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COURS DE PSYCHOLOGIE DE DEVELOPPEMENT DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT
01. INTRODUCTION
Ce cours met l’accent sur les compétences que l’étudiant en psychologie devra
développer en vue de la restitution des problèmes dans les situations de la vie
courante de la jeune enfance. Ces compétences font appel aux aspects cognitifs
affectifs et psychosociaux et physiques de l’enfant.
Pour développer une compétence, le cours propose une série de chapitres
ayant chacun des objectifs spécifiques et ses contenus-matières propres.
02. Descripteur du cours
Développement physique, cognitif, social et affectif au cours de
développement psychologique de l'enfant et de l’adolescent. Principales
théories en psychologie du développement.
0.1.1. Objectifs du cours
0.1.1.1. Objectif général
Ce cours vise à familiariser les étudiants avec le processus du développement
psychologique de l’enfant et de l’adolescent.
L'objectif principal est d'acquérir des connaissances sur la constance et les
changements impliqués au cours du développement de l’enfant et de
l’adolescent, de même que les processus qui les sous-tendent.
Un second objectif important est de comprendre comment les facteurs
biologiques et environnementaux interagissent pour influencer le
développement. Enfin, les étudiants se familiariseront avec les théories en
développement, avec la recherche dans le domaine de même qu'avec
l'application des connaissances sur le terrain.
02.1.2. Objectifs spécifiques
Au terme du cours, l'étudiant sera capable:
de décrire les principaux changements physiques, cognitifs et socio-
affectifs chez l’enfant, et de l’adolescent.
de bien saisir que plusieurs facteurs (biologiques et environnementaux)
influencent, ensemble, le développement de l'enfant et s'influencent
entre eux.
de connaître les principales théories de la psychologie de développement
ainsi que leurs limites.
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de présenter une analyse personnelle de l'évolution de ses propres
croyances et connaissances sur le développement psychologique de
l'enfant et de l’adolescent.
1.1.2. Approches pédagogiques
Les méthodes pédagogiques auxquelles on aura recours pour l'atteinte des
objectifs sont l'exposé magistral, la lecture du manuel, les mini-tests formatifs
en classe et de courts exercices de réflexion en classe.
1.1.3. Éléments de contenu
Le cours de psychologie développement de l’enfant et de l’adolescent destiné
aux étudiants de G3 GAISF se structure autour de quatre chapitres suivants :
Chapitre 1 : les généralités ;
Chapitre 2. le développement de l'enfant ;
Chapitre 3 : le développement de l'adolescent ;
Chapitre 4 : questions spécifiques du développement.
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CHAPITRE I : GENERALITES.
Le premier dégage les Considérations générales sur le développement
psychologique de l’enfant et de l’adolescent. A travers ce point, nous allons
définir les concepts de base ; décrire les stades de développement, facteurs de
développement et l’importance de la psychologie de l’enfant et de
l’adolescent.
1.1 NOTIONS
La psychologie est L'étude du comportement de l'homme ou de l'animal. Par
comportement il faut entendre l'ensemble des manières de réagir d'un individu
face aux stimuli.
La psychologie se diversifie en plusieurs branches dont les différentes
dénominations dépendent soit de l'objet d'étude, des méthodes utilisées ou
des théories, soit de l'application et des buts à atteindre.
^Entre autres branches de la psychologie figure « la psychologie générale ».
Celle-ci sert de tronc commun d'où sont sorties les différentes autres branches
de la psychologie.
La psychologie générale envisage l'homme adulte normal faisant abstraction au
milieu social dans lequel il vit et aux différences individuelles. Elle étudie donc
la conduite de l'individu normal, dans ses caractères généraux, communs à tous
les hommes, femme ou homme, adulte ou enfant,...
On compte encore parmi les différentes branches de psychologie, la
psychologie de l'enfant appelée autrefois «psychologie génétique ». Celle-ci
étudie les conduites de l'individu durant les périodes de croissance (enfance-
adolescence).
Mais le terme de psychologie génétique est de plus en plus abandonné par ce
que :
Il y a confusion entre la psychologie génétique et la génétique qui est une
branche de la science biologique qui étudie les gènes, responsables des
caractères héréditaires ; la psychologie génétique ne renvoie' pas
nécessairement à l'aspect héréditaire des conduites mais au contraire à leur
aspect évolutif.
D'où on adopte aujourd'hui le terme de « psychologie du développent de
l'enfant».
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Comme il a été dit un peu plus haut, la psychologie générale envisage l'homme
adulte normal. Compte tenu du fait que les lois qui régissent te comportement
de l'enfant diffèrent de celles qui régissent les comportements de l’adulte, la
psychologie de l’enfant étudie le développement psychologique qui a lieu
durant les périodes de croissance à savoir: l'enfance et l'adolescence.
Ici, le développement est l'ensemble des progrès constaté dans le f
comportement de l'enfant pendant un temps déterminé. Ce terme générale
recouvre des transformations très diverses que subit l'enfant durant sa
croissance.
1.2. IMPORTANCE
L'importance de la psychologie du développement de l'enfant réside dans le
rôle majeur que jouent les premières années de la vie dans la formation de la
personnalité adulte.
Dans le contexte éducatif, un enseignant doit suffisamment être informé sur
l’enfant : connaître non seulement le comportement général mais surtout les
comportements typiques à chaque période de la vie pour mieux adapter son
enseignement. Il s'agit ici de savoir quel est le moment favorable et comment
intervenir pour tirer profit de l'enseignement et le plus efficacement possible.
A ce qui précède il faut ajouter que le souci de l'école et de l'enseignement
qu'elle dispense, doit être de préparer les futurs maîtres à la connaissance de
leurs écoles (élèves).
1.3. Évolution historique
• Du ≪Moyen Age≫, jusqu’aux ≪Temps Moderne≫ (XII et XIIIe) : les âges
de la vie sont des périodes grossières : enfance jeunesse, vieillesse.
• Ce sont de grandes divisions à la fois biologique et sociale qui distinguent les
rôles et les activités, les modes d’habillement, etc.…
• L’enfant (y compris l’adolescent pas encore différencie) est défini par son état
de dépendance et ses fonctions souvent serviles (P. ex : c’est le même
vocabulaire que l’on emploi pour les enfants et les valets).
• L’enfant reste longtemps un être qui ne suscite que peu d’intérêt, un état
transitoire. Cela s’explique certainement par l’importance de la mortalité
enfantine faisant que les parents ne s’attachent pas excessivement à leur
progéniture.
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• Jusqu’’à la fin de la période classique (Fin XVIIIe) : la vision dominante de
l’enfance n’est pas celle d’une période de transformation, mais d’un état
distinct de celui l’adulte disposant de l’usage de la raison.
• Si dans les textes des philosophes les enfants sont évoqués, c’est précisément
le ≪ règne de l’erreur≫,
parce qu’ils fournissent le contre-exemple de l’être de raison: Chez Descartes :
– Locke, Hume : l’esprit a la naissance est comme une ≪table rase≫ (Tabula
La raison chez l’enfant est potentielle mais voilée, endormie.
rasa) ou s’impriment les connaissances issues de l’expérience qui vont former
les habitudes par apprentissages.
• C’est à l’âge classique (moitié XIIIe siècle) que va se faire la 1ere esquisse de
mise en mouvement temporelle, avec les débuts de l’embryologie.
• C’est à la fin des années 1800, début 1890 que la psychologie de l’enfant va
faire son apparition. En France cela sera sous l’impulsion de Binet (1890) et de
son test d’intelligence, aux Etats-Unis les 1ers articles paraitront en 1891 dans
le Pedagogical Seminary et en Allemagne ce seront les expériences de Wundt
• Binet (1909) crée l’une des premières ≪ Échelle métrique d’intelligence ≫.
dans son laboratoire.
enfants. Et ainsi va naitre la notion de ≪ débilite mentale ≫ qui désigne une
Elle va orienter l’attention des spécialistes sur les inégalités des aptitudes des
catégorie d’enfant se situant à la limite extrême de la répartition normale de
l’intelligence. Les échelles d’intelligence proposent une hiérarchie d’épreuves
rangées par ordre de difficulté. Cette hiérarchie correspond à l’ordre
chronologique des âges d’enfant. Ainsi pour chaque enfant pourra être
comparé selon son âge chronologique (l’âge qu’il a effectivement) et son âge
mental. Le QI (ou Quotient intellectuel) correspond à l’âge mental divise par
l’âge réel.
1.4. Les facteurs de développement
Ici le développement, est- le processus continu de changement du
comportement qui débute à la fécondation.
Le développement d'un individu est déterminé par un certain nombre de
facteurs à savoir:
Hérédité : ensemble de tous tes apports qui se transmettent à travers tes
gênes, des parents à l'enfant à la conception.
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Les facteurs héréditaires du développement comprennent tout le bagage
génétique, la maturation, l'âge,...
L’action du milieu : influence que l'environnement exerce sur le
développement de l'enfant. Le milieu est constitué de toutes les structures de
socialisation comme la Famille, l'Eglise, l'Ecole, l'Etat,...
Sortes de milieux
On distingue les milieux : physique, intellectuel, familial, religieux, social,
politique, éducatif, etc.
C'est en effet dans un contexte de nos interactions avec les autres que nous
apprenons la plupart de nos conduites; c'est la théorie de l'apprentissage social
L'équation Personnelle : effort propre de l'enfant, c’est - à - dire l’ensemble de
tout ce que l’enfant acquiert par sa propre volonté. Dans cet ordre d’idée nous
pouvons citer ce qui relève de l’apprentissage et de l’habitude. On y trouve
aussi le jeu, le langage,…
Pour conclure ce paragraphe, disons que le développement d’un individu est le
produit de cohabitation de tous les facteurs ci-hauts énumérés.
L’apprentissage
C’est l’acquisition d’un nouveau comportement à la suite d’un entrainement
particulier.
L’apprentissage est un changement qui permet à l’individu de s’adapter. Le
changement est le résultat de l’interaction entre l’apprentissage, le milieu et la
maturation.
Il participe ou contribue à la formation de la personnalité de l’individu.
Types d’apprentissages
1. l’apprentissage par imitation ;
2. l’apprentissage par essai et erreur ;
3. l’apprentissage par motivation ;
4. l’apprentissage inconscient ;
5. l’apprentissage rationnel.
La maturation
La maturation est l’épanouissement de l’hérédité au cours de l’enfance,
l’adolescence et même à l’âge adulte.
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C’est l’ensemble des transformations par lesquelles passe un être humain pour
atteindre son plein développement, c’est-à-dire sa maturité physique,
organique, affective, mentale, etc.
On parle de maturation lorsqu’un comportement typique apparaît à une étape
donnée de la croissance, sans initiation, ni exercice ou apprentissage préalable.
Exemples: S’assoir, ramper, marcher sont des comportements qui apparaissent
à des moments plus ou moins précis de la croissance de l’enfant.
1.5. Les grandes lois du développement
En règle générale, le développement se réalise selon un certain nombre de
principes dont les plus importants sont :
1. la croissance et le changement dans le comportement se font de
manière ordonnée et leurs séquences d'apparition sont invariables.
Exemple, après la naissance, viennent ensuite la marche à 4 pattes, à 2
pattes puis la station debout.
2. la direction de croissance ou de développement est caractérisée par trois
tendances ou directions :
a) la tendance (Ou direction) «céphalo-caudale», c'est-à-dire que le
développent part de la tête aux pieds.
b) la tendance (ou direction) « proximo-distale », c'est-à-dire que le
développement s'étend de l'axe du corps aux extrémités des membres.
Le progrès moteur procède de plus grands muscles aux plus petits. Ainsi
on constate dans le développement de la préhension :
Le mouvement de tout le corps pour atteindre les objets ;
L'agrippement palmaire ;
L'opposition du pouce et de l'index.
c) la tendance des « activités globales, confuses, indifférenciées vers les
activités spécifiques, claires, précises, différenciées », c'est le cas par
exemple pour la marche : les premiers pas de l’enfant sont grotesques
confus, malhabiles qui deviennent peu à peu précis, souples, élégants,...
1.6. Quelques psychologues génétiques
Ce passage concerne les psychologues qui ont consacré leurs études à l'enfant.
Il faut retenir que nombreux personnages antiques et modernes s'étaient
consacrés à l'enfant mais quelques-uns seulement ont été retenus
1.6.1 Pionniers de la psychologie génétique
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On note que dans l'antiquité déjà quelques personnages s'étaient consacrés à
l'étude de l'enfant. Ce sont ces personnages que nous considérons comme
étant des pionniers de la psychologie génétique. Citons parmi eux :
ARISTOTE (384_322 av JC) : philosophe grec. Il a parlé de trois stades ou
périodes de la vie de I enfant soit :
de 0 à 7 ans (enfance) ;
de 7 à 15 ans (enfance-adolescence)
de 15 à 21 ans (adolescence).
Selon Aristote, la jeunesse est caractérisée par de fortes passions et a tendance
à les satisfaire ; en plus le désir sexuel est le plus dominant parmi les désirs
physiques durant l'enfance.
La psychanalyse
Freud et certains de ses successeurs ont mis en évidence l'importance des
relations affectives.
l'enfant dans la construction
sa personnalité
Sigmund Freud (1856-1939) considère que le développement de l'enfant est
surtout domine par la sexualité infantile, expression qui désigne bien plus le
plaisir que la sexualité génitale stricto sensu. Il la définit comme étant « tout ce
qui concerne les activités de la première enfance en quête de jouissance locale
que tel ou tel organe est susceptible de procurer».
Freud distingue les cinq stades suivants :
érogène, source de plaisir lorsqu'il tète. La théorie freudienne de ≪ l'etayage
- le stade oral (de la naissance a 1 an) : les lèvres de l'enfant sont une zone
≫ postule que c'est à partir de cette satisfaction alimentaire que se met en
place l'attachement à la mère. La zone orale est également utile pour découvrir
le monde le bébé porte à sa bouche les objets qui l'environnent;
- le stade anal (de 2 à 3 ans) parents et l'enfant sont particulièrement attentifs
au contrôle des sphincters. Lorsqu'il les maitrise, l'enfant éprouve du plaisir en
se retenant.
- le stade phallique (de 3 à 4 ans) : l'enfant découvre que la manipulation de
ses organes génitaux lui procure un plaisir érotique Durant cette période, le
complexe d'Œdipe (sentiments amoureux a l'égards du parent de sexe oppose
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et de rivalité à l'égard du parent de même sexe) constitue un moment essentiel
du développement de l'enfant
– la période de latence (de 4-5 ans a la puberté) : l'enfant refoule alors les
pulsions et activités sexuelles des périodes précédentes.
- la période de maturité génitale (de 14-16 ans a 18-21 ans) : la principale zone
de plaisir érotique est le sexe mais Freud n'a pas observé directement
d'enfants.
En effet, sa théorie est basée sur les associations libres et les rêves de ses
patients adultes.
D'autres psychanalystes combleront cette lacune (Anna Freud, Melanie Klein,
Erik Erikson,
Donald Winnicott Jacques Lacan...).
Du point de vue topique est base sur une représentation structurale de
l'appareil psychique considéré comme un système caractérisé par des
propriétés et un fonctionnement spécifique.
Freud a élaboré deux topiques successives: la première distingue l'Inconscient,
le préconscient et le Conscient. Elle lui est rapidement apparue insuffisante et a
cédé la place à la seconde topique qui distingue trois instances de la
personnalité : le Ca, le Moi et le Surmoi.
Le Ca est la moins accessible des instances psychiques, il est le siège des
pulsions et des désirs refoules et est en quelque sorte le réservoir de l'énergie
psychique (affrontement des pulsions de vie et de mort). Il est régi par le
principe de plaisir.
Le Moi résulte d'une différenciation progressive du Ca au contact de la réalité,
il est simultanément le siège de la conscience mais aussi de manifestations
inconscientes (mécanismes de défense). Il est régi par le principe de réalité.
Le Surmoi, différenciation du Moi, se forme par intériorisation de l'Idéal du Moi
(modèle idéalisé du Moi, ex. : tu dois faire...) et des interdits parentaux et
sociaux (ex.: tu ne dois pas faire...) et est donc à l'origine de la conscience
morale.
permettant d’atteindre, l'identité du ≪ moi ≫, terme désignant
Erik Erikson (1902-1994) considère que le développement est le processus
simultanément l'acceptation de soi et des caractéristiques de sa culture
d'appartenance. L'individu doit surmonter huit crises psychosociales majeures
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pour parvenir à une identité du moi, chacune d'elle étant marquée par le
conflit entre deux tendances opposées. Par exemple, au cours de la première
année, la première crise oppose la confiance et la méfiance la façon dont la
mère répond aux attentes du bébé va déterminer le niveau ultérieur de
confiance dans la vie que manifestera l'enfant.
Une phase essentielle se situe à l'adolescence. L'individu cherche à exprimer
son identité, mais risque aussi une diffusion de celle-ci par identification
excessive a des héros ou à des causes.
Jean Jacques ROUSSEAU (1712-1778) : philosophe Suisse. Il est le plus grand
pionnier de la psychologie génétique pour avoir longtemps rêvé de la naissance
d'une science de l'enfant appelé aujourd'hui « psychologie génétique».
Contrairement à ses prédécesseurs qui considéraient l'enfant comme un « petit
homme », Rousseau a découvert, à la grande surprise de ses contemporains,
que l'enfant à sa spécificité, et son développement est régi par ses lois propres.
Pour J.J. Rousseau, le développement comprend quatre stades à savoir :
de 0 à 4 ,5ans (enfance);
de 5 à 12 ans (stade sauvage);
de 12 à 15 ans (naissance des fonctions rationnelles) ;
de 15 à 20 ans (maturité des fonctions émotives).
La théorie de l'attachement
Ce courant de recherches, né à la fin des années 50, est consacré aux relations
sociales précoces de l'enfant.
• John Bowlby postule que l'attachement (tendance du bébé à rechercher le
contact physique avec un être) est un besoin primaire et spécifique, c'est-à-dire
ne dépendant pas de la satisfaction des besoins physiologiques de l'enfant (en
particulier l'allaitement). Le bébé humain est pourvu d'un répertoire de
comportements innés qui lui permettent d'établir et de maintenir le contact
avec ses proches, et en particulier sa mère (reflexes de succion et
d'agrippement, pleurs et cris, sourires...). Ces comportements d'attachement
ont une fonction de demande de protection et de socialisation en apprenant à
communiquer avec sa mère, le bébé développe ses capacités d'interagir
ultérieurement avec d'autres personnes.
• Mary Ainsworth, collaboratrice de J. Bowlby, a poursuivi les travaux de ce
dernier et montre que l'attachement de l'enfant, au cours de la première
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année, varie beaucoup selon la manière dont la mère répond a ses besoins. Elle
repère ainsi des enfants confiants, indifférents ou ambivalents.
Arnold Gesell (1880-1961) établit un lien précis entre l’âge de l'enfant et les
caractéristiques de croissance. Tous les enfants passent par des périodes
alternées (de six mois ou un an) d'équilibre, caractérisées par un certain bien-
être personnel, et de déséquilibre, durant lesquelles l'enfant est mal dans sa
peau. Ainsi, sur le plan psychologique, a 7 ans, l'enfant est renferme ; a 8 ans, il
est vigoureux et expansif; a 9 ans, il est victime d'un trouble névrotique; a 10
ans, il est égal, équilibre.
1.6.2. Quelques psychologues génétiques modernes
A part les pionniers de l'antiquité, il existe des psychologues modernes, qui eux
aussi ont consacré leurs études à l'enfant. Citons parmi eux :
a) Henri WALLON (1879-1962) : médecin et philosophe-français. L'étude des
arriérés profonds l'a amené à aborder le développement de l'enfant dont il a
mis en évidence les étapes essentielles. H. Wallon a beaucoup insisté sur
l'importance de la maturation biologique et de l'environnement social souligne
en particulier l'existence des crises qui entraînent une nouvel]] organisation
des structures mentales. f<
Henri wallon se distingue de J. Piaget, sur le fait que ce dernier s'est plus
intéressé au développement intellectuel, tandis que Wallon a mis l'accent sur le
développement affectif de l'enfant.
b) Jean Piaget (1896-1980) : biologiste, épistémologue et grand psychologue
suisse.
L'épistémologie, appelée aussi théorie de la connaissance, l'a fortement
marqué. Cherchant à savoir comment l'enfant arrive à la connaissance, Piaget
s'est intéressé à la fois à la psychologie génétique et à l'épistémologie
génétique. Par ses nombreuses publications, Piaget a apporté une grande
contribution à la connaissance de l'enfant et ses travaux, d'une valeur originale
connaissent aujourd'hui un retentissement mondial pendant plus d'un demi-
siècle,
Il convient d'ajouter que partant de l'observation attentive de ses trois enfants
et de l'expérimentation d'autres cas, Piaget s'est intéressé particulièrement au
développement de la pensée enfantine où il distingue quatre grandes étapes
de l'évolution psychologique de l'individu :
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la période sensori-motrice :0-2 ans ;
la période préopératoire (intuitive) : 2-7 ans ;
la période des opérations concrètes : 7-11 ans ;
la période des opérations formelles : 11-13, 14 ans.
Le courant Piagétien s'est essentiellement intéressé au développement cognitif
de l'enfant.
Il a laissé une œuvre immense, poursuivie par certains chercheurs.
Ces quatre stades du développement cognitif de l'enfant ne correspondent pas
précisément à des âges chronologiques, mais selon l'ordre d'apparition qui est
invariable.
- le stade sensori-moteur (de la naissance a 2 ans) concerne les déplacements
du corps et des objets dans l'espace;
- le stade préopératoire (de 2 à 7 ans) désigne une phase durant laquelle
l'enfant ne maitrise pas certaines opérations logiques, telle que la conservation
relations de l'enfant avec le monde sont dominées par l'≪ égocentrisme ≫.
ou la réversibilité (voir stade suivant). Par ailleurs, dans cette période, les
Ce terme n'a pas de connotation péjorative sous la plume de Piaget et désigne
le fait que le jeune enfant envisage le monde selon sa propre perspective et
s'avère incapable de prendre en compte le point de vue d'autrui;
- le stade des opérations concrètes (de 7 à 11 ans) durant lequel l'enfant est
est ≪ conservant ≫, c'est-à-dire qu'il sait que les volumes, poids, etc., ne
capable de résoudre des problèmes portant sur des réalités physiques. L'enfant
varient pas lorsqu'on modifie la forme des objets : si l'on découpe un gâteau en
parts, il estime qu'il y a la même quantité de gâteau avant qu'après; si l'on
transvase de l'eau d'un récipient étroit dans un récipient plus large, il affirme
qu'il y a la même quantité de liquide. Il est également capable de réversibilité
logique : il affirme qu'une boulette de pâte à modeler étirée en saucisse peut
revenir à son aspect initial ;
- le stade des opérations formelles (de 11 à 15 ans) permet l'accès à un
raisonnement hypothético déductif. L'enfant peut émettre une hypothèse
abstraite, puis se lancer dans une expérimentation pour en vérifier la validité,
et enfin tirer des conclusions de son observation.
• Juan Pascual-Leone a élaboré un modèle assez complexe du fonctionnement
cognitif, base sur une version renouvelée des stades Piagétiens. Il considère
que le système psychologique est organisé en deux niveaux hiérarchises, les
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≪operateurs subjectifs≫ ou schèmes qui sont le système de traitement de
l'information.
Il y a trois types de schèmes :
Les schèmes affectifs, cognitifs et personnels, ces derniers coordonnant les
Le second niveau est constitué d'≪operateurs silencieux ≫ qui influencent
deux autres et correspondant donc aux valeurs, croyances...
l'état mental du sujet en agissant sur les schèmes. Ils sont dits silencieux car ils
correspondent à la machinerie du système cognitif non nécessairement
accessible à la conscience.
1.7. Les stades du développement
L'allure générale du développement psychologique de l'enfant présente
l'aspect d'une évolution ininterrompue : chaque jour apporte quelque
acquisition nouvelle, quelque progrès fonctionnel, quelque coordination mieux
adaptée, etc. L'ensemble de ces transformations n'est pas indifférencié :
chaque conduite particulière à ses moments propres d'apparition et de
développement. Chaque âge présente ses propres caractéristiques.
En vue de la clarté didactique, on s'est efforcé de découper l'allure des progrès
de l'enfant en périodes typiques. Ce sont ces différentes périodes ou étapes
qu'on appelle « STADES ».
Les limites d'âges diffèrent légèrement d'un psychologue à l'autre. Par rapport
au programme en usage pour ce cours, les stades suivants ont été retenus
période prénatale : de la conception à la naissance ;
première enfance : 0-3 ans ;
deuxième enfance : 3-7/7 ans
troisième enfance : 6/7ans-9ans
la préadolescence : 9-12/13 ans
l'adolescence : 12-18 ans
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Chapitre 2. LE DEVELOPPEMENT DE L'ENFANT
2.1. LA PERIODE PRENATALE
La vie commence dès la conception. La notion de la conception fait penser à la
sexualité ou mieux au rapport sexuel (la relation sexuelle).
On appelle rapport sexuel tout rapprochement de sexe entre un homme et une
femme. C'est la pénétration de l'organe sexuel mâle dans l'organe sexuel
féminin (accouplement).
A cet effet l'homme possède les testicules, organe s reproducteurs des cellules
masculines qu'on appelle spermatozoïde en million dans le liquide appelé
sperme. La femme à son tour possède les ovaires, organes reproducteurs des
cellules féminines qu'on appelle ovules.
Des milliers d'ovules se développent dans l'ovaire. La formation d'un ovule
dans l'ovaire dure 14 jours après lesquels un ovule quitte l'un des ovaires (la
femme en possède deux) et descend vers l'utérus à travers la trompe, y trouve
un spermatozoïde libéré dans le même temps parmi les millions qui errent dans
le sperme, les deux, c'est-à-dire l'ovule produit par la femme et le
spermatozoïde produit par l'homme vont se fusionner. Une fois fusionnés les
deux vont s'installer dans l'utérus. C'est cette fusion de l'ovule et du
spermatozoïde qu'on appelle la conception. A partir de la conception l'œuf
fécondé va se développer et devenir un bébé après plus ou moins 9 mois.
Au cours de cette période l'enfant change trois fois d'appellation. On parle
successivement de :
| l'œuf, au début du développement, à la conception ;
l'embryon, à partir de la nidation dans l'utérus ;
I fœtus, dès le troisième mois de gestation.
A partir du début de la croissance, un sac des eaux se développe au tour de
l'enfant, On l'appelle : «sac amniotique » contient le liquide amniotique qui
joue le rôle de :
- protéger l'enfant contre les chocs ;
- diminuer la pesanteur. Ainsi l'enfant n'est pas compressé et peut se
librement;
- aider à garder l'enfant dans un milieu à température constante ;
- contenir quelques éléments nutritifs.
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2 . 2 . LA PREMIERE ENFANCE : 0 - 3 ans.
C'est à partir de la naissance qu'il faut parler du développement proprement
dit. La naissance comporte un ensemble de modifications physiologiques que
les fonctions organiques et le capital psychologique initial seront mis en action
dès les premières heures d'arrivée au monde.
Le volume normal du cerveau du nouveau-né pèse environ 350g et arrivera
plus tard à un volume de 1.450g chez l'adulte de 75kg. Un génie à la maturité
peut atteindre 2.000g comme volume du cerveau ; quantité de stimulations se
produisent à la naissance, pour lesquelles l'enfant ne possède pas encore des
réponses adéquates et qui vont créer des états de gêne, de privation : dès la
naissance surgit le besoin d'agir contre l'inconfort ou la douleur.
2 . 2 . 1 Le choc de la naissance
La naissance marque le passage de la vie parasitaire à une existence autonome
et de ce fait, la nécessité de l'entrée en jeu des fonctions de nutrition. Si la
respiration est d'emblée automatique, l'absorption de nourriture se fera dès la
naissance de manière discontinue. Ainsi, il y a alternance d'état de faim et de
réplétion.
Le fœtus vit dans un milieu physique presque constant, à la naissance l'enfant
passe dans un milieu variable et ses sens, plus particulièrement le tact sont
exposés à une multitude de stimulations.
Le passage d'un milieu liquide à un milieu gazeux donne à l'enfant un poids que
son système moteur ne parvient pas à maîtriser et qui transforme ses
conditions d'équilibre et ses possibilités de mouvement.
A la naissance les relations avec l'organisme de la mère sont perturbées, puis
interrompues. L'autonomie acquise à la naissance se manifeste notamment
dans l'ingestion et la digestion de la nourriture, l'élimination des déchets et le
maintien de son corps à une température relativement uniforme malgré les
variations de la température externe.
A la naissance enfin, le cri de l'enfant est le signe de sa vitalité et de son
indépendance. Sur le plan physiologique ce cri sert à l'ouverture de poumons
afin que l'enfant respire de façon autonome.
2.2.2 La phase de nourrisson : 0-1 an
Toujours en vue de la clarté didactique, nous avons estimé commode de
subdiviser l'enfance en stade et parfois en sous stade :
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RICHARD WANDJA TSHITA
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A. De 0 à 6/7 semaines
Cette phase est plus caractérisée chez le nourrisson par une situation de
confusion et d'indifférenciation entre :
- le Moi et le non Moi;
- le milieu physique et les êtres vivants ;
- la vie organique et la vie psychique ;
- l'affectivité et l'activité.
C'est le stade « pré-objectale » qui précède la différenciation entre le sujet et
l'objet.
On observe chez l'enfant de ce stade toutes sortes de sensations organiques
liées, confondues avec la satisfaction ou le malaise dont elles s'accompagnent
Il y a donc un syncrétisme indifférencié, un obscur sentiment de vitalité
continue, scandé par un rythme de :
sommeil et Veil : le nouveau-né dort 20h/24;
faim et rassasiement ;
tension et détentes. Le sein de la mère joue trois fonctions : Il sert
d'alimentation, de premier jouet du bébé et du besoin sexuel.
a) Développement de l'intelligence
Il faut noter avant tout que la perception est entièrement fonction des sens. A
cet effet, on observe en premier lieu chez le nourrisson l'apparition de la
sensibilité aux stimuli de contact ou de pression, qui affecte d'abord la région
orale et nasale et en second lieu le goût et l'odorat qui sont plus au moins
normaux.
Il n'y a pas encore de représentation ni de pensée. Sur le plan visuel et auditif,
les réactions du nouveau-né dépend l'intensité et de la durée des stimuli. Il
réagit à la lumière et au son.
On remarque tant pour la vision que pour l’ouïe que les fonctions ne sont pas
encore spécialisées : il s'agit des réactions totales caractérisées l'état affectif
qui les accompagne. Il n'y a pas encore de perception des « choses » .le
nouveau-né perçoit plutôt la réaction causée par l'objet lui- même ; il perçoit
par exemple le son émis par la pendule et non la pendule elle-même et la
lumière projetée par une ampoule et non l'ampoule. Cela parce qu'il n'a pas
encore atteint le stade d'objectivité : Il ne sait pas encore distinguer le sujet
d'un objet.
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RICHARD WANDJA TSHITA
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Les manifestations intellectuelles du nouveau-né ne sont que des sensations
liées aux mouvements réflexes. L'intelligence résultera du développement et
de complexité des réflexes en interaction ;
a) Développement affectif
Le comportement émotionnel du nouveau-né se manifeste par des réactions
générales. Il n'a pas de réactions émotionnelles différenciées. Celles-ci se
différencieront plus tard sous l'effet de la maturation et de l'expérience. On
peut cependant distinguer :
- Les sentiments liés aux sensations organiques :
La faim, la soif, le bien-être, le malaise, etc. Ceux-ci s'expriment par des
mimiques, des pleurs, etc. Le nouveau-né ne connaît pas de sentiments plus
durables; il n'a pas encore de sentiments supérieurs comme les spirituels tels
que l'amour du beau, du vrai ou du bien ;
- les sentiments produits par les stimuli sensoriels :
Ex. le lait maternel lui procure un sentiment de plaisir et de bien-être.
Remarque : les émotions à cette période servent surtout à la conservation
Immédiate de la vie.
Ce qui contribue au bien-être revêt un caractère de plaisir et vice-versa.
b) Développement moteur(motricité) activités
On observe à la phase du nourrisson :
Les mouvements impulsifs : ce sont des mouvements apparemment sans but
significatifs et souvent sans stimuli extérieurs. Ils caractérisent le début de
l'activité enfantine.
Les mouvements réflexes : ce sont pour la plupart des réflexes de défense et
de protection ou d'adaptation. Ils sont congénitaux et efficaces. Ex. le réflexe de
propulsion de paupières, le réflexe de succion (réflexe nutritif). Dès le 8ème
,.v jour l'enfant répond à des signaux. Par exemple quand on le place dans la
position habituelle de tétée, il tourne la tête vers la poitrine, comme pour
chercher le sein. Vers la fin du second mois de sa vie, le nourrisson perçoit
l'approche d'un être humain. S'il est entrain de geindre à cause de la faim, dès
l'approche d'un adulte, le bébé s'apaise et ouvre la bouche. C'est une façon de
manifester la faim.
Les mouvements expressifs : qui manifestent son état psychique déterminé :
pleures, mimiques pendant la succion et en période de bien-être générale, etc.
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Ces conduites n'ont pas un sens de communication avec autrui, mais plutôt des
actions expressives, juste pour exprimer un état, une attitude affective
correspondant à l'expérience immédiate.
En définitive, il existe chez le bébé de cette phase un certain degré de
psychisme sans représentation, ni réflexion, ni volonté, mais toutes les
fonctions sont présentes en vue de la conservation de la vie ainsi que les
tendances en faveur de cette conservation. L'enfant ne perçoit que ce qui est
favorable à la vie ou ce qui ne l'est pas ; I ne perçoit pas de « choses » mais des
« signaux » : ce qui est favorable ou nuisible. En outre, la perception et le
déclenchement de l'activité sont un.
B. De 6/7 semaines à 1an
A la phase précédente (0-6/7 semaines), l'enfant s'est trouvé dans une attitude
de fusion et de confusion par rapport au inonde.
Il a été caractérisé par le syncrétisme indifférencié, qui typifie la mentalité
enfantine au premier stade de la vie. C'était le stade pré objectal, qui précède
la distinction entre le moi et l'objet que nous avons appelé « stade préobjectal.
A la phase présente, il va se tourner à nouvelle attitude d'extraversion va se
manifester par le SOURIR. Ainsi le sourire reste le premier signe de l'intérêt que
l'enfant manifeste au monde extérieur. Le sourire marque le début de la
différenciation entre le moi de l'enfant et monde extérieur, le moi et l'objet. Le
sourire témoigne en outre un pré-dialogue entre l'enfant et autrui. Ce sourire
significatif pour les psychologues apparaît vers 3 mois
Cette différenciation ou la distinction entre l'enfant et le monde extérieur c'est-
à-dire le moi et le non moi marque « le stade objectal ».
a) Développement de l'intelligence
La phase précédente, Le Stade Préobjectal, celui qui précède la distinction : «
moi objet » ; moi et un objet d'un autre était caractérisé du point de vue de
l'intelligence par des phénomènes de décharges incoordonnées, un certain
apprentissage de type « réflexe -conditionné ». L'enfant y réagissait avant tout
en fonction de ses besoins et non en vertu des qualités objectives de cet
environnement. L'enfant vivait replié sur lui-même, il ne connaissait que
l'espace rapproché.
A présent grâce au développement de la vue et de l'ouïe, il va découvrir un
espace plus éloigné; par exemple, il suit des yeux sa mère qui se déplace.
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A 2mois il arrive progressivement au stade de la vision, sans encore saisir les
objets de la main. A cet effet le psychologue américain GESELL déclare : «
l'enfant saisit avec les yeux avant de saisir avec la main ». Les visages des
personnes qui le soignent notamment la mère par ses soins, caresses, le
contact avec son corps, les impressions de chaleur, etc., prennent une valeur
particulière et vont se faire maintenir. L'importance de la mère s'accroît et son
image se confirme et se précise chez l'enfant.
A 3mois l'intérêt que l'enfant témoigne au visage humain va se cristalliser dans
le sourire. Du point de vue de l'évolution, d'abord l'enfant vit replié sur lui-
même, ensuite il s'extériorise par la vision et l'ouïe et s'intéresse | l'autre
surtout au visage humain. D'abord il regarde sans rien faire, puis il sourit Ses
premiers sourires s'adressent à tout le monde; Peu à peu il sourira aux
personnes qui lui sont familières.
Autour de 5 mois débute le stade de la compréhension à diriger ses mains vers
la bonne direction et c’est grâce coordination entre la vision et la préhension.
Au début, II essaie d'attraper avec ses deux mains. Ses mouvements de saisie
procèdent par tâtonnement avant de poser la main sur l'objet.
Entre 5 et 7 mois il sait remarquer la mimique de l'adulte : il pleure quand on le
gronde et sourit quand on lui sourit.
A 7 mois également se situent les premières conduites intellectuelles : l'enfant
réussit la performance du chimpanzé. Il est capable de se servir de certains
objets comme moyens pour atteindre son but. Par exemple utiliser un bâton
pour ramener un jouet.
Vers 1an l'enfant fait l'expérimentation active : par exemple il laisse tomber un
objet des différentes façons et observe chaque fois le résultat. Il découvre ainsi
des nouvelles conduites. Son activité devient de plus en plus exploratrice.
Ainsi la première année se termine par l'achèvement de l'intelligence pratique,
manipulatoire. Toutes les conduites restent liées au concret, au v perceptible, à
l'expérimentation. Pas encore de représentation. Il procède par essai et erreur
pour résoudre les problèmes simples. Son activité se différencie et s'oriente
vers des buts.
b) Développement de l’affectivité
La relation mère enfant et le sentiment de sécurité Cette relation est au tour
de l'alimentation et de tous les soins que le bébé reçoit. C'est à partir de cela
COURS DE PSYCHOLOGIE DE DEVELOPPEMENT DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT ELABORE PAR LE CHEF DE TRAVAUX 19
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que va s'établir la confiance de base avec le monde extérieur. Si cette confiance
s'établit positivement elle sera le départ de la formation de la personnalité.
Sinon c'est la méfiance, l'insécurité, etc. c'est pour cette raison que la perte de
la mère à cet âge, ou encore le sevrage précoce comporte des conséquences
néfastes pour le petit enfant.
Selon Bowlby l'insuffisance de l'affectivité dans ''enfance serait à l'origine de
beaucoup de cas de délinquance.
- Le psychisme reste caractérisé par l'affectivité :
L'enfant sourit et émet des cris de plaisir et de détente. Des nuances de colère,
de jaloux de rage, de l'envie, de l'expectation etc. deviennent plus évidentes
vers la fin de la première année. La sensibilité et l'expression des sentiments
sont intimement liées.
c) Développement moteur
Sens du développement moteur :
Coordination des mouvements divers.
Affinement et isolement de certains mouvements qui vont se détacher
des gesticulations massives
On peut retenir entre autres :
1. A 1mois : motricité plus ou moins différenciée dans la région de la
bouche et des yeux /il fixe des yeux, puis vers le 2 ème mois il suit du
regard un objet en déplacement.
2. A 4 mois : position assise d'abord avec soutien, tête droite et devient
ensuite mobile et peut se tourner vers la source de son familier ;
3. A 5 mois : saisie des objets, d'abord avec la paume et les doigts, ensuite
en opposant le pouce et l'index vers le 6ème mois.
4. 6/7 : position assise sans soutien, passage des objets d'une main à
l'autre, mais l'œil devance la main ; poussée des dents (la 1 ére incisive à 6
mois).
5. A 7/8 mois : - station debout et début de la marche à tâtons. - affinement
d'autres mouvements mais rampe encore
6. A12 mois : se tient debout seul et marche avec déséquilibre
Au sujet de la marche plus particulièrement, certaines recherches notamment
celle de GEBER et Falade (au Sénégal) et de Billo (en Angola) laissent remarquer
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une précocité psychomotrice de l'enfant africain pendant la 1ére année. Ainsi on
remarque pour cette catégorie d'enfants :
La tenue de la tête à 6 semaines déjà ;
La position assise sans soutient à 4 mois et à 6/7 pour d'autres ;
La station debout seul à 8 mois et ;
La marche à 10 mois.
c) La phase infantile : 1-3 ans :
Entre autres événements marquants de cette phase on observe :
- La poussée des dents vers le 6ème mois /la première incisive d'abord, le
2eme mois/la première incisive et ainsi de suite ;
- L’acquisition de la marche à quatre pattes autour de 7e mois, puis la
marche bipède (marche à deux pied) vers 8-9,10e mois, la station debout
proprement dite vers le 12ème mois.
- L’acquisition de la marche a comme conséquences de permettre
l'enfant : De se situer par rapport à l'espace, d'étendre son champs
d'expérience, de sensations et d'actions par l'exploration et confère à
l'enfant un début d'indépendance, sa mère la portait tout le temps à
présent il se déplace seul.
- acquisition du langage : signalons avant tout que dès la naissance
l'enfant émet des sons plus ou moins articulés mais sans signification
selon DECROLY. Cet ensemble d'émissions vocales vers le 2 ème et 3ème
mois est désigné sous le vocable de « lallation ». vers 3 éme et 5éme mois se
produit le « babillage » qui constitue un appel (ah ! ah ! ah !), c'est une
émission volontaire des phonèmes /sons de voyelle ou de consonnes).
- Le début du langage parlé
Le stade du mot-phrase : l'enfant est plongé au foyer dans un véritable « bain
linguistique » des multiples associations entre autres des sons entendus et des
impressions, de situations, des perceptions ou encore entre des sons
prononcés et des réactions de l'entourage.
L'ouïe joue le grand rôle dans ces acquisitions. Le nouveau-né ne tarde pas
dans sa progression linguistique tandis que les sourds se taisent après avoir
émis quelques lallations. Il est difficile de dater avec certitude l'apparition du 1 er
mot significatif, néanmoins DECROLY signale que dans le 2/3des cas ce stade
COURS DE PSYCHOLOGIE DE DEVELOPPEMENT DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT ELABORE PAR LE CHEF DE TRAVAUX 21
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est franchi entre 9 et 12 mois. Les incitations de l'entourage constituent un
facteur de précocité de langage.
Chaque mot, en effet est exprimé par l'enfant avec la valeur d'une phrase et
condense un désir ou un ordre (d'où l'appellation même du mot-phrase).
La phrase de deux mots : la durée moyenne du stade du mot-phrase varie de 4
à 7 mois. Il arrive que l'enfant, pressé de se faire comprendre, juxtapose deux
mots - phrases. C'est là une étape significative du progrès de l'enfant I dans le
développement intellectuel.
Selon Gesell l'apparition de la phase de deux mots intervient à 1 an et demi
dans 20% des cas et 2ans dans 75% des cas.
A noter que grâce au langage, qui est un moyen de communication avec autrui
l'action parlée va se superposer à l'action effectuée.
1. L'apparition de la prise de conscience! - l’enfant se rend compte ici qu’il
est quelqu'un, il étend les contacts avec le monde matériel et intensifie
des relations avec autrui où il subit satisfaction et frustration. Avènement
à la distinction de moi- non moi.
2. La crise d'opposition vers 3ans, caractérisée par le négativisme et
l'égocentrisme.
Entre 1-3 ans se manifeste une poussée, un éveil caractéristique de
tendances personnelles et égo-altruistes. C'est la naissance de I' « ego »
le « je » aux yeux d'autrui et de « moi » autour de 1an et demi et 2ans et
demi. Ici, l'enfant de trois ans cesse de se confondre avec autrui comme
ce fut dans le syncrétisme enfantine. Son individualité commence à se
faire remarquer et l'opposition, la protestation en en sont les moyens. A
partir de 2 ans, l'enfant devient capricieux jusque vers 4 ans. Les
observateurs de l'enfance signalent à ce stade un état d'esprit
caractérisé par des crises d'obstination, de négativisme et d'explosion de
colère et d'agressivité.
3. Le sevrage affectif
Sevrer veut dire, cesser d'allaiter un enfant ou un animal pour lui donner une
autre nourriture plus solide que le lait maternel.
Le sevrage affectif identifie en effet ce fait pour une mère de cesser d'allaiter
son enfant, le séparer du sein en remplaçant le lait maternel par une autre
nourriture.
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Le sevrage comporte quelques implications à savoir :
Sur le plan matériel, c'est le refus de la tétée que la mère impose à l'enfant ;
Sur le plan psychologique, le sevrage est une séparation mère-enfant : c'est le
brisement de l'unité que la mère et l'enfant ont toujours formée. Ainsi le
sevrage donne à l'enfant l'impression de ne plus être aimé par sa mère (d'où
l'appellation « sevrage affectif », c'est-à-dire privation d'affection. Lorsqu'il
survient plus tôt et brutalement, le sevrage comporte des conséquences
néfastes dans la constitution de la personnalité de l'enfant et de l'homme qu'il
deviendra plus tard.
2.3. LA DEUXIEME ENFANCE : 3-6/7ANS
2.3.1 Caractéristiques
La deuxième enfance débute par une sorte de crise. C'est la crise de trois ans
caractérisé par l'opposition, le négativisme et l'égocentrisme.
En effet aux alentours de 3 ans on observe chez l'enfant une attitude
oppositionnelle de telle sorte que l'enfant fait juste le contraire de ce qu'on lui
demande de faire. A cette période, l'enfant devient difficile à manier, il est très
négativiste en ce sens qu'il manifeste une attitude inverse de ce qu'on attend
de lui.
- La découverte du « moi »(l'égocentrisme).
On observe également égocentrisme chez l'enfant de cet âge, une attitude
caractérisée par l'absence de distinction entre la réalité personnelle et la réalité
objective. Par l'égocentrisme l'enfant de 3 à 5/6 ans se place au centre du
monde dans sa façon de concevoir la vie. Ainsi il veut ramener tout vers lui et
cherche à tout s'approprier. C'est la naissance de l'«ego », la naissance du moi.
Par la découverte du moi, l'enfant cesse de se confondre avec autrui et se
libère ainsi du syncrétisme enfantin qui l'a caractérisé autrefois.
A partir de trois ans, c'est aussi l'âge Questionneur : l'âge auquel l'enfant pose
des questions sur le « pourquoi des choses ». Ce sont des questions qui visent à
connaître l'utilité des choses. Par cette attitude l'enfant manifeste une curiosité
I intense et qui constitue l'indice de son intelligence.
L'événement marquant de cette périodes demeure la découverte du «moi »
2.3.2 Le développement intellectuel
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2 à 4 ans, est le période préopératoire caractérisée par l'intelligence
symbolique (pré-conceptuelle) qui grâce à l'avènement du langage, permet de
nommer les objets, les personnes et les actions.
Vers 3-7 ans, apparaît l'« égocentrisme » ego =moi c’est-à-dire l'incapacité de
l'enfant de se mettre à la place d' moi selon J. Piaget.
Vers 4-6ans, la pensée de l'enfant est animiste. C'est l'âge ou l'enfant semble
attribuer la vie aux objets inanimés. C'est ainsi qu'on peut le voir parler en
s'adressant à un jouet, par exemple parler à une poupée.
Entre 4 et 7ans, l'intelligence de l'enfant est intuitive, c'est-à-dire centré sur le
concret, le perceptible domine sa pensée : Il se limite donc à ce qu'il peut voir
ou sentir, etc.
2.3..3. La moralité
C'est durant la deuxième enfance que l'enfant acquiert la conscience morale,
c'est-à-dire la voix intérieure qui remplace les parents et leurs interdictions.
Jusqu'ici l'enfant se pliait aux exigences des parents par imitation, ou par
crainte de perdre l'amour maternel et par suite de se trouver en insécurité. Il
obéissait et se conduisait normalement en présence de l'adulte (parent). Avec
l'avènement de la conscience morale, l'enfant adopte ici les exigences
parentales et les intériorise pour s'y conformer même en leur absence. Il
considère que tel acte est mauvais si celui-ci est réprimé par les parents.
C'est la découverte du « surmoi » . C'est-à-dire la voix intérieure qui dirige l'enfant dans
diverses circonstances et lui dit: « fais ça; ne fais pas ça ». Le «surmoi» est selon S. FREUD
l'instance des lois, des normes sociales introjectées, c'est-à-dire intériorisées.
Le développement des notions morales chez l’enfant
Piaget ≪ le jugement moral chez l’enfant ≫
Définition : Morale = ensemble de règles de conduite socialement valorisée
• Piaget étudie comment l’enfant évalue les fautes morales, et les
représentations qui lui viennent de l’adulte comme: ne pas mentir, ne pas
désobéir…
• Paradigme de l’étude de la responsabilité: on présente à l’enfant.
2 histoires mettant en scène des enfants qui causent un tort a un adulte.
On vérifie que l’enfant a bien compris le texte.
≪ Lequel a été le plus méchant ? ≫
On compare les responsabilités entre les deux histoires :
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≪ Lequel doit être le plus puni? ≫.
• Les histoires varient selon 2 dimensions: l’intention et la conséquence.
L’enfant doit faire la différence entre un acte avec intention positive qui
provoque beaucoup de dégâts ou un acte avec intention négative qui provoque
peu ou pas de dégâts.
• Les questions portent sur les notions morales (ex : le mensonge) et sur la
compréhension des finalités des règles (ex : pourquoi ne pas mentir).
Exemple pour le cas du mensonge : l’histoire du chien et des bonnes notes
1. Un petit garçon (ou une petite fille) se promène dans la rue et rencontre un
gros chien qui lui fait très peur. Alors il rentre à la maison et raconte a sa
maman qu’il a vu un chien aussi gros qu’une vache.
2. Un enfant rentre de l’école et raconte à sa maman que la maitresse lui a
donné de bonnes notes.
Mais ce n’est pas vrai : la maitresse ne lui avait donné aucune note, ni bonne,
ni mauvaise. Alors sa maman a été très contente et l’a récompensé.
Fel (6 ans) qui répond à la question : ≪ lequel des deux enfants est le plus
Exemples de réponses d’enfance
méchant ? ≫
• La petite fille qui dit qu’elle a vu un chien aussi gros qu’une vache
• Pourquoi c’est la plus vilaine ?
• Parce que ça se peut jamais
• Sa maman l’a crue ?
• Non, parce qu’il n’y en a jamais
• Pourquoi elle a dit ça ?
• Pour exagérer
• Et l’autre pourquoi elle a menti ?
• Parce qu’elle voulait faire croire qu’elle avait un bon carnet.
• Sa maman l’a crue ?
• Oui
• Laquelle tu punirais le plus si tu étais la maman ?
• Celle du chien, parce qu’elle était la plus menteuse et la plus méchante. »
Burd (7 ans) :
«Le plus vilain c’est celui qui disait qu’il avait vu un chien comme une vache. C’est plus vilain,
parce que sa maman le savait [que c’était faux ou impossible], tandis que l’autre, la maman
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le savait pas. Si on dit quelque chose que maman le sait pas, c’est moins vilain, parce que sa
maman pourrait le croire. Si maman le sait que c’est pas vrai, le mensonge est plus grand.»
Les stades du jugement moral selon Piaget :
• Entre 7 et 10 ans : jugement de responsabilité objective : jugement selon les conséquences
• Apparait des 8 ans : jugement de responsabilité subjective : jugement selon l’intention du
fautif
Le mensonge
• Vers 6 – 7ans : le mensonge est un interdit verbal ou une erreur. Plus le mensonge est
invraisemblable plus il est condamne. La gravite du mensonge est d’abord liée à la punition,
plus tard il deviendra universellement blâmable et l’enfant évoquera des arguments sociaux
pour l’expliquer.
Le bien est défini par : l’obéissance
• Notion ≪ objective ≫ de responsabilité
• Règle a observer à la lettre et non dans l’esprit
Kohlberg : Le test de jugement moral
(MJI : Moral Judgment Interview)
Le test de jugement moral de Kohlberg propose trois dilemmes aux sujets :
Exemple : « John doit-il voler pour sauver la vie de sa femme ? ≫ ou ≪ Le Dr Jean doit-il
• Vie et loi : le sujet doit choisir entre deux valeurs morales : ici la vie et la loi.
accéder à la demande d’euthanasie d’une malade condamnée ? »
arrêter John qui a volé le médicament ? ≫ ou « Le Dr Jean a répondu à la demande de sa
• Punition et moralité / conscience et indulgence. Exemple : « Mr Marc, policier, doit-il
malade, Le Dr Roger doit-il le dénoncer ? »
• Contrat et autorité. Exemple : « Joe (14 ans) doit-il donner l’argent que son père lui
demande, qui n’a pas tenu la promesse de le lui laisser ? » ou « Louise doit-elle dénoncer à sa
mère le mensonge commis pas sa sœur de 12 ans, Judy ? »
Les stades de jugement moral
Les réponses des sujets sont catégorisables dans l’un des 6 stades (réparties dans 3 niveaux)
1. Niveau pré conventionnel : le bien et le mal sont définis d’après les conséquences
provoquées par l’action.
Stade 1 : obéissance et évitement de la punition
Exemple : « il n’aurait pas dû le faire : il est certain de se faire pendre et ira probablement en
prison ».
Stade 2 : relationnisme instrumental : ne suivre une règle que si elle sert son propre intérêt.
Exemple : « il devrait voler le médicament. Si sa femme survit, elle sera encore plus gentille
avec lui à cause de ça. Il sera un homme plus heureux. »
2. Niveau conventionnel : (10-13 ans et la majorité des adultes) conformité au rôle que le
sujet croit être attendu de lui.
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Stade 3 : maintien des bonnes relations interpersonnelles, moralité du « bon petit ≫. Début
de la prise en compte des sentiments d’autrui. Exemple : « Il doit voler car il doit s’occuper
Stade 4 : obéissance aux règles sociales jugées ≪ bonnes en soi ≫ Exemple : « il devrait
de sa femme. ».
obéir à la loi et ne pas voler, même si cela peut lui poser les souffrances personnelles. »
3. Niveau post-conventionnel : principe de moralité indépendante de l’autorité.
Stade 5 : morale du contrat et de la loi démocratiquement acceptée Exemple : «Il a bien fait
de voler, car le pharmacien a été injuste de lui refuser le médicament en l’empêchant ainsi de
soigner sa femme. ».
Stade 6 : principe éthique universel. Exemple : « la vie de sa femme est plus importante que
le droit du pharmacien à sa propriété. ».
Kolhberg a émis l’hypothèse d’un 7e stade :
Stade 7 : perspective cosmique ou religieuse de la vie
2.4. LA TROISIEME ENFANCE : 6/7-9 ANS
L'enfant est entrain de progresser en tous points de vue : Psychomoteur,
intellectuel, affectif, social, etc.
Entre autres faits marquants de la troisième enfance on peut citer la
découverte du « surmoi », l'entrée à l'école la motricité prodigieuse, la
socialisation croissante.
2.4.1 Scolarisation
L'entrée à l'école est un événement marquant pour l'enfant, appelé à faire
l'expérience d'un milieu affectif neutre. L'adaptation à ce milieu est assez
brutale. Ainsi voit-il à travers la scolarisation l'ensemble de son mode de vie
transformé ou remis en question.
L'entrée à l'école comporte quelques implications aux yeux de l'enfant de :
- Il fait la découverte d'un milieu affectif neutre et perd le bénéfice du
préjugé de l'amour parental. H doit se débrouiller tout seul et sans le
traitement particulier dont il faisait l'objet en famille ;
- Il doit s'adapter à l'inévitable contrainte à laquelle il n'était pas habitué
par exemple, rester longtemps assis et écrire ;
- Il doit accepter l'égalité devant la loi démocratique, ce qui s'oppose à
l'égocentrisme ;
Le maître fournit une nouvelle image de l'adulte, différent de ses parents, en ce
sens qu'auprès de parents il bénéficiait d'une attention particulière. Auprès du
maître il a la même considération que ses condisciples ;
2.4 2 La période des intérêts objectifs.
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A partir de 6 ans la pensée de l'enfant devient analytique et sensible aux
relations objectives.
Le psychologue américain Gesell fait remarquer que 7ans c'est l'âge de 11 auto
critique », l'âge de la réflexion.
La deuxième enfance (3-6/7ans), c'est la période des intérêts subjectifs ou
égocentriques.
Dans son égocentrisme fort doublé de la subjectivité, l'enfant avons- nous
constaté était incapable de se mettre à la place d'autrui, au point de vue de
l'autre ; il avait tendance à ramener tout vers son « moi ».
A partir de la troisième enfance (6/7 à plus ou moins 12 ans), l'enfant accède à
la période des intérêts objectifs et c'est grâce à l'avènement de la pensée et de
la réflexion.
2.4.3. Le développement moteur
A ce point de vue, on remarque un accroissement des possibilités motrices
chez l'enfant au cours de la troisième enfance. Sa force physique se développe
et joue un rôle important dans les jeux de compétition.
A 9 ans environ, l'enfant cherche à briller par ses performances physiques. H y
a ainsi un progrès remarquable dans la coordination : ses gestes acquièrent une
précision ; son activité physique s'intensifie.
On parle d'une « motricité prodigieuse » à cause de progrès surtout quantitatif et
qui se traduisent par de multiples acquisitions, rapidement automatisées après
élimination de mouvements parasites associés. L'activité motrice à cet âge est
aussi proche de la maturité. Ainsi voit-on le jeune enfant, se livrer
inconsciemment à un certain type de dangers dans les jeux auxquels il se
consacre
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CHAPITRE 3 : LE DEVELOPPEMENT DE L'ADOLESCENT
Avant d'entrer dans le vif du problème, il importe de savoir ce que c'est
l'adolescence et la puberté qui la caractérise.
L'adolescence : c'est la période transitoire entre l'enfance et l'âge adulte. C'est
une période qui se laisse difficilement circonscrire dans un cadre et dans une
durée précise. Selon les auteurs on peut l'estimer entre 12 et 18,20 ans.-
L'adolescent est cet être humain de 12 à 18, 20 ans en pleine transition entre
l'enfant qu'il n'est plus et l'adulte qu'il tend à devenir.
Selon le dictionnaire Hachette, l'adolescence correspond à « l'âge compris
entre la puberté et l'âge adulte». Il s’agit d’une période de la vie qui
s’échelonne généralement de 11-12 à 17-18 ans. L’adolescence serait donc la
période de l’épanouissement de l’enfant qui se transforme en un adulte, afin
qu’il devienne acteur responsable de son parcours personnel et civique.
Le bornage temporel auquel fait référence cette définition pourrait être discuté
pour 4 raisons:
1. Si l'âge adulte est fixé génétiquement (fin de la puberté), les disparités
individuelles importantes feraient varier ses limites (puberté plus tardive chez
les garçons, et à des périodes différentes pour les jeunes d'un même sexe).
2. Si l'âge adulte est fixé administrativement, correspondant à 18-20 ans, (l'âge
de la majorité ou autonomie par rapport aux parents par ex.), n'oublions pas
qu'il y a encore peu de temps, il l'était à plus de cet âge-là.
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3. Si l'âge adulte est fixé professionnellement par l'entrée dans le monde du
travail, ses limites devraient reculer avec l'évolution sociale qui tend à montrer
que les jeunes rentrent de plus en plus tard dans la vie professionnelle.
4. Si l'âge adulte est fixé socialement avec le départ de la cellule familiale, ses
limites devraient également reculer, car l'évolution sociale tend à montrer que
les jeunes quittent de plus en plus tard la cellule familiale.
L’adolescence est enfin jugée comme une période de destruction génératrice
de crises, de conflits qui, en même temps qu’elle est nécessaire pour se
construire, pose des problèmes au futur adulte qui se construit. Ces différentes
crises témoignent à l’évidence un fait indéniable : l’adolescence est un
phénomène muable revêtant des caractéristiques particulières et spécifiques à
chaque période de temps.
3.1. LÀ PUBERTE (12 -14 ans)
La puberté est quant à elle, l'ensemble des transformations marquant le
passage de l'enfance à la maturité du point de vue physique. Elle comporte de
nombreux aspects physiologiques et morphologiques dont les plus importants
sont : l'entrée en activité des glandes génitales (épanouissement sexuel), une
poussée en taille et en poids suivie d'un ralentissement; la pilosité pubienne et
axillaire (des aisselles), la mue de la voix, le modèle plus adulte de formes
corporelles.
C'est pendant la puberté que les organes génitaux internes et externes
atteignent leur maturité. C'est aussi l'âge de consentement sexuel. C'est enfin
l'âge auquel la société autorise le mariage. A partir de cet âge la fonction
sexuelle peut s'exercer sans dommage.
Comme on vient de le voir un peu plus haut, c'est entre 12 et 14 ans environ
que la puberté s'accomplit. Elle s'accompagne de certains signes physiques et
psychiques. On parle à cet effet de l'apparition des caractères sexuels
secondaires,
3.1.1. L e s caractères sexuels secondaires
3.1.1.1 Qu'est-ce que les caractères sexuels secondaires ?
Avant de répondre à cette question il importe de savoir ce que c'est les
caractères sexuels primaires : dans l'intérêt de la procréation, la nature a doté
l'homme et la femme d'un appareil génital.
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Par caractères sexuels primaires il faut entendre la simple présence d'un
appareil génital chez l'être humain de deux sexes.
Les caractères sexuels secondaires sont placés hors de la zone génitale et sont
liés d'une façon particulière à la glande génitale. Sitôt que les glandes génitales
commencent à produire des cellules mûres, elles secrètent également
l'hormone sexuelle qui se déverse dans le sang. Entre autres actions, cette
hormone fait naître les caractères sexuels secondaires. L'hormone sexuelle de
l'homme diffère de celle de la femme. De même leurs caractères sexuels
secondaires sont bien différents.
Par caractères sexuels secondaires il faut entendre tous les signes
caractéristiques d'un sexe donné. Ce sont donc les signes biologiques qui
accompagnent le sexe à partir de la puberté. Ce sont ces signes qui permettent
de reconnaître un homme ou une femme au lieu de les confondre quand on les
regarde. Nous citons à titre illustratif les seins et l'élargissement du bassin chez
la femme ; la barbe et la musculature développée chez l'homme.
3.1.1.2 les caractères sexuels secondaires de la femme
L'hormone sexuelle féminine s'appelle progestérone, c'est cette hormone qui
influence les caractères sexuels secondaires chez la femme, afin de donner à
cette dernière la féminité qu'on lui reconnaît. Ainsi sous l'action de l'hormone
sexuelle féminine on constate chez la fille :
l'apparition et le développement des seins sur la poitrine ;
l'élargissement du bassin destiné à abriter l'enfant : c'est pourquoi le
bassin de la femme est plus vaste et plus évasé que celui de l'homme, il
est plus large que ses épaules ;
le ventre, berceau de I enfant, prend une dimension verticale, tandis que
les cuisses se font courtes et les jambes obliques.
Ses muscles ne se développent que médiocrement.
De façons plus prononcée, à partir de la puberté on constate que la fille prend
du poids plus vite qu'avant, la croissance s'accélère, la peau de son visage a
l'air plus gras et les boutons se multiplient sur son visage, ses seins se
développent et deviennent plus sensibles au toucher. Ses glandes génitale
commencent produire les organes sexuels (substance chimiques qui découlent
dans le sang et qui rendent la fille capable de produire un enfant, et la fille voit
ses premières règles ou sa première menstruation).
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3.1.1.3. Les caractères sexuels secondaires de l'homme
L'hormone sexuelle masculine est le « testostérone » ses actions sont les
suivantes :
Sous l'influence de cette hormone :
Le garçon voit sa croissance accélérée.. Ses os deviennent robustes, ses
épaules s'élargissent tandis que le bassin reste étroit ;
Les muscles se développent de façon imposante ;
Le larynx grandit, la voix mue et se fait grave ;
La peau se couvre de poils sous le menton, sous les aisselles et sur le
pubis. On parle à cet effet de la pilosité ; c'est-à-dire l'apparition des
poils dans certains endroits du corps ;
Les organes génitaux se développent et commencent à fonctionner: ainsi
ses testicules commencent à produire des hormones sexuelles
(substances chimiques circulant dans les sangs et faisant du garçon une
personne capable de produire un enfant). Les premières éjaculations
apparaissent (souvent des éjaculations nocturnes) parfois à la suite d'un
rêve érotique
3.1.1.4. Les conduites sexuelles et sociales
A partir de la puberté, l'état d'esprit et le caractère du garçon s'imprègnent de
virilité. Son intellectualité remporte sur la sensibilité. Les forces mentales
deviennent créatrices et la conduite envers les autres est activée. Ainsi
l'homme est disposé à la tyrannie (dictature) plutôt qu'à la soumission, à la
brutalité plutôt qu'à la bonté.
La sexualité de l'homme revêt un caractère agressif. L'impulsion sexuelle :
c'est-à-dire le désir ou l'appétit sexuel est le caractère sexuel secondaire le
plus important. L'impulsion sexuelle de l'homme diffère de celle de la femme.
L'impulsion sexuelle de l'homme rend celui-ci entreprenant, actif et agressif. La
femme est par contre passive et veut être prise.
3.3. L'ADOLESCENCE PROPREMENT DITE
S'agissant de la puberté, il a été dit plus haut que c'est l'ensemble des
transformations du point de vue physique. Il faut remarquer que les
transformations que subit l'être humain de deux sexes autour de 12 - 18,20 ans
ne sont: pas seulement physiques. Le coté psychologique est aussi atteint.
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Signalons par ailleurs que ces changements ne se font pas au même rythme
chez tout le monde : chaque corps a son propre rythme de croissance.
L'alimentation et l'ensemble de mode de vie jouent aussi un rôle important
dans la croissance et influencent la puberté, soit en l'anticipant, soit en la
retardant.
Les changements plusieurs s’accompagnent souvent s'accompagnent de
changements psychologiques qui commencent à faire de la fille une femme et
du garçon un homme.
Les phénomènes physiques intervenant à la puberté sont un événement
important dans la vie de l'être humain. Ainsi, l'avènement de la puberté est
comparé à une seconde naissance.
Selon FREDERIC KHAN : « à la première naissance, un être humain sort du
corps maternel. A la seconde naissance c'est-à-dire à la puberté la créature se
transforme en une personne. L'enfant se métamorphose en une personnalité
bien distincte. Le garçon devient un « monsieur » et la Fille une « demoiselle ».
On peut aussi comparer l'être humain à une plante. C'est au moment de la
floraison, avec l'épanouissement de la fleur que la nature nous renseignera sur
la plante et sa capacité ».
Ainsi, à la puberté, avec toutes les transformations qu'elle entraîne, la société
attachera une certaine importance à l'être humain de deux sexes. On dira par
exemple de la fille : elle est jolie ou laide, elle sera une bonne ou une mauvaise
femme, etc., et du garçon : il est fort, entreprenant ; il sera un bon monsieur,
etc., ou encore : c'est un délinquant, c'est une perte, un danger pour, la
société, etc.
C'est à l'adolescence qu'on peut apprécier un talent ou un caractère chez
l'enfant. Du point de vue de l'évolution physique et mentale, c'est à partir de
l'adolescence que l'enfant voit pour la première fois le monde tel qu'il est en
réalité. Il s'ouvre à l'univers.
On peut comparer l'épanouissement sexuel à la sortie du papillon de la
chrysalide, avant la puberté l'enfant menait une vie de chenille, c'est-à-dire
une | existence servant à la nutrition et à la croissance. C'est lorsque le
papillon sort de sa chrysalide que l'on peut apprécier sa coloration, sa
beauté...
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Il en est de même de l'enfant à partir de la puberté. La puberté déchire le voile
des illusions et dès lors on commence à voir le monde tel qu'il est, avec ses
imperfections. Avant tout on considérait les adultes comme des dieux
On croyait que les adultes savaient tout. A l'adolescence, on comprend qu'on
se faisait des illusions sur beaucoup des réalités, les adultes ont aussi des
défauts et ne savent pas tout. L'image du monde change. L'adolescent
comprend que l'homme n'est pas régi par des idéaux ; mais bien plus par les
instincts, les passions : par exemple l'éclosion de l'instinct sexuel : c'est la lutte
numéro un d'un adolescent.
Quelques faits marquants de l'adolescence :
Hormis les changements très profonds qui se produisent sur le corps de la
jeune fille et du jeune garçon à la phase de la puberté, l'adolescence comporte
d'autres caractéristiques, notamment du point de vue de la personnalité et des
conduites psychosociales parmi lesquelles :
- Le retour de l'égocentrisme
L'égocentrisme (ego : moi), cette tendance de l'enfant à ramener tout à son
moi ou son « incapacité à se mettre à la place de l'autre » selon J. Piaget, avait
déjà caractérisé l'enfant à la fin de la première enfance et au début de la
deuxième enfance. On remarque à pressent que l'adolescent porte une
attention remarquable au « je », au « moi » (à l'ego). L'enfant a certes le
sentiment de sa personne. C'est ce qui !e pousse dans l'action sans se soucier
d'autrui. Au contraire l'adolescent découvre sa personnalité comme un monde
à part, séparé des personnes et des choses et l'explore avec intérêt. Il est
fréquemment dans le recueillement et la rêverie. On entend dire par exemple :
« quand je serai grand ...» c'est l'une de forme le plus fréquente d'attention au
moi (je) avec le recueillement et la rêverie, l'adolescent manifeste un état
mental très subjectif et chargé d'affectivité souligne F.HOTYAT. L'adolescent est
moins ouvert qu'un enfant. Il a tendance à « cultiver un jardin secret», c'est un
être plus discret.
D'autre part, c'est à l'adolescence que commence l'amitié. L'enfant choisi ses
compagnons d'après le critère ludique (de jeu) ; l'adolescent par contre
sélectionne ses amis selon ses affinités et souvent aussi selon un conformisme
social. L'enfant a des camarades à qui il n'a rien à révéler parce qu'il n'a pas de
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« jardin secret». Pour l'adolescent, l'amitié est une façon de partager la
solitude, avoir quelqu'un à qui confier ses découvertes et ses déceptions.
L'amitié avec copain trouve son sens dans l'identification à un être semblable
connaissant les mêmes problèmes que lui.
- la crise d'originalité (recherche d'originalité)
Elle traduit le besoin de briser le moule antérieur et de marquer la différence
entre l'enfant qu'on était et l'adulte qu'on compte devenir. Cette originalité se
manifeste dans le comportement, les idées, le langage, les aspirations, etc.
Par la recherche de l'originalité, le jeune prend conscience de son « être »et
cherche à le façonner à sa guise, tenant compte de ses découvertes
personnelles. Ainsi voit-on ceux de moins de 15 ans surtout ont tendance à
marquer leur personne d'une sorte de dignité d'adulte. Ils s'appliquent à des
multiples formes de signatures, souvent enjolivées, avec beaucoup
d'exagérations et de complications ; leurs écrits sont toujours chargés des traits
et d'ornements ; ils usent d'un langage qu'ils croient originale : jeux de mots,
néologismes, jargons, langages secrets...
Au début de l'adolescence, la jeune fille et le jeune garçon deviennent
attentifs à leur toilette, font tout pour attirer l'entourage à travers par
exemple la coiffure, le style d'habillement, l'intonation, etc., aimant plus les
vêtements à la mode. A travers ce genre de comportement, l'adolescent
cherche à se distinguer et s'affirmer.
Parlant du moi de l'adolescent par rapport au monde, il faut ajouter que les
enfants de cet âge, tel qu'on le remarque dans les classes de 4 ème et 5ème
année, deviennent moins malléables et enclins à la critique, à la bouderie et à
la turbulence. Ils ne considèrent plus l'adulte (le professeur) comme un
surhomme et celui-ci perd son prestige devant ses élèves devenus susceptibles
à le critiquer et à s'emporter contre lui.
- L'accès à la culture et la morale
Au point de vue de la morale deux ordres de motivations inspirent les enfants
à l'âge de l'école primaire : ce sont l'esprit de discipline venant de l'autorité
adulte et l'esprit de coopération ; né et développé par l'activité dans des
groupes d'égaux. Au début de l'adolescence par contre, l'unité est encore loin
d'être accomplie.
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Les principes sont rarement décisifs en présence d'une situation donnée. On
est devant une sorte de rapport de forces entre, d'une part les pulsions
instinctives et les tendances du « moi, ego» ; d'autre part, la force des barrières
posées en face de certaines directions d'activités et, parfois aussi, le poids des
sympathies et des antipathies.
L'accès conscient à des règles va s'accélérer à l'adolescence. Filles et garçons
entrent dans de nouveaux cercles sociaux et des clubs de jeunesse, etc. le désir
d'atteindre un prestige satisfaisant pousse les jeunes à porter l'attention aux
normes de ces groupes et à s'y soumettre en vue d'intégrer au mieux. De plus,
la résonance des heurts avec l'entourage sur des sensibilités particulièrement
aiguës est un facteur de rétrospection et d'analyse des actions et en
conséquence d'émergence des règles de conduite.
Du point de vue culturel, vers cet âge, un certain nombre d'adolescents
s'intéressent à des systèmes d'idées générales susceptibles d'unifier leurs
conduites particulières en un idéal social, politique, religieux ou philosophique.
C'est alors que commencent à naître des « vocations » parmi les jeunes : on
pense au mariage, à la vie religieuse, à la politique, etc.
Le développement moteur
A ce point de vue, des changements très profonds interviennent sur le corps de
la jeune fille et du jeune garçon (confer puberté). Avant la fin de l'adolescence,
le jeune être de deux sexes aura déjà acquis la stature d'une personne adulte.
Le développement intellectuel
A l'âge de l'adolescence apparaissent chez le jeune enfant de deux sexes, les 1
opérations formelles ou abstraites » dites aussi « raisonnement hypothético-
déductifs ». C'est l'intelligence conceptuelle ou logique.
En effet vers 7-11,12 1 inductif ». -Pour saisir une notion, il procède par
quelques cas, quelques observations.
On parle à cet effet de l'intelligence des « opérations concrètes » | en ce sens
que le raisonnement de l'enfant de cet âge procède par la manipulation de la
réalité, l'observation des objets concrets, à la perception immédiate. Il ne peut
pas comprendre dans l'abstraction sans avoir perçu le réel. C'est l'intelligence
intuitive liée à la perception immédiate.
A partir de l'adolescence, la pensée devient formelle et c'est grâce au
développement des processus cognitifs qui permettent une coordination des
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opérations. La pensée devient capable de se dégager du contenu concret, de la
réalité perceptible pour saisir l'abstrait.
C'est aussi l'avènement de la « réversibilité » dans son mode de raisonnement.
La réversibilité est la capacité de concevoir une opération dans un sens et son
contraire à la fois. C'est le contra ire de F « irréversibilité »qui a eu lieu à la
deuxième enfance où l'enfant concevait une opération dans un seul sens,
c'est-à-dire sans son contraire.
Le raisonnement hypothético-déductif est la capacité de l'enfant de cet âge
de raisonner sur base des hypothèses. C'est-à-dire qu'il peut conclure à partir
de la notion du possible même si la réalité n'est pas perceptible
immédiatement.
Le développement social
A partir de 12ans un changement profond se dessine dans l'orientation des
activités libres. Le jeu enfantin régresse de sorte qu'à 16 ans il ne représente
plus qu'une part minime de distraction. De même la bande, le petit groupe des
enfants qui se connaissent et se retrouvent quotidiennement par ce
qu'habitant le même quartier et en pleine régression et disparaît normalement
vers 13-14 ans.
Alors qu'ils ne quittaient guerre leur quartier dans l'enfance, avec le
modernisme surtout, les adolescents se rendent vers des établissements
(scolaires) et des lieux souvent situés hors de leurs quartiers. Ils effectuent des
déplacements qui les mettent en contact avec des milieux différents de leurs
origines.
Ils sont brusquement amenés à participer aux opérations de la vie sociale
auxquelles ils n'avaient jamais été mêlés jusqu'alors.
Les mouvements de jeunesse à caractère éducatif constituent le milieu par
excellence de transition vers le monde adulte. Ils permettent aux jeunes de se
relativiser son dommage dans des cercles d'égaux d’autre part beaucoup des
jeunes sont intimidés en présence d'activités sociales qu'ils connaissent mal.
En groupe, ils semblent posséder une puissante motivation à agir. Ils se
sentent valoriser par le club dans lesquels ils acceptent des rôles qu'ils auraient
refusé dans leur famille. Les clubs de jeunesse aident les adolescents à porter
le regard vers des formes d'activités et des milieux qui leur resteraient
inconnus.
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La vie de ces groupements est souvent agitée et instable. L'égocentrisme s'y
projette sans nuance, provoquant des fréquents conflits. Les membres les plus
actifs de ces groupements exercent leur esprit d'initiative et prennent des
responsabilités.
Chapitre 4 : QUESTIONS SPECIFIQUES DU DEVELOPPEMENT
Nous rappelons que le développement est ici l'ensemble de progrès constatés
dans le comportement de l'enfant pendant un temps déterminé.
Dans ce chapitre il est question de certaines particularités du développement. Il
s'agit notamment du développement du langage, du jeu, de l'intérêt et du
dessin.
4.1. LE DEVELOPPEMENT DU LANGAGE
4.1.1. Notion.
Il importe de dire quelque chose sur le langage avant d'aborder la question de
son acquisition et/ou de son évolution.
Le langage est en effet un ensemble ordonné ou un système des signes
destinés à exprimer un sentiment, une idée etc. Un signe (ou un symbole) est
un moyen sensible, c'est-à-dire concret, perceptible,... qu'on utilise pour
exprimer (signifier) quelque chose.
Le langage n'est qu'un aspect et non le moindre de la communication. La
communication quant à elle est une mise en commun des signes verbaux et
non verbaux en vue de s'exprimer.
4.1.2. Evolution du langage
A la naissance le bébé communique avec son entourage en utilisant toutes ses
capacités sensorielles. Ses premières communications sont non verbales. Avant
l'apparition des premiers mots on observe chez le bébé des réponses par
attitude vers la fin du 2ème mois. Le nourrisson sourit et rit en réponse au
sourire de l'entourage. Cela suppose une relation avec autrui.
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Quelques principes de base dans l'acquisition de la parole
l'enfant ne parle que dans un milieu qui parle et apprend les manières
de s'exprimer de ce milieu-là ;
l'acquisition de la langue parlé requiert une mise en œuvre d'un
dispositif biologique approprié sans lequel on ne peut pas parler : voir
appareil phonatoire ;
plusieurs facteurs contribuent au développement du langage. Ce sont
des facteurs cognitifs et linguistiques et ils sont universels, par exemple
la syntaxe : concevoir des phrases conformes aux règles grammaticales ;
l'existence d'une intention communicative, etc.
4.1.3. Etape du développement du langage
L'acquisition du langage chez l'enfant procède par étape dont voici
l'enchaînement :
4.1.3.1 Période pré-linguistique (O-1ans) :
De la première à la quatrième semaine (un mois), l'enfant émet des cris et des
pleurs. Ces signes n'ont aucun caractère de langage. C'est seulement l'adulte
qui leurs confère une signification.
Dès la naissance l'enfant est rapidement capable de produire une grande
variété de modulations grâce au mécanisme sensori-moteur à peu près au
point. Cet ensemble d'émissions vocales des, c'est-à-dire les différents sons
qu'il émet pour exprimer les émotions (pleure, joie), est-ce qu'on appelle « la
lallation ». Entre 3 et 5 mois intervient la période de « babillage » qui est une
émission volontaire de phonèmes par l'enfant. Le babillage permet à l'enfant
d'exercer et d'assouplir les organes vocaux. Vers 8 mois les babillages cèdent
au stade des « onomatopées » ou «gazouillis » qui constituent l'ébauche du
langage. Par « onomatopées » ou gazouillis on entend l'imitation des bruits des
objets au lieu de les désigner par leurs noms. Par exemple. Cocorico pour dire
Coq glou - glou pour dire eau.
4.1.3.2. Période linguistique (l,2 ans) :
La compréhension du langage parlé : c'est en principe entre six mois et un an
que l'enfant accède à la compréhension du langage parlé. Les premiè res
expressions comprises par l'enfant sont d'abord les résultats d'un dressage et
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sa compréhension procède souvent par les noms des objets familiers : « FUFU
», « mayi », « caca », « pipi »etc.
Le mot-phrase : il apparaît vers la fin de la première année et témoigne le
début de langage parlé. L'enfant est plongé dans un «bain linguistique» à
partir du foyer: des multiples associations entre des sons entendus et des
impressions, des situations, des perceptions, ou encore entre des sons
prononcés et des réactions de l'entourage.
Ainsi, pour parler, un seul mot lui suffit pour exprimer ce qu'il convient de dire
en une phrase. Par exemple, « papa » pour dire que : je voie papa entrain de
venir, « FUFU » pour dire que j'ai faim. A noter que l'ouïe joue un grand rôle
dans l'acquisition du langage parlé : les aveugles - nés ne connaissent pas de
retard dans le progrès linguistiques tandis que les sourds se taisent déjà après
quelques lallations. Il est difficile de dater avec précision l'apparition du
premier mot significatif. Certains auteurs notamment DECROLY-signalent que
dans la plupart des cas, c'est entre 9 et 12mois.
Vers un an l'enfant comprend en moyenne les noms de quelques êtres
familiers, de quelques parties du corps ; de vêtement, quelques adjectifs et de
quelques locutions. D'abord l'enfant acquiert les noms ensuite les verbes et
les adjectifs. Plus tard les mots exprimant les relations, et vers la fin de la
deuxième année, les pronoms et parmi eux le « je ». Avant tout l'enfant ne
parle de lui- même qu'à la troisième personne du singulier comme s'il parlait
d'une autre personne. C'est donc une certaine décentration.
La durée moyenne du stade du mot-phrase varie de 4 à 7 mois après quoi
apparaît la phrase de deux mots.
La phrase de deux mots : C'est là une étape significative dans le
développement intellectuel de l'enfant : désormais son attention ne sera plus
portée seulement sur l'expression globale qui se dessine mais aussi sur le
choix et la disposition des termes qui lui permettent de se faire entendre par
son entourage. La phrase de deux mots apparaît vers 18 mois. Ainsi peut- on
entendre l'enfant dire : « mêla, mayi » pour dire « nalingi na mela mayi » (je
voudrais boire de l'eau).
Selon GESELL cité par F.HOTYAT, la phrase de deux mots apparaît à 1 an et
demi dans 20 % des cas et 2 ans dans 75% des cas. C'est là un pas décision
d’acquisition du langage parlé.
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L'articulation des mots : désormais, par imitation et restructurations
successives, le progrès vers le langage adulte va s'accentuer vers deux à trois
ans. A partir de trois ans : Le langage apparaît comme moyen de
communication avec soi et avec autrui. A cet âge, c'est un langage qui reste
encore égocentrique selon J. Piaget, en ce sens qu'il se caractérise par :
La répétition : l'enfant parle pour le plaisir de parler ;
Le monologue : l'enfant parle en s'adressant à lui-même ;
Le monologue collectif : lorsqu'ils se trouvent en groupe, chaque enfant suit le
cours de sa pensée.
Avec l'âge questionneur (vers «3-4ans), on remarque chez l'enfant un éveil de
la curiosité pour apprendre beaucoup de choses.
Du point de vue de l'enrichissement du vocabulaire, dans les milieux cultivés, le
nombre de mots du langage parlé dépasse 500 termes par an.
4.2. LE DEVELOPPEMENT DU JEU
4 . 2 . 1 . Notion
On parle d'activité ludique pour désigner tout ce qui a trait au jeu. Le jeu est en
fait une activité générale à laquelle l'enfant se consacre spontanément, n'
importe quand et n'importe où. Le jeu revêt une importance capitale pour le
développement de l'enfant et demeure un besoin primordial au même titre
que le besoin de boire et de manger.
En tant qu'activité ludique enfantine, le jeu se distingue de la réalité puisqu'il
ne comporte pas d'objectif déterminé.
L'enfant joue pour jouer ; par exemple il se cache pour être vu. Le jeu enfantin
fait appel à toutes ses capacités sensorielles motrices, verbales, etc.
Le jeu d'enfant n'implique pas nécessairement la présence d'autrui comme
partenaire, social et il se distingue du petit animai par son caractère
symbolique et représentatif.
4.2.2. L'évolution du jeu chez l'enfant et ses différentes sortes
Chez l'enfant le jeu évolue de la manière suivante :
1. Période de 0 à 3 ans
Vers la fin de la première année :
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On observe les exercices de la préhension ou des jeux sensori-moteurs,
(toucher, agiter, jeter par terre pour casser, et entendre les bruits par l'objet
jeté, etc.) ; ce type de jeux sont relatifs à l'activité du plaisir et ne font pas
appelle à la représentation.
Entre 1 et 2 ans :
jeux moteurs,: ce sont des jeux liés au mouvements : sauter, grimper, courir, se
jeter parterre ...
De 2 à 3ans :
Jeux de fiction ou jeu d'imitation; Ce sont des jeux qui reposent sur désir de
l'enfant de reproduire une situation passée ; une de ses propres actions ou
celle d'un personnage auquel il s'identifie. Là aussi se manifeste l'instinct
d'imitation qui fait parler de « jeux d'imitation ». Ce genre de jeux sont
également connus sous l'appellation de « jeux symboliques » qui implique selon
MIALARET, la représentation d'un objet absent. C'est le cas d'une fillette vis-à-
vis d'une poupée : ce qui traduit l'attitude d'une mère à laquelle elle s'identifie
devant un bébé.
2. Période de 3-6,7
A partir de trois ans interviennent les jeux fonctionnels ou les jeux moteurs. Ce
sont en effet les mouvements du corps conduisant à l'adaptation. Les jeux
fonctionnels n'ont aucun but que d'exercer la fonction. Ce sont des simples
exercices qui ne visent que le plaisir du fonctionnement. C'est le cas d'un
enfant qui par exemple sautille, monte une marche ou descend. Il le fait
simplement par amusement.
En effet, jusqu'au troisième mois l'enfant ne joue qu'avec son propre corps:
mouvement "'es membres, de la tête, des mains, et des lèvres, exercices
primitifs.
A partir du 5ème mois et grâce à la préhension (tendance à saisir les objets)
l'enfant inclut les objets dans ses jeux.
Vers le 10ème mois, on observe les jeux d'exploration qui témoignent d'un
niveau psychique supérieure. On remarque également le jeu avec une
personne : jeux alternatifs : cache-cache.
3. Période de 7-12.13ans :
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A partir de 7 ans déjà on observe : les jeux sociaux (jeux en équipe). Ce sont des
jeux à caractère de jeu de rôle. Etant donné que l'identification à l'adulte joue
un rôle essentiel. C'est le cas par exemple de jeu de cuisine chez la fille qui se
prépare au rôle de mère et le jeu d'arme pour le garçon par imitation au rôle
du père. Ces jeux ouvrent la voie aux jeux de règles. 1. De 7 à 10 ans: les jeux
d'imagination prennent une importance considérable : relater les contes,
lancer les devinettes, etc. A partir de 10 ans : vient le tour des jeux intellectuels
ou jeux des règles. Ces jeux impliquent des relations sociales : jeu de cartes, de
dame. Ces jeux se font en groupe dans le but de cultiver la collaboration avec
autrui. Les règles sont transmises par la société enfantine de génération en
génération. Dans cette rubrique on trouve tous les jeux régis par des règles :
jeu de bille, de foot balle, coca-cola, etc. L'importance de ce type de jeux réside
dans l'intériorisation de la notion de règle : à savoir que la société en générale
est régie par les règles, les lois ...
4.3. LE DEVELOPPEMENT DE L'INTERET
4.3.1. Notion
Par « intérêt » il faut entendre l'objet matériel ou moral qui satisfait un besoin.
C'est ce à quoi on accorde une importance à un moment donnée ou ce qui est
avantageux à un individu.
Dans le processus de satisfaction des besoins, il se crée une relation, u, lien de
convenance entre le sujet qui est sous l'emprise du besoin et l'objet capable de
le satisfaire. Cette relation est ce qu'on appelle l'« intérêt », le seul générateur
d'effort tant dans la pratique scolaire que dans la vie en générale,
L'intérêt est donc le moteur le plus puissant de notre activité. C'est ce qui nous
met en activité, ce qui nous motive.
4.3.2. Phases de l'intérêt
En effet, chez un sujet les intérêts évoluent en phases ou étapes :
De 0 à 3ans ( la première enfance)
C'est la période des intérêts sensoriels et perceptifs. Ce sont des intérêts liés
aux sensations, et à la perfection tel que sucer, regarder, prendre,... des
intérêts moteurs (motricité) : ce sont des intérêts relatifs aux mouvements tel
que la préhension et la marche et des intérêts glossiques : tel que l'intérêt
accorde aux mots, à la parole, à partir de deux ans.
de 3 - 6,7 ans (la deuxième enfance)
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C'est la période des intérêts subjectifs ou égocentriques. A ce stade l'enfant
adopte une attitude caractérisée par l'absence de distinction entre la réalité
personnelle et la réalité objective. Il a tendance à ramener tout vers lui et ne se
met pas au point de vue de l'autre, il considère tout par rapport à lui- même. Il
subjectif, personnel.
De 6-7ans à plus ou moins 12ans (3ème enfance)
C'est la période de l’intérêt objectif et intellectuel. L'enfant quitte à ce stade la
subjectivité qui l'a caractérisée autre fois et porte son intérêt vers l'extérieur.
Ainsi son raisonnement devient logique et adopte une pensée critique.
De 12 ans à 18,20 ans plus ou moins (adolescence).
C'est la période des 'intérêts supérieurs, sociaux, moraux, religieux,
esthétiques. C'est ici que naissent les vocations : vocation au mariage, à la
politique, à la vie religieuse
4.4. DEVELOPPEMENT DU DESSIN
4.4.1. Notion
Le dessin est aussi une activité caractéristique de l'enfant. Il apparaît vers deux
ans, s'accroît durant l'enfance et s'atténue au début de l'adolescence. Le dessin
joue un grand rôle chez l'enfant et offre à ce dernier les possibilités expressives
et /ou communicative et témoigne de l'évolution intellectuel affective de
l'enfant. A travers le dessin l'enfant peut projeter ses angoisses, conflits,
frustrations et projette aussi sa perception. Ainsi le dessin constitue en soi un
langage pour l'enfant (langage classique).
4.4.2 L'évolution du dessin chez l'enfant
L'évolution du dessin procède par différentes étapes chez l'enfant à savoir :
Déjà vers 1an ou 2ans l'enfant éprouve le plaisir de tracer des traits au hasard,
sans choix ni direction. C'est le stade du griffonnage/ou gribouillage où l'enfant
griffonne ou trace des lignes disparates, confuses et désordonnées d'où
naîtront plus tard des formes mieux définies comme des ronds et des carrés.
Ce gribouillage constitue un apprentissage par assai et erreurs, un exercice
préliminaire, nécessaire au progrès futur. A ce stade le dessin est aux yeux de
l'enfant un simple jeu fonctionnel auquel il n'attribue aucun sens.
Cependant il arrive que l'adulte reconnaisse le sujet de dessin effectué par
l'enfant, d'attribuer une dénomination à cette production incohérente.
Vers 3 ans, les travaux graphiques de l'enfant laissent transparaître l'intention
de représenter des objets réels. Parfois tout en continuant à griffonner l'enfant
énumère les objets qu'il veut représenter. Ces premiers essais semblent sans
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aucune forme mais la direction de lignes a quelque correspondance avec le
modèle (unité). C'est le stade de la direction générale où autour de 3, 4 ans
l'enfant identifient les traits globaux comme l'axe des êtres : l'homme est
vertical, l'animal est horizontal. Mais la représentation d'un objet par dessin
demeure encore maladroite et il est difficile de rassembler les différentes
parties de l'objet à un tout. L'enfant s'efforce de tracer des figures
reconnaissables, mais le résultat ne correspond pas à l'intention suite à une
attention mobile et aux champs restreints. Il pense à chaque détail isolement,
ainsi arrive-t-il à dessiner un objet en oubliant certains de ses parties. Ce sont là
les conditions caractéristiques des dessins entre 3 et 7ans.
Vers 5ans déjà apparaissent les premiers dessins géométriques sommaires. Ce
sont les objets familiers qui sont le plus souvent représentés, comme la
maison, l'arbre, l'auto, le vélo, etc.
Le stade du têtard, du dessin schématique : L'enfant arrive enfin à ordonner la
collection des jeux au tour d'un sujet principal (un village et ses cases, une
école et ses sales de classe) et commence à relier les objets par des plans. C'est
le stade de la représentation complète.
A huit ans apparaissent les lignes fuyantes et de lointains (route, montagne,
paysage...).
Vers 9,11ans l'enfant découvre le rôle des ombres pour accentue le relief et les
couleurs qui sont combinées pour obtenir des nouvelles teintes par rapport à
l'évolution du dessin.
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