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Smart Cityvf

Le document traite des concepts de Smart City et de territoire durable, en soulignant l'importance de l'innovation et des technologies pour améliorer la qualité de vie urbaine. Il aborde également les enjeux de confiance, de souveraineté, technologiques, juridiques, financiers et de sécurité liés à la mise en œuvre de ces projets. Enfin, une étude de cas sur la ville de Rabat illustre les défis et opportunités d'une capitale en transition vers un modèle de ville intelligente et durable.

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Le document traite des concepts de Smart City et de territoire durable, en soulignant l'importance de l'innovation et des technologies pour améliorer la qualité de vie urbaine. Il aborde également les enjeux de confiance, de souveraineté, technologiques, juridiques, financiers et de sécurité liés à la mise en œuvre de ces projets. Enfin, une étude de cas sur la ville de Rabat illustre les défis et opportunités d'une capitale en transition vers un modèle de ville intelligente et durable.

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Université Cadi Ayyad

Faculté des Sciences


Juridiques Economiques et
Sociales
El Kalaa des Sraghna

Master Analyse Economique et Développement


Villes intelligentes etTerritorial
territoires durables : enjeux
&innovation
Module : Techniques et outils de diagnostic du
territoire

Réalisé par :
Khadija ACHIR Encadré par :

Oumayma EL-BEZTAM M. Mostapha EL IDRISSI

Fatima ELMABROUKY
Fatima ezzahrae QABA

Année universitaire 2024-2025

Sommaire
Résumé
Introduction

1
1. SMART City & territoire durable : concepts clés
Les grandes tendances mondiales ont créé et propulsée différents modèles de smart city.
Néanmoins, ces modèles restent dominés par des points communs à savoir la démographie et
l’environnement

I.1. Smart city : définitions et genèse ?

Apparu au début de ce siècle, le concept de la Smart city a connu un fort développement


depuis la visite Bill Clinton en 2005 aux usines de la société multinationale IBM. En effet,
cette visite, a suscité sa réflexion sur l’éventuel impact de l’IoT sur les villes afin de les rendre
« Smarter ». Depuis, il y eu un fort engouement à ce marché géant que représente la Smart
City et à susciter l’intérêt des décideurs. En Asie, nous citons la Corée du sud qui a entamé en
2003 une stratégie qui se base sur le système informatique : ubiquitous computing, pour
inscrire, en 2006, la notion de ville intelligente sous le terme de « u-city » dans son
programme politique national. La chine n’est pas en reste, elle a intégré cette nouvelle
stratégie depuis l'exposition universelle de Shanghai en 2010. L’inde également l’a inscrit
dans son agenda politique en 2014.

I.1.1. Définitions de smart city

Il n’existe pas de définition unique de la smart city. En général, les smart cities peuvent être
qualifiées de durables, inclusives, résilientes, attractives et efficaces. Ces caractéristiques se
combinent les unes aux autres, en insistant plus ou moins sur l’une ou l’autre. Chaque acteur
et chaque territoire compose sa propre combinaison, en fonction de son agenda, de ses intérêts
propres et de ses priorités. On estime qu’une ville intelligente est une ville plus sûre, plus
économe, plus écologique et plus attractive. En matière de mobilité, de sécurité, d’urbanisme,
d’environnement, de développement économique, d’exercice de la citoyenneté, d’efficacité
des missions des services publics, de communication, de valorisation du patrimoine et de la
culture, de contrôle des dépenses publiques, bref, dans tous les domaines qui concernent les
compétences des collectivités locales, les nouvelles technologies nous offrent des potentialités
dont nous n’avons encore exploré qu’une infime partie.

I.1.2. Les piliers de la smart city.

2
L’objectif des villes et des territoires est de préserver notamment les ressources et
l’environnement tout en répondant aux besoins de la population. C’est de relier ainsi les
différentes dimensions d’une smart city.

Ainsi, en complément de la définition de la smart city susmentionné, six grandes dimensions


caractéristiques d’une « ville intelligente » : (1) gouvernance intelligente, (2) citoyen
intelligent, (3) habitat intelligent, (4) mobilité intelligente, (5) économie intelligente et (6)
environnement intelligent. Ces dimensions obéissent à deux catégories d’approches : une
approche centrée sur les technologies et moyens de communication et de l’information qui
s’intéresse à la matérialité du phénomène, le « hardware ». Une approche centrée sur les
personnes et qui cible les domaines qui ne nécessitent pas obligatoirement l’implication des
technologies de l’information et de la communication pour être intelligents.

Figure1 : six dimensions de la smart city.

 Smart Mobility

La mobilité représente un facteur essentiel dans la gestion urbaine d’une ville. La mobilité
intelligente de son côté améliore l’accessibilité de la mobilité pour tous, l’interconnexion, les
transports, la sécurité routière, l’efficacité énergétique des véhicules. A titre d’exemple, il y a
les systèmes de transport intelligents (STI) qui permettent une gestion du transport en temps
réel grâce aux infrastructures permettant un gain de temps. Il y a les systèmes d'infrastructure
et les technologies de l'information et de la communication (TIC), qui permettent la détection
des données de mobilité à partir de capteurs déployés dans l’environnement qui assurent la
coordination et le contrôle des comportements des TIC (services de stationnement, contrôle
d’itinéraires, changement de trajet et partage de taxi.) Les principaux facteurs de réussite de

3
cette mobilité sont notamment l’Accessibilité locale et nationale, Systèmes de transport sûrs et
durables pour les transports publics et Accès aux transports intégrés et soutenus par les TIC.

 Smart environnement

La gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie est au cœur des préoccupations d’une ville en
matière d’environnement. Les divers outils technologiques utilisés dans une smart city
permettent la protection de l’environnement, de nos ressources naturelles et la mise en valeur
des milieux naturels à travers à titre d’exemple les capteurs pour mesurer le niveau de
pollution de l’air, la réutilisation des énergies renouvelables, le système d’eau intelligent pour
un approvisionnement en eau durable, propre et efficace, les réseaux intelligents de
distribution d’électricité optimisant la production et la distribution d’électricité ajustée à la
demande. Cette dimension nécessite une Planification judicieuse de l’utilisation des terres ;
Attractivité des conditions naturelles et la Protection de l’environnement et contrôle de la
pollution. Par ailleurs, dans une Smart City, chacune de ces dimensions peut être décomposée
en plusieurs initiatives. Ces dernières sont elles aussi composées d'un ou plusieurs projets.

I.2. Enjeux de la smart city.

Dans ce cadre, le futur de la smart city sera bâti autour des enjeux majeurs suivants :

 Enjeux de confiance : la ville intelligente doit requérir l’adhésion des citoyens et cela
nécessite une stratégie concertée et transparente de la collectivité. Pour cela, une ville
intelligente devra être d’abord construite par un débat démocratique, et au-delà par un
projet de vivre ensemble. Exemple : Dijon en France, la municipalité a créé un comité
d’éthique citoyen des usages de la donnée en vue d’illustrer de façon concrète la forme
que peut prendre ce cadre de confiance.
 Enjeux de souveraineté : la ville intelligente devra maîtriser les conditions dans
lesquelles les acteurs privés interviennent dans l’espace public local, sur la base d’un
partenariat clair et solide. Si cet enjeu était déjà présent avec les opérateurs traditionnels
des services publics essentiels de la ville, il se démultiplie avec l’apparition de nouveaux
acteurs, encore inconnus il y a quelques années, et qui se sont imposés comme des
acteurs majeurs de notre quotidien.
 Enjeux technologiques : en partant du principe que la technologie est un outil et non pas
une fin en soi, un projet de Smart city ne peut se réaliser qu’avec une stratégie globale de
la ville et de son futur. Dès lors, l’enjeu technologique permet de rendre accessible
l’utilisation du numérique à tous, tout en évitant d’avoir une vision d’une ville
4
totalement automatisée, gérée par des algorithmes, des robots et des intelligences
artificielles.
 Enjeux juridiques : En partant du constat selon lequel la smart city repose sur un
principe de concertation toujours plus large des acteurs de la ville dont les intérêts, les
droits et les statuts diffèrent, les enjeux juridiques deviennent également multiples et
variés. Ainsi, pour rendre ce type d’enjeux plus concrets, un projet de smart city doit
d’abord trouver, par une approche globale, innovante et « systémique », les montages
juridiques adaptés à ses caractéristiques, et qui garantissent la sécurité de la décision des
élus, la gestion du projet dans le temps et la maîtrise de la collectivité sur les données
résultant du projet.
 Enjeux financiers : Un projet de smart city demande des investissements conséquents
tant en termes de moyens matériels (infrastructures numériques de la ville) que de
moyens humains (nécessaire montée en compétences d’agents, et appel à l’expertise
extérieure pour l’accompagnement et la réalisation du projet). Cela représente donc un
investissement financier conséquent et il est évident que toutes les collectivités ne sont
pas en mesure de l’assumer. Néanmoins, compte tenu du caractère stratégique des projets
de smart city, ces derniers bénéficient de plus en plus du soutien financier des instances
nationales, supranationales et internationales.
 Enjeux de sécurité : la définition de ce type d’enjeux permet de distinguer la sécurité des
réseaux essentiels, gérés par la collectivité (sécurité des réseaux), de la question de
sécurité informatique (cyber sécurité). S’agissant de la sécurité des réseaux, une
personne publique peut décider de prendre la qualité d’opérateur d’importance vitale
(OIV) au sens du code de la défense, ou d’opérateur de services essentiels (OSE) au sens
de la directive « Network and Information Security » (NIS), dès lors qu’elle exerce des
activités essentielles qui doivent être spécialement protégées. S’agissant de la
cybersécurité, l’enjeu est d’autant plus fort que la smart city repose sur une dynamique
d’interconnexions et de « big data territorial ». Chaque connexion supplémentaire signe
donc potentiellement une vulnérabilité supplémentaire aux cyberattaques. Ainsi, l’enjeu
de sécurité doit être intégré dès la conception du projet au même titre que le sujet des
données. Face à ces enjeux majeurs, la Smart City de demain devra s’atteler à répondre à
plusieurs défis essentiels tels que :

1. La gestion de la donnée publique locale, et les montages juridiques qui pourront


l’encadrer ;

5
2. Les montages juridiques à repenser en vue de gérer les différents projets de smart City

3. La question de la gouvernance et le montage institutionnel à repenser ;

4. Les risques juridiques à prévoir en vue de se prémunir contre les cyberattaques et

d’autres dérives potentielles.

I.3. Le Smart au service d’une ville durable, inclusive et résiliente

1.1.3 territoire Durable

Le concept de territoire durable est complexe et polémique, il évolue encore aujourd’hui


identiquement au concept du développement durable dont il dérive directement. Nombreuses
sont les personnes qui ont tenté de le définir. Mais selon qu’il soit mentionné par des chartes,
des collectivités, des urbanistes ou des chercheurs le concept prend plusieurs définitions qui
mettent l’accent ou non sur un ou plusieurs aspects de la ville durable tels que :
l’autosuffisance ; le respect du territoire sur lequel est situé la ville, ainsi que ses environs ; la
cohérence sociale, économique, environnementale et spatiale... Ces définitions reposent toutes
sur les trois piliers du développement durable ; économie, écologie et social, et elles
s’appuient historiquement sur le Rapport Brundtland. Publié en 1987, ce rapport définit le
développement durable comme «un développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Ainsi, un
développement n’est considéré comme durable que s’il prend en compte les trois piliers cités
précédemment ainsi que les trois grands principes suivants. Le premier principe est celui qui
conjugue le développement durable à la solidarité spatiale et temporelle, en d’autres termes
les coûts de développement de la ville ne doivent pas avoir de répercussions sur les autres
populations, les écosystèmes et les générations futures. Le second principe est celui de la
participation et de la bonne gouvernance qui d’une part implique l’ensemble des citoyens dans
les projets de la ville et d’autre part développe des stratégies coopératives entre les acteurs
publics et privés. Le troisième principe est celui de la précaution qui préconise la mise en
place de technologies réversibles où l’on s’assure qu’en cas de catastrophe les technologies
mises en œuvre cesseront de faire effet dès leur désactivation. On voit que l’action
d’engagement vers un développement durable nécessite l’intervention sur plusieurs domaines.
Elle est à la fois simple et complexe. La simplicité se caractérise par la multitude de structures
administratives dans les domaines de l'environnement, de l'énergie et du développement
durable, composées de représentants nationaux et d’experts qui définissent des principes et

6
des objectifs stratégiques pour rendre une ville durable. Elle se caractérise également par les
différents plans d’actions et documents qui s’inscrivent dans le projet de la territoire durable.

L’ensemble des définitions de la smart city citées en haut mènent vers une ville inclusive,
durable, intelligente et résiliente. À ce titre, nos villes intelligentes ne sont pas des algorithmes
ou des systèmes automatisés. L’intelligence artificielle devrait en conséquence être un outil
urbain qui renforce le vivre ensemble, qui serve le dialogue urbain, aide à l’inclusion, promeut
la vie écologique et rend possible la flânerie, la déviance et la liberté.

Ceci replace en conséquence le smart au service du développement durable et ce dernier au


service d’une ville intelligente.

Smart City

Developpement
Durable

Circular
economy

Circular
city

2. Etude de cas : capitale verte du Maroc Rabat

2.1. Choix de la ville mise en œuvre

Le choix de la ville de Rabat comme objet d’étude s’inscrit pleinement dans la problématique
contemporaine des villes intelligentes et des territoires durables. En tant que capitale politique
et administrative du Maroc, Rabat illustre un modèle urbain en transition, combinant
modernisation, durabilité, inclusion sociale et gouvernance participative.

7
2.1.1. Localisation géographique stratégique

Source: CityPopulation,2024

La ville de Rabat, capitale du Royaume du Maroc depuis 1912, est située sur la rive gauche du
fleuve Bouregreg, en face de la ville de Salé, et bordée à l’ouest par l’océan Atlantique. Elle
bénéficie d’une position géostratégique centrale sur le littoral nord-ouest du pays, à proximité
de Casablanca (à environ 90 km), ce qui lui confère un rôle charnière entre le nord industriel
et le sud administratif du Maroc. Cette situation a largement contribué à son développement
urbain et à son ouverture sur le monde.

2.1.2. Données démographiques et physiques

En 2024, la population de Rabat est estimée à 515 619 habitants, avec une densité moyenne
de 4 380 habitants/km² répartis sur une superficie de 117,7 km². Ce chiffre représente une
baisse démographique de -1,1 % sur la période 2014–2024, traduisant une transition
démographique avancée, marquée par le recul de la fécondité, le vieillissement progressif de
la population et l'étalement urbain vers les villes périphériques comme Salé, Témara ou Ain
Aouda..

Rabat se distingue également par son fort taux d’alphabétisation, sa transition démographique
avancée, et une qualité de vie supérieure à la moyenne nationale grâce à la présence
d’infrastructures de santé, d’éducation et de transport bien développées.

8
2.1.3. Statut administratif et rôle national

Rabat est le siège de toutes les institutions nationales : Parlement, ministères, palais royal,
institutions constitutionnelles, représentations diplomatiques, partis politiques, etc. Elle joue
un rôle central dans la gouvernance du pays, en tant que capitale politique, mais aussi en tant
que centre scientifique (Université Mohammed V, écoles d’ingénieurs, d’architecture,
ENA…).

Elle est également la capitale de la Région Rabat-Salé-Kénitra, une région dynamique qui
englobe des pôles agricoles, industriels et logistiques, notamment dans le Gharb et le Kénitra,
et qui renforce son positionnement dans les corridors stratégiques nationaux (Tanger Med –
Casablanca – Sud).

2.1.4. Positionnement international: IMD Smart City Index

Source : IMD,2025

En 2024, Rabat est classée 123e au classement mondial IMD Smart City Index, établi par
l’Institute for Management Development (IMD) en partenariat avec la Singapore University
of Technology and Design. Ce classement évalue la performance des villes dans leur
transition vers un modèle de ville intelligente, selon des critères comme :

 La digitalisation des services urbains,


 La mobilité intelligente,
 La gouvernance participative,
 La durabilité environnementale,
 La qualité de vie pour les citoyens.
9
Bien que Rabat soit confronté à certains défis (gestion de la mobilité, inclusion numérique,
participation citoyenne), sa présence dans ce classement est un signal fort de son engagement
en faveur de l’innovation urbaine et de la durabilité territoriale. La ville mise sur la
coopération internationale, les infrastructures modernes (tramway, zones vertes, pôles
culturels), et une stratégie urbaine intégrée pour consolider sa transformation en ville
intelligente.

Alors, ce positionnement reflète non seulement les efforts institutionnels de Rabat, mais aussi
les nombreux atouts qui en font une ville pilote dans la construction d’un avenir urbain
durable.

2.2. Les atouts de Rabat


2.2.1. Un laboratoire urbain entre histoire et modernité

Ville impériale et site historique de premier plan, Rabat bénéficie d’un patrimoine riche et
diversifié qui constitue un socle culturel et identitaire fort. Mais c’est aussi une ville en
perpétuelle mutation, où les politiques d’aménagement visent à concilier préservation du
patrimoine et intégration des technologies modernes. Le programme « Rabat Ville Lumière,
Capitale culturelle du Royaume » représente un tournant stratégique, intégrant des volets de
mobilité intelligente, de gestion durable des ressources, et de digitalisation des services
urbains.

2.2.2. Une ville verte, inclusive et résiliente

Rabat a été désignée "Ville verte" en 2010 grâce à ses nombreux espaces verts, sa ceinture
écologique, et ses efforts en matière de protection de l’environnement. Elle se positionne ainsi
comme un exemple de territoire durable, alliant biodiversité urbaine, gestion des déchets,
efficacité énergétique et économie circulaire. Par ailleurs, les politiques locales de la ville
intègrent les principes d’inclusion sociale, de genre, et de vivre-ensemble, dans le respect des
Objectifs de Développement Durable (ODD).

2.2.3. Un territoire intelligent par ses réseaux, sa gouvernance et ses partenariats

Au-delà de ses infrastructures, ce qui fait de Rabat une ville intelligente, c’est aussi sa
capacité d’organisation, de planification stratégique et de coopération multisectorielle. La
ville développe activement des partenariats nationaux et internationaux, participe à de

10
nombreux réseaux de villes intelligentes et durables, et mise sur l’intelligence collective à
travers la participation des citoyens, des institutions académiques, et des acteurs économiques.
Elle est aujourd’hui engagée dans des projets de digitalisation des services municipaux, de
gestion intelligente de la mobilité, et de transition énergétique.

2.2.4. Un modèle d’avenir pour la durabilité urbaine au Maroc

Rabat représente aujourd’hui un modèle pertinent d’intégration entre technologie, durabilité et


gouvernance locale. Elle anticipe les défis du futur urbain en plaçant l’humain, la nature et
l’innovation au cœur de ses priorités. En tant que capitale d’un pays en développement tourné
vers la modernité, elle est aussi un exemple inspirant pour d’autres villes marocaines et
africaines, souhaitant s’engager dans une transition vers des territoires plus intelligents, plus
durables et plus équitables.

2.2. Smart Economy


Une économie intelligente, c’est un pilier économique dont on se sert comme vecteur pour
l’innovation et la création d’emplois durables pour la ville. Selon Giffinger, une économie
intelligente est basée sur un esprit d’innovation et d’entreprenariat, sur la productivité et la
flexibilité du marché. Elle possède aussi une aptitude à se transformer et à rejoindre le marché
international. L’analyse d’une multitude de données en plus de l’accès à de nouvelles sources
d’information permettra aux villes de créer de nouvelles opportunités, de la prospérité et de
nouveaux emplois. Une des principales motivations de devenir intelligente est le pouvoir de
devenir une ville attrayante sur la scène internationale, mais surtout un désir de
développement économique

connectivité
avancée

marché du
Ecosystéme
startup et
Smart travail &
qualitéé du
innovation economy capital
humain

productivité
&integration
intternationale

11
Source : auteurs.

2.2.1.Indicateurs clés de l’économie intelligente à Rabat (2025)

Indicateurs Valeur (2025)


PIB par habitant (USD)1 8500
Taux de chômage (%)2 9 .2%
Nombre de startups actives 3 500+
Investissement en R&D(%PIB)4 0 .8%
Classement « Doing business »5 50éme(mondial)
6
Exportations technologiques (M USD) 1200
Source : adapté de : HCP, Ministère de l’industrie, BM, OMPIC

Alors pour le PIB par habitant (1) on a une Croissance notable par rapport à 2020 (6 200 USD),
reflétant une amélioration du niveau de vie, mais reste en dessous de Casablanca (9 200 USD). Pour le
taux de chômage (2) Baisse significative (contre 12,5% en 2020), dû aux programmes d’emploi et à
l’essor des startups. Défi persistant chez les jeunes diplômés. (3) Doublement depuis 2020, grâce aux
incubateurs (Technopark, Rabat Innovation). Casablanca domine encore (800+).(4) Progrès modeste
(5)
(0,5% en 2020), mais insuffisant pour une économie de la connaissance (objectif : 1,5%).
Amélioration (65ème en 2020) grâce aux réformes administratives. Casablanca mieux classée
(45ème). Exportations technologiques (6) (M USD) 1 200 Croissance forte (600 M en 2020),
mais dépendante de quelques secteurs (IT, électronique).

2.2.2.Projets structurants pour une smart Economy à Rabat 2025

Projet Impact (Échelle 1- Description


5)
Technopolis Rabat-Shore 5 Pôle technologique dédié aux startups et IA
Rabat financial city 4 Hub financier attirant des IDE
Green energy Park 4 Centre de R&D en énergies entrepreneurs
Programme « Rabat Innovation » 3 Incubateur pour jeuns entrepreneurs
Ligne LGV Rabat-Casablanca 3-4 Amélioration de la connectivité
économique

Ce tableau évalue l'impact des principaux projets économiques intelligents à Rabat en 2025 sur une
échelle de 1 (faible impact) à 5 (impact transformateur)

 Technopolis Rabat-Shore Impact : 5/5

12
Innovation Technologique : Concentration de startups, centres de R&D et entreprises high-tech (IA,
biotech, fintech).

Attractivité Internationale : Projet conçu pour attirer des investisseurs étrangers (ex : partenariats avec
Google, IBM). Création d’Emplois : Estimation de 10 000 emplois directs d’ici 2030.

Points Critiques :

Risque de Retard : Projets d’infrastructure marocains souvent retardés (ex : LGV).

Dépendance aux FDI : Si les investissements étrangers faiblissent, l’impact économique pourrait
diminuer.

 Rabat Financial City (RFC) avec un Impact de 4/5, mais pourquoi 4 et pas 5 ?

Avantages : Renforce Rabat comme centre financier secondaire après Casablanca Finance City (CFC).
Attire des banques et assurances (ex : projets de fintech islamique). Et pour les limites, Concurrence
avec CFC ; Casablanca reste le hub financier incontesté. Avec un manque de Diversification ; Peu de
liens avec l’écosystème startup local.

 Green Energy Park avec un impact de 4/5

Positionne Rabat comme leaderdes énergies renouvelables (solaire, hydrogène vert). Partenariats
avec IRESEN et OCP pour la R&D. et pour les faiblisses : Impact économique indirect ;Crée peu
d’emplois hors recherche avec Dépendance aux subventions publiques….

2.2.3.Critères d’évaluation (IMD smart city index 2025)

Critère POIDS Description


Couverture 5G, fibre optique,
Connectivité avancée 25%
IoT
Nombre de startups/scale-ups
Densité startups tech 20%
par km²
Fonds levés par les startups
Investissements VC 20%
locales
Collaboration recherche- Partenariats universités-
15%
industrie entreprises
Politique d’innovation 20% Incitations fiscales, régulations
Source: IMD. (2025). Smart city index2025. IMD Competitiveness center

Classement de Rabat en 2025

Performance globale

13
Score économique intelligente 68 /100

Rang Afrique :4éme

2.2.4.Analyse comparative

Indicateur Rabat Casablanca Référence (top 10)


Startups /Km2 6 .5 8.2 25.3(Singapour)
Investissements VC (M$) 45 120 850(Stockholm)
Couverture 5G 65% 85% 100%
Source Ministère de l’Industrie. (2025). Stratégie Maroc Digital 2025.Projets et réalisation

Infrastructures digitales

Figure 2 : Evolution des vitesses WIFI Fixe à Rabat 2020-2025

Source : ANRT, Ookla 2024, Maroc digital 2025

Figure 2 montre une croissance constante et significative des vitesses Wifi fixes à Rabat entre 2020 et
2024, avec une projection d’accélération en 2025.cette progression reflète les investissements soutenus

14
dans les infrastructures numériques, notamment le déploiement de la fibre optique et l’amélioration
des réseaux fixes.

 2020-2021 : lancement des grandes projets fibre,+18.75% (32Mbds -38Mbds )


 2021-2022 : consolidation du réseau, +18.4%, grâce à modernisation des backbone réseaux et
extension de la couverture fibre aux quartiers semi-périphériques (ex : Hay Riad, Agdal)
 2022-2023 : Maturation technologique, +11.1%, raison c’est optimisation des infrastructures
existantes et adoption croissante des offres fibre haut débit (1Gbds disponible dans les zones
centrales) .
 2023-2024 : Stabilisation et amélioration incrémentale, +10 .4% à cause d’amélioration de la
gestion du trafic et mise à niveau des équipements (routeurs GPON)
Tableau 2 : Performances du wifi-fixe (2024)

Indicateur Rabat Moyenne Nationale

Vitesse moyenne (Mbps) 55.2 48.7

Latence (ms) 28 32
Stabilité 92% 88%

Source : ANRT, Ookla 2024, Maroc digital 2025

Pour La figure 2 présente les performances du wifi-fixe au Maroc en 2025, montrant que Rabat
surpasse la moyenne nationale dans plusieurs aspects. Avec une vitesse moyenne de 55.2 Mbps contre
48.7 Mbps nationalement, une latence de 28 ms comparée à 32 ms, et une stabilité de 92 % contre 88
%, Rabat offre une expérience utilisateur nettement meilleure. Ces résultats suggèrent que la ville
bénéficie de meilleures infrastructures ou d'investissements spécifiques, entraînant des performances
supérieures en matière de connexion internet.

Tableau 3 : Corrélation entre croissance du WIFI fixe et développement de l’économie intelligente à


Rabat

Critères WIFI 2020-2025 Impact sur l’économie smart

Lancement des projets fibre (télétravail).


Vitesse : 32Mbps (2020)

Vitesse :55 .2Mbds (2024) 25 nouvelles fintechs (ex. "PayGreen", solution


de paiement durable).
Couverture 5G : 70% (vs 40% en 2023) –
extension à Salé et Skhirat. Avec Nouveau
projet « Rabat Fibre City »(objectif 95% de

15
couverture fibre d’ici 2026).
Hubs Technologiques
Technopark Rabat :
Projection :70Mbds (2025) 320 startups (dont 60 en IA/climat), ex.
"CleanTech AI" (optimisation énergétique).

Latence :28ms (2024) Essentielle pour la finance digitale


Technopolis Rabat :
Nouveau data center "Atlas Cloud"(partenariat
Couverture fibre :80% (2024)
avec Google Cloud).

Source : élaboration personnelle à partir de : ANRT (2020-2023), Ookla (2024)

2.2.5. Analyse SWOT de economy smart

Connectivité améliorée (55.2 Mbps WiFi moyen)


Croissance des startups tech (+30% en 2025)

✔ Forces Stratégie gouvernementale claire (Maroc Digital 2025)


Stabilité politique et administrative (capitale)
Projets structurants* (Technopolis, RFC, Green Energy Park)

Investissements VC limités (45M vs120M à Casablanca)


Dépendance excessive à Casablanca (finance, logistique)

✖faiblesses
Pénurie de talents tech (1500 diplômés/an vs besoin de 5000)
Fracture numérique persistante
Retards chroniques dans les grands projets (ex: LGV, Technopolis)

Source : auteurs.

16
2.3. Smart Environnement

La ville lumière est en voie de transition et de transformation marquante en tant que ville
intelligente et durable.

Cette section s’intéresse à un aspect central du développement des villes intelligentes :


l’environnement.
Ce critère reflète les enjeux liés à la durabilité, à la gestion urbaine, et à la mise en œuvre concrète des
principes du développement durable. Environnement intelligent.

De ce côté, l’approche environnementale et énergétique de Rabat est alignée sur les Objectifs
de Développement Durable (notamment l’ODD 7 sur l’énergie propre et l’ODD 11 sur les
villes durables) ainsi que sur les stratégies nationales marocaines.

2.3.1. Indicateurs clés

La transition d'une ville traditionnelle vers un modèle innovant et durable requiert


d'importants investissements, des rénovations structurelles, ainsi que l'élaboration de
nouveaux indicateurs de performance.

a. Espaces verts

L’IMD a accordé les scores suivants à Rabat :

Source: IMD. (2025). Smart city index2025. IMD Competitiveness


center

Elle est entourée de la grande forêt de chênes-lièges de la plaine du Bouregreg, et nombre de


ses quartiers abritent de vastes parcs municipaux. Cette tradition verte est en partie due à la
vision « Rabat, Ville Lumière, capitale culturelle » qui intègre la préservation de la nature au
développement urbain

D’après l’IMD, 81,7 % des habitants se déclarent satisfaits des espaces verts à Rabat.

17
Dans ce contexte, la ville de Rabat compte 2404 hectares d’espaces verts soit un ratio de 20
m²/hab ou 36.2 m²/Hab en intégrant la ceinture verte ;

Les espaces verts notables à Rabat sont :

 Parc Hassan II : 32 hectares

 Forêt urbaine Ibn Sina (Forêt Hilton) : Plus de 60 hectares

 Jardin d'essais botaniques de Rabat : 17 hectares

 Jardin zoologique national de Rabat : 27 hectares

Figure 3 : Carte de la densité de végétation dans la ville de Rabat

Source : Chibani et al, 2024

La carte présentée en Figure 1 illustre la densité de végétation dans les différents quartiers de
Rabat. On y observe une forte concentration de couverture végétale dans les zones
périphériques comme Souissi, tandis que les quartiers centraux tels que Hassan ou Yacoub El
Mansour présentent une densité nettement plus faible. Cette répartition inégale reflète à la fois
l’impact de l’urbanisation rapide et l’insuffisance de politiques de préservation des espaces
verts dans les zones les plus urbanisées.

18
b. Collecte et recyclage des déchets

Source: IMD. (2025). Smart city index2025. IMD Competitiveness


center

Le Programme national des déchets ménagers (PNDM) fixe des objectifs ambitieux : collecte
de 90 % des déchets et 20 % de recyclage en 2022. À ce jour, le taux de recyclage effectif au
Maroc plafonne autour de 10 %, montrant le retard des filières de valorisation. Rabat a
cependant lancé en 2018 une expérimentation de tri sélectif en porte-à-porte, avec mise en
place de points de recyclage, soutenue par des campagnes d’information municipales. À noter
également la présence de la station de traitement des déchets d’Oum Azza, qui joue un rôle
central dans le tri et la valorisation des déchets de la région.
De plus, le taux de collecte professionnelle urbaine dans la région Rabat-Salé-Kénitra a atteint
97 %, sachant que l’objectif national affiché était de 85 % en 2016 et de 90 % en 2022.

Le PNDM vient aussi pallier les insuffisances accusées en matière de gestion du secteur des
déchets ménagers. Il s'étale sur une période de 15 ans et concerne toutes les villes et centres
urbains, y compris ceux ou celles ayant délégué leurs services des déchets à des opérateurs
privés.

Malgré ces avancées, la ville doit encore renforcer ses capacités de recyclage et structurer les
filières de valorisation, en particulier pour atteindre les objectifs nationaux fixés à l’horizon
2030.

c. Performance climatique

Le Maroc conserve son statut de leader mondial dans la course à la neutralité carbone,
atteignant la 8e place de l’Indice de Performance Climatique 2025 (CCPI). Ce classement a
été dévoilé lors de la 29e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur
les changements climatiques (COP29), organisée à Bakou, en Azerbaïdjan. Reconnu comme
un acteur régional majeur en matière de développement durable et de réduction des émissions

19
de gaz à effet de serre (GES), le Royaume continue de se démarquer selon les experts du
CCPI.

d. Qualité de l’air

Source: IMD. (2025). Smart city index2025. IMD Competitiveness


center

Au niveau environnemental, Rabat bénéficie d’un indice de qualité de l’air plutôt satisfaisant
(PM2.5 souvent inferieur a < 15 µg/m³), grâce à son littoral et à ses nombreux espaces verts,
la ville atteint environ 20 m² d’espaces verts par habitant, soit le double du minimum
recommandé par l’OMS. Ce dense maillage vert améliore la régulation thermique urbaine et
la captation du CO₂, contribuant aux objectifs du SDG 11 (villes durables). Ainsi, Rabat se
situe entre les deux : son air est plus sain que celui de nombreuses capitales africaines, mais
reste à améliorer (il faudrait réduire de ~50% pour atteindre le seuil OMS). Rabat reste mieux
classée que Casablanca (15 µg/m³), mais loin des villes européennes.

Figure 4: Représentation de l’indice de qualité de l’air a Rabat

Source : IQAIR, 2025

20
2.2.3. Initiatives en environnement et énergie

Dans le projet de ville intelligente, la dimension environnementale et énergétique vise à


préserver les ressources naturelles et à optimiser la consommation d’eau et d’énergie. Rabat, «
cité-jardin » labellisée « Ville verte », dispose déjà de vastes parcs et espaces plantés, ce qui
lui vaut un ratio d’espaces verts par habitant supérieur à 20 m².

La ville a ainsi été distinguée (Earth Day Network, 2010) comme exemple de « verdure » et
de respect de l’environnement, et s’appuie sur ces atouts pour de nouveaux projets verts. Par
exemple, elle encourage le déploiement de toitures solaires et autres initiatives bas carbone :
plusieurs bâtiments publics intègrent désormais des panneaux photovoltaïques qui fournissent
de l’énergie propre et réduisent l’empreinte carbone locale.
Aussi, l’organisation de journées techniques dédiées à l’efficacité énergétique dans le milieu
professionnel est assurée sous l’égide du MEMEE, dans les villes de Rabat.

Figure 5 : les composants de Smart environnement

Planification
urbaine
verte

Environnement

Energie Batiment
vetre vert

Source : Adil Mouttaki.2024

Dans ce contexte, l’environnement intelligent est une approche qui vise la préservation des
ressources naturelles (Adil Mouttaki, 2024)

Parallèlement, on peut citer plusieurs dimensions essentielles :

21
2.3.3. Initiatives environnementales

a) Énergies renouvelables et efficacité énergétique

Rabat encourage le recours aux énergies propres à travers :

 L’installation de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments publics ;


 La création de micro-centrales solaires (ex. UIR, 320 kW) ;

Le Maroc vise à porter la part des énergies renouvelables à 52 % du mix électrique d’ici
2030.

b) Mobilité et éclairage durables

 Mise en circulation de bus électriques et tramways 100 % électriques (120 000


déplacements/jour).
 Éclairage urbain modernisé par des lampadaires LED intelligents.
 Installation de bornes de recharge pour véhicules électriques et optimisation des feux
de signalisation pour fluidifier le trafic et réduire les émissions.
 La nouvelle gare ferroviaire à Hay Riad : Par la construction de la nouvelles gare
ferroviaire, l’ONCF confirme son engagement sur la voie du développement de
solutions de mobilité plus durables, intelligentes et à forte valeur ajoutée
 le covoiturage : un « partage » de voiture pour des personnes allant dans la même
direction ou vers la même destination

c) Gestion de l’eau et assainissement

 Approvisionnement en eau potable assuré et sécurisé pour 100% de la population


en milieu urbain et 95% de la population en milieu rural,
 Développement de l’irrigation : importante infrastructure permettant l’irrigation
de plus de 1.5 millions d’hectares de terres agricoles ;
2.3.4. Technologies intelligentes et innovation verte

a) Smart waste management

 Utilisation de poubelles connectées et plateformes numériques de traçabilité.

22
 Tri à la source encore limité (moins de 3 %), mais des expérimentations sont en
cours (compostage communautaire, centres de transfert).

b) Capteurs environnementaux (IoT) sont en phase pilote (ex. Solution AgroLora).

 Mise en place de capteurs intelligents dans les parcs, les rues et les infrastructures
pour mesurer en temps réel :
 Suivi des données météo en temps réel via capteurs pour une précision optimale.
 Calcul de l'évapotranspiration
 Calcul des besoins en eau des cultures
 Archivage des doses administrées
 Calcul des degrés-jours de croissance
 Alertes personnalisables
 Notifications en cas d'anomalies

 Ces dispositifs permettent une adaptation dynamique des services urbains (ex.
irrigation automatique, ventilation intelligente des parkings).

Tableau 4 : Projets phares

Projet / Initiative Description Impact principal


Tramway Rabat– 2 lignes 100 % électriques, 120 Réduction du trafic et
Salé 000 voyages/jour émissions économiser ainsi
3 600 teq CO 2 /an
Micro-centrale PV – Panneaux solaires 320 kW sur Production verte locale
UIR campus
Rabat, Ville Lumière Plus de 45.000 points lumineux Économie d’énergie,
entretenus. Un taux de sécurité
disponibilité atteignant les
98%.

RABAT VILLE La Gestion, l’Aménagement et Assurer la protection de


VERTE l’Entretien des Espaces Verts, l’environnement
Parcs, Ceinture Verte et Forêts

23
Rabat Smart and Placer la durabilité au centre Ville durable, inclusive et
Sustainable City Gestion des déchets technologiquement avancée
Espaces verts connectés pour l’e-
learning et l’inclusion numérique.

Source : Elaboration personnelle à partir de AFD, Fathallah (2019), IMMOHub (2024), UIR (2023), El
Akra & Fatah (2024).

Le tableau illustre les efforts concrets de Rabat en matière de durabilité, à travers des projets
variés visant à réduire les émissions, optimiser l’éclairage, promouvoir le recyclage et
préserver les espaces verts. Ces initiatives renforcent son positionnement comme ville verte et
intelligente.

2.3.5. Analyse SWOT

FORCES: Présence d’une ceinture verte historique), qui a permis de limiter


l’étalement urbain anarchique et de préserver certains espaces naturels.
Label international "Ville verte" (Earth Day, 2010) et classement UNESCO (2012)
du patrimoine urbain → reconnaissance mondiale de la qualité environnementale.
Superficie importante d’espaces verts par habitant (≈ 20 à 75 m²/hab selon les
zones), dépassant les standards internationaux (OMS).
Volonté politique forte et projets structurants intégrant la durabilité (Tramway 100 %
électrique, Ville Lumière, éclairage LED, gestion des parcs...).
Participation active du tissu associatif local et de l’Université Mohammed V à des
initiatives vertes (laboratoires vivants, start-ups écologiques, projets innovants).

FAIBLESSES: Déficits d’infrastructures dans certains quartiers (réseaux


d’assainissement inégaux, habitat informel mal desservi) qui limitent l’effet des
capteurs et services intelligents.
La ville dépend encore du réseau national (peu de production locale solaire/éolienne)
et du barrage de Bouregreg, dont le remplissage est faible (27,6 % fin 2022).
L’interopérabilité entre les systèmes (eau, énergie, mobilité) est en cours de
développement, mais sans encore d’orchestration complète.
Manque d’intégration environnementale réelle dans les documents de planification
Urbanisation aux dépens des terres agricoles et zones naturelles

Source : auteurs

24
En résume, Rabat dispose d’un socle solide pour sa transition environnementale grâce à ses
politiques proactives, ses infrastructures vertes et son engagement institutionnel. Toutefois,
pour consolider sa position en tant que Smart City durable, il est essentiel de :

 Renforcer l’implication citoyenne (éducation environnementale, tri à la source).


 Accélérer les investissements dans le recyclage et la valorisation des déchets.
 Veiller à une meilleure équité territoriale dans l’accès aux services environnementaux.
 Maintenir un cadre de gouvernance souple et agile pour suivre l’évolution rapide des
technologies vertes

SMART SOCIAL

C’est des citoyens intelligents et des comportements intelligents. Ceci dit, l’intelligence doit
s’appliquer à l’aptitude des individus et groupes à s’adapter à leur environnement, à
s’approprier et à émettre des actions et réactions rationnelles, d’où, on parle d’une population
intelligente et un cadre de vie intelligent.

 Smart people

La ville ne pourra se développer ou se transformer sans l’implication de ses citoyens. Force


est de constater que l’enjeu majeur de toute transformation urbaine est faire converger le
social et le numérique. Ainsi, l’un des facteurs clés de succès d’une ville intelligente est
qu’elle soit inclusive à travers notamment la mixité, l’éducation et la solidarité citoyenne.
L’inclusion de tous permet d’encourager la créativité et l’innovation en faisant ainsi appel à
l’intelligence collective. Une ville intelligente est donc un écosystème construit pour et par
des citoyens connectés, motivés et créatifs. Ainsi à travers la dimension Smart People,
l'innovation et l'utilisation des nouvelles technologies visent à améliorer la gestion des
connaissances, l'accès à l'éducation et le capital social. Parmi les actions majeures de ce pilier,
nous trouvons une culture d'apprentissage tout au long de la vie, une diversité sociale et
ethnique, une flexibilité, créativité, ainsi que la participation communautaire et la
sensibilisation des citoyens.

25
Education :
Figure 1: les indicateurs de la scolarisation à Rabat selon l’IMD 2025

Most children 53.6 57.4 IT skills are


tought well in
have access schools
to good schools

55.3

Lifelong learning
opportunities are
provided by local
institutions

Source : adapté de l’IMD 2025

Les données révèlent une accessibilité relativement satisfaisante à une éducation de qualité,
ainsi qu’une offre locale en apprentissage tout au long de la vie. Ces indicateurs confirment
les efforts déployés en faveur de l’inclusion et du développement du capital humain

Figure 2: Expected years of schooling

+ 0.6

2020 2022

13.7 13.9 14 14.6

2019 2021
Source : adapté de l’IMD 2025

L’évolution du nombre d’années de scolarisation espérées entre 2019 et 2022. L’augmentation


progressive (+0.6) entre 2020 et 2022 est un indicateur positif de l’amélioration du système
éducatif. Cette dynamique est en cohérence avec les efforts d’inclusion numérique et

26
éducative promus par des programmes tels que DigiSchool. Elle atteste également d’une
volonté politique de prolonger la durée de la scolarité, favorisant ainsi l’émergence d’une
population plus instruite et préparée aux exigences de l’économie numérique.

Figure 3: Mean years of schooling

+ 0.0

2020 2022

5.9 6.1 6.1 6.1

2019 2021

Source : adapté de l’IMD 2025

Contrairement aux années de scolarisation espérées, le nombre moyen d’années de


scolarisation reste stable autour de 6.1, ce qui révèle un écart entre les ambitions du système
éducatif et sa réalité. Ce stagnement peut être interprété comme un frein potentiel à la
transition vers une société de la connaissance. Il appelle à un renforcement des politiques de
lutte contre le décrochage scolaire et à une meilleure continuité des parcours éducatifs,
notamment dans les zones défavorisées.
Figure 4: quelques programmes et institutions

Programme DigiSchool

Programme
national de la
formation à l’IA

UM6P / UIR / CMC

UM6P / UIR / CMC


27
Le programme DigiSchool est une initiative avec la feuille de route de 2022-2026 la première
phase a été lancé en 2024, et la deuxième phase en 2025, il vise l’amélioration de l’éducation
et l’inclusion numérique pour tous et surtout dans l’axe consacré aux technologies de
l’information et de la communication, où en parallèle des activités dans les classes, les élèves
bénéficient de plusieurs événements à vocation compétitive comme les foires technologiques,
Hackathons ou Bootcomp pour encourager l’innovation.

Programme national de la formation des enfants au numérique et l’intelligence artificielle (IA)

Dans le cadre du plan Maroc numérique 2030 et en collaboration avec l’UM6P, le ministère
de la transformation numérique et le ministère de l’enseignement primaire ont signé une
convention en Mars 2025 pour la mise en œuvre de ce programme pur favoriser l’émergence
d’un écosystème numérique dynamique.

Cité des métiers et des compétences offre une formation innovante à travers plusieurs
branches tels que Digital et IA avec une digital factoring.

L’université internationale de Rabat (UIR) innove au service des territoires notamment


Rabat.

En 2024 a lancé un projet de JOB INTECH par l’école supérieure de l’informatique et


numérique sur le programme Web fullstack pour l’analyse des données et la cybersécurité.
Ainsi, elle participe à l’amélioration de la recherche et développement par ses collaboration.

 Smart living

Le concept d’habitat intelligent concerne les moyens mis en œuvre afin de vivre sainement et
en sécurité dans une ville culturellement dynamique. Ce concept répond à plusieurs aspects,
technologique à travers l’utilisation des TIC permettant aux citoyens de mieux vivre,
sécuritaire en garantissant la sécurité de la maison à travers plusieurs dispositifs écologique à
travers l’utilisations de matériaux écologiques et de cohésion sociale à travers l’amélioration
de la qualité de vie des citoyens.

28
La santé intelligente (smart Heath)
Figure 5: life expectancy at birth in Rabat

74.3 73.9 74 75
2019 2020 2021 2022

Source : adapté de l’IMD 2025

La stabilité autour de 74–75 ans témoigne d’un système de santé relativement efficace.
Toutefois, l’absence de progression significative malgré la digitalisation suggère que les outils
numériques, bien que prometteurs, ne suffisent pas à transformer les résultats sanitaires sans
réformes de fond.

Figure 6: indicateurs de la digitalisation du cadre de vie à Rabat

29
Source : adapté de l’IMD 2025

La Figure 6 met en évidence une avancée notable dans la digitalisation du cadre de vie à
Rabat, avec des scores encourageants notamment pour les services culturels et ceux liés à
l’emploi. Cela reflète une volonté claire de modernisation au service des citoyens. Toutefois,
certains indicateurs plus faibles, comme l’achat en ligne de billets (46.2 %), révèlent que
l’usage réel des services numériques reste limité chez une partie de la population,
probablement en raison d’un manque de sensibilisation ou d’accessibilité. Pour que ces efforts
soient pleinement efficaces, une inclusion numérique plus large est encore nécessaire.

Dans le cadre des stratégie nationales comme Maroc numérique 2030, Rabat a bénéficié de la
digitalisation du système de la santé qui a créé un système d’information intégré permet de
collecter, traiter et exploiter toute information essentielle du secteur permettant de faciliter

30
l’accès des patients et des et des professionnels du secteur en simplifiant les procédures tels
que.

Télémidcine, Portail Web SEHATI, Smart Vaccination et la Plateforme de réclamation


SHIKAYA.

Cultural facilities

Online purchasing of tickets to shows and mesums has made it easier to attand. 76.9

Employment finding services ara reading available. 46.2

Online access to job listning has made it easier find work. 63.4
Online services provided by the city has made it easier to start a new business. 57.4

À Rabat, les infrastructures culturelles, évaluées à 76,9 %, témoignent d’un engagement


notable en faveur du développement culturel et de la cohésion sociale. Néanmoins, des
disparités d’accès persistent entre les quartiers centraux et périphériques, tandis que la
fréquentation demeure principalement cantonnée à des publics déjà initiés. Il apparaît donc
nécessaire de mettre en œuvre des dispositifs de médiation culturelle afin de favoriser une
appropriation plus inclusive de ces équipements par l’ensemble de la population.

2.4 Smart governance (ou la gouvernance intelligente)

La gouvernance intelligente désigne un mode de gestion urbaine fondé sur la transparence, la


participation citoyenne, la collaboration entre acteurs publics et privés, et l’usage stratégique
des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Et En ce qui concerne la ville de rabat ; sa gouvernance repose sur plusieurs éléments, parmi
eux :
2.4.1 L’architecture de Rabat

La gouvernance urbaine à Rabat repose sur une diversité d’acteurs institutionnels et


opérationnels, chacun contribuant à des échelles complémentaires. Le tableau ci-dessous
présente une typologie synthétique de ces intervenants et de leurs missions respectives.

Tableau 1 : Les acteurs institutionnels et opérationnels de la gouvernance urbaine à Rabat

Acteur Rôle
31
la wilaya de représente l’autorité de l’État au niveau régional. Elle joue un rôle
Rabat-Salé- fondamental de coordination entre les services déconcentrés de
l’État, les collectivités territoriales, et les projets de développement
Kénitra
local. Elle appuie également la planification stratégique et veille à
l’application des orientations nationales en matière de gouvernance
numérique, durabilité et inclusion
la commune de C’est elle qui pilote les politiques publiques à l’échelle de la ville :
Rabat urbanisme, mobilité, environnement, services de proximité. Elle
joue un rôle moteur dans les projets de digitalisation, de
participation citoyenne et de transition verte, essentiels pour une
ville intelligente.
les (comme Agdal-Ryad, Yacoub El Mansour ou Hassan), qui sont des
arrondissements entités décentralisées de la commune. Ces arrondissements assurent
une gestion de proximité des besoins des citoyens, en matière d’état
civil, d’hygiène, d’espace public, etc. Ils sont au plus proche du
terrain et peuvent ainsi contribuer à une gouvernance locale plus
réactive et inclusive.
Établissements comme l’Agence pour l’aménagement de la vallée du Bouregreg ou
publics la Société Rabat Région Aménagement, qui interviennent dans des
et siciétés projets structurants, de grande envergure. Ils apportent expertise,
moyens techniques et ingénierie pour la transformation urbaine et
délégatoires l’innovation

PPP Par exemple, Redal gère l’eau, l’électricité et l’assainissement ;


Stareo s’occupe du transport urbain. Ces sociétés jouent un rôle clé
dans la qualité des services urbains et peuvent intégrer des solutions
technologiques (télérelève, mobilité intelligente, etc.) pour renforcer
l’efficacité et la transparence de la gestion.
Source : Données compilées à partir du portail de la mairie de Rabat, Metropolis (2022), Agence
Urbaine de Rabat-Salé, Direction Générale des Collectivités Territoriales, et Wikipédia.

1. Implication et participation

Nul ne peut nier que la participation citoyenne et l’implication constituent des facteurs de
succès de la gouvernance de n’mporte quel territoire cependant, la ville de Rabat souffre d’un
faible niveau de participation citoyenne, ce qui limite le potentiel d’une gouvernance
véritablement inclusive et partagée. Et es figures ci-dessous issues de Smart City Index de
l’IMD illustre cela bel et bien :

Figure 7 : l'accées à l'information sur les décisions de gouvernement

Source : IMD

32
Commentaire : Rabat obtient un score de 53, contre une moyenne internationale de 58,5.Ce
chiffre traduit un effort partiel de transparence, mais encore loin des attentes d’une ville
intelligente.
Figure 8 : le retour d'information sur les projets publics

Source : IMD

Commentaire : Ce résultat (Score de Rabat est 43,2, contre une moyenne de 52) suggère que
les citoyens ont peu d’occasions d’exprimer leurs opinions ou leurs critiques sur les projets de
la ville.

Les moyens d’interagir existent peut-être, mais ils sont mal connus, mal utilisés, ou mal
conçus.

Figure 9 : La participation aux décisions du gouvernement local

Source : IMD

Commentaire : Rabat obtient un score de 40, alors que la moyenne mondiale est de 45,4. Ce
chiffre montre que les mécanismes participatifs sont encore peu développés. Les citoyens ont
rarement la possibilité de contribuer aux choix politiques.Or, une ville intelligente doit être
construite avec ses habitants, pas simplement pour eux

2. Les différents types de partenariats mobilisés par Rabat

Les partenariats restent un des leviers essentiels de la Smart City et Cela s’applique
également à la ville de Rabat ils se déclinent sous plusieurs formes :

Tableau 2 : les types des partenariats de la ville de Rabat et leurs missions

Forme de Exemple
partenariats
les partenariats l’Université Mohammed V, en collaboration avec la
institutionnels Technopole de Salé, œuvre à la transformation de cette zone en
un pôle technologique majeur, axé sur des secteurs de pointe

33
tels que l’intelligence artificielle et la biotechnologie. Ce
partenariat constitue une véritable colonne vertébrale de
l’innovation locale, favorisant l’émergence d’un écosystème
technologique intégré.
Partenariats la ville adopte une vision ouverte et collaborative, en
académiques développant des coopérations internationales, notamment avec
des universités américaines. Ces échanges visent la création
d’un centre d’excellence dédié aux villes intelligentes,
positionnant Rabat comme un carrefour du savoir entre
continents.
Initiatives des structures telles que l’Agence Urbaine de Rabat-Salé
publiques collaborent avec des partenaires internationaux dans le but de
concevoir des solutions urbaines durables. Par ailleurs, la ville
est membre du Réseau des Villes Fortes, un cadre d’échange
avec des métropoles telles que La Haye, centré sur le
renforcement de la résilience urbaine.
Événements Elle accueillera en 2025 le FIWARE Global Summit, un
internationaux événement international de premier plan dédié aux
technologies urbaines, réunissant des acteurs majeurs comme
AWS et Telefonica. La ville participe également activement au
Smart City Roadshow, un événement itinérant entre
Casablanca, Rabat et Benguerir, mettant en valeur l’innovation
africaine à travers des forums, hackathons et expositions.
Source : adapté des sites de l’Université Mohammed V, FIWARE, Smart City Roadshow, Agence
Urbaine de Rabat-Salé et le Réseau des Villes Fortes

3. Les technologies mises en œuvre de la gouvernance de la ville de Rabat

Actuellement, un aperçu des technologies actuellement utilisées pour renforcer la


gouvernance locale, améliorer la participation citoyenne et optimiser les services publics.

34
Figure 10 : les technologies utilisées dans la gouvernance de Rabat

Chikaya.ma
Implication Rokhas.ma
citoyenne Watiqa.ma

Planification
urbaine et SIG (Systèmes d’Information Géographique)
décision
spatiale

eRegulation Rabat
e-services Idarati

Gouvernance GID (Gestion Intégrée des Dépenses)


financière GIR (Gestion Intégrée des Recettes)

Source : auteurs

4. Analyse SWOT

En se basant sur ce qui précède, une analyse SWOT de smart governance est établie comme
l’illustre le tableau ci-dessous afin de mettre l’accent sur quelques forces, faiblesses,
opportunités et menaces dans le but d’exploiter les forces pour saisir les opportunités et faire
face aux menaces

Tableau 3 : Analyse SWOT de smart governance de Rabat

Forces Opportunités
Présence de plateformes numériques Appui potentiel de partenaires internationaux
(Rokhas.ma, Watiqa.ma, Chikaya.ma, Stratégie nationale de transformation
Idarati) numérique
Volonté politique de digitalisation des
services

Faiblesses Menaces
Faible culture de participation citoyenne Résistances internes à l’innovation
Manque de formation des agents publics Inégalités d’accès entre quartiers

Source : auteurs

35
I. Comparaison entre Rabat et qautres villes intelligentes

Dans le cadre de notre analyse, nous avons retenu quatre villes afin d’identifier la position
relative de Rabat selon l’approche proposée par l’IMD. Les villes sélectionnées sont : Rabat
(Maroc), Le Caire (Égypte), Singapour (Singapour) et Dubaï (Émirats arabes unis).

Bien que ces villes ne soient pas toutes considérées comme des leaders mondiaux de la ville
intelligente, elles présentent des profils urbains contrastés et intéressants à comparer dans le
cadre du modèle d’évaluation IMD Smart City Index.

La comparaison s’est articulée autour de quatre dimensions clés :

 Smart economy (économie intelligente),


 Smart environment (environnement intelligent),
 Smart society (société intelligente),
 Smart governance (gouvernance intelligente).

Les résultats de cette analyse ci-dessous vont permettre permettent de situer les forces et les
faiblesses des quatre villes :

Figure 11 : Comparaison entre quatre villes intelligentes

Source : IMD

Pour cette analyse comparative, nous avons retenu une approche ciblée par dimension, en
sélectionnant un critère représentatif pour chacune des quatre dimensions du modèle IMD Smart

36
City Index. Ce choix vise à simplifier la lecture des résultats tout en conservant la pertinence
analytique.

 Gouvernance : faible engagement citoyen

Sur l’indicateur de participation citoyenne, Singapour se distingue nettement (30 %), tandis
que Rabat enregistre un score relativement faible (16 %), proche de Dubaï (17 %) mais
supérieur au Caire (11 %). Ce résultat souligne une faible culture participative à Rabat, malgré
l’importance croissante de la gouvernance inclusive dans les modèles de ville intelligente.

 Environnement : déficit en espaces verts

Concernant les espaces verts, Dubaï arrive en tête (27 %), tandis que Rabat affiche un score
modeste de 15 %, légèrement devant Singapour (14 %) mais loin derrière Le Caire (28 %).
Ces données suggèrent que la dimension écologique du développement urbain à Rabat reste
sous-investie, en dépit des enjeux croissants liés à la qualité de vie, à la santé publique et à la
résilience climatique.

 Dimension sociale : performance moyenne de Rabat

Sur le plan des services sociaux de base (basic amenities), Le Caire se démarque (34 %), suivi
de Rabat (21 %), devant Singapour (18 %) et Dubaï (16 %). Cette position intermédiaire
indique que Rabat dispose d’une base sociale relativement développée, mais qui reste
perfectible en termes d’accessibilité et de qualité des services publics essentiels.

 Économie : taux de chômage préoccupant

Enfin, en matière de chômage, les écarts sont particulièrement marqués. Rabat présente le
taux le plus élevé (59 %), ce qui témoigne d’une faible insertion professionnelle, voire d’un
déséquilibre structurel du marché du travail local. À l’inverse, Le Caire (45 %), Dubaï (51 %)
et Singapour (46 %) montrent des niveaux plus maîtrisés. Ce résultat constitue un frein majeur
à l’attractivité économique de Rabat et à son positionnement comme ville intelligente
compétitive.

Globalement, cette analyse met en lumière que Rabat accuse un retard relatif sur plusieurs
axes clés, en particulier la gouvernance participative, l’économie et l’environnement.
Toutefois, des fondations sociales correctes et des dynamiques d’intégration régionale
(notamment à travers les politiques nationales) pourraient favoriser un repositionnement
stratégique si des réformes structurelles sont engagées.

37
Ces résultats suggèrent une nécessité urgente d’intégrer des politiques publiques plus
inclusives, durables et interconnectées, dans le cadre d’une vision claire de smart city ancrée
dans la réalité locale.

En se basant sur ces résultats, un système de classement simplifié a été établi. Il permet de
visualiser rapidement la performance relative de chaque ville sur les quatre dimensions clés
du modèle de ville intelligente : smart economy, smart environment, smart society et smart
governance.

Chaque dimension est représentée par un critère spécifique, et les performances sont
qualifiées à l’aide d’un système de notation symbolique (de « -- » à « ++ »), facilitant
l’interprétation globale. Ce tableau synthétise ainsi les points forts et faibles de chaque ville
dans une perspective comparative.

Tableau 4 : classement des quatre villes intelligentes selon quatres dimensions

Ville Smart Smart Smart social Smart


dimension economy environment governance
Rabat +/- + +/- +/--
Le caire + - - -
Dubai ++ ++ + ++
Singapour ++ + + +
Source : auteurs

II. Plan d’action : recommandations


Face aux défis et les insuffisances identifiés dans le cadre du projet de smart city, il apparaît
nécessaire de proposer un ensemble de mesures concrètes, réunies dans un plan d’action
structuré, qui tienne compte de l’ensemble des dimensions précédemment analysées, pour
accompagner la transformation de Rabat :

Commençons par smart economy, il est mieux d’agir rapidement sur plusieurs leviers afin
d’optimiser l’infrastructure numérique et préparer le territoire aux défis de demain. En
premier lieu, il est crucial d’éliminer les zones blanches, notamment à Takadoum (où le débit
atteint à peine 35 Mbps), en mobilisant les subventions prévues pour 2026 (1,5 M€ selon la
Ville de Rabat) et en favorisant des partenariats public-privé pour le cofinancement des
infrastructures. Ensuite, l’amélioration de la qualité de service doit passer par l’instauration
d’obligations contractuelles pour les fournisseurs d’accès à Internet, incluant une latence
maximale de 25 ms et des pénalités en cas de coupures fréquentes. Enfin, il est indispensable

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de préparer l’avenir numérique, en facilitant l’interconnexion entre la fibre optique et la 5G
pour le backhaul, tout en stimulant l’adoption des nouvelles technologies (5G, objets
connectés) grâce à des tarifs sociaux, tels qu’une réduction de 30 % pour les étudiants.

Par la suite, pour ce qui concerne smart environnement, il est recommandé de mettre en place
des actions concrètes visant à renforcer la durabilité urbaine. Il est prioritaire d’optimiser la
gestion des déchets solides en s’appuyant sur des dispositifs intelligents : géolocalisation des
bacs, collecte optimisée par intelligence artificielle, généralisation du tri sélectif et du
recyclage, tout en favorisant les circuits courts pour réduire l’impact environnemental. Il
convient également de promouvoir l’usage de matériaux durables, recyclables et à faible
empreinte carbone dans les projets d’aménagement urbain, à travers l’adoption de normes
environnementales locales adaptées au contexte de Rabat. Enfin, l’amélioration de l’efficacité
énergétique des infrastructures constitue un levier essentiel, en encourageant la transition
énergétique des bâtiments publics et privés par l’installation de systèmes intelligents de
gestion de l’énergie, l’intégration des énergies renouvelables et la définition d’objectifs clairs
de performance énergétique.

Du point de vue de la cohésion sociale, il faut….

Et achevons par le cœur de transformation, smart governance, dans ce cadre, il faut créer des
espaces d’écoute, d’échange et de décision partagée, afin de replacer le citoyen au centre de
l’action publique. Cela suppose tout d’abord de renforcer la transparence en mettant en place
une plateforme de données ouvertes, accessible à tous, et en publiant de manière systématique
les décisions, budgets, appels d’offres et indicateurs de performance. Parallèlement, la
numérisation des services administratifs doit être accélérée. Mais la gouvernance intelligente
ne saurait se limiter à l’efficience technique : elle repose également sur une démocratie locale
renouvelée. Il est donc impératif de développer des plateformes participatives, d’instaurer des
budgets participatifs numériques et d’organiser régulièrement des forums citoyens hybrides,
afin de garantir une implication effective des habitants dans les décisions.

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Références

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