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Comptabilite Des Assurances

Ce document est un cours sur la comptabilité des sociétés d'assurances en zone CIMA, présenté par Monsieur Cheikh Diouf. Il aborde les principes généraux de la comptabilité, les opérations courantes, les opérations d'inventaire, ainsi que la comptabilisation des coassurances et réassurances. L'objectif est de familiariser les étudiants avec les aspects techniques de la comptabilité des assurances et de leur permettre d'analyser et de confectionner des états comptables et statistiques.

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REPUBLIQUE DU SENEGAL

Un Peuple-Un But-Une foi

INSTITUT INTERNATIONAL DES ASSURANCES(IIA)

CENTRE PROFESSIONNEL DE FORMATION EN


ASSURANCES(CPFA)

CYCLE :
DTA
Cours de : COMPTABILITE DES SOCIETES D’ASSURANCES
EN ZONE CIMA

Par Monsieur Cheikh DIOUF

Diplômé de l’Institut International des


Assurances(IIA)- Yaoundé/Cameroun
Diplômé de l’Institut des Sciences Financières et d’Assurances
(ISFA UCBL) Lyon1/France
Commissaire contrôleur des assurances
DA/DGSFC/MFB
Mai 2021

1
Table des matières
INTRODUCTION ............................................................................................. 5

CHAPITRE 1 : GENERALITÉS SUR LA COMPTABILITE ........... 7

Section 1 : Principes généraux ..................................................................... 7

Section 2 : Le plan comptable des assurances et ses particularités . 9

Section 2.1 : Le cadre comptable ........................................................... 10

Section2.2 : Les particularités du plan comptable ........................... 12

Section 2.3. La règlementation en matière de comptabilité des


assurances ..................................................................................................... 13

Section 3 : Les principes de base de la technique comptable ......... 16

Section 3.1 : Principe de la partie double ............................................ 17

Section3.2 : Principe du double enregistrement ............................... 17

Section3.3 : Principe du classement des comptes ........................... 18

Section 4 : Documents administratifs obligatoires ............................. 19

Section 4.1 : Documents à adresser à la CRCA et au Ministre en


charge des assurances dans l'État membre (Article 422 du code
CIMA) ............................................................................................................ 19

Section 4.2 : Compte rendu annuel( article 423 du code CIMA) 20

CHAPITRE 2 : LES OPERATIONS COURANTES........................... 23

Section1 : La comptabilisation des primes ............................................ 23

Section 2 : La comptabilisation des sinistres et recours .................... 30

CHAPITRE 3 : LES OPERATIONS D’INVENTAIRE..................... 32

Section 1 : Les provisions techniques ...................................................... 32

Section 1.1 : La provision pour risque en cours ................................ 33

Section 1.2 : La provision pour annulation de primes .................... 39

Section 1.3 : La provision mathématique ............................................ 44

Section 1.4 : La provision pour sinistres a payer .............................. 46

Section 1.5 : Les provisions pour sinistres tardifs ............................ 52

2
Section2 : Les autres régularisations d’inventaire ............................... 53

Section 2.1 : Coupons courus au 31 décembre ................................. 54

Section 2.2 : Provision pour pertes et charges ................................. 55

CHAPITRE 4 : LA COMPTABILISATION DES OPERATIONS


DE COASSURANCE ET DE REASSURANCE ................................... 56

Section 1 : La coassurance ........................................................................... 56

Section 1.1 : Définition et fonctionnement ......................................... 56

Section1.2 : Comptabilisation des opérations de coassurance .... 56

Section 2 : La réassurance ........................................................................... 58

Section 2.1 : Définition et fonctionnement ......................................... 58

Section 2.2 : Les types de réassurance ................................................. 58

Section 2.3 : Les différentes formes de traités de réassurance ..... 59

Section 2.4 : la comptabilisation des opérations de réassurance 62

CHAPITRE 5 : LA COMPTABILISATION DES PLACEMENTS65

Section1 : Chiffrage des sorties .................................................................. 65

Section2 : Règles d’évaluation des placements .................................... 67

Section 2.1 :Les valeurs mobilières amortissables (art. 335-11) ... 67

Section 2.2 : Les autres placements ...................................................... 67

Section 2.3 : Enregistrement des moins- values: .............................. 69

Section 3 : La provision pour risque d’exigibilité ................................ 71

CHAPITRE 6 : LES ETATS FINANCIERS ET STATISTIQUES


OU ETATS CIMA ............................................................................................. 72

Section1 : Présentation de quelques états financiers .......................... 72

Section1.1 : Le compte d’exploitation générale (CEG) ou compte


80 ...................................................................................................................... 72

Section 1.2 : Le compte générale de perte et profits (CGPP) ou


compte 87 ...................................................................................................... 74

Section1.3 : Le bilan ou compte 89 ....................................................... 75

3
Section 1.4 : Répartition des frais généraux et des produits
financiers ....................................................................................................... 77

Section 2 : Cas pratique : confection d’un Bilan d’un CEG et d’un


CGPP à partir de la balance d’une société d’assurance .................... 79

CHAPITRE 7 : SOLVABILTE DES SOCIETES D’ASSURANCES


................................................................................................................................. 79

Section1 : La couverture des engagements réglementés ................... 79

Section1.1 :Notion d’engagements réglementés .............................. 79

Section 1.2 :.Notion de représentation des engagements


réglementés: ................................................................................................. 83

Section 2 : La marge de solvabilité .......................................................... 87

Section 2.1 : Détermination de la marge constituée ........................ 87

Section2.2 : Marge de solvabilité minimale réglementaire ........... 87

4
INTRODUCTION

L’entreprise est une unité économique qui met en œuvre des moyens
matériels, humains et financiers, dans le but de produire des biens et des
services destinés à être vendus sur un marché, afin de réaliser un bénéfice.
Pour atteindre les objectifs fixés (production, vente), les activités de
l’entreprise sont ventilées par fonction dans différents services parmi
lesquels, la comptabilité occupe une place centrale.
D’une manière générale, la comptabilité est un système d’organisation de
l’information financière permettant :
- d’une part, d’enregistrer et de classer des données de base chiffrées
traduisant l’activité de l’entreprise ;
- d’autre part, de fournir après traitement approprié, un ensemble
d’informations conformes aux besoins des divers partenaires de l’entreprise.
Ainsi la comptabilité constitue un instrument de gestion sans lequel aucune
décision judicieuse ne saurait être prise.
Mais pour assurer pleinement son rôle, toute comptabilité doit obéir aux
exigences fondamentales suivantes :
- être régulière, c’est-à-dire conforme aux règles en vigueur ;
- être sincère, c’est-à-dire traduire la connaissance que les responsables de
l’établissement des comptes ont des évènements enregistrés ;
- donner une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du
résultat de l’entreprise. Cette exigence suppose que les données enregistrées
soient exhaustives.
5
En outre, la Comptabilité doit se conformer à un certain nombre de
principes.
Le secteur des assurances est caractérisé par ce qui est communément appelé
l’inversion du cycle de production. L’assureur connaît son chiffre d’affaires
(les cotisations ou primes) avant de connaître ses charges (les prestations
notamment). Cette spécificité de l’assurance a des répercutions sur la
comptabilité des entreprises d’assurances.

Si dans la comptabilité générale, la lecture du bilan se fait de gauche à droite,


elle s’opère, dans la comptabilité des entreprises d’assurance, de la droite
vers la gauche. Dans les entreprises classiques, il s’agit de voir comment
l’actif a été financé par le passif. Par contre dans les entreprises d’assurance,
il s’agit de voir comment le passif a été placé. D’où la particularité de la
comptabilité de l’assurance.

Il est important de rappeler que l’analyse de l’activité et de la situation


patrimoniale d’une entreprise d’assurance s’appuie essentiellement sur les
documents listés à l’article 422 du code des assurances. Il s’agit
principalement :
 des états financiers : le bilan, le compte d’exploitation générale, le
compte des pertes et profits et le compte des résultats en instance
d’affectation ;
 un certain nombre d’états dits statistiques.

En outre, l’assureur doit montrer à toute époque qu’il est en mesure de


respecter ses engagements envers les souscripteurs, assurés et bénéficiaires
de contrats d’assurance et de capitalisation : c’est un aspect important et
spécifique de la comptabilité des assurances.

L’objectif de ce cours est de familiariser les étudiants avec les aspects


techniques de la comptabilité des assurances et de leur permettre d’analyser
et de confectionner certains états comptables et statistiques.

6
Nous examinerons successivement quelques généralités sur la comptabilité,
la comptabilisation des opérations courantes, des opérations d’inventaire, de
la coassurance et de la réassurance, des placements, les états comptables et
statistiques ou états CIMA et la solvabilité des entreprises d’assurances.

CHAPITRE 1 : GENERALITÉS SUR LA COMPTABILITE


Section 1 : Principes généraux
Les entreprises d’assurances doivent, à la fin de chaque exercice comptable,
établir des états de synthèse aptes à donner une image fidèle de leur
patrimoine, de leur situation financière et de leurs résultats.
La représentation de cette image fidèle repose nécessairement sur un certain
nombre de conventions appelées principes comptables.
1) Le principe de la permanence des méthodes :

7
En vertu de ce principe, l’entreprise en établissant ses comptes annuels doit
appliquer les mêmes règles d’évaluation et de présentation d’un exercice à
l’autre.
Un changement de méthode ne se justifie que dans des cas exceptionnels,
soit pour répondre à une obligation légale ou réglementaire, soit pour
apporter une meilleure information. Dans ce cas les modifications
intervenues dans les méthodes habituelles doivent être précisées et justifiées.

2) Le principe de prudence :
Selon ce principe, les incertitudes présentes susceptibles d’entraîner une
augmentation des charges ou une diminution les produits de l’exercice
courant doivent être prises en compte dans le calcul du résultat de cet
exercice et non transférées sur les exercices ultérieurs.
En application de ce principe, les produits ne sont comptabilisés que
lorsqu’ils sont certains et définitivement et effectivement acquis à
l’entreprise alors que les charges sont à prendre en compte dès lors qu’elles
sont probables (exemple : procès en cours contre un employé licencié).

3) Le principe de non compensation :


En vertu de ce principe, les éléments de l’Actif et ceux du Passif d’une part,
les charges et les produits d’autre part, doivent faire l’objet d’une évaluation
séparée sans aucune compensation possible.
Par exemple en matière de Réassurance, les produits d’acceptation et de
cession ne peuvent être compensés entre eux.
Il en est de même pour les sinistres et les éventuels recours exercés.

4) Le principe de compétence, d’indépendance ou de spécialisation


des exercices :
En raison du découpage de la vie de l’entreprise en exercices comptables, les
charges et les produits doivent, suivant ce principe, être rattachés à l’exercice
qui les concerne effectivement et à celui-là seulement.
Toutefois, en assurances, il existe une exception à ce principe en ce qui
concerne les primes et les sinistres. En effet, les primes émises dans
l’exercice en cours ainsi que les sinistres payés au cours de l’exercice mais se

8
rapportant aux exercices antérieurs sont considérés comme des primes et
des sinistres de l’exercice considéré et sont donc inscrits au compte
d’exploitation générale.

En matière d’assurance, ce principe s’applique d’une manière originale :


En effet, les primes émises d’avance et correspondant à des prestations
imputables à l’exercice suivant sont considérées comme des provisions et
non comme des produits comptabilisés d’avance (PREC).
De même les primes non émises à l’inventaire sont considérées comme des
produits à recevoir «Primes acquises non émises» (PANE).

5) Le principe du nominalisme :
Selon l’article 409 du Code CIMA, pour les entreprises dont les actifs sont
exprimés ou les engagements sont libellés en monnaie étrangère, les comptes
concernés doivent être tenus dans ces mêmes monnaies.
A l’inventaire, ces monnaies doivent être converties en francs CFA d’après
les cours constatés et notifiés par la Commission de Contrôle.

6) Le principe de congruence :
En comptabilité générale, d’après ce principe, les immobilisations et une
partie des stocks figurant à l’actif doivent être couverts par des ressources
permanentes au passif.
En Assurance, la règle de congruence veut que les passifs en devises soient
représentés par des actifs exprimés dans la même monnaie (Article 335).

Section 2 : Le plan comptable des assurances et ses particularités


Le Plan comptable est un ensemble de règles imposées ou recommandées
et qui visent à rationaliser et à normaliser la tenue d'une comptabilité.
Un plan de comptes est une liste méthodique de comptes.
Les entreprises d’assurance dans l’espace CIMA sont tenues d’adopter un
plan de comptes établi par référence au plan comptable préconisé par le
Livre IV du code CIMA. Les définitions, principes et éléments fournis dans
ce plan présentent un caractère obligatoire.

9
Section 2.1 : Le cadre comptable
Le Plan comptable applicable aux entreprises d’assurances des pays
membres de la CIMA est défini dans le Code des assurances en ses articles
430 (Classes comptables), 431 (Liste des Comptes) et 432 (Terminologie
explicative).
L’article 431 du code CIMA donne la liste détaillée des comptes principaux,
des comptes divisionnaires et des sous-comptes à utiliser par les entreprises
d’assurance.
Cette liste n’est pas limitative et si besoin est, une entreprise peut créer les
comptes ou sous -comptes adaptés à son activité.
Le cadre comptable est réparti en neuf (9) classes de comptes numérotées
de 1 à 8 et la classe 0:
- Classes 1 à 5 : Comptes de Patrimoine
- Classes 6 à 7 : Comptes de Gestion
- Classe 8 : Comptes de Résultats
- Classe 0 : Comptes Spéciaux.

A. Les comptes de patrimoine


Les comptes des classes 1 à 5 sont des comptes de Patrimoine ou comptes
de Bilan. Ils comprennent les comptes de l’Actif et les comptes du Passif.
Ces comptes sont sans incidences sur le résultat d’exploitation.
Comptes d’actif
2 - Valeurs immobilisées
3 - Provisions techniques à la charge des Réassureurs
4 - Tiers débiteurs
5 - Comptes financiers débiteurs
Comptes de passif
1 - Capitaux permanents
3 - Provisions techniques brutes
4 - Tiers créditeurs
5 - Comptes financiers créditeurs

10
NB : Les comptes de l’Actif sont toujours classés par ordre de liquidité
croissante alors que les comptes du Passif sont toujours classés par ordre
d’exigibilité croissante.
B. Les comptes de gestion
Les comptes des classes 6 et 7 sont des comptes de gestion ; c’est à dire
qu’ils permettent de déterminer directement le résultat de l’exploitation.
Ces comptes sont classés en charges et produits selon leur nature et non
selon leur destination.
6 - Comptes de charges
D’une manière générale, les charges correspondent à un emploi définitif de
ressources et contribuent donc à un appauvrissement de la société. Les
charges d’un exercice sont les consommations nécessaires pour réaliser
l’activité, à ne pas confondre avec les dépenses décaissées ou simplement
engagées.
Dans le plan comptable de la CIMA, on distingue les principaux comptes de
charges suivants :
- Compte 60 : Prestations et frais payés
- Compte 61 : Frais de personnel
- Compte 62 : Impôts et taxes
- Compte 63 : Travaux, fournitures et services extérieurs
- Compte 64 : Transports et déplacements
- Compte 65 : Commissions
- Compte 66 : Frais divers de gestion
- Compte 67 : Frais financiers
- Compte 68 : Dotation aux amortissements et aux provisions
- Compte 69 : Charges par nature à l’étranger

7 - Comptes de produits
Les produits sont les ressources générées par l’activité de l’entreprise et qui
contribuent donc à son enrichissement.
Dans le plan comptable de la CIMA, les principaux comptes de produits
sont les suivants :
- Compte 70 : Primes émises ou cotisations

11
- Compte 71 : Subventions d’exploitation reçues
- Compte 73 : Réductions et ristournes de primes obtenues
- Compte 74 : Rabais, remises et ristournes obtenus
- Compte 75 : Commissions de réassurance
- Compte 76 : Produits accessoires
- Compte 77 : Produits financiers
- Compte 78 : Charges non imputables à l’exploitation
- Compte 79 : Produits par nature à l’étranger

Section2.2 : Les particularités du plan comptable


Dans sa conception générale, le Plan comptable des Assurances rejoint le
Plan comptable général. Mais, compte tenu du caractère particulier des
assurances, il y a une interprétation différente de certains postes.
A. Les comptes de « Primes » et « Sinistres »
Les entreprises d’assurances ne vendent pas des biens ou marchandises, mais
fournissent plutôt des prestations de services.
Les comptes de la comptabilité générale « Achat de marchandises » et «
Vente de marchandises » ne sont donc pas utilisés et son remplacés par les
comptes :
- 60 : « Prestations et frais payés » qui enregistre les sinistres survenus et
que l’assureur paie aux bénéficiaires de contrats. Ce compte représente
l’essentiel des charges d’une entreprise d’assurance.
- 70 : « Primes émises » qui constitue l’essentiel des produits d’une
entreprise d’assurance.
B. Les Provisions techniques
Dans le plan comptable SYSCOA, la classe 3 est réservée aux comptes de
stocks qui représentent une part importante de l’actif des sociétés
commerciales.
En Comptabilité des Assurances par contre, les comptes de la classe 3 sont
destinés à la comptabilisation des engagements techniques :
- Au passif, pour les engagements des assureurs envers les assurés et
bénéficiaires de contrats (Provisions techniques ou Provisions
mathématiques) ;

12
- A l’actif, pour la part des Réassureurs dans les provisions techniques
(Comptes 39).
C. La Réassurance :
Dans le Plan comptable SYSCOA, le compte 40 est réservé aux fournisseurs
auxquels les sociétés ont recours pour leurs approvisionnements,
notamment en marchandises, matières premières et fournitures diverses.
En comptabilité des assurances, le compte 40 est destiné à la
comptabilisation des opérations passées par l’entreprise d’assurance avec ses
réassureurs auxquels elle a recours pour accroître ses capacités de
souscription. Ces opérations dites de cessions et rétrocessions en
réassurance vont figurer au bilan et au compte d’exploitation générale en
diminution des opérations brutes.
D. Les intermédiaires :
La vente des contrats d’assurances est généralement l’œuvre d’intermédiaires
(courtiers, agents généraux…). Le compte 41 enregistre les opérations
passées avec ces derniers en même temps qu’avec les assurés. Le Plan
SYSCOA qui parle de « Clients » pour le même compte, diffère donc
sensiblement du jargon des assureurs.
E. CEG :
Les opérations techniques résultant d’exercices antérieurs sont considérées
comme relevant de l’exploitation générale. Exemple : Règlement en 2019
d’un sinistre survenu en 2017. Le montant ainsi payé sera porté au C.E.G de
2007 dans la rubrique ‘’Prestations et frais payées’’ . Les règles comptables
applicables aux compagnies d’assurance de l’espace CIMA sont contenues
dans le Livre IV du Code des assurances (articles 401 à 432).

Section 2.3. La règlementation en matière de comptabilité des


assurances
Le cadre général de cette réglementation est exposé par l’article 401 qui
dispose : «les entreprises d’assurance soumises au contrôle de l’Etat, qu’il
s’agisse d’entreprises de droit national ou de succursales d’entreprises
étrangères, doivent tenir leur comptabilité dans la forme prévue par le
Code».

13
Il s’agit là d’une disposition impérative à laquelle aucune société ne saurait
se soustraire, sous peine de sanctions disciplinaires prévues aux articles 311
et 312 du Code.
Dans la panoplie des règles comptables prescrites par le code CIMA, on
peut noter :
A. Exercice comptable
Sauf impossibilité absolue reconnue par les autorités compétentes, l’exercice
comptable pour les compagnies d’assurance s’étale sur douze (12) mois: il
commence le 1er janvier et se termine le 31 décembre de chaque année.
Pour une société ayant débuté ses activités au cours de l’année civile (premier
exercice social), la durée de l’exercice comptable peut être étendue, à titre
exceptionnel, au-delà des douze mois réglementaires et se terminer le 31
décembre de l’année suivante.
Il faut noter toutefois que cette règle n’est pas propre à l’assurance.
B. Documents comptables
Le code énumère avec beaucoup de soin et de détails les divers registres ou
documents dont la tenue est obligatoire pour les compagnies d’assurances :
1. un Journal général, qui doit être un livre relié, tenu par ordre de dates,
sans blancs, sans lacunes ni transports en marge, et qui recevra la
récapitulation périodique des différentes opérations ;
2. un Grand-livre général comportant tous les comptes ouverts au cours de
l’exercice ;
3. un livre des balances trimestrielles récapitulant les soldes de tous les
comptes ouverts au Grand-livre général ;
4. un livre relié des inventaires annuels de tous les postes du bilan ;
5. un dossier des opérations d’inventaire réunissant les pièces justificatives
des éléments d’inventaires du bilan, du compte d’exploitation générale et du
compte de pertes et profits ou donnant les références permettant de les
retrouver;
6. les livres de caisse, de banques et de chèques postaux ainsi que les relevés
journaliers des avoirs en trésorerie; Ces livres devront donner le solde
journalier en caisse, banque et CCP et comportant le dépouillement et la
classification des recettes et des dépenses. Il sera totalisé chaque mois, par
mois, avec récapitulation depuis le début de l’Exercice ;

14
7. un inventaire permanent des placements (titres mobiliers, immeubles et
prêts), à partir de relevés individuels et des registres de mouvements;
8. un registre des contrats ou des assurés (registre de production) avec un
numérotage continu;
9. un registre des sinistres enregistrés par exercice de survenance sous un
numérotage continu.
C. Conservation des documents comptables et preuves
Selon la réglementation, les entreprises d’assurance doivent être à même
d’apporter la justification de toutes leurs écritures comptables, y compris
celles relatives aux opérations à l’étranger (Article 408).
Les livres et documents comptables peuvent être établis par tous moyens et
procédés, à condition qu’ils confèrent aux écritures comptables un caractère
authentique et permettent le contrôle de la comptabilité.
En disposant ainsi, le législateur a sans doute voulu prendre en compte les
évolutions permises par les énormes avancées en matière de technologies de
l’information. Les supports informatiques (fichiers sur C.D ou Clé usb etc.)
sont admis, à ce titre, comme moyens de preuve des écritures comptables.
Ces livres et documents comptables doivent, au terme de l’article 404 du
Code, être conservés pendant une durée d’au moins dix (10) ans.
D. Ventilation des risques
Selon l’article 411 du code des assurances, les risques doivent être ventilés
entre les différentes catégories suivantes :
- véhicules terrestres à moteur : responsabilité civile ;
- véhicules terrestres à moteur : autres risques ;
- incendie et autres dommages aux biens ;
- responsabilité civile générale ;
- transports aériens ;
- transports maritimes ;
- autres transports ;
- autres risques directs dommages ;
- acceptations dommages ;
- assurance individuelle sur la vie humaine : contrats en cas de vie ;
- assurance individuelle sur la vie humaine : contrats en cas de décès ;
- assurance individuelle sur la vie humaine : contrats mixtes ;

15
- assurance individuelle sur la vie humaine : Epargne ;
- assurance individuelle : capitalisation ;
- assurance individuelle : complémentaire ;
- assurance collective sur la vie : contrats en cas de vie ;
- assurance collective sur la vie : contrats en cas de décès ;
- assurance collective sur la vie : contrats mixtes ;
- assurance collective sur la vie : Epargne ;
- assurance collective : capitalisation ;
- assurance collective : complémentaire ;
- acceptations vie

L’article 401 dispose que la comptabilité doit notamment faire apparaître,


par exercice et pour chacune des catégories sus indiquées, les éléments
suivants de leurs affaires brutes de cessions et de leurs affaires cédées:
primes, sinistres, commissions, provisions techniques.

En d’autres termes les entreprises sont tenues de comptabiliser séparément,


sans aucune compensation possible, d’un côté les opérations brutes de
réassurance (c’est-à-dire sans tenir compte de la réassurance) et d’un autre
côté les cessions en réassurance.
E- Règles applicables à la coassurance
Pour les opérations de coassurance, l’article 418 du Code dispose que seule
la quote-part souscrite par la compagnie doit être comptabilisée, et ce,
exactement comme les opérations d’assurance directe.

Section 3 : Les principes de base de la technique comptable


Pour comprendre le raisonnement comptable, il importe de retenir les trois
principes suivants qui régissent cette technique :

 Principe de la partie double ;


 Principe du double enregistrement, chronologique et analytique ;
 Principe du classement des comptes en comptes de patrimoine et
comptes de résultats.

16
Section 3.1 : Principe de la partie double
Toute opération intéressant l’entreprise se traduit dans sa comptabilité par
l’inscription de deux montants identiques, chacun affectant un compte, mais
de signe inverse. Cependant, les comptables répugnant à utiliser les signes +
et – auront recours à une autre convention : chaque compte sera subdivisé
en deux colonnes l’une, à gauche, réservée au débit, l’autre, à droite, réservée
au crédit.

Par exemple, si l’entreprise achète des valeurs mobilières à 10 000 000 F en


prélevant sur son avoir en banque, on constatera, en comptabilité,
l’opération par une augmentation du compte « Valeurs mobilières » et une
diminution du compte « Banque ». Cette opération sera traduite comme
suit :

D 23-Valeurs mobilières C
10 000 000

D 56-Banque C
10 000 000

On dira qu’on débite le compte « Valeurs mobilières » par le crédit du


compte « Banque » et que la contrepartie du compte « Valeurs
mobilières » est le compte « Banque ».

Section3.2 : Principe du double enregistrement


Toute opération intéressant l’entreprise fait l’objet d’une double inscription
l’une chronologique, l’autre analytique.
A. Enregistrement chronologique

17
Les faits économiques sont enregistrés au fur et à mesure de leur survenance
ou de leur connaissance : ils sont inscrits au « Livre-Journal », on dira qu’ils
sont journalisés.

L’achat de 10 000 000 F de valeurs mobilières par la banque le 12 mai 2019


sera présenté au Livre-journal comme suit :
D C
_________12/05/19____________________
23 10 000 000
Valeurs mobilières
56 10 000
Banque
000

Achat de valeurs mobilières par notre banque

Une telle inscription au Journal d’un fait économique s’appelle un


« article ». On notera qu’on inscrit d’abord le compte débité puis,
légèrement en retrait, le compte crédité, à la ligne suivante.
B. Enregistrement analytique
Ces mêmes faits économiques seront simultanément inscrits au « Grand-
Livre » . Le Grand-Livre c’est l’ensemble des comptes.
Pour l’opération indiquée ci-dessus, on inscrira donc la somme de
10 000 000 F au débit du compte « Valeurs mobilières » et au crédit du
compte « Banque »
D 23-Valeurs mobilières C
10 000 000

D 56-Banques C
10 000 000

Section3.3 : Principe du classement des comptes


Il convient de noter que :
Les comptes d’actifs augmentent au débit et diminuent au crédit. Cela veut
dire que si l’opération se traduit par une augmentation, on débite le compte

18
d’actif concerné. Par contre, si l’opération se traduit par une diminution, on
crédite le compte d’actif concerné. Il en est de même pour les comptes de
« charges ».
Les comptes de passif augmentent au crédit et diminuent au débit. Cela
signifie que si l’opération se traduit par une augmentation, on crédite le
compte de passif concerné. En revanche, si l’opération se traduit par une
diminution, on débite le compte de passif concerné. Les comptes de
« produits » fonctionnent de la même manière que les compte de passif.

Section 4 : Documents administratifs obligatoires

Section 4.1 : Documents à adresser à la CRCA et au Ministre en charge


des assurances dans l'État membre (Article 422 du code CIMA)
Outre les comptes prévus par ailleurs au plan comptable, notamment :
- le bilan établi selon le compte 89 ;
- le compte d'exploitation générale établi selon le compte 80 ;
- le compte général de pertes et profits établi selon le compte 87 ;
- le compte des résultats en instance d'affectation établi selon le compte 88,
Les entreprises doivent établir chaque année les états suivants :
- C1 Compte d'exploitation générale par catégories ;
- C4 Engagements réglementés et actifs représentant ces engagements ;
- C5 Liste détaillée et état récapitulatif des placements ;
- C9 Ventilation par exercice de souscription et par branche des primes
arriérées, encaissements et annulations ;
- C10 Ventilation par exercice de survenance des sous-catégories de
véhicules terrestres à moteur ; - C10a Ventilation par sous-catégorie
d'opérations ;
- C10b Paiements et provisions pour sinistres, par exercice (assurances
terrestres) ; - C10c Paiements et provisions pour sinistre, par exercice
(transport) ;
- C10d Synthèse des dossiers sinistres de grandes ampleurs non clôturés ;
- C11 Marge de solvabilité ;
- C20 Mouvement au cours de l'exercice inventorié des polices, capitaux ou
rentes assurés ;

19
- C21 Détail, par année de souscription des capitaux ou rentes sortis au cours
de l'exercice inventorié ;
- C25 Participations des assurés ou des porteurs de contrats aux résultats
techniques et financiers ;
- C25 Bis Tableau B : Distribution des provisions pour participation aux
excédents ;
- C25 Bis Tableau A : Participations liquidées et participations distribuées au
cours de l'exercice par produit type ;
- C26 : Chargements et frais ;
- RA1 : Soldes de réassurances par réassureur ;
- RA2 : Dépôts et nantissements effectués par les réassureurs.

Outre les états annuels prévus aux articles précédents, les entreprises doivent
produire des états trimestriels et semestriels. Il s’agit des états suivants :
 pour chaque trimestre civil :
- T1 : Flux trimestriels relatifs aux opérations réalisées ;
- T2 : Recours inter-compagnies et recours pour compte Automobile.
Ces états doivent être arrêtés au dernier jour du dernier mois du trimestre.

 pour chaque semestre civil :


- Bilan établi selon le compte 89 ;
- Compte d'exploitation générale établi selon le compte 80 ;
- Compte général de pertes et profits établi selon le compte 87 ;
- C4 S : Engagements réglementes et leur couverture ;
- RS1 : Ventilation des opérations de cessions et d’acceptations en
réassurance ; - RS2 : Résultats de réassurance par branche.
Ces états doivent être arrêtés au 30 juin et au 31 décembre de chaque année.
Section 4.2 : Compte rendu annuel( article 423 du code CIMA)
Les entreprises doivent délivrer à toute personne qui en fait la demande, et
moyennant paiement d'une somme qui ne peut excéder 1 000 Francs CFA
un compte rendu annuel comprenant les éléments suivants :
- le compte d'exploitation générale ;
- le compte général de pertes et profits ;
- le compte de répartition et d'affectation des résultats ;

20
- le bilan complété par un extrait de la classe 0 et par le tableau des
renseignements concernant les filiales et les participations.

Les entreprises d’assurances doivent adresser le compte rendu annuel


mentionné à l'article 423 au Ministre en charge des assurances dans l'État
membre et à la CRCA en cinq exemplaires, dans les trente(30) jours qui
suivent l'approbation des comptes par l'assemblée générale et au plus tard le
1er juin de chaque année.

Elles remettent au Ministre en charge des assurances dans l'État membre,


dans les trente(30) jours qui suivent la réunion de leur assemblée générale et
au plus tard le 1er juin de chaque année, un dossier relatif aux opérations
effectuées au cours de l'exercice écoulé. Ce dossier est produit en trois
exemplaires. Il est certifié par le président du Conseil d'Administration ou le
Président du Directoire ou le Directeur Général unique dans les sociétés
anonymes, par le Directeur et par le Président du Conseil d'Administration
dans les sociétés d'assurance mutuelle et les sociétés à forme tontinières, par
le mandataire général ou son représentant légal dans les entreprises
étrangères, sous la formule suivante : « le présent document, comprenant x
feuillets numérotés, est certifié conforme aux écritures de l'entreprise et aux
règles applicables à l'assurance, sous les sanctions prévues ».
Il comprend :
1°) des renseignements généraux ;
2°) les documents énumérés à l'article 422. Elles doivent adresser les mêmes
documents dans les mêmes conditions à la Commission de Contrôle des
Assurances. Les renseignements généraux du dossier annuel à produire à la
Commission Régionale de Contrôle des Assurances et au Ministre en charge
des assurances dans l'Etat membre par les entreprises de droit national sont
les suivants :
a) la raison sociale de l'entreprise, son adresse, la date de sa constitution, les
modifications apportées aux statuts en cours d'exercice, et, si de telles
modifications sont intervenues, un exemplaire à jour des statuts ;
b) les nom, date et lieu de naissance, nationalité et domicile des membres du
Conseil d’Administration ou du Directoire et du personnel de direction ; les

21
professions des membres du Conseil d’Administration ou du Directoire et
les grades ou fonctions du personnel de direction ;
c) la raison sociale de la société mère s'il y a lieu, et la liste des filiales ;
d) la liste des branches pratiquées dans le pays concerné, l'année du début
de l'exploitation et la date des agréments ;
e) la liste des pays où l'entreprise travaille et les branches qu'elle y pratique,
la date de l'agrément par les autorités de contrôle de ces pays si cet agrément
existe, et l'année du début de l'exploitation ;
f) un tableau indiquant les ventes et les achats de portefeuilles de contrats
effectués au cours de l'exercice, les modifications apportées aux branches
exploitées dans le pays concerné et dans les autres pays ou territoires ;
g) la liste des accords en vigueur en matière de tarifs, de conditions générales
des contrats, d'organisation professionnelle, de concurrence ou de gestion
financière, ainsi que la liste des accords administratifs ou commerciaux avec
d'autres entreprises d'assurance, de réassurance ou de capitalisation ;
h) les obligations et les autres emprunts émis au cours de l'exercice, les
remboursements ou amortissements effectués ;
i) la liste des personnes physiques ou morales qui se sont portées caution
pour l'entreprise ;
j) le rapport du Conseil d’Administration ou ceux du Directoire et du
Conseil de Surveillance et les rapports des commissaires de surveillance à
l'assemblée des actionnaires ou associés ;
k) le rapport sur le contrôle interne mentionné à l’article 331-16 ;
l) le rapport sur la politique de réassurance mentionné à l’article 331-18 ;
m) une déclaration aux termes de laquelle l'entreprise ne s'est portée caution
pour aucune personne physique ou morale, ou, dans le cas contraire, le nom
des personnes pour lesquelles l'entreprise s'est portée caution, et le montant
des engagements garantis ; une déclaration aux termes de laquelle l'entreprise
n'a pris aucun engagement de vente ou d'achat à terme et n'a signé aucune
promesse d'achat ou de vente, ou, dans le cas contraire, la déclaration du
montant des engagements de cette nature souscrits restant en cours au 31
décembre ;
n) une déclaration analogue concernant les cas de coassurance et de
coréassurance comportant solidarité entre les assureurs ou les réassureurs ;

22
o) un tableau indiquant les modifications apportées au cours de l'exercice : -
au capital social (versements, appels, augmentations ou réductions,
remboursements) ; - au fonds d'établissement, aux amortissements réalisés
sur l'emprunt pour fonds d'établissement ;
p) un tableau indiquant l'effectif, au dernier jour de l'exercice, du personnel
salarié de l'entreprise dans le pays concerné ventilé en « personnel de
direction et cadres », « inspecteurs du cadre », « agents de maîtrise », «
employés », « autres producteurs salariés », « total du personnel salarié dans
le pays concerné », l'effectif du personnel salarié employé à l'étranger, le total
du personnel salarié, ainsi que le nombre d'agents généraux dans le pays
concerné.

CHAPITRE 2 : LES OPERATIONS COURANTES


Section1 : La comptabilisation des primes
Rappelons que le produit principal d’une société d’assurance est constitué
des primes d’assurance qu’elle émet. Nous allons étudier l’enregistrement
des primes selon que les opérations de souscription se fassent au niveau des
intermédiaires (agents généraux et courtiers) ou non.

A. Emission de primes
L’émission des primes constitue le fait générateur de leur inscription en
comptabilité et non leur paiement effectif en assurance IARD. On parle de
comptabilité à l’émission.
Remarque :
Par contre, en assurance vie les primes sont comptabilisées à leur
encaissement. On parle de comptabilité à l’encaissement.

Par émission en entend :


 l’établissement par l’entreprise d’un document appelé « quittance de
prime » destiné au recouvrement de la prime auprès de l’assuré ;
 la création du « bordereau d’émission » qui récapitule l’ensemble des
quittances émises.
Il existe administrativement, deux sortes d’émission :

23
 les primes au comptant : il s’agit des primes émises pour des affaires
nouvelles ou des avenants. Elles sont comptabilisées à la signature des
contrats ou avenants.
 les primes à terme : ce sont les primes émises sur les contrats déjà
en portefeuille à la société. Chaque mois, la société procède au
quittancement des contrats arrivant à échéance dans le mois.

Comptablement, ces deux types d’émission s’enregistrent strictement de la


même façon.
Exemple :
A l’échéance du 03 juin 2019, une compagnie d’assurance IARD envoie une
quittance de 110 000 FCFA à un assuré. Ce montant est constitué de la
prime émise, des coûts de police et accessoires à hauteur 100 000 F CFA et
de la taxe sur les contrats d’assurance de 10 000 F CFA
La société va donc enregistrer dès le 03 juin 2019 les écritures suivantes au
journal et au Grand livre :
A l’émission
D C
___________ 03/06/19___________________
Assurés 110000
41
100 000
702 Primes
435 10 000
Taxes sur les contrats d’assurance

Emission de primes par bureau direct

D 41-Assurés C
110 000

D 72-Primes C
100 000

D 435-Taxes C

24
10 000

Remarque :
La prime payée par l’assuré est constituée de la prime nette majorée du
montant des accessoires et coûts de police, ainsi que de la taxe sur les
contrats d’assurances. Les accessoires et coûts de police sont des produits
pour la compagnie d’assurance et sont donc comptabilisés dans le compte
« 702- Primes », comme la prime elle-même ;
Les taxes sur les contrats d’assurance sont perçues par la société pour le
compte de l’Etat et sont reversées périodiquement à celui-ci. On enregistre
à l’émission cette taxe due à l’Etat au crédit du compte « 435- Taxes ».

La créance sur l’assuré s’éteint lorsque ce dernier paie la prime ; la dette


envers l’Etat s’éteint lors du reversement de la taxe. Le compte « 435- taxes
sur les contrats d’assurance et de capitalisation » sera soldé lors du
reversement de cette taxe à l’Etat par le crédit du compte « 56-Banque ».
A l’encaissement
D C
___________ 04/06/19___________________
56 Banque 110000
110 000
41 Assurés

Encaissement de primes par bureau direct

Reversement de la taxe à l’Etat


D C
___________ 03/07/19___________________
435 Etat 10 000
10 000
56 Banque

Reversement de la taxe à l’Etat par banque

B. Les annulations de primes

25
La société peut être amenée à annuler des quittances (changement de
contrat, résiliation, etc…). Dans ce cas, on comptabilise l’écriture
strictement inverse, sans omettre de reprendre la taxe dans le compte « 435-
Taxes »
Exemple :
Supposons que le 30 juin 2019, la société annule le contrat émis le 03 juin
2019. On aura l’écriture suivante :
A l’annulation
D C
___________ 30/06/19___________________
702 Primes 100 000
435 Taxes sur les contrats d’assurance Assurés 10 000

41 110 000
Assurés

Annulation de la prime émise le 03/06/2019

D 41-Assurés C
110 000(03/06)
110 000(30/06)

D 72-Primes C
100 000(03/06)
100 000(30/06)

D 435-Taxes C
10 000(03/06)
10 000(30/06)

NB : Les comptes « Primes », « Taxes » et « Assurés » sont donc bien


soldés après cette contre-passation.

Section1.2 : Souscription auprès des intermédiaires


Dans ce cas, la société tient une « comptabilité des agences ». Cette
comptabilité a pour objectif de suivre la situation des comptes individuels
des intermédiaires. La tenue de la comptabilité des agences permet à la
26
compagnie d’assurances de suivre et de prendre en connaissance les comptes
correspondant à :
 des primes en instance de recouvrement ;
 des primes effectivement encaissées.

Beaucoup de sociétés d’assurance utilisent des intermédiaires (agents


généraux, courtiers, …etc).

La comptabilisation des opérations vues ci-dessus ne diffère pas


essentiellement dans les principes mais le compte « Assurés » est remplacé
par le compte « 410 Agents généraux, courtiers et autres producteurs »
puisque pratiquement la majorité des opérations va transiter par ceux-ci.

La divergence principale réside dans le fait que ces intermédiaires sont


rémunérés à la commission qui est proportionnelle aux primes qu’ils
encaissent.
Le bordereau d’émission donne lieu à un enregistrement du type suivant
dans la comptabilité de l’entreprise d’assurance.
A l’émission
D C
__________________d°___________________
Agents généraux, courtiers et autres producteurs X
410
X
702 X
Primes
435 Taxes sur les contrats d’assurance

Emission de primes par bureau direct


65 Commissions X
X
410 Agents généraux, courtiers et autres producteurs

Emission de primes par intermédiaire

Exemple1 :

27
Une prime de 10 000 FCFA (accessoires et coûts de police compris), à
l’échéance du 25 mai 2019 est envoyée à un assuré. La taxe sur ce contrat
est de 10% et la commission est de 20%.
TAF :
Passer les écritures comptables d’émission.

Le 25 mai 2019, la compagnie va comptabiliser :

410-Agents courtiers et autres producteurs


D C
11 000(25/05) 2 000(25/05)

65-Commissions
D C
2 000(25/05)

702-Primes
D C
10 000(25/05)

435-Taxes
D C
1 000 (25/06)

Dans un premier temps, nous avons calculé la taxe que nous avons ajouté
au montant de la prime. Dans un second temps, nous avons calculé la
commission de l’agent sur la prime hors taxe, puis nous avons constaté cette
commission dans les charges de la compagnie d’assurance.
Remarque :
Les annulations de primes donnent lieu, bien évidemment, à une reprise de
la commission versée à l’agent. Les autres opérations ne diffèrent pas de ce
que nous avons vu au B de la Section 1.2 sauf qu’elles transitent par les
comptes « Agents » au lieu du compte « Assurés ».

28
Par exemple, si, à date du 30 juin , la compagnie devrait annuler la prime de
10 000 FCFA émise le 25 mai 2018, elle va passer les écritures suivantes :

410-Agents courtiers et autres producteurs


D C
11 000(25/05) 2 000(25/05)
2000(30/06) 11 000(30/06)

65-Commissions
D C
2 000(25/05) 2000(30/06)

702-Primes
D C
10 000(30/06) 10 000(25/05)
435-Taxes
D C
1000(30/06) 1 000 (25/05)

Exemple 2 :
Emission de prime à terme pour un courtier. Prime 20 000 F CFA, taxe de
10% et commission au courtier 20%.

 A l’émission de la prime

410-Agents, courtiers et autres producteurs


D C
22 000 4 000

65-Commissions
D C
4 000
702-Primes
D C
20 000
435-Taxes
D C
2 000

29
 Au paiement de la prime par l’assuré
56-Banque
D C
22 000

410-Agents courtiers et autres producteurs


D C
22 000

 Au paiement de la commission au courtier


410-Agents courtiers et autres producteurs
D C
4 000

562-Banque
D C
4000

De même, les autres opérations vont transiter par ce compte « 410- Agents,
courtiers et autres producteurs » selon les mêmes modalités que
précédemment.
Nous rappelons que les taxes sont calculées sur les primes hors taxes et
qu’elles doivent être rajoutées à celles-ci, car c’est le montant toutes taxes
comprises que les assurés payent.
Remarque :
En assurance vie, la comptabilisation des primes se fait à l’encaissement.

Section 2 : La comptabilisation des sinistres et recours

Lorsqu’un assuré déclare un sinistre à sa compagnie, celle-ci va ouvrir un


dossier, mais ne comptabilisera rien en ce moment. En effet, l’évaluation de
ce sinistre peut être relativement longue et difficile quant à son montant.
On ne comptabilise les sinistres qu’au moment du paiement.

Exemple :

30
Un assuré déclare un sinistre le 30 juin 2019 à sa compagnie. Celle-ci paye
effectivement le 05 janvier 2020 un montant de 450 000 FCFA.

Le 30 juin 2019, la compagnie ouvre un dossier sinistre, mais ne comptabilise


rien en ce moment. Le 31 décembre 2019, elle évaluera le montant probable
à payer qu’elle inscrira dans ces charges ( nous verrons ce processus lors de
l’étude des opérations d’inventaire). En revanche, le 5 janvier 2020, elle
enregistre :

60-Sinistres
D C
450 000(5/1)

562-Banque
D C
450 000(5/1)

Également, on enregistre les recours lorsque la compagnie les encaisse. Ces


recours sont une diminution des charges pour la société et sont donc
comptabilisés au crédit du compte « 60-Sinistre » ou pour mieux les
distinguer, au crédit d’un sous-compte de celui-ci « 6029-recours ». Ce
compte étant regroupé dans le compte principal « 60-Sinistre » en fin
d’année.
Par exemple, sur le sinistre du 30 juin 2019, la société encaisse un recours
de 90 000 FCFA le 20 janvier 2020. La société va passer l’écriture suivante :

56-Banque
D C
90 000(20/1)

6029-Recours
D C
90 000(20/1)

31
En fin d’année, le compte « 6029-recours » sera soldé par le crédit du
compte « 60-sinistre » et viendra donc diminuer le montant des sinistres.

CHAPITRE 3 : LES OPERATIONS D’INVENTAIRE

Le 31 décembre de chaque année, date obligatoire de clôture des comptes


imposée par la loi, les compagnies d’assurances doivent procéder à des
opérations d’inventaire. Les opérations d’inventaires sont régies par le
principe de révision annuel des comptes et par les règles générales et
particulières à certains postes imposées par le code CIMA.
L’inventaire est le moment où la société s’interroge :
 en termes de résultat : toutes les charges ont-elles été comptabilisées ?
les produits comptabilisés doivent-ils contribuer entièrement au
résultat de l’exercice ?
 en termes de bilan : toutes les dettes ont-elles été comptabilisées ? tous
les actifs valent-ils au moins leur valeur comptable ?
L’inventaire conduit l’assureur à constater :
 en termes de résultats : que certains sinistres survenus n’ont pas
encore été payés, que les primes reçues correspondent à des périodes
de garantie qui ne sont pas expirés ;
 en termes de bilan : que certains engagements n’ont pas été
comptabilisés, la provision pour sinistres à payer(PSAP) ou valeur
estimative des sinistres survenus et non encore payés, la provision
pour risque en cours (PREC) ou valeur estimative des sinistres
susceptibles de survenir et garantis.

Dans ce chapitre, nous évoquerons les engagements techniques évalués,


appelés Provisions techniques, qui sont une charge de l’exercice et figurent
en contrepartie au passif du bilan et les autres régularisations d’inventaire.

Section 1 : Les provisions techniques


Ce sont des provisions destinées à permettre le règlement intégral des
engagements pris envers les souscripteurs, assurés et bénéficiaires de

32
contrats d’assurance et de capitalisation. Elles sont liées à la technique même
de l’assurance et imposées par la règlementation.
Il existe différentes provisions techniques selon la nature des activités de
l’entreprise. Les principales sont les suivantes :
-la provision mathématique en assurance vie
-la provision pour risque en cours ;
-la provision pour annulation de primes ;
-la provision pour sinistres à payer.
Nous étudierons ici les principes qui régissent ces provisions, ainsi que leur
enregistrement en comptabilité.
Section 1.1 : La provision pour risque en cours
Section 1.1.1 : Définition
La provision pour risque en cours peut-être définie comme la portion de
prime qui doit être reportée au-delà de la date de clôture de l’exercice, pour
garantir le risque couvert pendant la période comprise entre la date
d’inventaire et la prochaine échéance de la prime ou le terme du contrat et
faire face aux frais de gestion.

Il existe une provision dite « minimale » de 36% qui doit être vérifiée par
une méthode dite « suffisante ».

Section 1.1.2 : Méthodes de calcul


A. Méthode minimale ou des 36%
Au terme de l’article 334-10 du Code CIMA, le montant minimal de la
provision pour risques en cours s’obtient en multipliant par le pourcentage
de 36% les primes ou cotisations de l’exercice inventorié nettes
d’annulations payables d’avance y compris les accessoires et coûts de police
, à l’exclusion des taxes. Il faut noter qu’il s’agit des primes susceptibles de
courir au-delà de la date d’inventaire.
Le calcul se fait de la manière suivante. On procède au regroupement ci-
après :
1°) primes ou cotisations à échéance annuelle émises au cours de l’exercice ;
2°) primes ou cotisations à échéance semestrielle émises au cours du
deuxième semestre ;

33
3°) primes ou cotisations à échéance trimestrielle émises au cours du dernier
trimestre ;
4°) primes ou cotisations à échéance mensuelle émises au cours du mois de
décembre.
Le montant de la provision sera égal à 36 % de cette masse de primes y
compris les accessoire et coûts de police.
Cette méthode forfaitaire minimale n’est valable que sous trois conditions :
la prime de risque doit représenter au plus 72% de la prime commerciale,
soit conforme à l’hypothèse théorique ;
les primes à reporter doivent être égales à 50% des émissions retenues. La
répartition des échéances de primes tout au long de l’année doit être
homogène.
La sinistralité doit être constante tout au long de la période de garantie.
NB : il est bon de préciser que le taux de 36% prévu par le Code pour le
calcul de la provision, n’est autre que le produit de la prime à reporter par la
prime de risque soit :
50%*72%=36%.
Exemple :
Les primes nettes figurant à l’état C1 pour la branche transport d’une
compagnie d’assurance s’élève à 4 400 000 FCFA. Il se ventile ainsi :
Exercices antérieurs -150 000 FCFA
Exercice courant 4 550 000 FCFA
Les émissions de l’exercice courant se décomposent en :
Primes à terme échu(polices à déclaration)…………311 600 FCFA
Primes émises d’avance………………………….4 238 400 FCFA.
Les émissions d’avance de l’exercice, par mois et durée, s’analysent ainsi
(émissions nettes d’annulations, y compris accessoires) :

Durée de la
prime ANNUELLE SEMESTRIELLE TRIMESTRIELLE TOTAL
Mois
d’émission
Janvier 1080 000 1 108 000 12 000
Février 240 000 3 12 000 3 600
Mars 264 000 5 36 000 3 600
Avril 360 000 7 39 600 18 000

34
Mai 180 000 9 24 000 2 400
Juin 288 000 11 36 000 2 400
Juillet 360 000 13 96 000 1 13 200
Août 120 000 15 36 000 3 1 200
Septembre 132 000 17 24 000 5 2 400
Octobre 240 000 19 12 000 7 13 200 1
Novembre 180 000 21 18 000 9 2 400 3
Décembre 264 000 23 13 200 11 1 200 5
Total 3708000 454 800 75 600 4 238 400

Primes annuelles : 3 708 000


Primes semestrielles (2e semestre) 199 600
Primes trimestrielles ( 4e semestre) 16 800
Total 3 924 000
PREC 36%*3924000=1 412 640
B. Méthode suffisante (ou des 1/24ième)
On retient les seuls groupements de primes dont la garantie est susceptible
de dépasser la date d’inventaire : les primes émises dans un mois sont
réputées être émises au 15 de ce mois. Chaque mois d’émission étant affecté
d’un nombre de quinzaine exprimé en :
1/24e pour les primes annuelles ;
1/12e pour les primes semestrielles ;
1/6e pour les primes trimestrielles
1 /2e pour les primes mensuelles.

Cette méthode permet de déterminer les primes à reporter à l’exercice


« n+1 » auxquelles il faut appliquer le taux de prime de risque de 72%.

Mais ici, on prend en compte dans la détermination, le taux réel des frais de
gestion du risque et le taux de sinistre à primes réel.
Cette méthode est connue sous le nom de la méthode des 1/24e.

Exemple :
Prime à reporter :
Primes annuelles :
1080000 ∗ 1 + 240 000 ∗ 3 + ⋯ + 264000 ∗ 23
= 1 398 500
24
Primes semestrielles :
35
96 000 ∗ 1 + 36 000 ∗ 3 + ⋯ + 13 200 ∗ 11
= 59 600
12

Primes trimestrielles :
13500 ∗ 1 + 2400 ∗ 3 + 1200 ∗ 5
= 4 400
6

Total= 1462 500


PREC =1462 000*72%=1053000
Remarques :
Comme le montant obtenu par la méthode des 36% est supérieur à celui
trouvé par la méthode des 1/24e, on retient ce montant, à savoir 1 412 640
FCFA. Le montant à comptabiliser est donc de 1 412 640 FCFA.

2) si, dans la catégorie considérée le taux de sinistres à prime est de 70% et


que le taux de frais généraux est de 16% alors le taux à appliquer est
(70%+16%/2)=78%.
Prec=78%*1 462 500=1 140 750 FCFA.

A l’avènement de l’informatique, la méthode des 1/24e est remplacée par la


méthode dite de prorata temporis.

C. Méthode du prorata temporis

Avec cette méthode, on détermine la masse de prime à reporter à laquelle


on multiplie par la prime de risque réelle.

PREC=masse de prime à reporter*(charge de sinistre/primes acquises


+(1/2)* frais généraux/primes émises)
Section 1.1.3 : Enregistrement comptable

L’évaluation des provisions technique fait partie des travaux d’inventaire


des sociétés d’assurances et leur enregistrement en comptabilité s’effectue
en fin d’exercice, après établissement de la balance avant inventaire, au

36
moment du regroupement des comptes de charges et de produits dans le
compte d’exploitation générale( C.E.G)

La provision pour risque en cours est destinée à couvrir les risques des
contrats jusqu’à leur prochaine échéance dans l’exercice suivant. Il s’agit de
reporter à l’année suivante la fraction des primes dépassant le 31 décembre
de l’exercice en cours. En fin d’exercice, on met en quelque sorte « de côté »
des produits qui seront repris l’année suivante.

Au Compte d’Exploitation Générale, il faut donc « soustraire » des primes


émises, ce montant pour le mettre en « provision pour risques en cours ».
Dans notre exemple ceci se présentera de la façon suivante :
80 –Exploitation générale
DEBIT(charges) CREDIT(produits)
Primes émises 4 400 000
A déduire :
Provisions pour risque en
cours à la clôture de l’exercice
1 412 640

Comme nous sommes en comptabilité à partie double, cette déduction au


crédit du CEG équivaut à un débit ; le crédit contrepartie est le compte
« 320-provision pour risques en cours » qui figurera comme créditeur au
Passif du bilan. L’écriture correspondante au journal est la suivante :

D C
31/12/n
80 Exploitation générale 1 412 640
(déduction du crédit=débit)
320 Provision pour risques 1 412
en cours 640

37
Constitution de la provision au 31
décembre « n »
Mais à la fin de l’exercice précédent la société avait également constituée une
provision pour risques en cours( à moins d’avoir démarré son exploitation
pendant l’année). Il faut reprendre dans les produits de cette année la
provision constituée à la fin de l’exercice précédent.

En supposant que, dans notre exemple que la provision constituée l’an


passé(en année n-1) était de 958 720 FCFA, le CEG se présentera en fait de
la façon suivante :

80 –Exploitation générale
DEBIT(charges) CREDIT(produits)
Primes émises 4 400 000
A ajouter :
Provisions pour risque en
cours à l’ouverture de l’exercice
958 720
A déduire :
Provisions pour risque en
cours à la clôture de l’exercice
1 412 640

Primes de l’exercice 3 946


080

Remarquerez que le sous-total « primes de l’exercice » correspond bien à ce


qui appartient réellement à l’exercice puisque :
-d’une part, on rajoute la provenant de l’exercice précédent ;
-d’autre part, on déduit des primes émises dans l’année la provision à
constituer pour l’exercice suivant.
L’écriture de reprise de l’ancienne provision au journal est la suivante :

D C

38
31/12/n
320 Provision pour risques en cours 958 720
(déduction du crédit=débit)
80 Exploitation générale 958 720
Reprise de l’ancienne provision au 1/1/n

Le compte « 320- provision pour risques en cours » fonctionne donc une


fois par an, en fin d’exercice, d’une façon identique à celle du compte « 31-
stocks de marchandises » en comptabilité classique. Après passation des
écritures, il se présente de la manière suivante :

320-Provision pour risques en cours


D C
(Virement au CEG de l’ancienne 958 720 (provision
provision ) 958 720 constituée en fin d’exercice)
Solde créditeur 1 412 640 1 412 640 (constitution de
la nouvelle provision en fin
d’exercice)
2 371 360 2 371 360
Le solde du compte a bien été rectifié et c’est ce nouveau montant de
provision qui figurera en fin d’exercice au passif du bilan.

Section 1.2 : La provision pour annulation de primes


Section 1.2.1 : Méthode d’évaluation
Destinée à faire supporter à l’exercice en cours, l’incidence des annulations
qui interviendront, après la clôture des comptes, sur des primes se rattachant
audit exercice, la Provision pour annulations de primes découle de
l’application du principe comptable de la séparation des exercices et doit être
dotée par toutes les sociétés.
Ses modalités de calcul n’ont pas été prévues dans le Code CIMA, mais dans
la plupart des entreprises, ce sont des méthodes basées sur les cadences
d’arriérés et/ou d’annulations observées les exercices précédents qui sont
utilisées.
Par note circulaire N° 00229/CIMA/CRCA/PDT/2005 du 24 octobre
2005, la Commission Régionale de Contrôle des Assurances a recommandé,
39
dans le souci d’uniformiser la pratique en cours, de retenir la méthode basée
sur les cadences d’annulations à partir des données de l’état C9.
Elle recommande, par conséquent de partir de l’assiette ou prévision de
primes à annuler et d’affiner les résultats en tenant compte de l’incidence de
la réassurance, des commissions et des provisions pour risques en cours.
Les étapes suivantes sont retenues dans cette note :
Etape 1 : Elaboration du tableau permettant de construire les cadences
d’annulations à partir des statistiques de l’état C9 de l’exercice d’inventaire
de la société ;
Etape 2 : Estimation des émissions tardives de primes pour
déterminer les primes émises donnant lieu à une prévision
d’annulation.
Etape 3 : Calcul des cadences d’annulations de première (annulations
effectuées en N+1 sur des primes émises en N ; annulations effectuées en
N+2 sur des primes de N+1, … ), de deuxième année (annulations
effectuées en N+2 sur des émissions de N ; annulations effectuées en N+3
sur des primes de N+1, etc…), troisième, quatrième et cinquième année, en
faisant la moyenne arithmétique des cadences d’annulations des dites
années,
Etape 4 : Estimation de la prévision de primes à annuler,
Etape 5 : Détermination de la provision pour annulations à inscrire en
comptabilité en corrigeant les estimations de l’étape 3 de l’incidence de la
réassurance, des risques en cours et des commissions.
Pour connaître la provision correspondante, il suffit d’effectuer les
opérations suivantes :
(+) prévision d’annulation : montant obtenu par le calcul ci-dessus ;
(-) cession en réassurance : taux de cession en réassurance appliqué
à la prévision d’annulation ;
(-) commission d’apport : taux de commission d’apport appliqué à la
prévision d’annulation ;
(-) PREC société : taux de provision pour risque en cours(PREC)
appliqué à la prévision d’annulation de l’exercice d’inventaire ;
(+) PREC réassureurs : taux de cession en réassurance appliqué à la
provision pour risque en cours (PREC) de la société ;

40
(+) commission de réassurance : taux de commission de réassurance
appliqué à la cession en réassurance.

La provision pour annulation de prime (PAP) à inscrire en comptabilité en


fin de l’exercice inventorié sera égale au résultat de l’opération ci-dessus.

CAS PRATIQUE : Estimation des provisions pour Annulations de Primes


Une société d’assurance a procédé aux émissions et annulations suivantes
sur les exercices 2014, 2015, 2016.
Exercice de Exercice d’inventaire
souscription
Emises Annulé Annulé Annulé Annulé Annulé
Nettes en 2015 en 2016 en 2017 en 2018 en 2019
2014 10 1 0,2 0
2015 12 - 1,1 0,2 0
2016 15 - - 1,6 ?
2017 20 - - - ? ?

Elle veut s’appuyer sur ses statistiques passées pour déterminer sa provision
pour annulation à l’inventaire de 2017.
Elle dispose par ailleurs des informations suivantes :
taux de commission : 20 %,
les risques en cours sont déterminés à 36 % des émissions,
la société se réassure par une quote part de 50 % dont la commission est de
40 %.
Travail à faire : Estimer :
a) la prévision pour annulation à fin 2017 ;
b) la provision pour annulation à inscrire en comptabilité;
Section 1.2.2 : Enregistrement comptable

Nous rappelons que les primes sont enregistrées dans les comptes Produits
au moment de l’émission des contrats. La provision pour annulations de
primes est destinée à couvrir les risques d’annulations de ces primes.

41
En fin d’exercice, il s’agit de diminuer les produits de l’entreprise. Au
Compte d’Exploitation Générale, comme pour la provision pour risques en
cours, il faut donc « soustraire » ce montant des primes émises. Dans notre
exemple, ceci se présentera de la manière suivante :

80 –Exploitation générale
DEBIT(charges) CREDIT(produits)
Primes émises nettes d’annulations
XXXXXX
à déduire :
Provisions pour annulations de
Primes à la clôture de l’exercice 5 640
000

Cette déduction au crédit du CEG équivaut à un débit ; la contrepartie se


trouve au compte « 3209-provision pour annulations de primes » qui
figurera comme compte créditeur au Passif du bilan. L’écriture
correspondante au journal est la suivante :

D C
31/12/n
80 Exploitation générale 5 640 000
(déduction du crédit=débit)
Provision pour annulations 5 640
3209 de primes 000
Constitution de la provision au 31
décembre « n »

Mais à la fin de l’exercice précédent la société avait également constituée une


provision pour annulations de primes. Or les annulations réelles effectuées
ne sont pas comptabilisées en diminution de cette provision puisque celle-

42
ci est déterminée de façon statistique. Il faut donc reprendre dans les
produits de cette année , la provision constituée à la fin de l’exercice
précédent.
En supposant que, dans notre exemple que la provision constituée l’an passé
était de 5 500 000 FCFA, le CEG se présentera en fait de la façon suivante :

80 –Exploitation générale
DEBIT(charges) CREDIT(produits)
Primes émises nettes d’annulations
XXXXX
à ajouter :
Provisions pour annulations de primes
à l’ouverture de l’exercice 5 500 000
A déduire :
Provisions pour annulations de primes
à la clôture de l’exercice 5 640 000

L’écriture de reprise de l’ancienne provision au journal est la suivante :

D C
31/12/n
3209 Provision pour annulations de primes 5 500 000
(déduction du crédit=débit)
80 Exploitation générale 5 500 000
Reprise de l’ancienne provision au 1/1/n

Comme le compte « 320- provision pour risques en cours », le compte


« 3209-Provisions pour annulations de primes » ne fonctionne qu’une fois
par an, en fin d’exercice. Après passation des écritures, il se présente de la
manière suivante :
3209-Provision pour annulations de primes
D C

43
(Virement au CEG de l’ancienne 5 500 000 (provision
provision ) 5 500 000 constituée en fin d’exercice
Solde créditeur 5 640 000 précédent)
5 640 000 (constitution de
la nouvelle provision en fin
d’exercice)
11 140 000 11 140 000
Le solde du compte a bien été rectifié et c’est ce nouveau montant de
provision qui figurera en fin d’exercice au passif du bilan.

On remarque que cette provision fonctionne dans le même sens que la


PREC :on fera donc figurer l’ensemble de ces deux provisions sur une
même ligne au CEG et au bilan, sous l’appellation « provisions de primes ».
Nous aurons alors :

DEBIT(charges) CREDIT(produits)
Primes émises nettes d’annulations XXXXX
à ajouter :
Provisions de primes à l’ouverture de l’exercice
A déduire :
Provisions de primes à la clôture de l’exercice

Prime de l’exercice

Section 1.3 : La provision mathématique

Dans les sociétés d’assurance vie, le risque est fonction de la vie humaine,
donc du temps. En effet, l’assuré en cas de décès, devrait normalement payer
une prime croissante avec sa probabilité de décès. Mais, pour des raisons
commerciales la prime croissante par une prime nivelée qui est constante.

L’actualisation et la rentabilité financière de ces primes font l’objet de calculs


financiers complexes et nombreux dans les compagnies, c’est le travail du
service actuariat. Ce service indique en fin d’année à la comptabilité générale,
le montant de provisions mathématiques à constituer.

44
Ces provisions sont ajoutées aux charges (sinistres, capitaux, arrérages et
rachats payés dans l’exercice), en contrepartie, elles figurent au passif du
bilan.

De même que pour les provisions pour sinistres à payer, l’ancienne


provision constituée en fin d’exercice précédent, qui n’a plus de raison
d’être, est reprise en déduction des charges.

Exemple :
Un extrait de la balance avant inventaire d’une société Vie-Capitalisation
donne les comptes suivants à la fin d’un exercice:
Numéros Comptes Débit Crédit
3104 Provisions mathématiques 12 152 000
6010 Sinistres 1 086 000
6012 Capitaux échus 214 000
6013 Arrérages échus 206 000
6014 Rachats 211 000
701 Primes émises 3 766 000

Le service Actuariat indique que les provisions mathématiques à constituer


au 31 décembre s’élèvent à 13 966 000 F CFA.
Le compte d’exploitation générale se présente comme suit :

80 –Exploitation générale
DEBIT CREDIT

Sinistres 1 086 000 Primes émises 3 766 000


Capitaux échus 214 000
Arrérages échus 206 000
Rachats 211 000
1 717 000

Provisions mathématiques
à la clôture de l’exercice 13 996 000

45
à déduire :
Provisions mathématiques
à l’ouverture de l’exercice 12 152 000

Le compte « 3104-Provisions mathématiques » se présentera ainsi :

3104-Provisions mathématiques
D C
(Virement au Compte variation 12 152 000 (montant à
de l’ancienne provision ) l’ouverture)
12 152 000 13 996 000 (constitution
Solde créditeur qui s’inscrira au de la nouvelle provision pour le
passif du bilan) 13 996 compte variation de provision)
000
26 148 000 26 148 000

Section 1.4 : La provision pour sinistres a payer


Section1.4.1 :Définition
Selon l’article 334-8 3° du Code des assurances, c’est la valeur estimative des
dépenses en principal et en frais, tant internes qu’externes, nécessaires au
règlement de tous les sinistres survenus et non payés, y compris les capitaux
constitutifs de rentes non encore mises à la charge de l’entreprise.

Dépenses en principal = Coût de réparation des dommages


Frais internes = frais nécessités par la gestion des sinistres en terme
de salaires, de fournitures et de consommables
Frais externes = Frais d’expertise, de procédure, d’avocats, etc...

Section 1.4.2 : Modalité d’évaluation


L’évaluation de cette provision présente quelques difficultés car les sinistres
ne sont pas forcément connus avec précision quant à leurs montants en fin
d’année. On peut se trouver devant les cas de figure suivants :

46
-les sinistres peuvent être réglés mais restant à payer, c’est-à-dire
qu’administrativement ils sont évalués quant à leurs montants, mais restant
à payer effectivement ;
-il peut s’agir de sinistres non réglés, c'est-à-dire qu’ils sont survenus et
que la compagnie en a connaissance mais pour lesquels on ignore le montant
qu’il y aura à payer : ils feront l’objet d’une évaluation ;
-il peut s’agir de sinistres non connus, c'est-à-dire que la société n’en a pas
connaissance et qu’il va falloir estimer.

Aux termes des articles 334-12 et 334-13, on peut retenir les points
suivants :
-les provisions pour sinistres à payer doivent être évaluées sans tenir compte
de l’incidence de la réassurance ;
-la méthode légale est le « dossier par dossier » ;
-l’estimation obtenue par cette méthode doit être augmentée d’une
estimation des tardifs (sinistres survenus mais non déclarés ou en anglais
« Incured But Not Reported(I.B.N.R) »));
-la provision doit être complétée par un chargement de gestion qui ne peut
être inférieure à 5% ;
-sur autorisation de la Commission Régionale de contrôle des assurances, la
société peut utiliser des méthodes statistiques pour estimer les provisions
des sinistres survenus les deux dernières années.

Section 1.4.3 : Les méthodes de calcul


A. La méthode règlementaire : le « dossier par dossier » :
Cette méthode consiste à recenser tous les dossiers de sinistres de la
catégorie et à évaluer pour chacun leur coût en frais et principal. Une
récapitulation est effectuée par exercice de survenance.
Le total des évaluations de la catégorie est majoré d’un chargement de
gestion de 5% minimum. Le montant total majoré du chargement de gestion
s’appelle alors la provision pour sinistre à payer.

La méthode dossier par dossier doit être calculée pour chacune des
catégories dommages.

47
Provision suffisante = Dossier/dossier + Tardifs + chargement de
gestion

Remarque :
Les méthodes ci-après peuvent être utilisées et retenues pour les deux
derniers exercices de survenance, après accord de la commission de
contrôle.

B. La méthode de la cadence des règlements

Cette méthode est basée sur l’observation des statistiques du passé. En effet,
statistiquement, pour une catégorie donnée, on observe que les paiements
de sinistres s’échelonnent dans le temps d’une façon sensiblement constante.
Il suffit donc de connaître cette statistique pour l’appliquer aux données de
l’exercice qui se clôt et obtenir ainsi une évaluation de ce qui devrait être
payé dans l’avenir.
a) Exemple de calcul
La compagnie d’assurance Delta constate pour une catégorie dommage que,
pour 100% de sinistres payés concernant un exercice donné, 30% sont payés
dans l’année même, 35% l’année suivante, 25% au bout de deux ans et 10%
au bout de trois ans.
A la clôture de l’exercice 2015, le montant des sinistres payés dans l’année
s’élevait à 227 200 000 F CFA au total et se répartit comme suit par exercice
de survenance :
- Exercice 2015………….78 000 000

- Exercice 2014………….74 200 000

- Exercice 2013………….60 000 000

Exercice 2012………….15 000 000

48
Si on suppose la statistique valable, on peut en déduire que pour l’exercice
2015, les 78 000 000 F représentent 30% du total des sinistres à payer pour
cet exercice et qu’il faut donc mettre en provision 35% + 25% + 10% =
70% de ce total. On aura donc : 78 000 000 / 30% x 70% = 182 000 000 F
CFA.
Pour l’exercice 2014, les 74 200 000 F représentent 35% du total des sinistres
à payer pour cet exercice ; il faut donc mettre en provision 25% + 10% =
35% de ce total, soit : 74 200 000 / 35% x 35% = 74 200 000 F CFA.
Pour l’exercice 2013, les 60 000 000 F représentent 25% du total des sinistres
à payer pour cet exercice ; il faut donc mettre en provision 10% de ce total,
soit : 60 000 000 / 25% x 10% = 24 000 000 F CFA.

Pour l’exercice 2012, les 15 000 000 F représentent 10% du total des sinistres
à payer pour cet exercice, mais d’après les données statistiques, il ne doit
plus rien y avoir à mettre en provision pour cet exercice puisque 90% ont
été payés depuis.

Une fois ce travail effectué, on compare, pour chacun des deux derniers
exercices de survenance, entre les méthodes dossier par dossier, coûts
moyens de sinistres et cadence des règlements.

On retient le montant le plus élevé de ces méthodes pour les deux derniers
exercices de survenance.

La méthode des coûts moyens


Il s’agit de déterminer, par exerce de survenance, le coût moyen des sinistres
de la catégorie

Pour les exercices antérieurs à l’exercice d’inventaire, il faut diviser le


montant des sinistres déjà payés, augmenté de l’évaluation des sinistres
restant à payer, par le nombre des sinistres survenus dans chaque exercice.

49
A partir des coûts moyens de sinistres déterminés rétrospectivement et
connaissant le nombre de sinistres incombant à l’exercice d’inventaire, on
extrapole le coût moyen probable des sinistres de l’exercice.
La charge prévisionnelle de sinistres de l’exercice sera obtenue en multipliant
le coût moyen probable par le nombre de sinistres. Pour déterminer la
PSAP, on retiendra cette charge, abstraction faite des règlements déjà
intervenus au titre de l’exercice de survenance.
Le montant ainsi déterminé sera comparé avec l’évaluation selon la méthode
dossier par dossier : on retiendra l’évaluation la plus élevée.
Remarque :
Il existe d’autres méthodes d’estimation des PSAP notamment la méthode
du CHAIN LADDER, la méthode de du blocage des primes qui ne seront
pas abordées dans ce cours.
Section 1.2.4 : Comptabilisation des PSAP

La PSAP est une charge qu’il faut ajouter aux sinistres payés, en contrepartie,
on inscrira cette provision pour sinistre à payer au passif du bilan.
Exemple :
On a trouvé 282 100 000 par la méthode des cadences de règlements.
PSAP à constituer : 282 100 000+(5%*282 100 000)=296 205 000 FCFA

80 –Exploitation générale
DEBIT(charges) CREDIT(produits)
Sinistres payés XXXXXXX
A ajouter :
Provisions pour sinistres à payer à la
clôture de l’exercice 296 205 000

Comme nous sommes en comptabilité en partie double, le fait d’ajouter un


montant au débit du CEG entraîne un crédit en contrepartie au compte
« 325- Provisions pour sinistres payer » qui figurera comme compte
créditeur au passif du bilan.
D C

50
31/12/n
80 Exploitation générale 296 205 000
325 Provision pour sinistres à payer 296 205 000
Constitution de la provision au 31/12/n

De même que pour les PREC, à la fin de l’exercice précédent la société avait
également constitué une provision pour sinistres à payer. Il faut donc
reprendre en déduction des charges de cette année la provision constituée à
la fin de l’exercice.
En supposant que la PSAP constituée l’année passée est de 196 250 000
FCFA, le CEG se présentera de la façon suivante :
80-CEG
DEBIT(charges) CREDIT(produits)
Sinistres payés XXXXX
à ajouter :
Provisions pour sinistres à payer la clôture de
l’exercice 296 205 000
A déduire :
Provisions de sinistres à payer à l’ouverture de
l’exercice 196 250 000

au journal, l’écriture de reprise de l’ancienne provision est la suivante :


D C
31/12/n
325 Provision pour sinistres à payer 196 250 000
80 Exploitation générale 196 250 000
Reprise de l’ancienne provision au 01/01/n

325-PSAP
D C
(Virement au CEG de l’ancienne 196 250 000 (provision
provision ) 196 250 000 constituée en fin d’exercice
Solde créditeur 296 205 000 précédent)
296 205 000 (constitution
de la nouvelle provision en fin
d’exercice)

51
492 455 000 492 455 000

Section 1.5 : Les provisions pour sinistres tardifs


La provision pour sinistres tardifs est une provision pour sinistres à payer
dotée pour faire face au coût des sinistres survenus mais non encore
déclarés, à la clôture d’un exercice. Elle est prévue à l’alinéa 2 de l’article 334-
12 du code des assurances.
La méthode de calcul de la provision pour sinistres tardifs est prévue par la
circulaire de la Commission n° 00230/CIMA/CRCA/PDT/2005 du 24
octobre 2005. Elle repose sur la construction de cadences de déclarations
tardives à partir des données du tableau C de l’état C10b du code des
assurances.
La détermination de ladite provision adopte le schéma suivant :

Etape 1 : Elaboration des statistiques de déclaration des sinistres en


nombre de la société, par exercice de survenance, à partir des différents
tableaux C des états C10b.
Etape 2 : Calcul des cadences de tardifs en nombre.

Etape 3 : Nombre de tardifs par exercice de survenance.

Le nombre de tardif à inscrire à la fin de l’exercice d’inventaire sera


l’estimation de tous les sinistres qui seront déclarés par exercice de
survenance en tenant compte de la durée des déclarations tardives qui
ressort des statistiques de déclaration .

Etape 4 : Calcul de la provision pour tardifs


Pour connaître la provision correspondante, il suffit de multiplier le nombre
de tardifs estimé pour chaque exercice de survenance par le coût moyen des
sinistres déclarés, à la fin de l’exercice d’inventaire. Pour obtenir le coût
moyen, il faut partir du tableau F de l’état C10b.
Les sinistres déclarés s’entendent hors estimation de tardifs.

52
Exemple : Prenons le tableau suivant de déclaration de sinistres en
nombre :
Année de Année de déclaration Total
survenance 2015 2016 2017 2018 2019 2020
2015 603 125 18 5 1 0 752
2016 655 175 20 7 1 868
2017 708 213 31 15 967
2018 756 255 45 1 055
2019 610 300 1 110
2020 915 915

Un extrait du tableau F de l’état C10 b qui donne les coûts moyens :


Exercices 2017 2018 2019 2020
Charge de
sinistres
nette de
recours 588 819 996 686 951 427 719 342 748 714 978 064
Nombre de
dossiers
sinistre 967 1 055 1 110 915
Coût moyen
d’un sinistre 608 914 651 139 648 057 781 397

TAF :
Calculer la provision pour sinistre tardif au 31 décembre 2020.
Section2 : Les autres régularisations d’inventaire
De même que pour les sociétés industrielles et commerciales, les
compagnies d’assurance doivent rattacher à l’exercice les charges et produits
s’y rapportant. Ceci conduit à plusieurs écritures de régularisations en
comptabilité à l’inventaire. Nous allons en étudier quelques unes.

53
Section 2.1 : Coupons courus au 31 décembre
Une part des placements des sociétés d’assurance est constituée
d’obligations. A l’inventaire, on peut se trouver face à deux possibilités :
Le coupon annuel (intérêt servi) de l’obligation vient d’échoir et n’a pas été
encore encaissé. Dans ce cas, le montant est connu et l’écriture suivante sera
passée :
D C
31/12/n
545 Coupons et intérêts échus et non recouvrés X
7731 Revenus des obligations X

NB :
Le compte n° 545 est un compte d’actif.
La date d’échéance du coupon annuel est passée et il convient donc de
calculer, pour chaque titre, le prorata d’intérêts couru jusqu’à la date
d’inventaire (intérêts appartenant à l’exercice). Dans ce cas, le compte de
régularisation d’actif « 4857-intérêts courus et non échus » sera utilisé.
D C
31/12/n
4857 intérêts courus et non échus X
7731 Revenus des obligations X

NB :
Cette écriture sera contrepassée à la réouverture des comptes en début
d’exercice suivant de façon à pouvoir comptabiliser normalement
l’encaissement du coupon à la date d’échéance.
Exemple :
Achat d’une obligation à revenu fixe, le 01/03/2017. Valeur nominale
10 000 FCFA. Le taux de coupon 12%. Les coupons sont versés le 01/03
de chaque année.
A l’achat
D C

54
01/03/17
23 Valeurs mobilières 10
000
56 Banque 10 000

A l’inventaire(au 31/12/2017)
D C
31/12/2017
4857 intérêts courus et non échus 1 000
7731 Revenus des obligations 1 000

A la réouverture(01/01/2018)
D C
01/01/2018
7731 Revenus des obligations 1 000
4857 intérêts courus et non échus 1 000

A l’encaissement
D C
01/03/2018
56 Banque 1200
7731 Revenus des obligations 1200

Section 2.2 : Provision pour pertes et charges


Lors de la constitution, on crédite le compte provision intéressé par le débit
des comptes :
« 685-Dotations aux provisions » lorsque la perte prévue fait partie de
l’exploitation ;
« 825-Dotations aux provisions pour pertes » lorsque la perte prévue est
hors exploitation ;

55
« pertes et profits » lorsque le compte crédité est « 150- provisions pour
garantir les moins values sur titres gérés » : il s’agit des titres appartenant à
d’autres organismes que la société d’assurance gère et pour lesquels elle s’est
engagée à répondre de la dépréciation subie.
CHAPITRE 4 : LA COMPTABILISATION DES OPERATIONS
DE COASSURANCE ET DE REASSURANCE

Section 1 : La coassurance
Section 1.1 : Définition et fonctionnement
La coassurance est l’opération par laquelle plusieurs entreprises d’assurances
garantissent un même risque, chacune d’entre elles prenant en charge une
fraction convenue de ce risque sans solidarité avec les autres.

Les risques faisant l’objet d’une coassurance sont garantis dans le cadre d’un
contrat unique appelé : police collective qui est rédigée par la société leader
(généralement appelée Apériteur) et signée par la suite par chacun des
coassureurs et par l’assuré. La société apéritrice agit comme le mandataire
des coassureurs. En effet, non seulement elle établit le contrat mais elle
encaisse la prime et la répartit entre les coassureurs. En outre, elle instruit et
règle les sinistres pour le compte des autres coassureurs et se fait rembourser
par eux.

Pour le remboursement des frais (frais d’établissement du contrat et


d’encaissement des primes) afférents à ses tâches de gestion l’Apériteur a
droit une commission d’apérition représentant un pourcentage de la prime
totale.

Section1.2 : Comptabilisation des opérations de coassurance


La coassurance est une technique de répartition horizontale d’un risque
entre plusieurs sociétés, chacune s’engageant pour le quote-part qui lui
revient.
Au niveau comptable, pour le traitement des primes de coassurance, il faut
distinguer entre le cas d’une société chef de file ou ‘’apéritrice’’ et celui d’une
société non ‘’apéritrice’’.

56
Section 1.2.1 : Cas d’une société apéritrice
La société apéritrice est chargée de la gestion administrative du contrat.
Ainsi, il lui revient d’émettre la totalité de la quittance de prime et de
procéder à son encaissement, soit directement auprès de l’assuré, soit par
l’intermédiaire d’un agent ou d’un courtier.
Les taxes d’assurances seront aussi reversées par l’apériteur pour compte
commun.
En vertu des dispositions de l’article 418 du Code, seule la quote-part des
primes souscrite par la société doit être comptabilisée et la part revenant aux
autres co- assureurs est imputée à leurs comptes courants respectifs.
La commission payée sur cette affaire subira également le même traitement.
Exemple :
Soit une société apéritrice à 40% dans une coassurance portant sur une
prime de 10 000 000 de F CFA. La taxe est de 10% et le taux de commission
de 20%.On aura alors les écritures suivantes :

410 Agents, courtiers 11 000 000


Primes émises(40%)
Etat, taxes dur contrat
70 C/C Coassureurs 4 000 000
435 1 000 000
408 Emission prime QP 40% 6 000 000


65 Commissions 800 000(40%)
408 C/C Coassureurs 1 200 000
410 Agents, Courtiers 2 000 000
Commission sur prime coassurance

En rémunération des frais engagés pour la gestion du contrat, l’apériteur


bénéficie d’une commission dite d’apérition calculée en pourcentage de la
prime nette. Cette commission est comptabilisée comme un produit au
compte « 765- Rémunérations et produits divers ».
Dans notre exemple, si la commission d’apérition est de 1.5%, on aura
l’écriture suivante :
408 C/C Coassureurs 90 000

57
765 Rémunérations et produits divers 90 000

Section 1.2.2 : Cas d’une société non apéritrice


La société qui n’est pas chef de file mais seulement « participante » à la
coassurance, enregistrera dans ses comptes, à partir du compte courant
établi par l’apéritrice, sa part de prime commerciale et les commissions
correspondantes.
Dans notre exemple, pour l’ensemble des autres sociétés participantes, nous
aurons les écritures suivantes :
408 C/C Coassureurs 6 000 00
70 Primes émises 6 000 000
Acceptation prime coassurance

65 Commissions 1 200 000
408 C/C Coassureurs 1 200 000
Commission sur prime coassurance

Section 2 : La réassurance
Section 2.1 : Définition et fonctionnement
La réassurance c’est l’opération par laquelle une entreprise d’assurance, la
cédante, s’assure à son tour auprès d’une autre société, le réassureur (encore
appelée cessionnaire), pour tout ou partie des risques qu’elle assure.

La technique de la réassurance permet notamment à l’assureur de diluer le


risque en se protégeant contre les écarts de probabilité et de rendre son
portefeuille homogène en ne conservant que la partie des risques
correspondant à sa capacité financière.

Il est à noter que malgré l’opération de réassurance, l’assureur reste le seul


garant du règlement des sinistres vis-à-vis de l’assuré, ce dernier n’étant lié
au réassureur par aucun lien contractuel (article 4 du code CIMA).
Section 2.2 : Les types de réassurance
A. La réassurance facultative ou la cession libre
C’est un contrat de réassurance qui laisse l’entière liberté à la cédante de
placer la part de risque de son choix auprès-s d’un ou de plusieurs

58
réassureurs de son choix et aux réassureurs d’accepter ou de refuser le
risque.
Elle consiste à un placement risque par risque et généralement de risque de
pointes.
D’une manière générale, la réassurance facultative est utilisée dans les cas
suivants :
-la couverture des risques spéciaux qui sortent du cadre des traités de la
compagnie (Risques imprévisibles) ;
- dans le cas des valeurs assurées qui dépassent les limites fixées dans le
traité ;
- création d’une capacité lorsque le volume d’affaires ne justifie l’existence
de traité (nouveaux produits, portefeuille non important).
B. La réassurance obligatoire
La réassurance est obligatoire dès lors que les parties mettent en place une
convention appelée traité s’imposant à elles.
La cédante s’engage à souscrire les affaires (risques) pour les « verser » dans
le traité dans le traité conformément aux accords. Le réassureur s’engage à
accepter toutes les affaires ainsi versées au traité conformément aux
accords(ou selon la bonne foi de la cédante).
C. Les réassurances facultative-obligatoire (fac-ob) ou open cover
C’est un contrat de réassurance obligatoire ou traité de réassurance qui est
facultatif pour la cédante qui conserve toute la liberté d’y appliquer tel ou tel
risque de son choix et est obligatoire pour le réassureur qui ne peut refuser
les parts de risques déclarés par l’assureur direct à condition qu’elles soient
conformes aux dispositions contractuelles( que les risques rentrent dans le
traité) ;

Section 2.3 : Les différentes formes de traités de réassurance


On distingue :
les traités proportionnels ;
Les traités non proportionnels.
Section 2.3.1 :Les traités proportionnels
A. Le traité en participation ou en quote-part

59
C’est un traité de réassurance aux termes duquel la cédante s’engage à céder
au réassureur une part convenue (exprimée en capitaux et en pourcentage)
de la totalité des risques souscrits par elle pendant la période de validité du
traité et répondant aux critères définis par le traité.
Dans ce traité, chaque partie prend un engagement exprimé en capitaux et
en pourcentage. Ainsi, le principe du partage retenu permet à chaque partie
d’avoir une part fixe et uniforme sur chaque risque, de recevoir le même
pourcentage sur la prime et de payer le même pourcentage en cas de sinistre.
B. Le traité en excédent de plein
C’est un traité de réassurance dans lequel la cédante s’engage à céder et le
réassureur s’engage à accepter les parts de risques qui dépassent le plein de
conservation de la cédante dans la limite d’un certain multiple de ce plein
appelé plein ou capacité du traité.
La somme du plein de conservation et de la capacité du traité est appelée
plein de souscription.
A la différence du traité QP, la cédante conservera tous les risques dont les
sommes assurées sont inférieures ou égales à ce plein de conservation.
NB :
Dans les traités proportionnels, des commissions sont versées aux cédantes
par les réassureurs pour leur rembourser la part de frais généraux et de
commission exposée pour acquérir ces contrats. Ces commissions sont
appelées commissions de réassurance. En effet, dans un traité
proportionnel, l’assureur apporte une fraction des primes commerciales
contre une prise en charge par le cessionnaire d’une même fraction des
sinistres. Or les primes commerciales comportent des chargements pour
frais généraux que l’assureur continue de supporter : il paraît donc justifié
que le réassureur le rémunère pour le travail de gestion qui reste à sa charge.
Section 2.3.2 :Les traités non proportionnels
A. Définition
En réassurance non proportionnelle, le réassureur prend à sa charge :
-soit tous les sinistres au-delà d’un certain montant : c’est ce qu’on appelle
un excédent de sinistre ;

60
- soit le montant annuel global des sinistres, au-delà d’un certain pourcentage
ou d’un certain montant : on parle alors d’excédent de perte annuelle ou stop
loss.
La notation le plus couramment utilisé est :
Portée XS priorité
Avec les définitions suivantes :
-priorité : borne inférieure au-delà de laquelle le réassureur intervient ;
-portée : étendue de l’engagement du réassureur
-plafond=priorité +portée.
Dès que le sinistre ou l’évènement excède la priorité, le réassureur prend en
charge le montant qui dépasse mais sa prise en charge ne peut pas être
supérieure à la portée.
B. L’excédent de sinistre(XL) par risque ou par événement
L’assureur détermine le montant maximum qu’il peut conserver sur un seul
sinistre pour une branche donnée et le réassureur prend en charge
l’excédent de ce sinistre.

1. L’excédent de sinistre par risque


Le réassureur s’engage à payer un montant inférieur ou égal à la portée à
chaque fois qu’une police est sinistrée pour un montant supérieur à la
priorité. Ce type d’XL est utilisé pour donner de la capacité ou pour protéger
la rétention.
2. L’excédent de sinistre par événement
L’événement qui constitue le sinistre n’est plus limité à une police mais à un
ensemble de polices appartenant à une même branche et sinistrées par une
seule et même cause.
L’événement est défini contractuellement :
-dans sa nature : tempête, tremblement de terre, inondation, feu de forêt ;
- dans l’espace : la zone géographique où se produit l’événement couvert est
bien précisé ;
-dans le temps : on définit la durée maximale pendant laquelle les dommages
imputables à une même cause sont pris en compte dans l’événement. Si une
même cause provoque des dommages pendant une durée supérieure à celle

61
stipulée dans le traité (par exemple 72 heures consécutives), on considère
qu’il s’agit de deux événements.
C. L’excédent de perte annuelle (Stop Loss)
L’assureur cherche à se prémunir contre un mauvais résultat, en considérant
non plus les montants de sinistres mais les résultats eux-mêmes. Les sinistres
ne sont plus considérés individuellement mais globalement.
La part conservée par l’assureur est définie en taux annuel maximum de
sinistres et le réassureur intervient au-delà. Les limites sont généralement
exprimées en pourcentage du rapport sinistres à primes mais on peut
également trouver une double limitation :
En pourcentage sinistres/primes acquises ;
En montant en valeur absolue.
Cela permet de maintenir les limites en cas de baisse anormale ou au
contraire de croissance imprévue de l’encaissement de l’assureur.

Section 2.4 : la comptabilisation des opérations de réassurance


Section 2.4.1 : La comptabilisation des cessions aux traités
proportionnels
A. Primes cédées
Emission des primes
D C
Date z
709 Primes cédées aux réassureurs X
400 C/C des réassureurs X

[Link] récupérés

D C
Date z
400 C/C des réassureurs X
609 Part des réassureurs dans les sinistres X

62
[Link] de réassurance

D C
Date z
400 C/C des réassureurs X
75 Commissions de réassurance X

[Link] provisions techniques


Ce sont la contrepartie des risques et sinistres restant à courir à la charge des
réassureurs conformément au traité signé d’accord partie. Les comptes
transitent par le CEG. Il s’agit de :
« 3920-Part des réassureurs dans les PREC »
« 3925-Part des réassureurs dans les PSAP »

A la constitution au 31/12/n on a :

D C
31/12/n
3920 Part des réassureurs dans les PREC X
3925 Part des réassureurs dans les PSAP X
80 Exploitation Générale X

A l’annulation
D C
31/12/n
80 Exploitation générale X
3920 Part des réassureurs dans les PREC X
3925 Part des réassureurs dans les PSAP X

[Link] comptes de dépôts


1. Définition
Ces comptes représentent la dette de la cédante correspondant aux dépôts
faits par le réassureur c'est-à-dire la garantie pour la cédante que le
cessionnaire respectera sa signature. Leur rôle est double :
Garantir les engagements des réassureurs vis-à-vis de la cédante ;
63
Assurer la représentation de la cédante en brut de réassurance.
Les dépôts sont calculés sur la base des provisions techniques mises à la
charge des réassureurs. Ils peuvent également être constitués en espèces et
sont alors productifs d’intérêts en faveur des réassureurs.
2. Comptabilisation des comptes de dépôts
Pour l’enregistrement comptable des comptes de dépôts, le compte utilisé
figurant au passif du bilan est le suivant :
« 18- Dettes pour espèces remises par les cessionnaires et
rétrocessionnaires ».
La contrepartie de ce compte est soit la banque ou le C/C des réassureurs.
3. Intérêts produits par les dépôts des cessionnaires
D C
DATE X
671 Intérêts sur dépôts des réassureurs X
400 C/C des réassureurs X

Section 2.4.2 : Les comptes techniques et financiers


A. Les comptes techniques
Ces comptes sont dressés par la cédante pour le montant total réassuré : la
comptabilisation pour chaque réassureur intervenant sera effectué en
appliquant au résultat du compte global un pourcentage revenant à chacun
des réassureurs.
Les éléments du compte technique sont les suivants :
Au débit
Sortie de portefeuille prime ou sinistre ;
Commission sur entrée de portefeuille prime ;
Sinistres payés.
Au crédit
Entrée de portefeuille ;
Primes cédées ;
Commissions sur sortie de portefeuille prime.
Remarque : Notion de portefeuille

64
Elle correspond à l’allocation faite au réassureur entrant dans un traité
proportionnel d’un montant complémentaire de primes lui permettant de
faire face aux sinistres de l’exercice venant « frapper » des primes émises de
l’exercice de référence(primes à cheval sur 2 exercices).

Pour le réassureur sortant, à l’inverse, on reprend le montant des primes de


l’exercice qui lui a été affecté correspondant à des sinistres à prendre en
charge par le nouveau réassureur.
B. Les comptes financiers
Ce sont les comptes à partir desquels la cédante ou le cessionnaire réclame
le solde à payer des transactions effectuées conformément aux traités de
réassurance.
CHAPITRE 5 : LA COMPTABILISATION DES PLACEMENTS
La comptabilisation des placements est règlementée et surveillée par le
CRCA. La tenue des livres comptables tels que les journaux et le grand livre
est obligatoire.
L’enregistrement comptable doit être comptabilisé journalier et chaque
opération (entrée et sortie) doit faire apparaître le résultat à tout moment ,
d’où la notion d’inventaire permanent.

La comptabilisation des achats de valeurs est faite au prix d’achat, les frais
d’achat sont enregistrés au compte « 675-Frais d’achat des titres ».
Pour les immeubles, les frais d’acquisition sont portés au compte « 204-frais
d’acquisition des immobilisations » .Ces frais donnent lieu à un
amortissement sur une période maximale de 5 ans.
Section1 : Chiffrage des sorties
Pour chiffrer, une sortie de stock, les comptables connaissent trois
méthodes :
-la méthode FIFO(first in, first out) selon laquelle on considère que les
sorties s’imputent d’abord sur les éléments les plus anciens du stock ;
-la méthode LIFO(last in, first out) où les sorties s’imputent d’abord sur les
éléments les plus récents du stock ;
-la méthode PAMP(prix d’achat moyen pondéré) où les sorties sont
chiffrées à leur valeur unitaire moyenne des éléments constitutifs du stock.

65
Le plan comptable des assurances du code CIMA a retenu la méthode
FIFO( ou PEPS) en son article 410.
Exemple :
Les opérations suivantes, concernant les titres LA MEILLEURE, ont été
effectuées pendant le mois de mars :
-5 mars : achat de 100 titres à 140F CFA l’un. Frais 200
-7 mars : achat de 50 titres à 150FCFA l’un. Frais 120
-8 mars : vente de 50 titres à 170FCFA l’un.
-15 mars : vente de 70 titres à 160F cFA l’un.
-17 mars : achat de 50 titres à 165F l’un. Frais 150
TAF :
Etablir le tableau récapitulatif des entrées, sorties et variations de stocks.
Passer les écritures comptables des opérations ci-dessus au journal de la
société.

Solution
a)Tableau récapitulatif
ENTREES SORTIES + ou – STOCKS
DATES Qté PU MT Qté pu Prix Prix value qté Pu Mt
total de
vente
05/03 100 140 14000 100 140 14000
07/03 50 150 7500 100 140
50 150 21500
50 140 700 8500 +1500 50 140
08/03 50 150 14 500
50 140
15/03 20 150 10 000 11200 +1200 30 150 4500
30 150
17/03 50 165 8250 50 165 12750

b)Ecriture au journal de la société


Ces différentes opérations se présentent au journal de la société comme suit :
05/03/12 D C
23 Valeurs mobilières 14 000
675 Frais d’achat des titres 200
56 Banque 14 200
07/03/12

66
23 Valeurs mobilières 7 500
675 Frais d’achat des titres 120
56 Banque 7 620
08/03/12
56 Banque 8 500
23 Valeurs mobilières 7 000
845 Plus value sur cession d’éléments d’actifs 1 500
15/03/12
56 Banque 11 200
23 Valeurs mobilières 10 000
845 Plus value sur cession d’éléments d’actifs 1 200
17/03/12
23 Valeurs mobilières 8 230
675 Frais d’achat des titres 150
56 Banque 8400

Section2 : Règles d’évaluation des placements


Les évaluations à l’inventaire répondent selon la nature du placement à deux
règles aux articles 335-11 et 335-12 du Code CIMA.
Section 2.1 :Les valeurs mobilières amortissables (art. 335-11)
Les valeurs mobilières amortissables sont évaluées à leur valeur la plus faible
résultant de la comparaison entre la valeur d’acquisition, la valeur de
remboursement et la valeur vénale.
L’évaluation se fait ligne par ligne sans compensation entre les plus-values
et les moins-values.
Section 2.2 : Les autres placements
L’article 335-12 prévoit pour les autres placements deux évaluations globales
et non ligne à ligne. Ce qui entraîne une compensation entre les plus-values
et les moins-values.
A l'exception des valeurs évaluées comme il est dit à l'article 335-11, les actifs
mentionnés à l'article 335-1 font l'objet d'une double évaluation :
1°) Ils sont inscrits au bilan, et admis en représentation des engagements
réglementés, sur la base du prix d'achat ou de revient, dans les conditions ci-
après :
a) les valeurs mobilières sont retenues pour leur prix d'achat ;

67
b) les immeubles sont retenus pour leur prix d'achat ou de revient sauf
lorsqu'ils ont fait l'objet d'une réévaluation acceptée par la Commission de
Contrôle des Assurances auquel cas la valeur réévaluée est retenue. Les
valeurs sont diminuées des amortissements pratiqués au taux annuel de 2 %.
Le prix de revient des immeubles est celui qui ressort des travaux de
construction et d'amélioration à l'exclusion des travaux d'entretien
proprement dits ;
c) les prêts sont évalués d'après les actes qui en font foi ou, s'ils sont acquis
sur un marché secondaire, à leur prix d'acquisition ;
d) les nues-propriétés et les usufruits sont évalués suivant les règles
déterminées par la Commission de Contrôle des Assurances.
Dans tous les cas, sont déduits, s'il y a lieu, les remboursements effectués et
les provisions pour dépréciation, lesquelles ne sont constatées que lorsqu'il
y a lieu de considérer qu'elles ont un caractère significatif et durable, suivant
les règles définies à l’article 410.
2°) Il est ensuite procédé, , à une évaluation de la valeur de réalisation des
placements, :
a) les titres non cotés sont retenus pour leur valeur vénale correspondant au
prix qui en serait obtenu dans les conditions normales de marché et en
fonction de l'utilité du bien pour l'entreprise ;
b) les titres cotés sont retenus pour leur dernier cours coté au jour de
l'inventaire ;
c) les immeubles sont retenus pour une valeur de réalisation dans les
conditions fixées dans chaque cas par la Commission de Contrôle des
Assurances, c'est-à-dire une valeur déterminée après expertise effectuée
conformément à l'article 335-13.
3°) La valeur inscrite au bilan est celle qui résulte de l'application du 1°) du
présent article. Dans le cas où la valeur de réalisation de l'ensemble des
placements estimée comme il est dit au 2°) lui est inférieure, il est constitué
une provision pour dépréciation égale à la différence entre ces deux valeurs.
Cette provision est appelée : provision pour risque d’exigibilité des
engagements techniques qui est un provision destinée à faire face aux
engagements dans le cas de moins-value de l’ensemble des actifs mentionnés

68
à l’article 335-12, calculée dans les conditions définies à l'article 334-14 du
code CIMA.

Section 2.3 : Enregistrement des moins- values:


L’enregistrement des moins-values pour les valeurs mobilières amortissables
est édicté par l’article 410 du code suivant :
Article 410 :
La comptabilité des valeurs est tenue par prix d'achat.
La moins-value pouvant résulter d'un écart entre la valeur d'achat et la valeur
de réalisation fait l'objet d'une provision dans les écritures d'inventaire,
conformément aux règles suivantes :
a) les valeurs cotées, dont la moins-value est supérieure à 5% de leur valeur
d'achat à la date d’arrêté, font l'objet d'une provision dans les écritures
d'inventaire. Cette provision est égale à la différence entre la valeur d'achat
et le cours moyen du mois précédant l’arrêté des comptes ;
b) pour les valeurs non cotées, la provision est égale à la différence entre la
valeur d’entrée et la valeur vénale ou mathématique de l’exercice clôturé ;
c) dans tous les cas, une provision doit être constatée dès lors qu'il existe des
indices objectifs permettant de prévoir que l’entreprise d’assurance ne
pourra recouvrer tout ou partie de la valeur comptable du placement.
Les cessions de titres en portefeuille sont réputées porter par priorité sur les
titres de même nature acquis ou souscrits à la date la plus ancienne.
Les plus ou moins-values résultant des cessions en cause sont déterminées
en fonction de la valeur d'origine pour laquelle les titres figuraient au bilan.

A la lumière de cet article, on a des moins values, si la valeur de réalisation


est inférieure à la valeur obtenue dans la première évaluation.

La comptabilisation des moins-values au journal se fait de la façon suivante :


D C
31/12/n
87 Compte Général des Pertes et Profits X
19 Provision pour dépréciation des immobilisations et titres X
Constatation des moins-values

69
NB :
Le compte « 19-provision pour dépréciation des immobilisations et des
titres » figurera à l’actif sur une ligne distincte en diminution de l’ensemble
des « valeurs immobilisées ».

Exemple :
Soit un ensemble d’actifs au 1ier janvier 2017 appartenant à la société
d’assurance X selon le descriptif suivant :
a)Valeurs mobilières amortissables(obligations)
titres Valeur comptable Valeur boursière Valeur de
remboursement au
31/12/2017
Obligations A 20 000 000 20 100 000 20 650 000
Obligations B 125 000 000 124 850 000 124 950 000
Obligations C 100 000 000 100 200 000 100 100 000

b) Autres placements
Autres placements Valeur comptable Valeur de réalisation
Actions de la société D 20 000 000 19 800 000
Actions de la société E 17 000 000 17 750 000
Immeubles F 105 000 000 104 950 000

TAF :
Procéder à l’évaluation de ces placements au 31/12/N conformément aux
dispositions des articles 335-11 et 335-12 du code CIMA les montants à
retenir ainsi que les moins-values.
1)Calculer les plus ou moins-values conformément aux dispositions des
articles 335-11 et 335-12.
2) Passer au journal les écritures relatives à la constitution des provisions
pour dépréciation de ces placements.

Solution :
1)Comptabilisation de la provision pour dépréciation des placements
a) Estimation des valeurs mobilières amortissables

70
Obligations Valeur Valeur Valeur de Montant à retenir Moins
comptable boursière remboursement values
au 31/12/N
Obligations 20 000 000 20 100 20 650 000 20 000 000 0
A 000
Obligations 125 000 124 850 124 950 000 124 850 000 150 000
B 000 000
Obligations 100 000 100 200 100 100 000 100 000 0
C 000 000 000

b) Estimation des autres placements

Autres Valeur comptable Valeur de Montant à Moins-


placements réalisation retenir value
Actions de la 20 000 000 19 800 000 19 800 000
société D
Actions de la 17 000 000 17 750 000 17 750 000
société E
Immeubles F 105 000 000 102 950 000 102 950 000
total 000 000 140 000 000 140 000 000 2 000 000

2) Comptabilisation
D C
31/12/n
87 Compte Général des Pertes et Profits 2 150 000
192 Provision pour dépréciation des 2 150 000
immobilisations et titres
Constatation des moins-values

Section 3 : La provision pour risque d’exigibilité

La provision pour risque d'exigibilité des engagements techniques est


constituée lorsque la valeur globale inscrite au bilan des placements évaluée
selon les règles définies au 1°) de l’article 335-12 est supérieure à la valeur
globale de ces mêmes placements évaluées selon les règles définies au 2°)
dudit article. La provision à constituer est égale à la différence constatée
entre les deux évaluations.
71
CHAPITRE 6 : LES ETATS FINANCIERS ET STATISTIQUES
OU ETATS CIMA

Section1 : Présentation de quelques états financiers


Compte tenu des particularités évoquées jusqu’à présent, le processus de
regroupement des comptes d’une société d’assurances s’effectue selon les
mêmes principes généraux que ceux étudiés pour la comptabilité classique
avec la particularité de de dresser un compte général supplémentaire
regroupant les éléments exceptionnels (hors exploitation) :
 Etablissement de la balance ;
 Calcul des provisions techniques, des amortissements et autres
provisions ;
 Enregistrement des écritures d’inventaire relatives aux provisions, aux
amortissements et aux régularisations des comptes de gestion,
 Etablissement du Compte d’Exploitation General(CEG), du Compte
Général de Pertes et Profits(CGPP) et du Bilan.
Pour mieux illustrer nos propos, nous allons d’abord vous présenter lesdits
états, puis à travers un exercice de synthèse, confectionner un CEG, un
CGPP et un bilan en partant d’une balance.

Section1.1 : Le compte d’exploitation générale (CEG) ou compte 80


C’est un compte collectant à son DEBIT les charges d’exploitation et à son
CREDIT les produits d’exploitation.
Le plan comptable des assurances considère en plus des charges et produits
habituels, comme éléments d’exploitation :
 La variation des provisions techniques bien qu’elles concernent pour
l’essentiel des exercices
 Les charges et produits financiers résultant des valeurs immobilisées
de l’actif alors que les résultats provenant des cessions de ces actifs
sont rejetés au Compte général de Pertes et Profits.
Spécificité du compte d’exploitation général

72
1. la liquidation du passé an niveau des charges et des produits
techniques (sinistres, primes). Il faut noter néanmoins, qu’au niveau
des autres charges et produits, le plan comptable des assurances
observe un respect scrupuleux des principes comptables déjà énoncés
à part les commissions qui sont liées aux primes.
2. Distinction au niveau de la présentation des rubriques concernant les
charges d’exploitation :
 Charges de commission
 Autres charges (frais généraux courants)
 Charge de placement.
2.1 Création d’une rubrique Commissions+ autres charges afin
de mieux évaluer le coût d’acquisition des contrats.
2.2 Les diverses rémunérations des réassureurs appelées
communément « Commissions de réassurance » viennent en
déduction dans la rubriques « Commissions+ autres
charges » en remboursement des coûts d’acquisition des
contrats dont une partie leur a été cédée. Il convient de souligner
que ces commissions sont enregistrées sous la même rubrique
mais dans la colonne « opérations cédées »
2.3 Les dotations aux amortissements des immeubles dits de
placements et les charges de afférentes à ces immeubles sonr
considérées comme des charges financières(dits charges de
placement)
2.4 Le remboursement de la quote-part des produits financiers due
aux réassureurs de leur participation à la couverture des
engagements techniques appelés « intérêts sur dépôts » est
considéré comme une charge financière (charge de placement)
au lieu de venir en déduction des produits financiers. Cette
couverture des engagements est connue sous le nom technique
de « Dettes envers les cessionnaires et rétrocessionnaires »
, ou plus communément « Dépôts espèces » ou « Dépôts en
valeurs ».

73
3. Dans sa présentation, le compte d’exploitation est reparti en 6
colonnes au niveau des montants, 3 au débit et 3 au crédit. L’intitulé
de ces colonnes sont les mêmes tant au débit qu’au crédit.
 La première colonne présente les opérations brutes réalisées par
la société ;
 La deuxième colonne présente toutes les opérations cédées aux
réassureurs ;
 La troisième colonne présente les opérations nettes de cession
c’est-à-dire la première colonne déduction faite de la deuxième
colonne.
Ne sont enregistrées dans la deuxième colonne opérations cédées que les
charges et produits techniques liés à l’industrie de l’assurance.

Section 1.2 : Le compte générale de perte et profits (CGPP) ou compte


87
Compte collectant à son débit :
 La perte d’exploitation du compte du compte d’exploitation ;
 Toutes les autres pertes hors exploitation (exceptionnelles et sur
exercices antérieurs)
 Les provisions pour moins values à la clôture(articles 335-11 et 335-
12 du code CIMA)
 L’impôt sur les sociétés.
A son crédit :
 Le bénéfice d’exploitation du CEG ;
 Tous les autres profits hors exploitation (exceptionnels et sur
exercices antérieurs)
 Les reprises sur provisions et les utilisations des provisions
précédemment constituées ;
 Les provisions pour moins-values à l’ouverture (articles 335-11 et 335-
12 du code CIMA)
Spécificités du compte général de pertes et profits

74
Cette spécificité est due aux articles 335-11 et 335-12 du code CIMA sur
l’évaluation des placements. Il s’agit des comptes 192 et 195 qui sont des
sous comptes du compte « provisions pour dépréciation des
immobilisations et titres ». Ces comptes fonctionnent comme les
provisions techniques mais dans la présentation, l’annulation de l’ancienne
provision figure au crédit du compte pertes et profits et la constatation de la
nouvelle provision au débit de ce même compte.

Section1.3 : Le bilan ou compte 89

Nous n’allons pas reprendre toutes les rubriques du Bilan, nous noterons
tout simplement les spécificités par rapport au droit commun qui sont entre
autres :
 Au passif :
o Les provisions techniques dans la classe 3 ;
o Les dépôts pour espèces des réassureurs dans la classe 1
 A l’actif :
o Les provisions techniques des réassureurs ;
o La provision pour dépréciation des immobilisations et
titres(articles 335-11 et 335-12 du code CIMA) qui apparaît
au bilan en actif soustractif. Cette provision figure sur la
dernière ligne des valeurs immobilisées.
 Rappel sur les réserves

Les réserves appartiennent en fait aux associés , propriétaires du capital de


la société. Elles figurent au passif du bilan dans les comptes 13 et 14
immédiatement après le compte capital.
Les réserves peuvent être constituées pour de multiples raisons : obligations
légales, statutaires, impératifs ou avantages fiscaux ou tut simplement pour
accroître la capacité financière d’une société.
Pour les sociétés d’assurances, certaines réserves sont importantes du point
de vue comptable comme réglementaires car elles ont régies par le code
CIMA.

75
Les réserves se subdivisent en réserves réglementaires et en réserves libres ;
o Les réserves règlementaires ;
 Réserve pour remboursement de l'emprunt pour fonds
d'établissement
Elle permet de le remboursement de l’emprunt pour fonds d’établissement
lorsque ce remboursement est inférieur à celui résultant de la formule . C’est
le cas lorsque le remboursement est reporté à la fin de la période , les intérêts
étant payés chaque année.
 Réserves pour fluctuations de change
Elle prend en charge les plus-values nettes de moins -values résultant de la
conversion des monnaies étrangères au jour de l’inventaire et servant à
compenser les moins-values nettes qui pourront apparaître lors des
inventaires ultérieurs. Ces plus -values non définitives ne sont pas acquises,
mais mises en réserve.

o Les réserves libres


 Prime d’émission
Elle est fixée, dans le cas d’une valorisation d’action (généralement lors d’une
augmentation de capital) pour compenser l’écart entre la valeur réelle d’un
titre et sa valeur nominale. Elle est généralement prévue dans le but
d’égaliser les droits des associés anciens et nouveaux.
 Réserves statuaires
Prévues par les statuts, leur constitution est de ce fait rendue obligatoire
pour les sociétés, leur distribution ne peut intervenir que sur décision des
actionnaires, réunis en Assemblée Générale Extraordinaire.
 Réserves spéciales des plus-values nettes à long terme
C’est-à-dire celles réalisées sur des biens acquis depuis plus de deux ans .
 Réserves provenant de subventions d'équipement
Il s’agit de réserves constituées par la société suite à l’obtention de
subvention d’équipement.
 Réserves facultatives
Comme son nom l’indique, la société n’est pas obligée de constituer de
réserve facultative. Toutefois, elle peut décider de garder une partie de ses
bénéfices dans lesdites réserves.

76
 Réserves de renouvellement des immobilisations
Elles sont destinées à l’acquisition d’immobilisation.
 Réserve spéciale de réévaluation
Elle résulte de réévaluation d’actifs notamment d’immeubles.
 Réserves pour cautionnements
Elles correspondent à la part du cautionnement dans un pays étranger qui
ne représente pas les engagements techniques dans ce pays.

Section 1.4 : Répartition des frais généraux et des produits financiers

S’il est facile pour une compagnie d’assurance de connaitre, pour chaque
catégorie donnée, de connaître les primes, les sinistres, les commissions, les
provisions, ce n’est pas le cas pour les frais généraux et les produits
financiers. En effet, l’état C1 est un compte d’exploitation ventilé par
catégorie d’opération avec certaines particularités. La difficulté dans la
conception de cet état réside dans la répartition des frais généraux et des
produits.
A. Les répartition des frais généraux
Il s’agit entre autres des autres charges du compte d’exploitation générale
déduction faite :
 Des produits accessoires ;
 Des travaux faits par l’entreprise pour elle-même.
La pratique consistant à répartir les frais généraux par rapport au chiffre
d’affaires devrait être banni. Elle est arbitraire et peu fiable. Par exemple, un
contrat de 150 000 000 de FCFA peut coûter 5 fois plus en frais généraux
que 100 contrats d’un montant d’un montant global de 20 000 000 FCFA
Dispositions communes

La répartition doit se faire à travers le nombre de dossiers traités dans


l’exercice comptable affecté d’un coefficient pour :
 Les affaires nouvelles en productions
 Les sinistres survenus ou payés et terminés.

77
Nous savons qu’en matière de production, les affaires nouvelles
occasionnent plus d’énergie , de frais et de documentation que les
renouvellements et autres résiliations. C’est le as ne matière de sinistre, pour
les affaires terminées et payées au cours de l’exercice ainsi que ceux déclarés
au cours de cet exercice.
On peut peaufiner cette répartition en hiérarchisant les branches selon leur
complexité et leur importance en production comme en règlement de
sinistre pour leur affecter un coefficient.

Cette normalisation n’exclut pas la tenue d’une comptabilité analytique qui


aurait l’avantage de déterminer les charges directes et indirectes, ,les charges
propres à un service donné.
Le plan comptable des assurances du code CIMA indique toutefois que pour
les catégories transport et acceptations , sauf justification spéciale, les frais
affectés ne devront pas dépasser respectivement 10% et 2,5% des primes.

Le code CIMA précise bien cette notion de ventilation des frais généraux en
annexe à l’état C1 : « La répartition par catégorie et sous catégorie des frais
de gestion et des dotations aux amortissements et provisions s’effectue en
rapportant à chaque branche les frais qui lui sont directement applicables et
en ventilant les autres frais généraux aussi exactement que possible suivant
leur nature, compte tenu notamment des nombre de contrats, de
l’importance des affaires, du nombre de sinistres. »

Par importance des affaire, , il faut comprendre que tous les risques ne sont
pas égaux dans leur traitement et leur gestion : c’est la notion de
hiérarchisation d’affectation de coefficient à ces risques évoquée supra.

B. La répartition des produits financiers nets


Les produits financiers comprennent :
 Les revenus des titres de placement ;
 Les revenus immobiliers ;
 Les revenus bancaires(intérêts des comptes courants et dépôts à
termes ) ;

78
 Les intérêts des dépôts et espèces chez les cédantes ;
 Et les autres produits financiers non énumérés ci-dessus auxquels il
faudrait le total des charges de placement figurant au débit du compte
d’exploitation général
Le plan comptable des assurances prévoit une répartition en fonction des
provisions technique nette de réassurance à l’exception de certaines affaires
en assurance Vie qui doivent recevoir les intérêts des placements qui leur
sont affectés.
La ventilation des produits financiers sera effectuée en considérant ls
provisions techniques moyennes entre le début et la fin de l’exercice.

Le code CIMA prévoit que les produits accessoires peuvent être ventilés
comme les produits financiers défaut d’une étude plus poussée. Cette
ventilation ne parait pas judicieux compet tenu du rattachement de ces
produits accessoires aux frais généraux. Les produits accessoires ne
répondent pas aux critères logiques et réalistes qui permettent de ventiler
les produits financiers par rapport aux provisions techniques.
Section 2 : Cas pratique : confection d’un Bilan d’un CEG et d’un
CGPP à partir de la balance d’une société d’assurance

CHAPITRE 7 : SOLVABILTE DES SOCIETES D’ASSURANCES


Les états C4 et C5 sont des états patrimoniaux dont le premier présente les
engagements réglementés de la société d’assurances ainsi que les actifs
(placements, autres actifs) dont elle dispose pour les couvrir; le second,
donne la liste exhaustive des placements figurant dans ces actifs. La
confection des états C4 et C5 passe par la maîtrise, des éléments constitutifs
des engagements réglementés (liste et mode d’évaluation), mais également
des actifs admis en représentation, conformément aux dispositions
réglementaires.
Section1 : La couverture des engagements réglementés

Section1.1 :Notion d’engagements réglementés


Il n’existe pas de définition de la notion «d’engagements réglementés».
En revanche le code des assurances liste avec précision, à l’article 334, les

79
éléments à prendre en compte pour le calcul des engagements qui doivent
être couverts par des actifs équivalents.
A. Pourquoi des engagements réglementés?
Parce qu’à la différence des autres sociétés commerciales, les entreprises
d’assurances se doivent, au jour le jour, de gérer un paradoxe: Fixer le prix
de vente de chacun de leurs produits (la prime d’assurance) préalablement à
la connaissance de leurs prix de revient (le sinistre). Ce paradoxe est dit
inversion du cycle économique et sa traduction comptable, la constitution
de provisions techniques suffisantes est à la fois un impératif légal (article
334 du Code des assurances) et un gage de survie. Une mauvaise évaluation
des provisions techniques induit toujours, outre la sous tarification des
contrats, des conséquences fâcheuses sur la gestion générale de l’entreprise.
C’est pourquoi le législateur attache un prix à leur correcte évaluation et à
leur représentation suffisante, à l’actif des comptes, par des valeurs sures,
liquides et rentables (articles 335 et suivants du Code des assurances)

.L’objectif de cette exigence du législateur est d’emmener les entreprises, par


tous les moyens légaux, y compris la contrainte (articles 312 et 321 du Code),
à être à tout moment aptes à faire face aux engagements contreparties des
primes qu’elles ont perçues. C’est cet impératif qui a induit le glissement
d’un concept purement technique, celui de «provisions techniques», à un
autre beaucoup plus général, celui «d’engagements réglementés» dont
l’article 334 du Code des assurances, à défaut d’une définition, donne la liste
complète.
B. Contenu de l’article 334 du code des assurances:
Cet article est ainsi libellé: «Les engagements réglementés dont les
entreprises mentionnées à l'article 300 doivent, à toute époque, être en
mesure de justifier l'évaluation sont les suivants:
-1° les provisions techniques suffisantes pour le règlement intégral de leurs
engagements vis-à-vis des assurés ou bénéficiaires de contrats;
-2° les postes du passif correspondant aux autres créances privilégiées;
-3°les dépôts de garantie des agents, des assurés et des tiers, s'il y a lieu;

80
-4° une provision de prévoyance en faveur des employés et agents destinée
à faire face aux engagements pris par l'entreprise envers son personnel et ses
collaborateurs.

Les provisions techniques mentionnées au 1° du présent article sont


calculées, sans déduction des réassurances cédées à des entreprises agréées
ou non, dans les conditions déterminées par les articles 334-2, 334-8, 334-9,
334-10, 334-11 à 13.»

De cet article composé de deux alinéas, il convient de retenir trois points:


 d’abord le style impératif de la rédaction qui a pour but de rendre
obligatoire, pour les entreprises d’assurances, la justification, à toute
époque, de l’évaluation des engagements réglementés ;
 ensuite, la liste de ces engagements ;
 et enfin, le renvoi aux articles relatifs à l’évaluation des provisions
techniques.
[Link] provisions techniques: Toutes les provisions techniques ne sont
pas à prendre en compte dans les engagements réglementés; seules celles
constatant un engagement de l’entreprise vis à vis de ses assurés et
bénéficiaires de contrats sont concernés. La liste des provisions
techniques IARD est fixée par l’article 334-8 du Code des assurances.

On notera que les provisions pour annulations de primes, qui sont


souvent intégrées à tort dans les engagements réglementés, ne figurent
pas sur la liste. Ce sont des provisions de prudence destinées à faire
supporter à l’exercice courant l’incidence des annulations futures de
primes qui s’y rapportent.
[Link] postes du passif correspondant aux autres créances
privilégiées: Sous cette rubrique, il arrive que les sociétés logent un
grand nombre de créances titulaires de privilèges plus ou moins reconnus.
Il est par conséquent utile de préciser que les privilèges résultant d’accord
particuliers entre l’assureur et ses créanciers ne sauraient être pris en
compte. Les articles 329-5 et 332 sont, de ce point de vue, sans
équivoque.

81
Ne sont par conséquent concernés que les postes correspondant à un
privilège supérieur à celui des assurés et bénéficiaires de contrats, dans le
rang établi par les dispositions légales de chaque Etat membre.

On range généralement dans cette catégorie les créances:


 de l’Etat et de ses démembrements. La notion d'Etat et de ses
démembrements se rapportant exclusivement :
 à l'Administration publique centrale (Trésor public et
comptables secondaires, Ministères, Services centraux);
 aux établissements et organismes publics à caractère
administratif ou social exerçant des fonctions relevant du
Gouvernement central (gestion de la dette publique, sécurité
sociale ...);
 aux administrations régionales et locales (régions, départements,
communes ...).
 des organismes sociaux tels:
 les caisses de retraite, de sécurité et de prévoyance sociale;
 les institutions de prévoyance maladie;
 des salariés (salaires impayés, congés payés...). Le privilège spécial
accordé par l’article 325-6 du Code, aux salaires des soixante derniers
jours de travail, ne devrait pas, contrairement aux interprétations
divergentes constatées lors des liquidations, être généralisé à tous les
salaires; il ne doit pas non plus être perçu comme le seul dont peuvent
bénéficier les salariés.

Il convient de noter que les créances de l’Etat doivent, à défaut d’un


document administratif autorisant leur compensation, être prises en
compte pour leur montant global même si par ailleurs l’Etat doit à
l’entreprise une somme supérieure.

Dans certains des Etats membres de la CIMA, où les taxes sur les contrats
d’assurances ne sont payables qu’à l’encaissement, ne seront prises en
compte que les taxes sur les primes encaissées.

82
En outre, les frais de contrôle doivent être pris en compte(article 307 du
Code)
[Link] dépôts de garantie courtiers, agents généraux et des tiers:
Certaines sociétés exigent de leurs intermédiaires, surtout agents généraux,
un dépôt de garantie, souvent inférieur à 10 millions de F CFA, pour palier
le risque de non reversement des primes encaissées. On retrouve également
dans ces dépôts, les cautions des locataires occupant les immeubles de
l’entreprise.

Il ne faudrait pas confondre les dépôts de garantie des courtiers et agents


avec la garantie financière prévue à l’article 524 du Code, qui ne peut résulter
que d’un engagement de caution pris par un établissement de crédit ou une
société d’assurances.
Ces sommes d’argent qui peuvent être importantes n’appartiennent pas à
l’entreprise. Ce sont des dépôts et cautionnements et leurs propriétaires
doivent par conséquent être privilégiés.
[Link] Provision de prévoyance:
Cette provision n’a été dotée correctement dans aucune des entreprises
contrôlées. Pourtant, sa constitution est à la fois un impératif légal et une
mesure de prudence. Elle est destinée à faire face au départ de membres du
personnel, soit à la retraite, soit lors de licenciement ou des départs négociés.
Pour la déterminer, les entreprises doivent s’appuyer sur les conventions
collectives interprofessionnelles et calculer, pour chaque employé, en
fonction de son ancienneté et de ses revenus, l’indemnité à laquelle il aurait
droit s’il devait quitter l’entreprise au moment de l’arrêté des comptes.
Chaque année, cette provision doit être réajustée ce qui permet à l’entreprise
de répartir sur tous les exercices concernés les charges liées au départ
d’employés.
Section 1.2 :.Notion de représentation des engagements réglementés:
Selon le code des assurances, les engagements réglementés doivent, à toute
époque être représentés par des actifs équivalents placés et localisés sur le
territoire de l’Etat membre sur lequel les risques ont été souscrits (article
335).C’est ce qu’on appelle le principe de la représentation.

83
Le respect de ce principe permet d’assurer l’équilibre de la structure
financière et de contribuer à la garantie du remboursement des engagements
des sociétés d’assurance.
Ce principe de la représentation induit une règle qui est celle de la
congruence. Selon cette règle, les engagements pris dans une monnaie
doivent être couverts par des actifs congruents, c’est à dire libellés ou
réalisables dans cette monnaie.

La règle de congruence vise à limiter l’exposition au risque de change des


sociétés d’assurance en leur imposant de détenir des actifs libellés dans la
même devise que celle des engagements pris envers leurs assurés.

Le risque de change pouvant être défini comme le risque lié à la variation du


cours d’une devise par rapport à la monnaie de référence utilisée par la
société d’assurance.
Les actifs équivalents, encore appelés «actifs admis en représentation» ou
«actifs admis à titre de couverture» correspondent:
a) d’une part, aux actifs réglementés qui sont constitués de l’ensemble des
valeurs mobilières et titres assimilés, des actifs immobiliers et des prêts et
dépôts. Dans la pratique on utilise souvent, à leur égard, le terme de
«placements».
b)et d’autre part, aux autres actifs admis en représentation, tels que définis
par le code des assurances.

Ces autres actifs correspondent à certaines créances de l’actif.


A: les actifs admis en couverture:
A.1..Contenu des colonnes:
L’état C4 a pour objet essentiel d’apprécier si la couverture des engagements
réglementés est conforme aux dispositions légales alors que l’état C5, dont
la portée est beaucoup plus large, permet de visualiser l’ensemble des
ressources réelles et virtuelles sur lesquelles la société peu compter pour faire
face à ses engagements. Même si les deux premières colonnes de ces états
reprennent à peu près les mêmes éléments (l’une de façon plus détaillée que
l’autre), la première différence, et elle est de taille, réside dans le libellé de

84
leur 3èmecolonne. Celle de l’état C4 est intitulée «Valeur de couverture»,
tandis que celle du C5 est dite «valeur au bilan». Ces différences d’objectifs
influencent fortement leur confection.
[Link] lignes des états C4 et C5:
Les actifs réglementés appelés encore «placements réglementés sont listés
sous les quatre rubriques suivantes du code des assurances (art. 335-1)les
valeurs mobilières et titres assimilésles actifs immobiliersles prêts et
dépôts bancairesles intérêts courus des placements
[Link] sur l’admission des recours à encaisser:

Introduite par un règlement du Conseil des Ministres d’Avril 2003,


l’admission des recours à encaisser en couverture des engagements
réglementés s’effectue comme suit:
Le montant des recours admis en représentation des engagements
réglementés, est au plus égal à celui des deux montants suivants, pour chaque
catégorie de risques:
a)les prévisions de recours inscrites au bilan conformément aux dispositions
de l’article 1° alinéa d) du Règlement (voir note sur les recours à encaisser)
b)la moyenne arithmétique des recours encaissés au cours des trois derniers
exercices inventoriés.

En outre, il est prévu de les inscrire dans l’état C4, à la suite de la ligne
intitulée «Avances sur contrats des sociétés vie», une ligne intitulée
«Recours admis» à laquelle est imputée le montant des recours à encaisser
déterminé selon les modalités fixées à l’article 2 du présent Règlement

C : Les éléments d’actif admis en représentation des engagements


réglementés

Il s’agit des placements devant être effectués par les entreprises d’assurance
pour couvrir les engagements réglementés énumérés ci-dessus.
Le catalogue et les critères de placements sont définis aux articles 335 et
suivants du code des assurances.
Les actifs représentatifs des engagements réglementés sont les suivants :

85
a) Les obligations et autres valeurs émises ou garanties par l’Etat ou un
organisme financier international public dont un Etat ou plusieurs
Etats membres de la CIMA font partie ;

b) Les obligations émises ou garanties par une institution financière de


développement ou une banque multilatérale de développement
compétente pour les Etats membres de la CIMA ;

c) Les actions, obligations et autres valeurs mobilières non obligataires


cotées à la BRVM à Abidjan ou la Bourse des Valeurs Mobilières de
l’Afrique Centrale à Libreville ;

d) Les actions des entreprises d’assurance ou de réassurance agréées en


zone CIMA ou dont un ou plusieurs Etats membres de la CIMA sont
actionnaires ;

e) Les actions et obligations émises par les sociétés commerciales autres


que celles indiquées au c) et d) opérant en zone CIMA ;

f) Les actions des SICAV et parts de fonds communs de placement dont


l’objet est limité à la gestion d’un portefeuille composé des titres
indiqués au a) et b) et des titres cotés ;

g) Les droits réels immobiliers en zone CIMA ;

h) Les prêts obtenus ou garantis par les Etats membres de la CIMA ;

i) Les prêts hypothécaires aux personnes physiques ou morales


domiciliées en zone CIMA ;

j) Les prêts obtenus ou garantis par un établissement de crédit opérant


en zone CIMA ou une institution financière de développement ou une
banque multilatérale de développement compétente pour les Etats
membres de la CIMA ;

k) La trésorerie détenue dans les banques opérant en zone CIMA.

Pour favoriser l’intégration des économies des pays membres de la CIMA,


l’article 335 alinéa 2 du code des assurances fixe à 50% la quotité des actifs
admis pouvant être placés et localisés dans d’autres Etats membres.
Les limites dans lesquelles doivent être effectués ces placements ainsi que
les critères de dispersion et les règles d’évaluation sont définis aux articles
335-1 et suivants du code des assurances.

86
Section 2 : La marge de solvabilité
Elle est définie comme le montant de la situation nette ou richesse propre
permettant à l’entreprise d’assurance de faire face à une éventuelle
insuffisance des provisions techniques.
La démarche à utiliser pour s’assurer que la marge est suffisante est la
suivante :
 Détermination de la marge constituée ;

 Détermination de la marge minimale réglementaire.

Section 2.1 : Détermination de la marge constituée


L’article 337-1 du code des assurances définit les éléments constitutifs de la
marge de solvabilité. Il s’agit de :
a) La somme des éléments suivants :

 Capital social versé pour les sociétés anonymes ou fonds


d’établissement constitués pour les mutuelles ;

 Moitié du capital social non versé ou de la part du fonds


d’établissement non remboursé ;

 Emprunt pour fonds social complémentaire ;

 Réserves ;

 Bénéfice de l’exercice et bénéfices reportés ;

 Plus-values latentes sur l’actif ou le passif après accord de la


Commission ;

 Emprunts subordonnés pour les mutuelles ;

 Droits d’adhésion pour les mutuelles.

b) Les pertes et actifs incorporels à déduire :

 Pertes de l’exercice ;

 Frais d’établissement non amortis ;

 Autres actifs incorporels.

Marge constituée = a) – b)
Section2.2 : Marge de solvabilité minimale réglementaire
Elle est fixée par les articles 337-2 et 337-3 du code des assurances.

87
A. Marge minimale réglementaire des sociétés d’assurance
dommage

Il existe deux méthodes de calcul.


a) Méthode par les primes

Elle est égale à :


20% x Primes émises nettes d’annulation x taux de conservation
avec taux de conservation =
charge de sinistres nette de réassurance/charge de sinistre brute de
réassurance.
NB. Le taux de conservation ne peut être inférieur à 50%.
b) Méthode par les sinistres

Elle est égale à la charge moyenne annuelle de sinistre :


Somme des sinistres payés des trois derniers exercices
+ provision pour sinistres à payer de l’exercice inventorié
-Provision pour sinistres à payer à l’ouverture de l’exercice n-3
Le résultat obtenu est divisé par 3 pour obtenir la charge moyenne annuelle
de sinistre.
Marge minimale = charge moyenne annuelle de sinistre x taux de
conservation.

B. Marge minimale réglementaire des sociétés d’assurance vie

Elle est égale à : 5% x Provisions mathématiques (PM) brutes de réassurance


x PM nettes de réassurance/PM brutes de réassurance.
NB :
Le ratio PM nettes de réassurance/PM brutes de réassurance ne peut être
inférieur à 85%.

88

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