Chap 5
Chap 5
Hadda, ENSAM
Table des matières
1 Séries Numériques 3
2 Séries de fonctions 5
3 Séries entières 7
4 Séries de Fourier 9
5 Analyse complexe 11
5.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.2.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.3.4 Conséquences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1
5.4.3 Propriétés des fonctions analytiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Séries Numériques
3
Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 4 M. Hadda, ENSAM
Chapitre 2
Séries de fonctions
5
Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 6 M. Hadda, ENSAM
Chapitre 3
Séries entières
7
Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 8 M. Hadda, ENSAM
Chapitre 4
Séries de Fourier
9
Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 10 M. Hadda, ENSAM
Chapitre 5
Analyse complexe
On rappelle que l’ens. des nbres complexes C = {x + ı̇y / (x, y) ∈ R2 } , muni des deux lois
coordonnées (ou composantes) (x, y) son affixe z = x + ı̇y. On dit aussi que z = x + ı̇y est un
point du plan complexe ; son complexe conjugué est noté z̄ = x − ı̇y. La norme euclidienne de
√ p 1 z̄
R2 s’identifie au module complexe |z| = z z̄ = x2 + y 2 , et on a ∀z ∈ C∗ , = 2 .
z |z|
Inégalités triangulaires : ∀z, z ∈ C , |z + z | ≤ |z| + |z | et |z| − |z | ≤ |z − z 0 |.
0 0 0 0
coordonnées polaires :
arg(z) ∈ ] − π, π] . (5.2)
En effet θ tel que z = eı̇θ n’est déterminé qu’à 2π près, ainsi la fnt θ 7→ eı̇θ n’est pas une
bijection de R sur le cercle unité, on ne peut donc en définir une fonction inverse continue sur
11
tout le cercle unité. La fonction argument définie ici n’est continue que sur le domaine C \ R−
appelé coupure de C.
Définition 5.1.1 Un chemin du plan complexe C est une courbe paramétrée tracée dans C,
[t1 , t2 ] ⊂ R → C
on supposera que la dérivée z 0 (t) = x0 (t) + ı̇y 0 (t) , lorsqu’elle est définie, ne s’annule pas.
Dans ce qui suit, U désigne un ouvert de C, supposé connexe c-à-d tel que deux points qcq de
U peuvent tjs être reliés par un chemin z(t) entièrement inclu dans U .
imaginaire de f .
On rappelle qu’un point z0 est dit adhérent à U si z0 ∈ U fermeture de U , c-à-d si soit il est
Définition 5.1.2 Soit une fonction déf. sur un ouvert U telle que 0 ∈ U . On dit que
lim (z) = 0 si ∀η > 0 , ∃r > 0 tel que ∀z ∈ U |z| < r =⇒ |(z)| < η.
z→0
Définition 5.1.3 Soit f une fonction déf. sur U telle que z0 ∈ U . On dit que lim f (z) = l si
z→z0
f (z) − l = (z − z0 ) c-à-d si ∀η > 0 , ∃r > 0 tel que ∀z ∈ U |z − z0 | < r =⇒ |f (z) − l| < η.
Remarques :
L’absence de cette propriété permet de montrer que certaines fonctions n’ont pas de
(x + ı̇y)3
limite en certains points. Par exp. la fonction f (z) = f (x + ı̇y) = 3 déf. sur
x + ı̇y 3
U = C − {0} n’admet pas de limite quand z → 0. En effet : f (t) −→ 1 quand t →
5.2.1 Définitions
f (z) − f (z0 )
Définition 5.2.1 Soit f : U → C. f est dérivable en z0 ∈ U si lim existe.
z→z0 , z6=z0 z − z0
df
Cette limite est appelée la dérivée de f en z0 , et est notée f 0 (z0 ) ou (z0 ).
dz
Définition 5.2.2 • On dit que f est holomorphe sur U si elle est dérivable par rapport à z
en tout point de U .
• Une fonction holomorphe sur C tout entier est appelée fonction entière.
5.2.2 Exemples
Proposition 5.2.1 f est dérivable en z0 = x0 + ı̇y0 ∈ U ssi sa partie réelle P (x, y) et sa partie
imaginaire Q(x, y) sont différentiables au point (x0 , y0 ) et leurs dérivées vérifient les conditions
de Cauchy :
∂P ∂Q ∂P ∂Q
= et =− (5.3)
∂x ∂y ∂y ∂x
Remarques :
∂P ∂Q
1. Si a = (x0 , y0 ) et b = (x0 , y0 ), on a
∂x ∂x
df ∂f ∂f
f 0 (z0 ) = a + ı̇b = (z0 ) = (x0 , y0 ) = −ı̇ (x0 , y0 ) (5.4)
dz ∂x ∂y
df ∂P ∂Q ∂P ∂P ∂Q ∂Q
c-à-d = +ı̇ = −ı̇ = +ı̇ . Ainsi, f considérée comme application
dz ∂x ∂x ∂x ∂y ∂y ∂x
de U ouvert de R2 dans R2 , est différentiable en (x0 , y0 ), sa matrice jacobienne est donnée
par
a −b
Jac(f )(x0 ,y0 ) = (5.5)
b a
z + z̄ z − z̄
2. Par le changement de variables (x, y) 7→ (z, z̄) , puisque x = et y = , si f
2 2ı̇
est dérivable par rapport à z, alors :
∂f ∂f ∂x ∂f ∂y
= +
∂ z̄ ∂x ∂ z̄ ∂y ∂ z̄
1 ∂f ∂f 1
= + ı̇ = a + ı̇b + ı̇(−b + ı̇a) = 0 .
2 ∂x ∂y 2
Ainsi f doit être indépendante de z̄, et inversement. Par suite, les conditions de Cauchy
∂f ∂f ∂f
sont équivalentes à = 0 c-à-d à + ı̇ = 0.
∂ z̄ ∂x ∂y
3. Si f est holomorphe sur U , alors f est continue sur U .
Remarques :
1. Comme f (z) = z est holomorphe sur C (f 0 (z) = 1), de la prop. 5.2.2 on déduit par
récurrence que, pour tout n ∈ N, g(z) = z n est holomorphe sur C et g 0 (z) = nz n−1 .
2. D’autre part, des prop. 5.2.2 et 5.2.3 on déduit qu’une fnt polynôme P ∈ C[X] est
holomorphe sur C et qu’une fnt rationnelle en z, f (z) = f1 (z)/f2 (z) où f1 et f2 sont des
Exemples : La fnt f (z) = 1/z est holomorphe sur C∗ . On peut remarquer que les lignes
x
P (x; y) = Re f (x; y) = 2 = cte , qui sont les cercles centrés sur l’axe réel tangents en 0
(x + y 2 )
y
à l’axe imaginaire, sont orthogonales aux lignes Q(x; y) = Im f (x; y) = − 2 = cte , qui
(x + y 2 )
sont les cercles centrés sur l’axe imaginaire tangents en 0 à l’axe réel.
Proposition 5.2.5 Si f = P + ı̇Q est holomophe sur U , alors les lignes P (z) = cte sont
Preuve : En effet, les lignes P = cte, Q = cte sont telles que les vecteurs ∇P et ∇Q sont
0 1
(f −1 ) (w) = au point w = f (z) (5.10)
f 0 (z)
[t1 , t2 ] ⊂ R → C
Rappelons qu’un chemin (arc paramétré) est une application
t 7→ z(t) = x(t) + ı̇y(t) ,
continue de classe C 1 par morceaux.
sont dits équivalents si il existe une bijection h continue de classe C 1 par morceaux (ainsi que
sa réciproque) de [t1 , t2 ] dans [τ1 , τ2 ] telle que ξ h(t) = z(t) . Une telle bijection h appelée un
changement de paramétrage ou de paramêtre est tjs strictement monotone : si elle est croissante
(h0 > 0), les deux chemins sont dits positivement équivalents.
Chaque classe γ de chemins équivalents (resp. positivement équivalents) est appelée un arc
Soit ϕ : t ∈ [t1 , t2 ] ⊂ R 7→ ϕ(t) un chemin continu de classe C 1 par morceaux. Les paramé-
Définition 5.3.2 Si γ + est contenu dans U ouvert de définition d’une fonction continue
f (z) à valeurs dans C, l’intégrale curviligne de f (z) le long de γ + est définie par
Z Z t2
f z(t) z 0 (t) dt
f (z) dz = (5.11)
γ+ t1
c-à-d
Z Z
f (z) dz = P (x, y) + ı̇ Q(x, y) dx + ı̇ P (x, y) + ı̇ Q(x, y) dy
γ+ +
Z Zγ Z
f (z) dz = P (x, y)dx − Q(x, y)dy + ı̇ Q(x, y)dx + P (x, y)dy (5.12)
γ+ γ+ γ+
Remarque : Dans le cas où z 0 (t) présente des points de discontinuités, on décompose l’intégrale
(5.11) en sommes d’intégrales définies sur les segments où z 0 (t) est continue.
Exemples :
2. Soit γ + un cercle de centre O orienté dans le sens trigonométrique (ce que signifie le
Z
signe +). Calculons z n dz pour n ∈ Z.
γ+
Un paramétrage du cercle en coordonnées polaires est obtenu par θ ∈ [0, 2π] 7→ z(θ) =
Le "+" signifie que lorsqu’on parcourt le chemin fermé γ, on laisse son intérieur Σ á sa
gauche.
et t ∈ [0, 1] 7→ z2 (t) , sont dits homotopes dans U si on peut passer de l’un à l’autre par
déformation continue sans sortir de U , c-à-d s’il existe une application φ de [0, 1] × [0, 1] dans
U telle que
• Un circuit γ + de U est dit homotope à zéro dans U si on peut le réduire par déformation
continue à un point de U sans sortir de U , c-à-d s’il existe une application φ du type précédent
On admet le fait qu’un circuit est homotope à zéro dans U ssi son intérieur est entièrement
contenu dans U .
Par exemple sur la figure 5.2, les circuits γ1 et γ2 de U sont homotopes à zéro, ainsi que les
circuits γ10 et γ20 de U 0 . Par contre le ciruit γ30 de U 0 n’est pas homotope à zéro.
Définition 5.3.4 Un ouvert U est simplement connexe si tout circuit de U est homotope à
zéro dans U .
Dans la figure 5.2, l’ouvert U est simplement connexe, alors que l’ouvert U 0 ne l’est pas.
Z
f (z)
dz = 2πı̇f (z0 ) . (5.17)
γ+ z − z0
En particulier, si γ + est un cercle orienté positivement, centré en z0 et inclus (ainsi que son
intérieur) dans U .
La formule intégrale de Cauchy (5.17) montre que f (z0 ) peut s’exprimer comme une intégrale
où la dépendance en z0 se fait via une fraction rationnelle trés simple z0 7→ 1/(z − z0 ) . Cette
expression peut se dériver sans difficulté sous le signe somme, autant de fois que l’on veut.
sur U , alors elle indéfiniment dérivable sur U , sa dérivée ne étant donnée pour z ∈ U et γ +
dn f
Z
(n) n! f (ξ)
f (z) = n = dξ . (5.18)
dz 2πı̇ γ+ (ξ − z)n+1
Définition 5.3.5 Une fonction ϕ : U → C est harmonique dans U si elle est deux fois
continûment différentiable dans U et si son laplacien est nul dans U , c-à-d si elle est solution
∂ 2ϕ ∂ 2ϕ
∆ϕ = + 2 (5.19)
∂x2 ∂y
Théorème 5.3.4 Une fonction f : U → C holomorphe est, ainsi que sa partie réelle et sa partie
est une fonction harmonique, alors il existe une fonction f holomorphe dans U admettant P
On rappelle qu’une série entière (SE) de variable complexe z est une série de fnts de t.g.
an (z − z0 )n où n ∈ N, z0 ∈ C et an ∈ C.
gence D(O, R) c-à-d pour |z − z0 | < R et diverge grossièrement en dehors de D(O, R). De plus,
elle CVN et donc CVU sur tout disque strictement intérieur é D(O, R).
∞
an (z − z0 )n est holomophe sur son
P
Théorème 5.4.1 La somme d’une série entière f (z) =
n=0
disque de convergence, de dérivée
∞
X
0
f (z) = nan (z − z0 )n−1 . (5.20)
n=1
∞
an (z − z0 )n est indéfiniment déri-
P
Théorème 5.4.2 La somme d’une série entière f (z) =
n=0
e
vable par rapport à z sur son disque de convergence, de dérivée k
∞
X
f (k)
(z) = n(n − 1) · · · (n − k + 1) an (z − z0 )n−k . (5.21)
n=k
En particulier, on a
f (k) (z0 )
ak = , pour k ≥ 0 . (5.22)
k!
Définition 5.4.1 Une fonction f (z) est dite analytique dans U si pour tout point z0 de U ,
elle peut se développer localement en série entière dans un disque ouvert non vide centré en z0
Théorème 5.4.3 Pour qu’une fonction f (z) définie dans un ouvert U soit analytique dans U ,
il faut et il suffit que f soit holomorphe dans U . On peut alors la développer en série de Taylor
Le RCV de cette série est au moins égale á la distance de z0 au bord de U . De plus, on a pour
Principe d’identité
Proposition 5.4.1 Soit f une fonction holomorphe dans un ouvert connexe U . Alors les
(P2 ) f est identiquement nulle sur un disque ouvert non vide inclus dans U
ouvert connexe. Si f et g coincident sur un disque inclus dans U ou pour une suite de nombres
Principe du maximum
Proposition 5.4.3 (Principe du maximum) Soit f une fonction holomorphe non constante
dans un ouvert connexe U . Alors la fonction |f (z)| ne peut avoir de maximum relatif dans U ,
c-à-d il n’existe pas de point z0 dans U tel que, pour un cercle C(z0 , r) centré sur z0 dont le
Proposition 5.4.4 Soient U un ouvert connexe borné, et f une fonction continue non constante
sur U , holomorphe sur U . Alors la fonction |f (z)| atteint son maximum sur la frontière de U ,
c-à-d
Théorème 5.4.4 (Théorème de Liouville) Toute fonction analytique et bornée dans C est
constante.
Nous avons vu qu’une fonction holomorphe dans un ouvert U peut être developpée en série
entière autour de tout point z0 de cet ouvert. On peut maintenant se demander ce qui se passe
avec 0 ≤ r1 < r2 ≤ +∞ (voir figure 5.4) ; on supposera même que C ⊂ U , et que γ est contenu
dans C.
1 1 1
=
ξ−z ξ − z0 1 − z−z
ξ−z0
0
∞
1 X z − z0 n
= .
ξ − z0 n=0 ξ − z0
z − z0 |z − z0 |
= < 1.
ξ − z0 r2
Ainsi on a :
∞
X
f2 (z) = an (z − z0 )n ,
n=0
avec
Z
1 f (ξ)
an = dξ
2πi γ2+ (ξ − z0 )n+1
Z
1 f (ξ)
= dξ ,
2πi γ+ (ξ − z0 )n+1
1 1 −1 1
= = ξ−z0
ξ−z ξ − z0 − (z − z0 ) z − z0 1 − z−z
0
∞
−1 X ξ − z0 n
= .
z − z0 n=0 z − z0
ξ − z0 r1
= < 1.
z − z0 |z − z0 |
Ce qui entraine :
∞ ∞
(ξ − z0 )n
Z
X 1 X
f1 (z) = f (ξ) n+1 dξ = bn (z − z0 )−n ,
n=0
2πi γ1+ (z − z0 ) n=1
avec
Z Z
1 n−1 1
bn = (ξ − z0 ) f (ξ) dξ = (ξ − z0 )n−1 f (ξ) dξ ,
2πi γ1+ 2πi γ+
sur U contenant la couronne C = {z tels que r1 < |z − z0 | < r2 } . Alors f peut se développer
comme la somme de deux séries convergeant simplement dans C et uniformément dans toute
sous-couronne C 0 = {z tels que r10 < |z − z0 | < r20 } avec r1 < r10 < r20 < r2 :
+∞
X +∞
X
−n
f (z) = f1 (z) + f2 (z) = bn (z − z0 ) + an (z − z0 )n (5.25)
n=1 n=0
M (r)
∀r ∈ ]r1 , r2 [ |an | ≤ , |bn | ≤ rn M (r) , (5.27)
rn
Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 27 M. Hadda, ENSAM
où
Le cas r1 = 0 correspond é celui d’une fonction holomorphe autour d’un point z0 mais non
• 1er cas : La partie singulière f1 (z) s’annule, c-à-d bn = 0, ∀n ≥ 1 On dit qu’il s’agit d’une
Proposition 5.5.1 f holomorphe sur U − {z0 } admet une singularité artificielle en z0 ssi f
est bornée sur U ∩ {z tels que 0 < |z − z0 | < r0 } pour un certain r0 > 0.
• 2e cas : La partie singulière f1 (z) ne contient qu’un nombre fini de termes, c-à-d il
existe m ≥ 1 tel que bm 6= 0 mais bn = 0, ∀n > m . On dit alors que z0 est un pôle d’ordre
Proposition 5.5.2 f holomorphe sur U − {z0 } admet un pôle d’ordre m > 0 en z0 ssi
• 3e cas : (cas rare) dans ce cas la partie singulière f1 (z) contient une infinité de termes,
c-à-d pour tout m ≥ 1 il existe n ≥ m tel que bn 6= 0 . On dit alors que z0 est une singularité
essentielle de f .
sin z
Exemples : La fonction définie sur C∗ n’admet qu’une singularité artificielle en z = 0,
z
puisque le développement de Taylor de sin z en 0 donne
sin z z2 z4
=1− + + ···
z 3! 5!
cos z
Par contre le point 0 est un pôle d’ordre 2 de la fonction , puisque par développement de
z2
Taylor de cos z en 0 on a
cos z 1 1 z2
= − + + ···
z2 z 2 2! 4!
Séries et Analyse complexe, A.U. 22-23 28 M. Hadda, ENSAM
Enfin la fonction
1 1 1 1
exp =1+ + 2
+ + ···
z z 2!z 3!z 3
Récriture en terme d’une seule série : En posant, pour n ≤ −1, an = b−n , il est parfois
Lemme 5.5.1 (Intégration par parties dans une intégrale de circuit) Si u et v sont ho-
Proposition 5.5.3 (Dérivation terme à terme d’une série de Laurent) Soit f une fonc-
tion holomorphe sur U contenant la couronne C = {z tels que r1 < |z − z0 | < r2 } . Alors la
série de Laurent de sa dérivée f 0 s’obtient par dérivation terme à terme de la série de Laurent
de f .
Une application des développements en série de Laurent est le calcul général de l’intégrale
curviligne d’une fonction f holomorphe sur un ouvert U privé d’un nombre fini de points
singuliers {z1 , z2 , · · · , zp }.
de f .
Z
On propose de calculer l’intégrale f (z) dz.
γ+
D’autre part, puisque chaque cercle γk se trouvent dans une couronne Ck centrées en zk , en
en particulier
Z
f (z) dz = 2πi b1 (zk ) ,
γk+
il s’ensuit que
Z p
X
f (z) dz = 2πi b1 (zk ) .
γ+ k=1
D’où le théorème
Théorème 5.6.1 (des résidus) Soient f une fonction holomorphe sur un ouvert U privé d’un
pour tout cercle γk inclu dans U , centré en zk et ne contenant aucun autre point singulier de f .
Le calcul pratique des résidus repose sur des calculs de dérivées. on distingue deux cas selon
g(z) g(z0 )
lim (z − z0 )f (z) = lim (z − z0 ) = 0 existe et est non nulle finie .
z→z0 z→z0 h(z) h (z0 )
g(z0 )
Res(f, z0 ) = lim (z − z0 )f (z) = . (5.32)
z→z0 h0 (z0 )
de la forme
+∞
X m
X
f (z) = an (z − z0 ) + n
bn (z − z0 )−n
n=0 n=1
−m m−1 m m+1
= (z − z0 ) bm + bm−1 (z − z0 ) + · · · + b1 (z − z0 ) + a0 (z − z0 ) + a1 (z − z0 ) + ···
avec bm 6= 0.
F (m−1) (z0 )
Res(f, z0 ) = b1 = . (5.33)
(m − 1)!
z2
Exemple : Soit f (z) = .
1 + z4
Les pôles de f sont les racines de l’équation 1 + z 4 = 0, c-à-d z 4 = −1 = ei(π+2kπ) , k =
π kπ
0, 1, · · · , 5 ; ainsi zk = ei( 4 + 2
)
. Ces pôles sont évidemment tous simples. En particulier, le
√
π z02 z03 1 3 1 i 3π 2
résidu de f au pôle z0 = ei 4 est : Res(f, z0 ) = 3 = 4 = − z0 = − e 4 = (1 − i).
4z0 4z0 4 4 8
Grâce au théorème des résidus, plusieurs intégrales peuvent être calculées facilement. On va
morphe sur U \ {z0 } telle que z0 est un pôle simple de f . Soit γr un arc de cercle de centre z0 ,
γr = {z = z0 + reiθ /0 ≤ θ1 ≤ θ ≤ θ2 ≤ 2π}.
Alors
Z
lim f (z)dz = i(θ2 − θ1 )Res(f , z0 ) = i(θ2 − θ1 ) lim (z − z0 )f (z0 ).
r→0 γr z→z0
Dém. En effet,
+∞
b1 X
f (z) = + an (z − z0 )n , avec b1 = Res(f, (z0 )).
z − z0 n=0
Lemme 5.6.2 (Lemme 1 de Jordan ) Soit f une fonction continue dans un secteur angu-
alors
Z Z
lim f (z)dz = 0 (resp. lim f (z)dz = 0).
r→+∞ γr r→0 γr
Lemme 5.6.3 (Lemme 2 de Jordan ) Soit f une fonction continue dans un secteur angu-
Z
lim f (z)eiz dz = 0.
r→+∞ γr
Z +∞
1. intégrales du type f (x) dx :
−∞
P
où f ∈ R[X] est une fonction rationnelle (f =
) sans pôle réel.
Q
On suppose f holomorphe sur l’ouvert U = {z ∈ C / Im z > −µ} \ {z1 , · · · , zp } , avec
R, on a
Z Z π
f (z) dz = f (Reiθ ) iReiθ dθ
+
γR 0
Z
D’où : f (z) dz −→ 0 quand R → +∞ (lemme 1 de Jordan).
+
γR
D’autre part, on choisit R assez grand pour que le demi-disque ayant pour frontière la
réunion du segment [−R, R] (de l’axe réel) et γR+ contienne tous les points singuliers zk
Z +∞ p
X
f (x) dx = 2πi Res(f , zk ); (5.35)
−∞ k=1
Z +∞
dx
I= dx .
0 1 + x6
1
Considérons la fonction f (z) = 1+z 6
. Les pôles de f sont les racines de l’équation
La fonction f est holomorphe (fnt rationnelle) sur C privés des pôles zk , elle vérifie bien
la condition (5.38) lim|z|→∞ |zf (z)| = 0 car deg(Q) ≥ deg(P ) + 2. Les pôles de partie
π π 5π
imaginaire positive sont alors ei 6 , ei 2 = i et ei 6 . Ces pôles sont tous simples, donc
1 zk zk
Res(f, zk ) = 5 = − 6 = − ; comme f est paire, par application du th. des résidus
6zk 6zk 6
suppose cette fois-ci que les pôles z10 , · · · , zq0 de f sont tels que Im zk0 < 0, k = 1, · · · , q.
En choisissant R assez grand pour que les pôles zk0 , k = 1, · · · , q soient situés à l’intérieur
Z 2π
2. intégrales du type F (cos θ, sin θ) dθ :
0
P (X, Y )
où F est une fonction rationnelle sans pôle sur le cercle unité, F (X, Y ) = avec
Q(X, Y )
P, Q ∈ R[X, Y ].
On rencontre ces intégrales dans le calcul des séries de Fourier de fonctions périodiques.
L’idée ici est d’inverser le paramétrage polaire du cercle unité γ + en posant z = eiθ ,
1 z + z −1 z − z −1
dz = izdθ et en introduisant la fonction f (z) = F , .
iz 2 2i
On suppose f holomorphe sur l’ouvert U contenant le cercle unité, sauf en un nbre fini
et
2
Res(f, z0 ) =
2z0 + 2ia
2z0
= 2
2z0 + 2iaz0
2z0
= 2
z0 + 1
i
= −√ .
a2 − 1
Z
2π
Le théorème des résidus s’écrit f (z) dz = 2πiRes(f, z0 ) = √ ; par suite
a 2−1
γ+
Z 2π
1 2π
I= dθ = √ .
0 a + sin θ a2 − 1
Z +∞
3. intégrales du type f (x) exp(itx) dx :
−∞
Ces intégrales dites de Fourier apparaissent dans le calcul des transformées de Fourier.
Pour t > 0, on applique le théorème des résidus pour R suffisamment grand à la fonction
f (z)eitz sur le contour formé du segment [−R, R] de l’axe réel et du demi-cercle γR+ de
centre 0 et de rayon R :
Z R Z X
f (x) exp(itx) dx + f (z) exp(itz) dz = 2πi Res f (z) exp(itz), zk dz.
+
−R γR Im zk >0
à π/2, d’où
π π
π
−2tRθ
Z Z Z
2 2 π
exp(−tR sin θ)R dθ = 2R exp(−tR sin θ) dθ ≤ 2R exp( ) dθ = (1−e−tR ).
0 0 0 π t
Z
Ainsi limR→∞ f (z) exp(itz) = 0 (lemme 2 de Jordan). On en déduit alors que
+
γR
X
f̂ (t) = 2πi Res f (z) exp(itz), zk dz, ∀t > 0. (5.38)
Im zk >0
Pour t < 0, on utilise le contour formé du segment [−R, R] de l’axe réel parcouru en
X
f̂ (t) = −2πi Res f (z) exp(itz), zk dz, ∀t < 0. (5.39)
Im zk <0
2ecas : supposons qu’il existe un point singulier sur l’axe réel, par exp z1 = 0 supposé
pôle simple de f .
Pour t > 0, on applique le théorème des résidus à la fonction f (z)eitz sur le contour
formé des segments [−R, −r] et [r, R] de l’axe réel ; mis bout à bout avec deux demi-
grand :
Z −r Z Z R Z
f (x) exp(itx) dx+ f (z) exp(itz) dz+ f (x) exp(itx) dx+ f (z) exp(itz) dz =
−R γr− r +
γR
X
2πi Res f (z) exp(itz), zk .
Im zk >0
et puisque la fonction exp(−tr sin θ + itr cos θ) converge uniformément vers 1 quand r
+∞
eitx
Z
Exemple 1 : Calculer dx.
−∞ x2 + 1
1
Soit f z) = 2 . La fonction f est holomorphe sur C−{−i, i} et vérifie lim f (z) = 0.
z +1 |z|→+∞
pour t > 0 :
eitz eit(i)
fˆ(t) = 2πiRes( 2 , i) = 2πi = πe−t ;
z +1 2i
pour t < 0, on obtient
ˆ eitz eit(−i)
f (t) = −2πiRes( 2 , −i) = −2πi = πet ;
z +1 2i
+∞
eitx
Z
ainsi ∀t ∈ R, 2
dx = πe|t| .
−∞ x +Z1
+∞
sin x
Exemple 2 : Calculer dx.
−∞ x
1
En effet, soit f (z) = . La fonction f est holomorphe sur C−{0} et vérifie lim f (z) =
z |z|→+∞
e
0 ; de plus 0 est un pôle simple de f . On est donc dans le 2 cas. Pour t = 1 on a :
+∞
eitx
Z
fˆ(1) = dx = πiRes(f, 0) = πi;
−∞ x
Z +∞
sin x
dx = Im fˆ(1) = π.
par suite
−∞ x