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UNIVERSITE DE CEPROMAD/BUNIA
PRESTATION SOCIALE EN FAVEUR DES SURVIVANTS DES
FONCTIONNAIRES PAR LE BIAIS DU BUREAU PROVINCIAL DE LA
FONCTION PUBLIQUE/ PERSONNEL PASSIF DE LA VILLE DE BUNIA
DE 2017 A 2019
TRAVAIL DE FIN DE CYCLE
PAR
MELLY GALAKA Micheline
Année Académique 2019-2020
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0. INTRODUCTION
0.1. ETAT DE LA QUESTION
Tout chercheur se trouve dans l’obligation, au seuil d’un travail
scientifique, de consulter un certain nombre de travaux apparentés au
sujet sous étude dans le but de ne pas tomber dans les redites ou de
parcourir un sentier déjà largement exploité. Cette approche consiste en
une revue critique de la littérature élaborée par ses prédécesseurs,
laquelle lui permet de se démarquer de ces derniers 1.
Au regard des multiples écrits dont nous avons eu accès, il serait
d’une superficialité absurde de prétendre détenir l’originalité de l’étude
sur la question de retraite, salaire, prestation sociale ou de la prise en
charge du social des retraités. Il importe de faire un bref parcours de
quelques travaux des prédécesseurs qui ont orienté leurs travaux sur
cette question:
ABAMANI Patrick2, dans ses recherches sur la pension de retraite et
les conditions socioéconomiques des survivants, avait planché sur les
conditions socio-économiques des retraités et des survivants des agents
de la SNCC en fonction de la pension des prestations sociales leur octroyés
par la SNCC. Après son étude, il est arrivé à la conclusion selon laquelle, la
précarité des conditions de vie des retraités et des survivants des agents
décédés de la SNCC s'explique premièrement par le fait que la SNCC,
quasiment en faillite, a certes immatriculé son personnel mais ne verse
pas à celui-ci les cotisations requises donnant accès au bénéfice d'une
pension de retraite à la vieillesse. Cette défaillance des cotisations durant
la carrière des agents se traduit par le fait que seul 15% sont pris en
charge par la SNCC. Deuxièmement, il a trouvé que la CNCC n'est pas à
mesure d'allouer de manière régulière la pension aux survivants des
retraités décédés à cause du nombre élevé des bénéficiaires de la pension
par rapport aux actifs cotisants.
1
BINDUNGWA IBANDA Marcus (2008), comment élaborer un travail de fin de Cycle ? Contenu et étape, Ed.
Médiaspaul, Kinshasa, P.4
2
ABAMANI Patrick, pension de retraite et conditions socio-économiques des survivants
des agents de la SNCC LUBUMBASHI, TFC, UNILU, 2015
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Ibrahima DIAGABATE3, dans ses recherches sur la retraite, a cherché
les causes qui du retard souvent enregistré dans le payement de la
pension de retraite. Il en est venu à la conclusion que ledit retard est dû
au dysfonctionnement des institutions de retraite (CGRAE et CNPS) au plan
organisationnel et économique. Au plan organisationnel, il met en relief la
rigidité, la fragilité et la lenteur de ces institutions. Quant au
dysfonctionnement économique, il a relevé l’inadéquation entre le nombre
des bénéficiaires des prestations sociales et le nombre des cotisants, qui
entraine le déficit des comptes financiers des institutions précitées. Cet
état des choses est chronique pour la CGRAE et conjoncturel pour la CNPS.
Dominique VOLLET et Véronique ROUSSEL 4, menant des recherches
sur la problématique de la retraite, ont affirmé que la retraite à
Bourganeuf (Zone rurale en France) encourage les travailleurs éligibles à
la retraite et favorise les activités tertiaires intéressant les retraités en vue
de leur survie. Il a réalisé que leur pension de retraite ne permet pas à
40% des retraités de couvrir leurs dépenses de consommation. Vu le
grand nombre des retraités dans les activités tertiaires, l’auteur suggère
aux administrateurs de cette zone à exploiter au mieux ce secteur avec
l'expérience des retraités pour développer Bourganeuf.
Arnaud KEVIN DAYORO5, dans sa thèse de doctorat sur « les
conditions de vie des retraités en Côte d'Ivoire » ; a constaté que les
retraités en général, ceux de la Cote d'Ivoire en particulier, connaissent
des difficultés dans la reconstruction de leur parcours de vie post-retraite.
Ce qui fait qu'en Côte d'Ivoire la retraite et la vieillesse puissent marcher
de pair. Les prestations sociales en faveur des retraités sont inaperçues,
les retraités semblent être oubliés par la société au vu de leurs conditions
de vie difficiles. Ainsi, ce chercheur en appelle à la révision du système de
retraite et invite d'autres chercheurs à s'intéresser à cette question afin
3
IBRAHIMA DIAGABATE, problématique de la retraite en côte d'ivoire : analyse
comparative des systèmes de retraite de la CGRAE (Caisse Générale de Retraite des
Agents de l'Etat) et CNPS (Caisse Nationale de Prévoyance Social), Mémoire de DEA,
Abidjan 2011
4
DOMINIQUE VOLLET et VERONIQUE ROUSSEL, les retraités : quel impact socio-
économique sur les territoires ? Article, in le cahier du chercheur, PARIS, France, 2008.
5
KEVIN DAYORO Arnaud, les conditions de vie des retraités en côte d’ivoire, Thèse de
doctorat, 2009
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d'aider cette catégorie de la population aussi ignorées en côte d'ivoire que
dans le reste du monde à retrouver une certaine considération dans la
société
Eu égard à ce qui précède, dans la présente étude, nous nous
proposons non seulement d’analyser ce qui empêche la bonne prise en
charge dans l’allocation de pension de survivants mais aussi et surtout,
nous tentons de proposer quelques pistes de solution à mettre en place
pour une allocation optimale de pensions dues aux retraités et survivants
des fonctionnaires de l’administration publique dans la province de l’Ituri.
0.2. PROBLEMATIQUE
Un projet de recherche part normalement d’un problème auquel le
chercheur entend donner une explication ou une réponse. Cependant,
l’existence du problème suscite des observations desquelles proviennent
des interrogations ou des questions.
Pour TSUMBU6, la problématique est l’ensemble des orientations des
hypothèses des problèmes envisagés dans une théorie de recherche. La
formulation de la problématique est très importante, elle réduit ces
problèmes à une série des questions.
La République Démocratique du Congo a traversé, pendant ces
dernières décennies, plusieurs conflits de guerre et instabilités politiques
qui ont affecté négativement les conditions de travail des agents et
fonctionnaires de l’Etat. A cet effet, dans les services publics congolais, le
salaire a perdu son caractère alimentaire et motivationnel pour n’être
perçu que comme une faveur pour les agents. C’est ainsi que ces agents
reçoivent irrégulièrement un salaire inférieur à leurs besoins de
subsistance. Pourtant, le code du travail en RD Congo stipule que « le
paiement de la rémunération doit être effectué à des intervalles réguliers
n'excédant pas un mois »
D’autres agents et fonctionnaires ont travaillé depuis plusieurs
années mais ils n’ont jamais reçu le salaire. Cette situation a soulevé tant
de grognes dans le chef de ces agents et de temps à autre, on assiste à
des grèves intempestives. Pour tenter d’apaiser les esprits, l’Etat annonce
6
TSUMBU GBORO, Méthodes de Recherche Scientifique, Cours, inédit, Unibu, L1 fiscalité
et comptabilité, 2015 pp 21
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des augmentations de salaires qui, malheureusement, demeurent
insignifiantes, en plus du retard souvent pris dans leur libération qu’après
les guerres de libération et des rebellions, l’Etat congolais a
progressivement mis sur pieds de mécanismes d’amélioration de
l’enveloppe et zones salariales de ses agents. Les barèmes salariaux ont
été progressivement revus à la hausse, indirectement dans l’esprit des «
accords de Mbudi », dont l’application effective pose encore problème
jusqu’aujourd’hui. L’accord de Mbudi appelé encore contrat social de
Mbudi ou contrat de l’innovation, est un accord signé le 12 février 2004 à
Mbudi, une banlieue ouest de Kinshasa, entre le Gouvernement de
transition de la RD Congo et les syndicats de l’Administration publique et
interprofessionnels. Dans cet accord, le gouvernement congolais s’était
engagé à payer à un huissier 208 $US et au secrétaire général de
l’Administration publique 2080 $US. Depuis ce temps, cet accord n’a
jamais été appliqué, les agents de l’Etat continuent à croupir dans la
misère. Ces situations ne font qu’aggraver les conditions de vie de la
masse laborieuse de la fonction publique.
Une bonne politique salariale est celle qui tient compte de
l’amélioration de condition de vie des travailleurs. En grande partie, les
agents et fonctionnaires de l’Etat en République Démocratique du Congo,
sont des travailleurs pauvres.
La politique salariale appliquée en RDC est inadaptée aux besoins
des agents et fonctionnaires de l’Etat. C’est une politique salariale qui
prolétarise les agents et fonctionnaires de l’Etat. Elle est traumatisante et
place les bénéficiaires dans une situation de paupérisation. Cela fait que
nombreux agents s’adonnent à des pratiques de corruption, de
détournement de deniers publics, de retard et absence au travail, …
Par ailleurs, nombreux sont ces agents et fonctionnaires de l’Etat
mis en service depuis plusieurs années, mais non matriculés ni payés.
D’autres sont matriculés mais non mécanisés.
A Bunia, la pension accordée aux survivants des fonctionnaires par
le biais du bureau provincial de la fonction publique ne permet pas à ces
survivants de consommer, d’épargner et d’investir. C’est une prestation
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sociale insignifiante qu’ils reçoivent ; raison pour laquelle certains la
qualifient du « SIDA », c’est-à-dire Salaire Insignifiant, Difficilement Acquis.
Quelques fonctionnaires, retraités et rentiers ne reçoivent pas leur pension
à causes de sa modicité et son irrégularité, les distances à parcourir pour
toucher cette somme, encore que cette rente ne leur permette pas de
s’épanouir et de bien s’intégrer dans la société.
Compte tenu de l’ampleur du phénomène, dans le but de contribuer
à l’amélioration de la situation sociale des survivants des agents et
fonctionnaires de l’Etat, nous avons jugé utile de réfléchir sur les
questions ci-dessous :
1. Qu’est ce qui explique la mauvaise prise en charge de pensions dues
aux survivants des agents et fonctionnaires de la fonction publique
dans la province de l’Ituri?
2. Le bureau provincial de la fonction publique/Personnel passif en tant
qu'institution chargée d'allouer cette pension remplie-t-elle sa
mission ?
3. Que doit faire l’Etat pour assurer une bonne prise en charge des
survivants des agents et fonctionnaires de la fonction publique de la
province de l’Ituri?
0.3. HYPOTHESE
L’hypothèse est selon RONGERE7 une proposition des réponses aux
préoccupations que l’on se pose à propos de l’objet de recherche formulée
en terme provisoire en sorte que l’observation et l’analyse puissent fournir
une réponse.
Toute étude qui se veut scientifique doit au préalable répondre à
cette exigence notamment la formulation des hypothèses.
Partant des questions posées ;
Nous préjugeons que la mauvaise allocation de pension des
survivants des fonctionnaires de l’administration publique en Ituri
s’expliquerait par la modicité de l’allocation prévue par l’Etat quant
à ce.
7
RONGERE P., Méthode de recherche en science sociale, Paris Dalloz, 1971. P 72
39
Nous croyons que le bureau provincial de la fonction
publique/personnel passif ne remplirait pas convenablement sa
mission du fait que certains bénéficiaires abandonnent leurs
pensions suite au manque d’information sur la disponibilité de ladite
pension ou par lassitude ou encore aux multiples formalités à
observer, aux retenues sur cette modique somme, aux omissions ou
retirés, etc.
Nous pensons que le bureau provincial de la fonction
publique/personnel passif devrait plaidoyer non seulement sur la
modicité de somme versée au titre de pension des retraites et de
rente des survivants mais aussi sur la précarité exécrable dans
laquelle vivent ces personnes. Que le paiement puisse se faire au
moins par de mobil bank (m-pesa, airtel money, etc.) pour essayer
de minimiser le coût des déplacements des bénéficiaires surtout
ceux de l’intérieur, car d’aucuns abandonnent leurs dus, estimant
que le coup de transport est même plus élevé que la pension
allouée ; autant laisser.
0.4. OBJECTIF
0.4.1. Objectif général
L’objectif général de cette étude est de proposer les mécanismes à
mettre en place pour une allocation optimale de pension dues aux
retraités et survivants des fonctionnaires de l’administration publique dans
la province de l’Ituri.
0.4.2. Objectifs spécifiques
Spécifiquement, il s’agira :
- De diagnostiquer le système de paiement de pension due aux
retraités et survivants des fonctionnaires de l’administration
publique dans la province de l’Ituri.
- Analyser les forces et les faiblesses du bureau provincial de la
fonction publique/personnel passif en matière d’allocation de
pension due aux retraités et de rente aux survivants des
fonctionnaires de l’administration publique dans la province de
l’Ituri.
39
- Proposer un mécanisme au bureau provincial/personne passif de la
fonction publique pour simplifier ou améliorer le processus de
remise des prestations sociales aux bénéficiaires.
0.5. CHOIX ET INTERET DU SUJET
Un travail scientifique est toujours suscité par l'existence d'une
inquiétude réelle dans la société, nécessitant une étude approfondie pour
être comprise et, éventuellement, être résolue en totalité ou en partie ; ce
qui signifie que le chercheur, a toujours des mobiles ou d’intérêts qui le
poussent à choisir un sujet d’étude.
De ce fait, le choix de notre sujet a été motivé non seulement pour
sa correspondance à notre domaine de formation universitaire en matière
de gestion du personnel mais aussi, à l’analyse de cette épineuse question
des prestations sociales aux retraité et aux survivants des anciens
fonctionnaire et ce, compte tenu de l’importance humanitaire de ces
prestations sociales aux invalides, aux retraité et aux survivants appelés à
avoir un revenu afin de continuer à survivre même sans travail.
L'intérêt de ce travail réside dans le fait que:
- Sur le plan pratique, nous espérons, par ce travail, apporter notre
contribution dans l'élargissement du champ de la connaissance en
abordant une question aussi préoccupante qu'est la pension de
retraite et des survivants de la fonction publique de la RDC en
général et de la ville de Bunia en particulier qui vivent dans la
misère exacerbée.
- Sur le plan scientifique, il constitue un travail intéressant pour
orienter et aider les chercheurs qui s’intéresseront à cette question
dans les études à venir. En plus, ce travail est un complément aux
théories apprises en gestion des ressources humaines.
0.6. CADRE METHODOLOGIQUE
0.6.1. METHODE
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La méthode est une démarche rationnelle de l'esprit pour arriver à la
connaissance ou à la démonstration de la vérité. Donc la méthode d'une
recherche est considérée comme l'ensemble des opérations intellectuelles
permettant d'analyser, de comprendre et d'expliquer la réalité étudiée 8 .
Dans une recherche scientifique, la méthodologie constitue une
stratégie globale qui permet au chercheur de récolter les données, de les
analyser et de les présenter. Elle comprend les méthodes et les
techniques.
Dans les lignes suivantes, nous allons présenter et justifier la
méthode et les techniques qui nous ont servi dans la collecte des données
et leur traitement. Pour des raisons de commodité, nous commencerons
par la présentation de la méthode, ensuite et enfin viendrons les
techniques de recherche.
Le principe directeur veut que le choix de la méthode soit fonction
de l'orientation du travail, de l'étendue et de l'ampleur de l'investigation
ainsi que, dans une certaine mesure, de la préférence du chercheur.
Ainsi, pour arriver à appréhender notre objet d'étude, la méthode
utilisée est structuro-fonctionnaliste. « L'analyse du système social de
Talcott Parsons part de l'analyse du système de l'action. Celle-ci est
définie comme toute conduite humaine individuelle ou collective,
consciente ou inconsciente. Cette action concerne non seulement les
comportements extérieurement observables, mais également les pensées,
les sentiments, les aspirations, les désirs, etc. 9. »
L'analyse du système social selon le modèle parsonien repose sur
quatre (4) impératifs fonctionnels. En effet, pour exister et se maintenir,
tout système social doit surmonter quatre problèmes d'ajustement que
Parsons appelle les impératifs fonctionnels du système social. Ces
fonctions sont :
- Les fonctions de stabilité normative, pallier des valeurs, de
maintenance qui consiste à s'assurer que les valeurs de la société
soient connues des membres et que ceux-ci soient motivés à
8
LOUBET DELBAYLE Jean Louis, Introduction aux méthodes des sciences
sociales, Editions Privat, Paris, 1978, (3ème réimpression Août 1991)
9
TSUMBU GBORO, Méthodes de Recherche Scientifique, Cours, inédit, Unibu, L1 fiscalité
et comptabilité, 2015 pp 21
39
accepter de se plier à leurs exigences. Cet impératif nous a aidé à
appréhender si les bénéficiaires de la pension des survivants
connaissent son importance et l’acceptent.
- La fonction d'intégration qui consiste à assurer la coordination
nécessaire entre les unités ou partie du système, particulièrement
leur contribution à l'organisation et au fonctionnement de
l'ensemble. Elle correspond aux normes. Cet impératif nous a aidés
à analyser la coordination que le Bureau Provincial/personnel passif
de la fonction publique entretient avec les survivants dès lors qu’elle
est conforme aux normes préétablies.
- La fonction de poursuite des buts (goals attainment) qui est la
définition et l’atteinte d'objectifs pour l'ensemble ou les
composantes. Elle correspond aux collectivités.
Ainsi, cette technique nous permettra d’appréhender les objectifs
visés par l’octroi des prestations sociales.
- La fonction d'adaptation qui est l'ensemble des moyens auxquels le
système et ses membres doivent recourir dans la poursuite des buts.
Elle correspond aux rôles.
Dans le cas qui est le nôtre, il sera question d'analyser l'ensemble
des moyens auxquels le Bureau Provincial de la fonction
publique/personnel passif devaient recourir, en vue de mieux assurer la
poursuite de son rôle de prise en charge des survivants.
0.6.2. TECHNIQUES
La technique est un moyen utilisé pour atteindre un but ; elle se
situe au niveau de faits ou des étapes pratiques. Ainsi, toute étude quelle
que soit sa taille doit recourir à l’utilisation des procédés techniques
opératoires, rigoureux, bien définis, transmissibles, plus concrets, plus
précieux afin d’orienter l’objectif de recherche 10.
Pour récolter les données ; nous avons recouru aux techniques
ci-après :
1. Questionnaires :
10
TSUMBU GBORO, Op. Cit pp 21
39
Dans le cadre de notre étude nous avons fait recours au questionnaire
d’enquête adressé notamment aux responsables du Bureau Provincial de
la fonction publique/personnel passif, les bénéficiaires et les avertis des
desdites prestations sociales. Nous y reviendrons avec force détaille au
troisième chapitre lorsque nous aborderons l’échantillonnage.
1. Technique documentaire
La technique documentaire consiste à rassembler, étudier et
analyser les informations écrites nécessaires pour éclairer ou soutenir le
raisonnement logique.
Cette technique nous a aidé à rassembler, étudier et analyser les
différents documents se rapportant à notre thème de recherche.
2. Technique d’Interview Libre
Elle est une conversation entre l’enquêteur et l’enquêté, où
l’enquêteur pose certaines questions verbales à l’enquêté dans le cadre
de son thème et lui propose de réponse d’une manière non structurée.
L’interview nous a servi à recueillir des informations fiables sachant
que les documents consultés ne pourraient nous fournir seuls toutes les
informations désirées, nous avons interviewé dans ce cas quelques
personnes et pensionnés de la ville de Bunia.
0.7. VARIABLES DE LA RECHERCHE
Outre les variables classiques telles que: âge, sexe, statut etc. nous
avons considéré pour les besoins de l'étude, les concepts suivants:
- Variable indépendante le concept : pension des retraités et rente
des survivants appelé « prestation sociale ».
- Variable dépendante "les retraités, les survivants, le personnel
passif de la fonction publique/Ituri".
0.8. DELIMITATION DU TRAVAIL
Le fait de restreindre son champ d'investigation ne représente pas
une attitude de faiblesse ou de fuite des responsabilités, mais bien plutôt
une loi de la démarche scientifique. De peur de verser dans les généralités
dépourvues de tout caractère scientifique, nous prenons soin de limiter
39
notre sujet, c'est-à-dire de définir le cadre spatial et le cadre temporel de
notre étude.
0.7.1. DELIMITATION TEMPORELLE
Considérant le temps imparti à notre recherche et le souci d'être
plus concis, le présent travail couvre la période allant de 2017 à 2019. Car
2017 est l’année où le problème de paie de la pension des retraités et de
la rente des survivants des agents et fonctionnaires de la fonction
publique en Ituri commençait à se poser avec acuité. Et 2019, coïncide
avec la rédaction de notre Travail de Fin de Cycle.
0.7.2. DELIMITATION SPATIALE
La Province de l’Ituri en République Démocratique du Congo est
notre espace d’étude certes, mais nous nous appesantirons sur la ville de
Bunia. Cette limitation n'exclut pas que nous sortions quelques fois de ce
cadre spatial pour illustrer d'autres faits similaires à travers d’autres villes
du pays.
0.8. SUBDIVISION DU TRAVAIL
Le monde scientifique étant vaste, nous n'avons pas pu aborder le
sujet sous tous ses aspects possibles. Néanmoins, nous nous sommes
efforcés tant bien que mal de saisir l'essentiel du problème.
Il convient de signaler que, hormis l'introduction générale et la conclusion
générale, ce travail se subdivise en trois chapitres :
- Le premier chapitre traite des considérations générales c’est-à-dire
les définitions des concepts et la présentation de notre milieu de
recherche
- Le deuxième chapitre traite de l’approche théorique.
- Le troisième chapitre, qui est également le dernier, se base sur la
présentation des données, l’analyse et l’interprétation des résultats.
39
CHAPITRE PREMIER : LES GENERALITES
Il est question dans ce chapitre d’éclaircir les concepts clés de notre
étude en vue d’éviter tout égarement et incompréhension et de présenter
notre terrain des investigations notamment la ville de Bunia et le Bureau
de la Fonction Publique/personne actifs et passifs.
I.1. DEFINITIONS DES CONCEPTS
Dans ce point nous élucidons les concepts suivants : prestations
sociales, survivants, fonctionnaire, fonction publique et personnel passif.
I.1.1. FONCTION PUBLIQUE
La fonction publique regroupe l’ensemble des agents travaillant
dans les services publics de l’État, des collectivités territoriales et des
établissements publics11.
La fonction publique d’Etat est placée sous l’autorité du Premier
ministre, qui délègue ses pouvoirs au ministre chargé de la Fonction
publique.
Les agents de l’État, soumis aux règles du droit public, comprennent les
agents civils et les agents militaires. Tous n’ont pas la même situation
juridique et tous ne sont pas fonctionnaires; c’est le cas notamment des
agents contractuels.
La fonction publique territoriale regroupe l’ensemble des emplois
des collectivités territoriales (Province, Ville, Communes, Chefferie et
Secteurs, régions), de leurs établissements publics et des structures
intercommunales.
11
MUKOKA N'SENDA ; « Quelle reforme pour l'administration ? », in : ANALYSE SOCIALE, vol.3, n°1, Kinshasa,
1986
39
La fonction publique des établissements publics regroupe les agents
assimilés des établissements publics d’éducation, de santé, publique, de
la recherche, de génies civils, ainsi que les cadres des établissements
publics commerciaux et industriels.
I.1.2. FONCTIONNAIRE
Le mot fonctionnaire12 de l'Etat dérive d'un autre terme : La fonction
publique. Cette dernière désigne un ensemble de personnes travaillant,
sous certaines juridictions ou dans un cadre intergouvernemental, au sein
des administrations publiques. Ainsi, toute personne travaillant dans la
fonction publique est appelée fonctionnaire.
Les expressions « fonction publique » et « fonctionnaires » désignent
couramment un ensemble plus vaste de personnes travaillant pour des
services publics ou d'utilité générale
Un fonctionnaire est défini par la nature publique de son employeur,
sa titularisation et la permanence de l’emploi occupé. Il travaille dans les
administrations centrales de l’État, les services extérieurs à l’arrière-pays,
les établissements publics de l’État et dans les collectivités territoriales.
La situation du fonctionnaire est obligatoirement définie par un
statut législatif et réglementaire qui ne peut pas être modifié par des
actes contractuels.
Les fonctionnaires sont soumis au statut général de la fonction
publique, c’est-à-dire à un ensemble des textes législatifs et
réglementaires qui déterminent les principes communs du travail dans la
fonction publique (conditions de recrutement, de travail, de rémunération,
droits et obligations du fonctionnaire, etc.).
I.1.3. PERSONNEL PASSIF13
Par personnel passif en RDC, il faut entendre un agent qui cesse
définitivement ses services pour une cause autre que le décès ou
l’inaptitude professionnelle constatée et, qui a droit, d’une part, à une
12
BEDO G., « Fonctionnaire élus : disponibilité ou détachement ? », La lettre du Cadre
Territorial, n°355,15 Mars 2008, p, 36-37.
13
Loi n° 16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents de carrière des services publics de l’Etat
39
pension de retraite lorsqu’il a accompli une carrière de vingt-cinq ans au
moins, et, d’autre part, à une promotion à titre honorifique s’il a une
ancienneté de trois ans au moins dans le même grade et s’il a obtenu la
mention supérieure ou égale à « Très bon » au cours de trois dernières
années.
I.1.4. PRESTATION SOCIALE14
Pour mieux comprendre ce terme, il serait souhaitable de savoir tout
d’abord la signification du terme : « prestation ». En effet, une prestation
est un versement effectué au profit d'un membre d'un fonds de pension
(ou de ses ayants droit) après le départ à la retraite.
Selon la loi n° 16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents de
carrière des services publics de l’Etat en République Démocratique du
Congo, le terme prestations vise tous paiement au titre d’allocation
pensions, rentes et autres avantages sociaux, y compris tous suppléments
ou majorations éventuels;
Ainsi, une prestation sociale est l'ensemble des droits ouverts
auprès de la sécurité sociale ou de la fonction publique passives par les
assurés sociaux ou leurs ayant-droits, soit en nature soit en espèces 15 ».
1. PRESTATIONS SOCIALES DES ACTIFS
L’agent en cours de carrière bénéficie des prestations sociales
suivantes16 :
1. les allocations familiales pour enfants à charge ;
2. les frais médicaux et soins de santé ;
3. l’indemnité de logement ;
4. l’allocation d’invalidité ;
5. les frais funéraires ;
6. les frais d’équipement ;
7. les crédits et l’avance sur traitement ;
8. l’indemnité de transport et les frais de voyage ;
9. le pécule de congé.
a) allocations familiales :
14
M.GRAWITZ, Lexique des sciences sociales Ed. Dalloz 2000 P378
15
ACTUARIA. Etude actuarielle de la Caisse Générale de Retraite des Agents de l'Etat. Paris : 9 avril 2008
16
loi n° 16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents de carrière des services publics de l’Etat
39
L’allocation familiale prend effet le premier jour du mois au cours
duquel se produit l’événement qui en donne lieu si celui-ci se situe après
l’entrée de l’agent au service de l’Etat. Elle est due et acquise pour tout
mois commencé; elle est liquidée en même temps que le traitement.
Entrent en ligne de compte pour l’octroi des allocations familiales:
1. le conjoint;
2. les enfants de l’agent ;
3. les enfants adoptifs ;
4. les enfants pour lesquels l’agent est débiteur d’aliments ;
5. les enfants dont l’agent a obtenu la garde à la suite d’un divorce ;
6. les enfants sous tutelle.
Les enfants sont pris en considération pour l’octroi de l’allocation
familiale jusqu’à l’âge de dix-huit ans accomplis, pour autant qu’ils soient
à charge de l’agent. Au-delà de cet âge et jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans,
l’allocation familiale n’est plus accordée que si les enfants poursuivent des
études, s’ils sont en apprentissage non rémunéré ou s’ils se trouvent, en
raison de leur état physique ou mental, dans l’impossibilité de pourvoir à
leur subsistance.
b) Des frais médicaux et des soins de santé
L’agent bénéficie des frais médicaux, des soins de santé,
chirurgicaux, obstétricaux, dentaires, ophtalmologiques et hospitaliers
ainsi que des médicaments, des lunettes médicales, des appareils
d’orthopédie et de prothèse, des prothèses dentaires, nécessités par son
état de santé, par celui de son conjoint et celui des enfants entrant en
ligne de compte pour l’octroi des allocations familiales.
Les soins ne sont pas dus lorsque le bénéficiaire séjourne à
l’étranger, sauf s’il s’y trouve pour raison de service ou de mission ou s’il a
été autorisé à s’y rendre pour le motif que les soins requis ne peuvent être
donnés au pays.
c) de l’indemnité de logement
L’agent qui n’est pas logé gratuitement par son service bénéficie
d’une indemnité conséquente de logement liquidée mensuellement avec
le traitement.
39
Le taux de l’indemnité de logement est fixé par règlement
d’administration revu périodiquement en fonction du coût réel de loyer sur
le marché.
d) de l’allocation d’invalidité
L’agent mis en disponibilité pour cause de maladie ou d’infirmité a
droit à une allocation d’invalidité lorsque son incapacité de travail résulte
d’une maladie professionnelle ou d’un accident survenu dans/ou à
l’occasion de l’exercice de ses fonctions.
Le montant de l’allocation est égal aux 3/4 du dernier traitement
annuel d’activité de l’agent.
e) des frais funéraires
En cas de décès de l’agent, du conjoint, d’un enfant entrant en ligne
de compte pour les allocations familiales, l’Etat prend en charge le coût du
cercueil, du linceul, les frais de transport et d’inhumation de la dépouille
mortelle.
f) des frais d’équipement
L’agent bénéficie au moment de son recrutement des frais
d’équipement dont les modalités d’octroi sont déterminées par règlement
d’administration.
g) Des crédits et de l’avance sur traitement
Il peut être alloué à l’agent en cours de carrière une avance sur
traitement et/ou un crédit pour l’achat d’un bien meuble ou immeuble
dont les conditions et les modalités d’octroi sont déterminées par
règlement d’administration.
h) des frais de transport et de voyage
Le service assure à l’agent son transport pour les déplacements de
service.
Il le fait, soit par la mise à sa disposition d’un titre ou d’un moyen de
transport, soit par l’octroi d’une indemnité compensatoire mensuelle.
L’Etat intervient également dans les frais de transport de l’agent et
des membres de sa famille dans les conditions suivantes :
1. pour permettre à l’agent et aux membres de sa famille
séjournant avec lui, de rejoindre son poste de travail en cas de
39
mutation ou se rendre à son lieu de résidence habituelle lors
de la retraite ;
2. pour permettre aux membres de la famille de l’agent de
rejoindre le lieu de domicile lorsque celui-ci décède dans une
position autre que le détachement.
L’agent démis de ses fonctions ne bénéficie pas des frais de
déplacement pour se rendre au lieu de son domicile. Il en est de même
pour les membres de sa famille.
i) Du pécule de congé
L’agent bénéficie d’un pécule de congé dont les conditions et les
modalités sont fixées par le règlement d’administration sur proposition
conjointe des ministres ayant la fonction publique, le budget et les
finances dans leurs attributions. Ce pécule lui est versé au moment du
départ en congé.
2. PRESTATIONS SOCIALES DES PASSIFS
Elle désigne tous les mécanismes de prévoyance collective qui
permettent aux individus ou aux ménages de faire face financièrement
aux conséquences des risques sociaux. Il s'agit de situations pouvant
provoquer une baisse des ressources ou une hausse des dépenses
(vieillesse, maladie, invalidité, chômage ...) 17.
Cette prestation est en terme soit de pension de vieillesse, soit de
pension de veuvage, soit de pension d'invalidité, soit en terme de pension
de survivant etc.
Dans le cadre de notre étude, nous nous focalisons seulement à la
pension des survivants qui fait partie des prestations sociales des agents
passifs.
I.1.5. DE LA PENSION
L’agent qui cesse définitivement ses services pour une cause autre
que le décès, la démission d’office ou la révocation, a droit d’une part, à
une pension de retraite lorsqu’il a accompli une carrière de vingt-cinq ans
au moins, et d’autre part, à une promotion à titre honorifique s’il a une
ancienneté de trois ans au moins dans le même grade et s’il a obtenu la
17
M.GRAWITZ, Lexique des sciences sociales Ed. Dalloz 2000 P 378
39
mention supérieure ou égale à « Très bon » au cours de trois dernières
années18.
L’agent reconnu définitivement inapte au service et licencié pour
inaptitude physique à droit à une pension si l’inaptitude résulte :
1. d’une maladie professionnelle ou d’un accident de travail quelle que
soit la durée de la carrière de l’intéressé;
2. d’une maladie non professionnelle ou d’un accident autre qu’un
accident de travail et si l’intéressé compte au moins 10 ans de
carrière.
Toutefois, aucune pension n’est due si l’inaptitude résulte d’un
risque auquel l’agent s’est volontairement exposé ou si elle est imputable
à son refus ou à sa négligence de se soumettre à un traitement médical
préventif.
La réalité de maladies ou d’infirmités, leur imputabilité au service,
l’inaptitude définitive au service sont appréciées par une commission
médicale.
L’agent retraité perçoit les allocations familiales pour chacun des
enfants à sa charge, pour autant que ces derniers soient nés avant ou
neuf mois après la cessation définitive des services.
I.1.6. SURVIVANT
Il faudrait tout d’abord entendre par survivant, les conjoints et les
orphelins d'un assuré social salarié décédé en activité et ouvrant droit à
une pension d'invalidité ou de vieillesse au moment de son décès ou ayant
été de son vivant titulaire d'une pension. 19
I.1.7. DE LA RENTE DE SURVIE ET DE L’ALLOCATION DE DECES
Le conjoint survivant de l’agent a droit à une rente viagère de
survie si :
1. le conjoint est décédé en cours de carrière ;
2. le conjoint décédé était titulaire d’une pension de retraite ou
d’inaptitude, à la condition que le mariage ait précédé la
cessation définitive des services.
18
Décret-loi organique de la sécurité sociale du 29juin 1961 Article 15
19
www.fr.m.wikipedia.org/wiki/survivant
39
Toutefois, le conjoint conserve ce droit s’il a, à sa charge un enfant
mineur, créancier d’allocations familiales.
Le montant de la rente du conjoint est égal à :
- vingt-cinq pourcent du montant annuel du dernier traitement
d’activité de l’agent, si celui-ci est décédé en cours de carrière;
- cinquante pourcent de la pension de l’agent, si celui-ci est décédé
étant retraité.
L’orphelin d’un agent a droit à une rente d’orphelin jusqu’à l’âge de dix-
huit ans.
Peut y prétendre ;
1. l’enfant de l’agent, à condition qu’il soit né avant ou neuf mois après
la cessation définitive des services ;
2. l’enfant adopté légalement par l’agent, à condition que l’acte
d’adoption ait précédé la cessation définitive des services ;
3. l’enfant que le conjoint a retenu d’un précédent mariage, à condition
que le mariage avec l’agent qui a ouvert le droit à la rente d’orphelin
ait été contracté avant la cessation définitive des services et que
l’enfant ait donné lieu à l’attribution d’allocations familiales ;
4. l’enfant sous-tutelle de l’agent, à condition que la tutelle ait été
déférée avant la cessation définitive des services et que l’enfant ait
donné lieu à l’attribution d’allocations familiales.
Par dérogation au premier alinéa, l’orphelin qui poursuit
normalement ses études, celui qui est en apprentissage non rémunéré, ou
encore celui qui, en raison de son état physique ou mentale, est dans
l’impossibilité de pourvoir à sa subsistance, a droit à la rente jusqu’à l’âge
de vingt-cinq ans.
Le montant annuel de la rente d’orphelin par enfant est égal à :
1. Quatre pour cent du montant annuel du dernier traitement d’activité
de l’agent si celui-ci est décédé en cours de carrière;
2. Dix pour cent de la pension de l’agent si celui-ci est décédé retraité.
Le droit à la rente du conjoint survivant est incessible. Le conjoint qui
se remarie est déchu du droit à la rente.
39
Lorsque le barème des traitements attachés aux grades des agents en
activité de service subit une augmentation générale, les rentes sont
revues dans une proportion identique.
La rente est acquise par mois. Elle prend cours le premier jour du mois
qui suit le décès de l'agent. Elle n’est pas imposable.
I.2. PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE : VILLE DE BUNIA
Dans ce point, il est question de présenter notre milieu d’étude pour
éviter tout égarement. Ainsi nous aurons à fournir des éléments
historique, géographique, démographique et politico-administratif de la
ville de Bunia.
I.2.1. HISTORIQUE DE LA VILLE DE BUNIA
L’origine de la ville de Bunia remonte à 1912, l’année à laquelle sa
renommée fut vantée aux autorités blanche d’Irumu par les colons belges
voyageant. C’est l’époque où MBUNYA fut le chef du grand village
KINDABARA localisé actuellement entre le parquet et le pont Lokorto.
L’historique de la ville de Bunia peut être résumé comme suit :
- En 1910, par selon l’Arrêté Ministériel du Gouvernement Général du
Congo Belge du 07/03/1910, le District de l’Ituri était divisé en
Territoires, Secteurs et Postes, dans lequel MBUNYA est reconnu
comme Chefferie dépendant du Secteur KILO.
- En 1912, la renommée de MBUNYA la fait inscrire dans les annuaires
du territoire d’Irumu. Du coup, des colons commencèrent à
s’installer et investir à MBUNYA. D’autre part, le District de l’Ituri fut
créé par un arrêté du Roi des Belges.
39
- En 1917, il y a eu le tracé de premières avenues du Centre extra
coutumier de Bunia. Vers 1940, les parcelles bâties en matériaux
durables ne couvraient encore qu’environ 0.5 hectares. La
circonscription urbaine dont le noyau avait été établi dans le village
Kindabara, et qui ne s’étendait qu’au niveau du bâtiment actuel de
la Poste et ses environs, continuait de s’agrandir, mais lentement.
Ce n’est qu’à partir de 1940 que la circonscription urbaine a
commencé à prendre forme et les habitants commencèrent à
s’installer le long de l’axe principal, l’actuel Boulevard de Libération.
- En 1943, l’arrivée des Grecs fuyant la guerre a largement contribué
au développement du commerce et à une nouvelle extension de
l’habitat.
L’ordonnance n° 426/Affaires intérieures et Main-d’œuvre (AIMO) du 22
Décembre 1947, entrée en vigueur le 1 er janvier 1948, a érigé Bunia en
chef–lieu du Territoire d’Irumu.
En 1948, le chef-lieu du Territoire d’Irumu a été transféré d’Irumu à
Bunia, ce qui a motivé un vaste programme de construction d’un grand
nombre de bâtiments (Bureaux pour les services de l’Etat, Maisons de
cadres administratifs, les magasins, les boutiques, etc.) Vers 1956, par
l’ordonnance No 21/379 du 10 décembre 1955, Bunia va bénéficier des
constructions, dont le complexe administratif du District, le Tribunal de la
cité, la cité-dortoir des fonctionnaires européens, etc.
Aujourd’hui, petit à petit, les activités menées par la population de
la ville de Bunia font qu’elle s’élargisse davantage du point de vue
socioéconomique et administratif. A présent, Bunia chef-lieu de la
province de l’Ituri, est une ville dirigée par un maire.
I.2.2. SITUATION GEOGRAPHIQUE
Avec une superficie de 5.760 ha, soit 576 km2, la ville de Bunia est
entourée de la chaîne de montagne des Monts Bleus. Sa température
moyenne varie entre 23º et 28ºC.
39
Cette ville se trouve dans un climat tropical humide fortement
influencé par l’altitude qui fait qu’il y ait un sol fertile, et cela favorise la
production agricole et l’élevage.
La ville de Bunia est limitée:
- au nord par la Chefferie des Baboa-Bokoe à Miala ;
- à l'est par la Chefferie des Bahema/ Banywagi ;
- au sud par les Chefferies des Baboa-Bokoe et Basili ;
- à l'ouest par les Chefferies des Baboa-Bokoe et Bahema d'Irumu.
I.2.3. HYDROGRAPHIE
La ville de Bunia est drainée par quelques cours d’eau, dont les
principaux sont la rivière Ngezi et la rivière Nyamukau, ainsi que leurs
affluents comme Mbogu, Nyargimba, Rwambuzi, Katale et Bigo, se
canalisant dans la rivière Shari. La rivière Nyamukau se jette dans la
rivière Ngezi et Ngezi à son tour se jette dans la rivière Shari où est érigé
le barrage hydroélectrique de Budana qui alimente la ville en énergie
électrique (OBEDI, P., 2009 : 3)
. En plus, la population de la ville de Bunia bénéficie de la
consommation de l’eau de la REGIDESO, NGONGO, ainsi que des eaux des
puits de forage.
I.2.4. SUBDIVISION ADMINISTRATIVE
La ville de Bunia est créée par l’arrêté provincial
N°01/JAP/056/CAB/PROGOU/P.I./2017 de la 18/07/2017, portant création et
délimitations des quartiers dans les communes de Bunia. Les quartiers
sont alignés comme suit:
1. COMMUNE MBUNYA
LUMUMBA ; YAMBI YAYA ; NGEZI ; BANKOKO ; OPASI ; DELE ; BAKONGOLO
et HOHO.
2. COMMUNE DE NYAKASANZA
NYAKASANZA I ; NYAKASANZA II ; RWANKOLE ; RWAMBUZI ; RWAMBUZI
FICHAMA ; KINDIA ; SUKISA ; SAIO ; BEMBEYI et SALONGO
3. COMMUNE DE SHARI
BIGO ; SIMBILYABO ; MUDZI-MARIA; KASEGWA; LEMBABO et NDIBAKODU
39
Tableau I : Les chefs de cité et Maire de Bunia, des origines à ce
jour :
No NOMS ET POSTNOMS SEXE DEBUT FIN FONCTION
1 DONATO SITAKI M 1945 1962 Chef de la cité
2 LOBHO DJUGUDJUGU M 1962 1968 Chef de la cité
3 BAHEMUKA NESTOR M 1968 1971 Chef de la cité
4 NGODJA DEMA EWA M 1972 1981 Chef de la cité
5 MONGAY MO BOEKELA M 1986 1989 Chef de la cité
6 YALUNGU LOSEMBE LOBANGA M 1990 1996 Chef de la cité
7 SITAKI BENAIGWE Jean M 1996 25 /05/ 1997 (3 Mois) Chef de la cité
8 SUGABO MBULABO Gilbert M 1997 2003 Chef de la cité
9 LEBISABO NIKANAGWA M Févr-03 Juin-03 Chef de la cité à .i
10 SIMBILIYO DUKA Floris M 30 juin 2003 28/08/2008 Chef de la cité
11 Edmond TONDANA PAKIRABO M Du 28 /08 /2008 Fin mars 2009 Chef de la cité a. i
12 Pascal NDUDANGA KAVARIOS M Avr-09 28-nov-11 Chef de la cité a. i
13 Serge LOSSA BINGI M 28/nov./2011 06/11/2012 Chef de la cité a. i
14 Ferdinand FIMBO LEBILYE M 06/11/2012 A nos jours Maire de la ville
Source : Annale de la MAIRIE, 2015.
I.2.5. SITUATION DEMOGRAPHIQUE
Bunia est une ville dont le climat est agréable. Elle est cosmopolite
du fait de forte concentration des différentes couches ethniques venant de
39
toutes les provinces de la RDC ainsi qu’un petit nombre des étrangers,
notamment ceux travaillant à la MONUSCO, aux ONG Internationales, aux
mines (Chinois) et au clergé, contribuant également à la marche de l’Ituri.
La densité moyenne de la ville de Bunia serait de 587 Ha/Km². La langue la
plus parlée est le Swahili ».
Par ailleurs, Bunia heberge plusieurs tribus originaires et des
environs tels que BIRA, LENDU, NGITI, HEMA-NORD, HEMA-SUD, LESE,
NYALI, ALUR, LUGBARA, KAKWA, NDO OKEBO, NDO KALIKO, BBALE etc.
Depuis l’année 2005, la population de Bunia connait une croissance
pour les raisons ci-après : le retour des différentes familles ayant fui la
guerre, les naissances, les mutations des agents administratifs, la pratique
du commerce et d’élevage, etc. Cette population vit essentiellement des
activités agro-pastorales et du commerce. Au cours de cette dernière
décennie, une large majorité des jeunes s’est orientée dans diverses
activités du tertiaire : taxi-moto, travaux d’orpaillage, l’artisanat,
commerce ambulatoire et autre. (Secrétariat de la Mairie de Bunia, 2017-
2018).
I.2.6. SITUATION ECONOMIQUE
Bunia est une ville commerciale regroupant plusieurs opérateurs
économiques. La grande partie des produits de consommation livrés sur
les marchés provient essentiellement des régions environnantes, voire
lointaines (tels que Mahagi, Aru, Mambasa, du Nord-Kivu, etc.,)
On trouve des denrées alimentaires de toutes les espèces
provenant de la pêche, de l’élevage, des produits manufacturés. Le petit
commerce des denrées alimentaires est concentré dans les différents
marchés publics organisés par l’administration locale. Ces produits sont
vendus aux marchés, dans les magasins, les boutiques et les étalages. Il
existe aussi des comptoirs d’achat de l’or. Plusieurs portes de sortie vers
les pays voisins favorisent les commerces transfrontaliers et
internationaux. Les opérations financières dans les banques commerciales
telles que la FIBANK, FBNBANK, RAWBANK, BCDC, BGFIBANK et SMICO
39
ainsi que les institutions de micro-finance comme MECRECO, la CADECO,
favorisent le placement et l’octroi des crédits à leurs clients.
a) Secteur agricole
Nous distinguons deux sortes d’agricultures, à savoir l’agriculture
traditionnelle et l’agriculture moderne mécanisée.
L’agriculture traditionnelle ; fournit la nourriture à la population en
général et aux paysans en particulier dans un système
d’autoconsommations cette forme d’agriculture est caractérisée par
l’application des techniques agricoles rudimentaires et archaïques.
L’agriculture moderne mécanisée ; fournit sa production non
seulement à la consommation locale ; mais aussi à l’industrie et au
commerce d’export.
A Bunia ; l’agriculture traditionnelle marque une certaine primeur ;
car elle se pratique dans les zones périphériques de la ville à l’aide des
matériels aratoires. La production se voient à travers les ventes des
produits frais des maraichers (tels que les aubergines ; les poireaux ; les
choux ; les amarantes ; les courges ; les patates douces ; les ignames ;
etc.) et des vivres (tel que les maïs et les haricots) sur les marchés de la
ville de Bunia en mode fixe ou ambulatoire.
En dépit de la présence des quelques machines agricoles
appartenant aux organisations non gouvernementale PPAS-Green-House
et celles distribuées par le programme de relance agricole du
gouvernement gérée par le Service National de la Mécanisation Agricole
(SENAMA) l’usage et l’impact de ces engins ne sont pas visibles.
Suite aux problèmes d’insécurité en Ituri, on observe à ce jour les
actions d’assistance humanitaire des organisations humanitaires
internationales dans le secteur agricole, entre autre le Programme
Agricole Mondial et r l’Agence de nations unies pour l’agriculture « FAO ».
b) Secteur de transports et communication
Il est constitué des sociétés et des agences qui rendent services
aux habitants de Bunia grâce aux moyens de transport ou de
communications qu’elles mettent à sa disposition.
1. transport
39
Il existe à Bunia deux types de transport à savoir :
a) Le transport par voie aérienne : le transport aérien es assuré par les
aéronefs de la MONUSCO, de CAA; de Congo Airways, de MAF et des
organismes internationaux (Union Européenne, Croix-Rouge, ASF,
PAM, etc.,) qui assurent le transport des passagers et des
marchandises ; ils permettent la communication en reliant plusieurs
coins de la République Démocratique du Congo et de l’étranger.
b) Le transport par voie routière marqué par un trafic dense des engins
roulants tous cabarets, appartenant aux particuliers, aux
commerçants aux Organisations Non Gouvernemental, etc., le
transport en commun n’est pas encore organisé toutefois, la ville est
largement dominée par les transports motorisés.
2. Communications
Au nombre des voies de communications, la ville de Bunia dispose
d’un aéroport ne répondant pas aux standards internationaux. Plutôt que
d’être bétonné, la piste d’atterrissage est simplement asphaltés, d’où
l’impossibilité de recevoir les avions à réacteurs.
c) Secteur industriel
Dans ce secteur nous retrouvons deux grandes menuiseries
industrielles appartenant au missionnaire du diocèse de Bunia ; nous
citons la menuiserie industrielle de Bunia et celle d’ALFAJIRI.
Elles transforment les planches de bois en pièce d’ébénisterie en
vue de fabriquer essentiellement les meubles et autres accessoires de
décoration des maisons dans cette série nous pouvons incorporer d’autres
ateliers de traitement de bois des quelques particulier qui possèdent de
machine de tours de bois. Il n’y a notamment plusieurs petites usines de
fabrication des savons : savons, pâtisserie et boulangerie, de fabrication
des vins et autres.
d) Les divers équipements de la ville de Bunia
Les équipements d’infrastructures et de super infrastructure sont
repartis in-équitablement sur l’ensemble de la ville de Bunia. Mais c’est
dans le quartier Lumumba que ces équipements sont plus représentés et
voici les équipements de la ville de Bunia.
39
1. Equipement commerciaux
La fonction commerciale est considérable dans toute la ville de
Bunia ; mais c’est au quartier Lumumba qu’on retrouve le grand marche
de Bunia ; avec ces quelques galeries en pleine essor de construction ; un
grand nombre de magasin ; les pharmacies ; les boutiques ; les kiosques ;
les dépôts de produits et les étalages constituants ainsi les principaux
équipements de commerce.
C’est dans le centre des affaires que se concentrent les magasins. Il
convient cependant de signaler que dans chaque quartier, il existe de
rond-point constitue en petit marche où se concentre des boutiques ou
des étalages. Ces équipements constituent des pôles d’attractions de la
population et certains activités telles que les pousse-pousse ; les tresses ;
la couture ; le taxi ; le marché pirate, etc. y sont très développés.
2. Equipements industriels
Ces industries sont parsemées dans les quartiers Lumumba
Nyakasanza et Mudzipela y compris la menuiserie industrielle du Diocèse
de Bunia, l’atelier mécanique de l’institut ALFAJIRI dans le quartier
Nyakasanza et enfin l’imprimerie diocésaine du quartier Mudzi-pela. Nous
pouvons cependant inclure dans énumération le barrage hydroélectrique
de Budana. Il existe aussi plusieurs menuiseries artisanales, des garages,
des lavages industriels et autres.
3. Equipements sanitaires, scolaires et religieux
Dans le domaine sanitaire, nous les principales formations
médicales sont l’Hôpital Général de Référence de Bunia, le Centre
Medicale Evangélique, le Centre Hospitalier Rwankole, Salama et
Commune, les Clinique Babenda, Benedict, CMAM, Universel, Top santé,
etc.,
Quant aux restes des structures sanitaires cela va des Hôpitaux de
référence, des Cliniques aux dispensaires, centre de santé et pour finir aux
poste de santé. Cependant les centres de santé et les dispensaires sont
les plus nombreux et se retrouvent disséminé sur l’ensemble de la ville de
Bunia.
39
Quant aux écoles celles-ci sont tenues dans divers bâtiments allant
de plus beaux aux plus délabrés. Ces équipements sont présents dans
tous les quartiers. La majorité de ces établissements sont conventionnés
catholique, protestante, musulmane et kimbanguiste. Et comme pour le
logement, ce sont les habitats qui érigent les écoles privés.
L’administration publique ne dispose que les écoles construites avant
l’indépendance, dont certaines sont délabrées.
Enfin, Bunia est dotée de plusieurs Institut Supérieur et Université
privé, mais seuls l’Université de Bunia (UNIBU) et Institut Supérieur
Pédagogique de Bunia (ISP-Bunia), Institut Supérieur de Commerciale,
ISDR, IBTP, ISTM Bunia.
Concernant les édifices religieux, on assiste à travers la ville de
Bunia à une prolifération des églises et des sectes religieuses. Ces
assemblées se tiennent dans des grands bâtiments et même dans des
hangars.
4. Equipements socioculturels et récréatifs
Les équipements socio culturels sont peu nombreux sur l’ensemble
de la ville de Bunia. A part les bibliothèques propres des institutions
universitaires et institut supérieurs, seule la bibliothèque de Pères Blancs
offre sa disponibilité à tous les lecteurs écoliers, élèves, étudiants et
chercheurs.
Quelques hôtels construits aux normes architectures modernes
commencent à voir le jour dans la ville de Bunia changeant ainsi la vision
archaïque de ce domaine d’hôtellerie. Cependant la ville est pleine de
petits cinés, des barres et des petits hôtels.
5. Equipements judiciaires
La ville de Bunia est dotée de plusieurs institutions civiles,
militaires et policières, chargées de gérer les matières relatives à la
sécurité et à l’ordre public. Mais Bunia est aussi le chef-lieu de la province
de l’Ituri par conséquent, elle abrite les grandes institutions telles que le
tribunal de grande instance, la cour d’ordre militaire, l’ANR, l’Etat-major
militaire et de la police. Par ailleurs, dans majorité de quartiers il existe de
détachement d’unité de la police.
39
6. Les services étatiques
La ville de Bunia est située dans la province de l’Ituri. Le Bureau de
la province est un bureau de l’Etat qui gère tous les services étatiques au
niveau de son ressort. Ceci veut dire que tous les services organisés au
niveau de la nation s’organisent aussi au niveau de la province excepté
quelques services tels que les affaires étrangères. Toutefois, le service
d’immigration au niveau de la province octroie le visa de séjour pour une
durée bien déterminée.
Il convient de signaler l’existence des plusieurs services
percepteurs des recettes de l’Etat, à savoir le service des Douanes et
Assises DGDA en Sigle, le service des impôts avec une Direction à Bunia,
la DGRAD, la DGRPI, DGI, FFN, CNPR, etc. . Apres une simple observation,
il est possible de constater que Bunia est une ville administrativement
dirigée par un maire de la ville.
Une position géographique très favorable à l’agriculture et
l’élevage, environs 60000 habitants de Bunia s’en donnent à ce secteur
pour subvenir aux besoins alimentaires et économiques.
Une activité commerciale très Florissante, on trouve dans le
marché les produits de champs, les produits de pêche et d’élevage, les
bois, les produits manufacturés de toute nature, les comptoirs d’achat
d’or, … Dans ce secteur commerciale , on trouve les activités liés aux
transports, les agences en Douane, les cabinets d’avocat et défenseur
judiciaire, les cabinets d’expert-comptable et financier, les vendeurs des
unités pour les communications Téléphoniques, les photographes, etc..
La Structure éducationnelle dans la cité de Bunia permet un
encadrement à tout le niveau. Du primaire à l’Université en passant par le
secondaire, la cité dispose de plusieurs structures éducationnelles offrant
plusieurs compétences
39
CHAPITRE DEUXIEME : APPROCHE THEORIQUE
Dans ce chapitre nous essayons d'expliquer brièvement les
prestations sociales dues aux agents passifs à la lumière des théories
sociales en la matière et les textes régissant et organisant ces prestations
en République Démocratique du Congo; nous faisons également une
aperçue sur le bureau de la fonction publique de la ville de Bunia qui gère
le personnel passif.
II.1. DE LA SECURITE SOCIALE20
En République Démocratique du Congo comme dans beaucoup
d’autres pays du monde, Il est institué un régime de sécurité sociale
couvrant le service:
- des prestations en cas d’accident du travail et de maladie
professionnelle (branche des risques professionnels);
20
Les codes LARCIER, République Démocratique du Congo, TOME IV Droit du travail et de la sécurité sociale,
Bruxelles, Afrique éditions, 2003.
39
- des pensions d’invalidité, de retraite et de décès (branche des
pensions);
- des allocations familiales (branche des allocations familiales);
- de toutes autres prestations de sécurité sociale à instituer
ultérieurement en faveur des travailleurs salariés.
Sont obligatoirement assujettis au régime de sécurité sociale :
1. les travailleurs soumis à la réglementation relative au contrat de
louage de services, ainsi que les bateliers, sans aucune
distinction de race, de nationalité, de sexe ou d’origine, lorsqu’ils
sont occupés en ordre principal sur le territoire national, pour le
compte d’un ou plusieurs employeurs, quels que soient la nature,
la forme, la validité du contrat ou le montant et la nature de la
rémunération.
2. les marins immatriculés au Congo, engagés à bord de navires
battant pavillon congolais. Toutefois des accords de réciprocité
pourront être conclus, ayant pour effet d’exclure du champ
d’application du présent décret-loi les marins ressortissants des
pays cosignataires de ces accords et naviguant sous pavillon
congolais ou d’y inclure les marins congolais naviguant sous le
pavillon desdits pays.
3. les salariés de l’État, des provinces et des pouvoirs subordonnés
ne bénéficiant pas, en vertu des dispositions réglementaires, d’un
régime particulier de sécurité sociale.
II.1. PRESTATIONS SOCIALES ACCORDES APRES LA CESSATION
DEFINITIVE DES SERVICES
II.1.1. DE L’ALLOCATION DE FIN DE CARRIERE
Tout agent qui, pour une cause autre que le décès, la démission
d’office ou la révocation, cesse définitivement ses services après avoir
accompli une carrière de vingt-cinq ans au moins, reçoit une allocation de
fin de carrière.
Le montant de l’allocation de fin de carrière est égal à deux quarts,
trois quarts ou quatre quarts du montant annuel du dernier traitement
d’activité selon que l’agent a accompli une carrière de moins de trente
39
ans, de trente ans à moins de trente-cinq ans ou de trente-cinq ans au
moins.
Tout agent licencié reçoit également une allocation de fin de carrière
dont le montant est égal au traitement de 1, 2 ou 3 mois selon que l’agent
a accompli une carrière de 6 à 11 ans, de 12 à 17 ans ou de 18 à 24 ans.
L’allocation de fin de carrière est exempte de toute imposition
fiscale.
Lorsque l’agent décède avant le paiement de l’allocation de fin de
carrière, celle-ci est soumise aux dispositions du Code de la famille
relatives aux successions.
II.1.2. PENSION
1. PENSION DE RETRAITE
Le droit à une pension de retraite s’ouvre à l’âge de 65 ans pour les
hommes et de 60 ans pour les femmes, en faveur de l’assuré qui a cessé
toute activité salariée et qui justifie d’au moins 60 mois d’assurance ou de
période assimilées au cours des 40 derniers trimestres civils, précédant
celui au cours duquel il a atteint l’âge d’admission à la pension. L’âge
normal d’admission au bénéfice d’une pension de retraite est
provisoirement fixé à 55 ans.
Le montant annuel de la pension de retraite est égal à autant de
60ème de la rémunération mensuelle moyenne que l’assuré compte de
mois d’assurance sans pouvoir être inférieur à 50 % du salaire minimum
légal annuel le plus élevé de la première catégorie (premier échelon) de la
classification générale des emplois en vigueur.
L’assuré qui, ayant atteint l’âge d ’admission au bénéfice d’une
pension de retraite et ayant cessé toute activité salariée, compte moins de
60 mois d’assurance ou de périodes assimilées au cours des 40 derniers
trimestres civils, bénéficie d’une allocation unique égale à dix fois le
montant annuel de la pension de retraite à laquelle il aurait eu droit cri
raison de la durée de son assurance s’il avait rempli ces conditions de
stage,
Toutefois, l’allocation unique ne peut être inférieure à la moitié de la
pension annuelle minimale
39
La rémunération mensuelle moyenne s’obtient en divisant par 60 le
total des rémunérations soumises à cotisations perçues par l’intéressé au
cours des 60 derniers mois d’assurance. Si l’intéressé compte moins de 60
mois d’assurance, la rémunération mensuelle moyenne s’obtient en
divisant le total des rémunérations soumises à cotisation perçues par
l’intéressé depuis l’entrée à l’assurance par le nombre de mois
d’assurance.
L’assuré atteint d’une usure prématurée de ses facultés physiques
ou mentales dûment constatée par le médecin désigné ou agréé par
l’Institut le rendant inapte à exercer une activité salariée conforme à ses
aptitudes, peut demander à bénéficier à partir de l’âge de 55 ans d’une
pension anticipée dont le montant est calculé selon les mêmes règles que
celui de la pension de retraite.
L’assuré qui devient invalide avant d’atteindre l’âge d’admission au
bénéfice d’une pension de retraite, a droit à une pension d’invalidité s’il
justifie d’au moins 36 mois d’assurance ou de périodes assimilées au cours
des 20 derniers trimestres civils précédant immédiatement celui au cours
duquel il est devenu invalide.
Au cas où l’invalidité est due à un accident, le droit à la pension est,
nonobstant les périodes d’assurance ou assimilées, reconnu à la victime à
condition qu’elle ait occupée un emploi assujetti à l’assurance à la date de
l’accident et qu’elle ait été affiliée à l’Institut avant la date de l’accident.
2. PENSION D’INVALIDITE
Est considéré comme invalide le travailleur qui, par suite de maladie
ou d’accident, subit une diminution permanente de ses capacités
physiques ou mentales le rendant inapte à gagner un tiers de la
rémunération qu’un travailleur ayant la même formation peut se procurer
par son travail.
La pension d’invalidité prend effet soit à la date de consolidation de
la lésion ou de stabilisation de l’état de l’assuré, soit à l’expiration d’une
période de six mois consécutifs d’incapacité, si, d’après l’avis du médecin
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désigné ou agréé par l’Institut, l’incapacité durera probablement encore
six autres mois au moins.
L’état d’invalidité doit être certifié par un médecin désigné ou agréé
par l’Institut.
Le montant de la pension d’invalidité est calculé d’après les mêmes
règles que celui de la pension de retraite.
La pension d’invalidité est suspendue pour autant que le bénéficiaire
exerce une activité substantielle lucrative ou salariée. Elle est suspendue
à la date à laquelle l’intéressé n’est plus considéré comme invalide. Elle
est remplacée par une pension de retraite de même montant lorsque le
bénéficiaire atteint l’âge d’admission au bénéfice d’une pension de
retraite.
Le titulaire d’une pension d’invalidité a droit à la fourniture, à
l’entretien et au renouvellement des appareils de prothèse et
d’orthopédie, prothèse dentaire exceptée, nécessités par l’état d’invalidité
et reconnus indispensables par le médecin désigné ou agréé par l’Institut,
ainsi qu’au règlement des frais de transport et des indemnités de
déplacement
II.1.3. ALLOCATION DES SURVIVANTS
En cas de décès d’un titulaire d’une pension d’invalidité ou de
retraite ou d’une assurance qui, à la date de son décès, aurait eu droit à
une pension de retraite ou, s’il avait été invalide, à une pension
d’invalidité, ses ayants droit ont droit à une pension ou à une allocation de
survivants.
Sont considérés comme ayants droit:
a) la veuve monogame, non divorcée ni séparée de corps à la condition
que le mariage soit antérieur d’au moins six mois au décès, ce délai
n’est pas requis en cas de décès résultant d’un accident, à la
condition que le mariage soit antérieur à l’accident;
b) les enfants célibataires à charge,
La veuve qui ne réunit pas les conditions a droit à une allocation
unique de veuve dont le montant est égal à douze fois le montant mensuel
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de la pension de retraite ou d’invalidité à laquelle le défunt avait ou aurait
eu droit.
Le droit à la pension de veuve s’éteint en cas de remariage; dans ce
cas, la veuve remariée a droit à une allocation unique égale à 12 fois le
montant mensuel de sa pension.
La pension de veuve est suspendue pour autant que la bénéficiaire
exerce une activité lucrative substantielle.
Les enfants du défunt ont droit à une allocation unique d’orphelin
répartie entre eux en parts égales.
Le montant de l’allocation d’orphelin est égal à 25 pour cent, 50
pour cent, 75 pour cent ou 100 pour cent du montant de l’allocation de
veuve selon que le nombre d’enfants bénéficiaires est de 1, 2, 3 ou plus.
Ce montant est doublé s’il n’y a pas une veuve ayant droit à une pension
ou à une allocation de veuve.
Les rentes et les pensions sont liquidées en montants mensuels; le
droit à une mensualité est déterminé d’après la situation du bénéficiaire
au premier jour du mois civil correspondant.
Le versement des rentes et des pensions s’effectue une fois par
mois ou par trimestre. Le conseil d’administration de l’Institut peut
déterminer dans quelles régions et sous quelles conditions les prestations
sont versées mensuellement. Il peut également arrêter d’autres modalités
de versement des prestations.
II.2. ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DE BUREAU DE LA
FONCTION PUBLIQUE DE BUNIA
II.2.1. ORGANIGRAMME
Organigramme du bureau de la fonction publique personnel actif de
l'Ituri.
Chef de Bureau
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II.2.1. FONCTIONNEMENT
A. Le chef de bureau (C.B)
C’est l'autorité qui chapeaute le service de la fonction publique de
Bunia. Il assure l'administration générale du personnel. Parmi ses
attributions, il assume les taches de :
Gestion et contrôler par inspection des personnels actifs de
l'Etat ;
conseiller technique du contrôle de personnel actif civil de
l’état
Etudier la carrière de personnel actif civil de l'Etat
(l'ancienneté pour voir l'âge de retraite, action disciplinaire) du
début de la carrière jusqu'à la fin de leurs vie;
Constituer les dossiers divers de personnel actif civil de l'Etat ;
Coordonner les activités des cellules; administration du bureau
et des gestions internes des personnels des services publics de
l'Etat.
B. Cellules de la gestion du personnel actif/passif
Cette cellule est subdivisée de la manière suivante :
la cellule de la gestion du personnel actif, civil de l'Etat et la cellule de
paie.
Cette cellule :
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Gère et contrôle au travers les inspections les activités du
personnel actif et actualiser la liste du personnel passif de
l’Etat ;
Servir comme conseiller technique de la gestion par contrôle
de personnel actif civil de l’Etat du personnel de Etat
Etudier la carrière de personnel actif civil de l’Etat
(l’ancienneté pour voir l’âge de retraite, action disciplinaire) du
début de la carrière jusqu’à la fin de leur vie ;
Constituer les dossiers divers de personnel actif de l’Etat.
C. Cellule de la gestion du personnel actif
Cette cellule est subdivisée de la manière suivante : la cellule de la
gestion du personnel actif, civil de l’Etat et la cellule de paie. Elle est gérée
par un agent averti de grade d’attaché du bureau de première classe
ATB1.
Il a comme attribution :
Gérer et contrôler par audition interne et externe le personnel
Procéder à l'identification physique et administrative sur
dossier et sur fiche de l’état du personnel actif civil de l'Etat
Procéder à l'enregistrement suivi de mouvement divers de Etat
du personnel actif de l'état ;
Détenir Les arrêtés pour la nomination et l’immatriculation des
agents Les nouvellement nommés et matriculés ;
Gérer la liste des veuves et le partant en mutation ;
dresser la liste des décédés et déclarer certains agents inapte
physiquement et processionnellement (a cause de maladie
professionnelle), des détachés, des mises en disponibilités ;
des révoqués ou licenciés.
D. La cellule de paie
La cellule s'occupe de la paie des Agents. L'agent de ce poste
a le grade d'agent de bureau de première classe AGB1 (310).
A comme attribution :
Préparation de paie des agents sous statut et mécanises,
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La vérification de la conformité de la liste de paie donnée
par le chef de service au barème salarial officiel avant
leur transmission au service de budget,
Enregistrement de ses états de paie dans un registre ;
Soumettre ses états de paie à la signature du chef de
bureau ;
Préparation de rapport de paie de mois précédent sous
forme de la synoptique et cela par entité administrative
E. Secrétariat Administratif
Ce service du secrétariat administratif est dirige par un secrétaire
administratif qui a le grade d'attache de bureau de deuxième classe ATB2
(220)
il chapeaute trois services :
Service courrier
Service dactylographie (informatique)
Service huissier
Il est charge de la relation publique interne et externe de service, la
rédaction des correspondances administratives de service, collectionnent
des correspondances et autres documents à la sanction des traitements
aux signatures de chef: service d'octroi des autres et d’indemnité des
déplacements pour le cas des missions officielles.
Le secrétaire en plus tient un registré des lettres reçues et
enregistre les lettres qui viennent de extérieur et enregistré les courriers
dans le cahier de correspondance
F. Service courrier
Ce service est couronné par un agent de bureau de deuxième classe
AGB2 (320) qui, à comme attributions la réception et expédition du
courrier des services; l’'enregistrement des courriers reçus et expédiés
des services; le classement divers des courriers reçus et expédiées
des services.
G. Service dactylographie (informatique)
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Ce service a à sa tête un agent du bureau de deuxième classe AGB2
(320) il est chargé de dactylographier toutes les correspondances
administratives des services
H. Service Huissier
Dans ce service on retrouve un agent auxiliaire de la première classe
(AAT) il a dans ses attributions l'intendance et maintenance des biens et
matériels de service, retrait des courriers des devers services.