Solution Exercice 2
Exercice 2. (8 points)
1
ln(x + t)
Z
On considère la fonction f : x 7−→ dt.
0 1+t
1. Montrer que le domaine de définition de la fonction f
est [0, +∞[.
Soit g(x, t) = ln(x+t)
1+t . Pour que g(x, t) soit définie, il faut que x + t > 0 et
1 + t ̸= 0. Sur l’intervalle d’intégration t ∈ [0, 1], 1 + t est toujours ≥ 1, donc
non nul. Il faut donc que x + t > 0 pour tout t ∈ [0, 1]. La plus petite valeur de
x + t sur l’intervalle t ∈ [0, 1] est x + 0 = x. Si x < 0, alors pour t suffisamment
petit (par exemple t = 0), x + t < 0, et ln(x + t) n’est pas défini en tant que
réel. Donc f (x) n’est pas définie pour x < 0. Il faut donc x ≥ 0.
• Si x > 0: Pour tout t ∈ [0, 1], x + t ≥ x > 0. Donc ln(x + t) est bien
défini. La fonction t 7→ ln(x+t) 1+t est continue sur [0, 1] (comme composée
et quotient de fonctions continues dont le dénominateur ne s’annule pas).
R1
Donc l’intégrale 0 g(x, t)dt existe et est finie.
R 1 ln t
• Si x = 0: La fonction devient f (0) = 0 1+t dt. L’intégrande h(t) = 1+t ln t
est continue sur ]0, 1]. En t = 0 : ln t → −∞. On étudie la convergence
+
de l’intégrale en 0. Pour t ∈]0, 1], 1 ≤ 1 + t ≤ 2. Donc 21 ≤ 1+t 1
≤ 1.
1
Ainsi, 1+t ∼0+ ln t. On sait que 0 ln tdt converge, car une primitive est
ln t
R
t ln t − t. [t ln t − t]1ϵ = (1 ln 1 − 1) − (ϵ ln ϵ − ϵ) = −1 − (ϵ ln ϵ − ϵ). Comme
limϵ→0+ ϵ ln ϵ = 0, la limite est −1. Puisque 1+t ln t
est négative sur ]0, 1] et
R 1 ln t
équivalente à ln t (qui est intégrable) en 0 , l’intégrale 0 1+t
+
dt converge.
Le domaine de définition de f est donc Df = [0, +∞[.
2. Montrer que la fonction f est continue sur [0, +∞[.
On utilise le théorème de continuité des intégrales à paramètres. Soit g(x, t) =
ln(x+t)
1+t .
1
1. Pour tout x ∈ [0, +∞[, la fonction t 7→ g(x, t) est continue par morceaux
(et même continue si x > 0 ou sur ]0, 1] si x = 0) et intégrable sur [0, 1]
(d’après la question 1).
2. Pour tout t ∈]0, 1], la fonction x 7→ g(x, t) est continue sur [0, +∞[. (Pour
t = 0, si x > 0, g(x, 0) = ln x qui est continue. g(0, 0) n’est pas directement
défini par l’expression, mais t 7→ g(0, t) est intégrable.)
3. Condition de domination : Soit K = [a, b] un segment inclus dans [0, +∞[.
(Il suffit de le montrer pour K = [0, M ] avec M > 0 car f est continue
sur tout segment [0, M ]). Pour (x, t) ∈ [0, M ] × [0, 1]: 1 ≤ 1 + t ≤ 2. Si
x + t ≥ 1, alors 0 ≤ ln(x + t) ≤ ln(M + 1). Donc | ln(x + t)| ≤ ln(M + 1).
Si 0 < x + t < 1, alors ln(x + t) < 0. Puisque x ≥ 0, x + t ≥ t. Donc
0 < t < 1. Alors | ln(x + t)| = − ln(x + t) ≤ − ln t = | ln t|. Donc,
pour (x, t) ∈ [0, M ] × [0, 1]: |g(x, t)| = | ln(x+t)|
1+t ≤ max(ln(M1+1),| ln t|) ≤
ln(M + 1) + | ln t|. Soit ϕ(t) = ln(M + 1) + | ln t|. ϕ(t) est intégrable sur
R1 R1 R1
[0, 1] car 0 ln(M + 1)dt = ln(M + 1) et 0 | ln t|dt = 0 (− ln t)dt = 1.
Par le théorème de continuité sous le signe intégral (avec l’hypothèse de domi-
nation locale), f est continue sur [0, +∞[.
3. (a) Montrer que la fonction f est de classe C 1 sur [0, +∞[.
On utilise le théorème de dérivation des intégrales à paramètres.
1. Pour tout x ∈ [0, +∞[, t 7→ g(x, t) est intégrable sur [0, 1].
2. Pour x > 0: La dérivée partielle par rapport à x de g(x, t) est ∂x
∂g
(x, t) =
(1+t)(x+t) . Pour tout t ∈ [0, 1], x 7→ ∂x (x, t) est continue sur ]0, +∞[.
1 ∂g
Pour tout x ∈]0, +∞[, t 7→ ∂x (x, t)
∂g
est continue sur [0, 1].
3. Condition de domination pour ∂x ∂g
: Soit [a, b] un segment inclus dans
]0, +∞[. Pour (x, t) ∈ [a, b] × [0, 1]: x + t ≥ a > 0 et 1 + t ≥ 1. Donc
∂x (x, t) = = a. La fonction ψ(t) = 1/a est intégrable
∂g 1 1 1
(1+t)(x+t) ≤ 1·a
sur [0, 1].
Par le théorème de dérivation, f est de classe C 1 sur ]0, +∞[ et pour x > 0:
1
1
Z
f (x) =
′
dt
0 (1 + t)(x + t)
Décomposons en éléments simples (pour x ̸= 1): (1+t)(x+t)
1
= 1+t
A
+ x+t
B
. 1=
A(x + t) + B(1 + t). Pour t = −1 : 1 = A(x − 1) =⇒ A = x−1 . Pour1
t = −x : 1 = B(1 − x) =⇒ B = 1−x
1
= − x−1
1
. Donc, pour x ∈]0, 1[∪]1, +∞[:
1 1
1 1
Z
f (x) =
′
− dt
x−1 0 1+t x+t
2
1 1
f ′ (x) =[ln(1 + t) − ln(x + t)]0
x−1
1 1
f ′ (x) = ((ln 2 − ln(x + 1)) − (ln 1 − ln x)) = (ln 2 − ln(x + 1) + ln x)
x−1 x−1
1 2x
f ′ (x) = ln
x−1 x+1
Pour x = 1:
1
1
1 1 1 1 1 1
Z
f (1) =
′
dt = − = − − − =− +1=
0 (1 + t) 2 1+t 0 2 1 2 2
Continuité de f ′ en x = 1: limx→1 f ′ (x) = limx→1 ln(2x/(x+1))
x−1 . C’est la déf-
inition du nombre dérivé de h(x) = ln(2x/(x + 1)) en x = 1. h′ (x) = x+1 2x ·
2(x+1)−2x
(x+1)2 = 2x · (x+1)2 = x(x+1) . h (1) = 1/(1(2)) = 1/2. Donc limx→1 f (x) =
x+1 2 1 ′ ′
1/2 = f ′ (1). Donc f ′ est continue sur ]0, +∞[.
Comportement en x = 0+ : limx→0+ f ′ (x) = limx→0+ x−1
1
ln x+1
2x
= −1 1
limx→0+ ln 2x
x+1 .
Comme limx→0+ x+1
2x
= 0+ , limx→0+ ln x+1 2x
= −∞. Donc limx→0+ f ′ (x) =
(−1)(−∞) = +∞. Puisque f est continue sur [0, +∞[ (Q2), et f ′ admet
une limite (infinie) en 0+ , on peut appliquer un corollaire du théorème des
accroissements finis qui stipule que f est dérivable à droite en 0 et fd′ (0) =
limx→0+ f ′ (x) = +∞. La fonction f ′ (prolongée par fd′ (0) = +∞ en 0) est
continue sur [0, +∞) si on autorise les valeurs infinies (ce qui est suggéré par la
formulation de 3(c)). Dans ce contexte, f est de classe C 1 sur [0, +∞[.
(b) Calculer f ′ (1).
Comme calculé ci-dessus, f ′ (1) = 21 .
(c) Montrer que: ∀x ∈ [0, 1[∪]1, +∞[, f ′ (x) = 1
1−x
ln 1+x
2x
.
Pour x ∈]0, 1[∪]1, +∞[, on a trouvé f ′ (x) = 1
x−1 ln 2x
x+1 .
−1 !
1 2x 1 2x 1 2x
f (x) = −
′
ln = − ln = ln
1−x x+1 1−x x+1 1−x x+1
1 x+1
f (x) =
′
ln
1−x 2x
Cette formule est valable pour x ∈]0, 1[∪]1, +∞[. Si x = 0, le membre de droite
est 11 ln 01+ = ln(+∞) = +∞. Ceci correspond à fd′ (0) = +∞. Donc la
formule est valable pour x ∈ [0, 1[∪]1, +∞[.
3
(d) Déduire les variations de la fonction f .
On étudie le signe de f ′ (x) = 1−x
1
ln x+1 pour x ∈ [0, +∞[. On pose h(x) =
2x
x+1
2x . On compare h(x) à 1. h(x) − 1 = x+1−2x
2x = 1−x
2x .
• Cas x ∈]0, 1[: 1 − x > 0. Le dénominateur 2x > 0. Donc h(x) −1 1 = 2x >
1−x
0 =⇒ h(x) > 1. Alors ln(h(x)) = ln 2x > 0. Le facteur 1−x est aussi
x+1
> 0. Donc f ′ (x) = (positif) · (positif) > 0.
• Cas x ∈]1, +∞[: 1 − x < 0. Le dénominateur 2x > 0. Donc h(x) − 1 =
2x < 0 =⇒ h(x) < 1. De plus, h(x) = 2 + 2x . Pour x > 0, h(x) > 0.
1−x 1 1
Donc 0 < h(x) < 1. Alors ln(h(x)) = ln 2x < 0. Le facteur 1−x
x+1 1
est
< 0. Donc f (x) = (négatif) · (négatif) > 0.
′
• Cas x = 1: f ′ (1) = 1/2 > 0.
• Cas x = 0: fd′ (0) = +∞ > 0.
Ainsi, f ′ (x) > 0 pour tout x ∈]0, +∞[, f ′ (1) > 0, et fd′ (0) > 0. La fonction f
est donc strictement croissante sur [0, +∞[.
Tableau de variations de f :
x 0 +∞
f ′ (x) +∞ +
limx→+∞ f (x)
f (x) ↗
f (0)
R1
f (0) = ln t
0 1+t
dt. C’est une valeur négative (car ln t < 0 sur ]0, 1[). On peut
2
montrer que f (0) = − π12 . Pour la limite en +∞: Pour x grand, x + t ≈ x.
R 1 ln x
ln(x + t) ≈ ln x. f (x) ≈ 0 1+t dt = ln x[ln(1 + t)]10 = ln x(ln 2 − ln 1) =
(ln 2)(ln x). Donc limx→+∞ f (x) = +∞.