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Texte 1

Olympe de Gouges, figure majeure du féminisme du XVIIIe siècle, rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791 pour revendiquer l'égalité politique entre les sexes. Son préambule introduit les articles de la déclaration en affirmant que l'inégalité des sexes est contre-nature et en appelant à l'intégration des femmes dans la sphère politique. À travers des arguments solides et une rhétorique efficace, elle plaide pour une société juste et révolutionnaire, tout en respectant les valeurs de son époque.

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Texte 1

Olympe de Gouges, figure majeure du féminisme du XVIIIe siècle, rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791 pour revendiquer l'égalité politique entre les sexes. Son préambule introduit les articles de la déclaration en affirmant que l'inégalité des sexes est contre-nature et en appelant à l'intégration des femmes dans la sphère politique. À travers des arguments solides et une rhétorique efficace, elle plaide pour une société juste et révolutionnaire, tout en respectant les valeurs de son époque.

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INTRODUCTION

Olympe de Gouges, née Marie Gouze en 1748, est une femme de lettres et militante
politique féministe majeure du XVIIIe siècle. D’abord mariée à un homme qu’elle n’aime
pas et qui lui donne un fils, elle fuit à Paris vers 1770. C’est là qu’elle commence une
nouvelle vie libre marquée par son fort engagement politique. Elle meurt guillotinée sous la
Terreur, à cause de son opposition à Robespierre. Elle Lutte contre l’esclavage, pour les
droits des femmes, pour une réforme du mariage, pour les droits des enfants illégitimes,
pour une révolution non-violente et contre la peine de mort. Cet engagement politique
diversifié nous permet de la rattacher au mouvement littéraire des lumières.
Rédigée en 1791, en réponse à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen,
longtemps oubliée, et republiée dans son intégralité en 1986, la Déclaration des droits de la
femme et de la citoyenne est un texte pionnier du féminisme français. Plus qu’un simple
essai, il s’agit d’un projet de loi abordant di érents thèmes, comme l’égalité homme-
femme, mais également l’institution du mariage et le droit des enfants illégitimes, ou
encore la religion.
Situé après l’adresse à la reine et l’apostrophe aux hommes, le préambule est un
petit texte permettant d’introduire les 17 articles de la déclaration des droits de la femme
et de la citoyenne. Olympe de Gouges y présente sa thèse principale, ainsi que des
arguments forts pour l’égalité politique des hommes et des femmes.

LECTURE
Comment ce préambule permet-il à Olympe de Gouges d’introduire les articles de
sa Déclaration et d’insister sur leur nécessité ?
Pour mener cette analyse linéaire du préambule de la Déclaration de la femme et de
la citoyenne, nous suivrons les mouvements du texte. D’abord la thèse du texte du début
du passage à “Assemblée nationale.” Ensuite, les arguments de l’auteur de “Considérant” à
“bonheur de tous.” Enfin, l’introduction des articles de la déclaration de “En conséquence”
à la fin de du passage.

1)

D’emblée, le préambule de la DDFC mentionne l’ensemble des femmes par


une énumération tripartite l.1 « Les mères, les filles, les sœurs » à laquelle ODG
adjoint l’apposition « représentantes de la nation ».

Elle montre ici clairement sa volonté de représenter chaque femme, et de parler en leur
nom à toutes. Enfin, l’utilisation d’une énumération en 3 temps montre qu’il s’agit bien
d’un texte rhétorique, où le discours cherche à marquer les esprits.

Il est intéressant de noter ici que la femme est représentée par rapport à l’homme, et au
sein de la famille, par les noms « mères, filles, sœurs ». Ainsi, Olympe de Gouges vise
l’unité et ne rejette pas l’homme. Elle tend à intégrer la femme dans la société
politique plutôt que d’en exclure l’homme.

C’est par le terme de « nation » (l.1) que le texte passe de la sphère familiale à la sphère
politique, passage souhaité pour les femmes par Olympe de Gouges.

C’est ensuite par un verbe conjugué au présent « demandent » (l.2) qu’Olympe de Gouges
va formuler sa thèse : les femmes doivent avoir une place égale aux hommes en
politique. L’utilisation du présent souligne l’urgence d’action.

Enfin, cette demande de constituer les femmes en “Assemblée nationale” (l.2) reprend la
constitution de l’assemblée nationale après l’échec des états généraux de 1789. On voit
donc bien qu’elle souhaite s’inscrire dans le mouvement révolutionnaire pour l’étendre aux
femmes, qu’il a ignoré.

2)

Dans le deuxième paragraphe, Olympe de Gouges cherche à convaincre, par des


arguments clairement exposés, de la nécessité d’intégrer les femmes en politique.

Pour cela, elle utilise de nombreux connecteurs logiques qui renforcent le sérieux et la
solidité de son discours : « considérant que » (l.3) ; « afin que » (l.5,7,9).

Elle réutilise la construction tripartite, cette fois sous la forme d’une gradation :
« l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des
malheurs publics et de la corruption des gouvernements » (l.3) pour a irmer que la société
paye cher le fait de nier à la femme ses droits naturels. En e et, en ne connaissant pas, en
oubliant, ou pire en refusant volontairement (gradation) les droits des femmes, les sociétés
nuisent à leur fonctionnement.

C’est face à ce constat qu’ODG propose d’introduire son texte de loi : « ont résolu d’exposer
une déclaration solennelle » (l.4).

Elle exprime, sous la forme d’une énumération tripartite d’adjectifs épithètes « les droits
naturels, inaliénables et sacrés de la femme » (l.5) l’idée que l’égalité entre l’homme et la
femme est naturelle et voulue par Dieu. Ainsi, elle pose le fait que le refus de ces droits va
à l’encontre des lois naturelles et divines. Ici, l’utilisation d’une énumération en 3
temps est intéressante, puisqu’elle peut rappeler le rythme ternaire de la sainte trinité (le
père, le fils et le saint esprit), et donc donner une dimension divine au propos.

La déclaration d’ODG a pour but de « constamment » (l.6) rappeler l’importance de l’égalité


de droits des hommes et des femmes.

L’adverbe complément circonstanciel de temps « constamment », repris par les CCT « sans
cesse » (l.6) et « à chaque instant » (l.8) souligne la nécessité d’un combat de tous les
instants pour inscrire cette égalité dans les habitudes d’une société.
L’utilisation de la métaphore médicale des « membres du corps social » (l.6) est également
intéressante puisqu’elle souligne l’absurdité pour un corps d’opprimer l’un de ses
membres. Aussi, la nation doit-elle travailler de concert pour se mouvoir et avancer
correctement.

Cette égalité apparait dans les paroles d’ODG sous la forme d’un parallélisme : « les actes
du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes » (l.7) qui permet de les placer sur
un pied d’égalité jusque dans la structure du texte.

Enfin, ODG finit par a irmer que les « réclamations des citoyennes » (l.9) seront toujours
dirigées vers le « maintien de la Constitution, des bonnes mœurs, et au bonheur de tous »
(l.10). On constate, avec cette nouvelle énumération tripartite, qu’ODG veut rassurer les
hommes. Les femmes ne cherchent pas à prendre le pouvoir pour leur intérêt propre, mais
dans l’intérêt commun, celui d’abord de la constitution, puis du bonheur général.

On peut parler d’une hyperbole pour ce dernier objectif, car « le bonheur de tous » se
rapprocherait d’un paradis sur terre.

3)

Cette dernière partie est de nouveau introduite par un connecteur logique : « En


conséquence » (l. 12) qui permet de souligner le fait que l’auteur s’appuie sur les arguments
précédemment cités pour proposer ses articles. Son discours est construit avec méthode.

La périphrase suivante « le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les


sou rance maternelle » est intéressante puisqu’elle prend le contrepied de l’idée
dominante de l’époque, celle que les hommes sont supérieurs à la femme.

Ce qui peut davantage surprendre un lecteur contemporain, c’est que les caractéristiques
qui permettent à ODG de placer la femme au-dessus de l’homme sont la beauté et la
maternité. Cela montre bien qu’elle est encore marquée par l’image réductrice de la
femme de son époque (belle, et qui fait des enfants).

Cette périphrase est utilisée comme sujet des verbes « reconnaît et déclare » (l.13) pour
donner la parole à toutes les femmes. Ici, ODG s’e ace, ce n’est plus elle qui parle, mais
l’ensemble du sexe féminin, soit toutes les femmes de la société dont elle n’est plus que le
porte-voix.

L’introduction des articles de la déclaration se fait « sous les auspices de l’Être suprême »
(l.13). C’est donc dans le respect, et avec le soutien de Dieu qu’elle veut donner à la femme
une place égalitaire avec l’homme.

En mentionnant Dieu dans cette dernière phrase, elle gomme son image subversive, et
inscrit sa démarche dans le respect des bonnes mœurs.
On peut finir en remarquant que certains noms communs prennent une majuscule dans le
texte d’ODG pour souligner leur importance à ses yeux. « Être » qui désigne Dieu, mais
également « Droits » ; « Femme » ; « Citoyenne » et plus tôt dans le texte « Assemblée » et
« Constitution ».

Ainsi, ODG montre bien dans l’ensemble de ce préambule que sa déclaration œuvre avant
tout pour la révolution, pour une société saine, qu’elle place la politique et le divin avant
l’intérêt personnel des femmes.

CONCLUSION
Ce passage condense le propos du reste du texte. Olympe de Gouges y formule
clairement sa thèse : les femmes doivent accéder au pouvoir politique comme les
hommes.

Elle donne ensuite plusieurs arguments, notamment l’idée que l’inégalité des sexes est
contre-nature, et responsable de tous les troubles de la société. Enfin, elle porte la voix de
chaque femme pour présenter les articles de lois qu’elle propose.

Ce texte est d’une impressionnante e icacité polémique. En peu de mots, et avec une
oralité toujours maîtrisée, Olympe de Gouge parvient à convaincre de la nécessité de son
projet de loi.

D’abord en dressant le constat d’une société malade, puis en o rant des solutions
concrètes. Elle parvient toujours à rester éloquente tout en se défendant d’une image trop
subversive qui lui nuirait.

Le postambule est un texte en faveur des femmes, un discours fictif entre Olympe de
Gouges et les femmes. D'autres discours politiques seront tout aussi essentiels comme le
discours de Simone Veil en faveur du droit à l'IVG.

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