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Filiation Cameroun

Le document traite de la filiation et de la paternité des enfants légitimes et naturels, en précisant que l'enfant conçu pendant le mariage a pour père le mari, sauf preuve du contraire. Il établit également les conditions de désaveu de paternité, la légitimation des enfants nés hors mariage par le mariage subséquent des parents, ainsi que les modalités de reconnaissance des enfants naturels. Enfin, il souligne l'importance des actes de naissance et des preuves de filiation dans les réclamations d'état.

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Filiation Cameroun

Le document traite de la filiation et de la paternité des enfants légitimes et naturels, en précisant que l'enfant conçu pendant le mariage a pour père le mari, sauf preuve du contraire. Il établit également les conditions de désaveu de paternité, la légitimation des enfants nés hors mariage par le mariage subséquent des parents, ainsi que les modalités de reconnaissance des enfants naturels. Enfin, il souligne l'importance des actes de naissance et des preuves de filiation dans les réclamations d'état.

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TITRE SEPTIEME

De la paternité et de la filiation.

CHAPITRE PREMIER

De la filiation des enfants légitimes ou nés dans le mariage.

Art.312. : L'enfant conçu pendant le mariage a pour père le mari. Néanmoins, celui-ci
pourra désavouer l'enfant, s'il prouve que, pendant le temps qui a couru depuis le trois
centième jusqu'au cent quatre-vingtième jour avant la naissance de cet enfant, il était, soit par
cause d'éloignement, soit par l'effet de quelque accident, dans l'impossibilité physique de
cohabiter avec sa femme.
Les enfants nés pendant la durée du mariage et après sa dissolution dans un délai
correspondant à la durée maxima de la grossesse ont pour père le mari. sauf désaveu de la
part de ce dernier. C.S.C.O. Arrêt N° 65 du 4 juin 1963 Bull N° 8 p.552.
L'existence de la présomption de paternité, instituée par ce texte au profit du mari, et
concernant les enfants nés pendant le mariage, n'est pas subordonnée à la validité de l'union.
C.S. arrêt N° 32/CC du 16 mars 1965 – Bull. 12 p. 1027, Penant N° 718 – p.495 --- Arrêt N°
26/L du 2 février 1978. Bull. N° 38 p.5591.
L'enfant conçu pendant le mariage a pour père le mari;-- La présomption ainsi établie ne
peut être combattue que par l'action en désaveu exercée par le marie dans des conditions
fixées par la loi. C.S.C.O. Arrêt N° 69 du 29 juin 1965 Bull. N° 12 p. 1061.

Art 313. : Le mari ne pourra, en alléguant son impuissance naturelle, désavouer l'enfant":
il ne pourra le désavouer même pour cause d'adultère, à moins que la naissance ne lui ait été
cachée, auquel cas il sera admis à proposer tous les faits propres à justifier qu'il n'en est pas le
père
(L.l9 février 1933) En cas de jugement ou même de demande soit de divorce, soit de
séparation de corps, le mari peut désavouer l'enfant né trois cents jours après l'ordonnance
prévue aux articles 236 du présent Code et 878 du Code de procédure civile*, et moins de
cent quatre-vingts jours depuis le rejet définitif de la demande ou depuis la réconciliation. La
présomption de paternité établie par l'article précédent ne s'applique pas à cet enfant, même en
l'absence de désaveu, s'il a été légitimé par un nouveau mariage de sa mère, conformément
aux dispositions de l'article 331, et son acte de naissance peut être rectifié sur ce point, s'il y a
lieu, conformément aux dispositions de l'article 99 du présent Code et de l'article 855 du Code
de Procédure Civile.**
L'action en désaveu n'est pas admise s'il y a eu réunion de fait entre les époux.
* voir en annexe
** Idem

Art.314._: L'enfant né avant le cent quatre-vingtième jour du mariage ne pourra


être désavoué par le mari dans les cas suivants :
1° - s'il a eu connaissance de la grossesse avant le mariage ;
2° - s'il a assisté à l'acte de naissance, et si cet acte est signé de lui ou contient sa
déclaration qu'il ne sait signer ;
3°- si l'enfant n'est pas déclaré viable.
Art.315._: La légitimité de l'enfant né trois cents jours après la dissolution du mariage
pourra être contestée.
L'enfant conçu pendant le mariage a pour père le mari ;
La présomption ainsi établie ne peut être combattue que par l'action en désaveu exercée
par le mari dans des conditions fixées par la loi C.S.C.O. Arrêt n° 69 du 29 Juin 1965 Bull n°
12 p. 1061.

Art.316._: Dans les divers cas où le mari est autorisé à réclamer, il devra le faire, dans le
mois, s'il se trouve sur les lieux de naissance de l'enfant ;
Dans les deux mois après son retour, si, à la même époque, il est absent ;
Dans les deux mois après la découverte de la fraude, si on lui avait caché la naissance de
l'enfant.

Art. 317. - : Si le mari est mort avant d'avoir fait sa réclamation, mais étant encore dans le
délais utile pour la faire, les héritiers auront deux mois pour contester la légitimité de l'enfant,
à compter de l'époque où cet enfant se serait mis en possession des biens du mari, ou de
l'époque où les héritiers seraient troublés par l'enfant dans cette possession.

Art.318._: Tout acte extrajudiciaire contenant le désaveu de la part du mari ou de ses


héritiers, sera comme non avenu, s'il n'est suivi, dans le délai d'un mois, d'une action en
justice, dirigée contre un tuteur ad hoc donné à l'enfant, et en présence de sa mère.

CHAPITRE II

Des preuves de la filiation des enfants légitimes.

Art.319._: La filiation des enfants légitimes se prouve par les actes de naissance inscrits
sur les registres de l'état civil.

La paternité et la filiation qui ne se présument pas ne peuvent se prouver normalement que


par acte de naissance ou par jugement supplétif en tenant lieu C.S.C.O. Arrêt n° 168/P du 25
avril 1972 Bull n° 26 p. 3408.
Les actes de l'état civil sont des actes authentiques qui ne peuvent être attaqués en ce qui
concerne les mentions vérifiées par l'officier d'état civil, que par la voie périlleuse de
l'inscription en faux. C.S. Arrêt n° 55 IL du 27 Mai 1982.

Art.320._: A défaut de ce titre, la possession constante de l'état d'enfant légitime suffit.

Art.321._: La possession d'état s'établit par une réunion suffisante de faits qui indiquent le
rapport de filiation et de parenté entre un individu et la famille, à laquelle il prétend
appartenir.
Les principaux de ces faits sont :
Que l'individu a toujours porté le nom du père auquel il prétend appartenir;
Que le père l'a traité comme son enfant et a pourvu, en cette qualité, à son éducation, à son
entretien et à son établissement;
Qu'il a été reconnu constamment pour tel dans la société ;
Qu'il a été reconnu pour tel par la famille.
Art.322._: Nul ne peut réclamer un état contraire à celui que lui donnent son titre de
naissance et la possession conforme à ce titre ;
Et, réciproquement, nul ne peut contester l'état de celui qui a une possession conforme à
son titre de naissance.
La supposition d'enfant s'entend de l'attribution d'un enfant à une femme autre que sa mère
véritable. C.S Arrêt n° 143 / P du 2 juin 1977 Bull n° 37/p. 5352.

Art.323._: A défaut de titre et de possession constance, ou si l'enfant a été inscrit soit sous
de faux noms, soit comme né de père et de mère inconnus, la preuve de filiation peut se faire
par témoins.
Néanmoins, cette preuve ne peut être admise que lorsqu'il y a commencement de preuve
par écrit, ou lorsque les présomptions ou indices résultant de faits dès lors constants, sont
assez graves pour déterminer l'admission.

Art.324._: Le commencement de preuve par écrit résulte des titres de famille, des registres
et papiers domestiques du père ou de la mère, des actes publics et même privés émanés d'une
partie engagée dans la contestation, ou qui y aurait intérêt si elle était vivante.

Art.325._: La preuve contraire pourra se faire par tous les moyens propres à établir que le
réclament n'est pas l'enfant de la mère qu'il prétend avoir, ou même, la maternité prouvée,
qu'il n'est pas l'enfant du mari de la mère.

Art.326._ : Les tribunaux civils* seront seuls compétents pour statuer sur les réclamations
d'état.
* Exactement, le T.G.I
La question d'état est préjudicielle à l'action criminelle contre un délit de suppression
d'état. C.S.C.O. Arrêt n° 107 IP du 1er feu. 1972 Bull n° 26 p. 3357.

Art.327._: L'action criminelle contre le délit de suppression d'état ne pourra commencer


qu'après le jugement définitif sur la question d'état.
Constitue une dérogation au principe que le criminel tient le civil en l'état.
Le crime de faux résultant de l'inscription, sous le nom d'une mère supposée, d'un enfant
né d une autre femme, ne peut être poursuivi qu'après le jugement sur la question d'état, il y a
là une question de filiation préjudicielle. C.S.C.O Arrêt n° 84 du 28 janv. 1969 Bull n" 20 p.
2344.
Le principe posé par cet article découle de la règle édictée par l'article 326-non
seulement la jurisprudence a toujours appliqué l'article 327 de manière restrictive - La
question d'état ,en constituant une question préjudicielle à l'action criminelle que s'il s'agit
d'une infraction supprimant l'état, tel qu il résulte pour une personne 'de sa filiation mais
encore la jurisprudence et la doctrine sont d'accord pour reconnaître que les articles 326 et
327 ne doivent pas être entendus d'une manière absolue et il a notamment été juge que les
tribunaux criminels sont compétents pour statuer sur les questions d'état d'une manière
Propre et relative à l'objet de l'accusation sur laquelle ils ont à se prononcer. C.S. Arrêt n°
143 IP du 2 juin 1977 Bull n° 37 p. 5352 RCD série 2 n°s 13 & 14 p. 71-85

Art.328._: L'action en réclamation d'état est imprescriptible à l'égard de l'enfant.


Tandis que le droit de réclamer la filiation est strictement réservé par l'article 329, à
l'enfant ou exceptionnellement à des héritiers, l'action en contestation d'état est au contraire
librement ouverte à tout intéressé. C.S.C.O Arrêt n° 25 du 19 Nov. bull n° 19 p. 2335.
Art.329._: L'action ne peut être intentée par les héritiers de l'enfant qu n'a pas réclamé,
qu'autant qu'il est décédé mineur, ou dans les cinq années après sa majorité.
C.S.C.O Arrêt n° 25 du 19 Nov. bull n° 19 p. 2335.

Art.330._: Les héritiers peuvent suivre cette action lorsqu'elle a été commencée par
l'enfant, à moins qu'il ne s'en fût désisté formellement, ou qu'il n'eût laissé passer trois années
sans poursuites, à compter du dernier acte de procédure.

CHAPITRE III
Des enfants naturels.

SECTION PREMIERE

De la légitimation des enfants naturels.

Art. 331._: (L. 25 avril 1324) _ Les enfants nés hors mariage, autres que ceux nés d'un
commerce adultérin, sont légitimés par le mariage subséquent de leur père et mère lorsque
ceux-ci les ont légalement reconnus avant leur mariage ou qu'ils les reconnaissent au moment
de sa célébration. Dans ce dernier cas, l'officier de l'état civil qui procède au mariage constate
la reconnaissance et la légitimation dans un acte séparé.

(L 25 avril 1324) _ Les enfants adultérins sont légitimés, dans les cas suivants, par le
mariage subséquent de leurs père et mère, lorsque ceux-ci les reconnaissent au moment de la
célébration du mariage dans les forme déterminées par le premier alinéa du présent article :
1°- Les enfants nés du commerce adultérin de la mère, lorsqu'ils sont désavoués par le
mari ou ses héritiers ;
2°- Les enfants nés du commerce adultérin de la mère, lorsqu'il sont réputés conçus à une
époque où la mère avait un domicile distinct en vertu de l'ordonnance rendue conformément à
l'article 878 du Code de Procédure Civile et antérieurement à un désistement de l'instance, au
rejet de la demande ou à une réconciliation judiciairement constatée ; toutefois, la
reconnaissance et la légitimation pourront être annulées si l'enfant a la possession d'état
d'enfant légitime ;
3°- Les enfants nés du commerce adultérin du mari, lorsqu'un des enfants visés au présent
article aura été reconnu par ses père et mère ou par l'un d'eux postérieurement à leur mariage,
cette reconnaissance n'emportera légitimation qu'en vertu d'un jugement rendu en audience
publique, après enquête et débat en chambre de conseil, lequel jugement devra constater que
l'enfant a eu, depuis la célébration du mariage, la possession d'état d'enfant commun.
Toute légitimation sera mentionnée en marge de l'acte de naissance de l'enfant légitimé.
Cette mention sera faite à la diligence de l'officier de l'état civil qui aura procédé au
mariage, s'il a connaissance de l'existence des enfants, sinon, à la diligence de l'officier de
l'état civil qui aura procédé au mariage, s'il a connaissance de l'existence des enfants, sinon, à
la diligence de tout intéressé.

Art. 332._: La légitimation peut avoir lieu, même en faveur des enfants décédés qui ont
laissé des descendants ; et, dans ce cas, elle profite à ces descendants.

Art.333._: (L. 1er juillet 1922) _ Les enfants légitimés par le mariage subséquent ont les
mêmes droits que s'ils étaient nés de ce mariage.
2° al. abrogé par [Link] juillet 1929.

SECTION II
De la reconnaissance des enfants naturels,

Art.334._: La reconnaissance d'un enfant naturel sera faite par un acte authentique,
lorsque ne l'aura pas été dans son acte de naissance.
La reconnaissance d'un enfant né hors mariage est une action personnelle qui s'exerce du
vivant du prétendu père et ne peut l'être à titre posthume à moins qu'il ne soit formellement
établi que le défunt, avant sa mort, avait manifesté sans équivoque sa volonté de reconnaître
l'enfant dont il s'agit. C.S. Arrêt n° 181 L du 16 Dec. 1976 Bull. n° 36 p. 5250 - C.S. Arrêt n°
16 IL du 9 Nov. 1978 Bull n° 40 p. 6044.
Il est de jurisprudence constante que la reconnaissance d'enfants, nés hors mariage d'un
homme marié qui n'avait pas contracté un engagement de monogamie n'est pas interdite
lorsque, ni les textes, ni l'ordre public ne s'y opposent. C.S.C.O Arrêt n°8/L du 9 Nov. 1971.
Bull n° 25 p. 3252.
La filiation naturelle ne peut résulter que de l'existence des liens de sang. C.S. Arrêt n° 10
du 7 Dec. 1972 Bull n° 27 p. 3687.

Art. 335. • : Cette reconnaissance ne pourra avoir lieu au profit des enfants nés d'un
commerce incestueux ou adultérin (L. 30 décembre 1915), sous réserve des dispositions de
l'article 331.
Si aux termes de l'article 331 alinéa 1er, la législation des enfants naturels est opérée par le
mariage subséquent de leurs père et mère lorsque ceux-ci les ont légalement reconnus avant leur
mariage ou qu'ils les reconnaissent au moment de sa célébration, l'article 335 dispose que cette
reconnaissance ne peut avoir lieu au profit des enfants nés d'un commerce incestueux ou adultérin ;
L'article 335 interdisant toute reconnaissance d'enfant adultérin, c'est à bon droit que les juges du
fond ont déclaré nulle une reconnaissance d'enfant naturel faite par un père qui était marié à une
autre femme que la mère de l'enfant. C.S.C.O Arrêt n° 19 du 12 nov. 1969 Bull n° 19 p. 2332.

Art.336._: La reconnaissance du père, sans l'indication et l'aveu de la mère, n'a d'effet qu'à
l'égard du père.
En matière de reconnaissance d'enfant, l'existence du lien de sang doit être établie non seulement
par les signes morphologiques de ressemblance, mais encore et nécessairement par l'affirmation de la
mère que pendant la période de la grossesse et au début de celle-ci, elle a cohabité avec le demandeur
en reconnaissance,et cette déclaration doit figurer au jugement de reconnaissance pour permettre à la
Cour Suprême d'exercer son contrôle. C.S.C.O. Arrêt n° 14 du 22 Nov. 1966.
C'est à bon droit que la cour d'appel a écarté la renonciation à ses droits qu'aurait consentie un
père et qui touchant au statut des personnes, était sans valeur —Appréciant souverainement les
preuves qui lui étaient soumises, le juge d'appel a pu décider que l'examen comparé des groupes
sanguins, la ressemblance entre les enfants et leur père et la cohabitation avec la mère établissaient la
paternité dudit père. C.S.C.O. Arrêt du 2 mai 1967 Panant n° 725, 3e trim. 1969p. 384.
Il est de jurisprudence constante que la paternité naturelle n'a pour fondement que l'existence du
lien de sang entre le père supposé et l'enfant naturel. C. S Arrêt n° 2 IL du 24 octobre 1974 Bull n° 31
p. 4541.

Art.337._: La reconnaissance faite pendant le mariage, par l'un des époux, au profit d'un
enfant naturel qu'il aurait eu, avant son mariage, d'un autre que de son époux, ne pourra nuire
ni à celui-ci, ni aux enfants nés de ce mariage. Néanmoins, elle produira son effet après la
dissolution de ce mariage, s'il n'en reste pas d'enfants.
Art.338._: L'enfant naturel reconnu ne pourra réclamer les droits d'enfant légitime. Les
droits des enfants naturels seront réglés au titre Des Successions.

Art.339._: Toute reconnaissance de la part du père ou de la mère, de même que toute


réclamation de la part de l'enfant pourra être contestée par tous ceux qui y auront intérêt.

Art.340._: (L. 16 novembre 1912) _ La paternité hors mariage peut être judiciairement
déclarée :
1°- Dans le cas d'enlèvement ou de viol, lorsque l'époque de l'enlèvement ou du viol se
rapportera à celle de la conception
2°-( Loi n° 55/934 du 15 Juillet 1955)- Dans le cas de séduction accomplie à l'aide de
manoeuvres dolosives, abus d'autorité, promesse de mariage ou fiançailles;
3°- Dans le cas où il existe des lettres ou quelque autre écrit privé émanant du père
prétendu et desquels il résulte un aveu non équivoque de paternité ;
4°- Dans le cas où le père prétendu et la mère ont vécu en état de concubinage notoire
pendant la période légale de la conception ;
5°- Dans le cas où le père prétendu a pourvu ou participé à l'entretien et à l'éducation de
l'enfant en qualité de père.
L'action en reconnaissance de paternité ne sera pas recevable :
1 –S'il est établi que, pendant la période légale de conception la mère était d'une
inconduite notoire ou a eu commerce avec autre individu ;
2°- Si le père prétendu était, pendant la même période, soit par suite d'éloignement, soit
par l'effet de quelque accident, dans l'impossibilité physique d'être le père de l'enfant.
3°-(Loi n° 55/934 du 15 juillet 1955) -Si le père prétendu établit par l'examen des sangs
qu'il ne peut être le père de l'enfant.
L'action n'appartient qu'à l'enfant. Pendant la minorité de l'enfant, la mère, même mineure,
a seule qualité pour l'intenter.
Elle devra, à peine de déchéance, être intentée dans les deux années qui suivront
l'accouchement.
Toutefois, dans les cas prévus aux paragraphes 4 et 5 ci-dessus, l'action pourra être
intentée jusqu'à l'expiration des deux années qui suivront la cessation, soit du concubinage,
soit de la participation du prétendu père à l'entretien et à l'éducation de l'enfant.
A défaut de reconnaissance par la mère, ou si elle est décédée, interdite ou absente,
l'action sera intentée conformément aux dispositions de l'article 389. Si l'action n'a pas été
intentée pendant la minorité de l'enfant, celui-ci pourra l'intenter pendant toute l'année qui
suivra sa majorité.
La recherche de la filiation naturelle n'est admise que dans l'intérêt de l'enfant. C.S. Arrêt n°
100/P du 27 Avril 1976.
Si la paternité naturelle n'a pour unique fondement que l'existence de liens de sang à l'exclusion
de toute autre considération, il n'en demeure pas moins que, pour l'application de ce principe d'ordre
public, les juges du fond doivent, à peine de cassation de leur décision, vérifier la réalité de la
paternité naturelle du soi disant père à l'égard de l'enfant litigieux. C.S.C.O. Arrêt n° 63 du 21 Mai
1963 Bull n° 8 p. 549.
La demande en reconnaissance d'enfant doit être fait par le père naturel lui-même et non un tiers.
C S.C.O. Arrêt n° -66 du 11 Juin 1963 Bull n° 8 p. 553.
En matière de reconnaissance d'enfant, l'existence d'un lien de sang doit être établie non
seulement par les signes morphologiques de ressemblance, mais encore et nécessairement par
l'affirmation de la mère que pendant la période de la grossesse et au début de celle-ci, elle a cohabité
avec le demandeur en reconnaissance, et que cette déclaration doit figurer au jugement de
reconnaissance pour permettre à la cour d'exercer son contrôle. C.S.C.O Arrêt n° 14 du 22 Nov.1966.
Ce texte est exclusivement applicable au cas de recherche de paternité naturelle intentée par l
enfant ou sa mère contre le père présumé. C.S.C.O Arrêts n°s 78 IL du 25 fév. 1969 Bull n° 17p. 2394
& 85/L du 25 Fév. 1969 Bull n° 17 p. 2401.

Art.341._: La recherche de la maternité est admise.


L'enfant qui réclamera sa mère sera tenu de prouver qu'il est identiquement le même que
l'enfant dont elle est accouchée.
(L. n° 55/934 du 15 juillet 1955) -II sera reçu à faire cette preuve en établissant sa
possession constante d'état d'enfant naturel à l'égard de la mère prétendue. A défaut, la preuve
de la filiation pourra être établie par témoins, s'il existe des présomptions ou indices graves,
ou un commencement de preuve par écrit au sens de l'article 324 du présent Code.

Art.342._: Un enfant ne sera jamais admis à la recherche soit de la paternité, soit de la


maternité, dans les cas, où suivant l'article 335, la reconnaissance n'est pas admise.

(loi n° 55/934 du 15 juillet 1955) -Les enfants nés d'un commerce incestueux ou adultérin
peuvent néanmoins réclamer des aliments sans que l'action ait pour effet de proclamer
l'existence d'un lien de filiation dont l'établissement demeure prohibé.
L'action pourra être intentée pendant toute la minorité de l'enfant et, si elle n'a pas été
intentée pendant la minorité de l'enfant , celui-ci pourra l'intenter pendant toute l'année qui
suivra sa majorité.
La cause est instruite en la forme ordinaire et débattue en chambre du conseil, le ministère
public entendu. Le jugement est rendu en audience publique.
Art.342 bis._: (loi n° 55/934 du 15 juillet 1955)- Lorsqu'une filiation est établie par un
acte ou par un jugement, nulle filiation contraire ne pourra être postérieurement reconnue sans
qu'un jugement établisse, préalablement, l'inexactitude de la première.
Lisette ELOMO NTONGA - L'enfant naturel en droit camerounais - (Etude de
jurisprudence des tribunaux de l'ex-Cameroun Oriental) UY. 1979

TITRE HUITIEME
De l'adoption et de la légitimation adoptive
(décret 1.29 juillet 1939)

CHAPITRE PREMIER
De l'adoption

Art.343._: L'adoption ne peut avoir lieu que s'il y a de justes motifs et si elle présente des
avantages pour l'adopté.

Art.344._: (L. 8 août 1941) - L'adoption n'est permise qu'aux personnes de l'un ou de
l'autre sexe âgées de plus de quarante ans. Toutefois, elle peut être demandée conjointement
par deux époux non séparés de corps dont l'un au moins est âgé de plus de trente cinq ans s'ils
sont mariés depuis plus de dix ans et n'ont pas eu d'enfants de leur mariage.
Les adoptants ne devront avoir, au jour de l'adoption, ni enfants ni descendants légitimes.
L'existence d'enfants légitimés par adoption ne ait pas obstacles à l'adoption.
Les adoptants devront avoir quinze ans de plus que les personnes qu'ils se proposent
d'adopter, sauf si ces dernières sont les enfants de leur époux. Dans ce cas, la différence d'âge
minimum exigée ne sera que de dix années ; elle pourra même être réduite par dispense du
Président de la République.
C.S. Arrêt n° 17 IL du 20 Dec. 1973 Bull n° 29 p. 4147.

Art. 345. - : Un Français (Camerounais) peut adopter un étranger ou être adopté par un
étranger. L'adoption est sans effet sur la nationalité.

Art. 346. - : Nul ne peut être adopté par plusieurs si ce n'est par deux époux. Nul époux ne
peut adopter ou être adopté qu'avec le consentement de l'autre époux, sauf si celui-ci est dans
l'impossibilité de manifester sa volonté ou s'il y a séparation de corps entre les époux.

Art. 347. - Si la personne à adopter est mineure et a encore ses père et mère, ceux-ci
doivent consentir l'un et l'autre à l'adoption. Si l'un des deux est décédé où dans l'impossibilité
de manifester sa volonté, le consentement de l'autre suffit.
Si les père et mère sont divorcés ou séparés de corps, le consentement de celui des époux
au profit duquel le divorce ou la séparation de corps a été prononcé et qui a la garde de
l'enfant suffit ; toutefois, si l'autre parent n'a pas donné son consentement, l'acte d'adoption
devra lui être signifié et l'homologation ne pourra intervenir que trois mois au moins après
cette signification. Si, dans ledit délai ce parent a notifié au greffe son opposition, le tribunal
devra l'entendre avant de prononcer.

Art. 348. - : Dans les cas prévus par l'article qui précède, le consentement est donné, dans
l'acte même d'adoption ou par acte authentique séparé, devant notaire ou devant le juge de
paix du domicile ou de la résidence de l'ascendant, ou, à l'étranger, devant les agents
diplomatiques ou consulaires français (camerounais).

Art. 349. - : Si le mineur n'a plus ni père ni mère, ou s'ils sont dans l'impossibilité de
manifester leur volonté, le consentement est donné par le conseil de famille.
Il en est de même si le mineur est un enfant naturel qui n'a point été reconnu, ou qui,
après l'avoir été, a perdu ses père et mère, ou dont les père et mère ne peuvent manifester leur
volonté.
S'il s'agit d'un enfant, légitime ou naturel, sur lequel l'exercice de tous les droits de
puissance paternelle a été confié à une association de bienveillance ou à un parti- culier, en
vertu du titre II de la loi du 24 juillet 1889, le consentement est donné après avis de cette
association ou de ce particulier par le tribunal compétent pour l'acte d'adoption.

Art. 350. - : L'adoption confère le nom de l'adoptant à l'adopté, en l'ajoutant au nom


propre de ce dernier. Si l'adoptant et l'adopté ont le même nom patronymique, aucun
modification n'est apportée au nom de l'adopté.
(L. 23 avril 1949) - Si l'adopté est mineur de seize ans au jour du contrat, l'adoption lui
confère purement et simplement le nom de l'adoptant, à moins qu'il n'en soit autre- ment
décidé par le jugement d'homologation.
Le tribunal peut à la demande de l'adoptant, modifier par le jugement d'homologation les
prénoms de l'adopté.
Si l'adoptant est une femme mariée, le tribunal peut, dans le jugement d'homologation,
décider, du consentement du mari de l'adoptante, que le nom de ce dernier sera conféré à
l'adopté dans les conditions prévues aux précédents alinéas du présent article ; si le mari est
décédé ou dans L'impossibilité de manifester sa volonté, le tribunal apprécie souverainement,
les héritiers du mari ou ses successibles les plus proches dans l'ordre légal dûment consultés.
Art. 351. - : L'adopté reste dans sa famille naturelle et y conserve tous ses droits.
Néanmoins, l'adoptant est seul investi des droits de la puissance paternelle, à l'égard de
l'adopté, ainsi que du de consentir au mariage de l'adopté. En cas de dissension entre
l'adoptant et l'adoptante, ce partage emportera consentement au mariage de l'adopté.
S'il y a adoption par deux époux, l'adoptant administrera les biens de l'adopté dans les
mêmes conditions que le père légitime administre ceux de ses enfants. Si les adoptants
divorcent ou sont séparés de corps, le tribunal applique aux enfants adoptés les règles
concernant les enfants légitimes.
Lorsqu'il n'y a qu'un adoptant ou lorsque l'un des deux, adoptants décède, l'adoptant ou le
survivant des deux adoptants est tuteur de l'adopté ; il exerce cette tutelle dans les mêmes
conditions que le père ou la mère survivant de l'enfant légitime.
Le conseil de famille sera composé ainsi qu'il est prévu à l'article 409 du présent Code.
Si l'adoptant est le conjoint du père ou de la mère de l'adopté, il a, concurremment avec
lui, 1 puissance paternelle, mais le père ou la mère en conserve l'exercice. Les règles
concernant le consentement des père et mère au mariage de l'enfant -légitime s'appliquent
dans ce cas au mariage de l'adopté.
En cas d'interdiction, de disparition judiciairement constatée où de décès des adoptants
survenu pendant la minorité de l'adopté, la puissance paternelle revient de plein droit aux
ascendants de celui-ci.

Art. 352. - : Nonobstant les dispositions de l'alinéa 1er de l'article précédent, le tribunal,
en homologuant l'acte d'adoption, peut à la demande de l'adopté cessera d'appartenir à sa
famille naturelle sous réserve des prohibitions au mariage visées aux articles 161, 162, 163 et
164 du présent Code. Dans ce cas, aucun reconnaissance postérieure à l'adoption ne sera
admise ; d'autre part, l'adoptant ou le survivant des adoptants pourra désigner à l'adopté un
tuteur testamentaire.

Art. 353. - : Le lien de parenté résultant de l'adoption s'étend aux enfant légitimes de
l'adopté.

Art. 354. - : Le mariage est prohibé :


1° - Entre l'adoptant, l'adopté et ses descendants ;
2° - Entre l'adopté et le conjoint de l'adoptant, et, réciproquement, entre l'adoptant et le
conjoint de l'adopté ;
3°- Entre les enfants adoptifs du même individu ;
4°- Entre l'adopté et les enfants qui pourraient survenir à l'adoptant.
Néanmoins, les prohibitions aux mariages portées aux alinéas 3 et 4 ci-dessus peuvent être
levées par décret, s'il y a des causes graves.
Art. 355. - : L'adopté doit de aliments à l'adoptant s'il est dans le besoin et, réciproquement,
l'adoptant doit des aliments à l'adopté.
En dehors du cas prévu à l'article 352, l'obligation de se fournir des aliments continue
d'exister entre l'adopté et ses père et mère. Cependant-, les père et mère de l'adopté ne sont
tenus de lui fournir des aliments que s'il ne. peut les obtenir de l'adoptant.
Art. 356. - : L'adopté et ses descendants légitimes n'acquièrent aucun droit de succession
sur les biens des parents de l'adoptant. Mais ils ont sur la succession de l'adoptant les mêmes
droits que ceux qu'y auraient les enfants ou descendants légitimes.
Art. 357. - : Si l'adopté meurt sans descendants légitimes, les choses données par
l'adoptant, ou recueillies dans sa succession, et qui existent en nature lors du décès de l'adopté,
retournent à l'adoptant ou à ses descendants même adoptifs, à la charge de contribuer aux
dettes et sans préjudice des droits des tiers. Le surplus des biens de l'adopté appartient à ses
propres parents, et ceux-ci excluent toujours, pour les objets même spécifiés au présent
article, tous héritiers de l'adoptant autre que ses descendants.
A défaut de descendants, le conjoint survivant de l'adoptant, s'il a participe a l'adoption, a
un droit d'usufruit sur lesdits objets.
Si, du vivant de l'adoptant et après le décès de l'adopté les enfants ou descendants laissés
par celui-ci meurent eux-mêmes sans postérité, l'adoptant succède aux choses par lui
données, comme il est dit ci-dessus ; mais ce droit est inhérent à la personne de l'adoptant, et
non transmissible à ses héritiers, même en ligne descendante.

Art. 358. - : La personne qui se propose d'adopter et celle qui veut être adoptée, si elle est
majeure, ou si, même mineure, elle a atteint l'âge de seize ans, doivent se présenter devant le
juge de paix* du domicile de l'adoptant ou devant un notaire, pour y passer acte de leur
consentements respectifs.
Si l'adopté a moins de seize ans, l'acte est passé en son nom par son représentant légal.

Art. 359. - : Dans les cas prévus par l'article 93 du présent code, l'acte est dressé par un
fonctionnaire de l'intendance ou du commissariat.
Le fonctionnaire de l'intendance, ou l'officier du commissariat qui a reçu un acte
d'adoption en adresse, dans le plus bref délai, une expédition au ministre de la guerre ou au
ministre de la marine, qui la transmet au procureur de la République.

Art. 360. - : (mod. D. 4 juin 1949) - L'acte d'adoption doit être homologué par le tribunal
civil* du domicile de l'adoptant.
Le tribunal est saisi par une requête du représentant légal de la partie la plus diligente, à
laquelle est jointe une expédition de l'acte d'adoption.

Art. 361. - : Le tribunal, réuni en la chambre du conseil, après s'être procuré les
renseignements convenables, vérifie :
1° - Si toutes les conditions de la loi sont remplies ;
2° - S'il y a de justes motifs de l'adoption et si celle-ci présente des avantages pour
l'adopté ;
3° - Lorsque l'adopté est mineur de seize ans, s'il existe des motifs qui peuvent s'opposer à
l'attribution à ce dernier du seul nom de l'adoptant.

Art. 362.- : Après avoir entendu le procureur de la République, t- sans aucune forme de
procédure, le tribunal prononce, sans énoncer de motifs, qu'il y a lieu, ou qu'il n'y a pas lieu à
l'adoption.
Dans le premier cas, le tribunal décide dans la même forme s'il est appelé à statuer sur le
nom de l'adopté ou sur la rupture de ses liens de parenté avec sa famille naturelle ; le
dispositif du jugement contient les mentions prescrites par l'article 858 du Code de Procédure
Civile et indique les noms ancien et nouveau de l'adopté.

Art. 363. - : (D. 4 juin 1949)- En cas de refus d'homologation, chacune des parties peut,
dans les trois mois qui suivent le jugement, le' déférer à la Cour d'Appel qui instruit dans les
mêmes formes que le tribunal de première instance et prononce sans énoncer de motif. Si le
jugement est reformé, l'arrêt statue, s'il y a lieu, sur le nom de l'adopté.
En cas d'homologation, le ministère public peut interjeter appel ; le même droit appartient
aux parties, en ce qui concerne la partie du jugement qui fait grief à leur demande. La Cour
d'appel statue dans les formes et conditions prévues à l'alinéa précédent.
Dans le cas où l'arrêt décide qu'il y a lieu à adoption, il contient les mentions prescrites par
l'article 858 du Code de Procédure Civile et indique les noms ancien et nouveau de l'adopté.
Le recours en cassation pour vice de forme contre l'arrêt rejetant la demande
d'homologation est recevable.

Art. 364. - : (D. 4 juin 1949) - Le jugement ou l'arrêt qui admet l'adoption est prononcé à
l'audience publique. Un extrait en est inséré dans un journal d'annonces légales publié au lieu
du domicile de l'adoptant. Cet extrait contiendra :
1°) - La date de la décision et la désignation du tribunal qui l'a rendue.
2°) - Le dispositif de la décision ;
3°) - Le nom du représentant légal du demandeur.
Dans les trois mois le dispositif du jugement ou de l'arrêt est transcrit, à la requête du
représentant légal qui a obtenu le jugement ou de l'une des parties intéressées, sur les registres
de l'état du lieu de naissance de l'adopté. Si l'adopté est né à l'étranger, la transcription est faite
sur les registre de la mairie du 1er arrondissement de Paris.
La transcription est opérée séance tenante, lors de la réquisition, sur la signification faite à
l'officier de l'état civil conformément à l'article 858 du Code de Procédure Civile.
Le représentant légal de la partie qui a obtenu le jugement est tenu de faire opérer la
transcription dans le délai ci-dessus à peine d'une amende de 100 francs, sans préjudice de
tous dommages intérêts.
(L. 23 avril 1949) - II est fait mention de l'adoption et de nouveaux nom et prénoms de
l'adopté une marge de l'acte de naissance de ce dernier.

Art. 365. - : L'adoption ne produit ses effets entre les parties qu'à partir du jugement ou de
l'arrêt d'homologation. Les parties sont liées dès l'acte d'adoption.
L'adoption n'est opposable aux tiers qu'à partir de la transcription du jugement ou de l'arrêt
d'homologation.

Art. 366. - : Si l'adoptant vient de mourir, après que l'acte constatant la volonté de former
le contrat d'adoption a été reçu et que la requête à fin d'homologation a été présenté au
tribunal civil, l'instruction est continuée et l'adoption admise, s'il y a lieu. Dans ce cas elle
produit ses effets au moment du décès de l'adoptant.
Les héritiers de l'adoptant peuvent, s'ils croient l'adoption inadmissible, remettre au
Procureur de la République tous mémoires et observations à ce sujet.

Art. 367. - : L'adoption peut être révoquée, s'il est justifié de motifs graves, par une
décision du Tribunal, rendue à la demande de l'adoptant ou de l'adopté ; néanmoins, aucun
demande de révocation d'adoption n'est recevable lorsque l'adopté est encore mineur de moins
de treize ans.
Le jugement rendu par le tribunal compétent en vertu du droit commun à la suite de la
procédure ordinaire, après audition du ministère public, doit être motivé ; il peut être attaqué
par toutes les voies de recours. Son dispositif est publié et trans-crit conformément à l'article
364 du présent Code.
La révocation fait cesser, pour l'avenir les effets de l'adoption. L'adoptant ou ses
descendants gardent toutefois, sur les choses données, le droit de retour prescrit par l'article
357 du présent Code.
Les lois sur la protection des enfants maltraités ou moralement abandonnés sont
applicables aux mineurs adoptés et l'adoptant peut être déchu de tout ou partie des attributs de
la puissance paternelle dans les conditions prévues par lesdites lois.
CHAPITRE II
De la légitimation adoptive.

Art. 368. - : (L. 8 août 1941) - La législation adoptive n'est permise qu'en faveur des
enfants âgés de moins de cinq ans abandonnés par leurs parents ou dont ceux-ci sont inconnus
ou décédés. Elle ne peut être demandée que conjointement par des époux non séparés de corps
remplissant les conditions d'âge exigées par l'article 344 et n'ayant ni enfants ni descendants
légitimes. L'existence d'enfants légitimés par adoption ne fait pas obstacle à de nouvelles
légitimations adoptives.
Toutefois, à l'égard des enfants confiés par l'assistance publique ou par une association de
bienfaisance investie de l'exercice de la puissance paternelle à des époux ne remplissant pas
encore les conditions exigées par l'article 344, la limite d'âge de cinq ans sera reculée d'autant
de temps qu'il s'en sera écoulé entre le moment où l'enfant a été confié à ces époux et celui où
ces conditions auront été remplies.

Art. 369. - : La législation ne peut résulter que d'un jugement rendu sur requête en
audience publique, après enquête et débat en chambre du conseil.
(L.23 avril 1949) - Le jugement confère à l'enfant du mari et sur la demande des époux,
peut ordonner une modification de ses prénoms.
(L. 8 août 1941) - Elle est irrecevable et ne peut être admise que s'il y a de justes motifs
et si elle présente des avantages pour l'enfants. L'administration, l'oeuvre ou la personne qui
élève l'enfant sera obligatoirement appelée à donner son avis.
Mention de la légitimation sera faite en marge de l'acte de naissance de l'enfant, à la
diligence du représentant légal, dans les trois mois du jugement ou de l'arrêt, à peine de
sanctions prévues à l'article 364.

Art. 370. - : (L. 8 août 1941) - L'enfant qui fait l'objet d'une légitimation adoptive cesse
d'appartenir à sa famille naturelle sous réserve des prohibitions au mariage visées aux article
161, 162, 163 et 164 du présent Code. Il a les mêmes droits et les mêmes obligations que s'il
était né du mariage.
Toutefois, si un ou plusieurs de ascendants des tuteurs de la légitimation adoptives n'ont
pas donné leur adhésion à celui-ci dans un acte authentique, l'enfant et ces ascendants ne se
devront pas d'aliments et n'auront pas qualité d'héritiers réservataires dans leurs successions
réciproques.

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