UNIVERSITÉ POLYTECHNIQUE
DES SCIENCES APPLIQUÉES
--------------------------
FILIÈRES : GÉNIE CIVIL
--------------------------
Licence 3
--------------------------
BÉTON ARMÉ
--------------------------
Félicien MENDENE M’EKWA
--------------------
2024-2025
1. FICHE DU MODULE
1.1. IDENTIFICATION DU COURS
Intitulé du cours : Béton armé
Masse horaire : 24 heures
Niveau : Licence 3
INTRODUCTION
Les principaux éléments d'une construction comprennent :
les fondations, qui permettent à la construction de reposer sur le sol tout en la
supportant et en assurant sa stabilité ;
la structure ou ossature, qui assure la stabilité aérienne de l'ouvrage, supporte
toutes les charges appliquées et transmet aux fondations les sollicitations dues
au poids de l'édifice, aux charges d'occupation et aux contraintes exercées par
le vent ;
les murs porteurs qui peuvent être intégrés à la structure, ainsi que les poteaux,
les poutres et les planchers qui définissent l'ossature ;
les cloisons intérieures ou murs de refend, qui peuvent être parfois intégrés à
la structure ;
les systèmes de contrôle d'ambiance : la ventilation, le conditionnement d'air,
l'éclairage et l'isolation acoustique ;
les systèmes de circulation verticale : ascenseurs, escaliers mécaniques,
escaliers et cages ;
les dessertes, qui peuvent comporter des sous-systèmes tels que les
communications internes, la sonorisation, la télévision en circuit fermé ou
encore les réseaux de câblage téléphonique ;
les réseaux d'alimentation en énergie et en eau, ainsi que l'évacuation des
déchets ;
l'enveloppe, constituée de la façade, des pignons et de la toiture, qui sépare
l'intérieur de l'extérieur de la construction et qui la protège des sollicitations
diverses : pluie, vent, chaleur, froid, bruit, lumière solaire, etc. Elle joue un rôle
fondamental dans les économies d'énergie.
1. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT EN BÉTON ARMÉ
1.1. Objectif du calcul
L’objectif de tout calcul en béton armé est de définir les inconnues qui sont tout autant les
côtes de la section de béton (h et b) que les sections d’acier As. Pratiquement, on se donne
« à priori » la section de béton.
Le calcul de béton armé est basé sur le principe du dimensionnement/vérification. En effet :
Dans un premier temps, une phase de dimensionnement va permettre de
déterminer une première valeur de section d’acier ;
Dans un deuxième temps, il est vérifié que toutes les conditions réglementaires
sont satisfaites.
Ainsi, si le dimensionnement est effectué à l’ELU, la vérification sera faite à l’ELS et vice versa.
1.2. Étape pour le dimensionnement
Pour dimensionner une structure en béton armé à partir des données liées aux caractéristiques
géométriques de l’élément, à celles des matériaux (béton et acier) et à la classe d’exposition,
six étapes sont envisagées.
Modélisation de la structure et évaluation des actions et des combinaisons d’actions ;
Détermination des sollicitations (N, V et M) en toute section de l’élément considéré ;
Détermination des valeurs maximales des sollicitations ;
Déterminations des sections d’armatures ;
Vérification de ces mêmes sections d’armatures à l’ELS ou à l’ELU ;
Etablissement des dessins des armatures et des plans d’exécutions.
2. DALLE
2.1. Introduction
Une dalle est un élément de construction généralement horizontal de forme
rectangulaire, parfois incliné telle que la paillasse d’escalier et dont l’épaisseur h est
petite par rapport aux dimensions en plans que sont les portées lx et ly. La dalle peut
avoir une forme géométrique quelconque (circulaire, polygonale) et une épaisseur
constante ou variable.
On peut distinguer les cas particuliers suivants :
Les dalles reposant sur deux côtés : il s’agit de dalles sur deux appuis ayant un
sens de portée. En général, ces dalles sont calculées comme une poutre de
largeur 1 m.
Les dalles reposant sur leurs contours. Elles peuvent avoir un sens de portée
ou deux sens de portée, la partie située entre les éléments porteurs est dite
panneau de dalle. Les éléments porteurs peuvent être de différents types tels
que les poutres, les voiles ou les murs.
La dalle reposant directement sur des poteaux, sans aucun voile ou poutre.
Dans ce cas, il s’agit de plancher-dalle ou dalle champignon
Les figures ci-dessous montrent les différents types de dalles
Fig. 1 Typologie des dalles
2.2. Définition
Pour les dalles rectangulaires, les portées mesurées sont définies entre nus d’appuis.
Elles sont notées lx et ly, telles que lx ≤ ly.
Un coefficient α est définit comme étant le rapport : α = lx/ly ≤ 1
La valeur de α nous permet de déterminer le comportement de la dalle :
Une dalle est considérée portée dans un seul sens lorsque le coefficient α <
0,4. Dans ce cas, le calcul est assimilé à une poutre de largeur unitaire de1 m.
et de hauteur h0.
Une dalle est considérée portée dans les deux sens lorsque le coefficient 0,4 ≤
α ≤ 1.
Dans ce module, sont étudiées les dalles ayant des charges réparties uniformes sur
toute la surface du panneau comme l’indique la figure ci-dessous.
Fig. 2 : Dimensions de panneaux rectangulaires
2.3. Prédimensionnement
Dalle portant dans un seul sens (α < 0,4)
L’épaisseur courante est appelée h0
𝒍𝒍
𝒉𝒉𝟎𝟎 ≥ 𝟐𝟐𝟐𝟐𝒙𝒙 pour une dalle isolée
𝒍𝒍
𝒉𝒉𝟎𝟎 ≥ 𝟐𝟐𝟐𝟐𝒙𝒙 pour une dalle continue
Dalle portant dans un seul sens (α ≥ 0,4)
𝒍𝒍
𝒉𝒉𝟎𝟎 ≥ 𝟑𝟑𝟑𝟑𝒙𝒙 pour une dalle isolée
𝒍𝒍
𝒉𝒉𝟎𝟎 ≥ 𝟒𝟒𝟒𝟒𝒙𝒙 pour une dalle continue
Dans le cas des bâtiments courants pour des raisons de confort d’isolation
thermique et phonique h0 ≥ 14 cm.
2.4. Calcul des sollicitations
Cas où α < 0,4
𝒍𝒍𝒙𝒙 𝟐𝟐
𝑴𝑴𝟎𝟎𝟎𝟎 = 𝒑𝒑 𝑴𝑴𝟎𝟎𝟎𝟎 = 𝟎𝟎
𝟖𝟖
p : la charge /m2 de la dalle
Cas où α ≥ 0,4
𝑴𝑴𝟎𝟎𝟎𝟎 = 𝝁𝝁𝒙𝒙 𝒑𝒑𝒍𝒍𝒙𝒙 𝟐𝟐
𝑴𝑴𝟎𝟎𝟎𝟎 = 𝝁𝝁𝒚𝒚 𝑴𝑴𝟎𝟎𝟎𝟎
1
Avec 𝜇𝜇𝑥𝑥 =
8(1+2,4𝛼𝛼 3 )
𝜇𝜇𝑦𝑦 = 𝛼𝛼 3 (1,9 − 0,9𝛼𝛼) ≥ 0,25
Moments sur appuis
𝑴𝑴𝒆𝒆 𝒆𝒆𝒆𝒆 𝑴𝑴𝒘𝒘 ≥ 𝟎𝟎, 𝟔𝟔 𝑴𝑴𝟎𝟎 𝒑𝒑𝒑𝒑𝒑𝒑𝒑𝒑𝒑𝒑𝒑𝒑 à 𝟐𝟐 𝒕𝒕𝒕𝒕𝒕𝒕𝒕𝒕é𝒆𝒆𝒆𝒆
𝑴𝑴𝒆𝒆 𝒆𝒆𝒆𝒆 𝑴𝑴𝒘𝒘 ≥ 𝟎𝟎, 𝟓𝟓 𝑴𝑴𝟎𝟎 𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂 𝒗𝒗𝒗𝒗𝒗𝒗𝒗𝒗𝒗𝒗𝒗𝒗𝒗𝒗 𝒅𝒅𝒅𝒅𝒅𝒅 𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂 𝒅𝒅𝒅𝒅 𝒓𝒓𝒓𝒓𝒓𝒓𝒓𝒓
𝑴𝑴𝒆𝒆 𝒆𝒆𝒆𝒆 𝑴𝑴𝒘𝒘 ≥ 𝟎𝟎, 𝟒𝟒 𝑴𝑴𝟎𝟎 𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂 𝒊𝒊𝒊𝒊𝒊𝒊𝒊𝒊𝒊𝒊𝒊𝒊é𝒅𝒅𝒅𝒅𝒅𝒅𝒅𝒅𝒅𝒅𝒅𝒅𝒅𝒅
𝑴𝑴𝒆𝒆 𝒆𝒆𝒆𝒆 𝑴𝑴𝒘𝒘 ≥ 𝟎𝟎, 𝟏𝟏𝟏𝟏 𝑴𝑴𝟎𝟎 𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂𝒂 𝒅𝒅′𝒆𝒆𝒆𝒆𝒆𝒆𝒆𝒆é𝒎𝒎𝒎𝒎𝒎𝒎é
Moments en travée
𝑴𝑴𝒆𝒆 + 𝑴𝑴𝒘𝒘
𝑴𝑴𝒕𝒕 + ≥ 𝟏𝟏, 𝟐𝟐𝟐𝟐
𝟐𝟐
Effort tranchant
𝒍𝒍𝒙𝒙
𝑽𝑽𝒙𝒙 = 𝒑𝒑
𝑷𝑷𝑷𝑷𝑷𝑷𝑷𝑷 𝜶𝜶 < 𝟎𝟎, 𝟒𝟒 � 𝟐𝟐
𝑽𝑽𝒚𝒚 = 𝟎𝟎
𝒍𝒍𝒙𝒙 𝒍𝒍𝒚𝒚
⎧𝑽𝑽𝒙𝒙 = 𝒑𝒑
𝒍𝒍𝒙𝒙 + 𝟐𝟐𝒍𝒍𝒚𝒚
𝑷𝑷𝑷𝑷𝑷𝑷𝑷𝑷 𝜶𝜶 ≥ 𝟎𝟎, 𝟒𝟒
⎨ 𝒍𝒍𝒙𝒙
⎩ 𝑽𝑽𝒚𝒚 = 𝒑𝒑
𝟑𝟑
Nécessité d’armatures d’âme
Pas d’armatures d’âme si :
- La dalle est bétonnée sans reprise dans son épaisseur
- La contrainte tangente vérifie.
-
𝒗𝒗𝒖𝒖 𝒇𝒇𝒄𝒄𝒄𝒄
𝝉𝝉𝒖𝒖 = ≤ 𝟎𝟎, 𝟎𝟎𝟎𝟎
𝒅𝒅 𝜸𝜸𝒃𝒃
2.5. dispositions constructives
Sections minimales
𝟏𝟏𝟏𝟏 𝒉𝒉𝟎𝟎 : 𝒓𝒓𝒓𝒓𝒓𝒓𝒓𝒓𝒓𝒓 𝒍𝒍𝒍𝒍𝒍𝒍𝒍𝒍𝒍𝒍𝒍𝒍
𝑨𝑨𝒚𝒚𝒚𝒚𝒚𝒚𝒚𝒚𝒚𝒚 =� 𝟖𝟖 𝒉𝒉𝟎𝟎 : 𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭
𝟔𝟔 𝒉𝒉𝟎𝟎 : 𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭𝑭
𝟑𝟑 − 𝜶𝜶
𝑨𝑨𝒙𝒙𝒙𝒙𝒙𝒙𝒙𝒙𝒙𝒙 = 𝑨𝑨𝒚𝒚𝒚𝒚𝒚𝒚𝒚𝒚𝒚𝒚 .
𝟐𝟐
Diamètre des armatures
𝒉𝒉𝟎𝟎
∅≤
𝟏𝟏𝟏𝟏
Espacements maximaux
- Cas des charges réparties seulement :
Dans le sens x ∶ 𝑆𝑆𝑡𝑡𝑡𝑡 ≤ 𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚(3ℎ0 ; 33 𝑐𝑐𝑐𝑐)
Dans le sens y ∶ 𝑆𝑆𝑡𝑡𝑡𝑡 ≤ 𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚(4ℎ0 ; 45 𝑐𝑐𝑐𝑐)
- Cas des charges concentrées :
Dans le sens x ∶ 𝑆𝑆𝑡𝑡𝑡𝑡 ≤ 𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚(2ℎ0 ; 25 𝑐𝑐𝑐𝑐)
.
Dans le sens y ∶ 𝑆𝑆𝑡𝑡𝑡𝑡 ≤ 𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚(3ℎ0 ; 33 𝑐𝑐𝑐𝑐)
Condition de non – poinçonnement
𝒇𝒇𝒄𝒄𝒄𝒄
𝑸𝑸𝒖𝒖 ≤ 𝟎𝟎, 𝟎𝟎𝟎𝟎𝟎𝟎. 𝒖𝒖𝒄𝒄 𝒉𝒉𝟎𝟎
𝜸𝜸𝒃𝒃
Transmission des charges sur poutres
lm : largeur correspondant à un diagramme rectangulaire qui donnerait le même
moment que le diagramme trapézoïdal.
𝜶𝜶𝟐𝟐
𝒍𝒍𝒎𝒎 = �𝟎𝟎, 𝟓𝟓 − � 𝒍𝒍𝒙𝒙
𝟔𝟔
Charge triangulaire.
𝒍𝒍𝒎𝒎 = 𝟎𝟎, 𝟑𝟑𝟑𝟑𝒍𝒍𝒙𝒙
2.6. Dalle isostatique
La dalle est considérée isostatique lorsque le ou les panneaux de dalles adjacents
sont articulés sur leurs contours. Il n’y a donc aucune continuité entre les panneaux et
ces derniers sont dimensionnés indépendamment les uns des autres.
Il est admis que dans ce cas le panneau considéré se comporte comme une poutre de
longueur lx et de dimension 100 x h0.
La figure ci-dessous montre la modélisation d’une dalle isostatique
Fig. 3. Modélisation d’une dalle isostatique
Le ferraillage sera donc essentiellement composé d’armatures parallèles à lx afin
d’équilibrer le moment Mx. Le dimensionnement des armatures sera mené en flexion
simple, en considérant une largeur de 1m et une hauteur correspondant à l’épaisseur
de la dalle.
2.7. Dalles continues
Les moments de flexion dans le sens ly sont négligeables, car la dalle porte dans une
direction. Elle se comporte comme une poutre continue dans le sens lx.
La dalle est donc calculée comme une poutre continue de largeur unitaire 1 m sur
laquelle il est appliqué la méthode forfaitaire pour la détermination des moments sur
appuis et en travée.
Pour un panneau de dalle i on a :
𝑝𝑝𝑙𝑙𝑥𝑥2
𝑀𝑀𝑜𝑜𝑜𝑜𝑜𝑜 = , 𝑀𝑀𝑜𝑜𝑜𝑜𝑜𝑜 = 0
8
Le moment en travée de la dalle continue est donc défini par :
𝑀𝑀𝑤𝑤𝑤𝑤𝑤𝑤 + 𝑀𝑀𝑒𝑒𝑒𝑒𝑒𝑒
𝑀𝑀𝑡𝑡𝑡𝑡 + ≥ 𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚[(1 + 0,3𝛼𝛼), 1.05]𝑀𝑀𝑜𝑜𝑜𝑜𝑜𝑜
2
Les moments minimaux sont définis par la méthode forfaitaire et sont résumés dans
le tableau ci-dessous.
Remarque
Les moments de rive extrême sont pris à 0 dans le cas d’appui non solidaire de la dalle
et à 0,15 Mox1 dans le cas d’appui solidaire (par exemple dalle et voile formant un
ensemble monolithique).
Les valeurs de moment dans la direction ly sont négligeables. Cependant, il faut vérifier
les valeurs suivantes :
Pour les moments en travée, on doit vérifier : 𝑀𝑀𝑡𝑡𝑦𝑦 ≥ 𝑀𝑀𝑡𝑡𝑥𝑥/3
Pour les moments sur les appuis de rive, on doit vérifier que le moment sur le
petit côté doit être du même ordre de grandeur que sur le grand côté : 𝑀𝑀𝑎𝑎𝑦𝑦 ≥
𝑀𝑀𝑎𝑎𝑥𝑥
La dalle sera donc ferraillée de deux nappes perpendiculaires en fonction des
sollicitations déterminées précédemment.
RÉSUMÉ DU COURS