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Droit Constitutionnel 2

Le document traite des formes d'État en droit constitutionnel, en se concentrant sur l'État unitaire et l'État fédéral. L'État unitaire est caractérisé par une structure centralisée et une cohésion sociale, tandis que l'État fédéral implique plusieurs centres de pouvoir avec des principes de participation et d'autonomie. Le texte aborde également les régimes politiques, notamment le régime parlementaire, qui repose sur une séparation souple des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif.

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Droit Constitutionnel 2

Le document traite des formes d'État en droit constitutionnel, en se concentrant sur l'État unitaire et l'État fédéral. L'État unitaire est caractérisé par une structure centralisée et une cohésion sociale, tandis que l'État fédéral implique plusieurs centres de pouvoir avec des principes de participation et d'autonomie. Le texte aborde également les régimes politiques, notamment le régime parlementaire, qui repose sur une séparation souple des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif.

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Cours :

DROIT
CONSTITUTIONNEL
Par : Mr Jérôme Dominique TOUPANE

Semestre 2

Année académique 2022/2023

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Titre II : Les Formes d'Etat

En droit constitutionnel, il existe une diversité de formes d'Etats mais l'étude du


droit constitutionnel structure cette diversité d'Etats en deux formes principales :
il s'agit de la forme unitaire et de la forme composée.

Chapitre I : L'Etat Unitaire

La grande majorité des Etats a adopté la structure unitaire. Il s'agit d'un model
utilisé par la plupart des pays à cause de sa simplicité organisationnelle. Deux
éléments essentiels peuvent être analysés dans ce présent chapitre, nous verrons
successivement les caractères de l'Etat unitaire et ses modalités d'exercice.

Section 1 : Les Caractères de l'Etat Unitaire

L'Etat unitaire se manifeste à travers le principe de l'unité selon Georges


Burdeau, il s'agit d'un Etat dans lequel " le pouvoir étatique procède d'un
centre d'impulsion unique ". L'Etat est le seul « centre de décision et
d'animation », « le seul maître des lieux sur son territoire et sa population ».
L'Etat unitaire se caractérise par deux traits généraux, il s'agit d'une part de la
simplicité organisationnelle et d'autre part de la cohésion de l'élément humain.

Paragraphe 1 : La Simplicité Organisationnelle

L'Etat unitaire détient une souveraineté exclusive sur son territoire qui est
caractérisé comme un tout indifférencié, uniforme et homogène sur lequel vient
se projeter son autorité. Il détermine ses circonscriptions administratives locales
qui constituent les cadres d'applications des politiques nationales.

L'Etat dispose d'un seul appareil politique qui satisfait à toutes les fonctions
étatiques. L'appareil d'Etat est unique, constitué d'un seul exécutif, d'un seul
parlement et d'une seule organisation juridictionnelle. Il est important de noter
que dans l'Etat unitaire, le pouvoir politique appartient aux seules autorités mises

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en place par la constitution.

Avec la structure unitaire, l'Etat peut créer des collectivités secondaires avec
transfert de compétences. Ces dernières doivent leur existence à la loi étatique
qui peut les transformer ou les supprimer. Le model unitaire est essentiellement
vertical en raison de la hiérarchisation des rapports juridiques que l'Etat entretient
avec les collectivités infra-étatiques.

Paragraphe 2 : La Cohésion de l'élément humain

Dans l'Etat unitaire, aucune différence ne doit exister entre les personnes
soumises sous sa direction. Ses décisions obligent l'ensemble de la population
conduisant à une homogénéité du pouvoir dans le cadre d'une collectivité unifiée
prise globalement. L'uniformité d'action garantie la cohésion de l'élément humain
car elle manifeste la présence d'une population bien intégrée par une solidarité
ancienne.

Section 2 : Les modalités d'exercice de l'Etat Unitaire

La mise en œuvre de l'Etat unitaire va donner lieu à deux formes d'aménagements


techniques publics du pouvoir qui peuvent être considérées comme ses modalités
d'exercice. Il s'agit de la déconcentration et de la décentralisation.

Paragraphe 1 : La Déconcentration

Habituellement, la déconcentration est définie comme la forme d'aménagement


typique de la centralisation. Elle conduit à la création de relais territoriaux par le
déploiement de l'action publique. Il s'agit d'une technique consistant à placer des
agents publics à différents niveaux du territoire en leur conférant un pouvoir de
décision qui reste néanmoins subordonné au pouvoir central.

De cette définition, se dégagent trois éléments qu'on peut considérer comme étant
consécutifs à la déconcentration du pouvoir déconcentré.

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• L’existence d'agents locaux du pouvoir central

• La dotation d'un pouvoir de décision à ses agents

• La subordination de leurs décisions au pouvoir central

En réalité, cette technique de gestion est essentiellement tournée vers la


satisfaction des besoins de l’administration et plus précisément l'efficacité de
l'action administrative. Cette technique permet de désengorger le pouvoir central
mais elle ne règle pas tous les problèmes des populations, c'est la raison pour
laquelle dans la plupart des Etats la déconcentration est associée à la
décentralisation comme c'est le cas au Sénégal.

Il faut comprendre également que les autorités administratives nommées et


déployées sur l'ensemble du territoire national sont des autorités administratives
déconcentrées. On peut citer le préfet, le gouverneur, le juge etc.

Paragraphe 2 : La Décentralisation

La décentralisation suppose l'institutionnalisation d'un certain nombre d'entités


ou de groupements fonctionnels au profit desquels est reconnu un pouvoir de
gestion sur lequel ne pèse qu'un simple contrôle. Ce système de gestion participe
à la philosophie démocratique de répartition du pouvoir dans l'Etat.

On distingue d'une part la décentralisation fonctionnelle qui suppose la création


d'établissements publics tels que les établissements publics, les hôpitaux ; et
d'autre part la décentralisation locale ou territoriale qui signifie la création par
l'Etat de collectivités locales en leur conférant une autonomie de gestion de leur
propre affaire.

A ce niveau, quatre éléments sont consécutifs à la décentralisation :

• L’existence de la personnalité juridique propre différente de celle de


l'Etat

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• L’identification des intérêts locaux différents des intérêts nationaux

• La mise en place d'organes propres à la collectivité locale

• La reconnaissance d'une liberté de manœuvre de la collectivité locale

Il faut noter cependant que la décentralisation souffre de quelques limites ; On


peut citer la faiblesse des moyens financiers des collectivités locales, la lourdeur
du pouvoir de tutelle que le pouvoir central exerce généralement. Au Sénégal,
nous n'avons pas encore trouvé le model de décentralisation parfaite même avec
l'acte 3 de la décentralisation.

Par contre l'Italie a trouvé un model puissant de décentralisation avec la


constitution du 27 Octobre 1947 qui fonde l'adhésion à la philosophie de
l'autonomie locale et la protection des minorités géographiques et locales.

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Chapitre II : l’Etat fédéral

En droit constitutionnel, il existe deux formes d’Etats à savoir la forme unitaire


et la forme composée. Si l’Etat unitaire procède par un centre d’impulsion unique
du pouvoir central, l’Etat composé désigne un Etat dans lequel coexistent
plusieurs centres d’impulsions du pouvoir. Il peut être constitué par la
confédération d’Etats ou par l’Etat fédéral. Cette forme fédérale fera l’objet de
notre analyse à travers sa définition et son fonctionnement.

Section I : définition de l’Etat fédéral

Selon André Hauriou : « l’Etat fédéral est une union d’Etats au sein de
laquelle une nouvelle collectivité étatique se superpose sur ces derniers ».
Toutefois il faut distinguer l’Etat fédéral des Etats fédérés. L’Etat fédéral se
présente sous la forme d’une construction à deux étages, le 1er est constitué des
Etats fédérés et le 2nd de l’Etat fédéral qui est un super Etat c’est la raison pour
laquelle certains auteurs pensent que l’Etat fédéral fonctionne sous le principe
de la superposition.

Dans cette forme d’Etat les entités étatiques fédérées reconnaissent dans une
constitution fédérale l’existence et la supériorité d’une entité spécifique se
superposant sur elles et dotée d’attributs politiques intrinsèques.

L’Etat fédéral se matérialise par le groupement de plusieurs collectivités


politiques que l’on dénomme alors les Etats fédérés qui se soumettent en
effectuant un transfert de compétence à l’Etat fédéral. Il s’agit d’un Etat où se
rencontre une pluralité d’ordonnancements constitutionnels avec un
ordonnancement constitutionnel majeur qui est la constitution fédérale et un
système de fonctionnement différent de l'Etat unitaire.

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Section II : le fonctionnement de l’Etat fédéral

L’Etat fédéral fonctionne selon deux principes : le principe de participation et


le principe d’autonomie.

Paragraphe 1 : le principe de participation

Ce principe signifie que des Etats fédérés participent aux décisions qui engagent
l’Etat fédéral. Cette collaboration nécessite obligatoirement des organes de
participation c’est la raison pour laquelle l’Etat fédéral repose sur l’existence de
plusieurs chambres législatives (en général 2). On parle de bicaméralisme ou
bicamérisme. L’une des chambres représente les Etats fédérés et l’autre la
population

Egalement la participation des Etats fédérés se manifeste à l’élection du chef de


l’exécutif fédéral, au vote des lois en particulier lorsqu’il s’agit des traités
internationaux. Ils participent aussi à la nomination des agents fédéraux et à la
révision constitutionnelle.

Paragraphe 2 : le principe d’autonomie

Encore appelé principe de concertation, le principe d’autonomie permet à


chaque Etat fédéré d’avoir des institutions politiques propres et des politiques
publiques propres.

En réalité le fédéralisme implique les collectivités publiques individualisées et


districts ayant chacune leur système administratif, législatif et juridictionnel. Le
système fédéral garantit l’autonomie des Etats fédérés et leur participation à
l’exercice du pouvoir fédéral. Il faut noter toutefois que ce partage de compétence
entre le gouvernement central et les gouvernements des Etats fédérés est source
de conflit : conflit de compétence des Etats fédérés dans leurs relations
réciproques et conflit d’attribution entre les Etats fédérés et l’Etat fédéral. Les
USA reflètent l’exemple parfait du système fédéral.

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Titre III : les régimes politiques

Le régime politique est souvent confondu avec le système politique alors que ces
deux concepts sont différents. Le système politique relavant des sciences
politiques renvoie aux interférences entre les structures composant l’appareil
d’Etat, les forces politiques, les systèmes de croyances et de valeurs en vue de la
conquête ou de la consécration du pouvoir.

Le régime politique quant à lui est un concept inventé par le droit constitutionnel,
il est un ensemble ordonné d’institutions et d’organes organisé par un droit positif
et sous-tendu par des valeurs officiellement consacrées organisant le cadre d’un
pouvoir et surtout d’un pouvoir légitime.

Le régime politique est voulu et organisé par le droit alors que le système
politique est subi et imposé.

Dans ce présent titre nous analyserons tour à tour le régime parlementaire


(chapitre I) et le régime présidentiel (chapitre II).

Chapitre I : Le régime parlementaire

Le régime parlementaire est un produit de l’histoire politique de l’Angleterre, il


est lié à la conquête progressive du pouvoir par le peuple. Pour les historiens le
régime parlementaire est né au point d’intersection de la courbe déclinante du
pouvoir royal et celle ascendante du pouvoir parlementaire. Ce régime a permis
d’asseoir une meilleure collaboration des pouvoirs royal et parlementaire. Il sera
étudié à travers ses traits caractéristiques et ses interférences entre pouvoirs.

Section I : les traits caractéristiques du régime parlementaire

Le régime parlementaire est fondé sur une séparation des pouvoirs qui implique
une véritable différenciation organique entre le pouvoir exécutif et le pouvoir
législatif.

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Paragraphe 1 : le pouvoir exécutif

Le pouvoir exécutif est chargé d’appliquer et de consolider la volonté du peuple,


il peut être monocéphale ou bicéphale mais en général l’exécutif parlementaire
est dual en ce sens qu’il est constitué de deux éléments : un chef de l’Etat et un
cabinet sous la direction d’un chef de gouvernement

A. Le chef de l’Etat

Dans ce régime, la force du chef de l’Etat importe peu c’est un régime souple car
il peut s’accommoder avec la monarchie ou avec la république. Monarque ou
président de la république le chef de l’Etat incarne la représentation interne et
internationale de l’Etat. Il veille à la continuité de la nation et au bon
fonctionnement des institutions. L’irresponsabilité politique du chef de l’Etat est
un des dogmes de l’orthodoxie parlementaire.

Constitutionnellement, ses pouvoirs sont étendus, il nomme le chef du


gouvernement, les ministres et hauts fonctionnaires signe les décrets et les traités
internationaux et dispose du droit de grâce. Dans ce type de régime, le président
est irresponsable politiquement de ses actes cela signifie que c’est le
gouvernement qui endosse la responsabilité devant le parlement

B. Le gouvernement

Le gouvernement est une institution solidaire et collégiale composé de


ministres sous la direction du chef du gouvernement président du conseil sous la
IV république en France, premier ministre au Sénégal où chancelier en
Allemagne.

Selon Georges Burdeau le gouvernement est la cheville ouvrière du régime


parlementaire car il est l’instrument privilégié par lequel s’opère la collaboration
entre le chef de l’Etat qui incarne la continuité et le parlement qui traduit la
conjoncture politique. Le gouvernement a le pouvoir de déterminer la politique

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de la nation dont il endosse la responsabilité de la conduite du président devant
les représentants élus de la nation.

Paragraphe 2 : le pouvoir législatif (parlement)

Le parlement est une institution collégiale qui exerce la fonction législative, vote
la loi qui est l’expression de la volonté nationale.

Octroie les moyens d’action au gouvernement à travers le vote du budget et


contrôle l’action gouvernementale. Le parlement peut être monocaméral
lorsqu’il est composé d’une seule chambre qui est généralement la chambre basse
au sein de laquelle siègent les représentants élus de la nation (assemblée
nationale). Le parlement peut être bicaméral lorsqu’il se compose de deux
chambres distinctes et organiquement indépendantes chambre basse (assemblée
nationale) chambre haute (sénat).

Section II : les interférences entre les pouvoirs

Le régime parlementaire repose sur une séparation souple des pouvoirs exécutif
et législatif qui doivent toujours aller de concert. Ces interférences se sont
manifestées par la collaboration des pouvoirs et l’existence de moyens d’action
réciproques entre les pouvoirs.

Paragraphe 1 : la collaboration des pouvoirs

Le régime parlementaire est un régime à base de séparation souple des pouvoirs.


Les protagonistes du jeu politique sont dans l’impérieuse nécessité de collaborer
pour exprimer la volonté politique du pouvoir d’Etat.

C’est dans cette perspective que la collaboration se manifeste par la participation


de l’exécutif à la fonction législative et le contrôle de l’exécutif par le législatif.

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A. La participation de l’exécutif à la fonction législative

L’exécutif participe à la fonction législative en ce sens qu’il dispose de l’initiative


en matière législative à travers ses projets de loi. Il dispose d’un droit d’entrée et
de parole dans les assemblées et a la pouvoir d’interrompre ou de clore les
sessions parlementaires. Il dispose d’un droit d’amendement qui lui permet de
corriger ou de parfaire de textes discutés en commission ou en plénière. Il peut
soulever l’exception d’irrecevabilité visant à rejeter ou à écarter des discussions
les amendements à la proposition de loi des parlementaires.

Enfin, une fois le texte adopté par le parlement, l’exécutif peut retarder sa mise
en vigueur en demandant une 2nd lecture et pour finir les lois votées par le
parlement sont promulguées par le président de la république.

B. Le contrôle de l’exécutif par le législatif

Le parlement peut et a le droit de surveiller l’action du gouvernement de manière


à ce qu’il ne s’écarte pas de la ligne politique adoptée par le pays. Il faut ajouter
que l’exécutif parlementaire ne peut gouverner que s’il jouit de la confiance des
représentants du peuple. Le législatif dispose du privilège de donner à l’exécutif
les moyens indispensables à l’exercice de sa mission à travers le vote du budget.

Enfin il peut sanctionner l’exécutif en lui retirant sa confiance et de ce point de


vue le gouvernement est dans l’obligation de se retirer ou de démissionner. Les
interférences des pouvoirs dans le régime parlementaire se traduisent également
par des moyens d’actions réciproques.

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Paragraphe 2 : les moyens d’actions réciproques

Ces moyens permettent à chacun des pouvoirs de sanctionner l’autre. Il s’agit de


la responsabilité politique du gouvernement devant le parlement d’une part et le
droit de dissolution d’autre part.

A. La responsabilité pô du gouvernement devant le parlement

La responsabilité politique du gouvernement devant le parlement constitue la


règle d’or du régime parlementaire à tel point que pour certains auteurs elle est
« l’élément essentiel qui caractérise le régime parlementaire ». La
responsabilité politique peut être engagée sur l’initiative du parlement par le biais
de la motion de censure ou bien par l’exécutif lui-même par la question de
confiance.

• La motion de censure est une procédure parlementaire par laquelle les


députés prennent l’initiative de désavouer publiquement le gouvernement.
Si la motion est adoptée le chef du gouvernement devra remettre sa
démission au chef de l’Etat.

Au Sénégal il faut la signature de 1/10 députés.

• La question de confiance est une initiative du gouvernement qui sollicite


la confiance de l’assemblée nationale sur sa politique générale, son
programme, sur un texte. La confiance est demandée par l’exécutif pour
mieux ressouder sa majorité. Cependant le rejet de la confiance entraine la
démission du gouvernement.

B. Le droit de dissolution

La dissolution est un acte de gouvernement par lequel le chef de l’Etat de par sa


propre initiative ou sur demande du gouvernement révoque prématurément le
mandat des députés. La dissolution abrège la durée de la législature.

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Le droit de dissolution est considéré comme une pièce maîtresse du régime
parlementaire elle s’analyse comme la contrepartie de l’assemblée nationale de
renverser le gouvernement car sans elle le cabinet se trouve pratiquement désarmé
en face d’un parlement qui peut le renverser à sa guise. La dissolution permet de
sauvegarder l’indépendance de l’exécutif et par conséquent l’équilibre des
pouvoirs.

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Chapitre II : le régime présidentiel

Contrairement au régime parlementaire qui est le résultat d’une évolution


historique, le régime présidentiel est une construction des pères fondateurs de la
constitution des USA adoptée par la convention de Philadelphie du 17
septembre 1787. Pour comprendre cette forme de régime nous analyserons
successivement sa structuration et les rapports entre les différents pouvoirs.

Section I : la structuration du régime présidentiel

Le régime présidentiel est caractérisé par une séparation rigide des pouvoirs
exécutif et législatif qui procèdent tous les deux d’une même légitimité populaire
et démocratique à savoir le suffrage universel.

Paragraphe 1 : Le pouvoir exécutif

L’exécutif du régime présidentiel procède d’un seul président de la république


qui est un présidant élu du peuple au même titre que les parlementaires : les
légitimités étant les mêmes et les niveaux de responsabilité les mêmes.

Le Président de la république incarne à lui tout seul le pouvoir exécutif. Il n’est


pas seulement le chef de l’exécutif mais il est l’exécutif à lui tout seul. Il ne
partage pas l’exécutif même s’il s’appuie sur un cabinet composé de ministres.
Ces derniers en réalité ne sont que ses assistants qu’il peut nommer et révoquer à
tout moment. Il fixe leurs attributions qu’il peut modifier discrétionnairement, il
nomme aux hauts emplois civils ou militaire, signe les décrets, négocie et signe
les traités internationaux. Il détermine la politique de la nation qu’il met en œuvre
avec le soutien de son cabinet. Il est politiquement irresponsable devant le
congrès sauf en cas d’empêchement qui est mécanisme d’engagement de la
responsabilité pénale du Président de la république.

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Paragraphe 2 : Le parlement

Indépendant de l’exécutif, le parlement détient la plénitude du pouvoir législatif


qui s’exerce en l’absence de toute ingérence de l’exécutif. Ce dernier ne dispose
pas de l’initiative législative, il ne peut interférer dans le travail législatif. Dans
cette forme de régime, le parlement est le législatif et tout le législatif. Il vote la
loi et accorde à l’exécutif des moyens d’action grâce au vote du budget.

Section 2 : Les rapports entre l’exécutif et le législatif

Dans le régime présidentiel, l’indépendance des pouvoirs est très poussée,


toutefois elle n’est pas absolue en ce sens que les relations sont
constitutionnellement organisées pour permettre aux pouvoirs de mieux
s’équilibrer.

Paragraphe 1 : L’absence de moyens d’action réciproques

L’indépendance et la séparation rigide, complète des pouvoirs constituent deux


éléments essentiels de l’orthodoxie du régime présidentiel. Aucun pouvoir ne
peut remettre en cause l’existence juridique de l’autre. Il n’existe en effet aucun
instrument de pression d’un pouvoir sur l’autre. Aucune voie de droit ne permet
au parlement de renverser l’exécutif ou au président de la république de révoquer
prématurément le mandat des représentants du peuple. En d’autres termes la
motion de censure, la question de confiance et le droit de dissolution sont exclus
de l’ordonnancement du régime présidentiel.

Paragraphe 2 : Les interférences entre l’exécutif et le législatif

En réalité, la séparation rigide des pouvoirs ne va pas jusqu’à l’isolement des


organes constitutionnels. La constitution envisage des interférences entre ces
organes qui expriment la volonté du pouvoir politique. C’est ainsi que le président
de la république peut s’opposer ou retarder l’adoption d’une loi à travers son droit
de véto de même le parlement est investi d’un pouvoir de ratification des

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nominations présidentielles et des traités internationaux négociés et signés par le
chef de l’exécutif. Enfin notons que le sénat est juge de l’empeachement du
président de la république qui est mis en accusation devant la chambre des
représentants.

Ces interactions ne s’intègrent pas dans le cadre d’une collaboration des pouvoirs
mais comme une faculté d’empêcher reconnue à chaque organe conformément à
la logique du régime présidentiel. C’est le système des checksums and balances
(freins et contre poids) qui caractérise le régime présidentiel. Il faut ajouter que
le pouvoir judiciaire au sommet duquel se trouve la cour suprême est chargé de
la régulation normative du régime présidentiel. Elle veille en dernière instance
sur le respect de l’indépendance des pouvoirs telle qu’elle résulte de la
constitution.

NB Le présidentialisme est système d’organisation politique reposant sur


l’omnipotence d’un président de la république contrôlant directement l’exécutif
qui procède de lui et dominant l’assemblée nationale par le biais du parti
majoritaire dont il est le chef

Le Sénégal est un régime présidentiel qui a emprunté du régime parlementaire :


gouvernement, droit de dissolution, motion de censure, question de confiance
c’est pourquoi on dit que le Sénégal est un régime semi-présidentiel.

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Titre IV : LACONSTITUTION

La constitution peut être entendue comme une règle écrite, rigide et


juridiquement obligatoire. Elle est fondatrice d’un Etat dont elle consacre la
naissance et l’entrée dans la société internationale. Toutefois, la succession de
régime s’accompagne le plus souvent d’une nouvelle constitution visant à
marquer une rupture avec le régime précédent et le début d’une nouvelle ère dans
la vie de l’Etat.

La constitution est la charte fondamentale déterminant le statut du pouvoir


politique dans l’Etat, elle a une valeur juridique primordiale car elle crée un
système de règles organisant le pouvoir l’obligeant à respecter certaines formes,
à utiliser des procédures convenues prévoyant la participation des citoyens aux
choix des gouvernants ou à l’élaboration de certaines décisions.

Elle a pour objet d’organiser les pouvoirs publics et d’aménager les rapports
qu’ils entretiennent entre eux d’une part et avec les gouvernés d’autre part.

La constitution soulève en générale trois questions essentielles liées à sa notion,


à l’exercice du pouvoir constituant et au contrôle de constitutionnalité des lois.

Chapitre I : La notion de constitution


La constitution et un acte solennel soumettant le pouvoir étatique à des règles
limitant sa liberté pour le choix des gouvernants, l’organisation et le
fonctionnement des institutions ainsi que ses relations avec les citoyens .Dans ce
chapitre, nous verrons les critères de définition de la constitution et les typologies
de constitutions
Section 1 : Critère de définition
Paragraphe I : La définition matérielle de la constitution
La définition matérielle de la constitution prend en compte son objet et son
contenu. La conception matérielle définit la constitution comme l’ensemble des
règles juridiques relatives au statut du pouvoir dans l’Etat quel que soit leur

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nature, leur forme concrète ou particulière .Ces règles peuvent être écrites ou non
écrites (loi organique, loi ordinaire, jurisprudence, coutume et doctrine).
Paragraphe II : La définition formelle de la constitution
L’approche formelle se fonde sur un point de vue instrumental. Elle considère la
constitution comme un document juridique qui porte ce nom aisément identifiable
disposant d’une valeur suprême dans un Etat considéré. Le critère formel fait
appel à la compétence, la procédure juridique d’élaboration ainsi qu’au mode
d’expression de la constitution. Ici elle est définie à partir de son contenant et non
de son contenu et devient la loi fondamentale de l’Etat placée au sommet de la
hiérarchie de normes juridiques.
Section II : Les typologies constitutionnelles
Les constitutions peuvent être placées du point de vue de leur forme ou du point
de vue de leur degré de rigidité.
Paragraphe I : Classification fondée sur la forme de la constitution
A-La constitution écrite
Elle est la forme la plus moderne de la constitution. Elle se veut rationaliste en
construisant le droit en fonction d’un idéal. La constitution écrite peut être définie
comme un instrument déterminant le statut du pouvoir politique de l’Etat élaborée
selon une procédure juridique spéciale, adoptée et modifiée selon des formes
solennelles. L’écrit offre des garanties de certitude contre l’arbitraire, il a
l’avantage d’être permanent tant qu’il n’a pas été formellement abrogé ou
modifié.
B- La constitution coutumière :
La constitution coutumière n’est pas l’œuvre d’un organe spécial soumis à une
procédure particulière mais de la coutume qui est considérée comme un ensemble
de pratiques ayant une valeur d’obligation juridique.
La coutume obéit à la règle des trois « C » : Continuité, Constance, Consensus.
La continuité marque la répétition continue d’une pratique, cette pratique doit être
constante et aller dans une même direction. La coutume en tant que source du
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droit ne peut se développer et s’épanouir que si la société connait un consensus
assez large sur les valeurs fondamentales du régime et une opinion publique
suffisamment homogène pour accepter la formalité d’une règle sans procédure
formelle particulière
Paragraphe II : Classification fondée sur le degré de rigidité
Il s’agit là de comprendre les mécanismes de modification et d’adaptation aux
circonstances changeantes.
A La constitution souple
Dans l’histoire, rares sont les Etats qui ont opté en raison de la constitution
souple (Grande Bretagne), constitution à la fois coutumière et souple.
La souplesse s’apprécie par rapport à la facilite des conditions de modification de
la constitution. Elle est souple lorsque sa procédure de révision est facile ou
lorsqu’elle peut être révisée avec une procédure qui se différencie de celle
législative de droit commun.
B- La constitution rigide :
La technique de la constitution rigide est apparue à la fin du XVIII siècle aux
États-Unis avec les constitutions des Etats fédéraux qui ont précédé à la
constitution fédérale de 1787. Elle est inspirée par le souci de protection de la
démocratie et de l’égalité constitutionnelle.
La constitution est un texte solennellement élaboré et rédigé selon une procédure
particulière. Elle est au sommet de la hiérarchie des normes juridiques, investie
d’une prééminence sur tous les textes juridiques. Dans une constitution rigide, la
procédure de révision est difficile, elle résulte d’une double différenciation
organique et procédurale.

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Chapitre II : L’exercice du pouvoir constituant
L’exercice du pouvoir constituant interpelle les mécanismes pratiques qui
permettent d’établir ou de réviser une constitution. Il pose le problème de l’organe
chargé d’adopter une constitution pour la première fois et celui qui est appelé à
la modifier ultérieurement
Section I : Le pouvoir constituant originaire (PCO)
Le pouvoir constituant originaire se situe en amont de la constitution car il est
chargé d’élaborer et d’adopter la constitution. C’est à lui que revient le pouvoir,
la prérogative d’établir les règles fondamentales relatives à la dévolution et à
l’exercice du pouvoir politique. Il intervient nécessairement en cas de fondation
d’un nouvel Etat ou en cas de changement de nouveau régime. La constitution
fait du peuple la source de tout pouvoir politique. C’est la raison pour laquelle le
PCO appartient au peuple.
Le PCO peut être constitué d’une assemblée spécifique, d’une assemblée
constituante ad-hoc spécialement élue pour rédiger la constitution.
Le PCO peut être également une assemblée générique c’est-à-dire une assemblée
constituante et législative. L’exécutif prépare et soumet le texte à la ratification
du peuple par voie référendaire, l’adoption peut être institutionnelle ou
référendaire
Section II : Le pouvoir constituant dérivé (PCD)
C’est le PCD qui est chargé de corriger les lacunes de la constitution ou de
répondre à un besoin de changement exprimé par le régime politique. En droit
constitutionnel, le principe de la mutabilité des constitutions est posé c’est-à-dire
qu’il permet de réviser les constitutions par le PCD.
Le PCD est conditionné car c’est la constitution qui détermine son existence et sa
procédure de mise en œuvre. Il tire sa légitimité de la constitution. L’initiative de
révision peut être réservée au seul exécutif partagée entre l’exécutif et le législatif
et la ratification peut être faite par voie parlementaire ou référendaire (Peuple).

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Chapitre III : Le contrôle de la constitutionnalité des lois
La prééminence de la supériorité de la constitution sur les autres normes
juridiques n’est plus à contester. Ces dernières doivent se conformer à la norme
fondamentale. C’est ainsi que le contrôle de la constitutionalité des lois se veut
une technique de garantie de la supériorité de la constitution. Il s’apprécie à un
triple point de vue : L’avènement du contrôle, les modalités du contrôle et les
techniques du contrôle.
Section I : L’avènement du contrôle de constitutionnalité des lois
Le contrôle est né aux Etats-Unis avant de se répandre en Europe. L’avènement
du contrôle met en relief la naissance et le fondement du contrôle.
Paragraphe I : Naissance du contrôle aux Etats Unis
Les Etats Unis ont fait du contrôle un pilier fondamental de leur régime politique.
En effet, la constitution de Philadelphie de 1787 n’avait pas consacré
formellement le droit pour les tribunaux de vérifier la constitutionnalité des lois.
Ce droit fut admis par la cour suprême des Etats Unis dans l’arrêt Marbury contre
Madison (dans cet arrêt le juge avait écarté une loi fédérale en contrariété avec la
constitution de l’Etat fédéral)
Ce contrôle permet de protéger les droits des individus d’une part face au pouvoir,
et les Etats fédérés contre l’Etat fédéral, cependant ce contrôle connait deux
obstacles :
-Le légicentrisme (article 6 de la DDHC La souveraineté de la loi, expression de
la volonté générale)
-La crainte d’un gouvernement des juges
Paragraphe 2 : Le fondement du controle
Le contrôle se fonde sur deux aspects fondamentaux, il s’agit d’une part du
respect de la hiérarchie des normes et d’autre part de la soumission des
gouvernants à la norme fondamentale.

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Section II : Les modalités du contrôle
La conformité d’une loi à la constitution peut faire l’objet d’un contrôle politique
ou d’un contrôle juridictionnel.
Paragraphe I : Le contrôle politique

Le contrôle politique avait pour objet d’attribuer les prérogatives de contrôle à


une instance politique qui pouvait sanctionner politiquement les autorités en
infraction. A ce niveau, l’initiative du contrôle était confiée au peuple ou à une
institution investie d’une mission spéciale de juger les réclamations contre toute
atteinte à la constitution.

Paragraphe II : Le contrôle juridictionnel

Il est la meilleure garantie technique de l’application d’une norme juridique.


Ainsi, toutes les juridictions du droit commun sont compétentes pour vérifier la
régularité des textes et contrôler la constitutionnalité. Dès lors la saisine du juge
est reconnue à tout citoyen ou à certains organes institutionnels.

Section III : Les techniques du contrôle

La constitutionnalité d’une loi peut faire l’objet d’un contrôle par voie d’action
ou d’un contrôle par voie d’exception.

Paragraphe I : Le contrôle par voie d’action

Il permet de saisir directement le juge de la constitutionnalité afin de vérifier la


conformité d’une loi à la constitution. Le contrôle par voie d’action revêt un
caractère préventif, en ce sens que ce type de contrôle intervient à priori c’est-
à-dire après l’adoption de la loi votée par le parlement mais avant sa
promulgation.

L’intervention du juge constitutionnel se situe en amont, car il ne peut plus être


saisi qu’une fois la loi promulguée. Le contrôle par voie d’action est un procès
contre une loi jugée inconstitutionnelle et de provoquer son annulation par le juge.

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Ce contrôle engendre des effets : L’annulation de la loi jugée inconstitutionnelle
et l’élimination de cette loi frappée de nullité absolue de l’ordonnancement
juridique.

Toutefois, il est important de souligner que le contrôle par voie d’action qui a
cours en France a été repris par beaucoup de pays européens et africains.

Paragraphe II : Le contrôle par voie d’exception

A-Les caractères du contrôle par voie d’exception :

Le contrôle par voie d’exception encore appelé contrôle à postériori intervient


après la promulgation de la loi. Il n’a pas pour objet d’empêcher la mise en
vigueur d’une loi inconstitutionnelle mais de s’opposer à son application pour
l’avenir. Ce type de contrôle remet en cause une loi déjà intégrée dans
l’ordonnancement juridique.

Le contrôle par voie d’exception est un contrôle incident car il est soulevé
qu’incidemment à l’occasion d’un procès et à titre de défense par l’un des
plaideurs. Si l’exception d’inconstitutionnalité est soulevée le juge saisi au fond
devra surseoir à statuer c’est-à-dire suspendre le cours du procès et se prononcer
d’abord sur la constitutionnalité de la loi en question.

S’il considère la loi constitutionnelle, le procès reprend sur le fond et la loi pourra
éventuellement être applicable. Si elle est jugée inconstitutionnelle, la loi est
écartée du procès mais elle n’est pas supprimée.

Le contrôle par voie d’exception est concret car il est pratiquement posé à
l’occasion procès, il est ouvert en ce sens que l’exception se présente comme un
moyen de défense offert aux citoyens.

Enfin il s’agit d’un contrôle décentralisé car la voie d’exception peut être
soulevée devant n’importe quelle juridiction. Ce type de contrôle est né aux Etat
unis.

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B- Les formes du contrôle par voie d’exception :

Le contrôle par voie d’exception peut emprunter deux formes procédurales : il


s’agit de la question préjudicielle et de la question préalable qui vont engendrer
des effets.

1- La question préjudicielle :

La question préjudicielle appliquée au Sénégal implique l’existence d’un juge


constitutionnel. Elle suppose que lorsque l’exception est soulevée devant le juge
ordinaire au cours d’un procès, le juge doit surseoir le cours du procès et saisir le
juge constitutionnel qui se prononce sur la constitutionnalité ou
l’inconstitutionnalité de la loi avant que le juge ordinaire puisse appliquer ou
écarter la loi litigieuse.

2- La question préalable :

La question préalable est celle applicable aux Etats unis, qui signifie que le juge
du fond est en même temps le juge d’exception. Autrement dit, si au cours d’un
procès une partie soulève l’exception d’inconstitutionnalité, le juge devra avant
de se prononcer sur le fond du litige, apprécier la constitutionnalité de la loi qui
sert d’argument à la partie adverse.

Si la loi est conforme à la constitution, elle est applicable ; dans le cas contraire,
la loi est écartée et le litige devra être jugé sur d’autres bases.

3- Les effets du contrôle par voie d’exception :

La voie d’exception n’aboutit pas à l’annulation de la loi jugée inconstitutionnelle


mais à sa neutralisation. De plus la décision d’inconstitutionnalité est simplement
revêtue de l’autorité de la chose relative.

La neutralisation de loi inconstitutionnelle signifie que la loi n’est pas annulée


mais écartée du litige considéré. Quant à la relativité de la décision incontestée
cela signifie que le contrôle par voie d’exception est revêtu de l’autorité relative
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de la chose jugée. Autrement dit, elle ne vaut que pour le procès en cause et non
pour les litiges ultérieurs résultant de la loi écartée.

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