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Livret Cabane

Le document présente un manuel pour la construction de cabanes mobiles et engagées, destiné aux squatters et activistes. Il évoque la lutte contre le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, mettant en avant l'importance des cabanes comme espaces de résistance et d'autogestion. Le texte encourage à partager des expériences et à s'organiser collectivement pour créer un autre monde.

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Livret Cabane

Le document présente un manuel pour la construction de cabanes mobiles et engagées, destiné aux squatters et activistes. Il évoque la lutte contre le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, mettant en avant l'importance des cabanes comme espaces de résistance et d'autogestion. Le texte encourage à partager des expériences et à s'organiser collectivement pour créer un autre monde.

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L’ ATELIER CABANE

PETIT MANUEL ROMANCÉ POUR LA CONSTRUCTION


D’UNE CABANE MOBILE ET ENGAGÉE

À TOUS LES SQUATTEURS, ZADISTES, RÊVEURS ET ARTISANS D’UN AUTRE MONDE...

1
L’ ATELIER CABANE
PETIT MANUEL ROMANCÉ POUR LA CONSTRUCTION
D’UNE CABANE MOBILE ET ENGAGÉE
La commission cabane
- février 2014 -
CABANE [kaban] n. f. ◊1° Petit abri ou habitation sommaire, maison du pauvre.◊ 2° FAM. Prison.
◊ 3° Action directe de résistance et d’occupation.

ATELIER [at∂lje] n. m. ◊1°Lieu de travail d’artisans, d’ouvriers ou d’artistes. ◊2° Section d’une usine
où des ouvriers travaillent à un même ouvrage. ◊3° Lieu auto-géré de créations collectives et de
constructions populaires.
Un jour, c’est fini
Et il voudrait grandir le jour
Mais, dans la tempête, la nuit résiste, le vent se lève
Ce vent froid qui nous maintient éveillé et indigné
Car quand les arbres brûlent, rien
N’empêchera jamais les graines, de s’envoler, de circuler
De s’enraciner, même
Là où le jour a déjà des airs d’obscurité

8
Alors, vas-y ! Germe, pousse, petite graine, noire
Comme cette terre qui t’accueille aujourd’hui
Récupère du soleil et de ses rêves d’infini
Les éclats de croissance qui ne brillent plus ici
Cette pluie morte qui nous aveugle sans raison
Utilise-la pour cultiver l’ombre dans laquelle
Sans plan ni direction, tu fais pousser la sédition

20
Écris ton histoire avec tes propres mains
Les racines profondes c’est bien
Mais si elles t’empêchent de pousser, fais les sauter !
Choisis ta base, fonde ta société
Les supports solidaires, s’aident les uns les autres
Les appuis libertaires, enchâssent nos idées
Ils sortent déjà de terre, aide-les à pousser

Mais dehors, il fait jour


28
Travaille ton écorce, contre leurs sales idées
Lumineuse comme cette neige qui veut te déloger
Et porte la chaleur jusqu’au fond des bois
Je n’hiberne pas, moi, je me bats !
Venez m’aider, vous, chercheurs d’ombre, faiseurs d’obscurité
À élargir les brèches de la verticalité

46
Tu n’es plus seul, des oiseaux sont là, avec toi
Ils chantent leur liberté, en haut de tes feuillages, en attendant l’été
Les idées se transmettent plus vite par la pratique !
Le vent les pousse, jeune, contre les vielles branches
Tous travaillent sous le même toit où
Tu apprends aux autres de quoi est fait ton monde

52
Qui récolte le vent sème la tempête !
Oui, ici on démonte les préjugés au pied-de-biche
Toi, là, tu attends quoi pour ouvrir à ton tour ?
Tes fleurs sauvages ont besoin de rêver
De se mélanger, de voyager, pour créer
Attise le pollen, braise de la création
Et fais vivre ce foyer l’espace d’une liberté
60
Hé, le jour, en voulant nous virer, un arbre noir est né
Brûle-le si tu veux et essaye de nous virer
Dans son ombre, on est là, à transformer son bois
Et ces fruits de colère ne sont que le revers de la réalité
Sais-tu combien de graines noires ont germé ?
Les vois-tu mûrir en nous ces fruits de liberté ?
Contre ça, tu ne peux rien, ton pouvoir ne vaut rien
72
La nuit soulève !
Nos mains s’abîment, son noir les a nourri
Autant que nos âmes tristes dormaient avant la nuit
Le jour s’en va
Construisons nos rêves, continuons nos combats
N’attendons pas de trêve, demain il reviendra
Résistance et création, sèves jumelles de la libération
88
8
1. LA TEMPÊTE ET LA GRAINE

L’ATELIER CABANE
QUAND, COMMENT,
POURQUOI ?

Les mimiques du loup : Positions expressives de la queue :


1 Expression normale 1. Position normale
2 Expression face à un garde mobile 2. Assurance
3 Expression en assemblée générale 3. Menace
4 Expression face à un préfet 4. Menace mêlée de peur
5. Mâle dominant honteux

9
# NOTRE DAME DES LANDES

Il était une fois dans le bocage nantais,


un grand méchant chaperon qui avait un projet.
À Notre-Dame-des-Landes, il envisageait
de construire un aéroport en rasant la forêt.
D’autres après lui suivirent cette même idée et
le projet fit son chemin, année après année.
En 1974, s’est ainsi décidée la création d’une
Zone d’Aménagement Différé.

S oudain les grands méchants chaperons


firent machine arrière, effrayés par la résistance
locale et le pétrole hors de prix, ils enterrèrent
ce projet, et ce fût bien ainsi. La langue de bois
dormant, on oublia l’idée, de mettre du béton
au cœur de la forêt.

Quelques années plus tard, l’aéroport endormi


fût soudain réveillé. Aucun prince charmant
n’apposa de baiser, mais un Vinci marchand
avait quelques idées… Complètement malade,
depuis son cabinet, Maire-grand aimait l’idée
de rajouter du beurre dans son petit panier.
Puis en 2007, pour mieux le déguiser, le grand
méchant Préfet de Loire-Atlantique déclara ce
projet d’utilité publique. Des galettes de béton
allaient être versées sur plus de 1650 hectares
de forêt.

Un jour, contre cette idée, des petits loups


noirs se mirent à lutter. Parfois encagoulés, ils
luttaient sans chaperon et ils appelaient ça :
l’autogestion. Dès 2009, pour les protéger, les
fermes et les terres furent ainsi occupées. La
Zone À Défendre venait d’être créée, mais ce
n’était pas assez…

10
Ni une, ni deux, les petits loups révoltés,
ne firent qu’un seul vœu : changer la société.
Pas besoin d’enchanteur, pour le réaliser : un
grand rêve et beaucoup de volonté, la Zone
d’Autonomie Définitive devint réalité.

Maire-grand, que vous-avez de grands


projets ? C’est pour mieux te loger, citoyen.
Maire-grand, que vous-avez de grandes
salles de réunions ? C’est pour mieux te faire
participer, citoyen.
Maire-grand, que vous-avez de grandes
urnes ? C’est pour mieux te faire voter,
citoyen.
Maire-grand, que vous-avez de grands
yeux? C’est pour mieux te protéger, citoyen.
Maire-grand, que vous-avez de grandes
dents ? C’est pour te manger.

Et en disant ces mots, le grand méchant


chaperon se jeta sur les petits loups noirs,
et essaya de les expulser. Mais les petits
loups noirs étaient organisés et quand, en
novembre 2012, ils se firent attaquer, ils ont
su résister.

11
# LE COLLECTIF ÎLE-DE-FRANCE

Pour soutenir la ZAD, des petits loups noirs d’Île-de-


France se sont aussi mobilisés. La légende raconte
qu’ils se rencontrent tous les mardis à 20h au Transfo
à Bagnolet...

Collectif Île-de-France de soutien à la lutte de Notre-


Dame-des-Landes : [Link] // collectifnddlparisidf@
[Link]

# POUR NOUS, FAIRE UNE CABANE

P rès de Nantes, les enfants ne jouent plus aux


indiens et aux cowboys, ils ne jouent pas non plus aux
gendarmes et aux voleurs : ils jouent aux zadistes et aux
gendarmes. Qui fera le gendarme cette fois ? « Pas moi,
je veux aller dans la cabane ! »

Sur la ZAD comme ailleurs, une cabane c’est d’abord un


abri, on y discute abrité du vent, on s’y repose au sec, on
y mange au chaud. Et plus qu’un abri, les cabanes de la
ZAD sont des lieux d’accueil, de rencontre et d’échange.
Discussions interminables, pot-au-feu de légumes
partagé entre ami.e.s, reprise en chœur des chansons
de Brel et de Ferré, et engueulades sincères en font des
lieux de vie comme il en existe partout.

Sur la Zone à Défendre plus qu’ailleurs, une cabane est


un moyen de lutte, un lieu d’organisation et surtout un
moyen d’occupation permanente du territoire. Occuper le
territoire 24h/24 c’est le moyen le plus sûr d’empêcher
le début des travaux. Tant qu’il y aura des cabanes
habitées à Notre-Dame-des-Landes, leur aéroport ne
sera pas construit et notre lutte pour un autre monde
restera vivante.

Sur la Zone d’Autonomie Définitive, une cabane est un


moyen de vivre par soi-même, pour un autre monde.
Construire son habitat de ses propres mains, en suivant
ses propres plans, à partir de matériaux de récupération
et en partageant les savoir-faire de chacun, c’est
apprendre à construire un monde de solidarité sans
rapport de domination sur l’environnement.

12
« L’atelier c’était à la fois pour moi l’idée de rentrer dans un projet
chouette et d’y rencontrer des gens et à la fois d’apprendre la menuiserie,
«
c’est à moitié une école, quoi.

Il s’agit de vivre selon ses critères sans être obligatoirement


soumis à un système hiérarchique et autoritaire. En un
mot comme en cent, c’est le droit de vivre libre.

Avec le collectif Île-de-France est donc naturellement


née l’idée de construire une cabane pour soutenir la ZAD.
Nous avons ainsi monté une commission pour mettre
cette idée en pratique.

# LE SQUAT DU TRANSFO

Construire une cabane à Paris ? Il nous fallait de la


place, heureusement, le Transfo (quatre bâtiments
squattés depuis novembre 2012) disposait d’un grand
parking en sous-sol inutilisé. Nous avons donc posé nos
outils ici, dans ce lieu lui aussi menacé d’expulsion et
dont le fonctionnement autogéré correspond à notre
désir commun d’établir et de faire vivre des ZAD partout.

La meute des petits loups noirs d’Île-de-France


a ainsi trouvé une tanière aux dimensions de
ses rêves. L’aventure pouvait commencer…
Gare à toi, grand méchant chaperon !

13
14
# LE MANUEL ET LE FILM

Ce livre que vous tenez entre vos mains…

… est né de la volonté de partager. Partager cette expérience, pour faire naître des
idées. Partager nos rêves et nos plans pour vous aider à lutter et soutenir les ZAD, partout.
Partager cette méthode, pour donner envie de faire des cabanes, mobiles ou non, mais toujours
engagées ! Partager nos réussites et nos échecs pour vous permettre de réaliser vos rêves de la
meilleure façon possible.
C’est pour vous quoi !

… est né de la volonté de se souvenir. Se souvenir de cette expérience, pour avoir


des rêves encore plus grands la prochaine fois. Se souvenir des rencontres, des copines et des
copains, se souvenir des bons moments comme des mauvais, parce que la lutte (est) dure.
C’est pour nous aussi !

… n’est pas un « mode d’emploi yquéa », ce n’est pas un « modèle ». Au contraire,


c’est un manuel, un guide pratique. Nous essayons de décrire avec précision comment nous
avons construit cette Cabane, et si vous voulez vous inspirer de cette expérience, il faut toujours
garder à l’esprit qu’il n’y a pas de solution parfaite. La meilleure solution est toujours celle qui
s’adapte au cas par cas, à vous de trouver comment adapter ces techniques à votre situation.
On a fait pas mal de plans au départ mais finalement on s’est toujours adapté en fonction de la
récup qu’on a pu faire (en particulier pour les portes et les fenêtres), d’ailleurs aucun des plans
présents dans ce livre n’est vraiment fidèle à la réalité !

Ce film que vous avez sous vos yeux...


(Le film est disponible ici : [Link]

… est né de la volonté de rendre compte de l’ambiance de travail dans laquelle


s’est construite la Cabane, de mettre des voix, des mots et des visages sur les gens qui ont fait
vivre cette belle aventure et de transmettre l’enthousiasme et l’énorme énergie qui ont permis la
réalisation de ce rêve collectif.

La suite…
La suite c’est vous, c’est nous, continuons à espérer, à rêver, à lutter, à aimer, à vivre !

15
L’atelier cabane
OUVRE SES pORTES

> PREMIÈRE gRANdE jOURNéE dE chANTIER cOllEcTIF


lE SAMEdI 2 MARS dE 14h à 21h

AU TRANSFO
57 avenue de la République à BAGNOLET
Métro Gallieni ou Robespierre

AMENEZ VOTRE BOITE À OUTILS (si vous en avez une) ET UNE BOUTEILLE pOUR L’ApéRO !

Comité de soutien contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes paris Ile de France - [Link] - [Link]@[Link] - [Link]

16
l’ atelier cabane
OuvrE sEs pOrTEs

> jOURNéeS de chANTieR cOllecTiF le SAmedi 30 mARS eT


6 AvRil de 14h à 21h... AvEC lA CONsTruCTION DE sErrEs
pOur lA ZAD

AU TRANSFO
57 avenue de la république à bAGNOlET
Métro Gallieni ou robespierre

AMENEZ quElquEs OuTIls ET uNE bOuTEIllE pOur l’ApérO !


...une petite caisse de soutien vous attendra aussi si vous souhaitez participer aux frais de transport de la cabane

Comité de soutien contre le projet d’aéroport de Notre Dame des landes - [Link] - [Link]@[Link] - [Link]

17
17
«C omment j’ai connu la lutte Notre Dames des Landes, et l’atelier de construction de la cabane,
rapidement :

En soirée, quelques amis, comme bien souvent au bout de quelques heures/bières on se retrouve à faire
le monde en parlant surtout plus fort que les autres, histoire de bien se comprendre soi-même, quand
l’un me dit, le doigt levé et un œil fermé : «Tu me fais penser à quelqu’un, il faut absolument que tu le
rencontres ». Nous voilà sur l’autoroute depuis Lyon vers Nantes, Vinci nous remercie à chaque péage. On a
jamais trouvé la personne en question. On a commencé par discuter avec quelques riverains, avec souvent
quelques types bizarres en uniforme pas loin (on peut pas dire qu’il était franchement accueillants, ça, mais
en tout cas franchement curieux, toujours à nous épier avec leurs jumelles).

C’est le mois de janvier, il fait froid et les chemins sont boueux, bottes obligatoires, mais le tourisme y est
facile : on nous propose un toit, à manger, et même de quoi s’habiller chaud, sans contrepartie. Quand on
passe d’un lieu habité à un autre on prend un café, ou un thé, et les gens prennent le temps de discuter, de
plaisanter. Tout ça donne envie de participer et nous aidons à la cuisine, et sur les chantiers.

La question de l’aéroport me dépasse un peu. Bien sûr il y a des expulsions, le bétonnage peu soucieux
des habitants du bocage, des forêts dont on ne doit pas négliger l’importance à cette heure complexe de
la mise en cause de l’impact écologique, mais les avis divergeants des riverains et des voisins me donnent
vite l’impression d’être illégitime sur le sujet. Cependant, l’idée de voir naître un lieu libre, pour aller vers
l’expérimentation, le renouveau et le mouvement m’agite. Ici sont organisés des débats, des rencontres,
on passe du temps à cogiter sur des questions fondamentales du vivre ensemble, et on essaie de mettre
les choses en pratique.

18
Retour à Paris pour le boulot. Dans cette ville, rares sont les rues où l’on ne lit l’empreinte du capitalisme,
omniprésent, et oppressant. Ceux qui pensent que le financement est le meilleur travailleur respirent, et
tout le monde suit, moi y compris. On y est contraint de revoir nos notions du temps, nos notions d’argent,
on vit dans un monde où l’être humain devient l’être unique, rien n’existe qui ne découle de lui, centre de
tout. C’est une machine qui relègue le reste du monde à l’état de représentation. Juste à côté de chez moi,
je n’ai qu’à traverser le périph... débute un chantier de construction de cabane en kit pour Notre Dame
des Landes !

L’accueil parmi ces bricoleurs est convivial et chaleureux. Tout le monde peut mettre la main à la pâte, on
ne compte plus le nombre d’entre nous qui tenaient une visseuse pour la première fois. Et il y a tout un
outillage à disposition ! L’apprentissage se fait de façon participative : tout le monde enseigne à tout le
monde. On y trouve femmes et hommes, sur plusieurs générations. Les réjouissances d’un travail manuel,
et des liens avec les personnes se tissent. J’entre de façon plus pérenne dans la lutte.

Lutter, contre qui, pour quoi ? Autant d’individus, autant de raisons de vouloir changer les choses, autant de
directions différentes pour un monde meilleur. On se retrouve d’abord dans l’opposition collective à un projet
imposé, et par ce biais dans la construction collective. Construction pratique, mais aussi spirituelle. C’est en
clouant, vissant, mais aussi autour d’un verre, mauvais vin rouge ou bière tiède, toujours appréciables en
bonne compagnie, que nos idées se confrontent, s’additionnent et se mélangent. Philosophie, politique, et
autres recettes de cuisines, j’ai l’impression d’y voir évoluer les mœurs, forces obscures et souvent sous-
estimées. J’apprends beaucoup.

Aujourd’hui, on ne bâtit plus sa maison ou ses meubles, on achète. L’argent devient le vecteur de plus en
plus systématique de nos biens matériels, au point de ne plus savoir ce qu’on pourrait faire par soi-même.
La satisfaction d’avoir construit, ou de manière générale, travaillé sur son environnement, est remplacée
par le plaisir d’acheter. Depuis cet atelier, j’ai la sensation d’être capable de construire de façon autonome.
Bien sûr, il y a les connaissances et les techniques acquises, mais l’essentiel réside surtout dans le simple
fait de se dire : « c’est possible ». Ce n’est pas un savoir ou une compétence, mais une façon de penser, on
pourrait dire une croyance. Mais ceci n’est qu’un détail devant la multitude et la richesse des expériences
partagées.
«
19
2. LE SUBSTRAT ET LES ÉLÉMENTS

LES PRINCIPES,
LES OUTILS,
LE MATOS...

20
2121
« Plus ils expluseront, plus on construira
«

COMMENT FAIT-ON?
# Mais alors? Comment fait-on pour construire une cabane, ICI, à Paris ; pour soutenir une
lutte qui se passe, LA-BAS, à Notre Dame des Landes?

Et bien, on imagine en kit, on pense en kit et on fabrique en kit. Montage. Démontage. Montage. On a
peur de rien! La cabane se composera donc de pièces détachables, ni trop grosses (il faut qu’on puisse les
transporter en camion et les soulever sans machine), ni trop petites (on a horreur des casse-tête chinois).

# Oui, mais alors? Comment fait-on pour construire une cabane sans forêt, sans enfants,
sans grand chêne, et sans argent?

Et bien, notre campagne à nous, parisiens, c’est la rue! Elle est aussi riche que la grange de mémé ou que
la remise du grand-père. On y trouve tout! Ouvre les yeux et fais toi des potes. Traine autour des chantiers
de démolition, fais un tour à la fin des marchés, ose les trottoirs!

Notre cabane c’est donc du 100% récup! Des fenêtres au bois, des tasseaux
aux huisseries! Mais notre matériau de base s’est avant tout la palette! Il en
a fallu plus de 1000. On imagine palettes, on pense palettes et on fabrique
palettes. Il faut donc les trouver, les transporter, les trier ; conserver les plus
belles et désosser les bosselées (on récupère les planches).

Et sinon, quand on peut, on évite d’utiliser du bois peint ou traité, de l’agglo ou du contre plaqué
(sache que s’est bien plus polluant que les autres matériaux).

22
# Mais alors? Comment fait-on pour les outils?

Pour monter une cabane comme la notre, il n’est pas nécessaire d’avoir un atelier professionnel tout
équipé, quelques outils bien choisis suffisent :

quelques postes fixes : scie circulaire, scie circulaire montée en déligneuse, radiale
les indispensables : perceuses, marteau, arrache clous (pied de biche), mètre, niveau, frontale...
les plus : raboteuse, disqueuse, scie plongeante
quincaillerie : clous, agrafes, vis, (par ordre de prix et de tenue)

# Mais alors? Comment fait-on pour… On a arrêté de se poser des questions ici!

La devise dit “quand on veut, on peut” et les militants savent que “quand on veut à plusieurs, on va encore
plus loin”!

« elle est faite à 100 % avec des choses de récupération à part


les clous et les vis, donc c’était un peu long, parfois même un «
peu de bric et de broc

23
«Q uand j’ai entendu parler de l’idée de construire une cabane sur la zad pendant une AG du collectif
parisien de soutien à Notre Dame des Landes, j’ai tout de suite été motivé. On était alors fin décembre
2012, et “César” et ses sbires venaient de détruire bon nombre de maisons sur la zone, il fallait donc se
mettre à rebâtir . . .

Utiliser mes mains pour construire collectivement une maison m’a donc paru alors la chose la plus utile et
la plus enrichissante à faire pour participer à la lutte contre l’ayraultport et son monde.
J’avais la nette intuition avant de commencer que ça allait être une belle aventure humaine et je n’ai pas
été déçu.

24
Pour ce qu’on apprenait à chaque fois, pour les belles rencontres faites dont certaines se prolongent
jusqu’à aujourd’hui, pour le plaisir de créer quelques chose dans un esprit de lutte, collectivement sans
hiérarchie et dans la gratuité, pour les discussions très variées et les rires échangés pendant les pauses ou
en désossant une palette dans un parking par 5°, pour les chouettes moments partagés, venir à l’atelier
était pour moi un plaisir toujours renouvelé.

D’autant plus que comme beaucoup d’autres, cette expérience m’a donné une bonne dose de confiance
dans ma capacité à créer, à faire des choses de mes mains et à me servir d’outils que je croyais auparavant
réservés à des professionels. Ceci s’est fait essentiellement grâce à la conviction que nous nous étions
forgée, que l’intelligence et la volonté collective pouvaient venir à bout de toutes les difficultés. Le climat
de compréhension et d’entraide, respectueux des connaissances et de l’expérience antérieure de chacune
et de chacun a aussi été très propice à l’apprentissage de plein de choses. Je sais maintenant distinguer
un embout pour visseuse PZ2 d’un PZ3 ou d’un PH2 . .
Je sais aussi qu’il y a différents types de palettes et qu’on ne commence pas à bricoler sans avoir un mètre
et un crayon dans la poche !

Bien entendu, comme il y avait surtout des débutant-es-s, il y a eu pas mal d’erreurs, de la planche de
palette cassée au caisson à reprendre car mal dimensionné, en passant par certains outils endommagés . .
mais c’est un passage obligé et même nécessaire pour apprendre, les erreurs d’une personne profitant à
toutes les autres. En termes d’autogestion, nous avons aussi connu quelques écueils. Nous nous sommes
beaucoup appuyés sur les compétences d’un petit nombre de personnes alors que nous aurions souhaité
que cela soit mieux réparti. La nature ambitieuse de notre construction (une maison de 50m2 au sol
avec étage !) et le fait qu’il y ait des personnes expérimentées d’une part et des novices de l’autre a rendu
parfois difficiles pour ces dernières l’autonomie dans le travail et la prise d’initiatives. Lors du montage à
la ZAD, l’”urgence” de la construction a créé une spécialisation des tâches en fonction des compétences,
cela aussi reste à déconstruire !

Forts de cette belle expérience et conscients des efforts qu’il nous reste à faire, nous n’avons pas voulu
nous arrêter en si bon chemin avec les copines et les copains Nous cultivons l’élargissement du champ
des possibles ainsi que “l’être ensemble” pour une autonomie chaque jour plus grande. L’atelier cabane a
donc débouché sur un atelier plus varié dans le bâtiment D du Transfo. C’est ainsi qu’après avoir semé une
maison au printemps : des éoliennes, des carrioles à vélo, des radios et bien d’autres choses se dresseront
face au vent !
«

25
Des 0€/m 2

/
Frais d’agence inclus !

EXCLUSIVITÉ BOCAGE
chambre

PLAN 1er ÉTAGE


PLAN RDC

bureau - bibliothèque pièce à vivre

terrasse

* images non contractuelles


annonces 44 - (bobo)immo
À seulement vingt minutes du centre ville de Nantes, et bientôt au cœur d’un aéroport
international, la ZAD bénéficie d’une situation géographique privilégiée. Dotée de plus de
1600 hectares de bocage et d’espaces boisés, cette zone dynamique séduit par la richesse de
son offre culturelle (assemblée générale hebdomadaire, automédia, radio libre, festivals, spectacles
vivants et autres soirées de soutien) et écologique (on ne compte même plus les espèces protégées).
Parfaitement desservie en interne avec un service de marche à pieds totalement gratuit,
cette zone vous garantit de vivre définitivement en toute autonomie. Infrastructures policières,
évènements sportifs de qualité (lancer de projectiles, diverses formes de luttes, etc.) ou encore
marché gratuit de plein air : Tout a été pensé pour vous garantir une qualité de vie au quotidien.
Vous cherchez à investir dans la palette ? La « Transfu » est adaptable et répond à tous vos
besoins.

En plus des deux pièces que vous pouvez aménager en chambre ou en bureau, la Transfu
dispose d’un grand espace principal qui offre luminosité et confort à ses
habitants. Une terrasse plein sud, véritable pièce à vivre en plein air, vous
permettra de profiter pleinement des rayons du soleil tout au long de la journée.

La « Transfu » réussit à s’intégrer à son environnement sans ne rien céder à son


caractère et à ses partis pris architecturaux. L’ensemble affiche de jolis jeux de volumes
et d’alternances de lignes tout en faisant le pari de l’audace et de la modernité.
Touches de couleur, alternance des matériaux, tout contribue à faire de cette
nouvelle adresse une référence moderne de l’art de vivre sur la ZAD.
La « Transfu » invite à une vie sereine dans un environnement de lutte.

annonce publiée le 14/06/2013 à Nantes

27
28
3. LES RACINES

ÉTAPE1 :
POUTRES CREUSES
ET PLANCHER

loup

29
POUTRES CREUSES
Pour chaque type de pièces (poutre, mur, toit…) il y a toujours un modèle de base. Cela
facilite la construction collective. Pour commencer, on apprend tous à faire la pièce de
base puis on apprend les variantes et on finit en faisant du sur-mesure.

L = 200CM
C = 6 /16 / 9,5

VIS
VIS

VIS
VIS
VIS

VIS
VIS
VIS

6 par entre toise


VIS
VIS

2 vis sur champs entre chaque entre toise


VIS
VIS

30
LES MANCHONS :
Ces pièces doivent être impérativement en bois massif (en bois dense).
Dans notre cas, les manchons ont une longueur totale de 80 cm, ils pénètrent de
40 cm dans la poutre.
De manière générale, le manchon doit pénétrer au minimum de la moitié de sa longueur.

LES ENTRETOISES :
Egalement en bois dense, elles doivent être bien coupée à l’équerre, il en va de la
solidité des poutres !
Épaisseur > 22 mm d’épaisseur // distance entre deux entre toise < 30 cm

LES PLANCHES LATÉRALES : 20 mm d’épaisseur

Un seul manchon est vissé, l’autre est retiré. Les poutres peuvent ainsi
s’emboiter l’une dans l’autre.

C’est la planche supérieure qui transmet les efforts aux entretoises. Les planches
latérales ne doivent donc pas la dépasser.

NB: Les poutres creuses sont un moyen pour remplacer des poutres en
bois massif. C’est un gain de matériaux et donc un gain de poids! Alléger
la structure est essentiel à la fois pour faciliter le transport et pour assurer la stabilité
et la pérennité de la construction sur un terrain meuble. Les poutres creuses sont
les premiers éléments que l’on vient assembler pour constituer le chassis. Elles
serviront de base au plancher.

À RETENIR : la dimension minimum de la section d’une poutre doit avoir une


largeur supérieure à la moitié de la hauteur // La longueur standard de nos poutres
est de 2m, certaines (les variantes) font 1,50 m.

31
LES VARIANTES
POUTRES CREUSES coudées

LES REPRISES

« J’ai rarement eu l’occasion de travailler avec mes mains, ma première


motivation était complètement égoïste parce que j’avais aussi envie «
d’apprendre, moi, à faire ça

32
LES REPRISES
POUTRES CREUSES en «T»

NB: Dans les deux cas les reprises sont en bois denses,
comme les manchons. Si on veut pouvoir agrandir la cabane après la pose,
on peut laisser dépasser les manchons plus généreusement sur les extrémités.
Ceci vous permettra de repartir de ces points.

33
DÉTAILS ET ASTUCES (VALABLES PARTOUT)
LA GOUTTE D’EAU

NB: Les planches latérales doivent être suffisamment épaisses pour dépasser
d’environ 2mm par rapport à la planche inférieure. S’il pleut, ce recul permet aux
gouttes d’eau de se former puis de tomber pour éviter que l’eau ne s’infiltre dans
le bois.

34
LES MOISES INTÉRIEURES

S
VI
S VI

VIS
S
VI

LA MOISE

SCHÉMA DU PLACEMENT DES VIS : VUE DU DESSUS


1 VIS BIEN PLACÉES : DANS LE SENS DES EFFORTS
MOISE
TRAJECTOIRE DES FORCES PLANCHE 1 PLANCHE 2

2 VIS MAL PLACÉES : EFFORTS TROP IMPORTANTS SUR LES VIS


MOISE
TRAJECTOIRE DES FORCES

NB: Pour économiser le matériau et parce qu’il est difficile de trouver des
planches ou des palettes de deux mètres de long, nous utilisons généralement
des planches plus petites pour réaliser le coffrage extérieur. Pour cela, il faut
visser une moise entre les différentes planches pour permettre aux efforts qui
parcourent la poutre de se répartir entre les différents éléments. Les vis (quatre
par moise) doivent être dans le même axe que les efforts, c’est-à-dire qu’il faut
les visser en diagonale, vers l’extérieur de la moise.

35
LES POUTRES CREUSES ET LES VARIANTES

MANCHON

ENTRE-TOISE

36
REPRISE D’UNE POUTRE
CREUSE EN “T”

37
ASSEMBLAGE DES POUTRES CREUSES ET
POSE DES LAMBOURDES
À partir des trois types de poutre (droite, coudée et en T) on peut construire n’importe qu’elle
structure pour servir de base à la cabane. Il faut prévoir des poutres sous chacun des murs de
la cabane pour les porter le plus directement possible.

Un même courant ne doit pas être cloué sur deux poutres différentes pour permettre
le démontage

Les ANTI BASCULANTS servent à maintenir les lambourdes en place, ils ne doivent
pas dépasser la hauteur de la poutre

38
« C’était une façon d’apporter une aide pratique, concrête, pour la ZAD
«

3,50 m max entre deux refends

NB : il aurait fallu 4 poutres de plus car les poutres creuses louvoient mais pour
compenser on lardera (“car on tape dans le lard” = on visse) certaines lambourddes

NB: 35 à 40 cm max entre deux lambourdes car le bois de palette


(utilisé pour le plancher) n’est pas très résistant. La distance max entre
deux lambourdes peut être de 60 cm si le plancher est en bois massif
Prévoir des joints de dilatation en longueur : la lambourde doit être 5mm plus courte
que la distance entre deux poutres

Clouer des COURANTS qui recoivent les lambourdes en saillie sur les poutres

La dernière LAMBOURDE ne doit pas


être trop écartée de la poutre creuse
sinon le plancher bascule

39
LE PLANCHER

18 CM
30 CM

LAMBOURDE

NB: La pose du plancher a soulevé de nombreuses difficultés. Après plusieurs


tentatives, voici la solution que nous avons retenue. La première lambourde est posée
à 18cm environ de la poutre. Les autres sont disposées tous les 30cm environ.
Le plancher est cloué sur les lambourdes. Il faut couper chaque planche pour
qu’elle repose sur une demie épaisseur de lambourde à chaque extrémité.

Un débord de 10cm est possible près de la première lambourde, près des murs. Il faut
garder de l’espace pour pouvoir enlever les élements de plancher sans trop de difficulté
lors du démontage. Chaque élement de plancher doit être manipulable, il ne faut donc pas
les faire trop long (environ 2 mètres maximum).

40
2M

41
mots croisés
Horizontal : Vertical :
1. Mode d’organisation libertaire. A. Lieu auto-géré de créations collectives et de constructions
2. Squat. Zone Occupée. populaires. Ensemble, Tout s’Ouvre.
3. Autant que possible (À l’). Radio zadiste. B. Boîte à domination. [Link] est pour l’ordre, moins le pouvoir.
4. Article genré. Est dans le vent. Nom Masculin. C. On lui dit : « No ! ». Comme un hiver à l’Atelier.
5. En rêvant ainsi, on ne perd pas de vue ses rêves lorsqu’on D. Objet Non Identifié. Résistant de droite. Deux vieux.
les poursuit. Hurla dans la forêt. E. Gros Sabots. Anonymous capitaliste. Énergie Électrique.
6. Qui le récolte sème la tempête. On A Voulu l’Anarchie. F. EFK. Ils créent des liens.
7. Premier cours de géographie. Taureaux sauvages. G. Liberté, Égalité, …
8. Apprécié chaud. Indice de chimie. H. Le temps d’une révolution. On le répare à l’Atelier.
9. Alimente les cabinets. Rêve espagnol. I. Autrement dit, tout va bien. Paris Nord Est.
10. Repaire. « Un aéroport ? » J. Protection terrestre. Soldat sacrifié.
11. Elles ont du piquant. Pour être heureux, [Link] … son K. C’est non négociable au Transfo.
propriétaire.

>> solution page 60

42
jeux des ERREURS

>> Des erreurs se sont glissées entre ces deux images :


saurez-vous les retrouver et les dénombrer ?

erreurs, nous on aime la différence.


Lundi, des palettes! celleux qui ont peur des différences les identifient comme des
Mardi, des palettes!
Il n’y a aucune erreur ! Mais il y a beaucoup de différences… Seul
RÉPONSES JEUX DES SEPT DIFFÉRENCES
Mercredi, des palettes!
Jeudi, des palettes!
Vendredi, des palettes!
Samedi, des palettes aussi!
Et le dimanche, pour recuperer...
Chez nous, on travaille
Les palettes cassEes!

jeux des points


6 7 13 14 29 30 31
32
4 21
8 45 33
5 44
43
34
22 23 19 20 42

24 18 41 35
10 46 39
3 9 25 17 40
11 27 36
2 1 12 26 16 15 28 48 47 38 37

>> Relie les points de 1 à 48 pour découvrir le lieux d’installation de la cabane

43
Recette pour une cabane de resistance solide
dite “palettes” a‘ la zad
INGRÉDIENTS :
- des personnes motivées, si possible régulièrement
disponibles pour suivre les différentes étapes de la
construction
- un squat ami qui met à disposition un lieu pour créer
l’atelier
- des centaines de palettes et aussi des fenêtres et
des tôles de récupe
- des outils prêtés ou donnés par des participant-e-s
au chantier ou des camarades
- une soirée de soutien pour récolter des fonds
pour tout ce qui est visserie, clous, lames et embouts de
rechange
- des camarades de lutte qui peuvent nous prêter un
camion pour le transport sur la zad le moment venu

La Transfu

44
PRÉPARATION: Prêt-e-s à repartir ? Numéroter à présent chacun
Monter un atelier pratique et efficace. Pour cela des éléments pour s’y retrouver au moment du
mettre l’électricité s’il n’y en pas, construire des montage et démonter ensuite l’ensemble de la
établis et des meubles de stockage pour le bois. cabane. Réserver. S’organiser avec les camarades
S’aménager un petit salon convivial pour les pauses pour fixer une date de transport et de montage.
qui sont aussi nécessaires qu’agréables. Désosser Charger ensuite le camion que les ami-e-s ont
ensuite les palettes en veillant bien à ne pas fendre affreté pour l’occasion. Ne pas oublier d’emmener
les planches, ce qui nous permettra d’avoir une les outils et particulièrement les serre-joints, très
matière première solide. Réaliser un plan de la utiles pour tout type de construction. Eviter les
cabane à construire. barrages de police en arrivant sur la zad .

A partir de là, nous entrons dans la phase de Une fois sur place, fêter l’arrivée à la châtaigne. Le
construction à proprement parler. Construire des lendemain, il s’agira de niveller tant bien que mal le
poutres creuses pour l’assise au sol, fixer dessus sol et de poser des palettes qui nous serviront de
des courants et des antibasculants pour recevoir fondations. Merci à celles et ceux qui ont fumé des
les lambourdes. Préparer des caissons pour les joints de ne pas trop essayer de comprendre ce qui
murs et les fenêtres. Fixer provisoirement ceux-ci se passe alors, dans ce cas là, aller faire une sieste
sur les poutres creuses. dans sa tente et revenir frais plus tard. Effectuer
le montage de la cabane comme précédemment.
Ca n’avance pas assez vite ? Organiser une
journée portes ouvertes pour faire participer plein Une fois ceci fait, procéder à l’isolation puis fixer les
de monde, donner un coup de fouet au chantier et tôles sur la charpente. La cabane est maintenant
pour faire la fête une fois le travail terminé. terminée, il ne reste plus qu’à lui apposer un
écriteau ”La Transfu” dessus et à tester sa solidité
Une fois l’euphorie passée, fixer des planches lors de la crémaillère en prenant un apéro à une
aux lambourdes, ce qui constituera le plancher. quinzaine au 1er étage. Prévenir les camarades, la
Installer les portes. Préparer une belle et solide zad, les équipes médic et automédia que la cabane
poutre faitière et des caissons de toits qui viendront est prête, il ne reste plus qu’à l’investir et à la faire
prendre appui sur elle et positionner le tout. vivre ! Bonne lutte !

Un peu fatigant tout cela n’est-ce pas ? Prendre A accompagner d’une bonne dose de convivialité
une pause dans le salon prévu à cet effet ou au et d’esprit de résistance !
café disjoncthé, prendre un coup de rouge en
refaisant le monde pour décompresser.

45
LE TRONC ET L’ÉCORCE

ÉTAPE 2 :
MURS, FENÊTRES
ET PORTES

46
47
LES CAISSONS DE MURS
Il faut partir d’une palette en bon état et suffisamment résistante (type europalette). Quatre
planches viennent renforcer les palettes. Les planches latérales et la planche supérieure
sont plus larges que la palette pour permettre une isolation plus épaisse.

Les planches inférieures et supérieures


ne doivent pas dépasser la largeur de
la palette - il vaut mieux qu’elles soient
légèrement plus courtes (2mm) pour ne
pas avoir de souci au montage !

La partie basse des planches latérales peut être


découpée pour pouvoir monter/démonter plus
facilement les éléments de plancher.
B

48 2
Biseautage + surface d’appui pour favoriser
l’écoulement de l’eau et éviter les infiltrations.

Biseaux entre deux lattes

B
Recul de 2mm de la planche inférieure pour la goutte
d’eau
VIS

Le lattage dépasse largement le caisson pour se


fixer à la poutre creuse ou au caisson inférieur pour
VIS renforcer l’équerrage

goutte d’eau
C 49
POTEAUX
Pour les poteaux, il faut du bois de bonne qualité et des planches suffisamment larges .
Nous avons pu récupérer les planches d’un vieux plancher.

Pour limiter le flambement du poteau (c’est-à-dire pour éviter qu’il ne se


torde sur la longueur), il faut ajouter deux élèments de bois massif à fleur
d’un des bord du cadre.

Cadre avec des planches de 22cm de large.

1 2 3

L = 280CM

50
« Tous ensemble on a réussi à faire des choses, un endroit dans lequel on
peut habiter, juste en se mettant ensemble, en se partageant le travail
«

Terminer avec un lattage, en particulier si une face du poteau est à l’exterieur.

Renforcer le poteau en vissant des planches de 22cm de large, sur la face


où les renforts en bois massif sont à fleur.

4 5 6

51
ASSEMBLAGE DES CAISSONS SUR LE CHASSIS

NB: Commencer par dresser les angles, c’est plus stable. Monter les caissons
en se rapprochant du milieu des murs, sans les fixer à la poutre pour le moment. Le
but est d’obtenir l’alignement le plus horizontal possible sur le dessus des caissons.

Pour finir les murs et pour les pignons, il faut faire des caissons sur mesure, plus
petit qu’une palette et parfois avec des formes triangulaires. On peut alors faire des
caissons en suivant l’exemple du poteau (voir pages suivantes) et en s’adaptant.

52
Le deuxième rang vient en quinconce avec le caisson
inférieur

Une latte est ajoutée entre chaque caisson pour les


lier les uns aux autres

53
LES CAISSONS DE MURS ET
L’ASSEMBLAGE SUR LE CHASSIS

54
55
LES FENÊTRES
Le même principe peut-être utilisé pour les portes.

FACE EXTÉRIEURE

FENÊTRE EN PVC
Découper le plastique de la fenêtre pour avoir une surface 1
plane sur les quatre cotés

VI
VIS S

Faire un cadre en bois aux dimensions de la fenêtre


découpée en 1. Faire un second cadre à l’intérieur, à
fleur du coté “Extérieur” (en rouge ci-contre). 2
VI
VIS S

3a

Mettre la fenêtre dans le cadre contre les éléments vissés


3b
au point 2.
56
FACE INTÉRIEURE

4a

Faire un dernier cadre à l’intérieur, pour bien


caler la fenêtre (en rouge ci-contre) 4b

57
« Vous, les nantis

Vous, les repus,

Jamais vous ne verrez,


Va ! Ne te défonce pas la cervelle:

Ne t’éclate pas la rate !...

C’est dans un squat !...

Jamais vous n’aurez vu Un de ces locaux au rebut

Ce que nous savons faire Dont vous ne voulez plus…

Avec toutes ces affaires Mais dès que vous savez

Que vous jetez à la rue, Que ce n’est plus inhabité,

Avec toutes ces affaires Vous ne pouvez le supporter !

Dont vous ne savez que faire, Et d’un seul coup, vous vous rappelez

Car vous êtes trop pourvus. Que vous en êtes propriétaires!

*** Et là, vous remuez ciel et terre

Vous, les repus, Pour nous en faire déloger!...

Les nantis, Ces terrains, ces bâtiments,

Avec le superflu Vous les avez abandonnés…

Dont vous ne voulez plus, Vous en êtes absents,

De notre nécessaire Mais sitôt qu’ils ne sont plus vides,

Nous faisons tout ou partie…. Par un étrange sentiment morbide,

Si, par extraordinaire, Vous vous sentez dérangés !...

Vous veniez dans nos ateliers mal lotis, Vous vous sentez lésés !...

Où les paires de bras, de mains, ***

Où les cœurs et les esprits Derrière vos grands airs

Sont plus nombreux que les outils, Ou vos mines satisfaites,

Vous diriez que ça craint !... Seriez-vous capables

Car pour vous, peu De faire des cabanes

C’est forcément rien. Rien qu’avec des palettes ?!...

C’est vrai que tout ce qu’on fait Toi ?...Tu ferais

C’est avec trois fois rien !... Des pales d’éoliennes

Mais pour nous, trois fois rien, Façonnées dans le bois

Ça vaut vraiment le coup A la force du poignet ?

Car pour nous, trois fois rien, Qu’est ce que tu crois ?!.....

C’est déjà beaucoup ! Qu’on est des chiennes ?!

*** Qu’on est des chiens  

Pour savoir où se fabriquent Déshumanisés par la haine?!...

Tous nos projets utopiques, Qu’on est rongé par la révolte ?!...

Pour savoir où germent et lèvent C’est sûr que la révolte,

Nos semences artistiques Pour plus d’une et pour plus d’un,

Et certains de nos rêves Elle colle à la peau….

Qui y enfantent du réel, Mais tu sais ce qui nous mène ?

58
Tu sais ce qui nous tient Où l’on n’a qu’une parole

Dans un atelier comme au « Transfo » ?! Que l’on reprend quand on veut,

Cramponne-toi bien Où l’on serine tant qu’on peut

Sinon tu vas en tomber sur le dos : Qu’il faut savoir se vendre

C’est la recherche du bien !... Pour réussir dans la vie,

C’est la recherche du beau !... Nous, tu vois, dans la vie

*** Ce qui nous réussit


Vous, vous êtes pétés de tune !... C’est le petit brin de fantaisie,
Nous, nous somme sans la moindre fortune, C’est de bien écouter,
Parfois même sans aucun revenu !... Pas pour mieux contre-attaquer
Mais votre grande aisance, Mais pour mieux se comprendre!...
Vos colossales finances, C’est d’apprendre à bien s’entendre,
C’est toute votre faiblesse !… À vraiment se respecter,
Votre fric vous englue, D’apprendre à bien se connaître!....
Votre fric vous dessèche, -Et tout ça, c’est gratuit !...-
Regardez donc vos têtes !... Car nous, tu vois, notre souci,
De votre pognon vous êtes perclus !... Ce n’est pas d’avoir, c’est d’être…
Sans votre pognon, vous êtes perdus!... ***
Nous, on aime faire la fête !... Toi, tu crois peut-être
Et nous faisons nos fêtes Que notre passe- temps
Sans passer par des traiteurs, C’est de vous maudire
Sans mettre l’argent par les fenêtres, Ou de vous insulter?…
Sans protocole menteur!... Et bien moi, je vais te dire
Notre bienséance, Qu’on a bien mieux à faire !...
Elle est dans le cœur !... (Même si ça peut nous arriver !...)
*** Car ce dans quoi on espère,
Nous, nos richesses, Ce qui est notre but,
C’est nos rires, nos sourires, Ce qui fait qu’on vit
Nos échanges Réellement notre vie,
Nos partages de pensées, Et c’est pour ça qu’on lutte,
Nos trouvailles, C’est notre quête d’harmonie,
Notre gouaille, C’est la soif d’un vrai bonheur !...
Nos complicités, Autant que le permet la lutte
L’inventivité Contre ce système de misère,
Le sens de l’humour Notre envie, bien ancrée dans le cœur,
Le vrai sens de l’amour!... C’est de s’aimer
C’est la solidarité !...

Dans ce monde de guignols


Comme des frères

Et comme des sœurs.


«
59
60
3. LES BRANCHES ET LES FEUILLES

ÉTAPE 3 :
CHARPENTE ET
COUVERTURE
61
61
LES CAISSONS DE TOITS ( À 2 PALETTES)
FACE EXTÉRIEURE

LES RENFORTS :
sur les blocs de deux palettes :
un seul renfort suffit

62
FACE INTÉRIEURE

BARRES DE TRAVERSE :
elles correspondent aux appuis sur les
éléments porteurs (poutres, murs)

LATTAGE

NB: Utiliser des palettes de taille égale (1,20 * 80 dans notre cas).
Contrairement aux murs, ne pas utiliser des europalettes car elles sont trop lourdes.

63
LES CAISSONS DE TOITS ( À 3 PALETTES)
FACE EXTÉRIEURE

LES RENFORTS :
sur les blocs de trois palettes :
Idéalement, il faut des renforts
sur toute la longueur de l’axe
central ou en quinconce pour
être le plus solide possible

64
FACE INTÉRIEURE

« On a toujours l’impression que c’est des solutions utopiques qu’on


propose, qu’on s’embarque qui tiennent pas la route. Mais les choses «
sont vraiment possibles autrement.

BARRES DE TRAVERSE :
elles correspondent aux appuis sur les éléments porteurs (poutres, murs)

65
LES CAISSONS DE TOITS

66
67
ASSEMBLAGE DES CAISSONS DE TOIT

VIS

VIS
VIS

VIS

68 >> solution des mots croisés


NB: La charpente demande au moins de construire une poutre centrale (la
poutre faîtière) et en fonction de la taille des éléments de toit, on peut ajouter des
poutres intermédiaires.

Les caissons de toit reposent sur la poutre faîtière et sur le haut du deuxième niveau
de caisson de mur (éventuellement sur la poutre intermédiaire pour les caissons de
toit de 3 palettes). Ils sont disposés le côté latté vers le bas.

Pour pouvoir assembler les pièces et les visser les unes aux autres, il ne faut pas
mettre de planches de renforts intérieures sur toute la longueur. Les éléments seront
vissés les uns aux autres en quinconce.
VIS

VIS
VIS

VIS

69
« Déconstruire un système qui nous envahit de produits que l’Homme n’a pas choisi,
Débiter pour reconstruire collectivement des rêves enfouis,
C’est à la main de l’autre que je me connecte dans un esprit commun.
Une base est posée par volonté de quelqu’uns.
Il faut des corps pour pousser l’imaginaire à monter les murs, au fur et à mesure.
La matière nous guide; on fi nit par y croire.
Au contact du bois qu’il faut agencer, fragmenter, pénétrer, on partage des savoir-faire qui
réaniment notre capacité à créer.
La formation technique sur le terrain suit celle à la construction d’un objectif commun.
On en cause planche par planche, lancés par l’energie collective.
«

70
71
72
4. LES FLEURS ET LE POLLEN

LE TRANSPORT,
LE MONTAGE,
LES HISTOIRES
73
les
toi

74
let
tes
sèc
hes
le
* pan
nea
u d’a
f FIc
hag
e
la
rec
up
non
tri
l’in ée
pal f o

l’atelier cabane
ett
em -ki
al- osq
ran
gée ue
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a ne
pri
se
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éta ectri
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...e li ne ue (m
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éro
p
eut
le c om
loc
al men
à out c er
ils

75
*
«Plante ta tente une semaine au même endroit sur
la ZAD et tu verras ce qui s’y passe, tu verras si
«
tu peux mettre ta cabane à cet endroit

DÉMONTAGE
Demain matin à 8h, la première moitié des
pièces de la Cabane part direction la ZAD !
Aujourd’hui, c’est l’effervescence à l’Atelier,
il faut finir les dernières pièces du rez-de-
chaussée avant son démontage (et il reste
encore pas mal de boulot pour l’étage).
Quelques personnes sont à là depuis ce midi
et il est bientôt 21h, mais aucun d’eux ne
peut estimer l’heure qu’il est. Au fond du
sous-sol, captivé par le travail, difficile de
voir passer les heures, malgré la fatigue qui
se fait sentir…

LE VOYAGE À NOTRE-
DAME-DES-LANDES
Après quatre mois de construction, de récup,
d’installation et recyclage, d’échanges et de
partages, la cabane est fin prête à quitter
le Transfo pour aller fouler le sol de Notre-
Dame-des-Landes !
Les loups bien organisés connaissent les
meilleurs sentiers pour se faufiler sans se
faire choper : 400km à parcourir par les
petites routes, c’est parti !

76
NB: Les différents éléments ont été vissés temporairement les uns aux autres lors
de la construction pour vérifier qu’ils étaient aux bonnes dimensions. Pour faciliter le
démontage, ces vis temporaires ont été entourées au marqueur afin de les distinguer des
vis permanentes utilisées lors de la fabrication de chaque pièce. Pendant le démontage,
il faut donc enlever uniquement les vis entourées au marqueur. Enfin, théoriquement…
car en pratique on a pas mal galéré : sur les poutres creuses (les premiers éléments
assemblés) une bonne moitié des vis temporaires n’ont pas été marquées…

LE CHOIX DU LIEU >> Utiliser la Cabane pour l’autonomie


de la ZAD :
Choisir le lieu d’installation est une décision « Cette Cabane est quand même très
importante. Nous avons longuement confortable, utilisons-la pour améliorer la
discuté entre nous pour arriver à un vie sur place, en fonction des demandes
consensus. Nous nous sommes évidement de la ZAD. Je crois qu’ils ont besoin d’une
rendu plusieurs fois sur place pour faire infirmerie ? Je préfère qu’on l’installe dans
des repérages et la seule idée qui faisait un lieu plus sûr »
consensus depuis le départ était de se
concerter avec les zadistes pour répondre Aujourd’hui, la Cabane sert de lieu « auto-
à leur besoins. média » (à l’étage) et de lieu de soin (en
Le lieu dépend directement de l’usage bas), d’où son nom, LA TRANSFU.
de la Cabane et sur ce point, deux idées
apparemment contradictoires sont
apparues lors des discussions :

>> Utiliser la Cabane pour la défense


de la ZAD :
« Cette cabane peut se monter assez
rapidement sur place, profitons de l’absence
des gendarmes sur la ZAD pour installer
la Cabane sur un lieu stratégique pour le
NB: Tu aimes les puzzles ? Tu as
déjà fais un puzzle 3D ? Avec plus de 200
défendre. L’effet de surprise permettrait pièces ? Et des pièces d’environ 40kg ?
d’avoir le temps d’installer la Cabane et un Nous on aime bien les puzzles, mais on a
campement autour avant de se faire virer, quand même triché et numéroté chaque
quitte à voir notre Cabane détruite par des pièce (avec un code couleur en plus)
bulldozers au bout de quelques mois... On pour pouvoir les assembler sur place
pourrait en tout cas réoccuper une ferme sans trop galérer.
qui à été détruite ! »
77
78
79
JOUR J

LES FONDATIONS
A ce sujet, beaucoup de solutions avaient été
envisagées mais comme le terrain que nous avions
choisi était relativement stable, quelques palettes
empilées les unes sur les autres ont suffit pour
faire reposer solidement le chassis de la cabane.
J+1

LE MONTAGE
Comme on peut s’en douter, le montage fut un
grand moment de la cabane. Le film retranscrit
d’ailleurs essentiellement cette partie de
l’aventure et donne un très bon aperçu de la
cohésion de groupe générée par cet événement.
J+1 C’est l’aboutissement de longs mois de travail au
Transfo. On a reproduit chacune des étapes de
constuctions, mais en acceléré ; le kit était bien
conçu! Des gens sont venus d’ici et d’ailleurs pour
donner des coups de main, beaucoup de parisiens
mais beaucoup d’autres aussi!
Avec un brin d’ordre dans le désordre, beaucoup
d’échanges et surtout de partage des savoirs,
chaque pièce a fini par retrouver sa place.
J+3

L’ISOLATION
Non loin de la Rolandière, entre mutiples autres
projets de constructions à la ZAD, se montait une
roulotte en bois de séquoia. Belle aubaine ! Nous
avons donc pu récupérer trois grandes balles de
J+4
copeaux de bois et nous en servir pour l’isolation
de la cabane.

Pour l’isolation du toit, nous avons d’abord (1) en-


duit les caissons de “lait de chaux” (simple mé-
lange de chaux et d’eau) puis (2) les avons remplis
de copeaux, eux aussi mélangés avec de la chaux.

80
(3) Deux couches de bâches et une couche de
tôles vissées aux caissons ont servi de couver-
ture à la cabane.
Les copeaux restant après cette opération ont
servi pour isoler une partie des murs ; le reste
a été fait avec de la paille. Les deux techniques
sont relativement similaires.
Dans le cas de la paille, elle est mélangée avec
du lait de chaux (et non avec de la chaux sèche)
et c’est avec ce mélange détrempé que l’on
remplit les caissons de murs, en veillant à bien
tasser. La manoeuvre se fait petit à petit, couche
par couche, pour laisser à la paille le temps de
sécher. Avant cela, les caissons avaient bien sûr
été lattés du côté intérieur, tel que l’on voit sur le
schéma ci-dessous.

isolation du toit
isolation des murs

PAILLE OU COPEAUX + CHAUX

LATTAGE DES CAISSONS

81
82
83
83
«S ix mois que nous avons installé la cabane sur la ZAD, il est grand temps de prendre des
nouvelles !

Un soleil d’hiver irradie le bocage et sa brume de lumière lorsque je rejoins la Rollandière, ferme
derrière laquelle nous avons établi la Transfu’. Immédiatement, la grosse cabane s’impose par
son allure et me rassure : elle semble poser pour l’éternité !
Je fais le tour de la maison, à l’affut de la moindre tâche noire, du moindre gonflement du bois,
ou même pire, d’un glissement d’une partie du bâtiment. Ouf ! Rien de tout cela, malgré la bise
et les tombereaux de pluie, nulle trace de pourrissement.

J’entre donc, et suis enchanté par l’aménagement : cet été, comme prévu, le groupe auto-média
avait déménagé à l’étage, tapissant les cloisons et la surface intérieures du toit d’affiches de la
lutte. Désormais, le groupe auto-médic à son tour a pris possession du lieu. Des étagères ont été
installées dans la petite salle sous l’étage et les médicaments sont rangés. Dans la salle principale,
la table que nous avions construite à l’atelier - enfin, dans le parking, à l’époque - trône au milieu,
avec ses deux bancs. Quelques chaises supplémentaires ont été ajoutées.
Niveau élec’, le boulot est parfait, et correspond à l’usage de la Transfu’. Chaque pièce dispose
d’une lampe, d’une prise et d’un interrupteur.

Avec des copines et des copains de l’atelier, on s’est interrogé sur l’utilisation réelle de la Transfu’,
car des messages alarmants laissaient présager du pire ; c’est que certaines personnes habitantes
de la ZAD nous disaient que la cabane n’était pas “utilisée”. Cependant, on découvre très vite
qu’une réunion de discussion sur les usages de drogue se déroule régulièrement sur place, ce

84
qui nous soulage. Mais le problème reste néanmoins d’actualité : le groupe auto-média préfére
se réunir dans une maison habitée, dans les canapés moelleux et réchauffé par le poêle de la
cuisine... Qui leur en voudrait ? Sur le même lieu, une infirmière qui a choisi de vivre sur la ZAD
est facilement consultable... Pourquoi irait-elle tenir une permanence dans un endroit finalement
peu confortable et sans personne ?

La cabane est sous-utilisée, c’est un fait. Cela tient principalement au fait, de mon point de
vue, que l’endroit n’est plus habité : alors qu’à sa construction, cinq ou six personnes (et une
ribambelle de chatons !) vivaient là, entre un gros camion et deux caravanes, animant le lieu
(bouffes collectives, soirées cinoche...), il n’y a désormais plus personne autour de la Transfu’...
Pas étonnant que le gros poêle fabriqué à l’atelier d’un copain à Montreuil n’ait pas été installé
! Il me semble que nous n’avons pas pensé (notre collectif comme les habitant.e.s) qu’un lieu
fonctionnel mais sans habitant.e n’est pas envisageable sur la ZAD. Mais ne soyons pas défaitiste
: la cabane est placée à un endroit stratégique, et elle trouvera à n’en pas douter un usage plus
intense si les robocops faisaient leur réapparition dans le bocage !

Ah mais, qu’entend-on hululer dans les médias ces derniers jours ? Auxiette, grand manitou
par interim de Nantes (version métropole) a décidé de “signer la fin de la récréation”. L’autre
garde-chiourme, préfet de son état, Christian de Lavernée, signe à tout va des autorisations de
destruction, d’éradication, de bétonisation de la ZAD...

L’histoire n’est pas finie, et celle de la Transfu’ non plus.


«

85
la cabane aujourd’hui
l’infirmerie

86
le bureau
87
88
4. LES FRUITS ET LES GRAINES

L’ATELIER
DU TRANSFO
ET NOUS
89
janvier 2013

les débuts de l’atelier au sous-sol du transfo

mai 2013

l’installation de la cabane à notre dame des landes

juin 2013

ouverture d’un nouveau bâtiment du transfo pour


d’autres chantiers
90
...N’imaginant pas s’arrêter en si bon nos villes, qui cèdent elles-aussi aux logiques
chemin, le petit groupe de militants, capitalistes de notre système. Ensemble, nous
devenu Grand, s’empara, à son retour de luttons pour créer des possibles, penser des
la ZAD, de desseins aussi nombreux que
alternatives et développer des visions du monde
nouveaux. Car si la ZAD est partout, la lutte
est universelle, et que, quand on y goutte, différentes de celles qu’on nous impose.
on y prend goût !...
UN LIEU AUTOGÉRÉ
En juin 2013, un nouveau bâtiment du Révoltés par toutes les formes de domination
squat a été ouvert pour accueillir ce qu’on présentes dans notre système actuel et par la
appelle aujourd’hui l’atelier du Transfo. Un
prédominance de l’organisation verticale, nous
nouveau lieu était donc disponible pour
faire perdurer l’aventure. expérimentons ici, tant au Squat qu’à l’Atelier,
l’auto-gestion. C’est donc une autre façon de vivre
# UN ATELIER DE MENUISERIE AUTOGÉRÉE ensemble, que nous testons quotidiennement. Et
cela s’apprend. On apprend à se connaitre et à
L’Atelier du Transfo est un lieu de lutte, autogéré s’écouter. On apprend à organiser des discussions
et non-marchand, pour échanger, apprendre, collectives et à prendre des décisions en groupe.
inventer, récupérer, bricoler, découvrir, donner, On apprend à laisser du temps au temps. Ces
fabriquer et TRANSFOrmer... Venir à l’Atelier, c’est choses qui paraissent si simples. Et tout prend
apprendre à construire par soi-même à partir de naturellement une place, un sens. ruche/groupe
matériaux de récupération. Comme nous l’avions
fait avec la cabane, nous apprenons à utiliser les UN LIEU DE SOLIDARITÉ
outils mis en commun, dans un esprit d’entraide et L’Atelier est un espace non-marchand, c’est un
de transmission du savoir-faire…Une éolienne est espace de don au sens large. Pour soutenir la lutte,
déjà en cours de construction. Ce lieu est ouvert chacun peut donner suivant ses moyens. On peut
à toutes et tous ! donner des matériaux de construction, des outils,
des objets à réparer, de l’argent. On peut donner
UN LIEU DE LUTTE un coup de main pour une heure, une journée, un
Notre atelier, n’est pas un atelier comme les autres, mois, ou encore revenir toutes les semaines. On
tout simplement parce qu’il naît et vit dans un squat. peut. L’important c’est qu’on peut.
Occuper un espace dans un squat, ne signifie pas
uniquement profiter d’un toit. C’est prendre part UN LIEU MIXTE
et s’investir dans un lieu autogéré et indépendant. Et enfin, ce lieu rejette en bloc l’idée que marteau
C’est participer à la défense d’un lieu expusable. et disqueuses, pieds de biche et perseuses seraient
Mais c’est aussi partager et nourrir une pensée, des de beaux jouets strictement réservés aux hommes!
réflexions et les débats d’un lieu de lutte.
Ensemble, nous luttons pour le maintien d’espaces
de liberté, de solidarité et de gratuité au sein de

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atelier réparation vélos


table de jeux

> >>>

atelier éolienne 93
«T out, probablement, a déjà été dit dans le présent
album sur l’acte militant, sur l’acte de résistance à part
situation de l’élève qui a tout à apprendre !..... Et qui a tout
à apprendre de qui ?....D’un jeune !...Qui bien souvent
était….UNE jeune…En binôme avec moi. Moi, récusant
entière que représente « la Transfu », que ce soit sur consciemment depuis longtemps et avec conviction le
le plan politique, social, sociétal, voire culturel, et sur machisme, la phallocratie, mais probablement pas si
tous les enjeux qui vont avec. D’ailleurs son nom, très féministe que ça au fond de moi !.... Moi, le « vieux
évocateur et plein de connotations, annonce déjà à lui bricoleur », dont l’expérience en la matière, pendant un
seul le programme !.... certain temps, a été rendue complètement inopérante
Par conséquent, ce que je voudrais aborder dans le et s’est retrouvée complètement occultée par la nature
témoignage qui suit, ce sont les rapports proprement très spécifique du travail de charpente, qui ne s’invente
humains qu’il y a eu entre nous pendant ce chantier pas…. même si, par ailleurs, je pratiquais la perceuse,
éphémère. Ephémère dans le temps, certes, mais pas le marteau ou le tourne vis depuis bien plus longtemps
dans ce qui fera mémoire, d’autant que non seulement que mes jeunes coéquipiers ou coéquipières. Mais
ce chantier a enfanté la cabane attendue, mais qu’en plus étant plus souvent que moi sur le chantier, ils avaient
il a donné le jour à un atelier qui, lui, est appelé à une une longueur d’avance sur l’ouvrage quand même bien
existence à long terme où les mêmes rapports dans le particulier de la cabane!....
« faire ensemble » vont pouvoir se pérenniser et faire Cette « confrontation » a entrainé chez moi au début,
école. je dois le dire, un certain malaise qui, plus d’une fois,
C’est pourquoi aborder ce que furent nos relations ne m’a pas mis à mon avantage. Heureusement, ça n’a
pendant le chantier s’impose irrésistiblement à moi pour jamais été jusqu’à me rendre le décalage insupportable.
deux raisons : Et si j’ai pu dédramatiser la situation à mes propres
La 1ère, c’est que je l’ai ressenti, ce type de yeux, je le dois pour beaucoup à l’accueil de ces jeunes,
relations, avec la force que prend ce que l’on découvre justement. Accueil simple, direct et en même temps
en le rencontrant pratiquement pour la 1ère fois de sa attentif à l’autre, à ses attentes, à ses préférence ou à
vie, en tout cas vécu de cette façon là, alors même que ses préoccupations dans l’exécution du travail ensemble.
l’on est l’un des plus âgés du groupe. Une véritable aventure donc, pour moi. Et qui, en plus
La 2ème raison, c’est que ces rapports dans le faire de la différence d’âge, n’était pas gagnée d’avance
ensemble ont quelque chose d’un peu révolutionnaire, non plus eu égard au milieu ambiant. Un contexte qui,
et je pèse le terme. En se perpétuant et se développant bien que j’eusse pourtant derrière moi un long passé
grâce à l’existence de l’atelier du Transfo, ils font d’ores « engagé », n’était pas celui dont je venais. Je dois dire
et déjà de lui un véritable « laboratoire de société ». Là qu’au début j’ai reçu de plein fouet les idées libertaires
encore, je pèse mes mots. mises en exergue, avec le rejet de la société poussé
Mais, pour moi, être plongé d’un seul coup au milieu sans doute beaucoup plus loin que mes propres refus,
d’une écrasante majorité de jeunes, pour beaucoup l’autogestion vécue tous azimuts, à tous les niveaux et en
de l’âge de mes propres enfants, je dois avouer qu’au toutes circonstance, et, pour « couronner le tout », dans
début ça n’a pas toujours été évident !.... le garage en sous sol….d’un squatte !….Bref, de
D’autant plus que moi, le « daron », et, qui plus est, « l’underground » à 100%, et dans tous les sens du
l’ancien prof, je me suis retrouvé plus d’une fois dans la terme !....
94
Et bien, non seulement ce ne fut pas un « lieu de perdition » cheminer au cours de ces quelques mois. Mais c’est
à fuir au plus vite pour « sauver mon âme », mais en plus, vraiment la qualité des contacts humains qui a dissipé
alors même que mon malaise persistait encore un peu, les restes de réserve, sinon de méfiance (que j’ai perçue
je n’avais qu’une envie, c’était d’y retourner !..... parfois aussi à mon égard) au fil des semaines …..
Pourquoi ? C’est ce qui fait qu’aujourd’hui je reste plus que
Parce que je n’ai cessé d’être interpellé par la grande jamais fidèle à ce collectif Ile de France de soutien aux
simplicité des contacts, permise par le tutoiement qui « zadistes » et à ce qui est devenu « l’Atelier du Transfo ».
s’impose de lui-même dans ce contexte, l’appel par le C’est ce qui fait l’attachement que j’ai pour ce lieu, et
prénom, qui fait exister chaque personne et en même bien plus encore pour la démarche qu’il représente. C’est
temps met tout le monde à égalité, de même que la ce qui fait la sympathie, voire l’affection, que je ressens
bise, qui remplace souvent la poignée de mains, même pour celles et ceux que j’y retrouve quand j’y vais…..
chez les garçons, et que l’on sent ici à la fois voulue Et tout cela par delà les quelques divergences de points
et naturelle. Tout cela toutes générations confondues. de vue ou les querelles de mots qui subsistent encore
Et que certaines tranches d’âge soient 3 ou 4 fois plus par ci par là. Mais les différences ne font-elles pas partie
représentées que d’autres, peu importe, l’égalité était des richesses d’un groupe ? Sans une certaine diversité,
bien là. Sans faux semblant, sans démagogie d’un côté ne finirait-on pas par devenir des « clones » ?!….Comme
ou de condescendance de l’autre. ce que ce monde dans lequel nous vivons, et que nous
Parce que j’ai été interpellé aussi par cette façon de refusons, voudrait tellement que nous devenions .....
partager, au moment des pauses, ce que l’on est autant Maintenant que la page du chantier est tournée, pour une
que son casse croute, tout en ne se dévoilant que de page probablement encore plus riche et plus féconde
manière dosée, avec une grande pudeur à l’égard de qu’il a directement engendrée, je peux dire que la
l’autre comme à l’égard de soi même. Une discrétion, « Transfu » ce fut, aussi, une belle aventure humaine !....
une délicatesse même, qui n’empêchait pas, par Comme toute aventure, elle fut secouée de péripéties,
moments, les expressions, voire les explosions de joie de moments de doutes, d’incertitudes. Mais toujours
et d’enthousiasme. surmontés, même quand ce fut seulement au jour le jour,
La 3ème raison qui fait que j’ai eu envie de continuer notamment vers la fin.
sans réserve jusqu’à la fin du chantier, ce serait en fait la Et aujourd’hui, maintenant que cette aventure est
1ère des trois. C’est d’avoir trouvé exactement, et bien parvenue à son terme et qu’on peut la considérer avec
au-delà de ce que j’espérais, ce pour quoi j’avais eu un certain recul, on peut dire qu’elle est pleinement
envie de venir au départ, avant que je sache comment réussie.
cela se passerait réellement. Il s’agit, bien sûr, de cet Une aventure réussie qui, bien au-delà du « bon
esprit de résistance au projet technocratique et affairiste souvenir », a pris une valeur de symbole et se révèle
sur Notre Dame des Landes, et de ce soutien, traduit appelée à un rayonnement et à une résonnance qui
en actes malgré la distance, à ceux qui sont là bas en dépassent nos personnes, et même, probablement, nos
«
« première ligne ». espérances.
Ce mélange subtil d’attentes comblées, d’un côté,
et de découvertes décapantes, voire déstabilisantes,
mais toujours vivifiantes, de l’autre, m’a fait beaucoup
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« Eux ils appellent ça une école. Moi j’appelle ça un atelier de
construction. Ils construisent des bonhommes et des bonnes femmes.
«

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Premier atelier. Rendez vous 14h au parking du Transfo.
J’arrive à l’heure, je suis donc très en avance.

J’entre seule et presque à tâtons. Le parking est sombre. Un seul néon est encore en état de
marche et n’éclaire que des premiers pas. Au loin, un mince point de jour. Et puis, les yeux
finissent par s’habituer au peu de lumière que laissent entrer les quelques soupiraux. Deux
rangs de larges colonnes, peintes de rouge et de blanc, s’éteignent dans l’obscurité et semblent
fuir dans une perspective infinie.
Je souris. C’est immense et c’est ici que tout commence.

Nous sommes le 20 janvier. Paris est glacé.

Ce jour là, il n’y avait donc : ni lumière, ni établi, ni électricité, ni local à outils.
Les autres ont fini par arriver. On a discuté puis fini par se mettre à travailler.
J’ai suivi les pas d’un grand homme au chapeau. Tantôt pour l’escabeau, tantôt pour les
rallonges, les câbles ou les dominos. On allait tout allumer. J’allais tout apprendre.

Ce jour là, qui aurait pu y croire que c’est ici que tout s’est fait, qu’on s’est tout dit?
Que c’est ici qu’est né l’atelier ; qu’ont eu lieu chantiers collectifs, nocturnes, portes ouvertes et
AG ? Que c’est ici qu’on a refait le monde, qu’on a bu et qu’on a dansé?

Ce jour là, et ceux qui ont suivi, chacun tient sa raison d’être ici. Chacun la sienne. Seulement,
aux contacts des autres le regard s’élargit, puis, on adopte la cause de l’ami.
Étudiants, anars, retraités ou thésards, écolos, artisans, chômeurs, intermittents ou ingénieurs,
quel plus bel alliage pour une telle ardeur ?

On est parti de rien ; on a bâti notre histoire.


Bien d’autres s’écrivent et tant d’autres sont à vivre.

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bat.
e s, fo i e n ton com uil.
tes lu tt le se
a n t, c o u rage pour r t e e t f ranchis
u mil it la po
q u a tt e u r, zadiste o u r ie u x pousse s.
qu’un pa
s
A toi,
r , in d ig né, ou c a p lu s
veu n’y
A toi, rê là , s a che qu’il
e s
Si tu en

Sous le joug de leurs dictées, nos plumes n’ont pas plié.

Pas de point final mais des pages qui s’ouvrent.


Ne fermons pas ces cahiers, les encres n’ont pas séché.

Vois, entends.
La sève monte et les loups hurlent.
Viens, résiste. Vis ton utopie.

99
notes :

100
101
>> pour venir à l’Atelier du Transfo :
57 avenue de la République à BAGNOLET
Métro Gallieni ou Robespierre

>> pour écrire à l’atelier :


[Link]@[Link]

>> pour nous écrire ou pour commander ce livret :


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achevé d’imprimer par le Ravin Bleu


à Quincy-sous-Sénart (91)
en février 2014

avec le soutien des Éditions de L’Insomniaque (93)

ISBN : 978-2-915694-73-4

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La commission cabane
Février 2014

5€ ISBN 978-2-915694-73-4
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