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État

L'État est défini en philosophie comme un ensemble d'institutions organisées, caractérisé par un pouvoir coercitif nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de la société. Des sociétés sans État ont existé, comme celles étudiées par Pierre Clastres, qui montrent qu'un pouvoir non coercitif peut exister, incarné par des figures de chefs qui résolvent les conflits par persuasion. L'argument républicain justifie la domination de l'État comme étant nécessaire pour garantir la liberté des individus, ce qui a conduit à la doctrine politique du libéralisme, qui prône un État garantissant les libertés individuelles sans imposer de normes.

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État

L'État est défini en philosophie comme un ensemble d'institutions organisées, caractérisé par un pouvoir coercitif nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de la société. Des sociétés sans État ont existé, comme celles étudiées par Pierre Clastres, qui montrent qu'un pouvoir non coercitif peut exister, incarné par des figures de chefs qui résolvent les conflits par persuasion. L'argument républicain justifie la domination de l'État comme étant nécessaire pour garantir la liberté des individus, ce qui a conduit à la doctrine politique du libéralisme, qui prône un État garantissant les libertés individuelles sans imposer de normes.

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L’État : définition philosophique

Quelle est la définition de l’État en philosophie ?


L’État est un ensemble organisé d’institutions qui vise à assurer le bon
fonctionnement d’une société. Il faut garder en tête que la domination, la force et
la violence sont des attributs appartenant essentiellement à l’État. En effet,
l’État est unpouvoir de contrainte, nécessairement supérieur à celui de la société.
La puissance de l’État est incommensurable avec celle de la société. Ainsi, Max
Weber définit l’État comme « monopole de la violence légitime ». La question qui se
pose sur l’État est de savoir si celui-ci limite la liberté. À cette question, on a
envie de répondre naïvement que oui, puisque l’État est un pouvoir de contrainte et
nous pourrions donc en déduire que nous serions davantage libres sans État, qu’une
société sans État aurait plus de liberté. C’est ici la position anarchiste qui veut
une société sans État.
II. Les sociétés sans État
Peut-il y avoir une société sans État ?
On peut prendre cette position anarchisteau sérieux, et commencer par partir du
constat que des sociétés sans État ont existé. Elles ont été étudiées par Pierre
Clastres, anthropologue du XXe siècle, dans son ouvrage La société contre l’État.
Selon lui, ces sociétés sans État sont les sociétés indiennes d’Amérique du Sud. Il
explique qu’il y a deux façons d’envisager une société sans État :
– La première façon est de se dire que ces sociétés sont sans État car elles n’ont
pas réalisé leur finalité naturellequi est de se doter d’un État. Elles seraient
restées en marge de l’Histoire et seraient des sociétés primitives, archaïques.
– La seconde façon est de se dire que ce sont des sociétés qui refusent de se doter
d’un État. Pour Pierre Clastres, cette seconde option est la bonne. L’idée que la
finalité naturelle de toute société serait la mise en place d’un État est à ses
yeux de l’ethnocentrisme.
Si ces sociétés sont sans État, elles sont sans pouvoir coercitif. Elles ne sont
pas pour autant sans pouvoir. Il critique une position qu’il qualifie
d’ethnocentrique qui veut qu’il n’y ait de pouvoir que coercitif. Ces sociétés ne
sont pas sans pouvoir mais ce pouvoir n’est pas coercitif. Il s’incarne dans la
figure du chef indien. Il n’a pas le même rôle qu’un chef d’État. Il doit résorber
les conflits à l’aide de sa parole dit Pierre Clastres. Cette fonction s’oppose à
celle du chef de l’État car ce n’est pas un pouvoir de contrainte.
Résorber un conflit n’est pas le résoudre. Le chef indien ne tranche pas. Il doit
faire en sorte que les parties en conflit renoncent elles-mêmes au conflit. On
n’est pas dans la contrainte. Il doit le faire par sa parole, qui n’ordonne pas
mais qui persuade. Le chef indien doit, par ses mots (en évoquant notamment
l’exemplarité des Anciens), non pas ordonner que le conflit cesse, mais essayer de
convaincre les individus de renoncer au conflit. Il le fait grâce à son prestige.
Le prestige n’est pas l’autorité du chef de l’État. Le prestige est un pouvoir qui
est attribué à celui qui en bénéficie par ceux sur qui va s’exercer ce pouvoir. Le
prestige n’est pas capitalisable.
On voit donc que dans ces sociétés, il y a bien un pouvoir, non coercitif, non
étatique, mais les sociétés sont néanmoins politiques. Cependant, on pourra
objecter que la limite de ce modèle de société est qu’elles sont de faible densité
démographique. Dès que la population grandit, la nécessité d’un État, d’une
autorité politique, semble s’imposer.
III. État et liberté
Alors, comment justifier la puissance de domination de l’État, comment la rendre
légitime si cette domination est une violence qui s’exerce sur la société ?
L’argumentaire républicain dit que la puissance étatique n’est légitime et
justifiable qu’au nom de la liberté. C’est pour garantir la liberté qu’il faut
instaurer une puissance étatique. Autrement dit, sans cette force étatique, sans ce
monopole de la violence pour reprendre les mots de Weber, alors les individus
seraient dans une guerre de tous contre tous. La domination de l’État sur la
société est le seul moyen d’entraver la domination de l’homme sur l’homme, car
comme l’écrit Thomas Hobbes « L’homme est un loup pour l’homme ». En limitant ma
liberté, l’État limite celle des autres également, et procure ainsi à tous une
sécurité qui est la condition de ma liberté effective. C’est l’argumentaire
républicain tel qu’explicité dans la Déclaration des droits de l’Homme et du
citoyen de 1793.
De cet argumentaire s’est revendiquée une doctrine politique, le libéralisme. Il
consiste à dire que le rôle de l’État vis-à-vis de la société est de garantir la
liberté des individus. Le libéralisme a deux pendants :
– Le libéralisme politique. Il revient à dire que l’État doit être
philosophiquement neutre. Le rôle de l’État est de ménager à chaque individu un
espace de liberté au sein duquel il pourra déterminer ce qui est le meilleur pour
lui. L’État doit arbitrer entre les différentes libertés mais ne doit pas imposer
une conception normative de ce doit être une vie bien, le Beau, le Vrai, etc. C’est
l’État minimal.
– Le libéralisme économique. Il consiste à dire que l’État ne doit pas intervenir
dans le champ de l’économie, toujours au nom de la liberté. L’argument traditionnel
est celui d’Adam Smith : la non-intervention de l’État est préférable puisque le
marché s’autorégule, c’est la théorie de la main invisible.
L’État est donc considéré comme garantie de la liberté. C’est un paradoxe qui
consiste à dire que la domination étatique est légitime et nécessaire au nom même
de la liberté.

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