Chap 8
Chap 8
Chapitres 8
1. Introduction
L’approche de synthèse des filtres récursifs la plus utilisée et la plus traditionnelle repose sur des
techniques de transposition des méthodes de synthèse des filtres analogiques au cas des filtres
numériques. Il s'agit ici de tirer parti de toutes les méthodes de synthèse de filtres analogiques en
établissant une correspondance appropriée entre les deux domaines analogiques et numérique. En
effet, à partir de la fonction Ha(p), du filtre analogique modèle, on obtient directement l'expression
de la fonction Hd(z) du filtre numérique en utilisant une transformation de Ha(p) en Hd(z), puis on
détermine l'équation de récurrence du filtre. La transposition peut être réalisée par de nombreuses
approximations. Nous aborderons dans ce cours les méthodes basées sur les approches suivantes :
L'invariance impulsionnelle.
L'invariance indicielle.
L’équivalence de la dérivation.
La transformation bilinéaire (l’équivalence de l’intégration).
Toutes ces méthodes conservent la stabilité des filtres analogiques, une fois convertis en filtres
numériques.
2. La transformation en Z classique
a. Propriétés des filtres obtenus la TZ
A partir de la fonction Ha(p), d’un filtre analogique, on peut trouver directement l'expression de la
fonction Hd(z) du filtre numérique équivalent en utilisant la transformée en Z de Ha(p). On
détermine ensuite de l'équation de récurrence du filtre.
1
Filtres numériques
b. Exemple de calcul
Considérons le filtre passe bas analogique du premier ordre dont la fonction de transfert est :
1
𝐻𝑎 (𝑝) =
1 + 𝜏𝑝
La fonction de transfert du filtre numérique peut être obtenue directement à partir des tables de la
transformée en Z :
1 1
𝐻𝑎 (𝑝) =
𝜏𝑝+1
𝜏
𝑇𝑒
1 1 𝑆(𝑧) 1 1
𝐻𝑑 (𝑧) = 𝑇 = 𝐸(𝑧) = 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑎 = 𝑒 − 𝜏
𝜏 − 𝑒 𝜏 1−𝑎.𝑧 −1
1−𝑒 𝜏 .𝑧 −1
1
𝑆(𝑧) = 𝜏 . 𝐸(𝑧) + 𝑎. 𝑆(𝑧)𝑧 −1
1
𝑠(𝑛) = 𝜏 . 𝑒(𝑛) + 𝑎. 𝑠(𝑛 − 1)
(ce filtre est non réalisable en temps réel puisque s(n) est calculé à partir de e(n)).
De plus, comme elle établit une correspondance entre l'axe des ordonnées du plan des P et le cercle
unité du plan des Z, il s’ensuit que la réponse du filtre numérique qui est entre Fe/2 et Fe/2 est la
somme de tous les recouvrements : c'est le phénomène du repliement. On sera donc limité au niveau
des performances en fréquence. Pour réduire l'influence du recouvrement, on choisira en général la
fréquence de coupure du filtre analogique modèle très faible devant Fe/2. La figure 1 ci-dessous
2
Filtres numériques
a b c
Figure 1: Réponses, impulsionnelle « a », indicielle « b » et fréquentielle « c » du filtre analogique
de départ et du filtre numérique obtenu.
b. Exemple de calcul
3
Filtres numériques
-----------------------------------
Fonction de transfert du filtre analogique modèle : La fonction de transfert Ha(s) du filtre passe
bas analogique du premier ordre de type Butterworth est tirée des tables :
1
𝐻𝑎 (𝑠) =
𝑠+1
𝜔
= 𝐿−1 [𝑝+𝜔𝑎𝑐 . 1] , car 𝛿(𝑝) = 1
𝑎𝑐
1
= 𝜔𝑎𝑐 . 𝑒 −𝜔𝑎𝑐𝑡 . 𝑈(𝑡) , car 𝐿(𝑒 −𝑎𝑡 . 𝑈(𝑡)) = 𝑃+𝑎 , U(t) pour système causal !)
+∞
1
(car, 𝑋𝑒 (𝑓) = ∑ 𝑋(𝑓 − 𝑛𝑓𝑒 ) => ℎ(𝑛) = 𝑇𝑒 . ℎ𝑎 (𝑛𝑇𝑒 ) )
𝑇𝑒
𝑛=0
4
Filtres numériques
0,62831
𝐻𝑑 (𝑧) =
1 − 0,53365𝑧 −1
0,62831
𝐻𝑑 (𝑗𝜔) =
1 − 0,53365(𝑐𝑜𝑠𝜔𝑑 𝑇𝑒 − 𝑗𝑠𝑖𝑛𝜔𝑑 𝑇𝑒 )
0,62831
=
(1 − 0,53365𝑐𝑜𝑠𝜔𝑑 𝑇𝑒 ) + 𝑗0,53365𝑠𝑖𝑛𝜔𝑑 𝑇𝑒
Remarque : les résultats avec Matlab sont : numz = 0.6283 et denz = 1.0000 -0.5335.
La figure 2 suivante montre la réponse fréquentielle en module et en phase et la réponse
impulsionnelle du filtre numérique. Celles du filtre analogique du départ sont données sur la figure 3
ci-dessous. On constate que le filtre répond correctement au cahier des charges.
5
Filtres numériques
6
Filtres numériques
b. Exemple de calcul
Considérons le filtre passe bas du premier ordre dont la fonction de transfert est :
1 𝑆𝑎 (𝑝)
𝐻𝑎 (𝑝) = =
1 + 𝜏𝑝 𝐸𝑎 (𝑝)
𝑇𝑒
1 1 1
S(z) = 1−𝑧 −1 − 1−𝑎𝑧 −1 = 𝐻𝑑 (𝑧). 𝐸(𝑧) = 𝐻𝑑 (𝑧). 1−𝑧 −1 , 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑎 = 𝑒 − 𝜏
1−𝑧 −1 (1−𝑎)𝑧 −1
D’où, 𝐻𝑑 (z) = 𝑆(𝑧). (1 − 𝑧 −1 ) = 1 − 1−𝑎𝑧 −1 = 1−𝑎𝑧 −1
7
Filtres numériques
Le principe de cette méthode consiste à déterminer le filtre numérique en utilisant une formule de
la transformation qui est une relation entre p et z pour transformer la fonction de transfert analogique
en équivalent numérique.
Dans ce cadre, l’idée qui nous vient tout de suite à l’esprit est l’utilisation de la relation 𝑧 = 𝑒 𝑝𝑇𝑒 .
Dans ce cas, le passage du domaine continu (variable p) au domaine discret (variable z) peut
s’effectuer en remplaçant p par 𝑝 = ln(𝑧𝑇𝑒 ), mais cette transformation ne conduit pas à une forme
polynômiale. Il faut donc rechercher des méthodes d’approximation pour trouver une transformation
qui conserve le quotient de deux polynômes.
En effet, un système linéaire analogique invariant dans le temps, est caractérisé par une équation
différentielle linéaire à coefficients constants. Les filtres numériques RII sont eux caractérisés par
une équation aux différences à coefficients constants.
Il est dès lors naturel d'établir une correspondance entre les dérivés et les différences. Par exemple
pour la dérivée première on a :
𝑑𝑒(𝑡) 𝑒(𝑛) − 𝑒(𝑛 − 1)
𝑠(𝑡) = ↔ 𝑠(𝑛) =
𝑑𝑡 𝑇𝑒
où e(t) et s(t) sont des signaux analogiques et 𝑒(𝑛) (= 𝑒(𝑛𝑇𝑒 )) et 𝑠(𝑛) (= 𝑠(𝑛𝑇𝑒 )) sont des
signaux numériques et Te la période d’échantillonnage.
Dans le plan de la place, la dérivation correspond au produit de la transformée de Laplace par P.
𝑆(𝑝)
𝐻(𝑝) = =𝑝
𝐸(𝑝)
Dans le plan des Z l'opérateur numérique de différence du premier ordre correspond à sa transformée
en Z qui est :
𝑆(𝑧) 1 − 𝑧 −1
𝐻(𝑧) = =
𝐸(𝑧) 𝑇𝑒
ainsi avec identification, on a :
8
Filtres numériques
1 − 𝑧 −1
𝑝=
𝑇𝑒
Cette relation n'est rien d'autre qu'une application du plan P donne plan des Z.
Ainsi le principe de cette méthode consiste à déterminer la fonction de transfert en continu Ha(p),
et effectuer le passage vers Hd(z) , la fonction de transfert en Z, par la relation
1−𝑧 −1
𝑝= , puis déterminer, à partir de Hd(z), l’équation aux différence du filtre.
𝑇𝑒
b. Exemple de calcul
Considérons le filtre passe bas du premier ordre (circuit RC) dont la fonction de transfert est :
𝑆(𝑝) 1
𝐻𝑎 (𝑝) = =
𝐸(𝑝) 1 + 𝜏𝑝
1 1 𝜏
𝐻𝑑 (𝑧) = 𝐻𝑎 (𝑝)| 1−𝑧 −1 = −1 = , 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑎 =
𝑝= 1−𝑧 1 + 𝑎(1 − 𝑧 −1 ) 𝑇𝑒
𝑇𝑒 1+𝜏 𝑇
𝑒
1 𝑏 𝑆(𝑧) 1
= −1
= −1
= , 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑏 =
(1 + 𝑎) − 𝑎𝑧 1 − 𝑎𝑏𝑧 𝐸(𝑧) 1+𝑎
𝑏 𝑏
= =
1 − 𝑎𝑏[(𝑐𝑜𝑠𝜔𝑇𝑒 ) − 𝑗𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑇𝑒 )] [1 − 𝑎𝑏(𝑐𝑜𝑠𝜔𝑇𝑒 )] + 𝑗𝑎𝑏𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑇𝑒 )
9
Filtres numériques
Le paramètre Te, joue un rôle très important pour la fonction de transfert Hd(j) du filtre numérique.
Il détermine sa période qui est 1/Te et également la qualité de l’approximation de Ha(p) par Hd(j).
Pour une bonne approximation, la valeur de Te doit être très faible.
Remarques :
Par définition 𝑧 = 𝑒 𝑝𝑇𝑒 (ou 𝑧 −1 = 𝑒 −𝑝𝑇𝑒 ). Son développement limité , au premier ordre, au
1−𝑧 −1
voisinage de 0 est 𝑧 −1 = 1 − 𝑝𝑇𝑒 , donc pour pTe<<1. L’équivalence 𝑝 = est donc
𝑇𝑒
10
Filtres numériques
𝑡
s(t) = ∫ 𝑒(𝑡)𝑑𝑡
𝛼
Dans le plan des P, l'intégration correspond à une division de la transformée de Laplace par P :
𝑆(𝑝) 1
𝐻(𝑝) = =
𝐸(𝑝) 𝑝
L’équivalent numérique de cette opération est la règle trapézoïdale d'intégration (qui exprime l’aire)
est illustrée sur la figure 4 suivante :
𝑇𝑒
𝑠(𝑛) = 𝑠(𝑛 − 1) + [𝑒(𝑛) + 𝑒(𝑛 − 1)]
2
La fonction de transfert d'un intégrateur numérique trapézoïdal peut être déduite de la transformée
en Z des deux membres de la relation ci-dessus. On obtient :
𝑆(𝑧) 𝑇𝑒 1 + 𝑧 −1
𝐻(𝑧) = =
𝐸(𝑧) 2 1 − 𝑧 −1
Avec l'identification, on a :
1 𝑇𝑒 1 + 𝑧 −1
=
𝑝 2 1 − 𝑧 −1
Soit,
11
Filtres numériques
2 1 − 𝑧 −1
𝑝=
𝑇𝑒 1 + 𝑧 −1
Cette méthode consiste donc à déterminer le filtre numérique en utilisant cette formule de la
transformation :
𝐻𝑑 (𝑧) = 𝐻𝑎 (𝑝)| 2 1−𝑧 −1
𝑝= ( )
𝑇𝑒 1+𝑧 −1
Cette relation de transformation est connue sur le nom de transformation baleinière. Cette
terminologie vient du fait que cette relation est une équation linéaire en P aussi bien qu'en Z. En
effet, on peut écrire
2 1 − 𝑧 −1
𝑝=
𝑇𝑒 1 + 𝑧 −1
ou inversement,
𝑇
1 + 2𝑒 𝑝
𝑧=
𝑇
1 − 2𝑒 𝑝
𝑇
1+ 𝑒 𝑝
2
Remarques : On peut montrer que cette relation ( 𝑧 = 𝑇 ) est une approximation au deuxième
1− 𝑒 𝑝
2
Cette transformation conserve les principales caractéristiques du filtre analogique de référence dans
le filtre numérique réalisé, notamment la stabilité. Néanmoins, elle introduit une certaine
déformation sous forme de compression des fréquences entre le filtre analogique de référence et le
filtre numérique réalisé. Les fréquences dans les domaines p et z ne sont pas les mêmes. En effet la
2 1−𝑧 −1
relation bilinéaire 𝑝 = 𝑇 se traduit en régime harmonique par :
𝑒 1+𝑧 −1
𝑇𝑒 𝑇𝑒 𝑇𝑒
2 1 − 𝑒 −𝑗𝜔𝑑 𝑇𝑒 2 𝑒 −𝑗𝜔𝑑 2 (𝑒 𝑗𝜔𝑑 2 − 𝑒 −𝑗𝜔𝑑 2 )
𝑗𝜔𝑎 = =
𝑇𝑒 1 + 𝑒 −𝑗𝜔𝑑 𝑇𝑒 𝑇𝑒 −𝑗𝜔𝑑 𝑇2𝑒 𝑗𝜔𝑑 𝑇2𝑒 𝑇𝑒
𝑒 (𝑒 + 𝑒 −𝑗𝜔𝑑 2 )
𝑇𝑒
2 2𝑗𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑑 2 ) 2 𝑇𝑒
= = 𝑗 𝑡𝑔( 𝜔𝑑 )
𝑇𝑒 2𝑐𝑜𝑠(𝜔 𝑇𝑒 ) 𝑇𝑒 2
𝑑 2
Soit
2 𝑇𝑒 2 𝜋𝑓𝑑
𝜔𝑎 = 𝑡𝑔 ( 𝜔𝑑 ) = 𝑡𝑔( )
𝑇𝑒 2 𝑇𝑒 𝐹𝑒
Ou bien
12
Filtres numériques
1 1
𝑓𝑎 = 𝑡𝑔(𝜋 𝑓𝑑 𝑇𝑒 ) <=> 𝑓𝑑 = 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔(𝜋 𝑓𝑎 𝑇𝑒 )
𝜋𝑇𝑒 𝜋𝑇𝑒
13
Filtres numériques
Pour pallier à cet inconvénient de distorsion de l'axe des fréquences, on réalise une pré-déformation
des fréquences. En pratique, la procédure de synthèse d’un filtre numérique par cette méthode est la
suivante :
a. Exemple de calcul
On désire réaliser un filtre analogique passe-bas du premier ordre de type Butterworth dont :
1
𝐻𝑎 (𝑠) =
𝑠+1
Trouver par la méthode de la transformation bilinéaire, le filtre numérique équivalent ayant une
fréquence de coupure fdc=100Hz et Fe =1000Hz.
-----------------------------------
Fonction de transfert normalisée du filtre analogique : La fonction de transfert normalisée du
filtre analogique passe bas est donnée :
1
𝐻𝑎 (𝑠) =
𝑠+1
Pré-déformation : La fréquence de coupure du filtre numérique est : fdc=Fe /10. Celle du filtre
analogique « ac » est donnée par la relation :
2 𝑇𝑒 2 𝜋
𝜔𝑎𝑐 = 𝑡𝑔 ( 𝜔𝑑𝑐 ) = 𝑡𝑔 ( )
𝑇𝑒 2 𝑇𝑒 10
Dénormalisation : Calculons Ha(p), la fonction de transfert dénormalisée du filtre analogique :
1 𝜔𝑎𝑐
𝐻𝑎 (𝑝) = 𝐻𝑎 (𝑠)|𝑠= 𝑃 = =
𝜔𝑎𝑐 𝑃 𝑝 + 𝜔𝑎𝑐
𝜔𝑎𝑐 + 1
14
Filtres numériques
𝜋
𝑡𝑔 (10) 1 + 𝑧 −1
= 𝜋 . 𝜋
1 + 𝑡𝑔 (10) 1 − 𝑡𝑔 (10)
1− −1
𝜋 𝑧
1 + 𝑡𝑔 (10)
𝛼−1 1 + 𝑧 −1 𝜋
= . 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝛼 = 1 + 𝑡𝑔 ( )
𝛼 1 − 2 − 𝛼 𝑧 −1 10
𝛼
D’où l’équation caractéristique du filtre recherché :
𝛼−1 𝛼−1 2−𝛼
𝑆(𝑧) = . 𝐸(𝑧) + . 𝐸(𝑧)𝑧 −1 + 𝑆(𝑧)𝑧 −1
𝛼 𝛼 𝛼
Soit
𝛼−1 2−𝛼
𝑠(𝑛) = [𝑒(𝑛) + 𝑒(𝑛 − 1)] + 𝑠(𝑛 − 1)
𝛼 𝛼
La réponse fréquentielle du filtre numérique est obtenue en posant 𝑧 = 𝑒 𝑗𝜔𝑇𝑒 dans Hd(z) :
𝛼 − 1 1 + 𝑒 −𝑗𝜔𝑑 𝑇𝑒
𝐻𝑑 (𝑗𝜔) = 𝐻𝑑 (𝑧)|𝑧=𝑒 𝑗𝜔𝑑𝑇𝑒 =
𝛼 1 − 2 − 𝛼 𝑒 −𝑗𝜔𝑑 𝑇𝑒
𝛼
𝛼−1 1 + 𝑐𝑜𝑠𝜔𝑑 𝑇𝑒 − 𝑗𝑠𝑖𝑛𝜔𝑑 𝑇𝑒
=
𝛼 1 − 2 − 𝛼 [𝑐𝑜𝑠𝜔 𝑇 − 𝑗𝑠𝑖𝑛𝜔 𝑇 ]
𝛼 𝑑 𝑒 𝑑 𝑒
𝜋
Application numérique : avec fdc=Fe /10, on a 𝑡𝑔 (10) = 0,325, et :
15
Filtres numériques
Remarque : Les résultats trouvés par Matlab sont : numz = 0.2391 0.2391 et denz = 1 -0.5219.
16
Filtres numériques
Conclusion : Les remarques générales suivantes peuvent être portées sur les filtres RII :
Les filtres RII ne sont pas forcément stables, la stabilité dépend de la position des pôles dans le
plan complexe.
Beaucoup moins de calculs par rapport à un filtre RIF équivalent au niveau des
performances. Cette propriété peut être utile sur les plateformes limitées en puissance de calcul.
Généralement, les filtres RII sont plus sensibles aux erreurs de quantification que les filtres RIF.
La récursivité peut générer des erreurs cumulatives ;
Un filtre RII est plus sélectif qu'un filtre RIF du même ordre, c'est-à-dire que la transition entre
la bande passante et la bande rejetée est plus rapide que dans le cas du filtre RIF.
17
Filtres numériques
Annexe
18
Filtres numériques
Exercices
On désir réaliser un filtre passe-bas récursif du troisième ordre type Butterworth dont les
caractéristiques sont :
- Fréquence de coupure numérique sans fdc =100Hz.
- Fréquence d’échantillonnage Fe=1000Hz
1. Donner la fonction de transfert normalisé de filtre analogique.
2. Déduire la fonction de transfert dénormalisée.
3. Calculer la fonction transfert du filtre numérique.
4. Déduire l’équation de récurrence du filtre numérique.
---------------------------------------
1. La fonction de transfert normalisé d’un filtre analogique passe-bas du troisième ordre type
Butterworth peut être déduite directement des tables :
1 1
𝐻𝑎 (𝑠) = 2
, (ou bien 3 2
)
(𝑠 + 1)(𝑠 + 𝑠 + 1) 𝑠 + 2𝑠 + 2𝑠 + 1
1 𝐴 𝐵𝑠 + 𝐶
𝐻𝑎 (𝑠) = = +
(𝑠 + 1)(𝑠 2 + 𝑠 + 1) 𝑠 + 1 𝑠 2 + 𝑠 + 1
1 𝑠
𝐻𝑎 (𝑠) = − 2
𝑠+1 𝑠 +𝑠+1
D’où la fonction de transfert dénormalisée :
𝜔𝑑𝑐 𝑝𝜔𝑑𝑐
𝐻𝑎 (𝑝) = 𝐻𝑎 (𝑠)|𝑠= 𝑝 = − 2
𝜔𝑑𝑐 𝑝 + 𝜔𝑑𝑐 𝑝 + 𝜔𝑑𝑐 𝑝 + 𝜔𝑑𝑐 2
19
Filtres numériques
ωdc ωdc 2 3 √3
On en déduit : 2𝑎 = ωdc => 𝑎 = , et 𝑏 2 = ωdc 2 − = 4 ωdc 2 , => 𝑏 = ωdc ,
2 4 2
d’où :
ω ω
1 p + 2dc 1 √3 2dc
Ha (p) = ωdc − 2 + 2
p + ωdc ω 2 √3 √3 ω 2 √3
(p + 2dc ) + ( 2 ωdc ) (p + 2dc ) + ( 2 ωdc )
( )
ωdc
√3
1 1 − e− 𝑇
2 𝑒 . cos( ωdc 𝑇𝑒 )𝑧 −1
Hd (z) = ωdc − 2
1 − e−ωdc 𝑇𝑒 𝑧 −1 ωdc
√3
1− 2e− 2 𝑇𝑒 . cos ( ωdc 𝑇𝑒 ) 𝑧 −1 + e−ωdc 𝑇𝑒 𝑧 −2
2
(
1 −ω2dc 𝑇𝑒 √3
.e . sin( 2 ωdc 𝑇𝑒 )𝑧 −1
√3
+
ωdc
√3
1 − 2e− 2 𝑇𝑒 . cos ( 2 ωdc 𝑇𝑒 ) 𝑧 −1 + e−ωdc 𝑇𝑒 𝑧 −2
)
En introduisant les valeurs numériques : fdc =100Hz et Fe=1000Hz, on a :
1 1 − 0,6249𝑧 −1 − 0,2183𝑧 −1
= 628,31 ( − )
1 − 0,7304𝑧 −1 1 − 1,25𝑧 −1 + 0,5337𝑧 −2
20
Filtres numériques
1 1 − 0,8432𝑧 −1
= 628,31 ( − )
1 − 0,7304𝑧 −1 1 − 1,25𝑧 −1 + 0,5337𝑧 −2
21
Filtres numériques
On désir réaliser un filtre passe-bas récursif du deuxième ordre type Butterworth dont les
caractéristiques sont :
1
𝐻𝑎 (𝑠) =
𝑠2 + √2𝑠 + 1
2. La fréquence analogique correspondante à la fréquence numérique fdc =100HZ est donnée par
la relation :
1 𝐹𝑒 𝑓𝑑𝑐 1000
𝑓𝑎𝑐 = tan(𝜋𝑓𝑑𝑐 𝑇𝑒 ) = tan (𝜋 ) = tan(0,1𝜋) = 103,42𝐻𝑧
𝜋𝑇𝑒 𝜋 𝐹𝑒 𝜋
On déduit le glissement de fréquence :
∆𝑓 = 𝑓𝑎𝑐 − 𝑓𝑑𝑐 = 3,42𝐻𝑧 et
𝜔𝑎𝑐 = 2𝜋𝑓𝑎𝑐 = 649,807 𝑟𝑎𝑑/𝑠
3. La fonction de transfert dénormalisée du filtre analogique est obtenue en remplaçant dans Ha(s)
𝑝
s par 𝑗𝜔 :
𝑎𝑐
1
𝐻𝑎 (𝑝) =
𝑝 𝑝 2
1 + √2 ( )+( )
𝜔𝑎𝑐 𝜔𝑎𝑐
2
𝜔𝑎𝑐
=
2 + √2𝜔 𝑝 + 𝑝 2
𝜔𝑎𝑐 𝑎𝑐
4,2225. 105
=
4,2225. 105 + 918,9659𝑝 + 𝑝2
22
Filtres numériques
4,2225. 105
= 2
1 − 𝑍 −1 −1
6 (1 − 𝑍 )
4,2225. 105 + 918,9659.2. 103 ( ) + 4. 10
1 + 𝑍 −1 1 + 𝑍 −1
4,2225. 105 (1 + 2𝑍 −1 + 𝑍 −2 )
=
4,2225. 105 (1 + 2𝑍 −1 + 𝑍 −2 ) + 1837,9318(1 − 𝑍 −2 ) + 4. 106 (1 − 2𝑍 −1 + 𝑍 −2 )
0,42225(1 + 2𝑍 −1 + 𝑍 −2 )
=
7,155. 106 −1 2,5843. 106 −2
6,2602(1 − 𝑍 + 𝑍 )
6,2602. 106 6,2602. 106
0,06744(1 + 2𝑍 −1 + 𝑍 −2 )
=
1 − 1,143𝑍 −1 + 0,4128𝑍 −2
Résultats trouvés par Matlab : numz = 0.0640 0.1279 0.0640 denz = 1.0000 -1.1683 0.4241
𝑆(𝑧) 0,06744(1+2𝑍 −1 +𝑍 −2 )
𝐻𝑑 (𝑧) = =
𝐸(𝑧) 1−1,143𝑍 −1 +0,4128𝑍 −2
On a 𝑆(𝑧) = 𝐻𝑑 (𝑧)E(z)
Soit :
n 0 1 2 3
e(n) 1 0 0 0
e(n-1) 0 1 0 0
e(n-2) 0 0 1 0
s(n-2) 0 0 0,067 0,276
s(n-1) 0 0,067 0,276 0,55
s(n) 0,067 0,21 0,27 0,22
6. La réponse fréquentielle du filtre numérique, pour f allant de 0 à Fe/2, peut être déterminée en
𝑆(𝑧) 0,06744(1+2𝑍 −1 +𝑍−2 )
remplaçant 𝑍 −1 par 𝑒 ω𝑑 𝑇𝑒 dans sa fonction de transfert : 𝐻𝑑 (𝑧) = 𝐸(𝑧) = 1−1,143𝑍 −1 +0,4128𝑍 −2
𝑓 𝑓
−𝑗2𝜋 𝑑 −𝑗4𝜋 𝑑
𝑆(𝑧) 0,06744(1 + 2 + 𝑒 )
𝐹𝑒 𝑒 𝐹𝑒
𝐻𝑑 (𝑗2𝜋𝑓) = = 𝑓 𝑓
𝐸(𝑧) −𝑗2𝜋 𝑑 −𝑗4𝜋 𝑑
1 − 1,143𝑒 𝐹 𝑒 + 0,4128𝑒 𝐹𝑒
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Filtres numériques
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