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Parcours Narratologiques: Gerald Prince

L'article de Gerald Prince explore les frontières et les définitions de la narratologie, soulignant la diversité des opinions sur ce qui constitue un récit. Il aborde les critères de distinction, d'intégralité et de productivité dans l'étude des récits, tout en notant que les débats sur ces critères demeurent actifs et controversés. Prince met en lumière la complexité et la vitalité de la narratologie, tout en avertissant des risques d'incohérence qui peuvent en découler.

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Parcours Narratologiques: Gerald Prince

L'article de Gerald Prince explore les frontières et les définitions de la narratologie, soulignant la diversité des opinions sur ce qui constitue un récit. Il aborde les critères de distinction, d'intégralité et de productivité dans l'étude des récits, tout en notant que les débats sur ces critères demeurent actifs et controversés. Prince met en lumière la complexité et la vitalité de la narratologie, tout en avertissant des risques d'incohérence qui peuvent en découler.

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Topiques, études satoriennes


Topoï Studies, Journal of the SATOR

Parcours narratologiques
Gerald Prince

Volume 2, 2016

Réfléchir le topos narratif

URI : [Link]
DOI : [Link]

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Éditeur(s)
SATOR, Société d'Analyse de la Topique Romanesque d'Ancien Régime

ISSN
2369-4831 (numérique)

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Citer cet article


Prince, G. (2016). Parcours narratologiques. Topiques, études satoriennes / Topoï
Studies, Journal of the SATOR, 2, 1–17. [Link]

© Gerald Prince, 2016 Ce document est protégé par la loi sur le droit d’auteur. L’utilisation des
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Parcours narratologiques

J'aimerais, dans ce qui suit, parcourir la narratologie, la délimiter, en faire un levé : non
pas seulement parce que je l'ai déjà parcourue, revisitée, reconsidérée, remodelée à
plusieurs reprises1 et non pas tellement parce que l'examen des lieux peut fournir un
tremplin à la discussion du temps et de la temporalité mais avant tout parce que faire un
levé suppose une inspection des frontières et que, depuis le début, la question des
frontières a joué un rôle significatif dans ce champ d'études.

La narratologie étant « la science du récit2 » (ou bien tout simplement une théorie du
récit), son étendue même dépend de la définition de ce dernier. Elle dépend, comme
l'indique un article célèbre de Gérard Genette3, des frontières du récit, des différences
entre récit et non-récit, entre narration et anti-narration, ou même entre narratif comme
entité et narratif comme qualité. Sur ce sujet, nous le savons, aucun accord ne s'est
véritablement réalisé. Certains chercheurs et théoriciens soutiennent que tout est récit ;
d'autres maintiennent que tout peut l'être ; d'autres encore déclarent que, d'un point de vue
fondamental, rien ne l'est (puisque toute narrativité repose sur une culture et un contexte).
Certains définissent le récit comme la relation verbale d'au moins un événement, d'autres
comme toute représentation – verbale ou non-verbale – d'un ou plusieurs changements de
situation. Certains affirment que le récit implique la consécution, la conséquence, la
clôture, qu'il doit être peuplé d'individus anthropomorphes, qu'il lui faut s'ancrer dans
l'expérience humaine; d'autres mettent en question chacune de ces précisions4. Quant à
moi, j'ai beaucoup hésité. Mais j'y reviendrai.

1
Voir, par exemple, Gerald Prince, « Reviewing Narratology » ; « Remodeling Narratology »
et« Revisiting narrativity ».
2
C'est ainsi que Tzvetan Todorov définit le terme qu'il a inventé. Voir sa Grammaire du Décaméron, p. 10.
3
Gérard Genette, « Frontières du récit ».
4
Voir, par exemple, Jean-Michel Adam, Le récit et Le texte-narratif ; Mieke Bal, Narratology:
Introduction to the Theory of Narrative ; Claude Bremond, Logique du récit ; Didier Coste, Narrative as
Communication ; Monika Fludernik, Towards a "Natural" Narratology ; Gérard Genette, Figures III et
Nouveau discours du récit ; Algirdas J. Greimas, Sémantique structurale et Du sens : essais sémiotiques ;
David Herman, Story Logic: Problems and Possibilities of Narrative ; Gerald Prince, A Dictionary of
Narratology ; Brian Richardson, « Recent Concepts of Narrative and the Narratives of Narrative Theory » ;
Paul Ricoeur, Temps et récit ; Marie-Laure Ryan, « The Modes of Narrativity and their Visual
Metaphors ».

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Gerald Prince 2

Même s'il y avait consensus, même si tout le monde s' entendait sur une définition
(narratologique) du récit, un autre ensemble de frontières – les frontières de la
narratologie qu'étudiait jadis un bel article de Michel Mathieu-Colas5 – resterait à
déterminer. La définition de la discipline (ou peut-être de l' « indiscipline ») varie
beaucoup suivant que l'on aspire à « tout y inclure » ou à tout en exclure, que l'on veuille
« seulement connecter » ou toujours déconnecter, que l' on se pique toujours d'historisme
ou seulement d'abstraction, que l'on penche du côté de la théorie ou de la science, de
l'expansion ou de la restriction. Les études formalistes du récit foisonnent de même que
les analyses dialogiques ou phénoménologiques; les approches aristotéliciennes,
tropiques ou déconstructionnistes abondent aussi ; et les opinions cognitivistes, les points
de vue politiques, historiques et anthropologiques, les prises de position féministes, les
spéculations queer ne manquent guère6. Comme le suggèrent cette profusion ainsi que le
recours de plus en plus fréquent à des expressions composées (narratologie classique ou
postclassique, narratologie postmoderne ou postcoloniale, ethnonarratologie,
socionarratologie, psychonarratologie) ou encore l'adoption de plus en plus courante d'un
pluriel (« narratologies » avec un s, comme dans le récent volume édité par David
Herman7), il n’est pas évident que la diversité remarquable des discours sur le récit puisse
ou doive être subsumée par une « grande narratologie », synthétique et cohérente. En
1966, Roland Barthes se serait probablement montré sceptique. Le niveau narrationnel,
disait-il dans l'un des textes fondateurs de la discipline, est le dernier niveau dont
l'analyse structurale du récit tienne compte : après quoi « commence le monde [ ... ]. De
même que la linguistique s'arrête à la phrase, l'analyse du récit s'arrête au discours : il faut
ensuite passer à une autre sémiotique. 8» Tzvetan Todorov, lorsqu'il souligna que la
science baptisée « narratologie » avait pour objet « les actions telles que les organise un
certain discours, appelé le récit », et Nilli Diengott, qui distingue avec véhémence la

5
Michel Mathieu-Colas, « Frontières de la narratologie ».
6
Voir, par exemple, David Herman, « Scripts, Sequences, and Stories: Elements of a
Postclassical Narratology » ; Susan Sniader Lanser, Fictions of Authority: Women, Writers and
Narrative Voice et « Toward a Feminist Narratology » ; Patrick O'Neill, Fictions of Discourse:
Reading Narrative Theory ; les trois numéros de Poetics Today revisitant la narratologie en 1990 et
1991 ; le numéro spécial de Style édité par Brian Richardson en 2000 et le numéro spécial de Narrative
édité par Emma Kafalenos en 2001.
7
David Herman (éd.), Narratologies: New Perspectives in Narrative Analysis.
8
Roland Barthes, « Introduction à l'analyse structurale des récits ».

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Topiques, Études satoriennes 2 (2016) 3

poétique narrative théorique d'autres « domaines d'études littéraires, comme


l'interprétation, la poétique historique, ou la critique», soutiendraient eux aussi une vision
restreinte du champ narratologique.9 Mais Didier Coste, Thomas Leitch ou Susan Lanser
(pour qui la narratologie devrait « étudier le récit par rapport à un contexte référentiel qui
soit simultanément linguistique, littéraire, historique, biographique, social et
politique 10») appuieraient une vision bien différente. Quant à moi, je suis souvent du côté
du groupe restrictif. Mais j'y reviendrai. Encore une fois, même s'il y avait consensus, un
nouvel ensemble de frontières resterait à établir. Après tout, qu'elle soit expansive ou
restreinte, la narratologie étudie ce qui relève du récit. À moins que rien dans les récits ou
dans leurs contextes (depuis la motion des électrons jusqu'à celle des étoiles) ne leur soit
étranger et ne serait-ce que pour des raisons pratiques, la narratologie se doit de poser la
question de la pertinence narrative (et narratologique). Or, si l'on a pu invoquer plusieurs
critères à ce sujet, aucun d'entre eux ne s'est montré invulnérable. Comme je l'ai déjà dit
dans un contexte différent11, peut-être le critère le plus consacré est-il celui de la
distinction. La narratologie s'intéresse grandement, sinon exclusivement, à la differentia
specifica du récit, à ce qui dans le récit est distinctif du récit. On trouve beaucoup plus
que du récit dans le récit (des circonstances comiques, des images bouleversantes, des
profondeurs psychologiques) et la narratologie aspire à rendre compte du récit en tant que
récit, du récit dans sa narrativité : elle tente de caractériser tous les textes narratifs
possibles et seulement ces textes, dans la mesure où ils sont narratifs (où ils présentent
des traits spécifiques au récit). Si, par exemple, le récit était défini comme la
représentation d'événements ou de changements de situations (et que le non-récit ne l'était
pas), certains rapports temporels seraient narrativement spécifiques alors que des
circonstances comiques ou des profondeurs psychologiques ne le seraient pas (étant
donné la définition et le fait qu'il y a beaucoup – beaucoup trop ! – de récits qui ne sont ni
comiques ni profonds et beaucoup de non-récits qui, au contraire, le sont). Mais si le
comique ou la profondeur ne constitue pas une differentia specifica du récit, il en va de

9
Voir Tzvetan Todorov, op. cit., p. l 0 et Nilli Diengott, « Narratology and Feminism », p. 46. Toutes les
traductions en français sont de moi.
10
Susan Sniader Lanser, art. cit., p. 345. Voir également Didier Coste, op. cit. et Thomas Leitch, What
Stories Are: Narrative Theory and lnterpretation.
11
Gerald Prince, « On Narratology: Criteria, Corpus, Context », p. 76-77.

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Gerald Prince 4

même pour le personnage (penser à La Bruyère ou Théophraste), la description (qu'on


trouve en dehors du récit) ou même le point de vue (puisque toute entité, toute situation –
qu'elle soit narrative ou non – peut être considérée selon des perspectives et des attitudes
différentes). Cependant, ces trois catégories – surtout la dernière – ont attiré beaucoup
d'attention narratologique (et souvent au-delà de leur travail strictement « narratif »).
En d'autres termes, le critère de la distinction n’est pas déterminant.

Le critère de l'intégralité ne l'est pas non plus. Les narratologues font bien plus attention à
la situation diégétique ou au degré de visibilité d'un narrateur qu'à son âge ou qu'à son
poids, sans doute parce que tout narrateur peut être décrit comme extra- ou intra-, homo-
ou hétérodiégétique et comme plus ou moins visible alors que tout narrateur ne peut être
caractérisé en termes d'âge ou de poids (quel est le poids du narrateur –ou de la narratrice
– dans La princesse de Clèves, dans « Jeanne a écrit avant de manger » ou dans « Pierre a
disparu après avoir fait la fête » ? Plus généralement, si les traits narratifs et les raisons
narratologiques constituent et désignent une entité narrante, cette entité doit-elle avoir un
âge ou un poids ?). Cependant, les narratologues font très attention à l'espace narratif
(c'est une illustration parmi d'autres !) bien qu'il soit parfaitement possible de raconter
sans référence aucune à l'espace du narré, à celui du narrant, ou aux rapports entre eux:
soit, par exemple, « Félix s'est adressé à Colette avant de s'adresser à Germaine ».

D'autres critères se révèlent tout aussi problématiques. Ainsi, la simplicité n'est pas
seulement fonction des mesures choisies (nombre d'éléments employés dans le modèle
proposé, nombre de règles pour combiner ces éléments, diversité des éléments ou des
règles) mais également fonction des résultats obtenus: si, par exemple, ils s'avéraient peu
concluants ou (techniquement) inintéressants? Quant à l'élégance – autre critère
fréquemment invoqué – il faut la laisser au tailleur.

En fin de compte, peut-être le critère le plus applicable et le plus appliqué est-il celui de
la productivité. L’intégration d'une catégorie telle que l'espace narratif à des modèles
narratologiques est, au moins partiellement, motivée ou justifiée par son importance
traditionnelle (et toujours appréciable) dans les discussions « adéquates » des possibles

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Topiques, Études satoriennes 2 (2016) 5

narratifs ainsi que par sa capacité à être mise en rapport avec d'autres catégories
(traditionnellement) importantes dans ce genre de discussions (la vitesse narrative, par
exemple, ou la fréquence narrative). Ce qui me mène à dire dès maintenant (quitte à
y revenir plus tard) qu'en principe aucun trait textuel (ou contextuel) ne doit être
considéré comme narratologiquement impertinent, à moins de s'avérer improductif (ou de
souffrir d'une condition pareillement affligeante).

Évidemment, même lorsqu'un accord quelconque s'établit quant à l'ensemble


des catégories et des traits narratologiquement pertinents (ou quant à des sous-ensembles
analogues), les domaines et les frontières de ces traits et catégories restent souvent
controversables. C'est ainsi que les débats sur la focalisation ou le point de vue n'ont
guère disparu, que la situation (narratologique) d'une catégorie comme l'ellipse demeure
discutable (relève-t-elle de la vitesse ou de la fréquence narrative ?) et que même un
élément aussi stable en apparence que le narrateur n'est pas à l'abri du changement.
Après avoir examiné les fonctions réalisables par un acte de narration, Marie-Laure
Ryan a récemment conclu que le narrateur n'était pas une entité narrative de base. Son
mode d'existence dépend du nombre de fonctions narrationnelles qu'il remplit (et son
corrélat théorique, le narrataire, jouit d'un statut ontologique également variable)12.

La modification répétée de certaines frontières et la mise en question de certaines


catégories, la redéfinition de certains domaines et la reclassification de certains traits
ainsi que d'autres types de controverses ne sont évidemment pas propres à la narratologie.
Elles ne constituent pas non plus forcément des symptômes de désarroi. Elles peuvent
même constituer des signes de vitalité, de vigueur et de l'impatience qui mène souvent à
la découverte. Mais elles peuvent également susciter une prolifération étourdissante de
termes techniques (et de dictionnaires); elles peuvent entraîner de multiples
recommencements à zéro et d'abondants gaspillages ; et, ce qui est sans doute encore pire,
elles peuvent conduire à l'opportunisme et à l'incohérence. En fait, la rigueur de certaines
contraintes, la précision de certaines distinctions, la stabilité de certaines frontières sont

12
Marie-Laure Ryan, « The Narratorial Functions: Breaking Down a Theoretical Primitive ». Sur le point
de vue et la focalisation, voir Willie van Peer et Seymour Chatman, New Perspectives on Narrative
Perspective.

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Gerald Prince 6

tout aussi essentielles à la santé comme à l'énergie d'une discipline. J'effectuerai donc,
une fois de plus, certaines discriminations et je proposerai certaines définitions qui me
paraissent importantes pour le développement de la narratologie.

En premier lieu, tout n'est pas récit et toute représentation n'est pas forcément narrative.
Pour qu'une entité soit un récit, elle doit être analysable comme représentation d'un ou de
plusieurs événements (non contradictoires et non aléatoirement reliés), d’un ou de
plusieurs changements de situation. Outre qu'elle se conforme à des jugements courants
sur le récit ou, tout au moins, qu'elle ne s'y oppose pas, cette définition minimale, qui me
semble à la fois flexible et contraignante, possède un certain nombre de qualités. Elle
permet, par exemple, de distinguer récit et non-récit (un signe langagier unique ou la
répétition du même signe, une série de syllabes sans signification, un énoncé purement
phatique, une simple formule existentielle, mais aussi l'énumération de plusieurs objets,
un syllogisme, un argument et ainsi de suite). Cette définition permet également de
distinguer récit et anti-récit (disons, La jalousie de Robbe-Grillet) en soulignant la
cohésion et la logique des représentations narratives. De manière plus générale, peut-être,
et pour parler comme Émile Benveniste, cette définition évoque la nature (« sémantique »
plutôt que « sémiotique » de ces représentations : au contraire d'un signe, un récit n'est
pas « reconnu », il est « compris » (ce qui aide, sans doute, à expliquer les différences
d'opinion sur le statut narratif
de beaucoup d'entités)13.

Si notre définition signale un certain nombre de frontières et rend explicites un certain


nombre de conditions ou restrictions, elle n'empêche nullement la diversité. Par exemple,
elle ne précise pas la substance, le moyen d'expression des récits: langage parlé, langage
écrit, langage des signes, images mobiles et fixes, gestes et pantomimes, ou combinaison
ordonnée de ces moyens. Elle ne précise pas non plus leur vérité ou fausseté, leur
conservatisme ou modernité, leur caractère factuel ou fictionnel, ordinaire ou littéraire,
délibéré ou spontané. Elle ne spécifie pas la nature de leur contenu et son rapport à
l'expérience humaine, le genre de sujets traités et de thèmes développés, le type de

13
Émile Benveniste, Problèmes de linguistique générale. .

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Topiques, Études satoriennes 2 (2016) 7

situations et d'événements représentés ou leurs liens possibles. Elle n’ompose guère de


limites aux dimensions potentielles des récits ; elle indique à peine le degré de cohésion
ou le genre de clôture qu'ils devraient avoir; et elle ne restreint vraiment ni modes de
narration (différentes façons de représenter les mêmes événements) ni modes de
narrativité (ce que Marie-Laure Ryan décrit comme « les diverses réalisations textuelles
d'intrigues, les différentes façons dont un texte dépend d'une structure narrative (ou d'une
intrigue, ou d'une histoire) et suggère cette structure comme modèle de cohérence 14»).
La narratologie doit expliciter ces frontières définitoires du récit et rendre compte de ces
diversités « narratives ». C'est d'ailleurs ce qu'elle a déjà partiellement réussi à faire. Dans
le domaine du narrant, par exemple, et surtout à partir des travaux de Gérard Genette, les
narratologues ont décrit les ordres temporels que peut suivre un récit, les anachronies
qu'il peut inclure, les structures achroniques, antichroniques ou polychroniques qu'il peut
accueillir. On sait que certains événements représentés ne sont ni datés ni
(même vaguement) datables, que d'autres le sont de manière capricieuse ou
contradictoire, que d'autres encore le sont en termes d'un système pluriel de valeurs. S'ils
peuvent s'articuler sans aucune ambiguïté ou, au contraire, échapper à toute ordonnance
temporelle, ils peuvent aussi s'aligner au hasard (tous les agencements temporels sont
alors équiprobables) ; ils peuvent se plier à différentes ordonnances (plusieurs
agencements, dans ce cas, sont possibles) ; et ils peuvent n'être ordonnés qu'en partie. Les
narratologues ont également décrit la vitesse du récit, ses tempi fondamentaux et son
insigne variabilité (de l'isochronique au cadencé, de l'arythmique au syncopé). Ils ont
étudié la fréquence narrative, examiné les notions de distance et de point de vue,
caractérisé les types de discours qu'un texte peut choisir pour présenter les paroles ou les
pensées des personnages et analysé les principales sortes de narration (postérieure,
antérieure, simultanée, intercalée) et leurs perturbations méta ou périleptiques. Ils ont
aussi exploré les traits distinctifs du récit à la première, la deuxième et la troisième
personne. Enfin, ils ont spécifié les signes du narrateur (qui peut s'avérer plus ou moins
intrusif, bien informé, selfconscious ou fiable) aussi bien que les signes du narrataire et ils
ont éclairé les rôles de ces deux actants de communication, la distance (temporelle,

14
Marie-Laure Ryan, « The Modes of Narrativity [ ... ] », p. 369.

[Link]
Gerald Prince 8

linguistique, morale, etc.) qui peut les séparer l'un de l'autre ainsi que celle qui peut les
séparer du monde représenté.

L’exploration de ce monde a également produit des résultats notables. Par exemple, les
analystes du récit ont identifié diverses sortes d'éléments constitutifs du narré (états de
choses ou événements, processus ou accomplissements, actions, fonctions ou qualités)
tout comme ils ont distingué les composants nécessaires à sa cohérence chrono-logique
de composants accessoires. Ils ont non seulement analysé les relations (syntagmatiques et
paradigmatiques, spatiotemporelles, logiques, fonctionnelles, transformationnelles) entre
constituants, ils ont su montrer comment les séquences narratives se combinent par
conjonction, enclave ou alternance. De plus, ils ont étudié la nature des participants aux
événements représentés et celle du décor dans lequel ont lieu ces derniers. Ainsi, les
personnages peuvent être plus ou moins notables, unidimensionnels ou
multidimensionnels, dynamiques ou statiques, contradictoires ou conséquents, définis
surtout par leurs perceptions, leurs paroles, leurs pensées ou sentiments, leurs actions,
interactions ou motivations; et leurs attributs peuvent se manifester de façon plus ou
moins explicite, directe ou fiable. De même, les décors peuvent s'avérer plus ou moins
importants ou négligeables, solides ou instables, cohérents ou incohérents, hybrides,
homogènes, étranges ou familiers; leurs caractéristiques peuvent être exprimées par le
narrateur ou par des personnages, sporadiquement ou sans discontinuité appréciable,
méthodiquement (de droite à gauche, de haut en bas, de l'extérieur à l'intérieur) ou de
façon désordonnée ; et l'espace narratif en général peut se révéler plus ou moins
multitopique, hétérotopique ou chaotique. Quant à la dimension temporelle qui nous
sollicite les analystes du récit ont clarifié la nature du temps représenté et son action:
irréversible, cyclique ou en boucle, régressif ou progressif, coulant de façon uniforme ou
non, subjectif plutôt qu'objectif, caractérisé par la durée ou par la date, segmenté selon
des mesures artificielles ou naturelles, proche ou distant de foyers déictiques,
informationnel ou indiciel, curatif, tonique, paralysant, flétrissant. D'autre part, ils ont
considéré les quasi- ou les pseudo-chronologies, les hétérochronologies, les
multichronologies ainsi que les simultanéités partielles ou totales, les enchaînements

[Link]
Topiques, Études satoriennes 2 (2016) 9

plus ou moins continus, les inconséquences plus ou moins notables entre divers segments
temporels, la grandeur relative de ces segments et la qualité de leurs frontières15.

La caractérisation des traits que je viens d'évoquer (ou d'autres encore, relevant de la
nature et de l'autonomie des mondes qui constituent l'univers d'un récit ou concernant les
facteurs qui influent sur la narrativité et ses différents modes) ne suppose aucune
spécification de contexte narratif16. Cela ne veut nullement dire qu'une telle spécification
est inintéressante ou inutile. Ni que le caractère, la description, l'interprétation de récits
particuliers ne sont pas affectés par les multiples contextes de la production ou de la
réception narrative. Même des narratologues relativement restrictifs (je pense à moi)
savent bien que, comme Wayne Booth l'avait jadis fait ressortir et comme Tamar Yacobi
l'a récemment souligné, des formes identiques peuvent entraîner des effets divers17. Ils
savent, par exemple, que le même passage peut parfois fonctionner comme narration
itérative ou singulative, comme discours indirect libre ou discours narrativisé, comme
exploitant la coordination ou la subordination, comme reposant sur la consécution ou sur
la conséquence. Ils savent aussi que non seulement des ingrédients narratifs tels que la
vraisemblance des événements, le jeu de la surprise et du suspense ou la fiabilité du
narrateur dépendent du contexte mais encore qu'une catégorie aussi fondamentale que la
vitesse (la scène, le sommaire) est « relative » ou « floue » plutôt que « précise » ou
« absolue » et que son utilisation dans 1' analyse de récits particuliers varie souvent avec
l'analyste18. En fait, et généralement parlant, ils trouvent pertinente pour leur travail
l'étude de récits ou de groupes de récits dans des contextes qui leur sont uniquement
applicables. Ils ont eux-mêmes exploré des contextes génériquement, culturellement ou
temporellement circonscrits (penser à l'ouvrage de Tzvetan Todorov sur le fantastique19)

15
Voir, par exemple, Porter Abbott, The Cambridge Introduction to Narrative ; Mieke Bal, op. cit. ;
Seymour Chatman, Story and Discourse: Narrative Structure in Fiction and Film ; Gérard Genette, Figures
III et Nouveau discours … ; Philippe Hamon, Le personnel du roman et Introduction à l'analyse du
descriptif ; Wallace Martin, Recent The ries of Narrative ; Gerald Prince, Narratology: the Form and
Functioning of Narrative ; Tzvetan Todorov, Poétique.
16
Voir, par exemple, Lubomîr Dolezel, « Narrative Semancics » ; Thomas Pavel, « Narrative Domains » ;
Marie-Laure Ryan, Possible Worlds, Artificial Intelligence, and NarrativeTheory.
17
Wayne Booth, The Rhetoric of Fiction; Tarnar Yacobi, « Package Deals in Fictional Narrative: the Case
of the Narrator's (Un)reliabiliry ».
18
Voir Gerald Prince, « On Narrative Studies and Narrative Genres ».
19
Tzvetan Todorov, Introduction à la littérature fantastique.

[Link]
Gerald Prince 10

et ils comprennent que 1' examen d'un seul texte dans un contexte particulier peut
illuminer les mécanismes du récit. Seulement, vu que ces investigations de corpus limités
et de contextes spécifiques reposent sur un ensemble déjà constitué (bien que temporaire)
de propositions qui concernent tous les récits possibles (et seulement eux), vu qu'elles
combinent les intérêts de plusieurs champs d'études, enfin, quels que puissent être leurs
résultats, vu que leurs objectifs sont particuliers plutôt que généraux, locaux plutôt
qu'universels, les narratologues restrictifs ont tendance à les tenir pour extérieurs à la
narratologie proprement dite. De même que beaucoup de linguistes distinguent des
domaines linguistiques essentiels (phonologie, sémantique, syntaxe) de domaines qui se
basent sur eux (pragmatique, sociolinguistique, psycholinguistique) et, en outre,
distinguent de ces deux groupes de domaines la philosophie du langage ou la critique
littéraire linguistique, les narratologues restrictifs ont tendance à distinguer la
narratologie de la critique narratologique et de domaines (actuels ou potentiels) comme la
psychonarratologie, la socionarratologie, la narratologie historique ou la philosophie du
récit.

Des remarques similaires s'appliquent aux analyses de nombreux aspects de textes


particuliers. Certaines d'entre elles –1' analyse de la vision tragique de tel roman ou de la
dimension comique de tel autre – seraient, je crois, tenues pour narratologiquement non-
pertinentes par tout narratologue, qu'il soit restrictif ou pas. Plus généralement, il en va de
même pour la caractérisation de l’idéologie d'un texte, le déchiffrage de son sens,
l'appréciation de sa valeur. À moins, évidemment, que ces analyses ne prennent comme
point de départ, d'articulation ou de repère certains traits narratifs (la vitesse, par
exemple, ou la fréquence). Dans ce cas, les narratologues restrictifs établiraient des
frontières différentes de celles que traceraient leurs collègues moins rigoureux (plus
tolérants). Certes, je le répète, ils savent que même l'examen d'un seul texte (qui en
établirait la spécificité narrative, par exemple, ou qui utiliserait la description
narratologique pour élaborer ou pour soutenir telle ou telle conclusion critique), même
l'examen d'un seul texte peut éprouver la validité et la rigueur des catégories
narratologiques, identifier des éléments que les narratologues ont négligés, sous-estimés
ou mal définis et peut-être amener des reformulations fondamentales de modèles

[Link]
Topiques, Études satoriennes 2 (2016) 11

narratifs. En fait, ces narratologues restrictifs ont souvent entrepris des examens pareils
(j'ai moi-même étudié le rôle du narrateur dans Le père Goriot, celui de la destination
dans Le noeud de vipères, la fonction des signes métanarratifs dans Nadja, la nature
du discours attributif dans Madame Bovary20). Cependant, pour ceux qui prisent la
généralité et la systématicité dans leur étude du récit et qui pensent que la narratologie
doit caractériser la façon (narrative) dont signifient les récits au lieu d'expliquer ce qu'ils
veulent dire, les analyses ponctuelles visant à éclairer des textes particuliers relèvent
plutôt du domaine de la critique narratologique (ou de la narratologie appliquée).

Je crois que ces inspections des frontières de la narratologie, ces levés du domaine qu'elle
recouvre à strictement parler sont importants puisqu'ils favorisent – contre l'opportunisme
incohérent – la méthode et la généralité, puisqu'ils contribuent à l'élaboration d'un objet
d'études bien circonscrit et à celles de visées disciplinaires bien définies (décrire ce que
tous les récits possibles et seulement les récits possibles ont narrativement de commun
ainsi que ce qui leur permet de différer narrativement les uns des autres et caractériser la
compétence narrative), enfin, puisqu'ils résistent à l'amalgame (irréfléchi) du théorique,
du descriptif et de l'interprétatif (ou de ce que j'appelle parfois «l'intéressant»). Mais je ne
crois pas qu'ils soient plus importants que d'autres travaux narratologiques. En fin de
compte, que nous considérions la narratologie comme une poétique théorique ou
comme une poétique descriptive et historique, comme une approche critique, comme un
mode d'interprétation, et que nous désignions telle ou telle étude comme véritablement
narratologique ou pas importe sûrement moins que la capacité d'illuminer la nature, la
forme ou le fonctionnement du récit et que toute une série de tâches que se fixent (ou
devraient se fixer) les narratologues. Pour terminer, j'aimerais en discuter rapidement
quelques unes. La première est relativement évidente. Sur la base de corpus élargis et
avec de nouveaux outils, elle consiste à identifier, examiner ou réexaminer différents
aspects du récit pour les définir ou les redéfinir, les reconfigurer, les réordonner et pour
éliminer les incohérences qu'ils peuvent susciter. J’ai mentionné plus haut l'attitude
révisionniste de Marie-Laure Ryan envers le narrateur (et le narrataire). J’aurais pu

20
Gerald Prince, « A Narratological Approach: the Narrator in Le père Goriot» ; « Attributive
Discourse in Madame Bovary » ; « Le noeud de vipères ou Les destinations d'un récit » et « La fonction
métanarrative dans Nadja ».

[Link]
Gerald Prince 12

mentionner d'autres reconsidérations de principes théoriques, comme la réanalyse


proposée par Dorrit Cohn de la narration« non-fiable» en narration« mal informée» et
narration « discordante 21». J’ai également fait allusion au travail considérable qui
continue de s'effectuer sur la notion de point de vue narratif mais j'aurais pu tout aussi
bien mentionner les réexamens et redéfinitions de figures comme l'auteur impliqué22. Et
j'aurais pu évoquer les suggestions de Daniel Punday pour une narratologie corporelle, les
études de Jon K. Adams sur l'ordre narratif et celles de Ken lreland sur les aspects
temporels du récit ; Marie-Laure Ryan et Uri Margolin sur le virtuel ; Brian McHale,
Brian Richardson, Françoise Revaz et Daniel Maher sur les types de narrativité ; David
Herman sur la logique narrative ; Manfred Jahn sur les cadres, schèmes, scripts ou
plans ; Emma Kafalenos sur le concept de fabula ; Dorrit Cohn sur les singularités
du mode fictionnel ou Philippe Carrard sur celles du mode historique23 ; et ainsi de suite.
De façon plus générale, enfin, j'aurais pu noter, dans beaucoup de travaux narratologiques
récents, la propension croissante à distinguer les traits narratifs ou leurs configurations en
termes de continuums plutôt que de relations binaires (ou ternaires), l'intérêt accru pour
les études de récits non-verbaux et les questions qu'ils soulèvent (quelle serait la
différence entre narration postérieure et narration simultanée en peinture ?) et, ce qui est
encore plus frappant, le souci grandissant d'incorporer une « voix du récepteur » dans les
descriptions du fonctionnement des récits24.

Évidemment, ménager une place pour la voix d'un récepteur – par exemple en montrant
que les ambiguïtés textuelles sont résolubles par des récepteurs particuliers dans des
contextes particuliers: tel passage utilise, ad libitum, le singulatif ou l'itératif; tel autre

21
Dorrit Cohn, « Discordant Narration ».
22
Voir, par exemple, Ansgar Nünning, « Unreliable, Compared to What: Towards a Cognitive
Theory of Unreliable Narration: Polegomena and Hypotheses » et « Deconstructing and
Rcconceptualizing the lmplied Author: The Implied Author – Still a Subject of Debate ».
23
Daniel Punday, « A Corporeal Narratology ? » ; Jon-K Adams, « Order and Narrative » ; Marie-Laure
Ryan, Possible Worlds ... ; Uri Margolin, « Story Modalised, or the Grarnmar of Virtuality » ; Brian
McHale, « Weak Narrativity: the Case of Avant-Garde Narrative Poetry » ; Brian Richardson,
« Denarration in Fiction: Erasing the Story in Beckett and Others » ; Françoise Revaz, Les textes d'action ;
Daniel Maher, « Precious Time: Pushing the Limits of Narrative in the Sevenreenth Century » ; David
Herman, Story Logic ... ; Manfred Jahn, « Frames, Preferences and the Reading of Third-Person
Narrative: Toward a Cognitive Narratology », 1997 ; Emma Kafulenos, « Reading Visual Art, [Link] –
and Forgetting – Fabulas» ; Dorrit Cohn, The Distinction of Fiction ; Philippe Carrard, Poetics of the New
History: French Historical Discourse from Braudel to Chartier.
24
Voir le numéro spécial de Narrative, op. cit.

[Link]
Topiques, Études satoriennes 2 (2016) 13

passage implique la coordination ou la subordination – ménager une place pour la voix


d'un récepteur ne mettra pas fin aux multiples questions concernant le rôle et
l'importance de nombreux traits narratifs. Pourquoi les récepteurs estiment-ils ces
derniers différemment ? À quel point sont-ils sensibles aux changements de distance ou
de point de vue ? Comment construisent-ils divers types d'auteur impliqué ? Sur quelle
base choisissent-ils telle interprétation au lieu de telle autre ou établissent-ils différents
degrés de narrativité ? Voilà toute une série de problèmes concrets qui exigent des
réponses expérimentalement fondées. Cependant, les narratologues –classiques ou
postclassiques, restrictifs ou pas – ont fait peu d'études observationnelles ou
expérimentales soutenues de ces problèmes et je crois que nous avons trop souvent eu
tendance à prendre des thèses localement persuasives et suggestives sur la réception et la
compréhension pour des vérités universelles. Sans doute ce genre d'études comporte-t-il
lui-même un certain nombre de difficultés. Il n'est pas facile de trouver ou d'inventer des
spécimens de laboratoire qui ne souffrent ni de maladresse ni de bizarrerie, pas plus qu'il
n'est facile d'établir des protocoles pour une détermination valable de traitements textuels
et de réactions interprétatives. Néanmoins, suivant l'exemple de Peter Dixon et Marisa
Bortolussi, Willie van Peer et Henk Pan der Maat, Els Andringa ou Richard Gerrig25,
nous devons essayer de fonder expérimentalement la narratologie si nous voulons
rendre compte de ce qui est.

La théorie doit s'imprégner de réel, la description doit s'accorder au phénomène, le


modèle doit correspondre au modelé. En définitive, l'élaboration d'un modèle du récit qui
soit explicite et complet ainsi qu'expérimentalement justifié et qui caractérise la
compétence narrative (la capacité de produire des récits et d'interpréter des textes comme
récits) constitue la tâche narratologique la plus importante. Après plusieurs propositions
excitantes – de Todorov, Greimas, van Dijk, Pavel, etc.26 – l'enthousiasme modélisateur

25
Peter Dixon et Marisa Bortolussi, Psychonarratology: Foundations for the Empirical Study of
Literary Response ; Willie van Peer et Henk Pander Maat, « Perspectivation and Sympathy : Effects
ofNarrative Point ofView » ; Els Andringa, « Effects of "Narrative Distance" on Readers' Emotional
Involvement and Response » ; Richard Gerrig, Experiencing Narrative Worlds: on the Psychological
Activities of Reading.
26
Tzvetan Todorov, Grammaire du Décaméron ; Algirdas J. Greimas, « Narrative Grammar Units and
Levels » ; Teun A. van Dijk, Some Aspects ofText Grammars: a Study in Theomical Linguistics and

[Link]
Gerald Prince 14

paraît avoir diminué. Mais, quelle que soit la forme que prenne un tel modèle (celle d'une
grammaire générative-transformationnelle, par exemple, ou celle d'une topologie à base
de graphes), il me semble que son développement favorisera la cohérence de la discipline
et facilitera l'étude systématique de son objet.

Gerald Prince

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