I.
Processus cognitifs
et traitement de
l’information
Processus cognitifs et traitement
de l’information
Psychologie cognitive : s'intéresse principalement aux
mécanismes d'acquisition, de traitement, de
conservation, de récupération et d'utilisation des
connaissances par l'homme, et les animaux non
humains
Problématique : toute activité mentale et les activités
cérébrales qui la sous-tendent reposent sur des
mécanismes de traitement de l'information, c-à-d
ensemble d'opérations sur les signaux nerveux.
La notion de représentation
Les informations sensorielles n'ont pas de sens en elles-
mêmes. Ce sont des signaux qui doivent être
interprétés. Le rôle de la cognition est d'interpreter ces
signaux pour reconnaître l'objet et/ou y réagir. Les
représentations servent de base à ces interprétations.
Les représentations sont des connaissances implicites
ou explicites. Ce sont des traces mnésiques de nos
expériences antérieures, incarnées dans les structures
nerveuses où elles sont localisables.
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La notion de niveau de traitement
Ex : perception des scènes visuelles
Orientation, fréquence spatiale,
Niveau Sensoriel disparité rétinienne,
direction du mouvement
Organisation perceptive
Niveau Perceptif de la scène visuelle
Perception de formes et d ’objets en 2D
Représentations en 3D des objets
Niveau Cognitif Représentations sémantiques,
phonologiques et lexicales des objets
Séquences de traitements
(Atkinson & Shiffrin, 1968)
Temps de réaction (TR) et
traitement de l'information
Le TR est proportionnel à la complexité des traitements
TR simple (appuyer sur une touche si le stimulus lumineux apparaît) :
160 ms
TR simple + incertitude spatiale (appuyer sur un bouton si stimulus
apparaît à gauche ou à droite) : 175 ms
TR de choix (appuyer sur le bouton qui est du même coté que le
stimulus lumineux) : 200 ms
TR de choix + orientation (un bouton correspond à une certaine
orientation de la barre lumineuse) : 280 ms
TR catégorisation (un animal et un véhicule sont affichés : le sujet doit
appuyer sur le bouton du coté de l'animal) : 320 ms
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II. La perception
La perception
Ensemble des mécanismes de traitement des
informations sensorielles extéroceptives et
proprioceptives qui permet à un organisme vivant
d'agir de manière adaptée dans son environnement
(survie et adaptation) et d'acquérir des
connaissances sur cet environnement.
La perception
Un phénomène large
saisie de sens occasionnée par une
stimulation sensorielle provoquée par
quelque chose qui est relation avec celui
qui perçoit
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La perception
La perception est structurée
La perception
Un phénomène complexe
3 disques partiels sur Le triangle de Kanizsa avec
un fond blanc des contours illusoires
III. Conceptions
théoriques des
traitements perceptifs de
l’information
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III.1 La perception de la forme
La forme est le critère principal pour identifier ce que l’on voit
Comment reconnaît-on les différentes formes prises par différents
objets ?
Comment reconnaît-on une forme même si ses constituants sont
altérés ?
Est-ce un carré ? Sont-ils tous des
triangles ?
Les éléments de la forme
Percevoir une scène visuelle implique :
La détection de ses constituants
L’identification des figures par rapport au fond
(ségrégation, découpage de la scène)
Le regroupement des parties des figures en
des objets isolés
La reconnaissance : qu’est-ce que c’est ?
Les éléments de la forme
1. La perception de la forme commence
avec la détection des traits primitifs (ex.
neurones visuels agissant comme des
détecteurs de traits élémentaires)
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Les éléments de la forme
2. Une fois les traits élémentaires identifiés, l’étape
suivante consiste à organiser ces éléments : c’est la
ségrégation perceptive.
relations figures/fond Identification d’objets isolés
Les éléments de la forme
3. Pour qu’une scène visuelle soit
compréhensible, le système perceptif
doit grouper les éléments de cette scène
de façon appropriée
=> Qu’est ce qui appartient à quoi ?
III.2 Traitements ascendants vs
descendants
Traitement ascendant (bottom-up)
Processus qui utilisent les informations
provenant des organes sensoriels et
analysent l’environnement seulement sur la
base de ces informations
Traitement descendant (top-down)
Processus qui utilisent des connaissances
concernant la structure de l’environnement et
qui influencent la perception
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Traitements ascendants vs
descendants
Traitement ascendant
Traitements ascendants vs
descendants
Traitement descendant : effet de contexte
Traitements ascendants vs
descendants
Les 2 types sont importants : la perception
est fréquemment modifiée par des
connaissances, mais celles-ci ne peuvent
pas toujours supplanter la perception.
Certaines théories de la perception
visuelle soulignent une composante plus
que l’autre – théories directes vs théories
indirectes (constructivistes)
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III.3 L’approche indirecte
(constructiviste)
Bruner (1957), Gregory (1972).
Définition
Cette approche postule que la perception des
objets dépend fortement des processus
mentaux descendants (top-down).
L’approche indirecte
(constructiviste)
Postulats
La reconnaissance des formes est un processus actif, constructif
la reconnaissance des formes n'est pas fournie directement par
un stimulus, c'est le résultat final. C'est une interaction entre le
stimulus et les hypothèses que l'on a dessus.
La reconnaissance des objets est influencée par la motivation
Influence de nos désirs et de nos croyances sur la
reconnaissance des formes, celle ci peut aboutir à des erreurs
ou des illusions
L’approche indirecte
Effets expérimentaux en faveur de
l’approche indirecte
Phénomènes motivationnels : Bruner (1947)
2 groupes d’enfants
VI : origine sociale
VD : taille estimée de pièces de monnaie
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L’approche indirecte
Effets expérimentaux en faveur de
l’approche indirecte
Effets d’illusions perceptives
On apporte des informations qui nous sont propres
et qui ne proviennent pas de la stimulation.
L’approche indirecte :
effets d’illusions perceptives
L’illusion de Ponzo
L’approche indirecte :
effets d’illusions perceptives
L’illusion de Ponzo
Certains stimuli créent une impression de profondeur :
les objets éloignés sont plus larges, on compense la
perception de la taille (loi de constance de grandeur)
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L’approche indirecte :
effets d’illusions perceptives
L’illusion de Müller-Lyer
L’approche indirecte :
effets d’illusions perceptives
La chambre d’Ame
La théorie de la Gestalt (ou
Psychologie de la forme)
L’organisation perceptive des éléments
d’une scène visuelle est guidée par
certains facteurs, principes ou lois.
la forme est un tout qui est différent de la
somme de ses parties
Le groupement perceptif est le résultat de
celui qui perçoit, pas une propriété du
stimulus.
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Les lois de la Gestalt 2)
1)
1. Simplicité
2. Proximité
3. Similarité
4)
4. Continuité
5. Fermeture 3)
6. Destin commun 5)
La théorie de la Gestalt
Le regroupement est
utilisé dans les tests
de perception des
couleurs
La théorie de la Gestalt
Continuité : le regroupement par bonne
continuité est à la base du camouflage
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La théorie de la Gestalt
Loi du destin commun : les éléments apparaissent
groupés lorsqu’ils présentent des mouvements de
même direction et de même vitesse
Exemple d’organisation
gestaltienne
L’identification des petites lettres est altérée par les grandes lettres
inconsistantes, mais pas l’inverse (Navon, 1977) : primauté du tout
HHHHHH E E
H E E
H E E
HHHH EEEEEEEE
H E E
H E E
HHHHHH E E
La théorie de la Gestalt
Conclusions
L’ensemble est supérieur à la somme des
parties => propriétés émergentes
Les lois de la Gestalt ne nécessitent aucun
recours à l’expérience antérieure => elles
sont innées
Bonne figure (prégnance-simplicité) : chaque
objet est perçu selon des critères de simplicité
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La théorie de la Gestalt
Limites
Description versus Explication
Limitation à la 2D
Stimuli complexes difficiles à
décrire
L’approche indirecte
Conclusions
Influences top-down des connaissances :
nous apportons des informations qui ne sont
pas présentes dans la stimulation
Limites
L’illusion perceptive comme argument
Les stimuli utilisés sont artificiels
III.4 L’approche directe
J.J. Gibson : théorie écologique de
l’espace visuel (1950)
Postulats :
Toutes les informations nécessaires à la
perception sont présentes dans l’environnement
=> psychophysique de l’espace, notion
d’invariance
La perception est déterminée par les
déplacements de l’observateur (perception de la
profondeur)
Réfute la validité des expériences de laboratoire
– perception directe
Concept d’affordance
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L’approche directe
La notion d’invariance:
Le ratio « horizon »
L’approche directe
Effets expérimentaux en faveur de
l’approche directe
Castiello et coll. (1991) : pointage d’un objet
Savelsberg et coll. (1991) : point de contact
Cutting et coll. (1997) : flux optique
Limites
Nécessite des conditions de perception
excellentes
Conclusions sur les 2 types
d’approche
Deux types de processus (ascendant et descendant)
sont à l’œuvre dans la perception
De la structure de l’objet à reconnaître vers la représentation
mentale de l’objet lui même
Informations de haut niveau (contexte, sens d’un mot) guidant la
décomposition d’un objet en ses composants élémentaires
Évolution des concepts théoriques
Aujourd’hui : perception pour l’action versus perception pour la
reconnaissance (2 voies anatomiques)
Rôle de l’attention dans la perception ?
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