Droits Reels
Droits Reels
Droits réels
A. Possession ............................................................................................................................................. 10
PROPRIÉTÉ ............................................................................................................................31
A. En général .............................................................................................................................................. 31
A. Introduction ........................................................................................................................................... 70
B. Servitudes .............................................................................................................................................. 78
Steinauer, Paul-Henri. Les Droits Réels T 1. 6e éd. Précis De Droit Stämpfli. Berne. 2019.
Steinauer, Paul-Henri. Les Droits Réels T 2. 4e éd. Précis De Droit Stämpfli. Berne. 2012.
Steinauer, Paul-Henri. Les Droits Réels T 3. 4e éd. Précis De Droit Stämpfli. Berne. 2012.
Les droits réels sont opposables à tout tiers. Tout tiers est tenu à s’abstenir de troubler la
maîtrise de la chose d’un titulaire d’un droit réel. Le droit réel existe donc contre tout le monde,
erga omnes. Dans ce sens, il est un droit absolu. Contrairement, une créance est un droit
relatif. Il n’est valable qu’au débiteur à l’exclusion des tiers.
Exemple : X est propriétaire d’un vélo. Il le prête à Y. Le jour prochain X vend la propriété
du vélo à Z. Z peut redemander le vélo de Y. La convention entre X et Y ne lui
est pas opposable.
Si, en revanche, Y avait un droit d’usufruit ça allait différemment.
Définition : Le droit réel est un droit subjectif privé qui confère à son titulaire, à l’exclusion
de toute autre personne, la maîtrise totale ou partielle d’une chose ou d’un animal.
Caractéristiques en détail
Droit subjectif privé
Un droit subjectif privé est une faculté qui est accordée à une personne par le droit privé (au
sens objectif) et qui permet à cette personne d’imposer quelque chose à un ou plusieurs tiers.
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Un droit réel est plus précisément un droit de jouissance. Un droit de jouissance est un droit
subjectif qui vise directement à procurer un avantage à son titulaire. Le droit de jouissance
(aussi « droit subjectif au sens étroit ») se distingue du droit de compétence, qui ne procure à
son titulaire qu’un avantage indirect, à savoir le pouvoir d’organiser ses relations juridiques (p.
ex. de résilier un contrat).
Droit de maîtrise
Un droit de maîtrise est un droit qui confère à son titulaire la maîtrise d’un bien à l’exclusion
de toute autre personne. En tant que droit de maîtrise, le droit réel est un droit absolu. C’est-
à-dire qu’il est opposable à tout tiers (erga omnes), en ce sens que chacun est tenu à l’égard
du titulaire de s’abstenir de troubler la maîtrise de celui-ci sur l’objet du droit.
Les droits de maîtrise se distinguent ainsi des droits de créance et des droits corporatifs, qui
sont des droits relatifs (c’est-à-dire des droits qui n’existent qu’à l’égard d’une ou de plusieurs
personnes déterminées). Le droit de maîtrise est défini par le pouvoir direct qu’il permet
d’exercer sur son objet. Il ne faut aucune intervention d’un tiers. La citation suivante peut
expliquer cette caractéristique :
« Pour qui les regarde vivre, un usufruitier et un locataire habitent de la même manière une
maison. Mais l’un a le droit d’en jouir [...] ; l’autre a le droit que le bailleur l’en fasse jouir [...].
L’un a un droit réel ; l’autre a un droit personnel ».
Jean Carbonnier
L’opposabilité aux tiers se manifeste surtout par deux attributs qui sont reconnus aux droits
réels : le droit de suite et le droit de préférence.
Le droit de suite est la prérogative qui permet au titulaire du droit réel d’exercer ce droit contre
toute personne en mains de laquelle se trouve la chose ou l’animal objet du droit (ubi rem
meam invenio, ibi vindico) [Il y a cependant des exceptions en cas d’un tiers qui a acquis la
chose de bonne foi]. C’est une différence au droit de créance, par exemple. Prenons l’exemple
d’un vendeur de pommes de terre qui a un contrat avec X qui oblige le vendeur de livrer son
produit. Cependant, il les transmet à un tiers T. X ne peut pas revendiquer les pommes de
terre de T, même si ce dernier était de mauvaise foi. Son droit de créance n’existe qu’à l’égard
du vendeur. En revanche, une servitude, tel qu’un droit de passage grevé sur un terrain ne
s’efface pas si le propriétaire du terrain change. Le droit réel suit la chose.
Le droit de préférence est la prérogative qui permet au titulaire du droit réel de l’emporter sur
ceux qui ne peuvent se prévaloir que d’un droit de créance en relation avec l’objet de son droit.
Exemple : X possède un terrain. Y a un droit de gage sur le terrain de X. X a 50 créanciers.
Lorsque X tombe en faillite, Y peut demander le terrain avant les 50 autres créanciers. 219 de
la LP :
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Objet des droits réels
1. Les choses
En droit privé, une chose est une portion délimitée et impersonnelle de l’univers matériel, qui
est susceptible d’une maîtrise humaine et n’est pas un animal. Une chose doit ainsi présenter
les quatre caractéristiques suivantes :
1. Il doit s’agir d’un objet matériel ; les droits, les biens immatériels (invention, design etc.)
les énergies ou un patrimoine en tant que tel ne sont pas des choses. Une chose doit
exister dans l’espace tridimensionnel.
2. L’objet doit être délimité ; il doit exister pour lui-même, présenter une certaine cohésion.
Cette cohésion peut résulter de la nature de la chose (p. ex. pierre ou feuille de papier)
ou par le récipient qui les enferme (p. ex. liquides et gaz). Par exemple, la manche d’un
veston n’est pas une chose, faute d’être délimité.
3. L’objet doit être susceptible de maîtrise humaine. On doit pouvoir s’emparer et contrôler
un objet pour qu’il soit susceptible de constituer une chose. Ainsi les planètes ne sont
pas des choses, faute d’être susceptible de maîtrise humaine. Des biens d’usage
commun, tels que l’air libre, l’eau courante et la lumière ne sont pas des choses. La
notion de susceptibilité de maîtrise humaine change avec les moyens que l’homme à
pour maîtriser des choses. P. ex, au moyen des robots modernes, il est possible de
maîtriser une pierre sur la lune.
4. L’objet doit être inanimé. Les animaux ne sont plus des choses depuis 2003 (CC). Les
objets rattachés au corps humain de manière permanente ne sont plus des choses (p.
ex. pacemaker). Il en va de même des objets attachés à un animal. Les parties du
corps deviennent des choses lorsqu’elles sont séparées du corps. Le cadavre humain
est soumis à des règles spéciales. Les végétaux, quoique doués de vie, sont
susceptibles d’être des choses.
Le droit public peut soustraire quelques objets au domaine du droit privé. Il en va ainsi avec
les choses publiques (patrimoine administratif de l’État et les choses dans l’usage commun).
Contrairement au patrimoine administratif, le patrimoine financier de l’État est soumis au droit
privé. Il s’agit de la « fortune » des collectivités publiques, c’est-à-dire des biens qui ne servent
qu’indirectement à l’accomplissement des tâches publiques. Il y a d’ailleurs des choses « hors
commerce ». Ainsi, les organes (hors du corps) sont soumis à des règles spécifiques.
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Meubles (art. 713 CC)
Un meuble est une chose qui peut être transportée d’un lieu dans un autre sans altération
(sensible) de sa substance.
Autres distinctions
Chose consomptible / chose non consomptible (ex. : art. 760 al. 2 CC)
Une chose est consomptible lors que l’utilisation de la chose conformément à sa destination
entrainent la destruction de la chose (p ex. aliments). Le critère de distinction est objectif. Un
vêtement n’est donc pas consomptible, même si le propriétaire ne veut le porter qu’une seule
fois.
Chose fongible / chose non fongible (ex. : art. 484 al. 1 CO)
Les choses fongibles sont des choses que l’on désigne habituellement dans les affaires par
leur nombre, leur poids ou leur mesure ; une chose fongible d’un type donné peut ainsi être
remplacée par une autre chose du même type. Le critère de distinction est objectif ; c’est
l’usage des affaires, non la volonté des parties, qui est décisif.
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Choses divisibles et indivisibles
Une chose est divisible lorsqu’elle peut être partagée en plusieurs choses de même nature
sans diminution notable de valeur (p. ex. liquides, une pizza). Une chose est dite indivisible si
le partage emporte un changement de nature (p. ex. démontage d’un piano) ou une diminution
sensible de valeur.
Les pluralités de choses
Universalité de fait (ex. : art. 613 CC)
Une universalité de fait est une pluralité de choses distinctes qui, en raison de leur commune
affectation économique, forment une unité dans les affaires (p.ex. une bibliothèque, une
collection des timbres, encyclopédie de vingt volumes). Aussi appelé « collection des
choses ». Les composants de l’universalité de fait sont dans un rapport de coordination
(contrairement à la subordination de la chose accessoire). Chaque chose dans la collection
est encore une chose distincte du point de vue du droit réel !
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Types de droits réels
Ils existent deux types de droits réels. La propriété et les droits réels limités.
Il y a un numerus clausus des droits réels limités. Il s’agit des servitudes, des droits de gage
et des charges foncières.
a. Servitudes
La servitude est un droit réel limité qui procure à son titulaire l’usage et/ou la jouissance de
l’objet du droit.
Il peut s’agir par exemple d’un droit de passage (permet à son titulaire un acte => servitude
affirmative) ou une interdiction de bâtir (impose au propriétaire de s’abstenir => servitude
négative). Un droit de passage est un droit d’usage. On n’a pas le droit de percevoir les
pommes des arbres qui sont à côté du chemin qu’on a le droit de passer. Si on a ce droit aussi,
il s’agit d’un droit de jouissance en plus. Un droit d’usage/jouissance peut être formulé de
manière très spécifique (récolter les pommer mais pas les poires).
Les servitudes peuvent porter sur des biens mobilières (seulement usufruit pour personne
déterminée) et immobilières. Les servitudes immobilières sont divisées en servitudes foncières
(dont le titulaire est le propriétaire actuel d’un autre fonds, appelé le fonds dominant) et
servitudes personnelles (dont le titulaire est une personne déterminée). Les servitudes
personnelles sont divisées en servitudes personnelles proprement dits (indissolublement liées
à une personne déterminée) et servitudes personnelles irrégulières (pas indissolublement
liées à une personne déterminée).
b. Gages
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Le droit de gage assujettit une chose ou un animal à la garantie d’une créance, en ce sens
que, si la prestation due n’est pas exécutée, le créancier gagiste peut faire réaliser l’objet grevé
et se faire verser en priorité (à concurrence du montant de sa créance) la somme ainsi
obtenue. Il peut porter sur un meuble ou sur un immeuble.
Le droit de gage mobilier peut prendre la forme du nantissement, du droit de rétention ou d’une
hypothèque mobilière. Les droits de gage immobiliers peuvent prendre la forme de
l’hypothèque ou de la cédule hypothécaire.
c. Charges foncières
La charge foncière est un droit réel limité qui procure à son titulaire la faculté d’exiger du
propriétaire actuel d’un immeuble certains prestations (par exemple, livrer une certaine
quantité de bois) dont ce propriétaire ne répondra que sur son immeuble. Si la prestation n’est
pas fournie, le titulaire peut alors exiger la vente aux enchères forcée du bien grevé.
La différence entre la charge foncière et la servitude est la suivante. La servitude permet à son
titulaire d’aller lui-même exercer son droit. La charge oblige le propriétaire d’activement livrer
quelle chose au titulaire de la charge.
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Principe du numerus clausus
Le nombre de droits réels est limité par la loi. Le droit réel étant opposable erga omnes, il doit
être reconnaissable par les tiers, ce qui suppose que son contenu soit aisément déterminable
par ceux-ci ; il convient donc d’en limiter le nombre.
Les parties ne peuvent donc « inventer » des droits réels dans leurs contrats. Le cas échéant,
une telle convention serait frappée de nullité pour objet impossible (art. 20 al. 1 CO). Le
législateur, en revanche, n’est pas tenu par le numerus clausus.
Le numerus clausus implique aussi que les parties sont liées par les limites et conditions que
le législateur a mise en place pour les droits réels.
Principe de publicité
Selon le principe de publicité, les droits réels doivent apparaître extérieurement, de façon à
être reconnaissable pour les tiers. Ainsi, leur existence, leur transfert et leur extinction doivent
en principe être rendus publics. Ceci est nécessaire, car les droits réels déploient leurs effets
erga omnes. Les instruments de publicité son le registre foncier en matière immobilière et la
possession en matière mobilière.
Principe de spécialité
Le principe de spécialité dispose que le droit réel ne peut porter que sur un bien existant et
individualisé. Le droit réel ne peut avoir pour objet ni une pluralité de choses, ni une partie de
chose, ni non plus une chose qui n’existe pas encore. Il s’agit notamment d’assurer la sécurité
et la transparence des transactions en matière de droits réels.
La loi prévoit quelques exceptions à ce principe.
Principe de causalité
Le principe de causalité dispose que les actes de disposition en matière de droits réels doivent
repose sur un titre d’acquisition (ou cause juridique) valable.
Cependant, un même objet de droits réels peut être grevé simultanément de plusieurs droits
réels limités. Il est alors nécessaire de fixer le rang, l’ordre de priorité entre ces différents droits
réels. En vertu du principe de la priorité dans le temps, le droit réel limité créé en premier
l’emporte sur les droits réels limités créés postérieurement. Il y a pourtant certaines exceptions
à ce principe.
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Structure de la loi
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INSTRUMENTS DE PUBLICITÉ
A. Possession
La possession est l’instrument de publicité des choses mobilières. Les règles de la possession
se trouvent dans le CC aux art. 919 à 941.
1. Notion
Art. 919 CC - Définition
1. Celui qui a la maîtrise effective de la chose en a la possession.
2. En matière de servitudes et charges foncières, la possession consiste dans l'exercice effectif
du droit.
La possession est un pouvoir de fait sur un bien matériel. Au contraire des droits réels, qui
confèrent une maîtrise de droit caractérisée par la légitimité de sa cause, la possession existe
par le simple fait que le bien est maîtrisé. Elle est donc indépendante de tout droit sur ce bien.
Souvent le possesseur d’une chose en est aussi le propriétaire. Mais le voleur d’une chose en
est le possesseur sans en être le propriétaire. La possession est ainsi une situation de fait à
laquelle la loi attache toutefois certaines conséquences juridiques.
Éléments constitutifs de la possession
Le CC stipule que la possession est soumise à la maîtrise effective. Cette maîtrise effective
au sens de l’art. 919 al. 1 CC est toujours la somme d’un élément de fait et un élément subjectif.
L’élément de fait
Maîtrise de fait :
La maîtrise de fait peut être physique (étroite ou lâche). La maîtrise physique suppose un
rapport spatial entre le possesseur et le bien. Ce rapport est suffisant si, selon les conceptions
de la vie courante, le bien se trouve dans la sphère d’influence du possesseur, en particulier
d’un point de vue économique.
La maîtrise de fait peut aussi être non corporelle (intellectualisée). Tel est le cas lorsque, sans
avoir de maîtrise physique (étroite ou lâche) sur l’objet en question, une personne affirme par
son comportement que celui-ci est dans sa sphère d’influence économique. En général, le
possesseur exerce alors sa maîtrise par le truchement d’un tiers (p. ex. le locataire).
Il s’ensuit que la maîtrise de fait acquise par suite des circonstances passagères n’est pas
suffisante pour fonder la possession. Par exemple, le client qui prend en main les articles que
lui présente un marchand n’en acquiert pas la possession. Cependant, la durée n’est pas
déterminante.
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L’élément subjectif – La volonté de posséder
La maîtrise de fait sur un bien n’est suffisant pour fonder la possession que si celui qui l’exerce
a la volonté de posséder. Il n’est pas nécessaire que l’intéressé ait la volonté pour chaque bien
spécifique, une volonté toute générale de posséder des biens remplissant une certaine
condition suffit (p. ex. lettre dans la boîte aux lettres, même si le possesseur ne sait pas encore
qu’elles ont été déposées). La volonté peut être intense ou lâche.
Elle requiert la capacité de discernement, mais non pas la capacité civile active.
Art. 921 CC
La possession n'est pas perdue, lorsque l'exercice en est empêché ou interrompu par des faits
de nature passagère.
Dans ce cas, la maîtrise de fait est passagèrement interrompue.
2. Espèces de possessions
Le CC ne mentionne que deux espèces de possessions : la possession originaire et la
possession dérivée (art. 920 CC). La doctrine distingue cependant des autres espèces de
possession.
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Possession immédiate et possession médiate
La possession immédiate (maîtrise directe – premier degré) est celle de la personne qui exerce
directement, sans intermédiaire, la maîtrise de fait sur un bien. La possession médiate
(maîtrise indirecte – deuxième degré) est celle de la personne qui exerce sa possession par
le truchement d’un tiers à qui elle accorde un droit (réel ou personnel) en relation avec un bien.
À un moment donné, il ne peut y avoir plus qu’une possession immédiate d’un bien. En
revanche, il peut y avoir plusieurs possessions médiates.
3. Acquisition
L’acquisition de la possession peut être originaire ou dérivée. Elle est originaire lorsqu’elle ne
procède pas d’une possession antérieure, c’est-à-dire lorsqu’elle s’effectue sans le concours
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du possesseur antérieur ou lorsqu’il n’y a pas (ou plus) de possesseur. L’acquisition est dérivée
lorsqu’elle procède d’une possession antérieure, c’est-à-dire lorsque le possesseur antérieur
abandonne volontairement sa possession en faveur de l’acquéreur.
Acquisition originaire (art. 658 et 718 CC, vol, etc.)
L’acquisition originaire n’est pas régie par le CC. Ces conditions découlent ainsi directement
des conditions de la maîtrise effective, à savoir la maîtrise de fait et la volonté de posséder.
Une acquisition est originaire lorsqu’elle ne dépend pas d’une possession antérieure.
La loi prévoit certains cas d’acquisition originaire, par exemple la prise de possession d’une
chose ou d’un animal trouvé (art. 720). On revient sur l’acquisition originaire de la possession
en lien avec l’acquisition originaire de la propriété mobilière (cf. infra propriété mobilière).
Or, il y a acquisition originaire lorsque des personnes veulent procéder à une acquisition
dérivée, mais les conditions de validité de celle-ci ne sont pas réalisées (par exemple
incapacité de discernement ou crainte fondée de l’aliénateur).
Acquisition dérivée (cf. art. 922 à 925 CC : « transfert »)
C’est la cession volontaire de la possession à l’acquéreur. L’ordre juridique prévoit des
transferts moyennant remise de la chose et sans remise de la chose.
Pour les cas de transfert avec remise de la chose, on distingue selon que l’aliénateur remet
personnellement la chose à l’acquéreur (remise « entre présents », art. 922 al. 1 CC) ou non
(remise « entre absents », art. 923 CC)
On discutera quatre modalités de transfert sans remise de la chose (art. 922 al. 2 et 924 CC)
et un cas particulier (art. 925 CC).
Conditions :
- Aliénateur est possesseur
- Remise de la chose ou des instrumenta possessionis
- Volonté de transférer et d’acquérir la possession. Cette volonté est manifestée par une
double action de fait. Il ne s’agit pas d’un contrat. La capacité de discernement est
requise, mais pas la capacité civile active.
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Transfert sans remise de la chose
Dans quatre cas, l’acquisition dérivée de la possession peut avoir lieu sans modification
apparente de la maîtrise de fait, ni quant à la chose elle-même, ni quant aux instruments de la
possession de celle-ci. L’acquisition s’opère alors par échange de manifestations de volonté
(contrat possessoire).
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posséder désormais pour l’acquéreur ; il ne peut empêcher l’aliénateur de disposer
juridiquement de la chose. Cependant, si le tiers est titulaire d’un droit réel limité sur la
chose, il peut naturellement l’opposer à l’acquéreur (dont le droit éventuel est
postérieur au sien). Si le tiers n’avait qu’un droit personnel contre l’aliénateur, il ne peut
en revanche l’opposer à l’acquéreur, car il s’agit d’un droit relatif.
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Le transfert de possession du papier-valeur emporte transfert de possession des
marchandises (art. 925 al. 1 CC)
4. Perte de la possession
Les cas où la possession est perdue
Ce sont les cas où la maîtrise effective de la chose est interrompue par des faits dont la nature
n’est pas passagère.
Perte volontaire
Il y a perte volontaire, lorsque la chose fait l’objet d’une acquisition dérivée (transfert de
possession) ou et simplement abandonnée (déréliction).
Perte involontaire
Il y a perte involontaire en cas de vol, perte ou soustraction de quelque autre manière au
possesseur immédiat sans la volonté de celui-ci (art. 934 CC). Or, il y a perte involontaire de
la possession originaire lorsque le possesseur dérivé cesse de posséder pour le possesseur
originaire.
Les cas où la possession n’est pas perdue
Maîtrise effective interrompue par des faits de nature passagère : la possession n’est pas
perdue (art. 921 CC).
Est déterminant pas la durée de l’interruption de la maîtrise de fait, mais les faits à l’origine de
l’abandon. Le caractère passager des faits empêchant ou interrompant la maîtrise doit être
apprécie selon l’expérience de la vie. Ainsi, le séquestre d’une chose pour une enquête pénale,
même de plusieurs semaines, est passager. En revanche, la possession d’une chose volée
est interrompue, même si on la récupère quelques secondes plus tard.
5. Portée juridique
a. Protection de la possession elle-même (art. 926 –929 CC)
La protection de la possession en tant qu’état de fait trouve sa justification dans le souci de
protéger la paix publique : non seulement le possesseur a intérêt à ce que sa maîtrise ne soit
ni troublée ni usurpée, mais il est d’intérêt général que des tiers ne modifient pas
unilatéralement la situation de fait constitutive de la possession, même s’ils prétendent être au
bénéfice de droits préférables.
Droit de défense (art. 926 CC)
Art. 926 CC - Droit de défense
1 Le possesseur a le droit de repousser par la force tout acte d'usurpation ou de trouble.
2 Il peut, lorsque la chose lui a été enlevée par violence ou clandestinement, la reprendre
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aussitôt, en expulsant l'usurpateur s'il s'agit d'un immeuble et, s'il s'agit d'une chose mobilière,
en l'arrachant au spoliateur surpris en flagrant délit ou arrêté dans sa fuite.
3 Il doit s'abstenir de toutes voies de fait non justifiées par les circonstances.
Conditions personnelles :
- Le droit de défense appartient en principe à toute personne qui possède une chose –
tant mobilière et immobilière -, un animal ou un droit. Peu importe si cette possession
soit immédiat ou médiat, originaire ou dérivée, légitime ou illégitime etc. En revanche,
l’auxiliaire de la possession ne bénéficie pas du droit de défense. Il peut toutefois
exercer ce droit au nom du possesseur.
- Le droit de défense est dirigé uniquement contre l’auteur de l’acte d’usurpation ou de
trouble, l’exclusion de tout successeur (même de mauvaise foi, p. ex. un receleur).
Conditions matérielles :
- Il faut un acte d’usurpation ou de trouble. Constitue une usurpation de la possession
l’acte par lequel une personne enlève au possesseur la maîtrise effective de la chose.
L’usurpation entraîne donc une dépossession. Constitue un trouble de la possession,
tout entrave à l’exercice de la possession qui n’entraîne pas une dépossession.
- L’acte doit être illicite. Ceci est en principe le cas chaque fois qu’il n’est pas autorisé
par la loi ou le possesseur.
Droit de reprise (al. 2) : Le droit de reprise accorde au possesseur une sorte de droit à la
contre-attaque lors qu’il a été dépossédé par une usurpation. Le droit de reprise est soumis
à deux conditions supplémentaires suivantes : Premièrement, l’objet doit avoir été enlevé
au possesseur « par violence ou clandestinement ». Deuxièmement, le droit de reprise doit
être exercé immédiatement.
- Art. 926 al. 2 CC
2. Il peut, lorsque la chose lui a été enlevée par violence ou clandestinement, la
reprendre aussitôt, en expulsant l'usurpateur s'il s'agit d'un immeuble et, s'il s'agit d'une
chose mobilière, en l'arrachant au spoliateur surpris en flagrant délit ou arrêté dans sa
fuite.
Actions possessoires
Réintégrande (art. 927 et 929 CC)
La réintégrande est l’action possessoire que la personne dont la chose a été usurpé peut
intenter contre l’usurpateur pour récupérer cette chose.
Conditions :
- Conditions personnelles :
o La qualité pour agir appartient à la personne qui a perdu la possession du fait
de l’acte d’usurpation.
o L’action ne peut être intenté que contre l’auteur du trouble, qui a encore la
maîtrise de la chose et ses successeurs universels.
- Conditions matérielles :
o Il faut une usurpation illicite (mais pas forcément fautive)
o Absence d’un droit préférable et liquide du défendeur.
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Objet de l’action : L’action tend à la restitution de la chose ou de l’animal (réintégrande
proprement dite) et/ou à la répartition du dommage (rappel de l’action en dommages-
intérêts au sens des art. 41ss CO).
Fardeau de la preuve : Incombe au demandeur. Il ne doit pas prouver qu’il a un droit à
la possession (le fait d’avoir été possesseur suffit).
Le délai relatif de l’action, décrit par « aussitôt » n’est en pratique pas forcément immédiate.
Le TF a admis un temps de réflexion de 7 semaines déjà. Or, réclamer ne signifie pas
forcément « ouvrir l’action réintégrande », il peut s’agir d’une manifestation simplement orale.
L’al. 2 prévoit un délai de péremption absolu d’un an à partir de l’usurpation.
b. Protection du droit (art. 930 –937 CC : art. 258 ss CPC)
Les art. 930 à 937 précisent dans quelle mesure le possesseur peut invoquer sa possession
pour protéger le droit qu’il prétend avoir sur la chose ou l’animal. La loi protège donc le droit
qui va de pair avec la possession.
Ces dispositions sont importantes, car l’acquisition dérivée d’un droit est soumise à la validité
du droit du titulaire précédant et celui d’avant etc. (probatio diabolica). La protection du droit
par la possession permet ainsi de privilégier le possesseur d’une chose mobilière en cas de
contestation de son droit (cf. infra l’application de ces règles aux immeubles).
En matière mobilière (art. 930 –936 CC)
i. Présomptions
Les art. 930 et 931 instituent un jeu de présomption en matière de possession. L’effet de la
présomption consiste en ce que la personne qui conteste le droit du possesseur doit établir
que celui-ci n’est pas propriétaire.
Conditions communes :
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Choses mobilières (sauf : macromeubles, papiers-valeurs à ordre et papiers-valeurs
nominatifs) et animaux
- Il s’ensuit que les présomptions des art. 930 et 931 CC ne s’appliquent pas à la
possession d’un droit (au sens de l’art. 919 al. 2 CC) ou en matière immobilière.
Possession « qualifiée »
- Ni par violence, ni de façon clandestine, ni de façon équivoque/ambiguë (nec vi, nec
clam, nec precario)
- La possession est violente si elle a été acquise par des voies de faits ou par des
menaces. La possession est clandestine lorsque la maîtrise de fait est dissimulée aux
tiers. La possession est équivoque lorsque les circonstances de l’acquisition ou de
l’exercice de la maîtrise de fait sont peu claires ou sont susceptibles de plusieurs
explications (p. ex. souvent en cas de membres de la même famille en ménage
commune).
Il faut distinguer l’hypothèse du possesseur simple ou originaire (art. 930 CC) et le possesseur
dérivé (art. 931 CC).
Al. 2 : Le possesseur dérivé est présumé titulaire du droit (droit réel limité ou droit personnel)
sur lequel il prétend fonder sa possession. Cette présomption n’est pas opposable au
possesseur originaire. Le possesseur dérivé antérieur peut invoquer cet présomption (931
al. 2 cum 930 al. 2 par analogie CC)
Renversement de la présomption
L’effet de la présomption peut être tenu en échec de deux façons :
1. Par une contre-preuve établissant que les conditions de la présomption ne sont pas
remplies (par exemple possession viciée).
2. Par la preuve du contraire, dont le thème est d’établir que la personne qui possède
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l’objet n’en est pas propriétaire.
Action du possesseur antérieur contre l’acquéreur de mauvaise foi (art. 936 CC)
Conditions :
1. La qualité pour agir appartient à tout possesseur antérieur ; peu importe qu’il ait été
dessaisi de l’objet mobilier sans sa volonté ou qu’il ait confié celui-ci.
2. A qualité pour défendre le possesseur actuel qui a acquis l’objet de mauvaise foi. S’il
n’est plus en possession de l’objet, il est tenu de réparer le dommage causé.
3. L’action peut concerner n’importe quelle chose mobilière ou n’importe quel animal, pour
autant que, lors de l’acquisition, le défendeur était de mauvaise foi.
4. L’absence d’exceptions du défendeur, notamment qu’il est devenu entretemps
propriétaire.
Effets : L’action tend à la restitution de l’objet. La restitution à lieu conformément à l’art. 940
CC.
iii. Protection de l’acquéreur de bonne foi
En principe, le transfert de la propriété ou la constitution d’un droit réel limité présupposent
que la personne qui aliène l’objet puisse valablement disposer de celui-ci. Dans deux cas,
l’aliénateur n’a cependant pas le pouvoir de disposer :
- Soit l’aliénateur n’est pas le propriétaire
- Soir l’aliénateur est bien le propriétaire, mais il n’a pas le pouvoir d’en disposer.
20
du pouvoir de disposer de l’aliénateur (sous réserve de l’acquisition par prescription, qui
protégeait l’acquéreur après une possession d’une certaine durée, art. 728 CC).
À titre d’exception à ce principe, il y a deux cas où l’acquéreur de bonne foi est protégé
immédiatement, même si l’aliénateur n’avait pas le pouvoir de disposer. L’acquéreur est
protégé dans le sens qu’il n’est plus seulement présumé être le propriétaire (ou titulaire d’un
autre droit réel), mais il est effectivement considéré comme tel, alors même que l’aliénateur
n’avait pas le pouvoir de disposer. La preuve du contraire n’a donc plus d’importance, la
présomption de l’art. 930 al. 1 CC devient une réalité (« est élevée au rang de fiction »).
Les conditions de l’acquisition de bonne foi en matière d’objets confiés (art. 933 CC)
Un objet mobilier confiée : Choses mobilières, papiers-valeurs au porteur et animaux. C’est
un rappel des règles générale sur le champ d’application de la protection du droit par
la possession.
- Un objet est « confié » au sens de l’art. 933 s’il a été remis volontairement à la
personne qui l’a aliéné. La remise volontaire présuppose la capacité de discernement,
mais non pas un contrat. Il s’agit donc d’un possesseur dérivé (p. ex. usufruitier ou
locataire) ou bien d’un transfert de propriété invalable (l’objet a été remis à l’aliénateur
en vue de lui transférer la propriété, mais le contrat à l’origine du transfert est nul).
- L’aliénateur doit être devenu possesseur de l’objet.
- Einmal abhanden gekommen, immer abhanden gekommen. Un objet ne peut pas être
considéré comme « confié » si dans les 5 (ou 30, 934 CC) ans précédents il a été
dessaisi de son propriétaire involontairement.
Bonne foi du tiers acquéreur (art. 3 CC) : La personne qui acquiert l’objet ne doit pas avoir
le sentiment que l’acquisition qu’il fait est irrégulière. La bonne foi est présumée (art. 3
al. 1 CC) mais l’acquéreur est déchu de son droit de l’invoquer si elle est incompatible
avec l’attention que les circonstances permettaient d’exiger de lui (art. 3 al. 2 CC). Si
les circonstances nourrissent des soupçons, l’acquéreur doit se renseigner.
- L’acquisition par le tiers de bonne foi est exclue lorsque l’acquisition intervient après le
prononcé de la faillite (art. 204 LP) ou lorsque la chose acquise est soustraite au droit
privé.
Acquisition d’un droit réel : Seulement les droits réels sont protégés par l’art. 933, à
l’exclusion des droits personnels.
21
On peut ajouter à la protection des choses confiées et de la monnaie et de titres au porteur la
protection des choses mobilières volées ou perdues. L’acquéreur de bonne foi en devient
propriétaire (ou autrement titulaire) après un délai de 5 / 30 ans (cf. supra 934 CC a contrario)
En matière immobilière : art. 937 CC ; art. 258 –260 CPC
Art. 937 CC
1. S'il s'agit d'immeubles immatriculés au registre foncier, la présomption du droit et les actions
possessoires [actions déduites de la possession, art. 934 et 936] n'appartiennent qu'à la
personne inscrite.
2. Celle qui a la maîtrise effective de l'immeuble peut toutefois actionner pour cause
d'usurpation ou de trouble.
Est possesseur de bonne foi celui qui a le sentiment d’avoir le droit de posséder, sans que
cela soit incompatible avec l’attention que l’on peut exiger de lui. La bonne ou la mauvaise foi
du possesseur illégitime s’apprécie dans la durée et non à un moment précis.
La prescription des prétentions des art. 938 à 940 est réglé par l’art. 60 CO par analogie.
Possesseur illégitime de bonne foi (art. 938 et 939 CC)
Art. 938 CC - III. Responsabilité - 1. Possesseur de bonne foi - a. Jouissance
1. Le possesseur de bonne foi qui a joui de la chose conformément à son droit présumé ne
doit de ce chef aucune indemnité à celui auquel il est tenu de la restituer.
2. Il ne répond ni des pertes, ni des détériorations.
On distingue les impenses nécessaires, utiles ou somptuaires. Sont nécessaires les impenses
requises pour le maintien de valeur et de l’utilité de l’objet (art. 647c CC). Sont utiles les
impenses qui, sans être nécessaires, augmentent la valeur de l’objet ou améliorent son
rendement ou son utilité (art. 647d al. 1 CC). Sont somptuaires les impenses qui ne sont ni
nécessaires ni même utiles, mais uniquement destinées à embellir l’objet ou à en rendre
22
l’usage plus aisé (art. 647e al. 1 CC).
La personne qui possède de bonne foi un objet peut exiger le remboursement de ses impenses
nécessaires et utiles (art. 939 al.1). Elle doit toutefois se laisser imputer sur l’indemnité qui lui
est due les profits qu’elle a retirés de l’objet (art. 939 al. 3)
Possesseur illégitime de mauvaise foi (art. 940 CC)
Art. 940 CC - III. Responsabilité - 2. Possesseur de mauvaise foi
1. Le possesseur de mauvaise foi doit restituer la chose et indemniser l'ayant droit de tout le
dommage résultant de l'indue détention, ainsi que des fruits qu'il a perçus ou négligé de
percevoir.
2. Il n'a de créance en raison de ses impenses que si l'ayant droit eût été dans la nécessité de
les faire lui-même.
3. Il ne répond que du dommage causé par sa faute, aussi longtemps qu'il ignore à qui la
chose doit être restituée.
B. Registre foncier
1. Notion
Le registre foncier est un service public chargé de donner l’état des droits en relation avec les
immeubles (voir l’art. 942 al. 1 CC ; cf. aussi art. 2 lit. b ORF). Les documents compris dans le
registre foncier précisent qui est propriétaire de l’immeuble et quels sont les droits réels limités
qui grèvent celui-ci ; ils renseignent également sur certains droits personnels en rapport avec
l’immeuble ainsi que sur d’éventuelles restrictions du droit d’aliéner celui-ci.
Instrument de publicité en matière immobilière
Le registre foncier est l’instrument de publicité en matière immobilière. Ainsi, il est public (art.
970 CC ; art. 26 ss ORF). Certaines informations sont accessibles à tout un chacun (art. 970
al. 2 et 3 CC), alors que pour les autres indications, il faut justifier d’un intérêt particulier (art.
970 al. 1 et 3 CC). Dès lors, nul « ne peut se prévaloir de ce qu’il n’a pas connu une inscription
portée au registre foncier » (art. 970 al. 4 CC).
Inscription constitutive
Conformément au processus d’acquisition des droits réels, l’inscription est en principe (avec
exceptions) constitutive nécessaire à la naissance du droit (art. 971 al. 1 et 972 al.1 CC).
23
Le principe de causalité implique que, en règle générale, une inscription au registre foncier ne
produit d’effets que si elle repose sur un titre valable (art. 974 et 975 CC).
Foi publique du registre foncier (art. 973 CC)
L’inscription au registre foncier est présumée d’être exacte (art. 9 al.1 et 937 al. 1 CC). Ainsi,
elle crée une présomption d’existence d’un droit (art. 937 al. 1 CC), mais la preuve du contraire
est possible (art. 975 al. 1 CC). À l’égard du tiers acquéreur de bonne foi, le registre foncier
est censé être exact (effet positif de la foi publique) et complet (effet négatif de la foi publique).
Ceci ne vaut seulement là où le registre foncier fédéral ou un registre cantonal fiable
(assimilable au registre fédéral) a été introduit.
Suivant un régime similaire des art. 933 et 935, l’acquéreur de bonne foi qui s’est fié au registre
foncier est maintenu dans son acquisition.
Introduction du registre foncier fédéral
L’introduction du registre foncier fédéral tel qu’il découle des art. 942 à 977 (par opposition aux
anciennes institutions de publicité foncière des cantons) est une entreprise de longue haleine.
Ceci est dû notamment à la nécessité d’une mensuration officielle du sol (art. 950 CC, art. 40
Tit. fin. CC, art. 29 ss LGéo, art. 2 lit. f et art. 21 ORF, art. 1 et 5 ss OMO). Actuellement, cette
mensuration est terminée à environ 90%.
Lors de l’établissement du registre fédéral, les anciens registres sont aussi soumis à un effort
d’épuration, qui peut amener à une abolition des droits non-inscrits à partir d’une date
déterminée (tel est le cas p. ex. à Genève, art. 44 al. 2 T.f. CC)
Les règles concernant les droits réels « sont applicables d’une manière générale, même avant
l’établissement du registre foncier (art. 47 T.f. CC) Dans quelques cantons, les institutions de
publicité foncière étaient suffisamment précises pour être jugées équivalentes au registre
foncier fédéral. Ces registres déploient donc tous les effets que pouvait le registre fédéral (art.
48 T.f. CC).
Il y a des cantons qui n’ont pas encore introduit le registre foncier fédéral pour l’ensemble de
leur territoire et dont les institutions de publicité foncière n’ont pas été jugées équivalentes au
registre foncier fédéral. Ces instruments ne produisent que les effets du registre foncier qui ne
sont pas liés à la foi publique. Il n’est donc pas possible de se fier à ces registres au sens de
l’art. 973 al. 1 CC. Ni quant à l’existence des droits réels inscrits, ni quant à la non-existence
de ceux qui ne le seraient pas.
Principe du classement réel
Afin de faciliter la recherche des informations et pour tenir compte du principe de spécialité,
les données contenues dans le document principal du registre foncier (le grand livre) sont
classées par immeuble (art. 945 al. 1 CC).
- On peut aussi imaginer des systèmes personnels ou chronologiques. Tel est le cas
dans certains pays.
L’organisation du registre foncier
Les registres fonciers ne sont pas centralisés, mais tenus par les cantons (art. 953 CC).
« Sur papier » ou informatisé (art. 942 al. 3 et 949a CC; art. 159 s. ORF)
Réglementation du registre foncier
Règles applicables : art. 942-977 CC ; art. 38-48 Tit. fin. CC ; ORF (RS 211.432.1)
Consultation : http://etat.geneve.ch/extraitfoncier/
2. Documents constitutifs
Selon l’art. 942 al. 2, il s’agit du grand livre, des documents complémentaires et du journal.
24
Grand livre (art. 945 al. 1 CC; art. 2 lit. c ORF)
Il est composé de feuillets (art. 945 al. 1 CC). D’après le système de classement réel, il y a en
principe un feuillet par immeuble (cf. art. 945 al. 1 et art. 947 CC).
Si le TF est tenu « sur papier», les art. 8 al. 4 et. 36 ORF s’appliquent. En cas de tenue
informatisée, ce sont les art. 949a CC et les art. 8 al. 2 et 159 ss ORF qui sont applicables.
Sur le feuillet d’un immeuble sont reportées les indications de fait relatives à l’immeuble (p. ex.
surface), ainsi que tous les droits qui existent en relation avec lui (propriété, éventuels
servitudes ou gages) [art. 946 CC cf. aussi les art. 2 lit. d et art. 9 et 20 ORF].
Documents complémentaires (art. 942 al. 2 CC)
Plan (art. 950 CC ; art. 2 lit. f ORF et art. 7 OMO) : Fruit de la mensuration officielle. Ils
représentent géométriquement les biens-fonds et les droits distincts et permanentes
portant sur une surface déterminée
Etat descriptif (art. 17 lit. c et 20 ORF) : Indique pour l’essentiel la situation et la surface de
l’immeuble, le genre des cultures et les bâtiments qui s’y trouvent
Pièces justificatives (art. 948 al. 2 CC; art. 2 lit. g et 37 ORF) : Ce sont les documents qui
constatent les faits juridiques sur lesquels l’office fédéral s’est fondé pour porter un droit
au registre foncier ou pour le radier (p. ex. contrat de vente). Leur fonction est
notamment de préciser, dans les limites de l’inscription, l’étendue des droits.
3. Opérations
Un préalable : l’immatriculation (art. 943 al. 1 CC; art. 16 ss ORF)
Si possible, l’immeuble est tracé sur le plan du RF (art. 17 lit. a ORF).
L’immatriculation est l’ouverture d’un feuillet dans le grand livre pour un immeuble (art. 17 lit.
b ORF). Cette opération se fait normalement une fois pour toutes. L’effet principal de
l’immatriculation est de créer une « unité foncière », c’est-à-dire un objet des droits réels
immobiliers.
Or, on procède à :
25
- Etablissement de l’état descriptif (art. 17 lit. c ORF)
- Désignation univoque pour toute la Suisse (art. 18 ORF)
Catégories d’immeubles
Les immeubles sont définis aux art. 943 al. 1 CC et 655 al. 2 CC. Il y en a quatre catégories :
Biens-fonds : « toute surface de terrain ayant des limites déterminées de façon suffisante »
(2 lit. a ORF). Les biens-fonds doivent être immatriculé d’office.
Droits distincts et permanents : Les droits visés par l’art. 943 CC sont notamment les
servitudes immobilières personnelles irrégulières (qui sont cessibles et transmissibles)
comme les droits de superficie et les droits de source (art. 22 al. 1 lit. a ORF ; art. 779
al. 3 CC pour les droits de superficie spécifiquement et art. 59 LFH pour les sources
d’eaux). Les droits concernés doivent exister préalablement à leur immatriculation. Ils
doivent avoir un caractère distinct et permanent (c’est-à-dire pour trente ans au moins,
art. 655 al. 3 ch. 3 CC). L’immatriculation au RF fait que les droits deviennent des
immeubles.
- Ces droits sont inscrits à la demande écrite du titulaire (art. 22 al. 1 ORF)
Mines : Une mine est au sens de l’art. 943 al. 1 ch. 3 CC est une concession, octroyée
par un canton en vertu de la régale des mines, qui permet d’exploiter un gisement.
C’est donc un droit et non pas un terrain. Les mines sont immatriculées sur demande
écrite du concessionnaire (art. 22 al. 1 lit. b ORF).
26
a) un acte de disposition, à savoir la réquisition d’inscription au registre foncier
b) un acte matériel : l’inscription constitutive au registre foncier
La personne légitimée de requérir une inscription au registre foncier est le propriétaire (art.
963 al. 1 CC)
Déclaratives
L’inscription est déclarative lorsqu’elle n’est pas nécessaire à l’acquisition du droit réel
considéré, mais pourtant elle joue un rôle pour le maintien ou l’exercice du droit. On parle alors
du « principe relatif de l’inscription ».
L’inscription déclarative remet le RF en accord avec la réalité juridique. Elle permet au titulaire
de disposer de son droit et de bénéficier de la présomption attachée à l’inscription. Or, le
titulaire ne risque plus de perdre son droit à un tiers de bonne foi.
La personne légitimée pour requérir l’inscription déclarative sont les personnes ayant acquis
un droit hors tabula (art. 963 al. 2 CC).
Exemples : Les cas sont des exceptions au principe d’inscription absolu. Elles sont prévues
par la loi. Il s’agit notamment de l’acquisition par héritage ou par jugement. L’acquisition
par jugement concerne le cas suivant : Si un vendeur, après qu’il a conclu un contrat
de vente refuse de requérir l’inscription, on peut demander le transfert de la propriété
par jugement (hors tabula) (art. 665 al. 1 CC).
Retrait de la réquisition ? (art. 47 al. 1 ORF)
On ne peut pas retirer unilatéralement une réquisition. Il faut le consentement des tiers
concernés.
b. Annotations (art. 959 – 961a CC; art. 77 ss et 123 s. ORF)
D’une manière générale, les annotations sont des opérations qui confèrent à un rapport
juridique des effets apparentés à ceux des droits réels ou qui constate que de tels effets
existent.
Doivent être prévues par une loi fédérale (numerus clausus)
Droits personnels (art. 959 CC) :
27
ci. Si le droit à l’annotation est fondé sur la loi (p. ex. inscription provisoire d’une hypothèque
légale indirecte) ou un droit réel allégué peut être inscrit par le bénéficiaire, mais seulement
avec le consentement du propriétaire, ou sur la base d’une décision judiciaire (art. 961 al. 2
CC
Effets
Les annotations ont pour conséquence de rendre le droit ou la restriction opposable aux droits
acquis postérieurement sur l’immeuble (art. 959 al. 2, 960 al. 2 et 961 al. 2 CC). Le pouvoir de
disposer (théorique) du propriétaire est ainsi restreint par le droit annoté.
Or, une annotation peut engendrer un effet de rattachement propter rem. Quelques
annotations, énumérées à l’art. 959 CC, rattachent un droit à une chose de manière durable.
Même un nouveau propriétaire doit respecter ce droit, car il découle désormais de la chose
même (propter rem).
d. Mentions
La mention est une indication signalant dans le grand livre un rapport juridique qui est en
relation avec l’immeuble, mais dont l’existence n’est en principe pas liée au registre foncier.
Le but principal de la mention est ainsi d’informer les utilisateurs du registre foncier et de
faciliter les transactions immobilières. L’effet de la mention étant informatif, nul ne peut se
prévaloir qu’il n’a pas connu une mention dans le registre (art. 970 al. 4 CC par analogie).
Les mentions peuvent être prévues par le droit fédéral ou le droit cantonal. On peut aussi
annoter par exemple un règlement de copropriété ou le fait qu’un immeuble à des accessoires.
Une radiation extinctive ne peut être requise que par le titulaire du droit réel radié. Si la
ratification est rectificative, c’est celui qui tire profit de la radiation qui peut la requérir (art. 963
al. 2 CC par analogie).
Une modification d’une inscription n’est pas une opération distincte. Il s’agit d’une radiation
partielle ou une inscription pour étendre la portée d’un droit.
Epuration (art. 974a, 974b et 976c CC; art. 154 ss ORF)
C’est notamment le cas de la division ou de la réunion des immeubles.
Radiation facilitée
Art. 976 – 976c CC
f. Rectifications (art. 977 CC; art. 140 ss ORF)
C’est le cas où une opération est erronée, c’est-à-dire qu’elle était illégitime depuis le départ
(droit inscrit sur une mauvaise feuillet, souvent aussi fautes orthographes). Sous certaines
conditions, l’office peut faire des rectifications d’office.
Si la rectification touche à la substance du droit, l’office peut réagir d’office s’il se rend compte
28
de l’erreur immédiatement. S’il ne reconnait pas immédiatement son erreur, il y a un risque
qu’un tiers aurait consulté la version erronée. Il faut donc le consentement des intéressés afin
d’opérer une rectification.
4. Décision du conservateur
Lorsqu’il procède à une opération au grand livre, l’officier du RF prend une ou plusieurs
décisions, par acte de juridiction gracieuse. En principe, il n’agit que sur réquisition (art. 46
ORF).
La réquisition recevable doit être examinée quant au fond. L’office doit s’assurer que les
conditions de la légitimation fixées par l’art 965 sont remplies. Dans le domaine du principe
absolu, les faits déterminants sont ceux au moment de la requête. Dans le domaine du principe
d’inscription relatif, c’est le moment d’inscription au grand livre qui est déterminant. L’office a
un pouvoir de cognition limité (art. 83 ss ORF). Le conservateur contrôle les conditions
d’inscription. Il contrôle ainsi la forme d’un acte et l’identité du requérant. Cependant, le
conservateur/ la conservatrice n’examine pas les éventuels cas de nullité du titre d’acquisition.
Décision relative à l’opération requise
L’office peut prendre trois décisions possibles : admettre la réquisition, rejeter celle-ci ou, dans
quelques cas, suspendre la procédure.
Admission
L’office procède alors à l’opération requise. Cette décision passe immédiatement en force. Elle
ne peut pas faire l’objet d’un recours (art. 956a al. 3 CC). Le cas échéant, il fallait intenter
l’action en rectification du registre foncier (art. 975 CC). L’office qui procède à une opération
au grand livre doit en aviser les intéressés (art. 969 CC).
Rejet
S’il constate que les conditions de l’opération requise ne sont pas remplies, l’office doit rejeter
la réquisition (art. 966 al. 1 CC et art. 87 al. 1 ORF). La décision de rejet peut faire l’objet d’un
recours à l’autorité de surveillance (art. 956a et 956b CC).
5. Effets
L’effet le plus évident en cas de l’inscription constitutive est la naissance du droit (cf. supra).
Mais il y en a des autres :
a. Présomption (art. 937 al. 1 CC)
L’art. 937 al. 1 CC a l’effet qu’on présume qu’un droit inscrit existe. Or, l’art. 9 CC prévoit la
présomption que les registres publics sont exacts. Il y a donc une présomption que le droit
existe, qu’il a le contenu et le titulaire qui ressortent de l’inscription.
La présomption de l’art. 937 al. 1 CC a pour effet principal d’inverser le fardeau de la preuve :
29
c’est au tiers qui conteste l’existence du droit inscrit d’apporter la preuve de l’inexactitude du
RF.
b. Effet de légitimation
Action en rectification (art. 975 CC)
« Action tirée de l’inscription » (art. 937 al. 1 CC)
Le texte de l’art. 937 al. 1 CC est inexacte. Il doit être compris en ce sens que la personne
inscrite est légitimée à ouvrir une action comparable à l’action mobilière des art. 934 et 936 et
à faire valoir une exception comparable à celle de l’art. 932)
Conditions :
- La personne inscrite à la qualité pour agir, pour autant que l’inscription fait présumer la
titularité du droit.
- La qualité pour défendre appartient à celui qui prétend que le droit n’existe pas, ou qu’il
a un contenu ou un titulaire différent de celui qui ressort de l’inscription.
- Absence d’un droit préférable
30
PROPRIÉTÉ
Les règles sur la propriété (art. 641 à 729 CC) sont divisées en trois titres. Le premier réunit
quelques dispositions générales (art. 641 à 654a CC), applicables quel que soit l’objet sur
lequel porte le droit de propriété. Les deux autres titres régissent la propriété foncière (art. 665
à 712t CC) et la propriété mobilière (art. 713 à 729 CC).
A. En général
Les dispositions générales sur la propriété sont divisées en trois groupes, qui traitent de la
notion de propriété et sa protection, de l’étendue de la propriété (art. 642 à 645 CC) et de la
propriété de plusieurs sur une chose (art. 646 à 654a CC).
1. Notion
La propriété est le droit réel conférant à son titulaire la maîtrise totale et exclusive d’une chose
ou d’un animal dans les limites de l’ordre juridique. Il confère une maîtrise totale, exclusive et
imprescriptible (ne s’éteint pas par l’écoulement de temps). Le droit de propriété est ainsi le
droit réel le plus complet.
Les objets de la propriété peuvent être les : meubles, immeubles, macromeubles, animaux,
forces naturelles.
La maîtrise conférée
Le propriétaire d’un objet a le droit d’en user (usus), d’en jouir (fructus) et d’en disposer
(abusus).
D’user
D’en jouir
- Percevoir les fruits de la chose (naturelles et civiles).
- Fruits naturels : pommes de l’arbre
- Fruits civils : revenus de location d’un appartement.
De disposer (abusus) (art. 641 al. 1 CC)
- Matériellement
- juridiquement
De posséder
Définition abstraite de la propriété
La doctrine dominante considère que la propriété confère une maîtrise complète sur une
chose, sous réserve des restrictions, qui sont externes à la notion de la propriété (définition
abstraite de la propriété).
Puisqu’il y a des nombreuses restrictions de la propriété (tout au moins l’interdiction de l’abus
du droit, art. 2 al. 2 CC), une partie de la doctrine défend l’idée de ne pas décrire la propriété
comme maîtrise totale d’une chose. Cette partie de la doctrine dit que la propriété devrait être
décrit positivement, en intégrant les nombreuses limites (théorie de l’immanence).
Présomption de la liberté de la propriété
Comme (d’après la théorie abstraite de la propriété) la maîtrise conférée par le droit de
propriété est en principe illimitée, la liberté du propriétaire est la règle et doit être présumée.
Celui qui prétend que le droit du propriétaire est restreint (p. ex. par un droit réel limité) doit le
prouver.
31
Restrictions de la propriété
On distingue les restrictions volontaires des restrictions légales.
Volontaires
Les restrictions que le propriétaire s’impose lui-même, en grevant la chose des droits réels
limités. Or, le propriétaire peut (indirectement) limiter sa capacité d’user, de jouir ou de disposer
en conférant à un tiers un droit personnel sur la chose (p. ex. à un locataire).
Parmi les droits réels limités, les servitudes restreignent l’usage et/ou la jouissance, alors que
les charges foncières et les droits de gage restreignent le droit de disposer.
Légales (art. 641 al. 1 CC)
Ces restrictions résultent de la loi (ou la jurisprudence). Il y en a plein, notamment en droit
immobilier. Ils peuvent découler du droit public ou privé.
Directes : Il y a restriction directe lorsque la propriété est restreinte par le simple fait que
les conditions de la disposition en cause sont réunies. L’art. 699 al. 1 CC prévoit par
exemple que : « [c]hacun a libre accès aux forêts et pâturages d’autrui et peut
s’approprier baies, champignons et autres menus fruits sauvages, conformément à
l’usage local… » Ainsi, le propriétaire d’une forêt voit son droit restreint de par la loi.
Indirectes : La loi contient des conditions. Lorsque les conditions sont réunies, la loi donne
au bénéficiaire une prétention, c’est-à-dire le droit d’obtenir une restriction.
Généralement, la prétention s’exerce par une inscription au RF. L’inscription est
nécessaire pour faire naître la restriction. L’art 694 al. 1 CC prévoit que le propriétaire
d’un bien-fonds enclavé sans accès aux voies publiques, peut faire valoir une
prétention pour obtenir l’inscription d’une servitude de passage sur les fonds de ses
voisins (moyennant plein indemnité).
2. Protection de la propriété
L’art. 641 al. 2 CC prévoit que : « [Le propriétaire] peut […] revendiquer [la chose] contre
quiconque la détient sans droit et repousser toute usurpation ». Cette disposition donne ainsi
au propriétaire deux moyens de défense de son droit :
- L’action en revendication, pour obtenir la restitution d’un objet dont le propriétaire a été
dépossédé
- L’action dite « négatoire », pour faire cesser un trouble qui n’entraîne pas la
dépossession.
Autres moyens à disposition d’un propriétaire
Si le propriétaire est en même temps possesseur de l’objet, il dispose des moyens de
protection de la possession (art. 926 à 929 et 937 al. 2 CC). Le propriétaire d’un objet mobilier
qui a été possesseur de celui-ci pet intenter les actions mobilières des art. 934 et 936.
Le propriétaire inscrit comme tel au RF bénéficie de l’action tirée de l’inscription, prévue à l’art.
937 al. 1 CC. Si l’atteinte au droit de propriété a son origine dans l’exercice de la propriété
immobilière d’un voisin, l’action n’est possible que dans les conditions de l’art. 679 CC. Le
propriétaire peut invoquer le droit général à la légitime défense prévue à l’art. 52 CO (précisée
par les art. 57 CO, 687 al. 1, 700 et 701 CC). Or, le propriétaire peut intenter une action en
constatation de la propriété (voir la suite).
a. Action en revendication (art. 641 al. 2 CC)
Conditions personnelles
Qualité pour agir : le propriétaire qui n’a (en principe) pas la possession de l’objet mobilier
32
ou immobilier. Il peut aussi s’agir d’un possesseur originaire et médiat qui souhaite
redevenir possesseur immédiat (bailleur qui veut agir contre son locataire). Le
copropriétaire (d’étage) a également qualité pour agir, contre un copropriétaire ou contre
un tiers (art. 648 al. 1 CC). Les propriétaires communs doivent agir ensemble (consorité
active nécessaire, cf. art 653 al. 2 CC). L’action est incessible, c’est-à-dire on ne peut
transférer la qualité d’agir à un tiers.
Qualité pour défendre : possesseur au moment de l’ouverture de l’action.
Conditions matérielles
Propriété du demandeur : Le demandeur doit prouver qu’il a valablement acquis la
propriété de l’objet. S’il ne peut pas faire état d’un mode d’acquisition originaire (p. ex.
art. 933, 973 al. 1, 728 ou 661 CC), il doit donc établir également le droit de propriété
de celui dont il tient son droit à titre dérive (probatio diabolica).
En pratique, les propriétaires dépossédés préfèrent souvent d’intenter des autres actions. Pour
la propriété immobilière, l’action tirée de l’inscription est ouverte (art. 937 al. 1 CC). Le
propriétaire pas inscrit, l’action en rectification du RF doit être intenté avant de procéder à
l’action en revendication. Quant aux meubles, l’action mobilière permet souvent au propriétaire
d’obtenir la restitution de l’objet. L’action en revendication est toutefois la seule possibilité
lorsque le propriétaire n’a jamais eu possession de cet objet ou lorsqu’il s’en est dessaisi
volontairement.
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est restreint dans son pouvoir juridique (p. ex. prétention d’un droit réel limité) ou dans
son pouvoir de fait (atteinte à l’usage ou jouissance) sur l’objet.
- Trouble direct par opposition du trouble indirect : l’atteinte est indirecte lorsqu’elle
provient de l’utilisation d’un fonds voisin (seulement propriété immobilière). On parle
alors d’un excès du droit de propriété. Dans ce cas, l’action de l’art. 679 est à utiliser
(lex specialis).
o Exemple de trouble indirect : le voisin exploite une usine sur le fond voisin qui
produit du bruît ou de fumé.
Illicite : Puisqu’il constitue une atteinte à un droit absolu, le trouble est en principe illicite.
L’illicéité peut toutefois être levée si l’auteur du trouble peut établir un motif justificatif fondé
sur la loi ou sur le consentement du lésé.
Trouble actuel ou menaçant de se produire : En revanche, si le trouble a pris fin et ne
menace pas de se répéter, seule est ouverte une action en dommages-intérêts (art. 41
CO).
Normalement, on intente également une action à raison de trouble de la possession (art. 928
CC). Cette dernière est plus rapide, mais ne tranche pas définitivement le litige.
c. Action en constatation (art. 88 CPC)
Conditions personnelles
Qualité pour agir : propriétaire
Qualité pour défendre : tiers qui conteste le droit du demandeur (ou qui allègue avoir un
droit sur la chose)
Conditions matérielles
Propriété du demandeur
Intérêt digne de protection du demandeur
[Inexistence du droit du défendeur]
Subsidiarité
3. Étendue
Conformément au principe de spécialité, un seul et même droit de propriété ne peut avoir pour
objet qu’une seule et même chose. L’application du principe est facile en présence d’une chose
simple ou de plusieurs choses distinctes. Entre ces deux types de situations peuvent toutefois
se présenter des cas intermédiaires, à propos desquels on peut se demander quelle est
l’étendue du droit de propriété. La question est réglée par les art. 642 à 645 CC.
Le CC ne parle pas des universalités de fait, ni des universalités de droit. Malgré une certaine
affectation commune, les choses se trouvant dans une universalité ont un sort juridique
distinct. L’universalité comme telle n’est donc pas un objet de droit de propriété.
a. Parties intégrantes (art. 642 CC)
Chose simple / chose complexe
Chose simple : chose infrangible distincte
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Chose multiple : p. ex. voiture
Pose la question de la partie intégrante :
L’art. 642 al. 2 CC prévoit que fait partie intégrante d’une chose tous qui : « d’après l’usage
local, constitue un élément essentiel de la chose et n’en peut être séparé sans la détruire, la
détériorer ou l’altérer ». La loi prévoit d’ailleurs que certaines choses sont vues comme parties
intégrantes de par la loi.
Conditions cumulatives (art. 642 al. 2 CC)
Élément matériel : La chose complexe ainsi que la partie intégrante doivent être des
éléments matériels. Cela exclut ainsi des droits immatériels, comme les droits d’auteur.
[Usage local (cf. art. 5 al. 2 CC)]: joue un rôle subsidiaire aux autres critères. Ainsi, l’usage
local n’intervient seulement dans les cas limites, mais ne peut contredire les conditions
de l’art. 642 al. 2 CC.
Il découle du principe de l’accession que, si une chose est intégrée à la chose d’un tiers, le
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propriétaire de la chose complexe devient propriétaire de la partie intégrante (mode
d’acquisition originaire de la propriété). Dans ce cas, la loi prévoit sous certaines conditions
un droit de reprise.
Produits que l’usage autorise à tirer de la chose (ou de l’animal) suivant sa destination
Les produits non périodiques comme un arbre est un fruit naturel
« Fruits civils » : Revenus généralement financiers et périodiques qu’on peut tirer d’une
chose. Il peut s’agir par exemple des revenus d’un contrat de bail. Ils suivent le même
régime juridique.
Régime juridique
Avant la séparation
Avant la séparation, les fruits naturels d’une chose sont des parties intégrantes ex lege (art.
643 al. 3 CC). Par exemple, l’œuf est partie intégrante de la poule jusqu’au moment qu’il est
pendu.
Après la séparation
Du fait de leur séparation, les fruits naturels deviennent des choses mobilières indépendantes,
qui font l’objet de droits réels distincts. Si le propriétaire de la chose a la jouissance de celle-
ci, il acquiert ipso iure la propriété des fruits séparés (art. 643 al. 1 CC). Si un tiers a la
jouissance de la chose, il acquiert la propriété des fruits, en principe dès la séparation. Tel est
notamment le cas de l’usufruitier (art. 756 al. 1 CC) ou du possesseur de bonne foi (art. 938
CC). Dans tous les cas, il s’agit d’une acquisition originaire de la propriété.
Dans certains cas, la loi donne aux personnes un droit de s’approprier certains fruits (699 CC ;
droit de pénétrer dans des forêts ou art. 687 al. 2 CC : branches avançant sur un fonds).
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principale et l’accessoire, un rapport local reconnaissable par les tiers. Les accessoires doivent
être « joints, adaptés ou rattachés ». Le critère est moins fort que le lien matériel pour les
parties intégrantes. Ainsi, les meubles d’un hôtel peuvent être des accessoires. Une séparation
temporaire ne fait pas obstacle à un lien tangible (art. 644 al. 3 CC).
Affectation durable au service de la chose principale (v. aussi l’art. 645 CC)
Il ne faut pas seulement apprécier la chose principale, mais aussi l’activité économique exercé
sur celle-ci. Il doit exister un rapport objectif entre l’accessoire et la destination économique de
la chose principale, en ce sens que le premier sert à l’exploitation (p. ex. machine), à la
jouissance (p. ex. chauffage) ou à la garde (p. ex. bouteille) de la seconde. Ce critère est à
interpréter à la lumière de l’art. 645 CC qui donne un nombre des exemples négatifs.
Le rapport d’affectation doit être durable. Le fait que l’affectation est faite pour une durée limitée
(d’une certaine longueur) ne fait pas obstacle au critère de durabilité.
Usage local (cf. art. 5 al. 2 CC) ou volonté du propriétaire (cf. art. 946 al. 2 CC)
D’après le TF et la doctrine dominante, la volonté doit porter sur l’affectation de la chose et le
sort juridique commun de l’accessoire et la chose principale. Si l’usage local attribue à une
chose la qualité d’accessoire et que toutes les autres conditions légales sont remplies, le
propriétaire ne peut pas s’opposer à cette qualification.
Si les conditions de l’art. 644 sont réunies, le propriétaire peut même faire mentionner les biens
accessoires au registre foncier (art. 946 al. 2 phr. 1 CC). Cela créé une présomption en faveur
de la qualité d’accessoire (voir l’art. 805 al. 2 CC).
Régime juridique : art. 644 al. 1 CC
De par son union avec la chose principale, l’accessoire forme avec elle une unité économique :
le Code établit donc la présomption que l’accessoire partage le sort juridique de la chose
principale. Au contraire de la partie intégrante, l’accessoire peut ainsi avoir un sort distinct de
la chose principale.
Ce régime juridique, énoncé à l’art. 644 al. 1 CC en relation avec la propriété, vaut pour tous
les droits réels.
1. Objet
La propriété foncière a pour objet les immeubles (art. 655 al. 1 CC) soumis au droit privé (art.
664 CC).
Catégories d’immeubles (art. 655 CC)
1. Bien-fonds (al. 2 ch. 1; art. 2 lit. a et art. 16 ss ORF)
Un bien-fonds est une « surface de terrain ayant des limites déterminées de façon suffisante »
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(art. 2 lit. a ORF).
2. Droits distincts et permanents immatriculés au registre foncier (al. 2 ch. 2 et al. 3; art.
22 ORF)
Il s’agit des servitudes immobilières et droits analogues, qui ont le caractère de droits distincts
et permanents et qui sont immatriculés au RF (art. 655 al. 3 CC). Est distinct le droit qui n’est
constitué ni en faveur d’un fonds dominant, ni exclusivement en faveur d’une personne
déterminée. Cela exclut les servitudes foncières et les servitudes personnelles proprement
dites. Le droit distinct doit par conséquent être cessible et transmissible.
Il s’agit donc des servitudes personnelles improprement dites, comme les droits de superficie
(art. 675 et 779ss CC) ou le droit de source (art. 704 et 780 CC) et les autres servitudes de
l’art. 781 CC. Or l’art vise certains droits analogues. Il peut s’agir de charges foncières
personnelles, des concessions sur les eaux publiques (au sens de l’art. 59 LFH ; art. 22 al. 1
lit. a ch. 2 et al. 3 ORF) ou bien encore des droits issus du droit cantonal.
Un droit est permanent s’il est inscrit pour trente ans au moins.
Un droit distinct et permanent n’est un immeuble que s’il a été immatriculé au RF selon les
formes prévues à l’art. 22 al. 2 ORF.
Exemple : Des riverains d’un chemin en sont copropriétaires. Cette quote-part du chemin
est également un immeuble. Logiquement, la quote-part doit se vendre avec
l’immeuble, afin de garantir l’accès au bien-fonds à un acquéreur éventuel. Il serait
donc souhaitable de les lier au fond.
Conditions
L’inscription se fait sur requête. Il faut que les deux propriétés aient le même propriétaire.
Si l’immeuble dépendant en copropriété des plusieurs personnes, il faut l’accord des tous les
copropriétaires, sous forme authentique. Ceci parce que le lien de dépendance supprime les
éventuels droits de préemption légaux et le droit au partage des autres copropriétaires.
L’immeuble dépendant ne peut être grevé d’aucun droit de gage, ni de charge foncière. Le cas
échéant, ces droits doivent être transférés sur l’immeuble principal.
Effets
Positivement, le lien de dépendance a pour effet que tous les droits réels ayant pour objet
l’immeuble principal s’étendent aussi à l’immeuble dépendant. Il en va de même des droits
personnels (annotés) qui peuvent conduire à une aliénation de l’immeuble principal. En
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revanche, l’immeuble peut faire l’objet d’un droit de bail distinct.
Négativement, le lien de dépendance interdit d’aliéner, mettre en gage ou de grever l’immeuble
dépendant séparément. En revanche, une servitude ou location séparée reste possible.
2. Acquisition
a. Acquisition dérivée (art. 656 al. 1 et 657 CC)
i. Moyennant inscription au registre foncier
L’acquisition moyennant inscription au RF est le type normal d’acquisition. Il est réglé par l’art.
656 al. 1 CC. Conformément aux principes généraux de l’acquisition des droits réels, cette
acquisition suppose un titre d’acquisition, un acte de disposition (requête d’inscription) et un
acte matériel (inscription). Dans ces cas, l’inscription est constitutive, conformément au
principe absolu de l’inscription.
Le titre d’acquisition ne crée qu’une créance tendant au transfert. Il crée ainsi l’obligation pour
le propriétaire de requérir l’inscription de l’acquéreur au RF (art. 963 al. 1 CC). Jusqu’au
moment de l’inscription, l’aliénateur conserve le pouvoir de disposer sur l’immeuble. S’il
conclut donc une deuxième vente, celle-ci serait aussi valable. L’acquéreur peut cependant
obtenir du juge une restriction du droit d’aliéner annoté au RF (art. 960 al. 1 ch. 1 CC). Ce
moyen permet à l’acquéreur de rendre son titre opposable à tout tiers. Si le propriétaire ne
s’exécute pas, il fallait intenter une action en exécution du transfert de la propriété (art. 665 al.
1 CC). Pour les conditions, cf. infra acquisition originaire par jugement. Dans ce cas, une
annotation serait encore plus judicieuse.
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Acte de disposition (réquisition d’inscription)
Inscription (constitutive)
- Acte matériel visé par l’acte de disposition
Si l’acquéreur entre en possession avant l’inscription de l’immeuble avant que l’inscription soit
faite, il n’est pas propriétaire. En tant que possesseur, il peut cependant faire valoir les moyens
de protection de possession (art. 926 à 929 CC, rappelé par l’art 937 al. 2 CC). Par contre, la
présomption du droit de propriété et l’action tirée de l’inscription continuent à appartenir à
l’aliénateur qui est encore inscrit au RF.
ii. Sans inscription
Les cas d’acquisition dérivée de la propriété sans inscription au RF sont ceux qui se produisent
à l’occasion d’une succession universelle, pour cause de mort ou entre vifs. L’acquéreur
devient propriétaire par le seul effet du titre d’acquisition (loi, acte juridique ou jugement) et il
peut ensuite requérir lui-même son inscription déclarative au RF (art. 665 al. 2 et 3 ainsi que
art. 963 al. 2 CC).
Une telle acquisition sans inscription se produit dans les cas suivants : l’acquisition par les
héritiers, certaines mutations résultant du régime matrimonial et les mutations consécutives
aux fusions, scissions et transferts de patrimoine de sociétés.
b. Acquisition originaire (art. 656 al. 2, 658 ss et 973 CC)
i. Occupation (art. 658 CC)
Acquisition d’un immeuble qui est sans maître (attention, notion de sans maître ici très différent
que pour les biens en usage commun). Soit l’immeuble n’a jamais eu un propriétaire, soit le
propriétaire précédent en a fait déréliction. À ce moment on peut à certaines conditions
acquérir la propriété de cette propriété.
4 conditions de l’occupation
1. Seuls les biens-fonds sont susceptibles d’être occupés
2. Le bien-fonds doit être immatriculé au RF
3. « Chose sans maître », c’est-à-dire qu’il résulte du RF qu’il n’y ait pas de propriétaire.
En principe, le propriétaire doit avoir fait déréliction en requérant sa radiation du RF.
4. L’acquéreur doit prendre possession du bien-fonds avec l’intention d’en être
propriétaire.
Si ces conditions sont remplies, l’occupant devient propriétaire et il peut requérir lui-même son
inscription au RF (art. 665 al. 2 CC). Les charges grevant le fonds subsistent.
ii. Accession (art. 659 CC)
Il peut arriver que des événements naturels (p. ex. modification progressive d’un cours d’eau)
ou des travaux (p. ex. correction d’un cours d’eau) provoquent l’apparition de nouvelles terres
exploitables d’une manière quelconque. Si ces terres se trouvent dans les limites d’un fonds
qui est en propriété privée, elles appartiennent au propriétaire de ce fonds, conformément à
l’art. 642 CC. Si, par contre, ces nouvelles terres se forment dans des régions sans maître au
sens de l’art. 664 CC, ce qui est le plus fréquent, l’art. 659 CC prévoit qu’elles appartiennent
au canton dans lequel elles se trouvent, à moins que le droit cantonal n’en dispose autrement.
Toutefois, se les terres proviennent d’un fonds en propriété privée, le propriétaire de ce fonds
a le droit de les reprendre dans un délai convenable.
iii. Prescription ordinaire (art. 661, 663 et 941 CC)
La prescription acquisitive est l’acquisition d’un droit sur un bien par suite de la possession
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paisible et prolongée de ce bien. La prescription ordinaire vise les cas d’une personne inscrite
comme propriétaire sans cause légitime (titre d’acquisition n’est pas valable). Cette personne
acquiert la propriété si elle possède l’immeuble de bonne foi, sans interruption et paisiblement
pendant dix ans.
7 Conditions :
1. Immeuble immatriculé au RF
2. Le possesseur doit être inscrit comme propriété au RF
3. L’inscription c’est fait indûment au sens de l’art 974 CC, par exemple car le titre
d’acquisition était invalable. (Cependant, de fois cet article est utilisé par des gens
régulièrement inscrits, puisqu’il est plus possible de prouver la validité du titre.)
4. La personne inscrite doit posséder l’immeuble avec l’intention d’être propriétaire
5. La possession doit être paisible (nec vis, nec clam, nec precario) et ininterrompu
6. La possession doit avoir duré 10 ans dès l’inscription au RF et la prise de possession.
7. Le possesseur doit être de bonne foi pendant tous les dix ans
Avant l’échéance du délai de dix ans, le possesseur inscrit indûment n’est pas propriétaire. Il
bénéficie cependant des moyens de protection tirés de la possession (art. 937 al. 2 et 926 à
929 CC) ainsi que de la présomption du droit liée à l’inscription (art. 937 al. 1 CC), ce que lui
assure aussi le pouvoir formel de disposer de l’immeuble. Lorsque les conditions de l’art. 661
CC sont remplies (à l’échéance du délai), le possesseur devient de plein droit et à titre
originaire propriétaire de l’immeuble (le propriétaire légitime antérieur perd son droit).
L’inscription indue est validée avec effet rétroactif à la date de la réquisition d’inscription. La
prescription acquisitive valide également les droits réels limités que la personne aurait
constitués sur l’immeuble pendant l’écoulement du délai de dix ans.
iv. Prescription extraordinaire (art. 662, 663 et 941 CC)
Ce type de prescription vise l’hypothèse d’une personne qui possède un immeuble sans être
inscrite au RF, soit que l’immeuble n’ait pas été immatriculé, soit qu’il n’ait apparemment pas
de propriétaire. Selon les art. 662 et 663 CC, la propriété est acquise à celui qui, même de
mauvaise foi, a possédé l’immeuble sans interruption, paisiblement et comme propriétaire
pendant trente ans. Attention, une prescription contra tabulas n’est pas possible, c’est-à-dire
on ne peut acquérir par prescription l’immeuble d’un propriétaire régulièrement inscrit au RF.
4 Conditions :
1. L’immeuble en cause doit soit n’avoir pas été immatriculé au RF, soit si le registre ne
révèle pas le propriétaire ou si le propriétaire était mort ou déclaré absent au début du
délai de prescription. Le cas du propriétaire absent est difficile, car nul ne meurt sans
héritiers.
2. L’acquéreur doit posséder l’immeuble avec l’intention d’en être propriétaire
3. Cette possession doit être paisible et ininterrompue
4. La possession doit avoir durée trente ans.
La bonne foi n’est pas requise
Avant l’échéance du délai de 30 ans, l’usucapant ne bénéficie que des moyens de protection
tirés de la possession (art. 937 al. 2 et 926 à 929 CC). À l’expiration de ce délai, il devient
propriétaire de plein droit et à titre originaire. Cependant, il doit, pour se faire inscrire au RF,
obtenir une décision du juge (art. 662 al. 3 CC)
v. Jugement (art. 665 al. 1CC)
Si on est en possession d’un titre d’acquisition, mais l’aliénateur ne procède pas à l’acte de
disposition. Dans ce cas, le juge peut attribuer la propriété à l’acquéreur.
Le titre d’acquisition ne crée qu’une créance tendant au transfert. Il crée ainsi l’obligation pour
41
le propriétaire de requérir l’inscription de l’acquéreur au RF (art. 963 al. 1 CC). Jusqu’au
moment de l’inscription, l’aliénateur conserve le pouvoir de disposer sur l’immeuble. S’il
conclut donc une deuxième vente, celle-ci serait aussi valable. L’acquéreur peut cependant
obtenir du juge une restriction du droit d’aliéner annoté au RF (art. 960 al. 1 ch. 1 CC). Ce
moyen permet à l’acquéreur de rendre son titre opposable à tout tiers. Si le propriétaire ne
s’exécute pas, il fallait intenter une action en exécution du transfert de la propriété (art. 665 al.
1 CC). Dans ce cas, une annotation serait encore plus judicieuse.
Conditions personnelles de l’action : A qualité pour agir la personne qui est au bénéfice
du titre d’acquisition ou son successeur. La qualité pour défendre appartient à la
personne obligée par le titre d’acquisition, à condition qu’elle soit encore propriétaire
de l’immeuble. Si la personne obligée n’est plus propriétaire, seulement une action en
dommages-intérêts est possible. L’acquéreur n’a pas d’action contre le tiers
propriétaire, sauf s’il a fait annoter son droit. Dans ce cas, il doit intenter une action
contre l’ancien propriétaire (art. 665 al. 1 CC) et en rectification du RF (art. 975 al. 1
CC, car normalement on n’aurait pas dû inscrire un nouveau propriétaire en présence
d’une annotation de restriction du droit d’aliéner).
Effet : Le jugement rendu à la suite d’une action en exécution au sens de l’art. 665 al. 1 est
un jugement formateur : il attribue directement la propriété au demandeur. Il devient
donc propriétaire sans inscription au RF. Il peut ensuite requérir lui-même son
inscription en se fondant sur les art. 665 al. 2 et 963 al. 2 CC.
Un jugement sur base de l’art. 651 CC (cas de partage d’une copropriété) a le même effet.
Conditions
Un tiers : N’était pas impliqué dans les circonstances menant à l’inscription. Un acquéreur
à titre universel (succession, fusion des entreprises) n’est pas un tiers.
De bonne foi : Au moment de l’acquisition
Acquisition valable : Mis à part le défaut du pouvoir de disposer de l’aliénateur. Le titre
d’acquisition doit être valable.
Droit réel : Seulement l’acquisition d’un droit réel est protégée. Ainsi, un locataire n’est pas
protégé si son cocontractant n’a pas le droit de disposer de l’appartement (sauf si droit
personnel annoté est valablement cédé à un tiers de bonne foi). Attention, en matière
d’hypothèque, la protection de l’acquéreur ne s’étend qu’au droit de gage et non pas à
la créance.
En se fiant à l’inscription : Inclut l’entité des documents du RF
Effet
Le tiers de bonne foi acquiert le droit. Les ayant droits (antérieurs) perdent leurs droits, dans
42
la mesure où celles-ci sont incompatibles.
vii. Expropriation
C’est un mode de transfert de la propriété (ou un autre droit réel) à une collectivité publique,
fondé sur un acte de souveraineté et intervenant pour cause d’utilité publique et moyennant
pleine indemnisation. Elle ressortit du droit administratif. Selon l’art. 666 al. 2, le moment où la
propriété s’éteint est déterminé par le droit administratif. La propriété est acquise à la
collectivité publique à titre originaire et sans inscription (art. 656 al. 2 CC).
3. Perte
Art. 666 – Perte de la propriété foncière
La propriété foncière s’éteint par la radiation de l’inscription et par la perte totale de l’immeuble.
a. Perte « relative »
La perte est relative si la propriété ne s’éteint que dans la personne de l’ancien propriétaire,
mais continue ou renaît aussitôt dans celle de l’acquéreur. Il en est ainsi dans tous les cas
d’acquisition dérivée ou originaire, à l’exclusion de l’occupation (la chose a été perdu et restait
« sans maître » pour une certaine dure).
b. Perte « absolue »
La perte est absolue lorsque le droit de propriété s’éteint sans que l’immeuble ait un nouveau
propriétaire ; soit l’immeuble est totalement perdu, soit son propriétaire en fait abandon
(déréliction).
Déréliction
La déréliction est l’acte juridique unilatéral par lequel le propriétaire se défait de son immeuble
sans en transférer la propriété. Il faut que le propriétaire requière la radiation (extinctive) de
son inscription au RF.
Exemple : Trois amis sont copropriétaires d’un bien-fonds (A, B et C). Chaque quote-part
est un immeuble propre (objet distinct). Si un des amis renonce à sa quote-part, un
tiers ne peut occuper cette quote-part. Un accroissement se produit : la disparation de
la quote-part de A accroît la proportion des propriétés des quotes-parts de B et C.
4. Mesures judiciaires
Le législateur prévoit des mesures judiciaires lorsque le propriétaire d’un immeuble est
introuvable (art. 666a CC) ou lorsqu’une personne morale propriétaire d’un immeuble ne
dispose plus des organes prescrits (art. 666b CC).
43
a. Propriétaire introuvable (art. 666a CC)
Jusqu’en 2012, on a tout simplement attendu que le propriétaire revienne. L’art. 666a CC,
entrée en vigueur en 2012 permet au juge de prendre des mesures en cas de propriétaire
introuvable (faire les travaux nécessaires ou nommer un représentant).
5. Effets
a. Etendue (art. 667 - 678 CC)
i. Délimitation verticale
Art. 667 al. 1 CC
1. La propriété du sol emporte celle du dessus et du dessous, dans toute la hauteur et la
profondeur utiles à son exercice.
L’intérêt du propriétaire
L’étendue verticale (du dessus et du dessous) est limitée par l’intérêt du propriétaire (≠ usque
ad sidera, usque ad inferos). L’intérêt dont il s’agit peut être un intérêt positif à vouloir utiliser
le fonds (pour faire des constructions etc.) que l’intérêt négatif à opposer aux agissements de
tiers dans le volume du bien-fonds (p. ex. ne pas vouloir que l’État fasse un tunnel 20 mètres
en dessus de sa maison). L’intérêt ne doit pas forcément être pécuniaire, mais peut être
esthétique. L’intérêt doit être digne de protection, c’est-à-dire objectivement (de point de vue
technique et juridique) et subjectivement réalisable. L’intérêt peut être futur (construction à
faire prochainement).
Le propriétaire a le droit de s’opposer aux immissions de tiers dans les volumes aérien et
souterrain, pour autant qu’il a un intérêt digne de protection.
44
Les art. 671ss CC prévoient quelques cas particuliers :
Constructions sur fonds d’autrui (art. 671 –673 CC) : Une construction élevée avec des
matériaux appartenant à une personne sur le fonds d’une autre fait quand même partie
intégrante du fonds. Il y a cependant quelques correctifs aux art. 671 à 673 CC
Empiétements (art. 674 CC) : Ce sont des constructions qui sont situées au moins en
partie sur le fonds du constructeur, mais pour le reste sur le fonds voisin (ou trop proche
de celui-ci, compte tenu des distances légales fixées par le droit cantonal).
Conformément au principe d’accession, les parties de la construction empiétant
deviennent la propriété du propriétaire du fonds voisin. Afin de prévenir la destruction
inutile de ces constructions, le législateur a prévu deux choses :
o Premièrement, il y a l’institution d’une servitude d’empiétement, qui devrait
favoriser le règlement conventionnel du litige (art. 674 al. 2 CC). Il s’agit d’une
servitude foncière (art. 730ss CC). Cependant, il suffit que le contrat constitutif
revête la forme écrite (art. 70 al. 2 ORF). Malgré le texte de l’art. 674 al. 2, la
servitude doit être inscrite au RF pour prendre naissance. Cette servitude fait donc
échec au principe d’accession. Dans la mesure où elle profère un droit à une
construction sur un fonds d’autrui, on peut aussi parler d’un droit de superficie
limité.
o Deuxièmement, le propriétaire est limité dans son droit d’exiger en tout temps la
suppression de l’empiétement. Le constructeur peut obtenir d’un tribunal une
servitude, voire la propriété de la surface usurpée (art. 674 al. 3 CC). Il faut que
trois conditions soient remplies :
1. Le propriétaire lésé ne s’est pas opposé en temps utile. L’opposition est faite
en temps utile aussi longtemps que les travaux peuvent être interrompus sans
dommage excessif pour le constructeur. Si le propriétaire lésé s’est opposé, il
peut ensuite ouvrir l’action en suppression de l’empiétement (art. 641 al. 2 CC).
2. L’auteur de l’empiétement doit avoir été de bonne foi
3. Enfin, l’attribution de la servitude ou la propriété doit se justifier par les
circonstances. Il faut donc peser les intérêts en présence. Il tiendra compte en
particulier de la facilité ou de la difficulté de supprimer l’empiétement, de sa
durée, de l’intensité de l’atteinte au fonds lésé et de l’utilisation faite de la
construction.
o Si les conditions de l’art. 674 al. 3 CC sont réunis, le tribunal attribue soit une
servitude d’empiétement, soit la propriété de la surface usurpée. Le jugement est
constitutif (art. 656 al. 2 et 665 al. 2 CC), mais l’inscription au RF rend le droit réel
opposable aux tiers. Le propriétaire lésé a droit à une indemnité équitable.
Droit de superficie (art. 675 ss et 779 ss CC) : Une servitude de superficie permet de
dissocier la propriété du sol et la propriété des constructions qui s’y trouvent.
Constructions mobilières (art. 677 CC) : Le principe d’accession ne vise en revanche pas
les constructions mobilières, c’est-à-dire les constructions légères élevées sur un fonds
sans intention de les y établir à demeure. Afin de qualifier comme construction mobilière,
un objet doit être objectivement léger (élément objectif) et celui qui le met en place doit
manifester son intention de ne pas l’établir à demeure (élément subjectif). L’élément
subjectif doit être reconnaissable pour des tiers. Les constructions sont soumises au
régime des choses mobilières. Même si la construction mobilière et le bien-fonds ont le
même propriétaire, il ne peut s’agir des choses accessoires, faute d’affectation durable.
45
alors que l’art. 690 détermine le régime des clôtures.
Le plan dont parle l’art. 668 al. 1 CC est celui qui est établi lors de la mensuration officielle (art.
950 CC et art. 21 ORF) et qui est un document constitutif du RF (art. 942 al. 2 CC). Quant à
la démarcation sur le terrain, il s’agit de l’ensemble des signes qui rendent visible la limite
(bornes, chevilles métalliques, murs etc.). L’art. 668 n’institue qu’une présomption d’exactitude
(art. 9 CC). Le propriétaire peut donc tenter d’établir que son droit de propriété s’étend au-delà
de la limite marquée sur le terrain ou le plan.
Qualité pour défendre : propriétaire ou titulaire d’un droit (réel limité, personnel) ayant
l’usage du fonds
Conditions matérielles
Excès : c’est-à-dire une violation d’une règle du droit de voisinage, notamment de l’art.
684 CC. L’excès doit provenir de l’utilisation d’un fonds et se produire sur un autre
fonds. Lorsque l’excès résulte d’une immission négative provenant de la présence
d’une construction, les actions de l’art. 679 al. 1 CC ne peuvent être admises « que si
les dispositions régissant la construction ou l’installation en vigueur lors de leur
édification n’ont pas été respectées » (art. 679 al. 2 CC)
Atteinte indirecte aux droits du voisin
- Différence à l’action négatoire de l’art. 641 CC. L’art. 679 est un lex specialis à 641 en
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cas d’atteinte indirecte
- Pas besoins d’un dommage au sens de diminution involontaire du patrimoine.
- Pour l’action en cessation ou prévention de l’atteinte, celle-ci doit être actuelle
respectivement hautement vraisemblable.
Lien de causalité
On applique les règles ordinaires sur la causalité naturelle et adéquate.
[Pas besoin de faute du défendeur]
Condition temporelle
Imprescriptibilité
Objet de l’action
L’art. 679 al. 1 CC accorde au voisin deux types d’actions.
1. Pour défendre son droit lui-même, le voisin dispose d’une action en cessation de l’atteinte
(« remette les choses en l’état ou prenne des mesures en vue d’écarter le danger ») et
d’une action en prévention de l’atteinte (admise par la jurisprudence). Une action en
constatation de droit est également ouverte.
2. Pour obtenir la réparation du dommage qu’il aurait subi, le voisin dispose d’une action en
réparation du dommage. L’art. 679 al. 1 CC introduit ainsi une responsabilité du
propriétaire d’immeuble pour les dommages causés à ses voisins à la suite des violations
de l’art. 684ss CC. Il s’agit d’une responsabilité objective, qui existe indépendamment de
toute faute. Cette action permet de supprimer les conséquences des immissions sur le
fonds du demandeur. Elle permet des autres remèdes que la simple réparation pécuniaire.
Délimitation
Le voisin en tant que propriétaire
En tant que propriétaire, le voisin peut notamment protéger son droit par l’action négatoire (art.
641 al. 2 CC). Il peut diriger cette action contre tout perturbateur, et naturellement aussi contre
le propriétaire d’un fonds voisin qui aurait porté atteinte à son droit. Toutefois, les atteintes
provenant des voisins n’entrent dans le champ d’application de l’art. 641 al. 2 CC que s’il s’agit
d’atteintes directes, c’est-à-dire si le voisin agit directement sur le fonds du demandeur. En
revanche, si l’atteinte a droit du demandeur n’est que la conséquence indirecte de l’exercice
du droit de propriété sur un autre fonds, ce sont les art. 679s CC qui s’appliquent. L’art. 679
constitue ainsi un lex specialis par rapport à l’art 641 al. 2 pour le cas où l’atteinte provient
du fait qu’un voisin viole les droits de voisinage au sens des art. 684ss CC.
47
Il s’agit d’ailleurs aussi d’un lex specialis à l’art. 41 CO en cas d’action en réparation du
dommage.
Cas particuliers
Excès provenant d’une construction ou d’une installation existante (art. 679 al. 2 CC)
- Privation de soleil par exemple. Faut agir au moment de la demande d’autorisation de
bâtir, car après c’est n’est plus possible d’agir si toutes les dispositions étaient
respectées. Champ d’application aussi immission positive ? Immission positive
(quelque chose parvient chez moi). Immission négative (quelque chose ne passe plus,
p. ex. lumière).
c. Restrictions volontaires
Le propriétaire peut, de par sa propre volonté, restreindre l’une ou l’autre des facultés que lui
donne le droit de propriété. On parle alors de « restrictions volontaires » de la propriété
foncière.
Le droit d’emption
Le droit d’emption est la faculté en vertu de laquelle une personne (l’empteur) peut se porter
acheteur d’une chose par une simple déclaration unilatérale de volonté et exiger ainsi d’une
autre personne (le promettant ou le concédant) le transfert de la propriété de la chose
moyennant paiement du prix. Le droit d’emption est donc un droit d’acquisition conditionnel, la
seule condition (potestative) étant la déclaration d’exercice du droit de faite par l’empteur. Le
droit d’emption permet ainsi à l’empteur d’attendre un bon moment pour un achat, tout en
ayant une (certaine) assurance de pouvoir se porter acheteur le moment venu.
Le droit d’emption se distingue de la promesse de vente par le fait que le premier peut être
annoté au RF (art. 959 al. 1 CC et 216a CO). Or, la promesse de vente ne confère que le droit
d’exiger la conclusion d’un contrat, pendant que le droit d’emption permet d’exiger le transfert
de la propriété sans contrat ultérieur. Un droit d’emption peut avoir sa source dans la loi (cf.
suite) ou dans un contrat (pacte d’emption). Un pacte d’emption doit avoir la forme authentique
(art. 216 al. 2 CO). La constitution et/ou l’exercice d’un droit d’emption sont parfois sujettes à
autorisation (cf. p. ex. art. 61 LDFR ou 4f LFAIE). Un pacte d’emption ne peut excéder dix ans
(art. 216a CO). Le pacte d’emption doit contenir tous les éléments nécessaires pour que, par
la suite, la seule déclaration unilatérale de levée d’option soit suffisante pour qu’existe un
contrat de vente parfait (désigner concédant et empteur, l’objet et le prix ainsi que la durée du
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droit). Une annotation éventuelle doit figurer dans une clause du pacte.
Le droit de réméré
Le droit de réméré est la faculté en vertu de laquelle une personne (le vendeur d’un bien) peut
exiger d’une autre personne (l’acheteur de ce bien, le promettant) qu’il lui retransfère la
propriété du bien moyennant paiement du prix. Si rien d’autre n’est prévu, le prix à payer est
celui que l’acheteur a payé pour acquérir le bien. Le droit de réméré peut trouver sa source
dans la volonté des parties, mais également dans la loi. Le droit de réméré n’est qu’une espèce
de droit d’emption et les règles régissant le droit d’emption s’y appliquent muta mutandis.
Pourtant, la durée maximale du droit est de 25 ans et non de 10 ans (art. 216a CO).
Le droit de préemption
Le droit de préemption est la faculté en vertu de laquelle une personne (le préempteur) peut
exiger d’une autre personne (le promettant) le transfert de la propriété d’une, dans l’éventualité
où le promettant la vend à un tiers. On parle de préemption ordinaire si le prix à payer par le
préempteur est celui que le tiers acquéreur s’est engagé à payer. Le droit de préemption est
dit limitatif (ou qualifié) si le prix auquel le préempteur pourrait acheter la chose a été fixé dès
la constitution du droit. Le droit de préemption est un droit d’acquisition conditionnel. Il est
subordonné à deux conditions, à savoir un contrat de vente avec un tiers et la déclaration
d’exercice du droit par le préempteur (condition potestative). Un pacte de préemption doit
revêtir la forme authentique si le prix est fixé à l’avance (art. 216 al. 2 CO). Si le prix n’est pas
fixé à l’avance, la forme écrite suffit (art. 216 al. 3 CO). Les éléments essentiels du pacte de
préemption sont la désignation du promettant et du préempteur, l’objet, la durée du droit (max.
25 ans ; art. 216a CO ; sauf propriété par étage, art. 712c al. 1 CC) et éventuellement le prix
(sinon, prix du tiers s’applique, art. 216d al. 3 CO).
Le droit de préemption portant sur un immeuble peut être annoté au RF (art. 959 al. 1 CC et
216a CO) si cela a été convenue dans le pacte (donc en forme authentique si nécessaire). Si
le droit n’est pas annoté, un tiers acquéreur n’est pas lié par ce droit. Faute d’annotation, le
droit est perdu, dès le moment où le promettant requiert l’inscription du tiers. La seule option
du titulaire est désormais une action en dommages-intérêts contre le promettant (art. 97 CO).
L’annotation, en revanche, permet au titulaire du droit de préemption d’agir directement en
exécution du droit de préemption contre le tiers acquéreur (art. 665 CC) et obtenir la
rectification du RF (art. 975 CC), si le promettant a vendu l’immeuble sans informer le
préempteur. Or, si le préempteur exécute son droit mais le promettant refuse de requérir son
inscription, l’action de l’art. 665 al. 1 CC est ouverte (cum 975 CC si droit annoté et tiers déjà
inscrit).
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Les restrictions légales existent de par la loi. Elles n’ont donc pas besoin d’être inscrit au RF
(art. 680 al. 1 CC). Notamment en cas des restrictions indirecte, une inscription devient
néanmoins nécessaire pour définir l’étendue exacte de la restriction.
Les restrictions peuvent relever du droit privé ou public et du droit fédéral ou cantonal.
i. Restrictions légales de droit privé
Par restrictions légales, on entend toutes les règles qui suppriment ou limitent l’une ou l’autre
des facultés normalement comprises dans la propriété. Les restrictions de droit privé ont été
prévues dans l’intérêt des particuliers. Elles ne sont pas mises en œuvre d’office, mais
seulement à la demande de ceux qui en bénéficient. Les bénéficiaires peuvent même y
renoncer (art. 680 al. 2 et 3 CC).
La loi prévoit aussi des droits d’emption légaux (art. 24ss LDFR) et des droits de réméré
légal (art. 55 LDFR ; l’aliénateur d’une entreprise agricole a un droit de réméré).
On entend par droit de voisinage un ensemble de règles (art. 684 à 698 et 706 à 710 CC) qui
restreignent la liberté du propriétaire foncier au profit de ses voisins, de façon à faciliter leur
coexistence pacifique et é permettre la meilleure exploitation de chaque fonds. Les restrictions
légales dirigées contre l’un des propriétaires constituent donc également dans ce cas une
extension de la propriété du voisin. Le Code énonce d’abord une règle générale à l’art 684
CC. Il prend ensuite en considération une série de situations particulières.
L’interdiction d’immissions excessives (art. 684 CC) : Sont des immissions au sens de
l’art. 684 CC, les conséquences indirectes que l’exercice de la propriété sur un fonds
peut avoir sur les fonds voisins (ne vise donc pas les empiétements directs). Sont par
exemple des immissions le bruit, la fumée ou des odeurs. On peut distinguer les
immissions positives (font parvenir sur le fonds voisin une immission comme la
poussière ou du bruit) des immissions négatives (privent le fonds voisin de quelques
chose, p. ex. de lumière). Les immissions peuvent être matérielles ou psychiques. Les
immissions sont psychiques ou morales lorsque l’exploitation du fonds provoque chez
les voisins un sentiment désagréable tel que la répugnance ou l’angoisse (p. ex.
exploitation d’un abattoir ou un bordel). Les immissions ne sont prohibées par l’art. 684
CC que si elles sont excessives. On ne jugera d’après des critères objectifs, en se
mettant à la place d’un homme raisonnable et moyennement sensible et en prenant en
considération l’ensemble des circonstances en cause pour mesurer les intérêts en
présence. D’après l’art. 684 al. 2 CC - pour être excessive - une immission doit avoir
un effet dommageable (pas forcément diminution de patrimoine, mais aussi effets
incommodants). Ce critère est presque toujours rempli lorsqu’il y a une immission. De
plus, également d’après l’art. 684 al. 2 CC, l’immission doit excéder les limites de la
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tolérance que se doivent les voisins. Pour en juger, il faut prendre en compte la situation
et la nature de l’immeuble (p. ex. ville ou nature) ainsi que l’usage local.
Fouilles et constructions (art. 685 et 686 CC) : Une construction n’est licite que si elle
respecte à la fois le droit public et le droit privé des constructions. L’art. 685 al. 1 est une
concrétisation de l’art. 684 CC. S’agissant de la mise en œuvre, l’art. 685 al. 2 CC fait un
renvoi aux règles sur l’empiètement (art. 674 al. 3 CC)
Plantes (art. 687 et 688 CC) : Selon l’art. 687 al. 1 et 3 CC, le propriétaire n’a le droit de
couper les branches et racines qui avancent sur son fonds que si les trois conditions
suivantes sont remplies : L’empiètement doit causer un préjudice, le voisin doit avoir été
invité sans succès à prendre les mesures nécessaires dans un délai convenable et il ne
peut pas s’agir de deux forêts limitrophes. Le propriétaire peut aussi ouvrir une action
négatoire. Sous certaines conditions, un propriétaire a droit aux fruits qui avancent sur son
fonds (s’ils avancent sur ses bâtiments ou cultures)
Hypothèques légales (ex. : art. 837 al. 1, 712i, 779i, 808 al. 3 et 4, 810 al. 2 et 3 CC)
- Pour la plupart. Il s’agit d’hypothèques légales indirectes, c’est-à-dire qu’il faut que
l’ayant droit en demande l’inscription.
Etc.
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Comme les restrictions légales de droit privé et pour les mêmes motifs, ces restrictions de droit
public existent sans qu’il y ait lieu de les inscrire au RF (art. 680 al. 3 CC)
Loi fédérale sur l’acquisition d’immeubles par des personnes à l’étranger (LFAIE ; RS
212.412.41) et l’ordonnance relative (OAIE ; RS 211.412.411). L’acquisition d’un immeuble en
Suisse par une personne domiciliée à l’étranger (tel que défini à l’art. 5 LFAIE) est soumise à
autorisation.
Loi fédérale sur le droit foncier rural (LDFR; RS 211.412.11) et l’ordonnance relative (ODFR ;
RS 211.412.110)
Loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS; RS 702) et ORSec (RS 702.1)
Art. 836 CC
Etc.
d. Sources (art. 704 –712 CC)
Notions
On appelle source l’issue permanente d’eaux souterraines à un endroit déterminé de la surface
du sol. Il n’importe pas si l’eau apparaît à la surface du sol de manière naturelle ou artificielle,
en captant et dérivant des eaux souterraines permanentes. La source est localisée à l’endroit
où l’eau souterraine se transforme en eau de surface. Une source fait partie intégrante du
fonds où elle jaillisse (art. 704 al. 1 CC)
Les eaux souterraines sont assimilées aux source (art. 704 al. 3 CC). Il faut entendre par là
les veines et couches d’eau qui se trouvent sous la surface du sol sous la forme d’un volume
fluide. Ne sont cependant des eaux souterraines privés que celles qui ne sont pas soumises
au droit public en raison de l’importance de leur volume.
Selon le principe de l’accession, les eaux publiques souterraines appartiennent au propriétaire
du fonds sous lequel elles se trouvent.
Le droit du propriétaire du fonds sur les sources et les eaux souterraines
La source comme l’eau souterraine (sous réserve des eaux publiques) est partie intégrante du
fonds et appartient au propriétaire de celui-ci (art. 667 al. 2 CC). Le propriétaire du fonds peut
en principe librement disposer des sources et eaux souterraines ; il peut les capter, les utiliser
à son usage exclusif, les dériver etc. Ce principe trouve cependant une restriction à l’art. 689
al. 3 CC sur l’écoulement des eaux.
Le droit à une source sur fonds d’autrui
Le propriétaire peut accorder à des tiers des droits sur la source ou sur l’eau souterraine de
trois manières. Premièrement, il peut conférer un droit personnel à une personne de prendre
de l’eau. Deuxièmement, il peut conférer une servitude permettant au bénéficiaire de
s’approprier tout ou une partie de l’eau (art. 704 al. 2 CC ; cf. aussi l’art. 780 CC).
Troisièmement, il peut grever son fonds d’une charge foncière qui lui oblige d’assurer la
distribution de l’eau par des actes actifs.
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L’art. 710 CC prévoit un droit à une fontaine nécessaire. Il s’agit d’une restriction indirecte de
la propriété. Sous les conditions évoquées à l’art. 710 al. 1 CC, un voisin peut donc exiger une
servitude légale. Celle-ci doit être inscrit au RF.
C. Propriété mobilière
La propriété mobilière est régie par les art. 713 à 729 CC, auxquelles il faut naturellement
ajouter les dispositions générales sur la propriété (art. 641 à 654a CC), qui sont applicables
aussi bien aux meubles qu’aux immeubles. Or les règles sur la possession s’appliquent aussi
(919 à 936 et 938 à 941 CC ; l’art. 937 s’applique uniquement à la propriété immobilière).
Papiers-valeurs : « Sont papiers-valeurs tous les titres auxquels un droit est incorporé
d’une manière telle qu’il soit impossible de le faire valoir ou de le transférer
indépendamment du titre. » (art. 965 CC)
Biens culturels
Animaux
Les animaux ne sont pas des choses (art. 641a al. 1 CC) ; ils sont cependant, sauf disposition
contraire, des objets de droits réels mobiliers (art. 641a al. 2 CC).
2. Acquisition
a. Acquisition dérivée (art. 714 al. 1 et 715 à 717 CC)
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i. Moyennant transfert de la possession
L’acquisition dérivée de la propriété moyennant le transfert de la possession, appelée aussi
« tradition », est régie par les art. 714 al. 1 et 715 à 717 CC. Elle suppose un titre d’acquisition,
suivi d’une opération d’acquisition, c’est-à-dire d’un acte de disposition et de n’importe quelle
forme de transfert de la possession. Il y a ainsi trois conditions :
En tant qu’acte de disposition, le contrat réel n’est valable que si l’aliénateur a le pouvoir de
disposer : nemo plus juris ad alium transferre potest quam ipse habet (nul ne peut transférer
à autrui plus de droits qu’il n’en a lui-même). Cependant, si l’aliénateur n’avait pas le pouvoir
de disposer, mais les autres conditions du transfert de la propriété mobilière sont remplies, le
tiers de bonne foi est protégé dès qu’il entre en possession.
54
2. Selon l’art. 884 al. 3 CC, le gage mobilier sous la forme ordinaire du nantissement n’est
valable que si le constituant du gage ne garde pas la maîtrise effective de la chose ; la
constitution d’un nantissement par constitut possessoire en faveur du constituant n’est
dès lors pas possible. Pour contourner cette difficulté, les parties prévoient parfois que
le créancier devient propriétaire de la chose servant de garantie (avec obligation d’en
retransférer la propriété au débiteur une fois la dette payée), mais laissent la chose en
possession du débiteur à un titre spécial. C’est cette hypothèse que vise l’art. 717 al.
1 in fine CC. Le transfert de propriété (bien que valable entre les parties), n’est pas
opposable aux tiers, dans la mesure où les parties visent en réalité non à transférer la
propriété, mais à garantir une créance que l’acquéreur a contre l’aliénateur.
Si le transfert (valable entre les parties) est inopposable aux tiers, ceux-ci (notamment
créanciers de l’aliénateur) peuvent saisir le juge.
La réserve de propriété doit s’inscrire dans le contexte d’une tradition, plus précisément une
aliénation à titre onéreux. Seuls les meubles peuvent faire l’objet d’une réserve de propriété.
Pour les immeubles, le bétail (art. 715 al. 2) et les macromeubles, elle n’est pas possible.
La réserve de propriété s’opère par un pacte de réserve de propriété, qui ajoute une condition
suspensive dans l’acte de disposition (contrat réel). La condition suspensive est le payement
du prix. La créance du prix est fondée par le titre d’acquisition (contrat de vente), qui doit être
valable. Par rapport à cette créance, la réserve de propriété a les caractéristiques d’un droit
accessoire. Elle suppose donc que le droit principal existe ; si la créance garantie est éteinte
ou si elle est prescrite, la réserve de propriété tombe (art. 114 al. 1 CO).
Le pacte de réserve de propriété ne produit ses effets que s’il a été inscrit dans le registre des
pactes de réserve de propriété (art. 715 al. 1 CC). Si l’inscription intervient après le transfert
de la possession, la propriété fait alors (sans effet rétroactif) retour à l’aliénateur. L’inscription
a un effet constitutif. Le pacte de réserve ne produit aucun effet avant l’inscription. Avant
l’inscription, l’acquéreur peut valablement disposer de la chose, même envers un tiers de
mauvaise foi.
Le registre des pactes de réserve ne produit pas l’effet positif de la foi publique (les tiers de
bonne foi ne peuvent pas se fier aux inscriptions), mais permet uniquement de faire échec aux
présomptions découlant de la possession de l’acquéreur. Or, ce registre n’est pas censé
connu. Ainsi, le tiers de bonne foi à qui l’acquéreur a vendu la chose faisant l’objet de la réserve
de propriété est protégé dans son acquisition (art. 933 CC). Le but de l’inscription n’est en effet
pas de protéger l’aliénateur contre le risque qu’un tiers n’acquière la chose de bonne foi, mais
uniquement de permettre aux personnes qui veulent faire crédit à quelqu’un de savoir s’il existe
une réserve de propriété sur certains biens. Cependant, dans certains domaines
commerciaux, notamment en matière des voitures professionnelles, un marchand ne peut
invoquer sa bonne foi sans avoir consulté le registre.
55
ii. Sans transfert de la possession
Art. 560 al. 2 CC
Art. 235 al. 1 CO
etc.
b. Acquisition originaire (art. 714 al. 2 et 718 à 728 CC)
Acquisition de bonne foi (art. 714 al. 2 et 933 à 935 CC)
La bonne foi de l’acquéreur peut remédier l’absence de pouvoir de disposer de l’aliénateur. Il
y a trois cas de figure :
1. Le bien mobilier acquis par le tiers de bonne foi avait été confié à l’aliénateur (art. 933
CC). Ne s’applique pas si l’aliénateur n’avait pas le pouvoir de disposer car sa faillite a été
prononcée.
2. Le bien mobilier acquis par le tiers de bonne foi est de la monnaie ou un titre au porteur
(art. 935 CC)
3. L’ancien possesseur s’est fait voler le bien acquis par le tiers de bonne foi, l’a perdu ou en
a été dessaisi d’une autre manière sans sa volonté, mais le droit de l’ancien possesseur
d’ouvrir une action mobilière pour récupérer le bien est périmé. En principe, le délai à
respecter par l’ancien possesseur est de 5 ans (art. 934 al. 1 CC) ; mais des délais
différents sont prévus pour certains animaux (art. 722 al. 1bis CC) et pour les biens culturels
(ibidem). Durant le délai prévu, l’ancien possesseur peut récupérer le bien par l’action
mobilière de l’art. 934 CC et il est exclu qu’un tiers acquéreur, même de bonne foi, puisse
devenir propriétaire. Passé ce délai, l’art. 714 al. 2 CC s’applique et le (premier)
possesseur de bonne foi du bien après l’écoulement du délai devient propriétaire de ce
bien par l’effet de l’art. 714 al. 2 CC.
Occupation (art. 718 CC)
L’occupation est l’acquisition de la propriété d’un bien sans maître, par simple prise de
possession de celui-ci. Elle est plus fréquente pour les biens mobiliers qu’en matière
immobilière.
Conditions :
1. Le terme « chose sans maître » désigne une chose mobilière qui, soit n’a jamais eu de
propriétaire, soit n’en a plus parce que le propriétaire précédant a fait déréliction de la
chose. Or, la loi assimile aux choses sans maître les choses dont la loi permet
l’appropriation. Il s’agit par exemple des baies et champignons (art. 699 CC) ainsi que des
branches avançant sur le fonds voisin (art. 687 CC).
2. Prise de possession avec l’intention de devenir propriétaire
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fois que l’on doit raisonnablement admettre qu’il y a un propriétaire et que celui-ci ne l’a pas
abandonné intentionnellement.
Si le propriétaire n’est pas retrouvé, l’inventeur deviendra propriétaire aux conditions de l’art.
722 al. 1 CC. Si l’inventeur – sachant que le bien a été perdu (mauvaise foi) – néglige de
prendre les mesures prévues par la loi, il ne peut devenir propriétaire du bien. Si l’inventeur
croît de bonne foi que le bien est sans maître, il n’acquiert quand même pas la propriété par
la prise de possession. S’il est de bonne foi, il pourra acquérir la propriété par prescription (art.
728 CC).
Si le propriétaire est retrouvé, l’inventeur doit lui restituer le bien, si les délais de l’art 722 al. 1
à 1ter ne sont pas écoulés. L’obligation de restitution porte sur le bien lui-même ou, s’il a été
vendu, sur le prix de vente (art. 721 al. 2 et 3 CC). L’inventeur de bonne foi (qui a satisfaits les
obligations de l’inventeur) peut demander au propriétaire le remboursement des frais de
recherche et une gratification équitable (art. 722 al. 2 CC) ainsi que les impenses au sens de
l’art. 939 CC.
Si l’inventeur à satisfait aux obligations que la loi lui impose et que le délai fixé par la loi est
écoulé, il devient propriétaire. La bonne/mauvaise foi de l’inventeur n’entre pas en ligne de
compte, car en entreprenant les démarches nécessaires pour trouver le propriétaire ancien,
l’inventeur sait pertinemment qu’il s’agit de la propriété de quelqu’un d’autre.
Trésor (art. 723 CC)
Il s’agit d’un lex specialis à l’art. 718
Conditions :
1. Un trésor, c’est-à-dire des « choses précieuses dont il paraît certain, au moment de leur
découverte, qu’elles sont enfouies ou cachées depuis longtemps et n’ont plus de
propriétaire » (art. 723 al. 1 CC). Il faut qu’il s’agisse d’un bien mobilier, à l’exclusion d’une
partie intégrante du bien-fonds (p. ex. tombe). Il suffit que l’on ne puisse pas déterminer
qui a caché les choses et qui en est le propriétaire actuel.
2. Une découverte, c’est-à-dire une prise de possession lors de – par exemple – des travaux
ou des fouilles.
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Le propriétaire de l’immeuble ou de la chose mobilière dans lequel le trésor a été découvert
acquiert de plein droit la propriété de ce trésor (art. 723 al. 2 phr. 1 CC). L’auteur de la
découverte peut devenir, selon les hypothèses possesseur dérivé (p. ex. entrepreneur sur le
fonds du propriétaire) ou auxiliaire (p. ex. employé du propriétaire) à la possession du
propriétaire du fonds. Il devient possesseur simple s’il vole le trésor. Il ne devient jamais
possesseur d’une chose confiée, même si la chose contenant le trésor lui a été confiée (le
propriétaire ne peut confier ce dont il ne connaissait pas l’existence).
Conditions :
1. Chose mobilière sans maître d’une valeur scientifique considérable
2. Découverte après que l’objet est demeuré caché ou enfouie depuis longtemps dans un
immeuble (exclusion de chose mobilière).
Spécification (art. 726 CC)
La spécification est l’action consistant à faire une chose nouvelle avec une matière
appartenant à autrui. En principe, la spécification n’a pas d’incidence sur la propriété en ce
sens que le propriétaire de la matière est aussi propriétaire de la chose fabriquée avec celle-
ci. Toutefois, l’art. 726 prévoit que la personne qui a travaillé ou transformé la matière devient
propriétaire de la chose nouvelle si l’industrie est plus précieuse que la matière ; pourtant,
lorsque l’ouvrier n’était pas de bonne foi, le juge peut, même dans ce cas, maintenir l’état
antérieur de propriété. Si elle se produit, l’acquisition de la propriété par l’ouvrier influence
également les droits des tiers sur la chose, de même qu’elle appelle une indemnisation du
propriétaire de la matière (art. 726 al. 3 CC).
Conditions :
1. Chose mobilière appartenant à autrui (si chose sans maître, il faut appliquer les règles
sur l’occupation)
2. Un travail entraînant l’apparition d’une chose nouvelle (réparation ou amélioration ne
suffit pas). Il s’agit par exemple de l’or qui est façonné en bijou.
3. L’industrie est plus précieuse que la matière (L’industrie est calculé comme la valeur
de la chose nouvelle, moins valeur de la matière antérieure)
4. La propriété n’est pas attribuée par le juge au propriétaire de la matière (art. 726 al. 2
CC). Vise par exemple le cas du voleur qui vole de l’or et en fait un bijou pour acquérir
la propriété par spécification. Suppose la mauvaise foi de l’ouvrier.
Conditions
1. Des choses mobilières appartenant à divers propriétaires ont été unies ou mélangées
- Adjonction : les choses unies forment désormais une chose unique. La chose ajoutée
devient partie intégrante de la chose considérée (p. ex. garagiste qui fixe sur la voiture
58
de son client une pièce de carrosserie qui lui appartient)
-Mélange : Deux ou plusieurs choses mobilières de nature différente appartenant à des
propriétaires différents sont confondues de manière à former autre chose que les
produits initiaux. Il y a Vermischung im engeren Sinn (p. ex. fluides) ou Vermengung
(p. ex. Birchermüesli)
- Peu importe si l’adjonction ou mélange sont un acte de la nature ou de l’homme, même
de mauvaise foi.
2. Apparition d’une chose qualitativement différente
- Critère moins stricte que chose nouvelle de l’art. 726
3. Impossibilité de séparer les choses unies ou séparées
Conditions :
1. Possession à titre de propriétaire
2. Possession de bonne foi pendant tout le délai
3. Possession paisible et ininterrompue pendant le délai légal. La possession est paisible
lorsqu’elle n’a pas été acquise de façon violente, clandestine ou équivoque et que
personne ne revendique ensuite avec succès la propriété du bien (art. 641 al. 2 CC)
ou n’obtient sa restitution par l’action mobilière (art. 934 CC). L’art. 728 al. 2 CC permet
quelques exceptions quant au caractère ininterrompu de la possession.
59
de l’acquéreur – soient aussi réalisées en ce qui les concerne, celle des droits réels limités
grevant le bien. L’acquisition de la propriété remonte au jour de la prise de possession ; les
droits réels limités que le possesseur de bonne foi aurait constitués dans l’intervalle sont ainsi
validés.
Etc.
3. Perte
a. Perte relative (art. 729, 2e hyp. CC)
b. Perte absolue
Animaux captifs (art. 719 al. 1 CC)
-
Animaux apprivoisés (art. 719 al. 2 CC)
Destruction, consommation
Déréliction (art. 729, 1ère hyp. CC)
4. Restrictions
Restrictions volontaires
Restrictions volontaires du droit d’usage et de jouissance
En raison de la nature des choses mobilières et des animaux, le seul droit réel d’usage et de
jouissance que peut constituer le propriétaire est une servitude personnelle d’usufruit (art. 745
al. 1 et ss CC). Le propriétaire peut en outre accorder à des tiers des droits personnels
d’utilisation, essentiellement en louant la chose.
Restrictions volontaires du droit de disposer
Une chose mobilière ou un animal représentent une valeur de garantie dont le propriétaire
peut disposer en constituant en faveur d’un ou de plusieurs créanciers un droit de gage
mobilier (art. 884 CC).
Le propriétaire peut aussi limiter son droit d’aliéner par des droits personnels en faveur d’un
tiers (droits conditionnels d’acquérir, préemption, emption et de réméré).
Restrictions légales
La plupart des restrictions de la propriété mobilière ressortissent au droit public.
Art. 895 CC
Exemple : voiture confiée au garagiste. Le garagiste peut garder la voiture jusqu’à ce que
le propriétaire de la voiture paie sa facture. La loi va même plus loin : établissement
d’un gage légal
Art. 51 al. 1 LDFR
Art. 6 al. 2 CC
Etc.
60
5. Effets
Les effets (protection, étendue et restrictions) ne sont pas régis de façon spéciale dans le CC.
Il convient donc de se rapporter aux règles générales sur la propriété (art. 641ss CC) ainsi
qu’à celles sur la possession (art. 926 ss CC).
D. Propriété collective
1. Introduction
a. Propriété individuelle / propriété collective
Dans la plupart des cas, le droit de propriété est exercé par une seule personne (propriété
individuelle) ; le CC admet cependant qu’un seul et même bien fasse l’objet d’un droit de
propriété exercé par plusieurs personnes (propriété collective).
b. Trois formes de propriété collective
Conformément au principe du numerus clausus des droits réels, la propriété collective ne peut
prendre que trois formes : la copropriété ordinaire, la copropriété par étages et la propriété
commune.
La distinction entre copropriété et propriété commune ne tient pas à la nature du droit de
propriété, mais à la manière dont la propriété collective est constituée et ensuite exercée.
c. Présomption en faveur de la copropriété
Dans le doute, la copropriété ordinaire, qui ne suppose pas l’existence de liens antérieurs, est
présumée.
61
b. Quote-part (art. 646 CC)
La part du copropriétaire est en général exprimée en fraction (quote-part). Chaque part ne
porte pas sur une partie déterminée de la chose (quote-part « idéale ») ; au contraire, chacun
des copropriétaires a un droit qui porte sur la totalité de ce bien, mais qui est limité par
l’existence du droit des autres copropriétaires.
Les quotes-parts sont présumées égales (art. 646 al. 2 CC). Les parties ou le tribunal peut
cependant établir une autre répartition. Le TF a prévu qu’en cas de copropriété propter rem
sur un chemin des propriétaires actuels des bien-fonds utilisant ce chemin, les quotes-parts
étaient proportionnelles aux valeurs des bien-fonds.
En tant qu’entité non matérielle, la part de copropriété constitue pourtant elle-même un objet
de propriété individuelle. Le copropriétaire a le droit de disposer librement de sa quote-part
(art. 646 al. 3 CC).
La quote-part d’un immeuble est elle-même un immeuble (art. 655 al. 2 ch. 4 CC).
Selon l’art. 682 al.1 CC les copropriétaires ont un droit de préemption légal contre tout
acquéreur d’une part qui n’est pas copropriétaire. Il s’agit d’une restriction légale directe du
droit de chaque copropriétaire d’aliéner sa part. La préemption légale prime évidemment sur
les droits de préemption conventionnels que le copropriétaire aurait constitués sur sa part.
Le copropriétaire qui aliène sa part doit donc informer les autres (art. 681a al. 1 CC). Ceux-ci
ont trois mois pour exercer leur droit (art. 681a al. 2 CC).
Le droit de préemption légale peut être modifié ou supprimé conventionnellement par les
parties aux conditions de l’art. 681b al. 1 CC.
c. Chose (ou animal)
mobilière ou immobilière
pas matériellement divisée (art. 646 al.1 CC)
La communauté n’a pas la personnalité juridique. Elle est réglée de façon sommaire par la loi.
La communauté peut donc prévoir des assemblées annuelles, ou bien aucune réunion du tout
etc. La communauté des copropriétaires ordinaires n’a pas la capacité d’exercer des droits en
son nom ; elle ne peut pas actionner ni être actionnée en justice.
62
Les copropriétaires peuvent établir un règlement d’utilisation et d’administration. Celui-ci faut
être accepté à l’unanimité, mais des modifications ultérieures sont possibles à la majorité, si
cela est prévu par le règlement (art. 647 al. 1 CC) Cf. cependant les exceptions du reste de
l’art. 647 CC et les suivants.
Le règlement des copropriétaires est opposable à tout tiers qui acquiert une quote-part (art.
649a al. 1 CC)
63
La propriété commune prend naissance, de par la loi, dès qu’une communauté préexistante à
un patrimoine.
b. Objet
Immeuble, meuble ou animal
c. Lien préexistant (art. 652 CC)
Numerus clausus
- Communauté des biens entre époux (art. 221 ss CC) ou communauté héréditaire (art.
602 ss CC)
- La société simple (art. 530 ss CO)
- SNC (art. 552 ss CO)
- Etc.
64
b. Quote-part et droit exclusif
Quote-part
- bien abstrait, mais on y rattache un droit exclusif d’utiliser une partie déterminée de
l’ensemble
- dénominateur commun (art. 712e CC)
- est un immeuble (art. 655 al. 2 ch. 4 CC)
Le copropriétaire par étage à un droit de disposition sur sa quote-part (art. 646 al. 3 CC). Cela
inclut le droit de constituer des droits réels limités sur la part. Cf. notamment art. 800
concernant les droits de gage.
En matière de propriété par étages, il n’y a pas de droit de préemption légal (art. 712c al. 1
CC). Les propriétaires peuvent cependant introduire une clause de préemption dans leur acte
constitutif. Si le prix de préemption est fixé à l’avance, la forme authentique est requise,
autrement, la forme écrite suffit (art. 216 al. 2 et 3 CO, art. 78 al. 1 et 3 ORF). Une telle clause
peut être annotée au RF, ce qui le rend opposable à des tiers. La limite de 25 ans ne s’applique
pas.
La communauté des copropriétaires peut prévoir, dans l’acte constitutif, le droit de s’opposer
à un acquéreur d’une quote-part qui leur paraît indésirable. Le droit d’opposition peut être
prévu dans l’acte constitutif ou par convention ultérieure (art. 712c al. 2 CC) ; dans ce dernier
cas, la forme écrite est suffisante (art. 78 al. 1 a contrario et al. 3 ORF). Cette clause peut être
annoté au RF, ce qui la rend opposable aux tiers. L’exercice de ce droit est soumis à trois
conditions :
1. Il faut une décision des autres propriétaires, prise à la majorité
2. L’opposition doit être formé dans les 14 jours à compter de la communication de
l’aliénation
3. Il faut des justes motifs
Droit exclusif
Un droit exclusif est rattaché à la quote-part (art. 712a al. 1 et 2 CC).
Les parties du bâtiment en jouissance exclusive doivent être nettement délimitées dans
l’espace. Le CC prévoit les critères suivants (art. 712b al. 1 CC) :
La partie doit être constitué en appartement ou en locaux commerciaux ou professionnel (à
l’exclusion, par exemple d’une simple place de parc, uniquement marquée sur le sol d’un grand
garage)
La partie doit former un tout disposant d’un accès propre (à l’exclusion d’une chambre qui ne
65
peut être accédé qu’en traversant l’appartement d’autrui)
Il peut y avoir cependant des locaux annexes, comme une cave, qui doivent être accessibles
par les parties communes.
Le droit exclusif du propriétaire d’étage n’est ni un droit de propriété qui porterait sur une partie
de l’immeuble, ni même une servitude d’usage et de jouissance qui se grefferait, comme un
droit propter rem, sur la part de copropriété. Ce droit exclusif n’est qu’un attribut attaché à la
part de copropriété.
c. Parties communes (art. 712b al. 2 et 3 CC)
Des règles impératives tracent la ligne de démarcation entre le domaine exclusif de chaque
propriétaire d’étage et le domaine commun à tous les copropriétaires. Ainsi, le propriétaire
d’étage ne peut acquérir de droit exclusif ni sur le bien-fonds, ni sur les parties importantes
pour l’existence, la disposition ou la solidité du bâtiment (p. ex. toit et murs), ni sur celles qui
déterminent la forme extérieure et l’aspect du bâtiment (p. ex. façades, côté extérieur d’un
balcon), ni sur les ouvrages qui servent aussi aux autres copropriétaires pour l’usage de leurs
locaux (p. ex. chauffage, ascenseur etc.).
Toutes les parties du bâtiment qui ne tombent pas sous le coup de l’art. 712b al. 2 CC sont
présumées de faire partie d’un droit exclusif, sauf convention contraire (art. 712b al. 3 CC)
En revanche, on peut céder un droit d’usage (d’une place de parc) par exemple au propriétaire
d’un appartement (art. 712g al. 4 CC).
Chaque copropriétaire par étage a le droit de faire seul les actes d’administration courante
(art. 712g al. 1 CC). Cependant, en matière de PPE, ce droit est souvent attribué à
l’administrateur, à l’exclusion des copropriétaires. Le droit de procéder à des actes
indispensables au maintien de l’immeuble (également art. 712g al. 1 CC) est du droit impératif.
Le même article dispose aussi que les actes urgents peuvent être prévus par tout
copropriétaire. Ce droit est subsidiaire au droit de l’administrateur.
66
doter d’un règlement de maison (art. 712s al. 3 CC).
Év. : administrateur (art. 712q – 712t CC) : Est nommé par l’assemblée. Si ces
attributions sont plus étendues que l’administration courante, la nomination exige la
double majorité des têtes et des voix parts (art. 647b CC). Mais l’acte constitutif ou une
décision unanime ultérieure peuvent prévoir la simple majorité.
L’administrateur peut être révoqué par l’assemblé à tout temps (art. 712r al. 3 CC).
L’administrateur représente la communauté dans ses rapports externes, dans les
limites de l’art. 712s CC.
Év. : comité (ou délégué) (art. 712m al. 1 ch. 3) : Peuvent être prévus par l’assemblée.
Quel que soit le mode de constitution, l’acte constitutif doit contenir, outre la volonté de créer
une propriété par étages, deux éléments essentiels (art. 712e al. 1 CC) :
- la délimitation des étages ou parties d’étages
- l’indication de la valeur de l’étage par rapport à la valeur du bien fonds (quotes-parts
ayant un dénominateur commun).
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L’opération d’acquisition
La propriété par étages n’est valablement constituée que lorsqu’elle est inscrite au feuillet du
bien-fonds ou du droit de superficie distinct et permanent sur lequel elle est constituée.
L’immatriculation de chaque part d’étage comme immeuble est ensuite obligatoire (art. 23 al.
1 lit .b et al. 4 ORF)
68
DROITS RÉELS LIMITÉS
69
A. Introduction
1. Notion de droit réel limité
Les droits réels limités (ou restreints) ont toutes les caractéristiques des droits réels (cf. titre
de la deuxième partie du Livre quatrième CC). Ils procurent à leur titulaire la maîtrise directe
d’une chose et ont le caractère de droits patrimoniaux absolus. Ce qui est limité n’est donc
pas l’effet réel produit par le droit, mais le contenu de la maîtrise qu’il confère sur la chose.
Alors que la propriété procure (en principe) la maîtrise totale d’une chose (user, jouir, disposer),
le droit réel limité ne comprend que certaines facultés de maîtrise. Ainsi, l’usufruit confère à
son titulaire le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les fruits, mais non le pouvoir d’aliéner.
L’usufruit n’en reste pas moins un droit absolu, que son titulaire peut invoquer contre
quiconque entend troubler la maîtrise partielle qu’il exerce sur le bien. Un droit réel limité
confère donc une maîtrise partielle.
Deux caractéristiques des droits réels, y inclus les droits réels limités :
- Unmittelbare direkte Herrschaftsmacht über eine Sache
- Erga omnes Wirkung
Les droits réels limités sont protégés par la garantie de la propriété de l’art. 26 Cst.
Nature
Pour le propriétaire du bien grevé, le droit réel limité représente une limitation du pouvoir
d’exercer les facultés dérivant de la propriété. Par exemple, un propriétaire peut en principe
interdire à tout tiers d’accéder à son bien-fonds. Tel n’est plus le cas si le propriétaire a accordé
à un tiers une servitude de passage.
70
2. Types de droits réels limités
Quant aux animaux, le CC prévoit notamment à l’art. 885 CC l’hypothèque sur le bétail, tel qui
définit à l’art. 198 CO.
71
En général, l’objet d’un droit réel appartient à un tiers (iura in re aliena). Il y cependant des
exceptions (cf. en-dessous : Les droits réels limités sur son propre bien)
Les forces naturelles ne peuvent en principe pas être objets de droits réels limités.
Objets des charges foncières
Uniquement des biens-fonds.
Objets des servitudes
Le droit des successions prévoit notamment une servitude sur le patrimoine du défunt (443
CC
Objets des droits de gage
Les droits de gage sur les créances sont réglés de manière spécifique à l’art. 899ff CC.
Subsidiairement, on applique les règles générales sur le nantissement.
72
Consolidation partielle
Le titulaire d’un droit réel limité, qui devient propriétaire de la chose grevé, retient dans certains
cas son droit réel limité. Il en va ainsi si le bien est grevé de plusieurs droits réels limités, qui
chargent le droit de propriété. Si le propriétaire est ainsi, en plus du droit de propriété, aussi
titulaire d’un droit réel limité (de rang préférable), il a un intérêt à maintenir ce droit réel limité.
Dans le cas contraire, les autres droits réels limités limitaient sa maîtrise sur le bien.
Par exemple, si un bien a été grevé en premier lieu d’un usufruit, puis d’un droit de gage,
l’usufruitier qui a acquis la propriété de ce bien conserve son usufruit. Ce droit lui est en effet
utile, car si le bien venait à être réalisé par l’effet du droit de gage, il serait adjugé grevé de
l’usufruit ; l’ancien propriétaire conservait alors en tant qu’usufruitier l’usage et la jouissance
du bien.
Servitudes sur son propre fonds (733 et 735 CC)
Il y a deux cas de figure : premièrement, la personne qui est propriétaire de deux fonds a le
droit de grever l’un des servitudes en faveur de l’autre (art. 733 CC). Deuxièmement, un
propriétaire qui est au bénéfice d’une servitude sur un fonds voisin acquiert ce fonds (art. 735
CC).
1. Art. 733 CC
La personne qui est propriétaire de deux fonds a le droit de grever l’un de servitudes en faveur
de l’autre. Il doit pour cela adresser au RF une réquisition d’inscription de la servitude ; cette
réquisition doit être revêtue de la forme authentique (art. 732 al. 1 CC).
Exemple : A teneur de l’art. 712d al. 2 ch. 2 CC, un propriétaire unique peut unilatéralement
créer une propriété par étages. Il possède ainsi toutes les quotes-parts. Il peut créer
des servitudes des quotes-parts contre le fonds de base (p. ex. droits de passage ou
droit d’utiliser la place de jeu). De cette manière, on peut régler le concept des droits
de la copropriété avant de vendre les quotes-parts.
73
2. Art. 735 CC
Les droits réels limités ne s’éteignent pas lorsque le propriétaire d’un fonds dominant acquiert
le fonds servant. Ce propriétaire peut naturellement faire radier la servitude au RF (art. 735 al.
1 CC) ; mais, aussi longtemps que cette radiation n’a pas eu lieu, la servitude subsiste (art.
735 al. 2 CC).
Même si les art. 733 et 735 CC ne concernent que les servitudes foncières, les principes qu’ils
énoncent valent pour toutes les servitudes.
Effets
L’utiltié des servitudes sur son propre fonds se montre en deux cas de figure :
1. Si le propriétaire vend le fonds servant, il peut toujours exercer la servitude.
2. Si la servitude est de rang préférable (constitué antérieuremen), elle peut limiter la
portée des autres droits réels limités. On peut par exemple accorder un tiers un usufruit
sur son fonds, tout en se gardant un droit de passage par une servitude sur son propre
fonds, constitué antérieurement
Une servitude sur son propre fonds à aussi des désavantages, notamment si le fonds dominant
est grevé d’un droit de gage (p. ex. hypothèque légale). Dans ce cas, si le fonds dominant est
réalisé, il est mise en vente avec la servitude en faveur du fonds servant.
74
Mais on peut dissocier le débiteur et le propriétaire du bien grevé (p. ex. membre de famille
qui garantit la créance en grevant son immeuble.
Le dernier cas de figure réunit les droites qualités dans les mains d’une seule personne. Le
propriétaire peut constituer une cédule hypothécaire à son propre nom, c’est-à-dire en se
désignant lui-même comme créancier (cédule hypothécaire de registre [art. 857 al. 2 CC]). Le
propriétaire peut aussi faire établir une cédule hypothécaire sur papier au porteur (art. 860 al.
2 CC) et la garder par-devers lui.
Ce dernier cas est une exception au principe de la confusion qui veut qu’une obligation
s’éteigne lorsque les qualités de créancier et de débiteur se confondent dans la même
personne (art. 118 CO).
Effets
Puisqu’un créancier qui est aussi propriétaire du bien mise en gage n’a pas d’intérêt de faire
réaliser le bien, le droit de gage est dit latent.
Cela est utile si les qualités seront dissociées. Dans ce cas, le droit de gage produira ses effets
habituels, sans qu’il soit nécessaire de conclure à ce moment un contrat constitutif de droit de
gage immobilier. En pratique, cela est notamment très utile pour les cédules hypothécaires (cf.
infra : cédules hypothécaires).
75
4. Principes fondamentaux
Numerus clausus : Rapport avec le principe de la publicité. Il faut avoir un nombre limité des
droits réels, afin que les tiers puissent reconnaître de quel type il s’agit. La tentative de
constitution d’un droit réel limité qui n’existe pas est frappée de nullité (art. 20 CO)
Causalité : il faut une cause valable pour constituer valablement un droit réel limité. Par
exemple un contrat.
Spécialité : Un droit réel limité ne peut porter que sur une chose déterminée (p. ex. 797 al.
1 CC). (pas de gage générale)
Priorité dans le temps : Il est possible de grever un seul objet de plusieurs droits réels
limités.
Il y a incompatibilité :
- Entre deux servitudes qui ne peuvent pas exercées ensemble (p. ex. servitude de non-
bâtir et droit de superficie)
76
- Entre deux droits de gage (ou charges foncières), si le produit de la réalisation ne suffit
pas pour régler les deux créances garanties
- Entre une servitude et un droit de gage (ou une charge foncière), si l’existence de la
servitude diminue la valeur de l’objet grevé à ce point qu’elle ne suffit pas pour couvrir
la créance garantie
Le principe s’explique par l’idée qu’un droit (antérieur) ne peut être supprimé ou limité sans le
consentement de son titulaire. De plus, un propriétaire ne peut conférer le même droit réel
limité plusieurs fois (nemo plus juris ad alium transferre potest quam ipse habet).
La règle de la priorité dans le temps s’applique aussi aux droits réels limités acquis sans la
volonté du propriétaire, par exemple par occupation.
Servitudes / charges foncières et gages immobiliers (« double mise à prix », art. 812 al.
2 et 3 CC)
Avant la réalisation
Le principe s’applique. Aussi longtemps qu’un créancier gagiste ne demande pas la réalisation
de la chose grevée, la coexistence de ces deux types de droits réels limités ne soulève des
difficultés que si l’exercice de la servitude réduit sensiblement la valeur de la chose. Si la
servitude a été constituée la première, le créancier doit accepter cette réduction de valeur. En
revanche, si le droit de gage est antérieur, le créancier peut empêcher l’exercice de la servitude
dans la mesure où celui-ci porte atteinte à la valeur de la chose.
En cas de réalisation
Si la servitude est de rang préférable (constitué antérieurement), le créancier gagiste doit la
respecter. Le bien est ainsi vendu grevé de la servitude, même si le produit de la réalisation
ne suffit pas pour couvrir la créance garantie.
Si le droit de gage est de rang préférable, il devra l’emporter, mais seulement dans la mesure
où il peut être établi que la servitude a effectivement porté atteinte à la valeur du bien. Pour
s’en assurer, il faut procéder, lors de la réalisation, à une double mise à prix du bien : une
première fois, grevé de la servitude ; une seconde fois, sans la servitude. Ce n’est que si la
première offre n’atteint pas le montant de la dette et qu’une offre supérieure est faite lors de la
seconde mise à prix que la servitude est radiée (art. 812 al. 2 in fine CC). Si aucune offre
supérieure est faire, la servitude subsiste (car le gagiste n’est pas lésé).
Si le montant de la réalisation est supérieur à ce qui est nécessaire pour désintéresser les
créanciers gagistes de rang antérieur, le titulaire d’une servitude radiée peut exiger que
l’excédent soit utilisé pour lui payer la valeur de la servitude radiée. Son droit a préférence sur
ceux des gagistes postérieurs (art. 812 al. 3 CC).
77
Ces principes valent aussi pour les conflits avec les charges fonciers ou des droits personnels
annotés.
Gages mobiliers entre eux (art. 893 al. 2 CC)
Le principe s’applique sans réserve (rappelé à l’art. 893 al. 2 CC)
Gage et usufruit mobiliers
Les règles quant aux immeubles devraient s’appliquer aux meubles par analogie
Exceptions au principe
Gages immobiliers entre eux – Système de cases fixes (art. 813 CC)
Selon les art. 813ss CC, le rang des droits de gage immobiliers n’est en effet pas lié à la date
de leur constitution, mais à la « case hypothécaire » que leur assigne leur inscription. Il est
possible de constituer des droits de gage de deuxième rang (ou 3e, 4e etc.) même s’il n’existe
pas encore de droit de gage en rang antérieur.
Il suffit pour cela d’indiquer au RF le montant par lequel ces droits de gage sont primés (art.
813 al. 2 CC). Les cases préférentielles laissés libres peuvent être occupés ultérieurement (en
dérogation du principe de priorité dans le temps). La radiation d’un droit de gage sur un
immeuble ne fait pas avancer les autres, on parle alors d’un système de cases fixes (art. 814
al. 1 CC). Le propriétaire peut donc librement constituer un droit de gage postérieur dans la
case libérée, qui l’emportera sur les droits de gage antérieurs, mais d’un rang inférieur.
Moyennant inscription au RF, on peut prévoir que les gagistes de rang inférieur profitent des
cases libres (art. 814 al. 3 CC). Un tel contrat doit revêtir de la forme authentique (art. 78 al. 1
lit. g ORF)
Les cases libres sont ignorées lors de la réalisation forcée (art. 815 CC).
Privilèges de rang de certains gages légaux (p. ex. art. 808 al. 3 et 810 al. 2 CC)
La loi accorde parfois un rang privilégié à certains droits de gage légaux directs, aux servitudes
constituées en exécution d’une restriction légale indirecte de la propriété foncière (p. ex. art.
674 al. 3, 691, 694 et 710 CC), aux charges foncières de droit public (art. 784 CC) ainsi qu’aux
servitudes constituées par voie d’expropriation ou à la suite d’amélioration foncières.
Conventions de postposition
Le principe de priorité dans le temps est du droit dispositif. Les titulaires d’un droit réel limité
antérieur peuvent donc renoncer à leur rang préférable par une convention de postposition.
Ces conventions ne sont soumises à aucune forme. Cependant, leur inscription au RF
suppose le consentement de toutes les parties intéressées (art. 122 al. 1 ORF)
B. Servitudes
1. Notion
La servitude est le droit réel limité qui procure à son titulaire l’usage et/ou la jouissance d’un
bien (animal ou chose). La servitude restreigne la maîtrise du propriétaire sur son bien.
Une servitude impose une attitude passive (servitus in faciendo consistere nequit). On
distingue les servitudes affirmatives et les servitudes négatives :
Servitudes affirmatives : le propriétaire est tenu de tolérer certains actes d’usage et de
jouissance. Les suppressions ou modifications des restrictions légales de la propriété
sous la forme de servitude sont des servitudes affirmatives, car ils obligent le
propriétaire de tolérer par exemple que le voisin plante des arbres plus proche que
prévu par le droit cantonal.
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Servitudes négatives : s’abstenir de certains actes d’usage et de jouissance. Par
exemple servitude de non-bâtir.
Contenu
Principe : liberté contractuelle
Les parties qui constituent une servitude sont en principe libres d’en déterminer le contenu
(art. 19 al. 1 CO). Les parties peuvent donc librement décider les facultés d’usage qui seront
attribuées au titulaire de la servitude ou celles dont le propriétaire du bien doit s’abstenir. À
teneur de l’art. 20 al. 1 CO, une servitude doit cependant être licite, possible, conforme aux
mœurs.
Intérêt raisonnable
Le titulaire de la servitude doit avoir un intérêt raisonnable à la servitude. Il s’agit d’un critère
subjectif. C’est-à-dire que l’intérêt doit exister aux yeux de l’ayant droit. Afin d’être raisonnable,
l’intérêt doit avoir une certaine durabilité. On ne saurait donc inscrire une servitude pour
permettre la tolérance d’une fête unique. Il faut aussi que l’intérêt dépasse ce qui est déjà
contenu dans la loi. On n’a donc pas intérêt à inscrire une servitude qui dit simplement qu’on
profite des droits du voisinage. En revanche, on peut inscrire une précision de ces droits.
Restriction de la propriété
La servitude doit être lié à la propriété de la chose grevé. On ne saurait donc inscrire, par
exemple, une servitude (foncière) qui oblige le propriétaire d’un fonds de s’abstenir de faire
des vacances en Espagne. Une « servitude de bière » qui oblige un aubergiste de servir une
certaine marque de bière n’est pas admissible non plus. En revanche, une servitude foncière
qui interdit d’exploiter un autre type d’entreprise qu’une charpenterie est admissible, parce
qu’un changement d’affectation aurait une influence sur les aspects extérieurs du bien-fonds.
Absence de prestation positive
C’est la différence entre la servitude et les charges foncières.
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quant au contenu, c’est-à-dire que l’obligation doit faciliter/assurer l’exercice de la servitude.
Accessoire quant à l’étendue veut dire que l’obligation ne doit pas peser plus lourde sur le
propriétaire que la servitude.
Les obligations accessoires doivent être inscrites expressément au RF afin d’être opposables
à un acquéreur (art. 730 al. 2 phr. 2 CC). Il y a cependant une exception en matière de
répartition des charges : dans ce cas, il suffit que l’obligation soit mentionnée dans les pièces
justificatives du RF, c’est-à-dire le contrat constitutif (art. 741 al. 2 phr. 2 CC).
2. Types de servitudes
Servitude mobilière
Uniquement usufruit mobilier.
Servitudes immobilières
Le CC distingue deux grandes catégories de servitudes immobilières : les servitudes foncières
(art. 730 à 743 CC) et les « autres servitudes » (art. 745 à 781a CC).
Servitudes foncières
Les servitudes foncières correspondent aux servitudes prédiales du droit romain. Ils
assujetissent un fonds (le fonds servant) à un autre fonds (le fonds dominant), cf. le texte de
l’art. 730 al. 1 CC. Puisque seulement des personnes peuvent avoir des droits et des
obligations, il faut comprendre que la servitude appartient au propriétaire actuel d’un certain
fonds et qu’elle est (principalement) dirigé contre le propriétaire actuel d’un autre fonds. Une
servitude foncière ne peut pas être inscrit au RF comme droit distinct et permanent (cf. art.
655 al. 3 ch. 1 CC). On ne peut pas non plus grever une servitude foncière d’un autre droit
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réel limité. La servitude foncière ne peut conférer à son titulaire qu’une utilisation partielle du
fonds grevé (cf. le texte de l’art. 730 al. 1 CC : « certains »). En cela, la servitude foncière se
distingue de l’usufruit, qui procure à son titulaire une usage et jouissance complète. Pour cette
raison, qu’une servitude foncière peut être conféré sans limite de temps.
Servitudes personnnelles
Les servitudes personnelles existent au profit d’une personne individuellement déterminée. Il
y a un bien « servant », mais il n’y a pas de bien dominant. Le droit appartient à une personne
en tant que telle, et non parce que celle-ci est le propriétaire actuel d’un autre fonds.
Les servitudes personnelles proprement dites sont indissolublement liées à une personne
déterminée ; elles ne passent pas aux héritiers du titulaire et ne sont pas cessibles. Ce sont,
de par la loi, l’usufruit et le droit d’habitation. On ne peut ainsi pas les constituer comme
servitudes foncières.
Les servitudes personnelles irrégulières ne sont pas indissolublement liées à la personne de
leur titulaire ; il est donc possible qu’elles passent aux héritiers du titulaire ou qu’elles soient
cédées par celui-ci.
Le droit de superficie et le droit de source sont en principe cessibles et transmissibles (sans
convention contraire). On peut même prévoir de les constituer comme servitudes foncières.
Les autres servitudes irrégulières ne sont en principe ni cessibles, ni transmissibles, sauf
convention contraire.
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3. Acquisition
a. Acquisition dérivée
1. Titre d’acquisition
Le titre d’acquisition doit revêtir de la forme authentique. Ceci découle, par exemple, de l’art.
732 CC (servitude foncière), de l’art. 746 al. 2 cum art 657 CC (usufruit) et de l’art. 779a CC
(droit de superficie). En revanche, le titre d’acquisition de l’usufruit mobilier n’est soumis à
aucune forme (art. 11 al. 1 CO).
Il s’agit soit d’un contrat, soit d’une disposition pour cause de mort portant legs de la servitude.
Le titre confère au bénéficiaire une créance tendant à la constitution de la servitude. Le contrat
de servitude peut naître du libre gré des parties, ou pour régler l’exécution d’une « servitude
légale » (p. ex. droit au passage nécessaire, art. 694 CC). Le contrat doit couvrir tous les points
essentiels, notamment le fait qu’il s’agit d’un droit de caractère réel. S’il s’agit d’une servitude
légale, l’acte doit le préciser.
L’accord des titulaires des autres droits réels est pas nécessaire, car leur droit est préférable
à raison de temps. Si en revanche le titulaire de la nouvelle servitude veut s’assurer que son
droit ne sera pas radié loirs d’une réalisation forcée, il doit demander le consentement du
créancier gagiste antérieur (art. 812 al. 2 CC).
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seule pièce justificative à fournir au conservateur est d’ailleurs précisément une réquisition,
qui doit contenir les mêmes éléments qu’un contrat constitutif. La réquisition doit être dressée
en la forme authentique.
2. Opération d’acquisition
L’opération d’acquisition se décompose elle-même en un acte de disposition et une inscription
au RF.
Acte de disposition
En principe, l’acte de disposition du constituant réside dans la réquisition d’inscription au RF
(art. 963 al. 1 CC). Cela suppose par définition le pouvoir de disposer du constituant (cf. infra
exception si acquéreur de bonne foi) ; usufruit mobilier: « contrat réel »)
Prescription ordinaire – secundum tabulas (art. 731 al. 2 et 3 et art. 661 CC [et art. 919
CC])
Conditions :
1. L’immeuble grevé doit être immatriculé au RF. Il peut s’agir d’un immeuble public
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2. La servitude doit être inscrite indûment au RF. Alors on principe, le propriétaire aurait
pu en exiger l’élimination (action négatoire [art. 641 al. 2 CC] doublée avec une action
en rectification du registre (art. 975 CC).
3. Le titulaire de la servitude (propriétaire actuel du fonds dominant), doit avoir possède
la servitude nec vis, nec clam, nec precario pendant 10 ans. La possession d’une
servitude est son exercice (art. 919 al. 2 CC). Une servitude affirmative (p. ex. droit de
passage) doit donc être exercée activement. Une servitude négative (p. ex. droit de
non-bâtir) doit uniquement être exercé si le propriétaire du fonds grevé essaie de bâtir
quelque chose, autrement, aucun acte actif est requise pour la possession.
4. Bonne foi pendant toute la période
Effet : Lorsque les conditions sont remplies, le titulaire acquiert la servitude de plein droit.
L’inscription est validée avec effet rétroactif.
Prescription extraordinaire – extra tabulas (art. 731 al. 2 et 3 et art. 662 CC [et art. 919
CC])
Conditions :
1. Soit immeuble pas immatriculé, soit propriétaire inidentifiable, absent ou mort depuis
30 ans
2. Possession paisible et sans interruption pour 30 ans
3. Bonne foi n’est pas exigée
Effets : Lorsque les conditions sont remplies, la servitude est acquise de plein droit.
Cependant, l’inscription au RF suppose un jugement au sens de l’art. 662 al. 3 CC.
Etc.
P. ex, expropriation partielle ou sur base du droit public
Aussi par jugement, lorsque le propriétaire du fonds qui devrait être grevé refuse de requérir
l’inscription ou en cas de servitude légale (si les parties n’ont pas trouvé un accord).
4. Régime juridique
Règles spécifiques à la servitude en cause
- Sur certains types de servitudes, que très peu de règles spécifiques, mais :
- Renvois (ex. : art. 781 al. 3 ; 776 al. 3 ; art. 746 al. 2 ; art. 731 al. 2 CC)
Règles sur les servitudes foncières (ex. : art. 733, 735, 736, 737 et 738 CC), s’appliquent
mutatis mutandis aux autres servitudes.
La libération judiciaire des servitudes (art. 736 CC)
L’art. 736 CC donne au propriétaire de la chose grevé la faculté de requérir du juge la
suppression (totale ou partielle) d’une servitude qui a perdu toute utilité (al. 1) ou une utilité
hors de proportion avec les charges imposées au fonds servant (al. 2). Il s’agit de la
conséquence normale de la condition qu’une servitude doit représenter un intérêt raisonnable
pour son titulaire. L’action en libération judiciaire n’est soumise à aucun délai.
Perte de toute utilité (al. 1)
L’intérêt à prendre en compte est celui du titulaire de la servitude. Ce titulaire doit n’avoir plus
d’intérêt raisonnable au maintien de la servitude ; cet intérêt s’apprécie selon des critères
objectifs. Par exemple une servitude de passage, lorsqu’il y a désormais un chemin public qui
répond mieux au besoin. La perte d’utilité doit être définitive et pas seulement passagère.
L’utilité est appréciée d’après le but avec lequel elle a été créé originairement (p. ex. servitude
de passage ne peut être maintenu pour servir de servitude de non-bâtir bricolée). Le
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propriétaire peut demander au juge que la servitude soit radiée sans indemnité en cas de perte
de toute utilité (al. 1).
Utilité réduite (al. 2)
Les faits qui aggravent la situation doivent être postérieurs à la constitution de la servitude. La
disproportion peut être dû à une utilité réduite pour le titulaire de la servitude ou un
accroissement de la charge pour le propriétaire de la chose grevé. Il ne suffit pas qu’une
certaine réaffectation de la chose (du fonds) n’est plus possible. Or, l’accroissement de la
charge ne peut être imputable au propriétaire. Si les conditions sont remplies, la radiation se
fait en principe contre indemnité (cf. texte allemand). Il s’agit donc d’une forme d’expropriation
privée.
Dans les deux cas, la servitude s’éteint de par la loi (intérêt raisonnable plus donné). Le
jugement n’a donc qu’un effet déclaratif.
5. Effets
Les effets sont régis par les art. 737 à 741 CC.
La situation respective de l’ayant droit et du grevé
Titulaire / bénéficiaire
Le titulaire/ bénéficiaire peut exercer la servitude pendant la durée de son existence. Il doit le
faire de la manière la moins dommageable (art. 737 al. 2 CC ; servitus civiliter exercenda est)
Les frais et charges ainsi que l’entretien des installations sur le fonds servant qui sont
nécessaires pour l’exercice de la servitude sont à la charge de l’ayant droit. C’est un devoir de
faire, rattaché propter rem à la servitude, c’est-à-dire une obligation accessoire au sens de
l’art. 730 al. 2 CC. Si une installation profite aussi le propriétaire du fonds grevé, la charge
d’entretien incombe aux deux parties, en proportion de leur intérêt (art. 741 al. 2 CC ; cpr. 698
CC). Les règles de l’art. 741 CC ne sont pas du droit impératif (cf. supra obligations
accessoires).
Titulaire et bénéficiaire ne doivent pas être les mêmes. Il se peut par exemple que la commune
ait une servitude de passage sur un fonds privé, dont bénéficient tous les passants dans la
commune. Le titulaire est donc la commune, mais les bénéficiaires sont les habitants. En
principe, le titulaire ne peut cependant pas céder l’exercice d’une servitude.
Grevé
Le propriétaire du bien grevé, comme un tiers quelconque, est simplement tenu de respecter
le droit réel du titulaire.
Contenu
Le contenu d’une servitude est défini par l’inscription au RF et les pièces justificatives (art. 738
CC, lex specialis à l’art. 971 al. 2 CC). C’est l’inscription du fonds servant qui est déterminant
en matière de servitude foncière.
Les manières d’interpréter l’étendue de la servitude, les art. 738 al. 2 et 740 CC posent les
principes.
Art. 738 al. 2 CC : Mentionne notamment l’origine (Erwerbsgrund), c’est qui fait allusion à
l’interprétation du contrat constitutif. Or, l’exercice antérieure peut être prise en compte,
pour autant qu’elle était paisible et de bonne foi.
Art. 740 CC : Renvoie au droit cantonal est à l’usage des lieux. L’art. 740 CC se limite aux
servitudes spécifiques qu’il énumère.
85
- Art. 740 permet au droit cantonal de définir les servitudes foncières
L’art. 739 CC prévoit que : « Les besoins nouveaux du fonds dominant n’entraînent aucune
aggravation de la servitude ». Par aggravation, il faut entendre une augmentation notable de
la charge résultant de la servitude. Il n’y a par exemple pas aggravation notable d’une servitude
de passage si le titulaire à désormais une famille, qui l’utilise aussi.
Il y a aggravation notable si la servitude est utilisée dans un autre but que celui que les parties
avaient prévu lors de la constitution (principe de l’identité de la servitude) ou bien d’une
augmentation de la charge (du même type que lors de la contestation) qui sort du cadre de ce
qui a été prévu (servitude de passage pour un fonds sur lequel se trouvait une maison
individuelle lors de la constitution, mais désormais un grand hôtel. Le propriétaire du bien grevé
peut s’opposer à une aggravation moyennant une action négatoire.
L’art. 739 CC est du droit dispositif.
Entretien
Entretien : art. 741 CC
Pour le reste, cf. supra
Modifications
L’art. 742 CC est une conséquence du principe servitus civiliter exercenda. La disposition
permet de changer l’assiette d’une servitude (c’est-à-dire de la déplacer).
Conditions :
- La servitude ne s’exerce que sur une partie du fonds
- Il y a un intérêt sérieux au déplacement. Cet intérêt doit être un besoin nouveau,
imprévisible au moment de la constitution de la servitude
- Le déplacement ne rend l’exercice de la servitude pas plus difficile
- Le propriétaire du bien grevé doit se charger des frais
Si les conditions sont remplies, le propriétaire peut exiger le changement de l’assiette. Faute
d’entente avec le titulaire, il doit saisir le juge.
Cf. aussi l’art. 743 CC en matière de partage des fonds. Notamment procédure d’épuration
lors de division des fonds.
Protection
Le titulaire d’une servitude bénéficie de la protection de la possession (art. 926 à 929 CC) et
de la protection de son droit comme tel (art. 737 al. 1 CC). Dans les deux cas, le titulaire peut
aussi intenter une action en dommages-intérêts (art. 41 CO).
Action en revendication de la servitude (art. 737 al. 1 CC)
Le titulaire de la servitude agira en revendication lorsqu’il est totalement empêché d’exercer
son droit, par exemple si le propriétaire grevé refuse les travaux nécessaires à la pose d’une
conduite. Si la servitude est inscrite au RF, l’ayant droit pourra invoquer la présomption
attachée à cette inscription et il agira par l’« action tirée de l’inscription » (art. 937 al. 1 CC).
Action « confessoire » (art. 737 al. 1 CC)
C’est une action analogue à l’action négatoire du propriétaire. Cette action peut d’abord être
dirigée contre celui qui prétend à un droit incompatible avec la servitude (si ce droit est déjà
inscrit au RF, l’action se doublera d’une action en rectification du registre, art. 975 CC). L’action
confessoire peut ensuite être ouverte contre quiconque trouble l’exercice de la servitude, y
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compris le propriétaire du bien grevé.
Si le trouble vient de l’exercice du droit de propriété sur un fonds voisin, il fallait intenter l’action
à raison du trouble, fondée sur l’art. 679 CC (cf. supra, il s’agit d’une lex specialis).
Cf. également les règles spéciales en matière des empiètements et les sources.
Droit de défense, actions possessoires (art. 926 – 929 CC)
Si la servitude est affirmative, elle confère à son titulaire une certaine maîtrise effective (art.
919 al. 1 CC) du fonds servant. Dès lors, le titulaire jouit, comme tout possesseur, des moyens
de protection de la possession prévus aux art. 926 à 929 CC : le droit de défense, le
réintégrande (p. ex. en cas de travaux empêchant l’exercice d’une servitude de passage) et
l’action en raison du trouble (le plus fréquent en pratique).
Si la servitude est négative, l’exercice de la servitude est assimilé à la possession (art. 919 al.
2 CC). Les actions possessoires sont donc ouvertes dans ce cas aussi.
C. Charges foncières
1. Notion
La charge foncière procure à son titulaire la faculté d’exiger du propriétaire actuel d’un
immeuble certaines prestations, dont ce dernier ne répond que sur cet immeuble.
Le CC fixe certaines limites quant au contenu des charges foncières. Ainsi les prestations
doivent être en corrélation avec l’économie du fonds grevé ou se rattachant aux besoins du
fonds dominant (art. 782 al. 3 CC). En principe la prestation doit pouvoir être fournie avec les
ressources du fonds, vu la nature et la destination de celui-ci (empêcher des rapports féodaux,
ou un propriétaire d’un fonds doit travailler pour le titulaire de la charge).
L’adaptation aux besoins du fonds dominant permettent de constituer des charges sans lien
avec l’économie du fonds grevé. Il peut par exemple s’agir de l’entretien un chemin se trouvant
sur le fonds dominant. (En revanche, l’obligation d’acheter ses matériaux chez le propriétaire
du fonds dominant n’est pas un besoin du fonds même et donc inadmissible).
Si la prestation promise n’est pas conforme à l’art. 782 al. 3 CC, l’acte constitutif est nul et
l’inscription au RF qui aurait été opérée ne repose pas sur une clause valable.
Structure « à deux étages »
Une charge foncière comprend deux éléments : une créance et une charge réelle :
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La charge réelle consiste dans l’assujettissement de l’immeuble à la garantie de la dette. La
garantie du créancier est limitée à l’immeuble, en ce sens qu’il n’e peut prétendre être payé
que sur le produit de la réalisation de cet immeuble (art. 782 al. 1 CC). C’est aussi le sens de
l’art. 791 al. 1 CC (« aucune créance personnelle »). Le titulaire de la charge foncière a le droit
d’être payé en priorité aux autres créanciers du propriétaire (comme pour un gagiste). Ce en
cela que réside le caractère réel du droit.
Types de charges foncières (de droit privé)
On distingue les charges foncières « prédiales » (art. 782 al. 2 CC) et les charges foncières
« personnelles ». La titularité d’une charge foncière prédiale (ou réelle) est attachée à la
propriété d’un fonds (le fonds dominant). La titularité d’une charge foncière personnelle
appartient à une personne (il n’y a donc pas de fonds dominant).
Les charges foncières peuvent être cessibles et/ou transmissibles ou bien pas. Le Code ne
pose aucune présomption, les parties sont donc libres. Faute de précision, la cession devrait
être admise (art. 164 CO). Si la charge foncière personnelle au caractère de droit distinct et
permanent, elle peut être inscrit comme tel au RF.
Objet
La charge foncière peut avoir pour objet un bien-fonds, une part de copropriété (par étages)
ou un droit distinct et permanent (analgie avec gage immobilier, art. 796 à 798 et 800 CC).
2. Acquisition
En principe idem servitudes
La loi renvoie aux règles concernant la propriété (art. 783 al. 2 CC).
La forme authentique est requise (art. 657 CC) et l’inscription est au RF est nécessaire pour
la naissance du droit (art. 783 al. 1 CC). Cette inscription doit indiquer la valeur de la charge
(art. 783 al. 2 CC et 100 al. 2 ORF). Cette valeur détermine la somme que le propriétaire de
l’immeuble grevé doit payer pour racheter la charge (art. 789 CC).
Transfert
Le transfert des charges foncières personnelles (cessibles) s’opère par une cession écrite (art.
165 CO), comme celui des servitudes personnelles irrégulières qui ne sont pas immatriculées
au RF : le transfert s’opère indépendamment d’une inscription au RF. C’est-à-dire que
l’inscription au RF est nécessaire pour la naissance de droit, mais le transfert peut se faire
hors tabula. Le titulaire inscrit dans le RF n’est donc plus forcément le titulaire en réalité.
Même système pour servitudes personnelles !
Si la charge est immatriculée au RF, son transfert obéit aux règles applicables aux immeubles.
3. Effets
Droit d’exiger l’exécution de la prestation
Le propriétaire ne peut agir en exécution « en nature » de la prestation. Il a seulement le droit
de demander la réalisation forcée de l’immeuble (art. 791 al. 1 CC), selon les règles des droits
de gage. En principe, le propriétaire de l’immeuble grevé ne répond que sur son immeuble
(art. 782 al. 1 CC).
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prescription est de 5 ans. En revanche, le débiteur répond désormais sur l’entité de son
patrimoine (et plus seulement sur son immeuble).
Après trois ans, le bénéficiaire peut demander aussi le rachat de la charge (art. 787 al. 1 ch. 3
CC). Si le débiteur ne peut pas payer, on procède à la réalisation forcée de l’immeuble.
Rachat
Le rachat est la suppression de la charge elle-même moyennant paiement de sa valeur à
l’ayant droit. Le CC accorde aux deux parties la faculté d’exiger le rachat sous certaines
conditions. Les règles se trouvent dans les art. 787 – 789 et 783 al. 2 CC. Le créancier a
notamment le droit d’exiger le rachat en cas d’inexécution de la prestation pendant trois ans
(cf. supra).
Le débiteur à le droit de rachat (art. 788 CC) si le créancier ne respecte pas le contrat
constitutif, ou en tout temps, s’il s’est écoulé au moins trente ans depuis l’établissement (règle
impérative) Il y a une exception si la charge est attachée à une servitude perpétuelle (p. ex.
charge d’entretenir un chemin sur un fonds d’autrui qu’on peut utiliser par une servitude de
passage, art. 783 al. 3 CC).
2. Objet
Immeubles (art. 793ss CC)
Le droit de gage immobilier peut avoir pour objet n’importe quel immeuble au sens de l’art. 655
al. 2 CC. Il faut toutefois que l’immeuble soit immatriculé au RF (art. 796 al. 1 CC). Il y a trois
exceptions :
1. Les immeubles publics immatriculés au RF ne peuvent en principe pas être objets de
droits de gage (art. 796 al. 2 CC). Cela concerne uniquement les immeubles dans le
patrimoine administratif, à l’exclusion des immeubles relevant du patrimoine fiscal (qui
sont soumis au droit privé).
2. Les parts de copropriété ordinaire sur un immeuble peuvent être objets de droits de
gage immobiliers (art. 800 al. 1 CC). Ils doivent alors être immatriculés au RF.
3. L’immeuble de base ne peut en principe plus être grevé de droits de gage si des parts
de copropriété (par étages) sont grevées de tels droits (art. 648 al. 3 CC). Cela
s’explique par le fait que dans le cas contraire, il serait impossible d’établir la priorité
des droits de gage, car le système des rangs ne fonctionnerait plus. Il est revanche, si
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l’immeuble de base est déjà grevé d’un droit de gage, cela n’empêche pas de grever
aussi les quotes-parts (rang subordonnée, car postérieur, art. 648 al. 3 CC a contrario).
Autres
Créances et autres droits aliénables (art. 899 ss et art. 859 al. 1 CC)
Papiers-valeurs (art. 899 ss, 895 – 898, 907 ss CC)
Macromeubles (LRA, LRB)
Règles spéciales
Bétail (art. 885 CC)
Titres intermédiés (art. 24 – 26 LTI)
3. Gage mobilier
Nantissement
Le nantissement est la forme ordinaire de mise en gage par convention d’un objet mobilier. Il
est réglé par les art. 884 et 886-894 CC. Il se caractérise par le fait que le constituant doit se
dessaisir de l’objet grevé et le remettre au créancier gagiste ou à un tiers.
Extinction
Comme le droit suit le sort de la créance qu’il garantit, l’extinction de la créance entraîne en
principe l’extinction du droit de gage. Le nantissement prend ainsi fin non seulement en cas
de paiement de la dette garantie (ce que rappelle l’art. 889 al. 1 CC), mais aussi lorsque la
dette s’éteint pour une autre cause. La prescription de la créance n’entraîne cependant pas
l’extinction du nantissement.
Selon l’art. 888 al. 1 CC, le nantissement s’éteint aussi dès que le créancier cesse de posséder
le gage et qu’il ne peut le réclamer des tiers possesseurs. La perte de possession peut être
volontaire ou non. L’art. 888 al. 2 CC prévoit que le nantissement est uniquement suspendu
lorsque le créancier remet temporairement l’objet au constituant.
Lorsque le nantissement prend fin, le créancier gagiste est tenu de restituer l’objet (art. 889 al.
1 CC).
Effet
L’effet essentiel du nantissement est de permettre au créancier gagiste de faire réaliser à son
profit l’objet grevé si la créance n’est pas payée (art. 891 al. 1 CC).
Droits et obligations du créancier quant à la chose nantie
Le créancier a la possession dérivée (au moins médiate) de l’objet grevé. Il peut dès lors faire
valoir les droits dérivant de la possession. Sauf convention contraire, le créancier n’a ni le droit
d’user, ni le droit de jouir de la chose. Les fruits naturels incombent donc au propriétaire (art.
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892 al. 2 CC. Il doit conserver l’objet nanti avec soin (art. 890 al. 1 CC). Il a droit à ce titre au
remboursement de ses impenses nécessaires ou utiles. En garantie de ce montant, le
créancier bénéfice d’un droit de rétention au sens de l’art. 895 CC.
Transfert
Le nantissement étant un droit accessoire de la créance garantie, la cession de créance
entraîne de plein droit (la remise de l’objet du cédant au cessionnaire n’a pas d’effet constitutif)
le transfert du nantissement au cessionnaire (art. 170 al. 1 CO). Le consentement du
constituant n’est pas nécessaire. L’art. 170 al. 1 CO étant du droit dispositif, les parties peuvent
prévoir que le nantissement s’éteint lors d’une cession de la créance.
Lorsque le nantissement a été constitué par le débiteur lui-même, une reprise de la dette
garantie laisse subsister le nantissement (art. 178 al. 1 CO) ; la dette sera simplement garantie
désormais par l’objet d’un tiers. En revanche, si la dette était garantie par le nantissement de
l’objet d’un tiers, le droit de gage ne subsiste que si le tiers propriétaire a consenti à la reprise
de dette (art. 178 al. 2 CO).
Hypothèque mobilière (art. 885 CC)
L’hypothèque mobilière désigne toutes les formes de droit de gage qui n’exigent pas que le
propriétaire se dessaisisse de l’objet grevé. Il s’agit de l’hypothèque sur le bétail (art. 885 CC),
ainsi que les hypothèques sur les macromeubles (lois spéciales).
Le bétail est défini à l’art. 198 CO. Uniquement des établissements de crédit est sociétés
coopératives autorisées par le canton peuvent être créanciers d’une hypothèque sur le bétail
(art. 885 al. 1 CC).
L’hypothèque est constituée moyennant une inscription au registre du bétail. Le registre de
bétail n’est pas censé connu et ne produit pas l’effet positif de la foi publique (on ne peut se
fier aux inscriptions). La communication à l’office des poursuites n’a pas d’effet constitutif, c’est
une prescription d’ordre.
Comme le nantissement, l’hypothèque sur le bétail prend fin en cas d’extinction de la créance
garantie (art. 889 al. 1 CC), en cas de perte totale de l’animal grevé, en cas d’acquisition de
celui-ci par un tiers de bonne foi (protégé dans son acquisition, art. 933 CC).
Gage sur des créances et autres droits aliénables (art. 899 ss CC; n.b.: art. 899
al. 2 CC)
Il peut s’agit de d’une créance ou tout autre droit aliénable, comme par exemple les servitudes
personnelles de superficie non immatriculées au RF, un brevet etc.
Droit de rétention (art. 895-898 CC)
Le droit de rétention est le droit que le créancier a, en vertu de la loi et en certains
circonstances, de retenir une chose mobilière dont il a la possession de par le consentement
du débiteur et, au besoin, de faire réaliser cette chose à son profit.
Contrairement au nantissement, le droit de rétention n’a pas sa source dans la volonté du
débiteur : la chose n’a en effet pas été remise au créancier aux fins de garantie, mais pour une
autre cause. Il s’agit, par exemple, d’une voiture remise à un garagiste pour qu’il la répare ou
d’un titre confié à une banque pour qu’elle en assure la gestion.
C’est ensuite seulement que la chose est grevée du droit de gage de par la loi. Dans cette
mesure, le droit de rétention constitue une restriction légale directe de la propriété mobilière,
plus précisément du droit de disposer.
Conditions (art. 895 et 896 CC)
1. Le créancier est en possession d’un bien mobilier (ou créance ou autre droit) du
91
débiteur
2. La chose doit être réalisable
3. La possession du créancier était établie avec le consentement du débiteur
4. La créance est exigible
5. La créance est en rapport de connexité avec la créance
Le métier de prêteur sur gage est soumis à autorisation. Seulement deux établissements en
Suisse le pratiquent (ZKB et une caisse publique à Genève).
Or, en plus des règles générales de constitution, le prêteur sur gage doit délivrer un reçu au
constituant (art. 909 CC). À défaut, le prêt est nul.
En cas de non-paiement de la part du constituant, le prêteur sur gage ne doit pas suivre la
procédure de la LP, mais une procédure spéciale facilitée (art. 910 CC). Toute action
personnelle contre l’emprunteur est exclue.
4. Gage immobilier
Le gage immobilier est le droit réel limité qui permet à son titulaire de faire réaliser l’immeuble
qui en est l’objet, afin d’obtenir le paiement de la créance garantie. Le gage immobilier ne
procure aucun droit de jouissance ou d’utilisation, ni même la possession.
En tant que droit réel, le droit de gage immobilier est armé des droits de suite et de préférence.
Le droit de suite implique que, en cas de transfert de l’immeuble grevé, le nouveau propriétaire
doit également souffrir que l’immeuble soit réalisé pour désintéresser le créancier. Pour éviter
ce résultat, le nouveau propriétaire doit lui-même payer la dette garantie. En pratique,
l’acquéreur reprend souvent l’hypothèque, en imputation sur le prix de vente.
Le droit de préférence permet au créancier gagiste de se faire payer sur le produit de la
réalisation de l’immeuble, en bénéficiant de la priorité sur les créanciers chirographaires.
a. Types
Les droits de gage immobiliers peuvent prendre deux formes : l’hypothèque (art. 824 ss CC)
et la cédule hypothécaire (art. 842 – 865 CC). Toute autre forme est prohibée (art. 793 al. 2
CO).
b. Règles applicables
- Dispositions générales (art. 793 à 823 CC)
- Règles spécifiques
- Hypothèque: art. 824 à 841 CC
- Cédule hypothécaire: art. 842 à 865 CC
c. Hypothèque
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L’hypothèque s’épuise dans sa fonction de garantie. C’est un droit accessoire attaché au droit
principal qu’est la créance. La créance garantie a une existence propre, distincte de celle du
droit de gage ; elle subsiste sans lui et (sous réserve de l’art. 807 relatif à la prescription) la
constitution du droit de gage n’exerce pas d’influence sur elle.
La créance garantie peut être une créance quelconque (art. 824 al. 1 CC). Le débiteur peut
être une autre personne que le propriétaire de l’immeuble (art. 824 al. 2 CC). Le débiteur
propriétaire peut librement aliéner l’immeuble. Cela ne change rien à sa dette et au droit de
gage. Cependant, la loi encourage une reprise de dette (art. 175ss CO) par l’acquéreur (art.
832 et 834 CC).
L’hypothèque n’est pas incorporée dans un papier-valeur (art. 825 al. 2 CC).
d. Cédule hypothécaire
Régime juridique
- Dispositions générales : art. 842 à 856 CC
- Renvoi aux règles sur l’hypothèque (art. 844 al. 1 et 845 CC)
- Dispositions générales sur les gages immobiliers (art. 793 à 823 CC)
- Règles spécifiques aux cédules de registre (art. 857 à 859 CC)
- Règles spécifiques aux cédules sur papier (art. 860 à 865 CC)
En général
Aux termes de l’art. 842 al. 1 CC, la cedule hypothécaire est « une créance personnelle
garantie par un gage immobilier ». Le législateur veut indiquer par là que le débiteur d’une
cédule hypothécaire répond de la dette garantie non seulement sur l’immeuble grevé, mais
sur tous ses biens. Le débiteur peut – comme dans le cas de l’hypothèque – être une personne
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autre que le propriétaire de l’immeuble grevé (art. 844 CC).
La cédule hypothécaire est destinée à « mobiliser la valeur du sol ». En effet, elle comporte à
la fois la créance garantie et le droit de gage mobilier. La créance cédulaire ne doit comporter
ni condition, ni contre-prestation (art. 846 al. 1 CC), car elle doit être facilement négociable.
- C’était encore plus vrai lorsqu’il n’y avait que des cédules en forme papier : le papier
valeur est une chose mobilière. Le sol (immeuble) était donc mobilisé par une cédule
hypothécaire.
La dissociation des qualités de débiteur et de propriétaire est possible. Les règles concernant
les hypothèques (art. 827 et 831 CC) sont applicables dans ce cas par renvoi de l’art. 844 al.
1 CC.
Créance cédulaire (art. 842 et 846 CC)
Un premier élément constitutif d’une cédule hypothécaire est une créance nouvelle, qui prend
naissance avec la constitution de la cédule (art. 842 al. 2 CC) La loi oppose cette nouvelle
créance cédulaire à la créance issue du rapport de base (en bleu dans le graphique), c’est-à-
dire la créance (découlant en général d’un contrat de prêt) que les parties veulent garantir au
moyen de la cédule hypothécaire.
La créance cédulaire prend naissance parce qu’une personne (en principe le propriétaire de
l’immeuble) reconnaît devoir au créancier cédulaire le montant correspondant. Elle présente
les caractéristiques suivantes : c’est une créance personnelle (art. 842 al. 1 CC), qui doit être
abstraite (art. 846 al. 1 CC) et ne comporter ni condition, ni contre-prestation (art. 846 al. 1 in
fine CC). ».
Par créance personnelle, le législateur veut indiquer que le débiteur d’une cédule hypothécaire
répond de la dette garantie non seulement sur l’immeuble grevé, mais sur tous ses biens.
Par créance abstraite, la loi entend que la créance n’énonce pas sa cause.
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base et s’engage, par une convention de fiducie à n’utiliser la cédule que dans la mesure
nécessaire pour obtenir le paiement de la créance de base. On parle de coexistence de la
créance de base et de la créance cédulaire (art. 842 al. 2 CC). Ce régime est présumé. Le
créancier cédulaire s’engage aussi de restituer la cédule après l’exécution de l’obligation ou
bien de restituer l’excédent éventuel en cas de réalisation. Le créancier cédulaire a donc
beaucoup des droits, mais s’engage à les utiliser dans les limites du contrat de fiducie. Puisque
le contrat de fiducie ne lie que les parties (et pas un acquéreur de bonne foi de la cédule), il
est prudent de prévoir que le créancier cédulaire ne peut pas aliéner la cédule.
Peut être constituée en faveur du propriétaire de l’immeuble grevé (art. 857 al. 1 CC et art.
860 al. 2 CC)
Extinction ou remploi
Le paiement intégral de la créance n’engendre pas l’extinction de la cédule. L’art. 114 al. 3 CO
prévoit une exception au principe que les accessoires s’éteignent lors de l’exécution de
l’obligation principale.
En effet, le débiteur qui a payé sa dette peut demander que la cédule lui soit transférée en son
nom (art. 853 CC). Il peut ensuite réutiliser la cédule (art. 854 al. 2 CC).
Le débiteur qui a payé peut bien sûr aussi demander la radiation de la cédule. En cas de
cédule sur papier, il faut que le titre soit annulé (art. 855 CC).
La cédule hypothécaire peut prendre deux formes (art. 843 CC), la cédule sur papier
(CsP) et la cédule de registre (CdR).
Cédule de registre – Règles spécifiques
Quant à la cédule de registre, elle prend naissance, est transférée et s’éteint uniquement par
des inscriptions au RF (art. 857ss CC).
Constitution
La constitution de la CdR en faveur d’un tiers obéit aux règles générales relatives à la
constitution des droits de gage immobiliers. Le titre d’acquisition est un contrat passé sous
forme authentique (art. 799 CC). Si la CdR est créée au nom du propriétaire (art. 857 al. 2
CC), le titre d’acquisition est une décision unilatérale, manifestée par la réquisition d’inscription
au RF. Il faut que l’acte revête de la forme authentique (art. 799 al. 2 CC).
La réquisition d’inscription doit de toute façon émaner du propriétaire de l’immeuble grevé (art.
963 al. 1 CC).
En cas de cédule constituée au nom du propriétaire, le droit de gage n’a qu’une existence
formelle. Il s’actualise qu’au moment où le propriétaire transfère la cédule (en garantie directe
ou fiduciaire) à un cessionnaire. L’acquéreur ne devient créancier cédulaire qu’au moment où
il est inscrit au grand livre comme titulaire (avec effet rétroactif à la date d’inscription au journal,
art. 972 al. 2 CC).
Transfert
Le transfert suit les règles normales en matière de transfert de droits (causa, suivie d’une
opération d’acquisition). Ceci est vrai malgré la teneur de l’art. 858 al. 1 CC ne décrit que
l’opération d’acquisition. Le titre d’acquisition est soumis à la forme écrite, car il s’agit d’une
cession d’une créance. La réquisition au RF se fait par écrit par l’ancien créancier (art. 858 al.
1 CC). Cela suppose en principe que le pouvoir de disposer, mais la protection d’un
cessionnaire de bonne foi est réservée (art. 848 et 973 CC)
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Cedule sur papier – Règles spécifiques
Nature
Dans le cas d’une cédule sur papier, la créance cédulaire et le droit de gage immobilier sont
liés à un papier, en ce sens qu’ils ne peuvent être ni exercés, ni transférés, si ce n’est au
moyen du titre (art. 863 al. 1 CC). La cédule sur papier est donc un papier-valeur au sens de
l’art. 965 CO. La cédule est un bien matériel, une chose mobilière. Une cédule sur papier peut
être un titre au porteur (quiconque détient le titre est l’ayant droit, art. 978 CO) ou un titre à
ordre (le titre doit indiquer le nom du porteur, soit comme premier créancier, soit comme
cessionnaire, art. 1145 CO).
Constitution
Réglé par l’art. 860 CC. Cf. règles sur la CdR, muta mutandis.
Suite à la constitution, le RF crée un titre et le transmet à l’ayant droit (art. 861 CC). Le titre
doit notamment énoncer la somme garantie, ainsi que des informations quant aux intérêts etc.
(art. 144 al. 2 à 7 ORF).
Transfert
Règles ordinaires d’acquisition des droits réels. Le titre n’est soumis à aucune forme. S’il s’agit
d’un titre au porteur, la tradition suffit comme d’opération d’acquisition (comme pour une chose
mobilière). Si la cédule est nominative, la déclaration du transfert doit se faire par écrit. Il s’agit
d’un endossement (art. 967 al. 2 et 1003 CO). Ceci doit indiquer le nom de l’acquéreur (art.
864 al. 2 CC). Dans ce cas aussi, le transfert de la possession du titre est nécessaire au
transfert de la cédule (art. 863 al. 1 et 864 al. 1 CC).
Foi publique
Selon l’art. 848 CC : « La teneur de l’inscription fait règle pour la créance résultant de la cédule
hypothécaire et le droit de gage à l’égard de toute personne de bonne foi ». Comme l’art. 973
CC, cette règle vise le cas où l’inscription au RF est indue et protège la personne qui a acquis
de bonne foi la cédule en se fiant à cette inscription. Mais, alors que l’art. 973 CC ne protège
que l’acquéreur d’un droit réel, l’art. 848 CC étend la protection de la bonne foi à la créance
cédulaire (contrairement à l’hypothèque, où uniquement le gage est garanti, art. 973 CC).
L’acquéreur de bonne foi peut faire valoir son droit conformément aux énonciations figurant au
RF, aussi bien pour la créance garantie que pour le droit de gage. La garantie s’étend au
montant de la créance et du droit de gage, mais non sur la personnalité du débiteur (reprise
de dette est possible hors du RF).
En cas de cédule sur papier, l’art. 862 CC complète l’art. 848 CC. L’art. 861 al. 1 CC étend au
titre la foi publique attachée au RF (art. 973) pour ce qui concerne la créance et le droit de
gage. En cas de divergence entre le titre et le RF, le RF fait foi (art. 862 al. 2 CC), mais le
canton est responsable pour les négligences du RF (art. 862 al. 2 CC).
L’acquéreur de la cédule sur papier peut – s’il est protégé par l’art. 862 CC – faire valoir son
droit conformément aux énonciations figurant sur le titre.
Les exceptions du débiteur envers le cessionnaire de bonne foi (art. 849 CC)
L’art. 849 CC contient les conséquences de la protection de la bonne foi pour les deux types
de cédules. (Envers un cessionnaire de mauvaise foi, le débiteur garde toutes les exceptions
qu’il avait contre le cédant.)
Les exceptions qui dérivent du titre sont par exemple le fait que la créance n’est pas encore
exigible. Les exceptions personnelles visent notamment la compensation.
Les exceptions que le débiteur avait contre le cédant (p. ex. inexécution du contrat de base)
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ne sont pas opposables au cessionnaire de bonne foi.
Droit transitoire
Art. 33b Tit. fin. CC
e. [Lettre de rente]
Jusqu’à la révision, entrée en vigueur le 1er janvier 2012, le CC prévoyait la lettre de rente.
Comme la charge foncière (mais contrairement à l’hypothèque ou les cédules hypothécaires),
la lettre de rente excluait toute obligation personnelle du propriétaire. Le débiteur ne répondait
donc que sur son immeuble.
Restrictions à sa constitution
Parce qu’elles étaient peu pratiquées, les lettres de rente ont été supprimées.
- Abrogation des art. 847 à 853 aCC
- Droit transitoire : art. 33a Tit. fin. CC
4. Constitution
a. Nantissement et gages sur les créances et autres droits
L’art. 899 al. 2 CC prévoit que, sauf disposition contraire, les règles sur le nantissement
s’appliquent aussi pour les droits de gage sur les créances et les autres droits.
Conditions matérielles – principe de spécialité
Nantissement
Comme tout droit de gage, le nantissement est un droit accessoire, qui dépend du droit
principal qu’est la créance garantie. Il n’existe que dans la mesure où la créance garantie
existe (voir par exemple l’art. 889 al. 1 CC). Il suit la créance lorsque celle-ci est cédée. Il suffit
que la créance soit déterminable. C’est-à-dire que le montant et le créancier exacte ne doivent
pas être déterminés. Il faut cependant décrire la cause ou la prestation en question.
Un droit de nantissement doit porter sur une chose ou un animal (cf. supra « objets »). La
chose ou l’animal doit être réalisable et dont le nantissement n’est pas exclu par la loi
(notamment macromeubles). D’après le principe de spécialité, l’objet du nantissement doit être
individuellement déterminée (excluant un nantissement général portant sur l’ensemble des
biens d’une personne).
Constitution du droit de gage mobilier par convention
C’est le mode d’acquisition dérivée des droits de gage mobiliers. Il suppose donc un titre
d’acquisition, suivi d’une opération d’acquisition.
Titre d’acquisition
Contrat de gage (pas de forme particulière en cas de nantissement).
Pour les créances et autres droits aliénables, la forme écrite est exigée (art. 900 al. 1 et 3 CC).
Si la créance ou le droit sont incorporés dans un papier-valeur, les règles du nantissement
s’appliquent et aucune forme n’est requise (art. 901 CC).
Opération d’acquisition
Comme en matière de propriété mobilière, l’acte de disposition nécessaire à la constitution du
nantissement prend la forme d’un « contrat réel ». Par ce contrat, le constituant manifeste sa
volonté de transférer la possession de la chose grevée en exécution du contrat de
nantissement, ce que le créancier accepte.
Les créances et autres droits se transfèrent selon les règles applicables à eux (p. ex. cession,
art. 900 al. 3). Le contrat de disposition se confonde avec le titre d’acquisition, en ce sens que
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le même acte exprime la volonté du constituant de créer le droit de gage et l’acte de disposition
nécessaire à cette fin.
Pour les papiers-valeurs, on distingue deux cas : le contrat de disposition d’un titre à porteur
n’est soumis à aucune forme (art. 901 al. 1 CC). Pour les titres nominatifs ou à ordre, il faut
généralement un endossement (art. 901 al. 2 CC).
Conformément au principe de causalité, l’acte de disposition n’est valable que si le titre est
valable. Le constituant doit en outre avoir le pouvoir de disposer de l’objet ou du droit qu’il
grève. La protection du tiers acquéreur de bonne foi est pourtant réservé (art. 884 al. 2 CC).
Selon l’art. 884 al. 3 CC (nantissement), l’art. 900 al. 1 CC (créances et autres droits) et l’art.
901 CC (papiers-valeurs), le transfert de possession est nécessaire pour la constitution du
droit de gage. Peu importe si la possession est transférée au créancier gagiste ou à un tiers.
Ce qui est décisif est que le débiteur perd la possession.
Le transfert de possession ouverte (art. 922 al. 2 CC) ou un constitut possessoire par lequel
le propriétaire gardait la possession immédiate (en transférant la possession originaire) au
sens de l’art. 924 al. 1 in fine CC ne suffisent pas.
Règles spéciales pour un gage mobilier sur une cédule hypothécaire de registre (art. 859 al. 1
CC)
Constitution à titre originaire
Acquisition de bonne foi : L’art. 884 al. 2 CC protège l’acquéreur de bonne foi lorsque
l’auteur du nantissement n’avait pas la qualité pour disposer de cet objet. C’est une
concrétisation des principes généraux des art 933 à 936 CC.
b. Gages immobiliers
Conditions matérielles – principe de spécialité
La constitution d’un droit de gage immobilier obéit au principe de spécialité. C’est-à-dire
qu’aussi bien la créance garantie (art. 795 CC) et l’immeuble grevé (art. 796 à 798 CC) doivent
être clairement déterminés.
La spécialité de la créance s’impose, car le droit de gage est un droit accessoire (en principe)
qui suit la créance lors de la cession (art. 170 CO). Cela implique que le montant de la créance
est déterminé (en cas d’une créance future, même éventuelle : le montant maximum doit être
déterminée, art. 794 al. 2 CC). Afin de profiter de la garantie fournie du droit de gage, les
intérêts doivent aussi être déterminées et inscrits au RF. Dans les cas d’une créance
indéterminée (future ou éventuelle), la garantie s’étend à tous les intérêts (et autres frais)
échus dans les limites de la somme maximale inscrite (art. 794 al. 2 CC).
L’immeuble grevé doit être spécialement désigne lors de la constitution du droit de gage (art.
797 al. 1 CC) Cf. supra « objets » pour voir les immeubles susceptibles d’être mise en gage.
Il s’ensuit de l’art. 797 al. 1 CC qu’une hypothèque générale, mais aussi un droit de gage sur
une partie d’un immeuble sont exclus.
En revanche, il est admis d’engager plusieurs immeubles pour garantir la même créance (art.
798 CC). Lorsque chaque immeuble garantit la totalité de la créance, on parle d’un droit de
gage collectif. Il s’agit d’un seul droit de gage (il n’est en effet pas possible de constituer
plusieurs droits de gage immobiliers pour garantir la même créance), portant sur plusieurs
immeubles. Un droit de gage collectif n’est possible que si les immeubles appartiennent au
même propriétaire ou lorsque les propriétaires sont des débiteurs solidaires.
Si les conditions requises pour constituer un droit de gage collectif ne sont pas remplies, ou si
les parties, tout en souhaitant engager plusieurs immeubles pour garantir une même créance,
ne veulent pas grever ceux-ci collectivement, il faut procéder à la répartition de la garantie
entre les divers immeubles grevés (art. 798 al. 2 CC)
La constitution moyennant inscription (art. 799 CC)
Il faut d’abord un titre d’acquisition, c’est-à-dire un acte constitutif en la forme authentique (art.
799 al. 2 CC). Il s’agit normalement d’un contrat. Dans le cas d’une cédule à son propre nom,
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la causa est un acte unilatéral. Celui doit aussi revêtir de la forme authentique (art. 799 al. 2
CC). Le titre peut aussi être une disposition pour cause mort (legs) ou la loi (cf. infra
hypothèques légales).
L’opération d’acquisition consiste en la réquisition d’inscription (art. 963 al. 1 CC) et l’inscription
au registre foncier (art. 799 al. 1 CC). En cas de constitution unilatérale, le titre d’acquisition
et la réquisition se confondent en un même acte.
Cédule hypothécaire sur papier : émission d’un titre (art. 860 et 861 CC)
La constitution sans inscription – de par la loi ou par jugement
De par la loi : il s’agit des hypothèques légales directes.
- Frais du créancier pour conserver la valeur de l’immeuble grevé, c’est-à-dire pour
empêcher une dépréciation (art. 808 al. 3 et 810 al. 2 CC)
- Impenses pour conserver l’immeuble, hors du cas de dépréciation (p. ex. assurance
que le créancier paye, art. 819 al. 1 CC)
- Frais de poursuite et intérêts moratoires (art. 818 al. a ch. 2 CC)
Par jugement : En exécution d’un contrat constitutif
c. Gages légaux
Droit de rétention
Se constitue ex lege si les conditions sont remplies. Cf supra
Hypothèques légales immobilières directes
Art. 808 al. 3 CC
Art. 810 al. 2 CC
Art. 819 al. 2 CC
Art. 836 al. 2 CC : réserve en faveur du droit cantonal.
Hypothèque légale des artisans et entrepreneurs (art. 837 al. 1 ch. 3 CC)
La notion artisan ou entrepreneur vise toute personne engagée qui a fourni du travail en vertu
d’un contrat d’entreprise, y compris un sous-traitant. Le sous-traitant à un droit propre est
distinct d’inscrire l’hypothèque légale. Le droit existe même si le contrat de base à interdit le
recours à des sous-traitants ou si le propriétaire a payé l’entrepreneur principal.
En cas de copropriété (par étages), la question est de savoir quel immeuble doit être grevé. Si
les travaux ont été fournis en faveur d’un local qui fait l’objet d’un droit distinct d’une PPE, c’est
la quote-part qui doit être grevé. Si les parties communes d’une PPE ou un immeuble en
99
copropriété ordinaire sont en cause, on peut grever l’immeuble de base. Le cas de l’art. 648
al. 3 CC est toutefois réserve. Dans ce cas, il faut grever les quotes-parts proportionnellement
à leur valeur et ainsi constituer des droits de gage partiels au sens de l’art. 798 al. 2 CC.
L’art. 839 al. 2 CC prévoit que l’inscription doit se faire dans les quatre mois qui suivent
l’achèvement des travaux. Il s’agit d’un délai de péremption, qui ne peut être ni suspendu, ni
interrompu. Des petits travaux accessoires ne sauraient repousser la date de l’achèvement.
L’art. 841 CC prévoit d’ailleurs un privilège des artisans et entrepreneurs par rapport aux autres
gagistes : en cas de réalisation, ils ont une créance personnelle contre les gagistes de rang
antérieur pour la partie de plus-value qu’ils ont fournie.
5. Effets
Ni l’usage, ni la jouissance de l’objet grevé (cf. art. 45 Tit. fin. CC)
Rang
Gage immobilier – Système des cases fixes (art. 813 CC)
Le droit de gage se voit assigner un rang déterminé, une « case » à laquelle il reste attaché.
Il ne saisit pas la totalité de la valeur de l’immeuble, mais seulement une portion délimitée de
celle-ci. La valeur de l’immeuble est ainsi divisée en des « quotes-parts de garantie idéales ».
L’ordre de préférence entre les créanciers gagistes est déterminé par le rang auquel leurs
droits auront été colloqués par la volonté des parties.
Le propriétaire peut créer un droit de gage postérieur en rang, sans qu’il n’existe déjà un droit
de gage de rang antérieur. Le montant de la case libre doit être précisé au RF (art. 813 al. 2
CC).
Lorsqu’un droit antérieur disparaît, les droits postérieurs en rang n’avancent pas (case fixe,
art. 814 al. 1 CC). Le propriétaire peut disposer de cette case libre sans égard aux créanciers
postérieurs (art. 814 al. 2 CC). L’art. 814 al. 1 CC est du droit dispositif, les parties peuvent
donc y déroger dans le contrat de gage. Les dispositions qui prévoient que les cases avancent
en cas de libération n’ont d’effet réel (restriction du pouvoir de disposer du propriétaire et
attachement propter rem) que s’elles sont annotées au RF (art. 814 al. 3 CC).
Le propriétaire peut aussi constituer plusieurs gages de même rang (art. 817 al. 2 CC). Si le
droit occupant un de ses casses vient à s’éteindre, la case devient libre et le propriétaire peut
la réutiliser à sa guise.
Le rang d’un droit de gage est déterminé par contrat de gage. Faute de précision, l’art. 972 al.
1 CC (priorité dans le temps) s’applique.
Exceptions
Les hypothèques légales indirectes naissent avec l’inscription au RF et prennent leur rang
d’après le système de la priorité dans le temps (art. 972 CC).
Les hypothèques légales directes prennent leur rang d’après des règles spéciales.
Généralement, ils prennent le tout premier rang et priment donc tout autre droit, même inscrit
antérieurement en premier rang.
Dans les cas des immeubles en copropriété (par étages) les droits de gage frappant
l’immeuble de base ont toujours la priorité sur ceux grevant les parts (art. 648 al. 3 CC).
Gage mobilier
Gages mobiliers : art. 893 al. 2 CC
- Priorité dans le temps
Protection du gage
100
Le CC prévoit qu’un créancier gagiste peut se protéger contre la dépréciation de l’immeuble.
Par dépréciation, il faut entendre une diminution de la valeur de l’immeuble qui est due à des
actes matériels, non à des actes juridiques telle la constitution d’une servitude.
Le créancier gagiste ne peut agir que si la dépréciation met en péril la garantie de la créance,
c’est-à-dire lorsque la valeur baisse en dessous du montant garanti.
La dépréciation de l’immeuble par la faute du propriétaire (art. 808 et 809 CC)
Action en prévention ou en cession des actes dommageables (art. 808 al. 1 CC) :
Action contre un projet du propriétaire (p. ex. couper les arbres dans une forêt)
Droit de prendre les mesures nécessaires (art. 808 al. 2 CC) : Pour éviter la dépréciation
de l’immeuble. Il doit y être autorisé par le juge, sauf en cas d’urgence. Dans les deux
cas, le propriétaire devra lui rembourser ses frais (hypothèque légale, art. 808 al. 3
CC).
L’art. 809 al. 2 CC accorde au créancier gagiste le droit d’exiger des sûretés s’il existe un
danger de dépréciation imputable au propriétaire.
Si la dépréciation s’est déjà produite : L’art. 809 al. 1 CC permet d’exiger soit le
rétablissement de l’état antérieur, soit la constitution de sûretés. Cette action se dirige
contre le débiteur de la créance, même s’il n’est pas propriétaire de l’immeuble en
gage.
Dépréciation sans la faute du propriétaire
Art. 810 CC : Indemnisation, par exemple par le titulaire d’une nouvelle servitude légale
Le créancier peut aussi – sans intervention du juge – prendre les mesures nécessaires pour
prévenir la dépréciation, même si la mesure n’est pas urgente (art. 810 al. 2 CC). Dans ce cas
aussi, le créancier aura une hypothèque légale directe sur l’immeuble, mais pas de droit
personnel contre le propriétaire.
Étendue
Il faut distinguer l’étendue des droits du créancier sur l’objet du droit de gage de l’étendue de
la garantie. La première vise à définir ce par quoi la créance est garantie, c’est-à-dire quels
biens peuvent être réalisés pour désintéresser le créancier (immeubles, parties intégrantes
etc.). La seconde tend à déterminer ce que garantit le droit de gage (capital, intérêts etc.)
Étendue des droits du créancier sur l’objet du droit de gage (art. 805, 806 et 822 CC)
Le droit de gage frappe d’abord l’immeuble comme tel, avec ses parties intégrantes et droits
accessoires, c’est-à-dire les droits qui lui sont attachés propter rem (art. 805 CC). Il s’agit
notamment des droits de (co)propriété sur les immeubles en propriété dépendante (art. 655a
CC). Pour autant que les fruits naturels font partie intégrante avant leur séparation, ils sont
aussi frappés par le droit de gage.
Sauf disposition contraire, le droit de gage porte aussi sur les accessoires, même si une chose
accessoire a été affectée à l’immeuble après la constitution du droit de gage (art. 805 al. 1
CC). La qualité d’accessoire est déterminée conformément à l’art. 644 al. 2 CC. La mention
au RF d’un bien accessoire (art. 946 al. 2 CC) crée la présomption qu’il s’agit bien d’une chose
accessoire. Présomption qui doit être renversé par celui qui conteste cette qualité (art. 805 al.
2 CC).
Le droit de gage immobilier frappe aussi les loyers et fermages qui ont couru depuis la
poursuite en réalisation de gage ou depuis la déclaration de faillite (art. 806 al. 1 CC). La même
règle aux autres fruits civils.
101
Étendue du gage mobilier (art. 892 CC)
Le nantissement frappe en principe l’objet grevé avec ses parties intégrantes et ses
accessoires (art. 892 al. 1 CC, qui ne mentionne que les parties intégrantes). À partir de de la
procédure de réalisation forcée, se droit s’étend aussi aux fruits naturels (ce qui n’est pas le
cas avant, sauf convention contraire).
Etendue de la garantie (art. 818, 891 al. 2 CC)
- Montant de la créance
- Mais aussi intérêts et frais de poursuite
Prescription
Un droit de gage immobilier rend imprescriptible la créance qu’il garantit (art. 807 CC). La
prescription normale serait de 10 ans.
La prescription des intérêts fait l’objet d’une règles spéciale (art. 818 al. 1 ch. 3 CC).
L’existence d’une hypothèque légale (même directe) n’interrompt pas la prescription si elle
n’est pas inscrite au RF.
Une créance garantie par un droit de gage mobilier continue à se prescrire ; mais le créancier
conserve le droit de faire valoir son droit de gage (art. 140 CO). Il s’ensuit qu’après le délai de
prescription, si la valeur de l’objet grevé ne peut désintéresser le créancier, il n’a plus de droit
personnel contre le débiteur.
Réalisation
Si le débiteur n’exécute par son obligation, le créancier gagiste a le droit de requérir la
réalisation et de se payer par préférence sur le produit de réalisation (art. 816 al. 1, 891 al. 1
CC).
Les pactes qui prévoient que le créancier saisit directement l’objet au lieu de le faire réaliser
sont nuls (cf. art. 894 CC pour le cas du nantissement).
Les créanciers sont payés selon leur rang (art. 817 al. 1 CC, 893 al. 1 CC)
Le propriétaire dont l’immeuble garantit la dette d’autrui n’est pas personnellement tenu de
payer la dette ; il est cependant exposé à subir la réalisation forcée de son immeuble si le
débiteur ne remplit pas ses obligations. Pour l’éviter, il peut désintéresser lui-même le
créancier, ce qui ouvre la voie au dégrèvement de son immeuble. Le CC facilite cette opération
par trois dispositions : d’abord, le créancier doit dénoncer la dette au remboursement non
seulement auprès du débiteur, mais aussi auprès du propriétaire de l’immeuble grevé (art. 831
CC) ; ensuite, le propriétaire peut désintéresser le créancier aux mêmes conditions que celles
faites au débiteur (art. 827 al. 2 CC) ; enfin et surtout, le propriétaire qui a payé le créancier
gagiste est subrogé dans les droits de celui-ci (art. 827 al. 2 CC).
La loi ne prévoit pas des dispositions spéciales pour le tiers propriétaire d’un objet grevé d’un
nantissement. Le propriétaire doit aussi subir la réalisation (art. 891 al. 1 CC). La jurisprudence
prévoit qu’en cas de réalisation, le propriétaire est ex lege subrogé au créancier. Le tiers
propriétaire peut aussi désintéresser le créancier avant la réalisation, ce qui amène aussi à
une subrogation (art. 110 ch. 1 CO).
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