0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
116 vues51 pages

Cours Féminins

Le document présente une série de fascicules consacrés à l'enseignement des métiers féminins, notamment dans le domaine de la mode et de la couture, soulignant l'évolution des rôles des femmes dans le monde du travail après la guerre. Il met en avant l'importance de développer des compétences techniques et artistiques pour les jeunes filles, tout en insistant sur la nécessité d'une formation adaptée et de l'égalité des sexes dans le milieu professionnel. Enfin, il aborde les défis et les opportunités liés à ces métiers, en soulignant leur contribution à l'économie nationale.

Transféré par

predixiatechnologies
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
116 vues51 pages

Cours Féminins

Le document présente une série de fascicules consacrés à l'enseignement des métiers féminins, notamment dans le domaine de la mode et de la couture, soulignant l'évolution des rôles des femmes dans le monde du travail après la guerre. Il met en avant l'importance de développer des compétences techniques et artistiques pour les jeunes filles, tout en insistant sur la nécessité d'une formation adaptée et de l'égalité des sexes dans le milieu professionnel. Enfin, il aborde les défis et les opportunités liés à ces métiers, en soulignant leur contribution à l'économie nationale.

Transféré par

predixiatechnologies
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Première partie : classement chronologique plus ou moins détaillé

Deuxième partie : éditoriaux (à partir de Guy Dugas)

8 JO 6002 1946-1951 : Le Cours féminins professionnel et ménager

Directeur gérant : R. Mougenot

Première série. Fascicule 1 : 1946

A nos lecteurs : Métiers féminins


Une perpétuelle évolution agite le monde. De quelque côté que l'on regarde, une
transformation s'opère.
Les conditions du travail se modifient ; les entreprises ont changé de structure. Elles
prendront demain des formes nouvelles.
De jour en jour, la femme pénètre davantage le monde du travail. Elle a ainsi gagné, en
quelques années, l'égalité juridique dans le mariage, l'égalité civique, l'égalité intellectuelle, l'égalité
morale enfin. Le mari n'est plus le maître : il est le compagnon. Et les textes n'ont fait que légaliser
un acte de fait.
La jeune fille apprend aujourd'hui un métier ; et si elle ne s'initie pas toujours à une
technique industrielle, commerciale, administrative, ou agricole, du moins s'efforce-t-elle d'acquérir
une instruction qui, le cas échéant, lui permettrait d'exercer une fonction rémunératrice, condition
première de son indépendance.
Dans la vie écon fr, les métiers dits féminins tiennent une grande place. La femme chasse
peu à peu l'homme des emplois de bureau ; elle triomphe dans les métiers de la couture, de la mode,
de la lingerie, du corset, de la plume, c'est-à-dire partout où règnent le goût, la finesse, l'élégance.
Elle leur a donné une renommée mondiale, précieuse aujourd'hui plus que jamais.
La France, appauvrie par la guerre, ne peut vivre sans importations. Nul n'ignore ce qui nous
permet aujourd'hui de recevoir de l'étranger du blé et du coton, du chocolat et de la laine ; nos
exportations d'articles de mode, de parfumerie – encore un produit destiné aux femmes ! - nos
grands vins.
Développer les métiers féminins, c'est contribuer au relèvement national. Améliorer la
qualité des articles féminins, c'est permettre à notre pays de lutter victorieusement contre la
concurrence étrangère ; c'est faire triompher le goût français.
Pour cela, nous avons pensé qu'il serait utile de créer un organe qui soit un lien entre les
ateliers d'apprentissage et les Ecoles techniques, qui fasse profiter les uns des progrès des autres, et
inversement, qui apporte à chaque maître une documentation précieuse sur la technique comme sur
la pédagogie, qui soit ouvert enfin aux suggestions de tous.
Cet organe, c'est le Cours féminin professionnel et ménager, qui s'est assuré le concours de
collaborateurs dévoués, enthousiaste, pleins de foi dans les destinées de l'Enseignement technique.
Nos lecteurs savent déjà sur les deux aînés, le Cours commercial, et le Cours industriel, ont
acquis une place d'honneur dans la presse pédagogique française.
Ils peuvent être assurés que nous ne négligerons rien pour que Le Cours féminin mérite lui
aussi leur confiance et la conserve.

Informations professionnelles
- liste des inspecteurs généraux de l'enseignement technique
- programme des CA (reproduction de la circulaire du 9 août 1945)

La Mode à Paris article de Geneviève Carély

Exercices : grammaire et français / géographie et histoire / calculs et applications / Géométrie


appliquée aux métiers féminins / sciences appliquées / technologie des métiers féminins /
Enseignement ménager / Notions d'hygiène / Couture / mode / corset / dessin / fleuriste
- examen CAP Nîmes 1944 Coupe et couture pour Dames

p. 22 Mode : La mode est un métier difficile à enseigner. Il faut pour devenir une bonne première
dans notre métier, un don, une légèreté de mains qui ne s'apprennent pas ; et il faut aussi beaucoup
d'imagination et l'imagination est bien difficile à développer, si elle n'est pas innée. Certaines
ouvrières sachant leur métier à fond, possédant une réelle technique resteront toute leur vie
d'excellentes « recopieuses » , mais ne deviendront jamais créatrices, leurs mains habiles restant
inertes lorsqu'il s'agit de créer. (…)
Nous ne pouvons que conseiller d'emmener les élèves, plusieurs fois par mois, dans le centre
de la ville. Pendant ces sorties, s'efforcer d'ouvrier leurs yeux à toutes les beautés qui doivent
enrichir la connaissance de leur métier. Regarder surtout les vitrines qui présentent de jolis
chapeaux, mais être aussi attentif à toute élégance. Les élèves en reviennent avec le désir de faire de
jolis modèles.
Mais avant de créer de beaux modèles, il faut apprendre le métier dans ses moindres détails.
On commencera en première année par faire confectionner des études sur les différents points
dans notre métier.
Mme Molinari, CT Emile Dubois, Paris

p. 23 Corset : N'est-ce-pas là une expression qui, presque toujours déplaît ?


Si l'on compare au vieux corset d'autrefois les jolies gaines que présentent aujourd'hui dans
leurs collections, les corsetiers et corsetières de Paris et d'ailleurs, on reste à la fois étonné et ravi à
la pensée de porter un sous-vêtement aussi ravissant.
Peu de personnes – surtout peu de parents – se rendent compte des débouchés que peut offrir
à leurs jeunes filles, le métier de corsetière.
Dans nos écoles, nous n'avons pas suffisamment d'élèves. (….)
Si l'école primaire nous fournissait de bons sujets, nos métiers, si pauvres en techniciens
qualifiés auraient de bonnes premières, d'habiles vendeuses, d'excellentes acheteuses même pour
l'exportation ; et les jeunes trouveraient là un débouché à la fois agréable et bien rémunéré.
Actuellement, les ouvrières corsetières sont très bien rémunérées.
Une femme qui, pour un motif personnel, ne travail pas au dehors, a la possibilité tout en
restant chez elle, de se faire une bonne clientèle. (…)
Les ouvrières corsetières bénéficient aussi de l'avantage de travailler généralement des
tissus de couleur claire, ne fatiguant par les yeux.
En substance : travail minutieux qui exige de savoir très bien coudre > étude très approfondie des
points à la main.

Première série. Fascicule II : 1946 (dépôt BNF 5 mars 1946)

Informations professionnelles : horaire des CA (circulaire du 4 septembre 1945)


La Mode à Paris article de Geneviève Carély
Exercices : même disposition – utilité du CAP d'Art Ménager
p/ 48 Couture : Depuis quelques temps la machine a partout tenté de remplacer l'homme. Cpdt s'il
est un métier qui fasse exception à cette règle c'est bien la haute couture, métier d'art où chaque
modèle apporte une note nouvelle et l'interprétation de chaque modèle à chaque cliente, une
précision particulière.
Dans notre temps, qui est, dit-on, celui du déclin de la main, la haute couture a besoin
précisément des mains les plus expertes : mains aux doigts agiles qui sautent légères, mais précise
dans sa chorégraphie de soi de brocart, de velours, mains aux dix doigts animés qui dansent avec
grâce sur les mousselines et les dentelles, mains plus lourdes, mais si nettes, si précises des tailleurs.
Mais pour acquérir cette souplesse, cette sûreté et cette harmonie des doigts, il faut un long
et patient entraînement.
Mme Amblard, Directrice générale de l'Ecole de la Chambre Syndicale

p. 50 Lingerie : Quel plus beau métier, pour une jeune fille, que celui de « lingère » ? Il acquiert
l'habilité manuelle, mais développe en même temps le goût des ensembles, de la délicatesse, des
coloris, le sens de l'équilibre, de la mesure, des formes harmonieuses. C'est un métier qui réclame
des qualités spécifiquement françaises, un métiers d'art.
Ces qualités appellent les aptitudes physiques correspondantes : bonne vue ; doigts déliés : bon
équilibre nerveux, gage de patience et de persévérance ; propreté corporelle ; capacité thoracique
permettant à l'enfant de rester penchée sans en souffrir ; enfin, intelligence moderne se faisant
autant avec le cerveau qu'avec les mains.
L'enfant doit donc évoluer dans un climat de clarté, de propreté, presque de luxe, en tout cas n'avoir
rien de laid sous les yeux. Nous entrons ici dans le domaines de vos qualités personnelles,
Professeurs et Monitrices :
Pour l'enfant, vous représentez sa future profession ; rendez-la lui séduisante dès l'abord, votre
tenue physique et morale devra attirer votre élève, l'attacher ; vous aurez à dégager la personnalité
de chacune ; vous guiderez l'une vers le montage des pièces parce qu'elle n'aura à son actif que soin
et habileté manuelle ; à l'autre, vous ouvrirez les voies de la création des modèles parce qu'elle aura
un goût artistique complété par le sens des volumes et des lignes : à une autre, vous conseillerez de
s'orienter vers la coupe et le modelage au mannequin pour utiliser son aptitude à la précision, son
esprit mathématique. Signé PM

Examen : CAP Art Ménager Seine 1939

Première série. Fascicule III : 1946

Exercices : composition française.


Corset p. 77 : La machine est l'instrument de travail absolument indispensable de la corsetière,
celle-ci devra bien en connaître le fonctionnement. Pensez au temps perdu par l'ouvrière si sa
machine, mal soignée ou mal graissée, ne pique pas bien ou si le fil casse au cours d'une piqûre
plusieurs fois de suite.
Il faut donc prendre le temps de bien expliquer aux élèves le fonctionnement de la [Link]
avons actuellement dans l'industrie des machines à moteurs électriques.
Ceci est un grand bienfait, car il est très fatigant de piquer au pied plusieurs heures de suite.
Toutefois, il est préférable que la jeune apprentie corsetière apprenne à piquer sur une machine sans
moteur. Ceci lui permettra de mieux observer le chemin suivi par le fil avant d'arriver à l'aiguille et
par la suite d'éviter et de remédier à tous les incidents de travail possibles.

Examen : CAP Art Ménager Seine 1939 suite

Première série. Fascicule V : 1946 (dépôt BNF 1 juin 1946)

Informations professionnelles : conditions exigées des directeurs et professeurs des cours privés
professionnels ou de perfectionnement (décret du 3-1-1946)
Exercices : Grammaire et français/ sciences appliquées aux métiers féminins
Examens : CAP Lingerie Seine 1945

Première série. Fascicule VI : 1946

Exercices : sciences appliquées aux métiers féminins


Dessin. Mode p. 164 Dans nos collèges techniques comme dans l'industrie, l'atelier de modes a son
caractère particulier.
Avant la guerre, alors que dans les établissements scolaires, la blouse blanche était de rigueur, dans
notre collège technique, les modistes étaient « roses ». Je trouvais cette initiative heureuse et
charmante.
Lorsque nous étions avec les « roses » l'esprit du dessin changeait ; le décor aussi ; c'étaient des
fleurs, des plumes, des formes de mousseline claires... C'est toujours ainsi, mais il y a des blouses
bleues, des imprimés qui font tabliers de maison ; le plus souvent, c'est en robe de ville que l'on
monte au « dessin » et alors on a l'air de venir travailler en amateur, ce qui est trop fréquemment un
fait certain. On n'arrive pas à donner à ces écervelées « 46 » le sens d'une discipline : et pourtant,
combien il est plus facile de dessiner quand on a dans sa poche, sous la main, son canif, ses crayons,
sa gomme. Un simple carré de toile froncé sur une ceinture et muni d'une poche... Mme Le Pallec
CT Emile Dubois Paris

Première série. Fascicule VII : 1946 (dépôt BNF 20 août 1946)

Exercices : Sciences appliquées aux métiers féminins (Mme Senot, CT rue de Poitou)
Examen : CAP Lingerie (spécialité femme et enfant) programme

Première série. Fascicule VIII : 1946

Informations professionnelle : droits d'examens au BEI arrêté du 20 juin 1946 / JO du 2 juillet


1946
Exercices : Sciences appliquées

Première série. Fascicule IX : 1946

Information professionnelle : ENNA

Première série. Fascicule X : 1946

Exercices : exemples de Composition Française (3 sujets)


« La mode. Qu'est-ce-que la Mode ? Quelle est son influence sur la vie féminine ? Comment une
femme peut-elle la suivre sans en être esclave ? Quel es aussi son rôle dans la vie sociale ? »
« Pendant 3 ans vous avez appris un métier qui demande de multiples connaissances techniques. Par
ailleurs, vous entendrez souvent rappeler que la mode est un art, cad qu'elle entend appliquer ce
même savoir professionnel à ses principes définis, des idées personnelles et des buts orignaux.
Essayer de montrer comment vous pourrez, dans votre modeste domaine, être à la fois une habile
ouvrière manuelle et une artiste. »
« Après 3 ans d'apprentissage, une jeune fille se flatte de « bien connaître son métier ». « Il y a 30
ans que je suis dans la couture, lui répond une ouvrière de son atelier, et je suis bien sûre de mourir
sans avoir terminé mon apprentissage. » Dites ce que vous pensez de ce propos, et par quels moyens
vous pourrez compléter votre apprentissage. »

Deuxième série. I : octobre-novembre 1946

Les femmes dans l'activité française. Paul Le Rolland, Directeur de l'Enseignement Technique

Nous vivons dans une époque admirable, qui nous offre, avec les progrès constants et
étonnants de la technique, des spectacles grandioses devant lesquels l'imagination, même la plus
audacieuse, reste confondue ; mais cette époque tourmentée, tumultueuse, sillonnée des éclairs de la
vitesse, ne nous apporte, à la vérité, ni joie, ni repos, et l'homme semble, en une agitation
désordonnée et stérile, s'épuiser en vains efforts à la recherche des satisfactions nouvelles promises
par les extraordinaires conquêtes de la Science.
C'est que l'ordre écon et soc n'a pu, et n'a pas su encore, se mettre en harmonie avec le
progrès technique et dans la plupart des pays, l'homme vie dans un état de déséquilibre matériel et
moral, tout à fait incompatible avec le travail fécond de l'esprit et le repos profond de l'âme,
conditions essentielles du véritable bonheur.
Cependant, nous ne pouvons pas douter que nous sommes au seuil d'une nouvelle ère des
temps modernes et qu'une nouvelle civilisation, à peine naissante, cherche aujourd'hui ses voir pour
s'adapter au progrès scientifique et industriel. Un mouvement irrésistible, né d'une évolution
technique si importante, entraîne en toute évidence l'humanité vers un nouvel état d'équilibre qui
doit lui apporter ce bonheur auquel elle aspire.
L'un des aspects les plus caractéristiques de ce mouvement, l'un de ceux qui s'imposent le
plus à notre attention, est certainement la transformation si rapide et si profonde qui se poursuit
devant nos yeux de la condition de la femme.
Il y a cinquante ans à peine, cette condition était totalement différente de celle de l'homme.
Les femmes étaient à leur foyer et n'avait d'autre idéal – idéal d'ailleurs très noble – que de veiller à
la bonne marche de leur ménage et à la santé physique et morale de leurs enfants ; elles
n'apprenaient pas en général de métier, et ce que dian …

Exercice : ajout d'une catégorie commerce.


Examen : CAP de confectionneuse pour hommes et enfants 1946 Seine

Deuxième série. II : décembre 1946

Les femmes dans l'activité française. Paul Le Rolland, Directeur de l'Enseignement Technique
suite

Exercices : sciences appliquées / coiffures

Deuxième série. III : janvier 1947

Les femmes dans l'activité française. Paul Le Rolland, Directeur de l'Enseignement Technique
suite

Exercices :Tailleur pour dames. p. 67 commentaire des instructions pédagogiques. Dès la deuxième
année, les élèves seront exercées à une précision toute mathématique dans la coupe, à une netteté
parfaite dans l'exécution et au coup de fer qui finit le travail.
De nombreux exercices de vitesse devront permettre aux élèves d'acquérir la rapidité
nécessaire dans l'exécution des boutonnières, des différentes sortes de poches.
A la fin de la troisième année, le niveau moyen des élèves devra être tel qu'elles puissent être
employées dans l'industrie comme second main.

Deuxième série. IV : février 1947

Exercices Maniement de la machine à coudre / repassage détachage / coiffure

Deuxième série. V : mars 1947

Une école technique américaine. Mlle Marguerite Othon, professeur chargé de mission à la
Direction de l'Enseignement technique

Informations professionnelles : programmes du BEI Jeunes filles

Deuxième série. VI : avril 1947


Informations professionnelles : examens BEI

Troisième série. III : Décembre 1947

Création d'un Service de documentation administrative, pédagogique et bibliographique suite aux


nombreuses demandes relatives aux examens, programmes, dossiers à constituer, interprétation des
lois, décrets et règlement divers..

Troisième série. X : Août Septembre 1948

Certificat d'Aptitude Professionnelle Seince 1948 (Art Ménager, Modiste, Lingerie, CAP
ouvrières d'apiéceurs culottières et giletières, BEI industriel)

Quatrième année. II : Novembre 1948

Exercices composition française / dessin de mode (reconnaissance professionnelle)

Quatrième année. III : Décembre 1948

Exercices composition française / machine à coudre / pb dessin bis (idem janvier 49)

Quatrième année. V : Février 1949

Exercices composition fr : le succès n'est pas ce qui importe, ce qui importe, c'est l'effort
Informations professionnelles : légions d'honneur / statuts des CA (loi du 21 février 1949 / statut
des maîtres auxiliaires

Quatrième année. VII : Avril 1949

Exercices : composition française

Quatrième année. X : Juillet-Août 1949

Examens CAP Académie de Parie 1949

Cinquième année. I : Septembre octobre 1949

Informations professionnelles Statut du personnel temporaire d'enseignement professionnel dans


les centres d'apprentissage publics (extrait du décret du 16 septembre 1949)
II novembre 1949 création d'un CAP à l'inspection de l'enseignement technique. Décret du 17
septembre 1949

Cinquième année. VI : mars 1950

Informations professionnelles Programmes provisoires des classes de 6e et 5e des établissements


d'Enseignement technique ( arrêté du 7 janvier 1950)

Cinquième année. VIII : mai 1950

Informations professionnelles postes à pourvoir au Maroc / date des examens CAP féminins sur
Paris / juin 1950 : prévisions de vacances de postes Tunisie
Sixième année. V : février 1951

Examens CAP 1950


mars/avril 1951 : suite examens
mai 1951
Juillet août 1951
Informations professionnelles examens et concours PTA (mars 1951)

Septième année. III : décembre 1951

Informations professionnelles : programmes CT industriels féminins

Septième année. III : sept-oct 1951

Exercices. Technologie corrigée CAP 1951


Corset : promotions et conseils profs

novembre 1951 > examens couture flou + réponse quant aux risques professionnels des écoles
privées d'apprentissage

8 JO 6002 1952-1957 : Le Cours féminins professionnel et ménager

Septième année. VII : avril 1952

Examens CAP Coupe Couture 1951 Poitiers


mai 1952 CAP Industriels féminins couture, lingerie fine, broderie blanche, culottière

Septième année. X : juillet-août 1952

Examens CAP académie de Paris

Huitième année. I : septembre-oct 1952

Exercices : Législation industrielle et sociale


Lingerie : comment lire un programme de lingerie
Après initiation de la première année, l'apprentissage d'une jeune ouvrière doit être guidé par
deux préoccupations majeures : donner à l'élève l'impression qu'elle a franchi une première étape, la
certitude qu'elle a un acquis solide, quoique restreint ; et le désir de lui donner une idée aussi
complète et étendue de son métier, afin qu'elle sache où elle va.
Rien n'est pénible comme ces classes où l'on exécute jour après jour des travaux certes
utiles, avec la plus grande perfection possible, mais où les enfants ont l'air passives.
Les bonnes habitudes contractées au cours des derniers mois d'une première année,
ponctualité, précision, présentation soit née, les progrès intellectuels de la jeune apprentie, ses
progrès dans les diverses matières d'enseignement général qui lui seront le plus directement utile –
orthographe, calcul, rédaction, technologie – sa plus grande habileté en dessin, vont lui donner une
certaine sécurité. Elle va pouvoir aborder un travail plus complexe, et prendra conscience de toutes
ses responsabilités.
Jusqu'ici, elle a acquis la technique de tous les points de couture, elle l'a étudiée sur des
pièces ; elle a exécuté quelques objets simples faisant partie de la layette, tels que la brassière, la
petite chemise, la culotte, un tablier ou une petite robe classiques : objets de petite dimension dont
les formes lui étaient familières puisqu'elle les avait déjà étudiées à l'Ecole Primaire.
Par exemple, un groupe de petits plis représentant un devant de guimpe, avec la terminaison
de l'encolure : un montage de fronces pour une combinaison, un côté de blouse avec des jours et une
broderie.
Et l'on n'omettra pas d'annoncer le programme général, d'énumérer les objets qui pourront
être confectionnés, de façon à intéresser tout de suite les élèves au déroulement du travail et à leur
donner une certaine émulation. (…)
Corset : comment définir le métier de la corsetière

novembre 1952 > comment lire le programme de lingerie suite et nécessité d'apprendre l'anatomie
décembre 1952 > anatomie suite

Huitième année. IV : janvier 1953

Examens Académie de Rennes CAP 1952


Informations professionnelles Centre d'apprentissage décret du 3 janvier 1953 JO 6 1 53

fév 1953 : ecamen CAP


mars 53 : informations professionnelles candidats âgés de plus de 17 ans
avril 1953 : postes à pourvoir au Maroc

Huitième année. IX : juin 1953

Horaire des ENP de Jeunes Filles section professionnelle : « Métiers à l'aiguille »

Huitième année. X : juillet-août 1953

Examens CAP Paris 1953

Neuvième année. I: septembre octobre 1953

Exanens CAP Clermont Ferrand

Neuvième année. IV: avril 1954

Informations professionnelles : CAP industriels


mai 1954 CAP industriels application du décret du 3 février 1953 (circulaire du 5 novembre 1953)

Neuvième année. X: juillet août 1954

examens officiels

Dixième année I septembre octobre

Nouvelle formule. Une place prépondérante sera donc donnée aux disciplines techniques De pls, en
fin de chaque enseignement, figurera une épreuve ou partie d'épreuve proposée à l'un des divers
examens des métiers féminins CAP BEI BP.

Editorial : la confection féminine


On a tendance à considérer le mot ''Confection'' comme terme désignant des vêtements
fabriqués industriellement et, par conséquent, de qualité inférieure. Ceci vient du défaut de
connaissance de la fabrication.
La définition donnée par les milieux officiels : « Entreprises qui fabriquent des vêtements de
dessus prêts à porter » nous donne un aperçu de l'importance de la production.
En ce qui concerne le vêtement féminin, qui représente ce terme ?
Le tailleur
le manteau
le flou
les robes de ville, de sport et de soir
les corsages
les jupes, les déshabillés
les vêtements de travail, les blouses etc
Quelle diversité ! Et ils sont prêts à porter ! Quelles recherches ! Quel perfectionnement
dans les procédés de fabrication, quel travail de précision, sans négliger le souci constant de suivre
la mode et de produire à bon marché.
On peut donc dire : « La confection est l'art de produire des vêtements qui répondent en
qualité, en quantité et en bon marché aux besoins d'une clientèle très importante. »
Clientèle très importante, en effet ; les dernières statistiques connues remontent en 1938.
On y lit qu'on avait vendu :
6 500 000 manteaux
6 500 000 robes
1 300 000 jupes
1 500 000 tailleurs
1 533 000 peignoirs
1 300 000 vêtements d'enfants
Le tout fourni par 2000 entreprises environ :
25 000 ouvrières en atelier
40 000 à domicile
Ces chiffres sont dépassés aujourd'hui.
Le président de la Fédération de l'Habillement publiait, dernièrement, deux dates et deux
chiffres :
– 1938 : l'industrie du vêtement utilisait 19 450 km de tissu de laine ;
– 1953 : elle a utilisé 32 750 km de tissu de laine.
La confection féminine est donc de la couture industrialisée.
Cette vaste fabrication a été organisée rationnellement. Des groupements d'industriels se
sont formés par spécialités ; des chambres syndicales pour traiter des problèmes de la production,
on été créées.
Les entreprises, très diverses, possèdent souvent des méthodes d'organisation du travail
communes. Par exemple, elles dissocient en ateliers bien distincts la création, la coupe, des ateliers
de montage et de finition et des méthodes de montage et de coupe particulières à chaque spécialité,
et parfois même à chaque maison.
Le souci commun à ces entreprises est de réduire le prix de revient : économie de tissu,
économie de md'o. Des techniciens s'attachent à gagner du temps en modifiant les méthodes, en
améliorant des procédés, en étudiant les gestes, les simplifiant. L'ouvrière a donc besoin d'être
formée par des spécialistes pour s'adapter et adopter rapidement les méthodes conseillées. D'où
nécessité d'un apprentissage bien approprié aux exigences des métiers de la « confection ».
MRR Directrice CA de confection
Couture industriele La Confection
Examens
Informations professionnelles

Dixième année II novembre

Editorial La mode est un art.


Décembre 1954

sur la technologie
Nous nous efforcerons de raisonner avec les élèves afin de leur donner l'habitude de réfléchir
simplement, mais sainement à la pratique de leur métier. Nous atteindrons notre but si nous en
faisons de mailleurs ouvrières en même temps que des êtres plus évolués et des femmes de bon
sens.
Il faut les familiariser avec les matériaux qu'elles travaillent : la connaissance de l'origine et des
propriétés d'un textile les guidera dans le choix ou l'emploi d'un tissu. (…)
visites d'usine seront un auxiliaire appréciable. S Bertran, CA Bellevue

Janvier 1955

sur l'orthographe

Février 1955

Législation d travail

Mars 1955 enseignement de la couture


Information Professionnelle : fin de l'apprentissage artisanal

Juin 1955 rubrique mathématique


apparition d'une rubrique Actualité mode tenue par Nicole Roger (mai 1955)

Juillet Août 1955 : normes pour les mensurations examens officiels 1955 Paris

11e année : novembre 1955


corset sur mesure
décembre 1955 histoire du costume
janvier 1956 dessin d'art

Février 1956
L'actualité et l'enseignement de la législation ouvrière
4Mai 1956
Nous exigeons souvent des élèves qu'elles se constieutnun dossier de tchnologie : ayons toujours
présent à l'esprit que ce travail devra les aider encore (surtout, dirons-nous) quand elles auront
quitté nos établissements. La documentation recueilli aura d'autant plus de valeur qu'elle sera, dans
une large mesure, personnelle : laissons à nos élèves le soin de la recherche, engageons-les dans
cette voie, dès la première année : nous éveillerons en elles une certaine curiosité, et les dégagerons
d'une timidité inhibitive. Penson, par exemple, aux premiers cours sur les fils ; demandons leur de
faire la chasse à tout ce qu'elles peuvent trouver comme fils (cette recherche peut être faite en
équipe, suscitant ainsi une émulation fructueuse) : fils de toutes couleurs, de toutes structures, de
toutes grosseurs, de tous textiles etc... mais aidons-les à classer les échantillons, les étiquettes, d'une
façon rationelle (laissant la place nécessaire pour compléter la collection au fur et à mesure des
occasions : un dossier n'est jamais terminé).

Juin 1956 histoire

Douzième année sept oct 1956

nouvelel formule du BEI


novembre 1956 histoire du costume synes james CT roger Verlome

Réseaux contributeurs :
2e carton :
Couture : Mlle J. Coulon, ENNA Paris
Lingerie : Mme Saisset
Corset : DM
Coupe Couture : Mme Guinhoux / a partir de 1954 C.C
Tailleur : Mme Marty ENNA Paris
Français : Mme Perrin Rey CT Emile Dubois
Hist/Géo : René Emsalem Professeur agrégé d'histoire et géographie / M Morange (professeur ET
1955)
Maths : Mme Thuizat ENNA

8 JO 6002 1958-1963 : Le Cours féminin

Gérant Vigneron

Janvier 1958

Éditorial : la fabrication sur mesures peut-elle bénéficier des techniques modernes ?


On tend à notre époque, et singulièrement dans les métiers de l'habillement, tard venus au
techniques modernes, à opposer l'artisanat à l'industrie et à classer dans deux systèmes opposés le
travail sur mesures d'une part et les fabrications en série, d'autre part.
C'est déprécier gravement les artisans français que de penser qu'ils sont irrémédiablement
hostiles au progrès. Celui-ci n'est-il pas, en définitive, leur œuvre ? Nous pourrions multiplier les
exemples, il nous suffira, nous cantonnant dans un domaine qui est celui de cette revue, de rappeler
ceux de Jacquard, artisan mécanicien et de Barthélémy Thimonnier, artisan tailleur, l'un des
inventeurs de la machine à coudre, l'inventeur également de la machine à broder, et précurseur de
l'industrie moderne du vêtement avec son atelier de confection militaire équipé de 80 machines qu'il
avait construites.
Nous pourrions trouver d'autres noms dans les chercher dans le passé et citer ceux de tel
autre tailleur encore vivant et créateur d'une méthode de coupe révolutionnaire, ou de telle lingère
ayant eu, la première, l'idée d'un attachement combinant sur la machine à coudre la couture avec la
soudure des bords, dans le travail des tissus thermoplastiques.(...)

Examens : CAP mathématiques

Février 1958

Technologie de l'aiguille de la machine à coudre. M. Bainvel, instructeur du CETIH


Organisation du travail. R. Louet Chef de service, formation au CETIH

Mars 1958

Normalisation et vêtement
Organisation du travaillent
CAP composition française
Législation du travail

Avtril 1958
Préparation au BEI Patronière gradueuse
Lubrification des marchines à coudre

remarques : étonnant de voir années 58-59 > organisation du travail, industrialisation formation etc... et
examen de couture flou en fin de revue
Cours féminins - Éditoriaux

Novembre 1954 : Mme BOTTET, Professeur CA Clichy

La mode est un art, cad l'expression harmonieuse d'un désir. (…) Il ne suffit pas uniquement de chiffonner un
tissu autour d'un corps pour créer une silhouette. Il faut observer un semble de lois esthétiques qui formeront
une structure autour de laquelle jouera librement la fantaisie. Ce sera le rôle de la technique de rendre
exactement l'aspect que se proposait de réaliser le créateur. Une robe demande une recherche aussi bien de
forme que de technique > « une robe est de bonne coupe ». Le dessin : c'est sur lui que reposera tout le chic
de la silhouette. Quatre lois esthétiques : la ligne : aspect extérieur de la figurine, elle donnera le caractère :
ample, fuselé, flou. Proportions : un ensemble de ligne doit s'harmoniser. La forme : la silhouette doit être
« pensée » en volume. La couleur : harmonie entre les différentes parties du costume.

Décembre 1954 : la technologie

La technologie, si l'on se réfère à l'étymologie du mot, est l'étude du métier. Ce que nous voulons en
faire, nos sections de collèges ou de centres, c'est une discipline apportant aux élèves des connaissances
nécessaires à l'apprentissage, puis à l'exercice intelligent du métier.
Pendant de longues années les compagnons transmirent, au hasard des ouvrages, des règles
empiriques à leurs apprentis. Depuis le début du siècle, ingénieurs et professeurs ont introduit des méthodes
scientifiques, ont classé et étudié rationnellement techniques et matières premières. (…)
Nous nous efforceront de raisonner avec les élèves afin de leur donner l'habitude de réfléchir
simplement, mais sainement à la pratique de leur métier. Nous atteindront notre but si nous en faisons de
meilleures ouvrières en même temps que des êtres plus évolués et des femmes de bon sens.
Nous laisserons dans nos cours une large part aux travaux pratiques réalisés par les élèves elles-
mêmes : elles apprendront progressivement à identifier les textiles, les armures, voire les apprêts ; les
résultats de leurs investigations devront les mener à des conclusions pratiques : utilisation, travail, entretien.
Nous leur proposerons des méthodes d'analyse facile et toujours à leur portée : observation à l'oeil
nu, au comte-fil, détissage, combustion, actions spécifiques de quelques produits (…).
Si les industries régionales le permettent, les visites d'usine seront un auxiliaire appréciable : elles
illustreront le cours du professeur, rendant accessible aux élèves le mécanisme de certaines installations
particulières. S. BERTRAN, CA Bellevue.

Janvier 1955 : l'orthographe

Trois sujets : études de la langue, composition française, lecture appliquée.

Février 1955 : législation industrielle et sociale

Les connaissances que nous avons à faire acquérir à nos élèves sont destinées à être constamment
appliquées : elles doivent permettre à l'ouvrière, à l'artisane de défendre leurs droits et ceux d'autrui dans leur
vie professionnelle et familiale. Elles seront toujours présentées de façon concrète. Chaque exposé sera
illustré d'exemples empruntés à la réalité, donnera lieu à des démarches auprès de L'inspection du Travail, de
la Sécurité Sociale, à des comparaison de cas.

Mars 1955 : l'enseignement de la couture

L'exercice de la profession de couturière qui demande tant de précision, habitue à s'attacher aux
détails. Cela est excellent, mais en conséquence, on pourrait avoir tendance à dispenser un enseignement qui
vise uniquement à développer les aptitudes manuelles des élèves.
Il est indispensable, pour garder toute son actualité à cet enseignement, d'envisager une formation
plus complète et il faut développer, entre autres, la curiosité et l'imagination des jeunes en vue de leurs
activités professionnelles futures. Il faut leur apprendre les techniques nouvelles d'exécution, de finition ; les
aides à comprendre qu'un détail de coupe, l'utilisation d'une matière nouvelle peut être la course d'un
changement total de la mode. Elles n'ont, à l'école, que peu de moyens pour faire des recherches personnelles
et c'est au cours de couture qu'elles puiseront leur meilleure documentation.
Cela exige du professeur un renouvellement permanent, une connaissance à jour des méthodes de
travail actuellement employée dans la profession et le désir de les habituer à lutter contre la routine et la
facilité. La couture, avec la diversité de ses travaux et de ses modèles, permet cette formation dès
l'apprentissage. Mlle Closet, Inspectrice de l'ET

Avril 1955 : mathématiques

connaissances utiles sur un plan strictement professionnel ; perfectionner les rudiments d'une culture
générale, de connaissances qui n'ont parfois été que bien mal assimilées à l'école primaire. On recherche, en
somme, ici, à reprendre et à compléter un certain nbre de notions qui ne sont pas nouvelles, mais qui, souvent
sont oubliées. Mme Thuizat, ENNA Paris

Novembre 1955 : corset sur mesure

C'est à l'artisane que revient la spécialité du « corset sur mesures », elle peut travailler en appartement ou
posséder un petit magasin. La « corsetière sur mesure » a une clientèle suivie, qui n'achète jamais une gaine
ou un soutien-gorge dans un rayon de confection, mais fait exécuter ces articles à ses mesures : le prix en est
plus élevé mais la qualité de matières nettement supérieure. 3 années dans les CT. L'apprentissage du métier
par étapes : études de points à la main / études de piqûres à la machine ; études des différentes parties du
corset. Les élèves sont ensuite capables d'exécuter entièrement une pièce (corset ou soutien-gorge). La future
ouvrière corsetière est initiée à la recherche de modèles par moulages sur mannequin elle exécute les patrons
et les rectifie sur mesures des clients.
Elle assiste aux essayages faits par le professeur, comprend plus aisément les retouches qui sont nécessaires.
Fin de seconde : CAP / fin de première : BEI.

Décembre 1955 : histoire du costume IMG_3864

Janvier 1956 : Le dessin d'art

Le « dessin d'art » est comme toute autre discipline « un enseignement ». : chercher la beauté et la faire
aimer après l'avoir découverte, doit « éveiller » la pensé pour « l'élever » ensuite jusqu'au niveau de la
poésie. (…)

Février 1956 : l'actualité et l'enseignement de la législation ouvrière

« Pour un code du travail moderne » Droit Social, M. Murcier : terminologie intelligible par tous.
L'une de nos tâches consiste à mettre les textes à la portée de tous.
Sur les termes : attention entreprise =/= établissement.
Conserver contrat de travail plutôt que louage de travail, jeune travailleur plutôt qu'enfant, convention
collective plutôt que contrat collectif.
3 préoccupations :
– exiger un langage net, précis adapté aux caractères actuels des rapports du travail, susceptible de
former l'esprit à un raisonnement juste
– appliquer constamment les textes à des cas réels puisés dans les métiers de nos élèves, de façon à
leur apporter des connaissances utilisables pratiquement
– mettre l'accent sur tout ce qui est de nature à donner un sens aux institutions du monde moderne, et
permet de les dominer en vue d'une action efficace, tournée vers le progrès. Mlle Stappel, ST du
Lycée de Sèvres

Mars 1956 : hygiène

culture générale destinée à faciliter aux élèves l'exécution intelligente de leur future tâche quotidienne.
« l'hygiène est l'art de maintenir en bonne santé, l'art d'éviter au mieux les maladies qui nous guettent »
Pour que cet enseignement rende la femme capable de remplir des tâche aussi variées, il est éncessaire :
– qu'il s'appuie sur des bases scientifiques aussi profondes que possibles concernant l'anatomie, la
physiologie, la chimie
– que les commentaires théoriques soient largement complétés par de nombreux exercices protiques
– que la liaison entre enseignement théorique et appliqué soit faite en dehors des cours, dans la vie
courante de l'école.
Hygiène générale, étude des microbes, infections microbiennes, principales maladies contagieuses
préservation de l'infection et contagion, pratiques de secourisme, hygiène féminine et professionnelle
Mme Houze, CA rue Ginoux, Paris

Juin 1956 : histoire

« Avant tout, faire penser »


réveiller l'intérêt et la réflexion : aiguiser leur sens de l'observation / faire naître et développer un sens
critique au lieu de les abandonner à la nonchalance intellectuelle des opinions toutes faites acceptées
passivement. P Morange, Professeur de l'ET, Paris

Septembre-octobre 1956 : couture flou

1e octobre 1954 : nouvelle formule du BEI (formation étalée sur 4 ans). Mais cela ne diminue en rien les
difficultés de cet examens, car si les candidates bénéficient d'une plus grande maturité d'esprit, le nbre
d'heures annuelles d'atelier est diminué, les épreuves plus difficiles en toutes matières et notamment dans les
parties techniques moulage, couture).
(première session 1e oct 56 : première partie, BEI probatoire) : épreuves d'EG, une épreuve technique
fondamentale (moulage), une pièce d'étude + épreuves du CAP de leur spécialité.
– Moulage (programme 3e) : étude des sens et aplombs, prise de mesures, étude du mannequin, pose
des bolducs, corsage chemisier simple, jupe droite, manche coupe théorique, demi-fond de corsage
(2nde) révisions programme 3e, etude des différents renversements d sens, entraînement de moulage
correspondant au niveau des épreuves BEI
– pièces d'études : points de couture, moyens d'assemblage, garnitures (4e, 3e),
– entraînement CAP : les candidates au CAP déjà employées dans l'industrie sont habituées à un
rythme de travail plus rapide que celui qu'il est possible d'imposer aux élèves (coupure temps
d'atelier par matières nombreuses) : étude du croquis sans l'aide du professeur, placement du patron
et coupe du tissu, exécution, travail en temps limité.
Les sujets à traiter : épreuves précédentes du CAP

Mme Crépin, Chef de travaux, Paris

Décembre 1956 : mode

métier de modiste (CAP et BEI dans CT) De nombreuses maisons de modes déplorent le manque de md'o
qualifiée : cadres et ouvrières, et montrent un vif intérêt pour notre enseignement.
Consulter les journaux pour voir à quel point la mode est influencée par les événements mondiaux, politiques
artistiques.
« tour de modes » dans les maison de mode : observation / croquis / moulage
Mme Dervaux, CET Roger Verlomme

Janvier 1957 : Corset relations entre l'industrie et les établissements techniques d'apprentissage

Les besoins actuels de l'industrie en md'o spécialisée exigent une formation rapide constamment renouvelée,
qui permette aux jeunes ouvrières sortant des écoles professionnelles de s'adapter sans difficulté.
Le personnel enseignant se doit de donner aux jeunes élèves un enseignement conforme aux nouvelles
conditions de l'organisation dans la production : ateliers spacieux, équipement et matériel modernes,
matériaux nouveaux, recherche par les techniciens de la standardisation du travail.
Pour rendre possible cette formation au futur travail industriel les professeurs devront entraîner leurs élèves
pendant la durée de la scolarité :
1. a des études de vitesse, basées sur les règles fondamentales du métier
2. pratique méthodique des gestes indispensables à l'assouplissement des mains et à l'élimination des
mouvements inutiles.
Au cours de ces années d'études, destinées également à la formation d'une véritable main d'oeuvre qualifiée,
des séries de travail, fournis par des industriels, seront exécutés par les élèves.
Exécution selon la répartition du travail et durée semblables à l'industrie
L'élève établira un graphique où seront indiqués ses temps d'exécution pour des travaux à l'unité ou en série.
Ainsi une comparaison sera possible entre les temps de l'élève et ceux d'une ouvrière chargée du même
travail dans un atelier industriel.
Mme Kempft, CA rue Ginoux, Paris

Février 1957 : Culture générale et enseignement professionnel

Mai 1957 : Technologie

(…) il n'en reste pas moins difficile de construire autour d'un sujet une leçon qui soit vraiment à jour. La
technologie est une science mouvante et les connaissances acquises doivent d'enrichir de compléments à
mesure qu'éclosent les découvertes de laboratoire et qu'évoluent les façons techniques industrielles. La
préparation de ce cours demande donc une documentation large et variée.

Si nous voulons garder au CAP son caractère d'examen où les qualités techniques s'interpénètrent de
connaissances générales, si nous voulons différencier l'ouvrière future qui comprendra son métier et qui sera
capable d'adapter son savoir faire à des exigences nouvelles, de celle dont le travail n'est qu'une suite de
gestes, il faut accorder au devoir de technologie son importance, et trouver le juste équilibre de ces leçon
qu'on étudie en classe et dont l'utilité se trouve vérifiée dans leur application à l'atelier.

Juin 1957 : hygiène

Dans un éditorial de l'année scolaire précédente nous avons rappelé que l'hygiène est une science qui étude
l'ensemble des mesures destinées à maintenir et à améliorer l'état de santé des individus. Rubrique qui
s'adresse encore plus directement à nos élèves, futures maîtresses de maison, c'est celui qui se rapporte à
toutes les questions d'alimentation, questions groupées sous la rubrique hygiène alimentaire. Alimentation,
régimes équilibrés

Septembre-octobre 1957 : les industries de l'habillement

– vêtements masculins : draperie, imperméables, vêtements de travail, de sports


– vêtements féminins : flou, manteau, tailleur
– lingeries : chemiserie masculine, lingerie féminine, colifichets, blouses-tabliers, linge de table et de
maison
– soutien-gorge, gaine, maillots de bains
– bonneterie

Les articles sont fournis aux consommateurs « prêts à porter », cad qu'ils ont été coupés aux mesures
d'un mannequin représentant un type, une catégorie de la population.
Peu à peu empiété sur le domaine de la fabrication « sur mesures » au point de fournir actuellement la quais
totalité des vêtements de travail, de la chemiserie masculine, des imperméables et des sous-vêtements.
90% des pardessus et de la lingerie féminine ; 70% des vêtements pour hommes et garçonnets ; 60% des
vêtements féminins.

Il s'agit là d'une évolution inéluctable. Notre époque est celle de la production industrielle, mettant à
la disposition du consommateur des quantités de plus en plus importantes de biens de consommation. Il en
s'ensuit pas, d'ailleurs que des activités traditionnelles par lesquelles s'expriment des qualités bien françaises :
le goût, l'originalité créatrice, l'initiative, doivent disparaître. Grands tailleurs, haute couture, lingerie de luxe,
broderie main, auront, sans doute, toujours leur place chez nous, même si la clientèle capable de les faire
vivre se raréfie. Ils indiquent d'ailleurs aux industries de l'habillement le sens dans lequel doivent évoluer
leurs productions, créent la mode et peuvent constituer pour elles une avant-garde sur les marchés étrangers.
Mais ces métiers difficiles ne peuvent être exercés que par une élite sacrifiant souvent, à notre époque, les
avantages matériels au plaisir de participer à une œuvre prestigieuse.
Le plus grand nombre des élèves du CT peut trouver dans la production industrielle des emplois dont
la gamme s'étend des ouvriers les plus spécialisés accomplissant des tâches faciles jusqu'aux techniciens et
ingénieurs.
Il faut dire d'ailleurs, que dans ce domaine comme dans les autres, l'industrialisation se traduit, après
la période de mise au point, par des résultats qui commencent à apparaître dans nos industries :
– l'abaissement des prix entraîne une augmentation de la consommation, chaque consommateur
pouvant se procurer un plus grand nombre de produits ;
– les techniques mises en oeuvre, les moyens de contrôle, les achats de matières premières en quantités
importantes, conduisent à une amélioration de la qualité moyenne. On peut facilement s'en rendre
compte et constater à quel point la formule qui tendait à qualifier de « confection » tout travail
médiocre, et « cousu-main » ce qui était supérieur est maintenant périmée et observant la solidité et
le fini obtenus avec les machines modernes.
– La formule célèbre de Ford : « Hauts salaires, bas prix de revient » se vérifie une fois de plus. Dans
les ateliers bien organisés, le haut rendement entraîne des salaires très supérieurs à ceux que peut
payer la fabrication artisanale et il est obtenu par une économie très étudiée des moyens mis en
œuvre, la diminution de la fatigue, l'augmentation du confort.
– Enfin, et contrairement à ce que l'on annonçait voici quelques années, une industrie évoluée, si elle
emploie des ouvrières spécialisées sur des opérations parcellaires, a besoin d'un nombre toujours
croissant de travailleurs qualifiés et de techniciens, ce qui ouvre aux anciennes élèves des
établissements d'ET des débouchés intéressants et rémunérateurs.
G. Dugas, secrétaire général du Centre d'Etudes Techniques des Industries de l'Habillement

Novembre 1957 : l'organisation du travail

Les méthodes de l'organisation du travail dans l'industrie moderne, que l'on nomme souvent Organisation
Scientifique du Travail (OST) ou organisation rationnelle ont déclenché des réactions diverses et, en
particulier, une certaine hostilité des ouvriers et des cadres moyens des ateliers.
Certains se sont enthousiasmés à son sujet, en constatant les résultats qu'elle pouvait faire atteindre aux
entreprises, par la diminution des prix de revient résultant des économies réalisées sur toutes les dépenses et
notamment sur les temps de fabrication et la fatigue des ouvriers.
D'autres ont vu que ses méthodes, mises dans les mains de gens qui n'avaient pas d'autre objectif que
l'augmentation du rendement et du profit, se sont insurgés contre la tendance, parfois avouée mais plus
souvent inconsciente, de ravaler le travailleur au rang d'un moyen de production dépourvu d'initiative dans
tous les actes de son métier, jusque et y compris le choix des gestes qu'il accomplit.

Janvier 1958

Éditorial : la fabrication sur mesures peut-elle bénéficier des techniques modernes ?


On tend à notre époque, et singulièrement dans les métiers de l'habillement, tard venus au techniques
modernes, à opposer l'artisanat à l'industrie et à classer dans deux systèmes opposés le travail sur mesures
d'une part et les fabrications en série, d'autre part.
C'est déprécier gravement les artisans français que de penser qu'ils sont irrémédiablement hostiles au
progrès. Celui-ci n'est-il pas, en définitive, leur œuvre ? Nous pourrions multiplier les exemples, il nous
suffira, nous cantonnant dans un domaine qui est celui de cette revue, de rappeler ceux de Jacquard, artisan
mécanicien et de Barthélémy Thimonnier, artisan tailleur, l'un des inventeurs de la machine à coudre,
l'inventeur également de la machine à broder, et précurseur de l'industrie moderne du vêtement avec son
atelier de confection militaire équipé de 80 machines qu'il avait construites.
Nous pourrions trouver d'autres noms dans les chercher dans le passé et citer ceux de tel autre
tailleur encore vivant et créateur d'une méthode de coupe révolutionnaire, ou de telle lingère ayant eu, la
première, l'idée d'un attachement combinant sur la machine à coudre la couture avec la soudure des bords,
dans le travail des tissus thermoplastiques.(...)

Mars 1958 : Normalisation et vêtement

Réunir les deux mots qui constituent le titre ci-dessus, c'est souvent déclencher des réactions hostiles.
Le mot même de normalisation est très mal compris. On croit entrevoir une uniformité que des romanciers de
science-fiction à l'imagination morbide ont décrite en peignant un monde futur, et qui ne se réalisera sans
doute pas, ressemblant à la termitière et dans lequel les humains seraient astreints à vivre dans des logis tous
semblables, à s'habiller sans que leur goût personnel intervienne dans leur choix, à se nourrir de pilules
insipides, etc.
Il s'agit pourtant de tout autre chose. La normalisation, déjà très répandue ne semble pas gêner, dans
ce qu'elle a déjà réglementé, le peuple qui compte parmi les plus individualistes de la terre, qui, le premier,
en eût l'idée et chez qui elle est répandue plus qu'ailleurs.
On peut dire, en effet, qu'il s'agit d'une idée française et que la première réalisation de cet ordre a été
l'établissement du système métrique. On sait pourquoi et comment il a été réalisé. Préconisée au début du
XVIIIe s par La Condamine l'idée fût reprise par la Convention en 1790. Il s'agissait de remplacer les
anciennes unités de mesure, fort disparates dans notre pays, portant parfois le même nom pour des valeurs
différentes, mal définies d'ailleurs, et divisées en sous-multiples irréguliers ce qui compliquait beaucoup les
calculs, par un système d'unités ayant une base commune : le mètre, quarante-millionième partie du méridien
terrestre et des multiples et sous-multiples diminuant ou s'accroissant de 10 en 10. (…)
On comprend aussi l'avantage qu'il y a à trouver dans n'importe quel bazar l'ampoule électrique dont
la puissance est indiquée en unité métrique (le watt) et qui ira à coup sûr dans la douille du plafonnier (…).
La normalisation est en France, régie par une administration officielle, et organisée par l'Association
Française de Normalisation (AFNOR). L'étude des normes est assurée par cette association et par des
bureaux spécialisés, émanations des groupements professionnels.
Un projet de norme est discuté par une commission spéciale dans chaque cas, groupant des
représentants des intéressés : producteurs, utilisateurs, administrations. Lorsqu'il a été mis au point il est
soumis à l'Enquête publique. Le projet est communiqué à tous ceux qui peuvent légitimement donner un
avis, leurs observations sont ensuite étudiées avant que le projet définitif soit homologué. Il devient alors
officiel et, sous certaines conditions peut être rendu obligatoire.
Différentes associations nationales groupées dans une orga internationale : International Standard
Organisation qui a pour tâche d'unifier les normes des pays participants (…).
Bureau de Normalisation des Industries du Vêtement / Bureau de Normalisation du Textile. (…)
La désignation des tailles a été normalisée dans qq catégories d'articles : bas et chaussettes, sous-
vêtements et maillots de bain,lingerie féminine. Elle pour l'être, sans doute dans un proche avenir, lorsque les
statistiques en cours de réalisation seront achevée. Ceci facilitera le commerce de l'habillement et par
conséquent l'industrie, une taille définie par un nombre ou par un symbole composé de chiffres et de lettres
ayant alors une signification précise alors que les numéros actuels des mannequins : 40, 42, 44... ne se
rapportent à aucune mesure.
Etude fort ardue car doit partir de la mensuration de nombreuses personnes de la même catégorie :
femmes, hommes, enfants > établissement d'une norme des mensurations du corps humain (G 03 001). (..) Il
n'est, pour s'en rendre compte, que de faire prendre le tour de poitrine, par exemple, d'une même personne
par plusieurs couturières ou plusieurs pour s'apercevoir que chacun ayant sa conception et prenant sur le sujet
des pts de repère plus ou moins sûrs, arrive à une valeur différente de celle trouvée par les autres.
Ceci avait peu d'importance dans le travail sur mesures, le professionnel utilisant les dimensions qu'il
avait lui-même relevées toujours de la même façon et pouvant retoucher après essayage ce qui qu'était pas
tout à fait exact. Le travail industriel ne peut se satisfaire de ces approximations et tâtonnements et
singulièrement lorsqu'il produit sur « mesures industrielles » les dimensions relevées par le vendeur, à de
grandes distances de l'atelier, doivent l'être suivant une méthode invariable.
On a donc été conduit, dans la norme indiquée ci-dessus, à définir avec précision les repères
anatomiques servant de base. Ce sont, principalement les saillies osseuses qui ont été choisies, en raison de
leur stabilité.
Une autre norme intéresse les industries du vêtement, c'est celle qui définit la désignation des points
de couture pour assemblages (G 05 002). Les appellations point de chaînette, point noué, point de navette,
sont ambigües et peuvent conduire à des erreurs. Les symboles normalisés sont constitués de 5 types :
– un chiffre indiquant la nature de la couture
1 pour couture simple
2 pour couture en zig-zag
3 pour couture de surjet
4 pour couture de recouvrement
5 pour couture invisible
– ce chiffre est suivi d'une lettre
N pour point de navette
C pour point de chaînette
suivie d'une fraction dont le numérateur indique le nbre de fils amenés par les aiguilles et le dénominateur
celui des autres fils
(…) Ainsi la machine plate ordinaire, la machine familiale classique font le point IN.I/I.
D'autres normalisations en cours : largeurs de tissus > devrait donner à l'industrie une plus grande régularité
dans les fournitures de matières et, en lui permettant d'appliquer des procédés de reproduction des tracés,
conduire à une économie de matière et du temps de traçage.
D'autres normes fixant les dimension des accessoires : boutons, sergés, biais, auraient un effet heureux en
diminuant l'importance des stocks et en facilitant l'emploi de machines spéciales, de guide et d'attachements,
sans limiter le moins du monde la fantaisie des créateurs et le choix des utilisateurs.
Dugas

Mai 1958 : L'enseignement ménager est-il utile à l'apprentissage ?

Juin 1958 : La ''conversion'' des sections couture des établissements d'enseignement technique

I. Après quelques hésitations et aussi une certaine hostilité dont les raisons sont souvent respectables, on
reconnaît, à peu près partout, la nécessité de transformer certains ateliers des établissements d'apprentissage
publics ou privés.
Convertir des sections de couture sur mesure en prêt-à-porter. Il paraît utile, en effet, d'orienter certaines
jeunes filles vers des industries nouvelles ou vers des professions traditionnellement masculines. Il s'agit là
de véritables créations, pour lesquelles les difficultés que nous voudrions étudier, ne se présentent pas.
On n'a pas toujours bien compris que la fabrication industrielle d'un vêtement diffère parfois d'une
façon radicale de la réalisation du même modèle, par unités et aux mesures des clients qui le porteront. On a
cru, trop souvent que la confection n'était que de la couture bâclée et qu'entre la couturière et la
confectionneuse il n'y avait que la différence d'une plus grande rapidité d'exécution, obtenue par le sacrifice
de la qualité.
L'expérience démontre le contraire, comme elle prouve qu'il est parfois très difficile d'adapter aux
techniques industrielles l'ouvrière qui est habituée à celle du « sur mesures ».
Remarques de certaines professeurs constatant bcp de fait main dans la confection => seule différence pour
elles, le salaire qui est au pièce dans la confection et oblige une cadence de travail fatigante.
Nous ne songeons pas à mettre en doute la réalité des cas de ce genre qui nous ont été signalés.
L'industrie du vêtement est jeune, et son évolution inégale. Méthodes se généraliseront avec la concurrence
qui se fera plus âpre après l'instauration du marché commun européen.

2. L'enseignement professionnel doit préparer ses élèves à la vie (…). Il ne leur rendra service que s'il leur
enseigne les techniques de l'avenir.
→ création de modèle // couture. Modéliste indépendant mais création de modèle œuvre collective : service
commercial (demande clients) et bureau d'études (possibilité de fabrication et calcul du prix de revient).
Patrons précis et définition de la méthode d'exécution. Nécessité de techniciens issus par promotion des ranfs
des OQ ou des étab d'ens technique.
→ opération de fabrication :
– matelassage : OS sur la surveillance des patronniers-gradueurs qualifiés qui prépare le travail afin de
laisser qu'un minimum d'initiatives aux OS
– montage par OS sur machines spécialisés et rapides (machines spéciales ou jeunes ouvrières). Ces
dernières se préparent ainsi à accéder à la qualification supérieure que leur permet un apprentissage
complet sanctionné par un CAP mais doivent pouvoir tirer, après une courte adaptation, le meilleur
rendement d'un matériel coûteux qu'il faut employer au max pour l'amortir. OG pour opérations
d'une habileté difficile à acquérir et pour emplois de « volantes » » suppléant instantanément les OS
absentes. Recrutement parmi les OQ de vérificatrices, retoucheuses, chefs de groupe, contre-
maîtresses, techniciennes
– repassage épluchage, pressage conditionnement OS

3. L'énumération ci-dessus aboutit à définir ce que doit apprendre l'élève d'une école technique et vers quel
but doit tendre sa formation.
Il nous semble inutile que celle-ci soit poussée jusqu'au CAP, si l'apprentie ne présente pas des
aptitudes suffisantes pour dépasser la qualification d'ouvrière spécialisée. Un apprentissage de trois ans serait
pour elle du temps perdu.
Mais pour celles qui peuvent devenir des ouvrières qualifiées, il faut que leur formation les prépare à
des responsabilités plus élevées, mais aussi à une habileté qui les fera apprécier dès leur entrée dans
l'entreprise. Sachant faire toutes les opérations du métier, elles doivent pouvoir les réaliser à une cadence
normale et savoir se servir des machines les plus perfectionnées.
Cette cadence normale ne correspond pas, dans un atelier bien organisé, à un rythme de travail très
rapide, mais au contraire à une grande économie des mouvements, obtenue par l'organisation minutieuse de
chaque poste.
Liste de machines mises au point par la Commission Nationale Professionnelle Consultative. Il faut que les
apprenties puissent travailler dans des conditions voisines de celles qu'elles trouveront à leur sortie du centre
et que, entre autres, elles sachent conduire, régler et entretenir les machines spéciales de leur métier.

5. L'atelier ayant été ainsi « converti », il reste à envisager ce que devra faire, pour être à la hauteur de sa
tâche nouvelle, le professeur dont l'apprentissage, l'expérience professionnelle, le concours de recrutement et
les premières années d'enseignement ont été consacrés à d'autres techniques.
Il ne faut pas craindre de le dire, c'est un nouveau métier qu'il doit apprendre. Il peut y parvenir avec
de la volonté et un travail persévérant. Un stage de qq semaines n'y peut suffire. La Direction de
l'Enseignement Technique a organisé avec le CETIH plusieurs sessions qui ont servi surtout à indiquer ce qui
devait être fait, mais restait à faire ensuite.
Les méthodes de travail doivent d'abord être étudiées dans des ateliers bien organisés et il est utilse
de consacrer à cette étude de nombreuses visites et plusieurs stages pratiques de qq semaines. On observera
attentivement les modes opératoires de bonnes ouvrières de celles qui atteignent des productions élevées sans
agitation ni fatigue. On les analysera et on les enregistrera dans le détail On remarquera aussi l'ordre des
opérations et l'on s'apercevra qu'il est souvent très différent, pour une même pièce, de celui du travail à la
main. On cherchera les raisons du processus adopté. On recueillera aussi les temps alloués pour chaque
pièce.
Il faudra ensuite que le professeur, qui dispose d'un atelier et d'un matériel, s'entraîne longuement en
cherchant à atteindre l'habileté qu'elle aura pu remarquer chez les ouvrières qu'elle aura cotoyées.
Toujours nécessaire de se documenter : livres et revues techniques. Foires commerciales (Paris,
Lyon, Lille) Saon de l'Equipement et du Matériel des IH et du Travail des Ettofes. Dugas

Juillet-Août 1958 : Les brevets professionnels des industries de l'habillement

CNPC a mis au point un projet de BP > 1 examen par spécialité.


– lingerie-chemiserie industrielle, tissu chaîne et trame et à mailles, pour femmes et enfants.
– Chemiserie masculine ; corset soutien-gorge et fabrication de vêtements masculins draperie à l'étude
Sanction des études dans les cours de promotion du travail organisés dans certaines régions. Technologie
professionnelle des matières, des machines à coudre particulièrement développée.
Il n'est pas douteux en effet que l'évolution actuellement très sensible de ces industries, ne conduise à
la création de breux postes de techniciens, de bureau d'étude et de bureau des méthodes, et que les personnes
qui auront suivi des cours de promotion du travail les mettant à même d'effectuer correctement les
chronométrages ou le tracé rationnel d'un patron, pourront se voir confier dans un avenir plus proche, des
postes intéressants leur donnant en outre la possibilité de promotion ultérieure.

Novembre 1958 : L'acquisition des réflexes conditionnés : l'éducation sensori-motrice . Guy Dugas

L'exercice d'un métier, qu'il soit strictement manuel, comme ceux qui utilisent les outils traditionnels,
ou mécaniques, cas le plus fréquent maintenant, comporte l'acquisition de tours de main dont il est utile de
comprendre la genèse.
Les travaux de Pawlov, de son école et de nombreux psycho-physiologues de tous pays, ont mis en
lumière la nature des réflexes conditionnés et le mécanisme de leur acquisition. On sait que l'être humain,
comme d'ailleurs tous les êtres vivants, exécute dès sa naissance et indépendamment de toute éducation, de
tout entraînement, sans même que sa volonté intervienne, un certain nombre d'actes, de gestes, nécessaires à
sa vie. Son cœur bat, son thorax effectue le mouvement de soufflet qui aspire l'air dans ses poumons et
l'expulse lorsqu'il y a rempli son office, sa bouche au contact du sein maternel ou d'un objet qu'on lui
substitue, accompli les gestes de succion pour ingurgiter l'aliment dont son corps a besoin etc.
Par la suite, l'expérience, l'éducation, ajouteront à ces réflexes innés, de nombreux réflexes acquis.
On connaît la célèbre expérience de Pawlov par laquelle Pawlov a démontré leur mécanisme. Elle a porté sur
le réflexe, naturel de la salivation. Les glandes salivaires des mammifères secrètent de la salive pour
humecter les aliments et en commencer la digestion, lorsque l'animal goût la nourriture qu'il connaît. (…)
Les gestes professionnels sont, eu aussi, « conditionnés » par la perception d'une sensation. Ils ne
sont pas, au début de l'apprentissage des réflexes, accomplis d'une façon quasi inconsciente, mais des actes
réfléchis. (…)
(…) lorsqu'on voulut lui apprendre à coudre, on lui indiqua comment l'aiguille doit être :
– tenue entre le pouce et l'index ;
– piquée obliquement dans l'étoffe
– inclinée pour en faire ressortie la pointe à la distance voulue ;
– poussée par le majeur muni du dé ;
– lâchée, puis reprise par le pouce et l'index à l'endroit où elle est sortie ;
– tirée enfin pour tendre le fil et serrer le point, juste assez, mais pas trop.
L'apprentie qui a reçue cette explication s'applique à reproduire l'exemple qui lui a été donné. Ses
gestes sont volontaires, ils se succèdent d'après le schéma que lui rappelle sa mémoire, le début de chacun
d'eux est commandé par ce qu'elle voit. Mais ce travail est ralenti par cette réflexion, et peu régulier dans sa
forme, car le sens qu'elle utilise exclusivement pour le contrôle n'est pas lui-même entraîné il manque de
précision.
Petit-à-petit, les mouvements deviendront plus rapides, ils s'enchaîneront les uns aux autres sans
interruption et nécessiteront de moins en moins un contrôle visuel. L'apprentie regarde ses points, sa ligne de
couture, mais non plus ses doigts. Deux autres sens se sont substitués à la vue, le toucher, dont le siège est
dans certains points de la peau, et le sens musculaire ou kinésthésique qui permet d'apprécier sans les voir, la
forme et la dimension du mouvement et l'importance de l'effort. Le contrôle de ces ses sens devient de moins
en moins conscient, on les fait sans y penser semble-t-il. Il n'y a jamais, en réalité, automatisme absolu. La
vigilance, le contrôle, s'ils ne sont pas permanents ne disparaissent pas. L'ouvrière qualifiée va bien faire
porter son attention sur la suite de son travail. Profitant des réflexes qu'elle a acquis, elle pense à ce qu'elle
fera, lorsqu'elle aura achevé la phase en cours : « au bout de la couture, je dois m'arrêter, tourner de 90° » ;
mais sa pensée se porte, par intermittences et, pendant de très courts instants, sur ce qu'elle accomplit. Elle
modifie à volonté son geste suivant les besoins, il n'est pas strictement automatique.
(…) On sait d'ailleurs que la pensée ralentit l'action. Les très nombreuses études effectuées depuis deux
siècles sur les mouvements humains ont abouti à de multiples conclusions, parmi lesquelles celle-ci qui
touche à notre sujet :

La durée d'un geste donné est d'autant plus courte qu'il demande moins d'attention

Il en découle, d'ailleurs, plusieurs conséquences largement utilisées apr les techniciens de


l'organisation scientifique du travail :
– spécialisation des exécutants répétant ainsi constamment les mêmes gestes :
– création de dispositifs divers, guides, montages, butées, supports permettant de prendre l'objet à
travail toujours au même endroit, sans le regarder, de le mettre en place sur la machine sans
tâtonnements, etc.
On a voulu faciliter l'acquisition des réflexes par un entraînement systématique. Il y a longtemps que
la formation du musicien instrumentaliste comporte des gammes nombreuses. L'entraînement sportif lui-
même nous a habitués à des exercices préparatoires, et, dans les deux cas, le débutant se plaint de ne pas
réaliser tout de suite ce qu'il désire. Il ne comprendra que plus tard l'intérêt des gammes et de la culture
physique, à moins que l'on ait pris le soin de le lui expliquer.
L'éducation sensori-motrice ou éducation gestuelle est, pour l'apprenti, l'équivalent des gammes ou
de la culture physique pour l'élève musicien ou le futur champion. Etudiée depuis une vingtaine d'années,
d'abord pour les métiers masculins, elle comporte plusieurs phases et conduit à des conséquences multiples.
Elle tend d'abord à rendre le geste aisé par l'assouplissement des articulations qu'il met en cause. Les
mouvements effectués doivent donc correspondre à des gestes professionnels : ce sont pour le travail des
étoffes, des gestes des doigts indépendants les uns des autres, de rotation et de flexion des poignets, etc...
Pour cela, dans une première série de séances, les exercices choisis sont exécutés à cadence lente, au
commandement du professeur, qui les fait en même temps que ses élèves et les incite à les effectuer
correctement, leur signalant leurs imperfections.
Une disposition heureuse consiste à se placer de telle sorte que les apprenties voient leurs mains en
même temps que celles du professeur, comparant ainsi facilement leurs gestes et les siens.
Une deuxième phase introduira la soumission à une cadence régulière. Elle peut encore être
commandée à la voix, mais aussi au moyen d'un métronome dont on peut accélérer petit-à-petit le rythme.
Les exercices se succèdent suivant un plan établi, par exemple cinq fois chacun et sans interruption.
Dans une troisième phase, le rythme peut être donné par une musique appropriée : air de marche ou
de danse à deux ou quatre temps. L'attention est alors sollicitée par la musique, le geste rectifié quand il le
faut devient réflexe, l'apprentie prend l'habitude de dissocier sa pensée de l'acte manuel.
D'autres exercices permettent d'entraîner les sens servant à contrôler le travail. Le coup d'oeil est
exercé à reconnaître, sans instrument de mesure, la longueur de lignes tracées d'avance sur une feuille de
papier. Le travail inverse aura le même effet : tracer sans repères des traits de longueur déterminée. On peut
également apprendre à reconnaître avec précision dans l'espace une verticale, une horizontale, des angles
donnés etc.
Il faut, surtout pour les métiers de l'aiguille, entraîner le sens du toucher. On y parvient en faisant
réaliser aux élèves des jeux de cartes de 7 x 7 cm en carton à patrons. Sur ces cartes, on trace à la roulette de
couturière, ou mieux, en les piquant à la machine à coudre, des lignes de relief, en les prenant deux par deux,
carrés, diagonales, triangles, etc.
L'exercice consiste, après avoir mélangé le jeu, à sortir à tâtons chaque paire de cartes semblables.
Pour cela, l'élève placé devant une table, le jeu mélangé sur les genoux, les trie sans les voir.
Elle apprend ainsi à concentrer son attention sur une sensation tactile, sans la laisser distraire par ce
qu'elle voit et qu'elle entend.
L'inconvénient d'une telle préparation à l'apprentissage pourrait être l'impossibilité pour l'élève d'un
apprécier les résultats. L'adolescent de quatorze ans est encore près de l'enfance où l'on ne conçoit que ce qui
se laisse voir immédiatement.
Les jeunes paralysés, rééduqués après guérison de la polyomiélite, font avec ardeur leur éducation
fonctionnelle qui n'est pas autre chose qu'un entraînement sensori-moteur très poussé parce qu'ils désirent
récupérer l'usage normal de leurs membres. Il suffit de mettre en lumière quotidiennement, pour l'apprentie
normale, les résultats des séances d'éducation gestuelle pour qu'elle y apporte toute l'attention désirable De
petits tests variés atteignent ce but. Le plus employé d'entre eux consiste à faire une série de nœuds, d'une
seule main, sur une ficelle de 4 mm de diamètre et d'un mètre de long, dans le temps invariable de cinq
minutes. L'exercice est fait deux fois, de la main gauche puis de la main droite, l'avant-bars vertical appuyé
sur la table par le coude, la main inactive posée sur le genou. C'est le nombre de nœuds réalisés qui constitue
la performance et permet de mesurer les progrès qui sont rendus bien visibles par la tenue d'un graphique en
deux couleurs.
Ce teste qui est en même temps une exercice d'application, puisqu'il exige l'action indépendante des
doigts, le contrôle du toucher et du sens musculaire, constitue un jeu qui égaie la fin de la séance d'éducation
sensori-motrice. Il peut être remplacé par des pliages de papier, tressages de rubans ou de cordons, etc. Le
temps d'exécution chronométré est alors le critère de comparaison. Nous avons vu faire des pliages tels que
des cocottes en papiers, d'abord des deux mains, puis successivement d'une main et de l'autre, l'exercice se
terminait enfin par deux pliages simultané, l'un de la main gauche, l'autre de la main droite.
On comprend qu'un tel entraînement puisse être efficace au début d'apprentissages très différents. Il a
été expérimenté pour la formation d'ouvrières sur machines à coudre, de couturières, de brodeuses, de
dactylos, de bobineuses et de soudeuses dans la construction électrique.
Il permet d'améliorer l'état d'enfants infirmes, mais il a donné de très bons résultats dans
l'apprentissage des retardés mentaux. (…) Dans beaucoup de cas, une éducation sensori-motrice prolongée a
amélioré cette situation et semblé avoir des répercussions sur l'ensemble de la vie de ces enfants comme si la
régulation de leurs gestes, extrémité visible d'un processus qui commence au cerveau, avait mis de l'ordre
dans toute la chaîne des liaisons et même dans la pensée.

Décembre 1958 : La connaissance de la machine. Guy Dugas

On a souvent entendu dire que les programmes d'enseignement faisaient une trop large place à
l'acquisition de connaissances « inutiles ». Comme s'il était possible de prévoir ce dont aura besoin, vingt ans
plus tard, un adolescent dont la vie professionnelle évoluera en fonction d'éléments très divers : aptitudes ne
se révélant qu'avec la maturité, situation familiale, hasard des emplois, progrès techniques, variations de
l'économie etc. Il n'est que de parcourir un annuaire d'association d'anciens élèves d'une école
d'enseignement technique, pour se rendre compte que leur formation a permis à beaucoup d'entre eux de
réussi dans des situations très différentes de celles que semblait leur promettre le métier qu'ils avaient appris.
Un esprit étroit pourrait critiquer cet état de choses et se plaindre de ce que les sommes dépensées en vue de
procurer une md'o et des techniciens à une industrie donnée, profitent finalement à d'autres activités. Si l'on
élève jusqu'à la compréhension de l'intérêt général, on raisonne autrement.
Que seraient, dans notre pays, les industries de l'électronique, des matières plastiques, des textiles
artificiels et même de la fabrication industrielle des vêtements si elles avaient dû attendre, avant de se
développer, la formation d'ouvriers et de techniciens spécialistes ; où en serait la recherche nucléaire si elle
n'avait pu utiliser des ingénieurs qui, à l'origine, ignoraient presque tout de ses problèmes, mais avaient
acquis une culture technique leur permettant d'évoluer dans un domaine que n'avaient pu prévoir leurs
professeurs ; quel aurait été le retard de la construction automobile si elle n'avait trouvé, chez nous, des
mécaniciens de toutes qualifications, mais dont la formation avait été orientée vers la construction et
l'entretien des machines à vapeur, des chemins de fer, des machines-outils et des armements ?
En réalité, beaucoup de ceux qui énoncent des critiques du genre de celles que nous rapportons,
admettent pourtant l'intérêt du latin qu'ils n'ont jamais « utilisé' » depuis le lycée, ou des mathématiques dont
ils n'ont eu à appliquer que des éléments dans leur vie professionnelle, alors qu'ils devaient, à 18 ans,
résoudre des pb bcp plus difficiles. Ils reconnaissent que ces disciplines leur ont donné une certaine tournure
d'esprit, une méthode, dont la valeur est supérieure au techniques, aux recettes qu'ils ont pu acquérir d'autant
plus facilement par la suite, que leur culture avait été moins spécialisée.
(…) Nous ne voyons, en effet, que des avantages dans le fait qu'une industrie dispose d'une main
d'oeuvre instruites, dans laquelle elle peut recruter des cadres et des techniciens, et qui, en tout état de cause,
saura s'adapter aux nouveautés (nouvelles machine, nouvelles matières) qui ne manqueront pas d'apparaître
dans l'avenir.
(…) Nous avons entendu dire, parfois même par des professeurs, que la connaissance des machines
n'était pas utile aux ouvrières de la confection, que, dans les entreprises industrielles, elles n'avaient jamais à
les régler elles-mêmes, encore moins à les réparer, ces opérations étant réservées à des mécaniciens
spécialistes. On ajoute encore que les jeunes filles sont rebelles à la mécaniques et qu'il n'est pas féminin de
s'y intéresser. On va même, parfois, jusqu'à solliciter le témoignage de Taylor, et jusqu'à dire que la réflexion
ralentissant l'action, il est bon d'éliminer tout ce qui conduit à penser le travail, et notamment, la
compréhension des mécanismes que l'on conduit.
Nous croyons, quant à nous, indispensable, au contraire, de donner au futures opératrices sur
machines à coudre, des notions, à leur portée, sur le fonctionnement des outils qui leur seront confiés.
L'expérience nous prouve,d 'abord, que c'est possible. Nous connaissons nombre de jeunes filles de
1958 qui n'hésitent pas à démonter leur vélo-moteur en leur scooter et pour qui, un interrupteur électrique ou
un fer à repasser n'ont pas de secrets. Nous avons vu de jeunes contremaîtresses démonter une genouillère
pour la fixer dans une position convenable, régler judicieusement les barres à aiguille d'une machine à quatre
aiguille, etc., tout en restant, dans la vie courante, parfaitement féminines.
Nous pensons, d'autre part, que si l'organisation scientifique doit prévoir avec exactitude le
déroulement et l'enchaînement des opérations, il n'est pas bon de bannir du travail la prérogative essentielle
de l'être humain : la pensée. S'il est vrai que l'attention que l'on concentre sur un geste professionnel, le
ralentit au point que sa durée puisse atteindre le double ou le triple de celle du même mouvement exécuté par
réflexe, ceci ne signifie pas qu'il faille supprimer chez l'exécutant toute activité mentale. L'attention, libérée
par les automatismes acquis au cours de l'apprentissage, s'élève alors jusqu'à la prévision des phases
ultérieures de la tâche et à la surveillance du fonctionnement de la machine. Ainsi occupée, elle ne laisse
plus de place à l'ennui, ce mal terrible du travail d'usine qui augmente les effets de la fatigue, se traduit par
un manque d'intérêt pour la qualité de ce que l'on fait et conduit à une dégradation de l'intelligence. Simone
Weil (La Condition Ouvrière) dont l'expérience est trop peu connue, l'a fort bien sentie elle-même. Elle a
trouvé seule remède, lorsqu'elle a constaté que le fait de chercher une meilleur disposition de son poste, les
causes du fonctionnement défectueux de sa presse etc... sans nuire à son rendement, au contraire, lui
permettait d'être moins fatiguée à la fin de ses dures journées.
D'une façon plus terre-à-terre, peut-être, nous pensons qu'une meilleure information des ouvrières
diminuerait la fréquence de certains incidents dont nous sommes souvent témoins dans les ateliers que nous
visitons. Les machines modernes sont complexes et délicates. Quelle que soit la vigilance de la maîtrise et
des services d'entretien, il est fréquent de voie une fabrication désorganisée par une panne qui aurait pu être
évitée, si l'ouvrière, conduisant une machine spéciale, avait signalé à temps un bruit anormal, un niveau
d'huile insuffisant dans le réservoir de graissage automatique, etc. On accuse alors la mécanicienne de
manquer d'initiative, en oubliant que la cadence qui lui a été imposée, lui laisse peu de temps pour porter son
attention sur un fonctionnement que l'on a jamais pris la peine de lui expliquer.
Cette compréhension de la machine, tout en lui permettant de la conduire mieux et sans incidents
coûteux, aurait présenté également, un autre avantage : on se plaint souvent du manque d'intérêt des jeunes
pour le travail, on leur reproche de ne pas faire preuve de conscience professionnelle... mais peut-on
s'intéresser à ce que l'on ne comprend pas ? La forme industrielle de la production conduit inéluctablement à
fractionner les tâches. Il serait vain d'espérer un retour vers la formule ancienne de l'artisan conduisant à sa
guise son œuvre, du début jusqu'à son achèvement. Pour que les apprentis s'adaptent à cette situation sans en
souffrir, il faut substituer à l'attrait traditionnel le « beau métier », le plaisir bien moderne de dominer une
belle machine et d'en utiliser toutes les possibilités. Le cours de technologie, s'il n'est pas une fastidieuse
nomenclature, mais, au contraire, une étude des principes suivant lesquels sont construits les outils
mécaniques, peut contribuer utilement à développer ce sentiment.

Janvier 1959 : La lenteur d'exécution garantit-elle une bonne qualité du travail ? Guy Dugas

(..) la qualité et la rapidité de son exécution, constituent pour l'élève des difficultés différentes qu'il
est impossible de lui faire surmonter simultanément.
La CNPC des Industries de l'Habillement l'a bien compris. Elle a institué pour les CAP dont elle a
fixé les programmes, deux épreuves pratiques séparées : l'une de qualité, l'autre de rapidité. (…) Nous avons
pu constater que des élèves de Centres d'apprentissage étaient parvenues, lors de la session de 1958, à
réaliser le test de rapidité dans un temps nettement inférieur à celui que prescrit le règlement (1,5 du
temps normal de l'ouvrière qualifiée travaillant dans les mêmes conditions). Précisions qu'il ne s'agissait pas
d'un temps calculé sur des bases n'ayant que des rapports lointains avec la pratique industrielle, ou d'un
travail bâclé, mais que la plupart des candidates du CAP de Confectionneuses de pantalons et gilets pour
hommes et garçonnets, dans un département où il avait été organisé, ont sur monter un pantalon (non
compris la pose des boutons et les façons des boutonnières) en 35 ou 40 minutes.
Nous avons enregistrés, d'autre part, des interprétations erronées du temps temps normal inscrit
dans les règlements d'examens.
Certains professeurs, dont l'expérience de l'industrie est limitée à une entreprise voisine du Centre ou
du Collège, ont cru voir dans ce temps normal, la cadence désordonnée et excessive prise par les ouvrières,
quand leur travail n'est pas organisé et qu'elles sont stimulées par une rémunération « aux pièces' qui résume,
pour certains, tous les efforts d'amélioration de la productivité.
Une organisation rationnelle, au contraire, évite le surmenage qui ne peut conduire qu'à un
rendement irréguler. Elle détermine les temps allouée à partir d'une allure normale (allure 100).
Celle-ci est la vitesse d'exécution que peut soutenir indéfiniment une ouvrière moyenne,
entraînée aux opérations qui lui sont confiées, sans que sa fatigue atteigne une intensité telle qu'un
repos normal ne puisse l'éliminer.
Dans les ateliers ainsi organisés, le travail est calme et sans à coups ; chaque exécutant accomplit une
tâche mesurée, le plus souvent sur des machines perfectionnées, environnées d'accessoires évitant les gestes
et les efforts inutiles. La mise en route des fabrications est précédées d'une étude de simplification. Celle-ci
doit éliminer tout ce qui n'est pas indispensable à la réalisation d'un ouvrage de bonne qualité. Il nous
semble nécessaire que les professeurs, soucieux de faciliter à leurs élèves leur adaptation au travail industriel
et par cela même de faire apprécier leur enseignement, s'inspirent, dans cet ordre d'idées, des exemples qu'ils
trouverons dans les ateliers évolués et non dans ceux qui restes fidèles à des pratiques périmées.
En se livrant à une analyse sérieuse des méthodes d'exécution de tous les travaux, ils constateront
que certains procédés ne se justifient pas ; s'il ne peut âtre question d'obliger des débutants à travailler vite,
ce qui les conduirait à bâcler leurs exercices – qualité d'abord – il est possible de leur donner très tôt des
habitudes correctes.
Ce n'en est pas une, par exemple, que d'effectuer une couture à la machine par petites longueurs
de 2 ou 3 centimètres avec un arrêt entre chacune d'elle. Il ne peut être question, d'autre part, d'obtenir
d'une apprentie inexpérimentée l'utilisation de toute la vitesse d'une machine rapide et, en même temps, la
réalisation de piqûres parfaitement droites.
Mais, si on lui a appris, par des exercices appropriés, à maîtriser son moteur, elle pourra donner à
volonté à celui-ci une vitesse réduite et piquer très correctement, quelle que soit la forme de la ligne à réalité.
Petit-à-petit, et sans qu'il soit nécessaire de beaucoup la stimuler, elle accélérera, dès qu'elle se sentira assez
sûre de son habilité ; mais, quelle que soit la rapidité de la machine qui lui sera alors confiée, elle travaillera
toujours d'une façon continue ; qu contraire, celle à qui on a donné la mauvaise habitude de procéder par
saccades aura bcp de mal à la perdre et souvent n'y parviendra pas.
Un autre exple est fourni par l'épinglage préalable des pièces à assembler. En soumettant le travail
de certaines couturières et confectionneuses à une analyse objective, on découvre avec étonnement toujours
de la précision au travail et qu'elle n'est effectuée que par routine.
Nous nous sommes livrés sur ce pt particulier à des vérifications précises : nous avons constaté que,
dans presque tous les cas, le travail précédemment épinglé n'était pas plus précis que celui pour lequel on
n'avait pas pris cette précaution. Au contraire, les variations de dimensions (largeur de coutures, parallélisme
de celles-ci par rapport à un bord) étaient plus faibles lorsque l'on ne s'était pas servi d'épingles.
Nous savons que certaines opérations délicates, mais exceptionnelles, peuvent difficilement être
réussies dans une fixation préalable par épingles ou bâti, mais il faut éviter de donner l'habitude de tout
épingler ; ce procédé entraîne une perte de temps considérable, et pour la future ouvrière, un manque de
sûreté inacceptable..
En conclusion, nous répondront à la question qui constitue notre titre : la lenteur de l'exécution est
inséparable de l'initiation à une technique, mais elle doit résulter de l'attention apportée par la débutante
à des opérations qu'elle connaît mal, et non d'une complication inutile du mode opératoire qui risque
de devenir habituelle.

Mars 1959 : La formation des organisateurs

Avril 1959 : L'entraînement de l'attention

(…) On trouvera paradoxal, sans doute, un autre des principes énoncés : « Il faut apprendre la lenteur... »
alors que l'on demande aux professeurs d'atelier, notamment, d'habituer leurs élèves à une exécution rapide.
Ce sont pourtant là des bases essentielles dont l'application peut conduire à des moyens
pédagogiques efficaces. L'adolescent normal ne sait pas, en effet, fixer son attention. Animé par l' avidité,
moteur profond de la vie enfantine qui le porte à acquérir la plus grande quantité possible de réserve, poussé,
au moment de la puberté, par l'agressivité, qui marque son besoin de faire sa place dans le monde des
adultes.
(…) Parmi les disciplines ayant pour but la préparation au travail – quel que soit celui que l'on exercera
plus tard – celles qui entraînent à se concentrer doivent avoir une place de choix. Des exercices très divers
peuvent y concourir, car l'attention semble bien être une fonction unique s'appliquant à toutes les sensations
que nous fournissent nos sens. (…)
Dans les programmes appliqués avec un certain succès pour la formation des apprenties et diffusés
sous le nom de Méthode Aider, plusieurs exercices ont, plus ou moins directement, pour objet l'acquisition
d'habitudes de concentration qui consistent à fermer, à bloquer volontairement tous les organes des sens par
lesquels pourraient survenir les sensations perturbatrices.
L'un d'eux a prouvé son efficacité, c'est celui par lequel est apparemment perfectionné le toucher. Ce
sens, ayant son siège dans certains points de l'épiderme où affleurent des nerfs spécialisés, il ne peut être
question de l'améliorer, d'en augmenter l'acuité, mais seulement d'apprendre à s'en servir en isolant de toutes
les autres les sensations qu'il apporte. Exple du jeu de cartes perforées.

Mai 1959 : Une étape souvent négligée : la transition entre l'apprentissage et l'atelier de production.
Guy Dugas

Il est maintenant évident que la formation du personnel d'exécution de l'industrie moderne


comportera, de plus en plus souvent, une période scolaire, quelle que soit la qualification recherchée. Il est
déjà à peu près impossible de former des ouvriers qualifiés dans les ateliers de production en raison de la
spécialisation du travail. Même lorsque l'on prend soin de faire passer l'apprentie par plusieurs postes et de
lui confier des travaux variés, la spécialisation de l'entreprise lui permet rarement d'étudier tous les aspects
de son métier.
Moins par sa rapidité que par sa régularité qui impose, afin de mieux coordonner l'activité de
nombreux travailleurs, l'élimination de toute perte de temps, de tout arrêt en un point quelconque de la ligne,
la cadence du travail, exclut les corrections et les tâtonnements inséparables de l'apprentissage. Il faut, en
outre, tenir compte du fait que l'apprentie ne réussit pas toujours au premier essai une pièce acceptable
lorsqu'il s'agit d' une pièce d'étude de petites dimensions, devient très onéreux avec des travaux réels dans
lesquels ont été incorporés, outre la valeur de la matière, la main d'oeuvre de nombreuses opérations
préalables.
Déjà, dans certaines industries, les ouvriers spécialisés sont préparés à leurs tâches très simples par
un stage de quelques jours ou de quelques semaines dans un atelier de formation organisé dans l'usine, à
l'écart des services de production.
(…) Tout y est organisé pour elle :
- l'emploi du temps qui comporte des activités variées : travaux d'atelier, enseignement technique
théorique, enseignement général, éducation physique, enseignement ménager, alternant en courtes
séances. Cette variété dans l'enseignement a pour effet d'introduire dans 'apprentissage une heureuse diversité
éliminant l'ennui, le grand mal de l'industrie moderne.
– les exercices sont gradués
– le matériel
– le personnel
Quand elle entrera dans l'atelier industriel, ce climat changera brusquement :
– elle sera la plus jeune du groupe dans lequel elle aura été incorporé, et les adultes qui
l'entoureront le lui rappelleront parfois sans ménagement. Avec maladresse et quelquefois un peu
de méchanceté, des ouvrières et des contremaîtresses la traiteront en enfant, ce que l'adolescente
supporte très mal. Ou encore, lorsqu'on voudra lui faciliter les débuts, on le fera avec
condescendance, ce qui ne lui plaira guère mieux.
– La journée de travail sera plus longue.
– Les opérations qui lui seront confiées, surtout dans les premiers temps, varierons peu, même
dans les métiers peu industrialisés comme la haute couture. Elle souffrira de leur monotonie.
– Le matériel, comme tous les autres éléments de l'ambiance, sera organisé pour donner le
maximum de production, et si l'on se préoccupe du confort des ouvrières, cette considération
vient malgré tout en seconde position.

Dans ce changement de climat, il résulte souvent un découragement que l'on surmonte à la longue,
mais qu'il vaut mieux éviter, d'autant plus que les difficultés d'adaptation des jeunes ouvrières peuvent être
interprétées par des personnes peu renseignées ou mal intentionnée comme des signes d'une formation
insuffisante ou mal conduite.
Proposition de formules de transition : > pour des adaptations heureuses.
Nous en avons nous-mêmes adopté une alors que nous étions chargé de la formation professionnelle
des adultes dans un établissement militaire. Les élèves étaient des ouvriers et des ouvrières spécialisés qui
accédaient à une qualification supérieure après un stage de six mois. Les moniteurs étaient recrutés parmi les
ouvriers qualifiés des ateliers de l'arsenal. Ils n'avaient chacun qu'un très petit groupe d'élèves, de cinq à dix
et lorsque leur formation était terminée, ils rentraient avec eux dans la fabrication. Les ouvriers qu'ils avaient
formés n'étaient pas forcément placés sous leurs ordres, mais ils avaient la possibilité de les voir souvent, et
de leur faire part de leurs difficultés ; les moniteurs, eux, pouvaient se rendre compte d'un découragement ou
d'un début de brimade, et l'on sait qu'un mot dit à propos peut avoir une grande influence.
Formule pas applicable dans un établissement indépendant de l'usine, mais organisation de stages
Une disposition différente a été adoptée dans les écoles d'apprentissage de la SNCF. La dernière
année de l'apprentissage s'effectue tout entière dans les ateliers de réparation, mais les élèves restent groupés
sous les ordres de leur professeur, e t leur équipe se voit confier les travaux, dans les mêmes conditions que
celles d'ouvriers. Ils vont, en outre remplacer ceux-ci, lorsque des abs viennent diminuer l'effectif des ateliers
adultes.
Les stages effectués pendant la dernière année d'apprentissage ont quelque analogue avec cette
formule. Il y manque souvent la présence de professeurs. Une autre adaptation est constituée par les travaux
réels de fabrication, lorsque l'on peut s'en faire confier en quantité suffisante et les faire réaliser dans des
conditions se rapprochant de celles de l'industrie : travail en série effectué en ligne ou en groupe, avec des
temps alloués calculés en tenant compte du degré d'entraînement des élèves. Lorsque l'on peut obtenir des
séries assez importantes pour que leur fabrication dure un certain temps, il est recommandé de faire changer
les apprenties de poste périodiquement, par exple toutes les 2 heures : la première dans la ligne passe au
deuxième poste, la deuxième au troisième etc. de telle sorte qu'elles aient l'occasion de tenir successivement
tous les postes.
Enfin une solution toute différente, a, semble-t-il donné de bons résultats. Il s'agit du parrainage des
apprenties par des agents de maîtrise et des ouvrières de l'industrie acceptant cette responsabilité. Les portes
de l'école sont ouvertes au marraines qui viennent y voir leurs filleules, s'entretiennent avec elles et avec leur
professeur. Elles apprennent ainsi à les connaître, se sentent responsable de leur accueil à l'usine où leur
présence constituera un appui moral lorsque ces jeunes filles y entreront. On diminue ainsi l'appréhension
des débutantes et l'incompréhension des aînées.
D'autres moyens : habituer l'élève aux conditions techniques du travail industriel : cadence, division
du travail et spécialisation, normes de qualité, dimensions des pièces et du matériel / le familiariser avec
l'ambiance sociale de l'atelier de production / lui assurer une protection, un appui en lui faisant connaître
d'avance certaines personnes qu'elle retrouvera plus tard à l'atelier.
Il reste que la transition dépend pour une bonne part des cadres de l'industrie. Contremaîtresses,
premières et chefs d'ateliers ne savent pas toujours accueillir comme il conviendrait leurs jeunes ouvrières.
Un certain progrès a été réalisé dans ce sens depuis que les établissements d'Enseignement technique se sont
multipliés. Les agents de maîtrise, qui y ont fait eux-mêmes leur apprentissage, reçoivent mieux les
débutantes qu'ils considèrent comme de jeunes camarades, que ceux qui, autrefois, voyaient en elles des
concurrentes se disposant à prendre leur place. On s'efforce d'ailleurs de donner à ces cadres moyens une
formation psychologique par des sessions, des stages, des cours de promotion du travail dont le nombre
augmente. L'art d'instruire, de commander, d'accueillir y tient une certaine place et beaucoup d'industriels ont
compris son importance pour la bonne organisation de leurs entreprises.

Juin 1959 : Perspectives d'avenir

Les nouveaux textiles. Procédés de fabrication des articles soumis à la mode, les méthodes de travail
industriel, le choix des machines, qui semblent avoir moins d'influence sur la création, peuvent tout de même
dans certains cas, conditionner des formes particulière ou en proscrire d'autres.C'est dans ces deux
directions : matières d'une part et procédés d'assemblage, d'autre part, que nous essaierons de prévoir, dans
une certaine mesure, ce que pourrait être, par exemple, le vêtement dans un avenir proche ou lointain.
Apprêts chimiques > tissus irrétrécissables, imperméables, infroissables, plissés permanents. Coupe à chaud
des tissus thermoplastiques évitant l'effilochage.
Pellicules plastiques utilisées pour la fabrication d'imperméables > machines à souder électroniques : tissus
non tissés. Pantalons sans aucune pièces cousues. Ceci veut-il dire que, dans un avenir proche ou lointain,
nous verrons disparaître la couture et tout ce qu'elle implique. Nous n'en savons encore rien, mais nous
pouvons constater que des progrès sont possibles dans ce sens. Ce qui nous amène, en manière de
conclusion, à souhaiter que les élèves des établissements d'enseignement technique de différents niveaux,
soient préparés à comprendre l'application de ces procédés qui tous mettent en jeu des techniques
scientifiques.
Les industries de l'habillement, dans toutes leurs spécialités, et plus encore la haute couture que l'on
appelait naguère la confection, ont un très gros besoin de techniciens ; elles n'en ont d'ailleurs pas toujours
consciences.

Juillet-août 1959 A propos de deux nouveaux programmes

Nvx programmes d'organisation générale du travail et de technologie professionnelles générale dans les
classes de 1e CT des métiers de l'habillement.
Chefs des travaux nous ont fait part des difficultés rencontrées pour réunir la documentation de ces
programmes > nous nous efforcerons de combler cette lacune. 2 manuels en cours de publication dans la
collection Les Techniques des métiers de l'habillement.
Face aux critiques : « Il ne semble pas, pourtant, à la lecture des programmes en cause que ce soi le but.
Nous savons, en outre, que les intentions de leurs auteurs n'ont jamais été de proscrire des collèges des
métiers traditionnels, bien vivants dans notre pays et qui peuvent lui assurer, avec un prestige qu'il faut
défendre, des résultats matériels non négligeables sur les marchés de l'exportation.
Nous somme persuadés, au contraire, que l'enseignement en cause peut contribuer à donner à ces
industries de luxe une organisation qui lui manque parfois, en leur fournissant, non seulement une main
d'oeuvre de qualité, mais des techniciennes capables d'y introduire des méthodes éprouvées et intéressantes.
Elles manquent dans la plupart des entreprises dont les noms sont connus de tous. Modélistes de grandes
classes, ouvrières habiles, cadres mais manque des agents indispensables à la bonne marche d'une maison
importante > techniciennes : connaissance pratique du métier, habitude de l'analyse. (…) Nous pensons, par
contre, que bien souvent, elle permettrait aux ouvrières de voir améliorer leurs conditions de travail et leur
rémunération.
Ce n'est pas nuire au prestige de cette industrie de luxe que d'introduire dans ses ateliers des
machines modernes. > âpre concurrence internationale.

Septembre-octobre 1959 : Qu'est-ce-qu'un temps normal ?

Primordial d'habituer les élèves à un travail de bonne qualité et dont la rapidité d'exécution s'approche des
normes industrielles. Critiques des cadences.
« Les industries de l'habillement ne font, dans la majorité des maisons qui les composent, qu'accéder à
l'organisation scientifique. Elles éprouvent une très réelle difficulté à s'y adapter, faute de techniciens. Les
études d'aménagements de postes, d'économies de mouvements, de simplification, d'implantation, de
lancement, d'ordonnancement, nécessitent des analyses poussées qui ne peuvent être réalisées que par des
agents connaissant bien les techniques de l'atelier et ayant ajouté à leur métier de base celles de l'organisation
du travail. Les maisons qui disposent de collaborateurs de cette sorte en quantité suffisante sont rares. La
plupart des entreprises, impérieusement poussées à augmenter leur productivité, s'en tiennent au moyen qui
n'est ni le meilleur ni le plus efficace, à la stimulation des ouvriers par différents procédés et surtout par le
système du salaire aux pièces.

(…) L'entraînement des apprenties doit être orienté dans ce sens et contrôlé par comparaison de la durée des
exercices avec des temps normaux. Les règlements des CAP officialisent cette comparaison puisqu'ils
préconisent que l'épreuve pratique de qualité doit être exécutée dans un temps triple de celui d'une ouvrière
qualifiée travaillant dans les mêmes conditions et accordent pour le test de rapidité une fois et demi ce temps.

(…) Les définitions de l'allure normale sont nombreuses, ce qui prouve qu'elle est difficile à définir. Certains
auteurs en font le minimum au-dessous duquel on ne devrait pas tolérer que l'ouvrier descende – la limite de
la nonchalance – D'autre, en font le point de départ des primes s'ajoutant au salaire de base, ce qui n'est pas
une définition, mais un seuil arbitrairement fixé.

Dans certains cas, on fait partir cette allure d'une notion statistique. Elle devient alors l'allure modale, cad
celle que l'on peut constater chez le plus grand nombre d'exécutants. Le mode est, en effet, la valeur qui se
retrouve le plus fréquemment dans une série de mesures portant sur un ph constant ; il est souvent proche de
la moyenne arithmétique. Il n'est significatif que si l'on peut tabler sur un grand nombre d'observations dans
des conditions rigoureusement identiques, ce qui ne peut être le cas pour une épreuve d'examen que l'on ne
saurait faire exécuter une centaine de fois avant de l'appliquer aux candidates.

Une définition satisfaisante d'un certain point de vue manque, hélas de la précision qu'apporte une mesure :
l'allure normale et celle qu'un exécutant normalement constitué peut tenir indéfiniment, sans fatigue
excessive, pendant 8 heures par jour, 40 heures par semaine et cela toute l'année. Elle nous fait retrouver, en
outre, la difficulté que nous avons déjà signalée : celle qui consiste à définit l'exécutant normal.

Deux comparaisons souvent utilisées par les instructeurs ayant la charge de former les chronométreurs et les
agents d'étude du travail.
(…) l'allure normale est celle d'un homme, entraîné à la marché, mesurant 1,68 m, normalement habillé,
non chargé, marchant à 5 km à l'h sur une route horizontale droite à sol ferme, faisant des pas de 0,75m par
une température de 15°C et un degré hydrométrique de 10%
(…) C'est l'allure d'une personne qui distribue un jeu de 52 cartes à jour en quatre tas sur une table devant
laquelle est est assiste, en une demi-minute.
=> il ne s'agit pas dans l'un et l'autre cas d'une « cadence infernale »,loin de là, et que le travail organisé à
partir de cette base ne peut conduire au surmenage. (…) l'allure de référence (100) est, en général, très
inférieure à celle qui correspond, dans leur esprit à un travail industriel. C'est qu'aussi, elles n'avaient peut-
être pas remarqué que ces cadences rapides, fréquentes dans les ateliers de confection ne sont que
momentanées. Elles ne sont souvent tenues que pendant quelques heures dans la journée, la fatigue les
faisant décroître ensuite de telle sorte que la moyenne journalière est souvent inférieure à 100, avec des
maxima atteignant parfois 130, à moins que les éléments de travail exécutés à allure rapide et qui frappent
l'observateur superficiel, ne soient très brefs et suivis d'inactivité totale ou partielle. C'est ce qui se produit
lorsque l'on doit alimenter une machine, puis attendre qu'elle ait effectué l'opération.

Novembre 1959 : L'enseignement technique est-il un enseignement complet ?

Enseignement Technique considéré comme un pis-aller utilisable lorsque les enfants se révèlent, par des
échecs répétés, peu doués pour les études classiques.

Toute une partie de la population, qui se qualifie volontaire elle-même d'élite, voit dans le travail manuel une
activité un peu dégradante.
(…)
On peut, au contraire, être sûr d'avance que le métier que l'on exercera à la fin de sa vie sera très différent
dans ses aspects, sinon dans sa nature, de ce que l'on aura connu en débutant.

Il devient donc indispensable que l'apprenti soit préparé à évoluer et, pour cela il faut qu'il apprenne à
raisonner, qu'on lui enseigne moins la méthode traditionnelle pour résoudre un cas donné qu'à en découvrir
une pour chaque nouveau travail.
(…)
De tels buts renouvellent bien dans la vie de l'élève d'une école technique l'évolution des premiers âges de
l'humanité. Le développement de son habileté manuelle exige impérieusement celui de son raisonnement,
l'acquisition de connaissances techniques et l'éducation de son caractère pour l'adapter à une vie
professionnelle qui ne peut être que sociale. L'enseignement technique ne peut donc se désintéresser d'aucun
des aspects de la personnalité. Formant l'ouvrier et le technicien en les préparant à une fonction précise mais
en leur ouvrant la voie qui peut les conduire à des activités très différentes, il est amené, par la force des
choses, à être une véritable culture.

Décembre 1959 Promotion du travail, promotion sociale

Janvier 1960 Spécialisation ou élargissement des programmes

L'enseignement professionnel s'est organisé, en France, autour de la notion traditionnelle du métier et de la


stabilité de son exercice à des époques pendant lesquelles le progrès technique était lent et l'économie à peu
près immuable.
Depuis la guerre, la formation professionnelle a tendu à se spécialiser davantage sous l'influence des
représentants de l'industrie appelés à donner leur avis à l'Administration,ceux-ci exprimant, en général, plutôt
des besoins à court terme et limités à un secteur écon que ceux de la collectivité et des enfants eux-mêmes.>
multiplication des diplômes
Il est vrai que les industries utilisent le travail de nombreuses ouvrières spécialisées mais aussi que cette mdo
change souvent de spécialisation (…) Leur adaptation lors de ces changements est d'autant plus rapide
qu'elles ont reçu une formation plus étendue. C'est en fonction de cette constatation que des industriels
avertis ont proposé naguère que les sept CAP des Industries de l'habillement soient remplacés par un seul
diplômes d'opératrice sur machines à coudre. Cette qualification serait celle d'ouvrières confectionneuses
capables de s'adapter à n'importe quelle opération du travail des étoffes quelle que soit la nature des articles
fabriqués. Polyvalence.
cf. CAP d'ouvrière complète en bonneterie > maîtrise des principales machines utilisées dans la confection
des tissus à maille.
(…) La multiplication des sections et des établissements spécialisés ne parviendra jamais à adpater
exactement l'enseignement aux besoins d'une économie qui, à notre époque, évolue vite. C'est, au contraire,
un élargissement de la culture générale et technique qui préparera mieux l'adaptation des jeunes filles à des
carrières vers lesquelles elles seront dirigées par les circonstances. En groupant ce que, pour l'instant, l'on
sépare en : haute couture, confection, bonneterie ; nous verrions bien le programme comporter l'étude du
travail à la main traditionnel et l'emploi des machines les plus variées, la coupe par moulage et le
patronnage-gradation « à plat », ces travaux pratiques étant, par ailleurs, l'occasion d'appliquer les notions
d'organisation scientifique apprises en cours théoriques.
(…)
L'accord se fait, maintenant, sur l'utilité de l'enseignement ménager, autrefois contestée par les
professionnels. La formation de la femme et de la mère de famille d'avenir ne laisse personne indifférent. En
dehors de toute considération morale, et en en plaçant sur le plan le plus réaliste, la plupart des industriels
comprennent que la productivité de leurs entreprises dépend, pour une certaine part, de l'habilité avec
laquelle leurs cadres, leurs employées et leurs ouvrières sauront organiser leu travail ménager de façon à n'en
être pas accablées. Ceci suppose, en outre, un sens de l'organisation et l'utilisation intelligente d'instruments
mécaniques qui trouvent à s'appliquer dans le travail professionnel.

Février 1960 : Le recrutement des CA en milieu rural

Pb de certaines CA implantée dans des localités éloignées de régions industrielles. Jeunes fille d'origine
rurale dont les familles souvent désireuses de donner à leurs enfants une instruction aussi poussée que
possible, choisissent le CA pour sa proximité > qq dizaines de km au pls, ce qui permet aux jeunes filles de
rentrer à la maison en fin de semaine, et parce qu'il est le seul établissement d'enseignement pourvu d'un
internant dans l'arrondissement.

Ces élèves auraient souvent suivi avec succès l'enseignement d'un collège ou d'un lycée si elles en avaient eu
la possibilité, bcp d'entre elles ne se destinent pas, au moins dans l'immédiat, à exercer un métier industriel.
Elles rentreront, leur apprentissage terminé, au foyer familial où elles apporteront à leurs parents leur
collaboration dans les travaux ménagers et dans l'exercice de leur profession agricole, artisanale ou
commerciale.

Certaines familles accepteraient de voir leur enfant se fixer à la ville pour y travailler si elles y trouvaient une
possibilité de logement exempte des inconvénients qu'elles redoutent : isolement et risque de fréquentations
dangereuses, loyer absorbant une part trop importante du salaire etc
(…) On peut s'interroger sur l'intérêt d'une telle formule qui tend, à longue échéance, à priver le monde rural
de ses meilleurs éléments et de demander si les CA accomplissent une œuvre utile en facilitant un exode
d'autant plus regrettable que l'agri fr a besoin d'une élite capable de la faire évoluer rapidement pour lui
permettre de rattraper un retard dont toute la nation souffre.
→ une formation suffisamment générale pour être polyvalente et s'écartant un peu de la notion trop
rigoureuse et étroite du métier industriel ou artisanal. Il faut rationaliser les méthodes par une utilisation
judicieuse d'un matériel moderne accessible à l'artisane et à la femme travaillant à son foyer : machines à
coudre à vitesse moyenne, petits ciseaux électriques, fers électriques vaporisants et par l'adaptation de
techniques modernes : tracé à plat et gradation des patrons, il est possible de donner aux élèves une
formation qu'elles pourront appliquer de diverses façons : au foyer / artisanes et couturières rurales /
industriels

Mars 1960 : Existe-t-il des matières nobles et d'autres qui ne le sont pas ?

Avril 1960 : Les jeunes filles sont-elles rebelles à la mécanique ?

Parmi les objections souvent opposées à la « reconversion » et aux programmes faisant une plus large place à
l'étude des machines pour le travail des étoffes, on relève surtout deux : la première concerne une prétendue
impossibilité à faire travailler des débutantes sur des machines industrielles ; la seconde une inaptitude
supposée des jeunes filles à comprendre la mécanique.
Revenir à la machine à coudre à pédale > nuisible

En réalité, et nous l'avons souvent constaté, ce sont les professeurs, rencontrant des difficultés pour acquérir
une technique nouvelle changeant leurs habitudes, qui croient que leurs élèves seront effrayées, comme elle
le sont elles-mêmes, par la rapidité de la machine moderne. Lorsque l'on peut faire complètement
l'expérience inverse, comme nous 'lavons vu dans une école belge dans laquelle les ateliers contiennent que
des machines à coudre des types les plus rapides, on s'aperçoit que les apprenties ne mettent pas plus de
temps à en maîtriser le fonctionnement que celles qui, chez nous, font leurs premières armes sur les
piqueuses lentes dont sont équipés beaucoup d'ateliers d'apprentissage. (…) Il y a beau temps que les
professeurs de l'enseignement technique masculin ont constaté que, si un ouvrier très qualifié pouvait
produire un travail convenable sur une machine en mauvais état, c'était au prix d'une habileté et d'une
ingéniosité particulières qui lui faisait compenser les imperfections de son outil, mais que l'apprenti mis dans
les mêmes conditions, voyait s'ajouter aux difficultés normales de son apprentissage celles de la
compensation des défauts de la machine. En conséquence de cette constatation, on ne voit plus dans les
ateliers des établissements masculins que du matériel moderne.

(…) On nous a parfois dit que le goût de la mécanique n'étant pas féminin, il était vain d 'essayer d'inculquer
aux apprenties des connaissances dépassant celle des organes extérieurs de la machine dont elles n'auraient
pas, dit-on, besoin de comprendre le fonctionnement :
– il n'est pas vrai que les femmes soient incapables de comprendre la « mécanique »
– il est évident qu'une ouvrière connaissant le fonctionnement de la machine qui lui est confiée la
conduira rationnellement et l'entretiendra sans connaître certaines erreurs trop fréquentes
– situation psycho de l'ouvrière change beaucoup si elle a l'impression de n'est pas elle-même un
instrument servant une machine mais une technicienne pour laquelle la machine n'est rien de plus
qu'un outil perfectionné mais sans mystère que l'on a plaisir à dominer.
Mai 1960 : Vacances de Pâques
compte rendu 4e salon de l'équipement des industries du vêtement et de la bonneterie

Juin 1960 : Le développement mental pendant l'apprentissage

(…) Il est évident qu'une évolution s'est accomplie dans l'opinion publique au cours de ces dernières années
et que, maintenant, beaucoup de familles dirigent volontiers leurs enfants vers les établissements
d'enseignement professionnel. Mais la raison profonde de ce choix ne correspond pas toujours à ce
qu'apporte à l'adolescent un véritable enseignement technique. On pense trop souvent, presque toujours, à
l'acquisition d'un métier tel que l'on pouvoir le concevoir autrefois cad, une activité professionnelle dont on
connaissait toutes les règles et que l'on exercerait pendant toute sa vie Il n'en est plus ainsi, nous le savons.
Les professions se transforment vite, de sorte que , ce que l'on a appris devient généralement inutile après
quelques années si l'on ne sait pas l'adapter aux nouvelles techniques.
Ou pis aller, bon tout juste pour les enfants qui ne peuvent entrer au lycée.

Cette opinion péjorative se répercute sur la conscience, qu'ont quelques professeurs techniques, de la valeur
et des buts de l'enseignement qu'ils sont chargés de dispenser à leurs élèves. Ils en viennent à considérer cette
conception minimum du gagne-pain comme l'objectif vers lequel doit tendre leurs efforts, dans
l'impossibilité de faire mieux, faute d'un recrutement de qualité suffisante.

Ne pas perdre de vue l'utilité pratique de l'enseignement professionnelle. (…) directrice répondre aux
collègues se plaignant de l'écrémage : « Tant mieux, puisque nous en faisons quelque chose alors que l'on
n'en aurait rien fait ailleurs ! »

Ne nous rapportait-on pas, en outre, que des jeunes filles refusées au concours d'entrée en cinquième de CT
et dirigées vers les CA avaient, après leurs 3 ans de Centre et leur réussite au CAP été admises en seconde de
Collège et s'y étaient montrée parfois supérieures à leurs compagnes, leurs concurrentes heureuses trois ans
plus tôt,réussissant le BEI au moins aussi bien qu'elles.

Il n'y a pas là de mystère. On sait, depuis longtemps, que les différentes façons d'enseigner ne conviennent
pas également à tous les enfants. (…) Le Centre d'apprentissage permet déjà une observation plus attentive
de l'élève à qui, en outre, il donne un enseignement moins abstrait, plus directement lié à des objectifs
concrets.
Travaux sur l'évolution de l'intelligence.

Juillet-août 1960 : La formation du goût

Il est difficile de définir le goût, ce sentiment de l'harmonie et de la beauté qui est, sans doute, inné chez
certaines personnes, mais résulte, le plus souvent d'une éducation particulière // imprégnation sociale et
culturelle. Harmonie ''évident lorsque la formation du goût est envisagée dans l'apprentissage des métiers
féminins qui, même devenus industriels, exigent de ceux qui les exercent le sens de la mesure, de l'équilibre,
de la beauté des lignes. » culture générale.

(…) Sur le plan de la préparation au métier, envisagé sous son aspect utilitaire, mais dans l'optique de
l'intérêt national, les CA et tous les professeurs qui y enseignent ne peuvent se désintéresser d'une action
éducative ayant pour objectif un minimum de culture artistique. Nos industries de l'habillement se trouvent,
de plus en plus, en concurrence avec celles d'autres pays et cette compétition ne fera qu'augmenter dans les
années à venir avec le développement du Marché commun européen.

Ces professions, surtout féminines occupent plusieurs centaines de milliers de travailleurs en France et leur
productivité s'accroît sans cesse, de telle sorte qu'elles se trouvent dès maintenant devant un dilemme dont
l'importance ne peut échapper à personne. (…) excédents de productions ne peuvent s'écouler que par
l'exportation, faute de quoi l'accroissement de productivité se traduirait par une réduction des effectifs
ouvriers.

Il y aurait bien une autre solution qui serait la réduction de la durée de la journée de travail mais, si elle
semble inévitable à longue échéance, elle ne peut être envisagée que dans le cadre d'une mesure générale
intéressant toutes les activités ce qui n'est pas, sans doute, pour demain.

(…) Le goût fr jouit encore de quelque prestige auprès de certains étrangers. > cours de dessin d'art > former
l' goût de l'élève en lui faisant réaliser par le dessin des harmonies de lignes, de forme, et de couleur. Histoire
de l'art, histoire du costume.

Septembre-octobre 1960 : L'apprentissage de la précision

(…) Le souci de la précision a toujours, dans le passé, classé le bon professionnel mais il prend, à notre
époque, une valeur plus importante du fait de l'industrialisation qui exige – même dans les techniques
artisanales – le maximum d'économie dans le travail.

Il ne faut pas multiplier les difficultés. Chaque activité doit en présenter une seule. La rapidité de l'exécution
est à séparer de la qualité. En règle générale, une pièce ne sera donnée en exercice de vitesse qu'après avoir
été exécutée, au moins une fois, sans temps imposé. > longueur, largeur, parallélisme, rectitude de laligne,
régularité des points etc
enseignement général et emploi du mot juste
étude des définitions de la norme NF G 03-001 > vocabulaire un peu savant sur l'anatomie du corps humain
> pour comprendre l'origine de certains défauts et les raisons de certains dispositions : ampleurs, pinces etc...

Novembre 1960 : L 'élargissement des tâches

Émergence avec l'organisation du travail de la notion d'élargissement des tâches.


Il s'agit , en somme, d'un retour vers le travail tel que l'artisan du passé l'exécutait, réalisant seul une
grande partie de l'ouvrage, pouvant ainsi s'identifier plus complètement à l'ouvre sortie de ses mains et s'en
sentir responsable. Ce retour, toutefois, ne s'accompagne pas, dans l'esprit des promoteurs de l'élargissement
des tâches, de l'abolition de toutes les améliorations apportées depuis 50 ans par les organisateurs, au
contraire.
Prise de conscience (nott USA) des inconvénients de la division poussée du travail > fatigue due à la
monotonie, désintéressement de l'ouvrier, multiplication des contrôles, introduction de salaires improductifs
dans le prix de revient. Expérience : IBM au lieu d'une gamme de montage de 8h avec OS, un O qualifié en
7h1/2. Nécessite une formation approfondie (...)
Un regroupement des tâches rationnellement conduit doit, au contraire, être précédé des études de
temps et de mouvements, d'une préparation technique du travail aussi complète que la décomposition en
ligne. Il doit permettre l'emploi de machines spéciales dans les cas où elles s'imposent par la qualité et la
rapidité de leur production.
(…) nouvelle tendance de l'Organisation Scientifique du Travail > pourrait influencer la Haute couture à
propos de laquelle on a dit souvent qu'aucune organisation rationnelle n'y était possible ». Elle le sera, au
contraire, lorsque les moyens d'y parvenir auront été créés et, qu'en particulier les entreprises auront compris
la nécessité d'organismes tels que le bureau d'études et le bureau de méthodes sans lesquels le matériel le
plus perfectionné ne donne que des résultats médiocres.
(…) Rien n'empêche que cette même recherche des économies soit faite avec les mêmes méthodes : étude
des mouvements, simplification des opération, détermination des temps, étude des trajets et des
implantations, dans le cas d'un travail non divisé. Elle peut même aller plus loin si l'ouvrière qualifiée a été
initiée au cours de sa formation aux techniques d'organisation.
Elle sera alors capable de collaborer avec l'organisateur en lui apportant son point de vue particulier,
celui d'un travailleur, ajoutant à des connaissances théoriques l'expérience sensible du travail que l'on exécute
soi-même et dont, parfois l'on souffre.
Une telle modernisation des métiers traditionnels pourrait avoir comme premier résultat de diminuer
le prix de revient de leurs produits, ce qui les rendrait accessibles à une clientèle plus étendue et permettrait,
enfin,de rétribuer à leur juste valeur les « fée » qui les réalisent. Cette amélioration de la situation matérielle
des ouvrières, jointe à l'intérêt accru de leur travail, pourrait attirer vers ces activités des jeunes filles qui s'en
détournent, à l'heure actuelle, parce qu'elles pensent, à tort peut-être qu'elles peuvent devenir mieux que des
« manuelles. »

Décembre 1960 : Bonneterie et travail des tissus à mailles


tissus tissés : entrecroisement de fils de chaîne et de trame suivant des armures variées / tissus à maille : par
tricotage, les fils forment des boucles – les mailles qui s'entrelacent, formant des points différents. Tissus à
maille d'abord utilisés pour les sous vêtements et les articles chaussants > vêtements de dessus. Il en résulte
que la ligne de démarcation traditionnelle séparant les métiers de l'habillement : couture, tailleur, confection,
transformant des tissus tissés, de la bonneterie, n'a plus guère de raison d'être, puisque les premiers utilisent
indifféremment les tissus proprement dits et les tricots.
=> Modification de la nomenclature des industries de l'INSEE.

Cela doit se répercuter sur l'organisation de la formation professionnelle et technique. Demande de


documentation de la part des PTA en bonneterie.

Janvier 1961 : Le métier de tailleur va-t-il se transformer ?

Février 1961 : Les industries de l'habillement. Leur importance économique et les débouchés qu'elles
offrent aux jeunes filles

Industries de l'habillement : activités industrielles ou artisanales fabriquant des objets destinés à habiller le
corps humain, cad des vêtement à proprement dits, mais aussi les sous-vêtements, les coiffures et les
chaussures, quelle que soit leur mode de fabrication, sur mesure ou en série d'après des mannequins et quelle
que soit la matière dont ils sont constitués.
OU industries, travaillant d'après des normes ou mannequins et fabriquant en tissus tissés, à chaîne et à
trame, des vêtements :
– vêtements masculins : en draperie (complet-veston, pardessus, uniformes) vêtement de travail, de
sport, de protection contre la pluie)
– vêtements féminin : flou, manteau tailleur, vêtements pour fillettes
– chemiserie et lingerie
– corset : gaines, soutien-gorge, maillots de bains

Chiffre d'affaire globale des industries de l'habillement : 4 mds nouveaux fr.

Mars 1961 : L'Orientation future de la Formation Professionnelle et Technique dans les Industries de
l'habillement

Centre de recherches de productivité de l'enseignement technique > inspection générale et rectorats de


plusieurs académies => efficacité et adaptation de l'Enseignement technique féminin.
– progrès réalisés par l'Enseignement technique féminin pour s'adapter aux nouvelles conditions du
travail industriel
– aménagement matériel des lycées et collèges satisfaisant
– qualité des méthodes pédagogiques et techniques ; enseignants parfois en avance sur méthodes
appliquées dans les ateliers et les bureaux d'étude et entreprises. L'esprit de recherche, dont sont
animés les membres du personnel enseignant ayant présenté les démonstrations auxquelles il a été
donné aux industriels d'assister, les a vivement frappés et leur fait bien augurer de l'avenir d'une
formation professionnelle dont ils attendent beaucoup.

Difficulté de recrutement des élèves. Il paraît évident que ces sections sont encore mal connues des familles
et, peut-être, de beaucoup de ceux qui, dans le milieu universitaire, peuvent influencer les enfants au moment
de choisir l'orientation à donner à leurs études. Les conditions du travail dans ces professions ont, sans doute
aussi, une influence négative. On a fait souvent état de salaires insuffisants, de travaux rendus pénibles par
une organisation dont le seul objectif semblait être d'obliger les ouvrières à se surmener. Il était bon que ces
griefs soient entendus par les représentants du patronat. Ils ont pour origine des constatations locales,
limitées et souvent anciennes que beaucoup d'exemples contredisent. Dans de nombreuses entreprises, les
salaires sont au moins égaux à ceux que pratiquent d'autres industries et les études d'organisation sont
conduites avec le souci de ne pas porter atteinte à la santé physique et psychique du personnel d'exécution. Il
serait utile que cela soit su et aussi que la confection, dans toutes ses branches, offre des débouchés
intéressants aux jeunes filles, que leur niveau mental supérieur à la moyenne rend aptes à des études
techniques plus ou moins poussées. Il est urgent que l'on comprenne qu'il faut être, au moins, aussi
intelligente pour devenir confectionneuse qualifiée que pour être couturière, sténo-dactylo ou vendeuse, si les
aptitudes exigées par ces métiers sont différentes par leur nature.
Il est intéressant de noter que les industriels, dont certains disaient naguère que leurs ateliers avaient
besoin seulement d'ouvrières spécialisées – nous nous souvenons même d'avoir lu le mot robot – pensent
maintenant que la complexité de leur matériel, la rapidité d'évolution des techniques et la nécessité de
recruter dans les rangs des exécutants des agents de maîtrise bien préparés à leur rôle, les obligent à
employer une certaine proportion d'ouvrière qualifiées. Nous en avons même entendu un, dont l'entreprise
consacrée à une production de grande série est la plus importance de France pour sa spécialité (près de 2000
salariés à dire qu'il n'en voulait pas d'autres et que cette proportion était chez lui proche de 100%.
Il a été difficile (…) de recueillir des renseignements précis sur les effectifs à former. Absence de stat
sûres. Unanimité autour d'un rapport du Conseil Economique > réduire les effectifs > le nombre d'élèves à
former devrait être le trentième d'un effectif déjà contestable. Tous les professionnels se sont élevés contre le
taux de renouvellement annoncé. Les chiffres qu'ils retirent de leurs expériences vont de sept à douze ans, ce
qui devrait se traduire par un nombre plus élevé d'apprenties.
Quant à l'implantation des sections de formations, il a été reconnu qu'elle devait s'inspirer de celle
des entreprises industrielles. Les sections qui se trouvent à proximité d'une maison importante ou d'un groupe
d'ateliers de spécialités voisines n'ont aucun mal à procurer à leurs élèves un travail en quantité abondante ce
qui est indispensable. Elles peuvent donc être préparées à l'un des sept CAP établis depuis 1952.
Pour celles qui sont environnées d'entreprises de spécialités, parfois très différentes, il a été conclu
que si les débouchés pouvaient justifier plusieurs sections – par epl confection masculin, prêt à porter
féminin, chemiserie, corset – le programme de l'enseignement pratique devrait comporter un tronc commun
axé davantage sur l'acquisition des techniques que sur la confection proprement dite de vêtements d'une
catégorie donnée.
Dans les cas où les débouchés offerts sont trop variés pour absorber les élèves des sections
spécialisées, il a été préconisé l'organisation d'un apprentissage polyvalent sanctionné par un nouveau CAP
actuellement à l'étude. Ce serait ainsi la solution à appliquer lorsque la raison de l'implantation d'un collège
est plus la présence d'enfants en nombre important que celle d'entreprises industrielles. Les élèves formées
pourraient, par la suite, s'adapter à des professions diverses, qu gré des circonstances de leur vie, soit qu'une
entreprise vienn installer un atelier dan sla localité où elles résideront, ou qu'elles changent de résidence.
Elles seraient aussi des facteurs de progrès pour l'artisanat si elles choisissaient cette forme d'activité ou
même des couturières indépendantes ou des ménagères capables d'utiliser pour leur plus grand profit des
techniques modernes.
En ce qui concerne plus particulièrement le prêt à porter féminin, on a pu constater qu'une robe
fabriquée par les procédés les plus perfectionnés employant notamment plusieurs machines spéciales,
présentait les mêmes qualités de « chic » et de soin dans les finitions que le modèle fabriqué à la main en un
temps quatre fois plus long. Le porte parole des industriels de cette spécialité suggéra que le programme
correspondant fasse une plus large place à la couture à la main et au dessin, non par ce qu'il souhaite faire
dessiner des figurines à ses ouvrières ou les faire coudre à la main, mais parce qu'il estime que ces disciplines
sont tout à fait propre sà développer le goût et la représentation spatiale des élèves et que ces qualités
augmentent leur efficacité.

Une place toute spéciale doit être faite à la formation des agents techniques et des techniciens pour
laquelle une section pilote fonctionne au cET condé et au LT de Besançon. Cette formation répond à un
besoin important, mais mal connu des industries qui, devenant importantes par la dimension des entreprises,
rechercheront de plus en plus, dans l'avenir, des collaborateurs capables d'aider la direction à appliquer des
méthodes perfectionnées en occupant des postes de plus en plus nombreux dans les bureaux d'étude bureaux
de méthodes, les services de patronage, d'ordonnancement, de lancement, de contrôle, de comptabilité
industrielle et des emplois de cadres moyens. Le travaux des élèves de cette section expérimentale, dont
certains ont été réalisés au cours d'un stage auquel ont pris part des techniciens du CETIH ont été appréciés
des participants des journées d'étude, industriels et enseignants.
Le recrutement : anciennes élèves de CET ; élèves de second degré moderne ou classique au niveau
de la classe de seconde avec 2 concours différents. Une telle formation ne peut être organisée que dans un
établissement jumelé avec un Collège dans lequel existe une section de confection de façon à permettre aux
futurs agents techniques et techniciens d'appliquer ce que leur auront appris les cours de patronage,
d'organisation du travail, de technologie dans les ateliers où sont formées des ouvrières pour la même
branche d'activité.
(…)
Certaines critiques, enfin ont été formulées à propos des machines équipant les sections traditionnelles. La
machine à coudre à pédale ne devrait plus trouver sa place dans un établissement d'Enseignement technique,
mais on a trop souvent commis l'erreur de la remplacer par des machines familiales, perfectionnées, sans
doute, mais qui devraient être réservées à l'enseignement ménager, étant destinées au travail de la ménagère
et non de la professionnelle, même artisane. Il est établi par les soins du CETIH une liste de machines
construites pour cette activité qui, si elle doit tenir moins de place que jadis dans l'Enseignement technique
ne doit pas, pour autant, être complètement abandonnée.

Septembre-Octobre 1963 : Libération ou asservissement ?

La perfection de l'automatisme ne consiste pas à avoir fixé définitivement un certain enchaînement d'actions
musculaires mais, plutôt, à avoir acquis une liberté plus grande dans le choix des actions musculaires à
enchaîner. La véritable agilité motrice exige l'aptitude à dissocier les syncinésies. Wallon.

Les méthodes d'éducation gestuelle ont été l'objet, dès que l'on a proposé de les appliquer à l'apprentissage,
d'une critique sévère. On a reproché à ceux qui s'en faisaient les propagandistes de vouloir transformer les
apprenties en robots.
Si l'on écarte l'esprit de routine, indigne d'un éducateur et, sans doute, moins répandu qu'on le dit parfois
dans le personnel enseignant, l'origine de cette critique vient, semble-t-il, d'une interprétation exacte de
termes appartement au vocabulaire de la psychologie moderne. Récemment encore nous avons déclenché
une vive réaction parce que nous avions écrit que « l'éducation gestuelle constitue une mise en condition et
tend à assouplir les articulations et à apprendre à concevoir et à réaliser le geste utile, économique, précis
et sûr. » L'expression « mise en condition » avait choqué nos interlocuteurs, elle a mauvaise presse parce que
l'on en a restreint le sens. On y voit une automatisation absolue de l'être humain, à qui l'on donnerait de tels
réflexes conditionnés qu'il perdrait toute indépendance et serait obligé d'agir suivant un mode opératoire qui
lui aurait été inculqué, sans pouvoir le modifier.
Certains procédés, utilisant des machines à enseigner, méritent, sans doute, cette critique. Mais lorsque l'on
se propose d'apprendre à « concevoir le geste » et que l'on fait dans une méthode une large place au contrôle
personnel de l'apprenti, c'est très exactement le contraire d'un asservissement que l'on envisage.
Ce terme « asservissement » est employé par les spécialistes de la cybernétique, cette science des automates.
Une machine est asservie à un programmateur électronique qui lui fera réaliser telle opération au moment
opportun, après qu'un transporteur, asservi au même robot, lui aura présenté la matière dans la position
adéquate. Elle s'arrêtera d'elle-même à la fin du travail ou refusera de l'exécuter si les conditions fixées par le
programme ne sont pas remplies, si l'outil est détérioré, par exemple. (…)
L'éducation gestuelle n'automatise pas les mouvements. Elle apprend à l'apprenti à les dominer, à les associer
et à les dissocier à son gré. Syncénésies : on nomme ainsi des associations d'actions ou de mouvements
impossibles à séparer. Pour ne citer que des mouvements de mains, on observe que très souvent un geste de
l'une entraîne l'autre, qu'une flexion de l'un des doigts de la main ne peut se faire dans que les autres doigts
de la même main fléchissent également. La gymnastique, qui aura donné à l'élève la possibilité de réaliser
n'importe quel mouvement adapté à son travail sans être entravée par ses syncinésies, libère son esprit des
préoccupations qui limitaient son habile
té au début de son apprentissage. Son attention, accaparée d'abord par la forme de ses geste, se trouve
disponible et se porte sur le travail lui-même. Elle adapter, au fur et à mesure, son mode opératoire aux
conditions variables qu'elle observe.
(…) Oserait-on assimiler à un piano mécanique le virtuose, sensible interprète de Chopin, parce qu'il fait,
tous les matins et pendant plusieurs heures, des gammes qui lui permettent de concentrer son attention sur la
pensée du compositeur, sûr qu'il est que ses doigts ne le trahiront pas ?

Nos lecteurs nous écrivent : sur la façon dont ils ont réalisé les cartes préconisées pour l'exercice de
l'éducation tactile ayant une influence sur la concentration > confirmée. Certains ont piqué deux cartes à la
fois mais au bout d'usage, disparition et plus exercices salissent les cartes qui ont un aspect peu engageant,
rebutant les élèves. Meilleurs résultats en découpant les cartes dans matière plastique. Enfin une lectrice a
imaginé un procédé différent. Ayant remarqué que a cope par fusion laissait un boed de la matière coupée
une bacure, un lerger bourrelet rugueux elle a tracé, sur du carton des cartes à l'échelle 5 cad 5 fois plus
grandes que nature. Elle les a ensuite découpées dans du plastique à patrns au moyens de la machine
TEXOGRAPHE, construite pour réduire les patrons aux 1/5.
Reconversion des sections traditionnelles
Comparaison des méthodes de travail adaptées à trois types de production : exposé de Mme WEENS, chef
des travaux au CET rue d'Artois (Lille) au cours des Journées d'études organisées par le CERPET et Acad de
Lille. Exemples 3 manteaux fabriqués en un seul exemplaire sur mesures ou pour une commande spéciale en
petites séries. Choix du manteau car correspond à l'une des fabrications locales auxquelles les élèves sont
préparées. Permet de rassembler un max d'opérations. Manteau bleu réalisé par méthode « couture »
appliquée dans les sections traditionnelles de l'établissement ; Manteau jaune méthode « vêtements petite
série » en usage dans les sections reconversions ; manteau rouge par la méthode industrielle de
« confection » en séries importantes. Permet de considérer les avantages de la méthode confection : durée de
l'exécution cinq fois moindre pour un résultat équivalent, sinon meilleur. Pièces d'études réalisées en 17
minutes par des élèves ayant deux ans d'apprentissage (soit 30 semaines de 40 h dans l'industrie).
En couture : 31 heures pour une pièce entière.
En petite série et en fonction : 15 heures. Dans ces deux dernières techniques, le temps passé à la
préparation : exécution du patron, coupe des tissus, lainage, doublure et toile et préparation d'un essayage
aussi important que le temps de fabrication proprement dit.

Novembre 1963 : Le CAP en 2 ans ?

… La formation des professionnels qualifiés dure en principe 2 ans... (Art 32 décret du 3 août 1963). Il a
d'ailleurs toujours été possible de présenter au CAP des candidats n'ayant que 2 ans d'apprentissage, à
condition qu'ils aient atteint 17 ans, au moment de l'examen. (…) C'étaient toujours les sujets dont le niveau
de culture générale dépassait celui de la plupart des élèves des CET. Si un an de plus d'études générales,
pourquoi pas.
Mais ce recrutement sera-t-il possible ? On en douterait si l'on ne se baisait que sur la situation des dernières
années, bcp d'établissements n'ayant pas pu faire le plein de leurs sections industrielles.
Il reste que les programmes devraient être aménagés en fonction d'un objectif différent de celui pour lequel
ils avaient été établis. Des adolescents plus mûrs et plus instruits peuvent être préparés aux actuelles
épreuves d'enseignement général en bcp moins de temps que ceux qui les ont précédés.(...) il serait utile
d'augmenter la durée des travaux pratiques et de l'enseignement technologique.
Peut-être faudrait-il aussi aménager le programme de l'examen pour qu'il réponde mieux à son titre :
Certification d'aptitudes professionnelles. Il semble qu'il pourrait s'agir moins que dans certains CAP
actuels de prouver que le candidat et la candidate surtout, est capable de tenir immédiatement sa place dans
un atelier de production forcément spécialisé, que de juger de ses possibilités d'adaptation ultérieure à une
gamme de spécialités assez étendues. Nous croyons ceci possible, si l'atelier du CET est bien équipé et bien
alimenté en matière d'oeuvre. On pourrait alors, et d'autant mieux que les élèves y seraient un peu plus
âgées , et donc en moyenne physiquement plus résistances, y accroître l'intensité du travail de façon à les
préparer à devenir des ouvrières rapides et précises quelles que soit, plus tard, la branche de l'industrie dans
laquelle elles trouveront à s'employer.

Décembre 1963 : Vitesse et précision

Les anciennes élèves, devenues, plus tard, professeurs, à leur tour, se souviennent des difficultés que leur a
valu cette méthode, à leur sortie du Collège ou du Lycée et même dans le cas où elles se trouvaient placées
dans un atelier dans lequel on n'attachaiit pas à la répidité de l'exécution l'importance qui est, le plus souvent
de règle maintenant. Il leur a fallu bcp de temps pour se metrte au niveau de camarades, parfois du même
âge, mais dont l'apprentissage s'était fat « sur le tas » dans els compléments de culture générale et technique
qu'il comporte à l'école.
De là vient une opinion péjorative des cadres de l'industrie à l'égard de l'apprentissage scolaire. Elle et moins
répandue aujourd'hui qu'autrefois parce qu'une poportion plus importante des responsables sont passés par
l'enseignement professionnel. C'est le souvenir de leur propre expérience et une certaine solidarité avec des
jeunes ayant suivi la même voie qu'eux qui les incite à l'indulgence, alors qu'au contraire, ceux qui n'avaient
pas bénéficié d'une formation complète craignaient la concurrence future de débutants plus avantagés qu'eux-
mêmes et dont ils sentaient la supériorité potentielle. Ceci entraînait une sourde hostilité et conduisait des
chefs un peu inférieurs à leur fonction à même l'accent sur une infériorité momentanée qu'ils constataient.
(…)
Qui ne comprendrait que cette analyse est, en outre, un exercice agissant sur son intelligence. Il la développe
en l'obligeant à s'appliquer à des pb précis et concrets. L'apprentissage ainsi compris ne forme pas des
exécutantes dotées de réflexe exactement conditionnés mais immuables, mais des ouvrières conscientes,
capables de s'intéresser à leur travail, d'en améliorer elles-mêmes les conditions et les résultats, ce qui doit
les conduire à le dominer et non à le supporter comme une contrainte dont on cherche à s'évader par tous les
moyens.

Janvier 1964 : Les Techniciens

Février 1964 : Evolution des méthodes d'apprentissage


Histoire de l'apprentissage selon Guy Dugas

L'enseignement professionnel et technique cherche ses méthodes et ses objectifs. (… L »histoire) de


l'apprentissage est susceptible d'apporter des arguments à l'appui des thèses qu'il faut encore défendre au
moment où s'élaborent les doctrines dont vivra l'Ecole, au moins pendant quelques années. Contre
l'apprentissage artisanal : contredit l'opinion d'une brochure contre l'apprentissage scolaire. M. Le
POITEVIN prend comme postulat, motivant son opinion, qu'il n'est pas possible d'organiser dans l'atelier
scolaire un travail productif, ajoutant que les organisations professionnelles l'interdisent parce qu'il pourrait
constituer une concurrence déloyale. Ceci est contredit par les faits. On a tellement bien reconnu que le
travail productif étaient indispensable qu'on l'a organisé, au moins dans l'enseignement technique féminin.
Nous avons publié, ici même, un contrat passé entre une Chambre syndicale et un rectorat prévoyant les
modalités de fourniture d'ouvrage à un établissement scolaire public. Sans que cela prenne toujours ue forme
contractuelle, bcp de collège et de lycées ont pu réaliser ce genre de travail, grâce à la compréhension
d'industriels, encore trop peu nbreux, sans doute, mais dont le nbre n'est pas négligeable.
(…) La formation donnée aux jeunes gens doit leur permettre de s'adapter à des techniques, à des conditions
de travail, à l'emploi de matières qui évoluent sans cesse et très vite. Seule une véritable culture technique,
large et largement dispensée, correspond aux conditions économiques actuelles.
Une opinion très différente, mais plus néfaste encore est apparue avec l'industrie moderne. C'est celle qui
tend à détourner les jeunes gens d'un formation technique approfondie, sous le prétexte que la spécialisation
des fonctions dans toutes les parties de l'écon permet une adaptation rapide et un gain immédiat. Il y a
longtemps que sa nocivité a été reconnue. Les crises qui se sont succédées ont prouvé que les OS dormaient
le plus gros contingents de chômeurs, alors que les professionnels qualifiés se reclassaient facilement.

Mars 1964 : L'enseignement par le film, films animés, films fixes

Avril 1964 : Apprendre à travailler ensemble

Il y a un autre point sur lequel, semble-t-il, on n'a pas assez insisté, jusqu'à maintenant, (…) : c'est la forme
communautaire du travail industriel. Si l'on excepte quelques activités ne représentant que des débouchés
peu nombreux : la couture à domicile ou en journées, les artisanats d'art, les petits commerce, partout l'on
trouve un travail d'équipes plus ou moins nombreuses mais à l'intérieur desquelles les exécutantes dépendent
étroitement les unes des autres. (…) Or la majeure partie de l'enseignement reçu par les enfants et les
adolescents est individuelle. (…) c'est pourquoi nous pensons qu'elle doit, dès l'école, apprendre à travailler
avec les autres.
Quoi qu'en pensent certains techniciens de l'organisation pour qui une tarification précise des temps suffit à
régler tous les pb, les réactions mutuelles des individus à l'intérieur d'un groupe ont une influence
considérable sur l'équilibre de celui-ci et, partant sur son rendement, de même que sur la satisfaction et la
fatigue de ceux qui le composent. (…)
Etude de MM Coch et French dans une fabrique américaine de pyjamas : étude des réactions des groupes
d'ouvrières aux changements techniques (La psychologie et les sciences humaines dans l'entreprise Le
Maitour)

Mai 1964 : L'organisation des examens et concours

Dans tous les ordres d'enseignement, la multiplication des examens est une plaie dont on se plaint à juste titre
(…). L'administration de l'Education Nationale cherche à réduire le nbre des examens. Nous pensons – ce
que l'on considérera, peut-être comme la manifestation d'une douce manie – qu'un peu d'organisation, sous
résoudre complètement la difficulté, pourrait améliorer la situation.
(…) Ceci nous a permis de faire quelques observations que nous apportons ici comme une contribution
supplémentaire à cet effort d'organisation d'un enseignement technique, dont nous n'avons plus à redire
l'importance pour les jeunes qu'il arme pour la vie, pour la Nation qui ne peut se laisser distancer dans aucun
domaine, pour les professions à qui il fournit la mdo, les techniciens et les cadres.
Propositions de sujets (Cetih ? Professeurs) : question, corrigé, barème de notation.
Quelles ne fut pas notre surprise, lorsque nous fumes appelés à participer au choix des sujets ete aux
opérations de correction, de constater que plus de 90% de ceux qui étaient parvenus au service compétent ne
comportaient ni l'un ni l'autre. Il en résulte une perte de temps pour les correcteurs et peut-être une
imprécision dans leurs jugements. Ils ne peuvent tous être parfaitement au fait de tous les détails de chaque
spécialité. Apprécier la conformité d'une épreuve avec une réponse type est facile et rapide, chercher soi-
même la réponse la meilleure l'est moins. En outre, lorsqu'un examen ou un concours est organisé dans
plusieurs centres éloignés les uns des autres, si les différents jurys ne sont pas munis d'avance de corrigés et
de barèmes de notation, il peut en résultat que certains candidats soient désavantagés par des interprétations
particulières de certains correcteurs. Enfin, l'établissement d'un corrigé est pour l'auteur d'une question ou
d'un pb un excellent auto-contrôle. Il lui permet de se rendre compte éventuellement que la question est mal
posée, que le pb est insoluble ou que les données en sont incomplètes.

Dans les épreuve pratiques, et, surtout, pour le teste de rapidité qui est de règle pour les CAP. Des industries
de l'habillement, nous avons constaté, parfois, des erreurs dans les temps alloués. Le règlement prévoit que
ceux-ci doivent correspondre à une fois et demi le temps normal d'une ouvrière « travaillant dans les
mêmes conditions ». (…) La durée d'une opération réalisée ainsi est très différentes de celle au même travail
répété pdt plusieurs jours ou plusieurs semaines dans une ambiance habituelle. D'une étude récemment
publiée et concernant les calculs d'accoutumance, il résulte que le temps normal à l'allure 100 n'est, en
moyenne que 70 du temps du premier cycle. Il faut considérer, en plus, que les ouvrières payées au
rendement travaillent souvent à l'allure 125 ou 130. Le temps alloué en application du règlement du CAP
sera donc, couramment de double de celui que l'on peut relever dans un atelier de production.

Juin 1964 : Que faut-il attendre des visites et des stages en usine ? Des modes opératoires ou une
méthode ?

Visite d'une usine avec un groupe de professeur. Reproche d'un directeur technique adressé aux professeurs :
viennent chercher dans l'industrie des modes opératoires, momentanément intéressant sans doute, mais
destinés à être remplacés par d'autres dans un bref délai. Devraient plutôt chercher la méthode qui leur
permettrait de mettre au point, eux-mêmes, les processus adaptés au résultat à obtenir et aux conditions dans
lesquelles s'effectue le travail. Gaston Berger : les élèves « n'auraient pas à vitre dans un monde nouveau,
mais dans un monde mobile » il importe « non de les adapter, mais de les rendre adaptables ».
Plusieurs signes (…) nous donnent à penser que bcp de professeurs, placés devant la nécessité de se
« reconvertir » pensent surtout apprendre un nv métier, alors qu'il faudrait avant tout moderniser la
conception même du travail.
Nous entendons dire : dans la couture on fait telle chose de telle façon, mais dans l confection on la fait de
telle autre. Ce peut être vrai dans certain atelier et à un moment donné, mais ne le sera pas ailleurs, ou au
mêm endroit un peu plus tard, car le mode opératoire doit être remis en question constamment en tenant
compte de toutes les contingences.
(…) Ceci suppose que l'on devra, de préférence, organiser les visites et les stages dans des entreprises, elles
mêmes dégagées de l'esprit de routine et dans lesquelles, des techniciens étudient et remettent constamment
en question les procédés de travail. Peu importe, après tout, les fabrications qui s'y font, et même si elles
mettent en jeu des matières très différentes des étoffes et conduisent à des produits qui ne sont pas des
vêtements. Peu importe même le métier que l'on enseigne aux élèves. Il faut bien un support pratique aux
leçons qui leur sont données et il ne peut être question de les habituer à rechercher une méthode de travail
dans l'abstrait, comme on apprend les mathématiques. Ce qui sera important, et essentiel, c'est qu'elles
deviennent, plus tard, couturières, confectionneuses ou ménagères, et que, devant un travail à réaliser et
connaissent plusieurs techniques qui peuvent lui être appliquées, elles sachent choisir celle qui correspond le
mieux aux conditions dans lesquelles elles se trouvent.
Il faut comprendre que la notion du métier sur laquelle on a vécu pendant des siècles est maintenant
dépassée. Le métier de base, discipline d'enseignement, garde, dans le domaine de l'enseignement
technique, toute sa valeur. Mais, de plus en plus, il tend à s'éloigner de la pratique industrielle. Il ne faudrait
pas, sans doute, qu'il s'en écarte trop et qu'il consiste en l'étude de procédés de travail très différents dans
leur essence de ceux que l'on emploie dans les ateliers de production.
Informations professionnelles
– modification du règlement du BP des Industries de l'Habillement (arrêté du 30 mai 1963 > 3 oct
1959) épreuve de placement de l'annexe 1 devra être exécutée avec un patron réduit fourni aux
candidats. Avantages pour l'organisation de l'examen. Cette technique se répand actuellement dans
les bureaux d'études des entreprises industrielles. Elle est rendue facile et précise par l'emploi de
machines spéciales. Si l'on voulait s'inspirer de ce qui se fait dans l'industrie on était conduit à
demander le placement de plusieurs tailles ce qui impliquant de prévoir une table de plusieurs mètres
de longueur pour chaque candidat. En outre, le jury devait travailler sur des tracés très longs,
difficiles à observer en une seule fois et à comparer entre eux. + consommation de papier. Avec
patrons réduits au cinquième (échelle couramment obtenue par les machines à découper les patrons,
tables d'un mètre par candidat
– utilisation des patrons réduits dans les examens de CAP. Épreuves de placements en Flou industriel,
tailleur industriel, chemiserie lingerie industrielle. Arrêtés du 27 déc 1951 et5 mars 1954 >
n'indiquent pas de grandeurs d'exécution de vêtements pour les patrons. N'interdit ni autorise emploi
de patrons réduits, donc possible sans modification des règlements.

Juillet-Août 1964 : L'organisation future de l'enseignement professionnel du second cycle court


Colloque national de Toulouse du 11 au 13 juin.

L'avenir de la formation professionnelle, intégrée dans une nouvelle organisation de l'enseignement scolaire,
pose qq pb préoccupant les enseignants.
Les textes officiels actuellement publiés n'ont donné que des directives générales et l'incertitude quant aux
modalités d'application subsiste encore. En réalité, les solutions s'élaborent et le colloque réuni à Tlse en juin
devait présenter à ceux qui y avaient été invités des résultats d'expériences et d'enquêtes et leur permettre
d'exprimer des opinions motivées par des pts de vue différents, mais susceptibles d'orienter la recherche des
solutions, conciliant les textes avec les aspirations des enfants et les besoins des professions.
De ces trois journées, il ressort que les CAP seront probablement préparés en deux ans sans difficulté par des
élèves recruté au niveau du BEP. Toutefois l'expérience menée dans l'Acad de Toulouse prouve que celles-ci
se portent de préférence vers certains CAP commerciaux, sociaux et qu'il est très difficile d'en recruter pour
els professions industrielles, du vêtement par exemple. (…)
La majorité des ouvrières viendra sans doute du cycle terminal, cad que leur niveau intellectuel correspondra
à celui de bcp des élèves actuelles de CET dont on constate qu'elles ne peuvent pas dépasser, ni même
souvent atteindre celui du certificat d'Etudes Primaires.
La nécessité d'organiser dans les CET un enseignement adapté aux possibilités d'acquisition de ces jeunes
filles en les préparant à la vie professionnelle est apparue depuis longtemps. Voiloir les conduire au CPA est
d'autant plus inutile que l'industrie n'a besoin que d'une faible proportion d'ouvrière qualifiée du type
classique. Bcp d'enfant quittent d'ailleurs le Collège avnt la fin de leurs études et souvant dès la première
année.
Toutes les industries ont besoin d'ouvrières capables de s'adapter aux changements fréquents et de tenir des
postes différents, plus ou moins nombreux. Leur formation doit s'écarter de plus en plus de celle des
ouvrières qualifiées de l'artisanat, auxquelles on donnait un métier traditionnel et n'évoluant que très
lentement.
Il pourrait être envisagé dans les collèges, deux formations différentes :
L'une d'ouvrières qualifiées pour les élèves capables de la recevoir en deux ou trois années. Elles
correspondrait pour le travail des étoffes, à ce que l'on a appelé « vêtement petite série », cad qu'elle serait
aussi peu spécialisée que possible. Elle donnerait à celles qui l'auraient reçu des possibilités ultérieures de
promotion par un perfectionnement donné dans des Cours de promotion sociale plus nombreux.
L'autre qui réunirait un plus gd nbre d'élèves donnerait en un an une formation qui ne serait pas celle
d'ouvrière spécialisée mais permettrait à celles qui l'auraient reçue de s'adapter à ces postes occupés par 90%
des effectifs des ateliers. Elles recevraient aussi, bien entendu, une formation générale adaptée à leur niveau.
Une telle conception n'est pas expressément prévue dans les textes relatifs à la réforme de l'enseignement
mais n'y est pas, non plus interdite.
Elle correspondrait à l'esprit de la réforme et à celui de la Constitution qui établit le droit au travail. Faute
d'un aménagement correspondant aux besoins des enfants et des industries, besoins qui ne sont pas
contradictoires mais, au contraire, convergents, une proportion de jeunes filles termineraient leur scolarité
sans avoir reçu aucune formation professionnelle. Elles seraient vouées dans les ateliers à une spécialisation
étroite sans possibilité de développement ultérieur. La réforme dont on a dit quelle avait pour but de
démocratiser l'enseignement atteindrait un effet contraire. (…)
C'est l'abandon de la conception du métier, « sac de trucs » a dit un des industriels présents que les
professeurs cherchent à acquérir lorsqu'ils visitent les usines ou y font des stages, alors qu'ils devraient
surtout chercher à y découvrir la méthode qui permet de mettre au point, souvent au jour le jour, les modes
opératoires adaptés. Cette méthode d'ailleurs est parfois formulée et organisée lorsque l'entreprise dispose de
techniciens de l'étude du travail, mais même lorsque des services de préparation n'existent pas, ce sont les
ouvrières qui ont, souvent sans le savoir, une méthode intuitive d'adaptation. C'est cela qu'il faut enseigner et
non des tous-de-mains périmés aussitôt que mis au point.

Septembre-octobre 1964 : Le traceur-coupeur en confection

Dans les métiers traditionnels de l'habillement, le coupeur est un ouvrier hautement qualifié, ayant
commencé par l'apprentissage long et minutieux de toutes les opérations constituant ce que l'on peut appeler
le montage d'une catégorie de vêtement. Il avait acquis, par la suite, les co nécessaires à l'établissement des
patrons pour celle même classe de produits. Il était donc très qualifiés, d'une part, mais d'autre part spécialisé
dans une branche relativement étroite de la production.
Les impératifs de la fabrication industrielle ont modifié ce schéma. D'une part, la nécessité de fabriquer des
vêtements et des sous-vêtements sans qu'il soit possible de les adapter à la conformation personnel du
consommateur a conduit à déterminer des mannequins standards, correspondant à une catégorie de la
population et à produire des vêtements différent aussi peu que possible des mesures normalisées. Le tracé
devait donc devenir d'autant plus précis qu'il allait servir à couper en une seule fois une qualité importante de
pièces et que la spécialisation des postes de montage devait amener l'élimination de presque toutes les
opérations re réglage au moment de l'assemblage.
Le patronnier est devenu un agent technique devant connaître les différentes opérations de la fabrication
mais non nécessairement être habile à les réaliser. L'étendue de la gamme des vêtements produits par
beaucoup d'entreprises industrielles l'oblige, par ailleurs à se spécialiser moins. Il peut, dans une usine de
chemiserie, avoir à construire les patrons, non seulement de chemises et de pyjamas d'hommes et de
garçonnets mais encore de pantalons, de chemisiers, etc. Dans une entreprise de vêtement de travail à
préparer des vêtements pour hommes et pour femmes etc
(…) Le patronnier est un professionnel trop qualifié pour qu'on l'astreigne à ces travaux dont chacun est
simple. On voit donc, de plus en plus, se séparer les deux fonctions : le tracé des patrons, devenant une
fonction du bureau d'études ou de préparation du travail s'exerçant en dehors des exigences temporelles de la
production, la coupe étant décomposée en opérations spécialisées : traçage, matellage, sciage, repérage etc
constituant les premiers maillons de la chaîne ininterrompue de la fabrication.
Formation particulière : plus large qu'une simple spécialisation su rune machine. Une base pour un
perfectionnement. Étendue des connaissances pouvant être acquises au cours d'un apprentissage méthodique
et complet permettrait à ces professionnels d'évoluer sans peine d'une spécialité à une autre du travail des
étoffes.
Formation expérimentale dans un CET de l'Ac de Besançon. Il ne semble pas que cette expérience doive être
reproduite à de nombreux exemplaires, les effectifs des ateliers de coupe n'étant pas très importantes, pas des
débouchés infinis. Matériel important et coûteux. Dans région concentrant des industries de l'habillement.

Novembre 1964 ; Les buts de l'enseignement de la technologie et du dessin industriel

Décembre 1964 : Le titre de technicien breveté peut être obtenu par la promotion sociale

Janvier 1965 : Demain l'an 2000. Nos élèves seront-elles prêtes ? Coudre sans fil et sans aiguille. Une
machine à assembler les tissus grâce aux ultra-sons

Article de Zeitung. Communiquée par une de nos lectrices résidant près de la frontière. (…) En réalité, ce
grand tournant est en avance de quarante ans et déjà amorcé. Toute la question pour qui se consacrent à la
formation de la jeunesse consiste à les préparer, à accueillir et à dominer des innovations transformant peut-
être radicalement le vieux métier. (…) >Toute la question es t de savoir si les ouvrières et, surtout, les
contremaîtresses de 1970 sauront mieux que leurs aînées d'il y a quinze ans tirer pari des machines qu'elles
auront à conduire ou si les constructeurs étrangers de celles-ci considéreront comme alors que notre pays ne
constitue pas un marché pour leur production parce que la md n'est pas capable de les utiliser.
Ceci ne dépend que de nous, enseignants, et même pas, des programmes qui nous seront imposés. Selon que
nous considérons le métier et les techniques qu'il comporte comme un catalogue de recettes devant être
apprises ou comme une discipline éducative, les enfants qui nous sont confiés constitueront plus part une
population sous-développée ou, au contraire, un groupe humain capable de tenir sa place dans le « concert
des nations » et s'assurant ainsi une indépendance que la fortune des armes ne nous a pas toujours garantie
par le passé.

Février 1965 : La productivité

Productivité (d'après rapport du Bureau International du Travail 1957) : rapport entre le produit obtenu et les
ressources utilisées pour l'obtenir. Quantité de produit / quantité de dépenses.

Mars 1965 : La formation professionnelle des adultes

Avril 1965 : La formation professionnelle en Suisse

Mai 1965 : La formation professionnelle et l'enseignement technique au Pays-Bas

Juin 1965 : Reconversions

Il est question, depuis plus de dix ans, de reconversion de l'Enseignement technique féminin. Les premiers
arrêtés créant les CAP des industries de l'habillement sont, en effet, datés de 1951 et ils résultaient de travaux
de la CNPC, commencés longtemps auparavant. Conversion suffit.
On a vu équiper des sections de CA en matériel moderne et cet équipement, depuis qu'ils sont devenus CET
se complète et s'améliore peu à peu. On a vu des professeurs de ces établissements s'informer de différentes
façons plus ou moins heureuses, pour les transmettre à leurs élèves les techniques les plus modernes et en
faire des ouvrières qualifiées accédant après quelques années aux emplois d'agents de maîtrise.
Suivant de peu, dans le temps, qq lycées techniques ont entrepris la formation d'agents techniques
patronnières-gradueuses puis de techniciennes des industries de l'habillement. Il s'agissait pour des
professeurs qui étaient au moment de leur entrée dans l'enseignement des couturières d'élite et qui avaient
enseigné leur métier à de nombreuses promotions d'élèves, de passer du patronnage par moulage au tracé
géométrique des patrons, de la lente fabrication à la main, à l'emploi des machines les plus perfectionnées,
des méthodes traditionnelles de l'artisane à l'organisation scientifique. Nous pouvons dire que cette
conversion a été particulièrement réussie et classe les lycées qui l'ont entreprise au premier rang.
Les chefs de travaux et les professeurs qui l'ont accomplie et qui la poursuivent y ont trouvé une satisfaction
qui n'est pas négligeable. Au lieu de la répétition, année après année des mêmes leçons vite devenues
monotones lorsqu'il s'agissait de transmettre des recettes immuables, elles ont dû elles-même apprendre de
nouvelles méthodes et prendre l'habitude d'évoluer sans cesse ce qui a donné à leur enseignement une vie et
un attrait qu'il perdait à la longue.
Ils ont éprouvé, sans doute, cette déception de constater qu'étant en avance sur l'industrie, dans certaines
régions au moins, celle-ci ne faisait pas aux élèves sorties de leurs mains la place qu'elles pouvaient
légitimement espérer. Ceci d'ailleurs disparaît ; la concentration des entreprises, depuis longtemps considérée
comme inévitable, s'accélère, créant la nécessité d'états-majors organisés autour des dirigeants et ceux-ci
cherchent partout, et même l'étranger les techniciens capables de les constituer. Mais les pays qui nous
entourent n'en ont pas eux-mêmes en excédent. Certains d'ailleurs s'aperçoivent que la formation donnée
dans nos lycée n'a pas d'équivalent chez eux et atteint leurs anciennes élèves. N'était l'obstacle de la langue,
ce mouvement d'exportation prendrait plus d'ampleur.
La troisième « reconversion » a été celle des sections couture en section industries de l'habillement petite
série. Plus importante par le nombre et parce qu'elle ne s'adressait pas à une sélection de professeurs et
d'établissements, mais à la quasi totalité de ceux-ci, sa réussite est moins générale. Elle est excellente dans
certains cas, et les confectionneurs ont trouvé dans les collèges qui l'ont franchement accomplie le
recrutement des ouvrières qualifiées dont ils ont besoin, bien qu'elles ne constituent qu'une partie souvent
faible – de 10 à 50% - de l'effectif de leurs ateliers. Certains professionnels de la couture y voient aussi le
moyen de faire pénétrer dans leurs ateliers des techniques plus modernes.
Mais il faut, hélas, reconnaître que les professeurs de ces étab n'ont pas tous adhéré à ce renouvellement.
Nous en avons vu qui, admis à des stages de reconversion, en recevaient l'enseignement sans enthousiasme,
apparemment décidé à n'en pas tenir compte. Nous en avons vu, par la suite, utiliser d'une façon déplorable
et ne pas apprendre à leurs élèves à s'en servir utilement parce qu'il n'avait pas fait eux-mêmes l'effort
d'adaptation qui leur aurait permis de le maîtrise. Il faudra attendre que ces professeurs aient laissé la place à
de jeunes collègues pour al conversion soit totale.
Nous assistons maintenant au début d'une nouvelle conversion. C'est celle qui applique les dispositions de la
loi portant réforme de l'enseignement prévoyant dans les classes de 4e et 3e du cycle pratique un
enseignement pré-professionnel et une initiation technologique. Elle n'en est qu'aux expériences.
Les prémisses en avaient été peu encourageants. L'Administration cherchait des méthodes. Certains
responsables prenaient une position sans issu, consistant surtout à répudier ce qui s'était fait dans le passé et
cherchant à faire du pré-professionnel qui n'ai aucun rapport avec le professionnel ? On a vu ceux qui ont
étudié plus à fond la question en venir à des conceptions plus pratiques. On a admis, par exple, que pour les
filles, l'assemblage par couture des matières souples pouvait ne pas être un apprentissage professionnelle
mais une initiation aux débouchés multiples : travail ménager, couture, industries diverses mêmes consacrées
à d'autres productions que celles de l'habillement.
Les instructions données aux institutrices préparées à cet enseignement par l'Ecole Normale de Montlignon
sont excellentes. Elles préconisent une étude des machines et des matériaux par des exercices aboutissant à
des objets utilisables réalisés en s'inspirant de la confection. Elles envisagent même l'étude de machines
semi-automatiques et automatiques.
Nous avons vu les résultats obtenus ar une classe expérimentale de 4e après une année de fonctionnement.
Celui-ci a été entouré de conditions favorables : locaux convenables, machines à coudre industrielles d'un
type relativement récent. Les travaux des élèves étaient de bonne qualité mais ils rappelaient ce que l'on avait
vu souvent dans le passé : petits bavoirs, petits tabliers etc. Quant aux méthodes d'exécutions, elles
ressemblaient bcp à celles, bien connues, de la couture familiale» : ourlets bâtis avant leur exécution, travail
à la main plus abondant que les assemblages à la machine. Es élèves ont incontestablement acquis, dans cette
classe, des habitudes de minuties dans l'exécution mais non celle d'utiliser au mieux les possibilités d'une
machine.
Lorsqu'elles seront, plus tard, des mères de famille, elles ne sauront pas se libérer d'un partie importante de
leurs travaux ménagers par l'emploi judicieux des équipement mécaniques qu'elles pourront se procurer. Si
elles doivent travailler hors d eleur foyer ,que ce soit dans le travail des métaux, dans la construction
électrique ou dans la confection, l'adaptation à des emplois plus ou moins spécialisés devra commencer par
leur faire perdre des habitudes de travail lent. Etait-ce bien utile de mettre de nvx titres : initiation pré-
professionnelles, initiation technologique sur ce qui n'est qu'un enseignement ménager traditionnel ?
Nous croyons que, de toute part, on a voulu bine faire, ainsi que les moyens de la réussite ne sont pas encore
tous réunis. Les institutrices chargées des classes que nous avons vues ont bien senti ce qui manquait. Leur
volonté de réussit et leurs compétences pédagogique sont incontestables, mais elles reconnaissent qu'il leur
manque l'expérience du travail industriel. Les instructions ministérielles fixant les conditions de leur
préparation à ce nouvel enseignement prévoient bien des stages dans différents étb industriels, mais des
stages de très courte durée. C'est au moins une année de stage qu'il faudrait pour qu'une institutrice, d'abord
formée à l'analyse du travail et instruite de la technologie par un enseignement spécial dans une Ecole
normale, acquière une connaissance concrète du travail industriel et devienne capable d'y préparer les élèves.
A moins que l'Administration de l'Education nationale, s'aperçoive qu'elle dispose d'excellent PTA à la fois
pédagogues et techniciens, capables après une préparation moins longue d'expérimenter un enseignement
pré-professionnel répondant plus exactement au vœu du législateur de la réforme de l'enseignement.

Juillet-Août 1965 : La formation des agents de maîtrise, des techniciens et des ouvriers de l'Allemagne
fédérale

Septembre-Octobre 1965 : L'enseignement programmé

Novembre 1965 : Gymnastique de pause. Exercices d'assouplissement et de détente

Décembre 1965 : Le test de rapidité au CAP

Janvier 1966 : La formation psychologique des techniciens et leur orientation vers les emplois de
l'industrie

Février 1966 : Les aides audio-visuelles de l'enseignement


Mars 1966 : Penser avec les mains ?

Avril 1966 : Coéducation, interéducation

La rapidité d'évolution des techniques, l'augmentation des effectifs scolaires conduisent à abandonner les
traditions artisanales de formation lente et progressive en vue d'un métier stable immuablement pratiqué
pendant toute une vie. La formation scolaire devient la règle la plus générale, que l'école soit une institution
d'Etat ou qu'elle appartiennent à un organisme privé ou encore qu'elle soit créée au sein de l'entreprise
industrielle. (…) C'est apprendre, en outre, à considérer davantage les résultats d'ensemble que les
performances individuelles, c'est donner le sens de la communauté de travail et préparer à la vie industrielle
souvent encore mal comprise. La coéducation des garçons et des filles va plus loin encore. Elle exige, bien
entendu des précautions particulières et, pas plus que l'interéducation d'élèves d'un même sexe, ne peut se
passer d'une direction et d'une surveillance discrètes sans doute mais attentive. Elle n'est pas sans intérêt à
l'âge des incertitudes et des inquiétudes sexuelles qui semblent plus vives dans l'éducation séparée que dans
la coéducation. On constate surtout une influence réciproque des élèves les uns sur les autres, les garçons
réfrénant leur amour du bruit et des manifestations brutales, alors que les filles abandonnent leur mièvrerie et
leur tendance à compliquer des situations simples.

Mai 1966 : L'Enseignement et la formation professionnelle en G-B

Juin 1966 : La réforme de l'enseignement et l'avenir des CET

Les CET ne prépareraient plus au CAP. Ce diplôme sanctionnerait exclusivement un apprentissage réalisé
sous contrat dans les établissements industriels ou artisanaux. Il est probable que, dans des industries telle
que celles de l'habillement le nbre des candidats au CAP serait très réduit, voire nul.
Brevet d'Enseignement Professionnel : jeunes ouvriers qualifiés immédiatement adaptables (horaire d'atelier
plus important qu'en CAP). CNPC préconise deux BEP : formation préparant aux techniques d'assemblage
des matières souples > ateliers de montage ; formation préparant aux techniques de patronnage, trâçage,
coupe. Sections mixtes, des garçons pouvant être formés notamment en vue des emplois dans les ateliers de
coupe et bureaux d'étude. BEP droit de s'inscrire au BP. Il ne constituerait donc pas une impasse, mais sans
doute, un palier de départ pour des promotions diverses vers les emplois d'agent de maîtrise, agent technique,
prof d'étab. Si la proposition de la CNPC admise les programmes des CAP Industries du Vêtement Petite
Série et Coupeur-patronnier base des deux BEP.
Certificat d'Enseignement Professionnel (formation en moins d'un an). Les postes exigeant une formation du
niveau du CAP ne sont pas les plus nbreux (ouvriers qualifiés du niveau des cat E), au dessus des OS, des
travailleurs effectuant des opérations difficiles et qui doivent être capables de tenir des postes différents,
équipés de machines diverses. Élève qui n'auront pas moins d e16 ans. Formation quasi similaire dans les
centres de FPA : possibilité de rapprocher les deux formations ?

Septembre-octobre 1966 : La pédagogie, aspect particulier des communications

Décembre 1966 : L'exemple

Critique du journal : peu de place au courrier des professeurs. On pourrait adresser à ce journal la critique
d'être rédigé par une toute petite équipe ne représentant qu'un point de vue restreint. On a bien voulu nous
exprimer, de toutes parts et tout récemment encore, l'intérêt que l'on prend à sa lecture et ceci empêche que
notre déception se transforme en découragement, car il nous est parfois venu à l'esprit que nous pourrions
mieux occuper notre temps qu'à continuer une collaboration qui éveille peu d'échos et que nous n'avons
acceptée que parce qu'elle nous été présentée comme un devoir par une haute autorité de l'Enseignement
Technique.
Certaines visites d'étab d'enseignement, le travail effectué par des candidats au cours des examens, leurs
difficultés à s'adapter lors de leur entrée dans l'industrie et, surtout les observations qu'ont pu faire les
instructeurs chargés des sessions d'information offertes aux PTA, tout semble nous prouver que, suivant un
illustre exemple, nous avons prêché dans le désert.
Exemple : importance de l'attitude en atelier comme en classe. Comment obtenir des élèves qu'elles se
tiennent bien, dans leur intérêt, si le professeur, au cours de ses démonstrations, leur donne le mauvais
exemple ?
Janvier 1947 : Les emplois dans le secteur du vêtement. Niveaux de qualification
Exposé présenté au séminaire national d'études et de recherches, concernant certaines formations du second
cycle court, dans le cadre de la réforme de l'enseignement (Paris 16 mai 66).
chiffres par recoupement de documents, datant en général de 64.

Il faut noter qu'une source de recrutement de tous les cadres moyens ayant alimenté largement l'industrie à
ses débuts n'est plus capable de lui fournir les collaborateurs indispensables, l'écart entre les techniques
artisanales et industrielles s'est augmenté au point qu'il y a de moins en moins d'analogie entre la fabrication
d'un vêtement sur mesures et celles d'un même article prêt-à-porter, que l'artisan est en général très difficile à
convertir et que les cadres moyens actuels ayant cette origine devront être remplacés par des agents mieux
capables de participer à l'évolution rapide de l'industrie.

Les effectifs : industrie du vêtement (non compris la bonneterie, les métiers de mesure et de création) = 200
000 salariés. 85% femmes. Cadres supérieurs : 1% (2000) augmentation souhaitable. La complexité des pb
techniques et le niveau où ils se situent l'exigent. Cadres moyens et techniciens : 4% soit 8000 insuffisant > il
semble qu'un fonctionnement correct de l'entreprise demanderait un agent de maîtrise pour 25 ouvriers sans
compter employés dans services fonctionnels. À ce niveau de qualification, le renouvellement du personnel
représente 5% (400 par an). Ouvriers : 87% soit 174 000 dont 10% d'ouvriers qualifiés (17400). Le tx de
renouvellement de la mdo fém élevé : 20% par an > ce qui exige un apport de 3500 ouvriers qualifiés du
niveau du CAP chaque année. Pour les ouvriers de fabrication 31 000 nvx chaque année.

Pour les ouvriers qualifiés la capacité des CET publics et privés largement suffisante. Il existe dans les CET
public 151 sections spécialisées (flou industriel, tailleur industriel, vêtement pour hommes et garçonnets, etc)
et 299 sections « Industries du vêtement petite série ». CAP spécialisés : 2004 candidats reçus en 64. 3 770
reçus au CAP petites séries. Soit au total 5774 ouvrières et ouvriers. Leur qualification, souvent excellente a
été jugée insuffisante dans un certain nbre d cas qui comblent correspondre à des étab où la conversion du
personnel aux techniques industrielles est incomplète. Le nbre des candidats présentés aux CAP après un
apprentissage dans l'industrie est, en général, faible (1% dans la Seine). Pas de CAP coupeurs-patronniers.
64 : 204 candidates reçues au BEI patronnières-gradueuses.

Pour al formation des ouvrières spécialisées (il vaudrait mieux dire ouvriers de fabrication pour ne pas
entraîner une confusion avec les OS des industries transformatrices de métaux).

L'avenir : donner au lycée une culture générale suffisante et un esprit technicien pour les préparer aux
adaptations futures > intégrer des procédés de fabrication encore peu connus : thermo-collage, soudure,
automatisation poussée etc
(…) n point seulement me paraît inquiétant pour l'avenir : le recrutement des élèves pour cette formation
allégée. Il semble qu'un effort d'information soit à faire auprès de tous ceux qui doivent aider les adolescents
à trouver leur voie : enseignants du premier cycle et conseillers d'orientation scolaire et professionnelle.

Février 1967 : L'orientation de la formation professionnelle féminine. La mixité des établissements

Une circulaire du 10 oct 66 de Monsieur le Secrétaire général du Ministère de l'Education Nationale a causé
une certaine émotion dans les CET, comme d'ailleurs, dans les industries employant principalement une md'o
féminine. Le principe qui l'a inspirée nous semble inattaquable. Il s'agit d'ouvrir l'accès à la formation
professionnelle dans des spécialités traditionnellement masculines mais que rien n'interdit vraiment aux
femmes, aux jeunes filles et d'avertir leurs familles des débouchés qu'elles peuvent y trouver ? « mixité »
sous réserve de la réglementation en vigueur sur l'emploi des femmes (art 55 et décret du 19 juillet 58).
Il est certainement salutaire d'orienter des jeunes filles vers des industries où elles peuvent comme ouvrières,
agents techniques, techniciens, et même ingénieurs, trouver des emplois en rapport avec leurs aptitudes.
Nous souhaitons, ici, pouvoir mettre à la disposition des lecteurs du cours féminin le résultat d'expériences
effectuées dans ce sens.
Réserves : « des formations traditionnellement considérées comme « féminines » » (couture et industrie
textile) sans qu'une corrélation nette soit établie entre l'ampleur de ces formations et l'évolution réelle des
possibilités d'emploi dans ces secteurs. Amalgame couture et confection industrielle ?
Récemment, le représentant du Ministre de l'Industrie inaugurant le Salon du Prêt-à-porter féminin félicitait
les industriels de cette branche de leur effort d'exportation en citant la proportion de 14% du chiffre d'affaires
pour les ventes à l'étranger. Pour ceux qui ont la charge de la formation de la jeunesse française, une industrie
qui emploie plus de 200 000 travailleurs répartis de façon assez homogène dans tout le territoire est un
débouché non négligeable. Si l'on cherche à ajuster le nbre des élèves à former aux possibilités d'emploi, il
convient de tenir compte de la rotation très rapide de la mdo féminine : 20 à 25% par an. Un calcul simple
conduit à cette conclusion que ces industries : confection masculine, vêtement féminin, prêt-à-porter,
chemiserie-lingerie, corseterie industrielle et soutien-gorge ont besoin chaque année de 40 000 à 50 000
ouvrières nouvelles.

Cette situation ne paraît pas devoir se modifier sensiblement dans un proche avenir. La commission des
industries de trans du groupe mdo du Ve plan ne prévoit qu'une très légère diminution des effectifs des
industries de l'habillement entre 1965 et 1970 malgré une augmentation importante de la productivité. Celle-
ci en effet doit être absorbée par l'augmentation de la consommation due à l'élévation du pouvoir d'achat, par
l'augmentation des exportations et par la diminution de la production artisanale. CAP 5774. Cela montre que
les débouchés sont loin d'être saturés et que l'avenir des établissements scolaires formant les
confectionneuses n'est pas aussi sombre qu'on le dit souvent.

Quant à la formation, prétendue dépassée qui fait diriger les jeunes filles vers le travail des étoffes, il est
permis d'y voir autre chose qu'une routine injustifiée. Ces matières, par leurs qualités physiques, par l'attrait
esthétique qu'elles ont souvent s'harmonisent mieux que des matières plus rudes à la nature féminine. Et puis,
si la vie professionnelle des femmes est courte, c'est que bcp d'entre elles se sentent attirées par une vocation
réelle vers le plus beau métier du monde, celui de la mère de famille. Ce qu'elles auront acquis au cours de
quelques années 'exercice du métier de dessinateur industriel ou de photographe pourra, sans doute, leur
servir en lui permettant de comprendre la notice d'un appareil électro-ménager ou de faire de belles
photographies de leurs enfants, mais sans aller jusqu'à l'habitude bien dépassée celle-là, de faire à la maison
leurs tabliers d'écoliers, elles pourront, lorsqu'elles auront travaillé dans la confection, se servir habilement
d'une machine à coudre familiale pour réaliser des retouches ou des réparations toujours utiles.

Nous pensons, que les autorités administratives, mieux informées adopteront une attitude différentes vis à vis
des métiers féminins et qu'elles voudront bien demander aux responsables de l'orientation scolaire et
professionnelle de signaler aux jeunes filles que leurs aptitudes ne prédisposent pas à devenir de bonnes
sténo-dactylo ou secrétaires, des techniciennes de l'électronique ou des dessinatrices capables de s'élever plus
haut que la qualification de calqueuse, qu'il existe, entre autres, des industries de l'habillement où elles
pourront accéder à des emplois souvent aussi bien rémunérés que d'autres, surtout lorsqu'elles ont reçu une
formation appropriée.

N'a-t-on pas entendu, récemment, au cours d'un coloque organisé par UN ET Privé, les représentants du
Conseil National du Patronat Fr et de l'UIMM conseiller aux directrices d'écoles présentes d'abandonner les
formations traditionnelles pour se consacrer à celles préparant aux emplois de bureaux !

Mars 1967 : Préparation au métier de chef

Avril 1957 : La réforme de l'enseignement. Le cycle pratique

Mai 1967 : Reconversion de l'enseignement féminine. Exple Belgique

Juin 1967 : Les moyens de perfectionnement de l'enseignement technique coupe-couture en liaison


avec les besoins des industries de la confection

Juillet-Août 1967 : Célestin Freinet et la pédagogie nouvelle (pas photos)

(pour mieux légitimer la couture, enlever tout le socle traditionnel et abstraction sur formation et techniques
de travail)

Septembre-Ocotbre 1967 : L'organisation du travail à l'atelier scolaire et dans l'apprentissage. Qui


doit l'enseigner ?
Aborde rapidement l'adolescence

Le CAP, le futur BEP garantissent-ils que le titulaire est un ouvrier, une ouvrière qualifiés ? Si oui, il faudrait
leur garantir un certain niveau de salaire. Mais le titre même du premier : Certificat d'aptitudes
professionnelles répond déjà. Les élèves qui ont réussi l'examen leur valant le diplôme ont ainsi prouvé
qu'ils avaient profité de l'enseignement qui les y préparait. Ils sont aptes à devenir des professionnels
qualifiés s'ils s'adaptent à un ensemble de conditions de travail qui ne sont plus celles du collège ,mais celle
de l'atelier de production.

Septembre-Octobre 1968 : Le Brevet d'Enseignement Professionnel

Après l'achèvement de la scolarité obligatoire dans une classe de 3e moderne, terminale du cycle pratique,
Section d'Education Professionnelle. Env 16 ans. Formation intellectuelle plus poussée et parfois formation
pré-professionnelle dans le cycle pratique.
Différence entre BEP et CAP : nv diplôme correspond à une formation professionnelle de même niveau que
le CAP qui subsiste comme sanction de l'apprentissage sous contrat, dans l'industrie, mais plus large moins
axée sur une spécialité étroite, s'adaptant mieux à l'évolution des techniques. Meilleures élèves pourrait être
recyclées et admises dans un Lycée pour préparer un diplôme de Technicien Breveté ou Bac de technicien.

Quand à l'activité future des Collèges, une inconnue subsiste : le recrutement difficile depuis qq années pour
les sections industrielles. On estime que 20 des enfants devraient normalement être dirigés vers les sections
d'éducation professionnelle et vers enseignement extra-courts. 320 000 enfants d'une classe d'âge de 800 000
soit 3 fois plus que l'effectif actuel. Il est probable cependant qu'une assez forte proportion d'enfants et de
familles se contenteront de la préformation reçue dans un CET ou section d'Education Professionnelle.

BEP industries de l'habillement et diverses concerne des activités nombreuses produisant des vêtements en
utilisant des matières très diverses etc. le BEP doit à partir d'une année de tronc commun préparer à l'une des
trois options : techniques de montage (conduite, réglage, entretien courant des machines, savoir ligne les
dessins techniques comprendre l'orga du travail), techniques de coupe (établissement de patronnage, tracés
de coupes, emploi, réglage, entretien courant du matériel), techniques d'essayage et retouche (essayage et
choix du vêtement, retouches, conditionnement).
Les épreuves pratiques ne seraient plus de simples exécutions comme dans le CAP mais comporteraient dans
chaque option l'analyse d'une tache conduisant à un pgr d'exécution ou à l'organisation d'un poste de travail.
Exécution porterait sur des opérations exigeant l'emploi de plusieurs machines avec éventualité de réglage de
l'une d'elles et utilisation d'un session technique.

Épreuves écrites et orales : expression française, initiation à la vie professionnelle. Mathématiques et


sciences appliquées (arthm, algèbre, application à la vie écon et soc, géométrie place et dans l'espace,
trigonométrie avec des applications techniques de patronnage notamment ; mécanique, cinématique, chaleur,
énergique, électricité, chimie sur la fabrication des matières synthétiques). Technologie (lecture de dessins
techniques, co des procédés de fabrications, technologie des machines, organisation du travail). Langue
vivante facultative.

Novembre 1968 : Les sections d'éducation professionnelle

L'impossibilité d'accueillir tous les enfants dans des CES qui doivent être des établissements autonomes, a
conduit, au début de 1967 au moment où la scolarité devenait obligatoire jusqu'à 16 ans, à rechercher une
nouvelle formule. Elle a été trouvée par une association entre les groupements ou entreprises professionnels,
industriels, artisanaux, commerciaux, agricoles et des établissements scolaires publics ou privés. Création
des SEP : les enfants inscrits ne sont pas des apprentis mais des élèves d'une école venant recevoir un
enseignement pratique dans les ateliers d'une entreprise. Ils ne doivent pas recevoir un salaire, mais il n'est
pas interdit à la direction de l'entreprise de leur verser un pécule afin de les encourager et de récompenser
leur participation à la production qui est permise mais ne doit pas être prévue que dans le cadre d'une
progression. Doivent en principe y séjourner au max 28h par semaine et recevoir au moins 12h dans l'étab
scolaire.
A plusieurs reprises, les plus hautes autorités de l'EN ont déclaré que cette formation, conçue à l'origine pour
pallier les difficultés rencontrées pour la prolongation de la scolarité, devenait permanente et s'insérait d'un
façon définitive dans notre système scolaire. Effectif total des enfants en SEP 37 000. 1/3 avec insertion
professionnelle. 1/3 insertion familiale. 1/3 sans rien.
SEP préparent à l'admission directe dans la profession dans des postes peu qualifiés, soit apprentissage sous
contrat, soit admission dans CET. Il s'agit pour les enseignants de se libérer de certaines habitudes
professionnelles, de ne plus penser exclusivement à suivre un pgr struct conduisant à un exam, mais de
chercher toutes les occasions de « dévérouiller » les blocages psycho résultat d'une expérience généralement
désastreuse de l'école.

Résultats et critiques crainte de concurrence. Hors de propos dans le cadre de l'habillement : 300 000 salariés
avec fort tx de renouvellement. Il faut 15000 OQ et 45 000 OS supplémentaire chaque année. OR 9500
candidats seulement au CAP. Pb difficulté de donner une formation professionnelle complète dans ateliers
spécialisés. Absentéisme et déception
Avantages cpt : elle permet d'organiser un enseignement plus vivant intéressant les élèves qui rebutent les
abstractions / analyse des méthodes de travail de l'atelier , elles préparent à travailler / rendront plus
supportable la tâche répétitive en les habituant à y associer la réflexion et l'intérêt.

Décembre 1968 : La fourniture d'ouvrage et la liaison Lycée-Collège-Industrie

La fourniture d'ouvrage a toujours constitué un pt-clé dans le fonctionnement des établissements


d'enseignement techniques et professionnel féminins. Elle ne présente pas la même acuité, semble-t-il dans
les établissements masculins encore que le pb existe. Dans certains des métiers qui y sont enseignés, en effet,
les opérations constituant les exercices sont longues et la consommation de matière qu'elles entraînent est
faible si on la ramène au temps passé. Les pièces y sont aussi, souvent traitées en modèles réduits. Par
ailleurs, certains travaux mécanique, de forge, de menuiserie, de bâtiment, être d'électricité peuvent
consommés par l'établissement lui-même pour son entretien, son aménagement et son équipement. (…) Il
n'en est pas de même dans l'enseignement féminin. Le budget des étab ne permettant pas d'acquérir des
quantités de matières d’œuvre assez importantes pour que les élèves puissent travailler autant que devrait le
leur permettre la durée de leur séjour à l'atelier, il a fallu, depuis longtemps rechercher ailleurs des travaux
susceptibles de s'intégrer dans une progression logique. (…) multiplication des contacts entre professionnels
et enseignants : a l'avantage de faire mieux connaître aux professionnels les difficultés de la formation et aux
seconds les besoins de l'industrie. Séminaire en avril 68. 1. industriel fournissait des pièces coupées à un
CET en quantités importantes et permettait l'organisation de lignes de fabrication et l'apprentissage par les
élèves du travail divisé et collectif. Rémunération calculée aux pièces à partir de tickets détachés par
ouvrières de fiches de fabrication fixées sur les paquets de pièces, l'économe du CET les collecte et remet
production contre somme. En outre, l'entreprise constituait a moyen des sommes représentant les charges
sociales qu'elle n'avait pas eu à supporter pour ce travail un pécule remis aux élèves après leur sortie du
collège lorsqu'elles auraient prouvé leur fidélité à l'industrie pour laquelles elles avaient été formées.

Autre initiative : organisation d'un lycée comme une entreprise. Fabrication pour l'établissement lui-même.
Un PTA se montrait très troublé par l'obligation qu'on lui faisait de fournir des bleus de travail à un collège
voisin alors que sa section était consacrée au flou industriel et trouvait dans cette fabrication des difficultés
considérables pour elle « qui était couturière de son métier ».

Janvier 1969 : Le Certificat d'Enseignement Professionnel

Juin 1969 : Les stages dans l'industrie, leur utilité, leur organisation

Mauvaises expériences qui incitent les profs à la réticences. Professionnels souvent surchargés de
responsabilités multiples > tendus vers la solution de pb quotidiens, ils perdent de vue l'intérêt qu'il y a à
préparer l'avenir plus lointain en contribuant à la formation des jeunes. Période de reconversion, bcp de
professeurs ne sont pas familiers avec les réalités d'une industrie dans laquelle ils n'ont jamais travaillé ; ils
n'ont pas su influencer les cadres pour les inciter à accueillir leurs élèves. Difficultés d'évaluation de leurs
niveau : ouvrières en puissance ou future technicienne. Les stages s'amélioreront lorsqu'un gd nbre de
techniciens de l'industries seront passés par la formation des lycées. Les élèves de l'ET trouveront d'anciens
qui seront capables de les guider.

Septembre-octobre 1969 : Pourquoi ?


Novembre 1969 : Forme-t-on trop ou trop peu de techniciens ?
Février 1970 : Le pré-professionnel, ses buts, sa pédagogie

Mars 1970 : Le nouveau règlement du BP des industries de l'habillement

Mai 1970 : Les Conditions d'attribution du CEP

Juin 1970 : Les problèmes actuels de la formation du personnel pour l'industrie de l'habillement

Exposé du 27 avril 1970 organisé par l'Institut provincial d'enseignement technique de Nivelles (présidence :
M de Stexhe, président de la Fédération National des Industries de l'Habillement et de la Confection).

Une conception périmée : le métier. Mutations qu'implique la « civilisation industrielle »

L'artisanat. Les artisans ont été dans le passé un élément de progrès (cf Jacquard, Thimonnier etc). Il faut
maintenant sortir de l'ornière !

L'artisanat ne peut plus être une base de formation. L'industrie, à ses débuts, a hérité de l'artisanat, ses h et
une bonne partie de ses méthodes et il en est resté un préjugé tenace, au moins dans certains secteurs
d'activité. Si les métallurgistes ne croisent plus qu'un ancien maréchal-ferrant fait automatiquement un bon
estampeur ou un ouvrier des traitements thermiques, bcp de confectionneurs pensent encore qu'un tailleur ou
une couturière sont tout naturellement préparés à diriger une équipe d'ouvrières dans une fabrique de
vêtements. Ces conversions pouvaient être utiles au moment où se constituaient des entreprises industrielles.
A cette époque, il n'existait aucune formation organisée pour ces nouvelles professions. Au contraire,
l'apprentissage des métiers artisanaux fournissait un nbre excessif de professionnels trouvant de moins en
moins à s'employer dans le métier qu'on leur avait enseigné. La majorité d'entre eux ont cru en trouver un
nouveau, différent du premier par certaines des techniques appliquées, mais tout autant défini, alors que le
propre de l'industrie est d'utiliser un univers d'outils illimité, non clos. Elle doit s'organiser pour choisir les
meilleurs et en tirer le meilleur parti, parfois choisir le produit à fabriquer en fonction de l'outillage dont elle
dispose, pour l'amortir et non s'inspirer d'une réglementation préétablie. L'expérience nous prouve que bcp de
ceux qu'elle a intégrés, après qu'ils eussent été préparés à l'exercice d'un métier artisanal, freinent son
évolution, pourtant nécessaire.

Si l'artisanat peut et doit survivre, ne serait-ce que parce qu'il offre une situation satisfaisant une aspiration à
l'indépendance, fréquence chez les humains, à partir d'un certain age, il ne peut le faire qu'en évoluant lui-
même. Il est battu d'avance s'il cherche à concurrencer l'industrie, mais il est gagnant s'il fait ce qu'elle ne
peut faire et s'il la seconde en sous-traitant des fabrications fragmentaires difficiles à intégrer dans un
ensemble toujours un peu lourd. Mais il ne peut constituer une base de formation technique et il semble
opportun que l'Enseignement technique s'en persuade.

Une aristocratie de techniciens. Dans le monde industriel, une tendance anti-démocratique, une classe de
techniciens se considérant comme une élite. '…)

Décembre 1970

L'organisation du travail dans la préparation du Brevet d'Etudes Professionnelles industrielles de


l'habillement et diverses

Adaptation de l'opérateur à son poste de travail. Le BEP ouvre des débouchés dans les activités transformant
des tissus en produits finis, vêtements mais aussi autres objets utiles.
Linge de table et de maison, parapluie, parachutes, chapeaux, cravates et écharpes, garnitures d'automobiles,
dessus de lit, rideaux matelas coussins, vêtements de poupées, jouets en peluche, toiles de tente, bâches pour
véhicule, sacs de campement, chaussures de toile.

La préparation du BEP n'est pas un apprentissage tel qu'on le fait chez une couturière, un tailleur ou un
magasin de vente au détail. C'est une formation générale qui doit préparer l'élève à s'adapter à des postes de
travail divers. Ceci lui permet d'évoluer dans une entreprise ou de changer d'employeur en cas de besoin et
s'il a l'ambition d'accéder à des emplois supérieurs.

L'étude de l'organisation peut être le départ d'une formation permanente dont il est superflu de dire à quelle
point elle est nécessaire.

Février 1971

Accord national interprofessionnel du 9 juillet 1970 sur la formation et le perfectionnement professionnels

Avril 1971

L'adaptation à la production des anciennes élèves des collèges


Conseils pour l'accueil des élèves des CET placés en stage dans les entreprises
Projets de programme d'adaptation à l'industrie des futures ouvrières ayant le CAP

Mai 1971

Les CAP des industries de l'habillement se justifient-ils encore ?

Juin 1971

Les « complexes » des jeunes

Juillet-septembre 1971

L'agression. Et les élèves dira-t-on, comment utiliser une agressivité trop évidente, dont tout le monde se
plaint ? (…) Il est certes difficile d'orienter notre Éducation nationale, énorme entreprise active, certes, mais
difficile à assouplir, vers une réforme qui ne serait plus institutionnelle comme celle que nous vivons
maintenant, mais « organisationnelle ». Pourtant nous croyons bien que le véritable rôle de l'école n'est pas
de pure conservation mais de construction et que, si elle parvient à le remplir, elle donnera mieux qu'un cadre
à l'agressivité de la génération qu'elle prépare : un objectif générateur d'une société meilleure.

Novembre 1971

Quatre lois importantes

Mars 1972

Révolution culturelle ? Prise en compte des techniques dans la définition de la culture. Faire acquérir une
tournure scientifique ne signifie pas que l'on cherchera à faire de tous les humains de demain des savants au
cerveau bourré d'une multitude de connaissances, ce qui serait, on le sait du reste, impossible à tous et
particulièrement aux moins doués dont la proportion dans la population ne paraît pas en voie de diminution.
C'est apprendre à observer des phénomènes, à les analyser et à agir sur eux, non en fonction de recettes
apprises, ais en raisonnant des méthodes.

Avril 1972

Les enseignants, particulièrement ceux qui exercent dans les CET et encore plus ceux qui sont affectés aux
classes pratiques des CES ou dans les étab accueillant les handicapés, savent bien qu'une proportion non
négligeable de leurs élèves ne pourront jamais, en raison de leur niveau intellectuel, accéder à une telle
qualification. Pour ceux-ci, les emplois d'ouvriers spécialisés constituent un heureux débouché.

Octobre 1972

L'orientation vers les formations technologique, professionnelle et l'apprentissage


Novembre 1972

La formation technologique est-elle préjudiciable à vos enfants ?


Janvier 1973

Actualisation des connaissances et recyclage

Juillet 1973

La réforme de l'apprentissage

(déc 73) DUGAS, Conseiller de l'Enseignement technologique

Janvier 1974

Apprentissage ?

Fédération des anciens élèves des Enseignements techniques et professionnels

Juin 1974

Le retour au travail des femmes de 30 à 40 ans

Novembre 1974

A quoi servent les examens ?

Décembre 1974

La mise en ordre des CAP des industries de l'habillement

Avril 1975

Contrôle de la formation par unités capitalisables

mai 1975

juillet 1975

Sur le projet HABY

Vous aimerez peut-être aussi