Mémoire IKWA JONATHAN VF 27.02.2025.
Thèmes abordés
Mémoire IKWA JONATHAN VF 27.02.2025.
Thèmes abordés
Epigraphie
C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain ne l’écoute pas.
VICTOR Hugo
II
DEDICACE
À mes très chers parents Kadjos IKWA et Monique BOKOMBA qui ont été permanant
pour la réalisation de ce travail, vous êtes les insubmersibles, merci infiniment pour votre amour
inexprimable dans ma vie.
III
REMERCIEMENTS
Le présent travail est le fruit d’énormes sacrifices de plusieurs personnes durant les
moments de notre formation à l’université de Kinshasa, les auxquelles nous voulons témoigner
notre reconnaissance.
Tout d’abord, nous rendons grâce à Dieu tout Puissant, le créateur de toute chose pour
son amour inconditionnel, et de nous avoir donné la force de réaliser ce travail. Notre
reconnaissance s’adresse ensuite à toutes les autorités académiques et scientifiques de la faculté
des sciences et Technologies en générale et du Département des sciences et gestion de
l’environnement pour la formation reçue auprès d’eux durant notre cursus Académique.
Nous remercions sincèrement le professeur Fils MILAU pour avoir accepté de diriger ce
travail quel que soit ses multiples occupations. Sa disponibilité et orientations ont été bénéfiques
pour la réalisation de ce travail.
Nos remerciements vont également à notre grand frère Pitshou MUNTU et sa femme
Nanette ODIA pour leur soutien.
À tous ceux dont nous n’avons pas cité les noms, mais qu’ils ont contribué directement
ou indirectement à la réalisation de ce fabulé travail, trouvent ici l’expression de notre profonde
gratitude.
IV
Epigraphie .......................................................................................................................................I
DEDICACE ................................................................................................................................... II
ABREVIATIONS ........................................................................................................................VII
RESUME ........................................................................................................................................X
NA MOKUSE................................................................................................................................XI
0.Introduction ............................................................................................................................ - 1 -
1. Problématique ................................................................................................................- 1 -
2. Objectifs ..........................................................................................................................- 3 -
4. Hypothèses ......................................................................................................................- 4 -
Tableau 1 : Les résultats sur les aspects écologiques sont repris. ........................... - 18 -
ANNEXES ................................................................................................................................- 28 -
VII
ABREVIATIONS
AP : Aire protégée
CFCL : Concession forestière de communauté locale
CFCL-RM : Concession forestière de communauté locale de la Rivière Mbali
CMED : Commission mondiale pour l’environnement et le développement
ERAIFT : École régionale postuniversitaire d’aménagement et de gestion intégrés des Forets
et territoires tropicaux
MMT : Mbou-Mon-Tour
ONG : Organisation non gouvernementale
PACL : Peuple autochtone et communauté locale
PFNL : Produits forestiers non lignés
RDC : République démocratique du Congo
RFI : Radio France internationale
RRI : Régime de retraite individuel
SNCBAP/RDC : Stratégie nationale de la conservation de la biodiversité des aires protégées
en République Démocratique du Congo
SNFC : Stratégie nationale de la foresterie communautaire
UNIKIN : Université de Kinshasa
VIII
RESUME
Dans cette étude, nous nous sommes limités qu’à l’exploitation de la documentation sur
la CFCL-RM, l’ONG Mbou-Mon-Tour la conservation de la biodiversité en général.
Nos résultats ont montré que, la foresterie communautaire permet certes aux Peuples
Autochtones et communautés locales (PACL) de sécuriser juridiquement leurs terres coutumières,
cependant à cela, il faut associer une approche qui prend en compte les préoccupations
fondamentales des PACL tout en les offrant les alternatives pouvant contribuer à la réduction de
la pression sur la biodiversité.
NA MOKUSE
Boyekoli oyo etali mingi mingi lolenge ya bokambi oyo ekoyokanisa bobateli ya
bikelamo pe bofuluki na CFCL-RM oyo ekambami na lisungi ya ONG Mbou-Mon-Tour.
Na boyekoli oyo, tomipesaki kaka na bosaleli mikanda oyo etali CFCL-RM, ONG
Mbou-Mon-Tour, pe bobateli bomoi ya bikelamo na ndenge ya monene.
Ba mbano na biso elakisaki ete zamba ya baimboka epesaka mpenza nzela na Bato ya
mboka pe baimboka ya mboka (IPLC) ya kobatela na ndenge ya mibeko mabele na bango ya
bonkoko, nzokande, yango esengi ndenge ya kotala na makanisi mitungisi ya moboko ya ba
IPLC tango ezali kopesa bango banzela mosusu oyo ekoki kopesa maboko na kokitisa pression
na biodiversité.
0. Introduction
1. Problématique
Ces millions d’hectares de forêt constituent à la fois des moyens de subsistance et une
source avérée de revenus pour des dizaines de millions de personnes qui vivent en milieux
ruraux forestiers, dont les Peuples Autochtones et Communautés Locales (PACL) qui d’ailleurs
en sont des grands gardiens depuis des temps immémoriaux et dont la survie en dépend, car ne
vivant principalement que de la chasse, la pêche, l’agriculture et de ramassage/cueillette de
PFNL (Cuny et al., 2006).
Fort est de constater que, nonobstant toutes ces richesses, plus de la moitié de la
population congolaise, en particulier les Peuples Autochtones et Communautés Locales n’en
bénéficient pas. En effet, les Peuples Autochtones et Communautés Locales vivent dans un état
de pauvreté avancé avec un faible accès à des soins de santé, à un niveau de vie adéquat, à
l’éducation, etc., il s’en suit que ces PACL sont vulnérables et victimes des plusieurs injustices
liées à l’exploitation de ressources naturelles de leur milieu de vie, particulièrement les forêts, on
note qu’il y a de fois non accès et non jouissance aux ressources naturelles de leur milieu,
manque de clarté dans le partage des bénéfices, pas de consentement libre, informé et préalable,
etc. (Mukulu, 2024).
En plus, ces forêts congolaises sont soumises à des pressions multiples et croissantes qui
pourraient à terme, entraîner leur dégradation, car, la RDC est le troisième pays tropical au
-2-
monde en termes de pertes de forêts après le Brésil et l'Indonésie, avec 14,6 millions d'hectares
de forêts perdus entre 2001 et 2019 (RRI, 2022).
Pour y arriver, il faudrait sans doute que les projets de conservation aient des approches
qui prennent en compte les aspects à la fois de la conservation, du respect des droits des peuples
autochtones et communautés locales ainsi que de leur développement durable via l’amélioration
de leurs conditions de vie (MMT, 2024).
Cependant, en RDC, les projets de conservation de la nature ont avant tout été l’œuvre
de l’État ou des organismes Internationaux (modèle classique avec la création des aires protégées
et réserves sans la participation des communautés locales et le peuples autochtones) avec des
approches qui ont longtemps ignoré les droits de peuples autochtone et communautés locales en
les écartant dans la gestion de ressources auxquelles ils dépendent. De ce fait, les PACL ont eu
l’impression d’avoir été sacrifiés au profit de la faune et la flore, ce qui a souvent suscité leur
vive méfiance à l’égard des initiatives de conservation de la nature (MMT, 2024).
Ces approches ont pour la plupart de cas produit des résultats mitigés d’autant plus
qu’elles étaient déconnectées des vraies réalités au niveau local avec des violations de droits de
peuples autochtones et des communautés locales qui pourtant sont des véritables gardiens des
forêts, car leur façon de gérer la forêt a montré qu’ils sont les premiers et grands conservateurs
car la présence des forêts denses et vierges dans lesquelles ils ont vécus jusqu’aujourd’hui
témoigne de leur capacité de conservation (Darbouret, 2021).
Cette loi permet donc aux communautés d'obtenir légalement des droits d'utilisation et
de gestion durable des ressources forestières de leurs terroirs sous le label de Concession
Forestière des Communautés Locales (CFCL) et devenir des acteurs importants dans la gestion
durable et intégrée de leurs forêts et ainsi les amener à rentabiliser les ressources forestières et
services environnementaux pour leur auto-développement (SNFC, 2018).
C’est dans ce cadre que nous avons initié cette étude sur le modèle de gestion
Concession Forestière des Communautés Locales de Rivière Mbali (CFCL-RM) encadrée par
l’ONG Mbou-Mon-Tour (MMT).
2. Objectifs
Objectif principal
Cette étude a pour objectif principal de contribuer à une gouvernance durable de forêts
en RDC par la promotion d’une approche de conservation émergente.
Objectifs spécifiques
3. Questions de recherche
4. Hypothèses
5. Intérêt du sujet
6. Délimitation du travail
7. Structure du travail
Chapitre 1. Généralités
1.1. Biodiversité
Le terme biodiversité est interprété différemment selon les groupes sociaux en présence.
Historiquement, le terme biodiversité s'applique à l'érosion du monde vivant qui resulte des
activités humaines, ainsi qu'aux activités de protection et conservation attestées par, création
d'aires protégées ou par modifications des comportements en matière de développement (Lubin,
2018).
La diversité biologique ou la biodiversité est l'ensemble des gènes, des espèces et des
écosystèmes d'une région. C'est la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris
entre autres, des écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les
complexes écologiques dont ils font partie (Milau, 2023).
La biodiversité, c'est la vie qui nous entoure sous toutes ces formes. Elle est de ce fait
indispensable à tous les processus vitaux et à toutes les services fournis par les écosystèmes sur
la planète. La biodiversité constitue l'héritage naturel que nous léguons aux générations futures.
A ce titre, il incomble à notre société une responsabilité éthique et morale.
1.2. Écosystème
Les écosystèmes se composent d'éléments vivant et non vivant. Comme les propriétés
édaphiques (du sol) et biotiques : ils sont influencés par des facteurs climatiques et
topographique. La diversité de l'écosystème stimule la diversité, tout d'abord dans l'habitat et
ensuite dans les espèces. C'est ainsi que la diversité de l'écosystème assure des habitats
différenciés à différentes espèces, chacune d'elles s'adaptant à sa propre niche écologique et,
éventuellement, formant ses propres communautés climatiques. Il est plus difficile de mesurer la
diversité de l'écosystème que les diversités génétiques et spécifiques. Cala est dû essentiellement
au fait que les limites de l'écosystème sont relatives et sans lignes définies. Néanmoins, à l'aide
de certains critères logiques on peut définir et classer les écosystèmes aux niveaux local, régional
et international (Zuomin et al., 1997 ; Sexton et al., 1997).
1.3. Environnement
C'est le milieu dans lequel un organisme fonctionne, incluant l'air, l'eau et le sol, les
ressources naturelles, la flore, la faune les êtres humains et leurs interrelations (Musibono, 2014).
1.5. Conservation
Elle englobe la protection intégrale < aspect statistique> d'une part et l'aménagement
rationnel <aspect dynamique> d'autre part. C'est une opération qui vise la variabilité à long terme
des ressources naturelles dans un projet avec une utilisation rationnelle. Selon le code forestier
congolais, la conservation se définie comme étant les mesures de gestion permettant une
utilisation durable des ressources et des écosystèmes forestiers, y compris leur protection,
entretien, restauration et amélioration. Tandis que la protection opération de gestion ou mode de
gestion qui consiste à sauvegarder l'espèce ou le milieu menacé par les activités humaines
(Maldague, 1997).
La conservation In Situ est définie comme étant une conservation des espèces animales
et végétales sur le milieu d'origine dans leur habitat naturel. Elle vise à protéger la biodiversité en
maintenant l'écosystème dans l'état naturel et en limitant les perturbations humaines telles que: la
chasse, la déforestation ou la pollution (Belesi, 2021).
D'autres part, elle occulte des divergences de longue date entre les conceptions
économique, sociale et environnementale des processus de développement. Ces conceptions
trouvent racines dans des cadres conceptuels conflictuels en matière de l'économie et de
l'écologie qui cachent leurs origines linguistiques communes. Enfin, le concept de besoin est
chargé de signification et il a pesé sur l'histoire des politiques économique et développement
social. Cet obstacle n'est ni reconnu, ni surmonté. C'est peut-être pour cette raison précise que
-9-
rapport de la commission ne maintienne que vaguement les moyens et les mesures nécessaires
pour modifier les approches actuelles. Le débat récent sur le développement durable a tenté de
dépasser cette barrière. On a notamment interprété le développement durable comme suit :
Pilier environnemental
La conservation des ressources naturelles : l'objectif est de préserver l'eau, l'air, le sol et
la biodiversité pour les générations futures. Lutte contre le changement climatique : réduire les
émissions de gaz à effet de serre et s'adapter aux impacts du réchauffement climatique. Gestion
des déchets : promouvoir le recyclage, la réduction et la valorisation des déchets.
Pilier économique
Pilier social
Qualité de vie : améliorer les conditions de vie des populations en matière de santé,
d'éducation et de bien-être. Équité sociale : lutter contre les inégalités sociales et promouvoir la
justice sociale. Gouvernance démocratique : renforcer la participation citoyenne et la
transparence dans la prise de décision.
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Afin de faire participer les communautés locales et les peuples autochtones à la gestion
durable des ressources forestières et de contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté en milieu
rural congolais, le gouvernement a pris l'engagement de promouvoir le processus de foresterie
communautaire en RDC. À cet effet, un cadre juridique, réglementaire et institutionnel a été
mise en place. Et de manière participative, une stratégie nationale relative à la foresterie
communautaire a été élaborée, validée par toutes les parties prenantes et endossée par le
ministère de l'environnement et développement durable (SNRTC/ RDC, 2018).
La concession forestière des communautés locales est une forêt attribuée gratuitement et
perpétuellement à une communauté locale par L'État, sur la base de forêts qu'elle possède
régulièrement en vertu de la coutume, en vu de son utilisation, sous toutes les formes, pour
satisfaction de ses besoins vitaux, avec l'obligation d'y appliquer des règles et pratiques de
gestion durable ( Décret N" 14/018 du 02 août 2014 fixant les modalités d'attribution des
concessions forestières aux communautés locales).
C'est un concept très large et complexe pour décrire tout travail d'implication des
communautés locales riveraines de l'AP à sa conservation et à travers soit : l'éducation et la
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sensibilisation, la résolution des conflits, et les réunions consultatives aussi bien que le partage
des revenus et la gestion participative des ressources naturelles de l'AP.
Une population traditionnelle organisé sur la base de la coutume et unie par des liens de
solidarité clanique ou parentales qui fondent sa cohésion interne. Elle est caractérisée, on outre,
pas son attachement à un terroir déterminé (CNCC/ RDC, 2018).
Si les droits coutumiers collectifs sur les forêts sont reconnus en faveur des
communautés locales, la situation est différente pour les pygmées, qui sont des groupes des
populations chasseurs-cueilleurs vivant principalement dans ou autour des zones forestières du
pays, et ne partageant pas ces mêmes langues et traditions que celles de groupes dominants
(bantous, soudanais, etc.).
Leur reconnaissance en tant qu'entité sociale disposant des droits forestiers spécifiques
n'apparait pas dans le code forestier., lequel a plutôt fait reposer la foresterie communautaire sur
le concept de communauté locale ( article 22,111,112 et 113) dès lors, et en attendant les
évolutions législatives que le pays pourrait reconnaitre dans les années à venir, ces populations
sont admises à se présenter sous le vocable de < communauté locale> et être reçues à initier les
dossiers de demande de CFCL, si leur possession coutumière sur une portion de la forêt est
établie.
La CFCL-RM est limitée au Nord par le territoire de Yumbi, à l'Ouest par le fleuve
Congo qui le sépare de la République du Congo, au Sud par le Territoire de Kwamouth et à l'Est
par le territoire de Mushie.
2.1.4. Climat
Le climat est caractérisé par une abondance des pluies au cours de l'année. La saison des
pluies s'étant de septembre à novembre et mars à avril, avec deux saisons sèches de janvier à
février et de juin à août. La pluviométrie annuelle varie de 1500 à 1600 mm par an. La
température moyenne mensuelle est stable d'environ 25° Celsius (vancutes et all, 2012).
Le sol est sableux, à faible teneur en argile, du type ferralitique issu de la formation
Kalahari. Il a un taux de fertilité moyenne et à mauvais rendement. Son relief est caractérisé par
une topographie accidentée, avec des altitudes compris entre 300 et 800 m (Omansombo et al.,
2019).
2.1.6. Hydrographie
Elle est limitée à l’est par le fleuve Congo et au nord par la rivière Kasaï. Le système
hydrologique de la CFCL-RM n'est pas toujours développé puisqu'il n'est composé que de la
rivière Mbali qui la parcourt du nord à l'ouest et des petits ruisseaux qui sont non navigables
(Naura et all, 2015).
2.2. Matériel
Les matériels utilisés pour la collecte des données sont les suivants :
2.3. Méthodes
Dans cette étude, nous nous sommes limités à l’exploitation de la documentation sur la
CFCL-RM, car suite à certaines contraintes logistique, nous n’avons pas pu effectuer notre
descente sur terrain comme prévu.
3.1. Résultats
Nos résultats porteront sur deux points, il s’agit de : (I) L’approche de conservation de
Mbou-Mon-Tour (MMT) dans la CFCL-RM, le mode de gouvernance dans la CFCL-RM, le
niveau d’implication des hommes, femmes et jeunes dans la gouvernance ainsi que, le rôle de la
culture dans la conservation et (ii) Les résultats de cette approche et gouvernance ainsi que leurs
impacts.
En effet, le modèle de gestion de MMT revêt un caractère original car il a été initié par
les populations locales elles-mêmes. La démarche de MMT consiste à trouver un juste équilibre,
délicat, entre les intérêts humains et ceux des animaux, une sorte de pacte de coexistence
pacifique entre les deux espèces. Pour ce faire, les populations locales ont, grâce à la
cartographie participative, défini les espaces réservés à la conservation des bonobos et ceux
destinés aux activités humaines. Jadis, pareil travail se réalisait dans un bureau climatisé de
Kinshasa et on venait l’imposer aux villageois, voilà toute la différence.
Dans cet esprit, MMT développe des activités alternatives (agriculture durable,
l’élevage, l’écotourisme, etc.) et les populations bénéficient des avantages de la conservation des
forêts car les revenus de l’écotourisme leur sont redistribués en termes de construction d’écoles,
de centres de santé, de fourniture d’outils agricoles et d’intrants.
Ces résultats demontrent que dans la CFCL-RM, l’aspect genre est pris en compte la
gouvernance de la conservation de la biodiversité. Ainsi les hommes participent à 45 % dans la
gouvernance de la CFCL-RM, suivi de femmes avec 25 %. puis viennent les jeunes avec 25 %.
La conservation des Bonobos dans la CFCL-RM est essentiellement fondée sur les us et
coutumes Téké. En effet, les Bonobos (Pan paniscus), ont survécu dans cette zone grâce à un
tabou alimentaire qui leur assure une protection vis-à-vis des populations autochtones. Le
Bonobo est considéré dans cette région comme un proche parent, comme un humain qui aurait
fui en forêt il y a longtemps pour échapper à ses créanciers ; car la loi coutumière faisait d’un
débiteur insolvable l’esclave de son créancier. La consommation du Bonobo est donc taboue
alimentaire chez les Batéké, car il ne saurait être question de manger la chair d’un parent.
Les touristes et chercheurs désireux d’observer et étudier les bonobos dans leur habitat
ont l’opportunité de visiter les bonobos habitués à la présence humaine sous l’accompagnement
des guides locaux. Ils ont aussi l’occasion d’échanger avec les communautés locales impliquées
dans la protection de ces bonobos et d’apprendre la culture Téké protectrice des bonobos.
- 18 -
Les résultats de nos recherches sur l’approche de conservation dans la CFCL-RM seront
présentés en deux aspects à savoir : écologique et socio-économique.
Réapparition des espèces Certaines espèces animales que l'on croyait éteintes dans la
zone ont réapparu (par exemple. Colobe rouge, Colobus
angolensis, Mangabey noir ) ; et quelques autres espèces
telles que Cercopithecus ascanius, sanglier
Pour ce qui les aspects socio-économique, les résultats ont concernés les points ci-après :
(i) la sécurité alimentaire et augmentation des revenus des ménages ; (ii) l’amélioration des
conditions de vie des communautés locales.
1 268$ US / 2,725 M FC
759$ US / 1,632M FC
Valorisation 2022 : Un panier de tubercules (25 kg) >> 4$US / 8000 FC (1$US = 2000 FC),
soit 0,16 $US / 320 FC par kg.
Utilisation 2022 :
Valorisation 2023 : Un panier de tubercules (25 kg) >> 4$US / 8600 FC (1$US = 2150 FC),
soit 0,16 $US / 344 FC par kg.
Utilisation 2023 (784kg /foyer):
On note des avancées ci-après en rapport avec les conditions de vie des communautés :
Notre solution a contribué à améliorer les conditions de vie des populations locales en employant
directement plus de 72 personnes issues des communautés locales (pisteurs, cuisiniers, chauffeurs,
équipages de hors-bords, baleinières, etc.) dans nos activités de conservation, d'écotourisme et de
recherche ;
Le soutien des populations (+/- 12 000) dans l'accès aux services de base (santé, éducation) ainsi que
dans la création et/ou l'obtention de moyens de subsistance durables afin d'augmenter leurs revenus
et d'améliorer leurs conditions de vie : Construction d'une maternité moderne de 40 lits (20 pour les
mères et 20 pour les bébés), Construction d'écoles, de ponts et de forages.
- 22 -
Le partage des revenus générés par l’activité de l’écotourisme de vision axé sur le Bonobo
(ces revenus sont redistribués aux populations locales et cela les aident à réaliser tant soit
peu certaines interventions identifiées comme prioritaires, par exemple il y a eu plusieurs
réalisations au niveau local : la réhabilitation des écoles, construction de centre de santé,
etc.) ;
La facilitation de l’accès aux marchés par l’ouverture des routes de desserte agricole et la
construction des ponts ;
3.3. Discussion
Nos résultats ont montré que dans CFCL-RM, la foresterie communautaire a non
seulement permis aux communautés locales de sécuriser juridiquement leurs terres coutumières
mais a aussi contribué à la gestion durable des forêts ainsi qu’au développement durable des
populations locales par la réduction de la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie. Ces
résultats s’opposent à ceux de Robert, 2019, qui dans son étude sur Réussir la foresterie
communautaire en RDC a souligné que là où foresterie communautaire a été mise en œuvre
jusqu’à présent (notamment au Cameroun), elle n’a généralement pas réussi à atteindre ces
objectifs.
Nous estimons comme le dit aussi Robert que, l’échec de la foresterie communautaire
dans d’autres zone serait dû à l’approche « autoritaire et uniforme » généralement employée pour
créer les CFCL dans la région, les rendant inadaptées aux besoins et aux pratiques coutumières
des peuples forestiers et échouant à promouvoir la sécurité foncière. En outre, des procédures
bureaucratiques coûteuses ont rendu les forêts communautaires inaccessibles pour de
nombreuses communautés, ce qui a souvent conduit à la capture par les élites de forêts « gérées
par les communautés », et à l’instauration d’arrangements commerciaux abusifs.
Il a été démontré que dans la CFCL-RM, les écosystèmes ne sont pas soumis à des
fortes pressions. Nos résultats sont contraires à ceux de Ngelingono 2020 qui dans son étude
intitulée : problématique de gestion d’une aire protégée face aux pressions permanentes de la
population riveraine cas du domaine de chasse et réserve de Bombo Lumene en RDC, a affirmé
avoir remarqué beaucoup de pressions sur les écosystèmes.
Ceci serait dû par le fait que, l’approche de MMT dans la CFCL-RM propose des
alternatives, dans ce sens que la population des communautés locales bénéficie des avantages de
leurs efforts de conservation, leur permettant ainsi de réduire leur dépendance vis-à-vis des
écosystèmes. Alors que, dans le domaine de chasse et réserve de Bombo Lumene, Ngelingono
démontre que la population autochtone ne bénéficie pas d’avantages de la gestion du domaine de
chasse et réserve de Bombo Lumene ce qui posent beaucoup des problèmes à cette population. Il
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s’en suit qu’il y a beaucoup de violation des limites perçue comme une manœuvre de
l’occupation illégale de la superfine de l’aire protégée qui, très souvent est occasionnée par la
population locale suite à la pauvreté et le chômage de la population autochtone.
Nos résultats ont également montré que dans CFCL-RM, la densité des bonobos connait
une croissance, et les bonobos ne sont pas sujets de menace dans cette zone, contrairement à
d’autres zones où ils font face au braconnage. Ces résultats s’expliquent par le fait que, dans
CFCL-RM, la conservation des bonobos est fondée sur le respect et l’observance des us et
coutumes locales qui sont transmises d’une génération à une autre et revitalisées par la
sensibilisation menée par l’ONG Mbou-Mon-Tour.
Ces résultats sont similaires à ceux de l’étude menée en 2022 par Jean-Marie Bantu sur
le rôle des savoirs traditionnels dans l’approche participative en gestion des aires protégées.
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Conclusion et Recommandations
Notre étude avait pour objectif de contribuer à une gouvernance durable de forêts en
RDC par la promotion d’une approche de la conservation émergente.
Les résultats de notre étude ont révélé que '' ce modèle communautaire innovant de
Mbou-Mon-Tour dans la CFCL-RM permet de concilier la conservation de la biodiversité, la
réduction de la pauvreté et la résilience climatique des communautés locales '' contribuant
efficacement à éviter la déforestation et la perte de biodiversité (bonobos et espèces de flore en
voie de disparition), favorisant ainsi la restauration et la régénération des terres tout en sauvant
plus de 50 000 hectares en tant que forêts naturelles intactes sous gestion et protégées non pas
par des gardes forestiers publics traditionnels mais par des traqueurs de communautés bénévoles.
La prise en compte des droits et intérêts des communautés locales et autochtones ainsi que
la sécurisation de leurs espaces coutumiers doivent être une priorité pour les Etats aussi bien
de la RDC et dans l’ensemble des Etats du Bassin du Congo ;
Le rôle majeur de la société civile dans le suivi de la mise en œuvre des politiques
forestières et environnementales à travers leurs actions de plaidoyer doit être reconnus et
encouragés par les autres partenaires et les gouvernements ;
Le soutien des Etats et des partenaires financiers est indispensable aux organisations de la
société civile pour qu’elles réussissent à développer des approches et des mécanismes
permettant de booster et mobiliser les communautés dans des programmes et projets
d’amélioration de leur bien-être et de conservation de leur espace forestier ;
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES
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- Construction de la maternité
- Développement de l’écotourisme
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La diversité culturelle influence les pratiques de conservation dans la CFCL-RM en intégrant des savoirs traditionnels et des pratiques coutumières dans la gestion des ressources naturels. Les coutumes locales, les savoirs ancestraux et les pratiques communautaires enrichissent les stratégies de conservation, facilitant le respect des protocoles environnementaux adaptés aux besoins socio-économiques des communautés tout en occupant un rôle éducatif et sensibilisateur pour la préservation des écosystèmes uniques de la région .
La foresterie communautaire soutient le développement durable dans la CFCL-RM en équilibrant les besoins de conservation de la biodiversité avec les aspirations économiques et sociales des communautés locales. Cela se traduit par des activités économiques alternatives comme l'écotourisme, l'agriculture durable, et l'élevage, qui générant des revenus tout en préservant l'environnement. Cela permet aux communautés de maintenir et améliorer leur qualité de vie sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs besoins .
La foresterie communautaire dans la CFCL-RM assure la sécurisation des droits des communautés locales par le biais d'une gestion participative et démocratique qui repose sur le leadership communautaire. Elle implique les communautés locales dans le processus de gestion, renforce leur pouvoir de décision et leur permet de bénéficier des revenus de la conservation forestière, notamment par l'écotourisme, qui contribue à la construction d'infrastructures communautaires comme les écoles et les centres de santé .
L'ONG Mbou-Mon-Tour (MMT) joue un rôle central dans le modèle de gestion de la CFCL-RM en encadrant les communautés locales pour mener la foresterie communautaire. MMT a développé un modèle innovant fondé sur la participation directe des communautés locales à la gestion des forêts, encourageant une approche où les villages définissent eux-mêmes les zones de conservation et celles destinées aux activités humaines. Ce modèle est soutenu par le développement d'alternatives économiques durables comme l'agriculture et l'écotourisme .
La gouvernance dans la CFCL-RM est structurée autour de quatre organes principaux pour soutenir la participation communautaire: l'Assemblée Communautaire, le Comité Local de Gestion, le Comité Local de Contrôle et de suivi-évaluation, et le Conseil de Sages. L'Assemblée Communautaire prend les décisions majeures par vote, tandis que le Comité Local de Gestion est responsable des opérations quotidiennes. Cette structure favorise la prise de décision collective et assure la transparence et l'efficacité dans la gestion des ressources naturelles locales .
Les principaux défis de la foresterie communautaire dans la CFCL-RM comprennent la nécessité d'une reconnaissance légale robuste des droits coutumiers des communautés autochtones, l'insuffisance de soutien financier et technique pour développer des approches durables de conservation, ainsi que la gestion des conflits potentiels entre l'exploitation des ressources et la conservation de la biodiversité. De plus, les pressions externes telles que les activités illégales et les influences politiques peuvent exacerber ces défis .
L'impact écologique du modèle de conservation de MMT dans la CFCL-RM est significatif, contribuant à la protection de la biodiversité locale, notamment par la préservation de l'habitat naturel des bonobos et la conservation des forêts primaires, qui jouent un rôle crucial dans le stockage du carbone. Ces initiatives favorisent non seulement la biodiversité mais également fixent le carbone, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique .
Le modèle de conservation de MMT dans la CFCL-RM a conduit à plusieurs résultats socio-économiques notables, dont l'amélioration de la sécurité alimentaire grâce à l'agriculture durable et l'augmentation des revenus des ménages. Les initiatives incluent la vulgarisation de cultures telles que le manioc, la patate douce, et l'élevage des volailles et des caprins. De plus, les revenus de l'écotourisme sont réinvestis dans des infrastructures essentielles comme les écoles et les centres de santé, améliorant ainsi les conditions de vie des communautés locales .
La cartographie participative est cruciale dans l'approche de conservation de MMT, car elle permet aux communautés locales de définir elles-mêmes les espaces alloués à la conservation des bonobos et aux activités humaines, facilitant ainsi un équilibre entre protection de la biodiversité et développement économique. Cette méthode contraste avec les approches conventionnelles souvent imposées depuis des bureaux éloignés, et elle renforce l'appropriation et le respect des initiatives de conservation par les communautés locales .
La gestion participative des ressources naturelles consiste en un partage négocié des responsabilités, du pouvoir de décision, des avantages, et des coûts entre les communautés locales et les autres acteurs impliqués. Dans la CFCL-RM, cette approche est appliquée en impliquant activement les communautés locales dans la gestion des forêts et en leur permettant de prendre part aux décisions concernant l'utilisation et la conservation des ressources naturelles. Cela renforce le sentiment d'appropriation et assure des bénéfices partagés .