LA PHYSIOLOGIE RESPIRATOIRE (P.A.C.E.S.
Antsiranana) – Année universitaire : 2024/2025
LA PHYSIOLOGIE RESPIRATOIRE
🔍 Définition de la physiologie respiratoire :
La physiologie respiratoire est la branche de la physiologie qui étudie le fonctionnement du
système respiratoire, c’est-à-dire l’ensemble des processus qui permettent les échanges
gazeux entre l’organisme et l’environnement. Elle décrit comment l’oxygène (O₂) est
capté de l’air ambiant et transporté jusqu’aux cellules, et comment le dioxyde de carbone
(CO₂), produit par le métabolisme cellulaire, est éliminé.
📚 Explication détaillée :
1. Objectifs de la respiration
Apporter de l’O₂ à toutes les cellules pour la production d’énergie (ATP) via la
respiration cellulaire.
Éliminer le CO₂, déchet acide du métabolisme cellulaire.
2. Les grandes étapes de la respiration
La respiration comprend plusieurs étapes coordonnées :
a) La ventilation pulmonaire
Mouvement de l’air entre l’atmosphère et les alvéoles pulmonaires.
Fait intervenir :
o Inspiration : entrée d’air riche en O₂ dans les poumons (grâce à la contraction
du diaphragme et des muscles intercostaux).
o Expiration : sortie d’air riche en CO₂ (passive au repos, active à l’effort).
b) Les échanges gazeux alvéolo-capillaires (hématose)
À ce niveau, l’O₂ diffuse des alvéoles vers le sang capillaire, et le CO₂ diffuse du
sang vers les alvéoles.
Ce processus est passif, par diffusion, selon le gradient de pression partielle.
c) Le transport des gaz dans le sang
O₂ :
o Majoritairement transporté lié à l’hémoglobine (Hb) des globules rouges.
o Une petite partie est dissoute dans le plasma.
CO₂ :
o Transporté sous trois formes : dissous dans le plasma, lié à l’Hb, ou sous forme
de bicarbonate (HCO₃⁻).
d) Les échanges gazeux tissulaires
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Dans les capillaires des tissus :
o L’O₂ diffuse du sang vers les cellules.
o Le CO₂ produit par les cellules diffuse dans le sang.
e) La respiration cellulaire
L’O₂ est utilisé par les mitochondries pour produire de l’ATP à partir du glucose.
Cela génère du CO₂ comme déchet.
3. Régulation de la respiration
La respiration est automatique, régulée par des centres nerveux situés dans le bulbe
rachidien et la protubérance (tronc cérébral).
Les chémorécepteurs (dans les carotides et l’aorte) détectent les variations de pH, de
CO₂ et d’O₂.
En cas d’augmentation du CO₂ (hypercapnie) ou de baisse d’O₂ (hypoxie), la
fréquence et l’amplitude respiratoires augmentent.
4. Fonctions secondaires du système respiratoire
Équilibre acido-basique (rôle majeur du CO₂ dans le pH sanguin).
Phonation (production des sons).
Olfaction (odorat).
Protection : filtration de l’air, piégeage des particules par le mucus et les cils
vibratiles.
📌 Résumé schématique :
Étape Lieu Gaz impliqués Mécanisme
Ventilation Cavités thoraciques O₂ / CO₂ Inspiration / expiration
Alvéoles
Hématose O₂ entre, CO₂ sort Diffusion
pulmonaires
Transport Sang O₂ (Hb), CO₂ (HCO₃⁻) Circulation sanguine
Échanges tissulaires Capillaires / cellules O₂ entre, CO₂ sort Diffusion
Respiration O₂ consommé, CO₂ Métabolisme
Mitochondries
cellulaire produit énergétique
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LES DIFFERENTES ETAPES DE LA RESPIRATION, FACTEURS
CONTRIBUANTS À SON ELABORATION AINSI QUE LES FACTEIRS
INFLUANCANTS
🔬 I. Les différentes étapes de la respiration
La respiration physiologique se décompose en 5 étapes majeures :
🟩 1. La ventilation pulmonaire
C’est le mouvement de l’air entre l’extérieur et les poumons.
Elle comprend deux phases :
Inspiration (active) :
o Diaphragme se contracte et s’abaisse.
o Muscles intercostaux externes soulèvent la cage thoracique.
o Volume thoracique augmente → Pression intra-alvéolaire ↓ → L’air entre.
Expiration (passive au repos) :
o Diaphragme se relâche, les poumons se rétractent.
o Pression intra-alvéolaire ↑ → L’air est expulsé.
🧠 Rôle : Approvisionner les alvéoles pulmonaires en air riche en O₂ et évacuer le CO₂.
🟩 2. Les échanges gazeux alvéolo-capillaires (hématose)
Ils se déroulent au niveau de la barrière alvéolo-capillaire (membrane fine entre alvéoles et
capillaires sanguins).
Oxygène : diffuse des alvéoles vers le sang capillaire (pO₂ alvéolaire > pO₂
sanguine).
CO₂ : diffuse du sang vers les alvéoles (pCO₂ sanguine > pCO₂ alvéolaire).
🧠 Mécanisme : Diffusion simple selon un gradient de pression partielle.
🟩 3. Le transport des gaz dans le sang
🔹 Oxygène (O₂) :
98,5 % transporté lié à l’hémoglobine (HbO₂).
1,5 % dissous dans le plasma (forme mesurée dans les gaz du sang).
🔹 Dioxyde de carbone (CO₂) :
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70 % transporté sous forme de bicarbonate (HCO₃⁻) dans le plasma.
20 % lié à l’hémoglobine (carbhémoglobine).
10 % dissous dans le plasma.
🧠 Ce transport dépend du débit sanguin, de la température, du pH, et de l’affinité de
l’hémoglobine.
🟩 4. Les échanges gazeux tissulaires
O₂ quitte le sang → pénètre les cellules.
CO₂ quitte les cellules → entre dans le sang.
🧠 Ces échanges suivent également le gradient de pression partielle dans les tissus.
🟩 5. La respiration cellulaire
Dans les mitochondries, le glucose + O₂ → CO₂ + H₂O + ATP (énergie).
🧠 C’est l’étape finale, indispensable à la production d’énergie dans chaque cellule.
🧩 II. Facteurs contribuant à l’élaboration de la respiration
Ce sont les éléments qui permettent la mise en place correcte du processus respiratoire :
1. Le système nerveux
Centres respiratoires (bulbe rachidien et protubérance) → contrôlent la fréquence et
l’amplitude respiratoire.
Nerf phrénique : stimule le diaphragme.
Nerfs intercostaux : stimulent les muscles intercostaux.
2. Les chémorécepteurs
Périphériques (carotidiens et aortiques) : sensibles à la baisse d’O₂ (hypoxie) et au
pH.
Centrale (bulbe rachidien) : sensible à la hausse du CO₂ (hypercapnie).
3. Le système musculaire
Diaphragme et muscles intercostaux permettent les mouvements thoraciques.
4. Les propriétés mécaniques du thorax et des poumons
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Compliance pulmonaire : capacité à se distendre.
Tension de surface alvéolaire : régulée par le surfactant (réduit la tension → évite le
collapsus).
⚠️III. Facteurs influençant la respiration
Plusieurs éléments peuvent accélérer, ralentir ou modifier la respiration :
🔸 Physiologiques :
Exercice physique : augmentation de la fréquence et de l’amplitude respiratoire.
Sommeil : ralentissement du rythme.
Émotions (stress, peur) : respiration plus rapide et irrégulière (hyperventilation).
🔸 Chimiques :
↑ CO₂ (hypercapnie) : stimule fortement la respiration.
↓ O₂ (hypoxie) : stimule modérément la respiration.
↓ pH (acidose) : stimule la respiration pour éliminer le CO₂.
🔸 Pathologiques :
Maladies pulmonaires (asthme, BPCO, fibrose) : perturbent la ventilation.
Anémies : réduisent le transport d’O₂.
Lésions nerveuses : perturbent le contrôle de la respiration.
🔸 Environnementaux :
Altitude : pression en O₂ plus faible → hyperventilation.
Température : le froid peut ralentir le rythme ; la fièvre l’accélère.
✅ Résumé global :
La respiration est un processus complexe, hautement régulé et adaptatif, qui permet à
l’organisme de répondre aux besoins métaboliques des cellules tout en maintenant
l’équilibre acido-basique et les échanges gazeux vitaux.
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LA REGULATION AINSI QUE SES IMPLICATIONS DANS LA PRISE EN
CHARGGE DES PATIENTS ATTEINTS MALADIES RESPIRATOIRES
🧠 I. RÉGULATION DE LA RESPIRATION
La respiration est un mécanisme automatique, inconscient mais modulable, régulé par des
centres nerveux et des récepteurs chimiques et mécaniques.
🔹 1. Les centres respiratoires (dans le tronc cérébral)
Situés dans le bulbe rachidien et la protubérance :
Structure Rôle principal
🔸 Centre bulbaire dorsal Contrôle l’inspiration automatique
🔸 Centre bulbaire ventral Contrôle l’expiration forcée
🔸 Centre pneumotaxique (protubérance) Limite l’inspiration → régule le rythme
🔸 Centre apneustique Prolonge l’inspiration
Ces centres envoient des signaux aux muscles respiratoires (diaphragme via le nerf phrénique,
muscles intercostaux via les nerfs intercostaux).
🔹 2. Les chémorécepteurs
🔸 Chémorécepteurs centraux :
Situés dans le bulbe rachidien
Sensibles à la pCO₂ et au pH du liquide céphalo-rachidien
Une augmentation du CO₂ (hypercapnie) → stimule la ventilation.
🔸 Chémorécepteurs périphériques :
Situés dans les corps carotidiens et aortiques
Sensibles à :
o ↓ O₂ (hypoxie)
o ↑ CO₂
o ↓ pH
Envoient des signaux au tronc cérébral → augmentation du rythme respiratoire.
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🔹 3. Récepteurs pulmonaires
Récepteur Localisation Rôle
Récepteurs à Muscles lisses
Protègent contre une inspiration excessive
l’étirement bronchiques
Épithélium des voies
Récepteurs irritatifs Déclenchent toux, éternuement
aériennes
Récepteurs J (juxta- Stimulent la respiration rapide et superficielle
Interstitium alvéolaire
capillaires) (tachypnée) en cas d’œdème, inflammation
🔹 4. Contrôle volontaire (cortical)
On peut volontairement modifier la respiration (parole, chant, apnée), mais les
centres du tronc reprennent le contrôle dès que nécessaire (ex. : hypoxie).
🩺 II. IMPLICATIONS CLINIQUES DANS LES MALADIES RESPIRATOIRES
La connaissance de la régulation respiratoire est essentielle pour comprendre et traiter les
maladies pulmonaires. Voici comment elle intervient dans la prise en charge des patients :
✅ 1. Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)
📌 Problème :
Rétention chronique de CO₂ (hypercapnie)
L’organisme s’habitue à un taux élevé de CO₂ → les chémorécepteurs centraux
deviennent moins sensibles.
🧠 Implication :
Chez ces patients, la respiration est davantage stimulée par la baisse de l’O₂
(hypoxie) que par l’augmentation de CO₂.
🚨 Conséquence clinique :
Si on donne trop d’oxygène à haut débit → suppression du stimulus hypoxique →
dépression respiratoire (hypoventilation voire arrêt respiratoire).
🔴 Message important : Chez un patient BPCO, l’oxygénothérapie doit être prudente, avec
surveillance des gaz du sang.
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✅ 2. Asthme
📌 Problème :
Bronchoconstriction → hypoxie → stimulation des chémorécepteurs périphériques.
🧠 Implication :
La régulation induit hyperventilation réflexe → chute de la pCO₂ (hypocapnie) →
alcalose respiratoire → gêne supplémentaire (vertiges, anxiété).
💡 Prise en charge :
Bronchodilatateurs (salbutamol)
Contrôle de l'inflammation (corticoïdes)
Rééducation respiratoire
✅ 3. Insuffisance respiratoire (aiguë ou chronique)
📌 Problème :
Incapacité à assurer une hématose correcte (O₂ bas, CO₂ haut).
🧠 Implication :
Surveillance des gaz du sang (gDS).
Utilisation de la ventilation assistée (VNI, intubation) si décompensation.
Importance du contrôle du pH et de la réponse ventilatoire au CO₂.
✅ 4. Apnée du sommeil
📌 Problème :
Effondrement intermittent des voies respiratoires → hypoxie répétée → stimulation
des chémorécepteurs → micro-éveils.
🧠 Implication :
Fragmentation du sommeil, fatigue chronique.
Risque de complications cardiovasculaires.
💡 Traitement :
Pression positive continue (CPAP)
Perte de poids, chirurgie si nécessaire
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La définition de la PHYSIOLOGIE RESPIRATOIRE :
La physiologie respiratoire est la science qui étudie comment le système respiratoire permet à
l’organisme de capter l’oxygène de l’air, d’éliminer le dioxyde de carbone produit par le
métabolisme cellulaire, et de réguler ces échanges de manière à répondre en permanence aux
besoins en oxygène des tissus et à maintenir l’équilibre interne du corps.