Séance 7: rappels et énoncés
Prof: Samuel Fiorini, Joost Vercruysse
Assistants: Rémi Delaby, William Hautekiet, Eileen Robinson et Thomas Saillez
MATH-F122 2024–2025
Matrice d’une application linéaire
Rappel Théorique
Soit K un corps. Soit A ∈ K m×n une matrice à coefficients dans le corps K.
a1,1 ··· a1,n
.. ..
A= . .
am,1 ··· am,n
On peut associer à cette matrice une application
fA : K n −→ K m
x1 a1,1 ··· a1,n x1
.. .. .. · ..
. 7−→ . . .
xn am,1 ··· am,n xn
Rappeler la définition suivante.
Définition. Une application f : K n → K m est linéaire si
1. Pour tous x, y ∈ K n , f (x + y) = f (x) + f (y) ;
2. Pour tous λ ∈ K et x ∈ K n , f (λx) = λf (x).
Proposition. 1. Pour toute matrice A ∈ K m×n l’application associée fA est linéaire.
2. Si f est une application linéaire K n → K m alors il existe une matrice A ∈ Matm×n (K) telle que
f = fA .
Les deux concepts sont donc interchangeables.
Faisons une observation importante : pour tout j ∈ {1, . . . , n}, soit ej = (0, . . . , 0, 1, 0, . . . , 0) le vecteur
unitaire dont toutes les composantes sauf la j-ième sont nulles. Alors on a que
a1,1 ··· a1,n a1,j
.. .. · e = .. .
. . j .
am,1 ··· am,n am,j
Donc la j-ième colonne de A est l’image par fA de ej .
En fait, on peut encore généraliser la dernière proposition.
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Définition. Soit K un corps et V un K-espace vectoriel de dimension finie n. Soit E = {e1 , . . . , en } une
base de V . On peut écrire un élément quelconque v ∈ V d’une unique manière comme
n
X
v= λi ei .
i=1
On appelle (λ1 , . . . , λn ) ∈ K n les coordonnées de v dans la base E.
Proposition. Soit V un K-espace vectoriel de dimension finie n et B = {b1 , . . . , bn } une base de V . Soit
W un K-espace vectoriel de dimension finie m et C = {c1 , . . . , cm } une base de W . Soit f : V → W une
application linéaire.
Il existe une matrice unique, notée [f ]C,B ∈ K m×n telle que pour tout v ∈ V avec coordonnées (x1 , . . . , xn )
dans la base B (c’est à dire v = x1 · b1 + · · · + xn · bn où x1 , . . . , xn ∈ K), le vecteur
y1 x1
..
. := [f ]F,E · ...
ym xn
donne les coordonnées de f (v) dans la base C (c’est à dire f (v) = y1 · c1 + · · · + ym · cm où y1 , . . . , ym ∈ K.)
Remarque. Si V = W et B = C, on appelle [f ]B,B la matrice de f dans la base B.
On voit alors que toute application linéaire peut être interprétée comme la multiplication des coordonnées
des vecteurs par une matrice.
Proposition. [f ]C,B est la matrice dont la j-ième colonne sont les coordonnées de f (bj ) dans la base C.
Proposition. Pour toute application linéaire f : V → W et pour toutes bases B de V et C de W on a
dim(Im f ) = rang[f ]C,B .
Inspiré par cette dernière proposition, on pose, pour une application linéaire f : V → W ,
rang f = dim(Im f ).
Exercices
Exercice 1 (P, I, S). Décrire géométriquement les transformations linéaires de R2 associées aux matrices
suivantes :
0 0 5 0 1 0 0 0 −1 0
A1 = , A2 = , A3 = , A4 = , A5 =
0 0 0 5 0 0 0 1 0 −1
√ √ ! !
2
−√ 22
0 1 0 0
A6 = , A7 = √2 , A8 = √ √ .
1 0 2 2 2 2
2 2 2 2
Quelle est l’image du point (x, y) ∈ R2 par chacune de ces transformations ?
Calculer l’image par ces transformations de :
1. la droite d’équation y = 1,
2. le cercle d’équation x2 + y 2 = 1.
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Exercice 2 (TP(1, 2, 5, 6), S). Décrire géométriquement les transformations linéaires de R3 associées aux
matrices suivantes :
−1
19 0 0 1 0 0 1 0 0 0 0
A1 = 0 19 0 , A 2 = 0 1 0 , A 3 = 0 −1 0 , A4 = 0 −1 0
0 0 19 0 0 −1 0 0 1 0 0 1
√ √
2 2
−
2 2 0 0 0 0 0 1 0
√2 √
2
A5 = 2 , A = 0 2 0 , A7 = 1 0 0
2 0 6
0 0 1 0 0 0 0 0 1
Quelle est l’image du point (x, y, z) ∈ R3 par chacune de ces transformations ?
Décrire géométriquement (sans faire trop de calculs !) l’image par ces transformations de
1. le plan d’équation z = 0,
2. la sphère d’équation x2 + y 2 + z 2 = 1.
Exercice 3 (TP (2 au choix), S). Pour une application linéaire f : V → V , on dit que v ∈ V est un point
fixe de f si f (v) = v. Calculer les points fixes des applications de l’exercice 2. Déterminer celles qui sont
bijectives.
Exercice 4 (S). En discutant d’après les valeurs de α, β, γ ∈ {−1, 1}, décrivez géométriquement la trans-
formation associée à la matrice :
α 0 0
a = 0 β 0
0 0 γ
Exercice 5 (I). Calculez l’image inverse du point (1, 2, 4) par les applications R3 → R3 associées aux ma-
trices :
−1
1 0 1 1 2
A1 = 0 −1 1 , A2 = 2 1 1 .
0 0 1 4 3 5
Exercice 6 (TP, S). On considère l’application linéaire
f : R4 → R3 : (x, y, z, t) 7→ (x, y + z, z + t).
(i) Déterminer la matrice de f par rapport aux bases canoniques de R4 et R3 .
(ii) Déterminer la matrice de f par rapport aux bases
E = {(1, 0, 0, 1), (0, 0, 0, 1), (1, 1, 0, 0), (0, 1, 1, 0)} ⊆ R4 ,
F = {(1, 1, 0), (0, 1, 0), (1, 0, 1)} ⊆ R3 .
Exercice 7 (S). On considère l’application linéaire
f : R2 → R3 : (x, y) 7→ (x + 2y, −x, y).
(i) Déterminer la matrice de f par rapport aux bases canoniques de R2 et R3 .
(ii) Déterminer la matrice de f par rapport aux bases
E = {(1, 3), (−2, 4)} ⊆ R2 ,
F = {(1, 1, 1), (2, 2, 0), (3, 0, 0)} ⊆ R3 .
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Exercice 8 (S). On considère l’application linéaire
f : R3 → R4 : (x, y, z) 7→ (3x − 2y + z, x + 6y + 2z, −3x + 7z, 2x + y).
(i) Déterminer la matrice de f par rapport aux bases canoniques de R3 et R4 .
(ii) Déterminer la matrice de f par rapport aux bases
E = {(0, 8, 8), (−7, 8, 1), (−6, 9, 1)} ⊆ R3 ,
F = {(0, 1, 1, 1), (1, −1, 0, 0), (0, 1, 1, 0), (0, 0, 1, 1)} ⊆ R4 .
Exercice 9 (TP, S). Soit V = RR .
(i) Montrer que E = {1, x, ex , xex } est une partie libre de V .
(ii) Soit W le sous-espace engendré par E. Expliquer pourquoi E est une base de W .
(iii) On considère l’application linéaire
D : W → V : f 7→ f ′ .
Montrer que Im(D) ⊆ W . Ainsi, on peut considérer D comme une application linéaire D : W → W .
(iv) Déterminer la matrice de D par rapport à E.
Exercice 10 (S). Même questions comme dans l’Exercice 9, mais
E = {cos x, sin x, ex },
D : V → V : f 7→ f ′′′
Exercice 11 (S). Même questions comme dans l’Exercice 9, mais
E = {1, x + 1, x2 + x + 1},
D : V → V : f 7→ f − 2f ′
Exercice 12 (TP, S). On considère l’application
a b 2 1 a b
f : R2×2 → R2×2 : 7→ .
c d 0 −1 c d
Montrer que f est linéaire et déterminer sa matrice par rapport à la base canonique de R2×2 .
Exercice 13 (S). On considère l’application
2×2 2×2 a b a b 1 2 1 2 a b
f :R →R : 7→ − .
c d c d 0 3 0 3 c d
Montrer que f est linéaire et déterminer sa matrice par rapport à la base canonique de R2×2 .
Exercice 14 (S). On considère l’application
2×2 2×3 a b a b 3 1 1
f :R →R : 7→ .
c d c d 1 2 −1
Montrer que f est linéaire et déterminer sa matrice par rapport aux bases canoniques de R2×2 et R2×3 .
Exercice 15 (TP(ii, v)). Écrire dans la base canonique {e1 , e2 } de R2 la matrice des opérateurs linéaires
suivants :
(i) les projections Px et Py sur la première bissectrice parallèlement aux axes x et y,
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(ii) les symétries orthogonales Sx et Sy par rapport aux axes x et y,
(iii) les symétries orthogonales S1 et S2 par rapport aux première et seconde bissectrices,
(iv) la symétrie centrée Sc ,
(v) la rotation Rθ d’angle θ autour de l’origine.
Exercice 16 (S). Calculer les produits matriciels A2 , AB et BA où A et B sont respectivement les matrices
des transformations (1) Px et Py , (2) S1 et S2 et (3) Rθ et Sy de l’exercice précédent. Vérifier géométriquement
le résultat.
Exercice 17 (V). Sachant qu’une transformation linéaire A de R2 dans R2 envoie (0, 1) sur (1, 3) et (1, 0)
sur (2, 1), calculer A((x, y)) pour tout point (x, y) ∈ R2 . Montrer que A est une fonction inversible, et calculer
A−1 ((3, 2)). Quels sont les points de R2 fixés par A ? Dessiner l’image par A du carré de sommets (1, 1),
(1, −1), (−1, 1) et (−1, −1), et du cercle d’équation x2 + y 2 = 1.
Exercice 18 (TP, I, S). Existe-t-il une transformation linéaire f : R3 → R2 telle que f ((1, −1, 1)) = (1, 0)
et f ((1, 1, 1)) = (0, 1) ?
Exercice 19 (TP, I, S). Existe-t-il un opérateur linéaire f sur R2 transformant (1, −1) en (1, 0), (2, −1) en
(0, 1) et (−3, 2) en (1, 1) ?
Exercice 20 (I, S). Considérons l’application linéaire
3×2 2×2 1 0 −2
f :R →R : A 7→ A.
3 −2 5
Soient B et C les bases canoniques de R3×2 et R2×2 respectivement. Déterminer la matrice [f ]C,B .
Exercice 21 (V). Soit Rn [x] l’espace vectoriel réel des polynômes en x à coefficients réels de degré au
maximum n et soit A l’opérateur linéaire de Rn [x] qui applique tout polynôme sur son polynôme dérivé.
Calculer la matrice des opérateurs A, A2 , A3 , . . . , An , An+1 , . . . dans la base {1, x, x2 , . . . , xn } de Rn [x].
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