DEVOIR SURVEILLÉ de MATHÉMATIQUES numéro 6
PSI2 2023-2024 Durée: 3 heures 10/02/2024
EXERCICE 1
Une transformée de Laplace
1 − cos(t)
Pour t ∈ IR∗+ , on pose f (t) = .
t2
1. Montrer que les fonctions t 7→ f (t) et t 7→ t f (t) sont bornées sur IR∗+ .
2. Montrer que la fonction f est intégrable sur IR∗+ =]0, +∞[.
Z +∞ Z +∞
1 − cos(t) −xt
Pour x ≥ 0, on pose ϕ(x) = f (t) e−xt dt = e dt.
0 0 t2
3. Montrer que la fonction ϕ est bien définie sur IR+ , et qu’elle est continue sur cet intervalle.
4. Montrer que la fonction ϕ est de classe C 2 sur IR∗+ .
1 x
5. Montrer que ϕ00 (x) = − 2 pour x ∈ IR∗+ .
x x +1
6. Montrer que lim ϕ0 (x) = lim ϕ(x) = 0.
x→+∞ x→+∞
7. À l’aide d’une intégration par parties, déterminer une primitive sur IR de x 7→ ln(1 + x2 ).
8. Expliciter ϕ0 (x), puis ϕ(x) pour x > 0.
+∞
1 − cos(t)
Z
9. En déduire la valeur de l’intégrale I = dt.
0 t2
Z +∞
sin(t)
10. En déduire la valeur de l’intégrale de Dirichlet J = dt.
0 t
EXERCICE 2
Questions de cours. Rappeler l’énoncé de la version matricielle du théorème spectral.
Rappeler les définitions de matrice symétrique “positive” et “définie positive”, ainsi que
leur caractérisation spectrale (sans démonstration).
1. Soit A ∈ Sn+ (IR) une matrice symétrique positive. En utilisant le théorème spectral, montrer
qu’il existe une matrice R ∈ Sn+ (IR) telle que R2 = R> R = A.
2. Soit A ∈ Sn+ (IR). Montrer l’équivalence
∀X ∈ Mn,1 (IR) AX = 0 ⇐⇒ X > AX = 0 .
On pourra pour cela utiliser la question 1.
3. Soient A ∈ Sn+ (IR) et B ∈ Sn+ (IR) deux matrices symétriques positives. Montrer que
Ker(A + B) = Ker(A) ∩ Ker(B) .
On pourra pour cela utiliser la question 2.
4. Soient A ∈ Sn++ (IR) et B ∈ Sn (IR). Montrer qu’il existe une matrice R ∈ Sn++ (IR) telle que
R2 = A. En déduire que la matrice AB est diagonalisable.
PROBLÈME
Soit n un entier naturel, n ≥ 2. L’espace vectoriel IRn est muni de son produit scalaire
canonique, noté (·|·). Ainsi, le produit scalaire de deux matrices-colonnes X et Y de Mn,1 (IR),
= X >Y .
que l’on identifiera à des vecteurs de IRn , est noté (X|Y ). On rappelle que (X|Y )p
On notera k · k2 la norme euclidienne associée: pour tout X ∈ Mn,1 (IR), kXk2 = (X|X).
On note On (IR) le groupe orthogonal constitué des matrices orthogonales d’ordre n,
on notera O+ n (IR) le groupe spécial orthogonal constitué des matrices orthogonales de
déterminant positif, que l’on peut aussi noter SOn (IR). Enfin, on notera O−
n (IR) l’ensemble
des matrices orthogonales de déterminant négatif.
PARTIE A. Quelques propriétés des matrices orthogonales
−
A.1. Quel est le déterminant d’une matrice de O+ n (IR) ? de On (IR) ? On justifiera les réponses.
A.2. Montrer que les valeurs absolues des coefficients d’une matrice orthogonale sont inférieures
ou égales à 1.
A.3. Déterminer la trace maximale d’une matrice de On (IR).
A.4. Soit A ∈ On (IR). Que peut-on dire de ses valeurs propres réelles ?
A.5. Soit U ∈ O−
n (IR). Montrer que le réel −1 est valeur propre de U .
A.6. Montrer que, si F est un sous-espace vectoriel d’un espace euclidien E stable par un
automorphisme orthogonal u de E, alors son orthogonal F ⊥ est aussi stable par u.
A.7. Montrer que, pour tout W ∈ O− +
n (IR), il existe P ∈ On (IR) et W1 ∈ On−1 (IR) telles que
−1 01,n−1
W =P P> ,
0n−1,1 W1
où 0k,l désigne la matrice nulle de Mk,l (IR).
A.8. En déduire la trace maximale d’une matrice de O−
n (IR).
PARTIE B. Bases isométriques
Dans cette partie, l’espace vectoriel IRn est muni de son produit scalaire canonique. On
considère deux bases de IRn , notées respectivement X = (x1 , · · · , xn ) et Y = (y1 , · · · , yn ).
L’objectif est de trouver une condition nécessaire et suffisante pour que ces deux bases
soient “isométriques”, c’est-à-dire pour qu’il existe une isométrie u de IRn telle que
∀i ∈ [[1, n]] u(xi ) = yi .
Nous noterons B0 = (e1 , · · · , en ) la base canonique de IRn . Pour tout i ∈ [[1, n]], le vecteur
xi est représenté dans la base B0 par une matrice-colonne Xi ∈ Mn,1 (IR) et, de la même
façon, le vecteur yi est représenté par une matrice-colonne Yi ∈ Mn,1 (IR). On note enfin X
la matrice carrée d’ordre n dont les colonnes sont X1 , · · ·, Xn et, de même, Y la matrice
carrée d’ordre n dont les colonnes sont Y1 , · · ·, Yn .
B.1. Pour (i, j) ∈ [[1, n]]2 , exprimer le coefficient xi,j d’indices (i, j) de la matrice X comme un
produit scalaire.
B.2. Justifier que les matrices carrées X et Y sont inversibles.
B.3. Exprimer le coefficient d’indices (i, j) de la matrice X > X comme un produit scalaire.
B.4. Donner une condition nécessaire et suffisante sur les matrices X > X et Y > Y pour qu’il
existe une matrice orthogonale U telle que Y = U X.
B.5. En déduire que les bases X et Y sont isométriques si et seulement si
∀(i, j) ∈ [[1, n]]2 (xi |xj ) = (yi |yj ) .
PARTIE C: Un problème d’optimisation
C.1. Montrer que l’on définit un produit scalaire sur Mn (IR) en posant, pour tout couple
2
(A, B) ∈ Mn (IR) ,
< A, B > = tr(A> B) .
Donner une expression simple de ce produit scalaire < A, B > à l’aide des coefficients ai,j
et bi,j des matrices A et B.
On notera ||| · ||| la norme sur Mn (IR) associée à ce produit scalaire.
C.2. Soient A et B deux matrices de Mn (IR) dont les colonnes sont notées respectivement
n
X
A1 , · · ·, An et B1 , · · ·, Bn . Prouver la relation < A, B > = (Aj |Bj ).
j=1
C.3. Que vaut |||U ||| si U ∈ On (IR) est une matrice orthogonale ?
C.4. Soit U ∈ On (IR), soient A ∈ Mn (IR) et B ∈ Mn (IR). Simplifier les expressions
< U A, U B > ; |||U A||| ; < AU, BU > ; |||AU ||| .
La suite de cette partie tente une généralisation de l’étude faite dans la PARTIE B. On
se donne 2n matrices-colonnes de Mn,1 (IR), notées X1 , · · ·, Xn , Y1 , · · ·, Yn (que l’on pourra
identifier à des vecteurs de IRn ). On notera X (respectivement Y ) la matrice carrée d’ordre
n dont les colonnes sont X1 , · · ·, Xn (respectivement Y1 , · · ·, Yn ).
Comme le montre la PARTIE B, il n’existe pas toujours de matrice orthogonale
U ∈ On (IR) telle que U X = Y . On cherchera alors une matrice orthogonale U telle que la
“distance” de U X à Y soit la plus petite possible, autrement dit on cherchera à minimiser
l’expression |||U X − Y |||.
C.5. Montrer que On (IR) est une partie fermée et bornée de l’espace vectoriel normé Mn (IR).
C.6. En déduire l’existence d’une matrice U0 ∈ On (IR) telle que
|||U0 X − Y ||| = min |||U X − Y ||| .
U ∈On (IR)