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Itu Mat102

Ce document est un support de cours sur les mathématiques, visant à introduire les concepts fondamentaux sans prétendre former des mathématiciens experts. Il présente des objets mathématiques, leurs propriétés et des notions de base sur les nombres réels, ainsi que des références pour approfondir les connaissances. Le cours couvre également des sujets tels que les suites, les séries et les fonctions numériques.

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© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Thèmes abordés

  • homéomorphisme,
  • fonctions hyperboliques,
  • limites,
  • applications,
  • exponentielles,
  • analyse,
  • algèbre,
  • fonctions,
  • continuity,
  • éducation
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Itu Mat102

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  • continuity,
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Note pour l’étudiant.

Ce document est un support de cours et non un livre. Le but de ce cours n’est pas
d’essayer d’amener le lecteur à devenir un mathématicien chevronné et, de ce fait, il est
un peu léger. Le but de ce cours est de délivrer les prémices de la culture mathématique
conformément au programme de l’Ecole. On rafraı̂chit en fait notre mémoire. Ceux qui
voudraient compléter leur connaissance parce qu’ils auront pris goût aux maths et veulent
changer de filière peuvent aller dans les établissements réservés à cela. Tout le monde peut
tout de même compléter ce qui est écrit ici sur le web.
Nous utiliserons souvent l’expression “objet mathématique” dans ce recueil. Un objet
mathématique est un objet qui n’existe que dans l’univers mathématique, c’est-à-dire dans
la tête des mathématiciens. On représente les objets mathématiques par des symboles
scripturaux pour qu’on puisse en discuter plus facilement et pour en conserver un souvenir
dans des documents. Un objet mathématique peut être une proposition, un théorème, un
nombre, un ensemble, etc.. Les mathématiques traitent des objets mathématiques, on les
y définit, on y étudie leurs caractéristiques, leurs propriétés, comment les utiliser, etc.. Un
objet mathématique doit être “bien défini”, c’est-à-dire doit être tel que, en le “voyant”,
le mathématicien ne peut avoir aucun doute dans l’esprit. Par exemple, il est bien connu
que la proposition “Je suis beau” n’est pas un objet mathématique mais que la proposition
“2 fois 2 font 5” est un objet mathématique. Évidemment, comme pour tout objet, qu’il
soit mathématique ou pas, plus on manipule l’objet, plus il vous est familier. Cela peut
signifier aussi que, plus on avance dans l’étude des mathématiques, plus on pourra voir
d’objets mathématiques.
Nous donnons trois livres qui peuvent vous faire aimer les mathématiques. Mais la liste
n’est pas exhaustive.
Alain Ralambo (Octobre 2012).
c Tsy azo amidy ary tsy azo adika na amin’ny ampahany aza.

R
Alain Ralambo, e-mail: ralamboalain@[Link], Département de Mathématique
et Informatique, Faculté des Sciences, Antananarivo 2012.
Histoire de Mathématiques.

[BOL] Marcel Boll, Histoire des Mathématiques, Que sais-je, Presses Universi-
taires de France.
[DAH] A. Dahan-Dalmedico, J. Peiffer, Une histoire des mathématiques, Routes
et dédales, Points Sciences, Seuil.
[DAV] P.J. Davis, R. Hersh, L’Univers Mathématique, Gauthier-Villars.

Un livre intéressant (publié pour la première fois en 1886) : [Link],


Algebra (2 vols), Chelsea Publishing Company.
Sommaire

1 Suites et Séries. 5
1 Nombres réels. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .5
2 Résultats divers sur les suites et séries dans R et dans C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Développement d’un nombre réel par rapport à une base p. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

2 FONCTIONS NUMÉRIQUES. 25
1 Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2 LIMITES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3 CONTINUITÉ. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
4 DÉRIVATIONS ET APPLICATIONS.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
5 FONCTIONS CONVEXES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
6 FONCTIONS de plusieurs variables. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
7 INTÉGRATION. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
Cours élémentaire d’Algèbre et d’analyse (2012)
Alain Ralambo.
ITU, Andoharanofotsy
Antananarivo Atsimondrano. Madagascar.

Chapitre 1 : SUITES et SÉRIES.


1 Nombres réels.

Nous rappelons succinctement les propriétés de R utiles pour l’analyse.


R est un ensemble de nombres appelés nombres réels muni de deux lois (opérations)
+ ou addition et · ou multiplication qui font que (R, +, ·) est un corps commutatif qui
contient l’ensemble des nombres rationnels Q comme sous-corps commutatif. Rappelons
ce que ces notions signifient. Les éléments de R sont notés x, y, z ...
1◦ ) (R, +, ·) est un corps commutatif :
(R1) x+y et x·y∈ R (stabilité de R pour + et ·)

(R2) x+y=y+x et x·y=y·x (commutativité des lois)

(R3) (x+y)+z=x+(y+z) et (x·y)·z=x·(y·z) (associativité des lois)

(R4) x·(y+z)=x·y+x·z (distributivité de · par rapport à +)

(R5) Existence d’éléments neutres 0= 1 : 0+x=x et 1·x=x

(R6) Existence d’inverses : x+(−x)=0 pour tout x, et x·x−1 =1 pour x= 0. On note aussi
1
pour x−1 .
x
2◦ ) (Q, +, ·) est aussi un corps commutatif contenu dans R, Q ⊂ R.
3◦ ) (Z, +, ·) est un anneau commutatif contenu dans Q, Z ⊂ Q ⊂ R.
4◦ ) Enfin, N l’ensemble des entiers naturels est contenu dans Z, N ⊂ Z ⊂ Q ⊂ R.
R est partitionné en trois parties notées R+ − +
∗ , R∗ et le singleton {0}. R∗ est l’ensemble
des nombres réels dits positifs, il contient tous les nombres rationnels positifs et tous les
entiers naturels. R−∗ est l’ensemble des nombres réels négatifs, il contient tous les nombres
rationnels négatifs et tous les entiers relatifs négatifs. Le partitionnement de R signifie
qu’un nombre réel donné est soit positif, soit négatif, soit nul. La réunion R+ ∗ ∪ {0} est

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-5


Ch. 1 Suites et Series. Suites et séries.

aussi notée R+ dont les éléments sont dits positifs ou nuls et, de même, R−∗ ∪ {0} est aussi
notée R− dont les éléments sont dits négatifs ou nuls. Les deux parties R+ −
∗ et R∗ sont
stables pour l’addition, c’est-à-dire que si x et y sont dans R+ −
∗ (respectivement dans R∗ )
+ −
alors x+y est encore dans R∗ (respectivement dans R∗ ). Il en est de même pour les parties
R+ et R− . De plus, ces parties vérifient la propriété suivante : “Si x ∈ R+ −
∗ alors −x ∈ R∗ ”.
Enfin, R+ +
∗ et R sont stables pour la multiplication.

Pour x et y∈ R, on dit que x est plus grand que y (ou que x est supérieur à y) si
x −y∈ R+ −
∗ , ce qui équivaut à y−x ∈ R∗ , et l’on note x>y. On dit alors aussi que y est plus
petit que x (ou que y est inférieur à x). On a alors une relation d’ordre ≤ qui prolonge
celle que l’on connaı̂t déjà sur Q et sur Z. Rappelons que la relation a≤b est une relation
d’ordre au sens suivant : elle est réflexive, c.à.d. a≤a pour un a∈ R, elle est antisymétrique
c.à.d. que si l’on a en même temps a≤b et b≤a alors a=b, et enfin elle est transitive c.à.d.
que si l’on a, en même temps, a≤b et b≤c, alors a≤c. Rappelons enfin que l’ordre est total,
c.à.d. que si a et b sont deux réels quelconques alors on a un et un seul des cas suivants :
a<b, a=b, a>b.
Rappelons qu’une partie A de R est dite majorée (resp. minorée) s’il existe au moins
un majorant (resp. un minorant) de A, c.à.d. un nombre M (resp. m) tel que a<M (a>m)
pour a∈A. Si une partie A est majorée (resp. minorée) et s’il existe un majorant (resp. un
minorant) plus petit (resp. plus grand ) que tous les autres, il est appelé la borne supérieure
de A (resp. la borne inférieure de A). On dit que A est borné s’il admet un minorant et
un majorant.
Rappelons qu’on appelle intervalle I de R toute partie de R telle que si a et b∈I et
si a<b alors tout nombre x tel que a<x<b appartient aussi à I. Il y a des intervalles
bornés et des intervalles non bornés. En fait, il y a principalement 4 types d’intervalles
]a,b[, ]a,b],[a,b[ et [a,b] où a est soit un nombre réel, soit le symbole −∞ quand le premier
crochet est “]” et b est soit un nombre supérieur ou égal à a, soit le symbole +∞ si le
second crochet est “[”. Et ]a,b[={x∈ R/a<x<b}, ]a,b]={x∈ R/a<x≤b}, [a,b[={x∈ R/a≤
x<b}, [a,b]={x∈ R/a≤x≤b}, avec la convention que tout nombre réel est <+∞ et >−∞.
Le nombre a ou le symbole −∞ est appelé l’extrémité gauche de l’intervalle et le nombre
b ou +∞ son extrémité droite. Un intervalle dont les 2 extrémités sont exclues est appelé
intervalle ouvert, un intervalle dont les 2 extrémités sont incluses est appelé intervalle
fermé, un intervalle dont l’une des 2 extrémités est exclue est appelé intervalle semi-ouvert
du côté de l’extrémité exclue.
Densité de Q dans R. Une propriété importante des nombres rationnels, c.à.d. des
éléments de Q, est la densité dans R, qui signifie que “tout intervalle ]a,b[ de R avec a<b
contient au moins un nombre rationnel”. La propriété est aussi vérifiée par les nombres
irrationnels, c.à.d. que R\Q est aussi dense dans R ou que “tout intervalle ]a,b[ de R avec
a<b contient au moins un nombre irrationnel”. En fait, il y a plus de nombres irrationnels
que de nombres rationnels dans chaque intervalle ]a,b[ de R. Rappelons q’un nombre est
irrationnel s’il n’est pas rationnel (ce qui ressemble à une lapalissade).
R est archimédien. Une propriété importante de R et de Q (que N et Z possèdent
aussi mais qui présente une importance particulière dans R et dans Q) est que “pour tout
nombre réel x, il existe toujours un entier naturel n supérieur à x, c.à.d. n>x”. On dit que

Pejy faha-6 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Nombres reels.

R est archimédien. Dans R et Q, cette propriété équivaut, comme on le voit facilement,


1
à dire que “entre le nombre 0 et un nombre réel positif x, il existe toujours un nombre
n
avec n∈ N”.
Borne supérieure. Dans R, toute partie A majorée admet une borne supérieure, c.à.d.
qu’il existe dans R un nombre mA qui majore A et qui est le plus petit des majorants de
A, c.à.d. encore que “mA ≥ x pour x∈A et que, pour ε > 0, mA − ε n’est pas un majorant
de A, et donc qu’il existe au moins un xε ∈A tel que xε >mA − ε”. De même, dans R, toute
partie A minorée admet une borne inférieure. Ces propriétés ne sont pas vérifiées par Q
car, par exemple, A={r∈ Q/r>0 et r2 < 2} n’a pas de borne supérieure dans Q.
Valeur absolue. Comme dans Q, il y a une valeur absolue dans R, c.à.d. une applica-
tion de R dans R+ qui à chaque x∈ R associe sa valeur absolue notée |x| et telle que |x| =x
si x≥0 et |x| = −x si x≤0. Ainsi, on voit que |x| ≥ 0 et que |x| = |−x|.
Mais la propriété essentielle de cette valeur absolue est la suivante appelée “inégalité
triangulaire” : |x+y| ≤ |x| + |y| pour x et y∈ R. De cette propriété, on déduit la suivante
: ||x| − |y|| ≤ |x − y|.
Pour deux nombres réells x et y, le nombre |x − y| est aussi appelé la distance usuelle
entre x et y ou la distance de x à y et noté parfois d(x,y). Et avec l’inégalité triangulaire,
on peut montrer que l’intervalle ouvert ]a,b[ peut être défini par ]a,b[={x∈ R/|x0 − x| < ε}
a+b |b − a|
où x0 = et ε = , x0 est appelé le centre de l’intervalle et ε son rayon. L’intervalle
2 2
]a,b[ est donc l’ensemble des x tels que la distance de x au centre x0 est inférieur au rayon
ε, ]a,b[ est alors noté ]x0 − ε,x0 + ε[ car c’est aussi {x∈ R/x0 − ε<x<x0 + ε}. Tout cela est
aussi valable pour un intervalle [a,b] mais il faut remplacer le symbole “<” par “≤”.
Complétude de R. La dernière propriété de R est la complétude, ce qui signifie que
toute suite de Cauchy dans R est convergente dans R. Nous allons voir les définitions qui
s’y rapportent et ce que cela signifie.
Cas des nombres complexes. Une dernière remarque concernant les nombres com-
plexes. Nous savons qu’un nombre complexe z s’écrit z=a+ib où a et b sont des nombres
réels uniques, i désigne le nombre complexe tel que i2 =−1, a est appelé la partie réelle
de z et b la partie imaginaire de z. L’ensemble des nombres complexes C est aussi un
corps commutatif
√ muni de l’addition et de la multiplication. Le module |.| défini par
|z|=|a + ib|= a2 + b2 vérifie aussi l’inégalité triangulaire et permet de définir la distance
entre deux nombres complexes z1 et z2 : d(z1 ,z2 )=|z1 − z2 |. De ce fait, les notions que
nous allons définir pour les réels et les propriétés qui en résultent sont valides pour les
nombres complexes, sauf que parfois il faut les appliquer aux parties réelles et imaginaires
des nombres concernés. Dans C, il n’y a pas d’intervalles comme dans R, on utilise plutôt
la notion de boule ou disque mais ceci est une autre histoire.

1.1 Définition. Lorsqu’on a une application x de N dans un ensemble E, c.à.d. un


processus par lequel on peut associer à chaque entier n∈ N un et un seul élément de E,
on obtient des éléments de E qu’on peut numéroter. Généralement, l’élément associé à n
par le processus ou l’application x est noté xn , et les éléments obtenus sont écrits les uns
à la suite des autres entre parenthèses ainsi (x0 , x1 , x2 , ...), si n est un entier l’élément xn

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-7


Ch. 1 Suites et Series. Suites et séries.

se trouve au rang n dans la suite. Ce que l’on note en abrégé, en utilisant la variable n,
par (xn )n∈N et que l’on appelle une suite dans E ou une suite d’éléments de E, et l’on écrit
aussi (xn )n∈N ⊂E.

Le processus de définiton d’une suite peut être très complexe. Par exemple, une suite
peut aussi être définie par récurrence, c.à.d. que certains éléments initiaux sont donnés et
l’élément de rang n est exprimé en “fonction” des éléments de rang 0 à n−1. Ainsi en est
de la suite xn =n! (factorielle n).
Lorsque E=R, on dit que la suite (xn )n est une suite de nombres réels et, lorsque E=C,
on a une suite de nombres complexes (zn )n qui correspond généralement à deux suites de
nombres réels, la suites des parties réelles (an )n et (bn )n la suite des parties imaginaires si
1 1 1 1
zn =an +ibn . Par exemple, (1, , , , ...) est une suite dans R noté ( )n∈N . Mais,
2 3 4 n+1
comme on le sait depuis la terminale, il faut noter que les éléments d’une suite peuvent ne
pas être définis pour tout n.
Soit (xn )n une suite dans R. On dit que (xn )n converge ou tend vers un nombre x ∈ R,
appelée limite de (xn )n , si chaque fois qu’on prend un ε ∈ R∗+ , on peut trouver un rang
nε ∈ N, tel que si n≥nε alors |xn − x| ≤ ε, c.à.d. d(xn ,x)<ε. Ce qui se traduit aussi :
“xn ∈[x−ε, x+ε] pour n≥ nε ”. On note x=lim xn (lire : “x égale limite de xn quand n
n∞
tend vers l’infini”) ou (xn )n −→ x (lire “xn tend vers x quand n tend vers l’infini”). On
n∞
dit alors que la suite (xn )n est convergente si elle admet une limite, sinon on dit qu’elle est
divergente.
On définit de même la notion de suite double et la convergence d’une suite double
(xm,n )m,n . On dit que (xm,n )m,n converge ou tend vers un nombre x ∈ R, appelée limite de
(xm,n )m,n , si chaque fois qu’on prend un ε ∈ R∗+ , on peut trouver un rang nε ∈ N, tel que
si m,n≥nε alors |xm,n − x| ≤ ε c.à.d. d(xm,n ,x)<ε (xm,n ∈[x−ε, x+ε] pour m,n≥ nε ”). On
note x=m,n∞lim xm,n (lire : “x égale limite de xm,n quand m et n tendent vers l’infini”) ou
(xm,n )m,n −→ x (lire “xm,n tend vers x quand m,n tendent vers l’infini”). On dit alors que la
m,n∞
suite (xm,n )m,n est convergente si elle admet une limite, sinon on dit qu’elle est divergente.
1
Par exemple, la suite convergente que tout le monde connaı̂t est (xn )n avec xn =
n
pour n=0, elle converge vers x=0 (car si on prend ε ∈ R∗+ , on peut trouver nε ∈ N
1 1 1
tq < ε, R étant archimédien, et si n≥nε alors ≤ < ε). De même, la suite
nε n nε n
q q
(rn )n∈N pour |r| < 1 converge vers 0; en effet, si |r|= avec 0<q<p, alors |r|n = <
p p
1 1 1 1
n< q . <ε, pour n> q .
q 1 − n ε(1 − )
1 + (1 − ) p p
p

1.2 Définition. On dit qu’une suite (xn )n est de Cauchy si la suite double (xm,n )m,n ,
avec xm,n =xm −xn , converge vers 0.

1.3 Proposition . Toute suite convergente est de Cauchy. On montrera que la


réciproque est aussi vraie ( complétude de R).

Pejy faha-8 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Nombres reels.

Preuve : Soit ε ∈ R∗+ , comme la suite (xn )n converge vers x, on peut trouver nε tq
si n≥nε alors |xn − x| ≤ ε et donc, si m≥nε alors |xm − x| ≤ ε. Donc, si m,n≥nε alors
ε
|xn − xm | ≤ |xn − x| + |x − xm | ≤ 2ε, et on aurait pu prendre à la place de ε. c.q.f.d.
2
Remarque : Quand on se place dans Q, la réciproque est fausse en général. Un ex-
emple de suite de Cauchy de rationnels non convergente dans Q est donnée par la relation de
1 1
récurrence : x0 =0 et xn+1 = (x2n +1). On vérifie que |xn+1 − xm+1 | ≤ |xn − xm | |xn + xm |,
8 8
1
chaque xn est bien dans Q et est inférieur à en valeur absolue, donc |xn+1 − xm+1 | ≤
4
1 1 1 1 2
|xn − xm | ≤ 2 |xn−1 − xm−1 | ≤ · · · ≤ m+1 |xn−m − x0 | ≤ m+1 . qui tend vers 0 quand
8 8 8 8 4
m et n tendent vers l’infini avec n≥m. Donc, (xn )n est bien de Cauchy, mais si elle converge
1
vers a∈ Q, alors a= (a2 +1) (par continuité, nous le verrons plus tard). C.à.d. 8a=a2 +1.
8
Donc, a ne peut pas être un entier, sinon a=1 (car a|1), or c’est impossible que a soit 1.
p
Si a= avec (p,q)=1, on aurait 8pq=p2 +q2 et q diviserait p, ce qui est impossible.
q

1.4 Définition. On appelle série dans R une suite (xn , sn )n∈N où xn ∈ R et sn+1 =sn +xn ,
n
ce qui s’écrit aussi sn = xp , sn est appelée la somme partielle de la série et xn est le terme
p=0
général de la série. Pour distinguer une suite d’une série, on note aussi la série par [xn ]n∈N
ou (Σxn )n∈N . On dit que la série [xn ]n∈N converge vers s (s∈ R) si la suite des sommes
partielles (sn )n converge vers s. On dit alors que s est la somme de la série [xn ]n∈N et
∞ ∞
on écrit s= xn . Remarquer que l’indice n dans xn est une variable muette comme
n=0 n=0
dans tout symbole abréviatif. Si la suite (sn )n n’a pas de limite, on dit que la série est
divergente. Lorsque la série converge, on appelle reste d’ordre ou de rang n le nombre Rn =

s−sn = xp = lim (sm −sn ).
p=n+1 m∞

Une série généralise la somme usuelle. Dans un ensemble muni d’une opération d’addition
associative et commutative, on connaı̂t la somme a+b+c+d qui est (a+b)+c)+d. La ques-
tion se pose de savoir comment on peut définir une somme d’un nombre infini d’opérandes,
de façon que les propriétés usuelles de l’opération d’addition (commutativité, associativité,
...) soient conservées. La réponse trouvée par les mathématiciens est l’introduction de la
notion de limite.

1.5 Proposition . Toute série [xn ]n∈N convergente vérifie le critère de Cauchy

suivant : “Pour ε ∈ R+ , on on peut trouver un rang nε ∈ N, tel que si n≥m≥nε alors
n
xp < ε”.
p=m

Preuve : Il suffit d’écrire la condition de Cauchy pour la suite (sn )n . c.q.f.d.


Quand on se place dans Q, la réciproque est fausse en général, comme le montre la série
1
de terme général xn = qui, comme nous le verrons, converge vers le nombre e base de
n!
l’exponentielle népérienne. La série convergente que tout le monde connaı̂t est la série dont
le terme général est une suite géométrique de raison r, avec |r| < 1. On rappelle que la

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-9


Ch. 1 Suites et Series. Suites et séries.

suite (xn )n est une suite géométrique de raison r si xn+1 =[Link] , ce qui donne xn =x0 rn . La
rn+1 − 1 1
somme partielle de la série est sn =x0 qui tend vers x0 .
r−1 1−r

1.6 Définition. Donnons quelques définitions utiles concernant les suites.


On dit qu’une suite (xn )n dans R est majorée (resp. minorée) si on peut trouver un
nombre M∈ R (resp. m∈ R) tel que xn <M (xn >m) pour tous les n∈ N. On dit qu’une
suite (xn )n dans R est bornée si elle est à la fois majorée et minorée.
En fait, plus généralement, rappelons qu’une partie A de R est majorée (resp. minorée)
si l’on peut trouver M∈ R (resp. m∈ R) tel que a≤M (a≥m) pour tout a∈A. M est appelé
un majorant de A (et m un minorant de A) dans ce cas. A est dit borné s’il a un majorant
et un minorant. Une suite est donc majorée si l’ensemble {xn /n∈ N} est majoré.
On dit qu’une suite (xn )n est croissante si xn >xm pour n>m et décroissante si xn <xm .
On dit que (xn )n est croissante au sens large si xn ≥xm pour n>m et décroissante au sens
large si xn ≤xm .
On dit que deux suites (xn )n et (yn )n sont adjacentes si (xn )n est croissante (au sens
large), (yn )n est décroissante (au sens large), xn ≤ yn pour tout n, et la suite (yn −xn )n
tend vers 0.

1.7 Proposition . Toute suite de Cauchy est bornée. La réciproque est fausse en
général. Cependant, toute suite croissante majorée est de Cauchy. Donc, deux suites
adjacentes sont de Cauchy.
Preuve : Si (xn )n est de Cauchy, on peut trouver n1 ∈ N tel que si m,n≥ n1 on a
|xm − xn | ≤1. Donc, xn1 − 1 ≤ xn ≤ xn1 + 1 pour n>n1 . En prenant M=max(x0 , x1 , ...,
xn1 , xn1 + 1), on voit que xn ≤ M, pour tout n. Donc, (xn )n est majorée. On montre de
même que (xn )n est minorée. La suite (−1n )n est bornée mais n’est pas de Cauchy.
Soit (xn )n une suite croissante dans R qui est majorée par M. Si (xn )n n’est pas de
Cauchy, on peut trouver ε ∈ R∗+ tel que pour tout n∈ N, on peut touver m>n tel que
xm −xn ≥ ε. Donc, pour n=1, on a m1 > 1 tel que xm1 −x1 > ε. Donc, xm1 >x1 + ε. Pour
n=m1 , on a m2 >m1 tel que xm2 −xm1 > ε. Donc, xm2 >xm1 + ε >x1 + 2ε. Pour n=m2 ,
on a m3 >m1 tel que xm3 −xm2 > ε. Donc, xm3 >x1 + 3ε. Or, on ne peut pas continuer ce
processus indéfiniment car il arrivera un k∈ N tel que xmk >x1 +kε >M. Contradiction, car
xmk <M. Donc, (xn )n est de Cauchy. c.q.f.d.
Donnons quelques propriétés utiles des limites.

1.8 Proposition . (a) Si (xn )n converge vers x et (yn )n converge vers y, alors :
la suite (zn )n telle que zn =xn ±yn converge vers x±y,
la suite (tn )n telle que tn =αxn converge vers αx pour α ∈ R,
la suite (un )n telle que un =xn .yn converge vers x.y
1 1
la suite (vn )n telle que vn = converge vers si x=0,
xn x
(b) Si (xn )n converge vers x et (yn )n converge vers y, et si xn <yn pour n suffisamment
grand, alors x≤y. Inversement, si x<y, alors on peut trouver n0 ∈ N tel que pour n≥n0 ,

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Suites et Series. Nombres reels.

xn <yn .
(c) Corollaire de (b) Si (xn )n converge vers l et (yn )n converge vers l et si xn ≤zn ≤ yn ,
alors (zn )n converge vers l.1
ε ε
Preuve : (a) Prenons ε ∈ R∗+ et nε ∈ N, tel que si n≥nε alors x− ≤xn ≤x+
ε ε 2 2
et y− ≤yn ≤y+ . En additionnant membre à membre, on obtient : x+y−ε ≤xn +yn ≤
2 2
x+y+ε, pour n≥nε . On aurait pu démontrer ce résultat en utilisant que |(x+y) − (xn +yn )| ≤
|x − xn | + |y − yn |. On procède de la même manière pour les autres résultats (on utilisera
les inégalités suivantes : |(αx) − (αxn )| ≤ |α| . |x − xn |, |(x.y) − (xn .yn )| ≤ |x − xn | . |y| +
1 1 1
|y − yn | . |yn |, − ≤ |x − xn |).
x xn |[Link] |
ε ε ε ε
(b) Prenons ε ∈ R∗+ et nε ∈ N, tel que si n≥nε alors x− ≤xn ≤x+ et y− ≤yn ≤y+ .
ε ε ε ε 2 2 2 2
Donc, pour n≥nε , x− ≤xn ≤yn ≤y+ , x− ≤y+ , x≤y+ε. Comme on a pris un quel-
2 2 2 2
∗ 1
conque ε dans R+ , nécessairement, x≤y, sinon on aurait une contradiction si ε= (x−y).
2
1 ∗
Inversement, supposons que x<y. Prenons ε = (y−x)∈ R+ et nε ∈ N, tel que si n≥nε
ε ε ε ε 2 ε ε
alors x− ≤xn ≤x+ et y− ≤yn ≤y+ . Donc, si n≥nε alors xn ≤x+ < y− ≤yn
ε 2 ε ε 2ε 2 2 2 2
(x+ < y− car + =ε < y−x). Donc, xn <yn pour n≥ nε . Ce raisonnement permet
2 2 2 2
d’ailleurs, par l’absurde, de montrer la première partie de (b). c.q.f.d.

1.9 Proposition . Toute suite croissante (au sens large) (xn )n majorée converge vers sa
borne supérieure (sup {xn /n∈ N}). De même, toute suite décroissante minorée converge
vers sa borne inférieure.
Preuve : On utilise la propriété de la borne supérieure b=sup {xn /n∈ N}. Pour ε > 0,
on peut trouver xn0 tel que b−ε<xn0 ≤ b. Si n≥ n0 , alors b≥ xn ≥ xn0 >b−ε. c.q.f.d.

1.10 Proposition . Deux suites adjacentes dans R sont convergentes et convergent vers
la même limite.
Preuve : Soient (an )n et (bn )n deux suites adjacentes. Leur convergence découle de la
proposition précédente car deux suites adjacentes sont bornées. Les limites a=lim an et
n∞
b=lim bn sont égales car an −bn tend vers 0. c.q.f.d.
n∞

1.11 Proposition . R est complet, c.à.d. toute suite de Cauchy est convergente dans
R.
Preuve : Soit (xn )n une suite de Cauchy. On construit deux suites accessoires de la
manière suivante : n∈ N, αn =inf{xp /p≥n} et βn =sup{xp /p≥n}. Puisque {xp /p≥n+1}⊂
{xp /p≥n}, alors αn+1 ≤ αn et βn+1 ≥ βn , c.à.d. (αn )n est croissante et (βn )n décroissante.
De plus, par construction, αn ≤ xn ≤ βn et aussi αn ≤ xp ≤ βn pour p≥ n et ce pour
n∈ N. Donc, pour p,q≥ n, on a αn ≤ xp ≤ βn et αn ≤ xq ≤ βn , ce qui donne αn − βn ≤
xq −xp ≤ βn − αn , c.à.d. |xq − xp | ≤ βn − αn , (tout ceci est valable même si (xn )n n’est
1
Ce résultat est appelé aussi “théorème du chariot” ou ‘théorème des gendarmes”.

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Ch. 1 Suites et Series. Suites et séries.

pas de Cauchy mais, si (xn )n est de Cauchy, les suites (αn )n et (βn )n sont dans R car (xn )n
est bornée, voir 2.8, 2.9). Pour que les suites (αn )n et (βn )n soient adjacentes, il reste la
condition lim
n∞
(βn − αn )=0 qui va découler de ce que (xn )n est de Cauchy. En effet, comme
(xn )n est de Cauchy, pour ε ∈ R+ ∗ fixé on peut trouver nε ∈ N tel que si p,q≥ nε alors
|xp − xq | < ε. Pour n≥ nε , on peut trouver pn ≥ n et qn ≥ n tels que αn ≤ xpn < αn + ε
et βn − ε <xqn ≤ βn (propriété des bornes supérieures et inférieures). Ce qui donne, pour
n≥ nε , βn − αn − 2ε <xqn −xpn < βn − αn . En ne gardant que la première inégalité,
βn − αn − 2ε <xqn −xpn ≤ |xqn − xpn | ≤ ε et finalement βn − αn − 2ε < ε ou βn − αn < 3ε
pour n≥ nε . Ainsi, les suites (αn )n et (βn )n sont adjacentes, donc elles convergent vers une
même limite et (xn )n converge vers cette limite car αn ≤ xn ≤ βn pour tout n. c.q.f.d.

1.12 Définition. Une suite (xn )n non convergente est dite divergente. Cela peut signifier
deux choses : la suite (xn )n n’a pas de limite, comme la suite ((−1)n )n , ou la suite diverge
vers l’infini. On dit que (xn )n diverge2 vers “plus l’infini” si pour un α > 0 donné, on peut
trouver nα ∈ N tel que si n≥ nα alors xn > α. On note alors (xn )n −→ +∞ ou lim xn =+∞.
n∞ n∞
On définit de manière duale la divergence vers “moins l’infini”.
Par exemple, toute suite croissante non majorée diverge vers +∞, toute suite décroissante
non minorée diverge vers −∞.

1.13 Définition (Sous-suites). Étant donné une suite (xn )n , on appelle sous-suite ou
suite extraite de (xn )n toute suite (yk )k telle que yk =xnk où (nk )k est une suite croisante
d’entiers naturels (nk+1 >nk pour tout k).
Par exemple, (x2n )n et (x2n+1 )n sont les deux sous-suites les plus connues de (xn )n , la
sous-suite des termes de rang pair et la sous-suite des termes de rang impair, il suffit de
poser yk =x2k par exemple pour la première sous-suite. On rappelle que l’indice n d’une
suite peut être remplacée par n’importe quelle autre variable, c’est le symbole x de xn qui
est important, c.à.d. que si j’écris (xn )n ou (xk )k , j’utilise la même suite.
On montre facilement que toute suite extraite d’une suite de Cauchy est de Cauchy,
toute suite extraite d’une suite convergente converge vers la limite de la suite mère. Toute
suite extraite d’une suite extraite de (xn )n est encore une suite extraite de (xn )n .

1.14 Théorème (de BOLZANO-WEIERSTRASS). De toute suite (x n ) n bornée,


on peut extraire une sous-suite (x nk ) k convergente.
Nous admettrons ce résultat important, sa démonstration n’est pas trop difficile et
ressemble un peu à celle de la proposition 1.9. On se ramène d’abord au cas où tous les
éléments de la suite sont distincts, sinon c’est trivial. Puis, si α=inf s0 et β= sup s0 , où
β−α
s0 ={xn /n∈ N}, on divise l’intervalle [α,β] en deux intervalles de longueur dont au
2
moins un contient une infinité d’éléments de s0 , on le note [α1 ,β1 ]. Puis on recommence, on
β1 − α1 β−α
divise l’intervalle [α1 ,β1 ] en deux intervalles de longueur = dont au moins
2 22
un contient une infinité d’éléments de s0 , on le note [α2 ,β2 ]. Etc.. On obtient une suite
2
Certains disent “(xn )n tend vers l’infini”.

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Suites et Series. Resultats divers sur les suites et series dans R et dans C.

β−α
d’intervalles [αk ,βk ] de longueur qui contiennent tous une infinité d’éléments de s0 et
2k
tels que αk ≤ αk+1 ≤ βk+1 ≤ βk , pour tout k∈ N∗ . On choisit un xnk dans [αk ,βk ] de telle
façon que la suite d’indice (nk )k soit croissante. On laisse à l’étudiant le soin de terminer
la démonstration.

2 Résultats divers sur les suites et séries dans R et


dans C.
Les définitions précédentes concernant Q et R sont valables pour C, bien entendu, et les
résultats qui s’y rapportent, notamment sur les suites (cf. prop. 1.8 ci-dessus). Nous allons
compléter ces définitions et résultats. Les définitions données dans ce paragraphe pour des
complexes sont évidemment valables pour des réels car R est contenu dans C.
La principale différence entre les nombres réels et les nombres complexes est qu’un
nombre complexe correspond à deux nombres réels, sa partie réelle et sa partie imaginaire.
Dans un langage algébrique, C est un espace vecoriel sur R de dimension 2 (la loi externe
étant la multiplication par un réel). Et même plus, C est ce qu’on appelle une “algèbre”
sur R, c’est-à-dire un espace vectoriel sur R qui a une deuxième loi interne (ici, c’est la
multiplication dans C), et c’est une algèbre normée complète, mais nous n’en dirons pas
plus car tout ceci nous amènerait loin (R est d’ailleurs une algèbre normée complète aussi
mais sur Q, de dimension infinie). Pour les complexes, il faut prévoir deux calculs en
général, un sur les parties réelles et un sur les parties imaginaires, ou un sur le module r
et un sur l’argument θ.

2.1 Définition. On dit qu’une suite de nombres complexes (zn )n est bornée si la suite
(|zn |)n est bornée. On dit qu’une partie A⊂ C est bornée si l’ensemble {|z|/z∈a} est borné
dans R.
On dit qu’une suite (zn )n est bornée devant une suite (z′n )n si l’on peut trouver un rang
zn
n0 ∈ N tel que la suite ′ est bornée, on note (zn )n =O((z′n )n ) ou, plus simplement,
zn n≥n0
zn =O(zn ), lire “zn est un grand O de z′n ”. Une suite est bornée ssi elle est bornée devant
la suite constante 1.
On dit que (zn )n est négligeable devant (z′n )n si l’on peut trouver un rang n0 ∈ N tel
zn
que la suite ′ tend vers 0, on note (zn )n =o((z′n )n ) ou, plus simplement, zn =o(z′n ),
zn n≥n0
lire “zn est un petit O de z′n ”. Une suite tend vers 0 ssi elle est négligeable devant la suite
constante 1. Un “grand O de zn ” est un “petit o de zn ”, évidemment.
On dit que (zn )n est équivalente à (z′n )n si l’on peut trouver un rang n0 ∈ N tel que
zn
la suite tend vers 1, on note (zn )n ≈(z′n )n ou, plus simplement, zn ≈z′n , ce qui
z′n n≥n0
équivaut à (zn −z′n )=o(z′n ). Cette dernière relation est une relation d’équivalence.
On rappelle qu’une relation R définie entre les éléments d’un ensemble donné E est une
relation d’équivalence si elle est réflexive, symétrique et transitive. Elle est réflexive au

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Ch. 1 Suites et Series. Résultats divers.

sens que xRx pour chaque x∈E, elle est symétrique au sens que si xRy alors yRx aussi,
elle est transitive au sens que si xRy et yRz alors xRz aussi. Une relation d’équivalence
donne une partition de l’ensemble E en classe(s) d’équivalence, une classe d’équivalence est
une partie de E constituée par tous les éléments équivalents à un élément donné et E est
la réunion de toutes les classes d’équivalence et deux classes d’équivalence distinctes ont
une intersection vide.3 .

2.2 Proposition . Toute suite convergente est bornée (dans R et dans C). En fait,
toute suite de Cauchy est bornée. (cf. prop. 1.7 pour le cas réel).
En effet, |zn |=|zn − l + l| ≤ |zn − l| + |l| ≤ (ε + max {|zk − l|/ k=0, n−1})+|l|, où est
la limite de la suite (zn )n .

2.3 Proposition . Une suite (zn )n converge vers z, dans C, ssi les suites (an )n et
(bn )n telles que an = Re(zn ) et bn = Im(zn ) convergent respectivement vers a=Re(z) et
b=Im(z).
Preuve : La suite (zn )n (zn =xn +iyn ) converge vers l=a+ib ssi les suites (xn −a)n et
(yn −b)n converge vers 0 dans R. En effet, |zn − l|= |(xn − a)+i(yn − b)| ≤ |xn − a| +
|yn − b| d’une part et d’autre part, |xn − a| ≤ |zn − l| et |yn − b| ≤ |zn − l|. c.q.f.d.

2.4 Théorème (de BOLZANO-WEIERTRASS). De toute suite (z n ) n bornée dans


C, on peut extraire une sous-suite (z nk ) k convergente.
Preuve : Comme |xn | ≤ |zn |, où (xn )n est la suite des parties réelles de (zn )n , c.à.d.
xn =Re(zn ), la suite (xn )n est bornée dans R et on peut appliquer le théorème de Bolzano-
Weierstrass dans R. Donc, on peut extraire de (xn )n une sous-suite (xnk )k convergente vers
x dans R. Maintenant, on considère la suite (ynk )k , où yn =Im(zn ). Comme |ynk | ≤ |znk |,
la suite (ynk )k est bornée dans R. Donc, on peut extraire de la suite (ynk )k une sous-suite
(ynkp )p convergente vers y dans R. Alors, de la proposition précédente, la suite (znkp )p
converge vers x+iy. c.q.f.d.
Remarquons la méthode utilisée. On extrait d’abord une première sous-suite (xnk )k de
la suite (xn )n , puis on extrait de la sous-suite (ynk )k correspondante une sous-suite (ynkp )p
pour obtenir la sous-suite finale (znkp )p de (zn )n , znkp =xnkp +iynkp . Si l’on avait extrait une
sous-suite (xnk )k de (xn )n et une sous-suite (yn′ )k de (yn )n , on n’aurait pas pu combiner les
k
deux car xnk +iyn′ =znk et =zn′ .
k k

2.5 Proposition . Toute suite convergente est de Cauchy. Et toute suite de Cauchy
dans C est convergente dans C. Toute série dans C converge ssi elle vérifie le critère de
Cauchy. Si une série [zn ]n∈N converge, alors la suite (zn )n tend vers 0. Le reste d’ordre n

Rn = xp tend vers 0 quand n−→ n∞
∞. Ces résultats sont valables aussi pour des suites
p=n+1
et des séries dans R.
Preuve : On remarque d’abord que la suite (zn )n est de Cauchy ssi les suites (xn )n
et (yn )n sont de Cauchy, xn = Re(zn ) et yn =Im(zn ). En effet, comme précédemment,
3
Pour la construction de R, on utilise la relation d’équivalence suivante entre suite de Cauchy dans Q
définie par (xn )n R(yn )n si |xn − yn | −→ 0. R est alors l’ensemble des classes d’équivalence sur lequel on
n∞
définit une addition et une multiplication.

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Suites et Series. Resultats divers sur les suites et series dans R et dans C.

|zn − zm |= |(xn − xm )+i(yn − ym )| ≤ |xn − xm |+ |yn − ym | d’une part et d’autre part,


|xn − xm | ≤ |zn − zm | et |yn − ym | ≤ |zn − zm |. De même, la série [zn ]n vérifie le critère
de Cauchy ssi les séries [xn ]n et [yn ]n vérifient le critère de Cauchy (critère donné en propo-
sition 1.5, pour les complexes on remplace la valeur absolue par le module). Les deux
premières affirmations en découlent aisément.
Si la série [zn ]n converge, elle vérifie le critère de Cauchy. Donc, pour ε > 0, on peut
trouver nε ∈ N tel que si m≥ n≥ nε alors |zn + zn+1 + · · · zm | < ε, en particulier, |zn | < ε
pour n≥ nε . Donc, (zn )n converge vers 0 dans C. Bien entendu, la réciproque est fausse
en général. Mais si zn ne tend pas vers 0, on est sûr que la série [zn ]n∈N diverge. Enfin,
∞ ∞
Rn = xp tend vers 0 quand n−→ n∞
∞, car R n= xp = s−sn . Ici, la réciproque est vraie
p=n+1 p=n+1

c.à.d. si Rn = xp tend vers 0 quand n−→ ∞, alors la série converge, de toute évidence.
p=n+1 n∞
c.q.f.d.

2.6 Définition. On appelle droite numérique achevée 4 l’ensemble R= R ∪ {−∞} ∪


{+∞}, où −∞ et +∞ sont deux objets mathématiques qui n’appartiennent pas à R, muni
de la relation d’ordre suivante et des opérations suivantes : −∞ <x<+∞ et x<y au sens
usuel si x et y sont dans R, −∞±x=−∞, +∞±x=+∞ pour x∈ R, −∞.x=−∞ si x<0
et +∞ si x>0, +∞.x=+∞ si x>0 et −∞ si x<0, (−∞)·(+∞)=−∞, (−∞)·(−∞)=+∞,
(+∞)·(+∞)=+∞, x+y est la somme usuelle si x et y sont dans R et de même x·y est le
produit usuel si x et y sont dans R. Nous remarquons que (−∞)+(+∞) et (±∞)·(0) ne
sont pas définis.

Attention, (R, +, · ) n’est pas un corps comme R, −∞ et +∞ ne sont pas inversibles


dans R. C’est pour les besoins du calcul des limites que l’on introduit R. Les définitions
de limites dans R sont valables dans R, les suites divergentes vers l’infini dans R sont
∗ ∗
convergentes dans R vers ±∞. R+ désigne l’ensemble {x∈ R/ x>0}=R∗+ ∪ {+∞}, R−
désigne l’ensemble {x∈ R/ x<0}=R∗− ∪ {−∞}.
Pour compléter les résultats de la proposition 1.8, valables également dans C, nous avons
la proposition suivante.

2.7 Proposition . Soient (xn )n et (yn )n deux suites dans R, telles que (xn )n −→ +∞
n∞
(resp. −∞) et (yn )n −→
n∞
y∈ R. Alors :
(i) (xn +yn )n −→
n∞
+∞ (resp. −∞); en fait il suffit que la suite (yn )n soit minorée (resp.
majorée).
(ii) La suite (xn yn )n −→ +∞ si y>0 et −∞ si y<0, on ne peut rien dire à priori si y=0.
n∞
1 + − 1
(iii) La suite ( )n −→ 0 (resp. 0 ), c.à.d. ( )n −→ 0 tout en restant >0 (resp. <0).
xn n∞ xn n∞

Preuve : (i) Supposons (yn )n est minorée, c.à.d. yn >m pour tout n∈ N. Comme (xn )n
−→ +∞, on peut trouver, pour α > 0, un nα ∈ N, tel que si n≥ nα alors xn > α−m, donc
n∞
xn +yn >(α−m)+m= α. Donc (xn +yn )n −→ +∞. Et si (yn )n −→ y∈ R, on sait que (yn )n
n∞ n∞
est bornée donc minorée.
4
En anglais, un élément de R est dit “extended real”. On dit par fois aussi en français “réel généralisé”.

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Ch. 1 Suites et Series. Résultats divers.

(ii) Supposons y>0. Si (yn )n est minorée par un m>0, c.à.d. si yn >m>0, alors on
1
trouvera comme précédemment, pour α > 0, un nα ∈ N tel que si n≥ nα alors xn > α. ,
m
1
donc xn yn > α. .m=α. Donc (xn yn )n −→ +∞.
m n∞

(iii) Comme (xn )n −→ +∞, on peut trouver, pour ε > 0, un nε ∈ N, tel que si n≥ nε
n∞
1 1 1
alors xn > α = , donc on a bien < ε pour n≥ nε , tout en ayant > 0. c.q.f.d.
ε xn xn
2.8 Définition. Soit une suite (xn )n dans R, bornée. On note (αn )n et (βn )n les suites
telles que βn =sup{xp /p≥n} et αn =inf{xp /p≥n}. Comme la suite (xn )n est bornée, αn et
βn sont des nombres réels. On appelle limite supérieure de (xn )n notée lim sup xn ou lim xn
n∞ n∞
la limite de la suite (βn )n et limite inférieure de (xn )n notée lim
n∞
inf xn ou limxn la limite
n∞
de la suite (αn )n . Si la suite (xn )n n’est pas bornée, on peut considérer les suites (αn )n et
(βn )n dans R.

2.9 Proposition . Les limites supérieures et inférieures d’une suite bornée (xn )n dans
R existent dans R. Si la suite n’est pas bornée, elles existent dans R.
Preuve : Notons les résultats suivants concernant les suites (αn )n et (βn )n . Puisque
{xp /p≥n+1}⊂ {xp /p≥n}, alors αn+1 ≤ αn et βn+1 ≥ βn . De plus, αn ≤ xn ≤ βn . Si la suite
(βn − αn )n tend vers 0, les deux suites (αn )n et (βn )n seraient adjacentes et convergeraient
vers une limite unique l qui serait donc aussi la limte de (xn )n . Mais en général, la suite
(βn − αn )n ne tend pas vers 0. Cependant, si (xn )n est minorée alors la suite (βn )n est une
suite décroissante minorée, et elle converge si elle est dans R. La condition “(xn )n majorée”
assure qu’elle est dans R. De même, la condition “(xn )n bornée” assure la convergence de
la suite suite (αn )n .
Si la suite n’est pas minorée, il se peut que αn = −∞, et si la suite n’est pas majorée, il se
peut que βn = +∞. Donc, les deux suites (αn )n et (βn )n seraient dans R. Mais, il est facile
de voir que dans R, on a les résultats “toute suite décroissante converge” éventuellement
vers −∞ et “toute suite croissante converge” éventuellement vers +∞.

2.10 Proposition . Une suite dans R (xn )n converge vers x ssi lim xn =lim
n∞
xn = x. (En
n∞
fait, le résultat reste vrai même si l’on se place dans R).
Preuve : Voir la démonstration précédente de la proposition 2.9.

2.11 Proposition . Si une suite (xn )n dans R ou C converge vers x, alors elle converge
x0 + x1 + · · · + xn
en moyenne vers x, c.à.d. la suite (xn )n de terme général xn = converge
n+1
vers x. On dit aussi que (xn )n converge au sens de Césaro vers x.
La démonstration (facile) sera donnée à titre d’exercice.
Passons aux séries dans R ou dans C. Donnons quelques critères classiques bien connus
de convergence de séries, ceux qui nous sont accessibles pour le moment, mais il y en a
d’autres utilisant des résultats que nous n’avons pas encore démontrés. Le critère le plus
simple est celui qui dit que si le terme général d’une série [z n ] n dans C ou R s’écrit

Pejy faha-16 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Resultats divers sur les suites et series dans R et dans C.

z n =φ(n+1)−φ(n) où φ : N −→ C ou R (ou Q), la série converge ssi la suite ( φ(n))n


converge, car la somme partielle s n =φ(n+1)−φ(0). Il est parfois utile aussi de considérer
les relations xn =x+ − + −
n −xn et |xn |=xn +xn pour se ramener à des séries à termes positifs ou
nuls.

2.12 Définition. On dit qu’une série [xn ]n dans R ou une série [zn ]n dans C est
absolument convergente si la série de nombres réels [|xn |]n (resp. [|zn |]n ) converge, c.à.d.
∞ ∞
si |xn | < +∞ (resp. |zn | < +∞). On dit que la série est semi-convergente si elle
n=0 n=0
est convergente sans être absolument convergente. On dit qu’une série [xn ]n dans R est
alternée si xn xn+1 <0, c.à.d. xn est xn+1 sont de signes opposés.

On dit qu’une série série [xn ]n dans R ou une série [zn ]n dans C est commutativement
convergente si la série de nombres réels [xσ(n) ]n (resp. [zσ(n) ]n ) converge et converge vers la
∞ ∞ ∞ ∞
même somme que [xn ]n (resp. [zn ]n ), c.à.d. si xn = xσ(n) (resp. zn = zσ(n) ) pour
n=0 n=0 n=0 n=0
toute permutation σ de N, c.à.d. pour toute bijection σ de N sur N, ou un réarrangement
des éléments de la série initiale.
Nous admettrons que “toute série absolument convergente est commutativement con-
vergente et réciproquement”.

2.13 Proposition . Toute série absolument convergente est elle-même convergente


(dans R ou C).
n n
En effet, la suite sn = |xp | vérifie le critère de Cauchy, donc, la suite sn = xp aussi,
p=0 p=0
car |sm − sn | ≤ sn − sm si n≥ m. Et R et C sont complets.

2.14 Proposition .(Critère de comparaison) Si 0≤ xn ≤ yn 5 et si la série [yn ]n


converge alors la série [xn ]n converge.
xn+1 yn+1
En conséquence, si xn > 0 et si ≤ , et si la série [yn ]n converge alors la série
xn yn
[xn ]n converge. Donc, si [xn ]n diverge, [yn ]n diverge aussi.
n n ∞
Preuve : On a s′n = xp ≤ yp ≤ yp =M, donc la suite (s′n )n converge, étant une
p=0 p=0 p=0
xn+1 yn+1
suite croissante majorée. Si 0< ≤ , on obtient en multipliant membre à menbre
xn yn
xn+1 yn+1
que 0< ≤ . D’où le résultat. c.q.f.d.
x0 y0

2.15 Proposition . Deux séries de nombres réels [xn ] et [yn ]n telles que xn ≈yn et les
termes de (xn )n gardent un signe contant sont de même nature. En conséquence, si deux
séries [zn ] et [z′n ]n sont telles que zn ≈z′n et si l’une est absolument convergente, l’autre l’est
aussi.
Preuve : C’est un corollaire de la précédente, car on peut trouver n0 ∈ N tel que − 12 yn
<xn −yn ≤ 12 yn , pour n≥ n0 . C.à.d. 12 yn <xn ≤ 32 yn . c.q.f.d.
5
La série [yn ]n est dite “majorante”.

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Ch. 1 Suites et Series. Résultats divers.

2.16 Proposition .(Critère de Condensation de CAUCHY) Étant donné une


série [xn ]n à termes positifs et décroissants, la série converge ssi la série [yn ]n de terme
général yn =2n x2n converge. On peut remplacer le nombre 2 par p∈ N, n≥ 2.
Corollaire : La série de Riemann [nα ]n converge ssi α < −1.
Preuve : Comme la suite (xn )n est décroissante, x2n+1 ≤ x2n , x2n+1 −1 ≤ x2n , x2n+1 −2 ≤
x2n , ...,
x2n +1 =x2n+1 −(2n −1) ≤ x2n . En additionnant membre à membre, on obtient x2n+1 + x2n+1 −1 +
x2n+1 −2 + · · · +x2n +1 ≤ 2n x2n . C’est-à-dire s2n+1 −s2n ≤ yn . Ce qui donne s2n+1 −s20 ≤
n
yp =s n . Donc, si la série [yn ]n converge, la suite ( s2n+1 )n est bornée, donc ( sn )n aussi.
p=0

De l’autre côté, x2n+1 ≤ x2n+1 −1 , x2n+1 ≤ x2n+1 −2 , ..., x2n+1 ≤ x2n +1 = x2n+1 −(2n −1) , x2n+1 ≤
1
x2n =x2n+1 −2n . Et en faisant l’addition membre à membre, on obtient . 2n+1 x2n+1 ≤
2
1 1
x2n+1 −1 +x2n+1 −2 + · · · +x2n +1 +x2n . C’est-à-dire yn+1 ≤ s2n+1 −1 −s2n −1 . Ce qui donne
2 2
n+1 1
yp = sn+1 ≤ s2n+1 −1 −s20 −1 = s2n+1 −1 −s1 . Donc, si la suite ( s2n+1 −1 )n est bornée, la suite
p=0 2
1
( sn+1 )n aussi.
2
Si on applique cela à xn =nα , on a yn =2n x2n =2n (2n )α = 2n (2nα ) =2n(α+1) =(2α+1 )n . C’est
une série géométrique de raison 2α+1 . La conclusion est facile. c.q.f.d.
1
2.17 Proposition .(Critère de CAUCHY) Si lim |xn | n <1, la série [xn ]n est absolu-
n∞
1 1
ment convergente. Si lim
n∞
|xn | n >1, la série [xn ]n est divergente. Si lim
n∞
|xn | n =1, il faut voir
1 1
de plus près. Ce critère peut être amélioré en utilisant lim
n∞
|xn | n à la place de lim
n∞
|xn | n .
1
Preuve : Si lim |xn | n <1, c.à.d. lim βn =1−δ<1 (voir définition 2.8), alors d’après les
n∞ n∞
inégalités aux limites, on peut trouver n0 ∈ N, tel que pour n≥ n0 , βn < 1 − δ (proposition
1 1
1.8). Donc pour n≥ n0 , |xn | n < 1 −δ (car |xn | n ≤ βn ). Donc, |xn | ≤ (1−δ)n pour n≥ n0 . Et
comme la série [(1−δ)n ]n est une série géométrique de raison (1−δ)<1, donc convergente,
1 1
alors la série [|xn | n ]n≥n0 est aussi convergente. De manière analogue, si lim |xn | n >1, on
n∞
1
trouve une série géométrique minorante de [|xn | n ]n≥n0 divergente. Donc, elle est divergente.
c.q.f.d.
|xn+1 |
2.18 Proposition .(Critère de d’ALEMBERT) Si lim <1, la série [xn ]n est
n∞|xn |
|xn+1 | |xn+1 |
absolument convergente. Si lim >1, la série [xn ]n est divergente. Si lim =1,
n∞ |xn | n∞ |xn |
il faut voir de plus près.
|xn+1 |
Preuve : Si lim =1−δ < 1, comme précédemment on trouve que |xn+1 |<(1−δ)|xn |,
n∞ |x |
n
pour n≥ n0 et finalement |xn+1 |<(1−δ)n−n0 |xn0 | et on conclut comme pour la proposition
précédente. c.q.f.d.
2.19 Définition. (Somme et Produit de séries) Étant donné deux séries [xn ]n et
[yn ]n , on appelle série somme des deux séries la série de terme général [un ]n définie par

Pejy faha-18 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Resultats divers sur les suites et series dans R et dans C.

un =xn +yn . On note aussi [xn ]+[yn ]= [un ]. On appelle série produit de la série [xn ]n par
le scalaire λ ∈ R ou C selon, la série de terme général [vn ]n définie par vn =λxn . On note
[vn ]n =λ[xn ]n . On appelle série produit ou produit de Cauchy des deux séries la série de
n n
terme général [zn ]n définie par zn = xp yq = xn−k yk (ou xn−k yk si la série est définie
p+q=n k=0 k=1
à partir du rang n=1). On note aussi [xn ].[yn ]= [zn ]. On voit facilement que ce produit est
commutatif et distributif par rapport à la somme. On voit qu’il existe un élément neutre
pour ce produit (la série 1= [1, 0, 0, 0, ... ]), on peut voir même que l’ensemble des séries
est une algèbre sur R ou C selon le cas). Mais laissons cela car cela nous mènera loin.

Si l’on écrit les produits xp yq dans un tableau (une matrice) comme pour la représentation
n
de N × N, zn est la somme des éléments de la n-ième diagonale, et la somme partielle zr
r=0
est la somme des éléments sur les diagonales 0 à n (voir le procédé de dénombrement de
Cantor).
x0 y0 x1 y0 x2 y0 · · · xn y0 · · · x2n y0 · · ·
x0 y1 x1 y1 x2 y1 · · · xn y1 · · · x2n y1 · · ·
... ..
x0 y2 .
.. ...
. x1 yn−1 · · · xn yn−1 · · ·
x0 yn ··· xn yn x2n yn · · ·
.. .. ... ..
. . .

.. ..
. .
x0 y2n x1 y2n xn y2n · · · x2n y2n
.. .. .. .. ...
. . . .

2.20 Proposition . (j) La combinaison linéaire [wn ]n de deux séries [xn ]n et [yn ]n con-
vergentes (resp. absolument convergentes) est convergente (resp. absolument convergente)
vers la même combinaison linéaire de leur somme.
(jj) La série [zn ]n produit de deux séries convergentes [xn ]n et [yn ]n peut ne pas converger
mais la suite (sn )n des sommes partielles de [zn ]n converge en moyenne (au sens de Césaro)
∞ ∞ s0 + s1 + · · · + sn
vers le produit de leur somme xy ( xn =x et yn =y). C.à.d. lim =xy.
n=0 n=0 n∞ n+1
Corollaire : Si la série produit de deux séries convergentes [xn ]n et [yn ]n converge, elle
converge vers le produit de leur somme xy.
Preuve : (j) est évident et laissé à titre d’exercice. Nous admettrons (jj), car c’est un
n
peu plus long et difficile. Le corollaire en découle facilement, car si sn = zk et si sn −→n∞
s,
k=0
s0 + s1 + · · · + sn
alors lim =s. Donc s=xy. c.q.f.d.
n∞ n+1
2.21 Proposition . Le produit de deux séries absolument convergentes est absolument
convergent et converge vers le produit de leur somme.
Preuve : Il suffit de montrer qu’elle est convergente, car pour le reste on applique

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-19


Ch. 1 Suites et Series. Résultats divers.

le résultat précédent. Or cela peut résulter de la proposition suivante. La convergence


absolue se démontre de la même manière en considérant les séries des valeurs absolues.

2.22 Théorème (MERTENS). Le produit d’une série convergente [x n ] n vers x et d’un


série absolument convergente [y n ] n vers y dans C est convergent et converge vers le produit

de leur somme x.y, c.à.d. zn = x.y, où [z n ] n est la série produit.
n=0

n n
Preuve : Donnons une idée de la démonstration. Notons sn = xq , s′n = yp et
q=0 p=0
′′ n n
sn = zk , avec zn = xp yq = xn−k yk =xn y0 +xn−1 y1 + · · · +x1 yn−1 +x0 yn . Notons s′
k=0 p+q=n k=0
∞ n ∞
= |yp |, s′n = |yp | et s= xp . Alors s′′2n −sn s′n =[y0 (xn+1 +xn+2 +· · ·x2n )+y1 (xn+1 +xn+2 +
p=0 p=0 p=0
· · ·x2n−1 )+· · · +yn−1 xn+1 ]+[yn+1 (x0 +x1 + · · · +xn−1 )+yn+2 (x0 +x1 + · · · +xn−2 )+· · · +y2n x0 ]
= An +Bn avec An =[y0 (xn+1 +xn+2 + · · ·x2n )+y1 (xn+1 +xn+2 + · · ·x2n−1 )+· · · +yn−1 xn+1 ] et
Bn =[yn+1 (x0 +x1 + · · · +xn−1 )+yn+2 (x0 +x1 + · · · +xn−2 )+· · · +y2n x0 ]. Et l’on a : |An | ≤
[|y0 | |xn+1 + xn+2 + · · · + x2n |+|y1 | |xn+1 + xn+2 + · · · + x2n−1 |+· · · + |yn−1 | |xn+1 |] =
[|y0 | |s2n − sn |+|y1 | |s2n−1 − sn |+· · · + |yn−1 | |sn+1 − sn |] ,
et |Bn | ≤ [|yn+1 | |x0 + x1 + · · · + xn−1 |+|yn+2 | |x0 + x1 + · · · + xn−2 |+· · · + |y2n | |x0 |] =
[|yn+1 | |sn−1 |+|yn+2 | |sn−2 |+· · · + |y2n | |s0 |] .
Pour ε > 0 donné, |An | ≤ [|y0 |+|y1 |+· · ·+|yn−1 |] sup(|s2n − sn |,|s2n−1 − sn |, ..., |sn+1 − sn |)=
s′ sup(|s2n − sn |,|s2n−1 − sn |, ..., |sn+1 − sn |) ≤ s′ ε pour n suffisamment grand car la série
[xn ] est convergente, donc la suite (sn )n vérifie le critère de Cauchy. De même, |Bn | ≤
[|yn+1 |+|yn+2 |+· · · + |y2n |]sup( |sn−1 |,|sn−2 |, ..., |s0 |) ≤ ( s′2n − s′n )β, où β ≥ |sn | pour tout n
(la suite (sn )n est bornée car elle converge). Donc |Bn | ≤ εβ, pour n suffisamment grand.
Finalement, |s′′2n − sn s′n | ≤ ε(s′ + β). La même chose est vraie pour s′′2n+1 − sn+1 s′n+1 .
Comme sn s′n −→ n∞
xy, alors s′′2n et s′′2n+1 −→
n∞
xy, donc s′′n −→n∞
xy, on montre en effet que si une
suite (xn )n est telle que les deux sous-suites (x2n )n et (x2n+1 )n convergent vers une même
limite, alors la suite (xn )n elle-même est convergente vers cette limite. c.q.f.d.

2.23 Proposition .(Série alternée) Soit une série alternée [xn ]n∈N telle que la suite
(|xn |)n est décroissante vers 0. Alors la série converge. De plus, |Rn | ≤ |xn+1 | (Rn étant le

reste d’ordre n, Rn = xk ).
k=n+1

Preuve : La convergence découle de la suivante en prenant yn = (−1)n . Mais on


peut faire une démonstration directe en considérant les suites (s2n )n et (s2n+1 )n qui sont
adjacentes et convergentes. La majoration du reste en résulte facilement, Rn =s−sn et s
est compris entre s2n et s2n+1 . c.q.f.d.

2.24 Proposition .(Critère d’ABEL) La série [xn yn ]n converge si les trois conditions
suivantes sont vérifiées : (i) la série [|xn − xn+1 |]n converge, (ii) lim
n∞
xn =0, (iii) la suite
des sommes partielles de [yn ]n est bornée.

Preuve : On utilise la formule suivante dite “méthode de sommation d’Abel”


n
ou “som-
mation par partie” (analogie à la formule d’intégration par partie) : xk yk =xn Yn −
k=0

Pejy faha-20 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Developpement d’un nombre reel par rapport a une base p.

n k
(xk+1 −xk )Yk où Yk = yq , somme partielle de [yn ]n . On en déduit facilement que la
k=0 q=0
série [xn yn ]n vérifie le critère de Cauchy pour les séries. c.q.f.d.
La somme partielle d’une série représente une approximation de la somme à |Rn | près,
car |s − sn | = |Rn |. Une toute dernière remarque que tout étudiant apprend par cœur
est que “la convergence d’une série (ainsi que d’une suite) ne dépend pas des premiers
termes de la série”, ce qui signifie que si l’on supprime ou si l’on change un nombre fini
de termes dans une suite (xn )n ou dans une série [xn ]n , on ne change pas sa nature, si elle
était convergente la nouvelle suite ou série obtenue est encore convergente. Par contre, la
somme de la série n’est plus la même si l’on change certains de ses termes.

Développement d’un nombre réel par rapport à une


base p.
En complément, terminons ce chapitre par un paragraphe annexe qui illustre une applica-
tion des séries.
On sait que tout nombre rationnel x s’écrit sous la forme x=x0 ,x1 x2 x3 ... où x0 =[x] et
xn =[pn x] −p.[pn−1 x], et où chaque xn est un entier tel que 0≤ xn <p, c.à.d. 0≤ xn ≤
∞ xn
p−1. Ce qui signifie que x=x0 + n
, avec xn ∈ N et 0≤ xn ≤ p−1. On remarque
n=1 p
que x et x−[x] a le même développement en base p (xn )n . On sait que la suite (xn )n est
alors finie ou bien infinie mais périodique à partir d’un certain rang (le cas “(xn )n finie”
est d’ailleurs compris dans le cas “(xn )n périodique”, car (xn )n finie signifie qu’il existe
n0 ∈ N tel que xn = 0 pour n≥ n0 ). On sait qu’on ne peut pas avoir xn =p−1 pour
tout n à partir d’un certain rang. On sait aussi que si la suite (xn )n est finie, c.à.d. x=
n0 −1 xn
x=x0 ,x1 x2 x3 ...xn0 −1 000000... = x0 + n
, en supposant que xn0 −1 est le dernier coefficient
n=1 p
n0 −2 xn xn0 −1 − 1 ∞ p−1
non nul, alors on a aussi x=x0 + + + , c.à.d. qu’on pourrait
n=1 pn pn n=n0 pn
écrire x= x0 ,x1 x2 x3 ...xn0 −2 (xn0 −1 − 1)(p−1)(p−1)(p−1)(p−1).... Un tel développement est
r
dit impropre. Donc, x a un développement impropre ssi x est une fraction de la forme n0 .
p

Maintenant, dans R, la partie entière d’un nombre x est aussi définie, [x] est le plus grand
entier (donc l’unique entier) n tel que n≤ x<n+1. Les formules x0 =[x] et xn =[pn x] −p.[pn−1 x]
sont donc bien définies, pour un x∈ R quelconque, pas nécessairement rationnel. De plus,
xn
il est facile de voir que la série [ n ]n vérifie le critère Cauchy, donc elle est convergente car
p
∞ xn
R est complet. Donc, il existe y∈ R, tel que y=x0 + n
.
n=1 p

Deux questions se posent : (1◦ ) y est-il égal à x et le développement x0 ,x1 x2 x3 ...


est-il propre, (2◦ ) Si l’on a un développement (an )n propre, donc un nombre
∞ an
a=a0 ,a1 a2 a3 ... =a0 + n
, l’application des formules x0 =[a] et xn =[pn a] −p.[pn−1 a]
n=1 p
redonne-t-elle la suite (an )n , c.à.d. xn =an ?

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Ch. 1 Suites et Series. Résultats divers.

xn 1 n 1 x1 xn 1
(1◦ ) Puisque n
= n [p x] − n−1 .[pn−1 x], on obtient : sn =x0 + + · · · + n = n [pn x].
p p p p p p
1 1 1
Et comme x− n < n [pn x] ≤x (car pn x−1< [pn x] ≤pn x), alors n [pn x] −→ x (Théorème
p p p n∞
∞ xn
du chariot), c.à.d. que x= n
. Donc x=y.
n=0 p

Ensuite, le développement x0 ,x1 x2 x3 ... d’un réel x est propre. Pour le voir,
souvenons-nous de l’algorithme ayant conduit à la formule xn = [pn x] −p. [pn−1 x]. En fait,
si l’on a une suite de bases (pn )n≥1 , pn ∈ N et ≥ 2, et si l’on définit par récurrence,
x′ =x−[x], x′′ =p1 x′ − [p1 x′ ], x′′′ =p2 x′′ − [p2 x′′ ], ..., x(n+1) =pn x(n) − [pn x(n) ], etc.. Alors
x′′ 1 x1 x′′
x0 =[x], xn = pn x(n) , etc.. Ainsi, x=x0 +x′ = x0 + + [p1 x′ ] =x0 + + =
p1 p1 p1 p1
x1 x′′′ 1 x 1 1 x ′′′
x 1 x2 x′′′
x0 + + + [p2 x′′ ] =x0 + + [p2 x′′ ] + =x0 + + + =
p1 p1 p2 p1 p2 p1 p1 p2 p1 p2 p1 p1 p2 p1 p2
x1 x2 xn x(n)
· · ·=x0 + + +··· + + . Lorsque la base p est fixée, pn =p pour
p1 p1 p2 p1 p2 ...pn p1 p2 ...pn
x1 x2 xn x(n) x(n) x(n)
tout n≥ 1. Alors, x=x0 + + 2 + · · · + n + n =sn + n . Donc, x−sn = n , c.à.d. 0≤
p p p p p p
x(n) 1
x−sn = n
< n (0≤ x(n) <1). Ceci empêche l’existence de n0 ∈ N tel que xn =p−1 pour
p p
∞ xk ∞ p−1 1
n≥ n0 , car x−sn0 = k
= k
= n0 . Donc le développement est bien propre.
k=n0 +1 p k=n0 +1 p p

(2◦ ) Soit maintenant (an )n une suite d’entiers tels que 0≤ an <p (pour n≥ 1) et telle
que pour tout n0 ∈ N, on peut toujours trouver un n≥ n0 tel que an <p−1. Et soit
∞ an
a=a0 ,a1 a2 a3 ... =a0 + n
. Soit aussi (xn )n la suite telle que x0 = [a] et xn =[pn a] −p. [pn−1 a]
n=1 p
pour n≥ 1. Il nous faut montrer que an =xn pour tout n. Pour le voir, donnons un critère
∞ an
pour que un nombre a0 ,a1 a2 a3 ... =a0 + n
soit inférieur à un nombre x0 ,x1 x2 x3 ...
n=1 p
∞ xn ∞ an ∞ xn
=x0 + n
, c.à.d. a 0 ,a 1 a 2 a 3 ... <x 0 ,x 1 x2 x3 ... ou encore a 0 + n
<x0 + n
, les deux
n=1 p n=1 p n=1 p
développements étant propres. C’est un ordre sur l’ensemble des développements pro-
∞ an n0 −1 an
pres. Remarquons d’abord que si, pour un certain n0 , an0 <p−1, alors n
= n
+
n=1 p n=1 p
an0 ∞ an n0 −1 p − 1 p − 1 ∞ p−1
n
+ n
< n
+ n
+ n
=1. Ainsi, si a0 <x0 , c.à.d. a0 ≤ x0 − 1,
p 0
n=n0 +1 p n=1 p p 0
n=n0 +1 p
∞ an ∞ xn ∞ an
alors a0 + <a 0 + 1<x 0 ≤ x 0 + (en effet, <1 puisqu’il existe an0 <p−1, le
n=1 pn n=1 pn n=1 pn

développement étant propre). Supposons que a0 =x0 , a1 =x1 , ..., an1 =xn1 , et an1 +1 <xn1 +1 ,
n 1 an ∞ an
c.à.d. an1 +1 ≤ xn1 +1 − 1. Le même raisonnement dit que a0 + n
+ <x0 +
n=1 p n=n1 +1 pn
n1 xn ∞ xn n1 an n1 xn ∞ an ∞ xn
n
+ n
(a 0 + n
=x 0 + n
, mais n
< n
).
n=1 p n=n1 +1 p n=1 p n=1 p n=n1 +1 p n=n1 +1 p

2012
Alain Ralambo

Pejy faha-22 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Suites et Series. Developpement d’un nombre reel par rapport a une base p.

∞ an
En résumé, pour que un nombre a0 ,a1 a2 a3 ... =a0 + soit inférieur à un nombre
n=1 pn
∞ xn ∞ an
x0 ,x1 x2 x3 ... =x0 + n
, c.à.d. a0 ,a1 a 2 a 3 ... <x0 ,x1 x2 x3 ... ou encore a0 + n
<x0 +
n=1 p n=1 p
∞ xn
n
, les deux développements étant propres, il faut et il suffit qu’il existe n1 ∈ N tel
n=1 p

que a0 =x0 , a1 =x1 , ..., an1 =xn1 , et an1 +1 <xn1 +1 . Cet ordre est appelé l’ordre lexicographique,
celui du dictionnaire.
∞ an
En conséquence, puisque a=a0 ,a1 a2 a3 ... =a0 + et que si (xn )n est telle que x0 = [a]
n=1 pn
∞ xn
et xn =[pn a] −p. [pn−1 a] pour n≥ 1, alors a= x0 + n
d’après le (1◦ ) et que les deux
n=1 p
développements sont propres, alors an =xn pour tout n.
Ainsi, tout nombre réel x admet un développement unique propre et tout développement
propre correspond à un unique nombre réel.
Inversement, on peut très bien définir axiomatiquement R comme l’ensemble des dévelop-
pements propres x=x0 ,x1 x2 x3 ..., muni de la relation d’ordre définie précédemment, c.à.d.
R={x=x0 ,x1 x2 x3 ... / le développement x0 ,x1 x2 x3 ... est propre}, les xn étant des nombres en-
tiers entre 0 et p−1. C’est-à-dire, on posera par définition qu’un réel est un développement
propre x=x0 ,x1 x2 x3 .... Le seul problème que cela pose est l’opérationnalité du système.
Comment définir l’opération somme : (x0 ,x1 x2 x3 ...)+(y0 ,y1 y2 y3 ...) ? De même, comment
définir l’opération produit : (x0 ,x1 x2 x3 ...)·(y0 ,y1 y2 y3 ...) ? Si par exemple, x100 +y100 est
supérieur à p, il y aura une retenue, qui se propage sur la gauche, c.à.d. qu’elle doit être
ajoutée à x99 . Les résultats sur les séries (addition et produit) peuvent permettre de définir
ces opérations, mais cela pose des problèmes, on est obligé de travailler avec des valeurs
approchées (sommes partielles) comme le fait un ordinateur.
D’ailleurs, si l’on sait que, théoriquement, tout nombre réel x admet un développement
unique propre, c’est généralement la croix et la bannière pour trouver ce développement. Et
cette ignorance du développement de certain nombre célèbre comme π a permis à certains
mathématiciens de formuler des paradoxes.
Ce résultat permet toutefois de démontrer un résultat important.

2.25 Proposition . R n’est pas dénombrable.

Preuve : Comme tout sous-ensemble d’un ensemble dénombrable est dénombrable, il


suffit de montrer que ]0,1[ n’est pas dénombrable et donc R ne peut pas être dénombrable.
Si ]0,1[ était dénombrable, on peut numéroter les éléments de ]0,1[, soit (xn )n la suite
de tous les éléments distincts de ]0,1[. Chaque xn a un développement propre (en base 10,
par exemple) et s’écrit xn =0,xn,1 xn,2 xn,3 xn,4 · · ·, où la suite (xn,k )k≥1 est telle que 0≤ xn,k ≤
9 et pour tout k0 , on peut trouver k≥ k0 tel que xn,k < 9.
Si l’on écrivait les xn dans un tableau, on obtiendrait une matrice infinie comme dans
le tableau suivant.
2012
Alain Ralambo

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-23


Ch. 1 Suites et Series. Résultats divers.

x0 = x0,0 x0,1 x0,2 · · · x0,n ··· x0,2n ···


x1 = x1,0 x1,1 x1,2 · · · x1,n ··· x1,2n ···
.. ..
x2 = x2,0 . .
.. .. .
. . xn−1,1 · · · . . xn−1,n ···
xn = xn,0 xn,1 xn,n xn,n+1 x2n,n ···
.. .. .. .. .. ..
. . . . . .
... ..
.
x2n = x2n,0 x2n,1 · · · x2n,n ··· x2n,2n x2n,2n+1
.. .. .. .. .. ..
. . . . . .
L’idée (de Cantor) est de fabriquer une suite (un développement propre) (yn )n qui ne
figure pas dans ce tableau, ce qui est une contradiction. Tous les xn,0 ici sont nuls car les
nombres sont dans ]0,1[. On prend la seconde diagonale (xn,n+1 )n . Si xn,n+1 =1, on prend
yn+1 =2, et si xn,n+1 =1, on prend yn+1 = 1. Le développement y=0,y1 y2 y3 y4 y5 ...est bien
propre et donne un nombre de ]0,1[, mais, par construction même, la suite (yn )n n’est pas
sur le tableau. Il suffit pour le voir de la comparer avec chaque xn =(xn,k )k ; y=x0 parce
que y1 =x0,1 , y=x1 car y2 =x1,2 , etc.. c.q.f.d.

Pejy faha-24 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


Cours élémentaire d’Algèbre et d’analyse (2010)
Alain Ralambo.
ITU, Andoharanofotsy
Antananarivo Atsimondrano. Madagascar.

Chapitre 2 : FONCTIONS
NUMÉRIQUES
RÉELLES.
Les mathématiques, c’est-à-dire les objets mathématiques et les représentations qu’on en
fait, ainsi que les principes et les idées qui se dégagent et se découvrent quand on les
étudie, servent souvent à aider les humains à prendre les décisions. Les nombres ont servi
et continuent de servir d’outil à la prise de décisions. Cependant, les fonctions ont dépassé
les nombres et sont devenues “le” principal outil de prise de décision, tant à l’intérieur
des mathématiques qu’à l’extérieur. Les fonctions ont envahi les sciences et les pseudo-
sciences, tout le monde utilise les fonctions à tort ou à raison, mais généralement à tort
et à travers. Il faut essayer de compter les mots en “ogramme” (en excluant les unités
de poids et le mot programme), électrocardiogramme, histogramme, etc., censés désigner
quelque fonction “scientifique” ! Un “spécialiste” (entre guillemets) regarde une courbe
(un graphe) et prétend prédire l’avenir : les prix vont augmenter, la terre va trembler, un
tsunami va se produire, etc.. Certains regardent un électrocardiogramme et vous disent
que votre ventricule gauche est malade, par une science empirique qui n’a rien à voir avec
les mathématiques et les fonctions.
Une fonction est un processus mental par lequel les mathématiciens décrivent
certaines relations entre certains faits ou états de fait ou certains états de choses et
d’autres qui sont ou peuvent être liés à eux, et les mathématiciens les “algébrisent”
(les mettent en “équation”) pour pouvoir en discuter plus facilement. Par exemple, la
(mesure de la) surface S d’un disque circulaire est reliée à la mesure r de son rayon, par la
formule S=πr2 , on dit que S est une fonction de r. Cet exemple part d’une considération
pratique, car la connaissance de la mesure de la surface d’un disque est certainement
très utile, et les mathématiciens ont d’ailleurs trouvé cette formule depuis très longtemps.
Mais les mathématiciens ne s’arrêtent pas à des considérations pratiques, la généralisation
a gagné l’âme des mathématiciens, ils ont inversé les choses et construisent des fonctions qui
n’ont aucune interprétation à √priori; ainsi si S=πr2 représente qoelque chose de très concret,
on peut étudier la quantité πr 29 qui représente on ne sait pas quoi mais qu’on peut étudier
pour le plaisir. Vu sous cette optique, la nature (la nature mathématique) est pleine de
fonctions qui cherchent des utilisations, des fonctions qu’on ne sait même pas représenter,

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Généralités.

même si parfois elles ont des utilités évidentes. Mais la nature non mathématique aussi
est remplie de fonctions qu’on essaie de représenter par des formules mathématiques. Et,
essentiellement, c’est ce vers quoi tend toute l’analyse : “la recherche de fonctions usuelles
qui représentent de plus près (approximent) les phénomènes physiques”, les découvertes
majeures des sciences expérimentales reposent sur des formulations mathématiques ap-
proximatives des phénomènes, et cela marche. La théorie des fonctions que nous allons
étudier est élémentaire, mais elle est la base de toute l’analyse. Les notions essentielles de
la théorie sont la notion de limite, la continuité, la différentiation et l’intégration.

1 Généralités.

1.1 Définitions. Une fonction est un procédé d’appariement entre les éléments d’un
ensemble A et ceux d’un ensemble B. C’est là le processus mental dont nous parlions
précédemment dans notre petite introduction; dans notre exemple, A est l’ensemble des
disques circulaires ou des rayons de ces disques, et B est l’ensemble R+ des nombres réels
positifs ou nuls. Un élément r de A est mis en relation avec l’élément S=πr2 de R+ .

Pour étudier les fonctions, on les représente sur nos feuilles de papier par des signes
graphiques en leur donnant des noms et on utilise des variables. Ainsi, on appelle fonction
f d’un ensemble A dans un ensemble B tout procédé qui à un x∈A associe un y∈B unique,
x est appelé l’antécédent de y par la fonction f et y l’image de x par f, on écrit y=f(x)
et y est aussi appelé une valeur de f. A s’appelle l’ensemble de départ de la fonction et
B son ensemble d’arrivée. On note alors f : A−→B, x−→f(x)=y. Retenons la chose
importante suivante : quand on écrit y=f(x), x est une variable appelée l’argument de
la fonction f, et cela signifie que, pour trouver la valeur de f en un point donné x0 , on doit
remplacer l’argument x dans la définition de f(x) par le symbole x0 .
Parfois, on a une formule unique bien définie pour exprimer f(x) à l’aide de x, comme
S=πr2 exprime S à l’aide de r. Parfois, on est obligé de décrire la fonction par plusieurs
formules, comme f(x)=1 si x∈ Q et f(x)=−1 si x∈ R\Q. Parfois, on doit même la décrire
par plusieurs phrases. L’essentiel est que la description de la fonction soit bien définie,
comme toujours en mathématique 6 . Deux fonctions f et g sont égales si Df =Dg et si
f(x)=g(x) pour tout x∈Df (cf. définition de Df juste ci-après). Donc, f=g si Df =Dg ou si
Df =Dg mais on peut trouver x0 ∈Df tel que f(x0 )=g(x0 ).
Applications.
Parfois, on ne peut pas trouver d’élément de B à associer à certains x de A. Et à cause
de cela, on appelle domaine de définition de f la partie Df ⊂A telle que tout x∈Df a une
image. Et l’on appelle application toute fonction f telle que l’ensemble de départ A est
égal au domaine de définition Df . Il faut donc distinguer les fonctions et les applications 7 .
L’ensemble des applications de A dans B est noté F(A,B). Dans la suite, nous étudierons
des fonctions de la variable réelle ou de plusieurs variables réelles (ou de la variable com-
6
Ceci est la situation idéale, car il y a beaucoup plus de fonctions dont on n’a pas de formule pour les
exprimer que de fonctions exprimables par des formules. Certaines sont connues par leur graphe.
7
Cependant, parfois on fait un abus et on confond “application” et “fonction”.

Pejy faha-26 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. Generalites.

plexe) c.à.d. telles Df ⊂ R ou R × R (etc.) ou C. Et nous étudierons des fonctions


numériques c.à.d. à valeurs dans B=R (et peut-être des fonctions vectorielles).
Composition.
Lorsqu’on a une fonction f : A−→B et une fonction g : B−→C, telle que Dg ⊃f(A), on
obtient une fonction h : A−→C notée h=g◦f appelée la composée de f par g (ou parfois
abusivement la composée de f et de g) définie par h(x)=(g◦f)(x) = g[f(x)].
Injection, surjection, bijection.
On dit qu’une fonction f : A−→B est injective ou une injection si pour x=x′ dans Df on a
f(x)=f(x′ ). On dit que f : A−→B est surjective ou une surjection si tout y∈B admet un
antécédent par f. On dit alors que f est une fonction de A sur B. On dit qu’une fonction
f : A−→B est bijective ou une bijection si elle est à la fois injective et surjective, ce qui
se traduit par la fait que tout élément de B admet un antécédent et un seul. On peut
alors définir une application inverse (ou réciproque) de f de B sur Df notée f−1 telle que
f−1 (y)=x ssi y=f(x), on dit alors que f est inversible. Pour une partie A1 ⊂A, on appelle
injection canonique de A dans A l’application iA1 : A−→A telle que iA1 (x)=x.
Image d’une partie, image réciproque d’une partie.
On appelle image d’une partie A′ ⊂A par f et notée f(A′ ) l’ensemble {f(x)/x∈A}. En parti-
culier, on appelle image de f la partie f(A). Et f est donc surjective si f(A)=B. On appelle
image réciproque d’une partie B′ ⊂B par f et notée f−1 (B′ ) l’ensemble {x∈A/f(x)∈B′ }.
Attention, même si la fonction f n’est pas bijective, f−1 (B′ ) est toujours défini.
Fonction monotone.
Une foncton f de la variable réelle est dite croissante (resp. décroissante) sur A si f(x)<f(x′ )
(resp. f(x)>f(x′ )) pour x<x′ dans A, et croissante au sens large (resp. décroissante au
sens large) si l’on a une inégalité large, f(x)≤ f(x′ ) (resp. f(x)≥ f(x′ )). La croissance de f
f(x) − f(x′ )
équivaut à > 0 pour x=x′ dans A. Une fonction croissante ou décroissante est
x − x′
donc injective.
On dit qu’une fonction est monotone si elle est croissante ou décroissante (au sens large).
Une fonction constante est donc monotone.
Graphe.
Une fonction est identifiée à son graphe. Pour une fonction f : A−→B, on appelle graphe
de f, noté Γf ou Gr(f), l’ensemble {(x,f(x))∈A×B/x∈A}={(x,y)∈A×B/ y=f(x)}. Comme
on le sait depuis la classe de cinquième, on représente le graphe Γf par un dessin où A est
représenté par un axe horizontal, appelé axe des abcisses, et B par un axe vertical appelé
axe des ordonnées, (x,f(x)) est représenté par un point du “plan” A×B et le graphe Γf
est la “ligne” formée par les points (x,f(x)). C’est le graphe d’une fonction qui en a fait
une vedette dans la classe des outils de prise de décision, car avec un graphe on peut faire
toutes sortes d’interprétation. Dans les classes de mathématiques, on apprend à dessiner
les graphes des fonctions usuelles. Malheureusement, dans la nature, on a d’abord le graphe

2011
Alain Ralambo

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Généralités.

d’une fonction et puis on doit chercher son expression.

Donnons quelques notions utiles dans l’étude des fonctions et dans leur représentation
graphique.
Fonctions paires et fonctions impaires.
Lorsque le domaine de définition Df est symétrique, c.à.d. lorsque −x∈Df chaque fois que
x∈Df , il est d’usage de comparer f(−x) et f(x). Si f(−x)=f(x) (resp. −f(x)) pour tout x∈Df ,
on dit que la fonction f est paire (resp. impaire). Pour une fonction paire, pour chaque
x∈Df , le point Mx =(x,f(x)) et le point M−x =(−x,f(−x))=(−x,f(x)) sont symétriques par
rapport à l’axe représentant B (le segment Mx M−x est coupé en son milieu par l’axe), sur
le graphe Γf , et en conséquence, Γf est symétrique par rapport à l’axe vertical représentant
B. L’étude d’une fonction paire se fait sur la moitié de Df , Df ∩ R+ par exemple. On a
un résultat analogue pour une fonction impaire g, excepté que le graphe Γg est symétrique
par rapport à l’origine O des axes, le segment Mx M−x est coupé en son milieu par O, pour
tout x∈Df .
Fonctions périodiques.
Lorsque le domaine de définition Df est tel que Df + ω=Df pour un certain ω ∈ R∗ et que
f(x+ω)=f(x) pour chaque x∈Df , on dit que la fonction f est périodique et que ω est une
période de f. L’ensemble des périodes d’une fonction f est un groupe, c.à.d. stable pour
l’addition et la soustraction (ω ± ω1 est aussi une période si ω et ω1 sont des périodes).
Par abus de langage, la plus petite période positive de f, si elle existe, est appelée la
période de f . Lorsque f est continue, cf. définition ci-après, la plus petite période positive
−−−−−→
existe si f est périodique. Le vecteur Mx Mx+ω , pour Mx =(x,f(x)) et Mx+ω =(x+ω,f(x+ω))


(=(x+ω,f(x))), est un vecteur Vω indépendant de x, parallèle à l’axe des x et de longueur
ω. En conséquence, il suffit de connaı̂tre le graphe de f, et donc d’étudier f, sur une portion
[0,ω[∩Df du domaine de définition Df pour connaı̂tre tout le graphe de f, en faisant une
−→
translation Vω autant de fois que nécessaire.
Fonctions bornées.
Lorsque l’image de f, f(Df ), est majorée (resp. minorée) dans B, on dit que f est majorée
(resp. minorée). Cela signifie qu’on peut trouver M∈ R (resp. m∈ R) tel que f(x)<M
(resp. f(x)>m) pour chaque x∈Df . On dit que f est bornée si elle est à la fois majorée
et minorée. Cela signifie que f(Df ) est contenu dans un certain [a,b]. Le graphe de f est
alors situé dans une bande horizontale limitéé par deux parallèles l’une passant par y=a
et l’autre par y=b.

2011
Alain Ralambo

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FONCTIONS NUMERIQUES. LIMITES.

Restriction, Prolongement.
Étant donné une fonction f : A−→B et une partie A1 ⊂A, on appelle restriction de f à A1 ,
notée f|A1 , la fonction définie sur A1 à valeur dans B telle que f|A1 (x)=f(x) pour x∈A1 . En
fait, f|A1 =f◦iA1 . Inversement, étant donné une fonction f : A−→B et une partie A2 ⊃A, on
appelle prolongement de f à A1 toute fonction g : A2 −→B telle que g|A =f.
Exemples.
- La fonction caractéristique d’une partie A⊂X est une application de X dans R, 1IA :
1IA (x)=0 si x ∈
/A
X−→ R définie par . Remarquer que c’est bien une fonction, et une
1IA (x)=1 si x ∈ A
seule fonction et non deux fonctions comme certains étudiants croient. Elle est bornée car
elle ne prend que deux valeurs.
- Le processus mental qui consiste à associer à un nombre x un nombre y tel que y2 =x
n’est pas une fonction car elle n’est pas bien définie. En effet, le domaine de définition
ne peut être que R+ ou une partie de R+ . Mais pour un x positif, il y a deux y tels que
y2 =x. Donc, il faut préciser quel y on doit prendre.
- La fonction cosinus définie sur R est une application périodique et paire comme tout le
monde le sait.

2 LIMITES.

2.1 Définition. (LIMITES) Dans les chapitres précédents, nous avons parlé d’une
suite (xn )n∈N d’éléments d’un ensemble E comme d’une application x : N −→E, à n∈ N
on associe x(n)=xn ∈E, et nous avons étudié la limite d’une suite (de nombres rationnels
ou réels ou complexes). Souvent, une fonction f : A−→B est aussi considérée comme une
famille d’éléments de B indexée par l’ensemble A, f est identifiée à la famille (fx )x∈A où
fx =f(x). Il est donc normal de parler aussi de limite pour les fonctions et, de ce point de
vue, le graphe d’une fonction donne une autre vision de la limite d’une suite. Nous allons
donner, pour mémoire, la définition usuelle de la limite d’une fonction en un point donné
mais ensuite nous utiliserons des suites. Mais auparavant, donnons une définition que nous
utiliserons dans la suite.

Étant donné une partie A⊂ R, on dit qu’un point a∈ R est adhérent à A, et l’on note
a∈ A, si l’on peut trouver au moins une suite (xn )n de points de A qui tend vers a. La
définition peut être étendue à a∈ R, et ainsi −∞ est adhérent à A s’il existe une suite de
1
points (xn )n de A qui tend vers −∞. Par exemple, 0 est adhérent à ]0,1] car la suite ( )n
n
est dans ]0,1] et elle tend vers 0. De même, tout nombre réel est adhérent à Q, car nous
savons que pour chaque réel α, il existe au moins une suite de nombres rationnels tendant
vers α.
Dans la suite de la définition, on fixe une fonction numérique réelle f, A⊂Df et a∈ A et
b∈ R.
On dit que f(x) tend vers b lorsque x tend vers a en restant dans A si à chaque ε>0, on

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Limites.

peut associer un δ>0 tel que pour x∈A vérifiant |x − a|<δ 8 on a |f(x) − b|<ε, δ dépend
de a et de ε.
On dit que f(x) tend vers +∞ (resp. vers −∞) lorsque x tend vers a en restant dans A si
à chaque ε>0, on peut associer un δ>0 tel que pour x∈A vérifiant |x − a|<δ on a f(x)>ε
(resp. f(x)<−ε).
Si a=−∞, on dit que f(x) tend vers b lorsque x tend vers a en restant dans A si à chaque
ε>0, on peut associer un δ>0 tel que pour x∈A vérifiant x<−δ on a |f(x) − b|<ε.
Si a=+∞, on dit que f(x) tend vers b lorsque x tend vers a en restant dans A si à chaque
ε>0, on peut associer un δ>0 tel que pour x∈A vérifiant x>δ on a |f(x) − b|<ε.
Si a=−∞, et b=−∞, on dit que f(x) tend vers b lorsque x tend vers a en restant dans A si
à chaque ε>0, on peut associer un δ>0 tel que pour x∈A vérifiant x<−δ on a f(x)<−ε.
Si a=−∞, et b=+∞, on dit que f(x) tend vers b lorsque x tend vers a en restant dans A
si à chaque ε>0, on peut associer un δ>0 tel que pour x∈A vérifiant x<−δ on a f(x)>ε.
On définit de manière analogue les cas a=+∞ et b=±∞.
Dans tous les cas, la notation est la même, on écrit b=lim
x→a
f(x) ou b==x→
lima f(x) en
A
x∈A
remplaçant a et b par leur valeur.
Lorsque A=Df , on dit simplement que f(x) tend vers b quand x tend vers a, sans préciser
“en restant dans Df ”, et l’on note b=lim
x→a
f(x) au lieu de b= x→a
lim f(x).
x∈Df

La définition de limite que nous avons donnée est celle d’une limite “conditionnée” 9 . Par
exemple, on aura b=lim
x→a
f(x) pour la “limite à droite de f(x) au point a” et b=lim
x→a
f(x) pour
x∈A x∈A
x>a x<a
la “limite à gauche”. Mais on peut avoir n’importe quelle condition qu’on veut, pourvu
que a soit adhérent à l’ensemble déterminant la condition.
Maintenant, donnons un théorème qui est équivalent à la définition et que nous utiliserons.

2.2 Théorème. Étant donné une fonction numérique f, A⊂D f et a∈ A. Alors :


(i) Si la limite b=lim
x→a
f(x) existe alors, pour toute suite (x n ) n telle que x n ∈A pour tout n
x∈A
et telle que (x n ) n −→
n∞
a, la suite (y n ) n telle que y n =f(x n ) tend vers b.
(ii) Inversement, si, pour toute suite (x n ) n de points de A telle que (x n ) n −→ a, la suite im-
n∞
age (y n ) n où y n =f(x n ) admet une limite, alors b= x→a
lim f(x) existe et c’est la limite commune
x∈A
de toutes les suites (y n ) n ainsi construites.
Preuve : (i) Montrons donc que lim yn =b. Considérons le cas a fini et b fini, les
n∞
autres cas se démontrent de manière analogue avec quelques modifications évidentes de
la démonstration. Soit ε > 0. On cherche Nε ∈ N tel que si n≥ Nε alors |yn − b| ≤ ε. Mais
8
|x − a|<δ équivaut à x∈]a−δ,a+δ[, en TD on verra qu’un ensemble V contenant un intervalle ouvert
du type ]a−δ,a+δ[ est appelé un voisinage de a. De même, un ensemble V contenant un intervalle du type
]λ,+∞[ (resp. ]−∞,λ[) est appelé (par abus de langage) un voisinage de +∞ (resp. −∞).
9
On dit aussi “limite conditionnelle”.

Pejy faha-30 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. LIMITES.

on sait qu’on peut trouver δ>0 tel que si x∈A et si |x − a| < δ, alors |f(x) − b| < ε. Main-
tenant, puisque (xn )n −→n∞
a, on peut trouver N1 ∈ N tel que si n≥N1 alors |xn − a| < δ.
Donc si n≥N1 , alors |f(xn ) − b| < ε, c.à.d. |yn − b| < ε. Il suffit de prendre Nε =N1 . c.q.f.d.
(ii) Il faut d’abord montrer que toutes les suites (yn )n convergent vers une même limite
b. Soient donc (yn )n et (y′n )n deux suites telles que yn =f(xn ) et y′n =f(x′n ) où (xn )n et (x′n )n
−→
n∞
a dans A. Par hypothèse, (yn )n −→ n∞
b1 et (y′n )n −→
n∞
b2 , il faut montrer que b1 =b2 .
On construit la suite (xn )n dans A telle que x2n =xn et x2n+1 =x′n , ce qui fera que (xn )n et
′′ ′′ ′′

(x′n )n sont respectivement la sous-suite des termes de rang pair et la sous-suite des termes
de rang impair de (x′′n )n . En conséquence, puisque (xn )n et (x′n )n −→ n∞
a, (x′′n )n −→
n∞
a aussi.
′′ ′′ ′′
Donc, par hypothèse, (yn )n −→ n∞
b3 , où yn =f(xn ). Mais (yn )n est la sous-suite des termes
′′
de rang pair de (yn )n , donc elle converge aussi vers b et, en exercice, on a vu que la limIte
d’une suite dans R est unique lorsqu’elle existe, donc b1 =b. On montre de même que b2 =b
en utilisant (y′n )n . Ensuite, il faut montrer que b=lim x→a
f(x). On raisonne par l’absurde.
x∈A
Si la limite de f(x) quand x→A a n’existe pas, donc f(x) ne tend pas vers b, nous traitons
seulement le cas a et b finis. Donc, on peut trouver un ε > 0 tel que pour chaque η > 0,
on peut trouver un xη ∈A avec |xη − a| < η mais |f(xη ) − b| ≥ ε. On a écrit la négation de
1
la définition de b=lim x→a
f(x). Prenant η= , et en écrivant xη =xn , on obtient une suite (xn )n
x∈A n
1
telle que xn ∈A avec |xn − a| < mais |f(xn ) − b| ≥ ε. Ce qui est contradictoire car (xn )n
n
−→
n∞
a et f(x n)
n∞
b. Au cas où a=+∞, on aurait pris xη > η à la place de |xη − a| < η, puis
on aurait eu la suite (xn )n −→ a=+∞ en prenant η=n. c.q.f.d.
n∞

2.3 Corollaire. Si x→a


lim f(x) existe, elle est unique. (En effet, la limite d’une suite est
x∈A
unique si elle existe, or b=lim f(xn ) pour toute suite (xn )n dans A convergeant vers a.
n∞

2.4 Remarque. Si a∈A et si b= x→a


lim f(x) existe, nécessairement b=f(a). En effet, si
x∈A
a∈A, alors a∈ A puisque on peut prendre la suite constante (xn )n telle que xn =a pour
tout n, (xn )n −→
n∞
a dans A. Et d’après le théorème 2.2, b=lim
n∞
f(xn ) qui est égal à f(a) car
f(xn )=f(a) pour tout n.

OPERATIONS sur les limites.


2.5 Définition.
Soient deux fonctions numériques réelles f et g.
On appelle somme de f et de g la fonction notée f+g dont le domaine Df+g =Df ∩Dg définie
par (f+g)(x)=f(x)+g(x) pour tout x∈Df+g .
On appelle produit de f et de g, noté fg, la fonction définie sur Dfg =Df ∩Dg par (fg)(x)=f(x)g(x).
1
On définit l’inverse de g, notée , comme étant la fonction définie sur D 1 ={x∈Dg /g(x)= 0}
g g

1 1
par (x)= .
g g(x)
2011
Alain Ralambo

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Limites.

On appelle produit de f par le scalaire λ, la fonction notée λf, définie sur Dλf =Df , par
(λf)(x)=λf(x).
On appelle sup de f et de g la fonction notée sup (f,g) ou f∨g sur Dsup (f,g) =Df ∩Dg par [sup
(f,g)](x)=sup (f(x),g(x)), définition analogue pour inf (f,g) ou f∧g. On définit également
(sup fi )(x)=sup fi (x) sur Dfi et de manière analogue inf fi .
i∈I i∈I i∈I i∈I

Nous connaissons déjà la fonction composée de f par g, notée g◦f, définie sur Df , lorsque
f(Df )⊂Dg , par [g◦f](x)=g(f(x)).
On appelle valeur absolue de f la fonction notée |f| sur Df définie par |f|(x)=|f(x)|.
Ces opérations sur les fonctions sont aussi définies pour des fonctions complexes sauf pour
sup et inf.

2.6 Définition. L’ensemble des applications de l’ensemble X dans R (resp. dans C) est
noté F(X,R) (resp. F(X,C)). (F(X,R),+, .) est un anneau commutatif unitaire (de même
que (F(X,C),+, .)). (F(X,R),+, λ.) est un espace vectoriel sur R et (F(X,C),+, λ.) est un
espace vectoriel sur C, cf. définition en algèbre plus tard.
Pour deux fonctions f et g∈ F(X,R), on dit que f est inférieure ou égale à g, et l’on note
f≤g, si f(x)≤g(x) pour chaque x∈X. On dit que f est inférieure strictement à g, et l’on note
f<g, si f≤g et f=g c.à.d. que f(x)≤g(x) pour tout x∈X mais qu’on peut trouver au moins
un x0 ∈X tel que f(x0 )=g(x0 ).
(F(X,R),≤) est un treillis, ce qui signifie que pour deux fonctions f et g dans F(X,R),
sup (f,g)=f∨g et inf (f,g)= f∧g sont dans F(X,R). Un bon exercice est de tracer le graphe
de sup (f,g) et inf (f,g) sachant le graphe de f et de g.

2.7 Théorème. Soient f et g deux fonctions numériques, A⊂D f ∩D g , a∈ A et λ ∈ R


(resp. λ ∈ C pour des fonctions complexes). On suppose que b 1 = x→a
lim f(x) et b 2 = x→a
lim g(x).
x∈A x∈A
Alors :

(i) b 1 +b 2 = x→a
lim (f+g)(x)
x∈A
(ii) λb 1 = x→a
lim ( λf )(x)
x∈A
(iii) b 1 b 2 = x→a
lim (fg)(x)
x∈A
1 1 b2 g
(iv) Si b 1 = 0, = x→a
lim ( )(x) et donc = x→a
lim ( )(x)
b 1 x∈A f b 1 x∈A f
(v) |b 1 |= x→a
lim |f(x)|
x∈A
(vi) sup(b 1 ,b 2 )= x→a
lim sup(f,g)((x)
x∈A
(vii) inf (b 1 ,b 2 )= x→a
lim inf (f,g)(x)
x∈A

Preuve : La preuve se fait pour les cas b1 et b2 finis, mais la démonstration s’étend
facilement aux autres cas sauf pour les formes indéterminées bien connues. On applique le
théorème 2.2 et les résultats sur les limites de suites (cf. pr. 2.2.7) jusqu’à (iv). Pour (v) et

Pejy faha-32 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. LIMITES.

1
(vi), il suffit de montrer (v) car (vi) s’en déduit par les formules sup (f,g)= [(f+g)+ |f − g|]
2
1
et inf (f,g)= [(f+g)− |f − g|]. Mais (v) se déduit encore de l’application du th. 2.2 et
2
l’inégalité 0≤ ||f(xn )| − |b1 || ≤ |f(xn ) − b1 | et le théorème du chariot. c.q.f.d.
Remarques : Ce théorème s’étend comme on a dit aux autres cas, sauf les fameuses formes
0 ∞
indéterminées +∞ − ∞, 0.∞, , et 1∞ que nous laissons de côté pour le moment
0 ∞
puisqu’on n’a pas encore vu les exponentielles. Par contre, les résultats sur les suites de la
proposition 2.2.7 s’étendent aux fonctions en remplaçant xn par f(x) et yn par g(x). Laissé
à titre d’exercice.

2.8 Théorème. Soient deux fonctions f et g, A⊂D f , et telles que f(D f )⊂D g , a∈ A,
B=f(A), alors :
Si b= x→a
lim f(x) et b 1 = lim g(y), alors b 1 = x→a
lim (g◦f )(x).
y→b
x∈A y∈B x∈A

Preuve : Remarquons d’abord que b∈ B=f(A), c.à.d. b est adhérent à B, c.à.d. qu’on
peut trouver une suite (yn )n dans f(A) tendant vers b. En effet, soit (xn )n dans A tendant
vers a, une telle suite existe car a∈ A (par hypothèse). Il suffit de poser yn =f(xn ) et on
obtient la suite (yn )n cherchée (th. 2.2).
Ensuite, puisque (yn )n −→n∞
b et yn ∈B, alors g(yn ) −→
n∞
b1 (th. 2.2). C.à.d. g(f(xn )) −→
n∞
b1 . Ceci étant vrai pour toute suite (xn )n dans A tendant vers a, le théorème 2.2 nous dit
que b1 =lim
x→a
(g◦f)(x). c.q.f.d.
x∈A

INÉGALITÉS aux limites.

2.9 Théorème. Soient deux fonctions numériques réelles f et g, A⊂D f ∩D g , a∈ A,


alors :
Si b= x→a
lim f(x) et b 1 = x→a
lim g(x), et si b<b 1 , alors on peut trouver un voisinage U de a,
x∈A x∈A

c.à.d. un δ > 0 tel que f(x)<g(x) pour x ∈U ∩A=]a−δ,a+δ[ ∩A.

Preuve : Dans ce théorème, b et b1 sont dans R, mais faisons la démonstration pour


b+b1 b1 − b
b et b1 finis. On prend λ= et ε=λ−b=b1 − λ= . Puisque b=lim
x→a
f(x), on peut
2 2 x∈A
trouver δ1 > 0 tel que f(x)∈]b−ε,b+ε[ pour x∈]a−δ1 ,a+δ1 [∩A. De même, puisque b1 =lim
x→a
x∈A
g(x), on peut trouver δ2 > 0 tel que g(x)∈]b1 − ε,b1 + ε[ pour x∈]a−δ2 ,a+δ2 [∩A. Il suffit
de prendre δ=inf(δ1 ,δ2 ) et U=]a−δ,a+δ[. En effet, si x∈U∩A, f(x)<λ=b+ε=b1 − ε<g(x).
c.q.f.d.

Si b=−∞ ou si b1 =+∞, on adapte facilement la démonstration précédente en prenant


λ ∈]b,b1 [. Par contraposée, on obtient le théorème suivant.

2.10 Théorème. Soient deux fonctions numériques réelles f et g, A⊂D f ∩D g , a∈ A.

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-33


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Limites.

On suppose que b= x→a


lim f(x) et b 1 = x→a
lim g(x). Si f(x)≤ g(x), pour x dans un voisinage de
x∈A x∈A
a, c.à.d. pour x ∈U ∩A=]a−δ,a+δ[ ∩A, pour un certain δ > 0, alors b≤b 1 .

2.11 Théorème. (du Chariot ou des gendarmes) Soient trois fonctions numériques
réelles f, g, h, A⊂D f ∩D g ∩D h , a∈ A. On suppose que b= x→a
lim f(x) et b= x→a
lim g(x).
x∈A x∈A

Si f(x)≤ h(x)≤g(x), pour x dans un voisinage de a, c.à.d. pour x ∈U ∩A=]a−δ,a+δ[ ∩A,


lim h(x).
pour un certain δ > 0, alors b= x→a
x∈A

Preuve : Laissée à titre d’exercice. Corollaire du précédent ou du théorème du chariot


pour les suites. Dans ce théorème, b et b1 sont dans R.

LIMITES à gauche, limites à droite.


Rappelons ce que nous avons déjà dit à propos de limite à gauche (et de limite à droite)
d’une fonction f en un point a (cf. la définition 2.1 vers la fin).

2.12 Définition. Soient f une fonction numérique réelle, A⊂Df , a∈ R et P=A∩]−∞,a[=


{x∈A/x<a}. On suppose que a∈ P. On dit que f(x) tend vers b (b∈ R) quand x tend vers
a dans A par valeurs inférieures, ou que b est la limite à gauche de f en a sur A, si b=
lim f(x), et on note alors b= x→a
x→a
lim f(x). Lorsque A=Df , on n’écrit pas le x∈Df et on dit
x∈P x∈A
x<a
simplement limite à gauche de f en a. On écrit parfois aussi b=f(a− ) ou f(a−0). On obtient
la notion de limite à droite en prenant P=A∩]a,+∞[ et l’on note parfois b=f(a+ ) ou f(a+0).
Tout ceci peut s’écrire en “langage ε, δ”. Évidemment, on a des théorèmes analogues au
théorème 2.2 et à tous les théorèmes précédents, car on a ici seulement un cas particulier
de ces théorèmes.

2.13 Définition. Soient f une fonction numérique réelle, A⊂Df , a∈ A et b∈ R. On


dit que f(x) tend vers b par valeurs inférieures (resp. supérieures) quand x tend vers a
dans A 10 si à chaque ε > 0 on peut associer un η > 0 tel que si x∈A et |x − a| < η
alors b−ε <f(x)≤ b (resp. b≤ f(x)≤ b+ε). On note alors x→a lim f(x)=b− (resp. b+ ).
x∈A
− +
Évidemment, si f(x)−→b (ou b ) alors f(x)−→b, on précise seulement la façon dont f(x)
tend vers b.

2.14 Proposition. Soient f une fonction numérique réelle, A⊂Df , a∈ R tel que a∈ P
où P=A∩]−∞,a[. On suppose que f est croissante au sens large sur P. Soit M=sup f(x).
x∈P
Alors x→a lim f(x)=M− , c.à.d. f(a−0)=M− sur A.
lim f(x)=M. Si M est fini, x→a
x∈A x∈A
x<a x<a

Preuve : Supposons M fini, c.à.d. que f est majorée sur P. Soit ε>0. Par la propriété
caractéristique de la borne supérieure (cf. le chapitre précédent), on peut trouver x0 ∈P
10
Et on peut même préciser que x tend vers a par valeurs supérieures ou inférieures dans A.

Pejy faha-34 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. LIMITES.

tel que M−ε<f(x0 )≤ M. On pose η=a−x0 (au cas où a=+∞, on prendra η=x0 ). Alors, si
lim f(x)=M− .
a−η=x0 <x<a, on a M−ε<f(x0 )≤ f(x)≤ M. Donc x→a
x∈A
x<a
Si M=+∞, pour un α>0, on peut trouver x0 ∈P tel que f(x0 )>α, car f n’est pas majorée
sur P. Donc si x∈A et x0 <x<a alors α<f(x0 )≤ f(x). C’est la définition de x→a
lim f(x)=+∞.
x∈A
x<a
c.q.f.d.
Remarque : On a des résultats analogues pour
a) f décroissante au sens large sur P (utiliser m=inf f(x))
x∈P
b) f croissante au sens large sur P′ =A∩]a,+∞[ (utiliser m= inf′ f(x))
x∈P
c) f décroissante au sens large sur P′ =A∩]a,+∞[ (utiliser M=sup f(x))
x∈P′

2.15 Corollaire. Soient f une fonction numérique réelle, A⊂Df . On suppose f crois-
sante au sens large sur A. Alors, pour tout point a∈ R tel que a est adhérent à A∩]−∞,a[,
f admet une limite à gauche en a (finie ou +∞) quand x tend vers a dans A. Si a∈A, cette
limite est finie et f(a−0)≤f(a).
De même, pour tout point tout point a∈ R tel que a est adhérent à A∩]a,+∞[, f admet
une limite à droite en a (finie ou −∞) quand x tend vers a dans A. Si a∈A, cette limite
est finie et f(a+0)≥ f(a).
Résultats analogues pour f décroissante. (L’étude se ramène à celle d’une fonction crois-
sante en utilisant −f ).

Remarques. Cas particuliers : A est un intervalle. Par exemple, sur A=[a,b], toute
fonction croissante (large) admet en tout point de ]a,b] une limite à gauche finie et en tout
point de [a,b[ une limite à droite finie. Etc..
On peut aussi dire que “une fonction croissante (large) sur [α,+∞[ converge vers une limite
finie quand x−→ +∞” ssi elle est majorée.

LIMITES de fonctions numériques complexes.

2.16 Remarque. Dans la définition 2.1, si l’on prend une fonction numérique complexe,
c.à.d. f à valeurs dans C, mais Df ⊂ R, on obtient la définition de b=lim
x→a
f(x) (b∈ C ici) en
x∈A

remplaçant là où il faut la valeur absolue par le module dans les quantités utilisées dans la
définition 2.1 (|f(x) − b| désigne donc le module de f(x)−b).

Si f=f1 +if2 où f et f sont des fonctions numériques réelles (partie réelle et partie imaginaire
de f) définies sur Df , et si b=b1 +ib2 , alors on obtient le résultat suivant : “b=lim x→a
f(x) ssi
x∈A
b1 =lim f (x) et b2 =lim
x→a 1
f (x)”. Nécessairement, les quantités b1 et b2 sont finies ici.
x→a 2
x∈A x∈A

On obtient alors les équivalents de tous les résultats précédents, sauf sur les fonctions
monotones.

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-35


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Continuité.

3 CONTINUITÉ.
La continuité est l’application directe de la notion de limite. L’on verra par les exemples
l’origine du terme “continue”. Nous traiterons seulement les fonctions numériques réelles,
pour une fonction numérique complexe la continuité équivaut à la continuité de sa partie
réelle et de sa partie imaginaire, comme dans la dernière remarque de la section précédente.

3.1 Définition. Soient f une fonction numérique réelle, A⊂Df , a∈A. On dit que f
est continue en a (ou au point a) dans A si f(x) tend vers f(a) quand x tend vers a en
restant dans A, c.à.d. si f(a)=lim
x→a
f(x). Nous laissons à l’étudiant le soin de traduire cette
x∈A
définition en “langage ε − α” (C’est un très bon exercice qui est recommandé). On va
d’ailleurs traduire la plupart des résultats de la section précédente en termes de continuité,
mais retenons dès maintenant que f est continue en a (ou au point a) dans A si pour
chaque suite (xn )n dans A tendant vers a, la suite image (f(xn ))n tend vers f(a) (cf.
théorème 2.2).

Soit B⊂A. Si f est continue en tout point b∈B dans A, on dit que f est continue sur B (dans
A). Et si A=Df , c.à.d. si f est une application de A dans R, on dit tout simplement que f
est continue sur B. Dans la suite, on utilisera des applications pour commodité d’écriture,
mais il faut savoir que tout ce qui va suivre reste vrai si l’on se restreint à une partie A de
Df .
Si f est continue en tout point de Df , on dit que f est continue. Un point a où f est continue
est appelé “point de continuité de f” et un point où f n’est pas continue est appelé un
“point de discontinuité”. En général, l’ensemble Cf des points de continuité d’une fonction
f est plus petit que Df , c.à.d. Cf ⊂Df sans être égal.
On dit que f est continue à gauche (resp. à droite) en a (ou au point a) dans A si f(x) tend
vers f(a) quand x tend vers a par valeurs inférieures (resp. supérieures) en restant dans
A, c.à.d. si f(a)=lim
x→a
f(x)=f(a−0) (resp. f(a)=limx→a
f(x)=f(a+0)). Et on remarquera que f
x∈A x∈A
x≤a x≥a

est continue en a ssi f est continue à gauche et à droite en a. La différence f(a+0)−f(a−0)


est appelée le saut de la fonction f au point a. On peut aussi définir le saut à gauche de
f en a ou le saut à droite, et c’est parce que ce saut n’est pas nul que la fonction est dite
discontinue en a.
Discontinuités.
Lorsque f n’est pas continue en a, plusieurs cas peuvent se présenter : ou bien f n’est
pas continue à droite, ou bien f n’est pas continue à gauche, ou bien les deux en même
temps 11 . Certains s’amusent à dresser une nomenclature des différentes discontinuités
possibles. Nous allons nous cantonner aux définitions suivantes. Lorsque f(a+0) existe
mais est différent de f(a), on dit que f a un point de discontinuité de 1 ère espèce à droite en
a. Si f(a+0) est infini ou si f(a+0) n’existe pas, on dit que a est un point de discontinuité
à droite de 2 ème espèce de f. On définit de manière analogue la discontinuité de 1ère espèce
à gauche. On dit que f a un point de discontinuité de 1 ère espèce en a si f(a+0) et f(a−0)
11
Mon Général !

Pejy faha-36 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. CONTINUITE.

existent mais f présente une discontinuité de 1ère espèce à gauche ou à droite ou des deux
1
côtés. On dit que la discontinuité de 1ère espèce est régulière si f(a)= [f(a+0)+f(a−0)].
2
Dans les autres cas, on dit que f présente en a une discontinuité de 2ème espèce.
Prolongement par continuité.
Si une fonction f n’est pas continue au point a (à gauche ou à droite ou les deux) mais
que la fonction g telle que Df ⊂Dg et g|Df =f, c.à.d. que g est un prolongement de f, est
continue au point a (à gauche ou à droite ou les deux), on dit que g est un prolongement
par continuité de f au point a (à gauche ou à droite ou les deux), et plus précisément, la
fonction f telle que f(x)=f(x) pour x =a et f(a)=g(a) est un prolongement par continuité
de f en a (à gauche ou à droite ou les deux). Si cela est vrai en tout point a∈Df , on dit
que g est un prolongement continu de f. Il est clair qu’on ne peut prolonger par continuité
en un point a une fonction f dont le saut en a est non nul.
1
Exemple. Considérons la fonction f telle que f(x)=0 si x<0, f(x)=1 si x>0 et f(0)= . Il
2
est facile de voir que f(0+0)=1, f(0−0)=0, et donc a=0 est un point de discontinuité de 1ère
espèce de f et même que c’est une discontinuité régulière. La fonction g telle que g(x)=0 si
x≤ 0 et g(x)=1 si x>0 est un prolongement de f par continuité en a à gauche. De même,
la fonction h telle que h(x)=0 si x<0 et g(x)=1 si x≥ 0 est un prolongement par continuité
de f en a à droite. Mais il est impossible de prolonger f par continuité en a.
Les résultats suivants sont des conséquences directes des résultats sur les limites.

3.2 Proposition. Soient f et g deux fonctions numériques réelles, continues au point


a∈Df ∩Dg , λ ∈ R. On a :
(i) f+g est est continue en a
(ii) λf est continue en a
(iii) fg est continue en a
f
(iv) si g(a)=0, est continue en a
g
(v) |f| est continue en a
(vi) sup (f,g) et inf (f,g) sont continues en a.

Conséquence du théorème 2.7.

3.3 Définition-Corollaire. L’ensemble des applications de F(A,R) qui sont continues


(c.à.d. continues en tout point de A) est noté C(A,R). Et d’après le résultat précédent,
(C(A,R), +, .) est un anneau commutatif unitaire, (C(A,R), +, λ.) est un espace vectoriel
sur R. (C(A,R), ≤) est un treillis.

3.4 Proposition. Soient f et g deux fonctions numériques réelles, telles que f est
continue au point a∈Df , g est continue au point b=f(a)∈Dg , alors g◦f est continue au point
a. (On suppose que f(]a−ε,a+ε[⊂Dg pour un certain ε > 0). (cf. th. 2.8)

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Continuité.

3.5 Proposition. Soit f une fonction numérique réelle, continue au point a∈Df , telle que
f(a)>0. Alors, au moins pour x dans un petit intervalle ]a−ε,a+ε[, f(x)>0. (Conséquence
du th. 2.9)

Donnons maintenant quelques résultats importants des applications continues.


Propriétés de continuité.
3.6 Théorème. Toute application f ∈ C([a,b],R) est bornée et atteint ses bornes sur
[a,b], c.à.d. on peut trouver a 0 et a 1 dans [a,b] tels que f(x)≤ f(a 0 ) et f(x)≥f(a 1 ) pour tous
les x ∈[a,b].
Preuve : Remarquons d’abord qu’on a le lemme suivant (et un lemme analogue pour la
borne inférieure).
Lemme : Si un ensemble non vide A⊂ R est majoré alors on peut trouver au moins une
suite (y n ) n dans A telle que (y n ) n −→
n∞
M=sup A.
En effet, d’après la propriété caractéristique de la borne supérieure (cf. le chapitre précédent,
1
prop. ??), pour chaque n∈ N* , on peut trouver yn ∈A tel que M− <yn ≤M.
n
Appliquons ce lemme à A=f([a,b]). Donc, on peut trouver une suite (yn )n≥1 telle que (yn )n
−→ M=sup A. Chaque yn est dans A, donc yn =f(xn ) pour un xn ∈A. La suite (xn )n est dans
n∞
[a,b] et donc, d’après le théorème de Bolzano-Weierstrass (th. 2.1.14), (xn )n admet une
sous-suite (xnk )k convergente vers un point α de [a,b]. Et, puisque f est continue sur [a,b],
f est continue en α. Donc f(xnk )−→ f(α) (th. 2.2). Comme f(xnk )=ynk , donc (ynk )k −→
k∞ k∞
f(α). Et enfin, comme (yn )n −→ M et que (ynk )k est extraite de (yn )n , alors (ynk )k −→ M.
n∞ k∞
Et par unicité de la limite de (ynk )k , on a M=f(α). Il suffit donc de poser a0 =α. On fait
pareil pour a1 avec m=inf A. c.q.f.d.
Attention aux hypothèses du théorème : on dit bien “Toute fonction continue sur un
intervalle de la forme [a,b] est bornée et atteint ses bornes”. Le théorème suivant est tout
aussi important.

3.7 Théorème (des valeurs intermédiaires) ou Propriété de Darboux. Soient


une application f ∈ C([a,b],R), m=inf [a,b] et M=sup [a,b]. Alors, f prend au moins une
fois toute valeur de l’intervalle [m,M], c.à.d. f([a,b])=[m,M], f est une surjection de [a,b]
sur [m,M].
Preuve : On sait déjà que les valeurs m et M sont prises (th. précédent). On sait aussi que
f([a,b])⊂[m,M]. Soit donc λ ∈]m,M[. Si f(a)=λ, c’est terminé. Supposons donc que f(a)= λ
et supposons que f(a)<λ, pour fixer les idées. Soit E=f−1 (]λ,M])={x∈[a,b]/f(x)>λ}. E=Ø
car M est atteint par f. E⊂[a,b], donc E est bornée par a et b. Soit x0 =inf E. D’après le
lemme du th. précédent, on peut trouver (xn )n≥1 dans E telle que (xn )n −→ x0 . Comme
n∞
xn ∈E, f(xn )>λ. En passant à la limite, f(x0 )≥ λ (inégalités aux limites, th. 2.10). Donc,
f(x0 )≥ λ>f(a), et donc a=x0 , donc a<x0 . Si a<x<x0 , f(x)≤ λ, car x0 est inf E. Donc, x→x lim
0
x<x0
f(x)≤ λ. C.à.d. f(x0 )≤ λ, car f est continue en x0 (x→x
lim f(x)=f(x0 )). Finalement, f(x0 )=λ.
0
x<x0
c.q.f.d.

Pejy faha-38 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. CONTINUITE.

Remarque : Ce théorème est important, attention aux hypothèses. Il s’appelle “théorème


des valeurs intermédiaires” car il dit que si f est continue et x1 et x2 sont dans [a,b] et si
par exemple λ ∈[f(x1 ),f(x2 )] (λ est une valeur intermédiaire entre deux valeurs de f, f(x1 )
et f(x2 )), alors λ est encore une valeur de f et, précisément, on peut trouver x0 entre x1 et
x2 tel que f(x0 )=λ (Appliquer le théorème à g=f|[x1 ,x2 ] si x1 ≤x2 ). Ceci permet d’affirmer
l’existence théorique de racine de beaucoup d’équations, et, en particulier, ceci permet de
démontrer entre autre le fameux “théorème fondamental de l’algèbre”.
Ce théorème s’énonce encore ainsi.

3.8 Théorème. Si f est une application continue, l’image d’un intervalle est un
intervalle. C.à.d. si f ∈ C(I,R), où I est un intervalle (ouvert, fermé ou semi-ouvert),
alors f(I) est un intervalle, mais on ne sait pas à priori la nature de l’intervalle f(I) à
moins d’avoir des précisions sur l’application f.
Preuve : laissée à titre d’exercice.

Fonction uniformément continue.


3.9 Définition. On dit qu’une fonction numérique réelle (ou complexe) f est uni-
formément continue sur une partie A⊂Df si pour chaque ε > 0, on peut trouver un η>0,
η dépend de ε uniquement, tel que si x et y∈A et |x − y| < η alors |f(x) − f(y)| < ε.

On peut donner une équivalente à cette définition en terme de suites comme dans le
théorème 2.2, et la démonstration est analogue à celle du théorème 2.2. Une fonction
f est uniformément continue sur A ssi pour toutes suites (xn )n et (yn )n dans A telles que
(|xn − yn |)n tend vers 0 quand n tend vers +∞, la suite (|f(xn ) − f(yn )|)n tend aussi vers
0. L’application f(x)=x est ainsi uniformément continue sur R.
Remarque : Généralement, on donne en exercice aux étudiants la comparaison entre
“continuité de f sur A” et “continuité uniforme de f sur A”, en utilisant le langage ε − η,
nous les y encourageons. Mais faisons-le en terme de suites.
Dans la proposition précédente équivalente à la définition, les deux suites (xn )n et (yn )n
ne sont pas censées converger. Mais si elles convergent, c’est certainement vers la même
limite car (|xn − yn |)n tend vers 0, notons la a. Dans ce cas, si de plus f est uniformément
continue sur A, les suites (f(xn ))n et (f(yn ))n convergent aussi vers une même limite qui ne
peut être que f(a) (en prenant la suite constante (zn )n telle que zn =a). En conséquence,
d’après le théorème 2.2, f est continue en a. En résumé, si f est uniformément continue
sur A, elle est aussi continue sur A. Mais la réciproque n’est pas toujours vraie, comme le
montre la fonction f(x)=x2 sur R. Cependant, on a le théorème suivant.

3.10 Théorème (de HEINE). Pour a<b dans R, toute fonction f ∈ C([a,b],R) est
uniformément continue sur [a,b].
Preuve : Par l’absurde. Si f n’est pas uniformément continue sur [a,b], on peut trouver
ε > 0, t.q. pour chaque η>0, on peut trouver xη et yη ∈A tels que |x − y| < η alors
1
|f(x) − f(y)| ≥ ε. Prenons η = , on obtient deux suites (xn )n et (yn )n dans [a,b] telles
n

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Continuité.

1
que |xn − yn |< et |f(xn ) − f(yn )| ≥ ε. D’après le théorème de Bolzano-Weierstrass, (xn )n
n
admet une sous-suite (xnp )p convergente vers α ∈[a,b]. Puis la suite (ynp )p admet une sous-
1
suite (ynpk )k convergeant vers β ∈[a,b]. Donc, xnpk − ynpk < et f(xnpk ) − f(ynpk ) ≥
npk
ε. Ce qui est impossible, car en faisant k−→ ∞, dans la première inégalité on obtient
|α − β|=0, c.à.d. α = β, tandis que dans la seconde inégalité on aurait |f(α) − f(β)| ≥ ε.
c.q.f.d.
Fonctions réciproques. Homéomorphismes.

3.11 Théorème. Soit f ∈ C([a,b],R). Si f est croissante, alors :


1) f est bijective de [a,b] sur [f(a),f(b)]
2) La fonction réciproque f −1 de [f(a),f(b)] sur [a,b] est continue et croissante.

Preuve : Posons m=inf f([a,b]) et M=sup f([a,b]). Alors, f([a,b])=[m,M] (théorème des
valeurs intermédiaires). Comme f est croissante, m=f(a) et M=f(b). De plus f est injective,
donc bijective de [a,b] sur f([a,b])=[f(a),f(b)].
On peut donc parler de fonction réciproque f−1 : [f(a),f(b)]−→[a,b]. On a la relation :
y∈[f(a),f(b)] et f−1 (y)=x ssi x∈[a,b] et y=f(x).
Si y1 <y2 dans [f(a),f(b)], avec y1 =f(x1 ) et y2 =f(x2 ), alors x1 <x2 (sinon f(x1 )≥f(x2 )). Donc
f−1 est aussi croissante.
Montrons que f−1 est continue. Soient β ∈ [f(a),f(b)] et α=f−1 (β). Soit ε > 0 tq α+ε <b
(en supposant que β <f(b)). Alors f(a)≤ β <f(α + ε)<f(b) (croissance de f). Soit (yn )n
une suite tendant vers β dans [f(a),f(b)] par valeurs supérieures à β, c.à.d. (yn )n −→ β et
n∞
yn ≥ β. On peut trouver Nε ∈ N tel que si n≥Nε , alors β ≤yn <f(α+ε). Donc, en repassant
dans [a,b], α ≤f−1 (yn )<α + ε. D’après le th. 2.2, f−1 (β + 0)=α, c.à.d. f−1 est continue à
droite en β. On montre de manière analogue qu’elle est continue à gauche. c.q.f.d.
Remarques. 1) Lorsque f est décroissante on a un résultat analogue, mais f−1 est alors
décroissante de [f(b),f(a)] sur [a,b].
2) On démontre le résultat suivant : “Pour f ∈ C(I,R), où I est un intervalle, f est
injective ssi f est monotone strictement”.

3.12 Théorème. Soient I un intervalle d’extrémités a<b, a,b∈ R,et f ∈ C(I,R), stricte-
ment monotone. Alors, f(I) est un intervalle de même nature que I, c.à.d. f(I) est ouvert
(resp. fermé, resp. semi-ouvert) si I l’est. Les extrémités de f(I) sont α= x→a
lim f(x) et β= lim
x→b
x>a x<b
f(x) ( α et β ∈ R).
De plus, f est une bijection de I sur f(I) et l’application réciproque f −1 de f(I) sur I est
continue et strictement monotone (dans le même sens que f ).

Preuve : Supposons par exemple que f est croissante. On sait déjà que f(I) est un intervalle
(th. 3.8), donc forcément d’extrémités m=inf f(I) et M=sup f(I) (croissance de f). Donc
m=α et M=β, toujours par la croissance de f (prop. 2.14). Par ailleurs, il est évident

Pejy faha-40 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. CONTINUITE.

que m∈f(I) ssi a∈I (de même M∈f(I) ssi b∈I). Donc les intervalles I et f(I) sont de même
nature. D’autre part, f étant injective est bijective de I sur f(I).
Soient y1 <y2 deux éléments de J=f(I). Donc y1 =f(x1 ) et y2 =f(x2 ). Et x1 <x2 , c.à.d.
f−1 (x1 )<f−1 (x2 ), donc f−1 est croissante sur J. De plus, f|[x1 ,x2 ] : [x1 ,x2 ]−→[y1 ,y2 ] est bi-
jective, continue et strictement monotone dont la réciproque est continue et strictement
monotone (dans le même sens), d’après le théorème précédent. Ceci étant vrai pour y1 et
y2 quelconques dans J mais tq y1 <y2 , f−1 est continue sur J. c.q.f.d.
Remarque. A titre d’exercice, montrer que si f : I−→ R est croissante au sens large et
telle que, pour tous les a et b∈I tq a<b, f prend toutes les valeurs entre f(a) et f(b), alors
f est continue. En déduire une démonstration plus simple de la continuité de f−1 dans les
théorèmes précédents.

3.13 Définition. Soient A et B deux parties de R. Un homéomorphisme de A sur B


est une bijection continue de A sur B telle que la réciproque soit aussi continue. Lorsqu’il
existe un homéomorphisme entre A et B, on dit que A et B sont homéomorphes.
Ainsi, le théorème précédent s’énonce aussi ainsi : “Soit I un intervalle d’extrémités a
et b (a<b). Soit f une application strictement monotone et continue de I dans R. Alors
lim f(x) et β= lim f(x)
J=f(I) est un intervalle de même nature que I et d’extrémités α= x→a
x→b
x∈I x∈I
et l’application réciproque f est un homéomorphisme de I sur J=f(I)”.
Remarques. Soit f est une bijection d’un intervalle I sur un intervalle J.
1) Si I est symétrique (x∈I ssi −x∈I) et si f est impaire, alors J est aussi symétrique et f−1 est
impaire. En effet, si y∈J, y=f(x) avec x∈I, donc −x∈I aussi, donc −y=−f(x)=f(−x)∈f(I)=J.
Donc J est symétrique, et −y=f(−x) signifie que −x=f−1 (−y). Donc f−1 (−y)=−f−1 (y).
2) Si on représente Γf , graphe de f, et Γf−1 , graphe de f−1 , sur un même système d’axes
rectangulaires, Γf et Γf−1 sont symétriques par rapport à la 1ère diagonale. En effet, le
point (x,y) avec y=f(x) appartient à Γf , et le point (y,x) appartient à Γf−1 , car x=f−1 (y),
et ces deux points sont symétriques par rapport à la 1ère diagonale. Et la correspondance
(x,y)−→(y,x) où y=f(x) est une bijection de Γf sur Γf−1 .

3.14 Fonction trigonométriques inverses.


π π
1) La restriction de la fonction sinus à I=[− , ] est croissante et continue. C’est donc un
2 2
π π π π
homéomorphisme de [− , ] sur J=sin( [− , ])=[−1, 1]. L’homéomorphisme réciproque
2 2 2 2
de J sur I est noté Arcsin, croissant. Ainsi :
π π
x∈[−1,1] et y=Arcsin x ssi x=sin y et y∈[− , ]
2 2
Le symbole arcsin x désigne l’ensemble des arcs dont le sinus vaut x, c.à.d. arcsin x={y∈ R/
sin y=x} et chaque élément de arcsin x est appelé une détermination de l’arcsinus de x.
Arcsinus x (avec un A majuscule) s’appelle la détemination principale de l’arcsinus de x,
π π
celle qui est dans [− , ].
2 2
Comme on dit, puisque la fonction sin est impaire, Arcsin est aussi impaire.

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-41


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Continuité.

2) 1) La restriction de la fonction cosinus à I=[0,π] est décroissante et continue. C’est donc


un homéomorphisme de [0, π] sur J=cosin( [0,π])=[−1, 1]. L’homéomorphisme réciproque
de J sur I est noté Arccos, décroissant. Ainsi :
x∈[−1,1] et y=Arccos x ssi x=cos y et y∈[0,π]
Le symbole arccos x désigne l’ensemble des arcs dont le cosinus vaut x, c.à.d. arccos x={y∈
R/ cos y=x} et chaque élément de arccos x est appelé une détermination de l’arccosinus
de x. Arccos x (avec un A majuscule) s’appelle la détemination principale de l’arccosinus
π π
de x, celle qui est dans [− , ].
2 2
La fonction Arccos n’est pas paire, une fonction paire ne peut pas être inective. Mais on
a une relation entre Arccos x et Arccos (−x). En effet :
y=Arccos x ssi x=cos y et y∈[0,π]
ssi −x=−cos y =cos (π−y) et π−y∈[0,π]
ssi π−y=Arccos (−x) . Donc Arccos (−x) = π−Arccos x, x∈[−1,1]
D’autre part, y=Arccos x ssi x=cos y et y∈[0,π]
π π π π
ssi x=sin ( −y) et −y∈[− , ]
2 2 2 2
π π
ssi −y=Arcsin x . Donc Arccos x + Arcsin x = , x∈[−1,1]
2 2
π π
3) La restriction de la fonction tangente à I=]− , [ est croissante et continue. C’est donc
2 2
π π π π
un homéomorphisme de ]− , [ sur J=tg( ]− , [)=]−∞,+∞[=R. L’homéomorphisme
2 2 2 2
réciproque de R sur I est noté Arctg, croissant. Ainsi :
π π
x∈ R et y=Arctg x ssi x=tg y et y∈]− , [
2 2
Le symbole arctg x désigne l’ensemble des arcs dont la tangente vaut x, c.à.d. arctg x={y∈
R/ tg y=x} et chaque élément de arctg x est appelé une détermination de l’arctangente de
x. Arctg x (avec un A majuscule) s’appelle la détemination principale de l’arctangente de
π π
x, celle qui est dans ]− , [.
2 2
Puisque la fonction tg est impaire, Arctg est aussi impaire.
4) De manière analogue, on définit la fonction Arccotg 12 : R −→]0,π[
y=Arccotg x, x∈ R ssi x=cotg y et y∈]0,π[
π
et l’on a Arctg x+Arccotg x= et Arccotg (−x)=π−Arctg x
2
Remarque. Lorsqu’on a deux fonctions f et g réciproques l’une de l’autre, normalement
f◦g et g◦f sont l’identité, MAIS il faut bien faire attention aux domaines de définition. Si
f : A−→B, donc g : B−→A, alors g◦f=idA et f◦g=idB . Si la fonction f est la restriction à A
d’une fonction h telle que Dh ⊃A, on n’a pas nécessairement g[h(x)]=x pour x∈Dg . C’est

12
Certains écrivent Arsin, Arcos, Artg , Arcotg.

Pejy faha-42 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. CONTINUITE.

π π
le cas, par exemple de la fonction sinus restreint à [− , ]; sinus est définie sur R mais
2 2
Arcsin est la réciproque de f=sin|[− π2 , π2 ] . Ce qui fait que Arcsin(sin x) n’est pas toujours
égal à x. La fonction Arcsin ◦ sin est périodique, puisque sin l’est.
Après qu’on aura traité des fonctions hyperboliques, on obtient les fonctions hyperboliques
inverses de manière analogue à celle utilisée ici.

COMPARAISON de fonctions. DÉVELOPPEMENTS


LIMITÉS.
Nous savons tous qu’un nombre réel x s’écrit de manière unique dans une base p (p∈ N,
p>1) sous la forme x=x0 ,x1 x2 x3 x4 x5 ... où la suite (xn )n est soit finie (nulle à partir d’un
∞ xn
certain rang), soit propre. Cela signifie que x=x0 + , somme de la série de terme
n=1 pn
xn x1 x2 xn 1
général n . Nous pouvons voir que x=x0 + + 2 + · · · + n +Rn avec 0≤ Rn < n , donc
p p p p p
x1 x2 xn 1 x1
x0 + + 2 + · · · + n est une approximation de x à n près. Remarquons que x=x0 +
p p p p p
2 n
x2 xn 1 1 1
+ 2 + · · · + n +Rn s’écrit aussi x=x0 +x1 . +x2 . + · · · +xn +Rn . Cela peut
p p p p p
être généralisé en utilisant une suite de base (pn )n (appeléé aussi échelle) au lieu d’une
seule base p. Cette technique s’applique aussi aux fonctions. On considère chaque fonction
f comme une entité (elle l’est d’ailleurs) et on cherche à l’approximer (comme on l’a dit
dans l’introduction du chapitre) par une autre fonction plus sympathique. Par exemple, on
veut écrire que f=a0 +a1 x+a2 x2 +· · ·+an xn +ψn où la fonction ψn est “négligeable”, ce qui
fait que la fonction polynomiale Pn (x)=a0 +a1 x+a2 x2 +· · ·+an xn est une approximation de
f à ψn près. Ici, on a choisi la suite de bases (ou échelle) (ϕn )n telle que ϕn (x)=xn . Le tout
est de s’entendre sur ce qu’on appellera “négligeable”. On a déjà parlé de cette notion à
propos des suites. C’est cela qu’on va expliquer succinctement, il n’est pas question d’aller
trop loin.
COMPARAISON DE FONCTIONS.

3.15 Définition. Soient A⊂ R, a∈ A (a∈ R). On notera FA,a l’ensemble des fonctions
numériques f telles que on peut trouver un “voisinage” Uf de a tel que f est définie sur Uf ∩A,
c.à.d. Uf ∩A⊂Df (lorsque a∈ R, on peut prendre Uf de la forme ]a−ε,a+ε[, si a=+∞, on
peut prendre Uf de la forme ]β,+∞[ et si a=−∞, on peut prendre Uf de la forme ]−∞,α[).
En particulier, F(A,R)⊂ FA,a (a∈ A). Lorsque f∈ FA,a , on dira parfois que f est définie
dans A “au voisinage de a”. Lorsque A=Df , on notera simplement Fa au lieu de FA,a . Dans
toutes les définitions que nous donnons, on peut éventuellement, selon les besoins, exclure
le point a, c.à.d. on peut donner des définitions avec A\{a} au lieu de A.

Soient f et g∈ FA,a .
1) On dit que f est dominée par g ou que f est bornée devant g au voisinage de a (dans A)
si l’on peut trouver un “voisinage” V de a et une constante λ ∈ R tels que |f(x)| ≤ λ |g(x)|
pour x∈V∩A. On note alors f g (notation de Hardy) ou f=O(g) (notation de Landau

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-43


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Continuité.

d’usage plus courant, à lire “f est un grand O de g). Remarquons que f=O(g) si dans un
f(x)
“voisinage” de a, f(x)=0 si g(x)=0 sinon ≤ λ (λ constante ne dépendant que de f
g(x)
et g). Noter bien qu’on écrit toujours f=O(g) et jamais O(g)=f. Certains auteurs écrivent
f∈O(g), c.à.d. O(g) désigne l’ensemble des fonctions bornées devant g au voisinage de a
dans A.
2) On dit que f est négligeable devant g au voisinage de a (dans A) si pour chaque ε > 0,
on peut trouver un “voisinage” U de a tel que |f(x)| ≤ ε |g(x)| pour x∈V∩A. Comme
f(x)
précédemment, cela signifie que si g(x)=0 alors f(x)=0 sinon ≤ ε, c.à.d.
g(x)
f(x)
lim
x→a g(x)
=0. On note f≺≺g (notation de Hardy) ou f=o(g) (Notation de Landau, lire f est
x∈A
g(x)=0
un petit o de g), toujours écrire f=o(g) et ne jamais écrire o(g)=f. Certains auteurs écrivent
f∈o(g), c.à.d. o(g) désigne l’ensemble des fonctions négligeables devant g au voisinage de
a dans A.
3) On dit que f est équivalente à g au voisinage de a (dans A) si f−g est négligeable devant
g c.à.d. f−g=o(g) au voisinage de a (dans A). L’on note f∼g. Comme précédemment, cela
f(x) f(x)
signifie que g(x)=0 ssi f(x)=0 et sinon − 1 ≤ ε, c.à.d. x→a
lim =1.
g(x) x∈A g(x)
g(x)=0

Remarques. Citons quelques propriétés élémentaires de o et de O, sans démonstration


(laissée à titre d’exercice). On se place au “voisinage” de a dans A
(i) Si f=o(g) alors f=O(g).
Si λ = 0, alors f=O(g) (resp.o(g)) ssi λf=O(g) (resp.o(g)).
(ii)
Si f=O(g) et h=O(g), alors f+h=O(g) (idem pour des o(g)).
(iii) Si f1 =O(f) et g1 =O(g) alors f1 g1 =O(fg) (idem pour o). Si f1 =O(f) et g1 =o(g) alors
f1 g1 =o(fg).
(iv) O(o)=o et o(O)=o, c.à.d. si h=o(f) et g=O(h), alors g=o(f) et si h=O(f) et g=o(h),
alors g=o(f).
(v) Soient A et B⊂ R, a∈ A, b∈ B. Soient h∈ FA,a , f et g∈ FB,b , tq x→a
lim h(x)=b. Si f=O(g)
x∈A
au voisinage de b (dans B) et si f◦h et g◦h∈ FA,a , alors f◦h=O(g◦h) (idem pour o).
(vi) f=O(α) (où α désigne la fonction constante égale à α) ssi f=0 pour α = 0 et f bornée
pour α = 0, au voisinage de a.
(vii) f=o(α) (où α désigne la fonction constante égale à α) ssi f=0 pour α = 0 et x→a
lim f(x)=0
x∈A
pour α = 0, au voisinage de a.
(viii) f∼ α (où α désigne la fonction constante égale à α) ssi f=0 pour α = 0 et x→a
lim f(x)=α
x∈A
pour α = 0, au voisinage de a.
Ces propriétés entraı̂nent des résultats sur les fonctions équivalentes que nous dressons

Pejy faha-44 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. CONTINUITE.

dans une proposition qui va suivre.

3.16 Proposition. La relation ∼ est une relation d’équivalence sur FA,a .

Preuve : On montre d’abord que si f−g=o(g) alors g=O(f) et f=O(g) (au voisinage de
a). En effet, ||f| − |g|| ≤ |f − g| ≤ ε |g|. Donc |g| − |f| ≤ ε |g| et (1−ε)|g| ≤ |f| ’en ayant
pris ε < 1). Donc g=O(f). D’un autre côté, f=f−g+g=o(g)+g=o(g)+O(g)=O(g).
f∼f évidemment. Si f∼g, f−g=o(g) et g=O(f), donc f−g=o(O(f))=o(f) ((iv) des remarques
précédentes), donc g−f=o(f), c.à.d. g∼f. Si f∼g et si g∼h alors f−g=o(g) et g−h=o(h).
Donc f−h=f−g+g−h=o(O(h))+o(h)=o(h). c.q.f.d.

3.17 Proposition. Soient f, g∈ FA,a telles que f∼g au voisinage de a et f(x)→b quand
x→a (x∈A). Alors x→a
lim g(x)=b.
x∈A

Preuve : Si b=0, g∼f∼b donc g∼b (on utilise la remarque (viii) précédente). Si b=o,
f=o(1) et comme g∼f, g=O(f), donc g=O(o(1))=o(1) (on utilise la remarque (vii) précédente).
c.q.f.d.

3.18 Proposition. Soient f1 , f2 , g1 , g2 ∈ FA,a telles que f1 ∼f2 et g1 ∼g2 au voisinage


1 1 1 1 f1 f2
de a. Alors : f1 g1 ∼f2 g2 . Si ∈ FA,a alors ∈ FA,a aussi et ∼ . Donc ∼ .
g1 g2 g1 g2 g1 g2
Preuve : f1 g1 −f2 g2 =f1 (g1 −g2 )+(f1 −f2 )g2 . Et on utilise les propriétés de o et O des re-
1 1
marques (iii) et (iv) précedentes. Pour ∼ , les deux fonctions g1 et g2 s’annulent aux
g1 g2
1 1
mêmes points au voisinage de a, donc si est définie au voisinage de a, l’est aussi.
g1 g2
g1 (x) g2 (x)
Pour le reste, on utilise x→a
lim =1, qui donne x→alim =1. c.q.f.d.
x∈A g2 (x) x∈A g1 (x)
g2 (x)=0 g1 (x)=0

Remarque : Si f1 ∼f2 et g1 ∼g2 au voisinage de a, on n’a pas nécessairement f1 +g1 ∼f2 +g2 .
Contre exemple : f1 (x)=1+x, f2 (x)=1+x2 , g1 (x)=g2 (x)=−1, a=0, A=R+ ∗ . De même, si
f1 =o(f2 ) et g1 =o(g2 ), on n’a pas nécessairement f1 +g1 =o(f2 +g2 ).

3.19 Proposition. Soient A et B⊂ R, a∈ A, b∈ B. Soient h∈ FA,a , f et g∈ FB,b , tq


lim
x→a
h(x)=b. On suppose que f◦h et g◦h∈ FA,a . Si f∼g au voisinagede b (dans B) alors
x∈A

f◦h∼g◦h.

3.20 Exemples. Soit f(x)=ap xp +ap+1 xp+1 + · · · +an xn , avec p∈ N, n∈ N, n≥ p, p≥ 0,


ak ∈ R, ap = 0 et an = 0. C’est une fonction polynomiale définie sur R. On a les résultats
suivants.

Au voisinage de +∞ (ou −∞) f∼an xn et au voisinage de 0, f∼ap xp .


ap p−n ap+1 p+1−n an−1 −1 f(x)
En effet, f(x)=an xn ( x + x +· · ·+ x + 1) et quand x→ +∞, →1.
an an an an xn

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-45


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Développements limités.

ap+1 an−1 n−1−p an n−p


De même, f(x)=ap xp (1 + x+ · · · + x + x ). Au voisinage de 0, si p≥ 1, f
an ap ap
f(x)
et ap xp s’annulent aux mêmes points et lim =1. Si p=0, lim f(x)=ap = 0, donc f∼ap .
x→0 ap xp x→0
x=0

DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS.

3.21 Définition. Soient A⊂ R, a∈ R tel que a est adhérent à A\{a} (on dit aussi
que a est un point d’accumulation de A 13 )et f∈ FA,a . On dit que f admet (dans A) un
développement limité à l’ordre n, au voisinage de a, si l’on peut trouver un voisinage U
de a et un polynôme Pn de degré ≤ n tels que f(x)=Pn (x−a) +o((x−a)n ), ce qui signifie
que f(x)−Pn (x−a) est négligeable devant (x−a)n au voisinage de a (dans A). Parfois, on
écrit f(x)=Pn (x−a) +εn (x)(x−a)n , où la fonction εn (x)→ 0 quand x→a. Dans tout ceci, n
est un entier naturel fixé. Pn (x−a) est appelé le développement limité de f à l’ordre n au
voisinage de a.

Remarques.
1) La définition signifie que l’on peut trouver un intervalle ]a−ε,a+ε[ avec ε > 0, des réels
a0 , a1 , ..., an , et une fonction εn : ]a−ε,a+ε[−→ R tels que
(i) x→a
lim εn (x)=0,
x=a

(ii) f(x)=a0 +a1 (x−a)+· · · +an (x−a)n + εn (x)(x−a)n pour x∈]a−ε,a+ε[∩A


2) En posant x=a+u et g(u)=f(a+u), on voit que développer f à l’ordre n au voisinage de
a revient à développer g à l’ordre n au voisinage de 0.
3) Si f(x)=Pn (x−a) +O((x−a)n+1 ), on dit que Pn (x−a) est un développement limité à
l’ordre n, au sens fort, de f au voisinage de a.
4) Si f est développable à l’ordre n, au voisinage de a (dans A), alors x→a
lim f(x)=Pn (0)=a0 .
x∈A
x=a
Donc, si f est définie en a et si a∈A elle est continue en a dans A. Si f n’est pas définie en a,
on peut prolonger f en a, par continuité, en posant f(a)=Pn (0)=a0 . Alors la fonction ainsi
obtenue est encore développable à l’ordre n au voisinage de 0 (avec le même développement
Pn que f).
5) Si A=]a,a+η[ (η > 0), on dit qu’on a un développement limité à droite. Si A=]a−η,a[
(η > 0), on dit qu’on a un développement limité à gauche. Et si A=]a−η,a+η[ (η > 0), on
dit qu’on a un développement limité (tout court).
6) On dit que f est d’ordre p au voisinage de a (p∈ N∗ ) si l’on peut trouver α ∈ R∗ tel que
f∼ α(x−a)p au voisinage de a. Dans ce cas, f(a)=0 si f est définie en a, sinon on prolonge
f en a en posant f(a)=0. Et alors, a est dit une racine d’ordre p de f. Par exemple, si f est
développable à l’ordre n en a et si le premier monôme non nul de Pn (x−a) est ap (x−a)p ,
avec p=0, alors f est d’ordre p.

13
Il en est ainsi si l’on peut trouver une suite (xn )n dans A telle que xn =a pour tout n, et lim xn =a.
n∞

Pejy faha-46 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. CONTINUITE.

1 xn+1
3.22 Exemples. 1) 1−xn+1 =(1−x)(1+x+ · · · +xn ). Donc = 1+x+ · · · +xn +
1−x 1−x
1
(x=1). Donc = Pn (x)+ o(x ) (O(x )) au voisinage de a=0. Pn (x)=1+x+ · · · +xn
n n+1
1−x
1
est donc le développement limité en 0 à l’ordre n (au sens fort) de f(x)= .
1−x
2) Soit P(x)=a0 +a1 (x−a)+· · · +ak (x−a)k (k∈ N∗ ). Si n≥k, P(x)=P(x)+0.(x−a)n (εn (x)=0),
et d◦ P=k≤ n, donc P(x) est le développement à l’ordre n de P au voisinage de a. Si n<k,
P(x)=a0 +a1 (x−a)+· · · +an (x−a)n +(x−a)n (an+1 (x−a)+an+2 (x−a)2 +· · · +ak (x−a)k−n ) =
a0 +a1 (x−a)+· · · +an (x−a)n +(x−a)n εn (x) avec εn (x)=an+1 (x−a)+an+2 (x−a)2 +· · · +ak (x−a)k−n
→ 0 quand x→a. Donc, Pn (x)=a0 +a1 (x−a)+· · · +an (x−a)n est le développement limité à
l’ordre n de P au voisinage de a.

3.23 Proposition. Soit f∈ FA,a admettant un développement limité Pn (x−a) à l’ordre n


(n≥1) au voisinage de a, dont les coefficients ne sont pas tous nuls. Alors, f est équivalente
au voisinage de a au terme de plus bas degré de Pn (x−a). (cf. aussi la remarque 6)
précédente à propos de l’ordre d’une fonction)
Preuve : Voir l’exemple 3.20.

3.24 Théorème. (Unicité du développement limité) Si une fonction f∈ FA,a admet


un développement limité à l’ordre n au voisinage de a, ce développement est unique.
Preuve : Supposons que f(x)=Pn (x−a) +o((x−a)n )=Qn (x−a) +o((x−a)n ).
Alors, (Pn −Qn )(x−a)= o((x−a)n ) =o((x−a)p ) pour p≤ n.
Si Pn (x−a)=a0 +a1 (x−a)+· · · +an (x−a)n et Qn (x−a)=b0 +b1 (x−a)+· · · +bn (x−a)n , alors
(Pn −Qn )(x−a)=(a0 −b0 )+(a1 −b1 )(x−a)+· · · +(an −bn )(x−a)n .
Donc, (a0 −b0 )+(a1 −b1 )(x−a)+· · · +(an −bn )(x−a)n =o((x−a)p ) pour p≤n. Pour p=0, on
obtient a0 −b0 =0. Pour p=1, on a a1 −b1 =0. Etc..
Donc, Pn =Qn . c.q.f.d.

3.25 Corollaire. Si f est une fonction paire (resp. impaire) admettant un développement
limité à l’ordre n au voisinage de 0 (a=0), ce développement ne contient que des termes
de degré pair (resp. impair).
Preuve : En effet, si f(x)=a0 +a1 x+· · · +an xn + εn (x)xn , alors f(x)=f(−x)=a0 −a1 x+· · · +
(−1)n an xn +εn (−x)(−1)n xn . Par unicité, a1 =−a1 , an =(−1)n an . Donc, a2k+1 =−a2k+1 , donc,
a2k+1 =0. c.q.f.d.

Opérations sur les développements limités.


Dans cette sous-section, on prend a=0 pour simplifier (cf. la remarque 2 de la définition
3.21). Les résultats donnés ici sont en fait des résultats sur les polynômes et sont familiers
pour ceux qui connaissent déjà les polynômes.

3.26 Proposition. Soient f et g∈ FA,a (a=0), λ ∈ R, tels que f et g sont développables


à l’ordre n au voisinage de a (dans A). Alors :
(i) f+g est développable à l’ordre n au voisinage de a dont le développement est la somme
des developpements de f et de g.

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Développements limités.

(ii) λf est développable à l’ordre n au voisinage de a dont le développement est le produit


de λ et du développement de f.
(iii) fg est développable à l’ordre n au voisinage de a dont le développement est le produit
des developpements de f et de g tronqué à l’ordre n, c.à.d. en ne prenant dans le produit
que les termes de degré inférieur ou égal à n.
(iv) Si, de plus, Qn (0)= 0, c.à.d. x→a
lim g(x)=0 (Qn étant le développement de g), alors
x∈A
x=a
f
est développable à l’ordre n au voisinage de a (le développement est donné dans la
g
démonstration)
L’ensemble des fonctions développables à l’ordre n au voisinage de a est donc un espace
vectoriel sur R et une algèbre unitaire sur R.
Preuve : Posons f(x)=Pn (x)+ε1,n (x).xn et g(x)=Qn (x)+ε2,n (x).xn εk,n → 0 quand x→a=
0. Alors :
(f+g)(x)=(Pn +Qn )(x)+ε3,n (x).xn où ε3,n (x)=ε1,n (x)+ε2,n (x)→ 0 quand x→0 et
(λf)(x)=(λPn )(x)+λε1,n (x).xn , d’où (i) et (ii).
(fg)(x)=(Pn (x)+ε1,n (x).xn )(Qn (x)+ε2,n (x).xn )=(Pn Qn )(x)+ε4,n (x).xn
où ε4,n (x)=Pn (x)ε2,n (x)+Qn (x)ε1,n (x)+ε4,n (x)ε4,n (x). Ensuite, on pose (Pn Qn )(x)=α0 +
α1 x+· · · + αn xn + ε5,n (x)xn où ε5,n (x)= αk xk−n . Finalement, (fg)(x)=α0 + α1 x+· · · +
k≥n+1
αn xn + ε6,n (x)xn avec ε6,n (x)=ε4,n (x)+ε5,n (x) qui tend vers 0 quand ntend vers a. D’où (iii).
Si Qn (0)=0, par les inégalités aux limites, g(x)=0 au voisinage de a. Donc, au voisinage
f Pn (x) + ε1,n (x).xn Pn (x)
de a (dans A), on a : (x)= = + ε7,n (x).xn
g Qn (x) + ε1,n (x).xn Qn (x)
1 Pn (x) + ε1,n (x).xn Pn (x) ε1,n (x)Qn (x) − ε2,n (x)Pn (x)
où ε7,n (x)= n n
− = qui tend vers
x Qn (x) + ε2,n (x).x Qn (x) Qn (x)(Qn (x) + ε2,n (x).xn )
0 quand x tend vers a. Par ailleurs, en Algèbre, en théorie des polynômes (division suivant
les puissances croissantes), on montre que on peut trouver un couple unique de polynômes
(Rn+1 ,Sn ) tq Pn =Qn Sn +Rn+1 où Rn+1 =0 ou bien d◦ Rn+1 ≥ n+1, c.à.d. Rn+1 (x)=xn+1 R(x)
f
où R(x) est un polynôme. Donc, (x)=Sn (x)+xn ε8,n (x), avec ε8,n (x)=xR(x)+ε7,n (x) qui
g
tend bien vers 0 quand x tend vers a=0. Retenons donc que le développement de
f
est le quotient de la division de Pn par Qn suivant les puisances croissantes
g
jusqu’à l’ordre n.

3.27 Proposition. Soient f∈ FA,a (a=0) et g∈ FB,b (b=0), tels que f et g sont
développables à l’ordre n au voisinage de 0 (dans A et dans B respectivement). On suppose
que g◦f∈ FA,a (f(A)⊂B) et que x→a lim f(x)=0 (0=b). Alors, g◦f est développable à l’ordre n
x∈A
x=a
au voisinage de 0 (dans A) et son développement à l’ordre n au voisinage de 0 s’obtient
en tronquant à l’ordre n le polynôme Pn (Qn (x)), c.à.d. en ne prenant que les monômes de

Pejy faha-48 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. DERIVATIONS ET APPLICATIONS.

degré ≤ n.

Preuve : Soit h(x)=g(f(x)). Supposons que f(x)=Qn (x)+ε1,n (x).xn et g(y)=Pn (y)+ε2,n (y).yn
εk,n → 0 quand x→0 et qd y→0 respectivement. Qn (x)=ap xp +ap+1 xp+1 + · · · +an xn , avec
p∈ N, n≥ p≥ 1 car Qn (0)= x→alim f(x)=0. Pn (y)=b0 +b1 y+· · · +bn yn . Donc, h(x)=g(f(x)=
x∈A
x=a

Pn (f(x))+ε2,n (f(x)).(f(x))n = Pn (Qn (x)+ε1,n (x).xn )+ε2,n (f(x)).(f(x))n = Pn (Qn (x))+ε3,n (x).xn
+ε2,n (f(x)).(f(x))n et ε2,n (f(x)).(f(x))n =ε4,n (x).xn . Et on termine le raisonnement comme
pour le produit, par troncature à l’ordre n. c.q.f.d.

3.28 Remarques. (Utiles) 1) Si au voisinage de 0 dans A, f(x)=O(xp ) et g(x)=O(xq ),


alors f(x)g(x)=O(xp+q ) (immédiat). Donc, fg a le même développement limité à l’ordre
n (au sens fort ou faible) que le produit du développement à l’ordre n−q de f et du
développement à l’ordre n−p de g (le produit des termes de degré >n−q du développement
de f par g étant O(xn−q+1+q )=O(xn+1 )).

2) Si f(x)=O(xp ) et si f(x)=Pn (x) +O(xn+1 ) avec n≥p, alors pour q≥ 1, on a [f(x)]q =


[Pn (x)]q +O(xn+1+p(q−1) ). En effet, [f(x)]q − [Pn (x)]q =[f(x) − Pn (x)] [fq−1 +fq−2 .Pn + · · ·
+[Link]−2
n +Pn
q−1
] et ce deuxième facteur est un O(xp(q−1) ) d’après la remarque 1) (car
Pn =f+O(xn+1 ) est un O(xp ) si n≥p). En conséquence, pour calculer le développement
limité à l’ordre n+p(q−1) de fq , il suffit d’avoir le développement limité à l’ordre n de f (et
de l’élever à la puissance q).

Pour terminer cette section, ajoutons que la théorie des développements limités au voisi-
nage de a est généralisée par celle des développements asymptotiques par rapport à une
échelle de comparaison au voisinage de a. Une échelle de comparaison est une famille
ou un ensemble de fonctions E ⊂ FA,a satisfaisant à certaines conditions que vérifie la
famille des monômes ((x−a)n )n∈N . Le but est de trouver une approximation de fonction
f∈ FA,a vérifiant certaines conditions par une combinaison linéaire d’éléments de E, ap-
pelée développement asymptotique de f au voisinage de a, exactement comme pour un
développement limité. C’est-à-dire qu’on cherche à décomposer f sous la forme f=λ0 ϕ0
+λ1 ϕ1 +· · · + λn ϕn +o(ψ) où les ϕ et ψ ∈ E et telles que ψ=o(ϕn ) et ϕk =o(ϕk−1 ). Nous
n’allons pas le faire. Mais sachons que, comme nous le disions au début de cette section,
c’est une généralisation de la décomposition d’un réel dans une base p, une application de
la division dans N, c.à.d. qu’on essaie de définir une “division euclidienne” dans FA,a (on
décompose f sous la forme f=ϕφ + ψ avec ψ=o(ϕ) faisant office de reste et φ jouant le rôle
du quotient de la division de f par ϕ).

4 DÉRIVATIONS ET APPLICATIONS.
La dérivation et la différentiation sont deux notions des plus importantes en analyse. Nous
ne saurions pas décrire ici toutes les applications de ces deux notions. Dans le paragraphe
précédent, nous disions qu’on essaie de définir une “division euclidienne” dans FA,a , la
dérivation est un procédé allant dans ce sens. A l’origine, les techniques utilisées dans la
dérivation proviennent de la physique avec ses “vitesse” et “accélération”, justement dans

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Dérivation et différentiation.

le problème de la divisibilité du temps qui a intrigué tous les chercheurs depuis l’aube des
mathématiques, et le symbolisme de la physique est resté en usage.
Dans la suite, nous simplifions l’écriture mais toute la théorie peut se transposer dans la
même style que celui de la section précédente en utilisant des limites conditionnelles du
genre x→a
lim f(x). Nous traitons seulement le cas de fonctions numériques réelles, pour les
x∈A
x=a
fonctions complexes il faut décomposer les fonctions en partie réelle et partie imaginaire.
4.1 Définition. Soit f une fonction numérique réelle et a∈Df . On dit que f est dérivable
à droite (resp. à gauche) en a si Df contient un intervalle I=[a,a+η[ (resp. ]a−η,a]) (η < 0)
f(x) − f(a) f(x) − f(a)
et si x→a
lim [resp. x→a
lim ] existe et est finie. Elle est alors appelée la
x>a x−a x<a x−a
dérivée à droite (resp. à gauche) de f au point a et est notée f ′d (a) (resp. f ′g (a)). C.à.d.
f(x) − f(a) f(x) − f(a)
f ′d (a)=lim
x→a
et f ′g (a)=lim
x→a
.
x>a x−a x<a x−a
On dit que f est dérivable en a si Df contient un intervalle I=]at-η,a+η[ (η < 0) et
f(x) − f(a)
si x→a
lim existe et est finie. Elle est alors appelée la dérivée de f au point a et est
x=a x−a
f(x) − f(a)
notée f′ (a). C.à.d. f ′ (a)=lim
x→a
. Ce cas se produit ssi f est dérivable à droite et à
x=a x−a

gauche en a et si f ′d (a)=f ′g (a)=f ′ (a) (bien entendu).


f(a + h) − f(a) f(a + h) − f(a)
En posant h=x−a, on a : f ′d (a)=lim et f ′ (a)=lim .
h→0
h>0
h h→0
h=0
h

De même, si l’on note y=f(x), en posant ∆x=x−a (appelé “variation de x”), ∆y= ∆f =
∆f ∆y
f(x)−f(a) = f(a+∆x)−f(a), on a aussi : f ′d (a)= lim = lim . Etc.. Et justement,
∆x→0 ∆x ∆x→0 ∆x
∆x>0 ∆x>0
df
on note aussi f ′ (a)= (a) 14 , le “∆” devient “d” après passage à la limite.
dx
Remarques.
f(x) − f(a) ′
1) Développement limité. En posant ε(x)= −fd (a) pour x=a et ε(a)=0, et en
x − a
notant α=f ′d (a) quand f est dérivable à droite en a, on obtient f(x)−f(a)=α(x−a)+ε(x).(x−a)
pour x>a. C.à.d. f admet un développement limité à l’ordre 1, à droite, au voisinage de a.
Et la fonction ψ(x)=ε(x).(x−a) est un o(x−a) car x→a lim ε(x) =0. On remarque là le schéma
x>a
de la “division euclidienne” dans FA,a qu’on essaie de définir : f(x)−f(a)=α(x−a)+ψ(x).
Et si l’on se réfère au mécanisme du développement d’un réel dans une base p, on devrait
ensuite “diviser” ψ(x) par (x−a), c’est (x−a) qui remplace la base p. C.à.d. calculer à
ε(x) − ε(a)
nouveau x→a
lim . Etc.
x>a x−a
14 d
On note aussi f(a).
dx

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FONCTIONS NUMERIQUES. DERIVATIONS ET APPLICATIONS.

2) Interprétation géométrique. Soient Γf le graphe de f et Ma =(a,f(a))∈ Γf . On suppose


que f′d (a) existe et est finie. Le graphe Γϕ de l’application ϕ(x)=f ′d (a)(x−a)+f(a) est une
droite passant par Ma appelée la tangente à droite à Γf au point Ma . C’est la “position
limite” de la droite Ma Mx quand x tend vers a (à droite), où Mx =(x,f(x)) (Mx ∈ Γf ).

4.2 Théorème. Si une fonction f est dérivable (resp. à droite, resp. à gauche) en a,
alors f est continue (resp. à droite, resp. à gauche) en a.
f(x) − f(a)
Preuve : En effet, f(x)−f(a)= .(x−a) tend vers f ′ (a).0=0 qd x tend vers a.
x−a
c.q.f.d.
Remarques. 1) La réciproque n’est pas vraie en général : prendre f(x)=x pour x∈ Q et
f(x)=0 si x∈
/ Q, c.à.d. f=1IQ . Elle est continue en 0 mais non dérivable en 0.
2) Si f est dérivable à droite et dérivable à gauche, sans être dérivable, au point a, elle est
continue en a.

4.3 Définition. (Dérivées d’ordre supérieur) Soit f une fonction numérique réelle.
L’ensemble des x∈Df où f est dérivable est noté Df ′ . Lorsque Df ′ =Ø, on obtient l’application
f ′ : Df ′ −→ R, x−→f ′ (x), appelée la dérivée de f ou la dérivée première de f, dont le do-
maine de définition est justement Df ′ . On remarquera que Df ′ ⊂Cf ⊂Df .
Si f ′ est aussi dérivable en un point a∈Df ′ , sa dérivée en a (f ′ )′ (a) est appelée la dérivée
d2 f
seconde de f en a et notée f ′′ (a) ou f(2) (a) 15 ou (a) 16 . Et par récurrence, on définit,
dx2
quand c’est possible, la dérivée n-ième (ou d’ordre n) de f en a, c’est la dérivée de la dérivée
dn f d dn−1 f
(n−1)-ième de f en a, c.à.d. f(n) (a) 17 =(fn−1) )′ (a) ou n (a) = ( n−1 )(a). On voit tout
dx dx dx
de suite (par récurrence) que f(n) (a)=(f′ )(n−1) (a). Et l’on définit de manière analogue la
dérivée à droite d’ordre n de f en un point a.
Par conventon, f(0) =f, pour toute fonction f.

4.4 Définition. Soit p∈ N. On dit qu’une fonction numérique réelle f est de classe C p
sur un intervalle I si f(p) (x) existe pour chaque x∈I (à gauche ou à droite aux points où cela
est nécessaire) et si la dérivée f(p) est continue sur I (à gauche ou à droite aux points où
cela est nécessaire). Si f est de classe C p alors elle est de classe C k pour k≤p évidemment.

15
Lire “f seconde de a”.
16 d2 f(a)
On note aussi .
17
dx2
Lire “f n-ième de a”.

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Dérivation et différentiation.

On dit que f est de classe C ∞ sur I si elle admet des dérivées de tout ordre sur I (cela
équivaut à dire que f est de classe C k pour tout k∈ N).

OPÉRATIONS sur les dérivées.


4.5 Proposition. Soient f et g deux fonctions numériques réelles dérivables en
a∈Df ∩Dg , λ ∈ R. Alors,
(i) f+g est dérivable en a et (f+g)′ (a)=f ′ (a)+g ′ (a)
(ii) λf est dérivable en a et (λf ) ′ (a)=λ.f ′ (a)
(iii) fg est dérivable en a et (fg) ′ (a)=f ′ (a)g(a)+f(a)g ′ (a)

f f f ′ (a)g(a) − f(a)g ′ (a)
(iv) Si g(a)= 0, alors est dérvable en a et (a)=
g g (g(a))2

1 1 −g ′ (a)
Donc, est dérvable en a et (a)= .
g g (g(a))2
Preuve : Laissée à titre d’exercice. Par exemple, (fg)(x)−(fg)(a)=(f(x)−f(a))g(x) +
f(a)(g(x)−g(a)) et on divise par (x−a) puis on passe à la limite.
f f (f(x) − f(a))g(a) − f(a)(g(x) − g(a))
De même, (x)− (a)= . c.q.f.d.
g g (g(a))2
Remarques. 1) sup (f,g), inf (f,g) et |f| ne sont pas nécessairement dérivables en a.
2) Les résultats précédents s’écrivent aussi : (f+g)′ =f ′ +g ′ et (f+g)(n) =f(n) +g(n) , (λf)(n) =λ.f(n) ,
′ ′
′ ′ ′ f f ′ g − fg ′ 1 −g ′
(fg) =f g+fg , = , = .
g g2 g g2
3) Dérivée logarithmique. On appelle dérivée logarithmique de f 18 si elle est définie la
f′
fonction (avec toutes les restrictions nécessaires). Alors, on a les résultats suivants (par
f
récurrence) :
f ′ u ′1 u ′2 u′ u1 u2 ...un f ′ u′ u′
Si f=u1 u2 ...un , alors = + + · · · + n et si f= , alors =( 1 + 2 + · · · +
f u1 u2 un v1 v2 ...vn f u1 u2
u′n v ′1 v ′2 v ′n
)−( + + ··· + ).
un v1 v2 vn
4.6 Proposition. (Formule de Leibniz) Soient u et v deux fonctions numériques
réelles dérivables n fois en a∈Df ∩Dg . Alors, uv est dérivable n fois en a et l’on a :
n
(uv)(n) (a)= Cpn .u(n−p) (a).v(p) (a) (avec la convention u(0) (a)=u(a))
p=0

Preuve : Par récurrence. La formule est vraie pour n=0 et n=1. Supposons qu’elle est
n−1
vraie à l’ordre n−1, c.à.d. que (uv)(n−1) (x)= Cpn−1 .u(n−1−p) (x).v(p) (x).
p=0
n−1
Alors, (uv)(n) (a)= Cpn−1 .(u(n−p) (a).v(p) (a)+u(n−1−p) (a).v(p+1) (a))
p=0

18
Dérivée de Log (f) ou Ln (f).

Pejy faha-52 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. DERIVATIONS ET APPLICATIONS.

n−1 n−1
= Cpn−1 .u(n−p) (a).v(p) (a) + Cpn−1 .u(n−1−p) (a).v(p+1) (a)
p=0 p=0
n−1 n
= Cqn−1 .u(n−q) (a).v(q) (a) + Cq−1
n−1 .u
(n−q)
(a).v(q) (a) (en posant q=p+1 dans la seconde
q=0 q=1
sommation)
n−1
= (Cqn−1 +Cq−1
n−1 ).u
(n−q) n−1 (0)
(a).v(q) (a) +Cn−1 .u (a).v(n) (a) + C0n−1 .u(n) (a).v(0) (a).
q=1
Et Cqn−1 +Cq−1 q n−1 n 0 0
n−1 =Cn , Cn−1 =Cn =Cn−1 =Cn =1.
n−1
Donc, (uv)(n) (a)= Cqn .u(n−q) (a).v(q) (a) +Cnn .u(0) (a).v(n) (a) + C0n .u(n) (a).v(0) (a),
q=1
n
c.à.d. (uv)(n) (a)= Cpn .u(n−p) (a).v(p) (a). La formule est donc vraie à l’ordre n. Donc, elle
p=0
est vraie pour tout n∈ N. c.q.f.d.

4.7 Proposition. (Composée) Soient g un fonction numérique réelle définie sur un


voisinge I de a∈ R, f une autre définie au voisinage de b=g(a) et dérivable en b. Alors,
F=f◦g est dérivable en a et F′ (a)=f ′ (g(a)).g ′ (a). (On écrit : (f◦g)′ =(f ′ ◦g)g ′ )
f(y) − f(b)
Preuve : Définissons la fonction ε(y) au voisinage de b suivante : ε(b)=0 et ε(y)=
y−b
− f′ (b) pour y=b. Alors, ε est continue en b par définition de la dérivabilité de f en b. Et
F(x) − F(a) f(g(x)) − f(g(a)) (g(x) − g(a))(ε(g(x)) + f ′ (b))
= = pour x voisin de a (g(x)
x−a x−a x−a
étant alors voisin de b). Il reste à faire tendre x vers a (ε(g(x)) tend vers ε(g(a))=0.
c.q.f.d.

4.8 Proposition. (Fonction réciproque) Soit f une fonction numérique réelle bijec-
tive d’un intervalle I sur un intervalle J, dérivable en un point a∈I et telle que f ′ (a)= 0.
1
Alors, la fonction réciproque g=f−1 est dérivable en b=f(a) et g ′ (b)= ′ , ce qui s’écrit
f (a)
−1 ′ 1 −1 ′ 1
aussi (f ) (b)= ′ −1 (On résume par (f ) = ′ −1 ).
f (f (b)) f ◦f
g(y) − g(b)1 1 1
Preuve : = = = . Soit ϕ(x)=
y−b y−b f(g(y)) − f(g(b)) f(g(y)) − f(a)
g(y) − g(b) g(y) − g(b) g(y) − a
1 1 1 g(y) − g(b)
pour x=a et ϕ(a)= ′ . On a x→a lim ϕ(x) = ′ et = ϕ(g(y)).
f(x) − f(a) f (a) x=a f (a) y−b
x−a
g(y) − g(b) 1
Comme g est continue en b, −→ ϕ(g(b)) =ϕ(a) = ′ . c.q.f.d.
y−b y→b f (a)
Remarque. Il est vivement recommandé à l’étudiant de regarder ce qui se passe si l’on
remplace dans ces théorèmes le mot “dérivée” (ou dérivable) par “dérivée à droite” (ou
dérivable à droite), et de même “à gauche”. Par exemple, dans cette proposition-ci, si f
est croissante, on peut remplacer toutes les dérivées par de des dérvées à droite (ou par
des dérivées à gauche). Et si f est décroissante, l’existence de f′d (a) entraı̂ne l’existence de
(f−1 )′g (b).

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Dérivation et différentiation.

4.9 Dérivées de fonctions trigonométriques inverses.


1 1
a) g(y)=Arcsin y. Ici, f(y)= sin y, f ′ (y)= cos y. Donc, g ′ (y)= = . Et
f ′ (f−1 (y)) cos(Arcsin y)
1
cos(Arcsin y)= 1 − sin2 (Arcsin y) (de cos2 α+sin2 α=1). Donc : (Arcsin) ′ (y)= √ ,
1 − y2
(y∈]−1,1[).
1
b) De mamière analogue, on obtient : (Arccos) ′ (y)= − √ , (y∈]−1,1[) (qu’on obtient
1 − y2
π
aussi de la relation Arcos y +Arcsin y= .
2
1 1 1
c) (Arctg) ′ (y)= = = , (y∈ R).
(tg) ′ (Arctg y) 1 + tg2 (Arctg y) 1 + y2

DIFFÉRENTIELLES.
La notion de différentielle est surtout utile pour des fonctions de plusieurs variables réelles;
dans le cas d’une variable réelle, son intérêt réside dans la facilitation de la mémorisation
des résultats. La notion de différentielle utilise des notions algébriques que nous n’avons
pas encore abordées. Aussi, nous allons en donner une présentation simplifiée.

4.10 Définition.
Une application L : R −→ R est dite linéaire si elle est de la forme L(x)=αx où α ∈ R. Une
application H : R −→ R est dite affine si elle est de la forme H(x)=L(x)+β où L est linéaire
et β ∈ R, auquel cas L est appelée la partie linéaire de H. L’ensemble des applications
linéaires de R dans R est noté L(R,R). C’est une espace vectoriel de dimension 1 sur R
dont une base est constituée par le singleton formé par l’application identité idR (x−→x),
ce qui signifie que l’on peut écrire L=αL .idR pour chaque application linéaire L∈ L(R,R)
avec αL ∈ R (αL =L(1)).
Deux fonctions numériques réelles f et g, définies au voisinage de a∈ R, sont dites tangentes
en a si f−g=o(ϕ) au voisinage de a, où ϕ(x)=x−a (On peut définir aussi les notions de
tangence à droite ou à gauche et la tangence à un ordre supérieur). La relation ainsi définie
est une relation d’équivalence et lorsque f et g sont tangentes en a, alors f−g est continue
en a et f(a)=g(a).

4.11 Proposition. Une fonction numérique f définie au voisinage de a∈ R est dérivable


en a ssi on peut trouver L∈ L(R,R) (L(x)=αL x) telle que la fonction θ1 (x)=L(x−a) est
tangente à la fonction θ(x)=f(x)−f(a) en a. Dans ce cas, L est unique et L(x)=f ′ (a).x
c.à.d. αL =f ′ (a). Une autre formulation est que : il existe une application affine H=L+β
tangente à f en a.
Preuve : Il suffit d’écrire la définition de la dérivabilité de f en a. c.q.f.d.

4.12 Définition. Une fonction f définie au voisinage de a∈ R est dite différentiable en


a si elle vérifie la condition de la proposition 4.11, c.à.d. si l’on peut trouver L∈ L(R,R)
(L(x)=αL x) telle que la fonction θ1 (x)=L(x−a) est tangente à la fonction θ(x)=f(x)−f(a)
en a. La différentiabilité de f en a est donc ici équivalente à la dérivabilité de f en a. L

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FONCTIONS NUMERIQUES. DERIVATIONS ET APPLICATIONS.

est appelée la différentielle de f en a et notée da f ou (df)a (ou encore f ′ (a) quand aucune
confusion avec la dérivée de f en a n’est possible). On voit donc que (df)a (x)=f ′ (a).x
et on obtient une application df : Df ′ −→ L(R,R) qui à a∈Df ′ associe (df)a ∈ L(R,R),
df(a)=(df)a , appelée la différentielle 19 de f.

Lorsque f est une application linéaire L∈ L(R,R), L(x)=αx, tout le monde sait que
L ′ (x)=α. Donc (dL)x =L en tout point x∈ R, la différentielle de L en x est L elle-même.
En particulier, pour L=idR , L(x)=x. On note alors, pour un point a∈ R, (dL)a =L=idR
par dx (lorsque la variable utilisée, l’argument de la fonction L, est x) pour signifier que
c’est la différentielle en a de l’application x−→x. On devrait écrire (dx)a , mais comme
c’est indépendant de a (c’est L), on n’écrit pas l’indice “a”.
En conséquence, pour une application f différentiable en a, on a (df)a (x)=f ′ (a).x = f ′ (a).L(x)
= [f ′ (a).L](x) = [f ′ (a).dx](x), et donc (df)a =f ′ (a).dx (ce qui est cohérent avec ce que nous
disions, que (df)a =α(df)a .idR , ici idR =dx, α(df)a = f ′ (a)). C’est cette formule qu’on doit
retenir : (df)a =f ′ (a).dx.
Malheureusement, on note aussi dx la différentielle de l’application x−→x (quand la vari-
able utilisée est x). C’est-à-dire que le symbole “dx” dénote deux choses différentes : la
différentielle de l’identité idR en chaque point a∈ R (c.à.d. dx=(dϕ)a où ϕ=idR ) et la
différentielle de l’identité idR (c.à.d. dx=dϕ où ϕ=idR ). Mais il faut s’y faire ! Dans le
premier cas, on a : (df)a =f ′ (a).dx. Dans le deuxième, on a : df=f ′ .dx !!!
Règles de calcul.
(j) d(λu)=λdu (λ ∈ R, u fonction numérique)
(jj) d(u+v)=du +dv (u, v fonctions numériques)
(jjj) d(u.v)=[Link] + [Link] (u,v fonctions numériques)
u [Link] − [Link]
(jv) d( )=
v v2
(v) Pour la composée : avec z=g(x), y=f(z) (c.à.d. f(g(x))), g différentiable en a de
différentielle (dg)a et f différentiable en b=g(a) de différentielle (df)b . Alors (d(f◦g))a =(df)b ◦
(dg)a c.à.d. (d(f◦g))a =(df)g(a) ◦ (dg)a (composée de deux applications linéaires).
On note aussi (df)g(a) ◦ (dg)a par [g∗ (df)]a c.à.d. lorsqu’on a une différentielle df, l’application
a−→(df)g(a) ◦ (dg)a est notée [g∗ (df)] appelée image réciproque de df par g. C’est à dire
que, lorsque g est différentiable en un point a∈A, on a une application g∗ de l’ensemble
des différentielles Ω(A,R) dans lui-même qui à df associe g∗ (df).
Cette notation différentielle est utile en pratique dans les calculs et permet surtout de
retenir facilement certains résultats. Ainsi, pour la dérivation de la composée de deux
dy dy dz
fonctions, on a = pour y=y(z(x)), et pour la fonction réciproque (y=y(x) de
dx dz dx
dy 1
réciproque x=x(y)), on a = .
dx dx dy

19
La différentielle (df)a est une application linéaire (un élément de L(R,R)), la différentielle df est
une application (pas nécessairement linaire) à valeurs dans L(R,R) (df∈ F(A,L(R,R)). On appelle aussi
cette dernière une “forme différentielle” sur A. L’ensemble des formes différentielles sur A est parfois noté
Ω(A,R).

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Dérivation et différentiation.

APPLICATIONS des dérivées.


4.13 Proposition. Soient f une fonction numérique, a∈Df . On suppose que f présente
en a un extrémum relatif (c.à.d. que dans un intervalle ouvert I⊂Df contenant a, f(a) est
le maximum ou le minimum de f dans I) et on suppose que f ′ (a) existe. Alors, f ′ (a)=0.
(Ce théorème est parfois appelé théorème de Fermat)
Preuve : Supposons que f(a) est un maximum relatif, c.à.d. que, pour x dans un intervalle
f(a + h) − f(a)
de centre a, f(x)≤ f(a). Alors, f ′ (a)=f ′d (a)=lim ≤ 0 et f ′ (a)=f ′g (a)=lim
h→0
h>0
h h→0
h<0
f(a + h) − f(a)
≥ 0. Donc, f ′ (a)=0.
h

Remarques. 1) La réciproque n’est pas vraie en général.

2) On voit qu’en fait, on a f ′d (a)≤ 0 si a est un maximum relatif pour f (si f ′d (a) existe).
Et si f ′g (a) et si a est un maximum relatif, f ′g (a)≥ 0.

4.14 Proposition. Si la fonction f est croissante (sens large) et si f ′d (a) (resp. f ′g (a),
resp. f ′ (a)) existe, alors f ′d (a) (resp. f ′g (a), resp. f ′ (a)) est ≥ 0.
f(a + h) − f(a)
En effet, ≥ 0 pour h>0 suffisamment petit.
h
4.15 Théorème. (de ROLLE) Soit f ∈ C([a,b],R) (a<b), dérivable sur ]a,b[ telle que
f(a)=f(b). Alors, on peut trouver au moins un c∈]a,b[ tel que f ′ (c)=0.
Preuve : Si f est constante, c’est évident car f ′ ≡ 0. Supposons donc f non constante. Soit
M= sup f(x) et m= inf f(x). Alors, m=f(a) ou M=f(a), car f n’est pas constante. Comme
x∈[a,b] x∈[a,b]
f est continue sur [a,b], on sait que m et M sont atteints par f. C.à.d. on peut trouver x0 et
x1 tels que f(x0 )=m et f(x1 )=M. Donc, au cas où M=f(a), x1 =a et x1 =b (ici f(a)=f(b)).
Donc, f ′ (c)=0 d’après la proposition 4.13. Idem au cas où m=f(a). c.q.f.d.
Remarque. Le théorème de Rolle sert souvent à montrer l’existence de zéros d’une fonc-
tion. Par exemple, si f est dérivable sur un intervalle I et si f admet n zéros sur I, alors f ′
admet dans I au moins n−1 zéros séparant les zéros de f.

4.16 Théorème. (des Accroissements Finis) Soient f et g∈ C([a,b],R) (a<b),


dérivables sur ]a,b[. Alors, on peut trouver au moins un c∈]a,b[ tel que
f ′ (c) f(b) − f(a)
le déterminant =0.
g ′ (c) g(b) − g(a)

f (x) − f(a) f(b) − f(a)


Preuve : Posons ϕ(x)= = [f(x)−f(a)][g(b)−g(a)]− [g(x)−g(a)]
g (x) − g(a) g(b) − g(a)
[g(b)−g(a)]. Alors, ϕ(a)=ϕ(b)=0 et ϕ satisfait aux hypothèses de Rolle sur [a,b]. Donc,
on peut trouver c∈]a,b[ tq ϕ ′ (c)=0 et le déterminant en question est juste une manière
d’écrire ϕ ′ (c) pour mieux retenir la formule. c.q.f.d.

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FONCTIONS NUMERIQUES. DERIVATIONS ET APPLICATIONS.

f(b) − f(a)
Remarque. Justement, si g(a)=g(b), le résultat précédent s’écrit f ′ (c)=g ′ (c) .
g(b) − g(a)
f ′ (c) f(b) − f(a)
Si, de plus, g ′ (x)= 0 sur ]a,b[, alors = (appelé parfois formule de
g ′ (c) g(b) − g(a)
Cauchy).

4.17 Proposition. (Règle de L’HÔPITAL) Soient a∈ R, f et g définies et dérivables


f ′ (x)
au voisinage de a (sauf éventuellement en a). On suppose que ′ est définie dans un
g (x)
f ′ (x)
voisinage de a (sauf éventuellement en a) et que x→a
lim ′ =λ (fini ou non). On suppose
x=a g (x)
f (x)
de plus que x→a
lim f(x) = x→a
lim g(x)=0. Alors, x→a
lim =λ.
x=a x=a x=a g (x)

Preuve : Si f(a) n’est pas définie ou si f(a)=0, on modifie la fonction f en a de façon à ce


que f soit continue en a, c.à.d. on supposera que f(a)=0. Cela n’a aucune influence sur les
limites qui entrent en jeu. On fait de même pour g. Le fait que g(x)=0 au voisinage de a
est une conséquence du théorème de Rolle et du fait que g ′ (x)=0 au voisinage de a (sinon
on aurait des c au voisinage de a tels que g ′ (c)=0). Donc, on peut supposer que, pour x
voisin de a, f et g vérifie les hypothèses du théorème des accroissements finis sur [a,x] (resp.
f (x) f(x) − f(a) f ′ (c)
sur [x,a]), et donc qu’on peut trouver c∈]a,x[ (resp. ]x,a[) tq = = ′ et
g (x) g(x) − g(a) g (c)
f ′ (c)
quand x tend vers a alors c tend vers a aussi (Th. du chariot) et ′ tend vers λ, donc
g (c)
f (x)
aussi. c.q.f.d.
g (x)
Le résultat est valable en remplaçant le signe = par > ou < dans la proposition.
1 f (x)
Remarque. 1) La réciproque n’est pas vraie. Prendre f(x)=x2 sin et g(x)=x, lim
x x→0 g (x)
x=0
f ′ (x) 1 1
=0 mais =2x sin −cos n’a pas de limite quand x tend vers 0.
g ′ (x) x x
0
2) Ce théorème permet de lever certaines formes indéterminées de la forme .
0

4.18 Proposition. (cas a =±∞) On prend les mêmes hypothèses que la proposition
précédente mais avec a=−∞ (resp. a=+∞). Alors, on a les mêmes conclusions.
1 1
Preuve : On fait un changement de variables. On pose F(x)=f( ) et G(x)=g( ). Alors,
x x
F et G vérifient les conditions de la proposition précédente au voisinage de 0 à droite (resp.
′ 1 1 ′ 1
F ′ (x) f ( x )( − x2 ) f ( x ) F (x)
à gauche). ′ = = −→ λ qd x−→ 0. Donc −→ λ qd x−→ 0,
G (x) g ′ ( 1 )( − 1 ) g ′ ( 1 ) > G (x) >

x x2 x
1
f( )
c.à.d. x −→ λ qd x−→ 0, ou encore f (X) −→ λ qd X→ +∞. c.q.f.d.
1 > g (X)
g( )
x

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Dérivation et différentiation.

4.19 Proposition. Soient A=[a,b[, a<b, (b≤+∞), f et g définies et dérivables sur A.


f ′ (x) f ′ (x)
On suppose que ′ est définie sur A et que lim ′ =λ (fini ou non). On suppose que
g (x) x→b g (x)
f (x)
lim g(x) =+∞. Alors, lim =λ.
x→b x→b g (x)

Preuve : Nous faisons la démonstration pour λ fini. On peut supposer que g(x)>0 pour
x∈A. De plus, si x=x′ , g(x)=g(x′ ) (sinon Rolle dit qu’on peut trouver x tel que g′ (x)=0).
Soit ε>0. La fonction (1−δ)(λ − δ)−δ (resp. (1+δ)(λ + δ)+δ) tend vers λ quand δ
tend vers 0. Donc, on peut trouver δ > 0 (δ <1) tel que (1−δ)(λ − δ)−δ>λ − ε (resp.
(1+δ)(λ + δ)+δ<λ + ε).
f ′ (t)
Par hypothèse, on peut trouver un “voisinage” V de b tel que, pour t∈V, λ − δ < <
g ′ (t)
f (x ′ ) f (x) (g (x ′ ) − g(x)) (f (x ′ ) − f(x))
λ + δ. Soient x ∈V, et x ′ tel que x<x ′ . On a = +
g (x ′ ) g (x′ ) g (x ′ ) (g (x ′ ) − g(x))
f (x) g(x) f (x ′ ) − f(x)
= +(1− ) .
g (x ′ ) g (x ′ ) g (x ′ ) − g(x)
g(x)
Maintenant, en fixant x et en faisant tendre x′ vers b, g(x′ ) tend vers +∞, donc 1−
g (x′ )
f (x)
tend vers 1 et tend vers 0 . C’est-à-dire, on peut trouver un voisinage W de b tel
g (x′ )
g(x) f (x)
que pour x ′ ∈W (mais toujours >x), 1−δ<1− <1+δ et −δ< <δ.
g (x′ ) g (x′ )
f (x ′ ) − f(x)
D’après le théorème des accroissements finis, on peut trouver cx ′ ∈]x,x ′ [ tq
g (x ′ ) − g(x)
f ′ (cx ′ ) f ′ (cx ′ )
= . Donc, λ − δ < < λ + δ (car x∈V et x<cx ′ <x ′ entraı̂ne que cx ′ ∈V).
g ′ (cx ′ ) g ′ (cx ′ )
f (x ′ ) f (x ′ )
Finalement, (1−δ)(λ − δ)−δ< <(1+δ)(λ + δ)+δ. Donc, λ − ε< <λ + ε pour
g (x ′ ) g (x ′ )
f (x ′ )
x ′ ∈W. Donc, lim =λ. c.q.f.d.
x ′ →b g (x ′ )

Remarques. 1) On a un théorème analogue si A=]a,b] ou A=]a−η,a+η[\{a} mais en


prenant les limites quand x tend vers a, x>a (ou x=a).

2) Ce théorème permet de lever certaines indéterminations de la forme .

3) Comme précédemment, la réciproque n’est pas vraie.

4.20 Théorème. (des Accroissements Finis, forme simplifiée) Soient f ∈ C([a,b],R)


f(b) − f(a)
(a<b), dérivable sur ]a,b[. Alors, on peut trouver au moins un c∈]a,b[ tel que f ′ (c)= .
b−a
On a tout simplement pris g(x)=x. On écrit aussi, avec b−a=h et c=a+θh (0<θ<1) : “on
peut trouver θ ∈]0,1[ tel que f(a+h)−f(a)=h.f ′ (a+θh)” (formule des acrroissements
finis).

4.21 Corollaire 1. Soit f∈ C(I,R) (I étant un intervalle) telle que f est dérivable en tout

Pejy faha-58 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. DERIVATIONS ET APPLICATIONS.

point intérieur à I 20 . Alors, f est croissante (resp. décroissante) au sens large ssi f ′ ≥ 0
(resp. ≤ 0). Donc f est constante ssi f ′ ≡ 0.
Preuve : Supposons que f ′ ≥ 0 et soient u>v. D’après le théorème, on peut trouver
c∈]u,v[ tel que f(u)−f(v)=f ′ (c)(u−v)≥ 0. Donc f(u)≥ f(v). Donc f est croissante au sens
large. L’inverse est la proposition 4.14. c.q.f.d.
Remarques. 1) D’après la démonstration, on voit que si f ′ (x)>0 pour x intérieur à I,

alors f est croissante. La réciproque n’est pas vraie :

2) Le théorème de Rolle et le théorème des accroissements finis ne sont plus vrais si on


replace “dérivables” par “dérivables à droite”, par le contre-exemple f(x)=|x|. Par contre,
le corollaire 1 reste vrai. En effet, on démontre le théorème suivant.

4.22 Théorème. (Formule générale des Accroissements Finis) Soient f et g∈


C([a,b],R) (a<b), dérivables à droite sur [a,b[ et telles que |f ′d (x)| ≤g ′d (x) pour x ∈[a,b[.
Alors, |f (b) − f(a)| ≤g(b)−g(a). Par conséquent, (en prenant f=0) si 0 ≤g ′d (x) pour
x ∈[a,b[, alors, g est croissante au sens large.

4.23 Corollaire 2. Soit f et g ∈ C(I,R) (I étant un intervalle) dérivables en tout point


intérieur à I et telles que f ′ (x)=g ′ (x) (resp. fd ′ (x)=gd ′ (x) . Alors, f et g diffèrent d’une
constante. (Appliquer le corollaire 1 à f−g).
Remarque. Les deux corollaires sont valables seulement lorsque I est un intervalle. Ex-
emple,

4.24 Théorème. (Inversion locale) Soit f de classe C 1 sur un voisinage de a∈ R,


telle que f ′ (a)= 0. Alors, on peut trouver un intervalle ouvert J contenant a tel que f|J
soit strictement monotone et admette une réciproque de classe C 1 sur f(J).
Preuve : Supposons que f ′ (a)> 0 par exemple. Comme f ′ est continue, on peut trouver
f ′ (a)
un intervalle J ouvert sur lequel f ′ (x)> (par continuité en a). Donc, f est croissante
2
sur J (remarque du corollaire 1 précédent). Donc, f|J est un homéomorphisme de J sur
1
f(J) si g=(f|J )−1 alors g′ (y)= ′ qui est une fonction continue comme composée de
f (g(y))
fonctions continues. c.q.f.d.

4.25 Théorème. (Formule de TAYLOR) Soit f de classe C n sur [a,b] admettant


une dérivée d’ordre (n+1) sur ]a,b[ (n∈ N). Alors, on peut trouver c∈]a,b[ tq f(b)=f(a) +
(b − a) 2 ′′ (b − a) n (n) (b − a) n+1 (n+1)
(b−a)f ′ (a)+ f (a)+ · · · + f (a) + f (c).
2 n! ( n+1)!
20
L’intérieur de I est l’intervalle ouvert de mêmes extrémités que I et un point intérieur à I est un point
de l’intérieur de I.

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-59


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Dérivation et différentiation.

Le résultat est valable si b<a et, en écrivant b−a=h et c=a+θh (θ ∈]0,1[), on a :


h2 hn hn+1 (n+1)
f(a+h)=f(a)+hf ′ (a)+ f ′′ (a)+· · · + f (n) (a)+ f (a+θh).
2 n! (n+1)!
hn+1 (n+1) (b − a)n+1 (n+1)
Les termes f (a+θh) et f (c) sont appelés “reste de Lagrange”
(n+1)! (n+1)!
et la formule s’appelle “formule de Taylor-Lagrange”, et dans le cas a=0, “formule de
Mac-Laurin”.
(y − x)2 ′′ (y − x)n (n)
Preuve : On pose Rn (x,y,f)=f(y)−f(x)−(y−x)f ′ (x)− f (x)− · · · − f (x)
2 n!
n (y − x)k
= f(y)−f(x)− f (k) (x) quand cela a un sens. Posons ϕ(x)=Rn (x,b,f) pour x∈[a,b].
k=1 k!
n (b − x)k (b − x)n (n+1)
ϕ(a)=Rn (a,b,f) et ϕ(b)=0, ϕ(x)=f(b)−f(x)− f (k) (x), ϕ ′ (x)=− f (x)
k=1 k! n!
pour x∈]a,b[.
Soit alors ψ(x) une fonction quelconque dans C([a,b],R) dérivable sur ]a,b[ et tq ψ(a)=
ψ(b) et ψ ′ (x)= 0 pour x∈]a,b[. Alors, d’après le théorème des accroissements finis,
ϕ ′ (c) ϕ(b) − ϕ(a) ϕ ′ (c)
on peut trouver c∈ ]a,b[ tq ′ = . Donc, Rn (a,b,f) = ′ [ψ(a)−ψ(b)]
ψ (c) ψ(b) − ψ(a) ψ (c)
(b − c)n ψ(b) − ψ(a) (n+1)
= f (c). Maintenant, pour ψ(x)=(b−x)n+1 , ψ(a)=(b−a)n+1 = ψ(b)=0,
n! ψ ′ (c)
(b − a)n+1 (n+1)
ψ ′ (x)=−(n+1)(b−x)n . Donc, Rn (a,b,f) = f (c). c.q.f.d.
(n+1)!
Remarque. Si ψ(x)=(b−x), on obtient un reste appelé “reste de Cauchy”. Dans ces
formules, le reste est bien défini, car les hypothèses sont strictes, mais parfois on n’a pas
autant d’hypothèses.

4.26 Lemme. Soit g une fonction définie dans un voisinage de a∈ R telle que g(a)=0
et que les dérivées suivantes existent en a, et g ′ (a)=g ′′ (a)=· · ·=g(n) (a)=0 (n∈ N). Alors,
g(x)=o((x−a)n ) au voisinage de a.

Preuve : Pour simplifier, on suppose g définie sur [a,a+h[, que g(a)=0 et que gd ′ (a)=
(n)
gd ′′ (a)=· · · =g d (a)=0. Donc, g(n−1) est définie dans un intervalle [a,a+k[ (0<k<h) et
continue à droite en a. Donc, g ′ , g ′′ , ..., g(n−2) sont définies dans un intervalle [a,a+α[ (0 <
α <k) et continues. Pour x∈[a,a+α[, on peut trouver x1 ∈]a,x[ tq g(x)−g(a)=g′ (x1 )(x−a)
(th. des accroissements finis). De proche en proche, on a xp ∈]a,xp−1 [ tq
g(p−1) (xp−1 )−g(p−1) (a)=g(p) (xp )(xp−1 −a) (1≤ p≤ n−1). C.à.d. g(p−1) (xp−1 )=g(p) (xp )(xp−1 −a)
(1≤ p≤ n−1).
Donc, |g(x)|=|g′ (x1 )(x − a)| =|g′′ (x2 )(x1 − a)(x − a)| =· · ·
= g(n−1) (xn−1 )(xn−2 − a)(xn−2 − a)...(x1 − a)(x − a) .
g(x) g(n−1) (xn−1 ) xp − a g(n−1) (xn−1 )
Donc, ≤ car ≤ 1 pour chaque p∈[[1,n−1]]. Et ≤
(x − a)n x−a x−a x−a
g(n−1) (xn−1 ) xn−1 − a g(n−1) (xn−1 ) g(n−1) (xn−1 ) − g(n−1) (a)
(car ≤ 1). Et = . Puisque
xn−1 − a x−a xn−1 − a xn−1 − a
g(n−1) (xn−1 ) − g(n−1) (a) (n)
a<xn−1 <x, xn−1 →a lorsque x→a. Donc →gd (a)=0. On a bien
xn−1 − a

Pejy faha-60 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. DERIVATIONS ET APPLICATIONS.

que g(x)=o((x−a)n ) au voisinage de a.

4.27 Théorème. (Formule de YOUNG) Soit f définie dans un voisinage de a et telle


(b − a) 2 ′′
que f (n) (a) existe (n∈ N). Alors, on a : f(x)−f(a) −(b−a)f ′ (a)+ f (a)+ · · · +
n
2
(b − a) (n)
f (a) = o ((x − a)n ).
n!
Preuve : Avec ϕ(x)=Rn (a,x,f) (cf. la démonstration du théorème précédent), on vérifie
facilement que ϕ(a)=ϕ ′ (a)=ϕ ′′ (a)=· · ·=ϕ(n) (a)=0, et on applique le lemme. c.q.f.d.

n (x − a)k (k)
4.28 Définition. Lorsque f admet une dérivée f(n) (a), le polynôme Pn (x)= f (a)
k=0 k!
(x − a)0
( = 1 et f (0) (a)=f(a)) est appelé le développement de Taylor à l’ordre n de f en a.
0!
Les théorèmes précédents servent généralement à donner les développements limités des
fonctions comme on l’aura deviné. Donnons auparavant, un résultat très utile.

4.29 Proposition. Soit f une fonction dérivable sur un voisinage de a et dont la


dérivée f admet un développement limité à l’ordre n, f ′ (x)= a0 + a1 (x−a) +· · · + an (x−a)n

+o((x−a)n ). Alors, f admet un développement limité à l’ordre n+1, f (x)= f(a) + a0 (x−a)+
(x − a)2 (x − a)n+1
a1 +· · · + an +o((x−a)n+1 ). ( On dit qu’on intègre le développement
2 (n+1)
limité de f′ terme à terme. Ce résultat se démontre aussi par les intégrales.)
n n (x − a)k+1
Preuve : On pose P(x)= ak (x−a)k et Q(x)=f(a) + ak . On a Q′ (x)=P(x)
k=0 k=0 (k+1)
et Q(a)=f(a). D’après l’hypothèse, f′ (x)−P(x)=o((x−a)n ) au voisinage a, c.à.d. que pour
ε > 0, on peut trouver η > 0 tq si |x − a| < η alors |f′ (x) − P(x)| ≤ ε |x − a|n . Sur [a,a+η],
d (x − a)n+1
|(f − Q)′ (x)| ≤ ε(x−a)n = (ε ) . D’après le théorème 4.22 (formule générale
dx (n+1)
(x − a)n+1
des accroissements finis), |(f − Q)(x) − (f − Q)(a)| ≤ ε , c.à.d. |f(x) − Q(x)| ≤
(n+1)
(x − a)n+1
ε . Cela est aussi vrai sur [a−η,a]. Donc pour x tq |x − a| ≤ η, |f(x) − Q(x)| ≤
(n+1)
(x − a)n+1
ε . On a montré que f−Q=o((x−a)n+1 ). c.q.f.d.
(n+1)
Remarques. 1) De même, on montre que si f ′ (x)= a0 + a1 (x−a) +· · · + an (x−a)n +O((x−a)n+1 )
(développement au sens fort). Alors, f admet un développement limité à l’ordre n+1, f (x)=
(x − a)2 (x − a)n+1
f(a) + a0 (x−a)+ a1 +· · · + an +O((x−a)n+2 ).
2 (n+1)
2) Par contre, on n’a pas le droit de dériver terme à terme un développement limité d’une
fonction et dire que c’est le dévelopement limité de sa dérivée, sauf si ce développement est
un développement de Taylor. En effet, si f(x)=Pn (x−a)+ε(x)(x−a)n , on n’est pas sûr que
ε(x)(x−a)n soit dérivable. Par contre, si le développement est de Taylor, f(x)=f(a)+(x−a)f ′ (a)
(x − a)2 ′′ (x − a)n (n)
+ f (a)+ · · · + f (a) +o((x−a)n ). Donc on peut appliquer Young à f ′ car
2 n!
(f ′ )(n−1) (a)=f(n) (a) existe. Par exemple, si f(x)=1+x+x2 +λ(x).x3 avec λ=1IQ, f est continue

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Dérivation et différentiation.

en x=0 mais discontinue ailleurs (sinon λ serait continue ailleurs). Donc, f ′ (x) n’existe
qu’en x=0. Par contre, f ′ (0)=1. Mais f′′ n’est définie nulle part. Donc, le développement
n’est pas de Young. Cet exemple montre que l’existence de développement à l’ordre 1 de f
en a est équivalent à l’existence de f ′ (a), mais l’existence d’un développement à l’ordre n≥
2 n’entraı̂ne même pas l’existence de f′′ (a).

4.30 Applications.
(i) Young : avec a=0.
x3 x5 x2n+1
sin x= x − + +· · · +(−1)n +· · · +o(xp ) (xp ε(x)), ce o(xp ) est un O(x2k ) si
3! 5! (2n+1)!
p=2k. (sin est impaire)
x2 x4 x2n
cos x= 1 − + +· · · +(−1)n +· · · +o(xp ) (xp ε(x)), ce o(xp ) est un O(x2k ) si
2! 4! (2n)!
p=2k+1. (cos est paire)
α(α − 1) 2 α(α − 1)(α − 2) · · · (α − n + 1) n
(1+x)α = 1 +αx+ x +· · · + x +o(xn ). On note
2! (n)!
α α(α − 1)(α − 2) · · · (α − n + 1)
aussi = et quand α ∈ N, c’est Cnα .
n (n)!
(ii) Intégration terme à terme. (a=0)
2k+1
1 n n
k x
(Arctg)′ (x)= = (−1)k 2k
x +O(x2n+2
). D’où, Arctg(x)= (−1) +O(x2k+3 ),
1+x2 k=0 k=0 (2k+1)!
Arctg(0)=0.
1 2 − 12
n 1.3.5...(2k − 1)
(Arcsin)′ (x)= √ = (1−x ) =1+ .x2k +O(x2n+2 ). D’où, Arc-
1 − x2 k=0 2.4.6...(2k)
n 1.3.5...(2k − 1) x2k+1
sin(x)=x+ . +O(x2n+3 ).
k=0 2.4.6...(2k) 2k + 1
On obtient de la même façon les développements des fonctions Arg th et Arg sh, on y
reviendra.

4.31 Proposition.(Test intégral) Soient f une fonction dérivable sur ]a,+∞[ dont la
dérivée f ′ est positive et décroissante, et un =f ′ (n). Alors, la série [un ]n converge (resp.
diverge proprement vers +∞) ssi lim f(x) existe et est finie (resp. est égale à +∞).
x∞

Preuve : Si n>a, un =f ′ (n) est défini. On applique à f le théorème des accroisssements


finis entre n+1 et n. On obtient : f(n+1)−f(n) = f ′ (n+θ) (0<θ<1), donc un+1 =f ′ (n+1)≤
n
f ′ (n+θ)≤ f ′ (n)=un . Donc, pour p=[a]+1, posant Un = uk ,
k=p

up+1 ≤ f(p+1)−f(p)≤ up
up+2 ≤ f(p+2)−f(p+1)≤ up+1
···
un+1 ≤ f(n+1)−f(n)≤ un

Un+1 −Up ≤ f(n+1)−f(p)≤ Un , pour n>p (*)

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FONCTIONS NUMERIQUES. DERIVATIONS ET APPLICATIONS.

On sait que la série à termes positifs [un ] converge ssi la suite des sommes partielles (Un )n
est majorée. Or, les relations (*) montrent que (Un )n est majorée ssi (f(n))n est majorée.
Et comme f est croissante (f ′ étant positive), la suite (f(n))n est majorée ssi f est majorée
(car [x]≤ x<[x]+1 entraı̂ne f([x])≤f(x)<f([x]+1)). Et, toujours parce que f est croissante,
f est majorée ssi lim f(x) existe et est finie. c.q.f.d.
x∞

Cette proposition s’applique aux séries de Riemann (un =nα ) et aux séries de Bertrand
(un =nα logβ (n)).

EXPONENTIELLES, LOGARITHMES, FONCTIONS


HYPERBOLIQUES et INVERSES.
Nous reprenons ici les notations
n
et résultats de l’exercice 2.31. Pour chaque x∈ R fixé21 ,
∞ x
on note exp(x)=1+ c.à.d. exp(x) est la somme de la série exp(x) de terme général
n=1 n!
n
x ∞ 1
un (x)= pour n≥ 1 et u0 (x)=1. En particulier, exp(1)= et exp(0)=1.
n! n=0 n!

Dans l’exercice 2.31, on montre les résultats suivants :


• Pour chaque x fixé, la série exp(x) est absolument convergente et l’on a :
exp(x+y)=exp(x)exp(y), pour x, y∈ R (♦).
1 n
• Si vn = 1 + (n≥ 1), alors (vn )n est une suite croissante qui converge vers un nombre
n
1 n
noté e, c.à.d. e=lim 1 + . De plus, e=exp(1) et e est irrationnel, tel que,
n∞ n
1 1 1 1 1 1 1
1 + + +· · · + < e <1 + + +· · · + + (pour n≥ 2), (e≃ 2, 718...).
1! 2! n! 1! 2! n! n!
De (♦) on déduit que :
1
• exp(x)>0 et exp(−x)= pour chaque x∈ R fixé.
exp(x)
• exp(rx)=(exp(x))r pour r∈ Q, puissance au sens usuel. Et, en particulier, exp(r)=exp(r.1)
=(exp(1))r =er , pour r∈ Q, et exp(r.p)= (exp(r))p = (er )p = erp , pour r,p∈ Q.

4.32 Définition. Pour x∈ R, fixé, on appelle exponentielle de x le nombre noté exp(x)


∞ xn
ou, plus couramment, ex , qui est exp(x)=ex =1+ . Lire “exponentielle x” pour ex . La
n=1 n!
notation ex provient du fait que exp(r) n’est autre que le nombre e élevé à la puissance r (au
sens usuel), et, en fait, cette exponentiation vérifie les règles usuelles de l’exponentiation.
On définit ainsi une fonction appelée exponentielle népérien ou exponentielle (de
base e) exp : R −→ R∗+ , x∈ R −→ ex ∈ R∗+ .

4.33 Proposition. (i) La fonction exponentielle est un homéomorphisme croissant de


R sur R∗+ , isomorphisme du groupe additif (R,+) sur le groupe multiplicatif (R∗+ , .) c.à.d.
′ ′
ex+x =ex ex .
(ii) exp ′ (x)=exp(x), en tout point x∈ R.
21
En fait, la série exp(x) est définie même pour x∈ C, et cela définit l’exponentielle complexe.

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Exponentielles, Logarithmes, Fonctions hyperboliques, Inverses.

(iii) lim ex =+∞ et lim ex =0.


x+∞ x−∞
∞ xn
Preuve : (iii) lim ex =+∞ car ex =1+ >1+x pour x>0, et lim (1+x)=+∞. lim
x+∞ n=1 n! x+∞ x−∞
1
ex =0 car lim ex = lim x .
x−∞ x+∞ e

ex+h − ex eh − e0 eh − 1 eh − 1 1 ∞ hn
(ii) exp ′ (x)= lim = lim ex =ex . lim . Et, =
h→0
=
h h→0
=
h h→0
=
h h h n=1 n!
∞ h n−1 n−1 n−2 ∞ hn−2
h ∞ h h ∞ h h
= =1+ + = 1+ + h.( ) = 1+ + h.k(h) où k(h)= =
n=1 n! 2 n=3 n! 2 n=3 n! 2 n=3 n!
n
∞ h
qui est la somme d’une série absolument convergente. On vérifie que |k(h)| ≤
n=1 (n+2)!
n
∞ |h| eh − 1
. Lorsque h tend vers 0, |h| est majoré par un nombre α>0. Donc −1 ≤
n=1 (n+2)! h
1 1 ∞ αn eh − 1
|h|( + |k(h)|) ≤ |h|( + ) et, donc, quand h tend vers 0, lim = 1.
2 2 n=1 (n+2)! h→0
=
h
Donc exp ′ (x)=ex . Par conséquent, exp est continue (car dérivable) et croissante car exp ′
est posirive. C’est donc un homéomorphisme de R sur ]0,+∞[=R∗+ .
(i) Comme exp(x+y)=exp(x).exp(y), c’est un isomorphisme du groupe additif (R,+) sur
le groupe multiplicatif (R∗+ , .). c.q.f.d.

4.34 Théorème-Définition.
(1) L’homéomorphisme réciproque de exp de R∗+ sur R, isomorphisme du groupe multipli-
catif ( R∗+ , .) sur le groupe additif ( R,+), est appelé le logarithme népérien ou logarithme
de base e, et noté Log (ou Ln dans les manuels anglo-saxons), homéomorphisme croissant.
Log(x.x ′ )=Log(x)+Log(x ′ )
1
(2) Log ′ (y)= pour chaque y>0.
y
(3) lim Log(y)=+∞ et lim Log(y)=−∞.
y+∞ y→0

x=Log(y) (y>0) ssi y=ex (x∈ R). En particulier, Log(e)=1 et Log(1)=0.


Ce théorème est une conséquence du théorème sur les fonctions réciproques. Excepté le
fait que c’est un isomorphisme de groupe, qui est un résultat d’algèbre : la réciproque d’un
isomorphisme est un isomorphisme.

4.35 Remarque-Définition.
Partant de la formule exr =(ex )r pour r∈ Q, si l’on prend x=Log(a) (a>0), on obtient
erLog(a) =(eLog(a) )r =ar au sens usuel. D’où la définition : Pour a>0, a=1, on appelle expo-
nentielle de base a la fonction de R dans R∗+ , qui à x∈ R associe le nombre noté ax défini
par ax =exLog(a) . (Si a=1, ax ≡ 1)

4.36 Proposition. (i) Pour a>0, a= 1, ax est un homéomorphisme de R sur R∗+ ,


x+x ′ ′
isomorphisme de groupe entre (R,+) et (R+
∗ , .), c.à.d. a =ax ax .
′ ′
(ii) axx =(ax )x pour x,x′ ∈ R.

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FONCTIONS NUMERIQUES. DERIVATIONS ET APPLICATIONS.

(iii) Si a>1, ax est croissante de 0 à +∞ ( lim ax =+∞ et lim ax =0).


x+∞ x−∞

Si 0<a<1, ax est décroissante de +∞ à 0 ( lim ax =+∞ et lim ax =0).


x−∞ x+∞

(iv) (ax ) ′ =Log(a).ax (a>0, a= 1)



y=ax ssi y=exLog(a) , ssi xLog(a)=Log(y). Log(ax+x )=(x+x′ )Log(a) =xLog(a)+x′ Log(a)
′ ′ ′ ′ ′ ′ x′
=Log(ax )+Log(ax ) =Log(ax ax ), donc ax+x =ax ax . De même, axx =exx Log(a) = exLog(a ) =

(ax )x . Pour le reste, il suffit de montrer (iv) ax =exp(xLog(a)) = f(g(x)) où f(y)=exp(y) et
d x
g(x)=xLog(a). D’où : (a )=f ′ (g(x)).g ′ (x) = exp(g(x)).Log(a) =ax .Log(a). Et si a>1,
dx
Log(a)>Log(1)=0 (ax est croissante, dérivée positive)), et si 0<a<1, Log(a)<0 (ax est
décroissante). Les limites sont évidentes ( lim exLog(a) avec les signes de Log(a))
x±∞

4.37 Définition-Théorème. Pour a>0, a=1.


(i) L’homéomorphisme réciproque de a x de R∗+ sur R, isomorphisme de groupe entre ( R∗+ ,
.) et ( R,+), est noté log a et appelé logarithme de base a. Il vérifie : x=log a y ssi y=a x et
log a (yy ′ )=log a (y)+log a (y ′ ).
(ii) Si a>1, log a est croissante de −∞ à +∞, c.à.d. lim log a (y)=−∞ et lim
y∞
log a (y)=+∞.
y→0
Si 0<a<1, log a est décroissante de +∞ à −∞, c.à.d. lim log a (y)=+∞ et lim log a (y)=−∞.
y→0 y∞

(iii) log a (1)=0 (car a 0 =1) et log a (a)=1 (a 1 =a)


1 1 1 1
(iv) log ′a (y)= (car si f(x)=a x , log ′a (y)= ′ = = )
yLog(a) f (log a (y)) f (log a (y))Log(a) yLog(a)
Graphes.

4.38 Propriétés. (a>0, a= 1)


(j) Pour y>0, on peut trouver x1 unique tel que y=ax1 , x1 =loga (y). Donc, pour x∈ R,
yx =ax1 x et loga (yx )=loga (ax1 x )=x1 x=[Link] (y). D’où la formule : loga (yx )= [Link] (y),
pour x∈ R et y>0.
(jj) logb (y) =log(aloga (y) ) =loga (y).logb (a), pour a>0, a= 1, et b>0, b= 1.
(jjj) b=aloga (b) ce qui équivaut à bx =[Link] (b) .

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Exponentielles, Logarithmes, Fonctions hyperboliques, Inverses.

4.39 Comparaison des fonctions puissances, logarithmes et exponentielles.


Soit a>1.
xn (Log(a))n
(1) Si x>0, ax > pour n∈ N (car ax =exLog(a) ).
n!
(2) Soit α > 0. Alors, xα est négligeable devant ax au voisinge de +∞.
xα n!
En effet, pour n>α, x < n−α qui tend vers 0 quand x tend vers +∞.
a x Logn (x)
(3) Pour β > 0, (loga (x))β est négligeable devant xα au voisinage de +∞, pour α > 0.

(loga (x))β yβ yβ yβ
En effet, posons y= loga (x) c.à.d. x=ay et b=aα >1, alors = = = .
xα ayα (aα )y by
(loga (x))β
De plus, x → +∞ ssi y→ +∞. Donc, −→ 0 (d’après (2)).
xα x+∞
>
(4) Pour α > 0, xα loga (x)→ 0− quand x−→ 0.
1 > 1 1 −loga (X)
On pose X= , X→ +∞ ssi x−→ 0. Et xα loga (x)= α loga ( ) = α
→ 0− .
x X X X

4.40 Développements limités usuels. (Application de la formule de Young pour


a=0)
• Puisque exp′ (x)=exp(x), donc exp(n) (x)=exp(x) pour n∈ N, on obtient : (au voisinage
de a=0)
x x2 xn
ex =1 + + +· · · + + εn (x).xn avec εn (x)→ 0 quand x→ 0.
1! 2! n!
∞ xk ∞ xk
En fait, puisque ex = 1+ , εn (x)=x.( )=O(x).
k=1 k! k=0 (n+k + 1)!

• On obtient également, en prenant les dérivées successives de Log(1−x) pour x=0 :


x2 xn
Log(1−x)=−x− − ··· − + εn (x).xn avec εn (x)→ 0 quand x→ 0.
2 n
x2 x3 xn
Log(1+x)=x− + − · · · +(−1)n−1 + εn (x).xn avec εn (x)→ 0 quand x→ 0.
2 3 n
Ces deux formules auraient pu être obtenues en intégrant terme à terme les formules
1 1
=1+x+x2 +· · · +xn−1 +ε′n (x).xn−1 et =1−x+x2 −· · · +(−1)n−1 xn−1 +ε′n (x).xn−1
1−x 1+x
−1 1
et en remarquant que (Log(1−x))′ = et (Log(1+x))′ = .
1−x 1+x
d α d αLog(x) α α dn α
• Soit α ∈ R∗ , (x )= (e ) = (eαLog(x) ) = xα =αxα−1 . D’où : (x )=
dx dx α−n x x dxn
α(α − 1)(α − 2) · · · (α−n+1)x (par récurrence). Et en l’appliquant à la fonction
(composée) (1+x)α en x=0, on obtient :
α(α − 1) 2 α(α − 1)(α − 2) · · · (α − n + 1) n−1
(1+x)α =1+αx+ x + ··· + x +εn (x).xn , ap-
2! n!
α(α − 1)(α − 2) · · · (α − n + 1)
pelé le développement limité du binôme (au voisinage de 0),
n!

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FONCTIONS NUMERIQUES. DERIVATIONS ET APPLICATIONS.

α
est noté aussi appelé coefficient du binôme et qui n’est autre que Cnα lorsque
n
α ∈ N.

4.41 Définition.
ex − e−x
On appelle sinus hyperbolique la fonction notée sh, telle que sh x= .
2
ex + e−x
On appelle cosinus hyperbolique la fonction notée ch, telle que ch x= .
2
sh x ex − e−x
On appelle tangente hyperbolique la fonction notée th, telle que th x= = .
ch x ex + e−x
1 ch x
On appelle cotangente hyperbolique la fonction notée coth, telle que coth x= =
th x sh x
ex + e−x
= x (x= 0)
e − e−x
4.42 Propriétés.
1) sh, ch et th sont de classe C ∞ sur R et coth est de classe C ∞ sur R∗ , sh et th (ainsi que
coth) sont impaires, ch est paire.
1 −1
2) sh′ (x)=ch(x), ch′ (x)=sh(x), th′ (x)= 2 = 1−th2 x, coth′ (x)= 2 = 1−coth2 x.
ch (x) sh (x)
3) ex =ch x +sh x, e−x =ch x−sh x, d’où 1=ch2 x−sh2 x.
Graphes. Une étude simple donne les graphes suivants.

4.43 FORMULES USUELLES.


A l’aide de la formule ex =ch x +sh x, on vérifie aisément les suivantes.
(ea+b =ea eb et changer a en −a et b en −b).
• sh(a+b)= sh(a)ch(b) +sh(b)ch(a)
• sh(a−b)= sh(a)ch(b) −sh(b)ch(a)
• ch(a+b)= ch(a)ch(b) +sh(a)sh(b)
• ch(a−b)= ch(a)ch(b) −sh(a)sh(b)
th(a) + th(b)
• th(a+b)=
1+ th(a)th(b)

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Exponentielles, Logarithmes, Fonctions hyperboliques, Inverses.

th(a) − th(b)
• th(a−b)=
1 − th(a)th(b)
• sh(2a)= 2 sh(a)ch(a)
• ch(2a)= ch2 (a)+sh2 (a) = 1+ 2sh2 (a) = 2ch2 (a)−1
2th(a)
• th(2a)=
1 + th2 (a)
x x x
x x x 2sh( )ch( ) 2th( )
• sh(x)= sh(2 )= 2sh( )ch( ) = 2 2 2
2 2 2 2
x 2
x = 2
x
ch ( ) − sh ( ) 1 − th ( )
2 x 2 2
2 x 2 2 x
x x ch ( ) + sh ( ) 1 + th ( )
• ch(x)= ch2 ( ) + sh2 ( )= 2 2 2
2 2 2
x 2
x = 2
x
ch ( ) − sh ( ) 1 − th ( )
2 2 2
x 2t 1 + t2 2t
• Donc, pour t=th( ), sh(x)= 2
, ch(x)= 2
, th(x)= .
2 1−t 1−t 1 + t2

4.44 FONCTIONS HYPERBOLIQUES INVERSES.

• La fonction sh étant continue et croissante de R sur R admet un homéomorphisme


réciproque, appelé Argument sinus hyperbolique, noté Arg sh, croissant, sur sh(R)=R.
ey − e−y
y= Arg sh(x) ssi x=sh(y), c.à.d. x= ou (ey )2 − 2xey − 1=0. Ce qui donne
√ √ 2 √
ey =x± x2 + 1 √ et, puisque ey > 0, ey = x+ x2 + 1, c.à.d. y= Log(x+ x2 + 1). Donc, Arg
sh(x)= Log(x+ x2 + 1).
1 1
Par ailleurs, Arg sh est dérivable et l’on a : (Arg sh)′ (x)= ′ =
sh (Arg sh(x)) ch(Arg sh(x))
1 1 ′ 1
= = √ . Donc, (Arg sh) (x)= √ (formule qu’on aurait
1 + sh2 (Arg sh(x)) 1 + x2 1 + x2
pu calculer à partir de la formule précédente).
• La restriction de la fonction ch à [0,+∞[ étant continue et croissante admet admet un
homéomorphisme réciproque, appelé Argument cosinus hyperbolique, noté Arg ch, croissant,
sur ch(R+ ) =[1,+∞[.
ey + e−y
y= Arg ch(x) (x≥ 1) ssi x=ch(y) (y≥ 0), c.à.d. x= ou (ey )2 − 2xey + 1=0. Ce
√ 2 √
y 2 − 1 et, puisque x≥ 1 et ey > 1 (y≥ 0), ey = x+ x2 − 1, c.à.d. y=
qui donne√ e =x± x √
Log(x+ x2 − 1). Donc, Arg ch(x)= Log(x+ x2 − 1) (x≥ 1).
x
1+ √ 2
1 1
Dérivée : (Arg ch)′ (x)= √x − 1 = √ . Donc, (Arg ch)′ (x)= √ 2 .
x+ x −12 2
x −1 x −1
• La fonction th étant continue et croissante de R sur ]−1,1[ admet un homéomorphisme
réciproque, appelé Argument tangente hyperbolique, noté Arg th, croissant, sur th(R)=
]−1,1[.
ey − e−y 1+x
y= Arg th(x) (x∈ ]−1,1[) ssi x=th(y) (y∈ R), c.à.d. x= y −y
ou e2y = . Ce qui
e +e 1−x
1 1+x
donne Argth(x)= Log( ) x∈]−1,1[.
2 1−x

Pejy faha-68 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. FONCTIONS CONVEXES.

1 1
Par ailleurs, Arg th est dérivable et l’on a : (Arg th)′ (x)= = .
1− th2 (Arg th(x)) 1 − x2
On laisse à l’étudiant le soin de tracer les graphes de ces fonctions.

4.45 DEVELOPPEMENTS LIMITÉS.

Application de la formule de Young au point a=0.


x x2 xn
Comme ex =1 + + +· · · + +O(xn+1 ) au voisinage de 0, on obtient :
1! 2! n!
x2 x4 x2n
• ch(x)= 1 + + +· · · + +O(x2n+2 )
2!3 4!5 2n!2n+1
x x x
• sh(x)= x + + +· · · + +O(x2n+3 )
3! 5! (2n+1)!
d 1 2 2.2 2.n 2n+1 x3 x5
• (Argth(x))= = 1+x +x +· · · +x +O(x ), donc Argth(x) = x+ +
dx 1 − x2 3 5
x2n+1
+· · · + +O(x2n+3 ).
2n+1
d 1 1
• (Argsh(x))= √ = (1+x2 ) 2 et, en utilisant le développement du binôme (au sens
dx 1+x 2
fort) à l’ordre 2n et en intégrant, on obtient :
n 1.3.5...(2p − 1) x2p+1
Argsh(x)= x+ (−1)n +O(x2n+1 ).
k=1 2.4.6...(2p) 2p+1

5 FONCTIONS CONVEXES.
La notion de convexité est une des notions les plus utiles dans les applications des mathé-
matiques, notamment en mathématiques de la décision. Nous allons donner la partie la
plus élémentaire de l’analyse convexe.

5.1 Définitions. Soient A⊂ R, f∈ F(A,R) et Γf le graphe de f. On notera Mx le point


(x,f(x)) de Γf pour x∈A. On dira qu’un point M(x,y) du plan R × R = R2 est au-dessus
(resp. strictement au-dessus) de Γf si x∈A et y≥ f(x) (resp. y>f(x)). On définit de manière
analogue les notions “au-dessous”. Cela signifie que M est situé “au-dessus” du point Mx ,
c.à.d. après Mx sur la droite parallèle à l’axe des ordonnées passant par Mx quand on va
dans le sens des ordonnées croissantes.

Épigraphe. On appelle épigraphe (resp. épigraphe strict) de f l’ensemble des points de


R2 situés au-dessus (resp. strictement au-dessus) de Γf et noté epi f (resp. epi′ f).
2011
Alain Ralambo

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Fonctions convexes.

Parties convexes de R2 . Une partie D⊂ R2 est dite convexe si, pour deux points
quelconques M et N de D, le segment fermé [M,N] est contenu dans D. On rappelle
que si M=(x,y) et N=(x ′ ,y ′ ), [M,N]={(xt ,yt )/xt =tx+(1−t)x′ et yt =ty+(1−t)y′ , t∈[0,1]}.
Lorsque x=x ′ , [M,N] est la portion de la droite passant par M et N, graphe de la fonction
y′ − y
t∈ R −→y+ ′ (t−x), portion pour t∈[x,x ′ ]. On appellera “pente de MN ” que l’on
x −x
y′ − y
notera p(MN) le nombre qui est la pente de la droite MN, c.à.d. la tangente de
x′ − x
l’angle l’axe des abcisses avec la droite MN. Lorsque x=x ′ , la pente est ±∞ selon que MN
est dirigé vers le haut ou vers le bas.

Fonctions convexes. Une fonction f∈ F(I,R), où I est un intervalle, est dite convexe si
epi f est convexe dans R2 . On dit que f est concave si −f est convexe.

5.2 Proposition. (Caractérisation des fonctions convexes) Soient I un intervalle


et f∈ F(I,R). Alors, f est convexe ssi f vérifie l’inégalité :
(C) f(αx +(1−α)x ′ )≤ αf(x) + (1−α)f(x ′ ), pour x et x ′ ∈I et α ∈[0,1].22

Preuve :

Preuve : Supposons f convexe. Soient Mx et Mx ′ ∈epi f. Donc [Mx ,Mx ′ ]⊂epi f. Soient
z=αx+(1−α)x ′ , α ∈[0,1] et Nz le point (αx+(1−α)x ′ ,αf(x)+(1−α)f(x ′ )). Alors Nz ∈[Mx ,Mx ′ ].
Donc Nz ∈epi f. C.à.d. Nz est au-dessus de Mz ou f(αx +(1−α)x′ )≤ αf(x) + (1−α)f(x′ ).
Réciproquement, supposons que f vérife (C). Soient M(x,y) et M′ (x ′ ,y ′ )∈epi f et N=αM+(1−α)M′
(∈[M,M′ ]). On a xN =αx+(1−α)x ′ , yN =αy+(1−α)y ′ , f(x)≤ y et f(x ′ )≤ y ′ (car M et
M′ ∈epi f). Donc αf(x) + (1−α)f(x ′ )≤ yN . Donc, d’après (C), f(αx +(1−α)x ′ )≤ αf(x) +
(1−α)f(x ′ ). Donc, f(αx +(1−α)x ′ )≤ yN , c.à.d. f(xN )≤ yN ou N∈epi f. c.q.f.d.
Remarque. On vérifie facilement aussi que f est convexe ssi, pour x et x′ ∈I tels que x<x′ ,
et pour z tq x<z<x′ , le point Mz est au-dessous du segment Mx Mx ′ 23 (c’est la traduction
de (C) en utilisant l’équation du segment).
22
Cette inégalité est aussi appelée “inégalité de Jensen”. La condition (C) est souvent prise comme
définition de la convexité d’une fonction f.
23
Appelé aussi “corde” Mx Mx′ .

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FONCTIONS NUMERIQUES. FONCTIONS CONVEXES.

5.3 Définition. Une fonction f∈ F(I,R) (I intervalle) est dite strictement convexe si elle
vérifie la condition
(C′ ) f(αx +(1−α)x ′ )< αf(x) + (1−α)f(x ′ ), pour x et x ′ ∈I et α ∈]0,1[.
Ce qui équivaut à dire que, pour x et x ′ ∈I tels que x<x ′ , et pour z tq x<z<x ′ , le point
Mz est strictement au-dessous de la corde Mx Mx ′ .
On dit que f est strictement concave si −f est strictement convexe.

5.4 Lemme. Soient M(a,b), N(a,b), P(a,b) trois points de R2 tels que a<a ′ <a ′′ .
L.a.s.s.e. :
(i) N est au-dessous de MP
(ii) P est au-dessus de la droite MN
(iii) M est au-dessus de la droite NP
(iv) p(MN)≤ p(MP)
(v) p(MP)≤ p(NP)
(vi) p(NM)≤ p(NP)

Le lemme est encore vrai si l’on ajoute partout “strictement” et si l’on remplace les “≤”
par “<”.

5.5 Proposition. Soient I un intervalle et f∈ F(I,R). Alors, f est convexe (resp.


strictement convexe) ssi,
f(x) − f(a)
pour chaque a∈I, la fonction pa : I\{a}−→ R telle que pa (x)=p(Ma Mx ) = , est
x−a
croissante au sens large (resp. croissante).
Preuve : Si a<x<x′ , on sait que Mx est au-dessous de la corde Ma Mx . Donc, p(Ma Mx )≤
p(Ma Mx ′ ) (d(après le lemme). Même résultat si x<x ′ <a.

Si x<a<x ′ , Ma est au-dessous de Ma Mx ′ . Donc, p(Ma Mx )≤ p(Ma Mx ′ ) (d(après le lemme).


Réciproquement : Pour x≤ z≤ x′ , puisque pz (x)≤ pz (x ′ ), c.à.d. p(Mz Mx )≤ p(Mz Mx ′ ), on
a Mz au-dessous de Mx Mx ′ (d’après le lemme). Donc, f est convexe (d’après la remarque
à la proposition 5.2). c.q.f.d.

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Fonctions convexes.

5.6 Théorème. Soient I un intervalle et f ∈ F(I,R).

(i) Si f est convexe (resp. strictement convexe), alors f est continue sur I et admet une
dérivée à droite en tout point de I différent de l’extrémité droite de I et une dérivée à
gauche en tout point différent de l’extrémité gauche de I.
Et, pour a, x 0 et b∈I tels que a<x 0 <b, on a :
f(x 0 ) − f(a) f(b) − f(x 0 )
≤ f ′g (x 0 )≤ f ′d (x 0 ) ≤
x0 − a b − x0
f(x 0 ) − f(a) f(b) − f(x 0 )
(resp. < f ′g (x 0 )≤ f ′d (x 0 ) < ).
x0 − a b − x0
De plus, f ′g et f ′d sont croissantes au sens large (resp. croissantes).
(ii) Réciproquement, si f est continue sur I et admet sur I (moins son extrémité droite) une
dérivée f ′d croissante au sens large (resp. croissante), alors f est convexe (resp. strictement
convexe).
Preuve : (i) Supposons a<x0 <b. On sait que px0 est croissante au sens large sur I\{x0 }.
f(x0 ) − f(x) f(y) − f(x0 )
Donc, pour x∈[a,x0 [ et y∈]x0 ,b], px0 (x)≤ px0 (y), c.à.d. ≤ (inégalité
x0 − x y − x0
stricte si f est strictement convexe). Donc, px0 est ր et majorée sur [a,x0 [ et minorée sur
]x0 ,b]. Donc, lim px0 (x) = f ′g (x0 ) existe (finie) et lim px0 (y) = f ′d (x0 ) existe (finie), et l’on
x→0 y→0
< >
f(x0 ) − f(x) f(y) − f(x0 )
a ≤ f ′g (x0 )≤ f ′d (x0 ) ≤ , pour x∈[a,x0 [ et y∈]x0 ,b] (après passage
x0 − x y − x0
aux limites). D’où la continuité de f en x0 (dérivable à droite et à gauche).

f(x1 ) − f(x0 )
Si x0 <x1 (avec x1 = extrémité gauche de I), on a f ′d (x0 ) ≤ ≤ f ′d (x1 ) (par la
x1 − x0
formule précédente), c.à.d. f ′d est ր au sens large. Au cas où f est strictement convexe, il
f(a) − f(x0 )
suffit d’intercaler a entre x0 et x1 c.à.d. x0 <a<x1 et l’on obtient f ′d (x0 ) ≤ <
a − x0
f(x1 ) − f(a)
≤ f ′d (x1 ), donc f ′d est croissante. On fait de même pour la dérivée à gauche.
x1 − a
c.q.f.d.
(ii) Réciproquement. Supposons f continue sur I et que f′d est définie sur I (moins éventuellement
l’extrémité droite de I) et ր au sens large. Soient x et x′ dans I avec x<x ′ et x ′ = extrémité
droite de I. Soit α ∈[0,1]. On pose g(y)= αf(x) + (1−α)f(y)−f(αx +(1−α)y), pour y∈[x,x ′ ]
(g(x)=0). Alors g est continue sur [x,x′ ], car f est continue sur I et g est la somme d’une con-
stante αf(x), de la fonction (1−α)f(y) et de la fonction −f(αx +(1−α)y). De plus, g ′d (y) =
(1−α)f ′d (y) −(1−α)f ′d (αx +(1−α)y) = (1−α)[f ′d (y) −f ′d (αx +(1−α)y)]. Et donc, g ′d (y)≥
0 (car f ′d est ր et y≥ αx +(1−α)y). Donc g est ր sur [x,x ′ ]. Donc g(x ′ )≥ g(x), c.à.d.

Pejy faha-72 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. FONCTIONS CONVEXES.

αf(x) + (1−α)f(x ′ )≥ f(αx +(1−α)x ′ ). Ce résultat reste vrai même si x ′ est l’extrémité
droite de I (par continuité de f). Donc f est bien convexe. Si f′d est ր strictement, g ′d (y)
est >0, donc g est croissante. On obtient f strictement convexe. c.q.f.d.

5.7 Corollaire1. Soit f dérivable sur un intervalle I. Alors f est convexe (resp. stricte-
ment convexe) sur I ssi f ′ est croissante au sens large (resp. croissante) dans I.

5.8 Corollaire2. Soit f dérivable deux fois sur un intervalle I. Alors :


′′
(i) f est convexe sur I ssi f ≥ 0 dans I
(ii) f est strictement convexe ssi f ′′ ≥ 0 dans I et l’ensemble {x∈I/f ′′ (x)=0} ne contient
aucun intervalle non réduit à un point.

5.9 Proposition. Soient f convexe sur un intervalle I, x1 , x2 , ..., xn n points de I, λ1 , λ2 ,


n n n
..., λn n nombres réels positifs ou nuls tels que λi =1. Alors, f( λi xi )≤ λi f(xi ) 24 .
i=1 i=1 i=1
Si f est strictement convexe, si les xi ne sont pas tous égaux et si les λi vérifient 0<λi <1,
alors l’inégalité est stricte.
Démonstration par récurrence laissée à titre d’exercice.

5.10 Proposition(Inégalité de CAUCHY-SCHWARZ). Soient a1 , a2 , ..., an , b1 ,


b2 , ..., bn ∈ R. Alors :
n 2 n n
ai bi ≤ a2i b2i
i=1 i=1 i=1

Preuve : On suppose que bi = 0 (car si un bi =0, il y a moins de termes dans la somme


n b2
à gauche et on fait la démonstration pour n−1). Donc, b2i = 0. On pose λi = n i
i=1 b2k
k=1
ai
et xi = . Alors 0< λi < 1. Soit f : R −→ R, f(x)=x2 , donc f ′′ (x)=2>0. Donc, f est
bi
n n
strictement convexe. Donc, par le corollaire précédent, f( λi xi )≤ λi f(xi ). Ce qui
i=1 i=1
 n 2 n
bi ai  a2i
 i=1 n b2i a2i i=1
s’écrit, 
 n
 ≤
 n 2
= n , qui donne le résultat. c.q.f.d.
b2k i=1 ( b2 ) bi
k b2k
k=1 k=1 k=1

Comme f est strictement convexe dans la démonstration précédente, on a l’égalité dans


l’inégalité de Cauchy-Schwarz ssi tous les xi sont égaux (cf. la proposition précédente).
a1 a2 an
Ce qui revient dire ssi = =· · ·= =α, c.à.d. ai =αbi pour i=1, n. Cette inégalité
b1 b2 bn
possède une généralisation appelée “inégalité de Hölder”)
Étude d’une fonction numérique de la variable réelle.
L’étudiant a déjà appris à étudier une fonction en terminales et à tracer le graphe d’une
fonction ou la courbe représentant la fonction. Nous rappelons seulement les étapes à
suivre.
24
Inégalité de Jensen.

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Fonctions de plusieurs variables.

1) Déterminer le domaine de définition de la fonction. Généralement, c’est une réunion


d’intervalles disjoints. Déterminer le domaine d’étude : parité, périodicité, symétrie (pour
limiter le domaine d’étude).
2) Déterminer les limites aux frontières.
3) Étudier la continuité de la fonction. Prolongement par continuité aux bornes si possible.
4) Étudier la fonction dérivée. Déterminer les racines de la dérivée, le signe de la dérivée.
Étudier au besoin la dérivée seconde.
5) Déterminer les points d’inflexion, généralement f ′′ (x)=0 (points où la tangente traverse
la courbe, au besoin s’aider du développement limité à l’ordre 2 de la fonction).
6) Détermination des asymptotes et la position de la courbe par rapport aux asymptotes
s’il en existe. A l’exception des asymptotes verticales (y=a avec x→a lim f(x)=∞), une droite
d’équation y=αx+β est une asymptote oblique en +∞ à Γf si lim [f(x)−y]=0, c.à.d.
x→+∞
f(x)
lim [f(x)−(αx+β)]=0, ce qui équivaut à lim =α et lim [f(x)−αx]=β. La position
x→+∞ x→+∞ x x→+∞
de la courbe par rapport à l’asymptote est déterminée par le signe de lim [f(x)−(αx+β)].
x→+∞

7) Tableau de variation de f et tracé du graphe.

6 FONCTIONS de plusieurs variables.


Cette section se traite généralement avec beaucoup plus de notions topologiques, mais nous
allons en faire une présentation simplifiée. Nous disions que les fonctions sont utilisées par
les hommes pour des prises de décision devant un phénomène ou un fait ou à propos d’un
objet, etc.. Nous disions également au début du chapitre, qu’une fonction est un processus
mental par lequel l’homme assigne à un objet d’un ensemble de départ un objet d’un autre
ensemble (d’arrivée). Ainsi en est une fonction f : A−→B, à chaque x∈A on associe un
y∈B noté f(x), la variable est ici x. Alors, pourquoi parle-t-on de fonction de plusieurs
variables ? Toute fonction ne doit-elle pas être que d’une variable ?
En fait, un phénomène ou un fait ou un objet, qu’il soit mathématique ou pas, dépend
généralement de plusieurs facteurs indépendants, paramètres disons-nous aussi. Par ex-
emple, quand nous disions au début du chapitre qu’un cercle est déterminé par son rayon
et qu’on obtient la fonction S=πr2 qui détermine la surface d’un cercle en fonction de son
rayon, cela est vrai car c’est la surface d’un cercle qui est déterminée par son rayon. Mais
le cercle lui-même est déterminé par trois paramètres (au moins) : son centre, son rayon
et, s’il est dans l’espace, le plan où il se trouve. Le centre est déterminé par ses trois coor-
données (réelles), si l’on est dans l’espace à trois dimensions. Le rayon du cercle est donné
par un nombre réel positif. Le plan où le cercle se trouve est déterminé par sa direction
(deux vecteurs). Ces trois paramètres ne dependent pas les uns des autres. Ainsi, un cercle
C est fonction des variables (x,y,z, r,− →,−
v → −
→ − →
1 v2 ) (et v1 et v2 dépendent encore chacun de trois
variables réelles indépendantes). Et alors toute fonction f : C −→ R, où C est l’ensemble de
tous les cercles dans un espace à trois dimensions (R3 ), est bien une fonction de la variable
C∈ C, mais devient une fonction des dix variables réelles.
Un autre exemple plus concret. Une chaussure, selon le point de vue (du fabricant, du

Pejy faha-74 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. FONCTIONS de plusieurs variables.

consommateur, etc.), est déterminée par plusieurs paramètres. Un étudiant en réponse à


une question a dit que ce qui lui importait dans une chaussure, c’est qu’il y ait des lacets
ou non. Un autre dira que c’est le fait que c’est du cuir ou une imitation de cuir. Un
autre est intéressé par la pointure. On peut y aller de notre intérêt à chacun. Chaque
paramètre devra être quantifié pour qu’on puisse l’utiliser mathématiquement. L’existence
de lacets sera déterminée par un 0 ou un 1, c.à.d. une variable dans l’ensemble {0,1}.
De même pour la matière (cuir ou pas cuir). La pointure, c’est un nombre dans N (ou
Q??). Chaque chaussure C sera ainsi fonction de trois variables l (lacets), p (pointure), m
(matière), telles que l∈{0,1}, p∈ N, m∈{0,1}. Et tout ce qui dépend de C, comme le prix
d’une chaussure, sera aussi fonction de ces trois variables. Ainsi en est de tout phénomène
! Il y aurait même des milliers de paramètres pour chaque phénomène, mais c’est notre
capacité de calcul mental qui nous oblige à nous limiter à quelques variables. Et de plus,
à moins d’être Paul le Poulpe, nous ne pouvons voir au delà de trois dimensions !!!
E(xy)
x + cos ( )
y2 +2011
Pour plus de concret encore, la fonction est une fonction des trois
(Arg sh (z))2 +1
variables indépendantes x, y et z. A quoi peut-elle servir ? Là n’est pas la question ! ...
Mais nous allons donner les méthodes élémentaires pour étudier une telle fonction. On
se cantonne à deux variables pour commodité, mais tout peut être traduit pour plus de
variables.

6.1 Définition. Une fonction numérique réelle de n variables réelles, n∈ N et n≥ 2, est


une fonction f : A−→B⊂ R telle que A⊂ Rn . Un point x de Rn est noté (x1 , x2 , ..., xn ) et,
comme on l’a déjà dit, x1 s’appelle la première coordonnée de x, x2 sa deuxième coordonnée,
etc.. On note la fonction f(x1 , x2 , ..., xn ), mais s’il n’y a pas risque de confusion, on peut
la noter f(x) en pensant que x=(x1 , x2 , ..., xn ). Pour n petit, n≤ 4, on note parfois f en
utilisant n lettres distincts, comme f(x,y) ou f(x,y,z,) ou f(x,y,z,t).
Comme pour les fonctions d’une variable réelle, le domaine de définition de f, noté Df , est
1
l’ensemble des x∈A tels que f(x) existe effectivement. Par exemple, pour f(x,y)= ,
x−y
Df ={(x,y)∈ R2 / x=y}, c.à.d. Df =R2 \D où D désigne la droite d’équation y−x=0.
Fonctions partielles.
Soient A⊂ Rn , f : A−→ R une fonction de n variables, n∈ N, n≥2, a=(a1 , a2 , ..., an ) un
point de Df . On notera Df i;ai l’ensemble des (x1 , x2 , ..., xi−1 , xi+1 , xi+2 , ..., xn )∈ Rn−1
tels que (x1 , x2 , ..., xi−1 ,ai , xi+1 , xi+2 , ..., xn )∈Df , Df i;ai est appelé la section25 de Df par
ai , parallèlement à la i-ème axe. On appelle section de f à la i-ème variable par ai ou,
plus couramment, la i-ème fonction partielle de f relativement à ai , la fonction notée fi;ai
définie sur Df i;ai par fi;ai (x1 , x2 , ..., xi−1 , xi+1 , xi+2 , ..., xn )=f(x1 , x2 , ..., xi−1 ,ai , xi+1 , xi+2 ,
..., xn ). Avec des mots simples, cela signifie qu’on fixe la variable xi à la valeur ai et on
fait varier les autres variables. De la même façon, pour k<n, en prenant un ensemble {i1 ,
2011
Alain Ralambo
25
Plus généralement, pour B⊂ Rn , on appelle section de B par a i parallèlement à la i-ème axe l’ensemble
{(x1 , x2 , ..., xi−1 , xi+1 , xi+2 , ..., xn )∈ Rn−1 / (x1 , x2 , ..., xi−1 ,ai , xi+1 , xi+2 , ..., xn )∈B} notée Bi;ai (i∈{1,
2, ..., n}).

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-75


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Fonctions de plusieurs variables.

i2 , ..., ik }⊂[[1,n]] tel que i1 < i2 < · · ·< ik , on fixe les variables xi1 , xi2 , ..., xik aux valeurs ai1 ,
ai2 , ..., aik et on ne fait varier que les n−k variables restantes. On obtiendra la section de
f à la i1 -ème variable par ai1 , à la i2 -ème variable par ai2 , ..., à la ik -ème variable par aik ,
qu’on pourra noter par fi1 ; ai1 , i2 ; ai2 ,...,ik ; aik ou fJ;aJ où J={i1 , i2 , ..., ik } ensemble ordonné
naturellement et aJ =(ai1 , ai2 , ..., aik )∈ Rk , il n’y a pas de notation standard. Il y a 2n − 2
fonctions partielles en a, 2n étant le nombre de parties de [[1,n]], on enlève la partie Ø et
[[1,n]].
Toutes les notions que nous avons définies pour une fonction numérique d’une variable
s’étendent évidemment aux fonctions de plusieurs variables, avec les modifications évidentes
à faire s’il le faut. Par exemple, on appelle application toute fonction f dont le domaine
de définition Df coı̈ncide avec l’ensemble de départ A, et l’ensemble des applications de A
dans R est noté F(A,R).
Injections, surjections, bijections.
On dit encore que f est injective si f(x)=f(x′ ) pour x=x′ . Mais il faut faire attention, car
x=x′ signifie (x1 , x2 , ..., xn )=(x′1 , x′2 , ..., x′n ) qui est la négation de (x1 , x2 , ..., xn )=(x′1 ,
x′2 , ..., x′n ), qui veut dire que x1 =x′1 , x2 =x′2 , ..., xn =x′n . C.à.d. (x1 , x2 , ..., xn )=(x′1 , x′2 ,
..., x′n ) ssi on peut trouver un indice i∈[[1,n]] tel que xi =x′i . On dit que f est surjective
si tout y∈B admet un antécédent (x1 , x2 , ..., xn )∈Df , c.à.d. tel que f(x1 , x2 , ..., xn )=y.
Et f est bijective si elle est injective et surjective. Les applications bijectives de R2 dans
R existent théoriquement, les deux ensembles ayant le même cardinal, mais on n’a pas
de formule ou de règle explicite donnant une bijection entre les deux. Par contre, on a
des injections et des surjections qu’on a intérêt à connaı̈tre. Ainsi, l’application (x1 , x2 ,
..., xn )∈ Rn −→xi ∈ R est une surjection appelée la i-ème projection de Rn sur R, ou la
i-ème application coordonnée, notée pri 26 (i∈[[1,n]]). Pour a=(a1 , a2 , ..., an−1 ) fixé dans
Rn−1 , l’application ia : xn ∈ R −→(a1 , a2 , ..., an−1 , xn )∈ Rn est une injection dite injection
canonique de Rn−1 dans Rn , ia : R −→ Rn , et c’est valable si l’on avait pris un autre indice
à la place de l’indice n. On peut, de la même façon, injecter canoniquement Rp (p<n)
dans Rn , par ia : Rp −→ Rn , où a=(a1 , a2 , ..., an−p ) est fixé dans Rn−p , et ia (x1 , x2 , ...,
xp )=(a1 , a2 , ..., an−1 , x1 , x2 , ..., xp ).
Composition.
Soient f(x1 , x2 , ..., xn ) et g(y1 , y2 , ..., ym), où f est une fonction de n variables réelles et
g est une autre fonction de m variables réelles toutes indépendantes, et si h(x,y) est une
fonction des deux variables indépendantes x et y, alors, en remplaçant x par f(x1 , x2 , ...,
xn ) et y par g(y1 , y2 , ..., ym ), on obtient une fonction de n+m variables indépendantes,
k(x1 , x2 , ..., xn , y1 , y2 , ..., ym )=h(f(x1 , x2 , ..., xn ),g(y1 , y2 , ..., ym )).
Soient f(t) et g(t) où f et g sont une fonction d’une variable réelle, et si h(x,y) est une
fonction des deux variables indépendantes x et y, alors, en remplaçant x par f(t) et y par
g(t), on obtient une fonction d’une variable, k(t)=h(f(t),g(t)).
Si f : A−→B⊂ R est une fonction de n variables (f(x1 , x2 , ..., xn )) et g : B−→C⊂ R une
fonction d’une variable (g(y)), alors, g◦f : A−→C est une fonction des n variables (x1 , x2 ,
..., xn ), g(f(x1 , x2 , ..., xn )).
26
On la notera aussi dxi (cf. infra).

Pejy faha-76 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. FONCTIONS de plusieurs variables.

Graphe.
Le graphe Γf ou Gr(f) d’une fonction f : A−→B⊂ R, est Γf ={(x,f(x))∈ Rn × R/ x∈A}
={(x,y)∈ Rn × R/ y=f(x) et x∈A} (x est un point de Rn , de la forme (x1 , x2 , ..., xn )), c.à.d.
Γf ⊂ Rn+1 . Pour n=2, on obtient une “surface” dans R3 comme dans l’exemple suivant.

200

150

100

50
-4
-4 0 -2
-2
00
2 x y 2 4
4

f (x, y) = x2 + y 2 + 100
Attention cependant à des “surfaces” représentant des fonctions bizarres comme f(x,y)=1IQ (x).1IQ (y).
Parité. Symétrie.
Il y a encore les notions de fonctions paires et impaires, à condition que Df soit symétrique
par rapport à l’origine (0,0, ..., 0) de Rn , c.à.d. que −x=(−x1 , −x2 , ..., −xn )∈Df ssi x=(x1 ,
x2 , ..., xn )∈Df . Mais il y a d’autres notions de “symétrie” avec l’utilisation de la notion de
permutation de [[1,n]] et de la signature d’une permutation. Cependant, nous allons définir
une seule symétrie. On dit qu’une fonction de n variables f(x1 , x2 , ..., xn ) est symétrique si
la valeur f(x1 , x2 , ..., xn ) demeure inchangée si l’on échange deux variables quelconques (on
suppose que Df reste inchangé aussi par de telles transformations). On dit qu’une fonction
de n variables f(x1 , x2 , ..., xn ) est antisymétrique si la valeur f(x1 , x2 , ..., xn ) change en
son opposée si l’on échange deux variables quelconques. Ainsi, par exemple, f(x,y,z)=
x2
x2 +y2 +z2 est symétrique tandis que g(x,y,z)= 2 ne l’est pas, h(x,y)=x−y est
y + z2 + 1
antisymétrique.
Homogénéité.
On dit qu’une fonction de n variables f(x1 , x2 , ..., xn ) est homogène (resp. positivement
homogène) de degré p si la valeur f(λx1 , λx2 , ..., λxn )=λp f(x1 , x2 , ..., xn ) pour tout λ ∈ R∗ ,
p∈ R fixé, (resp. λ ∈ R∗+ , p∈ Z fixé). Le domaine de définition Df doit aussi être stable
par la multiplication par un scalaire λ. On dit πque C⊂ π
Rn est un cône si λx∈C pour x∈C
x + x2
et λ > 0. Ainsi, la fonction f(x1 , x2 , x3 , x4 )= 15 pour x53 +x54 = 0, et f(x1 ,x2 ,α,−α)=0
x3 + x54
pour α ∈ R, est homogène de degré π − 5 sur R4 .
Remarque.
L’on n’a plus les notions de fonctions croissantes ou décroissantes car il n’y a pas de relation
d’ordre standard dans Rn . La notion de fonction bornée est définie de la même manière
que pour les fonctions d’une variable. On peut éventuellement étendre aux fonctions de
plusieurs variables la notion de fonctions périodiques, mais hélas je n’ai pas trouvé beaucoup
2011
Alain Ralambo

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Fonctions de plusieurs variables.

de littérature qui en parle.

Limites et continuités.
6.2 Définition. Soient A⊂ Rn , f : A−→ R une fonction de n variables, n∈ N, n≥2,
a=(a1 , a2 , ..., an ) un point de Rn , λ ∈ R (resp. λ ∈ R).
On dit que a est adhérent à A si l’on peut trouver une suite (āk )k∈N dans A telle que si
āk =(āk,1 , āk,2 , ..., āk,n ), la suite (āk,i )k∈N converge vers ai pour chaque i∈[[1,n]]. On note
alors a∈ A.
En supposant que a∈ A, on dit que f(x) tend vers λ quand x tend vers a, en restant
dans A, si pour chaque ε > 0, on peut trouver η > 0 (ne dépendant que de ε et de a)
tq si |x1 − a1 | < η et |x2 − a2 | < η et ... et |xn − an | < η où x=(x1 , x2 , ..., xn )∈A,
alors |f(x1 ,x2 ,...,xn ) − λ| < ε. On note alors xlim
→a
f(x1 , x2 , ..., xn )=λ ou, lorsqu’il n’y a
1 1
x2 →a2
..
.
xn →an
x∈A

lim f(x)=λ. Pour le cas λ=+∞ (resp. −∞), on remplace l’expression


pas de confusion, x→a
x∈A

“|f(x1 ,x2 ,...,xn ) − λ| < ε” par “f(x1 ,x2 ,...,xn )> ε” (resp. <−ε).
On remarquera que c’est la même définition que pour les fonctions d’une variable, sauf que
chaque point x∈ Rn possède n coordonnées et, donc, on en tient compte. La limite définie
ici est aussi appelée une “limite multiple” ou “limite jointe” car il y a aussi une notion
de “limite séparée” ou “limite successive” ou “limite répétée” dont nous parlons dans la
définition suivante. Lorsqu’on ne précise pas, c’est toujours d’une limite jointe qu’il s’agit.

On démontre, comme pour les fonctions d’une variable, que :


lim f(x1 , x2 , ..., xn )=λ ssi, pour chaque i ∈[[1,n]] et pour toute suite (āk,i )k∈N convergeant
x1 →a1
x2 →a2
..
.
xn →an
x∈A
vers ai , et telles que āk =(āk,1 , āk,2 , ..., āk,n )∈A, on a lim f(āk,1 , āk,2 , ..., āk,n )=λ.
k∞

Ainsi, par exemple, par application des résultats sur les limites de suites (cf. proposition
2.1.8), x→a
lim f(x,y)=a1 +a2 pour f(x,y)=x+y.
1
y→a2

6.3 Définition. Pour simplifier, nous allons donner cette définition avec deux variables.
Soient A⊂ R2 , f : A−→ R une fonction de 2 variables, a=(a1 ,a2 ) un point de R2 , avec
a∈ A, et λ ∈ R (resp. R). On dit que λ est la limite successive ou limite répétée de f(x,y)
lorsque x tend vers a1 et y tend vers a2 , (x,y) restant dans A, si les conditions suivantes
sont vérifiées :

(1) on peut trouver un ensemble Ya ⊂ R tel que a2 est adhérent à Ya et que, pour chaque
2011
Alain Ralambo

Pejy faha-78 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. FONCTIONS de plusieurs variables.

y∈ Ya , le point a1 est adhérent à (A∩Df )2;y , et que ϕ(y)= lim


x→a1
f(x,y) existe et est finie.
x∈(A∩Df ) 2;y

(2) y→a
lim ϕ(y)=λ.
2
y∈Ya

Un exemple de tel domaine A.

On note alors λ=y→a


lim (x→a
lim f(x,y)) ((x,y)∈A). Remarquer que ϕ(y)= lim f2;y (x).
x→a1
On
2 1
x∈(A∩Df ) 2;y
définit de même, en échangeant les rôles de x et y puis de a1 et a2 , µ=x→a
lim (y→alim f(x,y))
1 2
((x,y)∈A) si elle existe. Les deux limites peuvent ne pas être égales même si elles existent.
Ces limites sont appelées aussi des limites séparées de f en a. On fait de même si l’on avait
une fonction de n variables, n≥ 2. On voit la complication des définitions, des notations
et le nombre de limites successives possibles (n! = nombre de permutations de [[1,n]]).
2x+y+x2 + y2
Par exemple, pour f(x,y)= , au point a=(0,0) c.à.d. a1 =0 et a2 =0, dans
x+y
A=]0,1[×]0,1[, ϕ(y)= lim f2;y (x)=1+y et lim (lim f(x,y))=1. Et ψ(x)= y→a
x→a
lim f1;x (y)=
1 y→0 x→0 2
x∈(A∩Df )2;y y∈(A∩Df ) 1;x
2+x et x→a
lim (y→a
lim f(x,y))=2.
1 2

6.4 Proposition. Avec les hypothèses et notations des définitions précédentes (déf. 6.3
et 6.2),
si x→a
lim f(x,y)=λ et si ϕ(y)= lim f2;y (x)
x→a1
existe pour y voisin de a2 dans Ya ,
1
y→a2 x∈(A∩Df ) 2;y
x∈A

alors λ=y→a
lim (x→a
lim f(x,y)).
2 1

Preuve : Soit (yn )n dans Ya qui tend vers a2 . Il faut montrer que lim
n∞
ϕ(yn )=λ (ce qui
impliquera que y→a
lim ϕ(y)=λ). Mais yn ∈Ya pour chaque n, donc ϕ(yn ) est définie. Donc,
2
y∈Ya
1
puisque ϕ(yn )= lim
x→a
f(x,yn ), on peut trouver xn ∈ (A∩Df )2;yn tel que |a1 − xn |< et
x∈(A∩Df ) 2;yn
1 n
1
|ϕ(yn ) − f(xn ,yn )|< . Ainsi (yn )n −→ a2 et (xn )n −→ a1 , donc ((xn ,yn ))n −→ (a1 ,a2 ) dans
2
n n∞ n∞ n∞
R . Et, comme x→a lim f(x,y)=λ, on a lim f(xn ,yn )=λ. Comme |ϕ(yn ) − λ| ≤ |ϕ(yn ) − f(xn ,yn )|+
1 n∞
y→a2
x∈A
|f(xn ,yn ) − λ|, on voit que |ϕ(yn ) − λ| −→
n∞
0, c.à.d. (ϕ(yn )−λ)−→
n∞
0, ou ϕ(yn )−→
n∞
λ.

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-79


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Fonctions de plusieurs variables.

c.q.f.d.
Remarque. Attention ! L’existence de la limite multiple x→a
lim f(x,y) n’entraı̂ne pas
1
y→a2
x∈A
xy
l’existence des limites répétées, ni l’inverse. Par exemple, pour f(x,y)= , lim (lim
x2 +y2 y→0 x→0
f(x,y))= lim (lim f(x,y))=0. Mais lim f(x,y) n’existe pas car, si nous prenons (xn ,yn )n avec
x→0 y→0 x→0
y→0
1 1 1
xn =yn = , alors (xn ,yn )n −→ (0,0) mais f(xn ,yn )= , donc lim f(xn ,yn )= . Et si l’on prend
n n∞ 2 n∞ 2
′ ′ ′ 1 ′ 1 ′ ′ 2 ′ ′ 2
(x n ,y n )n avec x n = et y n = , f(x n ,y n )= , donc lim f(x n ,y n )= . On a donc trouvé deux
2n n 5 n∞ 5
suites (xn ,yn )n et (x ′n ,y ′n )n qui tendent vers (0,0) telles que lim f(xn ,yn )= lim f(x ′n ,y ′n ).
n∞ n∞

6.5 Remarque. Les définitions concernant la comparaison de fonctions et les o, O et


∼ sont valables pour les fonctions de plusieurs variables en remplaçant les limites par ce
qu’il faut. Ainsi, on dit qu’une fonction f est négligeable devant g, f=o(g), au voisinage de
f(x1 ,x2 ,...,xn )
a=(a1 , a2 , ..., an ) si xlim =0. De même, f est bornée devant g ou f=O(g)
1 →a1 g(x ,x ,...,x )
x2 →a2 1 2 n
..
.
xn →an
f(x1 ,x2 ,...,xn )
au voisinage de a si, pour un certain λ ∈ R, ≤ λ pour (x1 , x2 , ..., xn ) tel
g(x1 ,x2 ,...,xn )
que |x1 − a1 | < δ, |x2 − a2 | < δ, ... et |xn − an | < δ pour un certain δ > 0. Et f∼g si
f(x1 ,x2 ,...,xn )
lim
x1 →a1 g(x ,x ,...,x )
=1.
x2 →a2 1 2 n
..
.
xn →an

On peut également, mais c’est laissé à l’étudiant, introduire les notions de lim f(x1 ,x2 ,...,xn )
x1 →+∞
x2 →−∞
..
.
xn →an

et les limites partielles des mêmes types. Nous passons sur les opérations sur les limites,
les limites latérales (à gauche ou à droites), les inégalités aux limites qui sont laissées à
l’étudiant. Sur cette remarque, nous allons directement à la continuité de fonctions de
plusieurs variables.

6.6 Définition. Soient A⊂ Rn , f : A−→ R une fonction de n variables, n∈ N, n≥2,


a=(a1 , a2 , ..., an ) un point de Df . On dit que f est continue dans A au point a (ou en a) si
lim f(x1 , x2 , ..., xn )=f(a).
x →a
1 1
x2 →a2
..
.
xn →an
x∈A

Bien entendu, à cause de la proposition précédente, il y a aussi les notions de continuité


jointe (ou multiple) et de continuité séparée (ou successive ou répétée) dont nous laissons
à l’étudiant le soin de les écrire et d’écrire les relations entre les différentes continuités
(la continuité jointe entraı̂ne la continuité séparée par rapport à n’importe quel groupe de
variables aJ =(ai1 , ai2 , ..., aik ) où J={i1 , i2 , ..., ik } avec i1 <i2 <· · ·< ik , k<n, mais l’inverse

Pejy faha-80 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. FONCTIONS de plusieurs variables.

n’est pas vraie.). De même, nous n’écrirons pas les opérations sur les continuités qui sont
les mêmes que pour les fonctions d’une variables.
Nous pouvons donner aussi la définitton de l’uniforme continuité. On dit que f est uni-
formément continue dans A si pour chaque ε > 0, on peut trouver δ > 0, tel que
pour x=(x1 , x2 , ..., xn ) et x ′ =(x ′1 , x ′2 , ..., x ′n )∈A, si |x1 − x ′1 | < δ, |x2 − x ′2 | < δ, ...,
|xn − x ′n | < δ, alors |f(x) − f(x ′ )| < ε. Alors, on a les deux propositions suivantes que nous
admettrons.

6.7 Proposition. Si une fonction f de n variables, n∈ N, n≥2, est continue sur


P=[a1 ,b1 ]×[a2 ,b2 ]× · · · ×[an ,bn ] 27 , alors, f est bornée sur P et f y atteint ses bornes, c.à.d.
qu’on peut trouver m et M∈ R tels que m≤ f(x1 , x2 , ..., xn )≤ M pour (x1 , x2 , ..., xn )∈P
et qu’on peut trouver α=(α1 , α2 , ..., αn ) et β=(β1 , β2 , ..., βn )∈P tels que m=f(α)= f(α1 ,
α2 , ..., αn ) et M=f(β)= f(β1 , β2 , ..., βn ).
La preuve repose sur une notion topologique de compacité de P, que nous avons utilisée
pour démontrer le th. 3.6, disant que toute suite dans P admet une sous-suite convergente
dont la limite est dans P.

6.8 Proposition. Si une fonction f de n variables, n∈ N, n≥2, est continue sur


P=[a1 ,b1 ]×[a2 ,b2 ]× · · · ×[an ,bn ], alors f est uniformément continue sur P.
La preuve est une copie collée de celle du th. 3.10. Elle repose encore sur la compacité de
P, la propriété de Bolzano-Weierstrass (cf. th. 3.10).

Différentiabilité.
La dérivation est définie pour étudier les variations de fonctions d’une variable. Pour une
fonction f de n variables, n≥ 2, les variations de f peuvent être regardées de plusieurs point
de vue. Rappelons que nous appelons variations de f les quantités du type ∆f(a)=f(b)−f(a),
a=(a1 , a2 , ..., an ) et b=(b1 , b2 , ..., bn )=(a1 + (b1 − a1 ), a2 + (b2 − a2 ), ..., an + (bn − an ))
=(a1 + ∆a1 , a2 + ∆a2 , ..., an + ∆an ). ∆f(a) est appelé aussi variation totale de f au point
a, et ∆ai est la variation de la variable ai . L’élément (∆a1 , ∆a2 , ..., ∆an )∈ Rn est noté
aussi ∆a, variation de a, c.à.d. ∆f(a)=f(a+∆a)−f(a). On remarquera que f est continue
en a ssi ∆f(a) tend vers 0 lorsque ∆a tend vers 0. Bien entendu, ∆f(a) dépend de ∆a. On
voudrait utiliser les résultats obtenus sur la dérivation des fonctions d’une variable. C’est
essentiellement l’objet de la différentiation que nous allons maintenant développer à un
niveau élémentaire. Dans la suite, pour simplifier l’écriture, nous n’allons plus traı̂ner la
condition “x∈A” et, même, nous allons laisser tomber l’ensemble A, c.à.d. que nous allons
prendre une fonction de plusieurs variables f sans préciser son domaine de définition, ce
sera à chacun de compléter comme il voudra.

6.9 Définition. Soit f(x1 , x2 , ..., xn ) une fonction numérique de n variables, a∈Df . Soit
u=(u1 , u2 , ..., un )∈ Rn fixé, u est un vecteur de Rn . Si ∆a=t.u =(tu1 , tu2 , ..., tun ), t∈ R,
on obtient une fonction de la seule variable t, h(t)=f(a+tu) et ∆f(a)=f(a+tu)−f(a). Ce
qui revient à faire varier l’argument de f sur la droite D={a+tu/t∈ R} passant par a et de
27
P=[a1 ,b1 ]×[a2 ,b2 ]× · · · ×[an ,bn ] est appelé un parallélotope ou simplement un pavé de dimension n,
fermé et borné.

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Fonctions de plusieurs variables.

direction u, ou du moins sur une partie de cette droite. Si h est dérivable en 0, c.à.d. si
h ′ (0) existe, on l’appelle dérivée de f suivant u et, lorsque u vérifie |u1 |+|u2 |+· · ·+|un |=1 28 ,
∂f ∂ f(a)
on la note (a) ou parfois , et alors on l’appelle dérivée de f dans la direction u.
∂u ∂u
∂f h(t) − h(0) f(a+tu) − f(a)
(a)= lim = lim
∂u t→o
=
t t→o
=
t

f(a1 + tu1 , a2 + tu2 , ..., an + tun ) − f(a1 , a2 , ..., an )


=lim si elle existe.
t→o
=
t

En particulier, lorsque u=ei =(0,0, ...,0,1,0,0, ...,0) où toutes les coordonnées sont
nulles sauf la i-ème qui vaut 1— on note aussi ei =(δ 1i ,δ 2i , ...,δ ni ) =(δ ji )j=1,n et δ ji s’appelle le
∂f ∂f
symbole de Kronecker qui symbolise 0 lorsque i=j et 1 lorsque i=j — (a) est noté (a)
∂ ei ∂ xi
et est appelée la dérivée partielle de f par rapport à x i au point a, si elle existe.
∂f f(a1 ,a2 , ...,ai−1 ,ai + t, ai+1 ,ai+2 , ...,an ) − f(a1 , a2 , ..., an )
On remarquera que (a)= lim
∂ xi t→o, t=0 t
f(a1 ,a2 , ...,ai−1 ,xi , ai+1 ,ai+2 , ...,an ) − f(a1 , a2 , ..., an )
= x lim
i →ai , xi − ai
=

f(a1 ,a2 , ...,ai−1 ,x, ai+1 ,ai+2 , ...,an ) − f(a1 , a2 , ..., an )


= lim
x→ai , x=ai x − ai
qui, avec les notations sur les fonctions partielles, est la dérivée au point ai de la fonction
partielle f1; a1 , 2; a2 ,..., i−1; ai−1 , i+1; ai+1 , i+2; ai+2 , ..., n; an ou fJ;aJ avec J=[[1,n]] \{ai } et aj =(a1 ,a2 ,
...,ai−1 , ai+1 ,ai+2 , ...,an ), obtenue en fixant toutes les variables aux coordonnées de a corre-
spondantes sauf la i-ème, d’où son appelation de dérivée partielle, les composantes de ∆a
sont toutes nulles sauf la i-ème ∆ai =t. ∆i f(a)=f(a1 ,a2 , ...,ai−1 ,ai +t, ai+1 ,ai+2 , ...,an )−f(a1 ,
a2 , ..., an ) est la i-ème variation partielle de f en a.
∂f
(a) est aussi noté ∇i f(a), surtout en physique, et le “vecteur” (∇1 f(a), ∇2 f(a), ...,
∂ xi
∇n f(a))∈ Rn , quand il existe, est appelé le gradient de f en a et noté ∇ f(a) (lire “nablà
−−→
f”) ou grad f(a).
Maintenant, si ∆a est quelconque, ∆f(a)=f(a+∆a)−f(a) est appelé (un peu abu-
sivement) variation totale de f en a.

6.10 Définition. Comme dans la définition 4.10, on dit que deux fonctions de plusieurs
variables f et g sont tangentes en a=(a1 , a2 , ..., an ) si f−g=o(ϕ) où ϕ(x)=|x1 − a1 | +
|x2 − a2 | + · · · + |xn − an |='x'1 (lire “norme 1 de x”) pour x au voisinage de a.
Une application numérique de n variables L à valeurs dans R est dite linéaire 29 et appelée
28
On dit alors que u est un vecteur normé ou unitaire. Le nombre |u1 | + |u2 | + · · · + |un | noté 'u'1 est
appelé la norme de u et un vecteur u tel que 'u'1 =1 est dit normé ou unitaire.
29
En Algèbre, une application L entre deux espaces vectoriels est dite linéaire si
L(αa+βb)=αL(a)+βL(b) pour deux vecteurs a et b et deux scalaires α et β.

Pejy faha-82 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. FONCTIONS de plusieurs variables.

une forme linéaire si l’on peut trouver α=(α1 , α2 , ..., αn )∈ Rn , tq L(x1 , x2 , ..., xn )=
α1 x1 + α2 x2 + · · · + αn xn , la forme linéaire L est alors identifiée à α=(α1 , α2 , ..., αn )∈ Rn .

L’ensemble des formes linéaires de n variables est noté L(Rn ,R) ou (Rn ) qui est donc
identifié à Rn .
On dit qu’une fonction numérique réelle f(x)= f(x1 , x2 , ..., xn ) de n variables réelles est
différentiable au point a=(a1 , a2 , ..., an )∈Df si l’on peut trouver une forme linéaire L
(=α=(α1 , α2 , ..., αn )∈ Rn ) telle que la fonction θ(x)=f(x)−f(a) soit tangente à l’application
θ1 (x)=L(x−a) =α1 (x1 −a1 )+ α2 (x2 −a2 )+ · · ·+αn (xn −an ), c.à.d. θ(x)−θ1 (x)=o(ϕ) au voisi-
nage de a. C.à.d.
f(x1 ,x2 ,...,xn ) − f(a1 , a2 ,..., an ) − [α1 (x1 − a1 ) + α2 (x2 − a2 ) + · · · + αn (xn − an )]
lim
x1 →a1
=0.
x2 →a2 |x1 − a1 | + |x2 − a2 | + · · · + |xn − an |
..
.
xn →an

Ce qu’on écrit parfois aussi, en posant h=x−a, c.à.d. h=(h1 , h2 , ..., hn ) avec hi =xi −ai ,
f(a+h)−f(a)−L(h)=o('h' 1 ) pour h tendant vers 0 (0=(0,0, ...,0)). Ou encore,
f(a1 + h1 ,a2 + h2 ,...,an + hn ) − f(a1 , a2 ,..., an ) − [α1 h1 + α2 h2 + · · · + αn hn ]
lim =0. (*)
h1 →0,h1 =0 |h1 | + |h2 | + · · · + |hn |
h2 →0,h2 =0
..
.
hn →0,hn =0
f(a1 + h1 ,a2 + h2 ,...,an + hn ) − f(a1 , a2 ,..., an ) − [α1 h1 + α2 h2 + · · · + αn hn ]
Ou lim =0.
h→0,h=0 'h'

Lorsque f est différentiable en a, la forme linéaire L est unique (en effet, on peut montrer
que si L′ et L′′ sont deux telles formes linéaires, alors (L′ −L′′ )(h)=o(h) pour h tendant vers
0 et on vérifie facilement que L′ =L′′ ). La forme linéaire L est alors appelée la différentielle
de f en a et notée dfa ou da f ou (df)a ou df(a) 30 ou, lorsqu’il n’y a pas risque de confusion,
f ′ (a). Et l’on écrit aussi parfois f ′ (a).x ou L.x ou dfa .x ou df(a).x au lieu de L(x) ou dfa (x)
ou df(a)(x). C.à.d. que l’on écrit aussi f(a+h)−f(a)−f ′ (a).h=o('h' 1 ) pour h tendant vers
0. On aura remarqué que cette dernière égalité est exactement celle qu’on a donnée pour
les fonctions d’une variable. Et la différentiabilité est la même que la dérivabilité pour une
fonction d’une variable, d’où la notation f ′ (a).
On définit ainsi une application appelée la différentielle de f, notée df ou aussi f ′ : Df ′ −→

L(Rn ,R) =(Rn ) , a−→f ′ (a)=df(a), où Df ′ est l’ensemble des points a∈ Rn tels que df(a)
ou f ′ (a) existe, lorsque de tels points existent.
Exemples (Importants).
Pour une forme linéaire L : Rn −→ R, pour un point a=(a1 , a2 , ..., an )∈ Rn , et h=(h1 ,
h2 , ..., hn )∈ Rn , L(a+h)=L(a)+L(h), donc L(a+h)−L(a)−L(h)=0 et 0=o('h'1 ) au voisi-
nage de n’importe quel point. Donc, L est différentiable en tout point a et dLa =L ′ (a)=L.
Donc, dL : Rn −→ L(Rn ,R) est constante (dL(a)=L, pour chaque a∈ Rn ).
En particulier, pour i∈[[1,n]], la i-ème application coordonnée (ou i-ème projection)
pri : Rn −→ R, (x1 , x2 , ..., xn )−→xi est une forme linéaire, donc dpri (a)=pri en tout point
30
On utilise parfois aussi des D majuscules.

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Fonctions de plusieurs variables.

a. Quand les variables utilisées sont (x1 , x2 , ..., xn ), il est d’usage de noter dxi l’application
pri surtout en calcul différentiel, cela signifie que dxi (h1 , h2 , ..., hn )=hi . La famille (dx1 ,
dx2 , ..., dxn ) est une base de L(Rn ,R), c.à.d. toute forme linéaire L s’écrit de manière
unique sous la forme L=α1 dx1 + α2 dx2 + · · · + αn dxn , ce qui signifie que L(h)=(α1 dx1 +
α2 dx2 + · · · + αn dxn )(h) =α1 dx1 (h)+ α2 dx2 (h)+ · · · + αn dxn (h) = α1 h1 + α2 h2 + · · · + αn hn .

L’on notera aussi que, si ψi (x1 , x2 , ..., xn )=fJ;aJ (xi ) =f(a1 , a2 , ..., ai−1 , xi , ai+1 , ai+2 ,
..., an ) (J={1,2, ..., i−1, i+1, i+2, ..., n} et aJ =(a1 , a2 , ..., ai−1 , ai+1 , ai+2 , ..., an )∈ Rn−1 ,
cf. notation des fonctions partielles, déf. 6.1), alors la différentielle dψi (a) = αi dxi =αi pri
en a=(a1 , a2 , ..., an ).
f(a1 , a2 , ..., ai−1 ,ai + hi , ai+1 , ai+2 ,...,an ) − f(a1 , a2 ,..., an ) − αi hi
D’autre part, 0 = lim
hi →0,hi =0 |hi |
(en prenant h=(0,0, ...,0,hi ,0,0, ...,0) dans (*) ci-dessus). Ce qui donne
f(a1 , a2 , ..., ai−1 ,ai + hi , ai+1 , ai+2 ,...,an ) − f(a1 , a2 ,..., an )
αi = lim (en considérant les li-
hi →0,hi =0 hi
∂f
mites à gauche et à droite). Donc, αi = (a)=∇i f(a), la i-ème dérivée partielle de f en a,
∂ xi
∂f
et pour cela (a)=∇i f(a) est aussi appelé la différentielle partielle 31 de f par rapport à
∂ xi
x i en a. Par ailleurs, f ′ (a).ei = L(ei )=αi , pour ei = (δ 1i ,δ 2i , ...,δ ni ) =(δ ji )j=1,n .
∂f
Finalement, si f est différentiable en a, toutes les dérivées partielles (a) existent pour
∂ xi
i=1,n, et l’on a :
n ∂f
f(a1 +h1 ,a2 +h2 ,...,an +hn )= f(a1 , a2 ,..., an )+ ( (a)hi ) +o(|h1 | + |h2 | + · · · + |hn |), ou
i=1 ∂ xi
n ∂f
f(a+h)= f(a)+( (a)dxi (h)) +o('h'1 ). Ce qu’on écrit aussi
i=1 ∂ xi

∂f
n
f(a+h)= f(a)+ (a)dxi (h) +o('h'1 ).
i=1 ∂ xi

∂f n
C’est-à-dire, df(a)=f ′ (a)= (a)dxi .
i=1 ∂ xi

La réciproque n’est pas vraie. C’est-à-dire qu’on peut trouver des fonctions dont les dérivées
partielles en un point existent toutes sans que la fonction soit différentiable en ce point.
6.11 Remarque. Logiquement, nous devons définir maintenant les différentielles
d’ordre supérieur. Pour une fonction numérique f : Rn −→ R, si, pour un i∈[[1,n]], une
∂f ∂f
dérivée partielle est définie au voisinage de a=(a1 , a2 , ..., an ), on a une fonction :
∂ xi ∂ xi
∂f ∂f
Rn −→ R, x−→ (x). Si la fonction admet en a une dérivée partielle par rapport
∂ xi ∂ xi
∂2 f ∂ 2 f(a)
à xj , j∈[[1,n]], on la note (a) ou et on l’appelle la dérivée partielle seconde
∂ xj ∂ xi ∂ xj ∂ xi
∂f
de f en a par rapport à x i et x j . Et si toutes les sont différentiables en a, on ob-
∂ xi
31
Appellation utilisée surtout pour des fonctions vectorielles

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FONCTIONS NUMERIQUES. FONCTIONS de plusieurs variables.

−−→ ∂ f −−→ ∂ f −−→ ∂ f


tient le n-uple en a ( (grad )(a), (grad )(a), ..., (grad )(a)) qui appartient à
∂ x1 ∂ x2 ∂ xn
n n n
L(R ,R)×L(R ,R)× · · · × L(R ,R). On dira alors que f admet une différentielle d’ordre 2.

La suite est très intéressante, vraiment très intéressante, mais le développement de la


théorie nous conduira à utiliser des notions d’Algèbre et de Topologie que nous n’avons pas
à notre disposition et qui nous amènera trop loin pour un premier cours de mathématiques
pour informaticiens. Aussi, nous allons nous borner aux différentielles d’ordre 1. Et nous
allons terminer cette section par quelques applications des différentielles d’ordre 1.
Nous ne donnons pas les règles de calculs sur les différentielles, car ce sont les mêmes que
celles données après la définition 4.12. Donnons tout de même celle-ci, la différentielle
d’une application composée.

6.12 Proposition. Soient g : R −→ R n , f : Rn −→ R, h : R −→ R .


(i) On suppose g différentiable en b∈Dg et f différentiable en a=g(b) (a=(a1 , a2 , ...,
an )∈ Rn ) et que f◦g est définie au voisinage de a. Alors, f◦g est différentiable en b et
(f◦g) ′ (b)=f ′ (g(b))◦g ′ (b) (d(f◦g))b =(df )a ◦ (dg)b c.à.d. (d(f◦g))b =(df )g(b) ◦ (dg)b (composée
de deux applications linéaires)).
(ii) On suppose f différentiable en a (a=(a1 , a2 , ..., an )∈ Rn ) et h différentiable en
c=f(a) et que h◦f est définie au voisinage de a. Alors, h◦f est différentiable en a et
(h◦f ) ′ (a)=h ′ (f(a))◦f ′ (a) (d(h◦f ))a =(dh)c ◦ (df )a c.à.d. (d(h◦f ))a =(dh)f(a) ◦ (df )a (com-
posée de deux applications linéaires)).

Preuve : Expliquons d’abord le fonctionnement de notre affirmation.


Pour (i) : g : R −→ R n , c.à.d. g=(g1 , g2 , ..., gn ) où gi : R −→ R pour i=1,n. Et, g
différentiable en b équivaut à gi différentiable en b pour tous les i∈[[1,n]]. Et g ′ (b)= (g ′1 (b),
dgi
g ′2 (b), ..., g ′n (b))∈ L(R,R)×L(R,R)× · · · × L(R,R) (n facteurs). Chaque g ′i (b)= (b) (si
dt

la variable est notée t) est identifiée, comme on l’a dit, au coefficient βi ∈ R tq g i (b)(x)=βi x.
C’est-à-dire que g ′ (b)= (g ′1 (b), g ′2 (b), ..., g ′n (b)) =(β1 , β2 , ..., βn )∈ Rn , et ainsi g ′ (b) est
identifiée à l’application linéaire G∈ L(R,Rn ) tq G(t)=(β1 t, β2 t, ..., βn t)∈ Rn . Maintenant,
∂f n
f : Rn −→ R, donc, f ′ (g(b))= f ′ (a) = (a)dxi , au point a=(a1 , a2 , ..., an ) où ai =gi (b),
i=1 ∂ xi

i=1,n (f ′ (g(b))∈ L(Rn ,R)). Finalement, f ′ (g(b))◦g ′ (b)∈ L(R,R) tq [f ′ (g(b)) ◦ g ′ (b)](t)=
n ∂f n ∂f n ∂f n ∂f dgi
(a)dxi (β1 t, β2 t, ..., βn t) = (a)βi t = t (a)βi = t (a) (b) .
i=1 ∂ xi i=1 ∂ xi i=1 ∂ xi i=1 ∂ xi dt
d(f ◦g) n ∂f dgi
C’est cette formule qu’on doit retenir : (b)= (g(b)) (b). Cette
dt i=1 ∂ xi dt
dg1
formule revient à appliquer f ′ (g(b)) au vecteur g ′ (b)= (g ′1 (b), g ′2 (b), ..., g ′n (b)) = ( (b),
dt
dg2 dgn
(b), ..., (b)). Ouf !!!
dt dt
2011
Alain Ralambo

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Fonctions de plusieurs variables.

n ∂f
La démonstration consiste à montrer que f(g(t))−f (g(b))− (t−b) (a)βi
i=1 ∂ xi

n ∂f
est négligeable devant (t−b) quand t tend vers b. Or, f(x)−f (g(b))− (a)dxi (x−g(b))
i=1 ∂ xi

n ∂f
=o('x − g(b)'1 ) (f différentiable en a=g(b)). C.à.d., f(x)−f (g(b))− (a)dxi (x − g(b))
i=1 ∂ xi

n ∂f
=o('x − g(b)'1 ), ou f(x)−f (g(b))− (a)((xi − gi (b)) =o('x − g(b)'1 ) [rappelons
i=1 ∂ xi

que x−g(b)=(x1 −g1 (b), x2 −g2 (b), ..., xn −gn (b))∈ Rn ]. D’un autre côté, gi (t)−gi (b)=βi (t−b)
+(t−b)εi (t), avec εi (t)→ 0 qd t→b, pour chaque i∈[[1,n]] (♣) (dérivabilité de gi en b). On
n ∂f
remplace (xi −gi (b) par gi (t)−gi (b), il vient f(x)−f (g(b))− (a)[βi (t − b)+(t − b)εi (t)]
i=1 ∂ xi

=o('g(t) − g(b)'1 ). Les relations (♣) montrent que 'g(t) − g(b)'1 = |g1 (t) − g1 (b)| +
|g2 (t) − g2 (b)| + · · · + |gn (t) − gn (b)|=O(t−b), ce qui fait que un o('g(t) − g(b)'1 ) est un
n ∂f n ∂f
o(O(t−b))=o(t−b). D’autre part, (a)(βi (t−b)+(t−b)εi (t))= (t−b) (a)βi +
i=1 ∂ xi i=1 ∂ xi

n∂f n ∂f
(t−b) (a)εi (t) . Et (a)εi (t) → 0 quand t→b car chaque εi (t) tend vers 0.
i=1 ∂ xi i=1 ∂ xi

n ∂f n ∂f
C.à.d. (t−b) (a)εi (t) =o(t−b). Finalement, f(x)−f (g(b))−(t−b) (a)βi =
i=1 ∂ xi i=1 ∂ xi
o(t−b). c.q.f.d.
dh
Pour (ii). D’abord, h : R −→ R est différentiable en c=f(a). Donc, (c)=h ′ (c)∈ L(R,R)
du
′ ′ h(u) − h(c)
et (h (c))(u)=αu pour u∈ R, h (c) est identifié au coefficient α ∈ R (α=lim ).
u→c u−c
n ∂f
Ensuite f : Rn −→ R est différentiable en a, c.à.d. f ′ (a)∈ L(Rn ,R), f ′ (a) = (a)dxi ,
i=1 ∂ xi

au point a=(a1 , a2 , ..., an ). Donc, notre formule dit que h◦f est différentiable en a avec
(h◦f) ′ (a)= h ′ (f(a))◦f ′ (a) ou [(h◦f) ′ (a)](x)=[h ′ (f(a))◦f ′ (a)](x)= [h ′ (c)](f ′ (a)(x))=α[f ′ (a)(x)]
n ∂f n ∂f
=α (a)dxi (x1 , x2 , ..., xn ) = α (a)dxi (x1 , x2 , ..., xn ) . C.à.d., puisque
i=1 ∂ xi i=1 ∂ xi
∂ (h ◦ f)
n ∂ (h ◦ f) ∂f ∂f
(h◦f) ′ (a)= (a)dxi , que (a)=α (a) =h ′ (f(a)) (a). On retient cette
i=1 ∂ xi ∂ xi ∂ xi ∂ xi
∂ (h ◦ f) dh ∂f
formule par (a)= (f(a)) (a). Cette dernière formule est évidente car c’est la
∂ xi df ∂ xi
dérivation de la composée de deux fonctions d’une variable réelle (h et une fonction partielle
∂ (h ◦ f)
fJ;aj ), mais elle montre seulement que (a) existe.
∂ xi

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FONCTIONS NUMERIQUES. FONCTIONS de plusieurs variables.

n ∂f
Il nous faut monter que (h(f(x))− (h(f(a))= α (a)(xi − ai ) +o('x − a'1 ) (x=(x1 ,
i=1 ∂ xi
x2 , ..., xn ) et a=(a1 , a2 , ..., an )). Or, h(u)−h(c)=α(u−c) +(u−c)ε(u) avec ε(u)→0 quand
u→c. Donc, h(f(x))−h(c)=α(f(x)−c) +(f(x)−c)ε(f(x)) = α(f(x)−f(a)) +(f(x)−f(a))ε(f(x)).
∂fn
Mais, f(x)−f(a)= f ′ (a).(x−a)+o('x − a'1 ) = (a)(xi − ai ) +o('x − a'1 ). Donc,
i=1 ∂ xi
n ∂f n ∂f
h(f(x))−h(c)=α (a)(xi − ai ) + α.o('x − a'1 ) + (a)(xi − ai ) ε(f(x)) +
i=1 ∂ xi i=1 ∂ xi
n ∂f
o('x − a'1 )ε(f(x)). Donc, h(f(x))−h(f(a))= α (a)(xi − ai ) + ε1 (x), avec ε1 (x)=
i=1 ∂ xi
n ∂f
α.o('x − a'1 ) + (a)(xi − ai ) ε(f(x))+ o('x − a'1 )ε(f(x)). On a bien α.o('x − a'1 )
i=1 ∂ xi
n ∂f
+ o('x − a'1 )ε(f(x))= o('x − a'1 ). On a aussi (a)(xi − ai ) =O('x − a'1 ), et
i=1 ∂ xi
n ∂f
comme ε(f(x))→ 0 si x→a (car f(x)→c et ε(u)→0 si u→c), (a)(xi − ai ) ε(f(x))=
i=1 ∂ xi
o('x − a'1 ). Finalement, ε1 (x)=o('x − a'1 ). c.q.f.d.

6.13 Proposition. Soit f : Rn −→ R, définie au voisinage de a=(a1 , a2 , ..., an ).


∂f
Si (a) existe pour un i∈[[1,n]], alors f est continue en a par rapport à la variable xi
∂ xi
(Évident). De même, si f est différentiable en a, alors f est continue en a.
Preuve : La première affirmation est évidente car elle concerne des fonctions d’une vari-
n ∂f
able. Pour la deuxième, f(a+h)− f(a)= (a)hi +o('h'1 ) tend vers 0 quand h tend
i=1 ∂ xi
vers 0 dans Rn . c.q.f.d.
∂f
6.14 Définition. On dit que f : Rn −→ R est de classe C 1 en a=(a1 , a2 , ..., an ) si (x)
∂ xi
existe pour tous les i∈[[1,n]] pour x voisin de a (x∈]a1 − ε,a1 + ε[×]a2 − ε,a2 + ε[× · · · ×]an −
ε,an + ε[, pour un ε > 0) et si elle est continue en a. On dit que f est de classe C 1 sur
U⊂ Rn si elle est de classe C 1 en tout point de U.

6.15 Proposition. Si f : Rn −→ R est de classe C 1 en a=(a1 , a2 , ..., an ), alors f est


différentiable en a.
2 ∂f
Preuve : (On la fait pour deux variables). On a : f(a1 +h1 ,a2 +h2 )− f(a1 , a2 )−( (a)hi )
i=1 ∂ xi
∂f ∂f
=(f(a1 +h1 ,a2 +h2 )− f(a1 +h1 , a2 )− (a)h2 )+ (f(a1 +h1 ,a2 )− f(a1 , a2 )− (a)h1 ). Notons
∂ x2 ∂ x1
∂f
ψ(h1 ,h2 )=f(a1 +h1 ,a2 +h2 )− f(a1 +h1 , a2 )− (a)h2 . Elle est définie pour (h1 ,h2 ) suffisam-
∂ x2
ment près de (0,0). Précisément, on peut trouver η > 0 tq si |h1 | < η et |h2 | < η, ψ(h1 ,h2 )
∂ψ ∂f ∂f ∂f
est définie. De plus, (h2 )= (a1 +h1 ,a2 +h2 )− (a). Comme est continue en
∂ h2 ∂ x2 ∂ x2 ∂ x2
a=(a1 , a2 ), pour un ε > 0, on peut trouver un η1 > 0 (η1 < η), tq si |h1 | < η1 et |h2 | < η1
∂f ∂f ∂ψ
alors (a1 +h1 ,a2 +h2 ) − (a) < ε, c.à.d. (h2 ) < ε. Fixant h1 tq |h1 | < η1
∂ x2 ∂ x2 ∂ h2

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Fonctions de plusieurs variables.

et appliquant la Formule générale des Accroissements Finis (cf. th. 4.22), on obtient
∂f
|ψ(h1 ,h2 ) − ψ(h1 ,0)| ≤ ε |h2 |. Ce qui s’écrit f(a1 +h1 ,a2 +h2 ) − f(a1 +h1 ,a2 ) − (a)h2 ≤
∂ x2
∂f
ε |h2 |. D’autre part, par définition de la dérivée partielle (a), on peut trouver η2 > 0
∂ x1
∂f
(η2 < η1 ) tq si |h1 | < η2 alors f(a1 +h1 ,a2 ) − f(a1 ,a2 ) − (a)h1 < ε |h1 |. Finale-
∂ x1
∂f ∂f
ment, si |h1 | < η2 et |h2 | < η2 alors f(a1 +h1 ,a2 +h2 ) − f(a1 ,a2 ) − (a)h1 − (a)h2 <
∂ x1 ∂ x2
ε(|h1 | + |h2 |).

6.16 Corollaire. f : Rn −→ R est de classe C 1 sur U=]a1 − ε,a1 + ε[×]a2 − ε,a2 +


∂f
ε[× · · · ×]an − ε,an + ε[ ssi existe, pour tous les i∈[[1,n]], et est continue sur U.
∂ xi
6.17 Proposition. Soient f : Rn −→ R définie dans un voisinage de a=(a1 , a2 , ...,
∂f
an ). Si f présente en a un extrémum relatif, et si (a) existe pour un i∈[[1,n]], alors
∂ xi
∂f
(a)=0. Et si f ′ (a) existe, f ′ (a)=0. On rappelle que f présente un maximum relatif en
∂ xi
a si l’on peut trouver un ε > 0 tq f(x)≤ f(a) pour les x∈ U=]a1 − ε,a1 + ε[×]a2 − ε,a2 +
ε[× · · · ×]an − ε,an + ε[.
∂f ∂f
Preuve : Comme pour les fonctions d’une variable. On montre que (a)≤ 0 et (a)≥
∂ xi ∂ xi
0 en prenant des limites à gauche et à droite.
La réciproque n’est pas vraie en générale (f(x,y)=xy ne présente ni un maximum ni
∂f ∂f
un minimum relatif en a=(0,0) et pourtant (a)= (a)=0.
∂x ∂y
Donnons une dernière proposition sur les fonctions homogènes, puisqu’on en a parlé.

6.18 Proposition. Soit f C : −→ R, où C⊂ Rn est un cône ouvert 32 , r∈ R. On suppose


f différentiable sur C. Alors, f est positivement homogène de degré r ssi f vérifie l’identité
2 ∂f
d’Euler (♯) f ′ (x).x=rf(x) (c.à.d. (a)xi = rf(x)).
i=1 ∂ xi

Preuve : f(tx)=tr f(x) et en différentiant par rapport à t∈ R, on obtient f ′ (tx).x=rtr−1 f(x)


et on fait r=1.
Inversement, suppososn (♯) vérifié. Donc, f ′ (tx).tx=rf(tx) ou tf ′ (tx).x=rf(tx). Fixant x et
r r d ψ(t) ψ ′ (t)tr − rtr−1 ψ(t)
posant ψ(t)=f(tx), ψ ′ (t)=f ′ (tx).x= f(tx) = ψ(t). D’où, =
t t dt tr t2r
ψ(t)
=0. Donc, r =constante =ψ(1) =f(x). Donc, ψ(t)=tr f(x). c.q.f.d.
t

32
C est un cône ouvert si C est un cône et si pour chaque a=(a1 , a2 , ..., an )∈C, on peut trouver ε > 0
tq ]a1 − ε,a1 + ε[×]a2 − ε,a2 + ε[× · · · ×]an − ε,an + ε[⊂C.

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FONCTIONS NUMERIQUES. INTEGRATION.

7 INTÉGRATION.

L’intégration est présentée comme le pendant de la dérivation, elle permet en effet de


trouver des fonctions dont la dérivée est donnée quand certaines conditions sont remplies.
Mais l’intégration est surtout une autre méthode de sommation qui généralise plus ou
moins les séries, une méthode d’approximation de l’intégrale d’une fonction numérique.
L’intégrale d’une fonction, voilà encore un nouvel objet mathématique ! Non, ce n’est pas
une bizarrerie du Pays des Hommes Intègres ! Il y a beaucoup de méthodes d’intégration.
L’intégrale que nous allons étudier est appelée “intégrale au sens de RIEMANN” 33 , bien
que le principe de calcul semble avoir été déjà connu d’ARCHIMÈDE 34 qui s’en servait
pour calculer des aires et des volumes. Pour calculer le nombre π, c.à.d. l’aire d’un disque
de rayon , Archimède entourait le cercle par deux courbes polygonales, l’une circonscrite
(à l’extérieur) au cercle et l’autre inscrite (à l’intérieur) dans le cercle, puis il fait tendre le
nombre de côtés des polygones vers l’infini.

La méthode de Riemann n’en est pas très éloignée car elle se ramène à encadrer une fonction
par deux fonctions en escalier, comme nous verrons, pour calculer l’aire entre le graphe de
la fonction et l’axe des abcisses. Mais, la méthode de Riemann tient beaucoup plus du
calcul barycentrique, du calcul de moyennes — et nous verrons qu’il y aura une quantité
appelée valeur moyenne d’une fonction f — du calcul de poids avec utilisation de densité
(comme en physique). D’ailleurs, Archimède avait aussi utilisé la pesée pour calculer des
aires; il dessinait le domaine dont on doit mesurer l’aire sur une plaque de métal très mince
et de densité uniforme et le découpait puis il comparait son poids avec le poids de un
centimère carré (1 cm2 ) du même métal, le reste étant une question de mise à l’échelle.
Nous avons vu en TD la notion de moyenne arithmétique de n nombres (x1 , x2 , ..., xn )
a1 x1 + a2 x2 + · · · + an xn
affectés des coefficients (a1 , a2 , ..., an ), A= , c’est le barycentre des
a1 + a2 + · · · + an
(x1 , x2 , ..., xn ) comme l’étudiant l’a certainement déjà appris en terminales. La théorie de
la mesure a généralisé cette approche barycentrique. Et par ailleurs, il existe bien d’autres
intégrales. Mais cela est une autre histoire !!! Voyez sur le web !!!
33
Bernhard Riemann, 1826-1866.
34
Archimède, 287-212 av. J.C.

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Intégrales définies.

INTÉGRALES DÉFINIES au sens de RIEMANN.

7.1 Définition. On appelle subdivision d’un intervalle [a,b] de R (a<b) une suite finie
et croissante de points de [a,b] σ=(x0 , x1 , x2 , ..., xn ) telle que x0 =a et xn =b, le nombre
n dépend de σ. Les intervalles [xi−1 ,xi ], i=1 à n, sont les intervalles de la subdivision σ
et le nombre h=h(σ)= sup (xi −xi−1 ) est le pas de la subdivision. La subdivision est dite
1≤ i≤n
b−a
régulière si la longueur (xi −xi−1 ) est constante (égale à ). Pσ ={x0 , x1 , x2 , ..., xn } est
n
l’ensemble des points de la subdivision σ.

On dit que la subdivision σ ′ est plus fine que 35 la subdivision σ si Pσ ⊃Pσ ′ . On obtient une
subdivision plus fine que σ en ajoutant des points à Pσ . La réunion de deux subdivisions
σ et σ ′ est une subdivision σ ′′ telle que Pσ ′′ = Pσ ∪Pσ ′ qu’on range de façon naturelle.
On dit qu’une fonction f : [a,b]−→ R est en escalier si l’on peut trouver une subdivision
σ de [a,b] telle que la restriction de f à ]xi−1 ,xi [ est constante pour chaque i∈[[1,n]], c.à.d.
f(x)=ξi pour x∈]xi−1 ,xi [ où ξi ∈ R. Donc, f est bornée car elle ne prend qu’un nombre fini
de valeurs (les ξi et les f(xi )). On dit qu’une subdivision est associée à f si f est constante à
l’intérieur des intervalles ouverts de la subdivision, et donc, une subdivision plus fine que
σ est aussi associée à f. On note Ea,b l’ensemble des fonctions en escalier sur [a,b].
Remarques. Ea,b est un espace vectoriel sur R muni de l’addition et de la multiplication
par un scalaire, c.à.d. que λf+µg∈ Ea,b pour f,g∈ Ea,b . Et même, Ea,b est un treillis (sup(f,g)
et inf(f,g)∈ Ea,b si f et g∈ Ea,b ). Si une fonction f est définie sur [a,b] et si f|[a,c] ∈ Ea,c et
f|[c,b] ∈ Ec,b , alors f∈ Ea,b (c∈[a,b]) et réciproquement.

7.2 Définition. (Intégrale d’une fonction en escalier) Soit f∈ Ea,b (a<b) et soit
σ=(x0 , x1 , x2 , ..., xn ) une subdivision associée à f. On appelle intégrale de f le nombre réel
n xi−1 +xi
I(f)= (xi −xi−1 )ξi où ξi =f(x) pour x∈]xi−1 ,xi [ (on peut prendre x= ).
i=1 2
On note I(f)= ab f ou I(f)= ab f(x)dx. Dans cette dernière notation, la lettre “x” dans f(x)dx
est une variable muette, c.à.d. qu’elle peut être remplacée par n’importe quel autre sym-
bole. I(f)= ab f(x)dx = ab f(t)dt = ab f( )d . On lit ab f en disant “intégrale de a à b de f”.
Le “f” sous le symbole intégral est parfois appelé aussi l’intégrande et le “f(x)dx” appelé
l’expression intégrale.36

35
On dit aussi “un raffinement” de σ.
36
Certains appellent intégrande (ou parfois intégrand) l’expression “f(t)dt” sous le signe .

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FONCTIONS NUMERIQUES. INTEGRATION.

Remarques. 1) I(f) est la somme algébrique des aires des rectangles, à côtés parallèles
aux axes, formés de façon naturelle à partir du graphe de f (voir la figure). Les aires des
zones au-dessus de l’axe des abscisses marquées de + sont comptées positivement et celles
au-dessous marquées du − sont comptées négativement dans le calcul de la somme.
2) I(f) ne dépend pas de la subdivision σ associée à f, c.à.d. que on obtient le même I(f)
quelle que soit la subdivision associée à f utilisée.
3) Si f et g∈ Ea,b , λ et µ ∈ R, ab (λf +µg) =λ b
af +µ b
af , c.à.d. que I est une forme linéaire
sur Ea,b , (I(λf+µg)=λI(f)+µI(g)).
b c b
4) (Relation de CHASLES). Si f|[a,c] ∈ Ea,c et f|[c,b] ∈ Ec,b , a≤ c≤ b, alors a f= a f+ c f.

5) Si f et g∈ Ea,b et si f≤ g, alors ab f ≤ ab g. En particulier, si f∈ Ea,b et si f≥ 0, alors b


af
≥ 0 (On dit que I est une forme linéaire positive).
b b
6) Si f∈ Ea,b , |f| ∈ Ea,b aussi. Et, de plus, a f ≤ a |f| (corollaire de 5)).
b
7) Exemples. Si f≡ 1 sur [a,b], af =b−a. Si f est nulle sauf en un nombre fini de point de
[a,b], ab f =0.
Maintenant, on veut essayer d’étendre la forme linéaire I ou ab à un ensemble plus grand
que Ea,b avec toutes les propriétés données dans la précédente remarque et de pouvoir
calculer l’aire comme celle sur la deuxième figure. Et c’est là qu’entre en jeu la méthode
utilisée par Archimède d’encadrement de l’aire par des aires de polygones, mais, cette fois-
ci, on utilise des aires rectangulaires limitées par des fonctions en escalier. C’est ce que
nous expliquons maintenant sans trop entrer dans les détails.
+
7.3 Définition. (Intégrale de Riemann) Soit f : [a,b]−→ R, bornée. Notons Ea,b (f)
l’ensemble des fonctions en escalier u∈ Ea,b tq u≥ f, c.à.d. u(x)≥ f(x) pour x∈[a,b], et

Ea,b (f) l’ensemble des fonctions en escalier v∈ Ea,b tq v≤ f, c.à.d. v(x)≤ f(x) pour x∈[a,b].
+ − + −
Ea,b (f) et Ea,b (f) sont non vides si f est bornée. Donc, v≤ f≤ u, pour u∈ Ea,b (f) et v∈ Ea,b (f).
Donc, ab v≤ ab f ≤ ab u, si l’on pouvait étendre ab à f (propriété 5)). D’où la définition
suivante.
On dit que f est intégrable au sens de Riemann sur [a,b] ou Riemann intégrable sur [a,b]
+ −
si, à chque ε > 0, on peut associer deux fonctions en escalier, u∈ Ea,b et v∈ Ea,b (f) telles
que ab (u−v)≤ ε. Cette propriété est équivalente à celle-ci (évidemment), à chaque n∈ N* ,
+ −
on peut associer deux fonctions en escalier, un ∈ Ea,b et vn ∈ Ea,b (f) telles que
1
(♦) ab (un −vn )≤ .
n
Ces définitions ne donnent pas une valeur à ab f , mais seulement une approximation, comme
Archimède avait approximé le nombre π, ab u est une valeur approchée par excès de ab f à
ε près et ab v est une valeur approchée par défaut de ab f à ε près. De même, ab un est une
1
valeur approchée par excès de ab f à près et ab vn est une valeur approchée par défaut de
n
b 1
a f à près. D’où la définition suivante.
n
Lorsque f est intégrable au sens de Riemann sur [a,b], on appelle intégrale de f sur [a,b]
(au sens de Riemann) la limite de ab un quand n tend vers ∞ et la limite de ab vn quand n

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Intégrales définies.

tend vers ∞. Et on la note ab f = ab f(t)dt. Elle est aussi appelée intégrale définie de f sur
[a,b], on expliquera plus tard le sens du mot “définie”. Nous noterons I[a,b] l’ensemble des
fonctions intégrables au sens de Riemann sur [a,b].
On montre facilement que lorsqu’elle existe, ab f est bien définie, c.à.d. qu’elle ne depend
+ −
pas de la suite (un )n dans Ea,b (f) et de la suite (vn )n dans Ea,b (f) de la définition. Cela signifie
b b ′ b b ′ +
que lim a un =lim a un =lim a vn =lim a vn si (un )n et (u′n )n sont dans Ea,b (f) et (vn )n
n∞ n∞ n∞ n∞
′ − − b −
et (vn )n dans Ea,b (f) vérifient (♦). Et, en fait, si l’on pose Ia,b (f)=sup{ a v/v∈ Ea,b (f)},
+ b +
appelé intégrale inférieure de f sur [a,b], et Ia,b (f)=inf{ a u/u∈ Ea,b (f)}, appelé intégrale
supérieure de f sur [a,b], alors I− +
a,b (f)=Ia,b (f) si f est intégrable au sens de Riemann sur [a,b]
b
et réciproquement. Et alors I− +
a,b (f)=Ia,b (f)= a f. D’où la définition suivante, équivalente à
la précédente.
Une fonction f : [a,b]−→ R, est intégrable au sens de Riemann sur [a,b] si f est bornée et
b
si I− + − +
a,b (f)=Ia,b (f). Son intégrale est alors a f =Ia,b (f)=Ia,b (f).

Remarque importante. Enfin, remarquons que si l’on change les valeurs de f en un


nombre fini de points x ′1 , x ′2 , ..., x ′m ∈[a,b], la fonction obtenue est intégrable sur [a,b] et
a la même intégrale que f. Cela signifie que si l’on pose f(x)= f(x) pour x=x ′k (k=1,m), et
f(x ′k ) éventuellement différent de f(x ′k ) (pour k=1,n), alors f ∈ I[a,b] et ab f = ab f. En effet,
cela est vrai pour les fonctions en escalier et ab f est une limite d’integrales de fonctions en
escalier. Mais la remarque est importante, car tous les résultats que nous donnons
ci-après sont valides si l’on change les valeurs des fonctions concernées en un
nombre fini de points de l’intervalle d’intégration.

7.4 Définition. (Sommes de DARBOUX) Soient f : [a,b]−→ R, bornée et σ=(x0 ,


+ −
x1 , x2 , ..., xn ) une subdivision de [a,b]. Soient uσ ∈ Ea,b et vσ ∈ Ea,b (f) ainsi définies :
uσ (x)=Mi = sup f(x) et vσ (x)=mi = inf f(x), pour x∈[xi−1 ,xi [, et uσ (b)=vσ (b)=f(b).
x∈[xi−1 ,xi ] x∈[xi−1 ,xi ]
n n
b
On pose sσ = a vσ = (xi −xi−1 )mi et Sσ = ab uσ = (xi −xi−1 )Mi . Sσ est appelée la somme
i=1 i=1
de Darboux supérieure de f associée à σ et sσ la somme de Darboux inférieure de f associée
à σ.

Ces sommes de Darboux vérifient les propriétés suivantes (dont la démonstration est laissée
à titre d’exercice) : sσ ≤ sσ ′ ≤ Sσ ′ ≤ Sσ si σ ′ est plus fine que σ (examiner le cas où l’on
ajoute un point à σ) et sσ1 ≤ Sσ2 pour deux subdivisions σ1 et σ2 quelconques (conséquence
des relations précédentes en utilisant σ=σ1 ∪ σ2 ). On démontre alors facilement le résultat
(♭) suivant :
“f ∈ F([a,b],R), bornée, est Riemann intégrable ssi à chaque ε > 0, on peut associer une
subdivision σ de [a,b] telle que S σ −s σ ≤ ε”.
Moins évident est le théorème (de Darboux) suivant :
“f ∈ F([a,b],R), bornée, est Riemann intégrable ssi à chaque ε > 0, on peut associer un
δ > 0 tq pour une subdivision σ de [a,b], si h( σ) ≤ δ (le pas de σ), alors S σ −s σ ≤ ε”. On
l’admettra.
De ces deux résultats, on déduit que si f est Riemann intégrable sur [a,b], alors, pour toute

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FONCTIONS NUMERIQUES. INTEGRATION.

suite (σk )k de subdivisions de [a,b] telle que h(σk )−→0, sσk et Sσk convergent vers une
k∞
b b
même limite (qui est alors af ). La réciproque est aussi vraie. On a alors af = sup sσ
σ
=inf
σ
Sσ aussi.

7.5 Définition. (Sommes de Riemann) Soient f : [a,b]−→ R, bornée et σ=(x0 , x1 ,


x2 , ..., xn ) une subdivision de [a,b]. On appelle somme de Riemann de f associée à la
n
subdivision σ toute somme de la forme s= (xi −xi−1 )f(ξi ) où ξi ∈[xi−1 ,xi ].
i=1

Ces sommes de Riemann vérifient la propriété évidente : sσ ≤ s≤ Sσ (les sommes de


Darboux sσ et Sσ sont d’ailleurs aussi des sommes de Riemann). On montre alors le
théorème suivant :
“f ∈ F([a,b],R), bornée, est Riemann intégrable ssi à chaque ε > 0, on peut associer un
δ > 0 tq pour une subdivision σ de [a,b], si h( σ) ≤ δ (le pas de σ), alors s − ab f ≤ ε
pour toute somme de Riemann s associée à σ”. On l’admettra. On dit que les sommes de
Riemann tendent vers ab f lorsque le pas de de la subdivision tend vers 0.

7.6 Valeurs Moyennes. Soient f : [a,b]−→ R, Riemann intégrable et σ=(x0 , x1 ,


b−a
x2 , ..., xn ) une subdivision régulière de [a,b], donc xi −xi−1 = pour tous les i. Une
n
b−a n
somme de Riemann associée à σ est alors de la forme s= f(ξi ) où ξi ∈[xi−1 ,xi ]. Et,
n i=1
d’après le théorème précédent, à chaque ε > 0, on peut associer un N∈ N tq si n≥ N,
1 n 1 b 1 b
alors f(ξi ) − a f ≤ ε, pour ξi ∈[xi−1 ,xi ]. f est la limite des moyennes
n i=1 b−a b−a a
1 n 1 b
arithmétiques f(ξi ). On appelle valeur moyenne de f sur [a,b] le nombre f. En
n i=1 b−a a
1 b 1 n b−a b−a
particulier, a f =lim f(a+i ) (prenant αi = xi = a+i ).
b−a n∞ n i=1 n n
Ceci justifie ce que nous disions, que le calcul intégral relève du calcul barycentrique.
1 n
D’ailleurs, une somme de la forme [ (xi −xi−1 )f(ξi )] est la moyenne arithmétique des
b − a i=1
f(ξi ) affectés des coefficients (xi −xi−1 ). La quantité (xi −xi−1 ) est notée aussi ∆xi , variation
n n
b
de la variable x, c.à.d. (xi −xi−1 )f(ξi )= ∆xi f(ξi ). Et l’intégrale af est la limite de
i=1 i=1
telles sommes quand le pas de la subdivision tend vers 0. Donc, ∆xi tend vers 0. D’où la
notation f(x)dx, dx est un “infiniment petit”, comme dans le calcul différentiel.
Exemples de fonctions Riemann intégrables.
Les fonctions en escaliers sont bien entendu Riemann intégrables, c.à.d. Ea,b ⊂ I[a,b] . Nous
allons donner des exemples standard de fonctions intégrables.

7.7 Proposition. Toute fonction f : [a,b]−→ R, monotone est intégrable.


Preuve : Si f est croissante au sens large, pour σ=(x0 , x1 , x2 , ..., xn ) subdivision régulière
b−a n b−a b−a
de [a,b], Sσ −sσ = [ (f(xi )−f(xi−1 )] ( xi = a+i ). Donc, Sσ −sσ = [(f(b)−f(a)]
n i=1 n n
qui tend vers 0, et on applique le résultat (♭) sur les sommes de Darboux. c.q.f.d.

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Intégrales définies.

7.8 Proposition. Toute fonction f : [a,b]−→ R, continue est intégrable, C([a,b],R)⊂


I[a,b] .
Preuve : Si f est continue sur [a,b], elle est uniformément continue (théorème de Heine,
3.10).Donc, pour ε > 0, on peut trouver η > 0 tq si |x − x ′ | ≤ η alors |f(x) − f(x ′ )| ≤ ε.
On prend une subdivision σ=(x0 , x1 , x2 , ..., xn ) de [a,b] telle que h(σ)≤ η. Alors, Sσ −sσ ≤
ε(b−a). Donc, on peut appliquer le résultat (♭) sur les sommes de Darboux. c.q.f.d.

7.9 Exemple de fonctions bornée non intégrable. Soit f : [a,b]−→ R, f=1IQ , c.à.d.
f(x)=1 si x∈ Q sinon f(x)=0. Alors f n’est pas intégrable, même si elle est bornée. En effet,
+ −
pour u∈ Ea,b (f) et v∈ Ea,b (f), avec v≤ f≤ u, si σ=(x0 , x1 , x2 , ..., xn ) est une subdivision
commune associée à u et v, alors u≥ 1 sur chaque intervalle de σ (car il y a toujours un
élément de Q dedans) et v≤ 0 (car il y a toujours un élément de R\Q dedans). Donc,
u−v≥ 1 et ab v−u≥ b−a. Donc, f n’est pas intégrable, d’après la définition même. En fait,
Sσ −sσ =b−a pour tout σ.

7.10 Interprétation de l’intégrale. Nous avons vu que, pour une fonction numérique
en escalier v sur [a,b], ab v est l’aire algébrique de l’ensemble Dv ={(x,y)∈ R2 /a≤ x≤ b
et 0≤ ε.y≤ ε.u(x), ε=sgn(v(x))} Aussi, l’on convient que, si f : [a,b]−→ R est intégrable
(au sens de Riemann), ab f désignera l’aire de Df ={(x,y)∈ R2 /a≤ x≤ b et 0≤ ε.y≤ ε.f(x),
ε=sgn(f(x))}.

Propriétés de l’intégrale.
Les propriétés des intégrales de fonctions en escalier que nous avons données, à la suite de
la définition 7.2, sont vraies pour les fonctions quelconques intégrables au sens de Riemann
sur [a,b], puisqu’on ne fait que des passages à la limite pour passer de l’intégrale de fonctions
en escalier à l’intégrale de Riemann. Rappelons-les.

7.11 Proposition. Si f et g∈ I[a,b] , λ et µ ∈ R, ab (λf +µg) =λ ab f +µ ab f ,


c.à.d. que I[a,b] est un espace vectoriel sur R et I= ab est une forme linéaire sur I[a,b] ,
(I(λf+µg)=λI(f )+µI(g)).

7.12 Proposition. Si f et g∈ I[a,b] et si f≤ g, alors ab f ≤ abg. En particulier, si f∈ I[a,b]


et si f≥ 0, alors ab f ≥ 0 (On dit que I est une forme linéaire positive).

7.13 Proposition. Soit f : [a,b]−→ R, f≥ 0 et continue. Si f n’est pas identiquement


b
nulle sur [a,b], alors af>0.
Preuve : Si f(c)>0 pour c∈[a,b], on a un petit intervalle [a1 ,b1 ] de la forme [c−α,c] ou
f(c) f(c)
[c,c+α]⊂[a,b] sur lequel f(x)> . Donc, ab f ≥ ab11 f≥ (b1 −a1 ) > 0 (par la relation
2 2

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FONCTIONS NUMERIQUES. INTEGRATION.

f(c)
de Chasles ci-après) ou poser v(x)= pour x∈ [a1 ,b1 ] et v(x)=0 ailleurs auquel cas
2
f(c)

v∈ Ea,b (f), et ab v= (b1 −a1 ) > 0. c.q.f.d.
2
7.14 Théorème (de la moyenne). Soit f : [a,b]−→ R intégrable. Soient m= inf f(x)
x∈[a,b]
b
et M= sup f(x). Alors, on peut trouver k∈[m,M] tq af =k(b−a).
x∈[a,b]

b b b b b
Preuve : m≤ f≤ M donc a m≤ af ≤ a M, ou (b−a)m ≤ af ≤ (b−a)M. Donc, k= af
∈[m,M]. c.q.f.d.
b
7.15 Corollaire 1. Si f∈ C([a,b],R), on peut trouver c∈[a,b] tq af =f(c)(b−a) (appliquer
le théorème des valeurs intermédiaires).
b
7.16 Corollaire 2 (Formule de la moyenne). Si f∈ I[a,b] , alors a f ≤ (b−a) sup |f(x)|.
x∈[a,b]

b
En effet, a f =|k| |b − a| ≤ (b−a)sup(|m|,|M|) = (b−a) sup |f(x)|.
x∈[a,b]

b b
7.17 Proposition. Si f∈ I[a,b] , alors |f| ∈ I[a,b] aussi. Et, de plus, a f ≤ a |f|. Donc,
si f et g∈ I[a,b] , alors, sup (f,g) et inf (f,g)∈ I[a,b] .
Preuve : Remarquons d’abord que si l’on pose f+ =sup (f,0) et f− =sup (−f,0) =−inf (f,0).
Alors f =f+ −f− et |f|=f+ +f− . De plus, f− = (−f)+ et f=f+ ssi f≥ 0. Il suffit donc de
montrer que f+ ∈ I[a,b] si f∈ I[a,b] .
On montre facilement aussi que (f+g)+ ≤ f+ +g+ , pour deux fonctions f et g quelconques.
Soient alors ε > 0 et u∈ Ea,b +
(f) tq ab (u−f)≤ ε. Donc, 0≤ u−f et (u−f)+ = u−f. Donc,
u+ = (u−f +f)+ ≤ (u−f)+ +f+ ≤ u−f+f+ . Donc u+ −f+ ≤ u−f. Mais u≥ f , donc u+ ≥
f+ , c.à.d. u+ ∈ Ea,b+ −
(f+ ). On montre, de même, que si v∈ Ea,b (f) tq ab (f−v)≤ ε, alors,

v+ ∈ Ea,b (f+ ) et 0≤ f+ −v+ ≤ f−v. Donc, v+ ≤ f+ ≤ u+ et u+ −v+ ≤ u+ −f+ + f+ −v+ ≤
u−f+f−v =u−v. Donc, ab u+ −v+ ≤ ab u−v≤ 2ε. c.q.f.d.

7.18 Proposition. Soient f et g∈ I[a,b] . Alors, fg∈ I[a,b] .


1
Preuve : Comme fg= [(f+g)2 −f2 −g2 ], il suffit de montrer que d’abord que si f∈ I[a,b] ,
2
alors f2 ∈ I[a,b] . Et comme f2 =|f|2 , il suffit de le montrer pour f≥ 0.
ε
+
Soient alors ε > 0, u∈ Ea,b (f) et v∈ Ea,b−
(f) tq ab (u−v)≤ où α = sup f(x). On supposera
2α x∈[a,b]
ε
v≥ 0, quitte à prendre v à sa place. Alors, u ≥ f ≥ v , a u −v2 = ab (u−v)(u+v)≤
+ 2 2 2 b 2

sup (u+v)(x). Maintenant, on peut toujours supposer que sup (u+v)(x)≤ 2 sup f(x),
x∈[a,b] x∈[a,b] x∈[a,b]
+
quitte à prendre u1 =inf(u,M) à la place de u, où M= sup f(x); en effet, u1 ∈ u≥ Ea,b (f) et
x∈[a,b]
ε
u1 ≥ f≥ v et ab u1 −v= ab u−v≤ . Donc, ab u2 −v2 ≤ ε, avec u2 ∈ Ea,b
+ −
(f2 ) et v2 ∈ Ea,b (f2 ).

Donc, f2 ∈ I[a,b] . c.q.f.d.

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Intégrales définies.

7.19 Théorème. (Inégalités de CAUCHY-SCHWARZ et de MINKOWSKI)


Soient f et g∈ I[a,b] . Alors :
b 2 b b
(⋆) a fg ≤ a f2 a g 2 (Inégalité de Cauchy-Schwarz),
1 1 1
b b b
(⋆⋆) a (f + g)2 2
≤ a f2 2
+ a g2 2
(Inégalité de Minkowski).
De plus, si f et g sont continues sur [a,b], ces inégalités deviennent des égalités ssi f et g
sont colinéaires, c.à.d. f=λg ou g=λf avec λ ∈ R.
Preuve : On pose θ(t)= ab (f+tg)2 = t2 ab g2 +2t ab fg + ab f2 , t∈ R. Alors, θ(t)≥ 0 pour tout
t, un trinôme du second degré en t. Donc, le discriminant ∆′ ≤ 0, c.à.d. ( ab fg)2 −( ab f2 )( ab g2 )≤
0, d’où (⋆). Et ∆′ =0 ssi, on peut trouver t0 ∈ R tq θ(t0 )=0 (t0 est racine double de
l’équation θ(t)=0). Alors, ab (f+t0 g)2 =0, et donc (f+t0 g)2 =0, car c’est une fonction con-
tinue. Donc f=t0 g. Enfin, on a une égalité dans (⋆⋆) ssi on a une égalité dans (⋆). c.q.f.d.

7.20 Proposition(Relation de CHASLES). Soient f∈ I[a,b] , c∈]a,b[. Alors,


b c b c
f|[a,c] ∈ I[a,c] et f|[c,b] ∈ I[c,b] et a f= a f+ c f (où af = ac f|[a,c] et b b
c f= c f|[c,b] ). Et réciproquement.
Preuve : On pose f1 =fg1 où g1 =1I[a,c] |[a,b] et f2 =fg2 où g2 =1I[c,b] |[a,b] . Alors gi ∈ I[a,b] . Donc,
fi ∈ I[a,b] , par la proposition 7.18. Comme f=f1 +f2 , ab f = ab f1 + ab f2 et il suffit donc que
b c c b b b
a f1 = a f = a f|[a,c] et a f2 = c f= c f|[c,b] . Ce qui se fait facilement en passant aux fonctions
en escalier. c.q.f.d.

7.21 Définition (Intégrale sur un segment). Soient f : J−→ R, J intervalle de R,


b a
a,b∈J. Si a>b et si f|[b,a] ∈ I[b,a] , on pose a f =− b f (intégrale de f sur [a,b] de la définition
7.2). Si a<b et si f|[a,b] ∈ I[a,b] , ab f est l’intégrale de f sur [a,b] de la définition 7.2). Si a=b,
on pose aa f=0. Dans les trois cas, on dit que f est intégrable sur le segment (orienté) [a,b]
d’intégrale ab f. On devrait changer de notation mais l’on s’y fait. Ce qu’il faut retenir,
c’est que [a,b] est appelé segment orienté ici car a peut être plus grand que b, auquel cas
[a,b] n’est plus un intervalle. Cette définition revient à définir des subdivisions σ=(x0 , x1 ,
x2 , ..., xn ) décroissantes si a>b, et l’on n’aurait pas à donner de nouvelles définitions.
On a alors le résultat suivant (Relation de Chasles) : “Soient a, b, c∈J. Si f est intégrable
sur les segments orientés [a,c] et [c,b], alors f est intégrable sur le segment orienté [a,b] et
b c b
a f = a f + c f ”. (Considérer toutes les positions possibles de a,b,c.)

7.22 Théorème. (1ère formule de la moyenne) Soient f et g∈ I[a,b] a<b, tq g≥ 0.


Alors :
b b b
(∗) m ag ≤ a f g ≤M a g où m=inf f([a,b]) et M=sup f([a,b]),
(∗∗) Si de plus, f est continue sur [a,b], alors on peut trouver au moins un c∈[a,b] tq
b b
a fg=f(c) a g.

7.23 Remarque. On démontre également le théorème suivant : “Étant données f et


g∈ I[a,b] telles que f ≥ 0 et décroissante au sens large sur [a,b], on peut trouver au moins
un c∈[a,b] tq ab fg=[f(a+0)] ac f (et si f ≥ 0 et croissante au sens large sur [a,b], on peut
trouver au moins un c∈[a,b] tq ab fg=[f(b−0)] cb f ) ”. On l’admettra car la démonstration
est un peu plus difficile.

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FONCTIONS NUMERIQUES. INTEGRATION.

INTÉGRALES ET PRIMITIVES.

7.24 Définition (Intégrale indéfinie). Soit f∈ I[a,b] (a<b). Nous savons que f est
intégrable sur tout [a,x]⊂[a,b]. On appelle intégrale indéfinie de f sur [a,b] la fonction
F : [a,b]−→ R tq pour x∈[a,b], F(x)= ax f = ax f(t)dt. La borne d’intégration supérieure
est variable, voilà pourquoi on dit “intégrale indéfinie” par opposition à “intégrale définie”
pour laquelle la borne supérieure de l’intégrale est fixée. Pour l’intégrale définie, l’intervalle
d’intégration est aussi un intervalle fermée, car il y aura l’intégrale généralisée que nous
verrons plus tard.
L’on remarquera que la borne supérieure de l’intégrale est x doit être différente de
la variable d’intégration t (dans f(t)dt), cela est conforme avec ce que nous disions,
la variable d’intégration est une variable muette de sommation qu’on ne peut pas sortir
du signe pour la mettre comme argument de F ( est un symbole abréviateur, on se
rappellera que ab f est une limite de sommes de Darboux ou de Riemann ou de sn du type
n
sn = (xi −xi−1 )f(ξi )).
i=1

Si f est une fonction sur un intervalle J de R telle que f∈ I[a,x] pour tout x∈J, a étant fixé,
[a,x] étant un segment orienté (x pouvant être ≤ a), la fonction F précédente est encore
définie sur J tout entier et s’appelle intégrale indéfinie de f sur J. Une telle fonction f est
dite localement intégrable sur J. La locale intégrabilité de f ne dépend d’ailleurs pas de
la borne a fixée, mais la fonction F dépend de a et devrait être notée Fa si l’on veut être
rigoureux. En faisant varier a dans J, il y a une infinité d’intégrales indéfinies Fa de f sur J,

tq Fa −Fa ′ = aa f (par la relation de Chasles) c.à.d. que Fa et Fa ′ diffèrent d’une constante.

7.25 Théorème. Soient f ∈ I[a,b] , a<b. Alors, l’intégrale indéfinie de f sur [a,b]
est lipschitzienne 37 de rapport k= sup |f(x )| c.à.d. |F(x) − F(x ′ )| ≤ k |x − x ′ |, pour x et
x∈[a,b]
x ′ ∈[a,b]. Donc, F est uniformément continue sur [a,b].

7.26 Théorème. Soient f ∈ I[a,b] , a<b. Alors, l’intégrale indéfinie F de f sur [a,b]
est dérivable à droite (resp. à gauche) et admet f(t+0) (resp. f(t−0)) en tout point t
de [a,b] où cette limite existe. C.à.d. F ′d (t)=f(t+0) pour t∈[a,b] tq f(t+0) existe (resp.
F ′g (t)=f(t−0) pour t∈[a,b] tq f(t−0) existe).
COROLLAIRE : Si f ∈ I[a,b] , a<b. Alors, l’intégrale indéfinie F de f sur [a,b] est
dérivable en tout point t de [a,b] où f est continue et F ′ (t)=f(t) pour t∈[a,b] où f est
continue.
Preuve : Soit x0 ∈[a,b[ tq α=f(x0 +0) = lim f(t) existe. D’après une remarque précédente,
t→x0
>
le changement des valeurs de f en un nombre fini de points de [a,b] ne modifie en rien la
fonction F(x)= ax f(t)dt. On va donc supposer que α=f(x0 ) même si ce n’est pas le cas. On
a donc, pour un ε > 0 donné, un δ>0 tq si x0 ≤ t≤ x0 +δ, alors α − ε <f(t) <α + ε. En
intégrant membre à membre, on obtient xx00 +h (α − ε)dt ≤ xx00 +h f(t)dt ≤ xx00 +h (α + ε)dt.
Or, F(x0 +h)−F(x0 )= ax0 +h f(t)dt− ax0 f(t)dt= xx00 +h f(t)dt. Donc, (α − ε)(x0 +h−x0 ) ≤
37
On dit qu’une fonction f est k-lipschitzienne si |f(x) − f(x ′ )| ≤ k|x − x ′ | pour x et x ′ ∈Df , k∈ R+ .

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-97


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Intégrales définies.

F(x0 +h) − F(x0 )


F(x0 +h)−F(x0 ) ≤ (α + ε)(x0 +h−x0 ), c.à.d. α − ε ≤ ≤ α + ε à condition
h
F(x0 +h) − F(x0 )
que 0<h<δ. Donc, −ε ≤ − α ≤ ε. c.q.f.d.
h
7.27 Définition. Soit f∈ F(I,R), I étant un intervalle de R. On appelle primitive de f
sur I une fonction F∈ F(I,R) tq F ′ (x)=f(x) pour x∈I.
Remarque. Avec la notation différentielle, dF(x)=F ′ (x)dx = f(x)dx, si la variable utilisée
est x. D’où la notation f(x)dx pour désigner une primitive de f, la variable x dans f(x)dx
veut dire qu’on utilise le symbole x pour désigner l’argument de la primitive. Le symbole
vient du théorème précédent et de son corollaire, ( ax f )′ =f(x).

7.28 Proposition. Soit f∈ C([a,b],R), a<b. Alors, l’intégrale indéfinie de f sur


x x
[a,b], F(x)= a f = a f(t)dt est une primitive de f sur [a,b], F est la primitive de f sur [a,b]
qui s’annule pour x=a. De plus, si G est une autre primitive de f sur [a,b], alors, ab f
=G(b)−G(a) 38 , que l’on note souvent [G]ba ou [G(t)]t=b b
t=a ( ou aussi G]a ). Ce qui permet de
calculer une intégrale quand on connaı̂t une primitive de l’intégrande.
COROLLAIRE. Toute fonction continue sur un intervalle I admet une primitive sur I.
Preuve : La première partie du théorème résulte du corollaire du théorème précédent,
puisque f est continue sur [a,b] et f∈ I[a,b] . La deuxième partie vient du fait que (F−G) ′ = 0
sur [a,b], donc F−G est constante sur [a,b] (corollaire 4.23). Donc, F(a)−G(a)=F(b)−G(b),
c.à.d. F(b)=G(b)−G(a) ou ab f =G(b)−G(a).
x
Pour le corollaire, on considère F(x)= a f(t)dt comme une intégrale sur un segment orienté
[a,x]. c.q.f.d.
Remarque. Si f est de classe C 1 sur [a,b], f(b)−f(a)= ab f ′ (t)dt (car f est une primitive
de f ′ ). Donc, |f(b) − f(a)| ≤ |b − a| sup |f ′ (t)| (cor. 7.16 — formule de la moyenne — ou
t∈[a,b]
th.7.25)

7.29 Proposition(Changement de variable). Soient ϕ une fonction de classe de


ϕ(b)
classe C 1 sur [a,b], f∈ C(ϕ([a,b]),R), a<b. Alors, ϕ(a) f(x)dx= ab f(ϕ(u))ϕ ′ (u)du (For-
mule de changement de variable).
Preuve : On sait que J=ϕ([a,b]) est un intervalle (théorème des valeurs intermédiaires).
ϕ(t)
On pose H(t)= ϕ(a) f(x)dx et G(t)= at f(ϕ(u))ϕ ′ (u)du, pour t∈[a,b]. H et G sont bien
définies avec les hypothèses données (les intégrandes étant continues) et H(t)=F(ϕ(t))−F(ϕ(a))
v
pour F intégrale indéfinie de f sur J, F(v)= ϕ(a) f(x)dx.
Comme f◦ϕ et ϕ ′ sont continues, G est la primitive de (f◦ϕ)ϕ ′ sur [a,b] qui s’annule
pour x=a. Donc, G ′ (t)=f(ϕ(t))ϕ ′ (t) pour t∈[a,b]. Par ailleurs, H(t)=F(ϕ(t))−F(ϕ(a)),
donc H ′ (t)=F ′ (ϕ(t))ϕ ′ (t) (dérivée de fonction composée). Donc, G ′ (t)= H ′ (t), pour
tout t∈[a,b]. Donc, H−G est constante (H−G)(t)= (H−G)(a) = H(a)−G(a)=0. Donc,
H(b)−G(b)=0. c.q.f.d.
Remarques. 1) La démonstration précédente montre que si ϕ est de classe C 1 sur un
intervalle I, si f est continue sur J=ϕ(I) et si F est une primitive de f sur J, alors F◦ϕ
38
Ce résultat est aussi appelé “Théorème fondamental du calcul”.

Pejy faha-98 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. INTEGRATION.

est une primitive de (f◦ϕ)ϕ ′ sur I. Ce que l’on formule souvent de la manière suivante :
“Si f(x)dx=F(x) + k, alors f( ϕ(t))ϕ ′ (t)dt= F( ϕ(t)) +k ” (formule de changement de
variable pour les primitives).
2) Dans le changement de variable, le symbole f(x)dx se comporte comme une différentielle
x
(et c’est bien la différentielle de ϕ(a) f(u)du). En pratique, on pose x=ϕ(t), donc dx=ϕ ′ (t)dt.
β b
Alors, α f(x)dx= a f(ϕ(t))ϕ ′ (t)dt, où b est un élément de ϕ−1 (β) et a∈ ϕ−1 (α). C’est une
des raisons pour lesquelles on garde la notation αβ f(x)dx, alors qu’il est plus simple d’écrire
β
α f.

3) Dans ces formules, on ne suppose pas ϕ bijective. Cependant, lorsque ϕ est bijective
et si, de plus, ϕ−1 est dérivable, alors la connaissance de G(t)= f(ϕ(t))ϕ ′ (t)dt permet de
dx
connaı̂tre f(x)dx en posant t=ϕ−1 (x), f(x)dx =G(ϕ−1 (x), (dt= ′ −1 ).
ϕ (ϕ (x))
a a 2 a 2et a 2u du
4) Exemple : 0 ch t dt = t0 −t
dt = 0 2t dt = 1e 2 obtenu en posant
e +e e +1 u +1 u
1
u=et ce qui équivaut à t= ϕ(u)= Log u. On remplace dt par Log ′ (u)du= du, a par ea
u
0 a 0 ea 2u du
et 0 par 1=e (quand t=a, u=e et quand t=0, u=e =1). Finalement, 0 2 =
u +1 u
ea 2 u=ea a
0 du =[2Arctg(u)]u=1 =2Arctg(e )−2Arctg(1) (Arctg u étant une primitive de
u2 + 1
1
2
)
u +1
7.30 Quelques cas particuliers utiles.

1) Soit f ∈ I[a,b] , a<b, on ne suppose pas que f est continue sur [a,b]. Alors, la fonction g :
[ −b,−a] −→ R définie par g(t)=f( −t) est intégrable, c.à.d. g∈ I[−b,−a] et ab f(t)dt= −b
−a
g(u)du.
En particulier, pour b>0 et f ∈ I[−b,b] : 0b f( −t)dt= −b
0 b
f(u)du et −b f(t)dt= 0b [f(t)+f( −t)]dt.
Ce résultat signifie qu’on peut faire le changement de variable t −t, même si f n’est
pas continue (mais seulement intégrable).
En effet, il y a une bijection entre les subdivisions σ=(x0 , x1 , x2 , ..., xn ) de [a,b] et −σ=(−xn ,
−xn−1 , ..., −x2 , −x1 , −x0 ) de [−b,−a] (comme dans un miroir). Ce qui induit, par exemple,
une égalité des sommes de Darboux supérieures de f et de g. De même pour les sommes
de Darboux inférieures. D’où le résultat.
a a
Cas particuliers. •) Soit f ∈ I[−a,a] , 0<a, tq f est paire. Alors, −a f(t)dt=2 0 f(t)dt.
a
••) Soit f ∈ I[−a,a] , 0<a, tq f est impaire. Alors, −a f(t)dt=0.

2) Soit f ∈ I[a,b] , a<b, on ne suppose pas que f est continue sur [a,b]. Alors, par un
raisonnement analogue, la fonction f α : [a−α,b−α] −→ R définie par f α (t)=f(t+α) est
b−α b−α
intégrable, c.à.d. f α ∈ I[a−α,b−α] et a−α f α (t)dt= a−α f(t+α)dt= ab f(u)du.
b b+T
En particulier, si f est périodique de période T et si f ∈ I[a,b] , alors : a f(t)dt= a+T f(t)dt.

Ce résultat signifie qu’on peut faire le changement de variable u=t+α, même si f n’est
pas continue (mais seulement intégrable).

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-99


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Intégrales définies.

7.31 Proposition(Intégration par parties). Soient u,v deux fonctions de classe de


classe C 1 sur [a,b]. Alors, ab u(x)v ′ (x)dx = [u(x)v(x)]x=b b ′
x=a − a u (x)v (x)dx, que l’on écrit
b
souvent ab udv = [uv]a − ab v du.
Preuve : Cela résulte du fait que uv est une primitive de uv ′ +u ′ v.
Remarque. Pour les primitives, on a u(x)v ′ (x)dx = [u(x)v(x)] − u ′ (x)v (x)dx, que
l’on écrit souvent udv = [uv] − v du, avec les hypothèses nécessaires. Par exemple,
x
Arctgxdx= xArctgx− 2 dx. En effet, en posant u(x)=Arctgx et v ′ (x)= 1 d’où
x +1
1 1 2x
u ′ (x)= 2 et v(x)=x, on obtient Arctgxdx= xArctgx− dx. Et comme
x +1 2 x2 + 1
1 x 1
( Log(1+x2 )) ′ = 2 , on obtient Arctgxdx= xArctgx− Log(1+x2 )+C (C étant une
2 x +1 2
constante).

7.32 Proposition(Intégration par parties). Soient u,v deux fonctions de classe de


classe C n sur [a,b], n≥ 1. Alors, ab u(x)v (n) (x)dx = [u(x)v(n−1) (x)−u ′ (x)v(n−2) (x)+· · ·
b (n)
+ (−1)p u(p) (x)v(n−p) (x)+· · · + (−1)n−1 u(n−1) (x)v(x)]x=b
x=a + (−1)
n
au (x)v (x)dx.
n−1 x=b
b (n) b (n)
Ou a u(x)v (x)dx = (−1)p u(p) (x)v(n−p) (x) + (−1)n au (x)v (x)dx.
p=1 x=a

Preuve : La dérivée de la fonction entre [ ] est u(x)v (n) (x)+(−1)n u (n) (x)v (x).
b (n)
Cas particulier : u(x)=P(x) où P est un polynôme de degré ≤ n−1, a u(x)v (x)dx =
n−1 x=b
p (p) (n−p) (n)
(−1) u (x)v (x) (car u = 0).
p=1 x=a

7.33 Proposition(Formule de Taylor avec reste intégral). Soit f une fonction


de classe de classe C n sur [a,b], n≥ 1. Alors, pour t∈[a,b],
(t − a)k (k)
n−1
t (t − x)n−1 (n)
f(t)=f(a)+ f (a)+ a f (x)dx. (Cas particulier : t=b)
k=1 k! (n − 1)!
(t − x)n−1
Preuve : On applique la proposition précédente (cas particulier) avec u(x)= et
(n − 1)!
(−1)p (t − x)n−1−p
v(x)=f(x), en remarquant que u(p) (x)= . c.q.f.d.
p!
Cette forme de la formule de Taylor est souvent plus commode que les autres formes.

QUELQUES RÉSULTATS SUR LE CALCUL DE PRIMITIVES.


Avant de continuer, corrigeons une erreur que font les étudiants arrivés à ce stade. On
a tendance à croire que la primitive d’une fonction élémentaire est aussi une fonction
élémentaire. Il faut d’abord qu’on s’accorde sur ce qu’est une fonction élémentaire. C’est
une fonction du type de ce qu’on a étudié jusqu’ici et qu’on apprend en 1ère année :
P(x)
fonctions caractéristiques (1IA ), polynômes, fractions rationnelles ( où P(x) et Q(x)
Q(x)
sont des polynômes), puissances (xα ou (x−β)α ), exponentielles, logarithmes, fonctions
trigonométriques et inverses, fonctions hyperboliques et inverses, et les fonctions obtenues

Pejy faha-100 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. INTEGRATION.

à partir de celles-là par un nombre fini d’opérations arithmétiques usuelles (+, −, . , /)


−x2
et par un√ nombre fini de compositions (◦) (exemples : ee , Log(Logx), Log(1+eArctgx ),
2
Arctg (e x +1 ), etc.). On sait qu’en dérivant une telle fonction, lorsqu’elle est dérivable,
on obtient encore une fonction élémentaire. Il n’en est pas de même pour la primitivation.
Il y a des tas de fonctions élémentaires dont on sait qu’elles ont une primitive mais dont
2 1
la primitive n’est pas une fonction élémentaire, e−x dx ou sin(x2 )dx ou dx ou
Log x
sin x
dx, par exemple. Nous allons donner les quelques résultats classiques où l’on n’a
x
pas ce problème.

7.34 Proposition ( Évidentes). 1) Si a=0, af(x)dx=a f(x)dx


2) (f(x)+g(x))dx= f(x)dx+ g(x)dx (tout ceci à une constante additive près, qui est sous-
entendu dans le symbole de primitivation ...dx).
1
3) Si f(x)dx=F(x)+C, f(ax+b)dx= F(ax+b)+C ′ . (Il suffit pour le voir de dériver)
a
Rappel : Une primitive est une fonction. Donc, il faut toujours donner son domaine de
définition.

7.35 Primitives usuelles. Voici une liste des primitives usuelles. Nous donnons la
fonction et en vis-à-vis une primitive (on peut lire le tableau dans le sens inverse en pensant
à la dérivée)

f(x) −→ f(x)dx
1
xα , α = 1 −→ xα+1 +c
α
1
−→ Log |x| +c
x
sin x −→ −cos x +c
cos x −→ sin x +c
tg x −→ − Log |cos x| +c
1 x
−→ Log tg +c
sin x 2
1 x π
−→ Log tg ( + ) +c
cos x 2 4
cotg x −→ Log |sin x| +c
1
−→ tg x +c
cos2 x
1
−→ −cotg x +c
sin2 x
1
−→ Log |tg x| +c
sin x cos x
sh x −→ ch x +c
ch x −→ sh x +c
ex −→ ex + c
ax
ax −→ +c
Log a

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-101


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Intégrales définies.

1 x
−→ Log th +c
sh x 2
1
−→ 2Arctg ex +c
ch x
1
−→ Log |sh x| +c
th x
1
−→ Log |th x| +c
sh x ch x
1
−→ −coth x +c
sh2 x
1
−→ th x +c
ch2 x
1 1 x
2 2
−→ Arctg +c
x +a a a
1 1 x−a
−→ Log +c
x2 − a2 2a x+a
1 x
√ −→ Arcsin +c
2
a −x 2 |a|
1 x √
√ −→ Argsh +c = Log (x+ a2 + x2 )+ c ′
2
a +x 2 |a|
1 x √
√ −→ Argch +c = Log ( x+ x 2 − a2 + c ′
x2 − a2 a
1 x
3 −→ √ +c
(x2 + a) 2 a x2 + a
1 x
3 −→ √ +c
(a − x2 ) 2 a a − x2
1
u ′ (x)uα (x) (α = −1) −→ u1+α (x) +c
1+α
u ′ (x)
−→ Log |u(x)| +c
u(x)

7.36 Primitives de fractions rationnelles. Par décomposition de la fraction ra-


tionnelle, la recherche d’une primitive de fraction rationnelle se ramène au calcul des 2
A Mx+N
types suivants : k
dx et dx où k∈ N∗ et A, M, N, p et q∈ R tq
(x − a) (x + px + q)k
2
A
p2 − 4q<0 (cf. la théorie des polynômes et des fractions rationnelles en Algèbre,
(x − a)k
Mx+N
et 2 k
sont les éléments simples de 1ère espèce et de 2ème espèce).
(x + px + q)
A u ′ (x)
dx se résoud facilement car l’intégrande est de la forme A. .
(x − a)k (u(x))k
p p2
Pour la seconde primitive, remarquons que x2 +px+q=(x+ )2 +(q− ) (forme canonique).
p 2 4
On fait donc un changement de variable : x+ =t (changement de variable bijectif,
2
−1 p2 p2
dérivable et ϕ dérivable, dt=dx). Deux cas se présentent : (q− )>0 ou (q− )<0.
4 4

Pejy faha-102 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. INTEGRATION.

p2 p2
On pose a= q − ou a= − q selon le cas.
4 4
p
p2 Mx+N Mt+(N − M ) t
Dans le premier cas, a= q − , dx= 2 dt = M dt
4 (x2 + px + q)k (t2 + a2 )k (t2 + a2 )k
p 1 t u′ 1
+(N−M ) dt . dt est de la forme tandis que Jk = dt
2 (t2 + a2 )k (t2 + a2 )k uk (t2 + a2 )k
se calcule par récurrence, primitivation par parties (chercher une relation entre Jk et Jk−1 ,
J1 est une primitive usuelle).
p2 Mx+N t p 1
Dans le deuxième cas, a= − q, 2 k
dx=M 2 2 k
dt+(N−M ) dt.
4 (x + px + q) (t − a ) 2 (t − a2 )k
2
t u′ 1
Comme précédemment, 2 2 k
dt est de la forme k
tandis que J ′k = dt
(t − a ) u (t − a2 )k
2
se calcule par récurrence, primitivation par parties.

7.37 Primitives de polynômes en sin et cos. (de même que pour des polynômes en
sinx, cosx, sin2x, cos2x, ..., sin(nx), cos(nx)).
Méthode générale : transformer les produits en sommes à l’aide des formules trigonomé-
triques et utiliser les primitives usuelles sin(ax+b)dx et cos(ax+b)dx.
Autre méthode : chercher les primitives du type cosp [Link] x dx, p,q∈ N. Pour p pair,
poser sinx =t (remarquer que cos2 x=1−sin2 x, on est ramené à sinm [Link] dx de la forme
um u′ ). Pour q impair, poser cos x=t (remarque analogue à la précédente). Si p et q
sont pairs, poser tg x=t. On peut se ramener ausi à calculer cosp x dx qu’on linéarisera
1
(cosx= (eix +e−ix ) et utiliser le binôme).
2
Méthodes analogues pour les polynômes en shx, chx, sh2x, ch2x, .... Il faut faire attention
aux conditions de changement de variable.

7.38 Primitives de fonctions rationnelles en sin et cos. (On peut ramener à


ce type les fonctions rationnelles en sinx, cosx, sin2x, cos2x, ..., sin(nx), cos(nx)). Étant
donnée une fraction rationnelle R(u,v), on cherche R(sinx,cosx)dx.
x dt 2t 1−t
Méthode générale : Poser tg =t, dx=2 2
, sinx= 2
, cosx= , on est ramené
2 1+t 1+t 1 + t2
x
à calculer une primitive de fonctions rationnelles en t. On remplace ensuite t par tg , mais
2
il faut faire attention au domaine de définition de la primitive (respecter les conditions de
changement de variable, continuité, etc..).
Cas particuliers. 1) R(sinx,cosx)=R1 (cosx).sinx, où R1 est une fonction rationnelle d’une
variable. On posera cosx=t (donc, −sinx dx=dt) et on est ramené à R1 (t)dt. Un critère
pour savoir qu’on est dans ce cas est que R(sinx,cosx)=−R(sin(−x),cos(−x)), c.à.d. que
la fonction R(sinx,cosx) est impaire (vérification à titre d’exercice).
2) R(sinx,cosx)=R2 (sinx).cosx, où R2 est une fonction rationnelle d’une variable. On posera
sinx=t (donc, cosx dx=dt) et on est ramené à R2 (t)dt. Un critère pour savoir qu’on est
dans ce cas est que R(sin(π−x),cos(π−x))=−R(sinx,cosx) (à titre d’exercice aussi).

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-103


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Intégrales définies.

3) R(sinx,cosx)=R3 (tgx), où R3 est une fonction rationnelle d’une variable. On posera
dt R3 (t)dt
tgx=t (donc, dx= 2
) et on est ramené à dt. Un critère pour savoir qu’on
1+t 1 + t2
est dans ce cas est que R(sin(π+x),cos(π+x))=R(sinx,cosx) (à titre d’exercice aussi).
Lorsqu’on veut écrire R(sinx,cosx) sous la forme R3 (tgx), se souvenir que 1=cos2 x+sin2 x.

7.39 Primitives de fonctions rationnelles de ex . Calcul de R(ex )dx où R est une
dt
fonction rationnelle d’une variable. Changement de variable : ex =t, dx= , on est ramené
t
R(t)
à dt.
t
7.40 Primitives de fonctions rationnelles en sh et ch. (On peut ramener à ce
type les fonctions rationnelles en shx, chx, sh2x, ch2x, ..., sh(nx), ch(nx)). Étant donnée
une fraction rationnelle R(u,v), on cherche I= R(shx,chx)dx.
x dt 2t 1+t
Méthode générale : Poser th =t, dx=2 2
, shx= 2
, cosx= ,
2 1−t 1−t 1 − t2
2t 2t dt
I= R( , )2 , qui est une primitive de fonction rationnelle en t. On rem-
1 − t 1 − t 1 − t2
2 2
x
place ensuite t par th , mais il faut faire attention au domaine de définition de la primitive
2
(respecter les conditions de changement de variable, continuité, etc..). On peut également
dt
poser ex =t, dx= .
t
Cas particuliers. Analogues à ceux de 7.38. R(shx,chx)=R1 (chx).shx ssi R(shx,chx) est
impaire. Pour vérifier que R(shx,chx)=R2 (shx).chx, et que R(shx,chx)=R3 (thx), on peut
utiliser que sh(−iπ−x)=shx, ch(−iπ−x)=−chx, sh(−iπ+x)=−shx, ch(−iπ+x)=−chx,
th(−iπ+x)=thx. On peut aussi remplacer shx par [Link] x, chx par [Link] x (sh(ix)=[Link],
ch(ix)=[Link]), et appliquer les critères pour les circulaires. Se souvenir aussi que 1=ch2 x−sh2 x.
r r r
αx + β 1 αx + β 2 αx + β n
7.41 Primitives diverses. 1) R x, , ,···, dx,
γx + δ γx + δ γx + δ
où r1 , r2 , ..., rn ∈ Q et R est une fonction ratinnelle de n+1 variables. Changement de
1
αx + β m
variable : t=ϕ−1 (x)= où m=PPMC (q1 , q2 , ..., qn ) , qi étant le dénominateur
γx + δ
αx + β δtm − β
de ri (i=1,n). Donc, tm = c.à.d. x= =ϕ(t) (dx=ϕ ′ (t)dt). On est ramené
γx + δ α − γtm
à une fonction rationnelle. (ϕ−1 doit être dérivable)

2) R x, ax2 + bx + c dx, où R est une fonction rationnelle de 2 variables. On suppose
a= 0, et b2 −4ac= 0.
√ √ √
•) 1er cas : a>0. Poser t= ax2 + bx + c+ x a (1ère substitution d’Euler). Donc, t−x a=
√ √
√ t 2
− c √ t 2
a + bt + c a
ax2 + bx + c et x=ϕ(t) = √ (d’où dx), d’où ax2 + bx + c = √ .
b + 2t a √ b + 2t a
On√ est ramené à une fonction rationnelle. (On peut également poser t=√ ax2 + bx + c−
x √a). La 2ème 2
√ substitution d’Euler consiste au cas où c>0 à poser t= ax + bx + c= tx
+ c (ou − c) d’où l’on tire x=ϕ(t).

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FONCTIONS NUMERIQUES. INTEGRATION.


••) 2ème cas : a<0 (donc, b2 −4ac> 0), ax2 +bx+c=a(x−λ)(x−µ). Poser ax2 + bx + c=
t(x−λ), ce qui donne ax2 +bx+c= t2 (x−λ)2 = a(x−λ)(x−µ). Donc, a(x−µ) =t2 (x−λ) et
−aµ + λt2 √ a(λ − µ)t
x= 2
(d’où dx) et ax2 + bx + c= .
t −a t2 − a
Cette méthode s’applique même si a>0 pourvu que b2 −4ac> 0. La 3ème substitution
x−µ √
d’Euler consiste à faire a(x − λ)(x − µ)= |x − λ| a , donc, R x, ax2 + bx + c dx=
x−λ
x−µ
R x, a dx que l’on sait calculer.
x−λ
 
2
b 4ac − b2 
3) Enfin, ax2 +bx+c= a x+ + et, selon le signe de 4ac−b2 , on posera
2a 4a2
2 2
b 4ac − b2 2 b b2 − 4ac 2
x+ = 2
ch (t) ou x+ = cos (t) et l’on est ramené à des fonc-
2a 4a 2a 4a2
tions rationnelles de ch(t) ou cos(t).
1
4) (Différentiel binômial) I= xm (a+bxn )p dx, m,n,p∈ Q. Poser z=xn (x=z n ), xm (a+bxn )p dx=
m+1
1 p
−1 m+1 1 1 a+bz p p+q
(a+bz) z n dz. Poser q= −1, donc I= (a+bz)p zq dz = ( ) z dz.
n p q
n np n z
Si q∈ N, (a+bz) z dz est de la forme R(z,(a+bz) )dz que l’on sait calculer. Si p+q∈ N,
a+bz p p+q
alors ( ) z dz est de la même forme. Si p∈ N, on donnera ci-après une méthode
z
a+bz p p+q 39
pour calculer (a+bz)p zq dz ou ( ) z dz .
z
5) Calcul de I= R(xα1 ,xα2 , · · ·,xαp )dx où R est une fonction rationnelle de p variables et
αi ∈ Q. Poser N=ppcm(d1 , d2 , ..., dp ) où di est le dénominateur de αi . Puis poser x=tN ,
on obtient I= R(tNα1 ,tNα2 , · · ·,tNαp )NtN−1 dt (primitive de fonction rationnelle).
√ √
6) Calcul de I= R x, ax + b, cx + d dx où R est une fonction rationnelle de 3 variables.
√ t2 − b ct2 + ad − bc 2t √
Poser t= ax + b (t>0). On obtient I= R( ,t, ) dt = R1 (t, αt2 + β)dt,
a a a
où R1 est une fonction rationnelle de 2 variables dont une méthode de calcul a été donnée
plus haut.
Voilà quelques recettes que l’on trouve dans les gros traités de calcul intégral (qui en
donnent d’autres) et où l’on peut trouver également les méthodes de décomposition des
fractions rationnelles de la variable réelle en éléments simples. L’étudiant est fortement
conseillé de rechercher de tels traités sur le web ou dans les librairies. Nous allons terminer
ce chapitre par l’intégrale généralisée ou intégrale impropre (au sens de Riemann).

INTÉGRALE IMPROPRE ou INTÉGRALE GÉNÉRALISÉE.


Dans cette partie du chapitre, on va donner un sens à la notion d’intégrale sur un un
intervalle non compact, c.à.d. un intervalle dont une extrémité au moins n’appartient pas

39
TCHEBICHEV aurait montré qu’aucun des autres cas ne peut se ramener à une fonction élémentaire.

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Intégrales définies.

à l’intervalle.

7.42 Définition. Soit f∈ F(I,R), I étant un intervalle de R. On rappelle que f est


localement intégrable sur I si f∈ I[a,b] pour tout intervalle [a,b]⊂I. Ceci est équivalent à
f∈ I[a,b] pour tout segment orienté [a,b]⊂I. Par exemple, une fonction continue sur I est
localement intégrable sur I. Une fonction monotone sur I est localement intégrable sur I.

Supposons maintenant que I=[a,b[, a<b avec éventuellement b=+∞. Et suppososn que f
est localement intégrable sur I. On dit que f est intégrable sur I=[a,b[ ou que l’intégrale
de f sur I est convergente si lim F(x) existe et est finie, où F(x)= ax f = ax f(t)dt. Dans
x→b
x b b
ce cas, λ=lim F(x) =lim af est noté af (ou a f(t)dt) et appelé l’intégrale généralisée
x→b x→b
(ou l’intégrale impropre) de f sur I. Dans le cas contraire, on dit que l’intégrale ab f est
divergente. On définit de manière analogue ab f au cas ]a,b], −∞ ≤ a<b<+∞. Par
1
exemple, 0+∞ e−t dt converge et 0+∞ e−t dt=1, tandis que 01 dt diverge. On utilise le
t
même vocabulaire que pour les séries car on verra qu’il y a un lien avec les séries.
Supposons maintenant que I=]a,b[, −∞ ≤ a<b≤ +∞. Et suppososn que f est localement
intégrable sur I. On dit que f est intégrable sur I=]a,b[ ou que l’intégrale de f sur I est
convergente si l’intégrale de f sur ]a,c] et l’intégrale de f sur [c,b[ sont convergentes pour
un c∈]a,b[. On pose alors ab f = ac f + cb f, appelé l’intégrale généralisée (ou l’intégrale
impropre) de f sur I. Dans le cas contraire, on dit que l’intégrale ab f est divergente. Cette
définition ne dépend pas du point c choisi, car, si l’on prend un point d>c, cx f = cd f + dx f
et lim cx f =lim dx f + cd f. C.à.d. les deux limites lim cx f et lim dx f existent (ou n’existent
x→b x→b x→b x→b
pas) en même temps. De même pour x→a lim cx f et x→a
lim dx f et l’on vérifie avec Chasles que ac f
1 1
+ cb f = ad f + db f. Par exemple, 0+∞ dt diverge, −∞ +∞
2
dt converge.
t t +1
Évidemment, si f : [a,b]−→ R, est intégrable, la restriction g=f|]a,b[ est intégrable sur ]a,b[
c.à.d. l’intégrale généralisée de g sur ]a,b[ est convegrente et, en fait, ab g = ab f. Cela
découle de la continuité de l’application F(x)= cx f où c∈]a,b[ et de la relation de Chasles
pour les intégrales définies. Et précisément, la relation de Chasles est aussi vraie pour les
intégrales généralisées avec la définition suivante.
On suppose maintenant f définie sur ]a,b[ sauf en un nombre fini de points (ci )i=1,n tq −∞ ≤
a< c1 <c2 < · · · <cn <b≤ +∞. Si f est localement intégrable sur ]a,c1 [, ]cn ,b[ et sur chaque
]ci ,ci+1 [ (i=1,n), et si les intégrales généralisées de f convergent sur ces intevalles, on dit
que f est intégrable sur ]a,b[ (ou que l’intégrale généralisée de f converge sur ]a,b[), et l’on
pose ab f = ac1 f + cc12 f + · · · + ccn−1
n
f + cbn f. Avec cette définition, on déduit facilement que
les intégrales généralisées vérifient aussi la relation de Chasles.
Remarque. Généralement, l’intégrale est vraiment généralisée si la fonction f n’est pas
bornée au voisinage de b ( lim f(x) =∞, avec b<+∞) ou si b=+∞ (de même pour l’autre
x→b
extrémité de l’intervalle). Dans le cas suivant, on a une fausse intégrale généralisée.
Si f : ]a,b[ −→ R, locallement intégrable, est bornée. Alors, l’intégrale généralisée de f sur
]a,b[ est convergente.
En effet, posons g(x)=f(x) pour x∈]a,b[ et g(a)=g(b)=0 (on prolonge f à [a,b]). Montrons

Pejy faha-106 Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky


FONCTIONS NUMERIQUES. INTEGRATION.

que g∈ I[a,b] , auquel cas, on applique une remarque précédente car f=g|]a,b[ . Soient M= sup
x∈]a,b[
f(x) = sup g(x) et m = inf f(x) = inf g(x). Soit ε > 0, prenons α et β ∈]a,b[ tq α < β,
x∈[a,b] x∈]a,b[ x∈]a,b[
ε ε
(α−a)(M−m)< et (b−β)(M−m)< . Comme f|[α,β] ∈ I[α,β] , on peut trouver u et v∈ Eα,β
4 4 ε
tq f|[α,β] ≤ u et v≤ f|[α,β] et αβ u−v≤ . On prolonge u et v à [a,b] en posant u(x)= M
2
et v(x)=m pour x[a,α[∪]β,b]. Alors, v≤ g≤ u, ab u= aα u+ αβ u+ βb u =M(α−a) + αβ u+
M(b−β), ab v=m(α−a) + αβ v+ m(b−β). Donc, ab u−v= (M−m)(α−a)+ (M−m)(b−β)
+ αβ u−v <ε. Donc, g∈ I[a,b] .
1
Ainsi, par exemple, 0 sin(Log(x))dx est convergente.

7.43 Remarques (Calcul pratique d’intégrales généralisées).

1) Soit f∈ F(]a,b[,R), −∞ ≤ a<b≤ +∞, localement intégrable. En posant F(x)= cx f(t)dt,


pour x∈]a,b[, on obtient une intégrale indéfinie de f sur ]a,b[. Et l’on a encore F ′d (x)=f(x+0)
(resp. F ′g (x)=f(x−0)) en un point x où cette limite existe et est finie, comme dans le
théorème 7.26 (une limite de f en un point ne dépend que des valeurs de f au voisinage du
point). En particulier, si f est continue sur ]a,b[, F est une primitive de f sur ]a,b[, comme
dans la proposition 7.28, que l’intégrale généralisée converge ou non.
2) Soit f∈ F(]a,b[,R), −∞ ≤ a<b≤ +∞, continue (donc localement intégrable). Soit G
une primitive de f sur ]a,b[. La fonction F définie dans le paragraphe précédent étant une
primitive de f, on sait que F−G=k (constante). Alors, ab f converge ssi lim F(x) et x→a lim
x→b
< >
b
F(x) existe et af = lim F(x)− x→a
lim F(x), ce qui équivaut à lim G(x) et x→a
lim G(x) existe, et
x→b x→b
< > < >
x→b
b b <
alors, af = lim G(x)− x→a
lim G(x) (la constante k disparaı̂t), ce qu’on écrit : af = [G]x→a
x→b >
< >
ou [G]x=b
x=a .

3) Le cas suivant peut se présenter : f∈ F(]a,b[,R), −∞ ≤ a<b≤ +∞, on a une suite (ci )i=1,n
de points de ]a,b[ tq −∞ ≤ a< c1 <c2 < · · · <cn <b≤ +∞, on posera c0 =a et cn+1 =b. On
suppose f continue sur chaque ]ci ,ci+1 [ (i=0,n). On applique (n+1) fois le résultat précédent
pour chaque ]ci ,ci+1 [ et la relation de Chasles pour les intégrales généralisées.
Cependant, si l’on suppose, de plus, que il existe une fonction CONTINUE F sur ]a,b[
telle que F ′ (t)=f(t) en tout point de chaque ]ci ,ci+1 [ (i=0,n), c.à.d. que F est une primitive
de f sur chaque ]ci ,ci+1 [ (i=0,n), que F ′ (ci ) n’existe pas, mais que F est CONTINUE sur
]a,b[. Alors, ab f = lim F(x)− x→alim F(x) quand cela existe. Attention, il faut que F soit
x→b
< >
continue sur ]a,b[ pour pouvoir appliquer ce résultat, autrement il faut utiliser
la remarque précédente. La preuve utilise d’ailleurs la remarque précédente (sauf en
c0 =a et cn =b, x→c
lim F(x)= x→c
lim F(x) =F(ci ) par continuité de F sur ]a,b[).
i i
< >

4) Changement de variable. La formule de changement de variable pour les intégrales


définies (cf. proposition 7.29) se transforme ainsi.
Soit ϕ : ]a,b[ −→] α,β[ une bijection de classe C 1 telle que la réciproque ϕ −1 : ]α,β[ −→]a,b[

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-107


Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Intégrales définies.

soit aussi de classe C 1 ( −∞ ≤ a<b≤ +∞, −∞ ≤ α<β ≤ +∞, ϕ est croissante ici). Soit f
: ] α,β[ −→ R, localement intégrable. Alors, l’intégrale de f sur ] α,β[ converge ssi l’intégrale
de (f ◦ϕ)ϕ ′ sur ]a,b[ converge auquel cas l’on a : αβ f(x)dx = ab (f( ϕ(t))ϕ ′ (t)dt. (Au cas où
ϕ est décroissante, il y a un changement évident dans cet énoncé.)
En effet, fixons c∈]a,b[ et γ ∈]α,β[. Posons F(X)= γX f(t)dt (X∈]α,β[) et G(x)= cx (f(ϕ(t))ϕ ′ (t)dt
(x∈]a,b[). On sait que F(ϕ(x))=G(x) (changement de variable dans les intégrales définies).
Comme ϕ −1 est aussi de classe C 1 , F(X)=G(ϕ −1 (X)) (changement de variable dans l’autre
sens). Par ailleurs, par homéomorphie, x→ a ssi X=ϕ(x)→ α et x→ b ssi X=ϕ(x)→ β.
Donc, lim G(x)= lim F(X) et lim G(x)= lim F(X) et ces limites existent simultanément
x→a X→α x→b X→β
(ou n’existennt pas). D’où le théorème.
5) Intégration par parties. La formule d’intégration par parties pour les intégrales
définies (cf. proposition 7.31) se transforme ainsi.
Soient u,v : ]a,b[ −→ R de classe C 1 ( −∞ ≤ a<b≤ +∞, −∞ ≤ α<β ≤ +∞) telles
que A= x→alim u(x)v(x) et B= lim u(x)v(x) existent et sont finies. la réciproque ϕ −1 :
x→b
> <
]α,β[ −→]a,b[ soit aussi de classe C 1 . Soit f : ] α,β[ −→ R, localement intégrable. Alors,
l’existence de l’une des intégrales suivantes équivaut à celle de l’autre : ab u ′ (x)v(x)dx et
b ′ b ′ b ′
a v (x)u(x)dx. Dans ce cas, on a a u (x)v(x)dx = (B −A)− a v (x)u(x)dx.
1 1
6) Exemples. (i) 01 α dx converge ssi α < 1 et diverge si α ≥ 1. Et (ii) 1+∞ α dx
x x
1
converge ssi α > 1 et diverge si α ≤ 1. En effet, si α = 1, α admet la primitive
x
1 1 ∗ 1
F(x)= continue sur R+ , si α=1, admet la primitive F(x)=Log(x) continue
1 − α xα−1 x
1 1 1
sur R∗+ . Alors, x1 α dt= [1− α−1 ] ou −Log(x) selon que α = 1 ou α = 1. D’où le
t 1−α x
résultat en prenant les limites x→ ∞ ou 0.

QUELQUES CRITÈRES de CONVERGENCE.


Dans cette partie, nous verrons beaucoup d’analogies avec les séries. On utilise pratique-
ment les mêmes vocabulaires.

7.44 Proposition. Soit f : [a,b[−→ R+ (a<b≤ +∞), localement intégrable. Pour que
b x
a f converge, il faut, et il suffit, que l’on puisse trouver M>0 tq pour tout x∈[a,b[, a f ≤
M. Lorsque ab f diverge avec les hypothèses de la proposition (f≥ 0), on écrit ab f=+∞.
Corollaire : Soient f, g : [a,b[−→ R (a<b≤ +∞), localement intégrables, telles que pour
t≥ α >a, 0≤ f(t)≤ g(t). Alors, si ab g converge, il en est de même de ab f (c.à.d., par
contraposée, si ab f diverge, il en est de même de ab fg).

Preuve : En effet, l’integrale indéfinie de f, F(x)= ax f est croissante au sens large sur [a,b[.
Donc, elle converge quand x tend vers b ssi elle est majorée. c.q.f.d.
Remarque. Généralement, le problème de convergence d’une intégrale généralisée se pose
au voisinage des extrémités de l’intervalle d’intégration. Il suffit donc de l’étudier au
voisinage de tels points.

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FONCTIONS NUMERIQUES. INTEGRATION.

7.45 Proposition. Soit f : [a,b[−→ R+ (a<b≤ +∞), localement intégrable. On pose


F(x)= a f pour x∈[a,b[. Pour que ab f converge, il faut, et il suffit, que, pour toute suite
x

quelconque (xn )n dans [a,b[, telle que lim


n∞
xn =b, F(xn )= axn f converge. (Dans ce cas, lim
n∞
F(xn )= ab f ).
Si l’on veut étudier seulement la convergence, on peut se placer au voisinage de b. Atten-
tion, la proposition dit bien “pour toute suite quelconque”.
Preuve : C’est évident, par définition de lim F(x). c.q.f.d.
x→b

7.46 Proposition (Critère de Cauchy pour les intégrales). Soit f : [a,b[−→ R+


(a<b≤ +∞), localement intégrable. On pose F(x)= ax f pour x∈[a,b[. Pour que ab f converge,
il faut, et il suffit, que, pour ε > 0, on puisse associer c∈[a,b[ tel que, si ε <u< v< b, alors
| uv f| ≤ ε, (|F(v) − F(u)| ≤ ε).

INTÉGRALES ABSOLUMENT CONVERGENTES.


Nous avons vu que, pour les intégrales définies, si f est intégrable alors |f| est aussi intégrable
(la réciproque étant fausse). Pour les intégrales généralisées, c’est le contraire.
7.47 Définition. Soit f : [a,b[−→ R (a<b≤ +∞), localement intégrable, donc |f|
est aussi localement intégrable sur [a,b[. On dit que f est absolument intégrable ou que
l’intégrale ab f est absolument convergente si l’intégrale ab |f| est convergente. Si ab f con-
verge sans que ab |f| converge, on dit que l’intégrale ab f est semi-convergente. Même
définition pour un intervalle ]a,b], ]a,b[. Une fonction positive ou nulle est absolument
intégrable ou n’est pas du tout intégrable, évidemment.
7.48 Proposition. Soit f : [a,b[−→ R (a<b≤ +∞), localement intégrable. Pour que
b +
a f soit convergente, il suffit qu’il y ait une fonction g : [a,b[−→ R localement intégrable
telle que |f| ≤ g sur [a,b[ et a g soit convergente. Dans ce cas, ab f est convergente. En
b

particulier, si une fonction f localement intégrable sur [a,b[ est absolument intégrable, elle
est intégrable.
Preuve : On applique le critère de Cauchy (pr. 7.46) qui est fait pour cela. En effet, pour
u<v, | uv f| ≤ uv |f| ≤ uv g. Donc, si g vérifie le critère de Cauchy, f le vérifiera aussi (ainsi
que |f|). c.q.f.d.
Remarque. En fait, il suffit que l’inégalité |f| ≤ g soit vraie au voisinage de b (puisque les
fonctions sont localement intégrables). C.à.d. il suffit que f soit dominée par g au voisinage
de b.
7.49 Proposition. Soient f, g : [a,b[−→ R+ (a<b≤ +∞), localement intégrables tq
f∼g au voisinage de b. Alors, les intégrales ab f et ab g sont de même nature (c.à.d. elles
sont convergentes ou divergentes simultanément).
1 1 3
En effet, au voisinage de b, |f(t) − g(t)| ≤ |g(t)| c.à.d. g(t)≤ f(t) ≤ g(t). Et on
2 2 2
applique la proposition précédente.
7.50 Proposition. Soient f, g : [a,b[−→ R, g : [a,b[−→ R+ (a<b≤ +∞), localement
f(x)
intégrables tq lim =k existe et est finie. Alors,
x→b g(x)

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Ch. 2 FONCTIONS NUMERIQUES. Intégrales définies.

b b
a) si ag est convergente, af est absolument convergente.
b b
b) Si k= 0 et si ag est divergente, af est aussi divergente (k peut être éventuellement ∞
dans ce b)).
f(t)
Preuve : a) Au voisinage de b, − k ≤ 1, donc |f(t)| ≤ (1+ |k|) |g(t)|= (1+ |k|) g(t),
g(t)
g(x) 1
et on applique la proposition 7.48. b) Si k= 0, lim = , et, de plus, f(t) garde un signe
x→b f(x) k
b b
constant (celui de k) car g>0. Donc, si a f converge a |f| converge aussi. Et on applique
le a). c.q.f.d.
Remarque. On aura compris que l’on peut énoncer des résultats analogues pour un
intervalle ]a,b] ou ]a,b[.
1
7.51 Applications. On prend comme fonction de comparaison g(t)=.

1) Soit f : [a,+∞[−→ R, localement intégrable tq lim xα f(x)=k existe et est finie. Alors,
x→+∞
b
a) si α > 1, af est absolument convergente.
b) Si k= 0 et si α ≤ 1, ab f est divergente (k peut être éventuellement ∞ dans ce b)).
lim (x−a)α f(x)=k existe et est finie. Alors,
2) Soit f : ]a,b]−→ R, localement intégrable tq x→a
a) si α < 1, ab f est absolument convergente.
b
b) Si k= 0 et si α ≥ 1, af est divergente (k peut être éventuellement ∞ dans ce b)).

7.52 Proposition (Règle d’ABEL) (A admettre). Soit f : [a,+∞[−→ R+ , décroissante


tq lim f(x)=0. Soit g : [a,+∞[−→ R, localement intégrable tq G(x)= | ax g(t)dt| soit ma-
x→+∞
b
joré par une constante M, sur [a,b[. a f(t)g(t)dt est convergente.
+∞
Exemple : Si f vérifie les hypothèses de la proposition, a f(t)cos(λt)dt et a+∞f(t)sin(λt)dt
1
sont convergentes (λ = 0). En effet, g(t)=cos(t) vérifie G(x)= | ax g(t)dt| = |sin (λx) − sin (λa)|
|λ|
2
≤ .
|λ|
Remarque. Cette proposition sert surtout lorsque g n’est pas absolument intégrable, car,
si g est absolument intégrable, du fait que f est décroissante, |f(t)g(t)| ≤ |f(a)| |g(t)| et donc
b
a |f(t)g(t)|dt converge évidemment.

RELATIONS avec les SÉRIES.


Ici, on verra des relations directes avec les séries numériques.

7.53 Proposition. Soit f : [a,+∞[−→ R, localement intégrable. Pour que a+∞ f(t)dt
converge, il faut, et il suffit, que pour une suite quelconque (xn )n dans [a,+∞[ tendant vers
+∞, la série [un ]n telle que un = xxnn+1 f soit convergente.
n
xn+1 xn+1 x0
En effet : up = x0 f = a f − a f et l’on applique la proposition 7.45. En pratique,
p=0
+∞
ce résultat sert pour montrer que a f(t)dt diverge, en trouvant une suite (xn )n tendant

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FONCTIONS NUMERIQUES. INTEGRATION.

vers +∞ tq un diverge.

7.54 Proposition. Soit f : [a,+∞[−→ R+ , localement intégrable. Pour que a+∞ f(t)dt
converge, il faut, et il suffit, de trouver une suite (xn )n dans [a,+∞[ croissante et tendant
vers +∞, telle que la série [un ]n de terme général un = xxnn+1 f soit convergente.
n
En effet : un ≥ 0. Donc, si un converge la suite sn = up est majorée par une constante
p=0
M. Alors, F(x)= ax f = ax0 f + xx0 f ≤ ax0 f + xn
x0 f = x0
a f +sn ≤ x0
a f +M, c.à.d. F(x) est majorée.
Et l’on applique la proposition 7.44.

7.55 Proposition. Soit f : [a,+∞[−→ R+ , décroissante. Pour que a+∞ f(t)dt converge,
il faut, et il suffit, que la série [vn ]n≥a de terme général vn =f(n) soit convergente. En cas
de divergence, a+∞ f(t)dt =+∞.
En effet : D’abord, f étant ց est localement intégrable. On prend xn =n, (xn )n est ր +∞.
Posant un = xxnn+1 f, on a 0≤ vn+1 ≤ un ≤ vn (f(n+1)≤ f(t)≤ f(n) si t∈[n,n+1]). Donc, si
vn converge ssi un converge. Et un converge ssi ab f converge (proposition précédente).

Ce théorème est à rapprocher avec le “Test intégral” (cf. pr. 4.31). Application : séries de
1 1
Riemann α et séries de Bertrand α β .
n n log n
Il y a beaucoup de choses à dire sur les intégrales généralisées, surtout les relations entre
séries et intégrales généralisées, mais c’est du niveau de deuxième année de faculté. Voyez
sur le net ou dans les livres.

Ny photoco-PILLAGE dia manery ny olona tsy hanoratra boky Pejy faha-111


ITU 1

Math 102
Cours élémentaire
d’Analyse

Alain RALAMBO

2012

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