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Tremblay Marie Andree

L'atelier aborde les enjeux éthiques liés à la demande de mourir en fin de vie, en mettant l'accent sur la souffrance des soignants et les valeurs qui influencent leurs décisions. Il vise à aider les participants à reconnaître et à gérer leur malaise face à ces situations, tout en identifiant des stratégies pour améliorer l'accompagnement des patients. La réflexion éthique est essentielle pour naviguer dans ces dilemmes complexes et offrir un soutien approprié aux personnes en fin de vie.

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HIND ABOUZAHIR
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Tremblay Marie Andree

L'atelier aborde les enjeux éthiques liés à la demande de mourir en fin de vie, en mettant l'accent sur la souffrance des soignants et les valeurs qui influencent leurs décisions. Il vise à aider les participants à reconnaître et à gérer leur malaise face à ces situations, tout en identifiant des stratégies pour améliorer l'accompagnement des patients. La réflexion éthique est essentielle pour naviguer dans ces dilemmes complexes et offrir un soutien approprié aux personnes en fin de vie.

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« Quand la demande de mourir me questionne…

réflexion éthique»

Le pouvoir
d’ accompagner
ensemble… quand la
demande de mourir nous
fait souffrir

Marie Andrée Tremblay,


Ph. D. volet éthique, M. Sc. Inf. chargée de cours UQAC, coresponsable programme Md. Saguenay et professeure
associée de U Sherbrooke, présidente CREC, présidente CLEC.
Plan de l’atelier

 Introduction
 Enjeux éthiques
 Objectifs
 La mort
 La souffrance
 La souffrance et la détresse du soignant
 Modes de réactions à la souffrance du soignant
 Stratégies appropriées pour améliorer l’efficacité des interventions
 Mieux comprendre le choix de mourir

Je n’ai aucun conflit d’intérêt réels ou potentiel


en lien avec le contenu de cette présentation
Prologue
En contexte de fin de vie les intervenants:
 sont régulièrement mis en face de situations dramatiques et complexes
qui ne peuvent que le reporter à leur propre vulnérabilité.
 peuvent vivre des situations conflictuelles qui mettent nettement en jeu
leurs valeurs personnelles, professionnelles et organisationnelles.
 différents facteurs pouvant créer des tensions

Une prise de conscience d’une possible détresse éthique qu’ils vivent et


une réflexion éthique demeure indispensable pour faire les meilleurs choix
possible respectant diverses valeurs en jeu dans chaque situation unique.

Une loi peut-elle seule prescrire toutes les normes éthiques?


Pouvons-nous uniquement suivre un code, des normes, sans
considération de notre conscience éthique?
Objectifs de l’atelier

Les lourdes charges émotionnelles dont sont porteuses l'accompagnent
en regard de les demandes en contexte de fin de vie et la souffrance
qu’elles peuvent générer, constituent un domaine de réflexion et de
recherche dont la pertinence n’est plus à justifier et pour lequel des
conditions et des moyens doivent être mobilisés. Aussi, dans cet atelier
les participantes pourront:

 Reconnaître les différents enjeux et valeurs qui conduisent à donner


à leur responsabilité comme soignant un sens plus large que les
codes et normes auxquels ils sont soumis, ainsi qu’aux habiletés
exigées par le statut qu’ils occupent.
 Reconnaître l’état de malaise face à ce choix, pour mieux
accompagner les personnes en fin de vie et leur famille.
 Identifier des stratégies appropriées pour améliorer l’efficacité des
interventions auprès de personnes qui font le choix de mourir et
ainsi diminuer la souffrance qui y est associée.
Enjeux éthiques: les acteurs


 La personne
 Le soignant
Ce qui m'effraie ce
 La relation n’est pas
 La famille l’oppression des
 Le message méchants; c’est
 La société l’indifférence des
bons.
 La politique
 L’économie Martin Luther King
 Les intervenants (équipe
interdisciplinaire)

Quelle est la première
pensée, ou émotion qui
surgirait devant une
demande qui viendrait en
contradiction avec vos
valeurs provenant d’un
proche, d’un patient?
Janus symbole de la vie et de la mort
Une partie de la
réponse origine
du sens que l’on
donne à la mort?

Notre interprétation de la mort varie en fonction de plusieurs


dimensions :
la nature, la culture, la religion, l’écologique, la philosophique , la
société, la politique,…

Un jour, nous devons mourir. Mais tous les autres jours , nous devons être vivants.
Olov Enquist
Les dimensions de la mort

 Biologique: arrêt de la communication avec les autres, avec la vie.
 Religieuses: MUSULMAN; passage, étape, vie continue, volonté de Dieu.
JUDAÏSME; passage, réalise la volonté de Dieu. PROTESTANT; normale,
remise dans la main de Dieu. CATHOLIQUE; résurrection, jugement
dernier. BOUDDHISME; karma, libération complète
 Culturelles: vision négative (mourir, c’est souffrir, survient toujours trop
tôt). Inachèvement, vide, rituel, lieu change,
 Sociale; Juridique: loi 2, projet de loi C 14(débats juridiques et législatifs)
 Psychologique: culpabilité des survivants, aliénation du soi, isolement,
solitude, peur. Nos interprétations de la mort proviennent; culture, valeurs,
époque, lieu. La difficulté est de l ’ordre de l ’affectif. À proximité de la mort
= vie une crise = évaluer nos expériences …en fonction des buts, si ok,
calme…(Érikson)
 Politique: identité, souvenir, justification (guerre, terrorisme, cyclisme)
 Philosophique: sens
La mort dans la nature
 La vie est une maladie mortelle
qui se transmet sexuellement 
 Il y a mort lorsque le matériel
génétique n’est plus responsable
de l’évolution de la cellule
 La mort est une étape absolument
nécessaire pour la biosphère
 Le vieillissement un luxe parce
que notre espèce nous protège des
prédateurs (ADN – longévité
programmé – phénomène du
vieillissement)
Mort médicalisé.
Antiquité Médecine curative ne peut plus
Grecque romaine prolonger la vie qui n’a pas de
suicide euthanasie Socrate prix va tout faire.
accepté Mort rapide et sans effort.
Autre lieu
Rêve mort sans douleur,
changement instantanée et inconsciente.
d’existence Mort libre et autonome.
Platon
Ne craint pas la Maitrise de ses choix testament de
Transmigration
mort fin de vie, niveau de soins,
des âmes mandat d’inaptitude, directives
La mort libère préalables.
l’âme Mort naturelle à la maison.
Demande respect du processus de
Baroque XVII-XVIII la mort, acharnement
Moyen Âge IV_XIV MORT BOURGEOISE thérapeutique, paternalisme
DANSE DES Valeur sociale vieillesse médical, démédicalisation
MORTS Prévient/guérit/prolonge la Mort accompagnée et demandée
Décision externe vie. Égalité devant la mort
Corps/personne
loi 2.
En contexte de douleur
insupportable
Renaissance XIV-XVII
DANSE MACABRE
Apprend l’art de mourir;
guérir ou adoucir la mort
confréries
La mort
MYSTÈRE PROBLÈME
quelque chose ou je Quelque chose que je rencontre,
me trouve engagée, qui barre la route, se pose du
du coté de l’être de coté de l’avoir, du vérifiable.
l’invérifiable. C’est le Malade: un cas, se sent exclu de
climat de mystère la vie…se voit comme un
qu’entoure ce malade fardeau pour son entourage. Son
qui permet à sa désir est d’échapper à cette
volonté de se condition, s’il dit vouloir vivre,
manifestée, et d’être c’est en espérant une présence
respectée, la compatissante et éclairante de
compassion est alors la vie.
possible.
Facteurs de déni de la mort


 Perte des valeurs traditionnelles, singulières d’ordre religieux et qui
ne sont pas remplacer par d’autres.
 Individualisme exacerbé.
 Neutralité affective, interdiction ou impossibilité d’exprimer ses
émotions.
 Développement de l’urbanisme et ses conséquences…, famille
nucléaire.
 Les technosciences.
 La société actuelle volontiers mortifère, génère mort rôdeuse,
insaisissable, médicalisée, programmée, bureaucratisée, médiatisée
(offerte en image à tous) et que l’on marchandise (services
funéraires, vente d’organes de sang…)
 Activités mortifères.
 Rites funéraires changent parfois disparaissent.
On peut se demander

Quels peuvent être les


impacts possible lors
d’une demande qui
entre en conflit avec
mes valeurs comme
intervenant?
Impacts possibles lors d’une demande qui entre
en conflit avec les valeurs de l’intervenant

 exposé à la souffrance (neurones miroirs), voir souffrir fait



souffrir, (subit des sollicitations mentales, affectives, émotionnelles, parfois intenses).
 comme humain le place devant sa souffrance, sa mort,
questionnement sur le sens…
 les ressources humaines , matérielles sont souvent manquantes,
les demandes de plus en plus complexes, parfois en manque de
repères et de dialogue pour exprimer ses difficultés, ses
doutes… par conséquent l’épuisement professionnel est souvent
la seule réponse aux problèmes vécus (usure de compassion).
 a à répondre à des demandes d’information, d’accompagnement
en regard de l’aide médicale à mourir (agent de la vie…agent de
la mort)

Ajustements éventuels à faire dans l’approche… Soigner


requiert un engagement éthique qui doit se vivre et s’exprimer.
Comprendre le sens des valeurs dans notre agir

Dans le domaine des soins


Principales valeurs en
palliatifs, si l’intervenant avait la jeux
possibilité de réfléchir sur ses
valeurs personnelles et sur leurs Dignité
Autonomie
conséquences, son intervention Qualité de vie
en serait meilleure ; il donnerait Qualité de fin de vie
alors un sens à sa pratique et Accompagnement
pourrait ainsi adopter des
stratégies plus appropriées.
Tremblay, M. A. (2018, 2011)
La dignité
Valeur absolue accordée à l’homme en sa singularité (déclaration
universelle des droits de l’homme, 1948); en provoquant la mort

estimons-nous que la personne a perdu sa dignité?

La reconnaissance de la dignité dépend de celle des intervenants,


des proches et du patient

 Mourir sans souffrir… sans prolongement indûment de la vie,


de la mort… souffrances atroces… dépersonnalisation de la
mort.
 Pas être seul, mais entouré, consolé, encouragé et supporté .
 Être mieux informé et prendre les décisions en ce qui le
concerne;
 Exige des professionnels respect, sensibilité, collaboration,
concertation, compassion.
« Pour mourir dans dignité
l’individu doit se réapproprier
sa propre mort »

Autonomie

Choisir sa mort est-


ce un droit?
Qualité de vie Qualité fin de vie

 Devenu un critère de décision


dans les soins de santé et services
sociaux:
 Comme personne:
o ne pas prolonger inutilement la fin
de vie
o ne pas être un fardeau pour la
famille
 Qualité de vie : est reliée o relations satisfaisantes avec les
« mort digne »; proches
 Se définit selon les critères o garder un certain contrôle sur les
de la personne malade. décisions de fin de vie
 On ne s’en remet plus de o respect de ses volontés
façon systématique au Comme intervenant:
médecin. o respect de mes valeurs; de ma
 Contrôle adéquat: pratique, conditions de travail
douleur/symptômes La loi 2:
 Droit à des soins palliatifs et o souffrance intolérable, fin de vie et
personne apte
de fin de vie Projet de loi C 14 à venir
Accompagnement


 « …C’est suivre pas à pas celui qui va mourir
en lui permettent d’accéder à ce qui, pour lui,
est le mieux. Avec la confiance absolue que sa
manière de mourir est la bonne pour lui
puisque c’est la sienne » Marie de Hennezel
 « C’est essentiellement s’engager dans une
relation interpersonnelle avec un autre être
humain. Et à ce titre nous abordons cette
relation avec l’expérience humaine que nous
avons accumulée jusqu’ici, avec tous les
apprentissages que nous avons faits, sur ce que
cela implique de se retrouver en vérité face à
quelqu’un d’autre. » J.L. Hétu. « Psychologie du mourir et du
deuil » Méridien, Montréal. P.117-119
Devant la
souffrance de
quelqu'un
(proche/patient)
quelles sont mes
manières d’y faire
face ?
De résister ?

Affect qui ouvre à la réflexion. (Ricoeur)


Si nous voulons
côtoyer la
souffrance, il
faut prendre
conscience de
nos propres
souffrances et
les accepter.

Agents stressants : organisationnels, professionnels, émotionnels


Langlois, L.,2015 21
Constats concernant la souffrance

 « La souffrance devient intolérable quand le fait de souffrir isole, quand il
exclut, quand il coupe de soi, des autres et de notre humanité. (…) Nous
vivons dans une société ayant tendance à isoler les personnes qui souffrent,
une société qui tolère mal la souffrance, qui en a peur … Le rapport
individuel et collectif, les attitudes que nous entretenons face à la souffrance
sont tels que, le plus souvent, ils ajoutent à notre souffrance plutôt que de
l’apaiser. (…) Dans tous les cas, on a peur et on essaye de la fuir. (Joubert, N.
(2004). La souffrance des autres)

 «Les recherches indiquent que la douleur et la souffrance compromettent nos


habiletés à effectuer des choix rationnels ». (Mishara, B. (2006). L’euthanasie et le
suicide assisté : un choix individuel ou collectif, Institut Santé et société de l’UQAM, conférence.)
Souffrance: définition

“état affectif et cognitif complexe, caractérisé par la sensation
d’être menacé dans son intégrité, par un sentiment
d’impuissance ressenti face à cette menace et par l’épuisement
des ressources personnelles et psychosociales qui permettent de
l’affronter. Il s’agit ultimement de cette capacité à trouver le sens
de ce qui est vécu”. Chapman et Gavin (2002)
Psychique : liée à des facteurs de stress (surcharge de travail, monotonie, conflits
interpersonnels, agressions verbales, absence de reconnaissance, excès de responsabilité).
Morale: conflits de devoirs, questionnement ce qui est bon ou mauvais, exécute des actes
dont ne partage pas la visée.
Éthique: altération de notre relation à la vie, notre manière d’être. Questionnement sur le
sens de notre travail, . (N’a plus le sentiment de s’accomplir comme personne et comme
professionnel) 23
Émotions et souffrance possible
chez intervenant

 Exigences personnelles, côtoyer mort souvent,
conflits de valeurs. Impossibilité de gérer ses
émotions, incertitudes, isolement, stress
(productivité\d’efficacité\multiculturalisme
\individualiste\peur\impuissance).
 Espérance de vie prolongée.
 Culture organisationnelle\du soin; le pouvoir ou
manque de pouvoir d’agir
 Pénurie des ressources; difficulté d’agir dans le sens
des valeur.
 Manque de formation, de soutien, de temps.
 Isolement, travail en silo; communication inefficace.

 Facteurs de stress en soins palliatifs (Langlois, l. et coll., 2015) :


Organisationnels, professionnels et émotionnels.
Effets de la souffrance.
Borris, 2013


 Détresse morale initiale:
frustrations, anxiété, culpabilité,
déséquilibre psychologique,
atteinte à l’intégrité.

 Détresse réactionnelle:
cauchemars, insomnie, éprouve
des réactions physiques
(palpitations, diarrhées, maux de
tête). Peut se sentir dévalorisée
et insatisfaite, dépression. (Au travail
dépression et épuisement professionnel peuvent
entrainer changement d’affectation et même abandon
de la profession)

25
La maladie de l’intervenant
L’usure de compassion, le stress par compassion


 Guette toutes les personnes qui sont souvent en contact avec la souffrance d’autrui.
 Manifestation: apparition épuisement généralisé, mais subtil provoqué par
l’accumulation et la répétition de paroles, de gestes ou d’attitudes de sollicitude
envers des personnes.
 L’épuisement se produit insidieusement. On emploie parfois les mots
« dépersonnalisation » et « déshumanisation » pour décrire ce qui survient à
l’individu, comme s’il perdait, pour quelque temps, une part de lui-même.
 Peu à peu, il déploie une énergie grandissante pour accomplir son travail, sans
toutefois en obtenir de satisfaction.
 Les frustrations s’accumulent et le cynisme augmente. La concentration est de plus
en plus difficile à obtenir.
 Pour corriger une telle situation, l’intervenant opte souvent pour un investissement
encore plus grand dans son travail, jusqu’à l’épuisement.
 Le déni est typique de l’épuisement professionnel, ce dernier étant souvent vécu
comme un aveu d’échec.
Quels sont
les moyens
que je
connais
pour
prendre soin
de ma
souffrance ?
« Chaque personne contribue
à créer une réponse signifiante
à une question initiale…
solution coélaborées par le
groupe » Somerville, M. 1999
et « signifiante aux yeux de
chacun ».
Campeau,L.Jutras,Y.2004

L’épuisement professionnel « est une maladie de l’âme,


en deuil de son idéal ». Freunberger
Stratégies appropriées pour améliorer
l’efficacité des interventions


 La prudence
 L’autorégulation rend compte de la responsabilisation de l’intervenant dans
le choix et du respect des valeurs qu’il privilégie dans sa pratique, ce qui
nécessite (engagement personnel, la réflexion sur ce qu’il vit, les enjeux, en parler, la
raison)
 L’agir éthique. Questionnement éthique incite à interpréter, à actualiser et
à conceptualiser nos valeurs. Une réflexion sur les valeurs est
indispensable à une meilleure connaissance de soi et des autres, ainsi qu’à
une prise de décision éclairée.
 L’autothérapie, (soin que nous prenons de notre personne, à la prévention
des problèmes éventuels ou à la résolution des problèmes actuels).
 L’autodéveloppement : prise de conscience de la réalité d’une personne et de
la prise en charge de sa destinée : formation; dialogue; pairs; consultions
comité d’éthique clinique (hétérorégulation).
 Consultation GIS, Comité d’éthique, PAE, Collègues
Modes de réactions

La non-acceptation/L’acceptation

 Capacité des personnes à clarifier leur situation et à lui trouver


un sens positif, de même que par la force du soutien expressif
qu’elles reçoivent. (Béfékadu, 1999)

 L’être humain est vulnérable et la souffrance est un aspect


intrinsèque de la condition humaine. (Bouddhisme)

 Se centrer sur le moment présent = modifications cognitives et


comportementales (ACT, thérapie acceptation et engagement)

30
Face à la souffrance…
la recherche de sens


Nous avons l’opportunité d’accéder à notre
intériorités’effectue à travers des actions qui permettent
d’atténuer ce sentiment d’impuissance ou de diminuer
la menace à l’intégrité de la personne, ce qui permet le
plus souvent de restaurer le sens

La souffrance est en rapport avec le pouvoir qu’a la


personne de donner un sens à la vie, de forger l’unité de
son histoire, de produire et de maîtriser des tâches de se
définir des règles morales. (Rawlinson 1986)

31
La souffrance,
élément lié à toute croissance

 Croître, c’est perdre un état donné pour accéder à un
nouveau, comme; naître, aimer, grandir…
 La souffrance est le signe d’une perte, qui est justifiée
si on accède à la vérité de la personne.
 Déchirure et souffrance sont acceptée pour une vie
meilleure.
 Elle peut être vécu aussi en solidarité, rôle
d’information, indique l’injustice et l’effort… cela se
fait par réflexion et compassion active et résolue
32
Quel sens
donner à ma
souffrance si
vécue comme
une perte ?
Constats

 Société = supporte (endure) peu la souffrance
 Elle veut favoriser chez la personne un certain contrôle sur ses décisions de fin
de vie et encourager le respect de ses volontés (société vieillissante, coûts
système de santé/services sociaux…)
 Si je juge que je n’ai plus de dignité, ainsi que les autres…
 La décision = pas un simple résultat mathématique et/ou de critères (qualité
de vie /quantité).
 L'aide médicale à mourir comme réponse à la souffrance: mourir = solution =
effets sur la société et la conception des soins et services de santé (mourir = un
soin…)
 Projet de loi C 14: Questions à répondre: nuances et directives anticipées et
demande de mourir en cas perte de capacité, personnes dépressives, enfants
(14 ans), souffrances persistances et intolérables, uniformité au canada…
Stratégies suggérées

 L’intervenant est lui aussi un être qui souffre et qui vit des émotions. Pour
être en mesure d’apporter une aide adéquate, il doit avoir réfléchi sur son agir.
Une introspection sérieuse lui permettra de mieux se comprendre et d’utiliser
ainsi des mécanismes d’adaptation conformes aux différentes situations qui se
présentent. L’éthique commence quand la prise de conscience de la souffrance
existentielle, (morale) s’effectue.
 Par le questionnement et le dialogue, l’éthique peut permettre de choisir le
meilleur agir dans cette situation et ainsi en assumer la décision et la
responsabilité de ses actes.
 Toutefois comprendre n’est pas suffisant, il faut pouvoir s’exprimer et
apprendre à vivre avec ses choix en fonction des valeurs privilégiées.
 Enfin, quel que soit le motif d’une intervention, il est important d’accorder
une attention particulière à la qualité de la relation établit avec l’autre.
 Comme individu libre, l’intervenant est responsable de son agir, ce qui
présuppose une réflexion sur les valeurs qui orientent son action.
Processus de deuil\perte

Mieux comprendre le choix de
mourir

 Le choix éthique repose toujours sur le sujet c’est donc, dans la
conscience du sujet éthique que se pose la question de la responsabilité
éthique de ses choix. La conscience individuelle (délibération
individuelle)

 Mais les choix humains dépendent aussi des contextes dans lesquels ils
se font et surtout dans les cadres organisationnels qui gouvernent les
conduites. La conscience professionnelle (discussion
interdisciplinaire), parfois le débat public.

 L’éthique concerne le choix, l’articulation et la justification des


normes et des valeurs qui encadrent et inspirent l’action. Une science
de l’action et de la décision. Elle dépend donc de l’individu, mais aussi
de la place et de la forme de l’éthique dans les différentes organisations.
L’éthique

 « … c'est pouvoir faire varier la réalité dans un sens que l'on n’a pas
prévu, pour une personne singulière face à une situation particulière.
Cela lui a apporté beaucoup sans doute, et cela ne nous a rien enlevé ».
Vallejo, M. C. (2014)

 La qualité de la relation est une promesse de présence et d'attention,


même s’il n’y a pas d'espoir de guérison. La sensibilité éthique du
soignant est une promesse de soin juste.

 « Toute vie humaine fait intervenir un dialogue continu entre ce qui


pourrait être et ce qui est. Un mélange subtil de croyance, de savoir
d'imagination construit devant nos yeux l’image sans cesse modifiée
du possible (…). C’est sur ce possible que nous modelons notre
comportement et nos actions. » Jacob, F. (1981). Le jeu des possibles. Paris, fayard
p. 10-11
L’éthique pas juste une affaire de
conscience individuelle

 Le choix éthique repose toujours sur le sujet c’est donc, dans la
conscience du sujet éthique que se pose la question de la responsabilité
éthique de ses choix. La conscience individuelle (délibération
individuelle)

 Mais les choix humains dépendent aussi des contextes dans lesquels ils
se font et surtout dans les cadres organisationnels qui gouvernent les
conduites. La conscience professionnelle (discussion
interdisciplinaire), parfois le débat public.

 L’éthique concerne le choix, l’articulation et la justification des


normes et des valeurs qui encadrent et inspirent l’action. Une science
de l’action et de la décision. Elle dépend donc de l’individu, mais aussi
de la place et de la forme de l’éthique dans les différentes organisations.
Mieux comprendre le choix de mourir
Compétence (Roy, 2012; Bégin, 2014)


 Compétence personnelle : savoir-faire en situation, mais sur des
questions qui ont surtout un rapport avec l’individu. Ces points
deviennent des Atouts professionnels lorsqu’ils peuvent servir à
l’organisation.
 Compétence professionnelle: savoir-faire en situation, elle est
toujours prouvée dans le descriptif de l’expérience
professionnelle, même à une échelle petite
 La compétence éthique: ne se limite pas à un «comportement»
éthique (bon vs mauvais). S’étend plutôt à la capacité de repérer
et de solutionner des problèmes pratico-moraux à partir d’un
jugement autonome et ce, en interaction avec les acteurs
concernés.
Conclusion

 Cet exposé conduit à donner à la responsabilité de l’intervenant un
sens plus large que les codes et normes auxquels il est soumis et
qu’aux habiletés exigées par le statut qu’il occupe.
 Il nous a amenés non seulement à comprendre ce qui fonde l’agir dans
le cadre de la relation, mais à l’interpréter, à l’actualiser et à le
conceptualiser.
 Il rend compte de l’importance de clarifier les valeurs par une
réflexion et un dialogue entre les intervenants concernés directement
par la souffrance.
 La prévention du syndrome d’épuisement professionnel nécessite une
approche individuelle , une approche organisationnelle et surtout une
approche, dite éthique existentielle. L’enjeu éthique étant que
l’intervenant se doit de respecter ses propres valeurs.
« Ce ne sont pas tant les réponses que
cherche l’homme confronté à
l’imminence de sa mort qu’une
proximité humaine qui l’aide à
s’ouvrir à ce qui le transcende, au
mystère de son existence, à l’amour qui
relie entre eux les humains. Le besoin
spirituel de tout humain n’est-il pas de
se sentir jusqu’au bout capable d’aimer
et d’être aimé? N’est-il pas d’éprouver
au cœur de lui-même ce sens auquel il
aspire? »
Hennezel, Leloup. L’art de mourir. Paris, Ed.
Robert Laffont, 1997, p. 42
Épilogue

 Quelqu’un meurt, et c’est comme
des pas qui s’arrètent … mais si
c’était un départ pour un nouveau
voyage.?
 Quelqu’un meurt, c’est comme une
porte qui claque… mais si c’était un
passage s’ouvrant sur d’autres
paysages?
 Quelqu’un meurt, c’est comme un
arbre qui tombe… mais si c’était
une graine germant dans une terre
nouvelle?
 Quelqu’un meurt, c’est comme un
silence qui hurle… mais s’il nous
aidait a entendre la fragile musique
de la vie?

Michel Rabagliati, Paul a Québec.


Questions?

Merci de votre
participation
 Principales références

 Beauchamps, Y.(1995). « Le soulagement de la douleur: aspect médical », Frontières, 8, no 2, p. 32-34


 Belland, J. P. (2015). L’accompagnement en fin de vie. PUL, Québec.
 Daneault, S. (2006) Souffrance et médecine. PUL. Québec.
 Dorris, S. (2013). La détresse morale. Perspective infirmière. Nov. Dec. Vol. 10 no.5, p.29-31.
 Doucet, H. (2015). La mort médicale est-ce humain? Médiaspaul. Montréal.
 Dufresne, J. (1992). Le chant du cygne. Méridien, Montréal,
 Gaboury, P. (1984). Répondre à la souffrance par l’amour. L’infirmière canadienne, volume 26, 1984, pages 20-22
 Harvey, B. Tremblay, M.A. (2015). Mourir dans la dignité quand la loi me questionne. Journée d’actualisation
CREC
 Jonas, H. (1996). Le droit de mourir. Ed Payot et Rivages. Paris
 Langlois, l. et coll. (2015). La sensibilité éthique .Recherches féministes. Vol.28,no 1, p.115-133.
 Lemay, B. (2007). « L’usure de compassion ». 17 congrès du Réseau de soins palliatifs du Québec
 Levinas, E. (1996). Altérité et responsabilité. Paris : Cerf.
 Massé, R. (2015). La morale et l’éthique. Pul, Québec.
 Moreau, N. Larose-Hébert, K.(2013). « La souffrance à l’épreuve de la pensée ». PUQ, Québec.
 Quintin, J. (2011). “la souffrance du médecin un malaise éthique?”. Le médecin du Québec, vol. 46, no. 4. p. 51-55
 Ricoeur, R. (1990). “Soi-même et les autres”. Paris: Seuil
 Richard, L. A. et L’Heureux, M. (2014). Plaidoyer pour une mort digne. PUL, Québec
 Tremblay, M.A. (2011). Le rôle des valeurs dans l’appropriation par le soignant en soins palliatifs d’une
démarche de réflexion éthique susceptible de donner un sens à sa pratique. Thèse de doctorat U. Montréal,
UQAC
 Tremblay, M.A. (2008). Obstacles qui mettent en cause l’idée même de dialogue dans nos institutions de santé et
services sociaux. Colloque :Souffrance du Soignant Exprimé ou Réprimé, sous la direction du Comité de
Bioéthique Régional et Université du Québec à Chicoutimi.
 Vandenbosch, D. (2012). “La thérapie d’Acceptation et d’Engagement”. Lu le 7 septembre ACT-therapie.com 46
 Voyer, G. (2009). La mort a son heure. Médiaspaul. Montréal.
 Zarifian, Philippe (2004), Le modèle de la compétence, Paris, Éditions Liaisons

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