Cours Walid MI2
Thèmes abordés
Cours Walid MI2
Thèmes abordés
ISET DE
SFAX TOURNANTES PAR ANALYSE
VIBRATOIRE
Licence appliquée
1. Introduction :
La maintenance est l’ensemble de toutes les actions techniques, administratives et de management
effectuées durant le cycle de vie d’un bien et destinées à le maintenir ou à le rétablir dans un état
dans lequel il peut accomplir la fonction requise.
La maintenance a longtemps joué un rôle curatif dont l’unique objectif était de réduire la durée
d’immobilisation des machines.
L’entreprise ne doit plus subir les événements, elle doit les prévoir et analyser leurs effets sur le
long terme. Autrefois curative, la maintenance devient préventive et contribue à améliorer la
fiabilité des équipements et la qualité des produits.
Cette maintenance préventive se traduit par la définition de plans d’actions et d’interventions sur
l’équipement, par le remplacement de certaines pièces en voie de dégradation afin d’en limiter
l’usure, par le graissage ou le nettoyage régulier de certains ensembles.
Ces actions préventives étaient dans un premier temps effectuées de façon systématique selon des
calendriers prédéfinis. Elles permettaient d’anticiper les pannes, mais au prix d’un alourdissement
importants des coûts de maintenance.
On utilise dans ce cas différentes techniques appelées techniques de surveillance, basées sur la
mesure de paramètres physiques, tels que :
La mesure de vibrations
La thermographie infrarouge
L’analyse des mesures ultrasonores
L’analyse d’huile
-3-
2. Les techniques de surveillance :
2.1. Mesure et analyse vibratoire :
L’analyse vibratoire est un des moyens utilisés pour suivre la santé des machines tournantes en
fonctionnement, qui consiste à détecter d’éventuels dysfonctionnements et à suivre leur évolution
dans le but de planifier ou reporter une intervention.
Toutes les machines, et particulièrement les machines tournantes, vibrent et l’image vibratoire de
leurs vibrations à un profil très particulier lorsqu’elles sont en état de bon fonctionnement. Des que
des phénomènes d’usure, de fatigue, de vieillissement, de désalignement, de balourd, etc.
apparaissent, l’allure de cette image change, ce qui permet, de quantifier l’intervention. La plupart
des défauts mécaniques peuvent être détectes par cette technique.
2. 2. La thermographie infrarouge :
La thermographie infrarouge est une technique visuelle qui permet de déceler ce que l’œil humain
n’arrive pas à voir. Basée sur la reconstitution de l'image dans le spectre infrarouge, elle montre la
géographie de la température tout en donnant la possibilité de la quantifier précisément.
Elle mesure l'intensité des émissions de rayons infrarouges (c'est-à-dire de chaleur) par une caméra
infrarouge.
Grace à la détection des anomalies thermiques certaines zones sont plus chaudes ou plus froides
qu'elles ne devraient l'être, un inspecteur expérimente peut localiser et identifier les incidents dès
leur naissance. Le champ d’application de cette technique est très vaste et on peut citer :
La détection des points chauds dans les équipements électriques (conducteurs sous-
dimensionnes, cosses mal vissées, etc.) ou mécaniques (dégradation d’un palier).
La détection des fuites thermiques dans les fours, canalisations etc.
2. 4. L’analyse d’huiles :
La mise en œuvre de cette analyse est simple et presque tous les mécanismes lubrifies sont
susceptibles d’être sujets à ce diagnostic. L’huile est en contact permanent avec les pièces en
mouvement. Elle fournit de nombreuses informations sur l’état de la machine.
L’analyse d’huile fait partie des moyens mis en œuvre pour faire la maintenance préventive.
Avec l’analyse vibratoire et la thermographie, elle permet d’éviter les pannes imprévues et les
réparations couteuses
-4-
Chap. I
LES VIBRATIONS DES MACHINES TOURNANTES
1. Introduction :
On peut sentir des phénomènes de vibrations à proximité des machines tournantes pendant leurs
fonctionnements.
Toute machine en fonctionnement est le siège de forces internes variables dans le temps de
différentes natures :
Forces impulsionnelles (chocs)
Forces transitoires (variations de charge)
Forces périodiques (balourd)
Forces aléatoires (frottements)
Ces forces sont transmises par les composantes de la machine et induisent des déformations de la
surface de la structure (vibrations).
Ainsi, une machine neuve en excellent état de fonctionnement produit très peu de vibrations. La
détérioration du fonctionnement conduit le plus souvent à un accroissement du niveau des
vibrations. En observant l'évolution de ce niveau, il est par conséquent possible d'obtenir des
informations très utiles sur l'état de la machine.
Ces caractéristiques font de la surveillance par analyse des vibrations, un outil indispensable pour
une maintenance moderne, puisqu'elle permet, par un dépistage ou un diagnostic approprie des
défauts, d'éviter la casse et de n'intervenir sur une machine qu'au bon moment et pendant des
arrêts programmes de production.
2. Notion fondamentale :
Une vibration est un mouvement d'oscillation autour d'une position d'équilibre stable.
Si l’on observe le mouvement d’une masse suspendue à un ressort, on constate qu’il se traduit par
Un déplacement : la position de la masse varie de part et d’autre du point d’équilibre
Une vitesse de déplacement : variation du déplacement par rapport au temps
Une accélération : variation de la vitesse par rapport au temps
-5-
Il faut également noter qu'il existe une relation mathématique entre déplacement, vitesse et
accélération.
La vibration d'une machine soumise à une force périodique peut être décrite en termes de
déplacement, de vitesse ou d'accélération. La vitesse du mouvement vibratoire correspond à la
variation de son déplacement pour une unité de temps. L'accélération représente une variation de
la vitesse par unité de temps.
3. 1. Fréquence :
Définition :
La fréquence est le nombre de fois qu'un phénomène se répète pendant un temps donné.
Lorsque la seconde est choisie comme unité de temps, la fréquence s'exprime en Hz :
1 hertz = 1 cycle/seconde
Relation entre fréquence et période :
La fréquence f est l'inverse de la période
f = 1/T
Unités
Si l'unité normalisée de la fréquence est l’hertz [Hz], on rencontre parfois des valeurs exprimées
en CPM (cycle par minute) ou RPM (rotation par minute) d’où :
1 hertz = 1 CPM/60 = 1 RPM/60
3. 2. Amplitude :
On peut définir
L'amplitude maximale par rapport au point d'équilibre appelée amplitude crête "Ac".
L'amplitude double, aussi appelée l'amplitude crête à crête "Acc" (peak to peak, en anglais).
L'amplitude efficace "Aeff", aussi appelée RMS (Root Mean Square).
-7-
Les vibrations périodiques de type impulsionnel sont appelées ainsi par référence aux forces
qui les génèrent et à leur caractère brutal, bref et périodique. Ces chocs peuvent être
produits par des événements normaux (presses automatiques, broyeurs a marteaux,
compresseurs à pistons, ...) ou par des événements anormaux comme l'écaillage de
roulements ou un défaut sur des engrenages, un jeu excessif, ...
Figure 7 - Représentation de x, v et a
Source : Henri Campagna, Les connaissances de base de l’analyse vibratoire, p 23
-8-
5. Les capteurs de vibration :
Il existe plusieurs types de capteurs pour estimer les mouvements vibratoires.
Le rôle des capteurs est de transformer l’énergie mécanique dispensée par la machine en un signal
électrique proportionnel mesurable de manière reproductible. Il existe deux grandes familles de
capteurs, les absolus (accéléromètres, vélocimètres) et les relatifs (proximètres).
5. 1. Accéléromètre :
Son principe de fonctionnement repose sur la propriété que possèdent les matériaux piézo-
électriques (habituellement une céramique ferroélectrique artificiellement polarisée : quartz) à
générer une charge électrique proportionnelle à l'effort de compression ou de cisaillement
appliqué.
Quand la masse se déplace sous l'effet d'une accélération, elle exerce sur le disque piézo-électrique
des efforts induisant une charge électrique proportionnelle à cette accélération. Le capteur piézo-
électrique ou l’accéléromètre sont les plus utilisés en raison de leur gamme de fréquences
d’utilisation.
Déplacements Vibrations
Capteur : Capteur :
Figure 11 - Palier fluide et palier à roulement
-10-
6. Choix de l’emplacement des capteurs et modes de fixation :
Un capteur doit convertir le mieux possible la vibration de la machine en un signal électrique. Il doit
être le plus possible solidaire de la machine.
L’emplacement de l’accéléromètre doit se faire dans la direction principale de sensibilité du capteur.
Il doit se faire au plus près de la zone vibrante d’intérêt.
Le choix de l'emplacement des points de mesures est une des composantes de la réussite d'une
analyse vibratoire. Différents «conseils» de bon sens et d'expériences permettent aux opérateurs
de se positionner au mieux. Ces «conseils», bien que généraux et pas toujours réalisables, donnent
un aperçu de la méthodologie à mettre en place mais également des problèmes et des lacunes que
pose le positionnement :
Pour chaque ligne d'arbre les emplacements choisis doivent permettre d'effectuer une
mesure radiale horizontale, radiale verticale, ainsi qu'une mesure axiale sur le palier du côté
transmission (du côté de la charge maximale).
-11-
Les capteurs doivent être placés en liaison mécanique la plus directe possible avec l'élément
mobile, en limitant au strict minimum le nombre de pièces assurant l'interface entre
l'élément mobile et le capteur, ce point doit être choisi judicieusement en fonction des
raideurs des pièces respectives.
Les mesures sont effectuées toujours au même endroit.
L'emplacement des points de mesures doit être propre, les surfaces de contact avec les
capteurs se doivent d'être également lisses, planes et perpendiculaires à la direction de la
mesure.
L'utilisation des câbles de liaison ne doit pas générer des contraintes mécaniques qui
entraînent des parasites ; il faut donc les fixer de manière adéquate et éviter les longueurs
inutiles.
Le mode de fixation des capteurs doit être déterminé en fonction du type de défaut à relever
car les accéléromètres ont une réponse linéaire sur une gamme de fréquences déterminée
et qui peut être considérablement diminuée selon le mode de fixation choisi.
Modes de fixation :
Son moyen de fixation doit être adapté. Différents types de montage sont possibles. Les figures ci-
après montrent les différentes performances (Gamme de fréquences utilisable).
Par exemple, pour le mode tenu à la main, on peut voir que les vibrations inférieures à 2 kHz.
-12-
composantes prépondérantes se situent à 1ou 2 fois la fréquence de rotation (déséquilibre,
déformation, désalignement, desserrage...).
La mesure en mode vitesse permet d'observer correctement les phénomènes dont la fréquence
n'est pas trop élevée, c'est à dire ne dépassant pas 1000 Hz (passage de pales d'un ventilateur ou
d'une pompe, engrènement sur réducteur, défauts de roulements dans le cas d'écaillage localisés,…)
et bien évidement les défauts des lignes d'arbres (déséquilibre, désalignement, déformation,
instabilité, frottement, etc.), étant donné que la vitesse est inversement proportionnelle à la
fréquence. Plus la fréquence augmente, plus la vitesse diminue.
-13-
Qu’est-ce qu’un indicateur vibratoire ?
Un indicateur de surveillance est une grandeur vibratoire dérivant des trois grandeurs
cinématiques de base caractérisant un mouvement vibratoire (accélération, vitesse, déplacement),
qui est sensible à l’apparition ou à l’évolution d’un défaut ou d’un ensemble de défauts. Pour un
suivi correct, l’indicateur doit présenter deux qualités essentielles : la simplicité de la prise de
mesure et la signification importante de leur contenu.
Un indicateur est le résultat d’une mesure ou d’un calcul représentant un ou plusieurs aspects de
l’état ou de la performance d’un équipement et dont l’évolution ou la transformation est
significative de l’aggravation ou de l’apparition d’un défaut.
Il en existe plusieurs types :
Indicateurs scalaires
Indicateurs spectraux
Indicateurs temporels
-14-
Chap. II
MESURE VIBRATOIRE EN NIVEAU GLOBAL
C’est le premier indicateur de sévérité vibratoire car il quantifie l’énergie vibratoire globale
du signal. Le résultat de ce traitement est une valeur numérique unique.
Il peut être exprimé selon les 3 grandeurs de mesure courante : accélération, vitesse, déplacement.
Les niveaux globaux sont des indicateurs simples pour le suivi des machines (traitement du signal
simple et peu couteux, résultats numériques uniques) mais ils ne permettent pas le diagnostic précis
de l’origine des défauts ou des évolutions constatées.
1. Indicateur scalaire :
Un indicateur scalaire associe à un signal brut ou ayant fait l’objet d’un traitement préalable
(filtrage…), une grandeur caractéristique de son amplitude (valeur efficace, amplitude crête…), de
sa distribution d’amplitude (facteur de crête, Kurtosis) ou de sa composition spectrale (amplitude
d’une composante spectrale, valeur efficace d’une famille de composantes…).
Leur utilisation très répandue s’explique aisément par leur facilité d’utilisation : ils se réduisent à un
nombre, se prêtent facilement à l’automatisation de leur gestion (archivage, courbes d’évolution,
comparaison à des seuils).
Le terme niveau global "NG" est l’appellation consacrée des indicateurs scalaires «larges bandes».
Application :
Le niveau global initial NG, fourni par un capteur fixé sur l’un des paliers d’une moto- réducteur,
correspond à des vibrations dues à un déséquilibre (3mm/s), un désalignement (0,5mm/s), un
défaut d’engrènement (1mm/s) et un défaut de roulement (0,5mm/s).
Calculer le NG résultant ?
Calculer le NG pour une variation de 30 % sur le déséquilibre et commenter le résultat ?
Calculer le NG pour une variation de 200 % sur le roulement du palier et commenter le
résultat ?
Réponse :
NG = 32 0,52 12 0,52 3, 24 mm / s
Une variation de 30 % sur le déséquilibre donnera :
NG = 3,92 0,52 12 0,52 4, 08 mm / s
Soit une variation de NG de 26% pour un déséquilibre de gravité jugée moyen
-16-
Soit une variation de NG de 9% pour une gravité sans doute jugée extrême du défaut de
roulement.
Conclusion : seule une variation du déséquilibre fera varier significativement le niveau global. Un
défaut de roulement risque d’être complètement masqué.
1. 3. Indicateurs en mode global par bandes de fréquences :
Pour minimiser l'effet de masque, certains appareils permettent de déterminer la valeur RMS, ou
d'autres indicateurs de même nature, dans des bandes de fréquences plus ou moins larges. Sous
réserve de connaître les seuils d'intervention correspondants, cela peut permettre de dissocier
certains défauts importants et de fiabiliser une interprétation.
Exemple : Sur le moto- réducteur précédant, nous pouvons définir :
Une bande "basses fréquences" pour suivre les défauts de déséquilibre et désalignement
Une bande "moyennes fréquences" pour suivre les défauts d'engrènement
Une bande "hautes fréquences" pour suivre les défauts de roulement
Figure 18 - Interprétation du NG
Source : Areva, 01dB-Metravib, Surveillance des Machines, DTCT.A.05.09, ch 4, p 52
-17-
2. 2. Seuil d’alarme :
Déclenche systématiquement une procédure de diagnostic afin de localiser voir de déterminer
l’origine exacte de l’anomalie. Selon la nature et la gravite du défaut, les modalités de surveillance
seront modifiées pour mieux suivre son évolution.
Dans la pratique, le seuil d'alarme est généralement fixé à rapport 2 au-dessus du niveau de
référence.
3. Application :
-18-
Le suivi dans le temps de l’évolution du niveau vibratoire nous donne des informations
significatives :
On constate l’évolution de la vitesse de l’arbre du point A dans la direction axiale. Elle relève une
brutale augmentation du niveau global vitesse sur la période septembre - octobre 2001, qui atteint
les deux composantes 11,371 mm/s et 11,486 mm/s, donnant une première idée sur le changement
de fonctionnement de l’équipement.
Donc une dégradation de l’équipement est fort probable. Ce dépassement de seuil laisse présumer
que la machine est affectée de défaut, donc nécessite de procéder à un diagnostic immédiat de
l’état de l’installation.
Par contre, pour l’évolution de la vitesse de l’arbre du point B, on constate que l’indicateur du niveau
global vitesse reste stable et donc l’état vibratoire est supposé bon.
Conclusion :
Le suivi en mode global permet d’appréhender l’état de la machine par une évolution significative
d’une dégradation ou par la comparaison à des seuils d’alarme et de danger, mais ne permet pas
d’établir un diagnostic précis.
Tout cela montre que cette mesure permet de porter un jugement simple mais grossier sur l’état
d’une machine, sans préjuger de l’origine des éventuels défauts. Il faut remarquer que ce mode de
relevés est simple, pratique, rapide, peut coûteux et permet de repérer la plupart des machines,
cependant, ne permet pas d’établir un diagnostic.
C’est pourquoi, ce mode de relevés est souvent utilisé comme premier criblage, capable d’identifier
un équipement en fonctionnement anormal.
La mesure en niveau global permet, en se rapportant à des références connues (normes,
spécifications du constructeur, des mesures antérieures, etc.), de quantifier un état général d’une
machine tournante et de juger si le niveau de vibration est acceptable.
Cette mesure permet de détecter la présence d’un défaut, mais ne permet pas de détecter la source
du défaut.
C’est l’analyse spectrale qui le permettra.
-19-
-20-
Chap. III
ANALYSE SPECTRALE
Comme nous l'avons vu, dans la plupart des mesures de vibrations, il est beaucoup plus aisé de
travailler dans le domaine des fréquences que dans le domaine des temps. De ce fait est née l'idée
de l'analyse en fréquence (spectrale) où le signal amplitude/temps est converti en signal
amplitude/fréquence.
Le spectre, outil de cette analyse, se présente sous forme d'un graphique montrant l'amplitude de
la vibration à chaque fréquence.
Comme on le voit dans un spectre, toutes les composantes du signal vibratoire sont représentées
sous forme de "Pics" et l'on peut suivre individuellement une variation d'amplitude sans qu'il y ait,
comme dans la mesure globale, d'effet de masque qui risque d'estomper la mise en évidence d'un
défaut en développement.
-21-
2. Représentation temporelle du signal vibratoire :
La première façon pour représentation un signal vibratoire délivré par un capteur, est la
représentation en fonction du temps. Cette représentation est utilisée pour suivre le comportement
vibratoire d’une machine en fonction de ces paramètres de fonctionnement. Ce type de
représentation, facile à exploiter lorsque le signal est simple (vibration sinusoïdale induite par un
balourd), devient vite inexploitable lorsque le signal a pour origine des sollicitations multiples.
200
150
100
50
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8
-50
-100
-150
-200
Figure 24 - Représentation temporelle d’un signal vibratoire
Source : Ruckly, Cours de Maintenance Conditionnelle, Lycée TAAONE Tahiti, p 3
L’analyse d’un signal vibratoire en fonction du temps ne suffit pas. Il est souvent intéressant de
connaître les différentes fréquences du signal.
-22-
3. Représentation spectrale :
Le deuxième type de représentation est la représentation en fonction de la fréquence dans un
diagramme amplitude - fréquence appelé spectre : représentation spectrale.
Cette décomposition est réalisée grâce à une transformée de Fourier. Dans l’exemple ci-dessous, le
signal est la composition de quatre sinusoïdes. Les temps en abscisse sont en milliseconde.
200
150
100
50
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8
-50
-100
-150
-200
Figure 27 - Représentation temporelle d’un signal vibratoire complexe
Source : Ruckly, Cours de Maintenance Conditionnelle, Lycée TAAONE Tahiti, p 3
100
50
Sinusoïde 1
Sinusoïde 2
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 Sinusoïde 3
Sinusoïde 4
-50
-100
Figure 28 – Décomposition du signal vibratoire complexe
Source : Ruckly, Cours de Maintenance Conditionnelle, Lycée TAAONE Tahiti, p 3
D’après la transformée de Fourier, le signal est la somme des quatre sinusoïdes dont les équations
sont : S(t) 100 sin(1000 t)+50 sin(2000 t+0,0003)+30 sin(4000 t-0,0006) 25 sin(8000 t-0,0015)
ωi
Sinusoïde Amplitude Ai Pulsation i en rad s-1 Fréquence f i = en Hz
2π
1 100 1000 159
2 50 2000 318
3 30 4000 637
4 25 8000 1273
-24-
La représentation spectrale de ce signal sera :
100
80
60
40
20
0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000 1100 1200 1300 1400
Figure 29 - Représentation spectrale du même signal
Source : Ruckly, Cours de Maintenance Conditionnelle, Lycée TAAONE Tahiti, p 4
Les spectres représentés en échelle logarithmique. Tant pour les fréquences que pour les
amplitudes.
100
10
1
100 1 000 10 000
Figure 30 - Représentation spectrale en échelle logarithmique
Source : Ruckly, Cours de Maintenance Conditionnelle, Lycée TAAONE Tahiti, p 4
3.2. Définition d’un spectre :
Un spectre est un graphe dans lequel sont représentées les amplitudes et les fréquences de toutes
les composantes vibratoires élémentaires induites par le fonctionnement d'une machine. Chaque
composante est représentée par un segment vertical appelé raie dont l'abscisse représente la
fréquence et l'ordonnée, l'amplitude.
Notons que dans certains cas (raies confondues et dépassant largement du signal, ...) nous ne
parlons plus de raie, mais de pic.
Exemple :
Soit deux machines A et B : A tournant à 3000 t/min et B tournant à 6000 t/min.
t f
0
Fréquence du signal : f = 1 / T
Période T
Figure 34 - échelles
Source : Henri Campagna, Les connaissances de base de l’analyse vibratoire, p 41
-26-
Une échelle logarithmique permet de représenter, sur un même graphe, de grands écarts
d’amplitude.
Il est à noter qu’une échelle logarithmique ne commence jamais par 0.
Le décibel, noté dB est une valeur relative logarithmique, sans dimension, définie par rapport
à une référence spécifiée.
Le niveau en dB est donné par la formule : Niveau (en dB) = 10 log (A/AR)2 = 20 log A/AR
Avec :
A est la valeur de la grandeur mesurée en unité physique.
AR est une valeur de référence dans la même unité, qui peut être fixée conventionnellement par
des normes.
Accélération de référence Vitesse de référence Déplacement de référence
AR=1μm/s² = 10-6 m/s² VR= 1nm/s = 10-9m/s DR= 10-6μm
Exemple1 : moto-ventilateur
Le moteur (1489 t/mn) entraine un ventilateur (1164 t/mn) par l’intermédiaire d’une transmission
par courroie.
F1 : fréquence rotation moteur 24,81Hz.
Sur le spectre apparaît un pic à la fréquence F1 (amplitude 0,003 g) et on distingue une harmonique
à 3F1 (74,45Hz, amplitude 0,02 g) ce qui traduit un balourd sur l’arbre moteur
-27-
Figure 36 - Spectre d’un moto-ventilateur côté moteur
Source : Areva, 01dB-Metravib, Surveillance des Machines, DTCT.A.05.09, ch 4, p 47
Le balourd sur l’arbre du ventilateur semble plus important que celui de l’arbre moteur (l’amplitude
de la raie à F2 : 0,06 g est plus grande que celle à F1 : 0,003 g)
Exemple2 : moteur-multiplicateur-compresseur
A partir des caractéristiques d'une machine surveillée, et des fréquences auxquelles apparaissent
les anomalies, il est donc possible, comme le montrent le tableau ci-après de détecter l'origine d'un
défaut et d'en suivre l'évolution.
-28-
Figure 38 - Spectre d’un moteur-multiplicateur-compresseur
Source : EPREUVE DE TIPE - PARTIE D, Etude des vibrations pour la maintenance conditionnelle, p 6
Les défauts à basse fréquence caractérisent des phénomènes simples qui apparaissent à moins de
200 Hz. Il s’agit :
Du balourd
Du délignage
Du desserrage
3. Défaut de balourd :
Le balourd engendre des phénomènes vibratoires qui se caractérisent toujours par la présence
d’une émergence à la vitesse de rotation du mobile.
-31-
Le balourd peut avoir principalement deux causes :
Le balourd de conception :
Celui-ci résulte de défauts dus à l’hétérogénéité, l’anisotropie de la matière, l’usinage et le
montage.
Le balourd accidentel :
Celui-ci peut être la conséquence, soit d’une modification de l’inertie (arrachement ou dépôt
de matière), soit d’une modification géométrique (déformation thermique).
Le phénomène de balourd mécanique est lié à une répartition non homogène de la masse autour
de l’axe de rotation : L’axe d’inertie de l’arbre n’est pas confondu avec l’axe de rotation.
4. Défaut d’alignement :
Le délignage ou défaut de lignage s’observe lorsque deux lignes d’arbres ne sont pas bien alignées.
Le défaut de lignage est dû au non coïncidence des axes de rotations de deux machines accouplées.
-34-
Les mesures de vibrations sur les machines tournantes font apparaître fréquemment des niveaux
élevés à deux fois la fréquence de rotation et à trois fois cette fréquence.
Le phénomène responsable est généralement un défaut de lignage des parties tournantes.
4.2. Typologie du délignage :
Il se manifeste par une énergie vibratoire localisée à 2F0, 3F0 ou 4F0 dans toutes les directions de
mesurages.
L’évolution du défaut de lignage entraîne l’augmentation des raies caractéristiques.
5. Défauts de serrage :
Le mauvais serrage de la structure de la machine génère des vibrations et un certain bruit. Le spectre
typique mesuré sur une machine dans laquelle il existe un jeu contient un grand nombre de pic à
des fréquences multiples de la fréquence de rotation. Les causes d’un jeu sont principalement
l’usure ou un mauvais montage. Comme exemples de jeu, on peut entrer autre citer : accouplement
dont le caoutchouc est usé, paliers montés avec un jeu excessif, ou boulons cassés (plus de jonction
mécanique). Une roue à aubes dont les aubes touchent la carcasse nous donne un défaut semblable
au jeu, amplifié.
-36-
La figure ci-dessus montre un exemple spectre sur une machine dont le joint de l’accouplement est
usé. La fréquence de rotation est de 23,25 Hz.
2 4E
Comme on peut le voir dans l'équation ci-dessus, le profil des gorges des poulies n'a aucune
importance du moment que le diamètre et la vitesse correspondent à la même poulie.
Lorsqu'une irrégularité apparaît sur une courroie, à cause d'un défaut de fabrication ou d'une usure
non homogène, elles passeront sur chaque poulie à la fréquence de passage des courroies
D1 D2
FP = F1 F2
L L
D1
FP = F1
D +D D - D
2
2 1 2E+ 2 1
2 4E
log f
f0 2f0 4f0
Deux dents cassées ou abîmées
log A
log f
f0 2f0 4f0
Jeu
log A
Pic à fe.
log f
f0 2f0 3f0 fe 2fe 3fe
Usure
log A
log f
f0 2f0 3f0 fe
Figure 65 – Les différents types de défauts relatif aux engrenages
-40-
Les vibrations des engrenages sont dominées par un effort à chaque contact. C'est donc dans les
fréquences n.f0 (n entier) que sont contenues les informations, surtout s'il y a trop de jeu, ou au
contraire un montage trop serré.
Les défauts localisés (défaut d'une dent) se traduisent en plus par une impulsion à chaque fois que
la dent abîmée est en contact avec une autre. Il y a donc apparition d’une raie à la fréquence des
contacts "fe" selon la roue intéressée.
Si les deux roues dentées présentent chacune une dent détériorée, les chocs peuvent être
importants lorsque les deux défauts se rencontrent. La rencontre s’effectue à la fréquence "Fco",
appelée fréquence de coïncidence.
La fréquence de coïncidence Fco est inferieure aux fréquences de rotation F1 et F2.
Fréquence de coïncidence de détérioration des deux dents : Fco = fe/PCM(N1.N2)
PCM : plus petit commun multiple de N1 et N2
Exemple :
Figure 67 - Spectre de l’accélération d’un pignon avec des piqûres de 10 μm sur une dent.
Source : David PALAISI, SIMULATION NUMÉRIQUE DU COMPORTEMENT VIBRATOIRE D’ENGRENAGES ENDOMMAGÉS, p 89
Dans les deux cas, les engrenages sont de module 3, d’angle de pression de 20°, de rayon 45 mm et
de 30 dents. La vitesse de rotation est de 1000 tr/min, soit 16,6 Hz et la fréquence d’engrènement
est de 500 Hz.
L’observation des figures 66 et 67 permet de confirmer l’influence des piqûres même de taille
microscopique sur le spectre du signal.
-41-
7.3. Défauts induisant une modulation d’amplitude :
L’image vibratoire, présente autour de la fréquence d’engrènement (fréquence porteuse) ou de ses
harmoniques, des raies latérales dont le pas correspond à la fréquence de rotation de l’arbre qui
porte le défaut. C’est ce qu’on appelle des bandes latérales de modulation d’amplitude.
Il faut noter que les amplitudes de ces bandes latérales sont généralement très faibles devant
l’amplitude de la fréquence porteuse.
On peut observer une modulation de cet effort si les roues ne sont pas bien centrées.
Cette modulation se traduit par l’apparition dans le spectre vibratoire de raies parallèles autour de
la fréquence de denture.
-42-
7.3. Mise en évidence d’un défaut des engrenages :
Dans la plupart des cas, la dégradation se traduit par un écaillage d'une des pistes ou d'un élément
roulant du roulement, produisant un choc à chaque passage. Les roulements défectueux génèrent
des vibrations de fréquences égales aux vitesses de rotation de chaque pièce du roulement. Ils
correspondent notamment à la rotation des billes, des rouleaux ou de la cage et au passage des
billes sur les bagues.
8.1. Fréquences caractéristiques :
Pour chaque type de roulement et en fonction de ses cotes de fabrication, on peut considérer les
fréquences caractéristiques données par les formules ci-dessous.
Figure 71 – Cotes de fabrication pour le calcul des fréquences caractéristiques des roulements
-43-
Avec :
z : nombre d'éléments roulants
f : fréquence de rotation de l'arbre
Ø : diamètre des éléments roulants en mm
Pd : diamètre primitif du roulement en mm
α : angle de contact
D Di
Le diamètre primitif du roulement Pd e
2
BPFO = Ball Pass Frequency Outer Race = Fréquence de passage des billes sur la bague extérieure.
z
BPFO = f 1 cos
2 Pd Hz
BPFI = Ball Pass Frequency Inner Race = Fréquence de passage des billes sur la bague intérieure.
z
BPFI = f 1 cos
2 Pd Hz
BSF = Ball Spin Frequency = Fréquence de rotation de l'élément de roulement sur son axe propre.
f Pd 2
BSF = cos
2 Pd Hz
FTF = Fundamental Train Frequency = Fréquence de passage d’un défaut de cage.
f
FTF = 1 cos
2 Pd Hz
Aujourd'hui, la plupart des fabricants de roulements fournissent des tables de référence qui
permettent de s'affranchir de ces calculs.
Un exemple de bases de données de défauts de roulement SKF.
ATLAS (SKF BEARING MAP)
Désignation Roulement : Code SKF 6315
Diamètre moyen d’évolution [dm]: (mm) 117,5
Diamètre élément roulant [DW] : (mm) 26,99
Nombre d’éléments roulants [z] : 8
Angle de contact : Dégrée 0
Vitesse Bague Interne : (RPM) 2986
Code Roulement : 1
Type de Roulement : Deep groove ball
Diamètre Extérieur Roulement [D] : (mm) 160
Diamètre Alésage Roulement [d] : (mm) 75
Nombre de Rangées : 1
Fréquence Défaut Bague Intérieure : (Hz) 244,79
Fréquence Défaut Bague Extérieure : (Hz) 153,34
Fréquence Défaut Elément Roulant : (Hz) 205,23
Vitesse Bague Intérieure : (Hz) 49,77
Vitesse Rotation Cage : (Hz) 19,17
Vitesse Rotation Elément Roulant : (Hz) 102,61
-44-
8.2. Signatures vibratoires des principaux défauts :
8.2.1. Défaut de type écaillage affectant la bague externe :
Un défaut de type écaillage affectant la bague externe d'un roulement a pour image vibratoire un
peigne de raies dont le pas correspond à la fréquence du défaut. A chaque composante de ce peigne,
est associée une paire de bandes latérales espacées de la fréquence de rotation, en cas de charge
dynamique importante.
Les amplitudes les plus élevées se produisent dans la zone de fréquences de résonance de la
structure. On Peut remarquer qu’à la fréquence des impacts, l’amplitude du signal se retrouve
complètement noyée dans le bruit de fond.
Fréquence (Hz)
Figures 76 - Zoom [1600 - 2400] Hz
Les pics visibles ne sont que les multiples de fréquence des impacts, ils apparaissent nettement car
ils sont dans la zone de résonnance du système. Ce phénomène est utilisé pour l’analyse enveloppe,
qui pourra précisément détecter et examiner les impacts périodiques d’un signal vibratoire.
La création de l’enveloppe utilise le principe de la modulation d’amplitude. Dans notre cas, on peut
considérer les résonances comme le signal porteur et les impacts filtrés par un filtre passe-bas
comme le signal démodulé (basse fréquence).
-46-
La création de l’enveloppe peut s’effectuer par divers procédés, la méthode la plus courante est la
suite de traitement du signal suivant :
a) Signal vibratoire d’un roulement avec faible défaut sur bague extérieure
Le filtre passe-haut (filtre passe-bande) assure la démodulation des seules fréquences porteuses
concernées.
Le filtre passe-bas refoule la partie du signal porteur à haute fréquence. Le signal restant fait
apparaître uniquement le signal de modulation.
Le spectre montre, des pics d’amplitudes élevés à la fréquence des impacts des chocs et leurs harmoniques.
-47-
Amplitude (mm/s²)
Fréquence (Hz)
Figures 77 - Spectre d’enveloppe
Le spectre d’enveloppe montre, des pics d’amplitudes élevés à la fréquence des impacts des chocs
de la bague extérieure et leurs harmoniques.
On constate la présence d’un défaut de type écaillage affectant la bague externe du roulement a
pour image vibratoire un peigne de raies dont le pas correspondant à la fréquence du défaut.
8.4. Indicateurs vibratoires spécifiques aux roulements :
8.4.1. Facteur de crête : FC = A c
A eff
Un roulement neuf ou en bon état génère une vibration de faible amplitude, aussi bien en valeur
crête qu’en valeur efficace. Le facteur de crête reste donc faible. Un défaut localisé génère une
vibration d’amplitude crête forte et amplitude efficace faible, donc un facteur de crête important.
Evolution du facteur de crête aux différents stades de dégradation du roulement.
Exercice1 :
Le ventilateur comprend essentiellement : un moteur d’entraînement de marque Siemens, deux
accouplements flexibles, un réducteur de marque ACMI, une turbine à aubes montées sur un arbre avec 2
paliers SKF, munis de roulements à rouleaux coniques.
Fixation machine : Support rigide
Fréquence Amplitude
Pic
(Hz) (mm/s)
1 2 1,90
2 10,883 4,83
3 24,7 1,16
4 522 2,83
Fig. 4
Amplitude (mm/s)
Pic Fréquence (Hz)
17/09/1998 03/05/1998
1 2,15 0,8 25
2 0,55 0,5 50
3 0,25 0,21 75
4 0,4 0,38 100
Exercice 3 : Broyeur
Suivi d’un broyeur clinker M15-16H002 qui tourne à 1000 tr/mn (fr = 16.66 Hz).
La démarche pour l’expertise, consiste en premier lieu, de faire une analyse des NGv (niveau globale vitesse)
qui déclare le problème dans son ensemble, ce qui nécessite de faire une analyse poussée utilisant la
méthode de l’analyse spectrale pour identifier l’origine du problème.
1- En se référant au spectre de vitesse Fig.5, déterminer l’amplitude vibratoire élevée ?
2- Identifier son niveau d’harmonique ?
3- En se référant aux spectres de vitesse Fig.5 et Fig.6, identifier le type d’intervention effectué sur
cette machine ? Expliquer pourquoi ?
-51-
4- Calculer le pourcentage d’amélioration après intervention de l’équipe de maintenance ?
Exercice 5 :
Le schéma ci-après présente les différents éléments constitutifs d’une chaine de transmission de puissance
d’une pompe.
Questions :
1- Déterminer la fréquence de rotation de l’arbre portant la roue dentée E1 ?
2- Déterminer la fréquence de rotation de l’arbre portant la roue dentée E2 ?
3- En déduire la fréquence de rotation de la poulie 1 ?
4- Déterminer la fréquence de rotation de la poulie 2 ?
-54-
5- Déterminer la fréquence de rotation de la cage du roulement 7206C qui supporte la roue E1 ?
6- Déterminer la fréquence de rotation de la bague externe du roulement 7206C qui supporte la roue E1
?
7- Déterminer la fréquence de rotation de la bague interne du roulement 7206C qui supporte la roue E1
?
8- Déterminer la fréquence de rotation des éléments roulants du Roul 7206C qui supporte la roue E1 ?
9- Déterminer la fréquence de rotation de la cage du roulement 6006 qui supporte la poulie1 ?
10- Déterminer la fréquence de rotation de la bague externe du roulement 6006 qui supporte la poulie1 ?
11- Déterminer la fréquence de rotation de la bague interne du roulement 6006 qui supporte la poulie1 ?
12- Déterminer la fréquence de rotation des éléments roulants du roulement 6006 qui supporte la
poulie1 ?
13- Déterminer la fréquence de passage de la courroie Fp ?
14- Déterminer la fréquence d’engrènement du réducteur Fe ?
15- Remplir le tableau suivant pour identifier la fréquence de chaque type de défaut et l’emplacement du
point de mesure ?
Exercice 6 :
Les figures 12 et 13 montre le spectre réel mesuré sur une transmission par deux poulies de même diamètre
D = 0,3 m d’une entraxe de E = 0,8 m (Figure 11). La fréquence de rotation de l’arbre d’entré est égale à 2025
tr/mn.
-55-
Fig. 12 Spectre de référence mesuré sur une transmission par poulies courroie
18.7 18.7
-1 1
486.2
Fig. 14
-56-
Exercice 8 :
Suivi vibratoire d’un groupe d’agitation de réacteur chimique qui tourne à 1079 tr/min
Grâce au suivi vibratoire périodique, nous avons détecté un défaut critique sur l’un des éléments d’un groupe
d’agitation d’un réacteur chimique.
Roulement : 6306
Nombre d'éléments roulants (z =8)
Diamètre des éléments roulants
(Ø=12,30mm)
Le diamètre primitif du roulement Pd = 52
mm
Angle de contact (α=0°)
Fig. 15
Le spectre de l’analyse vibratoire mettait en évidence un défaut prononcé situé au bas de la partie entrainée
du variateur de vitesse mécanique à courroie.
Fig. 16
Identifier ce type défaut ? Justifier la réponse ?
-57-
Références bibliographique
Ouvrage :
[1] Alain Boulenger, Christian Pachaud, Analyse vibratoire en maintenance, Dunod, Paris 2003.
[2] Jean Héng, Pratique de la maintenance préventive, Dunod, Paris 2002.
[3] David AUGEIX, Analyse vibratoire des machines tournantes, Techniques de l’Ingénieur, BM 5
145.
[4] Jacques MOREL, Surveillance vibratoire et maintenance prédictive, Techniques de l’Ingénieur, R
6 100.
[5] Jean-Claude RADIX, Accéléromètres inertiels, Techniques de l’Ingénieur, R 1 930.
[6] Jacques DUMONT-FILLON, Contrôle non destructif (CND), Techniques de l’Ingénieur, R 1 400.
Normes :
[17] ISO 10816 (1995 avec rectificatifs techniques, modifications et autres parties 2000 et 2009)
[18] AFNOR E90-300
Sites web:
[19] http://www.survitec.fr
[20] http://www.skf.com/fr/knowledge-centre/engineering-tools/skfbearingselect.html
[21] http://www.01db-metravib.com
[22] http://lewebpedagogique.com/josephfourier/tag/application/
[23] http://www.icareweb.com/fr/applications/vibration.html
Je tiens à rendre hommage à l’ensemble des auteurs de ces ouvrages, document de formation et
normes qui ont contribué à la rédaction de ce cours par l’emprunté de certains textes, figures,
applications ou citations.
-58-
Annexes
Annexes 1
Niveau d’appréciation par groupe de machine
Norme NF E 90-300 ~ VDI 2056
Valeur RMS de
la vitesse en GROUPE I GROUPE II GROUPE III GROUPE IV
mm/s
[10-1000Hz]
0.28
0.45 A
A
0.71
A
A
1.12
B
1.8
B
2.8
C B
4.5
C B
7.1
C
11.2
C
18 D
D
28 D
D
45
-59-
Annexes 2
La norme ISO 2372 (11/1974 avec modification 07/1983) est remplacée par la nouvelle
norme ISO 10816 (1995 avec rectificatifs techniques, modifications et autres parties 2000,
2009 etc.)
ISO 10816-1 : Directives générales (Cette norme a été révisée par ISO 20816-1: 2016)
ISO 10816-2 : Turbines à vapeur et alternateurs pour applications terrestres, excédant
50 MW avec des vitesses normales de fonctionnement de 1 500 r/min, 1 800 r/min, 3 000
r/min et 3 600 r/min (Cette norme a été révisée par ISO 20816-2 : 2017).
ISO 10816-3 : Machines industrielles de puissance nominale supérieure à 15 kW et de
vitesse nominale de fonctionnement entre 120 r/min et 15 000 r/min, lorsqu'elles sont
mesurées in situ (Le dernier examen de cette norme date de 2014. Cette édition reste donc
d’actualité).
ISO 10816-4 : Turbines à gaz à paliers à film fluide (Le dernier examen de cette norme
date de 2015. Cette édition reste donc d’actualité).
ISO 10816-5, ISO 10816-6, ISO 10816-7, ISO 10816-8, ISO 10816-21.
-60-
Annexes 3
Annexes 4
-61-
Annexes 5
-62-
Annexes 6
-63-
Annexes 7
-64-
Licence appliquée en génie mécanique FICHE MATIERE ISETS
PREREQUIS
- UE : Technologie 1
- UE : Technologie 2
- UE : Électricité
OBJECTIFS
PROGRAMME
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L'analyse des vibrations dans les machines tournantes permet d'identifier divers types de défauts tels que les balourds, le désalignement, les instabilités de paliers, les engrenages usés, les problèmes de roulements, les défauts structurels dus à un mauvais serrage, et les anomalies dans les systèmes de transmission par courroies. Chaque défaut présente un profil vibratoire distinct que l'analyse spectrale peut révéler et analyser .
La fréquence de passage des courroies est essentielle dans l'analyse vibratoire car elle indique les éventuels impacts causés par des défauts localisés comme une détérioration ou un mauvais joint. L'analyse révèle des pics d'amplitude significative aux multiples de cette fréquence, ce qui permet de diagnostiquer et d'identifier les problèmes spécifiques associés à la transmission par courroies .
Les défauts des engrenages, tels qu'une dent cassée ou un jeu excessif, se manifestent par des variations spécifiques dans le spectre vibratoire. Chaque fois qu'une dent est engagée, des efforts périodiques créent des vibrations. Un jeu excessif se traduit par des pics à la fréquence d'engrènement 'fe' et ses harmoniques, tandis que les défauts localisés, comme une dent usée, se manifestent par des impulsions visibles à chaque contact, soulignées par un peigne de raies à la fréquence de rotation du pignon. L'analyse spectrale aide à visualiser ces patterns distinctifs .
La mesure vibratoire globale quantifie l'énergie vibratoire du signal en un indicateur numérique unique, exprimé en termes d'accélération, de vitesse, ou de déplacement. Cette mesure offre une évaluation rapide et économique de l'état général de la machine. Bien que simple, elle ne permet pas de déterminer précisément l'origine des défauts, mais contribue à une première évaluation pour identifier un équipement en fonctionnement anormal. En comparant les résultats à des valeurs de référence, on peut juger si le niveau de vibration est dans les limites acceptables, indiquant un état vibratoire satisfaisant de la machine .
L'analyse spectrale aborde le signal vibratoire de manière plus détaillée et précise que les indicateurs scalaires en analysant le signal dans le domaine fréquentiel, ce qui permet de discerner divers défauts sur leur signature spectrale unique. Elle aide à déterminer l'origine des défauts et leur gravité en utilisant des représentations graphiques comme des spectres, alors que les indicateurs scalaires simplifient cette information en une valeur unique, limitant la capacité à diagnostiquer précisément .
Les indicateurs scalaires sont avantageux pour leur simplicité et facilité d'utilisation, permettant une gestion automatisée grâce à une valeur simple qui peut être archivées et comparées à des seuils. Cependant, leur limitation notable est l'imprécision du diagnostic, car ils fournissent une vue d'ensemble plutôt qu'une analyse détaillée, ne permettant pas d'identifier avec précision l'origine des défauts, nécessitant souvent un recours à une analyse spectrale pour des diagnostics complets .
Un mauvais serrage génère des vibrations et du bruit supplémentaires dans une machine, souvent détectés par un spectre contenant de nombreux pics à des fréquences multiples de la fréquence de rotation. Ce phénomène est dû à des jeux excessifs, résultants de l'usure ou d'un mauvais montage, comme un accouplement usé ou des paliers avec excès de jeu. L'analyse spectrale permet de déceler de telles irrégularités en identifiant ces fréquences caractéristiques .
L'analyse d'huile offre plusieurs avantages en maintenance préventive, notamment : elle est simple à mettre en œuvre et s'applique à presque tous les mécanismes lubrifiés. L'huile étant en contact permanent avec les pièces en mouvement, elle fournit des informations cruciales sur l'état de la machine. Elle permet de surveiller dans le temps les caractéristiques physico-chimiques du lubrifiant, de détecter des anomalies telles que la contamination par des particules internes, la pollution par des agents extérieurs, et l'usure par abrasion. Ces informations aident à éviter des pannes imprévues et des réparations coûteuses par le biais du suivi de la dégradation du lubrifiant .
L'analyse spectrale est plus précise que la mesure vibratoire globale car elle permet de disséquer le signal vibratoire dans le domaine des fréquences, identifiant des 'images vibratoires' précises des défauts potentiels, et ainsi, déterminer avec exactitude la nature de l'anomalie, sa gravité et son origine. Contrairement à la mesure vibratoire globale qui donne une vue d'ensemble, l'analyse spectrale ne masque pas les défauts, offrant par conséquent un diagnostic détaillé et permettant des préconisations précises pour la correction des défauts constatés .
L'effet de 'masque' dans la mesure vibratoire globale se produit lorsque de grandes amplitudes impactent de manière prépondérante le résultat global, masquant ainsi les défauts avec des amplitudes plus petites. Ceci peut mener à une évaluation incomplète du statut de la machine, car des petits défauts en développement peuvent être dissimulés, ce qui compromet la fiabilité du diagnostic général et cache des problèmes potentiels à détecter et corriger à temps .