TD n°1 : Physique des plasmas (session du 22/09/09)
Exercice 1 :
Rappel d’électrodynamique
r r
: mouvement d’une particule chargée dans un
champ électromagnétique E et B .
L’électron est au repos au potentiel V = 0 au temps t = 0 et se trouve à la
position x = y = z = 0 . Calculez sa trajectoire.
Correction :
Les équations du mouvement s’écrivent :
r
dr r
=v
dt
r
dv e r r
=− ( E + v × B0 )
dt me
Avec e > 0 .
Avec les conditions initiales :
r ( 0) = 0
v ( 0) = 0
r r
Le champ magnétique est donné par B0 = B0 e z , et le champ électrique par
r r V r
E = − Ee y = − 0 e y . On sépare le mouvement en vitesse de dérive et une vitesse
L
cyclotronique :
r r r
v = v D + vc
Avec :
r r
r E × B0 V r r V r
vD = 2
= − 0 e y × ez = − 0 ex
B0 LB0 LB0
r
vc est la vitesse cyclotronique, solution de :
r
dv c e r r r r
=− (vc × B0 ) = vc × Ω c
dt me
r e r
Ωc = − B0
me
Par conséquent :
r r r
vc (t ) = v ⊥ sin(Ω c t + ϕ )e x + v ⊥ cos(Ω c t + ϕ )e y
v⊥ et ϕ sont déterminés par les conditions initiales :
r r r V r
vc (0) = v ⊥ sin(ϕ )e x + v ⊥ cos(ϕ )e y = −v D = 0 e x
LB0
π
⇒ϕ =
2
V0
⇒ v⊥ =
LB0
π π
Sachant que sin(α + ) = cos(α ) et que cos(α + ) = − sin(α ) , on trouve :
2 2
r V
LB0
[
v (t ) = 0 (cos(Ω c t ) − 1)e x − sin(Ω c t )e y
r r
]
La position s’obtient en intégrant la vitesse :
t
r r
r (t ) = r (0) + ∫ v(t ' )dt '
0
r
r (t ) =
V0
LB0 Ω c
[
(sin(Ω c t ) − Ω c t )erx + (cos(Ω c t ) − 1)ery ]
Exercice 2 :
Rappel de théorie cinétique des gaz : distribution Maxwellienne des vitesses.
On décrit la distribution des vitesses des particules (ions et électrons) dans un plasma (ou
dans un gaz) par une fonction f (v) qui est une densité de probabilité. La valeur moyenne
d’une fonction quelconque de la vitesse A(v) est donc :
∫ A(v) f (v)d
3
v
A(v) = (1)
∫ f (v ) d v
3
a) La fonction de distribution maxwellienne à une dimension (par exemple la direction
x), pour des particules de masse m et de température T, s’écrit comme :
n v x2
f m (v x ) = exp − 2 (2)
vt π vt
2k B T
Où n est la densité de particule ( n = ∫ f (v)d 3 v ) et vt = , avec k B la constante de
m
Boltzmann.
On définit la vitesse thermique comme :
k BT
vT = (3)
m
Pour la fonction de distribution décrite par l’équation (2). Calculer les grandeurs
suivantes :
〈v x 〉
〈 v x2 〉
1
L’énergie cinétique moyenne 〈 mv x2 〉
2
b) La fonction de distribution maxwellienne à trois dimensions (3D), pour des particules
de masse m et de température T, s’écrit comme :
n v2
f m (v ) = exp − 2 (4)
vt π vt
Pour la fonction de distribution décrite par l’équation (4). Calculer les grandeurs
suivantes :
〈 v〉
〈 v 〉 = 〈 v2 〉
1
L’énergie cinétique moyenne 〈 mv 2 〉
2
L’écart quadratique moyenne 〈v 2 〉
c) La vitesse d’une particule étant de v = v x2 + v y2 + v z2 , on peut introduire la fonction
de distribution des modules de vitesse g m ( v ) = g m (v) telle que g m (v)dv est la densité
de particules entre [v, v + dv ] .
En partant de la fonction de distribution (4) calculer :
g m (v) . Quelle est la vitesse la plus probable ?
Indication :
∞ n +1
1 n + 1 −
∫0 x exp(−αx )dx = 2 Γ 2 α
n 2 2
Avec la fonction Gamma définie par :
∞
Γ(m) = ∫ x m −1e x dx; m > −1
0
Γ(m) = (m − 1)Γ(m − 1)
n! 1
Pour n entier positif, Γ(n) = (n − 1)!= et Γ(1) = 1 ( Γ( ) = π )
n 2
Correction :
a) Les moments de la fonction de distribution de vitesse Maxwellienne à une dimension
sont facilement calculables :
+∞ vx v2 v +∞ v x2 v x2
〈v x 〉 = ∫ exp − x2 dv x = t ∫−∞ − vt2
exp d 2 = 0
−∞
vt π vt 2 π vt
Par symétrie de la fonction Maxwellienne.
b)
+∞ v x2
v x2 vt2 +∞ v x2 v x2 v x
〈v 〉 = ∫
2
exp − 2 dv x =
∫−∞ vt2 exp − vt2 d vt
vt π π
x −∞
vt
Et par une intégration par partie, on obtient :
v2 k T
〈v x2 〉 = t = vT2 = B
2 m
L’énergie cinétique moyenne est donc :
1 k T
〈 mv x2 〉 = B
2 2
b) Pour la fonction Maxwellienne en 3D :
〈 v〉 = 0
v3 v2 4πvt4 ∞ 3 4πvt 1 2v
〈v〉 = ∫
(v t π ) 3
exp − 2 dΩ =
v (v t π ) 0
3 ∫ x exp(− x 2 )dx = 3
Γ ( 2) = t
π
t (π ) 2 2
1 2 1 v x2 + v y2 + v z2 v x2 + v y2 + v z2 3 3
〈 mv 〉 = m ∫ exp − dv x dv y dv z = m〈 v x 〉 = k B T
2
(vt π ) 3 2
2 2 vt 2 2
On a donc :
3k B T
〈v 2 〉 =
m
c) La fraction de particules entre [v, v + dv ] est :
(∫ )
3/ 2
v2 v2 m v2
g m (v)dv = f (v)dΩ dv = ∫ exp − 2 dΩ dv = 4π v 2 exp − 2 dv
4π 4π v π 2πk T
t vt B vt
Pour la calculer la vitesse la plus probable, on dérive g m (v) par rapport à v :
dg m (v) v3
= 0 ⇒ 2v − 2 2 = 0 ⇒ v = v t
dv vt
Exercice 3 :
Gaine de plasma, longueur de Debye et notion d’écrantage.
Un « demi-plasma » occupe initialement le demi-espace gauche ( x ≤ 0 ). Lorsqu’on laisse
les électrons se mouvoir, ils ont tendance à occuper l’espace situé à droite x > 0 de la
frontière initiale (interface plasma-vide) du fait de l’agitation thermique. Si on suppose
qu’une couche électronique d’épaisseur x se déplace d’une distance x, il se forme un
r
champ E au bord du plasma.
a) Que vaut le champ électrique
b) Que vaut l’énergie potentielle à la distance x ?
c) Pour quelle valeur de x cette énergie est égale à l’énergie thermique ?
Correction :
a) Le problème est unidimensionnel.
rr ρ dE en ne
∇E = ⇒ =− e ⇒E= e x
ε0 dx ε0 ε0
b) La force d’interaction dérive d’un potentiel.
r ne e 2 ne e 2 2
F = −∇U p = −eE = − x ⇒Up = x
ε0 2ε 0
d) On en déduit la longueur de Debye :
1 ε k T
Up = k B T ⇒ x 2 = 0 B2
2 ne e
ε 0 k BT
λD =
ne e 2
La longueur de Debye λ D est l’échelle spatiale caractérisant l’hypothèse de quasi-
neutralité et les phénomènes d’écrantage électrique.
Exercice 4 :
Quasi-neutralité, fréquence plasma
Dans un plasma d’hydrogène infini homogène, la quasi-neutralité implique
que ne 0 = ni 0 = cste . Supposons qu’on établisse un défaut de quasi-neutralité sur une
couche infinie d’épaisseur L où à l’intérieur de la couche ( x < L / 2 ) on a
ne = 0, ni = ni 0 (Pour x > L / 2 , on a ne 0 = ni 0 .
a) Calculer le champ électrique maximal dans la couche. Calculer la différence de
potentiel entre x = 0 et x = L 2 . Application numérique : L = 1mm et ni 0 = 10 20 m −3 .
Commenter.
b) Ecrire l’équation du mouvement pour un électron de masse me se trouvant en
e 2 ni 0
x(t = 0) = L avec une vitesse initiale nulle. Que représente le terme .
2 ε 0 me
c) Nous allons effectuer le calcul complet de la fréquence plasma. Pour cela, on se place
dans le cadre de petites oscillations de plasma autour de l’équilibre sous la forme
d’ondes planes e i (ωt − kx ) . En utilisant les équations de quantité de mouvement, les
équations de continuité pour les électrons et les ions ainsi que l’équation de Poisson,
vous démontrerez que la fréquence plasma peut s’écrire sous la forme ω p2 = ω pe 2
+ ω pi2 .
Correction :
r
a) Le problème est symétrique par rapport à l’axe Oy et par conséquent le champ E est
nul sur cet axe. On obtient donc
rr ρ ρ
∇E = ⇒ Ex = x+c
ε0 ε0
ρ en
E x ( x = 0) = 0 ⇒ c = 0 ⇒ E x = x = i0 x
ε0 ε0
Calcul du potentiel électrique :
r L/2
en L2
∆V = − ∫ Edl = − ∫ Edx = − i 0
0
8ε 0
AN : ∆V = −2.26.10 5 V
On remarque que les grandeurs sont considérables pour une couche de seulement 1 mm
d’épaisseur. Ceci est dû à l’amplitude de la force électrique où, avec des densités de
charges relativement faible, on obtient des champs électriques énormes. Il est donc
difficilement imaginable d’avoir un plasma où les différences de potentiel sont à ce point
élevées et dans la mesure où le plasma est constitué d’électrons et ions il va évoluer
rapidement de manière à satisfaire à la quasi-neutralité.
b) L’équation du mouvement d’un électron soumis à la force de cette couche peut
s’écrire :
d 2x ni 0 e 2 d 2x
me 2 = Fx = −eE x = − x ⇔ 2 + ω p x2 = 0
dt ε0 dt
ni 0 e 2
ωp = >0
me ε 0
Solution harmonique :
x(t ) = A cos(ω p t ) + B sin(ω p t )
Les conditions initiales nous donnent A = L / 2, B = 0
L
x(t ) = cos(ω p t )
2
ωp
La particule a donc un mouvement harmonique de fréquence f = . Cette grandeur
2π
s’appelle la fréquence plasma électronique. L’onde correspondante (onde Langmuir) peut
se propager dans des plasmas non-magnétisés.
c) Calcul complet de la fréquence plasma :
Pour chaque espèce α :
rr ρ
∇E = α .( Poisson)
ε0
r
∂v r
mα = qα E.( Newton)
∂t
∂nα r r
+ ∇(nα vα ) = 0.(Continuité )
∂t
Perturbation du système :
n = n0 + n1
v = v1
E = E1
Linéarisation :
rr (n − Zni1 )e
∇E1 = − e1
ε0
r
∂v e1 r
me = −eE1
∂t
r
∂vi1 r
mi = ZeE1
∂t
∂ne1 r r
+ ∇(ne 0 ve1 ) = 0
∂t
∂ni1 r r
+ ∇(ni 0 vi1 ) = 0
∂t
r
∂ 2 ne1 r − eE1 ∂ 2 ne1 − e r ne1 − Zni1
+ n ∇ ( ) = 0 ⇒ + ne 0 ∇(− ) = 0 (1)
∂t ∂t ε
2 e0 2
me m
e 0
r
∂ 2 ni1 r ZeE1 ∂ 2 ni1 Ze r ne1 − Zni1
+ n ∇ ( ) = 0 ⇒ + n ∇(− ) = 0 (2)
∂t 2 ∂t 2 ε0
i 0 i 0
mi me
En posant α = ne1 − Zni1 et en effectuant (1) – Z×(2) :
∂ 2α n e 0 e 2 ni 0 Z 2 e 2
+ ω pα = 0 avec ω p = ω pe + ω pi =
2 2 2
+
∂t 2 ε 0 me ε 0 mi
Exercice 5 :
Loi de Saha et taux d’ionisation
Dans un plasma à l’équilibre thermodynamique (particules et radiation) le taux
d’ionisation du gaz est décrit par l’équation de Saha. Pour un plasma d’hydrogène, le taux
n n
d’ionisation y = i = e (avec n = ni + n0 et n0 est la densité de neutres) en fonction de
n n
la température T est donné par :
1 2πme k B T χ
3/ 2
y2
= exp − H
1− y n h2 k BT
Avec h la constante de Planck et χ H l’énergie d’ionisation de l’hydrogène.
Représenter graphiquement le taux d’ionisation en fonction de la température pour trois
densités n = 1016 ,1019 ,10 20 m −3 ? Pour ces trois valeurs de densité, à quelle température T
on a y = 1 / 2 ?
Correction :
La loi de Saha décrit le taux d’ionisation d’un plasma à l’équilibre thermodynamique et
s’exprime comme :
1 2πme k B T χ
3/ 2
y2
= exp − H
1− y n h2 k BT
Afin d’obtenir le taux d’ionisation, on peut résoudre cette l’équation polynomiale
suivante :
y2 − a ± a 2 + 4a
= a ⇔ y 2 + ay − a = 0 ⇒ y
1− y 2
1 2πme k B T χ
3/ 2
Où a = exp − H > 0
n h2 k BT
On obtient deux solutions. On note que le taux d’ionisation est compris entre 0 et 1. Ce
qui restreint les solutions. L’expression du taux d’ionisation sous sa forme la plus
abordable est :
− a + a 2 + 4a
y
2
La solution analytique à ce problème n’est pas possible. On adopte donc une résolution
numérique. Les valeurs sont données dans le tableau suivant :
n [m-3] 1016 1018 1020
T [K] 6000 7200 9000
On remarque ainsi qu’à une température de 1eV (11400 K), les trois cas considérés sont
presque entièrement ionisés. C’est bien inférieur à l’énergie d’ionisation de l’Hydrogène.
En fait la loi de Saha est dérivée pour le cas où on n’a un équilibre, c'est-à-dire quand on
autant d’atomes qui s’ionisent ou d’ions qui se recombinent pendant le même laps de
temps. Ceci s’exprime comme :
n n 〈σ ion ve 〉 = ne 〈σ rec ve 〉
σ [m 2 ] correspond à la section efficace, ne [m −3 ] à la densité d’électrons et v [m / s ] à leur
vitesse. Le produit 〈σv〉 représente en quelque sorte la probabilité de passer un état à un
autre par unité de temps. En élevant la température, la probabilité d’ionisation est plus
élevée que celle de la recombinaison.
Ceci explique donc le fait que l’on ait bien une température de transition inférieure à
l’énergie d’ionisation pour les différentes densités.
En augmentant la densité, on augmente aussi la probabilité pour un électron de rencontrer
un ion et donc se recombiner. Ainsi, plus on aura un plasma dense et plus la température
devra être élevée afin de totalement l’ioniser.