PREPARATION AUX CONCOURS DE LA MAGISTRATURE
EPREUVE DROIT CIVIL
CAS PRATIQUE
Le 22 décembre 1999, les époux POUSSIN, jeune couple d’entrepreneurs
dynamiques, sont heureux en faisant le bilan tant d’efforts fournis pour occuper
le rang social qui leur est le leur actuellement. Epoux communs en biens,
Monsieur et Madame POUSSIN ont acquis leur villa à Angré Star 9. Ils sont en
outre propriétaire de deux célèbres restaurants de la place et Madame
POUSSIN se réjouit de l’affluence de la clientèle dans le bar qu’elle gère avec
bonheur. Leurs deux enfants NEYMAR et MESSI sont scolarisés à l’Université
Internationale de Grand-Bassam. Les époux POUSSIN sont d’autant plus
heureux que Monsieur vient d’être sollicité par le Ministre de la défense pour
l’approvisionnement des casernes militaires de Bouaké et de Daloa. Cet
important marché s’élève à un montant de 300.000.000 de FCFA.
Ainsi, le 23 décembre 1999 à 10 heures, Monsieur POUSSIN quitte Abidjan à
destination de Bouaké où il est attendu pour la signature dudit contrat. Arrivé à
destination à 14 heures, et après la signature du contrat à 16 heures 30 minutes,
Monsieur POUSSIN appelle son épouse à son domicile. Cette dernière est
malheureusement absente. Monsieur POUSSIN décide de lui laisser un message
sur le répondeur de son téléphone portable pour l’informer de son retour le 24
décembre 1999 aux environs de 12 heures, pour le réveillon de Noël.
De retour de ses courses, Madame POUSSIN qui reçoit le message de son époux
est rassurée et s’endort sereine. Hélas, au petit matin, elle apprend avec effroi
qu’un coup de force set intervenu dans la nuit du 23 au 24 décembre 1999 pour
changer le régime politique en place, et qu’un certain nombre de villes sont
assiégées par les auteurs du putsch. Suite à ce coup de force, de violents
combats à l’artillerie lourde sont menés dans la ville de Bouaké. Madame
POUSIN tente alors désespérément de joindre son époux, en vain. A la fin des
combats le 27 décembre 1999, les pouvoirs publics invitèrent les citoyens à
procéder à la reconnaissance des corps de nombreuses victimes des terribles
combats. Madame POUSSIN parcourut tous les lieux indiqués, sans pouvoir
retrouver le corps de son époux. Désespérée, Madame POUSSIN vient vous voir
car le père de son époux, Monsieur POUSSIN MECHANT, endetté et influencé
par les autres membres de la famille, sous-prétexte qu’il représente son fils,
exige qu’elle et ses enfants quittent la résidence familiale afin de la vendre pour
éponger ses dettes. Monsieur POUSSIN MECHANT a également révoqué les
gérants des deux restaurants et confié leur gestion à ses neveux JEAN YAO et
HERMANN KOUAKOU. Non content de cela il menace Madame POUSSIN de lui
lancer un sort si à la naissance de l’enfant qu’elle porte, la filiation de ce dernier
est établie à l’égard de son fils POUSSIN. Madame POUSSIN souhaiterait mettre
fin aux agissements de son beau-père et demeurer à son domicile avec ses
deux enfants. Elle voudrait que l’enfant qu’elle attend puisse porter le nom de
son époux. Conseillez-la utilement.
Le 02 août 2001, Monsieur POUSSIN revient à Abidjan, après plus d’une année
sans nouvelle. Il constate que son épouse s’est remariée avec Monsieur KOKO
Hilaire, Directeur Financier d’une importante société de la place. De cette union,
est né, le 08 avril 2000, le petit DANIEL qui est son parfait sosie. Son épouse
est enceinte de trois mois et sur les conseils de son nouvel époux, elle a pu
faire fructifier le bazar qu’elle gérait lors de leur vie commune. En effet,
contrairement aux deux restaurants dont ses cousins JEAN YAO et HERMANN
KOUAKOU avaient la gestion et qui ont fermé leurs portes, ledit bazar est
devenu un important hypermarché dot le chiffre d’affaires journalier s’élève à
3.000.000 de FCFA.
Très en colère, Monsieur POUSSIN vous confie qu’il est toujours amoureux de
son épouse qui pourtant refuse de le voir. Ce dernier voudrait accueillir son
épouse et le petit DANIEL, si elle revient à de meilleurs sentiments.
Quant à l’enfant que porte son épouse, il n’a pas l’intention de le garder au sein
de sa famille mais de le renvoyer plutôt, dès sa naissance, à Monsieur KOKO
Hilaire son père. Monsieur POUSSIN vous consulte. Conseillez-le utilement.
De son côté, Madame KOKO qui craint que Monsieur POUSSIN ne lui demande
des comptes relativement à la gestion du bazar, vous consulte. Elle estime que
le développement du bazar est le fruit de ses efforts et voudrait, par conséquent,
conserver l’hypermarché et tous les revenus qu’il génère. Conseillez-la
utilement.