Soro Cours Rse Modifie
Soro Cours Rse Modifie
SOCIALE DES
ENTREPRISES
INTRODUCTION
GESTIONNAIRES DE LA RSE
IMPACTS
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
INTRODUCTION
Le concept de RSE connaît depuis quelques années un engouement très fort. Il est ainsi
fréquemment présenté comme l'une des réponses nécessaires à la problématique du
développement durable. Son implémentation au sein des entreprises se heurte néanmoins à
plusieurs obstacles majeurs, tant théoriques que méthodologiques. L'objectif de notre
contribution est d'analyser précisément ces difficultés puis d'identifier certaines pistes
susceptibles d'accroître l'efficacité des gestionnaires qui s'engagent résolument dans cette voie.
Nos sociétés sont marquées, depuis quelques années, par une prise de conscience vertigineuse
de périls environnementaux et sociaux majeurs. Tous les acteurs s'interrogent sur les évolutions
nécessaires de leurs pratiques et nombreuses sont les institutions à identifier la Responsabilité
Sociale de l'Entreprise comme l'une des réponses indispensables. C’est probablement la
première fois que l’on assiste à une telle tentative d’élargissement de l’objet de l’entreprise sous
l'impulsion de différents membres du corps social (institutions, gouvernements,
consommateurs, associations écologiques, citoyens, etc.). Les débats théoriques autour du
bienfondé de cette évolution sont d’ailleurs particulièrement virulents. Cette importante
controverse est pourtant négligée par la plupart des travaux les plus récents.
CHAPITRE I : LA RSE : CADRE CONCEPTUEL ET PRESENTATION
1
Bowen, H. R. (2013). Social responsibilities of the businessman. University of Iowa Press.
2
ANOUAR H. & KHIHEL F. (2019) «La responsabilité sociétale des entreprises, élément influant sur leur
compétitivité » Revue Internationale des Sciences de Gestion « Numéro 5 : Octobre 2019 / Volume 2 :
numéro 4 » p : 174 - 189
et de trusteeship qui stipulaient l'idée d'un accord caractérisant la relation entre la firme et
l’organisation.
En 1930 : Henri Ford instaure un système salarial journalier minimum attrayant qui est connus
sous le principe de five dollars per Day ou cinq dollars par jour pour but d’encourager, motivé
et développer les conditions de travail de son équipe RH pour acheter la Ford T et la rendre
visible partout.
En 1932 : La contradiction entre Berle et Dodd sur le concept de la gouvernance entre
actionnaires « stakeholders » et PP « shareholders » conduit aux premières réflexions sur la
RSE, mais ce n'est que dans les années 1950 que des efforts significatifs en matière de RSE
voient le jour.
En 1953 : Bowen marque l'avènement du concept de la RSE dans l'ère moderne du management
et y pose les fondements nécessaires.
En 1978 : Bowen fait valoir deux aspects. Le premier renvoie au fait que les entrepreneurs
doivent prendre que les décisions qui sont convenables avec l’orientation des valeurs souhaitées
par l’organisation, le deuxième indique que la prise en compte des préoccupations sociales doit
être faite d’une manière volontaire et non facultative.
Au milieu des années 1990 : La RSE a marqué son existence en Europe suite aux interventions
de la société civile à l'encontre des firmes qui ont causé un tort environnemental comme Shell
Total, social comme Danone, Renault ou sociétaire comme Vivendi.
2.2. Les courants de pensée
Dans la construction théorique du concept de RSE, on constate une diversité des courants de
pensée, d’après lesquels on peut citer : le mouvement éthico-religieux, les mouvements
écologiques, le courant systémiste, le courant institutionnaliste français, le courant libertarisme.
2.2.1 Le mouvement éthico-religieux
Deux grands mouvements de pensée éthico-religieux peuvent être repérés comme éléments
précurseurs de la prise en compte de la RSE assignée à l’entreprise libérale. Celui des adeptes
de la philosophie morale, et celui des investisseurs, soit dans leurs fonctions d’administration
de fonds de placement ou de pension, soit comme « rentiers » lorsqu’ils adhérent à des « églises
chrétiennes ». Ce mouvement à caractère religieux s’est particulièrement exprimé aux États-
Unis sous la forte influence des « quakers » américains. Les membres des églises protestantes
en période de prohibition (1933-1999) voulaient « exclure » de leurs placements les firmes qui
exploitaient la faiblesse humaine pour faire des profits immoraux (alcool, tabac, jeu…). C’est
à cette époque que nait aux États-Unis le premier fonds éthique1 « Lionneer fund ». Ce
mouvement d’exclusion sera repris après la guerre du Vietnam, à l’encontre des entreprises
d’armement, et dans les années soixante-dix vers les entreprises travaillant avec l’Afrique du
Sud. Les fonds éthiques commencent alors à privilégier les entreprises qui respectent et
contribuent aux droits de l’homme.
2.2 Les mouvements écologiques
Selon Bourg (1996), trois courants peuvent être distingués dans les mouvements écologiques,
à savoir, l’écologie radicale, l’écologie autoritaire et l’écologie démocratique :
L’écologie radicale est un mouvement dénommé « Deep ecology » (Leopold (1949), Naess
(1973)). Cette écologie « intégriste » défend le droit des pierres, des arbres, et des animaux.
Dans ce courant, il s’agit de distinguer trois principes : la préservation de la nature, l’égalité et
le respect des droits.
L’écologie autoritaire qui a fait l’objet de l’article de Jonas (1979) sur « le principe de
responsabilité » une critique à l’égard des sciences et des techniques, et qui développe une
éthique du futur, afin de « maintenir une vie authentiquement humaine sur terre ». Il défend une
politique autoritaire face au laisser-aller du « complexe capitaliste – libéral démocratique », qui
privilégie la consommation débridée et préconise une « expertocratie », pour faire face à des
catastrophes inéluctables.
L’écologie dite démocratique ou une pensée médiane, incorporable dans le système
démocratique, née en réaction à l’intégrisme et à la gestion autoritariste préconisée par Hans
Jonas. Les grandes idées de l’écologie démocratique peuvent être résumées en une bonne
gestion des ressources humaines, en respectant le principe de la démocratie et en ayant une
entente nationale, européenne, internationale.
2.2.3 Le courant systémiste
Des travaux de simulation portant sur la croissance économique furent établis à partir des
modèles systémiques de Forster. Il en résulte de la réunion du « Club de Rome » en 1960, et
son cri d’alarme sur l’épuisement inéluctable et rapide des ressources naturelles. Ce qui a été
concrétisé lors du « Sommet de la terre » (Hommes et environnement, ONU, Stockholm) en
1972 et lors de la présentation du rapport de GRO BRUNDTLAND en 1987, qui a servi de
cadre à la Déclaration de Rio en 1992 et a influencé le Traité de Maastricht en 1992.
2.2.4 Le courant institutionnaliste français
La gouvernance de la responsabilité sociale des entreprises est encadrée, par exemple, en France
par un ensemble d’organismes et un dispositif législatif et réglementaire. Comme la
commission du développement durable, chargée de diffuser les principes auprès des autres
ministères et de l’administration, la Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de
l’Environnement (DRIRE), la Direction Régionale de l’Équipement (DRE), les agences pour
stimuler les politiques en matière d’environnement (ADEME), telle que l’Agence de
l’Environnement et l’Économie d’Energie et l’Agence Française pour la Sécurité Sanitaire de
l’Environnement (AFSSE), la loi, dite Barnier et la loi sur les Nouvelles Réglementations
Économiques pour encadrer les préoccupations de protection de l’environnement et enfin, les
sites des sociétés françaises, implantées sur le territoire français qui sont impliqués dans un
cadre réglementaire imposé aux collectivités locales d’accueil selon la loi sur l’aménagement
du territoire et du développement durable.
2.2.5 Le courant libertarisme
Les libertariens assimilent souvent le capitalisme à l’absence de restriction des libertés. Flew
(1989) définit la position libertarienne comme « hostile à toute contrainte sociale ou légale
s’exerçant à l’encontre de la liberté individuelle ». Alors que les politiques de responsabilité
sociale des entreprises étaient considérées comme des réponses externes (Dupuis, 2011), un
nombre croissant de travaux (Porter et Kramer, 2006) met en perspective les politiques de RSE
qui ne relèvent pas uniquement du registre des « figures imposées » (Aggeri et al, 2006) visant
à minimiser les pertes de potentiel de création de valeur qui pourraient résulter des menaces de
contestation sociale et plus largement de conflits d’intérêts.
Porter et Kramer (2006) soulignent que ces politiques peuvent également participer par une «
Stratégie Coprporate Social Responsabiliy » (Porter et Kramer, 2006), et par des démarches
d’exploration de nouveaux espaces stratégiques visant à renouveler et à développer le potentiel
de création de valeur de l’entreprise. Il s’agit de gérer les risques de pertes de valeur économique
qui pourraient survenir d’une remise en question de la légitimité de l’entreprise.
En parallèle des travaux institutionnels, auteurs et théoriciens ont tenté de définir la notion de
RSE notamment en apportant un cadre d’analyse affranchi des buts propres de chaque
institution (Déjean, et al., 2004). L’un des premiers fut Bowen (1953) en abordant la RSE.
Ce caractère obligatoire a été décliné par Carroll (1991) en obligations de nature économique,
légale, éthique et philanthropique non hiérarchisées entre elles (Figure 1 ci-après).
Figure 1 : The Pyramid of Corporate Social Responsability
Partenaires opérationnels
Clients-fournisseurs
Typologie de parties Sous-traitants
prenantes Banques
Compagnies d’assurance
La communauté sociale
Pouvoirs publics
Institutions internationales
Organismes spécialisés
Associations
ONG
Communauté environnementale
Source : Debas, D., Férone, G., Genin, A. S., & Hervier, G., 2004
Si l’on admet l’hypothèse selon laquelle la RSE constitue une véritable problématique de
gestion alors apparaît immédiatement une nouvelle question : En quoi la reconnaissance et
l’acceptation d’une responsabilité élargie à l’égard de la collectivité ont- elles modifier les
objectifs poursuivis et les critères de performances de la firme ? Les systèmes d’appréciation
de la performance sociétale, proposés tant par des acteurs institutionnels que des acteurs
économiques, reposent pour la plupart sur le modèle de la performance tridimensionnelle issu
du développement durable. On fait l’hypothèse implicite que l’introduction de la RSE dans le
champ gestionnaire conduit naturellement à substituer un modèle élargi de la performance au
modèle unidimensionnel traditionnel. Deux problèmes surgissent alors :
L’intérêt social, le premier problème est celui des objectifs des décisions de gestion. D’un point
de vue juridique, les gestionnaires d’une entreprise privée ou publique agissent nécessairement
et légitimement exclusivement au service de l’intérêt social. Ce concept, central en droit des
sociétés, fait l’objet d’un débat doctrinal important quant à sa définition. Dans une conception
restrictive, l’intérêt social est celui des associés. Une conception plus large le définit comme
celui « de la société en tant qu’institution hiérarchisée, dans laquelle dirigeants et associés ne
sauraient agir en négligeant l’intérêt commun et supérieur qui les domine. ». Quoi qu’il en soit,
l’indispensable considération de l’intérêt social comme seul moteur possible des décisions de
gestion pose inévitablement le problème de la satisfaction des objectifs en termes de
responsabilité sociale dès lors que toutes les contraintes législatives et règlementaires sont
satisfaites. Cette question nous semble de la plus haute importance car il n’y a, a priori, aucune
raison pour que les décisions de gestion visant à poursuivre l’intérêt social répondent aux
critères de la RSE. Au contraire, cette situation pourrait théoriquement conduire assez
facilement à des conflits de légitimité si les gestionnaires prenaient volontairement et librement
des décisions susceptibles d’être considérées comme non conformes à :
Entre autres, le programme « Global Compact » des Nations Unies (2001), le dispositif français
issu de la loi relative aux Nouvelles Régulations Economiques (2001), le livre vert de la
communauté européenne : Promouvoir un cadre européen pour la responsabilité sociale des
entreprises (2001). Le « World Business Council for Sustainable Development », la « Global
Reporting Initiative », les modèles d’évaluation des agences de notation, les normes et labels.
Voir Bertrel J.-P., "La position de la doctrine sur l’intérêt social", Droit et Patrimoine, p. 42-47,
avril 1997.
L’intérêt social dans le but d’atteindre une performance environnementale ou sociale plus
élevée au détriment de la performance économique. Par exemple, sur quel fondement justifier,
au regard de l’intérêt social, le choix d’un projet d’investissement plus coûteux car moins
polluant au détriment d’un projet alternatif plus économe et parfaitement recevable du point de
vue règlementaire ?
2-2 - Le statut et la combinaison des critères de performance sociétale
Le troisième questionnement est celui de la mise en œuvre concrète d’une gestion que l’on
pourrait qualifier de « socialement responsable » (Bollecker & Mathieu, à paraître 2008). D’une
manière très pragmatique, que signifie le passage d’une gestion non orientée « socialement
responsable » à une gestion orientée « socialement responsable » et comment apprécier le
succès de cette évolution ? On peut formuler l’hypothèse selon laquelle une gestion «
socialement responsable » se caractérise par un ensemble de décisions différentes de celles que
les gestionnaires auraient adoptées avec un paradigme plus classique de simple maximisation
du profit. Deux axes de questionnements apparaissent alors.
Comment l’arbitrage entre les différentes alternatives est-il réalisé ? Par exemple, il risque
d’être peu efficace de simplement rajouter une variable « environnement » à un processus de
prise de décision en matière d’investissement industriel sans s’interroger de manière
approfondie sur la problématique de la décision.
A l’ère du numérique, la place accordée à l’éthique au sein de la RSE dans les entreprises doit
passer de celle d’une simple thématique à une véritable stratégie. Si certains grands groupes se
sont mis à appliquer une politique RSE de par leurs obligations réglementaires, il n’en reste pas
moins vrai que la majorité d’entre eux sont très volontaristes en la matière. Cependant, les TPE
(Très Petites Entreprises) et les PME (Petites et Moyennes Entreprises) ont encore du
chemin à parcourir. Elles mettent en place de plus en plus d’actions en lien avec la RSE mais
rencontrent des difficultés pour les formaliser et les traduire en une stratégie au service de leur
business modèle. L’Observatoire COM MEDIA (un observatoire au service des entreprises
de la communication et du data marketing) accompagné de ses partenaires, souhaite fournir
aux fournisseurs des grands groupes, l’aide nécessaire pour qu’elles puissent intégrer la RSE,
et par conséquent l’éthique, au sein de leur politique entrepreneuriale et le faire savoir à leurs
clients.
La Responsabilité Sociétale des Entreprises est, de par sa nature, liée à l’éthique. La RSE
cherche à créer des entreprises responsables qui s’intègrent harmonieusement dans leur
environnement, dans la société et qui mettent en place des activités réellement durables de tous
points de vue. L’éthique est un véritable pilier de la RSE. Il lui permet d’atteindre la
responsabilité, la transparence et la durabilité qu’elle cherche à mettre en place.
L’éthique des affaires et la responsabilité sociale des entreprises (RSE) ont toujours été l’une
des questions les plus importantes en matière d’éthique et de responsabilité sociale des
entreprises. Pour comprendre cela, il convient de se rappeler que les managers, les gestionnaires
et les universitaires ont pensé à l’éthique des affaires » avant qu’elle ne devienne une discipline
formelle.
L’éthique d’entreprise est une partie essentielle de la responsabilité sociale d’entreprise. En
raison du rôle central joué à la fois dans l’éthique de la responsabilité des entreprises et dans la
responsabilité sociale des entreprises, il est impossible de faire la distinction entre les deux,
notamment en ce qui concerne le rôle de la responsabilité économique dans l’éthique des
entreprises. La RSE est un élément reconnu de l’éthique des entreprises depuis de nombreuses
années et est largement reconnue comme une partie importante de la responsabilité sociale et
de l’éthique des entreprises.
Alors que les entreprises recherchent le profit et la responsabilité économique, on attend d’elles
qu’elles respectent la loi et les responsabilités légales, qu’elles fassent ce qu’il faut, qu’elles
soient justes et qu’elles soient de bonnes entreprises citoyennes ayant des responsabilités
philanthropiques. Un autre devoir des entreprises est la tutelle, car elles agissent dans l’intérêt
de leurs actionnaires, de leurs employés, de leurs clients et de leurs actionnaires. Il s’agit d’une
préoccupation pour le bien des entreprises et de la société dans son ensemble et se définit
comme une stratégie que les entreprises mettent en œuvre dans le cadre de la gouvernance
d’entreprise pour s’assurer que leurs activités sont éthiques et bénéfiques pour la société
La responsabilité sociale est une théorie éthique dans laquelle l’individu est responsable de
l’accomplissement de ses devoirs civiques, et les actions de l’individu doivent bénéficier à
l’ensemble de la société. La théorie de la responsabilité sociale est basée sur un système
d’éthique, par lequel les décisions et les actions doivent être confirmées éthiquement avant
d’être poursuivies. Tout d’abord, comme l’écrit Dunfee dans Business Ethics Quarterly, le rôle
d’un éthicien des affaires est d’identifier, de spécifier et d’évaluer diverses normes éthiques.
Les consommateurs et les employés accordent une plus grande importance à la responsabilité
sociale des entreprises (RSE) et attendent des entreprises qu’elles se comportent en
conséquence. S’il est précieux pour les entreprises de défendre la RSE pour des raisons
altruistes et éthiques, le monde des affaires hautement compétitif dans lequel nous vivons exige
que les entreprises continuent de tenir compte de leurs propres besoins commerciaux
lorsqu’elles allouent des ressources à des initiatives socialement responsables. Le
développement d’une entreprise moderne est déterminé par la bonne stratégie, qui est appliquée
et qui tient compte des nouvelles circonstances et des besoins de ses clients. Un autre facteur à
prendre en compte est l’augmentation de la concurrence, notamment en matière d’éthique des
affaires et de responsabilité sociale.
Elles peuvent être mises en œuvre de différentes manières, par exemple par le biais des
politiques et des pratiques propres à une entreprise, et les organisations peuvent s’appuyer sur
elles pour atteindre leurs propres objectifs
Les Normes ISO aident les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs à réduire leurs coûts,
accroître leur productivité et accéder à de nouveaux marchés. Nombre de normes
internationales ISO ont pour objectif de protéger la santé des [Link].s, et la planète, outre
les avantages économiques qu’elles génèrent. Les intégrer dans sa stratégie d’entreprise permet
de :
Les normes ISO sont également des supports précieux pour les démarches d’amélioration
continue.
Première norme de responsabilité sociétale des entreprises établie suite à la demande des
consommateurs en 2005 et regroupant 99 pays associés dans sa conception, la norme ISO
n’est cependant ni obligatoire ni certifiant. C’est-à-dire que son référentiel oriente précisément
les entreprises à mettre en place sa stratégie RSE, inspire d’autres normes internationales et la
plupart des labels, mais une organisation ne peut pas être reconnue officiellement comme
“certifiée ISO 26000”.
Voici le schéma de la norme ISO 26000, représentant les piliers sur lesquels elle s’appuie. Si la
gouvernance en est le centre, c’est parce qu’une entreprise ne peut s’engager véritablement dans
une démarche vertueuse que si : ce projet est sincèrement porté et soutenu par les dirigeant.e.s
et dé[Link], ce projet est mené dans la transparence et le dialogue avec tous les
collaborateurs. Mais détaillons ensemble ce que recouvre chacun de ces piliers.
2ème pilier de la norme ISO 26000 : Les questions relatives aux consommateurs
Mettre en place une démarche qualité
Protéger la santé et la sécurité des consommateurs
Dans le secteur agroalimentaire, cette composante est essentielle pour s'assurer des enjeux et
des caractéristiques des produits liés à la sécurité et à la santé.
Indique la transparence et la bonne foi des relations et comportements avec les acteurs de la
chaîne de valeur tels que les fournisseurs, les distributeurs, les consommateurs, etc. Il concerne
notamment les activités d'approvisionnement en matières premières et de commercialisation
auprès des distributeurs et des consommateurs finaux.
4ème pilier de la norme ISO 26000 : Les droits de l’homme
Insertion des personnes en situation de handicap.
Égalité homme/femme.
Inclusion et respect de la diversité.
Suppression des atteintes aux droits humains.
L'ISO 26000 met l'accent sur les aspects écologiques et socioculturels, soulignant que les
ressources doivent être transformées et utilisées de manière efficace. Il insiste sur la nécessité
d'éviter les risques de pollution générés lors de la transformation, de la production, de la
commercialisation ou de la conception d'emballages de produits.
La norme ISO 14001 se concentre sur les systèmes de management environnemental et trace
un cadre qu’une entreprise ou une organisation peuvent appliquer pour mettre sur pied un
système efficace. Elle s’intègre dans le cadre du développement durable et repose également
sur une démarche volontaire d’amélioration continue.
Faire un état des lieux de vos non-conformités récurrentes et des dysfonctionnements afin
d’amélioration des performances globales de votre entreprise. Il existe actuellement plus d’un
million d’entreprises et organismes dans plus de 170 pays qui appliquent la norme ISO 9001
version 2015.
La norme ISO 20400 : achats responsables
Publiée en 2017 et dédiée aux achats responsables, elle concerne, outre les instances dirigeantes,
les collaborateurs impliqués dans les processus d’achats. Elle incite les entreprises à appliquer
les objectifs du développement durable à toute leur chaîne d’approvisionnement, notamment
via le devoir de diligence.
Elle n’est pas soumise à certification, sa mise en œuvre est volontaire, mais une entreprise qui
négligerait aujourd’hui de s’engager vers des achats responsables mettrait son avenir en
balance.
La norme ISO 20400 Achats responsables : accompagnement à la certification. C’est
une norme phare, qui concerne tous les secteurs d’activité.
Elle repose sur la loi de Devoir de Diligence, En common law (système juridique) et dans
certaines lois statutaires, le devoir de diligence ou devoir de vigilance (en anglais : « duty of
care ») est une obligation de respecter une norme de diligence raisonnable lors de
l'accomplissement d'actes susceptibles de porter préjudice à autrui de manière prévisible.
La loi SAPIN II ou loi relative à la transparence, vise à rendre les pratiques
économiques et financières plus transparentes. Cette loi est au centre de ces mesures dédiées à
la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique (Harris Interactive,
2022)
La norme ISO 45001 : la santé et la sécurité au travail
L’ISO 45001 version 2018 est la nouvelle norme internationale de système de management de
la santé et de la sécurité au travail. Elle remplace l’OHSAS 18001 version 2009. L’objectif de
la certification ISO 45001 est donc de mettre en œuvre un système de gestion de la Santé et de
la Sécurité au Travail (SST) performant, permettant au préalable, une évaluation des dangers
potentiels afin de réduire les risques d’accidents dans toutes les fonctions de l’entreprise.
L’ISO 50001 est la reconnaissance internationale d’un système de management de l’énergie qui
se fonde sur l’amélioration continue. Comme pour d’autres normes ISO de systèmes de
management, la certification selon ISO 50001 est une possibilité, mais pas une obligation.
Pour concevoir une stratégie de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) efficace et
pérenne, il faut s’assurer de son portage par la ligne managériale. C’est le management qui
permet de mettre la RSE en musique, c’est-à-dire en actes. Sans quoi elle risque de rester un
ensemble plus ou moins cohérent d’initiatives, étranger à la stratégie de l’entreprise, indifférent
à ses métiers, extérieur au quotidien des salariés.
Cette déconnexion, qui est le lot de beaucoup d’entreprises, explique pourquoi la RSE est
encore loin d’imprégner la réalité du quotidien dans les organisations. La prise en compte de la
RSE par le management est donc un enjeu essentiel. Cette convention a mis en action la marque
de fabrique de la Maison du Management, c’est-à-dire ce qui en fait un lieu (et un collectif) à
la fois apprenant et inspirant :
Nous proposons ci-après une synthèse de quelques-unes des idées issues de cette convention.
La RSE reste un sujet complexe, multiple et mouvant au gré de l’actualité. Il prend des
dimensions particulières en fonction des secteurs économiques. La majorité des managers en
poste n’a pas suivi de formation initiale spécifique sur le sujet. Il est nécessaire de créer un socle
de connaissance minimum pour l’ensemble des acteurs (partager une grammaire commune)
puis de développer des compétences spécifiques métier par métier (gouvernance, achats
responsables, etc.). Cela nécessite, sous l’impulsion de la DRH et des Universités d’entreprise,
de mener des opérations de sensibilisation génériques (par exemple via le e-learning), d’insérer
la RSE dans les cursus d’intégration et les modules de formation « métier » et de s’appuyer sur
les dispositifs de communication interne (affichage, newsletter, intranet, réseaux sociaux) pour
faire vivre la culture RSE dans la durée.
La RSE a longtemps été considérée comme une contrainte (condition du droit d’opérer), une
façon de gérer des risques (raréfaction des ressources, etc.) ou de réparer des impacts. Il est
temps de réaliser qu’elle est une opportunité de répondre aux attentes croissantes des clients et
autres parties prenantes, de s’adapter aux évolutions du contexte économique (vers une
économie fonctionnelle, circulaire, collaborative), d’innover (inventer de nouveaux produits et
services) et de fournir le carburant nécessaire aux transformations de l’entreprise (voir :
« Construisez votre politique RSE comme un accélérateur de changement »). Encore faut-il
arriver à le démontrer avec des business cases probants, ce qui devient de plus en plus le cas
comme en ont témoigné les intervenants de Manutan ou de Suez Environnement.
Le manager est l’animateur du projet collectif de son entité. Il peut faire vivre la RSE non pas
comme une approche séparée mais comme une partie intégrante de ce projet. Par exemple, les
objectifs de diversité et d’égalité professionnelle peuvent venir nourrir son approche du
recrutement, de la promotion et de la rémunération ; la responsabilité de son entreprise vis-à-
vis de l’employabilité des salariés peut nourrir son approche de l’accès au plan de formation,
etc. Le manager peut mettre en discussion à l’occasion de ses réunions d’équipe, la notion de
performance sous ses aspects économiques, sociaux et environnementaux.
Des exemples montrent qu’il existe une corrélation importante entre d’une part les valeurs et la
stratégie RSE de l’entreprise et d’autre part le niveau d’engagement des collaborateurs.
Renforcer l’intégration de la RSE dans le travail quotidien de tous est essentiel et le manager a
un rôle clé à jouer, y compris par exemplarité. Toute occasion permettant de célébrer les
performances RSE de l’entreprise avec tous les collaborateurs contribue à l’amélioration de la
perception positive de tous sur la contribution citoyenne de l’entreprise à la société et augmente
la fierté de travailler pour une entreprise responsable. Organiser une journée de la responsabilité
ou des périodes de sensibilisation à des axes prioritaires de la politique RSE sont des pratiques
à développer. Ces moments sont particulièrement réussis si tout le management est impliqué
sincèrement et visiblement. L’exemple de Pernod Ricard avec l’organisation d’une journée de
la responsabilité qui mobilise l’ensemble des 18 000 collaborateurs le même jour dans plus de
80 pays montre un impact très positif et 95% des employés souhaitent que cette journée soit
renouvelée tous les ans.
La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) est un concept central dans le monde des
affaires contemporain, surtout lorsqu’il s’agit de développement durable. Ce concept englobe
la manière dont les entreprises intègrent les enjeux sociaux, environnementaux et
économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec les parties prenantes.
1- Importance de la RSE
La RSE représente les efforts d’une entreprise pour contribuer à des enjeux sociétaux et
environnementaux. Elle implique un engagement volontaire visant à améliorer le bien-être de
la communauté et de l’environnement. Les actions de RSE peuvent inclure diverses initiatives.
Il peut s’agir d’éco-conception, de la réduction de l’empreinte carbone, de l’amélioration des
conditions de travail, et de l’engagement communautaire.
Le développement durable fait référence à des pratiques qui répondent aux besoins du présent
sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. La RSE est
intrinsèquement liée à cette notion, car elle encourage les entreprises à opérer de manière
éthique et durable. Par exemple, c’est le cas en adoptant des stratégies de production plus
vertes. Les entreprises ne se contentent pas de réduire leur impact environnemental, mais,
contribuent également à une économie plus durable.
3- Avantages de la RSE pour les Entreprises
Outre les bénéfices évidents pour la société et l’environnement, la RSE offre aussi des
avantages pour les entreprises elles-mêmes. Elle peut améliorer la réputation de la marque,
favoriser la fidélité des clients, attirer de nouveaux talents et ouvrir de nouvelles opportunités
de marché. De plus, elle peut conduire à des innovations et à une efficacité accrue en poussant
les entreprises à repenser leurs processus et produire.
La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) est un concept qui englobe les pratiques mises
en place par une entreprise pour contribuer au développement durable de la société. Cela
implique de prendre en compte les enjeux économiques, sociaux et environnementaux dans les
décisions et actions de l’entreprise.
Le lien entre la RSE et le développement durable réside dans le fait que la RSE est un outil pour
atteindre les objectifs du développement durable. En adoptant des pratiques responsables, les
entreprises peuvent contribuer à la préservation de l’environnement, à l’amélioration des
conditions sociales et à la durabilité économique.
Par exemple, une entreprise peut mettre en place des politiques de recyclage, réduire son
empreinte carbone, favoriser la diversité et l’inclusion au sein de son personnel, soutenir des
initiatives locales, etc. Ces actions contribuent à la réalisation des objectifs du développement
durable tout en apportant des avantages à l’entreprise en termes d’image de marque, de
fidélisation des clients et d’attraction des talents.
Le lien entre le développement durable et la RSE est essentiel pour assurer un avenir viable aux
générations présentes et futures. En adoptant des pratiques responsables, les entreprises peuvent
contribuer à la lutte contre le changement climatique, à la réduction des inégalités sociales, à la
préservation des ressources naturelles et à la promotion de valeurs éthiques.
La RSE permet aux entreprises de prendre en compte les conséquences de leurs activités sur
l’environnement et sur la société. En agissant de manière responsable, elles minimisent leur
impact négatif et contribuent à la résolution des problèmes socio-environnementaux.
De plus, la RSE peut également être un avantage compétitif pour les entreprises. Les
consommateurs sont de plus en plus conscients de l’importance du développement durable et
préfèrent souvent acheter auprès d’entreprises engagées. Les politiques de RSE peuvent donc
stimuler la demande des consommateurs et favoriser la croissance économique.
3
EL GHMARI, O., EL GHMARI, I., & ED-DAHHANI, M. (2024). La démarche RSE dans l’environnement
Marocain, entre opportunité et menace. International Journal of Accounting, Finance, Auditing, Management and
Economics, 5(1), 195-208.
Les bonnes pratiques économiques englobent non seulement la performance financière, mais
aussi la performance extra-financière. Certains éléments caractérisant l'atteinte de cet objectif
incluent le respect des principes de saine concurrence, la lutte contre la corruption, l'intégration
de l'éthique dans les actions commerciales, ainsi que la capacité de l'entreprise à contribuer au
développement économique de sa zone d'implantation.
Les bonnes pratiques environnementales regroupent l'ensemble des actions entreprises pour
préserver l'environnement naturel.
Les bonnes pratiques sociales englobent toutes les répercussions de l'activité de l'entreprise
sur l'ensemble de ses parties prenantes, notamment les fournisseurs, les clients (sécurité et
impacts psychologiques des produits), les communautés locales (nuisances, respect des
cultures), les employés (conditions de travail, niveau de rémunération, non-discrimination, etc.)
et la société en général.
CONCLUSION
La RSE est aujourd’hui confrontée à un déficit de crédibilité : elle s’affiche abondamment mais
elle s’incarne peu. C’est en mobilisant la ligne managériale, « la cordée de la RSE », que les
entreprises réussissent à prendre la voie d’une création de valeur durable mais aussi, comme
l’affirme la Maison du Management, d’un développement motivant et inspirant. Nous vous
enjoignons, cher lecteur, à rester attentif aux prochaines initiatives de la Maison du
Management en vue d’en faire bénéficier quelques-uns de vos manageurs. La diffusion de la
problématique du développement durable au sein de nos sociétés via en particulier les
institutions, les médias, les mouvements citoyens s’accompagne d’un renouvellement du regard
porté aux entreprises. Ces dernières sont ainsi de moins en moins considérées comme des
organisations indépendantes poursuivant des buts strictement privés mais de plus en plus
comme des acteurs qui, en agissant à l’intérieur d’une collectivité, produisent des externalités
et doivent en assumer la responsabilité. Le concept de responsabilité sociale de l’entreprise
illustre cette évolution.
L’objectif de notre contribution était de proposer une analyse approfondie des difficultés
théoriques et conceptuelles qu'il soulève lorsque les gestionnaires, sur des fondements éthiques,
souhaitent le promouvoir. Plus précisément, il s’agissait d’identifier certaines problématiques
majeures auxquelles sont aujourd'hui confrontées la quasi-totalité des organisations : 1) la
sensibilité de l’entreprise à la problématique de la RSE, 2) la légitimité des objectifs de RSE au
regard de l’intérêt social, 3) la combinaison des critères de performance sociétale, 4) l’analyse
des décisions de gestion au regard de la problématique de la RSE, 5) l’analyse des processus
de prise de décision au regard de la problématique de la RSE.
Ce sont les réponses imaginées par les gestionnaires à ces différents questionnements qui
détermineront l’efficacité de leur engagement en faveur d’une responsabilité sociale de leur
entreprise.
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