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Revue Cersi KB #003

La revue du CERSI/K-B présente des recherches interdisciplinaires sur divers sujets, notamment la gestion environnementale, la santé publique et les impacts socio-économiques à Goma. Les articles abordent des problématiques telles que la pollution, le VIH/sida, et les effets du changement climatique sur les communautés locales. L'objectif est de promouvoir la recherche scientifique et d'améliorer la formation dans le domaine de l'agroforesterie et de la gestion de l'environnement.

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Revue Cersi KB #003

La revue du CERSI/K-B présente des recherches interdisciplinaires sur divers sujets, notamment la gestion environnementale, la santé publique et les impacts socio-économiques à Goma. Les articles abordent des problématiques telles que la pollution, le VIH/sida, et les effets du changement climatique sur les communautés locales. L'objectif est de promouvoir la recherche scientifique et d'améliorer la formation dans le domaine de l'agroforesterie et de la gestion de l'environnement.

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Institut Supérieur d’Agroforesterie et de Gestion

de l’Environnement de Kahuzi-Biega

Revue du CERSI/K-B
Centre de Recherches Scientifiques Interdisciplinaires de Kahuzi-Biega
(CERSI/ISAGE KAHUZI-BIEGA)

N° 003/2022, Août – Septembre 2022

1
2
Science, recherche et formation
ISAGE/KAHUZI-BIEGA,

Revue du CERSI/K-B

3
4
SOMMAIRE

SOMMAIRE ............................................................................................................ 5
Conseil de gestion ................................................................................................... 9
Éditorial du n°001 ................................................................................................. 10
Modélisation d’une pelle hydraulique à bras de 3 articulations ..................................... 17
(Katembo Kighoma) ........................................................................................... 177
Gestion du personnel et son impact dans les de petites et moyennes entreprises de la ville de
Goma (PME). Cas de l’Atelier LA COVERGENCE ....................................... 511
(Nziraboba Mudosa Buda) ................................................................................. 511
Connaissance, attitude et pratique de la population du Nord-Kivu face à la troisième
vague de la pandémie à Covid-19. Cas des deux Aires de Santé Rusayo en Zone de
santé de Nyiragongo et Katoyi en Zone de santé de Karisimbi. ..................................... 70
(Lwinga Lwamenyire Decharte) .......................................................................... 70
Problématique de dépistage volontaire du VIH/sida dans la ville de Goma. Cas du
Centre de conseil et dépistage de l’hôpital Heal Africa ................................................. 96
(Kampara Chibalama Anto) ................................................................................. 96
Causes et effets de la pollution atmosphérique sur les habitants de la ville de Goma .... 125
(Ndamwenge Bauma Déogratias) ..................................................................... 125
Dimensionnement d’un reservoir pouvant desservir en eau potable la population de la ville
de Goma. Cas du quartier Mabanga nord / Commune de Karisimbi ................... 1411
( Kakule Mutsopi Flory) ................................................................................... 1411
Étude de réhabilitation de la route nationale numéro deux par la méthode de
HIMO. Cas du tronçon Sake-Bweremana( Kakule Mutsopi Flory, Mbaraga
Makamba Justin1, Munphano Baroki2 et Emery Wetemwami Baroki René)
.............................................................................................................................. 1600

1 Idem
5
Analyse critique du système coopératif face au développement socio-économique de la
population de Goma (2017 - 2021) ......................................................................... 177
(Nguba Baroki Bertin, Kampara Chibalama Anto, Bandu Baroki Elie,
Nziraboba Mudosa Buda) .................................................................................. 177
Nom et ses enjeux en droit congolais (Bilondjwa M’kyoku Steven)……………….191
Folie et symbolique du baobab dans Le baobab fou de Ken Bugul.............................. 217
(Pierrot Bahanuzi Marara) .................................................................................. 217

2 Idem
6
7
8
Conseil de gestion

Directeur : Prof. Maisha Buuma Makeyou


Directeur adjoint : C.T Balume Bikay Charles
Secrétaire scientifique : Matalimba Sumaili Charles
Secrétaire administratif : Byafando Makayabo Wilson

Comité de lecture
Prof. AkilimalI Handjinga Robert (ISAGE/K-B)
Prof. Bapolisi Bahuga Paulin (ISP/Bukavu)
Prof. Mwamba Isimbi Tang’yele Justin (ISP-Gombe)
Prof. Kaby Muhubao Fidèle (ISP/Bukavu)
Prof. Muyaya Wetu Maurice (UNILU)
Prof. Musabimana Ngayabarenzi Laurent (ISP/GOMA)
Prof. Amuri Maurice (UNILU)
Prof. Ekyoci Sady Rex (ISP/Bukavu)
Prof. Kaningini Kyoto Didas (ISP/Bukavu)
Prof. Barhalikubagirwa Buhendwa Damas (ISP/Bukavu)
Prof. Mushunganya Sambokere Joseph (UNIGOM)
Prof. Isumbisho Mwapu Pascal (ISP-Gombe)
Prof. Amisi Safari (ISP/Bukavu)
Prof. Maisha Buuma Makeyou ( ISAGE/K-B)
Prof. Bengeya Machozi Déogratias (ISC-Goma)
Prof. Ikupasa O’mos Guy (ISP-Gombe)
Dr. Patrick Baeni Simon

9
Éditorial du n°001

Né à l’instar du Centre de Recherche Universitaire du Kivu (CERUKI) de


l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu et du Centre de Recherche
Scientifique, d’Edition et de Diffusion des documents Pédagogiques
(CRESEDIP) de l’Institut Supérieur Pédagogique de la Gombe ; le Centre
des Recherches Scientifiques interdisciplinaires de Kahuzi-Biega (CERSI/K-
B) publie et diffuse les résultats de recherches dans le but de soutenir la
formation et le développement de l’éducation, avec la parution du numéro
001. Les enseignants des sections confondues organisées au sein de l’Institut
Supérieur d’Agroforesterie et de Gestion de l’Environnement, et d’ailleurs
sont – non seulement invités à publier des articles de haut niveau, mais
également à soutenir la recherche afin de maintenir la saveur de la science et
le goût de la formation.

Ce numéro 001 contient des réflexions interdisciplinaires. Plusieurs


domaines ont été abordés tant dans les sciences de gestion de
l’Environnement que dans les sciences humaines. En gestion de
l’environnement, la question de la responsabilité paysanne face à la
perturbation climatique dans le Territoire de Kalehe a été abordé avec acuité
dans l’article intitulé « Responsabilité paysanne face aux perturbations climatiques et
mécanismes de résilience écologique au Sud-Kivu. Cas de Bunyakiri en Territoire de
Kalehe » de Batano Chubolire Godefroy. Les propositions issues de cet article
recadrent la bonne politique de la gestion forestière efficace favorisant le
développement durable et la réduction de la pauvreté tout en encourageant
la protection et la reconstitution de l'écosystème forestier.

La question du danger de la faune sauvage lié à la commercialisation de


viande de brousse fascine l’esprit des environnementalistes. En effet, le titre
de « Commercialisation de la viande de brousse et son impact sur la faune sauvage : cas
du Groupement de Kalima en Territoire de Kalehe » de Muhubao Mapendano et alii
attire l’attention des lecteurs. Ainsi, les espèces animales les plus préférées
pour la chasse, l’existence ou non d’une organisation des commerçants, les

10
lieux de provenance et de destination de ces viandes, les impacts négatifs et
les stratégies pour une exploitation durable de la faune sauvage. Las résultats
suivants ont été obtenus : 80 % parlent d’une source de revenue, 90% sont
regroupés dans une association de vendeurs et sont autorisés par le service
de l’environnement. Les origines des viandes sont : Mitaka, Nkuku,
Kakumba, Isangi, Mabe, Mampesa et Changulube. Les destinations sont les
centres commerciaux de Kalima et la ville de Bukavu. Cette
commercialisation entraine la raréfaction de certaines espèces animales
sauvages et ils estiment que l’application des textes légaux en matière de
conservation de la nature serait la stratégie pour l’exploitation durable de la
faune sauvage à Kalima.

Le titre de « Déterminants des effets néfastes des activités anthropiques sur


l’environnement naturel en Territoire de Kalehe, Sud-Kivu. Cas du Groupement de
Kalima » de Kakuru Mbaha et compagnies présente les effets néfastes des
activités de l’homme sur l’environnement naturel. La modification de
l’environnement naturel se fait constater, les indicateurs de la modification
ont été identifiés, l’agent causal est connu et ses activités y compris, les
composantes de l’environnement naturel les plus vulnérables et les
conséquences y relatives. La modification de l’environnement naturel
(déforestation) caractérisée par l’épuisement des ressources naturelles, la
perturbation climatique, la destruction de l’habitat naturel des espèces locales
ont pour agent causal l’homme par ses activités agricoles. Ces effets dont
notamment la déforestation, la perte de biodiversité, la destruction de
l’habitat naturel, la pollution atmosphérique et aquatiques ne restent néfastes
que pour l’agent causal lui-même. Il s’avère donc nécessaire de procéder à
une éducation environnementale de la population pour la survie de celle-là
parce que la relation entre les deux est celle d’interdépendance.

La question courante, humaine et source des conflits dans la plupart des


cas ; relative aux conditions de réussite d’une communication n’a pas été
démise. Le titre « Intersubjectivité ethnoculturel : piédestal de la praxis
communicationnelle » de Robert Akilimali Handjinga démontre la valeur de
11
l’intersubjectivité ethnoculturelle pour la réussite d’une communication.
Pour qu’une opération de transmission ou d’échange d’informations entre
partenaires réussisse ; il leur faut bien la maîtrise de la notion d’emploi
ethnoculturel (idiome) des signes linguistiques. Le cas précis de cet article est
celui des déterminants un et deux chez les ßatembo. En effet, ces signes
linguistiques ont un double emploi : soit celui d’idiomes, soit celui de
déterminants. Ce fait est généralisable chez les Bantu et, est particulièr, chez
les ßatembo. Leur interprétation se veut contextuelle et culturelles pour la
réussite de la communication. Celle-là n’est possible que lorsque la maîtrise
n’est seulement pas codique mais aussi socioculturelle chez les partenaires.
Le contraire constituerait un biais à la communication.

Aussi la réflexion sur la gestion des déchets fait débat dans le salon des
scientifiques environnementalistes. Le titre « Politique de la gestion des déchets
biomédicaux par les structures sanitaires de la Zone de santé de Bunyakiri/Territoire de
Kalehe » fait savoir au public une solution pérenne sur le management des
déchets biomédicaux qui est une monnaie courante dans la zone de santé de
Bunyakiri.

Une précision sur les conflits liés à la gestion du patrimoine mondial, le


Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) dans « Conflit de l’exploitation des
ressources forestières du PNKB et son impact sur l’environnement. Cas des Pygmées de
Bitale » de Bachirongo Mulangwa Victor a été au rendez-vous dans ce
numéro. En effet, au lendemain de l’avènement de l’idée de conservation de
la nature en RDC, le gouvernement congolais a adopté une approche de la
conservation intégrale de la plupart de ses forêts. L’objectif de l’Etat
congolais est de contribuer à la sauvegarde des riches biodiversités dont il
dispose. Pour matérialiser ce projet de conservation, la RDC a expulsé les
populations autochtones pygmées de leurs terres au nom de la conservation
sans aucune mesure de de compensation ni d’indemnisation qui sera la
source des conflits entre les peuples privés de leurs droits et les autorités des
espaces protégées.

12
De cette terre, ils tirent leur nourriture, se procurent les soins de santé,
de l’argent, de ressources naturelles, assurent l’éducation de leurs enfants,
résolvent les problèmes socio-culturels, ... Il se relève des résultats de cet
article, qui s’est effectué dans le Groupement de Bitale en chefferie de
Buloho, que le conflit est lié au foncier selon la réponse de 84,37% ; 92%
affirment que les pygmées étaient chassés en 1970 ; 51% disent que remettre
une forêt similaire à celle du PNKB aux autochtones pygmées peut apaiser la
tension et les peuples autochtones qui sont jusqu’à présent victimes de non
accès aux ressources forestières, de violation des droits humains, de vie
difficile, d’emprisonnement, de tuerie et menace de mort.

Aussi le comportement des enseignants d’anglais par rapport à la


correction d’erreurs plane dans l’article « Impact des enseignants face à la correction
des erreurs des élèves pendant l’apprentissage des leçons d’anglais : cas des écoles de la
commune d’Ibanda » de Juvenal Bahati Bagweshe. En effet, la langue anglaise
est enseignée comme langue étrangère dans les écoles secondaires de la
commune d’Ibanda, durant 6 ans. Face à cela, les enseignants utilisent
différentes méthodes d’enseignement afin de permettre aux élèves d’acquérir
le maximum des compétences communicatives en anglais.

Le but de cette investigation était de trouver des moyens efficaces pour


permettre aux enseignants d’améliorer les corrections des erreurs des élèves
pendant leur apprentissage de l’anglais. Pour cela, de nouvelles stratégies
permettant aux élèves de communiquer efficacement en anglais ont été une
préoccupation majeure. Le constat a été que la correction des erreurs des
élèves, pendant l’apprentissage par les enseignants, fait partie des méthodes
appliquées par ces derniers et serait un obstacle aux élèves lors des leçons en
anglais. Par conséquent, les élèves développent différentes attitudes ou
comportements négatifs face à cette correction.

Une unité de recherche constituée de Wetekaye Naluganda Jean Pierre,


Batano Chubolire Godefroy et Malimingi Muumusa Delphin apporte des
résultats pertinents sur le changement climatique qui représente une

13
destruction importante pour la viabilité des ménages à Bunyakiri dans le
territoire de Kalehe au Sud-Kivu en République Démocratique du Congo,
cette population qui vit principalement de l’exploitation des ressources
naturelles comme source de revenue. Elle se distingue avec comme titre
« Changement climatique et dynamique socioéconomique des populations : perception et
mesures d’atténuation, cas de Bunyakiri en territoire de Kalehe ».

Cette étude analyse les impacts du changement climatique sur


l’environnement, les perceptions des producteurs agricoles, leurs stratégies
d’adaptation face au changement climatique et les relations qui existent entre
ces différents aspects acteurs sociaux. Des enquêtés menées par cette équipe
de chercheurs révèlent que la dégradation des terres, due au changement
climatique, se traduit essentiellement par des sols dénudés, la réduction des
ligneux et la faiblesse des rendements agricoles. La majorité des paysans
producteurs éprouvent d’énormes difficultés et voient leur rendement
diminué. Les effets du changement climatique sont manifestes dans le
secteur agricole notamment en ce qui concerne la production agricole et la
pèche. Les produits de la pèche deviennent rare que leur besoin ne cesse
d’exacerber. De même pour les denrées alimentaires. La problématique du
sous-développement de la République Démocratique du Congo paraît un
leitmotiv dans les résultats de recherche de deux autres groupes.

Le premier, composé de Matalimba Sumaili Charles, Bizuri Katobololo


Clovis, Malimingi Muumusa Delphin, Chumvi Balunga Salt et Sikitiko
Lwaboshi Alfred a pour titre « Crise de l’autorité de l’Etat et son impact socio-
économique sur la sécurité civile de Bunyakiri en Territoire de Kalehe ». Les résultats
obtenus de cette enquête amènent à dire que la crise d’autorité de l’Etat sur
la sécurité civile s’est exacerbée par les massacres à répétition et à grande
échelle orchestrés par les Forces Démocratiques pour la Libération du
Rwanda, FDLR en sigle déguisées actuellement en Congrès National pour la
République et le Développement CNRD dans les entités Batembo du Nord
et du Sud-Kivu.

14
Selon l’affirmation de 56,8% de répondants, il n’y pas conciliation
entre les sous-systèmes du secteur agricole à Bunyakiri et les producteurs
recourent à aucune pratique agro écologique dans leurs exploitations selon
l’affirmation de 54,25%. Sur le plan social, le système affecte la cohabitation
des acteurs par des conflits d’intérêt (57,44%) et au plan environnemental, il
y a dégradation de l’environnement avec prédominance des érosions,
glissement et enfouissement des terres, feu de brousse est identifié (80%) et
économiquement la pauvreté généralisée.

Le second, formé de Chumvi Balunga Salt, Malimingi Muumusa


Delphin, Matalimba Sumaili Charles et Bizuri Katobolo Clovis dont le titre
de l’article est « Problématique du leadership, occupation des fonctions et son impact sur
le développement socioéconomique dans la communauté Batembo, cas de Bunyakiri en
Territoire de Kalehe » stigmatise la situation du leadership en présentant
l’impact de la crise au changement social et développement des entités
territoriales décentralisées et déconcentrées. Cet article fait clin d’œil sur les
conséquences de l’illégitimité, l’occupation des fonctions et mandats de la
communauté par des voies mal honnête. À l’issu des investigations sur
terrain, les résultats montrent que dans les entités Batembo il y a crise du
leadership, ceci est confirmé par 94,11% de nos enquêtés et les leaders à la
tête du pouvoir ne sont pas au cœur de la communauté, selon 84,7%.

La préoccupation relative aux différentiels des prix de riz dans la ville de


Bukavu a également suscité l’attention de chercheur. Ainsi sous le titre de
« Déterminant du différentiel des prix de riz au Sud-kivu : cas de la ville de Bukavu, de
2010-2014 », le chercheur Ndarora Mpendje Michée présente les raisons qui
sont à la base de multiples prix pour le même produit, le riz dans la même
ville de Bukavu.

En effet, la plupart de commerçants du riz s’approvisionnent auprès des


grossîtes pour aller détailler au grand marché de Kadutu avec 41,6% sur 231
enquêtés. Au vu de l’ancienneté dans le commerce de riz, 36,3%, soit 84
enquêtés sur 231 ont commencé cette activité au cours de la période allant

15
de 2005-2010. Les différences de prix sont liées à l’esprit de concurrence sur
le marché, à la qualité du produit, au coût de revient ainsi qu’à la
segmentation du marché. Nous avons également constaté qu’il existe des
conflits d’intérêt en matière de formation de prix à telle enseigne qu’en
général les prix sont les fruits de discussion entre offreurs et acheteurs. Ce
qui ne favorise pas le progrès économique des vendeurs.
Enfin, nous disons que la promotion au grade supérieur dans une
institution de l’enseignement supérieur et universitaire dépend de la
fécondité scientifique valablement approuvée. Nous invitons aussi à cette
occasion les chercheurs de l’Institut Supérieur d’Agroforesterie et de
Gestion de l’Environnement de Kahuzi-Biega et ceux des autres
établissements et structures de recherche du pays à produire davantage. Le
CERSI/K-B est toujours au service de la science, de la recherche et de la
formation.

Pr Robert Akilimali Handjinga


Directeur Général de l’ISAGE/Kahuzi-Biega

16
Modélisation d’une pelle hydraulique à bras de 3 articulations
Par
Katembo Kighoma3
Résumé

Un système articulé rigide est caractérisé par une structure arborescente articulé simple
ou multiple dont les liaisons sont mobiles les unes par rapport aux autres. Cet ensemble a
pour objectif de mener l’organe terminal vers un lieu géométrique imposé par la tâche.
L’étude de la robotique nécessite des connaissances de base en Géométrie et en cinématique.
Lorsque l’on désire commander un robot, il est nécessaire de situer ses différentes parties
mobiles les unes par rapport aux autres. Pour ce faire, on associe un repère à chaque
partie du robot (socle, effecteur, articulations). Le passage d’un repère à un autre (position,
orientation) s’exprime sous la forme d’une matrice de passage. L’outil (ici le godet) se
déplace dans l’espace en fonction des angles d’articulation. C’est dans cette optique que
nous avons développé quelques outils mathématiques utilisés en Robotique, notamment la
notion de repérage, les transformations dans l’espace et leurs applications aux systèmes
mécaniques articulés.
Dans l’investigation, nous avons pu modéliser le bras articulé à 3 articulations
d’une pelle hydraulique. Le modèle dynamique définit les équations du mouvement du
robot, qui permettent d’établir les relations entre les couples et forces exercés par les
actionneurs et les positions, vitesses et accélérations. Ces efforts et couples sont fonctions des
forces qui sollicitent l’outil. Et c’est donc la caractéristique des roches de la carrière
Mugunga qui devrait dictée le choix des engins à utiliser dans cette carrière. Apres
l’expression des forces et des couples aux centres de masse de différents liens et articulions,
nous avons, à titre illustratif représenté les variations de la force et du couple au centre de
masse du lien 2.
Mots-clés : modélisation, hydraulique et articulation
Abstract
A rigid articulate system is characterized by a simple or multiple articulate arborescent
structure whose links are mobile the some in relation to the other. This whole has for

3
Assistant à l’ISPT/Goma
17
objective to lead the terminal organ toward a geometric place imposed by the task.The
survey of the robotics requires knowledge of basis in Geometry and in kinematics. When
one wants to order a robot, it is necessary to situate his/her/its different mobile parts the
some in relation to the other. For that to make, one associates a reference mark to every
part of the robot (pedestal, effecteur, joints). The passage of a reference mark to another
(position, orientation) expresses itself under the shape of a passage matrix.

The tool (here the pot) moves in the space according to the angles of joint. It is in this optics
that we developed some mathematical tools used in Robotics, notably the notion of location,
the transformations in the space and their applications to the articulate mechanical
systems.

In the investigating, we were able to modelise the arm articulated to 3 joints of a hydraulic
shovel. The dynamic model defines the equations of the movement of the robot, that permit
to establish the relations between the couples and strengths exercised by the actionneurs and
the positions, speeds and accelerations. These efforts and couples are functions of strengths
that solicit the tool. And it is therefore the characteristic of the rocks of the Mugunga
career that would have to dictated the choice of the contraptions to use in this career. After
the expression of strengths and couples to the centers of mass of different ties and
articulated, we have, to illustrative title represented the variations of strength and the
couple in the center of mass of the tie 2.
Keywords: modelisation, hydraulic and articulation.

1. Introduction
La pelle mécanique hydraulique est actuellement trop utilisée en ville de
Goma notamment dans les travaux de constructions des routes. Elle sert
comme excavatrice dans le creusage des caniveaux, dans la fente des roches,
comme chargeur etc. Cet engin fait partie des systèmes robotiques, dans les
catégories des manipulateurs.
Partant de l’expérience professionnelle de cinq ans du coauteur de
cet article, monsieur Katembo Kighoma, comme chef de matériel roulant à
l’office de route de 2010 à 2015, nous avons fait un constant selon lequel
les pelles hydrauliques marque « New Holland » dotées à cette entreprise
18
paraétatique au Nord-Kivu et plus précisément à Goma n’étaient pas
dimensionnées en fonction de la roche volcanique de cette ville. Ces engins
tombaient fréquemment en panne et n’ont servi que pendant un moment
de leur durée de vie prescrit avant amortissement.
C’est alors que la modélisation du bras articulé de cet engin s’avère
capitale car c’est cette partie qui est énormément sollicitée lors de différents
travaux. Dans cet article, nous voulons déterminer l’évolution des forces 𝐹𝑖
et des couples 𝑁𝑖 qui sollicitent les centres de masse de différents liens à
partir des lois de Newton et d’Euler; et partant des conditions d’équilibre
dynamique, déduire les forces 𝑓𝑖 et couples 𝑛𝑖 aux différentes articulations.

De ce fait, cet article servira comme un outil utile dans l’étude d’un
avant-projet de dimensionnement du bras articulé. Comme tout système
articulé, la pelle hydraulique est spécifiée en fonction de son espace de
travail, sa charge utile, la mobilité (nombre de degré de liberté), l’agilité, etc.
Ces paramètres sont intimement liées au comportement cinématique et
dynamique de ce manipulateur. Ces paramètres sont en général
interdépendants comme par exemple la charge et l’accélération maximum
qui dépendent de l’endroit où l’on se trouve dans l’espace de travail.

Notre réflexion se focalise sur la modélisation du bras articulé à 3


articulations d’une pelle mécanique hydraulique comme système articulé.
C’est de cette étude de modélisation que l’on pourrait déterminer sa charge
nominale, un élément important dans la durée de vie de cet engin. L’étude
dynamique d’une pelle hydraulique interviennent dans les avants projets de
conception et dimensionnement de cette machine, et suscitera en plus pour
leur utilisateur en ville de Goma sa bonne utilisation et maintenabilité afin
d’accroitre sa durée de vie.

2. Systèmes mécaniques articules


Un système articulé rigide est caractérisé par une structure arborescente
articulé simple ou multiple dont les liaisons sont mobiles les unes par
rapport aux autres. Cet ensemble a pour objectif de mener l’organe terminal
19
vers un lieu géométrique imposé par la tâche. L’étude de la robotique
nécessite des connaissances de base en Géométrie et en cinématique.
Lorsque l’on désire commander un robot, il est nécessaire de situer ses
différentes parties mobiles les unes par rapport aux autres. Pour ce faire, on
associe un repère à chaque partie du robot (socle, effecteur, articulations). Le
passage d’un repère à un autre (position, orientation) s’exprime sous la
forme d’une matrice de passage.

2.1. Transformation homogène


Dans le cas d’une transformation homogène, le type de
représentation est matriciel. Le passage d’un repère initial Ri à un repère final
Rf s’exprime par l’intermédiaire d’une matrice, appelée matrice de
changement de repère, matrice de passage ou matrice de transformation
homogène (Figure.1). En robotique, cette matrice de dimension (4 × 4),
notée s’exprime sous la forme :
𝒔𝒙 𝒏𝒙 𝒂𝒙 𝑷𝒙
𝒔 𝒏𝒚 𝒂𝒚 𝑷𝒚 𝑹 𝑷𝒊𝒇
𝑻𝒊𝒇 = (𝒔𝒊𝒇 𝒏𝒊𝒇 𝒂𝒊𝒇 𝑷𝒊𝒇 ) = ( 𝒚 ) = ( 𝒊𝒇 )(1)
𝒔𝒛 𝒏𝒛 𝒂𝒛 𝑷𝒛 𝟎 𝟏
𝟎 𝟎 𝟎 𝟏

Où 𝑠𝑖𝒇 , 𝑛𝑖𝒇 et 𝑎𝑖𝒇 sont les vecteurs unitaires suivant les axes 𝑥𝒇 , 𝑦𝒇 et 𝑧𝒇
du repere Rf exprimés dans le repère Ri, où Pif est le vecteur expriment
l’origine du repère Rf dans le repère Ri, et avec :
- Rif : matrice (3x3) des rotations donnant l’orientation de Rf dans Ri
- Pif : matrice (3x1) des translations donnant la position.
𝑹𝒊𝒇 𝑷𝒊𝒇 𝑰 𝑷𝒊𝒇 𝑹 𝟎
𝑻𝒊𝒇 = ( )=( 𝟑 ) × ( 𝒊𝒇 ) (2)
𝟎 𝟏 𝟎 𝟏 𝟎 𝟏

A l’aide de la matrice Tif, il est possible d’exprimer les coordonnées d’un


point quelconque P de l’espace dans le repère Ri à partir de ces coordonnées
homogènes exprimées dans le repère Rf par la relation :
𝒙, 𝒙
, 𝑹𝒊𝒇 𝑷𝒊𝒇
(𝒚𝒛, ) = 𝑻𝒊𝒇 . (𝒚𝒛) =( )(3)
𝟏 𝑹𝒊 𝟏 𝑹𝒇 𝟎 𝟏

20
Figure 1Passage d’un repère Ri à un repère Rf

Lorsque deux repères sont uniquement liés par une translation, il est
possible de passer de l’un à l’autre en utilisant une matrice de transformation
homogène :

𝟏 𝟏 𝟏 𝒂 𝒂 𝟎 𝟎
𝒃 𝑰𝟑 𝟎 𝑰𝟑 𝒃) . ( 𝑰𝟑 𝟎)(4)
𝑻𝒊𝒇 = 𝑷 = (𝟏 𝟏 𝟏 )=( ).(
𝟏 𝟏 𝟏 𝒄 𝟎 𝟎 𝒄
𝟎 𝟎 𝟎 𝟏 𝟎 𝟎 𝟎 𝟏 𝟎 𝟎 𝟎 𝟏 𝟎 𝟎 𝟎 𝟏

Lorsque deux repères sont uniquement liés par une rotation, il est
possible de passer de l’un à l’autre en utilisant une matrice de transformation
homogène de rotation pure. Nous utiliserons les notations suivantes :
 Rot(x, θx) pour indiquer une rotation (θx autour de l’axe x)
𝟏 𝟎 𝟎 𝟏 𝟎 𝟎
𝑹𝒙 = (𝟎 𝐂𝐨𝐬 è𝒙 − 𝐬𝐢𝐧 è𝒙 ) = (𝟎 𝑪è𝒙 −𝑺è𝒙 )(5)
𝟎 𝐬𝐢𝐧 è𝒙 𝐜𝐨𝐬 è𝒙 𝟎 𝑺è𝒙 𝑪è𝒙

 Rot (y, θy) pour indiquer une rotation (θy autour de l’axe y)
𝐜𝐨𝐬 è𝐱 𝟎 𝐬𝐢𝐧 è𝐱 𝐂 è𝐱 𝟎 𝐒 è𝐱
𝑹𝒚 = ( 𝟎 𝟏 𝟎 )=( 𝟎 𝟏 𝟎 )(6)
−𝐬𝐢𝐧 è𝐱 𝟎 𝐜𝐨𝐬 è𝐱 −𝐒 è𝐱 𝟎 𝐂 è𝐱

 Rot(z, θz) pour indiquer une rotation (θz autour de l’axe z)


𝐜𝐨𝐬 è𝒙 − 𝐬𝐢𝐧 è𝒙 𝟎 𝐂 è𝒙 − 𝐒 è𝒙 𝟎
𝑹𝒛 = ( 𝐬𝐢𝐧 è𝒙 𝐜𝐨𝐬 è𝒙 𝟎 ) = (𝐒 è𝒙 𝐂 è𝒙 𝟎 )(7)
𝟎 𝟎 𝟏 𝟎 𝟎 𝟏

21
La matrice de rotation R est orthogonale. Sa matrice inverse
est égale à sa transposé (Orthogonalité).
Si un repère R0 a subi K transformations consécutives, et si
la ieme (i = 1, 2, .., k ) est définie par rapport au repère Ri−1, alors :
𝑻𝟎𝒌 = 𝑻𝟎𝟏 . 𝑻𝟏𝟐 . 𝑻𝟐𝟑 . 𝑻𝟑𝟒 … 𝑻𝒌−𝟏𝒌 (8)

Figure 2 : Transformations consécutives

2.2. Les articulations mécaniques


Une liaison entre 2 solides indéformables (en théorie) limite le degré de
liberté (d.d.l) d'un solide par rapport à l'autre. On appelle d.d.l de la liaison le
nombre de paramètres indépendants permettant de définir la localisation
(position et orientation) d’un solide par rapport à l’autre dans tout
déplacement (compatible avec la liaison). Une articulation lie deux corps
successifs en limitant le nombre de degré de liberté de l'un par rapport à
l'autre. Soit m le nombre de degré de liberté résultant, encore appelé
mobilité de l'articulation. La mobilité d’une articulation est telle que :
𝟎≤𝒎≤𝟔 (9)

Lorsque m = 1 ; ce qui est fréquemment le cas en robotique,


l'articulation est dite simple : soit rotoïde, soit prismatique.

 Articulation rotoïde : Il s'agit d'une articulation de type pivot, notée R,


réduisant le mouvement entre deux corps à une rotation autour d'un axe

22
qui leur est commun. La situation relative entre les deux corps est donnée
par l'angle autour de cet axe (voir la figure suivante).
Figure 3 Symbole de l'articulation rotoïde. [14]

 Articulation prismatique : Il s'agit d'une articulation de type glissière, notée


P, réduisant le mouvement entre deux corps à une translation le long d'un
axe commun. La situation relative entre les deux corps est mesurée par la
distance le long de cet axe (voir la figure suivante).

Figure 4. Symbole de l'articulation prismatique[14]


Une articulation complexe, c’est à dire, avec une mobilité supérieure
à 1, peut toujours se ramener à une combinaison d’articulations prismatiques
ou rotoïdes. Par exemple, une rotule est obtenue avec trois articulations
rotoïdes dont les axes sont concourants. En voici quelques-unes de ces
articulations complexes :
 L’articulation cylindrique (C) possède 2 d.d.l. qui permettent la
rotation et translation suivant l’axe ;
 L’articulation ”Screw” (S) possède 1 d.d.l. correspondant au
mouvement d’une vis ; la translation relative est reliée à la rotation
par l’intermédiaire du pas ;
 L’articulation sphérique, ou globulaire (G) possède 3 d.d.l. et permet
une orientation relative arbitraire ;
 L’articulation universelle (U) ou joint de Hooke possède 2 d.d.l..
Les coordonnées généralisées nécessaires pour décrire le mouvement
relatif de deux corps rigides reliés par une articulation constituent les
coordonnées articulaires. Leur nombre est égal au nombre de d.d.l. de
l’articulation. Pour les applications qui nous concernent, il nous suffira de
considérer la combinaison des articulations P et R, auxquelles peuvent se
23
ramener bon nombre d’articulations d’ordre plus élevé. Le tableau ci-dessous
présente les principaux types d’articulations et leur représentation
conventionnelle.

24
Tableau 1 Principaux types d’articulations et leur représentation
conventionnelle [2]
On appelle mécanisme un ensemble de solides reliés 2 à 2 par des
liaisons. On distingue 2 types de mécanismes :
- Les mécanismes en chaîne simple ouverte (ou en série). Lorsque l'on
parcourt le mécanisme, on ne repasse jamais 2 fois sur la même liaison, ou
sur le même solide. Ce type de système est le plus répandu.
- Les mécanismes en chaîne complexe, i.e., tout ce qui n'est pas en série (au
moins un solide avec plus de 2 liaisons). De tels systèmes se subdivisent en
2 groupes : les chaînes structurées en arbre, et les chaînes fermées (dont
25
l'avantage est d'être à priori plus rigide, plus précis, capable de manipuler de
lourdes charges).
2.3. La dynamique inverse du manipulateur : méthode de newton-
euler [2]
Lorsqu’une trajectoire a été planifiée dans l’espace des variables
d’articulation, θi (t), il importe de calculer les couples ô𝑖 (𝑡)à appliquer aux
articulations afin de suivre les trajectoires. Cette étape constitue la
dynamique inverse du manipulateur. Les couples en boucle ouverte qui lui
correspondent peuvent être recalculés. Lorsque le manipulateur effectue la
trajectoire considérée, il est nécessaire d’y superposer une correction en
boucle fermée, destinée à compenser les perturbations par rapport à la
trajectoire nominale. Celle-ci est fréquemment de type PID (Proportionnel,
Intégral, Différentiel).

La tendance est cependant à l’utilisation de méthodes plus performantes


(comme par exemple la méthode du couple calculé) nécessitant le calcul de
la dynamique inverse en temps réel. Il est par conséquent du plus haut
intérêt de disposer d’un algorithme efficace pour le calcul de la dynamique
inverse. Nous décrivons ci-dessous l’algorithme connu sous le nom de Luh,
Walker et Paul qui consiste en une application récursive des équations de
Newton-Euler pour chaque lien.

Dans un premier temps, nous entreprenons d’´écrire les relations


cinématiques récursives reliant les vitesses et accélérations des liens
successifs aux dérivées temporelles des variables d’articulations. Nous
référant à la figure 5, les vitesses de rotation des liens successifs sont reliées
par ⃗ù𝒊+𝟏 = ⃗ù𝒊 + è̇𝒊+𝟏 . 𝒂
⃗ 𝒊+𝟏 (10)

S’il s’agit d’une articulation de rotation ou


⃗ 𝒊+𝟏 = ù
ù ⃗𝒊 (11)
S’il s’agit d’un joint prismatique.

26
Figure 5 Description du lien i
Pour une articulation de rotation, l’accélération angulaire s’obtient par

⃗ù̇ ⃗̇ ̈ ⃗ 𝒊 × è̈𝒊+𝟏 . 𝒂
⃗ 𝒊+𝟏 + ù ⃗ 𝒊+𝟏 (12)
𝒊+𝟏 = ù𝒊 + è𝒊+𝟏 . 𝒂

Où les deux premiers termes constituent l’accélération angulaire perçue dans


le référentiel i et le dernier terme tient compte du mouvement du référentiel
i. Pour un joint prismatique
⃗ù̇ = ⃗ù̇ 𝒊 (13)
𝒊+𝟏

Pour une articulation de rotation, la vitesse et l’accélération linéaire de


l’origine du référentiel i + 1 et du centre de masse du lien i s’obtiennent par

⃗ 𝒊 + ⃗ù𝒊 × 𝒑
⃗ 𝒊+𝟏 = 𝒗
𝒗 ⃗𝒊 (14)

⃗ 𝒊 + ⃗ù𝒊 × 𝒄
⃗ 𝒄𝒊 = 𝒗
𝒗 ⃗ 𝒊 (15)

⃗𝒗̇ 𝒊+𝟏 = ⃗𝒗̇ 𝒊 + ⃗ù̇𝒊 × 𝒑


⃗ 𝒊 + ⃗ù𝒊 × (ù
⃗𝒊×𝒑
⃗ 𝒊) (16)

⃗𝒗̇ 𝒄𝒊 = ⃗𝒗̇ 𝒊 + ⃗ù̇𝒊 × 𝒄


⃗ 𝒊 + ⃗ù𝒊 × (ù
⃗𝒊×𝒄
⃗ 𝒊) (17)

Dans le cas d’un joint prismatique, la liaison entre les origines Oi et


Oi+1n’est plus rigide etil apparait un terme de vitesse relative dans
l’équation (11) et d’accélération relative et de Coriolis dans (13). Si qi+1est la
variable du joint,
⃗ 𝒊 + ⃗ù𝒊 × 𝒑
⃗ 𝒊+𝟏 = 𝒗
𝒗 ⃗ 𝒊+𝟏 (18)
⃗ 𝒊 + 𝒒̇ 𝒊+𝟏 𝒂

⃗𝒗̇ 𝒊+𝟏 = ⃗𝒗̇ 𝒊 + ⃗ù̇𝒊 × 𝒑


⃗ 𝒊 + ⃗ù𝒊 × (ù
⃗𝒊×𝒑 ⃗ 𝒊 × 𝒒̇ 𝒊+𝟏 𝒂
⃗ 𝒊 ) + 𝟐ù ⃗ 𝒊+𝟏 (19)
⃗ 𝒊+𝟏 + 𝒒̈ 𝒊+𝟏 𝒂

Ces équations nous permettent de calculer les forces effectives (d’inertie) sur
chaque lien. Par application de la loi de Newton et de l’équation d’Euler, on
trouve

𝑭𝒊 = 𝒎𝒊 𝒗̇ 𝒄𝒊 (20)

27
𝑵𝒊 = 𝑰𝒊 Ù̇𝒊 + Ù𝒊 × 𝑰𝒊 Ù𝒊 (21)

Notons que cette dernière relation doit obligatoirement être exprimée


dans le référentiel lié au lien i, puisque ce n’est que dans ce référentiel que le
tenseur d’inertie par rapport au centre de masse C, Ii, est constant. Fiet Ni
représentent la résultante des forces extérieures et le moment résultant
nécessaires pour imprégner au lien i le mouvement défini par (11 − 16). Ils
peuvent être calculés de manière récursive en partant de la base du robot.

Figure 6 Equilibre dynamique du lien i.

Considérons à présent l’équilibre dynamique du lien i (figure II.18), et


désignons par niet fi les composantes dans le référentiel {i} du moment et
de la force exercée sur le lien i par le lien i−1. De manière similaire, ni+1et
fi+1 désignent l’action du lien i sur le lien i +1, exprimée dans le référentiel
{i + 1}. L’équipollence entre les forces effectives d’inertie Fi et Ni et les
forces extérieures impose

𝑭𝒊 = 𝒇𝒊 − 𝑹𝒊,𝒊+𝟏 𝒇𝒊+𝟏 (22)

Cette relation est exprimée dans le référentiel {i}, tout comme (9.52). La
matrice de rotation Ri, i+1 tient compte de ce que les composantes fi+1
sont exprimées dans {i + 1}. De même, l’équilibre de rotation autour de On
impose
28
𝑵𝒊 = 𝒏𝒊 − 𝑹𝒊,𝒊+𝟏 𝒏𝒊+𝟏 − 𝒄𝒊 × 𝑭𝒊 − 𝒑𝒊 × 𝑹𝒊,𝒊+𝟏 𝒇𝒊+𝟏 (23)

Les équations (22) et (23) permettent de calculer la force fi et le moment


ni assurant l’équilibre dynamique du robot. Ici aussi, les calculs peuvent être
effectués par récurrence, en partant cette fois de l’extrémité du manipulateur.
Si celle-ci est libre, on afn+1 =nn+1= 0. Sinon, ces termes sont imposés par
l’environnement. La force fi et le moment de liaison ni seront ´équilibrés par
la structure, à l’exception de la composante orientée selon l’axe de
l’articulation qui devra être fournie par l’actionneur.
S’il s’agit d’une articulation de rotation, le couple d’articulation
constitue la troisième composante de ni :
ô𝒊 = 𝒏𝒊 𝑻 𝒛̂𝒊 (24)
Pour un joint prismatique, la force d’articulation est la troisième
composante de fi:
∅𝒊 = 𝒇𝒊 𝑻 𝒛̂𝒊 (25)
L’algorithme de Luh-Walker-Paul peut être résumé comme suit :
 Etape 1 : calcul récursif de la cinématique et des forces d’inertie, en
partant de la base du robot.
Ù𝑖 , Ù̇ 𝑖 , 𝑣𝑖 , 𝑣𝑐𝑖 , 𝑣̇ 𝑐𝑖 , 𝐹𝑖 , 𝑁𝑖
 Etape 2 : calcul récursif des forces dynamiques et projection sur les
axes d’articulations, en partant de l’extrémité du robot.
𝑓𝑖 , , 𝑛𝑖 , ô𝑖 , ∅𝑖
Notons qu’il est possible d’inclure assez facilement les forces de
gravité dans la procédure ci-dessus. Il suffit d’imposer une accélération
verticale à l’origine du référentiel {O}, à la base du manipulateur, égale et
opposée au vecteur de gravité :
𝒗̇ 𝟎 = −𝒈(26)
Cette partie nous a permis de bien choisir les outils mathématiques,
notamment le repérage d’un solide dans l’espace ainsi que les
transformations de l’espace. Nous avons défini les matrices de
transformations de repères par combinaison de rotation et translations
suivant les axes. Le système mécanique articulé n’est formé que des
articulations qui autorisent soit un mouvement de rotation, soit un

29
mouvement de translation. Une articulation complexe consiste toujours une
combinaison soit des rotations et ou translations.
3. Modélisation du bras articule d’une pelle hydraulique
3.1. Les paramètres de denavit-hartenberg

Du point de vue cinématique, un lien est un corps rigide qui est


entièrement caractérisé par la position relative de ses axes (figure 4.1). Celle-
ci est complètement définie par les deux paramètres 𝑎𝑖−1 et á𝑖−1 qui
mesurent sa longueur et son vrillage (pour le lien i −1 sur la figure7).
𝑎𝑖−1représente la longueur de la perpendiculaire commune et á𝑖−1 est l’angle
de rotation autour de la perpendiculaire commune permettant de rendre les
axes parallèles.

Figure 7 Définition des paramètres de Denavit-Hartenberg. Les axes


marqués par des barres sont parallèles [2]

La position relative de deux liens successifs est définie à l’aide des deux
paramètres è𝑖 et 𝑑𝑖 . est l’angle de rotation dont il faut tourner autour de l’axe
{i} pour amener la perpendiculaire commune du lien i − 1 parallèle à celle
du lien i. di est la distance dont il faut ensuite la translater le long de l’axe i
pour l’amener en coïncidence. Un des paramètres θi ou di constitue la
variable d’articulation, è𝑖 pour une articulation de rotation et di pour une
articulation de translation. Les quatre paramètresá𝑖−1,𝑎𝑖−𝑖, è𝑖 et 𝑑𝑖
constituent les paramètres de Denavit-Hartenberg; ils constituent une
caractérisation géométrique minimale d’un lien et de sa relation avec le lien
suivant. Il existe de légères variantes dans la définition des paramètres.
30
Afin d’exprimer formellement la relation géométrique entre liens
successifs, il convient de leur associer des référentiels. On exprimera alors la
matrice de transformation homogène en fonction des paramètres de
Denavit-Hartenberg. La convention qui gouverne le choix des référentiels
est exprimée à la figure 7. Pour chaque lien, l’axe z est orienté suivant l’axe
de la première articulation et l’axe x est orienté suivant la perpendiculaire
commune, l’axe y est alors choisi tel que le trièdre soit dextrorsum. Quand
deux axes successifs sont parallèles, leur perpendiculaire commune n’est pas
définie de manière univoque et il existe plusieurs possibilités. Le choix de
l’axe xi sera alors généralement guidé par le contexte. Si deux axes successifs
sont concourants, leur distance ai est nulle.

Figure 8 Définition des référentiels des différents liens.[2]

Toutefois, la notion de perpendiculaire commune peut être maintenue


et l’axe𝑥𝑖−1 est choisi perpendiculaire au plan ( 𝑧𝑖−1 , 𝑧𝑖 ). Les règles ci-
dessus définissent complètement les référentiels associés aux liens
intermédiaires, mais cependant pas de manière unique, puisque l’orientation
des axes 𝑧𝑖 est libre, de même que celle des axes 𝑥𝑖 dans le cas d’axes
concourants. Le choix du premier référentiel {0} n’est pas défini par la
convention ci-dessus et possède une certaine liberté. Il sera choisi de
manière à simplifier autant que possible la matrice de transformation reliant
les référentiels {0} et {1}. En particulier, on prendra 𝑎0 = á0 = 0 et
l’origine de la variable d’articulation sera choisie aussi rationnellement que
possible. Ceci sera plus clair à l’examen des exemples.

31
Compte tenu de ce qui précède, la signification des paramètres de
Denavit-Hartenberg peut être résumée comme suit :
𝑎𝑖−1≡ distance entre 𝑧𝑖−1 et 𝑧𝑖 mesurée le long de 𝑥𝑖−1
á𝑖−1≡ angle entre 𝑧𝑖−1 et 𝑧𝑖 mesurée le long de 𝑥𝑖−1
𝑑𝑖 ≡ distance entre 𝑥𝑖−1 et 𝑥𝑖 mesurée le long de 𝑧
è𝑖 ≡ angle entre 𝑥𝑖−1 et 𝑥𝑖 mesurée le long de 𝑧𝑖
3.2. La matrice de transformation homogène d’un lien
Le passage du repère {i-1} au repère {i} se fait par :
- Une rotation á𝑖−1 autour 𝑥𝑖−1 et une translation 𝑎𝑖−1 le long de
l’axe 𝑥𝑖−1 suivi,
- D’une rotation è𝑖 autour de l’axe 𝑧𝑖 et une translation 𝑑𝑖 le long de
l’axe 𝑧𝑖
La paire constituée par une rotation autour d’un axe et une
translation le long de ce même axe constitue l’opérateur screw, par analogie au
mouvement d’une vis. Sa matrice de transformations homogène est le
produit des matrices de transformations homogènes relatives à la rotation et
la translation :
𝑠𝑐𝑟𝑒𝑤(𝑥𝑖−1 , 𝑎𝑖−1 , á𝑖−1 ) = 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠(𝑥𝑖−1 , 𝑎𝑖−1 , ). 𝑟𝑜𝑡(𝑥𝑖−1 , , á𝑖−1 )

1 0 0 𝑎𝑖−1 1 0 0 0
= 0 1 0 0 0 𝐶á𝑖−1 −𝑆á𝑖−1 0
0 0 1 0 0 𝑆á𝑖−1 𝐶á𝑖−1 0
( 0 0 0 1 ) (0 0 0 1)
𝟏 𝟎 𝟎 𝒂𝒊−𝟏
𝒔𝒄𝒓𝒆𝒘(𝒙𝒊−𝟏 , 𝒂𝒊−𝟏 , á𝒊−𝟏 ) = (𝟎 𝑪á𝒊−𝟏 −𝑺á𝒊−𝟏 𝟎)(27)
𝟎 𝑺á𝒊−𝟏 𝑪á𝒊−𝟏 𝟎
𝟎 𝟎 𝟎 𝟏

𝑠𝑐𝑟𝑒𝑤(𝑧𝑖 , 𝑑𝑖 , è𝑖 ) = 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠(𝑧𝑖 , 𝑑𝑖 , ). 𝑟𝑜𝑡(𝑧𝑖 , , è𝑖 )


𝑪è𝒊 −𝑺è𝒊 𝟎 𝟎
𝒔𝒄𝒓𝒆𝒘(𝒛𝒊 , 𝒅𝒊 , è𝒊 ) = ( 𝑺è𝒊 𝑪è𝒊 𝟎 𝟎 )(28)
𝟎 𝟎 𝟏 𝒅𝒊
𝟎 𝟎 𝟎 𝟏

La matrice de transformation vaut donc :


Ti−1,i = screw(xi−1 , a i−1 , αi−1 )screw(zi , di , θi )

32
𝟏 𝟎 𝟎 𝒂𝒊−𝟏 𝑪è𝒊 – 𝑺è𝒊 𝟎 𝟎
= 𝟎 𝑪á𝒊−𝟏 −𝑺á𝒊−𝟏 𝟎 𝑺è𝒊 𝑪è𝒊 𝟎 𝟎
𝟎 𝑺á𝒊−𝟏 𝑪á𝒊−𝟏 𝟎 𝟎 𝟎 𝟏 𝒅𝒊
(𝟎 𝟎 𝟎 𝟏) ( 𝟎 𝟎 𝟎 𝟏)

𝑪è𝒊 −𝑺è𝒊 𝟎 𝒂𝒊−𝟏


𝑺è𝒊 𝑪á𝒊−𝟏 𝑪è𝒊 𝑪á𝒊−𝟏 −𝑺á𝒊−𝟏 (−𝑺á𝒊−𝟏 )𝒅𝒊
𝐓𝐢−𝟏,𝐢 =( )(29)
𝑺è𝒊 𝑺á𝒊−𝟏 𝑪è𝒊 𝑺á𝒊−𝟏 𝑪á𝒊−𝟏 (𝑪á𝒊−𝟏 )𝒅𝒊
𝟎 𝟎 𝟎 𝟏

1.1. La structure du bras articule


La structure du bras polyarticulé avec seulement le porte-outil est
représentée ci-dessous :
Figure 9 Structure du bras polyarticulé

L'engin se compose d'une flèche 2 articulée en A sur le châssis 1,


d’un balancier 3 articulé en F sur la flèche et d'un godet rétro 4 articulé en S
sur le balancier. Le levage de la flèche est assuré par deux vérins
hydrauliques 7+8. Chaque vérin est articulé en B sur le châssis et en C sur la
flèche. La manœuvre du balancier 3 est obtenue par le vérin
hydraulique 9+10. Le vérin est articulé en D sur la flèche et en E sur le
33
balancier. La manutention du godet est assurée par le vérin hydraulique
11+12. Le vérin est articulé en K sur le balancier et pousse en L le bras
6. Ce bras, articulé en R sur le balancier, renvoie le mouvement en M sur
une biellette 5 qui le transmet à son tour en N sur le godet. Dans le cadre de
la modélisation géométrique globale de cette structure, les influences des
différentes articulations et embiellages sont représentées, à travers les angles
relatifs entre les différents corps. La structure peut être schématisée comme
suit :

Figure 10 Schéma simplifie de la Structure du bras polyarticulé

Sur cette figure, on a :


- d1: la distance entre O1 et O2, les origines respectifs des repères R1
et R2
- d2: la longueur entre O2 et O3,
- d3: la longueur du bras ou balancier
- d4: la longueur du porte-outil
Les différents repères utilisés dans le cadre de la modélisation de la structure
polyarticulée sont :
- R0: Repère terrestre (absolu), d'origine O0
- R1: Repère lié au châssis, d'origine O1

34
- R2: Repère lié à la flèche, d'origine O2 situé sur l'axe de rotation de
la flèche par rapport au châssis.
- R3: Repère lié au balancier, d'origine O3
- R4: Repère lié au porte-outil, d'origine O4
Les paramètres de Denavit-Hartenberg (DH) correspondant à ce bras
poly articulé sont donnés dans le tableau suivant :
Tableau 2 Paramètres DH du bras articulé
I á𝑖−1 𝐴𝑖−1 𝐷𝑖 è𝑖
1 0 0 0 𝑞1
2 ð 𝑑1 0 𝑞2
2
3 0 𝑑2 0 â + 𝑞3 ′ = 𝑞3
4 0 𝑑3 0 𝑞4
5 ð 𝑑4 0 0

2

La tourelle de l'engin peut effectuer une rotation d'un angle q1 mais qui
n'est pas considéré pour les mouvements dans le plan. L'angle q2 est l'angle
de la flèche par rapport à l'horizontale, q3 celui du bras par rapport à la
flèche soudé au bec et q4 celui de l'outil par rapport au bras. L'angle est celui
de l'outil par rapport à l'horizontale liée au châssis. Seuls les paramètres
géométriques sont nécessaires pour la modélisation de la structure du bras.
Le point P en bout d'outil comporte trois degrés de liberté, à savoir un
mouvement de rotation autour de Z1 et deux translations suivant X1et Y1.
Pour le mouvement dans le plan, les matrices de transformation homogène
pour les différents liens du bras poly articulé sont : T12, T23, T34 et T45. A
noter que T45 définit le lien géométrique entre le point de l’outil (le centre
de masse) et la dernière articulation.

35
1.1. Géométrie de masse du bras articule
Dans ce modèle, on cherche à déterminer les efforts et les couples aux
articulations et aux centres de masse de différents liens.

Figure 11 Architecture simplifié du bras articulé


Nous commençons par faire l’étude de la géométrie de masse de différents
liens : flèche, bras et godet. Par astuce de simplification, chacun de liens
(flèche, balancier ou bras et godet) sera assimilé à un parallélépipède de
section carré.
 Calcul du tenseur d’inertie de la flèche par rapport au centre de
masse :

Figure 12 Représentation simplifié de la flèche

36
La flèche est formée de deux corps de la flèche respectivement de masse
m1 et m2, de centre de masse G1 et G2. Généralement l1=l2=l, m1=m2 et
σ=Ω (figure 10). La section des bruns est carrée de côté c.
Le tenseur d’inertie de chacun de deux bruns par rapport à son centre de
gravité vaut :
𝒎𝟏
𝟐𝑪𝟐 𝟎 𝟎
𝑰𝑮𝟏 = 𝑰𝑮𝟐 =
𝟏𝟐
( 𝟎 𝒍 𝟐 + 𝒄𝟐 𝟎 )(30)
𝟎 𝟎 𝒍 𝟐 + 𝒄𝟐

Et par application du Théorème de HUYGENS, les tenseurs d’inertie dû à


chacun de deux bruns au point G valent :

𝐼1𝐺 = 𝐼𝐺1 + 𝐽𝐺1𝐺 et𝐼2𝐺 = 𝐼𝐺2 + 𝐽𝐺2𝐺 avec

𝑚1(𝑦𝐺1 2 + 𝑧𝐺1 2 ) −𝑚1𝑥𝐺1 𝑦𝐺1 −𝑚1𝑥𝐺1 𝑧𝐺1


𝐽𝐺1𝐺 = ( −𝑚1𝑥𝐺1 𝑦𝐺1 𝑚1(𝑥𝐺1 2 + 𝑧𝐺1 2 ) −𝑚1𝑦𝐺1 𝑧𝐺1 )et𝐽𝐺2𝐺 =
−𝑚1𝑥𝐺1 𝑧𝐺1 −𝑚1𝑦𝐺1 𝑧𝐺1 𝑚1(𝑥𝐺1 2 + 𝑦𝐺1 2 )
𝑚1(𝑦𝐺2 2 + 𝑧𝐺2 2 ) −𝑚1𝑥𝐺2 𝑦𝐺2 −𝑚1𝑥𝐺2 𝑧𝐺2
( −𝑚1𝑥𝐺2 𝑦𝐺2 𝑚1(𝑥𝐺2 2 + 𝑧𝐺2 2 ) −𝑚1𝑦𝐺2 𝑧𝐺2 )
−𝑚1𝑥𝐺2 𝑧𝐺2 −𝑚1𝑦𝐺2 𝑧𝐺2 𝑚1(𝑥𝐺2 2 + 𝑦𝐺2 2 )

𝑙 𝑙 𝑙
On a:𝑦𝐺1 = 𝑦𝐺2 = 0, 𝑥𝐺1 = cos(ó) , 𝑧𝐺1 = 𝑧𝐺2 = sin(ó) , 𝑥𝐺2 = − cos(ó)
2 2 2

D’où,
𝟐𝒄𝟐 +𝟑𝒍𝟐 𝒔𝒊𝒏𝟐 (ó) 𝒍𝟐 𝐬𝐢𝐧(𝟐ó)
𝟎 −
𝟏𝟐 𝟖
𝒄𝟐 +𝟒𝒍𝟐
𝑰𝟏𝑮 = 𝒎𝟏 𝟎 𝟎 (31)
𝟏𝟐
𝒍𝟐 𝐬𝐢𝐧(𝟐ó) 𝒄𝟐 +𝒍𝟐 (𝟏+𝟑𝒄𝒐𝒔𝟐 (ó))
( − 𝟖
𝟎
𝟏𝟐 )

𝟐𝒄𝟐 +𝟑𝒍𝟐 𝒔𝒊𝒏𝟐 (ó) 𝒍𝟐 𝐬𝐢𝐧(𝟐ó)


𝟎
𝟏𝟐 𝟖
𝒄𝟐 +𝟒𝒍𝟐
𝑰𝟐𝑮 = 𝒎𝟏 𝟎 𝟎 (32)
𝟏𝟐
𝒍𝟐 𝐬𝐢𝐧(𝟐ó) 𝒄𝟐 +𝒍𝟐 (𝟏+𝟑𝒄𝒐𝒔𝟐 (ó))
( 𝟎 )
𝟖 𝟏𝟐

37
𝟐𝒄𝟐 +𝟑𝒍𝟐 𝒔𝒊𝒏𝟐 (ó)
𝟎 𝟎
𝟔
𝒄𝟐 +𝟒𝒍𝟐
𝑰𝑮 (𝟐) = 𝑰𝟏𝑮 + 𝑰𝟐𝑮 = 𝒎𝟏 𝟎 𝟎 (33)
𝟔
𝒄𝟐 +𝒍𝟐 (𝟏+𝟑𝒄𝒐𝒔𝟐 (ó))
( 𝟎 𝟎 )
𝟔

 Le calcul du tenseur d’inertie par rapport au centre de masse du bras


de masse m3, de longueur d3 et de section carré de côté c est
donné par
𝟐𝒄𝟐 𝟎 𝟎
𝒎𝟑 𝟐 𝟐
𝑰𝑮 (𝟑) = ( 𝟎 𝒅 𝟑 + 𝒄 𝟎 )(34)
𝟏𝟐
𝟐
𝟎 𝟎 𝒅𝟑 + 𝒄𝟐
 Celui du godet de masse m4 et de longueur d4 vaut
𝟐𝒄𝟐 𝟎 𝟎
𝒎𝟒 𝟐 𝟐
𝑰𝑮 (𝟒) = ( 𝟎 𝒅𝟒 + 𝒄 𝟎 )(35)
𝟏𝟐
𝟎 𝟎 𝒅𝟒 𝟐 + 𝒄𝟐

3.5. Calcul des forces et moment des couples aux centres de masse de
différents liens et aux articulations
Pour calculer les forces effectives (d’inertie) sur chaque lien, nous
appliquons la loi de Newton (équation 20) 𝐹𝑖 = 𝑚𝑖 𝑣̇ 𝑐𝑖 et l’équation d’Euler
(équation 21) 𝑁𝑖 = 𝐼𝑖 Ù̇ 𝑖 + Ù𝑖 × 𝐼𝑖 Ù𝑖. Les conditions aux limites sont :

𝑓5 = 𝑃 = 𝑃𝑥 + 𝑃𝑧 avec Px et Pz les composantes suivant x et z du poids du


matériau dans le godet,
𝑛5 = 0
ù1 = 𝑞̇ 1
𝑣̇ 1 = 𝑔𝑧
qui expriment que l’extrémité est chargé d’un point P (ou soumis à une force
excavatrice totale P) et que le manipulateur est soumis à l’action de la gravité
selon l’axe z du repère R1. Les matrices de rotation inverse sont
𝐶2 0 𝑆2
𝑅21 = (−𝑆2 0 𝐶2 )
0 −1 0

38
𝐶3 𝑆3 0
𝑅32 = (−𝑆3 𝐶3 0)
0 0 1

𝐶4 𝑆4 0
𝑅43 = (−𝑆4 𝐶4 0)
0 0 1
ETAPE 1 : Itérations vers l’extérieur. A noter l’effet q1 se transmet sur toute
la partie supérieure du châssis et non directement sur le bras. On doit
nécessairement tenir compte de celui lors de l’étude de l’équilibre général de
la pelle hydraulique et de la tenue de l’articulation 2.
0 0
ù2 {2} = 𝑞̇ 2 𝑧2 = ( 0 ) ù̇2 {2} = 𝑞̈ 2 𝑧2 = ( 0 )
𝑞̇ 2 𝑞̈ 2
Ou la valeur écrite entre accolade indique le repère dans lequel les vecteurs
vitesse et accélération angulaire sont déterminés.
Le vecteur vitesse du centre de masse dans le référentiel {2} est telle que :
𝐶2 0 𝑆2 0 𝑔𝑧 𝑆2
𝑣̇ 2 {2} = 𝑅21. 𝑣̇ 1 = (−𝑆2 0 𝐶2 ) . ( 0 ) = (𝑔𝑧 𝐶2 )
0 −1 0 𝑔𝑧 0
𝑣̇ 𝐶2 {2} = 𝑣̇ 2 {2} + 𝑞̈ 2 𝑧2 × 𝑙1 cos(ó) 𝑥2 + ù2 {2} × (ù2 {2} × 𝑙1 cos(ó) 𝑥2 )
𝑔𝑧 𝑆2 0 −𝑞̇ 2 2 𝑙1 cos(ó)
= (𝑔𝑧 𝐶2 ) + (𝑞̈ 2 𝑙1 cos(ó)) + ( 0 )
0 0 0
𝑔𝑧 𝑆2 − 𝑞̇ 2 2 𝑙1 cos(ó)
𝑣̇ 𝐶1 {2} = ( 𝑔𝑧 𝐶2 + 𝑞̈ 2 𝑙1 cos(ó) )
0
D’où la force extérieure appliquée au centre de masse G du lien(2) vaut
𝟐𝒎𝟏𝒈𝒛 𝑺𝟐 − 𝟐𝒎𝟏𝒒̇ 𝟐 𝟐 𝒍𝟏 𝐜𝐨𝐬(ó)
𝑭𝟐 {𝟐} = (𝒎𝟏 + 𝒎𝟐)𝒗̇ 𝑪𝟏 {𝟐} = 𝟐𝒎𝟏𝒗̇ 𝑪𝟏 {𝟐} = ( 𝟐𝒎𝟏𝒈𝒛 𝑪𝟐 + 𝟐𝒎𝟏𝒒̈ 𝟐 𝒍𝟏 𝐜𝐨𝐬(ó) ) (36)
𝟎
Le moment de couple au centre de masse G est
𝑁2 {2} = 𝐼𝐺 (2). ù̇2 {2} + ù2 {2} × 𝐼𝐺 (2). ù2 {2}

𝟎
𝑵𝟐 {𝟐} = ( 𝟎 ) (37)
𝒄𝟐 +𝒍𝟐 (𝟏+𝟑𝒄𝒐𝒔𝟐 (ó))
𝒎𝟏𝒒̈ 𝟐
𝟔

39
Similairement, appliquant la même procédure au lien (3) (bras), on obtient
successivement, dans le référentiel.{3}
0
ù3 {3} = ( 0 )
𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3
0
̇ù3 = ( 0 )
𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3
𝐶3 𝑆3 0 𝑔𝑧 𝑆2 𝑔𝑧 (𝑆2 𝐶3 + 𝐶2 𝑆3 ) 𝑔𝑧 𝑆23
𝑣̇ 3 {3} = 𝑅32𝑣̇ 2 {2} = (−𝑆3 𝐶3 0) (𝑔𝑧 𝐶2 ) = (𝑔𝑧 (−𝑆2 𝑆3 + 𝐶2 𝐶3 )) = (𝑔𝑧 𝐶23 )
0 0 1 0 0 0

𝑑3 𝑑3
𝑣̇ 𝐶3 {3} = 𝑣̇ 3 {3} + (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 )𝑧3 × 𝑥 + ù3 {3} × (ù3 {3} × 𝑥 )
2 3 2 3
𝑑3
𝑔𝑧 𝑆23 − (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 )2
2
𝑣̇ 𝐶3 {3} = 𝑑3
−𝑔𝑧 𝐶23 + (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 )
2
( 0 )
𝒅𝟑
𝒎𝟑. 𝒈𝒛 𝑺𝟐𝟑 − 𝒎𝟑. (𝒒̇ 𝟐 + 𝒒̇ 𝟑 )𝟐
𝟐
𝑭𝟑 {𝟑} = 𝒎𝟑𝒗̇ 𝑪𝟑 {𝟑} = ( 𝒎𝟑. 𝒈 𝑪 + 𝒎𝟑. (𝒒̈ + 𝒒̈ ) 𝒅𝟑 ) (38)
𝒛 𝟐𝟑 𝟐 𝟑 𝟐
𝟎

𝑁3 {3} = 𝐼𝐺 (3). ù̇3 {3} + ù3 {3} × 𝐼𝐺 (3). ù3 {3}


𝟎
𝑵𝟑 {𝟑} = (𝒎𝟑 𝟎 ) (39)
(𝒅𝟑 𝟐 + 𝒄𝟐 )(𝒒̈ 𝟐 + 𝒒̈ 𝟑 )
𝟏𝟐

Mêmement pour le lien (4), on obtient par similarité


0
ù4 {4} = ( 0 )
𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 + 𝑞̇ 4
0
ù̇4 {4} = ( 0 )
𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4

40
𝐶4 𝑆4 0 𝑔𝑧 𝑆23
𝑣̇4 {4} = 𝑅43𝑣̇ 3 {3} = (−𝑆4 𝐶4 0) (𝑔𝑧 𝐶23 )
0 0 1 0
𝑔𝑧 (𝑆23 𝐶4 + 𝐶23 𝑆4 ) 𝑔𝑧 𝑆234
= (𝑔𝑧 (−𝑆23 𝑆4 + 𝐶23 𝐶4 )) = (𝑔𝑧 𝐶234 )
0 0
𝑑4 𝑑4
𝑣̇ 𝐶4 {4} = 𝑣̇4 {4} + (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 )𝑧4 × 𝑥 + ù4 {4} × (ù4 {4} × 𝑥 )
2 4 2 4
𝑑4
𝑔𝑧 𝑆234 − (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 + 𝑞̇ 4 )2
2
𝑣̇ 𝐶4 {4} = 𝑑4
𝑔𝑧 𝐶234 + (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 )
2
( 0 )

𝒅𝟒
𝒎𝟒. 𝒈𝒛 𝑺𝟐𝟑𝟒 − 𝒎𝟒. (𝒒̇ 𝟐 + 𝒒̇ 𝟑 + 𝒒̇ 𝟒 )𝟐
𝟐
𝑭𝟒 {𝟒} = ( 𝒎𝟒. 𝒈 𝑪 𝒅𝟒 ) (40)
𝒛 𝟐𝟑𝟒 + 𝒎𝟒. (𝒒̈ 𝟐 + 𝒒̈ 𝟑 + 𝒒̈ 𝟒 ) 𝟐
𝟎

𝑁4 {4} = 𝐼𝐺 (4). ù̇4 {4} + ù4 {4} × 𝐼𝐺 (4). ù4 {4}


𝟎
𝑵𝟒 {𝟒} = (𝒎𝟒 𝟎 )(41)
(𝒅𝟒 𝟐 + 𝒄𝟐 )(𝒒̈ 𝟐 + 𝒒̈ 𝟑 + 𝒒̈ 𝟒 )
𝟏𝟐

ETAPE 2 : Itérations vers la base


L’´équipollence entre les forces effectives d’inertie Fi et Ni et les forces
extérieures est donnée par l’équation (0-55) (𝑭𝒊 = 𝒇𝒊 − 𝑹𝒊,𝒊+𝟏 𝒇𝒊+𝟏 )
De même, l’équation (0-56) (𝑵𝒊 = 𝒏𝒊 − 𝑹𝒊,𝒊+𝟏 𝒏𝒊+𝟏 − 𝒄𝒊 × 𝑭𝒊 − 𝒑𝒊 ×
𝑹𝒊,𝒊+𝟏 𝒇𝒊+𝟏 ) impose l’´equilibre de rotation autour de Oi.
Appliquant ces deux relations à l’articulation 4 (repère R4), on a :
𝐹4 = 𝑓4 − 𝑅45. 𝑓5
𝑑4
𝑚4. 𝑔𝑧 𝑆234 − 𝑚4. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 + 𝑞̇ 4 )2 1 0 0 𝑃𝑥
2
𝑓4 = 𝐹4 + 𝑅45. 𝑓5 = 𝑑4 + (0 0 1) ( 0 )
𝑚4. 𝑔𝑧 𝐶234 + 𝑚4. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 ) 0 −1 0 𝑃𝑧
2
( 0 )
𝒅𝟒
𝒎𝟒. 𝒈𝒛 𝑺𝟐𝟑𝟒 − 𝒎𝟒. (𝒒̇ 𝟐 + 𝒒̇ 𝟑 + 𝒒̇ 𝟒 )𝟐 + 𝑷𝒙
𝟐
𝒇𝟒 = ( 𝒎𝟒. 𝒈 𝑪 + 𝒎𝟒. (𝒒̈ + 𝒒̈ + 𝒒̈ ) + 𝑷 )(42)
𝒅𝟒
𝒛 𝟐𝟑𝟒 𝟐 𝟑 𝟒 𝟐 𝒛
𝟎
41
𝑑4
𝑵4 = 𝒏4 − 𝑹45 𝒏5 − 𝑥 × 𝑭4 − 𝑑4𝑥4 × 𝑹45 𝒇5
2 4
𝑑4
𝑛4 = 𝑁4 + 𝑹45 𝒏5 + 𝑥 × 𝑭4 + 𝑑4𝑥4 × 𝑹45 𝒇5
2 4
Avec 𝑛5 = 0
𝑑4
0 𝑑4 𝑚4. 𝑔𝑧 𝑆234 − 𝑚4. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 + 𝑞̇ 4 )2
0 2
𝑛4 = (𝑚4 )+( 2 )× 𝑑4
(𝑑 2 + 𝑐 2 )(𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 ) 0 𝑚4. 𝑔𝑧 𝐶234 + 𝑚4. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 )
12 4 0 2
( 0 )
𝑑4 1 0 0 𝑃𝑥
+ ( 0 ) × (0 0 1 ) ( 0 )
0 0 −1 0 𝑃𝑧

𝟎
𝒏𝟒 = ( 𝟎 )(43)
𝒎𝟒 𝒅𝟒 𝒅𝟒 𝟐
𝟏𝟐
(𝒅𝟒 𝟐 + 𝒄𝟐 )(𝒒̈ 𝟐 + 𝒒̈ 𝟑 + 𝒒̈ 𝟒 ) + 𝒎𝟒. 𝒈𝒛 𝑪𝟐𝟑𝟒 𝟐
+ 𝒎𝟒. (𝒒̈ 𝟐 + 𝒒̈ 𝟑 + 𝒒̈ 𝟒 ) ( ) + 𝒅𝟒. 𝑷𝒛
𝟐

A l’articulation 3, on a:

𝑓3𝑥
𝑓3 = (𝑓3𝑦 ) = 𝐹3 + 𝑅34. 𝑓4
𝑓3𝑧
𝒇𝟑 =
𝒅𝟑 𝒅𝟒 𝒅𝟒
𝒎𝟑. 𝒈𝒛 𝑺𝟐𝟑 − 𝒎𝟑. (𝒒̇ 𝟐 + 𝒒̇ 𝟑 )𝟐 + (𝒎𝟒. 𝒈𝒛 𝑺𝟐𝟑𝟒 − 𝒎𝟒. (𝒒̇ 𝟐 + 𝒒̇ 𝟑 + 𝒒̇ 𝟒 )𝟐 + 𝑷𝒙 ) 𝑪𝟒 − (𝒎𝟒. 𝒈𝒛 𝑪𝟐𝟑𝟒 + 𝒎𝟒. (𝒒̈ 𝟐 + 𝒒̈ 𝟑 + 𝒒̈ 𝟒 ) +
𝟐 𝟐 𝟐
( 𝒎𝟑. 𝒈 𝑪 + 𝒎𝟑. (𝒒̈ + 𝒒̈ ) 𝒅𝟑 + (𝒎𝟒. 𝒈 𝑺 − 𝒎𝟒. (𝒒̇ + 𝒒̇ + 𝒒̇ )𝟐 𝒅𝟒 + 𝑷 ) 𝑪 − (𝒎𝟒. 𝒈 𝑪 + 𝒎𝟒. (𝒒̈ + 𝒒̈ + 𝒒̈ ) 𝒅𝟒 + 𝑷
𝒛 𝟐𝟑 𝟐 𝟑 𝟐 𝒛 𝟐𝟑𝟒 𝟐 𝟑 𝟒 𝟐 𝒙 𝟒 𝒛 𝟐𝟑𝟒 𝟐 𝟑 𝟒 𝟐
𝟎
(44)
CORRIGER EQUATION DEPASSANT MARGE D’IMPRESSION
𝑑3
𝑛3 = 𝑁3 + 𝑹34 𝒏4 + 𝑥 × 𝑭3 + 𝑑3𝑥3 × 𝑹34 𝒇4
2 3

𝒏𝟑𝒙
𝒏𝟑 = (𝒏𝟑𝒚 )(45)
𝒏𝟑𝒛
𝑚3 𝑚4
Avec𝑛3𝑥 = 0 , 𝑛3𝑦 = 0 et 𝑛3𝑧 = (𝑑3 2 + 𝑐 2 )(𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 ) + (𝑑4 2 + 𝑐 2 )(𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 ) +
12 12
𝑑4 𝑑4 2 𝑑3 𝑑3 2
𝑚4. 𝑔𝑧 𝐶234 + 𝑚4. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 ) ( ) + 𝑑4. 𝑃𝑧 + 𝑚3. 𝑔𝑧 𝐶23 + 𝑚3. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 ) ( ) +
2 2 2 2
2 𝑑4 𝑑4
(𝑚4. 𝑔𝑧 𝑆234 − 𝑚4. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 + 𝑞̇ 4 ) + 𝑃𝑥 ) 𝑑4. 𝑆3 + (𝑚4. 𝑔𝑧 𝐶234 + 𝑚4. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 ) +
2 2

𝑃𝑧 ) 𝑑4. 𝐶3

42
A l’articulation 2, on a
𝑓2 = 𝐹2 + 𝑅23. 𝑓3
𝒇𝟐𝒙
𝒇𝟐 = (𝒇𝟐𝒚 )(46)
𝒇𝟐𝒛
𝑑3
𝑓2𝑥 = 2𝑚1𝑔𝑧 𝑆2 − 2𝑚1𝑞̇ 2 2 𝑙1 cos(ó)+[𝑚3. 𝑔𝑧 𝑆23 − 𝑚3. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 )2 + (𝑚4. 𝑔𝑧 𝑆234 −
2
𝑑4 𝑑4
𝑚4. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 + 𝑞̇ 4 )2 + 𝑃𝑥 ) 𝐶4 − (𝑚4. 𝑔𝑧 𝐶234 + 𝑚4. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 ) + 𝑃𝑧 ) 𝑆4 ] 𝐶3 −
2 2
𝑑3 2 𝑑4
[𝑚3. 𝑔𝑧 𝐶23 + 𝑚3. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 ) + (𝑚4. 𝑔𝑧 𝑆234 − 𝑚4. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 + 𝑞̇ 4 ) + 𝑃𝑥 ) 𝐶4 −
2 2
𝑑4
(𝑚4. 𝑔𝑧 𝐶234 + 𝑚4. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 ) + 𝑃𝑧 )𝑆4 ]𝑆3
2

𝑓2𝑦 = 2𝑚1𝑔𝑧 𝐶2 + 2𝑚1𝑞̈ 2 𝑙1 cos(ó)


𝑑3
+ [𝑚3. 𝑔𝑧 𝑆23 − 𝑚3. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 )2
2
𝑑4
+ (𝑚4. 𝑔𝑧 𝑆234 − 𝑚4. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 + 𝑞̇ 4 )2 + 𝑃𝑥 ) 𝐶4
2
𝑑4
− (𝑚4. 𝑔𝑧 𝐶234 + 𝑚4. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 ) + 𝑃𝑧 ) 𝑆4 ] 𝑆3 + [𝑚3. 𝑔𝑧 𝐶23
2
𝑑3 𝑑4
+ 𝑚3. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 ) + (𝑚4. 𝑔𝑧 𝑆234 − 𝑚4. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 + 𝑞̇ 4 )2 + 𝑃𝑥 ) 𝐶4
2 2
𝑑4
− (𝑚4. 𝑔𝑧 𝐶234 + 𝑚4. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + ㌰̈ 4 ) + 𝑃𝑧 )𝑆4 ]. 𝐶4
2
𝑓2𝑧 = 0

𝑛2 = 𝑁2 + 𝑹23 𝒏3 + 𝑙1 cos(ó) 𝑥2 × 𝑭2 + 𝑑2𝑥2 × 𝑹23 𝒇3


𝒏𝟐𝒙
𝒏𝟐 = (𝒏𝟐𝒚 ) (47)
𝒏𝟐𝒛

43
𝑐 2 + 𝑙 2 (1 + 3𝑐𝑜}2 (ó))
𝑛2𝑧 = 𝑚1𝑞̈ 2 + (𝑑3 2 + 𝑐 2 )(𝒒̈ 𝟐 + 𝒒̈ 𝟑 )
6
𝑚4 𝑑4
+ (𝑑 2 + 𝑐 2 )(𝒒̈ 𝟐 + 𝒒̈ 𝟑 + 𝒒̈ 𝟒 ) + 𝑚4. 𝑔𝑧 𝐶234
12 4 2
𝑑4 2 𝑑3
+ 𝑚4. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 ) ( ) + 𝑑4. 𝑃𝑧 + 𝑚3. 𝑔𝑧 𝐶23
2 2
𝑑3 2
+ 𝑚3. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 ) ( )
2
𝑑4
+ (𝑚4. 𝑔𝑧 𝑆234 − 𝑚4. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 + 𝑞̇ 4 )2 + 𝑃𝑥 ) 𝑑4. 𝑆3
2
𝑑4
+ (𝑚4. 𝑔𝑧 𝐶234 + 𝑚4. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 ) + 𝑃𝑧 ) 𝑑4. 𝐶3
2
+ 2𝑚1𝑔𝑧 𝑙1 cos(ó)𝐶2 + 2𝑚1𝑞̈ 2 (𝑙1 cos(ó))2
𝑑3
+ [𝑚3. 𝑔𝑧 𝑆23 − 𝑚3. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 )2
2
𝑑4
+ (𝑚4. 𝑔𝑧 𝑆234 − 𝑚4. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 + 𝑞̇ 4 )2 + 𝑃𝑥 ) 𝐶4
2
𝑑4
− (𝑚4. 𝑔𝑧 𝐶234 + 𝑚4. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 ) + 𝑃𝑧 ) 𝑆4 ] 𝑑2𝑆3
2
𝑑3
+ [𝑚3. 𝑔𝑧 𝐶23 + 𝑚3. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 )
2
𝑑4
+ (𝑚4. 𝑔𝑧 𝑆234 − 𝑚4. (𝑞̇ 2 + 𝑞̇ 3 + 𝑞̇ 4 )2 + 𝑃𝑥 ) 𝐶4
2
𝑑4
− (𝑚4. 𝑔𝑧 𝐶234 + 𝑚4. (𝑞̈ 2 + 𝑞̈ 3 + 𝑞̈ 4 ) + 𝑃𝑧 ) 𝑆4 ]
2

4. Discussion des résultats


A titre illustratif, nous représentons dans MATLAB, les courbes
indiquant les variations de la force et du moment de couple au centre de
gravité GC2 du lien 2 (la flèche), dans les deux cas ci-après (Cfr équations
(36) et (37)) :
 L’articulation 2 décrit un mouvement circulaire uniforme :
𝑞2̈ = 0 𝑟𝑎𝑑⁄𝑠2 , 𝑞2̇ = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 et 𝑞2 = 𝑞2̇ . 𝑡 varie de 0 àπ/2
rad(90 degrés).
Avec les paramètres suivant : m1=400kg,l=3.5m, c=0.5m, gz=10m/s2,
sigma=135*pi/180, 𝑞2̇ = 0.001, on

44
a:

Figure 13 Variations de la force et du couple pour une vitesse


angulaire constante 𝒒̇ = 𝟎. 𝟎𝟎𝟏rad/s
Dans le repère {2} lié à l’articulation 2, la force au centre de masse a
deux composantes suivant x et y. Quel que soit F2x et F2y, le module de
F2=8000N et le moment de couple vaut N2=0 Nm. Tant 𝑞2̇ est très faible,
|F2| reste constant quel que soit l’angle q2. Pour 𝑞2̇ = 1rad/s, il vient

45
Figure 14 Variations de la force et du couple pour une vitesse
angulaire constante 𝒒̇ = 𝟎. 𝟎𝟎𝟏 rad/s
A mesure que q2 augmente, les variations de la force qui sollicite le centre
de masse du lien 2 sont considérables.
 L’articulation 2 décrit un mouvement circulaire uniformément
accéléré :
1
𝑞2̈ = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒, 𝑞2̇ = 𝑞2̈ . 𝑡 et 𝑞2 = 2 𝑞2̈ 𝑡2 varie de 0 à 90 degrés.
Pour une faible accélération angulaire, ici 𝑞2̈ = 0.001 𝑟𝑎𝑑/𝑠2, |F2| est
sensiblement constant et le moment N2 négligeable.

46
Figure 15 Variations de la force et du couple pour une accélération
angulaire constante faible

47
Pour 𝑞2̈ = 0.5 𝑟𝑎𝑑/𝑠 2 ,

Figure 16 Variations de la force et du couple pour une accélération


angulaire constante 𝒒𝟐̈ = 𝟎. 𝟓 𝒓𝒂𝒅/𝒔𝟐

Dans ce cas, les variations de |F2| sont grandes et le moment couple N2


qui tend à torde le lien est considérable.
5. Conclusion
Les pannes récurrentes des pelles hydrauliques marque « New
Holland » dans la carrière de Mugunga nous ont poussé de douter de
l’adaptation de ces engins à la roche volcanique. Pour prouver cette
inadaptation, nous avons développé la modélisation du bras articulé à 3
articulations de la pelle hydraulique. La présentation de cet article a pour
l’essentiel suivi l’ordre d’étude d’un robot. Notre objectif était de
développer la modélisation d’une pelle hydraulique afin de déterminer les
forces et les moments de couple au centre de masse de différents liens et aux
différentes articulations.
Pour ce faire, nous avons développé les théories sur la modélisation de
système articulé afin de déterminer les modèles dynamiques du bras
articulés. Les lois de Newton et d’Euler nous nous ont permis de calculer les
48
forces𝐹𝑖 et les couples𝑁𝑖 qui sollicitent les centres de masse de différents
liens. Les conditions d’équilibre dynamique nous ont permis de déduire les
forces 𝑓𝑖 et couples 𝑛𝑖 aux différentes articulations. Comme les articulions
n’autorisent aucun mouvement de translation, leur rigidité doit résister aux
forces𝑓𝑖 .

Le poids ou d’une façon générale les contraintes qu’exercent les


matériaux sur l’outil (le godet) interviennent dans les expressions des couples
et forces aux articulations ; et par conséquent, on doit nécessairement tenir
compte de la structure du matériau du milieu où la pelle aura à effectuer les
travaux dans le dimensionnement de cet engin.
C’est ainsi que les spécifications des godets et valeur des balanciers
révèle que les pelles hydrauliques New Holland peuvent se classer en trois
catégories selon le type de travaux à effectuer :
 Travaux de cavage courants (poids spécifiques du matériau<
1,8 𝑡/𝑚3 )
 Travaux de cavage moyennement lourds (poids spécifiques du
matériau< 1,3 𝑡/𝑚3 )
 Travaux de chargement (poids spécifiques du matériau< 1,2 𝑡/𝑚3 )
Vu que la masse volumique(specifique) des roches volcaniques se situe dans
la plage de 2000 à 3000 kg / m3, l’inadaptation de ces engins de construction
est maintenant évidente.
Une voie est ouverte aux futures chercheurs dans ce domaine qui, se
basant sur les resultats de notre recherche, peuvent arriver à dimensionner le
bras articulé en tenant compte aussi du modele du vérin, des forces
dynamiques et couples dynamiques aux articulations, etc.
Bibliographie
1. A. Kadi, Mécanique rationnelle, s.d, s.l.
2. André Preumont, Théorie générale des systèmes articules. Introduction à la
Robotique, 2eédition, Laboratoire des structures actives service des
constructions mécaniques et robotique, ULB, 2001.

49
3. Bouajila Sofiane, Transmission des puissances hydrauliques et pneumatique,
Cours, Inédit.
4. Bulier, Construction mécanique, industrielle, éd. Tome 1, Paris librairie de la
Grave, 1966, Editeur FAUCHER, juin 2005.
5. Dr Bensaid Samir, Cours capteurs et actionneurs, Université de Boura,
2004.
6. Kassoul Amar, Physique 4 : mécanique rationnelle, Cours et
Exercices, 2009.
7. Dr Mohamed Bouri, Bases de la robotique, actionneurs, EPFL,2014.
8. Dubois, Comportement hydraulique et modélisation des écoulements de surface
communication N8, Laboratoire de constructions hydrauliques (LCH,
EPFL), Lausanne CH, 1998.
9. F. Michel, Quelques notions de géologie, CTMNC.
10. FrancoisMonchy, Maintenance, méthodes et organisation, 3eeddition
11. J. Faisander, Mécanismes hydrauliques et pneumatiques- Industries et
Techniques, Dunod.
12. Jean-Louis Boimond, Robotiaue,istia, Université Angers .
13. J-M Bleux et J-L Fanchon, Génie mécanique- automatismes industriels, éd.
Nathan, Paris 1996 2e édition Revue.
14. New holland kobelco construction machinery Sp.A, New Holland
E215B, www.newholland.com
15. OVD, Module 1 formation et assistance technique, Formation OR/OVD
Sud-Kivu/Nord-Kivu, DEM Equipement, Octobre-Novembre
2012.
16. Ph. Bidaud-Philippe.Bdaud@upmc, modélisation des systèmes robotiques,
Master sciences de l’ingénieur, Université Pierre et Marie Curie.
17. Roula Grome, Notice technique : huiles hydrauliques, Version AFPA Bègles

50
Gestion du personnel et son impact dans les de petites et moyennes
entreprises de la ville de Goma (PME). Cas de l’Atelier
LA COVERGENCE
Par
Nziraboba Mudosa Buda4

Résumé
Partant de la mauvaise politique d’emploi dans en République Démocratique du
Congo, la jeunesse et les hommes adultes qui, certains finissent les études primaires,
secondaires et universitaires d’une part, et d’autres une formation professionnalisant
(formation technique et de métiers) d’autre part ; et d’autres encore qui n’ont carrément
pas étudié, se livrent aux travaux de métier moyennant les initiatives personnelles et/ou
collectives.
C’est dans ce contexte, qu’en 1995, à la veille du déclin du Président de la
République du Zaïre ; le Marechal Mobutu Seseseko Kukungbwendo Wa Zabanga
caractérisé par plusieurs crises au pays (économique, sociale, politique, etc.), qu’un groupe
de trois personnes s’est mis ensemble pour créer un Atelier de soudure et d’ajustage pour se
créer de l’emploi et créer pour d’autres et ainsi se rendre utiles à la société et à leurs familles
respectives. Cette entreprise sera dénommée Atelier LA CONVERGENCE.
En effet, l’organisation et la gestion des ressources humaines au sein d’une
entreprise contribuent au progrès de celle-ci, au bien-être du personnel. En plus de cela, ces
deux aspects permettent à l’entreprise de contribuer au développement de son milieu
d’implantation. Ainsi, nous encourageons d’autres chercheurs de continuer sur cette même
lancée et explorer d’autres aspects non abordés ici.
Mots-clés : Gestion, effets, entreprise

Abstract
Starting from the bad employment policy in the Democratic Republic of Congo, youth and
adult men who, some finish primary, secondary and university studies on the one hand,
and others a professional training (technical and vocational training) on the other hand;
and still others who have not studied at all, engage in trade work through personal and/or

4
Assistant à l’ISPT/Goma
51
collective initiatives. It was in this context that in 1995, on the eve of the decline of the
President of the Republic of Zaire; The Marechal Mobutu Seseseko Kukungbwendo Wa
Zabanga characterized by several crises in the country (economic, social, political, etc.),
which a group of three people came together to create a Welding and Adjustment
Workshop to create jobs and create for others and thus make themselves useful to society
and their respective families.
This company will be called Atelier LA CONVERGENCE.
Indeed, the organization and management of human resources within a company contribute
to the progress of the latter, to the well-being of the staff. In addition to this, these two
aspects allow the company to contribute to the development of its implementation
environment. Thus, we encourage other researchers to continue on this same path and
explore other aspects not addressed here.
Keywords: Management, effects, business
1. Introduction
L’économie de la République Démocratique du Congo en général et
de la province du Nord-Kivu, en particulier, traversent une période délicate
et instable suite aux multiples crises politiques, sécuritaires et administratives
depuis les années nonante. Pour la ¨province du Nord-Kivu et la ville de
Goma dont la présente réflexion traite, est la plus touchée suite à une série
d’évènements inconfortables au climat des affaires et nuisibles à l’économie
provinciale et/ou urbaine.
Parmi ces évènements nocifs à l’économie, et donc aux entreprises du
milieu, on peut citer quelques-uns : les guerres à répétition dont celle de
1985, de 1994, de 1997, de 1998, de 2008 et de 2013 jusqu’à ce jour ; la
dégradation des infrastructures routières, le manque de politique économico-
agricole provinciale, le chômage de la population active notamment la
jeunesse dans les cas de kidnapping, le manque aux subventions des petites
et moyennes entreprises, etc.
L’entreprise provinciale dans ce cadre est confrontée à un déphasage,
décalages de plus en plus allongés par rapport à la globalisation de
l’économie mondiale actuelle. Ainsi, les quelques petites et moyennes
entreprises qui ont réussi à survivre à toutes ces contraintes ci-haut
52
énumérées sont demandées d’employer quelques personnes selon la hauteur
de leur chiffre d’affaires et de leur capacité de production et d’écoulement
(suivant la loi de la demande et de l’offre sur le marché) pour leur
pérennisation sur le plan de leur survie et celui du développement du milieu
d’étude qu’est la ville de Goma.

Ce personnel ainsi employé par ces entreprises, ne mène pas des


activités comme par une baguette magique ; mais plutôt moyennant un
certain nombre des préalables dont son organisation et sa gestion. Parmi les
réponses envisagées, les méthodes de management et la place de choix
donnée aux ressources humaines constituent une préoccupation centrale
pour l’émergence d’une entreprise et son service pour le développement du
milieu de son intervention ou de son implantation.

De ce fait, les entreprises devraient commencer à prendre


connaissance de l’importance des ressources humaines du point de vue tant
quantitatif que qualitatif pour leur réussite, et, elles devront finir par
considérer le facteur humain comme une ressource à part entière, en mettant
en place un système d’organisation et de gestion de ces ressources qui a
considérablement évolué au cours de ces dernières décennies à travers
l’espace économique régional et mondial.

A cet effet, elles devront chercher à mieux cerner les motivations des
hommes (ressources) et à mettre en place les conditions de travail et le
leadership visant la satisfaction des individus (personnel et clientèle) et
l’élévation du rendement. Avec l’accélération technologique que vit le
monde ces dernières années, toute organisation ne peut acquérir un niveau
de compétitivité élevé qu’en investissant judicieusement dans le créneau le
plus rentable : le personnel.

Cette dernière est devenue un facteur stratégique pour l’entreprise.


Nous retiendrons que l’organisation et la gestion du personnel dans les
Petites et Moyennes Entreprises (PME) visent la promotion d’une nouvelle
manière de produire, celle de la performance et de la qualité, car
53
confrontées à la concurrence des nouvelles technologies qui menacent le
remplacement total du personnel humain à celui des machines ; d’où la
Robotique. Dans le temps et dans l’espace, cette recherche s’effectue en
ville de Goma, Province du Nord-Kivu et va de Septembre 2021 à Février
2022.
2. Matériels et méthodes
2.1. Présentation du milieu d’étude
2.1.1. De la dénomination
La ville de Goma doit son nom au volcan éteint autour duquel elle s'est
installée, le mont Goma, qui lui-même doit son nom au mot swahili «
Ngoma qui signifie « tambour ». D'après la légende, Goma serait la
déformation du mot « Ngoma5. Ce mot aurait été donné référence au bruit
assimilable à celui du tambour qui résonne. Ce bruit dont il est question,
était le grand bruit similaire au son du tambour, provoqué par l'éruption
volcanique.

Par la suite, le premier village qui y était implanté fut surnommé «


NGOMA ». Les origines de Goma remontent de l'époque coloniale vers
1912. Cependant, en 1948, Goma sera identifié comme petit centre actif
capable d'abriter un service de Parquet de Grande Instance. Le 14 juillet
1962, après l'indépendance, notre pays a eu trop d'instabilité. Des
provincettes seront organisées et celle du Nord Kivu dont Goma sera le
chef-lieu avec comme premier Gouverneur Bénezet Muley Butinda et Dénis
Paluku Vice-Gouverneur suite à la contestation entre le territoire de Goma
et Rutshuru ; les organes délibérants et exécutifs fonctionneront d'abord à
Kirotshe puis à Sake
A la suite du découpage consécutif, consacré par l'ordonnance-loi n°
88-031 du 20 juillet 1988, le Nord Kivu sera promu au statut d'une entité
politico administrative décentralisée. Le premier Gouverneur de cette entité
sera Konde Vila Kikanda assisté de Basembe Emina comme vice-

5
Wikipédia.org, la ville de Goma, page consultée le 20/03/2022.
54
Gouverneur. A partir de cette époque naquit la notion de la mairie. Une
série des maires et maires adjoints s’est succédé ici en Ville de Goma.
Actuellement, pour des raisons sécuritaires avec l’avènement de l’Etat de
siège décrété en 2021 par Son Excellence Monsieur Antoine-Felix
Tshisekedi Tshilombo ; l’actuel maire de la Ville est le Commissaire
supérieur de la Police Nationale Congolaise François Kabeya Makosa qui a
relevé momentanément le maire civil ; monsieur Timothée Mwisa Kyense6.

2.1.2. Situation géographique et physique


a. Situation géographique

La ville de Goma est physiquement située dans la vallée de rift


occidental, des fossés d'effondrement, généralement occupés par des lacs
(Tanganyika, Kivu, Edouard, Albert) qui sont dominés par des pôles
granitiques Ruwenzori, 5119m) et de formulations volcaniques (chaîne de
Virunga) dont deux volcans actifs se trouvent au Nord : le Nyiragongo et le
Nyamulagira. Elle est ainsi construite sur une zone volcanique, au carrefour
d'échange, mais très exposée aux risques volcaniques.
Géographiquement située au Sud de l'Equateur à 1° 41′36″ Latitude Sud et
29° ′31″ longitude Est, elle côtoie Gisenyi, à l'est, petite ville rwandaise. Les
limites géographiques de la ville de Goma sont celles reconnues lors de
l'accession du Pays à la souveraineté nationale en 1960. Avec une superficie
de 66,842 Km²,
Elle est limitée :
- Au Nord par le Territoire de Nyiragongo ;
- Au Sud par le lac Kivu ;
- A l'Est par le République Rwandaise ;

6
Rapport annuel Mairie de Goma, 2021
55
- A l'Ouest par le Territoire de Masisi.

Figure 1. Carte de la Ville de Goma (avec simulation aux aléas


volcaniques).7
La ville est divisée en deux communes dont :
- La commune de Karisimbi avec 11 quartiers qui sont : Mabanga Sud,
Mabanga Nord, Kasika, Murara, Katoyi, Kahembe, Majengo,
Bujovu, Virunga, Ndosho et Mugunga.
- La commune de Goma avec 7 quartiers dont : Kyeshero, Himbi,
Mikeno, les Volcans, Katindo, Lac Vert et Mapendo.

7
Rapport, Observatoire Volcanologique de Goma ; OVG , 2020).

56
3. Les deux communes sont séparées par la route Goma Sake à partir de la
petite barrière Rwando-Congolaise.

b. Climat, saison, végétation, hydrographie, sol et relief


La ville de Goma connait un climat tropical tempéré par l’altitude. Le
total pluviométrique annuel moyen est de 1207mm réparti sur 9 mois avec
une moyenne annuelle de températures qui oscille autour de 19,60C. Les
saisons climatiques se subdivisent en deux grandes saisons à savoir une
saison de pluie qui commence vers la fin du mois d'Août et s'étend jusqu'à la
première quinzaine du mois de Mai et une saison sèche qui va de Juin à Août
et une courte saison sèche de 15jours en Février. L'hydrographie comprend
seulement « le lac Kivu, le lac vert et le lac noir. »8 Le sol est constitué des
roches volcaniques.

2.2. La méthode et techniques


L’enquête menée sur le terrain est aussi valable pour toute recherche
scientifique, du moment qu’elle constitue une source de données et
d’information sur la réalité sociale et représente une pierre de touche pour la
vérification du cadre théorique. Chaque question posée durant la recherche
demande des étapes méthodologiques adéquates avec la nature de l’objet de
recherche. « Il n’existe pas une seule méthode scientifique à suivre pour
découvrir la réalité, car les fonctions et les caractéristiques de chacune d’elles
utilisée par le chercheur » 1
On a procédé durant notre enquête à l’utilisation de la méthode
quantitative qui est « celle qui permette de recueillir sur un ensemble
d’éléments, des informations comparables d’un élément à l’autre ». Elle est
déterminée par la nature, la question de départ et les objectifs de la
recherche. Cette méthode nous a soumis à l’analyse des données collectées
du terrain, et nous a également permis de décrire leur aspect réel. De ce fait,
nous avons utilisé la technique du questionnaire.

8
Déo Kujirakwinja, La Problématique du lotissement dans la Ville de Goma ; Cas des
quartiers Kyeshero et Katoyi ISDR GL, Licence 2002 Inédit.
57
Ce dernier, nous a permis ; après collecte, compilation, traitement et
analyse des données recueillies sur terrain ; une interprétation statistique de
celles-ci d’une part et la vérification de l’hypothèse préalablement établie de
l’autre. Donc, « le questionnaire est le point d’arrivée d’une réflexion
théorique, mais il est également le point de départ de l’observation
empirique qui suit ». Le questionnaire a pour finalité «de recueillir
l’information auprès d’une population déterminée, de toucher toutes les
variables introduites au niveau des hypothèses et d’établir directement le
relations entre les variables ».
Pour obtenir des informations à travers cette technique ; le
questionnaire en l’occurrence, nous l’avons testé avant sa distribution afin de
vérifier la formulation des questions et d’éviter les non réponses. Après avoir
porté les modifications nécessaires proposées à notre questionnaire, nous
avons préféré le mode passation face à face pour éviter le mal interprétation
des questions posées dans ce dernier.

Pour collecter le maximum d’information répondant aux normes de


notre préoccupation concernant l’organisation et la gestion du personnel ;
actuellement appelé Ressources humaines au sein de l’entreprise Atelier la
convergence et l’établissement VADEPOR, nous avons opté pour un
nombre de 64 agents en tout dans les deux entreprises, pour cela nous avons
choisi un échantillon aléatoire simple de 50 personnes.

3. Résultats
L’exploitation et l’analyse des résultats a nécessité le recours à l’outil
informatique notamment le tableur (Excel) et le logiciel de traitement de
données SPHINX. On a procédé à une analyse descriptive des résultats.

58
Tableau 1 : La répartition des agents par genre
Genre M/F (Sexe) Fréquences Pourcentage

Masculin 40 80%

Féminin 10 20%

Total 50 100%

Source : enquête
D’après les résultats de notre échantillon nous pouvons constater
que 80% des enquêtés dans cette recherche sont de sexe masculin, contre
20% qui sont de sexe féminin. Le pourcentage suivants nous affirme que
l’effectif de sexe masculin est supérieur à celui de sexe féminin, cela
s’explique d’une part par la nature de l’échantillon qui est aléatoire simple,
c'est-à-dire l’accès aux enquêtés était aléatoirement simple et d’autre part
s’explique par le fait que la catégorie d’agents employés par ces deux
entreprises est majoritairement de sexe masculin. Ceci s’explique en plus par
le type d’activités menées par ces entreprises ; et qui sont réservées surtout
aux hommes suivant la mentalité ; si pas la culture locale de la région d’étude
(Goma et ses environs).

59
Tableau 2 : La répartition des employés par tranches d’âge

Age Fréquence Pourcentage

25-35 ans 30 60%

36-45 ans 13 26%

46-55 ans 5 10%

Plus de 55 ans 2 4%

Total 50 100%

Source : enquête
Les données statistiques du tableau indiquent que la tranche d’âge la
plus présentée est celle de « 25-35 ans » avec un taux de 60% ; suivie par
celle de « 36-45 ans » avec un taux de 26%, 10% des interrogés ont un âge
appartenant à la tranche « 46-55 ans ». Et 4% des agents interrogés ont plus
de 55 ans. Dans notre enquête on a essayé de toucher à toutes les tranches
d’âge choisi dans notre échantillon ; Cependant cette représentativité élevée
de deux catégories 25- 35 et 36-45 est due au type d’activités de ces deux
entreprises Atelier LA CONVERGEANCE et Ets VADEPOR qui exigent
des travailleurs une force physique considérable, mais aussi suite à l’afflux
de la jeunesse constituée essentiellement de sans emploi (chômeurs).

60
Tableau 3 : La répartition des cadres par niveau d’instruction et leur
affectation
Niveau d'instruction Fréquences Pourcentages

Universitaire 10 20%

Secondaire 15 30%

Moyen 25 50%

Total 50 100%

Source : enquête
Ce tableau montre la répartition de l’échantillon des cadres selon leurs
niveaux d’études, nous commençons par les moyens (primaires, formation
de métiers, formation professionnelle) avec à eux seuls un pourcentage
remarquable de 50%, suivi de 30% pour le secondaire et enfin celle des
universitaires avec 20% des agents. La représentativité élevée de pourcentage
des moyens s’explique par le fait que la grande partie des employés de ces
deux entreprises ils sont n’ont pas beaucoup ou presque pas étudié et qu’ils
sont en majorité des exécutants de par la nature d’entreprise enquêtées et du
type d’activités menées par ces dernières.

Ces moyens, comprennent ceux-là qui ont fait la formation de métiers


et celle professionnelle telle que la soudure, l’ajustage, la maçonnerie, etc. ;
mais aussi ceux du secondaire qui ont arrêté sans finir le cursus. Ils sont
suivis par ceux du secondaire ; c’est-à-dire ceux-là qui ont quand même fini
le cursus et n’ont pas pu continuer jusqu’à l’université et enfin les
universitaires qui sont trop moins nombreux ; cela suite à la nature

61
d’activités organisés ici et que les quelques cadres s’y trouvant sont des
responsables hiérarchiques à différents échelons.
Tableau 4 : Répartition d’agents par entreprise et le nombre
d’enquêtés par entreprise
N° Entreprise Pourcentage Echantillon Pourcentage
Effectif
01 Atelier LA 53 60, 9% 30 56,6% de 53
CONVERGEANCE
02 Établissement 34 39,1% 20 58,8% de 34
VADEPOR
Total 87 100%

Il ressort de ce tableau que pour la totalité des employés de deux


entreprises qui ont fait l’objet de notre recherche ; soit 87 agents (100%),
60,9% de cibles sont de l’entreprise Atelier LA CONVERGEANCE et
39,1% sont de l’entreprise VADEPOR. Signalons également que de ces 53
agents dans la première entreprise, un échantillon de 30 agents a été
considéré ; soit 56,6% et pour la deuxième entreprise, sur les 34 qu’elle
possède, un échantillon de 20 a été ciblé ; soit 58,8%.
Tableau 5 : Le canal (ou voie) de recrutement
Canaux (voie) Fréquences Pourcentages

Appel d’offre 0 0%

Contact physique 35 70%

Recommandation 15 30%

Aucune 0 0%

Total 50 100%

Source : Enquête

62
En visualisant ce tableau, il se dégage de 50 personnes enquêtées,
70% ont affirmé que le recrutement au sein de leur entreprise, n’est pas
vraiment formel du point de vue administratif en ce sens qu’il se passe par
simple contact physique avec les responsables de l’entreprise, 30% de
recrutement se passe par suite aux diverses recommandations que les
patrons reçoivent de leurs connaissances et autres personnes du milieu du
travail. Nous tombons au constat selon lequel, la voie de l’appel d’offre et
aucune (pour vouloir dire aucune voie ou aucun canal de recrutement) ne
sont pas d’usage dans ces entreprises, car ayant récolté 0% pour chacune
de voie ici envisagée.
Tableau 6 : Les critères à remplir pour être recruté dans l’entreprise

Critères Fréquences Pourcentage

Diplôme universitaire 0 0%

Diplôme d’Etat 3 6%

Brevet de formation professionnelle 12 24%

Test pratique 15 30%


Aucun 0 0%
Brevet & Test pratique 20 40%
Total 50 100%

Source : enquête
Ce tableau nous renseigne que les critères de recrutement au sein de ces
deux entreprises sont tels que ; 40% témoignent que les recrutés sont exigés
de présenter leur brevet de formation professionnelle selon le besoin de
l’entreprise et passer au même moment le test pratique ; tandis que 30%
montrent que seul le test pratique suffit pour être pris et que 24% besoin de
présenter seulement le brevet de formation professionnelle du domaine des
activités de l’entreprise qui recrute et selon son besoin.
63
Tableau 7 : Le type d’agents se trouvant au sein de l’entreprise

Type d’agents Fréquences Pourcentages

Permanent 33 66%

Journalier 13 26%

Occasionnel 4 8%

Total 50 100%

- 66% des agents sont permanents ;


- 26% sont des journaliers ;
- 8% sont d’agents occasionnels.
De ces chiffres sus évoqués et selon le témoignage recueilli sur terrain, il
est renseigné que les permanents viennent en première position par le
fait que ceux-ci maitrisent déjà le système de travail ; ainsi que la
politique de la maison. Pour les journaliers comptabilisés parmi les
agents, ceux-ci viennent en deuxième position, par ce que, quand il une
forte demande de la clientèle, l’entreprise recourt aux mêmes gens déjà
ciblés et habitués à la maison pour travailler et produire le produit
demandé par le client pour la livraison dans le délai convenu. Enfin, les
occasionnels sont pris pour des travaux ponctuels et non permanent ni
fréquemment réalisés dans l’entreprise tels que le déchargement des
matériels de production, le chargement des produits à livrer à sa
clientèle, etc.

64
Tableau 8 : La manière dont l’entreprise est gérée et organisée

Manière de gérer et d’organiser Fréquences Pourcentages

Par le seul Chef de l’entreprise 5 10%

De manière collégiale par les chefs


d’entreprise 20 40%

De manière hiérarchisée 25 50%

De manière anarchique 0 0%

Total 50 100%

Source : enquête
De ce tableau, il est du constat que les entreprises sont majoritairement
gérées de manière hiérarchisée avec 50% ; ici ça veut dire que la gestion va
du sommet à la base (Gestionnaire d’entreprise selon le poste et par
hiérarchie et/ou par préséance) ; elle est suivie d’une gestion collégiale avec
40%. Par constat du terrain, ces deux niveaux se rapprochent par le fait que
les enquêtés, semblent émettre un peu de confusion entre une gestion
hiérarchisée et d’une gestion collégiale.
Seuls 10% prétendent que la gestion au sein de leurs entreprises est
assurée par seul le chef numéro un de celle-ci. En ce qui concerne
l’organisation, il sied de préciser que les pourcentages liés à la gestion tels
que détaillés ci-dessus vont de pair. Cela veut dire que, les entreprises sont
gérées de manière hiérarchisée et collégiale et organisée de sorte que les
chefs sont ceux-là qui planifient le travail du sommet à la base et chute aux
exécutants en dernier ressort.

65
Tableau 9 : L’impact de l’organisation et de la gestion des ressources
humaines sur le rendement de l’entreprise
Impact de gérer et organiser les Fréquences Pourcentages
RH
Rehausse de la productivité de 20 40%
l’entreprise
Moins de conflit de compétence et de 10 20%
fonction
Moins de stress chez les exécutants 6 12
Sécurité des autorités d’entreprise 4 8
Moins d’accident des agents 10 20
Total 50 100%
De ce tableau, il ressort qu’une organisation et une gestion des RH
dans une entreprise ont un impact remarquable sur le fonctionnement
général de celle-ci ; ainsi que sur sa productivité. Ainsi, à 40%, ces deux
facteurs contribuent à rehausser la productivité de l’entreprise, à 20%, ils
contribuent respectivement à amoindrir les conflits de compétence entre
agents et moins d’accidents de service, car chacun a ses attributions en terme
poste et de tache à exécuter. Enfin, à 12 et 8%, ils contribuent à moins des
stress des agents et à la sécurité des autorités d’entreprise. Ceci au finish
conduit à l’émergence et au progrès de l’entreprise tel que décrit dans le
tableau sous examen ; d’où sa pérennisation.
Tableau 10 : La contribution de l’entreprise sur le développement de
son milieu d’implantation (Ville de Goma).
Apport sur le développement du milieu Fréquences ¨Pourcentages
Développent de la Ville et de la Province par 30 60%
les taxes
Baisse du chômage 18 36%
Chaleur économique en Ville 10 20%
Aide aux vulnérables 2 4%
Total 50 100%

Source : Enquête
De ce tableau, il ressort que les entreprises contribuent au
développement de leur milieu d’implantation en raison des pourcentages ci-
haut mentionnés.
66
Tableau 11 : Les bénéficiaires directs et indirects des actions de
l’entreprise.
Bénéficiaires Fréquences Pourcentages
Directs : Propriétaires et copropriétaires
d’entreprise - Agents,

35 70%
Indirects : l’Etat - Vendeurs de matières
premières - Population à différents niveaux et de
différentes catégories).

15 30%

Total 50 100%

Source : enquête

4. Discussion
Après le choix des hypothèses et l’analyse sociologique et scientifiques
des résultats des tableaux, nous sommes arrivés à déduire que l’organisation
et la gestion du personnel ou ressources humaines dans une entreprise
contribuent remarquablement au développement de l’entreprise elle-même ;
mais aussi à celle de son milieu d’implantation. Voire contribue à rehausser
le budget de l’Etat à travers ses impôts et taxes. Tel est donc le cas des
entreprises PME Atelier LA CONVERGEANCE et l’établissement
VADEPOR en Ville de Goma et es environs. Les premières hypothèses
émises dans la partie théorique de ce travail, ont été vérifiées et confirmées,
car elles ont été confrontées aux travaux de terrain par les enquêtes réalisées,
la documentation ; ainsi que les traitements et analyses des données.

67
5. Conclusion
Au terme de notre recherche, il se dégage que l’organisation et la
gestion des ressources humaines au sein d’une entreprise contribuent au
progrès de celle-ci, au bien-être du personnel. En plus de cela, ces deux
aspects permettent à l’entreprise de contribuer au développement de son
milieu d’implantation. Ainsi, nous encourageons d’autres chercheurs de
continuer sur cette même lancée et explorer d’autres aspects non abordés ici.

Bibliographie
1. Wikipédia.org, la ville de Goma, page consultée le 20/03/2022.
2. Rapport annuel Mairie de Goma, 2021
3. Rapport, Observatoire Volcanologique de Goma ; OVG, 2020).
4. Déo Kujirakwinja, La Problématique du lotissement dans la Ville de
Goma ; Cas des quartiers Kyeshero et Katoyi ISDR GL, Licence
2002 Inédit.
5. Rapport Mairie de Goma, 2020.
6. Patient Ndoole Mambo ; RDC-ENERGIE : Nord-Kivu : la vente de
carburant dopée par la demande, ( info sud/ syfia) page publiée le 09
Janvier 2008 sur http : //ipsnouvelles.be/news.php?idnews=9599,
consultée le 20/02/2022).
7. Abel Minani, Kasay Katsuva, Patient Shamavu, De l’implantation
des stations pétrolières dans la Ville de Goma ; Appréciation
communautaire et prévention des risques, ISBN : 978-620-28851-4,
Copyright 2018, Editions Universitaires Européennes ; EUE.
8. Ambert H., Management des ressources humaines, 3e éd erylles, paris,
1999, p 77
9. Mezghiche S., Debbou B., Mettnni. La politique commerciale d’une
entreprise dans un marché commercial. Mémoire de fin de licence, faculté
de droit et des sciences économiques, Université de Bejaia, 2002-
2003, p.5
10. https : //fr.wikipedia.org consulté le 26 mars 2022.
11. James March et Simon, Organizations, 2nd edition Wiley-Blackwell,
1993.

68
12. Nicole COTE, Henry ABRAVANEL, Jocelyn JACQUES et Laurent
BELANGER, Individu, Groupe et Organisation, Gaëtan morin
éditeur, 1986.
13. Nicole COTE, Henry ABRAVANEL, Jocelyn JACQUES et Laurent
BELANGER, Individu, Groupe et Organisation, Gaëtan morin
éditeur, 1986.
14. Alain Degenne, Types d’interactions, formes de confiance et relations,
sur revista-redes.rediris.es, 2009 (consulté le 27 février 2022)
15. www.Journaldunet.fr ; Consulté le 25 mars 2022.
16. Frederick Winslow TAYLOR (1856-1915) : Ingénieur américain qui
a mis en application l’organisation scientifique au travail, une des
bases de la révolution industrielle de la fin du 19e siècle.

69
Connaissance, attitude et pratique de la population du Nord-Kivu face
à la troisième vague de la pandémie à Covid-19. Cas des deux Aires de
Santé Rusayo en Zone de santé de Nyiragongo et Katoyi en Zone de
santé de Karisimbi.
Par

Decharte Lwinga Lwamenyire9


Email:[email protected]
Résumé
Tenant compte du contexte d’exécution de cette étude, ci-dessous les quelques résultats
phares. Constatés :
- Une faible connaissance des gestes barrières par la
communauté. Cela s’explique par la négligence et
l’ignorance, un faible taux d’accès aux moyens de
communication (radio, TV etc..), un faible niveau
d’acceptation/appropriation de la question de la Covid-
19. Un faible niveau d’instruction dans l’Aire de santé de
Rusayo en zone de santé de Nyiragongo.
- Un faible niveau d’application des mesures barrières en dépit de
l’annonce de la troisième vague en RDC, la communauté semble ne pas
faire de transition malgré les communications des autorités. Ceci
s’explique par des conditions socio-économiques précaires (faible revenu),
l’accès à l’eau en permanence surtout dans le Nyiragongo et ceci
s’accentue après l’éruption volcanique qui a perturbée le cycle
d’approvisionnement de la ville de Goma en eau, les infrastructures
scolaires qui ne favorisent pas la distanciation dans les écoles surtout avec
la politique de la gratuité de l’enseignement dans les écoles publiques, la
difficulté de respiration réduit le taux de port de masque, les normes
culturelles en matière de salutation sont autant des facteurs qui
défavorisent le respect des gestes barrières.
- Les acteurs intervenant dans le secteur de sensibilisation dans la zone

9
Assistant à l’Institut Supérieur Pédagogique et Technique de Goma (ISPT-Goma)

70
d’étude on peut citer l’UNICEF, première Urgence, Mercy Coprs, Save
the Children, l’Église catholique, l’église Anglicane, 8ème CEPAC, etc..
- Une mauvaise perception de la communauté face à la vaccination malgré
la puissance de la troisième vague. Cela s’explique par une déformation
de l’information sur les réseaux sociaux du mode de fonctionnement du
vaccin, de l’expérience des pays ayant expérimentés la vaccination. Les
avis restent très partagés à ce point où certains pensent que la vaccination
est une mesure salutaire pour la population et cela s’explique par une
confiance envers le gouvernement et les services de la santé. Pour d’’autres
une bonne application des gestes barrières et une prise en charge adéquate
suffirait pour lutter contre la Covid-19 et éviter une nouvelle vague.
- L’acceptation de la question de la Covid-19 reste négligée par la
communauté qui passe par l’amoindrissement en la comparant aux
autres maladies de la zone comme la malaria et estime être capable de se
soigner avec les pratiques traditionnelles ce qui accentue l’automédication
aux conséquences néfastes sur le plan sanitaire.
Mots- clés : Padémie, Covid-19, Connaissance, Attitude, Pratique.
Abstract

Poor knowledge of barrier gestures by the community. This is explained by deficiency and
ignorance, a low rate of access to the means of communication (radio, TV etc.), a low level of
acceptance/appropriation of the Covid-19 issue. A low level of education in Rusayo health
area, health zone of Nyiragongo.
A low level of application of barrier measures despite the announcement of the third wave in the
DRC, the community does not seem to be making a transition despite communications from
the authorities. This is explained by precarious socio-economic conditions (low income),
permanent access to water especially in Nyiragongo and this is accentuated after the volcanic
eruption which disrupted the supply cycle of the city of Goma in water, school infrastructure
that does not require distancing in schools, especially with the free policy of education in public
schools, the difficulty of breathing reduces the rate of wearing a mask, cultural norms in terms
of greetings are all factors that make it difficult to respect barrier gestures.
Actors involved in the awareness sector in the study area include UNICEF, First Emergency,
Mercy Coprs, Save the Children, the Catholic Church, the Anglican Church, 8th CEPAC,
etc.

71
A poor community perception of vaccination despite the power of the third wave. This is
explained by a deformation on the information on the sociomedias networks of the mode of
operation of the vaccine, of the experience of the countries having experimented with vaccination.
Opinions remain very divided at this point where some believe that vaccination is a beneficial
measure for the population and this is explained by confidence in the government and the health
services. For others, a good application of barrier gestures and adequate care would be enough to
fight against Covid-19 and avoid a new wave.
Acceptance of the issue of Covid-19 remains neglected by the community, which goes through
the reduction by comparing it to other diseases in the area such as malaria and believes that it
is able to treat itself with traditional practices, which accentuates the self-medication with
harmful health consequences.

I. Introduction
Depuis le mois de Mars 2020, la République Démocratique du Congo
fait face à la virulence de la Covid-19 dont la troisième vague s’annonce
depuis le début du mois de Juin 2021. Selon les statistiques du 21 Juin 2021,
depuis le début de l’épidémie déclarée le 10 mars 2020, le cumul des cas est
de 38.330, dont 38.329 cas confirmés et 1 cas probable. Au total, il y a eu
888 décès et 27.969 personnes guéries. La RDC fait face à une troisième
vague plus virulente que les deux précédentes au regard de la spécificité de la
souche.10
La sortie médiatique du président de la République sur les mesures à
observer par la communauté au strict respect des mesures barrières nécessite
une étude approfondie sur la portée des grands aspects de gestion de cette
pandémie qui est à sa deuxième année. La province du Nord-Kivu reste
l’une des plus touchées de la RDC, les Zone de santé de Nyiragongo et
Karisimbi ne sont pas du reste épargnées de cette situation.
Face à la troisième vague de la Covid-19, nous nous sommes proposé
de mener une étude sur la connaissance, attitude et pratique des populations

10
https://www.afro.who.int/fr/news/face-une-troisieme-vague-de-lepidemie-de-covid-
19-en-rdc-loms-appuie-les-hopitaux-de-
kinshasa?country=975&name=Democratic%20Republic%20of%20Congo.

72
des Aires de Santés Rusayo dans Nyiragongo, et Katoyi dans Karisimbi dans
la lutte contre la Covid-19. Cette étude permet de :
(a) apprécier le niveau de connaissance, attitude et pratique dans la lutte
contre la COVID-19 (ventilation par tranche d'âge, sexe, source
d'information, par catégorie socio-professionnelle et par aire de santé);
(b) identifier les éventuels obstacles sociaux, économiques, culturels et
religieux à l’application des mesures barrières dans la prévention de la
COVID-19
(c) Formuler des recommandations pour une appropriation des mesures
édictées par les autorités ainsi que prévenir une quatrième vague

2. Méthodologie
Cette étude est descriptive transversale et s’appuie sur une approche qualitative
par l’organisation de 14 groupes de discussion de 10 personnes chacun (Focus
groups) en raison de 7 par aire de santé et 16 interviews ciblées auprès des
informateurs clés complété par les données d’observation libres des enquêteurs.

2.1. Définition des concepts clés


2.1.1. Pandémie : C’est une épidémie qui affecte une partie significative des
populations sur une région importante du globe, plusieurs pays voire
plusieurs continents. C’est une maladie affectant l’ensemble de la population
mondiale. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), on parle
de pandémie en cas de propagation mondiale d'une nouvelle maladie11
2.1.2. Covid-19 : La COVID-19 est la maladie causée par un nouveau
coronavirus, le SARS-CoV-2. L’OMS a appris l’existence de ce nouveau
virus le 31 décembre 2019 lorsqu’un foyer épidémique de cas de
« pneumonie virale » a été notifié à Wuhan, en République populaire de
Chine. 12

11
Article "Qu'est-ce qu'une pandémie ?", 2010, Site de l'OMS
12
https/cdn.who.int/media/images/default-source/health-
topic/coronavirus/social-media-squares/social-3-fr.jpj?sfvrn=767726e7_2
73
2.3. Symptômes de la Covid-19
2.3.1. Les symptômes les plus courants sont les suivants :
Fièvre, Toux sèche, Fatigue

2.3.2. D’autres symptômes moins courants peuvent toucher certains


patients :
Perte du goût et de l’odorat, Congestion nasale, Conjonctivite (yeux
rouges), mal de gorge, maux de tête, douleurs musculaires ou articulaires,
Différents types d’éruption cutanée, nausées ou vomissements, diarrhée,
Frissons ou vertiges.
2.3.3. Les symptômes de la forme grave de COVID-19 sont les
suivants : essoufflement, perte d’appétit, état confusionnel, douleurs ou
sensation d’oppression persistante dans la poitrine, Température élevée
(supérieure à 38° C).

2.3.4. D’autres symptômes sont moins courants


Irritabilité, État confusionnel, Altération de la conscience (parfois
associée à des crises), Troubles anxieux, Dépression, Troubles du sommeil,
Complications neurologiques plus graves et plus rares : accidents vasculaires
cérébraux, inflammations du cerveau, délire et lésions nerveuses. Toute
personne, quel que soit son âge, qui présente de la fièvre et/ou une toux
associée à des difficultés à respirer ou à un essoufflement, des douleurs ou
une sensation d’oppression dans la poitrine, ou une perte d’élocution ou de
mouvement, doit immédiatement consulter un médecin. Si possible,
appelez d’abord votre prestataire de soins de santé, votre ligne
d’assistance téléphonique ou votre établissement de santé, afin d’être
dirigé vers la structure adéquate.
2.4. Evolution et complications de la Covid-19
Parmi les malades qui développent des symptômes, la plupart (environ
80 %) guérissent sans qu’il soit nécessaire de les hospitaliser. Environ 15 %
des patients tombent gravement malades et nécessitent une oxygénothérapie,

74
et 5 % des infections sont critiques et exigent des soins intensifs. Les
complications entraînant la mort sont notamment l’insuffisance respiratoire,
le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), la septicémie et le choc
septique, la thromboembolie et/ou une défaillance multiviscérale,
provoquant des lésions au cœur, au foie ou aux reins. Dans de rares cas, les
enfants peuvent développer un syndrome inflammatoire grave quelques
semaines après l’infection.
2.5. Personnes à risque de développer une forme grave de la maladie
Les personnes âgées de 60 ans et plus, ainsi que celles qui souffrent
d’autres problèmes de santé (hypertension, problèmes cardiaques ou
pulmonaires, diabète, obésité ou cancer) courent un risque plus élevé de
développer une forme grave de la maladie (Centre d’études stratégiques de
l’Afrique Cartographie des facteurs de risque de propagation du Covid-19 en
Afrique. 2020). Cependant, n’importe qui peut contracter la COVID-19 et
tomber gravement malade ou mourir à tout âge (Ndèye M et al,2020).
2.6. Effets à long terme
Certaines personnes ayant contracté la COVID-19, que leur état ait
nécessité une hospitalisation ou non, continuent de ressentir des
symptômes, notamment de la fatigue et des symptômes respiratoires
ou neurologiques. L’OMS collabore avec son réseau technique
mondial pour la prise en charge clinique de la COVID-19, ainsi qu’avec des
chercheurs et des groupes de patients du monde entier afin de concevoir et
de mener à bien des études sur des patients au-delà de la phase aiguë de la
maladie ; l’objectif est de connaître la proportion de patients qui subissent
des effets à long terme, la durée pendant laquelle ces symptômes persistent
et les raisons qui expliquent cette persistance. Ces études seront utilisées
pour élaborer de nouvelles orientations sur les soins aux patients (OMS,
2021).

75
II.7. Précautions pour se protéger et protéger les autres
Respectez la distanciation physique, portez un masque (en particulier
lorsqu’il n’est pas possible de respecter la distanciation), veillez à la bonne
ventilation des pièces, évitez les foules et les contacts étroits, lavez-vous
régulièrement les mains et toussez dans votre coude ou dans un mouchoir.
Suivez les recommandations locales en vigueur là où vous vivez et travaillez
(Rapport des Centres africains pour le contrôle et la prévention des
maladies, 2021).
2.8. Quand faire le test de dépistage
Quiconque présente des symptômes doit se faire tester, dans la mesure
du possible. Les personnes qui ne présentent pas de symptômes, mais qui
ont été en contact étroit avec une personne infectée ou susceptible de l’être,
peuvent également envisager de se faire tester – consultez et suivez les
directives sanitaires locales.
Pendant qu'une personne attend les résultats d'un test, elle doit rester
isolée des autres. Lorsque les capacités de test sont limitées, il faut tester en
priorité les personnes les plus exposées au risque d’infection, comme les
agents de santé, et les personnes les plus susceptibles de développer une
forme grave de la maladie, comme les personnes âgées, en particulier celles
qui vivent dans des résidences pour personnes âgées ou des établissements
de soins de longue durée (Aminatou Seydou, 2021).
2.9. Sortes de tests
Dans la plupart des cas, un test moléculaire est utilisé pour dépister le
SARS-CoV-2 et confirmer l'infection. Le test moléculaire le plus
couramment utilisé est le test d’amplification en chaîne par polymérase
(PCR). On effectue un prélèvement dans le nez et/ou la gorge à l’aide d’un
écouvillon. Le test moléculaire détecte la présence du virus dans le
prélèvement en amplifiant le matériel génétique viral jusqu’à des niveaux
détectables. C’est pourquoi un test moléculaire est utilisé pour confirmer une
infection active, généralement quelques jours après l’exposition et à peu près
au moment où les symptômes peuvent apparaître.

76
Tests rapides
Les tests antigéniques de diagnostic rapide (également appelés tests de
diagnostic rapide ou TDR) détectent les protéines virales (connues sous le
nom d’antigènes). Des échantillons sont prélevés dans le nez et/ou la gorge
à l’aide d’un écouvillon. Ces tests sont meilleur marché que les tests PCR et
donnent le résultat plus rapidement, mais ils sont généralement moins
fiables. Ces tests sont plus efficaces lorsque le virus circule beaucoup dans
une communauté et lorsque l’échantillon est prélevé au moment où la
personne est la plus contagieuse.

Tests de recherché d’anticorps


Les tests de recherche d’anticorps peuvent indiquer si une personne a
déjà été infectée par le passé, même si elle n’a pas eu de symptômes.
Également appelés tests sérologiques et généralement effectués sur un
échantillon de sang, ces tests détectent les anticorps produits en réaction à
une infection.
Chez la plupart des gens, les anticorps commencent à apparaître après
quelques jours ou quelques semaines et peuvent indiquer si une personne a
déjà été infectée. Ces tests ne peuvent pas être utilisés pour diagnostiquer la
COVID-19 aux premiers stades de l’infection ou de la maladie, mais ils
peuvent permettre de savoir si une personne a déjà été malade (Aminatou
Seydou, 2021).

2.10. Différence entre Isolement, Quarantaine et Confinement


L’isolement et la quarantaine sont deux méthodes permettant de freiner
la propagation de la COVID-19. La quarantaine est imposée aux individus
ayant été en contact avec une personne infectée par le SARS-CoV-2, virus
responsable de la COVID-19, que celle-ci présente des symptômes ou non.
Pendant la quarantaine, vous ne rentrez en contact avec personne car vous
avez été exposé au virus et que vous avez pu être infecté. La quarantaine
peut s’effectuer dans un établissement désigné ou à domicile. Pour la
COVID-19, vous devez rester en quarantaine dans l’établissement désigné
ou à domicile pendant 14 jours.

77
L’isolement est imposé aux personnes qui présentent des symptômes
de la COVID-19 ou qui ont été testées positives. Lorsque vous êtes en
isolement, vous ne rentrez en contact avec personne et, dans l’idéal, vous
vous rendez dans un établissement médical dans lequel vous pouvez
recevoir des soins cliniques. Si vous ne pouvez pas vous isoler dans un
établissement médical et que vous n’appartenez pas à un groupe risquant de
développer une forme grave de la maladie, l’isolement peut avoir lieu à
domicile. Si vous présentez des symptômes, vous devez rester isolé pendant
au moins 10 jours, plus 3 jours supplémentaires après la disparition des
symptômes. Si vous êtes infecté et que vous ne développez pas de
symptômes, vous devez rester isolé pendant 10 jours à partir du test positif.
Le Confinement est one procédure de sécurité visant à protéger des
personnes dans des espaces clos afin d’éviter, un contact avec un nuage
nocif(de gaz ou radioactive), ou la propagation d’une maladie infectieuse
(www.parismatch.com).
2.11. Attitudes à prendre si on a été en contact one personne ayant
contracté la Covid-19
Si vous avez été en contact avec une personne ayant contracté la
COVID-19, vous pouvez être infecté, même si vous vous sentez bien.
Après avoir été en contact avec une personne ayant contracté la COVID-19,
veuillez suivre les conseils ci-après :
 Appelez votre prestataire de soins ou la ligne d’assistance
téléphonique pour la COVID-19 afin de savoir où et quand faire un
test.
 Respectez les procédures de recherche des contacts afin d’éviter que
le virus ne se propage.
 Si vous n’avez pas la possibilité de vous faire tester, restez chez vous
et tenez-vous à distance des autres personnes pendant 14 jours.
 Pendant cette quarantaine, ne vous rendez pas au travail, à l’école ou
dans des lieux publics. Demandez à quelqu’un de vous porter des
provisions.

78
 Tenez-vous à au moins un mètre de distance des autres, même des
membres de votre famille.
 Portez un masque médical pour protéger les autres, y compris
si/quand vous devez consulter un médecin.
 Lavez-vous les mains fréquemment.
 Restez dans une pièce séparée des autres membres de la famille, et si
ce n’est pas possible, portez un masque médical.
 Veillez à ce que la pièce soit bien ventilée.
 Si vous partagez une chambre, éloignez les lits d’au moins un mètre
l’un de l’autre.
 Surveillez l’apparition de tout symptôme pendant 14 jours.
 Gardez une attitude positive, en restant en contact avec vos proches
par téléphone ou par Internet, et en restant physiquement actif chez
soi.
Si vous avez de la fièvre et vivez dans une région où le paludisme ou
la dengue sévit, consultez un médecin. Pour vous rendre à
l’établissement de santé, ainsi que pendant les soins médicaux, portez un
masque, tenez-vous à au moins un mètre de distance des autres et évitez
de toucher des surfaces avec vos mains. Cette règle s’applique aux
adultes et aux enfants (Andrew M, Morris and Jack M, Mintz).

2.12. Période d’incubation


Le délai entre l’exposition à la COVID-19 et le moment où les
symptômes commencent à se manifester est, en moyenne, de 5-6 jours et
peut aller de 1 à 14 jours. C’est pourquoi il est conseillé aux personnes qui
ont été exposées au virus de rester chez elles, à l’écart des autres, pendant
14 jours, afin d’éviter la propagation du virus, en particulier lorsqu’il est
difficile de se faire tester (Centre d’études stratégiques de l’Afrique
Cartographie des facteurs de risque de propagation du Covid-19 en Afrique.
2020).

79
2.13. Vaccins contre la Covid-19
Il existe trois vaccins COVID-19 pour lesquels certaines autorités
nationales de réglementation ont homologué l’utilisation. Aucun d’entre eux
n’a encore reçu l’autorisation au titre de la procédure d’urgence (EUL)/de
pré qualification de l’OMS, les autorités de réglementation prévoient une
évaluation du vaccin Pfizer d’ici à la fin du mois décembre et pour certains
des autres candidats peu de temps après (OMS 2021).
De vastes études portant sur l’efficacité et sur l’innocuité de cinq
vaccins candidats, y compris les trois en question (les deux autres étant ceux
de Moderna et d’AstraZeneca), ont été rendues publiques par voie de
communiqué de presse, mais une seule entreprise (AstraZeneca) a publié des
résultats dans une revue à comité de lecture (Aminatou Seydou, 2021).
L’OMS attend voir d’autres rapports de ce genre dans un avenir proche. Il
est probable que d’autres candidats seront soumis à l’approbation des
autorités de réglementation. De nombreux vaccins candidats potentiels
contre la COVID-19 sont en développement.

Dès lors qu’un vaccin a donné la preuve de son innocuité et de son


efficacité, il doit être homologué par des autorités nationales de
réglementation, fabriqué selon des normes rigoureuses et distribué. L’OMS
collabore avec des partenaires du monde entier pour aider à coordonner les
grandes étapes de ce processus, notamment pour garantir un accès équitable
à des vaccins efficaces et sans danger contre la COVID-19 pour les milliards
de personnes qui en auront besoin (OMS 2021).

2.14. Traitement contre Covid-19


Les scientifiques du monde entier tentent de trouver et de mettre au
point des traitements contre la COVID-19. Les soins de soutien les plus
efficaces sont l’oxygénothérapie pour les patients dans un état grave et ceux
qui risquent de développer une forme grave de la maladie, ainsi qu’une
assistance respiratoire plus poussée, comme la ventilation pour les patients
dans un état critique.

80
La dexaméthasone est un corticostéroïde qui peut contribuer à réduire
la durée de placement sous respirateur et à sauver des patients dans un état
grave ou critique. Pour en savoir plus, lisez nos (WHO,2021). Les résultats
de l’essai clinique Solidarity, coordonné par l’Organisation mondiale de la
Santé, indiquent que les schémas thérapeutiques à base de remdesivir,
d’hydroxychloroquine, de lopinavir/ritonavir et d’interféron semblent avoir
peu ou pas d’effet sur la mortalité à 28 jours ou sur l’évolution de la maladie
chez les patients hospitalisés. Il n’a pas été démontré que
l’hydroxychloroquine offre un quelconque intérêt pour le traitement de la
COVID-19 (OMS 2021). L’OMS déconseille l’usage de tout médicament en
automédication, y compris les antibiotiques, pour prévenir ou guérir la
COVID-19. Elle coordonne des efforts pour mettre au point des traitements
contre la COVID-19 et continuera à communiquer de nouvelles
informations à mesure qu’elles seront disponibles.
Les antibiotiques n’agissent pas contre les virus, mais seulement contre
les infections bactériennes. La COVID-19 étant causée par un virus, les
antibiotiques sont inefficaces. Les antibiotiques ne doivent pas être utilisés
comme moyen de prévention ou de traitement de la COVID-19. À l’hôpital,
les médecins utilisent parfois des antibiotiques pour prévenir ou traiter une
co-infection bactérienne qui peut être une complication de la COVID-19
chez les patients dans un état grave. Les antibiotiques doivent être utilisés
uniquement selon les instructions d’un médecin pour traiter une infection
bactérienne (OMS 2021).
2.15. Impacts de la pandémie à Covid-19 sur le système éducatif
La pandémie de COVID-19 a créé la plus grande perturbation des
systèmes éducatifs de l'histoire de l'humanité, affectant près de 1,6 milliard
d'apprenants dans plus de 200 pays. Les fermetures d'écoles, d'institutions et
d'autres espaces d'apprentissage ont touché plus de 94 % de la population
étudiante mondiale (Walker P, Whittaker C, Watson O et al). Cela a apporté
des changements profonds dans tous les aspects de nos vies. Les politiques
de distanciation sociale et de restriction des déplacements ont

81
considérablement perturbé les pratiques éducatives traditionnelles. La
réouverture des écoles après l'assouplissement des restrictions est un autre
défi avec la mise en place de nombreuses nouvelles procédures
opérationnelles standard (Kuensel, 2020 , 6 mars).
3. Résultats
3.1 Appréciation du niveau de connaissance des gestes barrières

Il existe une faible


30% 29% 30% connaissance chez la femme
que l’homme. Trois femmes
36% sur Dix affichent une faible
59% 50%
connaissance des gestes
33% barrières. Ce qui exposent plus
12% 20%
la femme à la contamination
Féminin Masculin Ensemble que l’homme. Au regard de la
Faible Moyen Elevé
place de la femme dans le
circuit économique et sociale
dans la ville de Goma cela est une situation préoccupante pouvant faciliter la
propagation de la pandémie dans la communauté à une vitesse plus rapide.
Globalement, la connaissance reste moyenne avec 50%. Plusieurs facteurs
militent pour le niveau de connaissance de la communauté.
Cartographie des facteurs favorisants et facteurs défavorisant la
connaissance
D’une part nous avons les facteurs favorisant la connaissance et les
facteurs défavorisant d’autres parts. La cartographie des facteurs favorisant
ou défavorisant se présente comme suit :

Facteurs favorisants Facteurs défavorisant


 L’organisation des séances de  La négligence et ignorance de la
sensibilisation porte à porte dans les communauté,
avenues, par mégaphones, à la radio et  Le faible niveau d’instruction de la
TV, communauté,
 La portée de la pandémie au niveau  Faible accès de la communauté aux
moyens de communication modernes
82
mondiale fait d’elle une maladie plus (téléphone, radio et TV, etc…)
connue et les mesures de protection sont  La déformation des réalités de la
plus véhiculées; pandémie véhiculée sur les réseaux
sociaux,
 Faible conviction de la pandémie Covid-
19

La communauté estime qu’une faible connaissance des gestes barrières


serait à la base des plusieurs décès, d’une forte propagation de la pandémie
allant jusqu’à l’automédication, les structures de santé seront débordées, ce
qui rendra plus difficiles la prise en charge des patients de la Covid-19 ainsi
que ceux d’autres maladies fréquentes dans la communauté. Des mesures
contraignantes comme le confinement mais aussi de la baisse de l’activité
économique peuvent s’en suivre si cette pandémie n’est pas maitrisée.

Évaluation de l’efficacité des sensibilisations


La question de sensibilisation par mégaphone est source de divergence
dans la communauté. Si cette stratégie est jugée efficace pour certain pour
d’autres elle présente des limites ne permettant pas d’atteindre les effets
escomptés. D’une part cette stratégie pour de couvrir une grande étendue
par une sensibilisation en masse cependant elle ne permet pas un feedback
direct entre le sensibilisateur et la communauté voulant avoir plus d’éléments
sur le message de sensibilisation. Cette approche ne tient pas compte des
zones en différenciant les réalités dans les zones urbaines comme dans les
zones rurales car ne tenant pas compte de l’horaire de travail de chaque
zone.

‘’...Vivant dans une zone où la grande partie vit de l’agriculture exigeant de sortir
tôt le matin pour revenir le soir, cette stratégie est inappropriée’’ un homme,
Nyiragongo, Juin 2021
+

83
Stratégies d’amélioration du niveau de connaissance des gestes
barrières

En vue d’améliorer le niveau de connaissance de la communauté,


plusieurs stratégies s’avèrent indispensable :
 Intensifier la sensibilisation dans la communauté par des
communiqués dans les églises, des sensibilisations porte à porte, des
affiches, au travers les réseaux sociaux et organisation des
conférences débats pouvant permettre un échange plus harmonieux,
 Une capacitation des formateurs pour plus de conviction dans la
transmission du message partager dans la communauté et une
dotation en kit de visibilité et moyens appropriés pour la
communication ;
 Mettre en place un système de suivi des activités de sensibilisation
 Impliquer les cadres de base dans la sensibilisation des communautés
et une motivation au personnel impliqué dans la sensibilisation,
 Décourager la culture de déformation de la maladie sur les réseaux
sociaux,

III.2 Appréciation du niveau de pratique des gestes barrières

Une faible connaissance traduirait une faible mise en application des


gestes barrières dans la
6% 2% 4%
communauté.
21%
50% 39% Globalement près de
Trois personnes sur cinq
73% constatent une faible
48% 58%
pratique des gestes. Cette
situation est plus
Féminin Masculin Ensemble préoccupante en dépit
des mesures prises par le
Faible Moyen Elevé Gouvernement et les
84
acteurs intervenants dans la lutte contre la Covid-19 au niveau provincial.
Les gestes barrières qui posent plus de problèmes à la communauté
et obstacles qui contribuent à la faible/forte application des mesures
Bien que salutaires certains gestes posent plus de problèmes que d’autres
au regard des spécificités de chaque catégorie socio-professionnelle et des
zones. Les entretiens avec la communauté ont indiqué que le lavage des
mains au savon ou au gel hydroalcoolique, la distanciation physique, le port
correct de masque et la salutation en se serrant la main sont les gestes qui
posent plus de problèmes dans la pratique. Cela est due d’une part des
normes culturelles, sociales et culturelles telles qu’illustré comme suit :
Faute d’eau permanente, le lavage des mains est l’une des gestes le plus
difficiles à observer dans la zone de santé de Nyiragongo. Des conditions
de vie précaires ne permettent pas aux ménages de se procurer une
quantité suffisante d’eau.
Faute d’espace suffisant dans les salles de classe, la distanciation n’est pas
possible, cette situation est plus accentuée dans les écoles primaires avec
la politique de la gratuité de l’enseignement de base. Cela expose les élèves à
la contamination.
« Les conditions socioéconomiques de la population restent très faibles.
Avec la gratuite de l’enseignement de base prônée par le Chef de l'état
vous trouverez les élèves assis dans des mauvaises conditions surtout dans
les écoles publiques », un homme, Goma, juin 2021

Pour les personnes âgées et les enfants, mais aussi pour les enseignants et
pasteur le port de masque est l’une des questions difficiles à observer car
ne permettant pas une respiration plus aisée.
Par respect à la culture qui oblige certaines pratiques en matière de
salutation, d’organisation des obsèques et d’autres cérémonies comme le
mariage, certaines pratiques de salutation sont jugées inappropriées pour
la coutume locale.
85
‘’ …Avec nos coutumes Africaines on se sent à l'aise lors on partage
ensemble notre Mandale, on se salue en se Hoberana (se faire des accolades),
etc. Il est inapproprié jugé d’impolitesse de ne pas tendre la main d’une
grande personne.’’ une femme, Karisimbi, juin 2021

Par crainte des évènements apocalyptiques, certaines croyances


tendent expliquer la Covid-19 comme une marque de la bête
communément appelé « Munyama ou 666 » d’où ils veulent nier son
existence ce qui renvoie toutes mesures tendant à la protection
considérée comme stratégie du diable et estiment que seul Dieu va
délivrer son peuple. En plus de l’intoxication religieuse sur certaines
pratiques à observer, la manipulation politique est l’un des obstacles.

“…Les intercesseurs ne tiennent pas même des mesures barrières dans leurs
chambres de prière’’, une femme, Nyiragongo, juin 2021
‘’…Il y a bien sûr les églises qui prêchent aux fidèles que la covid-19 est une
affaire de Munyama (la bête)’’ une femme, Karisimbi, juin 2021
‘’Certaines religions disent que le cash-nez est un signe de 666 et le Cash-
nez avec la mention Kabila et Neema ya Mungu sont empoisonnés’’, un
homme, Nyiragongo, juin 2021

En milieu péri-urbain comme dans la zone de santé de Nyiragongo, le


respect des gestes barrières semblent être une question d’une catégorie des
personnes (lettrés, ceux qui vivent en ville), un effet de contamination (ceux
qui porte les masques ont tendance à imiter ceux qui ne portent) comme cela
est expliqué ci-dessous :

86
‘’...Les gestes barrières n'existent pas, le port de masque est pour les lettrés et
ceux qui entrent dans des réunions, il n'y a pas d'eau pour se laver les mains
dans cette zone. Le port des masques pose problèmes d'indisponibilité et il ne
se porte que lorsque vous voulez sortir du village pour la ville’’ IT Rusayo
dans le Nyiragongo, Juin 2021

‘’…Présence des rumeurs, négligence de la population, initiation des autres


membres de la communauté qui ne respectent pas les mesures et dont
l'influence à une incidence négative sur le respect des mesures barrières, la
croyance que c'est une maladie des voyageurs et les habitants de Rusayo ne
quitte pas leur village’’, IT Rusayo, Juin 2021

Les acteurs intervenant pour améliorer la connaissance de la


population et l’utilisation des gestes barrières et ou moyens de
protection
Parmi les acteurs intervenant dans les aires de santé d’étude, la
communauté reconnait certaines organisations comme UNICEF, Première
Urgence, Mercy Corps, Église catholique, Église CEPAC, Église Anglicane,
Save the Children etc…

Les catégories les plus à risque de contamination de Covid-19


Les entretiens avec la communauté ont indiqué que nul n’est épargné
de la contamination, toutefois certaines personnes sont plus potentiellement
exposées que d’autres au regard de spécificité de chaque catégorie et ses
contacts réguliers mains aussi par rapport à son niveau de connaissance des
gestes barrières. Ainsi :
Le personnel soignant est plus exposé par le fait qu’il est appelé à
manipuler plusieurs substances et entrer en contact des personnes de
plusieurs catégories.
Les élèves qui restent assis dans des mauvaises conditions surtout dans
les écoles publiques et les croyants nombreux dans les églises restent
exposés à la contamination,
Le commerçant par le fait qu’ils sont appelés à accueillir plusieurs
clients et manipuler les billets de banque l’expose à la contamination,
87
Les personnes de troisième âge et les enfants n’ont pas une
connaissance nécessaire pour se protéger contre la pandémie.
Les résultats d’observation montrent ce qui suit :
S’il suffisait de parler de port de masque alors on aurait enregistré près
de 60% cependant il s’agit de port correct de masque. Plusieurs
personnes portent le masque jusqu’au manteau, la poche et mêmes
comme bracelet la main. Dans les écoles cette situation est plus que
préoccupante, les enseignants se limitent à porter le masque jusqu’au
manteau alors que les élevés n’en portent presque pas et il n’y a aucun
suivi. La faible proportion avec masque se limite à masquer la vigilance
de l’enseignant et après l’entrée le masque peut être gardé dans la poche
jusqu’à la fin du cours.
En matière de distanciation, il a été observé que cette mesure n’est pas
observée dans les écoles qui restent pléthorique et personne ne s’en
soucie.
La question de lavage de mains, les écoles se limitent à mettre de
dispositif sans eau pour le lavage des mains.
La prise de température avant l’entrée au marché comme dans les écoles
n’’est pas faite.
Ayant pris place dans un lieu de culte (une des églises de la zone de
santé Karisimbi, seule la personne à la porte d’entrée porte le masque; le
reste ne se soucie pas. Les mouvements de salutation sont fréquents.

88
III.3 La perception de la communauté face à la vaccination

Il ressort de ce graphique que


la communauté a tendance à
63% 68% rejeter le vaccin contre la
76%
Covid-19. Près de Sept
personnes sur Dix affirment
14% 11%
6% que la communauté éprouve
18% 24% 21%
un sentiment de rejet du
Féminin Masculin Ensemble vaccin. Cette situation doit
faire l’objet d’une analyse
Receptif neutre Rejet
approfondie pour permettre
une lutte efficace contre la pandémie.
Plusieurs raisons entrent en jeu pour expliquer les motifs de réceptivité ou
de rejet de la vaccination. Une mauvaise compréhension de la pandémie est
l’une des causes d’un rejet potentiel de la vaccination. Les conflits de guerre
dans la région est un autre facteur de réticence de la communauté.

‘’…La communauté ne comprend toujours pas le bien-fondé de


ce vaccin car ils sont en train de dire que cette maladie ne touche
pas les noirs sinon ils seraient déjà affectés. Certains vieux de
notre église pensent même qu'ils peuvent fuir dans la brousse une
fois que le vaccin arrive au village, et ne reviendront qu’après la
vaccination’’pasteur, Rusayo Nyiragongo, juin 2021

La vaccination et obstacles à la vaccination dans la communauté


Le rejet est dû à certaines zones d’ombres dans la communication sur
la vaccination. Ce taux de rejet explique pourquoi certaines personnes
interrogées pensent que la vaccination ne serait pas le meilleur moyen de
lutter contre la Covid-19 et que les respects de gestes barrières
l’emporteraient sur la vaccination. La vaccination est jugée inefficace dans

89
les pays avec les premières expériences ce qui réduit le niveau de confiance
dans la zone.

La communauté estime que les pays sous vaccination ne cessent


d’enregistrer des nouveaux cas malgré les efforts de vaccination. Il existe
dans la communauté des règles sociales, religieuses qui freinent la
vaccination de la population. Les messages non censurés circulant sur les
réseaux sociaux est l’une des causes qui bloquent la réceptivité de la
vaccination. La pratique de vaccination est contraire à certaines croyances
religieuses, coutumes.

‘’…Certains pasteurs interdisent à leurs fidèles la réception de ce vaccin car


c'est la marque de la bête’’ une femme, Nyiragongo, Juin 2021
‘’…Moi je ne peux pas car je constate que la vaccination est encore au
niveau expérimental’’ un homme, Goma, Juin 2021
‘’…Je pouvais accepter s'il y avait un vaccin de bonne qualité confirmée mais
chaque fois on nous amène des nouveaux vaccins’’ un homme, Karisimbi,
Juin 2021
‘’…S’il y avait diminution de la gravité de la maladie j'allais accepter mais
malgré le vaccin la maladie continue’’ une femme, Karisimbi, Juin 2021

Au-delà d’un prétendu rejet de la vaccination, une autre catégorie des


personnes bien qu’en faible proportion estime que la vaccination reste le seul
moyen de lutter contre la Covid-19. Cette appréciation est due à la confiance
de la communauté au gouvernement et services sanitaires de la RDC.

‘’…nous pouvons accepter parce que nous faisons confiance à notre


gouvernement et aux services sanitaires sur les moyens efficaces de prévention
contre le Covid-19’’ une femme, Nyiragongo, Juin 2021

Appréciation de la stratégie de communication sur la vaccination


Ci-dessous les quelques stratégies de sensibilisation sur la vaccination :

90
 Les stratégies de communication sur la vaccination doivent être
adaptées au niveau de la communauté par l’entremise des cadres de
base, les RECO.
 Veuillez sur la qualité de communication sur les réseaux sociaux qui
de plus en plus devient un moyen d’intoxication de la population.

‘’…Cibler et former des leaders d’opinion dans notre communauté pour


qu’ils soient en mesure d’informer suffisamment et dans les langues locales
notre communauté’’ femme Nyiragongo, juin 2021

3.4. Évaluation du niveau d’appropriation de la question de la


pandémie à covid-19 par la communauté

La question
d’appropriation
52% 49% 50% (acceptation) de la
pandémie Covid-19
reste problématique
39% 37% 38% comme le renseigne les
participants aux
9% 14% 12%
entretiens. La moitié
Féminin Masculin Ensemble
des participants
Receptif Neutre Réjet affirment le rejet de la
pandémie par la
communauté. La pandémie à Covid-19 reste confondue aux autres maladies
de la zone ce qui réduit le niveau d’acceptation. La communauté vit dans une
ignorance élevée faisant de la pandémie une question des autres et la
population pense être exclue de toute contamination.

91
‘’…Faible car la population confond la covid19 à certaines maladies
présentant les mêmes symptômes’’ femme, Nyiragongo, Juin 2021

‘’…C'est faible car on ne croit pas à l’existence de la maladie et d’ailleurs on ne


sait pas à quoi est ce que ressemble la personne qui meurt du covid-19’’ un
homme , Nyiragongo, Juin 2021

‘’…Nous sommes en train de vivre la réalité des choses et nous voyons bien
que la maladie est bien là’’ un homme, Nyiragongo, Juin 2021

‘’..Sans rigueur derrière la population, elle n'en prend pas compte et vous
constaterez cela aux banques’’ une femme, Karisimbi, Juin 2021

‘’…Les symptômes de covid19 sont les mêmes que ceux d’Ébola,’’ une femme,
Karisimbi, Juin 2021

‘’…La population ne prend pas en considération la pandémie, elle pense que le


gouvernement cherche à défendre le financement reçu’’ un homme, Karisimbi,
Juin 2021

‘…Implanter un centre de traitement covid dans la zone pour qu'en y entrant


ils trouvent d'autres malades qui sont déjà infecté, ils seront convaincus,
Informer sur les symptômes/Sensibilisation pour éviter de confondre la covid
à d'autres maladies. Doter les instruments à prélever les mesures, il faut aussi
octroyer de l'eau potable à la population avant de sensibiliser’’, un homme à
Rusayo Nyiragongo, juin 2021

Conclusion
Les donnes intégrées de cette recherche montrent une faible
connaissance des gestes barrières expliquée d’une part par la négligence de la
population mais aussi par la pauvreté informationnelle dans la zone. Cette
faible connaissance explique une partie importante de non application des
gestes barrières et à ceci s’ajoutent les conditions socioéconomiques de la
population, le taux faible d’accès à l’eau surtout pendant cette période post-
éruption volcanique et plus particulièrement dans la zone de santé de

92
Nyiragongo. L’étude montre ensuite une perception négative face à la
vaccination expliquée par la désinformation sur le rôle du vaccin et le mode
de vaccination. Ceci est autant encouragé par certaines pratiques religieuses,
le qualifiant de la marque de la bête ce qui pourrait encore renforcer la
résistance de la population qui du reste à plus confiance à l’autorité religieuse
qu’à l’autorité gouvernementale.
Un faible niveau d’appropriation de la problématique de la pandémie
Covid-19 explique le non-respect des gestes barrières dans la communauté.
Ainsi, quelques recommandations sont formulées :

 Renforcer le système de sensibilisation porte à porte en impliquant


les cadres de base,
 Conscientiser les responsables des confessions religieuses sur le
danger de la pandémie et la nécessité du respect des gestes barrières,
 Veuillez à la protection et au renforcement de la sensibilisation dans
les marchés publics où il s’observe un relâchement malgré les
messages des autorités du pays,
 Faire du vaccin contre la Covid-19 une campagne de routine comme
pour les autres vaccinations,
 Sensibiliser la population sur la gestion des rumeurs qui semblent
l’emporter sur les messages officiels,
 Renforcer le système d’approvisionnement en eau dans la zone de
santé de Nyiragongo,
 Mettre en place une politique de distribution des masques appropriés
pour la population vulnérable.

93
Références
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Bhoutan » . Kuensel. https://kuenselonline.com/first-confirmed-
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lepidemie-de-covid-19-en-rdc-loms-appuie-les-hopitaux-de-
kinshasa?country=975&name=
Democratic%20Republic%20of%20Congo.

95
Problématique de dépistage volontaire du VIH/sida dans la ville de
Goma. Cas du Centre de conseil et dépistage de l’hôpital Heal Africa
Par
Kampara Chibalama Anto

Résumé
La présente étude traite de la problématique du dépistage volontaire du VIH/SIDA
dans la ville de Goma. Cas du Centre de dépistage volontaire de l’hôpital Heal Africa. À
l’issue des analyses et interprétation des résultats, nous sommes arrivé aux conclusions
suivantes :
Pour ce qui est des connaissances des populations enquêtées :
- Ils ont déjà entendu parler du VIH/SIDA ;
- Ils connaissent la voie sexuelle comme voie de transmission du VIH ;
- Le port du préservatif comme un moyen de la prévention du VIH/SIDA est
bien connu par nos enquêtés ;
- Ils connaissent aussi le test de dépistage comme moyen de connaissance du
VIH/SIDA.
Pour ce qui est des problèmes liés aux populations entravant l’utilisation des
services de CDV : nos enquêtés montrent que c’est par peur des populations de
connaitre le statut sérologique positif et celle d’être stigmatisé.
S’agissant des facteurs limitant le dépistage volontaire, des prestataires des soins
ont reçu une formation sur le conseil de dépistage volontaire et disent que la
charge de travail est élevée, le non-respect des heures de fermeture par les clients,
ont soulevé le manque de motivation financière et disent que les prestataires ne
maitrisent pas les techniques de dépistage avec les tests rapides.
Des suggestions données par les enquêtés pour améliorer l'utilisation des services
de CDV demandent d’accentuer la sensibilisation des populations par de formations
sanitaires, d’utiliser les médias pour faire la promotion de l'utilisation du CDV,
d’implanter les centres de dépistage dans chaque avenue. Pour répondre aux attentes de la
population, nous avons élaboré un programme dont le thème est la création d’un centre de
sensibilisation de la population de Goma sur le dépistage du VIH/SIDA.
96
Mots clef : dépistage volontaire, VIH/SIDA

I. Introduction

Le VIH constitue un de grands problèmes sanitaires actuels. Les médias


ne cessent de donner des informations sur les nouvelles découvertes portant
sur le VIH (Virus de l’immunodéficience Humaine). Malheureusement, ces
dernières sont trop souvent non scientifiques, faisant naître des fausses
espérances dans toute la société et en particulier parmi les personnes
porteuses de cet effroyable virus ; les chercheurs s'abstiennent d'étaler toutes
leurs découvertes car ils y investissent beaucoup de moyens13.
En effet, malgré l'engagement des politiques, l'augmentation de fonds
alloué à la recherche et le progrès de la médecine dans ce domaine, le
nombre de PVV ne cesse de croître et des nouvelles zones d'épidémie
continuent d'apparaître en Asie et en Europe orientale. L'humanité est
aujourd'hui confrontée à un grand fléau appelé VIH/SIDA (Syndrome
d'Immunodéficience Acquise). Au nombre des mesures entreprises pour
freiner sa progression, le test de dépistage occupe une place de choix en ce
sens qu'il est situé au carrefour de la prévention des nouvelles infections et
de la prise en charge des malades.

2. Matériel et méthodologie
2.1. Présentation du milieu d’étude et généralités sur le dépistage
2.1.1. Brève présentation du milieu d’étude

Notre travail s’est effectué au sein de l’institution dénommée Heal


Africa : H= Heath E= Education A= Action L= Leadership Africa qui veut
dire en français « Guérir l’Afrique ». L’Hôpital Heal Africa se trouve en
République Démocratique du Congo, Province du Nord-Kivu, Ville de
Goma, Commune de Goma, Quartier Les Volcans, Rue du Rond-Point au
n°111, Zone de Sante de Goma.

13
HELLEN Jackson : Sida Afrique, continent en crise, Asdi, Paris, 2004
97
Il est limité au :
 Nord : par l’ASTRAMES
 Au Sud : par l’église MEPAC
 À l’Est : par la BDGL
 À l’Ouest : par le Bâtiment SAVE THE CHILDREN.
2.1.2. Généralités sur le conseil dépistage du VIH
Les généralités sur le CDV concernent les étapes du CDV, les objectifs
du pré et post-test, les qualités d'un prestataire de CDV, les principes de
base du CDV et la communication pour le changement de comportement14.

 Les étapes du CDV

Les étapes du CDV sont :


o Le conseil pré-test qui cherche un consentement éclairé du client pour
le dépistage du VIH et le prépare à l'annonce des résultats du test ;
o La réalisation du test (prélèvement et analyse) qui permet le diagnostic
biologique de l'infection à VIH ;
o Le conseil post test qui comprend l'annonce du résultat, la gestion
psychosociale des réactions du client, les conseils de prévention, le
suivi post test qui est une approche personnalisée des problèmes du
client et une recherche avec celui-ci des solutions appropriées ;
o L'orientation vers un réseau de prise en charge psychosociale et
biomédicale.

 Les objectifs du conseil pré-test


Au cours du conseil pré-test on cherche à : évaluer les risques
personnels d'exposition et de transmission du VIH ; évaluer les
connaissances du client sur le VIH/SIDA ; l'aider à choisir volontairement
un plan d'action préventif et à l'exécuter ; lui proposer le test de dépistage et
l'encourager à en accepter le résultat avec confiance ; déceler le profil

14
Department For International Development (DFID), communitybased approches to
voluntarytesting, report, Durban, South Africa, 12 juillet 2000, 36 pages
98
psychologique du client pour prévoir ses réactions à l'annonce de son
statut sérologique.
 Les objectifs du conseil post-test
Il s'agit d'aider le client à entendre son résultat et à le comprendre ;
de l'aider à supporter l'annonce de son résultat et à bien gérer les réactions
qui s'en suivent ; de l'aider à bâtir un plan de vie qui lui permettra de vivre
positivement avec le VIH ou qui lui permettra de préserver sa séronégativité
et de l'aider à identifier toutes les ressources dont il dispose.
 Les qualités d'un prestataire des services de CDV
Un prestataire doit : être accueillant ; maîtriser les aspects du
VIH/SIDA ; avoir des aptitudes à la communication interpersonnelle ;
maîtriser les techniques du counseling ; être accessible et disponible ; savoir
gérer les réactions du client ; être cohérent et exact ; savoir reconnaître ses
limites ; avoir une bonne connaissance juridique pour répondre aux
multiples sollicitations du client.
 Les principes de base d'un conseil dépistage volontaire du
VIH
Les principes sont :
· Le consentement éclairé
Le test de dépistage étant volontaire, il faut que le client donne son accord
en toute connaissance de cause avant que le test ne soit effectué.
· Le respect de la confidentialité
Il est une règle fondamentale pour l'instauration de la relation de confiance
entre le prestataire et le client. Le prestataire doit savoir que toute
divulgation de renseignements nécessite le consentement préalable du client.
Le prestataire doit veiller au respect de la confidentialité de l'entretien en
offrant les services de CDV dans un environnement qui favorise cela. Cest
une obligation pour lui et un droit pour le client.

99
· La confirmation du statut sérologique du client
Un test de confirmation doit être fait pour connaître le statut sérologique du
client avant l'annonce d'un résultat positif.
· La connaissance des références socioculturelles du client
Le prestataire doit avoir une approche globale du client et de son contexte
socioculturel (croyances au sujet du SIDA, les interprétations de la
sexualité...).
 La communication pour le changement de comportement
La Communication pour le Changement de comportement (CCC)
est une stratégie de communication qui consiste à échanger avec un ou
plusieurs individus afin de l'amener ou de les amener à adopter de nouveaux
comportements. Cette CCC regroupe la communication interpersonnelle et
la communication de masse.
 La communication interpersonnelle (CIP)
La Communication Interpersonnelle est celle qui se fait d'un individu à
un autre individu c'est-à-dire entre le prestataire et le client.
 La communication de masse
La communication de masse consiste à échanger des informations sur le
CDV avec un groupe de personnes à des distances plus ou moins grandes.
Plusieurs méthodes sont utilisées pour la communication de masse dont les
principales sont :
 Les causeries éducatives sur le CDV ;
 Les émissions radiophoniques ou télévisuelles sur le CDV ;
 Le théâtre sur le CDV.
 L’approche du dépistage du VIH
Deux types de dépistage de l'infection à VIH sont généralement
reconnus :
a. Le dépistage à caractère « obligatoire » du VIH
Il consiste à faire pratiquer un test VIH pour lequel le consentement
n'est pas obligatoire. Il est assorti d'une contrainte légale et concerne des

100
situations particulières : dons de sang, dons de sperme, transplantations
d'organes, greffes de tissus.
b. Le dépistage volontaire et anonyme du VIH
Dans ce cas, le consentement du client est requis. L'intéressé exprime de
lui-même la volonté de faire le test. L'anonymat est de rigueur. Ce type de
dépistage s'exprime dans le cadre des Centres de Dépistage Volontaire et
Anonyme (CDVA). Notre étude prend en compte ce type de dépistage du
VIH.
 L'organisation du conseil dépistage volontaire (CDV) du VIH
Le Conseil Dépistage Volontaire est offert à travers deux types de
structures : les centres de conseil dépistage du VIH ou centres autonomes et
les sites intégrés de CDV. Ces structures peuvent être gérées par des
organisations privées ou par l'Etat.
 Le Centre de Conseil Dépistage Volontaire du VIH (CCDV)
ou centre autonome
Ces centres offrent uniquement des prestations de CDV. Leurs activités
se composent notamment du conseil pré-test, du prélèvement du sang pour
la réalisation du test de dépistage du VIH, du conseil post test, de la
référence pour la prise en charge médicale et psychosociale, de la
communication pour le changement de comportement et de
l'administration/gestion

 Les sites intégrés de CDV


En plus des activités du PMA des formations sanitaires et des activités du
CHR, des prestations telles que l'accueil de tous les malades et clients ; le
conseil pré et post-test; la référence; le soutien psychosocial, le suivi médical
et le traitement des infections opportunistes sont menés dans ces sites. Au
niveau de ces sites intégrés, le test sérologique se fait sur place grâce au test
rapide. Si le test de dépistage se révèle positif, un test de confirmation
est alors commandité par les prestataires.

101
2.2. Méthodes et techniques
A. Techniques
Pour réaliser cette réflexion, nous avons recouru aux techniques
suivantes :
a)Technique documentaire : Nous avons consulté plusieurs ouvrages
pour nous rendre compte de ce que les autres ont déjà fait ;

b)Technique d’interview : nous avons contacté et entretenu avec la


population des différentes secteurs, hôpitaux, institution publique, dans
différents ministères et leurs cadres, ONG local pour notre investigation ;
c)Technique de questionnaire
La remise des questionnaires à un échantillon de la population,
des Autorités Politico-administratives des Divisions de la Santé & de
l’Environnement pour répondre à notre recherche.
d)Technique d’observation
Nous avons été en contact direct avec la population de la ville de
Goma, des autorités politiques et administratives notamment des
Divisions de la Sante & Division de l’Environnement et les
responsables de HGR pour recueillir les données nécessaires à notre
étude.
e)Technique d’échantillonnage
Notre population cible est constituée de 70 personnes ayant
bénéficié de services du CDV de l’hôpital Heal Africa pendant la période
de l’enquête, les 10 agents chargés du CDV ainsi que la population qui
fréquentent les services de l’hôpital Heal Africa tant en ambulatoire
qu’en hospitalisation avec les gardes malades au sein de cet établissement
sanitaire. Vu le caractère transversal de notre étude, nous avons
considéré toutes les unités statistiques de la population cible dans notre
échantillon c’est- à- dire les 10 agents prestants au CDV auquel nous
avons ajouté 70 enquêtés sélectionnés au hasard parmi les personnes qui

102
ont fréquentés l’hôpital pour une raison ou une autre pendant la période
de l’enquête.

B. Méthode
Pour l’analyse des données de notre réflexion, nous nous sommes
servi des méthodes ci-après :
a. Méthode descriptive : qui nous a aidé à décrire notre milieu d’étude
avec précision
b. Méthode analytique : cette méthode nous a facilité dans l’analyse
de la situation actuelle sur l’insuffisance des informations et des
connaissances sur la pollution atmosphérique même la pollution des
eaux en milieu urbain et ses environs.
3. Résultat
Cette partie de notre réflexion se présente sous forme des tableaux
commentés, les résultats de notre enquête suivent l’ordre ci-après :
- Identification des enquêtés ;
- Résultats en rapport avec les connaissances du dépistage volontaire ;
- Le dépistage volontaire lui-même ;
- Les facteurs limitant le dépistage volontaire et ;
- Les informations sur les prestataires du CDV.

103
 De l’identification des enquêtés
Tableau n°1 : Réparation des enquêtes selon les tranches d’âge
Réponse Effectif Pourcentage

12 — 20 ans 09 06

21 — 30 ans 73 48,7

31 — 40 ans 38 25,3

41 ans et plus 30 20

Total 150 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Il ressort de ce tableau que 20% sont dans la tranche dâge compris
entre 41 ans et plus, 73 enquêtés soit 48,7% entre 21-30 ans, 38 enquêtés,
soit 25,4% sont compris entre 31-40 ans, 20% compris entre 41 ans et
plus et 9 enquêtés de notre échantillon, soit 06% sont compris entre 12-
20 ans.
Tableau n°3 : Répartition des enquêtés selon leur sexe
Réponse Effectif Pourcentage

Masculin 37 24,7

Féminin 113 75,3

Total 150 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Il ressort de ce tableau que 75,3% des enquêtés sont du sexe féminin
et 24,7% du sexe opposé.

104
Tableau n°4 : Répartition des enquêtés selon leur Etat-Civil
Réponse Effectif Pourcentage

Célibataire 55 36,7

Marié 62 41,3

Divorcé 15 10

Veuf 18 12

Total 150 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Les résultats de ce tableau révèlent que 34,6% des enquêtés sont des
mariés contre 30% des célibataires, 18,7% des veufs et 16,7% des
divorcés.
Tableau n°5 : Répartition des enquêtés selon leur niveau d’étude

Réponse Effectif Pourcentage

Sans étude 28 18,7

Primaire 32 21,3

Secondaire 55 36,7

Universitaire 35 23,3

Total 150 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Les résultats de ce tableau révèlent que 36,7% des enquêtés ont un
niveau secondaire, 23,3% un niveau universitaire, 21,3% un niveau
primaire et 18,7% n’ont pas foulé leurs pieds à l’école.

105
Tableau n°6 : Répartition des enquêtés selon leur religion
Réponse Effectif Pourcentage

Catholique 81 54

Protestante 52 34.7

Musulmane 11 7.3

Eglises de Réveil 6 4

Total 150 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Les résultats de ce tableau révèlent que 54% des enquêtés viennent de la
religion catholique, suivi de 34.7% qui viennent des protestants et 7.3%
des musulmans.
 Résultats en rapport avec les connaissances de la
population
Tableau n°7. Répartition des enquêtés selon quils ont déjà attendu
parlé du VIH/SIDA
Question Réponses Effectif %

Avez-vous déjà entendu parler du Oui 143 95.3


VIH/SIDA ?
Non 7 4.7

Total 150 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Il ressort de ce tableau que 95.3% des enquêtés ont déjà entendu parler
du VIH/SIDA contre 4.7% qui n’ont jamais entendu parler de ce virus.

106
Tableau n°8. Répartition des enquêtés selon quils connaissent les
voies de transmission du VIH
Question Réponse Effectif %

Quelles sont les voies Voie sexuelle 117 81,8


de transmission du
VIH que vous Voie sanguine 10 7
connaissez ?
Voie materno-fœtale 16 11.2

Total 143 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Il ressort de ce tableau que 117 enquêtés soit 81,8% des enquêtés
connaissent la voie sexuelle comme voie de transmission du VIH quant à
7% et 11.2% qui connaissent respectivement la voie sanguine et la voie
materno-fœtale.

Tableau 9 : Répartition des enquêtés selon quils connaissent les


moyens de prévention du VIH/SIDA
du VIH/SIDA
Question Réponses Fréquence %
Quels sont les Fidélité 18 12,6
moyens de la Port du préservatif 109 76,2
prévention du VIH Usage d'instruments stériles 10 7
que vous connaissez Abstinence 6 4,2
? Total 143 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


A la lumière de ce tableau, nous trouvons que sur 143 répondants ; 109
soit 76,2% indiquent le port du préservatif est un moyen de prévention
contre le VIH/SIDA, 18 soit 12.7% parlent de la fidélité, 10 soit 7.3%
indiquent l’usage d’instruments stériles et en fin 6 soit 4% qui indiquent
l’abstinence.

107
Résultats relatif au dépistage volontaire
Tableau n°10 : Répartition des enquêtés selon quils ont déjà
participé à une séance de sensibilisation sur le
VIH/SIDA
Question Réponses Fréquences %
Avez-vous déjà assisté à Oui 107 71.3
une séance de
sensibilisation sur le Non 43 28.7
SIDA ?
Total 150 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Il ressort de ce tableau que 71.3% des enquêtés ont participé à une
séance de sensibilisation sur le SIDA contre 28.7% qui n’ont jamais
participé.
Tableau n°11 : Thèmes débattus dans les séances de sensibilisation
sur le VIH/SIDA
Question Réponses Fréquences %
Voie de transmission 47 43.9

Qu'est-ce-que avez-vous Prévention 43 40.2


retenu de cette
sensibilisation ? Signes du SIDA 9 8.4

Soutien aux PV/VIH 8 7.5

Total 107 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Il ressort de ce tableau que 47 et 43 enquêtés soit 43.9% et 40.2%
ont retenu respectivement la voie de transmission et la prévention du
VIH/SIDA contre 9 et 8 enquêtés soit 8.4% et 7.5% qui ont retenu
respectivement les signes du SIDA et le soutient aux PV/VIH.

108
Tableau n°12 : Répartition des enquêtés selon la connaissance du
diagnostic de VIH/SIDA
Question Réponses Fréquences %
Comment une Test de 108 72
personne peut-elle dépistage
savoir qu'elle a le Analyse du 15 10
VIH dans son sang
organisme ? Consultation 9 6
médicale
Confession à 8 5.3
l'église
Létat du corps 10 6.7

Total 15O 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Eu égard à ce tableau, nous remarquons que la majorité des enquêtés
soit 72% savent le test de dépistage comme moyen de connaissance du
VIH/SIDA contre 10 et 6% qui savent respectivement l’analyse du sang
et la consultation médicale et 5.3% et 6.7% respectivement la confession
à l’église et l’état du corps.
Tableau n°13 : Répartition des enquêtés selon la source
d’information
Question Réponses Fréquences %
Quelle est votre Radio-télévision 24 22.2
source
d'information ? (Si Centre de santé 26 24.1
la réponse
précédente est test Amis/voisins 18 16.7
de dépistage) ?
Séance de 25 23.1
sensibilisation par
les agents de la
PNMLS
Lycée et collèges 15 13.9

Total 1O8 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Eu égard à ce tableau, nous remarquons que le centre de santé
représente 24.1% parmi les sources d’information suivi de la séance de
109
sensibilisation par les agents de la PNMLS qui représente 23.1%, 22.2%
pour la radio-télévision, 16.7% pour les amis/voisins et en fin 13.9%
pour le lycée et collège.
Tableau n°14 : Répartition des enquêtés selon qu’ils connaissent
les lieux où ils peuvent faire le test de dépistage
sur le VIH/SIDA
Question Réponses Fréquences %
Connaissez-vous des Oui 150 100
lieux où vous pourrez
faire le test de Non 0 0
dépistage du VIH ?
Total 150 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


La lumière de ce tableau nous montre que la majorité des
enquêtés (120/150) soit 80% connaissent les lieux où ils peuvent faire le
test de dépistage sur le VIH contre (20/150) soit 20% qui ne connaissent
pas.
Tableau n°15 : Répartition des enquêtés selon le lieu où on fait le
test de dépistage sur le VIH
Question Réponses Fréquences %
Où peut-on faire le test Dispensaire/CS 17 15
de dépistage sur le
VIH/SIDA? Centre Hospitalier 9 7,5

Centre de dépistage 60 50

Hôpital 12 10

Maison de prière 3 2,5

Total 120 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Il ressort de ce tableau que 50% des enquêtés font le test de
dépistage au centre de dépistage contre 12,5% qui le font au centre de
santé. Notons que 3 répondants soit 2,5% parlent de la maison de prière
comme lieu de dépistage.
110
Tableau n°16 : Les avantages du conseil de dépistage volontaire du
VIH
Question Réponses Fréquences %

Quels sont les Connaître son statut 135 90


avantages du sérologique de
conseil de quelquun
dépistage Prise en charge à 3 2
volontaire du VIH temps
? Réduction de la 3 2
mortalité
Evite la propagation 9 6
du VIH
Total 150 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Aout 2017


Au vu de ce tableau, 90% des enquêtés montrent que les avantages
du conseil de dépistage volontaire est de connaître le statut sérologique
de la personne, 6% évoquent d’éviter la propagation du VIH.
Résultats portant sur les facteurs limitant le dépistage volontaire

Tableau n°17 : Répartition des enquêtés selon les facteurs qui


poussent les gens à ne pas faire le dépistage
volontaire
Question Réponses Fréquences %
Quels sont les facteurs qui Peur de connaitre leur 120 80
poussent les gens à ne pas statut sérologique positif
faire le dépistage
volontaire ? Pas de confidentialité de 8 5,3
la part du personnel
soignant

Peur dêtre stigmatiser 22 14,7

Total 150
100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Il ressort de ce tableau que 80% des enquêtés soulignent que la peur
de connaitre le statut sérologique positif est le facteur principal qui
pousse les gens à ne pas faire le dépistage.

111
Tableau n°18 : Répartition des enquêtés selon l’existence d’une
stigmatisation/ discrimination vis-à-vis d’une
PVV
Question Réponses Fréquences %
Avez-vous vu une personne qui Oui 63 42
a été rejetée parce qu'elle a le
VIH/SIDA au cours de l'année Non 87 58
en cours ?
Total 150 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Nous remarquons ici que 42% des enquêtés ont déjà vu une PVV
être discriminée à cause de son statut sérologique, tandis que 58% ne
l’ont jamais vue.
Tableau n°19 : Répartition des enquêtés selon les personnes
responsables des pratiques discriminantes vis à
vis d’une PVV
Question Réponses Fréquences %
Famille 8 12,7
Si oui qu’est-ce-qui a
été à l'origine de cette Amis 5 7,9
pratique ?
Voisins 11 17,5

Tout le monde 39 61,9

Total 63 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


De ce tableau, 61,9% des enquêtés montrent que ce sont les amis,
familles et voisins qui discriminent les PVV.

112
Tableau n°20 : Distribution des enquêtés selon leur avis sur la
discrimination des PVV par les personnes de son
entourage
Question Réponses Fréquences %
Pensez-vous que les personnes Oui 100 66,7
de votre entourage peuvent
rejeter une personne si elles Non 50 33,3
savent qu'elle a le VIH ?
Total 150 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Il revient de dire ici que 66,7% des enquêtés pensent que l’entourage
d’une PVV peut la discriminer.

Tableau n°21 : Répartition des enquêtés selon leur attitude face à


la séropositivité de leur proche
Question Réponses Fréquences %
Que ferez-vous face Le critiquer/se moquer de lui 12 8
à la séropositivité de
votre partenaire L'exclure des prises de décisions 8 5,3
sexuel ? au sein de la famille

Faire une séparation de lit dans le 27 18


couple

Divorcer 18 12

Continuer à vivre ensemble 85 56,7

Total 150 100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


La moitié (50%) disent qu’ils peuvent continuer à vivre ensemble
et une minorité des enquêtés (5,3%) affirme qu'elle exclurait leur proche
des décisions familiales en cas de séropositivité.

113
Tableau n°22 : Fréquence des suggestions données par les
enquêtés pour améliorer l'utilisation des services
de CDV
Question Réponses Effectif %

Améliorer la confidentialité et la 3,3


5
discrétion

Etre disponible à tout moment 2

Améliorer l'accueil des clients 5 3,3


Que pouvez-vous faire
pour pousser les gens à Utiliser les médias pour faire la 5,3
venir consulter le 8
promotion de l'utilisation du CDV
Centre de dépistage
volontaire ? Créer des associations d'aide aux 3,3
5
PVVIH

Distribuer gratuitement des 3,3


5
préservatifs aux populations

Implanter les centres de dépistage 3,3


5
dans chaque Aire de Santé

Organiser des campagnes de 3,3


5
dépistage volontaire dans les villages

Baisser le prix des ARV 12 8

Accroître le nombre de formations 14


sanitaires assurant les services de 21
CDV

Accentuer la sensibilisation des 50,7


76
populations

100

Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017


Il ressort de ce tableau que beaucoup de propositions ont été
recommandées pour améliorer l’utilisation des services de CDV. 50,7%
disent d’accentuer la sensibilisation des populations, 14,4% disent
d’accroitre le nombre de formations sanitaires assurant les services de
CDV, ils suggèrent d’utiliser les médias pour faire la promotion de

114
l'utilisation du CDV, d’implanter les centres de dépistage dans chaque
avenue.
 Les résultats issus des prestataires sur le CDV
Tableau n°23 : Répartition des prestataires selon différentes
variables
Variables Fréquence Pourcentage
N=10
Niveau détude
Médecin généraliste 2 20
Infirmier A1 7 70
Infirmier A2 1 10

Ancienneté dans la carrière


Moins de 3 ans 2 20
3 à 6 ans 6 60
7 ans et plus 2 20

Formation sur le CDV


Oui 9 90
Non 1 10

Existence des supervisions au CDV


de la part de l'EDC
Oui 10 100
Non 0 0

Existence dun système de


motivation
Oui 3 30
Non 7 70

Existence dun système de


permanence pour assurer les
services de CDV
Oui 10 100
Non 0 0

Système d'approvisionnements en
réactifs et consommables

115
Oui 10 100
Non 0 0
Total 10 100

De ce tableau nous remarquons que :


- 70% des prestataires travaillant régulièrement aux services de CDV sont
des infirmiers A1 ;
- 60% ont une ancienneté comprise entre 3 et 6 ans ;
- 90% ont bénéficié d’une formation supplémentaire sur le conseil de
dépistage volontaire et un système de permanence ;100% disent qu’il y a
des supervisions de CDV de la part de l’EDC et un approvisionnement
des réactifs et consommables,
- 70% ne reconnait pas une motivation en dehors du salaire.
Tableau n° 24 : Répartition des prestataires selon la fréquence des
difficultés rencontrées par les prestataires dans
l'exécution de leurs activités de CDV
Question Réponses Fréquences N=10 %

Non maîtrise des techniques de 2 20


dépistage avec les tests rapides

Manque de consommables 1 10
(papier aluminium, diluants
Quelles sont pour le détermine, eau de javel)
les difficultés
que vous Non-respect des heures de 7 70
rencontrez fermeture par les clients
dans
l'exécution de Manque de motivation 6 60
vos activités financière
de CDV ?
Non-respect de code anonymat 5 50
du patient

La charge de travail est élevée 7 70

Tout le personnel n'est pas 3 30


formé

Les clients hésitent de faire le 7 70


test de dépistage
Source : Nos enquêtes sur terrain. Juin 2017

116
Il découle de ce tableau que : 70% affirment qu’il n’y a pas respect de
la déontologie médicale, charge de travail élevée, les clients n’acceptent
pas faire le test de dépistage.

4. Discussion
La partie précédente était consacrée à la présentation des résultats que
nous avons obtenus lors de nos investigations. Cependant, après la
récolte, le dépouillement et la compilation des données, nous avons
donné aux résultats de nos enquêtes une signification probante par
rapport à la réalité vécue sur terrain et aux études antérieures.

Les données du tableau n°7, 8 et 9 ont montré que 95.3% des


enquêtés ont déjà entendu parler du VIH/SIDA contre 4.7% qui n’ont
jamais entendu parler de ce virus, 82% des enquêtés soit 123 enquêtés
connaissent la voix sexuelle comme voie de transmission du VIH quant à
6.7% et 11.3% qui connaissent respectivement la voie sanguine et la voie
materno-fœtale. 76% indiquent le port du préservatif comme moyen de
prévention du VIH/SIDA contre 12.7% qui affirment la fidélité, 7.3%
qui indiquent l’usage d’instruments stériles et en fin 4% qui indiquent
l’abstinence.

SAWADOGO J.N15 avait trouvé dans son étude que 40% des jeunes
ne connaissaient pas les voies de transmission du VIH. Nos résultats
sont donc supérieurs et cela pourrait se justifier par le fait que depuis
2003, des efforts ont été déployés pour que plusieurs personnes aient des
informations sur les voies de transmission du VIH. Quant à TRAORE
F. elle a trouvé dans son étude que 47,1% des enquêtés ont une mauvaise
connaissance des voies de transmission du VIH16.

Ces résultats ne sont pas favorables à l'objectif de l'infection à VIH


par les populations et à l'utilisation des services de CDV. En ce sens que
la connaissance des voies de transmission rime avec la connaissance des
risques encourus et conduit à une demande des services de CDV afin de
15 SAWADOGO J.N., Dépistage sérologique volontaire du VIH : connaissances et attitudes
des jeunes dans la commune de Kaya, mémoire de fin d'études, ENSP, 2003, 105 pages
16 TRAORÉ Flore, Acceptabilité par les parents d'enfants hospitalisés en milieu pédiatrique

de Bobo Dioulasso : dépistage de l'infection à VIH, thèse de doctorat, UO, 1997, 136 pages
117
voir si l'on est infecté ou pas par le VIH. Nos résultats traduisent mieux
cette idée car la relation entre la connaissance des voies de transmission
du VIH et l'utilisation des services de CDV est statistiquement
significative. En d'autres termes, nous pouvons dire que ceux qui ont un
niveau de connaissances satisfaisant des voies de transmission semblent
utiliser le plus de services de CDV que les autres.

L'insuffisance de connaissances des voies de transmission du VIH


semble être un facteur limitant l'utilisation des services de CDV dans la
ville de Goma. Un effort supplémentaire doit donc être fourni pour
informer la population de Goma sur les voies de transmission du VIH
pour espérer l'amélioration de l'utilisation des services de CDV. En effet,
ZIGANI Z. révélait dans son étude que 70% des sujets enquêtés
connaissent seulement le port du préservatif comme moyen de
prévention du VIH17. ROUAMBA G. quant à lui, percevait dans son
étude que la moitié des sujets enquêtés connaît le port de condom
comme seul moyen de se préserver contre le VIH et qu'aucun n'a évoqué
le dépistage volontaire du VIH comme moyen de prévention du VIH18.

Des résultats en rapport avec liés à la majorité 72% savent le test de


dépistage comme moyen de connaissance du VIH/SIDA contre 10 et
6% qui savent respectivement l’analyse du sang et la consultation
médicale, 80% des enquêtés connaissent les lieux où ils peuvent faire le
test de dépistage sur le VIH, 50% des enquêtés font le test de dépistage
au centre de dépistage, 90% des enquêtés montre que les avantages du
conseil de dépistage volontaire est de connaitre le stage sérologique du
VIH.

SAWADOGO J.N. affirmait dans son étude que 45,9% des


jeunes ont reconnu que le test de dépistage du VIH permet de savoir que

17 ZIGANI Z., étude des facteurs expliquant la faible utilisation des services de CDV du VIH
dans la ville de Ouagadougou par le secteur informel : cas des personnes exerçant dans le petit
commerce, mémoire de fin d'études, ENSP, 2004, 100 pages
18 ROUAMBA George, les facteurs déterminant la faible fréquentation du centre de dépistage

volontaire du VIH/SIDA par les femmes en âge de procréer dans la commune de Manga,
mémoire de fin d'études, UO, 2006, 108 pages
118
l'on a le VIH dans son organisme19. Quant à ZIGANI Z., il affirmait que
la majorité des enquêtés (97%) de son étude connaît que le test de
dépistage du VIH permet de savoir si l'on a le VIH ou pas dans son
organisme. La comparaison de nos résultats avec ceux de ZIGANI Z.
permet de constater que l'information sur le test de dépistage du VIH a
atteint une proportion importante de sujets en milieu rural même si celle-
ci reste faible par rapport à celle de la ville.
Des facteurs limitant le dépistage volontaire de la ville de Goma,
80% des enquêtés ont montré que la peur de connaitre le statut
sérologique positif est le facteur qui poussent les gens à ne pas faire le
dépistage. De l’avis des enquêtés sur la discrimination des PVV par les
personnes non infectées 66,7% des enquêtés pensent que l’entourage
d’une PVV peut la discriminer. Ce phénomène de rejet a été dans la
plupart des cas l'apanage des membres de la famille de la PVVIH comme
le soulignent 12,7% des enquêtés. (Tableau n°19).
ZIGANI Z. confirme ce résultat car, dans son étude, il souligne que
la majorité des personnes à l'origine du rejet de la PVVIH, appartiennent
à la famille qui doit être cependant, le premier soutien de la personne
infectée par le VIH20. OUEDRAOGO T. L. et al sont également
parvenus à un résultat similaire car ils ont affirmé dans leur étude que
l'évènement le plus vécu par les personnes interrogées est le rejet franc
par la famille de la PVVIH21.

De l’attitude des enquêtés sur la séropositive de leur proche :


La moitié (50%) disent qu’ils peuvent continuer à vivre ensemble et
une minorité des enquêtés (5,3%) affirme qu'elle exclurait leur proche
des décisions familiales en cas de séropositivité, voir tableau n°14.
Cependant, 61,4% de ces sujets sont disposés à le connaître, si on le leur
proposait.

19 SAWADOGO J.N. op. cit, p29


20
ZIGAI Z, op. cit, p29
21
OUEDRAOGO T.L. et al., Infection à VIH et modification des relations sociales :
étude auprès de 188 personnes infectées par le VIH à Ouagadougou, cahier santé
n°4, Ouagadougou, 2001, 4 pages. http:// www.john-libbey-
eurotext.fr/fr/revues/santé.pub consulté le 10 juin 2017
119
D'autres études affermissent ce constat. En effet, SAWADOGO
J.N. affirmait dans son étude que 80% des sujets enquêtés accepteraient
le test de dépistage du VIH si on le leur proposait22. Une autre étude
menée par ZIGANI Z. révélait que 75% des personnes interrogées sont
disposées à faire le test de dépistage du VIH23. DAMESYN et al. ont
révélé aussi dans leur étude que 95% des participants affirment qu'ils
accepteraient le test de dépistage du VIH. Des suggestions données par
les enquêtés pour améliorer l'utilisation des services de CDV.

Il ressort du tableau n°15 que beaucoup de propositions ont été


recommandé pour améliorer l’utilisation des services de CDV. 50,7%
disent d’accentuer la sensibilisation des populations, 14,4% disent
d’accroitre le nombre de formations sanitaires assurant les services de
CDV, les suggèrent d’utiliser les médias pour faire la promotion de
l'utilisation du CDV, d’implanter les centres de dépistage dans chaque
avenue.
Les résultats issus des prestataires sur le CDV, les données du
tableau n°16 ont montré que 70% des prestataires travaillant
régulièrement aux services de CDV sont des infirmiers A1, 60% ont une
ancienneté comprise entre 3 à 6 ans, 90% ont bénéficié d’une formation
supplémentaire sur le conseil de dépistage volontaire, un système de
permanence, 100% disent qu’il y a des supervisions de CDV de la part
de l’EDC et un approvisionnement des réactifs et consommables, 70%
ne reconnait pas une motivation en dehors du salaire.

L'absence de permanence des services de CDV et la non-exécution


des activités de CDV les jours non ouvrables seraient de nature à réduire
l'accès au CDV et partant, les désirs des populations de découvrir leur
statut sérologique VIH. Car, certaines populations voudraient profiter
des heures de moindre affluence pour venir se faire dépister à cause de la
crainte d'être stigmatisées. Cependant, le fait qu'on ne leur offre pas cette
possibilité inhiberait leur volonté d'utiliser les services de CDV.

22
SAWADOGO J.N, Op. cit, p41
23
ZIGANI, Op. cit, p52
120
Des résultats similaires ont été trouvés par SESSOUMA N. A.
dans son étude où il affirme que 79% des agents déclarent qu'ils n'ont
jamais pris part à une réunion de service24.Nous partageons alors, le
point de vue du MCD qui pense qu'il faut doter de façon régulière les FS
assurant les services de CDV en tests rapides et en consommables. Cela
aura le mérite d'éviter les ruptures et d'améliorer l'utilisation des services
de CDV. Des difficultés émises par les prestataires des soins dans
l’exécution de leurs activités de CDV, les données du tableau n°17 ont
prouvé que 70% affirment qu’il n’y a pas respect de la déontologie
médicale, charge de travail élevée, les clients n’acceptent pas faire le test
de dépistage, non maitrise des techniques de dépistage avec les tests
rapides, manque de consommables, non-respect des heures de fermeture
par les clients, manque de motivation financière.

5. Conclusion
La présente étude à traité de « La problématique du dépistage
volontaire du VIH/SIDA dans la ville de Goma. Cas du centre de
dépistage volontaire de l’hôpital Heal Africa ». Globalement, ce travail
avait comme objectif de dégager les problèmes que pose le dépistage
volontaire du VIH/Sida dans la ville de Goma.
Spécifiquement, il vise à :
 Evaluer les connaissances de la population fréquentant l’hôpital Heal
Africa sur le VIH/SIDA ;
 Identifier les problèmes liés aux populations, entravant l'utilisation des
services de dépistage volontaire du VIH/Sida au Centre de dépistage
Heal Africa ;
 Déterminer les facteurs sanitaires entravant l'utilisation des services de
dépistage volontaire du VIH/Sida au Centre de dépistage Heal Africa ;
 Proposer une piste de solution pour amener la population à fréquenter
massivement le Centre de dépistage volontaire. Afin de recueillir
l’information dont nous avions besoin, nous avons fait recours à un
certain nombre de méthodes et techniques, telles que les méthodes :

24
SESSOUMA N. Abdoulaye, Étude de la performance du système de surveillance
des maladies à potentiel épidémique dans le district sanitaire de Kaya, mémoire de
fin d'études, ENSP, 2003, 101 pages
121
descriptives, statistique, analytiques et les techniques : documentaire,
observation directe, questionnaire et enfin l’Interview et
l’échantillonnage.
A l’issue des analyses et interprétation des résultats, nous sommes
arrivées aux conclusions suivantes : Pour ce qui est des connaissances de
la population sur le VIH : 95.3% des enquêtés ont déjà entendu parler du
VIH/SIDA, 82% connaissent la voie sexuelle comme voie de
transmission du VIH, 76% indiquent que le port du préservatif en est un
moyen de la prévention du VIH/SIDA, 72% savent que le test de
dépistage permet de diagnostiquer le VIH/SIDA, 90% montre que les
avantages du conseil de dépistage volontaire est de connaitre le stage
sérologique du VIH. Ces résultats confirment notre première hypothèse.
Pour ceux qui est des problèmes liés aux populations entravant
utilisation des services de CDV : 80% des enquêtés montrent que la peur
de connaitre le statut sérologique positif, 14,7% évoquent la peur d’être
stigmatiser et le reste disent qu’il ny a pas de confidentialité de la part du
personnel soignant, 42% ont un jour vu une PVV être discriminée dont
61,9% confirment que tout la famille, les amis et les voisins du PVV la
discriminent. Ces résultats prouvent que la deuxième hypothèse est
confirmée.
S’agissant des facteurs sanitaires : 90% des prestataires des soins ont
reçu une formation sur le conseil de dépistage volontaire, 70% disent que
la charge de travail est élevée, le non-respect des heures de fermeture par
les clients, 60% ont dit un manque de motivation financière, 50% disent
qu’il n’y a pas respect du code anonymat du patient, 20% disent que les
prestataires ne maitrisent pas les techniques de dépistage avec les tests
rapides. Ces résultats prouvent que notre troisième hypothèse est
confirmée.
Des suggestions données par les enquêtés pour améliorer
l'utilisation des services de CDV : 50,7% disent accentuer la
sensibilisation des populations, 14,4% disent accroitre le nombre de
formations sanitaires assurant les services de CDV, les suggèrent
d’utiliser les médias pour faire la promotion de l'utilisation du CDV,

122
d’implanter les centres de dépistage dans chaque avenue. Où, nous
disons que la quatrième hypothèse est confirmée.

Bibliographie
I. Ouvrages
1. Family Health International : Conseil et dépistage volontaire du VIH,
Cadre stratégique, Juin 2001,
2. Hellen Jackson : Sida Afrique, continent en crise, Asdi, Paris, 2004
3. ONU/SIDA : Cadre conceptuel et base d'action ; Stigmatisation et
discrimination associées au VIH / SIDA, Genève, 2003,
4. ONUSIDA, Impact du conseil et test volontaire : aperçu à l'échelle
mondiale des avantages et des difficultés, Genève, 2002,

II. Mémoire et TFC


1. Odette ROUAMBA, Dépistage du VIH et remise des résultats au
Burkina Faso, Mémoire de Maîtrise des Sciences et Techniques de Santé
Publique, Université de Bordeaux II, UFR de Santé Publique, 1994, 29p
2. ROUAMBA George, Les facteurs déterminant la faible fréquentation du
centre de dépistage volontaire du VIH/SIDA par les femmes en âge de
procréer dans la commune de Manga, mémoire de fin d'études, UO,
2006, 108 pages
3. SAWADOGO J.N., Dépistage sérologique volontaire du VIH :
connaissances et attitudes des jeunes dans la commune de Kaya, mémoire
de fin d'études, ENSP, 2003, 105 pages
4. SESSOUMA N. Abdoulaye, Étude de la performance du système de
surveillance des maladies à potentiel épidémique dans le district sanitaire de
Kaya, mémoire de fin d'études, ENSP, 2003, 101 pages
5. TRAORÉ Flore, Acceptabilité par les parents d'enfants hospitalisés en
milieu pédiatrique de Bobo Dioulasso : Guide à l'intention de
législateur sur le VIH/SIDA, 2013 consulté sur www.google.com
le 25 avril 2017
6. dépistage de l'infection à VIH, Thèse de doctorat, UO, 1997, 136
pages
7. ZIGANI Z., Etude des facteurs expliquant la faible utilisation des services
de CDV du VIH dans la ville de Ouagadougou par le secteur informel :

123
cas des personnes exerçant dans le petit commerce, mémoire de fin
d'études, ENSP, 2004, 100 pages
III. Revues et rapports
1. Department for International Development (DFID),
communitybased approches to voluntarytesting, report, Durban, South
Africa, 12 juillet 2000, 36 pages
2. ONUSIDA. Rapport sur lépidémie mondiale de sida 2015, page.78.
3. Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida
[ONUSIDA]. Rapport ONUSIDA sur lépidémie mondiale de sida
2013. Genève : ONUSIDA ; 2014.

IV. Webographie
1. VIH/SIDA, sur Wikipédia Commons, consulté le 05 mai 2017
2. OUEDRAOGO T.L. et al., Infection à VIH et modification des
relations sociales : étude auprès de 188 personnes infectées par le
VIH à Ouagadougou, cahier santé n°4, Ouagadougou, 2001, 4
pages. http:// www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/santé.pub
consulté le 10 juin 2017 ONUSIDA(VIP)

124
Causes et effets de la pollution atmosphérique sur les habitants de
la ville de Goma
par
Ndamwenge Bauma Déogratias
E-mail : [email protected]
Résumé
La pollution de l’environnement est particulièrement la pollution atmosphérique
et son impact sur la santé humaine suscite un intérêt grandissant dans les pays en
développement. Cet article s’inscrit dans cette thématique et constitue une étude
pionnière en RDC et en particulier à Goma Nord-Kivu, Chef-lieu de la Province.
Nos résultats ont montré que le Mazout et essence utilisé surtout dans les groupes
électrogènes installés dans chaque point de vente du carburant rejettent 24h/24h une
forte concentration en Benzène.

Autant des antennes de communication partout dans la ville utilisent les groupes
électrogènes et rejettent 24h/24 les mêmes particules dans l’atmosphère, des véhicules
usés aux services de transport en ville, les avions survolent intempestivement sur la
ville sans contrôle de la Q.A sur la ville. En évaluant tous ces méfaits, aucune analyse
d’échantillon des particules PM 2,5 et PM>2,5 reconnu et étudié un taux
normalement de particules fines.
L’appareil respiratoire constituant la principale voie d’exposition de l’homme à
ces particules atmosphériques, leur potentiel toxique non évalué au travers d’une étude
Invitro a mené sur des cellules épithéliales bronchiques humaines. Le déclanchement du
processus inflammatoire via l’induction de l’expression génétique et la sécrétion
protéique de cytokines prostoglandine thromboxane ne sont connus nulle part ou notés
par les chercheurs.

Mots-clés : effet de serre, pollution atmosphérique, smog


Abstract
Environmental pollution is particularly air pollution and its impact on human health
is attracting growing interest in developing countries. This article is part of this theme
and constitutes a pioneering study in the DRC and in particular in Goma North
Kivu, capital of the province. Our results showed that fuel oil and gasoline used
mainly in generators installed in each fuel outlet rejects a high concentration of

125
Benzene 24 hours a day. So many communication antennas all over the city use
generators and release the same particles into the atmosphere 24 hours a day, from
used vehicles to transport services in the city, the up streams fly over the city untimely
without Q.A control over the town. By evaluating all these harms, no sample analysis
of PM 2.5 and PM>2.5 particles recognized and studied a normal level of fine
particles. Since the respiratory system is the main route of human exposure to these
atmospheric particles, their toxic potential was not assessed through an Invitro study
conducted on human bronchial epithelial cells. The triggering of the inflammatory
process via the induction of gene expression and protein secretion of prostaglandin
thromboxane cytokines is nowhere known or noted by researchers.

I. Introduction
Donner une visibilité à l’invisibilité, indiquer des chemins qui
passent au-delà de l’impasse, voilà les défis relevés par les auteurs de ce
dossier consacré aux polluants de l’air que nous respirons, des objets que
nous côtoyons, des aliments et boissons que nous consommons. Le
sujet est vaste et fait l’objet des controverses concernant la réalité des
effets de ces polluants. C’est bien compréhensible, les avancées de la
science sont davantage nées des controverses que des consensus. De
plus, les questions de santé publique et individuelle soulevées ici portent
sur des troubles qui mettent en jeu divers facteurs autres que les
polluants, comme la constitution propre à chacun (nos gènes) et les
styles de vie.
Il serait dès lors simpliste d’attribuer aux seuls polluants
l’accroissement de la prévalence des troubles de la santé durant les
dernières décennies parallèlement à l’augmentation rapide du nombre et
des concentrations des substances chimiques dans notre environnement.
Il serait tout aussi simpliste de nier cette réalité et la démonstration de la
relation de cause à effet apportée conjointement par l’épidémiologie, la
toxicologie et l’endocrimologie, notamment, ce dossier à la particularité
d’être destiné à un lectorat pluriel. Que celui ou celle qui découvre ces
lignes soit citoyen lambda ; éducateur, soignant, défenseur de la santé ou
de l’environnement ou encore législateur, il ou elle pourra y trouver de
quoi mieux connaitre, mieux comprendre et mieux agir dans ce domaine.

126
Le Scientifique que je suis à bien conscience que les questions
évoquées ici n’appartiennent pas à un domaine précis de la science et
nécessitent les regards croisés de différentes disciplines. C’est tout aussi
vrais pour la prise de conscience du problème des polluants et la
construction des solutions. Ces démarches relèvent d’un partenariat entre
les divers constituants de la société, depuis le responsable politique
jusqu’au citoyen responsable. Gageons que cet article incitera chacun à
apporter sa pierre à la construction de cet édifice, ambitieux qu’est un
environnement respectueux de notre santé et celle des générations qui
nous suivent. Dans certaines agglomérations comme de Los Angeles ou
Athènes, située dans des régions ensoleillées, il se forme fréquemment
une couverture grisâtre renfermant des gaz toxique est connu sous le
nom de « smog ».

Ce genre de pollution commence à s’installer dans d’autres grandes


villes Européennes comme à Paris, ou plusieurs alertes à la pollution ont
déjà eu lieu. L’épisode de smog qui a servi à Londres en décembre 1952 a
causé la mort d’environ 4000 personnes. Cette pollution atmosphérique
est responsable d’un nombre croissant d’affections respiratoires surtout
chez les enfants et les adultes fragiles. Les coûts induits par la corrosion
des métaux des pierres et d’autres matériaux par l’air pollué des villes
étaient déjà estimés à 500 millions d’euros par an en 1980.

La santé environnementale recouvre les aspects de la santé


humaine y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par les
facteurs physiques, biologiques, sociaux et psychosociaux de
l’environnement, celui-ci comprend les aspects théoriques et pratiques de
l’évaluation de la correction, du contrôle et de la prévention des facteurs
environnementaux qui peuvent potentiellement affecter de manière
adverse la santé des générations présentes et futures. (OMS 1993).
Il s’agit donc de prendre en compte l’ensemble des facteurs
environnementaux susceptible d’avoir des conséquences notoires sur la
santé humaine, la qualité extérieure et intérieure, le bruit des transports,
les polluants chimiques, la qualité des eaux de surfaces et souterraines, les
ondes électromagnétiques, les changements climatiques, il est possible de

127
classer les éléments ayant trait à la santé environnementale en plusieurs
catégories selon les types des polluants (substances chimiques, ondes
électromagnétiques, bruits, etc) ou leurs recteurs (air, eau, sol) mais aussi
leurs cibles (la femme enceinte, nourrisson, le personne âgée, etc).
Notre grande réflexion sur la pollution atmosphérique est focalisée
particulièrement sur les nuisances causées par les polluants à l’endroit des
habitants de la ville de Goma. Certaines mesures ne sont pas prises afin
de préparer et de protéger la population sur les risques liés à la santé
humaine :
Ainsi, nous nous sommes posé des questions suivantes :
1. La pollution atmosphérique et ses nuisances est-il un phénomène
connu par les habitants de la ville de Goma ?
2. Le Ministère de l’environnement en RDC connait-il les effets de la
pollution atmosphériques causés par le O2, CO2, et NO2 en milieu
urbain ? les informations, communications sur la pollution de l’air et
les moyens de lutte existent-ils ?
3. Les mesures de surveillance de la qualité de l’air existent-ils ou sont-
ils entrepris par les autorités du pays pour la prévention de la
population contre les nuisances à la santé humaine globalement dans
les grandes villes en RDC ?

Dans nombreuses activités humaines polluent progressivement


l’environnement naturel de façon plus au moins visible avec beaucoup
des conséquences néfastes sur la santé humaine. La question de la
pollution atmosphérique au monde cause des dégâts irréparables jusqu’à
la destruction de la couche d’ozone, les centrales nucléaires partout dans
les zones avancées sont en compétition sur cette planète terre.
Plusieurs conférences sur la diminution des activités polluants
l’atmosphère à grande échelle incessant sans réparation, les retombés
sont directement sur les êtres humains qui en subissent les conséquences.
Dans une continuité des quelques recherches déjà effectues, notre sujet
est une interpellation et un appel à la prise de conscience sur les
habitants de la ville de Goma, de se prévenir contre tous les
inconvénients issus des polluants atmosphériques afin de lutter contre les
maladies graves sur l’appareil respiratoire et cardiovasculaire causé par les
128
substances nocives provenant de monoxyde de carbone, dioxyde
d’azote, dioxyde nitreux et plusieurs autres polluants, mais aussi nous
avons pensé que :
1. Les habitants de la ville de Goma seraient informés normalement
sur les conséquences et nuisance de la pollution atmosphérique en
milieu habité ;
2. Le Ministère de l’environnement proposerait au gouvernement de la
RDC la loi sur la règlementation du degré de la pollution de l’air
causé par le NO2, le C2 et le CO2 en milieux urbain et publier sur le
journal officiel.
3. Des lois seraient élaborées et promulguées par les autorités du pays
sur la pollution de l’air et initié des projets d’installation des stations
de surveillance de la Q.A au profit des habitants et de prévenir à la
santé humaine en milieu urbain

2. Matériels et méthodes
2.1. Présentation du milieu d’étude
La ville de Goma est subdivisée en deux communes et une
superficie de 75 340 km² avec un peuplement démographique de plus de
1 275 441 d’habitants.

129
 Commune de Goma
Population 2016 % par Taux de
rapport masculi
Commu Quartiers Homme Femmes Garçons Filles Total à nité
ne s l'ensem
ble
1 Himbi 13969 13822 13298 15528 56617 6 48
2 Katindo 7489 6732 8651 9512 32384 3 50
3 Keshero 19882 22617 36440 39154 118093 13 48
4 Lac Vert 4991 5377 6630 8275 25273 3 46
5 Les 4470 4292 4250 3511 16523 2 53
Volcans
6 Mapendo 6245 6159 11307 11823 35534 4 49
7 Mikeno 8291 8329 9012 9295 34927 4 50

Sous/To 65337 67328 89588 97098 34 49


319351
tal

 Commune de Karisimbi
Population 2016 % par Taux de
rapport masculin
Commune Quartiers Hommes Femmes Garçons Filles Total à ité
l'ensem
ble
1 Bujovu 7146 8435 15140 15015 45736 5
49
2 Kahembe 5354 7137 6903 8953 28347 3 43
3 Kasika 11036 12562 16499 17831 57928 6 48
4 Katoyi 24307 25500 29593 34355 113755 12 47
5 Mabanga Nord 7274 9300 11591 15163 43328 5 44
6 Mabanga Sud 11762 15306 17368 18779 63215 7 46
7 Majengo 16470 15806 17368 18779 68423 7 49
8 Mugunga 3913 4183 6337 7676 22109 2 46
9 Murara 7101 7877 10602 12035 37615 4 47
10 Ndosho 6918 7009 42526 63893 120346 13 41
11 Virunga 5296 5638 5036 5333 21303 2
49
Sous/Total 106577 118753 178963 217812 622105 66 46

Ensemble Ville de Goma 171914 186081 268551 100 47


314910 956090

 Aspect géographique
Vu le décret-loi n°081 du 02 juillet 1998 portant organisation territoriale
et administrative de la RDC tel que modifié et complété par le décret-loi

130
018/2001 du 28 septembre 2001, vu l’ordonnance loi n°88-176 du 15
novembre 1988 portant création de la ville de Goma.
Vu l’ordonnance loi n°85-127 du 22 mai 1989 fixant le nombre la
dénomination et la délimitation des communes et quartiers de la ville de
Goma, ainsi la ville de Goma est délimitée de la manière suivante :
Au nord par la chefferie de Bukumu, à l’Est par la République
Rwandaise, au Sud par le lac Kivu, à l’Ouest par le territoire de Masisi.
2.2. Méthodes et techniques utilisées
A. Techniques
Pour réaliser cette réflexion, nous avons recouru aux techniques
suivantes :
f)Technique documentaire : Nous avons consulté plusieurs ouvrages
pour nous rendre compte de ce que les autres ont déjà fait ;
g)Technique d’interview : nous avons contacté et entretenu avec la
population des différentes secteurs, hôpitaux, institution publique, dans
différents ministères et leurs cadres, ONG local pour notre
investigation ;
h)Technique de questionnaire
La remise des questionnaires à un échantillon de la population, des
Autorités Politico-administratives des Divisions de la Santé & de
l’Environnement pour répondre à notre recherche ;
i)Technique d’observation
Nous avons été en contact direct avec la population de la ville de
Goma, des autorités politiques et administratives notamment des
Divisions de la Sante & Division de l’Environnement et les responsables
de HGR pour recueillir les données nécessaires à notre étude.
j)Technique d’échantillonnage
Notre échantillon était de 50 enquêtés choisies selon leurs tranches
d’âge et dix enquêtés pour les autorités administratives de la ville sur une
population de 1 275 441 habitants, avec une superficie de 75 340Km².
Pour sélectionner cette échantillonnage, nous avons procéder par la
démarche ci-dessous :
 Entretien avec les autorités et les responsables des Entités
concernées par la pollution de l’air pour leur expliquer le bien
fondé des études et obtenir leur accord.
131
 Souscription des populations à l’étude selon leur propre
consentement après éclaircissement. Cette souscription nous a
permis de sélectionner 60 enquêtés qui constituent l’échantillon
de la présente étude.
 Taille d’échantillon
Pour calculer la taille de l’échantillon, nous avons utilisé la
technique de l’OMS qui accepte la viabilité d’un résultat pour une taille
comprise entre 1 à 10 de l’échantillon sélectionné d’une manière aléatoire
simple.
 Critère d’étude pour le choix de l’échantillon
Deux critères ont été pris en compte : le premier critère basé sur la
connaissance scientifique en milieu en tant qu’habitants de la ville à partir
de l’âge de 21 à 30 ans, de 31 à 40 ans, de 41 à 60 ans, de 61 à 70 ans ; le
deuxième critère est celui du responsable ou autorité de la ville pouvant
contribuer aux résolutions des problèmes dans son ensemble dans la ville
de Goma.
B. Méthodes
Pour l’analyse des données de notre réflexion, nous nous sommes
servi des méthodes ci-après :
c. Méthode descriptive : qui nous a aidé à décrire notre milieu
d’étude avec précision
d. Méthode analytique : cette méthode nous a facilité dans
l’analyse de la situation actuelle sur l’insuffisance des
informations et des connaissances sur la pollution
atmosphérique même la pollution des eaux en milieu urbain
et ses environs.
Dans le temps nous avons pris en considération les données
comprises entre les années 2010-2021. Période de l’épanouissement de la
ville, période d’une forte densité démographique et exode rurale après
plusieurs guerres en RDC. De 1990-2010.
3. Revue de la littérature
Respirer est le premier besoin de base de l’être humain. Nous ne
choisissons pas l’air que nous respirons. Même si une personne décide

132
de vivre dans un environnement où l’air est réputé pour sa qualité,
les besoins de la vie sociale l’amènent à se déplacer dans des endroits
exposés à la pollution.
De plus, l’air n’est pas stable, il se mélange sous l’effet du vent, des
gradients, des températures et de pression. A moins d’habiter une région
très peu densément peuplée comme la partie septentrionale des pays
nordiques, il est fort difficile de se soustraire à la pollution de l’air.
Quand bien même quelques individus ou groupes humains y
parviendraient, le problème social et l’environnemental n’en serait pas
réglé pour autant, le fonctionnement actuel des sociétés occidentales est
générateur d’une importante pollution de l’air et l’immense majorité de la
population en subit les effets.
Selon l’Agence Européenne de l’Environnement, « En dépit
d’améliorations considérables durant les dernières décennies, l’Europe
est encore loin d’atteindre des niveaux des qualités de l’air qui ne posent
pas des risques inacceptables aux humains et à l’environnement. La
pollution de l’air est le premier facteur de risque environnemental de
mort prématurée en Europe ». De plus, « la pollution de l’air augmente
l’incidence d’un large éventail des maladies (par exemple des maladies
respiratoires, cardiovasculaires et le cancer) avec des impacts sur la santé
à court et long terme) ». La pollution de l’air est le premier facteur de
risque environnemental pour la santé humaine en Europe.

Selon l’OCDE : « le coût des impacts de la pollution de l’air


extérieur sur la santé-décès et maladies dans les pays de l’OCDE était
d’environ 1700 milliards de dollars en 2010. Les informations disponibles
suggèrent que le transport routier est responsable d’environ 50% de ces
coûts, soit près de 1000 milliards de dollars ». La pollution de l’air a par
ailleurs d’importants effets sur les écosystèmes. Elle peut également
entrainer des dommages aux bâtiments et au patrimoine architectural.

Enfin, plusieurs polluants atmosphériques agissent aussi sur le


climat planétaire. En Europe, les polluants atmosphériques les plus
problématiques en termes d’effets à la santé humaine sont les particules
fines (PM), l’ozone (O3) et le dioxyde (NO2). Par ailleurs le Benzo [a]
Pyrène (BaP-un indicateur pour les hydrocarbures aromatiques
133
polyclinique HAP), un cancérigène avéré, produit également des
dommages sur la santé, particulièrement en Europe de l’Est.
Certains sont dit « primaires » car directement émis dans l’air et d’autres
« secondaires » (tels l’ozone, le PM secondaire et les NO2 secondaire), car
issus des réactions impliquant certains polluants primaires.

Le PM sont soit directement émises sous forme des particules


primaires sont formées par oxydation et transformation d’émission
gazeuses primaire, lesquelles sont donc qualifiées de « précurseurs », des
particules secondaires les plus importants de ces « précurseurs sont le
dioxyde de soufre (SO2) et les Oxydes d’Azote NOX, l’ammoniaque
(NH3) et les composés organiques volatils (COV). Les particules fines
peuvent provoquer ou graver des maladies cardiovasculaires et
pulmonaires, induire des crises cardiaques et des arythmies, elles peuvent
affecter le système nerveux central et le système reproducteur et causer
des cancers. Leur effet létal est connu dans la législation Européenne :
« les particules émises par les véhicules sont susceptibles de se déposer
dans les alvéoles du poumon, ce qui peut entrainer l’apparition des
maladies respiratoires et cardiovasculaires et portant une mortalité
accrue ».
1.Résultat
Les résultats issus des causes de la pollution atmosphérique ont permis
de déterminer non seulement les effets négatifs sur l’environnement
urbain sur le plan écologique, sanitaire, mais aussi les activités intenses
des habitants de la ville par l’utilisation des engins roulants, groupes
électrogènes, cuisine moderne et cherche un mécanisme au préalable
d’équilibrer une vie habitable sur cette écologie par la diminution des
comburants émis par les automobiles usées en milieu urbain.
Etat physique de l’écologie et l’environnement urbain dans la ville de
Goma.

Pour vérifier l’hypothèse selon laquelle la population habitant dans la


ville de Goma serait informée de méfaits sur la santé humaine causé par
les activités de l’homme ayant une grande source de pollution
atmosphérique, cela avec une forte répercutions des maladies sur

134
l’appareil respiratoire avec cause de mortalité progressive depuis l’an
2000 à nos jours.
Après quelques décennies, il a été constaté et observé une épouvantail
épidémie d’une maladie pulmonaire avec une perte des vies humaines
sans connaitre la vraie cause de décès surtout pour les enfants de 1 à 5
ans et pour l’âge adulte de 45 à 70 ans. 94% de nos enquêtés ne savent
pas que le monoxyde de carbone, dioxyde de carbone, dioxyde nitreux,
peuvent être des éléments nuisibles sur la santé humaine, non plus la
pollution de l’air, cette partie nécessite une sensibilisation sur la
connaissance exacte de méfaits des polluants sur la santé humaine causés
par les engins roulants utilisés par l’homme pour son extinction.
Le Gouvernement congolais n’a pas des lois sur la règlementation de la
pollution de l’aire et d’autres substances nocives, ne prévoit ni les
installations ou équipements des matériels de mesure sur la qualité de
l’aire, ne fournit pas d’information à la population sur la pollution de
l’air, ni répondre à quelques questions comme « qu’est-ce que la
pollution, sa provenance », mais aussi ses conséquences sur la vie
humaine.
Selon nous dans cet article, la RDC reste sans législation sur la qualité
de l’air et en particulier dans la ville de Goma, chef-lieu de la province du
Nord-Kivu et demande tout un long processus pour concrétiser le projet
de nos hypothèses formulés dans cet article.
Tableau N° 1 répartition des enquêtés selon les communes
Commune effectif Fréquence
Total
M F
Goma 15 5 20 50%
Karisimbi 15 5 20 50%
Total 30 10 40 100%
Source : Données du terrain (2021)
Dans ce tableau la répartition est équitable selon le 2 communes à 100%

135
Tableau N°2 répartition d’enquêtés selon les catégories.
Catégorie d’enquêtés Effectif Fréquence
M F Total
Cadre administratif de 4 -
division provincial de la 4 33,3%
santé.
Cadre administratif de ² -
division provinciale 4 33,3%
d’environnement.

Député provincial 4 -
4 33,3%
Total 12
12 100%
Source : Données des enquêtés (2021)
Le résultat de ce tableau montre que la répartition selon les catégories est
de 33,3% par catégorie d’enquêtés.
Tableau N°3. Répartition d’enquêtés selon les professions
exercées.
Profession Effectif Total Fréquence

M F
Ministre de la Santé 1 1 25%
Ministre de 1 1 25%
l’environnement
Chef de Divi/santé 1 1 25%
Chef de 1 1 25%
Divi/Envi…
Total 4 4 100%
Source : Données du terrain (2021)
Ce tableau ressort les personnels selon leurs fonctions exercées dans
leurs entités administratives dont 25% de ministre de la santé 25%
ministre de l’environnement, 25% de chef de Divi/Santé 25% de chef de
Divi/environnement.

136
Tableau N°4 répartition d’enquêtés selon les tranches d’âge
Variable Effectif Total Fréquence
M F
De 21 à 30 12 1 13 26%
De 31 à 40 16 1 17 34%
De 41 à 60 15 1 16 32%
De 61 à 70 2 2 4 8%
Total 45 5 50 100%
Source : Données du terrain (2021)
De ce tableau ressort la tranche d’âge :
De 21 à 30 ans soit 26%, De 31 à 40 ans soit 34%, De 41 à 60 ans soit
32%. De 61 à 70 ans soit 80%.
Tableau N°5 résultat de la question sur la pollution de
l’atmosphère en milieu urbain.
Réponse Effectif Total Fréquences
M F
Oui 6 2 8 40%
Non 8 4 12 60%
Total 14 6 20 100%
Source : Données du terrain (2021)
Au vu de ce tableau, nous remarquons que 40% connait l’existence
sur la pollution atmosphérique, 60% ne le savent pas.

Tableau N°6 connaissance des causes et les méfaits de la pollution


atmosphérique en milieu urbain.
Réponse Effectif Total Fréquence
M F
Oui 10 10 20,83%
Non 38 38 79,17%
Total 48 48 100%
Source : Données du terrain (2021)
En vérifiant ce tableau ; il ressort que 2% de nos enquêtés sont souvent
les cause et le méfait de la pollution, 98% n’en sait rien.

137
Tableau N°7 connaissance scientifique, écologique et sanitaire sur
la pollution atmosphérique.
Réponse Effectif Total Fréquence
M F
Connaissance 7 2 9 18%
scientifique
Connaissance 8 1 9 18%
écologique
Connaissance 24 2 26 52%
sanitaire
Aucune 6 - 6 12%
connaissance
Total 45 5 50 100%
Source : Données du terrain (2021)
Au regard de ce tableau les résultats de nos enquêtés montrent que 18%
ont une connaissance scientifique, 18% ont une connaissance écologique,
52% ont une connaissance sanitaire et 6% n’en connaissent rien.

Tableau N°8 résultat de savoir les causes et les conséquences


néfaste de la pollution atmosphérique.
Réponse Effectif Total Fréquence

M F
Causes de la 10 6 16 44
pollution
Conséquences 2 2- 6
néfastes
Aucune 22 10 32 50
connaissance
Total 34 16 50 100%
Source : Données du terrain (2021)
Probablement ce tableau montre que 44% de la population savent les
causes de la pollution, 6% savent les conséquences néfastes de la
pollution atmosphérique, et 50% n’en connaissent rien.

138
Tableau No9: Résultats liés aux causes, risques et inconvénients
Réponse Total Fréquence
Effectif
M F
Les Oui - 1 1 2%
inconvénients
liés sur les
causes et les
conséquences
Non 45 4 49 98
Total 45 5 50 100%
Source : résultat du terrain (2021)
Il ressort de ce tableau que les inconvénients liés sur les causes et les
conséquences ne sont pas minutieusement connues par les habitants de
la ville et donc 98% ne sont pas informés.
Questionnaire à l’intention des autorités politiques et
administratives de la ville de Goma.
Tableau N°10 : avoir les idées sur les causes de la pollution
atmosphérique dans la ville de Goma et ses effets
néfastes.
Entité Réponse Effectif Total Fréquence
M F
Ville de Goma Oui 4 4 50
Non - - 2 20
Sous total
Commune de Oui 2 1 3 30
Goma Non
6 1 7 100%
Source : résultat du terrain (2021)
De ce tableau l’effectif montre que les autorités ont l’idée 50% le reste ils
n’ont pas de réponses à 50%
Tableau No11 : connaissances sur les pollutions atmosphériques
Entité Réponse Effectif Total Fréquence
commune Oui 2 1 3
de Non 2 1 3
Karisimbi
Total Total 2 1 100%
Source : Données du terrain (2021)
De même le comtat de ce tableau montre qu’à 100% ils ont l’idée mais ils
n’ont pas des solutions.

139
Tableau N°12 résultat relatif à la prise de décision sur les causes de
la pollution atmosphérique et ses effets néfaste sur la
population de la ville de Goma.
Réponse Effectif Total Fréquence
M F
Au service Oui - - -
environnemental et Non 4 - 4 100%
écologique
Total 4 - 4 100%
Source : Données du terrain MinEnv (2021)
Tableau N°13. Résultat de l’existence d’un service de la santé sur
le cas des maladies pulmonaires au sein de la
Division provinciale.
Réponse Effectif Total Fréquence
M F
Au service de Oui 2 1 3 100%
la santé Non -
publique.
Total 2 1 3 100%
Source : Données du terrain MiniSanté(2021)
IV. Discussion

Dans ce chapitre, nous jetons un regard critique sur les méthodologies


utilisées sur certains résultats en corrélation et qui contredisent les autres
études auxquelles nous avons fait allusion dans l’Etat de la question.

Réalisation
Les résultats issus de cause de la pollution atmosphérique ont permis
de déterminer non seulement les effets négatifs sur l’environnement
urbain sur le plan écologique, sanitaire. Mais aussi les activités intenses
des habitants de la ville par l’utilisation des appareils automobiles,
Groupe électrogène, cuisine moderne et chercher un mécanisme au
préalable. De remettre cette écologie par la diminution des comburants.

140
Dimensionnement d’un réservoir pouvant desservir en eau potable
la population de la ville de Goma. Cas du quartier Mabanga nord /
commune de karisimbi
Par

Kakule Mutsopi Flory25


Résumé
Cette recherche porte sur le dimensionnement d’un réservoir pouvant desservir en
eau potable la population de la ville de Goma, Commune de Karisimbi, Cas du
Quartier Mabanga-Nord. Le réservoir étant un récipient consistant à recevoir des
fluides (l’eau, huile, essence, …), cet article focalisera son attention sur la
construction d’une citerne en béton armé de forme circulaire pouvant desservir de l’eau
potable à un bon nombre de la population de la ville de Goma, Commune de
Karisimbi, Cas du Quartier Mabanga-Nord. Cette recherche poursuit l’objectif
d’apporter une contribution à la résolution des problèmes d’Alimentation en Eau
Potable.
Mots clés : Dimensionnement, Réservoir, eau potable, gestion, …
Abstract
This research deals with the sizing of the reservoir or the tank which can store and
serve potable water to the population of Goma town; in the north of Karisimbi
township, case of Mabanga quarter. The tank or reservoir, being a container for
receiving fluids (water, oil, fuel or gasoil,); this paper will focus its attention on the
building of a cistern in reinforced concrete of circular form that can serve in potable
water a good number of the population of Goma town, in north of Karisimbi
township, case of Mabanga quarter. This research carries on the objective to bring a
contribution to the resolution of problems about feeding or alimentation in potable
water.
Keyswords: Sizing, tank (reservoir), potable water, management, …

25
Assistant à l’Institut Supérieur Pédagogique et Technique de Goma

141
I. Introduction
L’eau est une source de la vie et de développement, comptée parmi les
richesses naturelles les plus précieuses avec une importance considérable
pour le développement sociale et économique du pays, de toute contrée.
L’expansion démographique et l’élévation du niveau de la vie ont
engendrés une demande relative à l’augmentation de la quantité de l’eau
potable sans cesse.

À cet effet plusieurs régions de la République Démocratique du


Congo en général et celles de la province du Nord-Kivu en particulier
souffrent d’une insuffisance de l’approvisionnement en eau potable.
Voilà pourquoi, nous avons vu qu’il était nécessaire de mener une étude
de cette catégorie pour apporter notre contribution tant soit peu à la
science. Dans ce cadre notre thème dans cet article est intitulé
: Dimensionnement d’un réservoir pouvant desservir en eau potable la population de
la ville de Goma. Commune de Karisimbi. Cas du Quartier Mabanga Nord.
Retenons qu’avant tout projet d’alimentation en eau potable, il faut
connaître le régime de consommation de l’agglomération qui est utile
pour le régime du travail des éléments du système et leur
dimensionnement.

En ce qui concerne notre recherche, la méthode la plus valable


pour la détermination du régime de consommation de l’eau potable dans
le Quartier Mabanga-Nord de la ville de Goma sera orienté sur l’étude
d’analyser le fonctionnement du système de distribution dans
l’agglomération existante. Par analogie avec cette méthode, on adoptera
un régime ou bien le graphique de la consommation d’eau pour
l’agglomération considérée.

Disons vrai que la préservation des ressources en eau est devenue


un enjeu partagé par l'ensemble de la population, la promotion,
l’économie, la maîtrise de la gestion et la distribution de l’eau ainsi que
les prélèvements pour effectuer des analyses deviennent indispensables,
notamment dans le domaine de l'alimentation en eau potable où la
dégradation de certains équipements devient parfois génératrice
d’importantes pertes. Pour mener cette recherche à bon port, certaines
142
questions auxquelles nous tenterons de répondre dans ce travail nous
viennent à tête :
 L’eau potable est-elle vraiment un besoin primordial pour la
population du Quartier Mabanga-Nord ?
 Qu’est-ce qu’il faut pour pallier les problèmes liés aux
carences d’eau potable dans ce dit Quartier de la Commune
de Karisimbi ?
 Quel réservoir faut-il mettre en œuvre pour garder cette eau
toujours potable ?
 Quels sont les mécanismes à prendre pour une bonne
gestion de cette eau potable ?
L’accroche-cœur de cet article est d’arborer une contribution à la
résolution des problèmes d’Alimentation en Eau Potable dans ledit
quartier.

II. Présentation du milieu d’étude


Le quartier Mabanga Nord est l’un des quartiers populaires de la
commune de Karisimbi. Ce dit quartier se trouve dans la province du
Nord-Kivu, ville de Goma. Ce quartier est délimité au Nord par le
quartier Majengo, au Sud par le quartier Mabanga Sud, à l’Est par le
Quartier Virunga et Ouest par le qartier Kasika. Nous avons choisi
mener nos recherches dans ce quartier car l’eau potable fait partie des
denrées rares pour les habitants. Il y a des coupures intempestives de
l’eau potable par REGIDESO.
Cette étude menée au cours de cette année permettra au décideur
de construire ipso facto un réservoir qui pourra desservir la population
de ce dit quartier en eau potable pour éviter les risques (noyades, viol,
vol des bidons, …) que courent certaines femmes et certains de ce
quartier. Voici ci-dessous une carte qui présente le quartier Mabanga-
Nord.

143
III. Résultats
III.1 Besoins en eau par catégorie 26
La consommation d’eau varie en fonction du type de
consommateur. Mais avant tout projet d’alimentation en eau potable, il
est nécessaire de procéder à un recensement détaillé de toutes les
catégories de consommateurs rencontrés au niveau d’une agglomération.
Pour l’étude de la ville de Goma précisément dans le Quartier Mabanga
Nord, il est nécessaire de se pencher sur différentes catégories de besoins
telles que : besoins domestiques, besoins sanitaires, besoins scolaires, besoins des
services, besoins socioculturels, besoins administratifs, besoins d’arrosages.

III.2. Choix de la norme unitaire de la consommation :

La quantité d’eau nécessaire à l’alimentation d’une agglomération


est généralement évaluée en litre par habitant et par jour, par carré de
surface de végétaux, par mètre cube, par tonne de productivité, par tête
d’animal, par véhicule. Cette quantité d’eau s’appelle la norme de
consommation, c’est-à-dire la norme moyenne journalière de la

26
M.ESCAND.L, Hydraulique générale, Tome II, Edition, Paris, 1971
144
consommation en litre par jour et par usager qui dépend de certains
critères dont les principaux sont :
- Le niveau de vie de la population ;
- Le nombre d’habitants ;
- Le développement urbain de la ville ;
- Ressources existantes.
Il est très difficile d’évaluer avec précisions les besoins en eau d’une
agglomération à cause de l’absence des systèmes de comptage au niveau
des réservoirs et des conduites de distributions.

III.3 Présentation du réservoir27


III 3.1. Définition

Un réservoir est une enveloppe, qui contient un liquide qui peut


être généralement de l'eau, soit potable (réservoir d'eau de la distribution
publiques), soit usée (eau d'égouts). Parmi les liquides autres que l'eau, les
plus courants sont : le lait, les hydrocarbures, etc.

Dans le cas des réseaux d'eau, le réservoir est un ouvrage


intermédiaire entre les réseaux d'adductions et les réseaux de
distributions. Ces derniers possèdent des débits non uniformes durant la
journée ; d'où le rôle du réservoir qui permet de gérer les débits selon la
demande.

III.3. 2. Rôle du réservoir


Les réservoirs sont réalisés pour le but de (d’) :
- Assurer une réserve tampon pour compenser les
écarts entre production et consommation ;
- Assurer les pressions nécessaires en tout point du
réseau ;
- Coordonner le régime d'adduction au régime de
distribution ;
- Jouer le rôle de brise charge dans le cas d'une
distribution étagée ;
- Lutter contre l'incendie ;

27
Jean-Loup Robert, Hydraulique urbaine, 2004
145
- Maintenir l’eau d’une température constante et
préserver des contaminations.

III.3.3 Emplacement du réservoir


L'emplacement du réservoir pose souvent un problème
délicat à résoudre. Pour cela, nous sommes amenés à tenir compte
des certaines considérations techniques et économiques suivantes :
- Il est préférable que l'emplacement puisse permettre une
distribution gravitaire, c'est-à-dire que la côte du radier doit être
supérieure à la côte piézométrique maximale dans le réseau.
- Pour des raisons économiques, il est préférable que son
remplissage se fasse gravitairement, ce qui implique qu'on
puisse le placer à un point bas par rapport à la prise d'eau.
(Dans le cas d’espèce, l’approvisionnement de notre réservoir
sera assuré par une force motrice)
- L'implantation doit se faire aussi de préférence, à l'extrémité de
la ville ou à proximité du centre important de consommation.
- La présence des reliefs dans la région peut faciliter,
l'implantation d'un réservoir semi enterré, qui sera toujours plus
économique qu'un réservoir surélevé
L’emplacement du notre réservoir est montré dans la figure 1.3.3

Figure 1.3.3 : Emplacement du réservoir


146
III.3. 5. Choix du type du réservoir

Notre étude dans le quartier Mabanga-Nord consiste à maintenir


un ouvrage de stockage d'eau pour satisfaire quantitativement les
consommateurs de cette contrée de l’eau potable dans l'avenir.
Le choix du type est basé sur les avantages suivants :
- Economie sur les frais de construction ;
- Etude architecturale très simplifiée ;
- Etanchéité plus facile à réaliser ;
- Conservation de la température constante de l’eau
emmagasinée.
On adopte pour notre cas un réservoir semi enterré.

III. 3.6. Détermination de la capacité de réservoir28

Pour satisfaire au rôle qu’ils doivent jouer, les réservoirs doivent


avoir une capacité suffisante. La capacité du réservoir doit être
estimée en tenant compte des variations des débits à l’entrée
comme à la sortie ; c’est-à-dire d’une part du mode d’exploitation
des ouvrages situés en amont et d’autre part de la variation de la
demande. Le plus souvent, la capacité est calculée pour satisfaire
aux variations journalières de débit de consommation en tenant
compte bien entendu du jour de plus forte consommation et de la
réserve d’eau destinée à l’incendie. Il est possible de réduire leur
capacité en calculant le volume minimum pour assurer la
continuité de la distribution. A la limite, le réservoir peut servir de
simple régulateur de pression en fonction du rythme
d’enclenchement de la pompe.

III.3.7 Principe du calcul29

Pour estimer la capacité d'un réservoir, nous devrons procéder :


- Soit à la méthode graphique, qui tient compte de la courbe de
consommation totale déduite, à partir des coefficients des

28
AYA, Alimentation en eau potable, 2009
29
M.MEUNIER, Les coups de bélier et la protection des réseaux d’eau, Paris,
1980
147
variations horaires de la consommation et de la courbe d'apport
de débit pompé.
- Soit à la méthode analytique qui tient aussi compte des débits
d'apport et des débits de départ
Pour notre projet et pour déterminer la capacité du réservoir
dans le quartier Mabanga Nord, on utilise la méthode graphique. Pour
cette méthode, nous allons faire le cumul de la production et celui de la
consommation et établir après une comparaison graphique, le volume du
réservoir qui est donné par la somme des valeurs absolues des deux plus
grands écarts entre les deux courbes (le plus grand écart positif et le plus
grand écart négatif). Cette méthode permet aussi de déterminer l’heure
du démarrage de la pompe au cas d’un fonctionnement discontinu.

IV. Discussion
IV.1 Détermination graphique de la capacité de réservoir30
La détermination de la capacité de réservoir par la méthode
analytique, exige deux régimes distincts :
Le régime de consommation de l'agglomération caractérisé par le
graphique de consommation.
Le régime d'apport à partir de la source vers le réservoir.
La capacité sera déduite à partir des résidus, entre le cumul
d'apport et de départ d'eau pour chaque heure, pendant 24
heures comme le montre le tableau ci-dessous, en ajoutant bien
sûr la réserve minimale destinée à l'incendie,
La réserve d’incendie est par définition, la réserve minimale d’eau
nécessaire pour l’extinction d’un sinistre moyen d’une durée de deux
heures avec un débit moyen de 60m3/h, en conséquence cette réserve
minimale à prévoir est de 120 m3
Le volume du réservoir total est donné par la relation suivante :
Vr= (|V+| + |V-|)/100 * Qmaxj + Vinc (m3)
Avec :
V- : La plus grande valeur négative de la différence entre le
volume entrant et le volume sortant ;

30
Mahmoud Moussa, Alimentation en eau potable, Tunisie, 2002
148
V+ : La plus grande valeur positive de la différence entre le
volume entrant et le volume sortant ;
Qmax.j : Débit maximum journalier entrant
dans le réservoir (m3/j) ; Vin : Volume
d’incendie =120 m3.
IV.2. Dimensionnement du reservoir
Pour ce qui est de notre réservoir, nous prendrons un réservoir
circulaire, les dimensions principales seront déterminées à partir de la
relation suivante :
V réservoir = S réservoir H réservoir=(πD² /4).H réservoir
Donc : D V réservoir
H réservoir

Avec :
Vréservoir : Volume du réservoir (m3) ;
Sréservoir : Section de la cuve du réservoir en (m2);
D : Diamètre du réservoir (m) ;
Hréservoir : Hauteur d’eau dans le réservoir (hauteur de la cuve en
m).
La hauteur « H » peut être variée entre (3 ÷ 6) m cette hauteur peut
atteindre (7 ÷8) m dans le grand ouvrage.
Dans notre
cas, on peut
prendre H =
5m Donc :
4*2500
D =25.23 m =25 m
Calcul de la hauteur du réserve d’incendie :
Vinc= Sréservoir * Hinc
D’où :
Hinc = Vinc / Sréservoir
Hinc : Hauteur de la réserve d’incendie dans le réservoir (m).
Vinc : Volume d’incendie (m3).

149
Tableau 2: Les résultats du calcul du réservoir :
V(m3) S réservoir H D réservoir V incendie H
(m2) réservoir (m) (m3) incendie
(m) (m)

2500 490,62 5 25 120 0,244

IV.3 Equipements du réservoir

Les équipements du réservoir seront disposés avantageusement,


dans une chambre de manœuvre accolée au réservoir, qui leurs permet
de remplir les différentes fonctions que nous l'attendons d'eux :
réception de l'adduction et départ de l'eau vers la distribution.

IV.4 Conduite d'arrivée


L’adduction est faite par refoulement, arrivée dans le réservoir en haut
par un siphon, ou par le bas placé à l’opposé de la conduite de départ,
afin de provoquer le brassage.

Figure 2.2 : Conduite d’adduction

IV.5 Conduite de départ (distribution)


150
C’est la conduite qui véhicule l’eau du réservoir (cuve) vers
l’agglomération. Son orifice sera disposé à l’opposé de la conduite
d’arrivée ; elle est placée à quelques centimètres (15÷20 cm) au-dessus du
fond de la cuve, pour éviter l’introduction de matières en suspension de
l’air.

Cette conduite est équipée d’une vanne permettant la fermeture


rapide en cas de rupture.

Figure 2.3 : Emplacement de la conduite de distribution

IV.6 Conduite de vidange31

Elle permet la vidange du réservoir, en cas de nettoyage ou


d’éventuelles réparations, il est nécessaire de prévoir la vidange au moyen
d’une conduite généralement raccordée à la conduite de trop –pleine.
Elle est munie d’un robinet vanne qui doit être nettoyé après chaque
vidange pour éviter le dépôt de sable qui entraîne une difficulté de
manœuvre. On a intérêt à n’effectuer cette vidange que sur un réservoir
préalablement presque vidé en exploitation.

31
AYA, Alimentation en eau potable, P.234, 2009
151
IV.7 Dimensionnement de la conduite de vidange

Le calcul de cette conduite est mené comme le calcul d’une conduite


courte ; de plus on suppose que le débit d’apport est nul (arrêt de
pompage).

Le débit de vidange est donné par la formule suivante :

Q A0 gh

Avec : Ao : Section de conduite de vidange (m2).


H : Hauteur d'eau (m) ;
G : l'accélération de la pesanteur (m/s2) ;
Μ : Coefficient du débit (m3/s)
IV.7.1 Procédé de calcul de la conduite de vidange :

Le procédé de calcul de la conduite de vidange est effectué comme


suit :
 On suppose un diamètre de la conduite de vidange.
 Calcul le coefficient du débit μ.
 Déterminé le débit de vidange.
 Calcul le temps de vidange.
 Calcul de la vitesse moyenne de vidange.
 Vérifie le régime d’écoulement.
Le choix de diamètre de la conduite est basé sur les conditions suivantes:
 La vitesse de vidange est inférieure à 5 m/s.
 Le temps de vidange est inférieur à 2 heures.
 Le nombre de Reynolds est supérieur au nombre de Reynolds
critique.
IV.7.2 Calcul du temps de vidange
Le temps de vidange est donné par la formule suivante :
Tel que Vr : le volume du réservoir en (m3).
Q0 : le débit de vidange en (m3/s).

152
Remarque :
La longueur de la conduite de vidange est de L=10 m, en PEHD, on
choisit une gamme de plusieurs diamètres D =150, 200,250 ,300 mm, et
on suppose que le régime d'écoulement est turbulent c’est-à-dire :
Re : nombre de Reynolds ;
Recr : nombre de Reynolds critique ;
C : coefficient de Chézy C - 1 R1/6
n
n : rugosité des matériaux n = 0,012 ;
R : rayon hydraulique, R=D/4 pour section circulaire ;
D : diamètre de la conduite (m) :
Rugosité absolue (=103m).

2.6. Matérialisation d'une réserve d'incendie 32


C'est une disposition spéciale de la tuyauterie qui permet
d'interrompre l'écoulement, une fois le niveau de la réserve d'incendie est
atteint, pour cela ; nous avons un intérêt à équiper notre ouvrage, d'un
système à siphon permettant de transiter l'eau du réservoir tout en
préservant la quantité destinée pour l'incendie. Cette interdiction sera
bien entendu, levée par une manœuvre manuelle, effectué sur place ou à
distance en cas d'incendie. Autrement dit, un évent d'un siphon interdit
l'utilisation de l'eau au-dessus d'un niveau défini au préalable.
Le système de fonctionnement est le suivant :
- Fonctionnement normal : Les vannes 1 et 3 : ouverts et 2 fermée.
- Cas d'incendie : Il suffit d’ouvrir la vanne2.

32
Cours en ligne hydraulique urbaine, INBTP, cours inédit, 2020
153
Figure 2.6 : Matérialisation de la réserve d’incendie
2.7. Entretient des réservoirs
Les structures du réservoir doivent faire l’objet d’une surveillance
régulière en ce qui concerne toutes les fissures éventuelles que les
phénomènes de corrosions sur les parties métalliques en raison de
l’atmosphère humide qui y règne.
Un soin particulier est à apporter au nettoyage des cuves ;
opération comporte plusieurs étapes telles que :
- Isolement et vidange de la cuve et élimination des dépôts sur les
parois ;
- Examen et réparations des équipements ;
- Désinfection à l’aide des produits chlorés et remise en service ;
L’entretient des réservoirs au niveau de la ville de Ain Beida est
existant mais il est irrégulier.
Résumons ce sous point en disant que la capacité du réservoir
dimensionné au niveau de la zone d’étude est de 2500 m3, alors que le
volume régularisé d’après les calculs est estimé à VR = 2190,35 m3.

Donc le volume d’eau stocké est largement assuré pour


l’agglomération du POS "A" de la ville de Goma au quartier Mabanga
Nord pour l’horizon d’étude.

154
V Recommandations pour la gestion du réservoir d’eau potable33
V.1. Définition
La gestion est définie comme étant une politique, permettant de gérer
un bien dans un état spécifié, ou en mesure d'assurer un service
déterminé. Donc gérer, c'est veiller aux opérations qui permettent de
conserver le potentiel du matériel, d'assurer la continuité de la
production et entretenir les ouvrages et les équipements ; bien gérer c'est
aussi assurer une opération à coût global minimum.
V.2 But de la gestion
La gestion des systèmes d’A.E. P a pour but :
 D’assurer la pérennité des ouvrages par des opérations de
l’entretien.
 D’assurer le diagnostic courant des réseaux et des ouvrages
mécaniques par des interventions de nettoyage, et de
maintenance,
 L’exploitation par la régulation des débits et la synchronisation :
relevage, traitement, stockage et distribution…
V.3. Importance de l'entretien et de la maintenance
Pour la qualité du service et son coût pour l'usager, le poids d'un
entretien est d'une maintenance efficace et considérable. Le coût de cette
partie, face aux charges d'amortissement et de financement, peut varier
de 25% à plus de 50% selon la durabilité des ouvrages, la nature des
matériaux, et les conditions du financement. L'expérience du gérant
permet de limiter les coûts, tout en maintenant l'efficacité et la sécurité à
la desserte.
V.4. Maintenance :
La maintenance est un ensemble des mesures servant à préserver
l'état initial ainsi qu'à constater et évoluer l'état réel des dispositifs
techniques, d'un système d'alimentation en eau potable : en procédant

33
cours VRD pour élève ingénieur
http://www.doc-etudiant.fr/Methodologie/Outils-danalyse/Cours-Cours-vrd-detaille-
introduction-37195.html

155
régulièrement aux opérations d'entretien, d'inspection et de remise en
état.

V.4. 1. La Maintenance Préventive


La maintenance préventive est une programmation pour les
opérations qui sont susceptibles de se produire au fil du temps.

V.4.2. Maintenances curatives


Elle consiste à la remise en état d'un équipement ou d'une installation,
à la suite d'une défaillance ou à une mise hors service accidentelle totale
ou partielle.
V.4.3. L'entretien courant
Cela concerne les opérations qui interfèrent les plus souvent avec le
fonctionnement quotidien de l'installation telle que les mesures de
surveillance, de contrôle et de détection des anomalies (bruits, fuites
etc.…).
V.4.4. L'entretien préventif systématique :
Il s'agit d'un programme minimum obligatoire dans la mesure où
 Son coût est inférieur aux dépenses de dépannage ou de
renouvellement.
 La mise en œuvre est indispensable pour assurer aux
équipements une durée de vie normale.

V.4.5. L’entretien préventif exceptionnel


C'est un préventif qui n'a pas été programmé longtemps à l'avance
(démonter une vanne, à la suite d'une détection des fuites significatives
par exemple.

V.4.6. Gestion technique et suivi générale des installations


La gestion d'une telle installation, d'un système d'alimentation en eau
potable nécessite, un suivi général des installations, de contrôle et
d'inspection. Les opérations de contrôle et inspections pour les ouvrages
et les accessoires sont :
 Contrôle hebdomadaire.
 Fonctionnement des accessoires.
 Etanchéités des conduites, vannes, robinetterie.
156
 Essai de fonctionnement des équipements de secours et
auxiliaires.
V.4.7. Gestion des ouvrages de stockages 34
Le problème d'exploitation ou de la gestion des réservoirs résulte, le
plus souvent du manque d'entretien et de contrôle de ces derniers. Les
équipements susceptibles d'être installés dans un réservoir et leur
fonction sont indiqués dans le tableau suivant :
Tableau 3.4.7 : Equipements des réseaux de distribution
Fonctions Equipements

 Clapet
 Vidange
 Vanne à fermeture lente
 Equipement de trop plein
Hydraulique  Siphon pour réserve
d'incendie
 Compteur
 Canalisation de liaison
 Purgeur d'air

 Débit
Exploitation  Niveau

 Equipement pécial pour


nettoyage
Nettoyage  Trappes de visite pour le
personnel
et le matériel
 Eclairage
Entretien  Joint de montage
 Appareil de manutention

Généralement, les opérations de contrôle et d'inspection sur les ouvrages


de stockage sont :

34
Philippe Colbach, Conception des réservoirs de distribution d’eau, 2006
http://storage.canalblog.com/86/73/32427/32353642.pdf
157
 Contrôle hebdomadaire.
 Contrôle semestriel.
Conclusion
Notre étude a englobé tous les points qui touchent le plan
spécifique à la réalisation d’un projet d’alimentation en eau potable dans
la ville de Goma. Cas du Quartier Mabanga-Nord, Commune de
Karisimbi. Nous signalons que durant notre étude, une priorité a été
donnée surtout au côté technique pour assurer une pression convenable
et un débit suffisant aux abonnés. Après une analyse sur le site d’étude,
une estimation détaillée de totalité des besoins à l’horizon d’étude est
faite pour déterminer les différents débits (débit maximum journalière,
débit maximum horaire), ces débits nous a permis de dimensionner le
réseau de distribution, réservoir et l’étude de l’adduction.
Cette étude nous a permis de mettre en pratique, toutes les
connaissances que nous avons acquises dans tous les domaines de
l'hydraulique durant notre cycle de formation, et elle nous a permis de
découvrir le monde professionnel par la réalisation d’une telle étude à
partir des données réelles.
Références Bibliographiques
A. Les livres et journaux
1. Alouache Djamel, Etude du système d’alimentation en eau potable de la
ville de Mouzaia (w.Blida) , ENSH, 2003
2. Dunod F. Bernard, Eléments de construction à l’usage de l’ingénieur,
(Organes pour fluide), 4è édition (1969) 237
3. H. Aya, Alimentation en eau potable, 2009
4. Henri Charlent, Traité de plomberie, Garnier Technique, (1984), 14è
édition, 860 pages
5. J.L Frejacques, Etude sur les ouvrages d’art en zone sahélienne tropicale,
1966
6. M.Escand.L " Hydraulique générale", Tome II Edition, paris 1971.
7. M.meunier, "Les coup de bélier et la protection des réseaux d’eau, Paris
1980.
8. Mahmoud Moussa, Alimentation en eau potable, Tunisie, 2002
9. Philippe Colbach, Conception des réservoirs de distribution d’eau, 2006

158
10. R.delebecque, Calcul des diamètres et pressions des installations tome1
11. R.delebecque, Dimensionnement des installations d’eau chaude sanitaire
tome III, SDTBTP, 1969 (110 pages)
B. Les cours
1. Cours en ligne hydraulique urbaine
2. Cours VRD pour élève ingénieur
3. Jean-Loup Robert, hydraulique urbaine, 2004

159
Étude de réhabilitation de la route nationale numéro deux par la
méthode de HIMO. Cas du tronçon Sake-Bweremana
Par

Kakule Mutsopi Flory35, Mbaraga Makamba Justin36, Munphano Baroki37


et Emery Wetemwami Baroki René38
Résumé
L’objet de notre étude dans cet article s’inscrit dans la stratégie de
développement du secteur de transport prôné depuis d’une vingtaine d’années
maintenant par le gouvernement de la République Démocratique du Congo. Dans ce
présent article, nous nous assignons comme objectif de voir comment aménager par la
méthode HIMO la route nationale numero2 pour que la population locale ait accès à
son auto-prise en charge. Poursuivant dans cet angle d’idée, nous démontrerons les
avantages que présentent les techniques HIMO dans les travaux de réhabilitation ;
l’organisation d’un chantier HIMO et l’exécution des travaux.
Mots-clés : Route, Réhabilitation, méthode HIMO, terrain, …
Abstract
The objective of our study in this paper taken in the development strategy of extoled
transportation from a score of twenty years now by the government of the Democratic
Republic of Congo. In the present paper, we settled an objective to see how to fit or
arrange by the method of HIMO so that the local population may have success on the
self-feeding. Following this point of view, we will see the advantages or benefits
presented by the techniques of HIMO in the work of rehabilitation organization of
HIMO building site and accomplishment of the work.
Keywords: road, rehabilitation, HIMO method, Ground, …

35
Assistant à l’ISPT/Goma
36 Idem
37 Idem
38
Assistant à l’ISPT/Goma
160
1. Introduction
Ce présent article est intitulé « Etude de la réhabilitation de la Route
nationale numéro 2 par la méthode HIMO. Cas du tronçon Sake-
Bweremana. À ce qui concerne les réseaux routiers nationaux, les
processus d’instruction des projets d’investissement sont définis par
l’inscription au schéma directeur routier national jusqu’à la réalisation du
travail. Disons qu’un projet réseau routier suit différentes étapes d’études qui
permette d’en préciser progressivement les contenus ; les couts et les impacts.
Cela nous amène à dire qu’un réseau routier peut-être en terre ou revêtu. La
route en terre occupe une place importante dans le réseau routier congolais car
plus de 98% des routes sont en terre, contre 2% des routes revêtues.

Cet article s’intéresse à la situation démographique de laxe Sake-


Bweremana dans le territoire de Masisi qui est évalué à 48,73% de la
population du dit territoire. Voilà pourquoi notre objectif est de voir
comment aménager cette route par la méthode HIMO pour que la population
locale ait accès à son auto-prise en charge. Pour mener cette recherche à bon
port, certaines interrogations ont été émises à savoir :
 Comment remettre la population au travail alors que le taux de
chômage avoisine environ 80% dans notre pays ?
 Comment peut-on éradiquer la pauvrette dans notre pays pour une
population dont les besoins les plus primaires ne sont pas satisfaits ?
Nous avons choisi ce sujet pour voir comment les autochtones
peuvent pallier tant soit peu la résolution de leurs difficultés. Pour y
arriver, la méthode HIMO39 constitue la réponse dans la mesure où elle
permet de :
 Lutter contre le chômage et la création d’emplois 3 à 5
fois plus d’emplois par rapport aux techniques fondées
mécaniques.
 L’auto-prise en charge des autochtones du fait de leurs
implications dans les processus du développement mais
aussi d’améliorer le revenu et le niveau de la vie
paysanne.

39
Ass. TABALA, Notes de cours de Techniques de HIMO, G3, INBTP, P.119
161
Pour récolter ces données, la méthode historique et la technique
d’observation ont été utilisées pour apprécier nos recherches.
1. Revue de la littérature
1.1. La route
S’appuyant à la définition du professeur Evariste PHANZU40, la route
est un ouvrage bâti sur la surface du sol comprenant aussi ; bien des couches de terre
(structure de la route), des dispositifs de drainage et/ou de franchissement qui
permettent aux véhicules de circuler en toute aisance et sécurité. »

1.2. Projet routier


D’après le Dictionnaire d’entretien routier, ce concept veut dire l’’étude qui
consiste à définir géométriquement des futurs itinéraires routiers ou des rectifications
des routes existantes, dans la condition optimale de moindre impactes sur
l’environnement ; tout en respectant les normes techniques et dans un souci du meilleur
rapport qualité-court. » (Dictionnaire d’entretien routier : 79) En ce qui
concerne les réseaux routiers nationaux, les processus d’instructions des
projets d’investissement sont définit par l’inscription au schéma directeur
routier national jusqu’à la réalisation du travail. Disons mieux qu’un
projet routier suit différentes étapes d’étude qui permette d’en préciser
progressivement les contenus ; les couts et les impacts.
1.3. Classification des routes
Selon l’agglomération urbaine et dans les campagnes ; les routes
sont classées en tenant compte de trois critère :
- Critère technique
- Critère administratif et juridique
- Critère fonctionnel
Cet article jette son dévolu sur le critère fonctionnel, c’est-à-dire :
 La voirie de desserte locale
 La voirie artérielle sur laquelle on accorde la propriété à la
circulation (boulevards) et avenues)
 La voirie de distribution, qui se situe entre la voirie de desserte et
la voirie artérielle. Elle assure à la fois la circulation et la fonction
de desserte en rapport avec les critères ci-dessus

40
Evariste Phanzu, Op.cit,
162
Selon nos recherches menées, nous avons remarqué que le réseau
routier congolais comprend la :
 Route nationale (RN)
 Route provinciale
 Route de desserte agricole
 Route urbaines
1.3.1. Importance de la route
Jean-Loup Robert41 affirme que la route est importante sur
plusieurs plans :
I.I.I. Le plan social
La route facilite :
 Les communications et les fréquentations entre les hommes et
l’échange des cultures.
 L’implantation et l’accessibilité des infrastructures
communautaire (école, dispensaire, marchés, ...)
I.I.2. Le plan économique
La route permet :
 L’évacuation des produits agricoles vers les centres de
consommation,
 L’approvisionnement des campagnes en produits manufacturés
I.I.3. Le plan politico-administratif
La route nous facilite le contact entre les autorités politico-
administratives et leurs administrés.
2. Présentation de la méthode HIMO
2.1. Historique de la méthode HIMO42
Les programmes d’investissement à haute intensité de main d’œuvre
HIMO mis en place depuis des années 1970. Soulignons que le but
ultime de ce projet HIMO est d’influencer la politique d’investissement
dans le secteur du B.T.P (Bâtiment et de Travaux Publics) de manière à
obtenir un impact plus important sur la création des emplois et
l’éradication de la pauvreté en démontrant comment ces infrastructures

41
Jean-Loup Robert, hydraulique urbaine, 2004.
42
Evariste Phanzu, Op.cit , P.56
163
peuvent être créées et entretenues de manière rentable avec des
méthodes intensives en emploi et le programme durable dans la limite des
ressources d’investissement déjà existant.

Retenons en passant qu’en 1960, l’administration et les entreprises de


pays développés ont en général piégées la méthode mécanique à dominance
capitalistique alors qu’ils disposaient d’une main d’œuvre abondante et
manque des capitaux. LOIT et la banque mondiale ont dénoncé cette
tendance de politique de subvention sur les importations d’équipement et à
maintenir des niveaux de salaire au-dessus de la productivité marginale.
Disons que ces deux organisations ont soutenu la méthode HIMO qui se
distingue du point de vue social et économique parce que sous certaines
conditions elles étaient en fait plus compétitives du point de vue financier
2.2. Définition de la méthode HIMO
Le Dictionnaire de la route43 définit la méthode à haute intensité de la
main d’œuvre HIMO en sigle comme la réhabilitation des routes qui consiste
en une utilisation intensive de la force humaine dans les différentes opérations
des travaux routiers. » Il est toutefois important d’indiquer que bien l’accent
soit mis sur la haute intensité de la main d’œuvre ou recourt à la mécanisation
légère telle que le compacteur à rouleau vibrant à mains pour les travaux de
compactage, le tracteur avec remorques et de camions bennes ; basculantes
pour le transport de matériaux. Aussi est-il important de signaler que le travail
exécuté en recourant à la méthode HIMO est de nos jours dirigé par des
cadres formés, compétents et la population locale en tire actuellement son
compte en termes de rémunération et de l’utilisation de matériels légers,
simples et de bonne qualité.
2.3 Importance de la méthode HIMO44
La méthode HIMO joue un grand rôle sur le plan social, culturel et
économique.

43
Dictionnaire dentretien routier, 1988
44
Renaud, H., Ouvrage en béton armé, Paris, 2000
164
 Sur le plan social
La méthode HIMO joue un grand rôle sur le plan social car elle
contribue de manière significative à la réduction du chômage en donnant
du travail aux paysans qui de surcroit voient leur vie quotidienne être
améliorée. Cet état de chose contribue de facto à la réduction de l’exode
rural et même ainsi au secteur rural de conserver son potentiel.
 Sur le plan culturel
La méthode HIMO permet aux paysans d’acquérir des nouvelles
connaissances particulièrement sur le mode de gestion et de
comportement lorsqu’on n’a pas suffisamment de moyens ou de
capitaux costauds, etc.
 Sur plan économique
La méthode HIMO permet au trésor public d’utiliser rationnellement
les maigres moyens qu’il possède au lieu d’investir dans le gros projet
susceptible de générer des dettes qui vont les enchainer et le réduire au
rang des éternels assistés.

2.4. Avantages comparés des méthodes


Il est vrai que la méthode HIMO ne constitue pas la solution
magique appliquée à tout problème de routes son utilisation
conditionnée par plusieurs facteurs est plus indiquée pour les routes
d’intérêt local du fait de ses passibilités d’implantation des populations
locales.

165
Méthode mécanique Méthode HIMO

1. Cout de production à l’unité 1. Cout de production à l’unité assez


élevé dus aux frais d’utilisation bon
des engins
2. Bonne qualité de travail en
général 2. Qualités de travail limité pour
certaines opérations
3. Possibilité de produire plus
rapide 3. La vitesse de production est limitée à
la disponibilité et à l’organisation de
main d’œuvre
4. Création demplois : très limitée ;
4. Création d’emplois et augmentation
de revenu local directement
5. Faible implantation de
population locale 5. Possibilité de création de capacités
locales et lorganisation de lentretien

6. Spécificité des engins pour 6. Polyvalence de la main dœuvre


exécuter certains travaux

5. Les travaux d’amorçage


Ce tableau ci-dessous retrace les différents aspects d’amorçage des
travaux de la route.

166
Tableau N°1 : Normes usuelles de productivité

Figure : Tableau N°1 : Normes usuelles de productivité


N° ACTIVITES PRODICTIV OUTILISAGE OBSERVA
ITE TION

I. PREPARATION

1. Débroussaillage 100 à Machettes, coupe-coupe, Suivant la


250m2HJ houe, stick densité de la
végétation

2. Décapage 100 à 200m Pelles, houes, râteau, Suivant la


brouettes densité et la
nature de la
végétation

3. Abattage arbre Suivant Pioches, pelles haches, Petit arbre


lexpérience bèches, scie, corde m2

Grand arbre
167
en nombre

4. Dérochage Suivant Marteau, masse cour, Tenant


lexpérience pioches, barre à mine compte de la
dimension,
la forme et la
position de
la roche

II. TERRASSEME Nivelette ; pelles ; Suivant le


NT pioches houes, bèches, terrain
1. 5 à 8 niveau à billes
Rainurage rainurages

2. Excavation 2 à 5 m3HJ Houes, pelles, bèches, Suivant le


pioches terrain

3. Chargement 10 à 15 m3HJ Râteau, bèches

4. Repend âge 15 à 18 m3HJ Pelles, bèches, râteaux


tridents

III. DRAINAGE

1. Excavation fossé 3 à 6 m3HJ Pelles, bèches, houes,


gabarit, niveau à bille

2. Pen avant et 3-4 m3HJ Hoves, pioches, bèches, Dépend de


arrière gabarit, niveau à bille la nature du
talus.

3. Dimensionnement des ouvrages d’art et devis


Dans cette partie, nous essayerons de dimensionner quelques
ouvrages d’art routier et qui nous permettrons à bien déterminer le cout
des matériaux et la consommation en ressources humaines pour tout le
projet.

168
3.1. Prise en compte de la nomenclature routière

3.1.2 La chaussée
La chausse est la partie de la route destinée à la circulation des
véhicules (ou mieux, c’est la surface carrossable d’une route)

169
3.1.3. La plateforme
C’est la partie comprise entre le fossé ou le crête de talus en remblais
comprend des accotements plus la chaussée et voie auxiliaire.
3.1.4. L’assiette
L’assiette est l’espace du terrain réellement construit pour créer la
route (y compris le talus) c’est-à-dire dans la limite de terrassement.
3.1.5. L’emprise
Elle est la surface du terrain appartenant à la collectivité et délimite
les domaines publics.
3.1.6. Les accotements
Ce sont des zones latérales bordant extérieurement la chaussée et
peuvent être arasés ou surélevés.

3.1.6. Une piste cyclable


C’est une voie aménagée sur l’accotement séparée de la chaussée
proprement dite par un terre-plein ou une bordure.
3.1.7. Une voie d’arrêt
La bande de stationnement est une bande auxiliaire adjacente à la
destinée au freinage et à l’arrêt des véhicules en pannes.
3.1.8. Les trottoirs
Ce sont des accotements spécialement prévus pour la circulation
permanente des piétons, ils sont généralement séparés de la chaussée par
une bordure surélevée.
3.1.9. Les bordures
Ce sont des dispositifs de séparation ou des limites le long des voies
ou de la chaussée. Elles sont en béton, pavés, pierres taillées ou en béton
bitumineux. Elles peuvent être arasées ou surélevé.
3.1.10. La banquette
C’est un surélevèrent (petite digue de terre) aménagée à la limite
extérieure de l’accotement en vue de la sécurité des usagers.
Dans la conception des routes modernes, on utilise de plus en plus de la
glissière de sécurité à la place de la banquette.

170
3.1.11 Le dos d’âne
Le dos d’âne est une déformation transversale de la route à concavité
tournée vers le bas.
3.1. 12. Entretien routier45
L’entretien routier est un ensemble des actions entreprises pour maintenir
la qualité de la route et de ses équipements enfin d’assumer aux usagers des
conditions de sécurité et des conforts définies, le domaine de l’entretien à
réaliser sur une route concerne la chaussée, les dépendances, les ouvrages d’art,
les équipements de sécurité et de signalisation.

45
ADETS, Tableau des panneaux sur les devis, 1999

171
4. Le gravillonnage46
4.1. Définition
Le gravillonnage d’une route est une opération qui consiste à recouvrir
celle-ci d’une couche de mélange de gravier (50% soit 5), de sable (30%
soit 3) et d’argile (20% soit 2) assez épaisse et assez résistante pour :
 Assurer la praticabilité de la route en toute saison et par
tous les temps ;
 Empêcher les déformations de la chaussée dans des
conditions de charge de trafic normal.
Nous appuyant au cours d’entretien routier47, la décision de
gravillonner d’une route dépend des critères suivants :
 La nécessité de la praticabilité de la route en toutes
saisons,
 La densité du trafic ;
 La qualité du sol naturel en place ;
 La proximité des matériaux.
Cette opération est la plus coûteuse dans la réhabilitation d’une
route en terre, d’où on ne doit y recourir que dans les cas d’une stricte
nécessité. Pour notre projet, nous ferons le gravillonnage de PK27 au
PK50 et cela nécessite les activités à exécuter telles que :
46
Jean-Loup Robert, hydraulique urbaine, 2004
47
Cours , op.cit,
172
 Calcul du volume des matériaux à recharger ;
 Extraction ou foisonnement des matériaux à la carrière ;
 Chargement ;
 Transport ;
 Déchargement,
 Compactage.
4.2. Calcul de volume des matériaux à recharger
Longueur : 320m
Larguer : 5,10m
Epaisseur : 0,15m
V= L x lx ep
En tenant compte du coefficient de foisonnement, on a :
V = 320 x 5,10 x 0,15 x 1,2 = 293.8m3

4.3. Extraction ou foisonnement


Quantité de volume de terres= 293.8 m3
Productivité = 3m3/HJ
La consommation en ressources humaines=293.83m3 HJ=100 HJ

4.4 Chargement
Concernant le chargement, nous dirons que le chargement des
matériaux se fera par des manœuvres :
 Quantité = 293.8 m3
 Productivité = 12 m3/HJ
 La consommation en ressources humaines=293.812m3 HJ=25 HJ

4.5. Le transport
Généralement en technique HIMO, le mode de transport varient
suivant la distance :
Le transport peut s’effectuer au moyen de :
 Brancards,
 Brouettes,
173
 Charrettes,
 Remorques tractées et des camions bennes.
Concernant notre travail, nous avons opté pour le camion benne
basculante pour le transport des matériaux d’emprunt de la carrière
d’emprunt au chantier, étant donné que la distance de transport.
4.5. Déchargement et Epandage
Le déchargement se fera aussi avec le camion benne basculante qui
nous épargnera de la main d’œuvre. Après avoir terminé avec le
déchargement, suivra directement l’épandage afin de tirer profit de
l’humidité du sol pour le compactage. Les manœuvres utiliseront les
houes et les râteaux pour l’épandage des matériaux. L’épandage partira
de l’axe de la route en progressant vers les accotements. Toutefois, pour
la vérification de l’épandage, nous devons nous assurer que les matériaux
doivent être répandus de façon uniforme et que l’épaisseur (10-15cm) de
la couche des matériaux soit respectée afin qu’elle puisse facilement se
tasser et être bien compactée.

Figure décrivant la dégradation très avancée de la route Sake-Bweremana

174
175
Conclusion
Nous voici au terme de cette recherche qui avait pour intitulé « Etude
de la réhabilitation de la Route Nationale numéro 2 par la méthode HIMO « Cas
du tronçon Sake-Bweremana ». Au cours de cette recherche, nous avons eu à
démontrer les avantages que présentent les techniques HIMO dans les
travaux de réhabilitation, l’organisation d’un chantier HIMO et
l’exécution des travaux. Etant donné qu’une grande partie du réseau
routier congolais 98% est constitués de routes en terre en utilisant les
techniques HIMO, qui est moins couteuse et utilise une mécanisation
légère en vue de désenclaver l’arrière-pays en facilitant ainsi les échanges
commerciaux entre l’arrière ville du pays vers les centres de
consommation.
Réitérons-les dans cette page, la méthode HIMO économise les
devises, injecte les liquidités dans l’économie locale, transfère le savoir en
matière des travaux routiers à la communauté locale, le savoir qui sera
utile pour l’entretien ultérieur, et la réduction des nuisances
environnementales. Disons qu’après la réhabilitation de cette route, les
autorités municipales et les communautés locales bénéficiaires de
l’ouvrage doivent montrer des équipes permanentes d’entretien de cette
voie afin de pallier aux dégradations rapides auxquelles est confrontée
une route en terre. Nous sommes très heureux d’avoir mené la présente
étude, passionnante du reste et s’inscrivant dans le cadre de notre
modeste contribution au développement de notre pays et au programme
initié par le Chef de l’État.
Bibliographie
1. Renaud, H., Ouvrage en béton armé, Paris, 2000
2. Evariste PHANZU, Cours de construction de route, INBTP, p.94
3. TABALA, Notes de cours de Techniques de HIMO, G3, INBTP, P.119
4. ADETS, Tableau des panneaux sur les devis, 1999
5. Renaud, H., Circulaire de principe de dimensionnement et l’équilibre des
charges(NF), 1990

176
Analyse critique du système coopératif face au développement
socio-économique de la population de Goma (2017 - 2021)
Par

Nguba Baroki Bertin48, Kampara Chibalama Anto49, Bandu Baroki


Elie50, Nziraboba Mudosa Buda51
Résumé
Dans ce travail, notre préoccupation consiste à faire une analyse critique du
système coopératif face au développement socio-économique de la population de Goma
entre 2017 et 2021 sachant que ce sujet a déjà attiré l’attention de plusieurs
chercheurs et l’abordent sous différentes formes. Le système coopératif devient une
solution pour le développement socio-économique de la population en ce sens qu’il
l’accompagne dans la création des activités de survie car, il n’y a pas de développement
sans entreprise et entreprise sans crédits. Nous observons que le système coopératif joue
un rôle important dans le développement socio-économique dans la population de
Goma.
Nous avons conduit une étude descriptive de 2013 - 2017, dans la coopérative
de Goma. Nous avons étudié 366 membres des différentes coopératives de la place
pour l’analyse de cette thématique. 111 enquêtés 47% avaient l’accès au crédit pour
financer les activités d’investissements, 100 enquêtés, soit 27% régularisent des
dépenses des ménages et 26% sécurise leurs épargnes. 111 sujets soit 47% des
enquêtés reçoivent les crédits en totalité. 100 enquêtés, soit 27% reçoivent les crédits
avec réduction du montant demandé suite à l’incapacité du remboursement, manque
des liquidités mais aussi réduction des risques liés aux circuits des distributions.

Le système coopératif joue un rôle important dans le développement économique


de la population de Goma. La capacitation des membres des coopératives dans les
suivis dans leurs activités reste une grande préoccupation. Les
entrepreneurs dirigeants) doivent être toujours attentifs devant leurs membres pour une
bonne pérennisation de leurs activités.
Mots clés : Coopérative, développement

48
Professeur à l’ISPT/Goma
49
Assistant à l’ISPT/Goma
50
Idem
51
Idem
177
Absract

In this work, our concern is to make a critical analysis of the cooperative system in the
face of the socio-economic development of the population of Goma between 2017 and
2021 knowing that this subject has already attracted the attention of several
researchers and approach it in different forms. The cooperative system becomes a
solution for the socio-economic development of the population in the sense that it
accompanies it in the creation of survival activities because, there is no development
without enterprise and enterprise without credits. We observe that the cooperative
system plays an important role in the socio-economic development of the people of
Goma.

We conducted a descriptive study from 2013 - 2017, in the Goma cooperative. We


studied 366 members of the different cooperatives of the place for the analysis of this
theme. 111 respondents 47% had access to credit to finance investment activities, 100
respondents, or 27% regularize household spending and 26% secure their savings.
111 subjects or 47% of respondents receive the credits in full. 100 respondents, or
27%, receive the credits with a reduction in the amount requested due to the inability
to repay, lack of liquidity but also reduction of risks related to distribution channels.
The cooperative system plays an important role in the economic development of the
people of Goma. The empowerment of cooperative members in the follow-up of their
activities remains a major concern. Leading entrepreneurs) must always be attentive to
their members for a good sustainability of their activities.
Keywords : Cooperative, development

1. Introduction
La problématique sur le crédit, épargne et développement socio-
économique de la population a déjà attiré l’attention de plusieurs
chercheurs et l’abordent sous différentes formes. Cette thématique peut
être abordée à travers l’analyse des grandes stratégies de l’Etat, le système
financier que les organisations de développement mettent en œuvre pour
éradiquer ou soit lutter contre la pauvreté. Selon Lelart M. (2005) voulait
comprendre la micro finance, ses atouts, ses limites et imaginer qu’elle
peut devenir dans une entité. A l’issue de ses investigations, constate que
la micro finance vient de la finance informelle. La finance informelle
parait avoir cédé la place à la micro finance informelle parce qu’elle
178
présentait des limites notamment celle relative au temps, à l’espace, mais
aussi on avait plus des difficultés d’avoir une idée précise et moins
générale de son rôle, de mesurer son impact sur le finance ment d’une
économie. Précise que, le secteur de la micro finance à travers la
transparence des institutions.

Pour Edouard Bitangalo Wasso (2000), Il a monté que le taux


d’intérêt appliqué par les IMF chez les clients, sont perçus comme
exorbitant, et ces taux sont appliqués de manière identique à tous les
emprunteurs peu importe le secteur d’activité. Il poursuit en montrant
que la durée de remboursement des crédits est un autre obstacle à
l’émergence des bénéficiaires de micro-crédit ; il montre que les
montants des crédits octroyés des emprunteurs ne les permettent pas
d’évoluer. Il pense que les variables d’échéance, le mode de
remboursement des crédits et le montant de crédit sont des éléments
qu’il faut revoir et les adapter à la réalité pratique. L’accompagnement et
la formation des emprunteurs doivent être de nature à privilégier un
climat de coopération et de concertation régulière entre les IMF leurs
clients.

Cherungwe Mudarhi Stéphane de Marie (2013), parle de l’accès des


femmes aux crédits et son impact sur la vie socio-économique des
ménages de la ville de Goma. L’objectif principal de cette recherche était
d’intégrer la femme dans la stratégie de développement durable de la
RDC et plus particulièrement de la ville de Goma. Au départ de ses
investigations ; il avait supposé que la politique de gestion des crédits
dans les micro-finances ne favorise pas les femmes d’y accéder ; ensuite,
que les contraintes qui limitent les femmes d’y accéder seraient la
garantie enfin, que les femmes bénéficiaires des crédits les gèrent mal
dans les dépenses quotidiennes du ménage.

Dans ce cadre, il est question d’orienter les investigations


plus dans la critique des coopératives sur la contribution au
développement socio-économique de la population de Goma. En plus,
faire une analyse profonde des opportunités et les contraintes que
présente le système coopératif dans la promotion de l’épargne et de
179
crédit de la population de Goma. La démarcation se situe donc au niveau
de la critique portée à son système.

En fait, les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux


unissent leur force pour aboutir à des solutions synergétiques. D’o ù, il
s’en suit une prolifération effrénée des associations, coopératives,
mutuelles, caisses communes et syndicats pour palier certains problèmes
qu’impose la vie quotidienne. Ce système coopératif considéré comme
réponse aux conditions socio-économiques désastreuses de la
population, permet, tant bien que mal, à trouver solution où l’Etat a failli.
En outre, leur atout majeur est lié au fait qu’elles sont proches des
populations. Etant l’émanation du peuple, elles remplissent des missions
d’utilité sociale, des relais d’accompagnement, de la substitution, de
contre-pouvoir, de participation aux projets et programmes, bref, de
développement local.

Ainsi donc, le système coopératif devient une solution pour le


développement socio-économique de la population en ce sens qu’il
l’accompagne dans la création des activités de survie. Les villes de la
province du Nord-Kivu n’échappent pas à cette réalité. Particulièrement,
Goma le chef lieux de cette province, est un milieu urbain et s’épanouit
suite à l’exode rural, une des sources de la croissance démographique, qui
entraine la précarité des conditions de vie. D’où, il s’en suit la multiplicité
des coopératives qui sont, pour la plupart, des regroupements des
originaires d’un même village, soit des ressortissants d’une école ou soit
des personnes dont l’attachement est expliqué par un certain lien de
parenté. La coopérative étant une structure de lutte contre la pauvreté
dans le système coopératif, attire notre attention.

Eu égard à toutes ces considérations, il se pose dès lors, en


droite ligne avec les effets escomptés du système coopératif, plusieurs
préoccupations. La préoccupation majeure, de ce travail est de savoir si la
coopérative contribue à l’amélioration des conditions socio-économiques
de ses membres. C’est ainsi que dans cette étude, il s’agit principalement
de répondre aux préoccupations suivantes :

180
 La coopérative contribue-t-elle au développement socio-
économique de ses membres ?
 Quelles sont les contraintes auxquelles fait face une coopérative
dans la contribution au développement socio-économiques de
ses membres ?
Au des questions posés dans la problématique, ce travail porte
sur ces hypothèses suivantes :
 Les membres des coopératives seraient bénéficiaires du
développement socio-économique à travers l’octroi des crédits et
micro-crédits
 L’insuffisance des moyens financiers constituerait une contrainte
au financement des crédits de ses membres.

2. Méthodologie
Notre travail, porte sur la documentation des coopératives et des
IMF qui ont des références sur le développement à travers les
structures primaires de finance qui s’occupe des personnes qui n’ont
pas accès à des systèmes bancaires classiques. Tenant compte de nos
objectifs, nous avons consulté le Recueil du 20 Janvier 2001 des textes
législatifs règlementaires en matière de monnaie, de change, de crédit,
surveillance des intermédiaires financiers, lutte contre le
blanchissement des capitaux et le financement du terrorisme du
cabinet du président de la république (2011, p375) répertorie toutes les
coopératives agréées de la ville de Goma étant des structures qui font
l’objet de notre étude.
Nous avons remis des questionnaires aux membres et agents des
coopératives. Pour atteindre les résultats, nous avons d’abord procédé
à l’analyse des politiques outils) de la gestion des coopératives
d’épargne et de Crédits et relever les effets sur l’avenir, cela sur base
des données et des opportunités sur le marché financier des
coopératives dans la ville. Pour dépouiller les données, nous avons
dégagé les thèmes pour chaque question. Il sied de remarquer que,
aussi l’étude comparative de différentes solutions données, nous a
amené à comprendre en vue d’aboutir à une meilleure solution.

181
Ainsi notre population est constituée de tous les acteurs
économiques de la ville de Goma dans la province du Nord-Kivu, dont
beaucoup d’auteurs ont insisté sur sa potentialité , à savoir : sa position
géographique avec les pays de l’Est du Continent , son ouverture au
commerce extérieur et transfrontalier , l’agriculture et la fertilité du sol
écologie favorable aux cultures industrielles ,vivrières et à l’élevage du
gros ,du petit bétail et la volaille, la richesse minière du sous-sol, la
richesse de la flore, les sites touristiques, le potentiel hydro-électrique
et le dynamisme de la population .( Déo Bengehya Machozi, 2018, p.5)

Après la théorie sur le développement, il incombe d’analyser, dans la


suite de ce travail, les différentes variables d’étude qui ne sont autres que
les composantes des hypothèses. Cette analyse concerne deux aspects
principaux dont la contribution des coopératives au développement
économiques de ses membres les différentes contraintes auxquelles se
heurte cette coopérative dans l’exécution de sa mission.
3. Résultat
Cette partie étudie l’apport de la coopérative au développement
socio-économique de ses membres. Elle analyse les appréciations des
membres vis-à-vis des services financiers dans la vie socio-économique
des membres. Notre étude a été menée sur un échantillon de 366 sujets,
il correspond au nombre des membres homme et femme et personne
physique acteur le secteur.
Tableau 1 : Répartition de la taille d’échantillon selon le sexe
BASE DE SONDAGE

Modalité Effectif Pourcentage

Homme 264 72 ,1

Femme 102 27 ,9

Total 366 100 %

Source : nous même à partir de nos enquêtes.

182
Il est observé que sur la totalité des enquêtés 0,72 sont des hommes et
0,28 des femmes

Tableau 2 : Genre et état civil des membres enquêtés


Marié Célibataire Total Pourcentage

Masculin 199 65 264 72,1


Féminin 76 26 102 27,9
Total 275 26 366
Pourcentage 75 ,1 24,9 100 %
Source : les enquêtes de mai 2018 faites par nous
Ce tableau présente l’échantillon selon leurs état- civil. En effet, du
point de vu rapport entre homme-femme membres de coopérative, on
observe plus de mariés que de célibataires.
Tableau 3 : Répartition de membres enquêtés selon l’âge
sexe Hommes Femmes Total Fréquence

Age
Moins de 21 ans 3 4 7 2%
21 à 30 ans 79 20 99 27%
31 à 40 ans 105 35 140 38 ,3%
41 à 50 ans 71 34 105 28 ,7%
60 à 70 ans 6 9 15 4%
TOTAL 264 102 366 100%
Source : nos enquêtes
La lecture de ce tableau des classes d’âges des membres enquêtés,
permet de constater que la tranche d’âges majoritaire est celle qui va de
31 à 40 ans. Cette tranche d’âges représente plus que le un tiers de
l’échantillon alors que les fréquences des autres classes y sont
représentées en faible proportions.

183
Tableau 4 : Répartition des membres selon l’ancienneté dans des
coopératives
Hommes Femmes Total Fréquence
Sexe

Ancienneté

Moins de 1an 23 24 47 12,9%


1 à 2 ans 99 14 113 30,8%
3 à 4 ans 89 46 135 36,9%
5 et plus 53 18 71 19,4%
Total 264 102 366 100%
Source : les enquêtes
Au regard du tableau ci- haut, il ressort que plus de 1/3 représente la
moitié des membres enquêtés soit 37%, ont plus de 3ans d’ancienneté
dans les coopératives.
Tableau 5 : Motif des enquêtés pour l’adhésion aux coopératives
La décision de créer un compte dans une institution financière peut
être facultative ou soit obligatoire. Dans un premier cas, le titulaire du
compte à des attentes bien motivé vis-à-vis de la structure. Par contre
dans le second cas, le titulaire y est pour l’accomplissement d’un devoir
sous le poids du fait contraignant.
Motifs d’adhésion Occurrence Pourcentage
Confiance envers la 176 48 ,1%
coopérative
Accéder au crédit 99 27%
Bancarisation de la paie 91 24,9
TOTAL 366 100%
Source : nos enquêtes
Il ressort de ce tableau que les motifs qui ont poussé la plupart des
enquêtés à devenir membres des coopératives sont d’ordre personnel. Il
s’observe que 48,1% des adhérents ont la confiance envers les
coopératives, 27% sont poussés par l’octroi des crédits.

184
Tableau 6 : Les avantages tirés des coopératives
Les déclarations des enquêtés, regroupées dans le tableau qui suit,
permettront de voir si la coopérative joue pleinement son rôle entant
qu’une composante de la micro finance.
Les avantages Effectif Fréquence en
%
Accès au crédit 171 46,7%
Régularisation des dépenses de 100 27,3%
ménage
Sécurisation de l’épargne 95 26%
TOTAL 366 100%
Source : nos enquêtes
Au vu du tableau ci-haut, il est remarqué que 46,7% des enquêtés
trouve un avantage d’accéder au crédit dans des coopératives, 27,3%
prouve que les revenus venant des activités financées par les
coopératives permettent de financer les dépenses de leurs ménages et
26% confirment qu’ils ont l’avantage de leurs épargnes.
Tableau 7 : Respect du montant sollicité lors de l’octroi des crédits
L’octroi de crédit dans une structure financière exige toujours une
étude préalable pour analyser la capacité de remboursement des
membres bénéficiaires de ce service. En-cours des enquêtes à ce sujet,
nous voulions savoir si toutes les demandes de crédits sont toujours
libérées ou pas.
Les avantages Effectif Fréquence en%
Accès à la totalité du crédit demandé 171 46,7%
Réduction du montant sollicité 100 27,3%
Demande déclassée 21 6%
Pas encore 74 20%
TOTAL 366 100%
Source : nos enquêtes
A la lumière de ce tableau, 46,7% confirment recevoir la totalité du
montant sollicité dans la demande, 27,3% des enquêtés reçoivent les
crédits avec réduction du montant demandé suite à l’incapacité du
remboursement, manque des liquidités mais aussi réduction des risques
liés aux circuits des distributions, 6% des enquêtés, les dossiers déclassés

185
suite à la minimisation des risques du non remboursement et 20% n’ont
pas encore eu besoin de crédit.

Tableau 8 : Les grandes réalisations des enquêtés grâce à l’épargne


L’épargne est la résultante du revenu diminué de la consommation.
Dans le cadre de cette étude, c’est le montant en numéraire que les
enquêtés déposent régulièrement dans des coopératives sur base des
objets pour lesquels l’épargne a été constitué. Les avis des enquêtés à ce
propos sont précisés dans le tableau suit.
Modalités Effectif Fréquence en %
Equiper l’atelier (entreprise) / acheter 111 30,3%
outil de production artisanale
Démarrer une activité commerciale/ 98 26,8%
élevage des petits bétails
Acheter des parcelles / construction des 66 18%
maisons
Acheter motos, panneau, meubles,… 53 14,5
Ne pas encore utiliser l’épargne 38 10,4%
TOTAL 366 100%
Source : nos enquêtes
Au regard de ce tableau, il est constaté que la plupart des
membres des coopératives transforment leur épargne en investissement.
C’est-à-dire 30,3% des enquêtés achètent des équipements des ateliers,
26 ,8% affectent les revenus dans des activités commerciales, élevage des
petits bétails, 18% dans les achats des parcelles et construction des
maisons. 14,5% achètent des motos, panneaux, meubles et 10,4%
continuent à garder leurs épargnes.

4.Discussion
Cette partie cherche à dégager les implications des résultats de nos
analyses présentées sur le système coopératif face au développement
socio-économique de la population de Goma. Des résultats obtenus
après analyses critiques confirment les hypothèses de départ selon
lesquelles, les coopératives jouent un rôle très important dans le
développement de ses membres. Dans le même ordre d’idée, (Yveson
DUKENSON,2011) dans son étude sur l’analyse des impacts de la micro
finance sur le secteur informel en Haïti pendant la période 1995-2010, a

186
voulu faire ressortir l’impact global de la micro-finance sur le secteur
informel à travers l’amélioration des conditions de vie des marchands
bénéficiaires.
À l’issue de ses investigations, il a pu démontrer que la micro-
finance à des impacts aussi positifs que négatifs sur le secteur informel
en Haïti pendant la période 1995-2010. Les impacts positifs sont
cependant plus significatifs et sont plus visibles sur la vie des petits
marchands bénéficiaires du micro-crédit, sur les recettes de l’Etat et dans
la réduction du chômage dans le pays alors que les impacts négatifs se
font sentir plus particulièrement sur la production nationale et dans
l’informatisation des activités économiques et dans la création d’un
processus d’endettement de certains bénéficiaires.

Ousmane bah (2008) dans son étude sur la gestion de risque de


crédit, un enjeu pour les banques où il étudie l’analyse du risque de crédit
en se basant sur les crédits accordés et du risque. Amener brièvement le
risque de crédit en donnant la typologie des risques de manière générale,
en faisant l’évaluation de ce risque selon les différents clients de la
banque (particulier, entreprise …) ; de présenter la gestion du risque liées
aux crédits, parler ensuite de génération sur ls moyens d’éradiquer les
risques, et en fin de voir comment procéder à la gestion externe et
interné des risques, il conclut en disant que le risque existe et existera
toujours. Il ne doit pas pour autant figer les banques dans l’attentisme. Il
n’y a pas développement sans entreprise et il n’y a pas d’entreprise sans
crédit.
Ceci nous amène à déceler dans notre étude menée la
répartition selon laquelle : 72,1 %, de sujets sont e sexe masculin contre
27,9% du sexe féminin, cela s’explique par le fait que ce sont les hommes
qui sont les premières personnes du ménage, les femmes sont toujours
moins représentés dans plusieurs domaines d’interventions. La question
liée à l’état-civil de nos enquêtés, les mariés sont représentés à 75,1% et
les célibataires 24,9%. Par rapport à la question liée à l’âge de nos
enquêtés, la majorité varie de 31 à40 ans soit 38,3%, suivent de cela dont
l’âge varie de 40 à 50ans pour 28,7% et d’autres de 21 à 30 ans, soit 27%
et d’autres à faible proportion.

187
En ce qui concerne l’ancienneté des enquêtés dans les
coopératives, une grande partie de la période varie de 3 à 4 ans et plus
19,4% des sujets et moins d’un an à 12,9%. En rapport la question liée
au motif de l’adhésion 48,1% enquêtés confirment qu’ils adhérent suite à
la confiance envers la coopérative, 27% précisent qu’ils accèdent au
crédits sans beaucoup de difficultés et 24,9% pour la bancarisation de la
paie. Pour ce qui est des avantages tirés des coopératives 46,7% des
enquêtés précisent qu’ils ont accès au crédit, 27,3 régularisent les
dépenses de ménage et 26% pour la sécurisation de l’épargne.

À la lumière de la question liée au respect du montant sollicité


lors de l’octroi des crédits, 46,7 % confirment recevoir la totalité du
montant sollicité dans la demande , 27,3% des enquêtés reçoivent les
crédits avec réduction suite à l’incapacité du remboursement , le
manque de liquidité mais aussi la réduction des risques lié aux circuits de
distributions , 6% des demandeurs , les dossiers sont déclassés suite à la
minimisation des risques du non remboursement et 20% n’ont pas
encore eu besoin du crédits.

S’agissant des grandes réalisations des enquêtés, grâce à l’épargne et


crédit les enquêtés soulignent à 30,3% de production artisanale, 26,8% y
tirent leurs fonds de démarrages commerciales, élevages, 18% achètent
des parcelles et construisent des maisons, 14,5% achètent des motos,
panneau et meubles . Concernant ceux-là qui n’utilisent pas leurs
épargnes, ils sont 10,4% des enquêtés. Ces idées, rejoignent l’idée et
observation d’Ousman BAH qu’il n’y a pas de développement sans
entreprise et entreprise sans crédits. Enfin nous observons que le
système coopératif joue un rôle important dans le développement socio-
économique de la population de Goma.

5.Conclusion
Le système coopératif face au développement socio-économique est
très capital dans l’encadrement des acteurs des micros entreprises dans
une contrée d’émergence. Cette pratique doit s’appuyer sur la
capacitation des membres et les dirigeants des coopératives. Cependant,
au terme de cette recherche portant sur « l’analyse critique du système
188
coopératif face au développement socio-économique de la population de
Goma de 2017 à 2020 », nous sommes d’un objectif de savoir décerner le
rôle et la place des coopératives dans le processus de développement de
la population de Goma.

C’est ainsi que nous nous sommes posées des questions de savoir si
les membres des coopératives seraient bénéficiaires du développement
socio-économique à travers l’octroi des crédits et microcrédits et savoir
les contraintes auxquelles fait face une coopérative dans la contribution
au développent socio-économique de ses membres. En analysant cette
problématique nous sommes aux hypothèses qui confirment la
participation des coopératives dans le développement socio-économique
de la population Goma. Partant des analyses basées sur les thèmes de
nos recherches nous sommes aboutis aux résultats ci- après :

D’abord, la question liée à la contribution de coopérative dans le


développement socio-économique de ses membres, 46,7% de sujets
parlent de l’accès au crédit pour financer les activités d’investissement,
27,3% des enquêtés disent qu’ils régularisent les dépenses des ménages et
26% sécurise leurs épargnes.

Ensuite l’insuffisance des moyens financiers constitue une contrainte


au financement des crédits de ses membres, Ce ci rejoint le résultat
obtenu dans le tableau n°7 qui montre que 27,3% des enquêtés reçoivent
le crédit avec réduction du montant demandé suite à l’incapacité du
remboursement , le manque de liquidité mais aussi la réduction de risque
lié aux circuits des distributions , 6% les dossiers sont déclassés suite à la
minimisation des risques du non remboursement et 20,2% n’ont pas
encore eu besoin de crédit.

En définitive la coopérative contribue énormément au


développement socio-économique de ses membres à travers les
différents services qu’elle met à leur disposition. Néanmoins, des
contraintes qui empêchent certains membres à profiter de ce service
constituent une recommandation de la mise à niveau des membres pour

189
la compréhension d’une bonne utilisation des crédits octroyés de
l’épargne.

Bibliographie
1. Lelart M. (2008), Pratiques informelles et solidarité et stratégies de survie
en milieu urbain congolais, les micro-crédits, L’Harmattan, Paris.
2. Edouard Bitangalo Wasso (1995). Coopératives, marchés, principes
coopératives ; Bruxelles.
3. Yves Bernard / Jean-Claude COOLI.OP.CIT. (1987, P445)
Définie la coopérative
4. Bernard R, (1983, P138), Economie générale, ed,Hacgette,Paris.
5. Pierre Besbakh et Sofie G. (2008, P237). Dictionnaire de l’économie,
Paris, Larousse à présent, 2009.
6. Yveson Dukenson (2011) Analyse des impacts de la Micro
finance sur le secteur informel en Haà ti pendant 1995-2010.
Mémoire Online.
7. Ousmane Bah., La gestion du Risque de crédit : enjeux majeur pour les
banques (2008), Mémoire online.
8. Cherungwe Mudarhi Stéphane de Marie, De l’accès des femmes aux
crédits et son impact sur la vie socio-économique des ménages en ville de
Goma de 2011 à 2013. Cas de la Mec BETSAIDA, ISDR GOMA,
Mémoire inédit, 2013-2014.
9. Recueil des textes législatifs règlementaires en matière de
monnaie, de charge, de crédit, surveillance des intermédiaires
financiers, lutte contre le blanchissement des capitaux et le
financement du terrorisme. Cabinet du Président de la
République, 2011.
10. Dictionnaire, Le petit Larousse Illustré, éd. Larousse, Paris, 2009.%

190
Nom et ses enjeux en droit congolais
Par

Bilondjwa M’kyoku Steven52


Résumé
Le présent article est intitulé " Nom et ses enjeux en droit congolais ". Il sied de
noter que le nom joue un grand rôle comme élément d'identification et
d'individualisation des personnes dans la société. Considérant la nécessité et
l'opportunité que revêt la matière traitée, ce travail permet d'approfondir les
connaissances sur l'examen du nom et ses enjeux en droit congolais raison pour
laquelle nous portons nôtre analyse sur comment est-ce le législateur congolais
réglemente et protège le nom des citoyens congolais.
Pour parfaire notre étude, la méthode juridique nous a permis d'exploiter la
méthode exégétique qui consiste à connaître la volonté du législateur dans la matière
traitée enfin de faire une perpétuelle remise en question des acquis pour tendre vers le
meilleur. Et la méthode sociologique nous a permis d'effectuer des descentes sur terrain,
pour savoir comment sont appliqués les textes de lois. Une telle méthodologie permet
d'appréhender l'impact de la relation qui existe entre le législateur et la société, voir
comment est-ce que la société se soumet au droit et comment est-ce que la société peut -
elle influencer le droit par son comportement.

Mots-clés : nom, droit, congolais


Abstract
This article is entitled "Name and its stakes in Congolese law". It should be noted
that the name plays a great role as an element of identification and individualization
of people in society. Considering the necessity and the opportunity of the subject treated,
this work makes it possible to deepen the knowledge on the examination of the name
and its stakes in Congolese law that's why we take our analysis on how the Congolese
legislator regulates and protects the names of Congolese citizens.

To perfect our study, the legal method allowed us to exploit the exegetical method
which consists in knowing the will of the legislator in the matter finally treated to
make a perpetual questioning of the achievements to tend towards the best. And the
sociological method allowed us to carry out field trips, to find out how the texts of laws

52
Assistant à l’ISAGE/K-B
191
are applied. Such a methodology makes it possible to understand the impact of the
relationship between the legislator and society, to see how society submits to the law
and how society can influence the law through its behaviour.

Keywords : name, law, Congolese

1. Introduction
Le nom est un élément qui sert à désigner un être, une chose
(abstraite ou concrète). Le dictionnaire Larousse 2009 définit le nom
comme “mot servant à désigner une personne, un animal ou une chose
et à les distinguer des êtres de même espèce”. En ce qui concerne
l’identification de la personne physique par son nom, la présente loi
numéro 10-087 du 1er août 1987 portant code de la famille, apporte une
amélioration de la loi n°13-022 du 20 juillet 1973 relative au nom des
personnes physiques, le nom résume la personnalité de chaque individu.
C’est pourquoi, le législateur n’a pas cru devoir adopter comme principe
de base, le système patronymique adopté par la loi précitée. Il a préconisé
au contraire de laisser au père et mère l’entière liberté du choix du nom
de l’enfant, de manière à permettre aux différentes convictions
traditionnelles de pouvoir s’exprimer (53).

Est-ce possible d’envisager une société des personnes sans noms ? Le


nom est un élément d’identification, il permet d’individualiser une
personne d’une autre dans la société. La loi n°16/008 du 15 juillet 2016
modifiant et complétant la loi n°87-010 du 1er août 1987 portant code de
la famille dispose en son article 56 « tout congolais est désigné par un
nom composé d’un ou de plusieurs éléments à l’identifier. L’ordre de
déclaration des éléments du nom et leur orthographe sont immuables ».

Par cet effet, il est important de saisir que le nom est une institution
de police, il constitue un élément d’ordre public et de sécurité juridique
qui, comme tel, échappe au pouvoir discrétionnaire de la personne. Ce
nom sert essentiellement à l’Etat, il lui permet d’organiser une mesure de
police administrative. En identifiant la personne, l’Etat fait régner, en

53
Exposé de motif de la loi n°87-010 du 1er aout 1987 portant code de la famille, telle que modifié et complété
par la loi n°16/008 du 15 juillet 2016, In JORDC, numéro spécial, 2016.
192
quelque sorte l’ordre et la paix ; l’organisation de l’état civil est également
le corolaire de cet état de fait.

Institution de police civile, le nom constitue un facteur d’ordre et un


élément d’individualisation, c’est sa fonction sociale. De cette
considération découle, notamment le caractère immuable du nom54. Le
nom suscite plusieurs interrogations d’ordre juridique. En effet, quelle
est l’importance du nom ? Quels en sont les caractères et leur
bienfondé ? Quel est le régime juridique du nom ?

2. Méthodes et techniques
 Méthodes
La méthode scientifique désigne l’ensemble des canons guidant ou
devant guider le processus de production des connaissances scientifiques,
qu’il s’agisse d’observations, d’expérience, des raisonnements, ou de
calculs théoriques55.

1°) Méthode juridique


La méthode juridique nous a permis d’exploiter la méthode
exégétique. La méthode exégétique est celle qui procède par
l’interprétation des textes (56). En effet, la méthode exégétique consiste à
connaitre la volonté du législateur dans la matière traitée. Dans le cadre
de notre travail, elle nous permet une perpétuelle remise en question des
acquis afin de tendre vers le meilleur.
2°) Méthode sociologique
À travers la méthode sociologique, nous avons effectués des
descentes sur terrain, pour voir comment sont appliqués les textes de
lois. C’est ici que nous avons pu récolter les différentes pièces d’identités
que les citoyens congolais ont pu détenir durant les deux législations qui
forme le socle de notre étude. Une telle méthodologie permet
d’appréhender l’impact de la relation qui existe entre le législateur et la

54
AMISI HERADY, Droit civil : les personnes, les incapacités, la famille, 4e éd., EDUPC, Kinshasa, 2016, p.
74.
55 R. DESCARTES, Discours de la méthode pour bien conduire la raison et chercher la vérité dans les

sciences, An Maire imprimerie, Leyde, 1637, p.12.


56
« L’interprétation juridique de la règle de droit par le juge », In Cours de droit.net, 2019.
193
société, voir comment est-ce que la société se soumet au droit et
comment la société peut aussi influencer le droit par son comportement.
Pour se faire, la nécessité d’une circonscription du champ d’action de
l’étude, et l’atteinte des objectifs scientifiques dans le cadre de cette
étude, n’est possible que dans un plan bien précis.
 Techniques
La technique est l’ensemble de procédés méthodiques, fondés sur des
connaissances scientifiques, employés à la production (57).

1°) Technique d’observation


L’observation professionnelle est une phase de sélection et de recueil
d’informations caractérisée par une interaction minimal avec l’objet
d’étude ou plutôt un échantillon ou représentant58. Partant de cette
définition, cette technique nous permet d’examiner comment-est-ce que
le nom est perçu dans la société congolaise et de pouvoir analyser de plus
près ses conséquences dans les vécus quotidiens de la population
congolaise.
2°) Technique documentaire
La technique documentaire renvoie à « toute source de renseignement
déjà existante à laquelle le chercheur peut avoir accès. Ces documents
peuvent donc être des sonores (disques), visuels (dessins), audiovisuels
(films), écrits ou des objets (insignes, vêtements, monuments).
La technique documentaire, nous a permis d’enrichir ce travail, par le
différent document ayant trait à notre sujet, afin d’être concis et précis
dans les différents points aborder dans ce présent document.

3. Les fonctions et caractères du nom


Sous cette section, nous présentons les fonctions et le régime
juridique du nom.

57
Idem.
58
R. KARL KOPPER, « La cacophonie des théories en sciences sociales, In Critiques du savoir
politique, 1990, p. 107.
194
3.1. Les fonctions du nom
Il sied de noter qu’ici, il est question d’examiner le nom au sens large
(1 paragraphe), et les attributions du nom (2ème paragraphe) pour mieux
er

appréhender cette matière.


3.1.1. Le nom au sens large
Le nom ainsi conçu largement est un moyen d’individualisation
consistant dans l’usage d’une suite de mots pour désigner une personne
(59). De par ses vertus, le nom est, de tout temps, une institution
importante de la société. La tradition y attache une importance spéciale,
étant donné que le nom intègre l’individu dans l’union de la famille
terrestre, visible et ancestrale, il fait de lui un membre d’une communauté
et l’identifie en lui reconnaissant une identité propre au sein de la société
(60). Dans le langage courant, volontiers concept, on parle du nom de
famille, le nom de la famille en somme, le prénom étant le nom de
l’individu au sein du cercle familial (61). Dans le vocabulaire du code de la
famille, en ce qui concerne la composition des éléments qui constituent
l’essentiel du nom, il y a à savoir : le prénom, nom et le post nom (62).
a. Définition
Le nom peut être défini comme l’appellation servant à designer une
personne physique dans sa vie sociale et juridique, dans l’exercice de ses
droits et l’accomplissement de ses devoirs (63). Le nom est donc une
appellation obligatoire qui sert à désigner une personne, c’est un élément
distinct de la personne qui poursuit en principe plusieurs objectifs ( 64). A
ce titre il ne relève pas seulement de l’identification, mais de l’identité
même de la personne.
Par cet effet, le nom est l’un des principaux moyens qui permet
d’individualiser une personne. En droit congolais, la législation sur le

59
CARBONNIER J., Les personnes, personnalité, incapacités, personnes morales,
Paris, PUF, 1995, p. 49.
60
MULUMBA KATCHY, Introduction à l’étude du droit coutumier congolais,
Kinshasa, éd. Solidarité africaine, 2011, p.39
61
CARBONNIER J., op.cit., p.49.
62
Article 56 « tout congolais est désigné par un nom composé d’un ou de plusieurs
éléments qui servent à l’identifier.
Le prénom, le nom et le post nom. »
63
TERRE F, Introduction générale au droit, 4e éd. Paris, Dalloz, 1998, p.329.
64 AMELI F., Droit civil : introduction, les personnes, les bien, Paris, Montchrestien, 2000, p. 145

195
nom a connu une évolution matérialisée d’abord par la loi numéro
73/022 du 20 juillet 1973 relative au nom des personnes physiques,
ensuite par la loi numéro 10/087 du 1er Aout 1987 portant code de la
famille. Celle-ci a créé dans le code de la famille un chapitre intitulé « Du
nom » composé des articles 56 à 71 qui, non seulement pose les
principes généraux, mais organise également les modalités de
l’attribution, du changement, de la modification et de la radiation du
nom.

b. Composition du nom
Dans la série des mots qui peuvent servir à nommer lato sensu une
personne, il en est deux qui sont essentiels et se retrouvent toujours : le
nom de famille et le prénom. D’autre (pseudonyme ou surnom, particule,
titre de noblesse) ne sont que des accessoires exceptionnels (65). En droit
occidental, notamment en droit français et belge, le nom d’une personne
comporte généralement les éléments suivants :
- Le nom patronymique ou le nom d’une famille : En principe, le
nom patronymique d’une personne déterminée, est celui de la
famille à laquelle elle est attachée. C’est la marque de
l’appartenance d’un individu a une famille (66). Suivant
l’anthropologie c’est le nom de famille hérité du père, ce nom se
transmet par la filiation.
- Le prénom : si dans la désignation de la personne, le nom
patronymique représente l’appartenance familiale, le prénom est
le discriminant individuel (67). Le prénom est un accessoire qui
précède le nom et sert à individualiser la personne des autres
membres de sa famille. Eventuellement on peut également
trouver les éléments accessoires du nom dont :
- Les surnoms, appellation différente du nom patronymique et qui
est attribuée à une personne part les tiers, le public. Il n’a aucune
valeur juridique. Le surnom vient généralement des autres, à la

65
CARBONNIER J., op.cit. p. 49.
66
TERRE F. et FENOUILLET D., Droit civil : les personnes, la famille, les
incapacités, Paris, Dalloz, 1996, p.127
67
CARBONNIER J., op.cit. p.63.
196
différence du pseudonyme, que l’on se donne à soi-même. A titre
d’exemple, nous citons Fatshi Béton pour designer l’actuel chef
de l’Etat congolais, qui de son vrai nom est Felix Antoine
Tshisekedi.
- Le pseudonyme qu’une personne s’attribue pour
l’accomplissement d’une activité sociale. Il s’agit d’un nom de
fantaisie librement choisi pour masquer au public sa personnalité
véritable dans l’exercice d’une activité particulière (68). Ces
derniers mots sont trop restrictifs dans le sens ou, le pseudonyme
peut être recouru, non seulement dans l’exercice d’une activité
professionnelle, artistique, commerciale, mais aussi dans des actes
privés pourvu que cela ne tente pas à tromper les tiers ou nuire à
ceux-ci. A titre d’exemple nous citons l’artiste musicien Koffi
Olomide alias Mopao Mokonzi, qui de son vrai nom est Antoine
Christophe Agbepa Mumba, lors de ses différentes productions
on affiche que son pseudonyme. Le pseudonyme est un nom
d’emprunt choisi par celui qui le porte afin de dissimiler son état
véritable.
Il sied de noter que, le pseudonyme ne pouvant être qu’un nom de
fantaisie, on ne peut prendre pour pseudonyme un nom auquel on a
droit. Les titulaires d’un nom patronymique peuvent donc s’opposer à
l’utilisation de ce nom par un tiers à titre de pseudonyme des lors que
cet emploi risque de créer une confusion préjudiciable (69). Le
pseudonyme en tant que création de l’esprit. Le nom littéraire ou
artistique est comparable au nom commercial en ce qu’il fait l’objet
d’une certaine approbation. Celui qui par usage prolongé et la
renommée, a acquis un droit sur le pseudonyme peut le défendre
contre des tiers qui prétendraient se servir d’un pseudonyme
semblable, ou même l’appliquer comme marque d’un produit (70).

Le législateur congolais prévoyait dans la loi de 1987 le principe


selon lequel tout congolais est désigné par un nom composé d’un ou de

68
AMISI HERADY., op. cit, p .71.
69
TERRE F. et FENOUILLET D., op. cit, p.155
70
CARBONNIER J., op. cit, p.38.
197
plusieurs éléments qui servent à l’identifier (71). Il en découle que le droit
congolais n’organisait pas le post nom encore moins le prénom. Il
admettait par ailleurs que le nom peut être composé d’un ou de plusieurs
éléments. Malgré la précision apportée par la loi sur cette matière, dans la
pratique il se constatait que sur les documents officiels comme le
passeport, carte d’identité et autre, comprenaient les mentions prénom,
nom et post nom, cela en violation avec la loi de 1987.

L’arrêté ministériel 221/CAB/MIN /J&DH/2011 du 16 juin 2011


portant détermination des éléments du nom, pris par le ministre de la
justice et droits humains en son article 2 disposait « les éléments du nom
comprennent le nom, post nom et le prénom ». En effet, tel que
présenté, cet acte règlementaire viole la loi de 1987 portant code de la
famille. Cette œuvre du ministre de la justice appelle les observations
suivantes :

 D’abord, elle intervient dans le domaine de la loi. En effet, la


matière de la détermination des éléments du nom est règlementée
par la loi 87/010 du 1er aout 1987 portant code de la famille. En
vertu du principe de parallélisme de forme et de compétences,
mieux connu encore sous le nom de la théorie de l’acte contraire,
seul le parlement siégeant en session législative est en droit de
devoir compléter, modifier ou abroger une disposition de la loi
qu’il juge caduque.

 Ensuite, agir comme le ministre de la justice, c’est empiéter sur


les prérogatives dévolues à l’assemblée nationale. Des lors, est y
relevant, l’argument qui consiste à présenter cet arrêté comme
une mesure d’application de la loi, parce que sur cette matière, le
législateur n’en a pas prévu.

71
Ce principe posé à l’article 1 de la loi du 20 juillet 1973 était reconduit à l’article
56 du code de la famille
198
Quels que soient les mobiles pouvant servir de prétexte à cet arrêté,
le ministre de la justice devrait à notre avis, transmettre son projet de loi
au parlement pour compétences (72).

Pour pallier à cette situation le législateur de 2016 par la loi numéro


16/008 modifiant et complétant la loi n 87-010 du 1er aout 1987 portant
code de la famille, dispose à son article 56, « tout congolais est désigné
par un nom compose d’un ou de plusieurs éléments qui sert à l’identifier.
Le prénom, le nom et le post nom constituent les éléments du nom.
L’ordre de déclaration des éléments du nom et leur orthographe sont
immuables. »

3.1.2. Attribution du nom


Dans l’historique de la législation congolaise sur le nom, on note
deux lois importantes : d’abord la loi numéro 73-002 du 2 juillet 1973
relative au nom des personnes physiques, ensuite la loi numéro 87/010
du 1er aout 1987 portant code de la famille.
- Principe consacré par la loi numéro 73-002 du 2 juillet 1973
L’article 3 de cette loi disposait que « s’il doit être attribué à une
personne un nom déjà porté par un membre de sa famille, il sera ajouté à
ce nom un ou plusieurs autres éléments. Toutefois, le premier élément
du nom de l’enfant doit être le même que celui de son père ou de toute
autre personne qui exerce autorité paternelle ». Il en découle une
consécration du principe de la patronymie. Parce que le législateur fait
obligation à tout enfant de porter d’abord le nom de son père dans son
premier élément du nom. Le principe posé par la loi est clair : le nom
s’acquiert par la filiation.

L’enfant reçoit à sa naissance le nom de son père. C’est à l’absence


du père que la mère peut valablement donner le nom a son enfant.
L’application de cette loi importée d’occident a rencontrée dans certaines
entités du pays une résistance dans sa mise en œuvre (73).

72
KABWA KABWE G., Droit civil congolais, tome1 : les personnes, les
incapacités, Kinshasa, PFDUC, 2016, p.46.
73
KABWA KABWE G., op. cit, p.49.
199
En effet, en dépit de sa promulgation, une grande partie de la
population continuait à fonctionner encore en se référant à un registre
endogène propre. A l’intérieur de la plupart de tribus présentes en
République Démocratique du Congo, les modalités de dation du nom se
réalisaient en application de la coutume, selon leur appartenance au
système matrilinéaire ou patrilinéaire (74).

Au sujet des origines du nom, les professeur Mulumba Katchy écrit


ce qui suit : Les origines des noms sont très diverses : elles sont
d’inspiration profane ou religieuse : croyances, superstitions, naissance
difficiles, guerre, famine, mort, patriotisme, amitié, reconnaissance,
initiations, métempsychose, croissance vitale, sexe, etc. Il arrive que le
sentiment patriotique se révèle par choix d’un nom jadis porté par un
personnage historique, célèbre de sa famille. Il en est ainsi lorsqu’on
donne à son enfant le nom de son grand père ou d’un ancêtre, pareil
marque l’attachement familial. Le choix d’un nom est parfois motivé par
les circonstances qui ont précédées ou accompagnées la naissance. C’est
le cas des noms faisant allusion aux conditions physiques, des noms
donnés à un enfant dont le frère ou la sœur sont morts en bas –âge, des
noms rappelant les rapports entre le père et la mère ou des noms faisant
allusion à un décès récemment survenu dans la famille (75).

La présente loi apporte une amélioration de la loi numéro 73-022


du 20 juillet 1973 relative au nom des personnes physiques. En effet,
l’accent a été mis sur le fait que selon la conception zaïroise authentique,
le nom résume la personnalité de chaque individu. C’est pourquoi, le
législateur n’a pas cru devoir adopter comme principe de base, le système
patronymique adopté par la loi précitée. Il a préconisé au contraire de
laisser au père et mère l’entière liberté du choix du nom de l’enfant, de
manière à permettre aux différentes convictions traditionnelles de
pouvoir s’exprimer (76).

74
MWANZO IDIN AMINYE E., Cours de droit civil, les personnes –la famille-les
incapacités et capacités, Université libre de Kinshasa, 2012, p.33.
75
AMISI HERADY, op. cit, p .78.
76
Exposé des motifs code de la famille.
200
- La loi numéro 87-010 du 1er aout 1987 portant code de la
famille
L’objectif que s’était assigné le législateur à travers cette réforme,
était de concilier la loi tant à la modernité qu’à l’authenticité congolaise.
La loi de 1973 sur le nom devrait dans ce contexte être revue aux fins de
son adaptation aux réalités culturelles congolaises. La loi sur le nom fut à
l’occasion intégrée dans le code de la famille, et y constitue à ce jour le
premier titre du titre 1 relatif à l’identification de la personne physique. Il
comprend quinze articles allant de l’article 56 à 71. L’essentiel de la
philosophie de la loi antérieure, a été reconduit dans la nouvelle loi. On
note cependant une innovation apportée par celle-ci a l’article 59 alinéa
1er. Cette disposition stipule en effet, que « l’enfant porte dans l’acte de
naissance le nom choisi par ses parents ». Cette disposition met ainsi fin
au système patronymique et consacre à la place le principe de
l’attribution du nom.

Les parents sont désormais libérés du carcan de la patronymie.


L’avantage de la nouvelle loi, est qu’elle concilie la conception
occidentale du nom, c’est-à-dire le nom patronymique, le nom donné par
le père à son enfant, à la conception traditionnelle, c’est-à-dire aux
coutumes locale. Dès lors, il est permis aux parents de donner à l’enfant,
soit son propre nom, soit le nom d’un proche parent, d’un ami, soit
même un nom qui rappelle un évènement de la vie. Tel est le principe
cardinal qui régit la dation du nom en droit positif congolais (77).

Il sied de noter que, le code de la famille consacre, en matière


d’attribution du nom, le principe de la liberté de choix reconnu aux
parents, assorti cependant de quelques limitations et modalités
particulières (78). En effet, l’enfant porte dans l’acte de naissance le nom
choisi par ses parents. En cas de désaccord, le père confère le nom (79)

77
KABWA KABWE G., op. cit, p.49.
78
AMISI HERADY, op. cit, p. 78.
79
Art. 99, al.1 du code de la famille.
201
Si le père de l’enfant n’est pas connu ou lorsque l’enfant a été désavoué,
l’enfant porte le nom choisi par la mère (80). Lorsque la filiation
paternelle est établie après la filiation maternelle, le père pourra joindre
un élément du nom choisi par lui. Si l’enfant a plus de quinze ans, son
consentement personnel est nécessaire (81).

Lorsqu’on se trouve en présence d’un enfant dont on ne connait


ni père ni mère, c’est l’officier de l’état civil qui lui attribue un nom dans
son acte de naissance. Le nom attribué dans ces conditions peut être
modifiée par le tribunal de paix, à la demande de toute personne
justifiant un intérêt matériel ou moral, tant que l’enfant n’a pas atteint
cinq ans (82). Dans l’hypothèse où l’un des parents transmet son nom à
l’enfant, il est tenu, selon le cas, de lui adjoindre, au moins, un élément
complémentaire du sien. (Article 61 du code de la famille).

S’agissant de quelques modalités particulières relatives à l’attribution


du nom, il y a lieu de retenir ce qui suit : la femme mariée conserve son
nom. Elle acquiert toutefois, pendant la durée du mariage, le droit à
l’usage du nom de son mari. Dans ce cas, elle adjoint le nom de son mari
au sien. La veuve non remariée a la faculté de continuer à faire usage du
nom de son mari (83)

Quant à l’enfant adopté, il peut prendre le nom de l’adoptant.


Celui-ci peut également changer le nom de l’adopté, mais avec son
accord si ce dernier est âgé de quinze ans au moins.Enfin, tout étranger
ayant acquis la nationalité congolaise est tenu de porter un nom
congolais ou du moins un nom puisé dans le patrimoine culturel
congolais.

Les limitations au principe de la liberté de choix du nom prévues à


l’article 58 du code de la famille ont déjà été signalées précédemment. Il y
a lieu cependant de les rappeler. En effet, les noms doivent être puisées
dans le patrimoine culturel congolais. Ils ne peuvent en aucun cas être

80
Art. 59. al.2 du code précité.
81
Art. 59. al. 3 du même code.
82
Art. 60 du même code.
83
Art. 62, du même code.
202
contraires aux bonnes mœurs ni revêtir un caractère injurieux, humiliant
ou provocateur (84).

3.1.3. Aperçu général sur le principe de l’authenticité du nom à la


culture congolaise

L’article 58 du code de la famille dispose que les noms doivent être


puisés dans le patrimoine culturel congolais, d’où cette affirmation nous
renvoi au principe de l’authenticité du nom à la culture congolaise. Que
faudra-t-il entendre par patrimoine culturel congolais ? La question a sa
place étant donnée qu’aucune explication n’est donnée dans le code de la
famille. Si on s’accorde à reconnaitre que la notion du patrimoine
culturel n’a pas de définition académique claire, les travaux préparatoires
nous renseignent que par cette notion, il faut entendre « l’héritage légué
par nos ancêtres dans le domaine culturel qu’historique ». C’est la
précision qui a été donnée par les membres de la commission à la
plénière du conseil législatif du 16 mai 1980. Il en découle qu’il s’agit tout
simplement d’un concept imprécis qui, selon les initiateurs de la réforme,
il devrait être précisé par la pratique administrative des officiers de l’état
civil et la jurisprudence (85).

A la question de savoir si les noms chrétiens étrangers font partie


du patrimoine culturel congolais, les travaux préparatoires précisent que
le bureau politique avait décidé que les zaïrois (congolais) ne pouvaient
pas porter les noms à résonnance étrangère (86). Cette solution s’inscrivait
dans la logique de la loi antérieure numéro 73-022 du 20 juillet 1973 qui,
à son article 16 proclamant que « tout zaïrois qui, avant l’entrée en
vigueur de la présente loi, porte un nom d’origine étrangère, doit y
renoncer. Il est tenu de renoncer à l’usage de son nom ou ses prénoms »
la compréhension qui en découle est que le port du nom d’origine
étrangère est interdit. Le doyen Boyoma alors président de la

84 AMISI HERADY, op. cit, p. 80.


85
Exposés généraux et commentaires analytiques des articles du code de la famille,
p.7.
86
Lire compte rendu analytique du conseil législatif, séance publique du 16 mai
1980, p.8.
203
commission de la réforme de droit, explique que « le patrimoine culturel
congolais comporte indiscutablement un héritage ancestral. Il est
constitué effectivement d’une grande base ancestrale traditionnelle à
laquelle s’ajoute l’apport étranger justifié par le courant d’échange du
Congo avec le monde extérieur.

Un nom étranger est intégré, dans le patrimoine culturel congolais


lorsqu’on lui donne une véritable consonance congolaise. Cette pratique
a pour objectif de traduire un nom en langue congolaise ou de la
modifier afin de lui faire perdre son apparence, sa consonance ou son
caractère étranger. A titre d’exemple RAMAZANI, bien que relevant du
patrimoine culturel arabe, est congolais, c’est-à-dire intégré dans le
patrimoine culturel congolais au niveau de la consonance au moyen
d’une coloration typiquement congolaise ».

3.1.3.1. Modes d’acquisition du nom


Le droit congolais, prévoit deux modalités d’acquisition du nom à
savoir, l’acquisition du nom par filiation (a) et l’acquisition du nom par
voie administrative (b).
a. L’acquisition du nom par la filiation, ici nous voyons
l’acquisition par la filiation biologique et l’acquisition par la
filiation adoptive.
 L’acquisition du nom par la filiation biologique, ici s’entend de
celle qui tient sa racine fondamentale dans le sang et unit un enfant
a son auteur biologique. On dit encore d’elle qu’il s’agit de la
filiation selon la chair ou encore de la filiation charnelle. C’est à elle
qu’on pense en tout premier lieu quand on parle de la filiation. Si
bien qu’il est permis de dire que la filiation biologique renferme
l’essence et le sens même de la filiation (87).
Le mode normal de transmission du nom coïncide avec
l’établissement du lien de filiation (88). L’alinéa 1er de l’article 59 du code
de la famille dispose que l’enfant porte le nom choisi par ses parents. A
travers cette disposition, le législateur désigne conjointement les père et

87 AMISI HERADY, op. cit, p. 321.


88
TERRE F. et FENOUILLET D., op. cit, p.128.
204
mère biologiques de l’enfant comme titulaire du droit à donner à leur
enfant le nom. Ce droit découle directement des prérogatives parentales
et puise sa source dans la filiation. Le législateur ne subordonne pas son
exercice à l’existence d’un mariage, mais plutôt à l’établissement d’une
filiation préalable par les deux parents. Peu importe si celle-ci se réalise
simultanément ou si elle est décalée.

En cas d’établissement simultané des filiations paternelle et


maternelle, les deux parents doivent préalablement se concerter sur le
nom à donner à l’enfant. Cette Egalite n’est cependant pas parfaite, parce
que le législateur reconnait au père de conférer le nom à l’enfant en cas
de désaccord (89). Afin d’assurer l’unité au sein de la famille ou et la
stabilité du couple, le projet de loi portant certaines dispositions du code
de la famille propose qu’en cas de désaccord, chacun des parents donne
au moins un élément du nom à l’enfant (90).

En revanche, lorsque la filiation est déclarée, c’est-à-dire, lorsque


la filiation paternelle est établie après la filiation maternelle, le père
pourra adjoindre un élément du nom choisi par lui. Si un enfant a plus de
quinze ans, son consentement personnel est requis. Si le père n’est pas
connu ou lorsque l’enfant a été désavoué, l’enfant porte le nom par la
mère. Il se dégage de tout ce qui précède, l’option arrêtée par la loi de
1987 sur l’attribution du nom repose sur une concertation préalable des
parents. Son exercice est dépendant de la manière dont la filiation est
établie ainsi que de l’exercice de l’autorité parentale.

 L’acquisition du nom par filiation adoptive, en effet l’adoption est


définie comme étant une filiation purement juridique, reposant sur
la présomption d’une réalité non biologique, mais affective : à la
demande d’une personne, le droit établit artificiellement entre elle
et une autre personne un rapport de père ou de mère à un enfant
(91). Il s’agit en réalité, d’un acte juridique qui crée entre deux

89
Ar. 59 du code de la famille
90
Cet amendement est proposé au dernier alinéa de l’article 59 du code de la
famille.
91
CARBONNIER J, op. cit, p.1109.
205
personnes un lien juridique de filiation non fondée sur un lien de
sang ou d’une filiation exclusivement juridique qui repose non sur
une réalité biologique, mais sur une réalité affective (92).
L’article 63 du code de la famille donne la possibilité à l’adopter de
porter le nom de l’adoptant. Il ne s’agit pas d’une obligation légale
comme c’est le cas en droit français, en cas d’adoption plénière. Car,
dans ce cas, l’adopté prend toujours le nom de l’adoptant. En droit
congolais, c’est plutôt une faculté que la loi laisse à l’appréciation des
adoptants. Ils sont libres de maintenir ou non le nom originaire de
l’adopté. Mais, si l’adopté est âgé de quinze ans, son accord est requis.

Il s’agit, en réalité, en pratique, plus d’un changement de nom que


d’une acquisition au sens technique du terme. En effet, il est établi que
dans ce cas, l’adopté porte déjà un nom lui attribué à sa naissance soit
par ses parents à défaut par l’autorité administrative (93).

 L’acquisition du nom d’usage, en effet le mot « usage » a plusieurs


sens dans le droit. Il peut désigner un comportement plus ou
moins répandu qui peut acquérir une certaine force obligatoire et
fixer la conduite à tenir en diverses circonstances, à condition de
présenter certains caractères, il peut même donner naissance à une
coutume (94). Le nom d’usage est un nom d’emprunt qu’une
personne porte sans en être titulaire. A la différence du nom de
famille qui se transmet à la suite d’une filiation biologique ou
adoptive et s’attache à la personne jusqu’à sa mort, le nom d’usage
disparait en même temps que la personne qui s’en sert.

La loi numéro 87-010 du 1er aout 1987 portant code de la famille


organise à son article 62 la question de l’acquisition du nom d’usage. Il
ressort de cette disposition que, la femme mariée acquiert le droit d’user
du nom de son mari pendant toute la durée du mariage. Il s’agit en
réalité, d’une faculté exclusivement laissée à l’appréciation de la femme
mariée. Il en découle que lorsqu’elle se marie, la femme ne perd pas son

92
AMISI HERADY, op. cit, p.372.
93
KABWA KABWE G., op. cit, p.52
94
TERRE F. et FENOUILLET D., op. cit, p.135.
206
nom de naissance. Si, elle se décide d’user du nom de son mari, le nom
de ce dernier est alors adjoint au sien. Ainsi la jeune fille qui s’appelait
par exemple Esperance Mukongo Kubaswagila avant son mariage pourra
à l’occasion de son mariage avec Monsieur Emmanuel M’kyoku Yangya,
décider de joindre le nom de ce dernier au sien. Elle pourra ainsi porter
le nom d’usage de Madame Esperance M’kyoku Mukongo.

La loi ne désigne pas exactement le moment de l’exercice de ce


droit par la femme. Elle se limite juste à relever son caractère
matrimonial. Ce droit court en principe dès l’enregistrement d’un
mariage devant l’officier de l’état civil et prend fin à sa dissolution. C’est
dans cet intervalle de temps que la femme est admise à l’exercer. Cette
liberté d’apprécier du moment du choix d’user du nom de son époux
reconnu à la femme mariée, n’énerve-t-elle pas le principe de
l’immutabilité du nom ?

A l’état actuel de notre législation, le port du nom marital par la


femme s’opère de plano par le seul effet du mariage et se réalise sans
autre formalités. La femme n’est pas donc obligée d’aller déclarer cette
modification intervenue dans les éléments de son nom à l’état-civil. La
réalité est que le mariage ne doit pas porter atteinte au principe
d’immutabilité du nom. Il ne s’agit nullement ici d’un changement du
nom, lequel nécessite en application de l’article 64 du code de la famille,
une autorisation du tribunal. On admet que sans perdre son nom tel qu’il
a été déclaré à l’état civil, la femme dispose du droit d’adopter le nom de
son époux, non seulement dans la vie courante et les relations sociales,
mais aussi dans l’exercice même de sa profession.

Pour rappel, il découle du principe de l’immutabilité du nom que


personne n’est autorisée à procéder à son gré, au changement de son
nom tel que mentionné dans l’acte de naissance. Or, en adjoignant le
nom de son mari au sien, la femme procède à la modification de l’ordre
des éléments de son propre nom et porte ainsi atteinte au caractère
immuable du nom, au point de créer une confusion dans l’identification
de sa personne. On ne doit pas perdre de vue que du point de vue de
l’intérêt public, le nom contribue à l’identification de la personne dans la
207
société. Il constitue un facteur d’ordre et un élément d’individualisation.
La nécessité de la fiabilité de l’état civil conduit à ce que toute
modification aux éléments qui le compose devrait être signalé dans le
registre de l’état civil au besoin de son opposabilité. Nous suggérons de
lege ferenda, qu’il soit demandé à la femme de faire l’option du port du
nom d’usage de son conjoint, au moment où les futurs époux se
présentent devant l’officier de l’état civil en vue de l’enregistrement du
mariage. Et qu’a défaut pour la femme de se prononcer en ce moment,
elle sera présumée avoir renoncé à son droit d’user du nom de son mari
(95).

L’usage du nom du mari par la femme prend normalement fin avec


le divorce. Car, dans ce cas, le lien matrimonial est dissout. Chacun des
époux reprend en principe l’usage de son propre nom. Mais
exceptionnellement, la femme divorcée peut, moyennant accord de son
ex époux, elle peut, conserver l’usage du nom de ce dernier. De même, si
elle justifie d’un intérêt particulier à conserver le nom de son ex époux,
elle peut, en cas de refus de ce dernier, solliciter une autorisation au
tribunal. Tel sera notamment le cas de la femme qui s’est fait connaitre
professionnellement sous le nom de son ex époux. En cas de décès du
mari, la veuve non mariée peut également continuer à faire usage du nom
de son défunt mari.

3.1.3.2. L’acquisition du nom par voie administrative.

L’enfant dont on ne connait, ni le père, ni la mère, a le nom qui lui


est attribué par l’officier de l’état civil dans son acte de naissance (96).
Cette disposition légale s’applique à l’enfant né de parents inconnus, en
l’absence de toute filiation, ainsi qu’à l’enfant trouvé ou abandonné, en
l’absence d’état civil établi au moment de sa naissance. En effet, aux
termes des articles 120 et 121 du code de la famille, toute personne qui
trouve un enfant nouveau-né est tenue de le présenter et d’en faire la
déclaration à l’officier de l’état civil du lieu de la découverte. L’officier de

95
KABWA KABWE G., op. cit, p.53.
96
Article 60 du code de la famille.
208
l’état civil dresse à l’occasion un acte tenant lieu provisoire de naissance
qui énonce le nom qui est donné à l’enfant.

Ce nom administrativement donné à l’enfant est provisoire. Car, si


l’acte de naissance de l’enfant se retrouvé ou si la naissance est
judiciairement déclarée, le procès –verbal de la découverte et l’acte
provisoire de naissance sont annulés par le tribunal à la requête du
ministère public ou de toute personne intéressée. Dans ce cas, on revient
au statu quo ante c’est-à-dire, on donne à l’enfant le nom lui attribué par
ses parents. Le nom de famille biologique ou adoptive se substitue alors
au nom choisi par l’officier de l’état civil.

Mais, à défaut de retrouver l’acte de naissance, toute personne


justifiant d’un intérêt matériel ou moral, peut demander au tribunal, de
modifier ce nom tant que l’enfant n’a pas atteint l’âge de cinq ans. L’âge
de cinq ans prévu par l’article 60 n’empêche pas, aux père et mère ou à
toute personne appartenant à la famille paternelle ou maternelle d’un
enfant durant toute sa minorité, d’initier une telle requête à l’effet de
procéder au changement du nom provisoire attribué administrativement
à l’enfant par l’officier de l’état civil (97). Toutefois l’enfant lui-même peut
à la majorité initier une procédure en changement du nom.

7. Régime juridique du nom


Comme d’autres composantes de l’état civil de la personne, le nom a
deux visages : du côté de la société, c’est un moyen d’identification de la
personne, ou encore une institution de police civil. Du côté de l’individu,
c’est l’objet d’un droit. De cette diversité de nature résultent des
conséquences importantes. Si l’on envisage l’évolution du droit positif,
on observe un recul de la première fonction, un accroissement du rôle de
la seconde. Cela ne facilite pas toujours la compréhension du droit
positif, car il est des effets du nom qui se rattachent à l’une et à l’autre
fonction. L’examen de cette présente section, porte sur la nature du droit
au nom (§1.), et sur les caractères du nom (§2).

97
Article 64 du code de la famille.
209
8. Nature du droit au nom
François Ameli fait état de la controverse doctrinale sur la nature
juridique exacte du nom (ou du droit au nom) :
5. Une partie de la doctrine y voit un droit de la propriété. Certains
ajoutent même que le titulaire de ce droit n’est pas unique. Ils
considèrent que le droit au nom serait un droit de propriété
familial, au même titre que, par exemple, le caveau de famille ou
certains souvenirs de la famille.
6. Un second courant doctrinal fait du nom une composante des
droits de la personnalité. La nature reconnue au nom, serait la
même que celle du droit à l’image, du droit au respect de la vie
privée, etc.
7. Une troisième catégorie d’auteur considère que le droit au nom
est, certes un droit extrapatrimonial, mais qu’il a, cependant la
nature d’un droit individuel et familial. Une chose est certaine, le
nom participe tout à la fois d’un droit individuel et familial. Il
pose, en même temps, des problèmes au point de vue de la police
administrative. Son régime juridique nous le montre bien. Sa
transmission dépend de considérations familiales, la possibilité
d’en changer ainsi que de l’adapter à certaines circonstances
constitue la manifestation du caractère individuel du nom et le
fait de reconnaitre comme un droit de la personnalité. En
revanche, les garanties et les contraintes qui entourent le
changement du nom font immédiatement penser aux exigences
de police administrative auxquelles l’Etat doit satisfaire (98).
Il y a cependant exception à cette règle lorsqu’il s’agit du nom
commercial. Par son attrait sur la clientèle, le nom commercial représenté
une valeur patrimoniale, il est cessible avec le fonds de commerce dont il
constitue un des éléments (99).

98
AMISI HERADY, op. cit, p.72.
99
Idem, p. 73.
210
9. Caractère du nom
Les caractères du nom peuvent être décrits comme suit :
Le nom est un droit : l’individu peut porter le nom qui lui est
légalement attribué pour se designer et se faire designer dans
toutes les occasions de la vie. Chacun est en effet en droit d’user
de son nom dans tous les actes de la vie civile, dans les actes
juridiques, professionnels et commerciales.
Le nom est un droit extrapatrimonial. Il est indisponible et ne
peut faire l’objet de commerce juridique. Il est incessible, en ce
sens que le titulaire d’un patronyme ne peut le vendre pour avoir
de l’argent, ou le léguer par testament pour, par exemple, en
empêcher l’extinction.
Le nom est un droit de la personnalité : il identifie la personne, il
confère, en effet, à son titulaire et le droit de s’en servir dans ses
diverses activités, et le droit de se défendre contre les usurpations
de son nom. Elément de la personnalité, le nom n’est pas une
valeur du patrimoine, faire d’un élément extrapatrimonial l’objet
d’un droit de propriété patrimoniale serait confondre l’être et
l’avoir.
Sur la tête de celui qui le porte, le nom est un signe qui coiffe son
état, le verrait –on, au départ, comme plaqué sur sa personnalité, le nom
tendrait à s’y intégrer, à s’identifier à elle, jusqu’à devenir le support des
autres éléments de l’état, le repère de l’identité de la personne, le siège de
l’amour propre, de l’honneur. La personne est à ce point liée à son nom
qu’elle vit dans la mémoire quand elle laisse un nom, et que son
souvenir s’efface avec l’oubli de son nom, ainsi le nom est-il,
indivisiblement, une marque de citoyenneté, un repère généalogique et,
en chacun, une composante de son être.

Le nom est une obligation : non seulement tout individu doit


avoir un nom, mais également il est obligé de répondre, en
quelque sorte au nom qui lui a été donné par la société, de se
tenir juridiquement visé sous ce nom, de reconnaitre par exemple
comme le concernant valablement la procédure dirigé contre la
personne ainsi dénommée. De même, l’individu est obligé de

211
porter ce nom, de s’en designer, toutes les fois du moins que des
conséquences juridiques sont en vue.
Le nom est imprescriptible : le droit au nom n’est pas susceptible
de prescription extinctive. Nul ne peut, en effet, être privé de son
nom en motif qu’il ne s’en est pas servi pendant un certain laps
de temps ou pendant longtemps. Le nom ne se perd donc pas
par le non usage.
Le nom a un caractère culturel : il doit refléter la culture
congolaise. C’est pourquoi, il doit impérativement être puisé dans
le patrimoine culturel congolais. Le législateur voudrait en
quelque sorte que par le nom, l’on puisse avoir une présomption
que la personne détient la nationalité congolaise.
Le nom est une institution de police : il constitue un élément
d’ordre public et de sécurité juridique qui, comme tel, échappe au
pouvoir discrétionnaire de la personne. Le nom sert
essentiellement à l’Etat, il lui permet d’organiser une mesure de
police administrative (100). En identifiant la personne, l’Etat fait
régner, en quelque sorte, l’ordre et la paix, l’organisation de l’état
civil est également le corollaire de cet état de fait (101). Institution
de police civile, le nom constitue un facteur d’ordre et un
élément d’individualisation, c’est sa fonction sociale. De cette
considération découle, notamment le caractère immuable du
nom.
Le nom est immuable : en principe, on ne peut en changer
volontairement, selon son bon plaisir. L’article 56 code de la
famille édicte le principe que l’ordre de déclaration des éléments
du nom et leur orthographe sont immuable. De même l’article 64
dispose que : « il n’est pas permis de changer de nom en tout ou
en partie ou d’en modifier l’orthographe ni l’ordre des éléments
tel qu’il a été déclaré à l’état civil »
Il en résulte que personne n’est autorisée à changer, à modifier ou
même inverser ou intervertir, comme bon lui semble, les éléments de son
nom tels que déclarés à l’état civil. La raison d’être du principe de

100
AMELI F, op. cit, p.146.
101
Idem.
212
l’immutabilité du nom est la manifestation de la fonction de police
administrative du nom : plus on permet facilement aux individus de
changer de nom et plus on rend difficile leur identification dans la
société. La société baignerait en effet dans l’insécurité totale si chacun
pouvait, a son guise, du jour au lendemain, porter des noms différents
sans motifs légitimes à ce changement (102).

Le principe de l’immuabilité du nom est cependant assorti de


quelques tempéraments (103) :
a. Le changement ou la modification du nom peut, à titre
exceptionnel, être autorisé par les tribunaux de paix ou le tribunal
pour enfant selon le cas du ressort de la résidence du demandeur
pour justes motifs, notamment lorsque le nom qu’on veut
changer ou modifier n’est pas puisé dans le patrimoine culturel
congolais, ou s’il est contraire à l’ordre public ou aux bonnes
mœurs, ou encore s’il revêt un caractère injurieux, humiliant ou
provocateur.
Le jugement est rendu sur requête soit de l’intéressé s’il est majeur, soit
du père, de la mère de l’enfant ou d’une personne appartenant à la
famille paternelle ou maternelle selon le cas, sur l’intéresse est mineur
(104).
b. Il est de principe que le mariage n’entraine pas le changement du
nom des époux. La femme mariée conserve son nom ; elle
acquiert cependant, pendant la durée du mariage, le droit à
l’usage du nom de son mari. Dans ce cas, elle pourra adjoindre le
nom de son mari au sien. Dans le mêmes ordre d’idée, la veuve
nom remariée peut continuer affaire usage du nom de son mari
(105).
c. L’adopté peut prendre le nom de l’adoptant. L’adoptant peut
également changer le nom de l’adopté, mais avec son accord si ce
dernier et âgé de 15ans au moins (106).

102
AMISI HERADY, op. cit, p. 75.
103
Idem.
104
Art. 64, al. 2 du code de la famille.
105
Art 62 du code de la famille.
106
Article 63 du code précité.
213
d. Le ministère public ou toute personne qui en a intérêt peut
demander au tribunal de paix du ressort du domicile du
défendeur d’ordonner la radiation en tout ou en partie du nom
inscrit en violation de l’article 58 et le remplacement de celui-ci
(107).
Dans tous ces cas, le tribunal doit prendre soin, en examinant la
requête ou la demande que l’intérêt des tiers ne soit pas compromis par
le changement, la modification ou la radiation du nom (108)

4. Conclusion
La présente réflexion, nous a permis de comprendre comment est-ce
que le nom est organisé en droit positif congolais en ce qui concerne
l’identification de la personne physique. Dans l’examen de notre sujet, il
nous a été d’une grande utilisé d’examiner la loi numéro 16/008 du 15
juillet 2016 complétant et modifiant la loi numéro 10-087 du 1er aout
1987 portant code de la famille, qui apporte une amélioration de la loi
numéro 13-002 du 20 juillet 1973 relative au nom des personnes
physiques en ce qui concerne le système patronymique.
La loi du 20 juillet 1973 consacrait à son article 3 que le premier
élément du nom de l’enfant doit être le même que celui de son père ou
de toute personne qui exerce l’autorité paternelle. Il en découle une
consécration du principe du patronyme, tout enfant par sa naissance,
suivant le législateur de l’époque, avait l’obligation de porter d’abord par
principe le nom de son père dans son premier élément du nom.
L’application de cette loi importée d’occident avait rencontré dans
certaines entités du pays une résistance dans sa mise en œuvre parce que
dans la plupart de tribus présentes en République Démocratique du
Congo, les modalités de dation du nom se réalisaient en application de la
coutume, selon leur appartenance au système matrilinéaire ou
patrilinéaire. Pour pallier à cette situation, le législateur de la loi numéro
87-010 du 1er aout 1987 à travers cette réforme, va concilier la loi tant à
la modernité qu’a l’authenticité congolaise. L’article 59 alinéa 1er de la loi

107
Article 65 du même code.
108
Article 66 du même code.
214
précitée stipule que « l’enfant porte dans l’acte de naissance le nom choisi
par ses parents ». Cette disposition met ainsi fin au système
patronymique et consacre à la place le principe de l’attribution de nom.

Dès lors, il est permis aux parents de donner à l’enfant, soit son
propre nom, soit le nom d’un proche parent, d’un ami, soit même un
nom qui rappelle un évènement de la vie. Ainsi le code de la famille, tel
que modifier en ces jours, consacre le principe de la liberté de choix du
nom reconnu aux parents. En effet, il sied de signaler que le nom est l’un
des principaux moyens qui permet d’individualiser une personne. Il
constitue un élément d’ordre public et de sécurité juridique qui, comme
tel, échappe au pouvoir discrétionnaire de la personne.

Le droit congolais protège le nom sur le plan pénal et civil, cela


permet au titulaire du nom de le défendre et de le protéger. Aux termes
de l’article 67 du code de la famille, le droit au nom est garanti et confère
à son titulaire le pouvoir d’en user légitimement et d’utiliser toutes les
voies de droit, y compris l’action en justice pour obliger les tiers à le
respecter. Les recommandations qui résulte de cette analyse, seraient de
demander au gouvernement central de vulgariser cet enseignement sur le
nom et ses enjeux en droit congolais, par voies de media et inclure cette
leçon au cours de l’enseignement primaire et secondaire, précisément
dans le cours d’Education Civique et Morale, en fin de permettre à tout
congolais de savoir que le nom n’est pas seulement une appellation ou
encore une institution de police mais que le nom, a aussi une valeur
culture qui nous rattache à notre bon pays la République Démocratique
du Congo.

Bibliographie
I. Ouvrages
1. Ameli F., Droit civil : introduction, les personnes, les bien, Paris,
Montchrestien, 2000.
2. Amisi Herady, Droit civil : les personnes, les incapacités, la famille, 4e
éd., EDUPC, Kinshasa, 2016.
3. Carbonnier J., Droit civil les personnes, incapacités, personnes morales,
Paris, PUF, 1995.
215
4. Descartes R., Discours de la méthode pour bien conduire la raison et chercher la
vérité dans les sciences, An Maire imprimerie, Leyde, 1637.
5. Kabwa Kabwe G., Droit civil congolais, tome1 : les personnes, les
incapacités, Kinshasa, PFDUC, 2016.
6. Mulumba Katchy, Introduction à l’étude du droit coutumier congolais,
Kinshasa, éd. Solidarité africaine, 2011.
7. Terre F, Introduction générale au droit, 4e éd. Paris, Dalloz, 1998.
8. Terre F. et Fenouillet D., Droit civil : les personnes, la famille, les
incapacités, Paris, Dalloz, 1996.

II. Article de revue

1. Karl Kopper R., « La cacophonie des théories en sciences


sociales, In Critiques du savoir politique, n°3, 1990.
III. Cours
1. Bompaka Nkeyi, Droit civil : les personnes, Faculté de Droit,
UNIKIN, Kinshasa, 2010.
2. Mwanzo Idin’Aminye E., Droit civil, les personnes –la famille-les
incapacités et capacités, Université libre de Kinshasa, 2012.
IV. Autre document
1. Compte-rendu analytique du conseil législatif, séance publique du
16 mai 1980.

216
Folie et symbolique du baobab dans Le baobab fou de Ken Bugul
Par
Bahanuzi Marara Pierrot109
Résumé
Dans cette recherche, nous volons montrer l’intérêt esthétique caché dans le titre le
baobab fou ainsi que l’apport de l’écrivain Ken Bugul dans la littérature négro-
africaine moderne. Il ‘agit d’exploiter la richesse sémantique et stylistique que renferme
« le baobab fou » et surtout le caractère énigmatique ou évocatif du titre. Les
indices de la folie et leurs manifestations dans les énoncés permettant d’éprouver le
plaisir du texte dans toutes ses dimensions et, ainsi, accéder pleinement à
l’enchantement du signifiant.
Partant de la pragmatique et de la sémiotique, nous trouvons que le baobab fou
renferme une métaphore se rapportant aux hommes, a la société moderne et que la folie
du baobab ne serait qu’un prétexte, un trompe l’œil se réclamant de la raison. Ce
roman sous analyse retrace les réminiscences d’une vie paysanne africaine évoquée dans
la solitude occidentale. D’où une écriture soit ésotérique, occultée par des images «
Le Baobab » aux allures surréalistes et ou le lyrisme ne joue qu’un rôle mineur.
Mots clés : Folie, symbolique, Baobab, bizarrerie

Abstract
In this research, we fly to show the aesthetic interest hidden in the title the mad baobab
as well as the contribution of the writer Ken Bugul in modern Negro-African
literature. It is a question of exploiting the semantic and stylistic richness contained in
"the crazy baobab" and especially the enigmatic or evocative character of the title. The
clues of madness and their manifestations in the statements allowing to experience the
pleasure of the text in all its dimensions and, thus, to fully access the enchantment of
the signifier.
Starting from pragmatics and semiotics, we find that the crazy baobab contains a
metaphor relating to men, to modern society and that the madness of the baobab would
be only a pretext, a trompe l'oeil claiming reason. This novel under analysis retraces
the reminiscences of an African peasant life evoked in Western solitude. Hence a
writing is esoteric, obscured by images "The Baobab" with surreal looks and where
lyricism plays only a minor role.
Keywords: Madness, symbolism, Baobab, weirdness

109
Assistant à l’ISAGE/Kahuzi-Biega
217
1.Introduction
Le Baobab fou est un récit inscrit dans un contexte spatio-temporel
comprenant un état initial et un état final. Le récit passe par la voie d’une
narratrice qui raconte sa propre histoire. Les indices de la folie et leurs
manifestions, dans les énoncés, permettent d’éprouver le plaisir du texte
dans toutes ses dimensions et ainsi accéder pleinement à l’enchantement
du signifiant. Ken Bugul est, à la fois narratrice est personnage central du
roman.
En effet, le caractère énigmatique que renferme le titre « Le
Baobab fou » nécessite d’en exploiter les contours littéraires en vue de
s’imprégner des virtualités sémiques que l’énoncé titrant est susceptible
de générer en lui-même. Ainsi, les questions principales sont-elles
déductibles des caractères énigmatiques et métaphores du roman :
- À quoi renvoie la symbolique du Baobab ?
- Quelle est la signification ou la signifiance portée implicitement
par le Baobab fou ?

Les questions soulevées par notre problématique incitent à y


répondre transitoirement et d’aboutir à notre objectif. En traitant ce
sujet, nous voulons confirmer ou infirmer les hypothèses suivantes :
- Le Baobab serait en train de dénoncés les anomalies de la
société a l’instar des écrivains de la nouvelle génération.
- Le baobab exprimerait la possibilité de cerner la
démystification de l’Europe au détriment de l’Afrique. Il
serait doué d’un pouvoir magique et irréversible vertus entre
les tribulations rêvées et les expériences vécues, la distorsion
tant parfois étonnante.
Pour mener à bon port cette étude, nous jetons notre dévolu sur
les approches sémiotique et pragmatique. « Toute œuvre d’art, alors
qu’elle est forme achevée et dans sa perfection organisme exactement
calibré, est « ouverte » au moins en ce qu’elle peut être interprété des
différentes façons sans que son irréductible singularité en soit altérée.
Jouir d’une œuvre d’art reviens à en donner une interprétation, une
exécution à la faire servir dans une perspective originale.

218
La sémiotique ne s’attache qu’à un niveau d’analyse, la narrativité.
A partis de toutes ses formes discursives possibles (récits oraux ou écrits,
nouvelles et faits divers de journaux, film…), la sémiotique essaie de
déterminer l’ensemble de loi qui rendent en partie de cet élément central
de notre vie quotidienne, le fait de raconter ». (GREIMAS, 1976 :81).

Cette approche Greimassienne qui commence par les contenues


sémantique global (ce qui se passe dans le texte l’explicite) et se poursuit
à travers lexias ou normalisation des évènements, les énoncés narratifs
canonique, les fonctions narratives canonique, les syntagmes narratifs, les
programmes narratifs et qui cerne deux composantes (Morphologique et
Syntaxique) garantit la scientificité de l’analyse, mais échapper la valeur
esthétique et idéologique. Or, le texte littéraire est une œuvre d’art et, par
conséquent, véhicule des pensées de l’énonciateur.

Dans cette recherche, nous nous penchons plutôt du côté de la


sémiotique interprétative qui, elle aussi, part du texte en y repérant de
foyers normatifs. Le but de notre étude étant « le caché, le vrai, l’effet
idéologique » parce qu’il s’agit d’un texte vraiment engagé, nous ferons
recours à la terminologie Greimassienne en y empruntant des concepts
de sème, phème ; l’exiome, etc.
Comme nous venons de l’affirmé ci-haut, les foyers normatifs sera
étudié paradigmatiquement. C’est-à-dire en tant qu’entité autonome
fonctionnant comme « réserve de sens » pour, enfin, le cerner
syntagmatique ment enfin d’observer la progression sémantique vers
l’isotopie. Dans cet angle, la pragmatique s’impose.

D’après M. Delcroix et Hallyn, « la pragmatique est définie comme le


regroupement d’un ensemble des recherches logico-linguistiques aux frontières floues. Il
la définit comme étant l’étude de l’usage du langage, qui traite de l’adaptation des
expressions symboliques aux contextes référentiels, situationnel, actionnel, et
interpersonnel. Ainsi, sont « pragmatiques » les traits qui donnent à un
fragment linguistique une fonction dans un acte ou un jeu de
communication ». (Delcroix et Hallyn, 1987 :118)

219
Partant de cette acception, nous comprenons que la pragmatique
concerne, donc, la production du sens dans le système des signes. Dans
le cadre de notre travail, la pragmatique nous permettra de pénétrer
l’énoncé titrant Le Baobab fou et sa signification qui fonde, à partir du titre
une problématique du ou des sens. Bref, la pragmatique nous permettra
d’étudier des signes en situation, c’est-à-dire la somme des idées que
nous pouvons avoir au sujet des conséquences pratique des actions
possibles sur la folie du baobab et qi concerne la vie courante.
Etant donné que le locutoire est l’apanage de la sémiotique et
l’encrage référentiel, les relations découvertes par l’analyse de discours ou
analyse conversationnelle porteront sur de fragments discursifs ou
argumentatifs. Elles excèderont, donc, le lien anaphorique entre phrase
ou le lien coréférentiel entre propositions. Le contexte une fois restitué
dans sa cohésion et sa combinatoire propre, Nous permettras de
recouper les macro-unités et de les comprendre.
Le contexte référentiel nous permettra de découvrir les séquences
des signes et leurs sens par rapport à leurs référents, c’est-à-dire le
monde des objets et des états des choses. Ainsi, nous relierons peu à peu
les phénomènes grammaticaux de la personne, de la modalité, du mode,
du temps et de l’aspect aux indices référentiels. Il s’agira, dans ce cas de
la pragmatique indexicale ou toute partie de la description linguistique
met en place un métalangage comportant des symboles pour les
interlocuteurs, les lieux, le temps et aussi, le symbole « dire ».
En, effet, au-delà du baobab, correspond un contenu sémantique
ressortant de l’implicite, la résultante de sens disséminés dans le texte et
le non-dit suggéré. La sémiotique est donc une analyse du texte par le
texte et la pragmatique appréhende le texte c’est-à-dire un acte dans un
contexte énonciatif en voyant ses valeurs illocutoires, perlocutoires. Ces
signes ne sont ni le fait ni hasard ni celui de la gratuité, ils sont produits
en fonction d’une intention et pour produire un effet sur l’interlocuteur.

2.Structure formelle et interne

220
D’après Delfau Gérard et Roche, « la structure concerne
l’organisation des éléments ordonnés en lieux déterminés, des différentes
façons selon lesquelles, en occurrence d’une unité peut être constituée
par des occurrences d’unités inferieures ; seules, certaines combinaisons
sont admises » (Delfau et alii, 1974 :89).
Partant de la structure, nous voulons orienter notre curiosité sur
l’intrigue de notre roman ouvrage qui nous a fort attiré. Cette partie va
s’articuler sur la disposition, l’agencement de partis dans notre roman
d’étude. De ce fait, pour une bonne structuration, nous parlerons, de
prime a bort, de la structure formelle, puis, de la structure interne.

2.1. Structure formelle


Celle-ci, à première vue, amène a la forme du roman. Il s’agit
d’étudier plus l’apparence que la matière ou le contenu de notre œuvre
d’étude. Notre étude, étant interrogé les virtualités sémiques que l’énoncé
titrant, est susceptible de générer en lui-même, considérant sa dimension
paradigmatique, c’est-à-dire indépendamment de ses relations avec les
énoncés constituant texte, le Baobab fou s’évertue à démontrer les
contradictions de la civilisation occidental en niant d’une part le caractère
universel de celle-ci et d’autre part en exhibe sa morale comme une
morale sectionnelle. Au lieu de nous arrêter sur les valeurs formelles de
constituant de l’énoncé titrant, nous préférons axer notre étude
immédiatement sur son sémantisme. Nous allons beaucoup nous atteler
sur la sémantique du titre de notre roman « Le Baobab fou » et le
contenu même de l’ouvrage.
2.1.1. Le titre
Le titre d’un ouvrage est la synthèse de la matière traitée. Il
constitue, donc, l’une de balises de l’analyse de l’œuvre. Il y a deux
catégories des titres :
« Les titres thématiques ou le thème et le personnage sont indiqués, et les titres
thématiques renfermant les informations sur la forme de l’œuvre, sur la tonalité, sur le
genre, sur le projet philosophique ». (Calas, F., 200 :13).

Le syntagme nominal « Le Baobab fou » campe deux registres en


contraste apparent. Le premier renvoie au monde végétal alors que le
221
second concerne le registre pathologique, plus particulièrement celui des
maladies mentales. Le déterminant défini « le » marque à la fois la
singularité et la précision, car l’énonciateur sait de quoi il parle. Or, le
Baobab, arbre à tronc énorme et à fruit charnus comestible porte, en
plus de sèmes de grosseur et de grandeur végétale, ceux d’africanité et
surtout de tropicalité. Il s’agit, donc, d’une réalité imposante et
marquante, d’une institution, visible située spécialement en Afrique.
Connotativement, « le Baobab » renvoie au pouvoir et, surtout,
au détenteur d’un pouvoir inamovible et durable. L’épithète « fou » qui
renvoi aux hommes, et parfois à quelques animaux, crée un oxymore qui
met en relief une personnification. Le jugement porte sur le
comportement et les actions posées qui se caractérisent par les désordres
et l’incohérence propres aux individus frappés de démence. Le discours
est, donc, critique vis-à-vis de cette réalité symbolisée par le « Baobab »,
car constater soit faire un diagnostic. Celui qui l’affirme ou qui le déclare
n’est pas un fou, car son discours connait une démarcation d’avec ce qui
est déclaré comme dément (démentiel).
S’appuyant à la pragmatique et la sémiotique, nous nous rendons
compte que le Baobab fou correspond, chez Ken Bugul, à l’éclatement
du patrimoine narratif ancestral, d’une part à la conquête d’horizons
nouveaux, d’autre part. La dynamisation de la description provient du
fait que cette description se fait, dans le récit, par une assimilation
métaphorique ou comparative empruntée de manière privilégiée au
registre végétal « Baobab », animal ou humain (la présence d’un chien
noir et son histoire).
Lisons ce passage édifiant tiré de notre corpus et dans lequel Ken
Bugul déclare :
« Soudain un cri ! Un cri perçant. Un cri qui venait briser l’harmonie, sous
ce baobab dénudé, dans ce village désert. L’enfant s’enfoncer de plus en plus
profondément, la perle d’ambre dans l’oreille. Le cri retentissant dans une
chaleur de rythme et de danse… » (p.25)

222
Ce passage que nous retrouvons à la page 25 est suivi d’un
fantastique qui annonce déjà une impasse :
« Pour indiquer la demeure, il fallait indiquer le Baobab géant. A quoi
pouvait penser la mère sous le baobab ? Souffrait-elle ? Le Baobab
aussi, on se demandait en quoi il pensait, car parfois il se mettait à rire,
parfois a pleurer et cela arrivait aussi, il s’endormait pour rêver » (p.
25).
À travers ce passage et beaucoup d’autres, nous remarquons que
le roman est caractérisé par un profond réalisme et un racinement dans
son terroir. Des orientations dominantes sont les réflexes philosophique,
l’évolution, l’exaltation et la critique sociale. Lisons l’extrait suivant :

« Les occidentaux envient cette richesse émotionnelle de l’homme


noir « (p. 129). « le contact entre l’Europe et l’Afrique a créé de
fracas » (p. 104).

Cette critique sociale révèle la démystification de l’Europe ? Loin de


là, Ken veut remettre tout en cause. En effet, la considération du
contexte général dans lequel est né le roman négro-africain impose une
situation problématique et problématisant. Problématique parce que
l’exaltation de l’Afrique se réalise sous la forme d’une symbolisation.

Nous comprenons que l’antithèse et l’antinomie entre le monde


occidental et le monde africaine se matérialise par le processus de
dévalorisation de la culture et le mépris du blanc à l’égard du noir. Pour
réagir contre cette institutionnalisation de l’injustice sociale, de la
colonisation et, donc, de l’exploitation de l’homme par l’homme. Les
tous premiers écrivains ont produit des œuvres littéraires présentant
l’Afrique avec des traits de la maladie : le héros et tantôt une malade
mentale, tantôt un malade physique.

2.1.2. Contenu sémantique de l’œuvre


223
Le Baobab fou est le roman autobiographique de Ken Bugul. Son
éditeur l’avait conseillé de le signer sous le pseudonyme Ken Bugul, c’est-
à-dire, en Wolof, « celle dont personne ne veut ». Ce roman comprend
10 chapitres et se subdivise en deux grandes parties, à savoir : la
préhistoire de Ken Bugul et l’histoire. Dans Le Baobab fou, Ken Bugul
montre justement comment une certaine Europe, mercantile et
concupiscente travaille à pervertir des jeunes africaines à l’identité
vacillante, en les réduisant à l’état d’objet sexuel. Tout ceci conduit
nécessairement à l’hypertrophie de la subjectivité et, donc, a un discours
égocentrique morbide.
Le baobab du fou est, donc, un roman d’exaltation dont le prétexte
est la réhabilitation d’une culture (race) noire niée et humiliée. Inspiré par
le sentiment de nostalgie (solitude, ce roman retrace les réminiscences
d’une vie paysanne africaine évoquée dans la solitude occidentale : d’où,
une écriture ésotérique, occulte à travers les images du baobab aux
allures surréalistes et que le lyrisme ne joue qu’un rôle mineur. Les
thèmes qui sont variés autour de la condition de l’homme (sa vie et sa
mort) son amour, ses angoisses et se paniques ainsi que l’engagement
personnel inspirer de source ancestrale et l’envie de renaitre (ou le retour
au pays natal) d’où beaucoup de rêves, d’appels remarqués par les soucis
de rêver à un autre monde.
En effet, l’exploitation de la terre d’Afrique se présente sous la
forme de l’image symbolique Le Baobab d’une mère souillée et reniée.
Ken veut lui redonner son visage réel par l’exploration de sa splendeur.
Selon ken, la mère se trouve à la source de tous les rêves, de toutes les
peurs, à la racine de toutes les angoisses et toutes les solitudes. Le
baobab symbolise, à cet effet, l’Afrique (géante) qui souffre, qui subit
toutes les humiliations, toutes les peines.
Problématisante, car la perte de la dignité humaine de l’identité a
africaine met en scène une génération désemparée, déracinée vivant dans
les paradoxes socio- culturels susceptibles de la conduire à son propre
anéantissement (drame de l’intellectuel africain). Quant au roman des
années 1970 et 1980, l’on peut lire la manifestation d’un

224
désenchantement et du malaise des Africains devant le sort réservé à leur
continent. Le thème « despotisme tropical », la dénonciation des organes
qui, ont confisqué le pouvoir, commendent les œuvres d’Alioum-
Fantouré (le cercle des tropiques 1972 de Tierno Monenemba, Les
crapauds brousse, 1979 ; de Sonny Labou Tansi, La vie et demie, Henry
Lopes, Le pleurer-rire, 1982. L’incertitude existentielle du jeune homme de sable
(1979) de William Sassine, comme Le sentiment de perte d’existence du héros de
l’Ecart (1979) de V.Y Mudimbe attestent du désarroi de cette génération.
À partir de Ken Bugul, notons que toutes ces femmes vont élever
la voix en parlant d’elles-mêmes c’est-à-dire de la frustration dans
laquelle elles évoluent, des abus d’une société patriarcale qui les brime.
Pour Elles, la femme symbolise l‘Afrique qui souffre, qui subit toutes les
humiliations, toutes les peines ; d’où, l’accomplissement d’une
conscience longtemps brimée par le geste apocalyptique de libération
culturelle. D’où, écrire sur la folie ou par le biais de la folie devient une
arme dans le combat socio-culturel ou socio-politique.
Le retour aux sources africaines qui renait dans les esprits
inspirés par la nostalgie pousse ses écrivains à produire des œuvres dont
les thèmes perpétués sont la révolte, l’angoisse existentielle, l’exaltation
de la conscience nationale, de la liberté de l’homme, l’égalité des sexes et
de la dignité du Noir. Au lieu de nous des arrêter sur les valeurs
formelles de constituant de l’énoncé titrant, nous axons notre étude sur
son sémantisme.

3. Structure interne
Dans la première structure, nous avons orienté notre attention
sur le contenu sémantique du titre et de l’œuvre. Pour cette dernière
partie, nous allons, focaliser notre attention sur les indices de la folie et
de la symbolique du Baobab.
3.1. La folie est la symbolique du baobab
Dans cette partie, nous entendons cerner les signaux dans leur
dialogue avec le texte, d’une part et avec le lecteur, d’autre part.
Appréhendé tel quel, le titre « Le Baobab fou » constitue une balise riche,

225
par la conjonction des fonctions indexicales et énonciatives ou
pragmatiques qu’il remplit.

En effet, « le baobab fou » aligne deux lexèmes entretenant une


relation d’incompatibilité. Le premier s’inscrivant dans le registre végétal
« Baobab » apporte une ambiguïté au niveau des personnages. Le second
lexème opère une rupture par rapport à ceux qu’il détermine en ce sens
qu’il renvoie au registre médical « pathologique ». Ces deux pôles ne se
rencontrent nulle part. Le contraste et accentué par l’effet que « Baobab »
et « fou » font éclater les dichotomies cultures/nature.
Appliqué métaphoriquement à l’homme, le Baobab se pose
comme dégénérescence et présuppose des êtres tarés. La prédominance
des voyelles graves exprimées dans brièveté confirme cette idée de
malaise à travers un énoncé-titrant qui mobilise des moyens scripturaux
divers pour arriver à accrocher le lecteur : la métaphore, l’oxymore,
ironie.
Le syntagme nominal Le Baobab fou draine de deux lexèmes : le
premier souligne la grandeur appréhendée dans son statut végétal, alors
que le second met en exergue la maladie. Le baobab laisse supposer une
Afrique gigantesque, riche culturellement et matériellement, mais malade
ou malheureux. Le Baobab porte, donc, divers effets : jugement
caricatural, tendresse sentimentale, aspect accrocheur de l’image dans le
titre ; d’où, un discours tourbillonnant d’une société baissée. En ce sens,
la folie devient un message de la raison.
Du point de vue métaphorique, la folie est rendue par des
moqueries des tous genres, des allégories, des ironies et suppose un
contexte des choses de désordre. Lisons ces extraits tirés de notre
corpus (…)
« Ce baobab que tu vois là, il est mort depuis longtemps » « mais comment
est-il possible ? Il est là, debout il a toutes ses branches ». « Oui, mais il
est mort ». « Le rendez-vous manqué lui avais causé une profonde tristesse.
Il devient fou et mourut quelque temps après. Le matin ou je suis arrivée
au village tous les autres baobabs étaient cachés derrière leurs troncs en
226
remplient leurs branches en feuillage touffu. Les oiseaux partaient en deuil.
Les petits papillons blancs et jaunes sillonnaient tremblante » (p. 181).

Cette séquence riche et significative mérite une attention


particulière. Elle participe à la volonté de relater des faits d’une couche
sociale précise, celle des marginaux et de déshérités, des aliénés qui se
vautrent dans la désillusion. En effet, tout en étant debout, l’Afrique est
morte, mais garde encore son peuple. La mort du Baobab suppose la
perte de la dignité humaine, de son « moi » profond conduisant
l’anéantissement spirituel « folie », existentiel, et une angoisse
métaphysique que connait un peuple désemparé, coupé de ses racines,
vivant dans le paradoxe.

Cependant, il ne s’agit pas d’une mort physique, mais plutôt


d’une mort annihilant qui accentue le découragement de l’auteur face à
son impossible espoir et une vie meilleure. Disons que le recours aux
phrases courtes (mots phrases) permet d’insister sur la folie tant il est
vrai qu’elle exprime l’intériorité ainsi que la description d’un monde
éclaté.
Les cas suivants l’illustrent correctement :
« Cela ne fut qu’empirer ma folie » (T98)
« Tout était comme un rêve » (p.85)
« La solitude ! Encore… » (p.79)
« J’étais bouleversée » (p.34)
« S’arracher » (p.35)
« Nous fumes soudains seuls » (p.125)
« L’aliénation » (.124)
« Le foule-ferveur » (p.114)
« La mosquée » (p.115)
Le monologue (le monologue, interne) permet de présenter des
états psychiques renvoyant à la folie, au rêve, à la solitude exagérée. À
titre illustratif :

« (…) une femme peut être rien d’autre que la consommation »


(p.120)

227
« Ah ! Afrique, malgré tout tu résistes » (p.121)
Dans ces deux phrases et dans beaucoup d’autres, la pensée du
personnage est captée. L’écriture devient une sorte de photographie des
idées qui jaillissent dans l’esprit du personnage.

Les pensées de Ken sont ainsi exprimées :


« Je paraphrasais la culture occidentale » (p.161)
« Ah ! Que je fus longtemps mal et seule dans ma peau » (p.163)
« Qu’avait fait la mère » (p.170)
« Qu’avais-je fait ? » (p.171)
« Oh Dieu, que m’arrive t’il ? » (p.172
« Le suicide pur ! » (p.174)
« Mourir, mourir maintenant « (p.179)
Le recours à ces types des phrases courtes se trouve en relation
avec de l’espace : les pensées articulées dans l’espace fermé indiquent
tous les souvenirs et engendrent des désirs d’évasion, de regret à travers
la pensée et le rêve justifiant sur le plan expressif la fragmentation du
discours, l’émission directe des idées sous la forme des mots phrases ou
des phrases simples. Ainsi,
« L’homme, le mari, le père, l’assureur, celui qui apportait l’argent pour le
riz, rapportait des bonbons, des beignets, celui dont on pouvait se passer et
qui rentrait d’une journée qu’il avait passée à crever pour justifier sa
responsabilité et sa raison d’être ». (P145).
En effet, la position initiale de la phrase longue confère à ce
syntagme une grande importance surtout qu’ils se situent dans des
contextes analeptiques. Notons également les phénomènes dans
emphatisassions dans certaines phrases :

« Restait-elle seule ? À cet instant » (p.22)


Le texte nous offre aussi de bons exemples de l’antéposition
introduisant dans le registre affectif ou subjectif qui cadre avec la place
accordée à la vie intérieure du personnage à travers son discours, ses
rêves… Le monologue (interne) permet de présenter des états
psychiques renvoyant à la folie, au rêve, à la solitude exagérée. À titre
illustratif : ceux-ci évoluent beaucoup dans des espaces fermées et
contexte psychologique étouffant qui attisent le désire d’évasion.
228
Citons les exemples suivants à titre illustratif :
« J’étais resté seul dans la chambre, à lire, écouter de la musique, appréciant
la douceur de ces instants ou la solitude étais si bien faisante » (p.71)
« J’étais fatiguée, j’étais bouleversée, je m’étais jetée sur le lit, tout habillée, la
vision par terre » (p.88)
« Je remarquais seulement quelque moment après l’homme au
chien noir étais tout mon intimité. » (p. 174)
« Je me déshabillais dans le même coin, afin d’offrir seule ce corps dont je
n’avais plus aucune idée et qui émouvait tant ces blancs qui ne
m’acceptaient qu’à ce moment-là » (p.175).
Le style et condensé en ce sens que les objectifs verbaux souvent
permettent de traduire la modalité passive tout en maintenant la
dimension descriptive. Le tiroir verbal de la narration des faits s’articule
par l’imparfait, la passée simple, le plus-que- parfait car il s’agit d’un
souvenir.
Ducrot n’affirme-t-il pas que le roman du flux de conscience, qui
est apparu au XXème siècle, a étais aboutissement de cette tendance à
accorder des plus en plus la place à la vie psychique du personnage ».
(Ducrot, 1998 : 150) En effet, le texte nous donne le simulacre de la
simultanéité entre le temps de l’énonciation et celle de l’énoncé.
L’adverbe « là » répété plusieurs fois comme nous l’observons :
« Ce pays là… » (p.75), « au village là » (p.125) désigne
l’éloignement avec la terre mère et s’oppose à « ci » qui aurait dû
convenir à la simultanéité de l’énonciation et de l’énoncé. L’imparfait, le
passée simple… entrent dans la reconstitution du passé du personnage,
mais aussi de ces rêves projetés dans un futur virtuel. Toutefois, ces
tiroirs verbaux sont cadrer quelques fois par le temps présent de
plusieurs en analepses.

2.2. Les indices discursifs

L’analyse du discours reste attentive à des pratiques discursives et


socio discursives humaines. Nous focalisons notre attention sur
l’approche qui met en valeurs les activités les produits et réceptions
langagières dans leurs opérations.
229
Comme le dis GREMAS, nous soutenons que :
« Les signifiants des langages de connotation étant disséminé le
long du discours, inaccessible a toutes structurations directe, il ne pouvait
être approché que par le postulation arbitraire et préalable du signifié »
(GREMAS A., 1991 : 240) partant de ce qui précède, nous optons pour
les choix de certains « foyers de sens », afin de rendre compte du
fonctionnement d’une signifiance véhiculée tout au long de la trame
textuelle. Parmi ces foyers textuels, nous choisissons le titre, Le Baobab
fou, cette entité formelle, autonome et étiquetant qui fonctionne à la fois
comme un point central vers lequel convergeraient toutes les figures
rayonnantes dans le texte, comme un point central et comme un point
moyen, lieu de passage obligé de figures les unes les autres.

Dans le texte les voix des personnages sont mêlées à celles du


narrateur. Si le style direct et indirect ne pose pas de problème réel, car
repérables par les signaux taxonomiques connus de difficultés surgissent
avec le style direct et indirect libres.
En effet, sans pour autant revenir sur la détection systématique
de style direct et indirect, nous nous efforcerons de montrer
l’enchevêtrement des discours du narrateur avec les multiples formes des
discours rapportés.
Cet extrait mérite que nous nous-y arrêtions :
« L’arrivée des blancs avait sapé des fondements sacrés, les avait
disloqués pour faire du colonisé un angoissé à perpétuité… il Ya des
moments où il faut savoir se taire » (P102).
Le narrateur s’installe dans la peau des personnages ; d’où, le
déclanchement du style libre en style mixte. C’est dire que les narrateurs
investissent toutes les recettes linguistiques pour arriver à rendre compte
des perspectives de la focalisation au compte de la relation des faits d’où
l’imbrication.

230
II.3. La bizarrerie langagière

La dimension lexicologique et syntaxique telle que sexualisée


dans le Baobab fou convainc d’une chose : le recours au parler populaire,
surtout à des expressions relevant de la vulgarité de crudité, pour plus de
réalisme et de vraisemblances. Il faut aussi noter la
bizarrerie langagière représentée par l’agression linguistique,
principalement fondée sur un vocabulaire pornographique, auquel se
livre l’auteur. Le recours aux néologismes et africanismes dénote un
certain emprunt ou une certaine forgerie.

La textualisation de ce registre participe de la volonté de relater


des faits d’une couche sociale précise, celle de marginaux, des aliénés et
de cérites et déshérités qui se vautrent dans la désillusion.
Il suffit de lire les exemples suivants pour s’en convaincre ;
« Assise sur la peau de chèvre, la calebasse dans le creux de fortes
cuisses qui avaient fibré a tant d’évènements depuis le jour ou le père
était venu la demander en mariage » (P.10)
« Nous jouions » « dial bi dialâne » (P.160)
« Le Ndiambane » (P.14)
« Xun Xunoor » (P.13)
« Il m’écartait les jambes et se frottait sur moi » (P.135)
« C’est cette année-là que je m’étais fait dévierger par mon
professeur d’histoire P.162
« Les hommes pinçaient les femmes pour sortir les cris du
frisson » (P.163)
« Il faut faire lentement » (P.174)
« Fais-moi l’amour avec tes doigts » (P.76)
Cette façon de s’exprimer trouve ses sources dans la révolte de
l’auteur vis à vis de la condition sociale de l’homme africain et traduit la
couleur, l’état d’âme du for-intérieur du narrateur.
Notons aussi les répétitions des sonorités, de « moi » ou des
phrases dans le texte.
« Le Baobab et le soleil, le soleil et le Baobab » (P.30)
« Ce baobab dénudé dans ce village désert » (P.30)

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« Le fruit de l’amour volé à l’amour » (P.55)
« Déçue, j’étais déçue » (P.56)
Ces répétitions surtout du mot « baobab » que nous retrouvons
plus au moins 65 fois dans le roman, ou encore de certaines phrases
constituent des balises incontournables, car elles rendent compte du
caractère psychologique et esthétique de l’auteur. A l’aide de la
pragmatique et de la sémiotique, nous venons de nous imprégner de la
construction narrative du baobab fou » qui est une histoire inscrite dans
le contexte spatio-temporel comprenant un état initial un état final. Le
récit passe par la voix d’une narratrice qui raconte sa propre histoire.

Conclusion

Dans le Baobab fou, Ken Bugul est personnage-narrateur est la


seule affectée par la folie. Les maux dont-elle souffre sont la
schizophasie, la Manie et les indices discursifs caractéristiques de sa
maladie sont d’ordre syntaxique, lexical et corporel. Syntaxiquement,
tous les éléments linguistiques dont se sert Ken Bugul participent de
l’expression de sa crise. Cela se remarque d’abord dans la
pronominalisation du discours comme tout sujet déprimé, Ken Bugul
use excessivement du pronom personnel «je » et de ses variantes. Ce ci
traduit, en quelque sorte, son « egologisme », « sa déconnexion » et sa
distanciation par rapport dans lequel elle est diversifiée. Elle est procédée
de la phrase minimale au mot-phrase par phrase nominale. La troncation
involontaire de la phrase par les points de suspension n’est que le fait
même de son mal.
Au niveau lexical nous avons constaté que Ken Bugul manifeste
une obsession particulière par certains termes psychanalytiques. Elle se
reconnait folle, ce qui constitue la preuve selon laquelle son discours se
réclame de la raison. Littéralement, cette crise de Ken est due à la portée
de la figure maternelle, à la solitude, à la déception et, surtout, à la
recherche de l’équilibre rompue.
Enfin de compte, nous comprenons que la folie symbolise la
déchéance de la vie morale des Européens et de leur complexe de
supériorité. Vu dans cette perspective, la folie de Ken Bugul passe, donc,
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pour une arme de combat envie de dénoncer les déchirements moraux et
extérieurs dont les occidentaux sont marqués. Voilà pourquoi Ken Bugul
se lance vers la quête du perpétuel bonheur et brosse le portrait de l’être
africain perdu dans ces repères spirituels.

Bibliographie
I. Ouvrage de base

1. Ken Bugul, le baobab fou, Sénégal, nouvelles éditions, Ed.


Africaine, 1982.
II. Ouvrage et article
1. Arhengau, f., la pragmatique, paris, seuil, 1950
2. Austin, j., quand dire se faire, paris, hatier, 1970.
3. Barthes r., l’obevie et l’obtisse. Essai critique III, paris, seuil, 1982
4. Cals F., et charnonaud, d., methode du commentateur stylistique
paris natan, 2000
5. Delcroix M., et hallyn F, introduction aux etudes litteraires,
methodes du texte, paris, duculot,1987.
6. Delfau gerard et roche A., histoire, littérature, l’histoire et
interpretation du fais paris, seuil, 1974
7. DUCROT E., les echelles argumentative, paris le minuits, 1980
8. DUCROTE., et AL., nouveau dictionnaire ancyclpedique de
sciences du langage paris, seuil, 1995
9. Foucoult M., histoire de la folie a l’âge classique, paris, Gallimard,
1972
10. Freud S., introduction a la psychanise, paris, paillotte, 1972
11. CREMAS A., semiotique de passion : des etats. Des choses aux etats
damme, paris seuil, 1991
12. Cremas A., semiotique du texte : exercices pratique, paris, seuil ;
1976
13. Menaheme R., language et folie, paris, belle lettre, 1988
14. Natan, la folie des autres. Traiter ethnopsychiatrie, paris bodas,
1988.

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