée ne étant donnée pour z ∈ U et γ +

circuit entourant z homotope à zéro dans U par

dn f
Z
(n) n! f (ξ)
f (z) = n = dξ . (5.18)
dz 2πı̇ γ+ (ξ − z)n+1

Lien entre fonctions holomorphes et fonctions harmoniques

Définition 5.3.5 Une fonction ϕ : U → C est harmonique dans U si elle est deux fois

continûment différentiable dans U et si son laplacien est nul dans U , c-à-d si elle est solution

de l’équation de Laplace ∆ϕ = 0 dans U , où l’opérateur Laplacien ∆ est défini par

∂ 2ϕ ∂ 2ϕ
∆ϕ = + 2 (5.19)
∂x2 ∂y

Théorème 5.3.4 Une fonction f : U → C holomorphe est, ainsi que sa partie réelle et sa partie

imaginaire, harmonique dans U . Récipoquement, si U est simplement connexe et si P : U → R

est une fonction harmonique, alors il existe une fonction f holomorphe dans U admettant P

pour partie réelle (resp. imaginaire).

Proposition 5.3.2 Une fonction harmonique P : U → R est indéfiniment différentiable.

5.4 Fonctions analytiques

5.4.1 Séries entières dans C

On rappelle qu’une série entière (SE) de variable complexe z est une série de fnts de t.g.

an (z − z0 )n où n ∈ N, z0 ∈ C et an ∈ C.

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an (z − z0 )n , alors cette série cv abs sur son disque de conver-
P
Si R désigne le RCV de la SE

gence D(O, R) c-à-d pour |z − z0 | < R et diverge grossièrement en dehors de D(O, R). De plus,

elle CVN et donc CVU sur tout disque strictement intérieur é D(O, R).

an (z − z0 )n est holomophe sur son
P
Théorème 5.4.1 La somme d’une série entière f (z) =
n=0
disque de convergence, de dérivée

X
0
f (z) = nan (z − z0 )n−1 . (5.20)
n=1

an (z − z0 )n est indéfiniment déri-
P
Théorème 5.4.2 La somme d’une série entière f (z) =
n=0
e
vable par rapport à z sur son disque de convergence, de dérivée k

X
f (k)
(z) = n(n − 1) · · · (n − k + 1) an (z − z0 )n−k . (5.21)
n=k

En particulier, on a
f (k) (z0 )
ak = , pour k ≥ 0 . (5.22)
k!
Définition 5.4.1 Une fonction f (z) est dite analytique dans U si pour tout point z0 de U ,

elle peut se développer localement en série entière dans un disque ouvert non vide centré en z0

et inclu dans U , c-à-d si il existe r > 0 tel que



X
f (z) = an (z − z0 )n , pour |z − z0 | < r.
n=0

D’après le théorème 5.4.1, une fonction analytique est holomorphe.

5.4.2 Identité entre fonctions holomorphes et fonctions analytiques

Théorème 5.4.3 Pour qu’une fonction f (z) définie dans un ouvert U soit analytique dans U ,

il faut et il suffit que f soit holomorphe dans U . On peut alors la développer en série de Taylor

autour de tout point z0 de U selon :



X
f (z) = an (z − z0 )n . (5.23)
n=0

Le RCV de cette série est au moins égale á la distance de z0 au bord de U . De plus, on a pour

tout circuit γ de U entourant z0 et homotope à zéro dans U :


f (n) (z0 )
Z
1 f (ξ)
an = dξ = (5.24)
2πı̇ γ + (ξ − z0 )n+1 n!

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Preuve : On utilise la formule intégrale de Cauchy, la convergence uniforme et le développe-
1
ment en SE de .
ξ−z

5.4.3 Propriétés des fonctions analytiques

Principe d’identité

Proposition 5.4.1 Soit f une fonction holomorphe dans un ouvert connexe U . Alors les

quatres propriétés suivantes sont équuivalentes :

(P1 ) f est identiquement nulle sur U

(P2 ) f est identiquement nulle sur un disque ouvert non vide inclus dans U

(P3 ) il existe z0 ∈ U tel que pour tout n ∈ N, f (n) (z0 ) = 0.

Proposition 5.4.2 (principe d’identité) Soient f et g deux fonctions holomorphes dans U

ouvert connexe. Si f et g coincident sur un disque inclus dans U ou pour une suite de nombres

distincts possédant un point d’accumulation, alors f = g.

Principe du maximum

Proposition 5.4.3 (Principe du maximum) Soit f une fonction holomorphe non constante

dans un ouvert connexe U . Alors la fonction |f (z)| ne peut avoir de maximum relatif dans U ,

c-à-d il n’existe pas de point z0 dans U tel que, pour un cercle C(z0 , r) centré sur z0 dont le

disque associé est entièrement contenu dans U on ait :

|f (z0 )| = sup |f (z)| .


z∈C(z0 ,r)

Proposition 5.4.4 Soient U un ouvert connexe borné, et f une fonction continue non constante

sur U , holomorphe sur U . Alors la fonction |f (z)| atteint son maximum sur la frontière de U ,

c-à-d

∃ z0 ∈ ∂U tel que |f (z0 )| = sup |f (z)| = sup |f (z)| .


z∈U z∈∂U

Théorème 5.4.4 (Théorème de Liouville) Toute fonction analytique et bornée dans C est

constante.

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5.5 Séries de Laurent

Nous avons vu qu’une fonction holomorphe dans un ouvert U peut être developpée en série

entière autour de tout point z0 de cet ouvert. On peut maintenant se demander ce qui se passe

si z0 n’est pas un élément de U mais tel qu’il existe un circuit γ de U entourant z0 . On va

supposer par exemple que U contient une couronne de la forme

C = C(r1 , r2 ) = {z tels que r1 < |z − z0 | < r2 }

avec 0 ≤ r1 < r2 ≤ +∞ (voir figure 5.4) ; on supposera même que C ⊂ U , et que γ est contenu

dans C.

Pour z ∈ C, on écrit la formule intégrale de Cauchy sous la forme :


Z Z
1 f (ξ) 1 f (ξ)
f (z) = f2 (z) + f1 (z) = dξ − dξ ,
2πi γ2+ ξ−z 2πi γ1+ ξ−z

où γ1 et γ2 sont les cercles de centre z0 et de rayon respectivement r1 et r2 .

Si ξ ∈ γ2 (voir figure 5.4), on écrit :

1 1 1
=
ξ−z ξ − z0 1 − z−z
ξ−z0
0


1 X  z − z0 n
= .
ξ − z0 n=0 ξ − z0

Cette série CVU pour ξ ∈ γ2 puisque

z − z0 |z − z0 |
= < 1.
ξ − z0 r2

Ainsi on a :

X
f2 (z) = an (z − z0 )n ,
n=0

avec
Z
1 f (ξ)
an = dξ
2πi γ2+ (ξ − z0 )n+1
Z
1 f (ξ)
= dξ ,
2πi γ+ (ξ − z0 )n+1

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Figure 5.4 – Couronne C(r1 , r2 ) contenant le circuit γ entourant z0 .

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par homotopie de γ2+ et γ + dans U .

Si ξ ∈ γ1 (voir figure 5.4), on écrit :

1 1 −1 1
= = ξ−z0
ξ−z ξ − z0 − (z − z0 ) z − z0 1 − z−z
0
∞ 
−1 X ξ − z0 n
= .
z − z0 n=0 z − z0

Cette série CVU pour ξ ∈ γ1 puisque

ξ − z0 r1
= < 1.
z − z0 |z − z0 |

Ce qui entraine :
∞ ∞
(ξ − z0 )n
Z
X 1 X
f1 (z) = f (ξ) n+1 dξ = bn (z − z0 )−n ,
n=0
2πi γ1+ (z − z0 ) n=1

avec
Z Z
1 n−1 1
bn = (ξ − z0 ) f (ξ) dξ = (ξ − z0 )n−1 f (ξ) dξ ,
2πi γ1+ 2πi γ+

par homotopie de de γ1+ et γ + dans U . D’où le

Théorème 5.5.1 (Développement en séries de Laurent) Soit f une fonction holomorphe

sur U contenant la couronne C = {z tels que r1 < |z − z0 | < r2 } . Alors f peut se développer

comme la somme de deux séries convergeant simplement dans C et uniformément dans toute

sous-couronne C 0 = {z tels que r10 < |z − z0 | < r20 } avec r1 < r10 < r20 < r2 :
+∞
X +∞
X
−n
f (z) = f1 (z) + f2 (z) = bn (z − z0 ) + an (z − z0 )n (5.25)
n=1 n=0

où f1 est la partie singulière , f2 la partie régulière de f , et


Z Z
1 f (ξ) 1
an = dξ , bn = (ξ − z0 )n−1 f (ξ) dξ (5.26)
2πi γ+ (ξ − z0 )n+1 2πi γ+

γ + étant un circuit de C homotope aux cercles |z − z0 | = cte contenus dans C.

La formule (5.25) est appelée développement en série de Laurent de f au voisinage de z0 .

On en déduit les majorations :

M (r)
∀r ∈ ]r1 , r2 [ |an | ≤ , |bn | ≤ rn M (r) , (5.27)
rn
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M (r) = sup |f (z)| . (5.28)


|z−z0 |=r

Le cas r1 = 0 correspond é celui d’une fonction holomorphe autour d’un point z0 mais non

définie en z0 . L’existence du développement (5.25) montre que la singularité isolée associée

à z0 ne peut être que de trois types. :

• 1er cas : La partie singulière f1 (z) s’annule, c-à-d bn = 0, ∀n ≥ 1 On dit qu’il s’agit d’une

singularité artificielle de f , puisque en la prolongeant par a0 en z0 on obtient une fonction

holomorphe sur U ∪ {z0 }.

La majoration (5.27) des coefficients bn conduit à la

Proposition 5.5.1 f holomorphe sur U − {z0 } admet une singularité artificielle en z0 ssi f

est bornée sur U ∩ {z tels que 0 < |z − z0 | < r0 } pour un certain r0 > 0.

• 2e cas : La partie singulière f1 (z) ne contient qu’un nombre fini de termes, c-à-d il

existe m ≥ 1 tel que bm 6= 0 mais bn = 0, ∀n > m . On dit alors que z0 est un pôle d’ordre

m de f . Si m = 1 on dit que z0 est pôle simple de f . On a la

Proposition 5.5.2 f holomorphe sur U − {z0 } admet un pôle d’ordre m > 0 en z0 ssi

lim (z − z0 )m f (z) existe et est non nulle finie . (5.29)


z→z0

Cette limite n’est autre que le coefficient bm du développement de Laurent (5.25) de f en z0 .

• 3e cas : (cas rare) dans ce cas la partie singulière f1 (z) contient une infinité de termes,

c-à-d pour tout m ≥ 1 il existe n ≥ m tel que bn 6= 0 . On dit alors que z0 est une singularité

essentielle de f .
sin z
Exemples : La fonction définie sur C∗ n’admet qu’une singularité artificielle en z = 0,
z
puisque le développement de Taylor de sin z en 0 donne

sin z z2 z4
=1− + + ···
z 3! 5!
cos z
Par contre le point 0 est un pôle d’ordre 2 de la fonction , puisque par développement de
z2
Taylor de cos z en 0 on a
cos z 1 1 z2
= − + + ···
z2 z 2 2! 4!
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Enfin la fonction
1 1 1 1
exp =1+ + 2
+ + ···
z z 2!z 3!z 3

présente une singularité essentielle en zéro.

Récriture en terme d’une seule série : En posant, pour n ≤ −1, an = b−n , il est parfois

utile de récrire le théorème 5.5.1 sous la forme


+∞ Z
X 1
f (z) = an (z − z0 ) n
avec an = (ξ − z0 )−n−1 f (ξ) dξ . (5.30)
n=−∞
2πi γ+

Lemme 5.5.1 (Intégration par parties dans une intégrale de circuit) Si u et v sont ho-

lomorphes sur U contenant le circuit γ + , alors


Z Z
0
u(ξ)v (ξ) dξ = − u0 (ξ)v(ξ) dξ . (5.31)
γ+ γ+

Grâce à ce lemme et à la récriture précédente, il est facile d’établir la

Proposition 5.5.3 (Dérivation terme à terme d’une série de Laurent) Soit f une fonc-

tion holomorphe sur U contenant la couronne C = {z tels que r1 < |z − z0 | < r2 } . Alors la

série de Laurent de sa dérivée f 0 s’obtient par dérivation terme à terme de la série de Laurent

de f .

5.6 Résidus et applications

5.6.1 Théorème des résidus

Une application des développements en série de Laurent est le calcul général de l’intégrale

curviligne d’une fonction f holomorphe sur un ouvert U privé d’un nombre fini de points

singuliers {z1 , z2 , · · · , zp }.

On considére un circuit γ + de U dont l’intérieur Σ contient les points singuliers {z1 , z2 , · · · , zp }

de f .
Z
On propose de calculer l’intégrale f (z) dz.
γ+

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Figure 5.5 –

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 30 M. Hadda, ENSAM


Pour cela, on construit le circuit Γ+ composé du circuit γ + relié é des petits cercles γk isolant

les points singuliers zk , k = 1, · · · , p (voir figure 5.5).

Comme l’intérieur du circuit Γ+ est entièrement contenu dans U − {z1 , z2 , · · · , zp } domaine

d’holomorphie de f , par application du théorème de Cauchy on a


Z p Z
X
f (z) dz = f (z) dz .
γ+ k=1 γk+

D’autre part, puisque chaque cercle γk se trouvent dans une couronne Ck centrées en zk , en

écrivant le développement en séries de Laurent de f ((5.26)) autour de zk on a les coefficients


Z
1
bn (zk ) = (z − zk )n−1 f (z) dz ,
2πi γk+

en particulier
Z
f (z) dz = 2πi b1 (zk ) ,
γk+

il s’ensuit que
Z p
X
f (z) dz = 2πi b1 (zk ) .
γ+ k=1
D’où le théorème

Théorème 5.6.1 (des résidus) Soient f une fonction holomorphe sur un ouvert U privé d’un

nombre fini de points singuliers {z1 , z2 , · · · , zp } de f , et γ + un circuit de U dont l’intérieur

contient ces points singuliers. Alors


Z p
X
f (z) dz = 2πi Res(f, zk ) ,
γ+ k=1

où Res(f, zk ) = b1 (zk ) coefficient de 1/z − zk dans le développement de Laurent de f autour de

zk est appelé résidu de f au point zk :


Z
1
Res(f, zk ) = f (z) dz ,
2πi γk+

pour tout cercle γk inclu dans U , centré en zk et ne contenant aucun autre point singulier de f .

5.6.2 Calcul pratique des résidus

Le calcul pratique des résidus repose sur des calculs de dérivées. on distingue deux cas selon

l’ordre de multiplicité du pôle considéré.

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 31 M. Hadda, ENSAM


1. Cas d’un pôle simple :
g(z)
z0 est un pôle simple (d’ordre 1) pour f de la forme f (z) = quotient de deux
h(z)
fonctions holomorphes g et h si g(z0 ) 6= 0, h(z0 ) = 0 et h0 (z0 ) 6= 0.

En effet, d’après le lemme 5.5.1, z0 est un pôle simple de f si h(z0 ) = 0 et

g(z) g(z0 )
lim (z − z0 )f (z) = lim (z − z0 ) = 0 existe et est non nulle finie .
z→z0 z→z0 h(z) h (z0 )

De plus on déduit que

g(z0 )
Res(f, z0 ) = lim (z − z0 )f (z) = . (5.32)
z→z0 h0 (z0 )

2. Cas d’un pôle multiple :

Un pôle z0 d’ordre m > 1 de f est obtenu lorsque f admet un développement de Laurent

de la forme

+∞
X m
X
f (z) = an (z − z0 ) + n
bn (z − z0 )−n
n=0 n=1
 
−m m−1 m m+1
= (z − z0 ) bm + bm−1 (z − z0 ) + · · · + b1 (z − z0 ) + a0 (z − z0 ) + a1 (z − z0 ) + ···

avec bm 6= 0.

D’où en posant F (z) = (z − z0 )m f (z) , on déduit que

F (m−1) (z0 )
Res(f, z0 ) = b1 = . (5.33)
(m − 1)!

z2
Exemple : Soit f (z) = .
1 + z4
Les pôles de f sont les racines de l’équation 1 + z 4 = 0, c-à-d z 4 = −1 = ei(π+2kπ) , k =
π kπ
0, 1, · · · , 5 ; ainsi zk = ei( 4 + 2
)
. Ces pôles sont évidemment tous simples. En particulier, le

π z02 z03 1 3 1 i 3π 2
résidu de f au pôle z0 = ei 4 est : Res(f, z0 ) = 3 = 4 = − z0 = − e 4 = (1 − i).
4z0 4z0 4 4 8

5.6.3 Application au calcul d’intégrales

Grâce au théorème des résidus, plusieurs intégrales peuvent être calculées facilement. On va

se contenter de voir certains types généraux.

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Lemme 5.6.1 (Intégrales sur des arcs de cercles) Soit U un ouvert de C. Soit f holo-

morphe sur U \ {z0 } telle que z0 est un pôle simple de f . Soit γr un arc de cercle de centre z0 ,

de rayon r et d’angle au centre θ2 − θ1 ,

γr = {z = z0 + reiθ /0 ≤ θ1 ≤ θ ≤ θ2 ≤ 2π}.

Alors
Z
lim f (z)dz = i(θ2 − θ1 )Res(f , z0 ) = i(θ2 − θ1 ) lim (z − z0 )f (z0 ).
r→0 γr z→z0

Dém. En effet,
+∞
b1 X
f (z) = + an (z − z0 )n , avec b1 = Res(f, (z0 )).
z − z0 n=0

On a z − z0 = Reiθ , dz = iReiθ dθ.

Lemme 5.6.2 (Lemme 1 de Jordan ) Soit f une fonction continue dans un secteur angu-

laire γr = {z = reiθ /r > 0 et 0 ≤ θ1 ≤ θ ≤ θ2 ≤ π}. Si lim zf (z) = 0 (resp. lim zf (z) = 0) ;


|z|→∞ |z|→0

alors
Z Z
lim f (z)dz = 0 (resp. lim f (z)dz = 0).
r→+∞ γr r→0 γr

Lemme 5.6.3 (Lemme 2 de Jordan ) Soit f une fonction continue dans un secteur angu-

laire γr = {z = reiθ /r > 0 et 0 ≤ θ1 ≤ θ ≤ θ2 ≤ π}. Si lim f (z) = 0 ; alors


|z|→∞

Z
lim f (z)eiz dz = 0.
r→+∞ γr

Z +∞
1. intégrales du type f (x) dx :
−∞
P
où f ∈ R[X] est une fonction rationnelle (f =
) sans pôle réel.
Q
On suppose f holomorphe sur l’ouvert U = {z ∈ C / Im z > −µ} \ {z1 , · · · , zp } , avec

µ > 0, et où les pôles de f , z1 , · · · , zp sont supposés tels que Im zk > 0, k = 1, · · · , p.

On suppose (pour assurer la convergence de l’intégrale) que deg(Q) ≥ deg(P ) + 2, c-à-d :

lim |zf (z)| = 0 . (5.34)


|z|→∞

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Alors, d’une part pour R > 0, en désignant par γR+ le demi-cercle de centre 0 et de rayon

R, on a

Z Z π
f (z) dz = f (Reiθ ) iReiθ dθ
+
γR 0

≤ π sup |zf (z)| .


|z|=R

Z
D’où : f (z) dz −→ 0 quand R → +∞ (lemme 1 de Jordan).
+
γR
D’autre part, on choisit R assez grand pour que le demi-disque ayant pour frontière la

réunion du segment [−R, R] (de l’axe réel) et γR+ contienne tous les points singuliers zk

(voir figure 5.6).

Par application du théorème des résidus, l’intégrale de f le long de la frontière de ce


Z R Z p
X
demi-disque est donnée par f (x) dx + f (z) dz = 2πi Res(f, zk ).
+
−R γR k=1
Par passage à la limite, on obtient

Z +∞ p
X
f (x) dx = 2πi Res(f , zk ); (5.35)
−∞ k=1

ce qui exprime la convergence de l’intégrale de f sur R en valeur principale (vp), c-à-d

en utilisant un intervalle d’intégration symétrique.

Exemple : Calculer l’intégrale

Z +∞
dx
I= dx .
0 1 + x6

1
Considérons la fonction f (z) = 1+z 6
. Les pôles de f sont les racines de l’équation

z 6 = −1 , c-à-d z 6 = eiπ+2kπ ou aussi z = ei ( π6 + kπ


3
), k = 0, 1, · · · , 5.

La fonction f est holomorphe (fnt rationnelle) sur C privés des pôles zk , elle vérifie bien

la condition (5.38) lim|z|→∞ |zf (z)| = 0 car deg(Q) ≥ deg(P ) + 2. Les pôles de partie
π π 5π
imaginaire positive sont alors ei 6 , ei 2 = i et ei 6 . Ces pôles sont tous simples, donc
1 zk zk
Res(f, zk ) = 5 = − 6 = − ; comme f est paire, par application du th. des résidus
6zk 6zk 6

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 34 M. Hadda, ENSAM


Figure 5.6 –

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 35 M. Hadda, ENSAM


on a :
Z +∞ Z +∞
1 1 X
I= f (x) dx = f (x) dx = 2πi Res(f, zk )
0 2 −∞ 2 Im zk >0
 π π 5π

= πi Res(f, ei 6 ) + Res(f, ei 2 ) + Res(f, ei 6 )
πi π π 5π
= − (ei 6 + ei 2 + ei 6 )
6
π
= .
3
Remarques :

Soit f est holomorphe sur U = {z ∈ C / Im z < ν} \ {z10 , · · · , zq0 }, avec ν > 0. On

suppose cette fois-ci que les pôles z10 , · · · , zq0 de f sont tels que Im zk0 < 0, k = 1, · · · , q.

Considérons maintenant le demi-disque D− = {z ∈ C : |z| ≤ R et Im z ≤ 0 (R > 0)

contenu dans le demi-plan inférieur.

En choisissant R assez grand pour que les pôles zk0 , k = 1, · · · , q soient situés à l’intérieur

de D− , le théorème des résidus s’écrit :


Z Z −R q
X
f (z) dz + f (x) dx = 2πi Res(f, zk0 ) .
+
γR R k=1

et par passage à la limite, on obtient une formule analogue :


Z +∞ q
X
f (x) dx = −2πi Res(f , z0k ) (5.36)
−∞ k=1

Z 2π
2. intégrales du type F (cos θ, sin θ) dθ :
0
P (X, Y )
où F est une fonction rationnelle sans pôle sur le cercle unité, F (X, Y ) = avec
Q(X, Y )
P, Q ∈ R[X, Y ].

On rencontre ces intégrales dans le calcul des séries de Fourier de fonctions périodiques.

L’idée ici est d’inverser le paramétrage polaire du cercle unité γ + en posant z = eiθ ,
1  z + z −1 z − z −1 
dz = izdθ et en introduisant la fonction f (z) = F , .
iz 2 2i
On suppose f holomorphe sur l’ouvert U contenant le cercle unité, sauf en un nbre fini

de pts singuliers z1 , · · · , zp supposés de module strictement inférieure à 1. Dans ce cas,

le théorème des résidus permet d’écrire


Z 2π Z p
X
F(cos θ, sin θ) dθ = f (z) dz = 2πi Res(f , zk ) où |zk | < 1.
0 γ+ k=1

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Z 2π
1
Exemple : Calculer l’intégrale I = dθ pour a > 1.
0 a + sin θ
On pose z = eiθ , on a dz = izdθ.
1 1 2
Soit f (z) = = 2 .
iz 1  1 
z + 2iaz − 1
a+ z−
2i z
√ 1
Les pôles de f sont z0 = −ia + i a2 − 1 et z1 = − . f est hlomorphe sur C \ {z0 , z1 }.
z0

Le seul pôle é l’intérieur du disque unité est z0 car |z0 | − 1 = a − a2 − 1 − 1 ≤ a − 1 ≤ 0

et

2
Res(f, z0 ) =
2z0 + 2ia
2z0
= 2
2z0 + 2iaz0
2z0
= 2
z0 + 1
i
= −√ .
a2 − 1
Z

Le théorème des résidus s’écrit f (z) dz = 2πiRes(f, z0 ) = √ ; par suite
a 2−1
γ+
Z 2π
1 2π
I= dθ = √ .
0 a + sin θ a2 − 1
Z +∞
3. intégrales du type f (x) exp(itx) dx :
−∞
Ces intégrales dites de Fourier apparaissent dans le calcul des transformées de Fourier.

On suppose f holomorphe dans C \ {z1 , · · · , zp }. Selon la nature des pts singuliers, on

distingue deux cas.

1ercas : pas de point singulier sur l’axe réel, c-à-d ∀k, Im zk 6= 0.

Cette fois-ci, pour assurer la convergence, en valeur principale, de l’intégrale de Fourier


Z +∞
ˆ
f (t) = f (x)eitx dx pour t 6= 0, on suppose que
−∞

lim f (z) = 0 , (5.37)


|z|→+∞

Pour t > 0, on applique le théorème des résidus pour R suffisamment grand à la fonction

f (z)eitz sur le contour formé du segment [−R, R] de l’axe réel et du demi-cercle γR+ de

centre 0 et de rayon R :
Z R Z X 
f (x) exp(itx) dx + f (z) exp(itz) dz = 2πi Res f (z) exp(itz), zk dz.
+
−R γR Im zk >0

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Or
Z Z π

f (z) exp(itz) dz ≤ sup |f (z)| exp(−tR sin θ)R dθ (eitz = eitRe = eitR cos θ e−tR sin θ );
+
γR |z|=R
|0 {z }
borné
en effet, sin θ ≥ 2θ/π, ∀θ ∈ [0, π/2] et la fonction à intégrer est symétrique par rapport

à π/2, d’où
π π
π
−2tRθ
Z Z Z
2 2 π
exp(−tR sin θ)R dθ = 2R exp(−tR sin θ) dθ ≤ 2R exp( ) dθ = (1−e−tR ).
0 0 0 π t
Z
Ainsi limR→∞ f (z) exp(itz) = 0 (lemme 2 de Jordan). On en déduit alors que
+
γR

X 
f̂ (t) = 2πi Res f (z) exp(itz), zk dz, ∀t > 0. (5.38)
Im zk >0

Pour t < 0, on utilise le contour formé du segment [−R, R] de l’axe réel parcouru en

sens inverse et un demi-cercle du demi-plan inférieur, le théorème des résidus s’écrit


Z −R Z X 
f (x) exp(itx) dx + f (z) exp(itz) dz = 2πi Res f (z) exp(itz), zk dz,
+
R γR Im zk <0

par analogie au cas précédent, on obtient

X 
f̂ (t) = −2πi Res f (z) exp(itz), zk dz, ∀t < 0. (5.39)
Im zk <0

Pour t = 0, on se ramène à une intégrale du type 1 et on doit supposer la condition

lim zf (z) = 0 pour assurer la convergence de fˆ(0).


|z|→+∞

2ecas : supposons qu’il existe un point singulier sur l’axe réel, par exp z1 = 0 supposé

pôle simple de f .

Pour t > 0, on applique le théorème des résidus à la fonction f (z)eitz sur le contour

formé des segments [−R, −r] et [r, R] de l’axe réel ; mis bout à bout avec deux demi-

cercles γr− et γR+ de centre 0 et de rayon resp. r suffisamment petit et R suffisamment

grand :
Z −r Z Z R Z
f (x) exp(itx) dx+ f (z) exp(itz) dz+ f (x) exp(itx) dx+ f (z) exp(itz) dz =
−R γr− r +
γR

X 
2πi Res f (z) exp(itz), zk .
Im zk >0

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 38 M. Hadda, ENSAM


En supposant la condition (5.37) lim f (z) = 0, on a d’une part d’après le 1ercas
|z|→+∞
Z
lim f (z) exp(itz) = 0.
R→∞ +
γR

D’autre part, en posant z = reiθ on a


Z Z π
f (z) exp(itz) dz = −ir f (eiθ ) exp(−tr sin θ + itr cos θ)eiθ dθ,
γr− 0
Z
et comme f = f1 +f2 (partie régulière et partie singulière) alors f1 (z) exp(itz) dz −→
γr−
b1
0 quand r → 0 ; or 0 est un pôle simple donc f2 (z) = ce qui implique
z
Z Z π
f (z) exp(itz) dz = −ir b1 (reiθ )−1 exp(−tr sin θ + itr cos θ)eiθ dθ

γr
Z0 π
= −ib1 exp(−tr sin θ + itr cos θ) dθ,
0

et puisque la fonction exp(−tr sin θ + itr cos θ) converge uniformément vers 1 quand r

tend vers 0, il s’ensuit que


Z Z π
lim f (z) exp(itz) dz = −ib1 dθ = −iπb1 = −iπRes(f , 0).
r→0 γr− 0
Z −r Z R
Par conséquent, lim f (x) exp(itx) dx+ f (x) exp(itx) dx existe et est donnée
R→∞,r→0 −R r
par
Z +∞ X
f̂ (t) = f (x)eitx dx = πiRes(f , 0) + 2πi Res(f (z) exp(itz), zk ), ∀t > 0.
−∞ Im zk >0
(5.40)

Pour t < 0, en utilisant cette fois-ci des demi-cercles du demi-plan inférieur


X
f̂ (t) = −πiRes(f , 0) − 2πi Res(f (z) exp(itz), zk ), ∀t < 0. (5.41)
Im zk <0

Pour t = 0, on suppose la condition lim zf (z) = 0 et on obtient


|z|→+∞
X
fˆ(0) = πiRes(f, 0) + 2πi Res(f (z) exp(itz), zk )
Im zk >0
X
= −πiRes(f, 0) − 2πi Res(f (z) exp(itz), zk ).
Im zk >0

+∞
eitx
Z
Exemple 1 : Calculer dx.
−∞ x2 + 1
1
Soit f z) = 2 . La fonction f est holomorphe sur C−{−i, i} et vérifie lim f (z) = 0.
z +1 |z|→+∞

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 39 M. Hadda, ENSAM


Aucun des deux pôles n’est sur l’axe réel, donc on se trouve dans le 1ercas. Ainsi on a

pour t > 0 :

eitz eit(i)
fˆ(t) = 2πiRes( 2 , i) = 2πi = πe−t ;
z +1 2i
pour t < 0, on obtient

ˆ eitz eit(−i)
f (t) = −2πiRes( 2 , −i) = −2πi = πet ;
z +1 2i
+∞
eitx
Z
ainsi ∀t ∈ R, 2
dx = πe|t| .
−∞ x +Z1
+∞
sin x
Exemple 2 : Calculer dx.
−∞ x
1
En effet, soit f (z) = . La fonction f est holomorphe sur C−{0} et vérifie lim f (z) =
z |z|→+∞
e
0 ; de plus 0 est un pôle simple de f . On est donc dans le 2 cas. Pour t = 1 on a :
+∞
eitx
Z
fˆ(1) = dx = πiRes(f, 0) = πi;
−∞ x
Z +∞
sin x
dx = Im fˆ(1) = π.

par suite
−∞ x

Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 40 M. Hadda, ENSAM

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