PREMIERE PARTIE : REVUE DE LA
LITTERATURE
I. CHAPITRE 1 : GENERALITES SUR LA
PARASITOLOGIE ET LA MYCOLOGIE EN
BIOMÉDECINE
1. Définition et importance des examens parasitologiques et mycologiques
La parasitologie et la mycologie sont des branches essentielles de la microbiologie médicale
qui s’occupent respectivement de l’étude des parasites et des champignons pathogènes
responsables d’infections humaines. Les examens parasitologiques et mycologiques sont
fondamentaux dans le diagnostic, le suivi et la prise en charge des maladies parasitaires et
fongiques. Ils permettent d’identifier les agents pathogènes, d’évaluer la charge infectieuse et
d’orienter le choix des traitements adaptés (WHO, 2020).
Les infections parasitaires, telles que le paludisme, l’amibiase ou encore la schistosomiase,
représentent un problème majeur de santé publique en Afrique subsaharienne (OMS, 2019).
De même, les infections fongiques comme la candidose et l’aspergillose peuvent être
mortelles, en particulier chez les patients immunodéprimés (Denning & Bromley, 2015).
Ainsi, la disponibilité et la fiabilité des examens de parasitologie et de mycologie dans les
laboratoires biomédicaux sont cruciales pour un diagnostic précoce et un traitement efficace.
2. Principaux agents pathogènes et maladies associées
Les agents pathogènes d’origine parasitaire et fongique sont variés et peuvent provoquer des
affections aux manifestations cliniques diverses. Parmi les principaux parasites pathogènes,
on retrouve :
Plasmodium spp. : responsable du paludisme, une maladie endémique dans de
nombreux pays africains, dont le Burkina Faso (WHO, 2021).
Entamoeba histolytica : agent de l’amibiase, une infection intestinale qui peut
provoquer des complications hépatiques (Stanley, 2003).
Schistosoma spp. : responsable de la bilharziose, une maladie parasitaire qui affecte
les voies urinaires et intestinales (Colley et al., 2014).
Leishmania spp. : à l’origine des leishmanioses, maladies transmises par des
phlébotomes et pouvant être cutanées ou viscérales (WHO, 2017).
En ce qui concerne les champignons pathogènes, les infections les plus courantes sont :
Candida spp. : responsable des candidoses, qui peuvent affecter la peau, les
muqueuses ou se propager de manière systémique (Pfaller & Diekema, 2007).
Aspergillus spp. : associé à des infections respiratoires sévères, notamment chez les
patients immunodéprimés (Latgé & Chamilos, 2019).
Cryptococcus neoformans : pathogène opportuniste provoquant des méningites
fongiques (Perfect et al., 2010).
Dermatophytes (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton) : responsables
des infections cutanées comme la teigne (Weitzman & Summerbell, 1995).
3. Techniques courantes utilisées en laboratoire
Les examens parasitologiques et mycologiques reposent sur différentes méthodes de
diagnostic qui varient selon l’agent pathogène recherché. Les principales techniques utilisées
dans les laboratoires biomédicaux sont :
a) Techniques parasitologiques
Examen microscopique direct : méthode de référence pour la détection de parasites
dans les selles, le sang ou les prélèvements biologiques. L’examen de frottis sanguin
coloré au Giemsa est par exemple utilisé pour détecter Plasmodium (WHO, 2019).
Méthode de concentration : techniques comme le test de Willis ou le Ritchie
permettent d’augmenter la sensibilité de détection des parasites dans les selles (Garcia,
2016).
Tests rapides de diagnostic (TDRs) : couramment utilisés pour le diagnostic du
paludisme, ces tests permettent une détection rapide de l’antigène plasmodial (WHO,
2020).
b) Techniques mycologiques
Examen direct avec KOH (hydroxyde de potassium) : utilisé pour détecter les
champignons dans les prélèvements cutanés, les ongles et les cheveux (Gupta et al.,
2004).
Culture fongique sur milieux spécifiques (Sabouraud, Chromagar) : permet
d’isoler et d’identifier les champignons responsables d’infections (Chowdhary et al.,
2013).
Coloration de Gram et encre de Chine : utilisées pour l’identification de levures
comme Cryptococcus (Perfect et al., 2010).
Techniques sérologiques et PCR : permettent d’identifier des infections fongiques
systémiques avec une sensibilité accrue (Morrison et al., 2017).
II. CHAPITRE 2 : ORGANISATION ET
REGLEMENTATION DES LABORATOIRES
D’ANALYSES BIOMEDICALES
1. Cadre réglementaire et normes de qualité
Les laboratoires d’analyses biomédicales sont soumis à des normes et réglementations
garantissant la qualité et la fiabilité des résultats d’analyses. Au Burkina Faso, la
réglementation des laboratoires est encadrée par le Ministère de la Santé à travers des
directives relatives aux conditions d’implantation, aux équipements requis et aux
qualifications du personnel (Ministère de la Santé, 2021).
Les normes internationales, telles que l’ISO 15189, définissent les exigences spécifiques aux
laboratoires médicaux en matière de gestion de la qualité, de traçabilité des résultats et de
contrôle analytique (ISO, 2012).
2. Fonctionnement des laboratoires biomédicaux au Burkina Faso
Dans la ville de Ouagadougou, les laboratoires biomédicaux sont classés en différentes
catégories selon leur capacité d’analyse (Ministère de la Santé, 2021) :
Laboratoires publics hospitaliers
Laboratoires privés
Laboratoires de recherche et universitaires
1. 3. Enjeux et défis liés aux analyses parasitologiques et mycologiques
Plusieurs défis subsistent, notamment l’accessibilité aux équipements modernes et la
formation du personnel (WHO, 2020).
III. Références bibliographiques
Chowdhary, A., Sharma, C., & Meis, J. F. (2013). Azole-Resistant Aspergillosis.
Journal of Infection, 66(5), 446-449.
Colley, D. G., Bustinduy, A. L., Secor, W. E., & King, C. H. (2014). Human
schistosomiasis. The Lancet, 383(9936), 2253-2264.
Denning, D. W., & Bromley, M. J. (2015). How to combat fungal infections. Science,
347(6229), 1414-1416.
Garcia, L. S. (2016). Diagnostic Medical Parasitology. ASM Press.
Latgé, J. P., & Chamilos, G. (2019). Aspergillus fumigatus and Aspergillosis in 2019.
Clinical Microbiology Reviews, 33(1), e00140-18.
WHO. (2020, 2021). World Malaria Report. World Health Organization.
Weitzman, I., & Summerbell, R. C. (1995). The dermatophytes. Clinical
Microbiology Reviews, 8(2), 240-259.