Monsieur,
Les présentes font suite à votre courriel, du 15 Octobre 2021 courant, relatif à la création
d’une nouvelle entreprise d’un même groupe, juridiquement distincte d’Orange Côte
d’Ivoire.
Nous comprenons que Orange Côte d’ivoire voudrait mettre en place une nouvelle structure,
juridiquement distincte de la présente et appartenant au même groupe.
Vous avez bien voulu nous interroger sur les incidences fiscales et juridiques de cette
procédure.
Veuillez trouver ci-après nos avis et commentaires, au regard des dispositions légales en
vigueur.
Nous vous prions de trouver ci-après nos observations et commentaires, au regard des
dispositions légales en vigueur.
1. Fiscalité applicable à la nouvelle entité
2. Forme juridique recommandable
2.1. Impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux (BIC)
Sont déductibles des bénéfices imposables, conformément à l’article 18 A) 6° du Code
Général des Impôts, les intérêts servis aux associés à raison des sommes qu’ils laissent
ou mettent à la disposition de la société en sus de leur part de capital, quelle que soit la
forme de celle-ci, dans les limites suivantes :
le montant total des sommes laissées à la disposition de la société par l’ensemble de ces
personnes ne peut excéder le montant total du capital social de celle-ci. Cette limite
n’est toutefois pas applicable aux associés ou actionnaires des sociétés holding visées à
l’article 23 du Code General des Impôts ;
le montant total des intérêts servis au titre des sommes susvisées ne peut excéder 30 %
du résultat de l’entreprise avant impôt, intérêts, dotations aux amortissements sur
immobilisations et provisions ;
le taux des intérêts servis ne peut excéder le taux moyens des avances de la BCEAO
pratiqué au titre de l’année en cours, majoré de deux points ;
le remboursement des sommes doit intervenir dans les 5 années, suivants leur mise à
disposition et la société ne doit pas faire l’objet d’une liquidation pendant cette période
les intérêts servis à ces personnes ne sont déductibles, quel que soit leur montant, qu’à
la condition que le capital social de la société emprunteuse ait été entièrement libéré.
3. Avantages fiscaux
L'article 180 du Code général des Impôts dispose que l'impôt sur le revenu des
valeurs mobilières s'applique à tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en
réserve ou incorporés au capital social, ainsi qu'à toutes les sommes ou valeurs mises
à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur
les bénéfices.
L'impôt s'applique notamment à toutes les sommes désinvesties et réintégrées
au bénéfice imposable à l'impôt sur les BIC (hors les amortissements et les
provisions).
La partie non déductible des intérêts rémunérant les comptes courants
d'associés est réputée distribuée. Elle est par conséquent passible de l'impôt sur
le revenu des valeurs mobilières, même lorsque le résultat fiscal est déficitaire.
Il doit faire l’objet de déclaration au plus tard un (1) mois après la tenue de l’assemblée
générale ordinaire (AGO) recommandant la distribution de dividendes, ou encore avant le
terme du mois qui suit une AGO tenue après la date butoir du 30 juin (droit OHADA) suivant
la clôture de l’exercice comptable, mais seulement sur décision de justice.
2.3. Au regard de l’impôt sur le revenu des créances (IRC)
L'article 192 du Code général des Impôts soumet les intérêts des comptes courants
d'associés à l'impôt sur le revenu des créances au taux de 18 %. Ce taux est assis sur le
montant brut des intérêts.
Le fait générateur de l'impôt réside dans l'échéance des intérêts stipulés par la convention
des parties. L'impôt est à la charge exclusive du créancier, nonobstant toute clause contraire
quelle qu'en soit la date. Toutefois, le créancier et le débiteur en sont tenus solidairement.
Lorsque l'impôt est mis à la charge du débiteur des intérêts, l'impôt ainsi pris en
charge s'analyse comme un supplément de revenu passible de l'impôt sur le
revenu des créances. Ce supplément de revenu est déductible de l'assiette de
l'impôt sur les BIC.
l’IRC se paie sur déclaration faite par:
le débiteur, si celui-ci est domicilié en Côte d’Ivoire et directement les intérêts au
créancier.
Dès lors, La déclaration se fait à la recette des impôts du domicile du créancier au plus tard le
15 du mois suivant l’inscription en charge.
Nous vous souhaitons bonne réception des présentes et restons disponibles pour tout
complément d’information.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de notre parfaite considération.
Cordialement,