COMMUTATION TELEPHONIQUE
I. Réseau de commutation téléphonique
1. Evolution technologique de la commutation (avènement de la
commutation temporelle)
A l’invention du téléphone par Alexandre Graham Bell, uniquement deux postes
peuvent être en liaison dans deux pièces d’une même habitation
Conséquence : un certain nombre de postes reliés en dérivation sur une même
ligne et impossibilité de communiquer avec un poste raccordé sur une autre
ligne.
La solution était de trouver un moyen avec lequel chaque téléphone peut être
connecté ou commuté (connecter temporairement) avec n’importe quel autre
téléphone.
Une des solutions était de connecter chaque ligne avec toutes les autres.
Si on a par exemple six postes à connecter il nous faudrait 15 lignes pour le
faire ; pour N abonnés il nous faut N(N-1)/ 2 lignes. Cette solution n’est pas
pratique si N est grand.
Une solution pratique dans le temps était de faire emmener les lignes
téléphoniques vers un centre où elles seront commutées entre elles à l’aide d’un
opérateur, le premier standard manuel est alors né.
La commutation manuelle
Une opératrice se tenant devant un tableau répond aux appels, établit les
communications, à l’aide d’un cordon et libère la connexion quand la
communication est terminée. La limite de cette technique a été vite atteinte.
La commutation manuelle est très lente et coûteuse.
La commutation automatique :
En 1892 STROWGER invente le premier commutateur rotatif. Ce commutateur
est un équipement électromécanique commandé par les impulsions envoyées
sur la ligne d’abonné donc plus d’intervention humaine pour établir les
communications.
Vers les années 50, les premiers systèmes pas à pas rotatifs (appelés aussi
ROTARY) ont été développés par les laboratoires BELL.
Les systèmes « Cross Bar » automatiques sont nés vers les années 60. Ils sont
basés sur des sélecteurs à barres horizontales et verticales d’où leur appellation
systèmes à barres croisées. Les connexions sont établies par un point de
croisement entre une barre verticale et une autre horizontale et sont
commandées par des électroaimants, il s’agit des systèmes électromécaniques.
Dans ces systèmes, on a pu déjà faire la distinction entre le réseau de
commutation qui est formé par l’ensemble des points de croisement et le
contrôle formé uniquement de relais à électroaimant.
La commutation électronique :
Actuellement on ne trouve que des systèmes de commutation électronique dont
l’unité de commande est assimilable à des ordinateurs temps réel. Ils se
distinguent aussi par la nature de leur réseau de commutation à technologie
spatiale ou temporelle qui est la plus répandue.
La technologie temporelle consiste à établir la connexion en mettant en relation
temporellement, les circuits MIC entrants et sortants.
2. Le réseau téléphonique commuté (RTC)
Un réseau téléphonique est constitué de l'ensemble des organes nécessaires pour
mettre en communication deux installations téléphoniques d'abonnés en utilisant les
renseignements fournis par l'abonné demandeur (numérotation), maintenir celle-ci
pendant toute la durée de conversation avec une qualité d'écoute satisfaisante, tout
en supervisant cette communication pour détecter toute coupure ou raccrochage afin
de libérer les organes qui ont servi à la réalisation de la liaison et en fin, de faire une
taxation.
Le RTCP (Réseau Téléphonique Commuté Publique) ou PSTN (Public Switched
telephone Network) constitue un des plus grands réseaux au monde avec plusieurs
centaines de millions d'abonnés [1].
Essentiellement analogique au départ, le réseau s'est progressivement numérisé mis
à part la ligne d'abonné qui reste encore analogique.
2.1. Historique
Dans les années 1830, François Sudre avait donné le nom Téléphonie à son système
de transmission de sons à distance, basé sur les notes de musique, pour l’échange de
messages.
La téléphonie est devenue ensuite un système de communication assurant
essentiellement la transmission et la reproduction de la parole.
1854 : Découverte du principe par Charles Bourseul,
1865 : La Convention télégraphique internationale est signée entre 20 États européens
à Paris. Elle permet la création de l'Union télégraphique internationale.
1876 : Mise au point du premier téléphone par Alexander Graham Bell,
Deux ans après l’invention du téléphone, avait apparu un commutateur téléphonique
manuel, qui peut être considéré comme l’ancêtre de nos centraux téléphoniques
actuels, était mis en service à New Haven.
1906 : La première Conférence radiotélégraphique internationale est organisée à
Berlin. Elle aboutit à la signature de la première Convention radiotélégraphique
internationale pour réglementer notamment la télégraphie sans fil.
1924 : Création à Paris du C.C.I.F. (Comité Consultatif International des liaisons
téléphoniques à grandes distances) qui sera rattaché à l’U.T.I. (l'Union internationale
des télécommunications) en 1925.
1956 : Création du CCITT à Genève (Comité consultatif international télégraphique et
téléphonique),
1970 : Apparition de premiers commutateurs numériques (commutation temporelle),
1976 : Apparition de la signalisation par canal sémaphore (moyen de transmission
utilisé pour transporter des messages de signalisation indépendamment des voies)
(Comité consultatif international télégraphique et téléphonique : CCITT n°7).
1980 : Etude du numérique de bout en bout,
2.2. Principes généraux de la téléphonie
Le réseau téléphonique public RTCP (Réseau Téléphonique Commuté) ou encore
PSTN (Public Switched Telecommunication Network) a essentiellement pour objet le
transfert de la voix. Utilisant le principe de la commutation de circuits, le réseau
téléphonique met en relation deux abonnés à travers une liaison dédiée pendant tout
l’échange.
Le signal transmis doit être analogique, dans la bande 300-3400 Hz et d’une amplitude
maximum de 0 dBm (1mW). L’impédance de la ligne est d’environ 600Ω à 800 Hz.
On appelle terminal ou équipement d’extrémité tout équipement qui se trouve au bout
de la ligne d’abonné.
Une liaison téléphonique élémentaire est constituée par :
Deux dispositifs émetteur-récepteur appelés postes téléphoniques,
Une ligne bifilaire acheminant les signaux (paire torsadée),
Une source d’énergie électrique (E). La tension continue nécessaire à
l’alimentation des postes téléphoniques est fournie par une source installée au
central téléphonique (batterie centrale).
Figure 1 : Une liaison téléphonique
Les équipements téléphoniques sont conçus pour assurer les relations de
télécommunications, soit :
En empruntant les lignes du réseau public RTC, ce sont des communications
extérieures.
Soit au sein d’une même entreprise, il s’agit alors de communications internes
traitées par un autocommutateur privé. L’accès au réseau public se fait alors en
composant un préfixe supplémentaire.
Le RTC est composé de nœuds (commutateurs) s’échangeant des informations au
moyen de protocoles de communications.
Figure 2 : Le réseau téléphonique commuté (RTC)
Chaque poste téléphonique est rattaché à une seule borne de répartition connectée à
un commutateur local (local switch) dont la distance peut aller de quelques centaines
de mètres jusqu’à quelques kilomètres ; la distance réduisant d’autant la bande
passante des signaux transitant du fait de la faible bande passante (300Hz -3400Hz)
du RTC et d’autre part de son rapport signal/bruit (de l’ordre de 40dB). Les supports
de transmission pour l’acheminement du signal entre commutateurs peuvent être faits
par des conducteurs métalliques (paires torsadées, câbles coaxiaux), par des liaisons
en espace libre avec des faisceaux hertziens (via des antennes et des satellites) ou
par des fibres optiques.
2.3. Etablissement d’une communication téléphonique
2.3.1. Principe d’un poste téléphonique
Établir une communication téléphonique consiste à mettre en relation deux terminaux
téléphoniques. Pour cela, le poste téléphonique doit remplir plusieurs fonctions,
chacune d’elle étant réalisée par un élément spécifique. Le terminal téléphonique
élémentaire comporte cinq éléments :
- Les crochets ou supports sur lesquels repose le combiné ; lorsque le combiné
est soulevé les contacts ferment le circuit. Le commutateur de rattachement
détecte un courant et en déduit que l’abonné désire entrer en communication.
Une résistance ajustable permet d’ajuster ce courant à 30 mA. De même, lors
du raccroché, le commutateur détecte l’ouverture de la boucle de courant.
L’ouverture ou la fermeture de cette boucle permet, très simplement, au
commutateur de rattachement de détecter le changement d’état du terminal
(signalisation) ;
- Le microphone ou capteur, constitué d’une simple membrane qui, sous l’effet
de la pression acoustique (voix), fait varier la résistance interne de celui-ci
(micro à grenaille de charbon). Ces variations de résistance entraînent des
variations du courant dans la boucle de courant. Ce sont ces variations,
proportionnelles à la pression sur la membrane (voix), qui constituent le signal
analogique de voix transmis, après numérisation, à l’usager distant ;
- Un écouteur, simple membrane métallique qui vibre selon les variations du
courant dans un électro-aimant et restitue le son ;
- Un cadran, celui-ci en provoquant l’ouverture de la boucle de courant
(numérotation décimale) envoie des impulsions au commutateur. Celles-ci
seront interprétées et permettront d’identifier l’appelé ;
- Une sonnerie, alimentée en 50 Hz (80 V), alerte l’abonné distant et l’invite à
décrocher, c’est le commutateur de rattachement qui envoie le signal 50 Hz lors
d’un appel.
Figure 3 : Le terminal téléphonique S63
2.3.2. Principe du raccordement d’usager
L’usager est raccordé au réseau via une unité de raccordement (URA, Unité de
raccordement d’abonnés). Celle-ci peut être locale ou distante (URAD, Unité de
raccordement d’abonnés distants). Le commutateur de raccordement assure les
fonctions de réception et de mémorisation de la numérotation (enregistreur), celle-ci
est analysée et traduite par un traducteur qui va définir les conditions de taxation et
déterminer le routage. Enfin, le sélecteur recherche une ligne disponible (joncteur) et
affecte les ressources (circuits ou IT). La figure ci-dessous illustre ces différents
éléments.
2.3.3. La mise en relation Usager/Usager
La mise en relation de deux abonnés répond à un protocole qui organise le dialogue
entre les terminaux d’usager et le réseau (signalisation Usager/Réseau). Elle comporte
deux ensembles de mécanisme.
Le premier correspond à un échange d’information hors communication destiné à
établir celle-ci ou à libérer les ressources, c’est la signalisation ; le second correspond
à la communication téléphonique proprement dite.
Figure 4 : Diagramme d’une communication
La figure ci-dessus illustre les différentes étapes de la mise en relation de deux
abonnés. Celles-ci, au nombre de cinq, sont détaillées ci-après :
- décroché du combiné, détection de la boucle de courant, envoi de la tonalité
d’invitation à numéroter (signal à 440 Hz, le « la » des musiciens) ;
- numérotation : le numéro composé est mémorisé et décodé par le commutateur
de rattachement. Le système établit le lien. Durant cet intervalle de temps, le
demandeur reçoit une tonalité dite de progression d’appel ;
- envoi du signal de sonnerie à l’appelé distant et attente du décroché de celui-
ci. L’appelant reçoit le signal de retour d’appel appelé tout simplement «
sonnerie » ;
- le correspondant décroche. Le central de rattachement détecte le décroché
(boucle de courant), il arrête les signaux de sonnerie, les signaux de retour
d’appel et déclenche la taxation ;
- l’échange d’information (voix ou données) peut commencer.
La fin de communication est détectée par le raccroché (ouverture de la boucle de
courant).
Notons deux variantes lors de l’appel : la première correspond à l’incapacité du réseau
à écouler la demande, l’appelant en est alors averti par un message du style : « Par
suite d’encombrement... ». La seconde correspond à l’occupation de la ligne appelée,
l’appelant a, alors en retour, une tonalité spécifique dite tonalité d’occupation.
L’intention d’établir une communication est détectée par le décroché du terminal. Que
se passet- il si on décroche le combiné mais que cette action n’est suivie d’aucune
numérotation (décroché malencontreux) ? La détection du décroché monopolise des
ressources dans le commutateur de rattachement (enregistreur). Pour libérer ces
ressources, il est nécessaire d’inhiber le poste dont l’usage restera interdit jusqu’à ce
que celui-ci soit raccroché.
La figure ci-dessous décrit les différentes étapes du décroché malencontreux, la
signification du diagramme est donnée ci-après :
- Lorsque l’appelant décroche le combiné, le réseau (le commutateur de
rattachement) détecte la fermeture de la boucle de courant ;
- Il envoie à l’usager l’invitation à numéroter (signal à 440 Hz). Dans le même
temps, il arme une temporisation ;
- Le demandeur n’effectuant aucune opération, à l’échéance du compteur (Timer,
de 15 à 20 secondes) le commutateur de rattachement inhibe le poste en lui
envoyant la tonalité d’occupation (signal de décroché malencontreux) pendant
environ une minute.
Figure 5 : Diagramme des événements lors d’un décroché malencontreux
3. L’évolution de la téléphonie, le RNIS
3.1. De l’accès analogique à l’accès numérique
La numérisation du réseau nécessite une conversion analogique/numérique en entrée
du réseau et numérique/analogique en sortie. Un usager qui désire utiliser n
communications téléphoniques simultanées doit être raccordé par n lignes (lignes
groupées, les lignes groupées sont vues, pour le réseau, sous un même numéro). La
numérisation autorise très simplement le multiplexage, d’où l’idée de réaliser des
liaisons numériques de bout en bout, une seule ligne physique peut alors acheminer
plusieurs communications téléphoniques (figure 6).
Figure 6 : Communications analogique et numérique
3.2. Le concept d’intégration de services
Le RNIS est une approche service du réseau téléphonique devenu alors le réseau
unique qui permet, à partir d’un seul raccordement, de disposer à la fois de services
voix (téléphonie), vidéo (visiophonie, téléconférence), de transmission de données en
mode paquet ou autre et de la transmission de l’écrit (télécopie). La figure 7
schématise cette évolution, en RNIS, si un télécopieur initialise un appel, seul le
télécopieur de l’installation de destination « sonne ».
Figure 7 : L’évolution des accès avec le concept RNIS.
Le raccordement de terminaux différents (voix, données, images) sur une même ligne
nécessite une signalisation spécifique et enrichie qui permet, à la fois, l’identification
du terminal et le type de service requis. C’est ainsi que le RNIS distingue les canaux
de transmission (transport) de données ou canaux B établis appel par appel (circuits
commutés), du canal de signalisation ou canal D établi de manière permanente et
transportant les informations nécessaires à l’établissement du circuit (adresse, type de
service invoqué...).
Lors de l’émission d’un appel, les données de signalisation sont acheminées sur le
canal D. Elles comportent les informations en relation avec le numéro de l’appelé et le
type de service invoqué... Ainsi, dans l’exemple de la figure 8, l’appel émis à partir du
télécopieur de l’appelant invoquera un service de télécopie chez l’abonné distant. Seul
alors un télécopieur répondra à cet appel. Le téléphone (service voix) de l’installation
a bien reçu l’appel mais non concerné par le service invoqué, ne sonne pas.
Figure 8 : L’accès direct au service demandé.
3.3. La structure du réseau
Un terminal RNIS utilise deux connexions : une connexion commutée (canal B, Bearer
channel) utilisée pour le transport des informations utilisateur à 64 kbit/s (voix, données
et images) et une connexion permanente sur le canal de signalisation (canal D, Data
channel) de 16 ou 64 kbit/s selon le type d’installation. Des débits plus importants
peuvent être obtenus par agrégation de plusieurs canaux B, on parle alors de canaux
H (High speed channel) qui offrent un débit de 384 kbit/s (H0), 1 536 kbit/s (H11) ou
de 1 920 kbit/s (H12). La figure ci-après illustre le principe de raccordement d’un
terminal au réseau RNIS.
Figure 9: Les connexions d’un terminal RNIS.
La connexion permanente du terminal au canal de signalisation rend obsolète la notion
de terminal occupé : le terminal peut toujours être alerté d’un appel entrant et recevoir,
via le canal D, des messages (minimessages). Le RNIS est donc un système de
transmission utilisant deux réseaux distincts : un réseau de transmission (commutation
de circuits) et un réseau de signalisation (commutation de paquets). Les réseaux sont
fonctionnellement différents. Ils utilisent les mêmes capacités de transport
(multiplexage) mais les commutateurs sont différents, bien que situés sur les mêmes
sites.
4. La téléphonie et la mobilité
4.1. Principes généraux
Le besoin de communiquer avec une personne en déplacement a conduit au concept
de radiotéléphonie cellulaire.
La mise en œuvre de la téléphonie mobile, actuellement en plein essor, soulève de
nombreuses questions, notamment :
- la bidirectionnalité de la communication, le nombre de communications à établir
en même temps ont conduit au concept de communication cellulaire. Une
cellule est une zone dans laquelle les fréquences utilisées appartiennent à un
même ensemble. Deux cellules adjacentes ne devront pas utiliser le même
ensemble de fréquences (figure 10). La dimension limitée d’une cellule (portée
radio) autorise la réutilisation des fréquences ;
- l’accès multiple et le partage du support (politique d’accès) ;
- la localisation du mobile en déplacement (itinérance ou Roaming) ;
- la possibilité pour le mobile en déplacement de maintenir la communication en
cours (handover) ;
- l’identification et la confidentialité des communications.
Figure 10 : Principe d’un réseau cellulaire
a) Structure générale d’un système de radiotéléphonie
Un réseau de téléphonie mobile de type GSM comprend :
- des stations mobiles (MS, Mobile Station ou mobile GSM), qui doivent être
identifiées et localisées par le système pour pouvoir établir une communication
(appel sortant) et être alertées (appel entrant) ;
- un sous-système radio (BSS, Base Station Subsystem) comportant un
ensemble de bases radio (BTS, Base Transceiver Station) ou interfaces air qui
gèrent le trafic radio avec le mobile. La zone couverte par une base radio (BTS)
constitue une cellule. Une station de contrôle gère un ensemble de BTS (BSC,
Base Station Controller) ;
- un sous-système réseau (NSS, Network SubSystem) comprenant les
commutateurs de cœur de réseau (MSC, Mobile services Switching Center)
associés à une base de données locale (VLR, Visitor Location Register) et une
base de données centrale ou registre des abonnés nominaux (HLR, Home
Location Register).
5. La téléphonie sur IP (ToIP)
5.1. Définition
La téléphonie sur IP correspond à la transmission de la voix et des données sur une
seule infrastructure IP. L’objectif donc est d’utiliser un réseau existant IP (intranet, LAN,
WAN. etc..) qui n’est pas dédié à la téléphonie pour effectuer des conversations
vocales grâce au protocole IP. A la différence du réseau RTC qui fonctionne par
transmission des signaux sur un réseau de commutation de circuit, la téléphonie sur
IP utilise la commutation de paquets. Ainsi le signal numérique obtenu par
numérisation de la voix est découpé en paquets qui sont véhiculés sur le réseau IP
jusqu’à sa destination, ou une application se chargera de la transformation inverse
(paquets vers voix). Au lieu de disposer à la fois d’un réseau téléphonique commuté
(RTC) et d’un réseau informatique, l’entreprise peut donc tout fusionner sur un même
réseau.
La voix sur IP, ou « VOIP » pour Voice over IP, est une technique qui permet de
communiquer par la voix (ou via des flux multimédia : audio ou vidéo) sur des réseaux
compatibles IP, qu'il s'agisse de réseaux privés ou d'Internet, filaire
(câble/ADSL/optique) ou non (satellite, Wi-Fi, GSM, UMTS ou LTE). La VoIP concerne
le transport de la voix sur un réseau IP. Cette technologie est complémentaire de la
téléphonie sur IP (« ToIP » pour Telephony over Internet Protocol).
5.2. Concept de la VoIP
La voix subit toutes les transformations détaillées ci-dessous avant d’être transportée
par le réseau :
Figure 11 : Traitement subi par la voix avant d’être envoyée sur le réseau
1. Acquisition du signal: La première étape consiste naturellement à capter la
voix à l’aide d’un micro, qu’il s’agisse de celui d’un téléphone ou d’un micro
casque.
2. Numérisation : La voix passe alors dans un convertisseur analogique
numérique qui réalise deux tâches distinctes :
Échantillonnage du signal sonore: un prélèvement périodique de ce
signal, il s'agit d'enregistrer à des intervalles très rapprochés la valeur
d'un signal afin de pouvoir disposer d'un enregistrement proche de la
valeur réelle de ce signal.
quantification, qui consiste à affecter une valeur numérique (en binaire)
à chaque échantillon. Plus les échantillons sont codés sur un nombre de
bits important, meilleure sera la qualité.
3. Compression : Le signal une fois numérisé peut être traité par un DSP (Digital
Signal Processor) qui va le compresser, c’est à dire réduire la quantité
d’informations nécessaire pour l’exprimer. L’avantage de la compression est de
réduire la bande passante nécessaire pour transmettre le signal.
4. Habillage des en-têtes : Les données doivent encore être enrichies en
informations avant d’être converties en paquets de données à expédier sur le
réseau. Exemple: type de trafic de synchronisation, s’assurer du réassemblage
des paquets dans l’ordre.
5. Emission et transport : Les paquets sont acheminés depuis le point
d’émission pour atteindre le point de réception sans qu’un chemin précis soit
réservé pour leur transport, en utilisant la fonction de routage du réseau.
6. Réception : Lorsque les paquets arrivent à destination, il est essentiel de les
replacer dans le bon ordre et assez rapidement. Faute de quoi une dégradation
de la voix se fera sentir.
7. Conversion numérique analogique : La conversion numérique analogique est
l’étape réciproque de l’étape 2.
8. Restitution : Dès lors, la voix peut être retranscrite par le haut-parleur, du
casque, du combiné téléphonique ou de l’ordinateur.
II. Organisation générale d’un réseau téléphonique
1. Organisation technique
Le réseau téléphonique est un réseau conversationnel commuté transmettant la
parole. Il dessert jour et nuit l’ensemble du territoire national et est interconnecté avec
le réseau mondial (liaison terrestre en câble ou faisceaux hertziens, câbles sous-
marins, satellites...).
On peut distinguer deux grandes parties dans le réseau téléphonique commuté :
Le réseau de distribution : c’est le raccordement chez l’abonné à un point d'entrée
du réseau. Cette partie du réseau est analogique.
Le réseau de transit : effectue pour sa part le transport des communications entre les
nœuds de transit concentrateurs / commutateurs. Cette section du réseau est
actuellement numérique.
La gestion générale du réseau distingue trois fonctions :
La distribution : elle comprend essentiellement la liaison d'abonné ou boucle locale
(paire métallique torsadée) qui relie l'installation de l'abonné au centre de transmission
de rattachement. Cette ligne assure la transmission de la voix (fréquence vocale de
300 à 3 400 Hz), de la numérotation (10 Hz pour la numérotation décimale -au cadran-
et 697 à 1633 Hz pour la numérotation fréquentielle) et de la signalisation générale
(boucle de courant, fréquences supra vocales).
La commutation : c'est la fonction essentielle du réseau, elle consiste à mettre en
relation deux abonnés, maintenir la liaison pendant tout l'échange et libérer les
ressources à la fin de celui-ci. C'est le réseau qui détermine les paramètres de taxation
et impute le coût de la communication à l'appelant.
La transmission : c’est la partie support de télécommunication du réseau, cette
fonction est remplie soit par un système filaire cuivre de la fibre optique ou des
faisceaux Hertziens.
Aujourd'hui, le réseau est pratiquement intégralement numérisé, seule la liaison
d'abonné reste analogique.
Figure 12 : Structure du réseau téléphonique
Sur la figure ci-dessus, on distingue :
Les postes téléphoniques (vus plus haut) ;
Les câbles de branchement : Ce sont des lignes bifilaires individuelles.
Les points de concentration PC : Ce sont des petites boîtes placées sur des
poteaux ou dans des endroits réservés au sein des immeubles desservis. Les
paires téléphoniques arrivent au PC sur des réglettes, des connexions
amovibles les relient à d'autres réglettes sur lesquelles sont branchés les câbles
de distribution. Le PC n'est rien d'autre qu'un mini répartiteur de petite capacité
d'une à quelques dizaines de paires (voir figure 13).
Figure 13 : Le point de concentration et le répartiteur principal
Les câbles de distributions relient les points de concentration au sous
Répartiteurs. Chaque câble contient un certain nombre de paires et leurs
calibres sont généralement normalisés. On trouve des câbles de 14, 28, 56,
112, 244, 448 paires de calibres 0,4 ou 0,6 mm. Ces câbles peuvent être soit
aériens, soit posé en plein terre (moins onéreux mais vulnérables) soit en
canalisations souterraines équipées de regards de visite pour l'entretien.
Les sous répartiteurs SR sont des "casiers" placés sur les trottoirs. Ils
permettent de la même façon qu'un PC de regrouper les câbles de distribution
vers les câbles de transport qui sont plus volumineux. Un SR peut connecter
jusqu'à 1500 paires (voir figure 14).
Les câbles de transport sont similaires aux câbles de distribution avec des
capacités plus élevée, 112 à 2688 paires. Ces câbles sont posés dans des
conduites souterraines.
Le répartiteur général constitue le point d'accès des lignes à
l'autocommutateur. Les lignes sont amenées sur des barrettes verticales dites
têtes de câbles verticaux ou tout simplement "les verticales". Les points
d'arrivés des lignes sur l'autocommutateur sont raccordées sur des réglettes
horizontales. La liaison entre Verticales et Horizontales se fait au moyen de
jarretières.
Figure 14 a) Schéma simplifié de la boucle locale, (b) Boucle locale cuivre
liaison téléphonique
2. Organisation géographique
- Réseaux urbains: Ils sont caractérisés par une forte densité téléphonique, un
trafic par abonné élevé et une courte distance entre l’abonné et le commutateur.
- Réseaux ruraux : Caractérisés par une faible densité téléphonique, un trafic par
abonné de faible intensité et une distance importante entre l’abonné et le
central.
- Réseaux interurbains : Ce sont ceux qui relient les réseaux locaux entre eux.
Dans ces réseaux, on ne considère plus la distribution et les abonnés mais
plutôt la commutation et la transmission.
3. Organisation administrative
Cette organisation résulte du découpage géographique du territoire et de
considérations techniques (transmission, taxation...)
Les concepts de base sont :
Zone locale : zone géographique où tous les abonnés sont raccordés à
un même autocommutateur appelé centre local (CL).
Quand le centre est capable de faire l’aiguillage de tous les appels qu’il
reçoit dans plusieurs directions, il appelé centre à autonomie
d’acheminement (CAA).
Une zone à autonomie d’acheminement est alors un ensemble de zones
locales qui ne se chevauchent pas et incluses dans une même zone de
taxe (ZAA).
Zone urbaine : zone à forte densité de population dans laquelle un sous
réseau a été créé pour acheminer les appels dans cette zone.
Les centres locaux d’une zone urbaine sont des CAA et prennent le nom
de centres urbains (commutateurs de grande capacité).
Réseaux interurbains: ce sont les liaisons grande distance qui
fournissent les circuits interurbains reliant les unes aux autres les zones
à autonomie d’acheminement soit directement soit en général à travers
des centres de transit.