Centrale 1988, Option M, Maths. I.
∞ n
nt x et
P
Dans tout le problème, x et t désignent des réels. On se propose d’étudier quelques propriétés des séries
n=1 n!
∞ n
P nt x .
n=2
ln n n!
Partie I
∞ ∞
1o) Soient (an)n∈N et (bn )n∈N deux suites de réels telles que les séries entières an xn et bn xn aient un rayon de
P P
n=0 n=0
convergence infini.
On désigne par f(x) et g(x) les sommes respectives de ces séries. On suppose de plus que a n est strictement positif à partir
d’un certain rang.
a) Montrer que si bn est négligeable devant an lorsque n tend vers +∞, alors g(x) est négligeable devant f(x) lorsque x
N ∞
a n xn + an xn et de faire le même travail
P P
tend vers +∞. Il pourra être utile de mettre f(x) sous la forme f(x) =
n=0 n=N +1
pour g(x), N étant convenablement choisi.
b) Que dire des comportements comparés de f et g en +∞ lorsque l’on suppose cette fois que a n et bn sont équivalents
lorsque n tend tend +∞?
+∞
P t xn
2o) a) Montrer que la série n n! converge pour tout x et tout t.
n=1
+∞ n
b) Montrer que l’application Φ de R2 dans R définie par Φ(x, t) = nt xn! est continue et admet des dérivées partielles
P
n=1
en x et t continues.
c) Quelle relation peut-on écrire entre Dx Φ(x, t) et Φ(x, t + 1)?
d) Établir, pour x tendant vers +∞, t étant fixé, l’équivalence Φ(x, t + 1) ∼ xΦ(x, t).
3o) a) Donner à l’aide de fonctions usuelles une expression de Φ(x, 0), Φ(x, 1), Φ(x, 2).
b) Montrer que, pour t entier strictement positif, Φ(x, t) est le produit de ex par un polynôme dont on précisera le terme
de plus haut degré.
c) Donner, t étant un entier relatif fixé, un équivalent de Φ(x, t) quand x tend vers +∞.
Partie II
On se limite dans toute cette partie à 0 6 t 6 1 et x > 0.
1o) Établir, pour tout entier n strictement positif, les inégalités :
2
0 6 (n + 1)t − nt − t(n + 1)t−1 6 t−t
2
nt−2 6 81 nt−2 .
(n+2)t−1
2o) Établir pour tout n > 1 et pour tout t l’inégalité : nt−2 6 6 n+1
.
Le coefficient 6 peut-il être remplacé par une constante plus petite?
3o) Déduire des deux questions précédentes l’existence d’une constante L telle que pour tout x et tout t on ait la double
inégalité :
0 6 Dx Φ(x, t) − 1 + xt Φ(x, t) 6 3 2 Φ(x, t) + L.
4x
On donnera une valeur numérique de L (on ne cherchera pas la meilleure
possible).
o t ω(x, t)
4 ) a) Vérifier que l’égalité : Dx Φ(x, t) = Φ(x, t) 1 + + définit une application ω de R∗+ × [0, 1] dans R.
x x2
Montrer que la fonction ω ainsi définie est positive et bornée. En donner un majorant M (on ne cherchera pas le meilleur
possible).
b) Montrer que l’application ω est continue.
R +∞ ω(u, t)
c) Établir l’existence de l’intégrale du.
x u2
o
5 ) a) Montrer que, pour tout t, il existe un réel strictement positif K(t) tel que, pour tout x :
R +∞ ω(u, t)
Φ(x, t) = K(t)xt ex exp − du .
x u2
b) En déduire la double inégalité : K(t)xt exp x − M 6 Φ(x, t) 6 K(t)xt exp(x) et donner, à l’aide de t, un équivalent
x
de Φ(x, t) quand x tend vers +∞.
Partie III
R +∞ ω(u, t)
1 o) Établir la continuité de l’application qui au réel t ∈ [0, 1] associe du. En déduire la continuité de
1 u2
I’application qui au réel t ∈ [0, 1] associe K(t) (cf. II5).
2o) On donne deux réels positifs t et β tels que t + β 6 1. On admet que
n−1
P k k t β
lim 1n Cn 1− k 1 .
= t+β
n−→+∞ 2 k=1 n n 2
Établir alors que, lorsque x tend vers +∞ : Φ(x, t)Φ(x, β) ∼ e2x xt+β K(t + β).
3o) Soit H une application continue de [0, 1] dans R∗ telle que H(0) = H(1) = 1 et telle que, pour tout couple de réels
positifs (t, β) tels que t + β 6 1, l’on ait : H(t + β) = H(t)H(β). Établir que H est constante. Qu’en déduire pour la
fonction K?
4o) Déduire de ce qui précede un équivalent de Φ(x, t) lorsque x tend vers +∞, d’abord pour t compris entre 0 et 1, puis
pour t réel quelconque.
Partie IV
+∞
1o) a) Montrer que, pour tout couple (x, t) de réels, la série
P nt xn est convergente ; on désignera sa somme par
n=2
ln n n!
Ψ(x, t).
Rt
b) On suppose dans la suite x > 0. Établir l’existence de l’intégrale (Φ(x, u) − x) du et comparer sa valeur Ψ(x, t).
−∞
o
2 ) On donne t et β tels que t < β. Montrer que, lorsque x tend vers +∞, Ψ(x, t) est négligeable devant Ψ(x, β).
3o) On suppose 0 < t 6 1. En utilisant l’inégalite établie, dans ce cas, en (II.5.) pour Φ(x, t), trouver un équivalent de
Ψ(x, t) quand x tend vers +∞.
4o) Étendre le résultat trouvé ci-dessus au cas où t est un réel quelconque.