Résumé du Cours de Théorie Générale des Obligations et Contrats
Introduction Générale au Droit des Obligations
Le cours débute par une clarification terminologique du mot "obligation":
● En général, il peut désigner un devoir de respecter une décision ou une
prescription de l'autorité publique.
● En droit commercial, l'obligation désigne un titre émis par une société
commerciale.
● Dans son acception étroite, l'obligation est un lien de droit qui lie un débiteur à
un créancier, en vertu duquel le créancier peut exiger de l'autre partie de faire un
acte, de s'abstenir de le faire ou de transférer un droit réel.
Les principaux caractères de l'obligation sont les suivants:
● C'est un lien de droit entre deux ou plusieurs personnes.
● Le débiteur est tenu d'exécuter l'obligation sous peine d'être contraint à
l'exécuter.
● L'obligation constitue un élément d'appauvrissement du débiteur.
● L'obligation est un élément de richesse du créancier.
● Elle constitue un rapport personnel qui donne au créancier un droit personnel.
Classification des Obligations d'après leur Objet
Les obligations peuvent être classées selon plusieurs critères en fonction de leur
objet:
1. L'obligation de donner (dare): Signifie transférer la propriété d'une chose,
quelle que soit la cause juridique.
○ Le moment du transfert de la propriété diffère selon l'objet:
■ Pour un corps certain, le transfert se fait en principe immédiatement,
mais exceptionnellement il peut être à terme si le contrat stipule une
clause de réserve de propriété.
■ Pour une chose de genre, le transfert s'effectue généralement au
moment de l'individualisation (pesage, mesurage, comptage).
■ S'il s'agit d'une somme d'argent, le transfert s'effectue au moment de la
remise des deniers en cas d'espèce et au moment de l'encaissement en
cas de chèque.
2. L'obligation de faire: A pour objet une prestation positive autre que celle de
transférer la propriété d'une chose. Sa source peut être un acte juridique ou un
fait juridique.
3. L'obligation de ne pas faire: S'envisage dans un cas d'abstention, typiquement
en responsabilité extracontractuelle.
4. L'obligation de livrer la chose.
5. L'obligation de conserver la chose.
Classification des Obligations d'après leur Intensité (ou "d'après leur étendue")
1. Obligation de moyen: Le débiteur s'engage seulement à employer les moyens
appropriés dans une tâche qu'il doit accomplir. Sa faute est une condition pour
l'engagement de sa responsabilité, et cette faute doit être prouvée par le
créancier.
2. Obligation de résultat: Le débiteur est tenu par le résultat. L'inexécution de
l'obligation de résultat fait présumer la faute du débiteur. On parle de la
présomption de faute.
○ Elle peut être ordinaire (la faute cesse lors de l'intervention d'un événement
de force majeure).
○ Ou absolue (le cas de force majeure ne peut être invoqué).
Classification des Obligations d'après leur Nature (en fonction de leur
prestation)
1. Obligation pécuniaire: A pour objet le transfert d'une somme d'argent. Sa
source peut être contractuelle ou extracontractuelle (ex: réparation d'un
dommage).
2. Obligation en nature: S'agit d'une obligation qui porte sur une chose autre que
l'argent. C'est l'obligation d'accomplir une prestation.
Distinction entre Droit Personnel et Droit Réel
1. Droit personnel:
○ Est un droit relatif qui s'impose seulement aux parties de l'obligation.
○ Le créancier a un droit de gage général sur le patrimoine de son débiteur.
○ Le créancier ne possède aucun droit particulier sur les biens de son débiteur
et n'a ni droit de suite ni droit de préférence.
○ Le créancier dans ce cas est appelé "créancier chirographaire".
2. Droit réel:
○ Est un droit absolu qui peut être invoqué par son titulaire à l'égard de toutes
autres personnes.
○ Le titulaire de ce droit a un droit direct sur la chose.
○ Le créancier titulaire d'un droit réel est privilégié par rapport aux autres
créanciers, et a le droit d'être payé par préférence et le droit de suite.
Aperçu Historique sur le Droit des Obligations au Maroc
1. Phase précoloniale: Le droit des obligations était régi par les principes du droit
Musulman et la coutume.
2. Phase du Protectorat: Coexistence de deux domaines économiques:
○ Un domaine traditionnel réglementé par les règles du droit Musulman.
○ Un secteur moderne imposant l'institution de nouvelles règles juridiques, dont
le DOC datant du 12 Août 1913, inspiré du code civil tunisien, dans le but de
satisfaire les besoins des étrangers installés au Maroc.
3. Phase postcoloniale: La promulgation de la loi du 26 Janvier 1965 relative à
l'arabisation et la marocanisation de la justice a engendré l'élargissement du
domaine d'application du DOC au niveau de toutes les juridictions marocaines. Le
DOC constitue désormais un code unique des obligations et contrats pour
l'ensemble du Royaume.
Les Sources d'Obligations
Selon l'article 1 du DOC, les obligations dérivent des conventions et autres
déclarations de volonté, des quasi-contrats, des délits et des quasi-délits.
Une obligation peut naître soit:
● D'un acte juridique: Qui est une manifestation de volonté produisant des effets
juridiques. C'est le cas du Contrat et de l'Engagement unilatéral de volonté.
● D'un fait juridique: Événement auquel une règle de droit attache des effets
juridiques. C'est le cas des Quasi-contrats, Délits et Quasi-délits.
Première Partie : Les Sources d'Obligations (Déclarations de Volonté)
Chapitre Premier : Les Déclarations de Volonté comme Source d'Obligations
L'acte juridique est un acte volontaire qui peut s'envisager dans:
● Un contrat: C'est un acte juridique qui a pour objet la création d'un rapport
d'obligations entre un créancier et un débiteur. Il peut être bilatéral ou un acte
multilatéral.
● Un acte unilatéral de volonté: Est une manifestation de volonté qui n'émane
que d'une seule volonté.
Section 1 : Le Contrat
Le contrat est une variété d'actes juridiques formant l'une des sources d'obligations.
Il constitue la principale source d'obligation.
Classification des Contrats (selon la doctrine)
La doctrine a classé les contrats en se basant sur plusieurs éléments:
1. Selon ses effets contractuels:
○ Contrat unilatéral: Il y a plusieurs personnes soumises à des obligations
contractuelles, mais les obligations ne sont pas réciproques.
○ Contrat synallagmatique: Il y a des obligations réciproques à la charge des
parties.
○ Contrat à titre onéreux: Chacune des parties reçoit une contrepartie de
l'avantage.
○ Contrat gratuit (de bienfaisance): Est un contrat par lequel une partie
procure à l'autre un avantage purement gratuit, sans aucune contrepartie.
2. Selon sa nature:
○ Contrat commutatif: Les prestations des parties sont déterminées et
considérées comme équivalentes dès la conclusion du contrat.
○ Contrat aléatoire: L'existence ou l'étendue de la prestation de l'une ou
l'autre partie dépend d'un événement incertain.
○ Contrat instantané: L'exécution des obligations des parties s'effectue en
une seule fois.
○ Contrat à exécution successive: L'exécution des obligations s'étale dans le
temps.
3. Selon la liberté des parties dans la négociation des clauses contractuelles:
○ Contrat par concours de volonté: Le contenu est librement négocié par les
parties contractantes.
○ Contrat d'adhésion: Le contenu n'est pas discuté par les parties
contractantes, l'une adhère aux conditions préétablies par l'autre.
4. Selon son objet:
○ Contrat nommé: Contrat qui est spécifiquement réglementé par le
législateur.
○ Contrat innommé: Contrat qui n'est pas spécifiquement réglementé par la
loi.
5. Selon sa formation:
○ Contrat consensuel: Repose sur le principe du consensualisme, c'est-à-dire
le simple échange des consentements suffit à sa formation.
○ Contrat formel: Nécessite l'accomplissement de certaines formalités pour sa
validité.
○ Contrat réel: Nécessite la remise de la chose pour sa formation.
6. Selon les parties contractantes:
○ Contrat individuel: Nécessite le consentement de chacune des parties.
○ Contrat collectif: Nécessite le consentement de la majorité d'un groupe.
Les Conditions de Formation du Contrat
Pour la validité de l'obligation, il y a des conditions de fond et des conditions de
forme.
● 1. Les Conditions de Fond:
○La capacité de s'obliger.
○ La déclaration valable de volonté portant sur les éléments essentiels de
l'obligation (consentement).
○ Un objet certain pouvant faire l'objet d'obligations.
○ Une cause licite de s'obliger.
● Le Consentement:
○ Définition: Le consentement est le résultat simultané de volontés, se
constituant de l'offre émanant de l'une des parties et d'une acceptation
identifiant l'acquiescement à la conclusion du contrat projeté.
○ Composantes du consentement: L'offre et l'acceptation.
■ L'Offre (aussi appelée Pollicitation):
■ Définition: Une proposition unilatérale faite par une personne, soit à
une ou plusieurs personnes déterminées, soit au public.
■ Conditions de l'offre:
■ Précise: Doit comporter les indications nécessaires à la formation
du contrat.
■ Claire: Doit fournir une idée claire sur l'objet du contrat.
■ Ferme: Doit exprimer la volonté nette de conclure.
■ Forme de l'offre:
■ Expresse: Résulte d'un écrit ou de propos explicites (paroles,
conversations claires). Ex: exposition d'un produit en vitrine avec
son prix.
■ Tacite: Résulte de comportements non équivoques (non douteux).
Ex: la tacite reconduction du contrat de bail.
■ Issues de l'offre:
■ Refus de l'offre: Ne produit pas d'effets, et l'offrant n'est pas
engagé contractuellement.
■ Peut devenir caduque: À cause de la disparition de la chose
offerte, l'écoulement du temps et le décès de l'offrant.
■ Acceptation de l'offre: Conduit à la formation du contrat, l'offrant
s'engage contractuellement (Article 19 du DOC).
■ Révocation de l'offre:
■ Révocable s'il s'agit d'une simple offre, à condition qu'elle
intervienne avant l'acceptation.
■ Non révocable lorsqu'il s'agit d'une offre fixant un délai
d'acceptation.
■ L'Acceptation:
■ Définition: L'acte de volonté par lequel le destinataire de l'offre
acquiesce à l'offre, dans le délai prévu, et qui, réalisant la
communauté d'options entre les contractants, opère le
consentement.
■ Conditions de l'acceptation:
■ Libre: Doit émaner librement de son auteur.
■ Conforme à l'offre: Sans faire des réserves.
■ Pure et simple.
■ Doit porter sur tous les éléments du contrat (ex: chose, prix).
■ Forme de l'acceptation:
■ Expresse: Dire "oui j'accepte", signature d'un écrit.
■ Tacite: Ex: l'exécution du même contrat.
● Les Vices de Consentement:
Sont considérés comme l'un des cas provoquant la rescision de l'obligation, et
sont retenus comme causes d'annulation de l'obligation. Ces vices sont
déterminés par l'article 39 du DOC. Il y en a quatre: l'erreur, la violence, le dol, et
la lésion.
○ a. L'Erreur:
■ Définition: C'est une fausse représentation de la réalité qui a conduit une
personne à s'engager, et qui ne l'aurait pas fait si elle avait connu la
réalité.
■ Réglementation: L'erreur a été réglementée par le législateur Marocain
dans les articles 39 à 45 du DOC.
■ Catégories d'erreur selon ces articles:
■ L'erreur de droit (Art. 40 du DOC).
■ L'erreur sur l'identité ou sur l'espèce ou sur la qualité de l'objet (Art. 41
du DOC).
■ L'erreur portant sur la personne (Art. 42 du DOC).
■ L'erreur de calcul (Art. 43 du DOC).
■ Effet: L'erreur donne lieu à la rescision, mais avec des conditions, à
l'exception de l'erreur de calcul qui nécessite seulement une rectification.
○ b. La Violence:
■ Définition: Définie par l'Art. 46 du DOC comme une contrainte exercée
sans l'autorité de la loi, et moyennant laquelle on amène une personne à
accomplir un acte qu'elle n'a pas consenti.
■ Conditions pour qu'elle donne lieu à la rescision:
■ Qu'elle constitue une menace provoquant un mal, ayant comme objet
la personne de la victime, sa vie, sa santé, son patrimoine, sa famille
ou sa réputation.
■ La menace doit être la cause déterminante (c'est-à-dire que sans elle
la victime n'aurait pas consenti).
■ Et doit être illégitime.
○ c. Le Dol:
■ Définition: Toute ruse, toute manœuvre utilisée par un contractant afin
d'induire son partenaire en erreur. C'est une erreur provoquée.
■ Manifestation: Peut se manifester dans la commission d'un acte (dol par
commission) ou par un acte d'abstention (dol par omission).
■ Effet: L'action en rescision ne peut avoir lieu que si le dol provoque une
erreur ou une fausse représentation de la réalité chez la victime.
○ d. La Lésion:
■Réglementation: Articles 55 et 56 du DOC.
■ Définition: Constitue un déséquilibre entre les prestations réciproques. Il
s'agit d'une erreur sur la valeur.
■ Conditions pour qu'elle provoque la rescision:
■ Lorsqu'elle est causée par le dol de l'autre partie ou de son
représentant, ou de celui qui a traité pour elle.
■ Lorsque la partie lésée est un mineur ou un incapable, alors même
qu'il aurait contracté avec l'assistance de son tuteur ou conseil
judiciaire et bien qu'il n'y ait pas dol de l'autre partie.
● La Capacité:
○ Le DOC (Art. 3) renvoie au Code de la Famille pour la capacité civile de
l'individu.
○ Définition doctrinale: Aptitude d'une personne à être titulaire de droits et à
les exercer par soi-même.
○ Définition selon le Code de la Famille (Art. 208 du CF): La faculté qu'a une
personne d'exercer ses droits personnels et patrimoniaux et qui rend ses
actes valides. La loi fixe les conditions d'acquisition de la capacité d'exercice
et les motifs déterminant sa limitation ou sa perte.
○ Deux catégories de capacité juridique:
■ La capacité de jouissance: Aptitude à être titulaire de droits, de jouir
des droits. Reconnue à l'être humain avant même sa naissance à
condition de naître vivant (Ex: droit de l'héritage, droit à la propriété, droit
à l'enseignement). L'incapacité de jouissance ne touche que certains
droits et dans des cas bien déterminés. Elle est définitive et irrémédiable.
■ La capacité d'exercice: La faculté d'exercer et de mettre en œuvre ses
droits. Est liée au degré de conscience et de discernement de la
personne.
■ Trois conditions: Atteindre l'âge de majorité légale (18 ans), avoir les
capacités mentales, et la maîtrise de soi.
■ Causes d'incapacité d'exercice: La minorité, la démence, la
prodigalité, la faiblesse d'esprit. L'incapacité d'exercice est remédiée
par la technique de représentation légale.
■ Elle peut être prononcée à titre de peine (ex: cas de la dégradation
civique, article 26 du code pénal).
■ Ou motivée par une prévention ou suspicion à l'égard de certaines
personnes munies de prérogatives nécessitant d'être contrôlées afin
d'éviter d'éventuels abus (Ex: article 480 du DOC qui interdit aux
administrateurs de municipalités, tuteurs, etc. de se rendre
cessionnaires des biens qu'ils gèrent).
○ NB: Les dispositions du code de la Famille régissent la capacité civile des
Marocains (même ceux avec autre nationalité), des Marocains qui ne sont ni
musulmans ni juifs, des réfugiés et apatrides. La capacité des Marocains juifs
est soumise aux dispositions du code du statut hébraïque (Art. 2 du CF).
○ Particularités de la capacité dans le contrat électronique: Si un mineur
utilise une carte bancaire d'un parent pour un contrat électronique avec un
commerçant de bonne foi, le contrat est valable s'il n'y a pas de contestation.
En cas de contestation, le commerçant peut demander la nullité du contrat
pour incapacité du mineur, ou le contrat peut produire ses effets et des
dispositions de responsabilité quasi-délictuelle peuvent s'appliquer à raison
de la faute des parents n'ayant pas contrôlé l'utilisation de la carte.
● 2. Les Conditions de Forme:
○ En principe (Principe du consensualisme): Le contrat se forme par le seul
échange du consentement en plus de l'existence des autres conditions de
fond. Les parties sont libres de choisir la forme de leur contrat.
○ Exceptionnellement: La loi peut prescrire une forme déterminée. À défaut
de respect de la forme prescrite, le contrat est nul.
○ Le formalisme peut constituer:
■ Un formalisme probatoire (qui sert de preuve). Tel que le cas de l'Art.
443 du DOC.
■ Un formalisme qui peut servir comme condition de validité. Tel que
l'Art. 4 de la loi 39-08 formant code des droits réels.
Section 2 : L'Acte Unilatéral de Volonté
L'acte unilatéral de volonté est considéré comme une source exceptionnelle et
secondaire de l'obligation volontaire.
● Paragraphe 1 : Définition de l'engagement unilatéral de volonté
○Peut être défini comme une manifestation de volonté par laquelle une
personne agissant seule, détermine des effets de droit qui vont se développer
à sa charge, telle que l'offre de contracter.
● Paragraphe 2 : Les composantes de l'acte unilatéral de volonté
○Une extériorisation de la volonté.
○ L'engagement du débiteur avant toute acceptation.
● Paragraphe 3 : Les conditions de validité de l'acte unilatéral de volonté
○Conditions de fond (s'inspirant de l'Art. 2 du DOC): Déclaration claire et
saine sur tous les éléments essentiels de l'obligation, objet certain, cause
licite, et la capacité.
○ Conditions de forme: Sans l'existence d'aucune forme particulière en
principe, mais dans certains cas le législateur exige le respect d'une forme
particulière (Ex: Art. 296 du code de la famille concernant le testament, Art.
25 du Dahir du 23 février 2010 concernant le wakf).
● Paragraphe 4 : La naissance de l'engagement unilatéral de volonté
○ L'acte unilatéral de volonté donne naissance à l'engagement au moment de
(1) l'expression de la volonté du débiteur, (2) avant toute acceptation, mais à
condition de (3) la prise de connaissance du bénéficiaire.
● Paragraphe 5 : Les effets de l'acte unilatéral de volonté
○L'acte unilatéral de volonté peut donner lieu soit à:
■ La création d'un droit réel (ex: testament).
■ La création d'un droit personnel (ex: offre accompagnée d'un
délai/promesse de récompense).
■ Le désistement à un droit réel.
■ La reconnaissance d'un acte accompli par une autre personne qui peut
être le contractant ou un tiers.
○ Il produit les mêmes effets découlant du contrat, à savoir la force obligatoire
du contrat et l'effet relatif du contrat.
● Paragraphe 6 : Les cas d'application de l'acte unilatéral de volonté au
niveau du DOC
○ La promesse de récompense (Art. 15 à 18 du DOC).
○ L'offre accompagnée d'un délai (Art. 29 du DOC).
○ Le testament (Art. 284 et suivants).
○ La wakf (Art. 1 du Dahir du 23/02/2010).
○ Exemple: la stipulation pour autrui, où le bénéficiaire devient créancier du
promettant dès le jour de la promesse et avant toute acceptation (contrat
d'assurance décès).
Chapitre 2 : Le Fait Juridique comme Source d'Obligation
● Définition du fait juridique: Est un événement qui peut être volontaire ou
involontaire qui engendre des conséquences juridiques qui n'ont pas été
recherchées par les sujets de droit (réparation ou restitution).
● Les faits juridiques peuvent être:
○ Profitables: Procurent un avantage de façon illégitime, entraînant une
obligation de restitution.
○ Non profitables (dommageables): Causent un dommage à autrui de façon
illégitime, entraînant une obligation de réparation.
Section 1 : Les Faits Juridiques Profitables (Les Quasi-Contrats)
Les faits juridiques profitables incluent l'enrichissement sans cause, la gestion
d'affaire, et la répétition de l'indu.
● Paragraphe 1 : L'Enrichissement sans cause
○Définition: C'est le cas où une personne s'enrichit et il se trouve que cet
enrichissement coïncide avec l'appauvrissement d'autrui sans qu'il y ait une
cause justifiée.
○ A. Les conditions de l'enrichissement sans cause:
■ Les conditions économiques:
■ Un enrichissement identifié (direct ou indirect, pécuniaire ou moral).
■ L'existence d'un appauvrissement (perte, gain manqué...).
■ Une corrélation entre l'enrichissement et l'appauvrissement (directe
ou indirecte).
■ Les conditions juridiques:
■ Absence de cause pour l'appauvri (a subi une perte sans cause) et
pour l'enrichi (a tiré profit sans cause).
■ Absence de cause légitime de l'enrichissement (n'est pas le résultat
d'un acte juridique valable ou d'une règle légale ou coutumière).
○ B. Les effets de l'enrichissement sans cause:
■ La restitution de la chose: Dans le cas de la possession d'une chose ou
autre valeur appartenant à une autre personne sans aucune cause.
■ Si l'enrichi est de bonne foi: restitution de la chose, mais fruits,
accroissements, bénéfices à compter du jour de la demande en
justice.
■ Si l'enrichi est de mauvaise foi: restitution de la chose et des fruits,
accroissements, bénéfices perçus à partir du jour du paiement ou de
l'indu reçu.
■ L'indemnisation: But de l'indemnité est de replacer l'appauvri dans la
situation antérieure à l'existence du fait. Le montant de l'indemnité ne
saurait être supérieur au montant de l'enrichissement ou de
l'appauvrissement.
● Paragraphe 2 : La Répétition de l'Indu
○ Définition: Il y a répétition de l'indu lorsqu'une personne a payé ce qu'elle
croyait par erreur devoir faire.
○ Parties impliquées: Le "solvens" (celui qui effectue le paiement par erreur)
et l'"accipiens" (celui qui reçoit le paiement).
○ A. Les conditions d'existence de la répétition de l'indu:
■ Le paiement: Versement d'une somme d'argent ou la remise d'une chose
meuble ou immeuble.
■ L'absence de cause: Suppose une défaillance totale ou partielle de la
cause.
■ L'erreur du solvens: Le solvens effectue le paiement en se croyant par
erreur tenu de le faire. L'erreur peut porter sur la dette (déjà payée ou
éteinte) ou sur la personne.
○ B. Les effets du paiement de l'indu:
■ Les effets divergent selon qu'il s'agit de la répétition d'une somme
d'argent ou d'un corps certain.
■ La répétition d'une somme d'argent:
■ Accipiens de bonne foi: ne doit les intérêts qu'à compter de la mise en
demeure de la restitution.
■ Accipiens de mauvaise foi: doit les intérêts à partir de la date du
paiement de l'indu.
■ La répétition d'un corps certain: L'accipiens doit restituer la chose.
■ Si la chose existe: Si perte/détérioration imputable à l'accipiens,
restitution de la valeur au jour de réception; fruits/accroissements dus
seulement après la demande. Si non imputable: accipiens de mauvaise
foi doit tenir compte de ce qu'il a retiré de la perte/détérioration;
accipiens de bonne foi ne doit rien restituer.
■ Si la chose est aliénée: Si accipiens de bonne foi a vendu, doit
restituer le prix de vente ou céder les actions contre l'acheteur. Si
accipiens de mauvaise foi a vendu, doit restituer la valeur réelle au
moment de réception ou le prix reçu si supérieur.
○ L'exercice de l'action en répétition de l'indu:
■ Le solvens se présente comme demandeur et l'accipiens comme
défendeur.
■ La charge de la preuve incombe au solvens, qui doit prouver le caractère
de l'indu et, le cas échéant, la mauvaise foi de l'accipiens.
■ Le délai de prescription est de 15 ans à compter du paiement de l'indu, à
défaut de délai spécial.
● Paragraphe 3 : La Gestion d'Affaire
○ Définition: Il y a gestion d'affaire lorsqu'une personne entreprend
spontanément et sans être chargée des actes utiles à une autre personne
avec l'intention d'agir pour le compte d'autrui. C'est lorsqu'une personne, "le
gérant", sans en avoir été chargée, s'occupe des affaires d'une autre
personne, "le géré ou le maître d'affaire".
○ A. Les conditions de la gestion d'affaire:
■ L'Art. 943 du DOC stipule les conditions: gestion volontaire ou par
nécessité des affaires d'autrui, en son absence ou à son insu, sans
autorisation du maître ou du juge.
■ 1) Les conditions liées à l'acte de la gestion d'affaire:
■ Conditions liées à la nature juridique de l'acte: La gestion peut
porter sur des actes matériels (ex: réparer une voiture soi-même) ou
des actes juridiques (ex: conclure un contrat de louage avec un
entrepreneur pour la réparation d'un toit).
■ Conditions liées à la nature économique de l'acte: L'utilité de la
gestion d'affaire par le gérant en faveur du géré. Il convient qu'elle
soit nécessitée par un cas d'urgence.
■ 2) Les conditions relatives aux personnes:
■ Conditions liées au géré: Il faut qu'avant la gestion, le géré n'ait pas
consenti à la gestion, et qu'après la gestion, il ne se soit pas opposé.
La gestion peut se faire sans la prise en considération de la capacité
du géré.
■ Conditions liées au gérant: Le gérant doit avoir l'intention de gérer
et d'agir dans l'intérêt du géré. Il doit agir dans un esprit d'altruisme et
de façon désintéressée. Le gérant peut agir à la fois pour soi-même et
pour autrui. La capacité du gérant est prise en considération
uniquement pour les actes juridiques.
○ B. Les obligations dans la gestion d'affaire:
■ Les obligations du gérant:
■ Il doit se comporter avec diligence (se comporter comme un bon père
de famille, prudent et avisé).
■ Une obligation de persévérance (continuer ce qu'il a commencé; peut
se désengager en s'adressant au juge pour désigner un gérant
judiciaire).
■ Il doit rendre compte de ce qu'il a reçu à la suite de son immixtion.
■ Les obligations du géré (maître d'affaire):
■ Si le gérant a traité en faveur du géré avec un tiers au nom du géré, le
géré est directement tenu envers le tiers et doit décharger le gérant
des suites de sa gestion et l'indemniser.
■ Si le gérant a traité en son nom propre, seul le gérant est engagé
envers le tiers, mais le géré doit le rembourser ou l'indemniser.
Section 2 : Le Fait Juridique Dommageable (La Responsabilité Délictuelle)
Le fait juridique dommageable résulte de tout fait ou faute de l'homme ayant causé
un dommage à autrui, entraînant l'obligation de réparer le dommage. Le DOC a
réglementé la responsabilité délictuelle et quasi-délictuelle au niveau des articles 77
jusqu'à 106.
● Distinction faute intentionnelle / non intentionnelle:
○ Lorsque le dommage résulte d'un fait (faute intentionnelle), il y a engagement
de la responsabilité délictuelle.
○ Lorsque le dommage résulte d'une faute non intentionnelle, la responsabilité
est quasi-délictuelle.
● Paragraphe 1 : Distinction entre la responsabilité civile délictuelle et les
autres types de responsabilité
○ Distinction entre la responsabilité civile contractuelle et la
responsabilité civile délictuelle et quasi-délictuelle:
■ Nature de l'obligation inexécutée:
■ Contractuelle: Inexécution d'une obligation contractuelle (découlant
du contrat).
■ Délictuelle/Quasi-délictuelle: Inexécution d'une obligation légale.
■ Capacité:
■ Contractuelle: Responsabilité engagée à 18 ans ou 16 ans (en cas
d'émancipation).
■ Délictuelle/Quasi-délictuelle: Responsabilité engagée dès que
l'auteur atteint l'âge de 12 ans.
■ Nature du dommage réparable:
■ Contractuelle: Dommage réalisé et non dommage futur ou
imprévisible.
■ Délictuelle/Quasi-délictuelle: Dommage prévisible ou imprévisible,
présent ou futur.
■ Degré de subordination aux règles d'ordre public:
■ Contractuelle: Les parties peuvent convenir à l'avance du montant
des dommages-intérêts.
■ Délictuelle/Quasi-délictuelle: Cette possibilité est exclue en matière
de responsabilité délictuelle vu sa dépendance étroite à l'ordre public.
■Solidarité:
■ Contractuelle: La solidarité ne se présume pas.
■ Délictuelle/Quasi-délictuelle: Suppose la solidarité des coauteurs.
■ Pouvoir d'appréciation du juge:
■ Contractuelle: Plus large.
■ Délictuelle/Quasi-délictuelle: Étroit.
○ Distinction entre la responsabilité civile et la responsabilité pénale:
■ Objet:
■ Civile: La réparation du dommage causé à autrui.
■ Pénale: La répression de toute violation de la loi qui, dans certains
cas, ne suppose pas la réalisation d'un dommage.
■ Mise en œuvre:
■ Civile: Fait l'objet d'une action civile dépendante de l'action publique,
qui peut être portée devant la juridiction répressive ou s'effectuer
indépendamment devant la juridiction civile.
■ Pénale: Ne peut être engagée qu'en vertu de l'exercice de l'action
publique déclenchée par le ministère public.
● Paragraphe 2 : Les conditions de la responsabilité délictuelle
L'engagement de la responsabilité délictuelle suppose l'existence de trois
conditions:
1. La faute.
2. Le dommage.
3. Le lien de causalité entre la faute et le dommage.
○ A. La faute:
■ 1) Définition de la faute:
■ Le législateur marocain a défini la faute au niveau des articles 77
(faute intentionnelle) et 78 (faute non intentionnelle) du DOC.
■ L'Article 77 du DOC: "Tout fait quelconque, de l'homme qui, sans
l'autorité de la loi, cause sciemment et volontairement à autrui un
dommage matériel ou moral, oblige son auteur à réparer ledit
dommage, lorsqu'il est établi que ce fait en est la cause directe. Toute
stipulation contraire est sans effet".
■ L'alinéa 3 de l'article 78 du DOC: "La faute consiste, soit à omettre ce
qu'on était tenu de faire, soit à faire ce dont on était tenu de
s'abstenir, sans intention de causer un dommage".
■ 2) Les types de fautes:
■ La faute d'action.
■ La faute d'omission.
■ La faute légère.
■ La faute lourde.
■ La faute par abus de droit.
■ 3) Les conditions de l'engagement de la faute du fait personnel:
■ Le fait dommageable: Doit être certain et personnel. Peut se
concrétiser dans une faute par omission ou par commission.
■ La volonté: L'imputabilité de la faute à son auteur suppose l'existence
de la volonté. La volonté est liée à l'existence du discernement. Cela
entraîne l'exclusion de certaines catégories de personnes telles que
les mineurs de moins de 12 ans, l'insensé (Art. 96 du DOC). La perte
volontaire de la conscience n'exonère pas l'auteur de sa
responsabilité.
■ L'illicéité du fait: Doit être contraire à la loi.
■ La charge de la preuve de la responsabilité du fait personnel incombe
à la victime.
○ B. Le dommage:
■ L'Art. 98 du DOC: "les dommages dans le cas des délits et quasi-délits,
sont la perte effective éprouvée par le demandeur, les dépenses
nécessaires qu'il a dû ou devrait faire afin de réparer les suites de l'acte
commis à son préjudice, ainsi que les gains dont il est privé dans la
mesure normale en conséquence de cet acte".
■ 1) La diversité du préjudice: Le dommage peut être matériel, moral ou
corporel.
■ 2) Les conditions relatives au dommage réparable:
■ Le préjudice doit être certain.
■ Le dommage doit être personnel.
■ Le préjudice ne doit pas avoir été réparé.
■ Le dommage illicite.
■ Le dommage doit être direct.
○ C. Le lien de causalité:
■ Pour qu'elle soit réparée sur le dommage qu'elle a subi, la victime doit
prouver l'existence du lien de causalité entre le fait générateur et le
dommage causé.
■ La causalité doit être certaine et directe.
● Paragraphe 3 : Les effets de la responsabilité délictuelle
○ Lorsque les conditions sont réunies, elle donnera lieu à la réparation de la
victime.
○ Celle-ci se détermine de deux manières: La voie amiable (en dehors de tout
recours juridictionnel) et la voie judiciaire (en vertu de l'exercice d'une action
en réparation).
○ A) L'action en réparation:
■ 1) Les parties à l'action en réparation:
■ Le demandeur: Est celui qui introduit l'action en justice (victime, son
représentant, la victime par ricochet, les héritiers de la victime ou ses
créanciers, personne morale).
■ Le défendeur: Est celui qui a causé le dommage et qui est tenu de le
réparer.
■ 2) Le tribunal compétent:
■ a) La prescription: Selon l'Art. 16 du DOC, l'action en indemnité se
prescrit par trois ans à partir du moment où la partie lésée a eu
connaissance du dommage et de celui qui est tenu d'en répondre.
■ b) La compétence d'attribution: En principe, ce sont les juridictions
de droit commun qui sont compétentes. Les tribunaux de commerce
peuvent connaître, dans certains cas, des actions en réparation (ex:
dommages causés par certaines activités industrielles ou artisanales).
○ B) La réparation du dommage:
■ Elle comporte une réparation intégrale du dommage et doit permettre une
remise des parties en l'état où elles se trouvaient avant la survenance du
dommage.
■ Les parties au litige ne peuvent pas fixer d'avance le montant des
dommages-intérêts.
■ Le juge du fond bénéficie d'un large pouvoir d'appréciation de l'évaluation
du montant d'indemnisation.
■ Le moment pris en considération pour l'évaluation du dommage est le jour
du jugement.
■ La révision du montant d'indemnisation n'est admise qu'en cas
d'aggravation de l'état de la victime.
■ L'indemnisation doit comporter, en plus des indemnités, le
remboursement des frais d'hospitalisation et, le cas échéant, les frais en
cas de décès.
Deuxième Partie : Les Rapports du Créancier et du Débiteur
Chapitre 1 : Les Modalités d'Exécution des Obligations
Les modalités de l'exécution de l'obligation peuvent porter sur:
● La structure de l'obligation.
● L'objet de l'obligation.
● Les sujets d'obligation.
Section 1 : L'Objet de l'Obligation
La prestation peut porter sur:
● Une obligation de donner: Comporte le transfert d'un droit réel. Peut aussi se
manifester dans une obligation accessoire à l'obligation de donner, telle que
l'obligation de la livraison de la chose. Pour une somme d'argent, elle ne peut se
transférer à la propriété du créancier que si elle a été individualisée et sa remise
effective.
● Une obligation de faire: Constitue une prestation.
● Une obligation de ne pas faire: Constitue une abstention qui peut être prévue
par un contrat ou imposée par la loi.
Section 2 : Les Modalités d'Exécution selon la Structure de l'Obligation
● Paragraphe 1 : La Condition
○ Définition: Selon l'Art. 107 du DOC, la condition est une déclaration de
volonté, qui fait dépendre d'un événement futur et incertain, soit l'existence
de l'obligation, soit son extinction. Un événement passé ou présent mais
encore inconnu des parties ne constitue pas une condition.
○ Caractéristiques: Est un événement futur, sa survenance doit être
incertaine, la condition doit être valable (ne pas être impossible ou illicite),
elle est casuelle (dépend du hasard), potestative (dépend de la volonté,
purement ou simplement) ou mixte.
○ Ses formes:
Condition suspensive: L'existence de l'obligation est suspendue jusqu'à
■
la réalisation de la condition (ex: vente subordonnée à l'obtention d'un
crédit).
■ Effets (Art. 126 DOC): La condition accomplie a un effet rétroactif au
jour où l'obligation a été contractée. Le créancier a le droit de faire
tous les actes conservatoires de son droit. Si la condition ne se réalise
pas, l'obligation ne produit aucun effet.
■ Condition résolutoire: Suppose la disparition de l'obligation lors de la
survenance de l'événement érigé en condition.
■ Effets: La survenance de la condition résolutoire fait disparaître le
contrat d'une manière rétroactive (l'acquéreur devra rendre la chose à
son vendeur). Or lorsque la condition résolutoire ne se réalise pas, les
droits du créancier sont maintenus et l'obligation est censée toujours
exister.
● Paragraphe 2 : Le Terme
○ Définition: Le terme est une date, un moment où l'exécution de l'obligation
se trouve suspendue ou éteinte.
○ Réglementation: Régie par les articles 127 à 139 du DOC.
○ Sources: Peut être conventionnelle, légale, judiciaire, ou d'ordre public.
○ Le terme suspensif: A pour effet d'indiquer à quel moment l'obligation sera
exigible.
○ Le terme résolutoire: A pour effet d'indiquer à quel moment l'obligation sera
éteinte.
○ Effets du terme (Art. 134 du DOC): Le terme suspensif produit les effets de la
condition suspensive et le terme résolutoire produit les effets de la condition
résolutoire.
○ Terme de droit public: Le législateur intervient dans la résiliation de certains
contrats (ex: contrat de bail, contrat de travail).
Section 3 : Les Modalités d'Exécution selon l'Objet de l'Obligation
● Paragraphe 1 : L'obligation conjonctive
○ C'est une obligation qui a plusieurs objets qui doivent être exécutés. Ex: un
entrepreneur qui construit une maison a l'obligation de la construction et de
l'entretien.
● Paragraphe 2 : L'obligation alternative
○ C'est une obligation qui contient plusieurs objets mais dans ce cas l'exécution
d'un seul objet libère le débiteur. Ex: l'emprunteur s'engage soit à constituer
une hypothèque soit à rembourser le crédit, mais pas les deux.
Section 4 : Les Modalités d'Exécution selon les Sujets de l'Obligation
● Paragraphe 1 : L'obligation conjointe
○ Est une obligation qui a plusieurs créanciers ou plusieurs débiteurs qui
supportent la dette de façon distincte.
● Paragraphe 2 : L'obligation solidaire
○ La solidarité peut exister entre les créanciers (solidarité active) et aussi entre
les débiteurs (solidarité passive).
● Paragraphe 2 : L'obligation divisible et l'obligation indivisible
○ L'obligation divisible est celle qui est susceptible de division, contrairement à
l'obligation indivisible qui trouve sa source soit dans la nature de la
prestation, soit dans la volonté des parties, soit en vertu de la loi.
Chapitre 2 : L'Exécution des Obligations
L'exécution de l'obligation peut s'effectuer par le paiement (pur et simple, par
subrogation, par compensation).
Section 1 : Le Paiement de l'Obligation
● Paragraphe 1 : Le paiement pur et simple
○ A- Les personnes chargées du paiement (Solvens): En principe, c'est le
débiteur, mais un tiers peut agir à sa place (gérant d'affaires, tiers subrogé,
délégué).
○ B- La personne qui peut le recevoir (Accipiens): Normalement, c'est le
créancier lui-même, son représentant dûment autorisé, son mandataire, ou
ses héritiers.
○ C- L'objet du paiement: La dette elle-même constitue l'objet du paiement.
○ D- Le lieu du paiement (Art. 248 du DOC): Le lieu se détermine par la
nature des choses, la convention des parties, ou à défaut, c'est le lieu du
contrat.
○ E- Le moment du paiement: En principe, le paiement s'effectue à l'échéance
fixée par le contrat.
● Paragraphe 2 : Le paiement par subrogation
○Définition: La subrogation constitue l'opération en vertu de laquelle une
personne ou une chose se substitue une autre.
○ A- Les sources de subrogation: La subrogation peut être conventionnelle
ou légale.
○ B- Les effets de la subrogation: La subrogation produit un effet translatif.
● Paragraphe 3 : Le paiement par compensation
○ Définition: La compensation constitue un mode d'extinction des obligations
qui suppose que deux personnes soient respectivement créancière et
débitrice l'une de l'autre.
○ Réglementation: Ses dispositions sont régies par les articles 357 à 368 du
DOC.
Section 2 : Le Paiement Forcé de l'Obligation
L'exécution forcée a lieu lorsque le débiteur refuse, exécute mal ou exécute en retard
son obligation. Le législateur octroie au créancier plusieurs procédés pour assurer
ses droits.
● Lorsque l'exécution est impossible: Le créancier peut demander la résolution
judiciaire afin de contraindre le débiteur d'accomplir l'obligation en plus des
dommages-intérêts.
● Lorsque l'exécution est possible: Le créancier peut obliger le débiteur à
exécuter, soit en nature, soit par équivalence en vertu du paiement des
dommages-intérêts.
● Paragraphe 1 : La mise en demeure
○ Définition: Aux termes de l'Art. 254 du DOC, "le débiteur est en demeure,
lorsqu'il est en retard d'exécuter son obligation, en tout ou en partie, sans
cause valable". Le terme "demeure" vient du latin "Mora" qui signifie retard
dans l'exécution.
○ Rôle: La mise en demeure constitue la première phase de l'exécution forcée
de l'obligation.
○ Constitution en demeure: Le débiteur est constitué en demeure par la seule
échéance du terme établi par l'acte constitutif de l'obligation. En cas
d'absence d'échéance, par une sommation par acte d'huissier (Art. 255 du
DOC).
● Paragraphe 2 : Les procédés d'exécution forcée
○ A- Les procédés d'intimidation:
■ L'astreinte: A pour but de condamner le débiteur à une somme d'argent
dont le montant augmentera chaque jour jusqu'à l'exécution de la
décision principale. Elle peut être prononcée d'office par le tribunal ou sur
demande du créancier.
■ La contrainte par corps: Consiste en l'emprisonnement du débiteur en
vue de l'amener à exécuter ses engagements.
■ Conditions d'application: Ne peut être prononcée que sur demande
du créancier, proportionnée au montant de la dette sans dépasser
deux ans, peut être réduite de moitié si débiteur justifie son
insolvabilité. Exclut les débiteurs âgés de 16 ans ou ayant atteint 65
ans.
○ B- Les procédés d'exécution:
■ La saisie conservatoire: Destinée à conserver le patrimoine du débiteur
en l'empêchant de poser des actes préjudiciables au créancier (ex:
donation).
■ La saisie exécution: Procédure par laquelle le créancier fait saisir les
biens de son débiteur afin de se faire payer sur sa créance.
■ La saisie arrêt: Procédure par laquelle un créancier arrête entre les
mains d'un tiers les sommes et objets mobiliers dus ou appartenant à son
débiteur. Ex: saisie arrêt chez un banquier ou notaire.
■ La mise en œuvre de ces procédés nécessite un titre exécutoire ou une
ordonnance du président du TPI.
Chapitre 3 : L'Extinction des Obligations
Les causes de disparition de l'obligation peuvent s'envisager dans des modes
extinctifs spécifiques et des causes normales.
Section 1 : Les Modes Extinctifs Spécifiques
1. Paragraphe 1 : La Remise de Dette
○ Définition: Une renonciation du créancier à poursuivre l'exécution de sa
créance à l'égard du débiteur.
○ Ses conditions: Doit émaner de la volonté des parties, capacité du créancier,
objet licite et certain, cause licite. Aucune condition de forme n'est exigée.
○ Ses effets:
■ En cas d'acceptation par le débiteur: la dette s'éteint.
■ En cas de refus: elle sera considérée comme n'ayant jamais existé, et la
dette subsiste.
■ Cas où le débiteur ne peut pas refuser: s'il a déjà accepté ou si elle a été
donnée suite à sa demande.
2. Paragraphe 2 : La Confusion
○ Définition: Aux termes de l'Art. 369 du DOC, "lorsque les qualités de
créancier et de débiteur d'une même obligation se réunissent dans la même
personne, il se produit une confusion de droits qui fait cesser le rapport de
créancier et débiteur".
○ Exemple 1: Un locataire d'un immeuble qui achète la part de l'un des
indivisaires.
○ Exemple 2: Lorsque le débiteur hérite de son créancier.
3. Paragraphe 3 : La Prescription
○ La prescription est de deux sortes:
■ Lorsqu'elle permet d'acquérir un droit par l'écoulement du temps. Tel est
le cas de l'article 250 de la loi 39-08 formant code des droits réels.
■ Elle permet d'éteindre une dette par l'écoulement d'un certain laps de
temps. Tel est le cas de l'Art. 387 du DOC.
○ Effets: Elle ne s'éteint pas d'office mais doit être invoquée par celui qui y a
intérêt. Le délai commence à partir du jour de l'exigibilité de la créance. Elle a
pour effet aussi l'extinction des accessoires de ladite obligation (les
hypothèques, les intérêts...).
Section 2 : Les Causes Normales d'Extinction de l'Obligation
1. Paragraphe 1 : La Nullité et la Rescision
○ La Nullité:
■ Sanctionne la violation des règles protectrices de l'intérêt général (ex:
l'illicéité de l'objet ou de la cause).
■ La nullité ne peut avoir lieu que dans certains cas: Absence des
conditions substantielles de l'obligation déterminées par l'Art. 2 du DOC
OU lorsque la loi édicte la nullité dans un cas bien précis.
■ Le contrat nul est considéré comme un contrat qui n'a jamais été conclu.
■ Le jugement dans ce cas n'est que déclaratif de nullité.
○ La Rescision:
■ Sanctionne la violation des règles protectrices de l'intérêt privé.
■ Le contrat qui peut faire l'objet de rescision est un contrat entaché d'un
vice afférent à sa validité (erreur, dol, violence).
■ Le contrat ne prend fin que par l'intervention du juge.
■ Le jugement prononçant la rescision produit un effet rétroactif.
■ L'obligation faisant l'objet d'une action en rescision peut être rectifiée par
la confirmation de la personne qui en bénéficie.
2. Paragraphe 2 : La Résolution du Contrat
○ La résolution judiciaire: N'a pas lieu de plein droit mais nécessite une
décision judiciaire. L'action est valable si précédée d'une mise en demeure
(Art. 259 DOC).
○ La résolution conventionnelle (Art. 260 du DOC): Il y a lieu lorsque le
contrat comporte une clause prévoyant la résolution en cas d'inexécution.
Elle a un effet rétroactif à l'égard des parties et des tiers.
○ La résolution de plein droit: Se produit en principe du fait que la chose qui
en fait l'objet est devenue impossible (naturellement ou juridiquement), sans
l'intervention du fait ou de la faute du débiteur et avant qu'il soit en demeure.
3. Paragraphe 3 : La Résiliation Conventionnelle
○ Les parties conviennent d'un commun accord de s'en départir, dans les cas
où elle est permise par la loi, moyennant un nouveau contrat qui éteint les
effets de l'ancien.
○ Cet acte est soumis aux règles générales des obligations contractuelles.
○ Quant aux conditions de forme, il est soumis aux formes de l'écrit imposées
par le législateur comme condition de validité.
○ La résiliation conventionnelle a un effet rétroactif.