Introduction et présentation
L’objet de ce guide est de présenter les étapes à suivre pour la mise en place d’une
DÉMARCHE RSE au sein d’une entreprise et/ou une organisation.
IL VISE TROIS GRANDS OBJECTIFS :
objectif Informer et sensibiliser les acteurs publics, privés et associatifs
01
sur la signification de la RSE, la législation en vigueur en Tunisie
et à l’étranger et sur les atouts qu’elle offre aux entreprises,
quelle que soit leur taille, en illustrant ceci par des success
stories dans ce domaine.
objectif Fournir aux petites et moyennes entreprises une méthodologie
02
simple pour la mise en place d’une démarche RSE, en expliquant
pas-à-pas les étapes à suivre et le contenu de chacune. Des
outils pratiques à utiliser sont fournis directement dans ce
guide comme des exemples de reporting avec des indicateurs
clés. D’autres outils sont référencés en annexe pour ceux qui
désirent en connaître davantage.
objectif Compléter la démarche précédente, pour les entreprises de
03
plus grande taille, en traitant les aspects liés au reporting extra-
financier dit ESG. Cette partie étant, comme la précédente,
enrichie en annexe par davantage d’outils complémentaires.
A qui s’adresse le guide ?
Ce guide De responsables d’entreprises et d’organismes publics et privés, désirant connaître
s’adresse à un davantage l’objectif de la RSE et son impact positif pour leurs structures. Ces
responsables trouveront également ici les grandes lignes de la mise en œuvre
public large, d’une démarche RSE qu’ils pourront adapter à leur propre contexte. Ce guide
composé : pourra aussi leur servir de base pour communiquer sur la RSE auprès de leurs
parties prenantes.
De cadres impliqués dans le pilotage de la démarche RSE ou chargés d’activités
spécifiques en rapport avec la RSE : Ils trouveront dans ce guide, un fil directeur
pour les guider pas à pas dans leurs activités ainsi que des outils pratiques qu’ils
pourront utiliser.
Enfin, le guide reste accessible à toute personne s’intéressant à la RSE afin de
mieux se rendre compte des enjeux, des étapes à suivre et de l’impact d’une telle
démarche.
Guide méthodologique et de reporting RSE 1
Dans le but d’apporter une certaine valeur ajoutée par
rapport aux nombreux guides se rapportant à la RSE, déjà
publiés par des organismes tunisiens et étrangers, le présent
document voudrait se différencier en focalisant quelque peu
sur l’identification des parties prenantes pour une entreprise.
En effet, ce maillon dans la démarche RSE est primordial afin
d’éviter que la RSE ne soit considérée comme une « mode »
ou comme un ensemble d’actions isolées de l’impact réel de
l’entreprise sur son milieu.
De ce fait, le souhait à travers ce guide, est que les
entreprises puissent identifier et conduire des activités,
mêmes réduites, mais qui s’adressent à des parties prenantes
identifiées selon une logique spécifique tenant compte de
l’impact des activités de l’entreprise sur son environnement.
Guide méthodologique et de reporting RSE 2
Glossaire
CDC CITET DD
Caisse des Dépôts et Centre International Développement Durable
Consignations des Technologie de
l’Environnement de Tunis
ESG
COPIL CSRD Environnemental, Social
Comité de Corporate Sustainability et de Gouvernance
Pilotage Reporting Directive
DPEF EFRAG GIZ
Déclaration de European Financial
Deutsche Gesellschaft
Performance Extra- Reporting Advisory Group
für Internationale
Financière
Zusammenarbeit
ESRS IRSET ISO
European Sustainability Institut pour la International
Reporting Standards Responsabilité Sociale de Organization for
l’Entreprise Tunisienne Standardization
INS MPCD NFRD
Institut National de la Modes de Production et Non-Financial Reporting
Statistique Consommation Durables Directive
ONG ONU
ISSB Organisation Non Organisation des Nations
International Sustainability Gouvernementale Unis
Standards Board
ODD SDG SNDD
Objectifs de Sustainable Stratégie Nationale de
Développement Development Goals Développement Durable
Durable
RSE UTICA
Union Tunisienne de l’Industrie,
Responsabilité Sociale /
du Commerce et de l’Artisanat
Sociétale des Entreprises
SNTE CONECT
Stratégie Nationale de Confédération des Entreprises
Transition Ecologique Citoyennes de Tunisie
Guide méthodologique et de reporting RSE 3
01 Introduction et présentation
Sommaire 02
03
04
Sommaire
Historique et définition de la RSE
Avantages pour l’entreprise
05 Initiatives, législations et expériences nationales et internationales
06 Expériences tunisiennes
07 Référentiels, normes et labels
08 Méthodologie pour la mise en place de la démarche RSE
8.1. Constituer un comité de pilotage
8.2. Cartographier et consulter les parties prenantes
8.3. Identifier les enjeux prioritaires
8.4. Analyse de la performance RSE actuelle de l’entreprise
8.5. Définir la vision, la stratégie et les objectifs
8.6. Plan d’action et de déploiement
8.7. Communication et valorisation de la démarche
8.8. Evaluation de la démarche
09 Reporting RSE
10 Reporting ESG
11 Bibliographie
12 Annexes
Concepts liés à la RSE
La norme ISO 26000 : Questions centrales et domaines d’action
Comment élaborer une stratégie ?
Modèle de Fiche d’action
Exemple de plan de formation RSE
Modèle de rapport RSE
Exemples d’indicateurs RSE
Exemples d’actions RSE
Guide méthodologique et de reporting RSE 4
03
HISTORIQUE ET
DÉFINITION DE LA RSE
Historique
Responsabilité Sociale
Le terme Responsabilité Sociale ou Sociétale des Entreprises est né dans les années 1950, dans
le livre « Responsibility of the business man » par Howard Bowen. Le livre défend l’idée que
l’entreprise est un acteur social à part entière, qui a un devoir (au sens large du terme) envers
la société.
Après un scepticisme général à l’encontre du concept dans les années 1970, la RSE a connu un
regain d’intérêt à partir des années 1980, en parallèle à l’intérêt global aux concepts relatifs
au Développement Durable, aux nouveaux modèles de production et de consommation,
à l’économie verte, à l’écoresponsabilité etc. Ceci s’est traduit par la mise en place d’une
importante quantité d’initiatives, de cadres et de documents de référence à l’échelle globale
(Nations Unies, OCDE, …) et nationale.
Définition :
Le concept de responsabilité sociétale peut s’appliquer à une grande variété de structures :
entreprises privées ou publiques, associations à but non lucratif, établissements publics,
ministères ou agences gouvernementales, etc. Dans le reste de ce document et pour des
raisons de simplification,
l’ensemble de ces structures sera désigné par ENTREPRISES
Une entreprise, en exerçant son activité, a un impact sur son environnement naturel et social.
Par exemple, l’entreprise peut utiliser les ressources naturelles d’une région donnée ou
rejeter des polluants dans l’eau ou l’air. Elle peut créer des emplois directs ou indirects pour la
communauté locale, ou, au contraire, menacer des activités économiques existantes…
En même temps, l’entreprise est aussi influencée par cet environnement. En effet, son activité
doit suivre les règlementations et directives des institutions gouvernementales. Sa perception
par la communauté locale peut nuire à son image de marque. Les caractéristiques du bassin
de l’emploi où elle se trouve peuvent impacter sa capacité de répondre à ses besoins en main
d’œuvre et en compétences....
Quand l’entreprise choisit volontairement d’assumer sa responsabilité vis-à-vis de ces impacts
et d’agir en conséquence, elle s’insère dans le cadre de la RSE.
La RSE est un concept volontaire qui dépend fortement du contexte et des problématiques
spécifiques de chaque entreprise. Par conséquent, différents organismes internationaux
ont développé leurs propres approches du concept et ont formulé leurs propres définitions
de la RSE. Malgré les formulations différentes, toutes ces définitions traduisent la prise de
conscience de l’entreprise de l’impact de ses activités. De même, les différentes définitions
soulignent le caractère volontaire de la RSE, en opposition à une conformité obligatoire aux lois
et règlementations.
Guide méthodologique et de reporting RSE 6
Ce guide présente dans ce qui suit quelques exemples de ces définitions :
Définition de l’ISO 26000 :
Responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la
société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement transparent et éthique qui :
26000 Contribue au développement durable y compris à la
santé et au bien-être de la société
Prend en compte les attentes des parties prenantes
Respecte les lois en vigueur et est compatible avec
les normes internationales
ISO Est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis
en œuvre dans ses relations »
Définition de l’Organisation Internationale du Travail :
La responsabilité sociale des entreprises (RSE) traduit la façon dont les entreprises prennent
en considération les effets de leurs activités sur la société et affirment leurs principes et leurs
valeurs tant dans l’application de leurs méthodes et procédés internes que dans leurs relations
avec d’autres acteurs. La RSE est une initiative volontaire dont les entreprises sont le moteur
et se rapporte à des activités dont on considère qu’elles vont plus loin que le simple respect de
la loi.
Définition de la Commission Européenne (Livre Vert) :
La RSE est l’intégration volontaire des préoccupations sociales et écologiques par les entreprises,
à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes.
La RSE est la prise de conscience par l’entreprise
de son impact sur son environnement, et la mise
en place d’actions pour réduire les impacts négatifs
et maximaliser les impacts positifs. Comme ces
impacts et ces actions agissent sur les dimensions
environnementale, sociale et économique, la
RSE traduit en même temps les performances de
l’entreprise en terme de développement durable.
Guide méthodologique et de reporting RSE 7
04
AVANTAGES POUR
L’ENTREPRISE
La RSE, une démarche volontaire, a plusieurs effets bénéfiques sur l’entreprise.
Répondre à la demande
du consommateur
Partout dans le monde, les enquêtes et les études confirment que les consommateurs sont de
plus en plus préoccupés par les impacts environnementaux et sociaux des produits et services
qu’ils consomment. La préférence pour les produits plus éthiques et plus respectueux de
l’environnement se développe avec l’amélioration du niveau d’éducation et des conditions de
vie de la population. Ainsi, la RSE permet à l’entreprise d’attirer des clients et de les fidéliser.
Se conformer aux exigences
des partenaires
Le terme « partenaires » désigne les différents acteurs de la chaine de valeur (fournisseurs, sous-
traitants). Il peut aussi désigner les donneurs d’ordre et les organismes de financement (banques,
bailleurs de fonds, etc.), les ONG impactées par les activités de l’entreprise…
De plus en plus d’entreprises, notamment les plus grandes, cherchent à garantir le suivi de pratiques
durables tout au long de leur chaine de production. Pour un grand nombre d’entreprises, ceci
est devenu une obligation légale, à travers des exigences mentionnées dans des réglementations
spécifiques. Ces entreprises cherchent des fournisseurs et des sous-traitants ayant une démarche
RSE.
A titre d’exemple, la Directive Européenne relative au reporting sur le Développement Durable
(CSRD), en vigueur depuis 2023, oblige les entreprises européennes à divulguer des données en
relation avec la RSE sur l’ensemble de leurs chaines de valeur. Les entreprises tunisiennes qui se
positionnent dans les chaines de valeur européennes sont impactées par ces directives et ont
intérêt à développer leur propre démarche RSE.
Ces exigences sont aussi appliquées par les acheteurs publics à l’échelle nationale et internationale
(agences publiques, bailleurs de fonds, etc.). Par exemple, les marchés lancés par des organisations
comme les Nations Unies comportent des clauses en relation avec la RSE. De même, en Tunisie,
le décret 2014-1039 sur les marchés publics encourage la promotion des critères de durabilité, et
les orientations stratégiques visent à augmenter la part des achats publics durables. Ainsi, la RSE
devient un critère important d’accès aux marchés publics.
De même, la RSE joue un rôle clé dans l’accès aux financements internationaux, en particulier
pour les organisations de la société civile. Ainsi, de nombreux bailleurs de fonds internationaux
(Union Européenne, Banque Mondiale, PNUD, agences de développement, fondations privées,
etc.) intègrent des critères RSE dans leurs appels à projets. Les entreprises ou les organisations qui
adoptent des pratiques responsables (transparence, inclusion, impact social et environnemental)
augmentent leurs chances d’obtenir des financements
Les investisseurs et les banques qui financent les entreprises s’intéressent également à la démarche
RSE de l’entreprise du point de vue de leur évaluation des risques liés à ses activités. Une stratégie
RSE bien conçue et exécutée peut ainsi rassurer ces acteurs.
Guide méthodologique et de reporting RSE 9
Améliorer les performances
de l’entreprise
L’adoption de pratiques durables par l’entreprise dans le cadre de la RSE peut contribuer à
une utilisation plus efficace des ressources naturelles, à l’économie d’énergie, à la réduction
des déchets, à l’amélioration des conditions de travail et par conséquent à la fidélisation des
employés et l’augmentation de la productivité, etc. Tout ceci contribue à la réduction des couts
de production et l’amélioration des performances économiques de l’entreprise.
Améliorer l’image
de l’entreprise
La démarche RSE de l’entreprise et les actions mises en place peuvent constituer des arguments
de communication importants pour se positionner comme une entreprise responsable, éthique
et respectueuse de l’environnement. L’obtention d’un label RSE peut différencier l’entreprise
de ses concurrents.
Gérer les
risques
La démarche RSE permet l’identification préalable des risques potentiels et l’adoption des
actions préventives permettant d’éviter l’apparition de ces risques. Ces risques peuvent être :
• La dégradation du climat social au sein de l’entreprise
• Les conflits avec la communauté locale, par exemple à cause de rejets nocifs
• La dégradation de l’image de l’entreprise
• Etc.
Contrairement aux idées reçues, la RSE n’implique
pas nécessairement des couts supplémentaires
pour l’entreprise. Au contraire, l’entreprise
réalise des gains à travers l’amélioration de son
image et de ses relations avec son entourage,
l’épanouissement de son personnel, la gestion de
ses risques, et l’amélioration de l’efficacité de ses
processus.
Guide méthodologique et de reporting RSE 10
05
INITIATIVES, LÉGISLATIONS
ET STRATÉGIES
NATIONALES ET INTERNATIONALES
Ce chapitre présente les principales initiatives, législations et stratégies qui ont été mises en
place à l’échelle internationale et nationale. Sans chercher à être exhaustive, cette présentation
focalise sur les informations les plus pertinentes pour les organisations tunisiennes voulant
s’engager dans une démarche RSE.
A l’international
Sur le plan international, la RSE a été formalisée
avec l’annonce du Pacte mondial des Nations Unies
(United Nations Global Compact) en janvier 1999 par
le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan,
lors du Forum économique mondial de Davos.
L’initiative, visant à engager les entreprises dans les domaines des droits humains, du droit
du travail, de l’environnement et de la lutte contre la corruption, a été officiellement lancée
en juillet 2000.
Le Pacte mondial des Nations Unies a été lancé en annonçant
les Dix principes universels suivants, sur lesquels la RSE pourra se baser :
Droits de l’homme
1 Promouvoir et respecter la protection du droit international relatif
aux droits de l’homme.
2 Veiller à ne pas se rendre complices de violations des droits de
l’homme.
Normes Internationales du Travail
3 Respecter la liberté d’association et reconnaître le droit de
négociation collective.
4 Contribuer à l’élimination de toutes les formes de travail forcé ou
obligatoire.
5 Contribuer à l’abolition effective du travail des enfants.
6 Contribuer à l’élimination de toute discrimination en matière
d’emploi et de profession.
Guide méthodologique et de reporting RSE 12
Environnement
7 Appliquer l’approche de précaution face aux problèmes touchant
l’environnement.
8 Prendre des initiatives tendant à promouvoir une plus grande
responsabilité en matière d’environnement.
9 Favoriser la mise au point et la diffusion de technologies
respectueuses de l’environnement.
Lutte contre la Corruption
10 Agir contre la corruption sous toutes ses formes, y compris
l’extorsion de fonds et les pots-de-vin.
EN 2024, LE PACTE MONDIAL REGROUPE
plus de Dont Dans plus de
20 000
entreprises
56%
sont des PME
160
pays
et représente, sur le plan mondial, l’initiative la
plus importante d’engagement volontaire des
entreprises pour le développement durable.
En cohérence avec ce Pacte mondial, plusieurs autres réglementations et directives relatives
à la RSE ont été émises par les pays et les organismes internationaux comme l’Union
Européenne, les bailleurs de fonds et d’autres ONG. La suite du guide présente des exemples
de ces initiatives.
Ainsi, la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20),
tenue en juin 2012 à Rio de Janeiro, a marqué une étape clé dans l’évolution de la
Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). En effet, RIO +20 a abouti au document
final intitulé: « L’Avenir que nous voulons». Le rapport souligne l’importance des
entreprises dans la transition vers une économie verte et insiste sur leur responsabilité
sociale et environnementales. Les États ont été invités à encourager les entreprises
à adopter des pratiques responsables, insiste sur la nécessité pour les entreprises
de publier des informations extra-financières sur leur impact environnemental et
social. Il encourage l’adoption de cadres de reporting RSE comme le Global Reporting
Initiative (GRI), l’ISR ….
Guide méthodologique et de reporting RSE 13
De même, l’OCDE a publié des Principes directeurs à l’intention des entreprises
multinationales sur la conduite responsable des entreprises. Il s’agit de recommandations
visant à encourager la contribution positive de ces entreprises au développement
durable et à réduire leurs impacts négatifs. Ces principes couvrent les domaines
des droits humains, droits du travail, l’environnement, la corruption, les intérêts
des consommateurs, la publication d’informations, la science et la technologie, la
concurrence et la fiscalité. L’édition 2023 a introduit des mises à jour pour prendre en
compte des sujets d’actualité comme le changement climatique, la biodiversité et le
devoir de diligence dans les chaînes d’approvisionnement.
En Tunisie
A travers ses politiques sociales et environnementales avancées, la Tunisie
s’est engagée depuis longtemps dans une logique de responsabilité
sociétale. Dans cette dynamique, elle a poursuivi la ratification des
principales conventions internationales relatives aux droits de l’Homme et
à l’environnement et elle a adhéré au Pacte Mondial en 2005. Par ailleurs,
elle a adapté progressivement sa législation aux standards internationaux,
notamment en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la
corruption, à travers l’adoption de textes spécifiques.
Ceci a été couronné par la promulgation de la loi n°35 du 11 juin 2018, relative à la RSE, qui vise
à inciter les entreprises à s’engager dans le développement durable et la bonne gouvernance
en tenant compte de leur impact sur leur milieu environnemental et social.
Guide méthodologique et de reporting RSE 14
Cette loi, en cours de révision au moment de la rédaction de ce guide, s’applique aux
établissements publics et aux entreprises publiques et privées quelle que soit leur taille et
leur secteur d’activité. Ses acteurs sont appelés, de part cette loi, à allouer des dotations pour
financer des programmes de responsabilité sociétale, qui peuvent se rapporter aux domaines
suivants :
L’environnement et le La rationalisation
développement durable de l’exploitation des
ressources naturelles
et leur valorisation
Le développement des La bonne
compétences et de l’emploi gouvernance
Un comité de pilotage régional de responsabilité sociétale est instauré pour coordonner les
programmes des entreprises et définir les priorités. Ce comité reçoit un rapport rédigé par les
entreprises comportant les actions mises en œuvre et qui sera diffusé vers le public.
Enfin, il convient de signaler que la Tunisie s’est dotée, en 2023, d’une Stratégie Nationale de
Transition Ecologique (SNTE) visant à lutter contre les changements climatiques et à préserver
et restaurer les ressources et les écosystèmes naturels. Cette stratégie intègre les objectifs de la
Stratégie Nationale de Développement Durable de la Tunisie (SNDD) 2014-2020, ainsi que ceux
du Plan national de développement 2023-2025 et de la Vision Tunisie 2035. Cette dernière
comportant un volet important relatif au développement durable, à l’économie verte, bleue et
circulaire.
Les résultats de l’étude sur la Stratégie Nationale de la Responsabilité Sociétale des Entreprises
et des Organisations, élaborée sous le pilotage du Ministère de l’environnement tunisien en
2018, ont aussi contribué à cette réflexion nationale.
Guide méthodologique et de reporting RSE 15
06
EXPÉRIENCES
TUNISIENNES
Plusieurs entreprises tunisiennes
ont adhéré au concept de RSE et ont
développé une démarche innovante
dans ce sens.
Par ailleurs, pour développer davantage
l’engagement des entreprises dans la RSE,
plusieurs organismes publics, privés et
associatifs ont lancé des programmes d’appui
comportant un volet communication et un
volet assistance technique pour expliquer et
mettre en œuvre les démarches RSE.
Parmi ces organismes, citons :
l’UTICA, la CONECT, le CITET, l’INNORPI, …
Guide méthodologique et de reporting RSE 17
EXPÉRIENCE
Ce réseau accompagne ses adhérents pour la mise en œuvre d’un cadre
d’engagement construit sur la base des Dix Principes de l’UNGC, sur la
stratégie à développer jusqu’à la communication sur les progrès (CoP)
accomplis et facilite le partenariat. Le réseau est également mandaté
par l’ONU comme référent pour l’appropriation des Objectifs de
Développement Durable (ODD) par le monde économique en Tunisie.
Les adhérents sont tenus de respecter les Dix principes du UN Global
Compact et de contribuer à la réalisation des ODD.
Il est utile de mentionner que le UN Global Compact a mis en place une
bibliothèque2 comportant une panoplie d’outils méthodologiques utiles
pour la mise en œuvre des ODD ainsi que des cours de formations. Ces
outils sont soit en accès libre soit réservés aux adhérents (voir autres
informations plus loin au § « Les référentiels »).
EXPÉRIENCE
L’UTICA a adhéré officiellement au Global Compact en 2019. Elle
a annoncé son engagement pour les ODD et l’Agenda 2030 et son
objectif de doubler le nombre des entreprises adhérentes dans les trois
prochaines années. Par cette adhésion l’UTICA s’engage notamment
à œuvrer à la mise en œuvre des principes du Pacte Mondial et des
objectifs du développement durable dans ses propres activités et au
sein des entreprises économiques affiliées.
L’UTICA a mis en place une cellule RSE pour sensibiliser et orienter les
entreprises dans ce domaine.
2
[Link]
Guide méthodologique et de reporting RSE 18
EXPÉRIENCE
La Confédération des Entreprises Citoyennes de
Tunisie (CONECT) s’est engagée dans la démarche
RSE depuis longtemps. Elle a créé un label propre qui
est décerné aux entreprises les plus performantes
en la matière (voir plus bas dans le guide).
Ce label a obtenu une reconnaissance au-delà des
frontières tunisiennes, notamment par l’Union
européenne et le Canada. Cette reconnaissance
facilite l’intégration des entreprises tunisiennes dans
les chaînes de valeur mondiales sans nécessiter de
programmes de mise à niveau coûteux.
Parmi les autres initiatives de la CONECT, nous
pouvons citer :
• Organisation du Prix de la RSE, destiné à
valoriser les meilleures pratiques en matière de
responsabilité sociétale.
• Projets en faveur du développement durable
et de l’inclusion sociale, notamment pour
l’entrepreneuriat féminin, l’économie verte et
l’employabilité des jeunes.
• Organisation de conférences régulières sur la
Le lien suivant vers la page RSE, en choisissant à chaque fois un thème qui
Facebook donne une image réelle illustre le lien de la RSE avec la problématique
de quelques expériences conduites du moment.
par la CONECT :
• Appui aux entreprises, à travers la mobilisation
[Link]
de consultants spécialisés en RSE pour les mettre
RseTunisie?mibextid=LQQJ4d
à la disposition des entreprises désireuses de
s’engager dans la démarche.
Guide méthodologique et de reporting RSE 19
EXPÉRIENCE
Le CITET est l’une des structures d’appui et d’accompagnement
tunisiennes les plus actives en matière de RSE, et ce, depuis plus de 10
ans.
Il a adhéré au Pacte mondial depuis 2012 et il a conduit plusieurs
programmes pour sensibiliser les entreprises au niveau de l’impact de
la RSE sur leurs performances et pour les appuyer à la mise en œuvre
de la démarche.
Ceci s’est traduit notamment par la formation d’un noyau de
compétences tunisiennes dans le domaine de la RSE, qui pourront
capitaliser l’expérience et la dupliquer auprès des entreprises.
Le CITET a lui-même développé sa politique RSE qui s’appuie sur les
axes stratégiques suivants :
Développer le droit de vigilance et de prévention de la
AXE complicité pour un total respect des droits humains,
01 notamment au niveau de la sphère d’influence
AXE Développer la bonne gouvernance et la lutte contre la
02 corruption à tous les niveaux
AXE Développer un dialogue social constructif pour
03 l’intérêt collectif
AXE Développer le renforcement des capacités pour
04 l’épanouissement des ressources humaines
AXE Être exemplaire en matière de gestion
05 environnementale du site et le pilotage des projets
innovants.
Le CITET a édité en Juin 2013, en collaboration avec la GIZ, un guide pratique sur les pratiques
et la mise en œuvre de la RSE.
En 2024, le CITET a annoncé un programme d’accompagnement de 50 entreprises opérant dans
les secteurs automobile, aéronautique, électronique et mécatronique pour la mise en place
d’une démarche intégrée de RSE et d’une évaluation de l’empreinte carbone, et ce dans le cadre
du Projet d’Accompagnement à la Transition Ecologique – Industrie de la Mobilité (PATE-IM). Ce
projet résulte d’une collaboration entre les acteurs de l’industrie, la GIZ, l’IRSET, le réseau Pacte
Mondial Tunisie et le CITET.
Guide méthodologique et de reporting RSE 20
EXPÉRIENCE
L’Institut National de la Normalisation et de la Propriété Industrielle
(INNORPI) a un rôle central dans la promotion de la Responsabilité
Sociétale des Entreprises (RSE) en Tunisie, notamment à travers la
diffusion et l’adoption de l’ISO 26000, la norme internationale de
référence en matière de responsabilité sociétale. Ainsi, en 2010, l’ISO
26000 a été adoptée par l’INNORPI sous la référence tunisienne NT
03.110 (Norme Tunisienne 03.110), renforçant ainsi son cadre national
de responsabilité sociétale.
Entre 2011 et 2015, l’INNORPI a mené un projet en coopération avec la
Suède qui a permis la formation d’experts nationaux en RSE ainsi que
l’accompagnement de plusieurs organisations pour le démarrage d’une
démarche RSE, dont la STEG et la SONEDE.
EXPÉRIENCE
L’Institut pour la Responsabilité Sociale de l’Entreprise Tunisienne
(IRSET) a été fondé en mai 2013 sous la forme d’une association à but
non lucratif réunissant des experts, académiciens et spécialistes en
RSE. L’IRSET a rejoint le réseau Global Compact en 2014 et a hébergé le
réseau Global Compact Tunisie jusqu’à mars 2024.
L’IRSET œuvre pour promouvoir et diffuser la culture RSE en Tunisie,
tout en étant une force de proposition pour les pouvoirs publics. Il a
été l’un des acteurs de la loi RSE de 2018. Il joue aussi le rôle d’un trait
d’union entre le milieu académique et les différents acteurs publics et
privés, travaillant en partenariat avec des associations professionnelles,
des ministères, des universités et des organisations internationales.
L’IRSET met son expertise à la disposition des entreprises tunisiennes
pour les appuyer dans la mise en place de leur démarche RSE (diagnostic,
accompagnement, formation…).
Guide méthodologique et de reporting RSE 21
EXPÉRIENCE RSE TIME
RSE Time est une startup qui désire promouvoir la RSE en Tunisie à
travers des conseils en matière d’implémentation de la démarche et
en diffusant des expériences réussies d’entreprises. Elle gère un portail
de mise en relation des entreprises et des associations pour créer des
harmonies d’impact.
Elle utilise plusieurs canaux de communication dont son site web :
une chaîne Youtube, le réseau LinkedIn, un
podcast RSE Talk …
Plusieurs témoignages d’entreprises sont diffusés, parmi lesquels
nous citons :
Le groupe Delice :
[Link]
L’entreprise Kromberg & Schubert Tunisie:
[Link]
La startup Wayout :
[Link]
Autres expériences
De nombreuses entreprises tunisiennes conduisent des
actions ayant un lien étroit avec la RSE, sans pour autant
qu’elles ne se soient engagées dans une démarche RSE
proprement dite.
Parmi les activités conduites par ces sociétés,
citons les suivantes :
Guide méthodologique et de reporting RSE 22
Actions Actions
Pour la réduction des déchets et la liées à la maitrise de l’énergie :
préservation de l’environnement :
Production d’énergie
Installation de fontaines d’eau pour le personnel renouvelable (solaire)
pour réduire le recours aux bouteilles en
plastique, …
Isolation thermique des
Collecte de livres et cahiers usagés pour les bâtiments
recycler. Les fonds récoltés sont dédiés à
l’achat de dictionnaires et de calculatrices
pour les élèves défavorisés
Actions Actions
sociales : de lutte contre la corruption
Soutien aux athlètes tunisiens en situation
de handicap lors de leur participation à
Paris aux Jeux Paralympiques 2024
Ces activités sont louables
et s’inscrivent dans la
Equipement d’un centre spécialisé dans les même philosophie que
maladies infectieuses la RSE.
Il convient néanmoins
de les structurer comme
Financement de la session internationale
indiqué dans le présent
du sport de Karaté dans la région de Sousse
guide, afin d’éviter un
saupoudrage d’actions
qui n’émanent pas d’une
priorisation tenant compte
Subvention de projets externes à l’entreprise comme
des besoins des parties
des écoles, des hôpitaux, des ONG,…s’inscrivant dans
prenantes et des impacts
le cadre d’un développement durable
engendrés.
Guide méthodologique et de reporting RSE 23
07
RÉFÉRENTIELS,
NORMES ET LABELS
Un référentiel permet de guider l’entreprise dans sa démarche de mise en place d’une stratégie
RSE en décrivant les champs à couvrir, les critères à évaluer, les questionnements à renseigner.
Il peut fournir des outils méthodologiques et des bonnes pratiques pour assister l’entreprise à
mettre en place sa démarche RSE.
Du fait que l’adhésion à la démarche RSE a toujours été considérée comme un acte volontaire
des entreprises, il n’y a pas de référentiel international qui s’impose, même si une norme
internationale, d’application volontaire, l’ISO 26000, relative à la responsabilité sociétale a été
éditée depuis 2010.
Il y a également des labels développés par divers organismes, dont la CONECT en Tunisie. Ils
s’inspirent souvent des référentiels internationaux et attribuent, suite à un audit indépendant,
une reconnaissance aux entreprises qui se conforment aux exigences du label.
Ce chapitre présente les principales
normes, référentiels et labels
existants :
ISO 26000
Guide méthodologique et de reporting RSE 25
LA NORME
ISO 26000
La norme ISO 26000 a été publiée en 2010 par l’International Organization for Standardization.
La norme ISO 26000 cible tous les types d’organisations. Elle ne présente pas des exigences,
mais des définitions, des lignes directrices, des principes et des méthodologies visant à guider
l’entreprise dans sa démarche. Pour ce, cette norme n’est pas destinée à des fins de certification.
La norme ISO 26000 est basée sur 7 questions centrales (grandes thématiques représentant
les objectifs d’une entreprise responsable), 7 principes (exigences dans le comportement de
l’entreprise) et 37 domaines d’action (sous-thèmes sur lesquels l’entreprise peut agir)
Plus d’informations sur la norme ISO 26000 sont présentées en annexe
LES RÉFÉRENTIELS
UN GLOBAL COMPACT :
Le Pacte Mondial (UN Global Compact) appelle les entreprises à s’engager volontairement à
aligner leurs stratégies et opérations sur les Dix principes universels présentés plus haut.
Les principales valeurs ajoutées du Pacte mondial des Nations Unies pour les entreprises
incluent :
LES ACCÉLÉRATEURS
Les Accélérateurs sont conçus pour intégrer les pratiques alignées sur les ODD en profondeur
dans les opérations commerciales et à travers la chaîne de valeur afin d’accélérer les progrès et
l’impact de l’Agenda 2030.
Guide méthodologique et de reporting RSE 26
L’ACADÉMIE
Plateforme offrant des ressources éducatives pour soutenir les
entreprises dans l’intégration des Dix Principes et des ODD.
LE RÉSEAU MONDIAL
Accès à une communauté internationale d’entreprises engagées dans le développement
durable, favorisant le partage des meilleures pratiques et des collaborations stratégiques.
L’ensemble des initiatives et des ressources du Pacte Mondial des Nations Unies peut être
consulté sur son site officiel :
[Link]
SDG COMPASS
Le SDG Compass a été développé en partenariat par le Global Reporting Initiative (GRI), le Pacte
mondial des Nations Unies (UN Global Compact) et le World Business Council for Sustainable
Development (WBCSD). Il s’agit d’un guide des ODD à destination des entreprises.
[Link]
Le SDG Compass explique aux entreprises l’impact des ODD sur leurs activités et leur offre des
outils et connaissances permettant d’intégrer les ODD dans leurs stratégies.
Le guide propose 5 étapes permettant d’optimiser
la contribution des entreprises aux ODD :
01 COMPRÉHENSION
04
DES ODD
INTÉGRATION
02 DÉFINITION
DES PRIORITÉS
03 DÉFINITION
DES OBJECTIFS
05 REPORTING ET
COMMUNICATION
Guide méthodologique et de reporting RSE 27
LES LABELS RSE
Un label sert à crédibiliser, structurer et valider la démarche RSE de l’entreprise, et permet de
communiquer sur son engagement auprès des parties prenantes internes et externes. Il permet
à l’entreprise de se différencier et d’affirmer son engagement dans un ou plusieurs domaines de
la RSE, de mobiliser les équipes et de présenter des garanties aux investisseurs ou aux sponsors.
Il existe plusieurs types de labels : généraux, sectoriels ou thématiques. Il est à noter que la plus
grande partie des labels existants sont basés sur la norme ISO 26000, ou sur l’application de ses
lignes directrices sur le thème ou le secteur concerné.
LE PARAGRAPHE SUIVANT
PRÉSENTE QUELQUES LABELS parmi les
plus connus :
La Confédération des Entreprises Citoyennes de la
Tunisie (CONECT) a créé en 2016 un label RSE destiné
aux entreprises tunisiennes. Ce label vise à être adapté
au contexte national et comprend trois niveaux pour
tenir compte de la diversité des entreprises : Or, Argent
et Bronze. La CONECT a élaboré un référentiel permettant
Le label RSE de de positionner les entreprises désireuses de recevoir le
la CONECT : label. Il se base essentiellement sur sa propre charte des
entreprises citoyennes et sur l’ISO 26000, tout en prenant
en compte les expériences et priorités nationales. Ce
référentiel est structuré autour des 4 dimensions de la
charte : Economique, Environnemental, Social et Sociétal,
et Gouvernance. La CONECT a accompagné plusieurs
entreprises pour la labellisation. Il est à noter que la
CONECT travaille actuellement sur l’actualisation de son
label.
Guide méthodologique et de reporting RSE 28
B Corp est un label international RSE délivré par l’ONG
américaine B Lab. On compte plus de 9 mille entreprises
certifiées B Corp dans 90 pays. L’obtention du label exige une
évaluation rigoureuse de l’entreprise couvrant cinq domaines :
la gouvernance, les employés, l’environnement, les clients et la
communauté. L’entreprise doit obtenir un score minimum dans
chaque domaine et accepter la publication de ses scores sur le
portail du label. De plus, une entreprise B Corp doit inclure
dans ses statuts juridiques les éléments suivants :
L’objet de l’entreprise doit inclure la génération d’un
B CORP impact social, sociétal et environnemental positif et
significatif
L’entreprise doit s’engager à prendre en considération les
conséquences sociales, sociétales et environnementales
de ses décisions sur l’ensemble des parties prenantes
de la Société, et les conséquences de ses décisions sur
l’environnement.
B corp met à la disposition des entreprises un outil en ligne,
le B Impact Assessment (BIA), permettant aux entreprises de
réaliser une auto-évaluation : [Link]
Le label Lucie 26000 est le premier label RSE développé en
France en 2007, en partenariat entre l’Agence Lucie et l’AFNOR.
Le label est délivré suite à une évaluation par un organisme
externe, selon un référentiel aligné sur l’ISO 26000. On compte
400 entreprises labellisées en France.
[Link]
LUCIE
26000
C’est un label européen créé en France en 2019 par Positive
Company, qui compte 200 entreprises certifiées en France,
Belgique, Luxembourg et Tunisie. L’obtention du label passe
par un questionnaire anonyme aux parties prenantes internes
et externes. Le référentiel est inspiré de l’ISO 26000, la Global
Reporting Initiative (GRI), la Directive européenne du reporting
sur le développement durable par les entreprises (CSRD) et
les ODD des Nations Unies, et repose sur 5 thèmes : Affaires,
POSITIVE Gouvernance, Social, Empreinte environnementale, et Impact
COMPANY local. Ce référentiel est disponible gratuitement sur le site du
(ex Positive label.
workplace)
Guide méthodologique et de reporting RSE 29
c’est un réseau qui vise à promouvoir la reconnaissance
des entreprises engagées en offrant une équivalence
internationale à des labels nationaux. Les labels obtenant
cette équivalence doivent obéir à des exigences spécifiques.
La particularité de ce label est qu’il ne peut pas être affiché
seul mais uniquement à côté d’un autre label.
RESPONSIBILITY
EUROPE
CHOIX Le choix du label dépend des objectifs de l’entreprise et de
ses caractéristiques. Elle doit d’abord décider si elle cible une
LABELS
reconnaissance générale de sa démarche RSE, ou bien si elle
vise une thématique particulière. Elle doit aussi examiner s’il
existe des labels spécifiques au secteur d’activité ou au profil
de l’entreprise qui permettraient de mieux répondre à ses
besoins.
L’entreprise doit aussi juger la qualité du label lui-même en
examinant quelques points :
Le nombre d’entreprises certifiées et l’ancienneté du label peuvent
renseigner sur sa notoriété
Le référentiel d’évaluation doit se baser sur des normes et référentiels
reconnus, plutôt que sur une liste de critères exclusive au label
L’évaluation est réalisée par un organisme tiers, plutôt que par
l’entreprise elle-même ou l’organisme qui a développé le label
La certification exige un audit externe périodique afin de suivre
l’amélioration continue de la démarche.
Il existe une grande variété de référentiels et labels RSE.
L’entreprise peut choisir le référentiel le plus adapté à son
activité et ses besoins. Malgré cette variété, ces référentiels
traitent généralement le même ensemble de thèmes
traduisant les trois dimensions du développement durable
en plus de la gouvernance.
Guide méthodologique et de reporting RSE 30
08
MÉTHODOLOGIE
POUR LA MISE EN PLACE
DE LA DÉMARCHE RSE
Ce chapitre décrit les principales étapes pour la mise en place d’une démarche RSE. Cette
démarche, illustrée par le schéma qui suit, vise à être simple et basique, s’inspirant de
différentes normes et méthodologies existantes et de leurs points communs.
Il existe plusieurs outils méthodologiques pour approfondir et structurer les différents
processus décrits dans ce schéma. Le chapitre « Bibliographie » pointera vers des ressources
supplémentaires permettant d’explorer ces outils, pour les entreprises qui le souhaitent.
Référentiel
RSE
ISO 26000
Constituer Cartographier Identifier
un COPIL les parties les enjeux
prenantes prioritaires
Evaluer la Analyse de la
démarche Concertation performance
avec les parties actuelle RSE
prenantes
r
x
es
Communiquer Elaborer le Identifier la
et valoriser la plan d’action stratégie et les
démarche objectifs
Guide méthodologique et de reporting RSE 32
8.1 Constituer un comité de pilotage
Tous les employés de l’entreprise sont concernés par la RSE. Néanmoins, il est important de
désigner les personnes qui seront responsables du pilotage, de l’animation et du suivi de la
stratégie RSE. Ces personnes forment le comité de pilotage de la stratégie RSE (COPIL).
Les membres du COPIL représentent les différentes fonctions de l’entreprise (chefs de
départements) ainsi que les principales parties prenantes (employés, syndicat, actionnaires,
etc.)
Le chef de l’entreprise préside le COPIL. Il doit être fortement impliqué dans le pilotage de
la stratégie. Il doit jouer un rôle de leadership, donner à la stratégie RSE sa légitimité et son
importance, motiver les employés, communiquer sur les engagements de l’entreprise en
interne et en externe.
Alors que le chef de l’entreprise pilote la démarche RSE sur le plan stratégique, il faut désigner
un responsable opérationnel ou animateur qui se chargera des aspects pratiques et techniques.
Ce responsable opérationnel se charge du pilotage quotidien des actions, de la coordination
des tâches des différents départements, du suivi de l’avancement du plan d’action, et de la
résolution des problèmes.
La formation RSE
Il faut veiller à former et sensibiliser les membres du COPIL sur la RSE. Sans l’adhésion et
l’appropriation de la stratégie RSE par les responsables de l’entreprise, toute la démarche
risque d’échouer.
La formation ne doit pas s’arrêter aux membres du COPIL. Elle doit inclure tous les départements
de l’entreprise. Le contenu de la formation peut dépendre des profils, fonctions et rôles des
groupes cibles. Ainsi, la formation peut s’arrêter à une sensibilisation générale sur la RSE et la
stratégie de l’entreprise, comme elle peut inclure des thèmes plus techniques comme le calcul
des indicateurs qui concernent le service ciblé. Les formations les plus poussées en termes de
concepts et méthodologies intéresseront surtout les principaux responsables de l’animation de
la démarche.
Un exemple de plan de formation est présenté en annexe.
Rôle de l’expertise externe
L’entreprise peut faire appel à une expertise externe pour l’accompagner à la mise en place
d’une démarche RSE. Néanmoins, une expertise externe ne peut pas remplacer l’adhésion des
employés.
En effet, l’expert externe peut jouer le rôle de coordinateur et d’animateur de la démarche. Il
peut former le personnel, assister l’entreprise à accéder aux ressources méthodologiques et
sélectionner les outils les plus adaptés, et accompagner l’entreprise dans les différentes étapes.
Par contre, l’expert externe ne peut pas remplacer l’entreprise dans l’élaboration de la stratégie
ni dans sa mise en œuvre.
Guide méthodologique et de reporting RSE 33
8.2 Cartographier et consulter les parties prenantes
Comme définies au début de ce document, les parties prenantes sont les personnes, groupes
et organisations qui sont affectées par les activités de l’entreprise, ou qui ont une influence sur
ces activités, de manière positive ou négative, directe ou indirecte.
LA CARTOGRAPHIE DES PARTIES PRENANTES PASSE PAR LES ÉTAPES SUIVANTES :
01 02 03
Délimiter la zone
d’influence : la zone Identifier et
Concertation avec
d’influence représente hiérarchiser les
les parties prenantes
la portée des impacts de parties prenantes
l’entreprise.
CES ÉTAPES SONT DÉTAILLÉES CI-APRÈS :
Délimiter la
zone d’influence
La zone d’influence est l’environnement d’entreprise dans lequel elle exerce un impact direct
ou indirect. La zone d’influence peut être définie par :
La situation géographique : par exemple un site de production a des impacts sur la
localité où il se situe et sur les habitants de cette localité
La chaine de valeur : l’influence de l’entreprise s’étend depuis la source d’extraction ou
de production de sa matière première jusqu’à la mise en déchet de ses produits
Le secteur : chaque activité se place dans un cadre institutionnel composé d’agences
gouvernementales, d’organisations professionnelles, d’ONG….
Guide méthodologique et de reporting RSE 34
En listant les individus et organisations qui existent dans ces zones d’influence, on aboutit à une
première liste des parties prenantes. Cette liste est, en général assez longue et il s’agit de la
réduire en définissant des priorités, comme expliqué ci-dessous.
Identifier et hiérarchiser
les parties prenantes
La liste des parties prenantes identifiées sera composée de plusieurs catégories.
Collaborateurs L’entreprise doit ensuite répertorier les
Dirigeant
sources de données sur chaque partie
prenante permettant de collecter les
données sur leurs intérêts, attentes,
degré d’influence.
Parties Les sources de données sur les parties
prenantes prenantes peuvent être :
INTERNES
Les bases de données et statistiques
publiques ou privées comme l’INS, les
Syndicats
centres techniques, les institutions
Actionnaires publiques, les organisations
professionnelles, les études sectorielles
ou transversales…
Catégories de parties prenantes Les bases de données internes des
entreprises comme les fichiers clients,
fournisseurs, RH, les tableaux de bord
Clients internes...
L’historique des correspondances :
réclamations, propositions de
Communautés partenariat
Parties locales
prenantes Les études d’impacts environnemental
EXTERNES et sociétal réalisées par l’entreprise :
ces études comportent un volet qui
traite des attentes et de l’impact sur
Pouvoirs les parties prenantes
Publics Fournisseurs
Les enquêtes et sondages
Associations Etc.
Guide méthodologique et de reporting RSE 35
En théorie, l’ensemble des parties prenantes présentées dans le schéma ci-dessus pourrait
s’appliquer à la plupart des entreprises. Une première hiérarchisation et segmentation de ces
parties prenantes permettra de focaliser l’analyse sur les parties prenantes les plus pertinentes.
Cette hiérarchisation dépend surtout du type et de l’activité de l’entreprise.
PAR EXEMPLE,
pour une petite entreprise qui développe des logiciels BtoB, les interactions avec le grand
public, la communauté locale ou les syndicats seraient le plus probablement trop faibles pour
être pertinentes, contrairement à une grande entreprise minière. De même, pour une même
entreprise agroalimentaire, les fournisseurs de matériel bureautique pour l’administration sont
peu pertinents, en comparaison avec les fournisseurs de matière première (les agriculteurs ou
les éleveurs), etc.
Cette hiérarchisation doit être approfondie à travers l’analyse des intérêts des parties prenantes.
Cette analyse consiste à formuler et étudier de manière plus profonde, pour chaque partie
prenante :
Les impacts que l’entreprise peut avoir sur la partie prenante
L’influence que la partie prenante peut avoir sur l’entreprise et l’importance des
impacts qu’elles peuvent avoir sur l’entreprise
Les attentes de la partie prenante vis-à-vis de l’entreprise
Concertation avec
les parties prenantes
La concertation avec les parties prenantes les plus pertinentes est une étape importante pour
identifier les enjeux prioritaires et définir les axes de la stratégie et les actions qui pourront être
mises en œuvre.
Mais le dialogue avec les parties prenantes ne s’arrête pas à une seule étape : c’est un processus
continu qui doit être intégré dans toutes les étapes de la démarche ainsi que durant la mise en
place des actions et l’évaluation de leurs impacts.
Afin d’engager cette discussion avec les parties prenantes, l’entreprise doit d’abord identifier
les meilleurs canaux de communication, par exemple :
Pour une entreprise qui veut consulter ses employées femmes sur les questions
d’égalité du genre, une enquête anonyme peut être le canal le plus adapté.
Une entreprise qui exploite les ressources naturelles d’une région peut passer par des
réunions publiques et des focus groups pour discuter avec la communauté locale et les
associations.
Guide méthodologique et de reporting RSE 36
8.3 Identifier les enjeux prioritaires
Le dialogue précédent avec les parties prenantes sert à identifier les enjeux prioritaires.
Néanmoins, des analyses doivent être faites pour préparer et encadrer ce dialogue, et ensuite
en tirer les conclusions. La matrice de matérialité constitue un cadre méthodologique largement
utilisé pour cette analyse.
Matrice de matérialité
La matrice de matérialité est un outil recommandé par les différents référentiels RSE pour
l’identification des enjeux prioritaires et leur classement par degré de priorité.
La matérialité est un concept qui a été inventé à l’origine par les analystes financiers pour aider
les actionnaires à évaluer le risque de l’investissement au sens comptable et juridique.
Une matérialité est un enjeu concret, qui peut être vérifié et
constaté, et qui est représenté par des objectifs réalisables.
La matrice de matérialité est une présentation qui place les différents enjeux sur deux axes
représentant des critères de priorisation de ces enjeux. Généralement, l’un des axes représente
la priorité pour la partie prenante, et l’autre la priorité pour l’entreprise.
L’ÉLABORATION D’UNE MATRICE DE MATÉRIALITÉ PASSE PAR LES ÉTAPES SUIVANTES :
01 DÉFINIR L’OBJECTIF
ET LE PÉRIMÈTRE
Il s’agit de déterminer quelles
02 IDENTIFIER
LES ENJEUX
L’entreprise passe en revue, un à
sont les parties prenantes à un, les thématiques définies par le
inclure dans l’analyse et quels référentiel, et coche les questions qui
types d’enjeux sont visés peuvent s’appliquer dans le périmètre
(économique, environnemental, d’action de l’entreprise. L’utilisation
sociétal). La définition du d’un référentiel permet de catégoriser
périmètre part de l’analyse les enjeux par thématique et de les
des parties prenantes et du présenter sous un format reconnu et
contexte spécifique à chaque comparable. Elle permet aussi d’éviter
entreprise comme le secteur et l’omission d’enjeux qui peuvent s’avérer
le type d’activité. Cette étape importants. Néanmoins, l’entreprise
a été détaillée au paragraphe ne pourra juger de la réelle pertinence
précédent et l’importance de ces enjeux qu’en
croisant cette analyse avec celle des
parties prenantes.
Guide méthodologique et de reporting RSE 37
03 CONSULTATION DES Quels sont les enjeux qui doivent être
adressés en premier ou le plus vite
PARTIES PRENANTES :
possible ?
l’objectif de cette consultation Quelles problématiques ont le plus
est de classer les enjeux par d’impact sur la partie prenante ?
ordre d’importance du point de Et comment cet impact peut-il être
vue de chaque partie prenante. mesuré ?
Selon le type de partie prenante, Quelles conséquences la
l’entreprise peut mener des partie prenante peut subir si la
enquêtes, des focus groups, problématique n’est pas résolue ?
des entretiens directs, etc. La Est-ce que la partie prenante
discussion peut explorer des considère mener des actions à
questions telles que : l’encontre de l’entreprise si la
question n’est pas résolue ?
04 CLASSER LES ENJEUX SUR
LA MATRICE DE MATÉRIALITÉ :
Il n’existe pas de format standard pour la matrice. Les formes les plus courantes
consistent à représenter sur un axe le degré d’importance pour les parties prenantes
et sur le deuxième axe l’importance pour l’entreprise. Cette « importance » peut
être exprimée sous plusieurs formes, selon les objectifs de l’entreprise : le degré de
l’impact sur les activités de l’entreprise, sur la qualité de ses produits ou services
ou sur ses finances, le degré du risque posé, ou bien la faisabilité d’agir sur la
problématique…
Priorisation des enjeux en utilisant une matrice de matérialité
01 02
Importance de l’enjeu pour les parties prenantes
Enjeux sur lesquels structurer
en priorité une démarche de Enjeux sur lesquels structurer en
partage d’information. priorité la démarche RSE.
Enjeux peu importants pour l’organisation Enjeux importants pour l’organisation &
mais importants pour les parties prenantes importants pour les parties prenantes
03 04
Enjeux sur lesquels ne pas Enjeux sur lesquels structurer en
gaspiller ses ressources. priorité la démarche RSE.
Enjeux peu importants pour l’organisation & Enjeux importants pour l’organisation mais
les parties prenantes peu importants pour les parties prenantes
Importance de l’enjeu pour l’organisation
Guide méthodologique et de reporting RSE 38
05 EXPLOITATION DE LA
MATRICE DE MATÉRIALITÉ :
L’entreprise utilise la matrice de matérialité pour déterminer l’importance et
l’urgence de l’enjeu, quelles actions prioritaires à mettre en place, les ressources à
mobiliser, etc.
Le graphique ci-dessus présente un exemple de cette analyse. Si un enjeu est
positionné dans le deuxième ou quatrième cadran (haute importance pour
l’entreprise), il est considéré comme prioritaire pour la structuration de la démarche
RSE. Par contre, pour les enjeux du troisième cadran (faible importance pour
l’entreprise et la partie prenante), l’entreprise peut choisir de ne pas mobiliser de
ressources pour cet enjeu. Si l’enjeu est dans le premier cadran (faible importance
pour l’entreprise et haute importance pour les parties prenantes), il est important
de prévoir une démarche de partage d’information.
06 ACTUALISER
RÉGULIÈREMENT :
La matrice de matérialité n’est pas rigide. Elle peut changer avec le contexte et les
objectifs de l’entreprise. Ainsi, il faut mettre à jour l’analyse régulièrement
Ce concept de matérialité a été étendu, surtout pour les
grandes entreprises, à un autre concept, celui de la double
matérialité. Il sera présenté plus bas, au chapitre ESG.
Le site de l’Observatoire de la RSE offre des guides méthodologiques sur l’analyse
de matérialité et la cartographie des parties prenantes :
[Link]/nos-travaux
8.4 Analyse de la performance RSE actuelle de l’entreprise
Après l’identification et la priorisation des enjeux, l’entreprise doit établir un état des lieux pour
chaque enjeu : situation existante, actions déjà mises en place, blocages, opportunités, etc.
Guide méthodologique et de reporting RSE 39
?
POUR CE, L’ENTREPRISE PEUT POSER
LES QUESTIONS SUIVANTES :
L’entreprise a-t-elle déjà mené des actions en
relation avec les enjeux identifiés ?
Ces actions ont-elles atteint les résultats voulus ?
Si non, pourquoi ? Y a-t-il eu des contraintes ou
obstacles spécifiques ?
Quelles sont les ressources que l’entreprise a
allouées à ces enjeux ?
Les enjeux prioritaires bénéficient-ils actuellement
des ressources les plus importantes ? Ou au
contraire, l’entreprise a-t-elle alloué des ressources
importantes à des enjeux peu pertinents ?
L’entreprise dispose-t-elle actuellement
d’indicateurs qui renseignent sur ses enjeux
prioritaires ?
L’état des lieux servira aussi comme référence pour mesurer l’évolution dans le temps des
performances de l’entreprise par rapport à un enjeu donné et le degré d’avancement vers la
réalisation des objectifs. Ainsi, il décrit un « état initial » que l’entreprise visera à améliorer.
Le diagnostic peut être réalisé en interne ou par un expert externe. Il part de la documentation
de l’entreprise, de l’historique, des entretiens, focus groups ou enquêtes avec les parties
prenantes internes et externes.
DIFFÉRENCE AVEC UN AUDIT
CLASSIQUE :
L’entreprise, généralement plus habituée aux démarches qualité et certifications classiques,
peut penser qu’un « Diagnostic RSE » ressemble à un audit habituel, consistant à comparer les
réalisations de l’entreprise avec une liste de critères fixes et de normes prédéfinies. En réalité,
cette comparaison n’est pas applicable. En effet, le « Diagnostic RSE » inclut toutes les étapes
de cartographie des parties prenantes, identification des enjeux et analyse des performances,
et les critères sont étroitement liés aux spécificités de l’entreprise et de son environnement.
Ainsi, il ne faut pas confondre une démarche RSE avec une approche de certification classique.
Guide méthodologique et de reporting RSE 40
8.5 Définir la vision, la stratégie et les objectifs
La vision de l’entreprise est une déclaration qui représente les aspirations de l’entreprise, ses
valeurs et comment elle veut être perçue, en relation avec les enjeux qui ont été identifiés.
Par exemple, l’entreprise peut aspirer à être « Une entreprise innovante et leader dans le
marché qui respecte les femmes tunisiennes et défend leurs droits »
La stratégie formule les grands axes sur lesquels l’entreprise doit agir et les grands objectifs
à accomplir pour réaliser cette vision. Ces grands objectifs peuvent être subdivisés en sous-
objectifs plus spécifiques, permettant d’identifier les actions à mettre en place pour la réalisation
de chaque objectif.
Si on considère l’exemple de vision cité ci-dessus, l’un des axes stratégiques pourrait être
exprimé comme suit :
Axe Sous
stratégique objectif Action
Lutter contre la Sensibiliser le Mettre en place un
discrimination basée personnel sur le thème plan de formation du
sur le genre au sein de de la discrimination personnel sur ce thème
l’entreprise basée sur le genre
La mise en place de la stratégie est suivie par le comité de pilotage qui doit se réunir régulièrement
pour discuter le déroulement du plan d’action et résoudre les blocages possibles.
L’annexe de ce guide présente quelques éléments méthodologiques pour la mise en place de la
stratégie et du plan d’action.
La stratégie de l’entreprise doit notamment inclure la stratégie d’engagement des parties
prenantes qui définit comment l’entreprise va communiquer et interagir avec les différents
acteurs à travers des tactiques d’engagement adaptées (voir ci-après).
STRATÉGIE RSE ET CONFORMITÉ À
LA RÈGLEMENTATION :
Certaines entreprises utilisent la règlementation comme entrée dans l’élaboration de
leur stratégie RSE, et adoptent des objectifs stratégiques qui relèvent de la conformité à la
réglementation.
L’entreprise doit évidemment viser la conformité à la règlementation. Néanmoins, la démarche
RSE ne constitue pas le cadre approprié pour cet objectif. En effet, la RSE est, par définition, une
démarche volontaire qui va au-delà des exigences règlementaires.
Guide méthodologique et de reporting RSE 41
8.6 Plan d’action et de déploiement
Le plan d’action détaille, pour chaque objectif stratégique, les actions qui doivent être mises en
place. Pour être utilisable, un plan d’action doit définir :
PLAN D’ACTION
Le planning dans
le temps de
chaque action Les premiers
responsables et les
autres intervenants
Le budget et
ressources à
Les indicateurs
mobiliser
de suivi
un indicateur peut
renseigner sur l’atteinte
du résultat final ou bien
sur l’avancement de
l’action en termes de
ressources mobilisés
Ces éléments sont généralement présentés sous
forme d’une fiche d’action (exemple en Annexe).
Dans l’exemple déjà présenté, l’indicateur de suivi de
l’action peut être le pourcentage de l’effectif formé en
matière des questions du genre ou le budget de formation
dépensé. L’indicateur de suivi du résultat sera le nombre de
cas de discriminations liées au genre reportés par année.
Le comité de pilotage doit superviser le plan d’action global
et suivre la réalisation des actions à travers des réunions
périodiques.
Le responsable RSE de l’entreprise se charge du Des exemples d’actions
suivi quotidien des tâches à mettre en place et de la qui pourraient faire partie
coordination avec les responsables de chaque action au du plan d’action RSE sont
sein de l’entreprise, ainsi qu’avec les partenaires externes. présentés en annexe.
Guide méthodologique et de reporting RSE 42
8.7 Communication et valorisation de la démarche
La communication sur la démarche La communication passe par
RSE doit se faire en externe et en plusieurs moyens.
interne.
La communication externe Le rapport RSE de l’entreprise
permet de tenir les parties (le chapitre ci-après parle en
prenantes informées des détail du reporting)
actions et résultats réalisés
par l’entreprise. Elle permet Le site web de l’entreprise et
de renseigner les actionnaires, les publications sur les réseaux
consommateurs, communauté sociaux
et partenaires des efforts faits
par l’entreprise Les médias classiques : articles
de presse, interviews à la radio,
La communication interne reportages TV, etc.
permet de mobiliser et motiver
les collaborateurs autour de Les séminaires et les
la stratégie de l’entreprise et évènements publics
de l’impact attendu du plan
d’action. Les formations, notes
internes, le tableau de
bord, et les réunions pour la
communication interne
L’affichage d’un label ou une
médaille RSE
Guide méthodologique et de reporting RSE 43
TACTIQUES D’ENGAGEMENT AVEC LES PARTIES PRENANTES
En général, il est possible de distinguer différents niveaux ou tactiques de communication avec
les parties prenantes. Chaque tactique aura des canaux ou formats de communication les plus
appropriés. En voici quelques exemples :
Tactique d’engagement Informer
Transmettre des informations ayant un impact sur les parties
Objectif prenantes ou partager des connaissances utiles
Parties prenantes cherchant une information à sens unique
Cible (Exemples : le grand-public, les médias…)
Format Rapport RSE, dossier de presse, reportage vidéo, site web…
Tactique d’engagement Consulter
Objectif Demander un avis à une partie prenante
Parties prenantes ayant un intérêt prioritaire ou disposant d’une
Cible connaissance recherchée par l’entreprise
(Exemples : riverains d’une usine, experts…)
Format Enquête publique, sondage, focus group, séminaire…
Tactique d’engagement Engager le dialogue
Délibérer et échanger des opinions et des connaissances afin de
Objectif coordonner des actions (concertation) ou bien agir ensemble
(association)
Parties prenantes directement impliquées dans la stratégie RSE de
Cible l’entreprise
(Exemples : associations, collectivités locales, bailleurs de fonds…)
Format Atelier de travail, convention de partenariat, comité mixte…
Le Club Développement Durable des Etablissements et Entreprises Publics (CDDEP) en France a
élaboré un guide méthodologique sur le dialogue avec les parties prenantes :
[Link]
avec%20les%20parties%[Link]
Guide méthodologique et de reporting RSE 44
8.8 Evaluation de la démarche
La RSE est une démarche d’amélioration continue. Ainsi, il est important d’évaluer régulièrement
l’avancement réalisé et rectifier la démarche en cas de besoin. Cette démarche est illustrée par
la Roue de Deming : Planifier, Développer, Contrôler, Agir ou Ajuster.
Roue de Deming (PDCA)
Source : [Link]
Pour mener cette évaluation
L’évaluation régulière de continue, l’entreprise dispose
la démarche RSE vise à : des outils suivants :
Assurer la concrétisation des actions Suivi et analyse des indicateurs de
planifiées ainsi que leurs impacts réels performance de la stratégie RSE par le
Comité de Pilotage
Vérifier la pertinence des objectifs
stratégiques de l’entreprises par rapport Consultation régulière des parties
aux attentes des parties prenantes et prenantes
assurer une veille sur l’évolution de ces
attentes Recours à une expertise externe pour
un audit périodique. Si l’entreprise est
Suivre l’évolution des enjeux prioritaires labellisée, cet audit est généralement
et s’adapter à ces évolutions obligatoire pour garder le label.
Sinon, l’entreprise peut recourir à
Intégrer les nouvelles approches et l’évaluation externe de sa propre
outils méthodologiques en matière de initiative.
RSE et éviter de rester figé dans des
approches obsolètes
Guide méthodologique et de reporting RSE 45
09
REPORTING
RSE
Le reporting RSE est la publication volontaire des données sur les impacts, les performances
et les initiatives de l’entreprise en relation avec les dimensions et objectifs du développement
durable. Quel que soit le référentiel RSE adopté par l’entreprise, le reporting constitue toujours
une importante partie de la démarche RSE. En effet, ce reporting garantie la transparence, la
redevabilité et le dialogue avec les parties prenantes.
Certaines entreprises peuvent être obligées par la loi à faire un rapport RSE. C’est le cas de la
loi tunisienne sur la RSE de 2018. Cette loi n’exige pas de format particulier de reporting, mais
établit que :
‘‘Les entreprises rendent publics les
rapports relatifs aux projets ayant
été mis en œuvre et veillent à leur
vulgarisation.
La forme du rapport RSE est généralement libre. Chaque entreprise définit ses propres enjeux
prioritaires, objectifs et indicateurs à publier. Quatre aspects sont souvent inclus dans le rapport
RSE :
REPORTING
Les politiques RSE de l’entreprise : engagements des entreprises, sa
stratégie, ses objectifs, sa gouvernance en termes de RSE
Les actions mises en place par l’entreprise pour réaliser ses objectifs
Les résultats achevés grâce à ces actions
Les indicateurs traduisant les performances de l’entreprise relatives
à ses objectifs RSE
Exemple : Liste d’indicateurs pertinents pour les TPE et PME en annexe
Ainsi, le rapport RSE contient deux types de données :
QUALITATIVES
& QUANTITATIVES
Guide méthodologique et de reporting RSE 47
Il est recommandé que le rapport de RSE soit concis et ne
s’étende pas sur des aspects peu pertinents et significatifs.
EXEMPLE :
RAPPORT RSE D’ASSURANCES STAR
[Link]
RSE%20La%20STAR%202023%[Link]
Un exemple de plan de rapport RSE est présenté en annexe.
Le rapport RSE vise à être clair, concis, direct et vulgarisé.
L’entreprise doit éviter les longs textes théoriques et
focaliser sur les thèmes les plus pertinents et les données
significatives.
LA NORME GRI
Il existe des référentiels et normes de reporting visant à guider les entreprises pour faire un
reporting efficace et informatif, et à faciliter la lecture et la compréhension du rapport par les
différentes parties prenantes. La norme de reporting la plus connue est la Global Reporting
Initiative (GRI).
La GRI a été créée par une ONG du même nom, fondée en 1997. Le premier guide d’orientations
pour le reporting RSE a été publié en 2000, suivi par d’autres versions actualisées au fil des
années suivantes. Depuis 2016, l’ONG GRI s’est orientée vers la publication de normes de
reporting thématiques et sectorielles, devenant la référence mondiale dans ce domaine.
Actuellement, la GRI fonctionne comme un système de normes interdépendantes :
LES NORMES UNIVERSELLES
indiquent les principes de rédaction du rapport RSE, le format de reporting, les
informations générales à présenter, la méthodologie d’identification des thèmes
pertinents, la liste générale des thèmes pertinents
LES NORMES SECTORIELLES
offrent des informations spécifiques aux problématiques de chaque secteur et la liste
des thèmes pertinents pour ce secteur.
Exemples : Norme du secteur de l’Agriculture, Aquaculture et Pêche (GRI 13), Norme du
secteur des Mines (GRI 14)
Guide méthodologique et de reporting RSE 48
LES NORMES THÉMATIQUES
décrivent les indicateurs correspondants à chaque thème et la méthodologie de
reporting sur ce thème
Exemples : Norme thématique sur les pratiques d’achats (GRI 204), Norme thématique
sur la lutte contre la discrimination (GRI 406)
TOUTES CES NORMES SONT DISPONIBLES SUR LE SITE WEB DE LA GRI :
[Link]
Des guides de correspondances entre les normes GRI et d’autres référentiels majeurs de
reporting RSE et ESG (tels que les ODD, l’ESRS, l’IFRS, etc.) ont été publiés.
Ceci permet aux entreprises de :
GAGNER DU TEMPS :
Une entreprise qui applique déjà le GRI pourra facilement
adapter son reporting aux normes européennes ESRS, aux
ODD ou aux IFRS, au lieu de refaire tout le travail à zéro.
FACILITER LA CONFORMITÉ
RÉGLEMENTAIRE :
Avec la réglementation européenne (CSRD), les entreprises
exportatrices vers l’Europe doivent se conformer aux ESRS.
Un guide de correspondance avec le GRI simplifie cette
adaptation.
OPTIMISER SON REPORTING RSE :
Une entreprise tunisienne qui suit le GRI peut aussi valoriser
son engagement auprès des investisseurs et clients en
prouvant son alignement avec des cadres internationaux
comme l’IFRS et les ODD.
L’organisation GRI offre également des ressources documentaires et méthodologiques,
ainsi que la formation et l’accompagnement des entreprises pour le développement de leur
reporting RSE.
Guide méthodologique et de reporting RSE 49
LES PRINCIPES DE LA NORME GRI COMPORTENT 4 GRANDS ASPECTS :
01 03
Garantie de
Processus de
rédaction des fiabilité des
02 04
rapports données
Périmètre du Accès libre
rapport au rapport
Processus de rédaction des rapports :
01 il doit garantir la transparence, faire appel au dialogue avec les parties
prenantes, assurer la possibilité d’audit
Périmètre du rapport:
02 le reporting doit traiter tous les thèmes pertinents dans la zone d’influence de
l’entreprise (exhaustivité) et être directement lié au contexte de l’entreprise
sans s’attarder sur des généralités (précision du contexte)
Garantie de fiabilité des données :
03 les processus de collecte de données et leurs sources doivent être transparents
et fiables
04 Accès libre au rapport :
le rapport doit être publié et accessible au grand public
Guide méthodologique et de reporting RSE 50
LES INDICATEURS DE LA GRI
Le référentiel général de GRI :
est composé dont &
79
INDICATEURS
49
DE BASE
30
SUPPLÉMENTAIRES
Le tableau suivant présente la répartition des indicateurs par thème et quelques exemples :
INDICATEURS DU GRI PAR THÈME
Thème Nombre Exemples
• Politique, pratiques et part des dépenses réalisées avec les
fournisseurs locaux sur les principaux sites opérationnels
Économie 9 • Etendue de la couverture des retraites avec des plans de
retraite à prestations définies.
• Pourcentage de matières consommées provenant de
matières recyclées
Environnement 30 • Emissions totales, directes ou indirectes, de gaz à effet de
serre, en poids (teq CO2)
• Nombre total d’incidents de discrimination et mesures
prises
• Activités identifiées comme présentant un risque
Droits de l'Homme 9 significatif d’incidents impliquant le travail d’enfants ;
mesures prises pour contribuer à interdire ce type de
travail
• Pourcentage de salariés couverts par une convention
Relations collective
sociales et 14 • Nombre moyen d’heures de formation par an, par salarié
travail décent et par catégorie professionnelle
Guide méthodologique et de reporting RSE 51
Thème Nombre Exemples
• Nombre total de plaintes fondées pour atteinte à la vie
privée et de perte de données relatives aux clients data
Responsabilité (données personnelles des clients)
• Nombre total d’incidents de non-conformité aux
vis-à-vis des 9 réglementations et aux codes volontaires concernant
produits l’information sur les produits et les services et leur
étiquetage, par type de résultat
• Pourcentage de salariés formés aux politiques et
procédures anticorruption de l’organisation
Société 8 • Nombre total d’actions en justice pour comportement
anticoncurrentiel, infractions aux lois anti-trust et
pratiques monopolistiques ; résultats de ces actions
LA COMMUNICATION SUR
LE PROGRÈS (COP) DU
PACTE MONDIAL
La Communication sur le Progrès (CoP) est le principal outil de reporting du Pacte Mondial
des Nations Unies. Il s’agit d’une obligation annuelle pour toutes les entreprises participantes,
visant à démontrer leurs efforts et leur engagement dans la mise en œuvre des Dix Principes
du Pacte Mondial et des Objectifs de Développement Durable (ODD).
La CoP comprend deux éléments principaux :
DÉCLARATION DE SOUTIEN QUESTIONNAIRE
CONTINU DU PDG : COP :
Une déclaration publique affirmant Un rapport structuré sur les actions,
l’engagement continu de l’entreprise envers les performances et les progrès
les Dix Principes du Pacte Mondial, signée de l’entreprise en matière de
électroniquement par le PDG. gouvernance et de durabilité.
Guide méthodologique et de reporting RSE 52
Le questionnaire couvre cinq domaines fondamentaux :
GOUVERNANCE
DROITS DE L’HOMME
NORMES INTERNATIONALES DU TRAVAIL
ENVIRONNEMENT
LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
LIEN AVEC D’AUTRES CADRES DE REPORTING
La CoP est alignée sur des cadres de reporting internationaux tels que le GRI (Global Reporting
Initiative), les ESRS (European Sustainability Reporting Standards) et le CSRD (Corporate
Sustainability Reporting Directive), permettant aux entreprises d’harmoniser leurs efforts de
durabilité et de répondre simultanément à plusieurs exigences réglementaires.
LES AVANTAGES DE LA COP POUR LES
ENTREPRISES PARTICIPANTES INCLUENT :
Mesurer et démontrer les progrès :
fournir des informations harmonisées et comparables sur
l’application des Dix Principes et la contribution aux ODD.
Renforcer la crédibilité et la valeur de la marque :
illustrer un engagement tangible envers le développement
durable.
Recevoir des insights pour améliorer les performances :
identifier les lacunes et orienter la définition d’objectifs
pour un progrès continu.
Comparer les performances avec les pairs :
accéder à une base de données globale et publique sur la
durabilité des entreprises.
Le processus de soumission de la CoP se fait via une
plateforme numérique dédiée, accessible aux adhérents
depuis leur tableau de bord.
Guide méthodologique et de reporting RSE 53
10
REPORTING
ESG
QU’EST-CE QUE LE
REPORTING ESG ?
C’est un rapport préparé par l’entreprise pour présenter les informations les plus pertinentes
sur sa situation vis-à-vis des volets environnemental, social et gouvernance.
Les actions menées par l’entreprise en matière de RSE sont décrites et les résultats obtenus
sont quantifiés sous forme d’indicateurs pour montrer la performance de l’entreprise par
rapport à sa stratégie RSE et aux objectifs du développement durable.
Ces indicateurs viennent compléter ceux qui se rapportent aux aspects économiques et
financiers, que l’entreprise élabore traditionnellement pour informer ses collaborateurs, ses
actionnaires, les bailleurs et autres parties prenantes.
La particularité ici est d’utiliser des indicateurs qui permettent de se positionner par
rapport aux performances d’autres entreprises du secteur. De cette façon, il sera possible
de positionner l’entreprise par rapport à ce qui se pratique dans son secteur et à l’échelle
internationale. Cette comparaison est notamment très utilisée par les institutions financières.
L’autre particularité par rapport au reporting RSE classique provient du fait que l’entreprise
doit ici prouver que les résultats annoncés ont bien été atteints.
INTÉRÊT DU REPORTING ESG
Le reporting a l’avantage d’illustrer avec des données précises l’effort de l’entreprise en
matière de RSE, les résultats obtenus et ce qui reste à faire. Du fait que ce reporting soit
élaboré en suivant une démarche méthodique, les données qu’il présente sont assez
significatives et traduisent fidèlement la situation de l’entreprise. Il constitue ainsi un outil
performant pour piloter la démarche RSE.
Aujourd’hui, ce reporting est de plus en plus demandé par les parties prenantes de
l’entreprise, comme ses clients, ses fournisseurs, ses bailleurs… Ces derniers peuvent
conditionner leur partenariat avec l’entreprise, aux résultats du reporting, et peuvent décider
de collaborer uniquement avec les entreprises qui sont suffisamment avancées en matière de
RSE et qui communiquent de manière transparente sur leur situation. En effet, le reporting
renseigne sur les opportunités et les risques potentiels qui se présentent à l’entreprise, et ses
partenaires en tiennent compte lors de leur prise de décision.
Des agences de notation internationales peuvent être mandatées par des partenaires de
l’entreprise, notamment des investisseurs, pour évaluer la fiabilité du reporting. En effet, ces
partenaires ont eux-mêmes une stratégie RSE qui leur recommande de travailler uniquement
avec des entreprises engagées dans ce domaine.
Guide méthodologique et de reporting RSE 55
De plus, certaines catégories d’entreprises, sont redevables, de par la réglementation de leur
pays, de présenter un reporting ESG. A ce jour, ce sont les entreprises de taille importante qui
sont soumises à cette obligation.
QUELLE EST LA
RÉGLEMENTATION EN
MATIÈRE DE REPORTING ESG
En Europe, c’est la directive européenne dite NFRD parue en 2014, qui a introduit le reporting
ESG. Elle évoque la nécessité pour les grandes entreprises employant plus de 500 salariés et
réalisant un CA minimum donné, de publier une déclaration de performance extra-financière
(DPEF) comportant les informations en matière environnementale et sociale. De plus, si le CA
de l’entreprise dépasse 100 millions d’euros, cette DPEF devra être vérifiée et validée par un
organisme tiers indépendant.
La DPEF intègre la logique du « comply or explain » qui permet à l’entreprise de ne pas
présenter un grand nombre d’indicateurs, sous réserve qu’elle justifie ceci à l’aide d’une
analyse de double matérialité. Celle-ci comporte une analyse des risques significatifs qui
peuvent se manifester.
Cette réglementation a été actualisée en 2022 par la nouvelle directive nommée Corporate
Sustainability Reporting Directive (CSRD), pour imposer aux entreprises d’intégrer les critères
ESG dans leur reporting de durabilité, et ce, à partir du 1er janvier 2024.
Notons qu’en France, le reporting ESG, sous une forme plus simplifiée, est obligatoire depuis
2001 pour les entreprises cotées en bourse.
Un autre organisme, l’Efrag (European financial reporting advisory group), en lien
avec la Commission européenne, dont la mission est d’établir des normes comptables
internationales, recommande également le reporting ESG, en intégrant la démarche de la
double matérialité, pour mesurer l’impact des activités de l’entreprise.
Il est également recommandé de faire valider par les Conseils d’Administration des
entreprises, les indicateurs de durabilité, nommés ISSB (International Sustainability Standards
Board) au même titre que la validation des rapports financiers. Ces données seraient, au
préalable, vérifiées par le commissaire aux comptes de l’entreprise.
Guide méthodologique et de reporting RSE 56
QUELLE DIFFÉRENCE ENTRE
RSE ET ESG
La RSE comme définie plus haut, comprend la politique volontaire de l’entreprise sur le plan
du développement durable. Pour évaluer et communiquer sur cette politique, il est nécessaire
de disposer d’informations et d’indicateurs qui fixent des objectifs et présentent l’état de la
situation pour savoir si les objectifs ont été atteints ou non. Ceci peut être réalisé à travers le
reporting ESG.
Par conséquent, les termes RSE et ESG sont intimement liés. Les deux sont liés à la
contribution de l’entreprise au développement durable. Le reporting ESG étant un moyen
pour informer et évaluer la politique RSE.
Néanmoins, ces concepts ne sont pas toujours inséparables. En effet, même si une entreprise
n’affiche pas volontairement des engagements relatifs à la RSE ou de stratégie active dans ce
domaine, elle peut être appelée par la règlementation à publier un rapport ESG. De même,
une entreprise qui a une stratégie RSE peut communiquer des données relatives à cette
stratégie sans suivre les normes et règles plus exigeantes du reporting ESG.
DIFFÉRENCES ENTRE REPORTING RSE ET REPORTING ESG
REPORTING REPORTING
RSE ESG
Axé sur les parties prenantes Axé sur les impacts financiers
Volontaire Obligatoire
Plutôt qualitatif Plutôt quantitatif
Format libre Format normalisé
Adapté à toutes les entreprises Adapté aux grandes entreprises
Guide méthodologique et de reporting RSE 57
QUEL CONTENU POUR LE
REPORTING ESG
Les 3 volets du reporting comportent les informations
suivantes :
DONNÉES
ENVIRONNEMENTALES
Elles présentent l’impact de l’activité de l’entreprise sur son environnement. Cela peut
concerner la gestion des déchets de toute nature, y compris les émissions de gaz à effet de
serre, le bilan carbone et les actions menées pour la réduction de CO2…
Ces données peuvent également évoquer l’impact de l’activité sur la biodiversité, sur le
changement climatique…
DONNÉES
SOCIALES
Elles traitent de l’impact sur les employés et d’autres personnes et/ou des communautés
externes pouvant être concernées par l’activité de l’entreprise. Il peut s’agir des conditions de
travail des employés, de leur épanouissement, de la formation, de l’égalité homme-femme,
de la culture, de la diversité, des droits humains en général…
DONNÉES
SUR LA GOUVERNANCE
Ce volet présente comment l’entreprise est dirigée et gérée et comment elle se préserve
des pratiques déloyales comme la corruption, la fraude, la discrimination entre les employés
ou les parties prenantes. Le fonctionnement du conseil d’administration et autres organes
stratégiques de l’entreprise est aussi évoqué pour montrer qu’ils jouent bien leur rôle de
définition des objectifs et de contrôle, y compris en termes de rémunération des dirigeants et
de transparence en matière financière.
Guide méthodologique et de reporting RSE 58
Comment identifier les questions pertinentes pour l’entreprise :
CONCEPT DE
DOUBLE-MATÉRIALITÉ :
La double matérialité est une extension du concept de matérialité présenté précédemment
dans ce guide. Tandis que la matérialité reste associée à la démarche RSE volontaire, la
double-matérialité est associée au reporting ESG qui devient obligatoire dans plusieurs pays,
et notamment depuis 2023 dans le cadre de la Directive Européenne relative au reporting
sur le développement durable ou CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Vu le
positionnement de la Tunisie dans les chaines de valeur européennes, il est utile de traiter la
double matérialité dans ce guide.
La double matérialité part du principe que les performances environnementales et sociétales
de l’entreprise ont la même importance que les performances financières et doivent être
incluses de manière transparente dans les rapports publics des entreprises, permettant son
évaluation par les actionnaires et les autres parties prenantes.
Ainsi, la double-matérialité consiste à prendre en compte deux types de matérialité :
La matérialité financière (ou vision “outside-in”) qui reflète les opportunités et
menaces posées par les enjeux de durabilité sur la performance financière de
l’entreprise
La matérialité d’impact (dite vision “inside-out”) qui représente les impacts,
positifs ou négatifs, des activités de l’entreprise sur son environnement
économique, social et naturel (c’est la matérialité simple présentée dans le
chapitre sur la démarche RSE).
La directive européenne a défini 3 règles pour élaborer une matrice de double-matérialité
1 Suivre les Normes de Reporting Européens sur le Développement Durable (ESRS) qui
RÉGLE
définissent une liste des thèmes à inclure dans les enjeux à analyser (si un thème est
jugé non pertinent pour l’entreprise, ceci doit être justifié dans le rapport)
2 Inclure les parties prenantes dans l’analyse
3 La forme de présentation de la matrice est libre
La matrice est ensuite utilisée pour
l’analyse des enjeux prioritaires
comme expliqué auparavant.
Plus de ressources sur la double-matérialité et le reporting ESG sont
disponibles sur le site de l’association EFRAG financée par l’UE :
[Link]
Guide méthodologique et de reporting RSE 59
11
BIBLIOGRAPHIE
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
12
ANNEXES
RSE
Concepts liés à la RSE
Pour mieux comprendre la RSE ainsi que les
autres concepts, méthodologies et outils
présentés dans ce guide, il est essentiel
d’inclure dans ce chapitre la définition de
quelques termes en relation avec la RSE.
Développement Durable
Le développement durable est un développement qui répond
aux besoins du présent sans compromettre la capacité des
générations futures de répondre aux leurs. Pour parvenir au
développement durable, il est essentiel de concilier trois éléments
de base, qui sont interdépendants et tous indispensables au
bien-être des individus et des sociétés :
la croissance l’inclusion la protection de
économique sociale l’environnement
Les cercles de développement durable
Socièté Économie
Satisfaire les besoins en Créer des richessses et
santé, éducation, habitat, Équitable
améliorer les conditions
emploi, prévention de vie matérielles
de l’exclusion, équité,
intergénération
Durable
Vivable Viable
Environnement
Préserver la diversité des
espèces et les ressources
naturelles et énergétiques
Source : [Link]
Guide méthodologique et de reporting RSE 62
Une entreprise, en exerçant ses activités, agit sur ces trois dimensions : elle utilise les
ressources naturelles et énergétiques et peut impacter des écosystèmes naturels, elle fait des
transactions économiques avec ses fournisseurs et ses clients, elle crée de l’emploi et offre
des services à la Société. Vu ces impacts, la RSE soutient que l’entreprise doit jouer un rôle
important dans la réalisation des objectifs du développement durable.
Objectifs de Développement Durables (ODD) :
17 objectifs du Développement Durable
ont été adoptés par l’ONU en 2015
suite à une large concertation internationale. Ils traduisent l’engagement à éliminer la pauvreté,
protéger la planète et améliorer le quotidien de toutes les personnes partout dans le monde,
tout en leur ouvrant des perspectives d’avenir. Des indicateurs ont été identifiés pour mesurer
la réalisation de chacun de ces objectifs. Depuis leur adoption, les ODD constituent l’un des
référentiels les plus utilisés pour identifier les enjeux rencontrés par l’entreprise dans ses
relations avec son environnement naturel et social, et pour formuler ses propres objectifs
de durabilité dans le cadre de sa démarche RSE. L’entreprise peut également s’inspirer des
indicateurs associés aux ODD pour mesurer son avancement et communiquer sur les résultats
de ses actions.
Les 17 Objectifs du Développement Durable (ODD)
Source : ONU Femmes
Guide méthodologique et de reporting RSE 63
Économie verte
Une économie qui assure l’amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale, tout en
réduisant de manière significative les risques environnementaux.
Pour réaliser ces objectifs, les acteurs de l’Economie Verte doivent tenir compte de leurs
impacts sur l’environnement et la société. Ce concept est donc directement lié au concept de
RSE.
L’une des principales caractéristiques des activités économiques vertes est la faible intensité
en carbone. La réduction des émissions en carbone a pour objectif d’atténuer les effets du
Changement Climatique. Les activités économiques vertes doivent aussi respecter les Droits
de l’Homme, utiliser les ressources naturelles de manière efficace et protéger les écosystèmes
naturels.
Modes de Production et Consommation Durables (MPCD) :
Il s’agit de pratiques qui permettent l’utilisation efficace des ressources et de l’énergie, la mise
en place des infrastructures durables et l’accès de tous aux services de base, aux emplois verts
et décents et à une meilleure qualité de la vie. Par exemple, il s’agit de réduire la consommation
en énergie et en eau, d’éviter le gaspillage, de réduire et recycler les déchets, de lutter contre
le travail forcé et l’exploitation de personnes fragiles, de veiller au développement des
communautés locales impactées par les activités de l’entreprise, etc. Ainsi, les MPCD sont les
mécanismes utilisés par l’entreprise pour réaliser ses objectifs de durabilité, et par conséquent,
être une entreprise responsable.
Economie circulaire
C’est une économie dans laquelle les produits et services sont conçus d’une manière qui vise à
réduire la consommation des ressources naturelles et énergétiques, de réduire les déchets et de
faciliter le recyclage et la réutilisation des produits. Les exemples les plus connus peuvent être :
l’utilisation du papier à la place du plastic pour le packaging, ou, pour un appareil électronique,
l’utilisation des formats standards pour les câbles, de batteries remplaçables, etc.
Guide méthodologique et de reporting RSE 64
Analyse de cycle de vie
C’est une méthodologie d’évaluation permettant d’identifier les impacts environnementaux
direct et indirects d’un produit ou service durant toutes les étapes de son existence : extraction
des matières premières, fabrication, transport, utilisation, entretien, mise en déchet, recyclage...
Externalités
Ce terme désigne des effets négatifs ou positifs qui peuvent résulter des choix de production ou de
consommation d’un agent économique (entreprise ou consommateur) sur son environnement
économique, social et naturel, et qui ne génèrent pas de contrepartie financière. Une entreprise
responsable doit limiter ses externalités négatives et maximaliser ses externalités positives.
Ainsi, l’identification des externalités est une étape importante de la démarche RSE.
Parties prenantes
Il s’agit de tous les acteurs internes ou externes, individus, groupes ou organisations, ayant un
intérêt dans les décisions ou les activités de l’entreprise. Le terme « intérêt » peut désigner
plusieurs types de relations et interactions avec l’entreprise : employés recevant un salaire de
l’entreprise, actionnaires recevant des dividendes, autres entreprises sur la même chaine de
valeur, consommateurs, citoyens qui habitent à proximité d’un site de production, etc.
Les parties prenantes internes sont les employés et les actionnaires de l’entreprise. Les parties
prenantes externes peuvent être des consommateurs ou clients, des partenaires économiques
(fournisseurs, donneurs d’ordres, sous-traitants) ou financiers (banques), ou un organisme
gouvernemental charge de créer et appliquer les règlementations et normes en relation avec
les activités de l’entreprise.
Guide méthodologique et de reporting RSE 65
La norme ISO 26000 : Questions centrales et domaines d’action
Traité au
Questions centrales et domaines d’action paragraphe
Question centrale : Gouvernance de l’organisation 6.2
Question centrale : Droits de l’homme 6.3
Domaine d’action 1 : Devoir de vigilance 6.3.3
Domaine d’action 2 : Situations présentant un risque pour les droits de l’homme 6.3.4
Domaine d’action 3 : Prévention de la complicité 6.3.5
Domaine d’action 4 : Remédier aux atteintes aux droits de l’homme 6.3.6
Domaine d’action 5 : Discrimination et groupes vulnérables 6.3.7
Domaine d’action 6 : Droits civils et politiques 6.3.8
Domaine d’action 7 : Droits économiques sociaux et culturels 6.3.9
Domaine d’action 8 : Principes fondamenteaux et droits au travail 6.3.10
Question centrale : Relations et conditions de travail 6.4
Domaine d’action 1 : Emploi et relations employeur/employé 6.4.3
Domaine d’action 2 : Conditions de travail et protection sociale 6.4.4
Domaine d’action 3 : Dialogue social 6.4.5
Domaine d’action 4 : Santé et sécurité au travail 6.4.6
Domaine d’action 5 : Développement du capital humain 6.4.7
Question centrale : L’environement 6.5
Domaine d’action 1 : Prévention de la pollution 6.5.3
Domaine d’action 2 : Utilisation durable des ressources 6.5.4
Domaine d’action 3 : Atténuation des changements climatiques et adaptation 6.5.5
Domaine d’action 4 : Protection de l’environnement, biodiversité et réhabilitation
des habitats naturels
6.5.6
Question centrale : Loyauté des pratiques 6.6
Guide méthodologique et de reporting RSE 66
Traité au
Questions centrales et domaines d’action paragraphe
Domaine d’action 1 : Lutte contre la corruption 6.6.3
Domaine d’action 2 : Engagement politique responsable 6.6.4
Domaine d’action 3 : Concurrence loyale 6.6.5
Domaine d’action 4 : Promotion de la responsablités sociétale dans la chaîne de
valeur
6.6.6
Domaine d’action 5 : Respect des droits de propriété 6.6.7
Question centrale : Questions relatives aux consommateurs 6.7
Domaine d’action 1 : Pratiques loyales en matière de commercialisation,
d’informations et de contrats
6.7.3
Domaine d’action 2 : Protection de la santé et de la sécurité des consommateurs 6.7.4
Domaine d’action 3 : Consommation durable 6.7.5
Domaine d’action 4 : Services après-vente, assistance et résolution des
réclamations et litiges pour les consommateurs
6.7.6
Domaine d’action 5 : Protection des données et de la vie privée des
consommateurs
6.7.7
Domaine d’action 6 : Accès aux services essentiels 6.7.8
Domaine d’action 7 : Éducation et sensibilisation 6.7.9
Question centrale : Communautés et développment local 6.8
Domaine d’action 1 : Implication auprès des communautés 6.8.3
Domaine d’action 2 : Éducation et culture 6.8.4
Domaine d’action 3 : Création d’emplois et développement des compétences 6.8.5
Domaine d’action 4 : Développement des technologies et accès à la technologie 6.8.6
Domaine d’action 5 : Création de richesses et de revenus 6.8.7
Domaine d’action 6 : La santé 6.8.8
Domaine d’action 7 : Investissement dans la société 6.8.9
Source : [Link]
Guide méthodologique et de reporting RSE 67
Comment élaborer une stratégie ?
Aspiration de l’entreprise en termes de son
Vision impact sur son environnement social et naturel
Traduit la manière dont l’entreprise entend réaliser
Stratégie sa vision. Tient compte du besoin de répondre aux
dysfonctionnements actuels et de faire face aux enjeux
Objectifs à moyen Comment faire pour mettre
en œuvre la stratégie
et long termes
Mesures Quelles sont les indicateurs qui
(indicateurs) traduisent au mieux les objectifs
Quelles est la valeur cible à
Buts atteindre pour les indicateurs
(cible chiffrée pour les indicateurs)
Le tableau de Bord de la RSE
Action Que doit faire chacun pour atteindre les objectifs
Que doit faire chacun pour atteindre les objectifs Les TdBoard par fonction
Modèle de Fiche d’action
Intitulé de l’action
Objectif stratégique associé
Contenu de l’action
Impacts attendus
Responsable de l’action
Autres intervenants et acteurs à mobiliser
Echéances
Budget
Indicateurs de suivi
Indicateurs de résultat
Risques et obstacles potentiels
Guide méthodologique et de reporting RSE 68
Exemple de plan de formation RSE
Plan d’une session de formation offerte par le Centre National de la Formation-Conseil en
Entreprise (CNFCE) en France. Cette formation cible les directeurs et les cadres supérieurs qui
pilotent et participent au reporting RSE
Introduction à la formation : définitions et fondements de la RSE
Présentation du concept de responsabilité sociale/sociétale et environnementale
Définitions : qu’est-ce que la RSE ? Quelles sont ses missions ? Quel est le contexte ?
Prendre connaissance des grands principes liés à la RSE
Historique du concept de responsabilité sociale et environnementale
Prendre connaissance des Economiques
principaux enjeux planétaires
Environnementaux
Sociaux
Mise en contexte sur l’implication progressive des différents acteurs
Appréhender la pratique du reporting annuel et son évolution
Appréhender les référentiels de responsabilité sociale et environnementale
des entreprises et leurs significations
Prendre connaissance des UN Global Compact
référentiels internationaux
Agenda 21
Enoncé du GRI et approche systémique
Enoncé du GRI et normes (ISO 9001, 14001, OHSAS 18000)
Enoncé du GRI et NRE : Recouvrement et différences
Construire le rapport RSE : quid des bonnes pratiques
Appréhender les enjeux et le contenu du rapport annuel
Employer les indicateurs par domaine de responsabilité
Créer des indicateurs applicables et pertinents
Garantir la construction et évolution du référentiel interne
Organiser le reporting/rapport RSE
Gérer le découpage et la modélisation de l’entreprise
Définir le périmètre de reporting et le taux de couverture
Incorporer la logique de collecte, la logique de consolidation, les contrôles internes et externes
Source : [Link]
Guide méthodologique et de reporting RSE 69
Modèle de rapport RSE
Les entreprises choisissent des formats variés pour leur reporting RSE. Cela peut être par
exemple des rapports sous forme de site web interactif, de vidéo ou d’une simple infographie.
Le format le plus simple et le plus commun, qui peut être adapté par une entreprise débutant
dans cette approche, est le document texte qui peut être illustré par des images ou des
graphiques. Ce format suit généralement un plan classique comme détaillé ci-après.
Plan du rapport
I. Introduction / Mot du DG
Importance de la RSE pour l’entreprise
Contexte général et principaux défis
Vision de l’entreprise
Engagement de la direction générale dans la démarche
(Généralement sur une page)
II. Présentation de l’entreprise
Principales données de l’entreprise (capital, affiliations, effectif…)
Présentation du secteur
Activités de l’entreprise, produits ou services
Chaine de valeur
Positionnement de l’entreprise dans son environnement (socio-
économique, naturel, technologique, …)
(Ne pas trop s’approfondir dans des données chiffrées.
Présenter de manière concise les données les plus
pertinentes)
III. Stratégie
Brève description de la méthodologie d’élaboration de la stratégie
Cartographie des parties prenantes
Présentation des enjeux prioritaires
Description des axes de la stratégie RSE
Objectifs et indicateurs phares
Guide méthodologique et de reporting RSE 70
IV. Gouvernance
Pilotage de la stratégie RSE, composition du comité de pilotage
Intégration des parties prenantes
Méthodologie de suivi et d’évaluation
Mesures prises pour assurer la transparence, etc.
V. Réalisations
Présentation des actions réalisées
Résultats et impacts obtenus,
Indicateurs de performance : Les indicateurs phares qui traduisent
les grands objectifs de l’entreprise doivent être mis en valeur
(L’entreprise peut choisir de présenter les actions en suivant
un référentiel classique, par exemple : les dimensions du
développement durable, les 17 ODD, ou les questions centrales
de l’ISO 26000. Elle peut aussi opter pour une présentation
personnalisée qui suit les grands défis ou objectifs stratégiques de
l’entreprise.)
VI. Perspectives futures
Objectifs futurs de l’entreprise
Actions et partenariats planifiés
Evolution de l’approche
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Exemples d’indicateurs RSE
Volet Gouvernance
Mesures mises en place pour faciliter la transparence
Nombre de réunions avec les parties prenantes
Ressources (humaines et financières) allouées à la RSE dans votre entreprise
Nombre de personnes formées à la RSE
Composition du comité RSE
Mise en place d’un code de conduite et d’éthique ou de formations (indiquer le nombre de
personnes ayant participé à cette formation par exemple)
Formations et guides réalisés au sujet de la politique cadeaux et lutte contre la corruption
Volet Economique Volet Social
Pourcentage d’achats réalisés auprès Nombre d’heures de formation dédiées à
de fournisseurs locaux la santé et la sécurité au travail
Nombre de fournisseurs engagés dans Ecart de rémunérations femmes/
une politique RSE hommes
Pourcentage de produits éco-conçus Pourcentage de femmes occupant des
ou de services responsables postes à responsabilité
Nombre d’appels d’offres et de Nombre de collaborateurs en situation
contrats comportant des clauses RSE de handicap
Délais moyens de règlement des Nombre de collaborateurs dans l’équipe
fournisseurs et répartition des contrats de l’équipe
(CDI, CDD, temps partiels…)
Taux de rotation du personnel
Pourcentage de collaborateurs ayant
bénéficié d’un entretien annuel
Nombre de salariés ayant suivi une
formation
Nombre d’accidents du travail
Taux d’absentéisme
Taux de maladies professionnelles
L’indice de satisfaction de la qualité de
vie au travail
Nombre de salariés en télétravail
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Volet Environnemental Volet Sociétal
Emissions de gaz à effet de serre Nombre d’emplois créés par l’entreprise
Consommation d’électricité dans son bassin d’emploi
Consommation d’eau Montants des investissements de
Pourcentage d’électricité d’origine l’entreprise dans le soutien de projets
renouvelable solidaires, locaux ou caritatifs
Engagement dans un process de Nombre de personnes sensibilisées avec
labellisation environnementale des actions de prévention
Nombre de réunions réalisées à distance Nombre d’investissements responsables
Nombre de voyages d’affaires
Pourcentage de produits dont
l’emballage est recyclable
Pourcentage de déchets valorisés
Source : [Link] [Link]
[Link] indicateurs-rapport-rse
Exemples d’actions RSE
Volet Gouvernance
Nommer un responsable RSE
Former le personnel sur la RSE
Organiser des rencontres avec les parties prenantes
Mettre en place une politique anti-corruption
Mettre en place une politique de protection des données personnelles des clients
Volet Economique Volet Social
Faire appel aux fournisseurs locaux Sensibiliser les collaborateurs aux
Favoriser les achats équitables et pratiques de santé et sécurité au travail
les fournisseurs qui affichent un Instaurer une politique de recrutement
engagement RSE inclusive
Vérifier les pratiques des fournisseurs Réaliser un diagnostic des salaires et
en matière de lutte contre le travail promotions pour assurer l’égalité entre
forcé et le travail des enfants les genres
Intégrer des clauses RSE dans les Promouvoir le recours au télétravail
appels d’offres Prioriser l’ergonomie des espaces de
travail (éclairage, hauteur des tables et
écrans, chaises confortables…)
Guide méthodologique et de reporting RSE 73
Volet Economique Volet Social
Assister et accompagner les petites Créer des espaces de bien être (salle de
entreprises locales en offrant des sport, salle de repos…)
formations, du mentorat, des espaces Mettre à la disposition des collaborateurs
de travail des repas sains et équilibrés en
Investir dans des projets locaux partenariat avec des fournisseurs locaux
Volet Environnemental Volet Sociétal
Installer des panneaux solaires sur les Participer à des évènements de
toits des bâtiments bénévolat
Utiliser des appareils et des systèmes Organiser des collectes pour des causes
de climatisation et de chauffage locales (fournitures scolaires, livres,
écoénergétiques vêtements, etc.)
Améliorer l’efficacité énergétique des Faire des partenariats avec des
bâtiments (isolation…) associations locales
Réduire la consommation du papier en Faire des partenariats avec les
maximisant l’usage du numérique communautés locales pour améliorer les
Utiliser du papier recyclé conditions de vie et les infrastructures de
Recourir au tri des déchets, recyclage la localité
et compostage Parrainer des projets sportifs et éducatifs
Promouvoir le covoiturage entre les dans la communauté
collaborateurs
Mettre des vélos à la disposition des
collaborateurs
Proposer des véhicules de fonction
électriques ou hybrides
Privilégier les réunions à distance
Remplacer les gobelets jetables par
des mugs réutilisables
Installer des fontaines pour réduire le
recours aux bouteilles en plastique
[Link] [Link]
Guide méthodologique et de reporting RSE 74
Notes
Notes