0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
162 vues35 pages

Ed986 RR en Mission

Le document présente un guide d'évaluation des risques routiers en mission, élaboré par l'INRS, visant à aider les entreprises à prévenir les accidents de travail liés aux déplacements professionnels. Il souligne l'importance d'une évaluation rigoureuse des risques, qui doit être intégrée dans un document unique, et propose un cadre structuré en quatre phases pour identifier et classer les risques, ainsi que pour établir un plan d'action. Le guide insiste également sur la responsabilité tant des salariés que des employeurs en matière de sécurité routière.

Transféré par

refoul fernand
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
162 vues35 pages

Ed986 RR en Mission

Le document présente un guide d'évaluation des risques routiers en mission, élaboré par l'INRS, visant à aider les entreprises à prévenir les accidents de travail liés aux déplacements professionnels. Il souligne l'importance d'une évaluation rigoureuse des risques, qui doit être intégrée dans un document unique, et propose un cadre structuré en quatre phases pour identifier et classer les risques, ainsi que pour établir un plan d'action. Le guide insiste également sur la responsabilité tant des salariés que des employeurs en matière de sécurité routière.

Transféré par

refoul fernand
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Le risque routier en mission

Guide d’évaluation des risques


L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS)

Dans le domaine de la prévention des risques pro-


fessionnels, l’INRS est un organisme scientifique
et technique qui travaille, au plan institutionnel,
avec la CNAMTS, les Carsat, Cram, CGSS
et plus ponctuellement pour les services de l’État
ainsi que pour tout autre organisme s’occupant
de prévention des risques professionnels.
Il développe un ensemble de savoir-faire pluridisciplinaires
qu’il met à la disposition de tous ceux qui, en entreprise,
sont chargés de la prévention : chef d’entreprise,
médecin du travail, CHSCT, salariés.
Face à la complexité des problèmes, l’Insti-
tut dispose de compétences scientifiques,
techniques et médicales couvrant
une très grande variété de disciplines, toutes
au service de la maîtrise des risques professionnels.
Ainsi, l’INRS élabore et diffuse des documents
intéressant l’hygiène et la sécurité du travail :
publications (périodiques ou non), affiches,
audiovisuels, multimédias, site Internet… Les publications
de l’INRS sont distribuées par les Carsat.
Pour les obtenir, adressez-vous au service Prévention
de la caisse régionale ou de la caisse générale
de votre circonscription, dont l’adresse
est mentionnée en fin de brochure.
L’INRS est une association sans but lucratif (loi 1901)
constituée sous l’égide de la CNAMTS et soumise
au contrôle financier de l’État. Géré par un conseil
d’administration constitué à parité d’un collège
représentant les employeurs et d’un collège
représentant les salariés, il est présidé alternativement
par un représentant de chacun des deux collèges.
Son financement est assuré en quasi-totalité
par le Fonds national de prévention des accidents
du travail et des maladies professionnelles.

Les caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat),


les caisses régionales d’assurance maladie (Cram)
et caisses générales de sécurité sociale (CGSS)

Les caisses d’assurance retraite et de la santé


au travail, les caisses régionales d’assurance
maladie et les caisses générales de sécurité sociale
disposent, pour participer à la diminution
des risques professionnels dans leur région,
d’un service Prévention composé d’ingénieurs-conseils
et de contrôleurs de sécurité. Spécifiquement
formés aux disciplines de la prévention des risques
professionnels et s’appuyant sur l’expérience quo-
tidienne de l’entreprise, ils sont en mesure
de conseiller et, sous certaines conditions,
de soutenir les acteurs de l’entreprise (direction,
médecin du travail, CHSCT, etc.) dans la mise
en œuvre des démarches et outils de prévention
les mieux adaptés à chaque situation.
Ils assurent la mise à disposition
de tous les documents édités par l’INRS.

Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’INRS,


de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite.
Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction,
par un art ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du code de la propriété intellectuelle).
La violation des droits d’auteur constitue une contrefaçon punie d’un emprisonnement de trois ans
et d’une amende de 300 000 euros (article L. 335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle).

© INRS, 2008.
Conception graphique et maquette : Béatrice-Anne Fournier.
Le risque routier en mission
Guide d’évaluation des risques

ED 986
septembre 2006
2
Sommaire

Le risque d’accident de mission :


un risque professionnel 6

L’évaluation du risque routier est une obligation légale 6

L’existence d’un code de bonnes pratiques 6

De l’évaluation au plan d’action 7

Préparer l’évaluation 9

Identifier le risque routier 11 3

fiche 1 Recenser les déplacements en mission 12

fiche 2 Mesurer la sinistralité 13

fiche 3 Analyser l’organisation des déplacements 14

fiche 4 Analyser la gestion du parc 15

fiche 5 Analyser les besoins et les pratiques de communications 16

fiche 6  Analyser la gestion des compétences liées


à l’utilisation d’un véhicule 17

Classer les facteurs de risque routier 19


fiche de classement 21

Mettre en œuvre un plan d’action 23

fiche 1 Améliorer le management des déplacements 24

fiche 2 Améliorer le management du parc 26

fiche 3 Améliorer le management des communications 28

fiche 4 Améliorer le management des compétences 30


Oh ! C’est Monsieur Dupond
qui appelle, j’espère
qu’il ne décommande pas
le rendez-vous !

Ludivine a un agenda-
bien rempli, les rendez-
vous chez les clients
s’enchaînent aujourd’hui.

Après avoir été bloqué


dans les embouteillages,
Gérard est en retard pour
rejoindre son chantier.
Introduction

L’évaluation des risques professionnels est une étape essentielle pour mettre en 5
place une démarche de prévention efficace au sein de l’entreprise. Destinée à
mieux connaître, et par conséquent, à mieux maîtriser les risques encourus par
les salariés, elle permet au chef d’entreprise de disposer des éléments nécessaires
à la prise de décision.

Elle se décline en quatre phases qu’il convient de traiter successivement :

• préparation de l’évaluation,

• identification du risque,

• classement des facteurs de risque,

• proposition d’actions de prévention.

La nature même du risque d’accident en mission, peu fréquent mais


potentiellement très grave impose à l’entreprise d’organiser et de
formaliser une identification du risque la plus complète possible
permettant de construire un plan d’action efficace pour mieux prévenir
ce risque.
Le risque d’accident de mission :
un risque professionnel

De nombreux salariés passent une partie importante de la journée au volant d’un


véhicule, dans le cadre d’une mission qu’ils effectuent pour leur entreprise. Dirigeants,
cadres, commerciaux ou techniciens, chez leurs clients ou sur un chantier, ces salariés sont
amenés à se déplacer sur la route alors que la conduite n’est pas leur métier. Du fait de
leur activité professionnelle, ces salariés sont exposés à un risque d’accident sur la route.

L’évaluation L’existence d’un code


du risque routier est de bonnes pratiques
une obligation légale
L’accident de mission est un acci- En 2003, les partenaires sociaux
dent qui se produit à l’occasion d’un ont adopté un « code de bonnes
déplacement nécessaire à l’exécu- pratiques » qui reprend les prin-
6
tion du travail. Selon l’article L.411-1 cipes généraux de prévention
du code de la sécurité sociale, c’est des risques professionnels en les
un accident du travail. Pendant appliquant au champ du risque
l’exécution de la mission, et bien routier en mission1.
que le salarié soit alors en dehors
Le code de bonnes pratiques propose
des locaux de l’entreprise, il existe
des mesures que l’on peut regrouper
toujours entre lui et son employeur
autour de quatre thématiques :
un lien de subordination. Le risque
routier pour le salarié en mission est • le management des déplacements,
un risque professionnel.
• le management des véhicules,
Comme tout risque profession-
• le management des communications,
nels, ce risque doit faire l’objet
d’une évaluation. L’employeur est • le management des compétences.
en effet tenu par le code du travail
Ces thématiques illustrent une idée
de faire l’inventaire et l’évaluation
simple : la prévention du risque
des risques identifiés dans l’entre-
routier commence avant même de
prise, risques qui seront inscrits dans
prendre la route.
un « document unique » (décret
n° 2001-1016 du 5 novembre 2001).
1 « Prévention du risque routier au travail »,
Le risque routier doit être intégré texte adopté le 5 novembre 2003
dans ce document dès lors que les par la Commission des accidents du travail
salariés de l’entreprise se déplacent et des maladies professionnelles.

pour raison professionnelle.

Une politique de sécurité routière plus sévère Accident de mission et accident de trajet
La loi n° 2003-495 du 12 juin 2003 « renforçant la lutte À la différence de l’accident de mission, l’accident de trajet est un accident
contre la violence routière » prévoit des sanctions qui se produit à l’occasion d’un déplacement entre le domicile et le lieu
beaucoup plus sévères vis-à-vis des délinquants routiers, de travail et entre le lieu de travail et le lieu habituel de restauration :
même pour des infractions au code de la route jugées il est également considéré par le code de la sécurité sociale
jusque-là mineures. Les peines encourues ont été aggravées, (L. 411-2) comme un accident du travail. Mais du fait de l’absence
et en particulier dans les cas d’atteintes involontaires de lien de subordination pendant le déplacement domicile/travail,
à la vie ou à l’intégrité de la personne. la prévention du risque trajet ne dépend pas d’une obligation légale
Ces sanctions peuvent avoir de lourdes conséquences mais de la volonté d’agir ensemble entre employeurs et salariés2.
pour les salariés qui prennent le volant dans le cadre de 2 « Prévenir les accidents routiers de trajet » Texte adopté le 28 janvier 2004
leur travail, mais aussi pour les entreprises qui les emploient. par la Commission des accidents du travail et des maladies professionnelles.
Des conséquences
juridiques et financières
pour le salarié et l’employeur
Du point de vue de la responsabilité,
le conducteur salarié est considéré sur
la voie publique comme tout conducteur.
L’article L. 121-1 du code de la route explicite
le champ de cette responsabilité. C’est sur lui
que pèse l’obligation de respecter les règles
De l’évaluation du code de la route, et dès lors qu’il est au
au plan d’action volant d’un véhicule, le salarié peut voir
sa responsabilité pénale engagée, en cas
d’infraction au code de la route ou s’il
Afin de réaliser l’évaluation des 3. Classement des facteurs est à l’origine d’un accident corporel.
risques, notamment ceux liés de risque routier
aux déplacements des salariés en L’employeur est tenu à une obligation
L’analyse précédente aura permis de de sécurité vis-à-vis du salarié et doit,
mission, et de mettre en place un
déceler, dans chaque thématique dans ce cadre, prendre toutes les mesures
plan d’action adapté pour l’entre-
(gestion des déplacements, gestion de prévention afin que le salarié puisse
prise, il importe de suivre les phases
du parc, gestion des communica- se déplacer et travailler en sécurité.
suivantes en s’appuyant sur les fiches
tions, gestion des compétences), les Si un défaut de mesures de prévention
proposées :
facteurs influant sur la probabilité de sa part est à l’origine d’un accident
d’apparition d’un accident routier. de la route, sa responsabilité pénale pourra
1. Préparation de l’évaluation Leur classement permettra de définir être engagée. On peut citer notamment
Créer les conditions favorables au les priorités d’action de l’entreprise le cas où l’accident serait dû au défaut 7
sein de l’entreprise pour permettre Fiches classement des risques d’entretien du véhicule de l’entreprise
la conduite de l’évaluation du risque ou à la charge de travail du conducteur
routier (long trajet, absence de pauses…).
4. Établissement L’accident de la route survenu au salarié,
2. Identification des risques d’un plan d’action alors qu’il était en mission, est un accident
Faire un état des lieux des dépla- du travail. Son indemnisation se fera donc
Établir un plan d’actions ciblé. Ce plan,
cements routiers pour mission et par la Caisse primaire d’assurance maladie
pour être efficace, devra s’inscrire
connaître la sinistralité pour mesurer de la sécurité sociale, ce qui entraînera
dans la durée pour que la prévention
l’importance du risque routier pour l’employeur un hausse de son taux
de ce risque entraîne un véritable
mission dans l’entreprise. de cotisation accident du travail. Pour ce
changement dans les pratiques.
Fiches identification 1 à 2 qui concerne les dégâts matériels causés
Fiches prévention 1 à 4
au véhicule, c’est la compagnie d’assurance
Analyser pour chaque type de popu- du véhicule (donc de l’employeur, s’il s’agit
Les fiches prévention fournissent d’un véhicule de l’entreprise) qui prendra en
lation amenée à se déplacer en
des pistes de réflexion pour l’action. charge, selon les circonstances de l’accident,
mission, le fonctionnement réel de
Elles sont toutes accompagnées l’indemnisation des dégâts. Cela pourra
l’entreprise en matière d’organisa-
d’exemples de mise en œuvre de également entraîner une hausse des primes
tion et de gestion des déplacements,
mesures de prévention dans diffé- d’assurances de l’entreprise.
de gestion du parc et de gestion des
rentes entreprises.
communications, et de gestion des Enfin, l’article L. 455-1-1 du code de
compétences. la sécurité sociale confère à la victime
Fiches identification 3 à 6 d’un accident du travail qui est en même
temps un accident de la circulation, la faculté
de se prévaloir de la loi n° 85-677 du 5 juillet
1985 tendant à l’amélioration de la situation
des victimes d’accidents de la route.
Une démarche d’évaluation réussie suppose…
Cette disposition permet à la victime
que la direction s’engage et affiche clairement sa volonté de prendre de former un recours en responsabilité
en charge la prévention du risque routier. Cet engagement doit être civile contre l’employeur et toute personne
repris dans la communication interne de l’entreprise. appartenant à l’entreprise, dans le cas
d’un accident de la circulation intervenu
de mettre en place une équipe de travail motivée et informée. Elle sur une voie ouverte à la circulation publique
peut réunir un représentant de la direction, le responsable des ressources et impliquant un véhicule terrestre à moteur
humaines, le gestionnaire du dossier assurance flotte, le responsable du parc conduit par l’employeur, son préposé
des véhicules, le médecin du travail, le CHSCT et les délégués du personnel. ou une personne appartenant
à la même entreprise que la victime.
de susciter l’adhésion du personnel au projet. Créer les conditions La victime obtiendra ainsi une réparation
d’une adhésion à la démarche par une bonne information et une associa- complémentaire de son dommage corporel
tion effective à la réflexion. auprès de l’assureur du véhicule.
8
Préparer l’évaluation

L’évaluation doit être préparée par un groupe de travail ad hoc, dont 9


les membres peuvent être choisis parmi le groupe en charge de
l’évaluation des risques de l’entreprise. Une information préalable des
salariés est indispensable pour leur expliquer la démarche et les associer
à la réflexion.

Cette évaluation est réalisée au niveau de chaque unité de travail ou entité


identifiée comme telle par rapport au risque routier en mission. Elle se définit
au-delà du cadre hiérarchique ou fonctionnel habituel et peut tout à fait
regrouper des fonctions homogènes entre elles par rapport au risque étudié,
sans pour autant que ces dernières soient directement liées entre elles. Chaque
kilomètre doit être pris en compte, même dans les services de l’entreprise
où l’on ne pense pas être concerné par la mission. Ainsi, seule une approche
transversale du risque routier peut permettre d’en identifier les composantes et
les interactions.
En outre, ce groupe de travail doit lui-même définir la méthode qu’il souhaite
appliquer au cours des différentes étapes de l’évaluation ainsi que les moda-
lités d’exploitation et de traitement des informations recueillies : questionnaire
pré-formaté, enquêtes auprès des salariés, entretiens, mesures…

Il définit enfin un calendrier de travail pour chacune des étapes suivies.


10
Identifier le risque routier

La phase d’identification du risque routier, composante essentielle 11


de l’évaluation, contribue directement à la bonne compréhension du
phénomène au sein de l’entreprise. Elle vise à recenser d’une manière la
plus exhaustive possible tous les facteurs de risque, dans tous les secteurs
concernés, en s’appuyant sur une analyse factuelle de la situation.

L’identification du risque routier passe nécessairement par un recensement


de l’ensemble des déplacements des salariés en mission et s’appuie également
sur la collecte méticuleuse des informations d’accidentalité routière.
Une étude détaillée des principes d’organisation des déplacements, des moda-
lités de gestion du parc automobile, des conditions réelles d’établissement
des communications entre le salarié en déplacement et l’entreprise ou ses
clients et des règles de gestion des compétences en matière de conduite
et de mise en œuvre des véhicules permettra de disposer d’un ensemble
d’informations conséquent qu’il conviendra ultérieurement d’organiser.

fiche 1 Recenser les déplacements pour mission

fiche 2 Mesurer la sinistralité

fiche 3 Analyser l’organisation des déplacements

fiche 4 Analyser la gestion du parc

fiche 5 Analyser les pratiques et les besoins de communications

fiche 6 Analyser la gestion des compétences liées à l’utilisation d’un véhicule


Identifier le risque routier

fiche 1 Recenser les déplacements en mission

La première étape de cette phase consiste à faire un état des lieux le plus exhaustif
possible effectuant des déplacements pour mission, importance de la flotte,
kilométrage moyen parcouru pour le compte de l’entreprise…

Recenser tous les personnels effectuant des missions pour l’entreprise

Nombre Type Rayon Temps quotidien Kilométrage


de personnes de véhicule d’action passé à la conduite moyen annuel Fréquence

Fonction A

12

Fonction B

Fonction C

Fonction D

Le kilométrage moyen annuel parcouru pour chaque fonction est un premier indicateur du degré
d’exposition au risque.

Recenser les véhicules utilisés pour mission et évaluer leur kilométrage


Véhicule Kilométrage Véhicule Kilométrage Kilométrage Kilométrage annuel
personnel annuel de société annuel total annuel moyen par véhicule

Véhicules légers

Utilitaires légers*
de moins de 3,5 t

Véhicules utilitaires
de plus de 3,5 t

Deux-roues

* Les véhicules utilitaires légers sont des véhicules moteur dont le poids autorisé en charge (PTAC) est inférieur ou égale à 3,5 tonnes,
utilisé aux fins de transports d’objets utilitaires (marchandises, outillages, échantillons…). Ce parc comprend des breaks, des fourgonnettes,
des camionnettes et des camions.
Identifier le risque routier

fiche 2 Mesurer la sinistralité

L’analyse de la sinistralité consiste à recenser tous les accidents routiers survenus dans
le cadre des déplacements pour mission. L’intérêt de cette analyse est de réunir des
données souvent éparses dans l’entreprise, de procéder à des comparaisons dans
le temps et de repérer des facteurs de risque liés à des situations de travail ou des
situations de conduite.

Recenser la sinistralité au sein de l’entreprise et en suivre l’évolution

Année n- 2 Année n- 1 Année n

Nombre de déclarations
transmises aux assurances 13
(constats amiables)

Nombre de déclarations
d’accidents du travail
sur la route transmises
à la CPAM

Nombre total de journées


d’arrêt de travail

Le nombre d’accidents en mission peut être croisé avec d’autres paramètres.


Par exemple : accidents par fonction, par type de véhicule, par établissement. Lorsqu’il existe plusieurs
établissements, il faut comprendre pourquoi tel lieu est plus accidentogène qu’un autre (ou à l’inverse,
identifier les pratiques qui permettent de meilleures performances).
Pour faire des comparaisons dans le temps ou dans l’espace, il peut être utile de calculer le « taux de sinistra-
lité » (en faisant le rapport entre le nombre total d’accidents de la route dans le cadre de mission et le nombre
total de véhicules circulant pour le compte de l’entreprise).
Le taux d’IPP (incapacité partielle permanente) lié aux accidents routiers est un autre indicateur qui peut
être pris en compte.
Identifier le risque routier

Analyser l’organisation
fiche 3
des déplacements
Le management des déplacements fait partie intégrante de l’organisation du travail.
Le risque routier étant directement lié aux distances parcourues et aux conditions
de conduite, il faut analyser comment l’entreprise gère les déplacements de ses salariés
en mission et dans quelles conditions se font ces missions.

Analyser le management Analyser l’activité Évaluer les contraintes


des déplacements réelle de conduite de temps
• Existe-t-il au sein de l’entreprise • La démarche d’évaluation doit être • L’urgence, le rattrapage du temps
des mesures pour éviter ou réduire l’occasion de procéder à une analyse perdu et les retards répétés sont des
les déplacements : utilisation des de l’activité de conduite, en parti- facteurs de risque. Ils peuvent être
moyens alternatifs aux déplace- culier pour les fonctions les plus l’indice d’un problème de gestion du
14
ments physiques (audio ou visio- exposées au risque routier (nombre temps dans l’entreprise.
conférences), mesures visant à de km parcourus, temps passé à
• Les retards sont-ils exceptionnels ou
limiter les déplacements, préfé- conduire important…). Cette analyse
chroniques ? Quelles incidences ces
rence donnée à des modes de trans- peut être basée sur un travail d’en-
retards ont-ils sur l’enchaînement
ports plus sûrs que la voiture (avion, quête auprès des salariés concernés
des tâches ? Quelles conséquences
train, transports en commun), (questionnaires, entretiens, réunions)
ont-ils sur la conduite ? Sont-ils liés à
regroupement géographique des pour mieux comprendre dans quelles
l’organisation du travail ? À la prépa-
déplacements ? conditions réelles se fait la conduite.
ration des tournées ? À l’entreprise
• Qu’est-ce qui, dans l’activité de l’en- • Dans quelles conditions s’effec- cliente ? À l’organisation personnelle
treprise, génère des déplacements : tuent les missions ? Quelle est, dans du conducteur ? À l’équipe ?
développement de l’activité, élar- les horaires de travail, la part du
• etc.
gissement du rayon d’action, offre temps de conduite et du temps de
d’un nouveau service nécessitant travail hors conduite ?
d’utiliser un moyen de transport
• Dans quelles conditions se font les
individuel, nouvelle implantation… ?
pauses, le découchage, le charge-
• Les déplacements pour mission ment et le déchargement du véhi-
sont-ils organisés par l’entreprise ou cule ?
laissés à l’initiative du salarié ? Y a-t-il
• Quelles sont les contraintes profes-
une préparation des déplacements
sionnelles pouvant influer sur la
(évaluation des temps de parcours,
conduite ? Conduite de jour/conduite
prise en compte des conditions
de nuit, pression liée au rendement,
de circulation dans la planification
venant de l’entreprise ou du client ?
des déplacements, préconisation
d’itinéraire…) ? • etc.
• Quel est le degré d’autonomie dont
dispose le conducteur pour adapter
son plan de travail et l’organisation
de ses déplacements en fonction
des contraintes qu’il rencontre ?
• Quel est le mode d’indemnisa-
tion des déplacements ? A-t-il des
conséquences en termes de sécurité
(le mode d’indemnisation de frais
pour découchage, par exemple, peut
avoir comme conséquence d’inciter
le salarié à prendre davantage la
route) ?
• etc.
Identifier le risque routier

fiche 4 Analyser la gestion du parc

Le véhicule utilisé dans le cadre professionnel est à la fois un moyen de transport et


un outil de travail. Comme moyen de transport, il doit être correctement entretenu et
offrir toutes les garanties de sécurité nécessaires (air-bag, ABS, ESP, limiteur de vitesse…)
et comme outil de travail être parfaitement adapté aux besoins de chaque profession
(aménagements réalisés par des professionnels).

Le choix et l’attribution Évaluer l’état du parc Analyser le transport


des véhicules et son entretien de charges
• Les véhicules sont-ils adaptés • Quel est l’état général du parc des • Les véhicules sont-ils adaptés et
aux missions des conducteurs véhicules utilisés par les salariés pour correctement aménagés pour le
et aux besoins de la profession ? leurs missions ? transport des charges ? Quels sont
Qui les choisit ? Les conducteurs les moyens de calage et d’arrimage
• Les véhicules sont-ils entretenus par 15
sont-ils impliqués dans le choix ? des objets, outils et matériaux
un atelier interne ou par un garage
transpor tés ? Les charges ne
• Les véhicules sont-ils la propriété extérieur ? Comment se partagent
dépassent-elles pas le poids autorisé
de l’entreprise, du salarié ou en les responsabilités, et qui prend
pour le type de véhicule utilisé ?
location longue durée ? en charge le suivi et l’entretien du
véhicule (responsables d’atelier, • etc.
• Les véhicules sont-ils affectés
conducteurs, garage extérieur) ?
personnellement aux salariés ?
Dans le cas d’un garage extérieur,
• etc. le détail des opérations réalisées
remonte-t-il jusqu’à l’entreprise,
sous combien de temps, selon quelle
fréquence et qui les analyse ?
• Quelles sont les procédures de
vérification ? Y a-t-il un carnet
d’observations ou de suivi dans
Recenser les équipements chaque véhicule ? Pour un parc de
de sécurité véhicules en location longue durée,
y a-t-il un contrat d’entretien
• Les véhicules sont-ils dotés d’un
prévoyant des contrôles périodiques
extincteur, d’un gilet rétro-réflé-
systématiques ?
chissant, d’un triangle de pré-
signalisation ? • Y a-t-il une incitation financière
à la maintenance des véhicules
• Pour la sécurité et le confort de
personnels ? Y a-t-il un contrôle de
conduite, sont-ils pourvus d’équi-
l’entretien des véhicules personnels
pements tels que ABS, airbags
utilisés pour le travail ?
conducteurs et passagers, clima-
tisation automatique, direction • etc.
assistée, équipement d’assistance
électronique à la conduite du type
ESP, commande de la radio au volant,
limiteur de vitesse, système d’aide à
la navigation ?
• etc.
Identifier le risque routier

Analyser les besoins et les pratiques


fiche 5
de communications
Même avec un dispositif mains libres, l’utilisation du téléphone portable ou de tout
autre moyen de communication pendant la conduite comporte des risques. Pour trouver
des alternatives à cette utilisation anarchique et mettre en place de nouvelles règles
dans l’entreprise, il est indispensable de faire l’analyse des besoins et des pratiques
de communication.

Évaluer les mesures de Analyser les besoins Analyser les pratiques


prévention existantes de communication de communication

• Les salariés sont-ils dotés de télé- • Quels sont les besoins de communi- • Les salariés utilisent-ils un télé-
phones portables professionnels ? cation du salarié pendant la mission : phone portable pendant leur
information sur le déplacement? mission ? Avec un kit mains libres
16 • Quelles sont les règles dans l’en-
échanges professionnels liés à la pour des appels entrants, et/ou pour
treprise concernant l’usage du
mission ? Échanges sans lien direct des appels sortants ? Quelles sont les
téléphone portable : interdiction
avec la mission ? principales raisons de ces appels ?
absolue, interdiction du téléphone
portable même avec le kit mains • Quels sont les besoins de com- • Quelle est la nature des informa-
libres ? munication de l’entreprise avec tions échangées : communication
le salarié en mission ? S’agit-il de vocale, transmission de données
• L’interdiction du kit mains libres
communications individuelles ou (plan, chiffres…) ?
a-t-elle fait l’objet d’une prise de
de communication avec l’ensemble
position de la direction ? Quelles sont • Quelles sont la fréquence et la
de l’équipe ? Qui communique avec
les solutions alternatives proposées ? durée de ces communications ?
le salarié ?
Quelles sont les pratiques réelles ? Par vacations, en cours de tournée… ?
• etc. À quels moments de la journée sont-
• Si un protocole de communi-
elles les plus fréquentes ?
cation existe, correspond-il à la fois
aux besoins de communication de • Y a-t-il d’autres moyens qui ne
l’entreprise et aux exigences de sécu- seraient pas ou mal utilisés ?
rité des salariés sur la route ?
• etc.
• etc.
Identifier le risque routier

Analyser la gestion des compétences


fiche 6
liées à l’utilisation d’un véhicule
Au-delà du permis de conduire, la mission exige de la part des salariés des compétences
pour la conduite et pour l’exécution de la mission. L’analyse doit permettre de comprendre
comment ces compétences sont gérées par l’entreprise.

Analyser le recrutement L’état de santé L’implication


et la formation et l’hygiène de vie du management
des salariés en mission des salariés en mission
• Comment sont recrutés les salariés • Comment le personnel est-il suivi • Y a-t-il une implication de la
amenés à se déplacer pour le compte sur le plan médical ? Le médecin direction, de l’encadrement ? Du
de l’entreprise ? Sur quels critères du travail est-il en possession des CHSCT ? Des délégués du personnel,
17
(permis de conduire, expérience de la in-formations sur l’exposition au du personnel sur ces questions ?
conduite, aptitude médicale) ? risque routier des salariés ?
• Y a-t-il une prise en compte et une
• Au-delà des exigences régle- • Y a-t-il une prise en compte de analyse des accidents, des incidents
mentaires, y a-t-il une politique l’aptitude à la conduite dans la fiche et des problèmes rencontrés par les
de formation des conducteurs médicale ? Cette aptitude est-elle conducteurs en mission  ?
en rapport avec les compétences vérifiée ? Y a-t-il un contrôle et un
• etc.
attendues (en matière de conduite) ? suivi de la vue ?
Quels sont les objectifs et le contenu
• Y a-t-il une prise en compte des
de ces formations ? Combien de
problèmes de santé (état de santé,
salariés les ont suivies ? Sinon, pour
prise de médicaments, alcool…)
quelles raisons ?
pouvant avoir des conséquences sur
• Une formation des salariés est-elle la conduite ?
organisée en matière de charge-
• Dans quelles conditions d’hygiène
ment, répartition, calage et arrimage
le salarié réalise-t-il ses missions
des charges ?
à l’extérieur de l’entreprise ?
• etc.
• etc.

L’analyse d’accidents
Comme pour tout accident du travail, il est utile de comprendre pourquoi
les accidents de la route sont survenus pour mieux cerner les facteurs générateurs,
repérer les situations de conduite, mais aussi les fonctions concernées.
Il importe également d’observer les récurrences dans les différents types
d’accidents. Le dépouillement des constats transmis aux assurances
et leur analyse peuvent fournir une première information.
Pour les accidents les plus graves, une analyse approfondie doit être faite
par l’entreprise en associant le CHSCT. L’analyse des presque-accidents,
ou d’accidents bénins mais potentiellement graves, est également utile
pour repérer des situations de conduite qui ont constitué un facteur de risque.

Pour autant, réduire l’évaluation du risque routier en entreprise


à la seule étude de sinistralité routière est une erreur qu’il convient d’éviter
si l’on veut traiter ce risque dans tous ses aspects.
e hel is
uelin Mic n-Lou
q Jea
Jac

18
Classer les facteurs
de risque routier

L’analyse précédente aura permis de déceler, dans chaque thématique (gestion 19


des déplacements, gestion du parc, gestion des communications, gestion
des compétences), les facteurs influant sur la probabilité d’apparition d’un
accident routier. Leur classement permettra de définir les priorités d’action
de l’entreprise.

Au-delà de la hiérarchisation des risques professionnels permettant d’identifier


le risque routier en mission comme l’un des risques majeurs pour l’entreprise, il
est nécessaire de classer les facteurs de risques encourus par les salariés en
mission sur la route pour mieux distinguer les points sur lesquels des actions
devront être engagées ultérieurement.

Cette étape concertée, doit être discutée au sein du groupe de travail, et


permettre de définir les indicateurs et critères nécessaires qu’il conviendra
de présenter à la direction de l’entreprise pour qu’elle décide :
• des priorités d’action (P1, P2...)
• d’un calendrier de réalisation (année N, année N+1...)

Ces éléments doivent être construits pour répondre à toutes les situations
de déplacement en mission identifiées.

En gardant en mémoire la gravité potentielle maximale de ce risque, on


conviendra que les facteurs décelés influeront essentiellement sur le degré
d’exposition de chaque fonction de l’entreprise au risque.
classer les facteurs de risque routier

fiche
de Organiser et prioriser les risques
classement

Pour chaque fonction concernée par le déplacement en mission, et pour illustrer


l’exposition des salariés au risque en mission on pourra reporter la valeur des
indicateurs choisis sur chacun des axes concernés : exposition liée au mode de
gestion des déplacements, de gestion du parc, de gestion des communications,
de gestion des compétences.

Le repère graphique choisi peut être le suivant :

20

déplacements

compétences véhicules

communication
Exemple : la fonction livreur dans l’entreprise

21

L’exposition au risque DépLAceMents


pour la fonction livreur
est reportée en rouge.

On note une exposition


importante liée au mode de
gestion des compétences
et au mode de gestion des
déplacements.
Par contre, l’exposition est
moins liée aux véhicules ou
aux pratiques de commu-
nication en déplacement.

coMpétences véhicULes

Dans ce cas, l’entreprise


pourra définir des actions
permettant :
• de mieux organiser les
déplacements (éviter, ratio-
naliser…),
• de garantir les compéten-
ces des salariés en mission.

coMMUnicAtion
22
Mettre en œuvre
un plan d’action

La démarche d’évaluation, grâce au travail d’analyse qu’elle a favorisé et à la 23


mobilisation des acteurs dans l’entreprise qu’elle a suscitée, permet de
déboucher sur la mise en place d’un plan d’actions visant les quatre grands
domaines : le management des déplacements, du parc, des communications
et des compétences.

Les actions devront être sélectionnées selon différents critères : classement


des risques, nécessité d’agir rapidement, facilité de mise en œuvre, coût de
l’investissement, efficacité attendue. Des actions, même modestes, peuvent
servir de point de départ, mais il est indispensable que l’entreprise possède une
vision d’ensemble des actions envisagées et qu’elle les planifie dans le temps.

Mobiliser tous les acteurs


Pour passer à l’action, l’entreprise devra impliquer des partenaires au sein de
l’entreprise, mettre en place une structure de pilotage du projet impliquant
la hiérarchie, des personnes ressources, différents services de l’entreprise et
des moyens matériels et financiers. L’entreprise pourra également s’appuyer
sur des concours externes : recours à des prestataires de service, à des bureaux
d’études ou à des organismes de formation.
Elle pourra aussi recourir à des partenaires – service prévention de la Caisse
régionale d’assurance maladie, chef de projet sécurité routière à la préfecture,
mais aussi DDE et collectivités territoriales – qui lui apporteront une aide (conseils,
aide matérielle et éventuellement financière) pour la conduite du projet.

Pour être efficace, ce plan devra s’inscrire dans la durée, pour que la prévention du
risque routier entraîne un véritable changement dans les pratiques et s’inscrive
vraiment dans la culture de l’entreprise.

fiche 1 Améliorer le management des déplacements

fiche 2 Améliorer le management du parc

fiche 3 Améliorer le management des communications

fiche 4 Améliorer le management des compétences


mettre en œuvre un plan d’action

fiche 1
Améliorer le management
des déplacements

Éviter ou réduire Mieux préparer


l’exposition au risque les déplacements
La première mesure de prévention Les déplacements doivent être gérés météorologiques. Des données
consiste d’abord à s’interroger sur la comme toute activité de travail et locales peuvent être mises sur l’in-
nécessité de prendre la route. Réduire leur planification être compatible tranet de l’entreprise ou transmises
de 10 % les déplacements routiers avec le respect du code de la route : par le système de communications
des collaborateurs réduit d’autant le par exemple, en ne faisant pas peser mobiles de l’entreprise.
24
risque d’accident. de contraintes horaires trop lourdes
Les règles pour décider de ne pas
sur les conducteurs, en incluant des
Les solutions techniques telles que prendre la route doivent être préa-
temps de pause, ou encore en antici-
les audioconférences, les visiocon- lablement définies (en fonction de
pant sur les difficultés de circulation.
férences, l’internet et l’intranet l’état des routes, de l’état du véhicule,
permettent de travailler à distance et Le calcul du temps de déplacement de l’état de santé du chauffeur…).
de réaliser des économies en temps, doit prendre en compte l’état des
Certains équipements peuvent aider
en transport et en hébergement. routes et les conditions météorolo-
les salariés à respecter le code de
giques et prévoir les temps de repos
Donner, lorsque c’est possible, la la route : limiteur de vitesse, éthy-
nécessaires, en particulier lors de
priorité aux transports en commun. lotest électronique, signalement du
déplacements longs.
Envisager des formules mixtes non-port de la ceinture de sécurité,
combinant l’avion ou le train avec la Les tournées peuvent être rationa- témoin de surcharge.
location de véhicules. Ces solutions lisées en redéfinissant des secteurs,
Encourager autant que possible
peuvent s’avérer plus avantageuses redistribuant des clients ou limitant
le choix de l’autoroute. Fournir
que le « tout automobile ». le nombre de rendez-vous.
aux salariés une information sur
L’entreprise peut interdire le dépla- Différents sites Internet permettent la dangerosité du réseau routier
cement automobile au-delà d’une de préparer les itinéraires (mais les local. Mettre à leur disposition un
distance ou d’un temps de conduite temps prévus ne sont pas toujours itinéraire reconnu et sûr. Améliorer
donné, et si nécessaire, proposer des suffisants pour une conduite en la sécurité de la circulation sur le
solutions alternatives (découchage, sécurité et le respect du code de la site de l’entreprise (parkings, accès,
train, avion…). route !). Des sites et des serveurs séparation des flux clients/salariés
vocaux peuvent donner des infor- et piétons/véhicules, signalétique,
mations en direct sur le trafic routier éclairage, mise à disposition de
et autoroutier ou sur les conditions plans pour les visiteurs…).
n a c t i
c o
t n
i o n
t i qu eu e
s es e n a
La direction ra
BoBnonnens pes pra t i q
s’engage
pour sécuriser
les déplacements Une directive
sur la prévention
Cette PME de production routière
agro-alimentaire compte
600 salariés sur quatre
adressée à toutes
si tes p armi l esqu els ses filiales Management
80 grands rouleurs. Le PDG participatif
a adressé à ses salariés une Dans ce grand groupe des déplacements
« lettre d’engagement de pétrolier, une directive de formateurs
la direction en matière de
Des déplacements
sur la prévention routière secouristes Des fiches
risque routier ». L’entreprise adressée à toutes ses filiales
demande notamment à préparés stipule que tout déplace- de tournées
par l’assistante Dans ce centre dépar- faxées aux salariés
ses cadres d’organiser le ment doit être préparé en
temental de formation
travail de façon à limiter les du service commun par le salarié et
dispensant des stages de
48 heures
déplacements, de choisir son supérieur direct, avec
« santé, sécurité, premiers à l’avance 25
prioritairement les moyens une question préalable :
Chez cet intégrateur de secours », les cinq forma-
de transport les plus sûrs, peut-il éviter de prendre
réseaux informatiques teurs disposent de cinq Dans cette petite entre-
d’optimiser l’emploi des la route ? Si ce n’est pas
(installation, maintenance, véhicules non attribués, des prise rurale de transport
véhicules de société en possible, le déplacement
assistance à l’exploitation petites berlines commer- de bétail, les neuf chauf-
limitant celui des véhicules doit être organisé avec
et câblage) installé dans ciales, et conduisent feur s e f fec tuent des
personnels, d’identifier les la hiérarchie : recherche
le Sud-Ouest, le risque beaucoup parce que le déplacements quotidiens,
itinéraires les plus sûrs, de d’un itinéraire approprié,
routier est le principal dépar tement est très de ferme en ferme ou
veiller au bon entretien et privilégiant les auto -
risque recensé dans l’en- étendu. Auparavant, ils entre ferme et abattoir,
au suivi des véhicules. Ils routes et tenant compte
treprise : 52 ingénieurs et rentraient chaque soir sur plusieurs communes.
devront aussi prévoir un des contraintes locales.
techniciens se déplacent chez eux bien que les stages Une bonne organisation de
temps de conduite compa- Le temps de conduite doit
en permanence dans toute durent souvent deux à trois ces tournées est essentielle
tible avec la sécurité, avec tenir compte des limites
la France, chacun avec un jours. Jusqu’à ce qu’ils aient pour la productivité de l’en-
des pauses toutes les deux de vitesse, des intempé-
véhicule attribué, à raison pris conscience de l’impor- treprise et la sécurité de ses
heures, qui permettront au ries prévisibles, du stress
de 45 000 km par an et tance des risques encourus salariés. Le responsable de
conducteur de consulter sa éventuel. La plupart de ces
par véhicule en moyenne. sur la route, compte tenu l’entreprise a donc mis en
messagerie téléphonique, questions se retrouvent sur
La préparation de leurs de la durée journalière des place un système de fiches
l’usage du portable au la fiche d’analyse d’acci-
déplacements est confiée à stages (7 heures) et de la de tournées qui anticipent
volant étant totalement dent qui sert de support de
l’assistante du service. C’est qualité médiocre du réseau très précisément les dépla-
interdit. Cet engagement discussion entre un salarié
elle qui repère les meilleurs routier local. Aujourd’hui, cements des chauffeurs.
fort de la direction a suivi et son responsable après un
itinéraires, avec l’aide de le responsable organise les La fiche détaille l’itiné-
une évaluation du risque sinistre : la mission a-t-elle
Bison futé, dont le site est déplacements des forma- raire d’un lieu à l’autre et
routier réalisée auprès été bien préparée, en terme
sur l’intranet de l’entre- teurs de façon partici- explique comment trouver
des salariés de l’entre- d’itinéraire, de temps prévu
prise, en tenant compte pative : le planning et les les fermes qui sont souvent
prise et intégrée dans le au vu du programme…
d’éventuels travaux sur le itinéraires se discutent en retrait des routes. Elle est
document d’évaluation.
parcours. Elle réserve aussi en commun, ainsi que le faxée au chauffeur deux
les nuits d’hôtels si néces- choix de passer une nuit à jours avant le voyage pour
saire. En cas de météo l’hôtel, la veille ou à la fin qu’il puisse s’y préparer
difficile, il est conseillé de des stages. Un stage sur le tranquillement, notam-
privilégier la sécurité, quitte risque routier figure sur leur ment en terme d’horaires.
à prévenir le client qu’on catalogue de formations. Les salariés sont équipés
sera en retard. Une visio- Le responsable du centre d’un fax à leur domicile.
conférence a été installée a été formé à la CRAM Le transporteur a constaté
avec leur agence en région et son rapport de fin de que le confort apporté
parisienne pour réduire stage portait sur… l’orga- aux chauffeurs grâce à
le nombre des déplace- nisation des déplacements. la préparation de leur
ments en interne. Pour tournée quotidienne réduit
les cadres commerciaux, leur stress, ce qui réduit
l’entreprise privilégie le aussi le stress des animaux
transport aérien, au moins et fait la qualité de leur
pour les longs trajets. travail auprès des clients.
mettre en œuvre un plan d’action

fiche 2 Améliorer le management du parc

Des équipements Un bon entretien Aménagement pour


pour la sécurité des véhicules le transport de charges
Les équipements de sécurité et de Les véhicules doivent être maintenus Le transport de charges, de maté-
confort permettent d’éviter des en bon état de fonctionnement riaux, de produits ou d’outils ne doit
accidents ou d’en réduire la gravité : par l’entreprise. Un carnet d’obser- pas constituer un facteur de risque
ABS, airbags conducteurs et pas- vations doit être affecté à chaque pour le conducteur les passagers, et
sagers, climatisation, direction véhicule pour garantir le suivi de la les autres usagers de la route.
26
assistée, équipement d’assis- maintenance.
L’arrimage des charges et leur
tance électronique à la conduite,
Lorsque des véhicules personnels immobilisation doivent être parti-
commande de la radio au volant,
sont utilisés pour partir en mission, culièrement soignés.
limiteur de vitesse, système d’aide
une incitation financière à l’entretien
à la navigation, pneus neige, témoin Séparer la partie habitacle du
du véhicule peut être proposée aux
de pression, bandes réfléchissantes, volume utilisé pour le transport des
salariés.
indicateur de gabarit, témoin de matériaux, des produits et des outils.
surcharge du véhicule… Le véhicule de la société, particuliè-
Afficher les charges utiles de façon
rement lorsqu’il est peint aux
Prévoir à bord le matériel de visible et donner des consignes
couleurs de l’entreprise, reflète son
sécurité : extincteur, gilets rétro précises sur les charges transportées.
image de marque et la qualité des
réfléchissants, triangles de signa-
services qu’elle propose.
lisation.
Certains autres équipement peuvent
aider les salariés à respecter le
Le chef d’entreprise doit veiller au bon entretien
code de la route : régulateur de
vitesse, éthylotest chimique ou élec- du parc automobile de l’entreprise.
tronique, signalement du non-port
La démarche de prévention du risque routier implique de mettre en place
de la ceinture de sécurité en parti-
des procédures de contrôles du bon état des véhicules utilisés par les salariés,
culier.
de réparation des défectuosités constatées et d’entretien préventif.
Dans ce cadre, une procédure de contrôle des véhicules au départ de mission
et au retour doit être organisée dans l’entreprise, un suivi de chaque véhicule,
au moyen d’un carnet de bord, doit permettre de disposer d’une bonne traçabilité
(liste des réparations, entretiens, check-list des points contrôlés).
Pour mener à bien cette démarche d’entretien et de suivi du bon état des véhicules,
le chef d’entreprise peut, par une note de service, demander aux salariés
qui utilisent les véhicules de l’entreprise de signaler systématiquement
tout problème mécanique dont ils auraient eu connaissance, en conduisant
le véhicule, ou tout accrochage dont ils auraient été victimes au volant.

Enfin, il convient de préciser que le salarié, constatant que le véhicule


qu’on lui confie est défectueux ou n’a pas été réparé, alors que le problème
technique avait été signalé, pourrait faire valoir son droit de retrait. Il pourrait,
dans ce cas, refuser de prendre le volant du véhicule s’il a un motif raisonnable de
penser que la conduite de ce véhicule l’exposerait à un danger grave et imminent.

Le danger grave et imminent pourrait être constitué, par exemple,


par un défaut de fonctionnement des organes de sécurité du véhicule,
comme le système de freinage.
n a c t i o n
qu s
e e
Bonnes pra ti
L’entretien Charpentier
d’une flotte en location bien organisé
dispersée sur sept aménage lui-même
départements ses fourgons
de chantiers
Un grand quotidien régional
gère une flotte de 150 véhi-
cules en location dispersés sur
Les équipements Cette petite entreprise de
sept départements. Ces véhi- de sécurité maçonnerie et de charpente
sont indispensables fabrique elle-même des aména-
cules ne sont pas attribués
gements en bois pour le trans-
pour la plupart et sont surtout
port simultané d’une douzaine
utilisés par des journalistes
Un des syndicats profession- de machines électroportatives,
et des porteurs de journaux.
Sécurité routière nels de « la plus grosse entre- parfois assez grosses, avec la
Les conducteurs les ramènent, et confort quotidien prise de France », l’artisanat, « quincaillerie » nécessaire à ce 27
à la fin de chaque mission, dans pour des travailleurs celui du secteur du bâtiment type de chantier (vis, boulons,
un des sept garages du groupe (315 000 entreprises), a inscrit outils divers). Ces aménage-
où ils sont systématiquement
en plein air dans sa charte l’obligation pour ments prévoient, outre le range-
nettoyés et vérifiés. Le petit ses adhérents d’équiper leurs ment séparé des machines et du
entretien (remplacement d’am- Une entreprise de branchements VUL, à l’achat ou lors de leur petit outillage, la possibilité de
poules, de balais d’essuie-glace électriques aériens et souterrains renouvellement, de systèmes recharger les accus pour éviter
par exemple) est assuré, dans de 52 salariés a réfléchi à l’aména- de sécurité passive comme les toute interruption de travail due
chaque garage, par un salarié gement de ses dix fourgons pour airbags avant, les ceintures de au manque d’énergie, un éclai-
à mi-temps venant d’un CAT le transport de salariés sur des sécurité et la climatisation. La rage intérieur au néon et une
(centre d’insertion par le travail sites extérieurs. Ces chantiers en charte insiste aussi sur la néces- protection électrique de chantier
pour handicapés relativement plein air, assurés par des équipes saire séparation de la partie en prévision d’éventuels courts-
légers). L’animateur Sécurité de deux à trois personnes, habitacle de celle du charge- circuits dans l’habitacle toujours
assure, depuis le siège de l’en- peuvent durer de deux jours à ment, en précisant que cette possibles lors de branchements
treprise, la gestion à distance trois semaines d’affilée, mais séparation peut être pleine, sur le réseau extérieur. Un
des sept points d’entretien de pas assez longtemps toutefois sous forme de grille ou de plancher en contreplaqué anti-
la flotte et les relations avec pour justifier la location de barres, en fonction de la nature dérapant est également installé
les loueurs sous contrat avec remorques de chantier, note des matériels transportés. Elle sur le sol de la fourgonnette pour
le groupe. Les 450 conducteurs l’employeur. Au fur et à mesure rappelle qu’un bon arrimage éviter les chutes des salariés, qui
réguliers, sur 1 200 salariés, du du renouvellement de la flotte, des charges est important et sont tous amenés à conduire
journal sont tenus de signer une les fourgons sont donc équipés, l’organisation de systèmes de les cinq véhicules de l’entreprise.
« charte d’utilisation des véhi- d’une part, d’éléments d’hygiène rangement adaptables selon
Ce sont de grosses fourgon-
cules du groupe » de 25 pages et de confort (table et strapon- les chargements est à recher-
nettes Peugeot qu’ils aménagent
qui énumère, notamment, une tins abattables pour les pauses cher auprès de fournisseurs
progressivement au fur et à
série de vérifications techniques repas, WC chimiques et lavabos spécialisés. Elle stipule enfin que
mesure de leur renouvellement,
à effectuer avant de prendre avec réserves d’eaux propres le véhicule devra être maintenu
avec pour objectif d’anticiper
le volant (jusqu’à refuser de le et usées) et, d’autre part, d’ins- en bon état et vérifié périodi-
les accidents. Trois ont été
faire s’ils le jugent dangereux) tallations pour améliorer la quement, même en dehors des
ainsi transformées pour un
et après l’avoir rendu (signale- sécurité routière : des casiers contrôles techniques réglemen-
coût supplémentaire d’environ
ment des dysfonctionnements pour le rangement du matériel taires. Elle ajoute que ces VUL,
3 800 euros par véhicule qui
et carnet de bord à remplir pour nécessaire, un porte-échelles dont la raison sociale est lisible
« leur ont permis de réaliser des
le suivi de la maintenance). sur la galerie du fourgon, avec sur les flancs, « sont à l’image
gains de productivité sensibles
un système à manivelle pour les de la qualité de l’entreprise ».
parce que les ouvriers trouvent
décharger plus facilement ainsi
toujours les objets en quantité
qu’un triangle muni de flashs sur
suffisante et bien rangés, à la
le toit du véhicule pour signaler
même place d’un véhicule à
à l’arrêt des travaux sur la
l’autre, gagnent du temps sur les
route, et qui s’escamote lorsque
chantiers et sont moins stressés »
le fourgon roule. La concep-
explique l’artisan créateur.
tion de ces aménagements
a été réalisée avec la CRAM
mettre en œuvre un plan d’action

fiche 3 Améliorer le management


des communications

Plusieurs études scientifiques Une organisation peut être mise


montrent que le risque d’accident en place pour réduire la nécessité L’usage du téléphone
est beaucoup plus important si l’on de communiquer par téléphone tenu en main
téléphone en conduisant. L’attention pendant la mission.
par le conducteur
d’un conducteur qui téléphone
au volant est altérée, même avec
Un message vocal peut avertir d’un véhicule
l’appelant que le salarié est au en circulation
un kit mains libres. Le protocole
volant et qu’il ne peut répondre car il
de communication instauré par est une infraction
28 est au volant.
l’entreprise doit préciser certaines sanctionnée
règles d’usage du téléphone en Le forfait téléphonique du salarié par le code de la route
mission : doit être suffisamment impor-
tant pour lui permettre d’appeler (article R. 412-6-1)
De nombreuses entreprises ont d’une amende de 2e classe
sans danger à l’arrêt et éviter d’être
défini des règlements intérieurs et un retrait de deux points
appelé aux appels pendant la
n’autorisant pas l’usage du téléphone du permis de conduire.
conduite.
portable, y compris le kit mains libres, L’usage du kit mains libres
pendant la conduite. n’est pas interdit,
Il peut être demandé aux salariés que mais le conducteur doit
les communications ne se fassent dans tous les cas
qu’à l’arrêt. « se tenir en état et en position
d’exécuter commodément
et sans délai toutes les
manœuvres
qui lui incombent ».

La Commission des accidents


du travail et des maladies
professionnelles demande aux
chefs d’entreprise
et aux salariés de ne pas utiliser
de téléphone dès lors
qu’ils sont au volant d’un véhicule,
et cela quel que soit le dispositif
technique utilisé. Pour permettre
le maintien des relations
entreprises-salariés, la commission
préconise la mise en place
d’un protocole permettant
de gérer sans danger
les communications
téléphoniques3.
3 « Prévention du risque routier
au travail », texte adopté
le 5 novembre 2003
par la Commission des accidents
du travail et des maladies
professionnelles.
n a c t i o n
qu s
e e
Une interdiction
de téléphoner
Bonnes pra ti
au volant,
première étape Un nouveau mode
d’une réelle gestion d’organisation
des communications permettant
pendant les de communiquer
déplacements Organiser moins souvent
les déplacements et en toute sécurité
Dans cette entreprise de distri- des coursiers
bution de boissons, les journées
sont intenses. Le temps de
en deux-roues Dans cette entreprise de trans-
conduite est souvent utilisé pour pour limiter ports collectifs en Moselle,
traiter par téléphone des affaires les communications 36 lignes publiques urbaines
courantes. Face au risque élevé
Une bande dessinée doublées par 135 lignes scolaires,
d’accident, l’entreprise décide illustrant l’interdiction les échanges avec les conduc-
Dans le monde des coursiers en du portable affichée
d’interdire l’usage du portable teurs de véhicules sont réguliers
deux-roues, une bonne orga-
au volant. Il ne s’agit que
nisation des déplacements
sur les chantiers et permettent à l’entreprise 29
d’une première étape « choc », de répondre aux besoins de
est essentielle pour réduire le
accompagnée par une série ponctualité et de flexibilité.
risque. En amont de la course, Un constructeur d’infrastruc-
d’interviews d’un panel repré- Les communications se font
le preneur d’ordre a la tâche tures routières a édité en mai
sentatif des salariés mobiles. par radiotéléphone et sont
délicate de relativiser l’urgence 2003 des affiches et affichettes
essentiellement constituées
Les résultats montrent qu’une des déplacements avec les clients qui illustrent la dangerosité
d’appels vers les conducteurs
ac tion complète doit être en proposant une offre de service de l’utilisation du portable au
depuis le siège de l’entreprise.
engagée pour installer de en adéquation avec l’urgence volant. Il s’agit d’une bande
nouvelles pratiques. Le plan réelle : une course en normal dessinée intitulée « un accident, L’entreprise a procédé à l’analyse
d’action comprend un volet (réalisée en 2 h à 2 h 30 par un c’est simple comme un coup de ces communications radio-
information et sensibilisation deux-roues), une course en de fil » qui décrit comment un téléphoniques, en appréciant le
de tout le personnel concerné, la express (de 1 h à 1 h 30) ou une accident a été évité de justesse niveau de leur priorité. Les résul-
constitution de deux groupes de course en prioritaire (de 30 à 45 à un carrefour routier. Un tats ont permis de définir un
travail pour analyser en profon- min). Dans ce métier, on parle des deux conducteurs mis en nouveau mode d’organisation
deur le besoin de communiquer d’une « éducation du client », qui scène répondait à un appel sur et de réaliser un gain sur le plan
lors des déplacements, la forma- consiste à préciser que les délais son mobile, ce qui l’a distrait. de la sécurité et sur le plan écono-
tion des décideurs aux enjeux sont indicatifs et non garantis. L’autre, plus attentif, réussit à mique ; la mise en place d’un
du risque routier professionnel Le régulateur (dispatcheur) a éviter la collision et va se garer système informatique spécialisé
(aspects juridiques, responsabi- un rôle capital dans la gestion sur une zone de parking pour permet aujourd’hui de planifier
lités civiles, pénales…) L’analyse des courses qui peut réduire rappeler un correspondant qui les déplacements quasiment
des communications permettra au minimum la nécessité de cherchait à le joindre au moment en temps réel, et de réduire les
de dégager des pistes d’actions communiquer avec ses coursiers. de l’incident. Cette histoire fait durées d’occupation de la voirie
organisationnelles simples Ainsi une définition préalable partie d’une série de bandes en optimisant l’enchaînement
(report de certaines tâches précise de l’itinéraire affecté au dessinées d’une page, illustrant des services. La définition d’une
non urgentes, déport vers les motard pour sa tournée, avec chacune un risque routier : elle procédure de communication
sédentaires…) et des modes de des données vérifiées (noms et est largement affichée dans permet d’effectuer les appels
communication plus efficaces : sens des rues, adresses exactes les baraques des chantiers de encore nécessaires vers les véhi-
le mode vocal n’est pas toujours des lieux de destination) et cette entreprise qui compte cules (moins nombreux grâce
le plus adapté (texto, email). un enchaînement géographi- 20 000 véhicules en circulation. à la planification) pendant les
Pour faciliter ce changement quement cohérent des courses plages d’immobilisation prévues
culturel, l’entreprise accom- successives permet d’éviter tout à certains arrêts des lignes.
pagne ce projet par une large appel entrant ou sortant sur le
campagne de communication. parcours. Autre avantage: les
motards ne seront pas tentés
de combler par un excès de
vitesse : un retard, dû à une
erreur d’adresse, par exemple.
mettre en œuvre un plan d’action

fiche 4 Améliorer le management


des compétences

Le permis de conduire B permet à prendre la forme de « formations


des conducteurs non profession- post-permis professionnel » sécu-
nels de conduire tout véhicule rité routière. De telles formations
d’entreprise, jusqu’à 3,5 tonnes, peuvent notamment s’adresser
y compris un véhicule affecté au aux conducteurs de véhicules utili-
transport régulier de personnes taires. Leur contenu doit être relié
jusqu’à 8 salariés. Du point de vue à l’analyse des situations de travail.
30 de la prévention, cette situation
n’est pas satisfaisante : l’autorisa- Certaines entreprises ont créé des
tion de conduite, l’acquisition de qualifications spécifiques pour
compétences complémentaires leurs conducteurs et des modalités
sont souvent nécessaires. particulières d’évaluation de leurs
compétences.
L’entreprise doit vérifier périodi-
quement que le salarié possède Des actions de formation aux gestes
bien un permis de conduire en cours de premiers secours permettent
de validité, avant de lui confier la de limiter les conséquences en cas
conduite d’un véhicule. d’accident.

Un certain nombre de profes- L’analyse d’un accident de la circu-


sions mettent en place des plans lation survenu dans le cadre de la
de formation spécifiques pour mission peut être l’occasion de faire
« grands rouleurs » afin d’améliorer un travail « d’apprentissage » au
les compétences de leurs salariés sein de l’entreprise pour comprendre
pour la conduite en sécurité et les facteurs de risque et les moyens
l’exécution de la mission. Cela peut de les réduire.
n a c t i o n
u s
e e Des analyses

Bonnes pra tiq d’accidents utiles


pour modifier
le chargement
Prévention des deux-roues
du risque routier
et plan d’action Un installateur d’ascenseurs
dont 900 techniciens circulent
inscrits dans en deux-roues pour éviter les
le document unique embouteillages citadins, a
modifié le mode de charge-
Un important nettoyeur indus- ment de ces 950 scooters et
triel, qui compte 500 conducteurs mobylettes. Grâce à l’ana-
pour une flotte de 300 véhicules
Des formations lyse d’accidents récurrents, ils
utilitaires légers (VUL) pour l’ac- à la conduite ont constaté que l’arrimage
tivité de nettoyage, a inscrit le certifiées de volumineuses caisses de
risque routier comme un risque périodiquement Les
matériel à l’arrière des engins
professionnel dans le document pouvait, d’une part, masquer
unique de l’entreprise. Un groupe « presque-accidents » leurs clignotants et, d’autre
Ce spécialiste des horoda- aussi sont instructifs
de travail pluridisciplinaire a été part, que ces chargements
teurs, automates et systèmes 31
constitué avec des commerciaux, projetés vers l’avant lors d’un
de contrôles d’accès parking
des magasiniers, des livreurs choc pouvaient heurter violem-
compte, sur 650 salariés en Dans cette PME de réseaux infor-
et des exploitants, chargé de ment le dos du conducteur.
France, 260 grands rouleurs, matique de 85 personnes, dont
déterminer les causes des acci-
ingénieurs, commerciaux et 52 conducteurs, ingénieurs et Dans cette entreprise, l’analyse
dents routiers survenus sur
techniciens de maintenance. techniciens circulent dans toute d’accident se fait à la fois à partir
une année. L’analyse a notam-
Pour pouvoir effectuer des la France, le risque routier est le du constat de police et d’un
ment permis de redécouvrir des
missions, ces salariés sont certi- principal risque recensé dans le entretien entre le conducteur
dangers « banalisés », comme
fiés par une formation à la Document unique de l’entre- et son chef d’équipe. Une fiche
un mauvais arrimage des char-
conduite qu’ils doivent repasser prise. La responsable Sécurité d’analyse est remplie. À partir de
gements dans les VUL, ou la
périodiquement. Une formation estime qu’ en matière de préven- deux accidents de circulation, les
fatigue après une longue journée
théorique, dite « préventive », tion routière, les « presque-acci- conducteurs de deux-roues sont
de travail. Le document unique
est assurée tous les quatre ans dents » de la route, à savoir réorientés vers la conduite de
hiérarchise les risques auxquels
par un organisme spécialisée. des situations de danger sans voiture ou un poste sédentaire.
sont exposés les salariés qui
Tous les deux ans, un formateur dommage matériel, sont aussi S’appuyant sur une analyse préa-
se déplacent en moto, voiture
extérieur vient dispenser au sein instructifs que les vrais sinistres,. lable, un plan global de préven-
ou camion pour l’entreprise.
de l’entreprise une formation Elle enregistre les accidents et les tion routière a été élaboré qui
Un plan d’actions énumère les pratique. En cas d’urgence pour presque-accidents par remontée vise à améliorer l’organisation
démarches prévues en matière un nouvel arrivant, trois cadres directe avec les collaborateurs des parcours, l’équipement des
d’organisation du travail de l’entreprise dont le respon- concernés de près ou de loin : véhicules et le suivi d’entretien du
(aménager les horaires de sable Sécurité sont habilités à le « bouche à oreille » est une parc. Ce plan prévoit une forma-
réunion, co-voiturage, préférer l’examiner ponctuellement. source d’information impor- tion à l’embauche puis une
le train), d’aménagement des Ils s’appuient sur une feuille tante. Des échanges informels formation continue des salariés.
véhicules pour le transport du d’évaluation en 16 points précis permettent de tirer des leçons Une publication semestrielle du
matériel de nettoyage, ainsi (freinages, rétroviseurs, ceinture, utiles pour tous. Ces informa- nombre des sinistres avec leurs
que les actions de formation. anticipations…) qui permet de tions sont ensuite reprises par le causes et les leçons à en tirer est
La société propose par ailleurs le certifier provisoirement en comité de pilotage qui se réunit envoyée aux salariés avec leur
des modules de formation sur attendant le cursus de formation tous les deux mois avec un feuille de paie, ainsi que des cour-
un CD interactif réalisé avec son périodique. Si le salarié examiné représentant de chaque service riers électroniques réguliers aux
assureur. Un autre module de n’atteint pas la moyenne des pour évoquer l’actualité dans ce chefs d’équipe sur le sujet. Enfin
formation en images a été conçu points sur la grille lors de cette domaine, ainsi que les exemples des séries d’affiches sur un thème
spécialement pour les nouveaux évaluation provisoire, il devra de bonnes pratiques appliquées de prévention, sont apposées
embauchés traitant de l’organi- attendre la formation standard ailleurs. Des comptes-rendus dans les 360 centres de service
sation du travail et des risques suivante pour partir en mission. de ces réunions, des informa- de l’entreprise en France. Selon la
sur route. La mise en place du tions sur la réglementation et direction, ces actions ont permis
document unique comme outil des conseils de prévention (se de faire baisser les accidents
d’analyse et de management garer en marche arrière sur les déclarés de 70 % en trois ans.
en matière de sécurité a permis parkings, allumer de jour les feux
de réduire de 40 % le nombre de croisement sur route…) sont
des jours d’arrêt de travail diffusés sur l’intranet et dans le
pour accidents de tous types. journal interne de l’entreprise.
Pour obtenir en prêt les audiovisuels et multimédias et pour commander les brochures et les affiches
de l’INRS, adressez-vous au service Prévention de votre Carsat, Cram ou CGSS.

Services Prévention des Carsat et des Cram

Carsat ALSACE-MOSELLE Carsat BRETAGNE Carsat NORD-EST


(67 Bas-Rhin) (22 Côtes-d’Armor, 29 Finistère, (08 Ardennes, 10 Aube, 51 Marne,
14 rue Adolphe-Seyboth 35 Ille-et-Vilaine, 56 Morbihan) 52 Haute-Marne, 54 Meurthe-et-Moselle,
CS 10392 236 rue de Châteaugiron 55 Meuse, 88 Vosges)
35030 Rennes cedex 81 à 85 rue de Metz
67010 Strasbourg cedex
tél. 02 99 26 74 63 54073 Nancy cedex
tél. 03 88 14 33 00
fax 02 99 26 70 48 tél. 03 83 34 49 02
fax 03 88 23 54 13 [email protected] fax 03 83 34 48 70
[email protected] www.carsat-bretagne.fr [email protected]
www.carsat-alsacemoselle.fr www.carsat-nordest.fr
(57 Moselle) Carsat CENTRE
3 place du Roi-George (18 Cher, 28 Eure-et-Loir, 36 Indre, Carsat NORD-PICARDIE
37 Indre-et-Loire, 41 Loir-et-Cher, 45 Loiret) (02 Aisne, 59 Nord, 60 Oise,
BP 31062
36 rue Xaintrailles 62 Pas-de-Calais, 80 Somme)
57036 Metz cedex 1 11 allée Vauban
45033 Orléans cedex 1
tél. 03 87 66 86 22 tél. 02 38 81 50 00 59662 Villeneuve-d’Ascq cedex
fax 03 87 55 98 65 fax 02 38 79 70 29 tél. 03 20 05 60 28
www.carsat-alsacemoselle.fr [email protected] fax 03 20 05 79 30
(68 Haut-Rhin) www.carsat-centre.fr [email protected]
11 avenue De-Lattre-de-Tassigny www.carsat-nordpicardie.fr
BP 70488 Carsat CENTRE-OUEST
(16 Charente, 17 Charente-Maritime, Carsat NORMANDIE
68018 Colmar cedex 19 Corrèze, 23 Creuse, 79 Deux-Sèvres, (14 Calvados, 27 Eure, 50 Manche,
tél. 03 88 14 33 02 86 Vienne, 87 Haute-Vienne) 61 Orne, 76 Seine-Maritime)
fax 03 89 21 62 21 4 rue de la Reynie Avenue du Grand-Cours, 2022 X
www.carsat-alsacemoselle.fr 87048 Limoges cedex 76028 Rouen cedex
tél. 05 55 45 39 04 tél. 02 35 03 58 22
Carsat AQUITAINE fax 05 55 45 71 45 fax 02 35 03 60 76
(24 Dordogne, 33 Gironde, [email protected] [email protected]
40 Landes, 47 Lot-et-Garonne, www.carsat-centreouest.fr www.carsat-normandie.fr
64 Pyrénées-Atlantiques)
80 avenue de la Jallère Cram ÎLE-DE-FRANCE Carsat PAYS DE LA LOIRE
33053 Bordeaux cedex (75 Paris, 77 Seine-et-Marne, (44 Loire-Atlantique, 49 Maine-et-Loire,
78 Yvelines, 91 Essonne, 53 Mayenne, 72 Sarthe, 85 Vendée)
tél. 05 56 11 64 36 92 Hauts-de-Seine, 93 Seine-Saint-Denis, 2 place de Bretagne
fax 05 57 57 70 04 94 Val-de-Marne, 95 Val-d’Oise) 44932 Nantes cedex 9
documentation.prevention@carsat- 17-19 place de l’Argonne
aquitaine.fr
tél. 02 51 72 84 08
75019 Paris fax 02 51 82 31 62
www.carsat.aquitaine.fr tél. 01 40 05 32 64 [email protected]
fax 01 40 05 38 84 www.carsat-pl.fr
Carsat AUVERGNE [email protected]
(03 Allier, 15 Cantal, 43 Haute-Loire, www.cramif.fr Carsat RHÔNE-ALPES
63 Puy-de-Dôme) (01 Ain, 07 Ardèche, 26 Drôme, 38 Isère,
48-50 boulevard Lafayette Carsat LANGUEDOC-ROUSSILLON 42 Loire, 69 Rhône, 73 Savoie,
63058 Clermont-Ferrand cedex 1 (11 Aude, 30 Gard, 34 Hérault, 74 Haute-Savoie)
tél. 04 73 42 70 76 48 Lozère, 66 Pyrénées-Orientales) 26 rue d’Aubigny
fax 04 73 42 70 15 29 cours Gambetta 69436 Lyon cedex 3
[email protected] 34068 Montpellier cedex 2 tél. 04 72 91 96 96
www.carsat-auvergne.fr tél. 04 67 12 95 55 fax 04 72 91 97 09
fax 04 67 12 95 56 [email protected]
Carsat BOURGOGNE [email protected] www.carsat-ra.fr
et FRANCHE-COMTÉ www.carsat-lr.fr
(21 Côte-d’Or, 25 Doubs, 39 Jura, Carsat SUD-EST
58 Nièvre, 70 Haute-Saône,
Carsat MIDI-PYRÉNÉES (04 Alpes-de-Haute-Provence,
(09 Ariège, 12 Aveyron, 31 Haute-Garonne, 05 Hautes-Alpes, 06 Alpes-Maritimes,
71 Saône-et-Loire, 89 Yonne, 32 Gers, 46 Lot, 65 Hautes-Pyrénées, 13 Bouches-du-Rhône, 2A Corse-du-Sud,
90 Territoire de Belfort) 81 Tarn, 82 Tarn-et-Garonne) 2B Haute-Corse, 83 Var, 84 Vaucluse)
ZAE Cap-Nord, 38 rue de Cracovie 2 rue Georges-Vivent 35 rue George
21044 Dijon cedex 31065 Toulouse cedex 9 13386 Marseille cedex 5
tél. 08 21 10 21 21 tél. 0820 904 231 (0,118 €/min) tél. 04 91 85 85 36
fax 03 80 70 52 89 fax 05 62 14 88 24 fax 04 91 85 75 66
[email protected] [email protected] [email protected]
www.carsat-bfc.fr www.carsat-mp.fr www.carsat-sudest.fr

Services Prévention des CGSS

CGSS GUADELOUPE CGSS LA RÉUNION


Immeuble CGRR, Rue Paul-Lacavé, 97110 Pointe-à-Pitre 4 boulevard Doret, 97704 Saint-Denis Messag cedex 9
tél. 05 90 21 46 00 – fax 05 90 21 46 13 tél. 02 62 90 47 00 – fax 02 62 90 47 01
[email protected] [email protected]

CGSS MARTINIQUE
CGSS GUYANE
Quartier Place-d’Armes, 97210 Le Lamentin cedex 2
Espace Turenne Radamonthe, route de Raban, tél. 05 96 66 51 31 et 05 96 66 51 32 – fax 05 96 51 81 54
BP 7015, 97307 Cayenne cedex [email protected]
tél. 05 94 29 83 04 – fax 05 94 29 83 01 www.cgss-martinique.fr
De nombreux salariés passent une partie
importante de la journée au volant d’un véhicule,
dans le cadre des missions qu’ils effectuent
pour leur entreprise.
Du fait de leur activité professionnelle,
ces salariés sont exposés à un risque d’accident
sur la route.
La mission est une activité professionnelle.
Le risque d’accident est un risque professionnel.

Cet ouvrage doit aider les entreprises à évaluer


ce risque professionnel et à mettre en place
des mesures de prévention du risque routier adaptées.

Institut national de recherche et de sécurité


pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles

30, rue Olivier-Noyer 75680 Paris cedex 14 Tél. 01 40 44 30 00

Internet : www.inrs.fr e-mail : [email protected]

Édition INRS ED 986


1re édition (2006) • réimpression juillet 2012 • 10 000 ex. • ISBN 978-2-7389-1658-7

Vous aimerez peut-être aussi