Cours Féminins
Cours Féminins
Informations professionnelles
- liste des inspecteurs généraux de l'enseignement technique
- programme des CA (reproduction de la circulaire du 9 août 1945)
p. 22 Mode : La mode est un métier difficile à enseigner. Il faut pour devenir une bonne première
dans notre métier, un don, une légèreté de mains qui ne s'apprennent pas ; et il faut aussi beaucoup
d'imagination et l'imagination est bien difficile à développer, si elle n'est pas innée. Certaines
ouvrières sachant leur métier à fond, possédant une réelle technique resteront toute leur vie
d'excellentes « recopieuses » , mais ne deviendront jamais créatrices, leurs mains habiles restant
inertes lorsqu'il s'agit de créer. (…)
Nous ne pouvons que conseiller d'emmener les élèves, plusieurs fois par mois, dans le centre
de la ville. Pendant ces sorties, s'efforcer d'ouvrier leurs yeux à toutes les beautés qui doivent
enrichir la connaissance de leur métier. Regarder surtout les vitrines qui présentent de jolis
chapeaux, mais être aussi attentif à toute élégance. Les élèves en reviennent avec le désir de faire de
jolis modèles.
Mais avant de créer de beaux modèles, il faut apprendre le métier dans ses moindres détails.
On commencera en première année par faire confectionner des études sur les différents points
dans notre métier.
Mme Molinari, CT Emile Dubois, Paris
p. 50 Lingerie : Quel plus beau métier, pour une jeune fille, que celui de « lingère » ? Il acquiert
l'habilité manuelle, mais développe en même temps le goût des ensembles, de la délicatesse, des
coloris, le sens de l'équilibre, de la mesure, des formes harmonieuses. C'est un métier qui réclame
des qualités spécifiquement françaises, un métiers d'art.
Ces qualités appellent les aptitudes physiques correspondantes : bonne vue ; doigts déliés : bon
équilibre nerveux, gage de patience et de persévérance ; propreté corporelle ; capacité thoracique
permettant à l'enfant de rester penchée sans en souffrir ; enfin, intelligence moderne se faisant
autant avec le cerveau qu'avec les mains.
L'enfant doit donc évoluer dans un climat de clarté, de propreté, presque de luxe, en tout cas n'avoir
rien de laid sous les yeux. Nous entrons ici dans le domaines de vos qualités personnelles,
Professeurs et Monitrices :
Pour l'enfant, vous représentez sa future profession ; rendez-la lui séduisante dès l'abord, votre
tenue physique et morale devra attirer votre élève, l'attacher ; vous aurez à dégager la personnalité
de chacune ; vous guiderez l'une vers le montage des pièces parce qu'elle n'aura à son actif que soin
et habileté manuelle ; à l'autre, vous ouvrirez les voies de la création des modèles parce qu'elle aura
un goût artistique complété par le sens des volumes et des lignes : à une autre, vous conseillerez de
s'orienter vers la coupe et le modelage au mannequin pour utiliser son aptitude à la précision, son
esprit mathématique. Signé PM
Informations professionnelles : conditions exigées des directeurs et professeurs des cours privés
professionnels ou de perfectionnement (décret du 3-1-1946)
Exercices : Grammaire et français/ sciences appliquées aux métiers féminins
Examens : CAP Lingerie Seine 1945
Exercices : Sciences appliquées aux métiers féminins (Mme Senot, CT rue de Poitou)
Examen : CAP Lingerie (spécialité femme et enfant) programme
Les femmes dans l'activité française. Paul Le Rolland, Directeur de l'Enseignement Technique
Nous vivons dans une époque admirable, qui nous offre, avec les progrès constants et
étonnants de la technique, des spectacles grandioses devant lesquels l'imagination, même la plus
audacieuse, reste confondue ; mais cette époque tourmentée, tumultueuse, sillonnée des éclairs de la
vitesse, ne nous apporte, à la vérité, ni joie, ni repos, et l'homme semble, en une agitation
désordonnée et stérile, s'épuiser en vains efforts à la recherche des satisfactions nouvelles promises
par les extraordinaires conquêtes de la Science.
C'est que l'ordre écon et soc n'a pu, et n'a pas su encore, se mettre en harmonie avec le
progrès technique et dans la plupart des pays, l'homme vie dans un état de déséquilibre matériel et
moral, tout à fait incompatible avec le travail fécond de l'esprit et le repos profond de l'âme,
conditions essentielles du véritable bonheur.
Cependant, nous ne pouvons pas douter que nous sommes au seuil d'une nouvelle ère des
temps modernes et qu'une nouvelle civilisation, à peine naissante, cherche aujourd'hui ses voir pour
s'adapter au progrès scientifique et industriel. Un mouvement irrésistible, né d'une évolution
technique si importante, entraîne en toute évidence l'humanité vers un nouvel état d'équilibre qui
doit lui apporter ce bonheur auquel elle aspire.
L'un des aspects les plus caractéristiques de ce mouvement, l'un de ceux qui s'imposent le
plus à notre attention, est certainement la transformation si rapide et si profonde qui se poursuit
devant nos yeux de la condition de la femme.
Il y a cinquante ans à peine, cette condition était totalement différente de celle de l'homme.
Les femmes étaient à leur foyer et n'avait d'autre idéal – idéal d'ailleurs très noble – que de veiller à
la bonne marche de leur ménage et à la santé physique et morale de leurs enfants ; elles
n'apprenaient pas en général de métier, et ce que dian …
Les femmes dans l'activité française. Paul Le Rolland, Directeur de l'Enseignement Technique
suite
Les femmes dans l'activité française. Paul Le Rolland, Directeur de l'Enseignement Technique
suite
Exercices :Tailleur pour dames. p. 67 commentaire des instructions pédagogiques. Dès la deuxième
année, les élèves seront exercées à une précision toute mathématique dans la coupe, à une netteté
parfaite dans l'exécution et au coup de fer qui finit le travail.
De nombreux exercices de vitesse devront permettre aux élèves d'acquérir la rapidité
nécessaire dans l'exécution des boutonnières, des différentes sortes de poches.
A la fin de la troisième année, le niveau moyen des élèves devra être tel qu'elles puissent être
employées dans l'industrie comme second main.
Une école technique américaine. Mlle Marguerite Othon, professeur chargé de mission à la
Direction de l'Enseignement technique
Certificat d'Aptitude Professionnelle Seince 1948 (Art Ménager, Modiste, Lingerie, CAP
ouvrières d'apiéceurs culottières et giletières, BEI industriel)
Exercices composition française / machine à coudre / pb dessin bis (idem janvier 49)
Exercices composition fr : le succès n'est pas ce qui importe, ce qui importe, c'est l'effort
Informations professionnelles : légions d'honneur / statuts des CA (loi du 21 février 1949 / statut
des maîtres auxiliaires
Informations professionnelles postes à pourvoir au Maroc / date des examens CAP féminins sur
Paris / juin 1950 : prévisions de vacances de postes Tunisie
Sixième année. V : février 1951
novembre 1951 > examens couture flou + réponse quant aux risques professionnels des écoles
privées d'apprentissage
novembre 1952 > comment lire le programme de lingerie suite et nécessité d'apprendre l'anatomie
décembre 1952 > anatomie suite
examens officiels
Nouvelle formule. Une place prépondérante sera donc donnée aux disciplines techniques De pls, en
fin de chaque enseignement, figurera une épreuve ou partie d'épreuve proposée à l'un des divers
examens des métiers féminins CAP BEI BP.
sur la technologie
Nous nous efforcerons de raisonner avec les élèves afin de leur donner l'habitude de réfléchir
simplement, mais sainement à la pratique de leur métier. Nous atteindrons notre but si nous en
faisons de mailleurs ouvrières en même temps que des êtres plus évolués et des femmes de bon
sens.
Il faut les familiariser avec les matériaux qu'elles travaillent : la connaissance de l'origine et des
propriétés d'un textile les guidera dans le choix ou l'emploi d'un tissu. (…)
visites d'usine seront un auxiliaire appréciable. S Bertran, CA Bellevue
Janvier 1955
sur l'orthographe
Février 1955
Législation d travail
Juillet Août 1955 : normes pour les mensurations examens officiels 1955 Paris
Février 1956
L'actualité et l'enseignement de la législation ouvrière
4Mai 1956
Nous exigeons souvent des élèves qu'elles se constieutnun dossier de tchnologie : ayons toujours
présent à l'esprit que ce travail devra les aider encore (surtout, dirons-nous) quand elles auront
quitté nos établissements. La documentation recueilli aura d'autant plus de valeur qu'elle sera, dans
une large mesure, personnelle : laissons à nos élèves le soin de la recherche, engageons-les dans
cette voie, dès la première année : nous éveillerons en elles une certaine curiosité, et les dégagerons
d'une timidité inhibitive. Penson, par exemple, aux premiers cours sur les fils ; demandons leur de
faire la chasse à tout ce qu'elles peuvent trouver comme fils (cette recherche peut être faite en
équipe, suscitant ainsi une émulation fructueuse) : fils de toutes couleurs, de toutes structures, de
toutes grosseurs, de tous textiles etc... mais aidons-les à classer les échantillons, les étiquettes, d'une
façon rationelle (laissant la place nécessaire pour compléter la collection au fur et à mesure des
occasions : un dossier n'est jamais terminé).
Réseaux contributeurs :
2e carton :
Couture : Mlle J. Coulon, ENNA Paris
Lingerie : Mme Saisset
Corset : DM
Coupe Couture : Mme Guinhoux / a partir de 1954 C.C
Tailleur : Mme Marty ENNA Paris
Français : Mme Perrin Rey CT Emile Dubois
Hist/Géo : René Emsalem Professeur agrégé d'histoire et géographie / M Morange (professeur ET
1955)
Maths : Mme Thuizat ENNA
Gérant Vigneron
Janvier 1958
Février 1958
Mars 1958
Normalisation et vêtement
Organisation du travaillent
CAP composition française
Législation du travail
Avtril 1958
Préparation au BEI Patronière gradueuse
Lubrification des marchines à coudre
remarques : étonnant de voir années 58-59 > organisation du travail, industrialisation formation etc... et
examen de couture flou en fin de revue
Cours féminins - Éditoriaux
La mode est un art, cad l'expression harmonieuse d'un désir. (…) Il ne suffit pas uniquement de chiffonner un
tissu autour d'un corps pour créer une silhouette. Il faut observer un semble de lois esthétiques qui formeront
une structure autour de laquelle jouera librement la fantaisie. Ce sera le rôle de la technique de rendre
exactement l'aspect que se proposait de réaliser le créateur. Une robe demande une recherche aussi bien de
forme que de technique > « une robe est de bonne coupe ». Le dessin : c'est sur lui que reposera tout le chic
de la silhouette. Quatre lois esthétiques : la ligne : aspect extérieur de la figurine, elle donnera le caractère :
ample, fuselé, flou. Proportions : un ensemble de ligne doit s'harmoniser. La forme : la silhouette doit être
« pensée » en volume. La couleur : harmonie entre les différentes parties du costume.
La technologie, si l'on se réfère à l'étymologie du mot, est l'étude du métier. Ce que nous voulons en
faire, nos sections de collèges ou de centres, c'est une discipline apportant aux élèves des connaissances
nécessaires à l'apprentissage, puis à l'exercice intelligent du métier.
Pendant de longues années les compagnons transmirent, au hasard des ouvrages, des règles
empiriques à leurs apprentis. Depuis le début du siècle, ingénieurs et professeurs ont introduit des méthodes
scientifiques, ont classé et étudié rationnellement techniques et matières premières. (…)
Nous nous efforceront de raisonner avec les élèves afin de leur donner l'habitude de réfléchir
simplement, mais sainement à la pratique de leur métier. Nous atteindront notre but si nous en faisons de
meilleures ouvrières en même temps que des êtres plus évolués et des femmes de bon sens.
Nous laisserons dans nos cours une large part aux travaux pratiques réalisés par les élèves elles-
mêmes : elles apprendront progressivement à identifier les textiles, les armures, voire les apprêts ; les
résultats de leurs investigations devront les mener à des conclusions pratiques : utilisation, travail, entretien.
Nous leur proposerons des méthodes d'analyse facile et toujours à leur portée : observation à l'oeil
nu, au comte-fil, détissage, combustion, actions spécifiques de quelques produits (…).
Si les industries régionales le permettent, les visites d'usine seront un auxiliaire appréciable : elles
illustreront le cours du professeur, rendant accessible aux élèves le mécanisme de certaines installations
particulières. S. BERTRAN, CA Bellevue.
Les connaissances que nous avons à faire acquérir à nos élèves sont destinées à être constamment
appliquées : elles doivent permettre à l'ouvrière, à l'artisane de défendre leurs droits et ceux d'autrui dans leur
vie professionnelle et familiale. Elles seront toujours présentées de façon concrète. Chaque exposé sera
illustré d'exemples empruntés à la réalité, donnera lieu à des démarches auprès de L'inspection du Travail, de
la Sécurité Sociale, à des comparaison de cas.
L'exercice de la profession de couturière qui demande tant de précision, habitue à s'attacher aux
détails. Cela est excellent, mais en conséquence, on pourrait avoir tendance à dispenser un enseignement qui
vise uniquement à développer les aptitudes manuelles des élèves.
Il est indispensable, pour garder toute son actualité à cet enseignement, d'envisager une formation
plus complète et il faut développer, entre autres, la curiosité et l'imagination des jeunes en vue de leurs
activités professionnelles futures. Il faut leur apprendre les techniques nouvelles d'exécution, de finition ; les
aides à comprendre qu'un détail de coupe, l'utilisation d'une matière nouvelle peut être la course d'un
changement total de la mode. Elles n'ont, à l'école, que peu de moyens pour faire des recherches personnelles
et c'est au cours de couture qu'elles puiseront leur meilleure documentation.
Cela exige du professeur un renouvellement permanent, une connaissance à jour des méthodes de
travail actuellement employée dans la profession et le désir de les habituer à lutter contre la routine et la
facilité. La couture, avec la diversité de ses travaux et de ses modèles, permet cette formation dès
l'apprentissage. Mlle Closet, Inspectrice de l'ET
connaissances utiles sur un plan strictement professionnel ; perfectionner les rudiments d'une culture
générale, de connaissances qui n'ont parfois été que bien mal assimilées à l'école primaire. On recherche, en
somme, ici, à reprendre et à compléter un certain nbre de notions qui ne sont pas nouvelles, mais qui, souvent
sont oubliées. Mme Thuizat, ENNA Paris
C'est à l'artisane que revient la spécialité du « corset sur mesures », elle peut travailler en appartement ou
posséder un petit magasin. La « corsetière sur mesure » a une clientèle suivie, qui n'achète jamais une gaine
ou un soutien-gorge dans un rayon de confection, mais fait exécuter ces articles à ses mesures : le prix en est
plus élevé mais la qualité de matières nettement supérieure. 3 années dans les CT. L'apprentissage du métier
par étapes : études de points à la main / études de piqûres à la machine ; études des différentes parties du
corset. Les élèves sont ensuite capables d'exécuter entièrement une pièce (corset ou soutien-gorge). La future
ouvrière corsetière est initiée à la recherche de modèles par moulages sur mannequin elle exécute les patrons
et les rectifie sur mesures des clients.
Elle assiste aux essayages faits par le professeur, comprend plus aisément les retouches qui sont nécessaires.
Fin de seconde : CAP / fin de première : BEI.
Le « dessin d'art » est comme toute autre discipline « un enseignement ». : chercher la beauté et la faire
aimer après l'avoir découverte, doit « éveiller » la pensé pour « l'élever » ensuite jusqu'au niveau de la
poésie. (…)
« Pour un code du travail moderne » Droit Social, M. Murcier : terminologie intelligible par tous.
L'une de nos tâches consiste à mettre les textes à la portée de tous.
Sur les termes : attention entreprise =/= établissement.
Conserver contrat de travail plutôt que louage de travail, jeune travailleur plutôt qu'enfant, convention
collective plutôt que contrat collectif.
3 préoccupations :
– exiger un langage net, précis adapté aux caractères actuels des rapports du travail, susceptible de
former l'esprit à un raisonnement juste
– appliquer constamment les textes à des cas réels puisés dans les métiers de nos élèves, de façon à
leur apporter des connaissances utilisables pratiquement
– mettre l'accent sur tout ce qui est de nature à donner un sens aux institutions du monde moderne, et
permet de les dominer en vue d'une action efficace, tournée vers le progrès. Mlle Stappel, ST du
Lycée de Sèvres
culture générale destinée à faciliter aux élèves l'exécution intelligente de leur future tâche quotidienne.
« l'hygiène est l'art de maintenir en bonne santé, l'art d'éviter au mieux les maladies qui nous guettent »
Pour que cet enseignement rende la femme capable de remplir des tâche aussi variées, il est éncessaire :
– qu'il s'appuie sur des bases scientifiques aussi profondes que possibles concernant l'anatomie, la
physiologie, la chimie
– que les commentaires théoriques soient largement complétés par de nombreux exercices protiques
– que la liaison entre enseignement théorique et appliqué soit faite en dehors des cours, dans la vie
courante de l'école.
Hygiène générale, étude des microbes, infections microbiennes, principales maladies contagieuses
préservation de l'infection et contagion, pratiques de secourisme, hygiène féminine et professionnelle
Mme Houze, CA rue Ginoux, Paris
1e octobre 1954 : nouvelle formule du BEI (formation étalée sur 4 ans). Mais cela ne diminue en rien les
difficultés de cet examens, car si les candidates bénéficient d'une plus grande maturité d'esprit, le nbre
d'heures annuelles d'atelier est diminué, les épreuves plus difficiles en toutes matières et notamment dans les
parties techniques moulage, couture).
(première session 1e oct 56 : première partie, BEI probatoire) : épreuves d'EG, une épreuve technique
fondamentale (moulage), une pièce d'étude + épreuves du CAP de leur spécialité.
– Moulage (programme 3e) : étude des sens et aplombs, prise de mesures, étude du mannequin, pose
des bolducs, corsage chemisier simple, jupe droite, manche coupe théorique, demi-fond de corsage
(2nde) révisions programme 3e, etude des différents renversements d sens, entraînement de moulage
correspondant au niveau des épreuves BEI
– pièces d'études : points de couture, moyens d'assemblage, garnitures (4e, 3e),
– entraînement CAP : les candidates au CAP déjà employées dans l'industrie sont habituées à un
rythme de travail plus rapide que celui qu'il est possible d'imposer aux élèves (coupure temps
d'atelier par matières nombreuses) : étude du croquis sans l'aide du professeur, placement du patron
et coupe du tissu, exécution, travail en temps limité.
Les sujets à traiter : épreuves précédentes du CAP
métier de modiste (CAP et BEI dans CT) De nombreuses maisons de modes déplorent le manque de md'o
qualifiée : cadres et ouvrières, et montrent un vif intérêt pour notre enseignement.
Consulter les journaux pour voir à quel point la mode est influencée par les événements mondiaux, politiques
artistiques.
« tour de modes » dans les maison de mode : observation / croquis / moulage
Mme Dervaux, CET Roger Verlomme
Janvier 1957 : Corset relations entre l'industrie et les établissements techniques d'apprentissage
Les besoins actuels de l'industrie en md'o spécialisée exigent une formation rapide constamment renouvelée,
qui permette aux jeunes ouvrières sortant des écoles professionnelles de s'adapter sans difficulté.
Le personnel enseignant se doit de donner aux jeunes élèves un enseignement conforme aux nouvelles
conditions de l'organisation dans la production : ateliers spacieux, équipement et matériel modernes,
matériaux nouveaux, recherche par les techniciens de la standardisation du travail.
Pour rendre possible cette formation au futur travail industriel les professeurs devront entraîner leurs élèves
pendant la durée de la scolarité :
1. a des études de vitesse, basées sur les règles fondamentales du métier
2. pratique méthodique des gestes indispensables à l'assouplissement des mains et à l'élimination des
mouvements inutiles.
Au cours de ces années d'études, destinées également à la formation d'une véritable main d'oeuvre qualifiée,
des séries de travail, fournis par des industriels, seront exécutés par les élèves.
Exécution selon la répartition du travail et durée semblables à l'industrie
L'élève établira un graphique où seront indiqués ses temps d'exécution pour des travaux à l'unité ou en série.
Ainsi une comparaison sera possible entre les temps de l'élève et ceux d'une ouvrière chargée du même
travail dans un atelier industriel.
Mme Kempft, CA rue Ginoux, Paris
(…) il n'en reste pas moins difficile de construire autour d'un sujet une leçon qui soit vraiment à jour. La
technologie est une science mouvante et les connaissances acquises doivent d'enrichir de compléments à
mesure qu'éclosent les découvertes de laboratoire et qu'évoluent les façons techniques industrielles. La
préparation de ce cours demande donc une documentation large et variée.
Si nous voulons garder au CAP son caractère d'examen où les qualités techniques s'interpénètrent de
connaissances générales, si nous voulons différencier l'ouvrière future qui comprendra son métier et qui sera
capable d'adapter son savoir faire à des exigences nouvelles, de celle dont le travail n'est qu'une suite de
gestes, il faut accorder au devoir de technologie son importance, et trouver le juste équilibre de ces leçon
qu'on étudie en classe et dont l'utilité se trouve vérifiée dans leur application à l'atelier.
Dans un éditorial de l'année scolaire précédente nous avons rappelé que l'hygiène est une science qui étude
l'ensemble des mesures destinées à maintenir et à améliorer l'état de santé des individus. Rubrique qui
s'adresse encore plus directement à nos élèves, futures maîtresses de maison, c'est celui qui se rapporte à
toutes les questions d'alimentation, questions groupées sous la rubrique hygiène alimentaire. Alimentation,
régimes équilibrés
Les articles sont fournis aux consommateurs « prêts à porter », cad qu'ils ont été coupés aux mesures
d'un mannequin représentant un type, une catégorie de la population.
Peu à peu empiété sur le domaine de la fabrication « sur mesures » au point de fournir actuellement la quais
totalité des vêtements de travail, de la chemiserie masculine, des imperméables et des sous-vêtements.
90% des pardessus et de la lingerie féminine ; 70% des vêtements pour hommes et garçonnets ; 60% des
vêtements féminins.
Il s'agit là d'une évolution inéluctable. Notre époque est celle de la production industrielle, mettant à
la disposition du consommateur des quantités de plus en plus importantes de biens de consommation. Il en
s'ensuit pas, d'ailleurs que des activités traditionnelles par lesquelles s'expriment des qualités bien françaises :
le goût, l'originalité créatrice, l'initiative, doivent disparaître. Grands tailleurs, haute couture, lingerie de luxe,
broderie main, auront, sans doute, toujours leur place chez nous, même si la clientèle capable de les faire
vivre se raréfie. Ils indiquent d'ailleurs aux industries de l'habillement le sens dans lequel doivent évoluer
leurs productions, créent la mode et peuvent constituer pour elles une avant-garde sur les marchés étrangers.
Mais ces métiers difficiles ne peuvent être exercés que par une élite sacrifiant souvent, à notre époque, les
avantages matériels au plaisir de participer à une œuvre prestigieuse.
Le plus grand nombre des élèves du CT peut trouver dans la production industrielle des emplois dont
la gamme s'étend des ouvriers les plus spécialisés accomplissant des tâches faciles jusqu'aux techniciens et
ingénieurs.
Il faut dire d'ailleurs, que dans ce domaine comme dans les autres, l'industrialisation se traduit, après
la période de mise au point, par des résultats qui commencent à apparaître dans nos industries :
– l'abaissement des prix entraîne une augmentation de la consommation, chaque consommateur
pouvant se procurer un plus grand nombre de produits ;
– les techniques mises en oeuvre, les moyens de contrôle, les achats de matières premières en quantités
importantes, conduisent à une amélioration de la qualité moyenne. On peut facilement s'en rendre
compte et constater à quel point la formule qui tendait à qualifier de « confection » tout travail
médiocre, et « cousu-main » ce qui était supérieur est maintenant périmée et observant la solidité et
le fini obtenus avec les machines modernes.
– La formule célèbre de Ford : « Hauts salaires, bas prix de revient » se vérifie une fois de plus. Dans
les ateliers bien organisés, le haut rendement entraîne des salaires très supérieurs à ceux que peut
payer la fabrication artisanale et il est obtenu par une économie très étudiée des moyens mis en
œuvre, la diminution de la fatigue, l'augmentation du confort.
– Enfin, et contrairement à ce que l'on annonçait voici quelques années, une industrie évoluée, si elle
emploie des ouvrières spécialisées sur des opérations parcellaires, a besoin d'un nombre toujours
croissant de travailleurs qualifiés et de techniciens, ce qui ouvre aux anciennes élèves des
établissements d'ET des débouchés intéressants et rémunérateurs.
G. Dugas, secrétaire général du Centre d'Etudes Techniques des Industries de l'Habillement
Les méthodes de l'organisation du travail dans l'industrie moderne, que l'on nomme souvent Organisation
Scientifique du Travail (OST) ou organisation rationnelle ont déclenché des réactions diverses et, en
particulier, une certaine hostilité des ouvriers et des cadres moyens des ateliers.
Certains se sont enthousiasmés à son sujet, en constatant les résultats qu'elle pouvait faire atteindre aux
entreprises, par la diminution des prix de revient résultant des économies réalisées sur toutes les dépenses et
notamment sur les temps de fabrication et la fatigue des ouvriers.
D'autres ont vu que ses méthodes, mises dans les mains de gens qui n'avaient pas d'autre objectif que
l'augmentation du rendement et du profit, se sont insurgés contre la tendance, parfois avouée mais plus
souvent inconsciente, de ravaler le travailleur au rang d'un moyen de production dépourvu d'initiative dans
tous les actes de son métier, jusque et y compris le choix des gestes qu'il accomplit.
Janvier 1958
Réunir les deux mots qui constituent le titre ci-dessus, c'est souvent déclencher des réactions hostiles.
Le mot même de normalisation est très mal compris. On croit entrevoir une uniformité que des romanciers de
science-fiction à l'imagination morbide ont décrite en peignant un monde futur, et qui ne se réalisera sans
doute pas, ressemblant à la termitière et dans lequel les humains seraient astreints à vivre dans des logis tous
semblables, à s'habiller sans que leur goût personnel intervienne dans leur choix, à se nourrir de pilules
insipides, etc.
Il s'agit pourtant de tout autre chose. La normalisation, déjà très répandue ne semble pas gêner, dans
ce qu'elle a déjà réglementé, le peuple qui compte parmi les plus individualistes de la terre, qui, le premier,
en eût l'idée et chez qui elle est répandue plus qu'ailleurs.
On peut dire, en effet, qu'il s'agit d'une idée française et que la première réalisation de cet ordre a été
l'établissement du système métrique. On sait pourquoi et comment il a été réalisé. Préconisée au début du
XVIIIe s par La Condamine l'idée fût reprise par la Convention en 1790. Il s'agissait de remplacer les
anciennes unités de mesure, fort disparates dans notre pays, portant parfois le même nom pour des valeurs
différentes, mal définies d'ailleurs, et divisées en sous-multiples irréguliers ce qui compliquait beaucoup les
calculs, par un système d'unités ayant une base commune : le mètre, quarante-millionième partie du méridien
terrestre et des multiples et sous-multiples diminuant ou s'accroissant de 10 en 10. (…)
On comprend aussi l'avantage qu'il y a à trouver dans n'importe quel bazar l'ampoule électrique dont
la puissance est indiquée en unité métrique (le watt) et qui ira à coup sûr dans la douille du plafonnier (…).
La normalisation est en France, régie par une administration officielle, et organisée par l'Association
Française de Normalisation (AFNOR). L'étude des normes est assurée par cette association et par des
bureaux spécialisés, émanations des groupements professionnels.
Un projet de norme est discuté par une commission spéciale dans chaque cas, groupant des
représentants des intéressés : producteurs, utilisateurs, administrations. Lorsqu'il a été mis au point il est
soumis à l'Enquête publique. Le projet est communiqué à tous ceux qui peuvent légitimement donner un
avis, leurs observations sont ensuite étudiées avant que le projet définitif soit homologué. Il devient alors
officiel et, sous certaines conditions peut être rendu obligatoire.
Différentes associations nationales groupées dans une orga internationale : International Standard
Organisation qui a pour tâche d'unifier les normes des pays participants (…).
Bureau de Normalisation des Industries du Vêtement / Bureau de Normalisation du Textile. (…)
La désignation des tailles a été normalisée dans qq catégories d'articles : bas et chaussettes, sous-
vêtements et maillots de bain,lingerie féminine. Elle pour l'être, sans doute dans un proche avenir, lorsque les
statistiques en cours de réalisation seront achevée. Ceci facilitera le commerce de l'habillement et par
conséquent l'industrie, une taille définie par un nombre ou par un symbole composé de chiffres et de lettres
ayant alors une signification précise alors que les numéros actuels des mannequins : 40, 42, 44... ne se
rapportent à aucune mesure.
Etude fort ardue car doit partir de la mensuration de nombreuses personnes de la même catégorie :
femmes, hommes, enfants > établissement d'une norme des mensurations du corps humain (G 03 001). (..) Il
n'est, pour s'en rendre compte, que de faire prendre le tour de poitrine, par exemple, d'une même personne
par plusieurs couturières ou plusieurs pour s'apercevoir que chacun ayant sa conception et prenant sur le sujet
des pts de repère plus ou moins sûrs, arrive à une valeur différente de celle trouvée par les autres.
Ceci avait peu d'importance dans le travail sur mesures, le professionnel utilisant les dimensions qu'il
avait lui-même relevées toujours de la même façon et pouvant retoucher après essayage ce qui qu'était pas
tout à fait exact. Le travail industriel ne peut se satisfaire de ces approximations et tâtonnements et
singulièrement lorsqu'il produit sur « mesures industrielles » les dimensions relevées par le vendeur, à de
grandes distances de l'atelier, doivent l'être suivant une méthode invariable.
On a donc été conduit, dans la norme indiquée ci-dessus, à définir avec précision les repères
anatomiques servant de base. Ce sont, principalement les saillies osseuses qui ont été choisies, en raison de
leur stabilité.
Une autre norme intéresse les industries du vêtement, c'est celle qui définit la désignation des points
de couture pour assemblages (G 05 002). Les appellations point de chaînette, point noué, point de navette,
sont ambigües et peuvent conduire à des erreurs. Les symboles normalisés sont constitués de 5 types :
– un chiffre indiquant la nature de la couture
1 pour couture simple
2 pour couture en zig-zag
3 pour couture de surjet
4 pour couture de recouvrement
5 pour couture invisible
– ce chiffre est suivi d'une lettre
N pour point de navette
C pour point de chaînette
suivie d'une fraction dont le numérateur indique le nbre de fils amenés par les aiguilles et le dénominateur
celui des autres fils
(…) Ainsi la machine plate ordinaire, la machine familiale classique font le point IN.I/I.
D'autres normalisations en cours : largeurs de tissus > devrait donner à l'industrie une plus grande régularité
dans les fournitures de matières et, en lui permettant d'appliquer des procédés de reproduction des tracés,
conduire à une économie de matière et du temps de traçage.
D'autres normes fixant les dimension des accessoires : boutons, sergés, biais, auraient un effet heureux en
diminuant l'importance des stocks et en facilitant l'emploi de machines spéciales, de guide et d'attachements,
sans limiter le moins du monde la fantaisie des créateurs et le choix des utilisateurs.
Dugas
Juin 1958 : La ''conversion'' des sections couture des établissements d'enseignement technique
I. Après quelques hésitations et aussi une certaine hostilité dont les raisons sont souvent respectables, on
reconnaît, à peu près partout, la nécessité de transformer certains ateliers des établissements d'apprentissage
publics ou privés.
Convertir des sections de couture sur mesure en prêt-à-porter. Il paraît utile, en effet, d'orienter certaines
jeunes filles vers des industries nouvelles ou vers des professions traditionnellement masculines. Il s'agit là
de véritables créations, pour lesquelles les difficultés que nous voudrions étudier, ne se présentent pas.
On n'a pas toujours bien compris que la fabrication industrielle d'un vêtement diffère parfois d'une
façon radicale de la réalisation du même modèle, par unités et aux mesures des clients qui le porteront. On a
cru, trop souvent que la confection n'était que de la couture bâclée et qu'entre la couturière et la
confectionneuse il n'y avait que la différence d'une plus grande rapidité d'exécution, obtenue par le sacrifice
de la qualité.
L'expérience démontre le contraire, comme elle prouve qu'il est parfois très difficile d'adapter aux
techniques industrielles l'ouvrière qui est habituée à celle du « sur mesures ».
Remarques de certaines professeurs constatant bcp de fait main dans la confection => seule différence pour
elles, le salaire qui est au pièce dans la confection et oblige une cadence de travail fatigante.
Nous ne songeons pas à mettre en doute la réalité des cas de ce genre qui nous ont été signalés.
L'industrie du vêtement est jeune, et son évolution inégale. Méthodes se généraliseront avec la concurrence
qui se fera plus âpre après l'instauration du marché commun européen.
2. L'enseignement professionnel doit préparer ses élèves à la vie (…). Il ne leur rendra service que s'il leur
enseigne les techniques de l'avenir.
→ création de modèle // couture. Modéliste indépendant mais création de modèle œuvre collective : service
commercial (demande clients) et bureau d'études (possibilité de fabrication et calcul du prix de revient).
Patrons précis et définition de la méthode d'exécution. Nécessité de techniciens issus par promotion des ranfs
des OQ ou des étab d'ens technique.
→ opération de fabrication :
– matelassage : OS sur la surveillance des patronniers-gradueurs qualifiés qui prépare le travail afin de
laisser qu'un minimum d'initiatives aux OS
– montage par OS sur machines spécialisés et rapides (machines spéciales ou jeunes ouvrières). Ces
dernières se préparent ainsi à accéder à la qualification supérieure que leur permet un apprentissage
complet sanctionné par un CAP mais doivent pouvoir tirer, après une courte adaptation, le meilleur
rendement d'un matériel coûteux qu'il faut employer au max pour l'amortir. OG pour opérations
d'une habileté difficile à acquérir et pour emplois de « volantes » » suppléant instantanément les OS
absentes. Recrutement parmi les OQ de vérificatrices, retoucheuses, chefs de groupe, contre-
maîtresses, techniciennes
– repassage épluchage, pressage conditionnement OS
3. L'énumération ci-dessus aboutit à définir ce que doit apprendre l'élève d'une école technique et vers quel
but doit tendre sa formation.
Il nous semble inutile que celle-ci soit poussée jusqu'au CAP, si l'apprentie ne présente pas des
aptitudes suffisantes pour dépasser la qualification d'ouvrière spécialisée. Un apprentissage de trois ans serait
pour elle du temps perdu.
Mais pour celles qui peuvent devenir des ouvrières qualifiées, il faut que leur formation les prépare à
des responsabilités plus élevées, mais aussi à une habileté qui les fera apprécier dès leur entrée dans
l'entreprise. Sachant faire toutes les opérations du métier, elles doivent pouvoir les réaliser à une cadence
normale et savoir se servir des machines les plus perfectionnées.
Cette cadence normale ne correspond pas, dans un atelier bien organisé, à un rythme de travail très
rapide, mais au contraire à une grande économie des mouvements, obtenue par l'organisation minutieuse de
chaque poste.
Liste de machines mises au point par la Commission Nationale Professionnelle Consultative. Il faut que les
apprenties puissent travailler dans des conditions voisines de celles qu'elles trouveront à leur sortie du centre
et que, entre autres, elles sachent conduire, régler et entretenir les machines spéciales de leur métier.
5. L'atelier ayant été ainsi « converti », il reste à envisager ce que devra faire, pour être à la hauteur de sa
tâche nouvelle, le professeur dont l'apprentissage, l'expérience professionnelle, le concours de recrutement et
les premières années d'enseignement ont été consacrés à d'autres techniques.
Il ne faut pas craindre de le dire, c'est un nouveau métier qu'il doit apprendre. Il peut y parvenir avec
de la volonté et un travail persévérant. Un stage de qq semaines n'y peut suffire. La Direction de
l'Enseignement Technique a organisé avec le CETIH plusieurs sessions qui ont servi surtout à indiquer ce qui
devait être fait, mais restait à faire ensuite.
Les méthodes de travail doivent d'abord être étudiées dans des ateliers bien organisés et il est utilse
de consacrer à cette étude de nombreuses visites et plusieurs stages pratiques de qq semaines. On observera
attentivement les modes opératoires de bonnes ouvrières de celles qui atteignent des productions élevées sans
agitation ni fatigue. On les analysera et on les enregistrera dans le détail On remarquera aussi l'ordre des
opérations et l'on s'apercevra qu'il est souvent très différent, pour une même pièce, de celui du travail à la
main. On cherchera les raisons du processus adopté. On recueillera aussi les temps alloués pour chaque
pièce.
Il faudra ensuite que le professeur, qui dispose d'un atelier et d'un matériel, s'entraîne longuement en
cherchant à atteindre l'habileté qu'elle aura pu remarquer chez les ouvrières qu'elle aura cotoyées.
Toujours nécessaire de se documenter : livres et revues techniques. Foires commerciales (Paris,
Lyon, Lille) Saon de l'Equipement et du Matériel des IH et du Travail des Ettofes. Dugas
Novembre 1958 : L'acquisition des réflexes conditionnés : l'éducation sensori-motrice . Guy Dugas
L'exercice d'un métier, qu'il soit strictement manuel, comme ceux qui utilisent les outils traditionnels,
ou mécaniques, cas le plus fréquent maintenant, comporte l'acquisition de tours de main dont il est utile de
comprendre la genèse.
Les travaux de Pawlov, de son école et de nombreux psycho-physiologues de tous pays, ont mis en
lumière la nature des réflexes conditionnés et le mécanisme de leur acquisition. On sait que l'être humain,
comme d'ailleurs tous les êtres vivants, exécute dès sa naissance et indépendamment de toute éducation, de
tout entraînement, sans même que sa volonté intervienne, un certain nombre d'actes, de gestes, nécessaires à
sa vie. Son cœur bat, son thorax effectue le mouvement de soufflet qui aspire l'air dans ses poumons et
l'expulse lorsqu'il y a rempli son office, sa bouche au contact du sein maternel ou d'un objet qu'on lui
substitue, accompli les gestes de succion pour ingurgiter l'aliment dont son corps a besoin etc.
Par la suite, l'expérience, l'éducation, ajouteront à ces réflexes innés, de nombreux réflexes acquis.
On connaît la célèbre expérience de Pawlov par laquelle Pawlov a démontré leur mécanisme. Elle a porté sur
le réflexe, naturel de la salivation. Les glandes salivaires des mammifères secrètent de la salive pour
humecter les aliments et en commencer la digestion, lorsque l'animal goût la nourriture qu'il connaît. (…)
Les gestes professionnels sont, eu aussi, « conditionnés » par la perception d'une sensation. Ils ne
sont pas, au début de l'apprentissage des réflexes, accomplis d'une façon quasi inconsciente, mais des actes
réfléchis. (…)
(…) lorsqu'on voulut lui apprendre à coudre, on lui indiqua comment l'aiguille doit être :
– tenue entre le pouce et l'index ;
– piquée obliquement dans l'étoffe
– inclinée pour en faire ressortie la pointe à la distance voulue ;
– poussée par le majeur muni du dé ;
– lâchée, puis reprise par le pouce et l'index à l'endroit où elle est sortie ;
– tirée enfin pour tendre le fil et serrer le point, juste assez, mais pas trop.
L'apprentie qui a reçue cette explication s'applique à reproduire l'exemple qui lui a été donné. Ses
gestes sont volontaires, ils se succèdent d'après le schéma que lui rappelle sa mémoire, le début de chacun
d'eux est commandé par ce qu'elle voit. Mais ce travail est ralenti par cette réflexion, et peu régulier dans sa
forme, car le sens qu'elle utilise exclusivement pour le contrôle n'est pas lui-même entraîné il manque de
précision.
Petit-à-petit, les mouvements deviendront plus rapides, ils s'enchaîneront les uns aux autres sans
interruption et nécessiteront de moins en moins un contrôle visuel. L'apprentie regarde ses points, sa ligne de
couture, mais non plus ses doigts. Deux autres sens se sont substitués à la vue, le toucher, dont le siège est
dans certains points de la peau, et le sens musculaire ou kinésthésique qui permet d'apprécier sans les voir, la
forme et la dimension du mouvement et l'importance de l'effort. Le contrôle de ces ses sens devient de moins
en moins conscient, on les fait sans y penser semble-t-il. Il n'y a jamais, en réalité, automatisme absolu. La
vigilance, le contrôle, s'ils ne sont pas permanents ne disparaissent pas. L'ouvrière qualifiée va bien faire
porter son attention sur la suite de son travail. Profitant des réflexes qu'elle a acquis, elle pense à ce qu'elle
fera, lorsqu'elle aura achevé la phase en cours : « au bout de la couture, je dois m'arrêter, tourner de 90° » ;
mais sa pensée se porte, par intermittences et, pendant de très courts instants, sur ce qu'elle accomplit. Elle
modifie à volonté son geste suivant les besoins, il n'est pas strictement automatique.
(…) On sait d'ailleurs que la pensée ralentit l'action. Les très nombreuses études effectuées depuis deux
siècles sur les mouvements humains ont abouti à de multiples conclusions, parmi lesquelles celle-ci qui
touche à notre sujet :
La durée d'un geste donné est d'autant plus courte qu'il demande moins d'attention
On a souvent entendu dire que les programmes d'enseignement faisaient une trop large place à
l'acquisition de connaissances « inutiles ». Comme s'il était possible de prévoir ce dont aura besoin, vingt ans
plus tard, un adolescent dont la vie professionnelle évoluera en fonction d'éléments très divers : aptitudes ne
se révélant qu'avec la maturité, situation familiale, hasard des emplois, progrès techniques, variations de
l'économie etc. Il n'est que de parcourir un annuaire d'association d'anciens élèves d'une école
d'enseignement technique, pour se rendre compte que leur formation a permis à beaucoup d'entre eux de
réussi dans des situations très différentes de celles que semblait leur promettre le métier qu'ils avaient appris.
Un esprit étroit pourrait critiquer cet état de choses et se plaindre de ce que les sommes dépensées en vue de
procurer une md'o et des techniciens à une industrie donnée, profitent finalement à d'autres activités. Si l'on
élève jusqu'à la compréhension de l'intérêt général, on raisonne autrement.
Que seraient, dans notre pays, les industries de l'électronique, des matières plastiques, des textiles
artificiels et même de la fabrication industrielle des vêtements si elles avaient dû attendre, avant de se
développer, la formation d'ouvriers et de techniciens spécialistes ; où en serait la recherche nucléaire si elle
n'avait pu utiliser des ingénieurs qui, à l'origine, ignoraient presque tout de ses problèmes, mais avaient
acquis une culture technique leur permettant d'évoluer dans un domaine que n'avaient pu prévoir leurs
professeurs ; quel aurait été le retard de la construction automobile si elle n'avait trouvé, chez nous, des
mécaniciens de toutes qualifications, mais dont la formation avait été orientée vers la construction et
l'entretien des machines à vapeur, des chemins de fer, des machines-outils et des armements ?
En réalité, beaucoup de ceux qui énoncent des critiques du genre de celles que nous rapportons,
admettent pourtant l'intérêt du latin qu'ils n'ont jamais « utilisé' » depuis le lycée, ou des mathématiques dont
ils n'ont eu à appliquer que des éléments dans leur vie professionnelle, alors qu'ils devaient, à 18 ans,
résoudre des pb bcp plus difficiles. Ils reconnaissent que ces disciplines leur ont donné une certaine tournure
d'esprit, une méthode, dont la valeur est supérieure au techniques, aux recettes qu'ils ont pu acquérir d'autant
plus facilement par la suite, que leur culture avait été moins spécialisée.
(…) Nous ne voyons, en effet, que des avantages dans le fait qu'une industrie dispose d'une main
d'oeuvre instruites, dans laquelle elle peut recruter des cadres et des techniciens, et qui, en tout état de cause,
saura s'adapter aux nouveautés (nouvelles machine, nouvelles matières) qui ne manqueront pas d'apparaître
dans l'avenir.
(…) Nous avons entendu dire, parfois même par des professeurs, que la connaissance des machines
n'était pas utile aux ouvrières de la confection, que, dans les entreprises industrielles, elles n'avaient jamais à
les régler elles-mêmes, encore moins à les réparer, ces opérations étant réservées à des mécaniciens
spécialistes. On ajoute encore que les jeunes filles sont rebelles à la mécaniques et qu'il n'est pas féminin de
s'y intéresser. On va même, parfois, jusqu'à solliciter le témoignage de Taylor, et jusqu'à dire que la réflexion
ralentissant l'action, il est bon d'éliminer tout ce qui conduit à penser le travail, et notamment, la
compréhension des mécanismes que l'on conduit.
Nous croyons, quant à nous, indispensable, au contraire, de donner au futures opératrices sur
machines à coudre, des notions, à leur portée, sur le fonctionnement des outils qui leur seront confiés.
L'expérience nous prouve,d 'abord, que c'est possible. Nous connaissons nombre de jeunes filles de
1958 qui n'hésitent pas à démonter leur vélo-moteur en leur scooter et pour qui, un interrupteur électrique ou
un fer à repasser n'ont pas de secrets. Nous avons vu de jeunes contremaîtresses démonter une genouillère
pour la fixer dans une position convenable, régler judicieusement les barres à aiguille d'une machine à quatre
aiguille, etc., tout en restant, dans la vie courante, parfaitement féminines.
Nous pensons, d'autre part, que si l'organisation scientifique doit prévoir avec exactitude le
déroulement et l'enchaînement des opérations, il n'est pas bon de bannir du travail la prérogative essentielle
de l'être humain : la pensée. S'il est vrai que l'attention que l'on concentre sur un geste professionnel, le
ralentit au point que sa durée puisse atteindre le double ou le triple de celle du même mouvement exécuté par
réflexe, ceci ne signifie pas qu'il faille supprimer chez l'exécutant toute activité mentale. L'attention, libérée
par les automatismes acquis au cours de l'apprentissage, s'élève alors jusqu'à la prévision des phases
ultérieures de la tâche et à la surveillance du fonctionnement de la machine. Ainsi occupée, elle ne laisse
plus de place à l'ennui, ce mal terrible du travail d'usine qui augmente les effets de la fatigue, se traduit par
un manque d'intérêt pour la qualité de ce que l'on fait et conduit à une dégradation de l'intelligence. Simone
Weil (La Condition Ouvrière) dont l'expérience est trop peu connue, l'a fort bien sentie elle-même. Elle a
trouvé seule remède, lorsqu'elle a constaté que le fait de chercher une meilleur disposition de son poste, les
causes du fonctionnement défectueux de sa presse etc... sans nuire à son rendement, au contraire, lui
permettait d'être moins fatiguée à la fin de ses dures journées.
D'une façon plus terre-à-terre, peut-être, nous pensons qu'une meilleure information des ouvrières
diminuerait la fréquence de certains incidents dont nous sommes souvent témoins dans les ateliers que nous
visitons. Les machines modernes sont complexes et délicates. Quelle que soit la vigilance de la maîtrise et
des services d'entretien, il est fréquent de voie une fabrication désorganisée par une panne qui aurait pu être
évitée, si l'ouvrière, conduisant une machine spéciale, avait signalé à temps un bruit anormal, un niveau
d'huile insuffisant dans le réservoir de graissage automatique, etc. On accuse alors la mécanicienne de
manquer d'initiative, en oubliant que la cadence qui lui a été imposée, lui laisse peu de temps pour porter son
attention sur un fonctionnement que l'on a jamais pris la peine de lui expliquer.
Cette compréhension de la machine, tout en lui permettant de la conduire mieux et sans incidents
coûteux, aurait présenté également, un autre avantage : on se plaint souvent du manque d'intérêt des jeunes
pour le travail, on leur reproche de ne pas faire preuve de conscience professionnelle... mais peut-on
s'intéresser à ce que l'on ne comprend pas ? La forme industrielle de la production conduit inéluctablement à
fractionner les tâches. Il serait vain d'espérer un retour vers la formule ancienne de l'artisan conduisant à sa
guise son œuvre, du début jusqu'à son achèvement. Pour que les apprentis s'adaptent à cette situation sans en
souffrir, il faut substituer à l'attrait traditionnel le « beau métier », le plaisir bien moderne de dominer une
belle machine et d'en utiliser toutes les possibilités. Le cours de technologie, s'il n'est pas une fastidieuse
nomenclature, mais, au contraire, une étude des principes suivant lesquels sont construits les outils
mécaniques, peut contribuer utilement à développer ce sentiment.
Janvier 1959 : La lenteur d'exécution garantit-elle une bonne qualité du travail ? Guy Dugas
(..) la qualité et la rapidité de son exécution, constituent pour l'élève des difficultés différentes qu'il
est impossible de lui faire surmonter simultanément.
La CNPC des Industries de l'Habillement l'a bien compris. Elle a institué pour les CAP dont elle a
fixé les programmes, deux épreuves pratiques séparées : l'une de qualité, l'autre de rapidité. (…) Nous avons
pu constater que des élèves de Centres d'apprentissage étaient parvenues, lors de la session de 1958, à
réaliser le test de rapidité dans un temps nettement inférieur à celui que prescrit le règlement (1,5 du
temps normal de l'ouvrière qualifiée travaillant dans les mêmes conditions). Précisions qu'il ne s'agissait pas
d'un temps calculé sur des bases n'ayant que des rapports lointains avec la pratique industrielle, ou d'un
travail bâclé, mais que la plupart des candidates du CAP de Confectionneuses de pantalons et gilets pour
hommes et garçonnets, dans un département où il avait été organisé, ont sur monter un pantalon (non
compris la pose des boutons et les façons des boutonnières) en 35 ou 40 minutes.
Nous avons enregistrés, d'autre part, des interprétations erronées du temps temps normal inscrit
dans les règlements d'examens.
Certains professeurs, dont l'expérience de l'industrie est limitée à une entreprise voisine du Centre ou
du Collège, ont cru voir dans ce temps normal, la cadence désordonnée et excessive prise par les ouvrières,
quand leur travail n'est pas organisé et qu'elles sont stimulées par une rémunération « aux pièces' qui résume,
pour certains, tous les efforts d'amélioration de la productivité.
Une organisation rationnelle, au contraire, évite le surmenage qui ne peut conduire qu'à un
rendement irréguler. Elle détermine les temps allouée à partir d'une allure normale (allure 100).
Celle-ci est la vitesse d'exécution que peut soutenir indéfiniment une ouvrière moyenne,
entraînée aux opérations qui lui sont confiées, sans que sa fatigue atteigne une intensité telle qu'un
repos normal ne puisse l'éliminer.
Dans les ateliers ainsi organisés, le travail est calme et sans à coups ; chaque exécutant accomplit une
tâche mesurée, le plus souvent sur des machines perfectionnées, environnées d'accessoires évitant les gestes
et les efforts inutiles. La mise en route des fabrications est précédées d'une étude de simplification. Celle-ci
doit éliminer tout ce qui n'est pas indispensable à la réalisation d'un ouvrage de bonne qualité. Il nous
semble nécessaire que les professeurs, soucieux de faciliter à leurs élèves leur adaptation au travail industriel
et par cela même de faire apprécier leur enseignement, s'inspirent, dans cet ordre d'idées, des exemples qu'ils
trouverons dans les ateliers évolués et non dans ceux qui restes fidèles à des pratiques périmées.
En se livrant à une analyse sérieuse des méthodes d'exécution de tous les travaux, ils constateront
que certains procédés ne se justifient pas ; s'il ne peut âtre question d'obliger des débutants à travailler vite,
ce qui les conduirait à bâcler leurs exercices – qualité d'abord – il est possible de leur donner très tôt des
habitudes correctes.
Ce n'en est pas une, par exemple, que d'effectuer une couture à la machine par petites longueurs
de 2 ou 3 centimètres avec un arrêt entre chacune d'elle. Il ne peut être question, d'autre part, d'obtenir
d'une apprentie inexpérimentée l'utilisation de toute la vitesse d'une machine rapide et, en même temps, la
réalisation de piqûres parfaitement droites.
Mais, si on lui a appris, par des exercices appropriés, à maîtriser son moteur, elle pourra donner à
volonté à celui-ci une vitesse réduite et piquer très correctement, quelle que soit la forme de la ligne à réalité.
Petit-à-petit, et sans qu'il soit nécessaire de beaucoup la stimuler, elle accélérera, dès qu'elle se sentira assez
sûre de son habilité ; mais, quelle que soit la rapidité de la machine qui lui sera alors confiée, elle travaillera
toujours d'une façon continue ; qu contraire, celle à qui on a donné la mauvaise habitude de procéder par
saccades aura bcp de mal à la perdre et souvent n'y parviendra pas.
Un autre exple est fourni par l'épinglage préalable des pièces à assembler. En soumettant le travail
de certaines couturières et confectionneuses à une analyse objective, on découvre avec étonnement toujours
de la précision au travail et qu'elle n'est effectuée que par routine.
Nous nous sommes livrés sur ce pt particulier à des vérifications précises : nous avons constaté que,
dans presque tous les cas, le travail précédemment épinglé n'était pas plus précis que celui pour lequel on
n'avait pas pris cette précaution. Au contraire, les variations de dimensions (largeur de coutures, parallélisme
de celles-ci par rapport à un bord) étaient plus faibles lorsque l'on ne s'était pas servi d'épingles.
Nous savons que certaines opérations délicates, mais exceptionnelles, peuvent difficilement être
réussies dans une fixation préalable par épingles ou bâti, mais il faut éviter de donner l'habitude de tout
épingler ; ce procédé entraîne une perte de temps considérable, et pour la future ouvrière, un manque de
sûreté inacceptable..
En conclusion, nous répondront à la question qui constitue notre titre : la lenteur de l'exécution est
inséparable de l'initiation à une technique, mais elle doit résulter de l'attention apportée par la débutante
à des opérations qu'elle connaît mal, et non d'une complication inutile du mode opératoire qui risque
de devenir habituelle.
(…) On trouvera paradoxal, sans doute, un autre des principes énoncés : « Il faut apprendre la lenteur... »
alors que l'on demande aux professeurs d'atelier, notamment, d'habituer leurs élèves à une exécution rapide.
Ce sont pourtant là des bases essentielles dont l'application peut conduire à des moyens
pédagogiques efficaces. L'adolescent normal ne sait pas, en effet, fixer son attention. Animé par l' avidité,
moteur profond de la vie enfantine qui le porte à acquérir la plus grande quantité possible de réserve, poussé,
au moment de la puberté, par l'agressivité, qui marque son besoin de faire sa place dans le monde des
adultes.
(…) Parmi les disciplines ayant pour but la préparation au travail – quel que soit celui que l'on exercera
plus tard – celles qui entraînent à se concentrer doivent avoir une place de choix. Des exercices très divers
peuvent y concourir, car l'attention semble bien être une fonction unique s'appliquant à toutes les sensations
que nous fournissent nos sens. (…)
Dans les programmes appliqués avec un certain succès pour la formation des apprenties et diffusés
sous le nom de Méthode Aider, plusieurs exercices ont, plus ou moins directement, pour objet l'acquisition
d'habitudes de concentration qui consistent à fermer, à bloquer volontairement tous les organes des sens par
lesquels pourraient survenir les sensations perturbatrices.
L'un d'eux a prouvé son efficacité, c'est celui par lequel est apparemment perfectionné le toucher. Ce
sens, ayant son siège dans certains points de l'épiderme où affleurent des nerfs spécialisés, il ne peut être
question de l'améliorer, d'en augmenter l'acuité, mais seulement d'apprendre à s'en servir en isolant de toutes
les autres les sensations qu'il apporte. Exple du jeu de cartes perforées.
Mai 1959 : Une étape souvent négligée : la transition entre l'apprentissage et l'atelier de production.
Guy Dugas
Dans ce changement de climat, il résulte souvent un découragement que l'on surmonte à la longue,
mais qu'il vaut mieux éviter, d'autant plus que les difficultés d'adaptation des jeunes ouvrières peuvent être
interprétées par des personnes peu renseignées ou mal intentionnée comme des signes d'une formation
insuffisante ou mal conduite.
Proposition de formules de transition : > pour des adaptations heureuses.
Nous en avons nous-mêmes adopté une alors que nous étions chargé de la formation professionnelle
des adultes dans un établissement militaire. Les élèves étaient des ouvriers et des ouvrières spécialisés qui
accédaient à une qualification supérieure après un stage de six mois. Les moniteurs étaient recrutés parmi les
ouvriers qualifiés des ateliers de l'arsenal. Ils n'avaient chacun qu'un très petit groupe d'élèves, de cinq à dix
et lorsque leur formation était terminée, ils rentraient avec eux dans la fabrication. Les ouvriers qu'ils avaient
formés n'étaient pas forcément placés sous leurs ordres, mais ils avaient la possibilité de les voir souvent, et
de leur faire part de leurs difficultés ; les moniteurs, eux, pouvaient se rendre compte d'un découragement ou
d'un début de brimade, et l'on sait qu'un mot dit à propos peut avoir une grande influence.
Formule pas applicable dans un établissement indépendant de l'usine, mais organisation de stages
Une disposition différente a été adoptée dans les écoles d'apprentissage de la SNCF. La dernière
année de l'apprentissage s'effectue tout entière dans les ateliers de réparation, mais les élèves restent groupés
sous les ordres de leur professeur, e t leur équipe se voit confier les travaux, dans les mêmes conditions que
celles d'ouvriers. Ils vont, en outre remplacer ceux-ci, lorsque des abs viennent diminuer l'effectif des ateliers
adultes.
Les stages effectués pendant la dernière année d'apprentissage ont quelque analogue avec cette
formule. Il y manque souvent la présence de professeurs. Une autre adaptation est constituée par les travaux
réels de fabrication, lorsque l'on peut s'en faire confier en quantité suffisante et les faire réaliser dans des
conditions se rapprochant de celles de l'industrie : travail en série effectué en ligne ou en groupe, avec des
temps alloués calculés en tenant compte du degré d'entraînement des élèves. Lorsque l'on peut obtenir des
séries assez importantes pour que leur fabrication dure un certain temps, il est recommandé de faire changer
les apprenties de poste périodiquement, par exple toutes les 2 heures : la première dans la ligne passe au
deuxième poste, la deuxième au troisième etc. de telle sorte qu'elles aient l'occasion de tenir successivement
tous les postes.
Enfin une solution toute différente, a, semble-t-il donné de bons résultats. Il s'agit du parrainage des
apprenties par des agents de maîtrise et des ouvrières de l'industrie acceptant cette responsabilité. Les portes
de l'école sont ouvertes au marraines qui viennent y voir leurs filleules, s'entretiennent avec elles et avec leur
professeur. Elles apprennent ainsi à les connaître, se sentent responsable de leur accueil à l'usine où leur
présence constituera un appui moral lorsque ces jeunes filles y entreront. On diminue ainsi l'appréhension
des débutantes et l'incompréhension des aînées.
D'autres moyens : habituer l'élève aux conditions techniques du travail industriel : cadence, division
du travail et spécialisation, normes de qualité, dimensions des pièces et du matériel / le familiariser avec
l'ambiance sociale de l'atelier de production / lui assurer une protection, un appui en lui faisant connaître
d'avance certaines personnes qu'elle retrouvera plus tard à l'atelier.
Il reste que la transition dépend pour une bonne part des cadres de l'industrie. Contremaîtresses,
premières et chefs d'ateliers ne savent pas toujours accueillir comme il conviendrait leurs jeunes ouvrières.
Un certain progrès a été réalisé dans ce sens depuis que les établissements d'Enseignement technique se sont
multipliés. Les agents de maîtrise, qui y ont fait eux-mêmes leur apprentissage, reçoivent mieux les
débutantes qu'ils considèrent comme de jeunes camarades, que ceux qui, autrefois, voyaient en elles des
concurrentes se disposant à prendre leur place. On s'efforce d'ailleurs de donner à ces cadres moyens une
formation psychologique par des sessions, des stages, des cours de promotion du travail dont le nombre
augmente. L'art d'instruire, de commander, d'accueillir y tient une certaine place et beaucoup d'industriels ont
compris son importance pour la bonne organisation de leurs entreprises.
Les nouveaux textiles. Procédés de fabrication des articles soumis à la mode, les méthodes de travail
industriel, le choix des machines, qui semblent avoir moins d'influence sur la création, peuvent tout de même
dans certains cas, conditionner des formes particulière ou en proscrire d'autres.C'est dans ces deux
directions : matières d'une part et procédés d'assemblage, d'autre part, que nous essaierons de prévoir, dans
une certaine mesure, ce que pourrait être, par exemple, le vêtement dans un avenir proche ou lointain.
Apprêts chimiques > tissus irrétrécissables, imperméables, infroissables, plissés permanents. Coupe à chaud
des tissus thermoplastiques évitant l'effilochage.
Pellicules plastiques utilisées pour la fabrication d'imperméables > machines à souder électroniques : tissus
non tissés. Pantalons sans aucune pièces cousues. Ceci veut-il dire que, dans un avenir proche ou lointain,
nous verrons disparaître la couture et tout ce qu'elle implique. Nous n'en savons encore rien, mais nous
pouvons constater que des progrès sont possibles dans ce sens. Ce qui nous amène, en manière de
conclusion, à souhaiter que les élèves des établissements d'enseignement technique de différents niveaux,
soient préparés à comprendre l'application de ces procédés qui tous mettent en jeu des techniques
scientifiques.
Les industries de l'habillement, dans toutes leurs spécialités, et plus encore la haute couture que l'on
appelait naguère la confection, ont un très gros besoin de techniciens ; elles n'en ont d'ailleurs pas toujours
consciences.
Nvx programmes d'organisation générale du travail et de technologie professionnelles générale dans les
classes de 1e CT des métiers de l'habillement.
Chefs des travaux nous ont fait part des difficultés rencontrées pour réunir la documentation de ces
programmes > nous nous efforcerons de combler cette lacune. 2 manuels en cours de publication dans la
collection Les Techniques des métiers de l'habillement.
Face aux critiques : « Il ne semble pas, pourtant, à la lecture des programmes en cause que ce soi le but.
Nous savons, en outre, que les intentions de leurs auteurs n'ont jamais été de proscrire des collèges des
métiers traditionnels, bien vivants dans notre pays et qui peuvent lui assurer, avec un prestige qu'il faut
défendre, des résultats matériels non négligeables sur les marchés de l'exportation.
Nous somme persuadés, au contraire, que l'enseignement en cause peut contribuer à donner à ces
industries de luxe une organisation qui lui manque parfois, en leur fournissant, non seulement une main
d'oeuvre de qualité, mais des techniciennes capables d'y introduire des méthodes éprouvées et intéressantes.
Elles manquent dans la plupart des entreprises dont les noms sont connus de tous. Modélistes de grandes
classes, ouvrières habiles, cadres mais manque des agents indispensables à la bonne marche d'une maison
importante > techniciennes : connaissance pratique du métier, habitude de l'analyse. (…) Nous pensons, par
contre, que bien souvent, elle permettrait aux ouvrières de voir améliorer leurs conditions de travail et leur
rémunération.
Ce n'est pas nuire au prestige de cette industrie de luxe que d'introduire dans ses ateliers des
machines modernes. > âpre concurrence internationale.
Primordial d'habituer les élèves à un travail de bonne qualité et dont la rapidité d'exécution s'approche des
normes industrielles. Critiques des cadences.
« Les industries de l'habillement ne font, dans la majorité des maisons qui les composent, qu'accéder à
l'organisation scientifique. Elles éprouvent une très réelle difficulté à s'y adapter, faute de techniciens. Les
études d'aménagements de postes, d'économies de mouvements, de simplification, d'implantation, de
lancement, d'ordonnancement, nécessitent des analyses poussées qui ne peuvent être réalisées que par des
agents connaissant bien les techniques de l'atelier et ayant ajouté à leur métier de base celles de l'organisation
du travail. Les maisons qui disposent de collaborateurs de cette sorte en quantité suffisante sont rares. La
plupart des entreprises, impérieusement poussées à augmenter leur productivité, s'en tiennent au moyen qui
n'est ni le meilleur ni le plus efficace, à la stimulation des ouvriers par différents procédés et surtout par le
système du salaire aux pièces.
(…) L'entraînement des apprenties doit être orienté dans ce sens et contrôlé par comparaison de la durée des
exercices avec des temps normaux. Les règlements des CAP officialisent cette comparaison puisqu'ils
préconisent que l'épreuve pratique de qualité doit être exécutée dans un temps triple de celui d'une ouvrière
qualifiée travaillant dans les mêmes conditions et accordent pour le test de rapidité une fois et demi ce temps.
(…) Les définitions de l'allure normale sont nombreuses, ce qui prouve qu'elle est difficile à définir. Certains
auteurs en font le minimum au-dessous duquel on ne devrait pas tolérer que l'ouvrier descende – la limite de
la nonchalance – D'autre, en font le point de départ des primes s'ajoutant au salaire de base, ce qui n'est pas
une définition, mais un seuil arbitrairement fixé.
Dans certains cas, on fait partir cette allure d'une notion statistique. Elle devient alors l'allure modale, cad
celle que l'on peut constater chez le plus grand nombre d'exécutants. Le mode est, en effet, la valeur qui se
retrouve le plus fréquemment dans une série de mesures portant sur un ph constant ; il est souvent proche de
la moyenne arithmétique. Il n'est significatif que si l'on peut tabler sur un grand nombre d'observations dans
des conditions rigoureusement identiques, ce qui ne peut être le cas pour une épreuve d'examen que l'on ne
saurait faire exécuter une centaine de fois avant de l'appliquer aux candidates.
Une définition satisfaisante d'un certain point de vue manque, hélas de la précision qu'apporte une mesure :
l'allure normale et celle qu'un exécutant normalement constitué peut tenir indéfiniment, sans fatigue
excessive, pendant 8 heures par jour, 40 heures par semaine et cela toute l'année. Elle nous fait retrouver, en
outre, la difficulté que nous avons déjà signalée : celle qui consiste à définit l'exécutant normal.
Deux comparaisons souvent utilisées par les instructeurs ayant la charge de former les chronométreurs et les
agents d'étude du travail.
(…) l'allure normale est celle d'un homme, entraîné à la marché, mesurant 1,68 m, normalement habillé,
non chargé, marchant à 5 km à l'h sur une route horizontale droite à sol ferme, faisant des pas de 0,75m par
une température de 15°C et un degré hydrométrique de 10%
(…) C'est l'allure d'une personne qui distribue un jeu de 52 cartes à jour en quatre tas sur une table devant
laquelle est est assiste, en une demi-minute.
=> il ne s'agit pas dans l'un et l'autre cas d'une « cadence infernale »,loin de là, et que le travail organisé à
partir de cette base ne peut conduire au surmenage. (…) l'allure de référence (100) est, en général, très
inférieure à celle qui correspond, dans leur esprit à un travail industriel. C'est qu'aussi, elles n'avaient peut-
être pas remarqué que ces cadences rapides, fréquentes dans les ateliers de confection ne sont que
momentanées. Elles ne sont souvent tenues que pendant quelques heures dans la journée, la fatigue les
faisant décroître ensuite de telle sorte que la moyenne journalière est souvent inférieure à 100, avec des
maxima atteignant parfois 130, à moins que les éléments de travail exécutés à allure rapide et qui frappent
l'observateur superficiel, ne soient très brefs et suivis d'inactivité totale ou partielle. C'est ce qui se produit
lorsque l'on doit alimenter une machine, puis attendre qu'elle ait effectué l'opération.
Enseignement Technique considéré comme un pis-aller utilisable lorsque les enfants se révèlent, par des
échecs répétés, peu doués pour les études classiques.
Toute une partie de la population, qui se qualifie volontaire elle-même d'élite, voit dans le travail manuel une
activité un peu dégradante.
(…)
On peut, au contraire, être sûr d'avance que le métier que l'on exercera à la fin de sa vie sera très différent
dans ses aspects, sinon dans sa nature, de ce que l'on aura connu en débutant.
Il devient donc indispensable que l'apprenti soit préparé à évoluer et, pour cela il faut qu'il apprenne à
raisonner, qu'on lui enseigne moins la méthode traditionnelle pour résoudre un cas donné qu'à en découvrir
une pour chaque nouveau travail.
(…)
De tels buts renouvellent bien dans la vie de l'élève d'une école technique l'évolution des premiers âges de
l'humanité. Le développement de son habileté manuelle exige impérieusement celui de son raisonnement,
l'acquisition de connaissances techniques et l'éducation de son caractère pour l'adapter à une vie
professionnelle qui ne peut être que sociale. L'enseignement technique ne peut donc se désintéresser d'aucun
des aspects de la personnalité. Formant l'ouvrier et le technicien en les préparant à une fonction précise mais
en leur ouvrant la voie qui peut les conduire à des activités très différentes, il est amené, par la force des
choses, à être une véritable culture.
Pb de certaines CA implantée dans des localités éloignées de régions industrielles. Jeunes fille d'origine
rurale dont les familles souvent désireuses de donner à leurs enfants une instruction aussi poussée que
possible, choisissent le CA pour sa proximité > qq dizaines de km au pls, ce qui permet aux jeunes filles de
rentrer à la maison en fin de semaine, et parce qu'il est le seul établissement d'enseignement pourvu d'un
internant dans l'arrondissement.
Ces élèves auraient souvent suivi avec succès l'enseignement d'un collège ou d'un lycée si elles en avaient eu
la possibilité, bcp d'entre elles ne se destinent pas, au moins dans l'immédiat, à exercer un métier industriel.
Elles rentreront, leur apprentissage terminé, au foyer familial où elles apporteront à leurs parents leur
collaboration dans les travaux ménagers et dans l'exercice de leur profession agricole, artisanale ou
commerciale.
Certaines familles accepteraient de voir leur enfant se fixer à la ville pour y travailler si elles y trouvaient une
possibilité de logement exempte des inconvénients qu'elles redoutent : isolement et risque de fréquentations
dangereuses, loyer absorbant une part trop importante du salaire etc
(…) On peut s'interroger sur l'intérêt d'une telle formule qui tend, à longue échéance, à priver le monde rural
de ses meilleurs éléments et de demander si les CA accomplissent une œuvre utile en facilitant un exode
d'autant plus regrettable que l'agri fr a besoin d'une élite capable de la faire évoluer rapidement pour lui
permettre de rattraper un retard dont toute la nation souffre.
→ une formation suffisamment générale pour être polyvalente et s'écartant un peu de la notion trop
rigoureuse et étroite du métier industriel ou artisanal. Il faut rationaliser les méthodes par une utilisation
judicieuse d'un matériel moderne accessible à l'artisane et à la femme travaillant à son foyer : machines à
coudre à vitesse moyenne, petits ciseaux électriques, fers électriques vaporisants et par l'adaptation de
techniques modernes : tracé à plat et gradation des patrons, il est possible de donner aux élèves une
formation qu'elles pourront appliquer de diverses façons : au foyer / artisanes et couturières rurales /
industriels
Mars 1960 : Existe-t-il des matières nobles et d'autres qui ne le sont pas ?
Parmi les objections souvent opposées à la « reconversion » et aux programmes faisant une plus large place à
l'étude des machines pour le travail des étoffes, on relève surtout deux : la première concerne une prétendue
impossibilité à faire travailler des débutantes sur des machines industrielles ; la seconde une inaptitude
supposée des jeunes filles à comprendre la mécanique.
Revenir à la machine à coudre à pédale > nuisible
En réalité, et nous l'avons souvent constaté, ce sont les professeurs, rencontrant des difficultés pour acquérir
une technique nouvelle changeant leurs habitudes, qui croient que leurs élèves seront effrayées, comme elle
le sont elles-mêmes, par la rapidité de la machine moderne. Lorsque l'on peut faire complètement
l'expérience inverse, comme nous 'lavons vu dans une école belge dans laquelle les ateliers contiennent que
des machines à coudre des types les plus rapides, on s'aperçoit que les apprenties ne mettent pas plus de
temps à en maîtriser le fonctionnement que celles qui, chez nous, font leurs premières armes sur les
piqueuses lentes dont sont équipés beaucoup d'ateliers d'apprentissage. (…) Il y a beau temps que les
professeurs de l'enseignement technique masculin ont constaté que, si un ouvrier très qualifié pouvait
produire un travail convenable sur une machine en mauvais état, c'était au prix d'une habileté et d'une
ingéniosité particulières qui lui faisait compenser les imperfections de son outil, mais que l'apprenti mis dans
les mêmes conditions, voyait s'ajouter aux difficultés normales de son apprentissage celles de la
compensation des défauts de la machine. En conséquence de cette constatation, on ne voit plus dans les
ateliers des établissements masculins que du matériel moderne.
(…) On nous a parfois dit que le goût de la mécanique n'étant pas féminin, il était vain d 'essayer d'inculquer
aux apprenties des connaissances dépassant celle des organes extérieurs de la machine dont elles n'auraient
pas, dit-on, besoin de comprendre le fonctionnement :
– il n'est pas vrai que les femmes soient incapables de comprendre la « mécanique »
– il est évident qu'une ouvrière connaissant le fonctionnement de la machine qui lui est confiée la
conduira rationnellement et l'entretiendra sans connaître certaines erreurs trop fréquentes
– situation psycho de l'ouvrière change beaucoup si elle a l'impression de n'est pas elle-même un
instrument servant une machine mais une technicienne pour laquelle la machine n'est rien de plus
qu'un outil perfectionné mais sans mystère que l'on a plaisir à dominer.
Mai 1960 : Vacances de Pâques
compte rendu 4e salon de l'équipement des industries du vêtement et de la bonneterie
(…) Il est évident qu'une évolution s'est accomplie dans l'opinion publique au cours de ces dernières années
et que, maintenant, beaucoup de familles dirigent volontiers leurs enfants vers les établissements
d'enseignement professionnel. Mais la raison profonde de ce choix ne correspond pas toujours à ce
qu'apporte à l'adolescent un véritable enseignement technique. On pense trop souvent, presque toujours, à
l'acquisition d'un métier tel que l'on pouvoir le concevoir autrefois cad, une activité professionnelle dont on
connaissait toutes les règles et que l'on exercerait pendant toute sa vie Il n'en est plus ainsi, nous le savons.
Les professions se transforment vite, de sorte que , ce que l'on a appris devient généralement inutile après
quelques années si l'on ne sait pas l'adapter aux nouvelles techniques.
Ou pis aller, bon tout juste pour les enfants qui ne peuvent entrer au lycée.
Cette opinion péjorative se répercute sur la conscience, qu'ont quelques professeurs techniques, de la valeur
et des buts de l'enseignement qu'ils sont chargés de dispenser à leurs élèves. Ils en viennent à considérer cette
conception minimum du gagne-pain comme l'objectif vers lequel doit tendre leurs efforts, dans
l'impossibilité de faire mieux, faute d'un recrutement de qualité suffisante.
Ne pas perdre de vue l'utilité pratique de l'enseignement professionnelle. (…) directrice répondre aux
collègues se plaignant de l'écrémage : « Tant mieux, puisque nous en faisons quelque chose alors que l'on
n'en aurait rien fait ailleurs ! »
Ne nous rapportait-on pas, en outre, que des jeunes filles refusées au concours d'entrée en cinquième de CT
et dirigées vers les CA avaient, après leurs 3 ans de Centre et leur réussite au CAP été admises en seconde de
Collège et s'y étaient montrée parfois supérieures à leurs compagnes, leurs concurrentes heureuses trois ans
plus tôt,réussissant le BEI au moins aussi bien qu'elles.
Il n'y a pas là de mystère. On sait, depuis longtemps, que les différentes façons d'enseigner ne conviennent
pas également à tous les enfants. (…) Le Centre d'apprentissage permet déjà une observation plus attentive
de l'élève à qui, en outre, il donne un enseignement moins abstrait, plus directement lié à des objectifs
concrets.
Travaux sur l'évolution de l'intelligence.
Il est difficile de définir le goût, ce sentiment de l'harmonie et de la beauté qui est, sans doute, inné chez
certaines personnes, mais résulte, le plus souvent d'une éducation particulière // imprégnation sociale et
culturelle. Harmonie ''évident lorsque la formation du goût est envisagée dans l'apprentissage des métiers
féminins qui, même devenus industriels, exigent de ceux qui les exercent le sens de la mesure, de l'équilibre,
de la beauté des lignes. » culture générale.
(…) Sur le plan de la préparation au métier, envisagé sous son aspect utilitaire, mais dans l'optique de
l'intérêt national, les CA et tous les professeurs qui y enseignent ne peuvent se désintéresser d'une action
éducative ayant pour objectif un minimum de culture artistique. Nos industries de l'habillement se trouvent,
de plus en plus, en concurrence avec celles d'autres pays et cette compétition ne fera qu'augmenter dans les
années à venir avec le développement du Marché commun européen.
Ces professions, surtout féminines occupent plusieurs centaines de milliers de travailleurs en France et leur
productivité s'accroît sans cesse, de telle sorte qu'elles se trouvent dès maintenant devant un dilemme dont
l'importance ne peut échapper à personne. (…) excédents de productions ne peuvent s'écouler que par
l'exportation, faute de quoi l'accroissement de productivité se traduirait par une réduction des effectifs
ouvriers.
Il y aurait bien une autre solution qui serait la réduction de la durée de la journée de travail mais, si elle
semble inévitable à longue échéance, elle ne peut être envisagée que dans le cadre d'une mesure générale
intéressant toutes les activités ce qui n'est pas, sans doute, pour demain.
(…) Le goût fr jouit encore de quelque prestige auprès de certains étrangers. > cours de dessin d'art > former
l' goût de l'élève en lui faisant réaliser par le dessin des harmonies de lignes, de forme, et de couleur. Histoire
de l'art, histoire du costume.
(…) Le souci de la précision a toujours, dans le passé, classé le bon professionnel mais il prend, à notre
époque, une valeur plus importante du fait de l'industrialisation qui exige – même dans les techniques
artisanales – le maximum d'économie dans le travail.
Il ne faut pas multiplier les difficultés. Chaque activité doit en présenter une seule. La rapidité de l'exécution
est à séparer de la qualité. En règle générale, une pièce ne sera donnée en exercice de vitesse qu'après avoir
été exécutée, au moins une fois, sans temps imposé. > longueur, largeur, parallélisme, rectitude de laligne,
régularité des points etc
enseignement général et emploi du mot juste
étude des définitions de la norme NF G 03-001 > vocabulaire un peu savant sur l'anatomie du corps humain
> pour comprendre l'origine de certains défauts et les raisons de certains dispositions : ampleurs, pinces etc...
Février 1961 : Les industries de l'habillement. Leur importance économique et les débouchés qu'elles
offrent aux jeunes filles
Industries de l'habillement : activités industrielles ou artisanales fabriquant des objets destinés à habiller le
corps humain, cad des vêtement à proprement dits, mais aussi les sous-vêtements, les coiffures et les
chaussures, quelle que soit leur mode de fabrication, sur mesure ou en série d'après des mannequins et quelle
que soit la matière dont ils sont constitués.
OU industries, travaillant d'après des normes ou mannequins et fabriquant en tissus tissés, à chaîne et à
trame, des vêtements :
– vêtements masculins : en draperie (complet-veston, pardessus, uniformes) vêtement de travail, de
sport, de protection contre la pluie)
– vêtements féminin : flou, manteau tailleur, vêtements pour fillettes
– chemiserie et lingerie
– corset : gaines, soutien-gorge, maillots de bains
Mars 1961 : L'Orientation future de la Formation Professionnelle et Technique dans les Industries de
l'habillement
Difficulté de recrutement des élèves. Il paraît évident que ces sections sont encore mal connues des familles
et, peut-être, de beaucoup de ceux qui, dans le milieu universitaire, peuvent influencer les enfants au moment
de choisir l'orientation à donner à leurs études. Les conditions du travail dans ces professions ont, sans doute
aussi, une influence négative. On a fait souvent état de salaires insuffisants, de travaux rendus pénibles par
une organisation dont le seul objectif semblait être d'obliger les ouvrières à se surmener. Il était bon que ces
griefs soient entendus par les représentants du patronat. Ils ont pour origine des constatations locales,
limitées et souvent anciennes que beaucoup d'exemples contredisent. Dans de nombreuses entreprises, les
salaires sont au moins égaux à ceux que pratiquent d'autres industries et les études d'organisation sont
conduites avec le souci de ne pas porter atteinte à la santé physique et psychique du personnel d'exécution. Il
serait utile que cela soit su et aussi que la confection, dans toutes ses branches, offre des débouchés
intéressants aux jeunes filles, que leur niveau mental supérieur à la moyenne rend aptes à des études
techniques plus ou moins poussées. Il est urgent que l'on comprenne qu'il faut être, au moins, aussi
intelligente pour devenir confectionneuse qualifiée que pour être couturière, sténo-dactylo ou vendeuse, si les
aptitudes exigées par ces métiers sont différentes par leur nature.
Il est intéressant de noter que les industriels, dont certains disaient naguère que leurs ateliers avaient
besoin seulement d'ouvrières spécialisées – nous nous souvenons même d'avoir lu le mot robot – pensent
maintenant que la complexité de leur matériel, la rapidité d'évolution des techniques et la nécessité de
recruter dans les rangs des exécutants des agents de maîtrise bien préparés à leur rôle, les obligent à
employer une certaine proportion d'ouvrière qualifiées. Nous en avons même entendu un, dont l'entreprise
consacrée à une production de grande série est la plus importance de France pour sa spécialité (près de 2000
salariés à dire qu'il n'en voulait pas d'autres et que cette proportion était chez lui proche de 100%.
Il a été difficile (…) de recueillir des renseignements précis sur les effectifs à former. Absence de stat
sûres. Unanimité autour d'un rapport du Conseil Economique > réduire les effectifs > le nombre d'élèves à
former devrait être le trentième d'un effectif déjà contestable. Tous les professionnels se sont élevés contre le
taux de renouvellement annoncé. Les chiffres qu'ils retirent de leurs expériences vont de sept à douze ans, ce
qui devrait se traduire par un nombre plus élevé d'apprenties.
Quant à l'implantation des sections de formations, il a été reconnu qu'elle devait s'inspirer de celle
des entreprises industrielles. Les sections qui se trouvent à proximité d'une maison importante ou d'un groupe
d'ateliers de spécialités voisines n'ont aucun mal à procurer à leurs élèves un travail en quantité abondante ce
qui est indispensable. Elles peuvent donc être préparées à l'un des sept CAP établis depuis 1952.
Pour celles qui sont environnées d'entreprises de spécialités, parfois très différentes, il a été conclu
que si les débouchés pouvaient justifier plusieurs sections – par epl confection masculin, prêt à porter
féminin, chemiserie, corset – le programme de l'enseignement pratique devrait comporter un tronc commun
axé davantage sur l'acquisition des techniques que sur la confection proprement dite de vêtements d'une
catégorie donnée.
Dans les cas où les débouchés offerts sont trop variés pour absorber les élèves des sections
spécialisées, il a été préconisé l'organisation d'un apprentissage polyvalent sanctionné par un nouveau CAP
actuellement à l'étude. Ce serait ainsi la solution à appliquer lorsque la raison de l'implantation d'un collège
est plus la présence d'enfants en nombre important que celle d'entreprises industrielles. Les élèves formées
pourraient, par la suite, s'adapter à des professions diverses, qu gré des circonstances de leur vie, soit qu'une
entreprise vienn installer un atelier dan sla localité où elles résideront, ou qu'elles changent de résidence.
Elles seraient aussi des facteurs de progrès pour l'artisanat si elles choisissaient cette forme d'activité ou
même des couturières indépendantes ou des ménagères capables d'utiliser pour leur plus grand profit des
techniques modernes.
En ce qui concerne plus particulièrement le prêt à porter féminin, on a pu constater qu'une robe
fabriquée par les procédés les plus perfectionnés employant notamment plusieurs machines spéciales,
présentait les mêmes qualités de « chic » et de soin dans les finitions que le modèle fabriqué à la main en un
temps quatre fois plus long. Le porte parole des industriels de cette spécialité suggéra que le programme
correspondant fasse une plus large place à la couture à la main et au dessin, non par ce qu'il souhaite faire
dessiner des figurines à ses ouvrières ou les faire coudre à la main, mais parce qu'il estime que ces disciplines
sont tout à fait propre sà développer le goût et la représentation spatiale des élèves et que ces qualités
augmentent leur efficacité.
Une place toute spéciale doit être faite à la formation des agents techniques et des techniciens pour
laquelle une section pilote fonctionne au cET condé et au LT de Besançon. Cette formation répond à un
besoin important, mais mal connu des industries qui, devenant importantes par la dimension des entreprises,
rechercheront de plus en plus, dans l'avenir, des collaborateurs capables d'aider la direction à appliquer des
méthodes perfectionnées en occupant des postes de plus en plus nombreux dans les bureaux d'étude bureaux
de méthodes, les services de patronage, d'ordonnancement, de lancement, de contrôle, de comptabilité
industrielle et des emplois de cadres moyens. Le travaux des élèves de cette section expérimentale, dont
certains ont été réalisés au cours d'un stage auquel ont pris part des techniciens du CETIH ont été appréciés
des participants des journées d'étude, industriels et enseignants.
Le recrutement : anciennes élèves de CET ; élèves de second degré moderne ou classique au niveau
de la classe de seconde avec 2 concours différents. Une telle formation ne peut être organisée que dans un
établissement jumelé avec un Collège dans lequel existe une section de confection de façon à permettre aux
futurs agents techniques et techniciens d'appliquer ce que leur auront appris les cours de patronage,
d'organisation du travail, de technologie dans les ateliers où sont formées des ouvrières pour la même
branche d'activité.
(…)
Certaines critiques, enfin ont été formulées à propos des machines équipant les sections traditionnelles. La
machine à coudre à pédale ne devrait plus trouver sa place dans un établissement d'Enseignement technique,
mais on a trop souvent commis l'erreur de la remplacer par des machines familiales, perfectionnées, sans
doute, mais qui devraient être réservées à l'enseignement ménager, étant destinées au travail de la ménagère
et non de la professionnelle, même artisane. Il est établi par les soins du CETIH une liste de machines
construites pour cette activité qui, si elle doit tenir moins de place que jadis dans l'Enseignement technique
ne doit pas, pour autant, être complètement abandonnée.
La perfection de l'automatisme ne consiste pas à avoir fixé définitivement un certain enchaînement d'actions
musculaires mais, plutôt, à avoir acquis une liberté plus grande dans le choix des actions musculaires à
enchaîner. La véritable agilité motrice exige l'aptitude à dissocier les syncinésies. Wallon.
Les méthodes d'éducation gestuelle ont été l'objet, dès que l'on a proposé de les appliquer à l'apprentissage,
d'une critique sévère. On a reproché à ceux qui s'en faisaient les propagandistes de vouloir transformer les
apprenties en robots.
Si l'on écarte l'esprit de routine, indigne d'un éducateur et, sans doute, moins répandu qu'on le dit parfois
dans le personnel enseignant, l'origine de cette critique vient, semble-t-il, d'une interprétation exacte de
termes appartement au vocabulaire de la psychologie moderne. Récemment encore nous avons déclenché
une vive réaction parce que nous avions écrit que « l'éducation gestuelle constitue une mise en condition et
tend à assouplir les articulations et à apprendre à concevoir et à réaliser le geste utile, économique, précis
et sûr. » L'expression « mise en condition » avait choqué nos interlocuteurs, elle a mauvaise presse parce que
l'on en a restreint le sens. On y voit une automatisation absolue de l'être humain, à qui l'on donnerait de tels
réflexes conditionnés qu'il perdrait toute indépendance et serait obligé d'agir suivant un mode opératoire qui
lui aurait été inculqué, sans pouvoir le modifier.
Certains procédés, utilisant des machines à enseigner, méritent, sans doute, cette critique. Mais lorsque l'on
se propose d'apprendre à « concevoir le geste » et que l'on fait dans une méthode une large place au contrôle
personnel de l'apprenti, c'est très exactement le contraire d'un asservissement que l'on envisage.
Ce terme « asservissement » est employé par les spécialistes de la cybernétique, cette science des automates.
Une machine est asservie à un programmateur électronique qui lui fera réaliser telle opération au moment
opportun, après qu'un transporteur, asservi au même robot, lui aura présenté la matière dans la position
adéquate. Elle s'arrêtera d'elle-même à la fin du travail ou refusera de l'exécuter si les conditions fixées par le
programme ne sont pas remplies, si l'outil est détérioré, par exemple. (…)
L'éducation gestuelle n'automatise pas les mouvements. Elle apprend à l'apprenti à les dominer, à les associer
et à les dissocier à son gré. Syncénésies : on nomme ainsi des associations d'actions ou de mouvements
impossibles à séparer. Pour ne citer que des mouvements de mains, on observe que très souvent un geste de
l'une entraîne l'autre, qu'une flexion de l'un des doigts de la main ne peut se faire dans que les autres doigts
de la même main fléchissent également. La gymnastique, qui aura donné à l'élève la possibilité de réaliser
n'importe quel mouvement adapté à son travail sans être entravée par ses syncinésies, libère son esprit des
préoccupations qui limitaient son habile
té au début de son apprentissage. Son attention, accaparée d'abord par la forme de ses geste, se trouve
disponible et se porte sur le travail lui-même. Elle adapter, au fur et à mesure, son mode opératoire aux
conditions variables qu'elle observe.
(…) Oserait-on assimiler à un piano mécanique le virtuose, sensible interprète de Chopin, parce qu'il fait,
tous les matins et pendant plusieurs heures, des gammes qui lui permettent de concentrer son attention sur la
pensée du compositeur, sûr qu'il est que ses doigts ne le trahiront pas ?
Nos lecteurs nous écrivent : sur la façon dont ils ont réalisé les cartes préconisées pour l'exercice de
l'éducation tactile ayant une influence sur la concentration > confirmée. Certains ont piqué deux cartes à la
fois mais au bout d'usage, disparition et plus exercices salissent les cartes qui ont un aspect peu engageant,
rebutant les élèves. Meilleurs résultats en découpant les cartes dans matière plastique. Enfin une lectrice a
imaginé un procédé différent. Ayant remarqué que a cope par fusion laissait un boed de la matière coupée
une bacure, un lerger bourrelet rugueux elle a tracé, sur du carton des cartes à l'échelle 5 cad 5 fois plus
grandes que nature. Elle les a ensuite découpées dans du plastique à patrns au moyens de la machine
TEXOGRAPHE, construite pour réduire les patrons aux 1/5.
Reconversion des sections traditionnelles
Comparaison des méthodes de travail adaptées à trois types de production : exposé de Mme WEENS, chef
des travaux au CET rue d'Artois (Lille) au cours des Journées d'études organisées par le CERPET et Acad de
Lille. Exemples 3 manteaux fabriqués en un seul exemplaire sur mesures ou pour une commande spéciale en
petites séries. Choix du manteau car correspond à l'une des fabrications locales auxquelles les élèves sont
préparées. Permet de rassembler un max d'opérations. Manteau bleu réalisé par méthode « couture »
appliquée dans les sections traditionnelles de l'établissement ; Manteau jaune méthode « vêtements petite
série » en usage dans les sections reconversions ; manteau rouge par la méthode industrielle de
« confection » en séries importantes. Permet de considérer les avantages de la méthode confection : durée de
l'exécution cinq fois moindre pour un résultat équivalent, sinon meilleur. Pièces d'études réalisées en 17
minutes par des élèves ayant deux ans d'apprentissage (soit 30 semaines de 40 h dans l'industrie).
En couture : 31 heures pour une pièce entière.
En petite série et en fonction : 15 heures. Dans ces deux dernières techniques, le temps passé à la
préparation : exécution du patron, coupe des tissus, lainage, doublure et toile et préparation d'un essayage
aussi important que le temps de fabrication proprement dit.
… La formation des professionnels qualifiés dure en principe 2 ans... (Art 32 décret du 3 août 1963). Il a
d'ailleurs toujours été possible de présenter au CAP des candidats n'ayant que 2 ans d'apprentissage, à
condition qu'ils aient atteint 17 ans, au moment de l'examen. (…) C'étaient toujours les sujets dont le niveau
de culture générale dépassait celui de la plupart des élèves des CET. Si un an de plus d'études générales,
pourquoi pas.
Mais ce recrutement sera-t-il possible ? On en douterait si l'on ne se baisait que sur la situation des dernières
années, bcp d'établissements n'ayant pas pu faire le plein de leurs sections industrielles.
Il reste que les programmes devraient être aménagés en fonction d'un objectif différent de celui pour lequel
ils avaient été établis. Des adolescents plus mûrs et plus instruits peuvent être préparés aux actuelles
épreuves d'enseignement général en bcp moins de temps que ceux qui les ont précédés.(...) il serait utile
d'augmenter la durée des travaux pratiques et de l'enseignement technologique.
Peut-être faudrait-il aussi aménager le programme de l'examen pour qu'il réponde mieux à son titre :
Certification d'aptitudes professionnelles. Il semble qu'il pourrait s'agir moins que dans certains CAP
actuels de prouver que le candidat et la candidate surtout, est capable de tenir immédiatement sa place dans
un atelier de production forcément spécialisé, que de juger de ses possibilités d'adaptation ultérieure à une
gamme de spécialités assez étendues. Nous croyons ceci possible, si l'atelier du CET est bien équipé et bien
alimenté en matière d'oeuvre. On pourrait alors, et d'autant mieux que les élèves y seraient un peu plus
âgées , et donc en moyenne physiquement plus résistances, y accroître l'intensité du travail de façon à les
préparer à devenir des ouvrières rapides et précises quelles que soit, plus tard, la branche de l'industrie dans
laquelle elles trouveront à s'employer.
Les anciennes élèves, devenues, plus tard, professeurs, à leur tour, se souviennent des difficultés que leur a
valu cette méthode, à leur sortie du Collège ou du Lycée et même dans le cas où elles se trouvaient placées
dans un atelier dans lequel on n'attachaiit pas à la répidité de l'exécution l'importance qui est, le plus souvent
de règle maintenant. Il leur a fallu bcp de temps pour se metrte au niveau de camarades, parfois du même
âge, mais dont l'apprentissage s'était fat « sur le tas » dans els compléments de culture générale et technique
qu'il comporte à l'école.
De là vient une opinion péjorative des cadres de l'industrie à l'égard de l'apprentissage scolaire. Elle et moins
répandue aujourd'hui qu'autrefois parce qu'une poportion plus importante des responsables sont passés par
l'enseignement professionnel. C'est le souvenir de leur propre expérience et une certaine solidarité avec des
jeunes ayant suivi la même voie qu'eux qui les incite à l'indulgence, alors qu'au contraire, ceux qui n'avaient
pas bénéficié d'une formation complète craignaient la concurrence future de débutants plus avantagés qu'eux-
mêmes et dont ils sentaient la supériorité potentielle. Ceci entraînait une sourde hostilité et conduisait des
chefs un peu inférieurs à leur fonction à même l'accent sur une infériorité momentanée qu'ils constataient.
(…)
Qui ne comprendrait que cette analyse est, en outre, un exercice agissant sur son intelligence. Il la développe
en l'obligeant à s'appliquer à des pb précis et concrets. L'apprentissage ainsi compris ne forme pas des
exécutantes dotées de réflexe exactement conditionnés mais immuables, mais des ouvrières conscientes,
capables de s'intéresser à leur travail, d'en améliorer elles-mêmes les conditions et les résultats, ce qui doit
les conduire à le dominer et non à le supporter comme une contrainte dont on cherche à s'évader par tous les
moyens.
Il y a un autre point sur lequel, semble-t-il, on n'a pas assez insisté, jusqu'à maintenant, (…) : c'est la forme
communautaire du travail industriel. Si l'on excepte quelques activités ne représentant que des débouchés
peu nombreux : la couture à domicile ou en journées, les artisanats d'art, les petits commerce, partout l'on
trouve un travail d'équipes plus ou moins nombreuses mais à l'intérieur desquelles les exécutantes dépendent
étroitement les unes des autres. (…) Or la majeure partie de l'enseignement reçu par les enfants et les
adolescents est individuelle. (…) c'est pourquoi nous pensons qu'elle doit, dès l'école, apprendre à travailler
avec les autres.
Quoi qu'en pensent certains techniciens de l'organisation pour qui une tarification précise des temps suffit à
régler tous les pb, les réactions mutuelles des individus à l'intérieur d'un groupe ont une influence
considérable sur l'équilibre de celui-ci et, partant sur son rendement, de même que sur la satisfaction et la
fatigue de ceux qui le composent. (…)
Etude de MM Coch et French dans une fabrique américaine de pyjamas : étude des réactions des groupes
d'ouvrières aux changements techniques (La psychologie et les sciences humaines dans l'entreprise Le
Maitour)
Dans tous les ordres d'enseignement, la multiplication des examens est une plaie dont on se plaint à juste titre
(…). L'administration de l'Education Nationale cherche à réduire le nbre des examens. Nous pensons – ce
que l'on considérera, peut-être comme la manifestation d'une douce manie – qu'un peu d'organisation, sous
résoudre complètement la difficulté, pourrait améliorer la situation.
(…) Ceci nous a permis de faire quelques observations que nous apportons ici comme une contribution
supplémentaire à cet effort d'organisation d'un enseignement technique, dont nous n'avons plus à redire
l'importance pour les jeunes qu'il arme pour la vie, pour la Nation qui ne peut se laisser distancer dans aucun
domaine, pour les professions à qui il fournit la mdo, les techniciens et les cadres.
Propositions de sujets (Cetih ? Professeurs) : question, corrigé, barème de notation.
Quelles ne fut pas notre surprise, lorsque nous fumes appelés à participer au choix des sujets ete aux
opérations de correction, de constater que plus de 90% de ceux qui étaient parvenus au service compétent ne
comportaient ni l'un ni l'autre. Il en résulte une perte de temps pour les correcteurs et peut-être une
imprécision dans leurs jugements. Ils ne peuvent tous être parfaitement au fait de tous les détails de chaque
spécialité. Apprécier la conformité d'une épreuve avec une réponse type est facile et rapide, chercher soi-
même la réponse la meilleure l'est moins. En outre, lorsqu'un examen ou un concours est organisé dans
plusieurs centres éloignés les uns des autres, si les différents jurys ne sont pas munis d'avance de corrigés et
de barèmes de notation, il peut en résultat que certains candidats soient désavantagés par des interprétations
particulières de certains correcteurs. Enfin, l'établissement d'un corrigé est pour l'auteur d'une question ou
d'un pb un excellent auto-contrôle. Il lui permet de se rendre compte éventuellement que la question est mal
posée, que le pb est insoluble ou que les données en sont incomplètes.
Dans les épreuve pratiques, et, surtout, pour le teste de rapidité qui est de règle pour les CAP. Des industries
de l'habillement, nous avons constaté, parfois, des erreurs dans les temps alloués. Le règlement prévoit que
ceux-ci doivent correspondre à une fois et demi le temps normal d'une ouvrière « travaillant dans les
mêmes conditions ». (…) La durée d'une opération réalisée ainsi est très différentes de celle au même travail
répété pdt plusieurs jours ou plusieurs semaines dans une ambiance habituelle. D'une étude récemment
publiée et concernant les calculs d'accoutumance, il résulte que le temps normal à l'allure 100 n'est, en
moyenne que 70 du temps du premier cycle. Il faut considérer, en plus, que les ouvrières payées au
rendement travaillent souvent à l'allure 125 ou 130. Le temps alloué en application du règlement du CAP
sera donc, couramment de double de celui que l'on peut relever dans un atelier de production.
Juin 1964 : Que faut-il attendre des visites et des stages en usine ? Des modes opératoires ou une
méthode ?
Visite d'une usine avec un groupe de professeur. Reproche d'un directeur technique adressé aux professeurs :
viennent chercher dans l'industrie des modes opératoires, momentanément intéressant sans doute, mais
destinés à être remplacés par d'autres dans un bref délai. Devraient plutôt chercher la méthode qui leur
permettrait de mettre au point, eux-mêmes, les processus adaptés au résultat à obtenir et aux conditions dans
lesquelles s'effectue le travail. Gaston Berger : les élèves « n'auraient pas à vitre dans un monde nouveau,
mais dans un monde mobile » il importe « non de les adapter, mais de les rendre adaptables ».
Plusieurs signes (…) nous donnent à penser que bcp de professeurs, placés devant la nécessité de se
« reconvertir » pensent surtout apprendre un nv métier, alors qu'il faudrait avant tout moderniser la
conception même du travail.
Nous entendons dire : dans la couture on fait telle chose de telle façon, mais dans l confection on la fait de
telle autre. Ce peut être vrai dans certain atelier et à un moment donné, mais ne le sera pas ailleurs, ou au
mêm endroit un peu plus tard, car le mode opératoire doit être remis en question constamment en tenant
compte de toutes les contingences.
(…) Ceci suppose que l'on devra, de préférence, organiser les visites et les stages dans des entreprises, elles
mêmes dégagées de l'esprit de routine et dans lesquelles, des techniciens étudient et remettent constamment
en question les procédés de travail. Peu importe, après tout, les fabrications qui s'y font, et même si elles
mettent en jeu des matières très différentes des étoffes et conduisent à des produits qui ne sont pas des
vêtements. Peu importe même le métier que l'on enseigne aux élèves. Il faut bien un support pratique aux
leçons qui leur sont données et il ne peut être question de les habituer à rechercher une méthode de travail
dans l'abstrait, comme on apprend les mathématiques. Ce qui sera important, et essentiel, c'est qu'elles
deviennent, plus tard, couturières, confectionneuses ou ménagères, et que, devant un travail à réaliser et
connaissent plusieurs techniques qui peuvent lui être appliquées, elles sachent choisir celle qui correspond le
mieux aux conditions dans lesquelles elles se trouvent.
Il faut comprendre que la notion du métier sur laquelle on a vécu pendant des siècles est maintenant
dépassée. Le métier de base, discipline d'enseignement, garde, dans le domaine de l'enseignement
technique, toute sa valeur. Mais, de plus en plus, il tend à s'éloigner de la pratique industrielle. Il ne faudrait
pas, sans doute, qu'il s'en écarte trop et qu'il consiste en l'étude de procédés de travail très différents dans
leur essence de ceux que l'on emploie dans les ateliers de production.
Informations professionnelles
– modification du règlement du BP des Industries de l'Habillement (arrêté du 30 mai 1963 > 3 oct
1959) épreuve de placement de l'annexe 1 devra être exécutée avec un patron réduit fourni aux
candidats. Avantages pour l'organisation de l'examen. Cette technique se répand actuellement dans
les bureaux d'études des entreprises industrielles. Elle est rendue facile et précise par l'emploi de
machines spéciales. Si l'on voulait s'inspirer de ce qui se fait dans l'industrie on était conduit à
demander le placement de plusieurs tailles ce qui impliquant de prévoir une table de plusieurs mètres
de longueur pour chaque candidat. En outre, le jury devait travailler sur des tracés très longs,
difficiles à observer en une seule fois et à comparer entre eux. + consommation de papier. Avec
patrons réduits au cinquième (échelle couramment obtenue par les machines à découper les patrons,
tables d'un mètre par candidat
– utilisation des patrons réduits dans les examens de CAP. Épreuves de placements en Flou industriel,
tailleur industriel, chemiserie lingerie industrielle. Arrêtés du 27 déc 1951 et5 mars 1954 >
n'indiquent pas de grandeurs d'exécution de vêtements pour les patrons. N'interdit ni autorise emploi
de patrons réduits, donc possible sans modification des règlements.
L'avenir de la formation professionnelle, intégrée dans une nouvelle organisation de l'enseignement scolaire,
pose qq pb préoccupant les enseignants.
Les textes officiels actuellement publiés n'ont donné que des directives générales et l'incertitude quant aux
modalités d'application subsiste encore. En réalité, les solutions s'élaborent et le colloque réuni à Tlse en juin
devait présenter à ceux qui y avaient été invités des résultats d'expériences et d'enquêtes et leur permettre
d'exprimer des opinions motivées par des pts de vue différents, mais susceptibles d'orienter la recherche des
solutions, conciliant les textes avec les aspirations des enfants et les besoins des professions.
De ces trois journées, il ressort que les CAP seront probablement préparés en deux ans sans difficulté par des
élèves recruté au niveau du BEP. Toutefois l'expérience menée dans l'Acad de Toulouse prouve que celles-ci
se portent de préférence vers certains CAP commerciaux, sociaux et qu'il est très difficile d'en recruter pour
els professions industrielles, du vêtement par exemple. (…)
La majorité des ouvrières viendra sans doute du cycle terminal, cad que leur niveau intellectuel correspondra
à celui de bcp des élèves actuelles de CET dont on constate qu'elles ne peuvent pas dépasser, ni même
souvent atteindre celui du certificat d'Etudes Primaires.
La nécessité d'organiser dans les CET un enseignement adapté aux possibilités d'acquisition de ces jeunes
filles en les préparant à la vie professionnelle est apparue depuis longtemps. Voiloir les conduire au CPA est
d'autant plus inutile que l'industrie n'a besoin que d'une faible proportion d'ouvrière qualifiée du type
classique. Bcp d'enfant quittent d'ailleurs le Collège avnt la fin de leurs études et souvant dès la première
année.
Toutes les industries ont besoin d'ouvrières capables de s'adapter aux changements fréquents et de tenir des
postes différents, plus ou moins nombreux. Leur formation doit s'écarter de plus en plus de celle des
ouvrières qualifiées de l'artisanat, auxquelles on donnait un métier traditionnel et n'évoluant que très
lentement.
Il pourrait être envisagé dans les collèges, deux formations différentes :
L'une d'ouvrières qualifiées pour les élèves capables de la recevoir en deux ou trois années. Elles
correspondrait pour le travail des étoffes, à ce que l'on a appelé « vêtement petite série », cad qu'elle serait
aussi peu spécialisée que possible. Elle donnerait à celles qui l'auraient reçu des possibilités ultérieures de
promotion par un perfectionnement donné dans des Cours de promotion sociale plus nombreux.
L'autre qui réunirait un plus gd nbre d'élèves donnerait en un an une formation qui ne serait pas celle
d'ouvrière spécialisée mais permettrait à celles qui l'auraient reçue de s'adapter à ces postes occupés par 90%
des effectifs des ateliers. Elles recevraient aussi, bien entendu, une formation générale adaptée à leur niveau.
Une telle conception n'est pas expressément prévue dans les textes relatifs à la réforme de l'enseignement
mais n'y est pas, non plus interdite.
Elle correspondrait à l'esprit de la réforme et à celui de la Constitution qui établit le droit au travail. Faute
d'un aménagement correspondant aux besoins des enfants et des industries, besoins qui ne sont pas
contradictoires mais, au contraire, convergents, une proportion de jeunes filles termineraient leur scolarité
sans avoir reçu aucune formation professionnelle. Elles seraient vouées dans les ateliers à une spécialisation
étroite sans possibilité de développement ultérieur. La réforme dont on a dit quelle avait pour but de
démocratiser l'enseignement atteindrait un effet contraire. (…)
C'est l'abandon de la conception du métier, « sac de trucs » a dit un des industriels présents que les
professeurs cherchent à acquérir lorsqu'ils visitent les usines ou y font des stages, alors qu'ils devraient
surtout chercher à y découvrir la méthode qui permet de mettre au point, souvent au jour le jour, les modes
opératoires adaptés. Cette méthode d'ailleurs est parfois formulée et organisée lorsque l'entreprise dispose de
techniciens de l'étude du travail, mais même lorsque des services de préparation n'existent pas, ce sont les
ouvrières qui ont, souvent sans le savoir, une méthode intuitive d'adaptation. C'est cela qu'il faut enseigner et
non des tous-de-mains périmés aussitôt que mis au point.
Dans les métiers traditionnels de l'habillement, le coupeur est un ouvrier hautement qualifié, ayant
commencé par l'apprentissage long et minutieux de toutes les opérations constituant ce que l'on peut appeler
le montage d'une catégorie de vêtement. Il avait acquis, par la suite, les co nécessaires à l'établissement des
patrons pour celle même classe de produits. Il était donc très qualifiés, d'une part, mais d'autre part spécialisé
dans une branche relativement étroite de la production.
Les impératifs de la fabrication industrielle ont modifié ce schéma. D'une part, la nécessité de fabriquer des
vêtements et des sous-vêtements sans qu'il soit possible de les adapter à la conformation personnel du
consommateur a conduit à déterminer des mannequins standards, correspondant à une catégorie de la
population et à produire des vêtements différent aussi peu que possible des mesures normalisées. Le tracé
devait donc devenir d'autant plus précis qu'il allait servir à couper en une seule fois une qualité importante de
pièces et que la spécialisation des postes de montage devait amener l'élimination de presque toutes les
opérations re réglage au moment de l'assemblage.
Le patronnier est devenu un agent technique devant connaître les différentes opérations de la fabrication
mais non nécessairement être habile à les réaliser. L'étendue de la gamme des vêtements produits par
beaucoup d'entreprises industrielles l'oblige, par ailleurs à se spécialiser moins. Il peut, dans une usine de
chemiserie, avoir à construire les patrons, non seulement de chemises et de pyjamas d'hommes et de
garçonnets mais encore de pantalons, de chemisiers, etc. Dans une entreprise de vêtement de travail à
préparer des vêtements pour hommes et pour femmes etc
(…) Le patronnier est un professionnel trop qualifié pour qu'on l'astreigne à ces travaux dont chacun est
simple. On voit donc, de plus en plus, se séparer les deux fonctions : le tracé des patrons, devenant une
fonction du bureau d'études ou de préparation du travail s'exerçant en dehors des exigences temporelles de la
production, la coupe étant décomposée en opérations spécialisées : traçage, matellage, sciage, repérage etc
constituant les premiers maillons de la chaîne ininterrompue de la fabrication.
Formation particulière : plus large qu'une simple spécialisation su rune machine. Une base pour un
perfectionnement. Étendue des connaissances pouvant être acquises au cours d'un apprentissage méthodique
et complet permettrait à ces professionnels d'évoluer sans peine d'une spécialité à une autre du travail des
étoffes.
Formation expérimentale dans un CET de l'Ac de Besançon. Il ne semble pas que cette expérience doive être
reproduite à de nombreux exemplaires, les effectifs des ateliers de coupe n'étant pas très importantes, pas des
débouchés infinis. Matériel important et coûteux. Dans région concentrant des industries de l'habillement.
Décembre 1964 : Le titre de technicien breveté peut être obtenu par la promotion sociale
Janvier 1965 : Demain l'an 2000. Nos élèves seront-elles prêtes ? Coudre sans fil et sans aiguille. Une
machine à assembler les tissus grâce aux ultra-sons
Article de Zeitung. Communiquée par une de nos lectrices résidant près de la frontière. (…) En réalité, ce
grand tournant est en avance de quarante ans et déjà amorcé. Toute la question pour qui se consacrent à la
formation de la jeunesse consiste à les préparer, à accueillir et à dominer des innovations transformant peut-
être radicalement le vieux métier. (…) >Toute la question es t de savoir si les ouvrières et, surtout, les
contremaîtresses de 1970 sauront mieux que leurs aînées d'il y a quinze ans tirer pari des machines qu'elles
auront à conduire ou si les constructeurs étrangers de celles-ci considéreront comme alors que notre pays ne
constitue pas un marché pour leur production parce que la md n'est pas capable de les utiliser.
Ceci ne dépend que de nous, enseignants, et même pas, des programmes qui nous seront imposés. Selon que
nous considérons le métier et les techniques qu'il comporte comme un catalogue de recettes devant être
apprises ou comme une discipline éducative, les enfants qui nous sont confiés constitueront plus part une
population sous-développée ou, au contraire, un groupe humain capable de tenir sa place dans le « concert
des nations » et s'assurant ainsi une indépendance que la fortune des armes ne nous a pas toujours garantie
par le passé.
Productivité (d'après rapport du Bureau International du Travail 1957) : rapport entre le produit obtenu et les
ressources utilisées pour l'obtenir. Quantité de produit / quantité de dépenses.
Il est question, depuis plus de dix ans, de reconversion de l'Enseignement technique féminin. Les premiers
arrêtés créant les CAP des industries de l'habillement sont, en effet, datés de 1951 et ils résultaient de travaux
de la CNPC, commencés longtemps auparavant. Conversion suffit.
On a vu équiper des sections de CA en matériel moderne et cet équipement, depuis qu'ils sont devenus CET
se complète et s'améliore peu à peu. On a vu des professeurs de ces établissements s'informer de différentes
façons plus ou moins heureuses, pour les transmettre à leurs élèves les techniques les plus modernes et en
faire des ouvrières qualifiées accédant après quelques années aux emplois d'agents de maîtrise.
Suivant de peu, dans le temps, qq lycées techniques ont entrepris la formation d'agents techniques
patronnières-gradueuses puis de techniciennes des industries de l'habillement. Il s'agissait pour des
professeurs qui étaient au moment de leur entrée dans l'enseignement des couturières d'élite et qui avaient
enseigné leur métier à de nombreuses promotions d'élèves, de passer du patronnage par moulage au tracé
géométrique des patrons, de la lente fabrication à la main, à l'emploi des machines les plus perfectionnées,
des méthodes traditionnelles de l'artisane à l'organisation scientifique. Nous pouvons dire que cette
conversion a été particulièrement réussie et classe les lycées qui l'ont entreprise au premier rang.
Les chefs de travaux et les professeurs qui l'ont accomplie et qui la poursuivent y ont trouvé une satisfaction
qui n'est pas négligeable. Au lieu de la répétition, année après année des mêmes leçons vite devenues
monotones lorsqu'il s'agissait de transmettre des recettes immuables, elles ont dû elles-même apprendre de
nouvelles méthodes et prendre l'habitude d'évoluer sans cesse ce qui a donné à leur enseignement une vie et
un attrait qu'il perdait à la longue.
Ils ont éprouvé, sans doute, cette déception de constater qu'étant en avance sur l'industrie, dans certaines
régions au moins, celle-ci ne faisait pas aux élèves sorties de leurs mains la place qu'elles pouvaient
légitimement espérer. Ceci d'ailleurs disparaît ; la concentration des entreprises, depuis longtemps considérée
comme inévitable, s'accélère, créant la nécessité d'états-majors organisés autour des dirigeants et ceux-ci
cherchent partout, et même l'étranger les techniciens capables de les constituer. Mais les pays qui nous
entourent n'en ont pas eux-mêmes en excédent. Certains d'ailleurs s'aperçoivent que la formation donnée
dans nos lycée n'a pas d'équivalent chez eux et atteint leurs anciennes élèves. N'était l'obstacle de la langue,
ce mouvement d'exportation prendrait plus d'ampleur.
La troisième « reconversion » a été celle des sections couture en section industries de l'habillement petite
série. Plus importante par le nombre et parce qu'elle ne s'adressait pas à une sélection de professeurs et
d'établissements, mais à la quasi totalité de ceux-ci, sa réussite est moins générale. Elle est excellente dans
certains cas, et les confectionneurs ont trouvé dans les collèges qui l'ont franchement accomplie le
recrutement des ouvrières qualifiées dont ils ont besoin, bien qu'elles ne constituent qu'une partie souvent
faible – de 10 à 50% - de l'effectif de leurs ateliers. Certains professionnels de la couture y voient aussi le
moyen de faire pénétrer dans leurs ateliers des techniques plus modernes.
Mais il faut, hélas, reconnaître que les professeurs de ces étab n'ont pas tous adhéré à ce renouvellement.
Nous en avons vu qui, admis à des stages de reconversion, en recevaient l'enseignement sans enthousiasme,
apparemment décidé à n'en pas tenir compte. Nous en avons vu, par la suite, utiliser d'une façon déplorable
et ne pas apprendre à leurs élèves à s'en servir utilement parce qu'il n'avait pas fait eux-mêmes l'effort
d'adaptation qui leur aurait permis de le maîtrise. Il faudra attendre que ces professeurs aient laissé la place à
de jeunes collègues pour al conversion soit totale.
Nous assistons maintenant au début d'une nouvelle conversion. C'est celle qui applique les dispositions de la
loi portant réforme de l'enseignement prévoyant dans les classes de 4e et 3e du cycle pratique un
enseignement pré-professionnel et une initiation technologique. Elle n'en est qu'aux expériences.
Les prémisses en avaient été peu encourageants. L'Administration cherchait des méthodes. Certains
responsables prenaient une position sans issu, consistant surtout à répudier ce qui s'était fait dans le passé et
cherchant à faire du pré-professionnel qui n'ai aucun rapport avec le professionnel ? On a vu ceux qui ont
étudié plus à fond la question en venir à des conceptions plus pratiques. On a admis, par exple, que pour les
filles, l'assemblage par couture des matières souples pouvait ne pas être un apprentissage professionnelle
mais une initiation aux débouchés multiples : travail ménager, couture, industries diverses mêmes consacrées
à d'autres productions que celles de l'habillement.
Les instructions données aux institutrices préparées à cet enseignement par l'Ecole Normale de Montlignon
sont excellentes. Elles préconisent une étude des machines et des matériaux par des exercices aboutissant à
des objets utilisables réalisés en s'inspirant de la confection. Elles envisagent même l'étude de machines
semi-automatiques et automatiques.
Nous avons vu les résultats obtenus ar une classe expérimentale de 4e après une année de fonctionnement.
Celui-ci a été entouré de conditions favorables : locaux convenables, machines à coudre industrielles d'un
type relativement récent. Les travaux des élèves étaient de bonne qualité mais ils rappelaient ce que l'on avait
vu souvent dans le passé : petits bavoirs, petits tabliers etc. Quant aux méthodes d'exécutions, elles
ressemblaient bcp à celles, bien connues, de la couture familiale» : ourlets bâtis avant leur exécution, travail
à la main plus abondant que les assemblages à la machine. Es élèves ont incontestablement acquis, dans cette
classe, des habitudes de minuties dans l'exécution mais non celle d'utiliser au mieux les possibilités d'une
machine.
Lorsqu'elles seront, plus tard, des mères de famille, elles ne sauront pas se libérer d'un partie importante de
leurs travaux ménagers par l'emploi judicieux des équipement mécaniques qu'elles pourront se procurer. Si
elles doivent travailler hors d eleur foyer ,que ce soit dans le travail des métaux, dans la construction
électrique ou dans la confection, l'adaptation à des emplois plus ou moins spécialisés devra commencer par
leur faire perdre des habitudes de travail lent. Etait-ce bien utile de mettre de nvx titres : initiation pré-
professionnelles, initiation technologique sur ce qui n'est qu'un enseignement ménager traditionnel ?
Nous croyons que, de toute part, on a voulu bine faire, ainsi que les moyens de la réussite ne sont pas encore
tous réunis. Les institutrices chargées des classes que nous avons vues ont bien senti ce qui manquait. Leur
volonté de réussit et leurs compétences pédagogique sont incontestables, mais elles reconnaissent qu'il leur
manque l'expérience du travail industriel. Les instructions ministérielles fixant les conditions de leur
préparation à ce nouvel enseignement prévoient bien des stages dans différents étb industriels, mais des
stages de très courte durée. C'est au moins une année de stage qu'il faudrait pour qu'une institutrice, d'abord
formée à l'analyse du travail et instruite de la technologie par un enseignement spécial dans une Ecole
normale, acquière une connaissance concrète du travail industriel et devienne capable d'y préparer les élèves.
A moins que l'Administration de l'Education nationale, s'aperçoive qu'elle dispose d'excellent PTA à la fois
pédagogues et techniciens, capables après une préparation moins longue d'expérimenter un enseignement
pré-professionnel répondant plus exactement au vœu du législateur de la réforme de l'enseignement.
Juillet-Août 1965 : La formation des agents de maîtrise, des techniciens et des ouvriers de l'Allemagne
fédérale
Janvier 1966 : La formation psychologique des techniciens et leur orientation vers les emplois de
l'industrie
La rapidité d'évolution des techniques, l'augmentation des effectifs scolaires conduisent à abandonner les
traditions artisanales de formation lente et progressive en vue d'un métier stable immuablement pratiqué
pendant toute une vie. La formation scolaire devient la règle la plus générale, que l'école soit une institution
d'Etat ou qu'elle appartiennent à un organisme privé ou encore qu'elle soit créée au sein de l'entreprise
industrielle. (…) C'est apprendre, en outre, à considérer davantage les résultats d'ensemble que les
performances individuelles, c'est donner le sens de la communauté de travail et préparer à la vie industrielle
souvent encore mal comprise. La coéducation des garçons et des filles va plus loin encore. Elle exige, bien
entendu des précautions particulières et, pas plus que l'interéducation d'élèves d'un même sexe, ne peut se
passer d'une direction et d'une surveillance discrètes sans doute mais attentive. Elle n'est pas sans intérêt à
l'âge des incertitudes et des inquiétudes sexuelles qui semblent plus vives dans l'éducation séparée que dans
la coéducation. On constate surtout une influence réciproque des élèves les uns sur les autres, les garçons
réfrénant leur amour du bruit et des manifestations brutales, alors que les filles abandonnent leur mièvrerie et
leur tendance à compliquer des situations simples.
Les CET ne prépareraient plus au CAP. Ce diplôme sanctionnerait exclusivement un apprentissage réalisé
sous contrat dans les établissements industriels ou artisanaux. Il est probable que, dans des industries telle
que celles de l'habillement le nbre des candidats au CAP serait très réduit, voire nul.
Brevet d'Enseignement Professionnel : jeunes ouvriers qualifiés immédiatement adaptables (horaire d'atelier
plus important qu'en CAP). CNPC préconise deux BEP : formation préparant aux techniques d'assemblage
des matières souples > ateliers de montage ; formation préparant aux techniques de patronnage, trâçage,
coupe. Sections mixtes, des garçons pouvant être formés notamment en vue des emplois dans les ateliers de
coupe et bureaux d'étude. BEP droit de s'inscrire au BP. Il ne constituerait donc pas une impasse, mais sans
doute, un palier de départ pour des promotions diverses vers les emplois d'agent de maîtrise, agent technique,
prof d'étab. Si la proposition de la CNPC admise les programmes des CAP Industries du Vêtement Petite
Série et Coupeur-patronnier base des deux BEP.
Certificat d'Enseignement Professionnel (formation en moins d'un an). Les postes exigeant une formation du
niveau du CAP ne sont pas les plus nbreux (ouvriers qualifiés du niveau des cat E), au dessus des OS, des
travailleurs effectuant des opérations difficiles et qui doivent être capables de tenir des postes différents,
équipés de machines diverses. Élève qui n'auront pas moins d e16 ans. Formation quasi similaire dans les
centres de FPA : possibilité de rapprocher les deux formations ?
Critique du journal : peu de place au courrier des professeurs. On pourrait adresser à ce journal la critique
d'être rédigé par une toute petite équipe ne représentant qu'un point de vue restreint. On a bien voulu nous
exprimer, de toutes parts et tout récemment encore, l'intérêt que l'on prend à sa lecture et ceci empêche que
notre déception se transforme en découragement, car il nous est parfois venu à l'esprit que nous pourrions
mieux occuper notre temps qu'à continuer une collaboration qui éveille peu d'échos et que nous n'avons
acceptée que parce qu'elle nous été présentée comme un devoir par une haute autorité de l'Enseignement
Technique.
Certaines visites d'étab d'enseignement, le travail effectué par des candidats au cours des examens, leurs
difficultés à s'adapter lors de leur entrée dans l'industrie et, surtout les observations qu'ont pu faire les
instructeurs chargés des sessions d'information offertes aux PTA, tout semble nous prouver que, suivant un
illustre exemple, nous avons prêché dans le désert.
Exemple : importance de l'attitude en atelier comme en classe. Comment obtenir des élèves qu'elles se
tiennent bien, dans leur intérêt, si le professeur, au cours de ses démonstrations, leur donne le mauvais
exemple ?
Janvier 1947 : Les emplois dans le secteur du vêtement. Niveaux de qualification
Exposé présenté au séminaire national d'études et de recherches, concernant certaines formations du second
cycle court, dans le cadre de la réforme de l'enseignement (Paris 16 mai 66).
chiffres par recoupement de documents, datant en général de 64.
Il faut noter qu'une source de recrutement de tous les cadres moyens ayant alimenté largement l'industrie à
ses débuts n'est plus capable de lui fournir les collaborateurs indispensables, l'écart entre les techniques
artisanales et industrielles s'est augmenté au point qu'il y a de moins en moins d'analogie entre la fabrication
d'un vêtement sur mesures et celles d'un même article prêt-à-porter, que l'artisan est en général très difficile à
convertir et que les cadres moyens actuels ayant cette origine devront être remplacés par des agents mieux
capables de participer à l'évolution rapide de l'industrie.
Les effectifs : industrie du vêtement (non compris la bonneterie, les métiers de mesure et de création) = 200
000 salariés. 85% femmes. Cadres supérieurs : 1% (2000) augmentation souhaitable. La complexité des pb
techniques et le niveau où ils se situent l'exigent. Cadres moyens et techniciens : 4% soit 8000 insuffisant > il
semble qu'un fonctionnement correct de l'entreprise demanderait un agent de maîtrise pour 25 ouvriers sans
compter employés dans services fonctionnels. À ce niveau de qualification, le renouvellement du personnel
représente 5% (400 par an). Ouvriers : 87% soit 174 000 dont 10% d'ouvriers qualifiés (17400). Le tx de
renouvellement de la mdo fém élevé : 20% par an > ce qui exige un apport de 3500 ouvriers qualifiés du
niveau du CAP chaque année. Pour les ouvriers de fabrication 31 000 nvx chaque année.
Pour les ouvriers qualifiés la capacité des CET publics et privés largement suffisante. Il existe dans les CET
public 151 sections spécialisées (flou industriel, tailleur industriel, vêtement pour hommes et garçonnets, etc)
et 299 sections « Industries du vêtement petite série ». CAP spécialisés : 2004 candidats reçus en 64. 3 770
reçus au CAP petites séries. Soit au total 5774 ouvrières et ouvriers. Leur qualification, souvent excellente a
été jugée insuffisante dans un certain nbre d cas qui comblent correspondre à des étab où la conversion du
personnel aux techniques industrielles est incomplète. Le nbre des candidats présentés aux CAP après un
apprentissage dans l'industrie est, en général, faible (1% dans la Seine). Pas de CAP coupeurs-patronniers.
64 : 204 candidates reçues au BEI patronnières-gradueuses.
Pour al formation des ouvrières spécialisées (il vaudrait mieux dire ouvriers de fabrication pour ne pas
entraîner une confusion avec les OS des industries transformatrices de métaux).
L'avenir : donner au lycée une culture générale suffisante et un esprit technicien pour les préparer aux
adaptations futures > intégrer des procédés de fabrication encore peu connus : thermo-collage, soudure,
automatisation poussée etc
(…) n point seulement me paraît inquiétant pour l'avenir : le recrutement des élèves pour cette formation
allégée. Il semble qu'un effort d'information soit à faire auprès de tous ceux qui doivent aider les adolescents
à trouver leur voie : enseignants du premier cycle et conseillers d'orientation scolaire et professionnelle.
Une circulaire du 10 oct 66 de Monsieur le Secrétaire général du Ministère de l'Education Nationale a causé
une certaine émotion dans les CET, comme d'ailleurs, dans les industries employant principalement une md'o
féminine. Le principe qui l'a inspirée nous semble inattaquable. Il s'agit d'ouvrir l'accès à la formation
professionnelle dans des spécialités traditionnellement masculines mais que rien n'interdit vraiment aux
femmes, aux jeunes filles et d'avertir leurs familles des débouchés qu'elles peuvent y trouver ? « mixité »
sous réserve de la réglementation en vigueur sur l'emploi des femmes (art 55 et décret du 19 juillet 58).
Il est certainement salutaire d'orienter des jeunes filles vers des industries où elles peuvent comme ouvrières,
agents techniques, techniciens, et même ingénieurs, trouver des emplois en rapport avec leurs aptitudes.
Nous souhaitons, ici, pouvoir mettre à la disposition des lecteurs du cours féminin le résultat d'expériences
effectuées dans ce sens.
Réserves : « des formations traditionnellement considérées comme « féminines » » (couture et industrie
textile) sans qu'une corrélation nette soit établie entre l'ampleur de ces formations et l'évolution réelle des
possibilités d'emploi dans ces secteurs. Amalgame couture et confection industrielle ?
Récemment, le représentant du Ministre de l'Industrie inaugurant le Salon du Prêt-à-porter féminin félicitait
les industriels de cette branche de leur effort d'exportation en citant la proportion de 14% du chiffre d'affaires
pour les ventes à l'étranger. Pour ceux qui ont la charge de la formation de la jeunesse française, une industrie
qui emploie plus de 200 000 travailleurs répartis de façon assez homogène dans tout le territoire est un
débouché non négligeable. Si l'on cherche à ajuster le nbre des élèves à former aux possibilités d'emploi, il
convient de tenir compte de la rotation très rapide de la mdo féminine : 20 à 25% par an. Un calcul simple
conduit à cette conclusion que ces industries : confection masculine, vêtement féminin, prêt-à-porter,
chemiserie-lingerie, corseterie industrielle et soutien-gorge ont besoin chaque année de 40 000 à 50 000
ouvrières nouvelles.
Cette situation ne paraît pas devoir se modifier sensiblement dans un proche avenir. La commission des
industries de trans du groupe mdo du Ve plan ne prévoit qu'une très légère diminution des effectifs des
industries de l'habillement entre 1965 et 1970 malgré une augmentation importante de la productivité. Celle-
ci en effet doit être absorbée par l'augmentation de la consommation due à l'élévation du pouvoir d'achat, par
l'augmentation des exportations et par la diminution de la production artisanale. CAP 5774. Cela montre que
les débouchés sont loin d'être saturés et que l'avenir des établissements scolaires formant les
confectionneuses n'est pas aussi sombre qu'on le dit souvent.
Quant à la formation, prétendue dépassée qui fait diriger les jeunes filles vers le travail des étoffes, il est
permis d'y voir autre chose qu'une routine injustifiée. Ces matières, par leurs qualités physiques, par l'attrait
esthétique qu'elles ont souvent s'harmonisent mieux que des matières plus rudes à la nature féminine. Et puis,
si la vie professionnelle des femmes est courte, c'est que bcp d'entre elles se sentent attirées par une vocation
réelle vers le plus beau métier du monde, celui de la mère de famille. Ce qu'elles auront acquis au cours de
quelques années 'exercice du métier de dessinateur industriel ou de photographe pourra, sans doute, leur
servir en lui permettant de comprendre la notice d'un appareil électro-ménager ou de faire de belles
photographies de leurs enfants, mais sans aller jusqu'à l'habitude bien dépassée celle-là, de faire à la maison
leurs tabliers d'écoliers, elles pourront, lorsqu'elles auront travaillé dans la confection, se servir habilement
d'une machine à coudre familiale pour réaliser des retouches ou des réparations toujours utiles.
Nous pensons, que les autorités administratives, mieux informées adopteront une attitude différentes vis à vis
des métiers féminins et qu'elles voudront bien demander aux responsables de l'orientation scolaire et
professionnelle de signaler aux jeunes filles que leurs aptitudes ne prédisposent pas à devenir de bonnes
sténo-dactylo ou secrétaires, des techniciennes de l'électronique ou des dessinatrices capables de s'élever plus
haut que la qualification de calqueuse, qu'il existe, entre autres, des industries de l'habillement où elles
pourront accéder à des emplois souvent aussi bien rémunérés que d'autres, surtout lorsqu'elles ont reçu une
formation appropriée.
N'a-t-on pas entendu, récemment, au cours d'un coloque organisé par UN ET Privé, les représentants du
Conseil National du Patronat Fr et de l'UIMM conseiller aux directrices d'écoles présentes d'abandonner les
formations traditionnelles pour se consacrer à celles préparant aux emplois de bureaux !
(pour mieux légitimer la couture, enlever tout le socle traditionnel et abstraction sur formation et techniques
de travail)
Le CAP, le futur BEP garantissent-ils que le titulaire est un ouvrier, une ouvrière qualifiés ? Si oui, il faudrait
leur garantir un certain niveau de salaire. Mais le titre même du premier : Certificat d'aptitudes
professionnelles répond déjà. Les élèves qui ont réussi l'examen leur valant le diplôme ont ainsi prouvé
qu'ils avaient profité de l'enseignement qui les y préparait. Ils sont aptes à devenir des professionnels
qualifiés s'ils s'adaptent à un ensemble de conditions de travail qui ne sont plus celles du collège ,mais celle
de l'atelier de production.
Après l'achèvement de la scolarité obligatoire dans une classe de 3e moderne, terminale du cycle pratique,
Section d'Education Professionnelle. Env 16 ans. Formation intellectuelle plus poussée et parfois formation
pré-professionnelle dans le cycle pratique.
Différence entre BEP et CAP : nv diplôme correspond à une formation professionnelle de même niveau que
le CAP qui subsiste comme sanction de l'apprentissage sous contrat, dans l'industrie, mais plus large moins
axée sur une spécialité étroite, s'adaptant mieux à l'évolution des techniques. Meilleures élèves pourrait être
recyclées et admises dans un Lycée pour préparer un diplôme de Technicien Breveté ou Bac de technicien.
Quand à l'activité future des Collèges, une inconnue subsiste : le recrutement difficile depuis qq années pour
les sections industrielles. On estime que 20 des enfants devraient normalement être dirigés vers les sections
d'éducation professionnelle et vers enseignement extra-courts. 320 000 enfants d'une classe d'âge de 800 000
soit 3 fois plus que l'effectif actuel. Il est probable cependant qu'une assez forte proportion d'enfants et de
familles se contenteront de la préformation reçue dans un CET ou section d'Education Professionnelle.
BEP industries de l'habillement et diverses concerne des activités nombreuses produisant des vêtements en
utilisant des matières très diverses etc. le BEP doit à partir d'une année de tronc commun préparer à l'une des
trois options : techniques de montage (conduite, réglage, entretien courant des machines, savoir ligne les
dessins techniques comprendre l'orga du travail), techniques de coupe (établissement de patronnage, tracés
de coupes, emploi, réglage, entretien courant du matériel), techniques d'essayage et retouche (essayage et
choix du vêtement, retouches, conditionnement).
Les épreuves pratiques ne seraient plus de simples exécutions comme dans le CAP mais comporteraient dans
chaque option l'analyse d'une tache conduisant à un pgr d'exécution ou à l'organisation d'un poste de travail.
Exécution porterait sur des opérations exigeant l'emploi de plusieurs machines avec éventualité de réglage de
l'une d'elles et utilisation d'un session technique.
L'impossibilité d'accueillir tous les enfants dans des CES qui doivent être des établissements autonomes, a
conduit, au début de 1967 au moment où la scolarité devenait obligatoire jusqu'à 16 ans, à rechercher une
nouvelle formule. Elle a été trouvée par une association entre les groupements ou entreprises professionnels,
industriels, artisanaux, commerciaux, agricoles et des établissements scolaires publics ou privés. Création
des SEP : les enfants inscrits ne sont pas des apprentis mais des élèves d'une école venant recevoir un
enseignement pratique dans les ateliers d'une entreprise. Ils ne doivent pas recevoir un salaire, mais il n'est
pas interdit à la direction de l'entreprise de leur verser un pécule afin de les encourager et de récompenser
leur participation à la production qui est permise mais ne doit pas être prévue que dans le cadre d'une
progression. Doivent en principe y séjourner au max 28h par semaine et recevoir au moins 12h dans l'étab
scolaire.
A plusieurs reprises, les plus hautes autorités de l'EN ont déclaré que cette formation, conçue à l'origine pour
pallier les difficultés rencontrées pour la prolongation de la scolarité, devenait permanente et s'insérait d'un
façon définitive dans notre système scolaire. Effectif total des enfants en SEP 37 000. 1/3 avec insertion
professionnelle. 1/3 insertion familiale. 1/3 sans rien.
SEP préparent à l'admission directe dans la profession dans des postes peu qualifiés, soit apprentissage sous
contrat, soit admission dans CET. Il s'agit pour les enseignants de se libérer de certaines habitudes
professionnelles, de ne plus penser exclusivement à suivre un pgr struct conduisant à un exam, mais de
chercher toutes les occasions de « dévérouiller » les blocages psycho résultat d'une expérience généralement
désastreuse de l'école.
Résultats et critiques crainte de concurrence. Hors de propos dans le cadre de l'habillement : 300 000 salariés
avec fort tx de renouvellement. Il faut 15000 OQ et 45 000 OS supplémentaire chaque année. OR 9500
candidats seulement au CAP. Pb difficulté de donner une formation professionnelle complète dans ateliers
spécialisés. Absentéisme et déception
Avantages cpt : elle permet d'organiser un enseignement plus vivant intéressant les élèves qui rebutent les
abstractions / analyse des méthodes de travail de l'atelier , elles préparent à travailler / rendront plus
supportable la tâche répétitive en les habituant à y associer la réflexion et l'intérêt.
Autre initiative : organisation d'un lycée comme une entreprise. Fabrication pour l'établissement lui-même.
Un PTA se montrait très troublé par l'obligation qu'on lui faisait de fournir des bleus de travail à un collège
voisin alors que sa section était consacrée au flou industriel et trouvait dans cette fabrication des difficultés
considérables pour elle « qui était couturière de son métier ».
Juin 1969 : Les stages dans l'industrie, leur utilité, leur organisation
Mauvaises expériences qui incitent les profs à la réticences. Professionnels souvent surchargés de
responsabilités multiples > tendus vers la solution de pb quotidiens, ils perdent de vue l'intérêt qu'il y a à
préparer l'avenir plus lointain en contribuant à la formation des jeunes. Période de reconversion, bcp de
professeurs ne sont pas familiers avec les réalités d'une industrie dans laquelle ils n'ont jamais travaillé ; ils
n'ont pas su influencer les cadres pour les inciter à accueillir leurs élèves. Difficultés d'évaluation de leurs
niveau : ouvrières en puissance ou future technicienne. Les stages s'amélioreront lorsqu'un gd nbre de
techniciens de l'industries seront passés par la formation des lycées. Les élèves de l'ET trouveront d'anciens
qui seront capables de les guider.
Juin 1970 : Les problèmes actuels de la formation du personnel pour l'industrie de l'habillement
Exposé du 27 avril 1970 organisé par l'Institut provincial d'enseignement technique de Nivelles (présidence :
M de Stexhe, président de la Fédération National des Industries de l'Habillement et de la Confection).
L'artisanat. Les artisans ont été dans le passé un élément de progrès (cf Jacquard, Thimonnier etc). Il faut
maintenant sortir de l'ornière !
L'artisanat ne peut plus être une base de formation. L'industrie, à ses débuts, a hérité de l'artisanat, ses h et
une bonne partie de ses méthodes et il en est resté un préjugé tenace, au moins dans certains secteurs
d'activité. Si les métallurgistes ne croisent plus qu'un ancien maréchal-ferrant fait automatiquement un bon
estampeur ou un ouvrier des traitements thermiques, bcp de confectionneurs pensent encore qu'un tailleur ou
une couturière sont tout naturellement préparés à diriger une équipe d'ouvrières dans une fabrique de
vêtements. Ces conversions pouvaient être utiles au moment où se constituaient des entreprises industrielles.
A cette époque, il n'existait aucune formation organisée pour ces nouvelles professions. Au contraire,
l'apprentissage des métiers artisanaux fournissait un nbre excessif de professionnels trouvant de moins en
moins à s'employer dans le métier qu'on leur avait enseigné. La majorité d'entre eux ont cru en trouver un
nouveau, différent du premier par certaines des techniques appliquées, mais tout autant défini, alors que le
propre de l'industrie est d'utiliser un univers d'outils illimité, non clos. Elle doit s'organiser pour choisir les
meilleurs et en tirer le meilleur parti, parfois choisir le produit à fabriquer en fonction de l'outillage dont elle
dispose, pour l'amortir et non s'inspirer d'une réglementation préétablie. L'expérience nous prouve que bcp de
ceux qu'elle a intégrés, après qu'ils eussent été préparés à l'exercice d'un métier artisanal, freinent son
évolution, pourtant nécessaire.
Si l'artisanat peut et doit survivre, ne serait-ce que parce qu'il offre une situation satisfaisant une aspiration à
l'indépendance, fréquence chez les humains, à partir d'un certain age, il ne peut le faire qu'en évoluant lui-
même. Il est battu d'avance s'il cherche à concurrencer l'industrie, mais il est gagnant s'il fait ce qu'elle ne
peut faire et s'il la seconde en sous-traitant des fabrications fragmentaires difficiles à intégrer dans un
ensemble toujours un peu lourd. Mais il ne peut constituer une base de formation technique et il semble
opportun que l'Enseignement technique s'en persuade.
Une aristocratie de techniciens. Dans le monde industriel, une tendance anti-démocratique, une classe de
techniciens se considérant comme une élite. '…)
Décembre 1970
Adaptation de l'opérateur à son poste de travail. Le BEP ouvre des débouchés dans les activités transformant
des tissus en produits finis, vêtements mais aussi autres objets utiles.
Linge de table et de maison, parapluie, parachutes, chapeaux, cravates et écharpes, garnitures d'automobiles,
dessus de lit, rideaux matelas coussins, vêtements de poupées, jouets en peluche, toiles de tente, bâches pour
véhicule, sacs de campement, chaussures de toile.
La préparation du BEP n'est pas un apprentissage tel qu'on le fait chez une couturière, un tailleur ou un
magasin de vente au détail. C'est une formation générale qui doit préparer l'élève à s'adapter à des postes de
travail divers. Ceci lui permet d'évoluer dans une entreprise ou de changer d'employeur en cas de besoin et
s'il a l'ambition d'accéder à des emplois supérieurs.
L'étude de l'organisation peut être le départ d'une formation permanente dont il est superflu de dire à quelle
point elle est nécessaire.
Février 1971
Avril 1971
Mai 1971
Juin 1971
Juillet-septembre 1971
L'agression. Et les élèves dira-t-on, comment utiliser une agressivité trop évidente, dont tout le monde se
plaint ? (…) Il est certes difficile d'orienter notre Éducation nationale, énorme entreprise active, certes, mais
difficile à assouplir, vers une réforme qui ne serait plus institutionnelle comme celle que nous vivons
maintenant, mais « organisationnelle ». Pourtant nous croyons bien que le véritable rôle de l'école n'est pas
de pure conservation mais de construction et que, si elle parvient à le remplir, elle donnera mieux qu'un cadre
à l'agressivité de la génération qu'elle prépare : un objectif générateur d'une société meilleure.
Novembre 1971
Mars 1972
Révolution culturelle ? Prise en compte des techniques dans la définition de la culture. Faire acquérir une
tournure scientifique ne signifie pas que l'on cherchera à faire de tous les humains de demain des savants au
cerveau bourré d'une multitude de connaissances, ce qui serait, on le sait du reste, impossible à tous et
particulièrement aux moins doués dont la proportion dans la population ne paraît pas en voie de diminution.
C'est apprendre à observer des phénomènes, à les analyser et à agir sur eux, non en fonction de recettes
apprises, ais en raisonnant des méthodes.
Avril 1972
Les enseignants, particulièrement ceux qui exercent dans les CET et encore plus ceux qui sont affectés aux
classes pratiques des CES ou dans les étab accueillant les handicapés, savent bien qu'une proportion non
négligeable de leurs élèves ne pourront jamais, en raison de leur niveau intellectuel, accéder à une telle
qualification. Pour ceux-ci, les emplois d'ouvriers spécialisés constituent un heureux débouché.
Octobre 1972
Juillet 1973
La réforme de l'apprentissage
Janvier 1974
Apprentissage ?
Juin 1974
Novembre 1974
Décembre 1974
Avril 1975
mai 1975
juillet 1975