Méthodes d’analyse thermique
Méthodes d’analyse thermique
Une méthode d’analyse thermique permet la mesure d’une grandeur physique
en faisant varier le temps ou la température de manière contrôlée.
Une grandeur caractéristique peut être :
Une variation de la masse
Une variation d’enthalpie
Une capacité calorifique
Une élongation ou un rétrécissement
Un changement d’une caractéristique (composition, structure, e t c . )
Méthodes d’analyse thermique
Echanges thermiques
Dans la pratique, les é changes thermiques ne se font pas suffisamment
lentement pour qu’il y ait équilibre thermique :
- entre l’échantillon et son environment
- au sein de l’échantillon
Résultat : O n r e p è r e u n e valeur moyenne qui dépend :
- des conditions opératoires (vitesse de chauffe, environnement, pression, etc. )
- des caractéristiques de l’échantillon (masse, volume, mise en forme, etc.)
Les instruments modernes permettent :
La détection des changements par des capteurs spécifiques
La transformation en un signal électrique
Méthodes d’analyse thermique
Quand les matériaux subissent un changement de température, ils subissent un
certain nombre de changements :
Solide 1 Solide 2
Solide liquide
Solide vapeur
Fragile ductile
Amorphe cristal
Composition 1 composition 2
Un ensemble de méthodes permettent de mesurer les changements de certaines
grandeurs.
Mesure de la température
ddp = f(T)
L e thermocouple
Conducteur 1 Conducteur 2
’
Source
chaude
Mesure par rapport à un étalon : ddp = f(DT)
Température de fusion d’un corps pur
Température de fusion de l’eau
Thermocouples commerciaux
Type Conducteur 1 Conducteur 2
B Platine rhodié à 6 % Platine rhodié à 30 %
E Alliage nickel / chrome (chromel) Alliage n i c k e l / cuivre (constantan)
J Fer Alliage cuivre / nickel (constantan)
K Alliage nickel / chrome (chromel) Alliage nickel / aluminum (alumel)
N Alliage nickel / chrome / silicone (nicrosil) Alliage nickel / silicone / magnésium (nisil)
R Platine Platine rhodié à 13 %
S Platine Platine rhodié à 10 %
T Cuivre Alliage cuivre / nickel (constantan)
Température de fonctionnement
L'analyse thermique directe
Chauffage
de la vapeur
I
Téb
J
Liquide Chauffage
pur du liquide
Temps
Analyse thermique directe lors du chauffage d’un liquide pur
L'analyse thermique directe
Solide 1
Solide 2
+
T Liquide
+ T
Liquide
K K
Liquide
E
I
I’
I
Solide 1 + Solide 2
M M
Temps
Composition x2
Système binaire
Analyse thermique directe
Miscibilité totale à l'état liquide
Miscibilité nulle à l'état solide
L'analyse thermique dérivée et inverse
Courbes de refroidissement en analyse directe, dérivée et inverse
Analyse Thermogravimétrique (ATG)
La thermogravimétrie est une technique mesurant la variation de masse d’un
échantillon lorsqu’il est soumis à une programmation de temps ou de température,
sous atmosphère contrôlée.
Dm = f(t)
Dm = h(T)
T = g(t)
Phénomènes se traduisent par des variations de masse Dm < 0
Désorption Evaporation Sublimation Décomposition
Formation d’un composé volatil Corrosion
Phénomènes se traduisent par des variations de masse Dm > 0
Adsorption Fixation d’un constituant de l’atmosphère
(oxydation, chloration, fluoration, etc.)
Exemple de courbe ATG
Dm
Dm1 > 0
Dm4
Dm2 < 0
Dm1
Dm3 > 0
Dm2
0 Dm3
Dm4 > 0
Phénomènes ( 3 ) e t ( 4 ) bien séparés faciles de mesure l’amplitude de Dm
Phénomènes ( 1 ) e t ( 2 ) non séparés d i f f i ciles de mesure l’amplitude de Dm
étaler les phénomènes dans le temps
une vitesse de montée en T lente
Exemple Décomposition de l’oxalate de calcium hydrate
CaC2O4,H2O
CaC2O4
CaCO3
CaO
Thermogramme de la décomposition de l’oxalate de calcium hydrate
Thermogravimétrie différentielle (TGD)
Mesure de la dérivée du signal dDm/dT TGD
0,5 0,200
T
Dm 0 dDm/dT
250 275 300 325 350 375 400 425 4500,150
-0,5
-1 0,100
-1,5
0,050
-2
0,000
-2,5
-3 -0,050
-3,5
-0,100
-4
-4,5 -0,150
Extrmums de la TGD :
sont des points d’inflexion (points de vitesse maximale des phénomènes)
servent à caractériser les phénomènes dans des conditions données
Le signal ATG reste le seul signal expérimental
La TGD n’est qu’un calcul
Thermogravimétrie différentielle (DTG)
Mesure de la dérivée du signal : dDm/dT TGD
0,5 0,200
T
Dm 0 dDm/dT
250 275 300 325 350 375 400 425 4500,150
-0,5
-1 0,100
-1,5
0,050
-2
0,000
-2,5
-3 -0,050
-3,5
-0,100
-4
-4,5 -0,150
Il faut diminuer dT de manière à avoir le maximum d’information
Il ne faut pas faire ressortir le bruit de fond dû aux caractéristiques globales
de la méthode
Le but est de relier chaque pic à un phénomène physico-chimique
NEXTA STA (Hitachi) TGA 2 (Mettler Toledo)
TGA 5500 (TA Instruments) LABSYS STA (SETARAM)
Appareillage et conditions opératoires
Balance monoplateau
Pas de compensation de la poussée d’Archimède
Dérive de la ligne de base
Balance à fléau assymétrique
Refroidissement
Balance à fléau s y m é t r i q u e
TAG 24 (Setaram)
Facteurs influençant l’ATG
Taille des creusets
On utilise de très petites quantités de produit à analyser
m faible V faible
Meilleure homogénéité mais signal faible
m grande V grand
S ignal fort mais problèmes de gradient thermique
Gradient de composition
Facteurs influençant l’ATG
Nature des creusets
La nature des creusets est importante dans le cas de
produits qui montrent des transferts thermiques.
Un creuset en cuivre évacue la chaleur beaucoup
mieux qu’un creuset en alumine.
Effet de la masse de CaC2O4, H2O
126 mg
250 mg
500 mg
Atmosphère statique, vitesse de chauffe 300°/h
Effet de la vitesse de chauffe
Décomposition de CaC2O4, H2O
Effet de l’environnement
Décomposition de CaCO3
Analyse Thermique Différentielle (ATD)
Un grand nombre de transitions (fusion, cristallisation, transition vitreuse, etc.)
ne s’accompagnent pas d’une variation de masse
Ces transitions qui ne sont pas détectée par l’analyse thermogravimétrique
Ces transitions sont détectée par l’analyse thermique différentielle
L’analyse thermique différentielle mesure la différence de température entre un
échantillon et une référence lorsqu’ils sont soumis à une programmation de
température, sous atmosphère contrôlée.
La référence est un matériau inerte thermiquement
Avec la méthode ATG, seules les transformations avec perte ou gain de masse sont
détectables.
Avec la méthode ATD, toute transformation est détectable pour toutes les catégories de
matériaux.
Une transformation (exothermique ou endothermique) produit un pic
Porte-échantillon
Creuset de Creuset de
l’échantillon la référence
Thermocouples
Mesure de DT
Porte-échantillon
Capteurs
Creusets
Plateaux protégés
Flux thermique
exothermique
endothermique
Température
Flux thermique
endothermique
exothermique
Température
Exemple
Décomposition de l’oxalate de Décomposition de l’oxalate de
calcium hydrate sous argon calcium hydrate sous oxygène
CaC2O4,H2O CaC2O4,H2O
CaC2O4
CaC2O4
CaCO3
CaC2O4, H2O CaC2O4 + H2O CaC2O4, H2O CaC2O4 + H2O
CaC2O4 CaCO3 + CO CaC2O4 CaCO3 + CO
CO + ½ O2 CO2
ATD dans du carbonate de calcium CaCO3
Calcite
Aragonite
La calcite cristallise dans le système trigonal
CaCO3(s) CaO (s) + CO2(g)
L'aragonite cristallise dans le système orthorhombique
Aragonite Calcite Calcite CaO (s) + CO2(g)
ATD dans l'air et dans l'azote du carbonate de fer II
FeCO3(s) FeO (s) + CO2(g) FeCO3(s) FeO (s) + CO2(g)
3FeO(s) + 1/2O2(g) Fe3O4(s)
Fe3O4(s) + 1/2O2(g) 3Fe2O3(s)
Stabilité des phases d’un corps pur
Solide a
m Solide b Pression constante
Liquide
Gaz
Tfus Téb T
Variation du potentiel chimique avec la température (P constante)
Transition du 1 er ordre
Les accidents observés en analyse thermique directe ou différentielle ont
pour cause les variations d'enthalpie liées à des phénomènes physiques.
Discontinuité des dérivées p r e m i è r e s de m par rapport à T
𝜕𝜇𝛽 Τ𝜕 𝑇 − 𝜕𝜇∝ Τ𝜕 𝑇 𝑃 = 𝜕∆ 𝜇 Τ𝜕 𝑇 𝑃 = −∆𝑆 = −∆ 𝐻 Τ𝑇 ≠ 0
𝑃
𝜕𝜇𝛽 Τ𝜕 𝑃 − 𝜕𝜇∝ Τ𝜕 𝑃 𝑇 = 𝜕∆ 𝜇 Τ𝜕 𝑃 𝑇 = ∆𝑉 ≠ 0
𝑇
Changement d'entropie ou de volume
Changements d’état (Fusion, vaporisation, sublimation)
Transitions de 1er ordre
Changements de structure (allotropie, polymorphisme)
Transition du 2 er ordre
Ttr
Discontinuité des dérivées secondes de m par rapport à T
Discontinuité de la capacité calorifique
Déplacement de la ligne de base
Transitions de 2ème ordre Transition vitreuse
Transition ferro-para
ATD d’un échantillon de fer
Procédure :
Température : 1200 à 1600°C
1 Point de Curie
Vitesse de chauffe : 10°[Link]-1
2 Transition allotropique a → g
Creuset : Alumine
Masse d’échantillon : 229,59 mg 3 Transition allotropique g → d
Atmosphère : Argon 4 Fusion
Calorimétrie Différentielle à Balayage (DSC)
Le flux thermique de l’échantillon est enregistré en fonction du temps ou
de la température
Mesure des chaleurs (enthalpies)
th = f(t)
th = h(T)
T = g(t)
L'échantillon et le témoin sont supposés avoir , et c'est à dire de coefficients de
transfert comparables (K 1 ≈ K2 = K)
des masses voisines
des chaleurs spécifiques voisines
des conductibilités thermiques voisines
𝑡𝑏
m1ΔH = K න 𝛥𝑇 𝑑𝑡
𝑡𝑎
La chaleur générée est proportionnelle
à la surface du pic
Au moment où l'échantillon absorbe de la chaleur, le support de l'échantillon exige, pour se
maintenir à la même température que celle du support du témoin, une puissance électrique
plus élevée.
Cette puissance de compensation est amenée à varier automatiquement selon les exigences
en chaleur de l'échantillon.
Un étalonnage à l’aide se substances parfaitement connues est nécessaire.
Analyse thermomécanique (ATM)
Analyse thermomécanique (ATM)
La ATM est surtout utilisée pour des matériaux polymères et composites sous
contrainte variée
Elle est utilisée pour la mesure des coefficients de dilatation
Le ramollissement
La transition vitreuse
La dégradation
L’étude des films et des fibres,
Le frittage des céramiques
L’étude du comportement mécanique des alliages métalliques
Couplage des méthodes d’analyse thermiques
Couplage ATG – ATD - DSC
Couplage ATG – ATD – DSC - ATM
Couplage ATG – ATD – DSC – Analyseur de gaz
Couplage ATG – ATD – DSC – Diffraction de rayons X
Couplage ATG – ATD – DSC – Spectroscopie de masse
Couplage ATG – ATD – DSC – Spectroscopie infrarouge
Couplage ATG-ATD-DSC
Décomposition du gypse (sulfate de calcium hydrate)
CaSO4, 2H2O CaSO4, ½H2O
100 – 250°C
CaSO4, ½ H2O CaSO4
1220°C CaSO4 (b ) CaSO4 (a)
1380°C CaSO4 (a ) CaSO4 (liquide)
1420°C CaSO4 (liquide ) CaO + SO3(g)
Couplage ATG-ATD-DSC
Décomposition du kaolin
Le kaolin est une roche argileuse blanche à grain fin
Le principal constituant du kaolin est la kaolinite (Silicate d’aluminium - Al2Si2O5(OH)4)
La kaolinite est utilisée dans :
l’industrie de la céramique
la production de porcelaine
la production de papier
la production polymères et des caoutchoucs
Heat Flow / (µV)
DTG / (%/min) TG / (%)
Exo
50
0
0.0 Exo
-5
-0.5 -10
-15
-50
-1.0
-20
-25 200 400 600 800 1000 1200 1400 -100
Temperature / (°C)
25 - 200°C Perte de masse de 5 % Libération de l’eau
Vers 550°C Perte de masse de 12 % Deshydroxylation de la kaolinite
Vers 1000°C Sans perte de masse Transition kaolinite – mullite :
Al2Si2O5(OH)4 3Al2O3,2SiO2
Vers 1280°C Sans perte de masse Transition mullite - cristoballite :
3Al2O3,2SiO2 3Al2O3 + 2SiO2
Couplage ATG-ATD-SM
La spectrométrie de masse est une technique d'analyse qui ainsi que et leur
la détermination des masses moléculaires des composés analysés
l’identification des composés analysés
la quantification des composés analysés
Couplage ATG-ATD-SM
Décomposition de l’oxalate de calcium CaC2O4,H2O
Exo
CaC2O4,H2O CaC2O4
CaCO3
CaO
CaC2O4, H2O CaC2O4 + H2O Trace 18 du courant ionique Perte de H2O
CaC2O4 CaCO3 + CO Trace 28 du courant ionique Perte de CO
CO + ½ O2 CO2 Trace 44 du courant ionique Perte de CO2
Couplage ATG-DSC-SM
Décomposition d’un ciment
Température
A ~ 100 °C Perte de H2O
A ~ 300-400 °C Perte de composés organiques
A ~ 800 °C Perte de CO2
A ~ 1250 °C Décomposition de CaSO4 par perte de SO2
Couplage de la ATM et la DSC
Décomposition d’un polymère (polyéthylène téréphtalate)
Exo
Entre 80°C et 100°C : contraction de 2 % Transition vitreuse
Entre 100°C et 130°C : Contraction de 24,6 % Ramollissement du PET
130°C : Cristallisation du PET 260°C : Fusion du PET