Droit Constitutionnel 2
Droit Constitutionnel 2
DROIT
CONSTITUTIONNEL
Par : Mr Jérôme Dominique TOUPANE
Semestre 2
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Titre II : Les Formes d'Etat
La grande majorité des Etats a adopté la structure unitaire. Il s'agit d'un model
utilisé par la plupart des pays à cause de sa simplicité organisationnelle. Deux
éléments essentiels peuvent être analysés dans ce présent chapitre, nous verrons
successivement les caractères de l'Etat unitaire et ses modalités d'exercice.
L'Etat unitaire détient une souveraineté exclusive sur son territoire qui est
caractérisé comme un tout indifférencié, uniforme et homogène sur lequel vient
se projeter son autorité. Il détermine ses circonscriptions administratives locales
qui constituent les cadres d'applications des politiques nationales.
L'Etat dispose d'un seul appareil politique qui satisfait à toutes les fonctions
étatiques. L'appareil d'Etat est unique, constitué d'un seul exécutif, d'un seul
parlement et d'une seule organisation juridictionnelle. Il est important de noter
que dans l'Etat unitaire, le pouvoir politique appartient aux seules autorités mises
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en place par la constitution.
Avec la structure unitaire, l'Etat peut créer des collectivités secondaires avec
transfert de compétences. Ces dernières doivent leur existence à la loi étatique
qui peut les transformer ou les supprimer. Le model unitaire est essentiellement
vertical en raison de la hiérarchisation des rapports juridiques que l'Etat entretient
avec les collectivités infra-étatiques.
Dans l'Etat unitaire, aucune différence ne doit exister entre les personnes
soumises sous sa direction. Ses décisions obligent l'ensemble de la population
conduisant à une homogénéité du pouvoir dans le cadre d'une collectivité unifiée
prise globalement. L'uniformité d'action garantie la cohésion de l'élément humain
car elle manifeste la présence d'une population bien intégrée par une solidarité
ancienne.
Paragraphe 1 : La Déconcentration
De cette définition, se dégagent trois éléments qu'on peut considérer comme étant
consécutifs à la déconcentration du pouvoir déconcentré.
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• L’existence d'agents locaux du pouvoir central
Paragraphe 2 : La Décentralisation
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• L’identification des intérêts locaux différents des intérêts nationaux
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Chapitre II : l’Etat fédéral
Selon André Hauriou : « l’Etat fédéral est une union d’Etats au sein de
laquelle une nouvelle collectivité étatique se superpose sur ces derniers ».
Toutefois il faut distinguer l’Etat fédéral des Etats fédérés. L’Etat fédéral se
présente sous la forme d’une construction à deux étages, le 1er est constitué des
Etats fédérés et le 2nd de l’Etat fédéral qui est un super Etat c’est la raison pour
laquelle certains auteurs pensent que l’Etat fédéral fonctionne sous le principe
de la superposition.
Dans cette forme d’Etat les entités étatiques fédérées reconnaissent dans une
constitution fédérale l’existence et la supériorité d’une entité spécifique se
superposant sur elles et dotée d’attributs politiques intrinsèques.
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Section II : le fonctionnement de l’Etat fédéral
Ce principe signifie que des Etats fédérés participent aux décisions qui engagent
l’Etat fédéral. Cette collaboration nécessite obligatoirement des organes de
participation c’est la raison pour laquelle l’Etat fédéral repose sur l’existence de
plusieurs chambres législatives (en général 2). On parle de bicaméralisme ou
bicamérisme. L’une des chambres représente les Etats fédérés et l’autre la
population
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Titre III : les régimes politiques
Le régime politique est souvent confondu avec le système politique alors que ces
deux concepts sont différents. Le système politique relavant des sciences
politiques renvoie aux interférences entre les structures composant l’appareil
d’Etat, les forces politiques, les systèmes de croyances et de valeurs en vue de la
conquête ou de la consécration du pouvoir.
Le régime politique quant à lui est un concept inventé par le droit constitutionnel,
il est un ensemble ordonné d’institutions et d’organes organisé par un droit positif
et sous-tendu par des valeurs officiellement consacrées organisant le cadre d’un
pouvoir et surtout d’un pouvoir légitime.
Le régime politique est voulu et organisé par le droit alors que le système
politique est subi et imposé.
Le régime parlementaire est fondé sur une séparation des pouvoirs qui implique
une véritable différenciation organique entre le pouvoir exécutif et le pouvoir
législatif.
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Paragraphe 1 : le pouvoir exécutif
A. Le chef de l’Etat
Dans ce régime, la force du chef de l’Etat importe peu c’est un régime souple car
il peut s’accommoder avec la monarchie ou avec la république. Monarque ou
président de la république le chef de l’Etat incarne la représentation interne et
internationale de l’Etat. Il veille à la continuité de la nation et au bon
fonctionnement des institutions. L’irresponsabilité politique du chef de l’Etat est
un des dogmes de l’orthodoxie parlementaire.
B. Le gouvernement
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de la nation dont il endosse la responsabilité de la conduite du président devant
les représentants élus de la nation.
Le parlement est une institution collégiale qui exerce la fonction législative, vote
la loi qui est l’expression de la volonté nationale.
Le régime parlementaire repose sur une séparation souple des pouvoirs exécutif
et législatif qui doivent toujours aller de concert. Ces interférences se sont
manifestées par la collaboration des pouvoirs et l’existence de moyens d’action
réciproques entre les pouvoirs.
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A. La participation de l’exécutif à la fonction législative
Enfin, une fois le texte adopté par le parlement, l’exécutif peut retarder sa mise
en vigueur en demandant une 2nd lecture et pour finir les lois votées par le
parlement sont promulguées par le président de la république.
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Paragraphe 2 : les moyens d’actions réciproques
B. Le droit de dissolution
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Le droit de dissolution est considéré comme une pièce maîtresse du régime
parlementaire elle s’analyse comme la contrepartie de l’assemblée nationale de
renverser le gouvernement car sans elle le cabinet se trouve pratiquement désarmé
en face d’un parlement qui peut le renverser à sa guise. La dissolution permet de
sauvegarder l’indépendance de l’exécutif et par conséquent l’équilibre des
pouvoirs.
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Chapitre II : le régime présidentiel
Le régime présidentiel est caractérisé par une séparation rigide des pouvoirs
exécutif et législatif qui procèdent tous les deux d’une même légitimité populaire
et démocratique à savoir le suffrage universel.
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Paragraphe 2 : Le parlement
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nominations présidentielles et des traités internationaux négociés et signés par le
chef de l’exécutif. Enfin notons que le sénat est juge de l’empeachement du
président de la république qui est mis en accusation devant la chambre des
représentants.
Ces interactions ne s’intègrent pas dans le cadre d’une collaboration des pouvoirs
mais comme une faculté d’empêcher reconnue à chaque organe conformément à
la logique du régime présidentiel. C’est le système des checksums and balances
(freins et contre poids) qui caractérise le régime présidentiel. Il faut ajouter que
le pouvoir judiciaire au sommet duquel se trouve la cour suprême est chargé de
la régulation normative du régime présidentiel. Elle veille en dernière instance
sur le respect de l’indépendance des pouvoirs telle qu’elle résulte de la
constitution.
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Titre IV : LACONSTITUTION
Elle a pour objet d’organiser les pouvoirs publics et d’aménager les rapports
qu’ils entretiennent entre eux d’une part et avec les gouvernés d’autre part.
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nature, leur forme concrète ou particulière .Ces règles peuvent être écrites ou non
écrites (loi organique, loi ordinaire, jurisprudence, coutume et doctrine).
Paragraphe II : La définition formelle de la constitution
L’approche formelle se fonde sur un point de vue instrumental. Elle considère la
constitution comme un document juridique qui porte ce nom aisément identifiable
disposant d’une valeur suprême dans un Etat considéré. Le critère formel fait
appel à la compétence, la procédure juridique d’élaboration ainsi qu’au mode
d’expression de la constitution. Ici elle est définie à partir de son contenant et non
de son contenu et devient la loi fondamentale de l’Etat placée au sommet de la
hiérarchie de normes juridiques.
Section II : Les typologies constitutionnelles
Les constitutions peuvent être placées du point de vue de leur forme ou du point
de vue de leur degré de rigidité.
Paragraphe I : Classification fondée sur la forme de la constitution
A-La constitution écrite
Elle est la forme la plus moderne de la constitution. Elle se veut rationaliste en
construisant le droit en fonction d’un idéal. La constitution écrite peut être définie
comme un instrument déterminant le statut du pouvoir politique de l’Etat élaborée
selon une procédure juridique spéciale, adoptée et modifiée selon des formes
solennelles. L’écrit offre des garanties de certitude contre l’arbitraire, il a
l’avantage d’être permanent tant qu’il n’a pas été formellement abrogé ou
modifié.
B- La constitution coutumière :
La constitution coutumière n’est pas l’œuvre d’un organe spécial soumis à une
procédure particulière mais de la coutume qui est considérée comme un ensemble
de pratiques ayant une valeur d’obligation juridique.
La coutume obéit à la règle des trois « C » : Continuité, Constance, Consensus.
La continuité marque la répétition continue d’une pratique, cette pratique doit être
constante et aller dans une même direction. La coutume en tant que source du
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droit ne peut se développer et s’épanouir que si la société connait un consensus
assez large sur les valeurs fondamentales du régime et une opinion publique
suffisamment homogène pour accepter la formalité d’une règle sans procédure
formelle particulière
Paragraphe II : Classification fondée sur le degré de rigidité
Il s’agit là de comprendre les mécanismes de modification et d’adaptation aux
circonstances changeantes.
A La constitution souple
Dans l’histoire, rares sont les Etats qui ont opté en raison de la constitution
souple (Grande Bretagne), constitution à la fois coutumière et souple.
La souplesse s’apprécie par rapport à la facilite des conditions de modification de
la constitution. Elle est souple lorsque sa procédure de révision est facile ou
lorsqu’elle peut être révisée avec une procédure qui se différencie de celle
législative de droit commun.
B- La constitution rigide :
La technique de la constitution rigide est apparue à la fin du XVIII siècle aux
États-Unis avec les constitutions des Etats fédéraux qui ont précédé à la
constitution fédérale de 1787. Elle est inspirée par le souci de protection de la
démocratie et de l’égalité constitutionnelle.
La constitution est un texte solennellement élaboré et rédigé selon une procédure
particulière. Elle est au sommet de la hiérarchie des normes juridiques, investie
d’une prééminence sur tous les textes juridiques. Dans une constitution rigide, la
procédure de révision est difficile, elle résulte d’une double différenciation
organique et procédurale.
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Chapitre II : L’exercice du pouvoir constituant
L’exercice du pouvoir constituant interpelle les mécanismes pratiques qui
permettent d’établir ou de réviser une constitution. Il pose le problème de l’organe
chargé d’adopter une constitution pour la première fois et celui qui est appelé à
la modifier ultérieurement
Section I : Le pouvoir constituant originaire (PCO)
Le pouvoir constituant originaire se situe en amont de la constitution car il est
chargé d’élaborer et d’adopter la constitution. C’est à lui que revient le pouvoir,
la prérogative d’établir les règles fondamentales relatives à la dévolution et à
l’exercice du pouvoir politique. Il intervient nécessairement en cas de fondation
d’un nouvel Etat ou en cas de changement de nouveau régime. La constitution
fait du peuple la source de tout pouvoir politique. C’est la raison pour laquelle le
PCO appartient au peuple.
Le PCO peut être constitué d’une assemblée spécifique, d’une assemblée
constituante ad-hoc spécialement élue pour rédiger la constitution.
Le PCO peut être également une assemblée générique c’est-à-dire une assemblée
constituante et législative. L’exécutif prépare et soumet le texte à la ratification
du peuple par voie référendaire, l’adoption peut être institutionnelle ou
référendaire
Section II : Le pouvoir constituant dérivé (PCD)
C’est le PCD qui est chargé de corriger les lacunes de la constitution ou de
répondre à un besoin de changement exprimé par le régime politique. En droit
constitutionnel, le principe de la mutabilité des constitutions est posé c’est-à-dire
qu’il permet de réviser les constitutions par le PCD.
Le PCD est conditionné car c’est la constitution qui détermine son existence et sa
procédure de mise en œuvre. Il tire sa légitimité de la constitution. L’initiative de
révision peut être réservée au seul exécutif partagée entre l’exécutif et le législatif
et la ratification peut être faite par voie parlementaire ou référendaire (Peuple).
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Chapitre III : Le contrôle de la constitutionnalité des lois
La prééminence de la supériorité de la constitution sur les autres normes
juridiques n’est plus à contester. Ces dernières doivent se conformer à la norme
fondamentale. C’est ainsi que le contrôle de la constitutionalité des lois se veut
une technique de garantie de la supériorité de la constitution. Il s’apprécie à un
triple point de vue : L’avènement du contrôle, les modalités du contrôle et les
techniques du contrôle.
Section I : L’avènement du contrôle de constitutionnalité des lois
Le contrôle est né aux Etats-Unis avant de se répandre en Europe. L’avènement
du contrôle met en relief la naissance et le fondement du contrôle.
Paragraphe I : Naissance du contrôle aux Etats Unis
Les Etats Unis ont fait du contrôle un pilier fondamental de leur régime politique.
En effet, la constitution de Philadelphie de 1787 n’avait pas consacré
formellement le droit pour les tribunaux de vérifier la constitutionnalité des lois.
Ce droit fut admis par la cour suprême des Etats Unis dans l’arrêt Marbury contre
Madison (dans cet arrêt le juge avait écarté une loi fédérale en contrariété avec la
constitution de l’Etat fédéral)
Ce contrôle permet de protéger les droits des individus d’une part face au pouvoir,
et les Etats fédérés contre l’Etat fédéral, cependant ce contrôle connait deux
obstacles :
-Le légicentrisme (article 6 de la DDHC La souveraineté de la loi, expression de
la volonté générale)
-La crainte d’un gouvernement des juges
Paragraphe 2 : Le fondement du controle
Le contrôle se fonde sur deux aspects fondamentaux, il s’agit d’une part du
respect de la hiérarchie des normes et d’autre part de la soumission des
gouvernants à la norme fondamentale.
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Section II : Les modalités du contrôle
La conformité d’une loi à la constitution peut faire l’objet d’un contrôle politique
ou d’un contrôle juridictionnel.
Paragraphe I : Le contrôle politique
La constitutionnalité d’une loi peut faire l’objet d’un contrôle par voie d’action
ou d’un contrôle par voie d’exception.
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Ce contrôle engendre des effets : L’annulation de la loi jugée inconstitutionnelle
et l’élimination de cette loi frappée de nullité absolue de l’ordonnancement
juridique.
Toutefois, il est important de souligner que le contrôle par voie d’action qui a
cours en France a été repris par beaucoup de pays européens et africains.
Le contrôle par voie d’exception est un contrôle incident car il est soulevé
qu’incidemment à l’occasion d’un procès et à titre de défense par l’un des
plaideurs. Si l’exception d’inconstitutionnalité est soulevée le juge saisi au fond
devra surseoir à statuer c’est-à-dire suspendre le cours du procès et se prononcer
d’abord sur la constitutionnalité de la loi en question.
S’il considère la loi constitutionnelle, le procès reprend sur le fond et la loi pourra
éventuellement être applicable. Si elle est jugée inconstitutionnelle, la loi est
écartée du procès mais elle n’est pas supprimée.
Le contrôle par voie d’exception est concret car il est pratiquement posé à
l’occasion procès, il est ouvert en ce sens que l’exception se présente comme un
moyen de défense offert aux citoyens.
Enfin il s’agit d’un contrôle décentralisé car la voie d’exception peut être
soulevée devant n’importe quelle juridiction. Ce type de contrôle est né aux Etat
unis.
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B- Les formes du contrôle par voie d’exception :
1- La question préjudicielle :
2- La question préalable :
La question préalable est celle applicable aux Etats unis, qui signifie que le juge
du fond est en même temps le juge d’exception. Autrement dit, si au cours d’un
procès une partie soulève l’exception d’inconstitutionnalité, le juge devra avant
de se prononcer sur le fond du litige, apprécier la constitutionnalité de la loi qui
sert d’argument à la partie adverse.
Si la loi est conforme à la constitution, elle est applicable ; dans le cas contraire,
la loi est écartée et le litige devra être jugé sur d’autres bases.
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