Fatima
Fatima
FINALE DU
DÉMON
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Avant-propos
Depuis un demi-siècle, une histoire étrange se déroule à l'intérieur de l'Eglise Catholique qui
pourrait avoir de graves implications pour le monde entier.
Comme l'explique ce livre, le nœud de l'histoire est un message du Ciel et donc une
affaire de foi et de croyance. On pourrait croire qu'elle ne concerne que les Catholiques et les
dirigeants de l'Eglise, mais il y a — beaucoup plus.
Le message a été transmis d'une manière unique dans l'histoire de l'Eglise et sa forme et
son contenu sont également uniques, ce qui le classe dans une catégorie à part; il ne peut être
relégué dans la vaste catégorie des «révélations privées» comme en ont reçu différents saints
et mystiques catholiques au cours des siècles. S'il en était ainsi, des non-Catholiques et même
beaucoup d'autres pieux Catholiques seraient libres de n'en pas tenir compte. Mais ignorer ce
message particulier est impossible pour des Catholiques et peut-être aussi imprudent pour
toute autre personne sur cette planète troublée.
Le message en question fut confié par la Sainte Vierge Marie à trois petits bergers près de
la petite ville de Fatima (Portugal) en 1917. Loin d'être un événement privé, il fut livré
accompagné d'un miracle public devant 70 000 témoins, et rapporté à l'en-tête des journaux
du monde entier. Aucune autre apparition, pas même celles qui se rattachent aux sanctuaires
mondialement célèbres de Lourdes en France ou de Guadalupe au Mexique, n'a été
authentifiée de manière aussi spectaculaire. C'est ce qui met ces apparitions elles-mêmes à
part de tous les événements précédents de ce genre, mais ce n'est là que l'un des aspects
uniques de Fatima.
Quand le contenu du message reçu par les enfants fut révélé, il était également unique
dans les annales du Christianisme. Il contenait une requête aussi bien que l'avertissement de
futurs châtiments si la requête n'était pas observée.
Jamais auparavant n'a été rapporté un message de ce genre, public ou privé, par aucun
témoin d'apparition.
Comme dans tous les cas de ce genre, le Vatican a soumis les événements de Fatima à un
examen méticuleux. Habituellement, l'Eglise hésite à reconnaître de tels faits, souvent tout à
fait subjectifs et difficiles à vérifier. Cependant, en ce qui concerne Fatima, la hiérarchie
catholique, depuis les évêques locaux du Portugal jusqu'à une série de Papes du Vatican, à
l'unanimité, a considéré les apparitions de Fatima comme «dignes de foi.» Le Pape Jean-Paul
II est allé jusqu'à dire que le Message de Fatima «impose une obligation» à l'Eglise. Cette
approbation hiérarchique unanime au cours des années a solidement renforcé la conviction
des fidèles catholiques sur l'authenticité des apparitions de Fatima en tant que message
céleste.
Mais alors le 26 juin 2000, l'histoire de Fatima a pris un étrange virage. Ce jour- là, le
Cardinal chargé de la doctrine catholique au Vatican et son subordonné immédiat ont tenu une
conférence de presse que le Los Angeles Times a présenté comme une tentative de
«déboulonner en douce le culte de Fatima.» Le thème de la conférence de presse était que les
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prophéties de Fatima sont dans la catégorie de «révélations privées» et que, de toute façon,
elles «appartiennent au passé.»
Que s'est-il passé? Comment les apparitions de Fatima sont-elles passées d'une
déclaration officielle, qui les reconnaissait dignes de foi, à un déboulonnement officiel par un
Cardinal de haut rang? Et qu'en est-il du message avec sa requête et sa menace de châtiment?
Voilà les questions que pourrait bien se poser tout catholique réfléchi, étant donné l'étrange
comportement des chefs de l'Eglise dans cette affaire. Mais, après considération du contenu
du message, ce sont aussi des questions que pourrait se poser tout être humain sur terre.
Bien entendu, cette cérémonie ne peut être accomplie que par l'Eglise Catholique.
Cependant, la menace qui accompagne la requête s'étend bien au-delà de l'Eglise Catholique.
Si la Consécration se fait, dit le message, «une période de paix sera accordée au monde.»
Sinon, avertit le message, entre autres choses, «plusieurs nations seront anéanties.»
Est-ce une menace crédible? Faut-il que les non-Catholiques et les non-Chrétiens s'en
inquiètent? A première vue, on pourrait penser que non, mais la question mérite d'être
examinée de plus près. Il n'est pas nécessaire de croire absolument, venu du Ciel, ce message
pour lui donner une sérieuse considération. C'est ce qui donne à Fatima sa dimension
mondiale.
Avec l'approbation du Vatican pour les apparitions et l'enjeu de l'annihilation possible des
nations, on pouvait croire que la consécration aurait été accomplie il y a longtemps. Après
tout, elle n'exige qu'une simple cérémonie traditionnelle qui évidemment ne peut nuire à
personne. Et même si le message n'a que la chance la plus lointaine d'être authentique, le
bienfait de l'accomplissement de la cérémonie selon la requête pourrait être de valeur
incalculable. Vu les circonstances, même le plus sceptique des étrangers à l'Eglise pourrait
bien penser que la consécration «mérite un essai.»
Et pourtant, pour des raisons connues seulement d'un petit groupe de fonctionnaires du
Vatican, la requête de Fatima n'a pas été honorée, même si l'Eglise en a connaissance depuis
au moins six décennies. A différentes reprises, plusieurs consécrations officielles ont été
accomplies dont l'une a même nommé explicitement la Russie, mais dans tous les cas, on a
évité d'accomplir les exigences spécifiques requises à Fatima: que le Pape et les évêques
catholiques du monde consacrent la Russie nommément dans une cérémonie publique
solennelle. Le plus récent exemple fut une consécration du monde, à Rome, en 2001 par le
Pape Jean-Paul II et 1 500 évêques en visite. Beaucoup pensaient que le Pape pourrait saisir
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l'occasion pour accomplir la requête de Fatima, mais à leur déception, la Russie ne fut pas
mentionnée.
Pour l'intérieur comme pour l'extérieur de l'Eglise, le Vatican semble traiter cette affaire
avec une inconsistance étrange par rapport à ses propres modèles et traditions. Il montre aussi,
semble-t-il, une insouciance dédaigneuse pour la sécurité, non seulement des fidèles
catholiques, mais également du reste de l'humanité. Si la menace de Fatima est authentique, le
prix du refus du Vatican pourrait, à la vérité, être très élevé — et il serait payé par toute
l'humanité.
Comment et pourquoi en est-il ainsi, tel est le thème de ce livre. L'histoire qu'il raconte
implique un mélange de faits et de questions de foi. Pour les non-croyants, il se peut que les
faits n'aboutissent pas à une conclusion d'authenticité pour le message, mais ils vont loin dans
cette direction — assez loin pour persuader beaucoup d'esprits ouverts de considérer
l'authenticité comme une vraie possibilité. Et pour ceux qui partagent la foi catholique, les
faits vont beaucoup plus loin en affirmant l'authenticité et soulevant des questions alarmantes
sur l'état de la hiérarchie de l'Eglise aujourd'hui.
L'histoire montre le Vatican sous une série de changements qui d'abord le mènent à
reconnaître Fatima, puis à jeter le doute, puis à le taire et finalement à l'écarter complètement.
Suivre ce processus est difficile, d'autant plus que ce qui se passe au Vatican se fait en secret
et que les attitudes doivent être décodées à travers des déclarations souvent occultes.
Nul ne peut voir dans les cœurs et les esprits des fonctionnaires du Vatican, qui ont
conspiré pour traiter de cette manière le Message de Fatima. On ne peut les juger que par
leurs actions et par les conséquences logiques de leurs vœux déclarés. Quand on les analyse,
comme dans ce livre, il en émerge l'image troublante d'une Eglise divisée contre Elle-même
par une fissure qui va droit au sommet.
Cette histoire comporte un aspect ironique qui ne sera pas perdu pour les non-croyants.
Les faits relatés dans ce livre convaincront beaucoup de non-Catholiques à l'esprit ouvert au
moins de la possibilité de l'authenticité de Fatima. Si on peut dire cela à propos de personnes
de l'extérieur, combien plus devrait être convaincante cette histoire pour les Catholiques? Et
pourtant, alors que cette histoire mène les non-croyants à la croyance, elle semble avoir l'effet
contraire sur certains fonctionnaires du Vatican. Ironiquement, certaines des personnes les
moins susceptibles de croire à Fatima se trouvent parmi celles qui devraient en être les plus
susceptibles. Des croyances autrefois essentielles à la foi catholique sont aujourd'hui
abandonnées, non par les fidèles du rang, mais par certaines des autorités les plus élevées de
l'Eglise.
Ironie supplémentaire: la position du Pape dans cette affaire. Comme tous ses
prédécesseurs depuis les apparitions de Fatima, Jean-Paul II a professé, ouvertement et à
plusieurs reprises, sa foi en l'authenticité des apparitions. Il a visité trois fois le sanctuaire de
Fatima et attribue à Notre-Dame de Fatima d'avoir survécu en 1981, à une tentative
d'assassinat. Et pourtant même le Pape semble impuissant à empêcher un point de vue fort
différent sur Fatima chez ses Cardinaux de premier rang. Il n'était pas présent à la conférence
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de presse de juin 2000 mentionnée plus haut où deux des fonctionnaires au sommet se sont
efforcés de saper la crédibilité des prophéties de Fatima et de les reléguer au passé.
On pourrait penser que le Vatican se refuse à consacrer la Russie uniquement pour ces
raisons politiques. Mais est-ce vraiment crédible? Etant donné ce qui est en jeu, le Vatican
risquerait-il l'anéantissement des nations simplement pour éviter un incident diplomatique
avec les Russes? La Russie serait-elle vraiment offensée par une cérémonie qui effectivement
confierait ce pays au soin de la Mère de Dieu? Et même si la Russie était offensée, que se
passerait-il? Que pourrait-on faire de pire que le châtiment promis pour ne pas avoir consacré
la Russie, c'est-à-dire «plusieurs nations seront anéanties»?
Ce livre révèle et étudie les manœuvres politiques qui ont clairement influencé des
attitudes envers Fatima parmi quelques diplomates de haut niveau du Vatican. On ne peut
guère douter que les architectes de l'«Ostpolitik» de conciliation du Vatican se trouvent
incommodés par le Message de Fatima. Mais il semble pourtant invraisemblable que ces
considérations diplomatiques suffisent à persuader le Vatican de ne pas faire cas d'un message
venu du Ciel. Pour qu'il en soit ainsi, il faut une autre mise en œuvre, quelque chose de plus
profond et de plus sombre que la politique mondiale.
Ce malaise plus profond et plus sombre est le thème ultime de ce livre. Il révèle comment
l'Eglise Catholique a subi des transformations qui ont laissé dans la confusion de nombreux
fidèles. En même temps, de l'extérieur, on voit maintenant une Eglise gardant une apparence
de normalité de fonctionnement qui masque seulement les transformations radicales derrière
cette façade.
Vue de loin, l'Eglise Catholique apparaît comme une institution qui ne change que
lentement et à contre-cœur. Le procédé de réforme inauguré par le Vatican II dans les années
1960, a mené l'Eglise à des changements sans précédent (par exemple messes vernaculaires,
abandon de l'habit clérical distinctif, etc.) qui, peut-être, semblaient dramatiques pour ceux de
l'intérieur, mais presque invisibles à l'extérieur. En comparaison des modes séculières de la
dernière moitié du 20ème siècle, l'Eglise semblait résister aux changements, maintenir son
enseignement sur des points tels que le célibat sacerdotal, l'ordination des femmes, la
contraception, le divorce et l'avortement. A tous ces points de vue, l'Eglise semble maintenir
fermement les positions retranchées qu'Elle garde depuis des siècles.
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L'Eglise Catholique aujourd'hui n'est pas telle qu'Elle paraît et la différence entre les
perceptions publiques et l'exacte réalité va s'élargissant de jour en jour.
Alors que des traditions ont été officiellement maintenues à certains points de vue, dans
d'autres domaines, elles ont été abandonnées ou sapées. Et tandis que des positions encore
maintenues ont attiré l'attention du public, d'autres abandonnées ou sapées ont été simplement
reconnues pour telles. Les Catholiques qui autrefois partageaient dans le monde entier, une
certaine somme de croyances communes se trouvent maintenant à la dérive en différents sens
et différents lieux, à la suite d'un gouvernement contradictoire et incertain à tous les niveaux.
L'Eglise Catholique, monolithique de réputation, n'est plus monolithique du tout; Elle est
pleine de fractures que ce livre fait remonter à leur source. Il nous montre un gouvernement
de l'Eglise fragmenté où la première fissure sépare un Pape, ardent croyant, de ses
subordonnés immédiats, qui sont tout autre chose.
Quatre de ces fonctionnaires de haut rang sont examinés de près dans ce livre, qui fournit
une ample documentation sur leur tentative de «fermer le livre» de Fatima comme expression
politiquement incorrecte de la foi catholique traditionnelle. Alors qu'il est impossible d'avoir
la certitude de leurs motivations personnelles, il est également impossible d'éviter la
conclusion que leurs agissements ont contribué à la crise actuelle de la foi et de la discipline
dans l'Eglise.
Maints commentateurs catholiques ont noté que, à l'ère post-conciliaire, des croyances,
autrefois partagées par tous les Catholiques pratiquement, sont maintenant marginalisées et
réduites à l'état de dévotion personnelle. Au premier rang, la foi dans les apparitions, les
miracles et les prophéties. Au cours des siècles, l'Eglise Catholique a élevé au rang des Saints,
bien des centaines dont chacun fut canonisé sur la base de miracles accomplis par son
intercession. Beaucoup de ces mêmes Saints ont connu des apparitions du Christ ou de la
Vierge Marie. La tradition catholique affirme la foi en un dialogue entre la terre et le Ciel, par
la médiation de Saints visionnaires, qui s'illustrent comme prophètes de leur temps et qui
authentifient leurs prophéties par des miracles. Loin de maintenir cet aspect séculaire de la foi
chrétienne, certains des fonctionnaires du Vatican d'aujourd'hui se font un devoir d'affirmer
que «les apparitions privées» peuvent être dédaignées comme «non essentielles» à la foi — y
compris les apparitions de Fatima, bien que Fatima nous avertisse d'une catastrophe
planétaire.
C'est simple: il n'est plus possible de déterminer clairement ce que croient, en fait,
certains fonctionnaires à la tête du Vatican. Le fonctionnaire clé à cet égard, porte le nom de
Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ce poste, traditionnellement, est occupé
par un homme engagé de manière absolue et indiscutable à la préservation de la doctrine
catholique. Aujourd'hui, le poste est occupé par le Cardinal Joseph Ratzinger dont les
déclarations concernant la doctrine catholique (en de nombreux entretiens et même dans
certains discours officiels) sont si chargées d'ambiguïté que même les experts en théologie
sont incapables de dire avec certitude ce qu'il croit réellement en beaucoup de domaines.
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Tout cela, de l'extérieur, peut sembler en dehors de la question et c'est exact, à bien des
égards. Il n'est d'aucun intérêt pour les non-Catholiques et les non-Chrétiens que les
Catholiques assistent à la messe latine traditionnelle ou à une messe moderne en langue
vernaculaire, ou récitent le rosaire ou non. Ce que pense le Cardinal Ratzinger sur des
questions de doctrine catholique, ne signifie généralement rien pour ceux de l'extérieur.
Mais ce que pense le Cardinal Ratzinger sur les apparitions, les miracles et les prophéties
a de l'importance. Cela importe, car s'il ne croit pas aux apparitions de Fatima, méprise le
Miracle du Soleil, et ne fait pas de cas des prophéties du Message de Fatima, il met peut-être
en danger le monde entier.
Ceux de l'extérieur souhaiteraient peut-être que ce fût purement une affaire interne de
l'Eglise, mais non. Ce n'est pas nécessaire d'être Catholique pour s'interroger sur Dieu et
comment Dieu pourrait choisir de communiquer avec l'humanité. Les personnes qui manquent
de foi en toute religion particulière ne nient pas, habituellement, l'existence de Dieu,
simplement elles ne savent pas si Dieu existe. Dans cet état d'incertitude, comment pourrait-
on biffer quelque chose? Dieu pourrait bien choisir de communiquer avec la race humaine par
le Message de Fatima, si bizarre que cela puisse paraître à beaucoup. Comme la Bible nous le
dit avec sagesse, les voies de Dieu ne sont pas les nôtres.
L'issue finale n'est donc pas simplement ce que croit l'Eglise Catholique, mais ce que cela
pourrait signifier pour l'humanité dans son ensemble. Cette situation invite chacun,
Catholique ou non, Chrétien ou non, à considérer comme possible l'authenticité du Message
de Fatima. Si impossible que cela puisse sembler superficiellement, il y a quelques preuves
persuasives pour soutenir cette idée. L'investigation exhaustive du Vatican n'a trouvé aucune
des inconsistances, des contradictions ou divergences qui souvent invalident des événements
de ce genre. Au contraire, ils ont trouvé tout en ordre. Ils ont aussi reconnu la nature unique
du Miracle du Soleil en présence de milliers de témoins, encore sans explication scientifique
adéquate.
Quand le contenu du message fut plus largement divulgué dans les années 1940, les
renforts d'authenticité commencèrent à s'accumuler. Le message contenait une série de
prophéties dont chacune s'est réalisée comme prédit. Celles-ci comportaient la fin de la
Première Guerre Mondiale, l'élection du Pape Pie XI, le commencement de la Seconde Guerre
Mondiale, et l'expansion de la Russie communiste. Les preuves se sont avérées suffisantes
pour susciter la foi de six papes successifs depuis les apparitions et celle de millions de fidèles
catholiques. Elles ont aussi persuadé le Vatican, sous le Pape actuel, de béatifier les deux
témoins décédés des apparitions, François et Jacinthe Marto et de commémorer les apparitions
de Fatima au Missel romain, livre officiel du culte catholique utilisé par l'Eglise Catholique
Romaine pour la célébration de la messe.
Pourtant une autre prophétie de Fatima, qui n'a encore été que partiellement révélée,
constitue le Troisième Secret de Fatima. Le témoignage esquissé dans ce livre insiste
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fortement sur la prédiction de graves problèmes dans le gouvernement de l'Eglise, problèmes
qui portent une étrange ressemblance avec ce qui se passe en fait dans l'Eglise d'aujourd'hui.
La plupart des Catholiques ont été accablés par la cascade récente de révélations sur les
abus sexuels vis-à-vis d'enfants et d'adolescents, pratiqués par des membres du clergé. Affaire
absolument sans précédent dans l'histoire de l'Eglise, même à l'époque médiévale où
beaucoup de prélats de haute condition tournaient le célibat en ridicule. Dans leur recherche
d'explication pour cette situation épouvantable, il se pourrait bien que les Catholiques et
d'autres regardent en direction du Troisième Secret encore non révélé.
Ce livre fournit de bonnes raisons de croire que le Troisième Secret prédit exactement ce
qui se passe aujourd'hui. Des scandales dans le clergé, c'est le commencement des châtiments
promis si la consécration n'est pas faite. Alors que le monde entier sera puni en dernier lieu, la
punition tombe d'abord sur l'Eglise Elle-même. Le flétrissement du Sacerdoce Catholique et
sa dégradation morale sont simplement les premiers signes d'une calamité qui, en dernier lieu,
engloutira l'humanité toute entière.
Le fait que les quatre bureaucrates du Vatican examinés dans ce livre soient allés loin
pour mettre au repos la question de Fatima, en cachant encore le texte du Troisième Secret,
apporte un ferme soutien à cette interprétation. Il est clair que ces officiels ont encore quelque
chose à cacher. Autrement, pourquoi ne pas publier le document en question, et pourquoi ne
pas autoriser Sœur Lucie dos Santos, seul témoin survivant des apparitions, à en attester
l'authenticité?
Pour clore l'affaire, il semble évident que la véritable raison pour le Vatican de ne pas
accomplir la Consécration, c'est que le faire serait authentifier le Message de Fatima. Et le
faire, d'autre part, authentifierait l'apostasie prophétisée qui atteint même l'intérieur du
Vatican. Les fonctionnaires incroyants ne vont pas se livrer en tenant compte d'un message
qui les montre du doigt. Au lieu de cela, ils ont essayé d'enterrer le message, de manière à
éviter de donner crédit à ce que le Vatican lui-même avait précédemment déclaré digne de foi.
Pratiquement, à toute autre ère de l'histoire de l'Eglise, les membres à l'échelon supérieur
du Vatican auraient été au premier rang de ceux qui croient en un message du Ciel délivré
d'une façon si convaincante. Ils n'auraient pas perdu de temps avant d'en tenir compte et d'en
accomplir la requête. Avec la confusion consécutive au Concile Vatican II et la rapide
avancée de la sécularisation dans toutes les institutions, y compris l'Eglise dans les 40
dernières années, un tel message reçoit maintenant un accueil hostile, même de la part de
certains fonctionnaires du Vatican. En ne faisant pas cas du message, ces prélats se placent
non seulement hors des rangs des croyants, mais encore hors des rangs des non-croyants
munis du sens commun parce qu'ils n'ont même pas envie de donner au message un essai en
quelque manière — juste au cas où ...
Sous ce rapport, la Bible offre un exemple éclairant. Le quatrième livre des Rois (4, Rois,
5:1-15 — référence pour certaines Bibles: 2, Rois 5:1–15) raconte l'histoire de Naaman,
gouverneur de l'armée de Syrie, envoyé par son roi au prophète Elisée en Israël pour obtenir
la guérison miraculeuse de sa lèpre. Sans l'avoir rencontré en fait, Elisée prescrivit à Naaman
de se baigner sept fois dans le Jourdain afin d'être guéri. Naaman fut indigné que Elisée ne
soit pas venu en personne lui administrer sa guérison. Simplement se baigner dans le
Jourdain, à son avis, ne pouvait absolument pas faire meilleur effet que se baigner dans
n'importe lequel des beaux fleuves de Syrie. Rejetant comme insignifiantes les instructions du
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prophète, Naaman se préparait à repartir, mais ses conseillers l'en dissuadèrent. Ils avancèrent
que si le prophète lui avait demandé, pour sa guérison, quelque acte difficile, Naaman l'aurait
fait. Donc pourquoi ne pas suivre, au lieu de cela, la prescription très commune qu'il lui avait
faite? En effet, ils lui dirent: Pourquoi ne pas l'essayer, puisque c'est si simple? Là dessus,
Naaman fut d'accord de faire un essai et bien sûr, à son septième bain dans le Jourdain, sa
lèpre disparut.
De l'extérieur, il peut sembler incroyable qu'un petit groupe d'incrédules de haut niveau
puisse bloquer une action si ardemment désirée par des nombres énormes de croyants. Pour le
comprendre, il faut considérer la structure de l'Eglise qui est très différente d'une démocratie.
Les évêques de l'Eglise Catholique ne sont pas choisis par les fidèles, ni même par leurs pairs.
Ils sont choisis par le Pape et consacrés par lui ou (plus généralement) par un évêque déjà créé
et le pouvoir conféré par cette consécration leur vient directement de Dieu. Une fois consacré,
chaque évêque en définitive, est responsable devant Dieu seul et au-dessous de Dieu, doit
obéissance en affaires d'Eglise, au Pape seul.
Etant donné le caractère des temps et le style d'administration du Pape actuel, il est
certain que le Pape ne donnera aucun ordre direct aux évêques, s'il n'y a pas tout d'abord entre
eux un consensus général.
Tout cela pour dire qu'en définitive, c'est l'affaire des évêques de l'Eglise, au nombre de 4
500 environ, de se mettre d'accord volontairement pour faire la consécration telle qu'elle est
demandée. Etant donné leurs vastes pouvoirs sur les nominations, promotions et autres
privilèges, il est facile pour le petit groupe en fonction au Vatican d'empêcher l'émergence
éventuelle d'un accord si spontané.
Aujourd'hui, de toute évidence pour le clergé catholique, élever la voix pour Fatima vaut
un billet de non retour pour l'oubli en ce qui concerne tout prêtre, évêque ou même cardinal.
Donc la plupart des évêques gardent le silence à ce sujet, quoi qu'ils pensent ou croient en fait.
De même pour les prêtres, plus vulnérables encore à une sanction pour avoir été
«politiquement incorrects.»
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L'Eglise Catholique a entre les mains un remède qui pourrait opérer ce que nul autre ne
sait faire — apporter la paix à ce monde indéfiniment déchiré par la guerre. D'après le cas
évident présenté dans ce livre, ceux qui empêchent l'essai de ce remède ont beaucoup à
répondre. Aussi bien au monde qu'aux fidèles catholiques, ils doivent une explication de leur
conduite. De plus, étant donné son importance pour le monde en général, l'occultation du
Message de Fatima est encore plus une circonstance d'outrage public que les occultations
épiscopales d'inconduite sexuelle des prêtres, étalées dans la presse en l'année 2002.
Le chapitre final de ce livre offre des suggestions sur ce que pourraient faire des
personnes, tant croyantes que non-croyantes, pour persuader les dirigeants de l'Eglise
Catholique, d'agir à la fois pour le meilleur intérêt de l'Eglise et celui de toute la race
humaine. Comme le montre clairement ce livre, les Catholiques aussi bien que les non-
Catholiques, ont beaucoup à gagner, et beaucoup à perdre si le Message de Fatima continue à
être méprisé par les hommes mêmes qui sont chargés d'en accomplir les impératifs.
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Coopérateurs:
Andrew Cesanek a obtenu une licence d'ingénieur en électricité de l'université publique de
New York à Buffalo et une Maîtrise d'Ingénieur en Electricité et Informatique de l'Université
du Massachusetts. Il a travaillé comme ingénieur de Software à Motorola pendant 15 ans
avant de se retirer de la profession d'ingénieur. Maintenant il est à plein temps chercheur et
écrivain pour Fatima Center.
Mark Fellows est un écrivain catholique connu pour de nombreux articles dans différents
journaux catholiques dont The Remnant et Catholic Family News. Il est l'auteur des livres The
Ninth Pius sur la vie du Bienheureux Pape Pie IX, A Second Coming (Un Second Avènement)
sur le Saint Suaire de Turin et de récemment paru Fatima in Twilight.
Le Père Nicholas Gruner, S.T.L., S.T.D. (Cand.) dirige l'une des œuvres de Fatima les plus
vastes du monde avec plusieurs sièges autour du globe. Il fait des conférences partout en
Amérique du Nord sur le sujet de Fatima et publie la revue The Fatima Crusader. Il publie
aussi l'émission télévisée «Fatima: ‘The Moment Has Come’» («Fatima: ‘Le Moment Est
Venu’») et l'émission de radio «Heaven's Peace Plan» («Le Plan Céleste de Paix»).
Le Père Gregory Hesse, S.T.D., J.C.D. fut ordonné en 1981 à la Basilique Saint-Pierre. Il
possède un doctorat en théologie thomiste ainsi qu'en Droit Canon. De 1986 à 1988, il a été
secrétaire au service du Cardinal Stickler au Vatican. Depuis 1991, il a travaillé en Autriche,
en Allemagne et aux Etats-Unis; donnant des conférences et publiant des articles de théologie
qui ont paru dans Catholic Family News, The Fatima Crusader et autres revues.
Le Père Paul Kramer, [Link]., S.T.B., [Link]., S.T.L. (Cand.) est conférencier et auteur de
nombreux articles sur la Foi Catholique et sur ce qui concerne Fatima. Le Père Kramer a
obtenu ses Diplômes de Philosophie et de Théologie à l'Angelicum de Rome et sa Maîtrise de
théologie au Collège des Saints Apôtres à Connecticut. Il est l'auteur du livre The Theological
Vindication of Roman Catholic Traditionalism et prépare une édition de ce livre
abondamment mise à jour sous le titre The Suicide of Altering the Faith in the Liturgy.
John Vennari est écrivain, chercheur, catéchiste et rédacteur du journal mensuel Catholic
Family News. Ses articles ont aussi paru dans des publications telles que Christian Order et
The Angelus. Il est l'auteur des livres: Close-ups of the Charismatic Movement et The
Permanent Instruction of the Alta Vendita, a Blueprint for the Subversion of the Catholic
Church.
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Préface du Rédacteur
L'homme hypothétique de la rue serait surpris d'apprendre que l'attaque terroriste du 11
septembre 2001 et le scandale sexuel qui détruit actuellement l'Eglise Catholique sont des
événements étroitement liés. Ils sont en fait étroitement liés cependant. La relation devient
évidente quand les deux événements sont considérés à travers le prisme du Message de
Fatima.
On dit souvent que tel va l'Eglise, tel va le monde. C'est essentiellement l'avertissement
de la Mère de Dieu quand Elle est venue à Fatima, Portugal, il y a 85 ans, dans une série
d'apparitions authentifiées par un miracle public sans précédent dans l'histoire du monde.
Depuis ce temps-là, les admonitions prophétiques du Message de Fatima se sont toutes
accomplies à la lettre — sauf une: l'anéantissement de plusieurs nations, dont la Vierge de
Fatima nous a dit que ce serait l'ultime conséquence d'avoir failli à honorer Ses requêtes.
Les apparitions de Fatima ont été déclarées authentiques par une série de Papes et sont
maintenant commémorées dans le Missel Romain (Livre de base du culte catholique), par
décret du Pape Jean-Paul II. Et cependant, ce qui doit être vu comme un mystère d'iniquité,
les simples requêtes de la Vierge demeurent non accomplies à cause de décisions conscientes
de la part de certains prélats au plus haut rang de l'Eglise Catholique. Le résultat, tout comme
Elle l'a prédit, c'est une crise toujours plus profonde dans l'Eglise et le monde, accompagnée
d'un sentiment de plus en plus net, même parmi les non-Catholiques, d'assister à un
commencement d'apocalypse.
Ce livre fut conçu, à l'origine, comme une compilation de certains écrits et discours plus
importants à propos de Fatima en ces dernières années!1 On espérait que recueillir ces œuvres
sous un seul titre leur donnerait plus vaste distribution et plus longue vie sur les étagères.
Mais cette idée fut bientôt supplantée par une meilleure: refondre les articles et discours en un
livre intégral avec un thème d'ensemble cohérent. Avec la permission des auteurs, le Père Paul
Kramer et le personnel de rédaction de l'Association Missionnaire ont sculpté les articles et
discours (en ajoutant beaucoup de nouveaux éléments) pour une œuvre différente de tout ce
qui a été publié jusqu'à présent sur Fatima.
Les événements stupéfiants de Fatima ne furent pas quelque spectacle inutile, car Dieu ne
s'engage pas dans des spectacles inutiles. La Mère de Dieu est venue sur la terre avec nos
circonstances actuelles clairement en vue, et avec la sollicitude d'une mère, Elle nous a offert
le moyen d'en sortir — le moyen choisi par Dieu pour notre temps. Dans ce cas, on ne peut
comprendre l'état de l'Eglise et du monde aujourd'hui sans comprendre ce qui s'est passé à
Fatima.
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Il faut aussi comprendre l'étrange effort systématique de certains ecclésiastiques
catholiques pour faire obstruction à l'accomplissement des impératifs célestes du Message de
Fatima, y compris la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie; la conversion
miraculeuse de la Russie au Catholicisme; et le triomphe du Cœur Immaculé de Marie qui en
résultera dans une période de paix mondiale. L'importance capitale de Fatima dans le schéma
des événements mondiaux actuels est démontrée par les seuls récents efforts, presque
frénétiques, de certains fonctionnaires du Vatican, pour «démolir» et «démystifier» Fatima,
afin d'éviter d'offenser différents éléments extérieurs à l'Eglise — surtout l'Orthodoxie russe,
dont l'implacable opposition à Rome est aussi intense que jamais après quarante ans de
«dialogue œcuménique» inutile avec les représentants du Vatican. Les pages qui suivent
présentent la preuve contre les ecclésiastiques les plus éminents impliqués dans cette
campagne contre Fatima, en déposant à leurs pieds une vaste part de blâme à cause de la crise
de l'Eglise et de la crise mondiale qu'il nous faut tous affronter.
A ceux qui trouvent scandaleuse notre entreprise d'exposer leur campagne contre Fatima,
nous pouvons seulement répondre par les paroles de la Vierge Elle-Même: «Si l'on écoute
Mes demandes, la Russie se convertira et l'on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à
travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Eglise. Les bons seront
martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.» La
Russie ne s'est pas convertie. Les erreurs de la Russie, y compris l'holocauste de l'avortement
«légalisé», se sont répandues à travers le monde. Il n'y a pas de paix. Et aujourd'hui même les
non-Catholiques et les incroyants vivent dans la crainte de l'anéantissement des nations. Pour
faire écho aux paroles du Pape Saint Grégoire le Grand, mieux vaut que survienne le scandale
plutôt que soit cachée la vérité — surtout lorsque, la vérité comme dans ce cas, pourrait
détourner un désastre mondial.
Nous soumettons cette œuvre au jugement du Pape et à votre jugement, lecteur. Nous
soumettons cette œuvre au public parce que de nombreuses suppliques privées, adressées sur
plus de cinq ans aux autorités supérieures de l'Eglise, ont toutes été inefficaces. Pendant ce
temps, l'entourage d'un Pape de plus en plus fragile le rend effectivement incapable de
répondre à des pétitions provenant du clergé et des laïcs du rang commun. En ce moment
même, le compte à rebours de la vie du Pape est commencé, avec d'éventuels successeurs au
trône papal manoeuvrant pour des postes avantageux au prochain conclave. Comme le montre
l'occultation épiscopale, depuis plusieurs décennies, des scandales sexuels parmi les prêtres, le
forum public, dans les circonstances actuelles, est le seul forum ouvert aux Catholiques qui
cherchent amendement de justes griefs affectant toute l'Eglise.
Notre motivation pour présenter ce livre est celle de fils et filles de l'Eglise, qui
connaissent et aiment la Foi et croient en conscience que le courant actuel suivi par certains
dirigeants de l'Eglise est gravement erroné, comme devraient le révéler clairement à tout
observateur objectif des événements récents dans l'Eglise Catholique. Si nous avons fait des
erreurs dans l'un ou l'autre des faits cités, la logique et les conclusions, ou commis quelque
injustice, il serait alors du devoir du lecteur de nous présenter, non des injures ou des attaques
sans fondement, mais une légitime correction basée sur des faits — pour notre propre bien et
le bien de l'Eglise. Mais si le cas que nous présentons est bien fondé, alors survient un autre
devoir pour le lecteur: le devoir d'agir sur les preuves que nous avançons — maintenant,
pendant qu'il est encore temps.
16
Notes:
1. Voici parmi les nombreuses sources de ce livre: «Y a-t-il Deux Manuscrits Originaux du Troisième Secret»?,
par Andrew M. Cesanek (The Fatima Crusader, N° 64, Printemps 2000); «Le Troisième Secret du Cardinal
Ratzinger» par le Père Gregory Hesse (The Fatima Crusader, N° 66, Hiver 2001); «Chronologie d'une
Occultation» par le Père Paul Kramer (publié sur [Link]); «La Franc-Maçonnerie et la Subversion dans
l'Eglise (la Alta Vendita)» par John Vennari (transcription d'un discours de la Conférence sur Fatima à Rome;
octobre 2001); «Cela n'ajoute Rien» par John Vennari (The Fatima Crusader, N° 70, Printemps 2002);
«Entendons le Témoin, pour l'Amour du Ciel» Christopher Ferrara (The Fatima Crusader, N° 70, Printemps
2002); «Lucie et les Pirates», par Mark Fellows (The Fatima Crusader, N° 70, Printemps 2002); «La conférence
de Presse Mensongère du 26 Juin 2000» par le Père Paul Kramer (Transcription de discours de la Conférence sur
Fatima à Rome, octobre 2001); «Notre-Dame de Fatima contre le Désir de Détruire notre Patrimoine
Catholique» par John Vennari (Transcription de discours au Rally de Fatima contre le Terrorisme, New York,
novembre 2001); «La ‘Ligne du Parti’ et sa Relation avec Fatima» par le Père Paul Kramer (Transcription de
discours de la Conférence sur Fatima à Rome, octobre 2001); «Le Pape Jean-Paul II Nous Donne la Clef du Vrai
Troisième Secret» Père Nicholas Gruner (Article en Trois Parties, The Fatima Crusader, N° 67-69); «La
Stalinisation de l'Eglise Catholique» (Transcription de discours de la Conférence sur Fatima à Rome, octobre
2001); «Le Troisième Secret» Père Nicholas Gruner (Transcription de discours de la Conférence sur Fatima à
Rome, en octobre 2001).
17
18
Introduction
Un grand crime a été commis contre l'Eglise Catholique et le monde en général. Les
auteurs de ce crime sont des hommes qui tiennent de hautes charges dans la hiérarchie
catholique; leur noms sera introduit dans le cours de cette présentation.
Vous êtes au nombre des victimes de ce crime, ainsi que ceux que vous aimez. Les
conséquences de ce crime ont déjà été catastrophiques et si ces responsables ne sont pas
détournés très vite de leur courant actuel, le résultat final sera bel et bien apocalyptique dans
toutes ses dimensions. En fait, même les non-Catholiques et les incroyants ont aujourd'hui le
sentiment que le monde fonce vers une apocalypse. La perpétration de ce crime est l'une des
principales raisons de cette situation.
L'affaire du crime qui nous concerne est communément connue sous le nom de Message
de Fatima. En 1917, la Mère de Dieu a livré à trois enfants pieux de Fatima, (Portugal) un
message d'extrême urgence pour l'Eglise et l'humanité; un message authentifié par un miracle
public sans précédent prédit trois mois à l'avance et dont furent témoins 70 000 personnes; un
message dont les prophéties de futurs événements mondiaux ont été jusqu'à présent accomplis
à la lettre; un message proclamé digne de foi par les plus hautes autorités de l'Eglise
Catholique; un message dont l'authenticité est attestée par une succession de Papes, y compris
le Pape régnant qui a lui-même, à maintes reprises, fait allusion aux éléments apocalyptiques
du message.
La nature du crime est une tentative systématique, depuis l'année 1960, de dissimuler,
dénaturer et nier l'authenticité de ce message, même lorsque ses prophéties alarmantes
s'accomplissent sous nos yeux mêmes. Comme nous le prouverons, cette tentative d'assassinat
du Message de Fatima, a été perpétrée par nul autre que des hommes d'Eglise au sommet
même de la hiérarchie catholique — des hommes qui appartiennent à l'organe du Vatican qui
entoure un Pape souffrant et de plus en plus affaibli.
Tout crime a un motif, en admettant que le criminel ne soit pas dément. Les hommes
impliqués dans ce crime ne sont pas déments et nous croyons qu'ils ont vraiment un motif.
Alors que parfois il peut être difficile de prouver le motif, dans ce cas les preuves du motif ne
manquent pas.
Sans présumer que les criminels soient des ennemis conscients de l'Eglise (même si
certains d'entre eux peuvent bien l'être), en se basant sur les preuves, il apparaît que le motif
probable du crime est celui-ci: les criminels reconnaissent que le contenu du Message de
Fatima, compris au sens catholique traditionnel, ne peut coexister avec des décisions prises
depuis le Concile Vatican II (1962-1965), décisions qu'ils exécutent sans dévier afin de
changer complètement l'orientation de l'Eglise Catholique. Ce changement d'orientation
convertirait (si possible) l'Eglise Catholique, institution divine qui par son activité terrestre
vise au salut éternel des âmes, en une simple coopératrice à des organisations humanitaires
pour la construction d'une «fraternité» mondiale utopique entre hommes de toutes religions ou
sans religion du tout.
Cette nouvelle orientation de l'Eglise poursuit une vision du monde aussi illusoire que
contraire à la mission divine de l'Eglise: faire de toutes les nations des disciples, les baptiser
au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Cette nouvelle orientation est, en fait, le but
caressé par ces forces organisées qui conspirent contre l'Eglise depuis presque 300 ans et dont
19
les activités se trouvent dénoncées et condamnées par plus de déclarations papales que sur
tout autre sujet dans l'histoire de l'Eglise.
Ce n'est pas dire que l'Eglise Elle-même renoncerait un jour officiellement à Sa divine
mission, ce qui est impossible selon la promesse de Notre-Seigneur concernant la survie de
l'Eglise Catholique sur cette terre jusqu'à la fin du monde. Mais il est indéniable que depuis
Vatican II une grande partie de l'élément humain de l'Eglise a effectivement cessé de
poursuivre cette mission pour une approche du monde, moderne et plus correcte
politiquement. Etant donné les promesses de Notre-Seigneur et de Notre-Dame de Fatima, la
fin de cette expérience et de la restauration de l'Eglise Catholique est inévitable, mais en
attendant, beaucoup d'âmes seront perdues éternellement et nous continuerons à connaître la
pire crise de l'histoire de l'Eglise — crise prédite, comme nous le démontrerons, par la Vierge
de Fatima Elle-même.
Les preuves montrent que le crime va jusqu'à essayer de suborner le dernier témoin
survivant du Message de Fatima, Sœur Lucie dos Santos. Sœur Lucie a été soumise à des
«entrevues» secrètes et autres formes de pression afin de parvenir à modifier son témoignage
invariable sur le contenu authentique du Message qui barre la route à la recherche de la
nouvelle orientation de l'Eglise par les coupables.
Voilà le crime et voilà le motif. Maintenant, il nous revient de prouver les deux. Nous
nous efforcerons de le faire dans les pages qui suivent, en utilisant les déclarations mêmes des
accusés; les dépositions d'autres témoins et beaucoup d'autres preuves pour établir leur
culpabilité. Et quand nous aurons épuisé la présentation des témoignages, nous vous
demanderons, lecteur, de rendre un verdict. Non un verdict au sens légal, car nous n'avons pas
le droit de nous constituer un tribunal ecclésiastique. Nous voulons dire, plutôt, un verdict
représentant la conviction consciencieuse de la part de certains fidèles qu'il existe de solides
bases pour l'investigation du crime que nous alléguons ici et pour la poursuite de ce crime par
la plus haute autorité de l'Eglise: le Pontife Suprême, Jean-Paul II ou son successeur, comme
ce peut être le cas.
Nous vous demanderons alors de rendre un verdict qui va jusqu'à une sorte d'accusation
des coupables du crime allégué. Nous demanderons aussi votre aide pour que parvienne
jusqu'au Pape cette accusation, en accord avec le droit divin des fidèles — infailliblement
défini par le Premier Concile du Vatican et garanti par la loi de l'Eglise — de faire pétition au
Pontife Suprême, directement et immédiatement, pour mettre bon ordre à de justes griefs dans
l'Eglise. En faisant ces requêtes nous avons aussi présent à l'esprit l'enseignement de Saint
Thomas d'Aquin et l'enseignement unanime des docteurs et théologiens de l'Eglise, à savoir
que «si la foi était en péril, un sujet devrait reprendre son prélat même publiquement.»
En considérant les preuves que nous allons présenter, nous vous demandons de garder à
l'esprit un principe dominant: Comme l'enseigne Saint Thomas, il n'y a pas d'argument contre
un fait — contra factum non argumentum est. Si une déclaration est contraire au fait, alors
20
aucune autorité sur terre ne peut attendre de nous d'y croire. Ainsi par exemple, si un prélat de
haut rang allait publier un décret pour faire croire aux Catholiques que la Tour Eiffel se trouve
sur la Place Saint-Pierre, cela ne ferait pas qu'il en soit ainsi, et nous serions obligés de rejeter
le décret. Car le fait est que la Tour Eiffel est située à Paris et il n'y a pas d‘argument contre ce
fait. Par conséquent, nul homme, quelle que soit son autorité, ne peut exiger que nous
croyions quelque chose qui est manifestement contraire au fait.
Comme vous verrez, cependant, le crime concernant Fatima est en grande partie une
tentative, de la part de certains hommes qui jouissent de hautes situations dans l'Eglise,
d'imposer aux Catholiques une interprétation du Message de Fatima qui est de toute évidence
contraire aux faits — par exemple ces hommes prétendent qu'une Consécration de la Russie
au Cœur Immaculé de Marie peut être accomplie en consacrant le monde, en évitant
délibérément toute mention de la Russie.
Nous vous demandons, par conséquent, d'user de votre sens commun, de garder l'esprit
ouvert, de considérer les témoignages sans parti pris et de décider ensuite. En vérité vous
devez décider. Car si l'accusation que nous avons portée est vraie, alors ce qui est en jeu dans
cette affaire n'est rien moins que le salut de millions d'âmes (peut-être y compris la vôtre), la
prospérité de l'Eglise et la survie de la civilisation elle-même à cette période de l'humanité.
C'est pour nulle autre raison que la Mère de Dieu a communiqué le Message de Fatima à notre
monde de plus en plus en péril.
21
22
Chapitre 1
Le Message et le Miracle
Dieu ne gaspille pas les miracles. A travers l'histoire du salut — depuis Josué, jusqu'à
Moïse, aux douze Apôtres, aux saints de l'Eglise Catholique tout au long des siècles — Dieu a
accordé des miracles dans un seul but primordial: ils servent de garantie divine pour un
témoin qui implore le miracle en Son Nom. Quand Dieu choisit un témoin, et ensuite associe
un miracle authentique à l'affirmation de ce témoin, nous pouvons savoir avec certitude que le
témoin est digne de foi. Dieu n'accorde pas de miracles pour se porter garant de témoins
douteux; Dieu ne choisit pas de témoins douteux.
Non, Dieu ne gaspille pas les miracles. Encore moins Dieu gaspille un miracle public en
présence de 70 000 personnes, croyants et incroyants de même, qui s'est produit au moment
exact prédit trois mois plus tôt par trois témoins dont l'affirmation avait été mise en doute:
Lucia dos Santos (mondialement connue sous le nom de Sœur Lucie) et ses cousins, François
et Jacinthe Marto1.
C'est le 13 octobre 1917. Dans un humble champ, nommé la Cova da Iria à Fatima,
quelque 70 000 personnes se sont rassemblées dans l'attente de l'événement d'un miracle.
C'est en soi-même stupéfiant. Car jamais auparavant dans l'histoire du salut un visionnaire n'a
prédit des mois à l'avance qu'un miracle public surviendrait en temps et lieu précis. Jamais
auparavant ne s'est rassemblée un foule nombreuse pour assister à un miracle public prédit.
Cependant c'est exactement ce qui se passait ce jour-là.
Pourquoi ce jour-là? Parce que Lucia dos Santos et ses cousins François et Jacinthe
bénéficiaient d'apparitions de «la Dame» le treize de chaque mois depuis mai précédent. La
Dame leur était apparue au-dessus d'un chêne-vert à la Cova, et à chaque apparition les foules
avaient augmenté. Mais des doutes sur la véracité des voyants s'étaient aussi répandus, ainsi
que la moquerie et la persécution contre les voyants et leur famille à une époque où le
Portugal était sous le pouvoir d'un régime politique maçonnique et athée.
Et ensuite, le 13 juillet 1917, la Dame leur avait montré quelque chose qui les terrifierait
et les changerait à jamais, faisant d'eux des saints qui passeraient leur vie (vie très brève dans
le cas de François et Jacinthe) à prier et à faire des sacrifices pour les pécheurs. Selon les
rapports de Lucie en témoignage que l'Eglise Catholique a jugé digne de foi, la Dame leur a
montré l'enfer:
... Elle ouvrit de nouveau les mains, comme les deux dernièrs mois. Le reflet (de la
lumière) parut pénétrer la terre et nous vîmes comme un océan de feu. Plongés dans ce feu
nous voyions les démons et les âmes [des damnés]. Celles-ci étaient comme des braises
transparentes, noires ou bronzées, ayant formes humaines. Elle flottaient dans cet incendie,
soulevées par les flammes qui sortaient d'elles-mêmes, avec des nuages de fumée. Elles
retombaient de tous côtés, comme les étincelles dans les grands incendies, sans poids ni
équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et
faisaient trembler de frayeur. (C'est à la vue de ce spectacle que j'ai dû pousser ce cri “Aïe!”
que l'on dit avoir entendu de moi.) Les démons se distinguaient (des âmes des damnés) par
des formes horribles et répugnantes d'animaux effrayants et inconnus, mais transparents
comme de noirs charbons embrasés2. Cette vision ne dura qu'un moment, grâce à notre bonne
23
Mère du Ciel qui, à la première apparition, nous avait promis de nous emmener au Ciel. Sans
quoi, je crois que nous serions morts d'épouvante et de peur3.
Ayant montré aux enfants le destin des damnés, ce qui est considéré comme la première
partie du Grand Secret de Fatima, la Dame confia alors aux enfants la seconde partie. Tout le
monde, y compris ces membres de l'organe du Vatican, qui sont le point de mire de cet
exposé, s'accorde à dire que la seconde partie du Secret, tel qu'il est rapporté dans les notes de
Sœur Lucie, est le suivant:
Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut
établir dans le monde la dévotion à Mon Cœur Immaculé.
Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes se sauveront et l'on aura la paix. La
guerre va finir. Mais, si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le règne de Pie XI en commencera
une autre pire.
Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand
signe que Dieu vous donne qu'Il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre,
de la famine et des persécutions contre l'Eglise et le Saint-Père.
Si l'on écoute Mes demandes, la Russie se convertira et l'on aura la paix. Sinon elle
répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre
l'Eglise. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations
seront anéanties.
• Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde entier la dévotion uniquement
catholique au Cœur Immaculé de Marie.
• Sinon, la Russie répandra ses erreurs dans le monde entier. Il y aura des guerres, la
famine, des persécutions de l'Eglise et le martyre des bons. Le Saint-Père aura
24
beaucoup à souffrir. Et si les requêtes de Notre-Dame ne sont pas encore accomplies,
alors plusieurs nations seront anéanties.
A ces choses la Dame ajouta une requête urgente: que les Catholiques introduisent dans la
récitation du Rosaire, à la fin de chaque dizaine, la prière suivante: «O mon Jésus, pardonnez-
nous, sauvez-nous du feu de l'enfer, attirez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le
plus besoin.» Par obéissance à la requête de la Dame, et comme attestation de l'authenticité de
Ses Apparitions à Fatima, l'Eglise a introduit cette prière dans le Rosaire et les Catholiques la
récitent jusqu'à présent.
«Je promets d'aider à l'heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires à leur salut,
tous ceux qui le Premier Samedi de cinq mois consécutifs: se confesseront et recevront la
Sainte Communion, réciteront cinq dizaines du Saint Rosaire, et Me tiendront compagnie
pendant quinze minutes en méditant les quinze mystères du Rosaire avec l'intention de Me
faire réparation.»
Nous faisons ici une pause pour noter en passant (discussion ultérieure plus approfondie)
l'expression curieuse à la fin des deux premières parties du Secret: «Au Portugal se conservera
toujours le dogme de la Foi, etc.» L'expression incomplète, terminée par «etc.», apparaît dans
le quatrième mémoire de Sœur Lucie sur les apparitions. Elle introduit clairement une
prédiction céleste, contenant d'autres paroles de Notre-Dame non enregistrées à propos du
degré d'adhésion au dogme catholique dans l'Eglise en général, distinguant en particulier le
Portugal où le dogme de la Foi sera toujours préservé.
25
Et donc, on s'était assemblé en grande foule à la Cova le 13 octobre. Et à l'heure précise
annoncée en juillet — 12 heures (heure solaire) et 1H 30 de l'après midi au Portugal — c'est le
commencement. Soudain, Lucie dit à la foule de fermer les parapluies au milieu d'une pluie
battante qui a transformé en boue la Cova. Puis elle entre en extase et la Dame apparaissant de
nouveau, dit d'abord à Lucie qui Elle est et ce qu'Elle veut, tout comme Elle l'avait promis:
«Je veux te dire que l'on fasse ici une chapelle en Mon honneur. Je suis Notre-Dame du
Rosaire.» La Dame est la Mère de Dieu, la Vierge Marie, qui désormais sera aussi connue
sous le titre de Notre-Dame de Fatima, l'un des nombreux titres accordés à la Saint Vierge par
l'Eglise. Bien sûr, la chapelle fut construite, et puis reconstruite, après avoir sauté le 6 mars
1922 sous une bombe placée là par les amis du Ferblantier, surnom du maire Franc-Maçon de
Ourem6.
Et alors commença le Miracle. Nous reportons ici le témoignage d'un journaliste qu'il est
impossible d'accuser de partialité dans cette affaire et pour une bonne raison! Nous citons
Avelino de Almeida, rédacteur en chef de O Seculo, le grand quotidien de Lisbonne,
anticlérical «libéral» et maçonnique. Il écrit:
Il ressemble à une plaque d'argent mat, et il est possible de le fixer sans la moindre gêne.
Il ne brûle pas les yeux. Il n'aveugle pas. On dirait qu'il se produit une éclipse.
Mais voici que jaillit une clameur immense, et ceux qui sont plus près de la foule
l'entendent crier: «Miracle! Miracle! ... Merveille! … Merveille!» Aux yeux éblouis de ce
peuple, dont l'attitude nous transporte aux temps bibliques, et qui, stupéfait, la tête découverte,
contemple l'azur du ciel, le soleil a tremblé, le soleil a eu des mouvements insolites et
brusques, en dehors de toutes les lois cosmiques, «le soleil a dansé», selon l'expression
typique des paysans ...7
Attaqué violemment par toute la presse anticléricale, Avelino de Almeida renouvela son
témoignage, quinze jours plus tard, dans sa revue, Ilustração Portuguesa. Cette fois, il
illustrait son récit d'une douzaine de photographies de l'énorme foule extatique et répétait en
refrain tout au long de son article: «J'ai vu ... J'ai vu ... J'ai vu.» Et il hasardait en conclusion:
«Miracle, comme criait le peuple? Phénomène naturel, comme disent les savants? Pour
l'instant, je ne me soucie pas de la savoir, mais seulement d'affirmer ce que j'ai vu ... Le reste
est affaire entre la Science et l'Eglise8.»
Le samedi 13 octobre commence pour les pèlerins comme une marche de pénitence parce
qu'il avait plu toute la nuit précédente. Maintenant ce «changement presque subit du temps,
qui fit qu'une pluie battante transforma les routes poussiéreuses en fondrières bourbeuses,
faisant brusquement succéder, pour un jour, aux douceurs de l'automne les plus âpres rigueurs
de l'hiver, ne réussit pas à les émouvoir, à les faire renoncer ni à les désespérer9.»
En comparant les nombreux récits de témoins, nous pouvons distinguer les divers aspects
et le résultat des phénomènes stupéfiants vus par tous. Pour chacun des phénomènes, il serait
possible d'aligner quelque dix pages de témoignages qui constitueraient en eux-mêmes un
livre impressionnant.
26
Voici le premier fait merveilleux décrit par le Dr Almeida Garrett:
Il devait être 13H 30 lorsque s'éleva, à l'endroit précis où étaient les enfants, une colonne
de fumée, déliée, ténue et bleutée, qui monta droit jusqu'à deux mètres peut-être au-dessus des
têtes et s'évanouit à cette hauteur. Ce phénomène dura, parfaitement visible à l'œil nu,
quelques secondes. N'ayant pas marqué combien de temps il avait duré, je ne puis dire s'il fut
de plus ou de moins d'une minute. La fumée se dissipa brusquement et, au bout d'un certain
temps, le phénomène revint se produire une seconde, puis une troisième fois ...10
Alors que «le ciel bas et pesant avait une couleur très sombre, grosse d'eau, annonce d'une
pluie abondante et de longue durée», pendant le temps de l'apparition, la pluie s'arrêta
complètement. Brusquement, le ciel s'éclaircit: «Le soleil avait percé victorieusement l'épaisse
couche de nuages qui le cachait jusque-là, et brillait intensément.» (Dr Almeida Garrett) Ce
brusque changement de temps frappa de surprise tous les témoins oculaires: «C'était une
journée pluvieuse, de pluie fine et continue. Mais quelques minutes avant le miracle, il cessa
de pleuvoir.» (Alfredo da Silva Santos)
«Et l'on assista alors à un spectacle unique, ... un spectacle incroyable pour celui qui n'en
a pas été le témoin. Du haut de la route ... On voit l'immense multitude se tourner vers le
soleil, qui apparaît au zénith, dégagé des nuages. Il ressemble à une plaque d'argent mat, et il
est possible de la fixer sans la moindre gêne. Il ne brûle pas les yeux. Il n'aveugle pas. On
dirait qu'il se produit une éclipse.» (Article du 15 octobre 1917)
Et de même: «Les gens pouvaient regarder le soleil comme on regarde la lune.» (Maria
do Carmo)12
On pourrait multiplier sans fin les témoignages sur les phénomènes solaires suivants, dont
fut même témoin le rédacteur en chef laïque d'un journal anticlérical. Examinez ce qui suit:
«Le soleil tremblait, tremblait tellement! Il semblait une roue de feu.» (Maria da
Capelinha)13
27
«Le soleil tournait comme une roue de feu d'artifice, en prenant toutes les couleurs de
l'arc-en-ciel.» (Maria do Carmo)14
«Ce disque nacré avait un mouvement vertigineux. Ce n'était pas le scintillation d'un astre
dans tout son éclat. Il tournait sur lui-même avec une vitesse impétueuse.» (Dr Almeida
Garrett)16
«Le soleil prenait toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Tout prenait les mêmes couleurs:
nos visages, nos vêtements, la terre elle-même.» (Maria do Carmo)18
«Une lumière, dont la couleur varie d'un instant à l'autre, se reflète sur les personnes et
sur les choses.» (Dr Pereira Gens)19
Ce qui arriva ensuite constitue l'aspect le plus terrifiant du Miracle et un aspect avec de
profondes implications pour notre ère, où l'homme a atteint la capacité de détruire le monde
entier par le feu du ciel: le soleil parut se détacher du ciel et plonger vers la terre.
«On entendit soudain une clameur, comme un cri d'angoisse de toute cette foule. Le
soleil, en effet, conservant son mouvement rapide de rotation, sembla se détacher du
firmament et, rouge sang, s'avancer vers la terre, menaçant de nous écraser de sa masse ignée.
Ce furent quelques secondes terrifiantes.» (Dr Almeida Garrett)20
«J'ai vu le soleil tourner et il semblait descendre. Il était comme une roue de bicyclette.»
(Jean Carreira)21
«Le soleil commença à danser et, à un certain moment, il parut se détacher du firmament
et se précipiter sur nous, comme une roue de feu.» (Alfredo da Silva Santos)22
«Je l'ai parfaitement vu descendre comme s'il venait s'écraser sur la terre. On aurait dit
qu'il se détachait du ciel et courait sur nous. Il s'est maintenu à une petite distance au-dessus
de nos têtes; mais cette sort d'attaque fut de très courte durée ... Il semblait très près des gens
et il continuait à tourner à l'envers.» (Maria do Carmo)23
«Soudain, dans une lettre expédiée le soir même du 13 octobre, le soleil apparaît, avec
une circonférence bien définie. Il semble s'approcher, comme s'il était à la hauteur des nuages,
et se met à tourner sur lui-même avec une vitesse vertigineuse, comme une roue de feu
d'artifice, pendant plus de huit minutes, avec quelques arrêts.» (Père Pereira da Silva)24
«Puis, soudain, le soleil sembla descendre en zigzag comme s'il allait tomber sur la terre.»
(Abbé Lourenço)25
«En voyant le soleil tomber sur nous ...» (Abbé John Gomes Menitra)26
28
«De ces milliers de bouches, j'entendais des clameurs de joie et d'amour à la très Sainte
Vierge. Et alors j'ai cru. J'avais la certitude de n'avoir pas été victime d'une suggestion. J'avais
vu le soleil comme jamais je ne le reverrais.» (Mario Godinho, ingénieur)28
Autre fait étonnant: tous ces gens qui étaient pour la plupart trempés jusqu'aux os, ont
vérifié avec joie et étonnement qu'ils étaient secs. Le fait est attesté dans le procès de
canonisation de Jacinthe et François, qui finalement ont été béatifiés le 13 mai 2000.
«Au moment où nous nous y attendions le moins, nos vêtements furent tous secs.» (Maria
do Carmo)29
«Cette foule immense se trouvait toute trempée, car la pluie n'avait pas cessé depuis
l'aube. Mais — quoique ce fait puisse paraître incroyable — après le grand miracle, tout le
monde se sentait à l'aise et avait ses habits complètement secs, ce qui fit l'objet de
l'étonnement général ... Cela m'a été garanti avec la plus grande sincérité, par des dizaines et
des dizaines de personnes d'une loyauté absolue, que je connais intimement depuis l'enfance
et qui vivent encore (en 1937), ainsi que par des personnes de différentes provinces du pays,
lesquelles se trouvaient toutes présentes aux événements!31»
«Le capitaine du régiment de soldats sur la montagne ce jour-là — avec ordre d'empêcher
le rassemblement de la foule — se convertit instantanément. Apparemment aussi des
centaines d'autres incroyants, comme le montrera leur déposition32.
«Il y avait là un incroyant qui avait passé la matinée à se moquer des “nigauds” qui
étaient à Fatima rien que pour voir une fille ordinaire. Il semblait maintenant paralysé, les
yeux fixés sur le soleil. Il se mit à trembler de la tête aux pieds et levant les bras, il tomba
dans la boue à genoux, en criant vers Dieu.» (Père Lourenço)33
«J'habite à plus de vingt-cinq kilomètres de Fatima. Et en mai 1917, nous avons entendu
parler des apparitions extraordinaires, mais la nouvelle nous parvint avec un mélange de
fioritures. Naturellement je n'y ai pas cru. J'ai supposé sincèrement que c'était de la pure
imagination de quelqu'un ... A la demande de ma mère, je retournai une fois encore à la Cova
da Iria en août à l'époque des apparitions. Une fois de plus je revins découragé et déçu. Mais
cette fois-là se produisit quelque chose d'extraordinaire. Ma mère, qui avait une grosse tumeur
à l'un des yeux depuis de nombreuses années, fut guérie. Les docteurs qui l'avaient soignée lui
dirent ne pas pouvoir expliquer une telle guérison. Malgré cela je ne croyais pas aux
apparitions. Finalement, et encore à la demande de ma mère, je suis allé encore une fois à la
Cova da Iria le 13 octobre ... Malgré ce qui était arrivé à ma mère, j'étais déçu et ne croyais
pas aux apparitions. Donc, j'étais assis dans ma voiture. Puis, tout à coup, j'ai remarqué que
tout le monde regardait le ciel. La curiosité naturelle attira mon attention, et je sortis de la
voiture et regardai aussi le ciel ... De ces centaines de lèvres, j'entendis des paroles de foi et
d'amour envers la Sainte Vierge. Et alors je crus.» (Mario Godinho, ingénieur)34
29
Un certain nombre d'autres cas de guérison et de conversion sont enregistrés entre autres
dans les livres suivants: Documentação Critica de Fátima et Fatima from the Beginning35.
Pour ceux qui diraient que le miracle fut un phénomène «d'hystérie collective» mis en
scène, Dieu Lui-Même disposa une réfutation toute prête: le phénomène a pu être admiré au
delà de Fatima. Des témoins parfaitement crédibles, qui étaient très loin de la Cova da Iria,
ont rapporté avoir vu le spectacle sans précédent de la danse du soleil exactement comme les
70 000 pèlerins réunis autour du chêne-vert où la Vierge était apparue36.
Dans le petit village d'Alburitel situé environ à seize kilomètres de Fatima, toute la ville
put jouir de la vision du prodige solaire. Le témoignage fréquemment cité est celui du Père
Inacio Lourenço, parce que c'est le plus détaillé. Mais ce qu'il rapporte avoir vu, tous les
villageois, questionnés par les enquêteurs, ont confirmé l'avoir vu exactement de la même
manière.
En premier lieu, de nombreux récits apparurent tout de suite dans la presse portugaise. Il
est à remarquer que les premiers à porter témoignage furent les journalistes anticléricaux. Les
trois articles de Avelino de Almeida — celui du 13 octobre, tout de suite avant l'événement;
l'autre du 15 octobre, rédigé à Vila Nova de Ourem le soir du 13; et un troisième article du 29
octobre — méritent une mention spéciale. En dépit du ton moqueur et de l'ironie voltairienne
qui inspire en partie le premier article, en dépit des tons anticléricaux attendus qui
apparaissent encore dans l'article du 15, ces textes de la part d'un journaliste de talent, qui en
outre, est honnête et consciencieux, sont des documents historiques de première importance38.
Mais il ne fut pas le seul à relater les faits, car d'autres journalistes étaient présents à la Cova
da Iria.
30
Gilbert Roland) intitulé «Le Miracle de Notre-Dame de Fatima», qui encore aujourd'hui se
vend en vidéo-cassette.
Pourquoi ce jour fut-il si important? Parce que ce fut le jour où un Message céleste de la
Mère de Dieu fut authentifié au-delà de toute incertitude raisonnable; un message qui, plus de
84 ans plus tard, se dresse au cœur de la situation périlleuse de l'Eglise et du monde en ce
moment même de l'histoire humaine, nous offrant un moyen d'en sortir.
Notes:
1. Ce chapitre est emprunté en grande partie littéralement au Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie
Intime Evénement Mondial, (éditions de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1991),
Chapitre III, pp. 60-135.
2. D'après la traduction anglaise du texte du «Quatrième Mémoire» de Sœur Lucie, Fatima in Lucia's Own
Words (Fatima avec les Propres Termes de Sœur Lucie), (Postulation Centre, Fatima, Portugal, 1976), p. 162.
Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits (édition
de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1983), p. 223.
3. D'après la traduction anglaise du texte du «Troisième Mémoire» de Sœur Lucie, Fatima in Lucia's Own
Words, (Fatima avec les Propres Termes de Sœur Lucie), p. 104. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité,
Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, pp. 223-224.
4. D'après la traduction anglaise du texte du «Quatrième Mémoire» de Sœur Lucie, Fatima in Lucia's Own
Words (Fatima avec les Propres Termes de Sœur Lucie), p. 162. Voir aussi Sœur Lucie, Memorias e Cartas da
Irma Lucia (Porto, Portugal, 1973. Edité par le Père Antonio Maria Martins), pp. 340-341; dans le manuscrit de
Sœur Lucie, il n'y a pas d'ellipse après le «etc.» Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur
Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, p. 224.
5. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, (édition de La
Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1984), p. 223.
6. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise (édition de La
Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1984), p. 225.
7. O Seculo du 15 octobre 1917. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I:
La Science et les Faits, p. 317.
8. Article du 29 octobre 1917. Voir aussi Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement
Mondial, p. 89. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les
Faits, p. 317-318.
9 . Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 91. Voir aussi Ilustração
Portuguesa, 29 octobre 1917.
10. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 94.
13. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, p. 327.
14. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 95.
31
15. Ibid.
16. Ibid.
17. Ibid.
18. Ibid.
19. Ibid.
20. Ibid.
21. Ibid.
22. Ibid.
23. Ibid.
24. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, p. 328.
25. Ibid.
27. Ibid.
28. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 95.
29. Ibid., p. 96
30. Ibid.
31. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits, p. 329. Voir
aussi le Père Jean de Marchi I.M.C. Fatima depuis le Commencement (Misseos Consolata Fatima, Portugal,
1981, troisième édition, 1ère publication 1950), p. 141 et Joseph A. Pelletier A.A., The Sun Danced at Fatima (Le
Soleil a dansé à Fatima), (Doubleday, New York, 1983), pp. 129-130.
32. John M. Haffert, Meet the Witnesses (Rencontrez les Témoins), (AMI International Press, Fatima, Portugal,
1961), p. 62. Ce livre fut publié avec Imprimatur de l'évêque de Leiria (Portugal) et nous fournit des attestations
crédibles directes de nombreux témoins du Miracle du Soleil.
35. Documentação Critica de Fátima, Vol. II (Sanctuaire de Fatima, 1999), 17 cas documentés, pp. 277-372; et
Père Jean de Marchi, I.M.C., Fatima from the Beginning (Fatima depuis le Commencement).
36. Père Jean de Marchi, I.M.C., Fatima from the Beginning. Voir aussi Documentação Critica de Fátima, Vol. I
(Sanctuaire de Fatima 1992), p. 408. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima -
Vol. I: La Science et les Faits, pp. 322-323.
37. Parmi les nombreux travaux de référence, voir Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima -
Vol. I: La Science et les Faits; John M. Haffert, Meet The Witnesses (Rencontrez les Témoins); Père Jean de
Marchi, I.M.C., Fatima from the Beginning, pp. 135-142.
32
38. Nous trouvons la photocopie de ces trois articles dans Fatima 50 du 13 octobre 1967, pp. 6-10, 14-15.
39. Novos Documentos de Fatima (Loyola Editions, Sao Paulo, 1984), pp. 60-63.
40. Le prêtre Jésuite moderniste, Père Dhanis, qui voulut plus tard «déboulonner» la vision de l'enfer et les
éléments prophétiques du Message, y compris la Consécration et la conversion ultime de la Russie. Le Père
Dhanis refusa l'invitation de Sœur Lucie elle-même à venir à Fatima consulter les archives de Fatima. Le Père
Dhanis sera finalement cité par des membres-clés du appareil du Vatican pour leur tentative de réviser le
Message de Fatima selon un «commentaire» publié le 26 juin 2000.
33
34
Chapitre 2
Si l'on rappele le texte du Secret commencé au chapitre premier, il est évident que ce que
le Ciel y a proposé a voulu être un anathème au régime maçonnique du Portugal et, en vérité,
à l'ensemble des forces organisées contre l'Eglise qui, au début du siècle dernier, complotaient
(de leur propre aveu, comme nous le verrons) un assaut final contre la citadelle catholique.
Les éléments de base du Message constituent une véritable charte d'opposition à ces forces:
sauver les âmes de l'enfer; établir dans le monde entier une dévotion catholique au Cœur
Immaculé de Marie; consacrer la Russie à ce Cœur Immaculé, et, en conséquence, la convertir
au Catholicisme; apporter la paix mondiale par le triomphe du Cœur Immaculé.
Le Message de Fatima est important pour le salut des âmes; c'est bien absolument
évident. Mais un peu moins évident — et c'est ce qui mettra en fureur les ennemis de l'Eglise
aussi bien externes qu'internes — le Message et l'apparition de Notre-Dame sont aussi très
importants pour le gouvernement correct de la société humaine. Si l'humanité tient compte du
Message de la Vierge, alors la paix entre les individus, les familles, les cités et les pays, et en
fait le monde entier, peut être réalisée sous la forme de l'ordre social catholique. (Nous
verrons dans le chapitre suivant que cet ordre social n'est pas un rêve utopique, mais une
chose qui a été réalisée même au 20ème siècle — au Portugal, par sa Consécration au Cœur
Immaculé de Marie en 1931.) Bien sûr, le Péché Originel subsisterait, mais nous verrions une
période, de l'histoire humaine, telle que celle prophétisée par Isaïe qui, sous inspiration divine,
voyait un temps où les hommes ne feraient plus la guerre, n'apprendraient plus l'art de la
guerre, transformeraient leurs épées en socs de charrue1. La tendance humaine au péché serait
grandement rectifiée et contrôlée par l'influence bénéfique de l'Eglise et de Ses Sacrements. Et
qui pourrait sérieusement prouver, en regardant le monde actuel, que même les pires «excès»
des hommes, dans l'ordre social catholique qui existait en l'Europe de la pré-«Réforme»,
soient quelque chose, en comparaison du mal et de la violence qui ont été pratiquement
institutionnalisés dans toutes les nations à notre époque — d'abord et avant tout l'holocauste
sans fin de l'avortement «légalisé.»
Les implications qui découlent du simple texte du Grand Secret de Fatima sont assez
claires pour quiconque a un minimum d'intelligence: Un tel plan de paix pour le monde
pourrait seulement se réaliser avec la coopération libre d'un nombre suffisant d'individus à
tout niveau de la société. (Nous ne parlons pas ici de quelque dictature imposée par force,
comme il en existe dans certains Etats islamiques, mais d'un ordre social émanant
naturellement de la foi catholique commune du peuple.) Même alors, le plan ne pourrait
réussir que basé sur les desseins du Créateur de l'humanité, Qui a oint Jésus-Christ,
Rédempteur de l'humanité, comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs (Apoc. 19:16).
Jésus est Roi, non seulement des individus, mais aussi des sociétés et du monde entier. Par
conséquent, si ce plan de la Bienheureuse Vierge Marie, Qui est Reine du Ciel et de la terre,
doit réussir, l'humanité doit reconnaître la souveraine Royauté du Christ sur toute l'humanité
telle qu'elle s'exerce par Son Eglise Catholique. Que les hommes, en fait, veuillent être
poussés à le faire en nombre suffisant — d'abord en Russie, puis ailleurs — c'est le miracle
même promis par la Vierge, si Ses requêtes sont honorées.
35
On peut comprendre que le prince de ce monde, comme Jésus-Christ désignait le démon,
n'accepterait pas facilement la destruction proposée de son royaume florissant ici sur terre. Et
ce plan du Ciel ne serait pas accepté non plus par ces hommes, ces associations et sociétés
secrètes dont le pouvoir et les richesses mal acquises seraient confisquées si le plan devait être
mis à exécution et si la conversion de la Russie et le triomphe du Cœur Immaculé — et donc
de la Foi Catholique — devaient s'ensuivre.
Avec cet arrière-plan, nous pouvons mieux apprécier pourquoi l'opposition féroce au
Message de Fatima s'est manifestée dès le temps même des apparitions et pourquoi elle
continue jusqu'à ce jour, enrôlant même des hommes d'Eglise comme adversaires des requêtes
de la Vierge.
Au temps des apparitions de Fatima, le Maire de Ourem, siège du comté dont dépendaient
Fatima et Aljustrel (village où vivaient les enfants qui avaient vu Notre-Dame) était Arturo de
Oliveira Santos, qui ne professait aucune foi en Dieu. Forgeron de métier, on le dénommait le
«Ferblantier.» Il avait peu d'instruction classique et de grandes ambitions. Arturo Santos était
un jeune parvenu intrépide, qui devint rédacteur de Ouriense, gazette locale où ses opinions
antimonarchistes et antireligieuses s'exprimaient avec un zèle amer et quelque talent. A vingt-
six ans il rejoignit la Loge Maçonnique du Grand Orient à Leiria.
Comme le fait remarquer le grand historien catholique, William Thomas Walsh, Santos se
fit endoctriner par la tradition ésotérique d'une religion syncrétiste et naturaliste qui avait été
l'adversaire principal de l'Eglise Catholique des temps modernes et qui s'était déjà vantée
d'avoir, en projetant et réalisant la révolution portugaise de 1910, avancé d'un bon pas vers
l'élimination du Christianisme dans la Péninsule Ibérique. De plus, Walsh nous informe que,
en 1911, le chef du Grand Orient, Magahaes Lima, prédisait que, en quelques années, aucun
jeune homme ne voudrait faire des études pour le Sacerdoce au Portugal, tandis que l'éminent
Franc-Maçon portugais Alfonso Costa assurait à toute sa fraternité et à quelques délégués des
loges françaises, que la génération suivante verrait la fin du Catholicisme, «la principale cause
de la triste condition dans laquelle est tombé notre pays.» En vérité, il y avait beaucoup de
preuves pour étayer la prédiction, mais non l'accusation.
Le Professeur Walsh continue de noter que, en 1911, les nouveaux maîtres du Portugal
ont saisi des biens d'Eglise, ont dispersé, emprisonné et exilé des centaines de prêtres et de
religieuses et donné au Cardinal Patriarche de Lisbonne cinq jours pour quitter cette ville et
n'y jamais revenir. Des prêtres et des religieux se sont réfugiés en France ou ailleurs. Certains
se sont agenouillés à Lourdes et ont prié la Mère de Dieu d'aider leur pays malheureux,
autrefois fier de s'appeler «Le Pays de Sainte Marie», maintenant spectacle d'incroyance et
d'anarchie, avec une nouvelle révolution chaque mois.
Arturo Santos fonda une nouvelle loge maçonnique à Ourem, où il avait transporté sa
forge vers 1917, il en était devenu le président. Par les amis de sa fraternité, il put devenir
Maire de Ourem. Ce titre comportait les titres corollaires de Président de l'Administration de
la ville et de la Chambre et de Juge-Député du Commerce. Avec tous ces honneurs et
l'autorité qui s'y rattachait, Senhor Santos devenait l'homme le plus redouté et le plus influent
de son secteur du Portugal.
36
trop occupés à des compromis profitables, donc ils n'ont pas eu le temps de protester assez
fort pour se faire entendre. Pour le Ferblantier et ses amis, le combat pour «le progrès et les
lumières», comme ils préféraient désigner leur conflit avec l'Eglise Catholique, ne fut que
victoires2.
En août 1917, tout le Portugal connaissait l'histoire des Apparitions de Fatima, bien que
sous différentes interprétations. Les journalistes de la presse antireligieuse se plaisaient à
écrire des versions comiques de l'histoire. Selon les écrits du Père de Marchi sur l'attitude de
la presse antireligieuse, ils déclaraient que «ces enfants étaient des marionnettes des Jésuites.
Pas des Jésuites? Eh bien, alors, du clergé en général, ou du Pape en particulier — attirant à la
Cova da Iria des ignorants et des inconscients, pour leur soutirer leur argent. Ils n'avaient pas
d'argent? Eh bien alors, leur adhésion politique, pour que l'échafaudage humain de la
République éclairée puisse être saboté à l'avantage de Rome et de l'Opposition. La presse
jouissait de ses joyeuses excursions. Les Francs-Maçons étaient ravis3.» Tous les soutiens
loyaux du Nouvel Ordre régnant trouvaient la situation de plus en plus drôle.
Mais Arturo Santos, Maire de Ourem, ne la trouvait pas si drôle parce que la
manifestation religieuse ouverte se passait dans son propre comté. Certains de ses électeurs
croyaient déjà que Notre-Dame apparaissait à Fatima et il ne pouvait trouver quelles
explications fournir à ses collègues politiques si cette manifestation religieuse chrétienne, qui
était contraire aux espoirs du Maire de construire une République sans Dieu, continuait à
prospérer dans son propre comté. Donc il décida d'abattre le poing lourd de la loi sur les trois
voyants.
Le 11 août 1917, le Maire de Ourem ordonna aux parents des trois enfants de les
présenter pour un jugement à la Mairie. Ti Marto, le père de Jacinthe et François, dit, «Cela
n'a pas de sens de conduire de si jeunes enfants devant un tribunal de ce genre. De plus, c'est à
trois lieues, et c'est trop loin pour qu'ils y aillent à pied, et ils ne savent pas monter un animal.
Je ne vais pas le faire. Et j'irai m'expliquer avec l'Administrateur.» Sa femme Olimpia fut du
même avis. Le père de Lucie, Antonio, penchait pourtant à dire, d'accord avec sa femme
Maria Rosa, que si Lucie mentait, ce serait bien qu'elle reçoive une bonne leçon, tandis que si
elle disait la vérité (et ils en doutaient), alors Notre-Dame prendrait soin d'elle. Antonio mit sa
fille à dos d'âne (elle tomba trois fois en chemin) et ils entreprirent le voyage pour aller voir le
Maire. Ti Marto laissa ses enfants à la maison et partit seul pour parler de leur part. Avant le
voyage, Jacinthe dit à Lucie, «Peu importe, s'ils te tuent, dis leur simplement que je suis
comme toi et François encore plus et que nous voulons mourir aussi. Et maintenant, je vais
aller au puits avec François prier très fort pour toi.»
Le Maire demanda à Lucie si elle avait vu une Dame à la Cova da Iria et qui elle pensait
que c'était. Il exigea qu'elle lui dise le secret confié par Notre-Dame aux enfants, et qu'elle
promette de ne plus jamais retourner à la Cova da Iria. Lucie refusa de lui dire le secret et de
faire une telle promesse. (Notre-Dame avait demandé aux enfants de retourner à la Cova da
Iria le 13 de chaque mois et ils avaient promis d'y aller à l'heure et date désignées pour les 3
prochaines visites également.) Alors le Maire demanda à Antonio si les habitants de Fatima
croyaient à cette histoire et il répondit: «Oh non, Monsieur! Tout ça, ce n'est rien que des
contes de femmes.»
«Et vous, que dites-vous»? demanda le Maire à Ti Marto. «Je suis ici à vos ordres»,
répondit-il, «et mes enfants disent les mêmes choses que moi.» «Alors, vous pensez que c'est
vrai?» «Oui, Monsieur, je crois ce qu'ils disent.»
37
Rires des assistants. Le Maire fit un geste de renvoi et l'un de ses hommes leur dit de
partir. Le Maire les suivit jusqu'à la porte et dit à Lucie: «Si tu ne dis pas ce secret, ça te
coûtera la vie!» Alors Lucie et son père et Ti Marto s'en retournèrent à Aljustrel.
Le soir du 12 août, trois policiers firent venir les enfants chez Ti Marto où les attendait le
Maire en personne. Il dit aux enfants que la mort pourrait être la punition pour n'avoir pas
révélé le Grand Secret qu'ils avaient appris le 13 juillet. Les enfants refusèrent de le dire, pour
le motif qu'ils ne pouvaient désobéir à Notre-Dame. «Peu importe», chuchota Jacinthe aux
autres. «S'ils nous tuent, tant mieux, car alors nous verrons Jésus et Notre-Dame.»
Le matin du 13 août, Ti Marto était sorti travailler dans les champs. Il rentra chez lui pour
se laver les mains couvertes de terre. Il y avait autour de la maison une foule de gens venus
pour assister à l'apparition qui devait avoir lieu ce jour-là à la Cova da Iria. Sa femme Olimpia
était bouleversée et elle lui indiqua la salle de séjour. Ti Marto entra dans la salle de séjour et
comme nous le lisons dans son propre rapport au Père de Marchi: «Qui fallait-il que je voie
sinon le Maire lui-même? Même alors, je suppose, je ne fus pas très poli envers lui, parce que
j'ai vu qu'un prêtre était là aussi et je suis d'abord allé serrer les mains du prêtre. Puis j'ai dit au
Maire, “Je ne m'attendais pas à vous voir ici, Monsieur.”»
Le Maire dit qu'il emmènerait les enfants à la Cova da Iria dans sa voiture et il dit qu'il
leur donnerait du temps pour parler au prêtre de la paroisse à Fatima, qui, dit-il, voulait les
questionner. Les enfants et leurs parents avaient des appréhensions quant à sa suggestion de
les emmener dans sa voiture mais ils obéirent. Il les emmena d'abord voir le prêtre de la
paroisse à Fatima et puis, au lieu de les emmener à la Cova da Iria, on le vit faire claquer le
fouet et faire descendre la route à son cheval emballé dans la direction opposée. Il les emmena
à Ourem, et les enferma à clef dans une pièce de sa maison.
Il y avait environ quinze mille personnes à la Cova da Iria et tout le monde se demandait
où étaient les enfants. Au moment où Notre-Dame devait apparaître, un certain nombre de
manifestations surnaturelles se produisirent, également remarquées par la foule lors de Ses
autres apparitions à Fatima, qui convainquirent beaucoup de gens, même incroyants, qu'Elle
était arrivée. Mais les enfants n'étaient pas là pour recevoir Son Message. Alors certaines
personnes arrivèrent avec la nouvelle que le Maire de Ourem avait kidnappé les enfants et les
avait d'abord emmenés chez le prêtre de la paroisse de Fatima et puis chez lui, à Ourem. La
foule en conclut vite qu'ils étaient tous deux de connivence pour le kidnapping, ce qui, au
sentiment de tous «avait gâché l'apparition et déçu la Mère de Dieu.» Des voix amères se
firent entendre contre le Maire et le prêtre de la paroisse. Mais Ti Marto persuada la foule de
ne pas se venger: «Les gars, du calme! Ne faites de mal à personne! Quiconque mérite un
châtiment le recevra. Tout cela est (permis) par le pouvoir de Celui d'En Haut!»
Le lendemain matin, le Maire de Ourem interrogea de nouveau les enfants, qui dirent
encore avoir vu une belle Dame et refusèrent encore de lui dire le Secret, même quand il les
menaça d'emprisonnement à vie, de torture et de mort. Le Maire était résolu à obtenir des
enfants quelque genre d'aveu qui mettrait fin à la manifestation religieuse qui se passait dans
son comté. Alors, il les fit jeter dans la prison de la ville aux cellules sombres et malodorantes
munies de barreaux de fer. Ils furent mis dans la salle commune où étaient entassés la plupart
des prisonniers. Les enfants furent effrayés et tristes, surtout la petite Jacinthe de sept ans qui
pensait ne plus jamais revoir ses parents. Mais ils se rassuraient mutuellement, se répétant ce
que Notre-Dame leur avait dit sur le Ciel, et ils offraient leurs souffrances pour la conversion
38
des pécheurs. Les enfants récitèrent le Rosaire dans la prison et les prisonniers se joignirent
aux prières.
Quelques temps plus tard, le Maire se fit présenter les enfants par un policier et il exigea
une dernière fois le Secret. Alors, sur le nouveau refus de le dévoiler, il leur dit qu'ils seraient
jetés vivants dans l'huile bouillante. Il cria un ordre et un garde ouvrit une porte. Il demanda
au garde si l'huile était au point et très chaude et la réponse fut affirmative. Alors, il ordonna
au garde de jeter la plus jeune, Jacinthe, la première, dans l'huile bouillante. Le garde saisit
l'enfant et l'emmena. Un garde vit François remuer les lèvres en silence et lui demanda ce qu'il
disait. «Un Ave Maria», répliqua François, «pour que ma petite sœur n'ait pas peur.» Lucie et
François étaient convaincus que le garde reviendrait les tuer aussi. François dit à Lucie,
«Pourquoi s'inquiéter s'ils nous tuent? Nous irons droit au Ciel.»
Plus tard, le garde revint dans la pièce où le Maire questionnait les enfants et informa
Lucie et François que Jacinthe avait été bouillie dans l'huile puisqu'elle ne voulait pas révéler
le Secret. Et le Maire essaya de persuader les deux enfants qui restaient de révéler le Secret ou
la même chose leur arriverait. Puis-qu'ils ne voulaient pas révéler le Secret, François fut
emporté pour le même sort. Ensuite, le garde revint pour Lucie. Même si elle croyait que
François et Jacinthe avaient été tués pour n'avoir pas révélé le Secret, elle aussi préférait
mourir plutôt que de révéler le Secret que la Sainte Vierge lui avait confié. Donc elle aussi fut
emmenée sous la tutelle du garde vers ce qu'elle croyait être une mort certaine.
Il se trouva que Jacinthe avait tout simplement été conduite dans une autre pièce, et
François et Lucie, quand ce fut le tour d'être «bouillis dans l'huile», furent conduits dans la
même pièce et ils se retrouvèrent tous ensemble. Ce n'avait été qu'un bon tour pour les amener
par le peur à révéler le Secret. Lucie, en rédigeant ses Mémoires, rappelant l'incident, nous
informe qu'elle était certaine, ainsi que ses deux cousins, qu'ils allaient être martyrisés à les
mains du Maire.
Le lendemain matin, dans un autre interrogatoire, le Maire fut encore incapable de les
amener à révéler le Secret. Donc, il admit que c'était inutile et les fit renvoyer à Fatima. C'était
le 15 août, fête de l'Assomption de Notre-Dame.
Que le Maire Franc-Maçon de Ourem aille jusqu'à menacer trois petits enfants d'une mort
horrible, afin d'empêcher peuple de croire et de manifester ouvertement la foi en Dieu, en Sa
Sainte Mère et en l'Eglise Catholique, cela nous indique jusqu'à quel point iraient dans leur
désespoir, les Francs-Maçons pour abolir l'Eglise une fois pour toutes et ériger à sa place leur
République sans Dieu — non seulement au Portugal, mais dans le monde entier.
Notes:
1. «Et Il jugera les Gentils et reprendra beaucoup de personnes: et ils transformeront leurs épées en socs de
charrues et leurs javelots en faucilles: une nation ne lèvera pas l'épée contre une autre nation et elles ne
s'exerceront plus à la guerre.» (Isaïe 2:4) Egalement «et ils forgeront leurs épées en socs de charrue et leurs épées
en pelles; une nation ne prendra pas l'épée contre une autre nation; et elles n'apprendront plus l'art de la guerre.»
(Michée 4:3)
2. William Thomas Walsh, Our Lady of Fatima (Notre-Dame de Fatima), (Image-Doubleday, New York,
Imprimatur 1947), pp. 95-97.
3. Père Jean de Marchi I.M.C., The Immaculate Heart: The True Story of Our Lady of Fatima (La Cœur
Immaculé: La Vérité du Notre-Dame de Fatima), (Farrar, Straus and Young, New York, 1952) p. 87.
39
40
Chapitre 3
Mais une Consécration de la Russie, c'est précisément ce qu'avait ordonné Dieu dans le
Message même qu'Il a authentifié par le Miracle solaire du 13 octobre 1917 — message qui,
nous nous hâtons de le souligner de nouveau, a reçu l'approbation des plus hautes autorités de
l'Eglise Catholique, y compris une série de Papes depuis le temps des apparitions à Fatima.
Comme nous le verrons, en 2002, le Pape actuel régnant a décrété que soit introduite la Fête
de la Vierge de Fatima dans le calendrier universel des fêtes liturgiques de l'Eglise, pour
l'inclure à la Troisième Edition Propre du Missel Romain. Donc, le Magistère reconnaît
formellement l'authenticité des apparitions.
Nous rappelons que dans le Message du 13 juillet 1917, Notre-Dame avait promis à
Lucie: «Je viendrai demander la Consécration de la Russie à Mon Cœur Immaculé et la
Communion Réparatrice des Premiers Samedis.» Fidèle à Sa parole, la Vierge est apparue de
nouveau à Lucie le 13 juin 1929 à Tuy, en Espagne, où Lucie — alors Sœur Lucia dos Santos,
Religieuse Dorothée (elle n'a voulu entrer au Carmel qu'en 1948) — était en prière dans la
chapelle du couvent pendant l'Heure Sainte d'Adoration et de Réparation. Même parmi les
annales des apparitions célestes reconnues chez les Saints de l'Eglise Catholique, celle-ci fut
extraordinaire.
Nous laisserons Sœur Lucie raconter l'apparition en ses propres termes simples, mais tout
à fait dramatiques — et souvenez-vous que là encore nous traitons d'une apparition que
l'Eglise, y compris le Pape actuellement régnant, a prononcée digne de foi:
La seule lumière était celle de la lampe [du sanctuaire]. Soudain, toute la chapelle
s'éclaira d'une lumière surnaturelle, et, sur l'autel, apparut une croix de lumière qui s'élevait
jusqu'au plafond.
Dans une lumière plus claire, on voyait sur la partie supérieure de la Croix, une face
d'homme, avec un corps jusqu'à la ceinture; sur sa poitrine une colombe, également
lumineuse, et cloué à la croix, le corps d'un autre homme.
41
Un peu en dessous de la ceinture (de celui-ci), suspendu en l'air, on voyait un calice et
une grande hostie sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang qui coulaient sur les joues
du Crucifié et d'une blessure à la poitrine. Coulant sur l'Hostie, ces gouttes tombaient dans le
Calice.
Sous le bras droit de la Croix se trouvait Notre-Dame (c'était Notre-Dame de Fatima avec
Son Cœur Immaculé ... dans la main gauche ... sans épée ni roses, mais avec une couronne
d'épines et des flammes ...)
Sous le bras gauche [de la Croix], de grandes lettres, comme d'une eau cristalline qui
aurait coulé au-dessus de l'Autel, formaient ces mots: «Grâce et Miséricorde.»
Frère Michel, avec raison, a nommé cette apparition «La Théophanie Trinitaire.» Comme
pour le Miracle du Soleil, il n'y a rien d'autre de semblable dans l'histoire du monde. Dieu
Lui-même signifiait ainsi l'importance singulière de ce que Notre-Dame allait dire à Sœur
Lucie:
Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les
évêques du monde, la Consécration de la Russie à Mon Cœur Immaculé, promettant de la
sauver par ce moyen.
Dieu Lui-même l'avait demandé. Sœur Lucie avait été en présence non seulement de la
Mère de Dieu, mais de la Très Sainte Trinité. Bien sûr, Sœur Lucie transmit immédiatement la
requête divine à son confesseur, le Père Gonçalves, comme on en trouve trace dans sa
correspondance publiée2.
Pendant au moins les soixante-dix ans qui ont suivi, Sœur Lucie — la même Lucie qui ne
voulut pas nier la vérité même sous la menace d'une horrible mort par le Maire maçonnique
de Ourem — a donné le même témoignage: Notre-Dame, comme Messagère de Dieu avait
requis la Consécration publique de la Russie dans une cérémonie qui devait être dirigée
conjointement par le Pape et tous les évêques du monde. Comme il a été noté dans la Préface
et l'Introduction, l'effort persistant de certaines personnes pour changer ce témoignage par
respect humain (éviter d'offenser les Russes), et pour offrir une nouvelle orientation de
l'Eglise, voilà le nœud de la grande controverse de Fatima qui persiste jusqu'à ce jour et qui a
provoqué ce livre. Nous reviendrons sur ce sujet en temps voulu.
Comme pour démontrer l'efficacité de la Consécration que la Vierge avait requise, Dieu
considéra l'opportunité de permettre pour ainsi dire, un projet de démonstration, au Portugal.
A l'anniversaire de la premiere Apparition de Fatima, 13 mai 1931, et en présence de 300 000
fidèles venus à Fatima pour l'événement, les évêques du Portugal ont placé leur nation sous la
protection de Notre-Dame pour préserver cette nation de la contagion communiste qui
balayait l'Europe, et surtout l'Espagne. En vérité, la prophétie de la Vierge sur la diffusion des
erreurs de la Russie à travers le monde était déjà en train de s'accomplir avec une exactitude
implacable. Et qui, en juillet 1917, avait pu prévoir; l'émergence du communisme mondial à
partir de la Russie — des mois avant la révolution bolchevique et l'arrivée au pouvoir de
Lénine? Seul le Ciel avait pu le prévoir; seule la Mère de Dieu, informée par Son Divin Fils.
42
Comme résultat de cette consécration (de 1931) le Portugal connut un triple miracle.
Nous ne donnerons ici que les plus simples détails.
Cette Renaissance Catholique fut de telle amplitude que, en 1942, les évêques du
Portugal déclaraient dans une Lettre Pastorale Collective: «Celui qui aurait fermé les yeux il y
a vingt-cinq ans et les rouvrirait maintenant, déclaraient-ils, ne reconnaîtrait plus le Portugal,
si profonde et si vaste est la transformation opérée par le facteur modeste et invisible que fut
l'apparition de la Sainte Vierge à Fatima. Réellement, Notre-Dame veut sauver le Portugal3.»
Il y eut aussi un miracle de réforme politique et sociale, un accord avec les principes
sociaux catholiques. Peu près la Consécration de 1931, au Portugal, un gouvernant catholique
monta au pouvoir, Antonio Salazar, qui inaugura un programme de contre-révolution
catholique. Il s'efforça de créer, autant que possible, un ordre social catholique où les lois du
gouvernement et les institutions sociales s'harmonisaient avec la loi du Christ, Son Evangile et
Son Eglise4. Féroce adversaire du socialisme et du libéralisme, il était opposé à «tout ce qui
diminue, divise, dissout la famille5.»
Le Président Salazar ne fit pas que parler de bon ordre; il mit en œuvre une législation
pour protéger la famille, y compris des lois qui attaquaient le divorce. L'article 24 disait: «En
harmonie avec les propriétés essentielles du mariage catholique, il est entendu que, par le fait
même de la célébration du mariage canonique, les conjoints renoncent à la faculté légale de
demander le divorce6 ...» L'effet de cette loi fut que les mariages catholiques ne diminuèrent
pas en nombre, mais augmentèrent. Si bien que, en 1960 — année très critique, comme nous
le verrons — presque 91 pour cent de tous les mariages du pays étaient des mariages
religieux.
Considérant la guerre civile d'Espagne, les évêques du Portugal avaient fait vœu en 1936
que si Notre-Dame protégeait le Portugal, ils exprimeraient leur gratitude en renouvelant la
Consécration Nationale au Cœur Immaculé de Marie. Fidèles à leur parole, le 13 mai 1938, ils
ont renouvelé la Consécration du Portugal au Cœur Immaculé en remerciement de la
protection de Notre-Dame. Le Cardinal Cerejeira a publiquement reconnu: «Depuis que
Notre-Dame de Fatima est apparue en 1917 ... une Bénédiction spéciale de Dieu est
descendue sur la terre du Portugal ... surtout si nous passons en revue les deux années qui se
sont écoulées depuis notre vœu, on ne peut manquer de reconnaître que la main invisible de
Dieu a protégé le Portugal, lui épargnant le châtiment de la guerre et la lèpre du communisme
athée.»
43
Même le Pape Pie XII exprima son étonnement que fussent épargnés au Portugal les
horreurs de la Guerre Civile d'Espagne et la menace communiste. Dans un discours au peuple
portugais, le Pape parla «le péril rouge si proche de vous, si menaçant, et conjuré cependant
d'une manière si inespérée7.»
Les Portugais ont passé sains et saufs ce premier danger, mais immédiatement il y eut de
nouveau en vue un sujet d'effarement. La Seconde Guerre Mondiale était sur le point d'éclater.
Selon encore un autre accomplissement de la prophétie de la Vierge du 13 juillet 1917, la
guerre commencerait «sous le règne de Pie XI» à la suite «d'une nuit éclairée d'une lumière
étrange ... »
Le 6 février 1939, sept mois avant la déclaration de la guerre, Sœur Lucie écrivit à son
évêque, Monseigneur da Silva. Elle lui dit que la guerre était imminente, mais parla ensuite
d'une promesse miraculeuse. Elle dit que «dans cette guerre horrible, le Portugal serait
épargné à cause de la consécration nationale faite par les évêques au Cœur Immaculé de
Marie8.»
Et au Portugal furent épargnées les horreurs de la guerre, dont les détails sont trop
nombreux à relater ici9. Plus remarquable encore! Sœur Lucie écrivit au Pape Pie XII le 2
décembre 1940 pour lui dire que le Portugal recevait pendant la guerre une protection spéciale
que d'autres nations auraient reçue si les évêques avaient consacré leur nation au Cœur
Immaculé de Marie. Elle écrivait: «Très Saint-Père!... Notre-Seigneur promet à notre patrie
une protection spéciale durant cette guerre, en considération de la Consécration que les
Révérends Prélats portugais ont faite de la Nation au Cœur Immaculé de Marie. Et cette
protection sera la preuve des grâces qu'il accorderait à d'autres nations, si comme elle, elles
lui étaient consacrées10.»
De même, le Cardinal Cerejeira du Portugal n'a pas hésité à attribuer à Notre- Dame de
Fatima les grandes grâces qu'Elle avait obtenues pour le Portugal pendant cette époque. Le 13
mai 1942, il dit: «Pour exprimer ce qui s'est passé ici depuis vingt-cinq ans, … le vocabulaire
portugais n'a guère qu'un seul mot: miracle. Oui, nous avons la ferme conviction que nous
devons à la protection de la Très Sainte Vierge la transformation merveilleuse du Portugal11.»
Le Cardinal Cerejeira a soutenu ce que nous soutiendrons tout au long de cet exposé: que
les bénédictions miraculeuses obtenues au Portugal par Notre-Dame comme récompense
céleste pour la consécration de cette nation en 1931 ne furent qu'un avant goût de ce qu'Elle
fera pour le monde entier, une fois que la Russie sera également consacrée correctement à Son
Cœur Immaculé12. Comme a dit le Cardinal:
Ce qui s'est passé au Portugal proclame le miracle. Et c'est l'annonce de ce que le Cœur
Immaculé de Marie prépare pour le monde13.
Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi le Portugal à cette époque a été nommé «la
Vitrine de Notre-Dame.» Et le triple miracle du Portugal n'est que la préfigure de ce qu'on
verra en Russie et dans le monde après la Consécration Collégiale de la Russie. L'exemple
miraculeux du Portugal nous aide aussi à mesurer à quoi nous pouvons juger le présent. Si
nous mettons en contraste le triple miracle du Portugal avec l'actuelle condition de la Russie
et du monde, il est évident que la Consécration de la Russie reste à réaliser. (Nous reviendrons
sur ce point dans un chapitre ultérieur.)
44
Pour de hauts dignitaires de l'Eglise mener des actions qui entravent la Consécration de la
Russie, niant par là devant l'Eglise et le monde, la libéralité céleste de l'intercession de Marie
obtenue pour le Portugal, ce n'est pas seulement une absurdité monumentale, mais aussi un
crime incommensurable. C'est ce crime qui a motivé la publication de ce livre.
Le 6 février 1939, sept mois avant la déclaration de guerre, Sœur Lucie (ci-dessus) a écrit à son évêque,
Mgr da Silva (ci-dessus). Elle lui a dit que la guerre était imminente, puis elle a parlé d'une promesse
miraculeuse. Elle a dit que, «dans cette horrible guerre, le Portugal serait épargné à cause de la consécration
nationale au Cœur Immaculé de Marie faite par les évêques.» Et Portugal furent épargnées les horreurs de
la guerre.
Notes:
1. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise (édition de La
Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1984), p. 293.
2. Les paroles de Sœur Lucie rapportées par Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol.
II: Le Secret et l'Eglise, p. 293. Voir aussi Sœur Lucie, Memorias e Cartas da Irma Lucia (Porto, Portugal, 1973,
édité par le Père Antonio Maria Martins), pp. 463-465.
3. Collective Pastoral Letter for the Jubilee of the Apparitions in 1942 (Lettre Pastorale Collective pour le
Jubilé des Apparitions de Fatima en 1942), Merv. XXè s, p. 338. Citation de Frère Michel de la Sainte Trinité,
Toute la Vérité sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise, p. 258.
4. L'influence de Salazar au gouvernement du Portugal croissait depuis 1928. Il devient Président du Conseil en
1933. Plus tard, Salazar reçut pour ses efforts, les félicitations et la bénédiction du Pape Pie XII, «Je le bénis de
tout mon cœur, dit Pie XII, et je forme le plus ardent souhait qu'il puisse achever avec succès son œuvre de
restauration nationale, tant spirituelle que matérielle.» Citation de Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la
Vérité sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise, p. 259.
6. Ibid., p. 266.
7. Ibid., p. 267.
8. Ibid., p. 270.
9. Voir Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise, pp. 231-276.
45
11. Ibid., p. 255. Le Cardinal Cerejeira a prononcé ces mots pendant la célébration du Jubilé des Apparitions de
Fatima en 1942.
12. Nous nous fions plus à la parole d'un adepte de Fatima tel que le Cardinal Cerejeira qu'à un déboulonneur de
Fatima tel que le Cardinal Ratzinger. Voir chapitres suivants.
13. Le Cardinal Cerejeira. Préface à Jacinta (1942). Obras Pastorais (Œuvres Pastorales), Vol. II, p. 333. Cf.
aussi son homélie du 13 mai 1942. Merv. XXè, p. 339. Cité de Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité
sur Fatima - Vol. II: Le Secret et l'Eglise, p. 276.
46
Chapitre 4
Le Troisième Secret
Comme l'avait précisément prédit la Vierge en 1917, la Seconde Guerre Mondiale a
éclaté sous le règne de Pie XI. En 1943 Joseph Staline etait bien entraîne à la liquidation des
Catholiques et l'exportation du communisme athée à partir de la Russie soviétique. En juin de
cette même année, Sœur Lucie, alors âgée de 36 ans, avait contracté une pleurésie. Cet
événement alarma grandement Monseigneur da Silva de Leiria-Fatima, et son ami intime et
conseiller le Chanoine Galamba. Tous deux craignirent que Sœur Lucie ne mourût sans avoir
rédigé le Troisième Secret.
A la mi-octobre 1943, pendant une visite à Sœur Lucie au couvent de Tuy en Espagne
(environ à 380 kilomètres de Fatima et près de la frontière portugaise), Monseigneur da Silva
donna à Sœur Lucie l'ordre formel de rédiger le Secret. Alors Sœur Lucie essaya d'obéir à
l'ordre de l'évêque mais fut incapable de le faire pendant les deux mois et demi suivants.
J'ai écrit ce que vous m'avez demandé; Dieu a voulu m'éprouver un peu, mais finalement,
c'était bien cela sa volonté: [le texte] est cacheté dans une enveloppe et celle-ci est dans les
cahiers2 ...
Il fut donc apparent tout de suite que le Secret impliquait deux documents: l'un cacheté
dans l'enveloppe et l'autre contenu dans le cahier de Sœur Lucie. (Pour quelle autre raison
aurait-elle transmis le cahier ainsi que l'enveloppe cachetée?) Nous nous concentrerons pour
le moment sur ce qui était cacheté dans l'enveloppe.
Lucie était encore si remplie d'inquiétude sur le contenu du Secret qu'elle ne voulut
confier le Secret dans l'enveloppe cachetée (ainsi que le cahier) à personne d'autre qu'un
évêque pour qu'il soitporté à Monseigneur da Silva. Le 17 juin 1944, Sœur Lucie quitta Tuy,
47
franchit la rivière Minho et arriva à Asilo Fonseca où elle remit à l'Archevêque Manuel Maria
Ferreira da Silva (l'Archevêque de Gurza) le cahier dans lequel elle avait inséré l'enveloppe
contenant le Secret. Ce même jour, l'Archevêque da Silva remit le Secret à Monseigneur José
Alves Correia da Silva (l'évêque de Leiria) dans sa maison de campagne non loin de Braga.
Alors, l'évêque de Leiria porta le Secret au Palais Episcopal de Leiria. Ces détails seront très
importants étant donné ce qui a été rapporté dans le commentaire du Vatican sur le Troisième
Secret finalement publié le 26 juin 2000.
Depuis le début, selon le témoignage unanime, le Troisième Secret est écrit sous forme de
lettre sur une simple feuille de papier. Le Père Joaquin Alonso (archiviste officiel des
documents sur les Apparitions de Fatima) rapporte que Sœur Lucie et le Cardinal Ottaviani
ont tous deux déclaré que le Secret était écrit sur une simple feuille de papier:
Lucie nous dit qu'elle l'a écrit sur une feuille de papier. Le Cardinal Ottaviani, qui l'a lu,
nous dit de même: «Elle l'a écrit sur une feuille de papier ...3»
Et alors, qu'a-t-elle fait pour obéir à la Très Sainte Vierge? Elle a écrit sur une feuille, en
portugais, ce que la Sainte Vierge lui avait demandé de dire au Saint-Père [sic] ...4
Moi qui ai eu la grâce et le don de lire ce qui est le texte du Secret, — mais je suis secret
moi aussi parce que je suis tenu au Secret5 ...
Monseigneur Venancio raconte qu'une fois seul chez lui, il prit la grande enveloppe du
Secret et qu'il essaya de voir, par transparence, quel en était le contenu. Dans la grande
enveloppe de l'évêque, il discerna une enveloppe plus petite, celle de Lucie, et à l'intérieur une
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feuille ordinaire, avec trois quarts de centimètre de marge de chaque côté. Il prit le soin de
noter la taille de tout cela. L'ultime Secret de Fatima est donc écrit sur une petite feuille de
papier8. (c'est nous qui soulignons)
Les témoignages suivants montrent que cette unique feuille de papier contenait quelque
20 à 25 lignes de texte. Sur ce point concordent tous les témoignages de Sœur Lucie, du
Cardinal Ottaviani, de Monseigneur Venancio, du Père Alonso, du Frère Michel et du Frère
François:
Nous sommes aussi sûrs que les quelque vingt ou trente lignes du troisième Secret9 ...
L'ultime Secret de Fatima, écrit sur une petite feuille de papier, n'est donc pas très long.
Probablement vingt à vingt-cinq lignes10 ...
«“Vous avez déjà donne à connaître les deux premières parties du Secret. Quand sera-ce
pour la troisième?” “Cette troisième partie, je l'ai communiquée par une lettre adressée à Mgr
l'évêque de Leiria; ...”» a-t-elle répondu12. (c'est nous qui soulignons)
Quand Mgr l'évêque refuse de l'ouvrir, Lucie lui fait promettre qu'il serait ouvert
définitivement et lu au monde à sa mort [à elle, Lucie], ou en 1960, selon ce qui se produirait
d'abord13. (c'est nous qui soulignons)
Monseigneur da Silva enferma (l'enveloppe cachetée par Lucie) dans une autre enveloppe
sur laquelle il indiqua que la lettre devait être ouverte en 1960 par lui-même, Mgr José
49
Correia da Silva, s'il était encore en vie, ou sinon, par le Cardinal Patriarche de Lisbonne15.
(c'est nous qui soulignons)
Je pense que la lettre ne sera pas ouverte avant 1960. La sœur Lucie avait demandé
qu'elle ne fût pas ouverte avant sa mort, ou pas avant 1960. Or, nous sommes en 1959, et la
sœur Lucie jouit d'une bonne santé17. (c'est nous qui soulignons)
«... il est fort probable que la lettre dans laquelle sœur Lucie écrivit les paroles que la
Vierge Marie adressa aux trois pastoureaux à la Cova da Iria, ne soit jamais ouverte18.» (c'est
nous qui soulignons)
Jusqu'ici tous les témoignages convergent vers ce qui suit: un secret rédigé sous forme de
lettre sur une seule feuille de papier contenant 20-25 lignes de texte calligraphié, avec ¾ de
centimètre de marge de chaque côté; secret à révéler au plus tard en 1960 et en cette année-là,
particulièrement, parce que «alors ce sera beaucoup plus clair.»
C'est ce document que Monseigneur Venancio transféra au Nonce du Pape, qui alors le
transféra en 1957 au Saint-Office (maintenant connu sous le nom de Congrégation pour la
Doctrine de la Foi):
Arrivé au Vatican le 16 avril 1957, le Secret fut sans doute placé presque aussitôt par le
Pape Pie XII dans son bureau personnel, à l'intérieur d'un petit coffre de bois, portant la
mention Secretum Sancti Officii. (Secret du Saint-Office)19.
Il est important de noter que le Pape était le chef du Saint-Office avant la réorganisation
du Vatican par le Pape Paul VI en 1967. Par conséquent, il était tout à fait normal pour le
Pape de garder en sa possession le Troisième Secret et que la boîte la contenant soit étiquetée
«Secret du Saint-Office.» Le Pape étant le chef du Saint-Office, cette boîte faisait partie des
archives du Saint-Office. Retenez ces faits essentiels pour examen ultérieur.
Quel est le contenu du Secret? Nous retournons maintenant à l'expression qui en dit long:
«Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» ce qui, nous l'avons noté dans
un chapitre précédent, apparaît dans le Quatrième Mémoire de Lucie, à la fin du texte intégral
des deux premières parties du Grand Secret.
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Sur ce point, nous devons considérer le témoignage capital du Père Joseph Schweigl, à
qui fut confiée par le Pape Pie XII une mission secrète: interroger Sœur Lucie sur le
Troisième Secret. Il le fit au Carmel de Coimbra le 2 septembre 1952. A son retour à Rome, le
Père Schweigl se rendit à sa résidence au Russicum et dit à un collègue le lendemain:
Je ne peux rien révéler de ce que j'ai appris à Fatima à propos du troisième Secret, mais je
peux dire qu'il a deux parties: l'une concerne le Pape. L'autre, logiquement — bien que je ne
doive rien dire — devrait être la continuation des paroles: «Au Portugal se conservera
toujours le dogme de la Foi ...20»
Cette conclusion est confirmée par maint autre témoin, y compris les suivants:
Le Père Fuentes
Le 26 décembre 1957, le Père Fuentes eut une entrevue avec Sœur Lucie. L'entrevue fut
publiée en 1958 avec imprimatur de son Archevêque, Monseigneur Sanchez de Véracruz au
Mexique. Entre autres choses, Sœur Lucie dit au Père Fuentes ce qui suit:
Père, la Très Sainte Vierge est bien triste, car personne ne fait cas de Son Message, ni les
bons, ni les mauvais. Les bons continuent leur chemin, mais sans faire cas du Message. Les
mauvais, ne voyant pas tomber sur eux actuellement le châtiment de Dieu, continuent leur vie
de péché sans se soucier du message. Mais, croyez-moi, Père, Dieu va châtier le monde et ce
sera d'une manière terrible. Le châtiment céleste est imminent.
Que manque-t-il, Père, pour 1960 et qu'arrivera-t-il alors? Ce sera bien triste pour tout,
nullement réjouissant si auparavant le monde ne prie pas et ne fait pas pénitence. Je ne peux
donner d'autres détails puisque c'est encore un secret ...
C'est la troisième partie du Message de Notre-Dame qui restera secrète, jusqu'à cette date
de 1960.
Dites-leur, Père, que la Très Sainte Vierge, plusieurs fois, aussi bien à mes cousins
François et Jacinthe qu'à moi-même nous a dit que beaucoup de nations disparaîtront de la
surface de la terre, que la Russie sera l'instrument du châtiment du Ciel pour le monde entier
si nous n'obtenons pas auparavant la conversion de cette pauvre nation.
Père, le démon est en train de livrer une bataille décisive avec la Vierge, et comme il sait
ce qui offense le plus Dieu et qui en peu de temps lui fera gagner le plus grand nombre
d'âmes, il fait tout pour gagner les âmes consacrées à Dieu, car de cette manière il laisse le
champ des âmes désemparé, et ainsi il s'en emparera plus facilement.
Ce qui afflige le Cœur Immaculé de Marie et celui de Jésus, c'est la chute des âmes
religieuses et sacerdotales. Le démon sait que les religieux et les prêtres en manquant à leur
belle vocation, entraînent de nombreuses âmes en enfer. … Le démon veut s'emparer des
âmes consacrées; il essaie de les corrompre pour endormir les autres dans l'impénitence
finale21.
51
Le Père Alonso
Avant sa mort en 1981, le Père Joaquin Alonso, qui pendant seize ans fut l'archiviste
officiel de Fatima, a certifié ce qui suit:
Il est donc tout à fait probable, que le texte [du troisième Secret] fasse des allusions
concrètes à la crise de la foi de l'Eglise et à la négligence des Pasteurs eux-mêmes ... [et aux]
luttes intestines au sein de l'Eglise même et de graves négligences pastorales de la haute
Hiérarchie22.
Dans la période qui précède le grand triomphe du Cœur de Marie se produiront des
choses terribles qui sont l'objet de la troisième partie du Secret. Lesquelles? Si «Au Portugal
se conservera toujours le dogme de la Foi,» ... on peut en déduire en toute clarté que dans
d'autres parties de l'Eglise ces dogmes ou bien vont s'obscurcir, ou bien même se perdre23.
Le texte inédit parle-t-il de circonstances concrètes? It est fort possible qu'il ne parle pas
uniquement d'une véritable crise de la foi dans l'Eglise pendant cette période intermédiaire,
mais que, comme par exemple le fait le secret de La Salette, il y ait des références plus
concrètes aux luttes intestines des Catholiques ou aux défaillances des prêtres et des religieux.
Peut-être même y a-t-il référence aux défaillances de la haute Hiérarchie de l'Eglise.
Rien de tout cela, du reste, n'est étranger à d'autres communications qu'a eues sœur Lucie
sur ces points24.
Le Cardinal Ratzinger
Le 11 novembre 1984, le Cardinal Ratzinger, tête de la Congrégation pour la Doctrine de
la Foi, donna un entretien à la revue Jésus, publication des Sœurs Pauliniennes. L'entretien
intitulé «Voici pourquoi la Foi est en crise» fut publiée avec l'autorisation explicite du
Cardinal. Dans cet entretien, le Cardinal Ratizinger admît qu'une crise de la foi affecte l'Eglise
dans le monde entier. Dans ce contexte, il révèle qu'il a lu le Troisième Secret et que le Secret
se réfère à des «dangers qui menaçent la foi, et la vie du Chrétien, et donc (la vie) du monde.»
Monseigneur Amaral
Avec le Cardinal Ratzinger s'accorde tout à fait Monseigneur Amaral, le troisième évêque
de Fatima. Dans un discours à Vienne, en Autriche, le 10 septembre 1984, il a dit ce qui suit:
Son contenu, insista-t-il, ne concerne que notre foi. Identifier le (Troisième) Secret avec
des annonces catastrophiques ou avec un holocauste nucléaire, c'est déformer le sens du
52
message. La perte de la foi d'un continent est pire que l'anéantissement d'une nation; et il est
vrai que la foi diminue continuellement en Europe26. (c'est nous qui soulignons)
Le Cardinal Oddi
Il (le Troisième Secret) n'a rien à voir avec Gorbachev. La Sainte Vierge nous alertait
contre l'apostasie dans l'Eglise.
Le Cardinal Ciappi
A ces témoignages, nous devons ajouter le témoignage du Cardinal Mario Luigi Ciappi
qui ne fut rien moins que le théologien papal personnel du Pape Jean-Paul II. Dans une
communication personnelle au professeur Baumgartner de Salzburg, le Cardinal Ciappi a
révélé que:
Dans le Troisième Secret il est prédit, entre autres choses, que la grand apostasie dans
l'Eglise commencera au sommet27.
Tous ces témoignages correspondent aux remarques répétées de Sœur Lucie elle-même.
Non seulement au Père Fuentes, cité plus haut, mais à beaucoup d'autres témoins dignes de
foi. Bien qu'elle soit liée au secret concernant le contenu précis du Troisième Secret, ses
remarques à des témoins dignes de confiance, sont pleines de références à des hommes
d'Eglise «tromper par de fausses doctrines»; à une «désorientation diabolique» atteignant
«tant de personnes qui occupent des places de responsabilité» dans l'Eglise; à des «prêtres et
âmes consacrées» qui «sont tellement trompées et égarées» parce que «le démon a réussi à
infiltrer le mal sous couvert de bien … induire en erreur et à tromper des âmes ayant une
lourde responsabilité par la place qu'elles occupent … ce sont des aveugles qui guidant
d'autres aveugles», et ainsi de suite28.
Mais peut-être le témoignage le plus remarquable de tous à ce sujet, bien qu'en rapport
indirect, est celui du Cardinal Eugénio Pacelli, avant de devenir le Pape Pie XII, et alors qu'il
était encore au service du Vatican comme Secrétaire d'Etat sous le règne du Pape Pie XI.
Parlant même avant que Sœur Lucie ait confirmé par écrit le Troisième Secret, le futur Pie XII
fit une prophétie étonnante sur un bouleversement futur dans l'Eglise:
Je suis tracassé par les Messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima. Cette insistance
de Marie sur les dangers qui menacent l'Eglise est un avertissement divin contre le suicide par
altération de la Foi, dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme. … J'entends tout autour de moi,
des novateurs qui veulent démanteler la Sainte Chapelle, détruire la flamme universelle de
l'Eglise, rejeter Ses ornements et Lui faire éprouver du remords pour Son passé historique.
53
Un jour viendra où le monde civilisé reniera son Dieu, où l'Eglise doutera comme Pierre a
douté. Elle sera tentée de croire que l'homme est devenu Dieu. Dans nos églises, les chrétiens
chercheront en vain la lampe rouge là où Dieu les attend. Comme Marie-Madeleine, pleurant
devant le tombeau vide, ils demanderont: «Où L'ont-ils emporté29?»
Il est tout à fait remarquable que le futur Pape ait associé cette intuition, apparemment
surnaturelle, d'une dévastation qui survenait dans l'Eglise, spécialement aux «Messages de la
Sainte Vierge à Lucie de Fatima» et «cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent
l'Eglise.» La prédiction serait complètement dépourvue de sens si elle avait été basée sur les
deux premières parties du Grand Secret, qui ne font aucune mention de faits tels que «le
suicide de l'altération de la Foi dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme» ou de «novateurs
qui veulent démanteler la Sainte Chapelle, détruire la flamme universelle de l'Eglise, rejeter
ses ornements et lui faire éprouver du remords pour son passé historique.» Il n'y a pas non
plus une indication quelconque dans les deux premières parties pour «dans nos églises, les
Chrétiens chercheront en vain la lampe rouge où Dieu les attend.»
Comment le futur Pape Pie XII connaissait-il ces choses? Sinon par intuition surnaturelle,
puis par connaissance directe d'une certaine partie jusque là non dévoilée «des Messages de la
Sainte Vierge à Sœur Lucie de Fatima» révélant ces futurs événements dans l'Eglise.
Bref, chaque témoignage relatif au contenu du Troisième Secret depuis 1944 au moins
jusqu'à 1984 (date de l'interview de Ratzinger) confirme qu'il signale une perte catastrophique
de la foi et de la discipline dans l'Eglise, représentant une avancée des forces rangées contre
Elle depuis si longtemps — les «novateurs» qu'entendait le futur Pape Pie XII «tout autour de
moi» réclamant à grands cris le démantèlement de la Sainte Chapelle et les changements de la
liturgie et de la théologie catholique.
54
Sœur Lucie à l'époque de cette photo était chez les Sœurs Dorothées et c'est environ
trois ans après cette photo, qu'elle reçut un message de Notre-Seigneur Jésus-Christ
Lui-même lui disant de transmettre au Pape et aux évêques ce qui leur arrivera
personnellement s'ils retardent trop longtemps pour faire la Consécration de la
Russie. Jésus a dit:
«Fais savoir à Mes ministres, étant donné qu'ils suivent l'exemple du roi de France
en retardant l'exécution de Ma demande, qu'ils le suivront dans le malheur. Jamais
il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie.»
La vision de l'exécution du Pape et des évêques qui fut révélée par le Vatican le 26
juin 2000 trouverait une explication dans les mots de Notre-Seigneur Lui-même cités
plus haut.
Notes:
1. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret (édition de La
Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1985), p. 38.
2. Ibid.
3. Père Joaquin Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima (La Vérité sur le Secret de Fatima), (Centre
Mariano, Madrid, Espagne, 1976), p. 60. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima
- Vol. III: Le Troisième Secret, p. 437.
4. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 486.
5. Ibid., p. 488.
6. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, (édition de La Contre-Réforme
Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1991), p. 291.
7. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 320.
8. Ibid., p. 321.
9. Ibid., p. 419.
10. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 291.
11. Frère Michel de la Sainte Trinité, The Secret of Fatima ... Revealed (Le Secret de Fatima ... Révélé),
(Immaculate Heart Publications, Buffalo, New York, U.S.A.), p. 7.
12. Revue Médiatrice et Reine, octobre 1946, pp. 110-112. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la
Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 313.
13. Père Joaquin Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima, p. 46-47. Voir aussi Frère Michel de la Sainte
Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 313.
14. Barthas, Fatima, Merveille du XXè siècle, p. 83. Fatima Editions, 1952. Il faut noter que le Chanoine Barthas
a publié ce compte-rendu après avoir eu le privilège de rencontrer Sœur Lucie de nouveau le 15 octobre 1950 en
compagnie de Monseigneur Bryant, O.M.I., Vicaire Apostolique de L'Athabaska-Mackenzie. Voir Frère Michel
de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 314.
55
15. Novidades, 24 février 1960. Cité par la Documentation Catholique, 19 juin 1960, col. 751. Voir aussi Frère
Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 314.
16. Père Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la
Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 316-317.
18. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 386.
19. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 291.
20. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 476.
21. Traduction de l'interview de Sœur Lucie avec le Père Fuentes tirée de Frère Michel de la Sainte Trinité,
Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 336-337. Frère Michel explique que le texte est
tiré du livre de l'expert de Fatima le Père Joaquin Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima (pp. 103-106),
et depuis le text publier par Père Ryan dans le juin de 1959 issue du Fatima Findings (Conclusions de Fatima),
et le no 8-9 août-septembre 1961 issue du italien magazine Messaggero del Cuore di Maria (Message du Coeur
de Maria). L'interview de Sœur Lucie avec le Père Fuentes fut publiée avec Imprimatur de l'Archevêque
Sanchez de Veracruz, Mexique.
22. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 472.
25. Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 555-556.
Voir aussi Jesus Magazine du 11 novembre 1984, p. 79. Voir aussi The Fatima Crusader, n° 37, Eté 1991, p. 7.
26. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 400. Voir aussi Frère Michel
de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, p. 453.
27. Voir Père Gérard Mura «Le Troisième Secret de Fatima: A-t-il Eté Complètement Révélé?», le périodique
Catholic (publié par les Rédemptoristes transalpins, Orkney Islands, Scotland, Great-Britain) mars 2002.
28. Ces citations sont résumées à partir de nombreuses lettres qu'écrivit Sœur Lucie au début des années 1970 à
deux de ses neveux qui étaient prêtres et à d'autres religieux qu'elle connaissait. Voir Frère Michel de la Sainte
Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret, pp. 509-512.
56
Chapitre 5
Un Motif Emerge
Selon l'accusation portée dans l'Introduction, le crime contre l'Eglise et le monde que
nous avons l'intention de prouver dans ce livre, implique «une tentative systématique, depuis
l'année 1960, de dissimuler, dénaturer et nier l'authenticité de ce message — le Message de
Fatima — alors même que ses prophéties alarmantes sont en train de s'accomplir sous nos
propres yeux.»
Mais pourquoi des hommes au plus haut rang de l'autorité dans l'Eglise commettent-ils un
tel crime? Comme l'a observé Aristote, pour comprendre une action, il faut examiner le motif.
C'est ce que nous ferons dans ce chapitre.
A coup sûr, prouver un motif est toujours une affaire difficile, car on ne peut lire dans
l'esprit d'un autre, moins encore juger l'état de son âme. Arriver à une conclusion sur ce qui
motive comme tout jury dans une affaire purement civile, permet de baser le jugement
seulement sur les actions externes de l'accusé, à la lumière des circonstances environnantes.
Quand un jury découvre qu'un homme a assassiné sa femme pour le motif d'obtenir l'argent de
l'assurance, par exemple, il fait reposer sa découverte de motif sur une déduction raisonnable
tirée des circonstances du contexte. Il serait rare pour un meurtrier dans un tel cas d'avouer:
«Je l'ai tuée pour l'assurance.» Au lieu de cela, le motif pourrait être déduit du fait d'une
récente souscription par le mari d'une très importante police d'assurance en faveur de l'épouse.
Je suis tracassé par les messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima. Cette insistance
de Marie sur les dangers qui menacent l'Eglise est un avertissement divin contre le suicide par
57
l'altération de la Foi, dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme. … J'entends tout autour de
moi des novateurs qui veulent démanteler la Sainte Chapelle, détruire la flamme universelle
de l'Eglise, rejeter Ses ornements et Lui faire éprouver du remords pour Son passé historique.
Un jour viendra où le monde civilisé reniera son Dieu, où l'Eglise doutera comme Pierre a
douté. Elle sera tentée de croire que l'homme est devenu Dieu. Dans nos églises, les Chrétiens
chercheront en vain la lampe rouge là où Dieu les attend. Comme Marie-Madeleine, pleurant
devant le tombeau vide, ils demanderont: «Où L'ont-ils emporté?»
Dans l'Introduction, nous avons aussi noté que ce grand changement d'orientation dans
l'Eglise — dans «Sa liturgie, Sa théologie, Son âme», selon le futur Pape Pie XII — était le
but longuement caressé par les forces organisées qui complotent contre l'Eglise depuis des
siècles; les mêmes forces qui étaient à l'œuvre au Portugal en 1917, mais furent repoussées
par la Consécration de cette nation au Cœur Immaculé de Marie en 1931. Repousser ces
forces dans le monde entier fut la raison même pour laquelle le Ciel lui-même a envoyé la
Mère de Dieu à Fatima pour prescrire la Consécration de la Russie. Ces forces allaient bientôt
devenir l'arme principale de la longue guerre de Satan contre l'Eglise. A vrai dire, l'issue de la
guerre contre l'Eglise de notre temps est axée sur le combat pour l'accomplissement du
Message de Fatima.
Notre présentation des preuves du motif dans ce procès — C'est-à-dire, le désir d'imposer
à l'Eglise une nouvelle orientation à l'exclusion du Message de Fatima — exige un arrière-
plan historique considérable que nous allons maintenant vous présenter. Cet arrière-plan
intéressera non seulement les Catholiques, mais aussi les non-Catholiques qui cherchent à
comprendre ce qui se passe dans l'Eglise Catholique depuis Vatican II.
Comme nous l'avons vu avec l'exemple du Portugal en 1917, les forces de la Maçonnerie
(et de leurs compagnons de voyage les Communistes) ont conspiré pour empêcher le Message
de Fatima de trouver son accomplissement au Portugal. Le Message fut qualifié de fraude ou
de mensonge enfantin; les voyants eux-mêmes furent persécutés et menacés de mort. Telle
était la haine de ces forces pour l'Eglise Catholique et la Vierge Mère de Dieu.
Et ainsi en est-il de ces forces aujourd'hui dans le monde en général. Il n'est pas
nécessaire de descendre dans les marais enfiévrés des théories de la conspiration pour savoir
que, avant 1960, les Papes prononcèrent plus de condamnations et d'avertissements sur le
complot des Francs-Maçons et les Communistes contre l'Eglise que sur d'autre sujet de
l'histoire de l'Eglise.
58
maçonniques, mais il n'a autorisé personne à divulguer les vrais noms des membres de la Alta
Vendita impliqués dans les documents. Le Pape Léon XIII en avait également requis la
publication. Les deux Papes ont agi sans doute pour empêcher une telle tragédie de se
produire. Ces grands Pontifes savaient qu'une telle calamité était loin d'être impossible. (Le
Pape Pie XII le savait aussi, comme nous le voyons par ses remarques prophétiques alors qu'il
était encore Secrétaire d'Etat au Vatican.)
La Alta Vendita fut la plus haute loge des Carbonari, société secrète italienne liée à la
Franc-Maçonnerie et qui, en même temps que la Franc-Maçonnerie fut condamnée par
l'Eglise Catholique5. L'estimable historien catholique, le Père E. Cahill, S.J., qu'on qualifierait
difficilement de «gandin de conspiration», déclare dans son œuvre La Franc-Maçonnerie et le
Mouvement Anti-Chrétien que la Alta Vendita fut «communément taxée à l'époque de noyau
dirigeant de la Franc-Maçonnerie européenne6.» Les Carbonari étaient très actifs en Italie et
en France.
Dans son livre Athanase et l'Eglise de Notre Temps (1974), Monseigneur Rudolph
Graber, autre autorité objective et tout à fait inattaquable écrivant après le Concile Vatican II,
citait un éminent Franc-Maçon qui déclarait que «le but (de la Franc-Maçonnerie) n'est plus
de détruire l'Eglise, mais de l'utiliser en l'infiltrant7.» En d'autres termes, puisque la Franc-
Maçonnerie ne peut pas complètement oblitérer l'Eglise du Christ, elle projette non seulement
d'éradiquer l'influence du Catholicisme dans la société, mais d'user de la structure de l'Eglise
comme instrument du «renouveau», du «progrès», des «Lumières» — c'est-à-dire comme
moyen de faire avancer beaucoup de ses propres principes et buts.
59
Cardinaux nommés, dont la pensée serait dans la voie de la pensée moderne enracinée dans
les «Principes de 1789» (c'est-à-dire les principes de la Franc-Maçonnerie qui a inspiré la
Révolution Française) — à proprement parler, le pluralisme, l'égalité de toutes les religions, la
séparation de l'Eglise et de l'Etat, la liberté totale d'expression et ainsi de suite.
Finalement, serait élu un Pape sorti de ces rangs qui mènerait l'Eglise sur le sentier des
«Lumières et du renouveau.» Il faut bien souligner que leur but n'était pas de placer un Franc-
Maçon sur la Chaire de Pierre. Leur but était de créer un environnement qui finalement
produirait un Pape et une hiérarchie gagnée aux idées du Catholicisme libéral tout en se
croyant fidèle Catholique.
Ces chefs catholiques libéralisés ne voudraient plus, alors, s'opposer aux idées modernes
de la révolution (selon la pratique constante des Papes de 1789 à 1958, qui condamnaient
unanimement ces principes libéraux), mais les amalgameraient ou les «baptiseraient» pour les
faire entrer dans l'Eglise. Le résultat final serait un laïcat et un clergé catholique marchant
sous la bannière des «lumières», tout en croyant qu'ils marchent sous la bannière des clefs
apostoliques.
C'est sans doute en pensant à la Formation Permanente que dans Humanum Genus le
Pape Léon XIII lançait un appel aux chefs catholiques pour «arrachez à la Franc-Maçonnerie
le masque dont elle se couvre et faites la voir telle qu'elle est8.» La publication de ces
documents de la Alta Vendita était un moyen de «arrachez le masque.»
De peur qu'on nous accuse d'avoir mal caractérisé la «Formation Permanente», nous en
citons maintenant un long extrait. Ce qui suit n'est pas toute la Formation, mais la partie la
plus appropriée à notre démonstration. Le document dit:
Le Pape, quel qu'il soit, ne viendra jamais dans les sociétés secrètes. C'est aux sociétés
secrètes de faire le premier pas vers l'Eglise, avec le but de conquérir les deux.
La tâche que nous allons entreprendre n'est pas l'œuvre d'un jour, ou d'un mois, ou d'une
année; elle peut durer plusieurs années, peut-être un siècle; mais dans nos rangs le soldat
meurt et la lutte continue.
Nous n'avons pas l'intention de gagner les Papes à notre cause, d'en faire des néophytes
de nos principes, des propagateurs de nos idées. Ce serait un rêve ridicule et si les événements
se retournent de quelque manière, si les Cardinaux ou les prélats, par exemple, de leur propre
volonté libre ou par surprise, devaient entrer dans quelque partie de nos secrets, ce n'est pas
du tout un encouragement à désirer leur élévation au Siège de Pierre. Cette élévation nous
ruinerait. L'ambition seule les aurait conduits à l'apostasie, les exigences du pouvoir les
forceraient à nous sacrifier. Ce qu'il nous faut demander, ce qu'il nous faudrait chercher et
attendre, comme les Juifs attendent le Messie, c'est un Pape selon nos besoins ...
Avec cela, nous monterons plus sûrement à l'assaut de l'Eglise que par les pamphlets de
nos frères en France et même l'or de l'Angleterre. Voulez-vous savoir pour quelle raison?
C'est que, avec cela, pour ébranler le haut roc sur lequel Dieu a bâti Son Eglise, nous n'avons
plus besoin du vinaigre d'Hannibal, plus besoin de poudre à canon, même plus besoin de nos
armes. Nous avons le petit doigt du successeur de Pierre engagé dans la manœuvre, et ce petit
doigt, pour cette croisade a autant de valeur que tous les Urbain II et tous les Saint Bernard de
la chrétienté.
60
Nous n'avons pas de doute que nous arriverons à cette fin suprême de nos efforts. Mais
quand? Mais comment? L'inconnu n'est pas encore révélé. Néanmoins, comme rien ne devrait
nous faire dévier du plan tracé, et au contraire tout devrait y tendre, comme si dès demain, le
succès devait couronner l'œuvre simplement esquissée, nous désirons, dans cette formation,
qui demeurera secrète pour les simples initiés, donner aux officiers supérieurs de la Vente
Suprême quelques conseils qu'ils devraient infuser chez tous les frères, sous forme
d'information ou de mémorandum ...
Or donc, pour nous assurer un Pape aux dimensions requises, la première question est de
lui donner forme ... pour ce Pape, une génération digne du règne dont nous rêvons. Laissez de
côté les vieillards et l'âge mûr; allez à la jeunesse et si c'est possible, même aux enfants ...
Vous vous débrouillerez pour vous faire, à peu de frais, une réputation de bons catholiques et
de purs patriotes.
Cette réputation donnera accès à nos doctrines au milieu du jeune clergé ainsi qu'au fond
des monastères. Dans quelques années, par la force des choses, ce jeune clergé aura gravi les
échelons; ils formeront le conseil suprême, ils seront appelés à choisir un Pontife pour le
trône. Et ce Pontife, comme la plupart de ses contemporains, sera nécessairement plus ou
moins imbu des principes humanitaires italiens que nous allons commencer à faire circuler.
C'est un petit grain de sénevé que nous confions au sol; mais le soleil de justice le
développera jusqu'au pouvoir suprême, et vous verrez un jour quelle riche moisson produira
cette petite semence.
Dans le sentier que nous traçons pour nos frères, se trouvent de grands obstacles à
vaincre, des difficultés de plus d'une sorte à maîtriser. Ils en triompheront par l'expérience et
la lucidité; mais le but est si splendide qu'il est important de mettre toutes voiles au vent afin
de l'atteindre. Vous voulez révolutionner l'Italie, cherchez le Pape dont nous venons de tracer
le portrait. Vous voulez établir le règne des élus sur le trône de la prostituée de Babylone, que
le Clergé marche sous votre étendard, croyant toujours marcher sous la bannière des clefs
apostoliques. Vous avez l'intention de faire disparaître les derniers vestiges des tyrans et des
oppresseurs; posez vos filets, comme Simon Bar-Jona; posez-les dans les sacristies, les
séminaires et les monastères plutôt qu'au fond de la mer; et si vous n'êtes pas trop pressés,
nous vous promettons une prise plus miraculeuse que la sienne. Le pêcheur de poisson est
devenu pêcheur d'hommes. Vous amènerez des amis autour de la Chaire apostolique. Vous
aurez prêché une révolution en tiare et en chape, défilant avec la croix et la bannière, une
révolution qu'il faudra seulement un peu continuer à stimuler pour mettre le feu aux quatre
coins du monde9.
Comme nous l'avons noté, le but de la Franc-Maçonnerie n'était pas de détruire l'Eglise,
ce que les Maçons savaient impossible, mais de neutraliser et d'instrumentaliser l'Eglise —
c'est-à-dire de faire de l'élément humain de l'Eglise un instrument pour l'avancée des buts
maçonniques, en amenant les membres de l'Eglise à embrasser des idées libérales. Une
hiérarchie libéralisée se prêterait tout de suite à l'œuvre d'établir l'idéal maçonnique d'un
nouvel ordre mondial (novus ordo seclorum) — une fausse «fraternité» pan-religieuse où
l'Eglise abandonne Sa prétention d'être la seule arche de salut et cesse Son opposition aux
forces du monde. Le premier niveau de ce processus se manifesta au 19e siècle, époque où la
société s'était peu à peu imprégnée des principes libéraux de la Révolutions Françaises. Même
au milieu des années 1800, ce programme causait déjà de grands dommages à la Foi
61
catholique et à l'Etat catholique. Les notions supposées «plus aimables et plus nobles» de
pluralisme, d'indifférentisme religieux, une démocratie qui croit que toute autorité vient du
peuple, de fausses notions de liberté, des rassemblements inter-religieux, la séparation de
l'Eglise et de l'Etat et autres nouveautés s'emparaient des esprits de l'Europe après le temps
des «Lumières», contaminant de même hommes d'Eglise et hommes d'Etat.
Les Papes du 19e et du début du 20e siècles engagèrent la lutte contre ces vagues
dangereuses en pleine tenue de combat. Avec une présence d'esprit enracinée dans la certitude
sans compromis de la Foi, ces Papes ne se laissèrent pas duper. Ils savaient que les principes
mauvais, si honorables qu'ils paraissent, ne peuvent porter de bons fruits, et que c'étaient des
principes du mal en ce qu'ils avaient de pire, puisque enracinés non seulement dans l'hérésie,
mais dans l'apostasie. Comme des généraux aux commandes, qui reconnaissent le devoir de
garder à tout prix leur terrain, ces Papes ont braqué leurs canons puissants sur les erreurs du
monde moderne et fait feu incessamment. Les encycliques furent leurs boulets de canon et ils
n'ont jamais manqué leur cible.
Pourtant le 19e siècle vit une nouvelle génération de Catholiques chercher un compromis
utopique entre les deux. Ces hommes cherchaient ce qu'ils croyaient être «bon» dans les
principes de 1789 et essayaient de les introduire dans l'Eglise. Beaucoup de membres du
Clergé, contaminés par l'esprit de l'époque, furent pris dans un filet qui «avait été jeté dans les
sacristies et dans les séminaires» par la Franc-Maçonnerie. Ces hommes en vinrent à être
désignés comme Catholiques libéraux. Le Bienheureux Pape Pie IX les considérait avec une
horreur absolue. Il disait que ces «Catholiques libéraux» étaient «les pires ennemis de
l'Eglise.» Dans une lettre à la délégation française dirigée par l'évêque de Nevers le 18 juin
1871, le Bienheureux Pie IX déclarait:
Ce que je crains, ce n'est pas la Commune de Paris — non — ce que je crains, c'est le
Catholicisme libéral ... Je l'ai dit plus de quarante fois et je vous le répète maintenant, pour
l'amour que je vous porte. Le vrai châtiment de la France, c'est le Catholicisme libéral, qui
s'efforce d'unir deux principes aussi contradictoires que le feu et l'eau12.
La Montée du Modernisme
62
Cependant, malgré cela, le nombre de Catholiques libéraux ne cessait de croître. La crise
atteignit un sommet au tournant du siècle où le libéralisme de 1789 qui avait «soufflé comme
un vent» se changea en tornade du modernisme. Le Père Vincent Miceli identifia cette hérésie
comme telle en décrivant la «trinité de parents» du modernisme. Il a écrit: «Son ancêtre
religieux est la Réforme Protestante ... sa parenté philosophique est la philosophie des
Lumières ... son ascendance politique vient de la Révolution Française13.»
Que faut-il entendre par «modernisme»? Le modernisme, c'est ni plus ni moins qu'une
synthèse ou une combinaison de toutes les erreurs du Catholicisme Libéral en un système
philosophique et théologique général qui a pour effet de saper l'intégralité de la Foi catholique
dans son ensemble. Alors qu'un examen complet du vaste système de pensée moderniste
dépasse de beaucoup les visées de ce livre, il suffit pour notre propos, de dire que, par
différentes erreurs subtiles, le moderniste nie ou sape la divinité et la révélation divine du
Christ, la fondation par Lui d'une seule et véritable Eglise, et l'immutabilité absolue de la
doctrine catholique (qui selon les prétentions modernistes, peut «évoluer» avec le changement
de circonstances). Le moderniste embrasse également et encourage les notions libérales de
«liberté d'expression», de «liberté de conscience», et l'erreur de l'indifférentisme religieux, qui
estime que toutes les religions sont plus ou moins bonnes et louables, parce que toutes, elles
suscitent un prétendu «sens religieux» chez l'homme — erreur qui, bien entendu, nie
implicitement la réalité du Péché Originel en suggérant que tous les hommes peuvent être
vraiment religieux et peuvent trouver le salut dans les différentes religions qu'ils inventent,
sans nécessité du Baptême, de la Foi, et des Sacrements de l'Eglise Catholique.
Mais Saint Pie X ne s'en est pas tenu là. Quelques années après Pascendi, comprenant
que les modernistes devaient être écrasés avant de se lever pour causer des ravages dans
l'Eglise, ce saint Pape publia sa lettre Sacrorum Antistitum avec le mandement que le Serment
Anti-Moderniste soit prêté par tous les prêtres et professeurs. Il supervisa l'expulsion des
modernistes des séminaires et universités et excommunia les entêtés et les impénitents. Saint
Pie X savait que rien moins que la nature même de l'Eglise était attaquée par les Modernistes
qui, dans leur audace, agissaient alors ouvertement pour renverser le Dogme et la Tradition
Catholique:
[L]a gravité du mal croit de jour en jour et doit être étouffée à tout prix. Nous ne traitons
plus, comme au commencement, avec des adversaires «déguisés en moutons», mais avec des
ennemis à découvert et sans masque, dans notre propre maison, qui ayant fait un pacte avec
les principaux adversaires de l'Eglise (c'est-à-dire les Francs-Maçons, les libéraux, les
Protestants, les Juifs, les Musulmans, etc. …) s'efforcent de renverser la Foi ... Ils veulent la
63
renouveler comme si elle était consumée par l'âge, la développer et l'adapter aux goûts, aux
progrès et aux facilités du monde, comme si elle était opposée non seulement à la frivolité de
quelques-uns, mais au bien de la société. ... Il n'y aura jamais assez de vigilance et de fermeté
de la part de ceux à qui est confiée la sauvegarde fidèle du dépôt sacré de la doctrine
évangélique et de la tradition ecclésiastique afin de faire opposition à ces attaques contre
elle15.
Le Père Raymond Dulac rapporte qu'au consistoire secret du 23 mai 1923, le Pape Pie XI
questionna les trente Cardinaux de la Curie sur l'opportunité de réunir un concile
œcuménique. Dans l'assistance se trouvaient d'illustres prélats tels que Merry del Val, De Lai,
Gasparri, Boggiani et Billot. Les Cardinaux donnèrent un avis défavorable. Le Cardinal Billot
fit observer, «L'existence de profondes différences au sein de l'Episcopal lui-même ne peut
passer inaperçue … [Elles] risquent de donner lieu à des discussions qui se prolongeront
indéfiniment.»
Boggiani rappela les théories modernistes dont, dit-il, une partie du clergé et des évêques
n'est pas exempte: «Cette mentalité peut pousser certains Pères à présenter des notions, à
introduire des méthodes incompatibles avec les traditions catholiques.»
Billot fut même plus précis. Il exprima sa crainte de voir le concile «manipulé» par «les
pires ennemis de l'Eglise, les Modernistes, qui se préparent déjà, comme le montrent certaines
indications, à provoquer la révolution dans l'Eglise, un nouveau 178917.»
Prédictions Maçonniques
d'un Assaut Moderniste lors d'un Concile œcuménique
En décourageant l'idée d'un Concile pour de telles raisons, ces Cardinaux se sont montrés
plus aptes à reconnaître «les signes des temps» que tous les théologiens de l'après-Vatican II
réunis. Cependant leur prudence pouvait s'être enracinée dans quelque chose de plus profond.
Ils avaient pu être hantés par les écrits d'un illuminé infâme, le Chanoine Roca excommunié
(1830-1893) qui prêchait la révolution et la «réforme» de l'Eglise, et qui prédit, avec des
détails étonnamment précis, la subversion de l'Eglise qui serait produite par un Concile.
64
recevra néanmoins la consécration et la juridiction canonique de Rome.» Roca également,
chose assez étonnante, a prédit la «réforme» liturgique d'après-Vatican II: «[L]e culte divin
sous la forme dirigée par la liturgie, le cérémonial, le rituel, et les règles de l'Eglise Romaine
subiront en peu de temps une transformation lors d'un concile œcuménique qui y restaurera la
simplicité vénérable de l'âge d'or des Apôtres en mettant d'accord les préceptes de la
conscience et de la civilisation moderne.»
Roca a prédit que par ce concile viendrait «un accord parfait entre les idéaux de la
civilisation moderne et l'idéal du Christ et de Son Evangile. Ce sera la consécration du Nouvel
Ordre Social et le baptême solennel de la civilisation moderne.» En d'autres termes, ce concile
introduirait le triomphe du plan maçonnique pour la subversion de l'Eglise. Roca parla aussi
de l'avenir de la Papauté. Il a écrit: «Il y a un sacrifice au large qui représente un acte solennel
d'expiation ... La Papauté tombera; elle mourra sous le couteau sacré que forgeront les pères
du dernier concile. Le césar papal est une hostie (victime) couronnée pour le sacrifice.» Roca
prédit avec enthousiasme ni plus ni moins «qu'une nouvelle religion, un nouveau dogme, un
nouveau rituel, un nouveau sacerdoce.» Il a qualifié les nouveaux prêtres de «progressistes» et
parle de la «suppression» de la soutane et du «mariage des prêtres19.»
Signalant les écrits de l'hérésiarque français, l'Abbé Mélinge (qui usait du pseudonyme de
Docteur Alta), Monseigneur Graber a averti d'un programme révolutionnaire de
«remplacement de la Foi Romaine par un pontificat “pluri-confessionnel,” capable de
s'adapter à un œcuménisme polyvalent, tel que nous le voyons s'établir aujourd'hui dans la
concélébration de prêtres et de pasteurs protestants.» (Mélinge faisait allusion à certains
prêtres renégats; aujourd'hui, cependant, le Pape lui-même dirige des offices communs, y
compris les Vêpres, avec des «évêques» protestants.)20
On trouve des échos à faire frémir de Roca, de Mélinge et de la Alta Vendita, dans les
paroles du Rosicrucien, le Docteur Rudoph Steiner qui déclarait en 1910: «Il nous faut un
concile et un Pape pour le proclamer21.»
Il faut noter que dans leurs efforts pour atteindre ces buts, les Maçons étaient proches des
Communistes, qui complotaient à leurs côtés pour la chute à la fois de l'Eglise et de l'Etat.
Comme l'observait le Pape Léon XIII dans Humanum Genus (1884), son encyclique
mémorable sur la menace formulée par les sociétés secrètes:
L'ex-Communiste et célèbre converti Douglas Hyde a révélé il y a longtemps que dans les
années 1930, les dirigeants communistes ont publié une directive mondiale sur l'infiltration de
65
l'Eglise Catholique. De son côté au début des années 1950, Madame Bella Dodd fournissait
aussi des explications détaillées sur la subversion communiste dans l'Eglise. Parlant comme
ancienne fonctionnaire de haut niveau dans le Parti Communiste Américain, Mme Dodd
disait: «Dans les années 1930, nous avons fait entrer dans le sacerdoce onze cents hommes
afin de détruire l'Eglise de l'intérieur.» L'idée était que ces hommes soient ordonnés et
acquièrent des postes d'influence et d'autorité en tant que Prélats et évêques. Une douzaine
d'années avant Vatican II, elle déclarait: «En ce moment, ils sont aux plus hauts postes de
l'Eglise» — où ils travaillent à opérer des changements pour affaiblir l'efficacité de l'Eglise
contre le communisme. Elle a dit aussi que ces changements seraient si vigoureux «qu'on ne
reconnaîtra plus l'Eglise Catholique23.»
L'ex-officier du KGB Anatoliy Golitsyn qui a fait dissidence en 1961 et prédit en 1984,
avec 94% de précision, toute l'évolution étonnante du Bloc Communiste depuis ce temps-là, a
confirmé il y a plusieurs années que cette «pénétration des Eglises Catholiques et autres fait
partie de la “ligne générale” du Parti (c'est-à-dire politique inchangée) dans la lutte contre la
religion.» En fait, des centaines de dossiers, passés clandestinement en Occident par l'ancien
archiviste du KGB Vassili Mitrokhin et publiés en 1999, racontent la même chose, au sujet du
KGB cultivant des relations aussi intimes que possible avec des catholiques «progressistes» et
finançant leurs activités. L'un des organismes gauchistes identifiés fut la petite agence de
presse italienne catholique Adista qui depuis des décennies, fait promotion de toute cause ou
«réforme» post-conciliaire imaginable et dont le Directeur était cité dans Les Archives de
Mitrokhin comme agent financé par le KGB.
Madame Dodd, qui s'est convertie à la Foi peu avant sa mort, fut conseillère officielle du
Parti Communiste des Etats-Unis. Elle donna un volumineux témoignage sur l'infiltration
communiste de l'Eglise et de l'Etat devant le Comité d'Activités Non-Américaines de la
Chambre dans les années 1950. Comme pour expier son rôle dans la subversion de l'Eglise,
Dodd a donné une série de conférences à l'Université de Fordham et ailleurs pendant les
années de préparation à Vatican II. Christian Order (Ordre Chrétien) rapporte le témoignage
d'un moine qui assista à l'une de ces conférences au début des années 1950:
J'ai écouté cette femme pendant quatre heures et elle m'a fait dresser les cheveux sur la
tête. Tout ce qu'elle a dit s'est accompli à la lettre. On penserait que c'était le plus grand
prophète du monde, mais elle n'était pas prophète. Elle exposait simplement pas à pas le plan
de bataille de la subversion communiste dans l'Eglise Catholique. Elle expliquait que de
toutes les religions du monde, l'Eglise Catholique était la seule redoutée par les Communistes,
car c'était son seul adversaire efficace. Toute l'idée était de détruire, non l'institution de
l'Eglise, mais plutôt la Foi du peuple, et même d'utiliser l'institution de l'Eglise si possible,
pour détruire la Foi par la promotion d'une pseudo-religion: quelque chose qui ressemblât au
Catholicisme sans l'être réellement. Après la destruction de la Foi, on introduirait dans
l'Eglise, expliquait-elle, un complexe de culpabilité ... pour étiqueter l'Eglise du passé comme
oppressive, autoritaire, pleine de préjugés, arrogante en revendiquant d'être seul possesseur de
la vérité et responsable des divisions des corps religieux à travers les siècles. Ce serait
nécessaire afin d'humilier les chefs de l'Eglise pour les amener à «l'ouverture au monde», et à
une attitude plus souple envers toutes les religions et philosophies. Les Communistes
exploiteraient alors cette ouverture afin de saper l'Eglise24.
66
Or, si les ennemis de l'Eglise devaient réussir leurs plans que nous venons de tracer, nous
verrions se produire dans l'Eglise ce qui suit:
• En second lieu, une nouvelle «théologie» serait introduite qui tendrait à contre-dire les
enseignements précédents.
Maintenant, il nous reste à démontrer jusqu'à quel point ce dessein de subversion dans
l'Eglise est parvenu à s'accomplir et comment il a fait surgir le motif du grave crime commis:
la tentative d'annuler le Message authentique de Fatima. Par ce crime, les accusés ont laissé
l'Eglise et le monde exposés aux dangers les plus graves possibles, y compris l'anéantissement
de plusieurs nations et la perte de millions d'âmes. Vraiment, c'est un crime non seulement
contre l'Eglise, mais aussi contre l'humanité.
Notes:
1. Pour un livret sur la relation entre la Alta Vendita et la nouvelle orientation de l'Eglise depuis le Concile voir
John Vennari, The Permanent Instruction of the Alta Vendita (La Formation Permanente de la Alta Vendita),
(TAN Books and Publishers, Rockford, Illinois, 1999).
2. Deuxième volume, éditions originales 1859, reproduit par le Cercle de la Renaissance française, Paris 1976.
Monseigneur Delassus a reproduit ces documents dans son oeuvre, The Anti-Christian Conspiracy (La
Conspiration Anti-chrétienne), DDB 1910, Tome III, pp. 1035-1092.
3. Monseigneur Dillon, Grand Orient Freemasonry Unmasked (La Franc-Maçonnerie du Grand Orient
Démasquée), pp. 51-56, texte entier de la Alta Vendita (Christian Book Club, Palmdale, Californie).
4. Michael Davies, Pope John's Council (Le Concile du Pape Jean), (Angelus Press, Kansas City, Missouri,
1992), p. 166.
5. The Catholic Encyclopedia (Encyclopédie du catholique), Vol. III (New York Encyclopedia Press, 1913), pp.
330-331.
6. Rev. E. Cahill, S.J., Freemasonry and the Anti-Christian Movement (La Franc-Maçonnerie et le Anti-
chrétienne mouvement), (Dublin, Gill, 1959), p. 101.
7. Monseigneur Graber, Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps),
(Christian Book Club, Palmdale, Californie, 1974), p. 39.
67
8. Le Pape Léon XIII, Humanum Genus (TAN Books and Publishers, Rockford, Illinois), para. 31.
9. Ce passage de La Formation Permanente de la Alta Vendita a été traduit en français à partir du texte anglais.
Monseigneur Dillon, Grand Orient Freemasonry Unmasked (La Franc-Maçonnerie du Grand Orient
Démasquée), pp. 51-56, texte complet de la Alta Vendita.
10. Le Père Denis Fahey, Mystical Body of Christ in the Modern World (Le Corps Mystique du Christ dans le
Monde Moderne), (Regina Publications Dublin, Irlande, 1939), Chapitre VII.
12. Cité de The Catholic Doctrine (Le Doctrine du catholique), Père Michael Muller (Benzinger 1888), p. 282.
13. Père Vincent Miceli, The Antichrist (Le Anti-Christ), (Roman Catholic Books, Harrison, New York, 1981), p.
133.
14. Le Pape Pie X, Pascendi Dominici Gregis (On the doctrine of the Modernists, [sur la Doctrine des
Modernistes]), 8 septembre 1907.
16. Père Vincent Miceli, The Antichrist (Le Anti-Christ), cassette lecture, (Keep the Faith Inc., Ramsey, New
Jersey).
17. Raymond Dulac, Episcopal Collegiality at the Second Council of the Vatican (Collégialité Episcopale au
Concile Vatican II), (Paris, cèdre, 1979), pp. 9-10.
18. Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), p. 34.
19. Le rapport complet de toutes les citations de Roca imprimées ici se trouve dans, Athanasius and the Church
of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), pp. 31-40.
21. Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), p. 36.
22. Voir, «The Secret Red Plan to Take Over the Catholic Church (Le Plan Rouge Secret Pour Dominer l'Eglise
Catholique),» publié en Chine rouge en 1959. Publié en anglais dans The Fatima Crusader, n° 19, février-avril
1986, p. 6. Voir aussi « The Prophecy of Bella Dodd (La prophétie du Bella Dodd),» sur une colonne Internet de
Chris Ferrara dans Fatima Perspective (Perspective de Fatima), ( [Link]/[Link]); Cette
prophétie se trouve aussi, pp. 47-48 de ce livre. Voir aussi Père Paul Kramer, «The “Party Line” in Relation to
Fatima (La “Ligne du Parti” en Relation avec Fatima),» The Fatima Crusader, n° 69, Hiver 2002, pp. 10ff.
23. «The Greatest Conspiracy (La Plus Grande Conspiration),» Christian Order, novembre 2000.
24. Un autre ex-communiste, un M. Manning Johnson, a donné un témoignage semblable. En 1953, au Comité
d'Activités Non-Américaines de la Chambre, Manning a dit, «autrefois la tactique d'infiltration des organisations
religieuses fut établie par le Kremlin ... Les Communistes ont découvert que la destruction de la religion pourrait
avancer beaucoup plus vite par l'infiltration de l'Eglise avec des Communistes opérant à l'intérieur de l'Eglise
Elle-Même.» Il déclara ensuite, «Cette politique d'infiltration des séminaires eut un succès qui dépassa même nos
attentes communistes.» Parlant de l'infiltration des institutions religieuses en général, Manning Johnson expliqua
encore, «Le complot majeur pour dominer les organisations religieuses fut vraiment mis au jour pendant cette
période particulière (1935) et le fait que les Communistes dans les gros titres du Daily Worker, peuvent se vanter
68
de l'appui de 2300 Ministres Protestants, pour les soutenir est le résultat de ce rôle qui commença dans les années
30 alors que j'étais membre du parti communiste.» Témoignage de Manning Johnson, Investigation sur les
Activités Communistes dans la région de New York City, Partie 7. Audition devant le Comité d'Activités Non-
Américaines, Chambre des Représentants, quatre-vingt-troisième Congrès, Première Session, 8 juillet 1953.
Publié par le Bureau de Presse du Gouvernement, Washington, D.C., 1953, p. 2214. Une collection de citations
d'ex-communistes sur l'infiltration de l'Eglise se trouve dans «Heaven's Request for Reparation to the Holy Face
of Jesus (Le Ciel Demande Réparation Envers la Sainte Face),» de John Vennari, Partie III, Catholic Family
News, août 2001.
69
70
Chapitre 6
Le Motif S'Installe
Autour de 1948, le Pape Pie XII, à la requête du Cardinal Ruffini, solidement orthodoxe,
envisagea de réunir un Concile général et passa même quelques années à faire les préparatifs
nécessaires. Il existe des preuves que des éléments progressistes de Rome dissuadèrent peu à
peu le Pape Pie XII d'en assurer la réalisation, puisque ce Concile présentait des signes précis
dans la ligne de Humani Generis et de sa condamnation des erreurs modernistes. Comme cette
encyclique de 1950, le nouveau Concile combattrait «les fausses opinions qui menacent de
saper les fondations de la doctrine de l'Eglise1.»
Tragiquement, le Pape Pie XII en arriva à la conviction qu'il était trop avancé en âge pour
assumer la charge importante d'un Concile destiné à combattre les rangs grossissants des
ennemis de l'Eglise, et il se résigna à la décision: «ce sera pour mon successeur2.» Le Pape Pie
XII mourut le 9 octobre 1958.
Et nous voici parvenus tout près de l'année critique pour notre cas. Nous voici parvenus à
1958, deux ans avant 1960 — l'année où le Troisième Secret devait être révélé en accord avec
les souhaits de la Vierge de Fatima, selon l'attestation de Sœur Lucie. Tout au long du
Pontificat du Pape Pie XII, le Saint-Office, sous la conduite compétente du Cardinal
Ottaviani, entretint la sécurité du paysage catholique en gardant avec fermeté au corral les
chevaux sauvages du modernisme. Beaucoup de théologiens modernistes d'aujourd'hui
rapportent avec dédain comment, ainsi que leurs amis, ils avaient été «muselés» durant cette
période.
Cependant même le Cardinal Ottaviani ne put empêcher ce qui devait arriver en 1958: un
nouveau modèle de Pape «que les progressistes croyaient favorables à leur cause3» monterait
sur le Trône Pontifical et forcerait un Ottaviani réticent à tirer le loquet, à ouvrir le corral et à
réunir toutes ses forces pour le sauve-qui-peut. Cependant, un tel état de la situation n'était pas
imprévu. A la nouvelle de la mort du Pape Pie XII, le vieux Dom Lambert Beauduin, l'un des
amis de Roncalli (le futur Pape Jean XXIII) confia au Père Bouyer: «S'ils élisaient Roncalli,
tout serait sauvé, il serait capable de réunir un Concile et de consacrer l'œcuménisme4.»
A ce point de notre présentation, il faut bien faire remarquer, surtout pour le lecteur non-
Catholique, que les changements d'orientation de base de l'Eglise dont nous allons discuter,
sont totalement sans précédent et représentent peut-être la pire crise de Son histoire. Une
étude attentive de ce qui suit explique pourquoi le Message de Fatima, avec son appel à la
consécration et à la conversion de la Russie comme gage de la paix du monde, est devenu
inacceptable pour les ecclésiastiques libéralisés, politiquement corrects, des cinquante
dernières années. Ces changements, sans précédent dans l'Eglise Catholique, ne sont pas un
bienfait, mais un grand détriment pour les non-Catholiques, puisque le résultat du
«renouveau» de l'Eglise a comporté non seulement les scandales cléricaux actuels, mais aussi
l'omission, par l'élément humain de l'Eglise, de l'accomplissement d'une action — la
consécration solennelle de la Russie — qui serait un avantage pour toute l'humanité.
71
Un Concile est Réuni au Moment
où le Message de Fatima est Attaqué
Et il en fut tout comme l'avait prédit Don Lambert. Roncalli fut élu et, en tant que Pape
Jean XXIII, réunit un Concile et consacra l'œcuménisme. La «révolution en tiare et en chape»
prédite par la Alta Vendita, était en route.
Et l'un des premiers actes de la révolution fut de faire abstraction du Troisième Secret de
Fatima. Contrairement aux espérances du monde entier, le 8 février 1960, (juste un an après la
réunion du Concile), le Vatican publia l'annonce anonyme suivante par l'agence de presse
A.N.I.:
Cité du Vatican, 8 février 1960 (A.N.I.) — Il est probable que «le Secret de Fatima» ne
sera jamais rendu public. Dans des cercles du Vatican hautement dignes de foi, on vient de
déclarer au représentant de l'Union de la Presse Internationale que, selon toute vraisemblance,
ne sera jamais ouverte la lettre où sœur Lucie a noté les paroles que la Vierge Marie adressa
aux trois bergers de la Cova da Iria … Il est très probable que le «Secret de Fatima» restera
pour toujours sous le sceau absolu.
Bien que l'Eglise reconnaisse les Apparitions de Fatima, Elle ne s'engage pas à garantir la
véracité des paroles que les trois bergers prétendent avoir entendues de Notre-Dame.
Nous voyons ici la première attaque officielle concentrée sur le Message de Fatima, en
provenance du sein du Vatican, en 1960, au moment où, le Vatican commence à poursuivre
une nouvelle orientation de l'Eglise qui apparaît (comme nous le verrons bientôt) au Concile
Vatican II. Que l'on considère ces commentaires à propos du communiqué du 8 février 1960:
• A partir de 1960, Sœur Lucie est réduite au silence, par ordre du Vatican5, pour
l'empêcher de se défendre contre l'accusation impliquée du caractère douteux de son
témoignage.
• Les documents des archives officielles de Fatima, rassemblés entre 1965 et 1976, par
le Père Alonso, (plus de 5 000 documents en 24 volumes) seront interdits de
publication, même si ces documents confirment que les prophéties de Fatima dans les
deux premières parties du Secret (l'élection du Pape Pie XI, la déclaration de la
Seconde Guerre Mondiale, l'expansion du Communisme dans le monde entier, etc.)
avaient été révélées en privé par Sœur Lucie bien avant leur accomplissement, son
témoignage étant parfaitement précis et fondé.
72
Le crime était commencé. Et maintenant, le motif du crime — le désir d'écarter l'Eglise
des certitudes catholiques du Message de Fatima et de l'orienter dans le sens d'une adaptation
«éclairée» au monde — se développerait pour de bon avec le commencement du Concile
Vatican II le 11 octobre 1962. Nous rappelons encore les paroles de Sœur Lucie sur le souhait
de Notre-Dame que le Troisième Secret soit révélé en 1960, parce que «alors il sera plus clair
(mais claro).» Maintenant il deviendrait très clair, en effet.
Tout d'abord, juste avant le début du Concile, il y aurait une autre trahison du Message de
Fatima, signe de beaucoup d'événements futurs, sans précédent. Au printemps de 1962, à
Metz, en France, le Cardinal Eugène Tisserant eut une rencontre avec nul autre que le
Métropolite Nikodim de l'Eglise Orthodoxe Russe — agent du KGB, comme les autres prélats
orthodoxes. Lors de cette rencontre, Tisserant et Nikodim négocièrent ce qu'on a désigné par
le pacte de Metz, ou plus populairement, l'Accord Vatican-Moscou6. L'existence de l'Accord
Vatican-Moscou est un fait historique irréfutable, attesté dans tous les détails par
Monseigneur Roche, qui fut secrétaire personnel du Cardinal Tisserant.
En substance, l'accord était comme suit: Le Pape Jean, selon son profond désir,
«bénéficierait» au Concile de l'assistance de deux observateurs orthodoxes russes. En retour,
l'Eglise Catholique accorderait que le Concile Vatican II se gardât de toute condamnation du
Communisme Soviétique ou de la Russie Soviétique. Essentiellement, le Concile
compromettrait la liberté morale de l'Eglise Catholique, en faisant comme si n'existait pas la
forme la plus systématique du mal humain dans l'histoire de l'humanité — même si, à
l'époque même de l'ouverture du Concile, les Soviets persécutaient, emprisonnaient et
assassinaient des millions de Catholiques.
Sa liberté ainsi étouffée dans une bonne affaire avec les Communistes, le Concile ne
mentionna même pas le Communisme. Par ce manquement, le Concile se départit de
l'enseignement du Pape Léon XIII, du Bienheureux Pie IX, de Saint Pie X, et aussi du Pape
Pie XI, qui rappelaient à l'Eglise que nous ne pouvions pas cesser de condamner ce mal
incomparable. Comme il est dit dans Divini Redemptoris:
Ce péril si menaçant, vous l'avez déjà compris. Vénérables Frères, c'est le communisme
bolchevique et athée qui prétend renverser l'ordre social et saper jusque dans ses fondements
la civilisation chrétienne.
En face d'un pareil danger, l'Eglise Catholique ne pouvait se taire et, en fait, elle n'a pas
gardé le silence. Le Siège apostolique, qui a pour mission spéciale la défense de la vérité, de
la justice, de tous les biens éternels niés et combattus par le communisme, le Siège
apostolique, tout particulièrement, n'a pas manqué d'élever la voix7.
Et cependant, le Concile n'a voulu prononcer aucun mot sur le Communisme Soviétique
mais a voulu, à la place, commencer un «dialogue» avec les forces mêmes combattues
autrefois par l'Eglise.
Pourquoi cela? Ce ne fut sûrement pas pure «coïncidence» que le silence du Concile sur
le Communisme se fit exactement au même moment, que l'infiltration communiste de l'Eglise
Catholique, révélée, ainsi que nous l'avons montré dans un précédent chapitre, juste avant
Vatican II par des témoins-clefs qui n'avaient aucun motif de mentir (Dodd, Hyde, Golitsyn,
73
Mitrokhin et d'autres). Même sans ces témoignages, notre sens commun devrait nous dire que
les forces du Communisme (travaillant de concert avec la Franc-Maçonnerie) tenteraient
inévitablement de détruire l'Eglise Catholique de l'intérieur. Satan est assez intelligent pour
savoir que l'Eglise Catholique est la seule citadelle contre laquelle il doit diriger la tempête
pour s'efforcer de conquérir le monde entier, au profit du royaume des ténèbres.
Telle était alors la situation de l'Eglise, au moment même où le Concile Vatican II était
contraint à tort d'observer le honteux silence sur le mal du Communisme. Et, inutile de le dire,
sous l'Accord Vatican-Moscou, la Consécration de la Russie soviétique au Cœur Immaculé
par les Pères du Concile, afin de l'amener à se convertir, serait absolument hors de question.
Cette dérive précoce vers une nouvelle orientation de l'Eglise, que le Concile accélérait de
façon dramatique, allait déjà en sens opposé au Message de Fatima.
Les propres chefs de l'Eglise avaient baissé le pont-levis pour les Communistes, en même
temps, Communistes et Francs-Maçons tentaient de La détruire de l'intérieur (pour rappeler
les prédictions de Bella Dodd):
• En humiliant les chefs de l'Eglise pour les amener «à “l'ouverture au monde” et à une
attitude plus souple envers toutes les religions et philosophies.»
74
Le 13 octobre 1962, lendemain de l'arrivée des deux observateurs communistes au
Concile, et anniversaire même du Miracle du Soleil de Fatima, l'histoire de l'Eglise et du
monde fut profondément changée par le moindre des événements. Le Cardinal Liénart,
Evêque de Lille, saisit le micro, lors d'un célèbre incident, et exigea que les candidats
proposés par la Curie Romaine, pour présider aux commissions de rédaction du Concile,
soient mis de côté et que soit dressée une nouvelle liste de candidats. La demande fut
accordée et l'élection ajournée. Finalement, au moment de l'élection, des libéraux, à majorité
ou à majorité près, furent élus aux commissions conciliaires — dont beaucoup parmi les
«novateurs» mêmes décriés par le Pape Pie XII. Les schémas préparatoires, formulés selon la
tradition pour le Concile, furent écartés et le Concile commença littéralement sans ordre du
jour écrit, laissant la voie ouverte à la rédaction, par des libéraux, de documents entièrement
nouveaux.
Il est notoire et magnifiquement prouvé par des documents9 qu'une clique de periti
(experts) et d'évêques libéraux procéda alors au détournement de Vatican II, avec un ordre du
jour destiné à rénover l'Eglise à leur propre image par la mise en place d'une «nouvelle
théologie.» Les critiques aussi bien que les défenseurs de Vatican II sont d'accord sur ce
point. Dans son livre, Vatican II Revisité, Monseigneur Aloysius J. Wycislo (avocat passionné
de la révolution de Vatican II) déclare avec vertigineux enthousiasme que «des théologiens et
des spécialistes bibliques qui étaient “à l'ombre” depuis des années firent surface comme
periti (experts en théologie, conseillers des évêques au Concile) et leurs livres et
commentaires post-conciliaires devinrent lecture populaire10.»
Il a noté que «l'encyclique du Pape Pie XII Humani Generis eut … un effet dévastateur
sur l'œuvre d'un certain nombre de théologiens pré-conciliaires11», et montre que «Au début
de la préparation du Concile, ces théologiens (surtout des Français avec quelques Allemands),
dont les activités avaient été modérées par le Pape Pie XII, étaient encore en disgrâce. Le
Pape Jean leva tranquillement le ban qui affectait certains des plus influents. Cependant un
certain nombre restèrent suspects aux fonctionnaires du Saint-Office12.»
Sur ce point, ce qu'écrit le témoin oculaire Monseigneur Rudolf Bandas, lui-même peritus
conciliaire, est d'une importance capitale pour notre cas:
Sans doute le bon pape Jean pensait que ces théologiens suspects rectifieraient leurs idées
et rendraient un service authentique à l'Eglise. Mais ce fut le contraire qui se produisit.
Soutenus par certains Pères Conciliaires du Rhin, et agissant souvent d'une manière
absolument rustre, ils allaient s'exclamant: «Regardez, nous sommes choisis comme experts,
nos idées sont approuvées.» … Quand je suis arrivé à ma tribune au Concile, le premier jour
de la quatrième session, la première annonce émanant du Secrétaire d'Etat fut la suivante:
«Plus d'autres periti ne seront engagés.» Mais il était trop tard. La grande confusion était en
route. Il était déjà clair que ni Trente, ni Vatican I, ni aucune encyclique ne seraient autorisés
à en endiguer l'avancée13.
En vérité, le Pape Jean XXIII lui-même fut heureux d'annoncer que, à partir de ce
Concile, l'Eglise cesserait, de manière tout à fait inexplicable, de condamner l'erreur et
arrêterait tous ses tourments sur l'affreuse condition du monde:
De nos jours … l'Epouse du Christ préfère user de la médecine de miséricorde plutôt que
des armes de la sévérité. Elle considère qu'Elle fait face aux besoins de l'actualité, en montrant
la validité de Son enseignement plutôt qu'en publiant des condamnations. … Nous éprouvons
75
la nécessité de nous distinguer de ces prophéties de malheur qui prévoient toujours le désastre,
comme si la fin du monde était à portée de la main14.
Mais l'optimisme du Pape Jean XXIII était tout à fait à l'opposé de la profonde incertitude
sur l'état du monde, qu'il faut noter à travers les discours de ses prédécesseurs immédiats (sans
parler du Message de Fatima lui-même). Voici quelques exemples à considérer.
Nous avons éprouvé une sorte de terreur en considérant les conditions désastreuses de
l'humanité à l'heure actuelle. Pouvions-nous ignorer un mal si profond et si grave qui, en ce
moment beaucoup plus que dans le passé, la pénètre jusqu'à la moelle et la mène à sa ruine?
… Vraiment quiconque pèse ces choses doit nécessairement et intensément se demander avec
crainte si une telle perversion des esprits n'est pas le signe de l'annonce et du commencement
des derniers temps … [E Supremi].
Vous savez parfaitement, vénérables Frères, que l'humanité actuelle est emportée vers
deux camps opposés, pour ou contre le Christ. Elle court les plus grands dangers; il en
résultera ou le salut du Christ ou d'épouvantables ruines. [Evangelii Praecones, 1951].
A coup sûr, il y aurait des batailles innombrables à Vatican II, entre le groupe
international des Pères qui luttaient pour maintenir les dogmes de la Foi et de la Tradition
Catholique, et le groupe progressiste du Rhin. Tragiquement, cependant, ce fut l'élément
libéral et moderniste qui prévalut, déchaîné par l'optimisme de Jean XXIII, selon lequel la
vérité prévaudrait par sa propre force, sans nécessité de condamnations médicinales par le
Magistère. Wycislo chante les louanges des progressistes triomphants, tels que Hans Küng,
Karl Rahner, John Courtney Murray, Yves Congar, Henri de Lubac, Edward Schillebeeckx et
Grégory Baum, qui avaient été tenus pour suspects avant le Concile (pour juste raison) et sont
maintenant les phares de la théologie post-Vaticane15.
En effet, ceux que le Pape Pie XII considérait impropres à cheminer dans les rues du
Catholicisme avaient maintenant le contrôle de la ville. Et comme pour couronner leur succès,
le Serment Anti-Moderniste et l' Index des Livres Interdits furent tous deux tranquillement
supprimés peu après la clôture du Concile — décision que Monseigneur Graber qualifiait
76
«d'incompréhensible16.» Saint Pie X avait prédit juste. Le manque de vigilance de la part de
l'autorité avait provoqué la revanche du modernisme.
Considérons deux exemples des «nouveaux» théologiens qui furent déchaînés sur l'Eglise
pour faire le travail de destruction: Dominque Chenu et Hans Küng.
Chenu était avocat de la Nouvelle Théologie rendue célèbre par Henri de Lubac. Chenu
fut condamné pour ses idées progressistes en 1942 sous le Pape Pie XII17. Son livre Une école
de théologie fut placé à l'Index des Livres Interdits et il perdit son poste de recteur au Collège
Dominicain du Saulchoir18. Le Père David Greenstock, écrivant dans le Thomist de 1950,
contre la Nouvelle Théologie de Chenu et de Lubac, expliqua les dangers de leur système et la
raison de leur condamnation. Greenstock souligna que les partisans de la Nouvelle Théologie
rejettent la philosophie aristotélicienne et thomiste, en faveur de philosophies modernes. Il
faut le faire, proclament-ils, afin d'attirer «l'homme moderne» qui trouve «hors de propos» la
philosophie thomiste. Il en résulte que la théologie catholique est abattue de sa base
philosophique solide et dérive sur les systèmes philosophiques fluides du 20e siècle, dont la
plupart sont basés sur l'athéisme et l'agnosticisme.
Greenstock a expliqué que les partisans de cette Nouvelle Théologie sont à la fois non
orthodoxes et faux. «La principale contestation de ce nouveau mouvement», écrit Greenstock,
«c'est que la théologie, pour demeurer vivante, doit évoluer avec les circonstances. En même
temps, ils ont bien soin de répéter toutes les propositions fondamentales de la théologie
traditionnelle, presque comme s'il n'y avait aucune intention de l'attaquer. C'est très vrai
d'auteurs tels que les Pères de Lubac, Daniélou, Rahner, … dont tous sont incontestablement
au centre de ce mouvement20.»
Pendant ce temps là, le Père Chenu et le Père de Lubac recevaient, des coulisses,
protection et encouragement de la part du Cardinal Suhard, Archevêque de Paris. Suhard
disait à Chenu de ne pas s'inquiéter: «Dans vingt ans, tout le monde dans l'Eglise parlera
comme vous.» Comme nous le voyons, le Cardinal a prédit exactement l'invasion de l'Eglise
par la pensée néo-moderniste. La plupart des hommes d'Eglise d'aujourd'hui parlent vraiment
comme Chenu. Au début des années 1960, le Père Chenu était un des nombreux théologiens
radicaux invités à Vatican II par le Pape Jean XXIII. A la fin, grâce à l'orientation progressiste
77
du Concile, le Père Chenu vit présenter, parmi les nouveaux enseignements de Vatican II,
surtout dans Gaudium et Spes. Beaucoup de ses théories formellement condamnées. Chenu
rapporte avec joie que les points mêmes qui valurent à son œuvre une condamnation en 1942
sont exactement les mêmes qui sont maintenant mis en avant au nom du Concile22.
Il faut souligner que ce sont là, certaines seulement, des vues hérétiques de Küng, mais ce
furent les seules mentionnées parmi les sanctions du Vatican. Donc, en réalité le Vatican a
laissé intacts les autres principes hétérodoxes de Küng. Par exemple, dans l'un de ses livres
célèbres intitulé Le fait d'Etre Chrétien, Hans Küng:
• nie que le Christ ait fondé une Eglise institutionnelle (p. 109)
Küng n'a jamais rétracté ces déclarations non-orthodoxes et hérétiques. De plus, Küng a
publiquement appelé à une révision de l'enseignement de l'Eglise sur des sujets tels que
l'infaillibilité pontificale, le contrôle des naissances, l'obligation du célibat pour les prêtres et
le sacerdoce des femmes. En dépit de ce rejet tapageur de l'enseignement de l'Eglise, la seule
sanction jamais infligée par le Vatican à Küng fut de «ne pas être autorisé» au titre de
théologien catholique et, comme tel, de ne pas être autorisé à enseigner la théologie dans une
université catholique. Cette «sanction» fut circonvenue quand l'Université de Tübingen,
campus de la résidence de Küng, le retint comme professeur enseignant et restructura
simplement une partie de l'université de sorte que Küng, grande célébrité, puisse continuer à
enseigner dans cette partie de l'université qui est maintenant louée comme école «laïque».
En attendant, le Vatican n'a jamais condamné Küng comme hérétique, ne l'a jamais
excommunié (comme le prévoit le Droit Canon), n'a jamais ordonné que ses livres soient
retirés des bibliothèques dans les séminaires et universités catholiques (où ils se trouvent
maintenant en abondance), ne l'a jamais empêché d'être conférencier-invité dans les
institutions catholiques, n'a jamais mis d'obstacles à la parution de ses articles dans Concilium
ou autres publications «catholiques» progressistes. Le Père Hans Küng n'est pas même
suspendu. Au contraire, jusqu'à ce jour, Küng demeure un prêtre en situation régulière dans le
diocèse de Basle, sans autres sanctions canoniques levées contre lui.
78
Cela signifie qu'un prêtre, qui continue à vomir son venin hérétique sur quiconque à sa
portée, est encore autorisé à diriger la liturgie en public, à prêcher et à donner des conseils au
confessionnal. La Congrégation Vaticane pour le Clergé, sous la direction du Cardinal
Castrillón Hoyos, le laisse indemne. Donc, en dépit de la faible «condamnation» du Vatican,
Küng garde accès à une grande variété de «pipelines» d'influence pour disséminer sa doctrine
empoisonnée dans toute l'Eglise. En fait, ce sont, dit-on, les «assauts théologiques» de Hans
Küng sur la nature de l'Eglise sont ce qui a contribué à la «base théologique» qui a rendu
possible “l'Accord Luthero-Catholique” de 1999.
Plus tard, en 1998, le Secrétaire d'Etat du Vatican, le Cardinal Sodano, le plus puissant
Cardinal de l'Eglise, fit la louange de Küng dans un discours public à Saint-Jean-de-Latran,
dans lequel il fit la louange «des belles pages de Küng dédiées au mystère chrétien25.» Le
Cardinal Sodano a aussi désigné Küng comme «le théologien allemand», même si Küng était
supposé avoir été dépouillé de ce titre. (C'est le même Cardinal Angelo Sodano qui est
finalement derrière la persécution actuelle du Père Nicholas Gruner et de son groupe de
Fatima, comme nous le verrons.)
Or, la condamnation de 1942 portée contre Chenu fut beaucoup plus sévère que celle qui
fut lancée contre Küng. Cependant, non seulement Chenu survécut, mais devint un phare de
l'Eglise Conciliaire sans jamais changer ses vues erronées. Ce qui est vrai de même pour
Rahner, Congar, de Lubac et von Balthasar — dont tous furent théologiquement suspects
avant le Concile mais en vinrent à jouir d'un grand prestige — même sans abandonner jamais
une seule de leurs opinions hétérodoxes. Même un Küng a des raisons de croire que, même
s'il subit une douce condamnation, c'est simplement inconfort temporaire, gêne ennuyeuse,
sort distribué à tous les vrais «prophètes». Tout comme Chenu a vu finalement mettre au
grand jour ses opinions hérétiques, grâce à un Concile révolutionnaire, ainsi Küng peut de
même se gonfler la poitrine de l'espoir que ses erreurs, dans un avenir pas si lointain, finiront
par émerger de facto dans le Catholicisme «courant», bien que non admises par le véritable
enseignement du Magistère authentique, qui ne pourrait jamais lier l'Eglise à de telles erreurs.
C'est avec bonne raison donc que les progressistes tels que le Cardinal Suenens, Küng,
Louis Bouyer et Yves Congar ont célébré Vatican II comme une Révolution, comme la mort
d'une ère et le commencement d'une nouvelle:
• Le Cardinal Suenens, qui a exercé une grande influence sur le Pape Paul VI et cher à
ceux qui dans l'Eglise se nomment «charismatiques», se réjouissait que Vatican II ait
marqué la fin de l'époque Tridentine et la fin de l'ère Vatican I26.
• Le Père Bouyer, peritus français au Concile, s'est écrié avec délices que l'aspect anti-
protestant, anti-moderniste de l'Eglise Catholique «pourrait également mourir28.»
79
• De même, le magazine jésuite, basé à Rome La Civiltà Catholica s'est aussi écriée
joyeusement: «Avec le Concile Vatican II l'époque tridentine a pris fin pour
l'Eglise29.»
Ces déclarations sont surtout audacieuses si l'on considère que les Conciles de Trente et
de Vatican I sont des Conciles dogmatiques dont les enseignements ne peuvent jamais être
changés, mal considérés ou réinterprétés au nom d'une «compréhension plus profonde.» Le
Premier Concile du Vatican a déclaré infailliblement:
La signification des Dogmes Sacrés, qui doit toujours être préservée, est ce qu'a
déterminé notre Sainte Mère l'Eglise. Jamais il n'est possible de permettre de s'en départir au
nom d'une compréhension plus profonde30.
Les Modernistes, cependant, comme en avertissait le Pape Saint Pie X, n'acceptent rien
comme fixe ou stable. Leur premier principe, c'est «l'évolution du dogme.» Ils défendent
l'idée que la religion doit changer en raison des circonstances changeantes. A cet égard,
comme à beaucoup d'autres, les premiers novateurs de Vatican II se révèlent des hommes
imprégnés de l'erreur du Modernisme.
Par exemple, Yves Marsaudon du Rite d'Ecosse dans son livre: «L' Œcuménisme vu par
un Franc-Maçon de Tradition» a fait l'éloge de l'œcuménisme nourri à Vatican II. Il a dit:
Les Catholiques … ne doivent pas oublier que tous les chemins mènent à Dieu. Et ils
devront accepter que cette courageuse idée de la libre-pensée, que, nous pouvons vraiment
appeler une révolution, déversée de nos loges maçonniques, s'est répandue magnifiquement
sur le dome de Saint-Pierre31.
Yves Marsaudon fut ravi d'ajouter «On peut dire que l'œcuménisme est le fils légitime de
la Franc-Maçonnerie32.»
Quelque chose a changé à l'intérieur de l'Eglise et les réponses données par le Pape aux
questions les plus urgentes telles que le célibat sacerdotal et le contrôle des naissances, sont
chaleureusement débattues à l'intérieur de l'Eglise Elle-même; la parole du Souverain Pontife
est mise en question par les évêques, par les prêtres, par les fidèles. Pour un Franc-Maçon, un
homme qui remet en question le dogme est déjà un Franc-Maçon sans tablier33.
80
Marcel Prelot, sénateur de la région du Doubs en France, est probablement le plus précis
dans la description de ce qui s'est vraiment passé. Il a écrit:
Nous combattions depuis un siècle et demi pour faire prévaloir nos opinions à l'intérieur
de l'Eglise et n'avions pas réussi. Vint finalement Vatican II et nous avons triomphé. Depuis
lors, les propositions et principes du catholicisme libéral ont été absolument et officiellement
acceptés par la Sainte Eglise34.
Les Communistes furent également ravis des résultats du Concile. Comme le Parti
Communiste Italien déclarait en 1964 à son 1e Congrès du Parti: «L'extraordinaire “réveil” du
Concile, comparé à bon droit aux Etats Généraux de 1789, a montré au monde entier que la
vieille Bastille politico-religieuse est secouée jusqu'à ses fondations35.» L'Unita, publication
Officielle du Parti Communiste Italien, donna effrontément son avis au Pape Paul VI
concernant l'Archevêque Marcel Lefebvre qui menait l'opposition traditionaliste aux libéraux
conciliaires et avait milité pour une condamnation conciliaire du Communisme: «Soyez
conscients du danger que représente Lefebvre, et continuez le magnifique mouvement
d'approche commencé avec l'œcuménisme de Vatican II36.»
Le résultat de tout cela ne fut rien d'autre qu'une orientation tout à fait nouvelle de l'Eglise
ou ce que le Pape Paul VI a qualifié «d'ouverture au monde.» Comme le Pape Paul VI lui-
même fut forcé de l'admettre, cependant, l'ouverture au monde s'est avérée un désastreux
mécompte.
81
Comme le Pape Paul VI, lui-même l'a reconnu, huit ans seulement après le Concile,
«l'ouverture au monde est devenue une véritable invasion de l'Eglise par la pensée du monde.
Nous avons été peut-être trop faibles et imprudents.» Trois ans seulement après le Concile, le
Pape Paul VI avait admis que «l'Eglise est dans une période troublée d'autocritique, ou, pour
mieux dire d'autodémolition40.» Et en 1972, dans la formule peut-être la plus étonnante jamais
prononcée par un Pontife Romain, Paul VI déplorait que «d'un point ou l'autre, la fumée de
Satan ait pénétré dans le temple de Dieu41.»
Examinons certaines des raisons manifestes de ces aveux stupéfiants du Pape Paul VI.
Or, on objectera: Quel mal y-a-t-il dans la collaboration pacifique et le dialogue avec des
hommes de toute nuance d'opinion, dans ces domaines où l'Eglise peut trouver quelque sorte
d'accord de base? Ici encore les Papes pré-conciliaires nous ont avertis sur l'une des ruses et
illusions du démon, sous apparence de bien. Parlant précisément sur cet appel à collaborer et
dialoguer avec les Communistes pour des causes prétendues communes à toute l'humanité —
ce qui est en réalité l'appel du démon pour que l'Eglise dépose les armes et rejoigne l'ennemi
— le Pape Pie XI nous donne l'avertissement suivant dans Divini Redemptoris:
Le communisme athée s'est montré au début tel qu'il était, dans toute sa perversité, mais
bien vite il s'est aperçu que de cette façon il éloignait de lui les peupler; aussi a-t-il changé de
tactique et s'efforce-t-il d'attirer les foules; par toutes sortes de tromperies, en dissimulant ses
propres desseins sous les idées en elles-mêmes bonnes et attrayantes. ...
Ainsi encore, sous divers noms de s'infiltrer jusqu'en des associations franchement
catholiques et religieuses. Ils invitent les catholiques à collaborer avec eux sur le terrain
humanitaire et charitable, comme on dit, en proposant parfois même des choses entièrement
conformes à l'esprit chrétien et à la doctrine de l'Eglise. ...
Le Pape Pie XI n'aurait pu être plus clair sur le devoir de fuir le «dialogue» et la
collaboration avec les Communistes. Et pourquoi? Les Italiens ont un dicton: Dimmi con chi
vai, e ti diro che sei — «Dis-moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es.» Comme l'a reconnu le
Pape Pie XI, si on s'associe avec une certaine catégorie de personnes, on subira
inévitablement leur influence pour devenir comme eux, malgré soi. Si on collabore avec les
forces du monde, on a tendance a être séduit, on leur deviendra semblable. Si l'Eglise S'ouvre
au monde en cessant Son opposition aux pouvoirs qu'Elle a autrefois combattus, et si Elle dit,
au contraire, que l'Eglise va maintenant collaborer et dialoguer avec Ses ennemis, Ses
82
membres, avec le temps, deviendront semblables à ceux qu'Elle a autrefois combattus. Et de
l'ouverture au monde il résultera que l'Eglise deviendra semblable au monde — comme le
Pape Paul VI lui-même fut forcé de l'admettre dans la citation ci-dessus.
Ces «conservateurs» qui nient que Vatican II constitue une rupture avec la tradition ou
contredit les enseignements précédents, ont omis d'écouter les novateurs et agitateurs mêmes
du Concile qui reconnaissent impudemment la vérité. Yves Congar, l'un des «experts» du
Concile et l'un des principaux artisans des réformes du Concile a fait remarquer avec une
tranquille satisfaction que «l'Eglise a eu, pacifiquement, sa Révolution d'Octobre43.» Congar a
également reconnu, comme si on pouvait s'en glorifier que la Déclaration sur la Liberté
Religieuse de Vatican II est contraire au Syllabus du Pape Pie IX44. Il a dit:
On ne peut nier que l'affirmation de liberté religieuse par Vatican II dit textuellement
autre chose que le Syllabus de 1864, et même presque juste le contraire des propositions 16,
17 et 19 de ce document45.
Congar suggère ainsi joyeusement que Vatican II a défait une infaillible condamnation
d'erreur par le Pape.
Très remarquables sont les déclarations du progressiste Cardinal Suenens, l'un des prélats
les plus libéraux du 20e siècle, lui-même Père du Concile, qui parla avec feu des anciens
régimes qui se sont écroulés. Les paroles qu'il a employées pour louer le Concile sont
extrêmement évocatrices, peut-être les plus à faire frémir et les plus injurieuses de toutes.
Suenens a déclaré: «Vatican II est la Révolution Française de l'Eglise46.»
S'il est souhaitable d'offrir un diagnostic du texte (Gaudium et Spes) dans son ensemble,
nous dirions peut-être que (quant aux textes sur la liberté religieuse et les religions du monde)
c'est une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contresyllabus … Contentons-nous de
dire ici que le texte sert de contresyllabus et, en tant que tel, représente de la part de l'Eglise,
une tentative de réconciliation officielle avec la nouvelle ère inaugurée en 1789 … La
déloyauté de la position adoptée par l'Eglise sous Pie IX et Pie X en réponse à la situation
créée par la nouvelle phase de l'histoire inaugurée par la Révolution Française fut, en grande
mesure, corrigée via facti, surtout en Europe Centrale, mais il n'y avait encore aucune
déclaration de base sur la relation qui devait exister entre l'Eglise et le monde telle qu'elle
avait commencé d'exister après 1789. En fait, une attitude qui fut en grande partie pré-
révolutionnaire continua d'exister dans des pays à forte majorité catholique. Presque
personne ne niera aujourd'hui que les Concordats espagnols et italiens se sont efforcés de
préserver trop d'une manière de voir le monde qui ne correspond plus aux faits. Presque
personne ne niera aujourd'hui que, dans le domaine de l'éducation et eu égard à la méthode de
critique historique dans la science moderne, il existait des anachronismes qui correspondaient
étroitement à cette adhésion à une relation obsolète entre l'Eglise et l'Etat47.
Prenez en considération la simple audace d'un Cardinal accusant «de partialité» deux des
plus grands Papes de l'histoire de l'Eglise, dans leurs efforts de protéger l'Eglise contre les
83
erreurs du libéralisme et du modernisme! Selon le Cardinal Ratzinger lui-même, au Concile
Vatican II, l'Eglise a fait «la tentative» de «corriger» et de «contrecarrer» l'enseignement du
Bienheureux Pie IX et du Saint Pie X et de se réconcilier, par contre, avec la Révolution
Française et les Lumières.
Mais selon le Cardinal Ratzinger, «il ne peut y avoir aucun retour au Syllabus, qui a peut-
être masqué la première étape de la confrontation avec le libéralisme, mais ne peut être la
dernière étape48.» Et quelle est cette dernière «étape» dans la «confrontation avec le
libéralisme»? Apparemment, selon les vues du Cardinal Ratzinger, c'est, pour l'Eglise,
l'acceptation des idées mêmes qu'Elle a autrefois condamnées! Confronter le libéralisme en se
réconciliant avec lui. De quelle sorte de double langage s'agit-il? La «confrontation» de
Ratzinger n'est rien de plus qu'une abjecte abdication.
84
efforts pour convertir les Protestants et les schismatiques à la foi catholique — comme dans la
conversion de la Russie.
De même, le Cardinal Ratzinger encore une fois, embrasse les vues de la «nouvelle
théologie.» Dans une interview avec le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, le
Cardinal Ratzinger a dit ce qui suit:
Quand les Pères du Concile ont remplacé le mot «est» par le mot «subsistit» (subsiste), ils
l'ont fait pour une raison très précise. Le concept exprimé par «est» (être) est beaucoup plus
large que celui exprimé par «subsiste.» «Subsister» est une manière très précise d'être, c'est-à-
dire d'être comme sujet qui existe en lui- même. Ainsi les Pères du Concile ont voulu dire que
l'être de l'Eglise en tant que telle est une entité plus large que l'Eglise Catholique Romaine,
mais à l'intérieur de cette dernière, il acquiert de manière incomparable, le caractère d'un sujet
propre et véritable53.
Le Cardinal Ratzinger déclare que les Pères du Concile ont eu l'intention de dire que
«l'être» de l'Eglise est plus vaste que l'Eglise Catholique, mais sa déclaration est fausse. La
généralité des Pères du Concile n'avait pas l'intention de contredire l'enseignement du Pape
Pie XII selon lequel l'Eglise du Christ est l'Eglise Catholique, non pas quelque vague «entité»
qui est «plus vaste» que l'Eglise Catholique.
85
document conciliaire Lumen Gentium. Il inséra ce terme à l'instigation d'un Ministre
Protestant, le Pasteur Schmidt, d'Allemagne.
C'est précisément ce que fait maintenant le Cardinal Ratzinger avec le terme ambigu
«subsistit» (subsiste). En vérité, le texte allemand original de l'entrevue citée ci-dessus dans le
journal Frankfurter Allgemeine Zeitung montre que le Cardinal Ratzinger est encore plus
radical dans son écart de l'enseignement du Pape Pie XII: «... die Konzilsväter das von Pius
XII gebrauchte Wort “ist” durch “subsistit” ersetzten» — littéralement, «... les Pères du
Concile ont remplacé le mot “est”, utilisé par Pie XII, par “subsistit”» — c'est-à-dire, le
Cardinal Ratzinger avoue que Vatican II a remplacé la terminologie du Pape Pie XII — grâce
à nul autre que le Cardinal Ratzinger et son ami le ministre protestant! Pire encore, la version
originale allemande de l'entrevue déclare aussi: «So wollten die Väter sagen: Das Sein der
Kirche als solches reicht viel weiter als die romisch-katholische Kirche», — littéralement:
«Ainsi les Pères ont voulu dire: l'être de l'Eglise en tant que telle s'étend bien au-delà de
l'Eglise Catholique Romaine55.» Donc, Dulles et Ratzinger contredisent carrément
l'enseignement catholique de tous les temps, selon lequel l'Eglise du Christ existe
exclusivement dans l'Eglise Catholique. Cependant leur opinion est maintenant l'interprétation
de Vatican II.
Avec cette nouvelle manière de voir «l'Eglise du Christ» comme beaucoup plus vaste que
l'Eglise Catholique Romaine, rien d'étonnant que, après 40 ans «d'activité œcuménique»,
même les prélats du Vatican rejettent maintenant ouvertement le retour à Rome des
Protestants et des schismatiques.
86
… Aujourd'hui, nous ne comprenons plus l'œcuménisme au sens d'un retour, selon lequel
les autres «seraient convertis», et reviendraient se faire «catholiques.» Ceci fut expressément
abandonné au Concile Vatican II56.
En fait, la déclaration de Kasper méprise le dogme infaillible trois fois défini «hors de
l'Eglise, point de salut» (extra Ecclesia nulla salus). La formulation réelle de ces trois
définitions solennelles, infaillibles (et donc inchangeables)57 qui engagent tous les
Catholiques58 (de quelque rang qu'ils soient, y compris Cardinaux et Papes) à croire sous
peine d'excommunication automatique (en se mettant hors de l'Eglise Catholique) sont les
suivantes:
Il n'y a qu'une seule Eglise universelle des fidèles, hors de laquelle absolument personne
n'est sauvé. (Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, 1215; D.S. 802; Dz-Hünermann
802)
Nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu'il est absolument nécessaire au salut
de toute créature humaine d'être soumise au Pontife Romain. (Pape Boniface VIII, Bulle
Unam Sanctam, 1302; D.S. 875; Dz- Hünermann 875)
La très Sainte Eglise romaine croit fermement, professe et prêche qu'aucun de ceux qui
existent hors de l'Eglise Catholique, non seulement les païens, mais aussi les juifs, les
hérétiques et les schismatiques, ne peuvent avoir part à la vie éternelle, mais sont destinés au
feu éternel qui fut «préparé pour le démon et ses anges» (Matt. 25:41), à moins que, avant la
mort, ils l'aient rejointe; et si importante est l'unité de ce corps ecclésiastique que seuls ceux
qui restent dans cette unité peuvent bénéficier du salut par les sacrements de l'Eglise, et eux
seuls peuvent recevoir une récompense éternelle pour leurs jeûnes, leurs aumônes, leurs autres
œuvres de piété chrétienne et les services d'un soldat du Christ. Nul, si importantes que
puissent être ses aumônes, nul, même en versant son sang pour le Nom du Christ, ne peut être
sauvé, s'il ne demeure dans le sein et l'unité de l'Eglise Catholique. (Pape Eugène IV, Bulle
Cantate Domino, 1442; D.S. 1351; Dz-Hünermann 1351)58a
Par cet enseignement, il ne faut pas comprendre que soit écartée la possibilité de salut
pour ceux qui ne deviennent pas membres effectifs de l'Eglise Catholique si, sans aucune
faute de leur part, ils ne connaissent pas leur obligation objective de le faire. Néanmoins,
comme l'a enseigné le Bienheureux Pape Pie IX dans Singulari Quadem, les Catholiques ne
doivent pas se préoccuper de discussions insignifiantes sur le salut pour ceux qui ne sont pas
membres effectifs de l'Eglise, puisque Dieu seul sait qui Il sauvera (de manière
extraordinnaire) parmi la grande masse de l'humanité qui n'a pas extérieurement professé la
religion catholique. Pour cette raison, le Bienheureux Pie IX — béatifié par le Pape Jean-Paul
II lui-même — a exhorté les fidèles à tenir ferme au dogme «hors de l'Eglise pas de salut» et à
continuer, avec une ferveur toujours plus grande, l'œuvre divinement engagée de faire de
toutes les nations des disciples. Quant au sort de ceux qui demeurent hors de l'Eglise visible,
Sa Sainteté nous a avertis que «toute information plus approfondie est illégitime.»
Qui peut douter de la sagesse des avertissements du Bienheureux Pape Pie IX? En vérité,
l'Eglise a aussi enseigné constamment et infailliblement que nul en ce monde (sauf révélation
privée spéciale) ne peut savoir avec absolue certitude l'état subjectif d'aucune âme, encore
moins si une âme-même — la sienne propre — est au nombre des élus. Puisqu'il n'est pas
possible pour l'Eglise de présumer du salut ou de la damnation de qui que ce soit, les ministres
de l'Eglise sont liés par le devoir de chercher la conversion de tout homme, femme et enfant
87
sur la surface de la terre, suivant l'ordre même de Notre-Seigneur: «Allez, faites des disciples
de toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, leur enseignant à
observer tout ce que Je vous ai commandé (Matt. 28:19-20). Celui qui croira et sera baptisé
sera sauvé. Celui qui ne croira pas sera condamné.» (Marc 16:16)
Kasper, au moins, dit ouvertement ce que la plupart des prélats d'aujourd'hui semblent
croire de toute façon, sans jamais le confirmer ni le nier. La politique de Kasper en fait
représente «l'esprit dominant de Vatican II.» Ceci fut confirmé par nul autre que le Cardinal
Ratzinger, quand il était encore le Père Ratzinger, dans son livre de 1966: Theological
Highlights of Vatican II (Points théologiques). Dans Points théologiques, Ratzinger prétend
que le Concile avait donné à l'Eglise une nouvelle orientation vers les non-catholiques, qui
dispense de tout appel à leur conversion:
L'Eglise Catholique n'a pas le droit d'absorber les autres Eglises. … Une unité de base —
d'Eglises qui restent des Eglises, devient pourtant une seule Eglise — doit remplacer l'idée de
conversion, même si la conversion garde sa signification pour ceux qui, en conscience, sont
motivés pour la rechercher61.
Ce point de vue n'est pas moins radical que celui du Père Edouard Schillebeeckx, autre
peritus progressiste du Concile, qui fut examiné par le Vatican après le Concile, (mais jamais
sanctionné) pour son refus manifeste de différents dogmes catholiques. Schillebeeckx exultait
«Au Concile Vatican II, l'Eglise Catholique a officiellement abandonné son monopole sur la
religion chrétienne63.»
88
De même, un journal «catholique» du Service International de Documentation Judéo-
chrétienne basé à Rome (SIDIC)64 parlait de la nouvelle orientation de Vatican II envers les
non-catholiques. En 1999, il attirait l'attention sur ce qu'il considère être le «principal
problème» avec les soi-disant «Catholiques traditionnels», y compris l'Archevêque Lefebvre:
Le refus de Lefebvre d'accepter l'œcuménisme trouve son origine dans les enseignements
clairs du Magistère: l'encyclique Satis Cognitum de Léon XIII (1896); l'encyclique Mortalium
Animos de Pie XI (1928); l'Instruction du Saint-Office du 20 décembre 1949 concernant
l'œcuménisme. Le seul œcuménisme accepté par Lefebvre et ses adeptes est celui qui lutte de
toutes ses forces pour le retour inconditionnel des membres des autres confessions à la seule
Eglise du Christ, l'Eglise Catholique Romaine. Ce sectarisme endurci est précisément le
genre de logique que Vatican II, par une profonde réflexion sur la nature de l'Eglise a refusé
d'accepter65 ...
Il existe les cas relatés de Cardinaux du Vatican, evidemment dans la ligne de cette même
fausse interpretation du Concile, qui découragent activement les non-Catholiques désireux de
se convertir au Catholicisme. Catholic Family News a publié l'histoire du Père Linus Dragu
Popian, qui avait été élevé dans la religion orthodoxe roumaine. En 1975, il risqua sa vie pour
échapper à la Roumanie communiste et se présenta comme Séminariste au Vatican, exprimant
son désir de se convertir au Catholicisme. Le Secrétaire d'Etat d'alors, le Cardinal Villot, et
d'autres Cardinaux du Vatican, furent horrifiés. Ils ont dit au jeune Popian qu'il ne devait pas
fuir le communisme et ne devait pas devenir Catholique, parce que cela nuirait aux relations
du Vatican avec la Roumanie communiste et l'Eglise orthodoxe de Roumanie67.
89
seulement l'enseignement de l'Eglise sur le retour des dissidents, mais aussi le dogme
Catholique infailliblement défini hors de l'Eglise, pas de salut.
L'Eglise, qui détient la vérité et le pouvoir du Christ, a seule mission de donner aux
esprits la formation qui convient; elle est aussi seule en mesure non seulement de retablir
aujourd'hui la véritable paix du Christ, mais encore de la consolider pour l'avenir en conjurant
les menaces imminentes de nouvelles guerres que Nous avons signalées. Seule en vertu d'un
mandat et d'un ordre Divin, l'Eglise enseigne l'obligation pour les hommes de conformer à la
loi eternelle de Dieu toute leur activité, publique aussi bien que privée, en tant que particuliers
comme ent tant que membres de la collectivité; par ailleurs, il est évident que ce qui a trait au
sort du grand nombre a une importance beaucoup plus grande.
Le jour où Etats et Gouvernements se feront un devoir sacré de se régler, dans leur vie
politique, au dedans et au dehors, sur les enseignements et des préceptes de Jésus-Christ,
alors, mais alors seulement, ils jouiront à l'intérieur d'une paix profitable, entretiendront des
rapports de mutuelle confiance, et résoudront pacifiquement les conflits qui pourraient
surgir...
C'est qu'il n'est point d'institution humaine en mesure d'imposer à toutes les nations une
sorte de Code international, adapté à notre époque, analogue à celui què régissait au moyen
age cette véritable Société des Nations qui s'appelait la chrétienté. Elle aussi a vu commettre
en fait beaucoup trop d'injustices; du moins la valeur sacrée du droit demeurait incontestée,
règle sûre d'après laquelle les nations avaient à rendre leurs comptes70.
Parlant d'efforts pour obtenir la paix mondiale au moyen d'une Ligue de Nations, le Pape
Pie XI déclarait:
Une tentative dans ce sens a déjà été faite et est encore en cours, maintenant; ses résultats
cependant sont presque négligeables et surtout dans la mesure où ils touchent pour ainsi dire
ces questions majeures qui divisent sérieusement et servent à soulever les nations l'une contre
90
l'autre. Aucune institution purement humaine d'aujourd'hui ne peut parvenir à créer une série
de lois internationales, correspondant aux conditions du monde, avec autant de succès que le
Moyen-Age à posséder cette vraie Ligue des Nations, la Chrétienté. Il est indéniable que, au
Moyen-Age, cette loi fut souvent violée; pourtant elle a toujours existé comme idéal, selon
lequel on avait le droit de juger les actes des nations, et comme phare remettant sur la route
sûre celles qui s'étaient égarées71.
Afin de renforcer cet enseignement, le Pape Pie XI a inauguré la Fête du Christ-Roi par
son encyclique Quas Primas:
De cette doctrine, commune à tous les Livres Saints, dérive naturellement cette
conséquence: royaume du Christ sur la terre, appelée à embrasser tous les hommes et tous les
pays de l'univers, l'Eglise Catholique se devait de saluer, par des manifestations multiples de
vénération, au cours du cycle annuel de la liturgie, en son Auteur et Fondateur le Roi, le
Seigneur, le Roi des rois...
Ainsi donc, l'empire de notre Rédempteur embrasse la totalité des hommes. Sur ce sujet,
Nous faisons volontiers Nôtres les paroles de Notre prédécesseur Léon XIII, d'immortelle
mémoire: «Son empire ne s'étend pas exclusivement aux nations catholiques ni seulement aux
chrétiens baptisés, qui appartiennent juridiquement à l'Eglise même s'ils sont égarés loin d'elle
par des opinions erronées ou séparés de sa communion par le schisme; il embrasse également
et sans exception tous les hommes, même étrangers à la foi chrétienne, de sorte que l'empire
du Christ Jésus, c'est, en stricte vérité, l'universalité du genre humain.»
Et, à cet égard, il n'y a lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et
les Etats; car les hommes ne sont pas moins soumis à l'autorité du Christ dans leur vie
collective que dans leur vie privée72.
La «Civilisation de l'Amour»
Remplace la Conversion des Païens
Après Vatican II, cependant, la Royauté Sociale du Christ fut remplacée par ce qu'on a
appelé la «civilisation de l'amour» — terme forgé par le Pape Paul VI pour présenter la notion
utopique selon laquelle «le dialogue avec le monde» mènerait à une fraternité mondiale de
religions qui ne seraient pas du tout explicitement chrétiennes. Le slogan «civilisation de
l'amour» a été répété sans cesse depuis lors. Ainsi, le Pape Jean-Paul II a développé cette
récente notion dans son discours pour la Journée Mondiale de la Paix en 2001:
91
Même le Pape Jean-Paul II a été amené à penser que les assemblées de prière inter-
religieuses, telles que celles d'Assise en 1986 et 2002, sont parmi les moyens mêmes par
lesquels cette notion utopique est censée se réaliser. Pourtant la simple vue de tels spectacles
aurait horrifié le Pape Pie XI et chacun de ses prédécesseurs. Pendant ce temps, la Royauté
Sociale du Christ, dans un ordre social catholique, est de facto exclue de la nouvelle
orientation.
Pourtant, ce n'est pas le cas. Les Pères du Concile ont répété constamment que Vatican II
est un Concile pastoral. C'est-à-dire que c'était un Concile qui traitait non de définition de la
Foi, mais de mesures dans le domaine du jugement pratique et sage — telles que le lancement
de «l'aventure œcuménique.» Le document propre du Concile, la Note Préliminaire de Lumen
Gentium (en latin, Nota Praevia), le déclare nettement: «En vue de la pratique conciliaire et
du but pastoral du Concile actuel, le Saint Synode définit des matières de foi et de morale
comme obligatoires pour l'Eglise seulement quand le Synode lui-même le déclare
ouvertement74.» Aucune matière de foi ni de morale ne fut définie «comme obligatoire dans
l'Eglise», en ce qui concerne la nouvelle «orientation œcuménique», ni par rapport à aucune
des autres formulations «pastorales» nouvelles dans le langage des documents conciliaires.
Que Vatican II fût inférieur en autorité à un Concile dogmatique, c'est confirmé par le
témoignage d'un Père du Concile, Monseigneur Thomas Morris. A sa propre requête, ce
témoignage ne fut décacheté qu'après sa mort:
Je fus soulagé quand on nous a dit que ce Concile n'avait pas pour but de définir ou de
donner des déclarations finales sur la doctrine, parce qu'une déclaration sur la doctrine doit
être formulée très soigneusement et j'aurais considéré les documents du Concile comme
incertains et passibles de réforme75.
92
Etant donné la pratique conciliaire et le but pastoral du présent Concile, ce Saint Synode
définit, comme obligatoires dans l'Eglise, les matières de foi et de morale seulement quand le
Synode lui-même le déclare ouvertement76.
Il a dit aussi:
Nous devons distinguer, selon les schémas et les chapitres, ceux qui ont déjà fait l'objet
de définitions dogmatiques dans le passé; quant aux déclarations qui ont un caractère
récent, nous devons faire des réserves77.
Le Pape Paul VI lui-même a fait remarquer que: «Etant donné le caractère pastoral du
Concile, cela évitait de prononcer, de manière extraordinaire, des dogmes pourvus de la note
de l'infaillibilité78.»
Donc, à la différence d'un Concile dogmatique, Vatican II n'exige pas un assentiment sans
réserve de la foi. Les documents prolixes et ambigus du Concile ne sont pas à mettre sur le
même plan que les déclarations doctrinales des Conciles passés. Les nouveautés de Vatican II
n'engagent pas inconditionnellement les fidèles, et le Concile lui-même n'a jamais dit qu'elles
les engageaient.
93
Des théologiens libéraux tels que Karl Rahner
(p.50), Yves Congar (à gauche) et Henri de
Lubac (à droite) ont vu censurer leurs écrits
sous le règne du Pape Pie XII. Dans les années
60, cependant, les opinions progressistes de ces
mêmes «théologiens» ont reçu une vaste
audience au Concile Vatican II.
Notes:
1. Un récit complet de cette fascinante histoire se trouve dans Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité
sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes,
France, 1985), pp. 170-199.
2. Ibid., p. 198.
3. Vicomte Léon de Poncins, Freemasonry and the Vatican (La Franc-Maçonnerie et le Vatican), (Christian
Book Club, Palmdale, Californie, 1968), p. 14.
4. L. Bouyer, Dom Lambert Beauduin, A Man of the Church (Dom Lambert Beauduin, un Homme de l'Eglise),
(Casterman, 1964), pp. 180-181, cité par le Père Dilder Bonneterre dans The Liturgical Movement (Le
Mouvement Liturgique), Ed. Fideliter, 1980, p. 119.
5. Le Père Jésuite Aparicio était le confesseur de Sœur Lucie — et son directeur spirituel de 1926 à 1938. Puis il
fut envoyé au Brésil comme missionnaire et correspondait avec Sœur Lucie pendant ces années-là. En 1950, il
retourna au Portugal pendant une courte période et visita Sœur Lucie en 1950 et 1951 sans difficulté. Le Père
Aparicio a certifié qu'en août 1960, pendant une visite d'un mois au Portugal, il ne fut pas autorisé à parler à
Sœur Lucie. «Je n'ai pas pu parler à Sœur Lucie parce que l'Archevêque n'a pas pu donner la permission de la
rencontrer. Les conditions d'isolation dans laquelle elle se trouve ont été imposées par le Saint Siège. En
conséquence, nul ne peut lui parler sans une autorisation de Rome. L'Archevêque n'a qu'un nombre très limité de
ces autorisations.» Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, (édition de La
Contre- Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1991), pp. 287-288.
La situation n'a pas changé depuis lors. Le 16 janvier 1983, le Père Joseph de Sainte-Marie, O.C. écrivit à
l'éminent laïc catholique Hamish Fraser pour l'en avertir, «De plus, je vous le rappelle, — elle (Sœur Lucie) me
l'a rappelé récemment dans une requête que je lui avais adressée — Sœur Lucie ne peut parler à personne de la
question des apparitions sans la permission expresse de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi ou du
Saint-Père lui-même.» (The Fatima Crusader, n° 13-14, p. 13.) Et le 19 mars 1983, Sœur Lucie a dit au Nonce
du Pape au Portugal le Très Révérend Sante Portalupi, qu'elle n'avait pas pu commenter plus tôt l'inadéquation de
la cérémonie de la consécration de 1982 (consécration du monde et non de la Russie) parce que le Saint Siège ne
94
lui avait pas donné permission de parler. «La Consécration de la Russie n'a pas été faite comme l'a requis Notre-
Dame. Je ne pouvais pas le dire (auparavant) parce que je n'avais pas la permission du Saint Siège.» (Ibid., p. 3
et The Fatima Crusader, n° 16, septembre-octobre 1984, pp. 22ff, reprenant l'article du Père Pierre Caillon dans
Fidélité Catholique paru d'abord en 1983.)
Le 19 février 1990, Monseigneur A. Duarte de Almeida, Chapelain au Carmel de Coimbra, déclara ce qui suit,
«afin de rencontrer Sœur Lucie, il faut obtenir la permission du Cardinal Ratzinger.» (Dans David Boyce,
«Fatima Inquest - August 1990 [Enquête sur Fatima - août 1990],» The Fatima Crusader, n° 35, Hiver 1990-
1991, p. 13.)
Aussi récemment que «l'entretien» supposé de Sœur Lucie avec Monseigneur Bertone le 17 novembre 2001,
Monseigneur Bertone a reconnu (dans son communiqué concernant l'entretien) qu'il avait été organisé avec le
consentement du Cardinal Ratzinger. Donc, en 2001 encore, même un prélat de haut rang du Vatican a besoin de
la permission du Saint Siège pour s'entretenir avec Sœur Lucie.
6. Voir Jean Madiran, «L'accord Vatican-Moscou» The Fatima Crusader, n° 16, septembre-octobre 1984, p. 5.
Egalement articles, pp. 4, 7 et 11 dans The Fatima Crusader, n° 17, février-avril 1985. Voir aussi Atila Sinke
Guimarães, «The Metz Pact (Le Pacte de Metz),» Catholic Family News, septembre 2001.
7. Le Pape Pie XI Divini Redemptoris, Encyclique sur le Communisme athée, 19 mars 1937. Voir aussi la
citation, p. 63 avec référence à la note 42 de ce chapitre.
8. On trouve à ce sujet un rapport plus complet dans The Rhine flows into the Tiber (Le Rhin se jette dans le
Tibre) Père Ralph Wiltgen (New York: Hawthorne, 1967; TAN, 1985), pp. 272-278.
9. E.g. The Rhine flows into the Tiber (Le Rhin se jette dans le Tibre) du Père Ralph Wiltgen; Pope John's
Council (le Concile du Pape Jean) de Michael Davies (Angelus Press, Kansas City, Missouri) et même Vatican
II Revisited (voir note suivante) qui chante les louanges de la réforme.
10. Très Révérend Aloysius Wycislo S.J., Vatican II Revisited, Reflections by One Who Was There (Vatican II
revisité, réflexion d'un Participant), (Alta House, Staten Island, New York, U.S.A.), p. x.
14. Council Daybook (Le journal du Concile), (National Catholic Welfare Conference, Washington, D.C., Vol.
I), pp. 25-27.
15. Vatican II Revisited, Reflections by One Who Was There (Vatican II Revisité, Réflexions d'un Participant),
pp. 27-34.
16. Monseigneur Graber Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), p. 54.
17. Atila Sinke Guimarães, Animus Delendi (The Desire to Destroy [Le Désir de Détruire]), (Tradition in
Action, Los Angeles, Californie, 2001), p. 128. Le titre exact est Animus Delendi - I (le premier des deux livres
avec ce titre).
18. Ibid.
19. «Vital life (Vital vie)» semble être simplement un autre terme pour «Vital Imminence (Eminence Vitale),»
condamné dans l'encyclique Pascendi du Pape Pie X, contre le modernisme (Traduction anglaise par Newman
Press), voir p. 8.
95
20. Greenstock, David, «Thomism and the New Theology (Le Thomisme et la Nouvelle Théologie),» The
Thomist, (octobre 1950), tout l'article vaut la peine d'être lu si l'on veut saisir la nature erronée de la «Nouvelle
Théologie.»
21. Publié dans l'Angelicum en 1946. Première traduction anglaise publiée dans Catholic Family News, août
1997, «Where is the New Theology Taking Us? (Où nous mène la Nouvelle Théologie?)»
24. Ces observations sont tirées du livre de Monseigneur Kelly, The Battle for the American Church (La Bataille
pour l'Eglise Américaine) cité par John Vennari dans, «Vatican Praises Purveyor of Heresy (Le Vatican Félicite
un Pourvoyeur d'Hérésie),» The Fatima Crusader, Printemps-Eté 1998.
25. Ibid.
31. Tiré de Open Letter to Confused Catholics (Lettre Ouverte aux Catholiques dans la Tourmente), pp. 88-89.
33. Tiré de Open Letter to Confused Catholics (Lettre Ouverte aux Catholiques dans la Tourmente), pp. 88-89.
35. Monseigneur Graber, Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), p. 64.
36. L'Archevêque Marcel Lefebvre, They Have Uncrowned Him (Ils L'ont Découronné), (Kansas City, Missouri,
Angelus Press, 1988), p. 229. L'Archevêque Lefebvre note ici que le journal communiste Izvestia a demandé du
Pape Paul VI le condamne ainsi que son séminaire d'Ecône.
37. Les periti (experts) progressistes du concile sont notés avoir déclaré, «Nous l'exprimerons de manière
diplomatique, mais après le Concile, nous en tirerons les conclusions implicites.» Dans le livre de Père Ralph
Wiltgen, The Rhine flows into the Tiber (Le Rhin se jette dans le Tibre), p. 242.
38. L'Archevêque progressiste Annibale Bugnini fut l'architecte principal de la révolution liturgique qui eut pour
sommet la Nouvelle Messe (Novus Ordo). Il fut finalement banni du Vatican pour l'Iran parce que le Pape Paul
VI eut connaissance de documents démontrant que Bugnini était Franc-Maçon. Michael Davies consacre un
chapitre entier à l'Archevêque Bugnini dans Pope Paul's New Mass (La Nouvelle Messe du Pape Paul), (Angelus
Press, Kansas City, 1992), Chapitre 24.
39. Cardinal Joseph Ratzinger, Principles of Catholic Theology (Les Principes de Théologie Catholique),
(Ignatius Press, San Francisco, 1987), p. 334.
96
41. Discours du 30 juin 1972.
42. Le Pape Pie XI, Divini Redemptoris, Encyclique sur le Communisme Athée, 19 mars 1937.
43. Yves Congar, O.P. «Le Concile au jours le jours, Deuxième Session,» (Paris, Cerf, 1964), p. 115.
44. En vérité, il ne peut exister rien de tel qu'un «Contre Syllabus,» puisque le 1864 Syllabus du Bienheureux Pie
IX déclarait solennellement, Au milieu donc d'une telle perversité d'opinions corrompues, Nous souvenant de
Notre charge Apostolique, dans notre plus vive sollicitude pour notre très sainte religion, pour la saine doctrine,
et pour le salut des âmes à Nous confiées par Dieu, et pour le bien de la société humaine elle-même, Nous avons
jugé bon d'élever à nouveau Notre Voix Apostolique. En conséquence, toutes et chacune des opinions déréglées
et des doctrines rappelées en détail dans ces Lettres, Nous les réprouvons, proscrivons et condamnons de Notre
Autorité Apostolique; et Nous voulons et ordonnons que tous les fils de l'Eglise catholique les tiennent
absolument pour réprouvées, proscrites et condamnées.» (C'est nous qui mettons en italiques.) Tiré de l'œuvre
The Popes Against Modern Errors (Les Papes contre les Erreurs Modernes), (TAN Books and Publishers,
Rockford, Illinois, 1999), p. 21.
45. Yves Congar, La Crise d'Eglise et Msgr. Lefebvre (Paris, Cerf, 1977), p. 54.
46. Tiré de Open Letter to Confused Catholics (Lettre Ouverte aux Catholiques dans la Tourmente), p. 100.
47. Cardinal Joseph Ratzinger, Principles of Catholic Theology (Principes de Théologie Catholique), pp. 381-
382.
50. Ibid.
51. Dans l'Encyclique de 1943 Mystici Corporis, le Pape Pie XII enseignait que «La Véritable Eglise de Jésus-
Christ ... est l'Eglise Romaine Une, Sainte, Catholique et Apostolique.» Ceci veut dire que l'Eglise du Christ n'est
pas composée de l'Eglise Catholique et des autres dénominations «chrétiennes.» Le Pape Pie XII a réitéré cet
enseignement dans son Encyclique de 1950 Humani Generis: «Le Corps Mystique du Christ et l'Eglise
Catholique Romaine sont une seule et même chose.»
52. Tiré de Vatican II, the Work that Needs to Be Done (Vatican II, la Tâche qu'il est Nécessaire de Faire), édité
par David Tracy avec Hans Küng et Johann Metz (Concilium, Seabury Press, New York, 1978), p. 91 (C'est
nous qui soulignons.)
53. L'Osservatore Romano édition italienne, 8 octobre 2000, p. 4. «Quando i Padri conciliar sostituirono la
parola “è” con la parola “subsistit,” lo fecera con un scopo ben preciso. Il concetto espresso da “è” (essere) è piu
ampio di quello espresso da “sussistere.” “Sussistere” un modo ben preciso di essere, ossia essere come soggeto
che esiste in sé. I Padri conciliari dunque intendevano dire che l'essere della Chiesa in quanto tale è un entità piu
ampia della Chiesa cattolica romana. [Quand les Pères Conciliaires ont remplacé le mot “es” par le mot
“subsiste,” ils l'ont fait avec un but bien précis. Le concept formel de “est” (être) est plus large que celui exprimé
par “subsister”. “Subsister” une manière bien précise d'être, ou bien, être comme un sujet qui existe en soi. Les
Pères Conciliaires ont donc voulu dire que l'existence de l'Eglise en tant que telle est une entité plus vaste que
l'Eglise Catholique Romaine.]»
54. Voir les déclarations du Père Schillebeeckx dans la revue hollandaise, De Bauzuin, nº 16, 1965, cité en
traduction française dans Itinéraires, nº 155, 1971, p. 40.
55. Frankfurter Allgemeine Zeitung, 22 septembre 2000. Traduction italienne dans L'Osservatore Romano, 8
octobre 2000.
97
56. Adista, 26 février 2001. Traduction anglaise citée de «Where Have They Hidden the Body? (Où Ont-Ils Mis
le Corps?)» de Christopher Ferrara, The Remnant (Le Petit Reste), 30 juin 2001.
57. «Nous, avec l'approbation du Saint Concile, enseignons et définissons que c'est un dogme divinement révélé:
que le Pontife Romain, lorsqu'il parle ex-cathedra, c'est- à-dire lorsque agissant en qualité de pasteur et
enseignant de tous les chrétiens, il définit en vertu de Son autorité apostolique suprême, une doctrine, concernant
la Foi ou la morale, qui doit être observée par l'Eglise universelle, possède par la divine assistance promise à lui
en la personne du Saint Pièrre, l'infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu doter Son Eglise pour la
définition de la doctrine concernant la foi et la morale; et par conséquent de telles définitions du Pontife Romain
sont irrévocables de par leur nature et non au gré de l'Eglise.» (D.S. 1839)
58. «Mais si quelqu'un prétend contredire cette définition Nôtre (A Dieu ne plaise qu'il le fasse!), qu'il soit
anathème!» (D.S. 1840)
60. «On the Ecumenical Movement (Sur le Mouvement Œcuménique),» 20 décembre 1949.
61. (C'est nous qui soulignons) Theological Highlights of Vatican II, (Lumières Théologiques de Vatican II),
Père Joseph Ratzinger (Paulist Press, New York, 1966), pp. 65-66. Cette partie du livre insiste sur le motif
œcuménique délibéré qui sert de base au document Lumen Gentium. Pour une discussion plus complète du livre
du Père Ratzinger, voir «Vatican II vs the Unity Willed by Christ (Vatican II contre l'Unité Voulue par le
Christ),» de John Vennari, Catholic Family News, décembre 2000.
62. Mais si le Cardinal Ratzinger a voulu changer complètement ses propres idées personnelles pour une position
plus orthodoxe, les textes du Concile eux-mêmes demeurent ambiguës, imprécis et semblent être orientés vers un
œcuménisme non orthodoxe qui ne cherche pas la conversion au Catholicisme des non-Catholiques.
63. E. Schillebeeckx, OP, Igreja ou igrejas? (Eglise ou églises?), dans V.A. Cinco problemas que desafiam a
Igreja hoje (Cinq problèmes qui lancent un défi à l'Eglise d'aujourd'hui), p. 26ff. Cité de In the Murky Waters of
Vatican II (Dans les Eaux Sombres de Vatican II), Atila Sinke Guimarães (Maeta, Métairie, Louisiana, 1997), p.
243.
64. Le SIDIC est une association s'identifiant comme Catholique, «fondée à Rome en 1965 à la demande d'un
groupe d'experts du Concile Vatican II, à la suite de la promulgation de Nostra Aetate,» pour promouvoir le
«dialogue» judéo-catholique. Le SIDIC basé à Rome a des représentants locaux dans les pays suivants:
Angleterre, Australie, Belgique, Canada, Etats-Unis, France, Hollande, Israël, Italie.
65. Aussi la citation entière, «Le refus de Lefebvre d'accepter l'œcuménisme a son origine dans les
enseignements clairs du Magistère, l'Encyclique Satis Cognitum de Léon XIII (1896); l'Encyclique Mortalium
Animos de Pie XI (1928); l'Instruction du Saint-Office, sur l'œcuménisme, du 20 décembre 1949. Le seul
œcuménisme accepté par Lefebvre et ses adeptes est celui qui oeuvre pour le retour inconditionnel des membres
des autres confessions à la seule Eglise de Christ, l'Eglise Catholique Romaine. Ce sectarisme endurci est
précisément le genre de logique que, par sa profonde réflexion sur la nature de l'Eglise, Vatican II a refusé
d'accepter. Bien qu'enraciné dans la Tradition [sic], le but de la réflexion du Concile fut sans précédent dans
l'histoire du Christianisme. Pour les intégristes, l'œcuménisme est l'une des trahisons fondamentales de Vatican
II» (c'est nous qui soulignons). Service International de Documentation Judéo-Chrétienne, Rome [édition
anglaise, Washington, D.C.] Vol. XXXII, n° 3, 1999, p. 22.
66. L'ambiguïté verbale utilisée par Vatican II pour promouvoir cette fausse notion se trouve dans Lumen
Gentium 8, où il est dit «l'Eglise du Christ subsiste dans l'Eglise Catholique» au lieu de la définition du Pape Pie
XII, l'Eglise du Christ est l'Eglise Catholique (Mystici Corporis Pape Pie XII). Voir discussion et notes
précédentes dans ce chapitre, en ce qui concerne l'origine et l'effet de cet ambiguïté, comme le reconnaît le
Cardinal Ratzinger.
67. Pour un bref rapport de l'histoire du Père Popian, voir «Vatican Says: Do Not Convert to Catholicism (le
Vatican dit: Ne Vous Convertissez Pas Au Catholicisme),» John Vennari, Catholic Family News, décembre
2001. Voir aussi “Vatican says, ‘You Must Not Become Catholic!’” John Vennari, The Fatima Crusader, n° 69,
98
Hiver 2002. Le témoignage du Père Popian sur cassette audio orale intitulée, «Vatican's Ostpolitik and
Ecumenism Tried to Prevent My Conversion to Catholicism (L'Ostpolitik et l' œcuménisme du Vatican Ont
Essayé d'Empêcher Ma Conversion au Catholicisme),» est également disponible à Fatima Center, 17000 State
Route 30, Constable, New York, 12926.
68. «Nous Sommes un Signe de Contradiction» entrevue avec Monseigneur Bernard Fellay, Société Sainte Pie
X, Latin Mass Magazine, automne 2001, p. 11.
69. La déclaration de Balamand, n° 13 et 30 (1993) fut citée avec approbation du Pape Jean-Paul II dans Ut
Unum Sint (Pour qu'ils soient Un), n° 59.
70. Le Pape Pie XI, Ubi Arcano Dei, Lettre Encyclique sur la Paix du Christ dans Son Royaume, 23 décembre
1922.
71. Ibid.
72. Le Pape Pie XI, Quas Primas, Encyclique sur la Royauté du Christ, 11 décembre 1925.
73. Le message du Pape Jean-Paul II pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2001, «Dialogue Between
Cultures for a Civilization of Love and Peace (Dialogue Interculturel pour une Civilisation de l'Amour et la
Paix).»
74. Supplément à Lumen Gentium, note explicative de la Commission Théologique, dans Walter M. Abbott, S.J.
ed. The Documents of Vatican II (Les Documents de Vatican II), (New York, America Press, 1966), pp. 97-98.
75. Témoignage personnel de Monseigneur Morris rapporté dans un article de Kieron Wood, Catholic World
News, 22 janvier 1997.
76. The Documents of Vatican II (Les Documents de Vatican II) , Edit. Walter M. Abbott, S.J., p. 98.
77. Tiré de «Open Letter to Confused Catholics (Lettre Ouverte aux Catholiques dans la Tourmente),» p. 107.
78. Pape Paul VI, Audience Générale du 12 janvier 1966 dans Insegnamenti di Paolo VI (Les Enseignements de
Paul VI), Vol. 4, p. 700, tiré de Atila Sinke Guimarães, In the Murky Waters of Vatican II (Dans les Eaux
Sombres de Vatican II ), (Métairie, Louisiane, Maeta, 1997; TAN, 1999), pp. 111-112.
99
100
Chapitre 7
Même le Cardinal Ratzinger a parlé d'un «continuel processus de déclin qui, en grande
partie, s'est développé sur la base des appels au Concile et a donc discrédité le Concile aux
yeux de beaucoup2.» Cependant, le Cardinal Ratzinger ainsi que les autres qui ont présidé à
cette débâcle, répète avec insistance — chose assez incroyable — qu'il nous fait continuer de
même, continuer la nouvelle orientation de Vatican II:
Cela signifie-t-il que le Concile lui-même doit être révoqué? Certainement pas. Cela
signifie seulement que la véritable acceptation du Concile n'a pas encore commencé. Ce qui a
dévasté l'Eglise après le Concile, ce n'était pas le Concile, mais le refus de l'accepter … La
tâche à accomplir n'est donc pas de supprimer le Concile, mais de découvrir le véritable
Concile, et d'en approfondir la véritable intention à la lumière de l'expérience actuelle3.
Allant encore plus loin et basant son autorité sur l'un des théologiens néomodernistes
mêmes qui ont contribué à créer ce désastre pour l'Eglise, le Cardinal Ratzinger a déclaré:
Le fait est, comme l'a fait remarquer Hans Urs von Balthasar dès 1952 ... qu'Elle
(l'Eglise), doit abandonner beaucoup de ces choses qui, jusqu'à présent, lui ont attiré la
sécurité et qu'Elle a considérées comme admises à jamais. Il lui faut démolir des bastions de
vieille date et faire confiance uniquement au bouclier de la foi4.
L'appel du Cardinal à la «démolition de bastions de vieille date» dans l'Eglise est peut-
être l'aveu le plus accablant de tous en ce qui concerne la nouvelle orientation révolutionnaire
de l'Eglise produite par le Concile Vatican II. Car que pourrait vouloir dire le Cardinal par
«des bastions de vieille date» sinon les défenses traditionnelles contre Ses ennemis — ce que
le Cardinal lui-même présente avec condescendance comme «beaucoup d'aspects qui, jusque
là lui ont attiré la sécurité et qu'Elle a semble aller de soi»? Le Cardinal avoue qu'il veut
démolir les aspects même qui donnent à l'Eglise la sécurité! L'Eglise doit, selon l'étrange idée
du Cardinal sur ces aspects, faire confiance «uniquement au bouclier de la Foi». Mais qu'est-
ce que cela signifie? Comment les Catholiques peuvent-ils maintenir leur foi, si elle n'est pas
gardée en sécurité par les bastions même que le Cardinal veut démolir?
En basant son autorité sur le «nouveau théologien» Hans Urs von Balthasar pour cette
«démolition de bastions» le Cardinal lui-même bénit la «nouvelle théologie» dans son projet
de mettre en pièces la théologie traditionnelle de l'Eglise avec Ses claires et précises
définitions des vérités que doivent croire les Catholiques. Dans l'appel du Cardinal, à démolir
101
«les bastions de vieille date» de l'Eglise, nous voyons clairement ce qu'on peut appeler
seulement un «désir de détruire.» Cette expression est tirée d'un livre de l'écrivain catholique
Atila Sinke Guimarães, intitulé Animus Delendi (traduit du latin par «le désir de détruire.»
Guimarães montre que les «réformateurs» conciliaires et post-conciliaires de l'Eglise sont
motivés par une mentalité qui voit la destruction de l'Eglise «ancienne» comme «tragique
mais nécessaire» pour «l'extension et le renouveau» de l'Eglise dans le «monde moderne.»
Comment les «bastions» vont-ils être démolis? Notre-Dame dit que le dogme de la Foi
sera préservé au Portugal. Les dogmes sont en eux-mêmes les bastions de l'Eglise.
Evidemment donc, la démolition des bastions impliquera la sape des définitions dogmatiques,
précisément puisque l'interprétation des dogmes est faite par les «nouveaux théologiens» néo-
modernistes qui sont en train de les saper. Les dogmes peuvent être sapés de différentes
manières: 1) les ignorer tout simplement et ils cesseront d'exister dans toutes les circonstances
pratiques; 2) remplacer les termes clairs par des termes ambigus — par exemple «est» par
«subsiste»; 3) rejeter le dogme comme «théologie périmée» comme dans la déclaration de
Balamand et différentes remarques faites par des ecclésiastiques de haut rang cités dans le
précédent chapitre; 4) prétendre qu'il n'existe rien qui soit définitions dogmatiques infaillibles
que tout Catholique soit tenu de croire tels qu'elles sont écrites; et 5) là où le dogme «hors de
l'Eglise point de salut» est concerné, désigner toujours les non-Catholiques simplement
comme «croyants» ou «Chrétiens.»
Quels sont précisément les bastions qui, aux yeux des «réformateurs» comme le Cardinal
Ratzinger, doivent être démolis? Nous rappelons encore une fois ce que le Pape Pie XII a
prédit de manière précise dans ses commentaires inspirés au sujet de la crise à venir dans
l'Eglise:
Je suis tracassé par les Messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima. Cette insistance
de Marie sur les dangers qui menacent l'Eglise est un avertissement divine contre le suicide
par l'altération de la Foi dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme ... J'entends tout autour de
moi des novateurs qui veulent démanteler la Sainte Chapelle, détruire la flamme universelle
de l'Eglise, rejeter Ses ornements et Lui faire éprouver du remords pour Son passé historique.
Le Pape Pie XII a identifié trois éléments de l'Eglise que les «novateurs» voulaient
changer: Sa liturgie, Sa théologie et Son âme (c'est-à-dire Sa nature même). Notez que le Pape
Pie XII, se basant sur le Message de Fatima ainsi que sur les témoignages personnels qu'il
avait reçus dans l'Eglise à cette époque-là, parlait d'une future tentative pour démanteler,
détruire et rejeter ces choses dans l'Eglise. En d'autres termes pour «la démolition de
bastions.»
La Démolition de la Liturgie
Avant Vatican II, les Papes défendirent unanimement l'ancienne liturgie latine de l'Eglise
contre les innovations, reconnaissant que la langue latine immuable était une barrière contre
l'hérésie, comme le Pape Pie XII l'a enseigné dans son encyclique mémorable sur la liturgie
Mediator Dei. A la vérité, les «réformateurs» protestants du XVIème siècle ne détestaient rien
plus que la Messe Catholique traditionnelle en latin, la liturgie grégorienne qui fut le centre de
la vie de l'Eglise depuis au moins le 4ème siècle (et probablement avant) jusqu'à la «réforme»
liturgique du Pape Paul VI en 1969.
102
Nulle part le désir de détruire, la démolition de bastions, ne se voit plus clairement que
dans l'explication du Pape Paul VI sur sa décision de supprimer la Messe Latine
Traditionnelle de plus de 1 500 ans d'existence et de la remplacer par un rite nouvellement
concocté d'une Messe en vernaculaire — une action absolument sans précédent que ses
prédécesseurs auraient considérée comme absolument impensable:
C'est là que la plus grande nouveauté va être remarquée, la nouveauté de langue. Non
plus le Latin, mais la langue parlée sera la langue principale de la Messe. L'introduction du
vernaculaire sera certainement un grand sacrifice pour ceux qui connaissent la beauté, le
pouvoir et l'expression sacrée du Latin. Nous nous séparons du discours des siècles chrétiens;
nous devenons comme des envahisseurs profanes dans les archives littéraire de l'expression
sacrée. Nous perdrons une grande partie de cet élément prodigieux et incomparable, artistique
et spirituel, le chant grégorien. Nous avons des raisons de regretter, presque des raisons d'être
déconcertés. Que pouvons-nous mettre à la place de cette langue des anges? Nous
abandonnons quelque chose d'inestimable. Pourquoi? Qu'y a-t-il de plus précieux que ces
sommets des valeurs de notre Eglise?
Qu'y a-t-il, en effet, de plus précieux que «ces sommets des valeurs de notre Eglise»?
Selon Paul VI, ce qui était plus précieux, c'était un attrait pour «l'homme moderne» que le
Pape voyait apparemment assez obtus pour ne pas être capable de comprendre les prières en
latin du Missel Romain, même si le même Missel donnait la traduction vernaculaire en face
du Latin. Paul VI continuait, répondant à ses propres questions:
La réponse semblera banale, presque prosaïque. Cependant, c'est une bonne réponse
parce qu'elle est humaine, elle est apostolique. La compréhension de la prière est plus
importante que les ornements de soie dont elle est vêtue royalement. La participation des
personnes a plus de valeur — particulièrement la participation des «personnes modernes» si
passionnées de langage simple facilement compris et converti en discours du quotidien5.
Le discours du Pape Paul VI est un plan de ce qui est arrivé à toute l'Eglise depuis le
Concile. Les changements conciliaires et post-conciliaires — tous sans précédent dans
l'histoire de l'Eglise — sont l'œuvre d'envahisseurs profanes, qui s'efforcent de détruire
quelque chose d'inestimable, de démolir des bastions séculaires, non seulement dans la
liturgie sacrée, mais dans l'enseignement permanent de l'Eglise. Ce n'est pas par accident que
Vatican II a causé une destruction sans précédent, puisque les principaux novateurs du
Concile projetaient une destruction sur toute la ligne.
La Démolition de la Théologie
Dans le numéro de l'Osservatore Romano du 19 décembre 1946, le Pape Pie XII (visant
les théories hétérodoxes de modernistes comme Chenu et de Lubac) avertissait que ce qu'on
acclamait comme «nouvelle théologie» finirait par saper la Foi:
On parle beaucoup (mais sans la nécessaire clarté de concept) d'une «nouvelle théologie»
qui doit être en continuelle évolution, à l'exemple de toutes les autres choses du monde qui
sont en état permanent de flux et de mouvement, sans jamais atteindre leur terme. Si nous
devions accepter une telle opinion, qu'adviendrait-il de l'unité et de la stabilité de cette Foi?6
Comme nous l'avons vu, le Pape Jean XXIII méprisa les avertissements du Pape Pie XII;
au Concile Vatican II, le Pape Jean réhabilita les présentateurs même de la «nouvelle
103
théologie» qui étaient suspects d'hérésie sous le pontificat du Pape Pie XII. Pour rappeler le
témoignage de Monseigneur Bandas «Nul doute que le bon Pape Jean pensait que ces
théologiens suspects rectifieraient leurs idées et rendraient un service authentique à l'Eglise.
Mais c'est exactement le contraire qui se produisit ... La grande confusion était lancée. Il était
déjà visible que ni Trente ni Vatican I ni aucune encyclique n'auraient le droit d'en entraver
l'avancée.»
Or, quels ont été les effets de la «nouvelle théologie» sur l'Eglise? Aujourd'hui, au nom
de Vatican II, on nous dit:
• Que l'Eglise doit dialoguer et collaborer avec les Communistes, les Musulmans, les
hérétiques, les schismatiques et les autres ennemis reconnus de la Foi;
• Que l'Eglise (comme le prétend encore le Cardinal Ratzinger) doit «tenter» une
«réconciliation» avec les principes de la Révolution Française;
• Que les Protestants et les schismatiques n'ont plus besoin de se convertir et de revenir
à l'Eglise Catholique pour leur salut ni même pour l'unité.
Et, en vérité, les pires craintes du Pape Pie XII se sont réalisées dans la période de l'après
Concile, où nous avons été témoins d'un effort pour transformer l'Eglise de la seule arche du
salut, hors de laquelle nul n'est sauvé, en une simple collaboratrice avec «d'autres églises et
communautés ecclésiales» des religions non-Chrétiennes et même athées, pour construire une
utopique «civilisation de l'amour.» Dans cette «civilisation de l'amour», sauver les âmes de
l'enfer — ce qui n'est plus mentionné — est remplacé par une nouvelle forme de «salut»: le
salut par une «fraternité» mondiale et la paix mondiale. C'est la notion même que met en
avant la Franc-Maçonnerie depuis trois siècles.
104
nous disent maintenant que nous devons respecter les différentes sectes protestantes et
schismatiques comme partenaires du «dialogue œcuménique» et de la «recherche de l'unité
chrétienne.» En lien avec cette nouvelle notion, il y a des «liturgies» œcuméniques communes
entre Catholiques, Protestants et églises Orthodoxes schismatiques, pour manifester la
prétendue «communion partielle» entre «tous les chrétiens.» A coup sûr, les exécutions de la
nouvelle orientation de l'Eglise Catholique admettent encore qu'Elle soit la plus parfaite de
toutes les églises, mais la prétention que l'Eglise Catholique soit la seule véritable Eglise, à
l'exclusion absolue de toutes les autres, a été abandonnée de facto par tous sauf un petit reste
de Catholiques fidèles, considérés comme «rigides sectaires» et «pré-conciliaires»,
simplement parce qu'ils croient ce qu'ont toujours cru les Catholiques avant 1965.
Mais «l'unité chrétienne» n'est qu'un pas vers l'unité pan-religieuse de la fraternité
humaine. En même temps, «l'unité chrétienne» est prônée par des activités pan-chrétiennes
que les grands Papes pré-conciliaires auraient considérées comme sacrilèges, le «dialogue
inter-religieux» a rendu l'Eglise plus «ouverte» à la «valeur» des religions non-chrétiennes,
dont les adeptes ne seraient plus considérés comme ayant besoin de la foi et du Baptême pour
sauver leur âme. La «Chrétienté anonyme» de Karl Rahner qui assure que les adeptes sincères
de toute religion peuvent être, et sont probablement, «Chrétiens» sans même le savoir — est
devenue de facto la théologie de l'Eglise. En conséquence, il y aurait des rencontres de prière
inter-religieuses où les membres de toutes les religions se rassemblent pour prier pour la paix
et manifester leur «unité» comme membres de la famille humaine sans qu'on dise à aucun
d'entre eux qu'ils sont en danger de damnation, sans Baptême, sans foi au Christ et sans
appartenance à Son Eglise. Dans la liturgie «réformée» du Vendredi Saint, les Catholiques
(pour la première fois dans l'histoire liturgique de l'Eglise) ne prient plus officiellement et
sans équivoque pour la conversion des non-Catholiques à l'Eglise Catholique comme
démarche nécessaire pour le salut de leur âme.
Comme quiconque peut le voir, le remplacement de la Royauté Sociale du Christ par «la
civilisation de l'Amour» a totalement neutralisé l'Eglise Catholique, qui ne joue plus le rôle
central d'autorité spirituelle et morale du monde, selon les intentions de Son divin Fondateur.
Les théologiens progressistes qui ont promu cette nouvelle orientation de l'Eglise ont
formé maintenant presque deux générations de laïcs et de clercs catholiques. Les travaux de
Rahner, Küng, Schillebeeckx, Congar, de Lubac, von Balthasar et leurs disciples dominent
maintenant les textes d'enseignement des séminaires et universités catholiques. Depuis ces 35
dernières années, les principes progressistes de ces hommes servent de formation principale
aux prêtres, religieux et théologiens et étudiants d'universités catholiques. Nous avons donc
atteint maintenant un stade où les prélats préfèrent la théologie de Rahner à celle de Saint
Robert Bellarmin, par exemple, Saint canonisé et Docteur de l'Eglise, ou de Saint Thomas
d'Aquin, le grand Docteur et l'un des plus grands Saints de l'histoire de l'Eglise.
L'enseignement de Bellarmin et de Saint Thomas d'Aquin — en vérité l'enseignement de tous
les Papes avant Vatican II — tend à être accepté seulement en accord avec le sens donné par
Rahner et les autres «nouveaux théologiens.» Il en est de même de la plupart des professeurs
d'universités et séminaires catholiques.
105
Ses membres décédés contre d'autres «chrétiens» et d'autres cultures. C'est précisément ce que
prédisait le Pape Pie XII quand il parlait des novateurs qui voudraient «la faire se repentir de
Son passé historique.»
• L'utilisation de cette nouvelle orientation pour saper l'Eglise, sans vraiment la détruire.
(Dodd, Watson, les déserteurs soviétiques et La Formation Permanente)
Et tous ces développements furent prédits par le futur Pape Pie XII se référant
spécifiquement «aux messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima» et «à cette insistance
de Marie sur les dangers qui menacent l'Eglise.»
La Passion de l'Eglise
Ainsi la passion que souffre actuellement notre Sainte Eglise n'est vraiment pas un grand
mystère. En ignorant avec insouciance les Papes du passé, en abandonnant la condamnation
d'erreurs, en «réhabilitant» des théologiens suspects et en faisant d'eux des héros de l'Eglise,
en abolissant l'Index des Livres Interdits et le Saint-Office, en se débarrassant de la liturgie
catholique traditionnelle qui fut une barrière contre l'hérésie, en déclarant «partial» et
«périmé» l'enseignement anti-libéral du Bienheureux Pie IX et l'enseignement anti-moderniste
de Saint Pie X — bref, en dépouillant sans pitié et systématiquement l'Eglise de presque
106
toutes ses défenses — nos dirigeants actuels de l'Eglise ont démoli presque tous les bastions
qui protégeaient autrefois l'Eglise de l'infiltration et de la corruption, créant ainsi une structure
de compromis que nous voyons maintenant s'écrouler sur elle-même dans le scandale, la
corruption, la désobéissance et la perte de la Foi.
Comme nous l'avons déjà démontré, tout ceci fut prédit par les ennemis de l'Eglise.
Monseigneur Graber, commentant la crise post-conciliaire à la lumière des propres
prédictions des Maçons sur ce qu'ils réussiraient bientôt à faire, déclarait:
Face à ces aveux sans ambiguïté (des Maçons, etc.) si l'on garde encore l'idée que les
événements de l'Eglise (depuis Vatican II) sont des phénomènes marginaux ou des difficultés
transitoires qui mourront en temps voulu de leur propre gré, on espère simplement trop —
mais d'autant plus grande est la responsabilité des gouvernants de l'Eglise, s'ils ne s'occupent
pas de ces questions et imaginent que tout peut se réparer en rapiéçant çà et là9.
Mais ce sont ces «dirigeants même de l'Eglise» qui font l'objet de notre étude. Cependant,
nous nous hâtons de le dire, une fois de plus, nous ne prétendons pas que tout ecclésiastique
qui fait avancer de nouvelles pratiques, telles que l'œcuménisme, agit délibérément comme
ennemi de l'Eglise. Le prêtre célèbre du 19ème siècle, le Père Frédérick Faber, fut un vrai
prophète quand il disait dans un sermon remarquable, prêché à la Pentecôte 1861, à l'Oratoire
de Londres:
Nous devons nous souvenir que si tous les hommes manifestement bons étaient d'un côté
et tous les hommes manifestement mauvais de l'autre, il n'y aurait de danger pour personne,
au moins pour tous les élus, d'être trompé par des mensonges prodigieux. Ce sont les hommes
de bien, autrefois bons, que nous devons espérer encore bons, qui doivent faire l'œuvre de
l'anti-Christ et donc déplorablement crucifier de nouveau le Seigneur ... Gardez en mémoire
cette caractéristique des derniers jours. Cette fourberie vient des hommes de bien placés du
mauvais côté10.
Comme nous allons procéder à le prouver, les hommes qui nous concernent sont du
mauvais côté. Dans leur «démolition de bastions» de l'Eglise Catholique, par l'imposition de
leur nouvelle orientation — ou ce que le Cardinal Ratzinger a désigné par la «tentative de
réconciliation officielle du Concile» avec «la nouvelle ère» commencée par la Révolution
Française, ils se sont rangés nécessairement contre le Message de Fatima, car il n'y a rien de
plus intégralement catholiques, rien de plus opposé à l'esprit de «la nouvelle ère», rien de plus
ennemi de l'œcuménisme conciliaire, rien de plus opposé à l'écroulement des bastions
catholiques que l'appel de la Vierge Marie à la Consécration de la Russie à Son Cœur
Immaculé, la conversion de la Russie à la Foi catholique qui en résultera, et le glorieux
triomphe du Cœur Immaculé à travers le monde en un ordre social catholique.
107
A partir de ce que nous avons dit jusqu'ici, il devrait être apparent que le Message de
Fatima, dans sa pure intégrité catholique, ne peut coexister avec la nouvelle vision de l'Eglise
qui nous est imposée leusement par ceux qui «désirent détruire» en parlant de «démolition de
bastions». Cette destruction s'est produite, précisément, parce que le vaste programme de
aggiornamento de Vatican II va en sens contraire des vérités catholiques qui pénitrent le
Message de Fatima.
Notre-Dame n'est pas venue à Fatima pour demolir des bastions de l'Eglise, mais plutôt
pour exhorter les membres de l'Eglise à defendre Ses bastions dans la crise à venir. Elle n'a
pas prêché «l'œcumenisme» ou le «dialogue interreligieux», mais l'enseignement constant et
immuable de l'Eglise, à savoir que «hors d'Elle», il n'y a pas de salut. Quand Notre-Dame est
venue à Fatima, Elle ne nous a pas donné de «nouvelle théologie»; Elle ne nous a pas donné
de «nouvelle interprétation» de la doctrine opposée en quelque manière à l'enseignement
constant du Magistère.
Que voyons-nous dans le Message de Fatima? Nous voyons renforcées les doctrines-clés
de notre Foi, les doctrines mêmes qui se trouvent face à l'attaque la plus acharnée de notre
temps11. Quand la Mère de Dieu est venue à Fatima:
Nous voyons maintenant, clairement exposé, le motif du crime qui est le sujet de ce livre.
Il y a opposition fondamentale entre la «nouvelle» Eglise introduite par Vatican II, et l'Eglise
de tout temps, telle que la représente le Message de Fatima. Le Message de Fatima est un
108
indicateur céleste sur la voie de ceux qui sont déterminés à abattre les bastions de l'Eglise
d'autrefois de manière à pouvoir ériger sur les décombres une Eglise nouvelle «plus éclairée».
Ces deux visions rivales de l'Eglise — vision d'une «nouvelle» Eglise et vision de l'Eglise
de tout temps telle qu'on la voit à Fatima — ne peuvent coexister. Une vision doit céder le pas
à l'autre. Les hommes qui font l'objet de ce livre (explicitement ou implicitement) ont fait leur
choix quant à la vision de l'Eglise qui, selon leur jugement, doit gouverner. Ils ont choisi la
vision nouvelle, la nouvelle orientation de l'Eglise inaugurée à Metz et à Vatican II. En ce
choix réside leur motif et en ce motif réside notre perception de leurs actions autrement
inexplicables contre le Message de Fatima.
Mettant de côté la question des motifs subjectifs des défenseurs de cette nouvelle
orientation — qui parlent pour eux-mêmes dans les déclarations que nous avons présentées —
incontestablement leurs actions sont objectivement scandaleuses, suicidaires pour l'Eglise (au
sens relatif, bien sûr) et nuisibles à des millions d'âmes. Ainsi leurs actions constituent un
crime, quelle que soit l'intention subjective des malfaiteurs, car on peut commettre un crime
par insouciance ou négligence coupable sans avoir l'intention de nuire. Car tout comme celui
qui croit sincèrement avoir raison de tuer autrui est néanmoins coupable de meurtre, de même
ceux qui ont nui à l'Eglise — même avec les meilleures intentions — sont coupables de
crimes contre Elle. C'est la différence entre ce que la loi appelle l'intention spécifique de nuire
à autrui et une intention générale de faire une action qu'on devrait savoir dangereuse, même si
subjectivement on n'a pas l'intention de nuire. En d'autres termes, la loi punit les actes
délibérés commis par celui qui aurait dû savoir mieux faire que de commettre l'acte.
Pour certains des responsables de ce désastre, c'est peut-être un égarement du sens des
«lumières» — «faire le mal sous couleur du bien» ou «une désorientation diabolique» dans le
gouvernement de l'Eglise, pour citer les mots de Sœur Lucie elle-même. Avec ces hommes,
c'est le cas «Ce sont des aveugles qui guident d'autres aveugles», comme a dit Sœur Lucie12 se
référant aux paroles de Jésus dans l'Evangile (Mt. 15:14), «les aveugles conduisant les
aveugles.» C'est aussi le cas d'aveugles refusant d'admettre qu'ils sont aveugles. Certains de
ces hommes, en fait, se sont convaincus que leurs actions sont les meilleures pour l'Eglise,
même si elles sont manifestement ruineuses.
En tous cas, nous montrerons que les accusés, objectivement parlant, sont coupables d'un
crime terrible contre l'Eglise et le monde, en participant à une conspiration véritable contre
l'accomplissement du Message authentique de Fatima. Que Dieu soit le juge de leur âme.
Leurs paroles et faits objectifs, cependant, se jugent au for externe de l'histoire.
Ce qui est plus, les actions de ces hommes peuvent se juger à la lumière de
l'enseignement infaillible de l'Eglise, qu'ils ont (comme nous l'avons montré, ouvertement
déclarée «périmée», ou qu'ils ont «corrigée» par rapport à la pensée «moderne» et à la
«nouvelle théologie.» Les résultats de cet écart des enseignements infaillibles sont mauvais,
comme chacun devrait le voir démontrer par l'actuelle situation de l'Eglise. Les Catholiques
doivent juger que le mal est un mal quand ils le voient, plutôt que de prétendre que c'est bien,
sur la simple insistance de certains personnages d'autorité: «Malheur à vous qui appelez mal
ce qui est bien et bien ce qui est mal ...» (Isaïe. 5:20)
Il nous faut examiner maintenant comment le motif que nous avons établi à stimulé le
récent effort du Vatican pour enterrer une fois pour toutes le Message de Fatima.
109
A la fin des années 1950, Hans Urs von
Balthasar fut considéré comme
tellement faux doctrinalement que les
évêques Suisses ne l'ont pas autorisé à
être conseiller théologique à Vatican II.
Notes:
1. Voir par exemple analyse statistique du sacerdoce dans L'Osservatore Romano, 13/20 août 1997 et «The
Index of Leading Catholics Indicators (L'index des Indicateurs Catholiques Principaux),» The Latin Mass, Hiver
2000, présentant des données extensives à partir de Vatican Statistical Yearbook of the Church (l'Annuaire des
statistiques de l'Eglise) et d'autres ouvrages ordinaires de références.
3. Ibid., p. 390.
4. Ibid., p. 391.
6. Tiré de David Greenstock «Thomism and the New Theology (Le Thomisme et la Nouvelle Théologie),» The
Thomist, octobre 1950.
7. Par exemple, voir «Joint Catholic-Lutheran Vespers at Vatican (La célébration commune des Vêpres Luthero-
Catholiques au Vatican),» [Link], 13 novembre 1999: «L'Archvêques G.H. Hammar et Jukka Paarma —
respectivement primats Luthériens de Suède et de Finlande — et les Evêques Anders Arborelius de Stockholm et
Czeslaw Kozon de Copenhague unis avec le Saint-Père pour l'Office des Vêpres. Plusieurs autres évêques des
Pays Scandinaves étaient présents à la cérémonie, y compris deux femmes évêques.» Egalement au début de
l'année Jubilaire, le Pape Jean-Paul II ouvrit les Portes Saintes de Saint-Paul Hors les Murs avec l'Archevêque
anglican Carey et le Métropolite schismatique Athanasios. Les représentants de 20 autres fausses confessions
assistaient à la cérémonie œcuménique. Voir, «Non-Catholics Joining Pope in Rite (Non-Catholiques dans un
Même Rite avec le Pape),» Los Angeles Times, 19 janvier 2000.
9. Graber, Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), pp. 170-171.
10. Citation tirée de The Mystical Body of Christ in the Modern World (Le Corps Mystique du Christ dans le
Monde Moderne), Père Denis Fahey, (Regina Publications, Dublin, 1er Edition en 1935), p. xi.
110
11. Pour des réflexions plus approfondies sur le fait que Notre-Dame de Fatima a renforcé les Doctrines
Catholiques-clés aujourd'hui niées, voir John Vennari «A World View Based on Fatima (Le Monde Vu sur les
Bases de Fatima ),» The Fatima Crusader, Printemps 2000, n° 64.
12. Voir Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le Troisième Secret (édition de
La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1985), pp. 508-512.
111
112
Chapitre 8
Le Message de Fatima
Contre la Ligne du Parti
Quel a été l'effet général des changements soudains, et tout à fait spectaculaires dans
l'Eglise qui ont commencé surtout au 20e siècle? Comme l'ont remarqué les écrivains
catholiques, ce qu'ont vécu les Catholiques ces 40 dernières années représente une sorte de
«Stalinisation de l'Eglise Catholique Romaine» qui affiche une étrange ressemblance avec ce
qui fut désigné à l'époque par «l'Adaptation» de l'Orthodoxie russe aux exigences du régime
stalinien.
La subversion de l'Eglise Orthodoxe par Staline est certainement parmi les événements de
Russie prévus par la Vierge de Fatima. C'est précisément pourquoi Elle est venue demander la
Consécration de la Russie à Son Cœur Immaculé, pour que la Russie embrasse la seule vraie
religion et la seule véritable Eglise, non pas l'Eglise Orthodoxe Schismatique qui fut fondée
par rébellion humaine contre Rome quand elle se sépara du Corps Mystique du Christ il y a
plus de 500 ans, et fut ainsi constitutionnellement incapable d'éviter sa totale Adaptation au
Stalinisme.
L'Adaptation consistait d'abord et avant tout en une fausse séparation entre les prétendus
besoins spirituels de l'homme, les besoins purement religieux de l'homme, et ses besoins
socio-politiques. En d'autres termes, une séparation de l'Eglise et de l'Etat. L'église devait
satisfaire les besoins purement religieux des citoyens de l'Union Soviétique mais sans toucher
aux structures socio-politiques qui avaient été érigées par le Parti Communiste.
L'Adaptation exigea une nouvelle administration de l'église de Russie selon les directives
qui furent établies après la publication de l'appel de Sergius. Au fond, cela se limitait à se
mettre d'accord pour ne pas critiquer l'idéologie officielle de l'Union Soviétique sous Staline.
Et ceci se refléterait dans l'ensemble des activités de l'église. Toute opposition de la part de
l'Eglise Orthodoxe de Russie au Régime Soviétique serait désormais considérée comme une
déviation de l'action purement religieuse et comme une forme de contre-révolution qui n'était
plus autorisée ni approuvée.
Effectivement, l'Eglise Orthodoxe, par son silence, devint une arme de l'Etat Soviétique.
En fait, Sergius continuerait à défendre cette trahison et même à demander la condamnation et
les sentences pour les camps de concentration à l'égard de ses propres co-religionnaires, pour
des activités prétendues contre-révolutionnaires. Talantov, qui condamna l'Adaptation dans
son ensemble, en a parlé ainsi: «En réalité, toute l'activité religieuse se réduisit à des rites
extérieurs. La prédication à l'église de ce clergé qui s'en tenait strictement à l'Adaptation, était
totalement éloignée de la vie et par conséquent n'avait aucune influence quelconque sur les
113
auditeurs. En conséquence, la vie intellectuelle, sociale et familiale des croyants, et
l'éducation de la jeune génération, restait hors de l'influence de l'église. On ne peut adorer le
Christ, et en même temps, dans la vie sociale et familiale, dire des mensonges, faire ce qui est
injuste, pratiquer la violence et rêver d'un Ciel terrestre1.»
Donc, voici ce qu'impliquait l'Adaptation; l'église se tairait sur les maux du régime
stalinien. Elle deviendrait une communauté purement «spirituelle» «dans l'abstrait», ne
prononcerait plus d'opposition au régime, ne condamnerait plus les erreurs et les mensonges
du communisme, et deviendrait ainsi l'Eglise du Silence, comme fut souvent désignée la
Chrétienté derrière le Rideau de Fer.
L'Appel de Sergius causa une fissure dans l'Eglise Orthodoxe de Russie. Les vrais
croyants qui rejetèrent l'Adaptation, qui dénoncèrent l'Appel et qui restèrent attachés au
Métropolite Joseph plutôt qu'à Sergius, furent arrêtés et envoyés en camps de concentration.
Boris Talantov lui-même mourrait finalement en prison, comme prisonnier politique du
régime stalinien. En même temps, l'Eglise du Silence fut, effectivement, transformée en
organe du KGB. Staline décima l'Eglise Orthodoxe de Russie; tous les vrais croyants
orthodoxes furent envoyés en camps de concentration ou exécutés et remplacés par des agents
du KGB.
Peu avant sa mort en août 1967, Talantov écrivit ce qui suit à propos de l'Adaptation:
Ici Talantov fait allusion au même Métropolite Nikodim qui a fait entrer le Vatican dans
l'Accord Vatican-Moscou, sous lequel (comme nous l'avons montré au chapitre 6) l'Eglise
Catholique fut contrainte de se taire sur le Communisme au Concile Vatican II. Ainsi, le
même prélat orthodoxe qui a trahi l'Eglise Orthodoxe a servi d'agent dans un accord qui
trahit aussi l'Eglise Catholique. Au Concile Vatican II, certains ecclésiastiques catholiques,
en coopération avec Nikodim ont été d'accord pour dire que l'Eglise Catholique, également,
deviendrait une Eglise du Silence.
114
Or, en relation avec cette Adaptation de l'Eglise Catholique, vers l'an 2000, le Message de
Fatima avait été solidement soumis aux exigences de la nouvelle orientation. Il avait déjà été
décidé par certains membres de l'organe du Vatican que la Russie ne devait être mentionnée
dans aucune cérémonie de consécration que pourrait entreprendre le Pape en réponse aux
requêtes de la Vierge. Dans le numéro de novembre 2000 de A l'intérieur du Vatican, un
Cardinal de premier plan, identifié seulement comme «l'un des conseillers les plus intimes du
Pape» est cité pour avoir laissé entendre les craintes de Rome: «La Russie Orthodoxe pourrait
considérer comme un ‘délit’ une mention spéciale de la Russie par Rome dans une telle
prière, comme si la Russie spécialement avait besoin d'une aide alors que le monde entier, y
compris l'Occident post-chrétien, fait face à de sérieux problèmes ...» Le même Cardinal-
conseiller ajoutait: «Gardons-nous d'avoir l'esprit trop au pied de la lettre.»
En d'autres termes, «Rome» — c'est à dire quelques membres du Vatican qui conseillent
le Pape — a décidé de ne pas honorer la requête spécifique de Notre-Dame de Fatima par
crainte d'offenser la Russie Orthodoxe. «Rome» ne souhaite pas donner l'impression que la
Russie soit convertie à la Foi Catholique par sa Consécration au Cœur Immaculé de Marie,
car ce serait tout à fait contraire au nouveau «dialogue œcuménique» lancé par Vatican II. La
consécration et la conversion de la Russie demandée par la Mère de Dieu serait aussi contraire
à l'accord diplomatique du Vatican (dans la Déclaration de Balamand en 1993) selon lequel le
retour des Orthodoxes à Rome est «une ecclésiologie périmée» — déclaration qui contredit
carrément — nous l'avons montré — le dogme catholique infailliblement défini affirmant que
les hérétiques et les schismatiques ne peuvent être sauvés hors de l'Eglise Catholique. Par
rapport à cette rupture éclatante avec l'enseignement Catholique, l'administrateur apostolique
du Vatican pour la Russie, l'Archevêque Tadeusz Kondrusiewicz, a déclaré publiquement en
janvier 1998: «Le Concile Vatican II a déclaré que l'Eglise Orthodoxe est notre Eglise Sœur et
possède les mêmes moyens de salut. Donc, il n'y a pas de raison d'avoir une politique de
prosélytisme3.»
Etant donné cet abandon de facto de l'enseignement constant de l'Eglise selon lequel les
hérétiques, les schismatiques, les Juifs et les païens doivent s'agréger au troupeau catholique
s'ils doivent être sauvés, une Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie pour
obtenir la conversion de la Russie serait, bien sûr, hors de propos — au moins dans la mesure
où sont concernés ceux qui font avancer la nouvelle orientation de l'Eglise.
Ainsi le 13 mai 1982 et de nouveau le 25 mars 1984, le Pape avait consacré le monde au
Cœur Immaculé, mais sans mention de la Russie. En aucun cas les évêques du monde
n'avaient participé. Donc aucune des deux conditions requises, attestées par Sœur Lucie toute
sa vie, n'avait été remplie. Le reconnaissant clairement, le Pape lui-même avait fait des
remarques révélatrices pendant et après la cérémonie de 1984. Pendant la cérémonie, devant
250 000 personnes sur la Place Saint-Pierre, il ajouta spontanément au texte préparé ce qui
suit: «Eclairez spécialement les peuples dont Vous attendez Vous-Même notre Consécration et
acte d'offrande»4. Des heures après la cérémonie, comme le rapporte le journal des évêques
Catholiques d'Italie Avvenire, le Saint-Père priait à l'intérieur de Saint-Pierre, devant 10 000
témoins, demandant à Notre-Dame de bénir «ces peuples pour qui Vous attendez Vous-Même
notre Acte de Consécration et d'offrande5.» Peu après cet acte de consécration, le Pape
expliqua à Monsigneur Paul Josef Cordes, vice-président du Conseil Pontifical pour des
Laïcs, pour quelle raison il n'avait pas accompli la Consécration de la Russie, parce qu'il
craignait «que ses paroles soient interprétées comme une provocation par les dirigeants
soviétiques6.»
115
L'Emergence de la «Ligne du Parti»
à propos de Fatima
Mais les fidèles tout simplement n'ont pas voulu abandonner la Consécration de la Russie
car il était évident que dans la période de 1984-2000, la Russie n'avait pas connu la
conversion religieuse que la Vierge avait promise comme fruit d'une consécration particulière
au Cœur Immaculé. Tout au contraire, malgré certains changements politiques, la condition
matérielle, morale et spirituelle de la Russie n'avait fait que se détériorer depuis la
«consécration» de 1984.
Que l'on examine ces preuves, qui ne fournissent qu'un aperçu de la gravité de la situation
de la Russie en l'année 2000 (et cela n'a fait qu'empirer depuis lors comme nous allons voir):
• L'homosexualité est déchaînée à Moscou et dans tout le pays. En fait, en avril 1993,
neuf ans après la «Consécration» de 1984, Boris Eltsin avait libéralisé l'homosexualité
qui est maintenant «légale» en Russie11.
116
• Les Russes regardent avec avidité une télévision «basée sur la réalité.» Pour les
spectacles les plus ignobles «basés sur la réalité», les caméras filment la vie
personnelle intime de «couples» russes, y compris leur activité sexuelle. En dépit des
grognements de désapprobation des vieux communistes parmi les durs, les spectateurs
russes «ne sont jamais rassasiés» de cette pornographie. L'émission «affiche un
auditoire de plus de 50 % et des milliers de Russes ont enduré des températures au
dessous de zéro et ont fait la queue plus d'une heure pour en avoir un coup d'œil par
une fenêtre de l'appartement. Des millions se sont inscrits sur internet qui a
fréquemment cédé sous le poids de la communication13.»
• Il y a seulement dix prêtres d'origine russe dans tout le pays — cinq en Sibérie et cinq
en Kazakhstan. Quatre-vingt-quinze pour cent des prêtres et des religieuses de Russie
sont d'origine étrangère. Selon l'opinion franche de l'Archevêque Bukovsky, l'Eglise
Catholique «est petite ... et sera toujours petite15.»
• Les Catholiques comprennent moins de un demi pour cent de la population russe et les
Musulmans russes surpassent les Catholiques en nombre par plus de 10 à 1. Selon un
reportage par Radio Europe Libre, en Russie le Catholicisme est considéré «comme
une sorte d'excentricité inexplicable — pourquoi un Russe devrait-il être
Catholique16?»
• Selon le Vatican, il y a 500 000 Catholiques en Russie et la plupart d'entre eux sont en
Sibérie où Staline a envoyé leurs grands-parents17.
Ce processus commença dès 1988, lorsque, selon Frère François: «Adressé aux autorités
de Fatima, à Sœur Lucie, et à divers ecclésiastiques dont l'abbé Messias Coelho et un prêtre
français (sans doute le Père Pierre Caillon) très dévoué à Notre-Dame, demandant de cesser
d'importuner le Saint-Père avec la Consécration de la Russie.» L'abbè Caillon, écrit: «Une
117
consigne arriva de Rome, obligeant tout un chacun à dire et à penser: “La Consécration est
faite. Le Pape ayant fait tout ce qu'il pouvait, le Ciel a daigné agréer son geste”18.» C'est vers
cette période, 1988-1989, que beaucoup d'œuvres de Fatima, après avoir soutenu que la
Consécration n'avait pas été faite, ont soudain fait marche arrière et déclaré que la
Consécration de 1984 accomplissait les désirs du Ciel. Malheureusement, même le Père
Caillon bientôt après changea son témoignage et se mit à dire que la Consécration de 1984
avait répondu aux exigences de la Vierge.
C'est ainsi qu'émergea la Ligne du Parti sur Fatima. Que voulons-nous dire, au juste, par
«la Ligne du Parti»? Vladimir Ilyich Lenin a dit une fois: «Le mensonge est sacré et la
duperie sera notre arme principale.» Rien de surprenant donc que la Pravda, au temps où
c'était l'organe officiel du Parti Communiste Soviétique, fût remplie de mensonges, même si
le mot russe Pravda signifie «vérité». Un journal dont le nom est «vérité» fut toujours rempli
de mensonges parce que Lénine disait «Le mensonge est sacré et la duperie sera notre arme
principale.»
Or, un menteur ne convaincra personne de ses mensonges s'il porte sur la poitrine une
grande affiche qui dit «Menteur!» Pas même un sot ne croirait un tel homme. Car pour qu'un
menteur fasse croire que ses mensonges sont la vérité, il faut redéfinir la vérité. C'est ce que
veut dire l'expression de Lénine: «Le mensonge est sacré …» Le mensonge devient la
«vérité» et on y adhère en esclave à la place de la vérité. Comme dit l'Ecriture prononçant la
malédiction au livre d'Isaïe, «Malheur à vous qui appelez bien le mal, et mal le bien, qui
mettez ténèbres au lieu de lumière, et lumière au lieu de ténèbres.» (Is. 5:20) Les ténèbres de
la fausseté reçoivent l'apparence de la lumière de la vérité, et c'est l'une des principales erreurs
de la Russie.
Mais cette ruse de transformer un mensonge en «vérité» n'a pas son origine en Russie ni
chez les Communistes; il a trouvé son origine dans le démon, qui est le Père du Mensonge.
Saint Paul parle du démon sous l'apparence de l'ange de lumière. Pour être plus précis, il se
réfère à l'Evangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ: «Cependant si nous, ou un ange du Ciel,
vous prêche un évangile hors de celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème.» (Gal.
1:8) C'est le démon apparaissant déguisé en ange de lumière, qui donne l'air de la vérité afin
de tromper au moyen du mensonge. Voilà d'où vient l'erreur! «Le mensonge est sacré» et «le
faux est la vérité.»
Le Père Paul Kramer relate une conversation qu'il a tenue avec le Général Daniel
Graham, général de l'Armée des Etats Unis. «Le Général Graham lui a dit qu'il s'était une fois
trouvé en Russie avec un fonctionnaire soviétique et que le fonctionnaire soviétique lui
demanda: “Ne voulez-vous pas la paix?” Et le Général répondit; “Non! Parce que je sais
comment vous définissez la paix. Je ne veux pas de ce genre de paix.” Tandis qu'ils
conversaient, ils passèrent en voiture près d'un immense panneau qui montrait des soldats
avec des fusils. Sur le tableau on lisait: “Pobieda kommunista eta mir.” C'est à dire (en
français) “La victoire Communiste, voilà la Paix”.»
118
Selon l'enseignement marxiste, l'Etat communiste engage la guerre pour faire la
révolution et utilise tous les moyens possibles de ruse — la guerre totale — afin de soumettre
le monde entier au Communisme. Et une fois que la guerre totale a été engagée et que le
Communisme est victorieux sur la planète entière, alors voilà la version communiste de la
«paix». Mais qu'est-ce que la paix en réalité? La meilleure définition est de Saint Augustin:
«La Paix est la tranquillité de l'ordre.» Quelle définition est exacte? Ce n'est pas une affaire
d'évaluation subjective. Saint Thomas d'Aquin explique: «ens et verum convertuntur», ce qui
est une manière scolastique de dire que la vérité est interchangeable avec la réalité. Ce qui est
objectivement réel est, pour cette raison même, objectivement vrai. En d'autres termes, la
vérité est ce qui est, tandis qu'un mensonge est ce qui n'est pas. Ce qui n'est pas ne peut être
vrai. Par conséquent, si l'on déclare par exemple que le blanc est noir, cette déclaration que le
blanc est noir est un mensonge — quel que soit l'autorité de celui qui le prétend.
Selon la doctrine marxiste cependant la vérité est ce qui fait avancer la révolution
communiste. Et qu'est ce qui fait avancer la révolution communiste? C'est tout ce qui a été
décidé comme tel par la Ligne du Parti. Ce que le Parti dicte comme vrai devient «la vérité»
même si, en réalité, c'est un mensonge. Donc si la Ligne du Parti est que le noir est blanc,
alors c'est ce que doivent croire tous les membres du Parti, simplement parce qu'il a été décidé
par le Parti que le noir est blanc.
Comme nous le verrons, tous les termes entre guillemets — «Consécration de la Russie»,
«paix» et «conversion» — ont été redéfinis au gré de la Ligne du Parti sur Fatima. En ce qui
concerne Fatima, on nous demande maintenant de croire l'équivalent de «noir est blanc», car
telle est la Ligne du Parti.
La Dictature du
Secrétaire d'Etat du Vatican
Or toute Ligne du Parti exige un dictateur, une tête du Parti, pour l'imposer. D'où au
Vatican la Ligne du Parti tient-elle exactement son origine? Les preuves sont accablantes: du
Secrétaire d'Etat du Vatican. Ici s'impose un bref arrière-plan.
Tout d'abord, dans l'ordre normal des choses — ce que Saint Augustin a appelé «la
tranquillité de l'Ordre» ou la paix — l'Eglise n'est pas une dictature. La dictature est une
institution barbare. Comme dit Euripide: «Chez les Barbares tous sont esclaves, sauf un.»
Notre-Seigneur a dit: «Les princes des gentils exercent leur autorité» sur leurs sujets. (Mat.
20:25) Il a dit à Ses Apôtres: «Pour vous il ne doit pas en être ainsi.» Cependant, la
tranquillité de l'ordre — la paix de l'Eglise — a été énormément troublée dans la période post-
conciliaire. Ce que nous voyons dans l'Eglise d'aujourd'hui, c'est que la hiérarchie de la Curie
Romaine (non le Pape, mais quelques uns de ses ministres du Vatican) exercent leur autorité
sur leurs sujets avec un despotisme oriental. Pour être plus précis, ils exercent leur autorité sur
119
certains sujets, qui encouragent la Ligne du Parti, tandis que l'Eglise en général souffre d'un
quasi-effondrement de la foi et de la discipline que méprisent ces mêmes potentats.
Comment en est-on arrivé là? Depuis la restructuration de la Curie Romaine, vers 1967,
par ordre du Pape Paul VI — qui fut en fait projetée et entreprise par le Cardinal Jean Villot
— les dirigeants des différents dicastères romains ont pu se comporter comme des dictateurs.
Avant le Concile Vatican II, la Curie Romaine était structurée comme une monarchie. Le
Pape était le Préfet du Saint-Office, tandis que le Cardinal chargé des affaires quotidiennes du
Saint-Office était le second. Les autres dicastères étaient de rang inférieur. Et tout en ayant
leur propre autorité et juridiction, toujours en accord avec le principe de subsidiarité20, ils
étaient subordonnés au Saint-Office et le Saint-Office était directement régi par le Pape. Cette
organisation était entièrement en relation avec la Divine Constitution de l'Eglise. Le Pape,
Vicaire de Jésus-Christ sur terre, était à la tête de la chaîne de commandement.
Dans le registre maçonnique requis par la loi italienne, on a bien trouvé le nom de Jean
Villot — le même Villot qui a supervisé la réorganisation de la Curie. Après la mort du
Cardinal Villot, dans sa bibliothèque privée, on a trouvé un message calligraphié du Grand
Maître de la Loge Maçonnique à Villot, louant Villot de maintenir les traditions
maçonniques22. Comme l'a dit un prêtre français vivant à Rome: «Dans un domaine au moins,
il était traditionnel.»
120
dicton maçonnique bien connu: «Nous détruirons l'Eglise par le moyen de la sainte
obéissance.» Comme nous l'avons montré dans un chapitre précédent, Monseigneur Graber de
Regensburg (Allemagne) a rassemblé d'autres témoignages de ce genre de la part des
luminaires maçonniques et la Formation Permanente de la Haute Vente elle-même déclarait
audacieusement «que le Clergé marche sous votre étendard, croyant toujours qu'il marche
sous la bannière des clefs apostoliques.» C'est-à-dire que l'exigence «d'obéissance» serait
utilisée de façon dictatoriale pour miner la véritable obéissance et la foi elle-même.
Le Secrétaire d'Etat
Cible le Message de Fatima
Ceci nous amène au rôle précis du Secrétaire d'Etat dans l'imposition de la Ligne du Parti
vis-à-vis de Fatima. Comme nous l'avons noté, ce processus impliquerait le Message de
Fatima en général et, en particulier, peut-être son principal défenseur dans l'Eglise, l'œuvre de
Fatima du Père Nicholas Gruner.
Dès 1989, le Secrétaire d'Etat de l'époque, le Cardinal Casaroli (le grand «propagandiste»
de l'Ostpolitik) avait communiqué à l'évêque du Père Gruner du moment, Son Excellence
Gerardo Pierro du diocèse d'Avellino (Italie) ce que l'évêque avait appelé «des signaux de
détresse» au sujet de l'œuvre de Fatima du Père Gruner. Le Père Gruner avait été ordonné en
1976 à Avellino pour une communauté franciscaine qui n'assurait pas la formation espérée.
Depuis 1978, avec la permission de l'évêque, il résidait au Canada, où il avait été placé à la
tête d'une petite œuvre de Fatima, devenue la plus vaste du monde dans son genre. Mais après
imposition, par ordre anonyme de 1988, de la Ligne du Parti par rapport à la «Consécration»
de 1984, le conflit était inévitable entre l'oeuvre du Père Gruner et le Secrétaire d'Etat — tout
comme le conflit entre l'orientation traditionnelle et la nouvelle orientation de l'Eglise après
Vatican II.
La technique de base pour essayer de se débarrasser du Père Gruner, avait été de monter
un faux scénario où, après avoir reçu l'ordre de trouver un autre évêque pour l'incardiner
ailleurs qu'à Avellino, le Père Gruner se verrait bloquer toute incardination partout ailleurs par
des torsions de bras sans précédent dans les coulisses, de sorte que le Père Gruner serait forcé
de «retourner» à Avellino et d'abandonner son œuvre. Après avoir bloqué l'incardination du
Père Gruner proposée successivement par trois évêques bienveillants, amis de Fatima, le
Vatican (en un processus complexe qui dépasse les visées de ce livre)24 avait finalement
baissé le ton: Le Père Gruner doit «retourner» à Avellino ou être «suspendu» pour
«désobéissance.» En résumé, le Père Gruner était sous menace de «suspension» pour ne pas
avoir accompli ce que ses accusateurs mêmes l'avaient systématiquement empêché de faire —
c'est à dire, trouver un autre évêque pour l'incardiner25.
Tandis que les différents appels canoniques du Père Gruner contre ces actions sans
précédent à son égard allaient leur chemin devant les tribunaux du Vatican, son œuvre de
Fatima continuait à prospérer. Vers l'an 2000, l'œuvre était devenue, surtout par son journal
121
The Fatima Crusader, la voix la plus forte et la plus persistante de l'Eglise, à la fois pour la
Consécration de la Russie et pour la révélation du Troisième Secret.
Et donc le Pape est allé à Fatima le 13 mai 2000 pour béatifier Jacinthe et François. La
présentation du Pape fut une sorte de démonstration vivante du conflit entre les deux visions
de l'Eglise dont nous avons discuté. Evoquant l'Eglise de toujours, le Pape donna un sermon
après les béatifications. Dans ce sermon furent soudain rappelées beaucoup de choses que
l'Eglise semblait avoir oubliées depuis ces quarante dernières années:
Selon le plan divin, «une femme revêtue du soleil» (Apoc.12:1) descendit du Ciel sur
cette terre, pour visiter les enfants privilégiés du Père. Elle leur parle d'une voix et d'un cœur
maternels: Elle leur demande de s'offrir en victimes de réparation, disant qu'Elle était prête à
les conduire sûrement à Dieu. ...
Plus tard, François, l'un des trois enfants privilégiés, s'écria: «Nous brûlions dans cette
lumière qui est Dieu et nous n'étions pas consumés. Comment est Dieu? Il est impossible de le
dire. En fait nous ne pourrons jamais le dire.» Dieu: Une lumière qui brûle sans se consumer.
Dieu: Moïse connut la même expérience quand il vit Dieu dans le Buisson Ardent. ...
«Un autre prodige apparut dans le Ciel; regardez! un grand dragon rouge» (Apoc.12:3).
Ces mots de la première lecture de la Messe nous font penser au grand combat entre le bien et
le mal, qui montre comment, l'homme, en mettant Dieu de côté, ne peut trouver le bonheur
mais finit par se détruire. ...
122
Le Message de Fatima est un appel à la conversion; avertissant l'humanité de n'avoir rien
à faire avec le «dragon» dont la «queue balayait le tiers des étoiles du Ciel, et les jetait sur la
terre.» (Apoc.12:4)
Le but final de l'homme est le Ciel, sa vraie demeure, où le Père Céleste attend chacun
avec Son amour miséricordieux. Dieu veut que nul ne soit perdu; c'est pourquoi il y a 2 000
ans, Il a envoyé Son Fils sur la terre, «pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus» (Lk.
19:10). ...
Dans Sa maternelle sollicitude, la Sainte Vierge est venue ici à Fatima pour demander
aux hommes et aux femmes «d'arrêter d'offenser Dieu, Notre-Seigneur qui est déjà trop
offensé.» C'est sa tristesse de Mère qui La pousse à parler; la destinée de Ses enfants est en
jeu. Pour cette raison, Elle demande aux petits bergers: «Priez, priez beaucoup et faites des
sacrifices pour les pécheurs; beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui
prie et fasse des sacrifices pour elles.» (c'est nous qui soulignons)
Le signe grandiose que saint Jean vit dans le ciel: une femme enveloppée de soleil (cf.
Apoc. 12, 1), la liturgie l'interprète, non sans fondement, comme se rapportant à la Très Sainte
Vierge Marie, Mère de tous les hommes par la grâce du Christ rédempteur...
Encore plus étonnant, dans son sermon le Pape Jean-Paul II avait explicitement lié le
Message de Fatima à l'Apocalypse, chapitre 12, verset 4 qui prophétise que «la queue du
dragon» balaiera un tiers des étoiles du Ciel et les jettera sur la terre. Comme le noterait plus
tard le Père Gruner: «Dans le langage de la Bible, les “étoiles du Ciel” sont celles qui sont
placées dans le Ciel pour illuminer la route afin que d'autres aillent au Ciel. Ce passage a été
classiquement interprété dans des commentaires catholiques pour signifier que un tiers du
clergé — c'est à dire Cardinaux, évêques, prêtres — manquent à leur état de consacrés et
travaillent en réalité pour le démon.» Par exemple, le Commentaire Haydock à la Bible
Douai-Rheims note que l'image du tiers des étoiles du Ciel a été interprétée comme référence
aux «évêques et personnages éminents qui tombent sous le poids de la persécution et qui ont
apostasié … Le démon est toujours prêt, dans la mesure où Dieu le permet, à faire la guerre
contre l'Eglise et les fidèles serviteurs de Dieu.»
123
Sous ce rapport, le Père Gruner, Gerry Matatics — spécialiste catholique de la Bible (et
ancien ministre presbytérien) — et d'autres ont cité le commentaire sur Apoc. 12:3-4 du Père
Herman B. Kramer, dans Le Livre de la Destinée. Cette œuvre fut publiée avec Imprimatur,
assez providentiellement en 1956, seulement six ans avant l'ouverture de Vatican II. Par
rapport au symbole du tiers des étoiles du Ciel, le Père Herman Kramer note: «C'est un tiers
du Clergé» et ce «“tiers” des étoiles suivra le dragon» — ce qui signifie un tiers du clergé qui
sont les «étoiles», les âmes consacrées dans l'Eglise27. C'est à dire, un tiers du clergé
Catholique sera au service du démon, travaillant à détruire l'Eglise de l'intérieur. Le
commentaire du Père Herman Kramer fait remarquer que le dragon rouge — signe du démon
qui pourrait aussi symboliser le Communisme parce que le rouge est la couleur emblématique
du Communisme — amène la grande détresse dans l'Eglise en la sapant de l'intérieur.
Mais rien de cela n'est mentionné dans ces parties du Message de Fatima révélées
jusqu'ici. Le Pape avait-il donc, par sa surprenante référence à l'Apocalypse 12:3-4
simplement donné au monde de jeter un coup d'œil dans le Troisième Secret? Révèlerait-il
maintenant le Secret dans son intégralité?
Mais hélas! c'est le fin du sermon. Ce n'est pas le Pape qui va commenter le Troisième
Secret. Aussi vite qu'il a commencé, le retour momentané du Pape à la vision de l'Eglise de
toujours est terminé et un exécutant principal de la nouvelle vision surgit à ses pieds. C'est le
Cardinal Angelo Sodano, le Secrétaire d'Etat du Vatican — le même Cardinal Sodano qui
avait essayé, sans y réussir, d'empêcher le Pape d'aller à Fatima pour béatifier Jacinthe et
François. Pour quelque raison étrange, c'est Sodano, et non le Pape, qui annoncera que le Pape
a décidé de révéler le Troisième Secret de Fatima:
A l'occasion solennelle de sa visite à Fatima, Sa Sainteté m'a chargé de vous faire une
annonce. Comme vous le savez, le but de sa visite à Fatima a été de béatifier les deux «petits
124
bergers.» Néanmoins il souhaite aussi, par son pèlerinage, renouveler un geste de gratitude
envers Notre-Dame pour Sa Protection au cours des années de son Pontificat. Cette protection
semble aussi liée à ce qu'on appelle la «troisième partie» du secret de Fatima.
Et puis ce qui avait semblé si étrange devint soudain tout à fait explicable. La tâche du
Cardinal Sodano serait de préparer les fidèles à accepter la notion que le Message de Fatima,
y compris le Troisième Secret, devait maintenant être considéré comme une chose du passé.
Le processus commencerait par «l'interprétation» du Troisième Secret selon le Cardinal:
Ce texte constitue une vision prophétique comparable à celles de l'Ecriture sainte, qui ne
décrivent pas de manière photographique les détails des événements à venir, mais qui
résument et condensent sur un même arrière-plan des faits qui se répartissent dans le temps en
une succession et une durée qui ne sont pas précisées. Par conséquent, la clé de lecture du
texte ne peut que revêtir un caractère symbolique. …
Selon l'interprétation des petits bergers, interprétation confirmée récemment par Sœur
Lucie, «l'Evêque vêtu de blanc» qui prie pour tous les fidèles est le Pape. Lui aussi, marchant
péniblement vers la Croix parmi les cadavres des personnes martyrisées (évêques, prêtres,
religieux, religieuses et nombreux laïcs), tombe à terre comme mort, sous les coups d'une
arme à feu. (c'est nous qui soulignons)
Comme l'apprendront bientôt les fidèles, c'est tout simplement un mensonge. «Un Evêque
vêtu de Blanc» dans la vision n'est pas «comme mort», mais est tué — comme le déclare
nettement le texte de la vision — selon la manière d'une exécution militaire, en même temps
que beaucoup d'évêques, de prêtres et de religieux, devant une ville à demi écroulée.
Après l'attentat du 13 mai 1981, il apparut clairement à Sa Sainteté qu'il y avait eu «une
main maternelle pour guider la trajectoire du projectile», permettant au «Pape agonisant» de
s'arrêter «au seuil de la mort.» ...
Les événements ultérieurs de 1989 ont conduit, en Union soviétique et dans de nombreux
Pays de l'Est, à la chute du régime communiste, qui se faisait le défenseur de l'athéisme. ...
Bien que les situations auxquelles fait référence la troisième partie du secret de Fatima
semblent désormais appartenir au passé, l'appel de la Vierge de Fatima à la conversion et à la
pénitence, lancé au début du vingtième siècle, demeure encore aujourd'hui d'une actualité
stimulante. (c'est nous qui soulignons)
Pour permettre aux fidèles de mieux recevoir le message de la Vierge de Fatima, le Pape
a confié à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi le soin de rendre publique la troisième
partie du secret, après en avoir préparé un commentaire approprié.
125
Mais pourquoi ce commentaire n'avait-il pas été prêt à temps pour la cérémonie du 13
mai? Après tout, la nouvelle de la révélation imminente du Troisième Secret circulait depuis
au moins mars 2000. Ce mois-là, Monseigneur Sérafim avait annoncé que le Pape lui avait
dit, au cours d'une visite à Rome, que le Pape «ferait quelque chose de spécial pour Fatima»30
quand il s'y rendrait pour la cérémonie de béatification en mai 2000.
Assez curieusement, le Pape avait bien recommandé à Monseigneur Sérafim de n'en rien
dire tant qu'il était à Rome, mais d'attendre d'être de retour à Fatima. Cependant l'affaire était
dans les intentions du Pape depuis novembre précédent, donc pourquoi le «commentaire»
n'avait-il pas été préparé au cours de la période novembre 1999-mai 2000? Certainement, un
tel commentaire aurait pu facilement être préparé pour ce moment-là.
On peut penser à deux solutions. Ou bien le Pape n'avait pas parlé au Cardinal Sodano de
son intention concernant la révélation du Troisième Secret — auquel cas le Pape n'a pas
confiance en Sodano — ou bien le Pape l'avait dit effectivement à Sodano, sur quoi Sodano
présuma qu'il pourrait d'une manière ou d'une autre empêcher cette révélation à la cérémonie
du 13 mai 2000. Ceci expliquerait que Sodano n'ait pas préparé de commentaire à l'avance : il
pensait que ce ne serait pas nécessaire parce qu'il pourrait empêcher toute révélation du
Troisième Secret. Mais le Pape avait pris les devants, et maintenant il fallait «gérer» le Secret
de telle manière que la question de Fatima soit suspendue.
Nous arrivons ainsi à la date fatidique du 26 juin 2000. A cette date, le Troisième Secret
est «dévoilé» à une conférence de presse du Vatican, ainsi qu'un commentaire préparé par le
Cardinal Ratzinger et Monseigneur Tarcisio Bertone, Secrétaire de la CDF, sous le titre Le
Message de Fatima (désigné dans la suite par TMF). Dans TMF, La Ligne du Parti sur Fatima
serait promulguée officiellement — sous le commandement direct du Cardinal Angelo
Sodano.
Tout d'abord, on a dit aux fidèles que le texte suivant d'une vision de Sœur Lucie dit tout
sur le Troisième Secret de Fatima:
Après les deux parties que j'ai déjà exposées, nous avons vu sur le côté gauche de Notre-
Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche; elle
scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde; mais elles
s'éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame en
direction de lui; l'Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d'une voix forte: Pénitence!
Pénitence! Pénitence! Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu: «Quelque chose
de semblable à la manière dont se voient les personnes dans un miroir quand elles passent
devant», un Evêque vêtu de Blanc, «nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père.»
Divers autres Evêques, Prêtres, religieux et religieuses monter sur une montagne escarpée, au
sommet de laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s'ils étaient en chêne-
liège avec leur écorce; avant d'y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en
ruine et, à moitié tremblant, d'un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour
les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin; parvenu au sommet de la montagne,
prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent
plusieurs coups aven une arme à feu et des flèches; et de la même manière moururent les uns
après les autres les Evêques, les Prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et
126
femmes de classes et de catégories sociales différentes. Sous les deux bras de la Croix, il y
avait deux Anges, chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le
sang des Martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s'approchaient de Dieu.
Le plus important: cette vision ambiguë, rédigée sur quatre feuilles de cahier, ne contenait
aucun mot de Notre-Dame. En particulier, elle ne contenait aucun complément à l'expression
célèbre prononcée par Notre-Dame en conclusion de la partie consignée du Message de
Fatima telle que fidèlement transcrite par Sœur Lucie dans ses Mémoires: «Au Portugal se
conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» Sœur Lucie avait ajouté cette expression, y
compris le «etc.» à son quatrième mémoire comme partie du texte intégral du Message. Cette
addition avait amené tout expert honorable de Fatima à conclure qu'elle signalait le début du
Troisième Secret non publié, et que le Troisième Secret se rapportait à une vaste crise
dogmatique de l'Eglise hors du Portugal. Il était clair que la Vierge avait autre chose à dire qui
n'était pas noté parce que Sœur Lucie avait reçu l'ordre de le garder secret — jusqu'en 1960,
comme nous l'avons vu.
Par une curieuse manœuvre, cependant, TMF avait évité toute discussion sur l'expression
révélatrice en prenant le texte du Message de Fatima dans le troisième mémoire où
l'expression n'apparaît pas. TMF le justifie comme suit: «En ce qui concerne la description des
deux premières parties du “secret,” déjà publiées par ailleurs et donc connues, on a choisi le
texte écrit de Sœur Lucie dans le troisième mémoire du 31 août 1941; dans le quatrième
mémoire du 8 décembre 1941, elle y a ajouté quelques annotations.» L'expression-clé
concernant la préservation du dogme au Portugal n'était pas une «annotation», mais une partie
intégrante des mots prononcés par Notre-Dame, après avoir dit; «Ne le dites à personne. Oui,
à François vous pouvez le dire.»
Autre domaine suspect: la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc» n'était pas du tout la
«lettre d'une seule page où Sœur Lucie a noté les mots qu'a confiés Notre-Dame en secret aux
trois bergers de la Cova da Iria» — comme l'avait présenté le Vatican lui-même dans la
127
déclaration de presse de 1960 déjà mentionnée. Le texte de la vision couvre quatre pages de
ce qui semble être du papier de cahier réglé.
Les douzaines de contradictions suscitées par ce texte incitant les Catholiques du monde
entier à douter de la révélation intégrale du Troisième Secret — seront abordées dans un
chapitre ultérieur. Pour le moment, nous considérons dans son ensemble le «commentaire» du
Message de Fatima par Ratzinger/Bertone dans TMF.
Avant d'entreprendre une tentative d'interprétation, dont les lignes essentielles peuvent
être trouvées dans la communication que le Cardinal Sodano a prononcée le 13 mai dernier …
C'est pour cela que le langage imaginatif de ces visions est un langage symbolique. Le
Cardinal Sodano dit à ce sujet …
Avant tout, nous devons affirmer avec le Cardinal Sodano: «Les situations auxquelles
fait référence la troisième partie du “secret” de Fatima semblent désormais appartenir au
passé.»
Et simplement, au cas où le lecteur n'aurait pas encore bien saisi, le but essentiel de TMF
reparaît une fois encore:
N'est-il pas curieux que l'interprétation du message vital de la Vierge de Fatima pour le
monde ait été remise non au Pape, ni même à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, (qui
imitait simplement l'opinion du Cardinal Sodano), mais au Secrétaire d'Etat du Vatican?
Quelle autorité possède le Cardinal Sodano pour imposer ses vues à l'Eglise? Aucune, bien
entendu. Mais le Cardinal Sodano s'était arrogé cette autorité en s'en tenant à l'influence
128
générale post-conciliaire du Secrétaire d'Etat du Vatican par rapport au statut du Pape de facto
quand il s'agit du gouvernement quotidien des affaires de l'Eglise.
Il serait opportun d'apporter ici un autre exemple très révélateur de cette usurpation
d'autorité par le Secrétaire d'Etat. Dans un article intitulé «Le Pape, la Messe et la Politique
des Bureaucrates du Vatican» (Magazine de La Messe Latine — Supplément d'Hiver, janvier
2002), le journaliste italien Alessandro Zangrando raconte un incident où le Secrétaire d'Etat a
bloqué la publication par l'Osservatore Romano de l'éloge du Pape sur la Messe Latine
traditionnelle. L'éloge avait été exprimé dans un Message papal à une réunion de la
Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements: «Dans le Missel Romain de
Saint Pie V, comme dans beaucoup de liturgies orientales, se trouvent de très belles prières où
les prêtres expriment le sentiment très profond d'humilité et de respect devant les Saints
Mystères, les prières révélant la Substance Même de chaque Liturgie.»
Zangrando a noté que si les Messages du Pape aux Congrégations Vaticanes sont
régulièrement publiés aussitôt leur émission, celui-ci ne le fut pas. Ce ne fut que après la
publication de l'éloge du Pape sur la Messe Traditionnelle par le journal civil Il Giornale que
le Secrétaire d'Etat du Vatican émit soudain (dans les 24 heures) par le Bureau de Presse du
Vatican, le texte du message du Saint-Père — plus d'un mois après le discours du Pape. Mais
jusqu'à ce jour, et contrairement à l'usage normal, le Message du Pape à la Congrégation n'a
pas été publié dans L'Osservatore Romano, le journal même du Pape. Zangrando a cité la
conclusion du célèbre «Vaticaniste» (spécialiste des affaires du Vatican) Andrea Tornielli:
«Le fait même que 24 heures après la publication de l'article [dans Il Giornale], le Secrétariat
d'Etat du Vatican ait rendu public le texte de la lettre du Saint-Père, prouve qu'avait été faite
une véritable tentative de “censurer” les paroles du Pape … L'opération a eu un retour de
flammes aux effets imprévus» — c'est à dire, la louange du Pape sur la Messe traditionnelle a
fini par obtenir plus vaste publicité par la presse civile.
Nous voyons par là comment un autre élément clé de la nouvelle orientation de l'Eglise
— l'abandon de Sa liturgie Latine tradionnelle — fut appliqué par le Secrétaire d'Etat, qui
essaya de censurer l'éloge du Pape sur la Messe traditionnelle. Qui sait combien d'autres
paroles du Pape ont été censurées — avec succès — par le Secrétariat d'Etat du Vatican? Cet
incident est seulement typique du fonctionnement actuel du gouvernement de l'Eglise, étant
donné surtout le déclin de santé physique du Pape.
De retour au «commentaire» avec ces faits à l'esprit, on peut voir que la conférence de
presse du 26 juin 2000 avait un seul but prédominant: exécuter l'ordre du Cardinal Sodano
concernant l'interprétation «correcte» du Message de Fatima. Au moment où les journalistes
quittaient cette salle, le Message de Fatima — tout entier — devait être enterré. Et une fois
enterré, le Message ne gênerait plus le Cardinal Sodano et ses collaborateurs dans leur
poursuite sans relâche de la nouvelle orientation post-Fatima de l'Eglise qui comporte (comme
nous le verrons) les affaires importantes de l'Eglise, telles que porter aux nues les pareils à
Mikhail Gorbachev, dîner et trinquer avec eux au Vatican, faire présenter par le Pape des
excuses à la Chine Rouge, faire pression sur les Catholiques de Roumanie pour qu'ils cèdent à
l'Eglise Orthodoxe les droits de l'Eglise Catholique locale aux propriétés volées par Joseph
Staline, soutenir et même financer une Cour Criminelle Internationale sans Dieu et
irresponsable sous les auspices des Nations Unies qui pourraient juger des Catholiques de
129
n'importe quelle nation pour «crimes contre l'humanité» non spécifiés et autres «triomphes»
du même genre de la diplomatie Vaticane.
En d'autres termes, toute dernière résistance dans l'Eglise doit être ramenée à la nouvelle
manière vaticane de penser et de parler au monde, ce qui ne cadre pas bien avec la prophétie
de Notre-Dame de Fatima sur le triomphe de Son Cœur Immaculé, la diffusion de la dévotion
à Son Cœur Immaculé et la conversion résultant de la Russie qui doit en résulter par
l'intervention du Cœur Immaculé. Ce genre de propos tout simplement ne sera plus de mise,
même s'il vient assurément de la Mère de Dieu. Donc la tâche précise confiée au Cardinal
Ratzinger et à Monseigneur Bertone le 26 juin fut de trouver un moyen pour détacher une fois
pour toutes les fidèles des aspects explicitement catholiques du Message de Fatima qui nous
rappellent tous trop clairement l'Eglise «triomphaliste» de «l'obscurantisme pré-conciliaire»
comme le ferait remarquer le Los Angeles Times dans son en-tête du 27 juin 2000: «L'Eglise
Catholique Dévoile le Troisième Secret: Le Premier Théologien du Vatican Déboulonne en
Douce le Récit d'une Religieuse sur Sa Vision de 1917 Qui Alimentait des Décennies de
Spéculation.» La tentative était si patente que même un journal laïc ne pouvait s'empêcher de
le remarquer. Fournissons la preuve de ce crime contre la Vierge de Fatima et les Saints
voyants que Dieu a choisis pour recevoir Son message.
Je voudrais enfin reprendre encore une autre parole-clé du «secret» devenue célèbre à
juste titre: «Mon Cœur immaculé triomphera». Qu'est-ce que cela signifie? Le Cœur ouvert à
Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute
sorte. Le fiat de Marie, la parole de son cœur, a changé l'histoire du monde, parce qu'elle a
introduit le Sauveur dans le monde — car, grâce à son «oui», Dieu pouvait devenir homme
dans notre monde et désormais demeurer ainsi pour toujours.
Ainsi, «A la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera» — après la suppression opportune des
trois premiers mots — doit être compris comme suit: «Il y a 2 000 ans, Mon Cœur Immaculé
a triomphé.» La prophétie de Notre-Dame sur ce qui arrivera à la fin est indiscutablement
falsifiée en une simple ratification de ce qui s'était déjà passé il y a vingt siècles au
commencement de l'histoire chrétienne. Quatre événements futurs — le triomphe du Cœur
Immaculé, la Consécration de la Russie, la conversion de la Russie, et la période de paix qui
en résultera pour le monde — sont convertis avec ruse en un seul événement d'il y a 2 000
ans!
Cette manipulation d'un message que Dieu Lui-Même a envoyé à la terre par Sa Sainte
Mère devrait faire se lever chacun des fidèles pour réclamer justice au Nom du Ciel. Mais le
massacre du Message de Fatima par le Cardinal Ratzinger ne s'arrête pas là; il est même bien
pire que cela. Par rapport à l'appel de Notre-Dame pour établir la dévotion à Son Cœur
Immaculé à travers le monde comme «Dieu le souhaite», le Cardinal Ratzinger a offert cette
plaisanterie:
130
Le «cœur immaculé» est, selon Mt. 5:8, un cœur qui, à partir de Dieu, est parvenu à une
parfaite unité intérieure et donc «voit Dieu.» La «dévotion» au Cœur immaculé de Marie est
donc une façon de s'approcher du comportement de ce cœur, dans lequel le fiat — que ta
volonté soit faite — devient le centre qui informe toute l'existence.
A remarquer tout d'abord les guillemets que place le Cardinal Ratzinger pour consacré et
cœur immaculé qu'il dépouille de sa majuscule I — signe certain que ces mots vont acquérir
une nouvelle signification.
Ainsi, «Dieu souhaite établir dans le monde la dévotion à Mon Cœur Immaculé» doit
s'entendre maintenant: «Dieu souhaite que tout le monde fasse Sa volonté.» En fait, toute
personne dont le cœur est ouvert à la volonté de Dieu acquiert un «cœur immaculé» pour lui-
même. Donc la dévotion au Cœur Immaculé de Marie signifie ouvrir son propre cœur à Dieu,
non pas répandre la dévotion à Son Cœur afin de rendre le monde catholique (spécialement la
Russie). Immaculé avec une majuscule I, devient immaculé avec une minuscule i et Son Cœur
devient le cœur de chacun, au moins en puissance. Comme dirait un magicien: «Presto,
change-o!»
Il n'y a, bien sûr, qu'un seul mot pour qualifier le rabaissement du seul et unique Cœur
Immaculé — conçu sans le Péché Originel et coupable d'aucun péché personnel quel qu'il soit
— au niveau du cœur de toute personne qui se détourne de ses péchés et trouve l'unité
intérieure avec Dieu. Ce mot, c'est blasphème. On reparlera, dans le chapitre prochain, de cet
outrage particulier.
La conversion de la Russie fut un peu plus difficile à faire disparaître. On ne peut pas
trouver beaucoup à dire pour rendre obscure la déclaration très claire de la Mère de Dieu: «Le
Saint-Père Me consacrera la Russie qui sera convertie.» Mais, comme nous l'avons
abondamment démontré, la conversion de la Russie n'est plus acceptable pour le personnel du
Vatican. La solution à ce problème fut simplement d'éviter toute discussion sur le sujet dans
TMF, même si les mots de Notre-Dame sont cités sans commentaire. La conversion de la
Russie? Quelle conversion?
Le comble de l'insulte de la part du Cardinal Ratzinger fut de citer, dans TMF une seule
«autorité» sur Fatima: le Théologien flamand Edouard Dhanis, S.J., qualifié par le Cardinal
Ratzinger d'«éminent connaisseur» de Fatima. Bien entendu, le Cardinal Ratzinger sait que
Dhanis, Jésuite moderniste, a fait une véritable carrière en jetant le doute sur les Apparitions
de Fatima. Dhanis a avancé que tout dans le Secret de Fatima, en dehors d'un appel à la prière
et à la pénitence, fut monté dans l'esprit des trois enfants à partir de choses qu'ils avaient vues
et entendues dans leur propre vie. Dhanis classa donc comme «Fatima II» toutes ces choses
que rejetait arbitrairement comme montages «l'éminent connaisseur» — sans jamais avoir une
seule fois rencontré Sœur Lucie ni étudié les archives officielles de Fatima.
Comme Dhanis l'a dit: «Tout compte fait, il n'est pas facile de préciser le crédit qu'il y a
lieu d'accorder aux rapports de Sœur Lucie. Sans mettre en doute sa sincérité, non plus que le
jugement sain dont elle fait preuve dans la vie quotidienne, on peut juger prudent de ne
s'appuyer qu'avec circonspection sur ses écrits.» … «Remarquons aussi qu'une personne peut
être sincère et faire preuve d'un jugement sain dans la vie quotidienne, mais avoir un
propension à la fabulation inconsciente dans un certain secteur ou, en tout cas, rapporter avec
des enrichissements et des modifications appréciables des souvenirs vieux de vingt ans31.»
131
Dhanis, qui refusa d'examiner les archives officielles de Fatima, jetait le doute sur tout
aspect du Message de Fatima qui ne concordait pas avec ses penchants néo-Modernistes: la
prière enseignée par l'Ange, il la disait «peu exacte», la vision de l'Enfer, il la taxait de
«représentation exagérément médiévale», la prophétie d'une «nuit éclairée par une lumière
inconnue» annonçant l'approche de la Seconde Guerre Mondiale, il la présentait comme
«domaine suspect.» Et quant à la Consécration de la Russie, Dhanis déclarait tout platement
que «la Russie ne pouvait être consacrée par le Pape, sans que cet acte prît une allure de défi,
tant à l'égard de la hiérarchie séparée, qu'à l'égard de l'Union des Républiques Soviétiques.
Ceci rendrait la Consécration pratiquement irréalisable ...» Dhanis déclarait donc que la
Consécration de la Russie serait «moralement impossible en raison des réactions qu'elle devait
normalement susciter32.»
Telle est précisément la ligne adoptée par le Cardinal Sodano et ses fonctionnaires du
Vatican: il était absolument impossible que la Mère de Dieu ait fait une requête aussi gênante
diplomatiquement qu'une consécration publique de la Russie: et donc il nous faut, une fois
pour toutes, nous débarrasser de cette questions embarrassante. Et c'est cette ligne, la Ligne
du Parti, que confirme le Cardinal Ratzinger dans son «commentaire» en qualifiant Dhanis
«d'éminent connaisseur» de Fatima. Le Cardinal Ratzinger, suivant la Ligne du Parti, suggère
que le Troisième Secret se compose «des images que Sœur Lucie peut avoir vues dans des
livres de piété et dont le contenu provient d'anciennes intuitions de foi.» En d'autres termes,
qui peut dire vraiment quelles parties du Troisième Secret sont authentiques et lesquelles sont
des souvenirs purement personnels ou des «intuitions»? Et si cela était du Troisième Secret,
ce serait aussi vrai du reste du Message de Fatima.
132
Bertone et Dhanis: «Ce qui reste, nous l'avons vu dès le début de notre réflexion sur le texte
du “secret”: l'exhortation à la prière comme chemin pour le “salut des âmes” (sic) et, dans le
même sens, l'appel à la pénitence et à la conversion.» Le 26 juin 2000, le Message de Fatima
devint l'Eau de Rose de Fatima: une prescription délavée pour piété personnelle sans aucun
rapport spécifique avec le futur.
Est-ce pour cela que la Mère de Dieu est venue sur la terre et a fait descendre le Miracle
du Soleil? Il est intéressant de noter que même en présentant cette version minimaliste du
Message, le Cardinal Ratzinger n'a pas pu écrire sur le salut des âmes sans mettre ces mots
entre guillemets avec les mêmes signes de ponctuation dédaigneux qu'il a utilisés pour se tenir
à distance des mots dévotion, triomphe et immaculé dans son commentaire. Il semble même
que Eau de Rose de Fatima n'est pas assez léger dans son contenu catholique pour les palais
œcuméniques des ecclésiastiques modernes.
La Ligne du Parti
sur la Consécration de la Russie
Nous avons mentionné le rôle de l'Archevêque Bertone dans TMF. Ses principales
contributions à la farce furent au nombre de deux:
D'abord, Bertone a donné «l'ordre» (contraignant pour personne, bien sûr) que les fidèles
doivent cesser de demander la Consécration de la Russie: Donc, «toute discussion, toute
nouvelle pétition [de la Consécration] est sans fondement.»
Pour soutenir cette revendication, Bertone a cité rigoureusement une seule pièce à
conviction «la lettre du 8 novembre 1989» de «Sœur Lucie», à Monsieur Noelker,
manifestement truquée, que nous avons déjà mentionnée. La même lettre où «Sœur Lucie»
écrit à propos d'une consécration du monde par le Pape Paul VI à Fatima dont elle n'a jamais
été témoin puisqu'elle n'a jamais eu lieu. Fait assez frappant: Bertone omet d'identifier le
destinataire de la lettre. Et il ne fournit au monde aucune copie à examiner, de peur qu'on
remarque la fatale bévue concernant la non-existence de «la consécration du monde» par le
Pape Paul VI. Fait plus frappant encore: TMF ne contient absolument aucun témoignage
direct de Sœur Lucie elle-même sur la Consécration, bien que Bertone lui-même l'ait
rencontrée, à propos du Troisième Secret, seulement deux mois plus tôt, et qu'elle fût
entièrement à la disposition du Cardinal Ratzinger et de tout le Vatican pendant la cérémonie
de béatification en mai.
133
fin du livre, Monsieur Walsh a posé ses questions explicites sur la procédure correcte pour la
Consécration Collégiale:
Finalement, nous en sommes venus au sujet important du second secret de juillet, dont on
a publié tant de versions différentes et contradictoires. Lucie a dit clairement que Notre-Dame
n'a pas demandé la Consécration du monde à Son Cœur Immaculé. Ce qu'Elle a demandé
spécialement, c'était la Consécration de la Russie. Elle n'a pas commenté, bien sûr, le fait que
le Pape Pie XII ait consacré le monde, et non la Russie, au Cœur Immaculé en 1942. Mais elle
a répété plusieurs fois et avec une insistance délibérée: «Ce que veut Notre-Dame, c'est que le
Pape et tous les évêques du monde consacrent la Russie à Son Cœur Immaculé le même jour
spécial. Si cela se fait, Elle convertira la Russie et il y aura la paix. Si cela ne se fait pas, les
erreurs de la Russie se répandront sur tous les pays du monde33.»
Sœur Lucie est claire et sans détours. La consécration collégiale requise par le Ciel est la
Consécration de la Russie, et non du monde, qui doit être faite par le Pape en union avec les
évêques du monde le même jour.
Puis, il y a la révélation peu connue de Notre-Dame à Sœur Lucie au début des années
1950, qui est rapportée dans Il Pellegrinaggio Della Meraviglie, publié sous les auspices de
l'Episcopat italien. La Vierge Marie est apparue à Sœur Lucie en mai 1952 et a dit; «Fais
savoir au Saint-Père que j'attends toujours la Consécration de la Russie à Mon Cœur
Immaculé. Sans cette consécration, la Russie ne pourra se convertir, ni le monde avoir la
paix34.»
Donc, 10 ans après la Consécration du monde par le Pape Pie XII en 1942, nous avons le
rapport de Notre-Dame rappelant à Sœur Lucie que la Russie ne sera convertie et il n'y aura la
paix, que si la Russie est nommément consacrée.
Trente ans plus tard, en 1982, le témoignage de Sœur Lucie demeure inchangé. Le 12 mai
1982, la veille de l'essai de consécration de 1982, le propre journal du Vatican, L'Osservatore
Romano, a publié une entrevue de Sœur Lucie avec le Père Umberto Maria Pasquale, prêtre
salésien, au cours de laquelle elle a dit au Père Umberto que Notre-Dame n'avait jamais requis
la Consécration du monde, mais seulement la Consécration de la Russie:
A un certain moment, je lui ai dit: «Sœur, j'aimerais vous poser une question. Si vous ne
pouvez me répondre, soit! Mais si vous pouvez répondre, je vous en serais très reconnaissant
... Notre-Dame vous a-t-elle jamais parlé de la Consécration du monde à Son Cœur
Immaculé?»
«Non, Père Umberto! Jamais! A la Cova da Iria en 1917 Notre-Dame avait promis: “Je
reviendrai demander la Consécration de la Russie …” En 1929, à Tuy, comme Elle l'avait
promis, Notre-Dame est revenue me dire que le moment était venu de demander au Saint-Père
la Consécration de ce pays-là (la Russie).»
Ce témoignage fût confirmé par Sœur Lucie dans une lettre calligraphiée au Père
Umberto, que le prêtre a également publiée (voir reproduction photographique suivante).
Voici une traduction de cette lettre:
134
Révérend Père Umberto, en réponse à votre question, je veux préciser: Notre-Dame de
Fatima dans Sa requête, a cité seulement la Consécration de la Russie. ... Coimbra 13 IV -
1980 — (Signée) Sœur Lucie
Dans l'acte d'offrande du 13 mai 1982, la Russie n'est pas apparue nettement comme étant
l'objet de la consécration. Et chaque évêque n'a pas organisé dans son diocèse une cérémonie
publique et solennelle de réparation et de consécration de la Russie. Le Pape Jean-Paul II a
simplement renouvelé la consécration du monde fait par Pie XII le 31 octobre 1942. De cette
consécration de monde, on peut espérer certains bienfaits, mais non pas la conversion de la
Russie35.
Elle concluait: «La Consécration de la Russie n'a pas été faite comme Notre-Dame l'avait
exigée. Je n'ai pas pu le dire, parce que je n'avais pas la permission du Saint Siège36.»
Telle était aussi la conviction de Père Antonio Maria Martins38, et du Père Messias
Coelho qui, à la veille du 25 mars 1984, avait annoncé dans Mensagem de Fatima, dont il est
éditeur-rédacteur, «Consécration de la Russie: Ce ne sera pas encore cette fois-ci.» Il expliqua
plus loin: «Il est sûr que le plus contient le moins. Apparemment donc la Consécration du
monde donnera peut-être l'impression de pouvoir se substituer à celle de la Russie.
Cependant, le problème ne peut être résolu en termes logiques, ni même à la lumière d'une
théologie systématique39.»
135
Ces théologiens basaient leurs déclarations non seulement sur le fait patent qu'une
Consécration de la Russie nécessite la mention du mot «Russie», mais aussi sur le témoignage
de Lucie elle-même.
Le jeudi 22 mars 1984, deux jours avant l'acte d'offrande, le Carmel de Coimbra célébrait
le soixante-dix-septième anniversaire de Sœur Lucie. Elle reçut ce jour-là, selon sa coutume,
sa vieille amie Madame Eugénia Pestana. Après avoir présenté de bons vœux à son amie
carmélite, Madame Pestana demanda ensuite: «Alors, Lucie, dimanche, c'est la
consécration?» Sœur Lucie qui avait déjà reçu et lu le texte de la formule de consécration du
Pape fit un signe négatif et déclara: «Cette consécration ne peut avoir un caractère décisif40.»
... nous devrions affirmer que Lucie a toujours pensé que la “conversion” de la Russie ne
doit pas se limiter au retour du peuple russe aux religions chrétiennes orthodoxes, en rejetant
l'athéisme marxiste des Soviets, mais que plutôt cela signifie purement, franchement et
simplement la conversion de la Russie à la seule véritable Eglise du Christ, l'Eglise
Catholique41.
Dans une entrevue en 1985 avec Sol de Fatima, on interrogea Sœur Lucie pour savoir si
le Pape avait accompli la requête de Notre-Dame en consacrant le monde en 1984. Sœur
Lucie répliqua: «Il n'y a pas eu de participation de tous les évêques et il n'y a pas eu mention
de la Russie.» Puis on lui demanda: «Donc la Consécration n'a pas été faite comme l'a
requise Notre-Dame?» à quoi elle a répondu: «Non, beaucoup d'évêques n'ont attaché aucune
importance à cet acte42.»
Même le Père René Laurentin, camarade des progressistes, a reconnu en 1986 que «Sœur
Lucie est restée insatisfaite43 ... Lucie semble penser que la Consécration “n'a pas encore été
faite” comme le voulait la Vierge44.»
Puis le 20 juillet 1987, Sœur Lucie eut une rapide entrevue hors de son couvent au cours
d'un vote. Elle a dit alors au journaliste Enrique Romero que la Consécration de la Russie n'a
pas été faite selon la demande45.
On pourrait citer d'autres affirmations de Sœur Lucie sur le fait que la Consécration de
1984 n'a pas accompli les conditions du Ciel46, mais la question est réglée: Monseigneur
Bertone et le Cardinal Ratzinger, suivant la Ligne du Parti de Sodano, se sont appuyés
entièrement sur une seule lettre, manifestement fausse, pour triompher de plus de cinquante
ans de témoignage invariable de la part de Sœur Lucie sur les exigences du Ciel pour une
consécration valide de la Russie. Ils n'avaient pas osé interroger Sœur Lucie eux-mêmes sur la
question ou, s'ils avaient osé, elle n'avait pas fourni des réponses en rapport avec la Ligne du
Parti47.
136
La Ligne du Parti sur Fatima et la Paix Mondiale
Ceci nous amène à la seconde contribution de Monseigneur Bertone à la farce. Elle s'est
présentée sous la forme de cette déclaration:
Il est difficile de trouver des mots pour exprimer le caractère injurieux de cette
déclaration. La Ligne du Parti de Sodano y expose sérieusement que toute une ère d'avidité
humaine de pouvoir et de mal est parvenue à sa fin avec la «révélation» vaticane de la vision
ambiguë d'«un Evêque vêtu de Blanc.» Auquel cas, pourquoi le Vatican a-t-il attendu
quarante ans pour apporter au monde la paix, alors qu'il suffisait, selon Monseigneur Bertone,
de monter une conférence de presse en 1960 pour publier cette vision?
Le Cardinal Sodano a compris évidemment son obligation de fournir aux fidèles quelque
sorte de feinte pour tenir lieu du triomphe du Cœur Immaculé, qui ne s'était jamais concrétisé
à la suite de la «Consécration de la Russie» en 1984. La conférence de presse du 26 juin 2000
fut alors présentée comme le point culminant du Message de Fatima!
Et si nous ne constatons pas encore la réalisation totale de la fin de cette prophétie, nous
voyons que nous nous y acheminons peu à peu à grands pas48. Si nous ne renonçons pas au
chemin de péché, de haine, de vengeance qui viole les droits de la personne humaine,
d'immoralité et de violence, etc.
Et ne disons pas que c'est Dieu qui ainsi nous punit; au contraire, ce sont les hommes qui
préparent eux-mêmes leur châtiment.
Il est très curieux également que la même lettre de Sœur Lucie (que Ratzinger et Bertone
nous disent avoir été adressée au Pape Jean-Paul II) contient l'expression: «La troisième partie
du Secret que vous êtes si avide de connaître (que tanto ansiais por conhecer).» Pourquoi le
Pape serait-il «si avide de connaître» la troisième partie du Secret s'il avait déjà le texte en sa
possession au Vatican, où il réside depuis 1957? Pourquoi Sa Sainteté serait-elle «si avide de
connaître» ce qu'elle avait déjà lu en 1981 (selon la déclaration Bertone/Ratzinger), ou dès
1978, comme l'a dit à la presse portugaise le porte-parole du Pape Joaquin Navarro-Valls?
137
Il est grandement suspect que l'expression «que vous êtes si avide de connaître» soit
supprimée dans toute la traduction vaticane de la lettre originale portugaise dans les versions
en différentes langues du commentaire Cardinal Ratzinger/Bertone. Même la version en
langue portugaise de TMF omet l'expression «que vous êtes si avide de connaître» dans la
reproduction portugaise à la machine de la lettre originale. Il est clair que le personnel du
Vatican voulait éviter une tempête de questions pour savoir comment le Pape pouvait être
avide de savoir quelque chose qu'il savait déjà. Mais au moment où les journalistes pouvaient
comparer leurs traductions avec la lettre portugaise originale, la conférence de presse était
finie et on ne pouvait poser de questions supplémentaires.
On peut tirer deux conclusions: ou bien la lettre n'a pas vraiment été écrite au Pape, ou
bien il y avait quelque chose de joint au Secret que le Pape ne savait pas vraiment à la date du
12 mai 1982, date de la lettre prétendue de Sœur Lucie. Comme dit le célèbre aphorisme de
Walter Scott: «Oh! quelle toile enchevêtrée nous tissons, quand nous nous mettons à pratiquer
le mensonge49.» Le premier mensonge — Fatima appartient au passé — mène à une toile
enchevêtrée d'autres mensonges afin d'occulter le premier.
Pour engager cette persécution, la Congrégation Vaticane pour le Clergé avait envoyé au
Père Gruner, seulement quelques jours avant la conférence de presse du 26 juin, une lettre
contenant la menace ahurissante qu'il serait excommunié de l'Eglise Catholique. Cette lettre
fut suivie d'un communiqué aux évêques des Philippines (où l'œuvre du Père Gruner est
vigoureusement soutenue), avisant que le Père Gruner serait excommunié si (entre autres
exigences) «il ne se réconciliait avec les autorités de l'Eglise» — c'est à dire ne retournait au
Diocèse d'Avellino, ne fermait son œuvre et ne s'inclinait devant la Ligne du Parti à propos de
Fatima. Pour sa part, l'évêque d'Avellino n'avait jamais eu besoin des services du Père Gruner,
ne l'avait jamais soutenu financièrement depuis 1978, n'avait jamais pris aucune mesure pour
lui assurer un visa d'immigration adapté pour le «retour» à Avellino. L'évêque d'Avellino
n'était rien qu'un pion sur l'échiquier du Secrétaire d'Etat. (Nous aurons plus à dire dans les
chapitres ultérieurs sur ce travestissement.)
Dans ses réflexions sur le Père Gruner à la fin de la conférence de presse du 26 juin, le
Cardinal Ratzinger avait aussi remarqué que le Père Gruner souffrait sans doute d'angoscia —
terme italien pour désigner l'extrême angoisse mentale. Le Cardinal Ratzinger, de toute
évidence, était au courant de la menace d'excommunication qui provoquerait en vérité
angoscia en tout prêtre fidèle qui aime l'Eglise. Mais l'état du Père Gruner n'est
qu'emblématique de l'état de l'Eglise dans son ensemble à l'époque post-conciliaire: un prêtre
138
qui n'a commis aucun délit contre la foi et les mœurs est menacé personnellement
d'excommunication par la tête même de la Congrégation pour le Clergé, alors que dans toute
l'Eglise, des prédateurs en col romain tourmentent les enfants de chœur et répandent l'hérésie,
tandis que les évêques les déplacent et cachent leurs activités et les protègent de tout
châtiment et que la Congrégation pour le Clergé ne fait rien.
Qu'est-ce qui va expliquer cette outrageante disparité de justice? Une seule explication
logique, nous semble-t-il, basée sur ce que nous avons montré jusqu'ici: dans l'Eglise
Catholique de l'Adaptation post-conciliaire: le seul délit impardonnable, tout comme dans la
Russie stalinienne, c'est de résister à la Ligne du Parti. Et le Père Gruner avait résisté à la
Ligne du Parti à propos de Fatima.
Fatima ayant été «déboulonné en douce» (pour citer le Los Angeles Times) par le Cardinal
Ratzinger et Monseigneur Bertone le 26 juin, le personnel du Vatican, à la suite du Cardinal
Sodano, est descendu à ce qu'il considère comme l'affaire sérieuse de l'Eglise. Le lendemain
même Mikhail Gorbachev siégeait comme hôte d'honneur entre les Cardinaux Sodano et
Silvestrini à une «conférence de presse» du Vatican. Quel était le but de cette conférence de
presse? Elle était rassemblée pour célébrer l'un des éléments-clés de la nouvelle orientation de
l'Eglise: l'Ostpolitik, la politique de «dialogue» et de compromis avec les régimes
communistes (dont la Chine Rouge) qui persécutent l'Eglise. L'occasion immédiate de la
conférence de presse était la publication posthume des mémoires du Cardinal Casaroli, grand
propagandiste de l'Ostpolitik, et prédécesseur du Cardinal Sodano dans la mise en vigueur de
la Ligne du Parti par le Secrétaire d'Etat51.
Selon la vraie méthode stalinienne, aucune question de la part de la presse ne fut autorisée
à cette curieuse «conférence de presse» — une conférence de presse sans aucune question de
la part de la presse! Le Vatican voulait évidemment être sûr que personne ne résiste à la Ligne
du Parti avec des questions sur Fatima ou sur les raisons du Vatican pour honorer des hommes
comme Mikhail Gorbachev, qui se reconnaît encore léniniste et dont les fondations non-
imposables favorisent l'usage de l'avortement et de la contraception pour éliminer quatre
milliards de personnes de la population mondiale52. Et sans mentionner encore la défense
publique de ce personnage abreuvé de sang lors de l'invasion soviétique en Afghanistan quand
il était encore à la tête du Parti Communiste Soviétique — campagne génocide qui comportait
la pose de bombes déguisées en jouets pour faire sauter les membres et les têtes des enfants
afghans53.
139
Gorbachev, à la tête de la culture de mort, fut encore honoré par le Vatican de nouveau le
4 novembre 2000 où il fit un discours au Pape et autres prélats, lors du «Jubilé des
Politiciens» — un dîner de gala pour environ 5 000 chefs d'Etat du monde, gouvernants de
Républiques civiles sans Dieu. Les photographes ont saisi le Pape en train d'écouter très
attentivement un discours prononcé par ce promoteur-clé de l'holocauste de l'avortement54. Ce
mélange grotesque d'un Jubilé — tradition spirituelle dans l'Eglise, héritée d'une coutume de
l'Ancien Testament — avec des discours sur des affaires civiles par des politiciens pro-
avortement, c'est seulement typique de la nouvelle orientation qui cherche constamment à
fondre l'Eglise avec le monde dans la grande Adaptation du Catholicisme Romain à la
«civilisation moderne».
Vladimir Lénine, le mauvais génie de la Révolution Communiste de Russie en 1917, sans qui, selon
l'accord des historiens, la Révolution Russe n'aurait pas réussi. Selon lui-même, deux principes
fondamentaux pour établir et répandre la révolution mondiale communiste: le principe du terrorisme
(stratégiquement utilisé) ainsi que le principe que «le mensonge est sacré.» En d'autres termes, Lénine a
enseigné: si le mensonge favorise la Révolution Communiste, en toute circonstance où se trouve un agent
(ou des agents) communiste(s), alors, selon Lénine, mentir est un devoir sacré pour lui (pour eux). Mais
parce que le mensonge peut être découvert, si le premier mensonge dit par l'agent n°1 ne concorde pas
avec le second mensonge dit par l'agent n°2, Lénine en arrivait à la nécessité d'un mensonge commun que
tous les agents répéteraient pour être d'accord devant le public général. C'est ce mensonge général
commun qui est désigné par la «Ligne du Parti.» C'est ce qui est développé plus loin dans le chapitre
suivant, où il est également expliqué comment fonctionne une «Ligne du Parti» à l'intérieur de l'Eglise
Catholique pour détruire Fatima.
Notes:
1. «The Moscow Patriarchate and Sergianism (Le Patriarcatat de Moscou et le Sergianisme),» Boris Talantov,
tiré de Russia's Catacomb Saints (Les Saints des Catacombes en Russie), (St. Herman of Alaska Press, Platina,
Californie, 1982), pp. 463-486.
2. «The Moscow Patriarchate and Sergianism, An Essay by Boris Talantov (Le Patriarcatat de Moscou et le
Sergianisme, Essai de Boris Talantov),» [Link]/resistance/cat_tal.htm.
140
3. Remarques du 17 janvier 1998, à la Conférence de l'Aide à l'Eglise en Russie.
[Link]/rcc/Periodicals/Faith/1998-03-04/[Link]. Réédité dans The Catholic Dossier (Le Dossier
Catholique), mars/avril 1998, p. 4.
6. Le Père Fabrice Delestre «Fatima: Why Isn't the Mother of God Being Obeyed as She Should Be? (Fatima:
Pourquoi N'obéit-On Pas à la Mère de Dieu Comme On Devrait?),» (Angelus, juin 2000), Vol. 23, n° 6. Voir
aussi Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial (Contre-Réforme Catholique,
France, 1991), p. 364.
7. Les remarques du Père Maurer ont paru dans un entretien du Catholic World Report (Rapport du Mondial
catholique), février 2001. Un synopsis et un commentaire de cet entretien a été publié dans «The Myth of a
Converted Russia Exposed (Exposé sur le Mythe d'une Russie Convertie),» de Marian Horvat (Ph.D.), Catholic
Family News, mars 2001.
8. Voir Mark Fellows «This Present Darkness (Ces Ténèbres Actuelles),» Partie III, Catholic Family News,
octobre 2000.
9. En ce qui concerne l'alcool en Russie, des chercheurs ont conclu, «Le taux de consommation d'alcool en
Russie, traditionnellement parmi les plus hauts du monde et en augmentation significative dans les années 1990,
est un facteur majeur de la crise nationale de santé ... L'alcoolisme a atteint des proportions épidémiques,
particulièrement chez les hommes ... Une étude russe de 1995 a montré que l'état régulier d'ivresse affectait entre
25 et 60 pour cent des travailleurs ... En 1994 quelque 53 000 personnes sont mortes par empoisonnement de
l'alcool, augmentation d'environ 36 000 depuis 1991.» Dans les dix ans qui ont suivi la prétendue conversion de
la Russie, il y a eu aussi forte augmentation d'usage illégal de drogue. «En 1995, on estimait que 2 millions de
Russes usaient de narcotiques, plus de vingt fois le total enregistré dix ans plus tôt dans toute l'Union Soviétique,
le nombre d'usagers augmente de 50% tous les ans pour les années 90.» Tiré de Mark Fellows «This Present
Darkness (Ces Ténèbres Actuelles),» Partie II, Catholic Family News, septembre 2000.
10. «Satanism on the Rise in Russia (La Montée du Satanisme en Russie),» recueilli par John Vennari. Voir
[Link]/[Link].
11. «Russia Legalizes Homosexuality (La Russie Légalise L'Homosexualité),» United Press International, 28
mai 1993. Pour citer le début de l'article, «Les activistes homosexuels de Russie ont célébré vendredi une
victoire majeure pour les droits des gays dans la Russie post-soviétique à la suite du retrait officiel de l'article
121 du Code criminel soviétique, qui excluait l'homosexualité entre hommes. “C'est une grande nouvelle pour
les gays et les lesbiennes en Russie” dit Vladislav Ortanov, rédacteur en chef de la revue gay de Moscou Risk.»
12. «Un Promoteur Dit Que Seront Difficiles Les Poursuites Pour Pornographie Auprès des Enfants en
Indonésie, en Russie,» Christine Brummitt, Associated Press, 9 août 2001. (C'est nous qui soulignons).
13. «Big Brotherski goes too far for Staid Russians (Big Brotherski va trop loin pour les Russes Sérieux),» Mark
Franchetti, Sunday Times (London), 25 novembre 2001.
14. «New Visa System Seen Choking Russia's Catholic Parishes (Le Nouveau Système de Visas Paraît Etouffer
les Paroisses Catholiques du Russie),» Russia Reform Monitor, n° 485, 28 juillet 1998. Egalement, «Catholic
Clergy in Siberia Face Growing Visa Difficulties (Le Clergé Catholique en Sibérie Fait Face à de Croissantes
Difficultés de Visa),» Catholic World News, 19 novembre 1997.
15. Sarah Karush, «Foreign Priests Spark Controversy (Les Prêtres Etrangers Provoquent la Controverse),»
Associated Press, 12 février 2002.
141
17. Ibid. Voir aussi Catholic News Service, 17 février 2002.
18. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 374.
19. Pour un bon traité du mensonge dans la lettre de Noelker, voir Mark Fellows, «This Present Darkness (Ces
Ténèbres Actuelles),» Partie II, Catholic Family News, septembre 2000.
20. Le principe qui exige que l'autorité soit exercée au niveau le plus bas possible pour éviter la tyrannie par
centralisation excessive du gouvernement. Par exemple, le budget d'une ville devrait être déterminé par le
Conseil Municipal, non par l'Etat, ou le Gouvernement Fédéral.
21. Dans l'ancienne structure, avant 1967, le Pape présidait à la Curie Romaine. Dans la nouvelle structure,
depuis 1967, c'est le Secrétaire d'Etat du Vatican qui préside à la Curie Romaine. Le lecteur est invité à vérifier
l'Annuario Pontificio à la fois avant et après 1967 pour voir le changement de structure de la Curie Romaine.
22. Un prêtre français a montré le document maçonnique, entre autres, au prêtre américain le Père Paul Kramer.
23. Paul Fisher Their God is the Devil (Leur Dieu, c'est le Démon), (American Research Foundation,
Washington, D.C., 1990), p. 40.
24. Voir Francis Alban et Christopher Ferrera, Fatima Priest (Le Prêtre de Fatima), Quatrième Edition, (Good
Counsel Publications, Pound Ridge, New York, 2000), Chap. 12, 14, 17-22; App. I, App. II.
25. Pour les détails des «procédés» longs et tortueux afin de réduire au silence le Père Gruner, le lecteur peut
consulter Fatima Priest (Le Prêtre de Fatima), (Quatrième Edition), A Law For One Man (Une Loi pour Un Seul
Homme) (tous deux disponibles Fatima Center, 17000 State Route 30, Constable, New York 12926) ou visiter le
site Internet de Fatima [Link].
26. Sur les tergiversations concernant la cérémonie de Béatification et ce qui s'y rapporte, voir le quotidien
Correio de Manhã du 14 octobre 1999, l'article, p. 12; l'hebdomadaire Jornal de Leiria du 14 octobre 1999, p.
24; l'hebdomadaire A Ordem du 21 octobre 1999, p. 1; l'hebdomadaire officiel du Patriarcat de Lisbonne Voz da
Verdade du 31 octobre 1999, p. 6; l'article intitulé «La Béatification des Petits Bergers se fera Certainement à
Rome»; l'hebdomadaire officiel du Patriarcat de Lisbonne Voz da Verdade du 5 décembre 1999, titrait, «Le Pape
retournera au Portugal; Fatima est le lieu de la Béatification,» un article dans Euronoticias du 24 mars 2000, p. 8,
intitulé «l'évêque de Leiria-Fatima,» Conférence de Presse du 21 mars; Euronoticias du 24 mars 2000, p. 8,
«Crise: L'évêque de Leiria-Fatima Crée Un Mystère Autour de la Visite du Pape Sans Dire au Patriarche en Quoi
elle Consiste, le Pape Révélera-t-il le Troisième Secret?»; Euronoticias du 24 mars, un article p. 9 intitulé,
«Analyse: Des Personnes Qui Ont Etudié les Apparitions Disent que le Troisième Secret Pourrait Concerner la
Destruction de la Foi. Une Crise Interne de l'Eglise, ce serait le Troisième Secret.»
27. Le Père Herman Bernard Kramer, The Book of Destiny (Le Livre de la Destinée), (1ère publication 1955,
republié par TAN Books and Publishers, Inc., Rockford, Illinois, 1975), pp. 279-284.
28. Ibid.
29. Ibid.
30. Sur ce point, nous renvoyons le lecteur aux articles suivants, dans Euronoticias du 24 mars 2000, p. 8,
intitulé «L'évêque de Leiria-Fatima.» Conférence de Presse du 21 mars; Euronoticias du 24 mars 2000, p. 8,
«Crise: L'évêque de Leiria-Fatima Crée Un Mystère Autour de la Visite du Pape Sans Dire au Patriarche en Quoi
elle Consiste, le Pape Révélera-t-il le Troisième Secret»?; Euronoticias du 24 mars, un article, p. 9 intitulé,
«Analyse Des Personnes Qui Ont Etudié les Apparitions Disent que le Troisième Secret Pourrait Concerner la
Destruction de la Foi. Une Crise Interne de l'Eglise, ce serait le Troisième Secret.»
31. Toute la thèse de Dhanis contre Fatima est expliquée et critiquée dans Frère Michel de la Sainte Trinité,
Toute la Vérité sur Fatima - Vol. I: La Science et les Faits (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-
142
Parres-lès-Vaudes, France, 1983), Chap. 1, pp. 11-40. Toutes les citations concernant cette fausse théorie
viennent de cette source.
32. Ibid.
33. William Thomas Walsh, Our Lady of Fatima (Notre-Dame de Fatima), (Image-Doubleday, New York,
Imprimatur 1947), p. 221. Souligné dans l'original.
34. Il Pellegrinaggio Della Meraviglie, p. 440, Rome, 1960. Cette même oeuvre, publiée sous les auspices de
l'épiscopat italien, affirme que ce message fut communiqué au Pape Pie XII en juin. Le Chanoine Barthas
mentionna également cette apparition dans sa communication au Congrès Mariologique de Lisbonne-Fatima, en
1967; voir, De Primordiis cultus marianae, Acta Congressus mariologici-mariana in Lusitania anno 1967
celebrati, p. 517, Rome, 1970. Voir Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement
Mondial, p. 280.
35. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 360.
36. Reporté dans un article du Père Pierre Caillon du Centre Saint Jean 61 500 Sées (Orne) France. Cet article fut
publié par le mensuel Fidélité Catholique BP 217-56402. Auray Cedex, France. Traduction anglaise dans The
Fatima Crusader, n° 13-14 (octobre-décembre 1983), p. 3.
37. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 364.
38. Voir Fatima e a Coraçao de Maria (Fatima et le Cœur de Marie), pp. 101-102.
39. Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 364.
41. La Verdad Sobre el Secreto de Fatima, Fatima sin Mitos (La Vérité sur le Secret de Fatima, Fatima sans
Mythes) Père Joaquin Alonso (2e édition, (l'Armée Bleue) Ejercito Azul, Madrid, 1988), p. 78. Traduction
anglaise de Joseph Cain. Voici l'Espagnol original: «... podriamos decir que Lucia ha pensado siempre que la
“conversión” de Rusia no se entiende solo de un retorno de los pueblos de Rusia a la religion cristiano-
ortodoxa, rachazando el ateismo marxista y ateo de los soviets, sino que se refiere pura y llanmente a la
conversion total e integral de un retorno a la unica y verdadera Iglesia, la catolica-romana.» [«Nous pourrions
dire que Lucie a toujours pensé que la «conversion» de la Russie ne signifiait pas seulement un retour des
peuples de Russie à la religion chrétienne-orthodoxe, en rejetant l'athéisme marxiste et l'athéisme des soviets,
mais qu'elle se référait purement et simplement à la conversion totale et intégrale pour un retour à l'unique et
véritable Eglise Catholique Romaine.»]
43. Chrétiens-Magazine, mars 1987, #8. Tiré de Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime
Evénement Mondial, p. 373.
44. Père Laurentin, «Multiplication des Apparitions de la Vierge aujourd'hui,» p. 45, Fayard, septembre 1988.
Tiré de Frère François de Marie des Anges, Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, p. 373.
45. Ce témoignage de Sœur Lucie a été rapporté début août 1987 dans l'édition de Para Ti publié en Argentine.
Voir, World Enslavement or Peace … It's up to the Pope (l'Asservissement Mondial ou Paix ... C'est l'affaire du
Pape),» Père Nicholas Gruner (Immaculate Heart Publishing, 1989), pp. 212-213.
46. Pour témoignage supplémentaires, voir chapitre XVIII de Fatima: Joie Intime Evénement Mondial, pp. 429-
441.
47. L'entretien rapporté le 17 novembre 2001, entre l'Archevêque Bertone et Sœur Lucie est traité en entier au
chapitre 14, «Entendons le Témoin, pour l'Amour du Dieu.»
143
48. La traduction vaticane, «nous y allons peu à peu à grands pas» est nettement défectueuse. Les mots «peu à
peu» n'apparaissent pas dans le manuscrit portugais original, publié le p. 9 dans TMF fourni par le Vatican lui-
même. Nous avons donc communiqué notre propre traduction précise.
49. Marmion, Canto 6 stance 17, “Une Histoire de Champ Piétiné”. Poèmes de Sir Walter Scott.
50. Il faudrait noter que le Cardinal Ratzinger lui-même a dit, par rapport à l'interprétation vaticane du Troisième
Secret, «l'Eglise ne veut pas imposer une interprétation.» Cette citation fut rapportée dans «Final Secret of
Vatican published by Vatican» Boston Herald, 27 juin 2000; «Vatican's Secret is Out (Le Secret du Vatican est
Sorti),» The Express, 27 juin 2000; «Vatican Unease as it Reveals the Full Third Secret of Fatima (Malaise au
Vatican pour la Révélation Intégrale du Troisième Secret de Fatima),» Financial Times (London), 27 juin 2000;
«Fatima: “Snapshot of Martyr's Past Century”» The Irish Times, 27 juin 2000.
51. Nouvelles de la Conférence de Presse du 27 juin 2000, «Gorbachev Helps Introduce Casaroli Memoirs
(Gorbachev Aide à Présenter les Mémoires de Casaroli),» Catholic World News, 27 juin 2000.
52. En septembre 1995, Gorbachev a tenu son «Forum sur l'Etat Mondial» à San Francisco. Plus de 4 000 des
«élites» mondiales ont payé 5 000 dollars par personne pour assister à cet événement de 5 jours. En une session
plénière de clôture du forum, un philosophe/auteur nommé Sam Keen a fourni un résumé et des remarques de
conclusion sur la conférence. Elle révèle une éthique anti-vie et anti-chrétienne du Forum. Aux participants à la
conférence, Keen a dit, «Il est apparu un accord très net pour que les institutions religieuses prennent la
responsabilité première de l'explosion de population. Nous devons parler beaucoup plus clairement de sexualité,
de contraception, d'avortement, des valeurs qui contrôlent la population, parce que la crise écologique, en bref,
est la crise de population. Diminuez la population de 90 % et il ne reste pas assez de population pour faire
beaucoup de nuisances écologiques.» Voir «l'élite mondiale se rassemble pour parler de dépopulation» John
Henry Western; The Interim, avril 1996.
53. Voir entretien avec l'officiel afghan Abdul Shams dans Review of the News, juillet 1985.
54. Photographie publiée dans Catholic Family News, janvier 2001, p. 13.
144
Chapitre 9
Mise en Vigueur de la
Nouvelle Orientation dans
une Eglise «Post-Fatima»
Les mois qui ont suivi la conférence de presse du 26 juin ont vu s'accélérer la campagne
de mise en vigueur de la nouvelle orientation du Message de Fatima et de l'Eglise en général.
Par exemple, le 29 juin 2000, deux jours seulement après la farce de Gorbachev, eut lieu
un événement apparemment sans relation, mais en réalité, tout à fait en rapport. Le Cardinal
Castrillón Hoyos a publié une lettre en sa qualité de chef de la Commission Ecclésia Dei, qui
est censée assurer l'accès à la Messe Latine traditionnelle pour ceux qui la recherchent. La
lettre annonce quelque chose de tout à fait remarquable à une époque d'absence générale de
discipline dans l'Eglise. Le Chapitre Général (rencontre) de la Fraternité Sacerdotale Saint-
Pierre (officialisée par le Pape Jean-Paul II pour servir les aspirations des Catholiques
traditionnels qui n'ont pas accueilli les changements dans l'Eglise) sera supprimé. Les
élections n'y auront pas lieu. Les prêtres membres de la Fraternité ne seront pas autorisés à
réélire comme Supérieur le Père Josef Bisig, qu'on s'attendait à voir nommer et réélire au
chapitre à une écrasante majorité. Le Cardinal Castrillón Hoyos voulait simplement imposer à
la Fraternité un candidat plus à son goût. En outre, les recteurs des deux séminaires de la
Fraternité seraient écartés et remplacés par des prêtres d'esprit plus libéral.
Vous savez très bien que votre séminaire est observé par beaucoup de personnes de
l'Eglise et qu'il doit être exemplaire à tous égards. En particulier, il est requis d'éviter et de
combattre un certain esprit de rébellion contre l'Eglise d'aujourd'hui, lequel esprit trouve
facilement des adeptes parmi les jeunes étudiants, qui, comme tous les jeunes, sont enclins à
des positions extrêmes et rigoureuses1.
Dans une entrevue postérieure avec la revue 30 Jours, le Cardinal expliqua en outre qu'il
ne faisait qu'aider la Fraternité «à établir un équilibre entre leur charisme original et la
conséquence de leur insertion dans la réalité ecclésiale d'aujourd'hui2.»
Considérez en même temps ces deux expressions: «un sûr esprit de rébellion contre
l'Eglise d'aujourd'hui», et «leur insertion dans la réalité ecclésiale d'aujourd'hui.» Or, les
séminaristes de la Fraternité Sacerdotale sont baptisés dans l'Eglise Catholique. Ils sont nés et
ont été élevés dans l'Eglise Catholique «courante». Ils n'étaient pas membres de la Fraternité
Saint Pie X prétendument «schismatique» fondée par l'Archevêque Marcel Lefebvre, connu
pour sa résistance aux changements post-conciliaires. Non, c'étaient des jeunes qui venaient
du «courant général» de l'Eglise et sont entrés dans la Fraternité pour recevoir une formation
traditionnelle et célébrer la Messe Latine traditionnelle.
Et cependant ces jeunes gens, qui ne sont jamais entrés dans le schisme (soi-disant),
s'entendent dire que néanmoins, ils doivent être insérés dans «l'Eglise d'aujourd'hui» et «la
réalité ecclésiale d'aujourd'hui.» Mais s'ils sont déjà Catholiques, quelle est donc cette chose
dans laquelle ils doivent «s'insérer»? Est-ce la Sainte Eglise Catholique? Il est clair que non.
Ce dont parle le Cardinal — qu'il le sache explicitement ou non — c'est l'Eglise de
145
l'Adaptation; l'Eglise de la nouvelle orientation. Nous le savons, parce que les prêtres et les
séminaristes de la Fraternité Saint-Pierre reconnue par le Pape, sont indubitablement
Catholiques, de sorte que si on est en train de les insérer dans quelque chose, ce n'est pas la
Sainte Eglise Catholique mais quelque chose d'autre.
La CPA a été fondée dans les années 1950 pour remplacer l'Eglise Catholique quand le
«Président Mao» eut déclaré «illégale» en Chine Rouge l'Eglise Catholique. Le CPA est donc
une organisation humaine créée par un gouvernement communiste et établi comme «église»
que doivent obligatoirement rejoindre les Catholiques chinois, en abandonnant l'Eglise
Catholique Romaine, dont l'existence même a été déclarée «illégale» par le régime de la
Chine Rouge. La constitution de la CPA rejette explicitement la soumission au Pape et
déclare l'autonomie de la CPA par rapport à Rome. Les évêques et les prêtres de la CPA,
sont, donc, tous schismatiques par définition.
Plus de 100 évêques ont été consacrés illicitement par la CPA sans mandat papal, en
violation directe du Code de Droit Canon; pire encore, ces évêques consacrés illicitement ont
déclaré publiquement leur allégeance primordiale au régime communiste de Chine tout en
désavouant (par la Constitution de la CPA) toute allégeance ou soumission au Pape. En
conséquence, ces évêques illicites, et ceux qui les ont consacrés, sont excommuniés. En 1994,
146
les évêques de la CPA ont publié une prétendue lettre pastorale dans laquelle ils
reconnaissaient la politique de contrôle des naissances, y compris les avortements obligatoires
sur toutes les femmes qui ont déjà un enfant, appelant les Catholiques chinois à soutenir cette
abomination.
Bref, la CPA est une organisation pro-avortement, créée par les communistes, contrôlée
par les communistes, indiscutablement schismatique, indiscutablement hérétique, créée par le
démon lui-même, agissant par Mao Tsé Tung et son successeur le «Président» Jiang. Et
cependant, le Vatican n'a déclaré aucun schisme, aucune excommunication de ce clergé pro-
avortement sous contrôle communiste. Au contraire, le Cardinal Etchegaray est allé en Chine
et a célébré la Messe en présence des évêques de la CPA, dans un Sanctuaire Marial que la
CPA, avec l'aide de la racaille communiste, a volé à l'Eglise Catholique et aux fidèles
catholiques. Le Cardinal Etchegaray a même déclaré «reconnaître la fidélité au Pape des
Catholiques de l'église officielle (c'est-à-dire la CPA).» Fidélité au Pape de la part d'évêques
qui reconnaissent l'avortement obligatoire et dont l'association sous contrôle communiste
rejette la primauté du Pape dans sa constitution même? Quel genre d'absurdité est-ce là?
Nous voyons ici également la disparité de traitement entre les Catholiques traditionnels
qui, d'une manière ou d'une autre présentent un obstacle à la nouvelle orientation et ceux qui
embrassent, dans l'ensemble et entièrement, la nouvelle orientation. En contraste avec la
complaisance du Vatican pour la CPA, l'Archevêque Marcel Lefebvre fut publiquement
déclaré excommunié et schismatique par un motu proprio préparé pour la signature du Pape
dans les 48 heures de la consécration de quatre évêques par l'Archevêque Marcel Lefebvre
sans mandat du Pape5 — action menée par l'Archevêque dans un effort (si inopportun que
puissent le penser certains) de maintenir la tradition catholique dans une Eglise qui semble
devenue folle.
147
Lefebvre a résisté à l'Adaptation; les évêques de la Chine Rouge, au contraire, en donnent
l'exemple.
Mais c'est même pire que cela. Selon une Lettre Ouverte de protestation au Cardinal
Sodano et d'autres membres du personnel du Vatican, publiée par la Fondation du Cardinal
Kung, des prêtres de la CPA — «église» schismatique pro-avortement sous contrôle
communiste — ont reçu des missions canoniques et des autorisation sacerdotales dans des
diocèses américains. Donc ces prêtres communistes célèbrent la Messe et entendent des
confessions de fidèles catholiques romains dans leurs paroisses locales où ces agents d'un
gouvernement communiste apprennent les péchés secrets d'innombrables Américains qui
peuvent fournir l'occasion d'extorquer de l'argent pour les maîtres communistes en Chine.
Ceci fut confirmé par l'Archevêque Levada de San Francisco, qui déclare que le Vatican — et
sans doute le Cardinal Sodano était impliqué dans cette décision — a autorisé d'accorder «une
mission apostolique» à ces prêtres de la CPA pro-avortement, sous contrôle communiste et
schismatique6.
Voici une infiltration textuelle, visible du pouvoir communiste dans le corps de l'Eglise. Il
ne pourrait y avoir de manifestation plus spectaculaire de l'Adaptation. Mais la présence de
ces prêtres sous contrôle communiste dans les paroisses américaines est seulement une image
de tout le processus qui se répandit à partir de Metz, en France, dès 1962, quand le pont-levis
de l'Eglise fut abaissé et que les forces du monde, les ennemis jurés de l'Eglise, ont commencé
à entrer ouvertement dans l'Eglise, amenant même le Pape Paul VI à parler de l'invasion de
l'Eglise par la pensée du monde.
Nulle part on ne peut trouver exemple plus triste de l'Adaptation de l'Eglise que ce qui
s'est passé le 8 octobre 2000: une cérémonie au Vatican pour «confier» différentes choses à
Marie — un «acte de recommandation» des masses pour leur enlever de l'esprit la
Consécration de la Russie. Au cours de cette cérémonie, «tous les peuples», le monde, les
sans emploi, même «les jeunes en quête de sens» — n'importe quoi et tout sauf la Russie —
étaient «confiés» à Notre-Dame. La veille de cette cérémonie, la prière du Rosaire sur la place
Saint-Pierre fut diffusée mondialement par satellite. Mais une chose manquait: les prières de
Fatima. Personne au Vatican ne voudrait faire la prière «O mon Jésus, pardonnez-nous nos
péchés, préservez-nous du feu de l'enfer — Conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles
qui ont le plus besoin de Votre Miséricorde» Une dizaine du Rosaire, cependant, fut récitée
par Sœur Lucie pour les caméras dans le couvent de Coimbra. Avec un air absolument
pitoyable, Sœur Lucie a bien récité les prières de Fatima — en portugais. Elle avait été réduite
à une béquille dans un tour d'adresse publicitaire.
Et ceci nous amène au début de 2001. L'année 2000 avait été une année occupée à
l'Adaptation, mais il y avait quelque rafle à faire. Le Père Gruner dirigeait toujours son œuvre
de Fatima très efficace. Donc, le 16 février 2001, le Cardinal Castrillón Hoyos écrivit au Père
Gruner pour renouveler sa menace d'excommunication de juin précédent. Si le Père Gruner
n'arrêtait pas son action, alors il y aurait «des mesures définitives pénibles pour toutes les
personnes concernées.»
148
Dans la même lettre, le Cardinal Castrillón pourvoyait à une autre manifestation de la
nouvelle orientation dirigée contre le Message de Fatima. Selon le Cardinal Castrillón, «la
Sainte Mère apparue aux trois petits visionnaires de la Cova da Iria au commencement du
siècle, a établi un programme pour la Nouvelle Evangélisation, dans laquelle se trouve
engagée toute l'Eglise, ce qui est encore plus urgent au début du troisième millénaire7.» Notre-
Dame de Fatima était maintenant Notre-Dame de la Nouvelle Evangélisation — dont elle
n'avait pas dit un seul mot à Fatima!
Votre Eminence, où peut-on trouver l'un ou l'autre de ces éléments dans votre
interprétation du Message de Fatima? Où est le Ciel, et où est l'Enfer? Car vous ne parlez que
vaguement «d'Ultimes Réalités» — un terme que tout Franc-Maçon trouverait acceptable? Où
est le triomphe du Cœur Immaculé? Où sont la consécration et la conversion de la Russie? Où
sont les avertissements de Notre-Dame? Où se trouve en vérité le Message de Fatima?
Le Message au monde de Notre-Dame de Fatima était dépourvu de slogans tels que «la
Nouvelle Evangélisation.» Elle n'avait prononcé absolument aucun slogan, mais seulement la
simple vérité catholique que: beaucoup d'âmes brûlent en Enfer par manque de foi catholique;
pour sauver les âmes, Dieu ordonne qu'il faut établir dans le monde — pas simplement parmi
ceux qui sont déjà Catholiques — la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Son Cœur
Immaculé doit triompher par la Consécration de la Russie à ce Cœur; c'est le seul moyen pour
obtenir la véritable paix à notre temps. Et Notre-Dame de Fatima nous a donné aussi un
avertissement sur les conséquences du mépris de Ses requêtes: les guerres et persécutions de
l'Eglise, le martyre des bons, la souffrances du Saint-Père, les souffrances du monde entier —
dont tous surviennent en ce moment même de l'histoire — et puis, si nous continuons à
ignorer Ses requêtes, l'anéantissement de plusieurs nations.
149
Le traitement du Père Gruner, avec celui de la Fraternité Saint-Pierre, de l'Archevêque
Lefebvre, de la Fraternité Saint Pie X et d'autres perçus comme obstacles à la nouvelle
orientation de Vatican II, illustre que l'ère post-conciliaire présente une situation très
semblable à celle que déplorait Saint Basile au sommet de l'hérésie arienne: «Un seul délit est
maintenant vigoureusement puni: une observance exacte des traditions de nos pères. C'est
pour cette raison que les hommes pieux sont chassés de leur pays et transportés dans des
déserts.»
Un seul délit est maintenant vigoureusement puni: une observance précise des constantes
traditions pré-conciliaires de l'Eglise — résumées dans le Message de Fatima. Etrangement,
nul autre que le Cardinal Ratzinger ne fit l'observation suivante sur le prétendu «schisme
Lefebvre» dans son discours de 1988 aux évêques du Chili:
Ce qui précédemment était considéré comme Très Saint (la forme sous laquelle se
transmettait la liturgie) soudain apparaît le plus interdit de tout, la seule chose qui puisse être
interdite en toute sécurité. Il est intolérable de critiquer les décisions prises depuis le Concile.
D'un autre côté, si certains remettent en question d'anciennes règles ou même les grandes
vérités de la Foi, par exemple la virginité physique de Marie, la Résurrection corporelle de
Jésus, l'immortalité de l'âme, etc., personne ne se plaint ou ne le fait qu'avec la plus grande
modération. Tout cela mène un grand nombre de personnes à se demander si l'Eglise
d'aujourd'hui est vraiment la même que celle d'hier ou si on l'a changée pour quelque chose
d'autre sans rien dire à personne.
Plus étrange encore, le Cardinal Castrillón Hoyos a fait le même aveu. Dans l'entrevue
déjà mentionnée avec 30 Jours, il a dit: «La grande urgence de notre temps est de montrer
peuple que l'Eglise d'aujourd'hui est la même que l'Eglise a toujours été.» Mais tout d'abord,
pourquoi y a-t-il une telle «urgence»? Dans toute l'histoire de l'Eglise Catholique, quand a-t-il
jamais fallu démontrer que l'Eglise était encore la même qu'auparavant? Pourquoi même une
telle démonstration serait-elle nécessaire, s'il n'y avait pas une très bonne raison de
soupçonner que l'Eglise a été changée?
Et, en effet, il y a une très bonne raison de le soupçonner, comme nous l'avons montré.
Depuis Vatican II, l'Eglise Catholique subit une Adaptation, précisément dans la ligne prédite,
complotée et entreprise par Ses pires ennemis. Et les autorités de l'Eglise aujourd'hui refusent
de reconnaître ce qui s'est passé, même s'ils ne sont pas eux-mêmes des agents conscients de
la destruction. Ils sont, comme l'a dit Notre-Seigneur des Pharisiens: «aveugles et conducteurs
d'aveugles. Et si les aveugles conduisent les aveugles, ils tombent ensemble dans le fossé.»
(Mt. 15:14)
Comme l'a dit Sœur Lucie elle-même: «c'est pour cela que le démon lui fait tant la guerre
(Le Rosaire)! Et le pire est qu'il a réussi à induire en erreur et à tromper des âmes ayant une
lourde responsabilité par la place qu'elles occupent! … Ce sont des aveugles qui guidant
d'autres aveugles9.»
Et comme Saint Paul le déclarait à propos du même genre de personnes au cou raide: «Il
n'y a pas pire aveugles que ceux qui ne veulent pas voir.» Il est aussi noté dans la Sainte
Ecriture: «Car le cœur de ce peuple est devenu grossier, et de leurs oreilles ils sont lents à
entendre, et leurs yeux ils les tiennent fermés; peut-être de crainte de voir de leurs yeux,
d'entendre de leurs oreilles, et de comprendre avec leur cœur, et d'en venir à la conversion, et
que Je doive les guérir.» (Actes 28:27) Aveuglément et avec entêtement, ils défendent
150
l'Adaptation de l'Eglise Catholique, comme si c'était un dogme de la Foi, tandis que les vrais
dogmes de la Foi sont actuellement sapés par toute l'Eglise, sous leurs yeux, sans qu'ils y
fassent rien.
Sœur Marie Lucie du Cœur Immaculé (Sœur Lucie), photographiée à Fatima lors du pèlerinage du Pape
Paul VI le 13 mai 1967. Elle est entrée au Carmel de Coimbra le Jeudi Saint 1948 et s'y trouve encore au
moment de cet écrit. C'est à peu près à l'époque de cette photo que Sœur Lucie, dans ses lettres privées,
parle de la «désorientation diabolique» de certaines personnes qui ont une grande responsabilité dans
l'Eglise. Elle désigne aussi ces mêmes personnes comme «aveugles et conducteurs d'aveugles» et «faisant le
mal sous couleur de bien». Pour de plus amples détails sur les remarques de Sœur Lucie à propos de
membres égarés de la hiérarchie, voir pages 24, 66 et note 28 page 240.
Notes:
1. Lettre au Chapitre Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, 29 juin 2000.
5. Même si, à vrai dire, dans des circonstances normales, un évêque ne doit pas faire un nouvel évêque sans
autorisation explicite ou permission du Pape, néanmoins il est prévu, à la fois légalement et dans la pratique, à
travers les siècles de l'histoire de l'Eglise, qu'un évêque peut et parfois doit consacrer — c'est-à-dire faire — un
autre évêque sans permission explicite et même à l'encontre d'un ordre direct du Pape. Le Droit Canon reconnaît
à un sujet le droit d'aller contre un ordre explicite d'une autorité supérieure — même celle d'un Pape — dans une
circonstance spécifique, après avoir dûment réfléchi et prié, d'aller directement en sens contraire, si sa
conscience, informée par la doctrine Catholique, le persuade qu'il doit le faire (voir canon 1323, spécialement
Section 4; et canon 1324, spécialement Section 1 subdivision 8, et Section 3). De plus, dans la loi, ce n'est pas
ipso facto un acte de schisme de désobéir dans un cas spécifique tout en étant soumis à l'autorité du Pape en
général — tout au plus c'est un acte de désobéissance.
Mais ce n'est pas même un acte de désobéissance, au moins subjectivement, si on ne se sent pas obligé d'obéir à
l'autorité supérieure, à cause de la préservation de la Foi et des exigences du bien de l'Eglise. L'acte de
l'Archevêque Lefebvre le 29 juin 1988 consacrant quatre prêtres au rang d'évêque est hors de propos dans ce
livre, mais il y a des articles très savants de canonistes et théologiens qui plaident fort, pour la défense subjective
et objective de cet acte (voir articles de Patrick Valdrini, Doyen du Droit Canon à l'Institut Catholique de Paris
[France] et du Comte Néri Caponi, Professeur Emérite à la Faculté de Droit Canon, Université de Florence
[Italie].) Même différents Cardinaux du Vatican ont publiquement, à des degrés différents, défendu, dans cet
acte, l'Archevêque Lefebvre.
6. Open Letter to the Vatican (Lettre Ouverte au Vatican) de la fondation du Cardinal Kung, Sec. III, 28 mars
2000 ([Link]/cpa/[Link]). Une réponse à la fondation Kung (citée dans la
Lettre Ouverte), l'Archevêque Levada a révélé que le «ministère apostolique» des prêtres du CPA «s'accomplit
selon les directives reçues du Saint Siège.»
8. La Nouvelle Evangélisation est présentée comme Evangélisation «nouvelle dans son ardeur, nouvelle dans sa
méthode et nouvelle dans son expression.» C'est sous la protection de la «Nouvelle Evangélisation» qu'a été
«justifié» le «Mouvement Charismatique» qui fait grand bruit, et les Congrès Eucharistiques Rock and Roll, les
151
Journées Mondiales de la Jeunesse surnommées le «Woodstock Catholique» et autres aberrations de l'Eglise
d'aujourd'hui. Pour un traitement complet du sujet, voir John Vennari «Catholicism Dissolved: The New
Evangelization (Catholicisme Dissous: la Nouvelle Evangélisation).» (En quatre séries partielles dans Catholic
Family News, d'octobre 1998 à janvier 1999.)
9. Voir la citation de Soeur Lucie dans Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III: Le
Troisième Secret (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1985), p. 512.
152
Chapitre 10
• Le Message de Fatima est une prophétie d'origine divine pour notre temps,
authentifiée par un miracle public sans précédent et reconnu par une série de Papes, y
compris le Pape actuellement régnant.
• Dieu a déjà manifesté les bienfaits d'une consécration nationale au Cœur Immaculé
dans le cas du Portugal en 1931, dont la transformation miraculeuse d'un jour à l'autre,
d'une république maçonnique athée en un pays catholique, a été considérée par la
hiérarchie portugaise elle-même comme un avant-goût de ce que Dieu accorderait au
monde après la Consécration de la Russie.
• Au lieu de suivre la voie indiquée à Fatima, les chefs de l'Eglise Catholique ont choisi
une autre voie — la voie d'une nouvelle orientation de l'Eglise, inaugurée à Vatican II,
avec une «ouverture au monde» et «des réformes» de l'Eglise, accomplissant les rêves
de ses pires ennemis, qui ont avoué que leur but était précisément d'apporter ces
changements dans l'Eglise.
• En prenant cette voie d'une nouvelle orientation, les chefs de l'Eglise ont méprisé les
avertissements répétés des Papes pré-conciliaires (y compris le Bienheureux Pie IX,
Léon XIII, Saint Pie X, Pie XI et Pie XII) selon lesquels les ennemis de l'Eglise
complotaient de la transformer de la manière même dont Elle a été, en fait,
transformée dans la période post-conciliaire.
• Les changements ont commencé en 1960 — l'année même où Sœur Lucie avait insisté
pour que soit révélé le Troisième Secret, parce qu'il serait alors plus clair.
153
Conversion de la Russie à la Foi Catholique, et le triomphe du Cœur Immaculé,
accompagné d'une période de paix mondiale dans un ordre social catholique.
Surtout au vu des événements des 26 et 27 juin 2000, et au cours des mois suivants, nous
avons maintenant la preuve suffisante pour identifier les quatre hommes que nous devons, en
conscience, accuser dans ce livre. Ce sont:
Pourquoi ces quatre hommes et pas d'autres? Comme nous l'avons déjà montré, ce sont
ces hommes qui ont pris le commandement pour essayer rien moins que de tuer le Message de
Fatima et, avec lui, l'espoir envoyé par le Ciel au monde de notre temps. Ils ont combiné et
conspiré et puis, ils ont agi publiquement, pour imposer à l'Eglise une version du Message de
Fatima qui ne ressemble en rien à la prophétie catholique que la Mère de Dieu a délivrée au
monde pour l'aide de toute l'humanité. Alors que ces quatre hommes, de toute évidence, ne
manquent pas de collaborateurs pour ce que regrettait le Pape Paul VI comme étant «l'auto-
démolition» de l'Eglise, ce sont eux qui, pour ainsi dire, se sont spécialisés dans la démolition
de Fatima. Ils méritent donc d'être identifiés comme les responsables du crime que nous
alléguons ici.
Mais il y a bien d'autres preuves de ce crime et notre dossier est loin d'être complet. Nous
allons maintenant examiner, avec d'autres détails, les éléments fondamentaux des preuves que
nous avons esquissées jusqu'à présent. Au début du chapitre suivant, nous ferons un examen
plus détaillé de «l'interprétation» par le Cardinal Ratzinger, du Troisième Secret de Fatima, un
élément clé de l'effort pour enterrer le Message de Fatima une fois pour toutes.
154
Chapitre 11
Le Message de Fatima
Selon le Cardinal Ratzinger
Dans le chapitre 8, nous avons montré comment, en rapport avec la nouvelle orientation
post-conciliaire, le Vatican a publié un «commentaire» — une Ligne du Parti — sur le
Message de Fatima qui cherche à oblitérer tout contenu prophétique spécifique du Message de
Fatima pour notre temps. Nous avons noté comment même un journal civil, le Los Angeles
Times, a vu que le but de TMF était une tentative pour «déboulonner en douce» ce qu'on
appelle «le culte de Fatima.»
Le lecteur devrait soutenir avec nous une confrontation dans un commentaire polémique
éventuel de cette exégèse théologique plus détaillée de TMF, mais il n'est pas nécessaire pour
nous de nous excuser d'être polémique, parce que, lorsque elle est nécessaire, la polémique est
une bonne chose. La société d'aujourd'hui, de plus en plus, remplace la Foi Catholique par la
foi dans les prétendues «sciences exactes.» Aujourd'hui, par conséquent, on n'a pas d'estime
pour la science et l'art de la polémique dont le but est de défendre la Foi et l'Eglise contre les
ennemis du Christ, qui est la Vérité. «Ho Polémos» est l'ancien mot grec pour guerre. Il n'y a
rien de mal à engager la guerre pour la défense du Christ et de la Foi Catholique; mais ceux
qui n'ont pas la foi, ou dont la foi est affaiblie, ne le comprendront pas parce qu'ils accordent
trop de foi aux prétendues «sciences exactes.»
«L'introduction»
Déjà le second paragraphe de l'introduction du commentaire Bertone/Ratzinger sur le
Troisième Secret contient un exemple de politique vaticane qui semble oublier à la fois
l'histoire récente et la Théologie Morale:
Après les événements dramatiques et cruels du vingtième siècle, un des siècles les plus
cruciaux de l'histoire de l'humanité, qui trouve son point culminant avec l'attentat sanglant
envers le «doux Christ sur la terre.»
Que même la tentative d'assassiner le Pontife Suprême soit un crime haineux, aucun
esprit droit n'en doutera. C'est en vérité passible d'excommunication, même dans le Code de
Droit Canon de 1983, plutôt libéral. Cependant, la déclaration montre un manque tragique de
proportion. Que «les événements dramatiques et cruels» auraient été à leur point «culminant»
dans l'attentat à la vie du Pape c'est absolument hors de proportion et en grave mépris des
soixante millions de victimes de Staline, plus les victimes de toutes les guerres du siècle qui
vient de finir, et les cinquante-cinq millions de victimes de l'avortement chaque année! Le
manque de proportion est infiniment pire dans son mépris de l'aspect surnaturel tel que le vrai
«doux Christ sur la terre» du Tabernacle, dont la Présence Réelle est distribuée dans la main
et lâchée sur la Place Saint-Pierre1, comme il arrive en des milliers d'autres lieux. Il y a un but
dans cette déclaration et il réside, dans les commentaires du Cardinal Ratzinger, pour déjouer
l'importance du Troisième Secret.
L'introduction de TMF déclare à la page suivante «il existe seulment un manuscrit, qui est
ici reproduit photographiquement.» Ce serait une vérité déroutante, mais littérale si cela
signifiait qu'un seul des manuscrits a été copié, mais à la lumière de la déclaration du Cardinal
155
Ratzinger, que le Secret est publié ci-joint dans son «intégralité» (TMF, p p. 32, 40), il faut la
considérer comme un mensonge. Il y a une montagne de preuves qu'en fait, il y a deux parties
du Troisième Secret, la première étant la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc», prise dans les
archives ou l'ancien Saint-Office et publiée le 26 juin 2000, et la seconde dans les
appartements du Pape. La preuve est fournie de manière incontournable par un article où
Monsieur Andrew Cesanek (cf. Chapitre 12) fait remarquer que le texte publié ne contient
aucun mot de Notre-Dame. Donc, la présentation Ratzinger/Bertone du Troisième Secret
manque totalement de crédibilité.
Sans accusation illicite d'un péché délibéré contre le Huitième Commandement, nous
sommes néanmoins face au fait d'un mensonge imprimé — comme il n'y a eu aucune
déclaration publique du contraire jusqu'à présent, il est virtuellement impossible de parler
d'erreur quant au nombre de manuscrits. Qui et combien de personnes sont impliquées dans ce
mensonge, cela n'a aucune importance, mais le mensonge publié comme tel, c'est
d'importance théologique, même si c'était seulement une erreur, cela affecterait toute
l'interprétation théologique présentée dans le document. Si c'est un mensonge, ce que nous
croyons fermement, cela signifie donc que les interprétations théologiques et historiques
présentées mènent délibérément vers une fausse conclusion ou un faux message. Cela
s'appelle communément une fraude. Cela, comme nous le verrons, affecte beaucoup plus que
la théologie évoquée dans les commentaires publiés.
Il est aussi d'importance théologique de voir les guillemets pour «secret» ainsi que pour
«Notre-Dame.» Si une «apparition» dit que toutes les religions plaisent à Dieu, ce qui est
hérésie et blasphème2, nous devrions mettre «Notre-Dame» entre guillemets, puisque nous
savons que «l'apparition» est quelqu'un d'autre, très probablement un démon. Mais placer
Notre-Dame entre guillemets pour une apparition qui a été approuvée par plusieurs Papes et
prouvée par un miracle précis devant 70 000 témoins, communique un message: c'est-à-dire la
possibilité que ce ne fût pas Notre-Dame après tout. En tant que pièce de ce puzzle de vérités,
demi vérités, mensonges, ceci est hautement significatif.
Différents articles déjà publiés ont suffisamment expliqué l'absurdité de cette déclaration
au sens historique4. En vérité, historiquement parlant, c'est une déclaration idiote qui frôle la
démence.
156
Or, l'Archevêque Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, n'est
pas idiot ni dément. Il faut donc que cette déclaration soit de nature théologique. Le Père
Gruner a suggéré à bon droit que selon Monseigneur Bertone, nous sommes censés croire que
«la prétendue “chute du communisme” signifie que Fatima n'est plus applicable à la politique
mondiale et que la conversion de la Russie n'est plus à mentionner5.» Ce n'est pas seulement
une interprétation politique concernant la continuation de l'Ospolitik du Cardinal Casaroli et la
relation étrangement intime du Pape avec le propagateur du génocide Gorbachev, mais c'est
une analyse claire d'une théologie changée, capitale dans la nouvelle orientation de l'Eglise,
une théologie appelée œcuménisme.
Pour le moment, les questions qui résultent de ces observations devront attendre,
puisqu'on peut mieux les comprendre à la lumière de la théologie du Cardinal Ratzinger.
Le «Secret»
Dans la mesure où est concernée l'authenticité du texte publié, alors que le Père Gruner
semble convaincu de son authenticité6, certaines questions se présentent: pourquoi Sœur
Lucie — qui, vers 1944 avait sûrement lu la Sainte Ecriture et beaucoup de «livres de piété,»
comme les appelle le Cardinal Ratzinger — dit-elle que le Saint-Père «il priait pour les âmes
des cadavres qu'il trouvait sur son chemin» (cadaveres en portugais)? A travers l'histoire du
salut, on parle des «âmes des morts ou des défunts» comme dans le Credo (… résurrection des
morts ...). C'est seulement dans l'Ancien Testament que l'on peut trouver le terme «cadavre»
et on le trouve dans le contexte d'apostats ou d'âmes perdues.
Il est étrange également, dans le contexte du Premier et du Second Secret, que la voyante
parle d'«un Evêque vêtu de Blanc» alors que les événements de 1939 furent nettement
prophétisés avec les termes «Pape» et même son nom: Pie XI — «un Evêque vêtu de Blanc»
pourrait être l'Abbé de Brixen dans le Tyrol du Sud, n'importe quel évêque des tropiques, ou
un imposteur à Rome qui se fait passer pour le Pape — comme le prétendent les
sedevacantistes. Nous ne pouvons et ne devons pas risquer une réponse, mais l'expression «un
Evêque vêtu de Blanc» est étrangement vague dans le contexte historique de tous les
événements depuis 1917.
Il y aura plus à dire à ce sujet dans la conclusion de ce chapitre. Pour le moment nous
continuerons comme si le texte publié était authentique.
L'interprétation du «Secret»
Dans cette lettre, en date du 19 avril 2000, citée dans TMF (p. 27), le Pape dit:
Au cours du jour attendu de, la béatification de François et Jacinthe, (13 mai 2000) que, si
Dieu le veut, je proclamerai le 13 mai prochain.
Comme il n'y aura cependant pas de temps pour une rencontre mais seulement pour une
brève salutation, j'ai expressément chargé Monseigneur Tarcisio Bertone, … Monseigneur
Bertone, … vient en mon nom [sic] pour vous poser quelques questions sur l'interprétation de
la «troisième partie du secret».
157
Nous en concluons que Sa Sainteté n'a pas le temps de converser avec Sœur Lucie. Le
défenseur toujours vigilant du Pape Jean-Paul II pourrait objecter à cette conclusion en nous
rappelant qu'il n'est pas en notre pouvoir de conseiller le Pape sur son emploi du temps, ni de
contester ses décisions quant à la discipline et au gouvernement de l'Eglise, in rebus … quae
ad disciplinam et regimen Ecclesiae … pertinent (D.S. 3060).
C'est assurément vrai. Mais nous sommes autorisés à poser une question évidente:
pourquoi les conseillers et assistants du Pape ont-ils mis au programme de Sa Sainteté de
recevoir les Francs-Maçons de la Commission Trilatérale7, Mikhaël Gorbachev déjà cité, la
Haute Loge Juive du B'nai B'rith8, de prêcher dans la chaire de l'Eglise Luthérienne de Rome9,
de visiter la synagogue de Rome10, de rencontrer le «patriarche» bouddhiste Vasana Tara11, le
Dalaï Lama12, Yasser Arafat13, et pourquoi ont-ils permis au Patriarche Dimitrios I de
Constantinople14, schismatique et hérétique, de se tenir près de lui à la loggia papale de la
Basilique Saint-Pierre de Rome (!), mais ne pourraient-ils pas réussir à programmer du temps
pour que le Pape converse avec la messagère personnelle et peut être la plus importante de
tous les messagers de Notre-Dame de ce siècle?
• Pourquoi le pistolet s'est-il bloqué après le troisième coup? Il n'est pas rare pour un
pistolet semi-automatique de se bloquer, mais il est presque impossible que la
meilleure force de police d'Italie, les Carabinieri n'en aient pas trouvé la cause après
des semaines d'examen microscopique dans leurs laboratoires. Etait-ce l'interférence
de l'Ange Gardien? Ce serait hautement probable du point de vue théologique.
• Pourquoi Ali Agça n'a-t-il pas utilisé des balles avec pointe creuse ou les munitions
Federal Hydra-Shok prêtes à l'usage qui auraient accompli son but d'assassiner le
Pape? La plupart des sources déclarent que quelque organisation ou service secret était
derrière l'attaque. Etaient-ils tous des amateurs?
• Pourquoi a-t-il choisi la Place Saint-Pierre et une petite arme à main, sans aucune
chance d'échapper, pourquoi pas un fusil (facilement récupérable ensuite) et l'un des
nombreux postes élevés autour de la Place Saint-Pierre, avec au moins une chance de
s'esquiver. N'était-il qu'un fanatique muet?
158
Nous ne saurons probablement jamais de la vie la vérité au sujet de ce jour là, mais nous
savons bien la vérité que cette tentative d'assassiner le Pape n'a rien à voir avec le Troisième
Secret, parce qu'il n'a pas été tué. L'événement fut tragique, mais il a coûté au Pape moins
d'un an de pleine activité — sur plus de vingt. C'est une insulte à la Divine Providence et à
Notre-Dame de déclarer que cet événement, relativement peu important, serait au Cœur d'une
prophétie sur l'Enfer, deux Guerres Mondiales, le Communisme et le châtiment encore à
venir.
Il nous faut demander enfin: pourquoi l'incident de 1981 serait-il mieux compris après
1960, comme a dit Sœur Lucie à propos du Troisième Secret? N'importe qui au 20ème siècle
l'aurait compris comme nous. La génération qui avait combattu dans la Seconde Guerre
Mondiale et en Corée aurait-elle mieux compris le rôle des soldats dans cette vision seulement
après 1960? L'insistance de Sœur Lucie sur la révélation en l'an 1960, puisque «Notre-Dame
le veut ainsi,» peut seulement signifier que Lucie savait qu'il allait se passer quelque chose
vers 1960, ou peu après, qui rendrait le Secret nettement compréhensible comme prophétie
d'événements futurs. Il est clair que le Secret n'a pas de rapport avec l'assassinat du Président
Kennedy, mais que dire de l'encyclique Pacem in terris de Jean XXIII publiée en 1963 ou de
Vatican II qui fut ouvert en 1962, mais annoncé le 25 janvier 1959?
Ensuite, le Message est relégué dans le passé, soit en soulignant l'événement de 1981, soit
par la déclaration ridicule que 1989 mettait fin au communisme et à l'expansion de l'athéisme.
Dans les numéros du Fatima Crusader, on a suffisamment traité de la «glasnost» et de la
«perestroïka» de Gorbachev pour qu'il soit nécessaire de retracer ici ces analyses. Cependant,
il est juste de voir que le Secrétaire d'Etat ne se refuse pas à utiliser un mensonge vieux d'une
décennie pour démonter un message venant de Notre-Dame.
Aucun grand mystère n'est révélé; le voile de l'avenir n'est pas déchiré. Nous voyons
l'Eglise des martyrs du siècle qui s'achève représentée à travers une scène décrite dans un
langage symbolique difficile à déchiffrer16.
159
En premier lieu, si aucun grand mystère n'est révélé, alors pourquoi Notre-Dame a-t-Elle
pris la peine d'en faire un secret? Il est possible — comme nous le verrons plus tard — que
l'avenir soit révélé dans l'autre partie du Troisième Secret qui nous a évidemment été
dissimulée, la partie qui contient les paroles de Notre-Dame à la suite de «Au Portugal se
conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» En tout cas, déclarer que la vision de soldats
tirant le Pape à coups de fusil est simplement un symbole du passé, surtout dans le contexte
des messages exceptionnellement clairs du reste du Message de Fatima, c'est absurde.
Dans l'année 1900, le Kaiser Guillaume II d'Allemagne décréta que c'était le début du
Vingtième Siècle, ce qui est mathématiquement impossible. Il semblerait que les
mathématiques du Cardinal Ratzinger, ainsi que sa théologie, dépende de l'autorité et non de
la vérité. Dire cela n'est pas s'engager dans une «polémique à bon marché» à la lumière d'un
changement de mentalité plutôt remarquable entre 1984 et 2000. En 1984, en discutant le
contenu du Troisième Secret, le Cardinal Ratzinger a parlé des «derniers temps» et de
«prophétie religieuse» et a dit:
«... mais les choses contenues dans ce troisième secret correspondent à ce qui est annoncé
dans la Sainte Ecriture et sont confirmées par beaucoup d'autres apparitions mariales dont on
connaît le contenu17.»
Nous sommes encore une fois face à la même teneur fondamentale de la publication
entière, qui est profondément malhonnête en essayant de minimiser le Troisième Secret en
une prédiction insignifiante d'un attentat manque à la vie du Saint-Père. Peut-on taxer
«d'insignifiante» prédiction l'attentat manque à la vie du Saint-Père? Oui! Nous l'avons déjà
dit et c'est la vérité: l'attentat a échoué et même si le Pape avait été tué, cela n'aurait eu rien à
voir avec le Troisième Secret. En dialecte romain, on dit: «Morto un Papa, se ne fa un'altro»:
à la mort d'un Pape, on en fait un autre.
Une autre question surgit: pourquoi personne au Vatican ne s'est-il inquiété de suggérer
que le Troisième Secret puisse traiter de la mort prématurée du Pape Jean-Paul I? Etait-il un
personnage totalement insignifiant? Aucun Pape ne l'est, mais Dieu n'a jamais su l'avenir. Il
sait. L'attentat manque à la vie d'un Pape est en vérité «sans grand mystère,» selon la formule
habile du Cardinal Ratzinger, mais la réelle — et tout à fait mystérieuse — mort d'un Pape a
été opportunément oubliée.
La prophétie et les commentaires des trois voyants ont expliqué abondamment «que le
Saint-Père aura beaucoup à souffrir.» Dans le contexte de deux guerres mondiales et —
comme nous verrons — bien pire, c'est frôler l'idolâtrie que de hausser l'importance d'un Pape
au point de faire de quelques mois d'hôpital le Troisième Secret. Ce que le Pape eut à souffrir
160
à l'hôpital Gemelli de Rome est quelque chose qu'on ne souhaiterait même pas examiner.
Cependant, avec la médecine d'aujourd'hui, la souffrance du Pape, à ce moment-là, n'est
même pas comparable au destin du simple prêtre dans les camps de concentration nazis —
pour ne pas mentionner le sort de beaucoup d'autres prêtres et évêques derrière le Rideau de
Fer.
Le plus fort de tout: si le Troisième Secret prédit seulement qu'un Pape survivra à une
tentative d'assassinat, alors pourquoi le Cardinal Ratzinger a-t-il dit en 1984 que si le Secret
n'avait pas été révélé, c'était pour éviter «de confondre la prophétie religieuse avec le
sensationnalisme»? Quoi de sensationnel en 1984 sur une prophétie concernant une tentative
d'assassinat manquée qui avait eu lieu trois ans plus tôt? Evidemment rien. Pour le point à lui
seul, la flagrante contradiction du Cardinal Ratzinger par rapport à son propre témoignage
précédent, est fatale à sa crédibilité. Sa version actuelle du Troisième Secret est ce que les
hommes de loi appellent une invention récente. Le contenu «sensationnel» qu'il avait à l'esprit
en 1984 n'aurait absolument pas pu être l'attentat de 1981.
L'un des Papes les plus érudits de l'histoire, Benoît XIV, dit avec raison que ces
révélations ne peuvent être retenues avec l'assentiment de la Foi, mais avec «plutôt un
assentiment de foi humaine conforme aux règles de la prudence, qui nous les présentent
comme probables et crédibles dans un esprit de piété»: mais la citation du Pape Benoit XIV
par le Cardinal Ratzinger ignore assez habilement ce qui est si extraordinaire à Fatima et ce
qui sort Fatima de la catégorie des autres révélations «privées»: le Miracle incroyable du
soleil qui prouve que Fatima est un peu plus que justement «crédible pour la piété.»
Le Cardinal Ratzinger prend cette approche, semble-t-il, pour toutes les révélations
extraordinaires des deux siècles passés. Par exemple, il réduit les révélations extraordinaires
au sujet de la Fête-Dieu et du Sacré Cœur à Sainte Marguerite-Marie Alacoque, à un
événement qui a eu simplement un «effet dans la liturgie elle-même.» Cela frise le blasphème
quand on considère le destin de la France après le refus impertinent et désastreux de Louis
XIV et de ses deux successeurs, d'obéir à la requête du Christ pour la Consécration de la
France au Sacré Cœur, transmise à Sainte Marguerite Marie dans les mêmes révélations
«privées19.»
161
La conception erronée de la prophétie chez le Cardinal Ratzinger est scandaleusement
nette dans la déclaration suivante:
… il convient de tenir compte du fait que la prophétie, au sens biblique, ne signifie pas
prédire l'avenir, mais expliquer la volonté de Dieu pour le présent, et donc montrer la voie
droite vers l'avenir. Celui qui prédit l'avenir satisfait à la curiosité de la raison, qui désire
ouvrir le voile de l'avenir.
C'est l'équivalent d'un déni de toute prophétie, communément appelée l'une des plus
hautes de toutes les grâces généreusement accordées, les gratiae gratis datae. La prophétie
implique souvent l'interprétation correcte du passé et du présent, mais en tant que telle, est
comprise comme une prédiction de l'avenir. Ou bien Isaïe, David, le Christ et Saint Paul «ont
répondu à la curiosité de l'esprit» et les Pères de l'Eglise et de nombreux Docteurs de l'Eglise
ont simplement voulu «ôter le voile du futur,» ou bien le Cardinal Ratzinger a encore tort.
Peut-on vous laisser la réponse?
Le Cardinal Ratzinger réduit la prophétie aux «signes des temps,» peut-être parce qu'il
omet de voir les signes réels des temps, c'est-à-dire: les églises vides, l'hérésie, l'apostasie, le
blasphème, la perversion sexuelle et l'impureté, le néo-paganisme et en fait, un total désaccord
entre beaucoup d'évêques et de prêtres sur n'importe quoi dans l'Eglise Catholique. Le seul
point d'accord parmi les pouvoirs dirigeants du Vatican, c'est la haine de la théologie
catholique traditionnelle, qu'ils méprisent, en même temps que toute l'idée de la conversion de
la Russie à la Foi Catholique, encore une fois, le conflit même de visions ecclésiales d'où est
venu le crime que nous discutons ici.
Le Cardinal Ratzinger doit prétendre que ces vrais signes des temps n'ont rien à voir avec
cet événement connu sous le nom du Concile Vatican II, où il est proclamé que le Saint-Esprit
est venu pour la seconde fois. C'est évidemment faux, comme nous pouvons le voir d'après les
fruits amers du Concile.
[les visions] «ne décrivent pas de manière photographique les détails des événements à
venir, mais résument et condensent sur un même arrière-plan des faits qui se répartissent dans
le temps en une succession et une durée qui ne sont pas précisées».
Que tous ces événements soient dans le passé et sans grand mystère, c'est ici le message
évident de ces éminents Cardinaux.
162
iii) - «L'essai d'interprétation ...» du Cardinal Ratzinger
La première question qui se pose ici concerne la surprise du Cardinal Ratzinger. Dans
TMF (page 39), il déclare que le Message de la Vierge indiquant la dévotion à Son Cœur
Immaculé comme voie du salut est surprenant pour «des personnes provenant de l'ère
culturelle anglo-saxonne et allemande.» Pourquoi le Cardinal Ratzinger dit-il cela? Les
Anglais et les Allemands sont-ils trop ignorants pour avoir entendu parler du Sacré Cœur,20 de
Sainte Marguerite Marie Alacoque et de Saint Philippe Beniti, sans parler de Pape Léon XIII,
ou sont-ils trop intelligents pour tomber dans un tel romantisme italien ou espagnol?
L'Allemand sérieux dit-il à sa amie: «Je t'aime de toute ma tête»? ou un Anglais décidé
communiquerait-il sa passion par une sèche référence à sa faculté de la volonté? Quel est le
but de déclarations si ridicules? La réponse peut résider dans les lignes qui suivent cette
incompréhensible «surprise» parmi d'autres du Cardinal.
«La tentative d'interpréter le “secret” de Fatima» entreprise par le Cardinal Ratzinger est
un échec total à interpréter ce qui, de toute façon, n'est pas le secret en tant que tel, puisque
celui-ci n'a pas été révélé, mais il réussit à discréditer rien moins que l'Immaculé Conception
Elle-Même. Cet éminent prince de l'Eglise semble avoir oublié que, en apparaissant à
Lourdes, Elle ne S'est pas présentée comme «Conçue Immaculément,» mais Elle a dit plutôt
«Je suis l'Immaculée Conception.» Seulement Elle, parmi toutes les simples créatures, a été
conçue à jamais sans le Péché Originel et n'a jamais commis un péché. Seulement, Son cœur
— la troisième faculté de l'âme, non l'organe interne, mais le cœur que Saint Thomas d'Aquin
appelle le sensus communis — est par conséquent le Cœur Immaculé. Le Cardinal Ratzinger
ne se refuse pas à élargir ce terme, réservé à la Mère de Dieu, pour inclure tout «cœur qui, à
partir de Dieu, est parvenu à une parfaite unité intérieure et donc “voit Dieu”.» Il n'a même
pas honte d'abuser de l'Evangile pour son interprétation en citant Matthieu 5:8, qui dit
seulement: «Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.» Le Christ parle des purs de cœur,
et non de «parfaite unité intérieure» et certainement pas du seul Cœur Immaculé. Si nous
suivons ce déni implicite de l'exclusivité du Cœur Immaculé, en l'attribuant à tous ceux qui
sont «purs de cœur,» alors nous pourrions aussi bien arriver à la conclusion logique que tous
les prêtres ont un cœur sacré, puisqu'ils sont consacrés alter Christus (un autre Christ), ce qui
pourrait expliquer leur titre latin de Révérendus (être révéré). Mais dire que tous les prêtres
ont un cœur sacré serait blasphématoire, et c'est exactement ce qu'on devrait penser de la
minimisation du Cœur Immaculé par le Cardinal Ratzinger.
Même l'objection «typiquement protestante» «que nous ne devrions pas placer un être
humain entre nous-mêmes et le Christ» trouve une réponse chez le Cardinal Ratzinger qui
apparemment ignore Notre-Dame: il cite l'exhortation de Saint Paul à «l'imiter,» au lieu
d'expliquer que c'était Notre-Seigneur Lui-Même qui plaçait, entre Lui-Même et nous, un
simple être humain en faisant de Sa Mère la Médiatrice de toutes grâces!
En examinant les seules images de la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc,» le Cardinal
Ratzinger dit:
C'est encore le déni de la prophétie: les enfants n'ont pas eu une vision entièrement
conditionnelle. Notre-Dame a nettement distingué l'avenir inchangeable des conséquences qui
163
surviendraient si on ne tenait pas compte de Ses demandes. Déclarer comme changeable le
véritable avenir en tant que tel, quoi qu'il arrive en fait, c'est contre l'enseignement de l'Eglise
sur la Divine Providence et la Prédestination. Le plan éternel de la Divine Providence est
immuable parce que Dieu est immuable et rien ne peut arriver indépendamment de la
Providence22. Dans Sa Divine Sagesse, Dieu connaît tout l'avenir, qui est, donc, inchangeable,
comme l'a enseigné avec autorité Vatican I. (D.S. 3003)
Si le Cardinal Ratzinger était bien conscient de ce qu'il dit, il serait hérétique au moins
matériellement; s'il veut dire que nous pouvons changer l'avenir, en suivant la requête de
Notre-Dame, alors sa conception de l'avenir est déviée. Si un homme décide de devenir prêtre
plutôt que père de famille, il ne «change» pas son avenir, qui était décidé avant sa naissance;
il a plutôt changé d'idée. La déclaration du Cardinal Ratzinger est soit l'expression d'un
subjectiviste, soit d'un esprit hérétique. C'est ce dernier qui semble le cas, si nous considérons
la déclaration: «Il n'existe pas de destin immuable23.»
La certitude subjective du Cardinal à nier toute sorte «d'image de film» (vu par les trois
enfants de Fatima) montre qu'il semble se prendre pour le vrai prophète de Fatima — lui-
même, et certainement pas Notre-Dame de Fatima.
Sœur Lucie enfin est discréditée comme voyante quand le Cardinal Ratzinger dit que la
vision incorpore des images qu'elle «peut avoir vues dans les livres de piété24.» Cela équivaut
à déclarer toute la vision comme produit de l'imagination et entre confortablement dans le
plan de dissolution de Fatima «réduit à rien de plus que piété et platitudes catholiques du
genre, impliquant des événements terminés dont on ne parle plus,» tels que dans son article, le
Père Gruner, avec tant de justesse, dépeint le commentaire Bertone/Ratzinger25.
Comme nous en avons discuté dans un précédent chapitre, la dernière page de TMF
déclare de nouveau que tout dans le Secret appartient au passé, y compris les mots de Notre-
Dame: «Mon Cœur Immaculé triomphera,» dont le Cardinal enlève délibérément les mots: à
la fin. Le Cardinal réduit tout Fatima au «fiat de Marie, la parole de Son Cœur, a changé
l'histoire du monde26.» C'est évidemment une manière ridicule et maladroite d'éliminer
entièrement Fatima de la scène.
Comme l'a expliqué l'Archevêque Alban Goodier, S.J. dans son commentaire classique
sur ce passage de l'Ecriture, Notre-Seigneur enseignait à Ses disciples à être sur leurs gardes
contre les subtilités des Pharisiens, qui étaient beaucoup plus dangereuses que toute
opposition ouverte au Christ:
164
Ce n'était pas tellement leur opposition qu'Il craignait pour Les Siens, c'était leur subtilité
(celle des Pharisiens). Auparavant, les Pharisiens l'avaient blâmé à cause de Ses Miracles et
autres bonnes actions; Il savait que cela ne Lui enlèverait pas Ses amis. Or, ce matin, ils (les
Pharisiens) étaient venus, avec une simplicité affectée, un air de désirer savoir la vérité, un
intérêt appel à les prophètes, un zèle pour la tradition, un respect de la loi et de l'ordre et de
l'obéissance aux pouvoirs en place. Et tout cela, Il le savait, affecterait vraisemblablement Les
Siens, plus que toute hostilité ouverte. Comme le levain, à moins de vigilance, cela se
répandrait parmi eux inconsciemment27.
La Vierge de Fatima, comme Notre-Seigneur Lui-Même, a été très directe dans Son
Message. Mais le Cardinal Ratzinger, comme les Pharisiens d'autrefois, est plein de subtilités
et de citations de l'Ecriture qui, habilement présentées, obscurcissent la simplicité de la vérité
de Dieu. Et comme les Pharisiens, le Cardinal présente son obscurcissement avec grand
étalage de respect pour la Messagère et le Message; mais sous l'apparence de respect gît un
mépris finement déguisé. Au moment où le Cardinal se satisfait de son «tribut» pharisaïque à
Fatima, il n'en reste plus rien. Pour lui, l'affaire est toute en subtilités — si subtile qu'elle
s'évanouit.
Mais les apparitions de Fatima ne sont pas si subtiles. Elles furent données à des petits
enfants qui ne savaient pas lire, pour l'édification et l'instruction des sages et des savants de ce
monde, y compris les théologiens du Vatican. Ou bien Notre-Dame est apparue à Fatima ou
bien Elle n'est pas apparue. Ou bien Elle a donné aux enfants un Message clair, facile à retenir
et à répéter tout comme ils l'avaient entendu, ou Elle ne l'a pas fait. Ou bien Elle avait
l'intention que ce Message soit passé au monde, ou bien Elle n'en avait pas l'intention. Ou
bien Elle s'est assurée que Son Message serait précisément transmis ou bien Elle ne s'en est
pas assurée. Ou bien, par le Miracle du Soleil, Elle a garanti au-delà de toute ombre de doute
raisonnable que c'était Elle, en vérité, la Reine du Ciel et de la Terre, Qui est venue, Qui a
parlé, Qui a donné des ordres, ou bien Elle ne l'a pas garanti. La réponse, dans tous les cas, est
qu'Elle l'a fait, bien entendu, car Elle est la Mère de Dieu.
Comme les disciples dans leur rencontre avec les Pharisiens, nous devons être sur nos
gardes contre les subtilités pharisaïques qui se sont répandues comme un levain empoisonné à
travers toute l'Eglise, au cours des quarante dernières années. Or, ce dernier levain actuel des
Pharisiens cherche à pénétrer le Message de Fatima, puisque le Cardinal Ratzinger nous dit
que tout cœur peut être semblable au Cœur Immaculé et que «A la fin, Mon Cœur Immaculé
triomphera» signifie l'Annonciation d'il y a 2 000 ans. Les Pharisiens d'autrefois étaient
dangereux, précisément parce qu'ils semblaient avoir un respect authentique pour la vérité.
Aujourd'hui un respect simulé pour le Message de Fatima cache ses opposants les plus
déterminés.
Conclusion
Dans l'un des événements plus étrange d'une Eglise post-conciliaire déjà très étrange,
nous nous trouvons face à bon nombre de questions qui surgissent de commentaires non-
orthodoxes fournis par le Cardinal Ratzinger et Monseigneur Bertone, à propos de la vision du
Troisième Secret:
• Pourquoi les paroles réelles de Notre-Dame, le vrai Troisième Secret, noté sur une
simple feuille et — très probablement encore dans le coffre-fort du Pape sont-elles
cachées au public, et même niées?
165
• Pourquoi la vision publiée, qui traite évidemment du meurtre d'un Pape à l'avenir, est-
elle associée à l'attentat du Pape de 1981 qui a échoué?
• Pourquoi le Secret, longtemps dissimulé, est-il minimisé comme étant «aucun grand
mystère» et réduit au symbolisme?
• Pourquoi minimiser le Cœur Immaculé et le mettre à égalité avec «les purs de cœur»?
• Pourquoi nier que l'avenir est immuable et nier, en même temps la Providence de
Dieu, au moins implicitement?
• Quel est le but de publier en premier lieu la vision du Troisième Secret, alors que les
paroles de Notre-Dame sont dissimulées et la vision réduite à rien?
La déposition apporte une seule réponse à toutes ces questions: toutes les fois que nous
sommes face à un péché, un mensonge par exemple, il nous faut poser une question: Cui
bono? — au profit de qui?
Comme il est évident que le Troisième Secret n'est pas truqué pour prédire des visions
politiquement correctes ou avantageuses pour l'avenir, mais — au contraire — est réduit au
passé et privé de toute importance, le seul but de tout l'acte de publication, doit être une
déviation stratégique des paroles réelles de Notre-Dame: une vision et une prophétie sont
transformées en duperie ou — comme il plaît de dire aux services de renseignements —
gestion de perception.
166
Cette réponse n'est pas simple spéculation, loin de là. Toute pièce justificative dont nous
avons discuté jusqu'à présent, y compris la vision elle-même du Troisième Secret et autres
apparitions approuvées auxquelles s'est référé le Cardinal Ratzinger lui-même en 1984, mène
à la conclusion que le vrai Troisième Secret doit être les paroles de Notre-Dame cachées au
public et, peut-être, le texte authentique de la vision censément publiée.
En conséquence, peut-on être sûr que les lignes «de Sœur Lucie» ne sont pas le produit
du software capable de reproduire l'écriture manuscrite et disponible pour moins de cent
dollars? Et dans ce cas, qui serait autorisé à interroger Sœur Lucie sur la publication?
Certainement aucun d'entre nous.
Ce n'est pas simple paranoïa, mais seulement doute prudent sur la fiabilité habituelle de
personnes qui nous ont dit des mensonges démontrables. On n'est pas paranoïaque pour avoir
des doutes à propos d'inconsistances et de contradictions avec soi-même.
Il ne peut y avoir beaucoup de raisons, s'il en est, pour dissimuler un message de Notre-
Dame: il serait concevable que le message fût assez terrifiant pour causer la panique, comme
la prophétie d'une catastrophe limitée localement, une inondation ou une attaque nucléaire. Ou
le message pourrait être trop symbolique pour être compris, comme ce pourrait être le cas de
quelques lignes de l'Apocalypse. Ou le message pourrait être explicite et clair, mais fort
gênant pour ceux qui détiennent le pouvoir de le publier.
Il semble évident que les deux premières possibilités ne sont pas dans les caractéristiques
de Fatima et de la plupart des apparitions mariales, ce qui nous mène à la troisième possibilité
pour notre conclusion: le Vatican a quelque chose à cacher qui serait extrêmement gênant.
Nous rappelons le témoignage du Père Joaquim Alonso qui pendant seize ans fut l'archiviste
officiel de Fatima:
Il est donc tout à fait probable, écrit-il, que le texte [du troisième Secret] fasse des
allusions concrètes à la crise de la foi de l'Eglise et à la négligence des pasteurs eux-mêmes
(et aux) luttes intestines au sein de l'Eglise même et de graves négligences pastorales de la
haute Hiérarchie29.
167
C'est absolument conforme à l'apparition et au message de Notre-Dame de La Salette en
1846, à l'apparition en 1634 de Notre-Dame de Bonne Fortune à Quito, et quelques autres. Et
il est peut-être possible que nous connaissions le vrai texte du Troisième Secret. Voilà le récit
fait il y a quelques années par un prêtre français apparemment fiable qui entendit un message
surnaturel en écoutant un enregistrement dans une sorte d'Oratoire. Il déclare avoir entendu
les lignes suivantes:
Bien sûr, il n'y a absolument aucune preuve de l'authenticité de ce texte. On ne doit pas
déclarer que c'est le vrai Troisième Secret. Cependant, il signifie beaucoup plus que tout ce
qui est contenu dans «l'interprétation» vaticane de la partie de la vision du Troisième Secret.
L'Eglise se trouve à une heure d'inquiétude, d'auto-critique, on pourrait même dire d'auto-
destruction! C'est comme une révolution interne, aiguë et compliquée, à laquelle personne ne
s'attendait après le Concile. (7 décembre 1968)
Il a aussi mentionné «la fumée de Satan» qui était entrée dans l'Eglise. Même le Pape
Paul VI qui se trouvait au centre de la crise, a perçu le désastre jusqu'à un certain point. Est-il
concevable que Notre-Dame de Fatima n'ait rien eu à dire à ce sujet, alors que d'autres
apparitions approuvées, de l'aveu même du Cardinal Ratzinger, parlent de dangers pour la foi?
Il est clair que c'est impossible!
168
Le Père Caillon a dit «Un ordre est venu de Rome obligeant tout le monde à dire et à penser: “La
Consécration est faite. Le Pape ayant fait son possible, le Ciel a daigné agréer ce geste”.» C'est à cette
époque (1988-89) que beaucoup d'oeuvres de Fatima qui avaient répété avec insistance que la
Consécration de la Russie n'avait pas été faite, se sont mises à affirmer soudain que la Consécration de
1984 accomplissait les désirs du Ciel (voir pages 71 et 223).
Notes:
1. Entre 1986 et 1991, plusieurs Sanpietrini, gardes en uniforme de la Basilique Saint-Pierre de Rome ont
annoncé directement au Père Gregorius Hesse (qui a travaillé des années au Vatican) que, presque après chaque
Messe du Pape sur la place Saint-Pierre, on trouve des Hosties Consacrées sur le sol.
2. Seule peut plaire à Dieu une religion par laquelle on peut être sauvé, et il y en a une seule (ce qui est un
Dogme de la Foi), donc le contraire est une hérésie et c'est aussi un blasphème, puisque Dieu, Qui est la Vérité,
ne peut prendre à la légère la Vérité, donc déclarer le contraire est un blasphème.
5. Ibid., p. 55.
6. Ibid., p. 18.
7. Daniel Le Roux, Petrus, liebst du mich? (Pierre-M'aimes-tu?), Stuttgart 1990, p. 110, publiée par Instauratio
Press, Yarra Junction, Australie, 1988.
8. Ibid., p. 112.
9. Ibid., p. 127.
169
14. Ibid., p. 144.
16. Joseph Cardinal Ratzinger «Commentaire Théologique» Le Message de Fatima (TMF), 26 juin 2000, p. 32.
19. Voir Monseigneur Emile Bougaud, The Life of Saint Margaret Mary Alacoque (La Vie de Sainte-Marguerite
Marie Alacoque) (publiée par Benzinger, 1890, republiée par TAN Books and Publishers, 1990), Chap. 14, «The
Last Grand Revelation - The King of France, 1689 (la Dernière Grande Révélation - Le Roi de France, 1689).»
20. Au 13e siècle, Ste. Gertrude, allemande, fut un «Héraut du Sacré-Cœur.» Voir St. Gertrude the Great (Ste.
Gertrude la Grande), publié par le Couvent Bénédictin du Clyde (Missouri), republié par TAN Books and
Publishers en 1979, pp. 26ff. Nous ne comprenons donc pas pourquoi «le monde culturel allemand» trouverait
étrange la Dévotion au Sacré-Cœur ou au Cœur Immaculé.
21. Joseph Cardinal Ratzinger, «Commentaire Théologique» Le Message de Fatima, 26 juin 2000, p. 41.
22. Sainte Thomas d'Aquin, Summa Theologiae (Somme Théologique), I.q.22, a.2.
24. Ibid.
26. Joseph Cardinal Ratzinger, «Commentaire Théologique» Le Message de Fatima, (TMF) 26 juin 2000, p. 44.
27. Archevêque Goodier, S.J., The Public Life of Our Lord Jesus Christ, Vol. I (La Vie Publique de Notre-
Seigneur Jésus-Christ), (Burns Oates & Washbourne Ltd., London, Angleterre, 1932), p. 462.
28. Le Cardinal Sodano, le 13 mai 2000 a dit à Fatima dans son discours, «Les événements successifs de 1989,
dans l'Union Soviétique ainsi que dans beaucoup de pays de l'Europe de l'Est, ont mené à la chute des régimes
communistes qui ont milité pour l'athéisme.»
29. Le Père Joaquin Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima (La Vérité sur le Secret de Fatima) (Centro
Mariano, Madrid, Espagne 1976), p. 73. Dans Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima -
Vol. III: Le Troisième Secret, p. 472. Voir aussi The Fatima Crusader, n° 64, p. 121.
170
Chapitre 12
Le meilleur témoin pour soutenir que quelque chose devait manquer était — assez
ironiquement, le Cardinal Ratzinger lui-même — dans l'entrevue de 1984 pour la revue Jesus
que nous avons déjà aigu-dehors. Que s'était-il passé pour la «prophétie religieuse» que le
Cardinal avait mentionnée à ce moment-là, concernant les «dangers pour la foi et la vie du
Chrétien et donc (la vie) du monde»? Que dire de sa déclaration de 1984: «Les choses
contenues dans ce “Troisième Secret” correspondent à ce qui a été annoncé dans l'Ecriture et a
été redit et répété dans maintes autres apparitions mariales, tout d'abord celle de Fatima elle-
même dans son contenu [déjà] connu»? Rien dans la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc» ne
répète ce qui a été dit en maintes autres apparitions mariales, car dans cette vision Marie ne
dit rien du tout. Et si, comme le déclarait maintenant le Cardinal Ratzinger en 2000, «un
Evêque vêtu de Blanc» était le Pape Jean-Paul II échappant à la mort en 1981, pourquoi le
Cardinal Ratzinger ne l'avait-il pas simplement révélé en 1984 et déclaré que le Troisième
Secret avait été accompli?
Quant au Secret, eh bien! J'en arrive à me trouver au nombre de ces personnes qui
pensent que nous n'avons pas eu le tout. J'ai bien dit! Je veux dire, vous avez le droit à votre
opinion personnelle, n'est-ce pas, Père? Là, vous savez, c'est mon opinion. Parce que je pense
qu'il est effrayant. Et je ne pense pas que le Saint Siège va dire quelque chose qui n'arrivera
pas, qui pourrait arriver. Et alors, que se passe-t-il si ça n'arrive pas? Je veux dire que le Saint
Siège ne peut se permettre de faire des prophéties1.
La question que nous devons aborder dans ce chapitre — la question soulevée par des
Catholiques comme la Mère Angelica — c'est de savoir si le Troisième Secret de Fatima est
tout entier contenu dans le seul document publié en juin 2000, ou s'il se compose de deux
documents: La vision publiée en juin 2000 et un texte séparé contenant les mots de Notre-
Dame pour expliquer la vision — mots qui probablement suivent immédiatement l'expression
«Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» au Quatrième Mémoire de
Lucie.
171
Comme nous l'avons noté au chapitre 4, l'existence de deux documents — l'un étant une
lettre écrite sur une simple feuille de papier et cacheté dans une enveloppe, l'autre étant dans
un cahier que Sœur Lucie a transféré en même temps que l'enveloppe — est clairement
suggéré par l'affirmation de différents témoins crédibles, y compris Sœur Lucie. On peut
trouver une discussion plus détaillée de leur témoignage dans le livre de Frère Michel: Toute
la Vérité sur Fatima - Volume III: Le Troisième Secret. Les 20 000 copies de l'édition
française du Volume III furent publiées en 1985 et 1986 (après plus de 4 ans de recherche) et
50 000 copies de l'édition anglaise furent publiées en 1990. A notre connaissance, ce livre n'a
jamais été remis en question quant à l'authenticité ou à la perfection de la recherche. Le
Volume III à lui seul offre plus de 1 150 notes, citant de nombreux documents, témoins et
témoignages. De même, les sources de Frère Michel et ses propres témoignages n'ont jamais
été remis en question; il faut donc considérer Frère Michel lui-même comme un témoin valide
et crédible2.
A partir de documents à notre portée dont certains ont déjà été exposés dans les chapitres
précédents, nous entreprenons maintenant la tâche de prouver qu'il y a, en fait, deux
manuscrits de Sœur Lucie se rapportant au Troisième Secret et que les deux documents ont
été acheminés finalement vers le Vatican. Nous rappelons ce que Sœur Lucie a écrit à
Monseigneur da Silva le 9 janvier 1944:
J'ai écrit ce que vous m'avez demandé; Dieu a voulu m'éprouver un peu, mais finalement,
c'était bien cela sa volonté: [le texte] est cacheté dans une enveloppe et celli-ci est dans les
cahiers...3
L'examen de l'original en portugais révèle que Sœur Lucie veut dire que le Secret
proprement dit est dans l'enveloppe et que l'enveloppe est dans l'un de ses cahiers qu'elle
confiait aussi à l'Archevêque Manuel Maria Ferreira da Silva (Archevêque de Gurza) pour
transfert à l'évêque de Fatima, Monseigneur da Silva en juin 1944. Comme le déclare plus
loin Frère Michel:
Discrètement, la voyante remit à l'évêque de Gurza le cahier dans lequel elle avait glissé
l'enveloppe du Secret. Le soir-même, celui-ci remettait l'enveloppe entre les mains de Mgr da
Silva...4»
Mais qu'est-il advenu du cahier? Il contient certainement quelque texte en rapport avec le
Troisième Secret. Pour quelle autre raison Sœur Lucie aurait-elle confié à la fois l'enveloppe
cachetée et le cahier à l'évêque de Fatima?
Le tableau suivant résume onze faits différents qui indiquent l'existence de deux
manuscrits pour le Troisième Secret de Fatima: l'un dans l'enveloppe contenant les paroles de
Notre-Dame, et un autre dans le cahier, contenant probablement la vision d'«un Evêque vêtu
de Blanc» qui fut révélée le 26 juin 2000. Nous examinerons ces faits dans les parties
suivantes. Dés le début cependant, il nous faut bien faire remarquer qu'on ne peut escompter
la possibilité de la perte ou de la destruction du texte de l'enveloppe et l'impossibilité de
jamais le fournir.
172
Texte du Troisième Secret Texte du Troisième Secret
#1 #2
Cité par Différents Témoins Publié par le Vatican
(voir chapitre 4) 26 juin 2000
(1) Le texte contient les paroles Le texte ne contient pas de
de Notre-Dame. paroles de Notre-Dame.
(2) Texte transféré au Saint- Texte transféré au Saint-
Office - le 16 avril 1957. Office - le 4 avril 1957.
(3) Ecrit sur une seule feuille de Ecrit sur 4 feuilles de papier.
papier.
(4) Environ 25 lignes de texte. 62 lignes de texte.
(5) Texte prêt le 9 janvier 1944. Texte prêt le 3 janvier 1944.
(6) Le Pape Jean-Paul II a lu le Le Pape Jean-Paul II a lu le
texte en 1978. texte le 18 juillet 1981.
(7) Le Pape Jean-Paul II a Ce texte ne fut pas lu par le
consacré le monde le 7 juin Pape avant son acte de
1981 après avoir lu le texte en consécration du monde le 7
1978, mais avant de lire le juin 1981.
texte de 4 pages qu'il n'a lu
que le 18 juillet 1981.
(8) Ecrit sous forme de lettre Pas écrit sous forme de lettre
(avec adresse et signature). (ni adresse ni signature), mais
comme une écriture dans le
cahier de Sœur Lucie.
(9) En réserve au chevet du Pape. Dans le bâtiment du Saint-
Office.
(10) La simple feuille de papier a Les 4 feuilles de papier n'ont
des marges de chaque côté de pas de marge.
trois quarts de centimètre.
(11) Explique la vision. Décrit la vision.
Fait #1:
173
Dans des cercles du Vatican hautement dignes de foi, on vient de déclarer au représentant
de l'United Press International qu'il est fort probable que la lettre dans laquelle sœur Lucie
écrivit les paroles que la Vierge Marie adressa aux trois pastoureaux à la Cova da Iria, ne soit
jamais ouverte5.
Nous avons aussi le propre témoignage de Sœur Lucie: Le Troisième Secret contient les
paroles réelles de Notre-Dame, pas simplement une vision sans paroles. Le Frère Michel
rapporte:
… Dans son troisième Mémoire, rédigé en juillet-août 1941, Sœur Lucie s'était contentée
de mentionner l'existence d'une troisième partie du Secret, mais elle n'en n'avait encore rien
dit. Ce fut quelques mois plus tard, dans son quatrième Mémoire, écrit d'octobre à décembre
1941, qu'elle se décida à en dire davantage. Elle retranscrivit alors presque littéralement le
texte du troisième Mémoire, mais en ajoutant à la suite des derniers mots — «… et il sera
donné au monde un temps de paix» — la nouvelle phrase: «Em Portugal se conservará
sempre o dogma da fé, etc.6»
Si bien qu'en 1943, lorsque Mgr da Silva lui eut demandé d'en rédiger le texte [du
Troisième Secret] et qu'elle rencontrait d'insurmontables difficultés pour obéir à cet ordre, elle
déclara un jour que ce n'était pas absolument nécessaire de le faire, «puisque d'une certaine
façon elle l'avait dit7.» Sans doute faisait-elle allusion aux dix mots discrètement ajoutés en
décembre 1941 au texte du grand Secret, mais si discrètement que presque personne n'y
prendra garde8.
Il est très remarquable que ces mots discrètement ajoutés — «Au Portugal se conservera
toujours le dogme de la Foi, etc.» sont ceux-là même que TMF essaye d'éviter en les réduisant
à une note, comme s'ils n'étaient d'aucune importance et en se basant, pour le texte du Grand
Secret, sur le Troisième Mémoire qui ne contient pas cet ajout.
Nous répétons la question posée plus haut: Pourquoi le Cardinal Sodano, le Cardinal
Ratzinger et Mgr Bertone ont-ils choisi le Troisième Mémoire alors que le Quatrième
Mémoire offre un texte plus complet du Message de Fatima? La réponse est claire: ils ont
choisi le Troisième Mémoire afin d'éviter toute discussion de l'expression importante: «Au
Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» Par cet expédient, ils ont habilement
contourné une indication évidente que le Message de Fatima comporte des paroles ultérieures
de la Vierge comprises à l'intérieur du «etc.», et que ces mots qui manquent doivent se
rapporter au Troisième Secret. S'il n'en était pas ainsi, alors Sodano/Ratzinger/Bertone
n'auraient pas montré une telle aversion pour cette expression. Ils auraient simplement utilisé
le Quatrième Mémoire, incluant cette expression dans la discussion de TMF sur les deux
premières parties du Grand Secret de Fatima. On peut seulement conclure que l'expression si
répugnante pour eux est, en fait, la porte d'entrée au Troisième Secret de Fatima et qu'ils n'ont
pas souhaité attirer les regards des fidèles ou du monde en général sur cette porte d'entrée, car
elle soulève trop de questions sur ce qui se trouve au-delà.
174
Le reste du Secret indiqué par le «etc.» n'a pas été enregistré dans le Quatrième Mémoire,
mais dans le texte plus tardif en contestation, le texte manquant du Troisième Secret qui
explique la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc.»
Comme nous l'avons souligné au chapitre 4, ces dix mots — «Em Portugal se conservara
sempre o dogma da fe, etc. (Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.)»
introduisent dans le Secret de Fatima une pensée nouvelle et incomplète. L'expression
suggère, comme en a conclu tout expert respectable de Fatima qu'il y a une suite et que le
«etc.» ne fait que remplacer la troisième partie du Secret. Mais le manuscrit du Troisième
Secret, publié par le Vatican en juin 2000 (c'est-à-dire le Texte #2 d'après le tableau de la page
121), publié dans TMF ne contient aucun mot de Notre-Dame; il décrit seulement le vision du
Secret vu par les trois enfants de Fatima. Ce texte n'explique pas la nouvelle phrase du
Quatrième Mémoire et ne fournit pas non plus les mots compris dans le «etc.»
Le fait #2:
Documentation de Preuves au Fait #2 -
Dates Différentes de Transfert
Frère François nous dit quand le texte du Troisième Secret fut transféré au Saint-Office
(maintenant Congrégation pour la Doctrine de la Foi):
Arrivé au Vatican le 16 avril 1957, le Secret fut sans doute placé presque aussitôt par le
Pape Pie XII dans son bureau personnel, à l'intérieur d'un petit coffre de bois, portant la
mention Secretum Sancti Officii: (Secret du Saint-Office)9.
Il est important de rappeler ce que nous avons noté plus haut: que le Pape était à la tête du
Saint-Office avant la réorganisation de la Curie Romaine en 1967 par le Pape Paul VI. Il était
donc tout à fait normal pour le Pape de garder en sa possession le Troisième Secret et pour la
boite le contenant, de porter l'étiquette «Secret du Saint-Office.» Le Pape étant à la tête du
Saint-Office, cette boite faisait partie des archives du Saint-Office.
175
Le commentaire du Vatican déclare, cependant, que le manuscrit original du Troisième
Secret, écrit par Lucie, fut transféré au Saint-Office le 4 avril, 1957. De plus, l'Archevêque
Tarcisio Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, nous dit:
Il existe un seul manuscrit, qui est ici reproduit photographiquement. L'enveloppe scellée
fut gardée d'abord par l'évêque de Leiria. Pour mieux conserver le «secret», l'enveloppe fut
remise le 4 avril 1957 aux Archives secrètes du Saint-Office10.
Fait #3:
Documentation de Preuves au Fait #3 -
Le texte #1 est une seule Feuille de Papier
Comme nous l'avons montré au chapitre 4, le Cardinal Ottaviani, en tant que Préfet de la
Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 1967, a déclaré qu'il avait lu le Troisième Secret et
qu'il était écrit sur une seule feuille de papier. Il a attesté ce fait le 11 février 1967, à une
conférence de presse au cours d'un rassemblement de l'Académie Pontificale Mariale à Rome:
Et alors, qu'a-t-elle (Lucie) fait pour obéir à la Très Sainte Vierge? Elle a écrit sur une
feuille, en portugais, ce que la Sainte Vierge lui avait demandé de dire...11
Moi qui ai eu la grâce et le don de lire ce qui est le texte du Secret — mais je suis secret
moi aussi parce que je suis tenu au secret...12
Par voie de confirmation, le Père Alonso rapporte que tous les deux, Sœur Lucie et le
Cardinal Ottaviani, déclarent que le Secret était écrit sur une seule feuille de papier:
Lucie nous dit qu'elle l'a écrit sur une feuille de papier. Le Cardinal Ottaviani, qui l'a lu,
nous a dit de même: «Elle a écrit sur une feuille...13»
176
porter les écrits de Lucie au Nonce, Monseigneur Venancio regarda l'enveloppe contenant le
Troisième Secret en l'élevant à la lumière et vit que le Secret était «écrit sur une petite feuille
de papier14.» Frère Michel a été un témoin de première main pour cette attestation de haute
preuve:
Mgr Venancio raconte qu'une fois seul chez lui, il prit la grande enveloppe du Secret et
qu'il essaya de voir, par transparence, quel en était le contenu. Dans la grande enveloppe de
l'évêque, il discerna une enveloppe plus petite, celle de Lucie, et à l'intérieur une feuille
ordinaire, avec trois quarts de centimètre de marge de chaque côté. Il prit le soin de noter la
taille de tout cela. L'ultime Secret de Fatima est donc écrit sur une petite feuille de papier16.
Le manuscrit du Troisième Secret publié par le Vatican en juin 2000 est écrit sur quatre
feuilles de papier. Il y a là vraiment quelque chose qui ne va pas.
Fait #4:
Documentation de Preuves au Fait #4 -
Le texte #1, c'est 25 Lignes de Texte Calligraphié
Outre les textes cités à l'appui du Fait #3 quant au fait que le Troisième Secret est écrit
sur simplement une seule feuille de papier, Frère Michel et Frère François s'accordent tous
deux pour dire que le texte du Troisième Secret contient seulement 20 à 30 lignes.
… nous sommes aussi sûrs que les quelque vingt ou trente lignes du troisième Secret...17
L'ultime Secret de Fatima, écrit sur une petite feuille de papier, n'est donc très long.
Probablement vingt à vingt-cinq lignes...18
D'un autre côté, le manuscrit du Troisième Secret, publié par le Vatican en juin 2000,
contient 62 lignes de texte calligraphié. Là encore, il y a vraiment quelque chose qui ne va
pas.
177
Que Peut-on Conclure pour le Fait #4
La contradiction démontre qu'il y a deux documents: l'un avec 20 à 30 lignes de texte sur
une seule feuille de papier, l'autre avec 62 lignes sur quatre feuilles de papier.
Fait #5:
Documentation de Preuves au Fait #5 -
Le texte #1 N'Etait Pas Prêt au 3 janvier
Comme nous l'avons montré au chapitre 4, Lucie a d'abord essayé de noter le texte du
Troisième Secret en octobre 1943. Depuis cette mi-octobre jusqu'au début de janvier 1944,
Lucie, était empêchée par une angoisse indicible de noter le Troisième Secret par écrit.
Nous avons aussi noté que l'ordre de rédiger le Secret est venu quand Sœur Lucie fut
atteinte de pleurésie en juin 1943, ce qui amena le Chanoine Galamba et Monseigneur da
Silva à craindre qu'elle mourût sans avoir révélé la partie finale du Grand Secret de Fatima.
Le Chanoine Galamba convainquit plus tard Monseigneur da Silva de suggérer à Sœur Lucie
qu'elle notât par écrit le Secret. Sœur Lucie, cependant, ne voulut pas s'y plier sans un ordre
formel de l'évêque, qui fut donné finalement à la mi-octobre 1943.
Même alors, Sœur Lucie, pendant encore deux mois et demi, fut incapable d'obéir, jusqu'à
une apparition de la Très Sainte Vierge Marie le 2 janvier 1944, pour confirmer que c'était la
Volonté de Dieu qu'elle mît le Secret par écrit. C'est seulement alors que Lucie put surmonter
ses craintes et angoisses et rédiger le Secret20. Mais c'est seulement le 9 janvier 1944 que
Sœur Lucie a écrit à Monseigneur da Silva la note suivante pour l'informer que le Secret était
enfin rédigé:
J'ai écrit ce que vous m'avez demandé; Dieu a voulu m'éprouver un peu, mais finalement,
c'était bien cela Sa Volonté, [le texte] est cacheté dans une enveloppe et celle-ci est dans les
cahiers ...21
La troisième partie du «secret» fut écrite «par l'ordre de Son Excellence l'évêque de
Leiria et de la Sainte Mère» le 3 janvier 194423.
Considérant que Sœur Lucie avait enfin rédigé le Secret après une apparition de la Sainte
Mère, pourquoi n'aurait-elle pas immédiatement informé Monseigneur da Silva dès que le
document fut prêt, étant donné l'assurance de la Mère de Dieu que c'était pour elle la Volonté
de Dieu de livrer le document? Pourquoi Sœur Lucie, entraînée à l'obéissance, attendrait-elle
encore six jours — du 3 au 9 janvier — pour obéir à l'ordre du Ciel de rédiger le Troisième
Secret avant d'en informer son évêque? Nous pouvons en conclure que le texte du Troisième
Secret ne fut pas prêt avant le 9 janvier 1944 ou très peu avant.
178
Cette différence de date prête, par suite, un appui supplémentaire à l'existence de deux
documents: l'un contenant la vision, achevé le 3 janvier 1944; l'autre contenant les paroles de
Notre-Dame qui expliquent cette vision achevée le 9 janvier 1944 ou très peu avant.
De l'aveu général, cette conclusion dépend de preuves circonstancielles; mais les experts
de Fatima sont obligés de se fier à ce genre de preuves parce que le mouvement anti-Fatima,
depuis 1976, a bloqué la publication des œuvres du Père Joaquin Alonso, comportant plus de
5 000 documents en 24 volumes, résultat de ses 11 années de recherche jusqu'à cette date-là.
Comme nous l'avons noté, le Père Alonso a été, pendant seize ans, archiviste officiel de
Fatima.
Toutes les autres conclusions de cet article, sauf peut-être la conclusion concernant le Fait
#11, ne dépendent pas de preuves circonstancielles.
Fait #6:
Documentation de Preuves au Fait #6 -
Différentes Dates où le Pape pour la premiere fois a Lu le Secret
Le 1er juillet 2000, le Washington Post rapportait que les officiels du Vatican avaient
récemment fourni des dates contradictoires pour la première fois où le Pape Jean-Paul II a lu
le Troisième Secret:
Toutes ces déclarations sont vraies et conciliables s'il y a deux documents: en 1978, le
Pape a lu le document d'une page originellement cacheté dans l'enveloppe, contenant les
179
paroles de Notre-Dame; et puis le 18 juillet, Sa Sainteté a lu le document de 4 pages décrivant
la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc.»
Fait #7:
Documentation de Preuves au Fait #7 -
Le texte #1 a Inspiré au Pape de Consacrer le Monde
Tout de suite après la déclaration de l'Archevêque Bertone, cité en preuve du Fait #6,
l'Archevêque continue à nous dire:
Comment le Pape Jean-Paul II pouvait-il être poussé par le Troisième Secret à consacrer
le monde au Cœur Immaculé de Marie le 7 juin 1981, alors que, selon l'Archevêque Bertone,
le Pape n'a pas vraiment lu le Troisième Secret jusqu'à le 18 juillet 1981 — six semaines plus
tard?
Là encore, les deux déclarations peuvent se concilier s'il y a deux documents: le Pape a
lu, en 1978, le document d'une page, contenant les paroles de Notre-Dame — c'est le texte qui
l'a poussé à consacrer le monde le 7 juin 1981 — et puis, il a lu le document de quatre pages
décrivant la vision le 18 juillet 1981. Comme nous l'avons déjà montré au chapitre 6, les
déclarations du Pape Jean-Paul II démontrent qu'il voit ces actes de consécration du monde
comme préparant le terrain pour le jour où il se sentira enfin libre d'accomplir la Consécration
de la Russie.
Fait #8:
Documentation de Preuves au Fait #8 -
Le texte #1 Est une Lettre
Sœur Lucie, elle-même, nous dit que le Troisième Secret a été écrit sous forme de lettre.
Nous avons le témoignage écrit du Père Jongen qui, les 3-4 février 1946, a interrogé Sœur
Lucie:
«Vous avez déjà donné à connaître les deux premières parties du Secret. Quand sera-ce
pour la troisième?» «Cette troisième partie, je l'ai communiquée par une lettre adressée à Mgr
l'évêque de Leiria; ...» a-t-elle répondu28.
Quand Mgr l'évêque refuse de l'ouvrir, Lucie lui fait promettre qu'il serait ouverte
définitivement et lu au monde à sa mort [à elle, Lucie], ou en 1960, selon ce qui se produirait
d'abord29.
180
Mgr da Silva enferma (l'enveloppe cachetée par Lucie) dans une autre enveloppe sur
laquelle il indiqua que la lettre devait être ouverte en 1960, par lui-même, Mgr José Correia
da Silva, s'il était encore en vie, ou sinon par le cardinal patriarche de Lisbonne30.
D'autres évêques ont également parlé — et avec autorité — de la date de 1960 comme
indiquée pour ouvrir le fameux document. Ainsi, quand l'évêque, alors titulaire de Tiava, et
auxiliaire de Lisbonne, interroge Lucie au sujet de la date à laquelle sera ouvert le Secret, il
reçoit toujours la même réponse: En 196031.
Je pense que la lettre ne sera pas ouverte avant 1960. La sœur Lucie avait demandé
qu'elle ne fût pas ouverte avant sa mort, ou pas avant 1960. Or, nous sommes en 1959, et la
sœur Lucie jouit d'une bonne santé32.
Enfin, l'annonce du Vatican le 8 février 1960 par l'agence de presse ANI nous dit aussi
que le texte du Troisième Secret fut écrit comme une lettre.
… il est fort probable que la lettre dans laquelle sœur Lucie écrivit les paroles que la
Vierge Marie adressa aux trois pastoureaux à la Cova da Iria, ne soit jamais ouverte. ...33
Or le texte de la vision du Troisième Secret a aussi été identifié comme lettre dans le
commentaire du Vatican. Cependant, ce texte évidemment n'est pas une lettre puisqu'il:
• est daté à la fin, même si, selon la coutume au Portugal, depuis le 18ème siècle, aucune
lettre n'est datée à la fin, mais seulement au début;
Des copies de lettres écrites par Sœur Lucie ont été insérées dans ses Mémoires publiés;
les lettres ont toutes un destinataire, une date et sa signature.
Nous pouvons donc être sûrs que le document d'une page, mis à disposition le 9 janvier
1944, est une lettre adressée à quelqu'un (Sœur Lucie a dit au Père Jongen, en février 1946,
qu'elle l'avait envoyée à l'évêque de Léiria) et signée par Sœur Lucie.
Il est important de noter ici qu'on a offert à Sœur Lucie le choix d'écrire le Troisième
Secret sous forme de lettre ou dans son cahier, et qu'elle a décidé de l'écrire sous forme de
lettre. Selon le Père Alonso, Sœur Lucie a écrit à Monseigneur da Silva le 9 janvier 1944:
J'ai écrit ce que vous m'avez demandé; Dieu a voulu m'éprouver un peu, mais finalement,
c'était bien cela sa volonté: [le texte] est cacheté dans une enveloppe et celli-ci est dans les
cahiers34 ...
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De nouveau, comme nous l'avons noté ci-dessus, Frère Michel rapporte que, le 17 juin
1944:
Discrètement, la voyante remit à l'évêque de Gurza le cahier dans lequel elle avait glissé
l'enveloppe du Secret. Le soir-même, celui-ci remettait l'enveloppe entre les mains de Mgr da
Silva ...35
De plus, comme nous l'avons noté, le texte de la vision est daté du 3 janvier 1944, tandis
qu'est daté du 9 janvier 1944 la lettre de Sœur Lucie à l'évêque de Fatima déclarant: «J'ai écrit
ce que vous m'avez demandé; Dieu a voulu m'éprouver un peu, mais finalement, c'était bien
cela Sa Volonté: [le texte] est cacheté dans une enveloppe et celle-ci est dans les cahiers.» Il
est tout à fait possible que ces cahiers de Sœur Lucie contiennent nombre d'autres choses se
rapportant au Troisième Secret, qu'elle a écrites dans la période 3-9 janvier 1944. Ces autres
choses peuvent être des points de moindre importance se rapportant au Secret, menant à la
révélation finale par la Vierge en Ses propres termes de la partie la plus terrifiante du Secret.
Nous rappelons ici le témoignage du Père Schweigl cela il y a en effet deux parties du Secret:
l'une se rapportant au Pape, et l'autre représentant la conclusion des paroles: «Au Portugal se
conservera toujours le dogme de la Foi, etc.»
A ce propos, il est important de se souvenir que Sœur Lucie avait reçu le choix d'écrire le
Troisième Secret dans ses cahiers ou sur une feuille de papier. Evidemment, elle s'est servie
des deux options. Là encore, pour quelle autre raison aurait-elle remis à la fois une enveloppe
cachetée et un cahier à l'évêque de Gurza pour transfert à l'évêque de Fatima?
N'est-il pas tout à fait vraisemblable donc que la vision ambiguë-partie «plus sécurisante»
du Troisième Secret — fut rédigée dans le cahier, tandis que l'explication concrète de la
vision, dans les termes de la Vierge Elle-Même — dont l'impact était fort terrible — devait
être cachetée dans l'enveloppe que Sœur Lucie a placée à l'intérieur du cahier? Il ne semble
pas y avoir d'autre explication sensée de la raison pour laquelle Sœur Lucie, en réponse à
l'ordre donné par l'évêque de Fatima de rédiger le Troisième Secret, lui a fourni et une
enveloppe cachetée et un cahier.
Bref, la vision d'«un Evêque vêtu de Blanc,» dont le texte couvre quatre feuilles de
papier, était contenue dans le cahier, mais l'explication — sur l'unique feuille de papier, selon
l'attestation de nombreux témoins — était cachetée dans l'enveloppe. C'est pourquoi le cahier
accompagnait l'enveloppe cachetée.
Donc, les quatre pages du texte révélées par le Vatican le 26 juin 2000 sont peut-être la
partie vision du Troisième Secret contenue dans le cahier, certainement pas la lettre d'une
page cachetée dans l'enveloppe.
182
Fait #9:
Documentation de Preuves au Fait #9 -
Le texte #1 en Réserve dans l'Appartement du Pape
Frère Michel rapporte le témoignage du journaliste Robert Serrou qui, faisant un montage
photographique au Vatican le 14 mai 1957 36, environ un mois après l'arrivée du Troisième
Secret à Rome le 16 avril 1957, découvrit que le Troisième Secret était gardé dans
l'appartement du Pape, à son chevet. Comme nous le dit Frère Michel:
… nous savons maintenant que la précieuse enveloppe transmise à Rome par Mgr Cento
ne fut pas placée dans les archives du Saint-Office, mais que Pie XII voulut la conserver dans
son propre appartement.
L'abbé Caillon recueillit cette information de la bouche du journaliste Robert Serrou qui
la tenait lui-même la tenait de Sœur Pascalina. Voici comment. Robert Serrou effectua pour
Paris-Match un reportage photographique dans les appartements de Pie XII. Sœur Pascalina,
— cette femme de grand bon sens qui dirigeait les quelques religieuses assurant le service du
Pape et qui recevait parfois ses confidences — était présente.
Devant un petit coffre en bois posé sur une table et portant l'inscription «Secretum Sancti
Officii» (Secret du Saint-Office), le journaliste interrogea la sœur: «Ma sœur, qu'y a-t-il dans
ce petit coffre?» Et celle-ci de répondre: «Il y a là-dedans le troisième Secret de Fatima …»
La photographie de ce coffret — que nous avons tenu à reproduire — fut publiée dans
Paris-Match un an et demi plus tard ...37
183
Le commentaire du Vatican nous dit, cependant, que le Troisième Secret avait été gardé
dans le bâtiment qui abrite le Saint-Office. Là encore, selon l'Archevêque Bertone:
L'enveloppe scellée fut gardée d'abord par l'évêque de Leiria. Pour mieux conserver le
«secret,» l'enveloppe fut remise le 4 avril 1957 aux Archives secrètes du Saint-Office39.
De plus, nous avons aussi démontré dans le Fait #6 que le Pape Jean-Paul II a lu le texte
du Troisième Secret (c'est-à-dire le document d'une page contenant les paroles de Notre-
Dame) en 1978, et puis il a lu le document de quatre pages décrivant la vision le 18 juillet
1981. Selon la discussion du Fait #6, le Saint-Office rappelle que le Pape Jean-Paul II a
demandé le Troisième Secret en 1981, mais il n'y a aucune trace de la demande du Secret par
le Pape en 1978 parce que ce n'était pas nécessaire — il était dans les appartements du Pape.
Fait #10:
Documentation de Preuves au Fait #10 -
Le texte #1 a une Marge de ¾ de centimètre de Chaque Côté
Voici le témoignage de Monseigneur John Venancio, le second évêque de Fatima, qui a
examiné un profil du texte sous forte lumière et a noté avec précision les contours de marge
de la page sur laquelle il était écrit:
Mgr Venancio raconte [à Frère Michel] qu'une fois seul chez lui, il prit la grande
enveloppe du Secret et qu'il essaya de voir, par transparence, quel en était le contenu. Dans la
grande enveloppe de l'évêque, il discerna une enveloppe plus petite, celle de Lucie, et à
l'intérieur une feuille ordinaire, avec trois quarts de centimètre de marge de chaque côté. Il prit
le soin de noter la taille de tout cela. L'ultime Secret de Fatima est donc écrit sur une petite
feuille de papier40.
Encore une fois, les quatre pages contenant la vision du Troisième Secret ne laissent
aucune marge quelconque — petite différence mais significative, à ajouter à toutes les autres
différences.
Cette différence démontre aussi que le texte rendu public par le Cardinal Ratzinger et
Monseigneur Bertone le 26 juin 2000 n'est pas le texte du Troisième Secret contenu dans
l'enveloppe, et par conséquent on ne nous a pas encore donné le texte complet du Troisième
Secret, même si les hauts dignitaires du Vatican prétendent le contraire.
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Fait #11:
Documentation de Preuves au Fait #11 -
Le Texte #1 Explique la Vision
Dans le Quatrième Mém