TD03 : LES INTERACTIONS DU MILIEU ET DES ETRES
VIVANTS
1. Notion de niche écologique
Le concept de niche écologique a été introduit pour la première fois par
Joseph Grinnell (1917). C’est l’ensemble des conditions
environnementales (abiotiques et biotiques) nécessaires à la survie et à la
reproduction d’une espèce. Une espèce donnée peut maintenir ses
populations viables, seulement dans un certain registre de conditions, pour
des ressources particulières, dans un environnement donné et pendant des
périodes particulières. L’ensemble de ces facteurs décrit sa niche
écologique.
Selon Charles Elton (1927), c’est aussi la position qu’occupe une espèce
dans un habitat ; c’est le rôle et le fonctionnement de l’espèce au sein d’un
écosystème : prédateur, décomposeur, producteur, etc.
Les différences de niche écologiques, permettent la coexistence des espèces
et favorisent la biodiversité.
Les organismes peuvent changer de niches quand ils se développent.
Exemple 01 : les crapauds communs occupent un environnement aquatique
(s’alimentant d’algues et de détritus) avant de se métamorphoser en adultes,
où ils deviennent terrestres (s’alimentant d’insectes).
Principe de Gausse : deux espèces occupant la même niche ne peuvent
coexister indéfiniment.
Une ressource consommée par une population est une ressource qui n’est
plus disponible pour une autre. Les populations sont alors en compétition.
Au final, l’espèce la moins compétitive et qui n’arrive pas à survivre à l’autre
espèce, va être exclu et elle va devoir différencier sa niche écologique :
adaptation de l’espèce à utiliser une ressource différente ou à l’exploiter
différemment. C’est le principe d’exclusion compétitive.
2. Notion d’habitat :
Chaque être vivant occupe un espace dans lequel il vit, il se déplace, il se
nourrit, il se développe, il se reproduit, et il meurt. C’est habitat
Contrairement à la niche, l’habitat d’un organisme est l’environnement
physique dans lequel un organisme est trouvé.
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L’habitat d’un organisme est l’environnement physique dans lequel il se
trouve.
Les habitats contiennent beaucoup de niches et maintiennent de
nombreuses espèces différentes.
Exemple : Une forêt comporte un vaste nombre de niches pour un choix de
oiseaux (sitelles, bécasses), de mammifères (souris de bois, renards),
d’insectes (papillons, coléoptères, pucerons) et de plantes (anémones de
bois, mousses, lichen).
3. Interaction du milieu et des êtres vivants :
Les réactions des êtres vivants face aux variations des facteurs physico-
chimiques du milieu intéressent la morphologie, la physiologie, le
comportement.
Les êtres vivants sont éliminés totalement, ou bien leurs effectifs sont
fortement réduits lorsque l’intensité des facteurs écologiques est proche
des limites de tolérance ou les dépasse.
A- Loi de tolérance (intervalle de tolérance) Victor Ernest Shelford (1913 :
Pour chaque facteur de l’environnement, il existe un domaine de valeurs
(ou intervalle de tolérance) dans lequel tous les processus écologiques
sous l’effet de ce facteur, pourra s’effectuer normalement.
C’est seulement à l’intérieur de cet intervalle que la vie de tel ou tel
organisme est possible. Le seuil inférieure le long de ce gradient délimite
la mort par carence, la borne supérieure délimite la mort par toxicité. À
l’intérieur de l’intervalle de tolérance, existe une valeur optimale,
dénommée « préférendum » ou « optimum écologique » pour lesquelles le
métabolisme de l’espèce ou de la communauté considérée s’effectue à
une vitesse maximale.
Figure 01 : Limites de tolérance d’une espèce en fonction de l’intensité
du facteur écologique étudié. (L’abondance de l’espèce est maximale au
voisinage de l’optimum écologique).
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B- La valence écologique d’une espèce désigne son aptitude à tolérer
des variations plus ou moins importantes d’un facteur
environnemental. Elle représente la capacité à coloniser un biotope
donné.
- Une espèce à forte valence écologique c’est-à-dire capable de
peupler des milieux très différents et supporter des variations
importantes de l’intensité des facteurs écologiques, est dite euryèce.
- Une espèce à faible valence écologique ne pourra supporter que des
variations limitées des facteurs écologiques, elle est dite sténoèce.
- Une espèce à valence écologique moyenne, est dite mesoèce.
C- Loi du minimum LIEBIG (1840) :
La croissance d’un végétal n’est possible que dans la mesure où tous les
éléments indispensables pour l’assurer sont présents en quantités
suffisantes dans le sol. Ce sont les éléments déficitaires (dont la
concentration est inférieure à une valeur minimum) qui conditionnent
et limitent la croissance.
La loi de LIEBIG est généralisée à l’ensemble des facteurs écologiques
sous forme d’une loi dite « loi des facteurs limitant ».
D- Facteur limitant
Un facteur écologique est caractérisé comme étant un facteur limitant,
lorsque celui-ci, par son absence ou s’il est réduit au- dessous d’un seuil
critique, ou bien s’il excède le niveau maximum tolérable, empêchera
l’installation et la croissance d’un organisme dans un milieu.
E- Compensation des facteurs :
Les facteurs écologiques agissent simultanément et présentent des
interactions qui peuvent modifier les limites de tolérance des espèces
vis à vis de ces facteurs. Ainsi, les communautés végétales et animales
présentent à des degrés variés une plasticité écologique leur permettant
de s’adapter aux fluctuations temporelles et spatiales des facteurs
limitant du milieu.
II y a une réaction compensatrice à ces fluctuations temporelles et
spatiales des facteurs limitant du milieu.
Exemple : alfa, Stipa tenacissima, qui présente une aire géographique
considérable. En effet, on la retrouve depuis l’étage bioclimatique semi-
aride jusqu’à l’étage saharien ; son optimum de précipitation se situe
autour de 400mm/an. Dans l’étage semi-aride avec une précipitation
qui varie entre 300 et 600 mm/an, l’alfa pousse sur les pentes bien
drainées. Dans l’étage saharien avec 100 mm/an, l’alfa pousse au
niveau des bas de pente. II y a compensation de facteurs ou dans le
premier cas le surplus de pluie est éliminé par la pente, alors que dans
le deuxième cas le manque d’eau est compensé par les collecteurs d’eau.
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