Livret Cabane
Livret Cabane
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L’ ATELIER CABANE
PETIT MANUEL ROMANCÉ POUR LA CONSTRUCTION
D’UNE CABANE MOBILE ET ENGAGÉE
La commission cabane
- février 2014 -
CABANE [kaban] n. f. ◊1° Petit abri ou habitation sommaire, maison du pauvre.◊ 2° FAM. Prison.
◊ 3° Action directe de résistance et d’occupation.
ATELIER [at∂lje] n. m. ◊1°Lieu de travail d’artisans, d’ouvriers ou d’artistes. ◊2° Section d’une usine
où des ouvriers travaillent à un même ouvrage. ◊3° Lieu auto-géré de créations collectives et de
constructions populaires.
Un jour, c’est fini
Et il voudrait grandir le jour
Mais, dans la tempête, la nuit résiste, le vent se lève
Ce vent froid qui nous maintient éveillé et indigné
Car quand les arbres brûlent, rien
N’empêchera jamais les graines, de s’envoler, de circuler
De s’enraciner, même
Là où le jour a déjà des airs d’obscurité
8
Alors, vas-y ! Germe, pousse, petite graine, noire
Comme cette terre qui t’accueille aujourd’hui
Récupère du soleil et de ses rêves d’infini
Les éclats de croissance qui ne brillent plus ici
Cette pluie morte qui nous aveugle sans raison
Utilise-la pour cultiver l’ombre dans laquelle
Sans plan ni direction, tu fais pousser la sédition
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Écris ton histoire avec tes propres mains
Les racines profondes c’est bien
Mais si elles t’empêchent de pousser, fais les sauter !
Choisis ta base, fonde ta société
Les supports solidaires, s’aident les uns les autres
Les appuis libertaires, enchâssent nos idées
Ils sortent déjà de terre, aide-les à pousser
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Tu n’es plus seul, des oiseaux sont là, avec toi
Ils chantent leur liberté, en haut de tes feuillages, en attendant l’été
Les idées se transmettent plus vite par la pratique !
Le vent les pousse, jeune, contre les vielles branches
Tous travaillent sous le même toit où
Tu apprends aux autres de quoi est fait ton monde
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Qui récolte le vent sème la tempête !
Oui, ici on démonte les préjugés au pied-de-biche
Toi, là, tu attends quoi pour ouvrir à ton tour ?
Tes fleurs sauvages ont besoin de rêver
De se mélanger, de voyager, pour créer
Attise le pollen, braise de la création
Et fais vivre ce foyer l’espace d’une liberté
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Hé, le jour, en voulant nous virer, un arbre noir est né
Brûle-le si tu veux et essaye de nous virer
Dans son ombre, on est là, à transformer son bois
Et ces fruits de colère ne sont que le revers de la réalité
Sais-tu combien de graines noires ont germé ?
Les vois-tu mûrir en nous ces fruits de liberté ?
Contre ça, tu ne peux rien, ton pouvoir ne vaut rien
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La nuit soulève !
Nos mains s’abîment, son noir les a nourri
Autant que nos âmes tristes dormaient avant la nuit
Le jour s’en va
Construisons nos rêves, continuons nos combats
N’attendons pas de trêve, demain il reviendra
Résistance et création, sèves jumelles de la libération
88
8
1. LA TEMPÊTE ET LA GRAINE
L’ATELIER CABANE
QUAND, COMMENT,
POURQUOI ?
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# NOTRE DAME DES LANDES
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Ni une, ni deux, les petits loups révoltés,
ne firent qu’un seul vœu : changer la société.
Pas besoin d’enchanteur, pour le réaliser : un
grand rêve et beaucoup de volonté, la Zone
d’Autonomie Définitive devint réalité.
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# LE COLLECTIF ÎLE-DE-FRANCE
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« L’atelier c’était à la fois pour moi l’idée de rentrer dans un projet
chouette et d’y rencontrer des gens et à la fois d’apprendre la menuiserie,
«
c’est à moitié une école, quoi.
# LE SQUAT DU TRANSFO
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# LE MANUEL ET LE FILM
… est né de la volonté de partager. Partager cette expérience, pour faire naître des
idées. Partager nos rêves et nos plans pour vous aider à lutter et soutenir les ZAD, partout.
Partager cette méthode, pour donner envie de faire des cabanes, mobiles ou non, mais toujours
engagées ! Partager nos réussites et nos échecs pour vous permettre de réaliser vos rêves de la
meilleure façon possible.
C’est pour vous quoi !
La suite…
La suite c’est vous, c’est nous, continuons à espérer, à rêver, à lutter, à aimer, à vivre !
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L’atelier cabane
OUVRE SES pORTES
AU TRANSFO
57 avenue de la République à BAGNOLET
Métro Gallieni ou Robespierre
AMENEZ VOTRE BOITE À OUTILS (si vous en avez une) ET UNE BOUTEILLE pOUR L’ApéRO !
Comité de soutien contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes paris Ile de France - [Link] - [Link]@[Link] - [Link]
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l’ atelier cabane
OuvrE sEs pOrTEs
AU TRANSFO
57 avenue de la république à bAGNOlET
Métro Gallieni ou robespierre
Comité de soutien contre le projet d’aéroport de Notre Dame des landes - [Link] - [Link]@[Link] - [Link]
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17
«C omment j’ai connu la lutte Notre Dames des Landes, et l’atelier de construction de la cabane,
rapidement :
En soirée, quelques amis, comme bien souvent au bout de quelques heures/bières on se retrouve à faire
le monde en parlant surtout plus fort que les autres, histoire de bien se comprendre soi-même, quand
l’un me dit, le doigt levé et un œil fermé : «Tu me fais penser à quelqu’un, il faut absolument que tu le
rencontres ». Nous voilà sur l’autoroute depuis Lyon vers Nantes, Vinci nous remercie à chaque péage. On a
jamais trouvé la personne en question. On a commencé par discuter avec quelques riverains, avec souvent
quelques types bizarres en uniforme pas loin (on peut pas dire qu’il était franchement accueillants, ça, mais
en tout cas franchement curieux, toujours à nous épier avec leurs jumelles).
C’est le mois de janvier, il fait froid et les chemins sont boueux, bottes obligatoires, mais le tourisme y est
facile : on nous propose un toit, à manger, et même de quoi s’habiller chaud, sans contrepartie. Quand on
passe d’un lieu habité à un autre on prend un café, ou un thé, et les gens prennent le temps de discuter, de
plaisanter. Tout ça donne envie de participer et nous aidons à la cuisine, et sur les chantiers.
La question de l’aéroport me dépasse un peu. Bien sûr il y a des expulsions, le bétonnage peu soucieux
des habitants du bocage, des forêts dont on ne doit pas négliger l’importance à cette heure complexe de
la mise en cause de l’impact écologique, mais les avis divergeants des riverains et des voisins me donnent
vite l’impression d’être illégitime sur le sujet. Cependant, l’idée de voir naître un lieu libre, pour aller vers
l’expérimentation, le renouveau et le mouvement m’agite. Ici sont organisés des débats, des rencontres,
on passe du temps à cogiter sur des questions fondamentales du vivre ensemble, et on essaie de mettre
les choses en pratique.
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Retour à Paris pour le boulot. Dans cette ville, rares sont les rues où l’on ne lit l’empreinte du capitalisme,
omniprésent, et oppressant. Ceux qui pensent que le financement est le meilleur travailleur respirent, et
tout le monde suit, moi y compris. On y est contraint de revoir nos notions du temps, nos notions d’argent,
on vit dans un monde où l’être humain devient l’être unique, rien n’existe qui ne découle de lui, centre de
tout. C’est une machine qui relègue le reste du monde à l’état de représentation. Juste à côté de chez moi,
je n’ai qu’à traverser le périph... débute un chantier de construction de cabane en kit pour Notre Dame
des Landes !
L’accueil parmi ces bricoleurs est convivial et chaleureux. Tout le monde peut mettre la main à la pâte, on
ne compte plus le nombre d’entre nous qui tenaient une visseuse pour la première fois. Et il y a tout un
outillage à disposition ! L’apprentissage se fait de façon participative : tout le monde enseigne à tout le
monde. On y trouve femmes et hommes, sur plusieurs générations. Les réjouissances d’un travail manuel,
et des liens avec les personnes se tissent. J’entre de façon plus pérenne dans la lutte.
Lutter, contre qui, pour quoi ? Autant d’individus, autant de raisons de vouloir changer les choses, autant de
directions différentes pour un monde meilleur. On se retrouve d’abord dans l’opposition collective à un projet
imposé, et par ce biais dans la construction collective. Construction pratique, mais aussi spirituelle. C’est en
clouant, vissant, mais aussi autour d’un verre, mauvais vin rouge ou bière tiède, toujours appréciables en
bonne compagnie, que nos idées se confrontent, s’additionnent et se mélangent. Philosophie, politique, et
autres recettes de cuisines, j’ai l’impression d’y voir évoluer les mœurs, forces obscures et souvent sous-
estimées. J’apprends beaucoup.
Aujourd’hui, on ne bâtit plus sa maison ou ses meubles, on achète. L’argent devient le vecteur de plus en
plus systématique de nos biens matériels, au point de ne plus savoir ce qu’on pourrait faire par soi-même.
La satisfaction d’avoir construit, ou de manière générale, travaillé sur son environnement, est remplacée
par le plaisir d’acheter. Depuis cet atelier, j’ai la sensation d’être capable de construire de façon autonome.
Bien sûr, il y a les connaissances et les techniques acquises, mais l’essentiel réside surtout dans le simple
fait de se dire : « c’est possible ». Ce n’est pas un savoir ou une compétence, mais une façon de penser, on
pourrait dire une croyance. Mais ceci n’est qu’un détail devant la multitude et la richesse des expériences
partagées.
«
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2. LE SUBSTRAT ET LES ÉLÉMENTS
LES PRINCIPES,
LES OUTILS,
LE MATOS...
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2121
« Plus ils expluseront, plus on construira
«
COMMENT FAIT-ON?
# Mais alors? Comment fait-on pour construire une cabane, ICI, à Paris ; pour soutenir une
lutte qui se passe, LA-BAS, à Notre Dame des Landes?
Et bien, on imagine en kit, on pense en kit et on fabrique en kit. Montage. Démontage. Montage. On a
peur de rien! La cabane se composera donc de pièces détachables, ni trop grosses (il faut qu’on puisse les
transporter en camion et les soulever sans machine), ni trop petites (on a horreur des casse-tête chinois).
# Oui, mais alors? Comment fait-on pour construire une cabane sans forêt, sans enfants,
sans grand chêne, et sans argent?
Et bien, notre campagne à nous, parisiens, c’est la rue! Elle est aussi riche que la grange de mémé ou que
la remise du grand-père. On y trouve tout! Ouvre les yeux et fais toi des potes. Traine autour des chantiers
de démolition, fais un tour à la fin des marchés, ose les trottoirs!
Notre cabane c’est donc du 100% récup! Des fenêtres au bois, des tasseaux
aux huisseries! Mais notre matériau de base s’est avant tout la palette! Il en
a fallu plus de 1000. On imagine palettes, on pense palettes et on fabrique
palettes. Il faut donc les trouver, les transporter, les trier ; conserver les plus
belles et désosser les bosselées (on récupère les planches).
Et sinon, quand on peut, on évite d’utiliser du bois peint ou traité, de l’agglo ou du contre plaqué
(sache que s’est bien plus polluant que les autres matériaux).
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# Mais alors? Comment fait-on pour les outils?
Pour monter une cabane comme la notre, il n’est pas nécessaire d’avoir un atelier professionnel tout
équipé, quelques outils bien choisis suffisent :
quelques postes fixes : scie circulaire, scie circulaire montée en déligneuse, radiale
les indispensables : perceuses, marteau, arrache clous (pied de biche), mètre, niveau, frontale...
les plus : raboteuse, disqueuse, scie plongeante
quincaillerie : clous, agrafes, vis, (par ordre de prix et de tenue)
# Mais alors? Comment fait-on pour… On a arrêté de se poser des questions ici!
La devise dit “quand on veut, on peut” et les militants savent que “quand on veut à plusieurs, on va encore
plus loin”!
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«Q uand j’ai entendu parler de l’idée de construire une cabane sur la zad pendant une AG du collectif
parisien de soutien à Notre Dame des Landes, j’ai tout de suite été motivé. On était alors fin décembre
2012, et “César” et ses sbires venaient de détruire bon nombre de maisons sur la zone, il fallait donc se
mettre à rebâtir . . .
Utiliser mes mains pour construire collectivement une maison m’a donc paru alors la chose la plus utile et
la plus enrichissante à faire pour participer à la lutte contre l’ayraultport et son monde.
J’avais la nette intuition avant de commencer que ça allait être une belle aventure humaine et je n’ai pas
été déçu.
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Pour ce qu’on apprenait à chaque fois, pour les belles rencontres faites dont certaines se prolongent
jusqu’à aujourd’hui, pour le plaisir de créer quelques chose dans un esprit de lutte, collectivement sans
hiérarchie et dans la gratuité, pour les discussions très variées et les rires échangés pendant les pauses ou
en désossant une palette dans un parking par 5°, pour les chouettes moments partagés, venir à l’atelier
était pour moi un plaisir toujours renouvelé.
D’autant plus que comme beaucoup d’autres, cette expérience m’a donné une bonne dose de confiance
dans ma capacité à créer, à faire des choses de mes mains et à me servir d’outils que je croyais auparavant
réservés à des professionels. Ceci s’est fait essentiellement grâce à la conviction que nous nous étions
forgée, que l’intelligence et la volonté collective pouvaient venir à bout de toutes les difficultés. Le climat
de compréhension et d’entraide, respectueux des connaissances et de l’expérience antérieure de chacune
et de chacun a aussi été très propice à l’apprentissage de plein de choses. Je sais maintenant distinguer
un embout pour visseuse PZ2 d’un PZ3 ou d’un PH2 . .
Je sais aussi qu’il y a différents types de palettes et qu’on ne commence pas à bricoler sans avoir un mètre
et un crayon dans la poche !
Bien entendu, comme il y avait surtout des débutant-es-s, il y a eu pas mal d’erreurs, de la planche de
palette cassée au caisson à reprendre car mal dimensionné, en passant par certains outils endommagés . .
mais c’est un passage obligé et même nécessaire pour apprendre, les erreurs d’une personne profitant à
toutes les autres. En termes d’autogestion, nous avons aussi connu quelques écueils. Nous nous sommes
beaucoup appuyés sur les compétences d’un petit nombre de personnes alors que nous aurions souhaité
que cela soit mieux réparti. La nature ambitieuse de notre construction (une maison de 50m2 au sol
avec étage !) et le fait qu’il y ait des personnes expérimentées d’une part et des novices de l’autre a rendu
parfois difficiles pour ces dernières l’autonomie dans le travail et la prise d’initiatives. Lors du montage à
la ZAD, l’”urgence” de la construction a créé une spécialisation des tâches en fonction des compétences,
cela aussi reste à déconstruire !
Forts de cette belle expérience et conscients des efforts qu’il nous reste à faire, nous n’avons pas voulu
nous arrêter en si bon chemin avec les copines et les copains Nous cultivons l’élargissement du champ
des possibles ainsi que “l’être ensemble” pour une autonomie chaque jour plus grande. L’atelier cabane a
donc débouché sur un atelier plus varié dans le bâtiment D du Transfo. C’est ainsi qu’après avoir semé une
maison au printemps : des éoliennes, des carrioles à vélo, des radios et bien d’autres choses se dresseront
face au vent !
«
25
Des 0€/m 2
/
Frais d’agence inclus !
EXCLUSIVITÉ BOCAGE
chambre
terrasse
En plus des deux pièces que vous pouvez aménager en chambre ou en bureau, la Transfu
dispose d’un grand espace principal qui offre luminosité et confort à ses
habitants. Une terrasse plein sud, véritable pièce à vivre en plein air, vous
permettra de profiter pleinement des rayons du soleil tout au long de la journée.
27
28
3. LES RACINES
ÉTAPE1 :
POUTRES CREUSES
ET PLANCHER
loup
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POUTRES CREUSES
Pour chaque type de pièces (poutre, mur, toit…) il y a toujours un modèle de base. Cela
facilite la construction collective. Pour commencer, on apprend tous à faire la pièce de
base puis on apprend les variantes et on finit en faisant du sur-mesure.
L = 200CM
C = 6 /16 / 9,5
VIS
VIS
VIS
VIS
VIS
VIS
VIS
VIS
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LES MANCHONS :
Ces pièces doivent être impérativement en bois massif (en bois dense).
Dans notre cas, les manchons ont une longueur totale de 80 cm, ils pénètrent de
40 cm dans la poutre.
De manière générale, le manchon doit pénétrer au minimum de la moitié de sa longueur.
LES ENTRETOISES :
Egalement en bois dense, elles doivent être bien coupée à l’équerre, il en va de la
solidité des poutres !
Épaisseur > 22 mm d’épaisseur // distance entre deux entre toise < 30 cm
Un seul manchon est vissé, l’autre est retiré. Les poutres peuvent ainsi
s’emboiter l’une dans l’autre.
C’est la planche supérieure qui transmet les efforts aux entretoises. Les planches
latérales ne doivent donc pas la dépasser.
NB: Les poutres creuses sont un moyen pour remplacer des poutres en
bois massif. C’est un gain de matériaux et donc un gain de poids! Alléger
la structure est essentiel à la fois pour faciliter le transport et pour assurer la stabilité
et la pérennité de la construction sur un terrain meuble. Les poutres creuses sont
les premiers éléments que l’on vient assembler pour constituer le chassis. Elles
serviront de base au plancher.
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LES VARIANTES
POUTRES CREUSES coudées
LES REPRISES
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LES REPRISES
POUTRES CREUSES en «T»
NB: Dans les deux cas les reprises sont en bois denses,
comme les manchons. Si on veut pouvoir agrandir la cabane après la pose,
on peut laisser dépasser les manchons plus généreusement sur les extrémités.
Ceci vous permettra de repartir de ces points.
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DÉTAILS ET ASTUCES (VALABLES PARTOUT)
LA GOUTTE D’EAU
NB: Les planches latérales doivent être suffisamment épaisses pour dépasser
d’environ 2mm par rapport à la planche inférieure. S’il pleut, ce recul permet aux
gouttes d’eau de se former puis de tomber pour éviter que l’eau ne s’infiltre dans
le bois.
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LES MOISES INTÉRIEURES
S
VI
S VI
VIS
S
VI
LA MOISE
NB: Pour économiser le matériau et parce qu’il est difficile de trouver des
planches ou des palettes de deux mètres de long, nous utilisons généralement
des planches plus petites pour réaliser le coffrage extérieur. Pour cela, il faut
visser une moise entre les différentes planches pour permettre aux efforts qui
parcourent la poutre de se répartir entre les différents éléments. Les vis (quatre
par moise) doivent être dans le même axe que les efforts, c’est-à-dire qu’il faut
les visser en diagonale, vers l’extérieur de la moise.
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LES POUTRES CREUSES ET LES VARIANTES
MANCHON
ENTRE-TOISE
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REPRISE D’UNE POUTRE
CREUSE EN “T”
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ASSEMBLAGE DES POUTRES CREUSES ET
POSE DES LAMBOURDES
À partir des trois types de poutre (droite, coudée et en T) on peut construire n’importe qu’elle
structure pour servir de base à la cabane. Il faut prévoir des poutres sous chacun des murs de
la cabane pour les porter le plus directement possible.
Un même courant ne doit pas être cloué sur deux poutres différentes pour permettre
le démontage
Les ANTI BASCULANTS servent à maintenir les lambourdes en place, ils ne doivent
pas dépasser la hauteur de la poutre
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« C’était une façon d’apporter une aide pratique, concrête, pour la ZAD
«
NB : il aurait fallu 4 poutres de plus car les poutres creuses louvoient mais pour
compenser on lardera (“car on tape dans le lard” = on visse) certaines lambourddes
Clouer des COURANTS qui recoivent les lambourdes en saillie sur les poutres
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LE PLANCHER
18 CM
30 CM
LAMBOURDE
Un débord de 10cm est possible près de la première lambourde, près des murs. Il faut
garder de l’espace pour pouvoir enlever les élements de plancher sans trop de difficulté
lors du démontage. Chaque élement de plancher doit être manipulable, il ne faut donc pas
les faire trop long (environ 2 mètres maximum).
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2M
41
mots croisés
Horizontal : Vertical :
1. Mode d’organisation libertaire. A. Lieu auto-géré de créations collectives et de constructions
2. Squat. Zone Occupée. populaires. Ensemble, Tout s’Ouvre.
3. Autant que possible (À l’). Radio zadiste. B. Boîte à domination. [Link] est pour l’ordre, moins le pouvoir.
4. Article genré. Est dans le vent. Nom Masculin. C. On lui dit : « No ! ». Comme un hiver à l’Atelier.
5. En rêvant ainsi, on ne perd pas de vue ses rêves lorsqu’on D. Objet Non Identifié. Résistant de droite. Deux vieux.
les poursuit. Hurla dans la forêt. E. Gros Sabots. Anonymous capitaliste. Énergie Électrique.
6. Qui le récolte sème la tempête. On A Voulu l’Anarchie. F. EFK. Ils créent des liens.
7. Premier cours de géographie. Taureaux sauvages. G. Liberté, Égalité, …
8. Apprécié chaud. Indice de chimie. H. Le temps d’une révolution. On le répare à l’Atelier.
9. Alimente les cabinets. Rêve espagnol. I. Autrement dit, tout va bien. Paris Nord Est.
10. Repaire. « Un aéroport ? » J. Protection terrestre. Soldat sacrifié.
11. Elles ont du piquant. Pour être heureux, [Link] … son K. C’est non négociable au Transfo.
propriétaire.
42
jeux des ERREURS
24 18 41 35
10 46 39
3 9 25 17 40
11 27 36
2 1 12 26 16 15 28 48 47 38 37
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Recette pour une cabane de resistance solide
dite “palettes” a‘ la zad
INGRÉDIENTS :
- des personnes motivées, si possible régulièrement
disponibles pour suivre les différentes étapes de la
construction
- un squat ami qui met à disposition un lieu pour créer
l’atelier
- des centaines de palettes et aussi des fenêtres et
des tôles de récupe
- des outils prêtés ou donnés par des participant-e-s
au chantier ou des camarades
- une soirée de soutien pour récolter des fonds
pour tout ce qui est visserie, clous, lames et embouts de
rechange
- des camarades de lutte qui peuvent nous prêter un
camion pour le transport sur la zad le moment venu
La Transfu
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PRÉPARATION: Prêt-e-s à repartir ? Numéroter à présent chacun
Monter un atelier pratique et efficace. Pour cela des éléments pour s’y retrouver au moment du
mettre l’électricité s’il n’y en pas, construire des montage et démonter ensuite l’ensemble de la
établis et des meubles de stockage pour le bois. cabane. Réserver. S’organiser avec les camarades
S’aménager un petit salon convivial pour les pauses pour fixer une date de transport et de montage.
qui sont aussi nécessaires qu’agréables. Désosser Charger ensuite le camion que les ami-e-s ont
ensuite les palettes en veillant bien à ne pas fendre affreté pour l’occasion. Ne pas oublier d’emmener
les planches, ce qui nous permettra d’avoir une les outils et particulièrement les serre-joints, très
matière première solide. Réaliser un plan de la utiles pour tout type de construction. Eviter les
cabane à construire. barrages de police en arrivant sur la zad .
A partir de là, nous entrons dans la phase de Une fois sur place, fêter l’arrivée à la châtaigne. Le
construction à proprement parler. Construire des lendemain, il s’agira de niveller tant bien que mal le
poutres creuses pour l’assise au sol, fixer dessus sol et de poser des palettes qui nous serviront de
des courants et des antibasculants pour recevoir fondations. Merci à celles et ceux qui ont fumé des
les lambourdes. Préparer des caissons pour les joints de ne pas trop essayer de comprendre ce qui
murs et les fenêtres. Fixer provisoirement ceux-ci se passe alors, dans ce cas là, aller faire une sieste
sur les poutres creuses. dans sa tente et revenir frais plus tard. Effectuer
le montage de la cabane comme précédemment.
Ca n’avance pas assez vite ? Organiser une
journée portes ouvertes pour faire participer plein Une fois ceci fait, procéder à l’isolation puis fixer les
de monde, donner un coup de fouet au chantier et tôles sur la charpente. La cabane est maintenant
pour faire la fête une fois le travail terminé. terminée, il ne reste plus qu’à lui apposer un
écriteau ”La Transfu” dessus et à tester sa solidité
Une fois l’euphorie passée, fixer des planches lors de la crémaillère en prenant un apéro à une
aux lambourdes, ce qui constituera le plancher. quinzaine au 1er étage. Prévenir les camarades, la
Installer les portes. Préparer une belle et solide zad, les équipes médic et automédia que la cabane
poutre faitière et des caissons de toits qui viendront est prête, il ne reste plus qu’à l’investir et à la faire
prendre appui sur elle et positionner le tout. vivre ! Bonne lutte !
Un peu fatigant tout cela n’est-ce pas ? Prendre A accompagner d’une bonne dose de convivialité
une pause dans le salon prévu à cet effet ou au et d’esprit de résistance !
café disjoncthé, prendre un coup de rouge en
refaisant le monde pour décompresser.
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LE TRONC ET L’ÉCORCE
ÉTAPE 2 :
MURS, FENÊTRES
ET PORTES
46
47
LES CAISSONS DE MURS
Il faut partir d’une palette en bon état et suffisamment résistante (type europalette). Quatre
planches viennent renforcer les palettes. Les planches latérales et la planche supérieure
sont plus larges que la palette pour permettre une isolation plus épaisse.
48 2
Biseautage + surface d’appui pour favoriser
l’écoulement de l’eau et éviter les infiltrations.
B
Recul de 2mm de la planche inférieure pour la goutte
d’eau
VIS
goutte d’eau
C 49
POTEAUX
Pour les poteaux, il faut du bois de bonne qualité et des planches suffisamment larges .
Nous avons pu récupérer les planches d’un vieux plancher.
1 2 3
L = 280CM
50
« Tous ensemble on a réussi à faire des choses, un endroit dans lequel on
peut habiter, juste en se mettant ensemble, en se partageant le travail
«
4 5 6
51
ASSEMBLAGE DES CAISSONS SUR LE CHASSIS
NB: Commencer par dresser les angles, c’est plus stable. Monter les caissons
en se rapprochant du milieu des murs, sans les fixer à la poutre pour le moment. Le
but est d’obtenir l’alignement le plus horizontal possible sur le dessus des caissons.
Pour finir les murs et pour les pignons, il faut faire des caissons sur mesure, plus
petit qu’une palette et parfois avec des formes triangulaires. On peut alors faire des
caissons en suivant l’exemple du poteau (voir pages suivantes) et en s’adaptant.
52
Le deuxième rang vient en quinconce avec le caisson
inférieur
53
LES CAISSONS DE MURS ET
L’ASSEMBLAGE SUR LE CHASSIS
54
55
LES FENÊTRES
Le même principe peut-être utilisé pour les portes.
FACE EXTÉRIEURE
FENÊTRE EN PVC
Découper le plastique de la fenêtre pour avoir une surface 1
plane sur les quatre cotés
VI
VIS S
3a
4a
57
« Vous, les nantis
Dont vous ne savez que faire, Et d’un seul coup, vous vous rappelez
Vous veniez dans nos ateliers mal lotis, Vous vous sentez lésés !...
Car pour nous, trois fois rien, Qu’est ce que tu crois ?!.....
Tous nos projets utopiques, Qu’on est rongé par la révolte ?!...
58
Tu sais ce qui nous tient Où l’on n’a qu’une parole
ÉTAPE 3 :
CHARPENTE ET
COUVERTURE
61
61
LES CAISSONS DE TOITS ( À 2 PALETTES)
FACE EXTÉRIEURE
LES RENFORTS :
sur les blocs de deux palettes :
un seul renfort suffit
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FACE INTÉRIEURE
BARRES DE TRAVERSE :
elles correspondent aux appuis sur les
éléments porteurs (poutres, murs)
LATTAGE
NB: Utiliser des palettes de taille égale (1,20 * 80 dans notre cas).
Contrairement aux murs, ne pas utiliser des europalettes car elles sont trop lourdes.
63
LES CAISSONS DE TOITS ( À 3 PALETTES)
FACE EXTÉRIEURE
LES RENFORTS :
sur les blocs de trois palettes :
Idéalement, il faut des renforts
sur toute la longueur de l’axe
central ou en quinconce pour
être le plus solide possible
64
FACE INTÉRIEURE
BARRES DE TRAVERSE :
elles correspondent aux appuis sur les éléments porteurs (poutres, murs)
65
LES CAISSONS DE TOITS
66
67
ASSEMBLAGE DES CAISSONS DE TOIT
VIS
VIS
VIS
VIS
Les caissons de toit reposent sur la poutre faîtière et sur le haut du deuxième niveau
de caisson de mur (éventuellement sur la poutre intermédiaire pour les caissons de
toit de 3 palettes). Ils sont disposés le côté latté vers le bas.
Pour pouvoir assembler les pièces et les visser les unes aux autres, il ne faut pas
mettre de planches de renforts intérieures sur toute la longueur. Les éléments seront
vissés les uns aux autres en quinconce.
VIS
VIS
VIS
VIS
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« Déconstruire un système qui nous envahit de produits que l’Homme n’a pas choisi,
Débiter pour reconstruire collectivement des rêves enfouis,
C’est à la main de l’autre que je me connecte dans un esprit commun.
Une base est posée par volonté de quelqu’uns.
Il faut des corps pour pousser l’imaginaire à monter les murs, au fur et à mesure.
La matière nous guide; on fi nit par y croire.
Au contact du bois qu’il faut agencer, fragmenter, pénétrer, on partage des savoir-faire qui
réaniment notre capacité à créer.
La formation technique sur le terrain suit celle à la construction d’un objectif commun.
On en cause planche par planche, lancés par l’energie collective.
«
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4. LES FLEURS ET LE POLLEN
LE TRANSPORT,
LE MONTAGE,
LES HISTOIRES
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*
«Plante ta tente une semaine au même endroit sur
la ZAD et tu verras ce qui s’y passe, tu verras si
«
tu peux mettre ta cabane à cet endroit
DÉMONTAGE
Demain matin à 8h, la première moitié des
pièces de la Cabane part direction la ZAD !
Aujourd’hui, c’est l’effervescence à l’Atelier,
il faut finir les dernières pièces du rez-de-
chaussée avant son démontage (et il reste
encore pas mal de boulot pour l’étage).
Quelques personnes sont à là depuis ce midi
et il est bientôt 21h, mais aucun d’eux ne
peut estimer l’heure qu’il est. Au fond du
sous-sol, captivé par le travail, difficile de
voir passer les heures, malgré la fatigue qui
se fait sentir…
LE VOYAGE À NOTRE-
DAME-DES-LANDES
Après quatre mois de construction, de récup,
d’installation et recyclage, d’échanges et de
partages, la cabane est fin prête à quitter
le Transfo pour aller fouler le sol de Notre-
Dame-des-Landes !
Les loups bien organisés connaissent les
meilleurs sentiers pour se faufiler sans se
faire choper : 400km à parcourir par les
petites routes, c’est parti !
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NB: Les différents éléments ont été vissés temporairement les uns aux autres lors
de la construction pour vérifier qu’ils étaient aux bonnes dimensions. Pour faciliter le
démontage, ces vis temporaires ont été entourées au marqueur afin de les distinguer des
vis permanentes utilisées lors de la fabrication de chaque pièce. Pendant le démontage,
il faut donc enlever uniquement les vis entourées au marqueur. Enfin, théoriquement…
car en pratique on a pas mal galéré : sur les poutres creuses (les premiers éléments
assemblés) une bonne moitié des vis temporaires n’ont pas été marquées…
LES FONDATIONS
A ce sujet, beaucoup de solutions avaient été
envisagées mais comme le terrain que nous avions
choisi était relativement stable, quelques palettes
empilées les unes sur les autres ont suffit pour
faire reposer solidement le chassis de la cabane.
J+1
LE MONTAGE
Comme on peut s’en douter, le montage fut un
grand moment de la cabane. Le film retranscrit
d’ailleurs essentiellement cette partie de
l’aventure et donne un très bon aperçu de la
cohésion de groupe générée par cet événement.
J+1 C’est l’aboutissement de longs mois de travail au
Transfo. On a reproduit chacune des étapes de
constuctions, mais en acceléré ; le kit était bien
conçu! Des gens sont venus d’ici et d’ailleurs pour
donner des coups de main, beaucoup de parisiens
mais beaucoup d’autres aussi!
Avec un brin d’ordre dans le désordre, beaucoup
d’échanges et surtout de partage des savoirs,
chaque pièce a fini par retrouver sa place.
J+3
L’ISOLATION
Non loin de la Rolandière, entre mutiples autres
projets de constructions à la ZAD, se montait une
roulotte en bois de séquoia. Belle aubaine ! Nous
avons donc pu récupérer trois grandes balles de
J+4
copeaux de bois et nous en servir pour l’isolation
de la cabane.
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(3) Deux couches de bâches et une couche de
tôles vissées aux caissons ont servi de couver-
ture à la cabane.
Les copeaux restant après cette opération ont
servi pour isoler une partie des murs ; le reste
a été fait avec de la paille. Les deux techniques
sont relativement similaires.
Dans le cas de la paille, elle est mélangée avec
du lait de chaux (et non avec de la chaux sèche)
et c’est avec ce mélange détrempé que l’on
remplit les caissons de murs, en veillant à bien
tasser. La manoeuvre se fait petit à petit, couche
par couche, pour laisser à la paille le temps de
sécher. Avant cela, les caissons avaient bien sûr
été lattés du côté intérieur, tel que l’on voit sur le
schéma ci-dessous.
isolation du toit
isolation des murs
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«S ix mois que nous avons installé la cabane sur la ZAD, il est grand temps de prendre des
nouvelles !
Un soleil d’hiver irradie le bocage et sa brume de lumière lorsque je rejoins la Rollandière, ferme
derrière laquelle nous avons établi la Transfu’. Immédiatement, la grosse cabane s’impose par
son allure et me rassure : elle semble poser pour l’éternité !
Je fais le tour de la maison, à l’affut de la moindre tâche noire, du moindre gonflement du bois,
ou même pire, d’un glissement d’une partie du bâtiment. Ouf ! Rien de tout cela, malgré la bise
et les tombereaux de pluie, nulle trace de pourrissement.
J’entre donc, et suis enchanté par l’aménagement : cet été, comme prévu, le groupe auto-média
avait déménagé à l’étage, tapissant les cloisons et la surface intérieures du toit d’affiches de la
lutte. Désormais, le groupe auto-médic à son tour a pris possession du lieu. Des étagères ont été
installées dans la petite salle sous l’étage et les médicaments sont rangés. Dans la salle principale,
la table que nous avions construite à l’atelier - enfin, dans le parking, à l’époque - trône au milieu,
avec ses deux bancs. Quelques chaises supplémentaires ont été ajoutées.
Niveau élec’, le boulot est parfait, et correspond à l’usage de la Transfu’. Chaque pièce dispose
d’une lampe, d’une prise et d’un interrupteur.
Avec des copines et des copains de l’atelier, on s’est interrogé sur l’utilisation réelle de la Transfu’,
car des messages alarmants laissaient présager du pire ; c’est que certaines personnes habitantes
de la ZAD nous disaient que la cabane n’était pas “utilisée”. Cependant, on découvre très vite
qu’une réunion de discussion sur les usages de drogue se déroule régulièrement sur place, ce
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qui nous soulage. Mais le problème reste néanmoins d’actualité : le groupe auto-média préfére
se réunir dans une maison habitée, dans les canapés moelleux et réchauffé par le poêle de la
cuisine... Qui leur en voudrait ? Sur le même lieu, une infirmière qui a choisi de vivre sur la ZAD
est facilement consultable... Pourquoi irait-elle tenir une permanence dans un endroit finalement
peu confortable et sans personne ?
La cabane est sous-utilisée, c’est un fait. Cela tient principalement au fait, de mon point de
vue, que l’endroit n’est plus habité : alors qu’à sa construction, cinq ou six personnes (et une
ribambelle de chatons !) vivaient là, entre un gros camion et deux caravanes, animant le lieu
(bouffes collectives, soirées cinoche...), il n’y a désormais plus personne autour de la Transfu’...
Pas étonnant que le gros poêle fabriqué à l’atelier d’un copain à Montreuil n’ait pas été installé
! Il me semble que nous n’avons pas pensé (notre collectif comme les habitant.e.s) qu’un lieu
fonctionnel mais sans habitant.e n’est pas envisageable sur la ZAD. Mais ne soyons pas défaitiste
: la cabane est placée à un endroit stratégique, et elle trouvera à n’en pas douter un usage plus
intense si les robocops faisaient leur réapparition dans le bocage !
Ah mais, qu’entend-on hululer dans les médias ces derniers jours ? Auxiette, grand manitou
par interim de Nantes (version métropole) a décidé de “signer la fin de la récréation”. L’autre
garde-chiourme, préfet de son état, Christian de Lavernée, signe à tout va des autorisations de
destruction, d’éradication, de bétonisation de la ZAD...
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la cabane aujourd’hui
l’infirmerie
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le bureau
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4. LES FRUITS ET LES GRAINES
L’ATELIER
DU TRANSFO
ET NOUS
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janvier 2013
mai 2013
juin 2013
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atelier éolienne 93
«T out, probablement, a déjà été dit dans le présent
album sur l’acte militant, sur l’acte de résistance à part
situation de l’élève qui a tout à apprendre !..... Et qui a tout
à apprendre de qui ?....D’un jeune !...Qui bien souvent
était….UNE jeune…En binôme avec moi. Moi, récusant
entière que représente « la Transfu », que ce soit sur consciemment depuis longtemps et avec conviction le
le plan politique, social, sociétal, voire culturel, et sur machisme, la phallocratie, mais probablement pas si
tous les enjeux qui vont avec. D’ailleurs son nom, très féministe que ça au fond de moi !.... Moi, le « vieux
évocateur et plein de connotations, annonce déjà à lui bricoleur », dont l’expérience en la matière, pendant un
seul le programme !.... certain temps, a été rendue complètement inopérante
Par conséquent, ce que je voudrais aborder dans le et s’est retrouvée complètement occultée par la nature
témoignage qui suit, ce sont les rapports proprement très spécifique du travail de charpente, qui ne s’invente
humains qu’il y a eu entre nous pendant ce chantier pas…. même si, par ailleurs, je pratiquais la perceuse,
éphémère. Ephémère dans le temps, certes, mais pas le marteau ou le tourne vis depuis bien plus longtemps
dans ce qui fera mémoire, d’autant que non seulement que mes jeunes coéquipiers ou coéquipières. Mais
ce chantier a enfanté la cabane attendue, mais qu’en plus étant plus souvent que moi sur le chantier, ils avaient
il a donné le jour à un atelier qui, lui, est appelé à une une longueur d’avance sur l’ouvrage quand même bien
existence à long terme où les mêmes rapports dans le particulier de la cabane!....
« faire ensemble » vont pouvoir se pérenniser et faire Cette « confrontation » a entrainé chez moi au début,
école. je dois le dire, un certain malaise qui, plus d’une fois,
C’est pourquoi aborder ce que furent nos relations ne m’a pas mis à mon avantage. Heureusement, ça n’a
pendant le chantier s’impose irrésistiblement à moi pour jamais été jusqu’à me rendre le décalage insupportable.
deux raisons : Et si j’ai pu dédramatiser la situation à mes propres
La 1ère, c’est que je l’ai ressenti, ce type de yeux, je le dois pour beaucoup à l’accueil de ces jeunes,
relations, avec la force que prend ce que l’on découvre justement. Accueil simple, direct et en même temps
en le rencontrant pratiquement pour la 1ère fois de sa attentif à l’autre, à ses attentes, à ses préférence ou à
vie, en tout cas vécu de cette façon là, alors même que ses préoccupations dans l’exécution du travail ensemble.
l’on est l’un des plus âgés du groupe. Une véritable aventure donc, pour moi. Et qui, en plus
La 2ème raison, c’est que ces rapports dans le faire de la différence d’âge, n’était pas gagnée d’avance
ensemble ont quelque chose d’un peu révolutionnaire, non plus eu égard au milieu ambiant. Un contexte qui,
et je pèse le terme. En se perpétuant et se développant bien que j’eusse pourtant derrière moi un long passé
grâce à l’existence de l’atelier du Transfo, ils font d’ores « engagé », n’était pas celui dont je venais. Je dois dire
et déjà de lui un véritable « laboratoire de société ». Là qu’au début j’ai reçu de plein fouet les idées libertaires
encore, je pèse mes mots. mises en exergue, avec le rejet de la société poussé
Mais, pour moi, être plongé d’un seul coup au milieu sans doute beaucoup plus loin que mes propres refus,
d’une écrasante majorité de jeunes, pour beaucoup l’autogestion vécue tous azimuts, à tous les niveaux et en
de l’âge de mes propres enfants, je dois avouer qu’au toutes circonstance, et, pour « couronner le tout », dans
début ça n’a pas toujours été évident !.... le garage en sous sol….d’un squatte !….Bref, de
D’autant plus que moi, le « daron », et, qui plus est, « l’underground » à 100%, et dans tous les sens du
l’ancien prof, je me suis retrouvé plus d’une fois dans la terme !....
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Et bien, non seulement ce ne fut pas un « lieu de perdition » cheminer au cours de ces quelques mois. Mais c’est
à fuir au plus vite pour « sauver mon âme », mais en plus, vraiment la qualité des contacts humains qui a dissipé
alors même que mon malaise persistait encore un peu, les restes de réserve, sinon de méfiance (que j’ai perçue
je n’avais qu’une envie, c’était d’y retourner !..... parfois aussi à mon égard) au fil des semaines …..
Pourquoi ? C’est ce qui fait qu’aujourd’hui je reste plus que
Parce que je n’ai cessé d’être interpellé par la grande jamais fidèle à ce collectif Ile de France de soutien aux
simplicité des contacts, permise par le tutoiement qui « zadistes » et à ce qui est devenu « l’Atelier du Transfo ».
s’impose de lui-même dans ce contexte, l’appel par le C’est ce qui fait l’attachement que j’ai pour ce lieu, et
prénom, qui fait exister chaque personne et en même bien plus encore pour la démarche qu’il représente. C’est
temps met tout le monde à égalité, de même que la ce qui fait la sympathie, voire l’affection, que je ressens
bise, qui remplace souvent la poignée de mains, même pour celles et ceux que j’y retrouve quand j’y vais…..
chez les garçons, et que l’on sent ici à la fois voulue Et tout cela par delà les quelques divergences de points
et naturelle. Tout cela toutes générations confondues. de vue ou les querelles de mots qui subsistent encore
Et que certaines tranches d’âge soient 3 ou 4 fois plus par ci par là. Mais les différences ne font-elles pas partie
représentées que d’autres, peu importe, l’égalité était des richesses d’un groupe ? Sans une certaine diversité,
bien là. Sans faux semblant, sans démagogie d’un côté ne finirait-on pas par devenir des « clones » ?!….Comme
ou de condescendance de l’autre. ce que ce monde dans lequel nous vivons, et que nous
Parce que j’ai été interpellé aussi par cette façon de refusons, voudrait tellement que nous devenions .....
partager, au moment des pauses, ce que l’on est autant Maintenant que la page du chantier est tournée, pour une
que son casse croute, tout en ne se dévoilant que de page probablement encore plus riche et plus féconde
manière dosée, avec une grande pudeur à l’égard de qu’il a directement engendrée, je peux dire que la
l’autre comme à l’égard de soi même. Une discrétion, « Transfu » ce fut, aussi, une belle aventure humaine !....
une délicatesse même, qui n’empêchait pas, par Comme toute aventure, elle fut secouée de péripéties,
moments, les expressions, voire les explosions de joie de moments de doutes, d’incertitudes. Mais toujours
et d’enthousiasme. surmontés, même quand ce fut seulement au jour le jour,
La 3ème raison qui fait que j’ai eu envie de continuer notamment vers la fin.
sans réserve jusqu’à la fin du chantier, ce serait en fait la Et aujourd’hui, maintenant que cette aventure est
1ère des trois. C’est d’avoir trouvé exactement, et bien parvenue à son terme et qu’on peut la considérer avec
au-delà de ce que j’espérais, ce pour quoi j’avais eu un certain recul, on peut dire qu’elle est pleinement
envie de venir au départ, avant que je sache comment réussie.
cela se passerait réellement. Il s’agit, bien sûr, de cet Une aventure réussie qui, bien au-delà du « bon
esprit de résistance au projet technocratique et affairiste souvenir », a pris une valeur de symbole et se révèle
sur Notre Dame des Landes, et de ce soutien, traduit appelée à un rayonnement et à une résonnance qui
en actes malgré la distance, à ceux qui sont là bas en dépassent nos personnes, et même, probablement, nos
«
« première ligne ». espérances.
Ce mélange subtil d’attentes comblées, d’un côté,
et de découvertes décapantes, voire déstabilisantes,
mais toujours vivifiantes, de l’autre, m’a fait beaucoup
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« Eux ils appellent ça une école. Moi j’appelle ça un atelier de
construction. Ils construisent des bonhommes et des bonnes femmes.
«
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Premier atelier. Rendez vous 14h au parking du Transfo.
J’arrive à l’heure, je suis donc très en avance.
J’entre seule et presque à tâtons. Le parking est sombre. Un seul néon est encore en état de
marche et n’éclaire que des premiers pas. Au loin, un mince point de jour. Et puis, les yeux
finissent par s’habituer au peu de lumière que laissent entrer les quelques soupiraux. Deux
rangs de larges colonnes, peintes de rouge et de blanc, s’éteignent dans l’obscurité et semblent
fuir dans une perspective infinie.
Je souris. C’est immense et c’est ici que tout commence.
Ce jour là, il n’y avait donc : ni lumière, ni établi, ni électricité, ni local à outils.
Les autres ont fini par arriver. On a discuté puis fini par se mettre à travailler.
J’ai suivi les pas d’un grand homme au chapeau. Tantôt pour l’escabeau, tantôt pour les
rallonges, les câbles ou les dominos. On allait tout allumer. J’allais tout apprendre.
Ce jour là, qui aurait pu y croire que c’est ici que tout s’est fait, qu’on s’est tout dit?
Que c’est ici qu’est né l’atelier ; qu’ont eu lieu chantiers collectifs, nocturnes, portes ouvertes et
AG ? Que c’est ici qu’on a refait le monde, qu’on a bu et qu’on a dansé?
Ce jour là, et ceux qui ont suivi, chacun tient sa raison d’être ici. Chacun la sienne. Seulement,
aux contacts des autres le regard s’élargit, puis, on adopte la cause de l’ami.
Étudiants, anars, retraités ou thésards, écolos, artisans, chômeurs, intermittents ou ingénieurs,
quel plus bel alliage pour une telle ardeur ?
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bat.
e s, fo i e n ton com uil.
tes lu tt le se
a n t, c o u rage pour r t e e t f ranchis
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q u a tt e u r, zadiste o u r ie u x pousse s.
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A toi,
r , in d ig né, ou c a p lu s
veu n’y
A toi, rê là , s a che qu’il
e s
Si tu en
Vois, entends.
La sève monte et les loups hurlent.
Viens, résiste. Vis ton utopie.
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notes :
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>> pour venir à l’Atelier du Transfo :
57 avenue de la République à BAGNOLET
Métro Gallieni ou Robespierre
ISBN : 978-2-915694-73-4
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La commission cabane
Février 2014
5€ ISBN 978-2-915694-73-4
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