Corrigé Cpe
Corrigé Cpe
Session 2013-
Les rapports des jurys des concours sont établis sous la responsabilité des présidents de jury
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE
Session 2013
d'éducation
Les rapports des jurys des concours sont établis sous la responsabilité des présidents de jury
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SOMMAIRE
La composition ............................................................................................................. 12
Eléments de correction ................................................................................................ 30
Observations de correcteurs ........................................................................................ 30
L’entretien .................................................................................................................... 32
Deux exemples de sujets ............................................................................................. 32
Observations des correcteurs........................................................................................ 38
L’épreuve sur dossier.................................................................................................... 40
Deux exemples de sujets ............................................................................................. 41
Observations des correcteurs........................................................................................ 58
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1- Bilan statistique de la session 2013
Le nombre de postes mis au concours était cette année de 300. (245 en 2012, 275 en 2011,
250 en 2010)
Le nombre de candidats inscrits (5170) était équivalent à celui de la dernière session (5187 à
la session 2012, 3 945 à la session 2011, 7669 à la session 2010).
Seuls 1882 candidats ont, en fait, composé, soit seulement 36,40 % des inscrits. Pour
mémoire, 1800 candidats s'étaient présentés à l'épreuve écrite d'admissibilité en 2012 soit
34,70 % des inscrits. 1374 candidats s'étaient présentés à l'épreuve écrite d'admissibilité en
2011 soit 34,82 %, et 3465 candidats s’étaient présentés à la session 2010 soit 45,18 % des
inscrits.
Depuis trois ans, c’est donc à peine le tiers des inscrits qui se présente réellement au
concours !
Le seuil d'admissibilité s'établit au même niveau qu’à la session 2011 (9,1), en baisse par
rapport à celui de 2012 (9,6)
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1-2 Bilan statistique de l'admission
Le seuil d'admission s'établit à 11,40/20 (il était de 11,3 à la session 2012, 11,85 en 2011)
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2 - Les épreuves d'admissibilité
1°) Dissertation portant sur une ou plusieurs questions relatives à l'éducation et à la formation
des jeunes :
2°) Composition
En mobilisant les compétences acquises dans les domaines indiqués dans le programme du
concours, elle a pour objectif d’apprécier la capacité du candidat à construire un discours
raisonné et cohérent autour d’une question qui relève de l’éducation et de la formation des
jeunes, qui constitue un enjeu du système éducatif et traverse son fonctionnement ou induit
ses évolutions.
Si c’est une épreuve exigeante quant au niveau de connaissances attendu, c’est une forme
d’exercice classique que connaissent, ou devraient bien connaître, les candidats parvenus à un
niveau d’études bac+5.
Des éléments de corrigé sont proposés autour desquels des développements, des
argumentations peuvent être élaborés. Ils ne constituent que des entrées et des pistes de
réflexion qui devaient malgré tout se retrouver, sous des formes diverses mais organisées,
dans le développement.
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2.3 LES SUJETS
2.3.1 La dissertation
« Bref, socialisatrice au sens large, la sociabilité juvénile est vue aujourd’hui, du point de vue
de l’école, comme déstabilisant une institution qui a eu du mal à l’intégrer, en particulier
pédagogiquement. C'est dire que c’est largement à l’extérieur de l’école, si ce n’est contre
elle, qu’elle s’épanouit pleinement […]
[...] Les connexions illimitées, les équipements numériques individuels ne révolutionnent pas
l’éducation mais elles densifient les occupations quotidiennes des adolescents tout en les
individualisant, accentuant l’impression d’un entre-soi plus ou moins coupé du reste du
monde. Le fait que les institutions soient soupçonnées de ne plus savoir transmettre n’est pas
non plus une nouveauté ; il s’agit là d’un leitmotiv structurel dans les sociétés modernes.
Mais, par contre, l’existence de cette ruse éducative, qui conduit les adolescents à éprouver
leur force de caractère, leurs idéaux, ou leur singularité, largement, si ce n’est exclusivement,
à l’extérieur des institutions traditionnelles, apparaît relativement inédite…..Ce qui frappe
(aussi), c’est la capacité de certains à faire de certaines activités de vrais tuteurs de leur
construction personnelle. Mais aussi la centralité du rapport au temps, le temps vide d’une
succession d’activités non satisfaisantes qui font de certains adolescents des chercheurs d’un
nouveau Graal de l’activité pleinement réalisatrice, ou singularisante, au temps trop plein de
la chasse permanente à l’oisiveté et à l’ennui, en passant par le temps saccadé des activités à
forte pression compétitive, tantôt synonyme d’ivresse et de plaisir, tantôt de saturation
cognitive et émotionnelle….
BARRERE Anne, L’éducation buissonnière – Quand les adolescents se forment par eux-
mêmes Armand Colin, novembre 2011, pp. 25, 206-207.
1
Michel Serres – Petite Poucette – Editions Le Pommier – mars 2012
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2.3.2 Eléments de correction :
Des éléments valorisés dans le développement mais qui n’ont aucun caractère
exhaustif :
Cette année, le sujet de dissertation était très ouvert et devait permettre aux candidats de
faire la synthèse de leurs connaissances dans un cadre contraint, celui d’une dissertation de 5
heures. Sans doute beaucoup plus que les années précédentes, les arguments à développer
étaient alimentés par la lecture d’ouvrages contenus dans la bibliographie du concours mais
aussi par une connaissance et une analyse des faits d’actualité. Les débats autour de la
refondation de l’école étaient à mobiliser.
.
Les nouveaux élèves abordent l’école différemment et l’institution a du mal à intégrer les
nouveaux rapports au savoir. Pourquoi ?
Etait valorisée la copie qui proposait une analyse des causes de la difficulté
d’intégration des nouveaux rapports aux savoirs : rigidité de la structuration de l’école
(« monolithe », orientation subie qui crée des ruptures et des rejets, non-attractivité des
modalités et des objets pédagogiques, place de la pédagogie frontale, élève passif dans ses
apprentissages, modalités d’évaluation…)
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Valorisées également les interrogations sur :
La place des parents : quel accompagnement de leur enfant ? Quels rapports ont-ils à
l’école ? L’école est-elle en mesure de répondre à la confiance qu’ils lui
accordent ? En matière de coéducation ne sont-ils pas porteurs aussi des évolutions
comportementales des enfants ?
Le rôle du CPE dans la relation avec les parents pour expliquer la règle, la place de l’école
dans l’épanouissement de l’élève…
La place du numérique :
Les réseaux sociaux modifient aussi bien le rapport à l’école et aux savoirs que les
rapports entre les individus. Quel usage en faire ? Rôle du CPE dans l’apprentissage
de l’usage du numérique….
Etait valorisée la copie qui mettait en avant les adaptations de l’école pour prendre en
compte ces évolutions. L’école n’est pas la « vieille dame » qui reste dans sa tradition sans
regarder les transformations sociales. Considérer cela est faire injure aux personnels qui
s’engagent.
Sur tous ces points le CPE et les équipes de la vie scolaire ont un rôle à jouer. Le mettre
en avant était attendu.
«Vous éclairerez votre propos par des exemples y compris en élargissant vos
références à d’autres systèmes scolaires » Cet aspect a clairement été valorisé, car
satisfaire cette consigne exigeait d’avoir lu, recherché, ouvert son champ de
prospection et d’analyse.
Travail sur l’estime de soi et les compétences (pays nordiques en particulier)
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Recherches sur la « persévérance scolaire » au Québec
Travail sur les rythmes scolaires et la place du sport (pays anglo-saxons)
La référence aux textes qui fondent le processus de Lisbonne (2000) et qui
introduisent les compétences a également été valorisée.
Des pistes pour faire encore évoluer l’école et qui mettent le CPE acteur de ces
changement :
Le service de vie scolaire et son pilotage ;
Le projet de vie scolaire ;
La vie lycéenne mais aussi la vie au collège ;
Le travail collaboratif des membres de la communauté éducative ;
L’évolution souhaitée du rôle des enseignants ;
Le CPE, médiateur entre les comportements et les cultures des élèves et la culture
scolaire ;
Sur le fond, il apparaît que trop peu de candidats posent clairement la problématique. Le
manque de recul face au texte proposé a amené beaucoup de candidats à paraphraser Anne
Barrère. La famille et la société sont trop souvent présentées comme des coupables et internet
comme un objet de violence maléfique. Le discours sur l’école et les jeunes est souvent très
convenu et s’appuie davantage sur des propos de comptoirs faisant référence à un âge d’or
passé que sur des études récentes. Le CPE est encore présenté comme un acteur solitaire ayant
un rôle uniquement « thérapeutique ».
Une réflexion claire et organisée, fondée sur des connaissances solides permettant de lier
références bibliographiques, théorie et pratique, une forte culture historique et sociologique et
une bonne maîtrise de la dissertation (ce point a souvent été constaté), associée à l’usage d’un
vocabulaire précis et approprié, faisaient la différence.
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2.3.4 La composition : Le sujet.
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2.3.5 Eléments de correction :
Des éléments valorisés dans les réponses (qui n’ont aucun caractère exhaustif)
Introduction
Poser / Oser les termes du débat. Ce sujet pouvait faire l’objet de discussions
et de débats. C’est légitime et le candidat n’était évidemment pas pénalisé s’il
réagissait au sujet (à condition qu’il ait argumenté).
Question 1
Service = organisation des missions.
Dans « service vie scolaire», il y a missions en direction des élèves pour donner un
plus.
Division du travail éducatif
Multitude de statuts = contraintes (cf. les documents 3)
Moyens de communication à maîtriser
Espaces (salles de permanence, d’études, bureau pour les entretiens individuels…)
Repérer les compétences des membres de l’équipe.
Concertation avec les membres de l’équipe.
Question 2 :
Tension forte et perceptible entre la fonction pédagogique et la fonction éducative
La dimension éducative est constitutive des apprentissages des élèves
Des apprentissages confiés aux CPE et AED
Vie Scolaire = mission permanente de l’établissement. Aujourd’hui, on y
préfèrerait l’expression « politique éducative » pour ne pas confondre le lieu
(la vie scolaire) avec le projet
Pour rendre visible :
Présence dans l’organigramme
Identification des personnes
Identification des lieux de la VS
Participation aux grands rendez-vous pédagogiques et éducatifs de
l’établissement
Médiatisation, à l’interne, du travail de suivi individuel, des actions
conduites
Pilotage participatif
Repérage des potentialités des « surveillants »
Enrichissement des tâches
Attention portée au développement personnel et professionnel des membres de
l’équipe
Mise en place de formations
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Question 3 :
1 - Projet d’établissement
Le développement doit permettre « d’emboiter » les différents concepts après les avoir
définis: projet d’établissement, projet de vie scolaire, projet de service vie scolaire.
Enfin, revient souvent le regret d’une mauvaise gestion de leur temps par les candidats :
La question 3 a été régulièrement traitée de manière très succincte.
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3. Les épreuves d’admission
Extrait d'un article de Marie DURU-BELLAT publié dans la revue n°2 de l'AFAE en
2006
Professeur à l'université de Bourgogne
Chercheur à l'IREDU-CNRS
Alors que le dernier demi-siècle a vu les filles combler leur retard par rapport aux garçons en
matière d'accès à l'éducation, puis les dépasser en maints domaines, comment peut-on encore
aujourd'hui percevoir la mixité comme un problème ? Serait-ce parce que précisément cette
évolution a été tellement nette que les "perdants" ont changé de camp ? Partout, même si c'est
moins net en France que dans les pays anglo-saxons, le thème des difficultés des garçons - les
failing boys - a connu une expansion spectaculaire, tant parmi les politiques que chez les
éducateurs. Alors qu'au Royaume-Uni, les performances des filles surpassent aujourd'hui
celles des garçons dans toutes les disciplines, on considère volontiers que dorénavant, il n'y a
plus de problèmes pour les filles et que priorité doit être donnée à la réussite des garçons.
Qu'en est-il en France ?
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Qui sont les "perdants" d'aujourd'hui ?
Tout dépend de la perspective retenue. Aujourd'hui en France, les filles font les études plus
longues que les garçons, avec une espérance de scolarisation de 19.1 années, contre 18.7.
Mais si on valorise l'utilité des diplômes, on sera davantage sensible à la spécialité des
formations suivies, ou à leur caractère plus ou moins sélectif, gage souvent d'une valeur
marchande élevée. On notera alors que si les garçons sont minoritaires dans les universités
(44% des effectifs), ils sont en revanche majoritaires dans les filières sélectives et
professionnelles : 59.5% dans les classes préparatoires, 76.4% dans les écoles d'ingénieurs,
53.4% en écoles de commerce. De plus, les spécialités fines préparées dans ces différents
cursus sont extrêmement typées (ingénierie versus carrières sociales par exemple). Enfin, ces
différences sont globalement très stables, à quelques exceptions près, qui concernent surtout
l'enseignement supérieur (percée des filles dans les filières comme la médecine ou les écoles
de commerce, notamment).
Faut-il alors en conclure que les filles sont encore aujourd'hui l'objet, comme le dit la
sociologue Catherine Marry, d'une "double ségrégation" : une ségrégation horizontale,
puisque les filles (plus encore que les garçons) sont cantonnées dans certains univers
professionnels, et une ségrégation verticale, puisque les filières les plus prestigieuses de
l'enseignement supérieur leur sont (encore) moins souvent accessibles ? On ne saurait trop
vite adhérer à cette conclusion, car le terme de ségrégation implique que les filles sont lésées
par le fait d'être concentrées dans certaines filières et moins représentées dans d'autres. Mais
lésées en quels termes ? Parce que ceci va rendre plus difficile leur insertion professionnelle,
et/ou parce que cela leur barre l'accès à certains domaines de connaissance ? Et dans quelle
mesure cette interrogation ne concerne-t-elle pas aussi les garçons ?
Si on se focalise sur les acquis réalisés, les filles semblent mieux armées dans les domaines
littéraires et d'ailleurs, elles pratiqueront plus la lecture dans les activités de loisirs à l'âge
adulte. Mais les jeunes hommes, la diffusion surtout masculine de la presse de vulgarisation
scientifique ou technique le prouve, auront si ce n'est toujours pas acquis, du moins une
ouverture durable plus marquée à la plupart des domaines de la science. Il est difficile de
trancher sans jugements de valeur quant aux poids respectif de ces atouts, et si l'on peut
regretter quelque chose, c'est que le sexe vienne aujourd'hui encore limiter les acquis et les
intérêts des jeunes des deux sexes.
Sur le marché du travail, il existe toujours un handicap des filles (comme chez les femmes en
général) par rapport aux garçons pour ce qui est des taux de chômage (avec un différentiel de
cinq points). Mais cet écart s'évanouit au fur et à mesure que le niveau de formation s'élève et,
en termes d'emploi obtenu, les filles profitent pleinement de leur bagage scolaire plus élevé :
elles sont aujourd'hui plus nombreuses à s'insérer comme cadres ou professions
intermédiaires. Considérer, ensuite, qu'il est moins gratifiant d'occuper un emploi très
féminisé qu'un emploi très masculin est affaire de jugement de valeur, sauf à examiner
précisément non seulement les rémunérations mais aussi les conditions de travail (dans ce cas,
les hommes ouvriers n'ont pas toujours les avantages évidents sur les emplois de
supermarchés et les auxiliaires de vie). La question de l'ampleur et des facettes des inégalités
entre hommes et femmes sur le marché du travail dépasse à l'évidence celle de la mixité de
l'Ecole. Une chose est sûre, ce n'est pas l'Ecole qui produit les emplois, ni la ségrégation
sexuée qui les marque. Les travaux du Céreq1 montrent que la ségrégation des formations est
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loin de rendre compte de la ségrégation des emplois, qui s'explique par d'autres facteurs
sociaux plus généraux (représentations sociales des qualifications, organisation du travail,
etc.). Plutôt que d'accuser l'Ecole de produire ces inégalités, peut-être faut-il se demander si
le rôle de la socialisation scolaire n'est pas avant tout d'aider les jeunes à les accepter...
[...]
En conclusion, en matière d'inégalités entre les sexes comme en matière d'inégalités sociales,
l'Ecole ne peut pas tout, et son rôle est ambivalent. [...]
Mais on se doit d'attendre de l'Ecole qu'elle assume en la matière le rôle éducatif qui est le
sien, et en l'occurrence qu'elle s'efforce de contrer le sexisme plus ou moins insidieux qui
infiltre son fonctionnement quotidien, en particulier dans le cadre des classes mixtes. [...]
1
Céreq : Centre d'études et de recherches sur les qualifications
Notre contribution à une réflexion sur le thème du « droit à l’école » propose une lecture du
processus de professionnalisation des personnels d’éducation – conseillers principaux
d’éducation – considéré sous le prisme de la régulation des rapports sociaux dans les
établissements scolaires. Nous nous sommes appuyées sur une analyse historique de
l’organisation scolaire et de ses principes de régulation, du point de vue des modalités des
rapports entre punir et enseigner, de la catégorisation des déviances, du droit des élèves. Le
cadre institutionnel de l’ordre scolaire a évolué avec la formalisation d’un droit des élèves,
la juridicisation des décisions scolaires et la transformation des établissements en micro-
sociétés politiques conduisant l’interprétation à privilégier la définition d’un ordre
négocié entre les agents. En outre, l’évolution de la division du travail entre les agents
scolaires dans un cadre scolaire complexifié a contribué à accroître la concurrence entre
groupes professionnels, - CPE, enseignants, chefs d’établissements – pour améliorer leur
position sociale et l’image de soi de leurs membres.
Dans ces nouveaux registres de régulation sociale, les CPE occupent un espace
stratégique, au carrefour du juridique et du politique. Si leurs activités professionnelles
sont fortement ancrées dans la socialisation à la loi et à la norme démocratique, elles
demeurent assez éloignées d’une stricte définition pédagogique. Dans des contextes locaux
particulièrement difficiles, elles sont souvent synonymes d’une forme de spécialisation sur
les comportements déviants qui révèle les limites des stratégies de redéfinition de ce métier.
C’est pourquoi une réflexion sur les pratiques et représentations témoigne plutôt des
difficultés des conseillers principaux d’éducation à échapper au cadre disciplinaire, au sein
d’un système où les modalités de régulation de l’ordre social sont marquées par les
ambigüités sur les droits et la démocratie exercées.
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[…] 2.2 une professionnalité au carrefour du juridique et du politique
D’autre part, le cadre conceptuel de l’autonomie fourni par la loi d’orientation votée en 1989,
repose sur les notions de contrat et de projet et plus particulièrement sur la notion de
partenariat. Les conséquences sur le fonctionnement de l’ordre social dans les établissements
sont importantes. Ces nouveaux modes de régulation, dans la classe et dans les espaces de
décision, sont repérables dans l’existence d’arrangements locaux (Derouet, Dutercq, 1997)
avec les élèves mais aussi avec l’ensemble des personnels, professeurs, CPE, chefs
d’établissements, parents… qui permettent une analyse de l’ordre scolaire comme ordre
négocié ((Merle, 2001 ; Masson, 1999)
L’ordre scolaire devient ainsi un « ordre négocié (dépasse le savoir-faire-du surgé) » dans
ses trois dimensions -le contrôle, l’occupation et le maintien des élèves dans
l’établissement – entre les différentes catégories d’agents scolaires, la négociation devenant
le mode de fonctionnement des inter-relations dans l’établissement : projet d’établissement,
procédure d’orientation, gestion de la relation élève/adulte. Dans cette perspective, le CPE, au
centre des différentes logiques, élèves, établissement, familles, peut être appréhendé comme
« une figure exemplaire de l’évolution vers l’autonomie et la responsabilité des
établissements » (Dutercq, 2000) Mais cette approche de l’ordre scolaire comme ordre
négocié doit être mise en relation avec les pratiques quotidiennes de coopération entre les
élèves et les personnels, dans un contexte scolaire instable. Les arrangements ne sont pas
toujours possibles, et le conflit d’intérêt peut déboucher sur une crise, dont l’insulte est
souvent la manifestation majeure, qui nécessite alors l’action d’un tiers, d’un médiateur, d’un
« consolateur » (Goffman, 1969) le plus souvent CPE. Celui-ci pratique volontiers la
médiation entre les différents intérêts, alors même qu’il est lié à la logique de l’institution.
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Un autre aspect de l’ordre négocié concerne le cadre de la négociation entre les différentes
parties qui repose sur un modèle démocratique de l’école en tant que micro-société
politique. La conciliation d’intérêts parfois conflictuels nécessite en effet la référence à un
substrat commun, qui redonne du sens aux transactions scolaires, alors que l’accord sur les
missions et le sens de l’école s’affaiblit. La référence à un bien commun scolaire qui permet
d’orienter les conduites des agents scolaires, est réintroduite dans « l’idéal d’une école
vraiment démocratique » (Barrière, Martucelli, 1998) et dans les valeurs civiques.
La polarisation sur une figure du CPE comme promoteur de citoyenneté s’inscrit dans la
continuité de son travail sur la socialisation à des valeurs universelles ; elle lui fournit
aussi la reconnaissance institutionnelle de sa stratégie de professionnalisation. La
multiplication des structures de participation destinées aux élèves, a ainsi été l’occasion d’une
entrée des CPE dans des activités liées à la « démocratisation » et à l’exercice des droits
concédés aux lycéens en 1991, contribuant à déplacer son champ d’intervention dans
l’organisation de séquences de formation avec les délégués, dans les conseils de
délégués…C'est-à-dire dans des espaces expérimentaux.
Les dernières directives administratives édictées en juillet 2000, sous le titre des nouvelles
procédures disciplinaires, par-delà l’ambition de restaurer la paix scolaire, sont à cet égard
emblématique de la transformation de l’école « sanctuaire » en un champ social comme
un autre, où s’appliqueraient les même lois que dans le reste de la société. L’abandon de
ce statut d’extraterritorialité de l’école s’est traduit pour les personnels scolaires par des
obligations nouvelles : motivation des décisions relatives aux sanctions, substitution aux
punitions traditionnelles – le zéro de conduite ou les pensums – de punitions légalement
inscrites dans le règlement intérieur, interdiction des punitions collectives, respect de la
proportionnalité faute/sanction, instauration d’un régime de « sursis » notamment en matière
d’exclusion, effacement du « dossier » scolaire en fin d’année civile… Si ces réformes
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peuvent être interprétées dans le sens d’une limitation des abus de pouvoir de l’administration
scolaire et d’une reconnaissance du droit de recours des élèves et de leurs parents en cas de
décision arbitraire, elles comportent aussi des dispositions qui visent une plus stricte
règlementation des rapports sociaux, voire à une disciplinarisation du cadre scolaire. Ces
nouvelles procédures prévoient notamment une hiérarchisation précise entre les sanctions et
les punitions, la sanction étant prise par le chef d’établissement ou le conseil de discipline, le
terme de punition, malgré son aspect moins lisse, ne qualifiant que la répression de faits de
moindre gravité. Les pratiques d’exclusion de classe, catégorie traditionnelle mais obscure de
la sanction scolaire, sont officiellement autorisées, les personnels d’éducation recevant la
charge d’accueillir les élèves exclus.
Une enquête réalisée en 1996 par un grand syndicat enseignant, permet de mieux situer la
position particulière des personnels d’éducation dans l’application des normes et sanctions.
47 % des CPE se considèrent ainsi comme responsables du maintien de l’ordre et de la
discipline et 42 % du règlement intérieur car « il aide les jeunes à intégrer la loi » (Falcy,
2000)
La mise à l’épreuve du quotidien des élèves à la démocratie scolaire dont le CPE serait le
promoteur, révèle les tensions ente les références démocratiques et les registres de
l’autorité intrinsèquement attachés aux normes scolaires.
Si les élèves sont « davantage des citoyens de l’école qu’ils ne l’ont jamais été » (Barrère,
Martucelli, 1998), l’école demeure un lieu de pouvoir, où les droits des élèves inquiètent les
personnels, notamment les enseignants. Les délégués interviennent peu dans les Conseils de
classe et leur fonction d’élu est encore mal différenciée de leur valeur scolaire… Les lycéens,
en possession de droits nouveaux depuis 1991- d’association, de réunion, de publication
notamment, - ont gagné un champ de possibles, mais concrètement, la possibilité réelle
d’influencer la décision scolaire est faible. Les instances de participation des élèves
demeurent consultatives. Un conseil de vie lycéenne est institué pour « introduire une
dynamique de dialogue nouvelle » entre élèves et personnels et refonder la participation
lycéenne dont l’institution a constaté la faiblesse. Définie pourtant comme décisionnelle, cette
instante achoppe aussi sur la difficulté à construire et à faire reconnaitre des « décisions » en
dehors du cadre réservé du conseil d’administration et des prérogatives des chefs
d’établissements.
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Par ailleurs, si les élèves sont placés au centre du système scolaire, ils sont aussi les grands
absents de la pratique démocratique telle qu’elle leur est proposée. L’exercice des droits
accordés en 1991 et la participation aux différentes instances administratives sont l’objet d’un
retrait, d’un désengagement que P. Rayou (1994) analyse comme l’effet d’une logique
juvénile de désaffection du politique. L’école serait perçue comme dépersonnalisante, comme
un lieu de non-droit, les élèves se sentant peu reconnus et respectés. A. Barrère et D.
Martucelli (1998) pour leur part, opposent les codes juvéniles aux normes de l’école. La
tension, affaiblie pour les élèves des couches moyennes et supérieures, nait de l’irréductibilité
entre la recherche de « l’authenticité personnelle », de l’affirmation de soi qui caractériserait
la logique des élèves et l’investissement citoyen, sauf s’il peut servir à une quelconque
rétribution en termes de valorisation.
Le fait que la partie « Agir en fonctionnaire de l’Etat de manière éthique et responsable » soit
intégrée à l’épreuve de l’entretien est souligné positivement par les jurys. L’entretien est ainsi
fluidifié. Cependant, dans un souci d’équité, il a été suggéré à de nombreuses reprises que la
question posée soit la même pour tous les candidats et en rapport avec les documents.
Les documents proposés sont de taille suffisante dans le temps imparti, cependant des
disparités existent entre les sujets.
Des candidats ont un souci dans l’argumentation des réponses qu’ils donnent. En outre, l’effet
catalogue est préjudiciable.
Les connaissances du candidat ne sont pas toujours bien exploitées.
Des difficultés à problématiser le sujet et à faire le lien avec la fonction de CPE. Les candidats
parviennent difficilement à inscrire leurs actions dans le cadre de la politique éducative de
l’établissement.
Les candidats s’appuient sur leurs expériences (stages, emplois).
Les candidats ont du mal à prendre du recul par rapport à la fonction de CPE.
Quelques candidats essaient de placer toutes leurs connaissances même si elles ne sont pas en
rapport avec le sujet.
La nature théorique des sujets proposés ne permet pas toujours de repérer et de mettre en
valeur l’expérience professionnelle du candidat.
Trop de candidats restent dans les descriptifs et ne montrent pas assez leurs convictions et
valeurs.
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Peu de candidats font le lien entre les connaissances théoriques et leur expérience
professionnelle.
Peu d’affirmations de convictions profondes.
Un nombre non négligeable de candidats montre un déficit de connaissances sur des aspects
fondamentaux du métier.
Les candidats sont globalement à l’aise à l’oral, n’hésitant pas à prendre position avec de
réelles convictions.
Les propos sont structurés tant dans l’exposé que dans les réponses faites au jury.
Les bons candidats ont une réflexion claire, étayée et argumentée. Ils témoignent d‘une forte
capacité à analyser les documents et à en extraire des éléments de nature à éclairer les enjeux
de la fonction.
L’exercice est maitrisé, les consignes et attendus compris par les candidats.
Les meilleurs candidats ont un vocabulaire riche et précis, ce qui nourrit une réflexion
d’autant plus percutante.
Quelques candidats démontrent des valeurs républicaines fortes, mises en valeur notamment
par la deuxième partie de l’entretien.
La valorisation de l’expérience professionnelle à travers les stages de Master notamment a été
appréciée des jurys.
Les bons candidats font preuve d’un esprit critique qui dépasse une posture « trop scolaire » et
leur permet de prendre une position ferme. La prise d’appui sur les références
bibliographiques a été remarquée.
La qualité de la préparation et la capacité à se projeter dans la fonction contribuent
grandement à la réussite de l’entretien.
La majorité des candidats se montre loyale et porteuse des valeurs requises pour l’exercice de
la fonction.
Le temps d’exposé n’est pas suffisamment utilisé. Des candidats n’élaborent pas de plan ni de
problématique
Le manque d’esprit de synthèse a été relevé chez certains candidats ayant effectué un entretien
mitigé.
Le jury regrette le manque d’analyse et de recul de certains candidats. Ils font étalage de leurs
connaissances tel un catalogue, sans répondre aux questions posées.
Certains candidats ont des difficultés à se projeter dans la posture de CPE –en tant que chef de
service-, leurs propositions et réflexions manquant de concret.
Une connaissance approximative de l’EPLE et de son fonctionnement sont pénalisantes pour
le candidat à ce stade du concours.
L’ensemble des partenaires de l’établissement n’est pas toujours pris en compte, le rôle des
services sociaux et de santé n’est pas vu dans toute son ampleur.
L’écoute attentive des questions du jury est indispensable pour un échange de qualité.
Le manque d’engagement de candidats ne permet pas une évaluation positive.
Il est à noter un manque de maitrise du stress et des émotions chez quelques candidats, ce qui
les a handicapés pour le bon déroulement de l’entretien ; cela a pu parfois se transformer en
arrogance voire agressivité.
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Conseils donnés aux candidats
L'épreuve consiste en la soutenance d'un dossier, suivie d'un entretien avec le jury
(présentation n'excédant pas vingt minutes ; entretien avec le jury : vingt-cinq minutes).
Le dossier, qui n'excède pas huit pages, est relatif à une situation professionnelle concrète
ressortissant à la fonction de conseiller principal d'éducation, suivi d'un entretien avec le jury.
L'épreuve est destinée à évaluer la capacité du candidat à analyser une situation mettant en
jeu, notamment, l'éducation d'un ou plusieurs élèves, d'une classe, d'un niveau, etc., à dégager
une problématique, à formuler des hypothèses et à proposer des modalités d'action
pertinentes.
Elle permet de mesurer les capacités du candidat à analyser et à gérer des situations pratiques
et d'apprécier son sens des responsabilités. Elle permet d'évaluer son aptitude à conseiller le
chef d'établissement dans la mise en place d'une politique éducative ou d'actions à caractère
éducatif.
Elle vise en outre à apprécier, au travers notamment de ses propositions d'action, la bonne
connaissance que le candidat possède du système éducatif, de l'établissement et des missions
des acteurs de la vie scolaire. Le jury appréciera l'aptitude du candidat à argumenter et à
soutenir les propositions et les initiatives qu'il entend promouvoir
40
3.5 Deux exemples de sujets :
SUJET 1 :
41
42
43
44
45
46
47
SUJET 2 :
Composition du dossier
48
Questions
3) Sur quels atouts de l’établissement vous appuierez-vous, à moyen et long terme, pour
faire évoluer votre service, quelles difficultés pourriez-vous rencontrer ? Quels objectifs vous
semblent prioritaires ?
Situation :
Vous avez été nommé CPE dans un collège de 550 élèves, dans une ville moyenne de la
banlieue d’une grande agglomération, en septembre 2012.
L’établissement accueille des élèves issus de milieux favorisés A et B à 58 %. Le quartier est
constitué d’un habitat très concentré et 90 % des élèves vivent dans de grands ensembles où
peu d’espaces verts subsistent.
Le chef d’établissement arrive cette année en même temps que vous ; il était auparavant chef
d’établissement dans un très petit collège, en zone montagneuse. L’adjoint a été nommé il y a
8 ans et a connu 3 chefs d’établissement. Vous dirigez une équipe de vie scolaire de quatre
personnes à temps plein, dont certains sont en poste depuis 2 ans. Dès la rentrée, le chef
d’établissement vous a demandé de regrouper toutes les données disponibles sur le servie de
vie scolaire pour fin septembre.
Début décembre, le chef d’établissement vous invite à le rejoindre avec l’adjoint, dans son
bureau, car il vient de recevoir les parents d’élèves élus, venus en délégation. Il souhaite vous
faire part des principaux éléments de cet entretien.
Afin de préparer les conseils de classe, les parents d’élèves ont fait circuler un questionnaire
dans la classe de 6ème auquel 43 % des parents ont répondu. Il ressort de celui-ci que :
56 % des élèves « ne se sentent pas en sécurité aux abords de l’établissement »
25 % des élèves disent « avoir fait l’objet de moqueries »
33 % ont été « victimes de gestes agressifs dans l’enceint de l’établissement »
63 % ont confiance dans les adultes de l’établissement »
28 % se sont déjà « sentis humiliés par un adulte de l’établissement »
55 % disent « ne pas connaître le règlement intérieur »
79 % sont « contents de venir au collège »
8 % ont « peur dans certains espaces du collège »
Les parents d’élèves ont averti le chef d’établissement qu’ils concluent de cette étude que les
élèves du 6ème « ne se sentent pas bien au collège » et qu’ils veulent que cela soit pris en
compte au moment d’examiner les résultats des élèves au conseil de classe.
Les parents d’élèves sont aussi venus informer :
Que le professeur principal de 4ème C et professeur HG n’a fait aucun contrôle à ce jour ;
Que deux assistants d’éducation « parlent mal »aux élèves et utilisent leurs téléphones
portables dans le collège
49
Que les élèves qui souhaitent travailler en salle de permanence ne le peuvent pas
lorsqu’il y a des 3èmes
Que les règles relatives aux arrivées en retard ou à la régularisation d’une absence ne
sont pas les mêmes dans toutes les classes ;
Que les classes sont des classes « de niveaux » ;
Que de bruits circulent sur des intrusions qui auraient lieu régulièrement dans
l’établissement ; « des élèves de 3ème découverte professionnelle font entrer « des amis »
extérieurs à l’établissement et les introduisent dans le cours d’arts plastiques de M.K. »
Que deux élèves de 5ème A, Jet L. se plaignent de « harcèlement » : J et L sont les seules
de leur classe à venir de la même école élémentaire ; elles sont systématiquement interpellées
dans la cour et parfois sur le chemin de la maison, par trois élèves de 3ème. Cela dure depuis la
rentrée. Les 3èmes les interpellent en les appelant par leurs noms de famille et leur disent des
mots désagréables (« ton quartier est pourri », « tu finiras dans le caniveau », « t’es bonne
pour le trottoir », « ta mère fait les poubelles »…) Les jeunes filles connaissent les 3ème, car ils
étaient dans la même école élémentaire qu’elles et les avaient déjà persécutées à l’époque. J et
L sont des élèves réservées. Elles ont essayé d’en parler aux délégués de classe, mais n’ont
pas été aidées. Les élèves se sentent isolées dans leur classe et leurs résultats sont en chute –
comme cela avait déjà été le cas dans le premier degré.
Document 1--------------------------------------------------------------------------------------------------
50
d’identifier, au-delà des effets des caractéristiques des populations d’élèves accueillies dans
les écoles, les éléments organisationnels sur lesquels ces écoles pourraient éventuellement
agir pour limite les comportements violents.
Une étude de Gottfredson et Gottfredson (1985, cit. in Gottfredson, 2001) portant sur plus de
600 écoles secondaires aux Etats-Unis indique que le risque de victimisation varie suivant
l’école fréquentée, aussi bien pour les élèves que pour les enseignants. La localisation en zone
urbaine, la taille de l’école, le niveau de pauvreté, la composition ethnique et le niveau de
criminalité du quartier étaient associés au taux de victimisation des enseignants, tandis que
seules la proportion de garçons et la distribution des élèves par année dans l’école étaient liées
à la victimisation des élèves. Ces facteurs rendent compte de la majorité de la variance inter-
école. Néanmoins, en contrôlant pour ces facteurs, une part de la variance inter-école est
reliée à des éléments de l’organisation scolaire : des enseignants qui enseignent à un nombre
plus élevé d’élèves différents, une mauvaise coopération entre enseignants et direction, des
attitudes punitives de la part des enseignants, des règles perçues par les élèves comme injustes
et appliquées de manière inconsistante, et une faible croyance des élèves dans la légitimité et
l’efficacité des règles conventionnelles caractérisent les écoles avec un taux plus élevé de
victimisation. Des résultats similaires émergent de vastes enquêtes de victimisation menées en
France par Debarbieux et son équipe (Debarbieux, 1996 ; Debarbieux, Dupuch & Montoya,
1997). Ces enquêtes montrent d’importantes variations dans le climat et le taux de
victimisation entre les établissements. Ces variations sont liées à la composition socio-
économique et scolaire des publics d’élèves fréquentant les établissements, mais le
comportement de la direction, la cohésion et la mobilisation collective des équipes éducatives
ont également un effet. Une autre enquête menée en Belgique fait apparaître des différences
entre écoles concernant la victimisation des élèves et des enseignants, la violence perçue,le
sentiment d’insécurité, l’absentéisme et l’indiscipline des élèves (Galand, Philippot, Buidin &
Lecocq,2004) Les victimisations à l’égard des enseignants sont principalement associées au
niveau moyen de retard scolaire des élèves, celles à l’égard des élèves sont liées à l’âge
moyen des élèves. Dans les deux cas, un leadership de l’école déficient, une faible cohésion
des équipes éducatives et des pratiques d’enseignement axées sur la comparaison et la
sélection des élèves sont associés à des niveaux de victimisation plus élevés. Ces variables de
composition et d’organisation scolaires prédisent aussi l’évolution du niveau de victimisation
dans les écoles sur une période de trois ans. (…)
Une autre étude portant sur les classes du secondaire montre que les élèves rapportent moins
de croyances favorables à l’usage de l’agression, moins de colère et moins de conflits
intergroupes dans les classes où les enseignants font preuve de davantage de disponibilité,
d’équité, et de soutien (Galand, Philippot & Frenay, 2006). Les résultats indiquent également
qu’il y a davantage de victimisation des élèves dans les classes où les pratiques
d’enseignement mettent l’accent sur la comparaison et la sélection entre élèves. Une étude
québécoise montre par ailleurs que la victimisation des élèves et la violence perçue à l’école
varient en fonction du climat scolaire et des résultats similaires ont aussi été observés
concernant le harcèlement entre pairs (Ma, 2002)
(…) Les résultats obtenus par Crooks, Scott, Wolf, Chidio et Killip (2007) montrent quant à
eux que des jeunes présentant les mêmes facteurs de risque sont moins impliqués dans des
actes de délinquance s’ils fréquentent une école où les élèves se sentent en sécurité que s’ils
fréquentent une école où les élèves se sentent en insécurité (…)
51
l’école, les contacts avec des pairs délinquants, la perception du climat scolaire, l’attitude vis-
à-vis de l’école, le rendement scolaire et la persévérance d’un élève varient suivant l’école ou
la classe qu’il fréquente, même quand on tient compte de ses caractéristiques personnelles. En
d’autres mots, selon l’établissement scolaire ou la classe qu’il fréquente, et quelles que soient
ses caractéristiques individuelles, un élève est plus ou moins exposé aux différents facteurs de
risque et de protection individuels discutés dans le premier point de cet article (…)
Concernant la localisation de l’école, les recherches citées indiquent qu’il y a plus de
problèmes de comportement dans les écoles situées en milieu urbain, dans des quartiers où il
y a davantage de pauvreté, de personnes issues de l’immigration, d’instabilité de l’habitat
et/ou de criminalité. Concernant les éléments plus structurels, les problèmes de
comportements des élèves sont davantage présents dans les écoles de plus grande taille, qui
accueillent une plus grande proportion de garçons et une plus grande proportion d’élèves de
milieu socio-économique défavorisé, qui ont moins d’élèves dans les options plus
« académiques », où un même enseignant donne cours à davantage d’élèves différents et/ou
dans lesquelles les élèves ont davantage de retard scolaire (…)
Concernant les éléments plus organisationnels, les recherches présentées montrent l’effet
protecteur de la cohésion des équipes éducatives, d’un leadership clair de la part de la
direction, d’attentes élevées à l’égard des élèves, de règles explicites et appliquées de manière
constante et équitable, de pratiques qui minimisent la comparaison et la différentiation entre
élèves, de l’engagement professionnel des enseignants et/ou de relations positives entre
enseignants et élèves. (…) Une organisation sociale favorisant la constitution d’une
communauté scolaire telle que définie par Bryk et Driscoll(1988) crée des liens sociaux et
établit des normes qui vont à l’encontre d’une sous-culture soutenant l’usage de la violence
parmi les élèves (Battistich, Solomon, Watson & Shaps, 1997 ; Galand et al. , 2006) Une
gestion de la discipline dans laquelle les règles sont claires et les comportements négatifs
sanctionnés, dans laquelle les adultes modèlent et renforcent les comportements prosociaux,
permet de réduire les comportements violents et soutient la construction d’un climat
communautaire. Un management assurant la distribution effective des spécialisations des
rôles et la différentiation des curricula rend la construction d’un tel climat plus difficile.
Finalement, l’utilisation de méthodes d’enseignement efficaces favorise la réussite et une
attitude positive vis-à-vis de l’école (pour une discussion plus détaillées, voir Gottfredson,
2001). L’importance d’un climat communautaire et d’une responsabilité collective est
soulignée a contrario par des études qui mettent en évidence les conséquences délétères des
politique scolaire focalisées sur la répression et la coercition (Nickerson & Martens, 2008 ;
Noguera, 1995 ; Hyman & Perone, 1998) (…)
Instaurer un climat positif ou un système de règles efficace serait, par exemple, plus facile
dans des écoles accueillant un public plus favorisé. Les établissements accueillant davantage
d’élèves à risque disposeraient également de moins de ressources humaines et matérielles
facilitant la construction d’une communauté scolaire. En d’autres mots, les écoles ayant le
plus de risques d’être confrontées à davantage de comportement problématiques auraient
moins de chance de disposer de la capacité à offrir un environnement permettant de réguler
ces conduites. »
52
Document n° 2 ---------------------------------------------------------------------------------------------
53
Document 3--------------------------------------------------------------------------------------------------
« Un climat serein dans les écoles et les établissements : une condition de la réussite
A l’école plus encore qu’ailleurs, la sécurité de tous doit être assurée. Un élève ne peut pas
apprendre convenablement et un enseignant ne peut pas effectuer correctement sa mission si
des conditions satisfaisantes de sécurité physique, morale et psychologique ne leur sont pas
garanties. La mission de l’Ecole républicaine est de donner à chacun les moyens de mieux
vivre pour mieux réussir et de mieux réussir pour mieux vivre, en prenant en considération
chaque élève et chaque personnel et en lui permettant d’étudier et de travailler dans un
environnement sécurisant.
C’est généralement à la direction de l’école dans le premier degré, et au service de vie scolaire
de l’établissement dans le second, qu’il appartient de définir les modalités et d’assurer la mise
en œuvre du suivi et de la prévention de l’absentéisme et des violences scolaires. Mais le
directeur d’école ou le CPE, responsable de la vie scolaire, ne peuvent résoudre ces problèmes
seuls : l’implication de l’ensemble des acteurs de l’Ecole – personnels enseignants et non
enseignants, familles, élèves eux-mêmes – est indispensable pour traiter ces problèmes
complexes dans leurs multiples dimensions. La violence et l’absentéisme sont des obstacles à
la réussite : c’est pourquoi ils sont l’affaire de tous et doivent être au cœur des projets
pédagogiques et de vie scolaire des établissements.
Document 4 -------------------------------------------------------------------------------------------------
Là encore, il convient de s’inspirer des réussites. Nous avons mis en valeur (…) une série de
conditions nécessaires à remplir pour atteindre ces objectifs. Il faut que chaque collège de
ZEP, confronté à une situation extérieure difficile, prennent les mesures nécessaires pour
qu’elles soient réunies.
Mais il convient également :
de développer l’éducation à la citoyenneté et la prévention de la violence dans les écoles
élémentaires et maternelles ;
54
de mettre au point un règlement précis et connu de tous, et d’installer une cohérence des
attitudes et des pratiques de tous les adultes qui entourent les enfants et les jeunes de la
ZEP concernant les règles de vie ;
de vérifier que tous les collèges ont une dotation suffisante en emplois de CPE, de
surveillants, de principaux adjoints et de combler immédiatement les lacunes ;
d’apporter une attention particulière à l’agencement des locaux et de prévoir des lieux
d’accueil pour les élèves, les enseignants et les parents ;
d’instaurer une déontologie professionnelle sans faille et de ne jamais tolérer une
attitude ou des propos à caractère raciste de la part des professionnels de l’éducation »
Document 5 --------------------------------------------------------------------------------------------
Conformément à l’article L111-4 du code de l’éducation, « les parents d’élèves sont membres
de la communauté éducative. Leur participation à la vie scolaire et le dialogue avec les
enseignants et les autres personnels sont assurés dans chaque école et dans chaque
établissement. Les parents d’élèves participent par leur représentants aux conseils d’école, aux
conseils d’administration des établissements scolaires et aux conseils de classe »
Ces dispositions méritaient d’être précisées et ancrées dans un texte réglementaire notamment
en prenant appui sur les bonnes pratiques déjà mises en œuvre dans les écoles et les
établissements scolaires.
En effet, la régularité et la qualité des relations construites avec les parents constituent un
élément déterminant dans l’accomplissement de la mission confiée au service public de
l’éducation. L’obligation faite à l’Etat de garantir l’action éducative des familles requiert de
soutenir et renforcer le partenariat nécessaire entre l’institution scolaire et les parents d’élèves,
légalement responsables de l’éducation de leurs enfants. (…)
C’est au niveau local de l’école ou de l’établissement scolaire que doit se mettre en place un
dialogue confiant et efficace avec chacun des parents d’élèves. L’ensemble des personnels
des écoles et des établissements scolaires sont impliqués dans ces démarches.
Ainsi, lors de sa première réunion, le conseil d’école ou le conseil d’administration examine
les conditions du dialogue avec les parents. Celui-ci doit en effet être renforcé, ce qui suppose
de définir précisément les modalités d’information des parents d’élèves, les conditions
d’organisation des rencontres avec les parents et de garantir aux associations de parents
d’élèves et aux représentants des parents les moyens d’exercer pleinement leurs missions (…)
55
En outre, aussi souvent que l’intérêt de l’élève le nécessite, le pont sera effectué
régulièrement sur ses résultats et son comportement scolaire par le biais d’échanges
d’information, notamment au moyen du carnet de correspondance.
Les parents doivent être prévenus rapidement de toute difficulté rencontrée par l’élève, qu’elle
soit scolaire ou comportementale. La question de l’assiduité scolaire, élément fondamental de
la réussite scolaire, fait l’objet d’une attention particulière.
Les nouvelles technologies, en fonction de l’équipement des établissements et des familles,
pourront être un support pour mieux communiquer. Ainsi, l’utilisation des SMS et des autres
moyens accessibles par Internet (messagerie et portail électroniques…) doivent permettre,
chaque fois que possible, des échanges plus rapides avec les parents (absences, réunions…)
I.1.2 Les demandes d’information (et d’entrevue) présentées par les parents
Les directeurs d’école ou les chefs d’établissement, les enseignants et l’ensemble des
personnels de l’établissement veilleront à être à l’écoute des parents.
Les demandes individuelles d’information ou d’entrevue devront recevoir une réponse. Les
demandes de rendez-vous seront orientées vers le bon interlocuteur, selon la nature de la
demande.
Une réponse négative devra toujours être motivée.
Les parents seront également invités à répondre aux demandes de l’équipe éducative dans
l’intérêt de l’enfant.
Document 6 --------------------------------------------------------------------------------------------
« L’Ecole doit être un lieu sûr pour les élèves comme pour les personnels, et la recherche a
abondamment montré que la violence à l’Ecole a des conséquences importantes en termes de
santé mentale et de décrochage scolaire (…)
Le lien entre climat scolaire et victimation a été établi et vérifié depuis longtemps (par
exemple par l’équipe de Gottfredson aux Etats-Unis dès 1985, par notre équipe dès nos
travaux parus en 1996 ou encore par Benbenishty et Astor en Israël en 2005). Aussi cette
enquête a-t-elle cherché à vérifier ce lien posant des questions à la fois sur les « faits »
reportés (les victimations) mais aussi sur l’appréciation du climat scolaire par les élèves.
Les résultats obtenus sont massivement positifs : les collégiens interrogés expriment un fort
sentiment de satisfaction quant à leur présence au collège. Par exemple à la question « Es-tu
bien dans ton collège ? » les élèves ont très majoritairement répondu qu’ils s’y sentaient tout à
fait bien ou plutôt bien(…)
De la même manière toutes les questions proposées pour mesurer le climat scolaire montrent
un taux de satisfaction élevé. Un peu moins de 14 % des élèves estiment les relations avec
leurs enseignants plutôt négatives ou encore ils ne sont que 9 % à se sentir mal ou plutôt mal
dans leur classe.
56
On ne peut pas dire non plus que la majorité des élèves vient « la peur au ventre » au collège :
moins de 14 %, ce qui est bien sûr non négligeable, disent ne pas se sentir bien et 5 % avoir
manqué l’Ecole par peur de la violence.*
Nous n’hésiterons donc pas à propos de cette enquête en collège à répondre ce que nous
écrivions récemment dans une de nos propres recherches en école élémentaire, même si des
différences existent qui seront étudiées quand nous croiserons ces enquêtes : « s’il existe une
minorité d’élèves insatisfaits, les élèves, dans une très forte majorité, adressent un satisfécit
aux personnels, éprouvent le sentiment d’être en sécurité, et de bien apprendre dans leur
école. Bien peu de services publics et d’institutions pourraient se targuer d’un tel degré de
satisfaction chez leur usagers ».
Cependant, et nous y reviendrons plus loin, il existe une minorité d’élèves, assez importante,
qui cumulent les difficultés. De plus, reste un problème qui apparaît important : celui des
« punitions » qui apparaissent injustes à 32 % des collégiens (plus de 36 % en RAR dont 13
% très injustes, soit pour cette catégorie près du double que dans les établissements non RAR)
La bonne qualité du climat scolaire repose aussi sur un niveau de victimation assez limité en
moyenne. Ce n’est pas une image de brutalité terrifiante que l’enquête de la DEPP donne des
collèges en France. Il faut d’abord souligner que comme partout dans le monde, et
contrairement à la fascination éprouvée pour des faits divers qui, bien sûr, restent toujours
possibles, cette enquête confirme la grande rareté des violences paroxystiques. Rappelons
que l’expérience personnelle de victimation est liée à des incidents mineurs, autant pour les
élèves que pour les enseignants, les victimations sérieuses sont très rares. Le véritable
problème tient à une haute fréquence de victimation mineures plus qu’à une délinquance dure.
C’est ce type de résultats que nous retrouverons avec constance depuis nos premières
enquêtes de victimations en 1991 en France.
(…) bref ; et c’est bien sûr crucial pour l’action publique, l’essentiel de la violence en milieu
scolaire est une violence endogène, et concerne des faits mineurs ou des péri-délits bien plus
qu’ils n’engagent une délinquance dure. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit sans importance
ni gravité.
Il est en effet impossible de comprendre la réalité de l’expérience des victimes si l’on ne tient
pas compte de la répétition et de l’association des victimations. Nous insistons depuis
longtemps sur la prise en compte des « microviolences » qui ne sont que très rarement
pénalisées mais dont la masse peut générer des difficultés importantes pour ceux qui les
subissent. Le stress causé par la victimation et le harcèlement peut être un stress cumulatif, et
par là bien difficile à prendre en charge tant il s’installe profondément dans la structuration
psychologique des sujets.
Les tendances dépressives, voire suicidaires, se combinent avec de forts effets sur l’insuccès
scolaire et le décrochage. La violence se construit dans la répétition oppressive et les
agresseurs sont tout autant en danger : une recherche très recentrée, dirigée par Farrington et
Ttoffi pour l’université de Cambridge, a montré que quarante ans plus tard les agresseurs
57
étaient plus souvent que les autres au chômage, ou dans des métiers mal payés et sans intérêt,
et plus souvent impliqués dans des situations de maltraitance familiale (…)
Bien entendu, cela ne doit pas cacher que neuf élèves sur dix ne rencontrent pas de grand
problème avec la violence répétée. Mais si l’on veut mettre cela en perspective, on dira
simplement que sur 3 222 000 collégiens près de 187 000 souffrent d’un harcèlement sévère
ou très sévère qu’il n’est évidemment pas possible d’accepter. D’autant plus que l’enquête
révèle la très forte association entre les différents types de violence : c’est l’élève harcelé
verbalement qui est aussi celui qui est mis à l’écart, frappé, agressé par des violences à
connotation sexuelle ou dont les biens sont plus fréquemment volés. Ils sont plus souvent
obligés de jouer à des jeux dangereux. C’est aussi ceux qui perdent le plus confiance dans
l’Ecole et les enseignants et qui développent un fort sentiment d’insécurité. En fait, même à
une intensité faible de victimation le sentiment de sécurité décroît de 53,2% des élèves non
victimes à 9,5% des élèves sévèrement victimes. Mais on remarquera que, même à des
niveaux faibles de victimation, ce sentiment de sécurité est en baisse »
Certains candidats de mêmes formations présentent le même plan d’analyse, sans originalité
ni prise de recul ou de sens critique.
La richesse des sujets des dossiers permettait d’aborder des enjeux essentiels des missions du
CPE ainsi que l’actualité de l’éducation. Les documents ne sont pas toujours suffisamment
exploités pour permettre une analyse plus pertinente de la situation proposée.
Il y a une certaine tendance de candidats à vouloir étaler leurs connaissances quelle que soit la
situation proposée. Ils ont des difficultés à articuler leurs connaissances théoriques et la réalité
du terrain.
Les candidats s’appuient beaucoup sur leurs expériences (stages, emplois) de manière
pertinente.
Certains candidats n’ont pas conscience des véritables enjeux et du fonctionnement d’un
EPLE ainsi que des missions du CPE. La compétence de conseil auprès du chef
d’établissement n’est pas suffisamment évoquée.
58
Points forts relevés chez les candidats
Les très bons candidats ont su faire apparaitre une réelle posture professionnelle. Les
meilleurs avaient des connaissances approfondies, liées avec l’actualité récente.
Ils formulent des propositions d’action réalistes et opérationnelles. Les propositions formulées
sont réalistes et dénotent du « bon sens ».
Les candidats savent s’appuyer sur chacun des documents proposés en mettant en avant une
capacité d’analyse certaine.
Les plus performants font partager au jury leurs convictions et appuient leurs réponses sur une
culture du système éducatif.
Les candidats sont fidèles aux valeurs qui sont celles de l’institution et de la République.
Les propositions fondées à bon escient sur l’expérience professionnelle des candidats étaient
valorisées.
La qualité d’expression et le dynamisme pour susciter l’échange avec le jury se retrouvaient
chez les bons candidats. Ils n’hésitent pas à affirmer leurs positions et leurs propositions.
L’humour bien mené a été apprécié par le jury et a favorisé un entretien « entre collègues ».
Les connaissances des différents acteurs sur lesquels le CPE peut s’appuyer au sein de l’EPLE
dans l’exercice de ses missions ont été retrouvées chez les candidats les mieux préparés.
Les meilleurs candidats ont assimilé leurs lectures et savent faire des références
bibliographiques pour étayer leur propos.
L’écoute constructive a été favorisée et a rendu l’échange plus agréable.
59
4 - ANNEXES
60
Bibliographie indicative
- AFAE (ouvrage collectif), Le Système éducatif français et son administration (12ème
édition), Association française des administrateurs de l'éducation, Paris, 2011.
- Baubérot Jean, Laïcité 1905-2005, Entre passion et raison, Paris, Seuil, 2004.
- Baudelot Christian, Establet Roger, Quoi de neuf chez les filles ? Nathan, 2007.
- Baudelot Christian et Establet Roger, L'Élitisme républicain, Seuil, La République des idées,
2009.
- Bautier Elisabeth, Rayou Patrick, Les Inégalités d'apprentissage, Programmes, pratiques et
malentendus scolaires, Puf, Éducation & Société, 2009.
- Bernard Pierre-Yves, Le Décrochage scolaire, Coll. QSJ, PUF, 2011
- Blais Marie-Claude, Gauchet Marcel et Ottavi Dominique, Conditions de l'éducation, Les
Essais, Paris, Stock, 2008.
- Catherine Blaya, Décrochages scolaires – l’école en difficulté, de Boeck, 2010
- Buttner Yann, Maurin André, Thouveny Blaise, Le Droit de la vie scolaire, Paris, Dalloz,
2ème édition, 2003.
- Debarbieux Éric, La Violence en milieu scolaire, T.3, Dix approches en Europe, Paris, ESF,
2001.
- Debarbieux Éric, Les Dix Commandements contre la violence à l'école, Odile Jacob, 2008.
- Delahaye Jean-Paul, Le Collège unique, pour quoi faire ?, Paris, Retz, 2006.
- Delahaye Jean-Paul (coordonné par) Le Conseiller principal d'éducation ; de la vie scolaire
à la politique éducative, Les Indispensables, Berger-Levrault, 2009.
- Dubet François, Duru-Bellat Marie, Vérétout Antoine, Les sociétés et leur école, Seuil,
2010.
- Dubet François et Martucelli Danilo, A l’école. Sociologie de l’expérience scolaire, Paris,
Éd. du Seuil, 1996
- Dubet François, Les places et les chances. Repenser la justice sociale, Coll. La République
des idées, Éd. du Seuil, 2010
- Duru-Bellat Marie et Van Zanten Agnès, Sociologie de l'école, Paris, Armand Colin, 1998.
- Gardou Charles, Fragments sur le handicap et la vulnérabilité, Pour une révolution de la
pensée et de l'action, Eres, 2006.
- Gauchet Marcel, La Démocratie contre elle-même, Paris, Gallimard, 2002.
- Giordan André, Souchon Christian, Une éducation pour l'environnement, Vers un
développement durable, Delagrave, 2008.
- Harendt Hannah, La crise de l’éducation in La crise de la culture, 1961, 1968
- Héritier Françoise, Hommes, femmes, la construction de la différence, Éditions le Pommier,
2005.
- Hil Olivier, Le Mérite et la République, Essai sur la société des émules, Gallimard Essais,
2007.
- Jeammet Philippe (sous la direction de), Adolescences : repères pour les professionnels,
Paris, La Découverte et Fondation de France, 2002.
- Lahire Bernard, La Raison scolaire, Pur, 2008.
- Le Breton, dir, Cultures adolescentes, Editions Autrement, 2008
- Lelièvre Claude, Les Politiques scolaires mises en examen : onze questions en débat, Paris,
ESF, 2008.
- Lieury Alain, Fenouillet Fabien, Motivation et réussite scolaire, Dunod, 2006.
- Ministère de l'Éducation nationale, L'Idée républicaine aujourd'hui, Guide républicain,
Paris, Scéren-CNDP, Delagrave, 2004.
- Maurin Éric, La Nouvelle Question scolaire, Paris, Seuil, 2007.
- Meuret Denis, Gouverner l'école, Paris, Puf, 2007.
- Millet Mathias et Thin Daniel, Ruptures scolaires, Puf, Le lien social, 2005.
61
- Obin Jean-Pierre, Les établissements scolaires entre l’éthique et la loi, Hachette Education,
2005
- Obin Jean-Pierre, Obin-Coulon Annette, Immigration et intégration, Hachette Education,
1999
- Pasquier Dominique, Cultures lycéennes, la tyrannie de la majorité, Autrement, 2005.
- Pena-Ruiz Henri, Qu'est-ce que l'école ? Folio, 2005.
- Perrenoud Philippe, Métier d'élève et sens du travail scolaire, Paris, ESF, 2004.
- Picquenot Alain et Vitali Christian (coordonné par), De la vie scolaire à la vie de l'élève,
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- Prairat Eirik, La Sanction en éducation, Puf, Que sais-je ?, 2011.
- Prost Antoine, Histoire de l’enseignement et de l’éducation (Tome IV) Ed. Perrin, 2004
- Prost Antoine, Éducation, société et politiques. Une histoire de l'enseignement en France, de
1945 à nos jours, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points histoire », 1992
- Raulin Dominique, Comprendre et expliquer le socle commun de connaissances et de
compétences, CRDP du Centre, 2009
- Rayou Patrick, Faire ses devoirs, enjeux cognitifs et sociaux d'une pratique ordinaire, Pur,
2010.
- Rayou Patrick et Van Zanten Agnès (dir.), Les Cent mots de l’éducation ? Coll. QSJ, PUF,
2011
- Reboul Olivier, La Philosophie de l'éducation, Paris, Puf, Que sais-je ?, 2000.
- Régis Rémy, Serazin Pierre, Vitali Christian, Les Conseillers principaux d'éducation, Paris,
Puf, 2000.
- Revault D'Allonnes Myriam, Le Pouvoir des commencements, Essai sur l'autorité, Seuil,
2006.
- de Singly François, Les Adonaissants, Pluriel, 2006.
- Schnapper Dominique, Qu'est-ce que la citoyenneté ?, Paris, Gallimard, 2000.
- Tardif Maurice et Levasseur Louis, La division du travail éducatif, PUF, 2010
- Thélot Claude, Pour la réussite de tous les élèves (Rapport de la commission nationale du
débat sur l'avenir de l'école), Paris, La Documentation française, 2004.
- Toczek Marie-Christine, Martinot Delphine, Le Défi éducatif, Des situations pour réussir,
Armand Colin, 2005.
- Toulemonde Bernard (coordonné par), Le Système éducatif en France (3ème édition), Paris,
La Documentation française, 2009.
- Vaillant Maryse, La réparation, Ed.Gallimard, 1999
- Van Zanten Agnès, L'École de la périphérie, Puf, Le lien social, 2001.
- Zakhartchouk Jean-Michel et Hatem Rolande (coord.), Travail par compétences et socle
commun, Coll. Repères pour agir, CRDP d’Amiens, 2009
Cette bibliographie attire l'attention sur des questions essentielles posées par l'éducation dans
le monde contemporain.
Elle n'est en rien exhaustive. La plupart des ouvrages répertoriés comportent eux-mêmes des
bibliographies qui étendent le champ ouvert à la réflexion des candidats, ou précisent certains
des thèmes abordés.
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Les candidats pourront, en outre, utilement consulter les revues ou publications telles que
« les Cahiers pédagogiques », « Administration et éducation », revue de l'Association
française des administrateurs de l'éducation (AFAE), « Éducation et devenir », « Éducation et
management », « Conseiller d'éducation » ainsi que les rapports annuels de l'inspection
générale de l'Éducation nationale publiés par la Documentation française et consultables à
partir du site www.education.gouv.fr
Les candidats pourront également se reporter aux diverses publications (textes officiels,
rapports, dossiers documentaires, données statistiques, etc.) qui sont en ligne sur le site du
ministère de l'éducation (http://www.education.gouv.fr et http://www.education.fr (portail de
l'éducation).
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