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Firca Journal 09

Le document présente un état des lieux de la filière coton en Côte d'Ivoire, soulignant son importance économique pour les populations rurales du Nord et du Centre. Malgré des efforts de redynamisation, la production de coton a chuté, et le secteur textile fait face à des défis de compétitivité et de financement. Des réformes ont été mises en place pour relancer la production et améliorer la situation des producteurs et des industries locales.

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Firca Journal 09

Le document présente un état des lieux de la filière coton en Côte d'Ivoire, soulignant son importance économique pour les populations rurales du Nord et du Centre. Malgré des efforts de redynamisation, la production de coton a chuté, et le secteur textile fait face à des défis de compétitivité et de financement. Des réformes ont été mises en place pour relancer la production et améliorer la situation des producteurs et des industries locales.

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1eerr ttrimestre

rriime
messttrre
e22012
01
012 1
La filière du Progrès
Directeur de publication
Dr Pierre Ackah ANGNIMAN

Redacteur en chef
Dr OSSENI Bouraïma

Secrétaire de rédaction
Serge Aimé N’DA

Comité de lecture
Dr OSSENI Bouraïma
LORNG Jean Paul
N’DIAYE Oumar
OKOU Hervé
AYEMOU Edmond

Collaborateurs
GAGNIE épse TRA BI Isabelle
Kalilou SAMBAKE
KOUASSI N’DA Kouamé
KAKOU H. E. Didier
TIMI K. Serge

Contacts
Tél. : (225) 22 52 81 81
Fax : (225) 22 52 81 87
Email : [email protected]

Site web : www.firca.ci

01 BP 3726 Abidjan 01
Cocody, 2 Plateaux, 7eme tranche

Dépot légal N° 8270


du 1er Août 2007

Imprimeur
COTIM

Tirage
2 000 exemplaires

2 La Filière du Progrès n°9


EDITORIAL LE MOT DU DIRECTEUR EXECUTIF

1er trimestre 2012 3


À LA UNE FILIÈRE COTON

Radioscopie d’une filière aux enjeux sociaux indéniables

économique des populations paysannes du Nord et du Centre pour lesquelles


il constitue la principale source de revenus. Bien que n’étant pas le principal
produit agricole d’exportation, le coton a joué, depuis les années 1970, un
rôle particulièrement important dans le développement rural du Nord et du
Centre de la Côte d’Ivoire, où il représentait traditionnellement le poumon de
l’économie rurale. Cette spéculation a été la source de l’industrialisation des
villes de Bouaké, Korhogo, Dimbokro, Boundiali, etc., à travers la création en
octobre 1973 de la Compagnie Ivoirienne pour le Développement des Textiles
(CIDT) avec des unités d’égrenage.

L
es sociétés utilisant comme matières filière représentait environ 7 % des ex- Malgré cette importante action de
premières, le coton et la graine de portations du pays et générait un chiffre redynamisation de la filière, au titre
coton ont été également créées notam- d’affaires en devises de l’ordre de 100 de la campagne 2010/2011 qui vient
ment : milliards de F CFA. Le coton a produit de s’achever, la production du coton
la société TRITURAF pour la produc- en 2006, environ 58 milliards de F graine n’est que de 175 000 tonnes
tion de l’huile de coton, CFA de chiffres d’affaires en devises et avec un rendement de 900 kgs/ha qui
les Etablissements Gonfreville pour en 2009, ce chiffre a connu une chute reste toujours inférieure à l’objectif de
la filature et l’impression. drastique, s’établissant pratiquement à croissance de 350 000 tonnes de la
D’autres industries ont été créées à la moitié de celui de 2006, soit un mon- Stratégie sectorielle coton et à 400 000
Dimbokro et à Agboville ayant pour tant de 29 milliards de F CFA. tonnes avant la crise.
matières premières, les fils de coton. Fort de ces dysfonctionnements, l’Etat En effet, pour une reprise effective de
de Côte d’Ivoire a mis en place en la production, le Gouvernement a en-
A la fin des années 1990, la produc- octobre 2007, un plan d’actions pour trepris la réforme des Filières Coton et
tion a atteint un pic de 400 000 tonnes la mise en œuvre de la Stratégie Secto- Anacarde depuis août 2011 dans le
de coton graine avec des rendements rielle Coton en vue de la relance de la cadre de la relance du secteur agricole
les plus élevés au monde en culture plu- production cotonnière avec un objectif en Côte d’Ivoire.
vial avec 1400 kgs/ha. En 2001, la de 350 000 tonnes de coton graine. La culture du coton est stratégique pour

4 La Filière du Progrès n°9


le Nord et le Centre du pays, car elle
permet de développer la culture vivrière
facteur important de lutte contre la sé-
curité alimentaire, aux producteurs de
s’équiper, d’améliorer leur niveau de
vie et de lutter contre la pauvreté.
Ainsi, pour un éclairage succinct, notre
intervention portera successivement sur
la situation actuelle et les perspectives
de développement de la Filière Coton
ivoirienne.

LA SITUATION PRESENTE DE LA FILIERE


AVEC LES PRINCIPAUX ACTEURS dont les plus importantes sont : AFCHEM-
Les Sociétés Cotonnières : Enca- SOFACO, HYDROCHEM, STEPC, RMG
Les Producteurs drement des producteurs, pro-
Callivoire, Bayer, ALM.A.O. Ces firmes
duction et exportation de coton
En 2001, la filière faisait vivre direc- sont regroupées au sein d’une asso-
fibre
tement 180 000 producteurs selon le ciation dénommée UNIPHYTO crée
Les sociétés cotonnières au nombre
recensement national agricole. Afin de en 1986 et devenue CROPLIFE Côte
de quatre (CIDT, Ivoire Coton, COIC,
faire face aux activités de production et d’Ivoire en 2008.
SECO) et les sociétés d’égrenage
de commercialisation, les producteurs
(DOPA, SICOSA) sont chargées d’égre-
ont mis en place des coopératives et Les Sociétés de filature/textile
ner le coton graine en provenance des «
des groupements informels. Ces grou- L’industrie textile ivoirienne est appa-
marchés coton » organisés en présence
pements ont constitué des unions qui rue au milieu des années 1920. Elle a
des représentants des coopératives et
leur ont permis de créer l’Association connu une expansion rapide durant les
de leurs conseillers agricoles.
des Faitières de la Filière Coton en Côte années 1970, notamment dans le sec-
Aujourd’hui, les missions des sociétés
d’Ivoire (AFFICOT-CI) pour la défense teur de la filature et du tissage grâce au
cotonnières se résument à :
de leurs intérêts et la promotion de leur dynamisme des sociétés ERG à Bouaké,
La modernisation des exploitations
corporation. COTIVO à Agboville et UTEXI à Dim-
par le conseil agricole et la promo-
Selon l’AFFICOT-CI, leur effectif est bokro.
tion de la culture attelée ;
compris aujourd’hui entre 85 000 et 90 Dans l’économie ivoirienne, le sec-
L’approvisionnement en intrants (se-
000 producteurs en Côte d’Ivoire, avec teur textile se mesure par le nombre
mences, engrais, insecticides, maté-
environ 3,5 millions de personnes vi- d’emplois créés. Il offre plus de 5000
riel agricole ;
vant indirectement de cette spéculation. emplois permanents et plus de 10 000
L’achat, le transport, l’égrenage du
Les producteurs de coton graine tra- emplois occasionnels.
coton graine ;
vaillent généralement sur des exploi- La crise que vit le pays depuis une di-
La commercialisation de la fibre et
tations d’environ trois (3) hectares, en zaine d’années, a mis en évidence que
de la graine de coton ;
moyenne, allant de 1 à 7 hectares. Il le secteur textile souffre de graves pro-
La création et l’entretien des pistes
existe de gros producteurs, en nombre blèmes de compétitivité, notamment en
rurales.
réduit, qui cultivent entre 20 et 30 hec- raison d’une concurrence déloyale de
La capacité nationale d’égrenage de
tares par campagne. Ces gros produc- produits importés, en particuliers des
coton graine est estimée entre 580 000
teurs utilisent des tracteurs ou bien ont pays d’Asie. Ces articles sont mis sur
à 600 000 tonnes.
recours à la culture attelée. le marché à des prix souvent inférieurs
Les sociétés cotonnières ont créé l’As-
aux coûts de revient des industries lo-
sociation Professionnelle des Sociétés
Durant la commercialisation, il y a les cales.
Cotonnières de la Filière Coton de Côte
activités de récolte du coton graine qui Ce problème n’est pas propre à la Côte
d’Ivoire (APROCOT-CI) pour défendre
se fait soit en famille, soit en coopé- d’Ivoire mais est récurrent dans tous les
leurs intérêts et participer à la gestion
ratives, soit en contrats avec des par- pays producteurs de coton de la zone F
interprofessionnelle de la filière.
ticuliers. La culture vivrière a une très CFA qui ont essayé de développer une
grande importance dans la production transformation locale à partir de leurs
Les fournisseurs d’intrants
cotonnière et représente environ 60 % matières premières agricoles.
L’essentiel des intrants et produits phy-
des surfaces emblavées.
tosanitaires est fournis par les sociétés

1er trimestre 2012 5


À LA UNE FILIÈRE COTON

Quant à la situation actuelle des indus- Une société de trituration L’Autorité de Régulation du Co-
tries locales, elle pourrait se présenter La société TRITURAF, localisée à ton et de l’Anacarde (ARECA)
comme suit : Bouaké, a été créée à l’initiative de L’Autorité de Régulation du Coton et
Les sociétés sont pratiquement en l’Etat en 1974 et mise en service fin de l’Anacarde (ARECA) est une société
cessation d’activité pour certaines et 1975 avec un triple but : d’Etat créée par le décret n°2002-449
en liquidation pour d’autres ; Mettre à disposition des consom- du 19 septembre 2002 dans le cadre
Le coût élevé des facteurs de produc- mateurs une huile de table de haute de la mise en œuvre des structures de
tion (matières premières notamment qualité, régulation et de gestion des filières
le coton fibre, pièces de rechange, Contribue au développement de agricoles ; elle est chargée de prendre
énergie, eau) ; l’élevage bovin grâce à la produc- le relais de l’Etat, en application de sa
L’absence de financement due à la tion de tourteaux de coton, politique de privatisation et de désen-
mauvaise image du secteur Textile Optimiser les ressources des usines gagement desdites filières.
auprès des banques ; d’égrenage de la CIDT.
La chute importante du chiffre d’af- Les activités de cette usine sont reprises L’ARECA est ainsi chargée de mettre
faires des sociétés COTIVO et FTG en 2010 par la société OLHEOL qui de- en place le cadre approprié et contrac-
qui est passé de 24 milliards de F vrait démarrer sa première campagne tuel devant régir le fonctionnement des
CFA à moins de 10 milliards de F au cours de la prochaine campagne de deux filières. Elle a aussi pour mission
CFA ; commercialisation. L’Etat a également de veiller au respect des règles par les
L’industrie textile qui comptait plus apporté son concours à la société OL- différents opérateurs et l’application
de 5 000 travailleurs, a aujourd’hui HEOL pour son installation. des sanctions aux éventuels contreve-
moins de 1 400 employés ; Mais, elle n’est pas encore fonction- nants.
L’inexistence d’une association pour nelle au regard des problèmes d’arrié-
la défense de leurs intérêts et la pré- rés vis-à-vis des sociétés cotonnières et
sentation de leurs préoccupations du personnel. Pour son fonctionnement
devant les Autorités et les Parte- à plein régime, la société compte 700
naires Techniques Financiers. employés dont 270 permanents.
Les filateurs ont bénéficié des appuis
financiers de la part de l’Etat mais cela LES STRUCTURES D’APPUIS
DE LA FILIÈRE COTON
n’a pas permis de relancer les activités.

6 La Filière du Progrès n°9


ducteurs ainsi que les rembourse-
ments des crédits agricoles ;
mobiliser des financements pour la
filière ;
rassurer les bailleurs de fonds poten-
tiels en leur donnant des informa-
tions statistiques fiables de produc-
tion et de transformation.
Aujourd’hui, la mission de ACE-CI dans
la filière est le contrôle de poids et de
qualité dans les unités d’égrenage et au
Port.
Les agents ACE-CI sont présents dans
les unités d’égrenage aux postes de
pesée du coton graine, de réception et
de sortie du coton fibre et de la graine
Le Fonds Interprofessionnel pour un programme minimum de recherche
la Recherche et le Conseil Agri- de coton. Ils sont également présents au
en collaboration avec les sociétés co-
coles (FIRCA) Port d’Abidjan pour le contrôle de la
tonnières. Ce programme porte sur la
Le FIRCA a été mis en place pour, qualité du coton fibre.
conservation du matériel végétal, la re-
d’une part, sécuriser le financement constitution des génotypes, la poursuite La Chambre de Commerce et
des programmes de recherche appli- de la production de semences de base. d’Industrie (CCI)
quée, de conseil agricole et de ren- Il concerne particulièrement la mul- Depuis 2010 à ce jour, la Chambre de
forcement des capacités des OPA tiplication de semences de base et Commerce et d’Industrie, structure dési-
dans les secteurs de la production le contrôle de la pureté variétale. Les gnée par l’Etat pour garantir le poids
animale et végétale et, d’autre part, expérimentations de ce programme des produits à l’exportation, a repris
pour aider les familles profession- devront être conduites sur les postes l’activité de pesage de graine et de la
nelles bénéficiaires à formuler leurs d’observation des sociétés cotonnières. fibre de coton à l’exportation. L’activité
besoins et à élaborer les cahiers La principale préoccupation des acteurs de pesage a été exercée préalable-
des charges de ces programmes, de la filière et du Gouvernement est la ment de 2005 à 2009 par l’ACE-CI.
à négocier les accords contractuels reconstruction de la station de coton sur
ainsi que pour suivre et évaluer les le site du CNRA à Bouaké. Ainsi, les L’Interprofession de la Filière Co-
activités menées. chercheurs pourront avoir tous les équi- ton (INTERCOTON)
Le FIRCA un organe d’utilité pu- pements et outils nécessaires pour ac- Ayant renouvelé ses instances en dé-
blique régi par la loi N° 2001-635 compagner la relance de la production but d’année 2008, l’INTERCOTON
du 09/10/2001 et le décret n° cotonnière proposée par la réforme des regroupe essentiellement le collège des
2002-520 du 11/12/2002. L’objet Filières Coton et Anacarde. producteurs et celui des égreneurs.
du FIRCA est d’augmenter de façon L’Association Interprofessionnelle de
substantielle, par ses actions, le re- LES STRUCTURES DE CONTRÔLE ET DE PESÉE la Filière Coton a été créée le 22 no-
venu des producteurs. vembre 2000. L’Association est admi-
Audit Contrôle & Expertise Côte nistrée par un Conseil d’Administration
Les activités du FIRCA se traduisent
d’Ivoire (ACE-CI) de 12 membres (6 de la section des
sous forme de programme portant
L’Etat de Côte d’Ivoire a signé en février producteurs et 6 de la section des égre-
sur les volets suivants :
2005, une convention avec la Société neurs). Le conseil d’Administration choi-
recherche appliquée,
Audit Control & Expertise (ACE). Les sit parmi ses membres un bureau com-
conseil et formation,
objectifs de cette convention se résu- posé du Président, du Vice-président,
appuis aux OPA.
ment à: du Trésorier et du Secrétaire général.
Le Centre National de Recherche fournir des statistiques fiables au Le Conseil d’Administration s’appuie
Agronomique (CNRA) niveau de la production, de la trans- sur des commissions permanentes au
La station du CNRA basée à Bouaké a formation du coton graine et de nombre de quatre : commercialisation
été dévastée aux premières heures de l’exportation de la fibre de coton ; du coton graine, encadrement, finan-
la crise de septembre 2002. Les cher- sécuriser le paiement du coton cement crédit agricole et facteurs de
cheurs ont mis actuellement en place graine commercialisé par les pro- production.
1er trimestre 2012 7
À LA UNE FILIÈRE COTON

ÉVOLUTION DE LA PRODUCTION DU COTON GRAINE ET DE LA FIBRE DE COTON


Graphique 1: EvoluƟon en tonne de la producƟon de coton graine et de la fibre de coton de 2005 à 2011

Les Performances de la Filière Coton


La production de coton graine a connu une évolution en dents de scie, mais avec une tendance très fortement négative depuis
la libéralisation.
La production de coton graine est passée de 2005 à 2008 de 323 000 tonnes à 120 000 tonnes. Les rendements à
l’hectare sont passés de 1 100 kgs à 900 kgs au cours de la même période. Le graphique 2 ci-après présente l’évolution des
rendements de coton graine de 2005 à 2011 en Côte d’Ivoire.

Graphique 2: EvoluƟon de 2005 à 2011 des rendements en kg/ha de coton graine

La rémunération des producteurs n’a pas été également épargnée par cette tendance négative. En effet, les prix au kg aux
producteurs ont été de 185 F CFA à 150 F CFA durant les campagnes coton de 2005 et 2008.
En termes de chiffre d’affaires moyen de la production de fibre de coton, la valeur a été de 77 milliards de F CFA
en 2005 contre 34 milliards de F CFA en 2008, soit la moitié.
Cette situation inquiétante de la filière a amené le Gouvernement a faire la Déclaration de stratégie de la relance du secteur
coton en Octobre 2007.
Malgré la mise en œuvre des activités de la stratégie, la tendance « baissière » est toujours maintenue au regard des résultats
de la campagne cotonnière 2010/2011.

8 La Filière du Progrès n°9


Les actions entreprises par l’Etat tion sur la loi des Interprofessions LES PROBLÈMES ET PERSPECTIVES
dans le cadre du développement Agricoles dont l’ordonnance vient DE DÉVELOPPEMENT DE LA FILIÈRE
de la Filière
d’être signée en Conseil des Mi-
nistres du mercredi 21 décembre Les contraintes de la production,
Les actions ci-dessous peuvent être la recherche et de l’encadrement
2011
citées à titre indicatif dans le cadre Les contraintes identifiées se résument
L’apurement des arriérés de l’ex
du développement de la filière sur- comme suit :
LCCI vis-à-vis des producteurs de
tout à travers la mise en œuvre de la floraison « des coopératives en
coton graine et des travailleurs d’un
la stratégie sectorielle coton adop- promotion »
montant de 4,5 milliards de F CFA
tée en en octobre 2007, à savoir : le relâchement du système d’enca-
L’exécution de la première phase du
Le plaidoyer de l’ARECA auprès drement agricole notamment le non-
programme de relance de la culture
du Gouvernement pour la prise des respect des itinéraires techniques
attelée d’un coût de 2 milliards de F
décisions et le suivi du paiement la mauvaise répartition des pluies
CFA
effectif du complément du prix et de soit en retard au moment des levées
La réalisation du programme pilote
la subvention des intrants au profit soit abondante durant la récolte
d’appui à la restructuration et la
du producteur de coton graine ; la perturbation du système de re-
professionnalisation des OPA de la
En 2011, l’Etat a apuré la totalité cherche agronomique depuis 2002
filière d’un montant de 1 milliard de
des sommes dues d’un montant dû à la destruction de la station co-
F CFA
de 10 milliards de F CFA aux ton de Bouaké
La Déclaration de la stratégie de la
sociétés cotonnières au titre de le problème de financement des pro-
relance du secteur coton en octobre
la subvention des engrais NPK et grammes de recherche
2007 par le Gouvernement
Urée des campagnes 2008-2009 et le manque de station de recherche
La réalisation d’une étude pour la
2009-2010. coton adéquat.
mise en place d’un fonds de garan-
Pour la campagne 2011-2012,
tie dans la filière coton dont la mise
l’Etat a octroyé une subvention de L’approvisionnement
en œuvre est prévue au cours de
l’ordre de 7 milliards de F CFA en semences et intrants
cette année
pour les engrais. Les contraintes ci-après ont été identi-
etc
La suspension en 2011 du droit fiées, notamment :
d’enregistrement de 2,5 F CFA/kg les difficultés d’approvisionnement
de coton fibre exporté des producteurs en semence de qua-
La participation active à l’élabora- lité et à temps opportun

1er trimestre 2012 9


À LA UNE FILIÈRE COTON

le renchérissement du prix des fac- nalisation des OPA de la filière qui Il n’est pas superflu d’affirmer que la
teurs de production, leur insuffisance devrait conduire à la mise en place culture cotonnière a un impact positif sur
et leur disponibilité à temps d’unions de coopératives fortes et la pauvreté et la sécurité alimentaire. En
l’accroissement du risque financier dynamiques effet, les résultats d’enquête du projet
aussi bien au niveau du planteur la mise à niveau de l’Interprofession ivoiro-belge « Dynamiques agraires et
qu’au niveau des égreneurs. selon l’ordonnance signée le mer- sécurité alimentaire dans les zones co-
credi 21 décembre en Conseil des tonnières de la Côte d’Ivoire » en 2002
La transformation locale de fibre Ministres portant organisation des ont corroboré cette affirmation.
Plusieurs contraintes affectent la compé- Interprofessions Agricoles Selon cette étude, le nombre d’habitants
titivité du secteur textile. Ce sont : la mise en place du fonds de garan- vivant au-dessus du seuil de pauvreté est
le coût élevé des intrants (en particu- tie pour le financement des activités beaucoup plus élevé dans les villages
lier l’énergie et l’eau) et le manque de la filière coton cultivant du coton (95 %) que dans ceux
de financement le suivi de la mise en œuvre des le cultivant peu ou pas (76%).
le manque de formation de la main accords sur le conseil agricole et le
d’œuvre développement de la filière La mise en œuvre incessamment de la
l’importation frauduleuse et massive le suivi de la commercialisation du réforme des filières coton et anacarde
de la friperie coton graine et des activités d’ex- par l’Etat participerait certainement au
la faible compétitivité des produits portation de la fibre et la graine de redressement du niveau de la production
finis sur les marchés internationaux coton qui est aujourd’hui à 180 000 tonnes.
et une absence de produits qui ré- la réalisation de l’état des lieux
pondent aux préférences locales des unités de filature, de textiles et L’objectif de production est d’atteindre
l’obsolescence des unités de produc- de trituration en vue d’approcher la capacité nationale installée de pro-
tion, leur endettement et leur person- l’Etat et les Partenaires Techniques duction des unités d’égrenage ; elle
nel vieillissant et Financiers pour la relance des- est estimée à 600 000 tonnes de co-
la réticence des institutions de finan- dits secteurs d’activités pourvoyeurs ton graine. En effet, la réforme a pris
cement à leur accorder des prêts et de main d’œuvre qui ont fait les « en compte la vision du Gouvernement
les difficultés à disposer de la ma- beaux jours » des villes de Bouaké, d’apporter de la valeur ajoutée en

.
tière première. Dimbokro, Agboville transformant plus de 50 % des princi-
La mise en place de la salle de pales matières premières actuellement
Les Perspectives de développe- classement unique de coton fibre à exportées
ment de la filière
Bouaké
Aujourd’hui, le Gouvernement a entre-
la conduite des travaux de la ré-
pris une réforme des filières coton et
forme des filières coton et anacarde
anacarde pour relancer la machine
etc.
économique, durablement éprouvée
par la crise socio-politique, diversifier
les sources de la croissance et bénéfi-
cier des retombées de l’annulation de
la dette extérieure. Il s’agit in fine de
permettre au coton de développer et
d’organiser la production vivrière et
d’améliorer ainsi le cadre et les condi-
tions de vie des producteurs.
Dans l’attente, les actions ci-après, pro-
venant essentiellement de la stratégie,
sont en cours pour le développement de
la filière coton. Il s’agit notamment de:
la poursuite du programme d’appui
à la restructuration et la profession-

10 La Filière du Progrès n°9


À LA UNE FILIÈRE COTON

Cap sur la relance

Côte d’Ivoire, notamment dans les régions des savanes situées au nord et au
centre. Sa contribution dans le PIB était d’environ 1, 7% et de 7% dans les
recettes d’exportations dans les années 2000. Il constitue la principale source
de revenus monétaires des agriculteurs de ces zones et participe de fait à la
lutte contre la pauvreté. Il est aussi garant de la sécurité et de la souveraineté
alimentaire dans les régions de savane grâce aux cultures vivrières assolées.
Six sociétés d’égrenage (dont 5 privées) exploitent 14 usines. Après une
période de baisse drastique, la production est en nette progression depuis ces
dernières campagnes.

fortement baissé, passant de 150 000 à


moins de 45 000 en 2008-2009. Mais
l’aide de l’Etat à travers un soutien direct
aux prix des engrais en 2008-2009 de
50% et en 2009-2010 de 37% , en
2011-2012 de 25%, a fait revenir des
producteurs. Aujourd’hui, leur nombre
est remonté à plus de 80 000.
Sur le plan industriel, six (6) égreneurs
exploitent 14 usines d’une capacité
installée d’environ 600 000T. Ce sont
:CIDT (4 usines implantées à Bouaké,
Mankoni, Zatta et Séguéla), Ivoire Co-
ton ( 3 usines à Boundiali, M’Bengué,
Dianra), COIC ( 3 usines à Korhogo),
Sicosa (1 usine à Korhogo) , DOPA ( 1
usine à Bouaké).

Ces égreneurs sont regroupés au sein de


l’Association Professionnelle des Socié-
tés Cotonnières de Côte d’Ivoire (APRO-

L
a production de coton en Côte fessionnelles agricoles et groupements COT-CI)
d’Ivoire est le fait de petits planteurs informels, appartenant à une quinzaine Ce sont ainsi, l’AFFICOT-CI et l’APRO-
qui opèrent sur des exploitations d’envi- d’Unions interrégionales ou faîtières. COT-CI, les deux organisations de pro-
ron trois hectares en moyenne, super- Ces unions inter-régionales sont réunies ducteurs et d’égreneurs qui siègent au
ficies partagées avec les cultures vi- au sein de l’Association des Faîtières de sein de l’INTERCOTON, l’organisation
vrières. Ces exploitations familiales sont la Filière Coton de Côte d’Ivoire (AFFI- interprofessionnelle créée en 2000 sous
reparties dans plus de 4000 villages et COT-CI). Un projet qui vise à la restructu- impulsion de l’Etat.
campements de 23 départements. ration et à la professionnalisation de ces
OPA est en cours. Il faut cependant rappeler que l’organi-
La culture du coton est donc pratiquée sation interprofessionnelle était à l’origine
sur plus de la moitié du territoire ivoirien. Depuis les années 2000, marquées par composée de plus de deux collèges :
Ces producteurs sont regroupés dans la privatisation du secteur, la crise socio- producteurs, sociétés cotonnières, fila-
plus d’un millier d’organisations pro- politique, le nombre des producteurs a teurs, triturateurs, financiers, recherche

1er trimestre 2012 11


À LA UNE FILIÈRE COTON

et de l’ANADER. Aussi, Les séances de l’Etat, du secteur et des appuis extérieurs ma de multiplication de semences, la
négociations internes ont-elles démon- ont permis de faire remonter en 2009- culture attelée, le renforcement de capa-
trées que seuls les producteurs et les 2010, la production à 185 347 tonnes, cités des OPA, la réhabilitation de la
égreneurs avaient des intérêts réellement soit une amélioration de 50% par rap- salle nationale de classement de la fibre
convergents. C’est pourquoi l’Assem- port à la campagne précédente et en de coton ,…
blée Générale mixte de 2008 a pris la 2010/2011, 174 689 tonnes de coton
décision de réduire l’INTERCOTON graine. Les prévisions de production En termes de perspectives, la dynamisa-
à deux collèges : producteurs et égre- pour 2011-2012 sont intéressantes. En tion du Conseil Agricole par sa mutua-
neurs, les acteurs de première ligne, à effet, environ 240 000T de coton graine lisation à travers le Fonds Interprofes-
l’image des interprofessions cotonnières sont attendues. Et les acteurs comptent sionnel pour la Recherche et le Conseil
de la sous-région Ouest-africaine (Bur- mettre tout en œuvre pour maintenir Agricoles (FIRCA), la mise en place par
kina, Benin,…). cette progression. l’INTERCOTON du système d’identifi-
cation des producteurs et de traçabilité
240 000 TONNES ATTENDUES Il est important de souligner que cette de la production, ainsi que les reformes
relance de la production est consécutive en élaboration par le gouvernement,
La production de coton graine a connu à plusieurs actions dont les plus consé- devraient aider à maintenir le cap de la
une évolution remarquable pour at- quentes sont des appuis directs de l’Etat relance et assurer un revenu acceptable
teindre les 400 000 tonnes en 1999- sur le prix des engrais soulignés plus aux producteurs.
2000 et 2002-2003. Depuis la cam- haut, les aides de l’Union Européenne. Le coton graine leur sera acheté au
pagne 2003-2004, cette production a Celles-ci ont permis de financer des pro- cours de cette campagne, à 265 F le
fortement baissé pour se situer à 145 000

.
jets tels l’assainissement financier de la kilogramme du 1er Choix et à 240 F, le
tonnes en 2006-2007, 120 000 tonnes filière (payement des arriérés dûs aux 2ème choix. Ces prix, il faut le noter, sont
en 2007-2008 et 123 856 tonnes en producteurs de l’ex LCCI. Ce qui leur a les meilleurs de la sous-région
2008-2009. Des efforts conjugués de redonné confiance), la relance du sché-

ÉVOLUTION DE LA PRODUCTION DE 2000 A 2011

Superficie (Ha) Production coton Rendement au Rendement fibre Production fibre


Années graine (T) champ Kg/Ha (tonne)
2000-2001 248 478 280 565 1 129 42,68 122 518

2001-2002 282 678 396 279 1 402 43,55 171 160

2002-2003 269 730 380 204 1 410 43,51 171 928

2003-2004 206 387 180 144 812 43,76 78 839

2004-2005 269 486 323 067 1 194 43,32 139 960

2005-2006 243 246 261 845 1 277 43,51 116 530

2006-2007 191 992 145 648 758 43,53 63 478

2007-2008 138 889 119 716 862 43,83 52 475

2008-2009 141 234 123 138 872 42,96 52 807

2009-2010 186 666 185 347 993 44,36 82 230

2010-2011 217 331 174 689 804 43,85 76 119

12 La Filière du Progrès n°9


À LA UNE FILIÈRE COTON

La cohésion maintient l’INTERCOTON

de maintenir les fondamentaux de notre filière qui aurait pu disparaître’’ tel


est le premier mot lâché par Monsieur TUO LACINA, Président du Conseil
d’Administration de l’INTERCOTON, qui dans cette interview accordée à la
Filière du Progrès, lève un coin de voile sur cette organisation.

M
COTON ?
onsieur le président, présen-
tez-nous brièvement l’INTER-
du coton graine aux producteurs, la
production de semences de qualité, le
conseil agricole…
interprofession se réunit au moins une
fois chaque trois mois pour examiner
les préoccupations du moment, prend
M. TUO Lacina : L’INTERCOTON Elle assure par ailleurs la représenta- des décisions et résolutions et veille à
existe depuis 2000, elle est l’organi- tivité de la filière auprès des pouvoirs leur application. Hormis les réunions du
sation interprofessionnelle du secteur publics et des partenaires au dévelop- Conseil d’administration, elle organise
coton en Côte d’Ivoire. Elle est de type pement et autres. Elle travaille aussi à selon le besoin, des concertations plus
associatif et regroupe les organisations instaurer des règles de disciplines, de larges pour examiner et trouver des
professionnelles des producteurs, (AFFI- communication, de cohésion, de solida- solutions consensuelles aux préoccupa-
COT-CI) et celle des égreneurs, (APRO- rité dans cette filière et à promouvoir le tions communes.
COT-CI). coton ivoirien ici et hors de nos fron- Cette organisation est aussi dotée d’un
tières. Secrétariat Exécutif basé à son siège à
Comme la plupart des organisations du Abidjan, avec un personnel permanent
genre, elle travaille à renforcer l’effica- Comment se fait votre intervention qui s’occupe au quotidien de mettre en
cité et la cohésion de la filière à travers sur le terrain? œuvre les décisions prises. Il est aidé
diverses actions telles : l’organisation Il faut savoir que l’INTERCOTON est par le Bureau du Conseil d’Administra-
de concertations permanentes ou pério- dotée d’un Conseil d’Administration tion composé de quatre membres.
diques autour des sujets d’intérêt com- de 12 membres : 6 pour les égreneurs Depuis 2011, l’interprofession traduit
mun comme, la fixation du prix d’achat et 6 autres pour les producteurs. Cette ses décisions majeures d’intérêt com-
1er trimestre 2012 13
À LA UNE FILIÈRE COTON

années, cela joue sur notre trésorerie.

Quels sont vos rapports avec l’ARE-


CA et les autres structures impli-
quées dans la Filière Coton Ivoi-
rienne?
Nos rapports avec l’ARECA et les autres
structures impliquées dans la filière sont
cordiaux. On travaille ensemble à faire
avancer cette filière importante au plan
économique et social.

Quels sont les faits qui ont marqué


positivement et négativement votre
activité durant l’année 2011 et les
perspectives pour l’année 2012 ?
mun en accords interprofessionnels versé notre pays, de maintenir les fon- L’année 2011a été marquée négative-
(AIP). L’AIP est l’un des outils majeurs de damentaux de notre filière qui aurait ment par la crise postélectorale et ses
la gestion interprofessionnelle. Grâce à pu disparaître. Aujourd’hui, nous pour- conséquences. Quant aux faits positifs,
l’Union Européenne, les capacités des suivons nos efforts avec les appuis de je citerai le retour à la paix, la subven-
acteurs de notre filière ont été renfor- l’Etat et de ses partenaires, pour relan- tion de 7 milliards accordée par l’Etat
cées en 2010 sur la pratique des AIP. cer la production qui après avoir chu- sur le prix de cession des engrais aux
Sachez aussi que nous sommes en train tée à 120 000 T de coton graine il y a producteurs, les deux visites du Ministre
d’ouvrir une antenne à Korhogo. Ce quelques années, atteindra cette cam- de l’Agriculture dans le bassin coton-
qui permettra d’être en permanence pagne les 240 000 à 250 000 T. nier notamment à Korhogo, le démar-
plus proches des acteurs du terrain et rage avec l’appui du FIRCA du conseil
des réalités quotidiennes. Quelles difficultés rencontrez-vous agricole amélioré, la mise en place de
dans la mise en œuvre de vos acti- notre système de statistique et de traça-
Quels sont les acquis de l’INTERCO- vités? bilité, le SITRACOT.
TON au profit de la Filière Coton? Comme difficultés notables, nous pou- En termes de perspectives, en 2012,
Les acquis de l’INTERCOTON au profit vons citer le fait que nous mettons par- nous comptons poursuivre nos efforts
de la Filière Coton sont nombreux. Ce fois du temps à parvenir à un consen- pour maintenir le cap de la relance de
sont entre autres, la cohésion, le sérieux sus autour de certaines préoccupations la production.
et la confiance que notre filière inspire communes. Mais cela est normal, vu
de plus en plus. A tel point que je dirais les enjeux. Dans l’ensemble, les uns et Votre mot de fin Monsieur le Président
que si l’INTERCOTON n’existait pas, les autres, font preuve généralement de du Conseil d’Administration de l’IN-
ça aurait été préjudiciable pour notre bonne fois, le reste est une question de TERCOTON ?
filière. Voyez-vous, tous les appuis dont négociation, et une négociation peut Je profite pour réitérer mes vœux de
a pu bénéficier notre filière aussi bien parfois durer avant d’aboutir à un ac- santé, de prospérité et de paix à tous
venant directement de l’Etat que de ses cord consensuel ! ! Merci à vous pour cette opportunité
partenaires, ont été négociés dans le Hormis cet aspect, nous pouvons évo- que vous me donnez de mieux faire
cadre de l’INTERCOTON. Ou bien, ils quer aussi les difficultés financières, connaitre l’INTERCOTON et ses activi-

.
ont été accordés parce que cette filière l’argent étant le nerf de la guerre, nous tés.
est dotée d’une organisation sérieuse et n’avons pas très souvent les moyens
représentative. de nos ambitions. L’INTERCOTON est Merci
financée par une redevance perçue
Notre cohésion nous a par exemple, sur la vente de la fibre. Et la produc-
permis malgré la grave crise qu’a tra- tion n’étant pas élevée ces dernières

14 La Filière du Progrès n°9


À LA UNE FILIÈRE COTON

CONCERTATION POUR LA DÉFINITION Au terme d’une série de concertations devait permettre le démarrage effectif
DES PROGRAMMES dont la dernière s’est tenue le 07 juin du processus de collecte des cotisations
Afin de répondre aux attentes de la 2005, des points d’accord ont été obte- n’a été pris que le 21 mars 2008.
Filière Coton, le FIRCA après avoir or- nus avec les opérateurs de la filière, à
Suite à la signature de l’arrêté n°013
ganisé des ateliers de planification puis savoir :
MINAGRI/MEF du 21 mars 2008 et
de validation a retenu, en accord avec un taux maximal de cotisation de 5
aux différentes rencontres du FIRCA
les opérateurs de la Filière Coton, une F/Kg de coton graine pour la pé-
avec l’ARECA et l’Intercoton en vue
enveloppe de neuf (9) projets dont : riode quinquennale 2005-2010
d’organiser la collecte de la cotisation
un taux de cotisation de 5 F/Kg à
professionnelle, la mobilisation des
3 projets de Recherche pour un coût compter de la campagne 2006-
ressources a démarré effectivement
de 1 244 000 000 F. CFA 2007, avec la répartition suivante :
à partir du 1er avril 2008. La Filière
1 projet de Conseil Agricole pour un Coton a mobilisé à ce jour un montant
coût de 35 890 700 000 F. CFA Guichet I, Recherche appliquée:
de 179 234 779 FCFA collecté sur la
1 projet de Renforcement des ca- 20%
période avril-juin 2008.
pacités des OPA pour un coût de
788 400 000 F. CFA Guichet II, Conseil agricole : 60% MISE EN ŒUVRE DES PROJETS
4 projets d’Etudes et d’Appuis DE LA FILIÈRE COTON
institutionnels pour un coût de Guichet III, OPA : 10%
178 300 000 F. CFA Le décalage entre la signature des
Guichet IV, Caisse de solidarité : textes règlementaires devant entériner
Soit un coût total de 8 101 400 000 5% les accords et le démarrage effectif de
F. CFA. la collecte des cotisations, a eu des
Guichet V, Fonctionnement : 5%. conséquences sur la mise en œuvre des
CONCERTATION POUR LA FIXATION projets. En effet, le catalogue de pro-
DES TAUX DE COTISATION Malgré, le décret n° 2006-80, enté- jets retenu par la filière depuis 2005
rinant les accords avec la profession n’a pas été exécuté comme prévu sur la
signés le 31 mai 2006, l’arrêté qui
1er trimestre 2012 15
À LA UNE FILIÈRE COTON

période 2005-2006. tivement à ses attentes et comprenant : par INTERCOTON au FIRCA


un programme d’actions prioritaires le montant de l’enveloppe pour
Pour répondre aux besoins actuels de à démarrer dans les six derniers mois le financement des prestations du
la filière, le FIRCA a profité de l’orga- de l’année 2008 ; Conseil Agricole Coton sera précisé
nisation de l’atelier sur les itinéraires un programme d’actions à conduire par INTERCOTON
améliorant dans la culture coton pour pour les deux prochaines années ; conformément à l’AIP, la répartition
soumettre l’actualisation du catalogue la définition du rôle de chaque partie de l’enveloppe pour le Conseil Agri-
de projets aux opérateurs de la filière. prenante dans la mise en œuvre des cole entre les structures éligibles est
En effet, adoptée par la Filière Coton actions ; faite au prorata du nombre de pro-
depuis trois ans, la mise en œuvre de une évaluation financière actualisée ducteurs à encadrer et du poids pré-
ces projets appelle des ajustements de chaque activité. visionnel de la production.
stratégiques au regard des intérêts des
acteurs, des bénéficiaires et des res-
MISE EN ŒUVRE
DU CONSEIL AGRICOLE
sources disponibles. PERSPECTIVES
Suite à la signature de l’Accord Inter-
De façon spécifique, les participants ont professionnel (AIP) relatif au Conseil Les actions futures que le FIRCA compte
procédé à une actualisation mais éga- Agricole Coton, une rencontre INTER- mener pour la Filière Coton s’inscrivent
lement à une priorisation des actions à COTON/FIRCA s’est tenue le 12 mai dans l’optique d’améliorer la compétiti-
conduire pour le compte de la filière. 2011, sur les modalités de mise en vité de la filière, notamment ses perfor-
œuvre de la gestion du Conseil Agricole mances en termes d’augmentation des
Au regard des actions engagées en Coton, conformément audit accord. Au rendements en plantation et d’appui à
collaboration avec l’Union Européenne terme de la rencontre, les parties se l’organisation et au fonctionnement des
et en l’absence de consensus sur le sont accordées sur les points suivants : coopératives. Ainsi, les actions prévues
zonage pour la réalisation de l’enca- le cahier des charges déjà validé est à court et moyen termes s’articulent
drement, le FIRCA a invité la profession toujours valable et devra être actua- autour des axes portant sur le renfor-
à faire des propositions d’actions per- lisé en tenant compte de l’AIP cement des capacités des organisations

.
tinentes en rapport avec les ressources pour la période transitoire, l’éligibi- de producteurs de coton par le Conseil
collectées. lité des structures au Conseil Agricole agricole, l’appui aux OPA, la recherche
Coton est de la responsabilité de et les études
Ainsi, au terme de la rencontre, il est re- l’INTERCOTON
venu à la Filière Coton de proposer un la liste des structures éligibles au
catalogue de projets qui réponde effec- Conseil Agricole Coton est transmise

16 La Filière du Progrès n°9


À LA UNE FILIÈRE COTON

Les actions de l’ARECA pour la Filière Coton


par M. BAMBA Mamadou, PCA

des producteurs (AFFICOT-CI) et


celle des égreneurs de coton (APRO-
COT-CI) sur le conseil agricole et sur
l’organisation de la filière ;
L’accord sur le conseil agricole re-
prend le principe de contractualisa-
tion du conseil agricole. A cet effet
les prestataires tels que les sociétés
cotonnières et les unions de produc-
teurs devront soumissionner auprès
du FIRCA et seront évaluées en fin
de campagne et rémunérées en
conséquence.

LES ACQUIS DE L’ARECA AU PROFIT DE LA d’enregistrement de 2,5 F CFA/kg


LES PERSPECTIVES
FILIÈRE PEUVENT SE RÉSUMER AUX POINTS de coton fibre exporté ;
La production prévisionnelle attendue
CI-APRÈS : La participation active à l’élabora-
est de 254 000 tonnes de coton graine.
L’arrêté MINAGRI n°172 qui permet tion sur la loi des Interprofessions
Il est en hausse de 40 % par à la réa-
de sauvegarder les intérêts des pro- Agricoles dont l’ordonnance vient
lisation de 2010-2011, à savoir 174
ducteurs et des sociétés cotonnières d’être signée en Conseil des Mi-
677 tonnes. Par contre, il correspond à
en payant les achats de coton graine nistres du mercredi 21 décembre
54,3% de celui nécessaire à l’atteinte
et les intrants (NPK et UREE) avant 2011.
de l’équilibre de la filière estimé à 350
toute exportation de coton fibre ;
000 tonnes de coton graine. Aussi, il
Le paiement du prix d’achat de LES POINTS CI-APRÈS POURRAIENT ÊTRE
représente à peine 50% de la capacité
265 F CFA le kg le 1er choix et PRÉSENTÉS COMME BILAN EN 2011 :
nominale d’égrenage installée.
140 FCFA/kg le 2ème choix de La production de coton graine a été
coton graine pour la campagne de 174 677 tonnes sur une prévi-
La campagne cotonnière 2011-2012
2011/2012 ; sion de 224 361 tonnes de coton
s’ouvre dans un contexte marqué par
Le plaidoyer de l’ARECA auprès graine soit un taux de réalisation de
une augmentation significative des ob-
du Gouvernement pour la prise des 80 % ; la quasi-totalité de la produc-
jectifs de production, un signe que les
décisions et le suivi du paiement tion de coton graine a été achetée
actions menées depuis l’adoption de la
effectif du complément du prix et de en 1er choix ;
stratégie sectorielle coton et les appuis
la subvention des intrants au profit Au total, 76 503 tonnes de fibre
constants de l’Etat commencent à porter
du producteur de coton graine ; ont été produites au titre de la cam-
du fruit.
En 2011, l’Etat a apuré la totalité pagne 2010-2011, avec un rende-
des sommes dues d’un montant de ment à l’égrenage de 43,89 % ;
Également, des changements impor-
10 milliards de F CFA aux sociétés Au niveau des exportations de coton
tants pourraient intervenir avec les ré-
cotonnières au titre de la subvention fibre, un niveau de 70 000 tonnes
flexions en cours sur la réforme de la
des engrais NPK et Urée des cam- pourrait être atteint jusqu’à la fin
Filière Coton. Les nouvelles orientations
pagnes 2008-2009 et 2009-2010. décembre 2011. La valeur FOB des

.
de cette réforme permettront de redéfi-
Pour la campagne 2011-2012, exportations a atteint 64,2 milliards
nir les activités et les modes d’interven-
l’Etat a octroyé une subvention de de F CFA contre 59,5 milliards de F
tions des différents acteurs
l’ordre de 7 milliards de F CFA pour CFA en 2010.
les engrais. La conclusion de deux accords inter-
La suspension en 2011 du droit professionnels entre l’association

1er trimestre 2012 17


LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE INSTALLE LE COMITÉ DE PILO-
INFOS DU WAAPP TAGE DU PPAAO/WAAPP CÔTE D’IVOIRE ET LE MET AU TRAVAIL

Le Ministre de l’Agriculture installe le Comité de Pilotage


du PPAAO/WAAPP Côte d’Ivoire et le met au travail
tenue la première session ordinaire du Comité de Pilotage (CP) dudit programme,
le lundi 12 septembre 2011, à Abidjan-Plateau. Présidé par M. Mamadou
SANGAFOWA COULIBALY, Ministre de l’Agriculture (MINAGRI), cette rencontre a
vu la participation effective des membres du Comité de Pilotage, avec à leur tête,
M. COULIBALY Siaka Minayaha, Directeur de cabinet du MINAGRI et président
dudit Comité des représentants de la Banque Mondiale, du Président du Conseil
d’Administration du FIRCA, ainsi que des Directeurs Centraux du Ministère de
l’Agriculture et des institutions agricoles de Côte d’Ivoire.

40.2 millions de $ US, provenant de


l’International Development Associa-
tion (IDA) pour 30.0 millions, le Glo-
bal Food Crisis Response Programme
(GFRP) pour 6 millions, la contrepartie
ivoirienne pour 3.0 millions, la Filière
Café-Cacao (CGFCC) pour 0.30 mil-
lion et les bénéficiaires pour 0.9. Mil-
lion, en nature.
Les échanges qui ont suivi, ont donné
l’occasion aux participants de fournir et
d’échanger des informations pour une
compréhension claire du programme et

L
e volet Côte d’Ivoire du PPAAO/ misme, dans son rôle d’organe d’orien- mieux exécuter leur mission. C’est sur
WAAPP, a été signé le 12 juin tation dudit Programme. des notes d’encouragement et d’espoir
2011. Pour véritablement démarrer les C’est pourquoi, le Ministre de l’Agricul- en une collaboration franche et har-
activités du WAAPP en côte d’Ivoire, ture a insisté sur la nécessité d’une col- monieuse entre les différents organes
le Ministre de l’Agriculture a procédé laboration harmonieuse entre l’Unité de du projet, que M. COULIBALY Siaka
le lundi 12 septembre 2011 au 23ème Coordination Technique et Fiduciaire Minayaha, Président du Comité de Pilo-
étage de la CAISTAB au Plateau, à l’ins- (UCTF) logée au FIRCA, d’une part et la tage a mis fin aux travaux de la pre-
tallation du Comité de Pilotage dont la Direction de l’Evaluation et du Contrôle mière session du Comité de Pilotage du
cérémonie à également donné lieu à la des Projets (DECOP) du MINAGRI PPAAO/WAAPP1.B.
première réunion. d’autre part, ainsi qu’à la motivation
des agents commis aux tâches de Se- Signalons que le PPAAO/WAAPP s’ar-
Le Ministre de l’Agriculture, en validant crétariat Technique (ST) et de Suivi-Eva- ticule autour de quatre composantes
l’installation officielle du Comité de luation Externe. qui sont : (i) Conditions Propices à la
Pilotage du WAAPP/PPAAO, a expri- Dr ANGNIMAN Ackah Pierre, Direc- Coopération Régionale en Matière de
mé l’importance que le gouvernement teur Exécutif du FIRCA et Coordinateur Développement et de Dissémination de
ivoirien attache à ce programme pour du PPAAO/WAAPP, s’est appesanti sur Technologies Améliorées (ii) Centres
l’amélioration de la productivité de le Programme de Travail et le Budget Nationaux de Spécialisation (iii) Finan-
l’agriculture ivoirienne, afin d’atteindre Annuel du WAAPP Côte d’Ivoire. De cement à la Demande du Développe-

.
les objectifs de modernisation et de son exposé, les participants ont pu rete- ment et de l’Adoption des Technologies
compétitivité. Il a ensuite dit attendre du nir que le coût du projet WAAPP pour et (iv) Coordination, Gestion, Suivi et
Comité de Pilotage, efficacité et dyna- les 5 premières années, est estimé à Evaluation du Projet

18 La Filière du Progrès n°9


INFO DU WAAPP COOPÉRATION RÉGIONALE EN MATIÈRE DE DÉVELOP-
PEMENT ET DE DIFFUSION DE TECHNOLOGIES

Les 07, 08 et 09 septembre 2011, le FIRCA a organisé à Yamoussoukro, un atelier


de formation au bénéfice des agents des structures impliquées dans la production
et de la diffusion de semences certifiées des cultures retenues par le PPAAO/
WAAPP. Cet atelier s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre des activités de
la composante 1, portant sur les Conditions propices à la coopération régionale
en matière de développement et de diffusion de technologies du PPAAO/
WAAPP. Placé sous la présidence du Ministre de l’Agriculture, l’atelier avait pour
objectif d’informer et de former ces agents sur le processus de certification
des semences et plants notamment le contrôle de qualité, la certification et la
commercialisation des semences et plants dans l’espace CEDEAO.

L’agriculture moderne dépend certes


de l’utilisation de différents intrants
notamment les engrais chimiques, les
pesticides, mais surtout des semences
améliorées. D’après la FAO (1998),
la bonne qualité de la semence contri-
bue à elle seule à près de 40 % dans
l’accroissement des rendements. Face
à cette situation, il apparaît urgent de
poser les problèmes tels qu’ils se pré-
sentent et de proposer des solutions ap-
propriées. C’est ce que vient de faire le
FIRCA à travers l’atelier d’information
et de formation sur la certification des
semences et plants, dans le cadre des
normes du règlement et des directives
de la CEDEAO, qui s’est tenu du 06 au
10 Septembre 2011 à Yamoussoukro.
A ce jour, en dehors des cultures maraî- sélectionnées.
chères et du maïs hybride, le secteur Avec la mise en œuvre du PPAAO/
Durant les premières années d’indépen-
privé n’intervient pas dans le réseau WAAPP, les agriculteurs africains nour-
dance en effet, plusieurs structures (insti-
d’approvisionnement des agriculteurs rissent l’espoir de se procurer désor-
tuts de recherche et sociétés de dévelop-
en matériel végétal de qualité. En l’ab- mais, des semences de qualité et de
pement) intervenaient dans le domaine
sence de cadre institutionnel incitatif traçabilité sous régionale. C’est par
semencier. Elles avaient pour mission,

.
et à cause de l’étroitesse des marchés l’adoption des recommandations et la
entre autres, d’encadrer les paysans.
nationaux, les sociétés privées ne sont remise des diplômes aux participants
Ainsi, toutes les principales cultures
pas enclines à investir dans le secteur que l’atelier a pris fin
vivrières (riz, maïs, sorgho, ignames,
semencier.
légumes), fruitières et plantes fourra-
gères étaient couvertes. Les années
Aujourd’hui dans les pays développés,
1990 ont connu la libéralisation de la
la production des semences est princi-
production et de la commercialisation
palement assurée par des semenciers,
des semences et plants. Cependant, les
terme désignant des entreprises spécia-
résultats escomptés ont été décevants.
lisées dans la sélection, la production
et la commercialisation de semences
1er trimestre 2012 19
ATELIER SOUS RÉGIONAL D’IDENTIFICATION DES
BESOINS DE LA FILIÈRE BANANE PLANTAIN, DE PLANI-
INFO DU WAAPP FICATION ET DE VALIDATION DES PROGRAMMES
DU CENTRE NATIONAL DE SPÉCIALISATION

La Côte d’Ivoire se prépare à Produire suffisamment


de la banane plantain pour la sous région
L’amélioration de la productivité agricole est prônée comme facteur
d’intégration régionale par le PPAAO/WAAPP. A ce titre, la banane plantain a
été choisie comme filière de spécialisation en Côte d’Ivoire. Afin d’identifier
les besoins des acteurs nationaux et sous-régionaux de cette filière, le
FIRCA, agence d’exécution du PPAAO/WAAPP, a organisé du 27 septembre
au 01 octobre 2011, un atelier à Grand-Bassam en Côte d’Ivoire. Ce sont 45
participants dont 10 représentants des institutions sous régionales, des pays
de la CEDEAO et de la France, qui ont pu partager les expériences des pays et des
partenaires régionaux en matière de génération, de transfert et de diffusion de
technologies ainsi que de la commercialisation de la banane plantain. Ils ont
aussi identifié le potentiel et les besoins de la filière pour définir des actions à
mener afin d’atteindre les résultats et objectifs du PPAAO/WAAPP.

P
roduit de grande consommation, la Nigéria qui contribuent ensemble pour cole, des acquis notables existent dans
banane plantain constitue une des 60% de la production régionale. En les centres et laboratoires de recherche
bases de l’alimentation des popula- Côte d’Ivoire, l’offre de banane plan- et il faut mettre à profit les ressources
tions rurales et urbaines mondiales en tain sur les marchés consommateurs est du PPAAO/WAAPP, pour renforcer la
générale et africaines en particulier. En insuffisante et saisonnière. La banane génération de technologies, leur trans-
effet, la production annuelle mondiale plantain est en général produite dans fert et leur adoption par un nombre si-
de banane plantain, est de l’ordre de des systèmes extensifs, basés sur des gnificatif d’acteurs de la Filière Banane
15 millions de tonnes. techniques rudimentaires, des cultivars Plantain.
L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du sensibles aux maladies et ravageurs. Pour répondre à cette attente, l’atelier
Centre constituent les principales ré- Toutes ces contraintes affaiblissent de Bassam visait donc à élaborer un
gions productrices de cette denrée les rendements des variétés locales à plan de développement de la Filière Ba-
dans le monde avec 44 % de la pro- faible potentiel de production. En dépit nane plantain en Côte d’Ivoire, soutenu
duction, avec les pays comme le Came- des faibles investissements publics et par des programmes de recherche et
roun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le privés pour soutenir la recherche agri- développement et de diffusion du CNS

20 La Filière du Progrès n°9


pertinents pour les quatre prochaines Agricoles (PNIA), comme faisant par- pour l’exécution des programmes de
années, afin d’augmenter la produc- tie des principales spéculations dont recherche et développement et de diffu-
tion nationale pour faire face au besoin le développement constituera un levier sion du CNS, de définir les rôles et res-
des consommateurs tant nationaux que important pour la croissance agricole, ponsabilités de chacun de ces acteurs ;
sous-régionaux. la réduction de la pauvreté et la sécu- de discuter et valider un programme de
Il s’agissait plus spécifiquement, d’iden- rité alimentaire en Côte d’Ivoire. renforcement des capacités des acteurs
tifier les besoins de la filière en termes nationaux du CNS et de valider un pro-
d’actions à mener afin d’atteindre les Il a par conséquent invité le FIRCA, gramme de mobilité des chercheurs et
résultats et objectifs du programme, de Agence d’Exécution du PPAAO / autres acteurs clés.
proposer et valider les programmes de WAAPP et les acteurs nationaux du Pro-
R/D et de diffusion du CNS. A cette oc- gramme sur la banane plantain, à éta- Il faut signaler que les principaux tra-
casion, Dr ANGNIMAN Ackah Pierre, blir les meilleurs liens de coopération vaux de l’atelier ont été conduits au-
Directeur Exécutif du FIRCA et Coor- et de collaboration avec les institutions tour de trois (3) groupes de travail, à
donnateur national du PPAAO/WAAPP internationales présentes à l’atelier savoir, la production, la conservation
a dit en substance : « Notre plaisir est de Bassam, car a-t-il conclu « Je suis et la transformation et enfin, l’accès au
d’autant plus grand que nous nous réu- convaincu que cette étroite collabora- marché et l’organisation de la Filière
nissons avec d’éminents chercheurs, tion permettra au Centre National de Banane Plantain, en tenant compte des
agents de développement, producteurs Spécialisation sur la Banane Plantain, principaux secteurs de la chaine de
et opérateurs privés de la production de jouer son rôle dans notre espace valeurs de la banane plantain.
et de la transformation de la banane CEDEAO, pour le plus grand bien des
plantain, venant de divers horizons populations bénéficiaires ». L’atelier de Bassam vient ainsi de je-
pour aborder une problématique qui ter, les bases d’une réflexion qui fera
présente un intérêt certain pour notre Durant cinq jours, les travaux en com- à moyen terme de la côte d’Ivoire, le

.
pays ». missions ont permis aux participants grenier de la production vivrière, du
Selon le Coordonnateur du Programme de lever et hiérarchiser les contraintes moins, de la banane plantain pour la
PPAAO/PPAAO, Côte d’Ivoire, la ba- au développement et les besoins des sous région ouest africaine
nane plantain contribue de manière acteurs nationaux et sous régionaux de
essentielle à la sécurité alimentaire, à la filière ; d’identifier les potentialités
la diversification des revenus dans les et opportunités de développement de la
zones rurales et urbaines et à la lutte filière ; de proposer des solutions pour
contre la pauvreté. juguler les contraintes ; de valider et
diffuser les programmes de recherche
Selon M. COULIBALY Siaka Minayaha, et développement et de diffusion sur
Directeur de Cabinet, représentant le la banane plantain ; de déceler les
Ministre de l’Agriculture, face à l’insé- partenariats et synergies nécessaires
curité alimentaire grandissante, au
regard de la forte baisse des taux de
productivité de l’agriculture, le présent
programme se propose d’aider à faci-
liter, d’une part, l’intégration et l’har-
monisation des politiques agricoles
nationales, et, d’autre part, l’établisse-
ment de liens étroits entre la recherche,
la vulgarisation, les producteurs et les
opérateurs privés. Rappelant les rai-
sons du choix de la Côte d’Ivoire pour
abriter le centre de spécialisation sur
la banane plantain, le représentant du
Ministre de l’Agriculture, a dit que la
banane plantain a été identifiée avec
l’igname et le manioc, dans le cadre du
Programme National d’Investissements

1er trimestre 2012 21


INFO DU WAAPP MISE EN ŒUVRE DES ACTIVITÉS DU WAAPP / PPAAO

L’igname, le manioc et le maïs en passe de devenir


des filières à part entière
La mise en œuvre du Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest
(PPAAO/WAAPP, se déroule allègrement et le FIRCA, agence de coordination
dudit programme a initié dans ce cadre, entre le 19 septembre et le 08 octobre
2011 à Grand Bassam, une série d’ateliers d’Identification des Besoins et de
Planification des Projets de la Filière Igname, Maïs et Manioc pour en faire des
filières à part entière. Des représentants des structures, des organismes et des
Professionnels de ces différentes filières y ont participé.

œuvre du Programme de Producti-


vité Agricole en Afrique de l’Ouest
(PPAAO/WAAPP), c’est une culture de
grande consommation en Cote d’Ivoire.
La culture de maïs se pratique sur toute
l’étendue du territoire national et dans
des systèmes de culture variés. Les don-
nées de 2007 révèlent qu’il est cultivé
sur environ 278 680 ha pour une pro-
duction annuelle nationale de 608 000
tonnes et pour un rendement moyen de
2,2 tonnes/ha alors que le rendement
optimum se situe entre 2,5 et 5 tonnes/
ha. Le mais occupait la 5ème place
parmi les productions vivrières en Côte
d’Ivoire en 2007.

A
vec 2,8 millions de tonnes produites fertilité des sols. En effet, l’igname est Alors que la production nationale est
par an, la Côte d’Ivoire est le deu- connue pour son exigence en fertilité. L’ac- semble-t-il suffisante pour couvrir les
xième producteur mondial d’igname croissement de la pression foncière ré- besoins de consommation en Côte
après le Nigeria. C’est d’ailleurs la pre- duit la disponibilité de terres «vierges» d’Ivoire, on assiste de plus en plus
mière culture vivrière du pays en terme recherchées par les producteurs aujourd’hui à un déficit de production
de production. La place de l’igname se d’igname de façon générale. D’où une obligeant certains acteurs, grands
justifie par les conditions climatiques et réduction de la disponibilité en igname consommateurs (brasserie, éleveurs
édaphiques favorables mais aussi, par sur les marchés à certaines périodes de de volailles, fabricants d’aliments de
un fait culturel : elle constitue l’aliment l’année. Ainsi, pour assurer une plus volaille) à se ravitailler sur le marché
de base de certains groupes ethniques. grande disponibilité de l’igname sur les extérieur.
Toutefois, le succès de cette culture reste marchés pendant de longues périodes,
lié aux conditions naturelles. La baisse il importe d’accroître la production L’analyse des circuits de distribution du
de fertilité des terres consécutive à la par une amélioration des rendements. maïs dans la sous région révèlent en
croissance démographique et aux pra- L’utilisation de nouvelles techniques de outre que tous les pays importent du
tiques culturales d’exploitation a induit production comme l’application de fer- maïs des pays voisins de façon infor-
une baisse des rendements. tilisants minéraux semble être une voie melle.
à explorer.
Dans cette situation, les paysans pra- En 2005, on a enregistré des importa-
tiquent de longues jachères, seules Quant au maïs, l’une des spéculations tions de maïs :
conditions pour la régénération de la retenues dans le cadre de la mise en au Burkina Faso à partir du Ghana

22 La Filière du Progrès n°9


et de la Côte d’Ivoire ment l’attiéké qui est aujourd’hui un filières en termes d’actions à mener,
au Mali à partir de la Côte d’Ivoire produit de grande consommation tant afin d’atteindre les résultats escomptés.
et du Burkina Faso en Cote d’Ivoire que dans la sous ré-
au Niger à partir du Nigeria, du Bé- gion. Il sert de produit de base dans de Au terme de cet atelier, les participants
nin, du Ghana et de la Côte d’Ivoire nombreuses applications industrielles ont identifié et hiérarchisé les besoins
au Bénin à partir du Togo dont : l’alimentation humaine, l’alimen- des acteurs et les contraintes au déve-
au Nigeria à partir du Bénin tation du bétail et la production d’ami- loppement de ces filières. Ils ont pro-
en Guinée à partir du Sénégal don pour lequel le manioc est la source posés des solutions pour juguler les
au Sénégal à partir du Mali. connue la plus économique. Egalement contraintes, identifiées et prioriser les
Les pays comme la Côte d’Ivoire, le Bur- utilisé dans la fabrication de plus de actions à mettre en œuvre. Un porte-
kina Faso, le Sénégal, ont importé ou 300 produits industriels, le manioc feuille de projets pour chaque filière
reçu du maïs provenant de l’Afrique du représente un créneau porteur dû à la et des fiches projets qui prennent en
Sud et de l’Amérique. fermentation de l’amidon pour produire compte les actions à mener ont en outre
de l’éthanol servant de biocarburant. été élaborés. Par ailleurs, le coût indi-
Le manioc est la deuxième culture La récente crise alimentaire mondiale catif du plan opérationnel de chaque

.
vivrière en Côte d’Ivoire en terme de dont les effets ont été fortement ressentis filière, les partenaires d’exécution du
volume de production, après l’igname dans les pays de la sous région, ren- plan, leurs rôles et leurs responsabilités
avec une production réalisée en 2007 force la nécessité de stimuler une pro- ont été définis
de 2 047 000 tonnes sur une superfi- duction nationale suffisante pour faire
cie totale de 269 430 ha, soit un ren- face à ces besoins croissants.
dement de 8 tonnes/ha alors que le
potentiel se situe à plus de 30 tonnes/ Cela passe par la prise en compte des
ha. Cela démontre l’existence de beau- préoccupations des acteurs de ces dif-
coup de contraintes à la production du férentes filières dont les difficultés ont
manioc. Pourtant, le manioc est cultivé été aggravées par la crise politico-mili-
sur presque l’ensemble du territoire taire qui a secoué le pays de septembre
ivoirien avec une prédominance en 2002 à avril 2011.
zone forestière et dans des systèmes de
production variés et de type tradition- Pour le FIRCA, agence d’exécution du
nel. Son caractère spéculatif se trouve PPAAO/WAAPP, l’objectif visé par ces
spécialement accentué dans la zone séries de rencontres était d’élaborer un
autour d’Abidjan et dans la région Est, plan de développement de chacune de
avec comme pôle de convergence, la ces différentes filières en Côte d’Ivoire
ville d’Abidjan qui absorbe près de 80 pour les quatre années à venir, en vue
% de la production totale. Aliment de d’augmenter la production nationale
base des populations dans la ceinture afin de satisfaire les besoins tant natio-
tropicale et subtropicale, le manioc est naux que sous-régionaux. Il était donc
consommé sous plusieurs formes notam- important d’identifier les besoins de ces

1er trimestre 2012 23


INFO DU WAAPP FILIÈRE PORCINE

Soutenir le développement de l’élevage


pour l’autosuffisance en protéines animales
Un atelier de planification des activités de la Filière Porcine s’est tenu le 26
septembre 2011 à Abidjan. Organisé par le FIRCA, ce atelier qui a réuni une
trentaine de personnes, s’inscrivait dans l’objectif de développement du
WAAPP/PPAAO, celui de générer et de vulgariser des technologies éprouvées
en Côte d’Ivoire et dans les pays de la CEDEAO, dans les domaines prioritaires
identifiés dans le plan d’actions du cadre de la politique agricole de la CEDEAO.
Le programme vise entre autre à contribuer à une augmentation durable de
la productivité dans les filières prioritaires retenues pour la Côte d’Ivoire que
sont : la banane plantain, l’igname, le manioc, le maïs, la volaille traditionnelle
et le porc.

reté des financements, mauvaise qualité


des aliments utilisés, manque de promo-
tion des produits porcins, faible struc-
turation de la filière, absence de pro-
gramme de prophylaxie adapté, etc.…)
pour lesquels le FIRCA, sur requête des
acteurs, a initié des projets dans les
domaines de l’amélioration génétique et
de la structuration par l’appui à la mise
en place d’une interprofession au sein
de la Filière Porcine. Pour répondre aux
enjeux futurs du marché des produits
porcins en termes de quantité, de qualité
et de présentation, de gros efforts sont
indispensables pour permettre un redé-
collage réel de cette filière.

Ainsi, dans le cadre de la mise en œuvre

L
e porc et la volaille constituent en ef- viande de porcs reparties sur tous les
des activités du Programme d’Amélio-
fet, les deux productions dont le fort marchés d’Abidjan.
ration de la Productivité Agricole en
développement peut conférer le plus Malheureusement, la production porcine
Afrique de l’Ouest (PPAAO/WAAPP
rapidement possible l’autosuffisance en a été fortement affectée par l’épidémie
– phase 1.b), financé par la Banque
protéines animales en Côte d’Ivoire. de peste porcine africaine de mai 1996,
Mondiale, le FIRCA a initié le présent
C’est pourquoi, un accent a été mis sur qui a provoqué une baisse de 64 % des
atelier de planification des projets de
le développement de la production por- effectifs de porcs modernes. Malgré ces
la Filière Porcine. Les participants ont
cine à partir des années 90. La Filière pertes aggravées par la crise depuis
au cours de cet atelier, identifié et prio-
Porcine ivoirienne est animée, en amont, 2002, la filière grâce au dynamisme de
risé les nouveaux besoins des acteurs
par deux faitières principales que sont ses acteurs, a commencé son redresse-
et les contraintes au développement de
l’APPORCI et l’UNEGABY qui contrôlent ment.
la filière. Ils ont fait des propositions de
plus de 80% du secteur moderne qui re-
solutions pour juguler les contraintes à
groupe 53 500 têtes et 1 300 éleveurs. Cependant, la Filière Porcine est confron-

.
l’élevage porcin, validé des projets pour
Le secteur aval est dominé par les char- tée à des contraintes multiples (matériel
la Filière Porcine, ainsi que les modalités
cuteries dont les principales sont SICS, génétique peu performant, faiblesse de
et les partenaires d’exécution
GID, ABC, SAFAL et les vendeuses de la formation technique des éleveurs, ra-

24 La Filière du Progrès n°9


INFO DU WAAPP MISE EN ŒUVRE DES ACTIVITÉS DU WAAPP / PPAAO

Interview du Coordonnateur Principal du Programme


de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO/WAAPP)
Le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest, en abrégé
PPAAO ou WAAPP en anglais a été initié par la Communauté Economique des
Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et mis en œuvre par le CORAF/WECARD
qui assure sa coordination régionale. ‘’Le PPAAO/WAAPP vise à réaliser au bout
de ces 10 prochaines années le maximum d’action d’investissements durable et
pérenne dans le secteur de la productivité des productions alimentaires’’ Dans
cette interview, accordée à la Radio ONUCI-FM, Dr. ANGNIMAN Ackah Pierre,
Directeur Exécutif du Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil
Agricoles (FIRCA) et Coordonnateur Principal du Programme de Productivité
Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO/WAAPP), présente ce projet et les
objectifs à atteindre pour les dix prochaines années.

O NUCI-FM : Dr Pierre Acka An-


gniman, vous êtes Directeur
Exécutif du FIRCA Parlons un peu de
ce fonds, en quoi il consiste ?
Dr Pierre Acka Angniman : Le Fonds
Interprofessionnel pour la Recherche
et le Conseil Agricoles est un fonds de
développement agricole qui est né du
dialogue entre les pouvoirs publics et
la profession agricole. Ce fonds à deux
missions essentielles :
Mobiliser des ressources financières
auprès des filières agricoles, de
l’Etat et des partenaires au dévelop-
pement
Financer des programmes qui
touchent le progrès en agriculture,
c’est-à-dire des programmes de
recherche appliquée, de conseil
agricole, de vulgarisation, de for- un programme régional qui touche financé par la Banque Mondiale, a une
mation aux métiers de producteurs l’ensemble des quinze (15) pays de composante qui concerne la mise en
et de renforcement des capacités l’espace de la Communauté Econo- place dans chaque pays de ce qu’on
des Organisations Professionnelles mique des Etats de l’Afrique de l’Ouest appelle un Centre National de Spécia-
Agricoles (OPA). (CEDEAO). Ce programme a pour lisation. Pour la Côte d’Ivoire, c’est la
objectif principal, l’amélioration de la banane plantain, le Ghana l’igname,
On parle de Programme de Produc- productivité agricole selon les types de le manioc, le taro (les tubercules). Au
tivité Agricole en Afrique de l’Ouest spéculation et le pays dans l’ensemble Sénégal ce sont les céréales sèches
(PPAAO/WAAPP). Que fait exacte- de l’espace CEDEAO. (maïs, mil, fonio, sorgho), au Mali c’est
ment le FIRCA au niveau de ce pro- le riz irrigué, au Burkina Faso, les fruits
gramme ? Vous mutualisez un peu vos re- et légumes et au Nigéria l’aquaculture.
Le Programme de Productivité en cherches ? Chaque pays ou groupe de pays entre
Afrique de l’Ouest en abrégé PPAAO On mutualise les ressources, mais sur- dans ce programme en fonction d’un
dans son sigle anglais WAAPP, est tout les technologies. Ce programme dialogue avec la Banque Mondiale.

1er trimestre 2012 25


composantes : (i) Conditions Propices
à la Coopération Régionale en Matière
de Développement et de Dissémination
de Technologies Améliorées (ii) Centres
Nationaux de Spécialisation (iii) Finan-
cement à la Demande du Développe-
ment et de l’Adoption des Technologies
et (iv) Coordination, Gestion, Suivi et
Evaluation du Projet. Le financement
à la demande représente un volet très
important du programme car il consti-
tue la base pour la dissémination des
technologies dans le milieu agricole et
surtout pour la production et la diffusion
de masse des semences améliorées et
certifiées.

La banane plantain est la spéculation


principale de la Côte d’Ivoire dans
ce programme, elle fait de notre pays
le Centre National de Spécialisation
(CNS). D’autres spéculations telles le
manioc, l’igname, le maïs, le porc,
la volaille traditionnelle et le riz sont
également pris en compte dans ce pro-
gramme.

Quelle est la durée de vie de ce


programme ?
C’est un programme qui s’étend sur dix
La Côte d’Ivoire est entré dans ce pro- culture (la Direction des productions ali- (10) ans subdivisés en deux phases de
gramme suite à un dialogue entamé de- mentaires et de la diversification et la cinq ans. Il nous appartient de faire en
puis 2009 qui s’est concrétisé par son Direction de la protection des végétaux sorte qu’au bout de ces 10 ans, nous
entrée dans ce programme en 2010. du contrôle et de la qualité) pour tout ce ayons réalisé le maximum d’investis-
qui concerne les semences et plants et sements dans le secteur de la produc-
A quel niveau se situe l’intervention de la Direction des services vétérinaires tivité des productions alimentaires et
du FIRCA dans ce programme ? du Ministère des Ressources Animales que l’action soit durable et pérenne en
C’est un programme qui a été négo- et Halieutiques. Ces trois directions sont terme de productivité.
cié entre l’Etat de Côte d’Ivoire et la les principaux acteurs du projet avec
Banque Mondiale. L’Etat a donc mobi- lesquels le FIRCA travaille. Avez-vous une idée précise du coût de
lisé des ressources pour ce programme Il y a également le Centre National ce programme sur ces 10 années ?
et a signé un accord de rétrocession de Recherche Agronomique (CNRA), Le coût sur les cinq premières années
des ressources avec le FIRCA qui assure l’Agence Nationale d’Appui au Déve- est de quarante (40) millions de dol-
la coordination de ce programme. loppement Rural (ANADER), l’Ivoirienne lars, c’est-à-dire l’équivalent d’environ
de Technologie Tropicale (I2T), l’Institut dix huit à dix neuf (18 à 19) milliards
Comment opérez-vous sur le terrain
pour l’exécution de ce programme ?
Il y a un certain nombre de directions
de notre administration qui sont concer-
nées par ce programme. Il s’agit de
National Polytechnique Houphouët Boi-
gny avec l’Ecole Supérieure d’Agrono-
mie (ESA). Nous travaillons avec ces
institutions dans le cadre de conven-
tion. Signalons que le programme
de FCFA.

Merci .
deux Directions du Ministère de l’Agri- WAAPP s’articule autour de quatre

26 La Filière du Progrès n°9


ACTIVITÉS DU FIRCA PALMIER À HUILE

Pour rentabiliser la filière, le FIRCA lance une étude sur les


structures de coûts agricoles et industriels
Le palmier à huile est la première source de corps gras pour la Côte-d’Ivoire
qui ambitionne d’approvisionner le marché sous-régional. Pourtant, malgré
ses atouts, la Filière Palmier à Huile ivoirienne souffre d’un handicap structurel
de compétitivité par rapport aux productions des pays d’Asie du Sud-Est,
dont les huiles inondent les marchés de la sous région. En vue de contribuer à
l’amélioration de la compétitivité de la Filière Palmier à Huile et de reconquérir
des parts de marchés au niveau national et sous régional, le FIRCA, en accord
avec les acteurs de la Filière Palmier à Huile se propose de réaliser une étude
sur la structure de coûts agricoles et industriels dans la Filière Palmier à Huile.
Le lancement de cette étude a eu lieu le 11 octobre 2011 au cours d’un atelier
qui a réunit le ministère de tutelle et les acteurs de la filière.

A
vec une production de 350 000 nationale. Au cours des trente dernières opportunité pour l’accroissement de la
tonnes d’huile de palme représen- années, sa participation à la réalisation production ivoirienne d’huile de palme.
tant 90% du volume total d’huile de de la politique d’autosuffisance et de sé- Malgré les atouts considérables dont
palme produit en 2009, la Côte d’Ivoire curisation alimentaire en matière oléa- elle jouit (écosystème favorable, une
est le premier producteur de l’UEMOA. gineuse pour les 60 millions de consom- recherche agronomique performante,
Au plan mondial, elle occupe le 8ème mateurs de l’UEMOA, est remarquable. une industrie nationale de première
rang des pays producteurs d’huile de Toutefois, les besoins actuels non satis- et deuxième transformation avec des
palme brute et le premier exportateur faits en oléagineux sont d’environ 150 capacités installées suffisantes, etc.), la
d’huile de palme de l’Afrique. Au re- 000 tonnes dans l’espace UEMOA Filière Palmier à Huile ivoirienne souffre
gard de sa place dans la production et d’environ 500 000 tonnes dans la d’un handicap structurel de compéti-
d’huile de palme dans l’espace écono- CEDEAO. Ce déficit, qui progressera à tivité par rapport aux productions des
mique de l’UEMOA, les enjeux de la Fi- l’horizon 2025 à 500 000 tonnes dans pays d’Asie du Sud-Est. La sous région
lière Palmier à Huile ivoirienne se situe l’UEMOA et 1 500 000 tonnes dans est par conséquent inondée par les
au-delà de sa contribution à l’économie la CEDEAO, constitue une véritable huiles importées en provenance d’Asie,

1er trimestre 2012 27


achetée beaucoup moins cher. Ce han- sie). Cela entraine par conséquent palme. A cet effet, et conformément à
dicap structurel est caractérisé par la un prix du régime de palme moins ses procédures, le FIRCA a donc lancé
faiblesse de la productivité du secteur attrayant. Concernant les industries de un appel d’offres à l’issue duquel, le
villageois et par le manque de compéti- deuxième transformation, leurs coûts de Centre Ivoirien de Recherches Econo-
tivité des agro-industries de première et raffinage sont relativement élevés (80 $ miques et Sociales (CIRES) a été retenu
deuxième transformation. à 100 $ par tonne d’huile contre 15 pour réaliser cette étude. Le Directeur
$ à 20 $ par tonne d’huile en Asie du Exécutif du FIRCA a dit à cet effet : « Je
Le secteur villageois qui représente en Sud-est). Aussi, elles sont limitées dans me félicite de la qualité de cette struc-
effet 65% de la production de régimes leurs possibilités de hausse des prix du ture qui j’en suis sûr, saura répondre
de palme, a un rendement de 6 tonnes/ fait de la tarification douanière par rap- aux attentes des professionnels de la
ha de régimes contre 15 tonnes/ha en port aux autres pays de la sous-région. filière, à travers une démarche parti-
Malaisie. Les producteurs villageois, cipative et consensuelle. En effet pour
malgré la disponibilité d’un matériel vé- Elles consomment aussi beaucoup réussir ce travail, le CIRES aura besoin
gétal de bonne qualité, sont confrontés d’énergie et sont dépendantes de la de la collaboration de tous, notamment
à des coûts élevés d’intrants et de petits quasi-totalité des consommables impor- pour la collecte de toutes informations
outillages, auxquels ils ne peuvent pas tés de l’extérieur. Face à toutes ces techniques, économiques et financières
avoir accès en quantité suffisante pour contraintes, l’étude des structures de jugées nécessaires ».
l’exploitation de leurs plantations. coûts agricoles et industriels dans la
Filière Palmier à Huile» a été identifiée Le CIRES proposera au terme de
Quant aux agro-industries de première comme priorité par les professionnels l’étude, des solutions pour améliorer la
transformation, malgré d’importants de la Filière Palmier à Huile, pour la pé- compétitivité de la filière et par consé-
efforts, les investissements n’ont pas riode 2010 – 2012. Pour Dr ANGNI- quent, contribuera à la satisfaction des

.
atteint le niveau souhaité, entrainant MAN Ackah Pierre, Directeur Exécutif besoins en oléagineux de la CEDEAO,
ainsi des dysfonctionnements dans l’usi- du FIRCA, l’étude qui fait l’objet de cet dont le déficit en 2025 est estimé à 1,5
nage des régimes. Ces dysfonctionne- atelier, revêt un caractère particulier millions de tonnes
ments sont la cause non seulement des car elle pose le problème de la com-
pertes importantes de production de pétitivité de la Filière Palmier à Huile
régimes (environ 30% à 40%) pendant ivoirienne. Cette étude a en effet pour
la période de forte production, mais objectif de contribuer à l’amélioration
aussi des coûts de transformation rela- de la compétitivité de la Filière Palmier
tivement élevés (500 $/tonne d’huile à Huile, par l’optimisation des coûts de
contre 150 $/tonne d’huile en Malai- production du régime et de l’huile de

28 La Filière du Progrès n°9


ACTIVITÉS DU FIRCA FILIÈRE CACAO

Les producteurs bientôt soulagés


La menace du Swollen Shoot maîtrisée
Un atelier de vulgarisation sur les mesures de gestion et de lutte contre la maladie
du Swollen shoot, a réunit du 11 au 16 septembre 2011, à Yamoussoukro, 126
techniciens de l’Agence Nationale pour le Développement Rural (ANADER),
du Comité de Gestion de la Filière Café-Cacao (CGFCC), du Centre National de
Recherche Agronomique (CNRA) et du Ministère de l’agriculture. Organisé par le
FIRCA, cet atelier avait pour objectif, de permettre aux techniciens du Ministère
de l’Agriculture et de l’ANADER, de sensibiliser les producteurs et assurer
efficacement le transfert des technologies de lutte contre le Swollen shoot en
milieu paysan.

L
a menace qui planait sur la cacaoyère à leur tour, démultiplier la formation au
ivoirienne à la suite de la découverte profit des Agents de Développement Ru-
du Swollen shoot à Sinfra et Bouaflé, est ral (ADR) qui interviennent directement
en passe de devenir un vieux souvenir auprès des producteurs. La deuxième
pour les producteurs de cacao. Les pre- vague concerne les agents du ministère
miers financements de la Filière Café de l’Agriculture et du Fonds de Déve-
Cacao ont en effet permis au CNRA de loppement pour la Production de Café-
proposer, à l’état actuel des connais- Cacao (FDPCC) qui sont des agents du
sances, des méthodes de gestion de la développement sur le terrain. Quant à
maladie. M. Kouamé Joseph, Directeur du dépar-
En effet, face au spectacle désolant tement Café-cacao, autres plantes stimu-
de dégradation totale des parcelles at- lantes au FIRCA et responsable de la for-
teintes par la maladie du Swollen shoot, mation, il a dit que ce séminaire a une
dans les départements de Bouaflé et Sin- partie formation qui permet d’utiliser le
fra, le CNRA a engagé en collaboration guide mis au point par le CNRA, pour
avec l’ANADER, le FIRCA et la filière, éradiquer cette maladie du cacaoyer
une lutte farouche contre la maladie. dans le verger ivoirien, avant d’ajouter
Dans ces régions, elle a mené des : « Ce nouveau programme se déclinera
recherches sur la maladie, élaboré des en trois grands volets, notamment l’infor-
méthodes de lutte et mis au point, des mation et la sensibilisation des produc-
variétés tolérantes de cacao, de sorte teurs et de tous les autres acteurs sur la
que la cacaoculture y soit encore pos- maladie, le transfert des technologies de mais des connaissances techniques
sible. gestion de la maladie ». nécessaires, pour la formation des pro-
Signalons que selon la recherche, la ducteurs sur la gestion de la maladie
L’atelier de Yamoussoukro a contribué au maladie du Swollen shoot comme toutes du Swollen Shoot du cacaoyer. Ils sont
renforcement des capacités techniques les maladies à virus, se singularise par aussi capables d’apporter le conseil et
des techniciens du Conseil Agricole, en l’absence de produit chimique capable l’assistance techniques aux producteurs
vue de lutter efficacement contre le Swol- d’éliminer ou même de réduire le virus de cacao pour la lutte et la gestion de la
len Shoot du cacaoyer en Côte d’Ivoire. de la plantation. Ainsi, la lutte contre le maladie. La lutte contre le Swollen Shoot

.
Selon le formateur, Dr Kébé Boubacar Is- Swollen shoot est essentiellement préven- présente de gros enjeux au regard de la
maël, Directeur de recherche au CNRA, tive, en cas d’infection, la lutte consiste à place qu’occupe la Filière Cacao dans
les 126 participants seront formés en réduire l’impact de la maladie. l’économie nationale
deux vagues. La première concerne à
court terme, les agents de l’ANADER et Au terme donc de l’atelier, les techni-
les Techniciens Spécialisés. Ceux-ci iront ciens de l’ANADER disposent désor-

1er trimestre 2012 29


ACTIVITÉS DU FIRCA ÉLEVAGE EN DÉVELOPPEMENT

Le FIRCA et l’ANADER relancent l’Aulacodiculture moderne


Le FIRCA a initié récemment, un projet de renforcement des capacités de
production des Aulacodiculteurs, avec une composante « formation des éleveurs
» et une autre « appui à l’Aulacoderie Centrale et d’Expérimentation de Toumodi
(ACET) pour la production de reproducteurs ». En effet, le 04 octobre 2011,
s’est tenue à Toumodi, la cérémonie de remise officielle des infrastructures et
de lancement de la seconde phase du projet de renforcement des capacités des
Aulacodiculteurs. Ont pris part à cette cérémonie, placée sous la présidence du
Préfet du Département de Toumodi, le PCA et le Directeur Général de l’ANADER,
le FIRCA, les autorités administratives de la ville et les producteurs.

D
ans le cadre de son PAA 2010 et diculture reproducteurs par an. C’est pourquoi, il
sur requête des aulacodiculteurs, le La formation de 25 techniciens de a tenu à rassurer les aulacodiculteurs en
FIRCA a initié le 04 octobre dernier, un l’ANADER sur l’itinéraire technique ces termes : « acteurs de la Filière Aula-
projet de renforcement des capacités de de l’aulacodiculture pour le suivi code, sachez que le FIRCA, Institution
production des aulacodiculteurs. Finan- régulier des élevages installés professionnelle chargée du financement
cé par le FIRCA et exécuté par l’ANA- La Constitution d’un cheptel de base pérenne des programmes de recherche
DER/PNPA, le but visé par ce projet est de 200 aulacodes reproducteurs appliquée, de conseil, de formation aux
de renforcer les capacités techniques La Production de 500 reproducteurs métiers et de renforcement des capaci-
des Aulacodiculteurs et d’améliorer leur à l’Aulacoderie Centrale et d’Expé- tés des OPA et OPE reste un partenaire
approvisionnement en reproducteurs de rimentation de Toumodi (ACET) des- engagé à soutenir le développement des
qualité. tinés aux Aulacodiculteurs filières agricoles, notamment celui de
La Mise à disposition des éleveurs votre filière ».
Il s’agit essentiellement pour le FIRCA, d’aulacodes reproducteurs de
d’améliorer la sécurité alimentaire et les bonne qualité à des prix subvention- Rappelons qu’issue de la collaboration
revenus en milieu rural en relançant la nés n’excédant pas 15 000 F CFA entre le Projet d’Appui à la Commerciali-
production de l’aulacode qui a été assez l’unité. sation et aux Initiatives Locales (PACIL) et
largement affectée par la guerre, tout en Pour M. LORNG Jean Paul, Directeur l’Agence Nationale pour le Développe-
soutenant les productions de diversifica- du Département Cultures Annuelles et ment Rural (l’ANADER), le Programme

.
tion. Ce projet d’un coût global de 24 Ressources Animales, représentant le National pour la Promotion de l’Aulaco-
269 000 F CFA vise à terme à : Directeur Exécutif du FIRCA, ce pro- diculture (PNPA) a été créé à Bouaké en
La formation de 150 producteurs jet permettra à partir de la deuxième 1998
aux techniques modernes d’aulaco- année, la mise sur le marché de 1 000
30 La Filière du Progrès n°9
ACTIVITÉS DU FIRCA FILIÈRE ÉLEVAGE EN DÉVELOPPEMENT

Des apiculteurs modernes formés pour relever la qualité du miel


En raison de la politique actuelle caractérisée par le désengagement de l’Etat des
activités de production et son recentrage sur les missions de service public, un
intérêt croissant s’est manifesté, ces dernières années pour le développement
des productions à cycles courts (volailles, porcs), la production laitière et le
développement des élevages non-conventionnels (aulacodiculture, cuniculture,
héliciculture, apiculture, sériciculture, etc.). Le potentiel qu’offre l’apiculture en
tant qu’outil de développement, retient de plus en plus l’attention des structures
de développement. Ainsi, dans le cadre de la mise en œuvre du renforcement
des capacités aux OPA, le FIRCA a organisé du 16 au 20 août 2011, à Bouaflé, un
atelier de «Formation des apiculteurs à la gestion d’un rucher».

L ’apiculture, branche de l’agriculture,


se définit comme l’élevage d’abeilles
à miel pour exploiter les produits de
pour son goût et sa valeur nutritive mais
aussi pour ses propriétés thérapeutiques
et dans certaines cultures, pour ses pro-
la ruche. L’apiculteur doit procurer à priétés magiques.
l’abeille un abri, des soins, et veiller sur Cependant, l’un des problèmes aux-
son environnement. Puis, il récolte une quels sont confrontés les acteurs de la
partie de ces produits : miel, pollen, Filière Apicole, c’est la méconnaissance
cire, gelée royale et propolis. Pratiquée des techniques d’élevage. Les tech-
sur tous les continents, cette activité dif- niques de récolte, encore traditionnelles,
fère selon les variétés d’abeilles, le cli- produisent un miel de mauvaise qualité
mat et le niveau de développement éco- – mélangé avec du pollen, des débris de
nomique. rayons de cire et des larves d’abeilles –,
alors que les apiculteurs pourraient faire
Un intérêt croissant s’est manifesté, plus de profit en transformant et en ven-
ces dernières années, pour le potentiel dant ces composants séparément.
qu’offre l’apiculture en tant qu’outil de
développement. Cela tient à une volonté Le niveau actuel de financement de la
affichée de diriger les efforts de déve- recherche et l’inexistence de statistiques
loppement vers des projets de petite fiables en la matière freine l’activité. Aus-
envergure et de favoriser les initiatives si, le faible niveau d’organisation des
locales. apiculteurs ne favorise-t-il pas la prise de
De plus, l’apiculture permet aux popu- décision concertée sur des problèmes
lations d’utiliser les ressources naturelles d’intérêts communs et de prendre une
– les abeilles et les fleurs – sans endom- part actives aux décisions les concer-
mager l’environnement. La pollinisation nant. Pour tenter d’apporter une réponse
des plantes par les abeilles, accroît aux nombreuses contraintes auxquelles
les rendements agricoles. Des études les apiculteurs sont confrontés, le FIRCA
conduites par la FAO ont montré égale- a initié un atelier de formation au profit
nant l’apiculture, le Centre d’apiculture
ment, qu’une seule ruche placée sur une de 40 apiculteurs, membres des Coopé-
de Katiola (en 1976) et le projet d’ins-
parcelle d’un hectare plantée d’agrumes ratives ANAPIMCI et APICCI, afin de les
tallation d’apiculteurs par les Conseils
augmente les rendements de 40 %. La former à la bonne conduite d’un rucher
Généraux de Dimbokro et de Bocanda
conduite de l’apiculture offre aux petits en vue d’accroître leurs revenus grâce à
(de 2005 à 2006). Les actions initiées
agriculteurs, un complément substantiel une bonne gestion de leurs exploitations.
dans le secteur de l’apiculture ont per-
de revenus et d’alimentation. Le prix
du miel, produit principal des abeilles,
varie énormément et peut aller jusqu’à
2 000 F CFA le litre sur le marché lo-
cal. Le miel et la cire d’abeille sont très
De façon pratique, il s’est agit de ren-
forcer les capacités techniques des
apiculteurs en matière de récolte et de
production de sous produits du miel de
vivre décemment .
mis à un certain nombre de producteurs
d’en faire leur principale activité et d’en

recherchés dans le monde entier. En qualité. C’est le lieu de rappeler que par-
Côte d’Ivoire même, le miel est très prisé mi les principales expériences concer-

1er trimestre 2012 31


ACTIVITÉS DU FIRCA AVICULTURE MODERNE

Amélioration de la qualité des poussins


Les bonnes pratiques d’hygiène et de production s’imposent
Le secteur avicole moderne constitue l’une des plus importantes sources
d’approvisionnement en protéines d’origine animale de la Côte d’Ivoire et
des couvoirs sont actuellement fonctionnels avec une production annuelle
importante de poussins d’un jour. En dépit de cette évolution, la qualité des
poussins d’un jour est souvent décriée par certains éleveurs et le renforcement
des capacités des acteurs des couvoirs en amont de l’élevage se présente
comme une nécessité afin de contribuer à l’amélioration de la qualité des
poussins. Aussi, le FIRCA dans le cadre de son volet renforcement des capacités
des acteurs, inscrit au PAA 2011, a-t-il initié du 31 octobre au 04 novembre 2011
à Bingerville, un atelier de formation dénommé : «Formation des gestionnaires
de couvoirs à l’hygiène et la gestion sanitaire du couvoir».

a confié la responsabilité de certaines


actions du PSRA à l’IPRAVI et au FIRCA.

En initiant cet atelier de formation au


profit de 20 gestionnaires de couvoirs
à l’hygiène et à la gestion sanitaire du
couvoir, le FIRCA, tout en préparant la
relance de l’aviculture, veut contribuer
au renforcement de leurs capacités, en
leur donnant les connaissances relatives
aux bonnes pratiques d’hygiène et de
production. L’objectif à terme est d’aider
les apprenants à maîtriser les mesures
idoines pour assurer et maintenir un bon
niveau sanitaire dans le processus de
production des poussins.

L
a Côte d’Ivoire réunit tous les maillons jour est souvent décriée par certains éle- Dr TACLE Mamadou, Cargé de Pro-
nécessaires à l’aviculture moderne veurs. Aussi, depuis quelques années, grammes Elevage et Pêches, représen-
(élevage de reproducteurs, couvoirs la Filière Avicole subit-elle des difficultés tant le Directeur Exécutif du FIRCA, en
industriels, usines de fabrication d’ali- majeures liées à des facteurs endogènes félicitant les gestionnaires de couvoirs
ments de volailles, ferme de production, et exogènes. pour leur participation effective et assi-
abattoirs, etc.). En ce qui concerne la due à cette formation, les a encouragé

.
production des poussins, cinq (5) cou- Les états généraux de l’aviculture ivoi- à mettre en pratique les connaissances
voirs d’une capacité globale de produc- rienne, organisés du 10 au 12 dé- acquises lors de cette formation afin
tion de 30 millions de poussins par an, cembre 2009 à Grand-Bassam, ont d’améliorer leur performance
soit six millions (6000.000) de pous- abouti à l’élaboration d’un Plan Straté-
sins par couvoir, sont en activité. Si ces gique de Relance de l’Aviculture (PSRA),
couvoirs sont utilisés au mieux de leurs dans lequel la formation des producteurs
capacités, l’aviculture moderne ivoi- occupe une place importante dans les
rienne serait en mesure de produire plus actions de renforcement des capacités.
de 30.000 tonnes de volailles par an. En outre, l’atelier de planification opé-
Cependant, la qualité des poussins d’un rationnelle du PSRA tenu en mai 2010
32 La Filière du Progrès n°9
ACTIVITÉS DU FIRCA SÉCURITÉ SANITAIRE DES VIVRIERS SUR LES MARCHÉS

40 commerçantes formées aux bonnes pratiques d’hygiène


et à la conservation des produits
La détérioration de l’environnement de production caractérisée notamment par
des conditions socio-économiques peu favorables (baisse du pouvoir d’achat
des ménages, faible adoption des techniques culturales améliorées, etc.) est la
source de ce dilemme, tandis que les consommateurs urbains deviennent de
plus en plus exigeants en produits alimentaires de qualité. Le comportement
des ménages et des autres acteurs en matière d’adoption des technologies,
ainsi que les systèmes indigènes de connaissances agricoles témoignent-ils
de l’effort nécessaire pour opérer les changements requis dans la production,
la transformation, la conservation et la commercialisation des produits
alimentaires ?

F ace à un tel défi, il importe en outre


de noter que les problèmes de qualité
et d’hygiène compromettent la durabilité
du secteur de transformation artisanal
des produits. L’accessibilité des popu-
lations à une alimentation de base suf-
fisante et équilibrée appelle non seule-
ment à l’accroissement de la productivité
et de la production agricoles mais aussi
à celui de la performance de la transfor-
mation des produits alimentaires.
Quelle approche serait la plus appro-
priée pour relever le défi technologique
de la transformation des produits ali-
mentaires ? La production d’aliments
sains exige que tous les acteurs interve-
nant aux diverses étapes de la filière ali-
taire pour gérer la sécurité sanitaire et sont les principaux leaders des coopéra-
mentaire reconnaissent que la respon-
la qualité des aliments car elle recon- tives de commercialisation des produits
sabilité incombe tout d’abord à ceux
naît que tous les acteurs impliqués ont vivriers des marchés urbains, affiliés à
qui produisent, transforment et commer-
une responsabilité dans l’obtention de la Fédération Nationale des Commer-
cialisent les denrées, c’est-à-dire, les
produits sains, salubres et nutritifs. çantes des Produits Vivriers de Côte
agriculteurs, les pêcheurs, le personnel
A cette fin et dans le cadre de l’accom- d’Ivoire (FENACOVICI) et la Confédé-
des abattoirs, les transformateurs, les
pagnement à l’émergence des filières ration Nationale des Acteurs du secteur
transporteurs, les distributeurs (aussi
alimentaires, le FIRCA entreprend un du Vivrier de Côte d’Ivoire (CNAVICI).
bien grossistes que détaillants) et les
certain nombre d’activités dont celui du Signalons que dans les pays dévelop-
consommateurs ainsi que les pouvoirs
renforcement des capacités des commer- pés, l’application stricte des règlements
publics dont le devoir est de protéger la
çantes de vivriers dans le domaine des et des procédures d’inspection de stoc-
santé publique. L’hygiène est un facteur
bonnes pratiques d’hygiène. kage aux points de vente (restaurants
déterminant dans la contamination.
et marchés) est bien respectée. En côte
Après avoir financé en 2009, la forma- d’Ivoire et principalement à Abidjan,
Presque tous les aliments peuvent cau-
tion des groupements de commerçantes cela peut se révéler comme une équation
ser une intoxication alimentaire, s’ils
sont préparés, transportés, entreposés
ou conservés dans des conditions inap-
propriées.
La FAO qui coordonne les activités du
de vivriers en technique de négociation
et de vente, il vient une fois de plus de
sensibiliser et former 40 commerçantes
des marchés urbains aux bonnes pra-
tiques d’hygiène et à la conservation
.
difficile à résoudre à cause de la quasi-
inexistence des services appropriés, du
moins, de leur absence sur le terrain

CODEX Alimentarius adopte d’ailleurs


des produits vivriers. Les bénéficiaires
l’approche axée sur la chaîne alimen-
1er trimestre 2012 33
ACTIVITÉS DU FIRCA DÉVELOPPEMENT RURAL ET AGRICOLE

Les structures de développement agricoles


et les collectivités territoriales se mettent ensemble
Mettre en œuvre des politiques d’appui au développement agricole et socio
économique des Villes, des Communes, des Départements et des Districts,
pour la promotion du secteur agricole en Côte d’Ivoire, c’est le sens des quatre
signatures de conventions cadres de coopération qui ont eu lieu le 13 septembre
2011, entre l’UVICOCI , l’ADDCI et le FIRCA, d’une part, et entre l’UVICOCI , l’ADDCI
et le CNRA d’autre part. La signature de ces conventions qui s’est déroulé au siège
de l’ADDCI a rassemblé des personnalités des structures de développement
agricoles et des collectivités territoriales de notre pays

d’Ivoire a su accorder à la recherche


agronomique et au conseil agricole,
dès les premières années de l’indépen-
dance. Mais comment comprendre que
le monde paysan qui est à la base de
ces performances économiques soit au-
jourd’hui le plus frappé par la pauvreté
avec un taux de pauvreté de 62,45 %
en milieu rural, contre seulement 29,45
% en milieu urbain.

Comment intéresser les jeunes aux mé-


tiers de la terre et freiner l’exode rural ?
Pour le président de l’ADDCI, la mise en
place de politiques locales de dévelop-

S uite à la table ronde de présentation


du projet de déploiement des Plates
Formes de Service Locales (PFS-L), aux
des communes, des districts et des dé-
partements de notre pays. Il a demandé
que les collectivités territoriales jouent
pement agricole basé sur l’innovation,
ainsi que le renforcement de l’assis-
tance aux exploitants, apparait comme
autres structures d’encadrement du un rôle de plaidoyer auprès de l’Etat et
une des solutions à ce problème. Par
secteur agricole, ces quatre entités ont des Institutions nationales, afin de les
la voix de Paul Amichia, Président de
identifié des axes de collaboration et sensibiliser à l’accroissement des inves-
l’UVICOCI, les collectivités territoriales
décidé d’établir des conventions cadres tissements conséquent dans le dévelop-
se disent rassurées quant à la volonté
de coopération socio économique. pement agricole et rural.
des structures de développement agri-
Ces accords cadres engagent l’Union
coles de les accompagner dans leur
des Villes et Communes de Côte d’Ivoire Le Directeur Général du CNRA, Dr
mission de lutte contre la pauvreté en
(UVICOCI), l’Assemblée des Districts et YO Tiémoko, soutient que pour être à
milieu rural.
Départements de Côte d’Ivoire (ADDCI) l’écoute des populations et des acteurs
le Centre National de Recherche Agro- de développement, le CNRA a d’abord
La création de chaîne de solidarité et
nomique (CNRA) et le Fonds Interprofes- opté pour une démarche participative
d’action de développement autour des
sionnel pour la Recherche et le Conseil dans la planification de ses activités et
villes et communes de Côte d’Ivoire, par
Agricoles (FIRCA) à unir leurs compé- la mise en œuvre de ses recherches.
la signature de ces conventions cadre
tences pour développer des partena- Ensuite le CNRA, s’est rapproché des
entre les structures de développement
riats stratégiques, en vue d’une meil- utilisateurs pour faciliter le transfert des
agricoles et les collectivités territoriales,
leure synergie d’actions en faveur du résultats.
secteur agricole. Pour Dr ANGNIMAN
Ackah Pierre, Directeur Exécutif du FIR-
CA, cette cérémonie témoigne de la vo-
lonté des quatre institutions de mettre en
Pour le Président de l’ADDCI, M. Jean-
Claude KOUASSI, il est certain que les
belles performances réalisées dans les
plement croire .
suffiraient-elles à résorber le chômage
et freiner l’exode rural ? Osons tout sim-

synergie leur intervention pour assurer secteurs du cacao, café, palmier à huile,
ensemble le développement des villes, reposent sur l’importance que la Côte
34 La Filière du Progrès n°9
ECHOS DES FILIERES FILIÈRE COTON

L’Union Européenne décaisse 400 millions pour redonner


la blancheur au coton ivoirien
vient de décaisser l’Union Européenne pour le financement de la seconde phase
du Projet de Restructuration et de Professionnalisation des Organisations
Professionnelles Agricoles (OPA) de la Filière Coton. Cette information a été
rendue publique le mardi 18 octobre 2011 dernier à l’immeuble de la Caisse de
Stabilisation (CAISTAB) au Plateau, au cours d’une cérémonie de lancement de
ce projet mis en œuvre par l’AFFICOT CI et qui vise à terme, la lutte contre la
pauvreté dans les zones productrices et la redynamisation de la Filière Coton
ivoirienne.

L e coton refait surface, pourrait-on


dire. En effet, la crise socio-politique
et la conjoncture internationale parti-
culièrement défavorable, ont engendré
des dysfonctionnements de la Filière
Coton, parmi lesquels la dégradation
des fonctions relevant de l’encadrement
en raison des problèmes de trésorerie
des sociétés cotonnières, d’un manque
de transparence dans le calendrier et
des modalités de transfert de ces fonc-
tions vers les OPA. Les activités d’enca-
drement se sont dégradées au fil des
années et ont remis en cause les per-
formances de certains maillons de la campagnes 2006-2007 et 2007-2008, Les rendements obtenus avec la traction
filière et la compétitivité de l’ensemble. marquées par des résultats négatifs qui animale sont nettement meilleurs par
Suite aux doléances formulées par les lui ont fait douter de l’avenir de la filière, rapport à la culture manuelle. C’était
Cotonculteurs, l’Union Européenne a la cérémonie de ce jour est à marquer également un soutien majeur aux activi-
répondu en accordant un financement de pierre blanche. Selon le Président de tés de promotion et de développement
pour la mise en œuvre du Projet « Res- l’AFFICOT-CI, l’exécution de ce projet des coopératives. Des producteurs qui
tructuration et Professionnalisation des doté d’un montant de 400 millions de avaient abandonné la culture coton-
Organisations Professionnelles Agri- francs CFA (600 mille euros), financés nière y sont revenus grâce aux actions
coles (OPA) de la Filière Coton, dont par l’Union Européenne, consiste à du projet de relance de la Culture
la première phase a été mise en œuvre appuyer le regroupement des OPA de Attelée. Malheureusement, seule une
par l’ANOPACI sur deux ans (2009- base, le renforcement des capacités faible proportion des producteurs a
2010). Après la subvention de sept mil- des coopératives de base, à soutenir été touchée. Plus de 5.300 paysans et
liards de francs CFA accordés par l’Etat l’apurement des dettes des unions et à 9.100 autres ont reçu des pièces déta-
ivoirien aux cotonculteurs le 19 octobre aider l’AFFICOT-CI dans la conduite de chées et des produits vétérinaires. Les
dernier pour bénéficier d’une réduction ses actions. producteurs qui n’ont pas pu bénéficier
de 25 % des prix initiaux d’engrais, la des acquis de la phase 1 de ce projet,
seconde phase du Projet de Restructura- Il a toute fois fait une doléance rela- attendent avec impatience une action
tion et de Professionnalisation des Or- tive à la poursuite du Projet de Culture en leur faveur. C’est pourquoi le Prési-
ganisations Professionnelles Agricoles Attelée initié lors de la première phase dent de l’AFFICOT-CI plaide pour que
(OPA) de la Filière Coton arrive comme du projet. Les résultats étaient très en- cette seconde phase du projet, intègre
une seconde bouée de sauvetage pour
la filière.
Pour le Président de l’AFFICOT-CI, qui a
encore en mémoire les statistiques des
courageants avec un doublement des
superficies en coton, mais également
des cultures traditionnelles associées
au coton (maïs, igname, riz, arachide).
et les producteurs, le sourire.
le volet de relance de la Culture Attelée,
afin que le coton retrouve sa blancheur

1er trimestre 2012 35


ACTIVITÉS DU FIRCA JOURNÉE DU PLANTEUR D’HÉVÉA

L’amélioration des conditions de vie des planteurs réaffirmée

en permettant aux planteurs qui s’adonnent à l’hévéaculture, d’améliorer


leur niveau de vie ». Cette volonté de l’Association des Professionnels de
Caoutchouc Naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC) s’est exprimée par la voix de
son président, lors de la journée du Planteur d’Hévéa édition 2011, organisée
du 20 au 21 octobre 2011, à San Pedro, sur le thème : Quelles stratégies pour
la promotion sociale du planteur d’hévéa’’. Cette journée meublée par des
séances de formation, d’informations et d’échanges, a servi de prétexte à la
présentation des résultats du projet de recensement des producteurs d’hévéa,
de la structure des coûts de création d’une plantation d’hévéa et de compte
rendu des activités du Fonds de Développement de l’Hévéa (FDH).

L
’hévéa est aujourd’hui quasiment la travailleurs. Aujourd’hui en effet, avec d’actions concrètes allant dans ce sens.
seule source de caoutchouc naturel, l’appui du Centre national de recherche
produit irremplaçable pour l’industrie du agronomique (CNRA), la Côte d’Ivoire a Ainsi, au nombre des actions prioritaire,
pneumatique ou la fabrication des pré- l’un des meilleurs rendements à l’hectare le Président de l’APROMAC a inscrit la
servatifs et gants en latex. L’accroisse- au monde. Si tout le monde s’accorde reprise des créations de plantations à
ment des besoins en caoutchouc naturel à saluer le dynamisme de la filière, des travers le Fonds de Développement de
est régulier et c’est là une des faveurs zones d’ombres persistent et risquent de l’Hévéa (FDH). « Ce projet qui suscite
qu’offre cette culture aux acteurs de ce ternir la belle image de cette filière à un réel engouement au sein de la popu-
secteur d’activité. fière allure. La journée du planteur d’hé- lation rurale et même urbaine, est venu
véa en son édition 2011, placée sous le à temps, car nous avons l’ambition de
Depuis quelques années, l’engouement signe de la réflexion pour la promotion passer de 230.000 tonnes de produc-
est certain et perceptible auprès des po- sociale du planteur d’hévéa constitue en tion de caoutchouc l’année dernière, à
pulations ivoiriennes qui voient en cette effet une occasion pour la profession, 600 mille tonnes à l’horizon 2020 », a
culture, l’une des principales activités de passer en revue des années d’acquis précisé le Président de l’APROMAC. La
agricoles qui leur permettra, soit de s’of- techniques et scientifiques, mais aussi formation de pépiniériste est une autre
frir de meilleures conditions de vie pour une tribune pour lancer un appel à tous préoccupation majeure pour la filière.
le monde paysan, soit de se faciliter une ceux qui aspirent à l’amélioration de
retraite dorée, en ce qui concerne les leur niveau de vie par des propositions En effet, l’approvisionnement en matériel
36 La Filière du Progrès n°9
végétal de qualité représente à ce jour,
une des contraintes majeures du déve-
loppement de l’hévéaculture en Côte
d’Ivoire. La satisfaction de la demande
en matériel végétal est un enjeu crucial
pour la création de nouvelles planta-
tions. En effet, malgré le potentiel des
principales sources d’approvisionne-
ment (structures de recherche et sociétés
agro-industrielles principalement), les
producteurs n’ont pas toujours accès au
matériel végétal de qualité pour réaliser
leurs plantations.
Le nombre de pépiniéristes profession-
nels n’est pas connu et il n’existe aucune
procédure officielle d’agrément de ces
derniers. L’origine du matériel végétal
produit par ces pépiniéristes n’est pas
toujours certaine. A côté de cette caté-
gorie de producteurs de plants d’hévéa,
il existe dans la Filière Hévéa, de nom-
breux intermédiaires qui proposent
aux producteurs du matériel végétal à
moindre coût sans aucun contrôle sur
l’origine et la qualité du produit. A ce
jour, l’hévéa reste l’une des spéculations
pérennes où le taux d’adoption de maté-
riel végétal sélectionné est le plus faible
en Côte d’Ivoire. Pourtant, la recherche
agronomique dispose actuellement de
clones à haut potentiel de production
qui ne sont pas suffisamment vulgarisés.
Dans certaines régions, on estime le taux
de seedlings (matériel végétal non gref-
fé) entre 36 à 70 %. Si les moyens mis
en œuvre sont pour l’heure insuffisants,
face aux besoins énormes d’entretien
des pistes, le Président de l’APROMAC
a salué le travail abattu pour permettre
aux planteurs d’accéder à leurs exploi-
tations et faire sortir leurs productions. Il
Le Président de l’APROMAC soutient de l’Agriculture, le vœu de la profession
a souhaité que toutes les filières mettent
que pour arriver à réussir tous ces défis de voir le début de réalisation du 7ème
ensemble leurs moyens pour plus d’effi-
pour la promotion sociale du planteur projet hévéa dont le financement de
cacité, en attendant que l’Etat fasse son
d’hévéa, tous les acteurs de la filière ont l’étude de faisabilité a été supporté par
travail de création et d’entretien des

.
impérativement besoin de s’unir. la filière, pour qu’à terme, les nouvelles
routes.
zones puissent bénéficier du développe-
« C’est pourquoi, ceux qui rament à ment que l’hévéaculture procure
Il fonde beaucoup d’espoir sur l’avant-
contre-courant du progrès doivent revoir
projet de loi sur les interprofessions agri-
leur comportement pour conjuguer nos
coles et souhaite vivement son dénoue-
efforts » a-t-il lancé. Il a toute fois signalé
ment dans les mois à venir.
à l’endroit du représentant du Ministre

1er trimestre 2012 37


ÉCHOS DES FILIÈRES RENFORCEMENT DES CAPACITÉS DES ACTEURS AGRICOLES

Les responsables ayant l’initiative des actions de planification dans les


principales organisations de producteurs agricoles et les cadres du FIRCA
intervenant directement auprès des filières agricoles, viennent de bénéficier d’un
renforcement de leurs capacités en matière de planification et de suivi-évaluation
participatif des projets. C’était au cours d’un atelier scindé en deux volets,
organisé par le FIRCA et la FAO à Grand-Bassam du 21 au 26 novembre 2011.

efficient de l’agriculture ivoirienne.


Rappelons que l’appui dont vient de bé-
néficier le FIRCA, recouvre deux compo-
santes dont un appui institutionnel direct
et un autre pour le financement des pro-
jets en faveur des groupes vulnérables.
De façon spécifique, l’appui institution-
nel au FIRCA couvre quatre actions :
La formation et l’encadrement de 50
groupements professionnels. Avec
au moins 60% de groupements de
femmes dans les régions du moyen

L
’amélioration des performances de projets. Ce soutien de la BAD s’inscrit Cavally et des savanes impliquant 1
l’agriculture passe par la participa- dans le cadre du Programme d’Appui 000 personnes vulnérables
tion active de l’ensemble des acteurs Institutionnel Multisectoriel Sectoriel à la L’équipement du FIRCA en matériels
agricoles à une bonne programmation Sortie de Crise (PAIMSC), dont le volet informatiques, pour assurer le suivi
et au suivi-évaluation de leurs activités. agricole est géré par la FAO. -évaluation des projets
L’élaboration d’un système parti-
Cette programmation assortie de plans Au cours de cet atelier, les leaders de la cipatif de suivi évaluation des pro-
stratégiques et opérationnels, permet de profession agricole, ont été instruits à la jets conduits par le FIRCA pour le
prendre en compte tout au long de la nécessité de la planification et du suivi- compte des filières agricoles
chaîne des valeurs de chaque filière, les évaluation pour une organisation profes- La formation des cadres du FIRCA
besoins ressentis et les préoccupations sionnelle crédible. En outre, les outils de et des responsables des filières agri-
de l’ensemble des acteurs et opérateurs la planification et du suivi-évaluation par- coles à la planification et au suivi-
concernés. Elle garantit également l’ob- ticipatifs, les ressources nécessaires pour évaluation participatif des projets
tention de résultats profitables à tous. le succès d’une planification et d’un suivi- de développement.
Pour permettre aux acteurs du secteur évaluation, les résultats attendus à l’issue Les trois premières actions ont déjà été
agricole d’assumer pleinement et effica- des séances de planification selon les entièrement réalisées et la quatrième, en
cement les responsabilités qui leurs sont niveaux envisagés, leur ont été présen- partie avec la formation des cadres du
dorénavant dévolues, il est indispen- tés. L’atelier a donc donné aux acteurs FIRCA. La seconde phase de formation
sable de renforcer leurs capacités afin des filières agricoles, les outils pour la qui a réunit les représentants des organi-
qu’ils puissent assumer la fonction de rédaction des plans stratégiques et opé- sations et faîtières agricoles, s’est dérou-
planification et de suivi des projets de rationnels en vue d’assumer pleinement lée en deux étapes.
développement jadis dévolue à l’admi- et efficacement leurs responsabilités. Le
nistration centrale. A ce titre, le FIRCA Conseiller Technique Principal, représen- La première du 21 au 22 novembre
a initié du 20 au 26 novembre 2011, tant le Directeur Exécutif du FIRCA tout 2011, a concerné les responsables des

.
à Grand Bassam, avec l’appui de la en remerciant les partenaires au déve- filières agricoles et la seconde du 23 au
Banque Africaine de Développement loppement pour leur soutien financier, a 26 s’est adressée essentiellement aux
(BAD), une formation des responsables invité les acteurs du monde agricole à acteurs des Filières Coton et Ananas
des filières agricoles à la Planification s’approprier les résultats de cette forma-
et au Suivi-évaluation participatif des tion pour parvenir à un développement

38 La Filière du Progrès n°9


ÉCHOS DES FILIÈRES É

L’agriculture et les Filières agricoles en 2011, quel bilan ?

et pour la profession agricole, cette année fut riche en événements et très


mouvementée. Alors, avant que 2012 n’égraine son lot d’activités, voici le bilan
des activités agricoles de l’année terminée. La recherche, la vulgarisation, les
coopératives et les interprofessions se sont exprimées sur ce qui aura marqué
l’année 2011.

L
a recherche a joué un rôle détermi-
nant au cours de l’année qui vient
de s’achever. En effet, qu’il s’agisse
de la sécurité alimentaire, de la lutte
contre la pauvreté, de l’agriculture, de
la santé humaine et animale, de l’éner-
gie, de l’économie monétaire, de la
démographie ou de l’environnement,
la recherche scientifique est interpellée
pour fournir des réponses adéquates
à travers des programmes et activités
de recherche. Selon le DG du Centre
Suisse de Recherches Scientifiques
(CSRS), la célébration des soixante ans Réseau des Productrices de Vivriers de tré des difficultés durant l’année 2011,
de présence de cette institution en Côte Côte d’Ivoire (REPROVICI) n’ont pas pu mais selon le président de l’Interprofes-
d’Ivoire, montre que le bilan des réali- conduire totalement toutes les activités sion avicole (IPRAVI) elle a enregistré
sations du CSRS est très positif. Ainsi, le programmées en début d’année. Mais une amélioration notable de sa produc-
CSRS est devenu à la fois un centre de il est réconfortant de savoir qu’elles ont tion qui lui a permis de faire face aux
recherche, un acteur de formation à la pu remobiliser leurs bases qui se sont demandes de fin d’année. Les acteurs
recherche et partenaire des universités, mises à l’œuvre pour produire suffi- de la Filière Elevage (IPRAVI et Interpor-
un acteur au niveau régional et inter- samment afin d’approvisionner tous ci) ont donc dressé un bilan positif pour
national, un acteur de développement les marchés du pays et principalement cette année écoulée et mieux que celui
et un vecteur de coopération important ceux d’Abidjan. Quant à la Filière Por- de l’année précédente.
entre la Suisse et la Côte d’Ivoire. Les cine, 2011 lui aura permis une prise La Filière Palmier à Huile garde des
résultats de la recherche ont également de conscience quant à l’importance du souvenirs douloureux de l’année 2011,
été tant bien que mal, mis à la disposi- regroupement. Les multiples contraintes marquée une fois encore par la forte ré-
tion des utilisateurs, grâce à la vulgari- auxquelles la Filière Porcine est confron- duction des parts de marché des huiles
sation, malgré la situation difficile que tée (matériel génétique peu performant, ivoiriennes et produits dérivés tant au
le pays a traversée. Le Directeur Géné- faiblesse de la formation technique niveau local qu’international, couplée
ral de l’ANADER a confirmé le redé- des éleveurs, rareté des financements, par le décès de M. Yves LAMBELIN, le
ploiement de ses agents sur toute l’éten- mauvaise qualité des aliments utilisés, premier Président de l’Association Inter-
due du territoire pour accompagner les manque de promotion des produits por- professionnelle de la Filière Palmier à
agriculteurs dans leurs activités. cins, faible structuration de la filière, Huile (AIPH). Malgré toutes ces difficul-
L’année 2011 n’aura pas été de tout re- absence de programme de prophylaxie tés l’AIPH conduit des réflexions pour

.
pos pour les acteurs de la filière vivrière adapté, etc.), lui ont donné assez de le lancement du troisième plan palmier
qui ont fait mains et pieds pour que les force pour mettre en place une inter- qui pourrait booster la filière en lui don-
marchés soient fournis en vivres. La profession performante, avec M. YACE nant un autre souffle
Coopérative des Commerçantes de Charles Emmanuel comme premier pré-
Vivriers de Cocody (COCOVICO) et le sident. La Filière Avicole a aussi rencon-

1er trimestre 2012 39


ÉCHOS DES FILIÈRES 31ÈME ÉDITION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’ALIMENTATION

L’augmentation des prix des aliments jette 70 millions


de personnes dans l’extrême pauvreté
La Côte d’Ivoire, à l’instar de tous les Etats membres de l’Organisation des Nations
Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), a célébré, le 16 octobre 2011,
la 31ème édition de la Journée Mondiale de l’Alimentation (JMA), placée sous
la présidence du Ministre de l’Agriculture, M. Coulibaly Mamadou Sangafowa.
Elle a enregistré la participation de la Représentante Résidente de la FAO en
Côte d’Ivoire, Madame Marie Noëlle KOYARA, des acteurs de la société civile, du
monde agricole et des populations du Département de Katiola et environnant.
Ce sont de nombreuses populations qui ont effectué le déplacement à Katiola
pour prendre part à la célébration officielle de la JMA et de la JMFR 2011.

«Prix des denrées alimentaires - De la ment climatique et la volatilité des prix


crise à la stabilité», le thème de la 31ème Cette situation pourrait aggraver la si- des matières premières agricoles ? La
édition de la Journée Mondiale de l’Ali- tuation sociale déjà précaire dans les fluctuation des prix, en particulier à la
mentation, interpelle les nations sur pays pauvres, d’où l’urgence pour les hausse, fait peser une grave menace
l’urgence de solutions pour stabiliser pays en développement d’envisager sur la sécurité alimentaire dans les pays
les prix des denrées alimentaires. Selon des solutions durables pour stabiliser en développement et frappe de plein
l’Organisation des Nations Unies pour ces prix, prévient le ministre Mama- fouet les populations pauvres. D’après
l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), les dou Sangafowa Coulibaly. En 2010, les chiffres de la Banque Mondiale,
prix alimentaires ont atteint un niveau estimait toujours la FAO, 925 millions l’augmentation des prix des aliments,
historique en janvier 2011 et risquent de personnes souffraient encore de la en 2010-2011, a jeté près de 70 mil-
de continuer à augmenter. Les prix ont faim dans le monde. Les défis à relever lions de personnes dans l’extrême pau-
accru de 3,4% par rapport à décembre par la communauté internationale sont vreté.
2010, pour atteindre 231 points, «son immenses : comment nourrir 9 milliards
plus haut niveau» sur l’indice établi par d’habitants en 2050 dans un contexte Face à la flambée des prix née de la
la FAO en 1990. marqué par l’urbanisation, le change- crise postélectorale, la Côte d’Ivoire, a
40 La Filière du Progrès n°9
mis en place un Programme National
d’Investissement Agricole (PNIA) pour
prévenir et maîtriser d’éventuelles crises
alimentaires. Ce programme ambitieux
prévoit 1000 milliards de Fcfa sur 5
ans et sied parfaitement au thème de
la Journée Mondiale de l’Alimentation
« Prix des denrées alimentaires – de la
crise à la stabilité ». Le PNIA, selon le
ministre de l’Agriculture, a pour mission
de booster hors de la Côte d’Ivoire la
faim en investissant dans l’agriculture
vivrière pour limiter la dépendance
vis-à-vis de l’extérieur et assurer dura-
blement par des productions locales la
sécurité alimentaire de la Côte d’Ivoire.
Il permettra d’améliorer les outils de
gestion des risques à travers la mise
en place d’un dispositif de suivi chargé
de faire la veille et l’éveil en vue de la
prévention et de la gestion des crises
alimentaires tout en adoptant et mettant
en œuvre des mécanismes d’adaptation
aux changements climatiques. Cette
initiative louable est un engagement
fort qui va amener le Gouvernement
de Côte d’Ivoire à consentir au moins
10% de son budget national au secteur
agricole, a déclaré le Ministre. Rappe-
lons que la Déclaration de Maputo de
2003 préconisait l’utilisation de 10 %
des dépenses publiques pour le déve-
loppement agricole et rural sur une pé-
riode de 5 ans. La représentante de la
FAO, Madame Marie Noëlle KOYARA
a déclaré, à cette occasion, que le sous
financement persistant de l’agriculture,
de la part des pays riches comme des
pays pauvres, est probablement la prin-
cipale cause des problèmes auxquels le
monde est confronté aujourd’hui. Elle
a plaidé pour la prise d’une décision
politique d’investissement agricole tant
sur le plan international que national.
La FOA a offert deux motoculteurs, des

.
arrosoirs, des produits phytosanitaires,
des engrais et des semences à dix grou-
pements agricoles de la région

1er trimestre 2012 41


CONTRIBUTION PRODUITS AGRICOLES

Du Système d’Information des Marchés au Bureau de Vente


des Producteurs
L’équation de la commercialisation des produits agricoles crée de

Les Systèmes d’Information de Marché (SIM), largement mis en avant en Côte


d’Ivoire et presque dans tout les pays en Afrique subsaharienne pour appuyer
les politiques de libéralisation des filières agricoles, ont été présentés comme de
puissants outils d’accompagnement de ces politiques de libéralisation. Mais une
importante étude de la FAO en 1996, portant sur 120 SIM de première génération
dans les pays en développement dont la Côte d’Ivoire, a montré que seuls 53
remplissaient les critères minima de fonctionnement. Ces SIM ont éprouvé des
difficultés à identifier précisément l’information dont les acteurs, notamment
les producteurs, ont besoin et à la leur fournir en temps voulu. En somme, les
résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances qu’ils avaient suscitées. Dès
lors, de nouvelles stratégies et de nouveaux dispositifs ont été mis en œuvres par
d’autres opérateurs.

L
es premiers Systèmes d’Information sion dans les pays occidentaux au des difficultés de fonctionnement, suite
de Marché (SIM) ont été introduits cours des années 30. A la faveur des au retrait progressif des partenaires au
aux Etats Unis dans les années 1920, programmes de libéralisation du com- développement dans le financement de
dans le but de contrecarrer les mono- merce des produits agricoles entamés nos économies.
poles : il s’agissait de dispositifs publics en Afrique de l’Ouest au début de la
ayant pour fonction de collecter et dif- décennie 80, il a été donné d’assister à En effet, les différents SIMs ont eu à
fuser des informations concernant les l’émergence de dispositifs d’information bénéficier de divers financements qui
prix, les variétés ou qualités des pro- de marchés dans la plupart des pays aujourd’hui n’existent plus. En effet,
duits, le niveau de fréquentation des comme mesure d’accompagnement à le mode de gestion de la plupart des
places de marchés, les quantités échan- ces programmes de privatisation. SIMs, ne prévoyait pas une autonomi-
gées et les stocks. A la fin des années 90, la plupart, sinon sation par la génération de revenus
Les SIM ont ensuite connu une expan- la totalité des SIM ont été confrontés à susceptibles de couvrir les charges
42 La Filière du Progrès n°9
CONTRIBUTIONS PRODUITS AGRICOLES

de manière endogène. Au niveau de raîchers dans les régions des Savanes tervention, entraînant ainsi l’interrup-
l’ancrage institutionnel également, les (PPMS). Basé à Korhogo, le PPMS tion des activités du BVP en plein essor.
SIM sont dans leur majorité sous la couvre les régions administratives de la Des anciens animateurs du BVP tentent
tutelle des organismes de l’état (office Vallée du Bandama et des Savanes, no- tant bien que mal, de reprendre au-
céréalier, ministères de l’agriculture, de tamment les départements de Bouaké, jourd’hui, les actions du BVP. L’objectif
l’élevage ou du commerce). Il ressort de Béoumi, Sakassou, Katiola, Korhogo, principal étant d’abord de fournir aux
renseignements concordants que cette Ferkessédougou, Boundiali et Tengrela. paysans l’information commerciale,
dépendance est l’une des causes des Ainsi, pour une meilleure rémunération les animatrices du BVP collectent quo-
goulots d’étranglement pour le fonction- des producteurs par une commerciali- tidiennement, sur différents marchés,
nement normal des SIMs. En somme, sation adéquate de leur production, le auprès de plusieurs commerçants, des
en Côte d’Ivoire, une faible synergie PNUD en collaboration avec le PPMS informations pour déterminer les prix
existe entre les systèmes qui par ailleurs a initié en 2009, une étude sur les sys- en vigueur et les prix moyens. Par cette
visent les mêmes objectifs avec des dé- tèmes de commercialisation existants pratique, le BVP apprend aux paysans
marches spécifiques. La contrainte prin- avec une insistance sur l’opportunité à s’organiser pour mieux vendre leur
cipale reste la faible appropriation par que représente le Bureau de Vente des production en minimisant les charges
les bénéficiaires de cet outil. Producteurs (BVP) dans le renforcement grâce à la vente groupée et la négocia-
du pouvoir de négociation des produc- tion directe. Le BVP a également mis en
DES ÉVOLUTIONS PLUS RÉCENTES : teurs et l’amélioration des conditions place des organes tels que les comités
L’APPARITION DU BUREAU DE VENTE
de commercialisation des produits agri- de production, de commercialisation,
DES PRODUCTEURS
coles. Mis en place par le PACIL (Projet les cases villageoises d’épargne et de
d’Appui à la Commercialisation et aux crédit. Ces dernières visent à doter
Dans le cadre de sa politique de lutte
Initiatives Locales), le BVP a été financé les paysans constitués en groupement
contre la pauvreté en milieu rural, l’Etat
par le FIDA de 1996 à 2003. Cepen- de fonds de roulement leur permettant
de Côte d’Ivoire a financé conjointe-

.
dant, suite à la crise de septembre d’acheter directement aux producteurs
ment avec le Fonds International pour le
2002, le PACIL a été contraint d’inter- du village leurs produits afin de leur évi-
Développement Agricole (FIDA) le pro-
rompre ses activités dans sa zone d’in- ter le bradage des récoltes
jet d’appui aux Petits Producteurs Ma-

1er trimestre 2012 43


CONTRIBUTIONS VALORISATION DE LA CHAÎNE DES VALEURS DES PRODUITS ALIMENTAIRES

Des Bonnes Pratiques Agricoles (BPA) aux Bonnes Pratiques


d’Hygiène (BPH)
L’harmonisation de la réglementation au sein de la communauté européenne a
entraîné en 2002 l’instauration d’un groupe de règlements dénommé « paquet
hygiène ». Ces différents règlements avaient pour but, entre autres, d’établir
les principes généraux du droit alimentaire et fixer les procédures relatives à
la sécurité des denrées alimentaires en Europe. A titre d’exemple, sont compris
dans ce paquet hygiène les règlement 178/2002 relatif au code d’hygiène
alimentaire ; le règlements 852 de 2004 relatif aux règles générales d’hygiène
pour toutes les denrées alimentaires (commerce de détails inclus) et la 853
de 2004 relative aux règles d’hygiène spécifiques pour les denrées animales
d’origine animales (hors commerce de détail).

RÈGLEMENTATION EUROPÉENNE ET INCIDENCE


SUR LES PRODUCTIONS ACP

Ces différentes règlementations vont


insister sur le fait d’assurer qu’aucune
denrée n’est mise sur le marché eu-
ropéen si elle est « dangereuse » ; le
terme dangereux va renfermer deux as-
pects important à retenir : les aliments ne
doivent pas être impropres à la consom-
mation humaine et ils ne doivent pas être
préjudiciables à la santé.

Le terme Impropre à la consommation


humaine renvoi à l’obligation d’assu-
rer des conditions d’hygiène adéquates mentaires vont devenir quasi impossible INSTAURATION DE LABELS
pour le maintien de la qualité des pro- à respecter pour des matières actives ET RÉFÉRENTIELS PRIVÉS
duits alimentaires comme l’éthephon sur l’ananas.

Pour le terme « préjudiciable à la santé Parmi ces différents référentiels privées


Du fait de cette contrainte d’assurer l’on pourrait citer le cas de Eurepgap
», il est tenu compte de l’effet probable
qu’aucune denrée n’est mise sur le mar- qui devint plus tard GlobalG.A.P. à par-
immédiat et/ou à court terme et/ou à
ché si elle dangereuse, les importateurs tir de 2007. Ce référentiel de bonnes
long terme sur la santé de la personne
européens vont répercuter ces différentes pratiques Agricoles créées initialement
de sa descendance ; des effets toxiques
exigences d’hygiène et de bonnes pra- pour l’europe va connaître une interna-
cumulatifs probables. Ainsi, se renforce
tiques agricoles sur leur fournisseur que tionalisation sur le continent Americain,
l’obligation de veiller à ce que les pro-
sont les producteurs agricoles. Africain, Australien et Asiatique. D’où sa
duits phytosanitaires, produits vétéri-
Des référentiels de bonnes pratiques et nouvelle appellation Globalgap.
naires etc ne laissent pas de résidus
labels privés permettant de garantir la GLOBALG.A.P est un organisme du sec-
dans les aliments. Ceci va expliquer
bonne application de ces réglementa- teur privé qui définit des référentiels sur
les fixations de plus en plus strictes de
tions vont petit à petit s’imposer dans base de volontariat pour la certification
limites maximales de résidus autorisés
les transactions commerciales entre les des produits agricoles de par le monde.
dans les aliments mis sur le marché. Ces
importateurs européens et les produc- Il est fondé sur un partenariat égalitaire
limites maximales de résidus jusque là
teurs agricoles ACP. de producteurs et de distributeurs de
acceptables pour certaines denrées ali-

44 La Filière du Progrès n°9


CONTRIBUTION VALORISATION DE LA CHAÎNE DES VALEURS DES PRODUITS ALIMENTAIRES

produits agricoles. en 2007 avec un regroupement d’une


La première version du référentiel appa- soixantaine de petits producteurs.
raît en 2001 et est soumise à un cycle
constant d’amélioration tous les trois Dans la filière mangue, les premières
ans. certifications furent obtenues en 2007
Les principales exigences contenues par des regroupements de petits produc-
dans cette norme sont : teurs sous la houlette des structures Bam-
La Traçabilité ; bara et KATOPE (actuel SPEM Société
les bonnes pratiques Agricoles ; de Production et d’Exportation des Man-
les bonnes pratiques d’hygiène ; gues).
la Santé, la Protection sociale et
Sécurité du personnel ; Ces différentes certifications ont permis
la Protection de l’environnement. de démontrer que ce label pouvait s’im-
planter au sein des petites exploitations
Le référentiel est certifié par des orga- dont les parcelles sont parfois inférieure (PIP ) du Coleacp. Ce programme a
nismes indépendants reconnus par Glo- à un hectare. financé les coûts de formation, d’assis-
balgap. La certification des productions tance conseil et les premiers audits de
va ainsi permettre aux différents impor- La dynamique de mise en place de ces certification pour la plupart des struc-
tateurs d’assurer que les produits alimen- bonnes pratiques d’hygiène et bonnes tures certifiées globalgap. Depuis lors,
taires qu’ils mettent en distribution sur le pratiques agricoles avaient bien démar- les renouvellements annuels du certificat
marché européen sont produits selon les rée au sein de la filière ananas n’eut été sont directement pris en charge par les
bonnes pratiques agricoles et les bonnes les difficultés rencontrées par la filière producteurs eux-mêmes. Afin d’assurer
pratiques d’hygiène requises. toute entière, cette certification aurait la pérennité de ces différentes certifica-
bien pu se généraliser à toutes les coo- tions, les missions de formation, d’assis-
En Côte d’Ivoire, les premières certifica- pératives exportatrices de la filière. tance conseil et de certification ont été
tions sont obtenues dès 2004 avec la A l’opposé de l’ananas, la dynamique réalisées par des expertises locales.
SCB (Société d’étude et développement de certification des petits producteurs
de la culture bananière) ,filiale de la est en plein essor dans le secteur de AVANTAGES DE LA CERTIFICATION
multinationale Compagnie fruitière. Vont la mangue et de la noix de coco. Le
suivre par la suite, l’Ex Compagnie des nombre de coopératives certifiées Par L’expérience acquise dans la mise en
bananes de Côte d’Ivoire (CDBCI), puis PROCERT (organisme de certification place de ces normes au sein des plan-
la Sélectima etc…. installé en Côte d’Ivoire depuis 2008 tations en Côte d’ivoire, permet de rele-
Jusqu’en 2007, les certifications sont ob- ) est de 10 groupements de producteurs ver des avantages certains et non moins
tenues par des « grandes plantations » pour la mangue et de 1 groupement négligeables. Il s’agit notamment de la
pour la noix de coco. Ces chiffres sont sauvegarde de la vie des employés de
Mise en conformité des planta- prévus à la hausse pour les perspectives plantations et de celle des producteurs
tions ivoiriennes appui par des
programmes spécifiques tels le de la campagne 2012. Il est important eux mêmes.
Programme Initiative Pesticides de souligner à cet effet que pour la
A partir de 2007, les regroupements mangue et la noix de coco, ces certifica- En effet, au-delà de la protection du
de petits producteurs vont s’engager tions sont toutes réalisées dans le cadre consommateur, ces référentiels per-
dans la certification à la demande de de regroupements de petits producteurs. mettent aussi de sauvegarder la santé et
leur différents importateurs. La première la vie des producteurs.
coopérative Ivoirienne de petits produc- Ces efforts de mise en place de cette
teurs a obtenir ce certificat dans la filière norme au sein des structures en Côte Le tableau suivant donne un aperçu de
ananas fût la Coopérative Fruitière de d’Ivoire (comme c’est le cas dans plu- quelques pratiques dangereuses qui ont
la Comoé (CFC) ; qui produit et exporte sieurs autres pays ACP), ont été pos- été supprimées après la certification
de l’ananas sur le marché européen. sibles pour la plupart grâce au finance- dans certains regroupements de produc-
La CFC obtint sa certification Eurepgap ment du Programme Initiatives Pesticides teurs :

1er trimestre 2012 45


Pratiques observées
dans les plantations Exigence des normes à ce propos Avantages
avant la certification
Les produits phytosanitaires doivent être conservés
Éviter les inhalations de produits toxiques.
certains producteurs conservaient les produits phy- dans des zones exclusivement prévues à cet effet ,
tosanitaires dans leur chambre à coucher parfois pourvus d’aération adéquate et fermé à clé, c’est-à-
Éviter la manipulation des produits par les enfants
non pourvus de fenêtres et à la portée des enfants. dire dont l’accès est exclusivement réservée à une
ou autres personnes non autorisées.
personne formée.

Toute réutilisation des emballages vides des pro-


Les emballages vides de produits phytosanitaires
duits phytosanitaires à Éviter la consommation de résidus de produits
servent parfois pour la consommation d’eau ou
des fins autres que le rangement et le transport du toxiques pour l’homme.
pour les usages domestiques.
produit concerné est interdite.

Le port d’équipement de protection individuelle est


L’emploi de femmes enceintes aux postes d’utilisation de obligatoire selon le caractère dangereux du pro- Protéger la santé des applicateurs de produits
fongicide dans les centres de conditionnement. duit appliqué. Effectuer des analyses périodiques
phytosanitaires, éviter l’exposition des femmes
Ou la réalisation de traitement phytosanitaire sans port de cholinestérase sur les personnes exposées et
d’équipement de protection. enceintes.
prendre les dispositions requises pour éviter la
contamination ou l’exposition permanente.

PERSPECTIVES DE LA CERTIFICATION raissent de plus en plus dans les filières


OU DE LA LABELLISATION Cette dynamique doit être impulsée par du fait de leur importance dans l’obten-
POUR LES MARCHÉS LOCAUX le marché à travers les grands distribu- tion durable de la qualité des produits.
teurs, les consommateurs et les organisa- C’est le cas de Rainforest, UTZ Kapeh
Au-delà des référentiels imposés par les tions de producteurs. (pour le café et la cacao ces dernières
marchés internationaux, la protection de années en CI)
la santé des consommateurs locaux et la La labellisation apparait donc comme
protection de la santé des producteurs une solution durable pour l’obtention de Le KENYA en a donné l’exemple en déve-
eux mêmes doivent être un souci primor- la qualité des produits. Ces dynamiques loppant son propre standard de bonnes
dial pour les marchés nationaux. ne peuvent durablement se mettre en pratiques agricoles dénommé KENYA-
Les besoins de protection du consomma- place qu’à travers un système incitatif GAP. Ce standard définit les pratiques
teur sont les mêmes quelque soient les que permet la labellisation ou la certi- agricoles locales en vigueurs chez les
marchés. fication des systèmes de productions. petits producteurs. Il a été approuvé par

.
L’on se rend bien compte que la mise L’expérience et les références existent en GLOBALGAP et permet d’améliorer la
en application de ces référentiels ou la matière aussi bien au plan internatio- qualité des produits locaux et un meilleur
labels est possible dans nos pays aussi nal qu’au plan local. accès au marché européen
bien pour les multinationales que pour
les petits producteurs. Ces référentiels privés ou labels appa-

46 La Filière du Progrès n°9


1er trimestre 2012 47
48 La Filière du Progrès n°9

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