UNIVERSITE PRIVEE DE MARRAKECH -
FACULTÉ DE MANAGEMENT ET DE GOUVERNANCE -
PROGRAMME : DROIT DES AFFAIRES
Partie I - LE DROIT COMMUN DES SOCIÉTÉS
Chapitre 1 - La Constitution des sociétés
Toute société suppose, un acte de volonté conçu classiquement comme un contrat.1 Mais cet acte de
société, à lui seul ne suffit pas pour acquérir la personnalité morale
Section 1. - Le contrat de société
Qu’elle soit pluripersonnelle ou unipersonnelle les principes essentiels du contrat s’appliquent à
l’occasion de l’acte de constitution de la société au travers des conditions de droit commun comme
de celles propres au droit des sociétés.
Paragraphe 1 - Les conditions de droit commun
La société est soumise aux principes de droit commun de droit des obligations. Ainsi, comme pour
tout acte juridique et, notamment comme pour tout contrat, les conditions de droit commun lors de
la constitution de société supposent d’aborder la capacité, l’objet, la cause et le consentement, pour
déterminer si la création de la personnalité morale est légitimement acquise par un accord de
volontés juridiquement valable.
A. La capacité
Aux termes de la loi sur le statut personnel, il y a deux sortes de capacité : la capacité de jouissance
et la capacité d’exercice. 2
La première est la faculté qu’a une personne d’acquérir des droits et d’assumer des devoirs. Cette
capacité est attachée à la personne durant toute sa vie et ne peut lui être enlevée. La seconde est la
faculté qu’a une personne d’exercer ses droits personnels et patrimoniaux et qui rend ses actes
valides. La loi fixe les conditions d’acquisition de la capacité d’exercice et les motifs déterminant la
limitation de cette capacité ou sa perte.
Principe : Toute personne ayant atteint l’âge de majorité jouit de la pleine capacité pour exercer ses
droits et assumer ses obligations, à moins qu’un motif quelconque établi ne lui limite ou ne lui fasse
perdre sa capacité3.
1
“La société est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes mettent en commun leurs biens
ou leur travail, ou tous les deux à la fois, en vue de partager le bénéfice qui pourra en résulter.”
art.982 du DOC.
2
art.206 à 208 de la loi sur le statut personnel.
3
Art. 210 du code de la famille.
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Les mineurs et les incapables majeurs. En règle générale, les mineurs et les incapables majeurs sont
ainsi protégés contre les possibles effets de l’entrée dans une société commerciale à risque limité ou
illimité, afin d’éviter qu’ils n’engagent leur patrimoine. Ainsi, faute de pouvoir avoir le statut de
commerçant, les mineurs et majeurs incapables ne peuvent donc pas être associés dans une société.
Ceci dit, même si la capacité s’acquiert dès l’âge de 18 ans en droit marocain, le législateur marocain
a tout de même donné la possibilité d’octroyer aux mineurs à partir de 16 ans la faculté
d’émancipation par voie judiciaire4 (Art. 218 du code de la famille (ali.3,4,5).
Une forme d’incapacité due à la filiation. Aux termes de l’art. 984 du DOC, la société ne peut être
contractée entre : 1) le père et le fils soumis à la puissance paternelle; 2) le tuteur et le mineur; 3) le
curateur5 d’un incapable ou l’administrateur d’une institution pieuse et la personne dont ils
administrent les biens. L’article poursuit en précisant que : “l’autorisation d’exercer le commerce
accordée au mineur ou à l’incapable par son père ou curateur ne suffit pas à le rendre habile à
contracter société avec l’un d’eux.
Les associés personnes morales. Les personne morales peuvent être associées d’une société
commerciale dès lors qu’elles ne font pas l’objet d’une interdiction, une incapacité ou une
incompatibilité. Il peut s’agir des limitations de capacité liées à l’interdiction d’exercer le commerce
ou de celles liées au droit des procédures collectives.
B. L’objet
L’objet, ou encore, l’objet social, consiste dans l’activité que souhaitent réaliser les associés lorsqu’ils
consentent au contrat de société. Cette activité doit être déterminée dans les statuts.
Licéité de l’objet social. L’objet social résultant des statuts doit être licite. Les activités contraires à
l’ordre public, aux bonnes moeurs ou contrevenant à la protection des Etats sont donc critiquables.
Ces activités contraires à l’ordre public ne doivent pas être confondues avec celles régies par des
dispositions législatives ou réglementaires spéciales (dites activités réglementées) pour lesquelles
une société peut parfaitement agir (licéité de l’objet), mais à la condition de se conformer aux règles
particulières auxquelles ladite activité est soumise.
Licéité religieuse et l’objet social. Aux termes de l’article 986 du DOC, est nulle de plein droit, entre
musulmans, toute société ayant pour objet des choses prohibées par la loi religieuse.
Spécialité de l’objet social. En droit marocain l’objet de la société peut être illimité, autrement dit le
plus large possible, de manière à ne pas cloisonner la société à une activité précise, en cas
notamment d’intégration futures de nouvelles activités.6 Ceci donne une large flexibilité aux sociétés.
C. La cause
La cause ou encore le but, est le motif impulsif et déterminant qui a motivé la conclusion du contrat.
4
Art. 218 du code de la famille (ali.3,4,5).
5
Personne qui a la charge d’assister une personne majeur incapable, de veiller à ses intérêts.
6
Ce qui est différent du droit OHADA où l’objet social ne peut être illimité, l’activité devant “être
déterminée et décrite dans les statuts” (art.19, AUSC). Ceci étant, il est possible de rédiger une
clause spéciale de manière suffisamment large pour que les mandataires sociaux ne soient pas
contraints de recourir aux modifications statutaires de manière trop fréquente.
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Il doit être licite, c’est-à-dire conforme aux bonnes moeurs, à la loi et à l’ordre public.
D. Le consentement
Les vices du consentement. Les vices du consentement sont connus : il s’agit de la violence, de
l’erreur et du dol. En ce qui concerne la violence, elle ne sera pas évoquée en détail car dans le cadre
d’une constitution de société elle est sans doute plus anecdotique qu’en droit classique des
obligations. C’est pourquoi il convient davantage de se concentrer sur le dol ou l’erreur.
Le dol. Il se définit comme une manoeuvre frauduleuse destinée à tromper. Ainsi, les manoeuvres ou
le silence coupable (volontaire omission de certains éléments de fait ou certaines données
essentielles) peuvent conduire une personne à accepter d’entrer en société en croyant faussement, à
certains élément relatif par exemple aux qualités des associés (compétences ou expérience
professionnelle usurpée). Autre exemple, il pourrait s’agir de dissimuler le fait que le projet de
société est construit sur les agissements d’un associé constitutifs de concurrence déloyale, comme
par exemple l’exploitation abusive d’un fichier de clientèle dérobé ou un comportement parasitaire.
Dernier exemple, celui de la simulation ou encore du consentement simulé. Dans ce scénario, la
société n’est alors qu’un habillage destiné à réaliser tout autre chose que son objet social. Il peut
s’agir d’une fausse association, certains des associés n’étant que des prête-noms destinés à donner
l’apparence d’une société qui n’existe pas.
Paragraphe 2 - Les conditions propres au droit des sociétés
Aux conditions communes, il y a des conditions additionnelles propres au contrat de société. Ces
conditions sont au nombre de deux : la mise en commun d’apports, la vocation aux fruits
économiques.
A. La mise en commun d’apports
La mise en commun d’apports est l’un des éléments caractéristiques du contrat de société, qui
permet de le distinguer d’autres situations. Ainsi, une société ne peut fonctionner sans apports.
Les catégories d’apports. “L'apport peut consister en numéraire, en objets mobiliers ou immobiliers,
en droits incorporels. Il peut aussi consister dans l'industrie d'un associé ou même de tous. Entre
musulmans, l'apport ne peut consister en denrées alimentaires” (art. 988, DOC)
L’apport en numéraire : consiste en un transfert à la société de la propriété des sommes
d’argent que l’associé s’est engagé à apporter à la société.
L’apport en nature : consiste en un transfert à la société des droits réels ou personnels7
7
art. 997, DOC “L'associé, qui apporte à la société une ou plusieurs créances contre des tiers, n'est
libéré que le jour où la société reçoit le payement de la somme pour laquelle ces créances lui ont été
apportées; il répond, en outre, des dommages, si la créance dont il a fait l'apport n'est pas payée à
l'échéance”.
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correspondant aux biens apportés et/ou par la mise à disposition effective des biens sur
lesquels portent ces droits.
Le contrat de société doit contenir l’évaluation de ces apports en nature. Aux termes de l’art.
991, DOC, “...elles doivent être estimées à la valeur du jour où elles ont été mises dans le fond
social”.
L’apport en industrie : aussi défini comme l’apport de main-d’oeuvre, car il consiste de
manière générale, dans un apport de compétences effectué au profit de la société. Lui aussi
doit faire l’objet d’évaluation. C’est là une option qui est donnée aux associés qui ont des
idées productives mais ne détiennent pas toujours les capitaux nécessaires à la prospérité de
leur entreprise.
La fictivité des apports. Les hypothèses pratiques de fictivité partielle sont courantes et peuvent
résulter, par exemple, de l’apport d’une créance irrécouvrable, d’un fonds de commerce sans valeur
véritable, d’un brevet non renouvelé ou vicié dont les droits ne sont pas garantis, ou de la
dissimulation des défaillances d’un bien (terrain inconstructible, comportant des vices géologiques,
etc.)
Les règles communes aux apports. art. 990, DOC (1) “Les mises des associés peuvent être de valeur
inégale et de différente nature.” art. 991, DOC “L'apport doit être spécifié et déterminé; lorsqu'il
consiste dans tous les biens présents de l'un des associés, ces biens doivent être inventoriés... ” art.
992, DOC (1) “L'ensemble des apports des associés et des choses acquises moyennant ces apports, en
vue des opérations sociales, constitue le fonds commun des associés ou capital social.” art. 996, DOC
(1) “Chaque associé doit délivrer son apport à la date convenue et, s'il n'y a pas de terme fixé,
aussitôt après la conclusion du contrat, sauf les délais provenant de la nature de la chose ou des
distances.”
B. La vocation aux fruits économiques de l’activité
Les titres sociaux qui sont émis par la société en contrepartie des apports réalisés confèrent à leurs
titulaire un droit égalitaire sur les bénéfices réalisés par la société, lorsqu’une distribution est
décidée.
Les droits et obligations de chaque associé sont proportionnels au montant de ses apports, que
ceux-ci soient faits lors de la constitution de la société ou au cours de la vie sociale.
Section 2. - La personne morale
La société est réputée constituée à compter de l’accord de volonté des associés sur le contenu de son
acte de constitution, ce qui veut souvent dire la signature des statuts. La personnalité morale de la
société n’est toutefois conférée qu’au jour de son immatriculation au registre de commerce.
Avant son immatriculation, l’existence de la société n’est pas opposable aux tiers et ne peut générer
droits et obligations que pour les associés eux-mêmes.
Pour donc exister, la société doit remplir certaines conditions qui, faute d’être respectées,
engendrent la mise en oeuvre d’un régime de nullités et d’autres sanctions spécifiques.
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Paragraphe 1 - Les conditions d’acquisition de la personnalité morale
Afin d’acquérir la personnalité morale la société doit être individualisée.
A. Les éléments d’individualisation de la personne morale
1. La dénomination sociale
La dénomination sociale. Toute société, pour pouvoir être identifiée par les tiers, doit avoir une
dénomination. En principe, le choix de cette dénomination est libre, sous réserve des atteintes
portées aux éventuels droits des tiers. C’est pourquoi cette dénomination ne pourra pas être celle
d’une société déjà immatriculée. Si l’usage du nom d’un ou de plusieurs associés est autorisé comme
dénomination sociale, il convient de prendre garde aux éventuelles conséquences de la sortie d’un
des associés du capital social.
Les précautions à prendre. La dénomination doit être mentionnée dans les statuts et sur tous les
actes et documents émanant de la société et destinés aux tiers.
2. Le siège social
Nécessité d’une adresse déterminée. L’adresse du siège social doit être mentionnée dans les statuts.
Le siège social peut être situé, au choix des associés, soit au lieu du principal établissement de la
société, soit à son centre de direction administrative et financière.
3. Le capital social
Eléments constitutifs du capital. L’ensemble des apports des associés et des choses acquises
moyennant ces apports, en vue des opérations sociales, constitue le fonds commun des associés ou
capital social. Le capital ou fonds social constitue la propriété commune des associés, qui y ont
chacun une part indivise proportionnelle à la valeur de son apport. art. 992, DOC
Toute société doit avoir un capital social qui est indiqué dans ses statuts. Son montant est librement
déterminé par les associés ou actionnaires, en respect des limites fixées par les réglementation
spécifiques aux sociétés.
Variation du capital. Le capital social peut être diminué ou augmenté dans le cadre des procédures
d’augmentation et de réduction de capital.
Capital social : Financement des premiers investissements. Le capital social est surtout important au
moment de la création de la société, car il permet de financer son lancement ainsi que le cycle
d’exploitation de la société, jusqu’à ce qu’elle atteint un rythme de croisière. Il permet donc d’éviter
les tensions de trésorerie lors des premiers mois d’activité.
Capital social : Attribution des titres sociaux. En contrepartie de leurs apports, les associés ou
actionnaires reçoivent des titres sociaux qui leur confèrent en principe un droit sur les bénéfices
réalisés et un droit de vote. L’attribution ou la répartition des titres sociaux est proportionnelle à la
valeur des apports de chaque associé ou actionnaire.8
8
Dans une SA ou dans une SAS, les titres sont appelés actions. Celles-ci peuvent être
échangées sur les marchés boursiers et leur valeur fluctuent selon la loi de l'offre et de la
demande. Dans une SARL ou dans une société civile, la division du capital social se fait en
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Capital social : Garantie de la solidité financière à un moment donné. Pour les clients, fournisseurs
et partenaires divers, le montant du capital social est un indicateur du poids de la société à un
moment donné. Plus ce poids est important, plus il constitue une garantie et une crédibilité auprès
des tiers.
4. La durée
Principes. La société commence dès l’instant même du contrat, si les parties n’ont établi une autre
date. Cette date peut même être antérieure au contrat.
La société peut être contractée à terme ou à temps indéterminé. art.993, 4, DOC. Cela dit, en droit
marocain le maximum qu’une société puisse atteindre est de quatre-vingt-dix-neuf ans. A l’expiration
de cette période, la société est considérée comme dissoute de plein droit.
La dissolution. La société finit pour les raisons suivantes9 :
● L’expiration du terme fixé pour sa durée, ou par l’accomplissement de la condition, ou autre
fait résolutoire, sous laquelle elle a été contractée;
● La réalisation de l’objet en vue duquel elle avait été contractée, ou par l’impossibilité de le
réaliser;
● L’extinction de la chose commune, ou la perte partielle assez considérable pour empêcher
une exploitation utile;
● Le décès, l’absence déclarée, l’interdiction, pour infirmité d’esprit, de l’un des associés, s’il
n’a été convenu que la société continuerait avec ses héritiers ou représentants, ou qu’elle
continuerait entre les survivants;
● La déclaration de faillite ou la liquidation judiciaire de l’un des associés;
● La volonté commune des associés;
● La renonciation d’un ou plusieurs associés, lorsque la durée de la société n’est pas
déterminée, soit par le contrat, soit par la nature de l’affaire qui en fait l’objet;
● L’autorité de justice, dans les cas prévus par la loi.
B. Les formalités d’obtention de la personnalité morale
Pour une société, la personnalité morale s’acquiert par l’immatriculation. Faute de respecter cette
étape essentielle, la société n’acquiert jamais ce statut de personne morale et peut simplement être
appréhendée, suivant les étapes du projet, comme un simple avant-contrat (promesse de société) ou
comme une société de fait (société non immatriculée).
En raison de son particularisme, le contrat de société est marqué par un formalisme destinés à
assurer l’accord de volonté des associés mais également identifier clairement leurs choix, notamment
en matière de forme sociale, lesquels seront déterminants pour l’avenir de la société en tant que
personne juridique et quant à ses droits et obligations à l’égard des tiers.
parts sociales. Une part sociale donne droit, en principe, à son détenteur un droit de vote sur
les décisions collectives et une participation financière au bénéfice. À la différence des
actions, les parts sociales ne sont pas librement échangeables sur le marché boursier.
9
art. 1051, DOC.
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1. Les statuts
Principe. Les statuts symbolisent le contrat de société, entre les associés ou actionnaires. Ils
déterminent les règles de fonctionnement de la société, les relations des associés ou actionnaires
entre-eux, leurs rapports à l’égard de la société mais également à l’égard des tiers. Ils doivent être
établis par écrit.
Mentions obligatoires. Les statuts doivent comporter certaines mentions obligatoires, qui sont les
suivantes:
● La dénomination de la société, suivie de sa forme juridique;
● Les prénom, nom, domicile ou, le cas échéant, s'il s'agit de personnes morales les
dénomination, forme et siège de chacun des associés;
● La nature et le domaine d’activité de la société;
● Le siège social;
● La durée pour laquelle la société a été constituée;
● Le montant des apports de chaque associé, ainsi que la valeur des titres sociaux remis en
contrepartie de chaque apport;
● Le montant du capital social;
● Les prénom, nom, domicile des associés ou des tiers pouvant engager la société, le cas
échéant ;
● Le greffe du tribunal où les statuts seront déposés ;
● La signature de tous les associés.
2. La réalisation des apports
La nécessaire réalisation des apports. Les apports sont l’un des éléments constitutifs du contrat de
société. A ce titre, dès lors que les associés se sont engagés à apporter un bien ou leur industrie à la
société, il conviendra que cet apport soit effectivement réalisé pour que le contrat de société ait
toute sa valeur juridique. Ces apports sont réalisés à une date et suivant des modalités qui peuvent
varier d’une société à l’autre.
3. L’immatriculation
L’immatriculation constitue en quelque sorte la carte d’identité de la société. C’est elle qui permet
d’identifier une personne morale.
Numéro du Registre du commerce. C’est à partir de l’immatriculation au registre de commerce que
l’entreprise prend la forme d’une société, devenant ainsi une véritable personne morale. Le registre
du commerce (RC) est un casier tenu par le greffe du tribunal de commerce, qui rassemble les
informations relatives aux personnes physiques ou morales exerçant des activités commerciales.
Numéro de patente. La patente est une taxe professionnelle directe prélevée et affectée au budget
de la collectivité locale dans laquelle est implantée toute société commerciale. Cette dernière en est
exonérée pendant les cinq premières années de son existence.
Numéro d’identifiant fiscal. Il s’agit du numéro qui est attribué à tout contribuable imposable à
l’impôt sur le revenu au titre des revenus professionnels (impôt sur les sociétés).
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Numéro d’affiliation à la CNSS. Ce numéro permet à l’organisme en charge de la sécurité sociale,
d’identifier un employeur assujetti en lui attribuant un numéro d’affiliation spécifique qui lui permet
de procéder à la déclaration de salaire de ses employés et au payement des cotisations
correspondantes.
4. Les formalités de publicité
Une fois la société immatriculée au registre de commerce, elle doit se soumettre à des obligations de
publicité. L’obligation de publicité a pour unique but de rendre public et officiel la création de la
société auprès des tiers.
Publication au bulletin officiel. Le bulletin officiel est destiné à publier toutes les décisions ou
documents dont la publication au bulletin officiel est prévue par les lois ou les règlements en vigueur.
Ainsi, selon le dispositif légal en vigueur, toute création de société doit faire l’objet d’une publication
au bulletin officiel du Royaume.
Publication au journal d’annonces légales. Elle remplie le même objectif que la précédente, à la
seule différence des institutions. Les publications au bulletin officiel sont faites à l’imprimerie
officielle du Royaume, tandis que les publications au journal d’annonces légales sont faites dans des
journaux habilités à recevoir des annonces légales.
C. Le sort des actes passés pour le compte de la société en formation
Le régime de la société en formation est particulièrement important en droit des sociétés. En effet,
dès lors que la société n’acquiert la personnalité morale qu’au jour de son immatriculation, tous les
actes passés par les associés fondateurs avant que la société n’ait la capacité de contracter, doivent
être repris par la société lorsqu’elle existe juridiquement.
L’intérêt est de permettre à la société de bénéficier des actes qui ont été passés pour son compte
tout en déchargeant les associés fondateurs de la responsabilité encourue du fait de la signature de
ces actes dans l’intérêt d’une personne morale en devenir. Schématiquement, le mécanisme est très
simple : le tiers a pour contractant l’associé signataire sous réserve de la reprise de cet acte par la
société lors de l’immatriculation.