Correction des activités chapitre 2.
Activité 1 : Consommation d’énergie à différentes échelles
1. La consommation d’énergie mondiale en 2021 a dépassé les . La conversion donne :
2. Pour la seule énergie consommée grâce aux ressources en énergie fossiles (charbon, gaz naturel et pétrole),
celle-ci s’élève à . Le même type de conversion donne :
3. La population française a consommé en tout d’énergie sur l’année 2021. Pour les seuls
transports de cette même année, l’énergie consommée s’élève à 28 % de :
On peut aussi utiliser la conversion fournie :
Cela donne donc pour les seuls transports :
4. L’humanité compte près de 8 milliards d’individus en 2024. À raison d’une puissance produite
sur 12 heures par jour, on obtient sur une année entière :
Application numérique :
5. Il apparaît que, dans l’ordre croissant d’énergie calculée et convertie en joule (J), on a :
- l’énergie consommée par les transports en France sur une année ( ) ;
- l’énergie consommée par toute la France sur une année ( ) ;
- l’énergie physique que pourrait fournir toute l’humanité pendant une année si elle s’employait à effectuer un
effort physique de 100 W, 12 heures par jour ( ) ;
- l’énergie consommée par l’humanité en une année et issue des ressources en énergie fossiles ( ) ;
- l’énergie consommée par l’humanité en une année, toutes ressources confondues ( ).
6. Pour comparer les précédentes énergies, notamment par rapport à l’énergie de rayonnement provenant du Soleil,
on peut estimer la durée d’exposition équivalente :
1
Application numérique :
On calcule les mêmes équivalences pour les autres énergies :
Énergie issue Énergie Énergie
Énergie totale des physique Énergie consommée
consommée ressources potentiellemen consommée par les
par an par fossiles t produite par par la France transports en
l’humanité consommée l’humanité en en un an France en un
par an un an an
Énergie (J)
Durée
d’exposition
au
rayonnement
solaire
équivalente
(s)
7. La baisse de consommation ou de production d’énergie constatée en 2020 est due à la période de confinement
global imposé par les mesures restrictives liées à la diffusion de la Covid-19. Comme les activités humaines ont
globalement diminué au cours de cette période de confinement, l’énergie consommée sur l’année a été plus faible
que durant l’année précédente.
8. Depuis les années 1970, le jour du dépassement s’est déplacé de la fin d’année au milieu d’année. Cette évolution
est à mettre en relation avec l’évolution de la consommation mondiale d’énergie : depuis les années 1900 (et même
avant), l’énergie consommée par l’humanité augmente.
L’humanité consomme plus d’énergie et de ressources naturelles que la Terre peut fournir. L’humanité s’expose donc
à une surexploitation des ressources et à des épuisements. Si des améliorations technologiques peuvent permettre
de privilégier et de mieux exploiter les ressources renouvelables, il est possible que l’humanité soit amenée à
restreindre sa consommation globale pour ne pas atteindre les limites physiques de la Terre.
Activité 2 : Cycle du carbone et combustibles fossiles
1. Le charbon se forme grâce à l’enfouissement de matières organiques d’origine végétale. Ce phénomène, s’étalant
sur des millions d’années, est possible grâce à des recouvrements de grandes étendues de végétation sous l’eau,
puis à la sédimentation. La matière organique piégée n’est plus dégradée et subit une transformation lente en
ressource fossile.
2. Un réservoir de carbone est une partie de la Terre (sols, biosphère, atmosphère, roches et océans) capable de
stocker du carbone. Il est capable également d'échanger avec d’autres réservoirs, selon divers processus. Les
principaux réservoirs de carbone sur Terre sont les roches et les océans.
3. Les combustibles fossiles sont des ressources en énergie non renouvelables car leur formation s’étale sur plusieurs
millions d’années. Or, leur consommation est, en réalité, beaucoup plus rapide, notamment en raison des activités
humaines. Comme ces ressources s’épuisent au fil du temps, elles sont donc non renouvelables.
4. Un flux de carbone désigne un transfert de carbone d’un réservoir à un autre. Les océans, par exemple, ont des
flux entrants (dissolution, décomposition des organismes marins) et des flux sortants (dégazage ou sédimentation).
2
5. Chaque année, l’atmosphère reçoit 8 Gt de carbone provenant des activités humaines. La principale source est
l’utilisation des combustibles fossiles et la production de ciment (6 Gt). La déforestation est responsable de 2 Gt de
carbone rejeté vers l’atmosphère.
6. Chaque année, l’atmosphère reçoit en tout 190 Gt de carbone (origine naturelle) et 8 Gt de carbone provenant des
activités humaines. Elle en cède 192 Gt vers les autres réservoirs. L’apport de carbone dû aux activités humaines
représente donc 4 % de tout ce que reçoit l'atmosphère.
Néanmoins, ces 4 % sont suffisants pour provoquer les modifications du climat actuel à l’échelle de la planète
(augmentation globale de la température et changement climatique).
Activité 3 : Énergie et émission de dioxyde de carbone
1. L’équation de la réaction de combustion du méthane est :
2. En ce qui concerne l’éthanol, on a :
3. L’énergie thermique libérée par la combustion de l’éthanol peut être déduite à partir de la masse de
carburant consommé sur 100 km. Pour l’obtenir, on peut se servir du volume indiqué dans les documents, ainsi que
de la masse volumique :
On obtient donc :
Application numérique :
4. Compte tenu du rendement du moteur thermique, l’énergie mécanique effectivement obtenue après conversion
correspond à :
Application numérique :
5. Le moteur thermique permet de convertir une énergie chimique contenue dans le carburant en énergie mécanique
permettant la mise en mouvement du véhicule :
3
6. On se sert de nouveau du pouvoir calorifique des différents combustibles pour remonter à la masse nécessaire à
brûler pour produire d’énergie thermique :
Application numérique :
De la même façon, on trouve et .
7. On complète ensuite les émissions de dioxyde de carbone par proportionnalité en utilisant les informations du
doc. 1 :
Masse consommée pour
Masse de dioxyde de carbone
Combustible produire 1 kW·h d’énergie
produit
thermique
Charbon 111 g 407 g
Méthane 72,0 g 198 g
Éthanol 125 g 239 g
On constate donc que la ressource en énergie la plus émettrice en dioxyde de carbone par unité d’énergie
thermique produite est le charbon. Il s’agit d’ailleurs de la ressource en énergie la plus contestée au sein de l’Union
européenne et dont les politiques publiques visent à réduire la consommation. Le gaz naturel (le méthane) est par
conséquent davantage privilégié malgré les tensions géopolitiques.
Activité 4 : Polluants atmosphériques et santé humaine
1. La pollution atmosphérique provient essentiellement des activités humaines. Si l’industrie, les transports ou encore
la production de déchets sont des activités globalement constantes au cours de l’année, le chauffage résidentiel et
l’agriculture dépendent de la saisonnalité. En l'occurrence, le chauffage résidentiel est plus important l’hiver tandis que
l’agriculture, et notamment l’utilisation des machines agricoles, des engrais ou des pesticides, sont concentrées sur
les périodes des cultures.
2. La pollution atmosphérique provoque des pathologies chez les êtres humains. Si la corrélation apparente fournie
par le doc. 2 illustre le fait que l’ozone pourrait être responsable d’un nombre plus important d’admissions à l’hôpital
lorsque sa teneur augmente dans l’atmosphère, l’OMS a formellement établi un lien, notamment en évoquant les
estimations de décès prématurés liés à la pollution atmosphérique.
Diverses pathologies sont provoquées par la pollution atmosphérique : on peut citer les problèmes cardiaques
affectant le bon fonctionnement du cœur ou encore les problèmes pulmonaires liés aux poumons.
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3. Au moment de la correction (mars 2024), les zones les plus polluées en particules fines PM2.5 correspondaient au
nord de l’Italie, le littoral méditerranéen de l’Espagne et la Pologne. Les mêmes zones étaient concernées par la
pollution aux particules fines PM10.
Ces deux types de pollution se distinguent par la taille des particules en suspension dans l’atmosphère : PM2.5
désigne les particules fines dont le diamètre est inférieur à 2,5 µm tandis que PM10 désigne celles dont le diamètre
est inférieur à 10 µm.
4. En prenant par exemple la région de Nantes, on constate que le 10 mars 2024, la ville se trouvait dans une
situation plutôt bonne, avec une concentration en PM2.5 comprise entre 21 et 28 µg·m-2, en PM10 entre 0 et 20 µg·m-
2
, entre 0 et 28 µg·m-2 pour le dioxyde d’azote et entre 24 et 48 µg·m-2 en ce qui concerne l’ozone . Tous les
indicateurs étaient globalement en bas des échelles fournies.
5. Sans être exhaustif, on peut citer quelques idées pouvant servir de base à une correction :
- limiter la pollution liée à l’agriculture, en imposant ou en incitant l’utilisation de cultures moins consommatrices
d’intrants chimiques ;
- limiter l’utilisation de charbon, ou de tout combustible émetteur de particules fines comme le bois, lors des
périodes de forte pollution ;
- limiter la vitesse sur les routes à grande vitesse, pour limiter les émissions de polluants atmosphériques des
véhicules ;
- favoriser les conversions des modes de chauffage des particuliers vers des modes moins polluants ;
- limiter le trafic urbain, notamment dans les villes ;
- etc.
Activité 5 : Empreinte carbone
1. On constate que, sur 1 heure d’écoute de visionnage ou de jeu vidéo, l’empreinte carbone n’est pas la même. Elle
est nettement plus basse pour le format numérique dans le cas du visionnage d’un film, et sensiblement la même pour
les deux autres activités.
Néanmoins, les formats physiques ont pour particularité d’avoir une empreinte carbone essentiellement due à la
fabrication et au transport du support, ce qui n’est pas le cas du format numérique pour lequel l’utilisation des
serveurs représente la plus grande source d’émission. Cela signifie que si l’on fait ces activités sur plus de temps, par
exemple 2 heures, que l’on réécoute une même musique, que l’on revoit un film ou que l’on rejoue au même jeu,
l’empreinte carbone n’évolue que très peu pour le format physique (on ne fabrique pas de nouveau les DVD et les
CD), et aura tendance à doubler dans le cas du format numérique (car on sollicite les serveurs à chaque utilisation).
Au final, les supports physiques sont a priori plus économes en termes d’émissions de dioxyde de carbone .
2. D’après le doc. 3, le numérique représente 10 % de la consommation totale d’électricité en France en 2022. Cela
signifie donc que près de 40 TW·h d’énergie électrique est consommée par le numérique.
En raison de la faible carbonation de l’énergie électrique française (grâce notamment à un large emploi des centrales
nucléaires), cela représente de , soit 2 Mt.
Cette empreinte carbone, liée au numérique, ne tient compte néanmoins que de la seule énergie électrique
consommée. Il faudrait ajouter à cela toute l’empreinte due à la fabrication des infrastructures, de l’électronique, etc.
3. Pour un trajet de 1 000 km, on constate que la voiture à moteur thermique émet 218 kg de dioxyde de carbone
, tandis qu’une voiture électrique, en France, n’en émet que 103 kg. C’est donc bien la voiture à moteur
thermique qui est la plus émettrice, et celle à moteur électrique la plus vertueuse.
Néanmoins, ce constat ne peut pas être généralisé à tous les pays. En effet, comme l’indique le doc. 3, la France a
pour particularité d’avoir une électricité peu carbonée ; or, certains pays, comme les États-Unis, utilisent beaucoup
plus de combustibles fossiles pour produire leur électricité. Dans ce cas, l’électricité utilisée par les voitures à moteur
électrique a une empreinte carbone plus importante, ce qui conduit nécessairement à revoir l’empreinte carbone du
trajet de 1 000 km.
Un rapide calcul permet d’ailleurs de constater, au vu des différences d’empreinte carbone par kW·h d’électricité
produite, que la voiture à moteur électrique émet aux États-Unis plutôt 200 kg de sur ce même trajet, soit une
empreinte carbone équivalente à celle de la voiture à moteur thermique.
4. Pour la voiture à moteur thermique, c’est essentiellement le carburant consommé pendant la conduite qui émet
l’essentiel du dioxyde de carbone. Le constat est inversé pour la voiture à moteur électrique : c’est la fabrication, et
notamment la conception de la batterie, qui émet le plus.
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5. La simulation permet d’estimer l’empreinte carbone annuelle d’un individu. Selon les habitudes, notamment de
consommation et de déplacement, le bilan peut grandement varier. L’objectif de 2 tonnes par an et par individu est
possible, notamment pour des personnes effectuant peu de trajets carbonés (en privilégiant le train), utilisant un
chauffage peu émetteur, mangeant peu de viande et une consommation raisonnée de produits manufacturiers. En
moyenne, les Français sont plutôt aux alentours de 9 tonnes par individu.
6. Les différentes pistes permettant d’améliorer significativement l’empreinte carbone sont :
- limiter les déplacements avec des véhicules à moteur thermique (surtout l’avion) ;
- manger moins de viande ;
- améliorer l’isolation de l’habitat et/ou adopter un mode de chauffage moins émetteur comme les pompes à
chaleur ;
- réduire sa consommation (vêtements, meubles, électroniques) et privilégier la seconde main ;
- etc.
Activité 6 : Nucléaire en France
1. La France s’est tournée vers le nucléaire pour plusieurs raisons. Sous l’impulsion de Charles de Gaulle, cette
énergie a été mise en avant afin que la France soit leader dans les domaines liés au nucléaire (civil et militaire). Puis,
au fil des années et notamment sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, le nucléaire est devenu la principale
filière de production d’électricité pour des questions de leadership et d’indépendance vis-à-vis des ressources en
énergie fossiles. Aujourd’hui, elle suscite également beaucoup d’intérêts d’un point de vue écologique (peu émettrice
en dioxyde de carbone) et géopolitique (indépendance vis-à-vis du gaz naturel d’origine russe).
Sans le nucléaire, la production d’électricité aurait probablement été assurée par les ressources en énergie fossiles
(comme en Allemagne) afin de répondre à la demande.
2. La part d’électricité produite par la filière nucléaire s’élève à 66 % en France en 2023 et à 1 % en Allemagne. Si l’on
met en perspective ces chiffres avec les émissions de dioxyde de carbone par habitant, on atteint 7,2 tonnes en
Allemagne et 4,4 tonnes en France. Comme le niveau de vie allemand et français est relativement équivalent, on peut
donc supposer que la différence notable d’émissions de résulte de la part du nucléaire dans la production
d’électricité.
3. La liste, sans être exhaustive, présente plusieurs avantages et inconvénients généralement évoqués lorsque l’on
discute du nucléaire.
Avantages :
- la production d’énergie électrique, rapportée à la masse de combustible fissile utilisée, est très élevée ;
- la production d’énergie électrique est peu carbonée, beaucoup moins que pour les centrales thermiques, et
équivalente voire moins élevée que pour le photovoltaïque, l'éolien et l’hydraulique ;
- la production d’électricité est non intermittente et facilement contrôlable (gestion aisée de la production par
rapport à la demande) ;
- la surface d’occupation des centrales nucléaires est moindre, comparativement à une surface d’occupation
équivalente en termes de quantité d’électricité produite pour les autres ressources en énergie.
Inconvénients :
- la technologie utilisée est coûteuse et nécessite un niveau de développement important ;
- des risques existent quant à la gestion des déchets radioactifs produits par les centrales, ou la gestion des
réacteurs des centrales avec des accidents notables comme Tchernobyl qui a causé la mort de nombreux
individus, rendu malades certaines personnes exposées au rayonnement radioactif, et rendu invivable de
larges zones polluées par des noyaux radioactifs ;
- le combustible fissile utilisé dans les réacteurs doit être importé de l’étranger, et donc génère une
dépendance.