RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE
1 DU CONGO
Enseignement Supérieur et Universitaire
Université pédagogique de Kinshasa
Faculté des Sciences économiques
BP. : 8815
Kinshasa-NGALIEMA
SÉMINAIRE DE COMPTABILITÉ PUBLIQUE
SUJET
LORS DE LA TENUE DE LA COMPTABILITÉ PUBLIQUE,
PARMI LES 4 PHASES D’EXÉCUTION DES DÉPENSES
PUBLIQUES, DANS QUELLE PHASE PASSE-T-ON LES
ÉCRITURES COMPTABLES ? LESQUELLES ?
Présenté par
André KAMAKULUAKIDIETIKO KILEMBO
Licence Spéciale / Pré-DEA
Comptabilité et Audit
Dirigé par le Professeur Docteur William MUYAMBA KALOMBAYI
Année Académique :
2022-2023
2
RÉSUMÉ
La modernisation des comptabilités du Secteur Public, et plus
particulièrement des collectivités territoriales, ne remet pas en question l’articulation
générale de la dépense publique, construite autour de quatre étapes qui incluent
chacune plusieurs tâches relevant de deux acteurs (Ordonnateur et Comptable
Public).
Lorsqu’on parle de l’exécution d’une dépense publique, certaines
personnes ne voient que le paiement. C’est certainement pourquoi, elles veulent
être payées tout de suite. En réalité, l’exécution d’une dépense publique passe par
quatre (4) étapes qui sont : l’engagement, la liquidation, l’ordonnancement et le
paiement.
Il sied de noter que l’exécution de la dépense publique comporte deux
phases : l’une est administrative et l’autre comptable. En effet, la phase
administrative comprend les trois premières étapes : engagement, liquidation et
ordonnancement. Par contre, la phase comptable comporte la dernière étape :
paiement. Ce dernier fait l’objet d’enregistrement et de passation des
écritures.
Au cours de phase de paiement, les comptables publics principaux
assignataires des dépenses procèdent à la mise en règlement des titres de
paiement. Le décaissement se fait par remise d’espèces, de chèques, par virement
ou d’autres instruments de paiement dans les conditions autorisées par les lois et
règlements en vigueur.
En République Démocratique du Congo, malgré la production des textes
légaux en la matière, notamment le Décret n° 13/051 portant Plan Comptable de
l’État du 15 décembre 2013, nous avons l’impression que la Comptabilité Publique
est encore en partie simple. Cette difficulté fait que la passation des écritures lors
de paiement des dépenses publiques soit encore ambigüe malgré les instruments
de paiement cités ci-hauts.
Mots clés : Engagement, liquidation, ordonnancement et paiement.
3
1. PHASES DE L’EXÉCUTION DES DÉPENSES PUBLIQUES
Le Règlement Général sur la Comptabilité Publique fixe l’exécution de
dépense publique en 4 étapes, à savoir : l’engagement, la liquidation,
l’ordonnancement et le paiement. Ces 4 étapes constituent les éléments du Bon
d’engagement.
1.1. L’ENGAGEMENT OU LA CONSTATATION DES DÉPENSES PUBLIQUES
Par cette opération une personne morale soumise aux règles de la
comptabilité publique crée ou constate à son encontre une obligation de
laquelle il résultera une dépense.
C’est l’acte qui oblige juridiquement l’État à supporter la charge ou la
dépense. Il s’agit donc de l’acte créateur de la dette de l’État. Cet acte peut être un
contrat administratif, une nomination de fonctionnaire, un contrat d’emprunt, un
contrat ayant trait aux marchés publics. L’engagement est une conséquence d’une
loi ou d’une décision assurée par les ordonnateurs qui sont les ministres et les
fonctionnaires de l’Administration.
Il existe deux sortes d’engagement : l’engagement juridique et
l’engagement comptable.
1.1.1. L’engagement juridique
L’engagement juridique de la dépense publique est l’acte par lequel le
pouvoir central, la province ou l’entité territoriale décentralisée crée ou constate à
son encontre une obligation de laquelle résultera une charge. Il est consécutif ou
concomitant à l’engagement comptable qui consiste à réserver les crédits. Les
autorisations d’engagement constituent la limite supérieure des dépenses pouvant
être engagées. Les crédits de paiement constituent la limite supérieure des
dépenses pouvant être ordonnancées ou payées pendant l’année.
Dans certains cas, l’organisme public est mis devant le fait accompli. Il ne
crée pas, mais constate simplement l’obligation.
Exemples : - Une décision de justice condamnant l’organisme public à payer des
dommages – intérêts à un individu ou à une société.
- Le bon de commande et le contrat de marché.
1.1.2. L’engagement comptable
L’engagement comptable c’est l’affectation d’une partie des crédits
budgétaires à la réalisation d’une dépense qui est garantie par un engagement
juridique.
4
En effet, pour concrétiser la décision d’acheter, il faut trouver de l’argent.
La solution passe par l’utilisation des crédits prévus dans le budget, d’où la
nécessité de tenir la comptabilité des engagements pour suivre la consommation
des crédits budgétaires.
La comptabilité des engagements permet de déterminer à tout moment le
montant cumulé des dépenses engagées afin de connaître les crédits disponibles,
c'est-à-dire, les possibilités restantes de faire de nouveaux engagements.
L’engagement comptable est matérialisé par le Bon d’engagement
encore appelé Fiche d’engagement.
L’engagement est la première étape de l’exécution d’une dépense
publique. Il consiste à créer une obligation, c'est-à-dire un devoir, celui de payer la
somme convenue. Toutefois, cette obligation ne deviendra dette que si le
fournisseur s’exécute, c'est-à-dire lorsqu’il aura livré les articles commandés. En
effet, si le fournisseur ne s’exécute pas, s’il ne livre pas la commande,
l’engagement devient nul et de nul effet.
Ainsi, à la fin de la période complémentaire de l’année budgétaire qui est
le 31 mars de l’année N+1, les engagements sur le budget de l’année N qui n’ont
pas été suivis d’une livraison de la chose commandée sont purement et
simplement annulés.
1.2. LA LIQUIDATION DES DÉPENSES PUBLIQUES
À ce stade, on détermine le montant exact de la dépense à engager ;
autrement dit on vérifie la légalité des titres de créance et la régularité d’imputation
de la dépense à l’article du Budget auquel il se rapporte. La liquidation incombe à
la direction de la Trésorerie.
Par cette opération la dépense devient certaine et exigible. Elle est
arrêtée dans son montant définitif et devient susceptible d’être payée.
La liquidation exprime l’idée qu’une personne publique, ne pouvant payer
plus qu’elle ne doit, ne peut s’acquitter de ses dettes qu’une fois le service fait :
livraison de la commande, achèvement des travaux…
La liquidation permet de rassembler l’ensemble des pièces justificatives
de la prestation – notamment les factures –, d’en connaître la conformité avec
l’engagement et d’en fixer le prix final.
5
En effet, la deuxième étape de l’exécution de la dépense publique
comporte ainsi deux opérations, à savoir : la constatation du service fait et le calcul
du montant de la dette.
1.2.1. La constatation du service fait
C’est une opération importante dans l’exécution de la dépense publique
sans laquelle l’engagement est vidé de son contenu. En effet, l’obligation
contractée par l’organisme public ne devient réelle que si le fournisseur s’acquitte
de son devoir, celui de livrer la commande.
1.2.2. Le calcul du montant de la dette
Cette deuxième opération de la liquidation n’est pas moins importante
dans la mesure où elle permet de calculer avec exactitude le montant de la dette
de l’organisme public et de confirmer son exigibilité.
Ainsi, la facture définitive du fournisseur doit être contrôlée pour savoir
si le bon de commande a été respecté. Il convient de signaler que ce sont les
quantités livrées qui sont facturées et non les quantités commandées.
1.3. L’ORDONNANCEMENT DES DÉPENSES PUBLIQUES
C’est un ordre, quelle qu’en soit la forme, donné par l’ordonnateur au
comptable de payer une dépense.
L’ordonnancement est l’acte administratif par lequel l’ordonnateur donne
l’ordre au comptable public assignataire, conformément aux résultats de la
liquidation, de payer la dette de l’État. À cet effet, l’ordonnateur émet un titre de
paiement qu’il transmet au comptable public pour prise en charge et règlement.
Cette phase consiste à l’ordre de paiement que le Ministre donne au
caissier de l’État qui est la Banque centrale. L’ordonnancement ou l’ordre de
paiement est donné dans un titre ou un document émis par le Ministre de Finances
appelé Ordonnance de paiement qui peut se présenter sous différents formes :
Ordre de virement bancaire, Ordonnance de paiement et Mandat de paiement.
1.4. LE PAIEMENT OU DÉCAISSEMENT DES FONDS DES DÉPENSES
PUBLIQUES
C’est le stade où s’éteint la dette de l’État. Cela se manifeste par le
versement des fonds au créancier essentiellement par le caissier de l’État ou le
comptable du Trésor public. Le versement d’argent peut se réaliser à travers : des
espèces, des Chèques, un virement bancaire.
6
Si tout est en ordre, le comptable appose un visa « Bon à payer » sur le
mandat, puis il procède au paiement, qui peut se faire par tout moyen ou
instrument de paiement prévu par le code monétaire et financier, dans les
conditions précisées par arrêté du Ministre chargé du budget. Le comptable peut
refuser de payer s’il estime que les conditions ne sont pas réunies ; c’est ce que
l’on appelle un refus de visa.
L’ordonnateur peut, si l’obstacle soulevé par le comptable n’est pas
dirimant (absence de crédit, prescription…), décider de passer outre ; on parle
dans ce cas d’une réquisition de comptable – dont la contrepartie est le transfert
de la responsabilité du comptable, qui se trouve déchargé, vers l’ordonnateur.
En toute hypothèse, l’ordonnateur reste seul juge de l’opportunité d’une
dépense, le comptable ne pouvant refuser son visa que pour des motifs tirés de
l’irrégularité des pièces.
Figure 1. Articulation générale de la dépense publique
2. OPÉRATIONS DE DÉPENSES PUBLIQUES
Selon Article 81 de l’ELOP, les dépenses du pouvoir central, de la
province et des Entités Territoriales Décentralisées sont autorisées respectivement
par la loi des finances, l’édit budgétaire et la décision budgétaire.
L’exécution de la dépense publique comporte deux phases la phase
administrative et la phase comptable.
2.1. La phase administrative de la dépense publique
La phase administrative comprend les étapes d’engagement, de
liquidation et d’ordonnancement.
Les dépenses sont engagées, liquidées et ordonnancées avant d’être
payées. Toutefois, certaines dépenses limitativement énumérées peuvent, dans les
7
conditions prévues par les textes en vigueur, être payées sans ordonnancement
préalable et faire l’objet d’un engagement, d’une liquidation et d’un
ordonnancement de régularisation.
2.2. La phase comptable de la dépense publique
La phase comptable comporte l’étape de paiement. Le paiement est
l’acte par lequel l’État se libère de sa dette. Sous réserve des exceptions prévues
par les lois ou règlements, les paiements ne peuvent intervenir avant :
- l’échéance de la dette ;
- l’exécution du service ;
- la décision individuelle d’attribution des subventions ou allocations.
Toutefois, des acomptes et des avances peuvent être consentis au
personnel, aux entrepreneurs, aux fournisseurs et aux prestataires des services
conformément aux lois et règlements en vigueur.
Les comptables publics principaux assignataires des dépenses procèdent
à la mise en règlement des titres de paiement. Le décaissement se fait par remise
d’espèces, de chèques, par virement ou d’autres instruments de paiement dans les
conditions autorisées par les lois et règlements en vigueur.
Lorsque le créancier de l’État refuse de recevoir le paiement, la somme
contestée est consignée auprès du comptable public principal assignataire et
l’opération est enregistrée dans sa comptabilité dans l’attente de la solution du
litige.
3. DE LA COMPTABILITÉ ET DES COMPTES DE L’ÉTAT
La comptabilité de l’État est tenue selon le Plan Comptable de l’État fixé
par Décret du Premier Ministre. Il s’inspire du Plan comptable Général Congolais
tout en tenant compte des spécificités de l’État.1
La comptabilité de l’État a pour objet la description des opérations
financières et patrimoniales de l’État. À cet effet, elle est organisée en vue de
permettre :
- l’information des autorités de contrôle et de gestion ;
- la connaissance et le contrôle des opérations budgétaires et des opérations de
trésorerie ;
- la connaissance de la situation du patrimoine; - la détermination des résultats
annuels ;
- l’analyse du coût des activités engagées dans le cadre des programmes
budgétaires ;
1
DÉCRET n° 13/051 portant Plan Comptable de l’État (J.O.RDC., 15 décembre 2013, n° 24, Col. 50).
8
- l’intégration des opérations dans la comptabilité nationale ;
- des analyses économiques et financières en vue l’établissement des ratios et
tableaux de bord.
La comptabilité de l’État comprend : une comptabilité administrative tenue
par l’ordonnateur, une comptabilité budgétaire, une comptabilité générale et une
comptabilité des matières tenues par le comptable public […].
CONCLUSION
Au terme de notre thème de recherche sur passation d’écriture comptable
de l’une des phases d’exécution des dépenses publiques, nous avons constaté que
l’exécution de dépenses publiques passe par 4 étapes : engagement, liquidation,
ordonnancement et paiement.
Il y a lieu de souligner que les trois premières étapes correspondent à la
phase administrative de la dépense, opérée sous la responsabilité de
l’ordonnateur et la dernière correspond à la phase comptable, sous
la responsabilité du comptable.
Certes, la passation de la comptabilité simple en comptabilité double est
encore utopique malgré la production de quelques textes légaux. Cette difficulté est
la base de passation convenable des écritures comptables dans la dernière phase
de bon d’engagement (Paiement).
BIBLIOGRAPHIE ET WEBOGRAPHIE
1) Décret n° 13/051 portant Plan Comptable de l’État, n° 24, Col. 50,
15 décembre 2013.
2) https://fr.linkedin.com/pulse/les-4-etapes-de-lexecution-la-depense-publique-
premiere-seny-traore
3) https://www.droitcongolais.info/files/611.11.13.1-Decret-du-8-novembre-
2013_plan-comptable.pdf
4) https://www.vie-publique.fr/fiches/21843-comptabilite-publique-quest-ce-que-
la-procedure-elop
5) Loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux Finances Publiques
6) Ministère du Budget, Nomenclature budgétaire de la RDC – Dépenses, Tome
1 Recettes, Secréterait Général au Budget, Kinshasa, juillet 2015.
7) Ministère du Budget, Nomenclature budgétaire de la RDC – Recettes, Tome 1
Recettes, Secréterait Général au Budget, Kinshasa, juillet 2015.
8) William MBUYAMBA, Comptabilité Publique Patrimoniale Moderne, Licence
Spéciale, Comptabilité et Audit, UPN, 2022-2023.