Analyse Convexe Ufb 2013
Analyse Convexe Ufb 2013
Dr Adama COULIBALY
UFR de Mathématiques et Informatique,
Université de Cocody, 22 BP 582 Abidjan 22, Côte d’Ivoire.
20 mars 2012
2
Table des matières
1 Ensembles convexes 5
1.1 Sous espaces affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Ensembles convexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2 Propriétés algébriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.3 Propriétés topologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3 Enveloppes convexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4 Points extrêmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2 Projection et Séparation 17
2.1 Projection sur un convexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2 Séparation de deux ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3 Cônes convexes 27
3.1 Généralités sur les cônes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.2 Cônes asymptotes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.3 Cônes polaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.4 Cônes polyédriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.5 Cônes tangents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.6 Cônes normaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4 Fonctions convexes 49
4.1 Fonctions convexes d’une variable réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.2 Fonctions convexes à plusieurs variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
4.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
4.2.2 Opération sur les fonctions convexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.2.3 Quelques fonctions convexes particulières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
4.2.4 Caractérisation des fonctions convexes différentiables . . . . . . . . . . . . 60
3
4 TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1
Ensembles convexes
Le cadre général de ce cours est un espace vectoriel réel de dimension n. On peut donc sans
perdre de généralités considérer l’espace vectoriel réel Rn .
Définition 1.1.2 Etant donné M ⊂ Rn , M 6= ∅, on dit que M est un sous espace affine (ou une
variété) de Rn , si M est stable par combinaison linéaire affine. C’est-à-dire :
∀ x y ∈ M, ∀α ∈ R, (1 − α)x + αy ∈ M.
Proposition 1.1.1 Pour un sous ensemble non vide de Rn , les conditions suivantes sont équivalentes :
1) M est un sous espace affine de Rn
2) Il existe un sous espace vectoriel V unique de Rn tel que :
∀a ∈ M, M = a + V = {a + v : v ∈ V }.
5
6 CHAPITRE 1. ENSEMBLES CONVEXES
Définition 1.1.3 Soit M un sous espace affine de Rn . Le sous espace vectoriel V vérifiant :
∀ a ∈ M, M = a + V est appelé la direction de M . La dimension de V est la dimension de M .
Proposition 1.1.2 M est un sous espace affine si et seulement si M contient toute combinaison
linéaire affine de toute famille finie de ses points.
Proposition 1.1.3 Si {Mi }i∈I est une famille de sous espaces affines d’intersection non vide,
alors ∩i∈I Mi est un sous espace affine.
Preuve : Prendre a ∈ ∩i∈I Mi . Les éléments Ei = Mi − a sont alors des sous espaces vectoriels et
donc M = ∩i∈I Mi aussi qui n’est rien d’autre que ∩i∈I Mi − a. ¤
Etant donné S ⊂ Rn , on considère l’ensemble des sous espaces affines contenant S. Cet ensemble
est non vide car il contient Rn .
Définition 1.1.4 Etant donné S ⊂ Rn , on appelle sous espace affine engendré par S, l’intersec-
tion de tous les sous espaces affines contenant S. C’est le plus petit sous espace affine contenant
S. On le note aff(S).
En dimension finie, comme c’est le cas ici, un sous espace affine est toujours fermé ce qui n’est
pas toujours le cas en dimension infinie.
( 1.1.4 Soit ∅ 6= S ⊂ R , a ∈ S. On a P
n
Proposition )
p
α = 1,
aff(S) = x ∈ Rn : ∃p ∈ N∗ , ∃(αi , xi ) ∈ (R × S)p : Ppi=1
i
i
i=1 i x = x
α
ou encore( )
Pp p ∈ N, xi ∈ S, λi ∈ R, ∀i = 1, · · · , p,
aff(S) = x = a + i=1 λi (xi − a) : Pp .
i=1 λi = 1
codimV = 1 ⇐⇒ dim V = n − 1
1.1. SOUS ESPACES AFFINES 7
Proposition 1.1.6 ∅ 6= H ⊂ Rn
Les conditions suivantes sont équivalentes
i) H est un hyperplan
ii) Il existe ϕ : Rn −→ R linéaire non nulle et α ∈ R tels que
H = {x ∈ Rn : ϕ(x) = α}.
Rn = V ⊕ Ra −→ R
ϕ:
x = v + λa 7−→ λ
{x ∈ Rn : ϕ(x) = 1} = V + a = H.
H = {x ∈ Rn : ϕ(x) = α}
x ∈ H ⇐⇒ ϕ(x) = ϕ(a)
⇐⇒ x − a ∈ ϕ−1 (0)
Dans Rn tout hyperplan divise l’espace en deux demi espaces fermés de frontière cet hyperplan.
Par exemple si H est un hyperplan défini par
H = {x ∈ Rn : ϕ(x) = α}
où ϕ est une application linéaire non nulle de Rn dans R, les demi-espaces fermés sont
Les ensembles {x ∈ Rn : ϕ(x) < α} et {x ∈ Rn : ϕ(x) α} sont des demi espaces ouverts de
frontière H.
8 CHAPITRE 1. ENSEMBLES CONVEXES
En particulier, une combinaison linéaire convexe de deux points x et y, est tout point z =
(1 − λ)x + λy avec λ ∈ [0, 1]
On a les définitions suivantes
Définition 1.2.3 On appelle segment ”ouvert” d’extrémités x et y, et on le note ]x, y[, l’ensemble
On définit aussi ]x, y] et [x, y[ qui sont appelés segment semi ouvert en x respectivement en y.
Définition 1.2.4 Soit C une partie de Rn . C est convexe si seulement si pour tout x, y ∈ C,
(1 − λ) x + λy ∈ C pour tout λ ∈ [0, 1]. Autrement dit, C est convexe si seulement si C contient
tout segment fermé d’extrémités deux quelconques de ses points.
Exemple 1.2.1 - Dans Rn , les ensembles suivants sont convexes. Rn , l’ensemble vide par conven-
tion, les singletons, les boules, les segments, les sous espaces affines.
- Dans R, les parties convexes sont les intervalles.
On a la proposition :
Proposition 1.2.1 Une partie C de Rn est convexe si seulement si elle contient toute combinaison
linéaire convexe de toute famille finie d’éléments qui lui appartiennent.
1.2. ENSEMBLES CONVEXES 9
Preuve : Si C contient toute combinaison linéaire convexe de familles finies d’éléments qui lui
appartiennent, en particulier, prenant une famille de deux éléments x et y de C, on a [x, y] ⊂ C
et donc C est convexe.
Réciproquement, soit C un ensemble convexe de Rn . Alors C contient toute combinaison linéaire
convexe de deux quelconques de ses éléments. Donc la propriété est vraie pour une famille com-
portant deux éléments. Supposons qu’elle est vraie pour une famille de k − 1 éléments.
Soit © ª
F = x1 , x 2 , · · · , x k
une famille de k élément de C.
Soit
X
k X
k
x= λi x avec λi ≥ 0,
i
λi = 1.
i=1 i=1
On a
X
k X
k−1
x= λi xi = λi xi + λk xk .
i=1 i=1
Soit
X
k−1
λ= λi .
i=1
On a λ ∈ [0, 1].
Si λ = 0 alors λi = 0 pour tout i = 1, · · · , k − 1 et donc λk = 1. Il vient alors que x = λk xk =
xk ∈ C.
Si λ 6= 0, on peut écrire
Xk−1 µ ¶
λi
x=λ xi + λk xk .
i=1
λ
L’élément
k−1 µ
X ¶
λi
y= xi ,
i=1
λ
est une combinaison linéaire convexe de k − 1 éléments de C. C’est donc un élément de C, par
hypothèse de recurrence. Donc x = λy+λk xk . Or λk = 1−λ avec λ ∈ [0, 1]. Donc x est combinaison
linéaire convexe de deux éléments de C. Comme par hypothèse, C est convexe, on a alors x ∈ C.
¤
On a la proposition suivante
αC + βC = (α + β)C.
Preuve : Comme les scalaires α et β sont positifs ou nuls, le cas où α + β = 0 est trivial
Considérons α et β tels que α + β > 0.
L’inclusion ci-dessous est immédiate :
(α + β)C ⊂ αC + βC.
Définition 1.2.6 Étant donné un sous ensemble C de Rn , son adhérence son intérieur et sa
frontière sont respectivement les ensembles :
C = ∩{C + B(0, ε) : ε > 0},
int(C) = {x ∈ Rn : ∃ε > 0, B(x, ε) ⊂ C},
Fr(C) = C \ int(C).
Preuve : 1) Immédiat.
2) Soient x et y deux éléments de int(C), λ ∈ [0, 1] et z = (1 − λ)x + λy. D’après la définition
de int(C), il existe ε1 et ε2 tels que B(x, ε1 ) ⊂ C et B(y, ε2 ) ⊂ C. Donc pour ε = min{ε1 , ε2 }, on
a
B(x, ε) ⊂ C, B(y, ε) ⊂ C.
Comme
B(z, ε) = z + B(0, ε)
= (1 − λ)x + λy + B(0, ε)
= (1 − λ)x + λy + ((1 − λ) + λ)B(0, ε)
= (1 − λ) [x + B(0, ε)] + λ [y + B(0, ε)]
= (1 − λ)B(x, ε) + λB(y, ε)
et
(1 − λ)B(x, ε) + λB(y, ε) ⊂ (1 − λ)C + λC = C,
car C est convexe, on conclut que B(z, ε) ⊂ C. Par suite z ∈ int(C). Donc int(C) est convexe.
3) Soit x ∈ int(C) et y ∈ C. Soit z = (1 − λ)x + λy, λ ∈ [0, 1[. Montrons que z ∈ int(C).
On a pour tout ε > 0,
B(z, ε) = z + B(0, ε)
= (1 − λ)x + λy + B(0, ε)
⊂ (1 − λ)x + λ(C + B(0, ε)) + B(0, ε)
= (1 − λ)x + λCh + (1 + λ)B(0, ε)i
= λC + (1 − λ) x + B(0, (1−λ)
(1+λ)
ε)
z0 = x + λ0 (x − y) ∈ int(C).
On a le résultat suivant.
Proposition 1.3.1 Soit S ⊂ Rn . L’enveloppe convexe de S, est l’ensemble de toutes les combi-
naisons linéaires convexes finies d’éléments de S. Autrement dit on a :
( )
Xk
x i
∈ S, ∀i = 1, · · · , k,
conv(S) = x = λi x i : k ∈ N ∗ , P
i=1
λi ≥ 0, ∀i = 1, · · · , k, ki=1 λi = 1
Preuve :
Posons ( )
X
k
xi ∈ S, ∀i = 1, · · · , k,
C= x= λi xi : k ∈ N ∗ , P
λi ≥ 0, ∀i = 1, · · · , k, ki=1 λi = 1
i=1
n
Soit C un convexe de R contenant S. Donc C contient toute combinaison linéaire convexe de toute
famille finie d’éléments de C. Comme C contient S alors C contient toute combinaison linéaire
convexe de toute famille finie d’éléments de S et donc C contient C. Par suite C est contenu dans
tous les convexes contenant S. On a alors C ⊂ conv(S).
D’autre part, on vérifie facilement que C est convexe et contient S. Et comme conv(S) est le
plus petit convexe contenant S, on a alors conv(S) ⊂ C. D’où l’égalité conv(S) = C. ¤
Preuve : Si S est convexe alors il est le plus petit convexe contenant S. Donc conv(S) = S.
Réciproquement si on a conv(S) = S alors S est convexe. ¤
Définition 1.3.2 Soit x0 , x1 , · · · , xk , k+1 points de Rn . On dit qu’ils sont affinement indépendants
si les vecteurs
x 1 − x0 , x 2 − x0 , · · · , x k − x0
sont linéairement indépendants
Preuve : Soit
X
m X
m
x= αi xi avec αi ≥ 0 ∀ i = 1, · · · , m, αi = 1.
i=1 i=1
Il suffit de montrer que si m > n + 1, on peut faire décroı̂tre m de 1. Ce fait, utilisé de façon
répétée, prouvera le résultat.
14 CHAPITRE 1. ENSEMBLES CONVEXES
Posons zi = xi −x1 pour i = 2, · · · , m. Ces vecteurs en nombre au moins égal à n+1 ne peuvent
être linéairement independants. Il existe donc une combinaison linéaire nulle, à coefficients βi non
tous nuls, donc
Xm Xm Xm
βi zi = 0 ⇒ βi xi avec βi = 0,
i=2 i=1 i=1
en ayant posé
X
m
β1 = βi .
i=2
On considère alors
µ ¶
βi βi
γ = max et δi = α i − , i = 1, · · · , m.
i=1,··· ,m αi γ
et que les δi sont positifs de somme 1 avec au moins un qui est égal à 0. On a donc exprimé x
comme une combinaison convexe de moins de m points. ¤
On en déduit que
Posons
X
n+1
K = {λ ∈ R n+1
: λi ≥ 0, ∀i = 1, · · · , n + 1, λi = 1}.
i=1
K est compact.
Soit
S n+1 × K −→ Rn
f: P
(x1 , · · · xn+1 ) 7−→ n+1
i=1 λi xi
f est continue et S n+1 × K est compact ce qui implique que f (S n+1 × K) est compact. Or
f (S n+1 × K) = conv(S). D’où la proposition. ¤
Définition 1.3.4 Soit S une partie de Rn , l’enveloppe convexe fermée de S est l’intersection de
tous les convexes fermés contenant S. C’est le plus petit convexe fermé contenant S. On le note
conv(S).
i.e. Il n’existe pas deux points y et z de C distincts tels que x ∈]y, z[.
L’ensemble ext(C) des points extrêmes de C est appelé profil de C.
On a la caractérisation suivante
Proposition 1.4.1 Soit C un sous ensemble convexe de Rn . Les propositions suivantes sont
équivalentes.
i) x ∈ ext(C)
ii) C \ {x} est convexe.
(1 − α)x1 + αx2 ∈ C et x1 6= x 6= x2 .
Alors
(1 − α)x1 + αx2 ∈ C \ {x}
et donc C \ {x} est convexe.
Réciproquement, supposons que C \ {x} est convexe et soit
Donc
(1 − α)x1 + αx2 ∈
/ C \ {x}.
Ce qui implique que :
x1 ∈
/ C \ {x} ou x2 ∈
/ C \ {x}
C’est-à-dire que x1 = x ou x2 = x. Comme (1 − α)x1 + αx2 = x avec α ∈]0, 1[, on a nécessairement
x1 = x = x2 . D’où x ∈ ext(C). ¤
On admettra que
Théorème 1.4.1 Tout convexe compact est l’enveloppe convexe de ses points extrêmes.
Chapitre 2
Projection et Séparation
kp(x) − xk ≤ ky − xk ∀y ∈ S.
Preuve : Soit d = inf y [ky − xk : y ∈ S], B(x, d + 1) la boule fermée de centre x et de rayon d + 1.
Considérons K = S ∩ B(x, d + 1). L’ensemble K est fermé et borné, c’est donc un compact. Alors
l’application y 7→ ky − xk étant continue elle atteint ses bornes sur K. Donc il existe p(x) ∈ K et
donc p(x) ∈ S tel que kp(x) − xk = d. D’où le résultat d’existence. Montrons maintenant l’unicité.
Soient a et b deux points de S tels que
ka − xk = kb − xk = d = inf [ky − xk : y ∈ S] .
y
17
18 CHAPITRE 2. PROJECTION ET SÉPARATION
Théorème 2.1.2 La projection p(x) de x sur S un convexe fermé de Rn est l’unique point z de
S satisfaisant la condition
hy − z, x − zi ≤ 0 ∀y ∈ S.
Autrement dit, p(x) est la projection de x sur S si et seulement si
hx − p(x), y − p(x)i ≤ 0 ∀y ∈ S.
Preuve : Soit p(x) la projection sur S un convexe fermé de Rn . Supposons qu’il existe un point
y0 ∈ S tel que hy0 − p(x), x − p(x)i > 0.
Posons
ϕ(t) = kx − [(1 − t)p(x) + ty0 ] k2 , t ∈ R+ .
On a
ϕ(t) = kx − p(x)k2 + 2thx − p(x), p(x) − y0 i + t2 kp(x) − y0 k2
= kx − p(x)k2 + t (2hx − p(x), p(x) − y0 i + tkp(x) − y0 k2 ) .
Comme hx − p(x), p(x) − y0 i < 0, pour t suffisamment petit, on aura ϕ0 (t) < 0 et donc ϕ
est strictement décroissante au voisinage de 0. On aura donc pour t suffisamment petit ϕ(t) <
kx − p(x)k2 .
Or pour t ∈ [0; 1], zt = (1 − t)p(x) + ty0 ∈ S car S est convexe. Soit donc t ∈ [0; 1] suffisamment
petit tel que ϕ(t) < kx − p(x)k2 . Pour un tel t on aura zt ∈ S et kx − zt k2 < kx − p(x)k2 . Ce qui
contredit le fait que p(x) est la projection de x sur S.
Réciproquement supposons que
hy − z; x − zi ≤ 0 ∀y ∈ S.
Proposition 2.1.1 Soit S un convexe fermé non vide de Rn et pour tout x ∈ Rn , p(x) la projection
de x sur S. On a
kp(x) − p(y)k ≤ kx − yk ∀x, y ∈ Rn .
Preuve : Soient x et y fixés dans Rn . Considérons p(x) et p(y) respectivement leurs projections
sur S. On sait d’après la caractérisation de la projection que p(x) est tel que
hz − p(x), x − p(x)i ≤ 0 ∀z ∈ S.
En prenant z = p(y) on obtient
hz − p(y), y − p(y)i ≤ 0 ∀z ∈ S.
2.2. SÉPARATION DE DEUX ENSEMBLES 19
Pour z = p(x) on a
hp(x) − p(y), y − p(y)i ≤ 0. (2.2)
En additionnant (2.1)et (2.2) on obtient
hp(x) − p(y), y − p(y) + p(x) − xi ≤ 0,
qui est équivalent à
hp(x) − p(y), p(x) − p(y) − (x − y)i ≤ 0,
c’est-à-dire
hp(x) − p(y), p(x) − p(y)i ≤ hp(x) − p(y), x − yi.
On en déduit
kp(x) − p(y)k2 ≤ kp(x) − p(y)kkx − yk.
D’où le résultat. ¤
Corollaire 2.1.1 l’application définie sur Rn qui à tout x ∈ Rn associe sa projection sur S un
convexe fermé est continue.
Définition 2.2.1 Soit S1 et S2 deux sous ensembles de Rn . On dit qu’ils sont séparés par l’hy-
−
+
perplan Ha,α si l’un est contenu dans Ha,α et l’autre dans Ha,α . Soit par exemple S1 ⊂ Ha,α
+
et
−
S2 ⊂ Ha,α .
de centre 0 et de rayon ε.
20 CHAPITRE 2. PROJECTION ET SÉPARATION
Remarque 2.2.1 D’après les définitions, la séparation forte implique la séparation stricte qui
implique la séparation propre.
Proposition 2.2.1 Deux sous ensembles S1 et S2 de Rn sont séparés par Ha,α avec S1 ⊂ Ha,α
+
et
−
S2 ⊂ Ha,α si et seulement si
inf [ha; xi : x ∈ S1 ] ≥ α.
−
De même on a S2 ⊂ Ha,α qui implique que ha; yi ≤ α pour tout y ∈ S2 . Par suite,
sup [ha; yi : y ∈ S2 ] ≤ α.
On obtient donc
inf [ha; xi : x ∈ S1 ] ≥ α ≥ sup [ha; yi : y ∈ S2 ] .
La réciproque est immédiate. ¤
Remarque 2.2.2 On dira donc que deux ensembles S1 et S2 sont séparés s’il existe a ∈ Rn , a 6= 0
et α ∈ R tels que
ha, x1 i ≤ α ≤ ha, x2 i ∀ x1 ∈ S1 et x2 ∈ S2 .
Proposition 2.2.2 Deux sous ensembles S1 et S2 de Rn sont séparés proprement par Ha,α avec
−
S1 ⊂ Ha,α
+
et S2 ⊂ Ha,α si et seulement si on a les conditions suivantes
Preuve : Supposons que S1 et S2 de Rn sont séparés proprement par Ha,α avec S1 ⊂ Ha,α
+
et
−
S2 ⊂ Ha,α . On a alors
Donc
on peut trouver x ∈ S1 et y ∈ S2 tels que ha; yi < ha; xi. Donc S1 ∪ S2 n’est pas contenu dans
Ha,α . ¤
Proposition 2.2.3 Deux sous ensembles S1 et S2 de Rn sont séparés strictement par Ha,α avec
−
S1 ⊂ int(Ha,α
+
) et S2 ⊂ int(Ha,α ) si et seulement si ha; xi > α pour tout x ∈ S1 et ha; yi < α pour
tout y ∈ S2 .
Proposition 2.2.4 Deux sous ensembles S1 et S2 de Rn sont séparés fortement par Ha,α avec
−
S1 ⊂ Ha,α
+
et S2 ⊂ Ha,α si et seulement si
Preuve : Par définition de la séparation forte il existe ε > 0 tel que S1 + B(0; ε) ⊂ Ha,α
+
et
−
S2 + B(0; ε) ⊂ Ha,α . On a donc d’une part
c’est-à-dire
inf [ha; xi : x ∈ S1 ] ≥ α − inf [−ha; zi : z ∈ B(0; ε)]
Soit
ε0 = α − sup [ha; yi : y ∈ S2 ] .
Considérons ε1 > 0 tel que
sup [ha; zi : z ∈ B(0; ε1 )] < ε0 .
Comme
sup [ha; zi : z ∈ B(0; ε1 )] = ε1 kak,
ε0
il suffit de prendre ε1 < kak
. Pour un tel ε1 on a
D’où le résultat ¤
Remarque 2.2.3 On dira donc que deux ensembles S1 et S2 sont séparés fortement s’il existe
a ∈ Rn , a 6= 0 α1 et α2 dans R tels que
D’où
ha; x − x̄ + x̄ − p(x̄)i ≤ 0.
Ce qui est équivalent à
kak2 − ha; x̄ − xi ≤ 0.
Où encore
ha; xi ≤ ha; x̄i − kak2 .
Comme a 6= 0, on a donc
supha; xi ≤ ha; x̄i − kak2 < ha; x̄i.
x∈S
D’où le résultat. ¤
On a le corollaire suivant
2.2. SÉPARATION DE DEUX ENSEMBLES 23
Corollaire 2.2.1 Tout convexe fermé de Rn est l’intersection de tous les demi-espaces fermés le
contenant.
La suite {ak } étant bornée, elle admet donc une sous suite convergente. Soit {akl } cette sous suite
et a, sa limite. On a kak = 1 et donc a 6= 0. On a alors
ha; x − x̄i ≤ 0 ∀x ∈ C.
Définition 2.2.6 L’hyperplan support H est dit propre si X n’est pas entièrement contenu dans
H.
On montre que
Théorème 2.2.3 Soit C un convexe d’intérieur non vide de Rn et x̄ ∈ F r(C). Alors il existe un
hyperplan qui supporte proprement C en x̄.
24 CHAPITRE 2. PROJECTION ET SÉPARATION
ha; y − xi ≤ 0 ∀x ∈ C1 , ∀y ∈ C2 .
On tire alors
inf ha; xi ≥ sup ha; yi.
x∈C1 y∈C2
D’où le résultat ¤
inf ha; xi ≥ sup ha; yi et sup ha; xi > inf ha; yi.
x∈C1 y∈C2 x∈C1 y∈C2
Preuve : Soit C = C2 − C1 . Comme les ensembles C1 et C2 sont convexes, C l’est aussi. En outre
on a int(C) = int(C2 ) − int(C1 ).
Comme int(C1 ) ∩ int(C2 ) = ∅ alors 0 ∈ / int(C).
a) Si 0 ∈
/ C alors d’après le théorème de séparation forte point convexe fermé, il existe a 6= 0
tel que £ ¤
sup ha; zi : z ∈ C < 0.
On peut donc écrire :
sup [ha; y − xi : x ∈ C1 , y ∈ C2 ] < 0
⇔ sup [ha; yi : y ∈ C2 ] + sup [−ha; xi : x ∈ C1 ] < 0
⇔ sup [ha; yi : y ∈ C2 ] < − sup [−ha; xi : x ∈ C1 ]
⇔ sup [ha; yi : y ∈ C2 ] < inf [ha; xi : x ∈ C1 ] .
C’est-à-dire
Remarque 2.2.4 On a le même résultat si on suppose que C1 et C2 sont convexes non vides
disjoints avec C2 − C1 fermé.
{Ax : x ≥ 0}
Le théorème de Farkas et Minkowski concerne l’existence d’une solution non négative pour un
système linéaire.
Ax = b, x ≥ 0 (2.5)
Preuve :
• La condition est nécessaire.
Si le système (2.5) a une solution x̄, alors pour tout u tel que uA ≥ 0, ub = uAx̄ ≥ 0. Ce qui
montre que la condition (2.6) est vérifiée.
• La condition est suffisante
Montrons que si (2.5) n’a pas de solution alors (2.6) n’est pas vérifiée.
L’ensemble S = {y : y = Ax, x ≥ 0} est un convexe fermé et le vecteur b est tel que : b ∈ / S.
En vertu du théorème de séparation point convexe fermé, il existe a ∈ R , a 6= 0 et α un scalaire
n
Remarque 2.2.5 Le théorème de Farkas et Minkowski admet un certain nombre de variantes qui
toutes, peuvent se ramener très aisemen à l’énoncé précédent.
Proposition 2.2.6 Soit A ∈ Mm,n (R) et b ∈ Rm . Une condition nécessaire et suffisante pour que
le système Ax ≤ b, x ≥ 0 ait une solution est que :
Proposition 2.2.7 Soit A ∈ Mm,n (R) et b ∈ Rm . Une condition nécessaire et suffisante pour que
le système Ax ≤ b ait une solution est que :
Cônes convexes
Nous nous intéressons ici aux cônes convexes et particulièrement aux cônes polaires, tangents
et normaux. Bien avant nous donnons quelques définitions générales sur les cônes.
En pratique lorsqu’on parle de cône sans préciser le sommet il s’agit d’un cône de sommet
a = 0. C’est-à-dire un ensemble A tel que pour tout x ∈ A et λ > 0, λx ∈ A.
On remarque que :
Définition 3.1.2 On dit qu’un cône K de sommet l’origine est dit pointé si pour tout x ∈ K,
x 6= 0 alors −x ∈
/ K. C’est-à-dire que K ∩ (−K) = {0}.
Remarque 3.1.2 Un cône pointé est toujours contenu dans un demi-espace fermé.
Proposition 3.1.1 1) L’image d’un cône par une application linéaire est un cône.
2) Une combinaison linéaire d’un nombre fini de cônes est un cône.
3) L’intersection d’une famille quelconque de cônes est un cône.
4) La réunion d’une famille quelconque de cônes est un cône.
5) L’enveloppe convexe d’un cône est un cône.
6) L’adhérence d’un cône est un cône.
27
28 CHAPITRE 3. CÔNES CONVEXES
Proposition 3.1.3 1) L’image par une application linéaire d’un cône convexe est un cône convexe.
2) L’intersection de cônes convexes est un cône convexe.
3) Si K est un cône convexe, alors K est un cône convexe.
4) L’enveloppe convexe d’un cône est un cône convexe.
Définition 3.1.3 Soit S ⊂ Rn . On appelle enveloppe conique de S, l’intersection de tous les cônes
contenant S. C’est le plus petit cône qui contient S.
On appelle cône généré ou engendré par S, le cône obtenu en adjoignant l’origine à l’enveloppe
conique de S.
Proposition 3.1.5 Si S est convexe alors l’enveloppe conique de S et le cône généré par S sont
convexes.
ou encore ( )
xi ∈ S, i = 1, · · · , k, X k
∗
cone(S) = x : ∃k ∈ N , :x= λi xi
λi ≥ 0, i = 1, · · · , k, i=1
3.2. CÔNES ASYMPTOTES 29
Définition 3.1.5 Soit S ⊂ Rn . On appelle cône convexe fermé généré ou engendré par S, l’in-
tersection de tous les cônes convexes fermés contenant S. C’est le plus petit cône convexe fermé
qui contient S. On le note cone(S).
C∞ (a) = {d ∈ Rn : a + λd ∈ C, ∀ λ ≥ 0}
Preuve : Il est immédiat que pour tout d ∈ C∞ (a) et tout α > 0, on a αd ∈ C∞ (a). Il reste donc
à montrer que
C∞ (a) + C∞ (a) ⊂ C∞ (a).
Soit d, δ ∈ C∞ (a). Considérons λ > 0.
On a
a + 2λd ∈ C et a + 2λδ ∈ C.
Alors comme C est convexe, on a
1 1
a + λ(d + δ) = (a + 2λd) + (a + 2λδ) ∈ C.
2 2
Donc d + δ ∈ C∞ (a). ¤
Définition 3.2.1 Soit C un sous ensemble convexe non vide de Rn . On appelle cône asymptote
ou de récession de C, le cône convexe
C∞ = ∩ C∞ (a).
a∈C
Théorème 3.2.1 Soit C un sous ensemble convexe fermé non vide de Rn . Alors on a pour tout
a, b ∈ C, C∞ (a) = C∞ (b) et C∞ est un cône convexe fermé.
Preuve : Soit d ∈ C∞ (a), montrons que d ∈ C∞ (b). Soit donc λ > 0. Montrons que b + λd ∈ C.
Comme d ∈ C∞ (a) alors pour tout k ∈ N∗ , a + λkd ∈ C.
Comme C est convexe alors
1 1
xk = (a + λkd) + (1 − )b ∈ C.
k k
On a
1 1
xk = a + λd + (1 − )b −→ b + λd.
k k
Comme C est fermé, alors b + λd ∈ C. Par suite d ∈ C∞ (b) et donc C∞ (a) ⊂ C∞ (b).
En échangeant les rôles de a et b, on montre de la même façon que
C∞ (b) ⊂ C∞ (a).
D’où l’égalité.
Montrons à présent que C∞ est fermé.
Soit a ∈ C. On sait que C∞ = C∞ (a). Montrons alors que C∞ (a) est fermé.
Soit d ∈ C∞ (a). Il existe alors {dk } une suite d’éléments de C∞ (a) qui converge vers d.
Soit λ > 0. Comme pour tout k, dk ∈ C∞ (a), alors a + λdk ∈ C. Donc,
lim (a + λdk ) = a + λd ∈ C = C,
k−→+∞
Théorème 3.2.2 Soit C un convexe fermé non vide de Rn . C est borné si et seulement si C∞ =
{0}.
λ
tkl = .
kxkl − ak
3.3. CÔNES POLAIRES 31
On a
lim kxkl − ak = +∞.
l−→+∞
Cela implique qu’il existe l0 tel que pour tout l ≥ l0 , on a tkl ∈]0; 1[.
Soit
akl = a + kxkl − akdkl .
On a akl ∈ C pour tout l. Et comme a ∈ C, on a pour tout l ≥ l0 ,
{x∗ ∈ Rn : hx∗ ; xi ≤ 0 ∀x ∈ C}
est un cône.
on définit :
Définition 3.3.1 Soit C un sous ensemble non vide de Rn On appelle cône polaire (ou cône
polaire négatif ) de C l’ensemble
Par convention, si C = ∅, C ◦ = Rn .
Les propositions suivantes sont immédiates.
Proposition 3.3.2 Soit C un sous ensemble non vide de Rn alors C ◦ est un cône convexe fermé
contenant 0.
On montre aussi
32 CHAPITRE 3. CÔNES CONVEXES
Alors
hx∗ , λc1 + c2 i ≤ 0 ∀λ > 0, ∀ c1 ∈ K1 , ∀ c2 ∈ K2 .
Soit
λhx∗ , c1 i + hx∗ , c2 i ≤ 0 ∀λ > 0, ∀ c1 ∈ K1 , ∀ c2 ∈ K2 .
En faisant tendre λ vers 0, on obtient
hx∗ , c2 i ≤ 0 ∀ c2 ∈ K2 .
x∗ ∈ K1◦ ∩ K2◦ .
D’où l’inclusion
(K1 + K2 )◦ ⊂ K1◦ ∩ K2◦ .
L’autre inclusion
K1◦ ∩ K2◦ ⊂ (K1 + K2 )◦
est immédiate. On a donc
K1◦ ∩ K2◦ = (K1 + K2 )◦ .
A présent montrons que
K1◦ ∩ K2◦ = (K1 ∪ K2 )◦ .
Les ensembles K1 et K2 sont contenus dans K1 ∪ K2 donc
Théorème 3.3.1 Soit C un sous ensemble non vide de Rn et K le cône engendré par C. On a
Preuve :
a) Montrons que C ◦ = (conv(C))◦ .
On a
C ⊂ conv(C),
donc
(conv(C))◦ ⊂ C ◦ .
Réciproquement Psoit x∗ ∈ C ◦ et x ∈ conv(C). Il existe alors k ∈ N, xi ∈ C, λi ≥ 0 pour
i = 1, · · · , k, avec ki=1 λi = 1 tels que
X
k
x= λi xi .
i=1
Donc
X
k
∗
hx , xi = λi hx∗ , xi i.
i=1
b) On sait que
conv(C) = conv(C).
Ce qui donne immédiatement
c) Montrons que C ◦ = K ◦ .
On a l’inclusion K ◦ ⊂ C ◦ .
Réciproquement, soit
x∗ ∈ C ◦ et x ∈ K = ∪ λC.
λ≥0
hx∗ , xi = λhx∗ , yi ≤ 0.
Par suite x∗ ∈ K ◦ .
e) Montrons à présent qu’on a
C ◦ = (cone(C))◦ .
On sait que le cône convexe engendré par C est égal au cône engendré par conv(C). Donc d’après
c), on a
(cone(C))◦ = (conv(C))◦ = C ◦ .
f) On a
cone(C) = cone(C).
34 CHAPITRE 3. CÔNES CONVEXES
Donc
(cone(C))◦ = (cone(C))◦ = (cone(C))◦ = C ◦ .
Ce qui termine la démonstration ¤
Cette proposition signifie qu’une partie, son enveloppe convexe, son enveloppe convexe fermée,
le cône qu’elle engendre, le cône convexe qu’elle engendre et le cône convexe fermé qu’elle engendre
ont le même polaire.
Proposition 3.3.7 Si C1 et C2 sont deux cônes convexes fermés d’intersection non vide, alors
{Ax : x ≥ 0}
Preuve : Il est immédiat que c’est un cône convexe non vide. Aussi il est fermé d’après la
proposition (2.2.5).
On définit le cône polyédrique comme suit.
Définition 3.4.1 Un sous ensemble C est un cône polyédrique s’il existe une matrice A telle que
C = {Ax : x ≥ 0} .
On montre que
Preuve : Si C = {0}, c’est terminé, car il est évident que C est un cône polyédrique.
Supposons que C 6= {0}. Considérons
S = {x : x ≥ 0, AT x = 0, he, xi = 1}
où e est le vecteur de Rn dont toutes les composantes sont égales à 1. Notons qu’un élément non
nul x appartient à C si et seulement si x/he, xi ∈ S.
Comme C 6= {0} alors S est un polyèdre convexe fermé non vide et borné. Il est donc combi-
naison linéaire convexe d’un nombre fini de points soit {b1 , b2 , · · · , bk }. P
Si x ∈ C alors il existe µ ≥ 0 et y ∈ S tels que x = µy. Donc on peut écrire x = ki=1 λi bi
où λi ≥ 0 pour tout i ∈ {1, · · · , k}. Autrement dit on a C ⊂ {x : x = Bλ, λ ≥ 0} où
B = (b1 , b2 , · · · , bk ). P
Réciproquement soit x tel que x = Bλ où λ ≥ 0. Supposons λ 6= 0. Alors x/ ki=1 λi qui
est une combinaison linéaire convexe de {b1 , b2 , · · · , bk } est dans S. Donc x ∈ C et on obtient
C = {x : x = Bλ, λ ≥ 0} ce qui prouve en effet que C est un cône polyédrique. ¤
C = {x : x ≥ 0, x ∈ L}
Théorème 3.4.1 Soit C = {x : Bx ≤ 0} où B ∈ Mm,n (R). Alors C est un cône polyédrique.
Preuve : Nous devons montrer que C peut se mettre sous la forme {F z : z ≥ 0} où F est une
n × k matrice. A présent considérons l’ensemble suivant : S = {y : y = Bx, x ∈ Rn }. On a
S = {x ∈ L : x ≥ 0} où L = Im(B). D’après la proposition (3.4.3), S est un cône polyédrique.
Alors on peut écrire S = {Az : z ≥ 0} où A est une m × k1 matrice de colonnes a1 , a2 , · · · , ak1 .
Tous les ai sont dans S il suffit de constater que ai = Bei où ei est le ieme vecteur de la base
canonique de Rk1 . Alors pour tout i, on a bi ≥ 0 et ai = Bxi où xi est dans Rn . Ce qui veut dire
que A = BD où D est la matrice d’ordre (n, k1 ) de colonnes x1 , x2 , · · · , xk1 .
Considérons maintenant le sous espace vectoriel L = {x : Bx = 0}. Il peut être mis sous la
forme L = {Ez : z ≥ 0}, en prenant E la n × k2 matrice dont les colonnes constituent une base
de L.
C est le cône polyédrique représenté par {F z : z ≥ 0} où F = (−D, E) est une matrice n × k
avec k = k1 + k2 . En effet si x ∈ C, on a y = −Bx ≥ 0. Donc y ∈ S et donc y = Az1 pour un
k1 vecteur z1 ≥ 0. Mais alors −Bx = y = BDz1 c’est-à-dire B(x + Dz1 ) = 0. Ce qui signifie que
x + Dz1 ∈ L et alors x + Dz1 = Ez2 pour un k2 vecteur z2 ≥ 0. C’est-à-dire x = −Dz1 + Ez2 = F z
avec z T = (z1T , z2T ) ≥ 0. Donc C ⊂ {F z : z ≥ 0}.
Réciproquement considérons le vecteur F z = −Dz1 + Ez2 avec z1 , z2 ≥ 0. Alors on a
BF z = −BDz1 + BEz2 .
Mais notons que Ez2 ∈ L puisque z2 ≥ 0. Donc on a AEz2 = 0. Aussi notons que BD = A et
donc −BDz1 = −Az1 . Mais Az1 ∈ S et donc Az1 ≥ 0 c’est-à-dire −Az1 ≤ 0. Ce qui prouve que
BF z ≤ 0 et par suite {Ez : z ≥ 0} ⊂ C. Ce qui termine la démonstration ¤
On a K ◦ = C et C ◦ = K.
puisque
AT y ≤ 0 et x ≥ 0.
Donc C ⊂ K ◦ . Montrons à présent que K ◦ ⊂ C. Soit y ∈ K ◦ : alors
hy, Axi ≤ 0 ∀ x ≥ 0.
3.5. CÔNES TANGENTS 37
hy, Aj i > 0
pour une colonne Aj de la matrice A. En prenant x tel que sa j ieme composante est strictement
positive et toutes les autres égales à 0 on aura
Preuve : Le résultat vient du fait qu’un cône polyédrique est un cône convexe fermé. ¤
Proposition 3.4.6 Si C1 et C2 sont deux cônes polyédriques alors C1 +C2 est un cône polyédrique.
Preuve : Montrons que C1 + C2 est un cône polyédrique. On peut supposer qu’il existe deux
matrices A1 et A2 telles que
C1 = {A1 x : x ≥ 0} et C2 = {A2 y : y ≥ 0} .
On a alors
C1 + C2 = {A1 x + A2 y : x ≥ 0, y ≥ 0} = {Az : z ≥ 0}
avec µ ¶
x
A = (A1 , A2 ) et z = .
y
Donc C1 + C2 est un cône polyédrique. ¤
Proposition 3.4.7 Si C1 et C2 sont des cônes polyédriques, alors C1 ∩C2 est un cône polyédrique.
Proposition 3.4.8 Si C1 et C2 sont des cônes polyédriques, alors C1◦ et C2◦ sont des cônes
polyédriques et
a) (C1 + C2 )◦ = C1◦ ∩ C2◦ ,
b) (C1 ∩ C2 )◦ = C1◦ + C2◦ .
a + λk dk ∈ S ∀ k ∈ N.
38 CHAPITRE 3. CÔNES CONVEXES
et
a + µk δ k = a + λk dk ∈ S ∀k ∈ N.
Par suite λd est un vecteur tangent à S en a. ¤
Proposition 3.5.3 Soit S un sous ensemble de Rn , Alors T (S, a) est un cône fermé.
1
∀k > 0, ∃ dk ∈ T (S, a) : kdk − dk ≤ .
2k
Aussi
1 1
dk ∈ T (S, a) ⇒ ∃µk ∈]0, [, ∃δ k ∈ Rn : kδ k − dk k ≤ et a + µk δ k ∈ S.
k 2k
On a alors µk −→ 0.
Comme
1
kδ k − dk ≤ kδ k − dk k + kdk − dk ≤ ,
k
on a aussi δ k −→ d. Il s’ensuit que d ∈ T (S, a) qui est donc fermé. ¤
3.5. CÔNES TANGENTS 39
Preuve : 1) Soit a ∈
/ S. S’il existe d ∈ T (S, a), alors il existe
{dk } ⊂ Rn , dk −→ d,
une suite
{λk } ⊂ R∗+ , λk −→ 0
telles que
ak = a + λk dk ∈ S ∀ k ∈ N.
On a
lim ak = a
k→+∞
lim λk = 0, lim dk = 0 et a + λk dk = a ∈ S ∀ k ∈ N.
k→+∞ k→+∞
r
ak = a + λk dk = a + d.
(k + 1)kdk
On a pour tout k,
r
kak − ak = ≤r:
k+1
et donc
ak ∈ B(a, r) ⊂ S.
Par conséquent d ∈ T (S, a). Ce qui implique que
Rn ⊂ T (S, a).
Donc
T (S, a) = Rn .
3) On suppose que a ∈ S.
Soit λk une suite strictement positive et tendant vers 0. Comme a ∈ S, pour tout k,
Posons
1 k
dk = (a − a).
λk
On a
kak − ak
kdk k = ≤ λk −→ 0.
λk
Donc dk −→ 0.
On a d’autre part
a + λk dk = a + ak − a = ak ∈ S, ∀ k.
Donc 0 ∈ T (S, a).
4) Soit a un point isolé de S. Cela veut dire qu’il existe r > 0 tel que
B(a, r) ∩ S = {a}.
{dk } ⊂ Rn , dk −→ d,
une suite
{λk } ⊂ R∗+ , λk −→ 0
telles que
ak = a + λk dk ∈ S ∀ k ∈ N.
On a alors
lim ak = a.
k→+∞
ak ∈ B(a, r) ∩ S
B(a, r) ∩ S = {a}.
T (A ∩ V, a) ⊂ T (A, a).
3.5. CÔNES TANGENTS 41
∃ {dk } ⊂ Rn , dk −→ d,
: a + λk dk ∈ A, ∀ k ∈ N.
∃ {λk } ⊂ R∗+ , λk −→ 0,
On a
lim a + λk dk = a.
k→+∞
∃k0 ∈ N : ∀ k ≥ k0 , a + λk dk ∈ A ∩ V.
Considérons
δ k = dk0 +k , et µk = λk0 +k .
On a
{δ k } ⊂ Rn , {µk } ⊂ R∗+ , δ k −→ d, µk −→ 0,
et
a + µk δ k ∈ A ∩ V ∀ k ∈ N.
Donc
d ∈ T (A ∩ V, a).
D’où l’égalité
T (A, a) = T (A ∩ V, a).
4) On a
T (A, a) ⊂ T (A, a)
car A ⊂ A.
Soit d ∈ T (A, a).
∃ {dk } ∈ Rn : kdk − dk ≤ 1
, ∀k >0
2k : a + λk dk ∈ A ∀ k ∈ N∗ .
∃ λk ∈ R∗+ , λk −→ 0,
On sait que
1 1
(A − a) = (A − a).
λk λk
Comme
1 1
a + λk dk ∈ A ⇔ dk ∈ (A − a) = (A − a),
λk λk
alors
1 1
∀k ∃ δ k ∈ (A − a) : kdk − δ k k ≤ .
λk 2k
On a alors
1
kδ k − dk ≤ kδ k − dk k + kdk − dk ≤ .
k
Il s’ensuit que {δ k } converge vers d.
Par construction de la suite {δ k }, on a
a + λk δ k ∈ A ∀ k.
Donc
d ∈ T (A, a).
42 CHAPITRE 3. CÔNES CONVEXES
Par suite
T (A, a) ⊂ T (A, a)
et
T (A, a) = T (A, a).
5) Montrons que
T (A ∪ B, a) = T (A, a) ∪ T (B, a).
On a
A ⊂ A ∪ B et B ⊂ A ∪ B.
Donc
T (A, a) ⊂ T (A ∪ B, a) et T (B, a) ⊂ T (A ∪ B, a).
On obtient alors
T (A, a) ∪ T (B, a) ⊂ T (A ∪ B, a).
Réciproquement, soit d ∈ T (A ∪ B, a). Par définition,
∃ {dk } ⊂ Rn , dk −→ d,
: ak = a + λk dk ∈ A ∪ B, ∀ k ∈ N.
∃ {λk } ⊂ R∗+ , λk −→ 0,
La suite {ak } converge vers a. Elle est donc bornée. Aussi comme {ak } ⊂ A ∪ B, alors un des deux
ensembles A ou B soit A par exemple, contient une infinité des termes. On peut donc extraire de
cette partie une sous suite {akl } convergente. On considère les éléments associés {dkl } et {λkl }. Il
est immédiat que la sous suite {dkl } converge vers d et {λkl } vers 0. En outre on a
a + λkl dkl ∈ A ∀l ∈ N.
Et donc d ∈ T (A, a) ⊂ T (A, a) ∪ T (B, a). Ce qui donne l’inclusion inverse. Et donc on a l’égalité
recherchée. ¤
Dans certains cas le cône tangent est un cône convexe comme le montre la proposition ci-
dessous.
Proposition 3.5.6 Si C est un convexe non vide, de Rn , et a ∈ C alors T (C, a) est un cône
convexe fermé.
Preuve : On sait que T (C, a) est un cône fermé. Il reste à montrer qu’il est convexe. Pour cela il
suffit de montrer que
T (C, a) + T (C, a) ⊂ T (C, a).
Soient d et δ deux éléments de T (C, a).
Par définition, on sait que :
∃ {dk } ⊂ Rn , dk −→ d,
: a + αk dk ∈ C ∀ k ∈ N,
∃ {αk } ⊂ R∗+ , αk −→ 0,
et
∃ {δ k } ⊂ Rn , δ k −→ δ,
: a + βk δ k ∈ C ∀ k ∈ N.
∃ {βk } ⊂ R∗+ , βk −→ 0,
Soit
αk βk
λk = .
αk + βk
3.5. CÔNES TANGENTS 43
On a
λk > 0 ∀k, et λk −→ 0.
En outre on a
αk βk
a + λk (dk + δ k ) = a + (dk + δ k ).
αk + βk
Or
αk βk βk αk
a+ (dk + δ k ) = (a + αk dk ) + (a + βk δ k )
αk + βk αk + βk αk + βk
qui est une combinaison linéaire convexe de deux éléments de C et il appartient donc à C car il
est convexe.
Alors
a + λk (dk + δ k ) ∈ C ∀k ∈ N.
Donc T (C, a) est convexe. ¤
Plus précisément on a
Proposition 3.5.7 Si C est un convexe non vide de Rn et a ∈ C, alors
λ
a + λk dk = a + d ∈ C.
k
Donc
d ∈ T (C, a) = T (C, a).
Ce qui donne
K ⊂ T (C, a).
Mais comme T (C, a) est fermé, alors on a
K ⊂ T (C, a).
En conclusion on a
K = T (C, a).
D’où la proposition. ¤
A présent nous allons voir une autre famille de cônes convexe à savoir les cônes normaux.
44 CHAPITRE 3. CÔNES CONVEXES
Définition 3.6.1 Soit A un sous ensemble non vide de Rn et a ∈ A. On dit que x∗ ∈ Rn est un
vecteur normal à A en a, si
hx∗ , x − ai ≤ 0 ∀x ∈ A.
des vecteurs normaux à A en a, est un cône convexe fermé non vide (il contient toujours 0).
Définition 3.6.2 Soit A un sous ensemble non vide de Rn et a ∈ A. L’ensemble des vecteurs
normaux à A en a est appelé cône normal à A en a. On le note N (A, a) ou NA (a).
Preuve :
La proposition 1) est immédiate.
2) Comme A ⊂ A, d’après 1), on a l’inclusion
Soit x∗ ∈ N (A, a) et x ∈ A.
Alors,
∃{xk } ⊂ A : xk −→ x,
et donc
hx∗ , xk − ai ≤ 0 ∀k ∈ N.
Par passage à la limite, on obtient
hx∗ , x − ai ≤ 0.
Par suite x∗ ∈ N (A, a), et on a l’inclusion
D’où l’égalité
N (A, a) = N (A, a).
3.6. CÔNES NORMAUX 45
Théorème 3.6.1 Si A est un sous ensemble convexe non vide de Rn et a ∈ A, le cône tangent
T (A, a) et le cône normal N (A, a) sont polaires l’un de l’autre. C’est-à-dire :
Donc on a
N (A, a)◦ = T (A, a)◦◦ = T (A, a).
D’où le théorème. ¤
Plus généralement on montre que
On sait que
N (A, a) ⊂ T (A, a)◦ .
Il reste donc à montrer l’inclusion
T (A, a)◦ ⊂ N (A, a).
Soit
x∗ ∈ T (A, a)◦ .
3.6. CÔNES NORMAUX 47
Alors
hx∗ , di ≤ 0 ∀ d ∈ T (A, a).
On sait que
T (A, a) = T (conv(A), a) = R∗+ (conv(A) − a).
Donc on a
hx∗ , x − ai ≤ 0 ∀ x ∈ conv(A).
On en déduit que
x∗ ∈ N (conv(A), a) = N (A, a).
Ce qui donne l’inclusion recherchée
D’où le résultat.
Réciproquement supposons que
et montrons qu’on a
T (A, a) = T (conv(A), a).
On a toujours l’inclusion
T (A, a) ⊂ T (conv(A), a).
Soit
d ∈ T (conv(A), a),
et
x∗ ∈ N (A, a).
∃ {xk } ⊂ conv(A), 1 k
: lim (x − a) = d.
∃ {λk } ⊂ R∗+ , k→+∞ λk
Comme
N (A, a) = N (conv(A), a),
on a alors
hx∗ , xk − ai ≤ 0 ∀ k.
Donc
hx∗ , di ≤ 0.
On en déduit que
d ∈ N (A, a)◦ = T (A, a).
Donc
T (conv(A), a) ⊂ T (A, a).
Ce qui termine la démonstration. ¤
48 CHAPITRE 3. CÔNES CONVEXES
Chapitre 4
Fonctions convexes
⇔ f (x)−f (a)
x−a
≤ f (y)−f (a)
y−a
49
50 CHAPITRE 4. FONCTIONS CONVEXES
• x < y < a.
On a y = x + t(a − x) avec t = y−x
a−x
. Alors la convexité de f donne
⇔ f (y)−f (a)
a−y
≤ f (x)−f (a)
a−x
Ce qui s’écrit encore
Corollaire 4.1.1 Si f est convexe sur I, alors f est continue sur int(I).
- épigraphe de f , l’ensemble
Sλ (f ) = {x ∈ Rn : f (x) ≤ λ} .
Il est clair qu’un sous ensemble F de Rn × R est un épigraphe si et seulement si il est ”infini”
vers le haut, c’est-à-dire que si (x, λ) ∈ F , alors (x, λ0 ) ∈ F dès que λ0 ≥ λ. Ainsi
On définit
52 CHAPITRE 4. FONCTIONS CONVEXES
Définition 4.2.2 Une fonction f : Rn →] − ∞, +∞] est dite propre si dom(f ) est non vide.
∀ x, y ∈ domf, x 6= y, f ((1 − λ)x + λy) < (1 − λ)f (x) + λf (y) ∀ λ ∈]0, 1[.
Définition 4.2.5 Une fonction f : Rn → R ∪ {+∞} est fortement convexe de module r > 0, si
∀ x, y ∈ domf, f ((1 − λ)x + λy) ≤ (1 − λ)f (x) + λf (y) − 2r λ(1 − λ)ky − xk2 ∀ λ ∈ [0, 1].
∀ x, y ∈ domf, x 6= y, f ((1 − λ)x + λy) > (1 − λ)f (x) + λf (y) ∀ λ ∈]0, 1[.
Définition 4.2.8 Une fonction f : Rn → R ∪ {−∞} est fortement concave de module r > 0, si
∀ x, y ∈ domf, f ((1 − λ)x + λy) ≥ (1 − λ)f (x) + λf (y) − 2r λ(1 − λ)ky − xk2 .∀ λ ∈ [0, 1].
Pour cela, pour étudier la convexité des fonctions on peut supposer sans perte de généralités,
que les fonctions sont définies sur Rn tout entier.
On a le lemme suivant :
f ) est convexe.
Lemme 4.2.1 Soit f : Rn → R ∪ {+∞}, epi(f ) est convexe si et seulement si epi(f
X
k X
k
f( λi xi ) ≤ λi f (xi ).
i=1 i=1
d’où la convexité de f .
Pour la stricte convexité, on procède de la même façon. ¤
f (a + td) − f (a)
ϕ(t) =
t
est croissante.
t1 t1 t1 t1
f (a + t1 d) = f ((1 − )a + (a + t2 d)) ≤ (1 − )f (a) + f (a + t2 d).
t2 t2 t2 t2
Il s’ensuit alors que
f (a + t1 d) − f (a) f (a + t2 d) − f (a)
≤ .
t1 t2
Ce qui prouve la proposition. ¤
On a aussi la proposition suivante.
∀ x, y ∈ Rn , ∀ λ ∈]0, 1[,
Proposition 4.2.13 Toute combinaison linéaire finie et positive de fonctions convexes est convexe.
C’est-à-dire : Si pour tout i = 1, · · · , p, fi : Rn → R ∪ {+∞} est convexe, alors pour tout αi ≥ 0,
P
i = 1, · · · , p, la fonction f = pi=1 αi fi est convexe.
Proposition 4.2.14 L’enveloppe supérieure d’une famille de fonction convexes est convexe. Au-
trement dit, si {fi }i∈I est une famille quelconque de fonctions convexes définies sur Rn et à valeurs
dans R ∪ {+∞}, alors la fonction f définie par f (x) = supi∈I fi (x) est une fonction convexe.
Preuve : Soient x et y deux éléments de Rn et λ ∈ [0, 1]. Comme pour tout i ∈ I, fi est convexe,
on a
∀ i ∈ I, fi ((1 − λ)x + λy) ≤ (1 − λ)fi (x) + λfi (y)
≤ (1 − λ) sup fk (x) + λ sup fk (y).
k∈I k∈I
Donc
sup fi ((1 − λ)x + λy) ≤ (1 − λ) sup fk (x) + λ sup fk (y).
i∈I k∈I k∈I
Et comme les fi sont convexes, leurs épigraphes sont convexes et donc l’épigraphe de f aussi. Par
suite f est convexe.
On sait que l’image réciproque d’un convexe par une transformation affine est convexe. On
utilise cette propriété pour montrer le résultat ci-dessous.
Proposition 4.2.15 Soit A une transformation affine de Rn dans Rm et f : Rm → R ∪ {+∞}
une fonction convexe. Alors la fonction notée f A définie sur Rn par f A(x) = f (Ax) est convexe.
Preuve : Considérons la transformation affine
T : Rn × R → Rm × R
(x, λ) 7−→ (Ax, λ)
La fonction f étant convexe, epi(f ) est un convexe de Rn × R. Comme
T −1 (epi(f )) = {(x, λ) : T (x, λ) ∈ epi(f )}
= {(x, λ) : (Ax, λ) ∈ epi(f )}
= {(x, λ) : f (Ax) ≤ λ}
= epi(f A)
on en déduit que f A est convexe. ¤
est convexe.
D’où la convexité de f . ¤
Proposition 4.2.17 Soit f : Rn → R ∪ {+∞} une fonction convexe et λ > 0. Alors la fonction
notée f λ et définie par (f λ)(x) = λf ( λx ) est convexe.
f ¤g) = epi(f
Proposition 4.2.18 On a epi(f f ) + epi(g)
f
58 CHAPITRE 4. FONCTIONS CONVEXES
On a aussi :
a + b ≤ c ⇔ ∃ α, β, α ≥ a, β ≥ b : α + β = c.
f ¤g). Cela signifie :
Soit (x, λ) ∈ epi(f
C’est-à-dire
f ), (x2 , λ2 ) ∈ epi(g)
∃ (x1 , λ1 ) ∈ epi(f f : (x1 , λ1 ) + (x2 , λ2 ) = (x, λ).
D’où le résultat. ¤
Comme une fonction f est convexe si et seulement si son épigraphe strict est convexe, on a :
Proposition 4.2.19 Si les fonctions f et g sont convexes propres, alors f ¤g est convexe.
h : Rn × Rn → R ∪ {+∞}
(x, y) 7−→ h(x, y) = f (x − y) + g(y)
est convexe conjointement par rapport aux deux variables (x, y). Donc
est convexe.
On montre que
On peut se demander pourquoi aller chercher la valeur infinie (et ne pas se contenter de 1
par exemple). Une des raisons est qu’une telle fonction ne serait pas convexe même lorsque S est
convexe. Il est immédiat de montrer que
4.2. FONCTIONS CONVEXES À PLUSIEURS VARIABLES 59
Définition 4.2.12 Soit C un sous ensemble non vide de Rn : on appelle fonction support de C
la fonction notée σC ou σ(., C) définie sur Rn par :
Définition 4.2.13 Soit C un convexe non vide de Rn . On appelle fonction jauge ou fonction de
Minkowski de C, la fonction notée γC ou γ(., C) définie sur Rn par :
Définition 4.2.14 Soit C un convexe non vide de Rn . On appelle fonction distance Euclidienne
de C, la fonction notée dC ou d(., C) définie sur Rn par :
c’est-à-dire l’inf-convolution de la norme et de la fonction indicatrice qui sont toutes les deux
convexes. Par suite la fonction distance est convexe.
2) On considère la fonction h définie par : h(x, y) = kx − yk.
Elle est convexe en (x, y) et comme dC (x) = inf y h(x, y), alors la fonction distance est convexe.
¤
60 CHAPITRE 4. FONCTIONS CONVEXES
Preuve : 1)⇒ 2) Soient x, y dans Rn et λ ∈]0, 1[. Comme f est convexe, alors on a
Ce qui donne
f (x + λ(y − x)) − f (x)
≤ f (y) − f (x).
λ
En passant à la limite, on obtient :
Soient x, et y dans Rn et λ ∈ [0, 1]. En considérant respectivement les couples (x + λ(y − x), x) et
(x + λ(y − x), y), on a :
et
f (y) ≥ f (x + λ(y − x) + (1 − λ)h∇f (x + λ(y − x), y − xi (4.4)
On multiplie (4.3) par (1 − λ) et (4.4) par λ et on fait la somme des deux résultats. On obtient
alors
(1 − λ)f (x) + λf (y) ≥ f (x + λ(y − x).
Ce qui prouve que f est convexe.
2)⇒ 3) Soient x et y dans Rn . On a
et
f (x) ≥ f (y) + h∇f (y), x − yi (4.6)
En considérant la somme de (4.5) et de (4.6), on obtient
Soit
h∇f (z) − ∇f (x), y − xi ≥ 0
car λ ∈]0, 1[. C’est-à-dire
h∇f (z), y − xi ≥ h∇f (x), y − xi.
En utilisant (4.7), on obtient
Preuve : 1)⇒ 2) Soient x, y dans Rn et λ ∈]0, 1[. Comme f est fortement convexe de module r,
alors on a
r
f (x + λ(y − x)) − f (x) ≤ λ(f (y) − f (x)) − λ(1 − λ)ky − xk2 .
2
Ce qui donne
f (x + λ(y − x)) − f (x) r
≤ f (y) − f (x) − (1 − λ)ky − xk2 .
λ 2
En passant à la limite, on obtient :
r
h∇f (x), y − xi ≤ f (y) − f (x) − ky − xk2 .
2
D’où la proposition 2).
62 CHAPITRE 4. FONCTIONS CONVEXES
3)⇒ 2) Soient x et y dans Rn . Considérons la fonction ϕ définie sur [0, 1] et à valeurs dans R
par :
t2
ϕ(t) = f (x + t(y − x)) − f (x) − th∇f (x), y − xi − rky − xk2 .
2
Par hypothèse, on a :
h∇f (x + t(y − x)) − ∇f (x), x + t(y − x) − xi ≥ rkx + t(y − x) − xk2 .
Soit
th∇f (x + t(y − x)) − ∇f (x), y − xi ≥ rt2 ky − xk2 .
Donc pour t > 0, on a :
h∇f (x + t(y − x)) − ∇f (x), y − xi ≥ rtky − xk2 . (4.12)
Comme f est différentiable, la fonction ϕ est derivable et pour t ∈]0, 1[, on a :
ϕ0 (t) = h∇f (x + t(y − x)) − ∇f (x), y − xi − rtky − xk2 .
En considérant (4.12), il vient que ϕ0 (t) est positif pour tout t ∈]0, 1]. Donc la fonction ϕ est
croissante sur cet intervalle. On a alors ϕ(1) ≥ ϕ(0) = 0. Soit
r
f (y) ≥ f (x) + h∇f (x), y − xi + ky − xk2 .
2
D’où le théorème. ¤
Dans le cas où la fonction est deux fois différentiable, on a aussi les caractérisations suivantes.
4.2. FONCTIONS CONVEXES À PLUSIEURS VARIABLES 63
Remarque 4.2.4 Il faut signaler que la réciproque de ce résultat n’est pas vraie. On peut considérer
la fonction ϕ définie sur R suivante : ϕ(t) = t4 . Cette fonction est strictement convexe mais sa
dérivée seconde en 0 est nulle.
t2 2
f (x + th) = f (x) + th∇f (x), hi + h∇ f (x)h, hi + t2 khk2 ε(t).
2
avec ε continue et tendant vers 0 quand t tend vers 0. Donc
t2 2 r
f (x) + th∇f (x), hi + h∇ f (x)h, hi + t2 khk2 ε(t) ≥ f (x) + th∇f (x), hi + t2 khk2 .
2 2
Soit
1 2 r
h∇ f (x)h, hi + khk2 ε(t) ≥ khk2 .
2 2
En passant à la limite, on obtient h∇ f (x)h, hi ≥ rkhk .
2 2
∀ x, y ∈ Rn , f (x) 6= f (y) ∀λ ∈]0, 1[, f ((1 − λ)x + λy) < max{f (x), f (y)}.
∀ x, y ∈ Rn , f (x) 6= f (y) ∀λ ∈]0, 1[, f ((1 − λ)x + λy) > min{f (x), f (y)}.
65
66 CHAPITRE 5. NOTIONS SUR LA CONVEXITÉ GÉNÉRALISÉE
En d’autres termes, une fonction f est quasi concave, respectivement strictement quasi concave,
fortement quasi concave si, la fonction −f est quasi convexe, respectivement strictement quasi
convexe, fortement quasi convexe.
On a les exemples suivants.
p
Exemple 5.1.1 1) La fonction ϕ définie sur R par ϕ(t) = |t| est quasi convexe sur R.
2) Les fonctions monotones sur R sont quasi convexes et quasi concaves. D’ailleurs on peut
montrer qu’une fonction ϕ définie sur R est monotone si et seulement si les fonctions ϕ et −ϕ
sont quasi convexes.
On a la caractérisation suivante.
Proposition 5.1.2 L’enveloppe supérieure d’une famille de fonctions quasi convexes est quasi
convexe.
Proposition 5.1.4 Toute fonction fortement quasi convexe est strictement quasi convexe et quasi
convexe.
On n’a pas par contre la relation stricte quasi convexité implique quasi convexité comme on
pouvait s’attendre. Il faut en plus l’hypothèse de semi continuité inférieure comme le montre la
proposition suivante.
Proposition 5.1.5 Toute fonction strictement quasi convexe et s.c.i. est quasi convexe.
Preuve : Soit f : Rn → R ∪ {+∞} une fonction s.c.i. et strictement quasi convexe. Montrons
qu’elle est quasi convexe.
Soit x, y dans Rn et λ ∈ [0, 1].
1) Si f (x) 6= f (y), alors comme f est strictement quasi convexe on a
Posons u = (1 − α)x + αy. On a u ∈ / Sf (x) (f ) qui est fermé car f est s.c.i.. Il existe alors
un voisinage de u inclus dans le complémentaire de Sf (x) (f ). Il existe alors β ∈]0, 1[ tel que :
5.2. FONCTIONS PSEUDOCONVEXES 67
Ce qui est en contradiction avec la relation (5.1). Par suite la fonction est quasi convexe. ¤
On montre que
[1] Bazaraa, Mokhtar S. and Shetty, C. M., 1979. Nonlinear Programming Theory and Algo-
rithms, John Wiley and Sons.
[2] Bazaraa, Mokhtar S. and Shetty, C. M., 1976. Foundations of Optimization, Lecture Notes
in Economic and Mathematical Systems, No 122, Springer-Verlag New-York.
[3] Bergounioux Maı̈tine, 2001. Optimisation et Conrôle des systèmes linéaires, Dunod.
[4] Bertsekas, Dimiri P. 1995. Non Linear Programming, Athena Scientific.
[5] Bonnans, J. Fréderic and Shapiro, Alexander 2000. Perturbations Analysis of Opimization
Problems, Springer.
[6] Culioli, Jean-Christophe, 1994. Introduction à l’optimisation, Ellipses.
[7] Hiriart-Urruty, Jean-Baptiste, 1998. Optimisation et Analyse Convexe, Presse Universitaire
de France.
[8] Hiriart-Urruty, Jean-Baptiste and Lemaréchal, Claude, 1993. Convex Analysis and Minimi-
zation algorithms, Vol I et II Grundlehren der mathematichen Wissenschaften 305 and 306,
Springer-Verlag.
[9] Hiriart-Urruty, Jean-Baptiste, 1996. L’Optimisation, in collection ”Que sais-je ?”, Presse
Universitaire de France.
[10] Minoux, Michel, 1983. Programmation mathématique : Théorie et Algorithmes, Vol I, Dunod.
[11] Rockafellar, R. Tyrrel, 1970. Convex Analysis, Princeton University Press, Princeton N. J..
[12] Roberts, A. Wayne and Varberg, Dale E., 1973. Convex Functions, Academic Press.
69