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Le rapport du Secrétaire général des Nations Unies analyse la viabilité de la dette extérieure des pays en développement, exacerbée par la crise de la COVID-19. Il met en évidence une augmentation significative de l'endettement extérieur avant la pandémie, avec des indicateurs de vulnérabilité financière en forte détérioration. Le rapport appelle à des mesures internationales pour atténuer les impacts de cette crise sur la viabilité de la dette extérieure.

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Le rapport du Secrétaire général des Nations Unies analyse la viabilité de la dette extérieure des pays en développement, exacerbée par la crise de la COVID-19. Il met en évidence une augmentation significative de l'endettement extérieur avant la pandémie, avec des indicateurs de vulnérabilité financière en forte détérioration. Le rapport appelle à des mesures internationales pour atténuer les impacts de cette crise sur la viabilité de la dette extérieure.

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Nations Unies A/75/281

Assemblée générale Distr. générale


30 juillet 2020
Français
Original : anglais

Soixante-quinzième session
Point 16 c) de l’ordre du jour provisoire*
Questions de politique macroéconomique

Viabilité de la dette extérieure et développement


Note du Secrétaire général

Le Secrétaire général a l’honneur de faire tenir à l’Assemblée générale le rapport


établi par le secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le
développement.

__________________
* A/75/150.

20-10332X (F)
*2010332*
A/75/281

Rapport sur la viabilité de la dette extérieure


et le développement, établi par le secrétariat
de la Conférence des Nations Unies sur le commerce
et le développement

Résumé
Dans le présent rapport, établi par le secrétariat de la Conférence des Nations
Unies sur le commerce et le développement en application de la résolution 74/203 de
l’Assemblée générale, on trouvera une analyse de l’évolution récente des indicateurs
de base de la viabilité de la dette extérieure des pays en développement. Certes, ces
indicateurs ont été éclipsés par la crise de la COVID-19 qui s’est déclenchée au début
de 2020, mais le rapport met en regard l’évaluation de l’endettement extérieur des
pays en développement tel qu’il se présentait avant la crise et l’incidence de celle-ci
sur leur vulnérabilité à la dette extérieure. Enfin, il appelle l ’attention sur un certain
nombre de mesures clés que la communauté internationale pourrait envisager de
prendre compte tenu des répercussions considérables de cette crise.

2/25 20-10332
A/75/281

I. Introduction
1. Depuis la publication du dernier rapport en date du Secrétaire général sur la
viabilité de la dette extérieure et le développement (A/74/234), la pandémie de
maladie à coronavirus (COVID-19) en est venue à conditionner les hypothèses
formulées quant aux perspectives économiques mondiales et, partant, à la viabilité de
la dette extérieure des pays en développement. Le Fonds monétaire international
(FMI) prévoit que l’économie mondiale se contractera d’environ 5 % en 2020, soit
bien davantage qu’après la crise financière mondiale 1. En conséquence, les pressions
qui s’exercent sur une balance des paiements déjà soumise à très rude épreuve dans
la plupart des pays en développement devraient compromettre gravement la viabilité
de la dette extérieure dans l’ensemble de ces pays.
2. Cette dynamique est exacerbée par le fait que la pandémie, qui a des
conséquences à la fois sur la santé, l’économie et les finances, frappe les pays en
développement à un moment où la viabilité de leur dette extérieure se détériorait déjà
depuis quelque temps. De plus, les prévisions actuelles de contraction de l’économie
mondiale reposent sur l’hypothèse d’un relèvement plus lent qu’initialement
envisagé. Il est donc tout à fait vraisemblable que, dans de nombreux pays en
développement, la crise de liquidité souveraine se transforme en crise d’insolvabilité.
3. Pour l’éviter, il faudra donc que la communauté internationale prenne des
mesures décisives. Les pays développés se heurtent certes à un obstacle de taille : il
leur faut trouver un équilibre entre les risques sanitaires et les coûts pour l’économie
que représente l’arrêt généralisé de l’activité. Mais pour leur part, les pays en
développement ne disposent pas d’une marge de manœuvre politique comparable
pour prendre des mesures à l’échelle requise face à la pandémie. Très souvent, leurs
dépenses de protection sanitaire et sociale sont relativement plus élevées, compte tenu
des carences de leurs infrastructures. Ils sont en outre fortement dépendants de
l’apport de liquidités extérieures en devises fortes pour continuer à payer des
importations vitales et d’assurer le service de la dette active. En l’absence de soutiens
extérieurs, ils risquent d’être captifs d’un cercle vicieux : remise en route prématurée
de leur économie pour éviter à nombre de leurs citoyens de mourir de faim plutôt que
de maladie; poursuite de la propagation de la pandémie; pressions de plus en plus
fortes exercées sur les instances politiques pour qu’elles prennent les mesures voulues
et assurent à elles seules le relèvement du pays.

II. Accumulation des vulnérabilités financières avant


la pandémie : principales tendances en matière de dette
extérieure dans les pays en développement entre 2009
et 2019
A. Aggravation des vulnérabilités financières : tendances générales
et facteurs récurrents

4. À la veille de la pandémie, l’encours total de la dette extérieure des pays en


développement et des économies en transition (auxquelles il est fait référence comme
à des pays en développement dans le présent rapport) avait atteint 10 000 milliards
de dollars (voir figure I). Il s’agissait là d’un montant record, puisqu’il représentait le
double de l’encours de 2009 (4 500 milliards de dollars). Cet alourdissement de

__________________
1
Voir Fonds monétaire international (FMI), Mise à jour des perspectives de l’économie mondiale,
juin 2020.

20-10332 3/25
A/75/281

l’endettement extérieur n’avait pas été compensé par une croissance suffisamment
forte du produit intérieur brut (PIB) dans le monde en développement, sachant que
l’environnement économique mondial restait dominé par des politiques à court terme
visant à stimuler les attentes des investisseurs spéculatifs et par l’aggravation des
inégalités de revenus, plutôt que par la reprise durable et inclusive de la demande
globale. En conséquence, le ratio moyen de la totalité de la dette extérieure au PIB
pour l’ensemble des pays en développement était passé de 25,2 % en 2009 à 29 % en
2019. En excluant de ce calcul la vaste économie en développement de la Chine, le
ratio moyen de la totalité de la dette extérieure au PIB aurait atteint 38,3 % en 2019
– sachant qu’en 2019, le ratio pour la Chine n’était que de 14,8 %.

Figure I
Encours de la dette extérieure globale des pays en développement (2000-2019)
(En milliards de dollars des États-Unis courants)

Source : Calculs du secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le


développement, à partir de données provenant de la Banque mondiale, du Fonds monétaire
international et de sources nationales.
Note : e = estimation.

5. Le fardeau de la dette extérieure, toujours plus lourd, a continué d’absorber une


part croissante des ressources des pays en développement. En conséque nce, le ratio
de la totalité de la dette extérieure aux exportations est passé à 111 % pour l’ensemble
des pays en développement (contre 105 % en 2018), soit le niveau atteint en 2003. De
même, la tendance à la hausse du montant des engagements corresponda nt au service
de la dette s’est poursuivie : en 2019, les pays en développement ont consacré 14,6 %
de leurs recettes d’exportation au remboursement de leur dette extérieure, contre
7,8 % en 2011 (pourcentage le plus bas jamais enregistré au cours de la pé riode
d’observation). S’agissant des recettes publiques, la tendance moyenne a été plus
modérée, mais néanmoins constamment à la hausse : la proportion des recettes
publiques consacrées au service de la dette publique ou à garantie publique à long
terme est ainsi passée de 2,7 % en 2012 (son niveau le plus bas) à 4,7 % en 2019.
Toutefois, dans nombre de pays en développement, la situation est aujourd’hui encore
plus grave, puisque plus d’un quart des recettes publiques y sont absorbées par le
service de la dette publique ou à garantie publique : c’est le cas des pays exportateurs

4/25 20-10332
A/75/281

de pétrole frappés par le récent effondrement des coûts, ainsi que des pays en
développement à revenu intermédiaire présentant une dette élevée.

Figure II
Ratio du service de la dette extérieure publique ou à garantie publique à long
terme aux recettes publiques, pour les 20 économies en développement les plus
avancées, en 2012 et en 2018
(En pourcentage)

Source : Calculs du secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le


développement, à partir des Indicateurs du développement dans le monde et de la base de
données des Perspectives de l’économie mondiale du Fonds monétaire international.

6. Les positions de la dette extérieure des pays en développement sont désormais


davantage exposées à des échéances plus courtes et à des risques de reconduction plus
élevés. La part de la dette à court terme dans la dette extérieure totale est passée à
29 % en 2019, alors qu’elle était bien inférieure à 20 % au début des années 2000 et
s’établissait à 26 % en 2009. Simultanément, la capacité des pays en développement
de s’auto-assurer contre les chocs exogènes et le risque de marché accru au moyen de
la constitution de réserves en devises a continué de se dégrader, le ratio des réserves
à la dette extérieure à court terme ayant diminué de près de moitié par rapport au
niveau record atteint en 2009 (543,9 %) pour s’établir à 278,8 % en 2019. Cette
situation est préoccupante dans le contexte de la crise de la COVID-19, car elle est la
traduction de la capacité extrêmement limitée des pays en développement de
surmonter les crises de liquidité résultant de ce choc.

20-10332 5/25
A/75/281

7. En outre, pour que les mesures prises face à la déstabilisation imputable à la


COVID-19 soient efficaces, il faut garder en tête que la fragilisation des positions de
la dette extérieure des pays en développement procède de la dégradation de la
dynamique qui gouverne leur endettement total (extérieur comm e intérieur, privé
comme public), d’où leur vulnérabilité financière croissante. Les distinctions
classiques entre dette extérieure et dette intérieure deviennent de plus en plus floues
dans une conjoncture marquée par une intégration financière rapide et des
mouvements de capitaux exempts de restrictions, ce qui fait que la dette intérieure
peut être détenue par des investisseurs étrangers; que, tant la dette intérieure que la
dette extérieure peuvent être libellées en monnaie locale ou en devises; que la dette
obligataire souveraine ou d’entreprise négociée sur les marchés secondaire et tertiaire
change fréquemment de mains.
8. Comme indiqué à la figure III, la caractéristique la plus marquante de
l’évolution récente de la dette contractée dans les pays en développement a été une
augmentation spectaculaire de l’endettement privé, en particulier depuis le début de
la crise financière mondiale. À la fin de 2018, l’encours de la dette des pays en
développement atteignait 191 % de leurs PIB combinés, soit le plus haut niveau
jamais enregistré. Mais si la part de la dette publique dans le PIB a clairement
augmenté, puisqu’elle est passée de 33,5 % en 2008 à 51,8 % en 2018, elle n’est pas
comparable à celle de la dette du secteur privé dans le PIB pour l ’ensemble des pays
en développement, qui a presque doublé, de 77,6 % en 2008 à 139,1 % en 2018 2.

Figure III
Total de la dette des pays en développement (1960-2018
(En pourcentage du produit intérieur brut)

Source : Calculs du secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le


développement, à partir de la base de données du FMI sur la dette mondiale.

9. Cette montée en flèche de la dette extérieure contractée auprès du secteur privé


expose les pays en développement à trois facteurs de vulnérabilité principaux. En
__________________
2
Voir le Rapport sur le commerce et le développement, 2019 : le financement d’une nouvelle donne
écologique mondiale (publication des Nations Unies, numéro de vente : F.19.II.D.15), chap. IV, et
Financing for Sustainable Development Report (Rapport sur le financement du développement
durable) 2020 (publication des Nations Unies, numéro de vente : E.20.I.4), chap. III.E.

6/25 20-10332
A/75/281

premier lieu, la dette privée contractée en devises représente en dernière analyse une
créance sur les réserves internationales d’un pays, surtout lorsque les entités privées
ne peuvent pas couvrir leurs engagements en devises au moyen d’éléments d’actifs
en devises. En deuxième lieu, même lorsque la dette privée est libellée en monnaie
locale mais détenue par des créanciers extérieurs, les inversions soudaines des flux
de crédit extérieurs peuvent compromettre la viabilité de cette dette. En troisième
lieu, une dette privée intérieure élevée (émise en monnaie nationale et détenue par les
résidents) est susceptible de constituer un passif pour les finances du secteur public
si des chocs exogènes entraînent des faillites en nombre ou si le niveau de solvabilité
des emprunteurs se détériore de façon systématique.
10. Ces risques ne sont que partiellement couverts par la part de la dette extérieure
privée non garantie (voir figure I), qui ne comprend qu e la dette privée à long terme
détenue par des créanciers extérieurs. Cette part est passée de 26 % en 2000 à 47 %
en 2009, ce qui indique que l’évolution d’une dette extérieure publique ou à garantie
publique vers une dette extérieure privée non garantie s’est faite dans une large
mesure avant que ne survienne la crise financière mondiale. Depuis, la part de l a dette
extérieure privée non garantie dans la dette extérieure globale à long terme a atteint
jusqu’à 52 % pendant les épisodes de hausse sur les marchés émergents (entre 2011
et 2016), avant de revenir à 48 % en 2019. Selon certaines estimations, des créanciers
extérieurs détiendraient un tiers de la dette des entreprises du secteur non financier,
qui s’élève à 1 800 milliards de dollars, dans 26 économies de marché émergentes (à
l’exclusion de la Chine), principalement en devises 3. Il est préoccupant de constater
que la prolifération de l’endettement des entreprises ne semble pas avoir stimulé les
investissements productifs 4.
11. Selon les rapports précédents 5, un facteur récurrent qui explique l’aggravation
des vulnérabilités financières n’est autre que la propension des investisseurs
financiers mondiaux à rechercher des rendements élevés à court terme à l’heure de la
libéralisation à grande échelle des mouvements de capitaux dans les économies en
développement et de la dérégulation des marchés financiers internationaux. Ce
phénomène s’est intensifié compte tenu des politiques monétaires plus
qu’accommodantes et des taux d’intérêt proches de zéro pratiqués dans les économies
avancées à la suite de la crise financière mondiale. Outre qu’ils ont ciblé des titres de
marchés émergents libellés en devises étrangères dans les pays en développement à
revenu élevé ou intermédiaire, émis principalement par des entreprises implantées
dans ces pays, les investisseurs financiers internationaux ont accru leur participation
dans des marchés d’obligations souveraines libellées en monnaie locale, en pleine
expansion, les avoirs étrangers atteignant dans certain s cas jusqu’à un tiers de la dette
intérieure 6.
12. Dans le même temps, nombre d’économies frontières 7 s’en remettent de plus en
plus à l’émission d’obligations libellées en devises étrangères sur les marchés
financiers internationaux. Au début de 2020, rien qu’en Afrique subsaharienne,
21 pays étaient tenus par des engagements sous la forme d’euro-obligations
souveraines à hauteur de l’équivalent de 115 milliards de dollars des États-Unis,

__________________
3
Institut de finance international, Global Debt Monitor Database (base de données pour le suivi de
la dette à l’échelle mondiale), avril 2020.
4
Rapport sur le commerce et le développement 2019, p. 82.
5
Voir, par exemple, A/73/180 et A/74/234.
6
Financing for Sustainable Development Report 2020 (Rapport sur le financement du
développement durable), chap. III.E, p. 150.
7
Selon le FMI, les économies frontières ressemblent aux marchés émergents pour ce qui est de
l’accès aux marchés internationaux. Voir FMI, « The evolution of public debt vulnerabilities in
lower-income economies », Policy Paper, n o 20/003 (Washington, 10 février 2020), p. 46.

20-10332 7/25
A/75/281

conséquence de la montée en flèche des émissions depuis 2017 8. Globalement, la


composition de la dette publique ou à garantie publique dans les pays en
développement, et donc aussi le profil de risque y associé, ont considérablement
évolué depuis la crise financière mondiale, la part détenue par des créanciers privés
plutôt que par des créanciers institutionnels ayant atteint 62,4 % à la fin de 2018,
contre 46,3 % à la fin de 2009, et la part due aux détenteurs d’obligations plutôt qu’à
des banques commerciales étant passée de 60,2 % à 76,1 % sur la même période 9.
13. Cette tendance à l’aggravation des vulnérabilités financières a été renforcée par
l’essor des stratégies d’investissement financier gérées passivement et axées sur les
indices de référence, toujours depuis la crise financière mondiale 10. Ces stratégies
reposent sur le suivi d’indices de référence emblématiques tels que l’indice des
obligations sur les marchés émergents J.P. Morgan, po ur les obligations souveraines,
les indices Morgan Stanley Capital International, pour les actions, et l ’indice des
marchés de nouvelle génération J.P. Morgan, qui sont destinés à éclairer les décisions
relatives à l’investissement financier. Nombre d’économies frontières ont été incluses
dans ces indices, ce qui détermine de plus en plus souvent l’accès de ces économies
aux marchés financiers internationaux 11.
14. Les stratégies d’investissement financier fondées sur des indices de référence
encouragent souvent un comportement grégaire. La majeure partie de la richesse
financière des investisseurs mondiaux est gérée par un petit nombr e de fonds d’actifs
qui se concentrent sur les phénomènes conjoncturels ayant des répercussions sur les
économies émergentes et sur les économies frontières en tant que groupe, plutôt que
sur les caractéristiques propres à tel ou tel pays. Ils s’appuient également sur des
indices de référence fortement corrélés, qui reposent sur des méthodologies
similaires. En conséquence, les stratégies d’investissement fondées sur les indices
sont très sensibles aux changements qui ont des répercussions sur la conjonctu re
financière mondiale et tendent à les amplifier en déclenchant des mouvements
synchronisés de flux de portefeuille dans les pays en développement. Leur influence
ne se limite pas à la gestion passive des fonds, puisque les fonds « actifs » ont
vocation à surpasser les stratégies d’investissement passif. Selon certaines
estimations, jusqu’à 70 % des allocations de fonds d’investissement par pays sont
influencées par des indices de référence 12.
15. En ce qui concerne les « facteurs d’attraction », la dépendance croissante des
pays en développement à l’égard du financement commercial en dépit des profils de
risque généralement plus élevés qui y sont associés, procède de ce que leur accès à
des sources de financement extérieur plus favorables au développement est de plus
en plus restreint. Cette constatation s’applique en particulier aux pays à faible revenu
ou à revenu intermédiaire. Dans le cas des pays à revenu intermédiaire, le phénomène
__________________
8
Gregory Smith, « Can Africa’s wall of Eurobond repayments be dismantled? », M&G Investments,
29 janvier 2020.
9
Calculs du secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement
(CNUCED), à partir de la base de données de la Banque mondiale (Statistiques de la dette
internationale). Les dernières données en date disponibles remontent à 2018.
10
Voir, par exemple, Ken Miyajima et Ilhyock Shim, « Asset managers in emerging market
economies », BIS Quarterly Review (septembre 2014).
11
Le principal indice de référence pour le suivi des obligations d ’État libellées en dollars des États-
Unis émises par les économies frontières, à savoir l’indice des obligations sur les marchés
émergents J.P. Morgan, a été instauré en 2011 et n’englobait alors que 17 pays. En avril 2020, ce
nombre était passé à 36 (3 pays en développement à revenu élevé, 25 pays en développement à
revenu intermédiaire, 2 pays en développement à faible revenu, 6 économies en transition, 4 pays
comptant parmi les moins avancés et 2 petits États insulaires en développement).
12
Tomas Williams, Claudio Raddatz et Sergio L. Schmukler, « International asset allocations and
capital flows: the benchmark effect », Journal of International Economics, vol. 108, issue C,
pp. 413-430.

8/25 20-10332
A/75/281

du financement manquant aux étapes intermédiaires du développement – qui


s’explique par la perte de l’accès à un financement extérieur à des conditions
favorables sur la base de seuils de revenu par habitant, associée à des besoins continus
de financement extérieur du développement à long terme – est bien connu et a été mis
en évidence dans plusieurs rapports précédents 13 . Pour les pays à faible revenu, les
récentes baisses du montant total net de l’aide publique au développement sur la base des
mouvements de trésorerie ont contribué à l’entretenir. À la suite du passage d’une méthode de
mesure reposant sur les flux de trésorerie à une méthode de mesure reposant sur l’équivalent-
don, l’aide publique au développement a augmenté de 1,4 % en 2019 par rapport à 2018.
Parallèlement, cette aide est passée de 0,31 % du revenu national brut des membres du Comité
d’aide au développement en 2018 à 0,30 % en 201914. En outre, la dispersion croissante de
l’aide publique au développement à laquelle on assiste depuis quelques années – celle-ci étant
de moins en moins destinée à étayer les budgets centraux mais de plus en plus souvent à prendre
en charge les dépenses auxquelles les donateurs doivent faire face dans les pays destinataires,
mais aussi à répondre à des priorités multilatérales au sens large, comme le financement de
l’action pour le climat – a encore accru la dépendance des pays à faible revenu vis-à-vis du
financement commercial du développement15.
16. La composition de la part de la dette publique ou à garantie publique détenue
par les créanciers institutionnels est l’illustration de cette problématique. Bien que
cette part ait diminué, passant de 53,7 % en 2009 à 37,6 % en 2019, la contribution
des créanciers institutionnels multilatéraux et bilatéraux, à savoir 60 % et 40 %,
respectivement, est restée relativement stable. C’est en fait la composition des
instances créancières bilatérales qui a évolué, les créances du Club de Paris ayant
progressivement été supplantées par des prêts bilatéraux consentis par la Chine 16, ce
qui traduit une dépendance croissante vis-à-vis de la coopération financière Sud-Sud
en sus du financement commercial. Cette évolution comporte ses propres risques,
notamment sous la forme d’un recours croissant à la dette collatérale, notamment les
prêts liés aux produits de base. Parallèlement, comme le soulignent des recherches
récentes, les pays en développement trouvaient peut-être plus facile dans le passé de
restructurer ce type de dette 17.
17. Enfin, ces vulnérabilités financières peuvent être renforcées par l ’utilisation
généralisée du financement mixte. Bien que ce type de financement, défini au sens
large comme le recours à des financements internationaux publics pour mobiliser des
fonds privés au titre de projets de développement, soit resté jusqu ’à présent en deçà
des attentes quant à sa contribution à la réduction du déficit de financement des
objectifs de développement durable 18, il n’a cessé de croître depuis 2009, la dette à
__________________
13
Voir, par exemple, A/74/234.
14
Pour plus de détails, voir Financing for Sustainable Development Report 2020, chap. III.C, pp. 82-
84, et « Official development assistance » (aide publique au développement), Groupe de travail
interinstitutions sur le financement du développement. Disponible à l’adresse suivante:
https://developmentfinance.un.org/official-development-assistance.
Selon la méthode des flux de trésorerie, la valeur nominale totale d ’un prêt est comptabilisée
comme aide publique au développement et les remboursements effectués en sont défalqués. Selon
la nouvelle méthode de l’équivalent-don, la partie d’un prêt correspondant à un don est calculée
sur la base du montant du prêt consenti à des conditions favorables plutôt que sur la base de la
valeur nominale totale. Les remboursements ultérieurs ne sont pas défalqués du montant total de
l’aide publique au développement.
15
Voir, par exemple, TD/B/EFD/3/2.
16
Sebastian Horn, Carmen Reinhart et Christoph Trebesch, China’s Overseas Lending, NBER
Working Paper n o 26050 (Cambridge, Massachusetts, National Bureau of Economic Research,
juillet 2019).
17
Kevin Acker, Deborah Brautigan et Yufan Huang, « Debt relief with Chinese characteristics »,
China Africa Research Initiative Working Paper, n o 39 (Washington, Johns Hopkins School of
Advanced International Studies, juin 2020).
18
Voir TD/B/EFD/3/2.

20-10332 9/25
A/75/281

des conditions de faveur et les capitaux propres étant les instruments financiers les
plus couramment utilisés pour les structures de financement mixte 19. Ces instruments
comportent nombre des risques associés à l’« ingénierie financière » prisée avant et
après la crise financière mondiale, à savoir qu’ils sont susceptibles d’engendrer, en
particulier, d’importants passifs conditionnels dans les bilans du secteur public des
pays en développement.

B. Principales tendances de la dette extérieure, par groupes de pays

18. Certes, ce qu’il est convenu d’appeler la quatrième vague d’endettement depuis
la crise financière mondiale est de plus grande ampleur que les épisodes passés de
crise de la dette des pays en développement 20, mais des différences de composition et
de tendances de la dette extérieure, d’un groupe de pays à un autre, persistent.
19. L’encours total de la dette extérieure des pays en développement à faible
revenu (à l’exception des petits États insulaires en développement) a atteint
163 milliards de dollars en 2019, soit près du double du montant enregistré en 2009.
Le ratio moyen de la dette extérieure au PIB dans les pays en développement à faible
revenu a atteint 33,1 % en 2009, contre 25,1 % en 2012, le seuil le plus bas enregistré
pendant la période d’observation. Les encours de dette extérieure de ces pays
s’élevaient à près de deux fois l’équivalent de leurs recettes d’exportation en 2019
(173,5 %, contre 99,6 % en 2011). S’agissant de la composition de leur dette
extérieure, un élément clef n’est autre que le taux de croissance annuel élevé de la
dette extérieure privée non garantie de près de 20 % au cours de la dernière décennie.
Si la part de la dette extérieure privée non garantie dans la dette extérieure globale à
long terme reste faible par rapport aux pays en développement à revenu intermédiaire
et aux pays en développement à revenu élevé, puisqu’elle atteignait 13 % en 2019
contre 4 % en 2009, la tendance à la hausse est claire. Élément positif, la dette
extérieure totale des pays en développement à faible revenu a connu une évolution en
faveur de la dette à long terme et au détriment de la d ette à court terme, puisque la
part du court terme dans la dette extérieure totale est passée de 11 % en 2009 à 6 %
en 2019. Cela s’explique en grande partie par le fait que la dette extérieure privée non
garantie à long terme représente une part plus importante du total. Quant à la dette
publique ou à garantie publique, pour certains pays à faible revenu d ’Afrique
subsaharienne en particulier, elle se caractérise également par un profil de risque plus
élevé, comme cela a été mentionné précédemment.
20. Au moment du déclenchement de la pandémie, la vulnérabilité d’ensemble des
pays en développement à faible revenu s’agissant de la viabilité de leur dette
extérieure était attestée par l’augmentation des coûts associés au service de la dette
avant la crise de la COVID-19. Ceux-ci, en tant que part des recettes d’exportation,
avaient atteint 10,1 % en 2019, niveau à peine dépassé au plus fort des crises de la
dette des années 1990 et du début des années 2000, et presque trois fois plus élevé
que les 3,4 % enregistrés en 2012. La part des recettes publiques consacrée au service
de la dette publique ou à garantie publique a atteint 7,9 % en 2019, en légère baisse
par rapport à 2018 (8,1 %), mais nettement à la hausse sachant que ce pourcentage
était beaucoup plus faible au début des années 2010 (3,3 % en 2012).
21. Les pays en développement à revenu intermédiaire (à l’exclusion des petits
États insulaires en développement) se trouvaient également dans une position
vulnérable juste avant le déclenchement de la pandémie. D’une part, l’encours de leur

__________________
19
Convergence, The state of blended finance 2019 (Toronto, Canada, septembre 2019).
20
M. Ayhan Kose et al., Global Waves of Debt – Causes and Consequences (Washington, Groupe de
la Banque mondiale, 2020).

10/25 20-10332
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dette extérieure avait augmenté à un rythme annuel plus rapide que celui qui était
enregistré dans les pays en développement à faible revenu au c ours de la période
2009-2019 (7,8 %, contre 6,6 % pour les pays en développement à faible revenu),
pour finir par atteindre 2 200 milliards de dollars en 2019. D’autre part, la
composition de cette dette extérieure penchait, depuis un certain temps déjà, p lus
fortement en direction de profils de risque plus élevés. La part de la dette extérieure
privée non garantie dans la dette extérieure totale à long terme était ainsi passée de
14 % en 2000 à 30 % en 2009, puis à 34 % en 2019. Dans le même temps, la part de
la dette publique ou à garantie publique détenue par des créanciers privés plutôt que
par des créanciers institutionnels avait atteint 43 % en 2019, dont 34 % détenus par
des créanciers obligataires plutôt que par des banques commerciales. Une grande
partie de cette dette obligataire privée et souveraine, dont le volume a llait croissant,
était détenue en devises, en particulier dans des pays en développement à revenu
intermédiaire dont l’économie frontière avait été récemment incluse dans l’indice J.P.
Morgan des marchés de nouvelle génération. En raison de la forte demand e
d’obligations de marchés frontières (généralement assorties d’échéances plus longues
que la dette à court terme), la part de la dette à court terme dans la dette extérieure
totale n’avait connu qu’une légère augmentation, de 15 % en 2009 à 17 % en 2019.
22. Parallèlement, la capacité des pays en développement à revenu intermédiaire de
s’auto-assurer contre les chocs exogènes grâce aux réserves internationales avait subi
d’autres revers, le ratio des réserves à la dette extérieure à court terme étant ainsi
passé de 677 % en 2009 à quelque 400 % en 2019. La capacité de ce groupe de pays
de générer des recettes en devises pour faire face à la hausse de la dette extérieure
avait également contribué à se détériorer, le ratio de la dette extérieure aux
exportations étant ainsi passé de 79,5 % en 2011 à 117,6 % en 2019.
23. Cette situation d’ensemble s’est traduite par une augmentation du coût du
service de la dette extérieure, de 8,3 % des recettes d’exportation en 2009 à 15,6 %
de ces recettes en 2019. En 2012, 4,4 % des recettes publiques étaient consacrés au
service de la dette publique ou à garantie publique; en 2019, cette proportion avait
doublé pour atteindre 8,9 %. Si l’on prend en compte le groupe des pays les moins
avancés, qui comprend les pays en développement à faible revenu et les pays en
développement à revenu intermédiaire les plus vulnérables, il apparaît que
l’augmentation du coût du service de la dette a été encore plus nette, puisque les
caractéristiques de ce groupe incluent non seulement le critère du revenu par habitant,
mais aussi les indicateurs structurels de développement au sens large. Au début de la
période d’observation, le coût du service de la dette n’était pas sensiblement différent
– à l’aune des recettes d’exportation et des recettes publiques – de ce qu’il était pour
les pays en développement à faible revenu ou pour l’ensemble des pays en
développement à revenu intermédiaire, mais il a augmenté considérablement par la
suite. S’agissant de la part des coûts associés au service de la dette dans les recettes
d’exportation, elle a presque triplé, passant de 5 % en 2010 à 14,4 % en 2019. Pour
ce qui est de la part des recettes publiques consacrée au service de la dette publiq ue
ou à garantie publique, elle est passée de 4,9 % en 2010 à 17,2 % en 2019.
24. Pays en développement à revenu élevé (à l’exclusion des petits États insulaires
en développement). Nombre des tendances qui traduisent une dépendance accrue vis -
à-vis du financement extérieur commercial, que l’on a passées en revue pour
l’ensemble des pays en développement, étaient particulièrement prononcées dans les
pays en développement à revenu élevé. C’est en partie justifié par le fait que l’assise
des systèmes financiers et bancaires nationaux de ces pays est plus solide, mais c’est
néanmoins le signe de l’existence de vulnérabilités potentielles en cas de choc
mondial de grande ampleur, comme la pandémie. L’encours de la dette extérieure des
pays en développement à revenu élevé a continué d’augmenter en 2019 pour atteindre
6 800 milliards de dollars (contre 5 900 milliards de dollars en 2018), soit plus du

20-10332 11/25
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double du montant enregistré en 2009. La part de la dette extérieure des pays en


développement à revenu élevé en proportion de leur PIB combiné est donc passée de
22,3 % en 2009 à 28 % depuis 2019. Toutefois, compte tenu d’une conjoncture
économique extérieure extrêmement incertaine, la part que représente la dette
extérieure privée non garantie dans la dette extérieure totale à long terme – qui est
considérablement plus élevée que dans les pays en développement à faible revenu ou
à revenu intermédiaire, puisqu’elle atteignait 53 % en 2019 – ainsi que
l’augmentation de la proportion de la dette extérieure à court terme par r apport à la
dette extérieure à long terme (soit 34 % de la dette extérieure totale en 2019)
pourraient, combinées, compromettre la viabilité de la dette extérieure des pays en
développement à revenu élevé.
25. Il apparaît donc que les recettes d’exportation des pays en développement à
revenu élevé augmentent depuis déjà quelque temps à un rythme inférieur à celui de
l’encours de leur dette extérieure, d’où la hausse du ratio de la dette extérieure aux
exportations, qui est passé de 75 % en 2008 à 106 % en 2019. Les coûts associés au
service de la dette sont passés de 1,9 % en 2014 (niveau le plus bas enregistré au cours
de la période d’observation) à 3,3 % en 2019 – en termes de recettes publiques
consacrées au service de la dette publique extérieure. Bien que t raduisant une
tendance à la hausse, cela reflète le dynamisme accru des exportations de ce groupe
de pays, qui s’explique en grande partie par la performance dans ce domaine de
certains pays en développement à revenu élevé d’Asie de l’Est et par le nombre plus
élevé d’emprunteurs ayant la qualité d’investisseur sur les marchés financiers
internationaux. Malgré cela, la capacité des pays en développement à revenu élevé de
résister à des contractions soudaines des liquidités internationales s’est détériorée, le
ratio des réserves internationales à la dette à court terme ayant accusé un déclin
marqué entre 2009 (520 %) et 2019 (246 %).
26. La détérioration de la viabilité de la dette extérieure des petits États insulaires
en développement est une source de préoccupation depuis de nombreuses années,
compte tenu des catastrophes naturelles qui les frappent fréquemment. Depuis la
publication des rapports récents sur la question 21 , la situation n’a guère évolué.
L’encours de la dette extérieure des petits États insulaire s en développement a atteint
50,4 milliards de dollars en 2019, soit une augmentation d’environ 70 points de
pourcentage depuis 2009. En conséquence, le ratio de la dette extérieure au PIB est
passé de 50,7 % en 2009 à 60,5 % en 2018, puis à 61,7 % en 2019 dans ces États.
L’encours de la dette extérieure a également continué d’y croître plus rapidement que
les recettes d’exportation, ce qui a entraîné une augmentation du ratio de la dette
extérieure aux exportations, passé à 172,4 % en 2019 (contre 99,6 % en 2011 et 158,8 %
en 2018). Alors que d’autres indicateurs sont restés relativement stables depuis les
pics d’endettement atteints aux alentours de 2015, les petits États insulaires en
développement ont vu leur capacité de s’auto-assurer contre les chocs exogènes se
détériorer encore, et le ratio des réserves internationales à la dette à court terme y est
passé de 307 % en 2009, seuil déjà bas, à 209 % en 2019. Il ne fait pas de doute que
ce groupe de pays sera particulièrement touché par l’effondrement du tourisme
international résultant de la crise de la COVID-19.
27. Les économies en transition ont continué de progresser vers une amélioration globale
de la viabilité de leur dette extérieure. Bien que le ratio de la dette extérieure au PIB y soit resté
supérieur à celui qui était enregistré dans les autres régions, soit 39,4 % en 2019, elles
connaissent une tendance au déclin depuis 2015. Parallèlement, la part de la dette à long terme
dans la dette extérieure totale a augmenté, celle de la dette extérieure privée non garantie a
diminué et le ratio des réserves à la dette extérieure à court terme est resté élevé, à un seuil bien
supérieur à 100 % depuis 2015. Avec un ratio du service de la dette aux recettes d’exportation
__________________
21
Voir A/73/180 et A/74/234.

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de 20,3 % en 2017 et un ratio du service de la dette à la dette publique ou à garantie publique


d’environ 10 % depuis 2018, les coûts associés au service de la dette augmentent toutefois
également dans ce groupe de pays. Cette situation, à laquelle s’ajoute une performance plus
instable des principaux indicateurs applicables au groupe depuis 2009 (contrairement à la
tendance à la détérioration continue observée dans les autres groupes de pays), est la traduction
de la composition hétérogène de celui-ci, dont les membres vont d’économies à faible revenu
à des économies à revenu intermédiaire (tranche supérieure), avec des caractéristiques
structurelles souvent très différentes.

III. Le choc de la COVID-19 : incidences sur la viabilité


de la dette extérieure des pays en développement
28. C’est dans ce contexte de vulnérabilités élevées et croissantes que le monde en
développement fait face au choc de la COVID-19 et à ses retombées. Pour ce qui est
de l’histoire récente, la crise de la COVID-19 est unique – qu’il s’agisse de sa nature
ou de son ampleur. Elle est différente des précédentes crises financières ayant entraîné
une contraction de la demande globale causée par l’adoption généralisée de politiques
d’austérité en réaction. S’il s’agit, d’abord et avant tout, d’une crise sanitaire
mondiale, le choc de la COVID-19 s’accompagne aussi d’un choc de l’offre aux
répercussions profondes – résultant de l’immobilisation prolongée de vastes pans de
l’activité économique dans le monde entier – combiné à des réductions
potentiellement drastiques de la demande globale à l’échelle mondiale – en raison de
la diminution des investissements et des dépenses des ménages, mais aussi de
l’incertitude et de l’instabilité profondes qui règnent sur les marchés financiers
internationaux. Dans la mesure où les politiques budgétaires expansionnistes ne
suffisent pas à éviter les faillites et les pertes d’emploi en série, il est probable que
cette crise sanitaire, économique et financière à la fois, entraînera des pertes
irréversibles plutôt que temporaires 22.
29. C’est la raison pour laquelle les gouvernements des pays développés, soutenus
par leurs banques centrales, ont adopté des mesures de stabilisation budgétaire de
grande ampleur, financées par la dette et s’élevant à plusieurs milliers de milliards de
dollars des États-Unis. Ces mesures ne constituent pas une option pour les pays en
développement, compte tenu de l’échelle qui serait requise pour qu’elles soient
efficaces. Dans certains pays en développement, compte tenu de la situation
d’urgence suscitée par la COVID-19 23, les banques centrales jouent le rôle de prêteur
de dernier ressort pour appuyer l’économie; mais dans de nombreux autres, les
banques centrales ne peuvent recourir à de telles mesures sans risquer une forte
dévaluation de la monnaie locale par rapport aux devises fortes. Partant, étant donné
l’ampleur de la crise de la COVID-19, de nombreux pays en développement, en
particulier ceux dont les réserves en devises sont limitées, demeurent fortement
dépendants de l’appui à court terme de liquidités en devises fortes.
30. Cette situation est d’autant plus critique pour les pays en développement dont
la dette extérieure était substantielle avant le déclenchement de la pandémie. Comme
indiqué à la figure IV, en raison de l’accumulation de la dette et des vulnérabilités
financières évoquées à la section précédente, les pays en développement doivent
rembourser des montants colossaux au titre de leur dette publique ou à garantie
publique, à savoir entre 2 000 milliards et 2 300 milliards de dollars rien que pour
__________________
22
Voir aussi CNUCED, « The Covid-19 shock to developing countries: towards a ‘whatever it takes’
programme for the two-thirds of the world’s population being left behind», mise à jour du Rapport
sur le commerce et le développement (mars 2020).
23
Voir, par exemple, Yavuz Arslan, Mathias Drehmann et Boris Hofmann, « Central bank bond
purchases in emerging market economies », BIS Bulletin n o 20 (Basel, Suisse, 2 juin 2020).

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2020 et 2021 dans le cas des pays en développement à revenu élevé, et entre
700 milliards et 1 100 milliards de dollars pour les pays en développement à revenu
intermédiaire ou à faible revenu.

Figure IV
Échéanciers de remboursement de la dette publique extérieure en 2020 et 2021
(pays en développement)
(En milliers de milliards de dollars des États-Unis courants)

Source: Calculs du secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le


développement, à partir de la Base de données trimestrielles sur la dette extérieure de la
Banque mondiale, du Global Debt Monitor de l’Institut de finance international et de la base
de données de la dette mondiale du Fonds monétaire international 24.

31. En temps « normal », une grande partie de cette dette serait reconduite sur la
base d’évaluations de la viabilité future de la dette et de la capacité d’honorer les
obligations en cours et de rembourser les intérêts. En temps de COVID -19, toutefois,
au moins quatre des principaux canaux de transmission de cette c rise font courir le
risque d’une défaillance systémique qui serait provoquée par la nécessité d ’assurer la
viabilité de la dette extérieure dans les pays en développement 25.

__________________
24
Les fourchettes estimatives définies pour les échéanciers de remboursement de la dette publique
extérieure en 2020 et 2021 pour l’ensemble des pays en développement résultent de la
combinaison des échéanciers de remboursement constatés pour 44 pays en développement, y
compris les économies en développement de premier plan, et des échéanciers estimatifs pour tous
les autres pays en développement, compte tenu du groupe de revenu auquel ils appartiennent. Les
pays en développement, en particulier ceux qui appartiennent au même groupe de revenu,
présentent un certain degré de synchronisation de leurs calendriers respectifs de remboursement de
la dette extérieure, principalement fonction de la conjoncture financière prédominante sur les
marchés internationaux. Les estimations hautes et basses correspondent aux limites infé rieure et
supérieure de la répartition des pays, respectivement, définies comme les dixième et quatre-vingt-
dixième centiles.
25
Voir CNUCED, « From the great lockdown to the great meltdown: developing country debt in the
time of COVID-19 », mise à jour du Rapport sur le commerce et le développement (avril 2020).

14/25 20-10332
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32. En premier lieu, comme le montre la figure V, la fuite des capitaux de non -
résidents des pays en développement en réponse à la pandémie a été d’une ampleur
beaucoup plus considérable que les inversions de flux de capitaux auxquels on avait
assisté lors des précédents épisodes de crise financière. Cette fuite vers la sécurité
s’est étendue à l’ensemble des régions en développement, alimentant des
dépréciations généralisées de devises, accentuant les écarts de rendement des
obligations souveraines et déclenchant une chute abrupte du prix des produits de base.
Des stratégies d’investissement de portefeuille synchronisées, fondées sur des indices
de référence, ont contribué à rendre massives et de portée mondiale les fuites de
capitaux de non-résidents depuis les pays en développement 26 . La dynamique
procyclique des flux et des prix qui caractérise ces sorties de capitaux de portefeuille
(les sorties initiales déclenchant une chute du prix des actifs et une dépréciation des
taux de change, et donc de nouvelles sorties de capitaux de portefeuille), est renforcée
par la révision à la baisse de la notation attribuée par les agences spécialisées à la
dette souveraine des pays en développement. On observe certes, depuis avril, un
ralentissement de la fuite des capitaux de portefeuille en réponse à la pandémie, par
rapport au rythme initialement enregistré (voir figure V), mais cela résulte en grande
partie des achats de titres libellés en monnaie nationale sur les marchés de capitaux
locaux et d’obligations internationales par les gouvernements et les entreprises en
Asie 27.

Figure V
Sorties nettes cumulées de capitaux de portefeuille de non-résidents de pays
en développement : comparaison entre différentes crises
(En milliards de dollars des États-Unis courants)

10

-10
-19,2

-23,3
-30

-33,0

-50 Crise financière mondiale ((n = 8 septembre 2008)

Crise dite du « Taper tantrum »* (n = 17 mai 2013)

-70 Instabilité des marchés boursiers en Chine


(n = 26 juillet 2015)
Crise de la covid-19 (n = 21 février 2020)

-90
-104,8

-110
n n+15 jours n+30 jours n+45 jours n+60 jours n+75 jours n+90 jours
Source: Calculs du secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement à partir de
la base de données Daily Emerging Market Portfolio de l’Institut de finance international.

__________________
26
Voir, par exemple, FMI, Rapport sur la stabilité financière dans le monde : Vulnerabilities in a
Maturing Credit Cycle (Washington, avril 2019).
27
Primrose Riordan et Thomas Hale, « Asian governments boost dollar borrowing to fight
coronavirus », Financial Times (Londres), 8 mai 2020.

20-10332 15/25
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33. En deuxième lieu, les effets négatifs combinés du choc de la COVID-19 sur le
volume et la valeur des échanges internationaux vont considérablement compromettre
l’accès des pays en développement à des recettes en devises au moyen du commerce
international. Il a été estimé que le commerce mondial de marchandises avait
enregistré un déclin sans précédent de 18,5 % au deuxième trimestre de 2020 par
rapport au deuxième trimestre de 2019 28. La spéculation financière sur les prix, ainsi
que la réduction de la demande globale à l’échelle mondiale, ont des répercussions
particulièrement graves sur les pays en développement qui sont dépendants des
matières premières – au premier rang desquelles le pétrole, suivi de près par d’autres
minéraux comme le cuivre. À cela s’ajoute le quasi-effondrement de l’industrie
touristique internationale (services commerciaux), qui constituait depuis des années
une bouée de sauvetage pour de nombreux pays en développement à revenu moyen
ou à faible revenu, notamment les petits États insulaires en déve loppement.
34. En troisième lieu, les envois de fonds, sources primordiale s d’entrée de devises
étrangères pour de nombreux pays en développement à revenu intermédiaire ou à
faible revenu, devraient diminuer d’environ 20 % en 2020 par rapport au niveau
record de 554 milliards de dollars enregistré en 2019 29.
35. En quatrième lieu, les investissements étrangers directs dans les pays en
développement, qui constituent généralement une modalité plus stable de
financement extérieur, devraient se contracter de 40 % en 2020 par rapport à 2019 30.
Outre les révisions à la baisse des plans d’investissement, les sorties de devises de
filiales d’entreprises transnationales de nombreux pays en développement se
multiplient en raison de la hausse des montants des redevances, des di videndes et des
bénéfices rapatriés aux sièges sociaux qui font face avec difficulté à une diminution
des revenus.
36. Ces pressions simultanées sans précédent qui s’exercent compte tenu de
contraintes de balance des paiements déjà impérieuses se combinent au x pressions
liées à la crise qui s’exercent sur les budgets publics nationaux. Celles-ci procèdent
en premier lieu de la diminution des recettes publiques provoquée par le blocage de
l’économie, en conjonction avec l’augmentation des dépenses sanitaires et sociales
engagées pour lutter contre les effets de la pandémie. Étant donné que les systèmes
de soins de santé et de protection sociale sont plus fragiles dans la plupart des pays
en développement que dans les pays développés, l’effort supplémentaire requis pour
mobiliser les ressources nationales afin de lutter contre les effets de la pandémie tend
à être beaucoup plus exigeant. De plus, comme c’est souvent le cas en temps de crise,
les passifs éventuels auxquels sont exposées les autorités publiques en t emps
« normal » sont susceptibles de se rappeler à leur attention si les partenariats public-
privé et les autres instruments de financement mixtes s’effilochent – ce qui pourrait
se produire à la suite du choc de la COVID-19 – et si, dans certains pays en
développement, des entreprises d’État très endettées qui jouent un rôle stratégique se
trouvent dans l’impossibilité de refinancer les dettes en cours. Étant donné que, dans
les pays en développement, la dette en devises fortes est généralement corrélée à
l’évolution de la conjoncture en matière de dette so uveraine, toute détérioration à ce
niveau risque également d’entraîner une augmentation considérable des coûts de

__________________
28
Organisation mondiale du commerce, « Trade falls steeply in the first half of 2020 », communiqué
de presse, 22 juin 2020.
29
Banque mondiale, COVID-19 Crisis Through a Migration Lens, Migration and Development Brief
n o 32 (Washington, avril 2020).
30
Rapport sur l’investissement dans le monde 2020 : International Production beyond the Pandemic
(la production internationale par-delà la pandémie) (publication des Nations Unies, numéro de
vente : E.20.II.D.23).

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financement externe pour les entreprises privées, ce qui rejaillirait sur la viabilité de
la dette des entreprises en général.
37. En résumé, à moins que la communauté internationale ne prenne des mesures
décisives pour y répondre de manière appropriée, les effets de la pandémie sur la
viabilité de la dette extérieure des pays en développement (et sur la viabilité de leur
dette en général) vont se traduire par un cercle vicieux : une marge de manœuvre
budgétaire limitée pour répondre à la crise de la COVID-19, la détérioration des
indicateurs de viabilité de la dette extérieure, la révision à la ba isse des notations
attribuées par les agences spécialisées et le creusement des écarts en ce qui concerne
les obligations souveraines, suivies d’un nouvel épisode de sortie de capitaux et, par
conséquent, de la réduction encore plus palpable de la marge de manœuvre budgétaire
pour les économies en développement, durement frappées, pour lutter contre la crise
de la COVID-19. Au moment de l’établissement du présent rapport, la pandémie
gagnait en vigueur plutôt qu’elle ne baissait d’intensité dans certaines régions en
développement, aussi est-il tout à fait possible que cette situation déclenche une série
de défauts de paiement s’agissant de la dette souveraine 31.

IV. Orientations recommandées : de l’allègement de la dette


dans l’immédiat à l’adoption d’une solution durable
pour assurer la viabilité de la dette des pays
en développement
38. Comme indiqué précédemment, pour que les pays en développement puissent
faire face à la crise de la COVID-19 et connaître une reprise solide, il importe avant
tout qu’ils disposent d’un apport considérable de liquidités, dont le FMI et la
Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement ont estimé le
montant à 2 500 milliards de dollars au moins aux premiers jours de la crise. La
pandémie étant toujours en cours, ces estimations précoces pourraient donc se révéler
trop prudentes, comme le font craindre les estimations ultérieures du FMI, de la
Banque mondiale et de l’ONU. Quoi qu’il en soit, l’allégement de la dette ne saurait
constituer qu’une contribution limitée en réponse aux besoins de liquidités des pays
en développement. En outre, plus cet apport en liquidités prendra la forme de
nouveaux emprunts, même à des conditions de faveur, plus le nombre d ’années
pendant lesquelles la viabilité de la dette extérieure des pays en développement
restera fragile sera élevé, ce qui aura des répercussions de vaste portée sur la mise en
œuvre du Programme 2030. Un allégement de la dette sur la base de modalités
judicieuses sera donc déterminant, dans la mesure où il perme ttra aux pays en
développement non seulement de faire face aux pressions immédiates sur les
liquidités, mais aussi potentiellement de régler leurs problèmes d ’insolvabilité
structurelle et d’assurer ainsi sur le long terme la viabilité de leur dette.
39. Pour l’heure, au moyen de son Fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux
catastrophes, le FMI a annulé les remboursements qui lui était dus par les
27 économies en développement les plus pauvres pour une durée de six mois, ce qui
représente un montant estimé à 215 millions de dollars 32. Toutefois, ce qui donne le
ton de l’approche actuelle par la communauté internationale de l’allégement de la
dette en conséquence de la COVID-19 n’est autre que l’initiative de moratoire sur le
service de la dette prise le 15 avril dernier par le Groupe des Vingt, au bénéfice des
pays les plus pauvres. Au titre de cette initiative, 73 pays en développement,
__________________
31
FMI, « Global Financial Stability Report update » (Washington, juin 2020).
32
Voir, par exemple, Jubilee Debt Campaign, « Reaction to $125 million of debt cancellation by
IMF » (14 avril 2020).

20-10332 17/25
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principalement à faible revenu, peuvent bénéficier d’une suspension du


remboursement de leur dette à leurs créanciers bilatéraux entre mai et décembre 2020,
à condition qu’ils aient un statut d’emprunteur actif auprès du FMI (ou qu’ils aient
déposé une demande de financement futur auprès du FMI), qu’ils puissent démontrer
que les ressources temporairement libérées sont utilisées pour des dépenses sanitaires
et économiques accrues en réponse à la crise de la COVID-19 et qu’ils acceptent de
divulguer l’ensemble de leurs obligations en matière de dette publique (exception
faite d’informations potentiellement sensibles sur le plan commercial) 33 . Cette
initiative porte sur une dette bilatérale estimée à 12 milliards de dollars, due
globalement par l’ensemble des pays remplissant les conditions requises; à la mi-juin,
juste un peu plus de la moitié de ces pays avaient fait savoir qu ’ils demandaient à en
bénéficier. Les créanciers privés sont invités à se joindre à l’initiative à des conditions
comparables et les banques multilatérales de développement à envisager de le faire
lorsque ce sera compatible avec la préservation de la note élevée attribuée par une
agence spécialisée. Pour mémoire, l’encours total de la dette extérieure à long terme
publique ou à garantie publique des pays remplissant les conditions requises pour
bénéficier de l’initiative s’élevait à 457,3 milliards de dollars à la fin de 2018, dont
174,3 milliards de dollars étaient dus à des créanciers bilatéraux 34.
40. Si l’initiative est bienvenue en tant que moyen d’accorder un répit temporaire
dont certains des pays en développement les plus vulnérables ont un besoin urgent,
elle a mis en évidence les principales pierres d’achoppement sur la voie de l’adoption
de solutions globales face à la détérioration de la viabilité de la dette extérieure des
pays en développement avant et après la COVID-19 – frein à l’intégration de
créanciers privés et, jusqu’à présent, manque d’appétit vis-à-vis d’une nouvelle
initiative multilatérale d’allégement de la dette 35 . Compte tenu de l’influence
considérable qu’un petit nombre d’agences de notation privées est susceptible
d’exercer sur les conditions d’accès futur des pays en développement aux marchés,
les États membres devraient envisager des mesures visant à atténuer la dépendance
mécanique vis-à-vis des évaluations de ces agences, y compris pour ce qui est de la
réglementation, en favorisant une concurrence accrue, en prenant des mesures pour
éviter les conflits d’intérêts et améliorer la qualité des notations, et en établissant des
exigences de transparence plus strictes concernant les normes d’évaluation en vigueur
dans les agences en question 36. On pourrait également envisager de faire intervenir
une agence de notation contrôlée par le secteur public.
41. En outre, la viabilité de la dette souveraine se détériorant rapidement dans les
diverses catégories de pays en développement, il est nécessai re de prendre des
mesures décisives pour élargir de manière effective le champ d ’application des
initiatives existantes 37. Pour ce faire, il faut prendre en compte les éléments suivants :
a) Des moratoires sur la dette prolongés, au champ d’application élargi.
Les moratoires sont indispensables pour offrir un répit immédiat – à l’échelle
macroéconomique – aux pays en développement frappés par la crise, afin qu’ils
puissent y faire face et se remettre de ses effets. De tels moratoires devraient être
__________________
33
Groupe des Vingt, « G20 finance ministers and central bank governors meeting, 15 April 2020
(virtual) », communiqué (15 avril 2020), annexe II.
34
Voir CNUCED, « From the great lockdown to the great meltdown », p. 8.
35
Voir Institut de finance international, Lettre au FMI, à la Banque mondiale et au Club de Paris au
sujet d’une approche potentielle de la participation volontaire du secteur privé à l ’initiative de
suspension du service de la dette (1 er mai 2020).
36
Voir résolution 74/202 de l’Assemblée générale.
37
Voir CNUCED, « From the great lockdown to the great meltdown », pp. 9-12; Département des
affaires économiques et sociales, « COVID-19 and sovereign debt », Document d’orientation
n o 72, 14 mai 2020; ONU, « Debt and COVID-19: A Global Response in Solidarity », 17 avril
2020.

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accordés aux pays en développement à leur demande, indépendamment des critères


d’admissibilité fondés sur le revenu ou autres, englober tous les types de créanciers
(multilatéraux, bilatéraux et privés) et être automatiquement renouvelables chaque
année en fonction des besoins. Il est essentiel que tous les types de créanciers soient
mobilisés au titre de cette démarche pour éviter les situations où les ressources
libérées par la suspension des remboursements de la dette à certains créanciers
seraient utilisées pour satisfaire aux échéanciers de remboursement d’autres
créanciers non coopératifs. Si tous les créanciers sont inclus et qu ’il est clair que la
nouvelle situation est durable, l’évaluations par les agences de notation des pays
demandant une assistance pourrait être influencée positivement 38.
b) Viabilité de la dette à long terme. Le répit procuré par une approche plus
souple des moratoires devrait être utilisé pour déterminer quels pays ont besoin d ’une
restructuration plus profonde de leur dette souveraine, non seulement pour les
remettre sur la voie du remboursement à court terme de leurs obligations, mais aussi
pour s’assurer que les exigences de remboursement sont compatibles avec: a) le
rétablissement durable d’une croissance inclusive, de l’équilibre budgétaire et d’une
balance commerciale favorable; b) les besoins d’investissement nécessaires à la mise
en œuvre dans les délais impartis du Programme 2030 ;
c) Échanges de créances. Un allégement de la dette moins radical que la
restructuration en profondeur de la dette souveraine pourrait prendre la forme
d’échanges de créances « COVID-19 » au bénéfice de pays dont la dette est élevée
mais viable et qui luttent pour faire face aux effets immédiats de la crise de la COVID -
19. Les programmes d’échange de dettes sont adaptés à divers types de configuration
de la dette dans les pays en développement et, en particulier, à l’exposition à
d’importantes dettes commerciales et à un encours important de dette publique. Il
faudrait convenir de modalités spécifiques, qui pourraient s’inspirer en grande part
des programmes d’échange de dettes existants;
d) Plan Marshall en matière d’aide publique au développement. Pour les
pays en développement les plus pauvres, un allégement immédiat de la dette au moyen
d’une restructuration de leurs obligations existantes envers leurs créanciers
institutionnels, l’objectif étant de proposer des conditions encore plus favorables et
de réduire le contrôle du service de la dette, pourrait être financé au moyen d ’une aide
publique au développement à champ d’application élargi. Une autre option
consisterait à engager un « plan Marshall » en matière d’aide publique au
développement, qui reposerait sur la mobilisation d ’engagements en matière d’aide
publique au développement non honorés par le passé : il s’agirait d’une modalité de
financement exceptionnelle des dépenses de santé liées à la COVID -19 dans les pays
bénéficiaires, qui contribuerait indirectement à l’atténuation du fardeau de la dette.
42. Cependant, il est clair que des restructurations plus profondes de la dette
souveraines seront nécessaires dans les années à venir, notamment en vue de
poursuivre la mise en œuvre du Programme 2030 dans le respect des échéances
__________________
38
Voir, par exemple, Patrick Bolton et al., « Born out of necessity: a debt standstill for COVID-19 ».
Centre for Economic Policy Research, Policy Insight n o 103 (avril 2020). Dans leur proposition,
les auteurs reconnaissent qu’il n’existe aucun mécanisme international permettant d’obtenir la
pleine participation des créanciers privés aux moratoires sur la dette et s uggèrent la mise en place
d’une facilité de crédit centrale à la Banque mondiale ou dans les banques régionales de
développement pour les pays demandant une assistance sous forme de moratoire temporaire. Un
tel dispositif inciterait naturellement les créanciers privés à participer aux moratoires étant donné
qu’ils recevraient ainsi de la part d’entités internationales de premier plan l’assurance d’obtenir le
remboursement intégral de leurs créances, ce qui aurait pour effet de fragiliser la position des
créanciers privés non coopératifs tout en permettant, dans un premier temps, que les fonds libérés
grâce à de tels moratoires temporaires puissent être utilisés pour financer des mesures en réponse
à la crise.

20-10332 19/25
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fixées 39 . La crise de la COVID-19 a mis en lumière les failles bien connues de


l’actuelle « non-architecture » internationale s’agissant du traitement rapide,
équitable et global du fardeau de la dette souveraine lorsque celui -ci devient
insoutenable, en particulier dans les pays en développement. Les failles en questio n
incluent la nature dite « trop peu, trop tard » des restructurations de la dette engagées
dans le passé, un règlement de crise de la dette favorisant fortement les politiques
d’austérité procycliques qui sapent les perspectives de croissance future et la viabilité
de la dette, ainsi que la fragmentation croissante des mécanismes permettant de
répondre aux intérêts divergents de divers créanciers, phénomène manifeste au vu des
problèmes que posent les créanciers irréductibles 40. En conséquence, depuis 1970,
près de la moitié des épisodes de restructuration de dette souveraine impliquant des
créanciers privés ont été suivis d’une nouvelle défaillance dans un délai de trois à sept
ans, et 60 % d’entre eux ont donné lieu à une nouvelle restructuration 41.
43. Il est donc grand temps pour la communauté internationale de redoubler
d’efforts pour remédier à ces failles de manière systématique. Outre les mesures
d’urgence, telles que l’initiative de moratoire sur la dette prise par le Groupe des
Vingt et les propositions connexes, les efforts en question devraient se concentrer sur
l’amélioration des mécanismes institutionnels, qu’ils soient fondés sur les marchés
ou multilatéraux, avec pour objectif l’adoption de solutions durables qui permettent
de préserver la viabilité de la dette des pays en développement et d’appuyer ainsi le
développement. Les améliorations apportées aux approches fondées sur le marché,
comme le recours aux clauses d’action collective à un seul niveau 42 pour tenir en
respect les créanciers privés, le recours plus systématique aux obligations d’État et
l’inclusion de clauses de catastrophe déclenchant des moratoires automatiques, sont
susceptibles de contribuer à atténuer les contrôles associés aux restructurations de la
dette souveraine dans le futur, en particulier lorsque la dette commerciale, notamment
de nature obligataire, est substantielle. Mais ces améliorations contractuelles ne fixent
pas de lignes directrices quant aux objectifs primordiaux de ces restructurations ou
aux méthodologies sous-jacentes connexes d’évaluation de la viabilité de la dette.
Compte tenu de la crise de la COVID-19, il semblerait qu’il soit de la plus haute
importance de promouvoir l’adoption d’un cadre institutionnel multilatéral de portée
plus vaste, qui prévoie des mécanismes transparents propres à faciliter une
coordination d’ensemble entre créanciers et débiteurs et à garantir que toute
restructuration d’une dette souveraine sur cette base va dans le sens du bien -être de
tous les citoyens concernés.
44. Depuis longtemps, l’ONU stimule le dialogue entre créanciers et débiteurs, avec
pour objectif de prévenir et de régler les crises de la dette souveraine 43. L’Organisation
doit ce statut au fait qu’elle n’est pas elle-même une créancière et qu’elle offre un
espace de discussion à la fois inclusif et démocratique 44. C’est une instance qualifiée
pour faire progresser l’action menée par la communauté internationale en faveur de
__________________
39
A/74/234.
40
Voir Rapport sur le commerce et le développement 2015 : mettre l’architecture financière
internationale au service du développement (publication des Nations Unies, numéro de vente
E.15.II.D.4), pp. 132-140. Voir aussi Rapport sur le commerce et le développement 2019, pp.
96-101.
41
Martin Guzman, « Sovereign debt crisis resolution: will this time be different? », exposé présenté
à la douzième Conférence sur la gestion de la dette (CNUCED), tenue à G enève 19 novembre
2019.
42
Voir, par exemple, Mark Sobel, « Merits of single-limb CACs », Official Monetary and Financial
Institutions Forum, 9 juillet 2018.
43
Voir résolution 69/319 de l’Assemblée générale. Voir aussi CNUCED, « Principles on promoting
responsible sovereign lending and borrowing » (10 janvier 2012); CNUCED, Sovereign Debt
Workouts: Going Forward – Roadmap and Guide (avril 2015).
44
Voir Département des affaires économiques et sociales, « COVID-19 and sovereign debt ».

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l’émergence d’une solution durable, propre à assurer la viabilité de la dette extérie ure
des pays en développement au cours de la période qui suivra la crise de la COVID -
19, mais aussi la mise en œuvre du Programme 2030. La Réunion de haut niveau sur
le financement du développement à l’ère de la COVID-19 et après 45 sera l’occasion
de mener des délibérations inclusives à l’appui de ces objectifs.

__________________
45
Voir ONU, « Financement du développement à l’ère de la COVID-19 et après », consultable à
l’adresse www.un.org/en/coronavirus/financing-development (uniquement en anglais).

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Annexe
Dette extérieure des pays en développement
(En milliards de dollars des États-Unis)

2009-2019
(moyenne) 2016 2017 2018 2019 a

Ensemble des pays en développement


Encours de la dette extérieure totale b 7 722,0 8 387,6 9 233,7 9 712,5 10 057,0
Dette extérieure à long terme 5 407,1 6 145,3 6 634,4 6 842,2 7 110,5
Dette publique ou à garantie
publique/dette extérieure à long terme 49,7 % 48,1 % 50,6 % 51,4 % 52,0 %
Dette privée non garantie/dette extérieure
à long terme 50,3 % 51,9 % 49,4 % 48,6 % 48,0 %
Dette extérieure à court terme 2 166,8 2 110,4 2 455,8 2 698,8 2 752,8
Service de la dette extérieure (montant total) 923,6 1 087,0 1 145,0 1 271,0 1 328,9
Ratio d’endettement c
Dette extérieure totale/PIB 26,9 % 28,9 % 29,1 % 28,9 % 29,0 %
Dette extérieure totale/exportations d 94,8 % 113,5 % 110,9 % 105,1 % 110,6 %
Montant total du service de la dette/PIB 3,2 % 3,7 % 3,6 % 3,8 % 3,9 %
Montant total du service de la
dette/exportations d 11,4 % 14,7 % 13,7 % 13,8 % 14,6 %
Réserves/dette à court terme 354,6 % 334,0 % 302,5 % 273,6 % 278,8 %
Service de la dette publique ou à garantie
publique/recettes publiques 3,7 % 4,2 % 4,1 % 4,5 % 4,7 %
Économies en développement à revenu
élevé
Encours total de la dette extérieure b 5 072,9 5 523,9 6 160,2 6 593,1 6 768,7
Dette extérieure à long terme 3 211,1 3 720,8 4 052,5 4 217,9 4 364,2
Dette publique ou à garantie publique/dette
extérieure à long terme 44,7 % 43,0 % 44,9 % 46,0 % 47,0 %
Dette privée non garantie/dette extérieure
à long terme 55,3 % 57,0 % 55,1 % 54,0 % 53,0 %
Dette extérieure à court terme 1 799,7 1 753,6 2 055,7 2 295,8 2 313,5
Service de la dette extérieure (montant total) 591,7 727,4 780,2 838,7 871,3
c
Ratio d’endettement
Dette extérieure totale/PIB 25,4 % 27,1 % 27,8 % 27,9 % 28,0 %
Dette extérieure totale/exportations d 88,2 % 103,5 % 104,0 % 101,4 % 106,3 %
Montant total du service de la dette/PIB 3,0 % 3,6 % 3,5 % 3,6 % 3,7 %
Montant total du service de la
dette/exportations d 10,4 % 13,6 % 13,2 % 12,9 % 13,7 %
Réserves/dette à court terme 329,9 % 311,2 % 275,0 % 244,3 % 245,7 %
Service de la dette publique ou à garantie
publique/recettes publiques 2,7 % 3,0 % 3,2 % 3,1 % 3,0 %

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2009-2019
(moyenne) 2016 2017 2018 2019 a

Économies en développement à revenu intermédiaire


Encours total de la dette extérieure b 1 590,1 1 747,8 1 948,2 2 051,6 2 175,2
Dette extérieure à long terme 1 300,7 1 447,3 1 606,4 1 702,1 1 803,1
Dette publique ou à garantie publique/dette
extérieure à long terme 65,5 % 64,1 % 65,7 % 66,2 % 66,1 %
Dette privée non garantie/dette extérieure à
long terme 34,5 % 35,9 % 34,3 % 33,8 % 33,9 %
Dette extérieure à court terme 241,5 252,6 287,1 292,7 308,6
Service de la dette extérieure (montant total) 177,9 225,5 213,9 241,1 289,7
Ratio d’endettement c
Dette extérieure totale/PIB 26,0 % 27,1 % 27,8 % 28,4 % 28,4 %
d
Dette extérieure totale/exportations 100,3 % 121,2 % 117,0 % 110,5 % 117,5 %
Montant total du service de la dette/PIB 2,8 % 3,5 % 3,1 % 3,3 % 3,8 %
Montant total du service de la
dette/exportations d 11,1 % 15,6 % 12,8 % 13,0 % 15,6 %
Réserves/dette à court terme 464,7 % 418,9 % 405,5 % 385,5 % 402,3 %
Service de la dette publique ou à garantie
publique/recettes publiques 6,3 % 7,7 % 6,7 % 7,4 % 8,9 %
Économies en développement à faible revenu
Encours total de la dette extérieure b 115,5 129,1 143,1 148,7 163,1
Dette extérieure à long terme 98,8 112,1 124,9 130,6 143,0
Dette publique ou à garantie publique/dette
extérieure à long terme 91,4 % 90,1 % 90,4 % 90,7 % 87,4 %
Dette privée non garantie/dette extérieure à
long terme 8,6 % 9,9 % 9,6 % 9,3 % 12,6 %
Dette extérieure à court terme 8,0 8,7 9,3 9,2 8,6
Service de la dette extérieure (montant total) 5,0 5,9 6,3 7,6 9,2
c
Ratio d’endettement
Dette extérieure totale/PIB 29,6 % 32,0 % 33,3 % 31,9 % 33,1 %
d
Dette extérieure totale/exportations 141,6 % 181,7 % 170,9 % 158,8 % 171,1 %
Montant total du service de la dette/PIB 1,2 % 1,5 % 1,5 % 1,7 % 1,9 %
Montant total du service de la
dette/exportations d 6,2 8,6 % 7,9 % 8,4 % 10,1 %
Réserves/dette à court terme 658,3 % 509,8 % 561,0 % 564,5 % 641,7 %
Service de la dette publique ou à garantie
publique/recettes publiques 5,3 % 6,6 % 6,6 % 8,1 % 7,9 %

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2009-2019
(moyenne) 2016 2017 2018 2019 a

Économies en transition
Encours total de la dette extérieure b 943,5 986,7 982,1 919,0 950,0
Dette extérieure à long terme 796,6 865,1 850,6 791,7 800,2
Dette publique ou à garantie publique/dette
extérieure à long terme 39,2 % 37,5 % 43,2 % 41,6 % 41,2 %
Dette privée non garantie/dette extérieure à
long terme 60,8 % 62,5 % 56,8 % 58,4 % 58,8 %
Dette extérieure à court terme 117,7 95,4 103,7 101,2 122,1
Service de la dette extérieure (montant total) 149,0 128,1 144,5 183,7 158,8
Ratio d’endettement c
Dette extérieure totale/PIB 40,4 % 53,5 % 44,8 % 39,6 % 39,7 %
Dette extérieure totale/exportations d 129,3 % 184,2 % 149,9 % 116,2 % 122,6 %
Montant total du service de la dette/PIB 6,5 % 6,9 % 6,6 % 7,9 % 6,6 %
Montant total du service de la
dette/exportations d 20,7 % 23,9 % 22,1 % 23,2 % 20,5 %
Réserves/dette à court terme 500,2 % 514,3 % 541,7 % 593,6 % 571,4 %
Service de la dette publique ou à garantie
publique/recettes publiques 6,4 % 7,4 % 6,2 % 10,3 % 9,4 %
Pays les moins avancés
Encours total de la dette extérieure b 272,2 309,4 336,4 356,6 378,0
Dette extérieure à long terme 230,5 267,5 290,1 312,8 330,8
Dette publique ou à garantie publique/dette 84,8 % 82,1 % 84,4 % 84,3 % 85,1 %
extérieure à long terme
Dette privée non garantie/dette extérieure à 15,2 % 17,9 % 15,6 % 15,7 % 14,9 %
long terme
Dette extérieure à court terme 27,9 29,7 33,3 30,1 29,5
Service de la dette extérieure (montant total) 17,9 21,3 22,5 25,9 33,5
Ratio d’endettement c
Dette extérieure totale/PIB 30,3 % 32,1 % 31,1 % 33,9 % 34,6 %
d
Dette extérieure totale/exportations 129,2 % 163,1 % 151,2 % 148,7 % 159,8 %
Montant total du service de la dette/PIB 1,9 % 2,2 % 2,1 % 2,5 % 3,1 %
Montant total du service de la
dette/exportations d 8,5 % 11,4 % 10,3 % 11,0 % 14,4 %
Réserves/dette à court terme 404,1 % 406,1 % 379,6 % 414,8 % 449,2 %
Service de la dette publique ou à garantie
publique/recettes publiques 8,5 % 10,8 % 9,2 % 11,7 % 17,2 %

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2009-2019
(moyenne) 2016 2017 2018 2019 a

Petits États insulaires en développement


Encours total de la dette extérieure b 40,8 43,8 45,7 48,6 50,4
Dette extérieure à long terme 29,9 31,4 32,5 35,3 37,1
Dette publique ou à garantie publique/dette
extérieure à long terme 65,7 % 70,3 % 71,9 % 67,8 % 64,9 %
Dette privée non garantie/dette extérieure à
long terme 34,3 % 29,7 % 28,1 % 32,2 % 35,1 %
Dette extérieure à court terme 9,3 10,7 11,5 11,7 11,5
Service de la dette extérieure (montant total) 6,1 5,0 6,5 6,6 7,0
Ratio d’endettement c
Dette extérieure totale/PIB 55,0 % 60,7 % 60,5 % 60,5 % 61,7 %
Dette extérieure totale /exportations d 155,3 % 171,0 % 166,9 % 165,2 % 172,4 %
Montant total du service de la dette/PIB 8,2 % 6,9 % 8,6 % 8,2 % 8,5 %
Montant total du service de la
dette/exportations d 24,7 % 21,8 % 23,4 % 22,9 % 24,3 %
Réserves/dette à court terme 235,0 % 208,4 % 205,3 % 200,8 % 208,8 %
Service de la dette publique ou à garantie
publique/recettes publiques 9,7 % 13,5 % 11,1 % 9,8 % 10,0 %

Source : Calculs du Secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le


développement, à partir de données de la Banque mondiale, du Fonds monétaire internationale
et de sources nationales.
Note : Les groupes de pays correspondent aux catégories économiques définies en fonction du
revenu dans UNCTADstat (https://unctadstat.unctad.org/FR/Classifications.html). La catégorie
« Ensemble des pays en développement » désigne les pays en développement à revenu élevé, à
revenu intermédiaire et à faible revenu ainsi que les pays en transition.
Abréviation : PIB = produit intérieur brut
a
Estimations de 2019.
b
L’encours total de la dette comprend la dette à long terme, la dette à court terme et les prêts du
FMI.
c
Les données utilisées pour le calcul des ratios ont été ajustées en fonction des données
nationales disponibles.
d
Exportations de biens, de services et de revenus primaires.

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