LE COROSCANNER
Le coroscanner, également appelé scanner coronarien ou angiographie coronarienne par
tomodensitométrie (CT), est une technique d’imagerie non invasive qui utilise un scanner
(tomodensitométrie) pour obtenir des images détaillées des artères coronaires. Il permet de
visualiser la structure des artères, d’évaluer leur degré de calcification ou la présence de plaques
d’athérome, et de détecter d’éventuelles obstructions ou rétrécissements.
1. Technique
* Préparation du patient :
- Le patient doit être à jeun pendant 4 à 6 heures avant l’examen. (Pour réduire les risques de nausées
ou de vomissements liés à l’injection du produit de contraste).
- Un bilan sanguin (notamment la fonction rénale) est souvent réalisé pour vérifier l’absence de contre-
indications.
- Un électrocardiogramme (ECG) peut être effectué pour synchroniser l’acquisition des images avec le
rythme cardiaque. (L’ECG pour évaluer le rythme cardiaque. Une fréquence cardiaque régulière et lente
(idéalement entre 60 et 70 battements par minute) est nécessaire pour obtenir des images de qualité).
- Un médicament bêta-bloquant peut être administré pour ralentir la fréquence cardiaque et améliorer
la qualité des images.
* Déroulement de l’examen :
- Le patient est allongé sur la table d’examen du scanner, généralement en position dorsale (sur le dos).
- Des électrodes sont placées sur la poitrine du patient pour enregistrer l’ECG et synchroniser
l’acquisition des images avec le cycle cardiaque.
- Un brassard à tension artérielle peut être utilisé pour surveiller la pression artérielle pendant l’examen.
- Une voie veineuse périphérique (souvent au niveau du bras) est posée pour injecter le produit de
contraste iodé.
- Le produit de contraste est injecté à l’aide d’un injecteur automatique à un débit contrôlé
(généralement entre 4 et 6 mL/s).
- L’injection est synchronisée avec l’acquisition des images pour opacifier les artères coronaires et
permettre une visualisation claire.
- Le scanner utilisé est un **scanner multidétecteurs** (CT-scan), capable de réaliser des acquisitions
très rapides et en haute résolution.
- Le patient est déplacé à travers le scanner pendant que les images sont acquises.
- L’acquisition est synchronisée avec l’ECG pour capturer les images pendant une phase spécifique du
cycle cardiaque (généralement en diastole, lorsque le cœur est au repos).
- Les images sont acquises en coupes fines (inférieures à 1 mm) et reconstruites en 3D pour une analyse
détaillée.
* Paramètres techniques
- Temps d’acquisition : L’examen dure généralement entre 10 et 20 minutes.
- Rayon X : Le scanner utilise des rayons X pour acquérir les images. La dose de rayonnement est
minimisée grâce à des protocoles optimisés.
- Reconstruction des images : Les données brutes sont traitées par des logiciels spécialisés pour
reconstruire des images en 2D et en 3D des artères coronaires.
- Les images acquises sont analysées par le radiologue ou le cardiologue.
- Des reconstructions multiplanaires (MPR), des projections en intensité maximale (MIP) et des
reconstructions en 3D sont réalisées pour évaluer les artères coronaires.
- Les logiciels permettent de mesurer le degré de sténose, d’évaluer la composition des plaques
d’athérome (calcifiées ou non calcifiées), et de visualiser les anomalies anatomiques.
* Surveillance du patient
- Pendant l’examen, le manipulateur surveille le patient pour détecter tout signe de réaction au produit
de contraste (allergie, nausées, malaise).
- Après l’examen, le patient est surveillé pendant quelques minutes pour s’assurer qu’il n’y a pas de
complications.
- Le patient est encouragé à boire beaucoup d’eau pour éliminer le produit de contraste.
2. Indications
* Dépistage des maladies coronariennes : Chez les patients présentant des symptômes évocateurs (douleur
thoracique, essoufflement) ou des facteurs de risque (diabète, hypertension, hypercholestérolémie, tabagisme).
* Évaluation des plaques d’athérome : Pour mesurer le degré de calcification ou de sténose des artères
coronaires.
* Suivi post-traitement : Après une angioplastie ou un pontage coronarien pour vérifier la perméabilité des
artères.
* Exclusion d’une maladie coronarienne : Chez les patients à faible risque pour éviter une coronarographie
invasive.
3. Contre-indications
* Allergie au produit de contraste iodé : Une réaction allergique sévère peut survenir.
* Insuffisance rénale : Le produit de contraste peut aggraver une insuffisance rénale préexistante.
* Grossesse : L’exposition aux rayons X est déconseillée chez la femme enceinte.
* Fréquence cardiaque élevée ou irrégulière : Une fréquence cardiaque trop élevée ou des arythmies peuvent
rendre l’examen difficile à interpréter.
* Obésité sévère : Les scanners ont des limites de poids, et la qualité des images peut être réduite.
4. Précautions
* Hydratation : Le patient doit être bien hydraté avant et après l’examen pour faciliter l’élimination du produit de
contraste et réduire le risque de néphropathie induite par le contraste.
* Surveillance des allergies : En cas d’antécédent d’allergie au produit de contraste, une prémédication
(antihistaminiques, corticoïdes) peut être administrée.
* Surveillance rénale : La fonction rénale doit être surveillée chez les patients à risque d’insuffisance rénale.
* Éviter les interférences : Le patient doit retirer tout objet métallique (bijoux, piercings) qui pourrait perturber
l’imagerie.
5. Avantages et limites
* Avantages :
- Non invasif (contrairement à la coronarographie invasive).
- Rapide et indolore.
- Précision : une visualisation précise des artères coronaires et des plaques d’athérome.
* Limites :
- Calcifications : En cas de calcifications importantes, l’interprétation des images peut être difficile.
- Une Fréquence cardiaque élevée ou irrégulière peut réduire la qualité des images.
- Produit de contraste : Le produit de contraste iodé peut provoquer des réactions allergiques ou une
néphropathie induite par le contraste chez les patients à risque.
- Rayonnement : Bien que la dose de rayonnement soit faible, elle doit être prise en compte, surtout
chez les jeunes patients ou ceux nécessitant des examens répétés.
- Moins précis que la coronarographie invasive en cas de calcifications importantes ou de sténoses
complexes.
Le manipulateur en électroradiologie médicale (ou technicien en imagerie médicale) joue
un rôle essentiel dans la réalisation d’un coroscanner (scanner coronarien). Ce professionnel est
responsable de la préparation, de l’acquisition des images et de la sécurité du patient pendant
l’examen. Voici une description détaillée de son rôle, de ses compétences et des étapes clés de son
intervention :
1. Rôle du manipulateur en coroscanner
Le manipulateur travaille en étroite collaboration avec le radiologue ou le cardiologue pour assurer le bon
déroulement de l’examen. Ses principales missions incluent :
- Préparation du patient : Expliquer le déroulement de l’examen, vérifier les contre-indications, et
s’assurer que le patient est prêt.
- Paramétrage de l’appareil : Configurer le scanner pour obtenir des images de haute qualité des
artères coronaires.
- Injection du produit de contraste : Gérer l’injection du produit de contraste iodé en synchronisation
avec l’acquisition des images.
- Surveillance du patient : Assurer la sécurité du patient pendant l’examen, notamment en surveillant
les éventuelles réactions au produit de contraste.
- Acquisition des images : Réaliser les séquences d’imagerie en suivant les protocoles établis.
- Travail en équipe : Collaborer avec le médecin pour adapter l’examen en fonction des besoins
cliniques.
2. Compétences requises
* Connaissances techniques :
- Maîtrise du fonctionnement du scanner (CT) et des logiciels d’acquisition d’images.
- Compréhension des paramètres d’imagerie (résolution, épaisseur des coupes,
synchronisation cardiaque).
- Connaissance des produits de contraste et de leurs effets secondaires.
* Compétences cliniques :
- Capacité à identifier les contre-indications (allergie, insuffisance rénale, etc.).
- Savoir gérer les situations d’urgence (réaction allergique, malaise du patient).
* Compétences relationnelles :
- Expliquer clairement l’examen au patient et le rassurer.
- Travailler en équipe avec les médecins, les infirmiers et les autres professionnels de santé.
3. Étapes clés de l’intervention du manipulateur
3.A. Avant l’examen
1. Accueil du patient :
- Vérifier l’identité du patient et son dossier médical.
- Expliquer le déroulement de l’examen et répondre aux questions.
2. Vérification des contre-indications :
- S’assurer qu’il n’y a pas d’allergie au produit de contraste.
- Vérifier la fonction rénale (créatininémie) si nécessaire.
3. Préparation du patient :
- Demander au patient de retirer les objets métalliques (bijoux, ceintures).
- Poser des électrodes pour l’ECG afin de synchroniser l’acquisition avec le rythme cardiaque.
- Installer le patient sur la table d’examen en position allongée.
4. Paramétrage de l’appareil :
- Choisir le protocole adapté (en fonction de l’âge, du poids et de la fréquence cardiaque du
patient).
- Configurer les paramètres d’acquisition (résolution, épaisseur des coupes).
3.B. Pendant l’examen
1. Injection du produit de contraste :
- Poser une voie veineuse périphérique (souvent au niveau du bras).
- Injecter le produit de contraste à l’aide d’un injecteur automatique, en synchronisation avec
l’acquisition des images.
2. Acquisition des images :
- Lancer l’acquisition des images en suivant les instructions du médecin.
- Surveiller la qualité des images en temps réel.
3. Surveillance du patient :
- Rester en communication avec le patient pour détecter tout signe de malaise ou de réaction
allergique.
- Interrompre l’examen en cas de problème et alerter le médecin.
3.C. Après l’examen
1. Fin de l’examen :
- Retirer la voie veineuse et les électrodes.
- Aider le patient à se relever et s’assurer qu’il se sent bien.
2. Transmission des images :
- Envoyer les images acquises au médecin pour interprétation.
- Archiver les données selon les protocoles en vigueur.
3. Suivi du patient :
- Donner des instructions au patient (hydratation, surveillance des effets secondaires).
- Signaler tout incident au médecin.
4. Qualités essentielles du manipulateur
- Précision : Les images doivent être de haute qualité pour permettre un diagnostic fiable.
- Vigilance : Le manipulateur doit détecter rapidement tout problème technique ou médical.
- Empathie : Le patient peut être anxieux, il est important de le rassurer et de l’accompagner.
- Adaptabilité : Chaque patient est unique, le manipulateur doit adapter son approche en
fonction des besoins.
En résumé, le manipulateur en coroscanner est un professionnel clé dans la réalisation de cet
examen. Son expertise technique, ses compétences cliniques et son sens du relationnel contribuent à
la qualité des soins et à la sécurité du patient.
L’ACFA (Arythmie Complète par Fibrillation Atriale) est un trouble du rythme cardiaque fréquent
caractérisé par une activité électrique anarchique des oreillettes, entraînant une contraction
inefficace de celles-ci. Cette arythmie peut compliquer la réalisation et l’interprétation d’un
coroscanner (scanner coronarien) en raison de l’irrégularité du rythme cardiaque.
Voici une analyse détaillée de la relation entre l’ACFA et le coroscanner, ainsi que les adaptations
techniques nécessaires pour obtenir des images de qualité.
1. Impact de l’ACFA sur le coroscanner
* Problème de synchronisation : Le coroscanner repose sur une acquisition synchronisée avec
le cycle cardiaque (généralement en diastole, lorsque le cœur est au repos). En cas d’ACFA, le rythme
cardiaque est irrégulier, ce qui rend la synchronisation difficile et peut entraîner des artefacts sur les
images.
* Qualité des images réduite : L’irrégularité du rythme cardiaque peut provoquer des flous ou
des dédoublements des structures cardiaques, rendant l’interprétation des artères coronaires plus
complexe.
* Difficulté à ralentir la fréquence cardiaque : En ACFA, la fréquence cardiaque est souvent
élevée et irrégulière, ce qui peut nécessiter l’utilisation de médicaments (bêta-bloquants) pour
ralentir le rythme et améliorer la qualité des images.
2. Adaptations techniques pour réaliser un coroscanner en cas d’ACFA
A. Contrôle de la fréquence cardiaque
* Bêta-bloquants : Si la fréquence cardiaque est trop élevée, un bêta-bloquant peut être
administré avant l’examen pour ralentir le rythme cardiaque. Cependant, cette approche doit être
utilisée avec prudence chez les patients instables sur le plan hémodynamique.
* Antiarythmiques : Dans certains cas, un traitement antiarythmique peut être envisagé pour
stabiliser le rythme cardiaque avant l’examen.
B. Techniques d’acquisition spécifique
* Acquisition rétrospective avec synchronisation ECG : Cette technique permet d’acquérir
des images tout au long du cycle cardiaque, puis de sélectionner les phases les plus stables pour la
reconstruction. Elle est particulièrement utile en cas d’ACFA, car elle permet de s’adapter à
l’irrégularité du rythme.
* Acquisition prospective : Cette technique acquiert des images uniquement pendant une
phase spécifique du cycle cardiaque (généralement en diastole). Elle est moins adaptée en cas d’ACFA
en raison de l’irrégularité du rythme, mais peut être utilisée si la fréquence cardiaque est contrôlée.
C. Réglages du scanner
* Vitesse de rotation du scanner : Un scanner rapide (avec un temps de rotation court) est
préférable pour minimiser les artefacts liés au mouvement.
* Reconstruction des images : Des algorithmes de reconstruction spécifiques peuvent être
utilisés pour corriger les artefacts liés à l’irrégularité du rythme cardiaque.
3. Indications du coroscanner en cas d’ACFA
Le coroscanner peut être indiqué chez les patients atteints d’ACFA dans les situations suivantes :
* Dépistage des maladies coronariennes : Chez les patients présentant des symptômes
évocateurs (douleur thoracique, essoufflement) ou des facteurs de risque cardiovasculaires.
* Évaluation avant cardioversion : Pour exclure une thrombose intracardiaque (en particulier
dans l’oreillette gauche) avant une cardioversion électrique ou pharmacologique.
* Suivi post-traitement : Pour évaluer les artères coronaires après une intervention
(angioplastie, pontage).
4. Limites et précautions
* Qualité des images : En cas d’ACFA, la qualité des images peut être réduite, ce qui peut
limiter la précision du diagnostic.
* Risque d’artefacts : Les artefacts liés à l’irrégularité du rythme cardiaque peuvent rendre
l’interprétation difficile.
* Produit de contraste : Comme pour tout coroscanner, il faut tenir compte des contre-
indications liées au produit de contraste iodé (allergie, insuffisance rénale).
5. Alternatives au coroscanner en cas d’ACFA
Si le coroscanner n’est pas réalisable ou si les images sont de mauvaise qualité en raison de l’ACFA,
d’autres examens peuvent être envisagés :
* Coronarographie invasive : Examen de référence pour visualiser les artères coronaires, mais
plus invasif.
* IRM cardiaque : Alternative non irradiante, mais moins performante pour visualiser les
artères coronaires.
* Scintigraphie myocardique : Pour évaluer l’ischémie myocardique sans visualiser
directement les artères coronaires.
6. Conclusion
La réalisation d’un coroscanner chez un patient atteint d’ACFA est techniquement plus complexe en
raison de l’irrégularité du rythme cardiaque. Cependant, avec des adaptations techniques
(synchronisation ECG, contrôle de la fréquence cardiaque, reconstruction des images), il est possible
d’obtenir des images de qualité diagnostique.
Le choix de la technique doit être individualisé en fonction du patient et des objectifs cliniques.