0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues4 pages

CCM 1

Le document traite de l'espace L2, en introduisant des concepts tels que l'espérance conditionnelle et la projection orthogonale sur des sous-tribus. Il présente des théorèmes et des propriétés concernant les variables aléatoires, y compris l'existence et l'unicité de l'espérance conditionnelle. Enfin, il aborde des propriétés de linéarité, de positivité et d'indépendance dans le cadre des espérances conditionnelles.

Transféré par

Mohammed Jatta
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Thèmes abordés

  • propriétés de l'espérance cond…,
  • projection orthogonale,
  • séries de Cauchy,
  • estimation de l'espérance,
  • théorème de la limite,
  • estimation quadratique,
  • théorème de la projection orth…,
  • théorème de convergence,
  • espérance conditionnelle,
  • théorème de la probabilité con…
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues4 pages

CCM 1

Le document traite de l'espace L2, en introduisant des concepts tels que l'espérance conditionnelle et la projection orthogonale sur des sous-tribus. Il présente des théorèmes et des propriétés concernant les variables aléatoires, y compris l'existence et l'unicité de l'espérance conditionnelle. Enfin, il aborde des propriétés de linéarité, de positivité et d'indépendance dans le cadre des espérances conditionnelles.

Transféré par

Mohammed Jatta
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Thèmes abordés

  • propriétés de l'espérance cond…,
  • projection orthogonale,
  • séries de Cauchy,
  • estimation de l'espérance,
  • théorème de la limite,
  • estimation quadratique,
  • théorème de la projection orth…,
  • théorème de convergence,
  • espérance conditionnelle,
  • théorème de la probabilité con…

Rappels sur l’espace L2.

[M. Gubinelli - Controle des chaines de Markov - M1 MMD 2009/2010 - 20090930 - v.3]

I Espérance Conditionnelle

1 Rappels sur l’espace L2.


On rappelle que L2(Ω, F , P) (que l’on dénote plus brièvement L2(F )) est la completion par la
norme E[| · |2] de l’ensemble des fonction étagées. Les elements de L2(F ) sont les classes d’equi-
valence des fonctions mesurables selon la relation X ∼ Y ssi P(X = Y ) = 1.

Théorème 1. L2(Ω, F , P) est un espace vectoriel complet.

Démonstration. Verifier que il est bien un espace vectoriel. On va montrer que il est complet
pour la topologie induite par la norme. Soit Xn ∈ L2(F ) une suite de Cauchy: supm,k>n Xm −
Xk 2 → 0 pour k → ∞. On veut montrer qu’il existe X ∈ L2(F ) (unique p.s.) tel que lim Xn −
X 2 = 0. Soit kn une suite croissante tel que kn ∞ et Xs − Xm 2  2 −n pour tout s, m  kn.
Alors
 
E |Xkn+1 − Xkn |  Xkn+1 − Xkn 2 < ∞
n1 n1

et donc pour presque tout ω ∈ Ω la série S(ω) = n1 (Xkn+1(ω) − Xkn(ω)) est absolument con-
vergente et donc limn Xkn(ω) existe p.s.. Soit X(ω) = limsupn Xkn(ω), on a que X∈ ˆ F et que
Xkn → X p.s. Maintenant on observe que si l  n E[|Xr − Xkl |2]  2 −2n pour tout r  kn, donc
une application du Lemme de Fatou donne
E[|Xr − X |2] = E[ lim |Xr − Xkl |2]  lim E[|Xr − Xkl |2]  2 −2n
l→∞ l→∞

pour tout r  kn, qui montre que X ∈ L (F ) et que Xn → X dans L2(F ).


2


Corollaire 2. Si B ⊆ F est une sous-tribu de F alors L2(B) est un sous-espace vectoriel fermé
de L2(F ) et pour tout X ∈ L2(F ) il existe une v.a. Y ∈ L2(B) (unique p.s.) qui satisfait une des
deux propriétés équivalentes suivantes:
a) E[|X − Y |2] = infZ ∈L2(B) E[|X − Z |2] ;
b) X − Y ⊥L2(B).
On appelle Y la projection orthogonale de X sur L2(B).

Démonstration. Par le théorème 1 l’ensemble L2(B) est complet par la norme L2 et donc
fermé dans L2(F ). Soit ∆ = infZ ∈L2(B) E[|X − Z |2] et Yn une suite minimisante: E[|X − Yn |2] →
∆ quand n → ∞. On a donc
E[|X − Yn |2] + E[|X − Ym |2] = 2E[|X − (Yn + Ym)/2|2] + E[|Yn − Ym |2]/2
(on utilise E[|A + B |2] + E[|A − B |2] = 2E[A2] + 2E[B 2]). Mais (Yn + Ym)/2 ∈ L2(B) ce qui donne
que
E[|Yn − Ym |2]/2  E[|X − Yn |2] + E[|X − Ym |2] − 2∆ → 0
pour n, m → ∞. Donc la suite Yn est Cauchy. Soit Y = lim√n Yn ∈ L2(B) (dans L2). On a que
X − Y 2  X − Yn 2 + Yn − Y 2 et donc que X − Y 2 = ∆ car Yn − Y 2 → 0.
Pour tout t ∈ R et Z ∈ L2(B) on a que Y + t Z ∈ L2(B) et
0  E[|X − Y − t Z |2] − E[|X − Y |2] = − 2 tE[(X − Y )Z] + t2E[Z 2].
2 Section 2

Le polynome P (t) = at2 + b t satisfait P (t)  0 pour tout t  0 donc on doit avoir b = 0 ou dans
notre cas E[(X − Y )Z] = 0 pour tout Z. L’implication réciproque est facile à établir. Pour mon-
trer l’unicité presque sûre de Y on suppose que Y  est un autre projection orthogonale. On a
que E[(Y − Y )Z] = 0 pour tout Z ∈ L2(G) et donc aussi pour Z = Y − Y  mais alors E[(Y −
Y )2] = 0 ⇒ Y − Y  = 0 p.s. 

2 L’espérance conditionnelle
Soit (Ω, F , P) un espace de probabilité, et soit B ⊆ F une sous-tribu de F . Soit X: Ω → R une
variable aléatoire telle que E(|X |) < + ∞ (i.e. X ∈ L1(Ω, F , P)) .
Définition 3. L’espérance conditionnelle de X sachant B est une variable aléatoire Y ∈
ˆ B telle
que
E[1AX] = E[1AY ] ∀A ∈ B (1)

L’assertion (1) est en fait équivalente à


E[Z X] = E[Z Y ] ∀Z∈
ˆ B bornée (2)

L’existence d’une variable aléatoire Y qui a ces propriétés n’est pas triviale, on va y revenir
plus avant. Par ailleurs, cette variable aléatoire est unique à l’égalité presque-sûre près (voir la
preuve du 2. de la proposition suivante).

On utilisera les notations Y = E(X |B), ainsi que E(X |Z) = E(X |σ(Z)). La probabilité condi-
tionnelle P( · |B) sachant B (ou par rapport à B) est définie par P(A|B) = E[1A |B]. On remarque
que P(A|B) est une variable aléatoire.

Exercice 1. Soient G ⊆ F, X ∈ L2(F ), Z ∈ L2(G) et Y = E[X |G], montrer que


E[|X − Z |2] = E[|X − Y |2] + E[|Y − Z |2]
et en déduire que
E[|X − Y |2] = inf E[|X − Z |2].
Z ∈L2(G)

L’exercice précèdent montre que l’espérance conditionnelle dans L2(F ) est le meilleure estima-
teur G-mesurable de X selon le risque quadratique:
E[|X − E[X |B]|2]  E[|X − Z |2] pour tout Z ∈ L2(B).

En effet cette interprétation géométrique est à la base d’une stratégie pour montrer l’existence
de l’espérance conditionnelle.
Soit X ∈ L2(F ) et B une sous-tribu de F . Alors la projection orthogonale Y de X sur L2(B)
satisfait E[XZ] = E[YZ] pour tout Z ∈ L2(B) et donc pour tout Z B-mesurable et bornée. Donc
Y = E[X |B] ce qui montre l’existence de l’espérance conditionnelle pour X ∈ L2(F ).

Théorème 4. Pour tout X ∈ L1(F ) il existe l’espérance conditionnelle E[X |B] ∈ L1(B).
Démonstration. Pour étendre l’existence à tout v.a. X ∈ L1(F ) on procède par approxima-
tion. Soit X  0 et dans L1. Soit Xn(ω) = max (X(ω), n) et Yn la projection orthogonale corres-
pondante sur L2(B). Alors pour n  m on a que 0  E[1A(Xn − Xm)] = E[1A(Yn − Ym)] pour tout
A ∈ B ce qu’implique que Yn  Ym p.s. (vérifier) et qu’il existe un ensemble de mesure nulle N ∈
B en dehors duquel la suite {Yn(ω)}n est croissante pour tout ω ∈ N c. Soit Y = supn Yn. On a
que E[1AY ] = supn E[1AYn] = supn E[1AXn] = E[1AX] par convergence monotone et donc que
Y ∈ L1(B) et que Y = E[X |B]. Pour une générique X ∈ L1 soit X = X+ − X− avec X+, X−  0 et
dans L1. On pose Y ± = E[X±|B] et Y = Y+ − Y−. On obtient que Y ∈ L1(B) et que E[1AX] =
E[1AY ] pour tout A ∈ B. 
L’espérance conditionnelle 3

Proposition 5.
1. E(X |B) ∈ L1(Ω, B, P).
2. Soient Y , Y  deux espérances conditionnelles de X sachant B, alors Y = Y  p.s.. En parti-
culier si X ∈ˆ B alors E(X |B) = X p.s.

Démonstration. (Voir le poly du cours de processus discrets) 

Si on conditionne par rapport à une v.a. X donnée on trouve bien que la probabilité condition-
nelle est une fonction des valeurs de X:

Proposition 6. Il existe une fonction mesurable hZ telle que E[Z |X] = hZ (X) p.s.

Démonstration. La v.a. E[Z |X] est σ(X)-mesurable. On utilise donc le théorème 1. 

Proposition 7. Pour tout X , Y ∈ L1(F ) et tout sous-tribu G , H ⊆ F on a les propriétés sui-


vantes:
1. Linéarité: E[X + Y |G] = E[X |G] + E[Y |G];
2. Positivité: X  0 p.s. ⇒ E[X |G]  0 p.s.
3. Convergence monotone: 0  Xn X p.s. ⇒ E[Xn |G]E[X |G] p.s.
4. Inégalité de Jensen: si ϕ est convexe et ϕ(X) ∈ L1: E[ϕ(X)|G]  ϕ(E[X |G])
5. Contractivité dans L p: E[X |G] p  X  p.
6. Emboîtement: Si H est une sous-tribu de G alors E[E[X |G]|H] = E[X |H] = E[E[X |H]|G].
ˆ G, E[|X |] < ∞ et E[|X Z |] < + ∞ alors E[X Z |G] = Z E[X |G].
7. Si Z∈

Démonstration.
1. Exercice.
2. on remarque que si E[X |G]  ε < 0 sur A ∈ G tel que P(A) > 0 alors 0 < E[X 1A] =
E[E[X |G]1A]  εP(A) < 0 ce qui est impossible.
3. Soit Yn = E[Xn |G]. Par la positivité de l’esp. cond. on a que Yn est une suite croissante.
Soit Y = limsupn Yn alors Y ∈ ˆ G et le théorème de convergence monotone nous permet de
passer à la limite dans l’égalité E[Xn1A] = E[Yn1A] pour obtenir que E[X 1A] = E[Y 1A]
pour tout A ∈ G. Donc Y = E[X |G] p.s.
4. Tout fonction convexe ϕ peut s’écrire dans la forme ϕ(x) = supn1 (an x + bn) pour une
suite dénombrable des couples (an , bn) ∈ R2. Donc E[ϕ(X)|G]  anE[X |G] + bn et on peut
conclure.
5. On utilise la propriété (4). exercice.
6. Exercice.
7. Admis. (Facile pour des fonctions étagées, utiliser des limites monotones dans le cas X ,
Z  0 et conclure). 

On rappelle que un π-système I sur C est une famille de parties de C stable pour intersection
finie. Et que si deux mesures µ, ν defines sur σ(I) coincident sur I alors elle sont egales.

Proposition 8. Si H et G sont indépendantes, X est G-mesurable et G  ⊆ G, alors


E[X |H, G ] = E[X |G ].

Démonstration. On supposer que X  0 et L1. Soit G ∈ G  et H ∈ H. Par hypothese X 1G∈ ˆG


et 1H ∈ H sont indépendantes, donc E[X 1G 1H ] = E[X 1G]E[1H ] et si on note Y = E[X |G ] on a
aussi que, E[Y 1G 1H ] = E[Y 1G]E[1H ] ce qui nous dit que E[X 1G 1H ] = E[Y 1G 1H ] donc pour les
mesures
µX (F ) = E[X 1F ] et µY (F ) = E[X 1F ]
4 Section 2

définie sur σ(G , H) ont la même masse et vérifient µX (G ∩ H) = µY (G ∩ H) pour tout G ∈ G  et


H ∈ H. Mais la classe des événements de la forme G ∩ H est un π-système et donc les mesures
sont egales sur tout σ(G , H). 

Proposition 9. (Conditionnement et indépendance) Si X1, , Xn est une famille des v.a. indé-
pendantes et f (X1, , Xn) ∈ L1 alors
E[f (X1, , Xn)|X1] = ϕ(X1)
où ϕ(x) = E[f (x, X2, , Xn)].

Démonstration. Utiliser le théorème de Fubini sur la loi jointe de X1, , Xn. 

Exercice 2. (Processus de branchement) Soit {Xm,r: m, r ∈ N} une double suite des v.a. iid.
discrètes et à valeurs  0. On pose Z0 = 1 et Zn = Xn,1 +  + Xn,Zn −1 pour n  1. Montrer que
la fonction génératrice fn(θ) = E[θZn] pour tout θ ∈ [0, 1] satisfait
f0(θ) = 1 fn = fn−1(f (θ)) pour n  1.

Solution.
fn(θ) = E[E[θ Zn |Zn−1]]
Or

 ∞

E[θ Zn |Zn−1] = E[θXn,1 + +Xn,k
IZn−1 =k |Zn−1] = E[θXn,1 + +Xn,k
|Zn−1]IZn −1 =k
k=0 k=0
et
E[θ Xn,1 + +Xn,k
|Zn−1] = E[θ Xn,1 + +Xn,k
] = (E[θX1,1])k = f (θ)k

car {Xn,k: k  1} est indépendant de Zn−1∈


ˆ σ(Xm,k , 1  m  n − 1, k  1). Donc


E[θ Zn |Zn−1] = f (θ)kIZn−1 =k = f (θ)Zn −1
k=0
ce qui nous permet de conclure que
fn(θ) = E[f (θ)Zn−1] = fn−1(f (θ)).

Exercice 3. Soit E[Y |G] = X et E[X 2] = E[Y 2] en déduire que X = Y a.s.


Exercice 4. Prouver une inégalité de Chebishev conditionnelle.
Exercice 5. Prouver l’inégalité de Cauchy-Schwartz conditionnelle
E[|XY ||G]2  E[|X |2|G] E[|Y |2|G].

Exercice 6. Soit (X0, X1, , Xn) un vecteur Gaussien de moyenne nulle et matrice de cova-
riance Γ = (Γij )i,j =1,  ,n. Montrer que

n
E[X0|X1, , Xn] = λiXi p.s.
i=1
et déterminer les poids λi en fonction de Γ.
Exercice 7. Donner un exemple avec Ω = {a, b, c} pour montrer que, en général,
E[E[X |F1]|F2] E[E[X |F2]|F1].

Exercice 8. Montrer les implications suivantes


X , Y independantes ⇒ E[X |Y ] = E[X] ⇒ E[X Y ] = E[X] E[Y ]
et trouver des v.a. X , Y ∈ { − 1, 0, 1} pour montrer que les implications inverses sont fausses.

Vous aimerez peut-être aussi